Taxes du péché: Punir Billancourt pour ne pas désespérer Neuilly (Sin taxes: When the cigarette, diesel-driving poor end up subsidizing the rich’s electric cars and green refrigerators)

1 janvier, 2019

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Je vais donc vous donner de quoi semer, et vous sèmerez vos champs, afin que vous puissiez recueillir des grains. Vous en donnerez la cinquième partie au roi ; et je vous abandonne les quatre autres pour semer les terres et pour nourrir vos familles et vos enfants. Genèse 47 : 24
Car on donnera à celui qui a; mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Jésus (Marc 4: 25)
Il y a autant de racismes qu’il y a de groupes qui ont besoin de se justifier d’exister comme ils existent, ce qui constitue la fonction invariante des racismes. Il me semble très important de porter l’analyse sur les formes du racisme qui sont sans doute les plus subtiles, les plus méconnaissables, donc les plus rarement dénoncées, peut-être parce que les dénonciateurs ordinaires du racisme possèdent certaines des propriétés qui inclinent à cette forme de racisme. Je pense au racisme de l’intelligence. (…) Ce racisme est propre à une classe dominante dont la reproduction dépend, pour une part, de la transmission du capital culturel, capital hérité qui a pour propriété d’être un capital incorporé, donc apparemment naturel, inné. Le racisme de l’intelligence est ce par quoi les dominants visent à produire une « théodicée de leur propre privilège », comme dit Weber, c’est-à-dire une justification de l’ordre social qu’ils dominent. (…) Tout racisme est un essentialisme et le racisme de l’intelligence est la forme de sociodicée caractéristique d’une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d’intelligence et qui ont pris la place, dans beaucoup de sociétés, et pour l’accès même aux positions de pouvoir économique, des titres anciens comme les titres de propriété et les titres de noblesse. Pierre Bourdieu
Dans le débat sur la parité (…) on risque de remplacer des hommes bourgeois par des femmes encore plus bourgeoises. Si du moins on se dispense de faire ce qu’il faudrait pour que cela change vraiment : par exemple, un travail systématique, notamment à l’école, pour doter les femmes des instruments d’accès à la parole publique, aux postes d’autorité. Sinon, on aura les mêmes dirigeants politiques, avec seulement une différence de genre. Bourdieu
La Révolution abolit les privilèges et crée immédiatement ensuite l’Ecole polytechnique et l’Ecole normale supérieure, pour offrir à la nation ses cadres « naturels », en bref sa propre aristocratie. Daniel Cohen
Personne n’aspirerait à la culture si l’on savait à quel point le nombre des hommes cultivés est finalement et ne peut être qu’incroyablement petit; et cependant ce petit nombre vraiment cultivé n’est possible que si une grande masse, déterminée au fond contre sa nature et uniquement par des illusions séduisantes, s’adonne à la culture; on ne devrait rien trahir publiquement de cette ridicule disproportion entre le nombre d’hommes vraiment cultivés et l’énorme appareil de la culture; le vrai secret de la culture est là: des hommes innombrables luttent pour acquérir la culture, travaillent pour la culture, apparemment dans leur propre intérêt, mais au fond seulement pour permettre l’existence du petit nombre. Nietsche (Sur l’avenir de nos établissements d’enseignement)
En 2007, une étude menée par Richard Wiseman de l’Université de Bristol impliquant 3 000 personnes a montré que 88 % des résolutions de la nouvelle année échouaient. Concernant le taux de succès, il serait amélioré sensiblement lorsque les résolutions sont rendues publiques et qu’elles obtiennent le soutien des amis. Néanmoins, il est insensé d’essayer d’arrêter de fumer, de perdre du poids, de nettoyer son appartement et d’arrêter de boire du vin au cours du même mois : la volonté est une ressource mentale extrêmement limitée qui se travaille progressivement comme la musculation. Wikipedia
Les salles de sport sont des biens de club. Sous cette apparente tautologie se cache un concept économique qui signe un service partagé de façon exclusive par plusieurs personnes, à l’instar de la piscine ou du terrain de tennis privé d’une résidence collective. La particularité de ce type de bien est que les individus en retirent une satisfaction qui pend des autres. D’un côté, plus le nombre de membres est élevé, plus la contribution de chacun aux coûts fixes d’investissement et de maintenance peut-être faible. D’un autre côté, plus le nombre de membres est élevé, plus la congestion s’accroît. Accepter un nouveau membre permettra de diminuer l’abonnement annuel donnant accès à la piscine et au tennis, mais les nageurs risquent de se heurter dans le bassin et les joueurs de ne pas s’affronter à leur horaire préféré. Un club de sport est donc un bien de club au sens économique du terme : l’augmentation du nombre d’adhérents permettra de réduire le prix de l’abonnement, mais elle allongera la queue aux machines et aux douches. Un exercice classique, mais musclé pour économiste s’entraînant aux biens de club consiste à calculer la capacité optimale pour un nombre de membres donnés (par exemple la dimension appropriée de la piscine pour les 50 habitants de la résidence), le nombre optimal de membres pour une capacité donnée (le nombre ial pour un bassin de 8 mètres par 4) pour en duire la capacité optimale pour le nombre optimal. Le tout en spécifiant une fonction de coût qui tienne compte des économies d’échelle et une fonction de bénéfice qui tienne compte du fait qu’au bout d’un moment la congestion l’emporte sur la camaraderie : accepter un nouveau membre augmente la possibilité de se faire un nouvel ami, mais ce gain devient inférieur à la gêne de congestion qu’il occasionne. James M. Buchanan, lauréat du prix Nobel d’économie en 1986, est le premier à s’être livré à cet exercice théorique. Les propriétaires de salles de sport ont quant à eux trouvé un truc : faire signer un engagement d’un an aux abonnés qui n’utilisent pas, ou rarement, leurs équipements. Ces abonnés réduisent le montant individuel des cotisations sans embouteiller les installations. Aux États-Unis, près de la moitié des nouveaux inscrits aux premiers jours de janvier, la période de pointe des inscriptions, ne fréquente plus la salle de sport les mois suivants. Seul un nouvel abonné sur cinq continuera à s’y rendre après septembre. Les nouveaux inscrits se rendront en moyenne quatre fois dans la salle de sport dans l’année. Selon une étude de chercheurs québécois portant sur près de 1500 nouveaux inscrits dans des salles de Montréal, la fréquentation des salles de sport chute de près de moitié après quatre mois. Pourtant les nouveaux inscrits aux salles de sport signent de leur plein gré et sans barguigner, ni rechigner sur la durée contractuelle de l’engagement, contrairement à ce qu’ils feraient pour un abonnement de téléphonie mobile ou de télévision payante. Pourquoi donc payent-ils pour ne pas aller à la gym ? Deux économistes ont cherché à répondre à cette question dans un article paru en 2006 dans l’American Economic Review, l’une des publications d’économie les plus prestigieuses au monde. Ils ont calculé combien d’argent ces consommateurs perdaient. Réponse 600 dollars. C’est la différence de ce que paye un membre qui a choisi un contrat forfaitaire au lieu de payer à la séance en achetant 10 tickets d’entrée, autre option qu’il aurait pu choisir. Cet écart s’explique par l’optimisme ou la naïveté. Lorsqu’elles s’inscrivent, les personnes surestiment le nombre de fois où elles se rendront en salle. Dans l’étude québécoise jà citée, les nouveaux membres clarent, lorsqu’ils s’abonnent, le nombre de fois qu’ils comptent se rendre en salle. La fréquentation réelle observée par la suite est plus de deux fois inférieure. Les personnes croient à l’effet durable de leur bonne résolution de but d’année pour maigrir ou simplement entretenir leur forme. Peut-être certaines comptent-elles aussi sur l’effet incitatif du « J’ai payé donc il faut que j’amortisse mon forfait ». Quoi qu’il en soit c’est raté ! Les abonnés absents permettent à la salle de sport d’offrir un abonnement moins cher, ou bien… d’enrichir leur propriétaire. Tout pend de l’intensité de la concurrence. François Lévêque
Wauquiez, c’est le candidat des gars qui fument des clopes et qui roulent au diesel. Benjamin Griveaux
Taxer un individu ou une entreprise, c’est le contraindre à payer un montant en général proportionnel à un revenu ou à un actif. Tous les systèmes politiques ont recours à la taxation. (…) Si la taxation est ancienne, l’utilisation des taxes varie selon les systèmes politiques. En France en 2014 ces ressources (44,7% du PIB) sont utilisées pour les fonctions régaliennes de l’état et pour l’état-providence (31,9% du PIB). La notion de vice est intimement liée à la morale et renvoie aux interdits religieux. Ce que l’on appelait vice dans la perspective de la tentation du mal a été requalifié par la science en addiction. Addiction à des substances, par exemple la nicotine ou à des pratiques comme le jeu ou à des comportements comme la boulimie compulsive. La nicotine est un psychostimulant présent dans les feuilles de tabac dont les effets comme pour la feuille de coca sont connus depuis longtemps. Dès l’ère industrielle la consommation de tabac fumé s’est développée, la pyrolyse permettant la prise de plus de nicotine juste en inhalant. Du vice à l’addiction la transition n’est pas neutre. Dans le premier l’individu est tenu pour responsable de ses choix de vie, dans l’addiction la responsabilité de l’individu peut être atténuée au motif que nous ne sommes pas égaux face à la dépendance. Les penchants particuliers pour les addictions ou les comportements moralement condamnables sont l’objet d’une interdiction (prohibition) ou d’une taxation. L’histoire nous démontre que la prohibition ne supprime pas le vice. (…) Si la prohibition ne peut venir à bout des vices humains il est souvent avancé que la taxation le pourrait. Les intentions des états sont ici parfaitement illisibles. La taxation apparait comme un compromis entre des intérêts puissants et un affichage de prévention. Pour autant les avocats des taxes comportementales répondent par l’argument du niveau de taxation. Si la taxe était très élevée, disent ils, la consommation baisserait. C’est déjà une concession car personne ne s’aventure à pronostiquer une disparition du tabac fumé. Néanmoins ils ont de sérieux arguments en particulier l’expérience australienne. Un continent isolé par la mer, de culture anglo-saxonne a réussi à infléchir sérieusement la consommation en augmentant les taxes jusqu’à rendre le paquet de cigarettes très cher. Ce n’est pas du tout la situation de la France. Si bien qu’en Europe force est de constater que les taxes ne peuvent venir à bout des vices. En réalité la taxation supplémentaire des substances addictives a une base parfaitement légitime: celle des externalités. La consommation de tabac produit des effets que le marché n’internalise pas dans le prix, il s’agit du coût des soins induits par les différentes atteintes symptomatiques au niveau de l’organisme. La médecine connait avec précision les maladies induites par le tabac au niveau non seulement des artères et du poumon mais aussi ailleurs. Le coût des soins dus aux complications du tabac est payé par d’autres dans le cadre de la mutualisation de l’assurance maladie ou des impôts. Ces externalités négatives sont en partie seulement compensées par la moindre espérance de vie qui fait que les pensions ne sont plus versées. Grace à l’exhaustivité des données de soins et à leur précision nous pouvons calculer l’équation des externalités. C’est pourquoi la taxation pigouvienne (d’Arthur Cecil Pigou qui la décrivit dans son ouvrage de 1920: The Economics of Welfare, London: Macmillan.) est rationnelle. Elle permet de combiner liberté individuelle et conséquences économiques. Mais dans ce domaine et à supposer que la taxe supplementaire sur le tabac devienne pigouvienne, il y a en France une situation exceptionnelle. La taxation du tabac est loin de se faire au profit des soins ou de la prévention. L’état dispose à sa guise des taxes et elles ont servi et servent encore de bouche trous dans les budgets sociaux non financés que l’état invente au gré de nécessités souvent électorales. Car il s’agit d’octroyer des “droits à” sans en avoir le financement nécessaire. Ainsi en 2000 le FOREC (Fonds de financement de la réforme des cotisations sociales) a bénéficié des faveurs de l’état bien en mal de trouver le financement nécessaire: ce fonds se voit en effet attribuer 85,5 % du produit du “droit de consommation” sur les tabacs manufacturés. En 2012 ce n’est pas moins de 11 affectataires qui se partagés les 11,13 milliards d’euros du produit du “droit de consommation” du tabac, pour des fractions allant de 53,52 % pour la Cnam à 0,31 % pour le Fcaata (Fonds de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante). Si la taxation n’est pas une solution aux vices des citoyens on s’aperçoit qu’elle peut être la porte ouverte au vice de l’état qui consiste à détourner l’argent prélevé sur la base de motifs bien intentionnés pour en faire des ressources fiscales pour sa politique. Guy-André Pelouze (Centre hospitalier Saint-Jean, Perpignan)
Many goverments use “sin taxes” to dissuade people from smoking and drinking alcohol. In recent years, some lawmakers have turned their cross-hairs to a different vice: sugar. Obesity is on the rise all across the world. Forty per cent of Americans today are obese, up from around 15% in 1980. Several countries, along with a handful of American cities, have introduced taxes on sugary drinks in recent years. Their governments hope that these levies will both raise revenues and reduce how much sugar people consume. (…) But if there is a problem with sin taxes, it is not that they are ineffective. Rather, it is that they are inefficient. Sin taxes are blunt policy instruments. People who only have the occasional drink are not taking on any great health risks, yet they are taxed no differently than serious alcoholics. A similar logic applies for sugar taxes. Tobacco presents a slightly different problem. Nicotine is highly addictive, meaning that there are relatively few people who smoke cigarettes only occasionally. It is easiest to justify taxes on particular goods when they present what economists call “negative externalities”. When a driver buys fuel for his car, both he and the petrol station benefit. Yet cars emit carbon dioxide in their wake, which suggests that it would be only fair for drivers to pay taxes to offset the environmental damage they cause. Some policymakers argue that people who engage in unhealthy habits also impose negative externalities, since they tend to present taxpayers with bigger medical bills. In practice, however, these costs tend to be overstated. While obese people probably do present net costs to governments, smokers tend to die earlier, meaning that they probably save governments money since they draw less from state pensions. Policymakers should still consider implementing sin taxes if they intend to intervene to change individuals’ behaviour. But they should be aware that the bulk of the damage that smokers, drinkers and the obese do is to themselves, and not to others. The Economist
Sugar taxes have returned to policy debates, this time as “sin taxes”—levies on socially harmful practices. These are seen as a double win—useful sources of revenue that also improve public health. Economists think it is not as easy as that. Governments hope that just as taxes on alcohol and tobacco both generate revenue and reduce smoking and drinking, so sugar taxes will help curb obesity. (…) Sin taxes do change behaviour. Alcohol and tobacco are addictive, so demand for them is not as responsive to price changes as, say, the demand for airline tickets to fly abroad. But it is still more responsive than for many common household goods. Estimates vary from study to study, but economists find that on average, a 1% increase in prices is associated with a decline of around 0.5% in sales of both alcohol and tobacco (…) Data on the efficacy of sugar taxes are scantier, but the available evidence shows that they, too, lower consumption. (…) [and] sales of bottled water rose after the fizzy-drinks tax came in. Nevertheless, as policy instruments, sin taxes are extremely blunt. People who only occasionally drink or smoke do their bodies little harm, yet are taxed no differently from heavy smokers and drinkers. A study published last year by the Institute for Fiscal Studies (IFS), a think-tank, found that Britons who bought only a few drinks a week were far more sensitive to price fluctuations than heavy drinkers. The IFS suggests that it might make more sense to place higher levies on the tipples more in favour with heavy drinkers, such as spirits. It is fairly easy to blame particular diseases on tobacco and alcohol. For sugary drinks, which provide only part of consumers’ sugar intake, it is harder. Another IFS study finds that, though Britain’s new law will lower sales of fizzy drinks, it will have little effect on the behaviour of those who consume the most sugar. In Mexico the data show that the tax did lead poorer households to buy fewer sugar-sweetened drinks. But it had little impact on how much the rich consumed. John Cawley, an economist at Cornell University, points out that one flaw with many existing sugar taxes is that they are too local in scope. After Berkeley introduced its tax, sales of sugary drinks rose by 6.9% in neighbouring cities. Denmark, which instituted a tax on fat-laden foods in 2011, ran into similar problems. The government got rid of the tax a year later when it discovered that many shoppers were buying butter in neighbouring Germany and Sweden. Moreover, the impact on public health is unclear. Consumers might simply get their sugar from other sources. Shu Wen Ng, an economist at UNC who studied the taxes in both Berkeley and Mexico, says that one reason for hope is that many people form their dietary habits when they are young. And fizzy drinks are disproportionally drunk by teenagers, who are more sensitive to price changes. (…) The point of sin taxes is to make unhealthy goods more expensive on a relative basis, not to make the poor poorer. So a further concern is that they affect low-income households most. The poor spend a higher share of their income on consumption. So they are hit harder by any consumption tax, such as sales taxes in America or the European Union’s value-added taxes. Sin taxes are especially regressive, since poorer people are more likely to smoke and tend to drink more alcohol and sugary drinks. In theory, the sin taxes could be offset by earmarking any revenue from them for direct cash transfers or for social programmes aimed at reducing poverty. Philadelphia, for example, has earmarked the revenue from its sugar tax for schools, parks and libraries. Debate about sin taxes often tends to blur two distinct purposes. One is to deter people from behaviour that does them harm. Another is to pay for the cost to society as a whole of that harmful behaviour—what economists call its “negative externalities”. Some examples can be fairly clear-cut. When a driver buys fuel for his car, for example, society as a whole has to suffer the consequences of the higher levels of pollution. Banning fossil fuels is impractical, so economists recommend taxing carbon-dioxide emissions instead. Similar ideas underpin taxes on plastic bags to combat the growing problem of ocean pollution. In 2015 the British government passed a law forcing big retailers to charge 5p (6.6 cents) for every plastic bag. Use of plastic bags fell by 85%, though ecologists worry some consumers have switched to substitutes that are environmentally even more damaging. Cotton tote bags, for instance, have to be used 131 times to rank as greener than plastic alternatives. Advocates of taxes on vices such as smoking and obesity argue that they also impose negative externalities on the public, since governments have to spend more to take care of sick people. However, policy papers tend to overstate the economic costs of activities like smoking because they rarely account for what would happen without them. Although unhealthy people tend to cost governments more money while they are alive, this is at least partially offset by the morbid fact that they tend to die earlier, and so draw less from services like pensions. Different vices have different economic costs since they harm people in different ways. Save for the exceptionally overweight, most obese people do not die much earlier. But they do tend to require more medical attention than their healthier peers, often spanning the course of several decades. So obesity does impose net costs on taxpayers. The externalities from alcohol are less clear. Only a minority of drinkers are serious alcoholics, which limits the direct health-care costs from drinking. Excessive drinking, however, does cause significant crime. Around 30% of fatal car crashes in America involve a driver who has been drinking. Alcohol is also heavily linked to domestic violence. Smoking, in contrast, probably saves taxpayers money. Lifelong smoking will bring forward a person’s death by about ten years, which means that smokers tend to die just as they would start drawing from state pensions. (…) The Institute of Economic Affairs, a free-market think-tank, has produced a series of reports on the net fiscal costs of drinking, smoking and obesity to the British government (see chart 2). They estimate that, after accounting for sin taxes, welfare costs, crime and early death, tobacco and alcohol are worth £14.7bn ($19.3bn) and £6.5bn a year, respectively, to the Treasury. Obesity, in contrast, costs it £2.5bn a year. (…) The fizzy-drinks industry is fighting back. Cook County, which includes Chicago, repealed its sugar tax after just two months in part because of retailers’ complaints about falling sales. In June, after much lobbying from drinks firms, California’s state government passed a law preventing cities from taxing sugar until 2030. In America, heart disease is linked to one in four deaths, and smoking to one in five. Sin taxes can make people healthier. But since most of the damage smokers, drinkers and the obese do is to themselves, rather than to others, governments need to think carefully about how much they want to interfere. Moreover, any cost-benefit analysis on the social impact of these vices needs to take into account that people do find them enjoyable. There is more to life than living longer. The Economist
Sugary beverages (…) can give rise to things like diabetes or stroke or heart disease, and these are pretty big in magnitude. A couple of years ago, there was a study estimating that if people were to reduce their sugary beverage consumption by around 20%, then the health benefits that they would reap would be something akin to giving them each a check between $100 or $300 each year. (…) On the other hand (…) Things like rock climbing have negative health consequences, potentially. Driving a car has lots of negative health consequences. The key question from an economic policy perspective is whether people are taking into account these negative effects when they’re making their consumption decisions. In particular, a reason for concern about sugary beverages is that often the negative health consequences come a long time after the date of consumption. You get diabetes or heart disease much later in life. There’s a growing literature in behavioral economics that studies the tendency for people to underweigh distant consequences and overweigh the upfront benefits or costs of doing something. This can explain everything from why we save less for retirement than we should or intend to, or why we exercise less than we ought to. A reason for being interested in sugary soda and sugary beverages is that those [choices] also have this kind of discrepancy between the upfront joy of sipping a soda and this delayed health consequence that happens far down the road. (…) there is also concern about an unintended side effect of that kind of policy — that it tends to fall heavily on poorer consumers. We know that poorer consumers tend to consume things like cigarettes and soda at higher frequencies than richer consumers do. Survey evidence suggests that at the bottom of the income distribution, people drink about twice as much sugary soda than at the top of the income distribution. (…) One of the other questions about soda is the extent to which soda consumption is addictive in the same way that cigarette consumption is. We know from other research that people are much more responsive to cigarette taxes, to the decision to purchase cigarettes, before they start smoking or right when they’re starting, rather than after they’ve been smoking for many years. Then, if the price goes up, they’ll generally just pay the higher cost for it. (…) For soda, the question is whether people who are high soda consumers continue to consume soda at the same rates, like cigarette smokers — or whether they actually switch to other beverages or reduce consumption overall. Even if they’ve been consuming soda for a long time. One of the other policy ideas that we look at a little bit in this paper but don’t delve into too much — and I think there’s more interesting work to be done here — is other kinds of non-tax policies, like some of the advertising bans or pictures of blackened lungs on cigarette packages, for instance. These kinds of policies aren’t exactly taxes but are intended to reduce consumption of cigarettes. There’s been some discussion of similar kinds of policies for soda. (…) The idea is that less marketing would cause poorer consumers to drink less soda, without necessarily having to pay more for the soda they are drinking. (…) Just like you mentioned with the kinds of subsidies for energy-efficient appliances, you can reframe everything we’ve said about sodas in that context and think about the unintended regressivity costs of those kinds of policies. Often, the benefits are accruing precisely to folks in the population who have higher incomes, who aren’t necessarily the ones you’re trying to help out the most. (…) In Philadelphia, if it turns out that people basically don’t change their soda consumption because they instead just drive across the Ben Franklin Bridge and buy their soda in New Jersey, then you don’t actually get any of the health benefits that I was just talking about. People still consume the same amount. They get diabetes at the same rate. The only thing that happens is, they waste more gas driving across the bridge. That would be a downside of this kind of policy. (…) One of the interesting things that we saw with the Philadelphia mayor’s proposal is it was tightly tied to these spending programs on pre-K in a way that some of the previous Philadelphia soda tax proposals were not, the ones that actually ended up failing. This is something that other cities I think have taken note of — that sometimes in making the case for these kinds of things, it’s really helpful to show how those funds would be spent and how they can be retargeted to the affected classes. One of the key questions is whether it’s helpful to offset the regressivity costs of these kinds of taxes by targeting the revenues back toward poorer communities or poorer consumers. Whether that’s effective or not ends up being a pretty technical theoretical question that we get into a fair amount in the paper. The upshot is that if the reason that poorer consumers are drinking more soda than richer consumers is just a difference in preferences, then it’s not all that helpful to try to target those benefits back toward poorer consumers. There might be other arguments for why it’s really beneficial to support pre-K education. Benjamin Lockwood
Une ‘taxe sur le péché’ se définit comme une taxe sur un produit qui peut être nocif, telle que les cigarettes ou les boissons sucrées. Dans de nombreux cas, ces taxes sont une incitation à réduire la consommation et à améliorer la santé. Mais les taxes sur les péchés peuvent toucher de manière disproportionnée les consommateurs à faible revenu, tandis que les clients plus aisés bénéficient d’allégements fiscaux sur les articles qu’eux seuls peuvent se permettre, tels que les fenêtres et les appareils ménagers. éconergétiques. Wharton university

Après les grandes écoles, les opéras ou les concours de beauté, devinez ce que nos élites ont trouvé pour ne pas désespérer Neuilly !

En ce premier jour d’une nouvelle année …

Jour traditionnel à la fois des hausses et des bonnes résolutions

Et au terme de près de deux mois de « jacquerie fiscale » de la part des « gars qui fument des clopes et qui roulent au diesel » ….

Qui ont sérieusement mis à mal la légitimité d’un président qui il y a à peine 18 mois le monde entier nous enviait …

Alors que pour de simples raisons fiscales, l’on découvre que l’ex-doyenne de l’humanité aurait pu se faire passer pour sa mère …

Retour sur la face cachée de ces fameuses « taxes du péché » (dites comportementales sur tabac, diesel et à présent boissons sucrées) …

Qui censées préserver la santé des plus démunis qu’elle ciblent prioritairement …

Dans des domaines où la perception des bénéfices lointains justement suppose …

Des capacités qui, entre distance à la nécessité et capacité de se projeter dans l’avenir, ne sont pas données à tout le monde …

Et qui réussissent l’exploit au bout du compte …

Sans compter les réductions en retraites et pensions entrainées par leur décès plus précoce …

A l’instar de ces abonnés absents des clubs de sport ou des salles d’opéra qui par leur absence même subventionnent la pratique des plus assidus …

De faire subventionner par Billancourt…

Les voitures électriques et les frigos verts de Neuilly !

Do ‘Sin Taxes’ Really Change Consumer Behavior?
Benjamin Lockwood
Wharton
Feb 10, 2017

‘Sin tax’ is defined as a tax on a product that can be harmful to a person, such as cigarettes or sugary drinks. In many cases, these taxes are an incentive to lower consumption and improve health. But sin taxes can disproportionately hurt lower-income consumers, while wealthy shoppers enjoy tax breaks on items only they can afford, such as energy-efficient windows and appliances. A recent study by Benjamin Lockwood, a Wharton professor of business economics and public policy, and coauthor Dmitry Taubinsky from Dartmouth College examines the impact of sin taxes and whether there is a middle ground. The researchers also look at what is being called “revenue recycling,” where these taxes can be used to fund initiatives that benefit lower-income consumers. Lockwood recently spoke about their research on the Knowledge@Wharton show on Wharton Business Radio on SiriusXM channel 111. (Listen to the podcast at the top of this page.)

An edited transcript of the conversation follows.

Knowledge@Wharton: Sin taxes are an important topic here in Philadelphia, where there is a tax on sugary drinks.

Benjamin Lockwood: Absolutely. It’s been happening in Philadelphia, and we’ve also seen these implemented in Chicago, San Francisco, Berkeley, Oakland and Boulder, Colorado. There’s a growing policy wave in favor of these kinds of policies, so it seems like a good time to be looking at it and trying to understand some of these implications.

Knowledge@Wharton: What did you find in your research?

Lockwood: The way that economists generally think about these kinds of taxes is that sugary beverages have health consequences. They can give rise to things like diabetes or stroke or heart disease, and these are pretty big in magnitude. A couple of years ago, there was a study estimating that if people were to reduce their sugary beverage consumption by around 20%, then the health benefits that they would reap would be something akin to giving them each a check between $100 or $300 each year. These are pretty big numbers.

On the other hand, from an economist’s perspective, it’s not enough for something to have negative consequences to justify taxing it. Things like rock climbing have negative health consequences, potentially. Driving a car has lots of negative health consequences. The key question from an economic policy perspective is whether people are taking into account these negative effects when they’re making their consumption decisions. In particular, a reason for concern about sugary beverages is that often the negative health consequences come a long time after the date of consumption. You get diabetes or heart disease much later in life.

There’s a growing literature in behavioral economics that studies the tendency for people to underweigh distant consequences and overweigh the upfront benefits or costs of doing something. This can explain everything from why we save less for retirement than we should or intend to, or why we exercise less than we ought to. A reason for being interested in sugary soda and sugary beverages is that those [choices] also have this kind of discrepancy between the upfront joy of sipping a soda and this delayed health consequence that happens far down the road.

“From an economist’s perspective, it’s not enough for something to have negative consequences to justify taxing it.”

Knowledge@Wharton: In a lot of urban areas, people financially may not have another option in terms of drinking a soda, compared with drinking bottled water. It becomes a life issue that a lot of these people are not able to overcome.

Lockwood: Right. Part of what you’re bringing up here is the question of what people can afford and how these kinds of taxes hit poorer consumers versus richer consumers. This question is the fundamental one of our research. There have been studies of how these kinds of taxes can have beneficial health consequences by reducing consumption. But there is also concern about an unintended side effect of that kind of policy — that it tends to fall heavily on poorer consumers. We know that poorer consumers tend to consume things like cigarettes and soda at higher frequencies than richer consumers do. Survey evidence suggests that at the bottom of the income distribution, people drink about twice as much sugary soda than at the top of the income distribution.

This paper looks at the regressivity consequences of these kinds of taxes and tries to get a handle on them. How do we weigh those consequences against the potential health benefits from imposing these kinds of taxes?

Knowledge@Wharton: In your estimation, are sin taxes a good thing for the consumer in general?

Lockwood: This is the million-dollar question. What is the overall impact? And if we should have a soda tax, how big should it be? Philadelphia’s soda tax is 1.5 cents per ounce. I believe Boulder’s is 2 cents per ounce. Most of the others have been 1 cent per ounce. As cities go forward trying to weigh these policies, there is this question of what the magnitude should be and whether we should have this kind of tax at all.

The key thing that we explore in our paper is that what matters for these regressivity costs is how much people respond to these taxes when they are imposed. There’s often an initial intuition that these taxes must be really bad for poor consumers because then they have to pay more out of pocket. That’s exactly right, if people don’t respond to the tax at all — if they don’t reduce their consumption. Of course, poor people end up paying more.

On the other hand, if people end up reducing their consumption a lot in response to the tax, then things get a lot trickier and a lot more interesting. The people who get the greatest health benefits from that reduction are the people who were consuming the most sugar to begin with, which tends to be poorer consumers. So, if people are responding a lot to the tax, then these kinds of regressivity costs are actually a lot smaller. In fact, some of the health benefits can be really concentrated on poor consumers, which is something that the government is interested in.

To answer the question you raised — how should these taxes exist and how big should they be — the key question is how much people reduce consumption in response to the tax. Do they keep consuming the same amount and just pay more? Or do they actually reduce how much they’re consuming?

Knowledge@Wharton:  Are you able to glean enough from what has happened in places like Berkeley and Philadelphia to say, “Yes, absolutely, there’s no question that the economic and health benefits are there for people to stay away from sugary drinks?” And are they doing it?

Lockwood: Again, this is an insightful question that cuts to the heart of the issue. In many cases, we still need more evidence to know the optimal size of these taxes. There’s some initial evidence from the tax that was imposed in Mexico, and the one that was imposed in Berkeley a couple years ago, that does suggest people reduced consumption in response to these taxes. But the estimates of how much they reduced consumption are really wide.

Economists talk about that responsiveness in terms of elasticity. If you impose a 10% tax, then by what percentage do people reduce their consumption? Do they reduce their consumption by 1.5% or by 25%? It’s a huge range. If you take the middling estimates of those, and you think that it’s a 10% or so reduction, which is where a lot of economists at this stage think the value probably lies, then our initial estimates are that some positive tax, maybe even a little larger than the ones that have already been imposed, is probably optimal. But again, we’ll know more going forward when we see the effects of these bigger cities in the next few years.

Knowledge@Wharton: The taxes that have been put in place haven’t gone overboard, and they haven’t underdone it either. They’ve gotten it in the ballpark so that if there is any increase down the road, it may be a half-cent per ounce or so. The cities have done a pretty good job, for the most part.

Lockwood: I don’t want to go on record saying, “It should be exactly 3.25 cents per ounce,” because we’re still waiting to see the evidence come in. But [based on] the economic research so far, my guess is that somewhere in the range of 3 cents to 4 cents per ounce — rather than the 2 cents per ounce that we’re seeing now — would be in the ballpark. I would say cities, luckily, have been in the range of reasonable taxes so far, given the hazy nature of the estimates we have.

Knowledge@Wharton: In Philadelphia, it’s been well-noted that the mayor would like to use the money from the tax to help improve pre-K education. A big focus of your research is on the good that is potentially done by these taxes that goes back to the community.

Lockwood: One of the key questions is whether it’s helpful to offset the regressivity costs of these kinds of taxes by targeting the revenues back toward poorer communities or poorer consumers. Whether that’s effective or not ends up being a pretty technical theoretical question that we get into a fair amount in the paper. The upshot is that if the reason that poorer consumers are drinking more soda than richer consumers is just a difference in preferences, then it’s not all that helpful to try to target those benefits back toward poorer consumers. There might be other arguments for why it’s really beneficial to support pre-K education. But if that’s the case, then we should be doing it through income taxes or whatever, regardless. We shouldn’t necessarily tie it to the existence of a soda tax.

Knowledge@Wharton: The impact of higher prices and taxes on cigarettes to mitigate cancer and other diseases has been discussed for years. The fact that cigarettes have seen higher costs has slowed down some people, but it hasn’t stopped [people from purchasing them]. Part of this has to do with the attraction that people have to consuming these kind of products, correct?

Lockwood: I think that’s right. One of the other questions about soda is the extent to which soda consumption is addictive in the same way that cigarette consumption is. We know from other research that people are much more responsive to cigarette taxes, to the decision to purchase cigarettes, before they start smoking or right when they’re starting, rather than after they’ve been smoking for many years. Then, if the price goes up, they’ll generally just pay the higher cost for it.

For soda, the question is whether people who are high soda consumers continue to consume soda at the same rates, like cigarette smokers — or whether they actually switch to other beverages or reduce consumption overall. Even if they’ve been consuming soda for a long time.

Knowledge@Wharton: Not that it’s directly a part of your research, but part of the problem is the companies that are bringing these products forward and the impact they have through the marketing. To a degree, it’s an uphill battle for some of these people if they want to try to step away from soda. If you want to step away from cigarettes, it’s a much harder prospect.

“If the goal of a tax is to discourage consumption of something that’s unhealthy, then people will only reduce their consumption if they actually see that tax and feel it.”

Lockwood: One of the other policy ideas that we look at a little bit in this paper but don’t delve into too much — and I think there’s more interesting work to be done here — is other kinds of non-tax policies, like some of the advertising bans or pictures of blackened lungs on cigarette packages, for instance. These kinds of policies aren’t exactly taxes but are intended to reduce consumption of cigarettes. There’s been some discussion of similar kinds of policies for soda.

Those kinds of policies, too, can make more sense when you have these goods that are consumed more by poorer consumers. They can help dissuade people from consuming this stuff without actually taking money out of their pockets, right? The idea is that less marketing would cause poorer consumers to drink less soda, without necessarily having to pay more for the soda they are drinking.

Knowledge@Wharton: Is there bias in this process in general? You’re talking about more people of lower incomes being affected by sodas and cigarette tax, compared with people of higher incomes who have the ability to put in energy-efficient windows and refrigerators.

Lockwood: I think that’s right. Just like you mentioned with the kinds of subsidies for energy-efficient appliances, you can reframe everything we’ve said about sodas in that context and think about the unintended regressivity costs of those kinds of policies. Often, the benefits are accruing precisely to folks in the population who have higher incomes, who aren’t necessarily the ones you’re trying to help out the most.

You can do a similar kind of exercise where you say, “Well, this doesn’t necessarily have the redistributive benefits that we would otherwise hope for from a tax.” But it does have this corrective effect of getting people to consume more energy-efficient stuff, just like the soda taxes discourage people from consuming unhealthy stuff. And that corrective benefit has to be weighed against the regressivity cost.

Knowledge@Wharton: Going back to the soda issue, what really has been the impact from the tax? After it was implemented here in Philadelphia, there was a line item for it on your receipt so that it wasn’t just baked into the cost of a 20-ounce soda. That was an important piece to this.

Lockwood: Again, it’s too early to have much formal economic analysis out of this. We’ll see going forward what the overall effects on consumption and soda purchases actually are. But one of the interesting questions going into this was to what extent the soda tax — which is actually imposed on the distributors who supply sodas to grocery stores — would be passed on to consumers in the form of higher soda prices.

One of the interesting things we’ve seen so far is that it does look like stores are really trying to make a salient connection and say, “This is how much the cost of your soda has gone up because of this tax.” That’s pretty interesting. On the one hand, sometimes people are dismayed to see taxes being passed through to consumers. They’d like to see those taxes being borne by the firm or corporations. But on the other hand, if the goal of a tax is to discourage consumption of something that’s unhealthy, then people will only reduce their consumption if they actually see that tax and feel it. In this case, having that tax passed through to the consumer and being front-and-center on the receipt might be consistent with the apparent goals of the policy.

Knowledge@Wharton: With cigarettes, you’re not seeing that itemized receipt that says what you’re paying because of the tax. It could be a very important deterrent in this process.

Lockwood: It certainly could be. It’ll be interesting to see whether those line items persist going forward or whether that was a temporary move by the grocers to try to explain why we had this one-time cost increase. But if they stay there, and the tax ends up being fully passed on to consumers on into the future, I think it will be interesting to see if that actually helps with these benefits. Maybe this is the kind of thing that we should have been doing with cigarettes all along, really emphasizing how much the cost is increasing because of these taxes.

Knowledge@Wharton: How much interest in this research topic is there from the medical community?

Lockwood: I think the medical research community has a big part to play in this. Although this is mostly a theory paper, it identifies the key parameters or estimates that will govern what that optimal tax is. A lot of that research can beneficially come from the medical community. Things like, how much more does medical care cost when people consume more sugar versus less? How much do people seem to be taking those costs into account when they are making their consumption decisions?

Those are exactly the kinds of things that people are studying right now. And as I said, we have some initial estimates. But I think this is an exciting time both for economists and medical researchers because we will have better estimates of this shortly.

“What you’d like to do is to have people switch away from these sugary things toward other things.”

Knowledge@Wharton: We’ve seen growth in an area called behavioral economics. We want to understand the economic impact of our behaviors right now, whether they are positive or negative.

Lockwood: Exactly. This is a very exciting and vibrant area of economic research, where we relax the conventional economic model in which people are fully rational and fully take everything into account when they’re making every single decision they make all day. This area of behavioral economics allows for what many of us feel: That there are a lot of things going on. A lot of things are confusing, and you’re not always paying perfect attention to everything, including what the eventual health costs are of everything that you might engage in. When that’s the case, there are beneficial things that the government can do to help guide behavior or explain those costs.

Knowledge@Wharton: Starting to put these theories together, what potentially is the impact on the lower incomes in Philadelphia and Chicago and San Francisco, compared with where we will be going in the next five to 10 years?

Lockwood: I think a lot of it comes back to these empirical estimates of trying to see what the effects of these taxes actually are. In Philadelphia, if it turns out that people basically don’t change their soda consumption because they instead just drive across the Ben Franklin Bridge and buy their soda in New Jersey, then you don’t actually get any of the health benefits that I was just talking about. People still consume the same amount. They get diabetes at the same rate. The only thing that happens is, they waste more gas driving across the bridge. That would be a downside of this kind of policy.

Now, there are things you could potentially do to correct that, like cooperating with nearby localities and jointly setting taxes so there aren’t these big differences across local borders. But if it turns out that people just buy at their local store, and this has a big impact, then we’ll find out that this is a useful policy to be implemented at the city level.

Another question along these lines is how much people substitute other kinds of drinks or how their consumption behavior changes. One way in which Philly’s tax was distinctive is that it also extended to cover diet soda beverages. From the economic health perspective, that’s not obviously a great move in terms of policy design. Maybe there are some unintended health consequences of diet soda, too. But the estimates now suggest that those are miniscule relative to the negative consequences of sugar consumption.

What you’d like to do is to have people switch away from these sugary things toward other things — maybe toward diet soda, if that’s really what they want. Having a better sense of whether people just keep consuming their sugary soda because diet also went up [in price], or whether they instead switched to bottled water or something, will have an impact on whether other cities then think about imposing taxes across the board on diet beverages, too.

Similarly, there will be a benefit for other cities in understanding how to make the case for these policies to their constituents. One of the interesting things that we saw with the Philadelphia mayor’s proposal is it was tightly tied to these spending programs on pre-K in a way that some of the previous Philadelphia soda tax proposals were not, the ones that actually ended up failing. This is something that other cities I think have taken note of — that sometimes in making the case for these kinds of things, it’s really helpful to show how those funds would be spent and how they can be retargeted to the affected classes.

Voir aussi:

The price of vice“Sin” taxes—eg, on tobacco—are less efficient than they look

But they do help improve public health

The Economist

TOBACCO was new to England in the 17th century, but even then, smoking had plenty of critics. The most famous was King James I, who in 1604 described smoking as “a custome lothsome to the eye, hatefull to the Nose, harmful to the braine, dangerous to the Lungs, and in the blacke and stinking fume thereof, nearest resembling the Stigian smoke of the pit that is bottomless”. The king increased the import tax on the “noxious weed” by 4,000%.

Sometimes, governments have had compelling financial reasons to tax particular goods. In 1764, when the national finances were drained by wars in North America, Britain’s parliament began enforcing tariffs on sugar and molasses imported from outside the empire. In practice, these served as a consumption tax on colonists living in America and threatened to ruin their rum industry. Not long after, parliament also introduced heavy levies on tea. The colonists were not best pleased.

Two-and-a-half centuries later, sugar taxes have returned to policy debates, this time as “sin taxes”—levies on socially harmful practices. These are seen as a double win—useful sources of revenue that also improve public health. Economists think it is not as easy as that.

Governments hope that just as taxes on alcohol and tobacco both generate revenue and reduce smoking and drinking, so sugar taxes will help curb obesity. Hungary, which has the highest rate of obesity in Europe, imposed a tax on food with high levels of sugar and salt in 2011. France did the same for sugary drinks in 2012. Several American cities, Thailand, Britain, Ireland, South Africa and other countries have since followed suit.

Sin taxes do change behaviour. Alcohol and tobacco are addictive, so demand for them is not as responsive to price changes as, say, the demand for airline tickets to fly abroad. But it is still more responsive than for many common household goods. Estimates vary from study to study, but economists find that on average, a 1% increase in prices is associated with a decline of around 0.5% in sales of both alcohol and tobacco (see chart 1).

Clunky sin tax

Data on the efficacy of sugar taxes are scantier, but the available evidence shows that they, too, lower consumption. In March 2015 Berkeley, California, put a tax of one cent per ounce (28 grams) on sugary drinks. A study by researchers at the University of North Carolina (UNC) and the Public Health Institute in Oakland, California, found that sales of sugary drinks fell by 9.6% in a year. It was a similar story in Mexico, which in January 2014 slapped a nationwide tax of 1 peso (then 8 cents) a litre on sugar-sweetened beverages. Sales fell by 5.5% in the first year, and 9.7% in the next. In both places, sales of bottled water rose after the fizzy-drinks tax came in.

Nevertheless, as policy instruments, sin taxes are extremely blunt. People who only occasionally drink or smoke do their bodies little harm, yet are taxed no differently from heavy smokers and drinkers. A study published last year by the Institute for Fiscal Studies (IFS), a think-tank, found that Britons who bought only a few drinks a week were far more sensitive to price fluctuations than heavy drinkers. The IFS suggests that it might make more sense to place higher levies on the tipples more in favour with heavy drinkers, such as spirits.

It is fairly easy to blame particular diseases on tobacco and alcohol. For sugary drinks, which provide only part of consumers’ sugar intake, it is harder. Another IFS study finds that, though Britain’s new law will lower sales of fizzy drinks, it will have little effect on the behaviour of those who consume the most sugar. In Mexico the data show that the tax did lead poorer households to buy fewer sugar-sweetened drinks. But it had little impact on how much the rich consumed.

John Cawley, an economist at Cornell University, points out that one flaw with many existing sugar taxes is that they are too local in scope. After Berkeley introduced its tax, sales of sugary drinks rose by 6.9% in neighbouring cities. Denmark, which instituted a tax on fat-laden foods in 2011, ran into similar problems. The government got rid of the tax a year later when it discovered that many shoppers were buying butter in neighbouring Germany and Sweden.

Moreover, the impact on public health is unclear. Consumers might simply get their sugar from other sources. Shu Wen Ng, an economist at UNC who studied the taxes in both Berkeley and Mexico, says that one reason for hope is that many people form their dietary habits when they are young. And fizzy drinks are disproportionally drunk by teenagers, who are more sensitive to price changes.

Jonathan Gruber, an economist at the Massachusetts Institute of Technology, points out that taxing foods like sugar and fat is in a different category from taxing tobacco and alcohol, because people need food to live. It presents public-health problems only when people eat too much. Mr Gruber says if he were king, he would target the problem more directly, by supplementing taxes on sugar and fat with a tax based on individuals’ body-mass indices.

The point of sin taxes is to make unhealthy goods more expensive on a relative basis, not to make the poor poorer. So a further concern is that they affect low-income households most. The poor spend a higher share of their income on consumption. So they are hit harder by any consumption tax, such as sales taxes in America or the European Union’s value-added taxes. Sin taxes are especially regressive, since poorer people are more likely to smoke and tend to drink more alcohol and sugary drinks. In theory, the sin taxes could be offset by earmarking any revenue from them for direct cash transfers or for social programmes aimed at reducing poverty. Philadelphia, for example, has earmarked the revenue from its sugar tax for schools, parks and libraries.

Double negatives

Debate about sin taxes often tends to blur two distinct purposes. One is to deter people from behaviour that does them harm. Another is to pay for the cost to society as a whole of that harmful behaviour—what economists call its “negative externalities”. Some examples can be fairly clear-cut. When a driver buys fuel for his car, for example, society as a whole has to suffer the consequences of the higher levels of pollution. Banning fossil fuels is impractical, so economists recommend taxing carbon-dioxide emissions instead.

Similar ideas underpin taxes on plastic bags to combat the growing problem of ocean pollution. In 2015 the British government passed a law forcing big retailers to charge 5p (6.6 cents) for every plastic bag. Use of plastic bags fell by 85%, though ecologists worry some consumers have switched to substitutes that are environmentally even more damaging. Cotton tote bags, for instance, have to be used 131 times to rank as greener than plastic alternatives.

Advocates of taxes on vices such as smoking and obesity argue that they also impose negative externalities on the public, since governments have to spend more to take care of sick people. However, policy papers tend to overstate the economic costs of activities like smoking because they rarely account for what would happen without them. Although unhealthy people tend to cost governments more money while they are alive, this is at least partially offset by the morbid fact that they tend to die earlier, and so draw less from services like pensions.

Different vices have different economic costs since they harm people in different ways. Save for the exceptionally overweight, most obese people do not die much earlier. But they do tend to require more medical attention than their healthier peers, often spanning the course of several decades. So obesity does impose net costs on taxpayers.

The externalities from alcohol are less clear. Only a minority of drinkers are serious alcoholics, which limits the direct health-care costs from drinking. Excessive drinking, however, does cause significant crime. Around 30% of fatal car crashes in America involve a driver who has been drinking. Alcohol is also heavily linked to domestic violence.

Smoking, in contrast, probably saves taxpayers money. Lifelong smoking will bring forward a person’s death by about ten years, which means that smokers tend to die just as they would start drawing from state pensions. In a study published in 2002 Kip Viscusi, an economist at Vanderbilt University who has served as an expert witness on behalf of tobacco companies, estimated that even if tobacco were untaxed, Americans could still expect to save the government an average of 32 cents for every pack of cigarettes they smoke.

The Institute of Economic Affairs, a free-market think-tank, has produced a series of reports on the net fiscal costs of drinking, smoking and obesity to the British government (see chart 2). They estimate that, after accounting for sin taxes, welfare costs, crime and early death, tobacco and alcohol are worth £14.7bn ($19.3bn) and £6.5bn a year, respectively, to the Treasury. Obesity, in contrast, costs it £2.5bn a year.

The best argument for sin taxes, however, is still the behavioural one. Economic models assume that people know what they are doing. Flesh-and-blood humans struggle with self-control. Most smokers are well aware of the health risks, but many still find it hard to quit. Tax policy can help. Mr Gruber argues that, once you allow for even a sliver of irrationality in human decision-making, the case for taxing addictive substances becomes clear.

The fizzy-drinks industry is fighting back. Cook County, which includes Chicago, repealed its sugar tax after just two months in part because of retailers’ complaints about falling sales. In June, after much lobbying from drinks firms, California’s state government passed a law preventing cities from taxing sugar until 2030.

In America, heart disease is linked to one in four deaths, and smoking to one in five. Sin taxes can make people healthier. But since most of the damage smokers, drinkers and the obese do is to themselves, rather than to others, governments need to think carefully about how much they want to interfere. Moreover, any cost-benefit analysis on the social impact of these vices needs to take into account that people do find them enjoyable. There is more to life than living longer.

Do “sin taxes” work?
And are they fair?
W.Z.
The Economist
Aug 10th 2018

MANY goverrments use “sin taxes” to dissuade people from smoking and drinking alcohol. In recent years, some lawmakers have turned their cross-hairs to a different vice: sugar. Obesity is on the rise all across the world. Forty per cent of Americans today are obese, up from around 15% in 1980. Several countries, along with a handful of American cities, have introduced taxes on sugary drinks in recent years. Their governments hope that these levies will both raise revenues and reduce how much sugar people consume. But do sin taxes even work?

Policymakers are right to think that sin taxes lead to lower consumption. The exact estimates vary from study to study, but economists have found that in general, a 1% increase in the price of tobacco or alcohol in America leads to a 0.5% decline in sales. In practical terms, this means that sales of tobacco and alcohol are more responsive overall to price changes than say, sales of many common household goods, such as coffee. Similarly, while it is still too early to determine whether these taxes will have any effect on obesity, studies have shown that they have at the very least reduced sales in Mexico, and the cities of Berkeley and Philadelphia.

But if there is a problem with sin taxes, it is not that they are ineffective. Rather, it is that they are inefficient. Sin taxes are blunt policy instruments. People who only have the occasional drink are not taking on any great health risks, yet they are taxed no differently than serious alcoholics. A similar logic applies for sugar taxes. Tobacco presents a slightly different problem. Nicotine is highly addictive, meaning that there are relatively few people who smoke cigarettes only occasionally.

It is easiest to justify taxes on particular goods when they present what economists call “negative externalities”. When a driver buys fuel for his car, both he and the petrol station benefit. Yet cars emit carbon dioxide in their wake, which suggests that it would be only fair for drivers to pay taxes to offset the environmental damage they cause. Some policymakers argue that people who engage in unhealthy habits also impose negative externalities, since they tend to present taxpayers with bigger medical bills. In practice, however, these costs tend to be overstated. While obese people probably do present net costs to governments, smokers tend to die earlier, meaning that they probably save governments money since they draw less from state pensions. Policymakers should still consider implementing sin taxes if they intend to intervene to change individuals’ behaviour. But they should be aware that the bulk of the damage that smokers, drinkers and the obese do is to themselves, and not to others.

Voir de même:

« La taxation n’est pas une solution aux vices des citoyens »

La théorie économique dit que la taxation compense les « externalités négatives » du marché des produits nocifs. A condition que l’Etat n’en détourne pas le produit, explique le chirurgien des hôpitaux Guy-André Pelouze.
Guy-André Pelouze, chirurgien des hôpitaux au Centre hospitalier Saint-Jean (Perpignan)
Le Monde
15 avril 2016

Taxer un individu ou une entreprise, c’est le contraindre à payer un montant en général proportionnel à un revenu ou à un actif. Tous les systèmes politiques ont recours à la taxation. « Je vais donc vous donner de quoi semer, et vous sèmerez vos champs, afin que vous puissiez recueillir des grains. Vous en donnerez la cinquième partie au roi ; et je vous abandonne les quatre autres pour semer les terres et pour nourrir vos familles et vos enfants » (Genèse 47 : 24), dit la Bible.Si la taxation est ancienne, l’utilisation des taxes varie selon les systèmes politiques. En France en 2014 ces ressources (44,7% du PIB) sont utilisées pour les fonctions régaliennes de l’état et pour l’état-providence (31,9% du PIB).La notion de vice est intimement liée à la morale et renvoie aux interdits religieux. Ce que l’on appelait vice dans la perspective de la tentation du mal a été requalifié par la science en addiction. Addiction à des substances, par exemple la nicotine ou à des pratiques comme le jeu ou à des comportements comme la boulimie compulsive. La nicotine est un psychostimulant présent dans les feuilles de tabac dont les effets comme pour la feuille de coca sont connus depuis longtemps. Dès l’ère industrielle la consommation de tabac fumé s’est développée, la pyrolyse permettant la prise de plus de nicotine juste en inhalant. Du vice à l’addiction la transition n’est pas neutre. Dans le premier l’individu est tenu pour responsable de ses choix de vie, dans l’addiction la responsabilité de l’individu peut être atténuée au motif que nous ne sommes pas égaux face à la dépendance.La prohibition encourage la contrebandeLes penchants particuliers pour les addictions ou les comportements moralement condamnables sont l’objet d’une interdiction (prohibition) ou d’une taxation. L’histoire nous démontre que la prohibition ne supprime pas le vice. En France le cannabis est interdit mais il est consommé par beaucoup de français y compris des adolescents. Comme l’héroïne, la cocaine est interdite mais la consommation n’a jamais été supprimée et si elle a baissé c’est en raison de l’apparition sur le marché d’autres drogues de synthèse toutes aussi interdites. Il est à cet égard surprenant que certains médecins demandentl’interdiction du tabac. Cette opinion formellement généreuse en dehors d’entraver dangereusement la liberté individuelle conduit en pratique au pire. La prohibition encourage la contrebande, la mauvaise qualité des produits consommés et d’autres activités criminelles. Mais de surcroît elle augmente la consommation, c’est le paradoxe de la prohibition.Si la prohibition ne peut venir à bout des vices humains il est souvent avancé que la taxation le pourrait. Les intentions des états sont ici parfaitement illisibles. La taxation apparait comme un compromis entre des intérêts puissants et un affichage de prévention. Pour autant les avocats des taxes comportementales répondent par l’argument du niveau de taxation. Si la taxe était très élevée, disent ils, la consommation baisserait. C’est déjà une concession car personne ne s’aventure à pronostiquer une disparition du tabac fumé. Néanmoins ils ont de sérieux arguments en particulier l’expérience australienne. Un continent isolé par la mer, de culture anglo-saxonne a réussi à infléchir sérieusement la consommation en augmentant les taxes jusqu’à rendre le paquet de cigarettes très cher. Ce n’est pas du tout la situation de la France. Si bien qu’en Europe force est de constater que les taxes ne peuvent venir à bout des vices.

En réalité la taxation supplémentaire des substances addictives a une base parfaitement légitime: celle des externalités. La consommation de tabac produit des effets que le marché n’internalise pas dans le prix, il s’agit du coût des soins induits par les différentes atteintes symptomatiques au niveau de l’organisme. La médecine connait avec précision les maladies induites par le tabac au niveau non seulement des artères et du poumon mais aussi ailleurs. Le coût des soins dus aux complications du tabac est payé par d’autres dans le cadre de la mutualisation de l’assurance maladie ou des impôts. Ces externalités négatives sont en partie seulement compensées par la moindre espérance de vie qui fait que les pensions ne sont plus versées. Grace à l’exhaustivité des données de soins et à leur précision nous pouvons calculer l’équation des externalités. C’est pourquoi la taxation pigouvienne (d’Arthur Cecil Pigou qui la décrivit dans son ouvrage de 1920: The Economics of Welfare, London: Macmillan.) est rationnelle. Elle permet de combiner liberté individuelle et conséquences économiques.

Mais dans ce domaine et à supposer que la taxe supplementaire sur le tabac devienne pigouvienne, il y a en France une situation exceptionnelle. La taxation du tabac est loin de se faire au profit des soins ou de la prévention. L’état dispose à sa guise des taxes et elles ont servi et servent encore de bouche trous dans les budgets sociaux non financés que l’état invente au gré de nécessités souvent électorales. Car il s’agit d’octroyer des “droits à” sans en avoir le financement nécessaire. Ainsi en 2000 le FOREC (Fonds de financement de la réforme des cotisations sociales) a bénéficié des faveurs de l’état bien en mal de trouver le financement nécéssaire: ce fonds se voit en effet attribuer 85,5 % du produit du “droit de consommation” sur les tabacs manufacturés. En 2012 ce n’est pas moins de 11 affectataires qui se partagés les 11,13 milliards d’euros du produit du “droit de consommation” du tabac, pour des fractions allant de 53,52 % pour la Cnam à 0,31 % pour le Fcaata (Fonds de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante).

Si la taxation n’est pas une solution aux vices des citoyens on s’aperçoit qu’elle peut être la porte ouverte au vice de l’état qui consiste à détourner l’argent prélevé sur la base de motifs bien intentionnés pour en faire des ressources fiscales pour sa politique.

Voir également:

Voir par ailleurs:

Les abonnés absents des salles de sport

François Lévêque
The Conversation
21 juin 2016
Les salles de sport sont des biens de club. Sous cette apparente tautologie se cache un concept économique qui signe un service partagé de façon exclusive par plusieurs personnes, à l’instar de la piscine ou du terrain de tennis privé d’une résidence collective. La particularité de ce type de bien est que les individus en retirent une satisfaction qui pend des autres. D’un côté, plus le nombre de membres est élevé, plus la contribution de chacun aux coûts fixes d’investissement et de maintenance peut-être faible. D’un autre côté, plus le nombre de membres est élevé, plus la congestion s’accroît.
Accepter un nouveau membre permettra de diminuer l’abonnement annuel donnant accès à la piscine et au tennis, mais les nageurs risquent de se heurter dans le bassin et les joueurs de ne pas s’affronter à leur horaire préféré. Un club de sport est donc un bien de club au sens économique du terme : l’augmentation du nombre d’adhérents permettra de réduire le prix de l’abonnement, mais elle allongera la queue aux machines et aux douches.
Un exercice classique, mais musclé pour économiste s’entraînant aux biens de club consiste à calculer la capacité optimale pour un nombre de membres donnés (par exemple la dimension appropriée de la piscine pour les 50 habitants de la résidence), le nombre optimal de membres pour une capacité donnée (le nombre ial pour un bassin de 8 mètres par 4) pour en duire la capacité optimale pour le nombre optimal. Le tout en spécifiant une fonction de coût qui tienne compte des économies d’échelle et une fonction de bénéfice qui tienne compte du fait qu’au bout d’un moment la congestion l’emporte sur la camaraderie : accepter un nouveau membre augmente la possibilité de se faire un nouvel ami, mais ce gain devient inférieur à la gêne de congestion qu’il occasionne. James M. Buchanan, lauréat du prix Nobel d’économie en 1986, est le premier à s’être livré à cet exercice théorique.
Les propriétaires de salles de sport ont quant à eux trouvé un truc : faire signer un engagement d’un an aux abonnés qui n’utilisent pas, ou rarement, leurs équipements. Ces abonnés réduisent le montant individuel des cotisations sans embouteiller les installations. Aux États-Unis, près de la moitié des nouveaux inscrits aux premiers jours de janvier, la période de pointe des inscriptions, ne fréquente plus la salle de sport les mois suivants. Seul un nouvel abonné sur cinq continuera à s’y rendre après septembre. Les nouveaux inscrits se rendront en moyenne quatre fois dans la salle de sport dans l’année. Selon une étude de chercheurs québécois portant sur près de 1500 nouveaux inscrits dans des salles de Montréal, la fréquentation des salles de sport chute de près de moitié après quatre mois.
Pourtant les nouveaux inscrits aux salles de sport signent de leur plein gré et sans barguigner, ni rechigner sur la durée contractuelle de l’engagement, contrairement à ce qu’ils feraient pour un abonnement de téléphonie mobile ou de télévision payante. Pourquoi donc payent-ils pour ne pas aller à la gym ? Deux économistes ont cherché à répondre à cette question dans un article paru en 2006 dans l’American Economic Review, l’une des publications d’économie les plus prestigieuses au monde. Ils ont calculé combien d’argent ces consommateurs perdaient. Réponse 600 dollars. C’est la différence de ce que paye un membre qui a choisi un contrat forfaitaire au lieu de payer à la séance en achetant 10 tickets d’entrée, autre option qu’il aurait pu choisir. Cet écart s’explique par l’optimisme ou la naïveté. Lorsqu’elles s’inscrivent, les personnes surestiment le nombre de fois où elles se rendront en salle.
Dans l’étude québécoise jà citée, les nouveaux membres clarent, lorsqu’ils s’abonnent, le nombre de fois qu’ils comptent se rendre en salle. La fréquentation réelle observée par la suite est plus de deux fois inférieure. Les personnes croient à l’effet durable de leur bonne résolution de but d’année pour maigrir ou simplement entretenir leur forme. Peut-être certaines comptent-elles aussi sur l’effet incitatif du « J’ai payé donc il faut que j’amortisse mon forfait ». Quoi qu’il en soit c’est raté !
Les abonnés absents permettent à la salle de sport d’offrir un abonnement moins cher, ou bien… d’enrichir leur propriétaire. Tout pend de l’intensité de la concurrence. S’il n’y a pas d’autres clubs de gym à la ronde, le propriétaire conservera l’essentiel du profit tiré des absents. La concurrence est en effet d’abord locale. Les clients choisissent une salle proche de leur lieu de travail ou de résidence. À cette concurrence spatiale, s’ajoute une concurrence sur la qualité des services.
Le marché de la gym est coupé en trois segments. Les clubs de prestige proposent des abonnements à plus de 100 euros mensuels. Ils sont souvent associés à un droit d’entrée et à une obligation de parrainage. coration stylée (quoique parfois kitch), coach personnel, salle de relaxation, grande piscine en font des sortes de palace pour la gymnastique. Le Ritz Health Club est d’ailleurs ouvert aux sportifs extérieurs à l’hôtel (3 900 euros l’année ou 180 euros la journée, à vous de choisir).
Les salles de milieu de gamme qui proposent des abonnements compris entre 50 et 100 euros par mois sont le ventre mou du marché. Certes les clients auront droit à une serviette propre, pourront aussi transpirer dans un sauna ou un hammam et se saltérer au bar, mais tout a été calculé au plus près. Ce segment de marché est aujourd’hui fortement concurrencé par les salles à bas coûts.
Le low-cost de la gym est né aux États-Unis, l’espace n’y manque pas et les baux y sont bon marché depuis la crise financière. Il gagne l’Europe en passant d’abord par l’Angleterre où, grâce à son essor, l’adhésion aux salles progresse de plus de 10 % par an.
Que les chaînes low-cost se nomment Xercise4less, BudgetGym ou Fitness4less, le message est le même. Leur mole aussi : prix bas mensuel, ouverture 24 heures sur 24, et prestations réduites à l’essentiel. Vous n’y trouverez ni sauna ou hammam (des à-côtés dispendieux et peu utilisés), ni cours collectifs (ou alors en vio), ni personnel pour vous aider dans l’emploi des machines (sauf de 18h à 22h), ni miroirs à gogo (les mètres carrés de glace sont chers), ni serviette gratuite (n’oubliez pas d’apporter la vôtre), et parfois il vous faudra payer pour prendre une douche (un demi-euro chez Neoness).
En revanche, les tarifs sont hors concours. Les formules à 10 $, 10 £ ou 10 € par mois ont essaimé dans la plupart des métropoles, plutôt à leur périphérie, là où les loyers sont beaucoup moins chers. Les salles low-cost ne demandent aucun engagement contractuel. Pour faire des affaires, elles ne comptent pas sur l’absentéisme, mais sur la réduction des coûts et des tarifs. Elles attirent de nouveaux adeptes, mais aspirent aussi les clients des clubs du ventre mou sensibles au prix.
Ces clubs comptent en moyenne 5 000 membres contre 1 900 tous segments de marché confondus. En outre, ils conservent mieux leurs clients. Ne s’engageant pas de façon naïve ou optimiste sur le long terme, ils ne connaissent pas la sillusion du manque d’assiduité qui les conduit à ne pas renouveler leur abonnement en fin d’année.
Pris en étau entre les clubs de prestige et ceux à bas coût, les propriétaires des salles du milieu de gamme ont du souci à se faire. En 2014 au Canada, près de 300 gyms de ce segment ont fermé tandis que le nombre d’ouvertures de salles low-cost s’est élevé au double.
S’ils ne veulent pas disparaître, les clubs du ventre mou doivent réussir à proposer du haut de gamme à prix serré ou parvenir à réduire drastiquement leurs coûts, leur prix et la durée d’engagement contractuel. S’ensuivra aussi un changement du côté des membres : les absentéistes finalement peu sireux de soulever de la fonte ou de pratiquer du vélo elliptique cesseront de subventionner les assidus des salles de sport aux abdominaux en forme de tablette en chocolat ou au muscle cardiaque de danseuse de zumba.
Voir encore:

Fiscalité, consommation, revenus.. ce qui change au 1er janvier
Le Parisien

Tanguy de l’Espinay

30 décembre 2018

Prélèvement à la source, réforme du compte formation, interdiction du glyphosate, etc… De nombreux changements interviennent ce mardi, notamment dans le quotidien des Français.
Comme chaque année, tout un train de réformes et de mesures entre en vigueur le 1er janvier. Derrière la locomotive du prélèvement à la source, nous avons comptabilisé une cinquantaine de changements tous secteurs confondus, qui auront plus ou moins d’impact sur la vie quotidienne des Français.

