Manuels scolaires palestiniens: C’est comme le bikini (Three kinds of lies: Latest study on incitement in Israeli and Palestinian textbooks comes up with a statistical tie)

23 octobre, 2015
bikini-graphstabchartIl y a trois sortes de mensonges: les mensonges, les gros mensonges et les statistiques. (attribué à) Mark Twain
Les statistiques, c’est comme le bikini: ça donne des idées mais ça cache l’essentiel! Aaron Levenstein (repris par Coluche)
L’objectivité parfaite, c’est cinq minutes pour les juifs, cinq minutes pour Hitler. Jean-Luc Godard
Comment la puissance américaine a-t-elle été contestée le 11 septembre 2001? Sujet de géographie du brevet français (2005)
Les États-Unis sont devenus la cible d’États et de mouvements qui refusent l’hégémonie américaine sur le monde. (manuel français de 3e , Magnard, 2003)
Si aujourd’hui la France devait écrire un manuel binational à des fins d’apaisement des tensions, ne serait-ce pas plutôt avec les Etats-Unis? Barbara Lefèbvre et Eve Bonnivard
Jusqu’au milieu des années 1980, l’enseignement de l’histoire était si imprégné de marxisme qu’on ne pouvait formuler la moindre position critique vis-à-vis du régime soviétique dans les ouvrages scolaires. Jacques Dupâquier
Les Allemands trouvaient nos textes trop anti-américains et nous trouvions les leurs trop atlantistes. Je ne me suis jamais considéré comme anti-américain. Mais après avoir parlé aux Allemands, je me suis rendu compte qu’il y avait une culture française de l’anti-américanisme. Guillaume Le Quintrec
Le terrorisme est l’arme des faibles, qui dans l’incapacité d’attaquer frontalement une grande puissance, cherchent à la déstabiliser en s’en prenant à des cibles symboliques. Manuel d’histoire-géographie français (Magnard)
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (moufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
L’Allemagne national-socialiste lutte contre la juiverie mondiale. Comme dit le Coran : “Tu apprendras que les Juifs sont les pires ennemis des musulmans.” Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité d’armes, dans la prééminence du rôle du chef, dans l’idéal de l’ordre. Voilà ce qui rapproche étroitement nos visions du monde et facilite la coopération. Haj Amin al-Husseini
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Ce sera une guerre d’extermination, un massacre dont on parlera comme des invasions mongoles et des croisades. Azzam Pasha (président de la ligue arabe, le 14 mai 1948)
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Les nazis ont probablement tué moins d’un million de Juifs et le mouvement sioniste a participé au massacre. Abou Mazen (alias Mahmoud Abbas, thèse, 1982)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
 Nos vies et notre sang seront sacrifiés pour la mosquée Al-Aqsa. Chaque violation du côté israélien contre Al-Aqsa est une violation de l’occupation, qu’elle soit accomplie dans des uniformes militaires ou religieux ou sous une couverture politique. Nous devons lutter contre toutes ces violations jusqu’à ce que l’occupation soit levée. Raed Salah
Des centaines de milliers de fidèles musulmans doivent aller à Al-Aqsa et s’opposer au complot israélien de verser le sang des habitants arabes de Jérusalem-Est. Aujourd’hui, c’est seulement le travail de quelques individus, mais nous avons besoin d’un soutien national. Si les attaques individuelles continuent sans soutien national, ces actions seront éteintes dans les prochains jours, et donc des centaines de milliers de personnes doivent se mobiliser pour commencer une véritable Intifada. Hanin Zoabi (députée arabe au Parlement israélien)
Mon frère de Cisjordanie : Poignarde ! Mon frère de Cisjordanie : Poignarde les mythes du Talmud dans leurs esprits ! Mon frère de Cisjordanie : Poignarde les mythes sur le Temple dans leurs cœurs ! (…) Ô peuple de la mosquée d’Al-Abrar et peuple de Rafah, depuis votre mosquée, vous avez l’honneur de délivrer ces messages aux hommes de Cisjordanie : formez des escouades d’attaques au couteau. Nous ne voulons pas d’un seul assaillant. Ô jeunes hommes de Cisjordanie : Attaquez-les par trois et quatre. Les uns doivent tenir la victime, pendant que les autres l’attaquent avec des haches et des couteaux de boucher. (…) Ne craignez pas ce que l’on dira de vous. Ô hommes de Cisjordanie, la prochaine fois, attaquez par groupe de trois, quatre ou cinq. Attaquez-les en groupe. Découpez-les en morceaux. Mohammed Salah (« Abou Rajab », imam de Rafah, Gaza)
Je veux poignarder un juif. Parce qu’il nous a volé notre terre. Avec un couteau. Rahf Abuesha (élève de maternelle jordano-palestinienne)
Dans la bande de Gaza, étroite enclave côtière déjà ravagée par trois guerres et qui étouffe depuis neuf ans sous le blocus israélien, le désespoir est à son comble: la moitié des jeunes cherchent à s’exiler, les suicides sont en hausse, le chômage –l’un des plus forts taux au monde à 45%– n’a jamais été si haut et les perspectives d’avenir si lointaines. L’Obs
Nous demandons à tous les camps de respecter les lieux saints. Ban Ki Moon
Le couteau est érigé en symbole du désespoir de « la génération Oslo ». Francetvinfo
« Palestinian textbooks : Where is all that ‘incitement’? ». International Herald Tribune (December 18, 2004)
Israeli and Palestinian textbooks omit borders The Guardian ( 4 February 2013)
‘Textbooks show both sides to blame for enmity’, The Jerusalem Post (4 February 2013)
, ‘Israeli and Palestinian textbooks fail balance test, study finds,’ Los Angeles Times, 4 February 2013
‘New textbook study threatens to undercut argument that Palestinian schools preach hate’, JTA
‘Israeli, Palestinian textbooks ‘one-sided’,’ AAP/The Australian (5 February 2013)
« Israelis’ textbooks fare little better than Palestinians' ». Haaretz (09/12/2004)
The Israeli-Palestinian schoolbook study is among the most comprehensive, fact-based investigations ever done of school textbooks. The scientists developed a new research methodology that employed a standardized, manualized, multi-rater system in order to produce a transparent and scientifically rigorous analysis of current Israeli and Palestinian schoolbooks. The study represents the first phase towards the critically important goal of developing education for peace, as specified by the Council of Religious Institutions of the Holy Land, which initiated the study, and as highlighted in the Oslo II Agreement in 1995. All funding for the study came from a single public source, the US State Department’s Bureau of Democracy, Human Rights and Labor. Bruce Wexler (Yale)
There is generally a total denial of the existence of Israel – and if there is an Israeli presence it is usually extremely negative. For the next generation, there is no education at all about collaboration and no information about the many collaborations that already exist between Israelis and Palestinians in environmental and other areas. Eldad Pardo
In geography textbooks, Israel usually does not appear in maps of the Middle East, instead “Palestine” is shown to encompass Israel, the West Bank and the Gaza Strip. Jaffa is also shown on maps of Palestine, but Tel Aviv and other predominantly Jewish cities, such as Ramat Gan, kibbutzim and moshavim, are not displayed. One of the Palestinian textbooks reviewed by IMPACT-SE, History of Ancient Civilization, published in 2009 and used to teach fifth-graders, states that the Levant consists of the states of Palestine, Jordan, Lebanon and Syria. Israel is not mentioned. Other textbooks read for the study asked students to “color the Negev Desert on the map of Palestine,” and to solve the following mathematical word problem: “An independent Palestinian state was declared in 1988. How many years have passed since the declaration of independence?” Another textbook included a map of the Old City of Jerusalem – which did not contain the Jewish Quarter. Meanwhile, in an additional example, a textbook printed a British Mandate postage stamp, but erased the Hebrew inscription “Palestine: The Land of Israel” that appeared on the original. In addition, some textbooks described the Canaanites as an Arabic-speaking people whose land was stolen by Jews, and stated that Jews came from Europe to steal Palestine after the British conquered it in 1917. Pardo, a professor at the Hebrew University of Jerusalem, also said Palestinian textbooks have been erasing Jewish claims to holy sites, such as the Western Wall and Rachel’s Tomb. For example, National Education, a textbook for seventh-graders published in 2010, refers to the Western Wall as the “Al-Buraq Wall,” and to Rachel’s Tomb as “Al-Bilal Mosque.” IMPACT-SE also found that Palestinian textbooks include many references to martyrdom, death, jihad and refugees returning to cities and towns in Israel – and frequently demonize Israelis and Jews. A photo from the funeral of a shahid (martyr) was included in the 2008 edition of a seventh-grade textbook, but excluded from the 2010 edition, perhaps because of foreign pressure on the PA, said Pardo. Other textbooks told students that “the rank of shahid stands above all ranks,” and included a Muslim hadith about the destruction of Jews by Muslims on the day of the resurrection, which also appears in the Hamas charter. Jerusalem Post
Bien qu’il soit difficile de trouver dans les manuels israéliens de franches incitations à la haine, comme on peut en trouver dans les manuels jordaniens et égyptiens, le Dr Ruth Firer, de l’Université hébraïque de Jérusalem, l’une des pionnières de la recherche en matière de textes scolaires, affirme que l’endoctrinement dans les livres israéliens est simplement plus subtil. Cela explique, dit-elle, pourquoi les messages pénètrent plus facilement. Il est plus difficile de détecter un stéréotype caché dans une image qui semble innocente que dans une autre présentée de telle manière qu’elle « vous mène vulgairement par le bout du nez ». Les résultats d’une étude qu’elle a menée avec le Dr Sami Adwan, de l’université de Bethléem, spécialiste de l’éducation à la paix et aux droits de l’Homme (…) révèle une sorte d’image en miroir, où chaque côté place la responsabilité de la violence sur le dos de l’autre. (…) Tout en ayant été publiés après les accords d’Oslo, les manuels palestiniens imitent ceux publiés en Jordanie et en Egypte, qui évitent d’utiliser le terme « Israël », dans les textes et sur les cartes. (…) De manière surprenante, les deux chercheurs ont trouvé un parallélisme quasi absolu entre les manuels dans trois domaines : des deux côtés, on ignore les périodes de calme relatif et de coexistence (par exemple entre 1921 et 1929), sauf à les présenter comme des répits trompeurs dans un conflit au long cours, on n’a pas tendance à raconter à l’élève l’histoire du conflit vu du point de vue de l’ennemi, on passe sous sillence les détails de la souffrance de l’Autre, et chacun ne comptabilise que ses victimes à lui. Akiva Eldar (La paix maintenant)
Pour Yaakov Katz, certaines de ces critiques concernent des livres non approuvés par le ministère de l’éducation, et il sait que certains établissements n’appliquent pas ses directives. Contrairement à ces manuels, ceux approuvés par le ministère subissent un examen minutieux par des experts, pour s’assurer qu’ils ne sont pas contaminés par une discrimination raciale, ethnique, sexuelle ou religieuse, et qu’ils ne contiennent pas de stéréotypes. (…) Concernant les cartes, Katz dit que le département cartographique du gouvernement ne marque pas la Ligne verte en tant que frontière officielle de l’Etat d’Israël, et qu’aussi longtemps que l’Autorité palestinienne n’aura pas été reconnue en tant qu’Etat souverain, elle ne doit pas être réprésentée comme Etat sur les cartes. Cette dernière réponse est quasiment identique, mot pour mot, à la position palestinienne, selon laquelle le marquage de la frontière viendra avec un accord définitif sur les frontières entre Israël et la Palestine. Akiva Eldar (La paix maintenant)
Quand les Palestiniens écrivent ’Palestine’ sur les cartes de leurs manuels, cela est considéré comme une incitation à la haine. Dans ce cas, comment parler des manuels israéliens qui nomment la Cisjordanie ’Judée et Samarie’, même sur des cartes qui montrent les frontières du Mandat britannique, alors que la dénomination officielle était ’Palestine-Eretz Israel’ ?’ (…) Cela suggère à l’élève que ces territoires étaient ’à nous’ de tout temps, et renforce le message selon lequel, lors de la guerre des Six jours, nous les avons ’libérés’ ou ’sauvés’ de l’occupant arabe. Nurit Peled-Elhanan
Contrairement aux critiques qui souhaitent exposer l’histoire vue du côté arabo-palestinien, le système éducatif en Israël insiste à dessein sur l’identité juive et démocratique de l’’Etat d’Israël. Je voudrais bien savoir s’il existe au monde un endroit où les manuels présentent la narration de l’autre alors que la lutte violente entre les deux peuples n’est pas encore terminée. Personne ne doit s’attendre à ce que l’Etat démocratique d’Israël considère la version de l’autre sur un pied d’égalité pendant une guerre. Cela vaut encore plus après les accords d’Oslo, au sujet desquels tout le monde s’accorde à dire qu’ils n’ont pas apporté la paix tant souhaitée entre Israéliens et Palestiniens. Yaakov Katz (ministère de l’éducation israélien)
«La déshumanisation et la diabolisation de l’autre sont l’exception, dans les manuels israéliens comme palestiniens.» Les descriptions extrêmement négatives sont au nombre de 20 dans les manuels israéliens, de 7 dans les ouvrages ultra-orthodoxes et de 6 dans les livres palestiniens. L’un des rares exemples tiré d’un manuel israélien: un passage où l’on lit que tel village arabe détruit «avait toujours été un nid de meurtriers».  Et son pendant palestinien: «Je suis resté “à l’abattoir” 13 jours», en référence à un centre d’interrogatoire israélien. (…)  Et il convient de noter que les manuels palestiniens et ultra-orthodoxes sont sensiblement plus partiaux que les livres israéliens. Ainsi, 84% des extraits littéraires des livres palestiniens dressent un portrait négatif des Israéliens et des juifs, et 73% des extraits dans les ouvrages ultra-orthodoxes dépeignent négativement les Palestiniens et les arabes, alors que cette proportion tombe à 49% dans les manuels des établissements publics israéliens. (…) Les Palestiniens et les arabes sont montrés sous un angle positif 11% des fois dans les manuels israéliens, et 7% du temps dans les livres ultra-orthodoxes. Tandis que juifs et Israéliens sont envisagés de façon positive 1% du temps dans les ouvrages palestiniens. De même, les photos et les illustrations des manuels palestiniens sont en général plus négatives que celles des livres israéliens, mais il y en a beaucoup moins. (…) Pour ce qui est des cartes, les chercheurs ont constaté que 58% des manuels palestiniens publiés après 1967 (année où Israël a pris la Cisjordanie et Jérusalem-Est à la Jordanie, Gaza et le Sinaï à l’Egypte, et le plateau du Golan à la Syrie) ne font aucune référence à Israël: toute la zone située entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée représente la Palestine. Chez les Israéliens, 65% des cartes ne comportent pas de frontières et ne mentionnent ni la Palestine ni l’Autorité palestinienne, tandis que chez les ultra-orthodoxes, ce chiffre atteint un ahurissant 95%. (…) Jusqu’en 1967, la Jordanie avait la main sur le système scolaire en Cisjordanie, et l’Egypte contrôlait celui de Gaza. Après la guerre de 1967, Israël s’est chargé de l’enseignement palestinien, avec les mêmes manuels jordaniens et égyptiens, mais censurés –interdiction de certains livres, passages barrés dans d’autres. Les Palestiniens sont devenus maîtres de leur système scolaire en 1994, dans le sillage des accords d’Oslo, au cours desquels ils s’étaient engagés à suivre des «mesures de confiance» qui comprenaient une réforme de l’enseignement. Emily Bazelon
By mentioning that this [the 1972 Munich Olympic massacre] was a terror attack performed by Palestinians, this is a negative description of the Palestinians? I mean, how far can you go? Yossi Kuperwasser (ministère des Affaires stratégiques israélien)
The source material gathered for the purpose of analysis leaves out some significant items that may have enhanced the understanding of the general attitude of the PA schoolbooks to the Jewish/Israeli “other” and to the issue of peace with this “other.” For example, highly demonizing pieces were not included, under the pretext that they were not explicit enough. Thus, a piece saying “Your enemies killed your children, split open your women’s bellies…” was rejected because it did not mention Jews or Israelis and was actually written in the early 20th century. Its appearance in a Palestinian textbook of today with its obviously serious consequences did not change that decision. Similarly, a piece talking of “invading snakes” was also discarded since no Jews or Israelis were mentioned there, as if someone else was intended, who is not involved in the conflict. Another pretext was that the books concerned were “Holy Scriptures” and, as such, could not be touched.  (…)  For example, under the category of positive description of the “other” we find a piece from a PA Christian Education textbook which describes the Sabbath observing Jews. But when one reads further one discovers that those observing Jews were so fanatic that they refused to cure the sick on that day. It was Jesus Christ who acted against their position and did the opposite. The place of this item is, obviously, in the category of negative description of the “other.” Other “positive” references to Jews in Palestinian schoolbooks are those praising Moses or Abraham, etc. But one should remember that they, as well as David, Solomon and other traditional Jewish figures, are actually detached in Islamic tradition from their Jewish environment and looked upon as God’s prophets and, thus, more Islamic than Jewish. By no means should positive texts in which they feature be regarded as positive description of Jews. (…) There is no attempt to study the quotes more deeply and draw conclusions. All items were treated equally, with no one being evaluated and given a more significant status that the other. It seems that they were simply lumped together, counted and then the numbers spoke. It might be statistically correct, but, as we all know, statistics not always reveal the actual complex picture. This kind of analysis has produced a “flat” survey of the quotes, without any reference to their deeper significance (for example, looking at a demonizing text with no specific enemy as if it were a “neutral” literary piece). Also, all quotes were treated as separate items with no attempt to make a connection between two quotes or more in order to reveal an accumulated message (for example, concluding from the connected recurrent mentioning of the need to liberate Palestine, and the similarly recurring theme that Israel in its pre-1967 borders is “occupied Palestine”, that the liberation of Palestine actually means the liquidation of Israel). The reliance on item-counting alone also misses the realm of omissions which is extremely important in the case of societies involved in a conflict – especially if their curricula are funded by the international community (for example, the often mentioned case of absence of explicit discussion of possible peaceful relations with Israel). (…)  the issue of borders on the map:. The report checked hundreds of maps appearing in schoolbooks of both sides and concluded that both tend to ignore the “other” either by erasing any boundary line between them or by refraining from labeling the territory of the “other” accordingly. In my opinion, this evenly distributed accusation is misleading, for the simple reason that there is no Palestinian state to be named on the map. The Palestinian Authority is an autonomous body under Israeli suzerainty legally and, as such, it could be described on the map as part of Israel. On the other hand, Israel has never officially annexed the West Bank and the Gaza Strip, which enables Israeli cartographers to present these areas as separate from Israel-proper. Another possibility is indicating the PA’s “A” and “B” areas in different colors and such maps were indeed included in Israeli schoolbooks prior to the eruption of the second Intifadah. But since parts of these areas have been since reoccupied, this practice is also outdated. One can find in the Israeli schoolbooks all these variations of maps, and, in some of the cases, several of them within one book. By contrast, the State of Israel exists as an independent entity recognized by the PLO by virtue of the Oslo Accord, and the widely spread tendency not to put its name on maps within PA schoolbooks calls for concern. There is no symmetry between the two parties and any attempt to show that there is – does not reflect the reality on the ground. Also, the mere use of the names Judea and Samaria does not mean that Israeli schoolbooks oppose the creation of an independent Palestinian state. These have been the Hebrew traditional names of the two regions for centuries, much the same like Galilee and the Negev. Even when a Palestinian state is established, they will still be called by these names. By contrast, “the West Bank” is a newcomer in history. It is a Jordanian political term that is no longer valid. Second, the report considers Jihad and martyrdom as values, which is acceptable academically, but it fails to evaluate their impact on the issues of war and peace in the context of the conflict. Frequent use of these values could be good indicators as far as the Palestinian attitude to a non-peaceful solution to the conflict is concerned, especially when they are not mentioned in the context of past events. From this particular point of view they should not be compared to Israeli texts talking of past IDF fallen soldiers. (…) But the main question, namely, to what extent is this or that party engaged in actual education for peace, if at all, has not been answered by the report itself. It is answered by the crude quotations, though. Whoever reads the quotations taken from the schoolbooks of both sides finds the answer easily. Israeli schoolbooks – and I refer here to the books of the state school system only (both secular and religious schools) and not to the Ultra-Orthodox schoolbooks, which are, in my eyes, below the universally accepted standards of peace education – include revealing texts of open advocacy of peaceful resolution of the conflict (the piece about Rabin, for example) and are totally devoid of calls for solving it violently. Alongside their treatment of the Palestinians as enemies, they provide texts that portray the individual Palestinian as ordinary, sometimes noble, human being with whom friendly relations could develop (for example, the pieces about the gardener from Qalqilyah, the villager who rescued the Israeli soldier in a road accident and the Arab families in Hebron that defended their Jewish neighbors during the 1929 massacre). Such texts balance the feelings of hatred that develop as a result of the conflict. Israeli schoolbooks also give the students a fairly objective picture of Islam and Arabic culture (for example, the piece about the Egyptian Nobel laureate writer Najib Mahfuz). Even in the context of the conflict they show some understanding of the motives of the “other” and even recognize at times the Palestinian national movement. The Palestinian quotations, on the other hand, show none of these traits. They do not contain neither an explicit call for peace with Israel nor a vision of a peaceful future alongside it; they speak of a struggle for liberation without specifically restricting that struggle to the areas of the West Bank and Gaza alone; that struggle is enhanced by the use of the traditional Islamic values of Jihad, martyrdom and Ribat; they recognize as legitimate neither Israel’s existence, nor the presence of its Jewish citizens in the country, nor the presence of Jewish holy places there; they describe the Jewish/Israeli “other” as wholly negative – at least in the context of the conflict – and those are mostly treated as a threatening alien group and never as ordinary human beings, with whom friendly relations could develop; and, in addition, there are some (implicit) demonizing texts against them. All that has meaning. The report, unfortunately, has failed to convey that to the readers. I strongly urge those interested in the subject to read the quotations and draw the conclusions themselves. Arnon Groiss

Circulez, il n’y a rien à voir !

Attaques au couteau de boucher, hachoir, tournevis ou voiture-bélier, affiches et planches expliquant les parties du corps à poignarder, appels à injecter de l’air dans les veines des malades (?), discours ou prêches appelant au djihad ou au martyre, vidéos d’enfants récitant leur leçon de haine …

A l’heure où, dans les rues pour l’instant principalement des villes israéliennes, les mois et les mois de vidéos et de conseils de l’Etat islamique semblent avoir finalement et littéralement fait école …

Et où, pour toute explication, nos belles âmes et nos médias occidentaux n’ont que le mot « désespoir » à la bouche …

Pendant qu’en un bel ensemble, nos dirigeants appellent « tous les camps » à la retenue …

Comment ne pas se poser la question de l’éducation ayant conduit, pour une toute une génération d’adolescents palestiniens, à de tels passages à l’acte ?

Et à la lecture de la dernière étude, financée parle Département d’Etat américain et conduite par des uinversitaires américains, israéliens et palestiniens, sur les manuels à la fois palestiniens et israéliens …

Qui à la manière de l’objectivité parfaite dont parlait Godard (« cinq minutes pour les juifs, cinq minutes pour Hitler ») ou d’équivalence morale à la « terroriste de l’un, résistant de l’autre » (« éducation de l’un, propagande de l’autre », etc.) …

Ne voit lui aussi que des torts partagés, se réjouissant que des deux côtés « la déshumanisation et la diabolisation de l’autre sont l’exception » …

Ne pas s’interroger sur une recherche qui derrière la neutralisation parée par la statistique de toutes les vertus de l’objectivité scientifique …

Examine trois fois plus de manuels israéliens (492 contre 148), accorde une part disproportionnée aux manuels du système scolaire ultra-orthodoxe israélien mais refuse de se pencher sur aucun manuel du Hamas …

Ne compte pas comme mentions négatives une allusion à des « serpents envahissants » ou aux notions traditionnelless de « djihad » ou de « martyrs » sous prétexte qu’elles ne mentionnent ni juifs ni israéliens…

Ou compte comme allusion positive au judaïsme ou à la société israélienne la mention de personnages bibliques qui ont justement, dans la tradition musulmane, perdu l’essentiel de leur judaïté  …

Rejetant comme mention négative, du côté israélien cette fois, tant la non-mention sur les cartes d’un Etat palestinien qui n’a justement aucune existence juridique que la qualification d’attentat terroriste de l’assassinat d’athlètes israéliens aux Jeux de Münich en 1972 ?

Comments on: “Victims of Our Own Narratives”
Israel Resource Review
Dr. Arnon Groiss

February 7, 2013

General Background

The following are my initial comments on the said report in capacity of my past research experience of Palestinian, Egyptian, Syrian, Saudi Arabian, Tunisian and Iranian schoolbooks between 2000-2010 and having been a member of the said project’s Scientific Advisory Panel (SAP), with other distinguished scholars, though I speak for myself only.

I wish to start my comments by expressing my deep appreciation and gratitude to professors Bruce Wexler, Sami Adwan and Daniel Bar-Tal, as well as to their research assistants for this huge project which was carried out under uneasy circumstances, both technical and political. This project was, in my opinion, a systematic and comprehensive effort to bring about a new kind of study of a problematic issue, based on innovative techniques in both fields of data collection and analysis. No one who has been acquainted with this complicated operation can dismiss its results offhand.

It is worth noting that I, like all other SAP members, was not part of the actual research on the ground and was not aware of the results until, for the first time, I was given a partial version last May, in the SAP two-day meeting in Jerusalem. Some of us, including myself, expressed their views regarding the findings and it was then understood that work on the project was to continue.

Again, we, the SAP members, were not involved in the research activity.

Moreover, it was only a few days before the February 4 release of the report that I was first given the 522 Palestinian quotes for perusal. Having compared them to the quotations appearing in other research projects, I realized that some forty meaningful quotations, which other researchers in former projects, including myself[1], incorporated in the material and used them in forming their conclusions, were missing.

The research team rejected my suggestion to add them to the existing quotes that had been already gathered.

