Obama: Pire président du siècle ? (Worst president in a hundred years ? – even Carter and Nixon did better !)

29 novembre, 2013
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francois-hollande-record-impopularite-23823_3_1400_1063Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme. René Girard
Le problème n’est pas la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban ou les ingérences de la Syrie ou du Hezbollah : Le problème est centré sur l’effort de l’Iran à obtenir le Droit d’Abolir l’Exclusivité de la Dissuasion. La prolifération sauvage, le concept de «tous nucléaires» sera la fin de la Guerre Froide et le retour à la période précédant la Dissuasion. Les mollahs et leurs alliés, le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, la Corée du Nord et la Russie…, se militarisent à une très grande échelle sachant qu’ils vont bientôt neutraliser le parapluie protecteur de la dissuasion et alors ils pourront faire parler la poudre. Chacun visera à dominer sa région et sans que les affrontements se déroulent en Europe, l’Europe sera dépouillée de ses intérêts en Afrique ou en Amérique du Sud et sans combattre, elle devra déposer les armes. Ce qui est incroyable c’est la myopie de la diplomatie française et de ses experts. (…) Aucun d’entre eux ne se doute que la république islamique a des alliés qui ont un objectif commun: mettre un terme à une discrimination qui dure depuis 50 ans, la dissuasion nucléaire ! Cette discrimination assure à la France une position que beaucoup d’états lui envient. Ils attendent avec impatience de pouvoir se mesurer avec cette ancienne puissance coloniale que beaucoup jugent arrogante, suffisante et gourmande. Iran-Resist
Le gouvernement est autorisé de manière unilatérale à empêcher tout élément, qu’il soit spirituel ou matériel, qui constituerait une menace à ses intérêts (…) pour l’islam, les exigences du gouvernement remplacent tous les autres aspects, y compris même la prière, le jeûne et le pèlerinage à la Mecque. Khomeini (1988)
La République islamique sera fondée sur la liberté d’expression et luttera contre toute forme de censure. Khomeyni (Entretien avec Reuters, le 26 octobre 1978.)
Tout ce que vous avez entendu concernant la condition féminine dans la République islamique n’est qu’une propagande hostile. (Dans le futur gouvernement), les femmes seront complètement libres, dans leur éducation et dans tout ce qu’elles feront, tout comme les hommes. Khomeyni (Entretien accordé à un groupe de reporters allemands à Paris, le 12 novembre 1978.)
En 1978, Foucault trouva de telles forces transgressives dans le personnage révolutionnaire de l’ayatollah Khomeiny et des millions de gens qui risquaient la mort en le suivant dans sa Révolution. Il savait que des expériences aussi «limites» pouvaient conduire à de nouvelles formes de créativité et il lui donna son soutien avec ardeur. Janet Afary et Kevin B. Anderson
La révolution iranienne fut en quelque sorte la version islamique et tiers-mondiste de la contre-culture occidentale. Il serait intéressant de mettre en exergue les analogies et les ressemblances que l’on retrouve dans le discours anti-consommateur, anti-technologique et anti-moderne des dirigeants islamiques de celui que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan (Les Illusions de l’identité, 1992)
Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Martin Luther King
Si Obama était blanc, il ne serait pas dans cette position. Et s’il était une femme, il ne serait pas dans cette position. Il a beaucoup de chance d’être ce qu’il est. Et le pays est pris par le concept. Geraldine Ferraro
Ce qui rendait Obama unique, c’est qu’il était le politicien charismatique par excellence – le plus total inconnu à jamais accéder à la présidence aux Etats-Unis. Personne ne savait qui il était, il sortait de nulle part, il avait cette figure incroyable qui l’a catapulté au-dessus de la mêlée, il a annihilé Hillary, pris le contrôle du parti Démocrate et est devenu président. C’est vraiment sans précédent : un jeune inconnu sans histoire, dossiers, associés bien connus, auto-créé. Il y avait une bonne volonté énorme, même moi j’étais aux anges le jour de l’élection, quoique j’aie voté contre lui et me sois opposé à son élection. C’était rédempteur pour un pays qui a commencé dans le péché de l’esclavage de voir le jour, je ne croyais pas personnellement le voir jamais de mon vivant, quand un président noir serait élu. Certes, il n’était pas mon candidat. J’aurais préféré que le premier président noir soit quelqu’un d’idéologiquement plus à mon goût, comme par exemple Colin Powell (que j’ai encouragé à se présenter en 2000) ou Condoleezza Rice. Mais j’étais vraiment fier d’être Américain à la prestation de serment. Je reste fier de ce succès historique. (…) il s’avère qu’il est de gauche, non du centre-droit à la manière de Bill Clinton. L’analogie que je donne est qu’en Amérique nous jouons le jeu entre les lignes des 40 yards, en Europe vous jouez tout le terrain d’une ligne de but à l’autre. Vous avez les partis communistes, vous avez les partis fascistes, nous, on n’a pas ça, on a des partis très centristes. Alors qu’ Obama veut nous pousser aux 30 yards, ce qui pour l’Amérique est vraiment loin. Juste après son élection, il s’est adressé au Congrès et a promis en gros de refaire les piliers de la société américaine — éducation, énergie et soins de santé. Tout ceci déplacerait l’Amérique vers un Etat de type social-démocrate européen, ce qui est en dehors de la norme pour l’Amérique. (…) Obama a mal interprété son mandat. Il a été élu six semaines après un effondrement financier comme il n’y en avait jamais eu en 60 ans ; après huit ans d’une présidence qui avait fatigué le pays; au milieu de deux guerres qui ont fait que le pays s’est opposé au gouvernement républicain qui nous avait lancé dans ces guerres; et contre un adversaire complètement inepte, John McCain. Et pourtant, Obama n’a gagné que par 7 points. Mais il a cru que c’était un grand mandat général et qu’il pourrait mettre en application son ordre du jour social-démocrate. (…) sa vision du monde me semble si naïve que je ne suis même pas sûr qu’il est capable de développer une doctrine. Il a la vision d’un monde régulé par des normes internationales auto-suffisantes, où la paix est gardée par un certain genre de consensus international vague, quelque chose appelé la communauté internationale, qui pour moi est une fiction, via des agences internationales évidemment insatisfaisantes et sans valeur. Je n’éleverais pas ce genre de pensée au niveau d’ une doctrine parce que j’ai trop de respect pour le mot de doctrine. (…) Peut-être que quand il aboutira à rien sur l’Iran, rien sur la Corée du Nord, quand il n’obtiendra rien des Russes en échange de ce qu’il a fait aux Polonais et aux Tchèques, rien dans les négociations de paix au Moyen-Orient – peut-être qu’à ce moment-là, il commencera à se demander si le monde fonctionne vraiment selon des normes internationales, le consensus et la douceur et la lumière ou s’il repose sur la base de la puissance américaine et occidentale qui, au bout du compte, garantit la paix. (…) Henry Kissinger a dit une fois que la paix peut être réalisée seulement de deux manières : l’hégémonie ou l’équilibre des forces. Ca, c’est du vrai réalisme. Ce que l’administration Obama prétend être du réalisme est du non-sens naïf. Charles Krauthammer (oct. 2009)
Selon un sondage publié par YouGov/économiste, Ronald Reagan est perçu comme le plus grand président des 100 dernières années, même si Obama est considéré comme le « plus grand échec ». Le sondage demandait aux répondants « de coter chaque Président [depuis Theodore Roosevelt] dans six catégories : grand, près de grand, moyen, inférieur à la moyenne, échec et ne sais pas. » Les résultats ont montré que Reagan a battu Franklin D. Roosevelt (FDR) et John F. Kennedy (JFK) dans une course serrée pour la première place. 32 % des répondants catégorisé Reagan comme « grand », tandis que 31 pour cent étiqueté FDR « grand » et 30 % ont choisi JFK. Quant aux classement des présidents perçus comme des « échecs », Jimmy Carter et Richard Nixon ont fait mieux qu’ Obama. Pour 22% des répondants,  Carter était un « échec », tandis que 30% attribuait le même qualificatif à Nixon. Mais c’est Obama qui a pris la première place au bas de la liste, avec 37 % des personnes interrogées le choisissant comme le plus grand « échec » de tous. Charles Breitbart
Jamais un président de la République n’avait suscité autant de mécontentements. Avec 20 % de satisfaits et 79 % de mécontents dans le dernier baromètre Ifop-JDD, François Hollande bat le record d’impopularité d’un chef de l’État détenu jusque-là par François Mitterrand. La Croix
The current troubles of the Obama presidency can be read back into its beginnings. Rule by personal charisma has met its proper fate. The spell has been broken, and the magician stands exposed. We need no pollsters to tell us of the loss of faith in Mr. Obama’s policies—and, more significantly, in the man himself. Charisma is like that. Crowds come together and they project their needs onto an imagined redeemer. The redeemer leaves the crowd to its imagination: For as long as the charismatic moment lasts — a year, an era — the redeemer is above and beyond judgment. He glides through crises, he knits together groups of varied, often clashing, interests. Always there is that magical moment, and its beauty, as a reference point. Mr. Obama gave voice to this sentiment in a speech on Nov. 6 in Dallas: « Sometimes I worry because everybody had such a fun experience in ’08, at least that’s how it seemed in retrospect. And, ‘yes we can,’ and the slogans and the posters, et cetera, sometimes I worry that people forget change in this country has always been hard. » It’s a pity we can’t stay in that moment, says the redeemer: The fault lies in the country itself — everywhere, that is, except in the magician’s performance. (…) Five years on, we can still recall how the Obama coalition was formed. There were the African-Americans justifiably proud of one of their own. There were upper-class white professionals who were drawn to the candidate’s « cool. » There were Latinos swayed by the promise of immigration reform. The white working class in the Rust Belt was the last bloc to embrace Mr. Obama—he wasn’t one of them, but they put their reservations aside during an economic storm and voted for the redistributive state and its protections. There were no economic or cultural bonds among this coalition. There was the new leader, all things to all people. A nemesis awaited the promise of this new presidency: Mr. Obama would turn out to be among the most polarizing of American leaders. No, it wasn’t his race, as Harry Reid would contend, that stirred up the opposition to him. It was his exalted views of himself, and his mission. The sharp lines were sharp between those who raised his banners and those who objected to his policies. (…) A leader who set out to remake the health-care system in the country, a sixth of the national economy, on a razor-thin majority with no support whatsoever from the opposition party, misunderstood the nature of democratic politics. An election victory is the beginning of things, not the culmination. With Air Force One and the other prerogatives of office come the need for compromise, and for the disputations of democracy. A president who sought consensus would have never left his agenda on Capitol Hill in the hands of Harry Reid and Nancy Pelosi. Mr. Obama has shown scant regard for precedent in American history. To him, and to the coterie around him, his presidency was a radical discontinuity in American politics. There is no evidence in the record that Mr. Obama read, with discernment and appreciation, of the ordeal and struggles of his predecessors. At best there was a willful reading of that history. Early on, he was Abraham Lincoln resurrected (the new president, who hailed from Illinois, took the oath of office on the Lincoln Bible). He had been sworn in during an economic crisis, and thus he was FDR restored to the White House. He was stylish with two young children, so the Kennedy precedent was on offer. In the oddest of twists, Mr. Obama claimed that his foreign policy was in the mold of Dwight Eisenhower’s. But Eisenhower knew war and peace, and the foreign world held him in high regard. During his first campaign, Mr. Obama had paid tribute to Ronald Reagan as a « transformational » president and hinted that he aspired to a presidency of that kind. But the Reagan presidency was about America, and never about Ronald Reagan. Reagan was never a scold or a narcissist. He stood in awe of America, and of its capacity for renewal. There was forgiveness in Reagan, right alongside the belief in the things that mattered about America—free people charting their own path. If Barack Obama seems like a man alone, with nervous Democrats up for re-election next year running for cover, and away from him, this was the world he made. No advisers of stature can question his policies; the price of access in the Obama court is quiescence before the leader’s will. The imperial presidency is in full bloom. There are no stars in the Obama cabinet today, men and women of independent stature and outlook. It was after a walk on the White House grounds with his chief of staff, Denis McDonough, that Mr. Obama called off the attacks on the Syrian regime that he had threatened. If he had taken that walk with Henry Kissinger or George Shultz, one of those skilled statesmen might have explained to him the consequences of so abject a retreat. But Mr. Obama needs no sage advice, he rules through political handlers. Valerie Jarrett, the president’s most trusted, probably most powerful, aide, once said in admiration that Mr. Obama has been bored his whole life. The implication was that he is above things, a man alone, and anointed. Perhaps this moment—a presidency coming apart, the incompetent social engineering of an entire health-care system—will now claim Mr. Obama’s attention. Fouad Ajami
Les lamentations sur ce qui est advenu de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient passent à côté de l’essentiel.  Le plus remarquable concernant la diplomatie du président Obama dans la région, c’est qu’elle est revenue au point de départ – jusqu’au début de sa présidence. La promesse d’ « ouverture »  vers l’Iran, l’indulgence envers la tyrannie de Bashar Assad en Syrie, l’abandon des gains américains en Irak et le malaise systématique à l’égard d’Israël — tels étaient les traits distinctifs de l’approche du nouveau président en politique étrangère. A présent, nous ne faisons qu’assister aux conséquences alarmantes d’une perspective aussi malavisée que naïve. Fouad Ajami

Pire président du siècle ?

Alors qu’après un an à peine de sa réélection et au lendemain d’un prétendu accord, digne de Münich, avec les autocrates iraniens …

Un sondage place le Kennedy noir (qui a certes encore 100 ans pour se racheter – Reagan lui-même actuellement au pinacle de la popularité était loin de l’être à la fin de son deuxième mandat) …

Au rang de plus mauvais président américain du siècle (même Clinton et Nixon font mieux !) ..

Pendant qu’en comparaison, au 50e anniversaire de son assassinat, le vrai président Kennedy apparait plus que jamais pour le centriste qu’il était réellement …

Et qu’en France notre Obama blanc à nous en rajoute chaque jour un peu plus (jusqu’à, crise en début de mandat oblige, être réélu en 2017?) dans son incroyable gémellité

Comment ne pas être frappé avec le politologue libano-américain Fouad Ajami …

Tant de la remarquable cohérence de l’approche même qui avait dès le départ fait son charme et son élection …

Que, face à la redoutable sophistication de l’islamisme actuel, l’incroyable naïveté de ladite approche ?

When the Obama Magic Died
There were no economic or cultural bonds among his coalition. He was all things to all people. Charisma ruled.
Fouad Ajami
The WSJ
Nov. 14, 2013

The current troubles of the Obama presidency can be read back into its beginnings. Rule by personal charisma has met its proper fate. The spell has been broken, and the magician stands exposed. We need no pollsters to tell us of the loss of faith in Mr. Obama’s policies—and, more significantly, in the man himself. Charisma is like that. Crowds come together and they project their needs onto an imagined redeemer. The redeemer leaves the crowd to its imagination: For as long as the charismatic moment lasts—a year, an era—the redeemer is above and beyond judgment. He glides through crises, he knits together groups of varied, often clashing, interests. Always there is that magical moment, and its beauty, as a reference point.

Mr. Obama gave voice to this sentiment in a speech on Nov. 6 in Dallas: « Sometimes I worry because everybody had such a fun experience in ’08, at least that’s how it seemed in retrospect. And, ‘yes we can,’ and the slogans and the posters, et cetera, sometimes I worry that people forget change in this country has always been hard. » It’s a pity we can’t stay in that moment, says the redeemer: The fault lies in the country itself—everywhere, that is, except in the magician’s performance.

Forgive the personal reference, but from the very beginning of Mr. Obama’s astonishing rise, I felt that I was witnessing something old and familiar. My advantage owed nothing to any mastery of American political history. I was guided by my immersion in the political history of the Arab world and of a life studying Third World societies.

In 2008, seeing the Obama crowds in Portland, Denver and St. Louis spurred memories of the spectacles that had attended the rise and fall of Arab political pretenders. I had lived through the era of the Egyptian leader Gamal Abdul Nasser. He had emerged from a military cabal to become a demigod, immune to judgment. His followers clung to him even as he led the Arabs to a catastrophic military defeat in the Six Day War of 1967. He issued a kind of apology for his performance. But his reign was never about policies and performance. It was about political magic.

In trying to grapple with, and write about, the Obama phenomenon, I found guidance in a book of breathtaking erudition, « Crowds and Power » (1962) by the Nobel laureate Elias Canetti. Born in Bulgaria in 1905 and educated in Vienna and Britain, Canetti was unmatched in his understanding of the passions, and the delusions, of crowds. The crowd is a « mysterious and universal phenomenon, » he writes. It forms where there was nothing before. There comes a moment when « all who belong to the crowd get rid of their difference and feel equal. » Density gives the illusion of equality, a blessed moment when « no one is greater or better than another. » But the crowd also has a presentiment of its own disintegration, a time when those who belong to the crowd « creep back under their private burdens. »

Five years on, we can still recall how the Obama coalition was formed. There were the African-Americans justifiably proud of one of their own. There were upper-class white professionals who were drawn to the candidate’s « cool. » There were Latinos swayed by the promise of immigration reform. The white working class in the Rust Belt was the last bloc to embrace Mr. Obama—he wasn’t one of them, but they put their reservations aside during an economic storm and voted for the redistributive state and its protections. There were no economic or cultural bonds among this coalition. There was the new leader, all things to all people.

A nemesis awaited the promise of this new presidency: Mr. Obama would turn out to be among the most polarizing of American leaders. No, it wasn’t his race, as Harry Reid would contend, that stirred up the opposition to him. It was his exalted views of himself, and his mission. The sharp lines were sharp between those who raised his banners and those who objected to his policies.

America holds presidential elections, we know. But Mr. Obama took his victory as a plebiscite on his reading of the American social contract. A president who constantly reminded his critics that he had won at the ballot box was bound to deepen the opposition of his critics.

A leader who set out to remake the health-care system in the country, a sixth of the national economy, on a razor-thin majority with no support whatsoever from the opposition party, misunderstood the nature of democratic politics. An election victory is the beginning of things, not the culmination. With Air Force One and the other prerogatives of office come the need for compromise, and for the disputations of democracy. A president who sought consensus would have never left his agenda on Capitol Hill in the hands of Harry Reid and Nancy Pelosi.

Mr. Obama has shown scant regard for precedent in American history. To him, and to the coterie around him, his presidency was a radical discontinuity in American politics. There is no evidence in the record that Mr. Obama read, with discernment and appreciation, of the ordeal and struggles of his predecessors. At best there was a willful reading of that history. Early on, he was Abraham Lincoln resurrected (the new president, who hailed from Illinois, took the oath of office on the Lincoln Bible). He had been sworn in during an economic crisis, and thus he was FDR restored to the White House. He was stylish with two young children, so the Kennedy precedent was on offer.

In the oddest of twists, Mr. Obama claimed that his foreign policy was in the mold of Dwight Eisenhower’s . But Eisenhower knew war and peace, and the foreign world held him in high regard.

During his first campaign, Mr. Obama had paid tribute to Ronald Reagan as a « transformational » president and hinted that he aspired to a presidency of that kind. But the Reagan presidency was about America, and never about Ronald Reagan. Reagan was never a scold or a narcissist. He stood in awe of America, and of its capacity for renewal. There was forgiveness in Reagan, right alongside the belief in the things that mattered about America—free people charting their own path.

If Barack Obama seems like a man alone, with nervous Democrats up for re-election next year running for cover, and away from him, this was the world he made. No advisers of stature can question his policies; the price of access in the Obama court is quiescence before the leader’s will. The imperial presidency is in full bloom.

There are no stars in the Obama cabinet today, men and women of independent stature and outlook. It was after a walk on the White House grounds with his chief of staff, Denis McDonough, that Mr. Obama called off the attacks on the Syrian regime that he had threatened. If he had taken that walk with Henry Kissinger or George Shultz, one of those skilled statesmen might have explained to him the consequences of so abject a retreat. But Mr. Obama needs no sage advice, he rules through political handlers.

Valerie Jarrett, the president’s most trusted, probably most powerful, aide, once said in admiration that Mr. Obama has been bored his whole life. The implication was that he is above things, a man alone, and anointed. Perhaps this moment—a presidency coming apart, the incompetent social engineering of an entire health-care system—will now claim Mr. Obama’s attention.

— Mr. Ajami, a senior fellow at Stanford’s Hoover Institution, is the author, most recently, of « The Syrian Rebellion » (Hoover Press, 2012).

Voir aussi:

A Lawyer Lost in a Region of Thugs

Obama’s foreign policy has been consistent from its first day: Let us reason together.

Fouad Ajami

The Wall Street Journal

Oct. 23, 2013

Lamentations about what has become of U.S. foreign policy in the Middle East miss the point. The remarkable thing about President Obama’s diplomacy in the region is that it has come full circle—to the very beginning of his presidency. The promised « opening » to Iran, the pass given to Bashar Assad’s tyranny in Syria, the abdication of the American gains in Iraq and a reflexive unease with Israel—these were hallmarks of the new president’s approach to foreign policy.

Now we are simply witnessing the alarming consequences of such a misguided, naïve outlook.

Consider this bit of euphoria from a senior Obama administration official after the Oct. 16-17 negotiations in Geneva with the Iranians over their nuclear program: « I’ve been doing this now for about two years, and I have never had such intense, detailed, straightforward, candid conversations with the Iranian delegation before. »

In Iran, especially, Mr. Obama believed that he would work his unique diplomatic magic. If Tehran was hostile to U.S. interests, if Iran had done its best to frustrate the war in Iraq, to proclaim a fierce ideological war against Israel’s place in the region and its very legitimacy as a state, the fault lay, Mr. Obama seemed to believe, with the policies of his predecessors.

When antiregime protests roiled Iran in Mr. Obama’s first summer as president, he stood locked in the vacuum of his own ideas. He remained aloof as the Green Movement defied prohibitive odds to challenge the theocracy. The protesters had no friend in Mr. Obama. He was dismissive, vainly hoping that the cruel rulers would accept the olive branch he had extended to them.

No one asked the fledgling American president to dispatch U.S. forces into the streets of Tehran, but the indifference he displayed to the cause of Iranian freedom was a strategic and moral failure. Iran’s theocrats gave nothing in return for that favor. They pushed on with their nuclear program, they kept up the proxy war against U.S. forces in Iraq, they pushed deeper into Arab affairs, positioning themselves, through their proxies, as a power of the Mediterranean. This should have been Mr. Obama’s Persian tutorial. Iran’s Supreme Leader Ali Khamenei had no interest in a thaw with the Great Satan.

Yet last month at the United Nations Mr. Obama hailed Khamenei for issuing a « fatwa » against his country’s development of nuclear weapons. Even though there is no evidence that any such fatwa exists, the notion that the Iranian regime is governed by religious edict is naïve in the extreme. Muslims know—unlike the president, apparently—that fatwas can be issued and abandoned at the whim of those who pronounce them. In any event, Khamenei is not a religious scholar sitting atop Iran’s theocracy. He is an apparatchik. As the Ayatollah Ruhollah Khomeini himself put it in 1988, when his regime was reeling from a drawn-out war with Iraq: « Our government has priority over all other Islamic tenets, even over prayer, fasting and the pilgrimage to Mecca. »

We must not underestimate the tenacity of this regime and its will to rule. We should see through the rosy Twitter messages of President Hasan Rouhani, and the PowerPoint presentations of his foreign minister, Mohammed Jawad Zarif. These men carry out the writ of the supreme leader and can only go as far as the limit drawn by the Revolutionary Guard.

In a lawyerly way, the Obama administration has isolated the nuclear issue from the broader context of Iran’s behavior in the region. A new dawn in the history of the theocracy has been proclaimed, but we will ultimately discover that Iran’s rulers are hellbent on pursuing a nuclear-weapons program while trying to rid themselves of economic sanctions.

True, the sanctions have had their own power, but they haven’t stopped Iran from aiding the murderous Assad regime in Syria, or subsidizing Hezbollah in Beirut. And they will not dissuade this regime from its pursuit of nuclear weapons. In dictatorial regimes, the pain of sanctions is passed onto the underclass and the vulnerable.

Just as he has with Iran, President Obama now takes a lawyerly approach to Syria, isolating Assad’s use of chemical weapons from his slaughter of his own people by more conventional means. The president’s fecklessness regarding Syria—the weakness displayed when he disregarded his own « red line » on Assad’s use of chemical weapons—was a gift to the Iranian regime. The mullahs now know that their nuclear program, a quarter-century in the making, will not have to be surrendered in any set of negotiations. No American demand will be backed by force or even by force of will.

The gullibility of Mr. Obama’s pursuit of an opening with Iran has unsettled America’s allies in the region. In Jordan, Saudi Arabia and the United Arab Emirates there is a powerful feeling of abandonment. In Israel, there is the bitter realization that America’s strongest ally in the region is now made to look like the final holdout against a blissful era of compromise that will calm a turbulent region. A sound U.S. diplomatic course with Iran would never have run so far ahead of Israel’s interests and of the region’s moderate anti- Iranian Arab coalition.

In Washington, the threats represented by Tehran’s theocrats are forgotten in this time of undue optimism, as is the Assad regime’s continued barbarity. With the Russian-brokered « deal » on Syria’s chemical weapons, Mr. Obama has merely draped American abdication in the garb of reason and prudence.

Those who run the Islamic Republic of Iran and its nuclear program, like most others in the region, have taken the full measure of this American president. They sense his desperate need for a victory—or anything that can be passed off as one.

Mr. Ajami is a senior fellow at Stanford’s Hoover Institution and the author most recently of « The Syrian Rebellion » (Hoover Press, 2012).

Voir aussi:

The man who used to walk on water
The Economist
Nov 23rd 2013

AN AMERICAN president’s most important power is not the veto pen or the ability to launch missiles. It is the bully pulpit. When a president speaks, the world listens. That is why Barack Obama’s credibility matters. If people do not believe what he says, his power to shape events withers. And recent events have seriously shaken people’s belief in Mr Obama. At home, the chaos of his health reform has made it harder for him to get anything else done. Abroad, he is seen as weak and disengaged, to the frustration of America’s allies.

Not all the barbs aimed at Mr Obama are fair. Our special report this week on American foreign policy notes that he inherited two miserable wars. He began his first term during the worst recession in 80 years. And the Republicans who shut down parts of the federal government last month and flirted recklessly with default bear much of the blame for Washington’s disarray. But the excuse that it is all someone else’s fault is wearing thin. Under Mr Obama, America seems rudderless and its power is being squandered. A more engaged president would handle the Republicans—and the rest of the world—with more skill.

An exchange you can believe in

The debacle of Obamacare has gravely weakened the president (see article). In the days before October 1st, when the online health-insurance exchange opened, he seemed blithely unaware that anything was amiss. Using it would be “real simple”, he told voters in Maryland on September 26th; it would work the “same way you shop for a TV on Amazon”. Alas, it did not. Millions tried to log on; few succeeded. The website was never properly tested, it transpires. Although this was Mr Obama’s most important domestic reform, no one was really in charge. Crucial specifications were changed at the last moment. Contractors warned that the website was not ready, but the message never reached the Oval Office. Big government IT projects often go awry, but rarely as spectacularly as this.

The Economist supported Obamacare when it passed Congress in 2010. We worried that the law was too complex (see article) and did too little to curb medical inflation, but it extended health insurance to the millions of Americans who lack it. The basic idea is sound: everyone must have insurance or pay a penalty. The cash-strapped receive big subsidies, and insurers are barred from charging more to those who are already sick. A more modest version of this reform works quite well in Massachusetts. A man with little interest in details and a disdain for business, Mr Obama tried to impose a gigantic change on the whole country all at once and far too casually.

The longer it takes to fix the website, the greater the chance that Obamacare will fail. Insurers have set their premiums on the assumption that lots of young, healthy people would be compelled to buy their policies. But if it takes dozens of attempts to sign up, the people who do so will be disproportionately the sick and desperate. Insurers could be stuck with a far more expensive pool of customers than they were expecting, and could have no choice but to raise prices next year. That would make Obamacare even less attractive to the young “invincibles” it needs to stay afloat.

To make matters worse, this sorry saga has caused American voters to doubt Mr Obama’s honesty. Time after time, when selling his reform, he told voters that if they liked their health insurance, they could “keep that insurance. Period. End of story.” Policy wonks knew this was untrue. Mr Obama’s number-crunchers quietly predicted that up to two-thirds of people with individual policies would be forced to change them, since the law would make many bare-bones plans illegal. But ordinary Americans took their president at his word; many were furious to learn last month that their old policies would be cancelled.

The poisonous politics of health care point to another common complaint about Mr Obama: that he gives great speeches but fails to build relationships. Abroad, he has cool relations with foreign heads of government. The leaders of allies such as Israel and Saudi Arabia scorn him. Europeans grumble that they are ignored when they want to be heard and spied on when they want to be left alone. Latin Americans feel neglected. Mr Obama’s “pivot” to Asia has made China feel threatened, without reassuring other Asians that America will be there in a crisis. Many doubt Mr Obama’s word—remember his “red line” over the use of chemical weapons in Syria?—and lament his inability to get things done.

At home, he seldom schmoozes with his political opponents—or even with his own side. Past presidents put in far more effort to charm and bully lawmakers, business moguls and anyone who could help them. Lyndon Johnson was famous for blackmailing congressmen to do the right thing, which is a hard art to practise if you barely know them. Mr Obama remains aloof—he has no regular breakfast or lunch even with the main Democrats in Congress. You cannot slap backs and twist arms if you are not in the same room.

Forget the Nobel halo—and roll up your sleeves

There is a personal tragedy in this: a talented man who too often does not follow through. As Bill Clinton is reputed to have said, Mr Obama got all the hard stuff right, “but didn’t do the easy stuff at all”. Assuming that he still has the stomach for the fight, what can Mr Obama do to win back that lost credibility?

At home, the priority is simply to get his health exchange fixed. His announcement last week that people who have lost their old insurance will be allowed to get it back is a sham: he has given insurers neither the time nor the incentive to recreate the policies he previously ordered them to ditch. He should stop making empty promises, get rid of the aides who filter out bad news and roll up his sleeves.

Can he get any more done? Immigration reform is still just possible. He now says he is open to tackling it piecemeal, rather than in a comprehensive bill, which raises the chance that it will happen. An even bigger prize would be a long-term fix for America’s finances, with Republicans accepting some tax rises and Democrats tolerating cuts to entitlements. He has little to lose: at present he will go down in history, alongside George W. Bush, as a skipper who ignored the looming fiscal iceberg.

Fixing those problems would require Mr Obama to discover both Clintonian skills of triangulation and some Republicans who don’t hate him. As with other second-term presidents, foreign policy may offer more opportunity. The Obama brand is less tarnished abroad. And American power is sold short by a lot of people—including, sometimes, Mr Obama. With its matchless armed forces, a web of alliances and omnipresent soft power, the United States is still the world’s indispensable nation—as it has shown in the rescue efforts in the Philippines (see Banyan). When Mr Obama ordered a strike against Osama bin Laden, he proved that he can be decisive; when he patiently built the case with China and Russia for imposing sanctions on Iran, he was persuasive.

So Mr Obama can get things done when he puts the effort in. Our special report lays out the opportunities that a more committed and confident president could seize. In many regions, such as Latin America, just a little bit of attention could yield impressive results. Free-trade deals could tie in allies across the Atlantic and the Pacific. Having over-reached in Asia and with a string of domestic problems, China needs Mr Obama to keep the world stable. If Mr Obama can build a better relationship with China, he will advance both countries’ interests. An immediate test is Iran: an interim agreement to halt its nuclear programme would be a first step towards re-engaging America in the Middle East. But only if Mr Obama works at it and sells a deal to Israel and his Arab allies.

Mr Obama may not be able to walk on water. That is now painfully clear, perhaps even to him. But America’s first black president still has it in his power to leave the Oval Office famous for what he did, not just what he was.

Voir de plus:

Presidential Poll: Reagan Best, Obama Worst in Last 100 Years

AWR Hawkins

27 Nov 2013

Rankings released by YouGov/Economist show that Ronald Reagan is viewed as the greatest president of the last 100 years, while Obama is viewed as the « biggest failure. »

The poll asked respondents « to rate each president [since Theodore Roosevelt] in six categories: great, near great, average, below average, failure, and don’t know. »

Results showed that Reagan bested Franklin D. Roosevelt (FDR) and John F. Kennedy (JFK) in a tight race for the top spot. 32 percent of the respondents categorized Reagan as « great, » while 31 percent labeled FDR « great » and 30 percent chose JFK.

When it came to ranking presidents viewed to be a « failure, » Jimmy Carter and Richard Nixon fared better than Obama.

Of those polled, 22 percent of respondents rated Carter a « failure, » while 30 percent gave that same ranking to Nixon. But Obama took first place at the bottom of the list, with 37 percent of respondents choosing him as the biggest « failure » of all.

Rankings released by YouGov/Economist show that Ronald Reagan is viewed as the greatest president of the last 100 years, while Obama is viewed as the « biggest failure. »

The poll asked respondents « to rate each president [since Theodore Roosevelt] in six categories: great, near great, average, below average, failure, and don’t know. »

Results showed that Reagan bested Franklin D. Roosevelt (FDR) and John F. Kennedy (JFK) in a tight race for the top spot. 32 percent of the respondents categorized Reagan as « great, » while 31 percent labeled FDR « great » and 30 percent chose JFK.

When it came to ranking presidents viewed to be a « failure, » Jimmy Carter and Richard Nixon fared better than Obama.

Of those polled, 22 percent of respondents rated Carter a « failure, » while 30 percent gave that same ranking to Nixon. But Obama took first place at the bottom of the list, with 37 percent of respondents choosing him as the biggest « failure » of all.

Voir également:

JFK Museum Updates Exhibit Following Complaints by Conservative Author

Author: JFK was ‘tax-cutting, pro-growth politician’

October 18, 2013

The John F. Kennedy museum in Dallas told the Washington Free Beacon that it is planning to “completely update and revise” its permanent exhibit after a historian accused it of falsely depicting the 35th president as a big-government liberal.

Ira Stoll, author of JFK, Conservative, called on the Sixth Floor Museum last month to revise alleged “inaccuracies” in its exhibit regarding Kennedy’s views on social programs, the federal deficit, and tax policy.

The Sixth Floor Museum chronicles Kennedy’s legacy and his assassination in Dallas on Nov. 22, 1963.

Nicola Longford, executive director of the Sixth Floor Museum, said the permanent exhibit is 25 years old and in need of updating. She said the institution is planning a major overhaul after the 50th anniversary of Kennedy’s assassination next month.

“While Mr. Stoll has taken issues with the content of a few exhibit text panels, and encouraged priority attention for substantial updating and revision, it bears stating that this exhibit text is almost 25 years old,” said Longford. “Clearly the world has changed dramatically during this quarter century and now half century since the assassination.”

She added that the museum’s “intent has always been to completely update and revise our core exhibit post fiftieth anniversary (November 2013) and it is at this time that we will carefully review and consider all comments and recommendations.”

Stoll wrote in a letter to Longford that he was “troubled by some passages of the permanent exhibit text about Kennedy and his administration that struck me as inaccurate or misleading.”

He disputed the exhibit’s claim that “massive new social programs were central to Kennedy’s New Frontier philosophy,” calling it “just not true.”

“Kennedy was against ‘massive new social programs,’” wrote Stoll. “Kennedy described his own Medicare plan, accurately, not as ‘massive’ but rather as ‘a very modest proposal.’ And, as [Arthur] Schlesinger [Jr.] noted, he chose not to fight for even that.”

Stoll also took issue with a passage that refers to Kennedy’s “philosophy of using induced deficits to encourage domestic fiscal growth became a mainstay of American government under later administrations, both Democratic and Republican.”

According to Stoll, “Kennedy’s recipe for growth was not a deficit; it was a tax cut that, both by changing incentives and by putting more money in the hands of the private sector, would yield growth that would ultimately narrow the deficit by increasing federal revenues.”

Additionally, the exhibit discusses the positions of one of Kennedy’s liberal economic advisors, Walter Heller, without mentioning the views of Kennedy’s “more conservative Treasury Secretary, Douglas Dillon,” wrote Stoll.

He said Kennedy’s own statements and actual policies hewed closer to the conservative view.

“As for the idea that Kennedy’s deficits were a ‘radical departure’ from [President Dwight] Eisenhower’s balanced budgets, that is not supported by the evidence,” wrote Stoll. “Kennedy’s annual deficits—$3.3 billion in 1961, $7.1 billion in 1962, and $4.8 billion in 1963—were modest by modern standards and as a percentage of GDP.”

When contacted by the Free Beacon on Friday, Stoll praised the museum’s response to his letter.

“I’m thrilled to learn that, after receiving my letter based on the research in my book, JFK, Conservative, calling inaccuracies to their attention, the Sixth Floor Museum in Dallas has announced plans to revise its exhibit text panels,” he said. “I hope the new exhibit text portrays JFK as closer to the real JFK I describe in my book—a tax-cutting, pro-growth politician who favored welfare reform, free trade, domestic spending restraint, and a balanced budget over the course of the business cycle.”

Stoll’s book, JFK, Conservative, was released on Oct. 15. It argues that the 35th president, idolized by liberal Democrats, was actually a conservative on economic and national security issues.

Voir encore:

John Fitzgerald Bush

The New York Sun

January 20, 2005

As President Bush prepared for his second inaugural, we settled down with an illuminating new book called « Ask Not, » written by a historian, Thurston Clark, about the inaugural address of President Kennedy. That is the speech in which the 35th president declared the most fundamental belief of his tenure, one for which the 43rd president has been mocked for reiterating so often – that, as JFK put it, « the rights of man come not from the generosity of the state, but from the hand of God. »

One of the points that Mr. Clark makes in the book, and that was reiterated in an op-ed article in Saturday’s number of the Times, is that part of the power of Kennedy’s speech came from its autobiographical nature. When he spoke of the torch being passed « to a new generation of Americans – born in this century, tempered by war, disciplined by a hard and bitter peace, proud of our ancient heritage, » he was speaking of his own life in a literal way.

That passage was followed by the new president’s most famous vow: « Let every nation know, whether it wishes us well or ill, that we shall pay any price, bear any burden, meet any hardship, support any friend, oppose any foe, in order to assure the survival and the success of liberty. » This is the phrasing that inspired our expedition in Vietnam and that has stuck in the minds of millions over the years. It is against that declaration that American politics seems to be at such an ironical pass.

For in the election just ended, it was the Republican who, while so different in style, carried the substance of these sentiments to the voters, while it was the Democrat, Senator Kerry, who, while affecting so many similarities of the Kennedy style, campaigned to repudiate these sentiments. It was President Bush who fought for and won the $87 billion in funding for our troops in Iraq that became the symbol of this issue, and it was Senator Kerry, another Massachusetts Democrat, who voted against it and, incidentally, who went on to argue for a more pragmatic, less idealistic foreign policy.

When did this happen? When was the moment at which the Democrats relinquished the mantle of leadership in the struggle for the success of liberty? When, and how? Some say it was relinquished at the Bay of Pigs or, later, during the Cuban missile crisis, when, it turns out, Kennedy signaled he would pull American missiles out of Turkey if the Russians retreated in Cuba. Others reckon Kennedy relinquished the mantle when he authorized the coup that led to the murder of President Diem in South Vietnam.

Others might say that the default came the year President Johnson ran against Senator Goldwater, when LBJ mocked the conservative with the famous advertisement showing a little girl plucking petals from a daisy until an atomic bomb went off. It ushered in an era when the Democrats sought to be perceived as less likely to risk all in the war with the Soviet Union. Still others might suggest the tipping point came when Johnson chose not to run, rather than to see out the fight in Vietnam.

Nixon failed to pick up the mantle. His presidency was marked by retreat in Vietnam and detente with the Soviet Union. He truckled to the Red Chinese. President Carter sounded some of the noblest themes ever uttered by a president, such as his Notre Dame speech, where he marked the point that the great democracies of the world were not free because they were rich but rich because they were free. He engaged, through proxies, the Soviets in Afghanistan. But he kissed Brezhnev and turned his human rights rhetoric against America and the flaws of our allies.

It fell onto Reagan’s shoulders to pick up the mantle of leadership in the global fight for freedom. He abandoned the idea of peaceful coexistence and initiated the rollback that brought the defeat of Soviet Russia, the unification of Germany, and the expansion of democracy in Central America and Africa. It was a vast and sophisticated leadership, involving a rebuilding of the defense budget, the backing of the twilight wars, a brilliant fight against the Sandinistas and other communistic regimes in Central America and the Caribbean, and the greatest presidential act of the 20th century, walking away from the brink of appeasement at Reykjavik.

President Bush turned out to be a transitional figure, and President Clinton lacked the biography that Professor Clark teaches was so important to Kennedy’s inaugural. He was a child of the peace movement, who, in the most desperate hours of the fight for freedom in Southeast Asia, failed to report. As president, he was prepared to use force, at least from the air, as he showed in the Balkans. But he was not a master of it, and he was by instinct a conciliator. He failed to enforce United Nations sanctions in Iraq. Toward the end of his presidency, he made a trip to Vietnam and, en route, told the Associated Press that he had a better grasp now than he once did of what Johnson faced.

It was not until war was brought to our shores on September 11 that America was confronted with a test that a president could not dodge, which is how George W. Bush came to prove the point JFK was making when he said, « In the long history of the world, only a few generations have been granted the role of defending freedom in its hour of maximum danger. » The energy, the faith, the devotion which Americans bring to this endeavor would, Kennedy said, light our country and all who serve it and light the world. And he issued his exhortation to his fellow Americans: « Ask not what your country can do for you – ask what you can do for your country. »

JFK Museum Updates Exhibit Following Complaints by Conservative Author

Author: JFK was ‘tax-cutting, pro-growth politician’

BY: Alana Goodman Follow @alanagoodman

October 18, 2013 5:10 pm

The John F. Kennedy museum in Dallas told the Washington Free Beacon that it is planning to “completely update and revise” its permanent exhibit after a historian accused it of falsely depicting the 35th president as a big-government liberal.

Ira Stoll, author of JFK, Conservative, called on the Sixth Floor Museum last month to revise alleged “inaccuracies” in its exhibit regarding Kennedy’s views on social programs, the federal deficit, and tax policy.

The Sixth Floor Museum chronicles Kennedy’s legacy and his assassination in Dallas on Nov. 22, 1963.

Nicola Longford, executive director of the Sixth Floor Museum, said the permanent exhibit is 25 years old and in need of updating. She said the institution is planning a major overhaul after the 50th anniversary of Kennedy’s assassination next Tuesday.

“While Mr. Stoll has taken issues with the content of a few exhibit text panels, and encouraged priority attention for substantial updating and revision, it bears stating that this exhibit text is almost 25 years old,” said Longford. “Clearly the world has changed dramatically during this quarter century and now half century since the assassination.”

She added that the museum’s “intent has always been to completely update and revise our core exhibit post fiftieth anniversary (November 2013) and it is at this time that we will carefully review and consider all comments and recommendations.”

Stoll wrote in a letter to Longford that he was “troubled by some passages of the permanent exhibit text about Kennedy and his administration that struck me as inaccurate or misleading.”

He disputed the exhibit’s claim that “massive new social programs were central to Kennedy’s New Frontier philosophy,” calling it “just not true.”

“Kennedy was against ‘massive new social programs,’” wrote Stoll. “Kennedy described his own Medicare plan, accurately, not as ‘massive’ but rather as ‘a very modest proposal.’ And, as [Arthur] Schlesinger [Jr.] noted, he chose not to fight for even that.”

Stoll also took issue with a passage that refers to Kennedy’s “philosophy of using induced deficits to encourage domestic fiscal growth became a mainstay of American government under later administrations, both Democratic and Republican.”

According to Stoll, “Kennedy’s recipe for growth was not a deficit; it was a tax cut that, both by changing incentives and by putting more money in the hands of the private sector, would yield growth that would ultimately narrow the deficit by increasing federal revenues.”

Additionally, the exhibit discusses the positions of one of Kennedy’s liberal economic advisors, Walter Heller, without mentioning the views of Kennedy’s “more conservative Treasury Secretary, Douglas Dillon,” wrote Stoll.

He said Kennedy’s own statements and actual policies hewed closer to the conservative view.

“As for the idea that Kennedy’s deficits were a ‘radical departure’ from [President Dwight] Eisenhower’s balanced budgets, that is not supported by the evidence,” wrote Stoll. “Kennedy’s annual deficits—$3.3 billion in 1961, $7.1 billion in 1962, and $4.8 billion in 1963—were modest by modern standards and as a percentage of GDP.”

When contacted by the Free Beacon on Friday, Stoll praised the museum’s response to his letter.

“I’m thrilled to learn that, after receiving my letter based on the research in my book, JFK, Conservative, calling inaccuracies to their attention, the Sixth Floor Museum in Dallas has announced plans to revise its exhibit text panels,” he said. “I hope the new exhibit text portrays JFK as closer to the real JFK I describe in my book—a tax-cutting, pro-growth politician who favored welfare reform, free trade, domestic spending restraint, and a balanced budget over the course of the business cycle.”

Stoll’s book, JFK, Conservative, was released on Oct. 15. It argues that the 35th president, idolized by liberal Democrats, was actually a conservative on economic and national security issues.

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JFK Conservative

By Ira Stoll from the October 2013 issue

It’s time to re-evaluate the legacy of our 35th president.

“I’d be very happy to tell them I’m not a liberal at all.” — John F. Kennedy, 1953

THE PHOTOGRAPHS OF John Fitzgerald Kennedy after the July 4, 1946, speech at Boston’s Faneuil Hall caution of the hazards of drawing too many conclusions from a single talk. His mother, Rose Kennedy, in pearls and a floral print dress, clings to his left arm. His grandmother, Mary Fitzgerald, clings to his right arm. His speech is rolled up in his hand like a baton. His grandfather, John Francis “Honey Fitz” Fitzgerald, a former congressman and mayor of Boston who had been the principal speaker on the same platform exactly 50 years earlier, looks dapper in a bow tie. As for Kennedy himself, the broad white smile is unmistakable, but the skinny young man in a jacket and tie, surrounded by proud and doting elderly relatives, looks less like a fully formed professional politician than like a high school valedictorian on graduation day.

So if, to contemporary ears, the language—his references to “Christian morality” and the “right of the individual against the state,” or his attack on the “cynical philosophy of many of our intellectuals”—seems off-key for a president who has become an icon of liberalism, there is no shortage of possible explanations. Perhaps it was the immature speech of a twenty-something who changed his views as he got older. Perhaps the young politician was led astray by a speechwriter with strong views of his own. This, though, is unlikely. Kennedy’s White House spokesman, Pierre Salinger, recalled, “Actually, speeches were not written for the president but with him. He knew what he wanted to say and how he wanted to say it. The role of the speech writer was to organize JFK’s thoughts into a rough draft, on which he himself would put the final touches. His revisions would often change it dramatically.” Kennedy’s secretary in the Senate and in the White House, Evelyn Lincoln, remembered, “He usually dictated a rough draft of his speeches.” Though Salinger and Lincoln joined Kennedy’s staff some years after 1946, marks on drafts of his speeches from this earlier period show a Kennedy who was more than capable of editing either speechwriters’ or his own drafts.

Kennedy’s secretary from 1947 to 1952, Mary Davis, in an oral history interview that at times is quite negative about Kennedy (“a spoiled young man”), recalls:

When he wanted to write a speech he did it, most of it. I would say 99 percent of that was done by JFK himself. I can remember first time he ever called me in—I even forget what the speech was going to be on, but it was going to be a major speech, one of his first major speeches. And I thought, “Oh, oh, this young, green congressman. What’s he going to do?” No preparation. He called me in and he says, “I think we’d better get to work on the speech.” And I said “Okay, fine.” And I thought he was going to stumble around, and he’ll er, ah, um.

I was never so startled in my life. He sat back in his chair, and it just flowed right out.

Salinger, Lincoln, and other Kennedy aides from the presidential years may have had an interest in inflating the late president’s reputation so as to enhance, by association, their own. But here their testimony seems to match that of Davis, who quit working for Kennedy following a dispute over her salary.

Was Kennedy’s July 4, 1946, speech simply a case of political pandering? Probably not. Less than a month before, Kennedy had won the Democratic primary for Massachusetts’ 11th Congressional District. It was a reliably Democratic district, and if the candidate was trying to appeal to independent or Republican crossover voters, a speech on a holiday weekend, months before the November election, would have been an odd vehicle. Perhaps Kennedy’s words were just rhetoric from a hypocritical politician who, once in office, would, in his public actions and private behavior, disregard them. Maybe the stress on religion was convenient Cold War shorthand for anticommunism, a way of drawing a contrast between the United States and the atheistic Soviet Union, or a way for an ambitious Catholic to reassure and win the trust of Protestant voters.

Maybe, just maybe—and here is the most dramatic and intriguing possibility of them all—Kennedy actually, deeply believed what he said, and would go on to serve as a congressman and senator and president of the United States according to those principles. He would take a hard line against communism in China, the Soviet Union, Eastern Europe, Cuba, Vietnam, and even in America’s own labor unions, weathering protests and criticisms from academia, European intellectuals, and left-wing journalists. He would be supported personally in this struggle by his own strong religious faith, and he would often refer publicly to God and to America’s religious history in his most powerful and important speeches. On the home front, Kennedy cut taxes and restrained government spending in marked contrast with Lyndon Johnson’s subsequent War on Poverty.

Another aide to Kennedy, Arthur Schlesinger Jr., reports that one night Kennedy remarked to him, “Liberalism and conservatism are categories of the thirties, and they don’t apply any more.” But of course they did, and they still do. The liberalism and conservatism of our two chief political parties have shifted over time, and it is hard for us to remember liberal Republicans or truly conservative Democrats. Yet Kennedy’s actions—his tax cuts, his domestic spending restraint, his military buildup, his pro-growth economic policy, his emphasis on free trade and a strong dollar, and his foreign policy driven by the idea that America had a God-given mission to defend freedom—make him, by the standards of both his time and our own, a conservative.

WHAT I TAKE to be the truth about John Kennedy and his conservatism has, in the years since he died, been forgotten. This is partly because of the work of liberal historians and partly due to changes in America’s major political parties. Yet calling Kennedy a conservative was hardly controversial during his lifetime. “A Kennedy Runs for Congress: The Boston-bred scion of a former ambassador is a fighting-Irish conservative,”Look headlined an article in June 1946. “When young, wealthy and conservative John Fitzgerald Kennedy announced for Congress, many people wondered why,” the story began. “Hardly a liberal even by his own standards, Kennedy is mainly concerned by what appears to him as the coming struggle between collectivism and capitalism. In speech after speech he charges his audience ‘to battle for the old ideas with the same enthusiasm that people have for new ideas.’”

The Chicago Tribune reported Kennedy’s election to the U.S. Senate in 1952 by describing him as a “fighting conservative.” In a June 1953 Saturday Evening Post article, Kennedy said, “I’d be very happy to tell them I’m not a liberal at all,” adding, speaking of liberals, “I’m not comfortable with those people.” In 1958, Eleanor Roosevelt was asked in a television interview what she would do if she had to choose between a “conservative Democrat like Kennedy and a liberal Republican [like] Rockefeller.” She said she would do all she possibly could to make sure the Democrats did not nominate a candidate like Kennedy.

On the campaign trail before the 1960 election, Kennedy spoke about economics: “We should seek a balanced budget over the course of the business cycle with surpluses during good times more than offsetting the deficits which may be incurred during slumps. I submit that this is not a radical fiscal policy. It is a conservative policy.” This wasn’t just campaign rhetoric—Kennedy kept his distance from liberalism right up until his assassination. “Why are some ‘liberals’ cool to the Kennedy Administration?” Newsweek asked in April 1962. The article went on to explain: “the liberal credentials of young Senator Kennedy never were impeccable…He never was really one of the visceral liberals…many liberal thinkers never felt close to him.”

Even after Kennedy’s death, the “conservative” label was used to describe the late president and his policies by some of those who knew him best. One campaign staffer and congressional aide, William Sutton, described Kennedy’s political stance in the 1946 campaign as “almost ultraconservative.” “He was more conservative than anything else,” said a Navy friend of Kennedy’s, James Reed, who went on to serve Kennedy’s assistant Treasury secretary and who had talked for “many hours” with the young Kennedy about fiscal and economic matters. Another of Kennedy’s friends, the Washington columnist Joseph Alsop, echoed these sentiments in a 1964 interview:

The thing that’s very important to remember about the president was that he was not, in the most marked way, he was not a member of the modern, Democratic, liberal group. He had real—contempt I’m afraid is the right word—for the members of that group in the Senate, or most of them…What he disliked—and here again we’ve often talked about it—was the sort of posturing, attitude-striking, never getting anything done liberalism…This viewpoint was completely foreign to Kennedy, and he regarded it with genuine contempt. Genuine contempt. He really was—contemptuous is the right word for it. He was contemptuous of that attitude in American life.

Alsop went on to emphasize “the great success that the Kennedy administration had with an intelligent, active, but (in my opinion) conservative fiscal-economic policy.”

In January 1981, in the early days of the Reagan presidency, a group of Kennedy administration veterans gathered at the John F. Kennedy Library in Boston for a private conversation. One of the participants, Ted Sorensen, said, “Kennedy was a fiscal conservative. Most of us and the press and historians have, for one reason or another, treated Kennedy as being much more liberal than he so regarded himself at the time…In fiscal matters, he was extremely conservative, very cautious about the size of the budget.” Sorensen made a similar point in a November 1983 Newsweek article, saying, “He never identified himself as a liberal…On fiscal matters he was more conservative than any president we’ve had since.” In a 1993 speech, Kennedy’s Treasury secretary, Douglas Dillon, described the president as “financially conservative.” Combine that position with hawkish anticommunism, and it is hard to find much overlap with liberals.

EVIDENCE OF IT notwithstanding, Kennedy’s conservatism was no more a settled point during his lifetime than it is today. In January 1962, a columnist for National Review wrote that Kennedy’s latest speech had given “further proof of his dedication to doctrinaire liberalism.” In 2011, the editorial page editor of the Boston Globe, Peter Canellos, wrote of the Kennedy family, “For five decades, they advanced liberal causes.” The same year, at a conference marking the 50th anniversary of the Kennedy administration, the historian Ellen Fitzpatrick spoke of “the liberalism that he did stand four-squarely behind.” In 2012, Columbia University history professor Alan Brinkley wrote that John Kennedy “seemed to many people a passionate and idealistic liberal,” though he allowed that such a perception was perhaps “surprising.” Lyndon Johnson’s biographer Robert Caro has written, almost in passing, as if no further explanation were needed, that Johnson’s assignment of holding the South for Kennedy in 1960 was a tough one because of “Kennedy’s liberalism.”

Categorizing Kennedy is made more complicated by the difficulty of defining exactly what a “conservative” or a “liberal” was at the time he lived, and by the shifting definitions of the terms over time, in both foreign and domestic policy. The Political Science Quarterly once published a 25-page article trying to answer the question “What Was Liberalism in the 1950s?” The author finally punted: “Above all, we must resist the temptation to reduce 1950s liberalism” to “a simple idea.” If it is a frustrating point, it is nonetheless a fair one, and so too for the 1960s, when liberalism existed not only in tension with conservatism, but also in contrast to radicalism. Yet my point is not primarily about political theory, but about the policies, principles, and legacy of a person, John F. Kennedy, whose devotion to the traditional American values he spoke of on July 4, 1946, was sufficiently strong that it was said, “If you talk with a thousand people evenly divided between liberals and conservatives, you find that five hundred conservatives think that Jack is a conservative.”

If, after Kennedy’s death, there has been confusion about the reality of his politics and principles, it is certainly not the only aspect of his life on which, in spite of all the words written and spoken about it— maybebecause of all the words written and spoken about it—there are widely divergent views.

Take subjects as seemingly simple and straightforward as how Kennedy dressed or what he drank. The biographer Robert Dallek describes Kennedy in “khaki pants and a rumpled seersucker jacket with a shirttail dangling below his coat,” and quotes a secretary as saying, “He wore the most godawful suits…Horrible looking, hanging from his frame.” By contrast, the journalist Ben Bradlee remembers his friend as “immaculately dressed” in “well-tailored suits” and “custom-made shoes and shirts,” and fastidious to the point of castigating Bradlee for the fashion foul of wearing dark brown shoes with a blue suit. According to Garry Wills, Kennedy was more or less a teetotaler, a man who pawned off his liquor coupons while stationed in the Solomon Islands during World War II. By contrast, Sorensen writes of Kennedy, “When relaxing, he enjoyed a daiquiri, a scotch and water or a vodka and tomato juice before dinner and a brandy stinger afterward.” Kennedy “never had brandy in his life,” insisted his wife Jacqueline.

Some of these differences may be explained by changes in Kennedy’s behavior over time. But there is a deeper issue too. Kennedy himself once said that “what makes journalism so fascinating and biography so interesting” is “the struggle to answer that single question: ‘What’s he like?’” He grappled with this in his own historical writing: The last chapter of his book Profiles in Courage begins with the observation that, “However detailed may have been our study of his life, each man remains something of an enigma…shadowed by a veil which cannot be torn away…Something always seems to elude us.”

THE QUESTION OF Kennedy’s ultimate political convictions is more than a matter of mere historical curiosity. Kennedy consistently ranks near the top of public polls asking about the greatness of past presidents. His popularity suggests that the American people think his record is a model worth emulating. Simply to ape Kennedy would be impossible, of course. The Soviet Union is gone, tax rates now are lower than when Kennedy wanted to cut them, and the state universities of the South have been racially integrated. But if the contours of the foreign policy, tax, and education fights have shifted, Kennedy’s course in them may nonetheless inform our choices today, as it has since his death. And other issues of Kennedy’s time are still with us, including economic growth, government spending, inflation, and, as he put it, “Christian morality,” the “cynical philosophy of many of our intellectuals,” and “the right of the individual against the state.”