FISCALITÉ DES MÉNAGES
Impôt à la source : c’est parti ! L’impôt se prélève désormais à la source, c’est-à-dire via une retenue sur le salaire mensuel (il faudra attendre encore un an pour les particuliers employeurs). Le 15 janvier, un acompte de 60 % sera versé aux contribuables bénéficiant de réductions et crédits d’impôts. Si vous êtes perdus, le numéro d’information (0809.401.401) n’est désormais plus surtaxé.

CSG : la hausse annulée pour les petites retraites.L’annulation de la hausse de la CSG pour les retraités touchant moins de 2000 euros par mois entre en vigueur. Mais dans l’immédiat, tous les bénéficiaires doivent continuer pendant quelques mois à payer la CSG augmentée (8,3 %). Ils seront remboursés rétroactivement au plus tard le 1er juillet. Les personnes déclarant moins de 14 548 € de revenu annuel bénéficient toujours du taux réduit de 3,8 %.

L’« exit tax » allégée. Le nouveau dispositif qui remplace l’« exit tax » cible désormais les cessions de patrimoine intervenant jusqu’à deux ans après un départ de France, contre 15 ans auparavant.

CONSOMMATION ET TARIFS RÉGLEMENTÉS
Baisse des tarifs du gaz. Dans la foulée d’une première baisse de 2,4 % en décembre, les tarifs réglementés du gaz, appliqués à près de 4,5 millions de foyers français par Engie, baissent de 1,9 %.

Chèque énergie augmenté. Il permet de s’acquitter des factures liées à une consommation énergétique, gaz, fioul, électricité…). Le montant maximal est revu à la hausse de 50 € au 1er janvier, il variera entre 76 € et 277 €. Ce chèque énergie va bénéficier cette année à 5,8 millions de ménages. Le plafond d’attribution s’élève désormais à 10 700 € pour une personne seule et 16 050 € pour un couple.

Tabac : 7e hausse en 18 mois. Si la majorité des références restent stables (ce qui signifie que les fabricants rognent sur leurs marges pour absorber la hausse des taxes), le Marlboro Red passe à 8,20 euros.

+10 % pour les timbres. Le timbre rouge passe de 0,95 € à 1,05 € et le vert de 0,80 € à 0,88 €.

Fini les promos Nutella !La loi EGAlim entre en vigueur. Les promotions sur les produits alimentaires ne pourront pas excéder 34 % du prix de vente au consommateur. Ce n’est que le premier étage de la fusée. Le 1er février, plus aucun produit alimentaire ne pourra être revendu à moins de 10 % du prix auquel il a été acheté, et le 1er mars, le volume global des promotions sera limité à 25 % du chiffre d’affaires ou du volume prévisionnel d’achat entre le fournisseur et le distributeur fixé par contrats.

REVENUS
Le Smic passe la barre des 10 € de l’heure (en brut).Le taux horaire du Smic est revalorisé mécaniquement de 1,5 % et passe de 9,88 à 10,03 euros en brut. Soit de 1 498,47 à 1 521,22 € mensuels bruts pour un temps plein.

+90 € de prime d’activité. C’est l’une des mesures d’urgence décidées pour enrayer la colère des Gilets jaunes : la prime d’activité pour les salariés autour du Smic va bondir de 90 €. Les bénéficiaires en verront la couleur le 5 février.

LIRE AUSSI >Mesures d’urgences : ce que prévoit vraiment le gouvernement

Les heures sup défiscalisées. Les heures supplémentaires sont désormais défiscalisées et déchargées, pour tous les salariés, dans le privé comme dans le public.

TRAVAIL
Réforme de l’apprentissage. La limite d’âge maximum passe de 26 à 29 ans. La durée du travail des apprentis est assouplie et une aide unique est créée pour les entreprises de moins de 250 salariés.

Un pas de plus vers le rattrapage salarial des femmes. Les entreprises ne doivent plus seulement mesurer les écarts de salaires existants, mais aussi rendre des comptes en matière d’augmentations et de promotions.

PROTECTION SOCIALE
Très légère hausse des retraites. Le gouvernement a décidé de limiter à 0,3 % la revalorisation des pensions de retraite. Pour rappel, l’inflation est estimée à 1,7 % pour 2019 par la Banque de France.

Complémentaires : fusion Agirc/Arrco. Avec le prélèvement à la source, c’est l’autre gros changement de ce 1er janvier : la fusion effective des régimes complémentaires de retraite des salariés du privé Agirc (les salariés cadres) et l’Arrco (pour les salariés non-cadres), décidée en 2015. Concrètement, à ce jour, les cotisations retraite des actifs seront affectées à un seul et même compte rassemblant les points Agirc-Arrco. Autre changement : la revalorisation annuelle des retraites complémentaires ne va plus se baser sur l’inflation, mais sur l’évolution moyenne des salaires.

Retraites : le dispositif de décote-surcote entre en application. Concrètement : tout salarié souhaitant prendre sa retraite à 62 ans, même s’il a tous ses droits et tous ses trimestres cotisés, subit une décote de 10 % sur sa pension durant trois ans. S’il travaille un an de plus jusqu’à 63 ans, le malus disparaît. Et au-delà, il bénéficie d’une surcote, avec un bonus durant un an de 10 % pour 2 ans de travail en plus, 20 % pour 3 ans, et 30 % pour 4 ans.

Demande unique de retraite en ligne. Même si vous avez cotisé à plusieurs régimes de retraite, il est désormais possible de faire une demande unique de retraite en ligne.

Le système de retraite des auteurs refondu. Tous les artistes-auteurs, quel que soit leur niveau de revenus, et même s’ils sont déjà retraités, sont désormais redevables d’une cotisation de 6,9 %, au titre de leur retraite de base, prélevée à la source sur leurs droits d’auteur.

Augmentation du minimum-vieillesse. Le minimum vieillesse augmente de 35 € par mois pour une personne seule (868 €), et de 54 € pour un couple (1 348 €).

Allocation adulte handicapé : des droits à vie. Les droits sont désormais attribués à vie pour les personnes dont le taux d’incapacité est supérieur à 80 % et dont l’état de santé ne peut s’améliorer. Concrètement, ces personnes n’auront plus à repasser des examens médicaux pour justifier la réalité de leur handicap pour bénéficier de l’AAH, ou encore d’une carte mobilité inclusion.

FISCALITÉ DES ENTREPRISES
Année blanche pour les créateurs et repreneurs d’entreprise. Les créateurs et repreneurs bénéficient, sous conditions de ressources, d’une année blanche de cotisations sociales, au titre de leur première année d’activité.

Les Gafa taxés. Sans attendre ses voisins européens, la France applique désormais la taxe sur les géants du numérique (Google, Apple, Facebook, Amazon, etc.). Cette taxe ne se limitera pas au chiffre d’affaires mais s’étendra « aux revenus publicitaires, aux plateformes et à la revente de données personnelles ».

L’intéressement libéré dans les PME. Le forfait social sur l’intéressement pour toutes les entreprises de moins de 250 salariés est supprimé.

Ce qui va changer au 1er Janvier 2019

FINANCE
Facturation électronique obligatoire. La facturation électronique devient obligatoire pour les petites et moyennes entreprises (10 à 250 salariés). Encore un an et ce sera également le cas pour les TPE.

De la monnaie virtuelle chez les buralistes. La nouvelle a fait beaucoup de bruit lors de son annonce : les bureaux de tabac peuvent désormais délivrer des coupons de 50, 100 ou 250 € convertibles en bitcoin ou en ethereum. Sans l’aval de la Banque de France.

AGRICULTURE
L’épargne de précaution encouragée. Un nouveau dispositif d’épargne de prévention des aléas est mise en place pour les exploitants : moyennant une obligation d’épargne, ils pourront pratiquer une déduction fiscale sur leur résultat d’exploitation, laquelle sera proportionnée à leur bénéfice.

Une nouvelle carte pour les aides européennes. La nouvelle carte européenne des Zones défavorisées simples (ZDS) entre en application. Elle établit qui a le droit à l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN), versée à 25 % par l’État et à 75 % par l’UE.

SANTÉ
Autisme : vers un forfait de remboursement du dépistage. Pour éviter d’avoir à payer plein pot les innombrables examens qui précèdent un diagnostic d’autisme, les parents d’enfants atteints jouissent désormais d’un forfait de remboursement des dépistages de la maladie.

Le prix de vente des prothèses auditives plafonné. Il sera plafonné à 1 300 euros. Le remboursement minimum par la Sécurité sociale et les mutuelles passera de 199,71 à 300 euros. Pour les enfants jusqu’à 20 ans révolus, ces deux montants seront alignés à 1 400 €.

Réforme des honoraires de dispensation. L’entrée en vigueur d’une réforme sur les « honoraires de dispensation » versés aux pharmaciens va provoquer l’augmentation du prix de certains médicaments comme les sirops pour la toux, les sprays nasaux ou les somnifères. En vertu de cette réforme votée en 2017, la commission que touchent les pharmaciens sur chaque boîte de médicaments depuis 2015 pour compenser la baisse de leurs marges, n’est plus fixe, mais varie en fonction du traitement.

Les médecins ne peuvent plus prescrire de traitement non-remboursable. Seuls les traitements anti-tabac remboursables peuvent désormais être prescrits par les médecins.

Certains actes moins remboursés, d’autres à 100 %. L’Assurance maladie remboursera 6 € de moins à partir du 1er janvier pour certains actes médicaux coûteux, pour lesquels la « participation forfaitaire » de l’assuré passera de 18 à 24 euros, sauf pour les personnes exonérées (invalides, femmes enceintes, malades chroniques…).

De nouveaux remboursements à 100 % sont créés, notamment pour les examens de santé obligatoires des enfants de moins de 6 ans et pour les honoraires perçus par les pharmaciens sur les « médicaments particulièrement coûteux et irremplaçables ». A partir du 1er juin, la consultation de prévention des cancers du sein et du col de l’utérus pour les femmes de 25 ans sera aussi intégralement remboursée.

ENVIRONNEMENT
Nouveau barème pour le bonus-malus automobile. Le malus auto ne coûte pas plus cher mais son seuil est abaissé de 3 g, passant ainsi de 120 à 117 g de CO2 rejetés par kilomètre.

Fini le glyphosate. La commercialisation et la détention de produits phytosanitaires à usage non professionnel sont interdites.

Les autocars polluants au garage. Les autocars aux normes Euro 4 et antérieurs, les plus polluants, n’ont plus le droit de circuler.

Extension de la prime à la conversion. Cette prime versée lors de la mise à la casse d’une ancienne voiture et de l’achat d’un nouveau véhicule peu polluant est reconduite et étendue aux véhicules hybrides et d’occasion. Elle est également doublée pour les 20 % des ménages les plus modestes et les actifs qui ne paient pas d’impôts et parcourent au moins 60 km chaque jour pour se rendre à leur travail.

TRANSPORTS
L’étau se resserre contre les conducteurs sans assurance. Les forces de l’ordre peuvent désormais utiliser un fichier national qui répertorie tous les véhicules assurés en France. Cette nouvelle base contient des informations sur l’immatriculation du véhicule, le nom de l’assureur et le numéro du contrat avec sa période de validité.

Nouvelle formation post-permis. Afin de réduire de trois à deux ans le délai probatoire pour obtenir 12 points, les jeunes conducteurs venant d’avoir le sésame peuvent prendre une formation « post-permis » de sept heures. Il faut pour y être éligible avoir eu le permis il y a plus de six mois mais moins d’un an.

500 € pour les apprentis qui passent le permis. France compétences finance une aide de 500 € aux apprentis pour qu’ils s’inscrivent au permis de conduire.

POLITIQUE
Les pensions de retraite des députés sont revalorisées.

Listes électorales : le délai pour s’inscrire est étendu. Pour la première fois, entrer dans une année électorale sans être inscrit n’est pas un souci : l’échéance pour s’inscrire sur les listes électorales est étendue. Pour les Européennes du printemps prochain, vous avez jusqu’au 31 mars.

TERRITOIRES
Paris : département et commune fusionnent. À cette occasion, l’État va transférer des compétences vers la nouvelle collectivité créée : « Ville de Paris ».

JUSTICE
Changement de ton dans les tribunaux. C’est une petite révolution : par souci de clarté, le Conseil d’État, les cours administratives d’appel et les tribunaux administratifs vont opter pour le style direct dans leur décision.

SÉCURITÉ/DÉFENSE
Une prime pour les généraux. Les hauts gradés bénéficient désormais d’une « indemnité spécifique de haute responsabilité » comme pour les cadres d’entreprises.

Coup de pouce pour les policiers. Les gardiens de la paix voient leur salaire augmenter de 40 €. Il sera encore revalorisé dans l’année.

TOURISME ET LOISIRS
Airbnb : les cartes prépayées interdites. On ne peut plus payer avec une carte prépayée sur des plateformes de location de meublés touristiques telles Airbnb.

Une taxe de séjour pour tous. Airbnb, Abritel-HomeAway, LeBonCoin, Tripadvisor, et les autres plateformes de location doivent désormais collecter la taxe de séjour.

DIPLOMATIE
Chaises musicales à l’Onu. Entrent en tant que membres non-permanents du Conseil de sécurité de l’ONU l’Allemagne, la Belgique, l’Afrique du Sud, l’Indonésie et la République dominicaine, pour deux ans.

La France prend la tête du G7.

La Roumanie prend la présidence de l’UE.

Voir enfin:

Cinq questions sur la théorie russe qui remet en cause l’âge record de Jeanne Calment

Des chercheurs russes pensent que Yvonne Calment, la fille de l’ancienne doyenne de l’humanité, aurait usurpé l’identité de sa mère. « Abracadabrantesque », juge Jean-Marie Robine, qui avait participé à la validation de la longévité de la Française.

Une vaste supercherie ? Des chercheurs russes affirment que le record de longévité de Jeanne Calment n’en est pas un. Leur théorie qui suscite l’intérêt et provoque la controverse au sein de la communauté scientifique soulève toutefois plusieurs questions.

Qui était Jeanne Calment ? 

Jeanne Calment aimait dire que « Dieu l’avait oubliée ». Cette Française, née le 21 février 1875, plus d’une décennie avant la construction de la tour Eiffel ou l’invention du cinéma, est morte le 4 août 1997, dans une maison de retraite d’Arles (Bouches-du-Rhône). Elle avait alors officiellement 122 ans et 164 jours. Cet âge exceptionnel fait d’elle la détentrice du record mondial de longévité, tous sexes confondus, homologué par le Guinness Book.

Quelle est cette théorie russe ? 

Le mathématicien russe Nikolaï Zak, membre de la Société des naturalistes de l’université de Moscou, doute de l’authenticité du record de longévité de Jeanne Calment. Soutenu par le gérontologue russe Valeri Novosselov, il a pendant des mois analysé les biographies, interviews et photos de Jeanne Calment, ainsi que des témoignages de ceux qui l’avaient connue et les archives d’Arles.

Nikolaï Zak est arrivé à la conclusion que la fille de Jeanne Calment, Yvonne, avait pris l’identité de sa mère. Le chercheur estime qu’en 1934, ce n’est pas l’unique fille de Jeanne Calment, Yvonne, qui est morte d’une pleurésie, comme le dit la version officielle, mais Jeanne Calment elle-même. Yvonne aurait alors emprunté l’identité de sa mère, ce qui aurait permis d’éviter de payer les droits de succession. C’est donc elle qui serait morte en 1997, à l’âge de 99 ans. Un incroyable tour de passe-passe.

Parmi les 17 éléments que présente le chercheur figure une copie de la carte d’identité de Jeanne Calment datant des années 1930 où la couleur de ses yeux (noirs), sa taille (1m52) et la forme de son front (bas) ne correspondent pas à celles de la doyenne française au cours de ces dernières années de vie. Alimentant les doutes, Jeanne Calment avait ordonné de brûler une partie de ses archives photos quand elle est devenue célèbre, selon les chercheurs russes.

« En tant que médecin, j’ai toujours eu des doutes sur son âge », abonde le gérontologue russe Valeri Novosselov, qui dirige la section gérontologique au sein de la Société des naturalistes de Moscou. « L’état de ses muscles était différent de celui des autres doyens. Elle se tenait assise sans aucun soutien. Elle n’avait aucun signe de démence. »

Nikolaï Zaka eu l’idée d’enquêter sur la vie de Jeanne Calment pendant la création d’un « modèle mathématique » de la durée de vie des supercentenaires. « Plus je fouillais, plus je découvrais de contradictions », souligne-t-il. Le mathématicien russe a publié récemment son étude sur le site ResearchGate, un réseau international pour chercheurs et scientifiques.

Existe-t-il d’autres soupçons ?

Nikolaï Zak mentionne un livre datant de 1997, L’Assurance et ses secrets, contenant un court passage consacré à Jeanne Calment, qui soulève l’hypothèse d’un échange d’identités entre la mère et la fille. L’auteur du livre, Jean-Pierre Daniel, raconte qu’un contrôleur des sociétés d’assurance, se penchant sur le viager signé par la centenaire, avait déjà conclu à une fraude. « Mais à l’époque, Jeanne Calment était déjà considérée comme une idole nationale. Ce fonctionnaire a interrogé son administration, qui a répondu qu’il fallait continuer à payer la rente. Il n’était pas question de faire un scandale avec la doyenne des Français », explique-t-il à l’AFP.

Les travaux du mathématicien russe sont jugés crédibles par certains scientifiques qui relèvent les limites des validations des records de longévité. « L’idée d’usurpation d’identité [de Jeanne Calment par sa fille] avait déjà été envisagée par les validateurs et j’invitais régulièrement les démographes à conserver cette hypothèse », confirme à l’AFP Nicolas Brouard, directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (Ined). « C’est bien que Nikolaï Zak ait mené une recherche indépendante et sur le même terrain d’investigation. C’est un très bon travail », assure-t-il.

Quant au démographe belge Michel Poulain, professeur à l’université de Louvain, il salue une « investigation aussi détaillée » qui montre pour lui la nécessité de « réinvestir scientifiquement pour valider l’âge exceptionnel de ces supercentenaires ». « La probabilité d’un âge erroné augmente de façon exponentielle avec l’âge présumé », explique-t-il à l’AFP.

Pourquoi cette théorie est-elle contestée ?

Le démographe et gérontologue français Jean-Marie Robine, qui avait participé à la validation par le Guinness des records de l’âge de Jeanne Calment, assure n’avoir « jamais eu aucun doute sur l’authenticité des documents » de cette dernière. Il dénonce « un texte à charge, qui n’examine jamais les faits en faveur de l’authenticité de la longévité de Madame Calment ».

« Vous imaginez le nombre de personnes qui auraient menti », fait valoir l’expert dans Le Parisien. « Du jour au lendemain, Fernand Calment [le mari de Jeanne Calment mort en 1942] aurait fait passer sa fille pour son épouse et tout le monde aurait gardé le silence », pointe le spécialiste. Et de conclure : « C’est abracadabrantesque. »

« On n’a jamais autant fait pour prouver l’âge d’une personne », assure Jean-Marie Robine. « On n’a jamais rien trouvé qui nous permettait d’émettre le moindre soupçon sur son âge. On a eu accès à des informations qu’elle seule pouvait connaître, comme le nom de ses professeurs de mathématiques ou de bonnes passées par l’immeuble. On lui a posé des questions sur ces sujets. Soit elle ne se souvenait plus, soit elle a répondu juste. Sa fille n’aurait pas pu savoir ça. »

Le maire d’Arles à l’époque de la mort de Jeanne Calment, Michel Vauzelle, juge lui aussi que cette théorie est « complètement impossible et invraisemblable », parce que Jeanne Calment était suivie selon lui par de nombreux médecins.

Comment mettre fin au doute ?

« On pourrait procéder à une exhumation des cadavres », suggère à franceinfo Michel Allard, gérontologue qui a participé à la validation de l’âge de Jeanne Calment. Dans Le Parisien, Nicolas Brouard, l’expert de l’Ined, estime lui aussi que l’étude russe est « un argument en faveur de l’exhumation des corps de Jeanne et Yvonne Calment ». Une fois les corps exhumés, des prélèvements permettraient leur datation avec certitude.

Mais l’éventualité d’une exhumation est cependant très improbable, selon Michel Allard. D’abord, « il faudrait qu’un procureur de la République l’autorise ou le prescrive ». Ensuite, il faudrait que la famille de Jeanne Calment le demande, note le spécialiste. Or, pointe-t-il, « soit elle est au courant de la supercherie et donc ils ne vont pas demander l’exhumation, soit ils sont convaincus que c’est impossible, que c’est un scénario loufoque, donc ils ne vont pas demander non plus l’exhumation, en sachant que cette histoire a été montée de toute pièce ».


Miss France 2019: A quand le QI comme critère d’admission ? (Is Miss America turning into the thinking woman’s debutante ball ?)

16 décembre, 2018

San Remo (Italie, 1949)San Remo (Italie, 1949)San Remo (Italie, 1949)Break the dull steak habit poster (1968)Image result for social origins of Miss America winners since 1920Miss France 2016 IMCMonique Lemaire (Miss France 1962)Irène Tunc (Miss France 1954)Sonia Rolland (Miss France 2000)Sylvie Tellier (Miss France 2002)Iris Mittenaere (Miss France/Miss Universe 2016)Miss France 2019Image result for Miss France 2019 costumes de super-héroïnesimage.pngImage result for Miss France 2019 costumes de super-héroïnesVaimalama Chaves (Miss France 2019)

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Car on donnera à celui qui a; mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Jésus (Marc 4: 25)
Il y a autant de racismes qu’il y a de groupes qui ont besoin de se justifier d’exister comme ils existent, ce qui constitue la fonction invariante des racismes. Il me semble très important de porter l’analyse sur les formes du racisme qui sont sans doute les plus subtiles, les plus méconnaissables, donc les plus rarement dénoncées, peut-être parce que les dénonciateurs ordinaires du racisme possèdent certaines des propriétés qui inclinent à cette forme de racisme. Je pense au racisme de l’intelligence. (…) Ce racisme est propre à une classe dominante dont la reproduction dépend, pour une part, de la transmission du capital culturel, capital hérité qui a pour propriété d’être un capital incorporé, donc apparemment naturel, inné. Le racisme de l’intelligence est ce par quoi les dominants visent à produire une « théodicée de leur propre privilège », comme dit Weber, c’est-à-dire une justification de l’ordre social qu’ils dominent. (…) Tout racisme est un essentialisme et le racisme de l’intelligence est la forme de sociodicée caractéristique d’une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d’intelligence et qui ont pris la place, dans beaucoup de sociétés, et pour l’accès même aux positions de pouvoir économique, des titres anciens comme les titres de propriété et les titres de noblesse. Pierre Bourdieu
Dans le débat sur la parité (…) on risque de remplacer des hommes bourgeois par des femmes encore plus bourgeoises. Si du moins on se dispense de faire ce qu’il faudrait pour que cela change vraiment : par exemple, un travail systématique, notamment à l’école, pour doter les femmes des instruments d’accès à la parole publique, aux postes d’autorité. Sinon, on aura les mêmes dirigeants politiques, avec seulement une différence de genre. Bourdieu
Les corps auraient toutes les chances de recevoir un prix strictement proportionné à la position de leurs possesseurs dans la structure de la distribution des autres propriétés fondamentales si l’autonomie de la logique de l’hérédité biologique par rapport à la logique de l’hérédité sociale n’accordait parfois aux plus démunis sous tous les autres rapports les propriétés corporelles les plus rares, par exemple la beauté (que l’on dit parfois «fatale» parce qu’elle menace l’ordre établi) et si, à l’inverse, les accidents de la biologie ne privaient parfois les «grands» des attributs corporels de leur position comme la grande taille ou la beauté. Bourdieu
One of the more fascinating aspects of beauty pageants is that virtually everyone involved with pageants, including the contestants, deny that beauty is the driving force behind the pageant. This denial is stunning, considering that the events are called, after all, beauty pageants. Beauty is a four-letter word in the pageant business. But it wasn’t always that way. Up until the 1960’s, no one seemed to have a problem acknowledging the importance of « beauty » in beauty pageants. It was during that decade that feminists became particularly vocal in their criticism of judging beauty, especially within the context of a beauty pageant. (…) debutante balls, unlike the more egalitarian and working class ritual of beauty pageants, are more controlled and influenced by money than looks alone, though beauty is a dominant factor in both. Anthony Napoleon
Beauty pageants are an extension of the competition between women that begins at birth. All women are in competition with other women to get themselves a good husband. Alfred Patricelli (Miss World-USA)
Les statistiques, c’est comme le bikini: ça donne des idées mais ça cache l’essentiel! Aaron Levenstein (repris par Coluche)
Well, obviously it’s great outer beauty. I mean, we could say politically correct that look doesn’t matter, but the look obviously matters. Like you wouldn’t have your job if you weren’t beautiful. Donald Trump (2014)
It is a well-established view amongst economists that good-looking people have a better chance of employment and can earn more than those who are less physically attractive. A “beauty premium” is particularly apparent in jobs where there is a productivity gain associated with good looks, though this is different for women and men, and 
varies across countries. People also sort into occupations according to the relative returns to their physical characteristics; good-looking people take jobs where physical appearance is deemed important while less-attractive people steer away from them, or they are 
required to be more productive for the same wage. (…) There is substantial empirical evidence that supports the existence of employer discrimination against less-attractive or short workers. In theory, there could be two reasons why employers may choose to avoid working with less-attractive people. First, employers may believe that physically attractive employees are better workers and are more productive. This is the stereotypical view that better-looking people might be more capable at performing their tasks, and does not take into account the innate ability of workers. Second, employers may simply prefer to work with individuals who are more pleasing to look at, even though they do not have any overt prejudice regarding their abilities as workers (“taste-based discrimination”). (…) There is evidence that, in an experimental setting, more-attractive people receive additional call-backs from employers compared to people who are deemed to be less-attractive. (…) As a result, less-attractive or unattractive workers may have to accept lower wages for the same level of productivity as attractive people. Or, alternatively, they will need to be more productive for the same wage. Another explanation for why people’s looks could affect their labor market outcomes is “customer discrimination.” In some occupations, where looks are deemed to be important, physically attractive workers may be more productive than unattractive ones. These occupations might include, for example, salespeople (e.g. in cosmetics or car dealerships); actors; sales assistants; waiting staff, etc. Such occupations generally require extensive worker–customer engagement and interaction. Therefore, if customers prefer to interact with physically attractive workers this could generate advantages in terms of workers’ productivity and thus customer satisfaction. (…) Attractive salespeople generally enjoy the benefits from this type of customer “discrimination.” Purchasers interacting with an attractive salesperson are more likely to book an appointment for a demonstration and, as a result, are probably more likely to go on to purchase the product. Moreover, perceptions of attractiveness appear to induce buyers to behave more favorably toward better-looking sellers. (…) Evidence also indicates that workers appear to “sort” themselves into occupations according to their looks. Individuals who are relatively more endowed with physical beauty seem to concentrate in occupations where the payoff to appearance is high. These occupations usually require very extensive interactions with customers (such as sales assistants), where the effect of physical appearance can be quite significant. Thus, overall, attractive people tend to work in jobs where appearance is important, while less-attractive individuals prefer professions that do not demand good looks. (…) The empirical evidence suggests that good-looking women cluster in managerial and administrative types of jobs and are less likely to be found in blue-collar jobs, such as operative or skilled-craft occupations. (…) A different strand of literature has focused on the extra return to beauty on wages as a result of the fact that good looks may be related to other labor-market-enhancing skills, such as communication skills, confidence, leadership capabilities, test scores, etc. Such skills are valued in the labor market and could have an enhancing effect on physical appearance. They could also effectively increase a worker’s productivity and thus their payoff in the labor market. Research has found that cognitive and non-cognitive skills that have been acquired during secondary education also prove to be important in future labor market outcomes. These include test scores, college enrollment, social behavior, employment, occupational attainment, and wages. Different activities in secondary school contribute to the development of these skills during adolescence, via socialization or other high-school activities. For example, a child who is good looking tends to be given more time and attention by teachers and peers. This suggests that physical attractiveness at younger ages already contributes to the development of the individual’s human capital and investment in future employment. Similarly, attractive and/or tall adolescents are more likely to take part in extracurricular activities at secondary school, such as sports and general interest clubs. Participation in these activities results in a relatively higher acquisition of confidence compared to other peers and this in turn promotes higher future wages. Since good looks may be correlated with cognitive/non-cognitive skills, research estimates could be biased toward the effect of attractiveness. In order to accommodate this, some studies have included IQ scores, secondary school activities, and, if the data permits, the “big five” personality traits (openness, conscientiousness, extraversion, agreeableness, and neuroticism). In general, better-looking individuals exhibit better communication skills, have more confidence, and are more extroverted. These skills most often translate into higher wages. However, one study compared the effects of beauty and confidence measures in Germany and Luxembourg and found wages to be driven more by looks than self-esteem. More attractive young adults also exhibit a lower tendency toward criminal activity, which is again explained by higher student human capital development during high school. Physical attractiveness at the secondary school and university levels has been shown to be correlated with better individual cognitive skills, such as higher test scores and superior study performance. Good looks and capabilities—those qualities/characteristics that would allow you to perform well at your job—have also been found to be complementary at high levels of physical attractiveness, but substitutable at low levels. This means that for attractive individuals an increase in their capabilities would increase the wage premium, while for less-attractive individuals there could be negative returns to capabilities. Women and men differ in the way they make their decisions to participate in the labor market. Consequently, the effect of “attractiveness” on labor market outcomes also differs for the two groups. At the same time, an individual’s physical appearance results in different opportunities for men and women in the labor market. For example, for some occupations (such as sales assistants, waiting staff, television presenters, etc.), good-looking women will have a higher probability of obtaining a job and securing a higher wage than less-attractive women. In addition, better-looking women might be more likely to work in the first place because they are more confident that they will find a job. Since beauty is very likely to enhance their productivity at work, women will also be more inclined to take advantage of this opportunity. However, less-attractive women, given the payoff to good looks, will be more likely to avoid entering the labor market precisely because of the perceived disincentives. (…) In addition, since women may be self-selecting into the labor market according to their good looks, this may alter the distribution of good looks that we observe in the labor market. In other words, better-looking women are more likely to take jobs, while less good-looking women are more likely to stay out of the labor force. As a result, there is less beauty variation in the labor market among women and so the payoff to good looks for women will be smaller. However, the same does not hold true for men. In their case, selection based on physical appearance is smaller and they have higher labor force participation rates in general. This suggests that, in theory, they will also have larger premiums due to good looks compared 
with women. However, with the increased labor force participation of women, the gap in the effect is expected to decrease. This argument is supported by empirical studies from different countries and using different data. For example, studies in the US and Canada report that less-attractive men incur a 9% penalty in hourly earnings, while those who are deemed as having above-average attractiveness receive an earnings premium of 5%. Women, on the other hand, receive a lower beauty premium than men of around 4%, and a similar plainness penalty as men of about 5% in hourly earnings. Other research that captures information about good looks at younger ages indicates that men who are rated as “homely” at both age seven and 11 incur a large and significant pay penalty of 14.9% later in life. This pattern also applies to their female counterparts, with a lower penalty for plain looks of about 10.9%. Within occupations, effects for men are also stronger than for women. Accordingly, men receive higher premiums or penalties than women. One study shows that good-looking men receive higher salaries at the beginning of their careers and continue to earn more over time. Women’s starting salaries, however, do not exhibit a beauty effect; but better-looking women do earn more with experience than their average-looking counterparts. Examining payoffs of law school graduates from the 1970s and 1980s finds that even five years after graduation there is still a statistically significant effect of physical appearance on male, but not on female, wages. (…) There is some cross-country variation in the beauty–wage premium and penalty. Good looks lead to a wage premium in most of the countries examined. The highest beauty premiums are present in Germany and China. And the return is particularly large for women. British and Australian studies show the largest penalties for “below-average” looks . In the UK, however, individuals do not receive a wage premium for good looks, while in Australia, good-looking women also do not receive a positive wage effect for physical appearance. This similarity in the payoff of physical appearance in the two countries may be a result of similarities in their historical economic structures, as well as in their cultures. Eva Sierminska
Since the late ’80s, Miss America has been adjusting its image to maintain relevance and keep viewership. Part of that is about the culture around it. At some point people didn’t need to see scantily clad ladies on the stage anymore — they could see it on their computers. Margot Mifflin (City University of New York)
Sans mon QI, je n’aurais pas été invitée. Je n’y croyais pas quand on me l’a dit. Quand je suis rentrée chez moi et que je l’ai dit à ma mère elle n’a pas réalisé. Mais quand mon professeur l’a appelée pour expliquer les résultats on a compris que c’était une bonne chose. (…) J’ai vraiment hâte d’y être. Plus la soirée approche, plus je suis excitée et stressée. Je pense que ça va passer au moment du bal. Je vais essayer d’en profiter au maximum et de ne pas me prendre la tête. Ce qui m’effraie, c’est de me retrouver dans un univers totalement nouveau pour moi mais je vais faire ce que je peux. Lauren Marbe
C’est une tradition de la noblesse européenne qui revit depuis quelques années. Lors du Bal des Débutantes samedi, une vingtaine de jeunes filles « bien nées » d’horizons différents feront leur entrée dans l’aristocratie sous les lambris de l’Automobile club de France. Parmi elles, Lauren Marbe, une jeune Anglaise qui participera à son premier Bal. Du haut de ses 17 ans, son profil tranche avec celui des autres filles : son quotient intellectuel est plus élevé que celui d’Einstein. Avec 161 de quotient intellectuel, Lauren Marbe fait figure de surdouée. Samedi, Lauren participera à son premier Bal. Une intronisation dans le monde, selon la formule consacrée, que la jeune fille attend avec impatience. RTL
La richesse n’est pas un critère de sélection. Tout est payé par les sponsors donc peu importe la fortune de ces jeunes filles. Ce qui compte le plus, c’est de réunir des familles d’univers différents. (…) Nous choisissons essentiellement des jeunes filles bien éduquées et studieuses, qui font de bonnes études. (…) [la valse] C’est ce qui effraie le plus les filles. Certaines prennent des cours à l’avance pour apprendre à danser la valse. Nous n’organisons qu’une seule répétition de deux heures le vendredi soir, veille du bal. Ophélie Renouard
Elles ont déjà tout et pourtant elles rêvent de ce bal depuis qu’elles sont toutes petites. Inspiré d’une tradition aristocratique européenne, le Bal des débutantes de Paris, le plus renommé, donné cette année au profit de l’association Enfants d’Asie, se déroulera, samedi 30 novembre, à l’Automobile Club de France. Ce grand évènement mondain permet à vingt jeunes filles d’une douzaine de pays, triées sur le volet, de faire leur « entrée » dans le monde, comme l’exigeait le protocole dans les cours royales. Principales conditions d’éligibilité : avoir entre 16 et 22 ans, être jolie et surtout pouvoir rentrer dans les robes prêtées par les maisons de haute couture comme Dior, Chanel ou Armani. Autant dire que passé le 38, c’est fichu. Mais ces trois conditions ne suffisent pas. Si vous voulez danser la valse avec le gratin ou goûter aux petits plats du chef étoilé Christopher Hache, il vous faudra correspondre à un ou plusieurs des critères suivants. Rares sont les élues à pouvoir enfiler les Louboutin pour participer au Bal des « déb ». Tradition oblige. A l’origine, les jeunes filles issues de la noblesse du Royaume-Uni attendaient impatiemment leur dix-huitième anniversaire afin de se présenter devant la reine au bras de leur père. Si vous descendez d’une grande famille aristocratique ou, mieux, d’une famille royale, il vous sera donc plus facile de décrocher une invitation. Cette année, la Grande-Bretagne est représentée par Lady Amelia Windsor, dont le grand-père est Edward, duc de Kent et cousin germain de la reine Elizabeth II. Aux côtés de ces jeunes pousses de l’aristocratie, les filles d’acteurs et de réalisateurs sont de plus en plus souvent invitées. Samedi, Romy David, fille du producteur et acteur américain Larry David, sera de la partie. Ces dernières années, les filles de Rosanna Arquette, de Luc Besson, de Bruce Willis, de Clint Eastwood, de Sylvester Stallone ou encore d’Andie MacDowell ont pu s’illustrer à la valse, sous les ors de l’hôtel de Crillon. Mais les filles de riches industriels ou d’hommes d’affaires ne sont pas en reste. Zoe Springer, petite-fille, très tatouée, du magnat de la presse allemand Axel Springer, compte parmi les débutantes de 2013. (…) Cette année, le rôle de Cendrillon sera tenu par Lauren Marbe, dont Paris Match a fait le portrait. Cette fille d’un chauffeur de taxi londonien aura l’occasion de découvrir un monde qu’elle côtoie peu. Invitée pour son talent et non pour son patronyme, cette lycéenne britannique de 17 ans est devenue célèbre pour son QI Mensa de 161, supérieur à celui d’Einstein. Aussi riche, célèbre et « fille de » soit-elle, Paris Hilton a été recalée du Bal des débutantes. Pas assez classe pour participer. La plupart des filles ne postulent même pas pour être choisies. L’organisatrice Ophélie Renouard s’enorgueillit d’avoir acquis, au fil des ans, un réseau suffisant pour pouvoir inviter les jeunes filles « bien nées » du monde entier. Mais quelques audacieuses tentent malgré tout leur chance et se voient régulièrement refuser l’entrée. Ophélie Renouard, qui a toujours le dernier mot sur le choix des « déb », reçoit près d’une centaine de candidatures par an. (…) Cette année, c’est Kyra Kennedy, la petite-nièce du président John F. Kennedy (ici interviewée par Paris Match), qui ouvrira le bal au bras de son père. Même si une ambiance musicale plus moderne succède aux valses, vers la fin de la soirée, il vaut donc mieux avoir pris quelques cours pour ne pas se prendre les pieds dans sa robe Chanel. Pas de bal sans cavaliers, bien sûr. Les filles ont le choix d’amener le leur. « Avant, la moitié des filles venaient accompagnées. Dorénavant, elles sont paresseuses et la plupart préfèrent que je trouve moi-même leur cavalier », s’amuse Ophélie Renouard. Si vous êtes beau, riche, bien élevé et de bonne famille, vous avez une chance d’être choisi. Parmi les chevaliers servants, cette année, Anthony Ghosn, 19 ans, fils du PDG de Renault Carlos Ghosn, arrivera au bras d’une jeune Hongkongaise. Amaury de Bourbon-Parme et Pierre de L’Espée, deux jeunes aristocrates, sont eux aussi conviés. Les cavaliers qui font forte impression sont invités à revenir d’une année sur l’autre. France info
It’s a night filled with glamour and excitement and, of course, gorgeous gowns. Any girl would enjoy being dolled up and trying on fabulous gowns. When I tried on the [Dior couture] gown, I instantly knew it was the one. I love the gorgeous beadings and intricate details such as pockets on each side, which are perfect for a lip gloss and an iPhone. It also comes with a tuxedo jacket, which gives the gown an edge. Eleanor Liam
A deb needs to be well educated and well-mannered. If she needs an etiquette lesson, she won’t be on my invitation list. (…) The purpose of having the ball in Shanghai is to catch up on the international trend. Chow Wong (daughter of Beijing opera master Zhou Xinfang)
You have the ball in Paris, London, New York and now Shanghai, a city with so much history and heritage to offer. I’m proud to be Chinese … the event was memorable and out-of-the-ordinary. Soo
The introduction of international debutantes enhances the social life and experience of all participants. It also [promotes] international understanding. London Season organiser Hallam-Peel.
In this age of Facebook and other social media, these girls don’t need to be introduced to society. The event now serves as their couture and media premiere. Even if they come from privileged families, they might not have tried a couture gown or worn fabulous jewellery, and most of the time, they have not been [featured] in the media. Ophélie Renouard (founder of Parisian Le Bal)
Eleanor Lam is no stranger to high society’s glitter and glamour. Her father is entertainment tycoon Peter Lam, and her mother is actress-turned-socialite Lynn Hsieh. Lam is used to being in the spotlight but, even for her, the Parisian Le Bal des Débutantes was a once-in-a-lifetime experience. (…) Lam was among the 24 young women from around the world invited to the ball held last November at the heritage Hotel Raphael in the heart of Paris. On the night of the ball, the debs (debutantes) were dressed in lavish haute couture gowns created by top fashion houses the likes of Dior, Elie Saab and Giambattista Valli. After spending hours with a small army of make-up artists and hairstylists to perfect their looks, the debs make their entrance on the arms of their cavaliers and waltz the rest of the night away. While the original purpose of debutante balls – to introduce well-presented young women from upper-class families to society as well as to potential husbands – might have lost its cultural relevance, modern debutante balls have reinvented themselves as highly exclusive social networking events that not only appeal to eligible socialites, but also to luxury brand sponsors. The tradition has been reinvented in Paris, London and New York, and has even sparked new editions in Shanghai. In addition to the Parisian Le Bal, another prominent debutante ball in the 1960s and ’70s – The London Season – was revived by former deb Jennie Hallam-Peel in 2007. In 2011, Hallam-Peel helped Chinese socialite Vivian Chow Wong launch the Shanghai International Debutante Ball. The first edition of the Shanghai ball took place at the heritage Waldorf Astoria hotel on the Bund and has since moved to the nearby Peninsula Hotel. Luxury brands such as jeweller Chaumet and French luxury beauty brand Guerlain are among the headline sponsors for the event. (…) Le Bal, named one of the top 10 parties in the world by Forbes, was created by Renouard in 1992. It puts a modern spin on the traditional ball by bringing in French couturiers and high jewellers to dress the debs. (…) Le Bal has since grown into a party of the year, where European aristocrats mingle with heiresses of Asian and Russian billionaires, politicians and international stars. Among the debs were actor Sylvester Stallone’s daughter, Sophia Stallone; musician Phil Collins’ daughter, actress Lily Collins; Britain’s Lord Ivar Mountbatten’s daughter, Ella Mountbatten; and former Italian prime minister Silvio Berlusconi’s daughter, Barbara Berlusconi. The purpose for the debutante balls might have shifted, yet the selection of debs remain ultra-exclusive. Family background naturally comes first in the screening process. To be invited to the Le Bal, for example, Renouard says the debutante has to be very special. « Her looks, style, lineage or achievements [have to be outstanding]. (…) Family background, however, isn’t the only requirement, Renouard adds. In 2013, for example, Lauren Marbe, the then-17-year-old daughter of a British taxi driver, was invited because she has an IQ of 161 – higher than that of Albert Einstein. Lavish experience and networking aside, being part of the stellar event also helps to boost the debs’ CV – which makes the invitation to the exclusive balls a sought-after ticket for the world’s rich and famous. (…) Debutante balls have opened up to Asian socialites in recent years, addressing the booming Asian economy and the region’s ultra-high-net-worth individuals. Parisian Le Bal first included Asian debs in 2003 with the participation of Wan Baobao, granddaughter of Wan Li, former chairman of the China’s National People’s Congress, as well as Penelope Pei-Tang from China and Candy Soo from Singapore. (…) Putting Asia on the map also helps raise awareness of debutante balls. Although it takes place in China, Chow Wong says the Shanghai International Debutante Ball is an international event, hence only two to three Chinese debs are included each year. (…) Recent Asian debs include Jen Hau, daughter of Taipei’s former mayor Hau Lung-bin, and Annie Liang, a descendant of famous Chinese scholar and philosopher Liang Qichao. (…) Recent Asian debs include Jen Hau, daughter of Taipei’s former mayor Hau Lung-bin, and Annie Liang, a descendant of famous Chinese scholar and philosopher Liang Qichao. Vivian Chen
Nous ne sommes plus un concours de beauté, nous sommes une compétition. Gretchen Carlson (gagnante 1989, présidente du conseil d’administration de la Miss America Organization)
Le nouvel objectif de Miss America est de préparer de grandes femmes pour le monde, et de préparer les grandes femmes au monde. Regina Hopper (présidente de Miss America)
Aux États-Unis, le comité d’organisation de Miss America a fait paraître une annonce importante, ce mardi 5 juin. À compter de la prochaine édition de la compétition, qui doit se tenir le 9 septembre à Atlantic City, les participantes ne défileront plus devant les juges ni en maillot de bain, ni en robe de soirée. À la place, les 50 concurrentes de chaque État devront se présenter pour parler de leurs passions, de leurs engagements, de leur motivations et de leur vision du poste auquel elles aspirent de la manière qu’elles souhaitent. Autrement dit: dans des vêtements avec lesquels elles se sentent à l’aise et en sécurité, afin que leur tenue vestimentaire ne détourne pas l’attention de leurs propos. (…) En France, lors de la dernière cérémonie, plusieurs internautes s’étaient offusqués sur les réseaux sociaux et avaient dénoncé l’aspect sexiste des défilés de Miss en maillot de bain. Cette annonce pourrait-elle s’appliquer dans l’hexagone? Il semblerait que non. Contactée par Le HuffPost, Sylvie Tellier, ancienne détentrice du titre et actuelle directrice de la société Miss France, confirme que ce n’est pas à l’ordre du jour. (…) D’après les propos de Gretchen Carlson, actuelle présidente du conseil d’administration de l’organisation américaine, rien n’empêche les prétendantes au titre de défiler de la sorte. C’est à elles-seules de décider de la tenue dans laquelle elles veulent apparaître: en jean, en jupe, en robe, ou en bikini. Ça ne dépend que d’elles. Huffpost
Le concours de Miss France rassemble de nombreux téléspectateurs. C’est un programme qui fédère et plaît beaucoup aux Français. Ils sont attachés à ces éléments, aux robes de princesse, notamment. Pour reprendre les propos d’Eva Colas [Miss Corse 2017, NDLR], on peut défiler en maillot de bain et être féministe. On n’a jamais obligé une jeune femme à faire ce qu’elle ne voulait pas faire. Elles sont libres de choisir le maillot de bain ou la robe qu’elles veulent porter. Ce n’est pas une révolution. Qu’est-ce qui se passe si une concurrente a envie de défiler en maillot de bain? Sylvie Tellier
J’ai du mal à saisir le sens de ces déclarations. Si ce n’est plus un concours de beauté alors il faudrait définir ce que c’est. Une compétition d’éloquence, de talent, de chant ? Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection. (…) Avant le test de culture générale importait peu, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La future Miss France a un rôle d’ambassadrice même si on ne fait pas de politique. (…) L’interview au micro fait souvent basculer les voix, preuve que les téléspectateurs ne sont pas uniquement dans une recherche esthétique. (…) c’est surtout le reflet de la massification scolaire. (…) Je connais bien l’élection de Miss USA, à ne pas confondre avec l’élection de Miss America qui est moins médiatisée. C’est peut-être un levier d’action pour revenir sur le devant de la scène. Sylvie Tellier (directrice de l’Organisation Miss France)
Cette élection sera un moment pour prendre la parole et sensibiliser les téléspectateurs sur les violences faites aux femmes. (…) L’élection de Miss France, c’est quand même trente jeunes femmes en direct à la télévision pendant trois heures, à une heure de grande écoute. C’est l’occasion de parler de la femme et de dénoncer les violences faites aux femmes qui sont encore beaucoup trop importantes en France aujourd’hui et dont on ne parle pas assez. (…) Miss France 2018 permet de soutenir des causes et de les faire avancer, la prise de parole des Miss au Pérou en est la preuve. Elles agissent à leur niveau pour améliorer la condition féminine. Sylvie Tellier (directrice générale de la société Miss France)
Il est dommage que la seule soirée de l’année dédiée aux femmes à la télévision, cultive l’idée de la femme objet. L’élection Miss France est un concours qui repose sur des critères de beauté réducteurs et ridicules. Il serait plus judicieux de valoriser les talents, plutôt que des stéréotypes physiques irréels. Raphaëlle Rémy-Leleu (Osez le féminisme)
Des body moulants et flashy au décolleté plongeant ont remplacé les maillots de bain deux pièces. En effet, pas de défilé en bikini cette année. À la place, les douze demi-finalistes du concours Miss France 2019 ont enfilé des tenues de super héroïnes… très sexy. Façon Wonder Woman, elles ont déambulé sur la scène du Zenith de Lille, capes couvertes de slogans féministes sur le dos. «Yes women can» (traduction : «Oui, les femmes peuvent») ou encore «Fight for your rights» («Battez-vous pour vos droits») a-t-on ainsi pu lire. Le tout sur les musiques des Spices Girls, «Wannabe», ou encore des Destiny’s Child, «Survivor». Sur scènes, les candidates ont été rejointes par Miss France 2018 Maëva Coucke, en body argenté, avec une cape simplement ornée des mots «Miss France». Paris Match
Ne pas être mariée, ne pas avoir d’enfant, ne pas avoir de tatouage, mesurer 1,70 mètres minimum et avoir moins de 26 ans font partie des règles imposées aux candidates et jugées archaïques et sexistes par les associations. L’Express
C’est en tout cas ce qui permet de rendre le concours socialement plus acceptable. (…) Il y a une injonction à affirmer son ‘je’. Il faut être capable de monter sur scène et prouver que l’on est la meilleure, que l’on est engagée. Pour le moment ce tempérament self-woman est surtout américain, dans la version française nous n’avons d’ailleurs pas de compétition de talents. (…) On veut que la question du jugement esthétique soit plus floue, mais elle ne recule pas. Elle est simplement davantage combinée à la personnalité. Camille Couvry
Je pense qu’un maillot une pièce ouvert sur les hanches et couvrant un peu plus les fessiers éviterait que les candidates deviennent des exhibitionnistes. Geneviève de Fontenay
Encore une fois, le corps des femmes est un objet, comme dans la publicité. Ce sont des corps souvent nus, et l’épreuve du maillot de bain est celle qui est la plus attendue. Éléonore Stévenin (Osez le féminisme)
Il est très curieux qu’en 2016, on éprouve encore le besoin de mettre en concurrence des femmes non pas sur des critères intellectuels ou de mérites, mais sur des critères purement physiques. Le plus problématique est que le concours Miss France, ultra médiatisé, impose des stéréotypes physiques irréels, sans compter le culte de la pureté avec des concurrentes sans petits amis. Cette mise en concurrence à une heure de grande écoute, entraîne beaucoup de souffrance pour d’autres femmes qui ne font pas 1,75m pour 50 kilos. Claire Serre-Combe (Osez le féminisme)
C’est un concours de beauté avec juste une limite de taille. Les critères ne sont pas seulement physiques. Sylvie Tellier
Ces concours se présentent comme de véritables fabriques : le corps des jeunes femmes est façonné par de nombreuses épreuves combinant des exercices de modelage et d’expression corporelle à des séances d’évaluation. L’appréciation de la beauté semble s’effectuer dans le double mouvement du corps regardé et du corps exposé, qui aboutit au classement des postulantes. Les progressives éliminations des candidates (dans les étapes régionales et nationales des compétitions) conduisent à la consécration de la lauréate qui a réussi à incarner l’idéal esthétique de la parfaite féminité. (…) La poursuite du rêve de la parfaite « gynométrie » (…) semble traverser les siècles et les continents. Ainsi, dans l’Inde traditionnelle, la danseuse doit exhiber autour de sa taille trois plis arrondis et gracieux. En France, les seins de Joséphine Bonaparte auraient donné la forme de la coupe à champagne. Si le corps sert de modèle, il est aussi mesuré : par exemple, les « bonnes » proportions des beautés nordiques, et en particulier de leurs jambes et de leur buste (2/3 et 1/3 de la hauteur totale de la femme), font fantasmer les hommes méditerranéens. De façon plus extrême, il peut être modelé pour approcher un idéal culturel et historique de vénusté. Jacques Gélis [1984] et France Borel [1992] rappellent les différentes formes de manipulations possibles et les objets utilisés (habits, postiches, chaussures, bandages, bistouris…), en conséquence, pour le transformer. Leur liste variée et complexe semble négliger les outils de mesure et de calibrage, indispensables à l’estimation des interventions esthétiques souhaitées. Le corps de la Miss est, a fortiori, soumis à la mesure, le rôle des jurys est essentiel dans cette opération, souvent préliminaire, de contrôle. Au sein d’un même concours se succèdent plusieurs instances de jugement : une fois passé les sélections régionales, les jeunes femmes doivent se montrer à des yeux de plus en plus qualifiés, choisis pour leur compétence ; en effet, la spécialisation du jury s’accroît au fil des étapes : les professionnels de la beauté et de la santé, les artistes et les spectateurs réunis décortiquent la jeune fille « sous toutes les coutures », préparant leur vote. Pour l’élection de Miss Italia, les instances de jugements sont multiples ; le jury technique a été composé, après la Seconde Guerre mondiale, par des professionnels de la santé chargés de vérifier les mensurations des concurrentes. En 1949, l’Institut d’éducation physique « Physicol » assurera, au nom de ses compétences, cette visite médicale. Un reportage photographique réalisé par Federico Patellani [Bolognesi, Calvenzi, 2002] nous montre des médecins et des infirmières qui, parés de blouses blanches, inspectent la dentition, pèsent et mesurent (poitrine, taille, hanche, cuisse, cheville). Comme le fait remarquer Paul Ginzborg [1989], l’Italie de l’après-guerre est sensible à l’image d’efficacité et de performance qui vient des États-Unis, les attitudes des experts et leurs équipements renvoient volontairement à ce modèle. La toise, le mètre, le compas sont sortis pour l’occasion. Toute la rigueur de la mesure est mobilisée pour offrir, à la Nation, une Miss aussi belle que saine. Le chiffre magique 90/60/90, indiquant les tours de poitrine, de taille et de hanches, a formalisé pendant longtemps la silhouette recherchée. Il n’est aboli qu’en 1990, à l’initiative du président du jury, étant considéré désuet et insuffisant quant à la définition de la beauté contemporaine. Depuis cette date, la commission technique est formée par des professionnels du monde de la mode et du show-business ayant, pour tout instrument de mesure, leur regard d’experts. Cependant, avant les finales de Salsomaggiore, d’autres présélections, régionales et nationales, sont effectuées dans le peloton des concurrentes : d’une manière radicale sont exclues de la compétition les jeunes trop maigres, celles qui ont un handicap défigurant ou encore celles à la morale douteuse. (…) Aujourd’hui, les instruments de mesure sont utilisés avec plus de discrétion lors des présélections. Toujours présents, ils s’enrichissent de cartes signalétiques et de photographies. Le comité de Miss France, dès le formulaire d’inscription – structuré comme une véritable fiche technique – demande à la candidate de fournir sur l’honneur une longue liste de renseignements, entre autres, sur sa constitution physique, son état de santé et sur sa conduite. Bien que les règlements des concours stipulent que les mensurations ne sont pas des critères exclusifs, parmi les membres du comité de Miss France 2002, on comptait le paléontologue Yves Coppens. (…)Autrefois, la candidate devait effectuer seule les choix de ses tenues et de ses coiffures, tout en se conformant au modèle attendu, voire imposé par le comité. Aujourd’hui, les nombreux sponsors, parfois membres du jury, prennent en charge avec les organisateurs la garde-robe, le « styling » et le maquillage des concurrentes pour lier leur marque à l’événement. L’économique est donc loin d’être absent dans les critères de choix : par exemple, les jambes peuvent être à l’honneur quand les sponsors du concours sont des fabricants de collants. Le port de maillots ou de toilettes « griffés » suscite des émotions dont les publicitaires et les industriels mesurent l’impact commercial. Parfois, les préférences esthétiques pour l’une ou l’autre des parties du corps se combinent à des intérêts politiques. Ainsi, dans l’Allemagne de l’après-guerre, il faut attendre 1957 pour assister au retour des blondes la blondeur ayant été considérée comme le stigmate de l’aryanité. (…) À la lecture des mensurations des élues entre 1920 et 1970, on remarque tout de suite la différence de taille des concurrentes américaines, sensiblement plus grande que celle des Européennes. On assiste, par ailleurs, à leur progressif amincissement, bien que, depuis les débuts du concours, la gagnante ait généralement présenté un poids inférieur à la moyenne nationale. Il faut voir dans ce diktat de la minceur l’influence d’une mode qui trouvait en Poirier et Coco Chanel ses créateurs, et dans les stars et les femmes du « beau monde », ses égéries. Dans le contexte des échanges globalisés, peut-on encore parler de stéréotypes localisés du beau et de ses critères spécifiques ? Ou doit-on plutôt convenir d’une uniformisation de la beauté mondiale, qui impliquerait une mondialisation [Assayag : 1999] des critères de mesure ? Le questionnement reste ouvert. Cependant, on peut remarquer dans le concours français l’émergence de « types exotiques » représentés par les ressortissantes des départements d’outre-mer, et dans le concours « Miss Italia nel mondo », la recherche du « type italien » à travers les jeunes femmes de la communauté vivant à l’étranger. (…) Les organisateurs utilisent l’uniforme, soulignant efficacement les caractéristiques propres à chaque corps, ce qui rend possible la comparaison. Les jeunes femmes défilent dans différentes tenues, souvent semblables, voire identiques. Habillée du simple maillot de bain, la candidate s’expose et est exposée parmi ses camarades. Elle est identifiée par un numéro qui permet de la reconnaître sans véritablement la connaître ; on évalue son corps comme on pourrait évaluer les proportions d’un bel animal. Paradoxalement, les instruments des juges sont aussi les armes de séduction de la Miss. Par exemple, le maillot de bain, apparat le plus simple de la manifestation, sert à la fois les logiques de l’évaluation et celle de la mise en spectacle de la Miss. (…) Appartenir au groupe et s’en distancier caractérise les attitudes que les candidates auront à tenir. Tout au long du concours, les différentes séquences des élections conduisent chacune à un progressif dévoilement, à la déclinaison de son identité : elles tenteront de séduire le public, se présenteront sous différentes facettes, suivant les critères d’un modèle idéal imposé ou affirmant des qualités personnelles. Oscillant entre subjectif et objectif, entre la norme et l’exception [Monjaret, Tamarozzi, à paraître], on passe du mesurable au non-mesurable. (…) À travers la danse, les défilés et tout type d’exercice physique, les concurrentes exposent leurs atouts et les membres du jury évaluent d’autres caractéristiques que la simple plastique : la grâce, l’équilibre des masses musculaires, l’élégance… Le « tout » est une autre clé de lecture et, par là même, de distinction des candidates. (…) Les règlements des concours sont, sur ce point, très différents. Celui de Miss Italia, par exemple, permet aux candidates qui n’ont pas atteint le podium de se représenter à deux ou plusieurs années d’intervalle. Plus récemment (1994), il consent l’accès aux jeunes épouses et mères. Quand la maturité n’est pas là, elle se fabrique de la même manière que les photographies de presse (…) la lauréate est d’abord attachée à l’année de son élection et le restera à vie. Elle représente une époque. Ainsi, les idéaux esthétiques fluctuent [Hubert, 2000]. (…) Selon François Dagognet, « la richesse de la mesure vient de ce qu’elle impose un esprit communautaire : non seulement les expérimentateurs pourront, grâce à elle, échanger leurs résultats et les comparer, mais l’intelligence d’une chose ne peut jaillir que de la comparaison avec ses semblables : il n’est pas de compréhension possible de la “particularité”, encore moins de la “singularité” qui étonne. Il faut, donc, apprendre à rapporter toute chose à ses proches (le rationnel entraîne le relationnel) » [… La règle de la beauté n’est pas absolue [Morin, 1987 : 61]. Elle se fait et se défait au gré des nouveaux impératifs de mode, des représentations du corps, pérennes ou émergentes, ainsi que de principes moraux. Le concours est, donc, avant tout, une mise à l’épreuve, physique et morale, de la jeune fille : le corps est l’instrument de sa métamorphose en femme, mais aussi le porteur des codes sociaux. L’identification au canon est un travail délicat pour la candidate qui doit conjointement jouer entre se conformer au modèle du beau et dévoiler juste le nécessaire de sa personne. (…) Malgré cette liberté, elle est cependant guidée dans son parcours. Les bulletins qu’elle aura à remplir ou les questions qui lui seront posées par le comité d’organisation donnent un aperçu des critères de sélection qui formalisent le canon idéal. Ainsi, dans celui du Comité Miss France (Geneviève de Fontenay, Endemol) disponible sur Internet, parmi les nombreuses rubriques ayant trait à la morphologie des jeunes femmes, l’une d’elles confirme son souci d’une recherche esthétique : « Avez-vous une imperfection physique ? Si oui, laquelle ? » (…) Tout du moins, la Miss doit être en bonne santé, ni trop grosse, ni trop maigre, ce qui sous-entend qu’elle suit un régime alimentaire équilibré où la gourmandise, quand elle est sage, est un signe de vitalité. (…) Dans certains concours comme celui de Miss World France, les conditions médicales sont clairement posées dans le règlement : « Attention, afin de lutter contre l’anorexie (maladie malheureusement à la mode), nous refusons toute candidate qui accusera un rapport poids/taille anormal, ou qui nous semblera trop maigre sur ses photos. » Une fois admise à concourir, la candidate ne doit plus être suspectée d’être malade. (…) Aujourd’hui, sans doute par réaction à ces diktats de la minceur et de la santé, se développent des concours du type Miss obèse, Miss transsexuel. Comme le corps, l’esprit est sondé. Les atouts physiques ne suffisent pas à faire une Miss, il lui faut des bagages intellectuels. Les fiches d’inscription détaillées, quand elles existent, ce qui n’est pas le cas pour Miss Italia, sont en cela significatives. Diplômes, langues étrangères, formations en cours, professions font partie des rubriques mentionnées. Les loisirs et les passions peuvent être aussi demandés. Le comité d’organisation se chargera par la suite de tester leur culture générale qui doit, précise le règlement de Miss World France, « correspondre à leur âge et à leur milieu social ». Jusqu’où va donc la mesure de l’esprit, de l’intelligence ? Le qi deviendra-t-il un critère d’admission ? Les candidates ne doivent donc pas se présenter comme des poupées écervelées, elles doivent également faire preuve de « bonne moralité », de savoir-vivre autant que de savoir-être. Ne pas avoir posé nues pour des photographies de charme ou pornographiques est l’une des conditions. La pudeur est de bon ton. La convenance se joue dans l’équilibre du montré et du caché. Esthétique et qualités morales se combinent pour définir les caractères de la beauté idéale. (…) La Miss est donc une femme intègre. Après la mise à plat de ces données identitaires, en quelque sorte mesurables, l’examen se poursuit pour départager les lauréates sans intégrer, en principe, les critères sociaux, confessionnels et raciaux. (…) La subjectivité et l’objectivité conjointes établissent les modalités de choix de la Miss, qui réussit à se singulariser dans l’uniformité. La souplesse de l’expertise peut conduire le public à s’étonner de la proposition finale, susciter les jalousies. Certains s’amusent à la remettre en question. Sur Internet, une rumeur circule à propos de la non-conformité de la taille de Miss France 2002. Geneviève de Fontenay aurait affirmé « qu’il était exclu que Miss France 2002 se fasse re-mesurer », comme le demandait une candidate évincée. (…) « Explicites ou implicites, connues ou secrètes, les normes de la beauté existent. Elles permettent aux cultures de forger leur identité dans un modèle » [Borel]. Le corps et ses normes deviennent étalons de la société. « C’est donc le corps, le seul instrument de mesure dont on ne puisse se passer, celui que les autres supposent, à la fois sensible et raisonnable, mesureur et mesuré […] » [Comte-Sponville, 1995 : 94]. Les modèles féminins changent ou se reproduisent selon les époques et les valeurs associées à la féminité [Fourmaux, 2001 ; Duret, Roussel, 2003]. (…) Les images du corps ne sont pas des entités rigides : nous construisons et reconstruisons sans cesse notre image » [Borel]. C’est ce qui faire dire à Desmond Morris [1978] que le titre de Miss Monde est dépourvu de sens, qu’il efface les données culturelles et peut contredire les stéréotypes locaux. De nos jours, dans les concours, nationaux ou internationaux, les critères qui permettent de classer les candidates visent principalement à la valorisation de canons qui véhiculés par les médias sont propices au développement des marchés mondiaux de la mode et de la beauté. La mesure des corps appartient à des logiques d’organisation sociale [Baudrillard, 1970], économique et, sans doute, politique. « Il est dans la nature de la mesure de devenir “commune mesure” […]. La commune mesure est une réalité éminemment politique. C’est ce à partir de quoi un groupe s’institue comme société, ce qui définit ses codes, ce qui les pacifie et lui fournit les instruments de sa régularisation. C’est aussi bien ce pour quoi on se bat, on se dispute, on se déchire, ce qu’il faut contrôler si l’on veut détenir le pouvoir et se rendre maître de la norme. Ainsi donc, les élections de Miss sont de bons observatoires de la formalisation des normes, en particulier de la norme d’exception qui s’élabore dans la tension entre mesurable et non-mesurable, universel et culturel, global et local. Anne Monjaret et Federica Tamarozzi
Au milieu des critères esthétiques d’un concours de beauté, il en est un que l’organisation se garde bien d’évoquer. Celui du poids. L’organisation a donc logiquement refusé de nous communiquer, pour ces mêmes raisons, ces données. Mais sur internet, la question continue d’être débattue. Des chiffres circulent sur les pages Wikipédia des anciennes miss France, sans que celles-ci n’interviennent. Des blogs listent inlassablement le poids des jeunes filles, sans que l’on sache le vrai du faux. Les miss livrent parfois un chiffre au détour d’une interview. Sur le modèle du travail du site américain PsychGuides, nous avons cherché à connaître l’évolution de l’indice de masse corporel, cette combinaison entre le poids et la taille d’une personne, des miss à travers le temps. Nos recherches ont permis de lister le poids de 16 miss. Cinq proviennent de sources de confiance. Le graphique ci-dessous est donc purement indicatif, mais il a le mérite de compiler et de mettre en forme les données circulant sur la question. Il en ressort qu’avec un IMC moyen de 18,1 depuis 1954, miss France n’est pas une Française comme les autres. Elle est même beaucoup plus mince. Pour les Françaises de 18 à 35 ans, l’Insee relevait un IMC de 22,4 en 2002, toujours très loin des miss France qui ne sont pas sorties d’un couloir allant de 18,5 à 16,4 entre 2000 et 2017. Plus globalement, en 2016, l’IMC d’une Française était de 23,1 selon les relevés de l’Organisation mondiale de la santé. Cette même organisation évalue l’IMC normal entre 18,5 et 25. Seules cinq miss se trouvent dans cette fourchette. Onze d’entre elles se situent par contre entre 16,5 et 18,5 et seraient donc en situation de maigreur selon l’OMS. Des chiffres inquiétants ? Pas forcément. « Il s’agit plutôt d’une situation de minceur, recadre Emmanuelle Couturier, diététicienne-nutritionniste à Marcq-en-Barœul. L’IMC n’est pas forcément très parlant, car il ne fait pas la différence entre masse graisseuse et masse musculaire. Il ne prend pas non plus en compte l’ossature. Par contre si elles font un régime pour entretenir cette minceur, c’est là que cela peut être compliqué. » La Voix du nord
Je l’ai vécue. On a moins de chance d’être élue car il n’y a pas d’identité régionale en Ile-de-France. Avant l’élection Miss France, aucun média ne s’est intéressé à moi. Je n’ai fait aucune interview, eu aucun soutien. Ça plombe le moral. Margaux Savarit (Miss Ile-de-France 2014 et 11e du concours Miss France)
Beaucoup de Parisiens ou de Franciliens viennent d’autres régions. Moi en tant qu’ancienne Miss Bourgogne vivant à Paris, j’avais tendance à soutenir Miss Bourgogne. Laure Mattioli (Comité Miss Ile-de-France)
La dimension affective liée à sa région d’origine peut se retrouver dans les votes. Le succès au concours Miss France des régions à forte identité locale ne colle pas aux revendications régionales, culturelles ou politiques. Camille Couvry
Le 16 décembre 2017, Maëva Coucke a été élue Miss France 2018, décrochant un troisième sacre pour le Nord-Pas-de-Calais. Si la beauté des jeunes filles originaires du Nord a séduit les téléspectateurs de l’élection à trois reprises ces quatre dernières années, aucune Miss originaire du Nord-Pas-de-Calais n’avait remporté le concours qui existe depuis 1919 avant…2015. Il y a 99 ans, la première Miss France élue, Agnès Souret, venait de Bayonne et portait l’écharpe de Miss Aquitaine. En tout, six jeunes femmes de cette région du Sud-Ouest ont été nommées plus belle femme de France, la dernière en 1995. Il s’agissait de Mélody Vilbert, native de Toulouse. L’Aquitaine a le même palmarès que l’Alsace et la Normandie. Tout en haut du palmarès des régions qui ont remporté l’élection de Miss France le plus grand nombre de fois : l’Ile-de-France. Entre 1933 (date de la première victoire) et 1997 (date de la dernière victoire), l’Ile-de-France a été couronnée 13 fois au concours, loin devant la région Rhône-Alpes qui totalise quant à elle 7 victoires. A l’autre bout du classement, on retrouve la Guyane, le Centre-Val-de-Loire, la Provence et la Corse qui ont chacune une victoire. Les moins bien loties sont les Miss originaires d’Auvergne, de Mayotte, de la Martinique, Champagne-Ardenne, du Limousin, de Saint-Pierre-et-Miquelon, ou encore de Saint-Martin-Saint-Barthélemy, qui n’ont jamais eu la chance de porter l’écharpe tant convoitée de Miss France. Paris Match
Depuis 1929, les Miss Paris ou Ile-de-France ont remporté 15 fois le concours Miss France. Mais la plupart des titres ont été gagnés entre 1930 et 1950. La dernière Miss France francilienne remonte à 1997 avec l’élection de Patricia Spehar. L’an dernier Lison Di Martino avait terminé 2e dauphine de Maëva Coucke. Alors que l’Ile-de-France compte 12 millions d’habitants, pourquoi sa Miss ne profite-t-elle pas du vote du public pour gagner la couronne? L’Ile-de-France aime-t-elle sa miss ? La région est la plus peuplée de France avec 12 millions d’habitants, pourtant quand Lison Di Martino, Miss Ile-de-France 2017, est arrivée dans les cinq finalistes l’an dernier, ce n’est pas elle qui a reçu le plus de votes du public mais la Nordiste Maëva Coucke. Une région avec une identité bien plus forte que l’Ile-de-France… C’est là l’une des faiblesses de la candidature francilienne. 20 minutes
Comme chaque année depuis 1920, date de création du concours de beauté par le journaliste et écrivain belge Maurice de Waleffe, une jeune femme sera en décembre élue Miss France parmi les 30 candidates en lice. Un show présenté pour la 23e année par Jean-Pierre Foucault, accompagné de Sylvie Tellier, directrice générale de la Société Miss France depuis 2010. La cérémonie, bien qu’organisée « dans le respect de la tradition », a connu bien des changements depuis sa naissance il y a près d’un siècle. Aux prémices de l’élection, Maurice de Waleffe avait choisi le terme « La plus belle femme de France » pour désigner le concours. Les portraits des candidates de la première édition étaient publiés dans le quotidien Le Journal. Chacune était présentée sous un pseudo de nom de fleur, de pierre, d’oiseau ou de déesse, révèle Le Figaro Archives dans un article réalisé en partenariat avec l’INA. Entre 1922 et 1926, le concours de beauté n’a pas lieu. Il ne reprend qu’en 1927 sous le nom qu’on lui connaît aujourd’hui : Miss France. Roberte Cusey, Miss Jura 1926, est élue cette année-là. Les jeunes femmes en lice pour le concours Miss France représentent chacune une région de l’Hexagone. Elles étaient 45 en 2006, 33 pour l’élection de Miss France 2011. Cette année, elles seront 30. La réforme territoriale de 2016 n’a pourtant pas eu d’impact sur le nombre de candidates. « Ce nouveau découpage est une affaire politique et économique et nous sommes loin de ces considérations. Notre concours est indépendant du gouvernement », avait confié Sylvie Tellier à L’Express, rappelant que sa priorité était que tous les Français « se retrouvent dans l’élection ».  D’ailleurs, le nombre de candidates n’a jamais véritablement collé à la carte administrative de la France. Pour la directrice du comité Miss France, le but est surtout « d’avoir des identités fortes ». Raison pour laquelle certaines provinces sont absorbées pour renforcer certaines identités territoriales. Les titres de Miss Centre et de Miss Orléanais ont ainsi fusionné pour devenir Miss Centre-Val-de-Loire. Les critères depuis la création de l’élection Miss France excluent une bonne partie de la population féminine. Il faut être une femme -mais pas transsexuelle- et avoir entre 18 et 24 ans. Il faut également mesurer 1,70 mètre minimum, ne pas avoir d’enfant, ni être mariée, et posséder un casier judiciaire vierge. Les tatouages sont également interdits, l’éviction de Miss Martinique en 2017 pour cause de colibri sur l’omoplate avait d’ailleurs suscité l’incompréhension des internautes. Pour Sylvie Tellier, le concours ne repose plus uniquement sur des mensurations. « Les critères ont évolué depuis la création de l’élection pour être plus en accord avec les femmes d’aujourd’hui et correspondre au rôle qui incombe à la future reine de beauté. On porte de l’attention sur la façon de se mouvoir, l’éloquence et le parcours de la jeune femme », nous expliquait la directrice dans un article consacré à la fascination des miss.  Leur temps de parole a d’ailleurs été allongé. « Cette épreuve est parfois décisive pour les candidates », affirme Sylvie Tellier. L’esthétique des jeunes femmes se combine à la personnalité. Le comité du concours Miss America a préféré remplacer le défilé en robe du soir par un exercice d’éloquence durant lequel les jeunes femmes sont habillées de la tenue de leur choix. Pour Camille Couvry, docteure en sociologie et qui a réalisé sa thèse sur les concours de beauté, « c’est surtout une manière de rendre la question du jugement esthétique plus floue et de rendre le concours socialement acceptable ». On attend aujourd’hui de la future Miss France qu’elle soit capable d’argumenter et de s’informer sur l’actualité. « J’élabore avec mes équipes le test de culture générale. Une note en-dessous de la moyenne est pour moi éliminatoire », explique Sylvie Tellier. Une épreuve qui existait déjà aux débuts du concours mais que l’ancienne Miss France 2002 a adapté en s’appuyant sur l’actualité.  (…) Une niveau d’exigence accru en adéquation avec l’augmentation du niveau d’études des candidates. Il faut remonter jusqu’en 2000 pour trouver une Miss qui n’a pas obtenu le baccalauréat. Les diplômes seraient-ils devenus un critère de sélection non-officiel pour espérer décrocher la couronne ? Pour Sylvie Tellier, c’est surtout « le reflet de la massification scolaire ». (…) Depuis 2017, les miss bénéficient de cours de bonnes manières enseignés par Jérémy Côme, auteur de L’Art de maîtriser les codes pour se sentir bien partout en toutes circonstances (éd. Michel Lafon). La future ambassadrice doit être capable de se comporter en parfaite maîtresse de maison et se doit d’être élégante en toute circonstance. Si l’on a envie de crier au sexisme, Jérémy Côme voit plutôt son intervention comme une manière « d’enlever du stress » à la future gagnante. « Je leur donne des tuyaux pour trouver de l’assurance, pour maîtriser l’art de la conversation notamment devant des assemblées -que ce soit pour remettre un prix aux NRJ Music Awards ou pour participer à l’inauguration d’un musée en local-, pour avoir une bonne posture quand on est face à quelqu’un », explique-t-il au site Pure People. Il ajoute également qu’une Miss doit « savoir être chaleureuse, ponctuelle, soignée. Il ne faut pas parler de soi. Globalement, elles n’ont pas besoin de parler d’elles puisqu’on sait qu’elles sont Miss. » Peut-on manger ou non sa salade avec un couteau, à quelle heure arriver à un dîner, comment déguster des huîtres ou qu’apporter à un hôte à l’occasion d’un repas font également partie des conseils distillés par le spécialiste. L’épreuve du passage en bikini cristallise les accusations de sexisme des associations féministes à l’encontre du concours Miss France.  Un défilé supprimé de l’élection Miss America l’année dernière mais qui sera maintenu dans la version française du concours. « Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection », souligne Sylvie Tellier.  L’épreuve du bikini est récente en France : elle n’a été mise en place qu’après la démission de Geneviève de Fontenay de son titre de directrice du comité Miss France en 2010. Le défilé est d’ailleurs critiqué chaque année par la dame au chapeau qui réclame le retour du maillot une pièce. (…) Le système de vote a été modifié après le départ de Geneviève de Fontenay pour l’élection de Miss France 2010. Le jour du concours, douze miss ont déjà été désignées par le jury -présidé cette année par l’actrice de 90 ans, Line Renaud- durant la semaine précédant l’élection. Pour la sélection des cinq finalistes, se mêlent le vote du public et celui du jury, composé de six célébrités. Enfin, pour déterminer la gagnante et les dauphines, les compteurs sont remis à zéro et c’est uniquement aux téléspectateurs de voter. Lancé en 1993, l’élection de Mister France, le versant masculin, peine à se faire une place sur la scène médiatique. « C’est un spectacle qui ne prend pas. La notion de compétition autour de la beauté de l’homme n’est pas assez enracinée dans notre Histoire », explique l’anthropologue Élisabeth Azoulay, qui a dirigé l’ouvrage 100 000 ans de beauté (éd. Gallimard). Il y a des choses qui ne changent pas. L’Express
Le 15 décembre, une nouvelle jeune française sera couronnée Miss France de l’année 2019. Pour la 89e année consécutive, le concours de beauté le plus célèbre de l’hexagone élira « la plus belle femme de France » devant plusieurs millions de téléspectateurs (7 millions lors de l’édition précédente). Pourtant, l’heureuse élue reste encore très éloignée du physique de la femme française. Pour devenir Miss France, plusieurs critères très précis sont à respecter. Les candidates doivent avoir entre 18 et 24 ans, être françaises de naissance (ou naturalisées) célibataires, ni veuves ni pacsées, sans enfant. Côté physique, elles doivent mesurer au minimum 1m70, ne pas avoir eu recours à la chirurgie esthétique, ne pas avoir de tatouage visible, de piercing, perruque, faux-cils ou autre « artifice tendant à transformer son aspect naturel », comme il est inscrit dans le règlement officiel. Si la liste des recommandations s’étend sur plusieurs pages, un critère important n’est jamais mentionné : le poids minimum ou maximum des futures Miss. France 24
Le critère n’existe pas, c’est sans doute qu’il n’y a aucune justification socialement acceptable par les personnes qui organisent les concours. Cela n’empêche pas les personnes qui sont engagées dans des concours – et une partie au moins de celles qui les regardent – de considérer qu’avoir un poids ‘moyen’ (relatif à la taille minimale de 1m70) est un critère de beauté et d’élégance. (…) Les processus de sélection dans les concours ne sont pas extérieurs à la société dans laquelle ils s’insèrent. Les jurés, tout comme les candidates qui évaluent leurs chances – et peuvent parfois s’auto-éliminer – sont évidemment influencés. (…) Il y a eu dans l’histoire des élections de Miss, et plus largement de la beauté, un souci de la mesure du corps et des critères de beauté. (…) Le changement pourrait venir du bas. J’ai déjà assisté à des concours locaux qui avaient éliminé le défilé en maillot de bain lors d’une ou deux éditions. Camille Couvry (Université de Rouen)
Il y a des différences entre les régions mais il est clair qu’en envoyant des photos de soi, on donne déjà une indication de ses mensurations. Ce ne sont pas seulement les comités qui votent, mais aussi le public, à 50 – 50. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça changerait peut-être. Il n’y a pas de régime imposé mais une observation de comment on se nourrit, ce que l’on choisit au buffet de l’hôtel par les chaperons. Si l’on se ressert plusieurs fois, ça va être remarqué. (…) C’est l’inconscient collectif qui valide des normes de beauté. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça pourrait changer. Pauline Darles (Miss Ile-de-France 2011)
Les métisses sont un peu plus visibles cette année dans le concours et représentent une tendance de fond de la société française, rappelle l’autrice. C’est assez intéressant parce que ça montre la réalité de la société française qui est mélangée quoi qu’on veuille nous faire croire, issue de vagues d’immigration​ très anciennes. Un Francais sur quatre a au moins un de ses grands-parents qui n’est pas né en France. C’est révélateur du métissage progressif de la société française.  Elles viennent toutes plus ou moins de la classe moyenne, et les vagues d’immigration sont souvent dans les classes populaires. Là, le fait que la plupart de ces jeunes femmes soient de classe moyenne montre l’intégration des anciens immigrés à la société française. Ces jeunes filles sont un vrai panel de ce qu’est la société française. (…) C’est un concours lié à l’apparence. Montrer davantage de femmes noires dans ce cadre ne lutte pas contre les stéréotypes parce que ça rentre dans les stéréotypes de la femme et encore plus de la femme noire [une femme très érotisée dans l’imaginaire collectif]. Il faudrait un concours sur la personnalité, le charme, la façon de s’exprimer en public, pas que sur la beauté pour que ça lutte contre les stéréotypes. Les noirs devraient intervenir comme médecin ou ministres à la télévision, pas que dans les concours de beauté et dans le foot. Jessie Magana (autrice d’ouvrages jeunesse autour de la lutte contre les stéréotypes et le sexisme)
“Miss America 2.0.” The new version of the 97-year-old pageant, Carlson and its other organizers announced, will aim to be “empowering.” And “inclusive.” And “transparent” about its own workings. “We are no longer a pageant,” Carlson said on Good Morning America. “We are a competition.”Which means, among other things, as the Times’ and so many other headlines emphasized on Tuesday morning: no more swimsuits. (Which means, even more specifically: no more bikinis.) And also: no more mandatory evening gowns. Instead, contestants will be able to choose clothing that “makes them feel confident, expresses their personal style, and shows how they hope to advance the role of Miss America.” The Tracy Flicks will have their moment. “We want you,” Carlson told prospective pageant participants, “and we want to celebrate your accomplishments and your talents and then we want to hand you scholarships.The updates are a combination of admirable and inevitable. Miss America 2.0, after all, steps onto the American stage after a scandal that involved the publication of misogynistic emails exchanged among Sam Haskell, then the CEO of the pageant organization, and his staffers: notes that critiqued the intelligence—and the sexual behaviors—of pageant contestants. Miss America 2.0 arrives, as well, after news organizations reported on the ways the pageants of Miss America’s fellow organizations, Miss Teen USA and Miss Universe, allegedly served as hunting grounds for their former owner Donald Trump. (…) On the one hand, there is Miss America, the organization that declares, “Miss America is more than a title, it’s a movement of empowering young women everywhere to achieve their dreams” … and on the other, there is Miss America, the show that equates the fulfillment of dreams with the ability to fill out a bikini top.The pageant began as a marketing ploy—in 1921, business owners in Atlantic City, looking for ways to extend the summer season, established a September competition that sought to find “The Most Beautiful Bathing Girl in America”—and the event that was eventually dubbed the “Miss America” pageant remains true to that initial vision. The event that still takes place in late summer is an extended advertisement not for taffy shops on the boardwalk, or even for particular Beautiful Bathing Girls, but indeed for the opposite: for the Beautiful Bathing Girl, as a general idea. For feminine beauty itself—as a standard. As a structure. As a set of rigidly enforced rules. (…) What might a pageant, shed of the myth, actually look like? When Gretchen Carlson announces that Miss America 2.0 will help young women “learn leadership skills and pay for college and be able to show the world who you are as a person from the inside of your soul” … what, realistically, will that mean? Will Miss America become a speech contest? Will it become a talent show? An essay competition? A spelling bee? A platform for young women to share their visions for a better world—ted, but with better clothes? The NewYorker
Fifty years ago, the swimsuit-wearing beauties of the Miss America pageant were confronted with a spectacle on the Atlantic City boardwalk: 100 feminists throwing bras, girdles, curling irons, false eyelashes and other “instruments of female torture” into a trash can labeled “Freedom.” The protesters had planned to set the can on fire but could not get the right permits — so, alas, no bras were burned that summer day, though it is the origin of the term “bra burning.” They were condemning what even then they saw as an antiquated institution, which had mostly male judges scrutinize women’s bodies, women of color at one point not allowed to compete, corporations profiting on the event, and three in four American households watching it all happen on television. “Everybody tuned into Miss America back then — this was like the Oscars,” said the author Alix Kates Shulman, 85, one of the organizers of that 1968 protest. Fifty years later, it appears that #MeToo has done what a protest could not: eradicate one of the most derided aspects of the competition, the swimsuit. The Miss America Organization — whose chief executive resigned in December over lewd emails and whose new chairwoman, Gretchen Carlson, once sued Fox News for sexual harassment — on Tuesday announced it would scrap both the swimsuit and evening gown portion of the competition, replacing them with “a live interactive session with the judges” in which a contestant “will highlight her achievements and goals in life.” (…) The changes will take effect at the national finals, again in Atlantic City, in September. State and local competitions will follow suit after that, but they are likely to continue including swimsuits during the current season. Ms. Carlson said the decision was made in March by a unanimous vote from the organization’s leadership committee. This, of course, is Miss America’s new leadership committee, the one appointed after chief executive Sam Haskell was ousted and replaced by a woman, and a new board was reappointed. Seven of the nine board members are women. (…) Contestants take part in community service, and the organization said it awarded more than $2 million in scholarships last year. But swimsuits have for at least as long defined the pageant — and been at the heart of the debate over its place in American culture. “Speaking for myself, when I competed 20 years ago, I found the swimsuit competition oddly empowering, because once I could walk across the stage in a two-piece swimsuit and high heels I could do just about anything,” said Kate Shindle, the 1998 Miss America who is now a board member of the organization. “But I also don’t think I processed everything at the time. It’s strange — it gives strangers a kind of ownership over your body that you don’t quite anticipate.” The Miss America competition began in Atlantic City in 1921 — one year after women gained the right to vote in the United States — as a way to extend the summer tourist season beyond Labor Day. It “was, literally, about the use of women’s bodies to sell a product — or a place,” the author Jennifer Weiner recently wrote in a column in The New York Times. At the time, it was not only rare to see a woman in a swimsuit in public, it was barred — and so the event, with eight contestants, required the temporary suspension of a ban on revealing beachwear. It was all beauty pageant until 1936, when a talent portion was added. The competition was limited to never-married women ages 18 to 28, and for a time, until 1940, it was written in the guidelines that they must be “of good health and of the white race.” The organization would not have its first African-American winner until Vanessa Williams earned the 1984 crown. “The Miss America state and national process was — and maybe still is — the single largest source of scholarship money for women in the U.S., yet the crucial requirements were physical, not intellectual,” the author and feminist Gloria Steinem said in an interview on Tuesday. “If the same were true for men, people would be saying, ‘No wonder China is winning!’” “It’s not just the bathing suits, it’s physical appearance, irrelevant talents and, until very recently, being white,” Ms. Steinem added. “It’s also less about being unique than conformist.” (…) And in 1995, Miss America encouraged its viewers to call a 1-900 number to say whether swimsuits should be scrapped: two out of three said no. “We are not stupid,” Leonard Horn, then the organization’s chief executive, said in 1993. “We are very sensitive to the fact that the swimsuit competition has always been our Achilles’ heel. The swimsuit competition has been controversial since the early 1920s, but it’s been retained because the majority of the people like it.” Appearing on ABC News to announce the change on Tuesday, Ms. Carlson declared, “We are not going to judge you on your outward appearance.” But it is hard to imagine what Miss America would be without conventional beauty standards at its core. The 2017 Judges’ Manual lists the qualities and attributes required of titleholders, in this order: “beautiful, well-spoken, intelligent, talented, able to relate to young people, reflective of women her age (she should not be a 35-year-old trapped inside a 20-year-old body), charismatic, dynamic/energetic — that ‘IT’ quality that is so hard to define, mature enough to handle the job and all of its responsibilities, comfortable ‘in her own skin,’ manageable, punctual and flexible.” “The American public has an expectation that she will be beautiful and physically fit,” the manual continues. “This is the same expectation they have for all of their celebrities, from music and film to sports, and Miss America is no exception. You must look at her physical beauty as well as her physical fitness. » (…) Tuesday’s announcement was quickly added to the lengthy list of stunning changes that have reverberated through Hollywood, politics and workplaces around the world in the wake of #MeToo. It was a ripple effect, so to speak — one that expanded the conversation from sexual harassment to the larger way that women’s bodies are viewed and consumed. Still, it seemed like a small step to some. “If Miss America wants to get out of the sexism game, it should probably end Miss America,” the writer Jill Filipovic posted on Twitter. NYT
Les candidates à l’élection Miss America ne défileront pas en bikini lors de la prochaine édition du concours. Dans un communiqué publié le 5 juin, les organisateurs ont annoncé la suppression de la présentation des candidates en maillot de bain qui comptait pour 10% de la note finale. Elle est remplacée par un dialogue avec les membres du jury. Le temps pour les participantes d’évoquer les causes pour lesquelles elles souhaiteraient s’investir si elles étaient élues. Autre changement dans les règles du concours dont l’édition 2019 sera diffusé le 9 septembre prochain sur la chaîne américaine ABC, le passage des jeunes femmes en robe de soir -15% de la note finale- deviendra une présentation des candidates, habillées dans une tenue de leur choix. Gretchen Carlson, gagnante du concours Miss America en 1989 et nommée présidente du conseil d’administration de la Miss America Organization affiche clairement sa volonté de nettoyer l’élection de son image sexiste. (…) Une prise de décision qui ne trouve pas écho auprès de Sylvie Tellier. (…) Impossible pour la directrice de l’Organisation Miss France d’envisager le concours annuel sans le défilé en robe couture ou sans le passage en maillot de bain. (…) Mais peut-on encore parler de concours de beauté si la majorité des critères pour remporter l’élection tendent à s’orienter sur des qualités intellectuelles et sur la personnalité plus que sur le physique ? (…) En France aussi, les règles ont évolué. Une note inférieure à la moyenne au test de culture générale est éliminatoire. (…) Le temps de parole consacré aux Miss a été augmenté et c’est désormais le vote des téléspectateurs à 100% qui décide de la gagnante. (…) Le niveau d’études des candidates a lui aussi augmenté. Il faut remonter le temps jusqu’en 2000 pour trouver une gagnante qui n’a pas obtenu le bac. Ces dernières années, la grande majorité des jeunes femmes en lice pour remporter la couronne étaient diplômées d’un BTS, d’une licence ou d’un master. Marine Lorphelin -Miss France 2013- était étudiante en médecine, Iris Mittenaere -Miss France 2016- étudiante en cinquième année de chirurgie dentaire et plus récemment Maëva Coucke – actuelle Miss France 2018- est étudiante en licence de droit. Les diplômes sont-ils devenus un critère de sélection pour redorer le blason d’un rendez-vous qui a mauvaise presse du côté des féministes ? (…) L’appréciation physique tend à être reléguée au second plan, pour laisser place à une recherche de personnalité. (…) L’actualisation des règles du concours de Miss America est aussi une façon de s’adapter -sous-couvert de féminisme- à une évolution de la représentation des femmes dans notre société. Sylvie Tellier s’interroge sur la sincérité de l’organisation américaine à l’origine de la polémique (…) Paradoxalement, les critères de sélection pour se présenter au concours de Miss France, eux, ne bougent pas d’un iota. Il faut avoir entre 18 et 24 ans, mesurer minimum 1m70 et n’avoir jamais eu recours à la chirurgie esthétique. La personnalité et les éventuels engagements des jeunes femmes sont évidemment un plus, mais ne sont pas mentionnés dans le règlement. L’évaluation du corps des femmes demeure omniprésente dans ce type de concours, même si l’on supprime le défilé en bikini. (…) Les Miss ne sont plus soumises à la maxime « sois belle et tais toi ». L’art oratoire en France et la maîtrise d’un talent artistique aux Etats-Unis -chant, théâtre- pèsent considérablement dans la balance. Si la beauté est un avantage considérable et demeure une condition sine qua non pour accéder à ce type de concours, cela ne suffit plus. L’Express