I waited to see the released final report on February 4 and read it with the Israeli quotations. I can now say that I am familiar with the results to a degree that I am able to write my initial comments. I hope to present you with a more detailed paper later on.

Selection of the Study Material

As I have already noted, the source material gathered for the purpose of analysis leaves out some significant items that may have enhanced the understanding of the general attitude of the PA schoolbooks to the Jewish/Israeli “other” and to the issue of peace with this “other.” For example, highly demonizing pieces were not included, under the pretext that they were not explicit enough. Thus, a piece saying “Your enemies killed your children, split open your women’s bellies…” was rejected because it did not mention Jews or Israelis and was actually written in the early 20th century. Its appearance in a Palestinian textbook of today with its obviously serious consequences did not change that decision. Similarly, a piece talking of “invading snakes” was also discarded since no Jews or Israelis were mentioned there, as if someone else was intended, who is not involved in the conflict. Another pretext was that the books concerned were “Holy Scriptures” and, as such, could not be touched. Well, they were not. They were simple textbooks of religious themes with scriptural and non-scriptural material and the anti-Jewish expressions there were non-scriptural.

On the other hand, an explicit denial of the existence of Jewish holy places in the country was not included too – with no clear explanation. That was the case as well regarding a specific text placing Palestine instead of Israel as the sovereign state in the region, regarding a piece clearly stating that both sides of the Green Line were occupied territories of Palestine – that is, Israel within its pre-1967 borders and the territories of the West Bank and the Gaza Strip, and regarding a chart of Palestine’s population in 1999 that included the Palestinians in the West Bank, the Gaza Strip, in Israel-proper (called “the Interior” just to avoid the expression of “Israeli pre-67 territory”) and even the Diaspora, while the 5.5 million Jews were not counted.

I just skimmed through the Israeli quotes and I did not find similarly prominent missing items there.

Categorization

I have found deficiencies on both levels of definition and actual use. On the first level, categorization was restricted to very general themes, leaving out important issues such as open advocacy of peace/war with the “other,” legitimacy of the “other,” etc. Regarding legitimacy, I was disturbed to discover back in May that Prof. Bar-Tal had developed a specific definition of delegitimization as “categorization of groups into extreme negative categories which are excluded from human groups.” He further put dehumanization and out casting among the varied phenomena of delegitimization with expressions like “Vandals” and “Huns” as examples (see his article in Journal of Social Issues, 46 (1) pp. 65-81). Thus, the real cases of ignoring the “other” deliberately without degrading him slipped away from scrutiny. I was among other SAP members who questioned that peculiar definition in May, but to no avail, and all we lastly had was a paragraph on page 49 of the report which mixed between casual non-reference to the “other” and systematically denying him any status.

On the actual usage level I have encountered several misplacements which blur or even distort the picture. For example, under the category of positive description of the “other” we find a piece from a PA Christian Education textbook which describes the Sabbath observing Jews. But when one reads further one discovers that those observing Jews were so fanatic that they refused to cure the sick on that day. It was Jesus Christ who acted against their position and did the opposite. The place of this item is, obviously, in the category of negative description of the “other.” Other “positive” references to Jews in Palestinian schoolbooks are those praising Moses or Abraham, etc. But one should remember that they, as well as David, Solomon and other traditional Jewish figures, are actually detached in Islamic tradition from their Jewish environment and looked upon as God’s prophets and, thus, more Islamic than Jewish. By no means should positive texts in which they feature be regarded as positive description of Jews.

The meaning of all this is that if we take away all these few items from the said category we would leave it empty or almost empty, with major implications on the overall assessment of the attitude to the “other.”

Analysis

There is no attempt to study the quotes more deeply and draw conclusions. All items were treated equally, with no one being evaluated and given a more significant status that the other. It seems that they were simply lumped together, counted and then the numbers spoke. It might be statistically correct, but, as we all know, statistics not always reveal the actual complex picture. This kind of analysis has produced a “flat” survey of the quotes, without any reference to their deeper significance (for example, looking at a demonizing text with no specific enemy as if it were a “neutral” literary piece). Also, all quotes were treated as separate items with no attempt to make a connection between two quotes or more in order to reveal an accumulated message (for example, concluding from the connected recurrent mentioning of the need to liberate Palestine, and the similarly recurring theme that Israel in its pre-1967 borders is “occupied Palestine”, that the liberation of Palestine actually means the liquidation of Israel). The reliance on item-counting alone also misses the realm of omissions which is extremely important in the case of societies involved in a conflict – especially if their curricula are funded by the international community (for example, the often mentioned case of absence of explicit discussion of possible peaceful relations with Israel).

I would now like to refer to two important issues dealt with in the report in a manner I would define as misleading.

First, the issue of borders on the map:. The report checked hundreds of maps appearing in schoolbooks of both sides and concluded that both tend to ignore the “other” either by erasing any boundary line between them or by refraining from labeling the territory of the “other” accordingly. In my opinion, this evenly distributed accusation is misleading, for the simple reason that there is no Palestinian state to be named on the map. The Palestinian Authority is an autonomous body under Israeli suzerainty legally and, as such, it could be described on the map as part of Israel. On the other hand, Israel has never officially annexed the West Bank and the Gaza Strip, which enables Israeli cartographers to present these areas as separate from Israel-proper. Another possibility is indicating the PA’s “A” and “B” areas in different colors and such maps were indeed included in Israeli schoolbooks prior to the eruption of the second Intifadah. But since parts of these areas have been since reoccupied, this practice is also outdated. One can find in the Israeli schoolbooks all these variations of maps, and, in some of the cases, several of them within one book.

By contrast, the State of Israel exists as an independent entity recognized by the PLO by virtue of the Oslo Accord, and the widely spread tendency not to put its name on maps within PA schoolbooks calls for concern. There is no symmetry between the two parties and any attempt to show that there is – does not reflect the reality on the ground.

Also, the mere use of the names Judea and Samaria does not mean that Israeli schoolbooks oppose the creation of an independent Palestinian state. These have been the Hebrew traditional names of the two regions for centuries, much the same like Galilee and the Negev. Even when a Palestinian state is established, they will still be called by these names. By contrast, “the West Bank” is a newcomer in history. It is a Jordanian political term that is no longer valid.

Second, the report considers Jihad and martyrdom as values, which is acceptable academically, but it fails to evaluate their impact on the issues of war and peace in the context of the conflict. Frequent use of these values could be good indicators as far as the Palestinian attitude to a non-peaceful solution to the conflict is concerned, especially when they are not mentioned in the context of past events. From this particular point of view they should not be compared to Israeli texts talking of past IDF fallen soldiers.

General Conclusion

The report’s main results are as follows:

Both sides have developed a national narrative in which the “other” is posed as enemy.
The Israeli schoolbooks look better than their Palestinian counterparts in terms of their more positive and less negative description of the “other” as well as their more developed tendency for self-criticism.
These two points are not really new and scholars of textbook research in this region have been aware of them.

Other than that, the report provides us with further information about some characteristics of the schoolbooks of both sides.

But the main question, namely, to what extent is this or that party engaged in actual education for peace, if at all, has not been answered by the report itself.

It is answered by the crude quotations, though. Whoever reads the quotations taken from the schoolbooks of both sides finds the answer easily. Israeli schoolbooks – and I refer here to the books of the state school system only (both secular and religious schools) andnot to the Ultra-Orthodox schoolbooks, which are, in my eyes, below the universally accepted standards of peace education – include revealing texts of open advocacy of peaceful resolution of the conflict (the piece about Rabin, for example) and are totally devoid of calls for solving it violently. Alongside their treatment of the Palestinians as enemies, they provide texts that portray the individual Palestinian as ordinary, sometimes noble, human being with whom friendly relations could develop (for example, the pieces about the gardener from Qalqilyah, the villager who rescued the Israeli soldier in a road accident and the Arab families in Hebron that defended their Jewish neighbors during the 1929 massacre). Such texts balance the feelings of hatred that develop as a result of the conflict.

Israeli schoolbooks also give the students a fairly objective picture of Islam and Arabic culture (for example, the piece about the Egyptian Nobel laureate writer Najib Mahfuz). Even in the context of the conflict they show some understanding of the motives of the “other” and even recognize at times the Palestinian national movement.

The Palestinian quotations, on the other hand, show none of these traits. They do not contain neither an explicit call for peace with Israel nor a vision of a peaceful future alongside it; they speak of a struggle for liberation without specifically restricting that struggle to the areas of the West Bank and Gaza alone; that struggle is enhanced by the use of the traditional Islamic values of Jihad, martyrdom and Ribat; they recognize as legitimate neither Israel’s existence, nor the presence of its Jewish citizens in the country, nor the presence of Jewish holy places there; they describe the Jewish/Israeli “other” as wholly negative – at least in the context of the conflict – and those are mostly treated as a threatening alien group and never as ordinary human beings, with whom friendly relations could develop; and, in addition, there are some (implicit) demonizing texts against them.

All that has meaning. The report, unfortunately, has failed to convey that to the readers.

I strongly urge those interested in the subject to read the quotations and draw the conclusions themselves.

[1] I am reattaching the draft I already sent you before of a paper I wrote in conclusion of my ten-year research of PA schoolbooks as compared to other Arab and Middle Eastern ones, as well to their Israeli counterparts at that time.

Voir aussi:

Les dangers d’un rapport sur les manuels scolaires israéliens et palestiniens très imparfait
Hélène Keller-Lind

Desinfos

13 février 2013

« La représentation de l’autre » dans les manuels scolaires israéliens et palestiniens, rapport financé par le Département d’État américain, élaboré par deux Professeurs, un Palestinien et un Israélien, supervisés par un troisième, un Américain, aura pris plus de trois ans. Sa publication a été bien accueillie par le Premier ministre palestinien, fort mal par les ministère de l’Éducation et des Affaires stratégiques israéliens, embarrassé une porte-parole du Département d’État. Un rapport désavoué par une partie de son panel consultatif et déconstruit par ailleurs, notamment par Palestinian Media Watch, qui dresse la longue liste de ses inexactitudes et imperfections. Et avertit quant aux dangers qu’il pose.

Une idée apparemment très attractive pour promouvoir paix et tolérance
L’idée était apparemment très attractive. Le Conseil des Institutions Religieuses de Terre Sainte se proposait d’examiner des centaines de manuels scolaires israéliens et palestiniens pour y trouver ce qu’y était « la représentation de l’autre » en posant la question : « victimes de nos propres narratifs ? ». Étude menée, semblait-il, dans le but de faire changer ce qui était répréhensible et faire ainsi progresser paix et tolérance. Une étude financée par le Département d’État américain, réalisée par une équipe conduite par les Professeurs Daniel Bar-Tal de l’Université de Tel Aviv et Sami Adwan de l’Université de Bethléem, sous la supervision du Professeur Bruce Wexler de l’Université de Yale et son ONG, « Un Avenir Différent ». Une étude présentée comme éminemment fiable, grâce à un panel scientifique consultatif devant en garantir les résultats

Sérieux doutes exprimés par des membres du panel consultatif ou le commanditaire
Or, avant même la publication de ce rapport on apprenait que des membres de ce panel scientifique consultatif se plaignaient de ne pas avoir vu le texte définitif, ce que déplorait aussi le commanditaire de l’étude, le Conseil des Institutions Religieuses de Terre Sainte. Dans un article très fouillé le Jerusalem Post évoquait l’un membre de ce panel qualifiant même cette étude de « nouveau Rapport Goldstone » – Rapport commandé par le Conseil des droits de l’homme onusien pour examiner l’opération Plomb Fondu menée par Israël en réponse à des tirs de missiles gazaouis, accusant Israël de tous les maux dans un premier temps avant que l’auteur du rapport lui-même ne désavoue ce qui avait été publié sous sa houlette -.

Un autre membre du panel, le Dr. Arnon Groiss, ancien directeur de IMPACT-SE, centre de recherches sur la paix et la tolérance dans l’éducation, exprimait son désarroi car il avait reçu un nombre de citations plus important que celles données à d’autres membres et il n’avait pas vu le rapport final avant sa publication non plus. De plus, des citations qui lui avaient été données ne figuraient finalement pas dans la version publiée…

Même désarroi d’un autre membre de ce panel consultatif, le rabbin Daniel Sperber, lauréat du Prix d’Israël, qui n’avait pas vu la version définitive du rapport avant publication, pas plus que les membres du Conseil Inter-religieux. Pourtant d’autres membres du panel consultatif affirmaient que tous ont vu une copie du rapport en mai dernier.

Avant même sa publication officielle le débat occasionné par ce rapport a donc été vif en Israël.

« Partial et peu professionnel », accuse le ministère de l’Éducation israélien
Mais les critiques ne se sont pas arrêtées là. En effet, directement concerné, le ministère de l’Éducation israélien, l’a qualifié de « partial, peu professionnel. Les tentatives d’établir un parallèle entre les systèmes éducatifs israélien et palestinien étant injustifiées…le ministère de l’Éducation a choisi de ne pas coopérer avec ceux qui cherchent à calomnier le système éducatif israélien »…

Une porte-parole du Département d’État embarrassée
En effet, concernant une représentation déformée de l’autre, ce rapport renvoie dos à dos les manuels israéliens et palestiniens. Rapport largement commenté par un grand nombre de médias, certains le saluant, à l’instar du Daily Beast d’autres le condamnant et exposant ses défauts, il faisait l’objet de questions posées à la porte-parole du Département d’État le 4 février dernier. Ce ministère américain l’ayant financé.

Des questions ayant clairement embarrassé Victoria Nuland. Ainsi lui demandait-on de réagir à cette étude « ayant trouvé que ni les Palestiniens, ni les Israéliens ne sont sérieusement coupables d’inciter à la violence ou à la haine » alors que « les Israéliens qualifient cette étude de partiale ». Se refusant à qualifier quiconque de partialité, à juger ce rapport, arguant que nombre de bourses sont ainsi accordées par son ministère à des ONG a priori de bonne foi leur permettant de réaliser des études destinées à améliorer paix et tolérance religieuse dans les programmes, la porte-parole constatait, en quelque sorte, que le Département d’État était pris entre deux feux….

Elle finit par dire que la dernière fois qu’une telle évaluation a été faite par le gouvernement des États-Unis en tant que tel, dans le cadre d’un examen de la situation des Droits de l’Homme en 2009, la conclusion avait été que les manuels scolaires palestiniens, qui venaient d’être changés en 2006, sans inciter à la violence faisaient toutefois preuve de partialité et n’étaient pas équilibrés. Ce qui relança les questions des journalistes assistant à ce point de presse, avec une dernière question rappelant que les États-Unis demandent, exigent parfois, que l’Autorité palestinienne qu’ils financent en partie cessent d’inciter à la haine et la violence. « Un thème récurrent et qui continuera à l’être » conclut-elle On notera que ce point de presse avait été tenu le jour où John Kerry entrait en fonction comme nouveau Secrétaire d’État américain et que la porte-parole n’avait certainement pas eu l’occasion d’évoquer ce point précis avec lui.

Salam Fayyad, aux anges, vante « les principes palestiniens de coexistence, tolérance, justice et dignité humaine… »
La réaction très positive de Salam Fayyad, Premier ministre de l’Autorité palestinienne, relayée par l’agence de presse officielle palestinienne Wafa News est intéressante. Il salue, en effet, « un constat principal de cette étude…qui confirme que les manuels scolaires palestiniens ne contiennent aucune forme évidente d’incitation – à la haine -, fondée sur le mépris de l’autre ». « Ces manuels ne caractérisent pas « l’autre » de manière déshumanisante et si cela est fait, cela est très rare, que ce soit dans les manuels scolaires israéliens ou palestiniens ». Il choisit d’ignorer toutefois un bémol apporté dans le rapport, à savoir que : « ces manuels omettent de donner des informations importantes, ce qui crée des obstacles à la paix ».

Salam Fayyad se réjouit que cette étude, dit-il, « prouve ce que nous avons souvent répété en réponse à des allégations qui ont été invalidées ». Il précise que c’est parce que l’Autorité palestinienne était convaincue qu’il fallait discuter de la question de manière objective et professionnelle plutôt qu’en se basant sur des stéréotypes et des notions préconçues que le ministère de l’Éducation palestinien avait collaboré pleinement avec les auteurs du rapport. Rapport qui sera utilisé par le ministère « comme guide pour développer les programmes scolaires en parvenant à une totale harmonie avec les principes bien ancrés de notre peuple de coexistence, tolérance, justice et dignité humaine, qui constituent une composante principale du système de valeurs morales sur lesquelles l’État indépendant de Palestine sera établi ».

S’exprimant le 4 février, au lendemain de la réaction très négative du ministère de l’Éducation israélien, Salam Fayyad lançait enfin un appel au gouvernement israélien pour que, dit-il, celui-ci considère cette étude dans le même esprit et abandonne ses positions établies à cet égard », l’enjoignant d’abandonner ses tentatives de détourner l’attention de l’objectivité et du professionnalisme de cette étude parce que ses conclusions ne sont pas alignées sur ses positions préconçues ».

Le ministère des Affaires stratégiques israélien démontre l’absurdité des propos de Salam Fayyad
Le 5 février Yossi Kuperwasser, directeur général du ministère des Affaires stratégiques israélien, présentait à la presse à Jérusalem une série de diapositives contenant de nouvelles données et documents montrant les réalités de « l’incitation – à la haine- dans le système scolaire de l’Autorité palestinienne » ou par d’autres canaux. Concluant que « l’Autorité palestinienne ne fait aucun effort d’éducation à la paix et à la coexistence avec Israël. Ce qui est l’obstacle principal à la paix ». Le ministère puise ses sources dans les manuels scolaires palestiniens, mais pas uniquement puisque les sujets d’examens, les revues ou programmes pour enfants et adolescents ou encore les pages Facebook leur étant destinées sont également examinées. Ainsi est-il demandé à des élèves palestiniens de ponctuer la phrase « l’occupant n’est pas humain ». Des programmes éducatifs réalisés par des enseignants comparent Israël à « Satan, avec une queue » ou à un serpent qui étouffe des enfants palestiniens. Le Jihad et le sacrifice de soi sont justifiés dans un autre manuel palestinien. Un autre enjoint aux élèves à « combattre les Juifs et à les tuer ». Haïfa est décrite comme étant « un port palestinien » dans un ouvrage sur la langue arabe. Bref, cette étude multiplie les exemples apportant un démenti cinglant aux propos lénifiants de Salam Fayyad et aux conclusions optimistes du Rapport sur « la représentation de l’autre »…

D’ailleurs, cette étude du ministère des Affaires stratégiques détaille les conclusions du Rapport dont se réjouit Salam Fayyad. Conclusions qui n’ont sans doute pas été bien lues par tous ceux qui y voient une approbation du contenu des manuels scolaires palestiniens. On y apprend, en effet, que « à 84% la manière dont sont représentés les Juifs / Sionistes/Israéliens dans les manuels scolaires palestiniens est très négative ou négative. A 87 % la description des actions des Juifs / Sionistes/Israéliens est très négative ou négative. Le Jihad est la valeur principale que promeuvent les manuels scolaires palestiniens ».

Une méthodologie et des choix contestables
Enfin la méthodologie, les omissions et la volonté évidente de mettre sur un même pied des manuels scolaires au contenu pourtant très différent sont condamnés et il est rappelé que « quatre membres au moins du panel consultatif scientifique ont refusé d’avaliser ce rapport » et que « le Grand rabbinat d’Israël, membre du Conseil des Institutions Religieuses de terre Sainte a retiré son soutien à ce rapport ». Enfin il est précisé que d’autres érudits et professionnels de l’éducation se sont montrés très critiques à son égard.

Parmi les nombreux défauts de l’étude dénoncés, A.Jay Adler souligne, entre autres, dans The Algemeiner le fait que cette étude qui examine des manuels du système scolaire ultra-orthodoxe en Israël ne s’est penché sur aucun manuel utilisé par le Hamas. Ou qu’il y ait eu beaucoup plus de livres israéliens étudiés, 492, que de livres palestiniens, 148, un déséquilibre évident, sans que cela ne soit en rien justifié. Pourquoi cette absence de manuels scolaires utilisés dans les établissements arabes israéliens, s’interroge-t-il également. [Il démonte ainsi point par point ce rapport qu’il qualifie d’escroquerie http://www.algemeiner.com/2013/02/0…%5D

Palestinian Media Watch « Il est difficile d’imaginer une analyse aussi profondément erronée »
Palestinian Media Watch – PMW -, Observatoire des Médias palestiniens et auteur de plusieurs études sur les manuels scolaires palestiniens, a également publié une étude sur ce rapport. Qui débute par ces mots « il est difficile d’imaginer une analyse aussi profondément erronée ». PMW cite ensuite les inexactitudes de la méthodologie employée qui cite les exemples trouvés dans des manuels scolaires israéliens et palestiniens en les mettant dans les mêmes rubriques, essayant d’établir une symétrie même là où elle n’existait pas. Un autre défaut majeur étant d’avoir donné autant d’importance au système scolaire ultra-orthodoxe marginal en Israël qu’aux écoles d’État très majoritaires. Ce qui augmente artificiellement le nombre d’exemples posant problème côté israélien pour appuyer la tentative trompeuse faite dans ce rapport pour démontrer une équivalence ».

« Il masque intentionnellement la promotion de la haine et de la violence qui sont au cœur du système éducatif de l’Autorité palestinienne »
Mais pour PMW l’échec fondamental du rapport est qu’il masque intentionnellement la promotion de la haine et de la violence qui sont au cœur du système éducatif de l’Autorité palestinienne ». Et de conclure que « cette haine, avec la haine et la glorification du terrorisme exprimés dans les actions et les messages quotidiens des dirigeants de l’Autorité palestinienne au travers des institutions qu’ils contrôlent, condamne rapidement les générations à venir à une prolongation du conflit ».

PMW pose ensuite la question suivante : « qu’est-ce que le message global du rapport Adwan-Tal cache au monde ? », la réponse étant : « le message global inhérent aux enseignements de l’Autorité palestinienne concernant Israël dans son système scolaire est le rejet total du droit le plus fondamental d’Israël, son droit d’exister ».

Un certain nombre d’exemples sont donnés. Ainsi dans un manuel scolaire palestinien on trouve l’expression « le soi-disant État d’Israël ». Ce qui, d’ailleurs est une gradation dans l’incitation à la haine car cette expression remplace « l’État d’Israël » trouvé dans une étude réalisée par PMW en 2007. PMW démontrant que le système scolaire palestinien enseigne la haine des Juifs, le rejet d’Israël et promeut la notion de Jihad et d’une nécessaire violence. Les mots d’Hillary Clinton, alors Sénatrice, recevant PMW au Congrès américain pour la présentation de son rapport sur les manuels scolaires palestiniens en 2007 restent d’actualité : « ils empoisonnent l’esprit des enfants ».

Contribuer à perpétuer un enseignement de la haine, avec ses possibles victimes
Enfin, PMW accuse des Israéliens comme le Professeur Bar-Tal de contribuer à ce que perdure cet enseignement de la haine et de la violence et à faire en sorte que les pressions internationales exercées sur les Palestiniens pour qu’ils remplacent cette éducation à la haine par une éducation à la paix cessent. Ce qui n’a rien d’anodin, car des vies en dépendent, souligne PMW.

Voir encore:

Study on incitement ‘another Goldstone Report

Incitement or peace education?

Several members of the Scientific Advisory Panel, the body that was to review and critique a controversial report on incitement in Palestinian and Israeli schoolbooks that is set to be presented by several researchers in Jerusalem on Monday, say they were not given a final copy of the report prior to the announcement of the upcoming press conference.

One SAP member, speaking on condition of anonymity, said this document had the potential to be “another Goldstone Report,” a reference to the UN report on the IDF’s Operation Cast Lead in Gaza that was released in 2009.

In addition, the Council of Religious Institutions of the Holy Land complained that it was also not given the opportunity to see a final copy of a report, despite being the body that launched the project, a source within the Chief Rabbinate said.

The textbook project, which began in 2009, was funded by a grant from the US State Department and was conducted by an Israeli-Palestinian team of academics led by Professors Bruce Wexler of Yale University, Daniel Bar-Tal of Tel Aviv University and Sami Adwan of Bethlehem University.

“The Israeli-Palestinian schoolbook study is among the most comprehensive, fact-based investigations ever done of school textbooks.

The scientists developed a new research methodology that employed a standardized, manualized, multi-rater system in order to produce a transparent and scientifically rigorous analysis of current Israeli and Palestinian schoolbooks,” Wexler, Bar-Tal and Adwan said in a statement.

“The study represents the first phase towards the critically important goal of developing education for peace, as specified by the Council of Religious Institutions of the Holy Land, which initiated the study, and as highlighted in the Oslo II Agreement in 1995.

All funding for the study came from a single public source, the US State Department’s Bureau of Democracy, Human Rights and Labor.”

Washington appears, however, to have distanced itself from the research with one official at the US Embassy telling The Jerusalem Post that “it’s not a State Department thing.”

Dr. Arnon Groiss – a member of the advisory panel and the former director of IMPACT-SE, a research center focusing on peace and cultural tolerance in school education – told the Post that last week he received “a body of quotes” from textbooks that were cited in the study but no copy of the final report for review.

“I haven’t seen the final product [and] I haven’t compared the final results with the body of evidence. I was given more than any other member of the panel. None of the others got it. We don’t know what they are going to say in the press conference,” said Groiss.

He also said that there is information missing from the report.

“I checked the quotes and found some missing and now I am in a debate with the researchers about that,” he said.

Rabbi Daniel Sperber, an Israel Prize laureate and another SAP member, also told the Post that he felt blindsided by the announcement that the findings are set to be announced this week, and said that he received “no notification in advance” of the press conference. The announcement is “premature,” he added, as neither he nor “members of the [interreligious] council have seen a final version.”

“I told Professor Wexler that I won’t come and be a presenter of a document that I haven’t seen,” Sperber said, despite his name being prominently placed in a public statement by Wexler, Bar-Tal and Adwan.

Dr. Elihu Richer, the head of the Genocide Prevention Program and Injury Prevention Center at the Hebrew University, who also participated in the advisory panel and said that he too had not seen a full copy of the report, stated that he conditionally endorsed the document based on what he believed were its “shortcomings.”