Calling Kennedy a political conservative may make liberals uncomfortable—perish the thought!—by crowning conservatism with the halo of Camelot. And it could make conservatives uncomfortable too. Many have long despised the entire Kennedy family, especially John’s younger brother Ted. But conservatives need not always trust received wisdom, especially when it comes to conservatism. Better, then, to forge ahead, to try to understand both the 29-year-old Navy veteran speaking at Faneuil Hall and the president he became.

ABOUT THE AUTHOR

Ira Stoll is editor of FutureofCapitalism.com and author of the new book JFK, Conservative (Houghton Mifflin Harcourt), from which this essay is adapted.

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cf. :

Updated September 12, 2012, 6:48 p.m. ET

The Obama Democrats

This isn’t the party of FDR, Truman, JFK or Clinton. They’re different.

Daniel Henninger

It is no accident that the Chicago teachers union would walk off the job, seeking a 29%, two-year wage settlement, days after the Democratic convention in Charlotte, N.C. The Chicago teachers union and the podium speakers in Charlotte are part of the seamless political fabric that has been created by Barack Obama and the modern Democratic Party. They’ve got goals, and what they want from the people of Chicago or America is compliance.

The speakers in Charlotte fastened the party to a theme: We’re all in it together. This claim is false. The modern Democratic Party, the party of Obama, is about permanent division and permanent opposition. You’d never have guessed they were speaking on behalf of an incumbent and historic presidency. One speaker after another ranted that the America system remains fundamentally unfair.

Despite seven Democratic presidencies since FDR, Elizabeth Warren of Massachusetts and Harvard still grieves, « The system is rigged! » Jennifer Granholm, who seems to have summered in Argentina, shouted that for Mitt Romney, « year after year, it was profit before people. » The economics of San Antonio Mayor Julián Castro (Stanford, Harvard Law): « It’s a choice between a country where the middle class pays more so that millionaires can pay less. » Sandra Fluke: « Six months from now, we’ll all be living in one [future], or the other. But only one. »

How is it that this generation of Democrats, nearly 225 years after the Constitutional Convention, sees 21st century America at the precipice of tooth and claw?

Recall all the talk about Bill Clinton’s politically « generous » speech. His speech was an outlier. Set against the furious voices roaring off that stage, Bill Clinton was a figure from the Democrats’ crypt.

The Obama Democrats are no longer the party of FDR, Truman, JFK or Clinton. All were combative partisans, but their view of the American system was fundamentally positive. The older Democratic Party grew out of the American labor experience of the early 20th century, which recognized its inevitable ties to the private sector. The systemically alienated Obama party more resembles the ancient anticapitalist syndicalist movements of continental Europe.

In its 2008 primaries, the Democratic Party made a historic pivot. The center-left party of Bill and Hillary Clinton was overthrown by Barack Obama and the party’s « progressives, » the redesigned logo of the vestigial Democratic left.

The internal tension between the party’s liberals and the left blasted to the surface at the Chicago convention in 1968, when the famous Days of Rage street protesters vilified the party of LBJ and Hubert Humphrey. The « San Francisco Democrats » dominated the 1984 convention, but the party still nominated the establishment liberal Walter Mondale.

While liberals owned the party apparatus, the left took control of its ideas. By 1990, liberal Harvard Law School was torn apart by a left-wing theory called critical legal studies, which condemned the American legal and economic system as . . . rigged.

What binds Barack Obama, Elizabeth Warren, Sandra Fluke and the rest of the Charlotte roster is the belief, learned early on, that their politics has made them a perpetual band of American outsiders.

It’s an irony now that one of their touchstone ideological works has been Richard Hofstadter’s « The Paranoid Style in American Politics » (1964), which was about the American political right back then. Today it’s the Obama Democrats who insist that something like voter-identification statutes are a racist conspiracy. Barack Obama in his grave acceptance speech fears that « this nation’s promise is reserved for the few. » And so out on the plains, the Obama Democrats will assemble a voter army from that vast proletariat, the U.S. middle class, to pull down « the wealthiest. »

This is a party whose agenda is avenging slights, wrongs and the systemic theft of « our democracy. » For all this injustice, someone must be made to pay. How far all this is from the America called for in Lincoln’s first inaugural: « We must not be enemies. »

The Obama administration’s battle with the Catholic Church over contraceptive services is symbolic and important. The tradition of religious independence, which even liberal Catholics thought legitimate, has no standing with the do-the-right-thing politics of the Democratic left. Kathleen Sebelius to American Catholics: Get out of our way.

An Obama victory wouldn’t be just a defeat of the GOP. It would be a defeat of the post-World War II Democratic Party. And they know it. The progressive left has wanted to push Democratic liberalism over the cliff for decades. This is their best shot to get it done.

Mitt Romney—whose own political conversation is remarkably bereft of history—ought to be explaining to Democrats-turned-independent how far Mr. Obama has moved their party from its traditions. FDR’s Social Security and LBJ’s Medicare asked all to buy in to supporting it. ObamaCare doesn’t; Mr. Obama revels in explaining how « they » will pay for « you. » Left unanswered, demagoguery can win elections. And take a generation to undo.

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It’s Not Your Father’s Democratic Party: How the Party has Changed for the Worse since Clinton’s era

September 3, 2012 – 8:52 am – by Ron Radosh

On the eve of the Democratic National Convention, one thing is clear: it’s not your father’s Democratic Party any longer. Readers of Jay Cost’s important new book, Spoiled Rotten: How the Politics of Patronage Corrupted the Once Noble Democratic Party and Now Threatens the American Republic, already know this. Cost gives us the analysis that shows the slow but unmistakable transformation of the once broad-based political party to a machine operation controlled by the new elites and the public sector unions, beholden not to the American public but to the narrow interests that dominate its machinery. As the publisher’s description of the book says:

No longer able to govern for the vast majority of the country, the Democratic party simply taxes Middle America to pay off its clients while hiding its true nature behind a smoke screen of idealistic rhetoric. Thus, the Obama health care, stimulus, and auto bailout health care bill were created not to help all Americans but to secure contributions and votes. Average Americans need to see that whatever the Democratic party claims it is doing for the country, it is in fact governing simply for its base.

Use that description as the guide when you watch the convention the next three days. Cost making this argument is one thing — after all, he writes for the Weekly Standard, and some will thus write him off as a conservative and simply ignore what he has to say. But Newsweek making the same argument is another thing. Following Niall Ferguson’s much-discussed cover story of two weeks ago, Tina Brown has done it again. This week features an analysis of Bill Clinton’s apparent reconciliation with Barack Obama, and the meaning of his featured prime-time speech at the DNC.

Written by Peter J. Boyer, the article is not really about Clinton, but rather is a sharp analysis of how the Democrats have changed since the era of Clinton’s presidency. Clinton may have accepted the difficult task of trying to save the Obama presidency and speaking on the president’s behalf to satisfy his large ego, but everyone knows the truth. Obama and Clinton have had what Boyer calls an “uneasy” relationship since 2008, due to the bitter primary fight with his wife that “inflicted real wounds” that in fact have not healed.

More to the point is that the party and the politics Bill Clinton represents are far removed from our current president’s lurch to the left. After Republicans gained strength and Clinton saw the handwriting on the wall, he moved to the center, reflecting his own origins as head of the moderate and centrist so-called New Democrats. They were aligned with the now defunct Democratic Leadership Council, which sought to reflect the concerns of blue-dog Democrats, centrists, and the business community. When Clinton won re-election, he worked with Republicans to institute real welfare reform, and he abandoned his ill-conceived experiment in universal health care. Earlier, he got NAFTA passed despite union opposition and with Republican votes.

So while Clinton will speak in Charlotte, as Boyer writes, “that brand of centrist New Democrat politics that helped make him the first president of his party to win reelection since FDR … will be mostly missing. Conservative and centrist Democrats, so critical to Clinton’s efforts to reform welfare, balance the budget, and erase the image of the party as being reflexively anti-business, have nearly vanished.”

Today’s Democratic Party is an institution beholden to its public-sector union clients, academics, Eastern elites, and the crony capitalists who give it funding and benefit from the White House’s largesse when it gives them contracts — such as those for the failed energy companies like Solyndra.

Its base is the anti-business and anti-war Left, symbolized by the likely-to-fail campaign for Senate in Massachusetts waged by Elizabeth Warren. Hers, like that of the president, is that of a party that has taken “an ever-more-stridently leftward turn.” Gone is the emphasis of the DLC for private-sector growth, government efficiency, personal responsibility, and what Boyer writes is “an affirmation of mainstream values.” And one should add that also gone is a tough foreign policy against very real enemies, replaced by Obama’s “leading from behind” strategy. This has left the U.S. without influence to stop the slaughter in Syria, to defend Israel from ever growing attacks, and, most importantly, to force Iran to stop preparing the enrichment of uranium.

Boyer highlights the very real differences:

Obama’s presidency has seemed, in key regards, a repudiation of the New Democrat idea. Clinton Democrats embraced business; Obama attacked private equity. A New Democrat would have championed the Keystone XL Pipeline; Obama, yielding to environmentalists, has resisted it. Although Obama campaigned in coal country in 2008 as a friend of the industry (and of all those blue-collar jobs associated with it), his Environmental Protection Agency has established regulations so severe that one administration official admitted, “if you want to build a coal plant you got a big problem.” Many of the workers affected by such policies are swing-state voters, who are also keenly sensitive to values issues. Obama’s health-care mandates on contraception may help him with single women and urban voters, but it might hurt him among Catholics in places like Pennsylvania and Ohio. Bill Clinton signed the Defense of Marriage Act; Obama stopped enforcing it, and then declared himself a supporter of gay marriage — the day after North Carolinians voted a traditional definition of marriage into the state’s constitution.

Pollster Doug Schoen says Obama has “substituted class warfare for Clintonism.”

“I think the New Democrat movement can be saved,” says Al From, founder of the Democratic Leadership Council. “We do go through cycles. But it would have been a lot better if we had had a second New Democrat president to cement it.”

From, speaking to Boyer, ties the change to those he calls the “cultural liberals,” reflected in the press, academia, New York’s Upper West Side and Brooklyn’s Park Slope, and, of course, most of the film academy and big Hollywood boosters of Obama like George Clooney. The rest of the party’s base is made up of those who get government checks and those in the business community who get what From calls “corporate welfare.” In other words, the party has become “the party of elites and dependents.”

Given this reality, it is not a surprise that during the Republican National Convention — as I said in my previous column — the media did not highlight the speech by Jane Edmonds or even let most people know of the defection to the Republican side of former Alabama Congressman Arthur Davis, the man who seconded Obama’s nomination at the 2008 Democratic National Convention. Davis is an African-American who must have taken great pride in the symbolic importance of a black man receiving the nomination of one of America’s major political parties. But Davis found that Obama had taken a different path than that which allowed Democrats in the South to gain electoral victories. Rather than trying to get those who had voted for Richard Nixon or Ronald Reagan to vote for him, Obama, Davis points out, “was figuring out how to rally the Democratic base around him,” and he never “had to do what Clinton had to do …which was to figure out how to construct some kind of other political case that appealed to conservative-leaning voters.”

The other point made by Boyer, who favorably cites Democratic pollster and analyst Doug Schoen, is that Obama has “substituted class-based politics — resentment of the rich, taxing the rich — for fiscal discipline, and prudence.” That was most validated when the nation saw Obama simply ignore any of the recommendations of the Bowles-Simpson commission. As Davis tellingly says, the Democratic Party is “slipping in the direction of becoming a self-conscious vehicle of the left, that is more concerned about developing a righteous leftist platform than one that has a particular project to govern.”

And yes, Ed Rendell is right in his observation that one of the problems is that while Newt Gingrich could bring along his base and get them to accept compromises and work with Clinton to implement them, the current congressional Republican leadership is stymied because many of the new Tea Party-elected officials owe no loyalty to them, and can’t be budged to accept any suggestions the Boehner-Cantor leadership might suggest that they disapprove of. But, one should note, when Obama had a majority in both houses of Congress, he still could not get his own Democrats to move one inch and to accept any compromise with Republicans. Nancy Pelosi and her followers ran the show, rather than the White House.

So will Clinton turn the day, making those independent and moderate swing voters decide to vote for Obama? Doug Schoen tells Boyer that he doubts it, and sees Clinton’s coming speech as mere “political artifice.” It is meant, Schoen thinks, to “achieve a short-term political result,” and not a “change in philosophy.”

So the reasons Ronald Reagan asserted as to why he became a Republican still stand. “I didn’t leave the Democratic Party,” Reagan said. “It left me.” Now, many Clinton Democrats, reflecting on the four years of Barack Obama and the party he represents, will join Artur Davis and others in making that same statement. The time and moment for the Democrats to change their philosophy has long passed.

For Democrats who really want to move forward, they too have to abandon a liberalism that has become both obsolete and reactionary, and join conservatives, libertarians, and moderates in voting this November for Mitt Romney and Paul Ryan.

Lieberman: This is not your father’s Democratic Party

http://www.amazon.com/This-Your-Fathers-Democratic-Party/dp/1477600957

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JFK and the Death of Liberalism

By Jeffrey Lord on 5.31.12 @ 6:11AM

John F. Kennedy, the father of the Reagan Democrats, would have been 95 this week.

May 29th of this week marked John F. Kennedy’s 95th birthday.

Had he never gone to Dallas, had he the blessings of long years like his 105 year old mother Rose, the man immutably fixed in the American memory as a vigorous 40-something surely would be seen in an entirely different light.

If JFK were alive today?

Presuming his 1964 re-election, we would know for a fact what he did in Vietnam. We would know for a fact what a second-term Kennedy domestic program produced. And yes, yes, all those torrent of womanizing tales that finally gushed into headlines in the post-Watergate era (and still keep coming, the tale of White House intern Mimi Alford recently added to the long list) would surely have had a more scathing effect on his historical reputation had he been alive to answer them.

But he wasn’t.

As the world knows, those fateful few seconds in Dallas on November 22, 1963 not only transformed American and world history. They transformed JFK himself into an iconic American martyr, forever young, handsome and idealistic. Next year will mark the 50th anniversary of his assassination—and in spite of all the womanizing tales, in spite of the passage of now almost half a century—John F. Kennedy is still repeatedlyranked by Americans as among the country’s greatest presidents. In the American imagination, JFK is historically invincible

All of this comes to mind not simply as JFK’s 95th birthday came and went this week with remarkably little fanfare.

As readers of The American Spectator are well familiar, TAS founder and Editor-in-chief R. Emmett Tyrrell, Jr. has a new book out in which he details The Death of Liberalism.

Once upon a time — in 1950 — Bob Tyrrell notes that the liberal intellectual Lionel Trilling could honestly open his book The Liberal Imagination with this sentence:

In the United States at this time Liberalism is not only the dominant but even the sole intellectual tradition.

It was true in 1950 — and it was still true on the day John F. Kennedy’s motorcade began to make its way through the streets of Dallas.

It was still true a year later, when Kennedy’s successor Lyndon Johnson swamped the GOP’s conservative nominee Barry Goldwater.

But something had happened by 1964. Something Big. And it’s fair to wonder on the anniversary of John F. Kennedy’s 95th birthday if in fact that Something Big would ever have happened at all if Kennedy had not been in Lee Harvey Oswald’s gun sight that sunny November day almost 49 years ago.

In short, one wonders. Did the bullets that killed JFK hit another target — liberalism itself? Unlike JFK, not killing liberalism instantly but inflicting something else infinitely more damaging than sudden death? Or, as Tyrrell puts it, inflicting “a slow, but steady decline of which the Liberals have been steadfastly oblivious.”

While LBJ would ride herd on American liberalism for another year, in fact the dominant status of liberalism in both politics and culture that Trilling had observed in 1950 had, after JFK’s murder, curiously begun to simply fade. Not unlike Alice in Wonderland’s Cheshire cat, leaving nothing behind but a grin. Writes Tyrrell:

Yet Liberals, who began as the rightful heirs to the New Deal, have carried on as a kind of landed aristocracy, gifted but doomed.

The new book in Robert Caro’s biographical series, The Years of Lyndon Johnson: The Passage of Power has received considerable attention for Caro’s detailed depiction of LBJ’s transition from powerful Senate Majority Leader to a virtual impotence as Kennedy’s vice president. But there’s a clue in this book as to the future decline of liberalism that is completely overlooked (and wasn’t published until after Tyrrell’s). A clue that revolves around the treatment of Vice President Johnson by Kennedy insiders and JFK’s Washington admirers — a treatment, it is important to note, that was never ever exhibited by JFK himself.

While Kennedy gave strict orders that LBJ was to be treated at all times with the respect due his office — and this was in an era when vice presidents customarily went unused by presidents, a fate that had befallen all vice presidential occupants from the nation’s first, John Adams, to Johnson — there was something else bubbling just below the surface in the Washington that was the Kennedy era.

Robert Caro describes it this way:

Washington had in many ways always been a small town, and in small towns gossip can be cruel, and the New Frontiersmen — casual, elegant, understated, in love with their own sophistication (“Such an in-group, and they let you know they were in, and you were not”, recalls Ashton Gonella) — were a witty bunch, and wit does better when it has a target to aim at, and the huge, lumbering figure of Lyndon Johnson, with his carefully buttoned-up suits and slicked-down hair, his bellowing speeches and extravagant, awkward gestures, made an inevitable target. “One can feel the hot breath of the crowd at the bullfight exulting as the sword flashes into the bull,” one historian wrote. In the Georgetown townhouses that were the New Frontier’s social stronghold “there were a lot of small parties, informal kinds, dinners that were given by Kennedy people for other Kennedy people. You know, twelve people in for dinner, all part of the Administration,” says United States Treasurer Elizabeth Gatov. “Really, it was brutal, the stories that they were passing, and the jokes and the inside nasty stuff about Lyndon.” When he mispronounced “hors d’oeuvres” as “whore doves,” the mistake was all over Georgetown in what seemed an instant.

Johnson’s Texas accent was mocked. His proclivity for saying “Ah reckon,” “Ah believe,” and saying the word “Negro” as “nigrah.” On one occasion of a white tie event at the White House, Caro writes of LBJ that “he wore, to the Kennedy people’s endless amusement, not the customary black tailcoat but a slate-gray model especially sent up by Dallas’ Neiman-Marcus department store.” The liberals populating the Kennedy administration and Washington itself were people with an affinity for words, and they began to bestow on Johnson — behind his back — nicknames such as “Uncle Cornpone” or “Rufus Cornpone.” Lady Bird Johnson was added to the game, and the Johnsons as a couple were nicknamed “Uncle Cornpone and his Little Pork Chop.”

None of this, Caro notes, was done by John Kennedy himself. JFK had an instinctive appreciation for Johnson’s sense of dignity, and he thought Lady Bird “neat.” This is, in retrospect, notable.

Why?

Let’s rocket ahead now to what Bob Tyrrell calls The Death of Liberalism. In particular the numbers — polling data. Tyrrell spends an entire chapter discussing polling data, as well he should. His findings are the ultimate teachable moment as we settle into the 2012 Obama-Romney race.

By 1968 — five years after the death of JFK and in the last of the five years of the Johnson presidency — the number of “self-identified” conservatives began to climb. Sharply. The Liberal dominance Lionel Trilling had written about had gone, never to this moment to return. Routinely now in poll after poll that Tyrrell cites — and there are plenty of others he doesn’t have room to cite — self-identified liberals hover at about 20% of the American body politic. Outnumbered more than two-to-one by conservatives, with moderates bringing up the remainder in the middle.

What happened in those five years after JFK’s death?

One very compelling thing.

The attitude toward Lyndon and Lady Bird Johnson that was evidenced by Kennedy’s liberal leaning staff, by the Washington Georgetown set, by Washington journalists — slowly seeped into the sinews of liberalism itself.

Recall Caro’s descriptions of people who were “in love with their own sophistication,” who were “such an in-group, and they let you know they were in, and you were not.” Think of the snotty arrogance displayed as these people laughed at LBJ’s accent, his mispronunciations, his clothes, his wife (“Uncle Cornpone and his Little Pork Chop”).

Slowly, and then not so slowly, these elitist, arrogant and if not outright snotty attitudes sought out a new target during the years when LBJ was sitting in the White House — when, in the view of these people, “Uncle Cornpone and his Little Pork Chop” had replaced the King and Queen of Camelot.

That new target?

The American people themselves. They had, after all, elected LBJ in a landslide in 1964. Now Uncle Cornpone was the elected President of the United States. To make matters more unbearable, LBJ was using his newfound power and popularity to actually pass the liberal agenda of the day, which Johnson labeled “The Great Society.” Uncle Cornpone, it seemed, wasn’t such a ridiculous figure after all when it came to getting the liberal wish list through the Congress.

No one better than JFK would have known instantly what a huge mistake this elitist attitude would be. Discussing the relationship of a presidential candidate with the American people, JFK had told historian and friend Theodore H. White, author of The Making of the President series, that, in White’s re-telling, “a man running for the Presidency must talk up, way up there.” It was a principle Kennedy surely would have applied to his own party — and did so while he was president. Not from JFK was there a drop of elitist contempt — from a man who unarguably could claim the title in a blink — for his fellow countrymen.

But in a horrifying flash, JFK was gone. And the elitist tide spread.

Slowly this contempt for the American people spread to institutions that were not government, manifesting itself in a thousand different ways. It infected the media, academe and Hollywood, where stars identified with middle-America like John Wayne, Jimmy Stewart, Bob Hope and Lucille Ball were eclipsed in the spotlight by leftists like Warren Beatty and Jane Fonda.

The arms-linked peaceful civil rights protests led by Christian ministers like Dr. Martin Luther King, Jr gave way to bombings and violent demonstrations against the Vietnam War led by snooty, well-educated white left-wing kids like Bill Ayers. The great American middle class — from which many of these educated kids had sprung — was trashed in precisely the fashion LBJ had been trashed. For accents, clothing styles, housing choices (suburbs and rural life were out) food, music, the love of guns, choice of cars, colleges, hair styles and more. Religion itself could not escape, Christianity to be mocked, made into a derisive laughingstock. The part of America between New York and California became known sneeringly as “flyover country.

As time moved on, these attitudes hardened, taking on colors, colors derived from election night maps where red represented conservative, Republican or traditional candidates and blue became symbolic of homes to Liberalism.

Red States. Blue States.

Liberal candidates hoping to carry Red States or even Purple States had to hide the contempt they felt for their own constituents. When Governor Bill Clinton’s wife Hillary snapped in a 60 Minutes interview over her husband’s infidelities that:

You know, I’m not sitting here — some little woman standing by my man like Tammy Wynette.

— the Clinton campaign quickly swung into damage control mode, an apology as quickly forthcoming.

Sixteen years later it was Barack Obama’s turn, the candidate caught on audio tape describing Pennsylvania voters to a fundraising audience of rich, fashionable San Francisco liberals as:

bitter, they cling to guns or religion or antipathy to people who aren’t like them or anti-immigrant sentiment or anti-trade sentiment as a way to explain their frustrations.

The Obama and Hillary Clinton expressions were about as far as one could get from JFK’s conception that when running for president one has to talk “way up there” to the American people.

By now, millions of Americans have come to see the elitism that once was directed privately at LBJ in Georgetown salons as an ingrained characteristic of Liberalism. Even NBC’s Tom Brokaw is getting antsy at the insiderdom on televised display at the White House Correspondents’ Dinner. Think of the treatment of former Alaska Governor Sarah Palin versus that afforded Hillary Clinton. The treatment of Clarence Thomas — versus Barack Obama.

Self-identify with that kind of treatment? Of course not. Compounding the problem for liberals is that this attitude is linked to what Tyrrell accurately calls Obama’s “Stealth Socialism.” And the combination of the two is proving to be politically deadly.

Here’s a JFK-Obama contrast.

In 1960, JFK determined that if he were to win the Democratic nomination he would in fact have to win the West Virginia primary. Why West Virginia? Because Kennedy was Catholic, no Catholic had ever been elected president — and West Virginia was heavily Protestant. It was a knock-down, drag-out fight — a furious battle against Minnesota Senator Hubert Humphrey. In an upset, a legend in West Virginia politics to this day, JFK won. By emphasizing his PT-109 heroism in World War II and his support of coal mining — and coal miners.

What happened the other day in the West Virginia Democratic primaries? That’s right. A Texas prison inmate named Keith Judd paid the $2,500 filing fee to get his name on the ballot opposing Obama — getting 40% of the vote. Why this particular humiliation? Right again. The President’s “Stealth Socialism” — specifically in West Virginia his energy and environmental policies — are seen by West Virginians as savaging the state’s coal industry. A world away from the JFK approach.

And let’s not forget the double standard that elitist liberals in the media love when it comes to their fellow countrymen.

What was one of the most notable stylistic aspects of the Kennedy presidency that had Georgetown parlors and the liberal media of the day swooning with admiration?

Exactly. They loved Jackie Kennedy — specifically they absolutely adored that the First Lady was an accomplished horsewoman. Scenes like this video of Jackie riding with her children in the Virginia hunt country – as JFK watched from nearby — were staples of the liberal media, the only media, of the day. If one grew up in the Kennedy era it is recognized instantly, particularly the scene where Caroline’s horse “Macaroni” is nibbling on JFK as the President laughs. Horseback riding as Mrs. Kennedy pursued it was an expensive hobby then — as now. And this fact was lavishly presented to the American public as a sign of class — both financial class and as in “classy.”

What was the big story about Ann Romney the other day? Take a look at Breitbart.com where they have neatly caught onto the sneering elitism that is falsely ascribed to Ann Romney because — yes indeed — just like Jackie Kennedy, Ann Romney rides horses. With one very big difference. In Mrs. Romney’s case horseback riding was prescribed as therapy for her multiple sclerosis. Now, however, as was true with a big front pagestory in the New York Times, Republican Ann Romney is involved with a “rarified sport.” Translation: Mrs. Romney is a snob. What’s fabulous for Jackie is snooty for Ann.

Which leads us back to where we began.

Had John F. Kennedy been alive and well this week, celebrating his 95th birthday, one can only wonder whether liberalism would have survived with him.

This is, after all, the president who said in cutting taxes that a “rising tide lifts all boats.” Becoming The favorite presidential example (along with Calvin Coolidge) of no less than Ronald Reagan on tax policy. This is, after all, the president who ran to the right of Richard Nixon in 1960 on issues of national security.

In fact, many of those who voted for John F. Kennedy in 1960 would twenty years later vote for Ronald Reagan. One famous study of Macomb County, Michigan found 63% of Democrats in that unionized section of autoworker country voting for JFK in 1960. In 1980, same county, essentially the same Democrats — 66% voted for Reagan. The difference? Liberalism was dying.

There is a term of political art for these millions of onetime JFK voters — a term used still today: Reagan Democrats. It is not too strong a statement to say that in point of political fact John F. Kennedy was the father of the Reagan Democrats.

Would JFK have let the arrogant liberal elitism that was bubbling under the surface of his own administration metastasize to so many American institutions — including his own party — had he lived?

Would he have sat silently as the liberal culture turned against the vast American middle and working blue collar class and its values, sending JFK voters into the arms of Republicans in seven out of twelve of the elections following his own?

Would he have fought the subtle but distinct change of his famous inaugural challenge from “ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country” to what it has now become: “ask not what you can do for your country, ask what service your government can provide you?”

We will never know.

But there is every reason to believe, after all these decades, that, to use the title of JFK biographer William Manchester’s famous book, The Death of a President, brought another, quite unexpected death in its wake.

The Death of Liberalism.

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JFK: Democrats’ role model ?

September 04, 2008

The John F. Kennedy legacy came up repeatedly during the Democratic National Convention. But today, would JFK even be a Democrat?

Kennedy supported, in today’s lexicon, a George W. Bush-like « belligerent » approach to fighting the Cold War, and told CBS’ Walter Cronkite it would be « a great mistake » to withdraw the American presence from Vietnam. In his 1961 inaugural speech, Kennedy said, « Let every nation know, whether it wishes us well or ill, that we shall pay any price, bear any burden, meet any hardship, support any friend, oppose any foe, in order to assure the survival and the success of liberty. »

How would such a man feel about fighting today’s global peril – Islamo-fascism?

Barack Obama likes to point to the 1961 Kennedy-Khrushchev summit to support his desire for meetings « without preconditions » with enemies such as Iran and North Korea.

But Kennedy’s secretary of state, Dean Rusk, urged against such a non-conditions-based summit. And later, Kennedy called the summit meeting the « roughest thing in my life. (Khrushchev) just beat the hell out of me. I’ve got a terrible problem if he thinks I’m inexperienced and have no guts. » Indeed, Khrushchev thought Kennedy a weak amateur. Following the summit, Khrushchev built the Berlin Wall and placed missiles in Cuba, an action that led the world to the brink of nuclear conflict.

Kennedy believed in cutting taxes – deeply and dramatically. Before Kennedy’s tax cuts, the top marginal tax rate stood at over 90 percent, and Kennedy – albeit after his assassination – got it reduced to 70 percent, a much greater percentage reduction than did Bush. Kennedy, in a 1962 speech before the Economic Club of New York said, « It is a paradoxical truth that tax rates are too high today and tax revenues are too low, and the soundest way to raise the revenues in the long run is to cut the rates now. The experience of a number of European countries and Japan have borne this out. This country’s own experience with tax reduction in 1954 has borne this out. And the reason is that only full employment can balance the budget, and tax reduction can pave the way to that employment. The purpose of cutting taxes now is not to incur a budget deficit, but to achieve the more prosperous, expanding economy, which can bring a budget surplus. »

In January 1963, Kennedy addressed Congress: « Lower rates of taxation will stimulate economic activity and so raise the levels of personal and corporate income as to yield within a few years an increased – not a reduced – flow of revenues to the federal government. » Several days later, JFK sent another message to Congress: « Our tax system still siphons out of the private economy too large a share of personal and business purchasing power and reduces the incentive for risk, investment and effort – thereby aborting our recoveries and stifling our national growth rate. »

In a televised national address just two months before his assassination, Kennedy broke it down: « A tax cut means higher family income and higher business profits and a balanced federal budget. Every taxpayer and his family will have more money left over after taxes for a new car, a new home, new conveniences, education and investment. Every businessman can keep a higher percentage of his profits in his cash register or put it to work expanding or improving his business, and as the national income grows, the federal government will ultimately end up with more revenues. »

Kennedy, unlike Obama, opposed race-based preferences. In a 1963 interview, Kennedy expected blacks to resist a call for preferential treatment: « The Negro community did not want job quotas to compensate for past discrimination. What I think they would like is to see their children well educated, so that they could hold jobs … and have themselves accepted as equal members of the community. … I don’t think we can undo the past. In fact, the past is going to be with us for a good many years in uneducated men and women who lost their chance for a decent education. We have to do the best we can now. That is what we are trying to do. »

Kennedy also objected to assigning positions or granting promotions based on what today’s advocates call under-representation: « I think it is a mistake to begin to assign quotas on the basis of religion or race – color – nationality. … On the other hand, I do think that we ought to make an effort to give a fair chance to everyone who is qualified – not through a quota – but just look over our employment rolls, look over our areas where we are hiring people and at least make sure we are giving everyone a fair chance. But not hard and fast quotas. … We are too mixed, this society of ours, to begin to divide ourselves on the basis of race or color. »

So when the haze disappears, what remains? A man of limited government, low taxes and strong national defense who rejected a government-led redistribution of wealth.

In other words, someone who would today fit very comfortably in the party – the Republican Party.

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John F. Kennedy on taxes

July 19, 2004

By William J. Federer

Editor’s note: The following quotes are published in the book, « The Interesting History of Income Tax, » by William J. Federer (Amerisearch, Inc., P.O. Box 20163, St. Louis, MO 63123, 1-888-USA-WORD)

« It is a paradoxical truth that tax rates are too high and tax revenues are too low and the soundest way to raise the revenues in the long run is to cut the rates now … Cutting taxes now is not to incur a budget deficit, but to achieve the more prosperous, expanding economy which can bring a budget surplus. »

– John F. Kennedy, Nov. 20, 1962, president’s news conference

« Lower rates of taxation will stimulate economic activity and so raise the levels of personal and corporate income as to yield within a few years an increased – not a reduced – flow of revenues to the federal government. »

– John F. Kennedy, Jan. 17, 1963, annual budget message to the Congress, fiscal year 1964

« In today’s economy, fiscal prudence and responsibility call for tax reduction even if it temporarily enlarges the federal deficit – why reducing taxes is the best way open to us to increase revenues. »

– John F. Kennedy, Jan. 21, 1963, annual message to the Congress: « The Economic Report Of The President »

« It is no contradiction – the most important single thing we can do to stimulate investment in today’s economy is to raise consumption by major reduction of individual income tax rates. »

– John F. Kennedy, Jan. 21, 1963, annual message to the Congress: « The Economic Report Of The President »

« Our tax system still siphons out of the private economy too large a share of personal and business purchasing power and reduces the incentive for risk, investment and effort – thereby aborting our recoveries and stifling our national growth rate. »

– John F. Kennedy, Jan. 24, 1963, message to Congress on tax reduction and reform, House Doc. 43, 88th Congress, 1st Session.

« A tax cut means higher family income and higher business profits and a balanced federal budget. Every taxpayer and his family will have more money left over after taxes for a new car, a new home, new conveniences, education and investment. Every businessman can keep a higher percentage of his profits in his cash register or put it to work expanding or improving his business, and as the national income grows, the federal government will ultimately end up with more revenues. »

– John F. Kennedy, Sept. 18, 1963, radio and television address to the nation on tax-reduction bill

« I have asked the secretary of the treasury to report by April 1 on whether present tax laws may be stimulating in undue amounts the flow of American capital to the industrial countries abroad through special preferential treatment. »

– John F. Kennedy, Feb. 6, 1961, message to Congress on gold and the balalnce of payments deficit

« In those countries where income taxes are lower than in the United States, the ability to defer the payment of U.S. tax by retaining income in the subsidiary companies provides a tax advantage for companies operating through overseas subsidiaries that is not available to companies operating solely in the United States. Many American investors properly made use of this deferral in the conduct of their foreign investment. »

– John F. Kennedy, April 20, 1961, message to Congress on taxation

« Our present tax system … exerts too heavy a drag on growth … It reduces the financial incentives for personal effort, investment, and risk-taking … The present tax load … distorts economic judgments and channels an undue amount of energy into efforts to avoid tax liabilities. »

– John F. Kennedy, Nov. 20, 1962, press conference

« The present tax codes … inhibit the mobility and formation of capital, add complexities and inequities which undermine the morale of the taxpayer, and make tax avoidance rather than market factors a prime consideration in too many economic decisions. »

– John F. Kennedy, Jan. 23, 1963, special message to Congress on tax reduction and reform

« In short, it is a paradoxical truth that … the soundest way to raise the revenues in the long run is to cut the rates now. The experience of a number of European countries and Japan have borne this out. This country’s own experience with tax reduction in 1954 has borne this out. And the reason is that only full employment can balance the budget, and tax reduction can pave the way to that employment. The purpose of cutting taxes now is not to incur a budget deficit, but to achieve the more prosperous, expanding economy which can bring a budget surplus. »

– John F. Kennedy, Nov. 20, 1962, news conference

« The largest single barrier to full employment of our manpower and resources and to a higher rate of economic growth is the unrealistically heavy drag of federal income taxes on private purchasing power, initiative and incentive. »

– John F. Kennedy, Jan. 24, 1963, special message to Congress on tax reduction and reform

« Expansion and modernization of the nation’s productive plant is essential to accelerate economic growth and to improve the international competitive position of American industry … An early stimulus to business investment will promote recovery and increase employment. »

– John F. Kennedy, Feb. 2, 1961, message on economic recovery

« We must start now to provide additional stimulus to the modernization of American industrial plants … I shall propose to the Congress a new tax incentive for businesses to expand their normal investment in plant and equipment. »

– John F. Kennedy, Feb. 13, 1961, National Industrial Conference Board

« A bill will be presented to the Congress for action next year. It will include an across-the-board, top-to-bottom cut in both corporate and personal income taxes. It will include long-needed tax reform that logic and equity demand … The billions of dollars this bill will place in the hands of the consumer and our businessmen will have both immediate and permanent benefits to our economy. Every dollar released from taxation that is spent or invested will help create a new job and a new salary. And these new jobs and new salaries can create other jobs and other salaries and more customers and more growth for an expanding American economy. »

– John F. Kennedy, Aug. 13, 1962, radio and television report on the state of the national economy

 « This administration pledged itself last summer to an across-the-board, top-to-bottom cut in personal and corporate income taxes … Next year’s tax bill should reduce personal as well as corporate income taxes, for those in the lower brackets, who are certain to spend their additional take-home pay, and for those in the middle and upper brackets, who can thereby be encouraged to undertake additional efforts and enabled to invest more capital … I am confident that the enactment of the right bill next year will in due course increase our gross national product by several times the amount of taxes actually cut. »

– John F. Kennedy, Nov. 20, 1962, news conference

William J. Federer, is a best-selling author and the president of Amerisearch Inc., a publishing company dedicated to researching America’s noble heritage.

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Thanksgiving Day/392e: Vous avez dit puritain ? (Looking back at the steamy love triangle behind the Thanksgiving story)

28 novembre, 2013
https://i1.wp.com/www.thefrontporchantiques.com/wp-content/uploads/2010/02/CIMG3524.jpgMon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge ! Voltaire
Il est inévitable qu’à un moment donné, même les meilleurs amis du monde croisent sur leur chemin un objet qu’ils ne peuvent ni ne souhaitent partager. René Girard
Si le grand capitaine de Plymouth est alors très impatient de me marier, pourquoi ne vient-il pas en personne et ne prend-il pas la peine de me séduire ? Si je ne suis pas une valeur la courtiser, je suis sûrement pas d’une valeur du gagner ! Il a pas le temps pour de telles choses, comme vous l’appelez, avant il est marié, il serait susceptible de le trouver, ou le faire, après le mariage ? C’est ainsi avec vous, les hommes ; vous ne comprenez pas nous, vous ne pouvez pas. Quand vous avez fait votre choix, après réflexion de celui-ci et celui-là, choisir, choix, rejetant, en comparant l’un avec l’autre, puis vous faire connaître votre volonté, avec l’aveu de brusque et soudain, offensé et blessé et indigné peut-être, qu’une femme ne répond pas à la fois à un amour qu’elle a jamais soupçonnée, sans atteindre à une limite la hauteur à laquelle vous avez été l’escalade. Ce n’est pas bon ni juste : car l’affection de la femme n’est certainement pas une chose à être demandé et avait pour seul le demander. Quand on est vraiment amoureux, un non seulement dit qu’il, mais il montre. Avait-il mais attendu un certain temps, il avait seulement montré qu’il m’aimait, même ce capitaine de la vôtre — qui sait? — enfin pourrait ont gagné moi, vieux et brut tel qu’il est ; mais maintenant il ne peut arriver. Priscilla Mullins
Servez-vous vous-même, si vous voulez être bien servi, est un excellent adage; Donc, je prends soin de mes bras, comme vous de vos stylos et votre écritoire.
Aller à la demoiselle Priscilla, la plus belle fille de Plymouth, dire qu’un vieux capitaine émoussé, un homme, pas des mots, mais des actions, offre sa main et son coeur, la main et le coeur d’un soldat. Pas dans ces mots, vous le savez, mais ce bref est à mon sens ; Je suis une machine de guerre et pas un faiseur de phrases. Vous, qui sont élevés en tant que chercheur, pouvez il dire en langage élégant, tels que vous lisez dans vos livres des plaidoiries et wooings des amateurs, comme vous pensez mieux adapté pour conquérir le cœur d’une jeune fille.
John Alden ! vous avez trahi moi ! Moi, Miles Standish, votre ami ! ont supplanté, victime d’une fraude, me trahi ! Le vôtre est la plus grande trahison, pour vôtre est une trahison de l’amitié ! Vous, qui vivait sous mon toit, que j’ai chéri et aimé comme un frère ; Vous, qui avez nourris à mon conseil d’administration et bu à ma tasse, dont maintien j’ai confié mon honneur, mes pensées le plus sacrées et secret, — vous aussi, Brutus ! Ah malheur au nom de l’amitié ci-après ! Brutus était ami de César, et vous étaient les miens, mais dorénavant qu’il n’y a rien entre nous sauver la guerre et la haine implacable ! Miles Standish
Il est bien connu, que, de la première compagnie, consistant en cent un, environ la moitié sont morts dans les six mois après l’arrivée, par suite de difficultés, ils ont été appelés pour la rencontre. Mme Rose Standish, épouse du capitaine Standish, quitté cette vie le 29 de janvier 1621. Cette circonstance est mentionnée comme une introduction à l’anecdote suivante, qui a été soigneusement transmis par la tradition. « En très peu de temps après le décès de Mme Standish, le commandant de bord a été amené à penser, que, s’il pouvait obtenir Mademoiselle Priscilla Mullins, fille de m. William Mullins, la violation de sa famille serait être heureusement réparée. Il a, par conséquent, selon la coutume de ces temps, envoyé demander la permission de m. Mullins pour visiter sa fille. John Alden, le Messager, est allé et transmis fidèlement la volonté du capitaine. Le vieux Monsieur ne s’oppose pas, car il aurait pu, en raison de la récence de deuil du capitaine Standish. Il dit que c’était parfaitement acceptable pour lui, mais la jeune fille doit également être consultée. La jeune fille s’appelait alors dans la pièce, et John Aden, qui est censé avoir été un homme de la plus excellente forme avec un teint vermeil et équitable, leva et, d’une manière très courtoise et avenant, livré sa course. Miss Mullins écouté avec une attention respectueuse, et enfin, après une pause considérable, fixant ses yeux sur lui, avec un visage ouvert et agréable, dit, « prithee, John, pourquoi parles-tu pas vous-même? » Il rougit et s’inclina et prit congé, mais avec un coup d’oeil, qui indiquait plus, que son manque d’assurance lui permettrait par ailleurs à exprimer. Toutefois, il a bientôt renouvelé sa visite, et il n’était pas long avant que leurs noces ont été célébrées sous forme ample. A partir de là sont tous les descendants du nom, Alden, aux États-Unis. Quel rapport il a fait à sa constituante, après la première entrevue, la tradition ne se déplie pas ; mais il est dit, comment vrai l’écrivain ne connaît pas, que le capitaine lui pardonna jamais au jour de sa mort. D’une Collection de Timothy Alden d’épitaphes américains et les Inscriptions avec des Notes occasionnelles (New York : 1814)
Des historiens, comme le Dr. Harry S. Stout de l’université de Yale, se sont intéressés aux puritains américains derrière les mythes forgés pendant la prohibition (1919-1933) par ses opposants. Le puritanisme n’est pas l’antonyme de l’hédonisme. Les puritains aimaient les couleurs vives. Leurs vêtements et leurs maisons étaient colorées. C’est le cinéma qui a propagé l’idée qu’ils s’habillaient en noir. Les puritains n’étaient pas prudes. Le sexe au sein du mariage était encouragé et n’était pas condamné. Des puritains pouvaient être punis pour chasteté. Les puritains n’étaient pas sobres. L’alcool était consommé. Les puritains buvaient du vin, de la bière, du cidre, du rhum… L’eau douce était souvent impropre à la consommation. Les puritains aimaient la poésie (Anne Bradstreet ou Edward Taylor). Les puritains n’étaient pas opposés aux fêtes et aux jeux. Wikipedia

Vous avez dit puritain ?

En cette fête de Thanksgiving

oubliant la dure leçon qui fut payée si chère …

Tout n’est ordinairement qu’hommes en noir (couleur réservée en fait aux offices religieux) et prétendues pruderies d’un autre âge …

Retour (merci Glaeken) avec la fameuse chronique de l’humoriste Art Buchwald il y a exactement 60 ans …

Sur la torride histoire d’amour, un véritable triangle français qu’avait conté en son temps le poète Henry Longfellow (« La Cour de Miles Standfish », 1854) …

Du capitaine de la Plymouth company Miles Standish  …

Trompé, comme il se doit, par celui à qui il avait malencontreusement confié sa demande en mariage de la belle Priscilla Mullins…

A savoir son meilleur ami John Alden …

Le Grande Thanksgiving

Art Buchwald

New York Herald

22 novembre 1953

This confidential column was leaked to me by a high government official in the Plymouth colony on the condition that I not reveal his name.

One of our most important holidays is Thanksgiving Day, known in France as le Jour de Merci Donnant .

Le Jour de Merci Donnant was first started by a group of Pilgrims ( Pelerins ) who fled from l’Angleterre before the McCarran Act to found a colony in the New World ( le Nouveau Monde ) where they could shoot Indians ( les Peaux-Rouges ) and eat turkey ( dinde ) to their hearts’ content.

They landed at a place called Plymouth (now a famous voiture Americaine ) in a wooden sailing ship called the Mayflower (or Fleur de Mai ) in 1620. But while the Pelerins were killing the dindes, the Peaux-Rouges were killing the Pelerins, and there were several hard winters ahead for both of them. The only way the Peaux-Rouges helped the Pelerins was when they taught them to grow corn ( mais ). The reason they did this was because they liked corn with their Pelerins.

In 1623, after another harsh year, the Pelerins’ crops were so good that they decided to have a celebration and give thanks because more mais was raised by the Pelerins than Pelerins were killed by Peaux-Rouges.

Every year on the Jour de Merci Donnant, parents tell their children an amusing story about the first celebration.

It concerns a brave capitaine named Miles Standish (known in France as Kilometres Deboutish) and a young, shy lieutenant named Jean Alden. Both of them were in love with a flower of Plymouth called Priscilla Mullens (no translation). The vieux capitaine said to the jeune lieutenant :

« Go to the damsel Priscilla (allez tres vite chez Priscilla), the loveliest maiden of Plymouth (la plus jolie demoiselle de Plymouth). Say that a blunt old captain, a man not of words but of action (un vieux Fanfan la Tulipe ), offers his hand and his heart, the hand and heart of a soldier. Not in these words, you know, but this, in short, is my meaning.

« I am a maker of war (je suis un fabricant de la guerre) and not a maker of phrases. You, bred as a scholar (vous, qui tes pain comme un tudiant), can say it in elegant language, such as you read in your books of the pleadings and wooings of lovers, such as you think best adapted to win the heart of the maiden. »

Although Jean was fit to be tied (convenable tre emballe ), friendship prevailed over love and he went to his duty. But instead of using elegant language, he blurted out his mission. Priscilla was muted with amazement and sorrow (rendue muette par l’tonnement et las tristesse ).

At length she exclaimed, interrupting the ominous silence: « If the great captain of Plymouth is so very eager to wed me, why does he not come himself and take the trouble to woo me? » ( Ou est-il, le vieux Kilometres? Pourquoi ne vient-il pas aupres de moi pour tenter sa chance ?)

Jean said that Kilometres Deboutish was very busy and didn’t have time for those things. He staggered on, telling what a wonderful husband Kilometres would make. Finally Priscilla arched her eyebrows and said in a tremulous voice, « Why don’t you speak for yourself, Jean? » ( Chacun a son gout. )

And so, on the fourth Thursday in November, American families sit down at a large table brimming with tasty dishes and, for the only time during the year, eat better than the French do.

No one can deny that le Jour de Merci Donnant is a grande fte and no matter how well fed American families are, they never forget to give thanks to Kilometres Deboutish, who made this great day possible.

Voir aussi:

LOVE & LEGEND : THE COURTSHIP OF MILES STANDISH

Frances D. Leach

Pilgrim Hall Museum

In The Courtship of Miles Standish, Henry Wadsworth Longfellow immortalized the legend of the love triangle between John Alden, Miles Standish, and Priscilla Mullins.

Longfellow, an Alden descendent, wove the narrative around an old family tradition. The earliest time the story appears in print is in Timothy Alden’s A Collection of American Epitaphs and Inscriptions with Occasional Notes , published in 1814.

Henry Wadsworth Longfellow (1807 – 1882) was a scholar, a Harvard professor, and a poet. His poems were immensely popular both at home and abroad. He provided the Victorians with poetry, drama and romance — enabling them to escape the drab cities of the Industrial Revolution or the loneliness of the isolated farmhouse. Longfellow’s vivid verbal imagery, wrapped in the gentle cadences of his verse, bring each scene to life. His narrative poems include Evangeline (1847), Hiawatha (1855), and The Courtship of Miles Standish (1858).

Generations of schoolchildren grew up with Longfellow’s poetry. In The Courtship of Miles Standish , they discovered an exciting human dimension in the textbook story of the Pilgrims. It is evident that the poet had access to historical records, but he did not feel constrained to follow the literal course of events. For dramatic effect, he compressed several years of incidents into a very short time frame in 1621.

Longfellow used his imagination to flesh out the characters in his love triangle. Miles Standish appears as a swash – buckling hero, brave but inarticulate and somewhat peevish. Handsome young John Alden is torn between his devotion to the Captain and his love for the Pilgrim maiden. Priscilla, despite her domestic virtues, speaks her mind in the manner of a modern feminist. Longfellow could tell a romantic tale, and in so doing, he made the names of these three Pilgrims household words across the nation. From Timothy Alden’s A Collection of American Epitaphs and Inscriptions with Occasional Notes (New York : 1814) : « It is well known, that, of the first company consisting of one hundred and one, about one half died in six months after landing, in consequence of the hardships they were called to encounter. Mrs. Rose Standish, consort of Captain Standish , departed this life on the 29 of January 1621. This circumstance is mentioned as an introduction to the following anecdote, which has been carefully handed down by tradition. « In a very short time after the decease of mrs. Standish, the captain was led to think, that, if he could obtain miss Priscilla Mullins, a daughter of mr. William Mullins, the breach in his family would be happily repaired. He, therefore, according to the custom of those times, sent to ask mr. Mullins’ permission to visit his daughter. John Alden, the messenger, went and faithfully communicated the wishes of the captain. The old gentleman did not object, as he might have done, on account of the recency of captain Standish’s bereavement. He said it was perfectly agreeable to him, but the young lady must also be consulted. The damsel was then called into the room, and John Aden, who is said to have been a man of most excellent form with a fair and ruddy complexion, arose, and, in a very courteous and prepossessing manner, delivered his er rand. Miss Mullins listened with respectful attention, and at last, after a considerable pause, fixing her eyes upon him, with an open and pleasant countenance, said, « prithee, John, why do you not speak for yourself? » He blushed, and bowed, and took his l eave, but with a look, which indicated more, than his diffidence would permit him otherwise to express. However, he soon renewed his visit, and it was not long before their nuptials were celebrated in ample form. From then are descended all of the name, Alden, in the United States. What report he made to his constituent, after the first interview, tradition does not unfold; but it is said, how true the writer knows not, that the captain never forgave him to the day of his death. »

The only facts known from the Records of Plymouth Colony and other primary source materials are : Rose Standish (wife of Myles Standish) died January 29, 1621. William Mullins (father of Priscilla Mullins) died in February of 1621. Priscilla Mullins married John Alden, but we do not know the date or even the year of their marriage. It is probable that they were married before 1623. By 1627, John and Priscilla were not only married but the parents of two children. Miles Standish married Barbara Standish in 1623 or 1624. John Alden and Miles Standish were both among the founders of the town of Duxbury, across the bay from the original Plymouth settlement. Alexander Standish, the second child of seven born to Miles and Barbara, married Sarah Alden, the fourth child of ten born to John and Priscilla.

Voir également:

Eat, Drink, and Relax

Elesha Coffman

Christianity Today

11/01/2004

I’m sure Thanksgiving Day church services are lovely, but I have to admit that I’ve never been to one. In my family, Thanksgiving means watching parades and football games, cooking, eating, and maybe playing a few games of pinochle. Aside from the pre-dinner prayer, it’s not an overtly religious celebration.

Neither was the so-called “First Thanksgiving” in 1621.

The Separatists (only much later known as “Pilgrims”) who founded Plymouth Colony in 1620 disdained most holidays. In fact, they recognized only three: the weekly Sabbath, the Day of Humiliation and Fasting, and the Day of Thanksgiving and Praise. The latter two were not set on the calendar but could be proclaimed in response to God’s perceived disfavor or favor. Because colonial life was so bound to the growing cycle, though, fast days were most often called in the spring, when there wasn’t much to eat anyway, while feast days often accompanied the fall harvest. Both observances occurred on weekdays-usually the day of special sermons known as Lecture Day, which was Thursday in Massachusetts.

But the famous feast shared by about 50 colonists and 90 Wampanoag Indians was not an official Day of Thanksgiving. In the only surviving firsthand account of the meal, Edward Winslow describes it this way:

“Our harvest being gotten in, our governor sent four men on fowling, that so we might after a special manner rejoice together after we had gathered the fruit of our labors. They four in one day killed as much fowl as, with a little help beside, served the company almost a week. At which time, among other recreations, we exercised our arms, many of the Indians coming amongst us, and among the rest their greatest king Massasoit, with some ninety men, whom for three days we entertained and feasted, and they went out and killed five deer, which they brought to the plantation and bestowed upon our governor, and upon the captain, and others. And although it be not always so plentiful as it was at this time with us, yet by the goodness of God, we are so far from want that we often wish you partakers of our plenty.”

Such entertainments as hunting and arms exercises had no place in a religious Thanksgiving observance. They did belong, however, in the long tradition of harvest festivals, with which the Separatists would have been quite familiar. In their native England, days of feasting and leisure commonly followed the harvest. Earlier harvest festivals include ancient Greek Thesmophoria, ancient Roman Cerealia, and Jewish Sukkot.

(This is not to say that the Separatists’ 1621 feast had more in common with pagan Thesmophoria than with their first Christian Thanksgiving, which they observed in 1623 to celebrate a crop-saving rainfall. In the Separatist worldview, shared in almost all particulars by the wider Puritan community, nothing fell outside the experience of faith. As Leland Ryken wrote in Worldly Saints: The Puritans As They Really Were (Zondervan, 1986):

“Puritanism was impelled by the insight that all of life is God’s. The Puritans lived simultaneously in two worlds-the invisible spiritual world and the physical world of earthly existence. For the Puritans, both worlds were equally real, and there was no cleavage of life into sacred and secular. All of life was sacred.”

In other words, whether you go to church on Thanksgiving or not, the day can be seasoned with what Puritan divine Richard Baxter called “a drop of glory.” As Paul and David said, “The earth is the Lord’s, and everything in it” (Psalm 24:1, 1 Cor. 10:26).

Voir encore:

LA COUR DE MILES STANDISH

Henry Wadsworth Longfellow

1858

I

Miles Standish

Dans les jours de la vieille Colonie, à Plymouth dans la région des Pèlerins,

Allant çà et là dans une chambre de sa maison simple et primitive,

Vêtu en pourpoint et en culotte courte, et chaussé avec ses bottes de cuir de Cordoue,

Marchant à grandes enjambées, avec un air martial, Miles Standish, le capitaine puritain.

Il semblait, enfoui dans ses pensées, avec ses mains derrière le dos, et il s’arrêtait

De temps à autre pour voir ses étincelantes armes de guerre,

Suspendues et disposées brillamment le long des parois de la chambre,

Coutelas et corselet d’acier, et sa fidèle épée de Damas,

Courbée à ses extrémités et avec sa phrase mystique inscrite en arabe,

Bien en dessous, dans un coin, étaient le fusil de chasse, le mousquet et le fusil à mèche.

Il était court de stature, mais solidement construit et athlétique,

Large des épaules et de la poitrine, avec des muscles et des tendons de fer;

Brun comme une noix, c’était son visage, mais sa barbe rousse était déjà

Parsemé avec des plaques de neige, comme parfois les couvertures de neige en Novembre.

Près de lui était assis John Alden, son ami, et compagnon de chambre,

Écrivait à une vitesse diligente sur une table de pin près la fenêtre;

Les cheveux bien fournis, les yeux d’azur, avec le teint délicat des Saxons,

À l’aube rosée de sa jeunesse, et avec une beauté semblable à ceux, qui étaient captifs

Et que Saint-Grégoire en les voyant s’écria: «Non pas des angles, mais des anges. »

Il était le plus jeune, de tous ces hommes qui sont venus avec le Mayflower.

Tout à coup, rompant avec le silence, le dévoué scribe s’interrompit,

Miles Standish, le capitaine de Plymouth, parlait avec orgueil dans son cœur.

«Regardez ces armes», disait-il, « les armes de guerre qui pendent ici

Brunies et lumineuses et propres, entretenues comme pour un défilé ou l’inspection!

C’est l’épée de Damas avec laquelle je me suis battu en Flandre, et ce pectoral,

Eh bien, je me souviens du jour! De la fois qu’il m’a sauvé la vie dans une escarmouche;

Ici, devant vous pouvez voir la force même de la balle

Tiré à bout portant vers mon cœur par un Espagnol à Arcabucero.

N’eut été de ce pur acier, il aurait fallu oublier les os de Miles Standish

À ce moment il ne serait que de la moisissure, dans sa tombe dans les marais flamands. « 

Là-dessus, répondit John Alden, mais ne regardant plus sur son écriture:

« Vraiment, le souffle de l’Éternel a ralenti la vitesse de la balle;

Il vous a préservé dans sa miséricorde, pour être notre bouclier et notre arme! « 

Toutefois le capitaine continuait, sans soucier des paroles du jeune homme:

« Voyez, comment ils sont lumineusement polis, comme s’ils étaient suspendus dans un arsenal;

C’est parce que je l’ai fait moi-même, et que je n’ai pas laissé à d’autres le soin de le faire.

Servez-vous vous-même, si vous voulez être bien servi, est un excellent adage;

Donc, je prends soin de mes bras, comme vous de vos stylos et votre écritoire.