Attention: un racisme peut en cacher un autre !

Jury entièrement féminin, présidé par Line Renaud, moitié des candidates noires, métisses ou issues de l’immigration dont la gagnante, costumes sexy de super-héroïnes, capes couvertes de slogans féministes (« Yes women can », « Fight for your rights »), musiques de girl power (Spice Girls, Destiny’s Child) …

Au lendemain d’une bientôt centenaire élection Miss France

Qui met fin non seulement à la propre malédiction de surpoids de la gagnante

Et à 20 ans de malédiction des candidates tahitiennes « éternelles dauphines du concours » …

Mais envisage déjà, six mois après Miss America, la suppression de l’épreuve du maillot de bain …

Comment ne pas voir

Après la cantatrice, digne d’un bal de débutante, de Miss America en septembre dernier

Et cette élection d’une titulaire – multiculturelle comme il se doit elle aussi du côté français – d’un master en management …

Face, sur fond de crise de gilets jaunes vite oubliée, à celles qui n’avaient que leur physique …

La domination désormais non plus seulement physique et sociale (minceur comprise) …

Mais proprement intellectuelle de la classe moyenne supérieure diplômée ?

Concours de beauté

L’épreuve du bikini est-elle indispensable aux Miss ?

Les organisateurs de l’élection Miss America ont décrété la fin du passage en maillot de bain des candidates.

Camille Moreau

Les candidates à l’élection Miss America ne défileront pas en bikini lors de la prochaine édition du concours. Dans un communiqué publié le 5 juin, les organisateurs ont annoncé la suppression de la présentation des candidates en maillot de bain qui comptait pour 10% de la note finale. Elle est remplacée par un dialogue avec les membres du jury. Le temps pour les participantes d’évoquer les causes pour lesquelles elles souhaiteraient s’investir si elles étaient élues.

Autre changement dans les règles du concours dont l’édition 2019 sera diffusé le 9 septembre prochain sur la chaîne américaine ABC, le passage des jeunes femmes en robe de soir -15% de la note finale- deviendra une présentation des candidates, habillées dans une tenue de leur choix.

« Nous ne sommes plus un concours de beauté »

Gretchen Carlson, gagnante du concours Miss America en 1989 et nommée présidente du conseil d’administration de la Miss America Organization affiche clairement sa volonté de nettoyer l’élection de son image sexiste. « Nous ne sommes plus un concours de beauté, nous sommes une compétition », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Et Regina Hopper, présidente de Miss America d’ajouter : « Le nouvel objectif de Miss America est de préparer de grandes femmes pour le monde, et de préparer les grandes femmes au monde. »

Une prise de décision qui ne trouve pas écho auprès de Sylvie Tellier. « J’ai du mal à saisir le sens de ces déclarations. Si ce n’est plus un concours de beauté alors il faudrait définir ce que c’est. Une compétition d’éloquence, de talent, de chant ? » Impossible pour la directrice de l’Organisation Miss France d’envisager le concours annuel sans le défilé en robe couture ou sans le passage en maillot de bain. « Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection. »

Une évolution des critères de sélection

Mais peut-on encore parler de concours de beauté si la majorité des critères pour remporter l’élection tendent à s’orienter sur des qualités intellectuelles et sur la personnalité plus que sur le physique ? C’est en tout cas ce « qui permet de rendre le concours socialement plus acceptable », explique Camille Couvry, docteure en sociologie et qui a réalisé sa thèse sur les concours de beauté.

En France aussi, les règles ont évolué. Une note inférieure à la moyenne au test de culture générale est éliminatoire. « Avant le test de culture générale importait peu, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La future Miss France a un rôle d’ambassadrice même si on ne fait pas de politique », souligne Sylvie Tellier. Le temps de parole consacré aux Miss a été augmenté et c’est désormais le vote des téléspectateurs à 100% qui décide de la gagnante. « L’interview au micro fait souvent basculer les voix, preuve que les téléspectateurs ne sont pas uniquement dans une recherche esthétique », ajoute la directrice du comité Miss France.

Le niveau d’études des candidates a lui aussi augmenté. Il faut remonter le temps jusqu’en 2000 pour trouver une gagnante qui n’a pas obtenu le bac. Ces dernières années, la grande majorité des jeunes femmes en lice pour remporter la couronne étaient diplômées d’un BTS, d’une licence ou d’un master. Marine Lorphelin -Miss France 2013- était étudiante en médecine, Iris Mittenaere -Miss France 2016- étudiante en cinquième année de chirurgie dentaire et plus récemment Maëva Coucke – actuelle Miss France 2018- est étudiante en licence de droit. Les diplômes sont-ils devenus un critère de sélection pour redorer le blason d’un rendez-vous qui a mauvaise presse du côté des féministes ? Pour Sylvie Tellier, « c’est surtout le reflet de la massification scolaire ».

Laisser plus de place à la personnalité

L’appréciation physique tend à être reléguée au second plan, pour laisser place à une recherche de personnalité. « Il y a une injonction à affirmer son ‘je’. Il faut être capable de monter sur scène et prouver que l’on est la meilleure, que l’on est engagée. Pour le moment ce tempérament self-woman est surtout américain, dans la version française nous n’avons d’ailleurs pas de compétition de talents », note Camille Couvry.

L’actualisation des règles du concours de Miss America est aussi une façon de s’adapter -sous-couvert de féminisme- à une évolution de la représentation des femmes dans notre société. Sylvie Tellier s’interroge sur la sincérité de l’organisation américaine à l’origine de la polémique : « Je connais bien l’élection de Miss USA, à ne pas confondre avec l’élection de Miss America qui est moins médiatisée. C’est peut-être un levier d’action pour revenir sur le devant de la scène. »

La question esthétique, toujours bien présente

Paradoxalement, les critères de sélection pour se présenter au concours de Miss France, eux, ne bougent pas d’un iota. Il faut avoir entre 18 et 24 ans, mesurer minimum 1m70 et n’avoir jamais eu recours à la chirurgie esthétique. La personnalité et les éventuels engagements des jeunes femmes sont évidemment un plus, mais ne sont pas mentionnés dans le règlement.

L’évaluation du corps des femmes demeure omniprésente dans ce type de concours, même si l’on supprime le défilé en bikini. « On veut que la question du jugement esthétique soit plus floue, mais elle ne recule pas, estime Camille Couvry. Elle est simplement davantage combinée à la personnalité. » Les Miss ne sont plus soumises à la maxime « sois belle et tais toi ». L’art oratoire en France et la maîtrise d’un talent artistique aux Etats-Unis -chant, théâtre- pèsent considérablement dans la balance. Si la beauté est un avantage considérable et demeure une condition sine qua non pour accéder à ce type de concours, cela ne suffit plus.

Voir aussi:

Pour Miss France, Sylvie Tellier ne compte pas suivre l’exemple de Miss America sur les défilés en maillot de bain

À compter de la prochaine édition, les participantes américaines ne défileront plus devant les juges ni en maillot de bain, ni en robe de soirée
Valentin Etancelin
Huffpost
05.06.2018

MISS – Aux États-Unis, le comité d’organisation de Miss America a fait paraître une annonce importante, ce mardi 5 juin. À compter de la prochaine édition de la compétition, qui doit se tenir le 9 septembre à Atlantic City, les participantes ne défileront plus devant les juges ni en maillot de bain, ni en robe de soirée.

À la place, les 50 concurrentes de chaque État devront se présenter pour parler de leurs passions, de leurs engagements, de leur motivations et de leur vision du poste auquel elles aspirent de la manière qu’elles souhaitent. Autrement dit: dans des vêtements avec lesquels elles se sentent à l’aise et en sécurité, afin que leur tenue vestimentaire ne détourne pas l’attention de leurs propos.

En France, lors de la dernière cérémonie, plusieurs internautes s’étaient offusqués sur les réseaux sociaux et avaient dénoncé l’aspect sexiste des défilés de Miss en maillot de bain. Cette annonce pourrait-elle s’appliquer dans l’hexagone? Il semblerait que non. Contactée par Le HuffPost, Sylvie Tellier, ancienne détentrice du titre et actuelle directrice de la société Miss France, confirme que ce n’est pas à l’ordre du jour.

« Le concours de Miss France rassemble de nombreux téléspectateurs, explique cette dernière. C’est un programme qui fédère et plaît beaucoup aux Français. Ils sont attachés à ces éléments, aux robes de princesse, notamment. »

« Défiler en maillot de bain et être féministe »

Au sujet des bikinis, pour elle, la question ne se pose même pas. « Pour reprendre les propos d’Eva Colas [Miss Corse 2017, NDLR], on peut défiler en maillot de bain et être féministe », considère Sylvie Tellier. Elle ajoute: « On n’a jamais obligé une jeune femme à faire ce qu’elle ne voulait pas faire. Elles sont libres de choisir le maillot de bain ou la robe qu’elles veulent porter. »

La responsable du concours émet quelques réserves à la suite de l’annonce du comité de Miss America. « Ce n’est pas une révolution, affirme-t-elle. Qu’est-ce qu’il se passe si une concurrente a envie de défiler en maillot de bain? »

D’après les propos de Gretchen Carlson, actuelle présidente du conseil d’administration de l’organisation américaine, rien n’empêche les prétendantes au titre de défiler de la sorte. C’est à elles-seules de décider de la tenue dans laquelle elles veulent apparaître: en jean, en jupe, en robe, ou en bikini. Ça ne dépend que d’elles.

Voir également:

Miss France 2019 : douze super-héroïnes sexy

Paris Match

Cette année, pas de défilé en bikini. À la place, les douze finalistes ont enfilé des tenues de super-héroïnes… très sexy.

Des body moulants et flashy au décolleté plongeant ont remplacé les maillots de bain deux pièces. En effet, pas de défilé en bikini cette année. À la place, les douze demi-finalistes du concours Miss France 2019 ont enfilé des tenues de super héroïnes… très sexy. Façon Wonder Woman, elles ont déambulé sur la scène du Zenith de Lille, capes couvertes de slogans féministes sur le dos. «Yes women can» (traduction : «Oui, les femmes peuvent») ou encore «Fight for your rights» («Battez-vous pour vos droits») a-t-on ainsi pu lire. Le tout sur les musiques des Spices Girls, «Wannabe», ou encore des Destiny’s Child, «Survivor».

Sur scènes, les candidates ont été rejointes par Miss France 2018 Maëva Coucke, en body argenté, avec une cape simplement ornée des mots «Miss France». Après un an de règne, la Miss Nord-Pas-de-Calais 2017 posera la couronne sur la tête de celle qui lui succèdera. «J’aurais aimé rester Miss France encore un peu», nous a confié Maëva Coucke, à quelques heures du début de la cérémonie.

Parmi les trente candidates régionales, seules douze ont été sélectionnées en demi-finale et pourront faire partie des cinq finalistes. Voici la liste des demi-finalistes :
– Miss Guadeloupe, Ophély Mezino ;
– Miss Provence, Wynona Gueraïni ;
– Miss Nord-Pas-de-Calais, Annabelle Varane ;
– Miss Limousin : Aude Destour ;
– Miss Ile de France : Alice Querette ;
– Miss Franche Compté : Lauralyne Demesmay ;
– Miss Tahiti : Vaiamala Chaves ;
– Miss Lorraine : Emma Virtz ;
– Miss Aquitaine : Carla Bonesso ;
– Miss Réunion : Morgane Soucramanien ;
– Miss Côte d’Azur : Caroline Perengo ;
– Miss Languedoc : Lola Brengues.

Bal des Débutantes : « Sans mon QI, je n’aurais pas été invitée », dit une participante

INVITÉE RTL – Lauren Marbe, une jeune Anglaise dotée d’un quotient intellectuel de 161 participe ce samedi à son premier Bal des Débutantes.

C’est une tradition de la noblesse européenne qui revit depuis quelques années. Lors du Bal des Débutantes samedi, une vingtaine de jeunes filles « bien nées » d’horizons différents feront leur entrée dans l’aristocratie sous les lambris de l’Automobile club de France. Parmi elles, Lauren Marbe, une jeune Anglaise qui participera à son premier Bal. Du haut de ses 17 ans, son profil tranche avec celui des autres filles : son quotient intellectuel est plus élevé que celui d’Einstein.

Un QI de surdouée

Avec 161 de quotient intellectuel, Lauren Marbe fait figure de surdouée. « Sans mon QI, je n’aurais pas été invitée », assure la jeune fille au micro de RTL. Lauren a pris conscience de ses prédispositions après avoir passé le test de Mensa, un club international regroupant des personnes obtenant des scores parmi les 2% les plus élevés aux tests d’intelligence.

« Je n’y croyais pas quand on me l’a dit. Quand je suis rentrée chez moi et que je l’ai dit à ma mère elle n’a pas réalisé. Mais quand mon professeur l’a appelée pour expliquer les résultats on a compris que c’était une bonne chose », explique-t-elle.

Entre stress et excitation

Si sa vie « n’est plus du tout la même » depuis, la jeune Anglaise ne se sens pas différente des filles de son âge pour autant. « Je pense que je suis toujours la même personne. Je ne passe pas mon temps à le crier sous tous les toits. Je n’ai pas envie de passer pour celle qui a la grosse tête », confie-t-elle.

Samedi, Lauren participera à son premier Bal. Une intronisation dans le monde, selon la formule consacrée, que la jeune fille attend avec impatience. « J’ai vraiment hâte d’y être. Plus la soirée approche, plus je suis excitée et stressée. Je pense que ça va passer au moment du bal. Je vais essayer d’en profiter au maximum et de ne pas me prendre la tête. Ce qui m’effraie, c’est de me retrouver dans un univers totalement nouveau pour moi mais je vais faire ce que je peux« , lâche-t-elle.

Voir de même:

Le traditionnel Bal des débutantes réunira, samedi, vingt jeunes filles triées sur le volet ainsi que leurs familles au très prestigieux Automobile Club de France, place de la Concorde, à Paris.

Elles ont déjà tout et pourtant elles rêvent de ce bal depuis qu’elles sont toutes petites. Inspiré d’une tradition aristocratique européenne, le Bal des débutantes de Paris, le plus renommé, donné cette année au profit de l’association Enfants d’Asie, se déroulera, samedi 30 novembre, à l’Automobile Club de France. Ce grand évènement mondain permet à vingt jeunes filles d’une douzaine de pays, triées sur le volet, de faire leur « entrée » dans le monde, comme l’exigeait le protocole dans les cours royales.

Principales conditions d’éligibilité : avoir entre 16 et 22 ans, être jolie et surtout pouvoir rentrer dans les robes prêtées par les maisons de haute couture comme Dior, Chanel ou Armani. Autant dire que passé le 38, c’est fichu. Mais ces trois conditions ne suffisent pas. Si vous voulez danser la valse avec le gratin ou goûter aux petits plats du chef étoilé Christopher Hache, il vous faudra correspondre à un ou plusieurs des critères suivants.

Descendre d’une grande famille aristocratique

Rares sont les élues à pouvoir enfiler les Louboutin pour participer au Bal des « déb ». Tradition oblige. A l’origine, les jeunes filles issues de la noblesse du Royaume-Uni attendaient impatiemment leur dix-huitième anniversaire afin de se présenter devant la reine au bras de leur père.

Si vous descendez d’une grande famille aristocratique ou, mieux, d’une famille royale, il vous sera donc plus facile de décrocher une invitation. Cette année, la Grande-Bretagne est représentée par Lady Amelia Windsor, dont le grand-père est Edward, duc de Kent et cousin germain de la reine Elizabeth II.

Etre fille d’acteur, d’industriel ou de magnat de la presse

Aux côtés de ces jeunes pousses de l’aristocratie, les filles d’acteurs et de réalisateurs sont de plus en plus souvent invitées. Samedi, Romy David, fille du producteur et acteur américain Larry David, sera de la partie. Ces dernières années, les filles de Rosanna Arquette, de Luc Besson, de Bruce Willis, de Clint Eastwood, de Sylvester Stallone ou encore d’Andie MacDowell ont pu s’illustrer à la valse, sous les ors de l’hôtel de Crillon.

Mais les filles de riches industriels ou d’hommes d’affaires ne sont pas en reste. Zoe Springer, petite-fille, très tatouée, du magnat de la presse allemand Axel Springer, compte parmi les débutantes de 2013.

Etre intelligente ou connue pour soi-même

Ophélie Renouard, qui a créé en 1992 la version contemporaine de ce bal, tombé dans les oubliettes après 1968, l’assure à francetv info : « La richesse n’est pas un critère de sélection. Tout est payé par les sponsors donc peu importe la fortune de ces jeunes filles. Ce qui compte le plus, c’est de réunir des familles d’univers différents. »

Cette année, le rôle de Cendrillon sera tenu par Lauren Marbe, dont Paris Match a fait le portrait. Cette fille d’un chauffeur de taxi londonien aura l’occasion de découvrir un monde qu’elle côtoie peu. Invitée pour son talent et non pour son patronyme, cette lycéenne britannique de 17 ans est devenue célèbre pour son QI Mensa de 161, supérieur à celui d’Einstein.

Savoir se tenir en société et ne pas avoir fait de sex-tape

Aussi riche, célèbre et « fille de » soit-elle, Paris Hilton a été recalée du Bal des débutantes. Pas assez classe pour participer. La plupart des filles ne postulent même pas pour être choisies. L’organisatrice Ophélie Renouard s’enorgueillit d’avoir acquis, au fil des ans, un réseau suffisant pour pouvoir inviter les jeunes filles « bien nées » du monde entier. Mais quelques audacieuses tentent malgré tout leur chance et se voient régulièrement refuser l’entrée.

Ophélie Renouard, qui a toujours le dernier mot sur le choix des « déb », reçoit près d’une centaine de candidatures par an. Parfois complètement farfelues, « comme cette fille qui postule en arguant : ‘j’ai 30 ans mais je ne les fais pas' », raconte-t-elle. « Nous choisissons essentiellement des jeunes filles bien éduquées et studieuses, qui font de bonnes études. »

Savoir danser la valse

Que serait un bal sans valse ? « C’est ce qui effraie le plus les filles. Certaines prennent des cours à l’avance pour apprendre à danser la valse. Nous n’organisons qu’une seule répétition de deux heures le vendredi soir, veille du bal », explique Ophélie Renouard.

Cette année, c’est Kyra Kennedy, la petite-nièce du président John F. Kennedy (ici interviewée par Paris Match), qui ouvrira le bal au bras de son père. Même si une ambiance musicale plus moderne succède aux valses, vers la fin de la soirée, il vaut donc mieux avoir pris quelques cours pour ne pas se prendre les pieds dans sa robe Chanel.

Etre l’un des cavaliers

Pas de bal sans cavaliers, bien sûr. Les filles ont le choix d’amener le leur. « Avant, la moitié des filles venaient accompagnées. Dorénavant, elles sont paresseuses et la plupart préfèrent que je trouve moi-même leur cavalier », s’amuse Ophélie Renouard. Si vous êtes beau, riche, bien élevé et de bonne famille, vous avez une chance d’être choisi.

Parmi les chevaliers servants, cette année, Anthony Ghosn, 19 ans, fils du PDG de Renault Carlos Ghosn, arrivera au bras d’une jeune Hongkongaise. Amaury de Bourbon-Parme et Pierre de L’Espée, deux jeunes aristocrates, sont eux aussi conviés. Les cavaliers qui font forte impression sont invités à revenir d’une année sur l’autre.

Voir de plus:

Debutante balls reinvent themselves as highly exclusive social networking events

The tradition has been reinvented in Paris, London and New York, and has even sparked new editions in Shanghai

Vivian Chen

Eleanor Lam is no stranger to high society’s glitter and glamour. Her father is entertainment tycoon Peter Lam, and her mother is actress-turned-socialite Lynn Hsieh. Lam is used to being in the spotlight but, even for her, the Parisian Le Bal des Débutantes was a once-in-a-lifetime experience. « It’s a night filled with glamour and excitement and, of course, gorgeous gowns, » she says. « Any girl would enjoy being dolled up and trying on fabulous gowns. »

Lam was among the 24 young women from around the world invited to the ball held last November at the heritage Hotel Raphael in the heart of Paris.

On the night of the ball, the debs (debutantes) were dressed in lavish haute couture gowns created by top fashion houses the likes of Dior, Elie Saab and Giambattista Valli. After spending hours with a small army of make-up artists and hairstylists to perfect their looks, the debs make their entrance on the arms of their cavaliers and waltz the rest of the night away.

While the original purpose of debutante balls – to introduce well-presented young women from upper-class families to society as well as to potential husbands – might have lost its cultural relevance, modern debutante balls have reinvented themselves as highly exclusive social networking events that not only appeal to eligible socialites, but also to luxury brand sponsors.

The tradition has been reinvented in Paris, London and New York, and has even sparked new editions in Shanghai. In addition to the Parisian Le Bal, another prominent debutante ball in the 1960s and ’70s – The London Season – was revived by former deb Jennie Hallam-Peel in 2007.

In 2011, Hallam-Peel helped Chinese socialite Vivian Chow Wong launch the Shanghai International Debutante Ball. The first edition of the Shanghai ball took place at the heritage Waldorf Astoria hotel on the Bund and has since moved to the nearby Peninsula Hotel. Luxury brands such as jeweller Chaumet and French luxury beauty brand Guerlain are among the headline sponsors for the event.

« The introduction of international debutantes enhances the social life and experience of all participants. It also [promotes] international understanding, » says London Season organiser Hallam-Peel.

Ophélie Renouard, founder of Parisian Le Bal, agrees. « In this age of Facebook and other social media, these girls don’t need to be introduced to society. The event now serves as their couture and media premiere. Even if they come from privileged families, they might not have tried a couture gown or worn fabulous jewellery, and most of the time, they have not been [featured] in the media. » Le Bal, named one of the top 10 parties in the world by Forbes, was created by Renouard in 1992. It puts a modern spin on the traditional ball by bringing in French couturiers and high jewellers to dress the debs.

Lam was fitted with a Dior couture gown which made her feel like a modern-day princess. « When I tried on the gown, I instantly knew it was the one, » she says.

« I love the gorgeous beadings and intricate details such as pockets on each side, which are perfect for a lip gloss and an iPhone. It also comes with a tuxedo jacket, which gives the gown an edge. »

Le Bal has since grown into a party of the year, where European aristocrats mingle with heiresses of Asian and Russian billionaires, politicians and international stars. Among the debs were actor Sylvester Stallone’s daughter, Sophia Stallone; musician Phil Collins’ daughter, actress Lily Collins; Britain’s Lord Ivar Mountbatten’s daughter, Ella Mountbatten; and former Italian prime minister Silvio Berlusconi’s daughter, Barbara Berlusconi.

The purpose for the debutante balls might have shifted, yet the selection of debs remain ultra-exclusive. Family background naturally comes first in the screening process. To be invited to the Le Bal, for example, Renouard says the debutante has to be very special. « Her looks, style, lineage or achievements [have to be outstanding]. »

Chow Wong agrees. « A deb needs to be well educated and well-mannered. If she needs an etiquette lesson, she won’t be on my invitation list. »

Family background, however, isn’t the only requirement, Renouard adds. In 2013, for example, Lauren Marbe, the then-17-year-old daughter of a British taxi driver, was invited because she has an IQ of 161 – higher than that of Albert Einstein.

Lavish experience and networking aside, being part of the stellar event also helps to boost the debs’ CV – which makes the invitation to the exclusive balls a sought-after ticket for the world’s rich and famous.

« When I see the number of requests that Le Bal gets every week of the year, I have to admit that the event is a true fantasy for the debs and cavaliers, » Renouard says.

Debutante balls have opened up to Asian socialites in recent years, addressing the booming Asian economy and the region’s ultra-high-net-worth individuals. Parisian Le Bal first included Asian debs in 2003 with the participation of Wan Baobao, granddaughter of Wan Li, former chairman of the China’s National People’s Congress, as well as Penelope Pei-Tang from China and Candy Soo from Singapore.

« I’m proud to be Chinese … the event was memorable and out-of-the-ordinary, » Soo says.

Putting Asia on the map also helps raise awareness of debutante balls. Although it takes place in China, Chow Wong says the Shanghai International Debutante Ball is an international event, hence only two to three Chinese debs are included each year.

« The purpose of having the ball in Shanghai is to catch up on the international trend, » says Chow Wong, whose father is Beijing opera master Zhou Xinfang. « You have the ball in Paris, London, New York and now Shanghai, a city with so much history and heritage to offer. »

Recent Asian debs include Jen Hau, daughter of Taipei’s former mayor Hau Lung-bin, and Annie Liang, a descendant of famous Chinese scholar and philosopher Liang Qichao.

Voir encore:

Les Miss France et le poids : une omerta qui perdure en 2018

Si l’on ne connaît pas encore le visage de la future Miss France, sa silhouette ne sera certainement pas une surprise. Décryptage de ce qui modèle le corps de « la plus belle femme de France ».

Le 15 décembre, une nouvelle jeune française sera couronnée Miss France de l’année 2019. Pour la 89e année consécutive, le concours de beauté le plus célèbre de l’hexagone élira « la plus belle femme de France » devant plusieurs millions de téléspectateurs (7 millions lors de l’édition précédente). Pourtant, l’heureuse élue reste encore très éloignée du physique de la femme française.

Un règlement strict, mais qui ne mentionne pas le poids

Pour devenir Miss France, plusieurs critères très précis sont à respecter. Les candidates doivent avoir entre 18 et 24 ans, être françaises de naissance (ou naturalisées) célibataires, ni veuves ni pacsées, sans enfant. Côté physique, elles doivent mesurer au minimum 1m70, ne pas avoir eu recours à la chirurgie esthétique, ne pas avoir de tatouage visible, de piercing, perruque, faux-cils ou autre « artifice tendant à transformer son aspect naturel », comme il est inscrit dans le règlement officiel. Si la liste des recommandations s’étend sur plusieurs pages, un critère important n’est jamais mentionné : le poids minimum ou maximum des futures Miss.

« Si le critère n’existe pas, c’est sans doute qu’il n’y a aucune justification socialement acceptable par les personnes qui organisent les concours », suggère à France 24 Découvertes Camille Couvry, enseignante et chercheuse au Laboratoire des Dynamiques Sociales de l’Université de Rouen. Une absence qui aurait pu être saluée, si les Miss ne faisaient pas toutes un poids plume, largement en dessous de l’IMC de la française moyenne comme le rapportait La Voix du Nord dans un article daté de décembre 2017. « Cela n’empêche pas les personnes qui sont engagées dans des concours – et une partie au moins de celles qui les regardent – de considérer qu’avoir un poids ‘moyen’ (relatif à la taille minimale de 1m70) est un critère de beauté et d’élégance », ajoute Camille Couvry.

À qui la faute ?

Pauline Darles, Miss Ile-de-France 2011, avait quitté l’aventure Miss France en plein voyage préparatoire aux Maldives car elle n’était « pas en accord » avec l’esprit du concours. Quand on l’interroge sur l’uniformité du poids des Miss, la jeune femme nous explique le processus par lequel elle est passée. « Il y a des différences entre les régions mais il est clair qu’en envoyant des photos de soi, on donne déjà une indication de ses mensurations », dit-elle avant de préciser que lors des sélections, « ce ne sont pas seulement les comités qui votent, mais aussi le public, à 50 – 50. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça changerait peut-être ».

Pour elle, cette omerta vient donc d’une responsabilité collective. Idée que partage Camille Couvry, qui nous rappelle que « les processus de sélection dans les concours ne sont pas extérieurs à la société dans laquelle ils s’insèrent. Les jurés, tout comme les candidates qui évaluent leurs chances – et peuvent parfois s’auto-éliminer – sont évidemment influencés. » Influencés par les réseaux sociaux, les arts, la publicité… En bref, tout ce qui ce qui prône l’idéal d’un corps féminin fin et élancé joue un rôle dans cette injonction à la minceur.

Enfin, Pauline Darles se souvient à propos de son expérience au sein de Miss France : « Il n’y a pas de régime imposé mais une observation de comment on se nourrit, ce que l’on choisit au buffet de l’hôtel par les chaperons. Si l’on se ressert plusieurs fois, ça va être remarqué ». Une loi du silence qui règne jusque dans les comportements des participantes, au sein même de la compétition. Contacté par France 24 Découvertes à plusieurs reprises, le Comité Miss France n’a pour le moment pas donné suite à nos questions.

Discours engagés et défilé en bikini 

Certes, les jeunes prétendantes au titre de Miss sont, à certains moments de l’émission, mises en valeur autrement que physiquement. Lors de leurs discours par exemple, ou des courts portraits réalisés par la production. Mais s’en suivra le traditionnel défilé en bikini, exercice très paradoxal puisqu’il consiste à juger les candidates exclusivement sur leurs corps.

À titre de comparaison, le concours Miss America avait annoncé en juin dernier que ce défilé en maillot de bain ne figurerait dorénavant plus dans leur compétition. Sylvie Tellier, directrice de l’organisation Miss France, avait quant à elle indiqué que la France ne suivrait pas cette décision, puisque ledit exercice fait « partie de la magie Miss France ».

« Il y a eu dans l’histoire des élections de Miss, et plus largement de la beauté, un souci de la mesure du corps et des critères de beauté », ajoute Camille Couvry. Des propos qui font écho à ceux des chercheuses Anne Monjaret et Frederica Tamarozzi dans l’article « Pas de demi-mesure pour les Miss : la beauté en ses critères », publié dans  la revue « Ethnologie Française » : « Il faut voir dans ce diktat de la minceur l’influence d’une mode qui trouvait en Poirier et Coco Chanel ses créateurs, et dans les stars et les femmes du ‘beau monde’, ses égéries ».

Certains milieux responsables en partie de ce culte de la minceur commencent pourtant à faire des efforts : Mattel, maison-mère de Barbie, propose depuis 2016 une poupée « plus size » aux mensurations plus généreuses que l’originale. En 2017, deux grands groupes de luxe français LVMH et Kering ont signé une charte les engageant à ne plus faire défiler de mannequin de taille 32. De petits pas en avant, mais des avancées quand même.

Pourra-t-on voir un jour une femme aux proportions plus réalistes être élue Miss France ? « Oui, c’est envisageable », affirme Pauline Darles. « C’est l’inconscient collectif qui valide des normes de beauté. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça pourrait changer ». De son côté, Camille Couvry pense que « le changement pourrait venir du bas ». « J’ai déjà assisté à des concours locaux qui avaient éliminé le défilé en maillot de bain lors d’une ou deux éditions », nous raconte-t-elle. Affaire à suivre, donc.

Voir aussi:

Miss France 2018 Des miss à l’IMC si éloigné de la moyenne des Françaises

Au milieu des critères esthétiques d’un concours de beauté, il en est un que l’organisation se garde bien d’évoquer. Celui du poids. En 2016, l’association Osez le féminisme avait, une nouvelle fois, soulevé la question en dénonçant «  cette mise en concurrence à une heure de grande écoute  » entraînant «  beaucoup de souffrance pour d’autres femmes qui ne font pas 1,75 m pour 50 kilos ». « C’est un concours de beauté avec juste une limite de taille. Les critères ne sont pas seulement physiques  » avait alors répondu Sylvie Tellier, directrice générale de la société organisatrice.

Pas un mot sur l’IMC des lauréates

L’organisation a donc logiquement refusé de nous communiquer, pour ces mêmes raisons, ces données. Mais sur internet, la question continue d’être débattue. Des chiffres circulent sur les pages Wikipédia des anciennes miss France, sans que celles-ci n’interviennent. Des blogs listent inlassablement le poids des jeunes filles, sans que l’on sache le vrai du faux. Les miss livrent parfois un chiffre au détour d’une interview.

Sur le modèle du travail du site américain PsychGuides, nous avons cherché à connaître l’évolution de l’indice de masse corporel, cette combinaison entre le poids et la taille d’une personne, des miss à travers le temps. Nos recherches ont permis de lister le poids de 16 miss. Cinq proviennent de sources de confiance. Le graphique ci-dessous est donc purement indicatif, mais il a le mérite de compiler et de mettre en forme les données circulant sur la question.

Cliquez ici pour ouvrir cette infographie en plein écran.

Il en ressort qu’avec un IMC moyen de 18,1 depuis 1954, miss France n’est pas une Française comme les autres. Elle est même beaucoup plus mince. Pour les Françaises de 18 à 35 ans, l’Insee relevait un IMC de 22,4 en 2002, toujours très loin des miss France qui ne sont pas sorties d’un couloir allant de 18,5 à 16,4 entre 2000 et 2017.

« Plutôt une situation de minceur »

Plus globalement, en 2016, l’IMC d’une Française était de 23,1 selon les relevés de l’Organisation mondiale de la santé. Cette même organisation évalue l’IMC normal entre 18,5 et 25. Seules cinq miss se trouvent dans cette fourchette. Onze d’entre elles se situent par contre entre 16,5 et 18,5 et seraient donc en situation de maigreur selon l’OMS. Des chiffres inquiétants ? Pas forcément. « Il s’agit plutôt d’une situation de minceur, recadre Emmanuelle Couturier, diététicienne-nutritionniste à Marcq-en-Barœul. L’IMC n’est pas forcément très parlant, car il ne fait pas la différence entre masse graisseuse et masse musculaire. Il ne prend pas non plus en compte l’ossature. Par contre si elles font un régime pour entretenir cette minceur, c’est là que cela peut être compliqué. »

Pour mieux se rendre compte de l’évolution des miss. Le diaporama vidéo ci-dessous permet de remonter le temps d’Agnès Souret à Alicia Aylies.

Miss France dédié à la cause des femmes, une hypocrisie selon des féministes
Camille Moreau

L’Express

14/12/2017

Sylvie Tellier, directrice générale de la société Miss France, affirme que l’élection Miss France 2018 aura pour objectif majeur de dénoncer les violences faites aux femmes. Des propos qui passent mal auprès des associations féministes.

L’élection de Miss France 2018 qui se tiendra le 16 décembre à Châteauroux s’inspirera-t-elle de l’élection de Miss Pérou dont les candidates avaient dénoncé les violences faites aux femmes dans le pays? C’est en tout cas ce qu’a annoncé Sylvie Tellier, directrice générale de la société Miss France, lors de la conférence de presse du concours de beauté. « Cette élection sera un moment pour prendre la parole et sensibiliser les téléspectateurs sur les violences faites aux femmes. »

Une volonté confirmée lors d’un entretien donné à nos confrères du Parisien. « L’élection de Miss France, c’est quand même trente jeunes femmes en direct à la télévision pendant trois heures, à une heure de grande écoute. C’est l’occasion de parler de la femme et de dénoncer les violences faites aux femmes qui sont encore beaucoup trop importantes en France aujourd’hui et dont on ne parle pas assez », affirme Sylvie Tellier.

« Des critères de beauté réducteurs »
Des propos qui font grincer des dents les associations féministes, jugeant le concours Miss France sexiste et dégradant. « Il est dommage que la seule soirée de l’année dédiée aux femmes à la télévision, cultive l’idée de la femme objet. L’élection Miss France est un concours qui repose sur des critères de beauté réducteurs et ridicules. Il serait plus judicieux de valoriser les talents, plutôt que des stéréotypes physiques irréels », s’est par exemple exprimée Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole de l’association Osez le féminisme.

Ne pas être mariée, ne pas avoir d’enfant, ne pas avoir de tatouage, mesurer 1,70 mètres minimum et avoir moins de 26 ans font partie des règles imposées aux candidates et jugées archaïques et sexistes par les associations. « Je ne vois pas comment on peut se battre pour l’égalité des sexes, revendiquer le respect de la femme tout en cautionnant ce genre de concours », s’indignait il y a quelques semaines une lectrice de la Styles Room.

« Miss France permet de soutenir et faire avancer des causes »

Des critiques qui n’ont pas lieu d’être pour Sylvie Tellier. « Miss France 2018 permet de soutenir des causes et de les faire avancer, la prise de parole des Miss au Pérou en est la preuve. Elles agissent à leur niveau pour améliorer la condition féminine. »

La 88e édition de Miss France sera animée pour la 23e fois par Jean-Pierre Foucault et présidée par Iris Mittenaere, Miss Univers 2017, et le couturier Jean-Paul Gaultier.

Voir également:

VIDEO. Miss France 2019: Pourquoi l’Ile-de-France, région la plus titrée, ne gagne-t-elle plus le concours?
BEAUTE Miss Ile-de-France n’a plus été élue Miss France depuis 1996. Et si cela changeait cette année? Réponse samedi soir au micro de Jean-Pierre Foucault….

Floréal Hernandez

20 minutes

le 14/12/18

Depuis 1929, les Miss Paris ou Ile-de-France ont remporté 15 fois le concours Miss France. Mais la plupart des titres ont été gagnés entre 1930 et 1950.

La dernière Miss France francilienne remonte à 1997 avec l’élection de Patricia Spehar. L’an dernier Lison Di Martino avait terminé 2e dauphine de Maëva Coucke.
Alors que l’Ile-de-France compte 12 millions d’habitants, pourquoi sa Miss ne profite-t-elle pas du vote du public pour gagner la couronne?

L’Ile-de-France aime-t-elle sa miss ? La région est la plus peuplée de France avec 12 millions d’habitants, pourtant quand Lison Di Martino, Miss Ile-de-France 2017, est arrivée dans les cinq finalistes l’an dernier, ce n’est pas elle qui a reçu le plus de votes du public mais la Nordiste Maëva Coucke. Une région avec une identité bien plus forte que l’Ile-de-France

C’est là l’une des faiblesses de la candidature francilienne. « Je l’ai vécue, avoue Margaux Savarit, Miss Ile-de-France 2014 et 11e du concours Miss France. On a moins de chance d’être élue car il n’y a pas d’identité régionale en Ile-de-France. Avant l’élection Miss France, aucun média ne s’est intéressé à moi. Je n’ai fait aucune interview, eu aucun soutien. Ça plombe le moral. »

Présidente depuis 2014 du comité Miss Ile-de-France, le plus titré avec 15 miss, Laure Mattioli rejoint l’avis de Margaux Savarit. « Beaucoup de Parisiens ou de Franciliens viennent d’autres régions. Moi en tant qu’ancienne Miss Bourgogne vivant à Paris, j’avais tendance à soutenir Miss Bourgogne. » Chercheuse en sociologie à l’université Rouen-Normandie, Camille Couvry reconnaît que « la dimension affective liée à sa région d’origine peut se retrouver dans les votes ».

L’auteure de la thèse Beauté, classe sociale et empowerment : les jeunes femmes de classes populaires dans les élections de Miss en Normandie estime possible l’hypothèse que les miss issues d’une région à forte identité soient avantagée pour capter les votes locaux. « Le succès au concours Miss France des régions à forte identité locale ne colle pas aux revendications régionales, culturelles ou politiques », souligne-t-elle. Et, elle rappelle les victoires depuis 2010 des Miss Normandie, Bourgogne ou Orléanais.

Laure Mattioli incite tout de même « les Franciliens à se sentir investis par rapport à leur miss ». Ça a été le cas pour Lison Di Martino l’an passé mais c’est resté circonscrit à son département d’origine. « La Seine-et-Marne s’est vraiment bougée pour elle, note celle qui est de la promo de Sylvie Tellier en 2002. Elle était l’une des favorites dans la presse, sur les réseaux sociaux. Ça n’a pas suffi. »

Cela va-t-il se répéter pour Alice Quérette, Miss Ile-de-France 2018, 24 ans et originaire de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) ? Margaux Savarit ne l’espère pas. « Elle est dans mon top 3 avec Franche-Comté et Languedoc-Rousillon. Je la vois aller très loin, comme l’an dernier. »

Comme en 2017, Miss Ile-de-France – « quelqu’un de bien physiquement et moralement », selon la présidente du comité régional – est l’une des favorites du concours, selon une partie de la presse présente à l’Ile Maurice avec les miss. A Lille, ce samedi, Alice Quérette sera soutenue par quinze personnes, issues de sa famille et du comité, qui s’est mobilisé sur les réseaux sociaux.