While Richter said that he “commends” Wexler’s efforts, he also indicated that the study “did not examine the content of the overall formal educational environment of children.”

Wexler and his colleagues praised Israel for “the fact that some of the books in the Israeli state schools have taken steps toward a balanced examination of historical events,” and that that “both Israeli and Palestinian communities should be commended for the absence of extreme dehumanizing characterizations of the other.”

Wexler, speaking to the Post by phone from his hotel room in the capital on Saturday, stated that all of the members of the SAP and the council had been shown a full copy of the report during a Jerusalem conference in May. He asserted that he took their suggestions for changes into consideration, and sent the relevant researchers copies of the changes before deciding to go ahead with the press conference.

According to Wexler, in May “the advisory panel reviewed it all and agreed on it all and there were just these two additions. I sent the text of these two additions to them in decent time for them to review it.”

“To my surprise and to their credit, they unanimously agreed on a statement that they presented to the religious leadership council that day. In that statement, they commended the study and they agreed with every one of the findings.”

A senior official at the Chief Rabbinate who is a member organization of the Council of Religious Institutions of the Holy Land, said, however, that Wexler and his team were not authorized to reveal their findings at this time.

Speaking with the Post by phone on Saturday evening, the official said that the researchers were bound by a “secret agreement” with the council regarding publication and were therefore not allowed to “publish anything without our permission. Only we would decide when and where.”

The official also said that Wexler exceeded the bounds of his authority and that the research was only supposed to deal with portrayals of members of different faith communities in textbooks, rather than wider issues of incitement.

In a press release, Wexler and his colleagues announced that “repeated invitations were extended to both the Israeli and Palestinian Education Ministries to examine the methods and further advise on the study from the start, and we hope ministry staff and experts from both communities review current and future books in light of the study findings.”

The rabbinate official disagreed, saying that while he had seen a short summary of the results in May, along with members of both the council and the SAP, it was decided that the research “was not complete yet and that many details are missing and therefore it has to be completed in order to present it to the public.

“A few months passed and all of a sudden I heard from other people that a worldwide press conference is called to present this research. That’s very peculiar, because it’s completely contrary to our decision,” the official said. “I can tell you one thing; I’m sure that Bruce [Wexler] has his own agenda.”

Strategic Affairs Ministry deputy director-general Yossi Kuperwasser, who obtained an advance copy of the report, called the document “political research” rather than “academic research.”

According to Kuperwasser, the report cited Israeli textbooks that linked Palestinians to the 1972 Munich Olympic massacre as a negative portrayal.

“By mentioning that this was a terror attack performed by Palestinians, this is a negative description of the Palestinians? I mean, how far can you go?” he asked.

“You can’t present this [report] as [being] done for the interreligious council and as being American-funded [if no one approved it]. Say the full truth and not 20 percent of the truth. Anybody who tells you 20 percent of the truth is actually a liar,” Kuperwasser said.

Despite his colleagues’ assertions, Gershon Baskin, the founder of the Israel/Palestine Center for Research and Information and a member of the SAP, said that they all saw copies of the report in advance.

“We received a final copy a few days before it was issued. I stand by the results and think that it was an excellent study done with professionalism and objectivity. There were no predefined results prior to the study. The team of researchers and the scientific committee treated the study with the highest degree of professionalism,” he said.

“The response of the Israeli government is completely bewildering. The study actually gave higher grades to the Israeli textbooks than the Palestinian.

I have always claimed that the major problem with the textbooks on both sides is the crime of omission. I would challenge the Israeli side to conduct an honest research and come up with different results.”

The Ministry of Education issued a press release attacking the final report as « biased, unprofessional and severely lacking objectivity…Attempts to create a parallel between the Israeli and Palestinian educational systems is baseless…The Ministry of Education chooses not to cooperate with those looking to defame the Israeli educational system. »

 Voir de plus:
The Whitewashing of Hate
PMW responds to the recent report
on Palestinian and Israeli schoolbooks
Itamar Marcus
The Jerusalem Post

Feb. 10′ 2013

It is hard to imagine a more flawed analysis of Palestinian Authority schoolbooks than the recent report of the Council of Religious Institutions of the Holy Land, led by Sami Adwan, Bethlehem University and Daniel Bar-Tal, Tel Aviv University.

The report’s inaccuracies start with its methodology of systematically citing all quotes from Israeli and Palestinian schoolbooks under the same headings – forcing the appearance of symmetry even when none exists. Another major flaw is giving as much weight to the fringe, ultra – Orthodox school system in Israel as it does to mainstream state schools. This artificially inflates the number of problematic examples on the Israeli side to support the report’s misleading attempt to demonstrate equivalence.

But the ultimate failing of the report is that it intentionally masks the hate and violence promotion that are central to the Palestinian Authority educational system. This hatred, together with the hate and terror glorification expressed by the daily actions and messages of the PA leaders and through their controlled institutions, is rapidly condemning the next generations to continued conflict.

What did the Adwan-Bar Tal report hide from the world?

The overall message that permeates the PA’s teachings about Israel throughout the school system is its total rejection of Israel’s most fundamental right – its right to exist.

This is how Palestinian schoolbooks teach kids to see Israel:

« … the Nakba [Catastrophe] that took place in 1948, when the Jews occupied Palestine and established their state on its land, and banished the Palestinian nation into exile and to neighboring states, after they tortured it, massacred, and stole its land, its homes and its holy sites. » [Arabic Language, Analysis, Literature and Criticism, Grade 12, pp.74-75, Revised Experimental Edition, 2012.]

And like this:

« Palestine’s war ended with a catastrophe that is unprecedented in history, when the Zionist gangs stole Palestine and expelled its people from their cities, their villages, destroyed more than 500 villages and cities, and established the so-called the State of Israel. » [Arabic Language, Analysis, Literature and Criticism, Grade 12, p. 104]

When Palestinian Media Watch published a report on Palestinian schoolbooks in 2007, the text cited above ended with the words: « …and established the State of Israel. » According to the PA Ministry of Education’s website accessed today, Palestinian children are now being taught about the « so-called State of Israel. » Such changes are not coincidental. PA education, as a reflection of PA society in general, may be getting even more hateful.

Adwan and Bar-Tal list « four primary findings ». The first is, « Dehumanizing and demonizing characterizations of the other were very rare in both Israeli and Palestinian books. »

This is unequivocally false. The lack of pictures of hook-nosed Jews in the PA schoolbooks does not mean there is no demonization. Certainly, denying Israel its right to exist is the ultimate demonization. This is the foundation upon which the PA builds its entire political ideology and political education.

Another critical component of the PA’s demonization is a 12th-grade book’s definition of Israel as a racist, foreign, colonial implant:

« The phenomenon of Colonial Imperialism is summarized by the existence of foreigners residing among the original inhabitants of a country, they [the foreigners] possess feelings of purity and superiority, and act towards the original inhabitants with various forms of racial discrimination, and deny their national existence. Colonial Imperialism in modern times is centered in Palestine, South Africa and Rhodesia [Zimbabwe]. » [History of the Arabs and the World in the 20th Century, Grade 12, 2006 and 2007, p. 6, and Revised Experimental Edition, 2011, p. 5]

The PA’s defining Israel as ‘racist’, ‘foreign’ and a ‘colonizer’ is not merely crude defamation; it is the Palestinian Authority’s justification for all killings of Israelis by terror since 1948. In another 12th-grade book, the children learn that « international law » grants people living under precisely these three types of regimes the inalienable right to fight the regimes:

« The General Assembly announced a number of basic principles related to the judicial status of fighters against the colonial rule, foreign rule and racist regimes: The struggle of the nations under colonial rule, foreign rule and racist regimes, for their right to self-determination and independence, is a legitimate struggle, fully complying with the principles of international law. » [Contemporary Problems, Grade 12, 2006 p. 105, and Second Experimental Edition, 2009, p. 101]

The schoolbook goes on to state that not only is this « armed struggle » protected by international law, but any attempt to stop this violence is a violation of international law:

« Any attempt to suppress the struggle against colonial and foreign rule and racist regimes is considered as contrary to the UN convention and the declaration of principles of international law… The armed struggles that are an expression of the struggle of the nations under colonial rule, foreign rule and racist regimes are considered as international armed conflict. » [Contemporary Problems, Grade 12, 2006, p. 105, and Second Experimental Edition, 2009, p. 101]

The PA’s promotion of nationalistic « armed struggle » as a right is exacerbated by its mandating violence against Israel as mandatory in the name of Islam – « until Resurrection. »

Islamic Education for Grade 12 teaches that the conflict with Israel is a « Ribat for Allah, » which it defines as « one of the actions related to Jihad for Allah and it means being found in areas where there is a struggle between Muslims and their enemies. » [Islamic Education, Grade 12, 2006 and 2012, p. 86].

And whereas Ribat can also mean a non-violent struggle, the PA schoolbook makes sure that children understand that their obligation against Israel is military by comparing the Palestinian Ribat to other Islamic wars of the past:

« The reason for this preference [for Palestinian Ribat] is that the momentous battles in Islamic history took place on its land, therefore, its residents are in a constant fight with their enemies, and they are found in Ribat until Resurrection Day: History testifies that: The battle of Al-Yarmuk decided the fight with the Byzantines, and the battle of Hettin decided the fight with the Crusaders, and the battle of Ein Jalut decided the fight with the Mongols. » [Ibid, p. 87]

Alarmingly, the book teaches Palestinian children that their war over Palestine is not going to end with a secular peace treaty, but is an eternal war for Islam « until Resurrection Day. » [Ibid, p. 86]

It is significant that neither this legitimization of « armed struggle » « against colonial and foreign rule and racist regimes » – the PA’s definition of Israel – nor the mandating of eternal religious violence against Israel was even mentioned in the Bar-Tal-Adwan report.

Had the authors included this area of research, they would have been forced to concede that there is no corresponding defense of terror and promotion of violence in Israeli textbooks.

The failure to cite these significant and dangerous messages in the PA’s schoolbooks — messages which have been promoted actively by PA leaders since 2000 to justify their terror against Israel and killing of Israelis — is indicative of the report’s flawed methodology and fundamental errors.

These and the many other omissions and misrepresentations necessitate immediate and public rejection of the findings by the US State Department, whose funding in 2009 launched the project. Should the US adopt these findings, the chance for a peaceful future for children on both sides of the conflict will decrease dramatically.

At a press conference in the US Senate building to release PMW’s 2007 report on PA schoolbooks, then-Senator Hillary Clinton introduced the report:

« These textbooks do not give Palestinian children an education; they give them an indoctrination. When we viewed this [PMW] report in combination with other [PA] media [from other PMW reports] that these children are exposed to, we see a larger picture that is disturbing. It is disturbing on a human level, it is disturbing to me as a mother, it is disturbing to me as a United States Senator, because it basically, profoundly poisons the minds of these children. »

Tragically, Clinton’s words still hold true today. PA schoolbooks, along with PA culture and media, are the recipe for guaranteeing that the conflict, terror and war will continue into the next generation. Only if the international community preconditions its political contacts and support for the PA on the PA’s compliance with demands to eliminate its culture of hate and violence will peace become possible.

While the Palestinian Authority is ultimately responsible for the hatred and terror it promotes, its defenders, especially Israelis like Bar-Tal, are ultimately enablers of this hatred. Such misleading reports could ease the international pressure that has been put on the Palestinians to replace their hate education with peace education.

Public rejection of this Bar-Tal-Adwan report by the US is not merely the right thing to do. People’s lives are depending on it.

Israël-Palestine, les manuels scolaires de l’incompréhension
Emily Bazelon et Ruth Margalit
Slate
21.02.2013

Grâce à l’étude la plus complète réalisée à ce jour, des chercheurs israéliens et palestiniens révèlent que les livres utilisés dans les écoles des deux camps ont besoin d’être revus et corrigés.

Dans la guerre d’image qui oppose Israël à la Palestine, il est d’usage de penser que les manuels de référence des écoles de Cisjordanie et de Gaza nourrissent la haine à l’encontre d’Israël. «Dans certains livres, on peut lire “S’il y a 13 juifs et que 9 sont tués, combien reste-t-il de juifs?”», a ainsi rapporté Newt Gingrich alors qu’il était candidat à la nomination républicaine pour la présidentielle américaine. «Ces manuels n’enseignent rien aux enfants palestiniens, ils les endoctrinent», avait estimé Hillary Clinton en 2007, quand elle était sénatrice de l’Etat de New York. Elle se fondait sur les critiques d’un organisme israélien de surveillance des médias à la suite de la première publication, par les Palestiniens, de l’ensemble de leurs manuels scolaires du cours préparatoire à la terminale. En 2011, l’IMPACT-SE (Institute for Monitoring Peace and Cultural Tolerance in School Education) publiait un rapport allant dans le même sens.

Il se pourrait pourtant que les choses soient plus complexes, et moins unilatérales, que ces commentaires véhéments ne le suggèrent.

Les indices existent déjà depuis des années. En 2004, une étude israélo-palestinienne portant sur 13 manuels israéliens et 9 manuels palestiniens trouvait des manquements des deux côtés quant au contenu politique, à la prise en compte du point de vue de l’autre, et à la présentation des cartes géographiques. D’aucuns avaient déjà souligné que ces accusations s’appuyaient sur des manuels égyptiens ou jordaniens, ou encore sur des traductions erronées.

Mais aujourd’hui sort la plus grande étude jamais réalisée sur les manuels scolaires palestiniens et israéliens. La plupart des spécialistes du comité consultatif ont jugé que celle-ci établissait «un nouveau jalon mondial pour analyser les manuels scolaires». Financée à hauteur de 500.000 dollars par le département d’Etat américain, commandée par le Conseil des institutions religieuses de la Terre sainte, qui regroupe, à Jérusalem, des personnalités religieuses éminentes des sphères musulmane, juive et chrétienne, l’étude a été menée par une équipe de chercheurs palestiniens et israéliens, et conçue par un psychiatre de Yale, Bruce Wexler.

Une étude à l’aveugle
Les résultats sont éloquents, tant pour le bon que pour le mauvais. Les réactions sont tout aussi révélatrices, notamment celle du ministre israélien de l’Education, qui lui a immédiatement reproché «son parti pris, son manque de professionnalisme et son absence d’objectivité». Soit. Peut-être que pour le gouvernement de Benyamin Nétanyahou et la droite israélienne, l’impartialité en matière d’enseignement scolaire n’a tout simplement pas sa place.

Les deux responsables de recherche sont le professeur israélien Daniel Bar-Tal, de l’université de Tel Aviv, et Sami Adwan, de l’université de Bethléem. Ils ont encadré une équipe chargée d’analyser des livres publiés entre 2009 et 2011.

Côté palestinien, les chercheurs ont regroupé 148 manuels utilisés dans toutes les écoles de Cisjordanie et de Gaza (publiques, religieuses et dirigées par les Nations unies). Côté israélien, l’étude a pris comme point de départ 381 ouvrages du système scolaire public, qui inclut les établissements laïcs et religieux, ainsi que 55 livres servant dans la plupart des écoles ultra-orthodoxes. La liste des thèmes examinés comprenait la littérature, l’histoire, l’arabe, l’hébreu, la géographie, l’éducation civique et la religion. Au final, 74 manuels israéliens et 94 manuels palestiniens ont été retenus, eu égard à leur contenu plus pertinent.

L’étude entend être exhaustive et rigoureuse. Les questions et les évaluations de Adwan et Bar-Tal couvrent une gamme étendue de sujets: événements historiques, guerre, conflit, processus de paix, réconciliation, religion, questionnement sur les valeurs de chaque camp, photographies, illustrations et cartes. Les informations collectées ont été intégrées à l’aveugle dans une base de données de l’université de Yale, ce qui signifie que les chercheurs n’ont pas pu être influencés en cours d’étude.

Des bonnes nouvelles… et des moins bonnes
Résultat des courses? Il y a de quoi se réjouir:

«La déshumanisation et la diabolisation de l’autre sont l’exception, dans les manuels israéliens comme palestiniens.»
Les descriptions extrêmement négatives sont au nombre de 20 dans les manuels israéliens, de 7 dans les ouvrages ultra-orthodoxes et de 6 dans les livres palestiniens. L’un des rares exemples tiré d’un manuel israélien: un passage où l’on lit que tel village arabe détruit «avait toujours été un nid de meurtriers».  Et son pendant palestinien: «Je suis resté “à l’abattoir” 13 jours», en référence à un centre d’interrogatoire israélien.

On pouvait s’attendre à pire, quand on repense à la récente révélation des propos du président égyptien Mohamed Morsi, qui traita les juifs «de descendants des singes et des cochons», ou à l’ancien vice-Premier ministre israélien, Avigdor Lieberman, qui appela en 2003 à noyer les prisonniers palestiniens dans la mer Morte. On ne trouve visiblement rien de cet acabit dans les manuels israéliens ou palestiniens, et c’est heureux.

Mais il reste du pain sur la planche. Et il convient de noter que les manuels palestiniens et ultra-orthodoxes sont sensiblement plus partiaux que les livres israéliens. Ainsi, 84% des extraits littéraires des livres palestiniens dressent un portrait négatif des Israéliens et des juifs, et 73% des extraits dans les ouvrages ultra-orthodoxes dépeignent négativement les Palestiniens et les arabes, alors que cette proportion tombe à 49% dans les manuels des établissements publics israéliens. Fragment d’un texte israélien:

«Les pays arabes ont accumulé les armes et les munitions, et entraîné leurs armées, afin de livrer une guerre totale à Israël.»
Les ultra-orthodoxes montent d’un cran:

«Au sein des Etats arabes, Israël est tel un petit agneau au milieu de 70 loups.»
Enfin, version palestinienne:

«L’ennemi s’en est pris aux maisons abandonnées, pillant et emportant tout ce qu’il pouvait de ce village réduit à une succession de tombes.»
Ces passages, s’ils ne sont pas forcément faux, sont partiaux et angoissés; rien de plus favorable ne vient les contrebalancer. Les Palestiniens et les arabes sont montrés sous un angle positif 11% des fois dans les manuels israéliens, et 7% du temps dans les livres ultra-orthodoxes. Tandis que juifs et Israéliens sont envisagés de façon positive 1% du temps dans les ouvrages palestiniens. De même, les photos et les illustrations des manuels palestiniens sont en général plus négatives que celles des livres israéliens, mais il y en a beaucoup moins.

Une différence de taille entre les manuels israéliens d’une part, et les ultra-orthodoxes et palestiniens d’autre part, est la capacité à l’auto-critique. Pour les Israéliens, cette évolution s’est entamée à la fin des années 1990, quand de nombreux historiens ont commencé à étudier avec des yeux neufs les premiers temps de l’histoire du pays, et qu’un député de gauche de la Knesset est devenu ministre de l’Education.

Des cartes d’un autre monde
Certains manuels officiels ont alors admis que des Palestiniens avaient laissé leur terre parce qu’ils en avaient été expulsés. C’est également à cette époque qu’il a été fait mention de l’appellation arabe pour la «guerre d’Indépendance» de 1948: la «Nakba», ou catastrophe. On a par ailleurs demandé à certains étudiants juifs israéliens ce qu’ils auraient pensé du sionisme s’ils avaient été à la place des Palestiniens. Autant d’aspects beaucoup moins présents dans les livres scolaires ultra-orthodoxes ou palestiniens. Ainsi, les ouvrages palestiniens ne traitent pas véritablement de la Shoah et de son lien avec la création d’Israël.

Pour ce qui est des cartes, les chercheurs ont constaté que 58% des manuels palestiniens publiés après 1967 (année où Israël a pris la Cisjordanie et Jérusalem-Est à la Jordanie, Gaza et le Sinaï à l’Egypte, et le plateau du Golan à la Syrie) ne font aucune référence à Israël: toute la zone située entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée représente la Palestine. Chez les Israéliens, 65% des cartes ne comportent pas de frontières et ne mentionnent ni la Palestine ni l’Autorité palestinienne, tandis que chez les ultra-orthodoxes, ce chiffre atteint un ahurissant 95%. Pour les chercheurs, la comparaison des cartes des différents systèmes scolaires «peut faire penser qu’ils ne vivent pas dans le même monde».

Voici qui illustre à quel point l’enseignement de l’histoire et de la géographie est politisé pour les Israéliens et les Palestiniens, chaque camp essayant parfois littéralement de rayer l’autre de la carte.

Notons que sur ce point, les Israéliens et les Palestiniens ne sont pas uniques en leur genre. Pensons par exemple à Chypre, où durant des décennies, les Chypriotes grecs et turcs ne se sont pas vécus comme appartenant au même peuple, ou à l’Irlande du Nord, dont le qualificatif même donne lieu à des considérations plus que délicates (est-ce une province, un Etat, une région?) Venir à bout de ces distorsions, estiment les auteurs de l’étude, est de ce fait «extrêmement difficile et exige du courage et de la volonté». Ainsi que du temps.

En regard d’autres nations, Israël est un pays relativement jeune, et l’Autorité palestinienne l’est plus encore. Quatre mises à jour de manuels israéliens dénotent que l’enseignement public est de plus en plus apte à l’introspection. Les livres scolaires palestiniens, eux, n’en sont qu’à la première génération.

Jusqu’en 1967, la Jordanie avait la main sur le système scolaire en Cisjordanie, et l’Egypte contrôlait celui de Gaza. Après la guerre de 1967, Israël s’est chargé de l’enseignement palestinien, avec les mêmes manuels jordaniens et égyptiens, mais censurés –interdiction de certains livres, passages barrés dans d’autres. Les Palestiniens sont devenus maîtres de leur système scolaire en 1994, dans le sillage des accords d’Oslo, au cours desquels ils s’étaient engagés à suivre des «mesures de confiance» qui comprenaient une réforme de l’enseignement.

La réaction des politiques
Cependant, le ministre israélien de l’Education ne se satisfait pas de ces explications qui éclairent les problèmes communs et les différences observées dans les manuels scolaires: «Vouloir créer un parallèle entre les systèmes scolaires israélien et palestinien n’a aucun fondement, ni aucun rapport avec la réalité», a ainsi déclaré le ministre du gouvernement Nétanyahou.

Adwan, Bar-Tal et Wexler ont répliqué en défendant leur méthodologie. Le 3 février, Bar-Tal a également adressé une lettre au ministre israélien le menaçant de le poursuivre en diffamation s’il ne présentait pas d’excuses dans les 48 heures. «Ce que je trouve triste est que le ministre israélien semble préférer s’accrocher à une propagande qu’il sait mensongère, plutôt que de changer vraiment les manuels palestiniens et israéliens», a estimé de son côté Wexler. A l’inverse, on a rapporté au chercheur qu’un responsable palestinien avait dit au département d’Etat américain qu’il voyait là «ce dont ils avaient besoin pour rectifier leurs livres scolaires».

Par ailleurs, l’équipe de recherche a répondu point par point à une série de réfutations de la part de l’un des membres du comité consultatif, Arnon Groiss, ancien directeur de recherche de l’IMPACT-SE.

Si le sujet vous intéresse, la réponse vaut la peine d’être lue dans son intégralité. Groiss a mis en avant plusieurs citations selon lui omises par l’équipe. Mais la plus choquante, supposément issue d’un texte palestinien –«vos ennemis ont tué vos enfants, éventré vos femmes, traîné par la barbe vos respectables anciens jusque dans les charniers»– est en réalité une référence à une guerre du VIIe siècle où ne furent pas impliqués les juifs. D’autres citations en cause sont en fait des hadiths, c’est-à-dire des enseignements attribués au prophète Mahomet, qui ne figurent pas dans les manuels scolaires et qui ne sont peut-être pas du tout enseignés dans les écoles, a précisé Wexler. «Si selon lui, c’est ce que nous avons laissé de côté, je suis très heureux qu’il nous le confirme», nous a déclaré le chercheur. La réponse de Groiss se trouve ici, suivie de celle de Wexler.

Le sociologue Sammy Smooha, de l’université de Haïfa, qui dirige une étude annuelle sur les relations israélo-arabes, estime que l’objectif devrait à présent être de rédiger des manuels scolaires qui exposent davantage le point de vue de l’autre camp.

«Il faut considérer les arguments de l’autre sérieusement, et pas juste monter des théories spécieuses pour mieux les démolir.»
Eyal Naveh, professeur d’histoire à l’université de Tel Aviv et auteur de plusieurs livres scolaires pour le collège et le lycée, acquiesce:

«L’ignorer, c’est faire comme si ça n’existait pas.»
Reste qu’on ne sait pas vraiment ce qui se passe dans les salles de classe; ce n’est pas parce que ça n’apparaît pas dans les manuels que certains professeurs ne l’enseignent pas. Smooha met finalement le doigt sur l’essentiel, à savoir qu’il est difficile de traiter vraiment le problème tant que les deux camps ne seront pas sortis de l’impasse politique pour parvenir à un compromis.

«Les mesures de confiance [sont compliquées à mettre en place] quand chacun rechigne à accorder à l’autre sa confiance.»
Il y a quelques années, Naveh, Adwan et l’historien israélien Dan Bar-On ont écrit un manuel d’un genre nouveau, Side by Side, qui consiste en la «narration double» des événements marquants dans la région depuis 1917 jusqu’à la deuxième Intifada de 2000. Naveh qualifie l’ouvrage de «brillant échec»: bien qu’acclamé dans la presse internationale et vendu à l’étranger, il a été interdit par les ministres de l’Education israélien et palestinien. Naveh pense qu’aujourd’hui, un tel manuel ne pourrait «absolument pas» être inscrit aux programmes israéliens et palestiniens.

D’où, peut-être, la conclusion mesurée de l’étude, dans laquelle les auteurs se contentent d’appeler à la création, dans les deux camps, de comités d’examen des manuels actuels et à venir. «Cela leur prendra beaucoup de temps pour écrire une histoire commune, voire pour y travailler ensemble», prédit Wexler. «Tout ce que nous souhaitons, c’est que les ministres lisent notre étude, lisent leurs manuels respectifs, et décident s’il n’y a pas des choses susceptibles d’être modifiées.»