Puis, aussi, il y a mes soldats, ma grande armée invincible,

Douze hommes, tous équipés, chacun ayant son endroit de repos et son fusil à mèche, et les

Dix-huit shillings par mois, avec un régime alimentaire et en plus du pillage,

Et, comme César, je sais le nom de chacun de mes soldats! « 

Ce qu’il dit avec un sourire dansait dans ses yeux, comme les rayons du soleil

Dansent sur les vagues de la mer, et disparaissent à nouveau l’instant d’après.

Alden s’est mis à rire comme il écrivait, et encore le capitaine a continué:

«Regardez! Vous pouvez le voir de cette fenêtre mon obusier d’airain planté

En haut sur le toit de l’église, un prédicateur qui parle à propos,

Ferme, droit devant, et puissant, avec une logique irrésistible,

Orthodoxe, convaincantes étincelles allant droit au cœur des païens.

Maintenant, je pense que nous sommes prêts, contre toute agression de la part des Indiens;

Qu’ils viennent, s’ils le veulent, et le plus tôt s’ils essaient, mieux cela vaudra, –

Qu’ils viennent, s’ils le veulent, que ce soit Sagamore, sachem, ou pow-wow,

Aspinet, Samoset, Corbitant, Squanto, ou Tokamahamon! « 

Il se tenait le long de la fenêtre, et regardait avec mélancolie sur le paysage,

Délavé par un brouillard gris et froid, le souffle vaporeux du vent de l’Est,

La forêt et la prairie et de les collines, et la masse bleu acier de l’océan,

Allongé dans l’ombre silencieux et triste, un après-midi ensoleillé.

Sur son visage passa une ombre comme celle passant sur le paysage,

Obscurité mêlée à la lumière, et sa voix était trahie par l’émotion,

La tendresse, la pitié, le regret, comme après une pause, il continua:

« Là-bas, là-bas, sur la colline près de la mer, Rose Standish est enterrée;

Belle rose de l’amour, qui a fleuri pour moi au bord du chemin!

Elle fut la première à mourir de tous ceux qui venaient dans le Mayflower!

Le champ de blé, que nous avons semé, est verdoyant grâce à sa culture,

Mieux vaut cacher les tombes de nos gens, aux éclaireurs indiens

De peur qu’ils ne les comptent et voient combien ont déjà péri! « 

Malheureusement son visage se détourna, et se dirigea de haut en bas, et comme s’il réfléchissait.

Il y avait de fixée sur le mur d’en face une étagère de livres, et parmi eux

Trois dominaient et se distinguaient aussi bien par leur apparence que par la reliure;

Guide d’artillerie Bariffe, et les Commentaires de César,

Sur traduit du latin par Arthur Goldinge de Londres,

Et, comme s’il était gardé par ceux-ci, entre les deux se tenait la Bible.

Rêvant un moment devant ceux-ci, Miles Standish fit une pause, comme s’il était indécis à savoir

Lequel des trois, il devrait choisir pour sa consolation et son confort,

Que cela soit les guerres des Hébreux, les campagnes célèbres des Romains,

Ou la pratique d’artillerie, conçue pour les chrétiens belligérants.

Enfin il prit de son étagère et traîna le lourd volume romain,

S’assit à la fenêtre, et ouvrit le livre, et en silence

Il tourna les feuilles bien usées du dessus, où l’épaisseur de ses pouces se démarquait sur les bords de la marge,

Comme si le piétinement de ses pieds proclamait qu’il était au plus chaud de la bataille.

On n’entendait rien dans la chambre, à part la plume de l’adolescent qui se hâtait d’écrire,

Écrivant activement d’importantes épîtres, pour aller avec le Mayflower,

Prêt à naviguer pour le lendemain, ou le jour d’après au plus tard, si Dieu le veut!

Avec les nouvelles domestiques reliées à tout ce que l’hiver a de terrible,

Des lettres écrites par Alden, et pleines du nom de Priscilla,

Remplies du nom et de la renommée de la jeune puritaine Priscilla!

Voir enfin:

THE COURTSHIP OF MILES STANDISH

Henry Wadsworth Longfellow

1858

I MILES STANDISH

In the Old Colony days, in Plymouth the land of the Pilgrims,

To and fro in a room of his simple and primitive dwelling,

Clad in doublet and hose, and boots of Cordovan leather,

Strode, with a martial air, Miles Standish the Puritan Captain.

Buried in thought he seemed, with his hands behind him, and pausing

Ever and anon to behold his glittering weapons of warfare,

Hanging in shining array along the walls of the chamber,—

Cutlass and corselet of steel, and his trusty sword of Damascus,

Curved at the point and inscribed with its mystical Arabic sentence,

While underneath, in a corner, were fowling-piece, musket, and matchlock.

Short of stature he was, but strongly built and athletic,

Broad in the shoulders, deep-chested, with muscles and sinews of iron;

Brown as a nut was his face, but his russet beard was already

Flaked with patches of snow, as hedges sometimes in November.

Near him was seated John Alden, his friend, and household companion,

Writing with diligent speed at a table of pine by the window;

Fair-haired, azure-eyed, with delicate Saxon complexion,

Having the dew of his youth, and the beauty thereof, as the captives

Whom Saint Gregory saw, and exclaimed, « Not Angles, but Angels. »

Youngest of all was he of the men who came in the Mayflower.

Suddenly breaking the silence, the diligent scribe interrupting,

Spake, in the pride of his heart, Miles Standish the Captain of Plymouth.

« Look at these arms, » he said, « the warlike weapons that hang here

Burnished and bright and clean, as if for parade or inspection!

This is the sword of Damascus I fought with in Flanders; this breastplate,

Well I remember the day! once saved my life in a skirmish;

Here in front you can see the very dint of the bullet

Fired point-blank at my heart by a Spanish arcabucero.

Had it not been of sheer steel, the forgotten bones of Miles Standish

Would at this moment be mould, in their grave in the Flemish morasses. »

Thereupon answered John Alden, but looked not up from his writing:

« Truly the breath of the Lord hath slackened the speed of the bullet;

He in his mercy preserved you, to be our shield and our weapon! »

Still the Captain continued, unheeding the words of the stripling:

« See, how bright they are burnished, as if in an arsenal hanging;

That is because I have done it myself, and not left it to others.

Serve yourself, would you be well served, is an excellent adage;

So I take care of my arms, as you of your pens and your inkhorn.

Then, too, there are my soldiers, my great, invincible army,

Twelve men, all equipped, having each his rest and his matchlock,

Eighteen shillings a month, together with diet and pillage,

And, like Caesar, I know the name of each of my soldiers! »

This he said with a smile, that danced in his eyes, as the sunbeams

Dance on the waves of the sea, and vanish again in a moment.

Alden laughed as he wrote, and still the Captain continued:

« Look! you can see from this window my brazen howitzer planted

High on the roof of the church, a preacher who speaks to the purpose,

Steady, straight-forward, and strong, with irresistible logic,

Orthodox, flashing conviction right into the hearts of the heathen.

Now we are ready, I think, for any assault of the Indians;

Let them come, if they like, and the sooner they try it the better,—

Let them come if they like, be it sagamore, sachem, or pow-wow,

Aspinet, Samoset, Corbitant, Squanto, or Tokamahamon! »

Long at the window he stood, and wistfully gazed on the landscape,

Washed with a cold gray mist, the vapory breath of the east-wind,

Forest and meadow and hill, and the steel-blue rim of the ocean,

Lying silent and sad, in the afternoon shadows and sunshine.

Over his countenance flitted a shadow like those on the landscape,

Gloom intermingled with light; and his voice was subdued with emotion,

Tenderness, pity, regret, as after a pause he proceeded:

« Yonder there, on the hill by the sea, lies buried Rose Standish;

Beautiful rose of love, that bloomed for me by the wayside!

She was the first to die of all who came in the Mayflower!

Green above her is growing the field of wheat we have sown there,

Better to hide from the Indian scouts the graves of our people,

Lest they should count them and see how many already have perished! »

Sadly his face he averted, and strode up and down, and was thoughtful.

Fixed to the opposite wall was a shelf of books, and among them

Prominent three, distinguished alike for bulk and for binding;

Bariffe’s Artillery Guide, and the Commentaries of Caesar,

Out of the Latin translated by Arthur Goldinge of London,

And, as if guarded by these, between them was standing the Bible.

Musing a moment before them, Miles Standish paused, as if doubtful

Which of the three he should choose for his consolation and comfort,

Whether the wars of the Hebrews, the famous campaigns of the Romans,

Or the Artillery practice, designed for belligerent Christians.

Finally down from its shelf he dragged the ponderous Roman,

Seated himself at the window, and opened the book, and in silence

Turned o’er the well-worn leaves, where thumb-marks thick on the margin,

Like the trample of feet, proclaimed the battle was hottest.

Nothing was heard in the room but the hurrying pen of the stripling,

Busily writing epistles important, to go by the Mayflower,

Ready to sail on the morrow, or next day at latest, God willing!

Homeward bound with the tidings of all that terrible winter,

Letters written by Alden, and full of the name of Priscilla,

Full of the name and the fame of the Puritan maiden Priscilla!

II

LOVE AND FRIENDSHIP

Nothing was heard in the room but the hurrying pen of the stripling,

Or an occasional sigh from the laboring heart of the Captain,

Reading the marvellous words and achievements of Julius Caesar.

After a while he exclaimed, as he smote with his hand, palm downwards,

Heavily on the page: « A wonderful man was this Caesar!

You are a writer, and I am a fighter, but here is a fellow

Who could both write and fight, and in both was equally skilful! »

Straightway answered and spake John Alden, the comely, the youthful:

« Yes, he was equally skilled, as you say, with his pen and his weapons.

Somewhere have I read, but where I forget, he could dictate

Seven letters at once, at the same time writing his memoirs. »

« Truly, » continued the Captain, not heeding or hearing the other,

« Truly a wonderful man was Caius Julius Caesar!

Better be first, he said, in a little Iberian village,

Than be second in Rome, and I think he was right when he said it.

Twice was he married before he was twenty, and many times after;

Battles five hundred he fought, and a thousand cities he conquered;

He, too, fought in Flanders, as he himself has recorded;

Finally he was stabbed by his friend, the orator Brutus!

Now, do you know what he did on a certain occasion in Flanders,

When the rear-guard of his army retreated, the front giving way too,

And the immortal Twelfth Legion was crowded so closely together

There was no room for their swords? Why, he seized a shield from a soldier,

Put himself straight at the head of his troops, and commanded the captains,

Calling on each by his name, to order forward the ensigns;

Then to widen the ranks, and give more room for their weapons;

So he won the day, the battle of something-or-other.

That’s what I always say; if you wish a thing to be well done,

You must do it yourself, you must not leave it to others! »

All was silent again; the Captain continued his reading.

Nothing was heard in the room but the hurrying pen of the stripling

Writing epistles important to go next day by the Mayflower,

Filled with the name and the fame of the Puritan maiden Priscilla;

Every sentence began or closed with the name of Priscilla,

Till the treacherous pen, to which he confided the secret,

Strove to betray it by singing and shouting the name of Priscilla!

Finally closing his book, with a bang of the ponderous cover,

Sudden and loud as the sound of a soldier grounding his musket,

Thus to the young man spake Miles Standish the Captain of Plymouth:

« When you have finished your work, I have something important to tell you.

Be not however in haste; I can wait; I shall not be impatient! »

Straightway Alden replied, as he folded the last of his letters,

Pushing his papers aside, and giving respectful attention:

« Speak; for whenever you speak, I am always ready to listen,

Always ready to hear whatever pertains to Miles Standish. »

Thereupon answered the Captain, embarrassed, and culling his phrases:

« ‘T is not good for a man to be alone, say the Scriptures.

This I have said before, and again and again I repeat it;

Every hour in the day, I think it, and feel it, and say it.

Since Rose Standish died, my life has been weary and dreary;

Sick at heart have I been, beyond the healing of friendship.

Oft in my lonely hours have I thought of the maiden Priscilla.

She is alone in the world; her father and mother and brother

Died in the winter together; I saw her going and coming,

Now to the grave of the dead, and now to the bed of the dying,

Patient, courageous, and strong, and said to myself, that if ever

There were angels on earth, as there are angels in heaven,

Two have I seen and known; and the angel whose name is Priscilla

Holds in my desolate life the place which the other abandoned.

Long have I cherished the thought, but never have dared to reveal it,

Being a coward in this, though valiant enough for the most part.

Go to the damsel Priscilla, the loveliest maiden of Plymouth,

Say that a blunt old Captain, a man not of words but of actions,

Offers his hand and his heart, the hand and heart of a soldier.

Not in these words, you know, but this in short is my meaning;

I am a maker of war, and not a maker of phrases.

You, who are bred as a scholar, can say it in elegant language,

Such as you read in your books of the pleadings and wooings of lovers,

Such as you think best adapted to win the heart of a maiden. »

When he had spoken, John Alden, the fair-haired, taciturn stripling,

All aghast at his words, surprised, embarrassed, bewildered,

Trying to mask his dismay by treating the subject with lightness,

Trying to smile, and yet feeling his heart stand still in his bosom,

Just as a timepiece stops in a house that is stricken by lightning,

Thus made answer and spake, or rather stammered than answered:

« Such a message as that, I am sure I should mangle and mar it;

If you would have it well done,—I am only repeating your maxim,—

You must do it yourself, you must not leave it to others! »

But with the air of a man whom nothing can turn from his purpose,

Gravely shaking his head, made answer the Captain of Plymouth:

« Truly the maxim is good, and I do not mean to gainsay it;

But we must use it discreetly, and not waste powder for nothing.

Now, as I said before, I was never a maker of phrases.

I can march up to a fortress and summon the place to surrender,

But march up to a woman with such a proposal, I dare not.

I’m not afraid of bullets, nor shot from the mouth of a cannon,

But of a thundering « No! » point-blank from the mouth of a woman,

That I confess I’m afraid of, nor am I ashamed to confess it!

So you must grant my request, for you are an elegant scholar,

Having the graces of speech, and skill in the turning of phrases. »

Taking the hand of his friend, who still was reluctant and doubtful,

Holding it long in his own, and pressing it kindly, he added:

« Though I have spoken thus lightly, yet deep is the feeling that prompts me;

Surely you cannot refuse what I ask in the name of our friendship! »

Then made answer John Alden: « The name of friendship is sacred;

What you demand in that name, I have not the power to deny you! »

So the strong will prevailed, subduing and moulding the gentler,

Friendship prevailed over love, and Alden went on his errand.

III

THE LOVER’S ERRAND

So the strong will prevailed, and Alden went on his errand,

Out of the street of the village, and into the paths of the forest,

Into the tranquil woods, where blue-birds and robins were building

Towns in the populous trees, with hanging gardens of verdure,

Peaceful, aerial cities of joy and affection and freedom.

All around him was calm, but within him commotion and conflict,

Love contending with friendship, and self with each generous impulse.

To and fro in his breast his thoughts were heaving and dashing,

As in a foundering ship, with every roll of the vessel,

Washes the bitter sea, the merciless surge of the ocean!

« Must I relinquish it all, » he cried with a wild lamentation,

« Must I relinquish it all, the joy, the hope, the illusion?

Was it for this I have loved, and waited, and worshipped in silence?

Was it for this I have followed the flying feet and the shadow

Over the wintry sea, to the desolate shores of New England?

Truly the heart is deceitful, and out of its depths of corruption

Rise, like an exhalation, the misty phantoms of passion;

Angels of light they seem, but are only delusions of Satan.

All is clear to me now; I feel it, I see it distinctly!

This is the hand of the Lord; it is laid upon me in anger,

For I have followed too much the heart’s desires and devices,

Worshipping Astaroth blindly, and impious idols of Baal.

This is the cross I must bear; the sin and the swift retribution. »

So through the Plymouth woods John Alden went on his errand;

Crossing the brook at the ford, where it brawled over pebble and shallow,

Gathering still, as he went, the May-flowers blooming around him,

Fragrant, filling the air with a strange and wonderful sweetness,

Children lost in the woods, and covered with leaves in their slumber.

« Puritan flowers, » he said, « and the type of Puritan maidens,

Modest and simple and sweet, the very type of Priscilla!

So I will take them to her; to Priscilla the May-flower of Plymouth,

Modest and simple and sweet, as a parting gift will I take them;

Breathing their silent farewells, as they fade and wither and perish,

Soon to be thrown away as is the heart of the giver. »

So through the Plymouth woods John Alden went on his errand;

Came to an open space, and saw the disk of the ocean,

Sailless, sombre and cold with the comfortless breath of the east-wind;

Saw the new-built house and people at work in a meadow;

Heard, as he drew near the door, the musical voice of Priscilla

Singing the hundredth Psalm, the grand old Puritan anthem,

Music that Luther sang to the sacred words of the Psalmist,

Full of the breath of the Lord, consoling and comforting many.

Then, as he opened the door, he beheld the form of the maiden

Seated beside her wheel, and the carded wool like a snow-drift

Piled at her knee, her white hands feeding the ravenous spindle,

While with her foot on the treadle she guided the wheel in its motion.

Open wide on her lap lay the well-worn psalm-book of Ainsworth,

Printed in Amsterdam, the words and the music together,

Rough-hewn, angular notes, like stones in the wall of a churchyard,

Darkened and overhung by the running vine of the verses.

Such was the book from whose pages she sang the old Puritan anthem,

She, the Puritan girl, in the solitude of the forest,

Making the humble house and the modest apparel of home-spun

Beautiful with her beauty, and rich with the wealth of her being!

Over him rushed, like a wind that is keen and cold and relentless,

Thoughts of what might have been, and the weight and woe of his errand;

All the dreams that had faded, and all the hopes that had vanished,

All his life henceforth a dreary and tenantless mansion,

Haunted by vain regrets, and pallid, sorrowful faces.

Still he said to himself, and almost fiercely he said it,

« Let not him that putteth his hand to the plough look backwards;

Though the ploughshare cut through the flowers of life to its fountains,

Though it pass o’er the graves of the dead and the hearths of the living,

It is the will of the Lord; and his mercy endureth for ever! »

So he entered the house: and the hum of the wheel and the singing

Suddenly ceased; for Priscilla, aroused by his step on the threshold,

Rose as he entered, and gave him her hand, in signal of welcome,

Saying, « I knew it was you, when I heard your step in the passage;

For I was thinking of you, as I sat there singing and spinning. »

Awkward and dumb with delight, that a thought of him had been mingled

Thus in the sacred psalm, that came from the heart of the maiden,

Silent before her he stood, and gave her the flowers for an answer,

Finding no words for his thought. He remembered that day in the winter,

After the first great snow, when he broke a path from the village,

Reeling and plunging along through the drifts that encumbered the doorway,

Stamping the snow from his feet as he entered the house, and Priscilla

Laughed at his snowy locks, and gave him a seat by the fireside,

Grateful and pleased to know he had thought of her in the snow-storm.

Had he but spoken then! perhaps not in vain had he spoken;

Now it was all too late; the golden moment had vanished!

So he stood there abashed, and gave her the flowers for an answer.

Then they sat down and talked of the birds and the beautiful Spring-time,

Talked of their friends at home, and the Mayflower that sailed on the morrow.

« I have been thinking all day, » said gently the Puritan maiden,

« Dreaming all night, and thinking all day, of the hedge-rows of England,—

They are in blossom now, and the country is all like a garden;

Thinking of lanes and fields, and the song of the lark and the linnet,

Seeing the village street, and familiar faces of neighbors

Going about as of old, and stopping to gossip together,

And, at the end of the street, the village church, with the ivy

Climbing the old gray tower, and the quiet graves in the churchyard.

Kind are the people I live with, and dear to me my religion;

Still my heart is so sad, that I wish myself back in Old England.

You will say it is wrong, but I cannot help it: I almost

Wish myself back in Old England, I feel so lonely and wretched. »

Thereupon answered the youth:— »Indeed I do not condemn you;

Stouter hearts than a woman’s have quailed in this terrible winter.

Yours is tender and trusting, and needs a stronger to lean on;

So I have come to you now, with an offer and proffer of marriage

Made by a good man and true, Miles Standish the Captain of Plymouth! »

Thus he delivered his message, the dexterous writer of letters,—

Did not embellish the theme, nor array it in beautiful phrases,

But came straight to the point, and blurted it out like a schoolboy;

Even the Captain himself could hardly have said it more bluntly.

Mute with amazement and sorrow, Priscilla the Puritan maiden

Looked into Alden’s face, her eyes dilated with wonder,

Feeling his words like a blow, that stunned her and rendered her speechless;

Till at length she exclaimed, interrupting the ominous silence:

« If the great Captain of Plymouth is so very eager to wed me,

Why does he not come himself, and take the trouble to woo me?

If I am not worth the wooing, I surely am not worth the winning! »

Then John Alden began explaining and smoothing the matter,

Making it worse as he went, by saying the Captain was busy,—

Had no time for such things;—such things! the words grating harshly

Fell on the ear of Priscilla; and swift as a flash she made answer:

« Has he no time for such things, as you call it, before he is married,

Would he be likely to find it, or make it, after the wedding?

That is the way with you men; you don’t understand us, you cannot.

When you have made up your minds, after thinking of this one and that one,

Choosing, selecting, rejecting, comparing one with another,

Then you make known your desire, with abrupt and sudden avowal,

And are offended and hurt, and indignant perhaps, that a woman

Does not respond at once to a love that she never suspected,

Does not attain at a bound the height to which you have been climbing.

This is not right nor just: for surely a woman’s affection

Is not a thing to be asked for, and had for only the asking.

When one is truly in love, one not only says it, but shows it.

Had he but waited awhile, had he only showed that he loved me,

Even this Captain of yours—who knows?—at last might have won me,

Old and rough as he is; but now it never can happen. »

Still John Alden went on, unheeding the words of Priscilla,

Urging the suit of his friend, explaining, persuading, expanding;

Spoke of his courage and skill, and of all his battles in Flanders,

How with the people of God he had chosen to suffer affliction,

How, in return for his zeal, they had made him Captain of Plymouth;

He was a gentleman born, could trace his pedigree plainly

Back to Hugh Standish of Duxbury Hall, in Lancashire, England,

Who was the son of Ralph, and the grandson of Thurston de Standish;

Heir unto vast estates, of which he was basely defrauded,

Still bore the family arms, and had for his crest a cock argent

Combed and wattled gules, and all the rest of the blazon.

He was a man of honor, of noble and generous nature;

Though he was rough, he was kindly; she knew how during the winter

He had attended the sick, with a hand as gentle as woman’s;

Somewhat hasty and hot, he could not deny it, and headstrong,

Stern as a soldier might be, but hearty, and placable always,

Not to be laughed at and scorned, because he was little of stature;

For he was great of heart, magnanimous, courtly, courageous;

Any woman in Plymouth, nay, any woman in England,

Might be happy and proud to be called the wife of Miles Standish!

But as he warmed and glowed, in his simple and eloquent language,

Quite forgetful of self, and full of the praise of his rival,

Archly the maiden smiled, and, with eyes over-running with laughter,

Said, in a tremulous voice, « Why don’t you speak for yourself, John? »

IV

JOHN ALDEN

Into the open air John Alden, perplexed and bewildered,

Rushed like a man insane, and wandered alone by the sea-side;

Paced up and down the sands, and bared his head to the east-wind,

Cooling his heated brow, and the fire and fever within him.

Slowly as out of the heavens, with apocalyptical splendors,

Sank the City of God, in the vision of John the Apostle,

So, with its cloudy walls of chrysolite, jasper, and sapphire,

Sank the broad red sun, and over its turrets uplifted

Glimmered the golden reed of the angel who measured the city.

« Welcome, O wind of the East! » he exclaimed in his wild exultation,

« Welcome, O wind of the East, from the caves of the misty Atlantic!

Blowing o’er fields of dulse, and measureless meadows of sea-grass,

Blowing o’er rocky wastes, and the grottos and gardens of ocean!

Lay thy cold, moist hand on my burning forehead, and wrap me

Close in thy garments of mist, to allay the fever within me! »

Like an awakened conscience, the sea was moaning and tossing,

Beating remorseful and loud the mutable sands of the sea-shore.

Fierce in his soul was the struggle and tumult of passions contending;

Love triumphant and crowned, and friendship wounded and bleeding,

Passionate cries of desire, and importunate pleadings of duty!

« Is it my fault, » he said, « that the maiden has chosen between us?

Is it my fault that he failed,—my fault that I am the victor? »

Then within him there thundered a voice, like the voice of the Prophet:

« It hath displeased the Lord! »—and he thought of David’s transgression,

Bathsheba’s beautiful face, and his friend in the front of the battle!

Shame and confusion of guilt, and abasement and self-condemnation,

Overwhelmed him at once; and he cried in the deepest contrition:

« It hath displeased the Lord! It is the temptation of Satan! »

Then, uplifting his head, he looked at the sea, and beheld there

Dimly the shadowy form of the Mayflower riding at anchor,

Rocked on the rising tide, and ready to sail on the morrow;

Heard the voices of men through the mist, the rattle of cordage

Thrown on the deck, the shouts of the mate, and the sailors’ « Ay, ay, Sir! »

Clear and distinct, but not loud, in the dripping air of the twilight.

Still for a moment he stood, and listened, and stared at the vessel,

Then went hurriedly on, as one who, seeing a phantom,

Stops, then quickens his pace, and follows the beckoning shadow.

« Yes, it is plain to me now, » he murmured; « the hand of the Lord is

Leading me out of the land of darkness, the bondage of error,

Through the sea, that shall lift the walls of its waters around me,

Hiding me, cutting me off, from the cruel thoughts that pursue me.

Back will I go o’er the ocean, this dreary land will abandon,

Her whom I may not love, and him whom my heart has offended.

Better to be in my grave in the green old churchyard in England,

Close by my mother’s side, and among the dust of my kindred;

Better be dead and forgotten, than living in shame and dishonor!

Sacred and safe and unseen, in the dark of the narrow chamber

With me my secret shall lie, like a buried jewel that glimmers

Bright on the hand that is dust, in the chambers of silence and darkness,—

Yes, as the marriage ring of the great espousal hereafter! »

Thus as he spake, he turned, in the strength of his strong resolution,

Leaving behind him the shore, and hurried along in the twilight,

Through the congenial gloom of the forest silent and sombre,

Till he beheld the lights in the seven houses of Plymouth,

Shining like seven stars in the dusk and mist of the evening.

Soon he entered his door, and found the redoubtable Captain

Sitting alone, and absorbed in the martial pages of Caesar,

Fighting some great campaign in Hainault or Brabant or Flanders.

« Long have you been on your errand, » he said with a cheery demeanor,

Even as one who is waiting an answer, and fears not the issue.

« Not far off is the house, although the woods are between us;

But you have lingered so long, that while you were going and coming

I have fought ten battles and sacked and demolished a city.

Come, sit down, and in order relate to me all that has happened. »

Then John Alden spake, and related the wondrous adventure,

From beginning to end, minutely, just as it happened;

How he had seen Priscilla, and how he had sped in his courtship,

Only smoothing a little, and softening down her refusal.

But when he came at length to the words Priscilla had spoken,

Words so tender and cruel: « Why don’t you speak for yourself, John? »

Up leaped the Captain of Plymouth, and stamped on the floor, till his armor

Clanged on the wall, where it hung, with a sound of sinister omen.

All his pent-up wrath burst forth in a sudden explosion,

Even as a hand-grenade, that scatters destruction around it.

Wildly he shouted, and loud: « John Alden! you have betrayed me!

Me, Miles Standish, your friend! have supplanted, defrauded, betrayed me!

One of my ancestors ran his sword through the heart of Wat Tyler;

Who shall prevent me from running my own through the heart of a traitor?

Yours is the greater treason, for yours is a treason to friendship!

You, who lived under my roof, whom I cherished and loved as a brother;

You, who have fed at my board, and drunk at my cup, to whose keeping

I have intrusted my honor, my thoughts the most sacred and secret,—

You too, Brutus! ah woe to the name of friendship hereafter!

Brutus was Caesar’s friend, and you were mine, but henceforward

Let there be nothing between us save war, and implacable hatred! »

So spake the Captain of Plymouth, and strode about in the chamber,

Chafing and choking with rage; like cords were the veins on his temples.

But in the midst of his anger a man appeared at the doorway,

Bringing in uttermost haste a message of urgent importance,

Rumors of danger and war and hostile incursions of Indians!

Straightway the Captain paused, and, without further question or parley,

Took from the nail on the wall his sword with its scabbard of iron,

Buckled the belt round his waist, and, frowning fiercely, departed.

Alden was left alone. He heard the clank of the scabbard

Growing fainter and fainter, and dying away in the distance.

Then he arose from his seat, and looked forth into the darkness,

Felt the cool air blow on his cheek, that was hot with the insult,

Lifted his eyes to the heavens, and, folding his hands as in childhood,

Prayed in the silence of night to the Father who seeth in secret.

Meanwhile the choleric Captain strode wrathful away to the council,

Found it already assembled, impatiently waiting his coming;

Men in the middle of life, austere and grave in deportment,

Only one of them old, the hill that was nearest to heaven,

Covered with snow, but erect, the excellent Elder of Plymouth.

God had sifted three kingdoms to find the wheat for this planting,

Then had sifted the wheat, as the living seed of a nation;

So say the chronicles old, and such is the faith of the people!

Near them was standing an Indian, in attitude stern and defiant,

Naked down to the waist, and grim and ferocious in aspect;

While on the table before them was lying unopened a Bible,

Ponderous, bound in leather, brass-studded, printed in Holland,

And beside it outstretched the skin of a rattle-snake glittered,

Filled, like a quiver, with arrows; a signal and challenge of warfare,

Brought by the Indian, and speaking with arrowy tongues of defiance.

This Miles Standish beheld, as he entered, and heard them debating

What were an answer befitting the hostile message and menace,

Talking of this and of that, contriving, suggesting, objecting;

One voice only for peace, and that the voice of the Elder,

Judging it wise and well that some at least were converted,

Rather than any were slain, for this was but Christian behavior!

Then out spake Miles Standish, the stalwart Captain of Plymouth,

Muttering deep in his throat, for his voice was husky with anger,

« What! do you mean to make war with milk and the water of roses?

Is it to shoot red squirrels you have your howitzer planted

There on the roof of the church, or is it to shoot red devils?

Truly the only tongue that is understood by a savage

Must be the tongue of fire that speaks from the mouth of the cannon! »

Thereupon answered and said the excellent Elder of Plymouth,

Somewhat amazed and alarmed at this irreverent language:

« Not so thought Saint Paul, nor yet the other Apostles;

Not from the cannon’s mouth were the tongues of fire they spake with! »

But unheeded fell this mild rebuke on the Captain,

Who had advanced to the table, and thus continued discoursing:

« Leave this matter to me, for to me by right it pertaineth.

War is a terrible trade; but in the cause that is righteous,

Sweet is the smell of powder; and thus I answer the challenge! »

Then from the rattlesnake’s skin, with a sudden, contemptuous gesture,

Jerking the Indian arrows, he filled it with powder and bullets

Full to the very jaws, and handed it back to the savage,

Saying, in thundering tones: « Here, take it! this is your answer! »

Silently out of the room then glided the glistening savage,

Bearing the serpent’s skin, and seeming himself like a serpent,

Winding his sinuous way in the dark to the depths of the forest.

V

THE SAILING OF THE MAYFLOWER

Just in the gray of the dawn, as the mists uprose from the meadows,

There was a stir and a sound in the slumbering village of Plymouth;

Clanging and clicking of arms, and the order imperative, « Forward! »

Given in tone suppressed, a tramp of feet, and then silence.

Figures ten, in the mist, marched slowly out of the village.

Standish the stalwart it was, with eight of his valorous army,

Led by their Indian guide, by Hobomok, friend of the white men,

Northward marching to quell the sudden revolt of the savage.

Giants they seemed in the mist, or the mighty men of King David;

Giants in heart they were, who believed in God and the Bible,—

Ay, who believed in the smiting of Midianites and Philistines.

Over them gleamed far off the crimson banners of morning;

Under them loud on the sands, the serried billows, advancing,

Fired along the line, and in regular order retreated.

Many a mile had they marched, when at length the village of Plymouth

Woke from its sleep, and arose, intent on its manifold labors.

Sweet was the air and soft; and slowly the smoke from the chimneys

Rose over roofs of thatch, and pointed steadily eastward;

Men came forth from the doors, and paused and talked of the weather,

Said that the wind had changed, and was blowing fair for the Mayflower;

Talked of their Captain’s departure, and all the dangers that menaced,

He being gone, the town, and what should be done in his absence.

Merrily sang the birds, and the tender voices of women

Consecrated with hymns the common cares of the household.

Out of the sea rose the sun, and the billows rejoiced at his coming;

Beautiful were his feet on the purple tops of the mountains;

Beautiful on the sails of the Mayflower riding at anchor,

Battered and blackened and worn by all the storms of the winter.

Loosely against her masts was hanging and flapping her canvas,

Rent by so many gales, and patched by the hands of the sailors.

Suddenly from her side, as the sun rose over the ocean,

Darted a puff of smoke, and floated seaward; anon rang

Loud over field and forest the cannon’s roar, and the echoes

Heard and repeated the sound, the signal-gun of departure!

Ah! but with louder echoes replied the hearts of the people!

Meekly, in voices subdued, the chapter was read from the Bible,

Meekly the prayer was begun, but ended in fervent entreaty!

Then from their houses in haste came forth the Pilgrims of Plymouth,

Men and women and children, all hurrying down to the sea-shore,

Eager, with tearful eyes, to say farewell to the Mayflower,

Homeward bound o’er the sea, and leaving them here in the desert.

Foremost among them was Alden. All night he had lain without slumber,

Turning and tossing about in the heat and unrest of his fever.

He had beheld Miles Standish, who came back late from the council,

Stalking into the room, and heard him mutter and murmur,

Sometimes it seemed a prayer, and sometimes it sounded like swearing.

Once he had come to the bed, and stood there a moment in silence;

Then he had turned away, and said: « I will not awake him;

Let him sleep on, it is best; for what is the use of more talking! »

Then he extinguished the light, and threw himself down on his pallet,

Dressed as he was, and ready to start at the break of the morning,—

Covered himself with the cloak he had worn in his campaigns in Flanders,—

Slept as a soldier sleeps in his bivouac, ready for action.

But with the dawn he arose; in the twilight Alden beheld him

Put on his corselet of steel, and all the rest of his armor,

Buckle about his waist his trusty blade of Damascus,

Take from the corner his musket, and so stride out of the chamber.

Often the heart of the youth had burned and yearned to embrace him,

Often his lips had essayed to speak, imploring for pardon;

All the old friendship came back, with its tender and grateful emotions;

But his pride overmastered the nobler nature within him,—

Pride, and the sense of his wrong, and the burning fire of the insult.

So he beheld his friend departing in anger, but spake not,

Saw him go forth to danger, perhaps to death, and he spake not!

Then he arose from his bed, and heard what the people were saying,

Joined in the talk at the door, with Stephen and Richard and Gilbert,

Joined in the morning prayer, and in the reading of Scripture,

And, with the others, in haste went hurrying down to the sea-shore,

Down to the Plymouth Rock, that had been to their feet as a door-step

Into a world unknown,—the corner-stone of a nation!

There with his boat was the Master, already a little impatient

Lest he should lose the tide, or the wind might shift to the eastward,

Square-built, hearty, and strong, with an odor of ocean about him,

Speaking with this one and that, and cramming letters and parcels

Into his pockets capacious, and messages mingled together

Into his narrow brain, till at last he was wholly bewildered.

Nearer the boat stood Alden, with one foot placed on the gunwale,

One still firm on the rock, and talking at times with the sailors,

Seated erect on the thwarts, all ready and eager for starting.

He too was eager to go, and thus put an end to his anguish,

Thinking to fly from despair, that swifter than keel is or canvas,

Thinking to drown in the sea the ghost that would rise and pursue him.

But as he gazed on the crowd, he beheld the form of Priscilla

Standing dejected among them, unconscious of all that was passing.

Fixed were her eyes upon his, as if she divined his intention,

Fixed with a look so sad, so reproachful, imploring, and patient,

That with a sudden revulsion his heart recoiled from its purpose,

As from the verge of a crag, where one step more is destruction.

Strange is the heart of man, with its quick, mysterious instincts!

Strange is the life of man, and fatal or fated are moments,

Whereupon turn, as on hinges, the gates of the wall adamantine!

« Here I remain! » he exclaimed, as he looked at the heavens above him,

Thanking the Lord whose breath had scattered the mist and the madness,

Wherein, blind and lost, to death he was staggering headlong.

« Yonder snow-white cloud, that floats in the ether above me,

Seems like a hand that is pointing and beckoning over the ocean.

There is another hand, that is not so spectral and ghost-like,

Holding me, drawing me back, and clasping mine for protection.

Float, O hand of cloud, and vanish away in the ether!

Roll thyself up like a fist, to threaten and daunt me; I heed not

Either your warning or menace, or any omen of evil!

There is no land so sacred, no air so pure and so wholesome,

As is the air she breathes, and the soil that is pressed by her footsteps.

Here for her sake will I stay, and like an invisible presence

Hover around her for ever, protecting, supporting her weakness;

Yes! as my foot was the first that stepped on this rock at the landing,

So, with the blessing of God, shall it be the last at the leaving! »

Meanwhile the Master alert, but with dignified air and important,

Scanning with watchful eye the tide and the wind and the weather,

Walked about on the sands; and the people crowded around him

Saying a few last words, and enforcing his careful remembrance.

Then, taking each by the hand, as if he were grasping a tiller,

Into the boat he sprang, and in haste shoved off to his vessel,

Glad in his heart to get rid of all this worry and flurry,

Glad to be gone from a land of sand and sickness and sorrow,

Short allowance of victual, and plenty of nothing but Gospel!

Lost in the sound of the oars was the last farewell of the Pilgrims.

O strong hearts and true! not one went back in the Mayflower!

No, not one looked back, who had set his hand to this ploughing!

Soon were heard on board the shouts and songs of the sailors

Heaving the windlass round, and hoisting the ponderous anchor.

Then the yards were braced, and all sails set to the west-wind,

Blowing steady and strong; and the Mayflower sailed from the harbor,

Rounded the point of the Gurnet, and leaving far to the southward

Island and cape of sand, and the Field of the First Encounter,

Took the wind on her quarter, and stood for the open Atlantic,

Borne on the send of the sea, and the swelling hearts of the Pilgrims.

Long in silence they watched the receding sail of the vessel,

Much endeared to them all, as something living and human;

Then, as if filled with the spirit, and wrapt in a vision prophetic,

Baring his hoary head, the excellent Elder of Plymouth

Said, « Let us pray! » and they prayed, and thanked the Lord and took courage.

Mournfully sobbed the waves at the base of the rock, and above them

Bowed and whispered the wheat on the hill of death, and their kindred

Seemed to awake in their graves, and to join in the prayer that they uttered.

Sun-illumined and white, on the eastern verge of the ocean

Gleamed the departing sail, like a marble slab in a graveyard;

Buried beneath it lay for ever all hope of escaping.

Lo! as they turned to depart, they saw the form of an Indian,

Watching them from the hill; but while they spake with each other,

Pointing with outstretched hands, and saying, « Look! » he had vanished.

So they returned to their homes; but Alden lingered a little,

Musing alone on the shore, and watching the wash of the billows

Round the base of the rock, and the sparkle and flash of the sunshine,

Like the spirit of God, moving visibly over the waters.

VI

PRISCILLA

Thus for a while he stood, and mused by the shore of the ocean,

Thinking of many things, and most of all of Priscilla;

And as if thought had the power to draw to itself, like the loadstone,

Whatsoever it touches, by subtile laws of its nature,

Lo! as he turned to depart, Priscilla was standing beside him.

« Are you so much offended, you will not speak to me? » said she.

« Am I so much to blame, that yesterday, when you were pleading

Warmly the cause of another, my heart, impulsive and wayward,

Pleaded your own, and spake out, forgetful perhaps of decorum?

Certainly you can forgive me for speaking so frankly, for saying

What I ought not to have said, yet now I can never unsay it;

For there are moments in life, when the heart is so full of emotion,

That if by chance it be shaken, or into its depths like a pebble

Drops some careless word, it overflows, and its secret,

Spilt on the ground like water, can never be gathered together.

Yesterday I was shocked, when I heard you speak of Miles Standish,

Praising his virtues, transforming his very defects into virtues,

Praising his courage and strength, and even his fighting in Flanders,

As if by fighting alone you could win the heart of a woman,

Quite overlooking yourself and the rest, in exalting your hero.

Therefore I spake as I did, by an irresistible impulse.

You will forgive me, I hope, for the sake of the friendship between us,

Which is too true and too sacred to be so easily broken! »

Thereupon answered John Alden, the scholar, the friend of Miles Standish:

« I was not angry with you, with myself alone I was angry,

Seeing how badly I managed the matter I had in my keeping. »

« No! » interrupted the maiden, with answer prompt and decisive;

« No; you were angry with me, for speaking so frankly and freely.

It was wrong, I acknowledge; for it is the fate of a woman

Long to be patient and silent, to wait like a ghost that is speechless,

Till some questioning voice dissolves the spell of its silence.

Hence is the inner life of so many suffering women

Sunless and silent and deep, like subterranean rivers

Running through caverns of darkness, unheard, unseen, and unfruitful,

Chafing their channels of stone, with endless and profitless murmurs. »

Thereupon answered John Alden, the young man, the lover of women:

« Heaven forbid it, Priscilla; and truly they seem to me always

More like the beautiful rivers that watered the garden of Eden,

More like the river Euphrates, through deserts of Havilah flowing,

Filling the land with delight, and memories sweet of the garden! »

« Ah, by these words, I can see, » again interrupted the maiden,

« How very little you prize me, or care for what I am saying.

When from the depths of my heart, in pain and with secret misgiving,

Frankly I speak to you, asking for sympathy only and kindness,

Straightway you take up my words, that are plain and direct and in earnest,

Turn them away from their meaning, and answer with flattering phrases.

This is not right, is not just, is not true to the best that is in you;

For I know and esteem you, and feel that your nature is noble,

Lifting mine up to a higher, a more ethereal level.

Therefore I value your friendship, and feel it perhaps the more keenly

If you say aught that implies I am only as one among many,

If you make use of those common and complimentary phrases

Most men think so fine, in dealing and speaking with women,

But which women reject as insipid, if not as insulting. »

Mute and amazed was Alden; and listened and looked at Priscilla,

Thinking he never had seen her more fair, more divine in her beauty.

He who but yesterday pleaded so glibly the cause of another,

Stood there embarrassed and silent, and seeking in vain for an answer.

So the maiden went on, and little divined or imagined

What was at work in his heart, that made him so awkward and speechless.

« Let us, then, be what we are, and speak what we think, and in all things

Keep ourselves loyal to truth, and the sacred professions of friendship.

It is no secret I tell you, nor am I ashamed to declare it:

I have liked to be with you, to see you, to speak with you always.

So I was hurt at your words, and a little affronted to hear you

Urge me to marry your friend, though he were the Captain Miles Standish.

For I must tell you the truth: much more to me is your friendship

Than all the love he could give, were he twice the hero you think him. »

Then she extended her hand, and Alden, who eagerly grasped it,

Felt all the wounds in his heart, that were aching and bleeding so sorely,

Healed by the touch of that hand, and he said, with a voice full of feeling:

« Yes, we must ever be friends; and of all who offer you friendship

Let me be ever the first, the truest, the nearest and dearest! »

Casting a farewell look at the glimmering sail of the Mayflower,

Distant, but still in sight, and sinking below the horizon,

Homeward together they walked, with a strange, indefinite feeling,

That all the rest had departed and left them alone in the desert.

But, as they went through the fields in the blessing and smile of the sunshine,

Lighter grew their hearts, and Priscilla said very archly:

« Now that our terrible Captain has gone in pursuit of the Indians,

Where he is happier far than he would be commanding a household,

You may speak boldly, and tell me of all that happened between you,

When you returned last night, and said how ungrateful you found me. »

Thereupon answered John Alden, and told her the whole of the story,—

Told her his own despair, and the direful wrath of Miles Standish.

Whereat the maiden smiled, and said between laughing and earnest,

« He is a little chimney, and heated hot in a moment! »

But as he gently rebuked her, and told her how much he had suffered,—

How he had even determined to sail that day in the Mayflower,

And had remained for her sake, on hearing the dangers that threatened,—

All her manner was changed, and she said with a faltering accent,

« Truly I thank you for this: how good you have been to me always! »

Thus, as a pilgrim devout, who toward Jerusalem journeys,

Taking three steps in advance, and one reluctantly backward,

Urged by importunate zeal, and withheld by pangs of contrition;

Slowly but steadily onward, receding yet ever advancing,

Journeyed this Puritan youth to the Holy Land of his longings,

Urged by the fervor of love, and withheld by remorseful misgivings.

VII

THE MARCH OF MILES STANDISH

Meanwhile the stalwart Miles Standish was marching steadily northward,

Winding through forest and swamp, and along the trend of the sea-shore,

All day long, with hardly a halt, the fire of his anger

Burning and crackling within, and the sulphurous odor of powder

Seeming more sweet to his nostrils than all the scents of the forest.

Silent and moody he went, and much he revolved his discomfort;

He who was used to success, and to easy victories always,

Thus to be flouted, rejected, and laughed to scorn by a maiden,

Thus to be mocked and betrayed by the friend whom most he had trusted!

Ah! ‘t was too much to be borne, and he fretted and chafed in his armor!

« I alone am to blame, » he muttered, « for mine was the folly.

What has a rough old soldier, grown grim and gray in the harness,

Used to the camp and its ways, to do with the wooing of maidens?

‘T was but a dream,—let it pass,—let it vanish like so many others!

What I thought was a flower, is only a weed, and is worthless;

Out of my heart will I pluck it, and throw it away, and henceforward

Be but a fighter of battles, a lover and wooer of dangers! »

Thus he revolved in his mind his sorry defeat and discomfort,

While he was marching by day or lying at night in the forest,

Looking up at the trees, and the constellations beyond them.

After a three days’ march he came to an Indian encampment

Pitched on the edge of a meadow, between the sea and the forest;

Women at work by the tents, and the warriors, horrid with war-paint,

Seated about a fire, and smoking and talking together;

Who, when they saw from afar the sudden approach of the white men,

Saw the flash of the sun on breastplate and sabre and musket,

Straightway leaped to their feet, and two, from among them advancing,

Came to parley with Standish, and offer him furs as a present;

Friendship was in their looks, but in their hearts there was hatred.

Braves of the tribe were these, and brothers gigantic in stature,

Huge as Goliath of Gath, or the terrible Og, king of Bashan;

One was Pecksuot named, and the other was called Wattawamat.

Round their necks were suspended their knives in scabbards of wampum,

Two-edged, trenchant knives, with points as sharp as a needle.

Other arms had they none, for they were cunning and crafty.

« Welcome, English! » they said,—these words they had learned from the traders

Touching at times on the coast, to barter and chaffer for peltries.

Then in their native tongue they began to parley with Standish,

Through his guide and interpreter Hobomok, friend of the white man,

Begging for blankets and knives, but mostly for muskets and powder,

Kept by the white man, they said, concealed, with the plague, in his cellars,

Ready to be let loose, and destroy his brother the red man!

But when Standish refused, and said he would give them the Bible,

Suddenly changing their tone, they began to boast and to bluster.

Then Wattawamat advanced with a stride in front of the other,

And, with a lofty demeanor, thus vauntingly spake to the Captain:

« Now Wattawamat can see, by the fiery eyes of the Captain,

Angry is he in his heart; but the heart of the brave Wattawamat

Is not afraid at the sight. He was not born of a woman,

But on a mountain, at night, from an oak-tree riven by lightning,

Forth he sprang at a bound, with all his weapons about him,

Shouting, ‘Who is there here to fight with the brave Wattawamat?' »

Then he unsheathed his knife, and, whetting the blade on his left hand,

Held it aloft and displayed a woman’s face on the handle,

Saying, with bitter expression and look of sinister meaning:

« I have another at home, with the face of a man on the handle;

By and by they shall marry; and there will be plenty of children! »

Then stood Pecksuot forth, self-vaunting, insulting Miles Standish:

While with his fingers he petted the knife that hung at his bosom,

Drawing it half from its sheath, and plunging it back, as he muttered,

« By and by it shall see; it shall eat; ah, ha! but shall speak not!

This is the mighty Captain the white men have sent to destroy us!

He is a little man; let him go and work with the women! »

Meanwhile Standish had noted the faces and figures of Indians

Peeping and creeping about from bush to tree in the forest,

Feigning to look for game, with arrows set on their bow-strings,

Drawing about him still closer and closer the net of their ambush.

But undaunted he stood, and dissembled and treated them smoothly;

So the old chronicles say, that were writ in the days of the fathers.

But when he heard their defiance, the boast, the taunt, and the insult,

All the hot blood of his race, of Sir Hugh and of Thurston de Standish,

Boiled and beat in his heart, and swelled in the veins of his temples.

Headlong he leaped on the boaster, and, snatching his knife from its scabbard,

Plunged it into his heart, and, reeling backward, the savage

Fell with his face to the sky, and a fiendlike fierceness upon it.

Straight there arose from the forest the awful sound of the war-whoop,

And, like a flurry of snow on the whistling wind of December,

Swift and sudden and keen came a flight of feathery arrows,

Then came a cloud of smoke, and out of the cloud came the lightning,

Out of the lightning thunder, and death unseen ran before it.

Frightened the savages fled for shelter in swamp and in thicket,

Hotly pursued and beset; but their sachem, the brave Wattawamat,

Fled not; he was dead. Unswerving and swift had a bullet

Passed through his brain, and he fell with both hands clutching the greensward,

Seeming in death to hold back from his foe the land of his fathers.

There on the flowers of the meadow the warriors lay, and above them,

Silent, with folded arms, stood Hobomok, friend of the white man.

Smiling at length he exclaimed to the stalwart Captain of Plymouth:

« Pecksuot bragged very loud, of his courage, his strength, and his stature,—

Mocked the great Captain, and called him a little man; but I see now

Big enough have you been to lay him speechless before you! »

Thus the first battle was fought and won by the stalwart Miles Standish.

When the tidings thereof were brought to the village of Plymouth,

And as a trophy of war the head of the brave Wattawamat

Scowled from the roof of the fort, which at once was a church and a fortress,

All who beheld it rejoiced, and praised the Lord, and took courage.

Only Priscilla averted her face from this spectre of terror,

Thanking God in her heart that she had not married Miles Standish;

Shrinking, fearing almost, lest, coming home from his battles,

He should lay claim to her hand, as the prize and reward of his valor.

VIII

THE SPINNING-WHEEL

Month after month passed away, and in Autumn the ships of the merchants

Came with kindred and friends, with cattle and corn for the Pilgrims.

All in the village was peace; the men were intent on their labors,

Busy with hewing and building, with garden-plot and with merestead,

Busy with breaking the glebe, and mowing the grass in the meadows,

Searching the sea for its fish, and hunting the deer in the forest.

All in the village was peace; but at times the rumor of warfare

Filled the air with alarm, and the apprehension of danger.

Bravely the stalwart Miles Standish was scouring the land with his forces,

Waxing valiant in fight and defeating the alien armies,

Till his name had become a sound of fear to the nations.

Anger was still in his heart, but at times the remorse and contrition

Which in all noble natures succeed the passionate outbreak,

Came like a rising tide, that encounters the rush of a river,

Staying its current awhile, but making it bitter and brackish.

Meanwhile Alden at home had built him a new habitation,

Solid, substantial, of timber rough-hewn from the firs of the forest.

Wooden-barred was the door, and the roof was covered with rushes;

Latticed the windows were, and the window-panes were of paper,

Oiled to admit the light, while wind and rain were excluded.

There too he dug a well, and around it planted an orchard:

Still may be seen to this day some trace of the well and the orchard.

Close to the house was the stall, where, safe and secure from annoyance,

Raghorn, the snow-white steer, that had fallen to Alden’s allotment

In the division of cattle, might ruminate in the night-time

Over the pastures he cropped, made fragrant by sweet pennyroyal.

Oft when his labor was finished, with eager feet would the dreamer

Follow the pathway that ran through the woods to the house of Priscilla,

Led by illusions romantic and subtile deceptions of fancy,

Pleasure disguised as duty, and love in the semblance of friendship.

Ever of her he thought, when he fashioned the walls of his dwelling;

Ever of her he thought, when he delved in the soil of his garden;

Ever of her he thought, when he read in his Bible on Sunday

Praise of the virtuous woman, as she is described in the Proverbs,—

How the heart of her husband doth safely trust in her always,

How all the days of her life she will do him good, and not evil,

How she seeketh the wool and the flax and worketh with gladness,

How she layeth her hand to the spindle and holdeth the distaff,

How she is not afraid of the snow for herself or her household,

Knowing her household are clothed with the scarlet cloth of her weaving!

So as she sat at her wheel one afternoon in the Autumn,

Alden, who opposite sat, and was watching her dexterous fingers,

As if the thread she was spinning were that of his life and his fortune,

After a pause in their talk, thus spake to the sound of the spindle.

« Truly, Priscilla, » he said, « when I see you spinning and spinning,

Never idle a moment, but thrifty and thoughtful of others,

Suddenly you are transformed, are visibly changed in a moment;

You are no longer Priscilla, but Bertha the Beautiful Spinner. »

Here the light foot on the treadle grew swifter and swifter; the spindle

Uttered an angry snarl, and the thread snapped short in her fingers;

While the impetuous speaker, not heeding the mischief, continued:

« You are the beautiful Bertha, the spinner, the queen of Helvetia;

She whose story I read at a stall in the streets of Southampton,

Who, as she rode on her palfrey, o’er valley and meadow and mountain,

Ever was spinning her thread from a distaff fixed to her saddle.

She was so thrifty and good, that her name passed into a proverb.

So shall it be with your own, when the spinning-wheel shall no longer

Hum in the house of the farmer, and fill its chambers with music.

Then shall the mothers, reproving, relate how it was in their childhood,

Praising the good old times, and the days of Priscilla the spinner! »

Straight uprose from her wheel the beautiful Puritan maiden,

Pleased with the praise of her thrift from him whose praise was the sweetest,

Drew from the reel on the table a snowy skein of her spinning,

Thus making answer, meanwhile, to the flattering phrases of Alden:

« Come, you must not be idle; if I am a pattern for housewives,

Show yourself equally worthy of being the model of husbands.

Hold this skein on your hands, while I wind it, ready for knitting;

Then who knows but hereafter, when fashions have changed and the manners,

Fathers may talk to their sons of the good old times of John Alden! »

Thus, with a jest and a laugh, the skein on his hands she adjusted,

He sitting awkwardly there, with his arms extended before him,

She standing graceful, erect, and winding the thread from his fingers,

Sometimes chiding a little his clumsy manner of holding,

Sometimes touching his hands, as she disentangled expertly

Twist or knot in the yarn, unawares—for how could she help it?—

Sending electrical thrills through every nerve in his body.

Lo! in the midst of this scene, a breathless messenger entered,

Bringing in hurry and heat the terrible news from the village.

Yes; Miles Standish was dead!—an Indian had brought them the tidings,—

Slain by a poisoned arrow, shot down in the front of the battle,

Into an ambush beguiled, cut off with the whole of his forces;

All the town would be burned, and all the people be murdered!

Such were the tidings of evil that burst on the hearts of the hearers.

Silent and statue-like stood Priscilla, her face looking backward

Still at the face of the speaker, her arms uplifted in horror;

But John Alden, upstarting, as if the barb of the arrow

Piercing the heart of his friend had struck his own, and had sundered

Once and for ever the bonds that held him bound as a captive,

Wild with excess of sensation, the awful delight of his freedom,

Mingled with pain and regret, unconscious of what he was doing,

Clasped, almost with a groan, the motionless form of Priscilla,

Pressing her close to his heart, as for ever his own, and exclaiming:

« Those whom the Lord hath united, let no man put them asunder! »

Even as rivulets twain, from distant and separate sources,

Seeing each other afar, as they leap from the rocks, and pursuing

Each one its devious path, but drawing nearer and nearer,

Rush together at last, at their trysting-place in the forest;

So these lives that had run thus far in separate channels,

Coming in sight of each other, then swerving and flowing asunder,

Parted by barriers strong, but drawing nearer and nearer,

Rushed together at last, and one was lost in the other.

IX

THE WEDDING-DAY

Forth from the curtain of clouds, from the tent of purple and scarlet,

Issued the sun, the great High-Priest, in his garments resplendent,

Holiness unto the Lord, in letters of light, on his forehead,

Round the hem of his robe the golden bells and pomegranates.

Blessing the world he came, and the bars of vapor beneath him

Gleamed like a grate of brass, and the sea at his feet was a laver!

This was the wedding morn of Priscilla the Puritan maiden.

Friends were assembled together; the Elder and Magistrate also

Graced the scene with their presence, and stood like the Law and the Gospel,

One with the sanction of earth and one with the blessing of heaven.

Simple and brief was the wedding, as that of Ruth and of Boaz.

Softly the youth and the maiden repeated the words of betrothal,

Taking each other for husband and wife in the Magistrate’s presence,

After the Puritan way, and the laudable custom of Holland.

Fervently then, and devoutly, the excellent Elder of Plymouth

Prayed for the hearth and the home, that were founded that day in affection,

Speaking of life and of death, and imploring divine benedictions.

Lo! when the service was ended, a form appeared on the threshold,

Clad in armor of steel, a sombre and sorrowful figure!

Why does the bridegroom start and stare at the strange apparition?

Why does the bride turn pale, and hide her face on his shoulder?

Is it a phantom of air,—a bodiless, spectral illusion?

Is it a ghost from the grave, that has come to forbid the betrothal?

Long had it stood there unseen, a guest uninvited, unwelcomed;

Over its clouded eyes there had passed at times an expression

Softening the gloom and revealing the warm heart hidden beneath them,

As when across the sky the driving rack of the rain-cloud

Grows for a moment thin, and betrays the sun by its brightness.

Once it had lifted its hand, and moved its lips, but was silent,

As if an iron will had mastered the fleeting intention.