Mais, d’après une étude réalisée pour 20 Minutes sur ces mêmes réseaux sociaux à 7 jours de l’élection, et qui sera dévoilée samedi, elle ne figure pas parmi les miss les plus populaires. Si elle souhaite la victoire de sa protégée, Laure Mattioli appelle à « un vote objectif pour faire gagner la plus méritante ». Et l’ex-Miss Bourgogne de conclure : « Le public se trompe rarement. »

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Miss France 2019: La moitié des miss noires ou métisses, une avancée pour le concours?

DIVERSITE Cette année, nombreuses sont les miss noires et métisses et « 20 Minutes » s’est demandé si ça pourrait aider à combattre les stéréotypes…

Claire Barrois

20 minutes

  • Cette année, la moitié des candidates à Miss France 2019 sont noires et métisses.
  • L’élection faisant partie des programmes télé les plus regardés de l’année, nous nous sommes demandé si cela signifiait une avancée de la diversité à la télévision.

L’avez-vous remarqué ? Cette année, la moitié des candidates à la couronne de Miss France 2019 sont noires, métisses ou issues de l’immigration. Près de 8 millions de téléspectateurs vont donc assister à un concours plus proche de la société telle qu’elle est alors que la télévision ne montre quasiment que des blancs. Cette soirée peut-elle porter un message ?

Du côté des miss concernées, on n’en est pas convaincues. Miss Guadeloupe, Ophély Mézino, et Miss Picardie, Assia Kerim, partagent plutôt l’avis de Miss Guyane, Laureline Decocq, pour qui « c’est important d’être nombreuses parce que la France d’aujourd’hui c’est beaucoup de métissages. On montre toutes les facettes de la beauté française. »

« Ça représente la France d’aujourd’hui »

Pour Miss Limousin, Aude Destour, mi-Ch’ti mi-Martiniquaise, l’intérêt c’est que « nous ne sommes pas du tout les mêmes métisses. Par exemple, Miss Provence a des origines algériennes. C’est super bien pour le concours parce que ça représente la France d’aujourd’hui. Il y a aussi des origines d’autres pays d’Europe. » Un constat que partage Jessie Magana, autrice d’ouvrages jeunesse autour de la lutte contre les stéréotypes et le sexisme.

« Les métisses sont un peu plus visibles cette année dans le concours et représentent une tendance de fond de la société française, rappelle l’autrice. C’est assez intéressant parce que ça montre la réalité de la société française qui est mélangée quoi qu’on veuille nous faire croire, issue de vagues d’immigration​ très anciennes. Un Francais sur quatre a au moins un de ses grands-parents qui n’est pas né en France. C’est révélateur du métissage progressif de la société française. »

Mais selon l’autrice, ce qui est aussi intéressant dans le métissage des miss, c’est leur origine sociale. « Elles viennent toutes plus ou moins de la classe moyenne, et les vagues d’immigration sont souvent dans les classes populaires. Là, le fait que la plupart de ces jeunes femmes soient de classe moyenne montre l’intégration des anciens immigrés à la société française. Ces jeunes filles sont un vrai panel de ce qu’est la société française. » Mais cela ne suffira pas forcément à faire évoluer les mentalités.

« Les noirs devraient intervenir comme médecin ou ministres à la télévision »

« C’est un concours lié à l’apparence, rappelle Jessie Magana. Montrer davantage de femmes noires dans ce cadre ne lutte pas contre les stéréotypes parce que ça rentre dans les stéréotypes de la femme et encore plus de la femme noire [une femme très érotisée dans l’imaginaire collectif]. Il faudrait un concours sur la personnalité, le charme, la façon de s’exprimer en public, pas que sur la beauté pour que ça lutte contre les stéréotypes. Les noirs devraient intervenir comme médecin ou ministres à la télévision, pas que dans les concours de beauté et dans le foot. »

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Têtes couronnées

Miss France: ce qui a changé depuis le début de l’élection

Près de 100 ans après sa création, le concours Miss France a connu plusieurs évolutions.

Camille Moreau

L’Express

Comme chaque année depuis 1920, date de création du concours de beauté par le journaliste et écrivain belge Maurice de Waleffe, une jeune femme sera en décembre élue Miss France parmi les 30 candidates en lice. Un show présenté pour la 23e année par Jean-Pierre Foucault, accompagné de Sylvie Tellier, directrice générale de la Société Miss France depuis 2010. La cérémonie, bien qu’organisée « dans le respect de la tradition », a connu bien des changements depuis sa naissance il y a près d’un siècle.

« La plus belle femme de France »

Aux prémices de l’élection, Maurice de Waleffe avait choisi le terme « La plus belle femme de France » pour désigner le concours. Les portraits des candidates de la première édition étaient publiés dans le quotidien Le Journal. Chacune était présentée sous un pseudo de nom de fleur, de pierre, d’oiseau ou de déesse, révèle Le Figaro Archives dans un article réalisé en partenariat avec l’INA.

Entre 1922 et 1926, le concours de beauté n’a pas lieu. Il ne reprend qu’en 1927 sous le nom qu’on lui connaît aujourd’hui : Miss France. Roberte Cusey, Miss Jura 1926, est élue cette année-là.

Une baisse du nombre de candidates

Les jeunes femmes en lice pour le concours Miss France représentent chacune une région de l’Hexagone. Elles étaient 45 en 2006, 33 pour l’élection de Miss France 2011. Cette année, elles seront 30. La réforme territoriale de 2016 n’a pourtant pas eu d’impact sur le nombre de candidates. « Ce nouveau découpage est une affaire politique et économique et nous sommes loin de ces considérations. Notre concours est indépendant du gouvernement », avait confié Sylvie Tellier à L’Express, rappelant que sa priorité était que tous les Français « se retrouvent dans l’élection ».

D’ailleurs, le nombre de candidates n’a jamais véritablement collé à la carte administrative de la France. Pour la directrice du comité Miss France, le but est surtout « d’avoir des identités fortes ». Raison pour laquelle certaines provinces sont absorbées pour renforcer certaines identités territoriales. Les titres de Miss Centre et de Miss Orléanais ont ainsi fusionné pour devenir Miss Centre-Val-de-Loire.

Des critères qui ne sont pas uniquement physiques

Les critères depuis la création de l’élection Miss France excluent une bonne partie de la population féminine. Il faut être une femme -mais pas transsexuelle- et avoir entre 18 et 24 ans. Il faut également mesurer 1,70 mètre minimum, ne pas avoir d’enfant, ni être mariée, et posséder un casier judiciaire vierge. Les tatouages sont également interdits, l‘éviction de Miss Martinique en 2017 pour cause de colibri sur l’omoplate avait d’ailleurs suscité l’incompréhension des internautes.

Pour Sylvie Tellier, le concours ne repose plus uniquement sur des mensurations. « Les critères ont évolué depuis la création de l’élection pour être plus en accord avec les femmes d’aujourd’hui et correspondre au rôle qui incombe à la future reine de beauté. On porte de l’attention sur la façon de se mouvoir, l’éloquence et le parcours de la jeune femme », nous expliquait la directrice dans un article consacré à la fascination des miss.

Leur temps de parole a d’ailleurs été allongé. « Cette épreuve est parfois décisive pour les candidates », affirme Sylvie Tellier. L’esthétique des jeunes femmes se combine à la personnalité. Le comité du concours Miss America a préféré remplacer le défilé en robe du soir par un exercice d’éloquence durant lequel les jeunes femmes sont habillées de la tenue de leur choix. Pour Camille Couvry, docteure en sociologie et qui a réalisé sa thèse sur les concours de beauté, « c’est surtout une manière de rendre la question du jugement esthétique plus floue et de rendre le concours socialement acceptable ».

Des miss en prise avec l’actualité

On attend aujourd’hui de la future Miss France qu’elle soit capable d’argumenter et de s’informer sur l’actualité. « J’élabore avec mes équipes le test de culture générale. Une note en-dessous de la moyenne est pour moi éliminatoire », explique Sylvie Tellier. Une épreuve qui existait déjà aux débuts du concours mais que l’ancienne Miss France 2002 a adapté en s’appuyant sur l’actualité. « Lorsque j’avais passé le test, je me souviens qu’on m’avait demandé de décrire ma chambre. Mais aussi, quel Beatles était mort », se souvient la directrice générale dans une interview accordée au Figaro.

Une niveau d’exigence accru en adéquation avec l’augmentation du niveau d’études des candidates. Il faut remonter jusqu’en 2000 pour trouver une Miss qui n’a pas obtenu le baccalauréat. Les diplômes seraient-ils devenus un critère de sélection non-officiel pour espérer décrocher la couronne ? Pour Sylvie Tellier, c’est surtout « le reflet de la massification scolaire ».

Des cours de bonnes manières

Depuis 2017, les miss bénéficient de cours de bonnes manières enseignés par Jérémy Côme, auteur de L’Art de maîtriser les codes pour se sentir bien partout en toutes circonstances (éd. Michel Lafon). La future ambassadrice doit être capable de se comporter en parfaite maîtresse de maison et se doit d’être élégante en toute circonstance. Si l’on a envie de crier au sexisme, Jérémy Côme voit plutôt son intervention comme une manière « d’enlever du stress » à la future gagnante. « Je leur donne des tuyaux pour trouver de l’assurance, pour maîtriser l’art de la conversation notamment devant des assemblées -que ce soit pour remettre un prix aux NRJ Music Awards ou pour participer à l’inauguration d’un musée en local-, pour avoir une bonne posture quand on est face à quelqu’un », explique-t-il au site Pure People. Il ajoute également qu’une Miss doit « savoir être chaleureuse, ponctuelle, soignée. Il ne faut pas parler de soi. Globalement, elles n’ont pas besoin de parler d’elles puisqu’on sait qu’elles sont Miss. »

Peut-on manger ou non sa salade avec un couteau, à quelle heure arriver à un dîner, comment déguster des huîtres ou qu’apporter à un hôte à l’occasion d’un repas font également partie des conseils distillés par le spécialiste.

Quid du défilé en maillot de bain

L’épreuve du passage en bikini cristallise les accusations de sexisme des associations féministes à l’encontre du concours Miss France. « Encore une fois, le corps des femmes est un objet, comme dans la publicité. Ce sont des corps souvent nus, et l’épreuve du maillot de bain est celle qui est la plus attendue », dénonce Éléonore Stévenin, porte-parole d’Osez le féminisme. Un défilé supprimé de l’élection Miss America l’année dernière mais qui sera maintenu dans la version française du concours. « Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection », souligne Sylvie Tellier.

L’épreuve du bikini est récente en France : elle n’a été mise en place qu’après la démission de Geneviève de Fontenay de son titre de directrice du comité Miss France en 2010. Le défilé est d’ailleurs critiqué chaque année par la dame au chapeau qui réclame le retour du maillot une pièce. « Je pense qu’un maillot une pièce ouvert sur les hanches et couvrant un peu plus les fessiers éviterait que les candidates deviennent des exhibitionnistes », expliquait-elle dans une lettre envoyée à Sylvie Tellier, publiée sur le site de Jean-Marc Morandini.

Le public souverain dans le choix de la future Miss France

Le système de vote a été modifié après le départ de Geneviève de Fontenay pour l’élection de Miss France 2010. Le jour du concours, douze miss ont déjà été désignées par le jury -présidé cette année par l’actrice de 90 ans, Line Renaud- durant la semaine précédant l’élection. Pour la sélection des cinq finalistes, se mêlent le vote du public et celui du jury, composé de six célébrités. Enfin, pour déterminer la gagnante et les dauphines, les compteurs sont remis à zéro et c’est uniquement aux téléspectateurs de voter.

Lancé en 1993, l’élection de Mister France, le versant masculin, peine à se faire une place sur la scène médiatique. « C’est un spectacle qui ne prend pas. La notion de compétition autour de la beauté de l’homme n’est pas assez enracinée dans notre Histoire », explique l’anthropologue Élisabeth Azoulay, qui a dirigé l’ouvrage 100 000 ans de beauté (éd. Gallimard). Il y a des choses qui ne changent pas.

Miss France 2019 : quelle région a le plus souvent remporté le concours ?
A.B.

Quelle région de France a été couronnée le plus de fois à l’élection de Miss France? Quelles autres, au contraire, ont eu le moins les faveurs des Français? Paris Match fait les comptes.

Le 16 décembre 2017, Maëva Coucke a été élue Miss France 2018, décrochant un troisième sacre pour le Nord-Pas-de-Calais. Si la beauté des jeunes filles originaires du Nord a séduit les téléspectateurs de l’élection à trois reprises ces quatre dernières années, aucune Miss originaire du Nord-Pas-de-Calais n’avait remporté le concours qui existe depuis 1919 avant…2015.

Il y a 99 ans, la première Miss France élue, Agnès Souret, venait de Bayonne et portait l’écharpe de Miss Aquitaine. En tout, six jeunes femmes de cette région du Sud-Ouest ont été nommées plus belle femme de France, la dernière en 1995. Il s’agissait de Mélody Vilbert, native de Toulouse. L’Aquitaine a le même palmarès que l’Alsace et la Normandie. Tout en haut du palmarès des régions qui ont remporté l’élection de Miss France le plus grand nombre de fois : l’Ile-de-France. Entre 1933 (date de la première victoire) et 1997 (date de la dernière victoire), l’Ile-de-France a été couronnée 13 fois au concours, loin devant la région Rhône-Alpes qui totalise quant à elle 7 victoires.

L’Auvergne, Mayotte ou encore la Champagne-Ardenne attendent toujours une victoire

A l’autre bout du classement, on retrouve la Guyane, le Centre-Val-de-Loire, la Provence et la Corse qui ont chacune une victoire. Les moins bien loties sont les Miss originaires d’Auvergne, de Mayotte, de la Martinique, Champagne-Ardenne, du Limousin, de Saint-Pierre-et-Miquelon, ou encore de Saint-Martin-Saint-Barthélemy, qui n’ont jamais eu la chance de porter l’écharpe tant convoitée de Miss France.


Phénomènes mimétiques: Quand les villes tombent malades (After Jerusalem, Florence, Paris, Goa and Tahiti, Havana gets its own syndrome)

31 janvier, 2018
L’opprobre me brise le coeur et je suis malade. Psaumes 69: 21
J’étais incapable de voir ce dont le désir n’avait pas été éveillé en moi par quelque lecture (…) Que de fois, je le savais bien, même si cette page de Goncourt ne me l’eût pas appris, je suis resté incapable d’accorder mon attention à des choses ou à des gens qu’ensuite, une fois que leur image m’avait été présentée dans la solitude par un artiste, j’aurais fait des lieues, risqué la mort pour retrouver. Marcel Proust
La violence collective passa, jadis, de l’homme à l’animal et, maintenant, de la bête, absente de nos villes, à des objets techniques. Parmi ces révoltes fument des chevaux-vapeur. Michel Serres
Plus d’un siècle après que Charcot a démontré que les hystériques n’étaient pas des simulateurs et que Freud a découvert l’inconscient, il nous est difficile d’accepter que nos souffrances puissent être à la fois réelles et sans cause matérielle. Georges Saline (responsable du département santé environnement de l’INVS)
Chacun a bien compris que « syndrome du bâtiment malsain » est la traduction politiquement correcte d’ »hystérie collective ». Le Monde
J’étais dans une sorte d’extase, par l’idée d’être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. Stendhal (1817)
Devant tant de beauté et de spiritualité, je me suis effondré en pleurs. J’avais des tremblements nerveux. C’était une douleur jouissive. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, peut-être un quart d’heure. Pierre Josse (Guide du routard)
Jérusalem attire toutes sortes de gens. Des fanatiques religieux et des excentriques dérangés mentalement à divers degrés, qui semblent être attirés comme par un aimant dans la ville sainte. Certains d’entre-eux […] étaient des hommes et des femmes qui se prenaient pour des saints, des prophètes, des prêtres, des messies et des rois. Bertha Spafford-Vester
Au rythme où l’on va, toutes les capitales auront bientôt leur syndrome. Pourquoi pas le syndrome de Ouagadougou? Youcef Mahmoudia (psychiatre, Hôtel-Dieu)
C’est une fumisterie. Ils s’inscrivent dans deux contextes particuliers. Soit les patients sont déjà atteints d’un trouble psychiatrique et sont dans un processus délirant à thématique persécutive, messianique ou politique. Soit ce sont des sujets qui sont pré-délirants, qui présentent des troubles minimes qui pour l’œil non avisé passent pour un état dépressif, une angoisse, un ras-le-bol, alors que le délire commence à s’élaborer progressivement. Quand ils arrivent à destination, il s’installe au bout de 24 ou 48 heures. Youcef Mahmoudia (Hôtel-Dieu, Paris)
Ce n’est pas le lieu qui est pathogène. Croire qu’un endroit fait qu’on décompense, ce serait nous ramener à la psychiatrie du 19ème, où l’on croyait aux miasmes. Federico A. Caro (psychiatre, Pôle Paris Centre)
Il s’agit d’un petit nombre de touristes, dont la plupart ont des antécédents psychiatriques importants, qui viennent chaque année à Jérusalem et se prennent pour des personnages bibliques ou des messies. Ils utilisent Jérusalem comme une scène ou une arène pour jouer leur rôle. Moshe Kalian
C’est très difficile de poser l’étiquette de « syndrome du voyageur », on ne le reconnaît pas de façon formelle. Des pétages de plombs, on en a partout, dans le monde entier. On en a eu dernièrement en Chine, au Maroc et en Turquie. Il y a des gens qui, dans un contexte hors habitudes, peuvent déclencher un épisode délirant. Catherine Port-Arondelle (Mondial Assistance)
Ils comptent parmi les curiosités locales de Jérusalem. On les croise dans la vieille ville, aux abords du Mur des lamentations et du dôme du Rocher. Certains sont accoutrés comme Jésus ou Abraham, portant une toge ou enroulés dans des draps piqués à l’hôtel, traînent parfois une croix, tandis que d’autres courent nus dans les rues, sur un mode Adam et Ève. Ils errent en prêchant au milieu des touristes et se lancent dans de grands sermons rarement intelligibles, persuadés qu’ils sont investis d’une mission divine. Chaque année, une trentaine de touristes en visite dans la ville trois fois sainte sont hospitalisés au Centre psychiatrique de Kfar Shaul, situé dans la vieille ville. Le «syndrome de Jérusalem» a été identifié dans les années 1930 par le psychiatre Heinz Herman, après avoir vu défiler plusieurs patients en proie au même délire. Deux tiers des victimes sont de confession juive, les autres sont chrétiennes. (…) Contrairement aux psychiatres Graziella Magherini et Régis Airault, qui affirment respectivement que le syndrome de Stendhal et le syndrome indien frapperaient des voyageurs en bonne santé mentale, Yaïr Bar-El considère qu’il touche à la fois des personnes avec et sans antécédents psychiatriques. Il a établi une typologie précise distinguant trois grands profils de victimes: les psychotiques, les personnes présentant divers troubles mentaux —le voyage de ces deux catégories de personnes étant motivé par une conviction délirante ou bizarre—, et enfin celles qui n’avaient pas de pathologie déclarée. Ces dernières sont rares: selon les résultats de l’étude, sur les 470 victimes recensées entre 1979 et 1993, seules 42 n’avaient pas d’antécédents psychiatriques. La plupart venaient de l’Amérique rurale et avaient reçu une éducation protestante très stricte. Le psychiatre a donc émis l’hypothèse que ces personnes auraient eu un choc en arrivant à Jérusalem car la ville ne correspondait pas à la représentation idéalisée qu’elles en avaient. Sept étapes cliniques ont par ailleurs été identifiées, telles que, par exemple, «l’expression du désir de se détacher du groupe ou de la famille et de visiter Jérusalem seul», «l’obsession d’être pur et propre, avec prise de bains et douches, taille compulsive des ongles de mains et de pieds» ou encore «le besoin de crier, de hurler ou de chanter à haute voix des psaumes, des versets de la Bible, des hymnes religieux ou des negro spirituals». Après une à deux semaines de traitement, les patients sont en général capables de rentrer chez eux. (…) Mais certains refusent de quitter la ville. (…) Au cours de ses recherches, Moshe Kalian a trouvé des  premières descriptions du syndrome remontant au 19ème siècle, extraites des mémoires d’habitants de Jérusalem et de récits de pèlerins. (…) La «capitale éternelle» d’Israël semble donc condamnée à continuer d’attirer année après année, parmi le flot ininterrompu de pèlerins, une poignée d’illuminés à la recherche d’un décor à la hauteur de leur démesure. Annabelle Georgen
J’ai craqué dans le Palais des Doges. J’étais dans la salle du Grand Conseil, dont les murs et les plafonds sont entièrement recouverts de peintures. Je me suis sentie submergée par la beauté des lieux. Le décalage avec les autres visiteurs, qui passaient dans la salle en regardant à peine les murs, m’a frappée. J’ai fondu en larmes. C’était comme si je devais porter toute cette beauté à moi toute seule. Séverine (hypnothérapeute, 31 ans)
J’applique ce terme à une série d’attaques soudaines de souffrance mentale aiguë, qui peuvent durer quelques heures ou quelques jours. Les crises vont de l’attaque de panique à l’inconfort physique, comme la peur de s’évanouir, de suffoquer, de mourir ou de devenir fou, avec des vertiges ou de la tachycardie, et dans certains cas la sensation extrêmement désagréable de se trouver dans un environnement hostile. Graziella Magherini
Magherini a choisi le terme de syndrome de Stendhal en référence à l’écrivain français, qui fut l’un des premiers à décrire la vive émotion que peut provoquer la contemplation d’une œuvre d’art lorsqu’il partit à la découverte du berceau de la Renaissance en 1816 (…) Après avoir vu défiler à l’hôpital de Florence une centaine de touristes «en bonne condition mentale» et qui étaient pourtant pris d’une bouffée délirante alors qu’ils visitaient un musée, une église ou un monument, Graziella Magherini a élaboré l’hypothèse que ces crises seraient provoquées par la confrontation à la beauté des œuvres d’art. La majorité de ses patients étant européens, la psychiatre est arrivée à la conclusion qu’ils étaient plus susceptibles d’être victimes du syndrome car ils maîtrisaient les références culturelles permettant d’apprécier les œuvres et de percevoir leurs significations cachées, contrairement à d’autres touristes venus de régions éloignées, comme l’Amérique du Nord ou l’Asie, et aux Italiens eux-mêmes, en quelque sorte «immunisés» à force de vivre entourés d’œuvres d’art. Ce syndrome frapperait surtout les touristes qui visitent Florence en raison de sa concentration exceptionnelle de chefs-d’œuvre artistiques, mais aurait aussi été observé à Ravenne et à Venise. (…) La définition du syndrome de Stendhal proposée par Magherini va à l’encontre de celle du voyage pathologique en cela qu’elle considère que ses victimes ne souffraient pas de troubles psychiatriques avant leur voyage. Communément admise en psychiatrie, la notion de voyage pathologique est considérée comme un trouble du comportement. Au regard de cette définition, l’existence du syndrome de Stendhal est vivement contestée par de nombreux psychiatres pour qui les voyages ne peuvent pas rendre fou. «C’est une fumisterie», lance Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu à Paris. Selon lui, seul le concept de voyages pathologiques est pertinent (…) Au-delà du débat, reste une certitude, à voir les foules qui se pressent devant le David à Florence ou devant la Joconde à Paris: l’art peut éblouir et provoquer une émotion intense même chez les plus sceptiques. Annabelle Georgen
Très souvent, cette déception concerne des étudiantes qui viennent avec une vision de la France assez liée aux films de Godard. Philippe Adam
Il y a pas mal de grèves, les gens peuvent être un peu agressifs verbalement, on peut se faire voler son porte-feuille dans le métro, le taxi peut arriver avec un quart d’heure de retard. C’est quelque chose d’inconcevable au Japon car c’est un pays où tout fonctionne dans la vie quotidienne. On peut par exemple se donner rendez-vous à 13h01 sur le quai et être sûr d’arriver à l’heure. Les Japonais qui sont fragiles peuvent donc devenir très dépressifs à Paris, avoir le sentiment d’être rejetés, ignorés. Eriko Thibierge-Nasu (psychanalyste japonaise)
Identifié dans les années 1980 par le psychiatre japonais Hiroaki Ota, ce syndrome frapperait des Japonais choqués par le décalage entre le Paris romantique et raffiné qu’ils pensaient découvrir et la réalité qu’ils arpentent. (…) Qualité de service laissant à désirer, insécurité et impolitesse sont les principaux griefs des Japonais qui séjournent dans la Ville-Lumière. (…) Difficile d’obtenir des informations précises sur les observations d’Hiroaki Ota, ancien médecin-conseil auprès de l’ambassade du Japon à Paris et attaché à l’hôpital Saint-Anne: il se refuse à toute interview depuis plusieurs années et son livre consacré au sujet n’a été publié qu’en japonais. Ses travaux parallèles sur les voyages pathologiques de Japonais à Paris, qui sont le fait de patients souffrant d’un trouble psychiatrique antérieur au voyage, sont en revanche consultables dans la revue psychiatrique Nervure. Une étude publiée en 2004, et dont Ota est co-auteur, indique que 63 patients japonais ont été admis à l’Hôpital Sainte-Anne «dans un état aigu» entre 1988 et 2004. Il s’agissait de personnalités fragiles «en quête d’une liberté ou d’une libération illusoires» ou de personnes souffrant d’une psychose et dont la venue était motivée par des convictions délirantes. La plupart des patients avaient moins de 30 ans, près d’un sur trois était schizophrène. À l’instar d’une Japonaise de 39 ans, qui s’était rendue à Paris après avoir vu une affiche touristique dans le métro de Tokyo avec pour slogan «La France vous attend», persuadée que cette injonction lui était personnellement destinée. L’étude pointe les obstacles auxquels sont confrontés les Japonais qui viennent s’installer à Paris, au-delà de la déception liée à la ville, telles que la barrière de la langue et les différences de comportements en société. «Ces difficultés, qui peuvent créer très vite une incapacité de communication ou être sources d’erreurs grossières, entraînent sentiment d’étrangeté, angoisse, isolement», notent les chercheurs. (…) Le syndrome de Paris continue d’être le sujet de nombreux reportages dans les journaux du monde entier, mais il est largement remis en cause par la communauté psychiatrique française. «Ça n’existe pas», laisse choir avec une pointe de lassitude dans la voix Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu, pour qui «il ne faut pas confondre un état d’angoisse passager qui peut survenir chez quelqu’un qui est en voyage et n’arrive pas à s’adapter et un état délirant entraînant des troubles du comportement sur la voie publique». Sur la cinquantaine de «voyageurs pathologiques» qui sont hospitalisés chaque année à l’Hôtel-Dieu, à deux pas des principaux sites touristiques, la majorité ne sont d’ailleurs pas des Japonais mais des provinciaux, fait remarquer Youcef Mahmoudia: «Il y a aussi des Italiens, des Belges, des Allemands… Seuls 3 à 5 % sont des Japonais. » Annabelle Georgen
Je n’avais plus aucun repères, tout ce que je regardais était différent, les odeurs et les goûts aussi. Je n’étais jamais seule, il se passait toujours quelque chose autour de moi. L’absence d’hygiène m’a aussi rendu dingue car je n’arrivais plus à aller aux toilettes. J’étais saoulée, hypnotisée, je ne me rendais plus compte de la réalité, je me laissais aller. (…) J’étais au bout du rouleau… Je pensais que j’allais mourir, alors j’ai écrit un journal au cas où ma famille retrouverait mon corps… Claire Kaczynski (artiste)
Le syndrome indien peut toucher tout le monde, j’ai vu des gens qui ne prenaient pas de drogue et qui étaient délirants, qui avaient essayé de partir à la nage pour rentrer chez leurs parents. Heureusement que les proches les avaient entendu hurler au téléphone, sinon on aurait pu croire que je me faisais payer un voyage aux frais de la princesse! Chaque culture semble désigner à ses membres des lieux où il est plus facile de « vaciller ». Pour les Occidentaux, c’est l’axe oriental, avec le grand tour en Italie, Jérusalem, les îles et enfin le syndrome indien, sur les traces de Marco Polo. Ce sera la France pour les Japonais, les pays du Nord pour d’autres ou les lieux chargés de mysticisme… Régis Ayraut
L’évocation de l’Inde fait jaillir une ribambelle de clichés hauts en couleur mêlant le merveilleux à l’affreux, des temples somptueux du Rajasthan aux bûchers de Bénarès, des énigmatiques sadous drapés d’orange aux lépreux endormis sur les trottoirs de Bombay. Dans l’imagerie occidentale, l’Inde est aussi associée aux hippies qui s’y installèrent à partir des années 1960, ce qui fait d’elle le décor idéal du voyage initiatique qu’entreprennent chaque année des milliers de jeunes à travers le monde. Le psychiatre Régis Airault la compare au monde enchanté d’Alice au pays des merveilles ou de Peter Pan dans l’imaginaire des jeunes. Ils ont la vingtaine et c’est souvent leur premier grand trip. Et leur premier choc, à en voir les témoignages qui abondent sur les forums de voyage, évoquant «des regards intenses voire un peu effrayants», «une sensation d’insécurité permanente due à un manque de repères» ou encore «un mal-être devant la misère et le harcèlement perpétuel»… Confrontés à la spiritualité qui imprègne le quotidien, à la foule et à la misère, de nombreux touristes sont victimes d’un choc culturel: ils sont angoissés, certains vont jusqu’à ne plus quitter leur chambre d’hôtel. (…) Certains voyageurs seraient eux victimes du «syndrome indien», décrit par le psychiatre Régis Airault comme une «bouffée délirante avec des mécanismes interprétatifs, hallucinatoires, à thématique persécutive, mystique, qui apparaît après un séjour de quelques semaines». Les principales personnes concernées seraient des jeunes d’une vingtaine d’années. Les histoires de touristes persuadés d’entendre la voix de Kali ou Shiva et qui jettent leurs billets dans la rue en faisant vœu de pauvreté sont légion dans les ambassades en Inde. Lorsqu’il travaillait au consulat de France à Bombay dans les années 1980, Airault a rencontré de nombreux illuminés du bord des routes de l’Inde et procédé à plusieurs rapatriements. Une expérience surprenante qu’il raconte dans un livre passionnant, Fous de l’Inde. Comme la psychiatre italienne Graziella Magherini lorsqu’elle décrit le syndrome de Stendhal, il fait l’hypothèse que le voyage n’est pas pathologique mais pathogène, c’est-à-dire que le syndrome indien frappe des personnes qui n’ont pas d’antécédents psychiatriques. L’Inde rendrait donc fou. Une position contestée par de nombreux psychiatres qui considèrent que les pétages de plombs fréquemment observés chez les touristes circulant en Inde sont à imputer à des pathologies préexistantes ou à une fragilité psychologique favorable à l’éclosion d’un délire, ou encore, dans bien des cas, à la prise de drogues, comme à Goa ou Manali. Annabelle Georgen
Il s’agit de gens qui sont en errance, qui débarquent avec un sac à dos et sont souvent en rupture de traitement. Ils viennent sur un nom qui fait rêver, sur un mythe. Ils se disent: « Pourquoi pas essayer de recommencer ailleurs? » Ils espèrent mettre une aussi grande distance entre eux et leurs problèmes que la distance kilométrique qu’il y a entre la métropole et Tahiti. Michel Mardina (infirmier psychiatrique)
L’île telle qu’on la voit représentée sur les dépliants touristiques, avec ses plages de sable blanc et ses eaux turquoises, est un mythe à elle seule. Dans l’imaginaire de ceux qui vivent sur un continent, elle est la destination de rêve par excellence, le symbole absolu du dépaysement. Ce «fantasme occidental» dont parle le psychiatre Régis Airault, qui a lui-même vécu plusieurs années sur une île, à Mayotte, convoque une imagerie assez naïve et désuète. Dans une étude consacrée aux voyages pathologiques à Tahiti, co-écrite en 1993 par des psychiatres du Centre hospitalier de Polynésie française, trois mythes «qui sous-tendent les velléités des voyageurs en partance pour la Polynésie» ont été dégagés. Le mythe du Robinson, tout d’abord, concerne les «exilés volontaires à la recherche de l’île déserte, où ils pourront se retrouver et mesurer l’essentiel de leur être dans un grand face-à-face avec une nature vierge et rebelle». Le mythe du bout du monde fait lui appel aux «lieux mystérieux et lointains, en général difficiles d’accès, qui apparaissent en communication par des canaux, plus ou moins mystérieux, avec les forces vives du cosmos, où se situent les restes de civilisations disparues, civilisations « mères » détentrices du grand secret». Les auteurs citent l’île de Pâques ou celle de Rapa en exemple. Enfin, le mythe de la Nouvelle Cythère, «le plus connu et le plus galvaudé», notent les auteurs, s’inscrit lui dans la pensée rousseauiste: «C’est le mythe de « l’île de Félicité, où règne la volupté », chère à la pensée du XVIIIème siècle; celui du bon sauvage sans vice parce qu’innocent, et encore à l' »état de nature »: l’enfance de l’humanité.» Les auteurs donnent l’exemple d’un Belge en proie à un état délirant qui s’était rendu sur l’île de Rapa pour «redresser l’axe de la Terre» et «conduire le peuple d’Israël sur le continent Antarctique», puis d’un jeune métropolitain sans antécédents psychiatriques qui était venu à Tahiti pour y refaire sa vie, et qui, face à une «désillusion totale», avait sombré dans la dépression et fait une tentative de suicide. «Il s’agit d’un voyage non pathologique chez un sujet ayant développé par la suite une pathologie […] suite à la confrontation avec la réalité des antipodes», estime l’étude. Pour autant, aucun terme spécifique n’a été établi à ce jour pour désigner les voyageurs en proie à un état délirant lors d’un séjour sur une île tropicale. Régis Airault parle ainsi à la fois de «syndrome des îles ou insulaire, d’Hawaï, de Tahiti, de la Réunion et de Mayotte». Au Centre hospitalier de Polynésie française, «environ quatre ou cinq voyageurs ont été admis ces dernières années», estime Michel Mardina, infirmier psychiatrique. Tous avaient un profil semblable: des jeunes métropolitains âgés de 18 à 35 ans, présentant des troubles psychiatriques, instables sur le plan affectif et souvent sans emploi. (…) Des rêves de vie facile et d’abondance plein la tête, ces jeunes routards sont vite confrontés à la réalité à leur arrivée: un marché de l’emploi saturé et un coût de la vie très élevé. «La pathologie refait alors surface parce qu’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchaient. Ils décompensent et arrivent à l’hôpital en état de crise, sur un mode qui ressemble à une bouffée délirante», poursuit l’infirmier. Déprime et sentiment de solitude attendraient aussi souvent au tournant les métropolitains sans antécédents psychiatriques qui plaquent tout pour aller vivre au soleil, dans les Dom-Tom. (…) Les forums de métropolitains expatriés sous les tropiques évoquent souvent ce spleen, et il existe même un guide pratique destiné à ceux qui partent s’installer aux Antilles. Là encore, la carte postale s’avère trompeuse. (…) Au terme de ce voyage dans les folies touristiques, de l‘Italie à l’Inde en passant par la France et Israël, une question demeure: sommes-nous donc prédisposés à décompenser dans certains endroits plus qu’ailleurs? Dans des lieux chargés d’histoire, de spiritualité ou tout simplement idéalisés quand on les contemple de loin, depuis chez soi? La communauté psychiatrique est divisée à ce sujet et peu de travaux actuels tentent de l’aborder d’un point de vue global. La classification de «syndrome du voyageur» n’est d’ailleurs pas utilisée aujourd’hui chez les assureurs. (…) L’utilisation du terme de syndrome est considérée comme abusive par de nombreux psychiatres, et son rattachement à des lieux spécifiques fait craindre une surenchère de son emploi. Annabelle Georgen

Après les syndromes de Jérusalem, FlorenceParis, Goa et Tahiti…

Voici, entre  le syndrome de La Havane !

A l’heure où après les diplomates américains à Cuba …

Et entre troubles auditifs et douleurs cérébrales …

C’est à présent aux touristes d’être touchés …

Comment ne pas repenser …

A ces fameux syndromes du voyageur

Dont Anabelle Georgen avait fait il y a quelques années une intéressante recension sur Slate …

Avec naturellement comme pour les bâtiments qui tombent malades

Et derrière les termes médicaux qui se multiplient (hystérie collective ou de masse, contagion comportementale, psychose collective, réaction collective au stress, dérangement psychique transitoire, contextuel et épidémique réaction de conversion collective, psychopathologie de groupe, panique de masse, épidémie de symptômes psychiatriques, malaises de masse sociogéniques ou psychogéniques) …

Les manifestations de somatisation étrangement récurrentes voire stéréotypées (douleurs et malaises musculo-squelettiques, difficultés à respirer, nausées, faiblesses, étourdissements, maux de tête, embrouillement de la vision) …

Le même mode de déroulement: convergence (plusieurs personnes développent des symptômes indépendamment les unes des autres), déclencheur (l’occurrence ou la perception d’un événement précis et inhabituel ou souvent une odeur étrange) et la contagion (propagation soit par rayonnement via les travailleurs-euses voisins soit par le réseau des individus intimement liés, compliqué à nouveau par l’accès à l’internet) …

Et le contexte de tension sociale ou internationale (crises sociales ou économiques, guerres, bouleversement sociaux ou religieux, etc.) …

Depuis les « maladies dansantes » de l’Europe médiévale (danse de Saint-Guy, intoxications ergotées, « feu Saint-Antoine » ou « mal des ardents »),  les épidémies de couvents (manie de morsure dans des couvents allemands au moment de l’éclatement du monde religieux de la Réforme), les renouveaux protestants américains (phénomènes collectifs extatiques), ou européens (sainte Bernadette, sainte Thérèse) …

Les hystéries collectives des établissement d’enseignement et des usines et manufactures (Hodder Bridge, écoles de garçons 1860, réactions de panique dans l’armée, évanouissements en chaîne des campagnes de collecte de sang, suicides collectifs, poussées de violence, émeutes raciales …

Tous les ingrédients des crises mimétiques si bien décrites par René Girard …

A partir de la nature notoirement mimétique des animaux supérieurs que nous sommes (« monkey see monkey do »), comme on le voit quotidiennement autour de nous que ce soit les épidémies de quintes de toux dans les concerts ou de fous rires en classe de nos enfants ou de nos enfances ou, plus contrôlés, pendant les spectacles des humoristes, mais aussi les « épidémies » de symptômes des maladies étudiées dans les écoles de médecine …

Mais surtout sur ce besoin d’exutoire et d’externalisation des surcharges de stress, au niveau individuel comme de tout un groupe social, que l’on retrouve dans toutes les sociétés sacrificielles mais qui, avec la disparition desdits sacrifices ou de leurs substituts sociaux (les pogroms de juifs et autres cagots servant de boucs émissaires) tendraient à s’internaliser et à se somatiser?

Cuba : des touristes se plaignent du même mal que les diplomates américain

Le département d’État des États-Unis a reçu « une poignée » de plaintes de touristes américains à Cuba qui disent avoir souffert de symptômes similaires à ceux des diplomates affectés à La Havane par de mystérieuses « attaques », a annoncé un responsable. Le gouvernement américain n’est cependant pas en mesure de vérifier les informations communiquées par ces ressortissants.

L’administration Trump a ordonné mardi l’expulsion de 15 diplomates de l’ambassade de Cuba à Washington après le rapatriement de la moitié du personnel diplomatique américain en poste à La Havane la semaine passée, en raison de ces « attaques » auditives.

La semaine dernière, le département d’Etat avait émis un avertissement, déconseillant aux touristes américains de se rendre à Cuba en raison de ces attaques inexpliquées, sources de pertes d’audition, de vertiges et de fatigue chez 22 diplomates américains.

Cuba dément toute implication. Les enquêtes lancées sur place n’ont pour le moment donné aucun résultat.

Voir aussi:

Jérusalem ou le choc messianique

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 4/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Quatrième étape de notre cartographie de ce phénomène avec les crises mystiques observées en Israël.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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Ils comptent parmi les curiosités locales de Jérusalem. On les croise dans la vieille ville, aux abords du Mur des lamentations et du dôme du Rocher. Certains sont accoutrés comme Jésus ou Abraham, portant une toge ou enroulés dans des draps piqués à l’hôtel, traînent parfois une croix, tandis que d’autres courent nus dans les rues, sur un mode Adam et Ève. Ils errent en prêchant au milieu des touristes et se lancent dans de grands sermons rarement intelligibles, persuadés qu’ils sont investis d’une mission divine.

Chaque année, une trentaine de touristes en visite dans la ville trois fois sainte sont hospitalisés au Centre psychiatrique de Kfar Shaul, situé dans la vieille ville. Le «syndrome de Jérusalem» a été identifié dans les années 1930 par le psychiatre Heinz Herman, après avoir vu défiler plusieurs patients en proie au même délire. «Il s’agit d’un petit nombre de touristes, dont la plupart ont des antécédents psychiatriques importants, qui viennent chaque année à Jérusalem et se prennent pour des personnages bibliques ou des messies. Ils utilisent Jérusalem comme une scène ou une arène pour jouer leur rôle», explique le docteur Moshe Kalian, psychiatre au ministère de la Santé israélienne et spécialiste du syndrome de Jérusalem.

Deux tiers des victimes sont de confession juive, les autres sont chrétiennes. Contacté afin de savoir si des ressortissants français avaient été touchés par ce syndrome ces dernières années, le consulat général de France à Jérusalem n’a pas souhaité répondre à nos questions.

«Besoin de chanter des psaumes»

Contrairement aux psychiatres Graziella Magherini et Régis Airault, qui affirment respectivement que le syndrome de Stendhal et le syndrome indien frapperaient des voyageurs en bonne santé mentale, Yaïr Bar-El considère qu’il touche à la fois des personnes avec et sans antécédents psychiatriques. Il a établi une typologie précise distinguant trois grands profils de victimes: les psychotiques, les personnes présentant divers troubles mentaux —le voyage de ces deux catégories de personnes étant motivé par une conviction délirante ou bizarre—, et enfin celles qui n’avaient pas de pathologie déclarée.

Ces dernières sont rares: selon les résultats de l’étude, sur les 470 victimes recensées entre 1979 et 1993, seules 42 n’avaient pas d’antécédents psychiatriques. La plupart venaient de l’Amérique rurale et avaient reçu une éducation protestante très stricte. Le psychiatre a donc émis l’hypothèse que ces personnes auraient eu un choc en arrivant à Jérusalem car la ville ne correspondait pas à la représentation idéalisée qu’elles en avaient.

Sept étapes cliniques ont par ailleurs été identifiées, telles que, par exemple, «l’expression du désir de se détacher du groupe ou de la famille et de visiter Jérusalem seul», «l’obsession d’être pur et propre, avec prise de bains et douches, taille compulsive des ongles de mains et de pieds» ou encore «le besoin de crier, de hurler ou de chanter à haute voix des psaumes, des versets de la Bible, des hymnes religieux ou des negro spirituals».

Après une à deux semaines de traitement, les patients sont en général capables de rentrer chez eux. «Le traitement dépend de l’état du patient, de son passé psychiatrique et de la capacité d’établir un contact verbal avec lui», explique Moshe Kalian. «Lorsque ceci est possible, nous essayons toujours de l’aider à comprendre le contexte ou la raison de ce qu’il lui est arrivé».

Aimant à fanatiques et excentriques

Mais certains refusent de quitter la ville. Dans un reportage paru dans la revue israélienne Ariel, Leah Abramowitz décrit quelques illuminés qui se sont installés à Jérusalem et qu’on croise aux heures tardive aux abords du Mur des lamentations, à l’instar de Motelé, «toujours de blanc vêtu, portant barbe fleurie et grisonnante»:

«Des fois, pour la frime, il se tient sur le toit du grand rabbinat pour vociférer une prière. Les non-initiés s’imaginent que c’est une voix céleste et on en a vu même qui s’engagent au repentir, du moins pour la demi-heure qui suit.»

Au cours de ses recherches, Moshe Kalian a trouvé des  premières descriptions du syndrome remontant au 19ème siècle, extraites des mémoires d’habitants de Jérusalem et de récits de pèlerins. Bertha Spafford-Vester, fille de colons américains établis en Israël à la fin du 19ème siècle, raconte ainsi dans ses mémoires:

«Jérusalem attire toutes sortes de gens. Des fanatiques religieux et des excentriques dérangés mentalement à divers degrés, qui semblent être attirés comme par un aimant dans la ville sainte. Certains d’entre-eux […] étaient des hommes et des femmes qui se prenaient pour des saints, des prophètes, des prêtes, des messies et des rois.»

La «capitale éternelle» d’Israël semble donc condamnée à continuer d’attirer année après année, parmi le flot ininterrompu de pèlerins, une poignée d’illuminés à la recherche d’un décor à la hauteur de leur démesure.

Voir également:

Florence ou le choc esthétique

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 1/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Première étape de notre cartographie de ce phénomène en Italie.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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Il s’en souvient comme si c’était hier:

«Les couleurs se sont mises à éclater, à exploser!»

Pierre Josse, rédacteur en chef du Routard, le célèbre guide de voyage, a été submergé par une émotion intense lors d’un voyage à Florence il y a vingt-cinq ans, alors qu’il contemplait une vierge à l’enfant peinte par Fra Angelico:

«Devant tant de beauté et de spiritualité, je me suis effondré en pleurs. J’avais des tremblements nerveux. C’était une douleur jouissive. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, peut-être un quart d’heure.»

A-t-il été victime du «syndrome de Stendhal» identifié à la fin des années 1980 par la psychiatre italienne Graziella Magherini? «Je l’ai effectivement vécu. C’est mieux « vécu » plutôt que victime, car j’en garde un souvenir ému!»

«Attaques soudaines»

Sa description est en effet assez éloignée des symptômes signalés par Magherini: «J’applique ce terme à une série d’attaques soudaines de souffrance mentale aiguë, qui peuvent durer quelques heures ou quelques jours», explique la psychiatre. «Les crises vont de l’attaque de panique à l’inconfort physique, comme la peur de s’évanouir, de suffoquer, de mourir ou de devenir fou, avec des vertiges ou de la tachycardie, et dans certains cas la sensation extrêmement désagréable de se trouver dans un environnement hostile.» Dans son livre La Sindrome di Stendhal, elle décrit entre autres le cas d’une jeune femme en état de grande confusion mentale, qui errait dans le jardin de Boboli deux dessins à la main, inspirés par des peintures de Botticelli.

Magherini a choisi le terme de syndrome de Stendhal en référence à l’écrivain français, qui fut l’un des premiers à décrire la vive émotion que peut provoquer la contemplation d’une œuvre d’art lorsqu’il partit à la découverte du berceau de la Renaissance en 1816:

«J’étais dans une sorte d’extase par l’idée d’être à Florence et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber.»

Les Européens en première ligne

Après avoir vu défiler à l’hôpital de Florence une centaine de touristes «en bonne condition mentale» et qui étaient pourtant pris d’une bouffée délirante alors qu’ils visitaient un musée, une église ou un monument, Graziella Magherini a élaboré l’hypothèse que ces crises seraient provoquées par la confrontation à la beauté des œuvres d’art.

La majorité de ses patients étant européens, la psychiatre est arrivée à la conclusion qu’ils étaient plus susceptibles d’être victimes du syndrome car ils maîtrisaient les références culturelles permettant d’apprécier les œuvres et de percevoir leurs significations cachées, contrairement à d’autres touristes venus de régions éloignées, comme l’Amérique du Nord ou l’Asie, et aux Italiens eux-mêmes, en quelque sorte «immunisés» à force de vivre entourés d’œuvres d’art.

Ce syndrome frapperait surtout les touristes qui visitent Florence en raison de sa concentration exceptionnelle de chefs-d’œuvre artistiques, mais aurait aussi été observé à Ravenne et à Venise. C’est ainsi que Séverine, hypnothérapeute de 31 ans, a succombé à la beauté de la Sérénissime il y a quatre ans, lors d’un séjour en amoureux:

«J’ai craqué dans le Palais des Doges. J’étais dans la salle du Grand Conseil, dont les murs et les plafonds sont entièrement recouverts de peintures. Je me suis sentie submergée par la beauté des lieux. Le décalage avec les autres visiteurs, qui passaient dans la salle en regardant à peine les murs, m’a frappée. J’ai fondu en larmes. C’était comme si je devais porter toute cette beauté à moi toute seule.»

Mais comme Pierre Josse, elle n’a ni fini à l’hôpital ni été rapatriée en France. Elle préfère parler d’un «choc émotionnel».

Vivement contesté

La définition du syndrome de Stendhal proposée par Magherini va à l’encontre de celle du voyage pathologique en cela qu’elle considère que ses victimes ne souffraient pas de troubles psychiatriques avant leur voyage. Communément admise en psychiatrie, la notion de voyage pathologique est considérée comme un trouble du comportement.

Au regard de cette définition, l’existence du syndrome de Stendhal est vivement contestée par de nombreux psychiatres pour qui les voyages ne peuvent pas rendre fou. «C’est une fumisterie», lance Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu à Paris. Selon lui, seul le concept de voyages pathologiques est pertinent:

«Ils s’inscrivent dans deux contextes particuliers. Soit les patients sont déjà atteints d’un trouble psychiatrique et sont dans un processus délirant à thématique persécutive, messianique ou politique. Soit ce sont des sujets qui sont pré-délirants, qui présentent des troubles minimes qui pour l’œil non avisé passent pour un état dépressif, une angoisse, un ras-le-bol, alors que le délire commence à s’élaborer progressivement. Quand ils arrivent à destination, il s’installe au bout de 24 ou 48 heures.»

Federico A. Caro, psychiatre au Pôle Paris Centre et auteur d’un mémoire consacré au voyage pathologique, enfonce le clou:

«Ce n’est pas le lieu qui est pathogène. Croire qu’un endroit fait qu’on décompense, ce serait nous ramener à la psychiatrie du 19ème, où l’on croyait aux miasmes.»

Au-delà du débat, reste une certitude, à voir les foules qui se pressent devant le David à Florence ou devant la Joconde à Paris: l’art peut éblouir et provoquer une émotion intense même chez les plus sceptiques.

Voir de même:

Paris ou le choc de la réalité

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 3/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Troisième étape de notre cartographie de ce phénomène avec le supposé «syndrome japonais».

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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«Arrêtez de croire que tout le monde vous regarde. Arrêtez de croire que tout le monde vous juge et que tout le monde vous en veut. Vous êtes à Paris, vous avez de la chance», s’entend répéter chaque fois qu’elle se rend à l’ambassade du Japon l’étudiante japonaise déprimée qu’imagine l’écrivain français Philippe Adam dans sa nouvelle Le Syndrome de Paris.

Identifié dans les années 1980 par le psychiatre japonais Hiroaki Ota, ce syndrome frapperait des Japonais choqués par le décalage entre le Paris romantique et raffiné qu’ils pensaient découvrir et la réalité qu’ils arpentent. «Très souvent, cette déception concerne des étudiantes qui viennent avec une vision de la France assez liée aux films de Godard», estime Philippe Adam, qui a séjourné au Japon et rencontré des Japonaises vivant à Paris avant d’écrire sa nouvelle consacrée au sujet. Qualité de service laissant à désirer, insécurité et impolitesse sont les principaux griefs des Japonais qui séjournent dans la Ville-Lumière.

«Il y a pas mal de grèves, les gens peuvent être un peu agressifs verbalement, on peut se faire voler son porte-feuille dans le métro, le taxi peut arriver avec un quart d’heure de retard», indique la psychanalyste japonaise Eriko Thibierge-Nasu. «C’est quelque chose d’inconcevable au Japon car c’est un pays où tout fonctionne dans la vie quotidienne. On peut par exemple se donner rendez-vous à 13h01 sur le quai et être sûr d’arriver à l’heure. Les Japonais qui sont fragiles peuvent donc devenir très dépressifs à Paris, avoir le sentiment d’être rejetés, ignorés», ajoute la psychanalyste, qui trouve le terme de «syndrome» exagéré et lui préfère celui de «malaise».

Différences de comportement

Difficile d’obtenir des informations précises sur les observations d’Hiroaki Ota, ancien médecin-conseil auprès de l’ambassade du Japon à Paris et attaché à l’hôpital Saint-Anne: il se refuse à toute interview depuis plusieurs années et son livre consacré au sujet n’a été publié qu’en japonais. Ses travaux parallèles sur les voyages pathologiques de Japonais à Paris, qui sont le fait de patients souffrant d’un trouble psychiatrique antérieur au voyage, sont en revanche consultables dans la revue psychiatrique Nervure.

Une étude publiée en 2004, et dont Ota est co-auteur, indique que 63 patients japonais ont été admis à l’Hôpital Sainte-Anne «dans un état aigu» entre 1988 et 2004. Il s’agissait de personnalités fragiles «en quête d’une liberté ou d’une libération illusoires» ou de personnes souffrant d’une psychose et dont la venue était motivée par des convictions délirantes. La plupart des patients avaient moins de 30 ans, près d’un sur trois était schizophrène. À l’instar d’une Japonaise de 39 ans, qui s’était rendue à Paris après avoir vu une affiche touristique dans le métro de Tokyo avec pour slogan «La France vous attend», persuadée que cette injonction lui était personnellement destinée.

L’étude pointe les obstacles auxquels sont confrontés les Japonais qui viennent s’installer à Paris, au-delà de la déception liée à la ville, telles que la barrière de la langue et les différences de comportements en société. «Ces difficultés, qui peuvent créer très vite une incapacité de communication ou être sources d’erreurs grossières, entraînent sentiment d’étrangeté, angoisse, isolement», notent les chercheurs.

Le suivi du patient par un psychiatre de langue japonaise et une médication adaptée aux troubles permettent de calmer la crise. La plupart des patients n’étant pas en état de rentrer seuls au Japon, ils sont généralement accompagnés par un proche dépêché à Paris ou bien rapatriés. Contactée à ce sujet, l’ambassade du Japon à Paris indique ne pas avoir «procédé à des rapatriements de ressortissants japonais touchés par ce type de syndrome» en 2011, contrairement à ce qu’affirmait récemment le magazine américain The Atlantic, sans citer ses sources.

«Ça n’existe pas»

Le syndrome de Paris continue d’être le sujet de nombreux reportages dans les journaux du monde entier, mais il est largement remis en cause par la communauté psychiatrique française. «Ça n’existe pas», laisse choir avec une pointe de lassitude dans la voix Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu, pour qui «il ne faut pas confondre un état d’angoisse passager qui peut survenir chez quelqu’un qui est en voyage et n’arrive pas à s’adapter et un état délirant entraînant des troubles du comportement sur la voie publique».

Sur la cinquantaine de «voyageurs pathologiques» qui sont hospitalisés chaque année à l’Hôtel-Dieu, à deux pas des principaux sites touristiques, la majorité ne sont d’ailleurs pas des Japonais mais des provinciaux, fait remarquer Youcef Mahmoudia:

«Il y a aussi des Italiens, des Belges, des Allemands… Seuls 3 à 5 % sont des Japonais.»

Ce phénomène ne semble en tout cas pas décourager les Japonais: 700.000 d’entre eux se sont rendus en France en 2010 et la plupart sont bien informés de la réalité parisienne avant le départ, et munis de plans de Paris mentionnant les quartiers dans lesquels Amélie Poulain n’irait jamais se perdre.

Voir de plus:

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 2/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Deuxième étape de notre cartographie de ce phénomène en Inde.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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L’évocation de l’Inde fait jaillir une ribambelle de clichés hauts en couleur mêlant le merveilleux à l’affreux, des temples somptueux du Rajasthan aux bûchers de Bénarès, des énigmatiques sadous drapés d’orange aux lépreux endormis sur les trottoirs de Bombay. Dans l’imagerie occidentale, l’Inde est aussi associée aux hippies qui s’y installèrent à partir des années 1960, ce qui fait d’elle le décor idéal du voyage initiatique qu’entreprennent chaque année des milliers de jeunes à travers le monde.

Le psychiatre Régis Airault la compare au monde enchanté d’Alice au pays des merveilles ou de Peter Pan dans l’imaginaire des jeunes. Ils ont la vingtaine et c’est souvent leur premier grand trip. Et leur premier choc, à en voir les témoignages qui abondent sur les forums de voyage, évoquant «des regards intenses voire un peu effrayants», «une sensation d’insécurité permanente due à un manque de repères» ou encore «un mal-être devant la misère et le harcèlement perpétuel»…

Confrontés à la spiritualité qui imprègne le quotidien, à la foule et à la misère, de nombreux touristes sont victimes d’un choc culturel: ils sont angoissés, certains vont jusqu’à ne plus quitter leur chambre d’hôtel. L’écrivain anglais William Sutcliffe décrit ce choc d’une façon hilarante dans le roman Vacances indiennes, carnet d’anti-voyage initiatique d’un étudiant cynique, coincé en Inde en compagnie de backpackers en mal de spiritualité.

«Le syndrome peut toucher tout le monde»

Certains voyageurs seraient eux victimes du «syndrome indien», décrit par le psychiatre Régis Airault comme une «bouffée délirante avec des mécanismes interprétatifs, hallucinatoires, à thématique persécutive, mystique, qui apparaît après un séjour de quelques semaines». Les principales personnes concernées seraient des jeunes d’une vingtaine d’années.

Les histoires de touristes persuadés d’entendre la voix de Kali ou Shiva et qui jettent leurs billets dans la rue en faisant vœu de pauvreté sont légion dans les ambassades en Inde. Lorsqu’il travaillait au consulat de France à Bombay dans les années 1980, Airault a rencontré de nombreux illuminés du bord des routes de l’Inde et procédé à plusieurs rapatriements. Une expérience surprenante qu’il raconte dans un livre passionnant, Fous de l’Inde.

Comme la psychiatre italienne Graziella Magherini lorsqu’elle décrit le syndrome de Stendhal, il fait l’hypothèse que le voyage n’est pas pathologique mais pathogène, c’est-à-dire que le syndrome indien frappe des personnes qui n’ont pas d’antécédents psychiatriques. L’Inde rendrait donc fou. Une position contestée par de nombreux psychiatres qui considèrent que les pétages de plombs fréquemment observés chez les touristes circulant en Inde sont à imputer à des pathologies préexistantes ou à une fragilité psychologique favorable à l’éclosion d’un délire, ou encore, dans bien des cas, à la prise de drogues, comme à Goa ou Manali.

«Le syndrome indien peut toucher tout le monde, j’ai vu des gens qui ne prenaient pas de drogue et qui étaient délirants, qui avaient essayé de partir à la nage pour rentrer chez leurs parents», affirme Airault, qui a constaté que les troubles disparaissaient subitement dès que les gens étaient rentrés chez eux, dans leur culture d’origine. «Heureusement que les proches les avaient entendu hurler au téléphone, sinon on aurait pu croire que je me faisais payer un voyage aux frais de la princesse!»

«Des lieux où il est plus facile de « vaciller »»

Le psychiatre va plus loin en émettant l’hypothèse que «chaque culture semble désigner à ses membres des lieux où il est plus facile de « vaciller ». Pour les Occidentaux, c’est l’axe oriental, avec le grand tour en Italie, Jérusalem, les îles et enfin le syndrome indien, sur les traces de Marco Polo. Ce sera la France pour les Japonais, les pays du Nord pour d’autres ou les lieux chargés de mysticisme… »

Amoureuse de l’Inde, Claire Kaczynski, artiste, considère qu’elle n’est plus la même depuis son premier séjour là-bas, en 2007. Elle avait 26 ans:

«Je n’avais plus aucun repères, tout ce que je regardais était différent, les odeurs et les goûts aussi. Je n’étais jamais seule, il se passait toujours quelque chose autour de moi. L’absence d’hygiène m’a aussi rendu dingue car je n’arrivais plus à aller aux toilettes. J’étais saoulée, hypnotisée, je ne me rendais plus compte de la réalité, je me laissais aller».

De cette expérience traumatisante, elle a ramené un livre, Journal d’une parisienne à Jaïpur, qu’elle a commencé à écrire après que sa compagnie d’assurance a refusé de la rapatrier en France. Elle était alors effrayée par l’idée de devoir rester encore plusieurs semaines en Inde, jusqu’à la date de retour inscrite sur son billet:

«J’étais au bout du rouleau… Je pensais que j’allais mourir, alors j’ai écrit un journal au cas où ma famille retrouverait mon corps…»

Étrangement, comme Claire, qui est repartie en Inde six mois à peine après son retour en France, la plupart des voyageurs soumis à «l’épreuve de l’Inde» dont parle Airault n’ont qu’une idée en tête une fois rentrés chez eux: y retourner. Bien que leur voyage ait tourné au cauchemar, l’Inde ne semble pas à leurs yeux avoir perdu de sa force d’attraction.

Voir encore:

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 5/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Cinquième et dernière étape de notre cartographie de ce phénomène avec les crises observées sous les tropiques.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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L‘île telle qu’on la voit représentée sur les dépliants touristiques, avec ses plages de sable blanc et ses eaux turquoises, est un mythe à elle seule. Dans l’imaginaire de ceux qui vivent sur un continent, elle est la destination de rêve par excellence, le symbole absolu du dépaysement. Ce «fantasme occidental» dont parle le psychiatre Régis Airault, qui a lui-même vécu plusieurs années sur une île, à Mayotte, convoque une imagerie assez naïve et désuète.

Dans une étude consacrée aux voyages pathologiques à Tahiti, co-écrite en 1993 par des psychiatres du Centre hospitalier de Polynésie française, trois mythes «qui sous-tendent les velléités des voyageurs en partance pour la Polynésie» ont été dégagés. Le mythe du Robinson, tout d’abord, concerne les «exilés volontaires à la recherche de l’île déserte, où ils pourront se retrouver et mesurer l’essentiel de leur être dans un grand face-à-face avec une nature vierge et rebelle».

Le mythe du bout du monde fait lui appel aux «lieux mystérieux et lointains, en général difficiles d’accès, qui apparaissent en communication par des canaux, plus ou moins mystérieux, avec les forces vives du cosmos, où se situent les restes de civilisations disparues, civilisations « mères » détentrices du grand secret». Les auteurs citent l’île de Pâques ou celle de Rapa en exemple.

Enfin, le mythe de la Nouvelle Cythère, «le plus connu et le plus galvaudé», notent les auteurs, s’inscrit lui dans la pensée rousseauiste: «C’est le mythe de « l’île de Félicité, où règne la volupté », chère à la pensée du XVIIIème siècle; celui du bon sauvage sans vice parce qu’innocent, et encore à l' »état de nature »: l’enfance de l’humanité.»

Distance kilométrique

Les auteurs donnent l’exemple d’un Belge en proie à un état délirant qui s’était rendu sur l’île de Rapa pour «redresser l’axe de la Terre» et «conduire le peuple d’Israël sur le continent Antarctique», puis d’un jeune métropolitain sans antécédents psychiatriques qui était venu à Tahiti pour y refaire sa vie, et qui, face à une «désillusion totale», avait sombré dans la dépression et fait une tentative de suicide. «Il s’agit d’un voyage non pathologique chez un sujet ayant développé par la suite une pathologie […] suite à la confrontation avec la réalité des antipodes», estime l’étude.

Pour autant, aucun terme spécifique n’a été établi à ce jour pour désigner les voyageurs en proie à un état délirant lors d’un séjour sur une île tropicale. Régis Airault parle ainsi à la fois de «syndrome des îles ou insulaire, d’Hawaï, de Tahiti, de la Réunion et de Mayotte».

Au Centre hospitalier de Polynésie française, «environ quatre ou cinq voyageurs ont été admis ces dernières années», estime Michel Mardina, infirmier psychiatrique. Tous avaient un profil semblable: des jeunes métropolitains âgés de 18 à 35 ans, présentant des troubles psychiatriques, instables sur le plan affectif et souvent sans emploi. «Il s’agit de gens qui sont en errance, qui débarquent avec un sac à dos et sont souvent en rupture de traitement», note l’infirmier. «Ils viennent sur un nom qui fait rêver, sur un mythe. Ils se disent: « Pourquoi pas essayer de recommencer ailleurs? » Ils espèrent mettre une aussi grande distance entre eux et leurs problèmes que la distance kilométrique qu’il y a entre la métropole et Tahiti.»

Absence d’échappatoire

Des rêves de vie facile et d’abondance plein la tête, ces jeunes routards sont vite confrontés à la réalité à leur arrivée: un marché de l’emploi saturé et un coût de la vie très élevé. «La pathologie refait alors surface parce qu’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchaient. Ils décompensent et arrivent à l’hôpital en état de crise, sur un mode qui ressemble à une bouffée délirante», poursuit l’infirmier.

Déprime et sentiment de solitude attendraient aussi souvent au tournant les métropolitains sans antécédents psychiatriques qui plaquent tout pour aller vivre au soleil, dans les Dom-Tom. «Si l’on devait identifier un syndrome insulaire, ce serait plutôt un syndrome dépressif réactionnel à l’isolement, le sentiment d’absence d’échappatoire, d’étouffement communautaire, d’impossibilité de communiquer», estime à Tahiti le psychiatre Stéphane Amadeo, co-auteur de l’étude précitée. Les forums de métropolitains expatriés sous les tropiques évoquent souvent ce spleen, et il existe même un guide pratique destiné à ceux qui partent s’installer aux Antilles. Là encore, la carte postale s’avère trompeuse.

«Des pétages de plombs, on en a partout»

Au terme de ce voyage dans les folies touristiques, de l’Italie à l’Inde en passant par la France et Israël, une question demeure: sommes-nous donc prédisposés à décompenser dans certains endroits plus qu’ailleurs? Dans des lieux chargés d’histoire, de spiritualité ou tout simplement idéalisés quand on les contemple de loin, depuis chez soi? La communauté psychiatrique est divisée à ce sujet et peu de travaux actuels tentent de l’aborder d’un point de vue global.