Emily Bazelon et Ruth Margalit

Emily Bazelon est journaliste à Slate.com, Ruth Margalit est une écrivain israélienne qui vit à New York et travaille pour The New Yorker.

Traduit par Chloé Leleu

Voir également:

More on the Israeli-Palestinian School Book Project

 A. Jay Adler

The sad red earth

February 8, 2013

At the Algemeiner today, I address the just released Israeli-Palestinian School Book Project. Since posting I have gained further clarity and focus on problematic features of the project and the information about it released to the press.

About the number of books and items “analyzed,”

The official list of books included those approved by the Israeli and Palestinian Ministries of Education for 2011. The study examined school books used in the Israeli State secular and Religious tracts and from independent ultra-Orthodox schools. Palestinian books were the Ministry of Education’s textbooks used in the West Bank and Gaza Strip, and a small number of books from the few independent religious schools (Al-Shariah) when relevant to study themes. A total of 640 school books (492 Israeli books and 148 Palestinian books) were reviewed for relevancy to study themes, and content in the 74 Israeli books and 94 Palestinian books with most relevance was analyzed in detail. The researchers analyzed more than 3,100 text passages, poems, maps and illustrations from the books.

So, indeed, as I raise to question at the Algemeiner, why was there purposeful selection of textbooks from ” independent ultra-Orthodox schools,” but apparently – there is no reference – no comparable selection from Hamas-controlled schools? Why was the original selection of books weighted 3 to 1 toward Israeli books? What were the specific terms of the basis, determined by whom, of “most relevance” what constituted “relevance” that determined the choice of the final 74 Israeli and 94 Palestinian books?

The analysis examined 2,188 literary pieces from Israeli books and 960 from Palestinian books.

Why is there a more than 2 to 1 preponderance of Israeli literary pieces? Would this not provide a more than double opportunity for the detection of passages that might be “analyzed” as “negative”? What rationale is there for not working from equal databases?

Why, apparently, were no Arabic textbooks from Israeli Arabic schools included in the study? (What might it reflect on Israeli society and education if these books were notably free of “negative” depictions of the “other,” however the “other” might complexly be conceived in this circumstance?

A total of 670 literary pieces were analyzed independently by two different research assistants. Statistical analysis demonstrated high inter-rater reliability, meaning that two different raters independently evaluated the same poem, passage of map in highly similar ways.

How were these 670 pieces selected from the 3148 noted above? What was the reason and basis for this further selection?

I have placed in quotation marks around my own use, referencing the report’s use, of the word “analyze” or “analysis.” The report makes significant claims to scientific rigor. However, the analysis of a chemical compound is not the same as the analysis of a text, even if one attempts to subtract human subjectivity from the text by disregarding its truth value. (And was it a stipulated criterion to disregard truth value in determinations of negativity? As, I argue at the Algemeiner, this is indefensible and produces unavoidable and potentially dramatic distortion of the results.) And we are told above that “two” – only two – different research assistants analyzed the 670 pieces. Two analysts of negativity unrelated to truth. Did the study provide them with a list of specific verbs, adjectives, figures of speech and idioms the use of which were automatically to be designated negative? Was there no subjective, critical allowance for judgment beyond such a list? From what environment did the research assistants come? Were they already employed by, students or teaching assistants of the lead researchers who shared, perhaps, their predisposition toward the study’s outcome?

The press release states,

The study engaged a Scientific Advisory Panel that resulted in the worldwide collaboration of 19 experts, including textbook scholars, social scientists and educators from across the political spectrum of both Israeli and Palestinian communities. The advisory panel includes textbook researchers from Germany who led Germany’s self-examination of their textbooks in the decades after World War II, and U.S. scholars who have themselves analyzed school books in Israel, the Arab world, and the former Yugoslavia. The advisory panel reviewed every aspect of the study and agreed on the findings.

However, departing from this account, Eetta Prince-Gibson at Tablet reports,

Several Israeli members of the SAP dissented. According to a memo provided by the Education Ministry spokeswoman, Professor Elihu Richter of the Hebrew University said that “questions remain concerning definitions of the variables, how they are classified and measured and counted and what materials are included and excluded.” Richter warned that some of the comparisons may be “sliding down the slippery slope to moral equivalence.” SAP member Dr. Arnon Groiss, author of a separate study on Middle Eastern textbooks, wrote that he has severe reservations about the methodology and that some 40 significant items, which attest to incitement on the part of Palestinians, were not included.

Further, Groiss has now released this lengthy and instructive analysis and commentary on the report. He states,

Again, we, the SAP members, were not involved in the research activity.

Moreover, it was only a few days before the February 4 release of the report that I was first given the 522 Palestinian quotes for perusal. Having compared them to the quotations appearing in other research projects, I realized that some forty meaningful quotations, which other researchers in former projects, including myself[1], incorporated in the material and used them in forming their conclusions, were missing. [Emphasis in the original]

….

I have found deficiencies on both levels of definition and actual use. On the first level, categorization was restricted to very general themes, leaving out important issues such as open advocacy of peace/war with the “other,” legitimacy of the “other,” etc.

….

There is no attempt to study the quotes more deeply and draw conclusions. All items were treated equally, with no one being evaluated and given a more significant status that the other. It seems that they were simply lumped together, counted and then the numbers spoke. It might be statistically correct, but, as we all know, statistics not always reveal the actual complex picture. This kind of analysis has produced a “flat” survey of the quotes, without any reference to their deeper significance (for example, looking at a demonizing text with no specific enemy as if it were a “neutral” literary piece). Also, all quotes were treated as separate items with no attempt to make a connection between two quotes or more in order to reveal an accumulated message (for example, concluding from the connected recurrent mentioning of the need to liberate Palestine, and the similarly recurring theme that Israel in its pre-1967 borders is “occupied Palestine”, that the liberation of Palestine actually means the liquidation of Israel).

A full reading of Groiss will be instructive for the non-specialist. Its education is two-fold and contrary. First, one recognizes how complex is the activity of attempting to bring something approaching objective scientific rigor to the non-literary analysis of texts. The kinds and range of issues to consider is impressive in variety and complexity. But a mirror principle automatically arises from that condition – that all this complexity in conceiving and formulating the field and terms of analysis bespeaks just that subjectivity of which Groiss offers so many dissenting views, a subjectivity that should give pause on the level of a foot-pedal brake before one reaches with too grasping hands for the label of science.

AJA

Sur les manuels scolaires palestiniens et israéliens
Ha’aretz
mis en ligne le 14 décembre 2004
Akiva Eldar[Un examen des manuels scolaires israéliens et palestiniens montre comment les deux côtés racontent l’histoire du conflit, chacun de son propre point de vue, en ignorant l’autre.]
Haaretz, 9 décembre 2004

http://www.haaretz.com/hasen/spages…

(trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant)
Les hommes politiques israéliens citent périodiquement les manuels scolaires palestiniens comme la preuve parfaite que les Palestiniens continuent à éduquer à la haine et non à la paix. Le dernier en date est Ariel Sharon, qui a déclaré en faire le test (des bonnes intentions) des nouveaux dirigeants palestiniens. Le candidat du Fatah, Mahmoud Abbas (Abou Mazen), a relevé le gant, mais en a immédiatement jeté un autre au ministère (israélien) de l’éducation. Vous voulez examiner notre éducation à la paix ? Faites, mais, par réciprocité, nous devons nous aussi regarder ce qui se passe du côté israélien.

Il n’est pas du tout certain qu’à ce test, le système israélien obtienne une meilleure note que son voisin palestinien. Bien qu’il soit difficile de trouver dans les manuels israéliens de franches incitations à la haine, comme on peut en trouver dans les manuels jordaniens et égyptiens, le Dr Ruth Firer, de l’Université hébraïque de Jérusalem, l’une des pionnières de la recherche en matière de textes scolaires, affirme que l’endoctrinement dans les livres israéliens est simplement plus subtil. Cela explique, dit-elle, pourquoi les messages pénètrent plus facilement. Il est plus difficile de détecter un stéréotype caché dans une image qui semble innocente que dans une autre présentée de telle manière qu’elle « vous mène vulgairement par le bout du nez ».

Les résultats d’une étude qu’elle a menée avec le Dr Sami Adwan, de l’université de Bethléem, spécialiste de l’éducation à la paix et aux droits de l’Homme, ont paru récemment dans un livre publié par le Georg Eckert Institute for International Textbook Research in Germany, sous le titre « The Israeli-Palestinian Conflict in History and Civics Textbooks of Both Nations. » L’étude examine 13 manuels israéliens (2682 pages) et 9 manuels palestiniens (1207 pages), et révèle une sorte d’image en miroir, où chaque côté place la responsabilité de la violence sur le dos de l’autre.

Ce que les manuels scolaires israéliens nomment « évènements », les Palestiniens les appellent « soulèvements » ; la guerre de 1948 dans les manuels israéliens est la « guerre d’Indépendance », et la « Naqba » (catastrophe) dans les manuels palestiniens. Les manuels israéliens considèrent le nationalisme palestinien comme une réaction politique aux politiques sioniste et britannique, alors que les manuels palestiniens considèrent la Palestine comme une nation qui existe de son propre fait, et qui fait en même temps partie du monde arabe et musulman.

Tout en ayant été publiés après les accords d’Oslo, les manuels palestiniens imitent ceux publiés en Jordanie et en Egypte, qui évitent d’utiliser le terme « Israël », dans les textes et sur les cartes.

« Pour les Palestiniens, c’est la terre qui est le noeud du conflit ; pour les Israéliens, c’est la sécurité », écrivent Firer et Adwan. « Les Palestiniens se revendiquent comme les descendants des Canaanéens, et ainsi comme les ’indigènes’, alors que les Israéliens considèrent les Palestiniens comme une nation nouvelle, née au 20ème si !ècle en réaction au sionisme et au Mandat britannique. D’après la version israélienne, les Israéliens ont des droits sur la terre en vertu de leur héritage religieux, historique et culturel. L’image que les Israéliens ont d’eux-mêmes comprend toutes les couches du passé, depuis les anciens Hébreux jusqu’aux souffrances des juifs de la diaspora , les victimes de la Shoah et le le revivalisme juif moderne dans la Renaissance sioniste ».

De manière surprenante, les deux chercheurs ont trouvé un parallélisme quasi absolu entre les manuels dans trois domaines : des deux côtés, on ignore les périodes de calme relatif et de coexistence (par exemple entre 1921 et 1929), sauf à les présenter comme des répits trompeurs dans un conflit au long cours, on n’a pas tendance à raconter à l’élève l’histoire du conflit vu du point de vue de l’ennemi, on passe sous sillence les détails de la souffrance de l’Autre, et chacun ne comptabilise que ses victimes à lui.

Firer marque 1995 comme l’année où un changement en bien s’est produit dans l’éducation à la paix en Israël, et cite une déclaration de Yossi Sarid, le ministre de l’éducation d’alors, qui donnait en janvier 2000 des instructions pour purger les manuels de toute espèce de stéréotypes anti-arabes, et pour initier un débat libre autour des événements peu positifs qui ont marqué l’histoire d’Israël.

La période actuelle, depuis le déclenchement de l’intifada Al-Aqsa et le retour du Likoud au pouvoir, se caractérise, dit-elle, par un retour aux valeurs éducatives traditionnelles qui privilégient l’amour de la patrie, marginalisent l’éducation à la paix, et abandonnent toute tentative de comprendre le côté palestinien.

Le professeur Yaakov Katz, président du département pédagogie au ministère de l’éducation, ne prétend pas que le système éducatif israélien tente de mettre l’élève dans les souliers de l’ennemi/voisin, ni qu’on s’attende à ce que cela arrive.  » Contrairement aux critiques qui souhaitent exposer l’histoire vue du côté arabo-palestinien, le système éducatif en Israël insiste à dessein sur l’identité juive et démocratique de l’’Etat d’Israël. »

Katz note que cette attitude ne dénigre pas la narration de l’Histoire de l’autre, ni les droits civiques accordés à l’autre en vertu de la Déclaration d’Indépendance et de la loi israélienne. « Je voudrais bien savoir s’il existe au monde un endroit où les manuels présentent la narration de l’autre alors que la lutte violente entre les deux peuples n’est pas encore terminée », dit Katz. « Personne ne doit s’attendre à ce que l’Etat démocratique d’Israël considère la version de l’autre sur un pied d’égalité pendant une guerre. Cela vaut encore plus après les accords d’Oslo, au sujet desquels tout le monde s’accorde à dire qu’ils n’ont pas apporté la paix tant souhaitée entre Israéliens et Palestiniens ». Professeur associé en Histoire du Moyen-Orient, le Dr Eli Podeh, de l’Université hébraïque, auteur de « The Arab-Israeli Conflict in Israeli History Textbooks, 1948-2000 », exprime ses réserves quant au fait même de comparer les manuels scolaires israéliens à ceux publiés par l’Autorité palestinienne. Podeh dit qu’alors qu’Israël connaît déjà une troisième génération de manuels, les Palestiniens n’en sont encore qu’à la première, qui ressemble en quelque sorte à ceux publiés durant les années de lutte armée et les années qui ont suivi la création de l’Etat.

Dans sa première étude de manuels, publiée il y a sept ans, Podeh écrivait : « la reconnaissance du rôle important qu’ont joué les manuels dans l’assimilation de positions négatives envers les Arabes n’a pas encore été effectuée. Cela a constitué un facteur essentiel dans l’exacerbation du conflit par le passé, et constitue aujourd’hui un facteur qui rend une réconciliation difficile « . Depuis, dit Podeh, les manuels se sont grandement améliorés, si bien que nombre d’entre eux notent expressément qu’Israël a été en partie responsable de l’exil d’Arabes. Pour lui, si les manuels scolaires devaient connaître le processus long et exhaustif de démythification qu’ont connu les manuels israéliens, « alors, le chemin qui mène à la réconciliation mutuelle, je regrette de le dire, promet d’être encore long ».

Le professeur Daniel Bar-Tal, du département éducation de l’université de Tel-Aviv, qui a analysé le contenu de tous les 124 manuels (du CP à la terminale, en littérature, hébreu, histoire, géographie et éducation civique) au programme en 1994 dans le système israélien, a montré que la présentation des Arabes en termes déshumanisés, qui avait décliné dans les années 1980 et 1990, avait recommencé à s’infiltrer dans le système éducatif après le déclenchement de l’intifada. Il nomme ce phénomène « la part de l’esprit du conflit qui s’instille dans les sociétés sujettes à un conflit violent ». Comme Podeh, Bar-Tal a, lui, aussi, remarqué une baisse sensible de la délégitimation des positions nationalistes palestiniennes, mais qu’en même temps, aucun changement ne s’est produit dans l’utilisation de stéréotypes négatifs qui présentent les Arabes comme « primitifs », « passifs », « cruels » ou « racailles ».

Nazareth n’est pas sur la carte
Le Dr Nurit Peled-Elhanan, du département éducation de l’Université hébraïque, a récemment terminé une analyse en profondeur de six manuels scolaires israéliens publiés ces dernières années. Certains d’entre eux ont reçu l’approbation officielle du département programmes au ministère de l’éducation, d’autres ont été adoptés par plusieurs professeurs sans l’approbation du ministère.

L’un des résultats essentiels de son étude est le brouillage de la Ligne verte. Le livre « Israël – l’Homme et le Territoire », publié par le Centre pour la Technologie dans l’Education, propose une carte des grandes écoles israéliennes, avec des institutions à Ariel, Elkana, Alon Shvut et Katzrin (les 3 premières colonies en Cisjordanie, la 4ème sur le Golan, ndt), en même temps qu’à Safed, Ashkelon ou dans la vallée d’Izraël. Aucune frontière n’est délimitée, et il n’est fait mention d’aucune université palestinienne. Ni Nazareth, ni aucune autre ville arabe d’Israël, ne figure sur les cartes du manuel, mais les lieux saints de Cisjordanie sont présentés comme faisant partie intégrante de l’Etat d’Israël. Un chapitre consacré à la communauté ultra-orthodoxe affirme qu’ils vivent dans des villages créés spécialement pour eux : Kfar Khabad, Emmanuel, Elad et Beitar Illit (colonies en Cisjordanie, ndt). Le message, dit Peled-Elhanan, est que les colonies sont inséparables de l’Etat d’Israël.

Sur la plupart des cartes étudiées par Peled-Elhanan, Ariel et Katzrin figurent comme faisant partie de l’Etat d’Israël. Une carte des parcs naturels nationaux ne fait pas apparaître la Ligne verte, mais comprend Maaleh Efraïm. Pour elle, il s’agit de s’assurer, de façon subtile, que l’élève épousera certaines positions politiques : « quand les Palestiniens écrivent ’Palestine’ sur les cartes de leurs manuels, cela est considéré comme une incitation à la haine. Dans ce cas, comment parler des manuels israéliens qui nomment la Cisjordanie ’Judée et Samarie’, même sur des cartes qui montrent les frontières du Mandat britannique, alors que la dénomination officielle était ’Palestine-Eretz Israel’ ?’ »

Par exemple, la couverture du livre « Géographie de la Terre d’Israël » (par Talia Sagi et Yinon Aharoni, Lilach Books), un manuel particulièrement apprécié des enseignants, comporte une carte du Grand Israël, sans aucune trace des territoires qui étaient déjà alors sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. « Cela suggère à l’élève que ces territoires étaient ’à nous’ de tout temps, et renforce le message selon lequel, lors de la guerre des Six jours, nous les avons ’libérés’ ou ’sauvés’ de l’occupant arabe », écrit Peled-Elhanan dans son étude. Une autre carte, où la Cisjordanie apparaît avec une couleur différente, affirme qu’ »à la suite des accords d’Oslo, les frontières de la Judée et de la Samarie connaissent un processus dynamique de changement ». Le texte l’accompagnant note que les territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne n’ont pas été indiqués sur la carte, car il n’existe encore aucune frontière entre Etats.

Dans le cas de la Syrie, l’existence d’une frontière internationale qu’Israël ne nie pas n’a pas empêché les auteurs de la garder secrète pour l’élève, qui lit qu’Israël a annexé le plateau du Golan en 1981 et y a appliqué la loi israélienne, « avec tout ce que cela implique ». Quelle sera la position dudit élève au sujet de la concession de territoires annexés à Israël en échange de la paix avec la Syrie ? Les dessins de deux soldats figurent sur le Golan, l’arme de l’un d’eux tournée vars la Syrie.

Le professeur Yoram Bar-Gal, directeur du département géographie et étude de l’environnement à l’université de Haïfa, dit que le principe universel des cartes utilisées dans le domaine de l’éducation (« ta carte est de la propagande, la mienne est de l’éducation ») s’applique ici pleinement. Pour lui, la carte jouit d’une haute crédibilité, et constitue donc un outil très important pour faire passer des messages politiques : « le mouvement sioniste et l’Etat d’Israël, comme tous les Etats et tous les mouvements, a toujours exploité ces caractéristiques des cartes pour leurs besoins propres ». Bar-Gal ajoute néanmoins qu’un changement politique qui s’exprime dans des cartes ne crée pas nécessairement un changement dans la conscience des élèves ou des enseignants : « l’effacement de la Ligne verte des cartes ne la fait pas nécessairement disparaître de la conscience du public en général ».

Des réfugiés sans visage
Comme la Ligne verte, le terme « Palestiniens » est étranger à la plupart des manuels. Jusqu’au chapitre qui traite des accords d’Oslo, même des historiens importants comme le Pr Eli Barnavi ou le Dr Eyal Naveh préfèrent en général le terme « Arabes israéliens ». Dans son livre « le Vingtième Siècle », Barnavi écrit à propos des réfugiés palestiniens : « la nostalgie qu’ils ont ressentie, et les conditions de vie subhumaines de leur diaspora, ont véhiculé une image de paradis perdu de la terre d’Israël ». Peled-Elhanan note des différences d’attitude importantes envers les réfugiés, dans les photographies : les réfugiés palestiniens sont représentés par une photo aérienne d’un camp de réfugiés non nommé, d’où est absent tout visage humain, à comparer avec une photo de réfugiés juifs d’Europe, assis sur une valise à Yehud. Barnavi écrit : « le problème palestinien est le résultat de l’inactivité et de la frustration, héritages des réfugiés ».

Elle cite une série d’illustrations de « Géographie de la terre d’Israël », qui recèle un message camouflé sur la nature primitive des Arabes : l’homme est en pantalons bouffants et porte un keffieh, la femme porte le costume traditionnel, elle est en général assise par terre, et des enfants sans visage jettent derrière son dos un regard furtif. Le texte explique : « les résidents arabes tiennent à vivre dans des maisons de plain-pied, dont le coût est élevé. On s’attend à ce que tous les besoins publics soient satisfaits par l’Etat ». Les facteurs qui retardent le développement du village arabe en Israël, continue le livre, tiennent à ce que « la plupart des villages sont situés dans des régions excentrées, et leur accès est difficile. Ces villages sont restés en dehors du processus de développement et de changement parce qu’ils sont peu exposés à la vie urbaine moderne, et à cause de la difficulté de les relier aux réseaux d’eau et d’électricité ». Ces facteurs n’existent pas pour les colons juifs qui choisissent de s’installer dans des avant-postes sur des collines qui sont situées « dans des régions excentrées, et [dont l’]accès est difficile ».

Naturellement, les manuels scolaires réservent à Jérusalem un traitement particulier. Le livre « Terres de Méditerranée » (par Drora Va’adya, ed. Ma’alot), approuvé par le ministère de l’éducation, affirme qu’ »en plus des juifs », des chrétiens et des musulmans du monde entier viennent à Jérusalem visiter des lieux qui sont saints pour chacune de leur religion ». Commentaire de Peled-Elhanan : bien que les juifs constituent le groupe le plus petit sur le plan numérique, les chrétiens et les musulmans leur sont annexés. La photo d’une synagogue apparaît en premier, égale en taille aux photos réunies d’une mosquée et d’une église. La carte en appendice à ce chapitre montre Israël, qui comprend les territoires palestiniens, comme un îlot de juifs isolé dans un océan musulman et chrétien, et sans frontières politiques.

Dans « Settlements in the Expanse », livre approuvé, Peled-Elhanan n’a trouvé que deux lignes consacrées à l’histoire de Jérusalem depuis l’époque du roi David jusqu’à l’ère moderne, alors que 40 lignes sont consacrées au désir de Sion des juifs de la diaspora. Le mot « Arabes » est totalement absent du texte ou des cartes de Jérusalem : pas de quartier musulman, pas d’université palestinienne, pas d’hopitaux palestiniens.

Pour Yaakov Katz, certaines de ces critiques concernent des livres non approuvés par le ministère de l’éducation, et il sait que certains établissements n’appliquent pas ses directives. Contrairement à ces manuels, ceux approuvés par le ministère subissent un examen minutieux par des experts, pour s’assurer qu’ils ne sont pas contaminés par une discrimination raciale, ethnique, sexuelle ou religieuse, et qu’ils ne contiennent pas de stéréotypes.

Parmi ces experts figurent des universitaires comme Ghassem Khamaisi, l’historien Benny Morris, Dan Meridor, les professeurs Yossi Katz, Arnon Sofer, Amnon Rubinstein, Arieh Shahar, Yossi Shelhav et d’autres, peu suspects, selon Katz, de favoriser une approche non équilibrée ou de parti pris.

Concernant les cartes, Katz dit que le département cartographique du gouvernement ne marque pas la Ligne verte en tant que frontière officielle de l’Etat d’Israël, et qu’aussi longtemps que l’Autorité palestinienne n’aura pas été reconnue en tant qu’Etat souverain, elle ne doit pas être réprésentée comme Etat sur les cartes.

Cette dernière réponse est quasiment identique, mot pour mot, à la position palestinienne, selon laquelle le marquage de la frontière viendra avec un accord définitif sur les frontières entre Israël et la Palestine.

Voir encore:

Roland LOMBARD et Marilyn PACCOURET
Israël-Palestine : le conflit dans les manuels scolaires
Editions Syllepse-Collection « Arguments et mouvements », 2014, 91 p., 5 €
jeudi 30 octobre 2014, par Benoit Picherit

Cet ouvrage a l’ambition de remettre en perspective le conflit israélo-palestinien à travers le prisme des manuels scolaires.
L’ouvrage présenté a été rédigé à plusieurs mains. La diversité des auteurs par leurs parcours d’étude ou leurs fonctions professionnelles actuelles permet d’avoir une pluralité de points de vue.
Sans à priori de rédaction, cet ouvrage sera utile aux collègues devant présenter ce sujet aux élèves et surtout devant faire preuve d’esprit critique dans l’utilisation des documents choisis par le manuel utilisé.

Israël – Palestine : le conflit dans les manuels scolaires
Coordinateurs : Roland LOMBARD et Marylyn PACOURET
Collectif de rédaction : Samira ALAYAN, Bernard ALBERT, Dominique COMELLI, Sandrine MANSOUR-MÉRIEN, Nurit PELED-ELHANAN, André ROSEVÈGUE, Michaël WALLS.

Éditions Syllepse – Collection « Arguments et mouvements » – Septembre 2014
91 pages – 5 euros
ISBN : 978-2-84950-425-3
http://www.syllepse.net/lng_FR_srub…

Présentation : Extrait de la 4ème de couverture : « La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre », écrivait le géographe Yves Lacoste. Le conflit israélo-palestinien, tel qu’il est enseigné dans les écoles, en est l’illustration tragique.
La guerre au Proche-Orient se mène également dans les manuels scolaires. En Israël, en Palestine, mais aussi ici, en France.
Ainsi, en septembre 2013, se faisant l’écho de cette « guerre de papier », Le Monde diplomatique titrait : « Manuels scolaires, le soupçon ». Au même moment, un colloque consacré aux « Représentations du conflit israélo-palestinien dans les manuels scolaires » était organisé par l’Association France Palestine solidarité, le Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les universités palestiniennes et l’Institut de recherches de la Fédération syndicale unitaire.