But when were ended the troth and the prayer and the last benediction,

Into the room it strode, and the people beheld with amazement

Bodily there in his armor Miles Standish, the Captain of Plymouth!

Grasping the bridegroom’s hand, he said with emotion, « Forgive me!

I have been angry and hurt,—too long have I cherished the feeling;

I have been cruel and hard, but now, thank God! it is ended.

Mine is the same hot blood that leaped in the veins of Hugh Standish,

Sensitive, swift to resent, but as swift in atoning for error.

Never so much as now was Miles Standish the friend of John Alden. »

Thereupon answered the bridegroom: « Let all be forgotten between us,—

All save the dear, old friendship, and that shall grow older and dearer! »

Then the Captain advanced, and, bowing, saluted Priscilla,

Gravely, and after the manner of old-fashioned gentry in England,

Something of camp and of court, of town and of country, commingled,

Wishing her joy of her wedding, and loudly lauding her husband.

Then he said with a smile: « I should have remembered the adage,—

If you would be well served, you must serve yourself; and moreover,

No man can gather cherries in Kent at the season of Christmas! »

Great was the people’s amazement, and greater yet their rejoicing,

Thus to behold once more the sun-burnt face of their Captain,

Whom they had mourned as dead; and they gathered and crowded about him,

Eager to see him and hear him, forgetful of bride and of bridegroom,

Questioning, answering, laughing, and each interrupting the other,

Till the good Captain declared, being quite overpowered and bewildered,

He had rather by far break into an Indian encampment,

Than come again to a wedding to which he had not been invited.

Meanwhile the bridegroom went forth and stood with the bride at the doorway,

Breathing the perfumed air of that warm and beautiful morning.

Touched with autumnal tints, but lonely and sad in the sunshine,

Lay extended before them the land of toil and privation;

There were the graves of the dead, and the barren waste of the sea-shore,

There the familiar fields, the groves of pine, and the meadows;

But to their eyes transfigured, it seemed as the Garden of Eden,

Filled with the presence of God, whose voice was the sound of the ocean.

Soon was their vision disturbed by the noise and stir of departure,

Friends coming forth from the house, and impatient of longer delaying,

Each with his plan for the day, and the work that was left uncompleted.

Then from a stall near at hand, amid exclamations of wonder,

Alden the thoughtful, the careful, so happy, so proud of Priscilla,

Brought out his snow-white steer, obeying the hand of its master,

Led by a cord that was tied to an iron ring in its nostrils,

Covered with crimson cloth, and a cushion placed for a saddle.

She should not walk, he said, through the dust and heat of the noonday;

Nay, she should ride like a queen, not plod along like a peasant.

Somewhat alarmed at first, but reassured by the others,

Placing her hand on the cushion, her foot in the hand of her husband,

Gayly, with joyous laugh, Priscilla mounted her palfrey.

« Nothing is wanting now, » he said with a smile, « but the distaff;

Then you would be in truth my queen, my beautiful Bertha! »

Onward the bridal procession now moved to their new habitation,

Happy husband and wife, and friends conversing together.

Pleasantly murmured the brook, as they crossed the ford in the forest,

Pleased with the image that passed, like a dream of love through its bosom,

Tremulous, floating in air, o’er the depths of the azure abysses.

Down through the golden leaves the sun was pouring his splendors,

Gleaming on purple grapes, that, from branches above them suspended,

Mingled their odorous breath with the balm of the pine and the fir-tree,

Wild and sweet as the clusters that grew in the valley of Eshcol.

Like a picture it seemed of the primitive, pastoral ages,

Fresh with the youth of the world, and recalling Rebecca and Isaac,

Old and yet ever new, and simple and beautiful always,

Love immortal and young in the endless succession of lovers,

So through the Plymouth woods passed onward the bridal procession.


Iran: La paix pour notre temps (Peace for our time and a new Chamberlain for America)

26 novembre, 2013
https://i1.wp.com/cdn.jewsnews.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2015/01/1611.jpgMes bons amis, voici la seconde fois que nous rentrons d’Allemagne à Downing Street avec une paix honorable. Je crois qu’il s’agit de la paix pour notre temps. Nous vous remercions du fond du cœur. À présent, je vous conseille de rentrer chez vous, et dormez en paix. Chamberlain
A l’époque, pendant que nous étions en train de discuter avec les Européens à Téhéran, nous installions des équipements dans certaines parties d’Ispahan, et le projet était sur le point d’être complété. En réalité, c’est en créant un climat de sérénité, que nous avons pu achever Ispahan. Hassan Rohani (03.11.03)
What has been released by the website of the White House as a fact sheet is a one-sided interpretation of the agreed text in Geneva and some of the explanations and words in the sheet contradict the text of the Joint Plan of Action (the title of the Iran-powers deal), and this fact sheet has unfortunately been translated and released in the name of the Geneva agreement by certain media, which is not true. Marziyeh Afkham (Foreign Ministry spokeswoman, 26.11.13)
Un haut responsable israélien a révélé au quotidien Haaretz qu’Israël avait connaissance des entretiens secrets depuis le début de l’été 2013, bien avant avoir été averti officiellement par l’administration américaine. Les contacts secrets entre les Etats-Unis et l’Iran auraient débuté avant l’élection de Hassan Rohani à la présidence de la République islamique, plus précisément à partir de mars 2013, alors que Mahmoud Ahmadinejad était encore en fonction. Depuis l’accession au pouvoir de Rohani, il y aurait encore eu quatre rencontres, deux en août et deux en octobre, la plupart s’étant tenues dans le sultanat d’Oman. (…) Selon le Haaretz, Netanyahou aurait été avisé par M. Obama, un jour avant son discours à l’ONU début octobre, des deux réunions du mois d’août, mais pas de celles qui s’étaient tenues avant l’élection présidentielle iranienne. I24news
Iran is already in violation of a number of Security Council resolutions demanding it cease all uranium enrichment and heavy water activity – a process used to create weapons-grade plutonium. Furthermore, none of this activity is even remotely necessary if Iran, as it claims, only wants a peaceful nuclear program. There are many countries that have nuclear power that do not have the capability to enrich their own fuel. They buy it from abroad and that’s what Iran could do. And that’s what the media are neglecting to tell you. There are over thirty countries around the world that have nuclear power programs but according to the World Nuclear Association, only eleven have the capacity to enrich their own fuel. Here are some of the countries that have nuclear energy but don’t enrich their own nuclear fuel: Argentina, Armenia, Belgium, Bulgaria, Canada, Czech Republic, Finland, Hungary, South Korea, Lithuania, Mexico, Romania, Slovakia, Slovenia, South Africa, Spain, Sweden, Switzerland, Ukraine. The fact is that, of countries that have enrichment capabilities, the majority also possess nuclear weapons. Countries that enrich nuclear materials but do not have nuclear weapons include Germany, Japan and the Netherlands. Countries that enrich and do have nuclear weapons include Pakistan, Russia and China. When you think of Iran, do you think it fits in with Germany, Japan and the Netherlands? Or, does it fit better with Pakistan, Russia and China? If that isn’t enough to make you uncomfortable, in a speech to the Supreme Cultural Revolutionary Council in 2005, Rouhani himself said: A country that could enrich uranium to about 3.5 percent will also have the capability to enrich it to about 90 percent. Having fuel cycle capability virtually means that a country that possesses this capability is able to produce nuclear weapons. Since Argentina, Armenia, Sweden and Spain can buy nuclear fuel from abroad, why can’t Iran? Since our neighbors Canada and Mexico can pursue this policy, why can’t Iran? Camera
Les faucons affirment (…) que le président Ahmadinejad a déclaré vouloir “rayer Israël de la carte”. Mais cet argument repose sur une mauvaise traduction de ses propos. La traduction juste est qu’Israël “devrait disparaître de la page du temps”. Cette expression (empruntée à un discours de l’ayatollah Khomeiny) n’est pas un appel à la destruction physique d’Israël. Bien que très choquant, son propos n’était pas un appel à lancer une attaque, encore moins une attaque nucléaire, contre Israël. Aucun État sensé ne peut partir en guerre sur la foi d’une mauvaise traduction. John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt
Le problème n’est pas la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban ou les ingérences de la Syrie ou du Hezbollah : Le problème est centré sur l’effort de l’Iran à obtenir le Droit d’Abolir l’Exclusivité de la Dissuasion. La prolifération sauvage, le concept de «tous nucléaires» sera la fin de la Guerre Froide et le retour à la période précédant la Dissuasion. Les mollahs et leurs alliés, le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, la Corée du Nord et la Russie…, se militarisent à une très grande échelle sachant qu’ils vont bientôt neutraliser le parapluie protecteur de la dissuasion et alors ils pourront faire parler la poudre. Chacun visera à dominer sa région et sans que les affrontements se déroulent en Europe, l’Europe sera dépouillée de ses intérêts en Afrique ou en Amérique du Sud et sans combattre, elle devra déposer les armes. Ce qui est incroyable c’est la myopie de la diplomatie française et de ses experts. (…) Aucun d’entre eux ne se doute que la république islamique a des alliés qui ont un objectif commun: mettre un terme à une discrimination qui dure depuis 50 ans, la dissuasion nucléaire ! Cette discrimination assure à la France une position que beaucoup d’états lui envient. Ils attendent avec impatience de pouvoir se mesurer avec cette ancienne puissance coloniale que beaucoup jugent arrogante, suffisante et gourmande. Iran-Resist
L’équilibre de la terreur était en fait d’une grande fragilité, comme de nombreux incidents, mais surtout une crise majeure, la crise des missiles de Cuba, l’a révélé en 1962. Le problème a moins concerné la relation entre les Etats-Unis et l’Union soviétique que la présence d’un troisième acteur, Fidel Castro, qui a failli faire basculer le « système bipolaire » dans la guerre nucléaire. Cette crise mérite qu’on y revienne, non seulement parce que, si elle se reproduit, nous n’aurons probablement pas la même chance, mais aussi parce que le monde contemporain a désormais plusieurs acteurs nucléaires de type Fidel Castro, qui, à la différence de Kennedy ou de Khrouchtchev, partisans de la dissuasion, n’hésiteront pas à recourir à l’arme nucléaire comme à un moyen de coercition. Thérèse Delpech
La Corée du Nord a appris au monde qu’au poker nucléaire la folie feinte vous vaut de l’aide étrangère ou l’attention planétaire — du fait que même la certitude qu’on a affaire à un bluff à 99% reste suffisante pour effrayer les opinions publiques occidentales. La Corée du nord est le proverbial envieux psychopathe du quartier qui agresse constamment ses voisins prospères d’à côté, en partant du principe que les voisins ne pourront manquer de prendre en compte ses menaces aussi sauvages qu’absurdes parce qu’il n’a rien et qu’ils ont tout à perdre. (…) L’Iran pourrait reprendre à l’infini le modèle de Kim — menaçant une semaine de rayer Israël de la carte, faisant machine arrière la semaine d’après sous prétexte de problèmes de traduction. L’objectif ne serait pas nécessairement de détruire Israël (ce qui vaudrait à l’Iran la destruction de la culture persane pour un siècle), mais d’imposer une telle atmosphère d’inquiétude et de pessimisme à l’Etat juif que son économie en serait affaiblie, son émigration en serait encouragée et sa réputation géostratégique en serait érodée. La Corée du nord est passée maître dans de telles tactiques de chantage nucléaire. A certains moments, Pyongyang a même réussi à réduire les deux géants asiatiques – Japon et Corée du Sud – à la quasi-paralysie.(…) Un Iran nucléaire n’aurait à s’inquiéter ni d’un ennemi existentiel avec une population d’un milliard d’habitants à côté tel que l’Inde ni d’un mécène tout aussi peuplé comme la Chine susceptible d’imposer des lignes rouges à ses crises de folie périodiques. Téhéran serait libre au contraire de faire et de dire ce qu’il veut. Et son statut de puissance nucléaire deviendrait un multiplicateur de force pour son énorme richesse pétrolière et son statut auto-proclamé de leader mondial des musulmans chiites. Si la Corée du Nord est un danger, alors un Iran nucléaire plus gros, plus riche et sans dissuasion serait un cauchemar. Victor Davis Hanson
One of the best peace speeches I ever read was one delivered back in the 1930s — by Adolf Hitler. He knew that peace speeches would keep the Western democracies from matching his military buildup with their own, or attacking him to prevent his buildup from continuing. Peace speeches by Iran today serve the same purpose of buying time — until they can create a nuclear bomb. Thomas Sowell
The Iranian agreement comes not in isolation, unfortunately. The Syrian debacle instructed the Iranians that the Obama administration was more interested in announcing a peaceful breakthrough than actually achieving it. The timing is convenient for both sides: The Obama administration needed an offset abroad to the Obamacare disaster, and the Iranians want a breathing space to rebuild their finances and ensure that Assad can salvage the Iranian-Hezbollah-Assad axis. The agreement is a de facto acknowledgement that containing, not ending, Iran’s nuclear program is now U.S. policy. After all, to what degree would an Iranian freeze really retard development of a bomb, or simply put it on hold? In other words, has Iran already met some of its requirements for weaponization, and now simply wishes to take a breather, rebuild its economy, and strengthen its image in the West — before the final and rather easy development of a deliverable bomb? If the sanctions are not only lifted, but incentives are added in place of them, why then would Iran not agree to dismantle completely elements of its program that exceed domestic energy purposes? (Or for that matter, why would a nation with among the world’s largest reserves of gas and oil feel the need to fund an expensive nuclear energy program in the first place?) (…) Collate reset, lead from behind, “redlines,” “game-changers,” ”deadlines,” the Arab Spring confusion, the skedaddle from Iraq, Benghazi, the Eastern European missile pullback, and the atmosphere is comparable to the 1979–80 Carter landscape, in which after three years of observation, the opportunists at last decided to act while the acting was good, from Afghanistan to Central America to Tehran. There is not a good record, from Philip of Macedon to Hitler to Stalin in the 1940s to Carter and the Soviets in the 1970s to radical Islamists in the 1990s, of expecting authoritarians and thugs to listen to reason, cool their aggression, and appreciate democracies’ sober and judicious appeal to logic — once they sense in the West greater eagerness to announce new, rather than to enforce old, agreements. Victor Davis Hanson
Iran will gradually shake free of sanctions and glide into a zone of nuclear ambiguity that will keep its adversaries guessing until it opts to make its capabilities known. Saudi Arabia will move swiftly to acquire a nuclear deterrent from its clients in Islamabad; Saudi billionaire Prince Alwaleed bin Talal made that clear to the Journal last week when he indiscreetly discussed « the arrangement with Pakistan. » Egypt is beginning to ponder a nuclear option of its own while drawing closer to a security alliance with Russia. As for Israel, it cannot afford to live in a neighborhood where Iran becomes nuclear, Assad remains in power, and Hezbollah—Israel’s most immediate military threat—gains strength, clout and battlefield experience. The chances that Israel will hazard a strike on Iran’s nuclear sites greatly increased since Geneva. More so the chances of another war with Hezbollah. Bret Stephens
After World War II the U.S. created a global system of security alliances to prevent the kind of foreign policy freelancing that is again becoming rampant in the Middle East. It worked until President Obama decided in his wisdom to throw it away. If you hear echoes of the 1930s in the capitulation at Geneva, it’s because the West is being led by the same sort of menIf the parties do not even agree to what they’ve just signed in the 18 hours after inking a document, how well is verification going to go? Mohammed Zarif, Iran’s chief negotiator, asserted that the agreement takes the threat of force off the table, and enshrines Iran’s “right” to enrich uranium. Kerry flatly denies both. Nice start. (…) Iran controls the world’s fourth largest supply of oil and second largest reserve of natural gas. Are we to believe that Iran is pursuing nuclear power because of concern about climate change? How exactly would Iran’s active research on nuclear-weapons design and development of ballistic-missile technology suit that explanation? It has been obvious for more than two decades that Iran is determined to join the nuclear club — a goal America’s allies in the region and right-thinking people the world over view with horror and dread. Five Security Council resolutions have demanded that Iran suspend all enrichment of uranium. The Obama administration itself has repeatedly and starkly declared that Iran’s possession of nuclear weapons is “unacceptable.” (…) Nor is it correct that the only alternative to this capitulation was war. The sanctions that this agreement supersedes were working well to force the Iranian regime to come to terms. Their nation is struggling with high prices, shortages, and a collapsing currency due to sanctions. This should have been a moment of maximum leverage for the United States and other powers. Yet the deal they’ve achieved does next to nothing to reverse Iran’s march to a bomb and does a great deal to undermine the fragile, painfully achieved world consensus to impose sanctions. Mona Charen
Sur le long terme, Obama et son entourage ont toujours fantasmé sur une réconciliation globale entre les Etats-Unis et l’islamisme, qu’il s’agisse de l’islamisme sunnite des Frères musulmans ou de l’islamisme chiite iranien. C’était le sens, dès 2009, du discours-manifeste du Caire, prononcé, il ne faut pas l’oublier, au moment même où le pouvoir des mollahs écrasait dans le sang un « printemps iranien ». Cela a été également le sens, par la suite, de la temporisation d’Obama sur la question du nucléaire iranien : Washington s’est prononcé en faveur de sanctions économiques de plus en plus lourdes, mais n’a pas envisagé sérieusement une action militaire contre l’Iran ni accordé de feu vert à une éventuelle action militaire israélienne.(…) Des négociations discrètes ont été menées au début de l’été entre Washington et Téhéran, et elles avaient suffisamment abouti dès le mois d’août – quand Rouhani a pris officiellement ses fonctions – pour que plusieurs revues américaines influentes diffusent presque immédiatement des articles préparant l’opinion à cette « détente », sinon à ce renversement d’alliance. La New York Review of Books publie dans sa livraison datée du 15 août un long article en faveur d’un « nouvelle approche envers l’Iran » cosigné, de manière significative – l’union sacrée, pourrait-on dire -, par un universitaire pro-iranien, William Luers, un ancien ambassadeur aux Nations Unies, Thomas Pickering et un homme politique républicain, Jim Walsh. Quant à Foreign Affairs, elle consacre sa couverture de septembre-octobre au chef véritable du régime iranien, l’ayatollah et Guide spirituel Ali Khamenei. Akbar Ganji, un journaliste prestigieux, souvent présenté comme le « Soljénitsyne iranien », y affirme à la fois que Rouhani ne peut se rapprocher des Etats-Unis sans l’accord préalable et l’appui de Khamenei, ce qui est vrai ; et que les Etats-Unis doivent saisir cette « chance », ce qui est plus discutable. (…) On compare souvent Rouhani à Mikhaïl Gorbatchev. Quand celui-ci a lancé sa perestroika en 1986 et décidé de mettre fin à la guerre froide, beaucoup d’Occidentaux ont cru à une ruse et refusé de lui faire confiance – sauf, curieusement, les deux leaders occidentaux les plus anticommunistes, l’Américain Ronald Reagan et la Britannique Margaret Thatcher. Mais Rouhani n’est pas à l’Iran actuel ce que Gorbatchev était à l’URSS des années 1980. Gorbatchev était le maître absolu, le « tsar rouge », de son pays : chef de l’Etat et du parti, commandant en chef des armées, chef suprême des services secrets. Rouhani, en dépit de son titre de chef d’Etat, n’est qu’un rouage relativement secondaire d’un régime théocratique dirigé par l’ayatollah Khamenei et la technostructure des Gardiens de la Révolution. Tout laisse donc à penser que son « ouverture » n’est – ne peut être – qu’une manœuvre permettant à l’Iran de desserrer l’étau des sanctions internationales, de gagner du temps sur le plan du nucléaire et de sauvegarder, avec la complicité active de la Russie, ses alliés syrien (Assad) et libanais (le Hezbollah). (…) A un autre niveau, à plus court terme, Obama a sans doute vu dans un rapprochement avec l’Iran le moyen d’effacer ou de faire oublier ses échecs répétés au Moyen-Orient : en Libye, en Egypte et finalement en Syrie. Une Grande Puissance, c’est un pays qui peut faire la guerre et qui, par voie de conséquence, est en mesure d’imposer sa volonté à d’autres pays. Et « pouvoir faire la guerre », en amont, cela suppose à la fois des moyens techniques (une armée, des armements, des technologies), et des moyens politiques ou moraux (une vision du monde, des objectifs, une détermination). L’Amérique d’Obama a toujours les moyens techniques d’une Très Grande Puissance, mais elle s’est comportée en Syrie, à travers ses tergiversations et finalement sa capitulation diplomatique devant la Russie de Poutine, comme si elle n’en avait plus les moyens politiques ou moraux. Ce que les alliés traditionnels des Etats-Unis ne sont pas près de pardonner au président sur le plan international (des Etats du Golfe à la France de Hollande), ni les Américains eux-mêmes en politique intérieure.(…) Les clés d’Obama se trouvent dans son livre autobiographique, Les Rêves de mon père. Deux faits, qu’il rapporte avec beaucoup de franchise : d’abord, un drame intime : il n’a pratiquement pas connu son père ; ensuite, un drame identitaire : l’Amérique traditionnelle – anglo-saxonne, judéo-chrétienne, blanche – est pour lui une sorte de pays étranger. Il est certes né aux Etats-Unis, mais il n’y a pas passé son enfance. Il n’a pas été élevé dans la foi chrétienne, mais dans un mélange d’humanisme athée et d’islam libéral. Et bien que sa mère soit blanche, il a toujours été considéré comme un Noir. Comment surmonte-t-il ces deux drames ? A travers l’action politique en vue d’une Amérique nouvelle, multiraciale, multireligieuse, multiculturelle. En fait, il veut enfanter cette nouvelle Amérique qui lui ressemblerait, être à la fois son propre père et celui d’une nation remodelée à son image. Ce qui passe, entre autre choses, par une réconciliation – fusionnelle – avec un islam qui est le contraire même de l’Amérique traditionnelle. Ce n’est là qu’un fantasme. La politique rationnelle d’Obama se réfère à d’autres considérations, d’autres raisonnements. Mais les fantasmes sont souvent aussi puissants ou plus puissants que la rationalité. Et qui plus est, les fantasmes personnels du président actuel recoupent ceux d’une bonne partie de la société américaine : les Noirs, les non-Blancs en général, mais aussi les milieux blancs d’extrême-gauche, une partie des élites intellectuelles… (…) Qui peut encore soutenir sérieusement qu’Israël est au cœur de tous les problèmes du Proche Orient et que tout passe, dans cette région, par la « résolution » du « problème palestinien » ? Depuis près de quatre ans, le monde arabe et islamique n’en finit pas de se décomposer et de se recomposer sous nos yeux, entraîné par ses pesanteurs propres. Une analyste géopolitique, Robin Wright, vient même de prédire dans le New York Times, le quotidien le plus pro-Obama des Etats-Unis, le remplacement de cinq Etats moyen-orientaux (la Syrie, l’Irak, l’Arabie Saoudite, la Libye, le Yemen) par quinze nouveaux Etats à caractère ethnoreligieux. Voilà qui merite au moins autant d’attention que les articles promouvant le « nouvel Iran » du président Rouhani. Et qui relativise le « processus de paix » Jérusalem-Ramallah. Michel Gurfinkiel

Après les printemps arabes, Benghazi et Damas, le nouveau Carter (ou Chamberlain ?) noir pouvait-il résister à un nouveau fiasco, iranien cette fois ?

A l’heure où, se félicitant d’un prétendu accord historique (aussitôt dénoncé, à la nord-coréenne, par les intéressés eux-mêmes!), ceux qui nous tiennent lieu de gouvernants et d’informateurs  …

Nous proposent de desserrer, au moment même où elles commencent à porter leurs fruits, des sanctions qu’on avait mis tant de temps à mettre en place …

Concernant un programme nucléaire officiellement non-existent …

Et avec un régime dont l’actuel pantin de service se vantait il y a dix ans d’avoir floué l’Occident et dont le véritable homme fort appelait à nouveau il y a quelques jours à peine à la disparition (« de la page du temps », s’il vous plait!) d’un de ses voisins …

Comment ne pas voir, avec les quelques voix encore lucides comme celle de Michel Gurfinkiel, l’évidence d’une énième et longuement préparée manoeuvre dilatoire ?

Entretien/ Obama entre échecs et fantasmes

Pour l’Iran, la « détente » avec les Etats-Unis est une brillante manœuvre diplomatique, préparée avant même l’élection de Rouhani. Une interview accordée à l’hebdomadaire Hamodia.

Michel Gurfinkiel

October 3 2013

HAMODIA. Pourquoi cette soudaine cette idylle entre les Etats-Unis et l’Iran ?

MICHEL GURFINKIEL. Il faut distinguer entre deux niveaux. D’une part, sur le long terme, Obama et son entourage ont toujours fantasmé sur une réconciliation globale entre les Etats-Unis et l’islamisme, qu’il s’agisse de l’islamisme sunnite des Frères musulmans ou de l’islamisme chiite iranien. C’était le sens, dès 2009, du discours-manifeste du Caire, prononcé, il ne faut pas l’oublier, au moment même où le pouvoir des mollahs écrasait dans le sang un « printemps iranien ».

Cela a été également le sens, par la suite, de la temporisation d’Obama sur la question du nucléaire iranien : Washington s’est prononcé en faveur de sanctions économiques de plus en plus lourdes, mais n’a pas envisagé sérieusement une action militaire contre l’Iran ni accordé de feu vert à une éventuelle action militaire israélienne.

L’élection à la présidence iranienne, le 15 juin dernier, de Hassan Rouhani, un homme qui, dans le contexte du régime khomeiniste, peut passer pour un modéré et sait user de cette image, a évidemment relancé ce fantasme. Des négociations discrètes ont été menées au début de l’été entre Washington et Téhéran, et elles avaient suffisamment abouti dès le mois d’août – quand Rouhani a pris officiellement ses fonctions – pour que plusieurs revues américaines influentes diffusent presque immédiatement des articles préparant l’opinion à cette « détente », sinon à ce renversement d’alliance.

La New York Review of Books publie dans sa livraison datée du 15 août un long article en faveur d’un « nouvelle approche envers l’Iran » cosigné, de manière significative – l’union sacrée, pourrait-on dire -, par un universitaire pro-iranien, William Luers, un ancien ambassadeur aux Nations Unies, Thomas Pickering et un homme politique républicain, Jim Walsh. Quant à Foreign Affairs, elle consacre sa couverture de septembre-octobre au chef véritable du régime iranien, l’ayatollah et Guide spirituel Ali Khamenei. Akbar Ganji, un journaliste prestigieux, souvent présenté comme le « Soljénitsyne iranien », y affirme à la fois que Rouhani ne peut se rapprocher des Etats-Unis sans l’accord préalable et l’appui de Khamenei, ce qui est vrai ; et que les Etats-Unis doivent saisir cette « chance », ce qui est plus discutable.

HAMODIA. Et à autre niveau ?

MG. A un autre niveau, à plus court terme, Obama a sans doute vu dans un rapprochement avec l’Iran le moyen d’effacer ou de faire oublier ses échecs répétés au Moyen-Orient : en Libye, en Egypte et finalement en Syrie. Une Grande Puissance, c’est un pays qui peut faire la guerre et qui, par voie de conséquence, est en mesure d’imposer sa volonté à d’autres pays. Et « pouvoir faire la guerre », en amont, cela suppose à la fois des moyens techniques (une armée, des armements, des technologies), et des moyens politiques ou moraux (une vision du monde, des objectifs, une détermination). L’Amérique d’Obama a toujours les moyens techniques d’une Très Grande Puissance, mais elle s’est comportée en Syrie, à travers ses tergiversations et finalement sa capitulation diplomatique devant la Russie de Poutine, comme si elle n’en avait plus les moyens politiques ou moraux. Ce que les alliés traditionnels des Etats-Unis ne sont pas près de pardonner au président sur le plan international (des Etats du Golfe à la France de Hollande), ni les Américains eux-mêmes en politique intérieure.

HAMODIA. Mais que pouvait faire Obama en Syrie ? Son opinion ne s’opposait-elle pas nettement à une intervention militaire ?

MG. En règle générale, les Américains font bloc derrière leur président quand celui-ci décide de mener une opération militaire à l’extérieur – quitte à critiquer par la suite la gestion de l’opération. C’est là un réflexe démocratique et patriotique ancré dans leur culture : un réflexe au moins aussi puissant que la tentation récurrente de l’isolationnisme, du repli sur soi. Mais sur la Syrie, ce réflexe n’a pas joué : l’Amérique n’avait plus confiance en Obama sur les questions du Moyen-Orient. Ni sur le fond (l’analyse des situations et des enjeux), ni sur la forme (la mise en place de politiques).

HAMODIA. Imaginons que sur l’Iran, Obama gagne tout de même son pari…

On compare souvent Rouhani à Mikhaïl Gorbatchev. Quand celui-ci a lancé sa perestroika en 1986 et décidé de mettre fin à la guerre froide, beaucoup d’Occidentaux ont cru à une ruse et refusé de lui faire confiance – sauf, curieusement, les deux leaders occidentaux les plus anticommunistes, l’Américain Ronald Reagan et la Britannique Margaret Thatcher. Mais Rouhani n’est pas à l’Iran actuel ce que Gorbatchev était à l’URSS des années 1980. Gorbatchev était le maître absolu, le « tsar rouge », de son pays : chef de l’Etat et du parti, commandant en chef des armées, chef suprême des services secrets. Rouhani, en dépit de son titre de chef d’Etat, n’est qu’un rouage relativement secondaire d’un régime théocratique dirigé par l’ayatollah Khamenei et la technostructure des Gardiens de la Révolution. Tout laisse donc à penser que son « ouverture » n’est – ne peut être – qu’une manœuvre permettant à l’Iran de desserrer l’étau des sanctions internationales, de gagner du temps sur le plan du nucléaire et de sauvegarder, avec la complicité active de la Russie, ses alliés syrien (Assad) et libanais (le Hezbollah). Dans son article de Foreign Affairs, Akbar Ganji note que Khamenei a laissé entendre publiquement dès mars 2013 – quatre mois avant l’élection présidentielle – qu’un arrangement avec les Etats-Unis était possible et donc souhaitable. Il y a lieu de penser que Rouhani a été choisi dès ce moment pour mener cette nouvelle politique. Et que les comités qui, dans le régime iranien, sélectionnent les candidats à la présidentielle, ont reçu l’ordre de le favoriser – en le faisant apparaître comme un « libéral ».

HAMODIA. Qui profite de la désagrégation de la position américaine au Moyen-Orient ? La Russie ?

MG. Poutine a manœuvré brillamment face à un président américain faible et incompétent. Mais la Russie de 2013, ce n’est pas grand chose. Son PNB ne représente que le huitième du PNB américain et ne repose que sur des ventes d’armes, d’énergie et de matières premières. Son budget militaire ne représente qu’un peu plus du septième du budget militaire américain. Elle est moitié moins peuplée que l’Amérique et semble engagée de surcroit dans un effritement démographique irréversible : de 149 millions d’habitants en 1990 à 143 millions aujourd’hui. A terme, le véritable rival, c’est la Chine qui, à la différence de la Russie, a su se doter depuis trente ans d’une base économique, technologique et militaire moderne. C’est vers elle que les déçus de l’Amérique seront tentés de se tourner. Sauf si un président fort et compétent – un nouveau Reagan – remplace Obama en 2017, ce qui n’aurait rien d’impossible.

HAMODIA. Vous mentionniez le « fantasme islamique » d’Obama. A quoi tient-il ?

MG. Les clés d’Obama se trouvent dans son livre autobiographique, Les Rêves de mon père. Deux faits, qu’il rapporte avec beaucoup de franchise : d’abord, un drame intime : il n’a pratiquement pas connu son père ; ensuite, un drame identitaire : l’Amérique traditionnelle – anglo-saxonne, judéo-chrétienne, blanche – est pour lui une sorte de pays étranger. Il est certes né aux Etats-Unis, mais il n’y a pas passé son enfance. Il n’a pas été élevé dans la foi chrétienne, mais dans un mélange d’humanisme athée et d’islam libéral. Et bien que sa mère soit blanche, il a toujours été considéré comme un Noir.

Comment surmonte-t-il ces deux drames ? A travers l’action politique en vue d’une Amérique nouvelle, multiraciale, multireligieuse, multiculturelle. En fait, il veut enfanter cette nouvelle Amérique qui lui ressemblerait, être à la fois son propre père et celui d’une nation remodelée à son image. Ce qui passe, entre autre choses, par une réconciliation – fusionnelle – avec un islam qui est le contraire même de l’Amérique traditionnelle.

Ce n’est là qu’un fantasme. La politique rationnelle d’Obama se réfère à d’autres considérations, d’autres raisonnements. Mais les fantasmes sont souvent aussi puissants ou plus puissants que la rationalité. Et qui plus est, les fantasmes personnels du président actuel recoupent ceux d’une bonne partie de la société américaine : les Noirs, les non-Blancs en général, mais aussi les milieux blancs d’extrême-gauche, une partie des élites intellectuelles…

HAMODIA. Comment Nethanyahu va-t-il réagir ? Son discours sur la persistance du danger iranien, à l’Onu, était-il à la hauteur ?

MG. Benjalin Nethanyahu est un leader prudent. Il a toujours su éviter un affrontement direct avec Obama. Son discours, à l’Onu, s’adressait avant tout, media voce, à une opinion publique américaine qui se méfie à la fois d’Obama et de Rouhani. Et aux réalistes arabes.

HAMODIA. Obama a lié le dossier iranien au processus de paix israélo-arabe…

Qui peut encore soutenir sérieusement qu’Israël est au cœur de tous les problèmes du Proche Orient et que tout passe, dans cette région, par la « résolution » du « problème palestinien » ? Depuis près de quatre ans, le monde arabe et islamique n’en finit pas de se décomposer et de se recomposer sous nos yeux, entraîné par ses pesanteurs propres. Une analyste géopolitique, Robin Wright, vient même de prédire dans le New York Times, le quotidien le plus pro-Obama des Etats-Unis, le remplacement de cinq Etats moyen-orientaux (la Syrie, l’Irak, l’Arabie Saoudite, la Libye, le Yemen) par quinze nouveaux Etats à caractère ethnoreligieux. Voilà qui merite au moins autant d’attention que les articles promouvant le « nouvel Iran » du président Rouhani. Et qui relativise le « processus de paix » Jérusalem-Ramallah.

(Propos recueillis par Daniel Haïk)

Voir aussi:

A Victory for Iran

The Obama administration’s “interim” agreement is an exercise in wishful thinking.

Mona Charen

National Review on line

November 26, 2013

Ninety percent of the American opinion elite will fall for the old “historic breakthrough” conceit every time. The appeal of getting enemies in a room together where they will shed their animosity and “reason together” is so profound that nothing as tiresome as experience can diminish its allure.

Don’t talk to Secretary Kerry or President Obama about the League of Nations (which enjoyed such success ensuring world peace) or the Kellogg–Briand Pact, the 1928 treaty that outlawed war as an instrument of national policy. Fifty-four countries, including all of the major belligerents of World War II, signed the pact. Don’t mention the series of “breakthrough agreements” between the United States and North Korea, in which we thrice (1994, 2005, 2007) offered security guarantees, food aid, diplomatic concessions, and cash in exchange for North Korea’s promise to discontinue its nuclear program. The very same person who handled negotiations with North Korea for the Clinton administration, Wendy Sherman, is now heading up the U.S. team stroking the Iranians. (The Bush administration, more immune than most to the siren call of diplomatic breakthroughs, did fall into the trap with North Korea.)

Secretary Kerry, denying that the Geneva accord is a naïve exercise in wishful thinking, pleads that we need to “put to the test Iran’s words and intentions.” Any contract requires a meeting of the minds. Kerry keeps saying that we don’t need to trust the Iranians because we will be checking them at every stage. But if the parties do not even agree to what they’ve just signed in the 18 hours after inking a document, how well is verification going to go? Mohammed Zarif, Iran’s chief negotiator, asserted that the agreement takes the threat of force off the table, and enshrines Iran’s “right” to enrich uranium. Kerry flatly denies both. Nice start.

Secretary Kerry also challenged Iran to “prove” to the world that its nuclear program is only for “peaceful purposes.” Is that a question an adult, far less America’s chief diplomat, should pose? Iran controls the world’s fourth largest supply of oil and second largest reserve of natural gas. Are we to believe that Iran is pursuing nuclear power because of concern about climate change? How exactly would Iran’s active research on nuclear-weapons design and development of ballistic-missile technology suit that explanation?

It has been obvious for more than two decades that Iran is determined to join the nuclear club — a goal America’s allies in the region and right-thinking people the world over view with horror and dread. Five Security Council resolutions have demanded that Iran suspend all enrichment of uranium. The Obama administration itself has repeatedly and starkly declared that Iran’s possession of nuclear weapons is “unacceptable.”

As with so many things President Obama has said, though, this pronouncement is nothing more than a windsock — it shows which way the wind is blowing, but doesn’t hold anything. Like the “red line” about Syria’s use of chemical weapons, the stentorian injunctions against Iran’s nuclear pursuit are also just so much wind.

Both Kerry and Obama have repeatedly argued that negotiation is the only alternative to war. By blurting this in an attempt to dissuade Congress from passing further sanctions they completely neuter any implied threat of military force. Iran certainly notices the Obama administration’s eagerness for a deal as well as its rejection of military action.

Nor is it correct that the only alternative to this capitulation was war. The sanctions that this agreement supersedes were working well to force the Iranian regime to come to terms. Their nation is struggling with high prices, shortages, and a collapsing currency due to sanctions. This should have been a moment of maximum leverage for the United States and other powers. Yet the deal they’ve achieved does next to nothing to reverse Iran’s march to a bomb and does a great deal to undermine the fragile, painfully achieved world consensus to impose sanctions.

“For the first time in nearly a decade, we have halted the progress of the Iranian nuclear program,” Mr. Obama intoned. But we’ve seen this story unfold many times before, most recently with North Korea. Our eagerness for pieces of paper that can be brandished as “peace” trumps cold reality every time. Iran has slipped the sanctions noose. It will soon become a nuclear power — not despite our best efforts, but with our tacit acquiescence. We will look back on this agreement with bitterness in the very near future.

Voir également:

Peace for Our Time

Victor Davis Hanson

National review on line

November 24, 2013

The Iranian agreement comes not in isolation, unfortunately. The Syrian debacle instructed the Iranians that the Obama administration was more interested in announcing a peaceful breakthrough than actually achieving it. The timing is convenient for both sides: The Obama administration needed an offset abroad to the Obamacare disaster, and the Iranians want a breathing space to rebuild their finances and ensure that Assad can salvage the Iranian-Hezbollah-Assad axis. The agreement is a de facto acknowledgement that containing, not ending, Iran’s nuclear program is now U.S. policy.

After all, to what degree would an Iranian freeze really retard development of a bomb, or simply put it on hold? In other words, has Iran already met some of its requirements for weaponization, and now simply wishes to take a breather, rebuild its economy, and strengthen its image in the West — before the final and rather easy development of a deliverable bomb? If the sanctions are not only lifted, but incentives are added in place of them, why then would Iran not agree to dismantle completely elements of its program that exceed domestic energy purposes? (Or for that matter, why would a nation with among the world’s largest reserves of gas and oil feel the need to fund an expensive nuclear energy program in the first place?)

Aside from the details of this new Sword of Damocles pact, one wonders about the following: In the case of violations, will it be easier for Iran to return to weaponization or for the U.S. to reassemble allies to reestablish the sanctions? Will Israel now be more or less likely to consider preemption? Will the Sunni states feel some relief or more likely pursue avenues to achieve nuclear deterrence? Will allies like Japan or South Korea feel that the U.S. has reasserted its old global clout, or further worry that their patron might engage in secret talks with, say, China rather than reemphasize their security under the traditional U.S. umbrella?

The president’s dismal polls are only a multiplier of that general perception abroad that foreign policy is an auxiliary to fundamental transformation at home, useful not so much to create international stability per se, as to enhance Obama influence in pursuing his domestic agenda. Collate reset, lead from behind, “redlines,” “game-changers,” ”deadlines,” the Arab Spring confusion, the skedaddle from Iraq, Benghazi, the Eastern European missile pullback, and the atmosphere is comparable to the 1979–80 Carter landscape, in which after three years of observation, the opportunists at last decided to act while the acting was good, from Afghanistan to Central America to Tehran.

There is not a good record, from Philip of Macedon to Hitler to Stalin in the 1940s to Carter and the Soviets in the 1970s to radical Islamists in the 1990s, of expecting authoritarians and thugs to listen to reason, cool their aggression, and appreciate democracies’ sober and judicious appeal to logic — once they sense in the West greater eagerness to announce new, rather than to enforce old, agreements.

Voir encore:

Worse Than Munich

In 1938, Chamberlain bought time to rearm. In 2013, Obama gives Iran time to go nuclear.

Bret Stephens

The WSJ

Nov. 25, 2013

To adapt Churchill : Never in the field of global diplomacy has so much been given away by so many for so little.

Britain and France’s capitulation to Nazi Germany at Munich has long been a byword for ignominy, moral and diplomatic. Yet neither Neville Chamberlain nor Édouard Daladier had the public support or military wherewithal to stand up to Hitler in September 1938. Britain had just 384,000 men in its regular army; the first Spitfire aircraft only entered RAF service that summer. « Peace for our time » it was not, but at least appeasement bought the West a year to rearm.

The signing of the Paris Peace Accords in January 1973 was a betrayal of an embattled U.S. ally and the abandonment of an effort for which 58,000 American troops gave their lives. Yet it did end America’s participation in a peripheral war, which neither Congress nor the public could indefinitely support. « Peace with honor » it was not, as the victims of Cambodia’s Killing Fields or Vietnam’s re-education camps can attest. But, for American purposes at least, it was peace.

By contrast, the interim nuclear agreement signed in Geneva on Sunday by Iran and the six big powers has many of the flaws of Munich and Paris. But it has none of their redeeming or exculpating aspects.

Consider: Britain and France came to Munich as military weaklings. The U.S. and its allies face Iran from a position of overwhelming strength. Britain and France won time to rearm. The U.S. and its allies have given Iran more time to stockpile uranium and develop its nuclear infrastructure. Britain and France had overwhelming domestic constituencies in favor of any deal that would avoid war. The Obama administration is defying broad bipartisan majorities in both houses of Congress for the sake of a deal.

As for the Vietnam parallels, the U.S. showed military resolve in the run-up to the Paris Accords with a massive bombing and mining campaign of the North that demonstrated presidential resolve and forced Hanoi to sign the deal. The administration comes to Geneva fresh from worming its way out of its own threat to use force to punish Syria’s Bashar Assad for his use of chemical weapons against his own people.

The Nixon administration also exited Vietnam in the context of a durable opening to Beijing that helped tilt the global balance of power against Moscow. Now the U.S. is attempting a fleeting opening with Tehran at the expense of a durable alliance of values with Israel and interests with Saudi Arabia. « How to Lose Friends and Alienate People » is the title of a hilarious memoir by British author Toby Young —but it could equally be the history of Barack Obama’s foreign policy.

That’s where the differences end between Geneva and the previous accords. What they have in common is that each deal was a betrayal of small countries—Czechoslovakia, South Vietnam, Israel—that had relied on Western security guarantees. Each was a victory for the dictatorships: « No matter the world wants it or not, » Iranian President Hasan Rouhani said Sunday, « this path will, God willingly, continue to the peak that has been considered by the martyred nuclear scientists. » Each deal increased the contempt of the dictatorships for the democracies: « If ever that silly old man comes interfering here again with his umbrella, » Hitler is reported to have said of Chamberlain after Munich, « I’ll kick him downstairs and jump on his stomach. »

And each deal was a prelude to worse. After Munich came the conquest of Czechoslovakia, the Nazi-Soviet pact and World War II. After Paris came the fall of Saigon and Phnom Penh and the humiliating exit from the embassy rooftop. After Geneva there will come a new, chaotic Mideast reality in which the United States will lose leverage over enemies and friends alike.

What will that look like? Iran will gradually shake free of sanctions and glide into a zone of nuclear ambiguity that will keep its adversaries guessing until it opts to make its capabilities known. Saudi Arabia will move swiftly to acquire a nuclear deterrent from its clients in Islamabad; Saudi billionaire Prince Alwaleed bin Talal made that clear to the Journal last week when he indiscreetly discussed « the arrangement with Pakistan. » Egypt is beginning to ponder a nuclear option of its own while drawing closer to a security alliance with Russia.

As for Israel, it cannot afford to live in a neighborhood where Iran becomes nuclear, Assad remains in power, and Hezbollah—Israel’s most immediate military threat—gains strength, clout and battlefield experience. The chances that Israel will hazard a strike on Iran’s nuclear sites greatly increased since Geneva. More so the chances of another war with Hezbollah.

After World War II the U.S. created a global system of security alliances to prevent the kind of foreign policy freelancing that is again becoming rampant in the Middle East. It worked until President Obama decided in his wisdom to throw it away. If you hear echoes of the 1930s in the capitulation at Geneva, it’s because the West is being led by the same sort of men, minus the umbrellas.

Voir de même:

Hassan Rouhani: A Wolf in Sheep’s Clothing

Majid Rafizadeh

FrontPage Magazine

July 24, 2013

In the Western world, the media and political leaders have created a narrative averring that Iran’s seventh president, Hassan Rouhani, will introduce a new chapter to the Islamic Republic of Iran’s history of nuclear defiance. Meanwhile, under Ahmadinejad’s rule, Tehran will continue to spin its centrifuges in attempt to obtain nuclear weapons and arsenals until Rouhani assumes presidency. While the West and other regional countries have suspended all diplomatic initiatives, talks and pressures until Rouhani comes to power, Iranian leaders have taken advantage of this opportunity to speed up their enrichment of uranium so as to sooner reach the critical point of obtaining nuclear weapons.

The “logic” that the Obama administration and other liberal leaders are utilizing to uphold the argument that diplomatic initiatives have to wait until Rouhani comes to power is that Rouhani is a centrist, moderate, realist, and rational Iranian politician who comprehends the concerns and rules of the international community, the International Atomic Energy Agency, the United Nations, and P5+1. They argue that Rouhani will comply with rules and halt Iran’s nuclear program in several cities including Bushehr, Qum, Esfahan, Arak and Natanz.

Nevertheless, these arguments do not take into account the ideological nuances, political agenda and structure of the Iranian centrists. In addition, and more fundamentally, these arguments can easily be repudiated not only by the career, personal, ideological, and political background of Hassan Rouhani, but also by the most recent statements that Rouhani has made in Persian media and the state’s outlets.

In a recent interview, Hassan Abedini, the host of one of Iran’s state media channels, IRIB, criticized Rouhani by stating that Iran’s nuclear work had been halted as a result of the negotiations that Rouhani took part in when he was chief nuclear negotiator. Rouhani then immediately interrupted Abedini by exclaiming, “What you said is a lie. You know it’s a lie. This statement is what ignorant people say; you are taught in this….Maybe the person speaking to you in your earpiece doesn’t know, but you know.” After the television host pressured Rouhani further, Rouhani said “We suspended the [nuclear] program? We completed the [nuclear] program. This is unethical act of the IRIB [channel] that has permeated into you. And the person who is talking with you into your earpiece, this unethical act has permeated into him, as well.”

In this interview, Rouhani supported the position that although the West and international community believe that Iran was halting its nuclear program, Rouhani – as the chief nuclear negotiator – was in fact completing it. In addition, at the Supreme Cultural Revolution Council, Rouhani further clarified, “While we were talking with the Europeans in Tehran, we were [simultaneously] installing equipment in parts of the [nuclear] facility in Isfahan, but we still had a long way to go to accomplish the project. In fact, by creating a tranquil environment, we were able to finish the work in Isfahan.”

Furthermore, after Rouhani was elected as the Iran’s seventh president, he publicly declared that the United States must recognize Iran’s nuclear rights and pledge not to interfere in its internal and domestic affairs. Additionally, in his press conference, the president-elect clearly stated, “The era of [enrichment] suspension is gone.”

The critical fact remains that although on one hand the Iranian centrists support using softer and more diplomatic tones on regional and international platforms, on the other hand, they also strongly insist on preserving Tehran’s current political status quo, foreign policy objectives, and continued assistance towards the survival of the Shiite cleric-ruled regime. While Rouhani is nicknamed the diplomatic sheikh and while he calls for employing less hostile language when dealing with the West, it is nevertheless unrealistic to argue that Rouhani will alter Tehran’s nuclear program and foreign policies or challenge the Supreme Leader.

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, whose country would be the most affected if Iran obtained nuclear weapons, responded to Rouhani’s remarks about the era of nuclear suspension being gone. In an interview with CBS News, Netanyahu accurately characterized the political ideology of Rouhani and Iran’s centrist political spectrum by stating, “He [Rouhani] is criticizing his predecessor for being a wolf in wolf’s clothing. His strategy is to be a wolf in a sheep’s clothing. Smile and build a bomb.” Netanyahu also stated previously, “Let us not delude ourselves. The international community must not become caught up in wishful thinking and be tempted to relax the pressure on Iran to stop its nuclear program.”

Hassan Rouhani and the centrist party are the founders and beneficiaries of the theocratic political system of Iran’s Ayatollahs. It would be irrational to argue that Rouhani will stand against the current system, which he assisted in creating, and it is illogical to believe that he will risk his power and accumulated wealth by halting the centrifuges from spinning. Rouhani was the chief advisor of the Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei, as well as the head of Iran’s National Security Council. It is thus inevitable that Rouhani will avoid challenging the Supreme Leader so as to preserve all the benefits and powers he has accumulated.

In a very Machiavellian-like approach, the Islamic Republic of Iran will continue spinning its centrifuges under the rule of Rouhani, but in the meanwhile will use a much softer tone when interacting with the international community. This shrewdness will allow Iran to buy time, manipulate the international community, take advantage of the International Atomic Energy Agency’s loopholes, delude the rest of world and ultimately reach their nuclear and hegemonic ambitions.

Voir de plus:

Rohani, bilan d’une modération de façade en Iran

National Council of Resistance of Iran

12 Oct 2013

CNRI – Voilà près de 100 jours que Hassan Rohani a pris ses fonctions de nouveau président du régime iranien. Les médias font une grande place à l’offensive du lobby des mollahs pour donner à la dictature religieuse un vernir de modération via l’image de Rohani, un homme du sérail depuis 30 ans. Le but étant uniquement de desserrer l’étau des sanctions internationales qui l’étranglent. Cependant, on peut déjà se faire une idée de sa véritable identité à travers son bilan.

Avant son accession à la présidence

Hassan Rohani se vantait d’avoir réussi à tromper les Occidentaux dans les négociations sur le nucléaire. Voici son intervention, le 3 novembre 2003, au Conseil suprême de la Révolution culturelle, paru en septembre 2005 dans le semestriel RAHBORD, une publication du Centre de Recherche stratégique du Conseil de Discernement de l’État :

« Durant l’été 2002, des clameurs se sont levées dans les médias occidentaux affirmant que l’Iran s’emploie à construire une bombe atomique (…) Quand nous avons invité les trois ministres (des Affaires étrangères européennes) nous cherchions à savoir comment nous pourrions donner une vue d’ensemble du programme nucléaire et de nos précédentes activités, tout en évitant d’être renvoyés devant le Conseil de sécurité. Si nous avions refusé de déclarer nos activités passées, cela aurait signifié pour l’agence (AIEA) que nous n’avions pas l’intention de coopérer. Car la plupart des activités menées à l’insu de l’agence, lui avait été communiquées par les pays avec lesquels nous avions traité (…) Avec les renseignements venus de la Libye, ils se sont rendus compte que nous avions pu obtenir des choses de notre négociant sans les déclarer. En effet, nous avions déclaré les équipements reçus du négociant, à une exception : la (centrifugeuse) P2 (…)

«Graduellement, les Européens ont conclu que nous n’avions pas accepté la suspension dans les domaines où nous avions des difficultés technologiques, et que la suspension (de l’enrichissement) s’appliquait seulement aux cas où nous n’avions pas de difficultés techniques. C’est une question qu’ils ont soulevée récemment dans les négociations. Ainsi, s’agissant de l’U.C.F et de l’usine d’Ispahan qui transforme le yelow cake en du UF4 et UF6, nous avons réussi à le terminer pendant la période de la suspension. À l’époque, pendant que nous étions en train de discuter avec les Européens à Téhéran, nous installions des équipements dans certaines parties (de l’usine) d’Ispahan, et le projet était sur le point d’être complété. En réalité, c’est en créant un climat de sérénité, que nous avons pu achever Ispahan. Dieu soit loué, Ispahan a été complété et nous pouvons transformer le yellow cake en du UF4 et UF6, et c’est très important (…) Nous avions certaines choses et nous pensions que personne n’en était informé. Mais ces mêmes choses que nous avions dissimulées, avaient malheureusement été publiées dans le passé dans des thèses de doctorat et des articles scientifiques (iraniens). En outre, d’autres faits avaient été communiqués par la Chine et la Russie à l’Agence.»

Discours d’Hassan Rohani, premier vice-président du parlement, dans un rassemblement de la milice du Bassidj, publié le 17 mai 1995 par le quotidien officiel Etela’at:

« Si certains endiablés venaient dire jusqu’à récemment à nos chers jeunes gens que l’antiaméricanisme de la révolution s’est édulcorée, aujourd’hui cependant, il est avéré à la face du monde que ces paroles sont erronées et infondées. Notre système, notre gouvernement, notre parlement, nos responsables, et à leur tête notre vénérable Guide suprême, à l’instar de l’imam (Khomeiny), sont tous des antiaméricains convaincus. Aujourd’hui l’admirable slogan de « mort à l’Amérique » est de plus en plus une source d’unité dans notre pays. Aujourd’hui le slogan « mort à l’Amérique » a fait que notre cheminement est plus clair, plus transparent et plus défini que jamais.» https://khodnevis.org/article/52750#.Uk1VB4bwZpw

Après son arrivée à la présidence

Sur le programme atomique :

« Accepter le droit naturel, légal et inaliénable de l’Iran, comme l’ordonne avec sagesse le guide suprême, est le moyen le plus simple de résoudre le dossier nucléaire atomique. »

« La technologie nucléaire, notamment l’enrichissement de l’uranium, est parvenue au stade de production à grande échelle. Imaginer qu’en faisant obstruction au programme atomique de l’Iran par le biais de pressions illégales, on peut garantir que le programme est pacifique, relève de la fiction totale. »

Discours à l’Assemblée générale de l’ONU, New York, 24 septembre 2013.

– Selon l’AIEA : les réserves d’uranium enrichi à 20% en Iran au mois de février avaient augmenté de 9 %

20 aout 2013, agence Reuters

– 28 aout : Dans son rapport trimestriel, l’AIEA a annoncé : en installant des centaines d’autres centrifugeuses, l’Iran a augmenté sa capacité à enrichir l’uranium. Ces centrifugeuses, qui sont d’un modèle plus avancé (IR-2), se trouvent dans le site nucléaire de Natanz, dans la province d’Ispahan. Le rapport ajoute : l’Iran a aussi commencé la production de combustible pour le réacteur d’eau lourde.

Rapport de l’AEIA, 28 aout

– Dans la visite que nous avons effectuée aujourd’hui au site de Fordo (…) les activités de ce site se poursuivent sans la moindre faille et l’enrichissement se fait à 20%. »

1 octobre, agences de presse officielles iraniennes

Sur les missiles balistiques :

Dans un défilé militaire en Iran en présence de Rohani, « les forces armée iraniennes ont présenté 30 missiles balistique de type Sejil et Ghadr d’une portée annoncée de 2000 km ».

AFP – 22 septembre 2013

Sur Israël :

« Le régime sioniste est depuis des années une plaie sur le corps monde musulman et il faut se débarrasser de cette plaie. » Quelques heures plus tard, la phrase a été corrigée de la manière suivante : « Dans notre région, dans l’ombre occupée du territoire palestinien et de notre chère Qods (Jérusalem), une plaie a été infligée au corps du monde musulman et cela nous rappelle que le peuple musulman n’oubliera pas son droit historique et résistera à l’oppression et à l’agression. »

3 aout 2013 – Discours à la manifestation annuel contre Israël du nom de « Journée Qods »

http://www.president.ir/fa/70000

Sur la Corée du Nord :

« L’Iran et la Corée du nord ont toujours entretenu de bonnes relations et il est certain que le niveau de relation de ces deux pays se développera dans le 11e gouvernement (…) Les relations de la république islamique d’Iran et de la Corée du Nord au fil des ans ont toujours été bonnes et en plein développement. Je suis certain que les relations entre les deux pays vont se poursuivre avec le 11e gouvernement et continueront de se développer plus qu’auparavant. »

3 aout 2013 – Dans une rencontre avec le président nord coréen

http://www.president.ir/fa/70017

Sur la Syrie :

« La république islamique d’Iran est préoccupée par la présence de terroristes et les ingérences étrangères en Syrie et le condamne. » « Le président de la république, adressant ses remerciements pour le message de Bachar Assad, le président syrien, a mis l’accent sur le développement des relations entre les deux pays dans divers domaines. »

4 aout 2013 – Rencontre avec le premier ministre syrien

http://www.president.ir/fa/70427

Sur le guide suprême et la constitution de la dictature religieuse :

« Nous sommes fiers de tous nous trouver en république islamique dont le pilier centrale est le guide suprême. »

19 aout 2013, lors de la présentation du ministre de l’Intérieur

http://www.president.ir/fa/70641

« La constitution est extrêmement progressiste et dynamique, le principe de la constitution peut parfaitement satisfaire les droits civils de la population. »

6 aout 2013, lors de sa première conférence de presse.

http://www.president.ir/fa/70470

Sur la situation économique :

« Deux années consécutives, la croissance économique du pays s’est révélée négative. C’est la première fois qu’après la guerre imposée [contre l’Irak], notre croissance économique est négative. C’est la première fois qu’à côté de la croissance négative, le pays connait une inflation extrêmement élevée, la plus haute inflation de la région, voire du monde. Le pays connait une inflation de 42%, le pays connait le chômage (…) Regardez les chiffres : de 2006 à 2011, quel est le nombre d’emplois ? 14.000 personnes par an ? C’est le nombre d’emplois de ces dernières années dans notre pays. »

3 aout 2013, dans une réunion avec les députés au Majlis.

http://www.president.ir/fa/70004

« La situation actuelle du pays dans tous les domaines est difficile et complexe. Dans le domaine économique, le pays connait une inflation élevée, un taux d’investissements réduit, une réduction des entreprises de production, et beaucoup de liquidités, en autres problèmes économiques.