La classification de «syndrome du voyageur» n’est d’ailleurs pas utilisée aujourd’hui chez les assureurs. Catherine Port-Arondelle, directrice médicale adjointe chez Mondial Assistance, utilise les termes d’«épisodes délirants» pour désigner les voyageurs qui sont rapatriés après avoir craqué lors d’un séjour à l’étranger:

«C’est très difficile de poser l’étiquette de « syndrome du voyageur », on ne le reconnaît pas de façon formelle. Des pétages de plombs, on en a partout, dans le monde entier. On en a eu dernièrement en Chine, au Maroc et en Turquie. Il y a des gens qui, dans un contexte hors habitudes, peuvent déclencher un épisode délirant.»

L’utilisation du terme de syndrome est considérée comme abusive par de nombreux psychiatres, et son rattachement à des lieux spécifiques fait craindre une surenchère de son emploi. Comme le dit avec humour Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu:

«Au rythme où l’on va, toutes les capitales auront bientôt leur syndrome. Pourquoi pas le syndrome de Ouagadougou?»

Voir par ailleurs:

American tourists suffered same strange symptoms as diplomats after visiting Cuba

NY Post

January 30, 2018

The State Department did not say whether the U.S. citizens reported hearing strange noises — as some of the 24 diplomats did — nor whether they stayed at the Nacional or Capri hotels. The State Department also did not clarify whether U.S. doctors and investigators have determined that these travelers had suffered the same kind of attacks as the diplomats.

“We are not in a position to medically evaluate or provide individual medical advice,” the spokesperson said. “However, we encourage private U.S. citizens who have traveled to Cuba and are concerned about their symptoms to seek medical attention.”

The State Department representative said they still don’t have “definitive answers” about these attacks and that the investigation continues. U.S. officials, however, have addressed the issue at several bilateral meetings held in Washington this month with members of the Cuban government.

“We take advantage of every opportunity to remind the Cuban government of its obligations under the Vienna Convention to take all appropriate steps to protect our diplomats,” she said.

The Cuban government, which has emphatically denied any responsibility and called the attacks “science fiction,” is trying to counteract the travel alert with a message of its own. In an event titled CubaMediaDay on Monday in Havana, representatives of U.S. travel agencies reiterated to the i

Almost two dozen Americans who traveled to Cuba have reported experiencing similar symptoms to those suffered by US diplomats serving at the American Embassy.

“Since September 29, the Department of State has been contacted by 19 US citizens who reported experiencing symptoms similar to those listed in the Travel Warning after visiting Cuba,” a spokesperson for the State Department’s Bureau of Western Hemisphere Affairs told the Miami Herald via email.

At least 24 US Embassy officials in Cuba had reported hearing loud, grating noises before experiencing ear issues, hearing loss, dizziness, headache, fatigue, cognitive issues and difficulty sleeping.

Doctors reportedly discovered the diplomats suffered from brain abnormalities, as the white matter in their brains had “developed changes.”

The US has stood by their allegations that Cuba in some way deliberately attacked the American officials — which Cuba has adamantly denied — and earlier this month raised the possibility that a virus was deployed intentionally to infect workers.

Voir aussi:

19 American travelers to Cuba report symptoms similar to those suffered by diplomats

The Miami Herald

January 29, 2018

Recording sheds light on Cuba sonic attacks targeting US workers

The Associated Press has obtained a recording of what some U.S. embassy workers heard in Havana as they were attacked by what investigators initially believed was a sonic weapon.

AP

Voir enfin:

 Michael Weissenstein

AP News

Jan. 06, 2018

HAVANA (AP) — Republican Sen. Jeff Flake says the U.S. has found no evidence that American diplomats in Havana were the victims of attacks with an unknown weapon.

Flake, a Senae Foreign Relations Committee member and a longtime leading advocate of detente with Cuba, met Friday with high-ranking Cuban officials including Foreign Minister Bruno Rodriguez and officials from the Interior Ministry, which oversees domestic security and works with foreign law-enforcement agencies.

The Cubans told Flake the FBI has told them that, after four trips to Cuba, its agents have found no evidence that mysterious illnesses suffered by U.S. diplomats were the result of attacks.

Flake told The Associated Press on Saturday morning that classified briefings from U.S. officials have left him with no reason to doubt the Cuban account, although he declined to discuss the contents of those briefings.

Cuban and FBI officials did not immediately respond to requests for comment on Saturday.

Washington says 24 U.S. government officials and spouses fell ill in Havana in their homes and some hotels starting in 2016.

Secretary of State Rex Tillerson has said he’s “convinced these were targeted attacks,” but the U.S. doesn’t know who’s behind them. The U.S. has withdrawn most of its diplomats from Havana, citing a health risk, and forced many Cuban diplomats to leave Washington.

Cuba has decried the reductions as an unjustified blow to U.S.-Cuban relations that were restored under President Barack Obama.

“The Cuban Interior Ministry is saying the FBI has told them there is no evidence of a sonic attack, even though that term is being used, attack, there is no evidence of it,” Flake told the AP. “There’s no evidence that somebody purposefully tried to harm somebody. Nobody is saying that these people didn’t experience some event, but there’s no evidence that that was a deliberate attack by somebody, either the Cubans or anybody else.

“As I said, I won’t talk about what I have seen in a classified setting, but nothing is inconsistent with what the Cubans have said, and I think the FBI would say that.”

Flake, one of President Donald Trump’s toughest Republican critics, announced last year that he would not seek re-election as Senator from Arizona. He has not ruled out running against Trump in 2020.

Several of the 24 U.S. diplomats and spouses reported hearing loud, mysterious sounds followed by hearing loss and ear-ringing, leading some U.S. officials to describe the incidents as “sonic attacks.” But officials are now carefully avoiding that m.

Medical testing has revealed that some embassy workers had apparent abnormalities in their white matter tracts that let different parts of the brain communicate, several U.S. officials said, and acoustic waves have never been shown to alter those tracts

Cuba’s defenders have argued the US can’t be certain anyone was harmed intentionally because no proof has been publicly presented.

It was earlier reported that officials believed the Americans were the victims of “sonic attacks,” but an FBI report, revealed by The Associated Press, said the US has found no evidence that sonic waves were used to harm Americans in Havana.

The State Department’s latest Cuba travel advisory is at a “level 3,” which advises US citizens to avoid traveling to the Caribbean nation “due to serious risks to safety and security.”

The Associated Press contributed to this report.


Octomom: C’est la rivalité, imbécile ! (Baby-hoarding: The reproductive equivalent of your buying 30 giant bottles of ketchup at Costco, even though the cupboard is already overflowing)

3 janvier, 2018
 Voici, des fils sont un héritage de l’Éternel, Le fruit des entrailles est une récompense. Comme les flèches dans la main d’un guerrier, Ainsi sont les fils de la jeunesse. Heureux l’homme qui en a rempli son carquois! Psaumes 127: 3-5
Lorsque Rachel vit qu’elle ne donnait point d’enfants à Jacob, elle porta envie à sa soeur, et elle dit à Jacob: Donne-moi des enfants, ou je meurs! La colère de Jacob s’enflamma contre Rachel, et il dit: Suis-je à la place de Dieu, qui t’empêche d’être féconde? Elle dit: Voici ma servante Bilha; va vers elle; qu’elle enfante sur mes genoux, et que par elle j’aie aussi des fils. (…) Rachel dit: J’ai lutté divinement contre ma soeur, et j’ai vaincu. (…) Ruben (…) trouva des mandragores dans les champs. Il les apporta à Léa, sa mère. Alors Rachel dit à Léa: Donne moi, je te prie, des mandragores de ton fils. Elle lui répondit: Est-ce peu que tu aies pris mon mari, pour que tu prennes aussi les mandragores de mon fils? Et Rachel dit: Eh bien! il couchera avec toi cette nuit pour les mandragores de ton fils. Le soir, comme Jacob revenait des champs, Léa sortit à sa rencontre, et dit: C’est vers moi que tu viendras, car je t’ai acheté pour les mandragores de mon fils. Et il coucha avec elle cette nuit. Dieu exauça Léa, qui devint enceinte, et enfanta un cinquième fils à Jacob. Léa dit: Dieu m’a donné mon salaire parce que j’ai donné ma servante à mon mari. Et elle l’appela du nom d’Issacar. Genèse 30: 1-18
Tout comme d’autres types de comportement humain, l’ascétisme religieux peut être contaminé par l’esprit compétitif. (…) Nous vivons à une époque où les actions les plus saines comme les plus malsaines peuvent avoir la même motivation. (…) Il y a une grande ironie dans le fait que le processus moderne d’éradication de la religion en produit d’innombrables caricatures. On nous dit souvent que nos problèmes sont dus à notre incapacité à nous débarrasser de notre tradition religieuse mais ce n’est pas vrai. Ils sont enracinés dans la débâcle de cette tradition, qui est nécessairement suivie par la réapparition, dans des habits modernes, de divinités plus anciennes et plus féroces nées du processus mimétique. (…) nous entrons dans une hiérarchie de jeux compétitifs qui deviennent toujours plus subtils à mesure que l’escalade progresse. A la fin, ce processus peut aboutir à un rejet total de la compétition, ce qui peut être, même si ce n’est pas toujours le cas, la plus intense des compétitions. Ainsi, il existe des rivalités de renoncement plutôt que d’acquisition, de privation plutôt que de jouissance. Dans toute société, la compétition peut assumer des formes paradoxales parce qu’elle peut contaminer les activités qui lui sont en principe les plus étrangères, en particulier le don. Dans le potlatch, comme dans notre société, la course au toujours moins peut se substituer à la course au toujours plus, et signifier en définitive la même chose. Nous avons repéré l’ennemi et c’est nous. Chaque individu finit par trouver son équivalent personnalisé de la folie du potlatch. (…) La rivalité s’intensifie à mesure que le nombre d’imitateurs augmente. René Girard
Often connected with obsessive-compulsive disorder, hoarding involves excessive collecting and an inability to throw things away, a pattern that in severe cases can lead to major health hazards. The syndrome even has its own reality program. A&E’s « Hoarders » takes viewers into homes that are literally collapsing under the weight of their own squalor. One episode featured a woman whose dead cats had been decomposing under her living room debris for a decade. Oh, and it’s doing great in the ratings. Just when we thought we knew everything there was to know about Nadya Suleman, there’s suddenly another Octo-news flash. In an accusation of gross negligence filed by the Medical Board of California against Michael Kamrava, the Beverly Hills doctor who performed the in vitro fertilization procedures that led to the births of Suleman’s 14 children, it’s been revealed that the Octomom demanded the creation of fresh embryos despite having a stockpile of frozen ones. This despite her claim that she pursued multiple pregnancies because she didn’t want her existing embryos to be destroyed or go unused. In other words, what’s disturbing here is not just that Kamrava « went beyond the reasonable judgment of any treating physician. » It’s that Suleman, with Kamrava, engaged in the reproductive equivalent of your buying 30 giant bottles of ketchup at Costco, even though the cupboard is already overflowing. Suleman, as far as I can tell, is a decent housekeeper, but am I the only one who sees her obsession with childbearing as a manifestation of the hoarding impulse? Am I the only one who reads about Suleman returning to the doctor for more embryo transfers just three or four months after giving birth and wonders just how different her mentality is from whatever drives someone to let newspapers pile up so they block the windows? I hear about Angelina Jolie wanting « up to 14 kids » and the Duggars giving all their children names that start with « J » and wonder if, in addition to being magnanimous or true to Scripture or whatever they’d like to think they’re being, they’re not also a little . . . compulsive? Of course, I’m not a psychologist, a fact I was reminded of when I called Gail Steketee, dean of the School of Social Work at Boston University and coauthor of the forthcoming « Stuff: Compulsive Hoarding and the Meaning of Things. » Steketee sees no connection between hoarding and addiction to baby-making or baby-adopting. In fact, she’s never heard the two referenced together. She points instead to hoarders’ problems with decision-making; with fundamental difficulties understanding what they need and don’t need. She thinks that behavior like Suleman’s « no doubt represents some form of need » but that « it’s unlikely to be similar to the need for information [a reason hoarders save years’ worth of newspapers], for keeping sentimental items or for having control over one’s stuff. » OK, so the research community isn’t backing my theory. But when we ask why we’re simultaneously so repelled and captivated by Suleman, perhaps we also need to ask why we’re so drawn in by stockpiling excess: Is it pure voyeurism? Is it strictly us versus them, the rational versus the nut jobs? Or does the notion of acquisition-run-amok resonate with an extreme ketchup buyer in all of us? LA Times

Après la syllogomanie, le syndrome de Noé, le syndrome de Diogène ou la bibliomanie, … la bébémanie ?

Angelina Jolie rêvant tout haut, pour compléter sa collection, de 14 enfants …

Séries de télé-réalité (« Hoarders », « Hoarding Buried alive ») suivant, il y a quelques années, la vie quotidienne de personnes souffrant de syllogomanie, (syndrome de Noé, syndrome de Diogène ou bibliomanie) …

Autre série de téléréalité (récemment arrêtée elle aussi) à la gloire d’une famille à « 19 enfants et ce n’est pas fini »

Incarnation d’un mouvement religieux dit « carquois pleins » anti-contraception et pro-enseignement à domicile et prônant une progéniture nombreuse …

Revndication, après l’aberration du « mariage homosexuel », de la « gestation pour tous » …

A l’heure où l’on reparle de la fameuse Octomom

Qui avait justement avec ses 14 enfants …

Dont une naissance d’octuplés, s’ajoutant, suite à une insémination de douze embryons, à six autres enfants dont une paire de jumeaux …

Défrayé la chronique il y a neuf ans …

Comment ne pas voir …

Dans cette véritable obsession de la gestation qu’elle incarne …

A l’image de l’authentique compétition gestative à laquelle se livrent, y compris via servantes-mères porteuses et mandragores viagra-, les deux proverbiales femmes du Jacob biblique …

Non seulement, avec le LA Times, la énième manifestation de la pulsion accumulatrice …

Mais aussi de cet esprit de compétition et de rivalité …

Qui, comme l’avait si brillamment montré René Girard, peu à peu gagne la moindre de nos conduites ?

Octomom, ‘Hoarders’ and compulsion
Whether it’s having lots of kids or just lots of stuff, Americans are compulsive about watching those who are compulsive.
Meghan Daum
The LA Times
January 07, 2010

Just when we thought we knew everything there was to know about Nadya Suleman, there’s suddenly another Octo-news flash. In an accusation of gross negligence filed by the Medical Board of California against Michael Kamrava, the Beverly Hills doctor who performed the in vitro fertilization procedures that led to the births of Suleman’s 14 children, it’s been revealed that the Octomom demanded the creation of fresh embryos despite having a stockpile of frozen ones. This despite her claim that she pursued multiple pregnancies because she didn’t want her existing embryos to be destroyed or go unused.

In other words, what’s disturbing here is not just that Kamrava « went beyond the reasonable judgment of any treating physician. » It’s that Suleman, with Kamrava, engaged in the reproductive equivalent of your buying 30 giant bottles of ketchup at Costco, even though the cupboard is already overflowing.

I know some of you are probably wagging your fingers at me — for comparing embryos to ketchup (hey, there are worse analogies) and for discussing Octomom at all (believe me, I’m wagging my finger at myself, then stabbing it into my eye). And yes, Sulemania has waned, but it hasn’t disappeared. The paparazzi still follow her every move, and the New York Times Magazine published a cover story in November about the filming of a British documentary series, « My Life As the Octomom. »

Of course, ultra-fecundity is in vogue these days, particularly in the realm of unscripted television. From the unceasing car alarm that is the din of « Jon & Kate Plus Eight » to the more subdued though strangely creepier Duggar family, who’ve added a 19th child to their reality show-making, home-schooling, birth-control-eschewing dynasty, there’s no doubt that large broods attract viewers. And why wouldn’t they? If there’s anything television audiences like watching more than cute kids, it’s adults whose lives are more harried and banal than their own.

Lately, however, I’ve been wondering if some of the interest in mega-families is cut from the same psychological cloth as another phenomenon that’s captured a lot of attention: hoarding. Often connected with obsessive-compulsive disorder, hoarding involves excessive collecting and an inability to throw things away, a pattern that in severe cases can lead to major health hazards.

The syndrome even has its own reality program. A&E’s « Hoarders » takes viewers into homes that are literally collapsing under the weight of their own squalor. One episode featured a woman whose dead cats had been decomposing under her living room debris for a decade. Oh, and it’s doing great in the ratings.

Suleman, as far as I can tell, is a decent housekeeper, but am I the only one who sees her obsession with childbearing as a manifestation of the hoarding impulse? Am I the only one who reads about Suleman returning to the doctor for more embryo transfers just three or four months after giving birth and wonders just how different her mentality is from whatever drives someone to let newspapers pile up so they block the windows? I hear about Angelina Jolie wanting « up to 14 kids » and the Duggars giving all their children names that start with « J » and wonder if, in addition to being magnanimous or true to Scripture or whatever they’d like to think they’re being, they’re not also a little . . . compulsive?

Of course, I’m not a psychologist, a fact I was reminded of when I called Gail Steketee, dean of the School of Social Work at Boston University and coauthor of the forthcoming « Stuff: Compulsive Hoarding and the Meaning of Things. » Steketee sees no connection between hoarding and addiction to baby-making or baby-adopting. In fact, she’s never heard the two referenced together. She points instead to hoarders’ problems with decision-making; with fundamental difficulties understanding what they need and don’t need. She thinks that behavior like Suleman’s « no doubt represents some form of need » but that « it’s unlikely to be similar to the need for information [a reason hoarders save years’ worth of newspapers], for keeping sentimental items or for having control over one’s stuff. »

OK, so the research community isn’t backing my theory. But when we ask why we’re simultaneously so repelled and captivated by Suleman, perhaps we also need to ask why we’re so drawn in by stockpiling excess: Is it pure voyeurism? Is it strictly us versus them, the rational versus the nut jobs? Or does the notion of acquisition-run-amok resonate with an extreme ketchup buyer in all of us?

I’m not sure what’s worse, that we want to gawk at it or that we secretly relate to it (either way, A&E wins). But one thing’s for sure: If Kamrava loses his medical license — a distinct possibility — maybe he could land a job at Costco.

Voir aussi:

EXCLUSIVE: Two bedrooms for 14 kids and living paycheck to paycheck – but Octomom tells how she is FINALLY ‘at peace’ with her octuplets after giving up stripping and searching for a man
Nadya Suleman, who now goes by Natalie, says she wants to share her story with other women after admitting her controversial pregnancy led her to the brink of suicide
Speaking to DailyMail.com the mom of 14 revealed: ‘Every day I would wake up with the ugliest, dead, visceral feeling inside of me’
Suleman’s notoriety landed her roles in porn films which she has now come to deeply regret. Although she admits residuals from the film help pay the bills
She became infamous in 2009 after undergoing IVF treatment and became pregnant with octuplets, even though she already had six and was unemployed
Now Suleman admits she was ‘very foolish, immature and selfish’ to have 14 children but can’t ‘imagine my life at this point in time any different than it is’
The 42-year-old reveals how she decided to make a change after a stranger approached her at a strip club and  told her: ‘You do not have to do this’

Karen Ruiz

The Dailymail

20 December 2017

‘Octomom’ Nadya Suleman says she is now finally ‘at peace’ after her financial problems and strain of trying to look after her 14 children led her to the brink of suicide.

Now, the controversial mother who gave birth to octuplets after in vitro fertilization (IVF), wants to share her story and personal battle with other women, hoping it will inspire them.

Nadya, 42, who now goes by the name of Natalie, has also turned her back on her media persona of ‘Octomom’ who she says ‘nearly destroyed me and my family.’

Speaking to DailyMail.com she revealed: ‘Every day I would wake up with the most ugly, dead, visceral feeling inside of me.

‘I didn’t want to live. I felt less than human as that character I was pretending to be, to survive and provide for my family.

‘What she was disgusted me and I did not want my children to remember me like that. I was forced into doing things I didn’t want to do because I was so terrified I couldn’t support them and give them the life I deserved.

‘When I abandoned it and went back to who I really am I had that sense of peace, internal joy.

‘Struggle is the best teacher. I have become more grateful for every minute of every day – little moments, not material things, can measure up to those times I have with my family.’

Natalie became infamous in 2009 when it was revealed she had undergone IVF treatment to become pregnant with eight children, even though she was already a mother of six and unemployed.

Her notoriety led her to do a pornographic film, which saw her win four Adult Video Network (AVN) awards, and appear in strip clubs.

Recalling the moment she realized she had to turn a corner she said: ‘I was so low I was taking prescription drugs, benzodiazepines.

‘I had to medicate to just get through what I was doing. I would mix it with alcohol which I later found out was what Whitney Houston, died from.

‘I didn’t want to be here anymore, but then I thought about my children and just had to keep going for them.’

She told how her breaking point came after she was approached by a stranger one night while she was working as a stripper.

‘I was in a strip club in Florida in February 2013, and this very tall man, this stranger came in. He walked straight to me and looked straight into my eyes.

‘He took my hand and grabbed my arm and said in a very gentle but firm way: « You do not have to do this. » He repeated it five times.

‘I couldn’t control the tears that were streaming down my face. I had that ugly feeling of nausea. I looked down for a moment, and looked up and he was gone,’ she says.

Natalie says she thought it was possible the man could have been ‘an angel’ and she decided to make a change: ‘I knew I had to be my healthy self again. I didn’t want my kids not to have a mom.’

Natalie has six children from her first five rounds of IVF – Elijah, 16, Amerah, 15, Joshua, 13, Aiden, 11, and 10-year-old twins Calyssa and Caleb.

The octuplets, Makai, Josiah, Isaiah, Jonah, Maliyah, Jeremiah, Nariyah and Noah turn nine in January, and are the only surviving set in the world.

To try and give them a more stable upbringing she moved the family back to Laguna, in Orange County, CA, where she had grown up.

But as she tried to get her life on track, in 2014 she was found guilty of welfare fraud, and ordered to do community service.

Natalie says she was innocent, and claims her management were to blame: ‘The only thing I was guilty of was being desperate and trusting.

‘I gave them my cards and checkbook and that is what happened. I was trying to manage my children instead of my money. The fraud, was totally expunged thankfully.’

Now Natalie works part time as a counselor, speaking to men and women who suffer drug and alcohol issues.

She says despite caring for 14 children on her own, she is not looking for a partner: ‘That’s just not me. My calling was to be a mom. I am happiest at home with the kids. And I knew when I did this I would be sacrificing a social life. But that’s OK because I’m not social.’

She confessed she was ‘very foolish, immature and selfish’ to have 14 children, and didn’t really think through the consequences: ‘I was on a mission. I just wanted to have a bunch of kids. But I couldn’t imagine my life at this point in time any different than it is.’

Natalie admits things are tight but she helps feed the family with food stamps.

The octuplets follow a vegan diet, but her other six children are ‘omnivores.’

She said: ‘We live paycheck to paycheck. It’s a struggle every day. I am very grateful for food stamps, and I do get some residuals from that horrible porn thing. But I am not worried.’

The family live in a two bedroom townhouse in Laguna Niguel, California and have converted the office into a third bedroom so all her children have beds to sleep in.

She says they ‘fight, play, fight and play again’ like any normal family.

A lot of the children are ‘shy and introverted,’ taking after their mom.

And she revealed that the octuplets know that their home life is different to most households: ‘The whole family, we are all kind of different. The kids say, « oh are we weird somehow? » and I say, « it’s OK to be different if there is nothing wrong with it.’ ‘The kids are happy and that is all that matters.’

Natalie’s son Aiden, 12, is autistic, which adds another dimension to family life.

She says his siblings help look after him: ‘Aiden is a challenge. But the other children they are like his guardian angels.

‘His brother Makai, he literally shadows him, and helps give him bites of food – they have a very special bond.

‘Aiden has the mind of an 18-month-old, he’s still non-verbal and in his diapers 24/7.

‘I am open with the kids and I teach them about autism.’Natalie’s son inspired her to write her book which she is hoping to get published.

‘Originally it wasn’t a memoir, it was about raising my son with disabilities and the challenges. But the little kids made it a lot more interesting,’ she says.

‘It’s a story that needs to be told and I think it will encourage a lot of women to draw up strength they didn’t know they had.

‘I believe it will help inspire women to keep pressing forward despite the pain and suffering they may be experiencing. If you set a goal you can achieve anything.

Voir également:

Octomom : finie la galère
Déjà mère célibataire de six enfants, « Octomom » a ensuite accouché d’octuplés. L’Amérique la prenait pour une folle. Aujourd’hui, elle s’en sort.

Karen Isère

Paris Match|

Octomom n’est plus. Natalie dit avoir « tué » l’avatar qui l’a menée en enfer. De ce surnom donné par les médias américains à la naissance de ses octuplés, elle avait pourtant aussitôt fait une marque déposée. En janvier 2009, Nadya Suleman, comme elle s’appelle alors, fait la une des médias pour avoir accouché, par césarienne, de huit prématurés. Minuscules, ils ont vu le jour, ou plutôt les couveuses, à 7 mois et demi. Le plus lourd pèse 1,5 kilo ; le plus léger, moins de 700 grammes. Dans les gazettes de la planète, l’image de mère courage vire illico au phénomène de foire : sans emploi, la parturiente de l’extrême a déjà six enfants de 2 à 7 ans, dont un fils autiste. De quoi séduire les Américains puritains, partisans de familles XXL ? Après tout, les nourrissons portent des prénoms bibliques. Et, lors de sa grossesse, Nadya a refusé qu’on lui retire quelques embryons. Autant de bons points pour les Pro-Life… A un détail près : elle fait des bébés toute seule. Cette pécheresse n’a pas de mari, ni même de compagnon, et sa progéniture est 100 % made in éprouvette. Haro sur l’« Octo » ! Elle assure avoir « juste » voulu donner la vie une septième fois. Mais on lui aurait implanté six « œufs », dont deux se sont divisés. En réalité, il y en avait même douze, alors qu’une procédure normale se limite à deux ou trois. Un « surdosage » qui vaudra au médecin responsable d’être radié. Selon les experts, il aurait aussi dû s’interroger sur la santé mentale de sa patiente. L’Amérique libérale, elle, torpille d’ailleurs la jeune femme à coups de munitions psy. Les talk-shows parlent de narcissisme, de déséquilibre, d’irresponsabilité… Sur le plateau de Whoopi Goldberg, on se repasse en boucle les éclats de rire stridents d’Octomom, tout en susurrant qu’elle devrait faire adopter ses bébés.

Ses confidences ne rassurent personne : fille unique, elle aurait toujours rêvé d’une grande fratrie et « manqué d’attention » de la part de son père, Edward, un ex-militaire irakien, et de sa mère, Angela, enseignante. Alors elle s’est offert une compensation. Et une vengeance inconsciente ? A 33 ans, Nadya loge toujours dans le trois-pièces de ses parents, qui l’aident à élever sa couvée du siècle et y engloutissent leurs pensions de retraite. Angela assure que sa fille dépense ses allocations en jouets : « Elle n’a aucune idée de ce qu’elle nous fait endurer, aux petits et à moi. » En pleine crise des subprimes, ses concitoyens s’étranglent de rage en apprenant aussi le coût de cette naissance à haut risque : quelque 2 millions de dollars, aux frais de l’Oncle Sam. Et ce n’est qu’un début ! Pauvre Trésor public, se lamente l’Amérique.

Dans « Home Alone », Octomom se masturbe sous un fil où sèchent culottes et chaussettes d’enfants

Nadya a de faux airs d’Angelina Jolie, mais ni Brad ni millions. A quelques encablures de Hollywood, elle va produire une version originale du rêve américain. Un show vendeur mais décadent. Si les octuplés portent tous le même deuxième prénom, Angel, « ange », la vie de leur mère n’aura rien d’éthéré. Octomom devient un logo et ses propos une logorrhée sans filet, comme quand elle confie vouloir adopter un petit cochon et lui faire porter des couches. Elle assure qu’elle va travailler. Et le prouve : supermaman pose en Bikini sur un lit couvert de croix, « comme Madonna », sort le single « Sexy Party », tourne dans « 666, The Devil’s Child » (« L’enfant du diable ») puis dans un film porno, « Home Alone » (« Seule à la maison »). Elle s’y masturbe sous un fil où sèchent culottes et chaussettes d’enfant. Le bon goût près de chez vous. La pluie de dollars s’évapore vite, dans un parfum de scandale. La « mom » que les Américains adorent détester sera même condamnée à deux cents heures de travaux d’intérêt général pour fraude aux allocations. Elle les purge encore.

Aujourd’hui, Natalie assure qu’elle avait confié son compte en banque à son agent et ignorait tout de cette malversation. Surtout, elle vomit ses années X : « Un travail honteux et déshumanisant. Certains racontent que je l’ai fait par plaisir, mais c’était juste pour payer les factures. Je n’éprouvais plus que dégoût pour moi-même, alors j’anesthésiais sans cesse mes émotions à l’aide d’anxiolytiques. » Un soir de 2013, elle rentre d’une séance de photos coquines quand elle trouve sa petite Amerah, alors âgée de 10 ans, paradant dans le salon en talons aiguilles. « J’ai eu la nausée et je me suis dit “stop”. J’ai compris que je préférais devenir SDF avec mes 14 enfants que de laisser une de mes filles prendre le même chemin que moi. Dès lors, je me suis sentie aussi libre que si je m’étais évadée de prison. » A l’entendre, la transition est rondement menée : titulaire d’une maîtrise de psychothérapie, elle déménage fissa et trouve un travail social auprès de femmes en difficulté. Exit Octomom, et même Nadya. Désormais, miss Suleman répond au prénom de Natalie.

Je reçois des bons alimentaires de l’Etat, mais ils ne paient qu’un tiers de ce que mes enfants consomment

« On me traite de paresseuse qui profite des allocations, s’insurge-t-elle, alors que je travaille depuis trois ans et demi. Oui, je reçois encore des bons alimentaires de l’Etat, mais ils ne paient qu’un tiers de ce que mes enfants consomment en nourriture. » Elle venait de prendre ce nouveau départ quand sa mère fut atteinte d’un cancer de l’utérus. « Cela nous a beaucoup rapprochées, dit Natalie. Nous avions enfin la relation dont j’avais toujours rêvé. Elle s’est éteinte dans mes bras, fin 2014. Juste après, mon père a annoncé qu’il se soûlerait jusqu’à ce que mort s’ensuive. Je l’ai accueilli chez moi. Un soir, nous avons entendu un énorme choc. Sous l’empire de l’alcool, il était tombé dans l’escalier. Les pompiers sont arrivés à temps pour le sauver, mais il est resté tétraplégique et sous assistance respiratoire. Il ne peut même plus parler. »

De ses années nases, Natalie veut faire table rase. Tout en assumant ses erreurs. La bouche en cœur, et comme gonflée à l’hélium, elle a longtemps nié avoir eu recours à la chirurgie esthétique, notamment dans l’émission d’Oprah Winfrey. « En fait, dit-elle maintenant, je me suis fait augmenter la poitrine après avoir allaité trois enfants, j’ai subi une abdominoplastie après la naissance des jumeaux et je me suis fait faire par deux fois des injections dans les lèvres. Mais le résultat était si affreux que j’en avais honte. Alors j’ai menti. Je me sens soulagée de l’avouer enfin. » Elle estime aussi ses enfants capables d’entendre la vérité : « Ils savent ce que j’ai fait sous le nom d’Octomom. Je leur dis que j’ai commis des actions honteuses. Ils me répondent qu’ils m’aiment et m’aimeront toujours. » Au programme, donc, des confessions, mais aussi des bénédicités à chaque repas et l’église le dimanche. Le soir, la repentie fait jouer son petit monde au « jeu de la gratitude » : chacun doit trouver dix éléments pour lesquels il se sent reconnaissant. Natalie ne rêve même pas d’un amoureux : « Je ne peux pas prendre de mon temps aux enfants pour l’offrir à un étranger. Je suis mariée avec eux. »


PMA pour tous: C’est la majorité qui choisit son opposition (If the people fail you, change the people: After its recent electoral hold up, France goes for an ethical hold up over assisted reproduction for lesbians)

1 juillet, 2017
http://www.thehindu.com/opinion/lead/article17752912.ece/ALTERNATES/LANDSCAPE_615/edit-31-3
Bannière déployée par des militants des droits des homosexuels devant la Chancellerie, à Berlin, le 30 avril. 
Après l’insurrection du 17 juin, le secrétaire de l’Union des Écrivains fit distribuer des tracts dans la Stalinallée. Le peuple, y lisait-on, a par sa faute perdu la confiance du gouvernement et ce n’est qu’en redoublant d’efforts qu’il peut la regagner. Ne serait-il pas plus simple alors pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? Bertold Brecht (La Solution, 1959)
L’enfant a le droit à un nom dès la naissance. Il a également le droit d’ acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d’être élevé par eux. Convention internationale des droits de l’enfant (article 7, 1989)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
Si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité?  (…) Le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs. Tocqueville
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[…] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Victor Klemperer (LTI, la langue du IIIe Reich)
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de “mariage” dans un code civil et laïque. Le “mariage”, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle – avec voeu de procréation, de fidélité éternelle, etc. -, c’est une concession de l’Etat laïque à l’Eglise chrétienne – en particulier dans son monogamisme qui n’est ni juif (il ne fut imposé aux juifs par les Européens qu’au siècle dernier et ne constituait pas une obligation il y a quelques générations au Maghreb juif) ni, cela on le sait bien, musulman. En supprimant le mot et le concept de “mariage”, cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse et sacrale, qui n’a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une “union civile” contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé.(…) C’est une utopie mais je prends date. Jacques Derrida
C’est le sens de l’histoire (…) Pour la première fois en Occident, des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. Evelyne Roudinesco
Je suis personnellement favorable à ce que la PMA soit accessible à tous. Marisol Touraine (ministre de la santé)
La disparition de la paternité risque de générer des situations extrêmement complexes pour tous les époux, de même sexe ou non. Le texte ne dit mot par exemple de ce que devient la présomption de paternité, actuellement fondée sur l’obligation de fidélité des époux. Il en résulte une présomption que les enfants mis au monde par la femme sont les enfants du mari. Mais, comme il est possible que ce ne soit pas le cas, cette présomption peut être combattue et renversée par la preuve que le mari n’est pas le père. Dans le cas d’un conjoint du même sexe, parler de « présomption de parenté » est un non-sens juridique car il y a juste désignation. Comment le juge va-t-il départager un éventuel « conflit de parenté » entre le père et la conjointe de la mère, ou bien entre la conjointe et l’amante de la mère? (…) c’est le mot même de filiation qui change de sens. Les mots mariage et parents sont employés comme si de rien n’était alors qu’ils ne peuvent plus désigner ce que sont les époux et les parents. Pour désigner les parents, on introduit l’arbitraire avec le choix dicté par l’ordre alphabétique entre les noms des adoptants. Aude Mirkovic (maître de conférences en droit privé, Université d’Evry)
La lisibilité de la filiation, qui est dans l’intérêt de l’enfant, est sacrifiée au profit du bon vouloir des adultes et la loi finit par mentir sur l’origine de la vie.  Conférence des évêques
Parler de «PMA» pour les couples de lesbiennes n’a pas de sens et la plupart des gens ne savent pas ce que ce sigle recouvre. Il faudrait en fait parler de l’IAD, c’est à dire d’ «insémination artificielle avec donneur», et précisons, «donneur anonyme». Or c’est l’anonymat qui me pose problème, pour les couples de femmes comme pour les couples hétérosexuels. On a décidé de ne pas regarder la stérilité en soi, mais «l’infertilité» des couples. Du coup, on masque le fait que dans le cas des couples hétérosexuels c’est l’homme qui est stérile. Il n’est pas le père de l’enfant. Toute cette histoire est batie sur un mensonge dont la première victime est l’enfant. De quel droit est-ce que je m’autoriserais à priver l’enfant de la connaissance de ses origines? De plus l’ouverture de l’IAD à toutes les femmes poserait le problème de la rareté des gamètes. Contrairement à ce qu’on imagine aujourd’hui, les donneurs de gamètes sont peu nombreux. Il y a seulement 250 donneurs de sperme en France. Et on nous dit que ce n’est pas suffisant pour répondre à la demande des couples hétérosexuels stériles qui doivent attendre un an et quelque fois plus avant de commencer le long processus de procréation médicalement assistée. Où trouver les gamètes manquantes? En payant les donneurs de sperme? On risque d’ouvrir la porte à la marchandisation. En France, la gratuité est le rempart à la marchandisation. D’un simple point de vue pratique cette «ouverture» de la PMA à toutes les femmes est impraticable. Marie-Jo Bonnet
Si l’Ubérisation est une pratique économique permettant la mise en contact direct de professionnels et de clients pour l’utilisation de services internationaux, la pratique économique mondiale de la procréation artificielle y ressemble beaucoup par son aspect «plate-forme internationale» mettant en contact direct de nombreux intervenants de plusieurs pays grâce à internet. Concrètement, l’enfant peut être «fabriqué» par plusieurs «parents» provenant de plusieurs pays que les personnes soient fertiles ou pas. Ne soyons donc pas naïfs: derrière les modes progressistes et les prétendues évolutions sociétales qui désirent affranchir l’Homme de sa contingence, se trouve un marché juteux. L’enfant, lui, sera le grand oublié de l’affaire, ce que nous pourrions tous reconnaître, quelles que soient nos positions éthiques. Deux affaires récemment portées à la Cour Européenne des Droits de l’Homme démontrent que le sujet est plus que jamais d’actualité. La position du président Macron de se ranger à l’avis du CCNE et aux arrêts de la CEDH traduit un abandon moral et de souveraineté. Les deux récentes affaires portées à la CEDH démontrent les impasses juridiques vers lesquelles se dirige le législateur: la première concerne un couple de femmes françaises mariées désireux de bénéficier d’une insémination artificielle avec du sperme anonyme. Face à l’interdiction de législation française, elles ont recours à la CEDH pour contraindre la France à accéder à leur désir. La seconde a trait à la «double maternité» ou «Fécondation réciproque»: deux femmes allemandes en couple réclament toutes deux la reconnaissance de leur statut légal de mère. L’une des femmes est la mère génétique qui a apporté ses ovocytes, fécondés in vitro avec le sperme d’un donneur anonyme, et l’autre femme a donné naissance à l’enfant ; celle-ci est considérée par la loi allemande comme la seule mère de l’enfant. (…) La réponse médicale de la surmédicalisation de la procréation est-elle adéquate ou serait-elle manipulée par des intérêts financiers majeurs? On dénombre aujourd’hui plus de cinq millions d’enfants dans le monde et 1,4 million en Europe, nés de fécondation In Vitro depuis 1978. En Espagne, 2% des enfants naissent par fécondation in Vitro et en France, 3% des enfants sont des «bébés éprouvette». Le European Journal of Obstetrics and Gynecology and Reproduction Biology fait état d’une hausse conséquente des demandes de fécondations In Vitro alors que le taux d’infertilité, lui, est stable depuis 20 ans. L’Ubérisation de la procréation humaine est symbolique d’un marché mondialiste libéral qui contourne les lois nationales. Le marché des technologies de reproduction assistée englobe de nombreuses industries et tiers-parties: laboratoires pharmaceutiques et biomédicaux, personnels de santé mentale, cliniques spécialisées en procréation artificielle, laboratoires de séquençage génomique pour dépistage préimplantatoire, banques de gamètes, agences et cliniques spécialisées en GPA, experts juridiques, réseaux mafieux de trafic d’enfants etc… À titre d’exemple, mentionnons que le Danemark est un gros pourvoyeur de sperme anonyme, permettant ainsi aux Suédois et Norvégiens de contourner leurs lois qui interdisent, elles, l’anonymat. L’achat de sperme, sélectionné sur catalogue et livré par courrier express international, varie 250 et 23 000 dollars en fonction des diplômes et des caractéristiques génétiques du donneur. Les projections de croissance du marché sont de 4.4% par an de 2016 à 2023 pour atteindre les 31,4 milliards de dollars en 2023. La procréation humaine artificielle constitue donc un marché international conséquent, alimenté par un écosystème très vaste. (…) Les chercheurs soulignent le fait que les embryons sont sélectionnés pour leur robustesse et leur capacité à survivre dans des conditions de laboratoires, transpercés par une pipette, exposés à la lumière et au contact de matières plastiques de la boîte de Petri dans lequel le laborantin va laisser maturer les cellules embryonnaires avant implantation ou congélation. Ils affirment que cette sélection sur le critère de la robustesse va, sur les générations à venir, favoriser ce trait génétique sur d’autres caractères qui se seraient exprimés lors d’une sélection naturelle dans l’utérus de la mère. Les chercheurs norvégiens soulignent aussi que la FIV facilite la propagation des traits génétiquement héréditaires des couples sous-fertiles, dont précisément, la sous-fertilité. Une étude de 2013 menée par Sven Sandin du King’s College de Londres sur 2,5 millions enfants suédois tire des conclusions préoccupantes: les enfants nés par FIV seraient plus susceptibles de souffrir de déficits cognitifs tels qu’un QI bas, et de problèmes de communication ou de socialisation comme l’autisme. Une autre découverte majeure en Neurosciences datant de 2010 démontre que, durant la grossesse, le fœtus laisse une «trace» cellulaire sur sa mère. Des cellules fœtales, ainsi que des brins d’ADN provenant du patrimoine génétique du père, ont été retrouvées chez la mère plus de trente ans après la naissance de l’enfant. Même si l’épidémiologie n’a pas encore décrit l’empreinte physiologique et génétique de la mère sur l’enfant, la psychologie, elle, le démontre avec force par la description des échanges mère enfant in utero. De même que les manipulations technologiques laissent des traces épigénétiques sur l’enfant à naître et que la grossesse laisse des traces cellulaires sur la mère, de nombreux spécialistes de la psychologie de l’enfant affirment, à l’instar du pédopsychiatre Daniel Rousseau, que «tromper un enfant sur sa filiation peut le rendre fou!». Alors, pourquoi l’enfant né de fécondation artificielle est-il une victime? Le psychiatre Benoît Bayle décrit la problématique psychologique de la survivance périnatale des enfants issus d’un tri embryonnaire au cours d’une fécondation In Vitro. Dépressions récurrentes, troubles obsessionnels, prises de risques suicidaires, hospitalisations fréquentes et problèmes identitaires peuvent être associés avec une naissance par procréation artificielle. Par ailleurs, le séquençage génomique dans le but d’une sélection délibérée de traits génétiques (choix du sexe, couleur des yeux, enfant muet pour un couple de sourds…) va insécuriser l’enfant par rapport à l’amour inconditionnel que ses parents lui portent. Le désir des adultes a donc la préséance sur les droits de l’enfant et ne fait aucun cas de la souffrance psychique engendrée par ce mode de procréation: quelle injustice! Si l’on ne s’insurge pas contre la pratique de la PMA sans père que le Comité d’Éthique français avalise aujourd’hui, il y a fort à parier que la loi française à l’égard des pratiques de procréation humaine artificielle continuera de s’assouplir. Les générations futures deviendraient alors hors sol, sans famille, ayant plusieurs représentants légaux, plusieurs pays d’origine et de résidence. Celles-ci seraient sélectionnées selon des critères prétendument laissés à la liberté individuelle des parents mais en réalité, choisis par des normes sociales, culturelles et médicales, définissant l’état de santé, d’intelligence et de beauté minimum pour le «vivre ensemble». Si l’on n’y prenait garde et que toute manipulation technologique sur la procréation humaine devenait monnaie courante, alors l’Homme pourrait devenir une espèce normée par la sélection embryonnaire et les modifications génétiques, et «désenfanté» par l’ingénierie d’externalisation de la procréation humaine. Cette dérive possible serait en cohérence avec l’utopie transhumaniste de l’Homme Augmenté. Laetitia Pouliquen
Le mariage étant conçu pour faire et protéger les enfants, l’ouvrir aux homosexuels, c’est mettre un plâtre sur une jambe de bois ! En s’alignant sur le modèle hétérosexuel, le « mariage pour tous » élude en effet la pluralité des comportements amoureux, des désirs et des choix de vie. Le législateur a décrété l’égalité entre les couples, et non pas entre les personnes. Que fait-on de ceux qui ne sont pas mariés ? Ont-ils les mêmes droits que les hétéros ? La loi Taubira n’est qu’une reconnaissance illusoire de l’homosexualité. Comme toute mesure d’institutionnalisation, elle normalise la sexualité et introduit de nouvelles séparations : d’un côté les mariés et, de l’autre, les célibataires et les pacsés. En fin de compte, cette loi exprime un conformisme petit-bourgeois assez étonnant. Nous vivons la fin de la contre-culture homosexuelle, et cela me consterne ! (…)  Les morts du sida ont certainement beaucoup joué dans ce désir de perpétuation. Que les lesbiennes veuillent avoir des enfants, ce n’est pas surprenant. Mais les gays ont voulu transmettre leurs gènes (et leur patrimoine), tout en nous expliquant que le biologique n’avait aucun poids dans la famille. Si tel était le cas, les associations LGBT n’exigeraient pas la GPA, mais se contenteraient de l’adoption ! (…) Si l’idéologie dominante répudie toute réflexion sur les gènes, le biologique et la transmission, les individus – homosexuels compris ! – n’en demeurent pas moins travaillés par leur inconscient familial. (…) Cette fiction revient ni plus ni moins à occulter l’un des parents biologiques de l’enfant. Ne pas avoir connaissance de son héritage génétique est dramatique. L’origine, c’est fondamental, c’est un enracinement dans une mémoire familiale, un héritage physique, certaines maladies qui se transmettent de génération en génération, etc. Ayant un grand-père né de père inconnu, je sais combien un trou dans l’arbre généalogique peut faire de dégâts. Quand l’histoire de la famille n’a pas été transmise, on se retrouve manipulé par l’inconscient familial. Mais certains proposent de dénier l’origine biologique, comme si elle comptait pour rien. (…) N’oubliez pas qu’avec la PMA, ce n’est plus la mère mais le médecin qui choisit le père de l’enfant. En plus, il sélectionne le sperme, élimine les porteurs de maladie, etc. (…) Avec la PMA, on franchirait un pas supplémentaire dans l’artificialité en coupant les enfants de leurs origines biologiques. En France, la PMA est permise en cas de stérilité médicalement constatée. Or, l’immense majorité des lesbiennes ne sont pas stériles. Dans leur cas, qu’est-ce qui motiverait la PMA ? On me répondra que deux femmes ne peuvent pas faire d’enfant par les voies biologiques. Mais les homosexuels ont engendré depuis des millénaires. Les lesbiennes n’ont pas besoin de recourir à des techniques médicales pour se faire inséminer par des hommes qui acceptent d’être le père biologique sans être le père social de l’enfant. (…) La GPA nous fait bel et bien entrer dans un cadre marchand mondialisé, avec des mères porteuses qui proposent des contrats de location de ventre. Cette technique nous met face à un enjeu biotechnologique sans précédent. La GPA, c’est l’ouverture au commerce international des enfants, à la négation du rôle de la mère, dont on connaît l’importance dans la relation interpersonnelle qui se noue avec le fœtus au cours des neuf mois de grossesse. Tout ceci est scandaleux. Dans les reportages sur les cliniques de GPA en Inde, on entend des mères auxquelles on a enlevé l’enfant dès la naissance, au point qu’elles n’ont même pas pu lui donner la tétée malgré l’importance du lait maternel dans le développement du système immunitaire du nourrisson. Eh bien, des années après, à chaque anniversaire de l’enfant, elles y pensent encore… J’ajoute qu’en toile de fond, la GPA introduit un « droit à l’enfant » tout à fait abusif, et qui ne se préoccupe pas de l’avenir de l’enfant né dans de telles conditions.(…) derrière le « droit à l’enfant » et l’homoparenté, s’avance l’idée de faire des enfants sans l’autre sexe. Quelle société voulons-nous ? D’un côté, on se bat pour la mixité et, de l’autre, on rejette l’autre sexe dans un acte qui est l’essence même de la perpétuation de notre société. Au sujet des homosexuels, on parle même de « stérilité sociale », ce qui est le comble de l’homophobie puisque cela revient à affirmer que les homosexuels ne peuvent rien apporter d’autre à la société que des enfants. Nous vivons bien la fin de la contre-culture homosexuelle. (…) le fait d’instrumentaliser des femmes est tout à fait inadmissible et contraire à la reconnaissance du droit des femmes. Nous avançons sur une pente très dangereuse… Marie-Jo Bonnet
Tout a commencé par une paisible soirée au théâtre Gorki, à Berlin, lundi soir. Trois fauteuils en cuir rose pâle ont été installés sur la scène. Deux journalistes du magazine féminin Brigitte papotent avec la chancelière. Merkel a opté pour un format de débat décontracté, à trois mois des prochaines élections, se prêtant au jeu des questions du public. Ulli Köppe, un Berlinois de 28 ans, salarié de l’éditeur gay Blu Mediengruppe et admirateur de Merkel, a justement une question : «Quand pourrai-je dire « mon mari » à mon ami ?» La chancelière aurait pu rester évasive. Sa réponse – «Je suis favorable à une discussion qui aille dans le sens d’une prise de décision en conscience [au Bundestag]» – a provoqué un raz-de-marée politique. Un choc semblable à la décision de mettre fin au nucléaire, dans le sillage de la catastrophe de Fukushima en mars 2011. Prenant sa rivale au mot, le challenger social-démocrate de la chancelière, Martin Schulz, réclamait dès mardi que le Bundestag inscrive l’adoption de la mesure à l’ordre du jour de vendredi, dernière journée parlementaire avant les législatives du 24 septembre. L’adoption du texte en cas de vote est assurée : sociaux-démocrates, Verts et néocommunistes de Die Linke, tous trois favorables à la réforme, détiennent une confortable majorité à la Chambre. Une partie des députés CDU – appelés à voter en leur âme et conscience – devraient aussi donner leur voix au texte. L’offensive de Martin Schulz a pris Angela Merkel de court. Le SPD espère ainsi reprendre la main, alors que sa campagne électorale est enlisée. Mais la chancelière, si elle se met à dos une partie du clan conservateur, pourrait aussi marquer des points, alors que 73 % des Allemands (et 64 % des électeurs conservateurs) se disent favorables à l’union de deux personnes du même sexe. «Elle évite ainsi un débat passionné qui pourrait profiter aux populistes de l’AfD au cours de la campagne électorale», souligne le quotidien Tagesspiegel. Adopté à la hussarde à la veille de la pause estivale, le texte aurait en outre le temps d’être «digéré» par les plus radicaux des électeurs conservateurs d’ici au scrutin de septembre. Merkel a-t-elle imposé à son propre camp une décision que les conservateurs rejettent ? Ou a-t-elle, au contraire, commis un impair politique ? L’affaire est plus compliquée. De fait, la CDU ne pouvait plus s’opposer bien longtemps au mariage pour tous. Au cours des derniers mois, les Verts, les libéraux du FDP et les sociaux-démocrates – tous trois potentiels partenaires de coalition après le scrutin de l’automne – ont fait savoir qu’ils feraient du mariage gay l’une des conditions de leur participation au prochain gouvernement. Lundi dans la journée, lors de leurs réunions préparatoires à l’adoption d’un programme de campagne, la CDU et la CSU semblaient prêtes à bouger sur le dossier du mariage pour tous. Mais les deux partis n’avaient pas prévu de le faire si rapidement. «Je suis convaincu qu’il ne s’agit pas d’une gaffe mais bien d’une action délibérée de la chancelière, confie le député chrétien-démocrate et gay Stefan Kaufmann. Au sein du groupe parlementaire CDU, les plus conservateurs opposés au mariage pour tous ont toujours bloqué le débat. Bien sûr, maintenant, certains ont peur de devoir se justifier devant leurs électeurs au cours de la campagne électorale…» Reste qu’en précipitant les choses, le SPD acte de facto le divorce de la coalition qu’il forme avec les chrétiens-démocrates depuis 2013. Le contrat de coalition signé voici quatre ans ne prévoyait pas l’adoption du mariage gay. «En théorie, Angela Merkel devrait renvoyer ses ministres sociaux-démocrates», rappelle ainsi le Tagesspiegel. Soucieuse d’éviter un tremblement de terre à trois mois du vote, la CDU tente de minimiser l’ampleur de la crise. Libération
Le Parlement allemand a approuvé vendredi à une large majorité la légalisation du mariage homosexuel avec le blanc-seing de la chancelière Angela Merkel qui avait invité les conservateurs à voter « en conscience » sur cette réforme qui divise le parti au pouvoir et à laquelle elle était elle-même opposée. L’adoption du « mariage pour tous » a été approuvée par 393 voix contre 226 et quatre abstentions, a annoncé le président du Bundestag, Norbert Lammert. Angela Merkel a déclaré avoir voté contre l’amendement déposé par le Parti social-démocrate (SPD) en expliquant qu’à ses yeux, un mariage demeure une union « entre un homme et une femme ». Qualifiant ce vote de « décision personnelle », la chancelière a néanmoins souhaité que la légalisation du « mariage pour tous » apporte « davantage de paix et de cohésion sociale » en Allemagne. (…) Angela Merkel avait qualifié mercredi d' »embuscade » tendue à son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), l’amendement déposé par le SPD, partenaire minoritaire au sein de la coalition gouvernementale. Challenges
Le fait que la PMA ne soit pas ouverte aux couples de femmes et aux femmes seules est une discrimination intolérable. Emmanuel Macron
On vient de rompre avec plus de 50 ans de pratiques parlementaires (…) C’est la majorité qui choisit son opposition. Ce n’était jamais arrivé. En choisissant trois questeurs totalement acquis, on se trouve dans une situation extrêmement grave : il n’y a plus de contrôle budgétaire dans cette maison. Jamais dans l’histoire de notre assemblée les droits de l’opposition ont été piétinés comme ils ont été piétinés. Christian Jacob
On sort les religieux et on envoie des militants pour conformer les avis du CCNE à celui du gouvernement. Au lieu de changer d’avis sur ces grandes questions éthiques, le gouvernement préfère changer de comité d’éthique !  Jean Léonetti
Lire l’avis du CCNE sur l’ouverture de l’AMP aux couples de femmes et aux femmes seules est une expérience extrêmement troublante. On y assiste au déploiement brillant et honnête d’une pensée qui n’assume pourtant pas ses conclusions. Après un exposé de dix pages sur les problèmes que poserait une telle mesure, le CCNE bâcle en une seule page les arguments justifiant son avis favorable, pour finalement conclure que «la majorité des membres du CCNE se prononcent pour la recommandation d’ouverture de l’AMP aux couples femmes et aux femmes seules, sous réserve de la prise en compte de conditions d’accès et de faisabilité. Toutefois, au cours des discussions, s’est aussi exprimée une position divergente de certains membres du CCNE». On est quand même loin du triomphe proclamé par l’Inter-LGBT… Car les membres du CCNE sont loin de sous-estimer les questions – sans solution à ce jour – que pose l’élargissement de l’AMP: «Les points de butée concernent, avant tout, le rôle comme la définition du père, la différence de situation entre les couples de femmes et les femmes seules, la question de la rareté des ressources biologiques et des risques de marchandisation que celle-ci entraîne, la limite entre le pathologique et le sociétal». Discrimination entre les enfants, dont certains seraient sciemment privés de tout ancrage paternel ; pénurie de gamètes, qui pourrait entraîner l’ouverture d’un vaste marché du corps humain (car pourquoi se limiter aux «ressources» génétiques?) ; transformation des médecins en prestataires de services: voilà le CCNE qui me coupe l’herbe sous le pied, en développant, mieux que je ne saurais le faire, tous les arguments que j’avais prévus pour cet article. Le CCNE va jusqu’à faire le parallèle entre l’extension des libertés individuelles et celle du libéralisme économique, évoquant le risque d’une «libéralisation du marché procréatif»! Il faut de même reconnaître l’audace des membres du Comité qui n’hésitent pas à admettre que «si des enfants ne connaissant pas leur père et des enfants élevés par un seul parent ou dans un couple homosexuel existent depuis toujours, il y a une différence entre le fait de «faire face» à une telle situation survenant dans le cadre de la vie privée sans avoir été planifiée ni organisée par la société, et l’instituer ab initio.» Encore un peu, et ils se compromettraient avec la frange la plus nauséabonde de la société française… D’autant plus qu’ils ont également le courage de poser la question qui fâche: qui paye? (…) Après examen approfondi des obstacles à cette mesure, et sans aucun lien logique entre ses paragraphes, le CCNE conclut par un avis favorable. On croirait lire ces copies du bac où l’élève démontre par A+B que le bonheur ne consiste pas à être l’esclave de ses désirs, pour finalement conclure: «Donc il faut satisfaire tous ses désirs pour être heureux.» En deux paragraphes laconiques, le CCNE évacue la question en répétant sans trop y croire ces deux arguments éculés, et par ailleurs contredits par les pages qui précèdent, que sont la liberté des femmes et la non-stigmatisation des familles homoparentales… On a envie d’écrire: «travail bâclé». On lit ainsi dans les recommandations que «même si tout désir n’a pas vocation à être satisfait, on peut faire confiance au projet des femmes qui souhaitent accéder à la maternité en bénéficiant de procédures auxquelles, auparavant, elles n’avaient pas accès.» La «confiance» comme base du droit: ça, c’est rassurant! Et si tous les hommes se donnaient la main, on pourrait même se passer de législateur, de CCNE, CEDH, CC, CE et de tous ces organismes qui empêchent l’autonomie individuelle! Dans cette logique, on ne voit pas pourquoi le CCNE ne piétinerait pas ses réserves à l’égard de la congélation des ovocytes et des «mères porteuses» avec la même légèreté, Après tout, il s’agit bien ici aussi d’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les homosexuelles et les homosexuels! Et puis, on peut faire confiance aux DRH pour ne pas faire pression sur les jeunes femmes qui ne veulent pas cryogéniser leurs ovules. On peut aussi faire confiance aux laboratoires privés pour ne pas profiter de la pauvreté des femmes qui louent leur utérus. Confiance, également, à tous les biotechniciens pour ne pas jouer les apprentis sorciers ; pour ne pas céder à la tentation de l’eugénisme, pour implanter tous les embryons sans discrimination, même les handicapés ; pour ne pas sauter de générations, féconder des ovules avec du sperme post-mortem, voire tenter la parthénogénèse (si si, des expériences sont en cours). Confiance et ouverture d’esprit, vous dis-je! Étrange tout de même de constater combien les bons sentiments bloquent la pensée. Car on n’en est pas à une contradiction près. Ceux-là mêmes qui ôtent toute valeur à la filiation biologique, réduisant le père et la mère (les géniteurs) à des «fournisseurs de ressources biologiques» sont prêts à tout pour transmettre leur propre patrimoine. Ceux-là mêmes qui sous-estiment l’importance d’une généalogie cohérente tiennent absolument à perpétuer leur génotype. Ceux-là même pour qui le sexe est négligeable semblent attacher une grande importance à ce que leur enfant possède les yeux de sa mère et la prédisposition au diabète de sa grand-mère. C’est pourtant au nom de cette dissociation entre filiation et biologie qu’on nous avait vendu le «mariage pour tous» en 2013! Vous vous souvenez, l’adoption des enfants pauvres qui meurent de faim dans les orphelinats roumains? On a beau jeu, aujourd’hui, de vous dire: «on vous avait prévenu». Et puis, quand dans cinq ans le CCNE rendra un avis favorable à la GPA, non sans exposer les divergences, restrictions et conditions d’usage, j’écrirai un article à peu près semblable à celui-ci et qui se conclura de la même manière. En suppliant ses imprudents compatriotes de ne pas faire entrer dans les murs de Troie le cheval de bois laissé sur le rivage par les Grecs, Cassandre, hélas, avait raison. Marianne Durano
On savait la décision du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) imminente concernant l’élargissement du droit à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Le moins qu’on puisse écrire est que son « avis » favorable – forcément favorable, aurait pu écrire Marguerite Duras – n’a guère surpris. Elle s’inscrit dans une longue dérive éthique dont on peut penser qu’elle débouchera demain sur l’euthanasie et la GPA quels que soient les démentis outrés des uns ou des autres. Car la logique est là ! En marche ! (…) L’accès au mariage pour les couples homosexuels portait en soi, en toute logique, celui de la filiation. L’élargissement du droit à la PMA pour les couples de femmes était d’ailleurs inscrit dans la première mouture de la loi Taubira. La pression de la rue avait incité le gouvernement à le dissocier du « mariage pour tous » et à le renvoyer à une future loi d’orientation sur la famille qui, pour les mêmes raisons conjoncturelles, fut reportée sine die. Mais on pouvait se douter que ce n’était là que partie remise. Fin juin 2015, le Défenseur des droits (anciennement Médiateur de la République) et le Haut Conseil à l’égalité se prononçaient, sans surprise, pour l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, au nom « de l’égalité des droits ». François Hollande décidait alors de différer une fois encore la date d’un éventuel débat parlementaire, précisant qu’il attendait de connaître, sur cette question, la décision du CCNE auquel il se conformerait le moment venu. On connait la suite ! C’est désormais Emmanuel Macron qui hérite de cet « avis »… Pour les tenants de l’élargissement, il n’y aurait plus aujourd’hui de raison majeure de refuser cette nouvelle « loi de progrès ». Pour ses opposants – dont je suis avec constance – la mesure reste éthiquement contestable qui vise à programmer volontairement la naissance d’un enfant orphelin de père, au motif qu’il sera adopté, à sa naissance, par le conjoint de sa mère biologique. Redisons ici que cette pratique est à ce jour contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par la France, qui garantit à chacun d’eux « le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux », sauf accident de parcours. Or en France le don de sperme est anonyme. Ce qui implique que l’enfant à naître ne saura pas qui est son père. On pourrait, certes, imaginer revenir sur cet anonymat. Mais une autre réalité s’impose alors : à ce jour, les donneurs de sperme sont insuffisants au regard de la demande de PMA pour les seuls couples hétérosexuels. Si demain l’anonymat devait être levé, combien d’hommes accepteraient encore d’être donneurs bénévoles au moment même où la demande serait multipliée ? A moins que l’on glisse alors, subrepticement, vers une rémunération du don de sperme ? Donc vers une autre forme de marchandisation du vivant… Ce « droit à l’enfant » qui n’est inscrit dans aucune déclaration des Droits de l’homme – pas plus pour les couples hétérosexuels qu’homosexuels – devra-t-il demain être pris en charge financièrement par la Sécurité sociale ? Dans le même temps où des malades se voient restreindre leur accès aux soins pour raisons d’économies. Une fois encore, nous sommes là dans un débat purement idéologique. Sous couvert d’évolutions de société qui recueilleraient – ce qui est vrai – l’assentiment d’une majorité de la population. François Hollande ayant pris par ailleurs ses dispositions à l’automne 2013, pour modifier la composition du CCNE dans un sens… favorable à l’adoption de ces réformes de société.  (….) Dans son avis du 27 juin 2017, le CCNE se prononce en revanche contre la légalisation de la GPA, c’est à dire pour la possibilité offerte aux couples d’hommes de recourir à des mères porteuses. Avec pour argument « qu’il ne peut y avoir de GPA éthique ». Mais on est en droit de s’interroger. Dans ses attendus sur la PMA, le CCNE dit répondre à la « souffrance » des couples de femmes ne pouvant accéder à la maternité. Dans une société où l’égalité des droits semble devenue la règle absolue, on ne voit guère pourquoi les hommes ne pourraient pas faire prévaloir, demain, leur propre « souffrance » de ne pouvoir accéder à leur tour à la paternité. Fusse au prix d’un encadrement « éthique » de la GPA. Comme on nous a annoncé en 1975 un encadrement éthique de l’avortement dont on sait ce qu’il est devenu : un droit de fait à l’avortement sans condition. En 2008, un rapport sénatorial préconisait déjà de légaliser une GPA encadrée et « altruiste ». Rien que de très logique au regard de l’idéologie du moment qui repose sur la notion de « droits reproductifs » opposables, destinés à pallier la « dictature de la nature » dans les cas « d’infertilité sociale ». René Poujol
La joie aura été de courte durée. Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) a rendu hier le 27 juin son avis sur la PMA. Si l’on ne regarde que la conclusion, l’avis recommande l’ouverture de la PMA. C’est donc positif, non? Mais quand on lit l’avis en détail, les choses se gâtent… Le Pr Jean-François Delfraissy, président du CCNE, et deux des rapporteurs du texte avaient invité hier quelques associations après la publication de l’avis, parmi lesquelles Act Up-Paris, Fières, les Enfants d’Arc en ciel, le Planning Familial ou l’APGL. Celles-ci ont fait part de leur mécontentement. « On a d’abord commenté la méthode, rapporte Veronica Noseda du Planning Familial. Le comité n’a pas consulté d’association lesbienne pour rendre un avis sur la PMA.  » En effet, une seule lesbienne a été auditionnée. Il s’agit de la très réactionnaire historienne Marie-Jo Bonnet, qui est opposée à la PMA, comme elle l’affirmait en 2016 au Figaro. En revanche, feue Colette Chiland, honnie par les militant.e.s trans (Lire Décès de la très controversée Colette Chiland, la «psychiatre la plus transphobe de France»), ou les psys homophobes Jean-Pierre Winter ou Pierre-Levy Soussan ont pu s’exprimer sur le sujet. Si des personnalités ou associations favorables à la PMA ont bel et bien été auditionnées, aucune n’est à notre connaissance lesbienne. « J’ai dit au Pr Delfraissy que c’était comme si on rendait un avis sur le VIH sans avoir consulté les associations de séropositifs.  Il a semblé surpris. », explique la Veronica Noseda. Les associations ont également critiqué le ton et les mots employés dans le document. « Le ton général de l’avis donne des gages au vocabulaire de la Manif pour tous. Si la Manif pour tous se plaint de l’avis, elle se voit légitimée avec tous les poncifs homophobes, les familles sans père, le besoin d’altérité… » Veronica Noseda note d’ailleurs que si les lesbiennes sont stigmatisées, les familles monoparentales le sont tout autant. Parmi les autres points qui posent problème, la question du remboursement: « Il y a le désir d’enfant légitime des familles hétéros et il y a celui des autres, qui ne doit pas peser sur la Sécu. », relève amèrement la militante du Planning Familial. « 2,5% des enfants naissent par PMA. Et ce ne sont pas toujours en raison de problème d’infertilité, c’est aussi parce que le temps a passé et qu’avec l’âge il peut y avoir besoin d’une aide extérieure », note Veronica Noseda, qui ajoute: « Et c’est discriminant pour les femmes seules et les couples de lesbiennes qui sont en moyenne plus pauvres que les couples hétéros. » « La question de la filiation n’est pas réglée. Un couple de femmes non mariées peuvent avoir accès à la PMA mais pour que la mère soit sociale soit reconnue comme l’une des deux mères, il faut passer devant le maire. », signale-t-elle aussi. « Sur la question du remboursement, ils ont eux-mêmes reconnus qu’il n’étaient pas clairs », note Delphine Aslan, porte-parole de l’association lesbienne et féministe Fières. Yagg
Mon impression est que l’avis était prêt depuis longtemps et qu’il était négatif. Il y a eu un revirement à un moment donné. Veronica Noseda (Planning Familial)
Ils nous ont assuré qu’avec la révision de la loi bioéthique en 2018, rien n’est figé. Mais on attend une loi. La plupart de ces questions ne relèvent pas de l’éthique, à part peut-être le don d’ovocyte. On leur a délégué ça histoire de nous faire attendre pendant quatre ans.On a l’impression que cela a été écrit en 2013 et qu’ils ont rajouté une conclusion plus tard. Delphine Aslan (porte-parole de l’association lesbienne et féministe Fières)
Nous souhaitons revenir aux principes de création du Conseil de 1983 et faire appel à des laïques pour représenter les courants religieux. Conseiller de François Hollande (2013)
Depuis 30 ans, il y a toujours eu des colorations politiques et l’alternance des gouvernements n’a jamais rien changé car la nomination des membres est avant tout fondée sur leurs compétences et leur personnalité. Au contraire, la gravité sur laquelle se penche le CCNE nécessite absolument cette diversité. Du reste, on ne s’est jamais scandalisé de la présence de membres de droite sous un gouvernement de droite. Accroître le rôle du comité, qui n’est que consultatif, en le scrutant ainsi et préjuger de ses avis, c’est le rendre inutile. Il a besoin de sérénité pour accomplir sa mission. Jean-Claude Ameisen (président du CCNE)
On veut faire payer aux représentants religieux leurs positions plutôt hostiles au mariage pour tous. En les écartant de la réflexion sur des questions de société, le gouvernement impose une vision de la laïcité fermée au risque d’appauvrir le débat. (…) Le gouvernement veut s’entourer de personnalités qui prendront des positions dans le sens souhaité. Pasteur Louis Schweitzer
Même si c’est le président de la République qui nomme, la tradition veut que toutes les autorités religieuses soient toujours consultées au préalable pour proposer un nom, c’est même comme ça que, moi-même, j’ai été élu, Avec l’absence de tout religieux, le message est clair: le retour à une laïcité musclée. (…) 80 % du CCNE a tranché en juin dernier qu’il ne fallait en aucun cas légaliser l’euthanasie. Cela n’a pas plu au gouvernement qui entend préparer le terrain pour les débats qui vont précéder le projet de loi. Pasteur Schweitzer
C’est choquant. Bien des choses peuvent être politisées mais s’agissant d’un comité d’éthique, c’est non seulement hors sujet mais c’est même une faute contre la société, contre la politique et contre le débat. Ce n’est pas à la hauteur d’une mission de ce type. C’est scandaleux sur la méthode, inquiétant pour l’avenir, et c’est une raison supplémentaire pour rester très actif sur ces sujets. Hervé Mariton (député UMP de la Drôme)
Alors que le CCNE va prochainement s’emparer de dossiers particulièrement sensibles (…), une vague de nominations, avec des personnalités proches du gouvernement, vient d’intervenir. Selon un arrêté publié dimanche dans le Journal officiel, vingt-deux nouveaux membres – sur les quarante que compte le comité – vont intégrer l’institution. Parmi eux, l’avocat Jean-Pierre Mignard, membre du conseil national du PS et ami de François Hollande, mais aussi la sénatrice socialiste de Loire-Atlantique, Michelle Meunier, qui s’est par ailleurs engagée pour davantage de droits en faveur des transsexuels. Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté (depuis le 13 juin 2008) et réputé proche de la gauche, intègre également cette enceinte de réflexion. À cela s’ajoutent d’autres nouveaux noms tels que Lionel Naccache, chercheur en neurosciences cognitives, spécialiste de la conscience, Cynthia Fleury, philosophe, Frédéric Worms, directeur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine, ou encore François Ansermet, psychanalyste, professeur de pédopsychiatrie, spécialisé dans les questions prénatales, obstétriques et de reproduction. Le gouvernement cherche-t-il, ainsi, à se confectionner une assemblée docile, sous la houlette d’un nouveau président orienté à gauche, Jean-Claude Ameisen, nommé en 2012 par François Hollande? Le Figaro (2013)

Après le hold up électoral, le hold up éthique !