Au delà de toute question partisane sur un tel sujet sensible, cette présentation du conflit dans les manuels scolaires se veut équilibrée par l’origine des différents auteurs et rigoureuse dans la démarche historique.
À la lecture de cet ouvrage, le lecteur trouvera des réponses aux origines et à l’explication de l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien dans les manuels scolaires. Cependant, les enseignants devant décrire et expliquer ce conflit dans les programmes de collège (en 3ème éventuellement) et surtout du lycée (Terminales ES/L – S, Terminale Pro et Terminale STMG) trouveront une vision éclairée sur les points de vue israélien et palestinien dans ce conflit.

La représentation du conflit israélo-palestinien : une analyse critique internationale par Roland LOMBARD et Marilyn PACOURET (pages 7 à 14).
Les auteurs expliquent le rôle primordial de l’historien (rigueur objective, déontologie) dans la présentation du conflit surtout dans les manuels scolaires car « ils instaurent une vérité quasi certifiée, qui peut être amendée par exemple par le milieu familial. […] D’où l’importance d’exercer une vigilance critique à l’endroit des manuels scolaires  ». Le danger est l’élaboration de manuels scolaires révélateurs de contre-vérités d’où la nécessité d’une analyse critique qui distinguerait « le destin des juifs, ses épisodes tragiques, et le gouvernement d’un État colonialiste et peu soucieux du respect du droit international et humanitaire. Il est important de reconnaître le peuple palestinien dans ses droits les plus élémentaires, dans son histoire et dans sa culture et de ne pas le confiner dans ses actes de résistance, parfois violents mais légitimes  ».
Ce travail critique mené dans cet ouvrage est sans à priori et a été commandé par le conseil national de l’Association France-Palestine solidarité (AFPS). Il vise à « être un passeur de mémoire, un présent d’une Palestine oubliée à reconstruire et un avenir de Paix à établir dans cette région du monde. Cette compréhension mutuelle entre les deux peuples, mais aussi entre les peuples du monde entier, est un enjeu de civilisation pour les futures générations ».

Qu’est-ce qu’un juif dans un manuel scolaire en France aujourd’hui ? par André ROSEVÈGUE (pages 15 à 18).
L’auteur décrit comment les manuels édités par Belin et Magnard pour la classe de 6ème présentent cette question « Qu’est-ce qu’un Juif ? » (avec ou sans majuscule ?).
Suite à l’analyse précise de chacun des deux manuels, l’auteur explique qu’ils ne distinguent pas les notions de Juif (majuscule = peuple, nation, communauté juive) et de juif (minuscule = adeptes de la religion juive). « Cette confusion entre la Palestine de l’Antiquité et la Palestine/ Israël d’aujourd’hui est renforcée par les documents photographiques choisis  ». « La logique des manuels de 6ème, qui ne sera pas démentie dans la suite de la scolarité, amène l’élève à croire que c’est ce peuple, « les Hébreux », qui reviendrait en Israël. Or, c’est aussi la version sioniste de l’Histoire, c’est-à-dire le discours national israélien ».

Les manuels français et la question Palestine/Israël par Sandrine MANSOUR-MÉRIEN (pages 19 à 30).
Sept manuels de Terminale ES/L, trois de Terminale Pro et un de Terminale STMG en lycée ont été analysés.
Le point de vue utilisé dans ces manuels est principalement occidental et celui arabe est très peu présent : exemples, pour le chapitre « Moyen-Orient », il s’agit du « pétrole » et pour le chapitre « Israël/Palestine », il s’agit du « pétrole » et de la « religion ».
L’auteure rappelle des oublis historiques dans les manuels selon la chronologie des rapports entre Palestine et Israël :
Le partage et la Nakba : un manque d’analyse critique sur les années préalables au plan de partage de 1947 « et par l’absence d’analyse réelle du projet sioniste en tant que projet national colonial accompagné d’actes de violences contre la population locale puis dans un deuxième temps contre les forces britanniques qui tentent de mettre en place un contrôle de l’immigration juive notamment en 1939 avec le Livre Blanc ». Seul le Hatier (p. 280) évoque les attentats sionistes en Palestine. « Dans les autres manuels, la violence est systématiquement imputée aux Palestiniens ». D’autre part, trop de manuels confondent les termes « Arabe » et « Palestinien ». Et les questions de l’ « Exode » des Palestiniens et des « Réfugiés » sont toujours traitées comme une conséquence du refus arabe et de l’entrée en guerre contre Israël alors que l’expulsion des Palestiniens commence bien avant la guerre.
La guerre de 1967 et Jérusalem : les manuels montrent systématiquement la guerre de 1967 « comme une guerre qui a permis aux Israéliens de reprendre Jérusalem » mais en oubliant de rappeler que Jérusalem était prévue par l’ONU pour devenir une zone internationale par la résolution 181 (II). « Mais celle-ci ne sera jamais réalisée en raison de l’accord secret intervenu entre la Jordanie et Israël qui ont décidé de partager la ville en 1948  ». Les manuels n’évoquent pas l’occupation et la colonisation de Jérusalem-Est, la destruction de maisons patrimoniales, l’expulsion des Palestiniens jusqu’à ce jour et l’installation de colons à la place de la population d’origine. « Jérusalem est donc centrée sur son rôle de pôle religieux, en oubliant la réalité géopolitique et le droit international  ».
Le mur : aucun manuel scolaire ne mentionne la condamnation de sa construction par la Cour pénale internationale en 2004 et par conséquent son illégalité. Les conséquences de sa construction ne sont pas présentées : expropriations des terres agricoles palestiniennes, encerclement des villes et villages, vol des ressources en eau, villes coupées en deux. Seul l’argument de protection contre le terrorisme palestinien est présenté pour justifier la construction du mur.
Occupation et colonisation, nationalisme… : la présentation de la colonisation israélienne et de la réponse palestinienne par les manuels français reprend uniquement le discours officiel de l’État d’Israël en oubliant toute analyse critique par une référence aux historiens arabes et au droit international. C’est peut-être ce chapitre qu’il faudrait revoir d’urgence « pour permettre aux élèves d’appréhender la question Palestinienne avec les outils historiques disponibles et en renonçant aux représentations et déformations coloniales qui semblent fortement encore marquer la présentation de l’histoire de cette région du monde ».

Les Palestiniens dans les manuels israéliens par Nurit PELED-ELHANAN (pages 31 à 48).
L’auteur a analysé les livres scolaires israéliens (20 livres d’histoire, 5 livres de géographie et 5 livres d’éducation civique) pour répondre à la problématique de départ suivante : « Comment les oppresseurs élèvent-ils leurs enfants ? ».
D’après lui, l’histoire racontée dans les manuels israéliens reflète l’opinion que les Palestiniens ne peuvent être considérés que comme des obstacles qu’il faut surmonter ou éliminer : « Le livre scolaire ne reproduit jamais les faits comme ils sont car ce n’est pas son but. L’objectif est plutôt de créer le citoyen de demain et pour ce, il faut utiliser un passé utilisable avec lequel on peut se formuler le présent, le futur et vivre dans cette prétendue vérité, la vérité du pouvoir, la vérité de la nation. Je n’ai donc pas cherché à vérifier les vérités historiques ou géographiques, mais je me suis demandé comment cette narration crée ce passé utilisable ».
« Les manuels israéliens sont supposés inculquer le récit sioniste aux élèves juifs et aux élèves arabes, citoyens d’Israël, et visent à reproduire une identité juive territoriale et nationale ».
L’auteur décrit aussi la mise en forme des visuels dans les livres (photographies, tableaux statistiques, titres…) qui transforment le message et orientent le lecteur vers le point de vue du narrateur. Tout est fait pour développer chez le lecteur un racisme nationaliste ou culturel ou différentiel : « on attribue au colonisé une race inférieure et mauvaise ».
L’auteur présente ensuite les différentes catégories du discours raciste verbal et visuel :
La stratégie de l’exclusion,
La stratégie de généralisation,
La stratégie de disparition,
La stratégie de stigmatisation,
La stratégie de diabolisation,
La stratégie de légitimation de son propre discours,
La légitimation des massacres,
Présenter les êtres humains comme des agrégats, des nombres : « Les Palestiniens ne sont jamais appelés victimes, c’est interdit dans les médias israéliens et les publications israéliennes  ».
« En conclusion quelques grands constats s’imposent :
Les lois internationales ne sont pas applicables en Israël, ce que les enfants s’approprient très bien ;
Les Palestiniens sont des personnes exclues qui n’ont aucun droit civil et humain ;
Les élèves apprennent le discours du racisme politique, des excuses militaires et de l’imprécision juridique qui justifie le mal fait aux autres au nom des valeurs occidentales et juives ».

Les manuels des élèves palestiniens en Israël et en Palestine par Samira ALAYAN (pages 49 à 60).
L’auteure a analysé 9 livres d’histoire et d’éducation civique en Israël et en Palestine pour tenter de répondre à la question suivante : « Quelle représentation du conflit israélo-palestinien les manuels scolaires palestiniens utilisés en Israël et en Palestine donnent-ils ? ».
Les manuels scolaires palestiniens sont classés en 4 catégories selon l’implantation géographique des populations : Cisjordanie-Gaza, Palestiniens d’Israël, Jérusalem-Est, camps de réfugiés des pays arabes. L’étude n’a porté que sur les deux premiers groupes.
Cisjordanie et Gaza : Les manuels utilisés par les élèves relèvent de l’Autorité palestinienne mais sont soumis à une certaine censure selon un cahier des charges élaboré par les bailleurs de fonds (États-Unis, Europe). Cependant, « un des premiers objectif de l’Autorité palestinienne est de renforcer l’identité palestinienne chez les élèves. […] Le but des Palestiniens est de protéger leurs terres, leur droit historique, d’affirmer leur identité nationale, et de mettre en valeur la déclaration d’indépendance de 1988.  »
L’identité nationale est avant tout religieuse : croyance en Dieu et dans l’islam. « C’est donc une représentation « du soi » des Palestiniens. C’est un aspect restrictif, car les manuels n’ont pas laissé de place pour les autres croyances. En effet, les Palestiniens ont tout axé sur le combat par rapport à l’Autre, en ne laissant pas de place aux autres communautés religieuses, y compris aux palestiniens chrétiens ». L’Autre recouvre l’Europe puis Israël. Deux visions (positive et négative) illustrent l’Europe et l’image de l’Autre pour Israël s’illustre exclusivement par le mouvement sioniste. « L’ennemi, ce n’est donc pas le juif ou Israël, c’est le sionisme » : mouvement présenté comme raciste, idéologique et politique.
Les Palestiniens en Israël : 20 % de la population d’Israël, porteurs d’un passeport israélien avec en théorie des droits égaux aux autres citoyens israéliens, majoritairement musulmans (82 %). « Les livres s’adressent aux « Arabes israéliens de l’intérieur », c’est l’expression officielle, et font la promotion de l’identité juive ». Le conflit israélo-palestinien est présenté différemment des manuels de Cisjordanie et de Gaza : « Il est toujours question du conflit israélo-arabe et jamais du conflit israélo-palestinien. C’est la terminologie utilisée. C’est toujours le point de vue israélien qui est montré  ».

Dans les manuels scolaires suédois par Michaël WALLS (pages 61 à 66).
L’étude de l’auteur porte sur la construction du conflit israélo-palestinien dans les manuels scolaires suédois à partir du rôle des accords d’Oslo dans le conflit pour ce qu’ils représentent : les revendications pour des droits égaux pour tous. Cette présentation est issue de la thèse universitaire de l’auteur soutenue en 2010.
Pour en savoir plus : http://gup.ub.gu.se/publication/149516
Quatre axes ont été retenus par l’auteur :
– « Le décalage entre le contenu universitaire sur le conflit et le contenu des manuels d’histoire,
La sélection et l’organisation des sujets, des thèmes qui sont traités,
La présence de présupposés idéologiques sur le rôle historique, les identités, les évolutions des différentes parties en conflit,
La dimension idéologique, qui est sous-jacente, justifie inclusions et exclusions de certaines données à propos des faits historiques présentés ».

Imprécisions et réalités masquées par Bernard ALBERT (pages 67 à 76).
L’auteur a analysé sept manuels des classes Terminales L/ES, édition 2012. L’étude se répartit en 5 thèmes qui « a pour objet de pointer des erreurs, des omissions, des imprécisions voire des partis pris  » à travers ces manuels scolaires.
Imprécisions des représentations cartographiques : Les différents manuels ne rendent pas tous compte de la réalité voire vérité géographique territoriale de la Palestine et des Palestiniens : l’exemple du statut de Jérusalem, notamment de Jérusalem-Est est révélateur.
La colonisation : une présentation tronquée : L’auteur rappelle que trop de manuels ne sont pas assez rigoureux voire objectifs dans la définition et la présentation de la colonisation israélienne. Certains manuels ne rapportent que la vision israélienne sans mettre en parallèle celle Palestinienne. Plus grave, la justification de la colonisation serait présentée comme un argument d’un choc des civilisations qui n’existe pas en définitive.
Expulsions et réfugiés : choix des termes : Là aussi, la présentation de ce sujet par les manuels porte à question d’objectivité historique. L’auteur rappelle « la très grande hétérogénéité des termes, ce qui n’est pas neutre. […] Entre « exil », « départ », « exode » ou « la fuite », cette prudence dans la présentation masque la violence des expulsions et de la stratégie menée  ».
« Ce qui est remarquable c’est la non prise en compte, dans la majorité des ouvrages, de travaux d’historiens palestiniens et israéliens qui datent de plus de vingt ans. […] Aucun des manuels ne présente ou n’illustre la poursuite depuis 1967 à nos jours, des expulsions, des départs contraints, que ce soit à Jérusalem-Est, dans la vallée du Jourdain, ou ailleurs en Palestine ». L’auteur rappelle néanmoins que certains manuels ont fait un effort de représentation cartographique de ce sujet des réfugiés, enjeu majeur du conflit.
Terrorisme, résistances, violences du conflit : L’auteur rappelle par un comptage précis des images ou expressions des manuels que « terrorisme » est rapporté aux Palestiniens et qu’ils ne sont que très rarement présentés comme victimes du « terrorisme d’État » ou des milices sionistes voire de la colonisation juive en Cisjordanie ou des opérations militaires à Gaza. « Cette disproportion entretient les représentations initiales ».
Le patrimoine : lecture historique : L’analyse des manuels permet à l’auteur de répondre à sa question de départ : « Quelle présentation de Jérusalem les manuels font-ils ? ».
Même si ce sujet est relativement bien traité par les manuels, l’auteur regrette un manque « d’équilibre ». Par exemple, la violence du conflit israélo-palestinien à l’intérieur ou autour de Jérusalem est rarement illustrée.
En conclusion interrogative, l’auteur se demande « quelle représentation les élèves garderont-ils de leur étude ?  » et « pourquoi des notions comme le respect du droit international, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de la 4ème convention de Genève, de l’application des résolutions de l’ONU sont-elles sous-représentées ? ».

La fabrique des manuels par Dominique COMELLI (pages 77 à 84).
Par ce chapitre de fin d’ouvrage, l’auteure rappelle la singularité voire l’unicité française d’une liberté totale dans la conception des manuels. « Et pourtant, malgré cette liberté totale, les manuels se ressemblent étonnamment ». En effet, « un manuel est un objet qui doit faire consensus, dans lequel les enseignants doivent reconnaître leurs pratiques pédagogiques et leurs propres représentations des événements. Un manuel innovant ou polémique ne se vend pas ».
L’auteure explique la manière dont est fabriqué un manuel puis le rôle réel d’un manuel scolaire. Un paragraphe particulier est apporté à la place des documents, notamment les photos, dans le cadre du recours à l’émotionnel dans les manuels. « La société française et occidentale toute entière a remplacé la réflexion par l’émotion. L’approche émotionnelle vise à provoquer l’empathie des élèves. Laquelle ? ». Sur l’exemple du conflit israélo-palestinien, «  tout civil, toute population qui utilise la violence, parfois simplement le lancer d’une pierre ou d’une canette vide, est disqualifiée comme terroriste  ». Même si la cause de la Palestine est juste, la simple résistance des Palestiniens les disqualifie ».
« Il est frappant que les photos des enfants palestiniens lançant des pierres contre des soldats israéliens surarmés qui, il y a quelques années, avaient provoqué un retournement dans l’opinion publique française en faveur du droit des Palestiniens (le mythe de Gavroche était à l’époque un mythe positif), soient maintenant considérées comme preuve de la violence palestinienne dans les manuels de 2012 ».

Annexes :
Rappel du documentaire « This is my land », un film de Tamara ERDE, qui retrace l’histoire du conflit israélo-palestinien tel qu’il est présenté et enseigné dans les systèmes éducatifs israéliens et palestiniens.
Chronologie du conflit de 1897 à avril 2014.
Chiffres de la population en Palestine de 1849 à 1946.
Chiffres de la population palestinienne et israélienne aujourd’hui.
Cartes de l’évolution de la Palestine depuis 1946.

UN Textbooks for Palestinian Children ‘Explosively Anti-Semitic, Anti-American and Anti-Israeli’
Penny Starr

cnsnews.com

January 26, 2012
(CNSNews.com) – The textbooks used to educate Palestinian children who live in refugee camps came under fire at a briefing on Wednesday on Capitol Hill where experts said lessons of intolerance and hatred toward Jews and Israel fill the books’ pages.

Rep. Chris Smith (R-N.J.), chairman of the House subcommittee on Human Rights and co-chairman of the Bi-Partisan Coalition for Combating Anti-Semitism, told CNSNews.com that U.S. donations to the United Nations Refugee and Works Agency (UNRWA) make the federal government accountable for what is in the books.

“We are responsible for the content and the content has been, year in and year out, explosively anti-Semitic, anti-American and anti-Israeli,” Smith said, at the event he hosted with the Center for Near-East Policy Research, which is based in Jerusalem and which has studied the topic extensively .

Rep. Chris Smith (R-N.J.) (Penny Starr/CNSNews)
Since the UNRWA began operations in 1950 in the wake of the Arab-Israeli war of 1948, the United States has been the largest contributor to the agency. The UNRWA oversees the health, education, and social services of some 5 million registered Palestinian refugees, including those in the West Bank and Gaza Strip.

According to the Congressional Research Service (CRS), “Since UNRWA’s inception in 1950, the United States has provided the agency with nearly $4 billion in contributions.”

Arnon Groiss (CNSNews.com/Penny Starr)
The CRS reports that U.S. contributions to the UNRWA have steadily increased over the past decade, with nearly $228 million given in [fiscal year] 2010.

Arnon Groiss, author of a comprehensive study on Middle Eastern textbooks who has advised the U.S. State Department and testified before the U.S. Congress, brought some of the textbooks to the congressional Rayburn Building on Thursday to share specifics of what the experts consider objectionable.

Groiss’ report on the textbooks, « Teaching the ‘Right of Return’ in UNRWA Schools, » was distributed at the event. The report had been commissioned by the Council for Religious Institutions in the Holy Land, an interfaith association of Jewish, Christian, and Muslim leaders.

(CNSNews.com/Penny Starr)
The study shows, for example, that on the cover and on page 7 of the National Education textbook for Grade 2, the image of a Palestinian stamp has a blank square where the Hebrew script that is on the stamp has been removed. (See picture on left.)

In the same book (p.16), a map is entitled “Arab and Muslim Nations.”

Map of « Arab and Muslim Nations » in textbook that does not include Israel on the map. (CNSNews.com/Penny Starr)
“Israel does not exist,” on the map,” Groiss told CNSNews.com. (Picture on right.)

In a Reading and Texts book (2011) for Grade 9, p.24, the instructions tell the student to “reconcile between the following poetical lines and the feelings they express”:

“The morning of glory and red liberty watered by the martyrs’ blood … the hope for the Liberation of Palestine.”

In the textbook National Education, Grade 7 (2011), pp. 20-21, it says, « The Zionist colonialist greedy ambitions in Palestine started in 1882. … The coming of the Jewish throngs to Palestine continued until 1948 and their goal was taking over the Palestinian lands and then taking the original inhabitants’ place after their expulsin and extermination. … »

In the book, Our Beautiful Language, Grade 7, Part 1, 2001, p.81, there is a poem entitled The Martyr that, in part, reads: « Hearing [weapons’] clash is pleasant to my ear and the flow of blood gladdens my soul/ As we as a body thrown upon the ground skirmished over by the desert predators/ … By your life! This is the death of men and whoever asks for a noble death — here it is! »

In the book Readings and Texts, Grade 8, Part 2, 2003, p. 16, it says, « Your enemies killed your children, split open your women’s bellies, took your revered elderly people by the beard and led them to the death pits …. »

In Our Beautiful Language, Grade 5, Part 1 (2011), p. 50, there is a poem about the Palestinaian « Right of Return » entitled « We Shall Return. » It says in part: « Return, return, we shall return/ Borders shall not exist, nor citadels and fortresses/ Cry out, O those who have left:/ we shall return!/ [We] shall return to the homes, to the valleys, to the mountains/ Under the flag of glory, Jihad and struggle/ With blood, sacrifice [fida], fraternity and loyalty/ We shall return/ … To jihad in the hills; [to] harvest in the land. »

In Reading and Texts, Grade 8, Part 1 (2009), p.66, it states: « O brother, the oppressors have exceeded all bounds and Jihad and sacrifice [fida] are imperative …. »

Congressman Smith said the United States should put conditions on the funding the UNRWA receives, including a mandate to clean up the textbooks.

“It would be based on a certification where the president would have to certify that the UNWRA textbooks are completely excised of all anti-Semitic hate,” Smith said, adding that “zero tolerance on hate in those textbooks” should be the benchmark.

“And so, if you teach kids to hate when they’re very, very young and just keep feeding them that kind of formula for violence, why are we surprised when they strap on dynamite and other kinds of explosives to kill themselves and think they’re doing a good thing?” Smith said. “They’ve been taught. And we have to be much more emphatic – zero tolerance on hate in those textbooks.”

(CNSNews.com/Penny Starr)
Author David Bedein of the Center for Near East Policy said at the event that the refugee camp schools regularly promote the “Right of Return,” which supports Palestinians’ right to reclaim the property abandoned or lost in the 1948 war, even if that property – or the city or village where it was once located – no longer exists. »

“This perceived right also applies to the refugee’s descendants with no limit of number, time or place of birth,” Groiss wrote in an essay on the “Right of Return.”

In his conclusion, Groiss said the “Right of Return” is tied to the elimination of Israel and helps “propagate this non-peaceful line, in absolute contradiction to the (UNWRA) declared mission.”
‘Israel absent or only negative presence in PA textbooks’

Joshuah Hamerman

Jerusalem Post

04/13/2011

In examples, Jews demonized, martydom praised, Jewish Quarter removed from Old City map, Hebrew erased from Mandate-era stamp.

The Palestinian Authority still has a long way to go before textbooks in its schools begin to teach true coexistence with Israeli Jews, according to findings from a study released Tuesday.

The Institute for Monitoring Peace and Cultural Tolerance in School Education (IMPACT-SE), which reviews textbooks from Israel, the Arab world and Iran, unveiled its 2011 report on PA school textbooks in a briefing with journalists at the headquarters of MediaCentral, in Jerusalem.

The organization reviewed 118 textbooks currently used in Palestinian schools – 71 of which are for students in grades one through 12, and 25 that are taught in religious schools in the West Bank and issued by the PA Ministry of Wakf and Religious Affairs.

IMPACT-SE also examined 22 teacher guides distributed by the PA Ministry of Education and Higher Education. While all of the reviewed textbooks were approved by the PA, they are also taught in schools in Gaza.

While respect for the environment and sustainable energy resources are taught to Palestinian students, IMPACT-SE found that textbooks blame Israel for all environmental problems.

“There is generally a total denial of the existence of Israel – and if there is an Israeli presence it is usually extremely negative,” said Eldad Pardo, an IMPACT-SE board member, and head of the organization’s Palestinian textbook research group. “For the next generation, there is no education at all about collaboration and no information about the many collaborations that already exist between Israelis and Palestinians in environmental and other areas.”

In geography textbooks, Israel usually does not appear in maps of the Middle East, instead “Palestine” is shown to encompass Israel, the West Bank and the Gaza Strip. Jaffa is also shown on maps of Palestine, but Tel Aviv and other predominantly Jewish cities, such as Ramat Gan, kibbutzim and moshavim, are not displayed.

One of the Palestinian textbooks reviewed by IMPACT-SE, History of Ancient Civilization, published in 2009 and used to teach fifth-graders, states that the Levant consists of the states of Palestine, Jordan, Lebanon and Syria. Israel is not mentioned.

Other textbooks read for the study asked students to “color the Negev Desert on the map of Palestine,” and to solve the following mathematical word problem: “An independent Palestinian state was declared in 1988. How many years have passed since the declaration of independence?”

Another textbook included a map of the Old City of Jerusalem – which did not contain the Jewish Quarter. Meanwhile, in an additional example, a textbook printed a British Mandate postage stamp, but erased the Hebrew inscription “Palestine: The Land of Israel” that appeared on the original.

In addition, some textbooks described the Canaanites as an Arabic-speaking people whose land was stolen by Jews, and stated that Jews came from Europe to steal Palestine after the British conquered it in 1917.

Pardo, a professor at the Hebrew University of Jerusalem, also said Palestinian textbooks have been erasing Jewish claims to holy sites, such as the Western Wall and Rachel’s Tomb. For example, National Education, a textbook for seventh-graders published in 2010, refers to the Western Wall as the “Al-Buraq Wall,” and to Rachel’s Tomb as “Al-Bilal Mosque.”

IMPACT-SE also found that Palestinian textbooks include many references to martyrdom, death, jihad and refugees returning to cities and towns in Israel – and frequently demonize Israelis and Jews. A photo from the funeral of a shahid (martyr) was included in the 2008 edition of a seventh-grade textbook, but excluded from the 2010 edition, perhaps because of foreign pressure on the PA, said Pardo.

Other textbooks told students that “the rank of shahid stands above all ranks,” and included a Muslim hadith about the destruction of Jews by Muslims on the day of the resurrection, which also appears in the Hamas charter.