« Dans le domaine de la politique étrangère, nous sommes confrontés aux sanctions qui nous oppriment, aux défis régionaux et aux tensions politiques aigues au Moyen-Orient. »

15 aout 2013, discours de clôture en défense des ministres présentés au parlement.

http://www.president.ir/fa/70547

Un dossier sur Hassan Rohani

Rohani au pouvoir en Iran quelles sont les conséquences

Voir enfin:

Iran Strongly Rejects Text of Geneva Agreement Released by White House

FARS

Nov 26, 2013

TEHRAN (FNA)- The Iranian Foreign Ministry on Tuesday called invalid a press release by the White House alleged to be the text of the nuclear agreement struck by Iran and the Group 5+1 (the US, Russia, China, Britain and France plus Germany) in Geneva on Sunday.

“What has been released by the website of the White House as a fact sheet is a one-sided interpretation of the agreed text in Geneva and some of the explanations and words in the sheet contradict the text of the Joint Plan of Action (the title of the Iran-powers deal), and this fact sheet has unfortunately been translated and released in the name of the Geneva agreement by certain media, which is not true,” Foreign Ministry Spokeswoman Marziyeh Afkham said on Tuesday.

She said that the four-page text under the name of the Joint Plan of Action (which has been released by the Iranian foreign ministry) was the result of the agreement reached during the Geneva talks and all of its sentences and words were chosen based on the considerations of all parties to the talks. In fact one of the reasons why negotiations between Iran and the G5+1 took so long pertained to the accuracy which was needed for choosing the words for the text of the agreement, Afkham said, explaining that the Iranian delegation was much rigid and laid much emphasis on the need for this accuracy.

Afkham said that the text of the Joint Plan of Action was provided to the media a few hours after the two sides agreed on it.

After the White House released a modified version of the deal struck by Iran and the six world powers in Geneva early Sunday morning, the Iranian Foreign Ministry released the text of the agreement.

The full text of the deal is as follows:

Geneva, 24 November 2013

Joint Plan of Action

Preamble

The goal for these negotiations is to reach a mutually-agreed long-term comprehensive solution that would ensure Iran’s nuclear programme will be exclusively peaceful. Iran reaffirms that under no circumstances will Iran ever seek or develop any nuclear weapons. This comprehensive solution would build on these initial measures and result in a final step for a period to be agreed upon and the resolution of concerns. This comprehensive solution would enable Iran to fully enjoy its right to nuclear energy for peaceful purposes under the relevant articles of the NPT in conformity with its obligations therein. This comprehensive solution would involve a mutually defined enrichment programme with practical limits and transparency measures to ensure the peaceful nature of the programme. This comprehensive solution would constitute an integrated whole where nothing is agreed until everything is agreed. This comprehensive solution would involve a reciprocal, step-bystep process, and would produce the comprehensive lifting of all UN Security Council sanctions, as well as multilateral and national sanctions related to Iran’s nuclear programme.

There would be additional steps in between the initial measures and the final step, including, among other things, addressing the UN Security Council resolutions, with a view toward bringing to a satisfactory conclusion the UN Security Council’s consideration of this matter. The E3+3 and Iran will be responsible for conclusion and implementation of mutual near-term measures and the comprehensive solution in good faith. A Joint Commission of E3/EU+3 and Iran will be established to monitor the implementation of the near-term measures and address issues that may arise, with the IAEA responsible for verification of nuclear-related measures. The Joint Commission will work with the IAEA to facilitate resolution of past and present issues of concern.

Elements of a first step The first step would be time-bound, with a duration of 6 months, and renewable by mutual consent, during which all parties will work to maintain a constructive atmosphere for negotiations in good faith. Iran would undertake the following voluntary measures:

• From the existing uranium enriched to 20%, retain half as working stock of 20% oxide for fabrication of fuel for the TRR. Dilute the remaining 20% UF6 to no more than 5%. No reconversion line.

• Iran announces that it will not enrich uranium over 5% for the duration of the 6 months.

• Iran announces that it will not make any further advances of its activities at the Natanz Fuel Enrichment Plant1, Fordow2, or the Arak reactor3, designated by the IAEA as IR-40.

• Beginning when the line for conversion of UF6 enriched up to 5% to UO2 is ready, Iran has decided to convert to oxide UF6 newly enriched up to 5% during the 6 month period, as provided in the operational schedule of the conversion plant declared to the IAEA.

• No new locations for the enrichment.

• Iran will continue its safeguarded R&D practices, including its current enrichment R&D practices, which are not designed for accumulation of the enriched uranium.

• No reprocessing or construction of a facility capable of reprocessing.

• Enhanced monitoring:

o Provision of specified information to the IAEA, including information on Iran’s plans for nuclear facilities, a description of each building on each nuclear site, a description of the scale of operations for each location engaged in specified nuclear activities, information on uranium mines and mills, and information on source material. This information would be provided within three months of the adoption of these measures.

o Submission of an updated DIQ for the reactor at Arak, designated by the IAEA as the IR-40, to the IAEA.

o Steps to agree with the IAEA on conclusion of the Safeguards Approach for the reactor at Arak, designated by the IAEA as the IR-40.

o Daily IAEA inspector access when inspectors are not present for the purpose of Design Information Verification, Interim Inventory Verification, Physical Inventory Verification, and unannounced inspections, for the purpose of access to offline surveillance records, at Fordow and Natanz.

o IAEA inspector managed access to:

centrifuge assembly workshops4;

centrifuge rotor production workshops and storage facilities; and, uranium mines and mills.

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Footnotes:

1 Namely, during the 6 months, Iran will not feed UF6 into the centrifuges installed but not enriching uranium. Not install additional centrifuges. Iran announces that during the first 6 months, it will replace existing centrifuges with centrifuges of the same type.

2 At Fordow, no further enrichment over 5% at 4 cascades now enriching uranium, and not increase enrichment capacity. Not

feed UF6 into the other 12 cascades, which would remain in a non-operative state. No interconnections between cascades.

Iran announces that during the first 6 months, it will replace existing centrifuges with centrifuges of the same type.

3 Iran announces on concerns related to the construction of the reactor at Arak that for 6 months it will not commission the reactor or transfer fuel or heavy water to the reactor site and will not test additional fuel or produce more fuel for the reactor or install remaining components.

4 Consistent with its plans, Iran’s centrifuge production during the 6 months will be dedicated to replace damaged machines.

In return, the E3/EU+3 would undertake the following voluntary measures:

• Pause efforts to further reduce Iran’s crude oil sales, enabling Iran’s current customers to purchase their current average amounts of crude oil. Enable the repatriation of an agreed amount of revenue held abroad. For such oil sales, suspend the EU and U.S. sanctions on associated insurance and transportation services.

• Suspend U.S. and EU sanctions on:

o Iran’s petrochemical exports, as well as sanctions on associated services.5 o Gold and precious metals, as well as sanctions on associated services.

• Suspend U.S. sanctions on Iran’s auto industry, as well as sanctions on associated services.

• License the supply and installation in Iran of spare parts for safety of flight for Iranian civil aviation and associated services. License safety related inspections and repairs in Iran as well as associated services.6

• No new nuclear-related UN Security Council sanctions.

• No new EU nuclear-related sanctions.

• The U.S. Administration, acting consistent with the respective roles of the President and the

Congress, will refrain from imposing new nuclear-related sanctions.

• Establish a financial channel to facilitate humanitarian trade for Iran’s domestic needs using Iranian oil revenues held abroad. Humanitarian trade would be defined as transactions involving food and agricultural products, medicine, medical devices, and medical expenses incurred abroad. This channel would involve specified foreign banks and non-designated Iranian banks to be defined when establishing the channel.

o This channel could also enable:

transactions required to pay Iran’s UN obligations; and, direct tuition payments to universities and colleges for Iranian students studying abroad, up to an agreed amount for the six month period.

• Increase the EU authorisation thresholds for transactions for non-sanctioned trade to an agreed amount.

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Footnotes

5 « Sanctions on associated services » means any service, such as insurance, transportation, or financial, subject to the underlying U.S. or EU sanctions applicable, insofar as each service is related to the underlying sanction and required to facilitate the desired transactions. These services could involve any non-designated Iranian entities.

6 Sanctions relief could involve any non-designated Iranian airlines as well as Iran Air.

Elements of the final step of a comprehensive solution*

The final step of a comprehensive solution, which the parties aim to conclude negotiating and commence implementing no more than one year after the adoption of this document, would:

• Have a specified long-term duration to be agreed upon.

• Reflect the rights and obligations of parties to the NPT and IAEA Safeguards Agreements.

• Comprehensively lift UN Security Council, multilateral and national nuclear-related sanctions, including steps on access in areas of trade, technology, finance, and energy, on a schedule to be agreed upon.

• Involve a mutually defined enrichment programme with mutually agreed parameters consistent with practical needs, with agreed limits on scope and level of enrichment activities, capacity, where it is carried out, and stocks of enriched uranium, for a period to be agreed upon.

• Fully resolve concerns related to the reactor at Arak, designated by the IAEA as the IR-40.

No reprocessing or construction of a facility capable of reprocessing.

• Fully implement the agreed transparency measures and enhanced monitoring. Ratify and implement the Additional Protocol, consistent with the respective roles of the President and the Majlis (Iranian parliament).

• Include international civil nuclear cooperation, including among others, on acquiring modern light water power and research reactors and associated equipment, and the supply of modern nuclear fuel as well as agreed R&D practices.

Following successful implementation of the final step of the comprehensive solution for its full duration, the Iranian nuclear programme will be treated in the same manner as that of any non-nuclear weapon state party to the NPT.

* With respect to the final step and any steps in between, the standard principle that « nothing is agreed until everything is agreed » applies.


Théorie du genre: Cherchez l’homme (Back when little boys wore dresses – one is not born, but rather becomes, a man)

21 novembre, 2013
https://i2.wp.com/images.metmuseum.org/CRDImages/ep/original/DT49.jpghttps://i1.wp.com/histclo.com/imagef/date/2009/03/1boylot1a.JPGhttps://i2.wp.com/histclo.com/imagef/style/skirted/dress/ds04sh.jpghttps://i2.wp.com/histclo.com/imagef/fc/imageda/ido-02s.jpghttps://i2.wp.com/histclo.com/imagef/style/9s.jpghttps://i1.wp.com/i.dailymail.co.uk/i/pix/2013/06/08/article-2337814-1A353811000005DC-112_634x918.jpghttps://i0.wp.com/fr.web.img3.acsta.net/medias/nmedia/18/69/05/89/19055076.jpgInévitablement, nous considérons la société comme un lieu de conspiration qui engloutit le frère que beaucoup d’entre nous ont des raisons de respecter dans la vie privée, et qui impose à sa place un mâle monstrueux, à la voix tonitruante, au poing dur, qui, d’une façon puérile, inscrit dans le sol des signes à la craie, ces lignes de démarcation mystiques entre lesquelles sont fixés, rigides, séparés, artificiels, les êtres humains. Ces lieux où, paré d’or et de pourpre, décoré de plumes comme un sauvage, il poursuit ses rites mystiques et jouit des plaisirs suspects du pouvoir et de la domination, tandis que nous, »ses« femmes, nous sommes enfermées dans la maison de famille sans qu’il nous soit permis de participer à aucune des nombreuses sociétés dont est composée sa société. Virginia Woolf (1938)
Plus les femmes deviennent fortes, plus les hommes aiment le football. Mariah Burton Nelson (1994)
Le privilège masculin est aussi un piège et il trouve sa contrepartie  dans la tension et la contention permanentes, parfois poussées jusqu’à l’absurde, qu’impose à chaque homme le devoir d’affirmer en toute circonstance sa virilité. (…) Tout concourt ainsi à faire de l’idéal impossible de virilité le principe d’une immense vulnérabilité. C’est elle qui conduit, paradoxalement, à l’investissement, parfois forcené, dans tous les jeux de violence masculins, tels dans nos sociétés les sports, et tout spécialement ceux qui sont les mieux faits pour produire les signes visibles de la masculinité, et pour manifester et aussi éprouver les qualités dites viriles, comme les sports de combat. Pierre Bourdieu (1998)
La jupe a existé bien avant l’invention, au XIe siècle, du mot arabe «djoubba» qui désigne une sorte de robe que le prophète a portée. Selon les régions, elle était revêtue par les hommes ou par les femmes. Mais cela fait maintenant des siècles qu’en France, elle symbolise le genre féminin. (…) La Bible interdit (Deuteronome) aux femmes de s’habiller en homme et aux hommes de s’habiller en femme. En France, l’Eglise catholique s’est chargée de faire respecter cette loi morale. Jusque dans les années 60, un prêtre pouvait refuser la communion à une femme en pantalon. Les pouvoirs publics aussi, ont repris cette interdiction. Ainsi, en 1800, une ordonnance de la préfecture de police de Paris interdit aux femmes de s’habiller en homme (elle n’est d’ailleurs toujours pas abrogée). Dans la volonté de différencier les sexes par le vêtement, il y a aussi une volonté d’introduire une hiérarchie. La mode féminine a longtemps créé à l’évidence des entraves au mouvement. Et si les cols durs n’étaient sans doute pas très agréables à porter, les hommes ont toujours porté des vêtements plus pratiques. Bref, le sexe dominant s’est octroyé des vêtements plus faciles à porter. Comme le pantalon qui symbolise le pouvoir. Ce n’est pas un hasard, si on dit porter la culotte… La jupe, elle, a été valorisée sur le plan esthétique, érotique. La jupe masque, elle cache le sexe des femmes, a-t-on dit. Mais contrairement au pantalon, fermé et protecteur, c’est un vêtement ouvert, très ouvert, d’autant que pendant longtemps, les femmes n’ont pas porté de sous-vêtements fermés dessous, mais des jupons superposés. Les culottes étaient soit inexistantes soit largement fendues. La norme était l’ouverture totale. Symboliquement, on peut y voir l’accessibilité au sexe féminin. C’est seulement au début du XXe siècle que le sous-vêtement fermé se répand… (…) il faut attendre la Belle Epoque pour qu’il soit vraiment question de réformer le costume féminin. Jupe ou pantalon, c’est grâce à des féministes comme Madeleine Pelletier (1874-1939) qu’on peut se poser cette question futile le matin. On peut également citer Hubertine Auclert (1848-1914), la première suffragette française, qui défend la Ligue des robes courtes (en fait des robes qui ne traînent pas sur le sol). L’incendie du Bazar de la Charité en 1897 a marqué les esprits. Sur les 116 victimes identifiées, 110 étaient de sexe féminin. Cet événement a lancé des réflexions sur la nature contraignante du vêtement féminin. Pour les féministes les plus radicales, c’est même devenu un argument en faveur du port du pantalon, qui a aidé les hommes à fuir plus rapidement. Enfin, un mouvement hygiéniste a également poussé, dès la fin du XIXe siècle, à réformer la garde-robe des femmes, en s’élevant contre la jupe, le corset, les talons hauts… (…) La peur de l’indifférenciation des sexes freine les progrès. Il n’y a guère eu que la percée de la culotte de zouave pour monter à bicyclette et l’invention de la jupe-culotte également réservée aux activités sportives. (…)  Tout ce qui fait reculer la pudeur, qui a servi au contrôle des femmes, est un signe d’émancipation. L’ourlet est vraiment raccourci pendant les Années folles (au genou en 1925). Plus tard, sous Vichy, on se souviendra de cette garçonne, personnification de la «décadence» qui a conduit à la défaite. Les années 50 continuent d’ailleurs de régler son compte à ce modèle de femme masculinisée. Dior parlera d’ailleurs de «reféminiser» la femme… (…) Il a toujours été plus facile de montrer sa poitrine que ses jambes et ce, dès le Moyen Age et ses nudités de gorge… Mais les jeunes femmes se libèrent aussi en portant des pantalons dont le triomphe coïncide avec celui de la minijupe. On en a déjà vu à la plage dans les années 20, mais il a vraiment cessé d’être un symbole de masculinité dans les années 60. Au fond, ce que souhaitent les femmes c’est s’habiller comme elles veulent. En jupe ou en pantalon. Ce n’est pas toujours possible aujourd’hui encore dans certaines professions. Les hôtesses de l’air d’Air France, qui réclamaient le droit au pantalon depuis 1968, ont dû attendre 2005, au motif qu’elles portaient l’image de la France. Comme si la jupe était une part de la francité… (…) le droit du travail (article L.120-2) permet [d’imposer la jupe] à condition que l’employeur en justifie clairement les raisons. Typiquement, sont concernés les métiers où les femmes sont en contact avec le public, comme les vendeuses. Et de façon plus générale, toutes ces entreprises qui, à la manière américaine, donnent à leurs salariées une tenue modèle, pour créer une certaine image de leur boîte. C’est la tendance actuelle. Et l’on peut s’attendre à un regain de pression sociale pour imposer la jupe.(…) Jusqu’en 1980, les députées n’étaient pas admises en pantalon à l’Assemblée nationale. C’était du moins l’usage que faisaient scrupuleusement respecter les huissiers. Cette année-là, la députée communiste Chantal Leblanc, refoulée à cause de son pantalon, proteste et obtient gain de cause. Des années plus tard, si l’on regarde la photo du gouvernement en 2007, les ministres sont presque toutes en pantalon. Cela contraste avec l’ultraféminité de Ségolène Royal, qui joue la différence. En gros, alors que les autres cherchent à neutraliser leur genre, et à déjouer la sexualisation, elle joue la carte de la féminité, et c’est risqué… (…) c’est parfois un acte militant, une manière de défendre un «droit à la féminité» alors que dans le même temps l’association s’est prononcée contre le port du voile. Une position qui a d’ailleurs été mal comprise par les jeunes, qui sont plutôt en faveur de l’absence d’interdits vestimentaires. En tout cas, il faut bien reconnaître qu’à partir des années 2000, les jeunes filles ont renoncé à la jupe dans les collèges. Et pas seulement dans les cités. En gros, la jupe est devenue un danger, un signe de disponibilité sexuelle, avec une équation jupe = pute. Comme si la féminité était une provocation sexuelle permanente. Au fond, comme si les filles devaient faire oublier qu’elles sont des filles. Ainsi s’est créée «la journée de la jupe et du respect» à l’initiative d’une association rennaise en 2006 qui, au lycée d’Etrelles, ne fait pas l’éloge de la jupe, mais en profite pour parler de sexualité, de violence entre filles et garçons… Christine Bard
Breeching was the occasion when a small boy was first dressed in breeches or trousers. From the mid-16th century until the late 19th or early 20th century, young boys in the Western world were unbreeched and wore gowns or dresses until an age that varied between two and eight. Breeching was an important rite of passage in the life of a boy, looked forward to with much excitement. It often marked the point at which the father became more involved with the raising of a boy. Wikipedia

On ne nait pas homme, on le devient.

A l’heure où après nous avoir imposés le mensonge du mariage pour tous…

Nos croisés du genre tentent de déboussoler nos enfants …

Rappel avec ce tableau de Renoir …

Où conformément à la coutume de l’époque …

Avant le véritable rite de passage de l’accès à la culotte (courte) …

Le fils de trois ans de la femme de l’éditeur Charpentier…

Pose, habillée à l’identique de sa petite soeur, aux côtés de leur mère …

Why Did Mothers Outfit Boys in Dresses?

Thousands of photographs from the mid- and late-19th century show boys wearing dresses and this does not even count the images of boys with long hair who are commonly seen as girls in these old images. This of course was done by doting mothers as they were the ones caring for small children. It was done across class barriers for centuries. This was not an exclusively Victorian custom, rather, it was the norm in European cultures for centuries and it continued to the turn-of-the 20th century.

We think that the development is associated with the development of pants/trousers. Throughout the medieval period men and women dressed similarly in long skirted garments, often referred to as gowns. This can be seen clearly in period paintings. Women’s dresses were somewhat different, but the basic garments were quite similar. Younger boys simply continued the long established practice of wearing skirted garments. So actually the question should be, why did men stop wearing skirted garments or gowns. Male fashion began to change in the Renaissance when younger men began wearing tunics with long hose rather like tights. These long hose gradually evolved into pantaloons or modern trousers. It is at this point that boys and men’s clothing diverged. Young children in the care of women continued to be dressed alike. It is not clear why young boys continued to be dressed like girls. It may be that mothers who were the parent caring for younger children saw no need to make this change. Here they may have been sociological factors. Women may not have seen the need for dressing boys as men or thought it very important. There may have been practical reasons such as toilet training which would have been more difficult for little boys wearing hose/tights and pantaloons/trousers. We have not yet found any written work addressing this question.

Boys continued to wear dresses through most of the 19th century. We only see the popularity of this fashion waning after about 1895 and by about 1905 it was no longer a major fashion convention. It did not entirely disappear and we continue to see a few boys in dresses until after World War I. After the War, however, it became the exception rather than the rule. Only infants wore dresses. The Sears Catalog used to sell complete baby layettes suitable for either sex, complete with frilly dresses, into the 1940s.

Why did the centuries-long convention largely disappear within the space of only about a decade? This is another issue that we have not see addressed in other sources. Here we can only speculate at this time. It may relate to changing attitudes toward childhood. Children were regarded as asexual beings until Freud’s work in the late-19th century. We are not sure, however, to what degree this had penetrated the popular mind. Freud’s work, however, was affecting professional thought. Another factor is public education. Younger children were no longer closeted within the family, most boys began school at age 6 years. They could not wear dresses to school. And their little brothers would not be happy wearing dresses. Modern media exploded at the turn-of-the century. Newspapers and magazines could print photographs for the first time. Movies began to become popular. This meant that popular fashion became increasingly pronounced, leaving less latitude to the doting mother. The development of rubber training pants may have been an important factor. One researcher suggests that the earlier Little Lord Fauntleroy craze was a factor. Mothers rushed to breech their boys so they could wear Fauntleroy suits. And perhaps those grown up boys remembering the indignities of the Fauntleroy suit, involved themselves in how their younger sons were dressed to a greater degree than their fathers. A reader writes, « Some people at the time, most prominently President Teddy Roosevelt, were stressing that boys had to be « real boys ». The word « sissy » then began to be used more frequently. People become more gender conscious, promoted by advertising companies. As I said in an earlier e-mail, did the people want gender differentiated garments/shoes, or was it the companies’ profit motives? »

Voir aussi:

L’Ecole, les filles, les garçons et la construction des stéréotypes

France Culture

17.11.2012

Père : « le mari de la maman, sans lui la maman ne pourrait pas avoir d’enfants. C’est le chef de famille parce qu’il protège ses enfants et sa femme. »

Le dictionnaire des écoliers regroupe des définitions rédigées par des élèves de la maternelle au CM2 avec leur professeur. L’ensemble est regroupé, publié sous l’égide du Ministère de l’Education Nationale et était disponible, jusqu’à la semaine dernière sur le site du Centre national de la pédagogie, le CNDP.

Sans doute cette définition n’avait-elle pas été suffisamment travaillée. Restée deux ans sur le site, elle n’aura pas résistée à la vindicte des féministes sur les réseaux sociaux. Elle révèle surtout un sexisme naïf et sans fard, en l’occurrence celui de bien des enfants.

Nous allons voir aujourd’hui quels sont les stéréotypes sexués propres à l’école, comment ils persistent, comment ils jouent sur le climat scolaire et les parcours des élèves et, puisque Vincent Peillon vient de lancer un groupe de travail pour « éduquer à la sexualité et lutter contre les préjugés sexistes », nous allons examiner quelques pistes de réflexions sur le sujet avec nos invités qui ont chacun travaillé sur ces questions.

Trois invités aujourd’hui dans « Rue des Ecoles » pour nous éclairer sur la Construction des stéréotypes et les problèmes de « genre » à l’ecole :

– Françoise Vouillot, Maître de Conférences en Psychologie et Directrice adjointe de l’INETOP-CNAM. Elle a co- dirigé une étude intitulée Orientation scolaire et discrimination – Quand les différences de sexe masquent les inégalités (Documentation Française, Mai 2011). Elle participe d’autre part à l’Atelier de réflexion lancé le 12 novembre 2012 par le Laboratoire de l’Egalité sur l’education.

– Sylvie Ayral, Docteur en Sciences Sociales à l’Université de Bordeaux, membre de l’observatoire international de la Violence à l’Ecole, ancienne institutrice en milieu rural, elle est l’auteur d’un essai : La fabrique des garçons, sanctions et genre au collège – préface de jack Lang – Post-face de Daniel Welzer-Lang (editions Puf / le Monde Editions, mars 2011).

Elle est en duplex depuis Bordeaux où elle enseigne.

– Georges Sideris, Historien, Maître de conférences en Histoire ancienne et médiévale, il enseigne à l’IUFM de la Sorbonne Paris IV pour la formation des enseignants sur les stéréotypes et le genre à l’école. Il anime ce séminaire sur le questionnement des stéréotypes de genre Filles / Garçons à l’Ecole.

Madame Georges Charpentier (née Marguerite–Louise Lemonnier, 1848–1904) and Her Children, Georgette–Berthe (1872–1945) and Paul–Émile–Charles (1875–1895), 1878

Auguste Renoir (French, 1841–1919)

Voir également:

Histoire de couleurs
Quand les garçons portaient du rose et les filles du bleu…
L’historienne américaine Jo B. Paoletti rappelle dans un livre à paraître que petites filles et petits garçons portaient les mêmes vêtements il y a quelques dizaines d’années.
Atlantico
8 Juin 2013

Bleu pour les garçons, rose pour les filles. Si les féministes dénoncent régulièrement ce code de couleurs, il est pourtant généralement appliqué par les parents. Mais cela n’a pas toujours été le cas. C’est en tout cas ce que compte montrer Jo B. Paoletti, une historienne de l’Université du Maryland aux Etats-Unis, dans son livre à paraître cette année sur les vêtements des enfants « Pink and Blue : Telling the Girls from the Boys in America » (« Rose et Bleu : Différencier les filles des garçons aux Etats-Unis »).

Dans un entretien donné au Smithsonian Magazine, la chercheuse explique que les vêtements des enfants n’ont commencé à changer et devenir spécifique à un sexe qu’à partir des années 1940. Les vêtements unisexes étaient autrefois la norme : les garçons portaient en effet les mêmes robes blanches que les petites filles jusqu’à l’âge de 6 ans.

Paoletti explique ainsi que « ce qui était autrefois une question pratique – habiller son bébé d’une robe blanche et de couches ; le coton blanc peut être blanchi – est devenu un problème de ‘Oh mon dieu, si mon bébé porte la mauvaise couleur, il grandira perverti ».

Alors que les couleurs comme le rose et le bleu ont été introduites dans la garde-robe des bébés au milieu du 19è siècle, il a fallu attendre la Première Guerre mondiale pour qu’elles acquièrent une spécificité à un sexe.

Des changements qui auraient très bien pu arriver de façon complètement différente selon la chercheuse qui assure que le bleu aurait très bien pu être identifié aux filles et le rose aux garçons. Un article publié en 1918 dans Eamshaw’s Infants’ Department assure d’ailleurs que le rose est plus une couleur de garçon puisqu’elle est plus ‘forte’ que le bleu, bien plus délicat.

Le bleu et le rose sont donc respectivement devenus la norme pour les garçons et les filles en 1940 avec l’explosion des détaillants et fabricants.

Certaines générations se sont toutefois rebellées contre ces normes. C’est notamment le cas lors du mouvement de libération des femmes dans les années 1960. Les vêtements unisexes refont en effet surface. La raison : « Les féministes pensaient que l’un des moyens de plonger les femmes dans leurs rôles de femmes au foyer passait par les vêtements. En habillant les filles comme des garçons et non plus comme de fragiles petites choses, on leur donnait la chance de se sentir plus libres, d’être actives » explique Paoletti.

Mais tout cela change lors de l’apparition des échographies qui permettent de connaître le sexe du bébé… et le rose redevient la couleur des petites filles, et le bleu, celle des petits garçons. Le féminisme a par ailleurs évolué : désormais, la gent féminine estime que les femmes peuvent très bien devenir chirurgien, une profession souvent perçue comme très masculine, en restant justement très féminine.

Voir enfin:

La jupe, une histoire décousue
Catherine Mallaval
Libération
3 mars 2010

INTERVIEW. L’historienne Christine Bard fouille les dessous d’un vêtement symbole de la femme, entre soumission et émancipation.

Elle a longtemps balayé les trottoirs, cachant des jambes que la décence recommandait de soustraire aux regards avant de remonter dans un vent de liberté au ras des fesses. Elle a des lustres durant nourri les fantasmes d’hommes dont les pupilles se dilataient à l’idée de voir dessous, avant que quelques mâles ne se mettent à revendiquer de la porter aussi…

Droite, parapluie, plissée ou portefeuille, la jupe est bien plus qu’un petit bout de tissu frivole. C’est un symbole dans lequel défile l’histoire des femmes, de leur soumission à un ordre masculin, puis de leur libération avant un XXIe siècle chahuté par des débats sur les identités de genre et les interdits vestimentaires.

Ce que soulève la jupe (identités, transgressions, résistances) (1), c’est ce qu’explore l’historienne au regard féministe Christine Bard dans cet ouvrage paru ce matin. Exercice de détricotage avec ce professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Angers, plus portée sur le confort d’un pantalon large que sur la minijupe…

La jupe a-t-elle toujours été un vêtement féminin ?
La jupe a existé bien avant l’invention, au XIe siècle, du mot arabe «djoubba» qui désigne une sorte de robe que le prophète a portée. Selon les régions, elle était revêtue par les hommes ou par les femmes. Mais cela fait maintenant des siècles qu’en France, elle symbolise le genre féminin.

Ne symbolise-t-elle pas surtout une forme de domination masculine ?
Oui, la religion en est un des vecteurs. La Bible interdit (Deuteronome) aux femmes de s’habiller en homme et aux hommes de s’habiller en femme. En France, l’Eglise catholique s’est chargée de faire respecter cette loi morale. Jusque dans les années 60, un prêtre pouvait refuser la communion à une femme en pantalon. Les pouvoirs publics aussi, ont repris cette interdiction. Ainsi, en 1800, une ordonnance de la préfecture de police de Paris interdit aux femmes de s’habiller en homme (elle n’est d’ailleurs toujours pas abrogée).

Dans la volonté de différencier les sexes par le vêtement, il y a aussi une volonté d’introduire une hiérarchie. La mode féminine a longtemps créé à l’évidence des entraves au mouvement. Et si les cols durs n’étaient sans doute pas très agréables à porter, les hommes ont toujours porté des vêtements plus pratiques. Bref, le sexe dominant s’est octroyé des vêtements plus faciles à porter. Comme le pantalon qui symbolise le pouvoir. Ce n’est pas un hasard, si on dit porter la culotte…

La jupe, elle, a été valorisée sur le plan esthétique, érotique. La jupe masque, elle cache le sexe des femmes, a-t-on dit. Mais contrairement au pantalon, fermé et protecteur, c’est un vêtement ouvert, très ouvert, d’autant que pendant longtemps, les femmes n’ont pas porté de sous-vêtements fermés dessous, mais des jupons superposés. Les culottes étaient soit inexistantes soit largement fendues. La norme était l’ouverture totale. Symboliquement, on peut y voir l’accessibilité au sexe féminin. C’est seulement au début du XXe siècle que le sous-vêtement fermé se répand…

Quand les femmes ont-elles commencé à sentir l’envie de brûler leurs jupes ?
Ce ne sont pas les femmes, mais certaines femmes. Et il faut attendre la Belle Epoque pour qu’il soit vraiment question de réformer le costume féminin. Jupe ou pantalon, c’est grâce à des féministes comme Madeleine Pelletier (1874-1939) qu’on peut se poser cette question futile le matin. On peut également citer Hubertine Auclert (1848-1914), la première suffragette française, qui défend la Ligue des robes courtes (en fait des robes qui ne traînent pas sur le sol). L’incendie du Bazar de la Charité en 1897 a marqué les esprits. Sur les 116 victimes identifiées, 110 étaient de sexe féminin. Cet événement a lancé des réflexions sur la nature contraignante du vêtement féminin. Pour les féministes les plus radicales, c’est même devenu un argument en faveur du port du pantalon, qui a aidé les hommes à fuir plus rapidement. Enfin, un mouvement hygiéniste a également poussé, dès la fin du XIXe siècle, à réformer la garde-robe des femmes, en s’élevant contre la jupe, le corset, les talons hauts…

Bilan de cette Belle Epoque ?
Il est mitigé. La peur de l’indifférenciation des sexes freine les progrès. Il n’y a guère eu que la percée de la culotte de zouave pour monter à bicyclette et l’invention de la jupe-culotte également réservée aux activités sportives. Et c’est aussi à la Belle Epoque, en 1910, que Paul Poiret crée un redoutable vêtement pour les femmes. Il s’agit d’une robe fuselée resserrée dans le bas et retenue par une martingale intérieure nommée entrave. Sous le jupon, un dispositif serre les mollets pour empêcher tout déchirement du vêtement. Inutile de dire que la marche devait être restreinte. En témoigne l’écrivain Maurice Sachs qui raconte avec un sadisme tranquille : «J’ai suivi ce matin, dans la rue, une jeune femme qui portait une robe entravée. Elle avait une peur terrible, voulait courir, ne le pouvait pas, ne savait comment faire. Je me suis bien amusé.»

L’ourlet commence à remonter avant 1914. Un ourlet qui remonte fleure-t-il toujours bon l’émancipation ?
Tout ce qui fait reculer la pudeur, qui a servi au contrôle des femmes, est un signe d’émancipation. L’ourlet est vraiment raccourci pendant les Années folles (au genou en 1925). Plus tard, sous Vichy, on se souviendra de cette garçonne, personnification de la «décadence» qui a conduit à la défaite. Les années 50 continuent d’ailleurs de régler son compte à ce modèle de femme masculinisée. Dior parlera d’ailleurs de «reféminiser» la femme…

Quand la minijupe débarque au milieu des années 60 est-ce l’aboutissement d’une libération ?
C’est très clairement ce que pensent celles qui la portent. Il a toujours été plus facile de montrer sa poitrine que ses jambes et ce, dès le Moyen Age et ses nudités de gorge… Mais les jeunes femmes se libèrent aussi en portant des pantalons dont le triomphe coïncide avec celui de la minijupe. On en a déjà vu à la plage dans les années 20, mais il a vraiment cessé d’être un symbole de masculinité dans les années 60. Au fond, ce que souhaitent les femmes c’est s’habiller comme elles veulent. En jupe ou en pantalon. Ce n’est pas toujours possible aujourd’hui encore dans certaines professions. Les hôtesses de l’air d’Air France, qui réclamaient le droit au pantalon depuis 1968, ont dû attendre 2005, au motif qu’elles portaient l’image de la France. Comme si la jupe était une part de la francité…

On peut encore imposer le port de la jupe ?
Oui, le droit du travail (article L.120-2) le permet à condition que l’employeur en justifie clairement les raisons. Typiquement, sont concernés les métiers où les femmes sont en contact avec le public, comme les vendeuses. Et de façon plus générale, toutes ces entreprises qui, à la manière américaine, donnent à leurs salariées une tenue modèle, pour créer une certaine image de leur boîte. C’est la tendance actuelle. Et l’on peut s’attendre à un regain de pression sociale pour imposer la jupe.

Et en politique ?
Jusqu’en 1980, les députées n’étaient pas admises en pantalon à l’Assemblée nationale. C’était du moins l’usage que faisaient scrupuleusement respecter les huissiers. Cette année-là, la députée communiste Chantal Leblanc, refoulée à cause de son pantalon, proteste et obtient gain de cause. Des années plus tard, si l’on regarde la photo du gouvernement en 2007, les ministres sont presque toutes en pantalon. Cela contraste avec l’ultraféminité de Ségolène Royal, qui joue la différence. En gros, alors que les autres cherchent à neutraliser leur genre, et à déjouer la sexualisation, elle joue la carte de la féminité, et c’est risqué…

Ironie de l’histoire, pouvoir porter une jupe est aujourd’hui devenu une revendication des Ni Putes ni soumises…
Oui c’est parfois un acte militant, une manière de défendre un «droit à la féminité» alors que dans le même temps l’association s’est prononcée contre le port du voile. Une position qui a d’ailleurs été mal comprise par les jeunes, qui sont plutôt en faveur de l’absence d’interdits vestimentaires. En tout cas, il faut bien reconnaître qu’à partir des années 2000, les jeunes filles ont renoncé à la jupe dans les collèges. Et pas seulement dans les cités. En gros, la jupe est devenue un danger, un signe de disponibilité sexuelle, avec une équation jupe = pute. Comme si la féminité était une provocation sexuelle permanente. Au fond, comme si les filles devaient faire oublier qu’elles sont des filles. Ainsi s’est créée «la journée de la jupe et du respect» à l’initiative d’une association rennaise en 2006 qui, au lycée d’Etrelles, ne fait pas l’éloge de la jupe, mais en profite pour parler de sexualité, de violence entre filles et garçons…

Des hommes réclament de pouvoir eux aussi porter une jupe. Un gag ou une vraie revendication d’égalité des sexes ?
Cela n’a rien d’une blague. En dépit du machisme et de l’homophobie de certains, je crois que la jupe pour hommes a toutes ses chances. C’est même une tendance qui devrait se confirmer parce que les codes de genre sont moins rigides. Beaucoup d’hommes aspirent à montrer davantage leur corps, à l’érotiser. Et à conquérir de nouvelles libertés. La jupe pour homme n’est pas seulement un symbole politique d’égalité mais aussi une envie de pouvoir varier les plaisirs. C’est pourquoi je défends la mixité de la jupe, et me méfie du droit à la féminité, qui peut se transformer en devoir de féminité. En revanche, militer pour le droit à la parure sans distinction de sexe ou de genre est une des manières d’en finir avec le régime vestimentaire bourgeois hérité du XIXe siècle.

(1) Editions Autrement, en vente dès aujourd’hui.


Journée mondiale des toilettes: Cet étrange souci du plus faible (Why the curiously selective UN finally came to give a shit)

19 novembre, 2013
description brève de l'image
https://i0.wp.com/www.worldtoiletday.org/upload/action/ads.jpg
https://i1.wp.com/www.bestourism.com/img/items/big/390/Museum-of-Toilets-in-New-Delhi-India_Toilets-Museum_1727.jpgIl y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux … Ecclésiaste 3: 1
Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Matthieu 25: 40)
Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
Par cette résolution adoptée par consensus, l’Assemblée générale a décidé, dans le cadre de l’action menée en faveur de l’assainissement pour tous, de proclamer le 19 novembre Journée mondiale des toilettes. Aux termes de ce texte, elle demande instamment à tous les États Membres, aux organismes des Nations Unies et à toutes les autres parties prenantes d’encourager des changements de comportement et l’adoption de politiques visant à accroître l’accès des pauvres à l’assainissement, ainsi que d’appeler à abandonner la pratique de la défécation en plein air, qui est extrêmement nuisible à la santé publique. Nations Unies
Près de 2,5 milliards de personnes à travers le monde n’ont pas accès à des installations sanitaires correctes. Parmi elles, 1,1 milliard de personnes font leurs besoins dans la nature. Fournir des toilettes pourrait permettre de sauver la vie de plus de 200.000 enfants chaque année. Des organisations comme la World Toilet Organisation, dont le nom pourrait prêter à sourire, estime que chaque année plus d’un million et demi d’enfants et de bébés de moins de 5 ans meurent à cause de diarrhées et autres maladies venant de mauvaises conditions d’hygiène, à commencer par les sanitaires. Romain Blachier

Plus fort qu’Hallmark!

En cette journée mondiale des toilettes, lancée en 2001 par l’ONG singapourienne World Toilet Organization ..

Où, avec toutes les maladies et morts inutiles que cela suppose comme les Nations unies viennent enfin de le reconnaitre, quelque 2.5 milliards d’individus vivant encore sans toilettes …

Comment ne pas s’émerveiller de ce étrange souci de l’autre et particulièrement du plus faible qui travaille depuis 2 000 ans notre monde désormais mondialisé ?

Mais aussi, avec the Economist, de la tout aussi étrange boulimie et sélectivité – entre par exemple deux condamnations d’Israël – de ce nouveau calendrier des saints que sont devenues pour nous les journées mondiales du Machin ?

Celebrating causes

Dies irae

Every cause has its day, whether deserved or not

The Economist

Nov 24th 2012

WORLD Toilet Day was on November 19th. World Television Day has just passed. International Civil Aviation Day is on December 7th and International Mountain Day comes four days later.

Just as Christian saints have their days, so do causes. Over 100 are in the grandest category: UN “observance” days, usually set by the General Assembly. But anyone can link a date to a campaign. In 2001 the Singapore-based WTO—that is, the World Toilet Organisation—chose a day to mark the plight of the world’s loo-less 2.5 billion (its slogan this year was “I give a shit, do you?”). At least 19 countries mark it. But not the UN, which is perhaps “scared of using the word ‘toilet’,” a WTO spokesman muses.

The UN’s choices are curiously selective. Nelson Mandela is the only individual, dead or alive, to gain its accolade. A whiff of lobbying hangs over some: Hollywood moguls may raise a glass on World Intellectual Property Day, but campaigners for internet freedom may feel otherwise. The UN marks Nowruz (Iranian new year), but not most religious and national feasts. AIDS has a day: but obesity, which kills many more, does not. Jazz is celebrated, but no other music. Migratory birds are the only animals feted, but their day shifts, appropriately enough, falling on the second weekend in May.

Strict observance of the UN’s calendar would mean more woe than jollity. The International Day of Happiness on March 20th is followed by World Poetry Day, and then International Mother Earth Day, with the International Day of Friendship in July. But most official days are about past tragedies (the Holocaust, the Rwandan genocide) or present scourges (female genital mutilation, child labour, torture, road accidents and so on).

No means exist for purging the calendar of causes when their day is done. And the whims of UN decision-making mean that, though 264 days are free of an observance, others are overloaded. March 21st, for example, requires some contortions for the conscientious: they must simultaneously celebrate Nowruz, eliminate racial discrimination, care about Down’s syndrome and exalt poetry. Any takers for World Apathy Day?

Voir aussi:

La journée mondiale des toilettes est un sujet sérieux

Romain Blachier

Huttington Post

29/07/2013

La journée mondiale des toilettes vient d’être décrétée par les Nations-Unies. Elle se déroulera le 19 novembre 2013.

Non il ne s’agit pas d’un exercice rhétorique façon Corax de Syracuse mais il me paraît important de revenir sur une initiative de l’Onu prise sur demande de Singapour et qui existe depuis 2001 dans ce pays: la journée mondiale des toilettes.

Certes le sujet pourrait faire rire et amener un nombre de blagues scatologiques des plus diverses. Pourtant le sujet est sérieux. On peut gloser aussi sur les tentatives de retour aux manières « naturelles » de satisfaire ses besoins par les bobos new-yorkais. Telles qu’évoquées rapidement par A.J. Jacobs dans son dernier ouvrage Drop Dead Healthy où il court à tout prix derrière la santé et acquiert à un moment un équipement pour aller aux toilettes comme nos ancêtres homos erectus.

Ou s’agacer que l’Onu, ce méchant machin mondial, soit encore en train de créer une journée de plus, une journée pour rien, sous la houlette d’un régime hygiéniste, Singapour donc.

Pourtant la vision méprisante de cette initiative colportée dans de nombreux sites, blogs et journaux, est un petit caprice de pays riches. Certes, il peut être de bon ton de mettre la chose dans la rubrique « insolite » des sites d’infos. De s’en gausser sur fond d’anti-internationalisme auprès de la machine à café inéquitable « tiens, tu connais la dernière connerie de l’Onu? Il veulent créer une journée des toilettes! Quand je te disais que la mondialisation c’est de la merde! ahahaha tu as vu le jeu de mots hein? »

Pourtant près de 2,5 milliards de personnes à travers le monde n’ont pas accès à des installations sanitaires correctes. Parmi elles, 1,1 milliard de personnes font leurs besoins dans la nature. Fournir des toilettes pourrait permettre de sauver la vie de plus de 200.000 enfants chaque année. Des organisations comme la World Toilet Organisation, dont le nom pourrait prêter à sourire, estime que chaque année plus d’un million et demi d’enfants et de bébés de moins de 5 ans meurent à cause de diarrhées et autres maladies venant de mauvaises conditions d’hygiène, à commencer par les sanitaires.

Des fondations importantes comme celle de Bill Gates ont pris d’ailleurs conscience du problème et soutiennent l’Onu et diverses organisations pour agir en aidant à la construction d’équipements. L’université de Hambourg essaye de nouveaux processus technologiques afin de fournir des sanitaires faciles à installer. La cause est importante.

À une vitesse de lecture normale, il y en a une trentaine de personnes qui sont décédés depuis que vous avez commencé à lire ce billet.

Encore une blague scato à la machine à café?

Le musée insolite de la semaine : le musée des toilettes à New Delhi

Préparant mon départ pour l’Inde (J-17), je n’ai pas pu passé à côté d’un célèbre musée insolite basé à New Delhi : le musée des toilettes. Certains trouveront peut-être que ce choix manque de sérieux et de « glamour » ? Ce site mérite pourtant toute notre attention… J’avais d’abord pensé vous présenter un musée du football comme celui de Sao Paulo (http://www.museudofutebol.org.br/historia/) ou du FC Barcelone (http://fc.barcelona.com/fr/le_club/musee) mais face au tapage médiatique de la coupe du monde, certains lecteurs m’en auraient peut-être voulu ! Alors place à l’humour…

Ouvert en 1970 par le docteur Pathak, connu pour sa lutte en faveur de la salubrité publique dans ce pays d’un milliard d’habitants, le musée des toilettes se veut d’abord pédagogique. On y apprend entre autres que ce sont les Indiens qui ont créé les premiers sanitaires hygiéniques il y a 4 500 ans. Les plus curieux pourront ainsi y découvrir les toilettes d’hommes célèbres, notamment une reproduction du « trône » à double fonction de Louis XIII, les évolutions des sanitaires à travers l’histoire et la société, la législation, l’importance des toilettes et bains publics dans certaines civilisations, leur évocation dans la littérature, les dernières innovations… La muséographie semble assez sommaire mais la signalétique extrêmement riche montre que le visiteur vient d’abord s’y documenter. Le « petit coin » n’aura plus de secrets…

Pour aller plus loin :

Le site du musée : http://www.sulabhtoiletmuseum.org/pg01.htm


Exécution de Marie-Antoinette/220e: Tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives (Marie-Antoinette’s execution confirms Tarpeian rock close to the Capitol)

13 novembre, 2013
https://i1.wp.com/www.carnavalet.paris.fr/sites/default/files/styles/oeuvre_zoom/public/33748-8bd.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/11/80825-marie_antoinette_execution.jpgLa punition d’un tyran, obtenue après tant de débats odieux, sera-t-elle donc le seul hommage que nous ayons rendu à la liberté et à l’égalité ? Souffrirons-nous qu’un être non moins coupable, non moins accusé par la Nation, et qu’on a ménagé jusqu’ici, comme par un reste de superstition pour la royauté; souffrirons-nous qu’il attende tranquillement ici le fruit de ses crimes ? Une grande République, outragée avec tant d’insolence, trahie avec tant d’audace, attend de vous l’impulsion qui doit ranimer dans tous les cœurs une sainte antipathie pour la royauté, et donner une nouvelle force à l’esprit public. Robespierre (27 mars 1793)
Mon Dieu, si nous avons commis des fautes, nous les avons certainement expiées aussi ! Marie-Antoinette (16 octobre 1793)
Si je n’ai pas répondu, c’est que la nature refuse de répondre à une pareille inculpation faite à une mère. J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici. Marie-Antoinette
La reine appartient à plusieurs catégories victimaires préférentielles; elle n’est pas seulement reine mais étrangère. Son origine autrichienne revient sans cesse dans les accusations populaires. Le tribunal qui la condamne est très fortement influencé par la foule parisienne. Notre premier stéréotype est également présent: on retrouve dans la révolution tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives. (…) Je ne prétends pas que cette façon de penser doive se substituer partout à nos idées sur la Révolution française. Elle n’en éclaire pas moins d’un jour intéressant une accusation souvent passée sous silence mais qui figure explicitement au procès de la reine, celui d’avoir commis un inceste avec son fils. René Girard

Suite à notre dernier billet sur le phénomène de bouc émissaire

Retour, à l’occasion d’une récente visite de la Conciergerie, sur le guillotinage de la reine Marie-Antoinette

Dont non content de sa double tare de reine et d’étrangère …

On en vint, pour la mettre à mort, à accuser d’inceste avec son fils de huit ans …

Et qui, comme quatre ans plus tôt le tristement fameux dépeçage d’une de ses amies promenée sous ses fenêtres, la princesse de Lamballe

Révèle le statut de victime en sursis des monarques …

03 septembre 1792: princesse de Lamballe est massacrée à la prison de la Forçe

Marie Thérèse Louise de Savoie-Carignan

(en italien, « Maria-Teresa di Savoia-Carignano »)

princesse de Lamballe

est massacrée à la prison de la Forçe

née à Turin le 8 septembre 1749

le même jour et la même année que Yolande de Polastron, duchesse de Polignac

morte lynchée à Paris le 3 septembre 1792

Elle est issue d’une branche cadette de la famille royale de Piémont et devient membre d’une branche légitimée de la famille royale de France par son mariage en 1767 avec le fils du duc de Penthièvre (lui-même fils du comte de Toulouse fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan)

À Paris, pendant les massacres des prisons de Paris, décès de S.A.S. Madame la princesse de Lamballe, née Marie-Thérèse Louise de Savoie-Carignan, princesse de Carignan (Turin, royaume de Sardaigne, le 8 septembre 1749)

Elle était la fille de Louis-Victor de Savoie, prince de Carignan (branche cadette de la maison de Savoie, qui deviendra ainée au XIXe siècle) et de Christine-Henriette de Hesse-Rheinfels-Rothenbourg (soeur de la duchesse de Bourbon et la reine de Sardaigne)

La princesse passa son enfance à Turin et grandit dans la sagesse et la piété, vertus qui firent que le duc de Penthièvre (petit-fils de Louis XIV, issu de la ligne légitimée) la choisît pour épouse de son fils Louis Alexandre de Bourbon, prince de Lamballe, un libertin et dévergondé, qui la maria en 1767.

Le ménage fut malheureux mais dura peu car le prince mourut en 1768, des suites d’une maladie vénérienne.

La veuve restera attachée à son beau-père, qui la aimiat comme à sa propre fille.

À partir de 1770 elle fréquenta la Cour et se lia d’amitié à la Dauphine, qui, devenue reine en 1774, la nomme

« surintendante de la Maison de la reine »

Marie-Antoinette partage son coeur entre ses amies la Lamballe et Yolande de Polignac.

Même si cette dernière lui prend sa place dans la faveur royale, la princesse sera toujours una amie dévouée de la Reine.

Elle entra dans la Maçonnerie en 1781 par instigation de son beau-frère le duc d’Orléans (marié a la fille du duc de Penthièvre), mais sans sa malice et pour pure frivolité.

Éclatée la Révolution et lorsque presque tous les amis et proches du couple royal s’enfuirent, Madame de Lamballe revint à côté de la Reine et y resta, reprenant ses fonctions de surintendante aux Tuileries.

Lors de l’assaut du palais, elle alla avec la famille royal se réfugier à l’Assemblée.

C’est alors que fut prononcée la déchéance du roi et décidée son incarcération au Temple.

La princesse fit partie du convoi, mais dix jours plus tard, on vint chercher tous ceux qui n’appartenaient pas à la famille royale « stricto sensu». Les deux amies durent se dire adieu.

La princesse fut conduite à la prison de la Force, d’où ne sortit pas en vie, ayant été la victime de la fureur meurtrière des révolutionnaires.

A la Force, le matin du 3, vers dix heures, la princesse de Lamballe est tirée de son cachot.

Couchée, malade, elle était épouvantée des bruits qu’elle entendait.

Levez-vous, madame, il faut aller à l’Abbaye, lui disent les deux gardes nationaux envoyés pour la chercher.

La malheureuse répond par ses mots ingénus

– Prison pour prison, j’aime autant celle-ci.

On la presse.

Tremblante, la tête perdue, elle s’habille et suit les gardes.

Qui êtes-vous ? lui demande Hébert, accoudé à sa table.

– Marie-Louise de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, murmure-t-elle et s’évanouit.

On l’assied, on lui fait reprendre ses sens et l’interrogatoire continue.

Il y a dans les juges, il y a dans la foule qui l’entoure des hommes qui, payés par le duc de Penthièvre, son beau-père, voudraient la sauver.

On lui demande ce qu’elle connaît des complots de la cour.

Elle balbutie

– Je n’ai connu aucun complot.

– Faites serment d’aimer la liberté et l’égalité, jurez haine au roi, à la reine, à la royauté.

La menue, timide créature qui, abritée en Angleterre, n’est revenue en France que pour partager les dangers de la reine, sa maîtresse et son amie, se redresse dans sa robe froissée.

Un doux héroïsme la soulève

– Je ferai facilement le premier serment, je ne puis faire le second, qui n’est pas dans mon cœur.

– Jurez donc, lui souffle quelqu’un, ou vous êtes morte

Elle ne répond pas, se détourne et cache son visage dans ses mains.

Hébert alors, levant sa tête sèche et dure, prononce le mot fatal.

– Elargissez madame.

Deux hommes la prennent par les bras et l’entraînent dans la rue.

Devant l’amas des cadavres dont la plupart sont déjà dépouillés, elle soupire

– Fi ! l’horreur

Un sabre s’abat sur son cou.

Elle est percée de plusieurs coups de piques.

On la dévêt entièrement.

Elle reste ainsi deux heures, étalée nue au coin d’une borne, à la risée lubrique de la foule.

Un peu plus tard, on lui coupe la tête, on lui arrache le cœur.

La princesse de Lamballe – par Danloux – B. N. Estampes

Tandis que sa tête était promenée au bout d’une pique jusqu’à la tour du Temple, son corps fut transporté sur des kilomètres, profané, mutilé et dépecé, jusqu’au comité civil de la section des Quinze-Vingts.

Enfin, la tête fut portée à son tour au comité, à sept heures du soir, après avoir été repoudrée, afin d’être « inhumée auprès du corps » dans une tombe du cimetière des Enfants-Trouvés.

Sa mort donna lieu à une profusion de témoignages, très largement diffusés à l’époque et jusqu’à aujourd’hui, tant parmi les révolutionnaires que dans les milieux royalistes et contre-révolutionnaires, qui sont souvent sujets à caution, traduisant moins la réalité des faits qu’une vision fantasmatique. Ces textes, qui décrivent avec force détails macabres, la mise à mort, la mutilation, le dépeçage, la fragmentation et l’exposition du corps abandonné dans un chantier de construction, vers le Châtelet, jusqu’au petit matin, « expriment les craintes et les luttes qui animent alors les différents protagonistes de la Révolution »

Côté révolutionnaire, on a présenté les « cadavres réparateurs » des victimes des massacres de septembre, laissés sur le pavé, comme une réponse au complot fomenté dans les prisons et à la menace extérieure. Pour Antoine de Baecque, la description morbide de la mise à mort et des outrages visait à « exprimer l’anéantissement du complot aristocratique ». De même, il considère qu’ils servaient à « punir la femme de cour, ainsi que le supposé complot féminin et lesbien – menaçant la prééminence masculine – de « la Sapho de Trianon », vilipendée par les chroniqueurs et les gazetiers sous l’Ancien Régime ». Les royalistes ont repris à leur compte ces récits, « en retournant leur sens pour montrer la régression du révolutionnaire à l’état de barbare et la monstruosité de la Révolution, opposée à la délicatesse du corps de la victime ».

Parmi ces récits, on peut noter La Famille royale préservée au Temple. Extrait du récit de ce qui s’est passé au Temple dans les journées des 2 et 3 septembre 1792, dont le manuscrit a été cité par Georges Bertin en 1888, le récit des événements dans la Révolution de Paris, qui présente la princesse de Lamballe comme une comploteuse, La Vérité tout entière sur les vrais acteurs de la journée du 3 septembre 1792, le Bulletin du comte de Fersen au prince régent de Suède sur ce qui s’est passé en France ou Idée des horreurs commises à Paris dans les journées à jamais exécrables des 10 août, 2, 3, 4 et 5 septembre 1792 ou Nouveau Martyrologe de la Révolution française.

Après les événements, plusieurs auteurs ont repris ces descriptions des événements dans leurs ouvrages, qu’il s’agisse de l’abbé Barruel, Antoine Serieys, Mme de Créquy ou Mme Guénard. Plus récemment, des biographes comme Stefan Zweig ont repris ces descriptions dans leur récit des derniers instants de la princesse de Lamballe.

Quelques heures plus tard, le duc de Penthièvre dépêcha son fidèle valet Fortaire de retrouver sa dépouille, en vain.

La princesse de Lamballe est l’exemple le plus achevé du dévouement de l’amitié jusqu’au sacrifice.