A l’heure où, pour s’assurer du soutien de ses partenaires de coalition à la veille des prochaines législatives …

Une Angela Merkel plus macronienne que l’original …

Donne son feu vert avant de voter contre au mariage pour tous  …

Tout en souhaitant que cette prétendue « embuscade » tendue par ses adversaires apporte « cohésion sociale et paix » à la société allemande …

Et où après le hold up présidentiel puis législatif que l’on vient de vivre en France (on remplace l’adversaire principal par une pestiférée) …

C’est à l’Assemblée nationale que revenant sur une tradition vieille de 50 ans, « la majorité choisit son opposition« …

Comment ne pas voir …

Derrière l’avis favorable mais censément consultatif que vient de donner le Comité d’éthique …

Contre la législation internationale du droit des enfants à connaitre leurs parents …

Au mensonge légal et au droit des parents à orpheliner leurs propres enfants …

Le même tour de passe passe proprement brechtien, qui avait vu le prédécesseur du petit marquis poudré il y a quatre ans …

Remplacer par des laïcs pour cause de manque de docilité (pardon: modernité et progressisme) les représentants religieux dudit comité …

Et depuis la préhistoire du pacs et du mariage pour tous …

Cette longue avance masquée consistant à nier à chaque fois la prochaine étape pour mieux l’imposer quelques années plus tard …

Comme d’ailleurs le révèlent elles-mêmes à leur propre insu ces associations homosexuelles …

Dénonçant le plus ingénument du monde un avis ….

Qui n’a d’autre utilité en effet qu’à les « faire attendre quatre ans de plus » ?

Volée de critiques après le renouvellement du Comité national d’éthique

  • Delphine de Mallevoüe
  • Le Figaro
  • 23/09/2013

Après l’éviction des religieux du CCNE et le renouvellement de 15 sièges où figurent des amis de François Hollande, les autorités religieuses et les députés de l’opposition dénoncent une manœuvre pour influencer les prochains débats sur l’euthanasie et l’assistance médicale à la procréation .

Le renouvellement du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) suscite colère et stupéfaction chez les parlementaires de droite et les autorités religieuses dont plus aucune ne siège, pour la première fois depuis les 30 ans d’existence du CCNE. Les premiers dénoncent une manœuvre politique qui vise à «changer en douce la couleur» du CCNE à l’approche des débats majeurs sur l’euthanasie et l’ouverture de l’AMP aux couples homosexuels, alors que des personnalités connues pour leur sensibilité à gauche ou leur amitié avec le président de la République viennent d’être nommées par ce dernier. Les seconds sont consternés d’avoir purement et simplement été évincés du comité, sans préavis.

Courrier des protestants au ministère de l’Intérieur

On est si indigné à la Fédération protestante de France (FPF) que son président, le pasteur Claude Baty, vient de rédiger un courrier au chef du bureau des cultes au ministère de l’Intérieur. «En plus, nous avons découvert ça par voie de presse», grince la FPF. Alors que le président du CCNE, Jean-Claude Ameisen, nommé il y a un an par François Hollande, met en avant «la diversité historique et nécessaire des membres» pour récuser toute tactique politique, les procédés utilisés en coulisse jettent la suspicion.

«Même si c’est le président de la République qui nomme, la tradition veut que toutes les autorités religieuses soient toujours consultées au préalable pour proposer un nom, c’est même comme ça que, moi-même, j’ai été élu, explique le pasteur Louis Schweitzer, dont le siège n’a pas été reconduit ni signifié qu’il en serait ainsi. Or cette fois nous n’avons pas été consultés». Comme lui, le rabbin Michaël Azoulay n’a pas été renouvelé. Désormais, les 4 postes sur les 39 membres au total qui, dans les textes de la composition du comité, sont nommés «en raison de leur appartenance à une famille religieuse», comme l’explique le président du CCNE, sont occupés par quatre laïcs, spécialistes des questions judaïques, catholiques, protestantes et islamiques. Deux d’entre eux siégeaient déjà: Xavier Lacroix pour la sensibilité catholique et Ali Benmackhlouf pour l’islamique. «Avec l’absence de tout religieux, le message est clair: le retour à une laïcité musclée», prédit le pasteur Schweitzer.

«On sort des religieux et on envoie des militants»

Un autre indice semble conforter les suspicions d’une stratégie: si le renouvellement du comité est normal puisqu’il s’opère tous les 2 ans pour moitié, bien des postes concernés ne relevaient pas de renouvellements obligatoires: ils arrivaient au terme de leur mandature de 4 ans mais pouvaient être reconduits quatre ans de plus. Quinze nouveaux membres sont ainsi entrés au comité.

Pour de nombreux observateurs, ce «remaniement anticipé» est une «sanction-prévention» après le passage difficile de la loi mariage pour tous et le rapport du CCNE sur la fin de vie. «80 % du CCNE a tranché en juin dernier qu’il ne fallait en aucun cas légaliser l’euthanasie, se souvient Louis Schweitzer. Cela n’a pas plu au gouvernement qui entend préparer le terrain pour les débats qui vont précéder le projet de loi».

Pour Jean Léonetti, député UMP des Alpes-Maritimes et père de la loi sur la fin de vie, le message est clair: «on sort les religieux et on envoie des militants pour conformer les avis du CCNE à celui du gouvernement. Au lieu de changer d’avis sur ces grandes questions éthiques, le gouvernement préfère changer de comité d’éthique! François Hollande n’avait-il pas déjà amorcé le piège en annonçant que, sur l’AMP, il se conformerait à l’avis du comité?».

«C’est choquant, s’exclame Hervé Mariton, député UMP de la Drôme. Bien des choses peuvent être politisées mais s’agissant d’un comité d’éthique, c’est non seulement hors sujet mais c’est même une faute contre la société, contre la politique et contre le débat. Ce n’est pas à la hauteur d’une mission de ce type. C’est scandaleux sur la méthode, inquiétant pour l’avenir, et c’est une raison supplémentaire pour rester très actif sur ces sujets».

«Besoin de sérénité»

Jean-Claude Ameisen, le président du CCNE, s’étonne de cet emballement. «Depuis 30 ans, il y a toujours eu des colorations politiques et l’alternance des gouvernements n’a jamais rien changé car la nomination des membres est avant tout fondée sur leurs compétences et leur personnalité. Au contraire, la gravité sur laquelle se penche le CCNE nécessite absolument cette diversité. Du reste, on ne s’est jamais scandalisé de la présence de membres de droite sous un gouvernement de droite. Accroître le rôle du comité, qui n’est que consultatif, en le scrutant ainsi et préjuger de ses avis, c’est le rendre inutile. Il a besoin de sérénité pour accomplir sa mission».

Virage à gauche ou non, «l’avenir le dira très vite», conclue Xavier Lacroix, membre du CCNE en faisant référence à l’avis sur l’AMP qui sera rendu début 2014. «Ce sera révélateur et déterminant, estime de son côté Jean-René Binet, professeur de droit sur les questions de santé et de bioéthique. Car les positions sur l’AMP n’ont jamais été remises en cause par le CCNE depuis les années 80, en dépit de l’alternance des gouvernements. Attendons de voir si le prochain avis sera une rupture».

Voir aussi:

Coup de barre à gauche pour le Comité national d’éthique

  • Angélique Négroni
  • Le Figaro
  • 22/09/2013

Des personnalités proches de la majorité y font leur entrée et des responsables religieux sont évincés.

«On veut faire payer aux représentants religieux leurs positions plutôt hostiles au mariage pour tous. En les écartant de la réflexion sur des questions de société, le gouvernement impose une vision de la laïcité fermée au risque d’appauvrir le débat», dénonce le pasteur Louis Schweitzer, par ailleurs professeur d’éthique et de spiritualité à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine. Par voie de presse, ce dernier a appris son éviction du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), cette instance de réflexion régulièrement saisie pour rendre des avis sur des sujets de société aussi sensibles que la fin de vie ou l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples homosexuels. Son mandat de quatre ans arrivant à terme, il n’a pas été renouvelé, comme cela était envisageable selon le règlement de cette structure. C’est aussi le cas pour le rabbin Michaël Azoulay, par ailleurs, membre de la commission de bioéthique du Consistoire de Paris.

Selon Le Monde, qui a révélé ces informations, ces évictions marquent le choix de l’Élysée de ne plus intégrer de responsables religieux au sein de cette institution. «Nous souhaitons revenir aux principes de création du Conseil de 1983 et faire appel à des laïques pour représenter les courants religieux», confirme-t-on à l’Élysée, qui se charge directement de nommer les membres des familles philosophiques et spirituelles. Pour Louis Schweitzer, l’objectif est clair: «Le gouvernement veut s’entourer de personnalités qui prendront des positions dans le sens souhaité.»

Un rééquilibrage à gauche de cette instance vient par ailleurs tout juste d’être opéré. Alors que le CCNE va prochainement s’emparer de dossiers particulièrement sensibles (voir ci-dessous), une vague de nominations, avec des personnalités proches du gouvernement, vient d’intervenir. Selon un arrêté publié dimanche dans le Journal officiel, vingt-deux nouveaux membres – sur les quarante que compte le comité – vont intégrer l’institution. Parmi eux, l’avocat Jean-Pierre Mignard, membre du conseil national du PS et ami de François Hollande, mais aussi la sénatrice socialiste de Loire-Atlantique, Michelle Meunier, qui s’est par ailleurs engagée pour davantage de droits en faveur des transsexuels. Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté (depuis le 13 juin 2008) et réputé proche de la gauche, intègre également cette enceinte de réflexion. À cela s’ajoutent d’autres nouveaux noms tels que Lionel Naccache, chercheur en neurosciences cognitives, spécialiste de la conscience, Cynthia Fleury, philosophe, Frédéric Worms, directeur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine, ou encore François Ansermet, psychanalyste, professeur de pédopsychiatrie, spécialisé dans les questions prénatales, obstétriques et de reproduction.

Le gouvernement cherche-t-il, ainsi, à se confectionner une assemblée docile, sous la houlette d’un nouveau président orienté à gauche, Jean-Claude Ameisen, nommé en 2012 par François Hollande? «Toutes les personnes qui me connaissent savent que la docilité n’est pas la première de mes qualités», réagit Jean-Pierre Mignard. «J’ai effectivement des opinions. Mais il faut accepter de voir évoluer ses propres positions une fois confrontées à celles des autres. C’est tout l’intérêt de ce travail en collégialité», dit-il.

Le prochain dossier sur la fin de vie que traitera ce «nouveau» Comité ainsi remanié sera un bon baromètre. En juillet dernier, il s’était déclaré hostile à l’euthanasie et à l’assistance au suicide, n’allant pas ainsi dans le sens de l’Élysée, qui souhaite une réforme dans ce domaine. Or, dans le courant de l’année prochaine, le CCNE doit émettre un nouvel avis. Le moyen de voir si les nouveaux nommés feront bouger les lignes…


Décisions à venir sur la PMA, la fin de vie et le don de sang

Procréation médicalement assistée. C’est à l’évidence l’un des sujets les plus sensibles, mais le gouvernement ne va pas s’en emparer dans l’immédiat. Alors qu’il devait initialement se prononcer à la fin de cette année, le CCNE a en effet annoncé début juillet qu’il remettait à 2014 son avis sur la question, après la tenue d’états généraux. Une aubaine donc pour l’équipe gouvernementale de voir reporté après les municipales un débat qui divise la société civile mais aussi les politiques au sein même de la gauche. Concrètement, le CCNE, qui avait déjà rendu un avis défavorable en 2010, devra dire si la PMA, réservée aux couples infertiles, doit s’étendre aux couples de femmes et aux femmes seules. François Hollande a déjà indiqué qu’il respectera ce nouvel avis.

Fin de vie. Pendant sa campagne, François Hollande avait promis «une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité» et avait prévu un projet de loi en juin 2013. Or, on le sait, le calendrier n’a pas été tenu, le CCNE, que le président de la République voulait consulter avant tout examen par les parlementaires, ayant rendu sa copie plus tardivement. Le 1er juillet dernier, l’institution s’est donc prononcée et s’est une nouvelle fois déclarée contre l’euthanasie et l’assistance au suicide – qui consiste à fournir des médicaments létaux à un individu désireux de mettre fin à ses jours. Ses responsables ont par ailleurs recommandé de ne pas modifier la loi actuelle qui opère une distinction entre «laisser mourir» et «faire mourir». Mais cet avis, qui n’a pas fait l’unanimité avec huit de ses quarante membres qui se sont démarqués, n’est qu’une première étape. Après un débat national à l’automne, le CCNE rendra un nouvel éclairage dans le courant de l’année prochaine. On verra si l’arrivée de nouveaux membres fera ou non évoluer la position jusqu’alors défendue par le CCNE.

Don du sang par les homosexuels. Faut-il privilégier les mesures de précaution ou mettre fin, par principe, à une exclusion? C’est la question qui est posée à l’occasion du débat sur le don du sang dont sont exclus les homosexuels. Alors que, pour les autorités sanitaires, cette interdiction vise à éviter des risques accrus de transmission du VIH, François Hollande avait promis sa levée durant sa campagne. L’avis du CCNE est attendu à l’automne.

Voir également:

Aujourd’hui la PMA, demain l’euthanasie et la GPA
La dérive sociétale continue
René Poujol
Journaliste, ancien directeur de la rédaction de Pèlerin
Causeur
29 juin 2017

On savait la décision du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) imminente concernant l’élargissement du droit à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Le moins qu’on puisse écrire est que son « avis » favorable – forcément favorable, aurait pu écrire Marguerite Duras – n’a guère surpris. Elle s’inscrit dans une longue dérive éthique dont on peut penser qu’elle débouchera demain sur l’euthanasie et la GPA quels que soient les démentis outrés des uns ou des autres. Car la logique est là ! En marche !

Chacun connaît les attendus de la question. Inutile de s’y étendre. A ce jour, la procréation médicalement assistée est réservée en France aux seuls couples hétérosexuels, dans les cas d’infertilité. La femme a recours au sperme d’un donneur anonyme, son mari étant en droit, considéré comme le père de l’enfant. L’accès au mariage pour les couples homosexuels portait en soi, en toute logique, celui de la filiation. L’élargissement du droit à la PMA pour les couples de femmes était d’ailleurs inscrit dans la première mouture de la loi Taubira. La pression de la rue avait incité le gouvernement à le dissocier du « mariage pour tous » et à le renvoyer à une future loi d’orientation sur la famille qui, pour les mêmes raisons conjoncturelles, fut reportée sine die.

Mais on pouvait se douter que ce n’était là que partie remise. Fin juin 2015, le Défenseur des droits (anciennement Médiateur de la République) et le Haut Conseil à l’égalité se prononçaient, sans surprise, pour l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, au nom « de l’égalité des droits ». François Hollande décidait alors de différer une fois encore la date d’un éventuel débat parlementaire, précisant qu’il attendait de connaître, sur cette question, la décision du CCNE auquel il se conformerait le moment venu. On connait la suite ! C’est désormais Emmanuel Macron qui hérite de cet « avis »…

Mettre au monde des orphelins… adoptables !

Pour les tenants de l’élargissement, il n’y aurait plus aujourd’hui de raison majeure de refuser cette nouvelle « loi de progrès ». Pour ses opposants – dont je suis avec constance – la mesure reste éthiquement contestable qui vise à programmer volontairement la naissance d’un enfant orphelin de père, au motif qu’il sera adopté, à sa naissance, par le conjoint de sa mère biologique. Redisons ici que cette pratique est à ce jour contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par la France, qui garantit à chacun d’eux « le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux », sauf accident de parcours.

Or en France le don de sperme est anonyme. Ce qui implique que l’enfant à naître ne saura pas qui est son père. On pourrait, certes, imaginer revenir sur cet anonymat. Mais une autre réalité s’impose alors : à ce jour, les donneurs de sperme sont insuffisants au regard de la demande de PMA pour les seuls couples hétérosexuels. Si demain l’anonymat devait être levé, combien d’hommes accepteraient encore d’être donneurs bénévoles au moment même où la demande serait multipliée ? A moins que l’on glisse alors, subrepticement, vers une rémunération du don de sperme ? Donc vers une autre forme de marchandisation du vivant…

Ce « droit à l’enfant » qui n’est inscrit dans aucune déclaration des Droits de l’homme – pas plus pour les couples hétérosexuels qu’homosexuels – devra-t-il demain être pris en charge financièrement par la Sécurité sociale ? Dans le même temps où des malades se voient restreindre leur accès aux soins pour raisons d’économies. Une fois encore, nous sommes là dans un débat purement idéologique. Sous couvert d’évolutions de société qui recueilleraient – ce qui est vrai – l’assentiment d’une majorité de la population. François Hollande ayant pris par ailleurs ses dispositions à l’automne 2013, pour modifier la composition du CCNE dans un sens… favorable à l’adoption de ces réformes de société. Jean Léonetti commentait à l’époque : « on sort les religieux et on envoie des militants pour conformer les avis du CCNE à celui du gouvernement. Au lieu de changer d’avis sur ces grandes questions éthiques, le gouvernement préfère changer de comité d’éthique ! »

Un président sur des oeufs

Dans son avis du 27 juin 2017, le CCNE se prononce en revanche contre la légalisation de la GPA, c’est à dire pour la possibilité offerte aux couples d’hommes de recourir à des mères porteuses. Avec pour argument « qu’il ne peut y avoir de GPA éthique ». Mais on est en droit de s’interroger. Dans ses attendus sur la PMA, le CCNE dit répondre à la « souffrance » des couples de femmes ne pouvant accéder à la maternité. Dans une société où l’égalité des droits semble devenue la règle absolue, on ne voit guère pourquoi les hommes ne pourraient pas faire prévaloir, demain, leur propre « souffrance » de ne pouvoir accéder à leur tour à la paternité. Fusse au prix d’un encadrement « éthique » de la GPA. Comme on nous a annoncé en 1975 un encadrement éthique de l’avortement dont on sait ce qu’il est devenu : un droit de fait à l’avortement sans condition. En 2008, un rapport sénatorial préconisait déjà de légaliser une GPA encadrée et « altruiste ». Rien que de très logique au regard de l’idéologie du moment qui repose sur la notion de « droits reproductifs » opposables, destinés à pallier la « dictature de la nature » dans les cas « d’infertilité sociale ».

Il ne s’agit là, pour l’heure, que de l’avis du CCNE. On peut imaginer que le dossier est désormais entre les mains du président de la République. Un président que l’on sait, à titre personnel, plutôt ouvert sur ces questions de société, du fait du « libéralisme » à la fois économique et culturel qui est sa marque. Même s’il s’est bien gardé de tout engagement trop affirmé durant la campagne, disant simplement son accord de principe à l’élargissement du droit à la PMA pour les couples de femmes.

Le 14 février 2017, il avait déclenché un tollé à gauche et au sein du mouvement LGBT en évoquant, dans un entretien à l’Obs, «l’humiliation» ressentie par les anti-mariages gay au moment du vote de la loi Taubira. Déclaration sur laquelle il avait dû, rapidement, faire machine arrière, comme si l’humiliation des uns était incompatible avec l’humiliation des autres.

C’est assez dire combien, sur cette question, le chef de l’Etat marche sur des œufs. Il en est conscient. Il sait parfaitement compter parmi ses soutiens dans l’opinion, des citoyens qui ont rompu avec la gauche en partie à cause de la loi Taubira. C’est d’ailleurs bien à eux qu’était destinée la petite phrase sur « l’humiliation »… Les provoquer dès les premiers mois de son quinquennat sur un dossier qui ne possède aucune urgence et avant même d’avoir engagé ses principales réformes, serait une faute politique majeure. « Souvenez-vous, monsieur le Président : le social, pas le sociétal. Le social, le social, le social. C’est facile à retenir. » écrivait il y a peu Jean-Pierre Denis, dans un billet de La Vie en forme de mise en garde. L’annonce, faite par le président du CCNE, d’Etats généraux de la bioéthique, en 2018, pour préparer la révision des lois de bioéthique qui concernent notamment le sujet de la PMA, pourrait, momentanément, servir d’échappatoire.
Un combat culturel

Mais soyons en sûrs, le débat n’en sera que différé. Aussi longtemps que l’opinion publique adhérera majoritairement à la logique de l’individualisme libéral, la société se verra sommée de tout mettre en œuvre, au niveau législatif aussi bien que financier, pour permettre à chacun de satisfaire ses propres désirs dont on sait qu’ils sont, par nature, illimités. Une société, dans sa dimension civilisationnelle, peut-elle survivre à pareille évolution ? Je ne le crois pas. Est-il possible de lui éviter le pire ? Je l’ignore ! Faut-il dès lors rejoindre le camp de ceux qui contestent radicalement toute évolution dans la société comme dans l’Eglise ? Ce ne sera jamais mon choix car il s’agit là encore d’une forme d’idéologie où toute liberté se trouve broyée au nom des principes. Alors que faire ? Tenter de témoigner et de convaincre qu’un autre combat culturel est possible, plaider pour une vision différente de la personne – et non de l’individu – où priment : le respect de l’autre et des conditions sociales du vivre-ensemble. Une société où l’on cesserait de fonder l’égalité des droits des adultes sur la négation de l’égalité des droits des enfants. Il y faudra, le moment venu, des relais politiques. A la faveur de la recomposition en cours ?

Voir de même:

PMA: Un avis « catastrophique »

Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) s’est certes déclaré favorable à l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules. Mais les associations se sont vite aperçues que le reste de l’avis est moins reluisant.
Xavier Héraud
Yagg
28.06.2017

La joie aura été de courte durée. Le Comité Consultatif National d’Etique (CCNE) a rendu hier le 27 juin son avis sur la PMA. Si l’on ne regarde que la conclusion, l’avis recommande l’ouverture de la PMA. C’est donc positif, non? Mais quand on lit l’avis en détail, les choses se gâtent…

Le Pr Jean-François Delfraissy, président du CCNE, et deux des rapporteurs du texte avaient invité hier quelques associations après la publication de l’avis, parmi lesquelles Act Up-Paris, Fières, les Enfants d’Arc en ciel, le Planning Familial ou l’APGL. Celles-ci ont fait part de leur mécontentement.

« On a d’abord commenté la méthode, rapporte Veronica Noseda du Planning Familial. Le comité n’a pas consulté d’association lesbienne pour rendre un avis sur la PMA.  » En effet, une seule lesbienne a été auditionnée. Il s’agit de la très réactionnaire historienne Marie-Jo Bonnet, qui est opposée à la PMA, comme elle l’affirmait en 2016 au Figaro. En revanche, feue Colette Chiland, honnie par les militant.e.s trans (Lire Décès de la très controversée Colette Chiland, la «psychiatre la plus transphobe de France»), ou les psys homophobes Jean-Pierre Winter ou Pierre-Levy Soussan ont pu s’exprimer sur le sujet. Si des personnalités ou associations favorables à la PMA ont bel et bien été auditionnées, aucune n’est à notre connaissance lesbienne.

« J’ai dit au Pr Delfraissy que c’était comme si on rendait un avis sur le VIH sans avoir consulté les associations de séropositifs.  Il a semblé surpris. », explique la Veronica Noseda.

GAGES A LA MANIF POUR TOUS
Les associations ont également critiqué le ton et les mots employés dans le document. « Le ton général de l’avis donne des gages au vocabulaire de la Manif pour tous. Si la Manif pour tous se plaint de l’avis, elle se voit légitimée avec tous les poncifs homophobes, les familles sans père, le besoin d’altérité… » Veronica Noseda note d’ailleurs que si les lesbiennes sont stigmatisées, les familles monoparentales le sont tout autant.

Parmi les autres points qui posent problème, la question du remboursement: « Il y a le désir d’enfant légitime des familles hétéros et il y a celui des autres, qui ne doit pas peser sur la Sécu. », relève amèrement la militante du Planning Familial.

« 2,5% des enfants naissent par PMA. Et ce ne sont pas toujours en raison de problème d’infertilité, c’est aussi parce que le temps a passé et qu’avec l’âge il peut y avoir besoin d’une aide extérieure », note Veronica Noseda, qui ajoute: « Et c’est discriminant pour les femmes seules et les couples de lesbiennes qui sont en moyenne plus pauvres que les couples hétéros. »

« La question de la filiation n’est pas réglée. Un couple de femmes non mariées peuvent avoir accès à la PMA mais pour que la mère soit sociale soit reconnue comme l’une des deux mères, il faut passer devant le maire. », signale-t-elle aussi.

« Sur la question du remboursement, ils ont eux-mêmes reconnus qu’il n’étaient pas clairs », note Delphine Aslan, porte-parole de l’association lesbienne et féministe Fières.

AMBIGUÏTÉS DU CCNE
Cette dernière pointe également les autres ambiguïtés du Comité. « Ils nous ont assuré qu’avec la révision de la loi bioéthique en 2018, rien n’est figé. » « Mais On attend une loi », balaie-t-elle d’un revers de main . La plupart de ces questions ne relèvent pas de l’éthique, à part peut-être le don d’ovocyte. On leur a délégué ça histoire de nous faire attendre pendant quatre ans.

« Je lui ai répondu qu’ils ont eu quatre ans et demi pour nous demander notre avis et que maintenant, c’était à eux de répondre à nos questions. »

« Nous avons passé beaucoup de temps à répondre aux questions d’une rapportrice qui nous demandait notre avis sur tout un tas de sujets, qui n’avaient pas forcément grand chose à avoir avec la choucroute », s’agace Delphine Aslan. La rapportrice a fini par se faire renvoyer dans les cordes. « Je lui ai répondu qu’ils ont eu quatre ans et demi pour nous demander notre avis et que maintenant, c’était à eux de répondre à nos questions. », lâche Veronica Noseda.

« Mon impression est que l’avis était prêt depuis longtemps et qu’il était négatif. Il y a eu un revirement à un moment donné », avance Veronica Noseda. Un point de vue que partage Delphine Aslan:  « On a l’impression que cela a été écrit en 2013 et qu’ils ont rajouté une conclusion plus tard ».

« La Manif pour tous va pouvoir s’appuyer dessus, c’est catastrophique » se désole Veronica Noseda.

Et maintenant, quoi? « Avec les associations qui étaient présentes, il va falloir lister les député.e.s qui voudraient se saisir du sujet, identifier celles et ceux qui peuvent nous aider, conclut Delphine Aslan. Un travail qu’il serait bon de faire ensemble. »

Voir de plus:

PMA pour toutes : quand le CCNE piétine ses propres conclusions par idéologie

  • Marianne Durano
  • Le Figaro
  • 28/06/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE – Marianne Durano analyse le rapport du CCNE, qui se prononce en faveur de l’ouverture de l’aide médicale à la procréation pour toutes les femmes. Pour elle, cet avis contradictoire qui conclut un rapport pourtant lucide sur les dangers de cette décision montre que, dans ce débat, l’idéologie l’emporte sur la raison.


Marianne Durano est agrégée de philosophie. Elle est l’auteur avec Axel Norgaard Rokvam et Gaultier Bès de Nos Limites. Pour une écologie intégrale (Édition Le Centurion). Elle est également membre de la rédaction de la Revue Limite.


Lire l’avis du CCNE sur l’ouverture de l’AMP aux couples de femmes et aux femmes seules est une expérience extrêmement troublante. On y assiste au déploiement brillant et honnête d’une pensée qui n’assume pourtant pas ses conclusions. Après un exposé de dix pages sur les problèmes que poserait une telle mesure, le CCNE bâcle en une seule page les arguments justifiant son avis favorable, pour finalement conclure que «la majorité des membres du CCNE se prononcent pour la recommandation d’ouverture de l’AMP aux couples femmes et aux femmes seules, sous réserve de la prise en compte de conditions d’accès et de faisabilité. Toutefois, au cours des discussions, s’est aussi exprimée une position divergente de certains membres du CCNE». On est quand même loin du triomphe proclamé par l’Inter-LGBT…

Car les membres du CCNE sont loin de sous-estimer les questions – sans solution à ce jour – que pose l’élargissement de l’AMP: «Les points de butée concernent, avant tout, le rôle comme la définition du père, la différence de situation entre les couples de femmes et les femmes seules, la question de la rareté des ressources biologiques et des risques de marchandisation que celle-ci entraîne, la limite entre le pathologique et le sociétal».

Discrimination entre les enfants, dont certains seraient sciemment privés de tout ancrage paternel ; pénurie de gamètes, qui pourrait entraîner l’ouverture d’un vaste marché du corps humain (car pourquoi se limiter aux «ressources» génétiques?) ; transformation des médecins en prestataires de services: voilà le CCNE qui me coupe l’herbe sous le pied, en développant, mieux que je ne saurais le faire, tous les arguments que j’avais prévus pour cet article. Le CCNE va jusqu’à faire le parallèle entre l’extension des libertés individuelles et celle du libéralisme économique, évoquant le risque d’une «libéralisation du marché procréatif»! Il faut de même reconnaître l’audace des membres du Comité qui n’hésitent pas à admettre que «si des enfants ne connaissant pas leur père et des enfants élevés par un seul parent ou dans un couple homosexuel existent depuis toujours, il y a une différence entre le fait de «faire face» à une telle situation survenant dans le cadre de la vie privée sans avoir été planifiée ni organisée par la société, et l’instituer ab initio.» Encore un peu, et ils se compromettraient avec la frange la plus nauséabonde de la société française…

D’autant plus qu’ils ont également le courage de poser la question qui fâche: qui paye? «Les techniques d’AMP sont des traitements contraignants et coûteux, et la rareté des dons de gamètes compromet actuellement une prise en charge satisfaisante des infertilités pathologiques ; la demande d’accès à l’IAD de personnes non stériles et la revendication d’une égalité des droits appliquée à des conditions différentes, stérilité d’origine pathologique ou demandes «sociétales» d’AMP, mettraient en péril deux grands principes du système de santé en France, fondé sur la solidarité: la gratuité du don d’organes et des produits du corps humain, dont les gamètes, et la prise en charge des traitements d’infertilité d’origine pathologique par la solidarité nationale.» À moins de réinstaurer de la discrimination là où l’on prétendait la supprimer, en remboursant par exemple les IAD pour les stérilités pathologiques, mais par pour les stérilités «sociales», ce qui est juridiquement et politique difficile à imaginer…

Oui mais quand même. Après examen approfondi des obstacles à cette mesure, et sans aucun lien logique entre ses paragraphes, le CCNE conclut par un avis favorable. On croirait lire ces copies du bac où l’élève démontre par A+B que le bonheur ne consiste pas à être l’esclave de ses désirs, pour finalement conclure: «Donc il faut satisfaire tous ses désirs pour être heureux.» En deux paragraphes laconiques, le CCNE évacue la question en répétant sans trop y croire ces deux arguments éculés, et par ailleurs contredits par les pages qui précèdent, que sont la liberté des femmes et la non-stigmatisation des familles homoparentales… On a envie d’écrire: «travail bâclé». On lit ainsi dans les recommandations que «même si tout désir n’a pas vocation à être satisfait, on peut faire confiance au projet des femmes qui souhaitent accéder à la maternité en bénéficiant de procédures auxquelles, auparavant, elles n’avaient pas accès.» La «confiance» comme base du droit: ça, c’est rassurant! Et si tous les hommes se donnaient la main, on pourrait même se passer de législateur, de CCNE, CEDH, CC, CE et de tous ces organismes qui empêchent l’autonomie individuelle!

Dans cette logique, on ne voit pas pourquoi le CCNE ne piétinerait pas ses réserves à l’égard de la congélation des ovocytes et des «mères porteuses» avec la même légèreté, Après tout, il s’agit bien ici aussi d’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les homosexuelles et les homosexuels! Et puis, on peut faire confiance aux DRH pour ne pas faire pression sur les jeunes femmes qui ne veulent pas cryogéniser leurs ovules. On peut aussi faire confiance aux laboratoires privés pour ne pas profiter de la pauvreté des femmes qui louent leur utérus. Confiance, également, à tous les biotechniciens pour ne pas jouer les apprentis sorciers ; pour ne pas céder à la tentation de l’eugénisme, pour implanter tous les embryons sans discrimination, même les handicapés ; pour ne pas sauter de générations, féconder des ovules avec du sperme post-mortem, voire tenter la parthénogénèse (si si, des expériences sont en cours). Confiance et ouverture d’esprit, vous dis-je!

Étrange tout de même de constater combien les bons sentiments bloquent la pensée. Car on n’en est pas à une contradiction près. Ceux-là mêmes qui ôtent toute valeur à la filiation biologique, réduisant le père et la mère (les géniteurs) à des «fournisseurs de ressources biologiques» sont prêts à tout pour transmettre leur propre patrimoine. Ceux-là mêmes qui sous-estiment l’importance d’une généalogie cohérente tiennent absolument à perpétuer leur génotype. Ceux-là même pour qui le sexe est négligeable semblent attacher une grande importance à ce que leur enfant possède les yeux de sa mère et la prédisposition au diabète de sa grand-mère.

C’est pourtant au nom de cette dissociation entre filiation et biologie qu’on nous avait vendu le «mariage pour tous» en 2013! Vous vous souvenez, l’adoption des enfants pauvres qui meurent de faim dans les orphelinats roumains? On a beau jeu, aujourd’hui, de vous dire: «on vous avait prévenu». Et puis, quand dans cinq ans le CCNE rendra un avis favorable à la GPA, non sans exposer les divergences, restrictions et conditions d’usage, j’écrirai un article à peu près semblable à celui-ci et qui se conclura de la même manière.

En suppliant ses imprudents compatriotes de ne pas faire entrer dans les murs de Troie le cheval de bois laissé sur le rivage par les Grecs, Cassandre, hélas, avait raison.

Voir encore:

Allemagne Le «oui» très politique d’Angela Merkel au mariage pour tous

Alors que la CDU s’y oppose depuis plusieurs années, la chancelière a provoqué un séisme dans la coalition au pouvoir en se déclarant favorable au mariage pour tous. Le texte a été voté dès ce vendredi.

 Nathalie Versieux, correspondante à Berlin
Libération
29 juin 2017

Mise à jour vendredi 30 juin à 9h20 : Comme prévu, le Parlement allemand a, au terme d’à peine une heure de débats, adopté l’ouverture du droit au mariage pour les couples de même sexe. Le oui a recueilli 393 voix, le non 226.

Tout est allé très vite. L’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, qui bloque depuis un quart de siècle tout projet de loi sur le mariage pour tous, ne pourra vraisemblablement pas éviter ce vendredi l’adoption du mariage gay par le Bundestag. Gaffe ou calcul délibéré de la chancelière : l’ouverture du mariage aux couples homosexuels déchire la coalition au pouvoir depuis le début de la semaine.

Tout a commencé par une paisible soirée au théâtre Gorki, à Berlin, lundi soir. Trois fauteuils en cuir rose pâle ont été installés sur la scène. Deux journalistes du magazine féminin Brigitte papotent avec la chancelière. Merkel a opté pour un format de débat décontracté, à trois mois des prochaines élections, se prêtant au jeu des questions du public. Ulli Köppe, un Berlinois de 28 ans, salarié de l’éditeur gay Blu Mediengruppe et admirateur de Merkel, a justement une question : «Quand pourrai-je dire « mon mari » à mon ami ?» La chancelière aurait pu rester évasive. Sa réponse – «Je suis favorable à une discussion qui aille dans le sens d’une prise de décision en conscience [au Bundestag]» – a provoqué un raz-de-marée politique. Un choc semblable à la décision de mettre fin au nucléaire, dans le sillage de la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

«Digéré»

Prenant sa rivale au mot, le challenger social-démocrate de la chancelière, Martin Schulz, réclamait dès mardi que le Bundestag inscrive l’adoption de la mesure à l’ordre du jour de vendredi, dernière journée parlementaire avant les législatives du 24 septembre. L’adoption du texte en cas de vote est assurée : sociaux-démocrates, Verts et néocommunistes de Die Linke, tous trois favorables à la réforme, détiennent une confortable majorité à la Chambre. Une partie des députés CDU – appelés à voter en leur âme et conscience – devraient aussi donner leur voix au texte.

L’offensive de Martin Schulz a pris Angela Merkel de court. Le SPD espère ainsi reprendre la main, alors que sa campagne électorale est enlisée. Mais la chancelière, si elle se met à dos une partie du clan conservateur, pourrait aussi marquer des points, alors que 73 % des Allemands (et 64 % des électeurs conservateurs) se disent favorables à l’union de deux personnes du même sexe. «Elle évite ainsi un débat passionné qui pourrait profiter aux populistes de l’AfD au cours de la campagne électorale», souligne le quotidien Tagesspiegel. Adopté à la hussarde à la veille de la pause estivale, le texte aurait en outre le temps d’être «digéré» par les plus radicaux des électeurs conservateurs d’ici au scrutin de septembre. Merkel a-t-elle imposé à son propre camp une décision que les conservateurs rejettent ? Ou a-t-elle, au contraire, commis un impair politique ?

L’affaire est plus compliquée. De fait, la CDU ne pouvait plus s’opposer bien longtemps au mariage pour tous. Au cours des derniers mois, les Verts, les libéraux du FDP et les sociaux-démocrates – tous trois potentiels partenaires de coalition après le scrutin de l’automne – ont fait savoir qu’ils feraient du mariage gay l’une des conditions de leur participation au prochain gouvernement.

Divorce

Lundi dans la journée, lors de leurs réunions préparatoires à l’adoption d’un programme de campagne, la CDU et la CSU semblaient prêtes à bouger sur le dossier du mariage pour tous. Mais les deux partis n’avaient pas prévu de le faire si rapidement. «Je suis convaincu qu’il ne s’agit pas d’une gaffe mais bien d’une action délibérée de la chancelière, confie le député chrétien-démocrate et gay Stefan Kaufmann. Au sein du groupe parlementaire CDU, les plus conservateurs opposés au mariage pour tous ont toujours bloqué le débat. Bien sûr, maintenant, certains ont peur de devoir se justifier devant leurs électeurs au cours de la campagne électorale…» Reste qu’en précipitant les choses, le SPD acte de facto le divorce de la coalition qu’il forme avec les chrétiens-démocrates depuis 2013. Le contrat de coalition signé voici quatre ans ne prévoyait pas l’adoption du mariage gay. «En théorie, Angela Merkel devrait renvoyer ses ministres sociaux-démocrates», rappelle ainsi le Tagesspiegel. Soucieuse d’éviter un tremblement de terre à trois mois du vote, la CDU tente de minimiser l’ampleur de la crise.

A droite, une partie du camp conservateur prépare déjà un recours devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. L’issue d’un tel recours est incertaine. Les couples de même sexe peuvent conclure depuis 2001 un «partenariat de vie», équivalent du pacs français, dont les droits ont été à plusieurs reprises améliorés par la Cour, à l’exception de l’adoption.

Voir encore:

Le Parlement allemand approuve le mariage homosexuel

Andrea Shalal et Paul Carrel

BERLIN (Reuters) – Le Parlement allemand a approuvé vendredi à une large majorité la légalisation du mariage homosexuel avec le blanc-seing de la chancelière Angela Merkel qui avait invité les conservateurs à voter « en conscience » sur cette réforme qui divise le parti au pouvoir et à laquelle elle était elle-même opposée.

L’adoption du « mariage pour tous » a été approuvée par 393 voix contre 226 et quatre abstentions, a annoncé le président du Bundestag, Norbert Lammert.

Angela Merkel a déclaré avoir voté contre l’amendement déposé par le Parti social-démocrate (SPD) en expliquant qu’à ses yeux, un mariage demeure une union « entre un homme et une femme ».

Qualifiant ce vote de « décision personnelle », la chancelière a néanmoins souhaité que la légalisation du « mariage pour tous » apporte « davantage de paix et de cohésion sociale » en Allemagne.

L’annonce du résultat du vote a été saluée par des centaines de militants homosexuels rassemblés devant le Bundestag.

« C’est un jour historique pour l’Allemagne », a déclaré Sören Landmann, militant de longue date du mariage gay.

« Aujourd’hui, des milliers de couples de même sexe ont obtenu l’égalité, et la société à deux vitesses en matière d’amour a été abolie. L’Allemagne peut réellement se réjouir. »

Le vote a une résonance particulière en Allemagne, toujours hantée par un passé homophobe virulent.

Le Bundestag avait déjà fait un premier geste cette année en accordant un dédommagement à des centaines d’homosexuels emprisonnés en vertu d’une loi du 19e siècle, durcie par les nazis, qui n’a été abrogée qu’en 1969 lorsque l’homosexualité a été légalisée en ex-Allemagne de l’Ouest.

Angela Merkel avait qualifié mercredi d' »embuscade » tendue à son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), l’amendement déposé par le SPD, partenaire minoritaire au sein de la coalition gouvernementale.

MERKEL CRITIQUÉE DE TOUTES PARTS

Le sujet continue en effet de diviser les élus conservateurs et leur électorat à l’approche des élections législatives du 24 septembre.

La décision de la chancelière d’autoriser les députés de la CDU à voter selon leur conscience a provoqué la colère de l’aile la plus conservatrice de son parti.

« Cela va à l’encontre du programme de la CDU, qui stipule que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme, donc les décisions de la CDU n’ont clairement aucune valeur », a vitupéré Erika Steinbach, une élue indépendante qui a claqué la porte du parti d’Angela Merkel pour dénoncer sa politique d’accueil des migrants.

Le parti anti-immigration et anti-islam Alternative pour l’Allemagne (AfD) a pour sa part accusé la chancelière d’avoir dépouillé son parti de ses « dernières nuances conservatrices », tandis que l’Eglise catholique allemande a « regretté » sa décision.

« La reconnaissance de la cohabitation de même sexe peut passer par un autre modèle institutionnel », a fait valoir l’archevêque de Berlin, Heiner Kochof.

Les commentateurs politiques jugent peu probable que le sujet pèse sur le résultat des élections à venir.

Mais conforté par ce succès, l’un des rares de la législature, le SPD a tenté d’enfoncer le clou en dénonçant la « lâcheté » d’Angela Merkel qui s’est, selon lui, dérobée à sa responsabilité politique en faisant du vote une affaire de conscience.

« Après 17 années au pouvoir, la CDU est devenue lâche », a commenté Hubertus Heil, le secrétaire général du SPD, largement distancé dans les sondages d’intention de vote par le Parti conservateur.

Le « mariage pour tous » deviendra légal en Allemagne lorsque le texte voté vendredi par le Bundestag aura été signé par le président Frank-Walter Steinmeier, ce qui devrait intervenir peu après le 7 juillet.

(Avec Thomas Escritt et Joseph Nasr; Tangi Salaün pour le service français)

Voir par ailleurs:

Marie-Jo Bonnet: «Je ne vois pas en quoi la PMA serait un “progrès”»

Eugénie Bastié
Le Figaro
27/06/2017 Publié le 08/07/206

FIGAROVOX/REDIFFUSION – La militante féministe et de gauche Marie-Jo Bonnet analyse les conséquences et les enjeux d’une extension de l’aide médicale à la procréation aux couples lesbiens. Selon elle, cela soulèverait de nombreux problèmes éthiques.

Marie-Josèphe Bonnet est historienne. Femme de gauche engagée depuis longtemps dans les milieux féministes, elle avait participé à la fondation du mouvement des «Gouines rouges» dans les années 1970. Dans son dernier livre Simone de Beauvoir et les femmes (Albin Michel, 2016), elle analyse le rapport ambigu de l’auteur du Deuxième sexe à la cause des femmes.

Cet entretien a été réalisé en juillet 2016. Nous le republions à l’occasion de la publication de l’avis favorable du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

FIGARO. -«Il n’y a aucune raison de discriminer les couples lesbiens par rapport aux couples hétérosexuels», a dit récemment Laurence Rossignol, affirmant sa volonté d’ouvrir la Procréation Médicalement Assistée aux femmes homosexuelles. Que pensez-vous de cette prise de position?

Marie-Jo BONNET. – Le mot «discrimination» ici ne convient car on ne peut pas comparer les couples hétérosexuels dont un membre est stérile avec les couples de femmes qui ne le sont pas. Pour parler discrimination il faudrait que les deux situations soient comparables, ce qui n’est pas le cas ici.

Par ailleurs, parler de «PMA» pour les couples de lesbiennes n’a pas de sens et la plupart des gens ne savent pas ce que ce sigle recouvre. Il faudrait en fait parler de l’IAD, c’est à dire d’ «insémination artificielle avec donneur», et précisons, «donneur anonyme». Or c’est l’anonymat qui me pose problème, pour les couples de femmes comme pour les couples hétérosexuels. On a décidé de ne pas regarder la stérilité en soi, mais «l’infertilité» des couples. Du coup, on masque le fait que dans le cas des couples hétérosexuels c’est l’homme qui est stérile. Il n’est pas le père de l’enfant. Toute cette histoire est batie sur un mensonge dont la première victime est l’enfant. De quel droit est-ce que je m’autoriserais à priver l’enfant de la connaissance de ses origines?

De plus l’ouverture de l’IAD à toutes les femmes poserait le problème de la rareté des gamètes. Contrairement à ce qu’on imagine aujourd’hui, les donneurs de gamètes sont peu nombreux. Il y a seulement 250 donneurs de sperme en France. Et on nous dit que ce n’est pas suffisant pour répondre à la demande des couples hétérosexuels stériles qui doivent attendre un an et quelque fois plus avant de commencer le long processus de procréation médicalement assistée. Où trouver les gamètes manquantes? En payant les donneurs de sperme? On risque d’ouvrir la porte à la marchandisation. En France, la gratuité est le rempart à la marchandisation. D’un simple point de vue pratique cette «ouverture» de la PMA à toutes les femmes est impraticable.

Comment expliquez-vous que le droit à avoir des enfants soit devenu une revendication homosexuelle? Etait-ce déjà le cas dans les années 1970 quand vous militiez avec les Gouines rouges?

A l’époque, on ne voulait pas d’enfants! Et celles qui en voulaient avaient recours à des moyens classiques c’est à dire qu’elles demandaient de l’aide à des amis et faisaient ça chez elles à l’aide d’une seringue! Ca se passait très bien. On était obligés de s’entendre. Autrement dit, la relation sociale entre les genres était maintenue. L’IAD fait éclater cette relation sociale. Parler de droit ou de discrimination sur ce terrain est un abus de langage. Car l’enfant n’est pas plus un droit qu’il n’est un devoir. On a trop tendance à l’oublier aujourd’hui.

La technicisation de la grossesse ne pose-t-elle pas fondamentalement le problème de la «reproduction artificielle de l’humain» (Alexis Escudero)?

Je crois en effet que la médicalisation de la grossesse pose un problème en soi. Ce qu’on nous présente comme un progrès est en réalité une reprise en main par le pouvoir médical des acquis de ces quarante dernières années par les femmes avec la maitrise de notre fécondité. Car L’IAD suppose des consultations, un bilan sanitaire et génétique, avec parfois une stimulation ovarienne, toujours très dangereuse à long terme. Et cerise sur le gâteau, un traitement médical pour fixer la grossesse. C’est beaucoup de soucis pour une grossesse qui peut se faire dans des conditions plus conviviales et plus simples.

Aujourd’hui, être contre la PMA ou la GPA apparait comme «de droite» voire réactionnaire. Comment expliquez-vous que la gauche en ai fait une revendication? Pourquoi y a t-il si peu de voix de gauche qui osent s’opposer à ces revendications?

«La “stérilité sociale” est une notion selon moi très dangereuse, à la limite homophobe»

Ce n’est ni une revendication de droite ni une revendication de gauche. D’ailleurs les pays ultra libéraux ont ouvert toutes grandes les vannes de la PMA, y compris les pays catholiques comme l’Espagne, parce que c’est un marché et ça rapporte. En France, c’est un gouvernement de droite qui a donné l’autorisation de fonder des CECOS (Centres d’Etudes et de Conservation des Oeufs et du Sperme), en l’occurrence Simone Veil qui voulait montrer que l’avortement n’empêchait pas la natalité.

Nous sommes nombreux à gauche à s’opposer à la médicalisation de la grossesse et plus nombreux à refuser la GPA. Quant à moi, je ne vois pas en quoi la PMA serait un «progrès». L’insémination artificielle avec donneur anonyme est un pis aller qu’on a décidé de réserver aux hommes stériles pour sauvegarder l’image de l’homme «viril». Avec en prime le mensonge sur l’origine de l’enfant, toujours dangereux car il mène à la forclusion, c’est-à-dire à l’impossibilité psychique d’accéder à son origine.

Certains parlent de «stérilité sociale»…

La «stérilité sociale» est une notion selon moi très dangereuse, à la limite homophobe, comme si la relation amoureuse entre femmes était stérile. Culturellement, les lesbiennes ont beaucoup apporté à la société. Elles ont été des vecteurs d’évolution sociale très importants.

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/28/31003-20170628ARTFIG00230-pma-pour-toutes-vers-l-uberisation-de-la-procreation-humaine.php

PMA pour toutes : vers l’ubérisation de la procréation humaine ?
Laetitia Pouliquen
le Figaro
28/06/2017

FIGAROVOX/ANALYSE – Le CCNE s’est prononcé en faveur de l’extension du droit à la PMA pour toutes les femmes. Laetitia Pouliquen analyse les enjeux éthiques d’une telle décision qui pourrait mener, à terme, à une véritable « ubérisation » de la procréation à l’échelle mondiale.

Laetitia Pouliquen est fondatrice de WomanAttitude, cofondatrice et ex-Directrice d’Europe for Family, et auteur de Femme 2.0 – Féminisme et Transhumanisme (Saint-Léger Éditions, 2017).

Le rapport rendu ce jour par le Comité d’Éthique français, le CCNE, en faveur de l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée à toutes les femmes, c’est-à-dire la «fabrication» d’enfants délibérément privés de pères, a des raisons d’inquiéter. Sur un sujet sociétal majeur, la consultation citoyenne est nécessaire mais l’expression de la vox populi sera-t-elle entendue avec une forte majorité En Marche! à l’Assemblée Nationale? Quel contre-pouvoir dénoncera les effets délétères de la PMA et les enjeux industriels et financiers de l’Ubérisation de notre reproduction humaine?

Pourquoi parler d’Ubérisation de la procréation humaine?

Si l’Ubérisation est une pratique économique permettant la mise en contact direct de professionnels et de clients pour l’utilisation de services internationaux, la pratique économique mondiale de la procréation artificielle y ressemble beaucoup par son aspect «plate-forme internationale» mettant en contact direct de nombreux intervenants de plusieurs pays grâce à internet. Concrètement, l’enfant peut être «fabriqué» par plusieurs «parents» provenant de plusieurs pays que les personnes soient fertiles ou pas.

Ne soyons donc pas naïfs: derrière les modes progressistes et les prétendues évolutions sociétales qui désirent affranchir l’Homme de sa contingence, se trouve un marché juteux. L’enfant, lui, sera le grand oublié de l’affaire, ce que nous pourrions tous reconnaître, quelles que soient nos positions éthiques.

Le faux nez de la validation morale par la Cour Européenne des Droits de l’Homme

Deux affaires récemment portées à la Cour Européenne des Droits de l’Homme démontrent que le sujet est plus que jamais d’actualité. La position du président Macron de se ranger à l’avis du CCNE et aux arrêts de la CEDH traduit un abandon moral et de souveraineté. Les deux récentes affaires portées à la CEDH démontrent les impasses juridiques vers lesquelles se dirige le législateur: la première concerne un couple de femmes françaises mariées désireux de bénéficier d’une insémination artificielle avec du sperme anonyme. Face à l’interdiction de législation française, elles ont recours à la CEDH pour contraindre la France à accéder à leur désir. La seconde a trait à la «double maternité» ou «Fécondation réciproque»: deux femmes allemandes en couple réclament toutes deux la reconnaissance de leur statut légal de mère. L’une des femmes est la mère génétique qui a apporté ses ovocytes, fécondés in vitro avec le sperme d’un donneur anonyme, et l’autre femme a donné naissance à l’enfant ; celle-ci est considérée par la loi allemande comme la seule mère de l’enfant.

Le Traité de Lisbonne n’accordant pas de compétence en matière de famille et de santé à l’Union Européenne, c’est donc bien au législateur français qu’il revient de décider, en conscience et sans hypocrisie, du futur de nos enfants et de notre société.

Le marché de la procréation humaine artificielle est un marché mondial très juteux

La réponse médicale de la surmédicalisation de la procréation est-elle adéquate ou serait-elle manipulée par des intérêts financiers majeurs? On dénombre aujourd’hui plus de cinq millions d’enfants dans le monde et 1,4 million en Europe, nés de fécondation In Vitro depuis 1978. En Espagne, 2% des enfants naissent par fécondation in Vitro et en France, 3% des enfants sont des «bébés éprouvette». Le European Journal of Obstetrics and Gynecology and Reproduction Biology fait état d’une hausse conséquente des demandes de fécondations In Vitro alors que le taux d’infertilité, lui, est stable depuis 20 ans.

L’Ubérisation de la procréation humaine est symbolique d’un marché mondialiste libéral qui contourne les lois nationales. Le marché des technologies de reproduction assistée englobe de nombreuses industries et tiers-parties: laboratoires pharmaceutiques et biomédicaux, personnels de santé mentale, cliniques spécialisées en procréation artificielle, laboratoires de séquençage génomique pour dépistage préimplantatoire, banques de gamètes, agences et cliniques spécialisées en GPA, experts juridiques, réseaux mafieux de trafic d’enfants etc… À titre d’exemple, mentionnons que le Danemark est un gros pourvoyeur de sperme anonyme, permettant ainsi aux Suédois et Norvégiens de contourner leurs lois qui interdisent, elles, l’anonymat. L’achat de sperme, sélectionné sur catalogue et livré par courrier express international, varie 250 et 23 000 dollars en fonction des diplômes et des caractéristiques génétiques du donneur.

Les projections de croissance du marché sont de 4.4% par an de 2016 à 2023 pour atteindre les 31,4 milliards de dollars en 2023. La procréation humaine artificielle constitue donc un marché international conséquent, alimenté par un écosystème très vaste.

Bébés In Vitro – Quels problèmes de santé en vue?

Dans un souci d’objectivisation de l’intervention technologique dans la procréation humaine, il est utile de comprendre les dangers recelés par celle-ci ainsi que ses conséquences sociétales.

Dans une publication scientifique norvégienne de 2016 «La PMA peut-elle influencer l’évolution humaine?», des chercheurs norvégiens ont tenté d’évaluer les effets du mode de fécondation sur le développement d’un embryon et d’établir l’existence ou non de changements de génotypes et de phénotypes (expression du génome en fonction de l’environnement) pouvant affecter l’évolution humaine sur le long terme. Les chercheurs soulignent le fait que les embryons sont sélectionnés pour leur robustesse et leur capacité à survivre dans des conditions de laboratoires, transpercés par une pipette, exposés à la lumière et au contact de matières plastiques de la boîte de Petri dans lequel le laborantin va laisser maturer les cellules embryonnaires avant implantation ou congélation. Ils affirment que cette sélection sur le critère de la robustesse va, sur les générations à venir, favoriser ce trait génétique sur d’autres caractères qui se seraient exprimés lors d’une sélection naturelle dans l’utérus de la mère. Les chercheurs norvégiens soulignent aussi que la FIV facilite la propagation des traits génétiquement héréditaires des couples sous-fertiles, dont précisément, la sous-fertilité.

Une étude de 2013 menée par Sven Sandin du King’s College de Londres sur 2,5 millions enfants suédois tire des conclusions préoccupantes: les enfants nés par FIV seraient plus susceptibles de souffrir de déficits cognitifs tels qu’un QI bas, et de problèmes de communication ou de socialisation comme l’autisme.

Une autre découverte majeure en Neurosciences datant de 2010 démontre que, durant la grossesse, le fœtus laisse une «trace» cellulaire sur sa mère. Des cellules fœtales, ainsi que des brins d’ADN provenant du patrimoine génétique du père, ont été retrouvées chez la mère plus de trente ans après la naissance de l’enfant. Même si l’épidémiologie n’a pas encore décrit l’empreinte physiologique et génétique de la mère sur l’enfant, la psychologie, elle, le démontre avec force par la description des échanges mère enfant in utero.

Les générations à venir seront-elles toutes psychotiques?

De même que les manipulations technologiques laissent des traces épigénétiques sur l’enfant à naître et que la grossesse laisse des traces cellulaires sur la mère, de nombreux spécialistes de la psychologie de l’enfant affirment, à l’instar du pédopsychiatre Daniel Rousseau, que «tromper un enfant sur sa filiation peut le rendre fou!». Alors, pourquoi l’enfant né de fécondation artificielle est-il une victime? Le psychiatre Benoît Bayle décrit la problématique psychologique de la survivance périnatale des enfants issus d’un tri embryonnaire au cours d’une fécondation In Vitro. Dépressions récurrentes, troubles obsessionnels, prises de risques suicidaires, hospitalisations fréquentes et problèmes identitaires peuvent être associés avec une naissance par procréation artificielle.

Par ailleurs, le séquençage génomique dans le but d’une sélection délibérée de traits génétiques (choix du sexe, couleur des yeux, enfant muet pour un couple de sourds…) va insécuriser l’enfant par rapport à l’amour inconditionnel que ses parents lui portent. Le désir des adultes a donc la préséance sur les droits de l’enfant et ne fait aucun cas de la souffrance psychique engendrée par ce mode de procréation: quelle injustice!

Perspective transhumaniste de l’Ubérisation de la Procréation Humaine

Si l’on ne s’insurge pas contre la pratique de la PMA sans père que le Comité d’Éthique français avalise aujourd’hui, il y a fort à parier que la loi française à l’égard des pratiques de procréation humaine artificielle continuera de s’assouplir. Les générations futures deviendraient alors hors sol, sans famille, ayant plusieurs représentants légaux, plusieurs pays d’origine et de résidence. Celles-ci seraient sélectionnées selon des critères prétendument laissés à la liberté individuelle des parents mais en réalité, choisis par des normes sociales, culturelles et médicales, définissant l’état de santé, d’intelligence et de beauté minimum pour le «vivre ensemble».

Si l’on n’y prenait garde et que toute manipulation technologique sur la procréation humaine devenait monnaie courante, alors l’Homme pourrait devenir une espèce normée par la sélection embryonnaire et les modifications génétiques, et «désenfanté» par l’ingénierie d’externalisation de la procréation humaine. Cette dérive possible serait en cohérence avec l’utopie transhumaniste de l’Homme Augmenté.

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/28/31003-20170628ARTFIG00203-pma-pour-toutes-quand-le-ccne-pietine-ses-propres-conclusions-par-ideologie.php

Étrange tout de même de constater combien les bons sentiments bloquent la pensée. Car on n’en est pas à une contradiction près. Ceux-là mêmes qui ôtent toute valeur à la filiation biologique, réduisant le père et la mère (les géniteurs) à des «fournisseurs de ressources biologiques» sont prêts à tout pour transmettre leur propre patrimoine. Ceux-là mêmes qui sous-estiment l’importance d’une généalogie cohérente tiennent absolument à perpétuer leur génotype. Ceux-là même pour qui le sexe est négligeable semblent attacher une grande importance à ce que leur enfant possède les yeux de sa mère et la prédisposition au diabète de sa grand-mère.

Voir enfin:

Les gays ont épousé le conformisme
Causeur
23 juin 2014

Entretien avec Marie-Josèphe Bonnet

Marie-Josèphe Bonnet est historienne. Elle a successivement milité au Mouvement de libération de la femme (MLF), au Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) puis aux Gouines rouges. Elle a récemment publié Adieu les rebelles ! (Flammarion, 2014), brillant pamphlet contre la dérive bourgeoise du mouvement homosexuel.

Daoud Boughezala. Pourquoi êtes-vous opposée à la loi Taubira sur le mariage et l’adoption pour tous, célébrée comme une immense avancée par les associations gays et lesbiennes ?

Marie-Josèphe Bonnet. Le mariage étant conçu pour faire et protéger les enfants, l’ouvrir aux homosexuels, c’est mettre un plâtre sur une jambe de bois ! En s’alignant sur le modèle hétérosexuel, le « mariage pour tous » élude en effet la pluralité des comportements amoureux, des désirs et des choix de vie. Le législateur a décrété l’égalité entre les couples, et non pas entre les personnes. Que fait-on de ceux qui ne sont pas mariés ? Ont-ils les mêmes droits que les hétéros ? La loi Taubira n’est qu’une reconnaissance illusoire de l’homosexualité. Comme toute mesure d’institutionnalisation, elle normalise la sexualité et introduit de nouvelles séparations : d’un côté les mariés et, de l’autre, les célibataires et les pacsés. En fin de compte, cette loi exprime un conformisme petit-bourgeois assez étonnant. Nous vivons la fin de la contre-culture homosexuelle, et cela me consterne !