IMPACT-SE noted many Palestinian textbooks included references to a ribat, an outpost on the borders of Muslim territories where wars against infidels occur. A 12thgrade Islamic education textbook, published in 2010, tells students that “the people of the Levant in general, and in Palestine in particular,” are in a state of ribat until the day of resurrection.

Pardo said that while there are some positive developments in the Palestinian educational system, such as emphases on democratic values and respect for women, elders and authority – no Israeli is depicted as a friend or partner. Furthermore, the Oslo Accords are rarely mentioned, and political agreements in general are presented as resulting from Arab and Muslim weakness.

“A textbook is the result of a policy – something created by a committee and a formal product of an entity – and this policy is creating public opinion and the public mind of the coming generation,” said Shelley Shandor Elkayam, CEO of IMPACT-SE. “The whole Talmud is based on the Jewish philosophy that the other is more interesting than yourself. You have to care about what others say. The Tunisians accept this and they teach it to their students. The PA definitely should reach that point one day, and it is up to us to bring them to this realization.”

According to IMPACT-SE, which will release a report on Israeli textbooks in July, the bulk of funding for PA textbooks and other initiatives comes from the EU. Most US aid for Middle Eastern education goes to Egypt, but some also goes to the PA.

Yohanan Manor, IMPACT-SE’s chairman, noted that one of the PA’s recent history textbooks printed two maps that referenced Israel, although the name of Israel was in tiny print. Some Palestinian educators have admitted that the Arabs rejected the 1947 UN partition resolution, which is also an important development, he said.

Manor said IMPACT-SE will send its findings to Lamis al-Alami, the PA’s education minister

https://www.facebook.com/notes/menahem-macina/je-veux-poignarder-un-juif-dit-une-petite-fille-en-brandissant-un-couteau-dans-u/10153673481569347?hc_location=ufi

“Je veux poignarder un Juif”, dit une petite fille en brandissant un couteau, dans une vidéo choquante
Menahem Macina·Thursday, October 22, 2015
Traduction française d’un article d’Umberto Macchi
Sur le site International Business Times
http://www.ibtimes.co.uk/israeli-pa…
21 octobre 201
Un scandale a éclaté en ligne, suite à un clip vidéo où l’on voit une petite fille brandissant un couteau et disant face à la caméra qu’elle veut « poignarder un Juif ». La vidéo, réalisée par et chez un particulier, a été mise en ligne sur les médias sociaux la semaine dernière, au milieu d’une avalanche d’attaques au couteau qui a plongé Israël et les Territoires palestiniens dans la violence.
Le clip a été mis en ligne le 16 octobre sur le compte Facebook d’un certain Abdulhaleem Abuesha, qui, selon sa page, est instituteur dans la ville de Madaba, où se trouve un grand camp de réfugiés palestiniens. Il a ensuite été repris et traduit (de l’arabe) par MEMRI (Institut de Recherche des Médias du Moyen-Orient), un groupe américain de veille médiatique, qui a révélé l’identité de la gamine prénommée Rahf, et celle de son père, dont le nom est Abuesha.
« Je veux poignarder un Juif », dit la fillette sur la vidéo, selon MEMRI. Une voix d’homme questionne :
« Pourquoi veux-tu poignarder ce Juif ?» –
« Parce qu’il a volé ma terre », répond-elle.
« Avec quoi veux-tu le poignarder ? », demande l’homme.
« Avec un couteau », répond la gamine.
« Oh, tu es si forte, avec l’aide de Dieu, ma chérie ! », conclut l’homme.
La vidéo a été mise en ligne avec la légende suivante : « Rahf menace les sionistes avec un couteau », et elle a suscité quelques commentaires, majoritairement approbateurs, sur la page Facebook de Abuesha.
Par contre, la version traduite en anglais par MEMRI a déclenché un torrent de réactions scandalisées, surtout de la part d’Israéliens encore confrontés à la récente vague de violence, appelée « L’Intifada au couteau ».
Ci-dessous :
L’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies Dany Danon affirme que les enfants palestiniens subissent un lavage de cerveau. Il tient en mains un panneau portant le slogan : « Comment poignarder un Juif », surmontant un dessin fort explicite indiquant les parties du corps à atteindre pour tuer ou blesser gravement le Juif en question.
Détail:

http://www.ibtimes.co.uk/israeli-palestinian-conflict-i-want-stab-jew-says-knife-wielding-girl-shocking-video-1525063

Israeli-Palestinian conflict: ‘I want to stab a Jew’ says knife-wielding girl in shocking video

By Umberto Bacchi
October 21, 2015 15:32 BST
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A girl holds a knife as she says she want to attack Israelis in a Facebook videoFacebook
Online opprobrium has been sparked by footage showing a little girl brandishing a knife as she says to the camera that she wants to « stab a Jew ». The home video was posted on social media last week, amid the spate of stab attacks that have plunged Israel and the Palestinian territories into violence.

The clip was uploaded on 16 October on a Facebook account in the name of Abdulhaleem Abuesha, who according to the page is a Jordanian-Palestinian schoolteacher in the city of Madaba that is home to a large Palestinian refugee camp. It was later picked up and translated by the Middle East Media Research Institute (Memri), a US monitoring group, which identified the girl, named Rahf, as Abuesha’s daughter.

« I want to stab a Jew, » she says in the video, according to Memri. « Why do you want to stab the Jew? » a man asks. « Because he stole our land, » she replies. « With what do you want to stab them? » the man inquires. « With a knife, » she says. « Oh, you’re so strong! Allah willing, my dear, » the man concludes.

The video was posted with a caption reading « Rahf threatens Zionists with a knife » and drew a few, mostly sympathetic comments on Abuesha’s Facebook page. Memri’s version with English subtitles instead triggered a torrent of outrage, particularly among Israelis still reeling from the recent wave of violence, dubbed the ‘knife intifada’.

A day after the clip was posted on Facebook, Israeli envoy to the UN, Danny Danon, claimed Palestinian children were being « brainwashed » and taught how to kill at school. On 17 October Danon showed a press conference in New York a diagram titled « How to Stab a Jew » depicting a human body surrounded by knives. Danon claimed it was « an example of what Palestinian children are being exposed to day in and day out, in school, after school ».

The diagram was also sourced from Memri. An independent NGO headquartered in Washington DC, Memri has been in the past accused of partisanship, with critics saying it promotes a negative view of the Muslim world selecting for translation only extremist and highly controversial videos.

Surenchère

L’État islamique a publié six vidéos louant les attaques au couteau contre les juifs en Israël et encourageant la violence
L’EI donne notamment des instructions sur la façon de tuer les Juifs, en utilisant des voitures, des couteaux, des bombes incendiaires contre leurs maisons.

Atlantico

20 Octobre 2015

Le groupe terroriste État islamique a publié 6 vidéos ce dimanche en soutien à la vague d’attaques au couteau menées par des Palestiniens contre des Israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem. Cette campagne médiatique coordonnée provenant d’Irak, Syrie et Yémen est rare de la part de l’EI qui ne fait que peu d’incursions dans le conflit israélo-palestinien. Le groupe islamiste se concentre généralement sur le recrutement de combattants et l’entraînement dans les territoires sous son contrôle.

La première vidéo, intitulée « Projet de décapiter des Juifs » prétend que la situation actuelle sur le Mont du Temple est « dangereuse » : les Juifs le détruirait et dépenseraient 2 millions de dollars dans le but de « judaïser Jérusalem, » de détruire les tunnels qui se trouvent sous la mosquée al-Aqsa et de voler des documents islamiques. Ce lieu est sacré autant pour les Musulmans que pour les Juifs. Les Juifs sont autorisés à visiter l’endroit, mais les prières y sont interdites, pour éviter les heurts. En arrière plan l’image de Hadil al-Hashlamoun,18 ans, tué à Hébron en Cisjordanie par un soldat israélien le 22 septembre, la voix d’Abu Baker al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique (EI), se fait entendre clamant « nous aurons notre vengeance ».

La deuxième vidéo, intitulée « Message aux moudjahidin de Jérusalem, » montre plusieurs militants de l’EI à visage découvert glorifiant les attaques et appelant tous les Palestiniens à se joindre à eux. « Je vous recommande de prendre le chemin du djihad, que Dieu vous demande de suivre, je bénis ce djihad contre les Juifs. La peur bat dans leur cœur, ce sont les ennemis de Dieu », y déclare un jeune combattant. « Une victoire venant du Ciel attend les moudjahidin d’Al Aqsa, vous êtes les premiers, mais nous continuerons », ajoute un autre qui brandit un fusil automatique. Un autre militant plus âgé, adressant son message à « tous les Musulmans d’Al-Qods », déclare qu’il n’y a « pas de différence entre le Hamas et le Fatah. Les deux ne se soucient que de leurs propres intérêts et certains sont même au service des Juifs. Dépêchez-vous et sauvez vos frères, n’attendez pas que les dirigeants arabes vous aident ».

Quatre autres vidéos de même nature ont été publiées avec le hashtag #DécapiterleJuif. Dans une vidéo, l’EI donne des instructions sur la façon de tuer les Juifs, en utilisant des voitures, des couteaux, des bombes incendiaires contre leurs maisons. Le groupe terroriste enjoint aussi ses combattants à bombarder les autobus et même d’injecter de l’air dans leurs veines, un message plus particulièrment destiné aux Arabes israéliens qui travaillent dans les hôpitaux en Israël.

En 2014, le ministre israélien de la Défense Moshe Ya’alon a déclaré l’EI organisation illégale. Les autorités ont déjoué le premier complot mené contre Israël par l’EI début octobre, accusant sept Arabes israéliens d’appartenir à l’EI et de projeter d’attaquer des cibles militaires. Selon un communiqué de la police, les accusés avaient été en contact avec des citoyens israéliens qui avaient déjà rejoint l’EI en Syrie et qui les encourageaient à se procurer des armes illégalement et d’apprendre à les manier afin de mener une attaque. Les défendeurs ont été accusés de relation illégale avec un agent étranger, de traffic d’armes et de complot dans le but de commettre des crimes.


Médias: Le Moyen-Orient est à feu et à sang et devinez qui on accuse ? (Palestinian blood lust: It’s time to give hatred its due)