Les massacres de septembre

Joseph-Alexis WALSH

Il y a un peu plus d’un an, mes enfants 1, que je commençais pour vous le long récit d’une révolution qui a ébranlé tous les trônes. Je vous redisais alors l’ouverture des états généraux ; je vous montrais Louis XVI, le plus honnête homme de son royaume, y apportant sa loyauté, ses bonnes intentions et ses espérances ; je vous répétais les promesses des réformateurs ; et tout en en doutant je déroulais sous vos yeux leurs utopies de prospérité, de gloire et de liberté ; et aujourd’hui que je suis arrivé au 10 août et aux journées de septembre, vous êtes à même de juger ce que vaut la parole des révolutionnaires.

Ils avaient déclaré que la personne du souverain est inviolable, et le roi est prisonnier dans la tour du Temple ! ils avaient promis la prospérité, et la misère pèse sur le peuple ! ils avaient crié liberté, et la France n’a plus assez de prisons ! ils avaient annoncé une paix glorieuse, et la guerre vient d’entamer le territoire, avançant avec tous ses fléaux.

Les visites domiciliaires, demandées par Danton et accordées avec tant d’empressement par la commune, venaient de commencer, et dès ce moment un parti tout entier fut livré à la dénonciation d’un autre et dévoué à être tout en masse jeté dans les prisons.

Le samedi 1er septembre, les quarante-huit heures fixées pour la fermeture des barrières et l’exécution des visites domiciliaires étant écoulées, les communications furent rétablies, et beaucoup d’habitants de Paris commençaient à profiter de cet éclair de liberté pour sortir de la capitale, que plusieurs d’entre eux voyaient déjà. au pouvoir des étrangers… La prise de Lougwy leur avait donné cette frayeur ; la nouvelle que Verdun était également tombé en leur pouvoir mit le comble à leur délire… Danton fait aussitôt décréter par la commune que le lendemain 2 septembre on battra la générale, on sonnera le tocsin, on tirera le canon d’alarme, et que tous les citoyens disponibles se rendront en armes au Champ de Mars, y camperont pendant la journée, et partiront le lendemain pour se rendre sous les murs de Verdun.

Pareil ordre répandit une grande agitation dans Paris ; chaque famille fut tout à coup saisie d’effroi. Il y en avait peu qui n’eussent quelques-uns de leurs membres, quelques-uns de leurs amis parmi les détenus, et d’affreux bruits circulaient déjà sur le sort réservé aux prisonniers ; on racontait que Sergent et Panis avaient dit à Mme de Lafosse-Landry, qui s’obstinait à vouloir partager la captivité de son oncle, l’abbé de Rastignac : Vous faites une imprudence, madame ; les prisons ne sont pas sûres. On ajoutait encore que Manuel, le procureur-syndic, venait de mettre en liberté deux femmes de l’illustre famille de La Trémouille en disant : Elles ne méritaient que la prison.

Mais ce qui devait surtout effrayer et les détenus et leurs parents, c’était le terrible discours que Tallien vint prononcer le 31 août à l’Assemblée, épouvantée de toutes les arrestations qui avaient été faites depuis quarante-huit heures.

« Législateurs, cria-t-il d’une voix presque menaçante, les représentants provisoires de la commune ont été calomniés ; ils ont été jugés sans avoir été entendus ; ils viennent vous demander justice. Appelés par le peuple dans la nuit du 9 au 10 août pour sauver la patrie, ils ont dû faire ce qu’ils ont fait ; le peuple n’a pas limité leur pouvoir ; il leur a dit : Allez ; agissez en mon nom, et j’approuverai tout ce que vous aurez fait.

« Nous vous le demandons, messieurs, le corps législatif n’a-t-il pas été longtemps environné des respects des citoyens de Paris ? son enceinte n’a été souillée que par la présence du digne descendant de Louis XI et de l’émule de Médicis… Ces tyrans vivent encore ! n’est-ce pas au respect du peuple pour l’Assemblée nationale qu’ils en sont redevables ? Vous avez vous-mêmes applaudi à toutes nos mesures.

« Vous êtes remontés par nous à la hauteur des représentants d’un peuple libre ; c’est vous-mêmes qui nous avez donné le titre honorable de représentants de la commune, et vous avez voulu communiquer directement avec nous.

« Tout ce que nous avons fait, le peuple l’a sanctionné : ce ne sont pas quelques factieux, comme on voudrait le faire croire, c’est un million de citoyens. Interrogez-les sur nous ; il vous répondront : Ils ont salivé la patrie. Si quelques-uns d’entre nous ont pu prévariquer, nous demandons au nom de la commune leur punition.

« Nous étions chargés de sauver la patrie ; nous l’avons juré, et nous avons cassé des juges de paix indignes de ce beau titre, nous avons cassé une municipalité feuillantine.

« Nous n’avons donné aucun ordre contre la liberté des bons citoyens ; mais nous nous faisons gloire d’avoir séquestré les biens des émigrés : nous avons arrêté des conspirateurs, et nous les avons mis entre les mains des tribunaux.

« Nous avons chassé les moines et les religieuses pour mettre en vente les maisons qu’ils occupaient.

« Nous avons proscrit les journaux incendiaires : ils corrompaient l’opinion publique.

« Nous avons fait des visites domiciliaires ; qui nous les avait ordonnées ? Vous ! Les armes trouvées chez les gens suspects, nous vous les apportons pour les remettre entre les mains des défenseurs de la patrie.

« Nous avons fait arrêter les prêtres perturbateurs : ils sont enfermés dans une maison particulière, et sous peu de jours le sol de la liberté sera purgé de leur présence !

« On nous accuse d’avoir désorganisé l’administration, et notamment celle des subsistances ; mais à qui la faute ? Les administrateurs eux-mêmes, où étaient-ils dans les jours de danger ? La plupart n’ont pas encore reparu à la commune.

« La section des Lombards est venue réclamer contre nous dans votre sein ; mais le vœu d’une seule section n’anéantira pas celui d’une majorité des autres sections de Paris.

« Hier les citoyens dans nos tribunes nous ont reconnus pour leurs représentants ; ils nous ont juré qu’ils nous conservaient leur confiance.

« Si vous nous frappez, frappez donc aussi le peuple qui a fait la révolution du 14 juillet, qui l’a consolidée le 10 août et qui la maintiendra. Il est maintenant en assemblées primaires ; il exerce sa souveraineté : consultez-le ; qu’il prononce sur notre sort.

« Vous nous avez entendus, nous sommes là ; prononcez. Les hommes du 10 août ne veulent que la justice et qu’obéir à la volonté du peuple. »

Tous les membres de l’Assemblée pâlirent à ce discours : ils gardaient encore le silence de la stupeur quand les cris des tribunes éclatèrent… Parmi ces vociférations, qui ne cessent une seconde que pour recommencer plus fortes et plus menaçantes, on distingue ces mots :

– Vive la commune ! c’est elle qui nous a sauvés.

– Vivent nos bons commissaires !

– Vivent les vrais amis du peuple !

– On les menace ; nous les défendrons tous.

– Mort aux ennemis de la commune !

La foule qui entourait depuis longtemps la salle de l’Assemblée pénètre alors dans son enceinte, et un des meneurs s’arrête devant la barre et dit :

« Peuple des tribunes, Assemblée nationale et vous, citoyen président, nous venons au nom du peuple qui attend à la porte demander à défiler dans la salle pour voir les représentants de la commune qui sont ici ; nous mourrons s’il le faut avec eux. »

Le président embarrassé répond à l’orateur populaire que le temps de l’Assemblée était précieux, et qu’il prie le peuple d’envoyer vingt hommes pris dans la foule, qui défileront dans la salle, et qui y verront les représentants de la commune sans interrompre longtemps les travaux des députés… Le peuple prenait assez mal cette proposition ; des cris recommençaient dans les tribunes quand Manuel arriva, et tira l’Assemblée de ses angoisses en blâmant les pétitionnaires qui avaient forcé les portes de la salle et qui avaient fait entendre des menaces.

Pendant que ceci se passait aux Feuillants, les listes de proscription se dressaient dans l’hôtel du ministre de la justice, et le surlendemain, le 2 septembre, jour de dimanche, des attroupements nombreux et bruyants se montraient dans tous les différents quartiers de Paris, et de tous les groupes arrêtés dans les rues on entendait sortir ces mots : Dans trois jours l’ennemi peut être à Paris !

Vergniaud, pour changer la frayeur publique en enthousiasme, arrive à l’Assemblée et dit :

« Il paraît, d’après les rapports qui arrivent de nos armées, que le plan de l’ennemi est de marcher droit sur la capitale en laissant les places fortes derrière lui. Eh bien ! ce projet fera notre salut et sa perte : nos armées, trop faibles pour lui résister, seront assez fortes pour le harceler sur ses derrières, et tandis qu’il arrivera poursuivi par nos bataillons, il trouvera en sa présence l’armée parisienne rangée en bataille sous les murs de la capitale ; et, enveloppé là de toutes parts il sera dévoré par cette terre qu’il aura profanée. Mais au milieu de ces espérances flatteuses, il est un danger qu’il ne faut pas dissimuler : c’est celui des terreurs paniques ; nos ennemis y comptent et sèment l’or pour les produire ; et, vous le savez, il est des hommes pétris d’un limon si fangeux qu’ils se décomposent à l’idée du moindre danger. Je voudrais qu’on pût signaler cette espèce sans âme et à figure humaine, en réunir tous les individus dans une même ville, à Longwy par exemple, qu’on appellerait la ville des lâches, et là couverts d’opprobre ils ne sèmeraient plus l’épouvante chez leurs concitoyens ; ils ne leur feraient plus prendre des nains pour des géants et la poussière qui vole devant une compagnie de uhlans pour des bataillons armés.

« Parisiens, c’est aujourd’hui qu’il faut déployer une grande énergie ! Pourquoi les retranchements du camp ne sont-ils pas plus avancés ? où sont les bêches, les pioches qui ont élevé l’autel de la fédération et nivelé le Champ de Mars ? Vous avez manifesté une grande ardeur pour les fêtes ; sans doute, vous avez chanté, célébré la liberté ; il faut maintenant la défendre ! Nous n’avons plus à renverser des rois de bronze, mais des rois vivants et armés de leur puissance. Je demande donc que l’Assemblée nationale donne le premier exemple, et envoie douze commissaires, non pour faire des exhortations, mais pour travailler eux-mêmes et piocher de leurs mains à la face du peuple.

– Oui, au camp ! au camp ! crièrent plusieurs membres de l’Assemblée ; mais Danton avant de les laisser sortir de la salle avait aussi à leur adresser la parole… parole de sang qui serait comprise.

– Une partie du peuple, dit l’ami de Marat, va se porter aux frontières, une autre va creuser des retranchements, et la troisième avec des piques défendra l’intérieur de nos villes… Mais ce n’est pas assez ; il faut envoyer partout des commissaires et des courriers pour engager la France entière à imiter Paris ; il faut rendre un décret par lequel tout citoyen soit obligé, sous peine de mort, de servir de sa personne ou de remettre ses armes. Le canon que vous allez entendre n’est point le canon d’alarme, c’est le pas de charge sur les ennemis de la patrie ; pour les vaincre, pour les atterrer que faut-il ? DE L’AUDACE, ENCORE DE L’AUDACE ET TOUJOURS DE L’AUDACE.

Danton venait de se faire comprendre ; sa motion fut adoptée, et il sortit de l’Assemblée fier et triomphant, car il sentait que ses paroles allaient tout à l’heure porter des fruits sanglants.

Le 2 septembre, toutes les autorités, tous les corps, l’Assemblée, la commune, les sections étaient en séance, et sur les pensées de tous ces hommes réunis il y avait quelque chose d’inconnu qui pesait ; je ne sais quelle attente les inquiétait ou les préoccupait tous. Les ministres, réunis à l’hôtel de la marine, attendaient leur collègue Danton, dont le premier soin avait été de se rendre au comité de surveillance. Paris ne faisait plus autant de bruit, les rues étaient presque désertes, et dans les maisons on faisait silence dans la crainte d’attirer l’attention… Au Temple, malgré la hauteur et l’épaisseur des murs du donjon, la famille royale, que chaque mouvement devait menacer plus que tous les autres prisonniers, demandait avec anxiété la cause des allées et des venues des conciliabules et des chuchotements des municipaux préposés à sa garde. Dans les diverses prisons il était tout à coup survenu une tristesse plus sombre, plus inquiète que de coutume ; les geôliers, les guichetiers n’étaient plus si impassibles, et plusieurs d’entre eux avaient renvoyé leurs femmes et leurs enfants. Le dîner avait été servi aux prisonniers deux heures avant l’instant accoutumé ; tous les couteaux avaient été retirés de leurs serviettes. « Pourquoi donc, demandèrent-ils à leurs gardiens, pourquoi ce changement ? pourquoi nous prenez-vous nos couteaux ? »

Les geôliers hochaient la tête et ne répondaient rien.

Enfin à deux heures la générale commença à battre.

« Il se passe quelque chose d’extraordinaire », disaient les prisonniers ; et, approchés des portes, ils écoutaient… Le tocsin suivit de près la générale, puis le canon d’alarme. « Oh ! s’écriaient les détenus, c’est peut-être notre dernier jour ! » Et les amis se réunissaient ensemble, et les enfants venaient près de leurs pères, et les pères leur montraient le ciel et disaient : Mettons notre espoir en Dieu.

Si l’inquiétude était dans toutes les prisons, au dehors l’agitation était extrême : de nombreux rassemblements se rendaient au Champ de Mars ; d’autres groupes, précédés de drapeaux noirs, couraient vers la salle de l’Assemblée. Devant l’Hôtel-de-Ville la multitude ne cessait de crier : L’ennemi approche ; mort aux traîtres ! ils nous livreront.

Pendant que ces vociférations retentissaient autour de l’Hôtel-de-Ville, on vit sortir de la cour six voitures de place ; elles contenaient vingt-quatre prêtres. Billaud-Varennes venait de donner l’ordre de les conduire à l’Abbaye. Leur faire traverser les flots de cette foule altérée de sang, c’était les envoyer à la mort ; cette pensée entrait dans le programme de la journée ; aussi les voitures remplies de victimes partirent… Elles ne pouvaient aller qu’au pas, tant la multitude se pressait autour d’elles pour voir les prêtres et les outrager. Arrivées dans la rue Dauphine, au carrefour Bussy, les voitures sont quelques instants arrêtées, les portières en sont ouvertes : « Voilà, s’écrient les Marseillais et les Jacobins, voilà les conspirateurs qui devaient égorger nos femmes et nos enfants tandis que nous serions à la frontière. » Un des prisonniers repousse alors un brigand à bonnet rouge, et veut fermer la portière ; celui-ci furieux d’avoir été frappé, tire son sabre, monte sur le marchepied, et le plonge à trois reprises dans la poitrine du jeune homme qui a eu l’audace de contrarier la volonté du peuple, qui voulait voir de près les victimes qu’il allait immoler.

Quand le fédéré montra son sabre tout dégouttant de sang et qu’il le brandit au-dessus de sa tête, la populace battit des mains, et cria : Bien ! Bien ! il faut les tuer tous ; ce sont des scélérats, des aristocrates !

À l’instant les deux portières de la voiture qui roulait toujours sont ouvertes, et je ne sais combien de bras se pressent, s’enfoncent dans le fiacre, et les trois compagnons de celui qui venait d’être massacré sont égorgés. Parmi les premières victimes il y avait un jeune laïque d’une figure intéressante, mais pâle et éteinte : il était en robe de chambre ; on l’avait arraché malade de son lit ; moins résigné que les prêtres qui étaient avec lui, il avait demandé grâce…

Cette voiture était la dernière, et, comme je viens de vous le dire, n’avait point été arrêtée pendant le carnage. Quand elle arriva à l’Abbaye, les égorgeurs demandèrent à ceux qu’elle renfermait de descendre ; mais aucune voix ne répondait à leur ordre. Ils ouvrirent, et trouvèrent quatre cadavres dont le sang ruisselait encore. Les bourreaux virent avec regret qu’on leur avait enlevé de leur travail.

Les seize prisonniers vivants qui étaient dans les autres fiacres descendirent, et en se rendant au comité civil purent voir les corps de leurs compagnons que les femmes dépouillaient déjà. L’abbé Sicard, instituteur des sourds et muets, était un de ces seize prêtres. Un horloger dont je me hâte de vous dire le nom, M. MONNOT, eut la gloire de détourner de la poitrine du digne successeur de l’abbé de l’Épée le fer qui avait déjà effleuré ses vêtements. Maillard, le sanguinaire Maillard, se tenait debout à la porte de la chambre où cinq bourreaux s’étaient fait juges, et en moins de quelques minutes, de tous les prêtres que les voitures avaient amenés à l’Abbaye, il n’en restait plus qu’un seul vivant, celui que je viens de vous nommer.

Avant d’aller plus loin dans le sang répandu pendant les premières journées de septembre, il faut, mes enfants, que je vous montre comment les meurtres avaient été organisés par le parti révolutionnaire ; meurtres que les partisans de la révolution de 1789 veulent taire retomber sur quelques scélérats subalternes, mais qui dérivent bien réellement du philosophisme moderne, dont les principes avaient été mis en action par l’Assemblée constituante et les autres Assemblées qui lui ont succédé.

À toutes les prisons, par une profanation sacrilège de ce que l’ordre social a de plus grave et de plus sacré, mais aussi par une application non moins juste qu’horrible de la souveraineté du peuple, des assassins accrédités par des forfaits s’étaient dès le 2 septembre transformés en juges et jurés. Ces tribunaux, dressés entre les guichets et ni plus ni moins révolutionnaires que ne le fut plus tard celui de Fouquier-Tinville, étaient d’après la volonté du peuple composés de douze citoyens patriotes. Rien ne manquait à cette hideuse et sanglante saturnale de la justice : on lisait l’écrou au prisonnier, on lui faisait des questions ; après l’interrogatoire, les juges, qui venaient de tuer avec un calme infernal, imposaient leurs mains mal essuyées et encore tachées de sang sur la tête de l’accusé, et se demandaient par l’organe du président : Croyez-vous que dans notre conscience nous puissions élargir monsieur ?

Ce mot élargir était son arrêt de mort. À peine le fatal oui était-il prononcé que le malheureux, qui se croyait absous, était précipité sur les piques et les sabres des égorgeurs, et tout palpitant d’espérance périssait dans d’horribles tourments.

Un autre le suivait de près, et avait le même sort. Ce mode d’exécution était si expéditif que les bourreaux, parmi lesquels il y avait plusieurs garçons bouchers, fatigués d’abattre quarante ou cinquante prisonniers par heure, demandaient de temps en temps quelques instants de repos.

Malgré la rapidité du carnage, les ordonnateurs des massacres dans les prisons de l’Abbaye commandèrent que les Suisses seraient exécutés en masse ; on les fait avancer.

Les officiers marchent les premiers et la tête haute comme un jour de bataille.

– C’est vous, leur dit Maillard, qui avez assassiné le peuple au 10 août ?

– Nous étions attaqués ; nous avons repoussé la force par la force, répondent ces fidèles gardes.

– Au reste, reprend froidement Maillard, il ne s’agit que de vous conduire à la Force.

Mais les malheureux qui avaient entrevu les sabres et les piques de l’autre côté du guichet ne peuvent s’abuser : il faut sortir ; ils reculent, se rejettent en arrière, ils sont sans armes… Un d’eux demande aux brigands qui les escortent par où il faut passer.

– Par cette porte, répond un geôlier.

– Eh bien ! ouvrez…

Et dès que la porte est ouverte il se précipite tête baissée au milieu des piques ; les autres s’élancent après lui, et subissent le même sort. Il fut moins horrible que si l’exécution se fût faite un à un. Mourant ainsi, ces vaillants soldats purent se croire au milieu de la mêlée.

Après eux le fils cadet du duc de Rohan-Chabot et le vicomte de Maillé furent froidement massacrés.

Mme de La Trémouille, princesse de Tarente, femme d’un noble caractère et d’un grand courage, était au nombre des prisonnières de la Force. Quand son tour de comparaître devant l’horrible tribunal qui s’était établi à la porte de chaque prison fût venu, elle se leva du banc où elle était assise ; elle fit le signe de la croix, et marcha avec calme vers le guichet. Ceux qui étaient assis comme juges, sachant qu’elle était dame du palais de la reine, avaient entrepris de lui faire signer une déclaration qui aurait inculpé cette auguste princesse.

– Vous avez connaissance des intrigues de la ci-devant reine avec les étrangers et les émigrés, révélez-nous ce que vous savez.

– Je ne sais que les hautes vertus, que la bonté, que le grand caractère de la reine, que vous aimeriez si vous la connaissiez comme je la collais. Oui, vous ne l’insultez, vous ne la maudissez que parce que vous ne l’avez pas vue de près.

– Répondez à nos questions : avez-vous eu connaissance du complot du 10 août ?

– Il n’y a point eu de complot le 10 août au château ; on n’a fait que se défendre.

– La reine a ordonné aux Suisses de tromper le peuple et de tirer sur lui.

– C’est calomnier la reine que dire qu’elle a commandé de tirer sur le peuple ; le peuple, elle l’aime et ne le trahit pas. Si vous l’aviez vue comme moi occupée sans cesse de soulager les misères des pauvres familles, si vous l’aviez vue travailler de ses mains pour vêtir ceux qui étaient nus, si vous l’aviez vue vider sa cassette pour donner du pain et du bois à ceux qui en manquaient, vous ne l’accuseriez pas d’être ennemie du peuple.

– En la louant ainsi vous vous déclarez ennemie de la nation.

– En disant ce que vous venez d’entendre je ne fais que lui rendre justice ; on vous a trompés sur son compte.

– Que cette femme se taise et s’en aille, dit un des juges du guichet.

– Oui, tais-toi et retourne chez toi, répétèrent d’autres jurés.

Le courage, la noble franchise de Mme de Tarente, cette puissance que Dieu accorde souvent aux paroles qui partent du cœur pour confesser la vérité, l’air inspiré de la femme qui ne tremblait pas en défendant une reine devant des ennemis de la royauté, toutes ces choses avaient ému et désarmé les bourreaux. À peine Mme la princesse de Tarente avait-elle fait un pas hors de la prison qu’elle tomba à genoux pour remercier Dieu qui venait de la délivrer. Quand elle se releva, elle s’aperçut que sa robe était rougie de sang jusqu’aux genoux tant il y en avait dans la rue.

Un poète qui n’a jamais chanté que l’honneur et la fidélité a célébré le courage de la princesse de Tarente ; Delille s’est écrié :

Tarente, que te veut cet assassin farouche ?

À trahir ton amie il veut forcer ta bouche.

En vain s’offre à tes yeux le sanglant échafaud ;

La reine dans les fers te parle encor plus haut.

Amené devant le sanguinaire Maillard, M. de Montmorin déclare que soumis à un tribunal régulier il n’en peut reconnaître d’autre.

– Soit, lui répondit Maillard ; vous irez donc à la Force attendre un nouveau jugement.

Alors l’ancien ministre demanda une voiture.

Vous en trouverez une à la porte.

Il s’avance vers cette porte, et il reçoit la mort. Après lui se présente Thierry, premier valet de chambre de Louis XVI.

– Tel maître tel valet, dit encore Maillard ; et ces mots furent la sentence de condamnation du fidèle serviteur !

Buob et Bocquillon, accusés d’avoir fait partie du comité secret des Tuileries, sont aussi égorgés.

Comme vous le voyez, les égorgeurs avaient peu de repos, et le carnage avait déjà fait ruisseler le sang dans les cours quand un commissaire 2 se présenta le livre des écrous à la main, et, montant sur un tabouret, il dit aux furieux qui remplissaient la salle :

« Mes camarades, mes amis, vous êtes de bons patriotes, votre ressentiment est juste, et vos plaintes sont fondées : guerre ouverte aux ennemis du bien public ! ni trêve ni ménagement ; c’est un combat à mort. Je sens comme vous qu’il faut qu’ils périssent ; mais si vous êtes de bons citoyens vous devez aimer la justice : il n’est pas un de vous qui ne frémisse de l’idée affreuse de tremper ses mains dans le sang innocent.

– Oui, oui, répondirent plusieurs voix ; nous n’en voulons qu’aux coupables.

– Eh bien, je vous le demande, reprit l’homme monté sur le tabouret, quand vous voulez, sans rien entendre, sans rien examiner, vous jeter comme des tigres en fureur sur des hommes qui sont vos frères, ne vous exposez-vous pas au regret tardif et désespérant d’avoir frappé l’innocent au milieu des coupables ?

Ici le commissaire orateur fut interrompu par un assistant qui, armé d’un sabre ensanglanté, les yeux étincelants de rage, fendit la presse, et le réfuta en ces termes :

« Dites donc, citoyen, parlez donc ; est-ce que vous voulez aussi nous endormir ? Si les gueux de Prussiens et d’Autrichiens étaient à Paris, chercheraient-ils aussi les coupables ? ne frapperaient-ils pas à tort et à travers comme les Suisses du 10 août ? Eh bien ! non, je ne suis pas orateur ; je n’endors personne. Je vous dis que je suis père de famille ; que j’ai une femme et cinq enfants que je veux bien laisser ici à la garde de ma section pour aller combattre l’ennemi ; mais je n’entends pas que pendant ce temps les scélérats qui sont dans cette prison, à qui d’autres scélérats viendront ouvrir les postes, aillent égorger mes enfants et ma femme.

– Il a raison, répète un cri général ; point de grâce, il faut entrer.

Et alors il se fait un mouvement qui annonce que de nouveaux massacres vont commencer sous les auspices du tribunal populaire.

Là étaient assis deux officiers municipaux en écharpe et trois hommes ayant sous les yeux les registres d’écrous ouverts et faisant l’appel nominal ; d’autres faisaient les fonctions de jurés et de juges. Une trentaine de bourreaux les bras nus et déjà couverts de sang, les uns avec des sabres et des coutelas dégouttants de carnage, les autres avec des massues et des hallebardes, exécutaient les jugements.

Il y a dans ces horribles scènes de septembre un tel délire de cruautés que pour les redire on recourt aux citations ; car on craint en racontant les faits exacts d’être accusé d’exagération et d’invention de crimes.

« Il est impossible, dit un des prisonniers de l’Abbaye sauvé de cette horrible boucherie, d’exprimer ce que nous ressentions dans les salles où nous étions renfermés en attendant que l’on appelât notre nom : de là nous entendions le cri des mourants. Comment exprimer l’horreur du profond silence qui régnait pendant les exécutions ! il n’était interrompu que par la voix de ceux que l’on immolait et par les coups de sabre qu’on leur donnait sur la tête. Aussitôt qu’ils étaient terrassés, il s’élevait un murmure renforcé par des cris de VIVE LA NATION ! mille fois plus effrayants pour nous que l’horreur du silence.

« Dans l’intervalle d’un massacre à l’autre, intervalle bien court, nous entendions dire sous nos fenêtres : Il ne faut pas qu’il en échappe un seul ; il faut les tuer tous et surtout ceux qui sont dans la chapelle : il n’y a là que des conspirateurs. »

Saint-Médard, de qui j’emprunte ces détails, était du nombre des prisonniers ; apprenez de lui quelle était l’occupation de ceux qui entendaient mourir tout près d’eux.

« Notre occupation la plus importante, dit-il, était de savoir quelle serait la position que nous devions prendre pour recevoir la mort le moins douloureusement quand nous entrerions dans le lieu du massacre. Nous envoyions de temps en temps quelques-uns de nos camarades à la fenêtre de la tourelle pour nous instruire de la position que prenaient les malheureux que l’on massacrait, et pour calculer d’après leur rapport celle que nous ferions bien de prendre quand notre tour de mourir serait venu. Ils nous rapportaient que ceux qui étendaient leurs mains souffraient beaucoup plus longtemps, parce que les coups de sabre étaient amortis avant de porter sur la tête, qu’il y en avait même dont les mains et les bras tombaient à terre avant le corps… et que ceux qui les plaçaient derrière le dos devaient souffrir beaucoup moins. »

Quelle étude que celle-là, et quelles étaient déchirantes les recommandations que les amis faisaient à leurs amis quand ils étaient appelés pour aller mourir !

Je vous ai montré toute l’atrocité des bourreaux. Il faut pour diminuer, s’il se peut, l’horreur que je vous ai inspirée pour leurs cruautés que je vous redise, mes enfants, ce que fit un des membres du comité sanguinaire. Un religieux l’avait intéressé ; il va droit à lui et lui dit :

– Finis-en avec tes prières, et suis-moi !

– Où ? demanda le prêtre.

– Au comité, répondit l’homme au bonnet rouge.

Le religieux se leva et le suivit ; arrisé dans le bureau où siégeaient les jugeurs, il lui fit signe de s’asseoir à la table où l’on dressait procès-verbal des exécutions qui venaient d’avoir lieu, et lui dit : Écrivez.

Le prêtre le comprit, et fit semblant d’écrire pendant que les brigands qui circulaient autour de lui s’applaudissaient de tous les services qu’ils venaient de rendre à la république en abattant tant de ses ennemis, et se plaignaient qu’un prêtre leur eût échappé.

Le commissaire, choisissant le moment où il était le moins épié, s’approcha de l’homme qu’il avait résolu de sauver, eut l’air de regarder ce qu’il avait écrit, et, lui faisant prendre ses papiers sous le bras, l’emmena chez lui comme son secrétaire.

On apportait sur la table du comité 3 les montres, les portefeuilles les mouchoirs dégouttants de sang, trouvés dans les poches des prêtres massacrés. Jourdan, président du comité, ayant témoigné l’horreur que ces objets lui inspiraient, un des commissaires lui dit :

– Le sang des ennemis est pour les yeux des patriotes l’objet qui leur plaît le plus !

Au même instant un des bourreaux entra tout rougi du carnage.

– Je viens, cria-t-il, vous demander les souliers que ces aristocrates ont à leurs pieds : nos braves frères sont nu-pieds, et ils partent demain pour la frontière.

– Rien de plus juste, répondit le comité.

Un autre travailleur succéda à l’homme qui venait de réclamer les souliers des aristocrates ; celui-ci demanda du vin pour lui et ses compagnons.

– Qu’on donne aux citoyens un bon pour vingt-quatre pots de vin.

À cet ordre du président du comité l’on dresse une table dans la cour ; et là, les pieds dans le sang, entourés des monceaux de morts qu’ils ont abattus, les meurtriers se versent du vin, en emplissent leurs verres, trinquent et boivent À LA NATION !

Vers cinq heures du soir (le massacre avait commencé à deux), Billaud-Varennes, substitut du procureur de la commune, vint revêtu de son écharpe tricolore à la cour de l’Abbaye ; avec un regard d’hyène il contempla l’ouvrage qu’avaient déjà fait ses travailleurs, puis avança vers les hommes qui buvaient, et s’écria : PEUPLE, TU IMMOLES TES ENNEMIS, TU FAIS TON DEVOIR !

Excités par ses paroles, les égorgeurs se remirent bientôt à l’œuvre avec un redoublement de fureur : gorgés de vin, ils voulaient se gorger de sang !

– La mut va bientôt venir, dit l’un deux : il nous faudra des torches, car nous ne devons pas nous arrêter.

Et, comme l’avait demandé cet homme, quand l’obscurité s’étendit sur la prison, des flambeaux furent allumés, et les massacres se continuèrent à leur clarté.

Avant de frapper les prêtres, on leur demandait s’ils avaient fait le serment civique. Ils auraient pu échapper à la mort par un mensonge, et pas un seul ne voulut mentir !

Les bourreaux allaient avoir un repos forcé, car le fer avait tout moissonné. Il ne restait plus de prisonniers à égorger quand à trois heures du matin M. Hurtrel et un autre prêtre, qui venaient d’être découverts dans leur maison, furent arrêtés : de féroces cris de joie retentirent alors ; mais soit que les égorgeurs attendissent d’autres victimes, soit qu’un instant de pitié leur fût venu, ils accordèrent aux deux nouveaux arrivants quelques heures pour se préparer à la mort. L’abbé Sicard, témoin de cette scène, la raconte, et je le laisse parler.

« Les assassins employèrent cet intervalle de temps à ordonner qu’on amenât des charrettes pour enlever les cadavres, et se mirent à laver et à balayer la cour toute ruisselante de sang, ce qui leur donna beaucoup de peine. Pour en être dispensés à l’avenir, malgré les massacres qu’ils se disposaient à y faire encore, ils consultèrent entre eux divers expédients, et adoptèrent celui de faire apporter de la paille, d’en former une espèce d’estrade, que l’on exhausserait encore avec les habits des victimes déjà immolées et sur laquelle on ferait monter celle qu’on égorgerait dorénavant ; au moyen de quoi le sang absorbé par ce lit de mort n’irait plus inonder la cour. Un des sicaires se plaignant alors de ce que chacun d’eux n’avait pas le plaisir de frapper chaque victime, ils décidèrent que l’on commencerait par la faire courir entre deux haies formées par tous, mais qu’alors on ne frapperait qu’avec le dos des sabres, et lorsqu’elle serait montée sur le tas de paille et de vêtements, frapperait qui pourrait avec la pointe. Ils résolurent en outre qu’autour de cette estrade il y aurait des bancs pour les hommes et pour les femmes qui voudraient voir de près l’exécution, et qu’ils appelaient les messieurs et les dames.

« Tout ceci je l’ai vu et entendu ; j’ai vu ces dames du quartier de l’Abbaye se rassembler autour du lit préparé pour les victimes, y prendre place comme elles auraient pu faire à un spectacle amusant. Enfin vers les dix heures du matin les deux prêtres furent amenés, et périrent suivant le mode récemment convenu entre les assassins. »

De si exécrables cruautés furent encouragées par Billaud-Varennes, qui revint une seconde fois à l’Abbaye dans ces journées de meurtre : on le voyait arriver partout, jamais son activité n’avait été si grande, jamais il n’avait autant prodigué à la populace de remerciements et de sourires. Au moment où pour la seconde fois il entrait dans la cour des exécutions, il entendit de grands éclats de rires ; ce qui les excitait, c’était un prisonnier, Rulhières-Radel ; déjà percé de plusieurs coups de piques, il courait nu dans l’espace ensanglanté, tombant, se relevant et fuyant encore ; enfin un jeune bourreau l’atteignit, et d’un coup de sabre qui lui fendit le crâne lui donna la mort.

Alors Billaud-Varennes prit la parole, et dit :

« Citoyens, vous venez d’immoler des scélérats, vous avez sauvé la patrie ; la France entière vous doit une reconnaissance éternelle : la municipalité ne sait comment s’acquitter envers vous. Sans doute le butin et la dépouille de ces scélérats appartiennent à ceux qui nous en ont délivrés ; mais, sans croire pour cela vous récompenser, je suis chargé de vous offrir à chacun vingt-quatre livres qui vous seront payées sur-le-champ. Respectables citoyens, continuez votre ouvrage, et la patrie vous devra de nouveaux remerciements 4. »

Oh ! après ces paroles du substitut de la commune, quel horrible spectacle ! Voyez tous les égorgeurs, les bras nus et ensanglantés, se presser, se ruer dans la salle du comité. Pour obtenir leur salaire, plusieurs de ces monstres montrent ce qu’ils ont fait : celui-ci présente une tête coupée qu’il tient par les cheveux, celui-là un cœur d’homme au bout d’un sabre ; cet autre… Je m’arrête ; si je disais tout, je blesserais un autre sentiment que celui de la pitié.

À droite et à gauche de l’espèce d’allée que formaient les deux haies de bourreaux et de curieux, et que suivaient les prêtres pour aller tout blessés, tout transpercés de piques, mourir sur le tas de paille, on remarqua deux Anglais placés vis-à-vis l’un de l’autre, tenant des bouteilles et des verres et offrant à boire aux massacreurs !!!… Ils payaient ainsi les émotions qu’ils venaient d’avoir en voyant tuer des prêtres français.

Parmi ceux qui moururent comme prédestinés, il faut nommer l’abbé Lenfant, prédicateur du roi, homme d’une piété aimable et douce, et l’abbé Chapt de Rastignac, vicaire général d’Arles et membre de l’Assemblée constituante. En marchant au supplice, ces deux vieillards vinrent à passer dans la tribune de la chapelle où étaient entassés un grand nombre de prisonniers ; du haut de la galerie ils leur dirent :

– Nous allons mourir, et votre tour viendra bientôt. Ainsi nous vous demandons au nom de Dieu et de votre salut de vous réconcilier avec vos ennemis, de leur pardonner et de prier le Seigneur des miséricordes.

– Vous qui allez mourir, bénissez-nous, crièrent quelques vox dans le bas de la chapelle.

Et alors les deux confesseurs de la foi qui marchaient au martyre, se penchant sur la foule agenouillée, lui donnèrent l’absolution qu’on accorde aux mourants.

Autrefois sous les voûtes de l’Abbaye, des saints avaient prié et médité ; mais la piété de ces solitaires n’avait pu donner aux murailles qui les habitaient une illustration aussi grande que celle que leur ont attachée depuis deux jeunes filles, Mlle de Sombreuil et Mlle Cazotte, héroïnes de la piété filiale.

Lorsque le vénérable gouverneur des Invalides, M. de Sombreuil, avait été enlevé de l’hôtel pour être conduit en prison, sa fille avait obtenu de l’humanité des puissants du jour d’accompagner son père dans son cachot. Dans le malheur de ces horribles temps, elle se trouvait heureuse de la faveur qui lui était laissée de soigner son vieux père ; plusieurs fois les gardiens lui avaient dit :

– Vous qui n’êtes pas écrouée, allez-vous-en ; nous prendrons soin du général, que nous estimons tous.

– Personne ne le soignera comme sa fille, avait-elle répondu : je veux rester.

– Mais vous savez ce qui se passe…

– Raison de plus pour que je demeure auprès de mon père.

La vertu a son obstination ; Mlle de Sombreuil resta.

Le 3 septembre les assassins arrivent, et le nom de Sombreuil est appelé… Le général a entendu et se lève ; sa fille se lève aussi, elle veut le suivre ; il lui ordonne de rester ; mais elle n’a plus d’obéissance, elle sait que ce sont les bourreaux qui ont appelé son père, et cette certitude la détermine : elle le sauvera ou mourra avec lui… Elle s’attache aux habits du général. Les gardiens veulent lui faire lâcher prise ; mais son amour, son désespoir l’ont rendue forte, et elle arrive en tenant le bras de son père au redoutable guichet en face des bourreaux, qui se sont déjà réjouis de la victime qu’on leur amène. Ils ont interrogé Sombreuil ; il ne s’est point défendu. Les massacreurs sont prêts, impatients ; ils lèvent déjà leurs sabres et leurs piques. La noble jeune fille se jette au devant de tout ce fer à genoux ; elle étend les bras, elle pleure, elle prie, elle conjure… Les assassins se sentent émus, et l’un deux lui présentant un verre rempli de sang lui dit :

– Bois ce sang d’aristocrate, et nous ne tuerons pas ton père.

Mlle de Sombreuil prit le verre, et but… 5 À ce prix son père fut sauvé… sauvé pour quelque temps, car plus tard, quand il n’aura plus son ange auprès de lui, il périra comme tout ce qui était honorable et vertueux.

Lorsque Cazotte, homme d’esprit, de cœur et de talent, avait été conduit à la prison de l’Abbaye, sa fille Élisabeth était comme Mlle de Sombreuil parvenue à ne pas être séparée de son père ; au moment des massacres on la sépara de lui, et malgré ses pleurs et ses cris elle fut placée dans le logement du concierge avec la nièce de l’abbé Chapt de Rastignac et la noble fille du gouverneur des Invalides, réunion digne du regard des anges… car ces colombes sont devenues comme des aigles par leur courage, et affrontent tout pour sauver ceux qu’elles ont suivis.

Lorsque Élisabeth entendit son père descendre l’escalier, entraîné par les massacreurs, aucune force ne put la retenir :

– Laissez-moi passer, laissez-moi passer, criait-elle ! et dans sa voix Dieu avait mis je ne sais quelle autorité qui faisait se ranger devant elle. Parvenue dans les bras de son père, elle intercéda pour lui avec tant de chaleur, avec tant d’amour ! En suppliant les bourreaux elle était si éloquente et si belle qu’ils suspendirent leurs coups et lui dirent :

– Eh bien, emmenez-le.

Alors elle saisit son père, l’entraîna hors de la prison, et personne dans la foule n’osa l’arrêter. Il y avait en ce moment comme un rayon du ciel au-dessus de la courageuse fille, et de droite et de gauche on se rangeait pour la laisser passer, avec son père qu’elle venait d’arracher à la mort.

Hélas, ce triomphe ne fut pas de longue durée ! dix jours plus tard Cazotte monta sur l’échafaud.

Quand Maillard, le grand exterminateur, eut vu que ses travailleurs étaient au fait de leur besogne et qu’ils avaient pris goût au carnage, il pensa qu’ils se passeraient de sa surveillance, et à la tête d’une autre bande il sortit de l’Abbaye ; Aux Carmes ! aux Carmes ! c’est là que la patrie a besoin de nos bras ! avait-il crié de sa voix de stentor ; et tout aussitôt la bande de tigres s’était mise à le suivre en hurlant d’atroces refrains.

Ô mes enfants ! le cœur est prêt à me défaillir ; car si la scène va changer de lieu elle ne changera pas de nature ; ce sera du sang, toujours du sang que je vais avoir à vous montrer !

Dès le lendemain du 10 août, M. Dulau, archevêque d’Arles, avait été amené devant la section du Luxembourg avec soixante-deux autres prêtres.

– Jurez obéissance et fidélité à la constitution, leur avait dit le chef du comité du district.

Et tous avaient répondu comme le vénérable archevêque.

– Notre conscience nous défend de prêter le serment que vous nous demandez.

– Vous savez ce que la loi prononce contre les prêtres qui refusent le serment ?

– Oui, mais nous ne pouvons le prêter, et nous sommes résolus à mourir plutôt que de renier le nom de Jésus-Christ.

– On ne vous demande pas de renier votre Dieu.

– Ce serait le renier que de promettre obéissance à des lois en opposition avec la foi de l’Église.

– Vous persistez ?

– Oui ; et avec la grâce de Dieu nous espérons persister jusqu’à notre dernier soupir.

Forcés d’admirer le calme et la fermeté de ces confesseurs de la foi, les hommes du district ordonnèrent que l’archevêque et les soixante-deux prêtres fussent renfermés dans l’église des Carmes de la rue de Vaugirard. Avant de les y conduire, on les fouilla pour leur enlever tous les instruments qui auraient pu leur servir ou pour se défendre ou pour mettre fin à leurs jours trop pleins de persécutions et de malheur.

L’église des Carmes existe encore aujourd’hui, et je vous conseille, mes enfants, d’aller la visiter : il est bon de méditer et de prier sur les lieux illustrés ; l’âme s’y élève mieux qu’ailleurs ; moi, avant de me mettre à raconter la mort des martyrs des 2 et 3 septembre 1792, je suis allé le 13 octobre 1889 m’inspirer à l’endroit où leur sang se voit encore. Une petite fille de douze à quatorze ans, l’enfant du portier de l’ancien clos des Carmes, a conduit moi et un de mes amis, le comte Albert de Ruays, dans la petite chapelle où les religieux pendant les jours de paix et de piété allaient chanter des hymnes et des cantiques à la reine des anges. Cet oratoire, placé à un coin du jardin et au bout d’une longue allée de tilleuls, est un vrai reliquaire ; le sang des prêtres s’y voit partout, une natte de paille le recouvre ; et quand les pèlerins viennent pour l’honorer, le portier et sa fille lèvent cette espèce de tapis, et vous font voir les dalles devenues rousses de grisâtres qu’elles étaient jadis. C’est surtout au pied de l’autel qu’il y a le plus de traces de sang, et l’on conçoit pourquoi. Quand les égorgeurs vinrent à la grille fermée de la chapelle, tous les prêtres coururent vers le sanctuaire, voulant se rapprocher de Dieu pour mieux mourir.

Un de ceux renfermés aux Carmes et qui a échappé aux septembriseurs, l’abbé Berthelet, raconte ainsi l’horrible scène qu’il a vue de si près :

« Une fois enfermés à l’église des Carmes, il nous fut détendu de nous parler ; une garde fut mise à côté de nous, et l’on nous apporta pour toute nourriture du pain et de l’eau. C’est ainsi que nous passâmes la première nuit, et jusqu’au cinquième ou sixième jour nous couchâmes sur le pavé de l’église : il fut ensuite permis à ceux qui en avaient les moyens de se procurer des lits de sangle et des paillasses. Le lendemain du jour où nous avions été enfermés était un dimanche, nous demandâmes la permission de dire ou d’entendre la messe, et cette consolation nous fut refusée non seulement ce jour-là, mais encore pendant tout le temps de notre détention.

« Nous évitâmes avec soin tout sujet de plaintes contre nous, et même nous rejetâmes la proposition qui nous fût faite à différentes reprises par un jeune homme nommé Vigouroux, qui portait l’habit ecclésiastique sans être attaché à cet état, de profiter des occasions qu’on semblait nous offrir de prendre la fuite ; car on laissa plusieurs fois les portes ouvertes et même des armes à notre disposition. Sans examiner si c’était ou non une perfidie, n’écoutant que notre conscience, nous craignîmes de nous rendre coupables ou de compromettre quelqu’un par notre fuite, et nous continuâmes à rester soumis aux ordres que nous avions reçus. Cependant notre prison se peuplait tous les jours davantage, et, comme c’était la nuit principalement qu’arrivaient d’autres prisonniers, nous étions fréquemment réveillés par les propos outrageants contre les prêtres et par le cliquetis des armes des hommes qui les amenaient.

« Sur la fin du mois d’août un commissaire vint faire aux Carmes un appel général des prisonniers, et l’on demanda à chacun de nous en particulier s’il était prêtre ou dans les ordres sacrés. On écrivait nos réponses, et on élargit deux prisonniers qui déclarèrent n’être pas liés par les ordres : on retint cependant parmi nous deux laïques, M. du Plain de Saint-Albine et M. de Valfons, ancien officier du régiment de Champagne, qui déclara être catholique romain et ne pas connaître d’autres motifs à sa détention. Quelques jours après cette visite, un autre commissaire de la section, qui nous parla en particulier, nous demanda nos couteaux, nos ciseaux et nos canifs après nous avoir dit quelques mots de consolation. Nous voyions aussi très souvent M. Manuel, procureur de la commune : il nous dit un jour que l’on avait examiné nos papiers, que l’on n’avait rien trouvé qui pût nous faire paraître coupables, et que nous serions bientôt rendus à la liberté.

« Il nous revit le 30 août, et nous dit que les Prussiens étaient en Champagne, que le peuple de Paris se levait en masse, et envoyait toute la jeunesse les combattre ; que l’on ne voulait pas laisser d’ennemis derrière soi, et que nous devions pour notre propre sûreté et pour obéir au décret de déportation nous disposer à sortir de France. Sur les observations de l’un de nous, il répondit que l’on nous accorderait quelques heures pour prendre dans nos maisons les choses dont nous avions besoin pour le voyage ; et le soir même un commissaire, accompagné de gendarmes, nous lut le décret sur la déportation, et le laissa affiché dans le sanctuaire. Dès le lendemain nous nous hâtâmes de recueillir le plus d’argent qu’il nous fût possible pour des voyages dont nous ne connaissions ni le terme ni la durée : nous étions alors environ cent soixante prisonniers. »

Quand Manuel annonçait aux captifs qu’ils allaient bientôt être hors de France, quand il leur disait : « Disposez-vous à aller dans une terre étrangère jouir du repos que vous ne pouvez plus trouver ici », le monstre savait que la terre vers laquelle ils allaient être conduits serait celle de la tombe, et que leur repos serait celui du cercueil. Quand on réfléchit à la cruauté de ce mensonge, on la trouve atroce : le tigre dévore et ne trompe pas.

Le surlendemain des promesses de Manuel, les confesseurs de la foi, renfermés dans l’église des Carmes, s’encourageaient à supporter chrétiennement les rigueurs de cette déportation qui allait les frapper quand le son du tocsin, quand le bruit de la générale, quand les terribles rumeurs de la foule parvinrent jusqu’à eux.

Je laisse de nouveau parler l’abbé Berthelet ; car lui peut dire : « J’ai vu, j’ai entendu, j’ai souffert, et j’ai pardonné. »

« Les mouvements précipités des gardes qui veillaient sur nous, les vociférations qui des rues voisines parvenaient jusqu’à nos oreilles, le canon d’alarme que nous entendions tirer, tout était fait pour donner de l’inquiétude ; mais notre confiance en Dieu était parfaite. Le commissaire du comité de la section vint faire précipitamment un appel individuel de toutes nos personnes, et nous envoya dans le jardin, où nous descendîmes par un escalier à une seule rampe qui touchait presque à la chapelle de la sainte Vierge comprise dans l’église où nous étions prisonniers. Nous arrivâmes dans le jardin au travers de gardes nouveaux, qui étaient sans uniformes, armés de piques et coiffés de bonnets rouges ; le commandant seul avait un habit de garde national. À peine fûmes-nous dans ce lieu de promenade, sur lequel donnaient les fenêtres des cellules du cloître, que des gens placés à ces fenêtres nous outragèrent par les propos les plus infâmes et les plus sanguinaires. Nous nous retirâmes au fond du jardin, entre une palissade de charmille et le mur qui le sépare de celui des dames religieuses du Cherche-Midi. Plusieurs d’entre nous se firent un refuge d’un petit oratoire placé dans un angle du jardin, et s’y étaient mis dire les vêpres des morts lorsque tout à coup la porte du jardin fut ouverte avec fracas. Nous vîmes alors entrer en furieux sept à huit jeunes hommes, dont chacun avait une ceinture garnie de pistolets, indépendamment de celui qu’ils tenaient de la main gauche, en même temps que de la droite ils brandissaient un sabre.

« Le premier ecclésiastique qu’ils rencontrèrent fut M. de Salins qui, profondément occupé d’une lecture, ne s’était aperçu de rien. Ils le massacrèrent à coup de sabres.

« Les meurtriers, après avoir crié vive la nation sur ce nouveau cadavre, demandèrent où était l’archevêque d’Arles. Le prêtre qu’ils interrogeaient ainsi, l’abbé de Panonie, pensant que par sa mort il sauverait peut-être les jours de son vénérable évêque, se contenta de baisser les yeux sans répondre ; cependant il ne put tromper les bourreaux.

« À ce moment même le saint prélat que les égorgeurs demandaient à grands cris exhortait ceux qui allaient être les compagnons de son martyre. « Mes frères, leur disait-il, remercions Dieu qui nous appelle à sceller de notre sang la foi que nous professons ; implorons la grâce que nous ne pouvons obtenir par notre propre mérite ; demandons au Seigneur la persévérance finale. »

« M. Hébert, allant au-devant des assassins, leur dit :

– Nous sommes citoyens français ; nous demandons à être juges.

« Vous le serez, répondirent les brigands ; et ils avançaient vers l’oratoire en brandissant leurs sabres et leurs piques et en répétant toujours : L’archevêque d’Arles ! l’archevêque d’Arles !

« Il était alors à prier au pied de l’autel ; s’entendant nommer, il se leva pour aller s’offrir aux meurtriers ; mais une foule de prêtres dévoués l’entourèrent, et cherchèrent à le cacher aux brigands.

« Ce fut en vain ; le digne ministre se fit jour jusqu’aux furieux qui l’appelaient toujours, et croisant les mains sur la poitrine, il leur dit avec un calme céleste :

« – Je suis celui que vous cherchez.

« – Ah ! c’est toi, vieux cafard, qui as fait verser le sang des patriotes d’Arles !

« – Je n’ai jamais fait verser de sang… je n’ai jamais fait de mal à personne…

« – Eh bien, moi je t’en ferai, s’écrie un homme à bonnet rouge. Et à l’instant il lui assène un coup de sabre sur le front ; le saint vieillard ne tombe pas : un autre massacreur le frappe sur le haut du crâne ; le sang jaillit à grands flots ; mais l’archevêque comme la colonne d’un vieux temple reste encore debout ; un troisième assassin lui perce la poitrine du fer de sa pique ; alors le martyr succombe, et étendu à terre le brigand lui met le pied sur la poitrine, et crie : Vive la nation !

Pendant quelque temps les meurtres continuèrent dans le jardin, et pour les travailleurs de Billaud-Varennes, c’était une joie féroce que cette chasse aux prêtres. Quelques-uns des plus jeunes lévites, pour se soustraire à la mort, étaient montés dans les tilleuls de la longue allée, et là on les fusillait, et quand leurs corps criblés de balles de branche en branche tombaient sur l’herbe, les cris des cannibales redoublaient. Dans cette horrible chasse près de quarante prêtres périrent !

« Deux frères, deux saints, MM. de Larochefoucauld, l’un évêque de Beauvais, et l’autre évêque de Saintes, avaient été renfermés aux Carmes, et le matin même du jour de leur mort ils se disaient : Nous sommes heureux de souffrir pour Jésus-Christ et de souffrir ensemble. Ces deux hommes, que l’amour fraternel avait étroitement unis en ce monde, devaient être réunis par le martyre dans le ciel. Tous les deux étaient avec trente prêtres dans le petit oratoire, et une grille les séparait des assassins ; ceux-ci firent plusieurs décharges de leurs fusils presque à bout portant, et ils en tuèrent la majeure partie. L’évêque de Beauvais ne fut pas atteint ; mais son frère, l’évêque de Saintes, eut la jambe cassée par un coup de feu.

« Pendant que l’on massacrait ainsi dans la chapelle, quelques prêtres qui s’étaient cachés dans le jardin parvinrent à se sauver par-dessus le mur qui longe la rue Cassette. Les travailleurs du comité des massacres s’aperçurent que quelques victimes allaient leur échapper. L’éparpillement dans le jardin favorisait les évasions ; aussi le directeur des vengeances du peuple donna ordre de faire rentrer tous les prisonniers dans l’église. Ceux qui avaient été blessés étaient relevés de terre à coups de plat de sabre. M. l’évêque de Saintes était de ce nombre ; la jambe cassée, il gisait dans une mare de sang ; deux des égorgeurs le prirent sous les bras, et le reconduisirent à l’église.

« En se retrouvant sous ces voûtes sacrées et dans ce sanctuaire, qui leur avait servi de prison pendant quinze jours, les confesseurs de la foi purent croire que les bourreaux étaient lassés de carnage et que les massacres étaient finis… mais il n’en était rien : les travailleurs que la nation avait choisis étaient de rudes ouvriers, et qui ne se lassaient pas si vite. Bientôt un appel commença deux par deux ; les prêtres étaient obligés d’y répondre ; quand leurs noms étaient prononcés par le héraut du terrible comité, ils se levaient de devant l’autel sur les marches duquel tous étaient agenouillés, priant et se confessant les uns aux autres : avant de sortir un des évêques ou un autre vieux pasteur leur donnait l’absolution, et ils disparaissaient par une petite porte qui donnait sur l’escalier du jardin.

« Au bas de cet escalier un commissaire, nommé Violette, était assis à une table sur laquelle étaient ouverts les registres de la prison ; quand les deux prêtres arrivaient devant lui, il les faisait arrêter et leur demandait

« – Voulez-vous à l’instant prêter le serment d’obéissance et de fidélité à la constitution ?

« Et quand ils avaient répondu :

« – Ce serment est contraire à notre foi ; nous ne le prêterons pas.

« L’exécuteur des vengeances nationales faisait un signe, et les bourreaux debout derrière lui s’emparaient des deux victimes, les entraînaient dans un corridor, où elles étaient tout de suite immolées.

« Ce double appel se renouvela soixante fois. Avant que l’exécution fût commencée, dès le matin du jour du massacre, les gardiens des captifs avaient enlevé de l’église tout ce qui aurait pu servir de moyens de défense. Ainsi un grand crucifix de cuivre doré, des flambeaux de même métal furent emportés des autels ; une croix de bronze qui se trouvait à droite du sanctuaire, ne pouvant être arrachée du tabernacle qu’elle surmontait, fut brisée par les révolutionnaires avec d’horribles blasphèmes, et pendant que ces sacrilèges se commettaient les prêtres agenouillés répétaient : Parce, Domine, parce populo tuo !

« Quand le moment des exécutions fût venu, un jaune vicaire de campagne trouva dans la sacristie une croix de bois, et l’apporta sur l’autel dépouillé. – C’est une croix de bois qui a sauve le monde ! Et ce fut avec un frémissement de sainte joie que tous les chrétiens qui allaient mourir se levèrent pour voir replacer sur l’autel ce signe de rédemption au milieu d’eux. Ne pouvaient-ils pas dire en l’adorant : Morituri te salutant.

« Il y avait déjà plusieurs prêtres rentrés dans l’église, lorsque deux brigands y apportèrent avec une sorte de compassion et de respect monseigneur l’évêque de Beauvais, blessé et tout couvert de sang ; ils le déposèrent sur un matelas, et bientôt son frère, l’évêque de Saintes, accourut près de lui, et le prenant dans ses bras il lui répétait : Ah ! mon ami, j’avais peur de mourir séparé de vous ! C’était une consolation pour les deux frères d’être ensemble ; un des geôliers vint les séparer.

« Cependant le terrible appel continuait toujours, et dans le sanctuaire on voyait des places vides autour de l’autel ; ceux qui y avaient prié, il y a quelques instants, chantaient maintenant dans le ciel le cantique de la délivrance, et la palme du martyre rayonnait déjà dans leurs mains !

« L’homme dont la voix sinistre appelait ceux qui devaient sortir de l’église prononça le nom de Pierre-Louis de Larochefoucauld.

« – Me voici, répondit l’évêque de Saintes ; et il sortit en regardant du côté où était gisant son frère. Bientôt après, la même voix appela François-Joseph de Larochefoucauld, évêque de Beauvais.

« – Me voici, dit aussi le prélat, dont un coup de fusil avait cassé la jambe ; mais je ne puis marcher, et je vous prie d’avoir la charité de vouloir bien m’aider vous-même à aller où vous m’appelez.