Après tout, pourquoi les homosexuels n’aspireraient-ils pas à être des bourgeois comme les autres?

Être homosexuel revêt une signification particulière. Cela renvoie à un type singulier de désir, qui a longtemps été réprimé en raison de ses écarts par rapport à la norme hétérosexuelle. Chacun peut interpréter son homosexualité comme il l’entend. Personnellement, je la conçois comme un désir de développement personnel qui me porte à la solidarité avec les femmes. Après Mai-68, j’ai voulu faire de mon homosexualité un facteur de contestation des normes et des modèles sociaux établis. Avec le Front homosexuel d’action révolutionnaire, nous voulions nous transformer nous-mêmes pour changer la société. Mais sévissait déjà dans la société un courant d’intégration des homosexuels qui nous conseillait de ne pas faire de vague et d’entrer dans ce qu’ils appelaient l’« indifférence » en opposition à la « différence » que nous incarnions.

Vouloir être reconnu par le droit, ce n’est pas forcément trahir la cause. Comme disait le fondateur du FHAR, Guy Hocquenghem, pour déconstruire les rôles sociaux, encore faut-il y avoir accès…

Mais Guy avait accès à tous les rôles ; c’était même sa revendication que de pouvoir jouer avec le rôle féminin en devenant objet du désir. Dans les années 1970, le mouvement « pédé » − qui se désignait comme tel, alors que nous-mêmes nous appelions « gouines » − se voulait en rupture avec le modèle traditionnel de la virilité. Ses membres scandaient « À bas la virilité fasciste ! » dans les manifs du MLF. C’étaient les seuls garçons que nous acceptions dans les cortèges du MLF, car ils se mettaient du côté du matriarcat et acceptaient leur féminité. Quant au mouvement « gouine », il était en quête d’une nouvelle forme d’authenticité en rupture avec les stéréotypes sociaux associés aux femmes. Malgré nos différences, au sein du FHAR, nous avons constitué une alliance fraternelle révolutionnaire pour l’époque !

En ce cas, pourquoi avez-vous rompu avec les associations homosexuelles ?

Pendant que les « gays » s’orientaient exclusivement vers le masculin, abandonnant leur quête de féminité, le féminisme s’est institutionnalisé avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Or, cette rentrée dans le rang s’est faite aux dépens des lesbiennes, qui se sont repliées sur le mouvement queer, abandonnant du même coup le combat pour la reconnaissance sociale de l’amour entre femmes au profit de l’« indifférenciation » des genres.

Les années sida n’ont-elles pas resserré les liens entre lesbiennes et queers ? Dans votre essai, vous insinuez que c’est l’hécatombe des années 1980 qui a engendré un désir d’enfant chez les gays.

Il est vrai que ces deux mouvements ont été concomitants. D’une part, les féministes officielles – dont certaines étaient lesbiennes – se sont plus ou moins séparées de la cause des homosexuelles censées « haïr » les hommes, car il fallait alors faire la paix des sexes. D’autre part, les gays ont exprimé un désir d’enfant inédit. Les morts du sida ont certainement beaucoup joué dans ce désir de perpétuation. Que les lesbiennes veuillent avoir des enfants, ce n’est pas surprenant. Mais les gays ont voulu transmettre leurs gènes (et leur patrimoine), tout en nous expliquant que le biologique n’avait aucun poids dans la famille. Si tel était le cas, les associations LGBT n’exigeraient pas la GPA, mais se contenteraient de l’adoption !

En somme, on assiste au retour du refoulé génétique ou, à tout le moins, à une revanche de la nature sur la culture ?

Oui. Si l’idéologie dominante répudie toute réflexion sur les gènes, le biologique et la transmission, les individus – homosexuels compris ! – n’en demeurent pas moins travaillés par leur inconscient familial. Dans une famille, quand on n’a pas d’enfant, on n’existe pas. Moi-même, sans enfant, j’ai dû m’imposer dans ma propre famille, et cela n’a pas été facile.

Rassurez-vous : comme le mariage, la parentalité est désormais « pour tous » ! À ce propos, en lui laissant entendre qu’il peut naître de deux hommes ou de deux femmes, ne brouille-t-on pas complètement les repères de l’enfant ?

Cette fiction revient ni plus ni moins à occulter l’un des parents biologiques de l’enfant. Ne pas avoir connaissance de son héritage génétique est dramatique. L’origine, c’est fondamental, c’est un enracinement dans une mémoire familiale, un héritage physique, certaines maladies qui se transmettent de génération en génération, etc. Ayant un grand-père né de père inconnu, je sais combien un trou dans l’arbre généalogique peut faire de dégâts. Quand l’histoire de la famille n’a pas été transmise, on se retrouve manipulé par l’inconscient familial. Mais certains proposent de dénier l’origine biologique, comme si elle comptait pour rien.

Vos camarades féministes n’ont-elles pas pavé le chemin de cette déconstruction par leur lutte contre l’ordre patriarcal ?

Ah non, vous confondez luttes féministes et mouvement queer ! Hormis Élisabeth Badinter, Caroline Fourest et Irène Théry, je connais peu de féministes favorables à la « GPA éthique ». Dans les années 1970, la majorité des féministes entendaient maîtriser la fécondité et émanciper les femmes du pouvoir médical. Or, c’est pratiquement au moment où l’on obtient l’avortement et la contraception que naît Amandine, le premier « bébé-éprouvette ». Les médecins reprennent alors le pouvoir sur la procréation et font de la thérapie contre la stérilité une priorité, comme si l’on ne pouvait pas vivre sans enfant. Par la suite, la mouvance queer a surfé sur les innovations de la biotechnologie, au risque de lui confier les clés de la filiation. N’oubliez pas qu’avec la PMA, ce n’est plus la mère mais le médecin qui choisit le père de l’enfant. En plus, il sélectionne le sperme, élimine les porteurs de maladie, etc.

Si une partie des députés de la majorité souhaitait autoriser les couples de lesbiennes à recourir à la PMA, ce n’était pas pour complaire au lobby médical mais pour ne plus réserver l’emploi de cette technique aux seuls couples hétéros. Tout bien réfléchi, pourquoi n’accorderait-on pas les mêmes droits à tous ?

Avec la PMA, on franchirait un pas supplémentaire dans l’artificialité en coupant les enfants de leurs origines biologiques. En France, la PMA est permise en cas de stérilité médicalement constatée. Or, l’immense majorité des lesbiennes ne sont pas stériles. Dans leur cas, qu’est-ce qui motiverait la PMA ? On me répondra que deux femmes ne peuvent pas faire d’enfant par les voies biologiques. Mais les homosexuels ont engendré depuis des millénaires. Les lesbiennes n’ont pas besoin de recourir à des techniques médicales pour se faire inséminer par des hommes qui acceptent d’être le père biologique sans être le père social de l’enfant.

Le désir d’enfant à tout prix pousse même certains à « importer » un bébé conçu par GPA car si, en France, François Hollande s’est engagé à ne jamais la légaliser, le recours aux mères porteuses est en pleine extension à travers le monde…

La GPA nous fait bel et bien entrer dans un cadre marchand mondialisé, avec des mères porteuses qui proposent des contrats de location de ventre. Cette technique nous met face à un enjeu biotechnologique sans précédent. La GPA, c’est l’ouverture au commerce international des enfants, à la négation du rôle de la mère, dont on connaît l’importance dans la relation interpersonnelle qui se noue avec le fœtus au cours des neuf mois de grossesse. Tout ceci est scandaleux. Dans les reportages sur les cliniques de GPA en Inde, on entend des mères auxquelles on a enlevé l’enfant dès la naissance, au point qu’elles n’ont même pas pu lui donner la tétée malgré l’importance du lait maternel dans le développement du système immunitaire du nourrisson. Eh bien, des années après, à chaque anniversaire de l’enfant, elles y pensent encore… J’ajoute qu’en toile de fond, la GPA introduit un « droit à l’enfant » tout à fait abusif, et qui ne se préoccupe pas de l’avenir de l’enfant né dans de telles conditions.

Un enfant élevé par des parents homos sera-t-il forcément moins épanoui que s’il avait grandi dans un foyer hétéro ?

Bien sûr que non ! N’importe qui peut élever des enfants. Le problème n’est pas là. Mais derrière le « droit à l’enfant » et l’homoparenté, s’avance l’idée de faire des enfants sans l’autre sexe. Quelle société voulons-nous ? D’un côté, on se bat pour la mixité et, de l’autre, on rejette l’autre sexe dans un acte qui est l’essence même de la perpétuation de notre société. Au sujet des homosexuels, on parle même de « stérilité sociale », ce qui est le comble de l’homophobie puisque cela revient à affirmer que les homosexuels ne peuvent rien apporter d’autre à la société que des enfants. Nous vivons bien la fin de la contre-culture homosexuelle.

De fait, il existe des dizaines de milliers d’enfants français vivant dans des foyers homosexuels. Comment accorder des droits à ceux qui les élèvent sans bouleverser leur filiation ?

Contentons-nous d’élaborer un statut de beau-parent digne de ce nom et valable pour toutes les situations. S’agissant d’une PMA effectuée par un couple de lesbiennes, qui auraient par exemple payé une clinique en Belgique, puisque ce droit leur est fermé en France, la compagne de la mère biologique doit avoir des responsabilités reconnues par la loi. Non pas en tant que deuxième parent, mais comme beau-parent, ce qui est radicalement différent sur un plan symbolique. La même règle vaudrait pour les couples hétérosexuels. Quand aux hommes qui ont recours à une mère porteuse à l’étranger, leur situation est différente. Même s’ils peuvent prouver que l’un d’entre eux est le père biologique, le fait d’instrumentaliser des femmes est tout à fait inadmissible et contraire à la reconnaissance du droit des femmes. Nous avançons sur une pente très dangereuse…

Indépendamment des intérêts de l’enfant, la banalisation des familles avec « deux papas » ou « deux mamans » ne contribue-t-elle pas à mieux faire accepter l’homosexualité ?

Ne vous y trompez pas : cela ne fait pas accepter la différence, mais plutôt le semblable. Dans l’inconscient collectif, une lesbienne ayant un enfant est perçue comme une femme, et non comme une lesbienne. Grâce à sa maternité, elle cesse d’être transgressive et se trouve beaucoup mieux acceptée dans la famille. Côté gay, les choses sont différentes car un homme n’a pas besoin de faire des enfants pour exister dans une famille et accéder au pouvoir dans la société. On se demande d’ailleurs si la revendication du droit à l’enfant n’est pas une façon de récupérer le pouvoir du Père : transmettre son nom et son patrimoine à sa descendance. Aujourd’hui, le patriarcat revient par l’entremise des gays, dès lors qu’ils se détournent de l’égalité entre les sexes !

Le remaniement annoncé le 22 septembre du Comité consultatif national d’éthique provoque des polémiques. D’abord parce que François Hollande et des ministres ont nommé plusieurs personnes qui reflètent davantage la vision de la majorité actuelle que celle de l’opposition et même celle du Comité sortant, notamment en matière de bioéthique. Ensuite parce que François Hollande a décidé de rompre avec la coutume qui consistait à consulter les institutions religieuses avant de nommer des personnes « appartenant aux principales familles philosophiques et spirituelles ».

Au total, sur 40 membres, pas moins de 22 nominations ont été annoncées. On y trouvera quinze nouveaux membres et seulement sept ont vu leur mandat renouvelé. Parmi les personnes « choisies en raison de leur compétence et de leur intérêt pour les problèmes d’éthique », on trouve notamment Jean-Pierre Mignard. Cet avocat proche de François Hollande est membre du Conseil national du Parti socialiste et codirecteur de Témoignage chrétien où il a pu exprimer son soutien pour la loi Taubira. Autre choix spectaculaire, abondamment commenté par plusieurs journaux catholiques : Michelle Meunier, éducatrice de jeunes enfants et sénatrice PS de Loire-Atlantique, qui milite pour la procédure du changement de sexe à l’état civil.

Quant à la place des quatre « religieux » (i. e. membres du CCNE recommandés par des organisations religieuses), François Hollande a décidé de ne pas renouveler les mandats du pasteur Louis Schweitzer et du rabbin Michaël Azoulay, alors que leurs institutions souhaitaient leur maintien. Ils ont été remplacés par deux personnes qui ne sont pas liées à des institutions religieuses : l’historienne protestante Marianne Carbonnier-Burkard et le chercheur en neurologie juif Lionel Naccache. Les mandats du catholique Xavier Lacroix et musulman Ali Benmakhlouf ne sont pas arrivés à terme.

Parmi les réactions des politiques, on relève d’abord ceux qui viennent de la droite. Ainsi en particulier Jean Leonetti, député UMP des Alpes-Maritimes et auteur de la loi sur la fin de vie. Au Figaro, il a déclaré : « On sort les religieux et on envoie des militants pour conformer les avis du CCNE à celui du gouvernement. Au lieu de changer d’avis sur ces grandes questions éthiques, le gouvernement préfère changer de comité d’éthique ! »
Une critique reprise notamment par le mouvement « La Manif pour tous », qui prépare ses états généraux.

Le président chercherait-t-il donc un CCNE à sa botte ? La question se pose, selon Philippe Gosselin, député UMP de la Manche. Dans sa tribune publiée dans nos colonnes, il écrit : « Le Président, comme les autres autorités de nomination – on pense au Président du Sénat nommant la très neutre (!) sénatrice Meunier -, ont sciemment pris le risque d’un trouble grandissant de l’opinion publique et d’un risque de manipulation d’une instance jusqu’alors respectée et écoutée. »

Le député, qui est aussi co-fondateur de l’Entente parlementaire pour la Famille, considère que « la méfiance s’est installée durablement entre la majorité et une grande partie de nos concitoyens depuis le projet, devenu loi, de ‘mariage pour tous ».

Même son de cloche pour Rachida Dati, vice-présidente de l’UMP et députée européenne, qui, dans une tribune publiée sur lavie.fr, se dit choquée par le « signal envoyé par ces évictions » : « Je suis inquiète pour la France, inquiète car au moment où la crise déstabilise et fragilise les Français, à une époque où un certain nombre de nos valeurs sont en train de voler en éclats, nous faisons fausse route en tournant le dos aux religions. « 

Dans une interview à La Vie, Louis Schweitzer met également en avant les facteurs politiques qui auraient joué en faveur de son éviction : « Je crois, dit-il, que ce n’est pas sans lien avec les positions que les institutions religieuses ont prises récemment contre le projet de loi sur le mariage pour tous ». Il en veut pour preuve le fait que le gouvernement souhaite relancer la discussion sur la fin de vie. Il se réfère aussi au débat à venir au sein du CCNE sur la PMA pour les couples homosexuels : François Hollande avait déclaré qu’il se conformerait à l’avis du CCNE. Une déclaration d’autant plus étonnante que le Comité d’éthique est consultatif.

Le pasteur baptiste et professeur d’éthique craint surtout un « retour à une laïcité musclée »  : « Le gouvernement fait comme si les chrétiens liés à une institution religieuse n’étaient pas libres de penser et dignes d’avoir leur mot à dire sur les questions de société. Je vois là un refus d’accepter la présence des religions dans le champ du débat public. Mais il serait fou de penser que les religions n’auraient rien à dire sur les sujets de société ! »

Ces craintes ne sont pas partagées par la gauche en général et par nombre d’acteurs qui connaissent bien le CCNE. C’est le cas de Didier Sicard, président d’honneur du Comité d’éthique. Dans son interview à La Vie, il s’érige contre l’idée selon laquelle cet organisme risquerait maintenant de devenir une courroie de transmission du pouvoir politique : « A vrai dire, ces nominations me paraissent excellentes, voire prestigieuses. On fait un procès d’intention au pouvoir en pensant qu’il cherche des personnalités allant dans son sens ; c’est une absurdité. Au CCNE, sont nommées des personnes compétentes en elles-mêmes, réputées pour leur intégrité et leur capacité à penser, et non pas pour leur prosélytisme ou leur conformisme à une sensibilité politique. » Didier Sicard ne pense pas non plus que l’éviction des « religieux » pose problème : « Ce sont bien des individus que l’on choisit, à cause de leur apport de pensée, et qui, à nouveau, ne représentent qu’eux-mêmes. Dès lors ces sensibilités religieuses libres, constituent une grande richesse pour la réflexion commune. »

A ce sujet, il faudrait néanmoins préciser que les quatre membres du CCNE recommandés par leurs institutions religieuses n’ont jamais eu la réputation de jouer le rôle des ambassadeurs de leurs religions. Dans l’histoire trentenaire du Comité, on a même vu un membre recommandé par les évêques qui s’est prononcé pour une exception d’euthanasie.  Rappelons aussi que les institutions religieuses n’avaient pas une faveur particulière. Le président de la République, plusieurs ministres, le président du Sénat, le vice-président du Conseil d’Etat peuvent évidemment désigner directement « leurs » membres. Et ce sont les présidents de l’Académie des sciences, de l’Académie de médecine, de l’Institut nationale de la santé et de la recherche médicale et de bien d’autres instituts encore, qui désignent, pour chacun d’entre eux, « leur » membre du Comité d’éthique. Le rôle des institutions religieuses était purement facultatif.

Pour l’instant, ce sont surtout les instances représentatives protestantes qui ont réagi. Le président de la Fédération protestante, indigné, a écrit une lettre de protestation au Ministère de l’Intérieur. Le Conseil national des évangéliques de France a publié un communiqué le 26 septembre dans lequel il s’inquiète d’une vision réductrice de la laïcité : « Les autorités laissent à penser que les croyants seraient les seuls à n’avoir ni la liberté de penser ni la dignité pour s’exprimer sur les questions de société. »

Or la question se pose avec d’autant plus d’acuité : Le comité d’éthique a-t-il vocation à devenir plus politique ? Est-il désormais aux ordres du pouvoir ?


Mal de dos : Attention, un mal peut en cacher un autre (Back pain: When your mind uses physical pain to protect you from psychic pain)

8 septembre, 2015
https://i0.wp.com/ecx.images-amazon.com/images/I/51yvtnNhYYL._SX331_BO1,204,203,200_.jpghttps://i1.wp.com/livingmaxwell.com/wp-content/uploads/2011/02/john-sarno-767x1024.jpghttps://i2.wp.com/www.macroeditions.com/data/prodotti/cop/galleria/big/g/guerir-le-mal-de-dos.jpgUn coeur joyeux est un bon remède, Mais un esprit abattu dessèche les os. Proverbes 17: 22
L’opprobre me brise le coeur et je suis malade. Psaumes 69: 21
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Plus d’un siècle après que Charcot a démontré que les hystériques n’étaient pas des simulateurs et que Freud a découvert l’inconscient, il nous est difficile d’accepter que nos souffrances puissent être à la fois réelles et sans cause matérielle. Georges Saline (responsable du département santé environnement de l’INVS)
Chacun a bien compris que « syndrome du bâtiment malsain » est la traduction politiquement correcte d’ »hystérie collective ». Le Monde
Musculoskeletal pain is very common. A review of prevalence studies indicated that in adult populations almost one fifth reported widespread pain, one third shoulder pain, and up to one half reported low back pain in a 1-month period. McBeth & Jones (2007)
Les muscles sont riches en terminaisons nerveuses, et lorsque le cerveau «en situation de stress», transmet trop d’informations aux nerfs, ils se trouvent alors saturés. Le muscle va y répondre par une crispation, une contraction musculaire, qui peut être la cause d’une douleur locale ou d’une douleur projetée. Et l’état de stress chronique favorise les poussées inflammatoires sur les articulations par la libération dans le sang de substances inflammatoires. Il suffit d’avoir un peu d’arthrose et d’être stressé pour que les articulations se mettent à exprimer une souffrance. Dr Gilles Mondoloni
We have incredible healing mechanisms that have evolved over millions of years. No matter how severe, injuries heal. Continuing pain is always the signal that TMS has begun. Consider that a fracture of the largest bone in the body, the femur (thigh bone), takes only six weeks to heal and will be stronger at the fracture site than it was before the break. Strong support that whiplash is part of TMS came to my attention in the Medical Science section of the New York Times from a piece published in the May 7, 1996, issue titled « In One Country, Chronic Whiplash Is Uncompensated (and Unknown). John E. Sarno
In a survey done in 1975 it was found that 88 per cent of patients with TMS had histories of up to five common mindbody disorders, including a variety of stomach symptoms, such as, heartburn, acid indigestion, gastritis and hiatal hernia; problems lower in the intestinal tract, such as spastic colon, irritable bowel syndrome and chronic constipation; common allergic conditions, such as hay fever and asthma; a variety of skin disorders, such as ecema, acne, hives and psoriasis; tension or migraine headache; frequent urinary tract or respiratory infections; and dizziness or ringing in the ears. . . . » (…) Even when there are structural abnormalities found in the back and in arthritic joints, many with such pathology have no symptoms; others have pain symptoms disproportionate to the actual pathology of the normal aging process. Even after surgeries to correct these « abnormalities » the pain continues. (…)  insight oriented therapy is the choice for people with TMS or its equivalents. The therapists to whom I refer patients are trained to help them explore the unconscious and become aware of feelings that are buried there, usually because they are frightening, embarrassing or in some way unacceptable. These feelings, and the rage to which they often give rise, are responsible for the many mindbody symptoms I have described. When we become aware of these feelings, in some cases by gradually becoming able to feel them, the physical symptoms because unnecessary and go away. John Sarno
The pain will not stop unless you are able to say, « I have a normal back; I now know that the pain is due to a basically harmless condition, initiated by my brain to serve a psychological purpose. (…) The brain tries desperately to divert our attention from rage in the unconscious. . . . So we must bring reason to the process! This is the heart of the very important concept. . . . (…) Remember, the purpose of the pain is to divert attention from what’s going on emotionally and to keep you focused on the body. (…) For some people simply shifting attention from the physical to the psychological will do the trick. Others need more information on how the strategy works, and still others require psychotherapy. John Sarno
Our results suggest that chronic symptoms were not usually caused by the car accident. Expectation of disability, a family history, and attribution of pre-existing symptoms to the trauma may be more important determinants for the evolution of the late whiplash syndrome. Dr. Harald Schrader et al
The study in Lithuania provides a healthy reminder to Western societies that a heavy price is paid when a culture of self-imposed victimhood and self-serving litigation develops. One part of that price appears in impersonal numbers: lost efficiency, soaring costs, unfair usurpation of health-care resources. But a far more tragic cost is personal: individuals shackled for years by their belief that inescapable pain rules their lives day after day. Christian Science Monitor
I’ve seen patients 25 years down the road still having problems. The condition can become chronic, he said, when people alter their posture to relieve the pain of injured tendons and muscles. They begin to compensate. and these compensations also cause problems. Dr. Barry August (New York University Medical Center)
And then, in an instant, I started to cry. Not little tears, not sad, quiet oh-my-back-hurts-so-much tears, but the deepest, hardest tears I’ve ever cried. Out of control tears, anger, rage, desperate tears. And I heard myself saying things like, Please take care of me, I don’t ever want to have to come out from under the covers, I’m so afraid, please take care of me, don’t hurt me, I want to cut my wrists, please let me die, I have to run away, I feel sick-and on and on, I couldn’t stop and R–, bless him, just held me. And as I cried, and as I voiced these feelings, it was, literally, as if there was a channel, a pipeline, from my back and out through my eyes. I FELT the pain almost pour out as I cried. It was weird and strange and transfixing. I knew–really knew–that what I was feeling at that moment was what I felt as a child, when no one would or could take care of me, the scaredness, the grief, the loneliness, the shame, the horror. As I cried, I was that child again and I recognized the feelings I have felt all my life which I thought were crazy or at the very best, bizarre. Maybe I removed myself from my body and never even allowed myself to feel when I was young. But the feelings were there and they poured over me and out of me. TMS Patient
Dr. Sarno’s theory can be stated simply: Most muscular/ skeletal pain is usually the result of early infantile and childhood trauma which has been repressed. The emotion involved is invariably that of profound anger and rage. Our mind plays tricks and confuses us into focusing our attention on physical pain while the real problem is in our not facing and uncovering our repressed emotions, particular deep rage. Sarno’s thesis is quite different from Janov’s in that the cure to Sarno’s Tension Myositis Syndrome (TMS) is simply to come to realize that the origin of the pain is from the unconscious mind and not from any bodily abnormality. Janov’s primal theory, on the other hand, emphasizes that this insightful knowledge is not curative; that what is needed for cure is a full re-living of the original repressed trauma. The disorders which are encompassed by this syndrome include, low back and leg pain, most neck and shoulder pain, fibromyalgia, and chronic fatigue syndrome. The author believes that anxiety and depression are both TMS equivalents. (…) The author surmises that the source of the pain in TMS is mild oxygen deprivation to the involved tissues and organ systems. At a very deep unconscious level repressed rage is the cause of the pain. Sarno takes issue with the medical profession since most physicians do not accept that the primary cause of many such chronic pain syndromes are psychological problems. Most physicians recognize that emotions play a role in such problems but are quick to find an inconsequential abnormality which they believe to be the cause of the TMS symptoms. (…) Unless the patient can become convinced that his back or neck is normal, the pain will continue. They must be reassured and then really come to believe that « . . . structural abnormalities that have been found on X ray, CT scan or MRI are normal changes associated with activity and aging. »  This newly acquired belief, Dr. Sarno writes, will thwart the strategy of the brain to make one become fixated on the body and instead begin to understand that the problem is an unfelt trauma stored in one’s unconscious. It is as though the mind fears the release of the repressed rage. To make the pain go away the patient must acknowledge and accept the true basis of the pain. Think psychologically and talk to your brain! This will divert attention from the body. Insight, knowledge, and understanding are the cures for the TMS symdrome. (…) This was a patient, who at first despite knowing and accepting the source of her back pain, did not improve. Instead, the author writes, this patient’s pain became worse. He believes that her symptoms were exacerbated in a desperate attempt by the body to prevent their being released into consciousness — into her knowing their actual source. « The feelings would not be denied expression, » he wrote, « and when they exploded into consciousness the pain disappeared. It no longer had a purpose; it had failed in its mission. » (…) It is the unconscious repressed rage which is the source of the chronic pain, not the anger and rage which is consciously known by the patient. (…) There is an inexorable press by the unconscious to release and reveal its past traumas. When the patient understands the repressed presence of rage the feelings will stop trying to become conscious and « removal of that threat eliminates the need for physical distraction, and the pain stops. » John A. Speyrer
Quand un patient arrive dans une consultation d’hopital, la routine est de faire un scanner IRM. Invariablement, on observe une quelconque anormalité anatomique comme un disque déplacé, une sténose spinale, ou de l’arthrite spinale. Alors le docteur déclare quelque chose comme : « C’est à cause du disque que vous avez mal » et dirige le patient vers la thérapie physiologique destinée à traiter le disque, avec de faibles résultats à long terme. En étudiant la littérature médicale, le Dr Sarno avait remarqué que si vous prenez une centaine de patients entre 40 et 60 ans ne présentant aucune douleur du dos et que vous leur faites passer un scanner IRM, dans 65% des cas vous constatez qu’il existe un disque déplacé ou une sténose spinale SANS douleur (New England Journal of Medicine, article 1994). Alors il s’est posé la question : « Si ce n’est pas le disque qui cause la douleur, alors c’est quoi ? » Il a découvert que les gens qui souffraient avaient des tensions chroniques et des spasmes musculaires dans le cou, le dos, les épaules ou les fessiers. Il affirme que lorsqu’un muscle est tendu de façon chronique, le sang ne peut pas circuler normalement à cet endroit ; il y a un manque d’oxygène et cela cause une douleur sévère. Vous pouvez aussi imaginer un muscle tendu enserrant un nerf et provoquant les symptômes de la sciatique. L’important ici, c’est que le Dr Sarno ne dit pas à ses patients que la douleur est dans leur tête. Il leur donne une véritable explication physiologique. Et nous allons bientôt voir la connexion logique avec les émotions. Le Dr Sarno s’est demandé : « Et d’abord, pourquoi est-ce que les gens ont les muscles tendus de façon chronique ? » Il a trouvé l’explication suivante. C’est que nombre de nos concitoyens grandissent dans des familles dans lesquelles ils apprennent, à un certain niveau (inconscient), que ce n’est pas bien d’exprimer sa colère ou sa peur. C’est un problème parce qu’en grandissant nous traversons des événements spécifiques ou des traumatismes qui suscitent la colère ou la peur. Et dès que ces émotions émergent dans le corps, notre inconscient dit en substance : « Ce n’est pas bien ni sécurisant de ressentir ces choses ». Alors, selon Sarno, l’inconscient provoque la crispation et le raidissement des muscles afin que la douleur nous détourne de ce qui nous met en colère ou nous fait peur. Quelquefois, ce processus de douleur peut continuer pendant des dizaines d’années. Dr Eric Robins

Attention: un mal peut en cacher un autre !

« Dorsalgies », « lombalgies », « lumbago », « mal de reins », « tour de rein », « sciatiques » …

Alors qu’en ce meilleur des mondes où les bébés se vendent désormais sur catalogue

Et où même les bâtiments tombent malades …

Nos thérapeutes et nos médias multiplient, sur fond de victimisation devenue folle, les appellations et les spécialités médicales comme les thérapies et les formules pharmacologiques censées y remédier …

Comment ne pas s’étonner de l’étrange consensus autour de cette quasi-épidémie qu’il est devenu normal d’appeler mal du siècle ?

Et du tout autant singulier silence sur les travaux du Dr Sarno (seulement traduit en français l’an dernier) …

Qui remarquant le fréquent décalage entre les anormalités anatomiques et les douleurs ressenties ou la tendance desdites douleurs à se déplacer à mesure qu’elles étaient « guéries » ..

A depuis longtemps montré que nombre de nos douleurs physiques chroniques …

Ne sont souvent qu’une manière pour notre cerveau de nous détourner de douleurs psychiques plus profondes ou plus anciennes ?

Book Review: The Mindbody Prescription: Healing the Body, Healing the Pain by John E. Sarno, M.D. Warner Books, 1998, pp. 210

Reviewed by John A. Speyrer

I first learned of Dr. John E. Sarno when he was a guest on Larry King’s television show a few years ago. The author is professor of Clinical Rehabilitation Medicine at the New York University School of Medicine and an attending physician at the Howard A. Rusk Institute of Rehabilitation Medicine at New York University Medical Center. His theories seemed to be related to primal therapy so I had intended to eventually read what he had to say about the cause and cure of back ailments. Then recently while surfing the internet I ran across a website with book reviews of both Sarno’s book and Janov’s The Primal Scream. I thought that perhaps Sarno’s theories were closer related to Janov’s primal theory than I had originally surmised so I decided to read his book, The Mindbody Prescription.

Dr. Sarno’s theory can be stated simply: Most muscular/ skeletel pain is usually the result of early infantile and childhood trauma which has been repressed. The emotion involved is invariably that of profound anger and rage. Our mind plays tricks and confuses us into focusing our attention on physical pain while the real problem is in our not facing and uncovering our repressed emotions, particular deep rage. Sarno’s thesis is quite different from Janov’s in that the cure to Sarno’s Tension Myositis Syndrome (TMS) is simply to come to realize that the origin of the pain is from the unconscious mind and not from any bodily abnormality. Janov’s primal theory, on the other hand, emphasizes that this insightful knowledge is not curative; that what is needed for cure is a full re-living of the original repressed trauma.

The disorders which are encompassed by this syndrome include, low back and leg pain, most neck and shoulder pain, fibromyalgia, and chronic fatigue syndrome. The author believes that anxiety and depression are both TMS equivalents.

Dr. Sarno writes:

« In a survey done in 1975 it was found that 88 per cent of patients with TMS had histories of up to five common mindbody disorders, including a variety of stomach symptoms, such as, heartburn, acid indigestion, gastritis and hiatal hernia; problems lower in the intestinal tract, such as spastic colon, irritable bowel syndrome and chronic constipation; common allergic conditions, such as hay fever and asthma; a variety of skin disorders, such as ecema, acne, hives and psoriasis; tension or migraine headache; frequent urinary tract or respiratory infections; and dizziness or ringing in the ears. . . . » p. 29
Even when there are structural abnormalities found in the back and in arthritic joints, many with such pathology have no symptoms; others have pain symptoms disproportionate to the actual pathology of the normal aging process. Even after surgeries to correct these « abnormalities » the pain continues.

The author surmises that the source of the pain in TMS is mild oxygen deprivation to the involved tissues and organ systems. At a very deep unconscious level repressed rage is the cause of the pain. Sarno takes issue with the medical profession since most physicians do not accept that the primary cause of many such chronic pain syndromes are psychological problems. Most physicians recognize that emotions play a role in such problems but are quick to find an inconsequential abnormality which they believe to be the cause of the TMS symptoms.

If the cause of the pain is oftentimes repressed rage, what is the role of psychotherapy in the elimination of the chronic pains of TMS? After giving his patient a physical exam to eliminate any gross physical abnormality from consideration, Dr. Sarno primarily uses education to explain the operation and power of repressed feelings. He believes that the pain, weakness, stiffness, burning pressure and numbness caused by a reduced a blood flow causes no permanent damage to the tissues.

Unless the patient can become convinced that his back or neck is normal, the pain will continue. They must be reassured and then really come to believe that « . . . structural abnormalities that have been found on X ray, CT scan or MRI are normal changes associated with activity and aging. »

This newly acquired belief, Dr. Sarno writes, will thwart the strategy of the brain to make one become fixated on the body and instead begin to understand that the problem is an unfelt trauma stored in one’s unconscious. It is as though the mind fears the release of the repressed rage. To make the pain go away the patient must acknowledge and accept the true basis of the pain. Think psychologically and talk to your brain! This will divert attention from the body. Insight, knowledge, and understanding are the cures for the TMS symdrome.

Psychotherapy is rarely used. Dr. Sarno explains its role:

« . . . insight oriented therapy is the choice for people with TMS or its equivalents. The therapists to whom I refer patients are trained to help them explore the unconscious and become aware of feelings that are buried there, usually because they are frightening, embarrassing or in some way unacceptable. These feelings, and the rage to which they often give rise, are responsible for the many mindbody symptoms I have described. When we become aware of these feelings, in some cases by gradually becoming able to feel them, the physical symptoms because unnecessary and go away. » p. 161
On page 13 one of his patients described what seems to have been a primal regression encouraged by her husband’s support: »And then, in an instant, I started to cry. Not little tears, not sad, quiet oh-my-back-hurts-so-much tears, but the deepest, hardest tears I’ve ever cried. Out of control tears, anger, rage, desperate tears. And I heard myself saying things like, Please take care of me, I don’t ever want to have to come out from under the covers, I’m so afraid, please take care of me, don’t hurt me, I want to cut my wrists, please let me die, I have to run away, I feel sick-and on and on, I couldn’t stop and R–, bless him, just held me. And as I cried, and as I voiced these feelings, it was, literally, as if there was a channel, a pipeline, from my back and out through my eyes. I FELT the pain almost pour out as I cried. It was weird and strange and transfixing. I knew–really knew–that what I was feeling at that moment was what I felt as a child, when no one would or could take care of me, the scaredness, the grief, the loneliness, the shame, the horror. As I cried, I was that child again and I recognized the feelings I have felt all my life which I thought were crazy or at the very best, bizarre. Maybe I removed myself from my body and never even allowed myself to feel when I was young. But the feelings were there and they poured over me and out of me. »
This was a patient, who at first despite knowing and accepting the source of her back pain, did not improve. Instead, the author writes, this patient’s pain became worse. He believes that her symptoms were exacerbated in a desperate attempt by the body to prevent their being released into consciousness — into her knowing their actual source. « The feelings would not be denied expression, » he wrote, « and when they exploded into consciousness the pain disappeared. It no longer had a purpose; it had failed in its mission. » (The author’s emphasis.) It is the unconscious repressed rage which is the source of the chronic pain, not the anger and rage which is consciously known by the patient.

There is an inexorable press by the unconscious to release and reveal its past traumas. When the patient understands the repressed presence of rage the feelings will stop trying to become conscious and « removal of that threat eliminates the need for physical distraction, and the pain stops. »

Sarno claims the rate of « cure » is between 90 and 95 per cent and yet his practice is comprised mostly of sufferers who have gone to him as a last resort — those who have been suffering for decades. He has treated over 10,000 patients and will only accept a patient who he believes can accept the psychological explanation as the cause of their distress. Being convinced and coming to believe that the pain has its origins in repressed feelings is essential for the treatment to be successful. This is a maxim of the treatment and is repeated throughout the book. It is not a form of denial of the existence of the pain but only an affirmation and acceptance of its true origin.

Dr. Sarno writes that one must accept the emotional explanation in order to get well.

« Increasingly, we discussed the pain with the patient, where it came from and why it would go away once the psychological poison was revealed. » p. 105
« He (the patient) understood and accepted the principle of psychological causation as applicable to his symptoms — and he got better. » p. 111
« In many cases merely acknowledging that a symptom may be emotional in origin is enough to stop it. » p. 113.
« I would tell patients their backaches were induced by stress and tension, and if they were open to that idea, they got better. » p. 113
« The pain will not stop unless you are able to say, « I have a normal back; I now know that the pain is due to a basically harmless condition, initiated by my brain to serve a psychological purpose. . . . » p. 142
« The brain tries desperately to divert our attention from rage in the unconscious. . . . So we must bring reason to the process! This is the heart of the very important concept. . . . » p. 144
« I tell my patients that they must consciously think about repressed rage and the reasons for it whenever they are aware of the pain. » p. 145
« Remember, the purpose of the pain is to divert attention from what’s going on emotionally and to keep you focused on the body. » p. 148
« For some people simply shifting attention from the physical to the psychological will do the trick. Others need more information on how the strategy works, and still others require psychotherapy. » p. 149
An extensive bibliography is contained in The Mindbody Prescription. Sections of the book include discussions of the the psychosomatic theories of Walter B. Canon, Heinz Kohut, Franz Alexander, Stanley Coen, Candace Pert, Sigmund Freud, Graeme Taylor, and others. A technical appendix with more indepth studies is included.

The author has also written:

Healing Back Pain: The Mind-Body Connection
Mind over Back Pain : A Radically New Approach to the Diagnosis and Treatment of Back Pain

Voir aussi:

Health
Pain Relief
When Back Pain Starts In Your Head
Is repressed anger causing your back pain?

Mike McGrath

Prevention.com

November 3, 2011
John Sarno, MD, thinks that virtually all lower back pain is caused not by structural abnormalities but by repressed rage.

He’s written three books about it, including The Mindbody Prescription. A professor of clinical rehabilitation medicine at the New York University School of Medicine in New York City, Dr. Sarno believes that to protect you from acting on—or being destroyed by—that rage, your unconscious mind distracts you from the anger by creating a socially acceptable malaise: lower back pain.

Noted integrative medicine specialist and Prevention advisor Andrew Weil, MD, is a big fan of Dr. Sarno’s theory. So are actress Anne Bancroft and ABC-TV correspondent John Stossel—three of the thousands who report that Dr. Sarno cured their back pain.

What is the cure? In a word, awareness. Accept that your brain is trying to protect you from the rage, and the pain will go away. How’s that for « instant »?

Dr. Sarno has coined the term TMS— »Tension Myositis Syndrome »—to describe this « psychophysiological » condition. The brain, he says, mildly oxygen-deprives our back muscles and certain nerves and tendons to distract us and prevent our repressed anger from lashing out.

He readily acknowledges that this diagnosis is controversial. In fact, he tells Prevention, « Most people won’t buy it. But my TMS patients who do accept it cure themselves. » John Stossel was a hard sell. « I tried chiropractic. I tried acupuncture. I tried every back chair and special pillow I could find, » he recalls. His back still hurt so much that he spent entire meetings stretched out on the floor. This went on for 15 years, until a colleague told him about Dr. Sarno.

Stossel, the kind of reporter who would normally try to debunk such a theory, says that « it sounded ridiculous » to him. « But my back really hurt, and my medical insurance paid for 80%. So I went to see him, read one of his books, and—except for some occasional twinges—got better immediately. »

But it didn’t last. « Six months later, the pain came back, and Dr. Sarno gave me a kind of ‘I told you so’ look. I hadn’t done one thing he had strongly suggested, which was to attend one of his seminars. So I went, got better again, and I’ve been virtually pain-free for 10 years. »

Are you at risk for rage-induced back pain? Dr. Sarno has found that people with certain personality traits are at higher risk for this back pain disorder, specifically intelligent, talented, compulsive perfectionists and those who tend to put the needs of others first.

Voir encore:

In One Country, Chronic Whiplash Is Uncompensated (and Unknown)
Denise Grady
The New York Times

May 7, 1996

In, Lithuania, rear-end collisions happen much as they do in the rest of the world. Cars crash, bumpers crumple and tempers flare. But drivers in cars that have been hit there do not seem to suffer the long-term complaints so common in other countries: the headaches or lingering neck pains that have come to be known as chronic whiplash, or whiplash syndrome.

Cars are no safer in Lithuania, and the average neck is not any stronger. The difference, a new study says, might be described as a matter of indemnity.

Drivers in Lithuania did not carry personal-injury insurance at the time of the study, and people there were not in the habit of suing one another. Most medical bills were paid by the government. And although some private insurance is now appearing, at the time there were no claims to be filed, no money to be won and nothing to be gained from a diagnosis of chronic whiplash. Most Lithuanians, in fact, had never heard of whiplash.

The circumstances in Lithuania are described in the current issue of The Lancet, a British medical journal, by a team of Norwegian researchers who conducted a study there. The results, they wrote, suggest that the chronic whiplash syndrome « has little validity. »

The study was prompted by « an explosion of chronic-whiplash cases in Norway, » said Dr. Harald Schrader, a neurologist at University Hospital in Trondheim. He explained: « We are topping the world list. In a country of 4.2 million, we have 70,000 people in a patients’ organization who feel they have chronic disability because of whiplash. People are claiming compensation for injuries from mechanical forces not more than you would get in daily life, from coughing, sneezing, running down the steps, plopping into a chair. And they are getting millions of kroner in compensation. It’s mass hysteria. »

Dr. Schrader said he and his colleagues had chosen Lithuania for a study of whiplash « because there is no awareness there about whiplash or potential disabling consequences, and no, or very seldom, insurance for personal injury. »

Without disclosing the purpose of the study, the researchers gave health questionnaires to 202 drivers whose cars had been struck from behind one to three years earlier. The accidents varied in severity; 11 percent of the cars had severe damage, and the rest had either mild or moderate damage.

The drivers were questioned about symptoms, and their answers were compared with the answers of a control group, made up of the same number of people, of similar ages and from the same town, who had not been in a car accident. The study found no difference between the two groups.

Thirty-five percent of the accident victims reported neck pain, but so did 33 percent of the controls. Similarly, 53 percent who had been in accidents had headaches, but so did 50 percent of the controls. The researchers concluded, « No one in the study group had disabling or persistent symptoms as a result of the car accident. »

Dr. Schrader said he and his colleagues had been astounded by the results. Even though they were skeptical about chronic whiplash, they had expected that a few genuine cases would turn up. But not one did, not even among the 16 percent of drivers who recalled having neck pain shortly after their accidents.

When the subjects were finally told the real purpose of the study, they were amazed to learn that anyone could think that an accident that had happened more than a year ago could still be causing health problems. Dr. Schrader recalled, « They said, ‘Headaches? Why don’t you ask me why after two years I still haven’t got the spare part for my bumper?’ « 

When the findings were publicized in Norway, Dr. Schrader said, the leader of the whiplash patients’ organization threatened to sue him. Questions were also raised about whether the research had been financed by the insurance industry. The answer is no, he said; the money came from his university.

Dr. Schrader said he did not doubt the existence of short-term whiplash injuries but did doubt the validity of chronic cases. His conclusions agree with those of a study, published a year ago in the journal Spine, that concluded that about 90 percent of whiplash injuries healed on their own in days or a few weeks and needed very little treatment.

But other injuries may persist, physicians say. « You can’t conclude from this small study that whiplash syndrome doesn’t exist, » said Dr. Paul McCormick, an associate professor of neurosurgery at the Columbia University College of Physicians and Surgeons. « But the researchers are right on in questioning the prevalence. »

Dr. McCormick said that some patients sustained lasting, identifiable injuries from whiplash but that milder cases were hard to diagnose. « We don’t have objective criteria for those, » he said. « There’s no lab test. » Soft-tissue injuries do not show up clearly on X-rays or in M.R.I. scans. The diagnosis is based on symptoms reported by the patient, who may or may not be reliable. « We have to be careful as scientists and human beings not to see everyone as scheming and lying, » Dr. McCormick said.

Other specialists also say that some chronic whiplash cases are real. « I’ve seen patients 25 years down the road still having problems, » said Dr. Barry August, a dentist who is a director of the head and facial pain-management program at New York University Medical Center. The condition can become chronic, he said, when people alter their posture to relieve the pain of injured tendons and muscles. « They begin to compensate, » he said, « and these compensations also cause problems. »

Dr. August also questioned the methods in the Lancet study. Even though the people in the control group had not been in car accidents, they might have had other injuries, he said. « Falling down the stairs, slipping on the ice, can set off a whiplash injury, » he said, « and it can be longstanding. For controls, you’d need to look at people without any injuries, even in childhood. »

Whiplash is the bane of the insurance industry. From half to two-thirds of all the people who file injury claims from car accidents report back and neck sprains. Insurers say some of those claims are false, or exaggerated.

The National Insurance Crime Bureau estimates that $16 of every $100 paid out in auto injury claims is for fraudulent claims and that half of that amount is paid for « exaggerated soft-tissue claims, » which include whiplash. Phony medical claims cost the insurance industry billions of dollars; those expenses are passed on to the public and add from $100 to $130 to the price of each car-insurance policy, said Carolyn Gorman, a spokeswoman for the Insurance Information Institute in Washington.

« Whiplash is a claim that’s growing, » Ms. Gorman said. « But you can’t be glib and think everybody’s faking it. For someone who really has whiplash, it is painful and it can last a long time and cost a lot of money. But it’s hard to tell whether someone has it. You can’t prove it. »

Voir également:

Necessary Pain?
Christian ScienceMonitor

May 14, 1996

You might say personal-injury lawyers are feeling the lash of The Lancet.

In an era when a tiny slice of the American electorate – plaintiff’s lawyers – are vetoing legislation through massive political contributions and backstage lobbying, it’s of more than passing interest to see a rebuke from the scientific community.

This comes in the form of a study of whiplash published in the British medical journal, The Lancet.

A team of Norwegian researchers studied the cases of 202 Lithuanian drivers involved in rear-ended car accidents of varying seriousness. Those studied reported an incidence of neck and headache problems similar to that of a control group not involved in auto accidents. But in no case did any of the collision victims report the kind of persisting pain known in lawsuits as whiplash.

Almost no private auto insurance is available in Lithuania. And people generally haven’t heard of whiplash. So the researchers drew the undeniably logical conclusion that chronic whiplash exists only where people are mentally conditioned to expect and/or benefit financially from it. And also where the insurance and legal system provides a framework to nourish its supposed existence.

Not surprisingly, when the study results were announced, Dr. Harald Schrader, a hospital neurologist on the research team, was threatened with suit by the head of a whiplash-patients organization in Norway. (There are some 70,000 people in that organization who claim chronic disability.)

No one, of course, should suggest singling out the victims for blame. A whole system is geared to reinforce their belief in their continuing infirmity. That system includes well-intentioned lawmakers, fee-seeking lawyers, and busy (and sometimes unethical) health-care providers.

But the study in Lithuania provides a healthy reminder to Western societies that a heavy price is paid when a culture of self-imposed victimhood and self-serving litigation develops.

One part of that price appears in impersonal numbers: lost efficiency, soaring costs, unfair usurpation of health-care resources. But a far more tragic cost is personal: individuals shackled for years by their belief that inescapable pain rules their lives day after day. Instead of threatening suit, those people might spare a word of gratitude to Dr. Shrader and his colleagues. His team offers them the beginning of knowledge to set them free.

Voir enfin:EFT et le modèle de Sarno
Extrait d’un communiqué de presse présenté par le Dr Eric Robins, urologue californien.
http://www.emofree.com/Pain-management/pain-sarno-eric.htm

3 juillet 2008

Le Docteur John Sarno, professeur de médecine à l’Université de New York, voit quotidiennement des patients atteints des pires douleurs chroniques au monde. La plupart souffrent de douleurs graves (cou, dos, épaules, fessiers) depuis 10 à 30 ans, la plupart ont reçu de multiples injections épidurales, subi une ou plusieurs opérations chirurgicales et se sont soumis à des séances de kinésithérapie pendant des années. Tous ont été victimes de mécanismes d’action terribles (par exemple, passer sous un camion ou un boeing) et leurs radios ressemblent à celles d’Elephant Man : ils auraient donc de bonnes raisons de souffrir.
Avec cette cohorte de patients, Sarno obtient un pourcentage de guérison de 70% (à la fois pour la douleur et pour la fonctionnalité), ainsi qu’un taux supplémentaire de 15% de patients se sentant beaucoup mieux (avec 40 à 80% d’amélioration). Et il a eu ces résultats avec environ 12 000 patients.

Quand un patient arrive dans une consultation d’hopital, la routine est de faire un scanner IRM. Invariablement, on observe une quelconque anormalité anatomique comme un disque déplacé, une sténose spinale, ou de l’arthrite spinale. Alors le docteur déclare quelque chose comme : « C’est à cause du disque que vous avez mal » et dirige le patient vers la thérapie physiologique destinée à traiter le disque, avec de faibles résultats à long terme.

En étudiant la littérature médicale, le Dr Sarno avait remarqué que si vous prenez une centaine de patients entre 40 et 60 ans ne présentant aucune douleur du dos et que vous leur faites passer un scanner IRM, dans 65% des cas vous constatez qu’il existe un disque déplacé ou une sténose spinale SANS douleur (New England Journal of Medicine, article 1994). Alors il s’est posé la question : « Si ce n’est pas le disque qui cause la douleur, alors c’est quoi ? »
Il a découvert que les gens qui souffraient avaient des tensions chroniques et des spasmes musculaires dans le cou, le dos, les épaules ou les fessiers. Il affirme que lorsqu’un muscle est tendu de façon chronique, le sang ne peut pas circuler normalement à cet endroit ; il y a un manque d’oxygène et cela cause une douleur sévère. Vous pouvez aussi imaginer un muscle tendu enserrant un nerf et provoquant les symptômes de la sciatique.
L’important ici, c’est que le Dr Sarno ne dit pas à ses patients que la douleur est dans leur tête. Il leur donne une véritable explication physiologique. Et nous allons bientôt voir la connexion logique avec les émotions.

Le Dr Sarno s’est demandé : « Et d’abord, pourquoi est-ce que les gens ont les muscles tendus de façon chronique ? » Il a trouvé l’explication suivante. C’est que nombre de nos concitoyens grandissent dans des familles dans lesquelles ils apprennent, à un certain niveau (inconscient), que ce n’est pas bien d’exprimer sa colère ou sa peur.
C’est un problème parce qu’en grandissant nous traversons des événements spécifiques ou des traumatismes qui suscitent la colère ou la peur. Et dès que ces émotions émergent dans le corps, notre inconscient dit en substance : « Ce n’est pas bien ni sécurisant de ressentir ces choses ». Alors, selon Sarno, l’inconscient provoque la crispation et le raidissement des muscles afin que la douleur nous détourne de ce qui nous met en colère ou nous fait peur. Quelquefois, ce processus de douleur peut continuer pendant des dizaines d’années.

Alors, comment le Dr Sarno obtient-il ses merveilleux résultats ? Il amène ses patients à deux conférences. Dans la première, il dit aux gens : « Ce n’est pas le disque déplacé ni une autre anormalité anatomique qui cause votre douleur. La plupart des gens de votre âge qui vivent sans douleur ont aussi un disque déplacé ou une sténose spinale. Ce qui vous cause de la douleur, c’est l’état chronique de tension et de spasme de vos muscles. »
Dans la deuxième conférence, le Dr Sarno leur dit : « Quand vous avez mal, je veux que vous remarquiez contre quoi vous êtes en colère ou de quoi vous avez peur. » Ensuite, il leur fait tenir un journal, ou bien il les inscrit à des séances de thérapie de groupe, ou encore il leur fait suivre une psychothérapie (« behavioral therapy », psychothérapie comportementale). Il dit que 20% de ses patients n’étaient pas conscients de ce qui les mettait en colère ou les rendait anxieux ; ils avaient besoin de travailler avec un thérapeute pour entrer en contact avec leur matériel réprimé ou inconscient.

Le Dr Eric Robins commente :
« J’explique le modèle de Sarno quand je fais une conférence à cause des résultats étonnants qu’il obtient. Dans l’un de ses livres les plus récents, Sarno explique que ce modèle émotionnel ne concerne pas seulement la douleur musculo-squelettale, mais qu’il peut être utilisé pour la plupart des maladies chroniques ou fonctionnelles. Je suis certain qu’il est évident pour vous que certaines des méthodes qu’il utilisait sont archaiques comparées à la rapidité et à l’efficacité d’EFT. Nous pouvons nous attendre à des résultats meilleurs et plus rapides avec EFT puisque cette dernière technique est la meilleure et la plus rapide des techniques mental-corps utilisées cliniquement à l’heure actuelle dans le monde. »

Voir enfin:

Pour en finir avec le mal de dos
Martine Betti-Cusso

Le Figaro

27/02/2015
Le médecin ostéopathe et acupuncteur, Dr Gilles Mondoloni nous parle du mal du siècle, le mal de dos. Il prône un traitement global pour prévenir et guérir de ce mal. Les habitudes de vie, le stress ou l’alimentation sont aussi responsables.

LE FIGARO MAGAZINE – Pourquoi souffre-t-on du dos?

Dr Gilles MONDOLONI – Parce que nous sommes de plus en plus sédentaires, nous faisons peu de sport et ce déconditionnement à l’effort a pour effet d’affaiblir les muscles. Il y a aussi les postures inadéquates et une alimentation favorable à la prise de poids et nuisible aux articulations. De plus, nous vivons avec un stress répété qui participe à la survenue du mal de dos et à sa chronicisation. Enfin, il y a l’usure des disques et des articulations consécutive au vieillissement… L’état de notre dos reflète notre hygiène de vie et notre santé psychique et physique.

Toutes les tranches d’âges sont affectées, des enfants aux seniors…

Les enfants et les adolescents peuvent ressentir des douleurs dans le dos dues à une croissance rapide et à la pratique de sports intenses. Il s’agit le plus souvent de spondylolisthésis, ce qui correspond à une petite fracture de la dernière vertèbre lombaire suivie de son glissement sur celle située au-dessous. Lorsque les douleurs se situent en haut du dos, derrière les omoplates, ce peut être la maladie de Scheuermann, laquelle se caractérise par une altération des disques. Elle se traite notamment par des exercices de rééducation.

Et quels sont les problèmes les plus fréquents chez l’adulte?

Eux souffrent de discopathies. Les problèmes de disques dont font partie les lumbagos (fissure du disque intervertébral), les hernies discales (déplacement d’une partie des disques intervertébraux) et les sciatiques (compression d’un nerf) apparaissent autour de la quarantaine. Le senior, lui, sera atteint plus souvent d’arthrose, ce qui entraînera des douleurs localisées dans le dos et limitera ses mouvements. Mais il faut savoir que les maux de dos les plus fréquents sont les tensions musculaires, souvent liées à des facteurs de stress et à des mauvaises positions lesquels vont provoquer des contractions musculaires qui vont bloquer des pans entiers du rachis.

Comment diagnostiquez-vous l’origine d’un mal de dos?

Je commence par questionner mon patient sur ses antécédents, sur sa manière de vivre, sur les circonstances d’apparition de ses douleurs, sur le cheminement de son mal de dos. Ce qui me permet de connaître son hygiène de vie, ses faiblesses et les causes probables de son mal de dos. Puis je l’examine. En croisant les informations obtenues par l’interrogatoire et l’examen clinique, et sans recourir systématiquement à des radios, scanners ou IRM, j’aboutis à un diagnostic précis. Ceci est fondamental: on ne doit pas traiter un mal de dos sans en connaître précisément la cause. La plupart du temps, le mal provient d’un ensemble de facteurs où se mêlent les habitudes de vie, l’émotionnel, l’alimentation. C’est une erreur que de ne s’attacher qu’aux symptômes. On doit considérer le patient comme un tout et soigner autant la cause que la conséquence du mal.

Comment les facteurs psychologiques, le stress ou l’anxiété agissent-ils sur le dos?

Il y a différentes explications. Les muscles sont riches en terminaisons nerveuses, et lorsque le cerveau «en situation de stress», transmet trop d’informations aux nerfs, ils se trouvent alors saturés. Le muscle va y répondre par une crispation, une contraction musculaire, qui peut être la cause d’une douleur locale ou d’une douleur projetée. Et l’état de stress chronique favorise les poussées inflammatoires sur les articulations par la libération dans le sang de substances inflammatoires. Il suffit d’avoir un peu d’arthrose et d’être stressé pour que les articulations se mettent à exprimer une souffrance.
Comment soignez-vous vos patients?

Je propose toujours une prise en charge globale, avec fréquemment des manipulations lorsqu’il n’y a pas de contre-indications. Elles sont très efficaces, en particulier pour soigner les cervicalgies, dorsalgies et lombalgies communes, lesquelles sont liées à l’usure d’un disque entre les vertèbres, à l’arthrose ou à des tensions musculaires ou ligamentaires. Lorsqu’il y a une inflammation dans le dos (poussée d’arthrose, crise de sciatique…) et si la situation l’exige, je vais prescrire des anti-inflammatoires. Si l’inflammation est de faible intensité, je vais recourir aux oligoéléments, à la phytothérapie, à la micronutrition, à l’acupuncture, qui agit sur la douleur, sur la contracture musculaire mais aussi sur le stress, l’anxiété, la circulation de l’énergie. Cette approche globale, sans effet indésirable, optimise l’efficacité des soins. Pour preuve, des patients en stade préopératoire qui me sont adressés par des neurochirurgiens sont une fois sur deux suffisamment améliorés pour éviter l’opération ou la reporter à plus tard.

Dans quels cas les manipulations sont-elles recommandées et contre-indiquées?

Elles sont incontournables pour traiter les douleurs mécaniques, qu’elles soient cervicales, dorsales ou lombaires. Souvent, ces douleurs apparaissent à l’effort, lorsque la personne est en mouvement, et durent moins d’une demi-heure lorsque l’on se lève le matin. Les manipulations vont permettre de détendre les muscles coincés qui bloquent les articulations. En revanche, les manipulations sont non recommandées voire contre-indiquées en cas de douleurs inflammatoires. Celles-ci surviennent ou persistent au repos et s’installent la nuit, en exigeant plus d’une demi-heure de «dérouillage» le matin. Elles sont aussi contre-indiquées en cas d’ostéoporose, de tumeurs osseuses et d’infection des vertèbres.

Comment bien manipuler?
D’abord en restant à l’écoute des sensations et des réactions du patient. Je manipule à contre-sens de la douleur, en partant des zones les moins douloureuses et les moins raides. Les pressions doivent être mesurées, douces, progressives. Et j’ajouterai qu’il faut faire preuve d’une grande prudence au niveau des cervicales. Ce sont des articulations fragiles qui, à la faveur d’une manipulation brutale, peuvent se fissurer et entraîner de rares mais graves accidents vasculaires cérébraux. Théoriquement, les manipulations au niveau des cervicales sont du seul ressort des médecins et doivent être précédées de radios du cou. Avant toute manipulation, il faut exiger un diagnostic médical précis. On ne manipule pas à tout va. Il est indispensable de se renseigner sur la formation suivie par le praticien. Le titre de docteur en médecine est une précaution supplémentaire pour profiter au mieux des bienfaits des manipulations sans s’exposer à des risques.

Quelle différence entre l’ostéopathie et la chiropractie?

Ce sont des techniques proches et complémentaires. La chiropractie est plutôt centrée sur la colonne vertébrale et utilise des techniques généralement plus appuyées. L’ostéopathie a un champ d’action plus large. Elle va traiter l’ensemble des affections neuromusculaires mais aussi des pathologies viscérales. Les deux méthodes sont efficaces. C’est le thérapeute qui fait la différence. Or beaucoup ne sont pas suffisamment formés, ce qui jette un discrédit sur ces disciplines tout à fait nobles.

Que pensez-vous des méthodes de Mézières ou de Mc Kenzie?

La méthode Mc Kenzie consiste à faire travailler la colonne vertébrale en extension et donne des résultats intéressants. La méthode Mézières est une technique de rééducation qui opère sur l’ensemble de la musculature du corps. Chaque approche est pertinente. Elles visent à corriger les déséquilibres et à tonifier les muscles.

Quels sont les gestes et postures à privilégier?

Pour commencer, il est nécessaire d’adopter des gestes souples et d’avoir le réflexe de se tenir droit le plus souvent possible. Lorsque l’on se penche au sol pour ramasser un objet lourd, il faut utiliser la position du balancier. On prend appui en mettant une main sur un point fixe et on lève la jambe opposée en arrière pour tenir l’équilibre. Les charges lourdes doivent être portées au plus près du corps, au niveau du centre de gravité. En position debout, il s’agit de répartir le poids du corps sur les deux jambes, en gardant les pieds suffisamment écartés pour maintenir une bonne stabilité. Ces simples postures suffisent à économiser les muscles et les articulations.

Vous affirmez que l’alimentation joue un rôle dans le mal de dos. Dans quelle mesure?

Déjà, être en surpoids ne peut qu’aggraver les maux de dos ou les provoquer parce que les kilos en trop entraînent une plus forte pression du corps sur les vertèbres et les disques intervertébraux. Mais il faut savoir aussi qu’une carence en oligoéléments favorise la survenue de discopathies: le disque moins bien nourri aura tendance à se fissurer plus facilement. Par ailleurs, des composés comme les oméga 3 ou des épices comme le curcuma ont des effets anti-inflammatoires naturels qui vont participer à réduire la douleur. Je conseille de limiter les viandes grasses, les fromages, les charcuteries, les viennoiseries et tout ce qui acidifie l’organisme. Evidemment, je recommande d’arrêter le tabac: les études montrent que les personnes qui fument ont plus de douleurs dorsales et lombaires que les non-fumeurs.

Quand faut-il recourir aux médicaments et aux infiltrations?

Je recours aux anti-inflammatoires en cas de sciatique, de lumbago, de névralgie cervico-brachiale… Sinon, je prescris des antalgiques – paracétamol, codéine ou tramadol – en fonction de l’intensité de la douleur, lorsque l’approche ostéopathique et acupuncture ne suffit pas à soulager le patient. Je propose les infiltrations , qui sont efficaces quand elles sont bien utilisées, en cas de fortes poussées inflammatoires d’arthrose ou de sciatiques douloureuses ou paralysantes. Je les prescris rarement pour les lumbagos, car l’ostéopathie suffit à les traiter.
Et quand faut-il recourir à la chirurgie?

Elle est nécessaire dans le cas d’importantes hernies discales qui vont entraîner des douleurs permanentes et intolérables. Mais aussi dans le cas de certaines sciatiques paralysantes, de canal lombaire rétréci ou d’arthrose très invalidante qui étrangle véritablement le nerf… Quand les traitements médicamenteux et naturels ont été bien réalisés pendant suffisamment de temps mais sont restés inefficaces, il faut s’orienter rapidement vers une chirurgie, car un nerf trop comprimé pendant trop longtemps peut parfois ne plus cicatriser et laisser des séquelles comme des paralysies.

Le Dr Gilles Mondoloni est attaché des hôpitaux de Paris (service du Dr Jean-Yves Maigne), chargé d’enseignement en ostéopathie à la faculté de médecine et l’auteur de Stop au mal de dos, à paraître le 5 avril aux éditions Solar.
La bonne position au bureau
Passer huit heures par jour mal assis derrière un bureau est destructeur pour le dos. D’où l’importance de veiller au confort de sa chaise et à sa posture. La chaise doit être réglable, disposer d’un dossier qui maintienne fermement le dos et d’un siège pivotant pour éviter les torsions.
Il faut se tenir droit, les fesses calées au fond du siège et les pieds bien à plat. Un repose-pieds permet de diminuer les tensions. Les avant-bras doivent reposer sur la table. Evitez la position penchée pour écrire. L’écran de l’ordinateur doit être face à vous et son milieu doit se situer à la hauteur des yeux de façon à permettre de garder la tête droite. Il est déconseillé de rester assis plus de deux heures d’affilée. Alors, prenez un temps d’arrêt pour faire quelques pas ou pour vous étirer afin de détendre votre dos.
Plein le dos du stress!
Le stress chronique est responsable de bien des maux, des troubles digestifs aux problèmes de peau, des troubles cardiaques aux douleurs lombaires. Le mal de dos serait en effet un signe d’alerte, signifiant que nous avons dépassé nos limites. Le stress participe à l’apparition du mal de dos et à sa chronicisation, car il augmente les contractures musculaires et la sensibilité à la douleur. Selon le rhumatologue Jean-Yves Maigne, le stress «est capable de déclencher, d’entretenir ou d’amplifier un mal de dos. Il augmente la tension musculaire et peut être responsable de cervicalgies ou de dorsalgies de tension.
Il peut aussi dérégler le système nerveux qui commande la douleur. Un grand nombre de souffrances trouvent ainsi leur origine. Cela crée un état douloureux chronique qui se manifeste particulièrement au niveau du dos.» De plus, il participe à affaiblir les défenses immunitaires de l’organisme, ce qui pourrait contribuer à la survenue de zones d’inflammation sur des disques intervertébraux. Et cela crée un cercle vicieux, car souffrir du mal de dos constitue en soi un facteur de stress. Pour préserver son dos, il faut donc savoir se détendre: par des exercices de respiration, des massages ou en recourant à des méthodes de relaxation comme la sophrologie.