14 octobre, 2015

Nous ne pouvons accepter ni un monde politiquement unipolaire, ni un monde culturellement uniforme, ni l’unilatéralisme de la seule hyperpuissance. Hubert Védrine (1999)
C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité. Obama (à Medvedev, 27.03.12)
We’re not going to make Syria into a proxy war between the United States and Russia. This is not some superpower chessboard contest. Barack Hussein Obama
It’s the lowest ebb since World War II for U.S. influence and engagement in the region. If you look at the heart of the Middle East, where the U.S. once was, we are now gone—and in our place, we have Iran, Iran’s Shiite proxies, Islamic State and the Russians. What had been a time and place of U.S. ascendancy we have ceded to our adversaries. Ryan Crocker (former ambassador to Afghanistan)
It’s not American military muscle that’s the main thing—there is a hell of a lot of American military muscle in the Middle East. It’s people’s belief—by our friends and by our opponents—that we will use that muscle to protect our friends, no ifs, ands or buts. Nobody is willing to take any risks if the U.S. is not taking any risks and if people are afraid that we’ll turn around and walk away tomorrow. James Jeffrey (former U.S. ambassador to Iraq and Turkey)
Being associated with America today carries great costs and great risks. Whoever you are in the region, you have a deep grudge against the United States. If you are in liberal circles, you see Obama placating autocratic leaders even more. And if you are an autocratic leader, you go back to the issue of Mubarak and how unreliable the U.S. is as an ally. There is not one constituency you will find in the region that is supportive of the U.S. at this point—it is quite stunning, really. (…) Whoever comes after Obama will not have many cards left to play. I don’t see a strategy even for the next president. We’ve gone too far.  Emile Hokayem (International Institute for Strategic Studies in Bahrain)
It’s obvious that what’s happening in Afghanistan is pushing our countries closer to Russia. Who knows what America may come up with tomorrow—nobody trusts it anymore, not the elites and not the ordinary people. Tokon Mamytov (former deputy prime minister of Kyrgyzstan)
But U.S. disengagement still has long-term costs—even if one ignores the humanitarian catastrophe in Syria, where more than 250,000 people have died and more than half the population has fled their homes. With the shale revolution, the U.S. may no longer be as dependent on Middle Eastern oil, but its allies and main trading partners still are. Islamic State’s haven in Iraq and Syria may let it plot major terrorist attacks in Europe and the U.S. And the American pullback is affecting other countries’ calculations about how to deal with China and Russia. On the eve of the Arab Spring in 2011, Russia had almost no weight in the region, and Iran was boxed in by Security Council sanctions over its nuclear program. The costly U.S. wars in Iraq and Afghanistan had hardly brought stability, but neither country faced internal collapse, and the Taliban had been chased into the remote corners of the Afghan countryside. Many people in the Middle East chafed at America’s dominance—but they agreed that it was the only game in town. Dramatic developments in recent weeks—from Russia’s Syrian gambit to startling Taliban advances in Afghanistan—highlight just how much the region has changed since then. The Syrian deployment, in particular, has given Mr. Putin the kind of Middle Eastern power projection that, in some ways, exceeds the influence that the Soviet Union enjoyed in the 1970s and 1980s. Already, he has rendered all but impossible plans to create no-fly zones or safe areas outside the writ of the Assad regime—and has moved to position Russia as a viable military alternative that can check U.S. might in the region. (…) Iraqi officials and Kurdish fighters have long complained about the pace of the U.S. bombing campaign against Islamic State and Washington’s unwillingness to provide forward spotters to guide these airstrikes or to embed U.S. advisers with combat units. These constraints have made the U.S. military, in effect, a junior partner of Iran in the campaign against Islamic State, providing air cover to Iranian-guided Shiite militias that go into battle with portraits of the Ayatollahs Khomeini and Khamenei plastered on their tanks. Iraq has already lost a huge chunk of its territory to Islamic State, and another calamity may be looming further east in Afghanistan. The Taliban’s recent seizure of the strategic city of Kunduz, which remains a battleground, suggests how close the U.S.-backed government of President Ashraf Ghani has come to strategic defeat. Its chances of survival could dwindle further if the Obama administration goes ahead with plans to pull out the remaining 9,800 U.S. troops next year. (…) Further afield, U.S. disengagement from Afghanistan has already driven Central Asian states that once tried to pursue relatively independent policies and allowed Western bases onto their soil back into Moscow’s orbit. Among America’s regional allies, puzzlement over why the U.S. is so eager to abandon the region has now given way to alarm and even panic—and, in some cases, attempts at accommodation with Russia. The bloody, messy intervention in Yemen by Saudi Arabia and its Gulf allies stemmed, in part, from a fear that the U.S. is no longer watching their backs against Shiite Iran. These Sunni Arab states could respond even more rashly in the future to the perceived Iranian threat, further inflaming the sectarian passions that have fueled the rise of Islamic State and other extremist groups. (…) Even Israel is hedging its bets. Last year, it broke ranks with Washington and declined to vote for a U.S.-sponsored U.N. General Assembly resolution condemning the Russian annexation of Crimea. In recent days, Israel didn’t criticize the Russian bombardment in Syria. Yaroslav Trofimov
The hard truth is that [the Palestinians] are not a priority for Arab leaders. . . . The priorities of Arab leaders revolve around survival and security”—not Israeli-Palestinian relations or U.S. policy toward Israel.  Dennis Ross
Obama can’t simply shrug this off as an unfortunate consequence of a bad policy decision by his predecessor, as he did with the rise of ISIS in Iraq. Not only did Obama support the war in Afghanistan, he campaigned in 2007-8 on the need to amplify resources for the fight there. The biggest problem with the Iraq war, Obama repeatedly argued, was that its destabilizing impact distracted from the fight for victory in Afghanistan. Obama promised to ramp up the effort in this theater, but became curiously reluctant when pressed for his war strategy, only grudgingly agreeing to provide a troop “surge” — and then only in tandem with a timetable for withdrawal. That has turned out to be as big a “joke” as Obama’s Syria strategy, if not more so. The Taliban used their control of Afghanistan to give al-Qaeda a haven from which to plot attacks against the United States, and that was before they spent 14 years fighting our military. The need to marginalize the Taliban and ensure stability without them was even greater for our national security than in Iraq, and look how that turned out after Obama took control of our policy there. After almost seven years of Obama’s “leadership,” we are on the verge of losing control of both theaters of war while Obama pretends that war doesn’t even exist in either. This is a foreign-policy disaster of nearly unprecedented proportions. Its ill effects will last long after Obama has left office, especially on those in Afghanistan who trusted us to stick to the mission and who will now be left at the meager mercy of Taliban extremists. Ed Morrissey
Dans un article d’opinion publié le 25 août 2015 dans le quotidien saoudien paraissant à Londres Al-Sharq Al-Awsat, Amir Taheri, analyste, auteur et éditorialiste iranien bien connu, a comparé la politique d’Obama envers l’Iran et la politique de Kennedy, Nixon et Reagan dans leurs négociations avec les principaux adversaires des Etats-Unis à leur époque – l’URSS et la Chine. Taheri écrit que, pour conclure l’accord avec l’Iran, Obama veut se poser en héritier d’une tradition établie par ces présidents, consistant à régler les conflits par la diplomatie et les négociations. Toutefois, observe-t-il, ces dirigeants ont négocié en position de force et poursuivi la détente avec les ennemis de l’Amérique seulement après que ces derniers eurent obéi à des exidences américaines essentielles, en modifiant des éléments clés de leur politique. Ainsi, Kennedy a négocié avec l’URSS seulement après l’avoir contrainte à retirer ses installations nucléaires de Cuba ; la normalisation des relations avec la Chine sous Nixon est venue seulement après que cette dernière eut renoncé à la Révolution culturelle et abandonné son projet d’exporter le communisme, et l’engagement par Reagan de négociations avec les Soviétiques a eu lieu seulement après avoir pris des mesures militaires pour contrer la menace qu’ils posaient en Europe. En outre, affirme Taheri, les Etats-Unis ont permis le réchauffement des relations avec la Chine et l’URSS une fois que celles-ci eurent renoncé à leur antagonisme absolu envers eux en acceptant de les considérer comme un rival ou un concurrent plutôt que comme un ennemi mortel devant être détruit. A l’inverse, affirme Taheri, Obama n’a rien demandé aux Iraniens avant d’entamer des négociations, pas même la libération des otages américains. En outre, il a cherché un rapprochement avec l’Iran en dépit de l’absence de tout changement positif de la politique et de l’idéologie radicale de ce pays. L’ouverture américaine n’a fait qu’encourager les pires tendances en Iran, comme le montrent la multiplication des violations des droits de l’homme en Iran et son soutien continu aux groupes terroristes et au régime d’Assad en Syrie. La détente avec l’Amérique n’a pas même amené l’Iran à abandonner ses appels de « Mort à l’Amérique », observe Taheri. Il conclut que « Kennedy, Nixon et Reagan ont répondu positivement aux changements positifs de la part de l’adversaire”, alors qu’Obama “répond positivement à ses propres illusions”. MEMRI
Promoting the ‘deal’ he claims he has made with Iran, President Barack Obama is trying to cast himself as heir to a tradition of ‘peace through negotiations’ followed by US presidents for decades. In that context he has named Presidents John F. Kennedy, Richard Nixon and Ronald Reagan as shining examples, with the subtext that he hopes to join their rank in history. (…) Obama quotes JFK as saying one should not negotiate out of fear but should not be afraid of negotiating either. To start with, those who oppose the supposed ‘deal’ with Iran never opposed negotiations; they oppose the result it has produced… In one form or another, Iran and the major powers have been engaged in negotiations on the topic since 2003. What prompted Obama to press the accelerator was his desire to score a diplomatic victory before he leaves office. It did not matter if the ‘deal’ he concocted was more of a dog’s dinner than a serious document. He wanted something, anything , and to achieve that he was prepared to settle for one big diplomatic fudge. (…) Is Obama the new JFK? Hardly. Kennedy did negotiate with the USSR but only after he had blockaded Cuba and forced Nikita Khrushchev to blink and disband the nuclear sites he had set up on the Caribbean island. In contrast, Obama obtained nothing tangible and verifiable. Iran’s Atomic Energy chief Ali-Akbar Salehi put it nicely when he said that the only thing that Iran gave Obama was a promise ‘not to do things we were not doing anyway, or did not wish to do or could not even do at present.’ (…) JFK also had the courage to fly to West Berlin to face the Soviet tanks and warn Moscow against attempts at overrunning the enclave of freedom that Germany’s former capital had become. With his ‘Ich bin ein Berliner’ (I am a citizen of Berlin), he sided with the people of the besieged city in a long and ultimately victorious struggle against Soviet rule. In contrast Obama does not even dare call on the mullahs to release the Americans they hold hostage. Instead, he has engaged in an epistolary courting of the Supreme Guide and instructed his administration in Washington to do and say nothing that might ruffle the mullahs’ feathers. (…) No, Obama is no JFK.  But is he heir to Nixon? Though he hates Nixon ideologically, Obama has tried to compare his Iran ‘deal’ with Nixon’s rapprochement with China. Again, the comparison is misplaced. Normalization with Beijing came after the Chinese leaders had sorted out their internal power struggle and decided to work their way out of the ideological impasse created by their moment of madness known as The Great Proletarian Cultural Revolution. The big bad wolf of the tale, Lin Biao, was eliminated in an arranged air crash and the Gang of Four defanged before the new leadership set-up in Beijing could approach Washington with talk of normalization. (…) At the time the Chinese elite, having suffered defeat in border clashes with the USSR, saw itself surrounded by enemies, especially after China’s only ally Pakistan had been cut into two halves in an Indo-Soviet scheme that led to the creation of Bangladesh. Hated by all its neighbors, China needed the US to break out of isolation. Even then, the Americans drove a hard bargain. They set a list of 22 measures that Beijing had to take to prove its goodwill, chief among them was abandoning the project of ‘exporting revolution’. (…) Those of us who, as reporters, kept an eye on China and visited the People’s Republic in those days were astonished at the dramatic changes the Communist leaders introduced in domestic and foreign policies to please the Americans. In just two years, China ceased to act as a ’cause’ and started behaving like a nation-state. It was only then that Nixon went to Beijing to highlight a long process of normalization. In the case of Iran, Obama has obtained none of those things. In fact, his ‘deal’ has encouraged the worst tendencies of the Khomeinist regime as symbolized by dramatic rise in executions, the number of prisoners of conscience and support for terror groups not to mention helping Bashar Al-Assad in Syria. (…) No, Obama is no Nixon. But is he a new Reagan as he pretends? Hardly. Reagan was prepared to engage the Soviets at the highest level only after he had convinced them that they could not blackmail Europe with their SS20s while seeking to expand their empire through so-called revolutionary movements they sponsored across the globe. The SS20s were countered with Pershing missiles and ‘revolutionary’ armies with Washington-sponsored ‘freedom fighters.’ (…) Unlike Obama who is scared of offending the mullahs, Reagan had no qualms about calling the USSR ‘The Evil Empire’ and castigating its leaders on issues of freedom and human rights. The famous phrase ‘Mr. Gorbachev, tear down that wall!’ indicated that though he was ready to negotiate, Reagan was not prepared to jettison allies to clinch a deal. (…) Obama has made no mention of Jimmy Carter, the US president he most resembles. However, even Carter was not as bad as Obama if only because he was prepared to boycott the Moscow Olympics to show his displeasure at the invasion of Afghanistan. Carter also tried to do something to liberate US hostages in Tehran by organizing an invasion of the Islamic Republic with seven helicopters. The result was tragicomic; but he did the best his meagre talents allowed. (NB: No one is suggesting Obama should invade Iran if only because if he did the results would be even more tragicomic than Carter’s adventure.) (…) On a more serious note, it is important to remember that dealing with the Khomeinist regime in Tehran is quite different from dealing with the USSR and China was in the context of detente and normalization. Neither the USSR nor the People’s Republic regarded the United States as ‘enemy’ in any religious context as the Khomeinist regime does. Moscow branded the US, its ‘Imperialist’ rival, as an ‘adversary’ (protivnik) who must be fought and, if possible, defeated, but not as a ‘foe’ (vrag) who must be destroyed. In China, too, the US was attacked as ‘arch-Imperialist’ or ‘The Paper Tiger’ but not as a mortal foe. The slogan was ‘Yankee! Go Home!’ (…) In the Khomeinist regime, however, the US is routinely designated as ‘foe’ (doshman) in a religious context and the slogan is ‘Death to America!’ Supreme Guide Ali Khamenei has no qualms about calling for the ‘destruction’ of America, as final step towards a new global system under the banner of his twisted version of Islam. Tehran is the only place where international ‘End of America’ conferences are held by the government every year. The USSR and China first cured themselves of their version of the anti-American disease before seeking detente and normalization. That did not mean they fell in love with the US. What it meant was that they learned to see the US as adversary, rival, or competitor not as a mortal foe engaged in a combat-to-death contest. The Islamic Republic has not yet cured itself of that disease and Obama’s weakness may make it even more difficult for that cure to be applied. (..) Détente with the USSR and normalization with China came after they modified important aspects of their behavior for the better. Kennedy, Nixon and Reagan responded positively to positive changes on the part of the adversary. In the case of the USSR positive change started with the 20th congress of the Communist Party of the Soviet Union in which Khrushchev denounced Joseph Stalin’s crimes, purged the party of its nastiest elements, notably Lavrentiy Beria, and rehabilitated millions of Stalin’s victims. (…) In foreign policy, Khrushchev, his swashbuckling style notwithstanding, accepted the new architecture of stability in Cold War Europe based on NATO and the Warsaw Pact. Kennedy, Johnson and, later, Nixon and President Gerald Ford had to respond positively. In the late1980s, the USSR offered other positive evolutions through Glasnost and Perestroika and final withdrawal from Afghanistan under Mikhail Gorbachev. Again, Reagan and President George Bush (the father) had to respond positively. (…) In the case of China we have already noted the end of the Cultural Revolution. But China also agreed to help the US find a way to end the Vietnam War. Beijing stopped its almost daily provocations against Taiwan and agreed that the issue of the island-nation issue be kicked into the long grass. Within a decade, under Deng Xiaoping, China went even further by adopting capitalism as its economic system. (…) There is one other difference between the cases of the USSR and China in the 1960s to 1990s and that of the Khomeinist regime in Tehran today. The USSR had been an ally of the United States during the Second World War and its partner in setting up the United Nations in 1945. Although rivals and adversaries, the two nations also knew when to work together when their mutual interests warranted it. The same was true of the Chinese Communist Party which had been an ally of the US and its Chinese client the Kuomintang during the war against Japanese occupation when Edgar Snow was able to describe Mao Zedong as ‘America’s staunchest ally against the Japanese Empire.’ In the 1970s, Washington and Beijing did not find it strange to cooperate in containing the USSR, their common rival-cum-adversary as they had done when countering Japan. (…) In the case of the Islamic Republic there is no sign of any positive change and certainly no history of even tactical alliance with the US. (…) Unless he knows something that we do not, Obama is responding positively to his own illusions. » Amir Taheri
Certain that Obama is paralyzed by his fear of undermining the non-existent “deal” the mullahs have intensified their backing for Houthi rebels in Yemen. Last week a delegation was in Tehran with a long shopping list for arms. In Lebanon, the mullahs have toughened their stance on choosing the country’s next president. And in Bahrain, Tehran is working on a plan to “ensure an early victory” of the Shiite revolution in the archipelago. Confident that Obama is determined to abandon traditional allies of the United States, Tehran has also heightened propaganda war against Saudi Arabia, now openly calling for the overthrow of the monarchy there. The mullahs are also heightening contacts with Palestinian groups in the hope of unleashing a new “Intifada.” “Palestine is thirsty for a third Intifada,” Supreme Guide Khamenei’s mouthpiece Kayhan said in an editorial last Thursday. “It is the duty of every Muslim to help start it as soon as possible.” Amir Taheri
Le Président américain qui a abandonné la Syrie et le Yémen sans le moindre combat est maintenant en train de mener à contre-coeur une contre-offensive en Afghanistan. Les talibans semblent avoir correctement évalué le manque de résolution du leadership actuel aux Etats-Unis et ont à l’évidence décidé de reprendre tout l’Afghanistan. Dans sa première campagne présidentielle de 2008, alors qu’il était sénateur, Obama avait qualifié l’engagement des Etats-Unis en Irak de « mauvaise guerre, » et à la place voulait que son pays se concentre sur l’Afghanistan — sa « bonne guerre. » Mais après le retrait des troupes américaines d’Irak en 2011, des pans entiers d’Irak sont tombés sous contrôle de l’Etat Islamique (ISIS), tandis que les autres régions sont passées sous influence de l’Iran. Alors comment se porte la « bonne guerre » du Président Obama en Afghanistan? Le 29 septembre 2015, les combattants talibans se sont emparés de Kunduz, une capitale provinciale. Cette prise représente la plus importante victoire des talibans depuis 2001, date à laquelle une coalition menée par les américains avait renversé le régime des talibans, à la suite des attaques du 11 septembre à New York. Depuis ce revers, les talibans s’étaient cachés dans des régions tribales tout en lançant des attaques terroristes sporadiques dans les villes, sans jamais réussir à reprendre un centre urbain. Avec la chute de Kunduz, les talibans contrôlent la 5ème plus grande ville d’Afghanistan. (…) En outre, Obama semble avoir établi un modèle de sous estimation des adversaires de l’Amérique. Il est connu qu’il a qualifié ISIS « de bande de joyeux fêtards, » et a récemment déclaré que le Président russe Vladimir Poutine s’est engagé dans la guerre en Syrie « par faiblesse. » Mais ce qui est visible à chacun sauf à Obama est que le « faible » Poutine supplante les Etats-Unis en Ukraine, Crimée et maintenant en Syrie. C’est Obama qui semble faible. Dans son approche sur d’autres terrains, Obama s’est aliéné ses alliés et a renforcé ses ennemis. Dans une apparente tentative de persuader le Pakistan de cesser d’appuyer Al-Qaeda et ses filiales, le Président Obama s’est proposé de faire pression sur l’Inde pour qu’elle fasse des concessions au Cachemire. Selon l’ancien ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis, Husain Haqqani, le Président Obama a secrètement écrit  au Président du Pakistan, Asif Ali Zardari in 2009, l’assurant de sa sympathie pour la position du Pakistan au Cachemire, et se proposant apparemment de dire à l’Inde que « les anciennes manières de faire ne sont plus acceptables. » Selon le récit de Haqqani, rendu public en 2013, le Pakistan, qui bénéficie d’une aide financière de plusieurs milliards de dollars des Etats-Unis chaque année, a rejeté l’offre du Président Obama. Au lieu de cela, le Pakistan a continue d’entraîner, d’armer et d’abriter des terroristes internationaux – dont Osama bin Laden. Beaucoup de ces terroristes ont planifié et mené des opérations qui ont tué près de 2000 américains en service et en ont blessé 20,000 autres. Le Président Obama s’est ainsi aliéné l’Inde sans rien obtenir du Pakistan en retour. L’Inde était toute prête à soutenir la stratégie des Etats-Unis en Afghanistan. New Delhi partageait l’inquiétude de Kaboul sur la montée de l’islam militant dans la région. L’Inde est aussi confrontée à une menace existentielle par les milices islamistes dans la province à majorité musulmane du Cachemire et au-delà. Depuis le milieu des années 1990 plus de 30 000 civils indiens appartenant à du personnel de sécurité ont été tués dans des attaques terroristes. Le Président Obama, lors d’une visite en Inde, apparemment a préféré jouer le « commis voyageur » de la religion musulmane, et à plusieurs reprises a interpellé les hindous pour leur intolérance envers la minorité musulmane, niant la réalité de ce qui se révèle être une tentative de génocide et un nettoyage ethnique des Hindous, commencé il y a 70 ans avec la création de la République Islamique du Pakistan et se poursuivant aujourd’hui. Non seulement des millions d’Hindous ont été forcés de quitter le Pakistan quand les deux pays ont été créés en 1947, mais presque tous les hindous restés au Pakistan et au Bangladesh (anciennement Pakistan de l’Est) ont été expulsés ou assassinés au cours des décennies qui suivirent. Le nettoyage ethnique a culminé lors du génocide du Bangladesh en 1971, perpétré par l’Armée pakistanaise. Il a fait trois millions de victimes hindous et bangladeshis, et a forcé plus de 10 millions de refugiés à s’enfuir en Inde. En contrepartie la population musulmane en Inde est passée de 35 millions au début des années 1950 à environ 180 millions in 2015, faisant de l’Inde le foyer de la deuxième plus importante population musulmane au monde, après l’Indonésie. L’offensive des talibans en Afghanistan est le résultat direct de la politique constante de l’administration Obama de s’aliéner ses amis et de renforcer ses ennemis. Que ce soit Israël, l’Iran, l’Egypte ou l’Afghanistan, le Président Obama a de toute évidence préféré traiter avec des acteurs islamistes ou djihadistes plutôt qu’avec des forces libérales, laïques et démocratiques. Les conséquences d’une reconquête par les talibans de l’Afghanistan seraient encore plus désastreuses que leur précédent règne de terreur. Les talibans non seulement recommenceraient à envoyer des djihadistes bien entraînés à travers le Pakistan et au-delà de ses frontières, pour faire la guerre aux « infidèles » en Inde; Il porterait aussi son objectif déclaré de djihad mondial contre l’Occident. Avec les frontières de l’Europe grandes ouvertes, l’occident est plus vulnérable que jamais. Vijeta Uniyal
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
La présence des « colons Juifs » est « illégale » et par conséquent, toute mesure prise contre eux est légitime et légale. (…) Il est important que le soulèvement populaire s’intensifie. Jamal Muhaisen (Conseil Central du Fatah, 7 oct. , 2015]
 Il n’est pas nécessaire de revenir aux polémiques pour savoir qui a commis cette opération… Il n’est pas utile de l’annoncer ouvertement ni de se vanter de l’avoir fait. On doit remplir son devoir national volontairement et du mieux qu’on le peut. Mahmoud Ismail (officiel de l’OLP, Official PA TV, Oct. 6, 2015]
 Nos vies et notre sang seront sacrifiés pour la mosquée Al-Aqsa. Chaque violation du côté israélien contre Al-Aqsa est une violation de l’occupation, qu’elle soit accomplie dans des uniformes militaires ou religieux ou sous une couverture politique. Nous devons lutter contre toutes ces violations jusqu’à ce que l’occupation soit levée. Raed Salah
Raed Salah, chef du Mouvement islamique radical en Israël, appelle à utiliser la violence pour couper les Juifs de leur site le plus sacré, et affirme qu’Israël a déclaré la guerre en disant qu’il ne peut y avoir de Jérusalem sans le Mont du Temple. Le Sheikh Raed Salah, , a appelé à la violence terroriste sur le Mont du Temple – le site le plus saint du judaïsme – de manière à empêcher l’accès des Juifs au site sacré. Se référant à des visites juives pacifiques sur le site – qui sont souvent l’objet de harcèlement, tel que récemment pendant les prières de Ticha Be Av, une commémoration de la destruction du Premier et du Second Temple sur le site, Salah a parlé d’attaques israéliennes contre la Mosquée Al-Aqsa. (…) Le problème, avoue la journaliste Halevy, c’est que le Mont a été laissé entre les mains du Waqf jordanien depuis qu’il a été libéré pendant la guerre des Six Jours en 1967, et par conséquent, il est devenu le site d’émeutes musulmanes destinées à bloquer l’entrée des Juifs. De même, le Waqf a interdit aux Juifs de prier sur le site, malgré la loi israélienne stipulant la liberté de culte. (…) Lors d’un discours durant une manifestation musulmane en 2007, il a accusé les Juifs d’utiliser le sang des enfants pour cuire les matsot, invoquant les infâmes diffamations médiévales de meurtres de sang utilisés pour déclencher des pogroms meurtriers en Europe et au Moyen-Orient. Salah a également passé une brève période en prison pour avoir transféré de l’argent au Hamas, et s’est ému comme un enfant, des dessins des croix gammées dans une interview en 2009, sur une station de télévision de langue arabe basée à Londres. Coolamnews
Des centaines de milliers de fidèles musulmans doivent aller à Al-Aqsa et s’opposer au complot israélien de verser le sang des habitants arabes de Jérusalem-Est. Aujourd’hui, c’est seulement le travail de quelques individus, mais nous avons besoin d’un soutien national. Si les attaques individuelles continuent sans soutien national, ces actions seront éteintes dans les prochains jours, et donc des centaines de milliers de personnes doivent se mobiliser pour commencer une véritable Intifada. Hanin Zoabi (députée arabe au Parlement israélien)
Mon frère de Cisjordanie : Poignarde ! Mon frère de Cisjordanie : Poignarde les mythes du Talmud dans leurs esprits ! Mon frère de Cisjordanie : Poignarde les mythes sur le Temple dans leurs cœurs ! (…) Ô peuple de la mosquée d’Al-Abrar et peuple de Rafah, depuis votre mosquée, vous avez l’honneur de délivrer ces messages aux hommes de Cisjordanie : formez des escouades d’attaques au couteau. Nous ne voulons pas d’un seul assaillant. Ô jeunes hommes de Cisjordanie : Attaquez-les par trois et quatre. Les uns doivent tenir la victime, pendant que les autres l’attaquent avec des haches et des couteaux de boucher. (…) Ne craignez pas ce que l’on dira de vous. Ô hommes de Cisjordanie, la prochaine fois, attaquez par groupe de trois, quatre ou cinq. Attaquez-les en groupe. Découpez-les en morceaux. Mohammed Salah (« Abou Rajab », imam de Rafah, Gaza)
There’s been a massive increase in settlements over the course of the last years, and there’s an increase in the violence because there’s this frustration that’s growing. John Kerry
The same issue is being fought today and has been fought since 1948, and historians are carried back to the 19th century … when the original people, the Palestinians — and please remember, Jesus was a Palestinian — the Palestinian people had the Europeans come and take their country. (…) The youth in Ferguson and the youth in Palestine have united together to remind us that the dots need to be connected. And what Dr. King said, injustice anywhere is a threat to justice everywhere, has implications for us as we stand beside our Palestinian brothers and sisters, who have been done one of the most egregious injustices in the 20th and 21st centuries. (…) As we sit here, there is an apartheid wall being built twice the size of the Berlin Wall in height, keeping Palestinians off of illegally occupied territories, where the Europeans have claimed that land as their own. (…) Palestinians are saying ‘Palestinian lives matter.’ We stand with you, we support you, we say God bless you. Jeremiah Wright
C’est contre la colonisation continue des territoires conquis en 1967 que se révoltent une fois de plus en ce moment les Palestiniens. Ils comprennent que la colonisation vise à perpétuer l’infériorité palestinienne et rendre irréversible la situation qui dénie à leur peuple ses droits fondamentaux. Ici se trouve la raison des violences actuelles et on n’y mettra fin que le jour où les Israéliens accepteront de regarder les Palestiniens comme leurs égaux et où les deux peuples accepteront de se faire face sur la « ligne verte » de 1949, issue des accords d’armistice israélo-arabes de Rhodes. (…) Tant que la société juive ne reconnaît pas l’égalité des droits de l’autre peuple résidant sur la terre d’Israël, elle continuera de sombrer dans une réalité ouvertement coloniale et ségrégationniste, comme celle qui existe déjà dans les territoires occupés. Le conflit qui sévit aujourd’hui à Jérusalem comme les tragédies, les attentats et les meurtres qui frappent l’existence quotidienne des Juifs et des Arabes sont un bon exemple de ce que l’avenir nous réserve dans un Etat binational. Naturellement, cette approche exige symétrie et réciprocité du côté palestinien : la « ligne verte » est la frontière définitive, donc aucune colonie juive ne s’établira plus en Cisjordanie, mais aucun Palestinien ne devra retourner à l’intérieur des frontières de l’Etat d’Israël. Le sionisme classique s’est fixé pour tâche d’offrir un foyer au peuple juif. Le temps qui a séparé la guerre d’indépendance de la guerre des Six-Jours a montré que tous les objectifs du sionisme pouvaient être réalisés à l’intérieur du tracé de la « ligne verte ». La seule question sensée que l’on puisse poser aujourd’hui est donc de savoir si la société israélienne a encore la capacité de se réinventer, de sortir de l’emprise de la religion et de l’histoire et d’accepter de scinder le pays en deux Etats libres et indépendants. Zeev Sternhell (Historien)
Dans la bande de Gaza, étroite enclave côtière déjà ravagée par trois guerres et qui étouffe depuis neuf ans sous le blocus israélien, le désespoir est à son comble: la moitié des jeunes cherchent à s’exiler, les suicides sont en hausse, le chômage –l’un des plus forts taux au monde à 45%– n’a jamais été si haut et les perspectives d’avenir si lointaines. L’Obs
Le couteau est érigé en symbole du désespoir de « la génération Oslo ». Francetvinfo
L’usage d’une arme blanche est devenu typique d’une génération moins politisée et religieuse que ses aînés, et marquée par le désespoir.  C’est ce qui effraie les autorités israéliennes, car elles sont incapables de repérer ces individus, puisqu’ils ne sont pas fichés dans leurs services. C’est la génération née après les accord d’Oslo de 1993, accords de paix qui ont échoué. Ces jeunes n’ont jamais rien connu d’autre que les affrontements, la guerre et les humiliations.  Désillusionnés, ils se sont autoradicalisés et sont prêts à tout pour que la Palestine devienne un pays indépendant. Frédéric Encel
Un rapport d’un observateur de l’ONU indique que l’UNRWA gère 12 comptes Facebook antisémites et que les noms des responsables ont été livrés au Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, qui est invité à punir les coupables. L’organisation non gouvernementale UN Watch rapporte que les fonctionnaires de l’UNRWA gèrent pas moins de 12 comptes Facebook différents qui incitent ouvertement à la violence et à la haine contre les Juifs. Le groupe a présenté un rapport jeudi au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, pour lui demander encore une fois de punir les coupables, conformément à ses promesses. UN Watch a également signalé que la réponse du porte-parole de l’UNRWA Chris Gunness a été vulgaire et il s’est déchaîné contre l’ONG. Gunness a également tweeté que les allégations d‘antisémitisme contre l’UNRWA sont une légende sans fondement, et que UN Watch manque de crédibilité et « se rend ridicule. » Un porte-parole a répondu que les preuves existaient et avaient été présentées à Ban Ki Moon. Centre Simon Wisenthal
M. Nétanyahou, le «nationaliste», a bien mauvaise presse. Mahmoud Abbas quant à lui fait figure médiatique de gentil «modéré». Sans remonter une nouvelle fois aux origines du conflit, chacun s’accorde à reconnaître que dans sa dernière séquence celui-ci a pour cause la querelle à propos de l’esplanade des mosquées-mont du temple. Il ne se sera pas trouvé un seul journaliste hexagonal pour dire que l’intention prêtée aux responsables israéliens d’empêcher les musulmans d’exercer paisiblement leur culte à l’intérieur de leurs mosquées relevait du fantasme incantatoire islamiste. Il ne s’en est pas trouvé non plus un seul- au rebours de la presse étrangère-pour révéler la teneur du discours du «modéré» président palestinien à la télévision officielle daté du 16 septembre à propos des émeutes qui commençaient à Jérusalem, organisées par les extrémistes qui agressaient ces juifs venus pour prier pendant leur fêtes religieuses: «Nous bénissons les Mourabitoun, nous saluons chaque goutte de leur sang versé à cause de Jérusalem. Ce sang est pur, ce sang est propre, versé au nom d’Allah, chaque martyr aura sa place au paradis. La mosquée Al Aqsa, l’église du Saint-Sépulcre, tout est à nous, entièrement à nous ; ils n’ont pas le droit (les juifs) de les souiller de leurs pieds sales.» Depuis, et compte tenu de l’aggravation de la situation, Mahmoud Abbas a tenté de mettre de l’eau sur le feu. Mais comme le disait déjà le clairvoyant Bourguiba: «les chefs arabes sont toujours étonnés d’être pris au pied de la lettre et de ne plus savoir éteindre les incendies qu’ils ont allumés.» Je ne veux pas prétendre ici que la partie israélienne soit exempte de reproches, a fortiori son premier ministre, plus pragmatique qu’on ne le dit, mais affaibli au sein d’une coalition gouvernementale trop à droite, pour cause de système électoral littéralement criminel. Je persiste néanmoins à penser que dans un cadre intellectuel libéré de tout surmoi xénophile, la première question qui vaudrait d’être posée sans crainte de blasphémer serait de savoir pour quelle miraculeuse raison le monde palestinien échapperait à une radicalité islamiste qui met le feu à toute la région. La question ne sera pas posée. Gilles-William Goldnadel
UNRWA is deeply alarmed by the escalating violence and widespread loss of civilian life in the occupied Palestinian territory, including East Jerusalem, and in Israel. Only robust political action can prevent the further escalation of a situation that is affecting Palestinian and Israeli civilians. In Gaza a total of 11 Palestinians, among them refugees, have reportedly been killed and at least 186 injured. Nine people, including three children were reportedly killed during demonstrations in Gaza and two people – a pregnant woman and a child – were killed when a house collapsed due to the impact of a nearby Israeli strike. Four people were reportedly injured in the latter incident. In the West Bank, between 1 October and 9 October, UNRWA has recorded 45 incursions by Israeli forces into refugee camps resulting in several refugees being shot dead, including one child.  According to preliminary figures, 180 people have reportedly been injured in West Bank refugee camps, including some 20 children. About 50 of  them were reportedly injured by live-fire. (…)  Further to the recent statement of the High Commissioner for Human Rights, the high number of casualties, in particular those resulting from the use of live ammunition by Israeli forces raise serious concerns about the excessive use of force that may be contrary to international law enforcement standards. Under international law there are strict limits to the use of lethal force whether in the context of law enforcement operations or during conflict. These limitations are especially pertinent where a military occupying power operates in civilian areas. According to the UN Basic Principles on the Use of Force and Firearms by Law Enforcement Officials: “Law enforcement officials shall not use firearms against persons except in self-defense or defense of others against the imminent threat of death or serious injury, to prevent the perpetration of a particularly serious crime involving grave threat to life, to arrest a person presenting such a danger and resisting their authority, or to prevent his or her escape; and only when less extreme means are insufficient to achieve these objectives. In any event, intentional lethal use of firearms may only be made when strictly unavoidable in order to protect life.” Where alleged violations of international law occur, there must be a prompt, impartial, effective and thorough investigation of the events and full accountability in accordance with international standards. (…) The root causes of the conflict, among them the Israeli occupation, must be addressed. Across the occupied Palestinian territory there is a pervasive sense of hopelessness and despair resulting from the denial of rights and dignity. In the West Bank communities living under occupation feel profoundly marginalized. While in Gaza the latest demonstrations are evidence of a generation that has lost hope in the future; not least because of the lack of economic prospects — youth unemployment is one of the highest in the world – but also because of the lack of reconstruction more than a year after the conflict. An entire generation of Palestinians is at risk. All political actors must act decisively to restore their hope in a dignified, secure and stable future. Christopher Gunness (porte-parole de l’Unrwa et ancien journaliste de la BBC, October 12, 2015)
Which Nation Funding UNRWA Would React Differently if its Citizens Were Stabbed, Shot, Bombed and Rammed by Terrorists? The Simon Wiesenthal Center slammed the United Nation Relief and Works Agency (UNRWA) for criticizing Israel’s efforts to quell barbaric terrorist attacks by Palestinians against Israelis in Jerusalem and across the Jewish State. UNRWA expressed its concern over the use of live ammunition by Israeli forces – a policy the agency described as, “Excessive use of force,” which, it said, “May be contrary to international law enforcement standards. What an outrage! Instead of unequivocally denouncing the ongoing carnage of murderous stabbings, shootings, bombings and car rammings unleashed by Palestinians against their Jewish neighbors, UNRWA denounces Israel for trying to quell the terrorism and protect its citizens. UNRWA is the international agency that interacts with hundreds of thousands of Palestinians on a daily basis, providing over the decades, billions of dollars of aid. Instead of using its unique position to admonish the Palestinians to stop the terror and violence, targeting babies and a 12 year-old boy, 5 months before his Bar Mitzvah, it instead denounces the Jewish state for trying to stop the terror. As UNRWA receives its funding from the international community it is appropriate to ask, which nation funding UNRWA would react differently than Israel if its citizens were subject to a campaign of stabbings, shootings and bombings: The answer is that every nation in the world would respond powerfully to such a wave of terror, but only Israel is subject to criticism for the sin of defending her civilians. UNRWA’s outrageous criticism of Israel will only serve to inspire more violence against innocent Jews. Wiesenthal Center
What do you do when the people who are trying to kill you live in the neighborhood down the street? Or when they live in the same village as that lovely man your son’s been working with? Or when they work for the phone company? When they try to kill anybody — uniformed soldiers and police, ultra-Orthodox Jews, all the passengers on a city bus? When they target men, and women, and children. When they are men, and women, and children? When their leaders — politicians, spiritual leaders, teachers — lie to them about us, lie about our history, lie about our ambitions? When some of their leaders tell them they will go to paradise if they die in the act of killing us? When they (sometimes) lie to themselves about the killings they carry out — claiming that it is we who are rising up to kill them, that their bombers and stabbers are being attacked in cold blood by us — and thereby widen the circle of embittered potential killers? When they (sometimes) lie to themselves about who it is they are killing, falsely claiming in widely circulated social media exchanges, for instance, that Na’ama Henkin, gunned down with her husband in the West Bank two weeks ago, was deliberately targeted because it was she who had insulted the prophet, calling Muhammad a pig, on a visit to the Temple Mount this summer? When all they need in order to kill is a knife or a screwdriver and a mind that’s been filled with poison? And when that poison pours into them from most every media channel they consume, and from the horrendous Facebook postings of their peers and their role models? (…) After decades relentlessly demonizing and delegitimizing the revived Jewish state, the Palestinian leadership has produced a generation many of whom are so filled with hatred, and so convinced of the imperative to kill, that no other consideration — including the likelihood that they will die in the act — prevents them from seeking to murder Jews. The false claim pumped by Hamas, and the Northern Branch of the Islamic Movement in Israel, and Fatah, and many more besides, that the Jews intend to pray on the Temple Mount — a place of unique sanctity for Jews, but one whose Jewish connection has been erased from the Palestinian narrative — has all too evidently pushed a new wave of young Palestinians, urged to “protect al-Aqsa,” into murderous action against any and all Jewish targets, using any and all weapons. The suicide bombings of the Second Intifada were carried out by West Bank Palestinians; the onslaught was drastically reduced when Israel built the security barrier. Today’s terrorism is largely being carried out by Palestinian Arabs from East Jerusalem, some of whom have blue Israeli identity cards. The relative neglect of East Jerusalem since 1967, by an Israel that expanded the city’s municipal boundaries but signally failed to ensure anything remotely close to equality between Jewish and Arab neighborhoods, only made the lies and the incitement spread more easily. In an Israel where Jews and Arabs live utterly intertwined lives, this new level of potential danger in every seemingly banal encounter is rendering daily life nightmarish. In the short term: Arrest the preachers who spout hatred. Ask Facebook to close down the pages that disseminate it, and find the people behind those pages. Monitor hateful sentiment on social media more effectively; several of this month’s terrorists made no secret of their murderous intentions. (…) But in some neighborhoods, addressing such inequalities is impossible. Physically impossible. As in, Jewish city officials would be taking their lives into their hands to set foot in Shuafat refugee camp. By contrast, handing control of such areas to the PA, whose leader Mahmoud Abbas insists that all Jerusalem territory captured by Israel in 1967 be part of a Palestinian state, becomes ever less palatable and viable, as he becomes ever more extreme in his pronouncements and as the Palestinian-Arab population becomes ever more of a threat. (..) Yasser Arafat rejected Ehud Barak’s peace terms in 2000, and opted instead to foment the Second Intifada. And Mahmoud Abbas, eight years later, failed to seize Ehud Olmert’s offer to withdraw from the entire West Bank (with one-for-one land swaps), divide Jerusalem, and relinquish sovereignty in the Old City. (…) in fact, it is “resistance” that keeps the Palestinians from statehood. Most Israelis want to separate from the Palestinians — want to stop running their lives, want to keep a Jewish-democratic Israel. “Resistance” in each new iteration tells Israelis that they dare not do so. Had Gaza been calm and unthreatening after Israel’s 2005 withdrawal, the late Ariel Sharon would likely have withdrawn unilaterally from most of the West Bank. The Hamas takeover in Gaza, the incessant rocket fire and the frequent rounds of conflict told Israel that it could not risk another such withdrawal — that it could not risk another Hamas takeover in the West Bank. The international community peers shortsightedly at a strong Israel — very strong indeed compared to the Palestinians — and concludes that the onus is upon us to take the calculated risk and grant them full independence. But step back a little — to a perspective that includes Hamas, the rise of Islamic extremism in the Middle East, the threat posed directly by an emboldened Iran and via its terrorist proxies, the anti-Semitism and hostility to Israel rampant across this region — and it should be obvious that a miscalculation by “strong” Israel would quickly render it untenably weak and vulnerable. We might get better international media coverage, but we also might face destruction; Israelis aren’t about to vote for that. (…) What do you do when some of your neighbors are trying to kill you? Protect yourself. Stop them. Do what you sensibly can to help create a different, better climate — to moderate your enemies. Meanwhile, hang tough. Refuse to be terrorized. David Horowitz
Regarding the causes of this Palestinian blood fetish, Western news organizations have resorted to familiar tropes. Palestinians have despaired at the results of the peace process—never mind that Palestinian President Mahmoud Abbas just declared the Oslo Accords null and void. Israeli politicians want to allow Jews to pray atop the Temple Mount—never mind that Benjamin Netanyahu denies it and has barred Israeli politicians from visiting the site. There’s always the hoary “cycle of violence” formula that holds nobody and everybody accountable at one and the same time. Left out of most of these stories is some sense of what Palestinian leaders have to say. As in these nuggets from a speech Mr. Abbas gave last month: “Al Aqsa Mosque is ours. They [Jews] have no right to defile it with their filthy feet.” And: “We bless every drop of blood spilled for Jerusalem, which is clean and pure blood, blood spilled for Allah.” Then there is the goading of the Muslim clergy. “Brothers, this is why we recall today what Allah did to the Jews,” one Gaza imam said Friday in a recorded address, translated by the invaluable Middle East Media Research Institute, or Memri. “Today, we realize why the Jews build walls. They do not do this to stop missiles but to prevent the slitting of their throats.” Then, brandishing a six-inch knife, he added: “My brother in the West Bank: Stab!” Imagine if a white minister in, say, South Carolina preached this way about African-Americans, knife and all: Would the news media be supine in reporting it? Would we get “both sides” journalism of the kind that is pro forma when it comes to Israelis and Palestinians, with lengthy pieces explaining—and implicitly justifying—the minister’s sundry grievances, his sense that his country has been stolen from him? And would this be supplemented by the usual fake math of moral opprobrium, which is the stock-in-trade of reporters covering the Israeli-Palestinian conflict? In the Middle East version, a higher Palestinian death toll suggests greater Israeli culpability. (Perhaps Israeli paramedics should stop treating stabbing victims to help even the score.) (…) The significant question is why so many Palestinians have been seized by their present blood lust—by a communal psychosis in which plunging knives into the necks of Jewish women, children, soldiers and civilians is seen as a religious and patriotic duty, a moral fulfillment. Despair at the state of the peace process, or the economy? Please. It’s time to stop furnishing Palestinians with the excuses they barely bother making for themselves. Above all, it’s time to give hatred its due. We understand its explanatory power when it comes to American slavery, or the Holocaust. We understand it especially when it is the hatred of the powerful against the weak. Yet we fail to see it when the hatred disturbs comforting fictions about all people being basically good, or wanting the same things for their children, or being capable of empathy. Today in Israel, Palestinians are in the midst of a campaign to knife Jews to death, one at a time. This is psychotic. It is evil. To call it anything less is to serve as an apologist, and an accomplice. Bret Stephens