« Alors deux bandits se hâtèrent près de lui, avec une sorte d’humanité, de respect même, le soulevèrent de dessus son matelas, et le conduisirent aux exécuteurs !…

« L’évêque de Beauvais fut presque la dernière victime immolée, et quand son corps tomba, ce fut dans une grande mare de sang et tout à côté d’une montagne de cadavres. »

On porte à cent cinquante le nombre des prêtres massacrés dans l’enclos des Carmes, et l’abbé Barruel croit que de ceux qui y avaient été renfermés, trente-six ou trente-huit parvinrent à s’échapper. L’abbé de Panonie, MM. de Lépine, Bardet, du Tillet, Chariot, Forestier et Berthelet durent leur salut à des hommes qui avaient eu le saint courage de se mêler à la bande d’assassins avec la résolution de sauver de leurs coups toutes les victimes qu’ils pourraient.

Au commencement du massacre une vingtaine de prêtres avaient escaladé le mur du bas du jardin ; mais tout à coup plusieurs d’entre eux se dirent : Notre évasion va irriter les porteurs de piques et de bonnets rouges ; ils seront plus inexorables pour nos doyens : il faut retourner près de nos pères dans la foi et partager leur sort : ce n’est pas aux plus jeunes athlètes à craindre le combat. Et, obéissant à cette généreuse pensée, quinze ou seize prêtres revinrent dans l’enclos d’où ils étaient parvenus à sortir 6.

Quand les massacreurs crurent que tout leur ouvrage était fini, quand la nuit fut venue, quand sous les ombrages du jardin on ne vit plus aller et venir les horribles chasseurs d’hommes, quand on n’entendit plus les coups de sabres frappant sur les crânes et les victimes, les travailleurs de Billaud-Varennes commencèrent une orgie dans l’église maintenant vide de tous ses prisonniers ; sur les autels furent apportés des cruches de vin, du pain et des plats de viande, et pendant que l’on dressait ainsi le souper des ouvriers, eux dansaient la Carmagnole sous la rotonde du centre, et quelques chandelles placées de distance en distance éclairaient ces horribles joies. Tout à coup les bourreaux entendent du bruit sortant d’une espèce de niche ou d’armoire ménagée dans les murs de l’église, et ils voient apparaître un homme couvert de sang et dont les habits déchirés pendent en lambeaux. Cet homme a posé le pied sur le haut d’une échelle qui vient aboutir à l’armoire, et descend lentement. À son aspect les égorgeurs cessent leurs danses :

– C’est encore un de ces scélérats de prêtres ; s’il nous a échappé ce n’aura pas été pour longtemps.

– Messieurs, crie du haut de l’échelle l’homme blessé et qui ressemblait à un spectre, vous me tuerez si vous le voulez ; mais par pitié donnez-moi un verre d’eau… Une soif ardente me dévore ; mes blessures m’ont donné la fièvre… c’est la soif qui m’a fait sortir de ma cache !… Par pitié, par pitié, un verre d’eau, et puis vous ferez de moi ce que vous voudrez !…

Les bourreaux semblaient s’adoucir à ses paroles, quand une voix s’écrie :

– En voici encore un !

Effectivement, c’était M. Dubray, prêtre de Saint-Sulpice, caché et étouffant entre deux matelas ; en faisant un mouvement pour respirer il fut découvert par un des travailleurs qui était venu s’asseoir sur un lit voisin… Cet homme qui avait déposé son sabre près de lui pour manger le reprend aussitôt, se saisit du prêtre, l’entraîne jusqu’aux marches de l’autel et là lui fend le crâne… et les piques l’achèvent.

Du haut de l’échelle l’abbé de Lostande (c’était lui qui s’était caché dans l’armoire du mur) fut témoin de cette rapide exécution ; mais ni cette vue ni la crainte d’une fin semblable ne pouvant le retenir, il descend, et vient au milieu des brigands qui essuyaient leurs piques, leur demande un verre d’eau. En répétant : De l’eau ! par pitié quelques gouttes d’eau ! il tombe évanoui… Pendant que l’autre sang fume vont-ils y mêler le sien ? Non, un mouvement de pitié les prit ; il le firent revenir de son évanouissement, lui donnèrent de l’eau fraîche, le portèrent à la section et de là à l’hôpital.

Souvent des fidèles et pieux catholiques vont bien loin et font de périlleux pèlerinages pour aller honorer des lieux consacrés par de saints trépas ; moi, mes enfants, je conseille à ceux qui ne redoutent pas les fortes impressions d’aller s’agenouiller dans la chapelle de l’ancien jardin des Carmes : là il y a de quoi remuer fortement les âmes les plus endormies dans la vie plate de tous les jours… Sur un banc on m’a montré comme un grand anneau sanglant ; c’est une tête coupée qui avait été placée là, et le rond du coup a laissé sa trace sur le bois.

Pendant que l’on massacrait à l’Abbaye et aux Carmes, on égorgeait aussi à la maison Saint-Firmin, où quatre-vingt-douze prêtres avaient été renfermés depuis plusieurs jours. Tandis que les assassins faisaient leurs sanglantes besognes dans l’intérieur du séminaire, une foule nombreuse se tenait en dehors et criait aux travailleurs : Jetez-nous de ces scélérats par les fenêtres, et nous les achèverons ; et lorsqu’un prêtre tombait d’une des croisées, des furies, des femmes avinées, armées de ces massues qui servent à écraser le plâtre, couraient sur lui en hurlant, et l’assommaient. Ainsi périt l’abbé Copeine ; du lit où il était mourant les bourreaux ne firent que le prendre et le précipiter dans la rue, et sa tête fut écrasée par les massues des femmes. M. Gros, curé de la paroisse où ces horribles meurtres étaient commis, eut la même fin que l’abbé Copeine. D’abord M. Gros avait prêté le serment ; mais bien vite il s’était noblement rétracté : des hommes que sa charité avait nourris se ruèrent sur son cadavre, coupèrent sa tête, la portèrent au bout d’une pique dans toute sa paroisse.

Un autre homme avait proposé la veille à M. Gros de le faire s’évader, et il avait répondu : « Le peuple sait que j’ai été conduit ici ; malgré tout ce que j’ai fait pour lui, je suis le principal objet de sa fureur : s’il ne me trouve pas il bouleversera toute la maison ; ceux qui pourront s’être cachés seront découverts, je les ferai ainsi tomber aux mains de leurs ennemis : il vaut mieux que je sois sacrifié. » Il le fut en effet comme il l’avait prévu ; son corps, mutilé, souillé de boue, était encore gisant dans la rue en face du séminaire, quand on ouvrit son testament par lequel il laissait tous ses biens aux pauvres de la paroisse. Quelques-uns de ses meurtriers auront peut-être aussi eu part dans ses aumônes.

Pendant que le sang de prêtres coulait à l’Abbaye, aux Carmes et à Saint-Firmin, on massacrait également à la Conciergerie du palais, au grand Châtelet et à la Force, à la Salpêtrière et à Bicêtre : jamais la mort n’avait eu tant d’aides ! Les victimes avaient été en général désignées aux assassins par leur rang, leurs noms et leurs vertus ; cependant dans ces journées de septembre il y en a eu de moins pures d’immolées. Le cloître des Bernardins était devenu le dépôt où l’on avait transféré les forçats destinés aux galères : ils étaient au nombre de soixante-treize renfermés dans la tour de Saint-Bernard ; ils y périrent tous. Là ce n’était pas des agneaux qui tendaient le cou et qui mouraient avec douceur ; c’était une horrible lutte entre gens de la même espèce, un combat acharné entre des voleurs déterminés et des égorgeurs qui voulaient gagner leur paie.

À la prison de la Force il y avait encore des prêtres, car les visites domiciliaires et les dénonciations en faisaient découvrir journellement, et des campagnes on en voyait arriver harassés de lassitude et tout meurtris des coups de leurs conducteurs qui avaient hâte de les amener à l’horrible boucherie qui durait depuis deux jours ; mais dans le peuple on répétait : La Force, c’est la prison des ci-devant seigneurs ; et en effet la princesse de Lamballe, Mme de Tourzel, gouvernante des enfants de France, Mme de Saint-Brice, attachée au service de la reine, M. de Chamilly, valet de chambre du roi, M. de Mailly, maréchal de camp ; M. Journiac de Saint-Médard, un des rédacteurs du Journal de la cour et de la ville, y étaient renfermés ; aussi les brigands disaient en s’y rendant : À nous tes honneurs de la journée ! c’est nous qui allons travailler la cour.

La marquise de Tourzel et sa fille Pauline, qui avaient suivi la famille royale au Temple, et qui avaient eu l’espoir de partager toute la captivité des augustes prisonniers, leur furent arrachées dans la même nuit que Mme la princesse de Lamballe et conduites avec elle à la prison de la Force. Là, la fille fut séparée de la mère, et pendant de bien longs jours, Mlle de Tourzel crut qu’on ne l’avait éloignée de sa mère que pour qu’elle ne fût pas témoin de l’exécution de la gouvernante des enfants de France. De son côté la malheureuse mère avait eu de cruelles inquiétudes malgré sa confiance en Dieu ; elle commençait à ne plus espérer quand un homme vint lui dire dans son cachot : Soyez tranquille sur le sort de votre fille. Ce peu de mots lui rendit tout son courage : et quand après Mme de Tarente elle fut appelée devant les bourreaux jugeurs, elle montra un grand caractère et une grande présence d’esprit.

– Pourquoi, lui demandèrent les égorgeurs, pourquoi avez-vous suivi le roi à Varennes ?

– Avant de vous répondre, leur dit-elle, je vous prie de me dire s’il faut tenir ses serments ?

– Oui, sans doute, répliquèrent les hommes de la république.

– Eh bien, j’avais fait le serment de ne jamais quitter M. le dauphin et sa sœur, et c’est pour tenir ce serment que j’ai suivi le roi et la reine.

Écoutez comme elle raconte elle-même sa mise en liberté.

« Je savais, dit-elle dans une lettre écrite à sa fille aînée la comtesse de Sainte-Aldégonde, je savais que les prisonniers étaient menés tour à tour au peuple qui était attroupé aux portes de la prison, et qu’après avoir subi une espèce de jugement on était absous ou massacré. Malgré cela j’avais le pressentiment qu’il ne m’arriverait rien, et ma confiance fut bien augmentée, lorsque je vis à la tête des gens qui venaient me chercher le même homme qui m’avait donné des nouvelles de ma fille… Je me présentai donc tranquillement devant le tribunal ; je fus interrogée environ dix minutes, au bout desquelles des hommes à figures atroces s’emparèrent de ma personne : ils me firent passer le guichet de la prison, et je ne puis vous exprimer le trouble que j’éprouvais de l’horrible spectacle qui s’offrit à moi.

« Une espèce de montagne s’élevait contre la muraille ; elle était formée par les membres épars et les vêtements sanglants de tous ceux qui avaient été massacrés à cette place, et une multitude d’assassins entouraient ce monceau de cadavres. Deux hommes étaient montés dessus ; ils étaient armés de sabres et couverts de sang ; c’étaient eux qui exécutaient les malheureux prisonniers qu’on amenait l’un après l’autre : on les y faisait monter sous prétexte de prêter le serment de fidélité à la nation ; mais dès qu’ils étaient en haut leur tête était coupée et livrée au peuple, et leur corps en tombant sur ceux qui y étaient déjà servait à élever cette horrible montagne. On voulut aussi m’y faire monter ; mais M. Hardy, qui me donnait le bras, et huit ou dix hommes qui m’entouraient me défendirent ; ils assuraient que j’avais déjà prêté le serment à la nation, et autant par force que par adresse ils m’arrachèrent des mains de ces furieux et m’entraînèrent hors de leur portée… Un fiacre nous attendait… Dès que je fus en état de parler, ma première parole fut pour m’informer de Pauline ; M. Hardy me dit qu’elle était en sûreté, et que j’allais la revoir ! »

La douce et fidèle amie de Marie-Antoinette, la belle et gracieuse princesse de Lamballe, avait vu Mme et Mlle de Tourzel, Mme de Saint Brice sauvées par Manuel, et, elle, elle n’avait eu aucune puissante main pour la tirer de son cachot… Autrefois l’amitié d’une reine pouvait sauver de la mort ; mais, hélas ! ce temps était bien loin, et maintenant elle vous mettait bien avant sur le chemin de l’échafaud. La princesse de Lamballe le savait bien, et dans sa prison elle répétait : Ils me tueront… Oh ! s’ils ne tuaient que moi ! s’ils n’allaient pas au Temple !…

Quand elle entrevoyait ainsi sa prochaine fin, elle avait raison, car la haine que le parti d’Orléans avait soufflée au peuple contre Marie-Antoinette s’était étendue jusque sur son amie. Sa mort avait été résolue au Palais-Royal : le prince qui y demeurait avait depuis deux ans perdu beaucoup de son influence sur les affaires publiques ; mais il en avait conservé une grande dans les massacres, et si les ministres de l’Assemblée ne l’écoutaient plus, Maillard et ses hommes lui avaient gardé une grande déférence.

Quand on voit la plupart des nobles prisonnières trouver grâce aux yeux de leurs bourreaux dans les sanglantes journées de septembre, on s’étonne que la plus belle, la plus touchante, la plus faite pour désarmer les bourreaux n’ait pas été sauvée ; elle l’eut été sans la haine du duc d’Orléans : ce prince gagnait deux cent mille francs de rente à sa mort.

Pendant les deux jours que Mme la princesse de Lamballe avait passés aux Feuillants, elle avait dit plusieurs fois à la reine : S’ils ne me séparent pas de Votre Majesté, je leur pardonnerai bien des larmes qu’ils m’ont fait répandre. Et le soir, quand elle s’était trouvée au Temple avec la famille royale, elle était tombée à genoux, et avait remercié Dieu de l’avoir laissée auprès de sa royale amie ; elle éprouvait toute une consolation à répéter : Nous sommes ensemble !

Vous savez, mes enfants, que ce bonheur ne fut pas de longue durée. Arrachée du donjon du Temple malgré ses prières et les larmes de Marie-Antoinette, elle avait été amenée à la Force, où tous les outrages lui étaient prodigués : les insultes, elle les pardonnait ! mais ce qui lui brisait le cœur c’étaient les horribles propos, les menaces qu’elle entendait proférer tant que le jour durait contre la reine. Par un barbare raffinement de cruauté, des guichetiers et des valets de prison venaient s’asseoir sur un banc au-dessous de la fenêtre de son cachot, et là déversaient toute leur haine contre la famille royale, et s’amusaient à inventer d’alarmantes nouvelles pour donner la torture de la pensée à la pauvre captive.

À la Force, comme aux Carmes, comme à la Conciergerie, comme partout, la sanglante moquerie d’un tribunal avait été établie ; Hébert et Luillier, ceints de leur écharpe tricolore, faisaient partie du jury de la Force ; Chépy remplissait l’office de greffier.

C’était devant de tels hommes, devant le rebut et l’écume de Paris que la jeune et belle femme qui avait fait l’ornement de la cour de Versailles, que la princesse qui était toujours restée simple, bonne et aimante malgré sa haute faveur ; que celle que le souffle de la calomnie n’avait pas essayé de flétrir, que celle qui, menacée de la proscription, n’avait pas voulu s’y soustraire pour demeurer dans les jours de péril auprès de sa royale amie, que Louise de Savoie, princesse de Lamballe, comparaissait le 3 septembre 1792.

À huit heures du matin des guichetiers à bonnet rouge entrèrent dans sa chambre ; depuis longtemps elle les attendait, car pendant toute la nuit les insultes, les menaces et les chansons de mort n’avaient cessé de retentir tout près de sa cellule. Le sommeil qui vient parfois aux malheureux aurait pu fermer ses yeux rougis de larmes et les hommes qui avaient hâte de se faire ses meurtriers n’avaient pas voulu lui laisser ce repos… Oh ! pour faire souffrir leurs victimes, les révolutionnaires ont autre chose que leurs piques et leurs sabres !

Quand, amenée par deux brigands, elle parut devant le hideux tribunal, elle fut prête à défaillir.

– Qui êtes-vous ? lui demandèrent les bourreaux en écharpe.

– Marie-Louise de Savoie, princesse de Lamballe.

– Vous étiez au château des Tuileries pendant la nuit du 10 août.

– Oui, c’était ma place comme surintendante de la maison de la reine.

– Vous êtes accusée d’avoir été complice des crimes de la reine contre la nation.

– Je ne connais point de crime de la reine contre la nation.

– Vous étiez instruite de la conspiration du 10 août contre le peuple.

– Je proteste ignorer encore cette conspiration contre le peuple.

– Vous avez eu des correspondances avec les émigrés, et vous avez reçu du prince de Condé la lettre que vous avez sous les yeux.

– Recevoir des lettres d’un parent n’est pas un crime. Celle que vous me présentez ne contient rien contre la nation.

– Faites serment d’aimer la liberté et l’égalité ; faites serment de haïr le roi et la reine.

– Le premier serment je le ferai ; le second je ne le ferai pas : il n’est pas dans mon cœur.

– Jurez donc, dit à la princesse un des assistants qui voulait la sauver, jurez donc, et vous serez sauvée.

– Jurer haine au roi, à la reine ! Jamais ! jamais !

– Qu’on élargisse madame, dit le chef du guichet.

Et tout aussitôt les deux massacreurs qui l’avaient amenée l’entraînèrent vers la fatale porte… Quand cette porte s’ouvrit, quand, échevelée, vêtue de sa robe blanche, la victime du haut d’un petit perron fut montrée aux cannibales qui l’attendaient depuis longtemps, ils se mirent à rugir de joie. La proie qu’on allait leur livrer était si jeune, si noble et si belle ! Tout à l’heure devant le jury des bourreaux, elle avait pu garder la tête haute, et répondre à leur interrogatoire ; mais à présent ses jambes défaillantes lui refusent secours ; elles fléchissent dessous elle. Elle vient d’apercevoir des têtes coupées, des bras, des jambes jetés çà et là dans la cour ; elle vient de voir qu’au bas des marches il va lui falloir marcher sur des cadavres entassés. Une horrible vapeur de carnage l’entoure ; elle ne peut plus faire un pas et serait tombée sur les marches du perron si les deux guichetiers ne la soutenaient sous les bras.

– Avancez ! avancez ! lui crient-ils ; il faut passer là-dessus.

– Fi ! quelle horreur !…

À cet instant, au mouvement qu’elle fait pour obéir, un des meurtriers qui la suit de près lui assène un coup de sabre sur le derrière de la tête et fait jaillir son sang. Mortellement blessée, les infâmes guichetiers la forcent toujours à marcher… à marcher sur des cadavres dont plusieurs ne sont pas encore refroidis !

– À genoux ! à genoux ! crient les égorgeurs ; qu’elle demande pardon à la nation !

– Je n’ai de pardon à demander à personne.

Alors un second coup de sabre lui est porté par le même bourreau, et la délivre de la vie… de la vie, mais non des outrages ; car à peine est-elle tombée sur cette montagne de corps morts où ses guichetiers l’avaient entraînée que des monstres à face humaine se ruèrent sur elle pour la dépouiller de ses vêtements, pour exposer aux regards, outrager, déchirer et mutiler son beau corps. Alors sur ses restes une exécrable lutte s’engage entre les assassins ; chacun veut avoir quelque morceau de son cadavre pour le porter au bout de sa pique et le promener dans les rues de Paris. Mais un assassin à haute taille, plus fort que les autres, peut-être un des chefs du massacre, est parvenu à faire reculer cette bande de cannibales, et quand il est resté maître du corps de la noble victime il se penche sur elle et lui coupe la tête !… C’est à lui qu’elle doit appartenir, c’est lui qui la portera sous les fenêtres du Temple pour la faire baiser à la reine !… Ô mes enfants, y aura-t-il dans le récit de ces affreuses journées quelque chose de plus atroce que cette pensée ? Les monstres pourront-ils aller plus loin ?… Oui, ils vont se surpasser eux-mêmes. Quand cette tête, que les fleurs et les diamants avaient si souvent couronnée dans les fêtes de Versailles, fut séparée du corps, un coiffeur fut forcé de venir boucler et poudrer ses cheveux blonds, qu’elle avait eus les plus beaux du monde, et puis, comme la pâleur était venue à ses joues, ils lui firent du rouge avec du sang, et après cette toilette impie ils placèrent la tête sur la plus haute de toutes leurs piques, et se mirent en marche en chantant Ça ira.

Auprès du porteur de tête, un autre assassin montrait à la pointe de son sabre le cœur de la princesse, que lui-même avait arraché de sa poitrine ! Pendant que la horde sanguinaire s’en allait vers le Temple avec le cœur et la tête de l’amie de Marie-Antoinette, des femmes et des filles d’égorgeurs, assises sur la montagne de cadavres qui s’élevait devant la porte de la Force, gardaient le corps de la Lamballe 7, et le montraient à la foule avec d’horribles plaisanteries, prenant soin de laver le sang qui souillait le cadavre pour en faire voir la blancheur.

Du Palais-Royal l’abominable cortège prit la route du Temple. Je laisse parler Cléry ; il va redire l’arrivée des bourreaux sous les fenêtres du roi et de la reine.

« À une heure, le 3 septembre, le roi et sa famille témoignèrent le désir de se promener dans le jardin ; on s’y refusa. Pendant le dîner on entendit le bruit des tambours et bientôt les cris de la populace ; la famille royale sortit de table avec inquiétude, et se réunit dans la chambre de la reine. Je descendis pour dîner avec Tison et sa femme.

« Nous étions à peine assis qu’une tête au bout d’une pique fut présentée à la croisée ; la femme de Tison jeta un grand cri. Les assassins crurent avoir reconnu la voix de la reine, et nous entendîmes le rire effréné de ces barbares. Dans l’idée que Sa Majesté était encore à table ils avaient placé la victime de manière qu’elle ne pût échapper à ses regards. C’était la tête de Mme la princesse de Lamballe ; quoique sanglante, elle n’était point défigurée ; ses cheveux blonds bouclés flottaient autour de la pique.

« Je courus aussitôt vers le roi. La terreur avait tellement altéré mon visage que la reine s’en aperçut ; il était important de lui en cacher la cause : je voulais seulement avertir le roi ou Mme Élisabeth ; mais les deux municipaux étaient présents.

« – Pourquoi n’allez-vous pas dîner ? me dit la reine.

« – Madame, lui répondis-je, je suis indisposé.

« Dans ce moment un municipal entra dans la tour, et vint parler avec mystère à ses collègues ; le roi leur demanda si sa famille était en sûreté.

« – On fait courir le bruit, répondirent-ils, que vous et votre famille n’êtes plus dans la tour. On demande que vous paraissiez à la croisée ; mais nous ne le souffrirons point ; le peuple doit montrer plus de confiance en ses magistrats.

« Cependant les cris du dehors augmentaient : on entendit très distinctement des injures adressées à la reine. Un autre municipal survint, suivi de quatre hommes pour s’assurer si la famille royale était dans la tour. L’un d’eux, en habit de garde national, portant deux épaulettes et armé d’un grand sabre, insista pour que les prisonniers se montrassent à la fenêtre : les municipaux s’y opposèrent.

« Cet homme dit alors à la reine du ton le plus grossier :

« – On veut vous cacher la tête de la Lamballe que l’on vous apportait, pour vous montrer comment le peuple se venge de ses tyrans. Je vous conseille de paraître si vous ne voulez pas que le peuple monte ici.

« À ces paroles la reine tomba évanouie.

« Je volai à son secours ; Mme Élisabeth m’aida à la placer sur un fauteuil : ses enfants fondaient en larmes et cherchaient par leurs caresses à la ranimer.

« Cet homme regardait et ne s’en allait pas.

« Le roi alla à lui, et lui dit avec fermeté :

« – Monsieur, nous nous attendons à tout ; mais vous auriez pu vous dispenser d’apprendre à la reine ce malheur affreux.

« Cet homme sortit alors avec ses camarades ; leur but était atteint.

« La reine, revenue à elle, mêla ses larmes à celle de ses enfants, et passa avec la famille royale dans la chambre de Mme Élisabeth, d’où l’on entendait moins les clameurs du peuple. Je restai quelques instants dans la chambre de la reine, et, regardant par la fenêtre à travers les stores, je vis une seconde fois la tête de Mme la princesse de Lamballe ; celui qui la portait était monté sur les décombres des maisons que l’on abattait pour isoler la tour. Un autre à côté de lui tenait au bout d’un sabre le cœur tout sanglant de l’infortunée princesse. Ils voulurent forcer la porte de la tour ; un municipal nommé Daujon les harangua et j’entendis très distinctement qu’il leur disait :

« – La tête d’Antoinette ne vous appartient pas ; les départements y ont des droits. La France a confié les grands coupables à la ville de Paris : c’est à vous de nous aider à les garder jusqu’à ce que la justice nationale venge le peuple.

« Ce ne fut qu’après une heure de résistance qu’il parvint à les éloigner.

« Le soir de la même journée un des commissaires me dit que la populace avait tenté de pénétrer avec la députation et de porter dans la tour le corps nu et sanglant de Mme la princesse de Lamballe, qui avait été traîné depuis la prison de la Force jusqu’au Temple ; que des municipaux après avoir lutté contre cette populace lui avaient opposé pour barrière un ruban tricolore attaché en travers de la porte d’entrée ; qu’ils avaient inutilement réclamé du secours de la commune de Paris, du général Santerre et de l’Assemblée nationale pour arrêter les projets qu’on ne dissimulait plus, et que pendant six heures il avait été incertain si la famille royale ne serait pas massacrée. En effet la faction n’était pas encore toute-puissante ; les chefs quoique d’accord sur le régicide ne l’étaient pas sur le moyen de l’exécuter, et l’Assemblée désirait peut-être que d’autres mains que les siennes fussent l’instrument des conspirateurs. Une circonstance assez remarquable, c’est qu’après son récit le municipal me fit payer quarante-cinq sous qu’avait coûtés le ruban aux trois couleurs.

« À huit heures du soir tout était calme aux environs de la tour ; mais la même tranquillité était loin de régner dans Paris, où les massacres continuaient. J’eus occasion en déshabillant le roi de lui faire part des mouvements que j’avais vus et des détails que j’avais appris. Il me demanda quels étaient ceux qui avaient montré le plus de fermeté pour défendre les jours de sa famille. Je lui citai Daujon, qui avait arrêté l’impétuosité du peuple quoiqu’il ne fût rien moins que porté pour Sa Majesté : ce municipal ne revint à la tour que quatre mois après ; le roi n’avait pas oublié sa conduite et l’en remercia. »

Maintenant à l’Abbaye, aux Carmes, au séminaire de Saint-Firmin, à la Conciergerie, à la Force, il n’y avait plus de victimes à immoler. Les cadavres même n’y étaient plus ; une réquisition de chariots avait été faite pour les emporter hors de Paris ; et puis, entassés, souillés de poussière et de sang, sans un drap jeté sur eux, ils avaient traversé Paris, et Paris était resté muet à les regarder, et pas un être à cœur d’homme et de chrétien ne s’était trouvé dans les rues, sur le passage de ces tombeaux chargés de chair humaine, pour en arracher les furies, les femmes avinées qui s’étaient assises sur les corps des massacrés, et qui y chantaient d’obscènes et d’atroces refrains.

Cependant il fallait encore de l’ouvrage aux travailleurs : ils n’étaient pas lassés de carnage. On les conduisit à Bicêtre ; là il y avait quelques milliers de prisonniers enfermés pour toute espèce de vices et de crimes : impur ou pur, il fallait encore du sang aux hommes de Danton ; on leur donna à répandre celui des malfaiteurs : ils avaient commencé par celui des saints.

À Bicêtre le massacre dura trois jours entiers. Cette maison servait alors comme aujourd’hui de prison et d’hôpital ; là étaient réunis et gardés ensemble le crime, la misère et la folie. Tuer les riches pour battre monnaie sur leurs échafauds, se défaire d’adversaires politiques pour obéir à des rancunes et à des haines de parti, c’est de tous les temps et de toutes les révolutions ; mais aller arracher le pauvre de sa paille, le malade de son grabat, le fou de sa loge ; aller prendre le vice au bagne et la vertu au pied des autels pour en faire un même sacrifice ; faire main basse en même temps sur des sœurs de la charité et sur des prostituées ; déclarer la guerre aux hôpitaux, refuges de la souffrance et de la pauvreté, le même jour qu’aux palais, demeures de la puissance et de la grandeur, sont les traits distincts de la révolution faite par le philosophisme, qui n’ayant aucune croyance n’a aucune pitié.

Les massacreurs de la commune se doutèrent que les hommes destinés aux galères auraient moins de résignation que les prêtres, et que si la pitié, comme un agneau sans tache, avait tendu le cou au fer des bourreaux, le vice et le crime défendraient en désespérés leur vie entachée et souillée ; aussi, en outre de leurs armes ordinaires, les travailleurs traînèrent de l’artillerie contre Bicêtre.

Le concierge voulut résister ; à leur approche il avait fait braquer contre eux deux pièces. Au moment d’y mettre le feu il reçut une balle au front qui le fit tomber mort tenant encore la mèche allumée. Les prisonniers, les malades, les fous, les hommes que le fer du bourreau avait marqués et flétris et ceux que les galères attendaient, défendirent l’entrée de leurs cachots comme des hommes d’honneur défendraient la maison où sont leurs femmes, leurs mères, leurs sœurs et leurs filles. On vit alors plusieurs insensés recouvrer subitement la raison : plusieurs traînaient encore dans la mêlée les fers rivés à leurs pieds et que l’on n’avait pas eu le temps de détacher. Aux Carmes, à Saint-Firmin, à l’Abbaye, les massacreurs avaient entendu les martyrs glorifier Dieu sous leurs glaives ; ici se sont des jurements, des malédictions qui répondent à leurs ordres. Rien de plus horrible que cette lutte qui dura longtemps. Pour résister à leurs agresseurs, les Bicêtriens démolissaient leurs loges de galériens ou de fous, et s’armaient de pierres et de barres de fer. Les assaillants auraient été vaincus sans le secours de leur artillerie : ils pointèrent leurs canons sur une cour où les prisonniers avaient établi leur principale défense, et tirèrent à mitraille, et quand ils virent comme leurs décharges avaient porté dans la foule compacte et serrée entre les bâtiments, ils se hasardèrent dans la maison, poursuivant les fuyards à coups de fusil, et achevant les blessés avec leurs sabres et leurs piques.

Ceux qui purent échapper à cette horrible boucherie se réfugièrent dans les cachots souterrains dont l’obscurité pouvait les soustraire aux yeux des assassins ; mais on imagina d’inonder avec des pompes ce dernier asile, et l’eau montant dans les caves força les misérables à en sortir et à venir sous le fer des meurtriers.

Pétion, qui depuis les quatre jours sanglants n’avait pas arrêté un seul massacre, n’arriva dans les cours de Bicêtre que lorsqu’on n’y pouvait plus marcher que dans le sang et parmi les cadavres des mitraillés : il voulut empêcher de poursuivre les prisonniers qui avaient cherché un refuge dans l’intérieur de la maison ; son autorité fut complètement méconnue.

« Il a été impossible, dit Dulaure, de compter les morts de Bicêtre ; quelques rapports en ont portés le nombre à six mille : cette évaluation est sans doute exagérée, mais ce qui est certain c’est que les assassins n’épargnèrent personne, prisonniers, malades, gardiens, excepté deux cents qui n’avaient point été flétris et qui furent renfermés dans l’église. »

« Il fallut, ajoute le même historien révolutionnaire, inhumer les corps de ceux qu’on avait tués depuis cinq jours ; leur nombre s’élevait, dit-on, à environ douze mille huit cents ; mais ce résultat parut fort exagéré 8. Tous les cimetières et charniers de Paris et des environs, ceux de Clamart, de Montrouge, de Vaugirard, les carrières de la Tombe-Issoire à Montsouris, s’enrichirent de ces cadavres, qui furent couverts d’une couche de chaux afin de hâter leur dissolution. »

Pendant ce vertige de sang qui avait pris aux hommes, il y a eu de telles horreurs commises qu’on voudrait jeter sur elles un voile bien épais pour qu’on n’en sût jamais rien ; mais les partisans des révolutions répètent si souvent qu’elles régénèrent les hommes qu’il est devenu indispensable de montrer quelle est la régénération qu’elles amènent. Écoutez ce que deux ouvrages sur la révolution de 1789 racontent. « Sur la place Dauphine le peuple avait allumé un grand feu, où à la manière des sauvages et des cannibales on amenait les prisonniers, les prêtres, les nobles et les aristocrates : là, devant la foule, les hommes et les femmes tombés aux mains des septembriseurs étaient dépouillés de tout, et dans un état de nudité complète rapprochés tellement du foyer ardent que leur chair y rôtissait… Pendant que les victimes fumantes et à moitié brûlées jetaient des cris perçants… d’infernales rondes tourbillonnaient autour de l’immense brasier en hurlant. Ça ira, ça ira !

« La comtesse de Pérignon 9 y fut traînée avec ses filles ; toutes trois furent dépouillées, frottées d’huile par tout le corps. L’aînée des jeunes personnes, qui n’avait pas encore quinze ans, suppliait en grâce qu’on lui arrachât la vie ; pour la délivrer de cet horrible supplice un jeune homme cruellement humain courut à elle et lui tira un coup de pistolet dans le cœur… La populace en fut si irritée qu’elle se saisit du jeune homme et le jeta dans le feu : Il l’a délivrée ; eh bien, qu’il souffre à sa place.

« Quand la chair des victimes fut prête pour leur horrible festin, les cannibales en prirent chacun une part, et quelques-uns en présentèrent à des prêtres en leur ordonnant d’en manger. Ceux-ci fermèrent les yeux et ne répondirent rien : alors le plus âgé des ecclésiastiques fut déshabillé et poussé dans les flammes ; puis au bout de quelque temps son corps fut retiré du brasier, coupé en morceaux, et les monstres qui présidaient à ces scènes d’enfer dirent aux jeunes prêtres : Mangez de celui-ci, vous aimerez la chair d’un des vôtres. Menacés d’être mis à mort s’ils n’obéissaient pas aux cannibales, les cinq prêtres s’embrassèrent, et se précipitèrent ensemble dans les flammes. Les barbares s’efforcèrent de les en retirer afin de prolonger leurs tourments ; mais leur cruauté fut trompée, la fumée avait étouffé les cinq victimes, et ils ne purent plus les faire souffrir. »

La Salpêtrière eut aussi son massacre ; quarante-cinq malheureuses femmes y furent assommées à coup de massue.

Prudhomme, après avoir passé en revue toutes les prisons par où la justice du peuple avait passé, en désignant le Temple s’écrie : Il reste encore une prison à vider ; le peuple fut tenté un moment de couronner ses expéditions par celle-là, puisque sous le règne de l’égalité le crime reste impuni parce qu’il a porté sur une tête couronnée ; mais le peuple en appelle et en réfère à la Convention !

Joseph-Alexis WALSH,

Les journées mémorables de la Révolution française,

1839-1840.

Recueilli dans Les grands écrivains de toutes les littératures,

6e série, tome 4e.

1. Les journées mémorables de la Révolution française (5 vol. in-18), d’ou nous avons tiré le récit des massacres de septembre, étaient dédiés par l’auteur à ses petits-enfants.

2. L’abbé Papon.

3. Histoire du clergé de France, par M. R…

4. Histoire du clergé de France, par M. R…

5. Mademoiselle de Sombreuil, devenue Mme de… est restée toute sa vie d’une pâleur extrême.

6. Un des égorgeurs fut remarqué dans le jardin ; il cherchait l’abbé Lenfant parmi les cadavres amoncelés ; pour le reconnaître il avait pris de l’eau ; il lavait les visages tout couverts de sang et de poussière pour s’assurer que le prédicateur du roi n’avait pas échappé aux justices du peuple. Il ne put le retrouver parmi les victimes immolées aux Carmes ; il avait été massacré à l’Abbaye.

7. Prudhomme ne l’appelle jamais autrement.

8. D’après toutes nos recherches nous le croyons exact.

9. Faits avérés pour servir à l’histoire de ce siècle, sous ce titre : Idée des horreurs commises à Paris, citation de l’abbé Barruel, tome Ier, page 158.

Voir aussi:

Procès de Marie-Antoinette le 15 octobre 1793

Pierre Bouillon

(1776-1831)

Musée Carnavalet – Histoire de Paris

1793

Pierre noire

Hauteur: 0,39 cm Longueur: 0,53 cm

Devant l’accusation d’inceste avancée par Hébert, le substitut du procureur de la Commune, et relancée par un juré qu’on voudra voir dans la figure satanique, c’est la fameuse parole : « Si je n’ai pas répondu, c’est que la nature refuse de répondre à une pareille inculpation faite à une mère. J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici ».

Marie-Antoinette se leva-t-elle réellement de son fauteuil, où elle a longtemps promené les doigts « comme si elle jouait du piano-forte ? » Un des avocats, Chauveau-Lagarde, raconte qu’elle s’aperçut de l’impression produite et qu’ayant entendu dans l’assistance « vois-tu comme elle est fière », elle lui demanda à voix basse « N’ai-je pas mis trop de dignité dans ma réponse ? ». Le souci, qu’a observé son défenseur, de n’être ni au-dessous d’elle-même ni au-dessus, le rédacteur des Révolutions de Paris le lui reconnaît, bien qu’il y voie l’habitude des Grands de demander pardon de petits riens. Sûrement, l’émotion fut vive : le Moniteur même la rapporte. Apprécions encore la retenue avec laquelle, à travers Thermidor, Bouillon s’en fait l’écho : nul aboyeur, nul adorateur. Entre la légitimité des sentiments individuels et la marche de l’Histoire nationale, la foule fut vraisemblablement un temps partagée. Celle-ci, avec l’interruption de séance d’une heure qui suivit de peu l’incident, allait se clairsemer.

Le dessin est de 1794 si l’on en croit les mots de la gravure qu’en exécuta Cazenave (déposée en 1802). Bouillon lui prévoyait-il pour pendant la Séparation de Marie-Antoinette dessinée en 1795 et connue par une gravure de Vérité ? Le rythme vertical des baies le rapproche davantage de notre Dévouement de Madame Élisabeth.

L’éclairage volontairement morne du dessin, et le voile du temps, achèvent de faire imaginer au-delà de cet instant les vingt heures presque consécutives du procès, et la torpeur venant avec la nuit et ce relatif « silence que gardaient les anxieux veilleurs de l’agonie royale » devant le défilé des témoins. La clef de l’estampe de Cazenave permet d’identifier les veilleurs. Entre Hébert sur le devant et Chauveau-Lagarde vers la droite, ils ont noms : debout à l’estrade, Herman, et à sa gauche, Collier puis Cofinal, en contre-bas, Fouquier-Tinville l’accusateur public – celui qui allait accuser tant de Girondins et Montagnards avant d’être à son tour accusé – en face Foucaud, la tête dans la main, et Pâris dit Fabricius écrivant.

Pascal de la Vaissière

Exécution de Marie-Antoinette

Le procès du roi et sa condamnation à mort pouvaient se justifier par la volonté des républicains d’en finir avec le principe monarchique qu’il incarnait et de briser le lien affectif qui rattachait la masse des Français à la dynastie.

Le procès expéditif de la reine (38 ans) n’est quant à lui justifié par aucune raison politique mais il est provoqué par une intensification de la Terreur, sous l’effet d’attaques tant extérieures qu’intérieures contre le pouvoir parisien.

Une reine mal-aimée

Le 1er août, Bertrand Barère, député à la Convention et porte-parole du Comité de Salut public, fait voter un décret qui met en jugement la reine déchue en même temps qu’il programme la destruction de tous les symboles de la royauté.

La reine Marie-Antoinette est le quinzième et avant-dernier enfant de l’impératrice d’Allemagne, Marie-Thérèse de Habsbourg, et de son mari, François de Lorraine. Elle a été mariée au Dauphin Louis à 14 ans, en 1770, le roi Louis XV ayant souhaité rapprocher les deux grandes puissances rivales du continent européen, l’Autriche et la France.

Mais le mariage a été d’emblée critiqué par l’opinion publique. Celle-ci, sous la monarchie comme, plus tard, sous la République, a toujours rejeté la perspective d’une alliance avec Vienne, lui préférant l’amitié du roi de Prusse.

Pendant toute la durée de son règne, Marie-Antoinette est surnommée avec dédain l’«Autrichienne» (rien à voir avec Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII). Elle doit faire face à l’impopularité et aux ragots. Sa réputation est atteinte par des affaires auxquelles elle n’a aucune part comme le vol d’un collier de diamants auquel Alexandre Dumas a consacré un roman célèbre : Le collier de la Reine.

Mal aimée de son mari, Marie-Antoinette éveille la passion d’un beau Suédois, Axel de Fersen. Celui-ci, au début de la Révolution, fait son possible pour aider le couple royal à quitter la France. Mais la fuite échoue piteusement au relais de poste de Varennes, dans l’Argonne, le 20 juin 1791.

Infâmes accusations

Marie-Antoinette à son procès, croquis d’audience Après la chute de la monarchie, le 10 août 1792, Marie-Antoinette est jetée en prison avec son mari, sa belle-soeur, Madame Élisabeth, et ses deux enfants, le Dauphin Louis et sa jeune soeur Marie-Thérèse, surnommée «Charlotte» et plus tard «Madame Royale».

La famille royale est enfermée dans l’enclos du Temple, une ancienne demeure des Templiers située à l’emplacement de l’actuelle mairie du 3e arrondissement de Paris.

Peu après l’exécution du roi, le 21 janvier 1793, Marie-Antoinette a la douleur d’être séparée de son fils, le petit Louis XVII (8 ans), qui est confié à un cordonnier, le citoyen Simon, pour être élevé en domestique et en sans-culotte (il mourra deux ans après dans des conditions sordides).

Prodigue et légère du temps de sa splendeur, Marie-Antoinette témoigne de courage et de fermeté devant le Tribunal révolutionnaire de Billaud-Varenne. Elle fait face avec dignité à d’infâmes accusations d’inceste sur la personne de son fils, présentées par le substitut du procureur général, le polémiste et jacobin Jacques Hébert.

Robespierre lui-même déplore la tournure du procès qui affecte l’image de la Révolution…

Extrait de l’audience du 15 octobre 1793

Après la déposition d’Hébert, le président Hermann interpelle l’accusée : «Qu’avez-vous à répondre à la déposition du témoin ?» D’une voix tremblante, elle répond : «Je n’ai aucune connaissance des faits dont parle Hébert».

Hébert reprend la parole et accuse la reine et Madame Elisabeth d’avoir traité l’enfant en roi en lui donnant en toutes occasions la préséance. Marie-Antoinette se tourne vers Hébert et demande : «L’avez-vous vu ?»

Hébert : «Je ne l’ai point vu, mais la Municipalité le certifiera», puis il coupe court à l’aparté et, changeant de sujet, il se lance sur une autre affaire.

Un juré dont on n’a pas le nom se lève et demande : «Citoyen-Président, je vous invite à vouloir bien faire observer à l’accusée qu’elle n’a pas répondu sur le fait dont a parlé le citoyen Hébert à l’égard de ce qui s’est passé entre elle et son fils». Le président répète la question et la reine se lève – «vivement émue» affirme le procès verbal – : «Si je n’ai pas répondu, c’est que la nature se refuse à une pareille inculpation faite à une mère». Elle se tourne vers la foule : «J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici».

Marie-Antoinette lors de son procès(plaque de lanterne magique,collection de Michelle Lorin, association Marie-Antoinette)

Deux témoins, les frères Humbert, rapportent qu’un courant passe dans la foule, même les tricoteuses se sentent remuées. L’audience est suspendue quelques minutes et la reine, se penchant vers son avocat Chauveau-Lagarde, lui demande à voix basse : «N’ai-je pas mis trop de dignité dans ma réponse ?»

– Madame, soyez vous-même et vous serez toujours bien ; mais pourquoi cette question ?

– C’est que j’ai entendu une femme du peuple dire à sa voisine : vois-tu comme elle est fière !

La belle-soeur de la reine, Madame Élisabeth (29 ans), est à son tour guillotinée le 10 mai 1794. Marie-Thérèse («Charlotte») a plus de chance. Elle fait l’objet d’un échange contre des prisonniers français et quitte la France pour l’Autriche le 19 décembre 1795, le jour de ses 17 ans. Elle mourra en 1851 dans son pays d’adoption.

Le 21 janvier 1815, les restes de la reine Marie-Antoinette seront transférés avec ceux de Louis XVI dans la basilique Saint-Denis, traditionnelle nécropole des rois de France.

Fabienne Manière

Sexe et pouvoir

Vie publique, vie privée

Octobre 2011 : pour la première fois depuis les débuts de la République française, un nouveau-né sera enregistré au palais de l’Élysée, résidence officielle du Président.

Ce choc entre vie familiale et vie publique n’est pas chose nouvelle. Sous l’Ancien Régime et plus loin encore au Moyen Âge, le chef de l’État est en permanence en représentation. La confusion entre la vie privée et la vie publique du monarque atteint son paroxysme avec Louis XIV.

Étiquette et prestige de la monarchie

Soucieux du prestige de sa dynastie et de son royaume, le roi impose une «étiquette» très contraignante pour lui-même.

L’étiquette participe au prestige de la monarchie capétienne, sanctifiée par le sacre de Reims et une légitimité qui repose sur la règle de primogéniture masculine (la couronne va à l’héritier masculin le plus âgé).

D’Hugues Capet à Charles X, cette règle n’a connu qu’une anicroche à la succession de Charles IV le Bel, dernier Capétien direct.

Tous les faits et gestes du monarque sont observés par les courtisans et enregistrés par les chroniqueurs. Ceux-ci, toutefois, y mettent les formes, de même que les peintres et sculpteurs chargés de diffuser son image. Le roi apparaît toujours en digne père de ses sujets.

L’intimité du monarque est à peu près nulle. C’est ainsi qu’en 1685, Louis XIV se fit opérer en public d’une très douloureuse fistule anale.

Chaque jour, à son lever, les courtisans étaient tenus informés de son devoir conjugal. S’il s’en était acquitté, Louis XIV les en avisait d’un claquement des deux mains. Cela dit, on ne lui en demandait pas autant concernant ses maîtresses !

Naissance du duc de Bordeaux le 29 septembre 1820 (gravure d’époque)La reine elle-même se devait d’accoucher en public, devant familiers et courtisans. Ce rituel a au moins une raison pratique : couper court à toute rumeur sur une éventuelle substitution de l’enfant.

On s’en acquitta très consciencieusement le 29 septembre 1820 en faisant entrer des anonymes et des gardes dans la chambre où Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, veuve du duc de Berry, héritier de la couronne, donna le jour au futur duc de Bordeaux.

Faiblesse et fragilité

Avec les derniers rois de l’Ancien Régime, Louis XV et Louis XVI, l’étiquette demeure mais perd de son sens. Elle ne met plus en relief la majesté du souverain mais souligne au contraire son autoritarisme velléitaire.

L’opinion publique éprouve un sentiment d’insécurité devant un roi doté d’attributs quasi-divins mais qui se laisse balloter par les coteries de la cour et change de ministre au gré de celles-ci. Le pouvoir conféré à un seul homme convient tant que cet homme se montre à la hauteur de ses responsabilités.

Lorsque le monarque défaille, on ne se satisfait plus de l’image hiératique dessinée par les chroniqueurs et les peintres officiels ; on monte en épingle ses écarts de conduite et ses faiblesses réelles ou présumées. Ainsi des frasques sexuelles du vieux Louis XV – Berlusconi avant l’heure -, comme de l’impuissance du jeune Louis XVI et de la frivolité de la reine.

Aussi Louis XV fut-il dans la deuxième partie de son règne moqué dans les chansons de rues et honni du peuple, de même que son successeur et l’épouse de celui-ci, Marie-Antoinette.

N’est pas monarque républicain qui veut

Le général de Gaulle, monarchiste de cœur, républicain de raison, songeait à Louis XIV quand il a formulé la Constitution de la Ve République, avec un Président arbitre et au-dessus des partis. Lui-même s’est moulé sans difficulté dans ce rôle taillé sur mesure. Et tout en protégeant son intimité, il a veillé à ce que rien d’inconvenant ne vienne altérer son image de premier serviteur de l’État.

Son successeur présomptif, Georges Pompidou, eut moins de chance. Dans l’ombre du Président, pendant six ans, il assuma sa fonction de Premier ministre avec l’austérité qui convient à ce rôle, en dissimulant avec soin sa vie privée.

Mais à partir de 1968, lorsque l’imminence de la succession se fit jour, c’est sur cette vie privée que se concentrèrent les attaques de ses concurrents potentiels de la majorité. Georges Pompidou découvrit alors des rumeurs immondes sur son épouse à laquelle il était très attaché, mais qui avait la faiblesse de fréquenter les défilés de mode et les cercles branchés de Saint-Tropez et de la capitale.

Ces rumeurs contribuèrent à la dégradation de sa santé mais ne l’empêchèrent pas d’être élu à la présidence ni de conserver l’estime de ses concitoyens car il sut, tout ce temps-là, gouverner avec la majesté requise par la fonction.

Son successeur Valéry Giscard d’Estaing, élu à seulement 48 ans, lors de la première crise pétrolière, crut habile de descendre du piédestal présidentiel. Ainsi, le jour de son investiture, descendit-il à pied et en complet veston une partie des Champs-Élysées. Puis il s’invita à dîner chez des Français ordinaires et se montra à l’accordéon. Il lui prit même la fantaisie d’inviter des éboueurs à partager son petit-déjeuner à l’Élysée.

Ces gestes furent mal ressentis par l’opinion car, d’une part, ils s’accordaient mal avec le personnage, riche bourgeois et faux aristocrate, coureur de jupons et amateur de chasse au grand gibier, d’autre part, ils rompaient avec le rôle dévolu au Président, celui d’un arbitre qui se tient au-dessus de la mêlée et se doit donc d’éviter toute familiarité. Ils lui coûtèrent en grande partie sa réélection.

Ses successeurs se le tinrent pour dit. Tout socialiste qu’il fût, François Mitterrand enfila d’emblée la livrée de Louis XIV et de Gaulle et c’est en grande pompe qu’il se recueillit au Panthéon le jour de son investiture. Il veilla à séparer sa vie privée de sa vie publique et ce n’est qu’à la fin de son deuxième mandat qu’il consentit à laisser filtrer des informations sur sa fille adultérine, dans l’intérêt de cette dernière.

Bien davantage que ses écarts conjugaux, l’opinion lui tint rigueur de sa relation désinvolte avec l’argent public et de ses amitiés coupables avec d’anciens collaborateurs des nazis, au premier rang desquels René Bousquet.

Jacques Chirac, si différent qu’il fût du précédent, eut le même souci de la majesté présidentielle. D’un naturel cordial et empathique, il ne donna jamais prise aux rumeurs sur sa vie sexuelle agitée. Il conserva jusqu’à la fin l’estime de ses homologues étrangers et s’il s’attira de virulentes critiques, ce fut exclusivement sur sa politique et, comme son prédécesseur, sur sa relation avec l’argent public.

Le président Nicolas Sarkozy a renoué avec la rupture façon Giscard. Il est descendu du piédestal gaullien et a donné libre cours à ses pulsions et ses sentiments. Chacun a pu être témoin de ses dépits amoureux comme de ses émois à la rencontre de sa future troisième épouse. La naissance d’un troisième enfant, joie intime survenant au cœur de la crise européenne, est-elle de nature à la rassurer ?

Les limites du modèle américain

Nicolas Sarkozy, nourri par la télévision des années 1960, a confié dès avant son élection qu’il serait un président à la façon Kennedy, et sa femme (Cécilia) une nouvelle Jackie (Kennedy).

Il a souhaité s’émanciper du cadre gaullien de la Ve République et américaniser les mœurs politiques de la France. Ainsi a-t-il inscrit dans la Constitution un Discours devant le Congrès calqué sur l’équivalent américain. Mais quand il a voulu changer l’image du Président, les choses se sont révélées beaucoup plus difficiles… à moins qu’il n’ait été trompé par un contre-modèle américain pas si éloigné que cela du modèle français.

Nourris de la Bible et de la rigueur protestante, les présidents américains s’affichent depuis George Washington en bons époux et bons pères de famille. Ils se doivent de présenter leur famille au moment de leur entrée en fonction afin de rassurer chacun sur leurs bonnes mœurs.

La règle ne souffre pas d’exception, même si elle cache une réalité parfois très différente. À côté de maris exemplaires comme Lincoln et McKinley, les historiens recensent quelques autres ménages plus agités comme ceux de Jefferson et Franklin Roosevelt.

Le cas Kennedy est particulier. Élu d’extrême justesse grâce au soutien de son clan, le jeune président (43 ans) met en avant sa jeune épouse (31 ans), enceinte d’un troisième enfant au moment de l’élection, en novembre 1960.

Comme les autres présidents américains, Kennedy veille à son image officielle. Il se garde de toute familiarité. Mais il use aussi des médias et de la télévision pour offrir à l’opinion l’image d’une famille idéale et moderne. Ce conte de fées est d’autant mieux accepté par l’opinion publique que l’Amérique est alors prospère et au summum de son prestige et de sa puissance.

Dans la réalité, le couple va on ne peut plus mal. John a, comme son père Joe, une sexualité débridée et compulsive. Il enchaîne goulûment les aventures, aventures brèves et le plus souvent tarifées, avec des courtisanes de luxe. Celles-ci sont parfois introduites à la Maison Blanche au mépris de toutes les règles de sécurité. Parmi les «conquêtes» présidentielles figure l’actrice la plus troublante de l’heure, Marylin Monroe.

On peut sans exagération rapprocher le comportement sexuel de John Kennedy de celui de Dominique Strauss-Kahn, avec cette différence que le premier a été assez bien maintenu à l’abri des indiscrétions par l’entourage présidentiel.

Le jeune frère du président, Robert Kennedy, au ministère de la Justice, fait de son mieux pour étouffer les rumeurs médisantes. En dépit d’une presse beaucoup plus pudique que de nos jours et de l’absence de la «Toile», on peut se demander si le secret aurait pu être longtemps conservé si l’assassinat de Dallas n’était pas venu offrir à John Kennedy la palme du martyre…

Ses successeurs, jusqu’à Barack Obama, s’inscrivent dans la tradition américaine : ils se présentent en bons époux et bons pères, dignes donc d’accéder à la fonction suprême. La seule véritable exception est Bill Clinton, élu en novembre 1992 à 46 ans.

Celui-là ne se contente pas de présenter son épouse Hillary ; il en fait sa plus proche collaboratrice. Et dans le même temps, se laisse piéger dans quelques liaisons adultérines. À l’aube de l’internet, ce genre d’écart est devenu impossible à dissimuler. Les médias et l’opposition en font leurs choux gras, de sorte que Bill Clinton finit son deuxième mandat en charpie.

Laxisme royal

Nous avons évoqué jusqu’ici des régimes monarchiques ou présidentiels, dans lesquels le chef de l’État est aussi le chef de l’exécutif. D’une part, il représente la Nation ; d’autre part, il dirige les affaires courantes. Il se doit d’être à la fois respectable et assidu à la tâche.

Tout autres sont les monarchies constitutionnelles, qu’il s’agisse de la monarchie française sous Louis-Philippe 1er (1830-1848) ou des monarchies actuelles, en premier lieu l’anglaise.

À la différence de leurs cousins français, les rois anglais, bousculés par leurs barons et plusieurs fois détrônés, voire assassinés, décapités ou tués au combat, ont très tôt perdu leur aura. Bien que chefs de l’Église anglicane depuis Henri VIII, ils n’ont jamais bénéficié du prestige religieux attaché au sacre.

Sous la dynastie des Hanovre-Windsor, depuis le XVIIIe siècle, la réalité du pouvoir appartient au Premier ministre proposé par le Parlement. Les citoyens, échaudés par les velléités absolutistes des souverains Stuart et Tudor, ne demandent rien d’autre à leur monarque que de tenir sagement son rôle de représentation.

Le roi George III, apprécié pour sa bonhomie, monte sur le trône en 1760 mais sombre progressivement dans la folie. Cela n’influe en rien le cours des affaires. En 1811, seulement, on se résigne à confier la régence à son fils. Celui-ci, roi en 1820 sous le nom de George IV, est un parfait débauché, bigame et adultérin. Son frère, qui lui succède en 1830 sous le nom de Guillaume IV, ne vaut pas mieux. Il a dix enfants illégitimes… et aucun légitime.

Ces désordres ne troublent pas outre-mesure leurs sujets qui, pendant cette période, s’imposent comme les vainqueurs de Napoléon et les maîtres des mers. Ils vont être récompensés de leur patience avec l’intronisation de la jeune nièce de Guillaume IV, qui règnera sous le nom de Victoria de 1837 à 1901.

Victoria et Albert en famille en 1846, par Winterhalter (château d’Osborne) ; de gauche à droite : Alfred, Edouard, Victoria, Albert, Alice, Helena et Vicky

Modèle du monarque constitutionnel, elle se montre épouse aimante, veuve digne et mère attentionnée. Autant de qualités qui n’impressionnent guère la haute aristocratie et son propre fils, le Prince de Galles, futur Édouard VII, amateur de bonne chère et de jolies femmes. Ses sujets ne lui en tiennent pas rigueur, bien au contraire, tout comme ils apprécient la séduction de son petit-fils, le futur Édouard VIII, avant qu’il ne soit contraint d’abdiquer en raison de son amour déplacé pour Wallis Simpson.

De Victoria à Elizabeth II en passant par George V et George VI, les souverains anglais connaissent des mariages d’amour. Il n’y a guère que l’actuel Prince de Galles, Charles, qui ait accepté un mariage de raison avec Diana. L’affaire a mal tourné comme l’on sait…

Serviteur de l’État

En matière de vie privée, les Anglais se montrent beaucoup plus exigeants vis-à-vis de leur Premier ministre.