Voir pa ailleurs

Designer babies? It looks like racism and eugenics to me
Julie Bindel
The case of a lesbian couple suing a sperm bank over their black donor has laid bare the ethical minefield of the ‘gayby’ boom
Jennifer Cramblett is taking legal action against a Chicago-area sperm bank after she became pregnant with sperm donated by a black man instead of a white man as she had intended. Photograph: Mark Duncan/AP
3 October 2014

The designer baby trend has been laid bare with the case of a lesbian couple who are suing a sperm bank after one of them became pregnant with sperm donated by an African American instead of the white donor they had chosen. The birth mother, Jennifer Cramblett, was five months pregnant in 2012 when she and her partner learned that the Midwest Sperm Bank near Chicago had selected the wrong donor. Cramblett said she decided to sue to prevent the sperm bank from making the same mistake again, and is apparently seeking a minimum of $50,000 (£30,000) in damages.

I understand concerns about mixed-race babies being raised by white parents in white neighbourhoods. Suffering racism at school or in the streets and having to go home to a white family that cannot properly understand or offer informed support can make it significantly worse. But those that make use of commercial services in order to reproduce should be prepared to move house if something unexpected arises. After all, a child can be born with a disability that requires care that is unavailable locally.

I know white people who have adopted black children. They tend to ensure that the children have black peers and elders to contribute to their upbringing. At least one of these couples, when told a black child would be placed with them, quite seriously considered whether they would be doing right by the child. This is a million miles away in terms of attitude and actions from the Cramblett case.

I can only wonder what the damages, if the case is successful, will be used for. Relocation to an area more ethnically diverse, perhaps? The reality is that house prices in white areas in the US are generally more expensive than those in mixed areas, so I am unsure what the money is needed for. Hurt feelings? Whichever way this issue is approached, it smacks of racism.

With the designer “gayby” boom looking set to expand even further, there are some important questions to ask about the ethics of commercialised reproduction. In London alone there are a number of clinics offering sperm for sale; brokers that arrange wombs-to-rent, often in countries where women are desperately poor and sometimes coerced into being surrogates; and egg donation that can cause significant pain and health risks to the donors. There is also the “mix and match” temptation that comes with choosing eggs and sperm from a catalogue. There is even an introduction agency for those who wish to meet the sperm while it is encased in a body.

In the 1970s and 80s, before commercialisation, lesbians who wanted a baby of their own would often ask male friends to donate sperm, but – like anything where money can be made – the product began to be sold. I recall more than one white lesbian couple opting for sperm from a black or Asian donor because they thought mixed-race babies more attractive than white ones. I have interviewed gay men, who opted for IVF with an egg donor, who flicked through catalogues of Ivy league, blonde, posh young women trying to decide what type of nose they would prefer their baby to have. This smacks of eugenics to me.

And if something unexpectedly happens in such circumstances, just remember: if the child you end up with does not exactly fit your ideal requirements, you can’t give it back – and nor should you even suggest that something bad has happened to you.

Voir enfin:

Une femme lesbienne porte plainte pour avoir accouché d’une enfant métis
Valeurs actuelles

07 Septembre 2015

Faits divers. Une lesbienne de l’Ohio aux Etats-Unis a porté plainte après avoir accouché d’une petite-fille métis, qui ne correspondait pas au sperme commandé.
Un enfant à la carte ? C’est que réclamait Jennifer Cramblett déçue par le « service après-vente » de la clinique dans laquelle elle s’est rendue pour une GPA dans l’Ohio.

Une erreur dans le numéro du donneur

La femme de 37 ans, homosexuelle et en couple avec Amanda Zinkon, voulait un enfant et A eu recours à une banque de sperme de l’Illinois en 2011. Auprès de celle-ci, Jennifer avait « commandé » le numéro 380, c’est-à-dire le sperme d’un donneur de race blanche, blond aux yeux bleus. Mais le numéro, écrit à la main par l’employé, a été mal écrit et pris pour le numéro 330, celui d’un donneur afro-américain. La blonde Jennifer a alors accouché d’une petite-fille métis, Payton.

« Tout le soin qu’elles avaient mis à sélectionner la bonne parenté du donneur était réduit à néant »

Apprendre que l’enfant commandé n’allait pas être le bon a dévasté la jeune femme lors de sa grossesse. Selon son avocat, « Tout le soin qu’elles avaient mis à sélectionner la bonne parenté du donneur était réduit à néant. En un instant. L’excitation qu’elle avait ressentie pendant sa grossesse, ses projections, s’étaient muées en colère, en déception et en peur. »

Une peur de l’exclusion

Parmi ses motifs de craintes, emmener sa fille… chez le coiffeur : « pour Jennifer, ce n’est pas quelque chose d’anodin, parce que Payton a les cheveux crépus d’une petite Africaine », « pour que sa fille ait une coupe de cheveu décente, Jennifer doit se rendre dans un quartier noir où son apparence diffère des autres et où elle n’est pas la bienvenue » explique son avocat.

En outre, les deux femmes habitent dans une communauté très peu mélangée et craignent que leur fille soit l’une des seuls enfants métis et soit exclue en raison de sa couleur de peau, notamment au sein de sa famille.

Des dommages et intérêts exigés pour avoir accouché du mauvais donneur

La banque de sperme avait envoyé un mot d’excuses et remboursé tous les frais. Mais ce n’est pas suffisant pour Jennifer qui a décidé de poursuivre en justice la banque de sperme pour obtenir des dommages et intérêts supplémentaires. Si sa demande a été rejetée par un juge la semaine dernière, les jeunes femmes sont décidées à resoumettre l’affaire à la cour pour négligences au mois de décembre.


Guerre des sexes: Les transports new-yorkais s’attaquent à la fertilité masculine (Dude, close your legs: From manspreading to infertility spreading ?)

7 janvier, 2015

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https://pbs.twimg.com/media/B6v_v-bCEAAcP5s.jpgLe monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (président américain, issu d’une minorité opprimée, siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
On a vengé le prophète Mohammed ! On a tué Charlie hebdo ! Cherif Kouachi (jeune victime de l’islamophobie, Paris, 07.01.15)
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Le privilège masculin est aussi un piège et il trouve sa contrepartie dans la tension et la contention permanentes, parfois poussées jusqu’à l’absurde, qu’impose à chaque homme le devoir d’affirmer en toute circonstance sa virilité. (…) Tout concourt ainsi à faire de l’idéal impossible de virilité le principe d’une immense vulnérabilité. C’est elle qui conduit, paradoxalement, à l’investissement, parfois forcené, dans tous les jeux de violence masculins, tels dans nos sociétés les sports, et tout spécialement ceux qui sont les mieux faits pour produire les signes visibles de la masculinité, et pour manifester et aussi éprouver les qualités dites viriles, comme les sports de combat. Pierre Bourdieu
C’est très difficile de se comporter correctement quand on a une jupe. Si vous êtes un homme, imaginez-vous en jupe, plutôt courte, et essayez donc de vous accroupir, de ramasser un objet tombé par terre sans bouger de votre chaise ni écarter les jambes… La jupe, c’est un corset invisible, qui impose une tenue et une retenue, une manière de s’asseoir, de marcher. Elle a finalement la même fonction que la soutane. Revêtir une soutane, cela change vraiment la vie, et pas seulement parce que vous devenez prêtre au regard des autres. Votre statut vous est rappelé en permanence par ce bout de tissu qui vous entrave les jambes, de surcroît une entrave d’allure féminine. Vous ne pouvez pas courir ! Je vois encore les curés de mon enfance qui relevaient leurs jupes pour jouer à la pelote basque. La jupe, c’est une sorte de pense-bête. La plupart des injonctions culturelles sont ainsi destinées à rappeler le système d’opposition (masculin/féminin, droite/gauche, haut/bas, dur/mou…) qui fonde l’ordre social. Des oppositions arbitraires qui finissent par se passer de justification et être enregistrées comme des différences de nature. Par exemple, avec » tiens ton couteau dans la main droite « , se transmet toute la morale de la virilité, où, dans l’opposition entre la droite et la gauche, la droite est » naturellement » le côté de la virtus comme vertu de l’homme (vir). La jupe, ça montre plus qu’un pantalon et c’est difficile à porter justement parce que cela risque de montrer. Voilà toute la contradiction de l’attente sociale envers les femmes : elles doivent être séduisantes et retenues, visibles et invisibles (ou, dans un autre registre, efficaces et discrètes). On a déjà beaucoup glosé sur ce sujet, sur les jeux de la séduction, de l’érotisme, toute l’ambiguïté du montré-caché. La jupe incarne très bien cela. Un short, c’est beaucoup plus simple: ça cache ce que ça cache et ça montre ce que ça montre. La jupe risque toujours de montrer plus que ce qu’elle montre. Il fut un temps où il suffisait d’une cheville entr’aperçue!… Les injonctions en matière de bonne conduite sont particulièrement puissantes parce qu’elles s’adressent d’abord au corps et qu’elles ne passent pas nécessairement par le langage et par la conscience. Les femmes savent sans le savoir que, en adoptant telle ou telle tenue, tel ou tel vêtement, elles s’exposent à être perçues de telle ou telle façon. Le gros problème des rapports entre les sexes aujourd’hui, c’est qu’il y a des contresens, de la part des hommes en particulier, sur ce que veut dire le vêtement des femmes. Beaucoup d’études consacrées aux affaires de viol ont montré que les hommes voient comme des provocations des attitudes qui sont en fait en conformité avec une mode vestimentaire. (…) Les études montrent que, de manière générale, les femmes sont très peu satisfaites de leur corps. Quand on leur demande quelles parties elles aiment le moins, c’est toujours celles qu’elles trouvent trop » grandes » ou trop » grosses » ; les hommes étant au contraire insatisfaits des parties de leur corps qu’ils jugent trop » petites « . Parce qu’il va de soi pour tout le monde que le masculin est grand et fort et le féminin petit et fin. Ajoutez les canons, toujours plus stricts, de la mode et de la diététique, et l’on comprend comment, pour les femmes, le miroir et la balance ont pris la place de l’autel et du prie-dieu. Pierre Bourdieu
À quoi ressemble l’homme idéal ? Il s’épile. Il achète des produits de beauté. Il porte des bijoux. Il rêve d’amour éternel. Il croit dur comme fer aux valeurs féminines. Il préfère le compromis à l’autorité et privilégie le dialogue, la tolérance, plutôt que la lutte. L’homme idéal est une vraie femme. Il a rendu les armes. Le poids entre ses jambes est devenu trop lourd. Certaines féministes se sont emparées de cette vacance du pouvoir, persuadées que l’égalité c’est la similitude.  Aujourd’hui, les jeunes générations ont intégré cette confusion. Les fils ne rêvent que de couple et de féminisation longue durée. Ils ne veulent surtout pas être ce qu’ils sont : des garçons. Tout ce qui relève du masculin est un gros mot. Une tare. Mais la révolte gronde. Les hommes ont une identité à reprendre. Une nouvelle place à conquérir. Pour ne plus jamais dire à leurs enfants : «Tu seras une femme, mon fils. Eric Zemmour
Depuis quelques années, en France, des intellectuels, journalistes, psychologues et militants cherchent à attirer l’attention sur la difficulté d’être un homme, dans une société soi-disant dominée par les femmes en général, et les féministes en particulier. À les écouter, les hommes seraient en perte de repères, et il serait temps de contre-attaquer celles – et parfois ceux – qui ont travaillé au bouleversement de la société traditionnelle : les féministes. C’est la thèse, par exemple, du journaliste Éric Zemmour dans son livre Le Premier Sexe ; de l’énarque psychanalyste Michel Schneider dans son livre Big mother : Psychopathologie de la vie politique, ou encore de l’ex-candidat au poste d’idéologue du Front national, Alain Soral, dans son ouvrage Vers la féminisation ? Ce discours, que nous qualifions de « masculiniste », est, pour beaucoup, un phénomène marginal véhiculé par quelques individus isolés, voire dérangés. Mais à y regarder de plus près, il s’agit bel et bien d’un mouvement idéologique, dynamique en Grande-Bretagne ou au Québec, mais qui s’active également en France. (…) La tactique du masculinisme est, souvent, de récupérer les outils d’analyse et le vocabulaire féministe pour les retourner contre les féministes en dénonçant un système d’oppression imaginaire. Ainsi, le matriarcat aurait désormais remplacé le patriarcat. Ce n’est pas sans faire penser à ces journalistes défenseurs du système capitaliste qui, inversant les rôles, n’ont de cesse de dénoncer « la dictature des syndicats »… Cette mauvaise foi, c’est celle d’un Patrick Guillot, auteur de La Cause des hommes, et pour qui il a suffi qu’une seule femme soit devenue pilote de Concorde, en 2000, pour affirmer que la profession s’était féminisée et que les hommes n’avaient « plus de modèle ». Plus magnanime, Michel Schneider reconnaît que les hommes dominent largement les sphères du pouvoir, mais… qu’ils gouvernent comme des « mères », imposant des « valeurs féminines » à la France. Des héros comme Zidane ne sont plus des modèles masculins parce que, selon Zemmour – qui ne se prive pas de flirter avec l’homophobie –, ils jouent « comme des femmes », avec un esprit d’entraide, et adoptent une esthétique homosexuelle… Pour théoriser la « crise des hommes », les masculinistes développent systématiquement quatre arguments : les filles réussissent mieux à l’école ; des hommes sont également victimes de violences conjugales ; les hommes se suicident plus que les femmes ; et en cas de divorce les tribunaux attribuent généralement la garde des enfants à la mère. Examinons chacun de ces arguments. Primo, si les filles ont tendance à obtenir de meilleurs résultats scolaires, cette donnée fluctue selon les écoles, et les milieux favorisés ne présentent pas ce type d’écart. Dans les écoles qui le sont moins, les filles seraient en moyenne plus studieuses parce qu’elles savent, consciemment ou non, que le marché de l’emploi est généralement bien plus favorable aux hommes. Secundo, les masculinistes brandissent des chiffres selon lesquels les hommes sont autant, sinon davantage, victimes de violence conjugale que les femmes. Ils s’abstiennent toutefois de se pencher sur le contexte des violences conjugales. La violence des hommes est majoritairement plus brutale et répétitive – s’inscrivant dans une logique de pouvoir sur les femmes –, et celle des femmes relève davantage de la défense. Tertio, le taux de suicide des hommes serait plus élevé que celui des femmes. Cette affirmation est, encore une fois, isolée de son contexte. En fait la proportion de tentatives de suicide est quasi la même pour les femmes que pour les hommes même si ces derniers « réussissent » davantage. Et c’est sans compter que d’autres phénomènes de désespoir, comme la dépression, touchent majoritairement les femmes. Quarto, en réalité, dans la grande majorité des cas, les divorces se concluent à l’amiable, et la grande majorité des pères délèguent volontiers à la mère la garde des enfants. Certes, lorsque les tribunaux doivent trancher, les juges attribuent plus souvent la garde des enfants aux mères qu’aux pères, mais c’est bien le patriarcat qui est en cause, la magistrature considérant qu’il est plus « naturel » qu’une femme s’occupe des enfants. Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri
Dès leur plus jeune âge, on apprend aux filles à croiser ou à serrer les jambes alors que les hommes les écartent pour affirmer leur virilité. Sophie Bouchet (Glamour)
Pour faire simple, un homme croisant les jambes est catalogué “efféminé” depuis la petite école ; une femme se tenant les jambes écartées est jugée ou bien “masculine” (vulgaire) ou bien “aguicheuse” (surtout si elle porte une jupe)… Margot Baldassi
Le taux moyen de spermatozoïdes (…) a décliné toute la seconde moitié du XXe siècle, avec en France une accélération dans les années 1970 : en 20 ans, les donneurs de sperme du CECOS de Paris ont perdu — en moyenne — 40 % de leurs spermatozoïdes (− 2,1 %/an) ; le nombre de spermatozoïdes chutant de 89×106/mL de sperme en 1973 à 60×106/mL en 1992. Après ajustement (âge et durée de l’abstinence sexuelle), sur ces 20 ans, chaque nouvelle génération (par année civile de naissance) a perdu 2,6 % des spermatozoïdes de la cohorte née l’année précédente, et le taux de spermatozoïdes mobiles a diminué de 0,3 % par an, et celui des spermatozoïdes de forme normale a diminué de 0,7 %/an. (…)  À ce rythme, en 2070 (dans les pays d’où proviennent les études) toute la population masculine devrait être infertile, et dès 2025, le sperme ne serait plus assez fécondant pour qu’un couple puisse se passer d’une fécondation assistée. Cette tendance ne peut cependant être qu’indicative, car la cause du phénomène est encore mal cernée, et pourrait peut-être avoir été corrigée dans les prochaines décennies, avant un seuil fatal. Wikipedia
La température joue un rôle primordial dans la spermatogenèse.  La cigarette, la cannabis, l’alimentation et le fait d’être assis, ont une incidence. Pour fabriquer des petits soldats, les glandes génitales masculines doivent rester à une température idéale de 22 degrés -voilà pourquoi elles sont à l’extérieur du corps, contrairement aux ovaires chez la femme. A 37 degrés, la spermatogenèse se bloque. Stéphane Droupy (professeur d’urologie, CHU de Nîmes)
There are anecdotal reports that men who wear (Scottish) kilts have better sperm quality and better fertility. But how much is true? Total sperm count and sperm concentration reflect semen quality and male reproductive potential. It has been proven that changes in the scrotal temperature affect spermatogenesis. We can at least affirm that clothing increases the scrotal temperature to an abnormal level that may have a negative effect on spermatogenesis. Thus, it seems plausible that men should wear skirts and avoid trousers, at least during the period during which they plan to conceive children. Methods and results Analysis of literature concerning scrotal temperature and spermatogenesis and fertility. Wearing a Scottish kilt in a traditional (‘regimental’) way may have clear health-related benefits. Kilt wearing likely produces an ideal physiological scrotal environment, which in turn helps maintain normal scrotal temperature, which is known to be beneficial for robust spermatogenesis and good sperm quality. Based on literature on scrotal temperature, spermatogenesis and fertility, the hypothesis that men who regularly wear a kilt during the years in which they wish to procreate will, as a group, have significantly better rates of sperm quality and higher fertility. EJO Kompanjie
A half-hour train ride with legs crossed might raise testicular temperatures, but not long enough to do any harm. Dr. Marc Goldstein (director of the center for male reproductive medicine and microsurgery at New York-Presbyterian Hospital Weill Cornell Medical Center)
You have been taught to grow out, I have been taught to grow in. You learn from our father how to emit, how to produce, to roll each thought off your tongue with confidence. You used to lose your voice every other week from shouting so much. I learned to absorb. I took lessons from our mother in creating space around myself. I learned to read the knots in her forehead while the guys went out for oysters. Lily Myers
Have I ever thought that I’m taking up too much space? Not really. But maybe now I am. Manspreader
Of course, hogging space in a crowded subway car is rude and inconsiderate. But are men really the worst offenders? After years of subway riding, I can say I’ve never noticed this to be the case. Neither have some of my female friends in New York City; others have said that while they’ve noticed male leg-spread, women can be just as bad with purses and shopping bags. In the past year, I’ve tried to watch for subway space-hogging patterns myself. The worst case I saw was a woman sitting at a half turn with her purse next to her, occupying at least two and possibly three seats. Granted it was in a half-empty car, but the same seems to be true in most photos posted by activists to shame « manspreaders. » Incidentally, in some of those photos, you can spot female passengers taking up extra space — sometimes because of the way they cross their legs. Yes, men tend to sit with their legs apart. (Many will tell you it’s an issue of comfort and, well, male anatomy.) I haven’t seen many do so in a way that inconveniences others. Indeed, the supposed offenders in some of the shaming photos are clearly not spreading beyond their own seats. It’s also worth noting that when criticisms of bad subway manners first began to show up on the Internet five years ago, no one seemed particularly exercised about male postures. When street artist Jason Shelowitz (or Jay Shells) surveyed New Yorkers about subway etiquette violations for a series of posters in 2010, nail clipping topped the list, followed by religion and noise pollution. « Physical contact » and disregard of seating priority were also mentioned, but with no regard to gender. The anti-spread campaign has little to do with etiquette. It’s part of a recent surge in a noxious form of feminism — or pseudo feminism — preoccupied with male misbehavior, no matter how trivial. The activists believe that « man-sitting, » as it has also been dubbed, is a matter of male entitlement, display of power or even sexual harassment. That says far more about feminist paranoia than it does about male conduct. This brand of feminism is not about equality; it’s about shaming directed at males, as the subway seating issue makes abundantly clear. Even the word « manspreading, » with its nasty and somewhat obscene overtones, is a gender-based slur. Imagine the reaction if men took photos of inconsiderate women with large purses or shopping bags and posted them with exhortations to « stop the womanspread. » You can bet such activism would not get positive media coverage or a sympathetic response from the MTA. A public service campaign against space-hogging — and other forms of incivility on the subway — would be welcome. Selective male-shaming is not. Stop the bashing, please; it’s a human issue. Cathy Young
I am glad that the government is finally taking action. This is clearly not the kind of thing that could be solved by asking people to scoot over and make room for you to sit down, and I am glad the government is finally doing something about it. Katherine Timpf
I see these guys all the time. Legs spread wide, taking up the space of three or four people, leaning against the train doors and blocking the entrance, stretched out so no one sit next to them. It all plays out like an assertion of male dominance, in which every one of them feels as if they have to claim their territory and their manhood in this public space, even at the discomfort of all the other passengers. Who gives a fuck if you can’t sit, they are men. See their balls. I never thought about the way I sit or stand in public before now. I never felt the need to sit with my legs wider than the shoulders of an NFL linebacker to feel comfortable. When I stand, I sometimes cross my legs. I move to accommodate people. And now I wonder what people see when they look at me doing so. Perhaps they think I’m exceedingly polite. Maybe I’m a docile black man. I may be read as effeminate. I never worried about these things from behind the driver’s seat of a car. But now people can see me, and as much as I want to divorce myself from the idea of there being a proper way to perform masculinity, I find myself burdened with thinking I’m doing it wrong. And this is what our culture does. It takes the most mundane of activities and turns them into performances that are supposed to articulate or worthiness as human beings. When I stand with my legs crossed on a train where people can clearly see me, I’m supposed to feel bad about myself. I’m supposed to adjust into a more “manly” pose, whether no regard for whether it feels natural or comfortable. Apply that to things more important than how one looks riding the subway, and the crisis of masculinity becomes a real, dangerous one that requires our introspection. Mychal Denzel Smith
Research in environmental sciences has found that the ergonomic design of human-made environments influences thought, feeling and action. (…) The first three experiments found that individuals who engaged in expansive postures (either explicitly or inadvertently) were more likely to steal money,cheat on a test, and commit traffic violations in a driving simulation. Results suggested that participants’ self-reported sense of power mediated the link between postural expansiveness and dishonesty. Study 4 revealed that automobiles with more expansive driver’s seats were more likely to be illegally parked on New York City streets. Taken together, results suggest that:(1) environments that expand the body can inadvertently lead us to feel more powerful, and (2) these feelings of power can cause dishonest behavior. Andy J. Yap (MIT)
In groups of men, those with higher status typically assume looser and more relaxed postures; the boss lounges comfortably behind the desk while the applicant sits tense and rigid on the edge of his seat.  Higher-status individuals may touch their subordinates more than they themselves get touched; they initiate more eye contact and are smiled at by their inferiors more than they are observed to smile in return.  What is announced in the comportment of superiors is confidence and ease… Sandra Lee Bartky
Psychologist Andy Yap and his colleagues tested whether “expansive body postures” like the ones associated with masculinity increase people’s sense of powerfulness and entitlement.  They did.  In laboratory experiments, people who were prompted to take up more space were more likely to steal, cheat, and violate traffic laws in a simulation.  A sense of powerfulness, reported by the subjects, mediated the effect (a robust finding that others have documented as well). In a real world test of the theory, they found that large automobiles with greater internal space were more likely than small ones to be illegally parked in New York City.  Lisa Wade
By virtue of being occupied by both men and women, space is inherently gendered. The way women and men interact is guided by norms and scripts that steer our behavior in a way that is so powerful that it is often unconscious. Research shows that when in public, women tend to occupy less space, holding legs closer together and keeping their arms closer to their bodies. Men on the other hand are more likely to have their legs spread at a 10- to 15-degree angle and keep their arms 5 to 10 degrees away from their bodies. But this isn’t just about space. Researchers have found that taking expansive body postures doesn’t just make people feel more entitled, it also makes them more likely to steal, cheat and fail to respect traffic laws. So manspreading can breed bigger problems than just crowded subway cars: It reinforces attitudes and behaviors that are harmful for society as a whole. Elizabeth Plank

Et après on s’étonne de la baisse de fertilité des hommes !

En ces temps étranges, entre marche des salopes et bataille des toilettes, de mariage et de gestation assistée pour tous mais aussi d’euthanasie peut-être bientôt remboursée par la Sécurité sociale …

Pendant qu’entre polluants, sédentarisation, vêtements et sous-vêtements serrés voire ordinateurs portables, la baisse de la fertilité masculine des pays riches depuis 50 ans pourrait à terme rendre nécessaire la fécondation assistée, poussant déjà certains à prôner pour les hommes le retour  de cette conquête sociale devenue désormais corset invisible pour les femmes …

Et que longtemps tolérée voire encouragée quand il s’agissait d‘Israël, la barbarie islamiste atteint à présent nos propres rues

Comment à l’heure où le métro de New York lance une campagne de sensibilisation contre les incivilités et notamment l’étalement masculin (pardon: le « manspreading »)  …

Ne pas voir la grandeur d’une société occidentale en voie de mondialisation toujours plus soucieuse du plus faible

Mais aussi les dérives victimaires de ces idées chrétiennes devenues folles dont Chesterton parlait déjà au siècle dernier ?

« Manspreading »: une campagne de sensibilisation dans les transports new-yorkais s’attaque aux incivilités masculines
Morgane Fabre-Bouvier
Le HuffPost
23/12/2014

SOCIÉTÉ- Le vendredi 19 décembre, la Metropolitan Transportation Authority de New-York, l’équivalent de la RATP parisienne ou de la RTM marseillaise, a dévoilé les visuels de sa nouvelle campagne « courtesy counts », soit « l’importance de la courtoisie ». La campagne entend éduquer les voyageurs et combattre l’incivilité. En ligne de mire ceux qui mangent dans les rames de métro, les porteurs de sacs à dos à l’heure de pointe, mais surtout les « manspreaders », ces usagers qui se rendent coupables de « man-spreading ».

Le man-spreading ? C’est le fameux Urban Dictionnary, le dictionnaire en ligne des mots argotiques anglophones, qui popularise le terme. « Lorsqu’un mec s’assoit en étalant ses jambes au maximum, avec la forme d’un V » peut-on lire sur le site. Le terme dénonce ces hommes envahissants qui s’assoient en écartant les jambes, prenant parfois l’équivalent de deux places dans les trains, métros ou bus, souvent au détriment de leurs voisines.

En France, le terme apparaît pour la première en 2013, lorsque le succès du Tumblr Men taking up too much space on the train (ces hommes qui prennent trop de place dans le métro) traverse l’Atlantique. Sur le site du Monde, un billet de blog affirmait déjà à l’époque: « Constatée dans le ‘subway’ de New York, la domination masculine sur les bancs du métro est également avérée à Paris, voire dans les trains du quotidien, en France’.

De fait, sur internet, les témoignages, photos et articles sur le sujet affluent. Dans Glamour, on peut lire: « Dès leur plus jeune âge, on apprend aux filles à croiser ou à serrer les jambes alors que les hommes les écartent pour affirmer leur virilité ». Le débat se poursuit sur Twitter. Le blog pop-up urbain résume : « Pour faire simple, un homme croisant les jambes est catalogué ‘efféminé’ depuis la petite école; une femme se tenant les jambes écartées est jugée ‘masculine’ (vulgaire) ou bien ‘aguicheuse’ (surtout si elle porte une jupe) « .

Sur Kombini, on essaye tant bien que mal d’avancer des explications : « la tendance masculine à écarter les cuisses en position assise relève avant tout d’un réflexe physiologique », tente l’auteur. « Mon grand, je doute que ton sexe soit si énorme qu’il ait besoin de sa propre banquette » réplique le blog féministe Jezebel. Sur le tumblr Saving room for cats (je garde la place pour des chats) des internautes photoshopent des chats entre les jambes des « manspreaders ».

Libérer la parole

Avec cette campagne de publicité, la Metropolitan Transportation Authority tente avant tout d’ouvrir le débat. « Il va sans dire que l’objectif de cet exercice n’est pas de bêtement pointer du doigt les manspreaders », peut-on lire sur le site Distractify. « Il s’agit d’ouvrir le dialogue et d’essayer de comprendre pourquoi quelque chose d’aussi énervant continue d’exister », poursuit l’auteur.

Lorsque la journaliste Lauren Evans part à la rencontre des manspreaders du métro new-yorkais, nombreux sont ceux qui affirment ne tout simplement pas se rendre compte que leur position est gênante (vidéo en anglais)…

Quel effet pour cette campagne ? Le métro new-yorkais ne prévoit aucune sanction pour les contrevenants. Dans le New-York Times, la majorité des hommes abordés semble prendre la question à la légère. Interrogé, un jeune homme de 20 ans répond « je ne vais pas croiser mes jambes comme le font les femmes. Je vais continuer de m’asseoir de la façon dont je veux ».

Dans le même article toutefois, une jeune femme affirme que grâce à ces affiches, elle a enfin l’impression d’être prise au sérieux et d’avoir l’autorité de son côté. « De cette façon, j’oserai davantage demander à ces hommes de me faire de la place » explique-t-elle. De fait, les langues se délient progressivement autour du problème. Au Japon, des affiches representant les « manspreaders » en envahisseur venus de l’espace pullulent dans le métro. En Turquie, une organisation féministe a lancé en Février un mouvement sur les réseaux sociaux pour inciter les hommes à laisser de la place aux femmes dans les transports en commun.

Voir aussi:

N.Y. / Region
A Scourge Is Spreading. M.T.A.’s Cure? Dude, Close Your Legs.
‘Manspreading’ on New York Subways Is Target of New M.T.A. Campaign
Emma G. Fitzimmons
NYT

Dec. 20, 2014

It is the bane of many female subway riders. It is a scourge tracked on blogs and on Twitter.

And it has a name almost as distasteful as the practice itself.

It is manspreading, the lay-it-all-out sitting style that more than a few men see as their inalienable underground right.

Now passengers who consider such inelegant male posture as infringing on their sensibilities — not to mention their share of subway space — have a new ally: the Metropolitan Transportation Authority.

Taking on manspreading for the first time, the authority is set to unveil public service ads that encourage men to share a little less of themselves in the city’s ever-crowded subways cars.

The targets of the campaign, those men who spread their legs wide, into a sort of V-shaped slouch, effectively occupying two, sometimes even three, seats are not hard to find. Whether they will heed the new ads is another question.

Riding the F train from Brooklyn to Manhattan on a recent afternoon, Fabio Panceiro, 20, was unapologetic about sitting with his legs spread apart.
Manspreading in action. The Metropolitan Transportation Authority will address the practice as part a new ad campaign. Credit Hiroko Masuike/The New York Times
“I’m not going to cross my legs like ladies do,” he said. “I’m going to sit how I want to sit.”

And what if Mr. Panceiro, an administrative assistant from Los Angeles, saw posters on the train asking him to close his legs? “I’d just laugh at the ad and hope that someone graffitis over it,” he said.

For Kelley Rae O’Donnell, an actress who confronts manspreaders and tweets photos of them, her solitary shaming campaign now has the high-powered help of the transportation authority, whose ads will be plastered inside subway cars.

“It drives me crazy,” she said of men who spread their legs. “I find myself glaring at them because it just seems so inconsiderate in this really crowded city.”

When Ms. O’Donnell, who lives in Brooklyn and is in her 30s, asks men to move, she said, they rarely seem chastened: “I usually get grumbling or a complete refusal.”

Kelley Rae O’Donnell, who confronts manspreaders and posts their photos online, captured an image of one on a train this month. Credit Hiroko Masuike/The New York Times
The new ads — aimed at curbing rude behavior like manspreading and wearing large backpacks on crowded trains — are set to go up in the subways next month. They will all carry the slogan, “Courtesy Counts: Manners Make a Better Ride.”

One of the posters is likely to be especially welcome to women — as well as to men who frown on manspreading: “Dude… Stop the Spread, Please” reads the caption next to an image of riders forced to stand as a man nearby sits so that he takes up two seats.

The campaign is the latest in a long line of courtesy-themed crusades by the authority going back to at least the 1940s. One such ad urged women annoyed by impolite male riders to, “Hit Him Again Lady, We Don’t Like Door-Blockers Either.”

The new ads come as more riders are crowding onto the subways than at any time in recent history. In 2014, the system logged as many as 6.1 million riders on a single day, up from just under 5.1 million riders on the busiest day a decade ago. The city’s population, meanwhile, has swelled to more than 8.4 million people, pushing everyone closer and closer.

With crime no longer rampant on the subway, the campaign is the latest sign that other unwelcome behavior is getting attention.

A poster taking aim at the practice of manspreading is part of a new civility-themed campaign by the Metropolitan Transportation Authority. Credit Metropolitan Transportation Authority.
Several blogs regularly highlight instances of manspreading where knees stretch several feet apart. On some sites, images of large objects like the Death Star from “Star Wars” have been added with Photoshop into the space between the splayed legs. While there are women who take up more than their share of space, the offenders are usually men.

One admitted manspreader, John Hubbard, sat with his legs wide apart on an F train as it traveled through Manhattan recently.

“It’s more comfortable,” he said with a shrug.

Mr. Hubbard, 45, an engineer who lives in New Jersey, said he might move his leg, but not for just anyone. For an older person, he would. And for an attractive woman, he said, he definitely would.

Sherod Luscombe shook his head when he saw two men sitting with their legs spread on another train, taking up three seats between them. Mr. Luscombe, 58, a clinical social worker, said he thought the men should move, but he was not about to confront them.

“I’m not going to say, ‘Bro, there is a lady standing up right there. Cross your legs, young man,’ ” he said.

Women have theories about why some men sit this way. Some believe it is just a matter of comfort and may not even be intentional. Others consider it an assertion of power, or worse.

Bridget Ellsworth, a 28-year-old music teacher, views manspreading as sexual harassment because some men engage in it near her even when the subway car is not packed.

“They could move over and spread out their legs all they want,” she said, “but they’re squeezing next to me and doing it.”

For men who think that sitting with their legs spread is socially acceptable, manners experts say it is not. Peter Post, the author of the book “Essential Manners for Men” and great-grandson of etiquette guru Emily Post, said the proper way for men to sit is with their legs parallel rather than in a V-shape.

“I’m baffled by people who do that kind of thing, who take other people’s space,” he said.

Olof Hansson, a director of the Manhattan men’s spa John Allan’s, put it more succinctly. “A true gentleman doesn’t sit on the subway, he stands.”

As for men who may worry that crossing their legs could hurt their virility, doctors say there is nothing to fear. A half-hour train ride with legs crossed might raise testicular temperatures, but not long enough to do any harm, said Dr. Marc Goldstein, director of the center for male reproductive medicine and microsurgery at NewYork-Presbyterian Hospital Weill Cornell Medical Center.

Philadelphia has a new etiquette campaign, too, with posters that say, “Dude It’s Rude… Two Seats — Really?”

But Kristin Geiger, a spokeswoman for the Southeastern Pennsylvania Transportation Authority, said the campaign in the City of Brotherly Love is aimed at passengers with bags on seats, not people spreading their legs too far apart. Manspreading, she said, may be a “localized” problem in New York. “I don’t know of any complaints that have come through customer service about manspreading,” she said. Transit officials in Chicago and Washington said the phenomenon is not a major concern for riders in those cities either.

In New York, the transportation authority went back and forth about what tone to take when tackling the topic, said Paul Fleuranges, the authority’s senior director for corporate and internal communications. Officials knew it could be ripe for parody on late night television and did not want their approach to be too snarky. But Mr. Fleuranges said he knew that the ads had to speak directly to the spreaders.

“I had them add the dude part,” he said, “because I think, ‘Dude, really?’ « 

Voir également:

Why ‘Manspreading’ Is Definitely a Serious Issue, as Explained by the Feminist Internet
The government should maybe do even more.

Katherine Timpf

National review online

January 6, 2015

You might not think that it’s appropriate for the government to launch a campaign telling men how to sit on the subway. Well guess what? You’re wrong.

If you “manspread” on the subway (which, by the way, means to sit with your legs apart, in case you are a fixture of the patriarchy who doesn’t educate himself on important women’s issues), you are doing so much more than taking up space.

Here’s what’s really going on with manspreading, as explained by some of the bright, forward-thinking minds on the Feminist Internet:

1. Manspreading is saying, “Who gives a fuck if you can’t sit, [we] are men. See [our] balls.”

This is as explained by a man, Mychal Denzel Smith, for the blog Feministing. (Finally a man courageous enough to cue the rest of the world in to the secret language of the subway brotherhood!)

2. Manspreading is “an assertion of male dominance,” and “every one” of the manspreaders does it because he feels like he has to “claim [his] territory and [his] manhood in this public space, even at the discomfort of all the other passengers.”

Another great point by Smith. Who, by the way, also wrote: “When I stand, I sometimes cross my legs.” Sexy, sexy, sexy! Amirite ladies?!

3. “Let’s talk about these f***ing guys for a second because they’re f***ing everywhere. The MTA is full of them.”

Madeleine Davies of Jezebel really makes a great point here. In her brilliant piece, titled “F*** You, Dudes Who Sit With Their Legs Spread So Wide That They Take Up Two Seats,” Davies explains that it’s not just like two or three dudes who sit this way. Seeing as literally millions of people ride the subway every day, I might have been able to use context clues to figure out that probably there are a lot of people doing this, but she deserves praise for putting it so eloquently.

4. “There is no worse, man-centric behavior than manspreading on the subway.”

Seriously — Brian Moylan is totally right. There is nothing worse than manspreading. I would much rather be sneezed on or purposely verbally sexually harassed. I wonder if he crosses his legs when he stands the way Smith does. If so, there are wayyyyy more sexy men in NYC than I thought!

See, it’s so much worse than just being rude. It’s the patriarchy. I’m pretty angry that the MTA campaign will also cover people taking up space with backpacks and stuff as if it’s even close to the same thing. Stupid idiot female traitors like Cathy Young, who wrote a piece called “‘Manspreading’? But Women Hog Subway Space, Too,” don’t help. But I guess some people just don’t get it. Manspreading is nothing like when I sometimes come on the train with a giant backpack, because my backpack does not metaphorically spit on your face for your gender.

I am glad that the government is finally taking action. This is clearly not the kind of thing that could be solved by asking people to scoot over and make room for you to sit down, and I am glad the government is finally doing something about it.

— Katherine Timpf is a reporter at National Review Online.

Voir encore:

‘Manspreading’? But women hog subway space, too

Cathy Young

Newsday

January 5, 2015

As we enter 2015, the latest feminist crusade seems to come straight from the life-imitates-satire department. It has everything one could want in a caricature of feminism: petty grievances, gleeful male-bashing, egregious double standards. And it also seems to have the official blessing of the Metropolitan Transportation Authority. It’s the war on « manspreading, » the male habit of sitting with legs apart and (supposedly) taking up too much space on the subway.

Gripes about this alleged offense have been cropping up on feminist blogs for a couple of years. Now it is the target of a new public service ad campaign. MTA posters will show a figure seated with wide-open legs next to two standing passengers, with the tagline, « Dude . . . Stop the spread, please. It’s a space issue. »

Of course, hogging space in a crowded subway car is rude and inconsiderate. But are men really the worst offenders? After years of subway riding, I can say I’ve never noticed this to be the case. Neither have some of my female friends in New York City; others have said that while they’ve noticed male leg-spread, women can be just as bad with purses and shopping bags.
CartoonMatt Davies’ latest cartoon: ‘Broken windows’

In the past year, I’ve tried to watch for subway space-hogging patterns myself. The worst case I saw was a woman sitting at a half turn with her purse next to her, occupying at least two and possibly three seats. Granted it was in a half-empty car, but the same seems to be true in most photos posted by activists to shame « manspreaders. » Incidentally, in some of those photos, you can spot female passengers taking up extra space — sometimes because of the way they cross their legs.

Yes, men tend to sit with their legs apart. (Many will tell you it’s an issue of comfort and, well, male anatomy.) I haven’t seen many do so in a way that inconveniences others. Indeed, the supposed offenders in some of the shaming photos are clearly not spreading beyond their own seats. It’s also worth noting that when criticisms of bad subway manners first began to show up on the Internet five years ago, no one seemed particularly exercised about male postures. When street artist Jason Shelowitz (or Jay Shells) surveyed New Yorkers about subway etiquette violations for a series of posters in 2010, nail clipping topped the list, followed by religion and noise pollution. « Physical contact » and disregard of seating priority were also mentioned, but with no regard to gender.

The anti-spread campaign has little to do with etiquette. It’s part of a recent surge in a noxious form of feminism — or pseudo feminism — preoccupied with male misbehavior, no matter how trivial. The activists believe that « man-sitting, » as it has also been dubbed, is a matter of male entitlement, display of power or even sexual harassment. That says far more about feminist paranoia than it does about male conduct.

This brand of feminism is not about equality; it’s about shaming directed at males, as the subway seating issue makes abundantly clear. Even the word « manspreading, » with its nasty and somewhat obscene overtones, is a gender-based slur. Imagine the reaction if men took photos of inconsiderate women with large purses or shopping bags and posted them with exhortations to « stop the womanspread. » You can bet such activism would not get positive media coverage or a sympathetic response from the MTA.

A public service campaign against space-hogging — and other forms of incivility on the subway — would be welcome. Selective male-shaming is not. Stop the bashing, please; it’s a human issue.

Voir de plus:

Shrinking Women
Lily Myers
2013

Across from me at the kitchen table, my mother smiles over red wine that she drinks out of a measuring glass.
She says she doesn’t deprive herself,
but I’ve learned to find nuance in every movement of her fork.
In every crinkle in her brow as she offers me the uneaten pieces on her plate.
I’ve realized she only eats dinner when I suggest it.
I wonder what she does when I’m not there to do so.

Maybe this is why my house feels bigger each time I return; it’s proportional.
As she shrinks the space around her seems increasingly vast.
She wanes while my father waxes. His stomach has grown round with wine, late nights, oysters, poetry. A new girlfriend who was overweight as a teenager, but my dad reports that now she’s « crazy about fruit. »

It was the same with his parents;
as my grandmother became frail and angular her husband swelled to red round cheeks, round stomach,
and I wonder if my lineage is one of women shrinking,
making space for the entrance of men into their lives,
not knowing how to fill it back up once they leave.

I have been taught accommodation.
My brother never thinks before he speaks.
I have been taught to filter.
« How can anyone have a relationship to food? » he asks, laughing, as I eat the black bean soup I chose for its lack of carbs.
I want to say: we come from difference, Jonas,
you have been taught to grow out,
I have been taught to grow in.
You learned from our father how to emit, how to produce, to roll each thought off your tongue with confidence, you used to lose your voice every other week from shouting so much.
I learned to absorb.
I took lessons from our mother in creating space around myself.
I learned to read the knots in her forehead while the guys went out for oysters,
and I never meant to replicate her, but
spend enough time sitting across from someone and you pick up their habits-

that’s why women in my family have been shrinking for decades.
We all learned it from each other, the way each generation taught the next how to knit,
weaving silence in between the threads
which I can still feel as I walk through this ever-growing house,
skin itching,
picking up all the habits my mother has unwittingly dropped like bits of crumpled paper from her pocket on her countless trips from bedroom to kitchen to bedroom again.
Nights I hear her creep down to eat plain yogurt in the dark, a fugitive stealing calories to which she does not feel entitled.
Deciding how many bites is too many.
How much space she deserves to occupy.

Watching the struggle I either mimic or hate her,
And I don’t want to do either anymore,
but the burden of this house has followed me across the country.
I asked five questions in genetics class today and all of them started with the word « sorry. »
I don’t know the requirements for the sociology major because I spent the entire meeting deciding whether or not I could have another piece of pizza,
a circular obsession I never wanted, but

inheritance is accidental,
still staring at me with wine-soaked lips from across the kitchen table.

Voir par ailleurs:

Les sous-vêtements ont-ils un impact sur la fertilité masculine?
Anaïs Giroux
L’Express
26/04/2013

Alors qu’une récente étude prône l’absence de sous-vêtements pour favoriser la fertilité, Stéphane Droupy, professeur d’urologie, nous explique le réel impact des slips et des caleçons sur la fecondité masculine.

Des sous-vêtements trop serrés peuvent-ils réellement nuire à la production de spermatozoïdes?

Le port du kilt favoriserait la fertilité, affirme une étude publiée le 24 avril 2013 dans une revue scientifique… écossaise. Tiens donc. Derrière le trait d’humour, les chercheurs avancent néanmoins que les sous-vêtements et pantalons serrés nuiraient à la production de spermatozoïdes en tenant les testicules trop au chaud. « La température joue un rôle primordial dans la spermatogenèse », confirme Stéphane Droupy, professeur d’urologie au CHU de Nîmes.

La cigarette, la cannabis, l’alimentation et le fait d’être assis, ont une incidence
Pour fabriquer des petits soldats, les glandes génitales masculines doivent rester à une température idéale de 22 degrés, explique Pr Droupy -voilà pourquoi elles sont à l’extérieur du corps, contrairement aux ovaires chez la femme. « A 37 degrés, la spermatogenèse se bloque, poursuit le spécialiste. Certains chercheurs ont donc proposé comme méthodes de contraception le port d’un slip chauffant ou des opérations pour rentrer les testicules à l’intérieur du corps en les faisant remonter dans le canal inguinal. »

Les sous-vêtements n’ont aucun impact sur la fertilité
Entre ce genre d’intervention et le fait d’être à l’étroit du paquet, il y a une marge. Boxer, slip ou caleçon, le type de sous-vêtement n’a donc aucune incidence réelle sur votre futur de papa -« à moins d’être en fourrure, et encore », plaisante l’urologue. La cigarette, le cannabis, l’alimentation et le fait d’être assis sur une longue durée ont en revanche un impact scientifiquement prouvé. Parmi ses patients traités pour des problèmes de fertilité, Stéphane Droupy compte notamment des chauffeurs routiers, qui passent le plus clair de leur temps assis au volant de leur véhicule.

Le boxer plébiscité par les hommes
Coupes ou matières, vous êtes donc libre de choisir ce qui vous sied le mieux. En gardant peut-être en tête que, comme le rappelle avec humour le professeur, « pour faire des enfants, la première étape reste de trouver une partenaire. » Sur les forums comme au sein de la rédaction du site de L’Express, le boxer moulant de couleur sobre fait presque l’unanimité.
Le slip, boudé par tous
Message reçu pour 57% des hommes qui en portent d’ailleurs quotidiennement, selon un sondage de Kantar Worldpanel réalisé à l’occasion du salon de la lingerie 2011. Si le caleçon est apprecié par la gent masculine pour son confort, le slip, quant à lui, ne fait plus rêver personne. Il faut croire que Jean-Claude Dusse dans Les Bronzés ou encore Gros Dégueulasse, héros de la bande-dessinée de Reiser qui porte parfaitement son nom, ont réussi à ternir sa réputation à jamais.

L’urologue Stéphane Droupy est responsable d’andrologie et de médecine sexuelle de l’Association Française d’Urologie.

Voir de plus:

Renouveau de l’antiféminisme : L’éclosion du phénomène « masculiniste »
Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri
Alternative libertaire
3 octobre 2008

De ce côté-ci de l’Atlantique, on ne les prend pas vraiment au sérieux. Pourtant, l’expérience nord-américaine montre que les provocations d’un énergumène comme Eric Zemmour ou d’un plumitif aigri comme Alain Soral peuvent être les signes avant-coureurs d’une vague antiféministe plus large.

Depuis quelques années, en France, des intellectuels, journalistes, psychologues et militants cherchent à attirer l’attention sur la difficulté d’être un homme, dans une société soi-disant dominée par les femmes en général, et les féministes en particulier. À les écouter, les hommes seraient en perte de repères, et il serait temps de contre-attaquer celles – et parfois ceux – qui ont travaillé au bouleversement de la société traditionnelle : les féministes. C’est la thèse, par exemple, du journaliste Éric Zemmour dans son livre Le Premier Sexe ; de l’énarque psychanalyste Michel Schneider dans son livre Big mother : Psychopathologie de la vie politique, ou encore de l’ex-candidat au poste d’idéologue du Front national, Alain Soral, dans son ouvrage Vers la féminisation ?

Ce discours, que nous qualifions de « masculiniste », est, pour beaucoup, un phénomène marginal véhiculé par quelques individus isolés, voire dérangés. Mais à y regarder de plus près, il s’agit bel et bien d’un mouvement idéologique, dynamique en Grande-Bretagne ou au Québec, mais qui s’active également en France.

Actions spectaculaires
Comme tout mouvement social, le masculinisme adopte différentes stratégies et tactiques pour promouvoir « la cause des hommes » : lobbying et dépôt de mémoires en commissions parlementaires, publication de livres, création de sites web et réseautage sur Internet, activisme juridique et actions directes. Au Québec, c’est le mouvement masculiniste qui a réussi les actions de perturbation les plus spectaculaires ces dernières années. En septembre 2005, par exemple, un militant a escaladé la structure du pont Jacques-Cartier, à Montréal pour bloquer la voie rapide et attirer l’attention sur la prétendue « crise des hommes ».

Une étude menée auprès d’environ 80 groupes de femmes au Québec (maisons d’hébergement, comités de femmes de quartier, etc.) a révélé que près de la moitié ont été la cibles de menaces diverses, allant de coups de fil anonymes à des courriels haineux, en passant par des intimidations physiques, de la part de militants masculinistes ou, à tout le moins, antiféministes.

En plus des intellectuels et des militants radicaux de groupes de pères qui mènent des actions chocs, comme Fathers for Justice (F4J), le mouvement masculiniste peut compter sur le relais de certains éditorialistes, de professeurs d’université, de professionnels de la santé, de députés et même de militants de gauche et d’extrême gauche qui reprennent leur discours selon lequel le féminisme serait « allé trop loin ».

Inversion des rôles
La tactique du masculinisme est, souvent, de récupérer les outils d’analyse et le vocabulaire féministe pour les retourner contre les féministes en dénonçant un système d’oppression imaginaire. Ainsi, le matriarcat aurait désormais remplacé le patriarcat. Ce n’est pas sans faire penser à ces journalistes défenseurs du système capitaliste qui, inversant les rôles, n’ont de cesse de dénoncer « la dictature des syndicats »…

Cette mauvaise foi, c’est celle d’un Patrick Guillot, auteur de La Cause des hommes, et pour qui il a suffi qu’une seule femme soit devenue pilote de Concorde, en 2000, pour affirmer que la profession s’était féminisée et que les hommes n’avaient « plus de modèle ». Plus magnanime, Michel Schneider reconnaît que les hommes dominent largement les sphères du pouvoir, mais… qu’ils gouvernent comme des « mères », imposant des « valeurs féminines » à la France. Des héros comme Zidane ne sont plus des modèles masculins parce que, selon Zemmour – qui ne se prive pas de flirter avec l’homophobie –, ils jouent « comme des femmes », avec un esprit d’entraide, et adoptent une esthétique homosexuelle…

Quatre arguments structurants
Pour théoriser la « crise des hommes », les masculinistes développent systématiquement quatre arguments : les filles réussissent mieux à l’école ; des hommes sont également victimes de violences conjugales ; les hommes se suicident plus que les femmes ; et en cas de divorce les tribunaux attribuent généralement la garde des enfants à la mère. Examinons chacun de ces arguments.

Primo, si les filles ont tendance à obtenir de meilleurs résultats scolaires, cette donnée fluctue selon les écoles, et les milieux favorisés ne présentent pas ce type d’écart. Dans les écoles qui le sont moins, les filles seraient en moyenne plus studieuses parce qu’elles savent, consciemment ou non, que le marché de l’emploi est généralement bien plus favorable aux hommes.

Secundo, les masculinistes brandissent des chiffres selon lesquels les hommes sont autant, sinon davantage, victimes de violence conjugale que les femmes. Ils s’abstiennent toutefois de se pencher sur le contexte des violences conjugales. La violence des hommes est majoritairement plus brutale et répétitive – s’inscrivant dans une logique de pouvoir sur les femmes –, et celle des femmes relève davantage de la défense.

Tertio, le taux de suicide des hommes serait plus élevé que celui des femmes. Cette affirmation est, encore une fois, isolée de son contexte. En fait la proportion de tentatives de suicide est quasi la même pour les femmes que pour les hommes même si ces derniers « réussissent » davantage. Et c’est sans compter que d’autres phénomènes de désespoir, comme la dépression, touchent majoritairement les femmes.

Quarto, en réalité, dans la grande majorité des cas, les divorces se concluent à l’amiable, et la grande majorité des pères délèguent volontiers à la mère la garde des enfants. Certes, lorsque les tribunaux doivent trancher, les juges attribuent plus souvent la garde des enfants aux mères qu’aux pères, mais c’est bien le patriarcat qui est en cause, la magistrature considérant qu’il est plus « naturel » qu’une femme s’occupe des enfants.

En somme, le masculinisme constitue une menace pour les femmes et pour le mouvement féministe qui, en plus de lutter contre le patriarcat, doit se défendre des violences diverses à son endroit.

• Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri ont dirigé l’ouvrage Le Mouvement masculiniste au Québec, l’antiféminisme démasqué, 264 pages, Remue-ménage, 2008.
Plus d’information sur la toile :
deux analyses de E. Morraletat, de la Nefac (communistes libertaires canadiens) : « Qui sont les masculinistes ? » et « Masculinisme : ressac identitaire patriarcal » sur http://www.nefac.net.
un dossier très complet sur http://www.arte-tv.com/masculinisme.
d’Hélène Palma, « La percée de la mouvance masculiniste en Occident » sur http://sisyphe.org.

Et sur papier :
Susan Falludi, Backlash, La guerre froide contre les femmes, éditions Des femmes, 1993, 576 pages, 37 euros.
Dorain Dozolme, Maud Gelly, « L’offensive masculiniste », in Femmes, genre, féminisme , Syllepse, 2007, 120 pages, 7 euros.
Patrizia Romito, Un silence de mortes : la violence masculine occultée, Syllepse, 2006, 298 pages, 25 euros.

Voir enfin:

Eric Zemmour, le « suicide français » et la haine des femmes
Martine Storti
Mediapart
24 octobre 2014

Ce sont les pages sur le régime de Vichy qui ont suscité la majeure partie des critiques faites au dernier livre d’Eric Zemmour, Le suicide français. Et à juste titre beaucoup ont pris la parole et la plume pour rappeler ce qu’il convenait, à savoir que, contrairement à ce qu’affirme Zemmour, c’est bien le régime pétainiste qui a envoyé des Juifs de France et des Juifs français dans les camps de la mort.
Cette réhabilitation de Vichy n’est pas un accident ou bien une provocation collatérale, elle est en cohérence avec le reste du livre. En effet rendre Vichy responsable, c’est rendre la France responsable, donc la salir, donc contribuer à la détruire. Et tel est bien l’enjeu de ce gros livre : dresser la liste de tous les responsables de « la mort de la France ».
Certes, pour Eric Zemmour le déclin de la France remonte à bien des décennies, quasiment deux siècles puisqu’il a commencé avec la défaite de Waterloo et la fin du Premier empire. Déclin car la France n’est vraiment elle-même que si elle est impériale, non pas à travers un empire colonial ou une domination par la culture et par la langue, mais seulement comme une puissance dominante en Europe, et même de préférence dominante de l’Europe, la « grandeur de la France se confondant avec la gloire de ses armées ».

Si le déclin de la France a commencé avec Waterloo, il s’accélère, selon Eric Zemmour, avec mai 68 et les décennies qui suivent cet épouvantable évènement, réduit, soit dit en passant, à quelques slogans et aux « enragés » alors qu’il s’est agi d’une très grande et très longue grève ouvrière, une grève faite par ce « peuple » que Zemmour prétend tellement aimer et tellement défendre. Il est vrai que pour lui, le « peuple » – on a la précision à la page 525 du livre – se compose aujourd’hui plutôt des « bonnets rouges bretons » et des « manifestants contre le mariage pour tous ».

Le puzzle zemmourien du « suicide français » comprend de nombreuses pièces : la mondialisation libérale, le capitalisme financiarisé, l’Europe bruxelloise, l’euro, l’Angleterre, l’Allemagne forcément « hégémonique », les USA, les anglo-saxons, les protestants, mais aussi mai 68, les gauchistes, la gauche (mais pas les communistes qui ont eu le courage de défendre le « produire français » et la nation française), la droite (de l’extrême droite rien n’est dit), le centre, les antiracistes, les différents communautarismes, surtout juif et musulman, les écologistes, les homosexuels, les technocrates, les bobos, les immigrés, les féministes, j’en oublie sûrement, forcément le livre fait plus de 500 pages !

Comme Zemmour fait feu de tout bois, pioche chez les uns et les autres, s’en prend à beaucoup et aborde de nombreux sujets, il est possible de trouver telle ou telle partie de l’exercice pertinente et juste. Mais c’est l’ensemble, le systématisme du réquisitoire qui fait problème, tout se passant en effet comme si les nombreux responsables énoncés ci-dessus étaient les multiples composantes d’un vaste complot visant à détruire la France, multiples composantes alliées les unes aux autres, complémentaires les unes des autres. J’ajoute que dans le logiciel de Zemmour, pas de place pour la nuance, la complexité, la reconnaissance qu’il peut y avoir, au sein de tel ou tel courant de pensée, de tel ou tel mouvement des différences, des divergences, des désaccords. Non, il faut s’en tenir au global, et même globaliser à outrance, les partisans de l’Europe par exemple étant forcément tous complices de la dérive libérale, les soixanthuitards pensant forcément tous la même chose, les antiracistes aussi, les bobos aussi, eux qui d’ailleurs habitent, n’est-ce pas, les mêmes quartiers (c’est-à-dire sous la plume de Zemmour aussi bien, pour les parisiens, le Marais que Belleville, comme si le prix de l’immobilier y était le même !).

Il serait trop long de passer en revue dans cet article toutes les pièces du puzzle, je m’en tiens à l’une d’entre elles, parce qu’elle me concerne de près mais aussi parce que Eric Zemmour fait du féminisme et même des femmes en général l’une des causes principales de cette « mort » de la France qui le chagrine tant.

Résumons : dans l’alliance mortifère « du libéralisme économique et du libéralisme sociétal », le féminisme tient une place centrale puisqu’il est responsable de la fin du patriarcat, de la mort du père, (c’est un leitmotiv), de la fin du mariage, de la fin de la famille, de la fin de la virilité, de la féminisation de la France et donc de son avachissement (les deux sont synonymes), et même du développement de la société de consommation et de la financiarisation de l’économie. Les pères d’avant « contenaient les pulsions consommatrices » tandis que les femmes, elles, sont des agents du consumérisme et donc du grand marché libéral ! Ainsi les femmes qui font souvent et depuis très longtemps le marché et les courses font aussi, qui l’eut cru, le grand marché !
Bref le féminisme, les femmes, les mères, confondues les unes aux autres sont des contributrices principales de la destruction de la société et de la France.

Mort du patriarcat, avec un mariage contractuel entre égaux, mais « la contractualisation du mariage de deux êtres égaux méconnait la subtilité des rapports entre les hommes et les femmes. Le besoin des hommes de dominer – au moins formellement- pour se rassurer sexuellement. Le besoin des femmes d’admirer pour se donner sans honte ».On appréciera le « au moins formellement ». Quant à la « subtilité », sans doute existe-t-elle dans le si « subtil » « manifeste des 343 salauds : touche pas à ma pute ! » dont Zemmour a été, en 2013, l’un des premiers signataires.Mais le patriarcat n’a pas disparu pour laisser place à l’égalité, non, à lui s’est substitué le matriarcat qui fait disparaître les pères, sommés de devenir « des mères comme les autres », tandis que l’Etat fort, garant de la force de la France, est remplacé par un « Etat maternel » donc « infantilisant » et « culpabilisant ». Le féminisme a aussi détruit « la famille occidentale », nous faisant ainsi revenir à « une humanité d’avant la loi qu’elle s’était donnée en interdisant l’inceste : une humanité barbare, sauvage, inhumaine ». Rien que ça !
Pour Eric Zemmour, la famille est patriarcale ou elle n’est pas. Cependant il y a encore des familles patriarcales où les enfants reçoivent « une éducation patriarcale », ce sont par exemple les « familles maghrébines ». Mais alors, pas de chance, ce maintien « détériore les relations avec les indigènes – les ouvriers et leurs familles, issus de l’exode rural ou de l’immigration européenne » qui sont en train de rejeter la dite éducation patriarcale. Pas de chance non plus, malgré cette éducation patriarcale, les garçons « volent et violent », sans doute parce qu’ils ne sont pas de vrais Français.

Vous ne trouverez pas une ligne, pas un mot sur ce qu’était, en France, la situation des femmes dans ces années tant regrettées par Zemmour, avant les mouvements féministes, avant la libéralisation de l’avortement, avant les luttes pour l’émancipation, pour l’égalité, ou contre les violences, luttes qui sont d’ailleurs sans cesse à reprendre. Pas un mot, ah non j’exagère ; de ce passé idyllique, il  parle, quand il évoque par exemple, « le jeune chauffeur de bus qui glisse une main concupiscente sur un charmant fessier féminin » sans que « la jeune femme ne porte plainte pour harcèlement sexuel » !

Réquisitoire contre le féminisme et obsession des femmes sur lesquelles Zemmour  ne peut s’empêcher de glisser une allusion, et parfois avec une grande élégance, n’est-ce pas, ainsi : «  les débats sont comme les femmes, les meilleurs sont ceux qu’on n’a pas eus », ou encore les hommes virils « préfèrent prendre les femmes sans les comprendre plutôt que de les comprendre sans les prendre », ou encore « la jeunesse diplômée qui tient « le rôle du gibier féminin face au chasseur viril ». Obsession de la virilité, par exemple celle des« soldats allemands qui sont impressionnants de virilité conquérante » et au charme desquels « beaucoup de femmes succombent ». Ne pas oublier aussi que « la domination sociale à chez elles (les femmes) un fort pouvoir érotique ».

Il serait trop long de tout citer ici. Je ne sais pas quand on touche le fond. Est-ce quand, à la revendication avancée par les féministes dans la lutte pour la liberté de l’avortement, « le droit de disposer de son corps », Zemmour ajoute « même avec un soldat ennemi » ? Est-ce quand il souligne l’évidence, après un « homosexuel assumé » maire de Paris, de la candidature en 2014 de deux femmes à sa succession, soit un pas de plus dans la dégradation de la capitale ? Pire qu’un gay, une femme !

Cependant, en parlant des femmes, il ne faut pas oublier les différences de classe, puisque l’un des objectifs de l’ouvrage est de séduire ceux que Zemmour appelle tantôt « les classes populaires », tantôt les « petits blancs ». J’ignorais quant à moi que le divorce entre adultes consentants avait été imposé par « la petite bourgeoisie montante » aux « classes populaires qui n’en pouvaient mais », comme si les dites classes populaires n’avaient droit qu’au divorce conflictuel ! Ou encore que la lutte pour la liberté de l’avortement et plus largement les luttes d’émancipation des femmes n’étaient qu’une lutte de « bourgeoises volant indûment aux prolétaires mâles le rôle envieux de victimes et d’exploitées », comme si aucune prolétaire n’était jamais morte d’un avortement clandestin, (d’ailleurs plus souvent justement que les dites « bourgeoises » qui avaient les moyens d’aller en Suisse ou en Angleterre pour avorter dans de bonnes conditions), comme si aucune ouvrière n’avait jamais été victime d’un viol…Il faut flatter aussi les jeunes prolétaires, et là encore ce sont les filles qui tiennent le mauvais rôle puisqu’aux « petits blancs » elles « préfèrent le bagout de la jeunesse des écoles ou même la virilité ostentatoire des racailles de banlieue ».

Il y a dans les pages du « suicide français », une misogynie affichée, une haine des féministes mais plus largement des femmes que je ne soupçonnais pas pouvoir encore exister ainsi.
J’ajoute que dans les quarante dernières années telles que les raconte Eric Zemmour, dansla France telle qu’il la voit, pas un tout petit coin de ciel bleu, pas un pâle rayon de soleil, pas même une lueur. Non, tout est négatif, sombre, noir, moche. Pas non plus l’ombre d’une proposition pour sortir la France de l’épouvantable situation dans laquelle, selon lui, elle se trouve. A quoi bon d’ailleurs puisque « la France se meurt, la France est morte » ?  A la fin de son livre, Zemmour, devenu prophète, annonce « la guerre civile » à venir. A se demander s’il ne la souhaite pas. S’il ne la veut pas.

PS : Comme Zemmour emprunte à beaucoup et que nombreuses sont les citations non référencées, tout vérifier demande un long travail. Mais il y en a au moins une immédiatement corrigible, ce n’est pas « Bien creusé, la taupe », c’est « Bien creusé, vieille taupe » !

Voir aussi:

http://mta-nyc.custhelp.com/app/ask_sh

http://web.mta.info/nyct/safety/#harassment

http://gothamist.com/2014/09/30/worst_subway_etiquette_ever.php