À la fin du XVIIIe siècle, William Pitt le Jeune, Premier ministre à 24 ans, en 1783, meurt à la tâche 23 ans plus tard, après avoir engagé le combat contre les armées de la Révolution française et Napoléon. Il meurt célibataire, ruiné et ravagé par l’abus de porto, avec une seule obsession : son pays !

Les Premiers ministres qui lui succèdent se montrent tout aussi discrets. On ne sait rien ou presque de leur vie privée. Les portraits officiels les montrent solitaires, dans des poses convenues et sévères, hiératiques, en costume sombre, tels des moines au service de l’État.

François Guizot (par Paul Delaroche)Cette règle s’applique aussi aux Présidents du Conseil qui, tel François Guizot, dirigent la France sous la houlette de Louis-Philippe 1er. Tandis que les gazettes se nourrissent de tous les faits et gestes de la famille royale, de la reine Marie-Amélie et des princes, elles ne disent mot des ministres, dont on n’attend que du travail et des résultats.

Cette tradition se poursuit sous la IIIe République. La vie privée des Présidents du Conseil n’intéresse pas davantage les journalistes que leurs lecteurs. Quant aux Présidents de la République, qui n’ont qu’un rôle de représentation, on leur pardonne assez volontiers leurs frasques. À l’exception de Félix Faure, le « Président-Soleil », la plupart, il est vrai, sont des personnalités chenues, en fin de carrière, qui n’ont guère l’envie d’aller faire les cent coups.

Clemenceau, Président du Conseil à la fin de la Grande Guerre, apparaît exclusivement comme chef de guerre, dans les tranchées et au côté des combattants. Même chose pour Churchill, Premier ministre pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il faut attendre l’arrivée au 10, Downing Street de Tony Blair (43 ans), en 1997, pour que les tabloïds s’intéressent à la famille du Premier ministre. Comme le président Clinton, Blair met en avant son épouse, une avocate de choc, Cherie. Celle-ci donne aussi le jour à un quatrième enfant, Leo, pendant le gouvernement de son mari…

C’était avant la crise des «subprimes», quand Londres affichait une insolente prospérité. C’était aussi à un moment où le pavillon de la monarchie était en berne, après le divorce de Charles et Diana et la mort tragique de celle-ci.

Notons que 3 mois après son arrivée au pouvoir en 2010, l’épouse de l’actuel Premier ministre anglais David Cameron (44 ans) a donné le jour à son quatrième enfant. Nicolas Sarkozy a donc des devanciers à Londres…

Les difficultés qui se profilent nous permettront de juger si les chefs de l’exécutif sont devenus des hommes et des femmes comme les autres, s’il leur est permis d’afficher leurs émois et de confondre vie publique et vie privée.

André Larané

Sexe et pouvoir

Galanterie et puritanisme

Au XVIIe siècle, dans des sociétés profondément inégalitaires, la plupart des souverains et des membres de la haute noblesse pratiquent à leur aise la galanterie, comme dans les siècles précédents, avec parfois des raffinements de violence.

Mais un revirement s’amorce peu à peu dans les mœurs et les idées, sous l’influence de la bourgeoisie montante. Il va s’exprimer pleinement dans le puritanisme du XIXe siècle…

André Larané

Frivolité des moeurs

Suite aux guerres de religion et à l’émergence d’une philosophie agnostique, on voit apparaître dans les campagnes comme dans l’aristocratie des formes d’indifférence religieuse.

Elles coïncident avec un relâchement des mœurs dans les cours européennes, chez les Bourbons bien sûr mais aussi chez les Habsbourg de Madrid et les Stuart de Londres. Même la luthérienne Suède fait parler d’elle avec les frasques de la reine Christine.

En Angleterre, le roi Charles 1er paie de sa tête les écarts de conduite de ses favoris et en particulier du duc de Buckingham.

À Versailles, le vieux roi Louis XIV s’émeut des frasques et, parlons clair, des crimes des jeunes libertins de la cour : «tortures sadiques infligées à des prostituées, assassinat d’un jeune marchand de gaufres qui résistait à l’odieuse bande d’aristocrates pédérastes en chaleur. Tous sont au-dessus des lois : fils du roi, fils de Colbert, neveu de Condé, duc de La Ferté, marquis de Biran, et quelques autres…» (Georges Minois, Bossuet). À quoi s’ajoutent messes noires et sorcellerie, illustrées par l’affaire des Poisons.

Au «Siècle des Lumières» (le XVIIIe), les paysans voient en Europe occidentale leurs conditions de vie s’améliorer. Dans les villes s’affirme une bourgeoisie prospère, tant dans le commerce et l’industrie que dans l’administration. Mais dans les cercles aristocratiques, qui accumulent privilèges et richesses, le libertinage et la galanterie ne rencontrent plus guère d’obstacle.

Cela se vérifie en France comme en Angleterre et dans la plupart des autres pays européens. Montesquieu écrit en 1729 : «Point de religion en Angleterre. Un homme ayant dit, à la Chambre des Communes :  »Je crois cela comme article de foi », tout le monde se mit à rire» (cité par André Maurois, Histoire de l’Angleterre).

Les Anglais se souviennent de cette époque avec nostalgie sous le nom de «Merry England». C’est l’Angleterre joyeuse, rurale, décomplexée et débridée, qu’évoque le cinéaste Stanley Kubrick dans le film Barry Lyndon (1975).

En France, le roi Louis XV, las de son épouse polonaise, se jette dans les plaisirs avec une démesure inconnue de son aïeul Louis XIV. La marquise de Pompadour aménage l’hôtel du Parc-aux-Cerfs, à Versailles, pour les rencontres clandestines du vieux roi avec de très jeunes filles (façon Silvio Berlusconi).

Louis XVI, petit-fils et successeur du précédent, est un jeune homme timide et sans appétit sexuel. Il n’est pas plus populaire pour autant et les médisances pleuvent sur son épouse, Marie-Antoinette, «l’Autrichienne». Pierre Choderlos de Laclos illustre dans Les liaisons dangereuses (1782) les mœurs délétères de l’aristocratie.

Les jeunes États-Unis eux-mêmes n’y échappent pas. La nouvelle République est dirigée par de riches planteurs virginiens qui vivent selon les mœurs de la vieille Europe. Parmi eux, le futur président Thomas Jefferson suscite des commérages lors de son ambassade en Europe du fait d’une liaison avec une esclave noire dont il aura des enfants.

À Saint-Pétersbourg, Catherine II fait assassiner son mari par l’un de ses amants puis gouverne la Russie avec une poigne de fer tout en distribuant ses faveurs aux jeunes hommes de son entourage.

Chez les Bourbons d’Espagne, le scandale n’est pas moindre. À Madrid, en 1788, Godoy, un parvenu de petite noblesse, devient l’amant de la reine Marie-Louise et le conseiller du roi Charles IV.

À Londres, le roi George III affiche une conduite décente jusqu’à ce qu’il soit frappé par une douce folie en 1810. Son fils, qui devient Régent puis roi sous le nom de George IV, en 1820, se montre quant à lui plus débauché que quiconque. Cela lui vaut le surnom de «Prinny» (scandaleux).

Marié secrètement à une catholique, il est contraint de se marier une deuxième fois avec une princesse plus présentable. Bigame de fait, il multiplie par ailleurs les liaisons adultérines. Il a de nombreux bâtards mais aucun enfant légitime pour lui succéder quand il meurt en 1830, victime de l’obésité, de la goutte et de l’alcool.

Son frère Guillaume IV lui succède brièvement avant de laisser le trône à une jeune nièce Victoria, une pure jeune fille de 18 ans. Il n’était que temps car, en Angleterre comme sur le Continent, les frasques de la royauté et de la haute aristocratie commençaient à lasser l’opinion.

Amours romantiques, ménages puritains

Dès avant la Révolution française, une nouvelle sensibilité s’est fait jour dans la bourgeoisie montante, en France et en Europe. Elle est illustrée par l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau (même si l’auteur de L’Émile a lui-même une conduite qui laisse à désirer). On encense l’amour conjugal, grande nouveauté, et aussi l’amour maternel. Les enfants ne sont plus seulement des faire-valoir et des bâtons de vieillesse. Ils deviennent des objets d’affection.

La Révolution amène au pouvoir des notables de province qui, pour la plupart, vivent sagement, voire de façon monastique comme Robespierre. L’exception la plus notable est Mirabeau, député issu de la noblesse provençale.

La fin de la Terreur entraîne une brève période d’euphorie sous le Directoire. Les gouvernants et les grands bourgeois étalent avec vulgarité leur fortune mal acquise (on pense ici à l’oligarchie russe du temps de Boris Eltsine). Malgré les toilettes vaporeuses des élégantes, cela ne vaut pas toutefois l’Ancien Régime. «Qui n’a pas vécu dans les années voisines de 1789 n’a pas connu le plaisir de vivre», confiera Talleyrand – fin connaisseur – à Guizot.

Le maître de l’Europe, Napoléon 1er, aurait bien aimé restaurer ce plaisir de vivre mais l’humeur n’y est plus. Lui-même est plus à l’aise dans les bivouacs que dans les alcôves. Ce n’est pas un grand séducteur mais plutôt un amant à la hussarde, comme le montrent les récits que font ses maîtresses de leurs relations.

Ses successeurs Louis XVIII et Charles X ne modifient pas la donne, non plus le «roi-bourgeois» Louis-Philippe 1er, époux modèle de Marie-Amélie. C’est que l’Europe fait sa révolution industrielle et les bourgeois mettent toute leur énergie dans cette entreprise. «S’enrichir par le travail et l’épargne», selon l’exhortation de Guizot, est incompatible avec la prodigalité de l’ancienne aristocratie.

Adolphe Thiers, bourgeois typiquement balzacien, épouse à 35 ans Élise Dosne (15 ans), la fille de sa maîtresse Sophie Dosne, épouse du receveur général de Brest. Il encaisse pour l’occasion une copieuse dot de 300.000 francs. Le mariage demeurera stérile et la mariée très distante à l’égard du grand homme, dont l’intérêt continue à se porter plutôt sur sa mère.

Les changements de mœurs sont pleinement illustrés par le mariage d’amour de la reine Victoria avec son cousin allemand, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Celui-ci a souffert dans son enfance d’une famille éclatée. Par réaction, il impose à sa jeune épouse et à la cour anglaise une extrême rigueur de comportement que l’on qualifiera plus tard de «victorienne» («albertienne» eut mieux convenu).

On stigmatise les relations hors mariage et le plaisir solitaire cependant que l’on encense l’amour chaste et son exutoire naturel, le mariage. La bourgeoisie accueille avec transport cette nouvelle éthique. Victor Hugo, qui n’est pas lui-même un parangon de vertu conjugale, fait pleurer ses lecteurs avec le pur amour de Cosette et Marius dans Les Misérables (1862).

Les Églises chrétiennes s’y rallient également. Rien de surprenant en ce qui concerne les luthériens et les calvinistes, de tous temps alignés sur les valeurs bourgeoises et démocratiques. Plus inattendu est le revirement de l’Église catholique qui, sous l’Ancien Régime, par la voix des jésuites, savait se montrer compréhensive à l’égard des pécheurs. Que l’on se souvienne des dialogues savoureux mis en scène par Pascal dans Les Provinciales…

La discrétion est la règle

Dans la pudibonderie ambiante, Louis-Napoléon Bonaparte fait tache. Il accède au pouvoir grâce au soutien financier d’une riche maîtresse anglaise, Miss Howard. Devenu empereur des Français sous le nom de Napoléon III, il se montre plus attiré par le beau sexe que son oncle et fait de son règne une fête perpétuelle.

Les bourgeois prônent la fidélité conjugale mais celle-ci s’arrête à la porte des maisons closes. On peut se dire bon mari et bon père tout en fréquentant les luxueux établissements de plaisir qui font le charme de la «Belle Époque».

Pour ne pas compliquer les choses, une loi interdit les recherches en paternité. Il ne faudrait pas que des soubrettes réclament une aide au bourgeois qui leur a fait un enfant et salissent son honneur.

En pratique, il n’y a que les épouses qui soient menacées par le délit d’adultère. Georges Clemenceau, comme tous les hommes de son rang, prend du bon temps au bordel et s’offre quelques liaisons clandestines. Mais quand il découvre que sa femme, une Américaine qui lui a donné trois enfants, a eu une faiblesse pour un ami de passage, il la met illico sur un paquebot et la renvoie chez elle.

Flagrant délit d’adultère

Le 1er mai 1891, dans la campagne bretonne, un jeune avocat de 29 ans est surpris en aimable posture avec l’épouse d’un banquier local. Le flagrant délit lui vaut d’être condamné à six mois de prison mais sa peine est heureusement cassée en raison d’un vice de procédure… et de la bienveillance de ses collègues du barreau. Son nom ? Aristide Briand. Plusieurs fois Président du Conseil, il obtiendra à la fin de sa vie le prix Nobel de la Paix sans jamais renoncer aux fréquentations féminines. Parmi ses conquêtes : Marie Bonaparte, traductrice de Sigmund Freud.

Les femmes se rapprochent du pouvoir

Les mœurs s’adoucissent au tournant du XXe siècle. L’hypocrisie n’est plus de mise. Français et Anglais se régalent des frasques du Prince de Galles, fils indigne d’Albert, qui succède à Victoria en 1901 sous le nom d’Édouard VII. Ce bon vivant ne se cache pas d’aimer les plaisirs, tout comme d’ailleurs feu le président Félix Faure, mort d’avoir trop aimé une demi-mondaine.

Plus sérieusement, les femmes supportent de moins en moins leur vocation de potiche et revendiquent même le droit de vote. Après la tragédie de la Grande Guerre, elles sont appelées à remplacer les défunts dans les usines, les bureaux et les champs. Il n’est plus permis de les mépriser. Le roman La Garçonne, de Victor Margueritte (1922), montre comment une jeune femme se venge d’avoir été trompée par son fiancé.

Parallèlement, la deuxième révolution industrielle (production à la chaîne et grande série) conduit à un resserrement des revenus, à l’émergence d’une classe moyenne majoritaire ainsi qu’au renforcement des institutions représentatives et à l’apparition d’une presse populaire à grand tirage. Même dans les régimes dictatoriaux de l’entre-deux-guerres, l’oligarchie ne peut plus comme par le passé assouvir ses pulsions en toute impunité.

– Les hommes ne se refont pas

L’un des plus illustres séducteurs de l’époque est le général Philippe Pétain. Les femmes sont folles de lui et le poursuivent jusque sur le front, pendant la Grande Guerre. Jusqu’à un âge très avancé, il continuera de leur rendre hommage. Cela permet de mieux comprendre l’idolâtrie dont a bénéficié le Maréchal pendant le deuxième conflit mondial.

Autre grand séducteur, Benito Mussolini. De riches maîtresses se sont ruinées pour l’aider à accéder au pouvoir, sans qu’il leur en ai gardé beaucoup de reconnaissance (voir le film Vincere de Marco Bellocchio, 2009, sur le triste sort d’Ida Dalser). Le Duce sera exécuté et pendu à la fin de la partie avec l’une de ses dernières maîtresses, Clara Petacci.

Tout cela n’a rien à voir avec les autres «monstres» de l’époque : Hitler est populaire auprès des femmes mais a une relation pathologique avec le sexe. Sa nièce Geli se suicide dans des conditions mystérieuses dans leur appartement de Munich en 1931. Et on ne connaît au Führer aucune maîtresse certaine, hormis Eva Braun avec qui il cultive une relation tout sauf romantique jusqu’à leur suicide apocalyptique. Lénine, entre sa femme et sa maîtresse, fait figure de bourgeois rassis. Quant à Staline, homme à femmes, il conduit assez normalement celles-ci dans la folie ou la mort.

Plus rafraîchissant est le cas de Franklin Delanoo Roosevelt. Il a épousé une nièce de Théodore Roosevelt, un lointain cousin qui fut aussi président des États-Unis. Eleanor lui a donné cinq enfants et prend à cœur son rôle de «First Lady» en s’investissant dans des actions caritatives et des associations féminines.

Mais, révulsée par les infidélités de son mari, elle se console avec Lesbos. L’amitié et le soutien de la journaliste et romancière Lorena Hickok lui valent d’acquérir une grande popularité.

Les médias idéalisent le couple Roosevelt, occultant au passage la maladie du président qui l’empêche de marcher (films et photos le montrent toujours assis ou soutenu par deux colosses).

Les journalistes font mine de rien quand ils interviewent le président tandis que sa secrétaire «Missy» (Marguerite LeHand) se prélasse sur un sofa. Il ne s’agit pas de troubler l’image du président qui a la charge écrasante de guider les Américains à travers la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale.

L’autre héros de l’heure, Winston Churchill, a une vie sentimentale des plus tranquilles. Son énergie phénoménale est toute entière dissipée dans l’action, sur les champs de bataille, dans les salles de rédaction, sur les bancs des Communes et bien sûr à son bureau de Premier ministre. Son épouse Clementine lui a donné cinq enfants. On ne lui connaît aucune infidélité mais il a pardonné à sa femme une fugue avec un amant occasionnel.

Côté français, Charles de Gaulle a connu, avant la Grande Guerre, une vie de garnison «agitée». Il était à bonne école sous les ordres du colonel Philippe Pétain ! Mais il s’est ensuite rangé en épousant la très sage Yvonne Vendroux et n’a jamais offert la moindre prise aux rumeurs, tout occupé qu’il était de la seule maîtresse qui lui importait, la France.

Il n’empêche que son retour au pouvoir, en 1958-1959, coïncide avec l’un des plus étonnants scandales sexuels qui soient.

Ce scandale des «ballets roses de la République» met en cause 23 notables parmi lesquels le président de la précédente Assemblée nationale, André Le Troquer, un ancien poilu de 76 ans.

On leur reproche leur participation à des parties fines avec des mineurs des deux sexes. Ils s’en tirent avec des peines légères.

– «American lovers»

Le monde politique anglo-saxon connaît sa première grande affaire de mœurs en 1963 avec la mise hors course en 1963 de John Profumo. Ce dirigeant anglais talentueux et honnête est contraint à la démission pour avoir noué une relation avec une prostituée de luxe liée aux services secrets soviétiques.

La même année, l’assassinat de John Kennedy libère la parole des journalistes. Ceux-ci révèlent par petites touches l’extraordinaire appétit sexuel du président américain et par exemple ses liens avec Marilyn Monroe. L’actrice partageait ses faveurs entre le président et son frère Bob.

Du vivant du président, les médias avaient eu soin d’entretenir l’image d’un couple présidentiel idyllique. Cette image rassérénait les classes moyennes qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, s’étaient ralliées à un modèle familial inédit : papa, maman, trois enfants et un bon salaire. De ce modèle, nous conservons la nostalgie en oubliant qu’il n’a jamais existé en aucune autre époque de l’Histoire…

Lyndon Baines Johnson, qui succède à Kennedy, s’irrite de la réputation de celui-ci. Plus âgé et moins photogénique, il n’en est pas moins un redoutable séducteur. «Kennedy courait après les femmes ; moi, je les tombe sans même m’en rendre compte», confiait-il à qui voulait l’entendre. Johnson va accélérer l’engagement américain au Vietnam mais il va aussi poursuivre et amplifier les grandes réformes sociales engagées par son prédécesseur.

Sexe et réforme

Lesquels, des séducteurs ou des puritains, sont les plus qualifiés pour diriger un grand pays ? L’Histoire n’offre heureusement pas de réponse catégorique mais quelques précieuses indications.

Parmi les grands hommes du passé à la sexualité sage ou modeste, nous relevons : Robespierre, Lincoln, Thiers, Gladstone, Lénine, Hitler, Churchill, de Gaulle et dans une certaine mesure Napoléon 1er… À part Gladstone, tous ont attaché leur nom à une entreprise guerrière, voire criminelle (la Terreur avec Robespierre, la Commune avec Thiers…).

Rappelons maintenant quelques personnalités à la sexualité débordante : Napoléon III, Mussolini, Atatürk, Pétain, Roosevelt, Kennedy, Johnson… Plus près de nous, évoquons Giscard d’Estaing, Mitterrand, Clinton ou encore Chirac. Plusieurs ont laissé avant tout le souvenir de grandes réformes sociales, tout en attachant là aussi leur nom à une entreprise guerrière.

Bien entendu, ces listes n’ont rien d’exhaustif ni d’objectif. Elles constituent une base modeste pour notre réflexion.

Les féministes et le sexe

L’élection en 1980 d’un ancien acteur d’Hollywood, Ronald Reagan, divorcé et remarié, atteste de l’ouverture d’esprit des Américains. Comme les Français, ils se montrent indifférents à la vie sentimentale de leur président pourvu que celui-ci fasse son «job» et ne transgresse pas la loi.

Les choses changent subrepticement dans la décennie suivante. Le président Bill Clinton est mis sur la sellette et échappe de peu à la démission pour avoir eu une relation consentante avec une stagiaire à la Maison Blanche.

C’est qu’entre temps, le courant féministe a progressé dans les mentalités, en stigmatisant les comportements machistes de la classe dominante et les relations sexuelles obtenues par abus de pouvoir. Le harcèlement sexuel de la part d’un supérieur hiérarchique ne fait plus sourire personne.

Ce courant féministe est limité pour l’heure à l’Europe et au Nouveau Monde européen (Amériques et Australasie). Il commence à imprégner les mentalités orientales (Afrique du nord et Moyen-Orient), plus sensibles qu’on ne le croit à la modernité occidentale.

André Larané


Bouc émissaire: Attention: une roche tarpéienne peut en cacher une autre ! (The Tarpeian rock is in fact closer to Azazel and Nazareth than to the Capitol: How Jesus finally unmasked the age-old scapegoating effect)

9 novembre, 2013
Herodion_IMG_0627https://i0.wp.com/www.biblesearchers.com/hebrewchurch/primitive/primitive17_files/image007.jpgThrowing-Jesus-Off-A-CliffAaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d’Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché; il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l’aide d’un homme qui aura cette charge. Le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre désolée; il sera chassé dans le désert. Lévitique 16: 21-22
Du temps de David, il y eut une famine qui dura trois ans. David chercha la face de l’Éternel, et l’Éternel dit: C’est à cause de Saül et de sa maison sanguinaire, c’est parce qu’il a fait périr les Gabaonites. Le roi appela les Gabaonites pour leur parler. -Les Gabaonites n’étaient point d’entre les enfants d’Israël, mais c’était un reste des Amoréens; les enfants d’Israël s’étaient liés envers eux par un serment, et néanmoins Saül avait voulu les frapper, dans son zèle pour les enfants d’Israël et de Juda. – David dit aux Gabaonites: Que puis-je faire pour vous, et avec quoi ferai-je expiation, afin que vous bénissiez l’héritage de l’Éternel? Les Gabaonites lui répondirent: Ce n’est pas pour nous une question d’argent et d’or avec Saül et avec sa maison, et ce n’est pas à nous qu’il appartient de faire mourir personne en Israël. Et le roi dit: Que voulez-vous donc que je fasse pour vous? Ils répondirent au roi: Puisque cet homme nous a consumés, et qu’il avait le projet de nous détruire pour nous faire disparaître de tout le territoire d’Israël, qu’on nous livre sept hommes d’entre ses fils, et nous les pendrons devant l’Éternel à Guibea de Saül, l’élu de l’Éternel. Et le roi dit: Je les livrerai. Le roi épargna Mephiboscheth, fils de Jonathan, fils de Saül, à cause du serment qu’avaient fait entre eux, devant l’Éternel, David et Jonathan, fils de Saül. Mais le roi prit les deux fils que Ritspa, fille d’Ajja, avait enfantés à Saül, Armoni et Mephiboscheth, et les cinq fils que Mérab, fille de Saül, avait enfantés à Adriel de Mehola, fils de Barzillaï; et il les livra entre les mains des Gabaonites, qui exposèrent leurs corps dans la montagne, devant l’Éternel. Ils tombèrent tous les sept ensemble; ils furent mis à mort dans les premiers jours de la moisson, au commencement de la moisson des orges. 2 Samuel 21: 1-9
Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent ces choses. Et s’étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu’au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas. Luc 4: 28-30
Bar-Giora was instantly thrown into chains, and calmly awaited the fate that he knew was in store for him. Vespasian and his two sons, Titus and Domitian, celebrated their triumph over Judaa, in the imperial city of Rome. In front of the emperor were borne the vessels of the Temple, the seven- branched candlestick, the golden table, and a roll of the Law. The Romans were further gladdened by the pageant of a long train of Judaean captives heavily chained, and by the wonderful representations of all the horrors and misery of the war — a kind of theatrical entertainment, devised with much ingenuity for the occasion. Simon Bar- Giora (the terrible foe of the Roman legions), with a halter round his neck, was dragged through the streets of Rome, and finally hurled as a human sacrifice to the gods, from the Tarpeian rock. Josephus
Il est impossible de décrire dignement la variété et la magnificence de ces spectacles, sous tous les aspects que l’on peut imaginer, avec ce cortège d’œuvres d’art, de richesses de tout genre, de rares produits de la nature. Presque tous les objets qu’ont jamais possédés les hommes les plus opulents pour les avoir acquis un à un, les œuvres admirables et précieuses de divers peuples, se trouvaient réunis en masse ce jour-là comme un témoignage de la grandeur de l’Empire romain. On pouvait voir des quantités d’argent, d’or, d’ivoire, façonnées suivant les formes les plus différentes, non pas portées comme dans un cortège, mais, si l’on peut dire, répandues à flots comme un fleuve : on portait des tissus de la pourpre la plus rare, des tapisseries où l’art babylonien avait brodé des figures avec une vivante exactitude : il y avait des pierreries translucides, les unes serties dans des couronnes d’or, les autres en diverses combinaisons et si nombreuses que nous pouvions craindre de nous abuser en les prenant pour les raretés qu’elles étaient. On portait aussi des statues de leurs dieux, de dimensions étonnantes et parfaitement travaillées, chacune faite d’une riche matière. On conduisait aussi des animaux d’espèces nombreuses, tous revêtus d’ornements appropriés. La foule des hommes qui les tenaient en laisse étaient parés de vêtements de pourpre et d’or : ceux qui avaient été désignés pour le cortège offraient, dans leur costume, une recherche, une somptuosité merveilleuses. Les captifs eux-mêmes, en très grand nombre, étaient richement parés, et l’éclat varié de leurs beaux costumes dissimulait aux yeux leur tristesse, effet des souffrances subies par leur corps. Ce qui excitait au plus haut degré l’admiration fut l’aménagement des échafaudages que l’on portait : leur grandeur même éveillait des craintes et de la méfiance au sujet de leur stabilité. Beaucoup de ces machines étaient hautes, en effet, de trois et quatre étages et la richesse de leur construction donnait une impression de plaisir mêlé d’étonnement. Plusieurs étaient drapées d’étoffes d’or, et toutes encadrées d’or et d’ivoire bien travaillé. La guerre y était figurée en de nombreux épisodes, formant autant de sections qui en offraient la représentation la plus fidèle ; on pouvait voir une contrée prospère ravagée, des bataillons entiers d’ennemis taillés en pièces, les uns fuyant, les autres emmenés en captivité : des remparts d’une hauteur surprenante renversés par des machines ; de solides forteresses conquises ; l’enceinte de villes pleines d’habitants renversée de fond en comble : une armée se répandant à l’intérieur des murs ; tout un terrain ruisselant de carnage ; les supplications de ceux qui sont incapables de soutenir la lutte ; le feu mis aux édifices sacrés ; la destruction des maisons s’abattant sur leurs possesseurs : enfin, après toute cette dévastation, toute cette tristesse, des rivières qui, loin de couler entre les rives d’une terre cultivée, loin de désaltérer les hommes et les bêtes, passent à travers une région complètement dévastée par le feu. Car voilà ce que les Juifs devaient souffrir en s’engageant dans la guerre. L’art et les grandes dimensions de ces images mettaient les événements sous les yeux de ceux qui ne les avaient pas vus et en faisaient comme des témoins. Sur chacun des échafaudages on avait aussi figuré le chef de la ville prise d’assaut, dans l’attitude où on l’avait fait prisonnier. De nombreux navires venaient ensuite. Les dépouilles étaient portées sans ordre, mais on distinguait dans tout le butin les objets enlevés au Temple de Jérusalem : une table d’or, du poids de plusieurs talents, et un chandelier d’or du même travail, mais d’un modèle différent de celui qui est communément en usage, car la colonne s’élevait du milieu du pied où elle était fixée et il s’en détachait des tiges délicates dont l’agencement rappelait l’aspect d’un trident. Chacune était, à son extrémité, ciselée en forme de flambeau ; il y avait sept de ces flambeaux, marquant le respect des Juifs pour l’hebdomade. On portait ensuite, comme dernière pièce du butin, une copie de la loi des juifs. Enfin marchaient un grand nombre de gens tenant élevées des statues de la Victoire toutes d’ivoire et d’or Vespasien fermait la marche, suivi de Titus, en compagnie de Domitien à cheval, magnifiquement vêtu ; le coursier qu’il présentait au public attirait tous les regards. Le cortège triomphal se terminait au temple de Jupiter Capitolin ; arrivé là, on fit halte, car c’était un usage ancien et traditionnel d’attendre qu’on annonçât la mort du général ennemi. C’était Simon, fils de Gioras ; il avait figuré parmi les prisonniers ; on l’entraîna, la corde au cou, vers le lieu qui domine le Forum, parmi les sévices de ceux qui le conduisaient ; car c’est une coutume, chez les Romains, de tuer à cet endroit ceux qui sont condamnés à mort pour leurs crimes. Josèphe
There is an oak plank attached to the [base of the] Tarpeian rock and the Capitoline cliff; it has iron hooks, and is used to catch the bodies of people thrown off the cliff. Notes to Lucan B 2.125
L’entrée de Titus à Rome devait être accompagnée des honneurs du triomphe, à l’occasion de sa victoire sur la Judée. A cet effet, on choisit sept cents jeunes Judéens de belle prestance et on les envoya à Rome avec les deux chefs de zélateurs, Jean de Gischala et Siméon Bar-Giora. Jean, affaibli par la maladie et la famine, s’était, avec ses frères, rendu aux Romains. Pour Siméon, il s’était caché, avec quelques-uns de ses gens, dans les couloirs souterrains de Jérusalem et, grâce aux outils dont ils étaient munis, ils espéraient se frayer un chemin jusqu’au dehors de la ville pour aller continuer ailleurs la lutte contre les Romains. Mais ils rencontrèrent une roche vive contre laquelle tous leurs efforts échouèrent ; leurs maigres provisions étant épuisées, Bar-Giora résolut de mourir en héros. Couvert d’une robe blanche et d’un manteau de pourpre, il sortit de dessous terre au milieu des ruines du temple, et son apparition subite effraya les sentinelles romaines. Conduisez-moi auprès de votre chef, leur dit-il simplement. Celui-ci, Rufus, ayant été appelé : Je suis Siméon Bar-Giora, lui dit le zélateur, et aussitôt il fut chargé de chaînes. Il connaissait le sort qui l’attendait et il l’avait accepté d’avance. Siméon Bar-Giora, Jean de Gischala et le reste des prisonniers figurèrent au triomphe de Vespasien et de ses deux fils. On portait devant eux les vases du temple, le chandelier d’or, la table d’or et un rouleau de la Loi. Les prisonniers enchaînés, puis des tableaux représentant les batailles et la destruction de Jérusalem, étaient exposés aux regards curieux de la foule. Ensuite venait Bar-Giora, traîné par une corde à travers les rues, et qui finalement, suivant la coutume romaine qui exigeait un sacrifice humain, fut précipité du haut de la roche Tarpéienne. Henri Graetz
Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Tel est le rôle historique de l’affaire Dreyfus. Sur ce bouc émissaire du judaïsme, tous les crimes anciens se trouvent représentativement accumulés. Georges Clemenceau
Dans l’entreprise, il arrive également que (…) des boucs émissaires volontaires sont dûment rétribués. La Nasa distribue la fonction à certains « techniciens » qui seront systématiquement chargés aux yeux des astronautes de tous les bugs du monde, de façon à éviter que la zizanie ne vienne perturber la solidarité des équipages. « Allô Houston, c’est encore la faute à John? » (…) En plaçant les individus en compétition, on crée des rivalités qui se portent souvent sur un « bleu ». Les dirigeants laissent faire jusqu’à ce que le harcelé craque et démissionne. Ainsi, on le laisse partir en le chargeant de tous les problèmes. Marie-France Hirigoyen

Et s’il n’y avait pas si loin que l’on croit d’Azazel et de Nazareth à la roche tarpéienne ?

A l’heure où le prétendu « printemps arabe » a définitivement ramené à sa juste place (de commode diversion) la prétendue centralité du conflit israélo-palestinien  …

Et où, après des millénaires de persécution juive, le christianisme en général et les chrétiens en particulier sont devenus quasi-quotidiennement les nouveaux boucs émissaires universels

Comment ne pas voir avec l’histoire de Simon Ben Giora, la dernière victime juive du supplice de la roche tarpéienne (magnifiquement recontée, à partir de Josèphe – fin tragique mise à part: strangulation ou roche tarpéienne ? –  par l’historien Cecil Roth) ….

L’ultime confirmation de la révélation débutée avec l’histoire biblique du bouc jeté du haut du Mont Azazel et achevée avec la tentative de précipiter le  Christ d’une falaise de Nazareth avant sa crucifixion sur le Mont Golgotha?

Simon bar Giora, Ancient Jewish Hero: A Historical Reinterpretation

Cecil Roth

Commentary

01.01.60

In his article last June, Cecil Roth, the eminent Oxford historian of the Jews, described “The Jewish Revolt Against Rome.” He now reinterprets one of the heroes of that revolt.

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Visitors to Rome are inevitably taken to see the Mamertine Prison, not far from the Forum, where it is said Servius Tullius, sixth king of Rome, perpetrated his deeds of bloodshed as early as the 3rd century before the Christian era. Here, below the actual building with its ancient Latin inscription, is a noisome dungeon hewn out of the rock, which is associated with some of the darkest tragedies of ancient history. Here the gallant Gaullish chieftain Vercingetorix was strangled by order of Caesar, and the accomplices of Cataline by order of Cicero, who tersely announced the execution in the single word vixerunt (“they have lived”). Here, according to Christian legend, St. Peter was imprisoned before his martyrdom. But for the Jew this spot has a special significance: for here Simon bar Giora was put to death in the year 71, as the symbol of the Jewish defeat, after the triumph of Vespasian and the overthrow of Jerusalem. In Roman eyes he was considered the principal leader of the revolt that had at last been crushed, after such stiff fighting and so many losses. It is amazing, and not wholly creditable, that among Jews he is barely remembered: and when he is, in terms almost of caricature.

What we know of Simon bar Giora derives entirely from the envenomed account of Flavius Josephus, the renegade Jewish historian, who may be described as the Benedict Arnold of the great war against the Romans of 66—73. Josephus had at the beginning sympathized with the uprising and been given the military command of Galilee, but he became nervous at the implications of the revolt, which seemed to him (a “bourgeois” belonging to the priestly element) to be taking too radical a tendency. At the same time, he realized how much the insurgents had underestimated the military might of Rome. After putting up a token resistance (though of course he pictures it as more than this) he went over to the enemy, and spent the rest of the war in the service of Vespasian. Subsequently, he compiled a history of the war, in which he simultaneously tried to exculpate himself, magnified the achievement of his patrons, and denigrated the leaders of the Jewish revolt who were more steadfast than himself.

Posterity must remain grateful to Josephus for the fact that we know a great deal about the details of the war, and about Jewish history at this period in general, for we have virtually no other sources available.1 But it is preposterous to accept his record implicitly, as historians have tended to do: we are forced to rely on him for the facts, but we must be careful of his interpretations. For him, the villains of the piece were the heads of the resistance movement; in Jewish history, they should be among the heroes. And especially Simon bar Giora, who was put to death by the Romans as the symbol of the Jewish resistance; something at least of the strength and nobility of his character emerges even from Josephus’s jaundiced picture.

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The form of the name “bar Giora” derives not from Josephus but from Tacitus, who in his brief account of the war refers to him under this name, although confusing him with his rival John of Gischala (“Ioannes, quern et Bargioram vocabant”) . Josephus speaks of him always as “son of Giora” or the like. “Bar Giora” is of course the form in the Aramaic language, already at this time current in Palestine. Giora is never met with as a proper name, but in Aramaic it means “proselyte,” equivalent to the Hebrew Ger. There is thus some reason to believe that Simon was the son of a convert to Judaism, though if this were the case it is somewhat surprising that Josephus should not have mentioned the fact, and that he should have attained such a prominent position among the leaders of a national revolt at such a time. That he was of non-Jewish extraction on his father’s side is made a shade more probable by the fact that he was a native of Gerasa, or Jerash, in Trans-Jordan—a city of mixed population. According to some scholars, however, his place of origin was not the famous Gerasa but a smaller place of the same name in Judea.

Josephus refers to Simon as a “young man” at the period of the revolt, but he was old enough to have played a prominent role in it from the beginning; presumably, therefore, he was not at this time less than thirty years of age, having been born about the year 35. He was endowed with remarkable strength and physical courage, as well as the personal magnetism indispensable for a revolutionary military leader.

Simon first came into prominence at the time of the rout of Cestius Gallus, the Governor of Syria, in the late summer of 66, when he executed a brilliant action at the head of a fairly considerable force. He must have been active therefore for some while previous. Most probably, he was one of the many patriot leaders (Josephus calls them “brigands” and the like) who had emerged all over the country as a result of the Roman misrule of the past few years, gathering other malcontents around themselves in the mountain fastnesses and carrying out raids on the Romans and Roman sympathizers. When the Revolt began in Jerusalem in 66, many of these local rebel leaders probably converged on the capital and took their share in the fighting there, like Menahem ben Judah, head of the hyperpatriotic sicarii entrenched in the neighborhood of the Dead Sea; and Simon bar Giora was doubtless another of these. It seems certain that these Jewish patriots fighting against Rome were motivated by profound religious as well as patriotic feelings, and it is likely that more than one of them had his own religious, or social-religious (the two are hardly to be distinguished in Judaism) teachings. That Simon bar Giora considered himself as being to some extent a religious teacher is nowhere indicated in our sources, but it is by no means improbable: we will revert to this later. However that may be, he and his followers took a prominent share, as has been mentioned, in the rout of Cestius Gallus, who had led an army to restore order in Jerusalem. As the Romans were mounting toward the historic pass of Beth Horon, Simon and his followers fell on them, cutting off part of the rear-guard, and seizing the baggage train, which they brought back in triumph to Jerusalem.

What happened to Simon in the course of the next few months is obscure. There is some slight evidence that he took some part in the disturbances when Menahem, the leader of the sicarii, attempted to establish his control in Jerusalem—an episode which may be dimly reflected in the Dead Sea Scrolls. Menahem’s defeat at the hands of the priestly faction implied a check to the extremer revolutionary tendencies and a victory for the moderates. For a time Jerusalem, and the central government as a whole, were in the hands of the bourgeois and priestly elements, to which Josephus also belonged.

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Simon bar Giora was obviously a radical, with extreme tendencies. Leaving the capital with his followers, he tried to make himself master of the district of Acrabatene, southeast of Samaria, and a well-known center of fierce patriotic sentiment. Here apparently others who shared his views rallied to him. He attacked the wealthy, sacking their houses and molesting their persons, until the provisional government in Jerusalem, headed by the ex-High Priest Hanan ben Hanan (“Ananus” in Josephus), sent an armed force against him. This Spartacist revolt (as we might call it) was put down without much difficulty, but bar Giora was able to escape, with some of his more devoted followers and their womenfolk.

Meanwhile, the survivors of Menahem ben Judah’s sicarii faction had returned after his assassination to the Herodian fortress of Masada, on a cliff overhanging the Dead Sea, where they continued to hold out under Eleazar ben Jair. There were apparently profound differences of outlook between them and the followers of Simon. But they were united by a common antipathy to the Jerusalem government, and were prepared to join hands at least temporarily. To Masada, therefore, Simon led his followers. The two factions did not however coalesce, the newcomers and their womenfolk being allowed only to establish themselves in the lower part of the stronghold and not allowed access to the actual fortress where Eleazar and his sicarii were established.

The two factions did collaborate in a series of raids in which apparently they tried to extend their hold over the territory to the southwest, towards Idumea, where the representatives of the central government found themselves for a time seriously pressed. However, Simon’s plans were more ambitious than those of Eleazar. The sicarii apparently were content to wait until the central government fell—either from internal dissension or before the Romans—and imagined that then, with the help of God, they would come into their own. Simon, on the other hand, followed an activist policy throughout his known career and hoped to establish his own ascendancy, and that of his ideas, by force of arms.

In the winter of 67—68, the news of events in the capital persuaded him that his hour had come. The disaster in Galilee, where their priest-colleague Josephus had gone over to the Romans after a shameful military debacle, had completely discredited the priestly junta in Jerusalem who had hitherto been at the head of the provisional government. Their position was further undermined by the influx of war refugees from Galilee bearing detailed reports of what had happened there. As the result of a coalition between them and the Zealots, assisted by wild Idumean tribesmen whom they summoned to their assistance, the provisional government was overthrown, and many of its leading members (including the ex-High Priest Hanan) were killed in the reign of terror which now followed.2

Simon now considered that his hour had struck. Leaving Masada (probably not wholly amicably: there is some evidence of a violent breach), he advanced westward, operating at first in the hill country. Hitherto, his social program had not been too prominently enunciated. Now it was, clearly and publicly. We have already seen that from the beginning he had attacked the rich; now, he proclaimed liberty for the slaves. We know of this only from a casual sentence of Josephus, but perhaps there is a wider significance in it: for Isaiah had spoken of the function of the Lord’s anointed who was to bring good tidings to the humble, to proclaim liberty to the captives, and to announce the Day of Vengeance for the Lord. (Jesus too had applied this passage to himself [Luke IV. 18]; possibly it was at the time one of the accepted “Messianic” passages.) Hence, the divine vengeance over the Roman enemy had to be accompanied by the freeing of the captives; and he who freed the captives was the one designated by God to achieve victory. Obviously, bar Giora considered himself as more than a partisan leader.

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A considerable force of former slaves and other proletarian sympathizers now flocked to join Simon. At one point they were recruited by some 2,000 persons—in the main probably political malcontents arrested by the Zealots—who were released from the prisons when the main body of Idumeans left Jerusalem. Before long he felt strong enough to descend into the plains, and was able to secure again the province of Acrabatene, from which he had been ejected previously, and a considerable district extending hence to the south towards Idumea. He established his capital in a small place in this district called Nain, which he heavily fortified. His troops and stores were concentrated in a valley known as Pheretai (perhaps the present Khurbet Farah, a gorge about six miles north of Jerusalem), where the hillside was honeycombed with caves which could serve as repositories for grain and other supplies. Here he made ready to attack the capital, now controlled by the Zealot faction.

Bar Giora no doubt imagined that the acceptance of his social-religious doctrine by the Jewish people as a whole was the key to victory, and that it was therefore his duty and his destiny to establish his ascendancy in the capital. The Zealots, too, had the same conviction, and an armed clash became inevitable. To forestall attack, they marched out to attack him, but were repulsed with considerable loss.

Had he followed at their heels, Simon might now have occupied the city without great opposition, but he did not yet feel himself strong enough and determined to isolate it first. The Idumeans, now strongly Jewish in sentiment notwithstanding their relatively recent conversion to Judaism, had already once exerted a preponderant force in central affairs, and Simon attempted to neutralize them first of all: Idumea seems, moreover, to have exercised a powerful attraction on him strategically. His first attempt to establish his control here failed after an indecisive battle. A little later he tried again, with stronger forces. The garrison of the fortress of Herodium refused to adhere to him, and his emissary was killed. But he secured the enthusiastic collaboration of one of the high Idumean officers, named Jacob, who not only surrendered his own command but induced his associates to follow his example, partly by persuasion and partly by treachery. Simon was now in command of the entire south of the country, including Hebron, where he found vast stores of wheat. His forces were now reckoned to amount to some 40,000 men, who for some time lived off the country, according to Josephus ravaging it like a plague of locusts.

While this had been happening, the Jerusalem Zealots had captured Simon’s wife and her attendants in an ambush. His deep devotion to her was a matter of common knowledge, and she was treated as a hostage, in the expectation that this would make him come to terms. But instead he began to behave like a man distraught, wreaking his passion on any adherents, active or passive, of the Zealots and the Jerusalem administration who fell into his hands, and (according to Josephus) mutilating innocent persons who ventured outside the valley to gather fuel or herbs. He was even reported to have said that when he captured the city he would butcher the inhabitants indiscriminately unless his wife were restored to him.

After a short while, she was in fact sent back, and for a time Simon’s attention was diverted elsewhere: for the Romans, having completed the subjection of Galilee and Trans-Jordan, had by now begun to invade the south of the country. Simon was unable to prevent the reconquest of Acrabatene by Vespasian or the overrunning of the greater part of Idumea by one of his officers, Cerealius, who captured Hebron and slaughtered the inhabitants. Gathering the remnants of his forces round him, Simon retired toward Jerusalem.

Here it seems (though Josephus presents the story in a somewhat different light), the Idumean element in his forces came to an understanding with their compatriots in the city, who were by now out of sympathy with the Zealots. They were encouraged, moreover, by the rump of the moderate party led by the former High Priest, Matthias, who had been deposed in favor of a Zealot nominee chosen by lot; for Matthias obviously hoped that Simon, sobered perhaps by responsibility, might prove less extreme. Supported and even summoned by powerful elements within the walls, belonging to almost all factions, Simon became master of Jerusalem and (it is to be presumed) titular head of what was left of the Jewish State. This happened in the month of Xanthicus in the third year of the War against the Romans: that is to say, in April or May, 69 C.E.

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There was, however, still some opposition. John of Gischala, the leader of the Galilean war refugees in the capital, who for some time had acted in conjunction with the Zealots, entrenched himself with his followers on the Temple Mount and in the outer court of the Temple itself, and refused to come to terms: while the old-time doctrinaire Zealots, under Eleazar ben Simon, commanded the actual Sanctuary, or Inner Court.

The city itself—both the Upper and most of the Lower City, with its bazaars and shops and palaces and fortresses, and all the uncommitted civilians, their number increased by vast numbers of refugees—was in the hands of Simon. At the beginning, he was estimated to have some 10,000 men organized in fifty divisions fighting under him, in addition to the Idumean contingent of about 5,000 under its own leaders. He had at his disposal, too, the artillery seized at the beginning of the insurrection from the Roman garrison in the Antonia fortress and that which had been captured from Cestius at the time of his disastrous retreat from Jerusalem.

Simon established his headquarters in the mighty tower built by Herod near the east gate of the city and named after his brother Phasael—the northeast tower of the present citadel, popularly known today as David’s Tower. Simon had to establish his control over the other intramural areas before the Romans invested the city. He therefore launched an attack on John of Gischala and his followers in the Temple Mount. But it proved unsuccessful—he had the advantage of numbers, but John of Gischala had that of position: and in due course the latter was able to extend his control also over the Inner Court of the Temple, the diehard Zealots in occupation there now coming to terms and fighting thenceforth under his command.

At the beginning of the Roman siege, the factions combined for a short while in the brilliant attack in which the Tenth Legion of evil memory was routed, but thereafter there was no effectual collaboration until the days when resistance was nearly at an end. There is no need to attempt to recapitulate here the gallant sorties, the destruction of the Roman siege-works, the construction of new bastions and strong-points which confronted the enemy when they had overthrown weak sections of the wall, the fierce hand-to-hand fighting, the surprise attack in which Titus himself was so nearly overwhelmed, the magnificently organized attempt—all but successful—to destroy the Roman camp on the Mount of Olives, the ruthless action against all who favored compromise or even breathed the word “surrender.” So far as we can tell, Simon bar Giora’s was the master mind behind it all; it was he who directed the defense, and his powerful frame was foremost in all the desperate actions, leading and encouraging his forces. It was from his headquarters in the Tower of Antonia that the city was governed, strategy was planned, policy decided. But—more important than all this—his personality inspired the defense and the defenders. As Josephus, who hated him, was forced to admit, he “was regarded with reverence and awe, and such was the esteem in which he was held by all under his command, that each man was prepared even to take his own life had he given the order.”

After the Romans brought their battering rams to bear on the city walls, internal hostilities ceased, and although even now the factions did not combine under a single command, all efforts were concentrated on the common enemy. Simon henceforth permitted John of Gischala’s followers to pass through his lines to man the ramparts, and Simon was henceforth reckoned the unquestioned leader of all the Jewish forces. He administered the city with a heavy hand, giving scant shrift to any person whom he suspected of treasonable intentions, or even of the desire to smuggle himself out of the city—especially if he belonged to the upper classes: John of Gischala was in complete agreement with him at least on this point. A proclamation was issued, almost modern in flavor, forbidding under pain of death any unlawful assembly of groups who might be plotting against the government, as well as any expression of defeatism by taking part in public lamentation. Simon issued instructions for any traitor to be executed on the ramparts, in full view of the enemy, so that all might see whether those to whom he intended to desert would assist him in his extremity.

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These were harsh measures, for it was a desperate hour. The story of the atrocities of course loses no element of horror in Josephus’s somber account, yet the historian unguardedly betrays the fact that vengeance against the traitors was tempered with justice. For, notwithstanding Josephus’s betrayal of the forces in Galilee and his treacherous work in the Roman camp, his own father and mother, although put under arrest, were otherwise unmolested, and even allowed to have their personal attendants with them in prison—hardly the action of a party of bloodthirsty assassins.

Titus, in command of the besieging forces, showed on the other hand a studied ferocity against the besieged. On one occasion, he cut off the hands of several prisoners he had taken and sent them in to the Jewish commanders to exhort them to surrender. Their reply was noble—that they preferred honorable death to slavery, and that they would yet be saved by God, their invincible ally, in whose hands lay even now the final issue of the struggle.

Nevertheless, conditions in the city became worse and worse. One of Simon’s principal lieutenants, Judas ben Judas, who was in command of one of the strategic bastions in the city wall, prevailed on some of his subordinates to surrender their position, which would have resulted in the immediate collapse of the defense. Fortunately, the Roman detachment whom they approached failed to react promptly, and during the delay Simon was able to occupy the threatened position with trustworthy troops and executed the traitors in full view of the enemy.

Yet it was a hopeless prospect: a starving city, its population swollen by tens of thousands of refugees, beset by the superbly trained and magnificently equipped legionaries of the most powerful army of the ancient world. Slowly, the defenders were pressed back, and shortly after mid-summer the Temple itself, the kernel of the defense, went up in flames.

The Upper and Lower Cities, however, each a self-contained fortress, were still in patriot hands and continued to resist tenaciously. Escape being impossible, the two resistance leaders audaciously offered to evacuate their position without further fighting in return for a safe conduct through the Roman lines, presumably in the hope of establishing themselves under conditions of freedom elsewhere. Josephus has preserved a dramatic picture of the scene that ensued. Titus in person addressed Simon and John as they stood facing him on the city wall, overwhelmed them with vituperation, and demanded that they should surrender unconditionally, on the understanding that their lives only would be spared.

His conditions were rejected, and fighting was resumed with renewed ferocity, the public buildings now being deliberately set in flames. At one point Simon momentarily stemmed the debacle by reoccupying the royal palace in the Upper City, and even taking prisoners. When some of the Idumean leaders contemplated surrender, he put down the attempted treachery with a stern hand, putting the peace emissaries to death, placing the chieftains under arrest, and having the rank and file watched.

But the end could not now be long delayed. In September, a month after the destruction of the Temple, the Romans delivered the final assault on the Upper City, supported by all the might of their military equipment. Before long it was in their hands. The siege of Jerusalem had ended.

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John of Gischala took refuge in an underground passage beneath the city. Ultimately, he was forced by hunger to surrender and in due course was sent to Italy, where he was committed to lifelong imprisonment. Simon, however, again showed himself to be made of sterner stuff. While the Romans were sacking the Upper City, he took refuge with some of his followers in the passages which honeycombed the rock under the buildings. They brought a supply of provisions sufficient to last them for some days, as well as several experienced stonecutters with the tools of their trade. They followed the existing passages so far as possible; when those ended, they began to excavate, in the hope of passing through the Roman lines and making good their escape.

Progress, however, was slow, for it was necessary to pierce through the solid rock. When all the provisions were exhausted, and he and his companions faced with starvation, Simon resorted to a ruse. Putting white robes over his military accouterments, he climbed to the surface and made a sudden appearance in the Temple Court, apparently in the hope of scaring the Roman sentries. He was hemmed in and overpowered, and his identity discovered. He was dispatched in chains to Caesarea, where Titus was now resting; and the latter ordered him to be sent to Rome, to grace the triumph which was to celebrate the great victory over the Jewish people. (Josephus, who was present, gives us the exact details of what happened on this occasion with nauseating minuteness.)

In the triumphant procession, there were a number of stages representing the captured cities, on each of which was stationed the Jewish general who had commanded it, dressed as he was at the time of his surrender. The stage representing Jerusalem was no doubt the most elaborate, and attracted most attention; in this one, presumably, Simon bar Giora figured. When the procession reached the Temple of Jupiter Capitolinus, it came to a standstill. Then followed the ghastly ceremonial so characteristic of Imperial Rome: Simon received the treatment reserved for the general of a defeated enemy. A halter was thrown around his neck and he was dragged to the Mamertine Prison, where he was strangled in the subterranean chamber which the visitor may still inspect today. His end was announced by a shout of elation, on hearing which Vespasian and his son completed their triumph by offering sacrifice.

There is a village named Bar Giora, today in Israel, on the Jordan border—a dour village on a rock-bound hill, proudly but confidently facing an unfriendly frontier. Perhaps it symbolizes fittingly this last fighter for Jewish independence during the siege of Jerusalem. But it is in the heart and in the historical recollection of the Jewish people that the name should live, more vividly and more intimately than it does.

Footnotes

1 Except where otherwise stated, all the data on which this sketch is based are derived from Josephus, The Wars of the Jews, our only source: bar Giora is just mentioned by Tacitus, who however adds virtually nothing to our knowledge, while the theory that he is identical with Abba Sicara, leader of the “biryonim” and nephew of Rabbi Johanan ben Zakkai, or some other resistance leader sketchily remembered in Talmudic legend, is more than questionable. In some modern records the name occasionally figures as “Joras” (or is sometimes reversed as “Joras son of Simon”); this derives from the commemorative tablet in the Mamertine Prison, the GI- having been read as J in accordance with Italian usage.

2 The Zealots were a politico-religious faction associated in some way with the sicarii: the name does not imply merely “extremist,” and it is wrong to consider all leaders of the resistance movement at this time (including Simon bar Giora) to have been of the faction, as is sometimes done: he was in fact bitterly opposed to and opposed by the actual Zealots.

BAR GIORA, SIMON (called also Simon Giora):

Jewish leader in the revolt against Rome; born about the year 50, at Gerasa. To judge from his name he was the son of a proselyte. The date of his birth is determined by the fact that he wasvery young at the time of the war with Nero. He was distinguished for bodily strength and reckless courage. After Cestius had been put to flight he surrounded himself with a band of men and devastated the lands of the Idumeans about Akrabattene; but, being pursued by troops from Jerusalem, he threw himself into the fortress of Masada (Josephus, « B. J. » ii. 22, § 2; iv. 9, § 3). He kept up his guerrilla warfare, however, gradually increasing his troops until they numbered many thousand Sicarii; and, after fortifying Nain, he encamped in the valley of Paran. Having conquered the Idumeans and mastered Hebron, he swept up to the very gates of Jerusalem. Here an ambush was laid by the Jews of the city, and his wife and some of his soldiers were seized; but Bar Giora compelled them to be delivered up to him (ib. iv. 9, §§ 8, 10). In the mean time the Idumeans and the Zealots in Jerusalem came into conflict (April, 68); and the Idumeans, suffering defeat, called Bar Giora into the city. Though Matthias, high priest at the time, had been instrumental in summoning him, Bar Giora later put him to death (ib. iv. 9, § 11; v. 13, § 1), henceforth considering himself lord of the city, and maintaining constant strife with John of Gischala, leader of the Zealots, the latter being outdone in their frenzy by Bar Giora’s followers, the Sicarii.

The Idumeans, though formerly oppressed by Bar Giora, now joined their forces to his. From his strong fortification at Phaselis—in which he garrisoned his ten thousand soldiers—he could command the whole of Jerusalem (ib. v. 3, § 1; 6, § 1). When Titus moved up to the walls of Jerusalem, Bar Giora made peace with John and the Zealots, and in a number of sallies inflicted serious losses on the Romans (ib. v. 2, § 4; vi. 1, § 7). After Jerusalem had been almost entirely taken and the Temple had been burned down (on the Ninth of Ab), Bar Giora and other fearless men withdrew to the upper city, from which they negotiated with Titus, offering to surrender on condition that they should be allowed to go free under oath not to draw their weapons. The Romans refused, and the struggle broke out afresh. On the eighth of Elul the upper city also fell a prey to the flames. John surrendered, but Bar Giora, resisting to the last, took flight through subterranean passages. Hunger, however, drove him to come forth. He startled the Roman soldiers by his sudden appearance in a white shroud; but they quickly recovered from their fright, seized him, and led him to Titus. He was kept for the emperor’s triumph at Rome, where he was dragged through the streets and then hurled from the Tarpeian rock (Josephus, « B. J. » vii. 2, § 1; vii. 5, § 6; 8, § 1).

Bibliography:

Dio Cassius, lxvi. 7;

Tacitus, Hist. v. 12;

Egesippus, iv. 22, v. 49;

Schürer, Gesch. i. 521 et seq.

A passage in Pesiḳ. R. seems to refer to the subject (Monatsschrift, xli. 563), also a passage in Ab. R. N., B, c. vii. (Jerusalem vi. 15).


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