« Couteau arme du désespoir« , « jeunes « désespérés » qui assassinent ou tentent d’assassiner des familles entière enfants et bébés compris, « jeune sans histoire » qui écrase des gens à un arrêt de bus avec une voiture puis s’acharne sur eux pour les achever au couteau, président qui « salue toutes gouttes de sang versées à Jérusalem » et rappelle les récompenses célestes destinées aux « martyrs » qui empêcheront les juifs de  profaner Al Aqsa avec leurs pieds sales », imam qui  appelle en plein prêche du vendredi à « poignarder « les juifs, médias occidentaux qui n’ont que les mots « désespoir » et « contestation » à la bouche, porte-parole d’une agence de l’ONU qui dénonce le seul « usage excessif de la force » des forces de sécurité israéliennes, secrétaire d’Etat américain qui met tout sur le dos des constructions israéliennes …

Vous avez dit « usage excessif de la force » ?

A l’heure où notre vieux rêve de monde unipolaire nous est enfin exaucé …

Et où chacun peut mesurer – pas moins de cinq guerres en cours entre la Syrie et l’Afghanistan ! – les effets chaque jour un peu plus catastrophiques …

D’un désengagement américain que le monde n’a pas connu depuis peut-être la fin de la 2e guerre mondiale  …

Pendant que de l’Iran à l’Etat islamique et à la Turquie et de la Russie à la Chine et à la Corée du nord, les dictatures ou Etats voyous multiplient les menaces dans les 15 mois qui leur restent …

Et qu’au Proche-Orient, dirigeants comme religieux, appellent ouvertement le premier venu à égorger tout juif qu’il ou elle peut trouver sur son chemin …

Devinez quel petit Etat, seule véritable démocratie de toute la région, est actuellement la cible de toutes les accusations ?

Palestine: The Psychotic Stage
The truth about why Palestinians have been seized by their present blood lust.
Bret Stephens
The Wall Street Journal
Oct. 12, 2015

If you’ve been following the news from Israel, you might have the impression that “violence” is killing a lot of people. As in this headline: “Palestinian Killed As Violence Continues.” Or this first paragraph: “Violence and bloodshed radiating outward from flash points in Jerusalem and the West Bank appear to be shifting gears and expanding, with Gaza increasingly drawn in.”

Read further, and you might also get a sense of who, according to Western media, is perpetrating “violence.” As in: “Two Palestinian Teenagers Shot by Israeli Police,” according to one headline. Or: “Israeli Retaliatory Strike in Gaza Kills Woman and Child, Palestinians Say,” according to another.

Such was the media’s way of describing two weeks of Palestinian assaults that began when Hamas killed a Jewish couple as they were driving with their four children in the northern West Bank. Two days later, a Palestinian teenager stabbed two Israelis to death in Jerusalem’s Old City, and also slashed a woman and a 2-year-old boy. Hours later, another knife-wielding Palestinian was shot and killed by Israeli police after he slashed a 15-year-old Israeli boy in the chest and back.

Other Palestinian attacks include the stabbing of two elderly Israeli men and an assault with a vegetable peeler on a 14-year-old. On Sunday, an Arab-Israeli man ran over a 19-year-old female soldier at a bus stop, then got out of his car, stabbed her, and attacked two men and a 14-year-old girl. Several attacks have been carried out by women, including a failed suicide bombing.

Regarding the causes of this Palestinian blood fetish, Western news organizations have resorted to familiar tropes. Palestinians have despaired at the results of the peace process—never mind that Palestinian President Mahmoud Abbas just declared the Oslo Accords null and void. Israeli politicians want to allow Jews to pray atop the Temple Mount—never mind that Benjamin Netanyahu denies it and has barred Israeli politicians from visiting the site. There’s always the hoary “cycle of violence” formula that holds nobody and everybody accountable at one and the same time.

Left out of most of these stories is some sense of what Palestinian leaders have to say. As in these nuggets from a speech Mr. Abbas gave last month: “Al Aqsa Mosque is ours. They [Jews] have no right to defile it with their filthy feet.” And: “We bless every drop of blood spilled for Jerusalem, which is clean and pure blood, blood spilled for Allah.”

Then there is the goading of the Muslim clergy. “Brothers, this is why we recall today what Allah did to the Jews,” one Gaza imam said Friday in a recorded address, translated by the invaluable Middle East Media Research Institute, or Memri. “Today, we realize why the Jews build walls. They do not do this to stop missiles but to prevent the slitting of their throats.”

Then, brandishing a six-inch knife, he added: “My brother in the West Bank: Stab!”

Imagine if a white minister in, say, South Carolina preached this way about African-Americans, knife and all: Would the news media be supine in reporting it? Would we get “both sides” journalism of the kind that is pro forma when it comes to Israelis and Palestinians, with lengthy pieces explaining—and implicitly justifying—the minister’s sundry grievances, his sense that his country has been stolen from him?

And would this be supplemented by the usual fake math of moral opprobrium, which is the stock-in-trade of reporters covering the Israeli-Palestinian conflict? In the Middle East version, a higher Palestinian death toll suggests greater Israeli culpability. (Perhaps Israeli paramedics should stop treating stabbing victims to help even the score.) In a U.S. version, should the higher incidence of black-on-white crime be cited to “balance” stories about white supremacists?

Didn’t think so.

Treatises have been written about the media’s mind-set when it comes to telling the story of Israel. We’ll leave that aside for now. The significant question is why so many Palestinians have been seized by their present blood lust—by a communal psychosis in which plunging knives into the necks of Jewish women, children, soldiers and civilians is seen as a religious and patriotic duty, a moral fulfillment. Despair at the state of the peace process, or the economy? Please. It’s time to stop furnishing Palestinians with the excuses they barely bother making for themselves.

Above all, it’s time to give hatred its due. We understand its explanatory power when it comes to American slavery, or the Holocaust. We understand it especially when it is the hatred of the powerful against the weak. Yet we fail to see it when the hatred disturbs comforting fictions about all people being basically good, or wanting the same things for their children, or being capable of empathy.

Today in Israel, Palestinians are in the midst of a campaign to knife Jews to death, one at a time. This is psychotic. It is evil. To call it anything less is to serve as an apologist, and an accomplice.

Voir aussi:

OLP : Tuer les Juifs est un devoir national légal
Israel
11 octobre 2015

« La présence des « colons Juifs » [à Jérusalem, Tel Aviv, Afula?] est « illégale » et par conséquent, toute mesure prise contre eux est légitime et légale », selon Jamal Muhaisen, membre du Conseil Central du Fatah [ [Al-Hayat Al-Jadida, 7 oct. , 2015]. Cette propension au meurtre des Juifs, souvent exprimée par des responsables du plus haut rang de l’Autorité Palestinienne et du Fatah, explique le vaste soutien accordé par les responsables palestiniens aux récents meurtres de civils israéliens.

Un autre officiel palestinien, Mahmoud Ismail, membre du Comité Excécutif [c’est le moment de le dire!] de l’OLP, a ouvertement déclaré que le meurtre de sang-froid de Naama et Eitam Henkin dans leur voiture et devant leurs quatre enfants était, non seulement « légal », mais qu’il « remplissait pleinement un devoir national » palestinien [TV officielle de l’AP, 6 Oct. 2015].

Alors qu’Israël continue de subir une terreur quotidienne à travers tout le pays, dont quatre tentatives de meurtre au couteau hier et trois de plus, au moins, à cette heure, aujourd’hui, contre des citoyens Juifs, l’Autorité Palestinienne et le Fatah continuent d’exprimer leur total soutien à ce qu’ils sont prompts à qualifier de « soulèvement populaire ». Tout en disant au monde qu’ils ne veulent pas une nouvelle Intifada et qu’ils sont contre le terrorisme, les officiels de l’AP exhortent leur peuple à poursuivre les attentats contre tous les Juifs Israéliens, ce qu’ils appellent un « soulèvement populaire ».

Jamal Muhaisen: “Il est important que le soulèvement populaire s’intensifie.”
[Al-Hayat Al-Jadida, 7 octobre 2015]

Les citations suivantes sont extraites des déclarations de Jamal Muhaisen, membre du Comité Central du Fatah et de Mahmoud Ismaïl, membre du comité exécutif de l’OLP, légitimant le meurtre des civils israéliens.

Jamal Muhaisen, membre du Conseil Central du Fatah :

Jamal Muhaisen, membre du Comité centela du Fatah a déclaré que le peuple palestinien prouve que sa vie et son sang ont peu de valeur, devant leur soutien à la Mosquée Al Aqsa et le devoir d’accomplir la libération et l’indépendance… Muhaisen a insisté sur le fait qu’il est important que le soulèvement populaire (soit les attentats individuels terroristes contre des Juifs) s’accroisse, de façon à punir les crimes de l’occupation des des « Colons ». Il a clairement dit que la présence des « colons » est illégale et que, par conséquent toute mesure prise contre eux est à la fois légale et légitime ».
[Al-Hayat Al-Jadida, Oct. 7, 2015]
Mahmoud Ismail, membre du conseil exécutif de l’OLP :

Animateur de la TV officielle de l’AP :  « Est ce qu’ils [ les tueurs du couple Henkin] sont des Brigades des Martyrs d’Al Aqsa ou du Hamas?

Mahmoud Ismail (officiel de l’OLP) : « Il n’est pas nécessaire de revenir aux polémiques pour savoir qui a commis cette opération… Il n’est pas utile de l’annoncer ouvertement ni de se vanter de l’avoir fait. On doit remplir son devoir national volontairement et du mieux qu’on le peut ».
[Official PA TV, Oct. 6, 2015]

Les meurtriers des Henkin – Israelis Naama et Eitam Henkin (qui est aussi citoyen américain) ont été assassinés de sang-froid dans une attaque à l’arme feu depuis un autre véhicule le 1er octobre 2015, sur la route entre Itamar et Elon Moreh près de Naplouse. Leurs quatre enfants âgés de 9, 7, 4 ans, et le dernier, de 4 mois, présents dans la voiture, ont été témoins de ces meurtres, mais n’ont pas été physiquement blessés, parce que les assassins se sont tirés dessus par erreur.

Bien que les brigades de l’OLP, les Martyrs d’Al Aqsa se sont empressés de revendiquer ces meurtres, cinq terroristes du Hamas ont été arrêtés par le Shin Bet …

palwatch.org

Adaptation : Marc Brzustowski.

Un prédicateur de Rafah brandit un couteau dans un sermon et appelle les Palestiniens à poignarder des juifs

Voir les extraits vidéo sur MEMRI TV

Dans un sermon du vendredi 9 octobre 2015 prononcé à la mosquée Al-Abrar à Rafah, dans la bande de Gaza, le cheikh Mohammed Sallah « Abou Rajab » brandit un couteau, lançant un appel à ses frères de Cisjordanie : « Poignardez-les ». Il ajoute : « Ô jeunes hommes de Cisjordanie : Attaquez-les par trois ou quatre », et « découpez-les en morceaux ». Extraits :

Mohammed Salah « Abou Rajab » : Mes frères, nous devons sans arrêt rappeler au monde, et à tous ceux qui l’ont oublié… Le monde doit entendre, via ces caméras et via Internet : C’est Gaza ! C’est le lieu des tranchées et des canons ! C’est la Cisjordanie ! C’est le lieu des bombes et des poignards ! C’est Jérusalem… Jérusalem est le nom de code… C’est Jérusalem… On peut dire beaucoup de choses sur Jérusalem. C’est là que se trouvent les soldats du prophète Mahomet. Telle est la grâce d’Allah. Les soldats du prophète Mahomet sont ici. Mes frères, voilà pourquoi nous rappelons aujourd’hui ce qu’Allah a fait aux juifs. Nous rappelons ce qu’Il leur a fait à Khaybar.

[…]

Aujourd’hui, nous comprenons pourquoi les [juifs] construisent des murs. Ils ne le font pas pour arrêter les missiles, mais pour empêcher qu’on leur tranche la gorge.

[…]

« Abou Rajab », poignard à la main, fait le geste d’attaquer.

Mon frère de Cisjordanie : Poignarde ! Mon frère de Cisjordanie : Poignarde les mythes du Talmud dans leurs esprits ! Mon frère de Cisjordanie : Poignarde les mythes sur le Temple dans leurs cœurs !

[…]

Aujourd’hui, nous avons déclaré un couvre-feu [en Israël]. Écoutez ce que les juifs se disent entre eux : Restez à la maison, ou bien sortez rencontrer votre mort. Ils n’ont pas d’autre choix. Ô hommes de Cisjordanie, la première phase de l’opération nécessite de poignarder pour parvenir à un couvre-feu.

[…]

Maintenant, nous imposons un couvre-feu avec des poignards, et dans la phase suivante, qui est, avec l’aide d’Allah, sur le point de se réaliser… Nous ne vous renverrons pas en Russie, en Bulgarie, en Ukraine ou en Pologne. Nous ne vous renverrons pas là-bas. Vous êtes venus ici… Le tribunal militaire islamique a décrété… Ce tribunal, présidé par le compagnon du Prophète Sad Ibn Mu’adh, a décrété… Saad Ibn Mu’adh est réapparu, en Cisjordanie. Saad Ibn Mu’adh est aujourd’hui dans les rues de Jérusalem, d’Afula, de Tel-Aviv et du Néguev. Le tribunal militaire islamique a statué le jugement divin : Vous n’aurez rien d’autre sur notre terre que le massacre et le poignard. Pourquoi ? Le monde dira que nous sommes des terroristes, que nous incitons à la haine. Oui ! « Ô Prophète, le Seul qui compte pour toi et pour quiconque te suit parmi les croyants est Allah. Ô Prophète d’Allah, exhorte les croyants à combattre. » Pourquoi ? Ô Amérique, ô agresseurs croisés, ô sionistes arabes, ô sionistes parmi les juifs criminels : sommes-nous des agresseurs ? Vous êtes venus de votre propre volonté pour être massacrés sur notre terre.

[…]

« Lorsque viendra la promesse de l’Au-delà, Nous vous ferons venir en foule. » Allah a fait venir les juifs, Ses ennemis et les ennemis de l’humanité, qui détruisent nos maisons en Syrie, en Irak, en Egypte et partout.

[…]

Ô peuple de la mosquée d’Al-Abrar et peuple de Rafah, depuis votre mosquée, vous avez l’honneur de délivrer ces messages aux hommes de Cisjordanie : formez des escouades d’attaques au couteau. Nous ne voulons pas d’un seul assaillant. Ô jeunes hommes de Cisjordanie : Attaquez-les par trois et quatre. Les uns doivent tenir la victime, pendant que les autres l’attaquent avec des haches et des couteaux de boucher.

[…]

Ne craignez pas ce que l’on dira de vous. Ô hommes de Cisjordanie, la prochaine fois, attaquez par groupe de trois, quatre ou cinq. Attaquez-les en groupe. Découpez-les en morceaux.

[…]

Wiesenthal Center to UNRWA: When will you Repudiate Palestinian Terrorists’ Crimes Against Humanity?

Which Nation Funding UNRWA Would React Differently if its Citizens Were Stabbed, Shot, Bombed and Rammed by Terrorists?
October 13, 2015

The Simon Wiesenthal Center slammed the United Nation Relief and Works Agency (UNRWA) for criticizing Israel’s efforts to quell barbaric terrorist attacks by Palestinians against Israelis in Jerusalem and across the Jewish State. UNRWA expressed its concern over the use of live ammunition by Israeli forces – a policy the agency described as, “Excessive use of force,” which, it said, “May be contrary to international law enforcement standards.”

“What an outrage! Instead of unequivocally denouncing the ongoing carnage of murderous stabbings, shootings, bombings and car rammings unleashed by Palestinians against their Jewish neighbors, UNRWA denounces Israel for trying to quell the terrorism and protect its citizens,” charged Rabbis Marvin Hier and Abraham Cooper, Founder and Dean and Associate Dean of the leading Jewish human rights group.

“UNRWA is the international agency that interacts with hundreds of thousands of Palestinians on a daily basis, providing over the decades, billions of dollars of aid. Instead of using its unique position to admonish the Palestinians to stop the terror and violence, targeting babies and a 12 year-old boy, 5 months before his Bar Mitzvah, it instead denounces the Jewish state for trying to stop the terror.”

One of hundreds of images on social media showing how to attack Israelis. This posting and numerous others like it, was removed following protest from the SWC, who has been urging social networking platforms, Twitter, YouTube and Facebook to stop enabling the terror campaign against Israelis through social media.

“As UNRWA receives its funding from the international community it is appropriate to ask, which nation funding UNRWA would react differently than Israel if its citizens were subject to a campaign of stabbings, shootings and bombings: The answer is that every nation in the world would respond powerfully to such a wave of terror, but only Israel is subject to criticism for the sin of defending her civilians. UNRWA’s outrageous criticism of Israel will only serve to inspire more violence against innocent Jews,” Wiesenthal Center officials concluded.

UNRWA calls for political action and accountability to stem the current spiral of violence and fear
12 October 2015

Statement by UNRWA Spokesperson Chris Gunness

UNRWA is deeply alarmed by the escalating violence and widespread loss of civilian life in the occupied Palestinian territory, including East Jerusalem, and in Israel. Only robust political action can prevent the further escalation of a situation that is affecting Palestinian and Israeli civilians.

In Gaza a total of 11 Palestinians, among them refugees, have reportedly been killed and at least 186 injured. Nine people, including three children were reportedly killed during demonstrations in Gaza and two people – a pregnant woman and a child – were killed when a house collapsed due to the impact of a nearby Israeli strike. Four people were reportedly injured in the latter incident. In the West Bank, between 1 October and 9 October, UNRWA has recorded 45 incursions by Israeli forces into refugee camps resulting in several refugees being shot dead, including one child.  According to preliminary figures, 180 people have reportedly been injured in West Bank refugee camps, including some 20 children. About 50 of  them were reportedly injured by live-fire.

We condemn killings and injuries of Palestine refugees such as the tragic case on 5 October, of Abd El Rahman, a 13-year-old ninth grade student at an UNRWA school who was shot dead by Israeli Forces in Bethlehem’s Aida refugee camp. The initial UNRWA investigation indicates that the child was with a group of friends, next to the UNRWA office after the school day was over and was not  posing any threat.

Further to the recent statement of the High Commissioner for Human Rights, the high number of casualties, in particular those resulting from the use of live ammunition by Israeli forces raise serious concerns about the excessive use of force that may be contrary to international law enforcement standards. Under international law there are strict limits to the use of lethal force whether in the context of law enforcement operations or during conflict. These limitations are especially pertinent where a military occupying power operates in civilian areas.

According to the UN Basic Principles on the Use of Force and Firearms by Law Enforcement Officials: “Law enforcement officials shall not use firearms against persons except in self-defense or defense of others against the imminent threat of death or serious injury, to prevent the perpetration of a particularly serious crime involving grave threat to life, to arrest a person presenting such a danger and resisting their authority, or to prevent his or her escape; and only when less extreme means are insufficient to achieve these objectives. In any event, intentional lethal use of firearms may only be made when strictly unavoidable in order to protect life.”

Where alleged violations of international law occur, there must be a prompt, impartial, effective and thorough investigation of the events and full accountability in accordance with international standards.

UNRWA reiterates the call of the United Nations Secretary-General on all sides to respect and protect the rights of children, in particular their inherent right to life.  We call for maximum restraint to ensure the protection of civilians, in accordance with international law.

The root causes of the conflict, among them the Israeli occupation, must be addressed. Across the occupied Palestinian territory there is a pervasive sense of hopelessness and despair resulting from the denial of rights and dignity. In the West Bank communities living under occupation feel profoundly marginalized. While in Gaza the latest demonstrations are evidence of a generation that has lost hope in the future; not least because of the lack of economic prospects — youth unemployment is one of the highest in the world – but also because of the lack of reconstruction more than a year after the conflict. An entire generation of Palestinians is at risk. All political actors must act decisively to restore their hope in a dignified, secure and stable future.

Conflit israélo-palestinien

Le couteau, arme du désespoir palestinien
Daphné Rousseau

Agence France-Presse à Jérusalem

Le Devoir

13 octobre 2015

Le couteau sorti d’un sac ou d’une chemise est devenu l’arme et le symbole de la confrontation des Palestiniens contre les Israéliens, avec un impact psychologique fort même si ces attaques n’ont fait que deux morts jusque-là.

 « Le terrorisme au couteau ne nous vaincra pas », a lancé le premier ministre Benjamin Nétanyahou à l’ouverture d’une nouvelle session du Parlement placée sous le signe des violences qui secouent Israël et les Territoires palestiniens occupés depuis 12 jours.

 Les images des couteaux, qu’ils soient de simples couteaux de cuisine ou de véritables surins de combat à lame crantée — en passant par un tournevis et même un épluche-légumes —, font depuis dix jours le tour des réseaux sociaux et des médias israéliens et palestiniens.

 Policiers et témoins présents lors des attaques ont pris l’habitude de dégainer leur téléphone portable en quelques secondes pour filmer la scène de l’agression et parfois l’arme utilisée, encore ensanglantée.

 « Il s’agit d’un objet du quotidien que tout le monde a chez soi ou qui est disponible partout, qui ne demande aucun entraînement et qui est facilement dissimulable », résume le Professeur Shaul Kimhi, psychologue et spécialiste des situations de stress et de résilience liée au « terrorisme ». « Une attaque au couteau n’a pas pour fonction première de tuer, mais d’abord de faire peur et le but est atteint. Les Israéliens sentent le danger même s’il n’est pas proportionnel à la menace », ajoute-il.

 Depuis le 3 octobre, 19 attaques ou tentatives d’attaques à l’arme blanche ont été perpétrées, dans la quasi-totalité par des Palestiniens hommes ou femmes. Loin des bains de sang causés par les attentats à la bombe de la deuxième Intifada, elles ont tué deux Israéliens. Dix agresseurs présumés ont été abattus. L’un des agresseurs blessés lundi à Jérusalem-Est avait seulement 13 ans.

 Des attaques à un rythme soutenu

 Les Israéliens sont habitués à développer des solutions techniques pour faire face aux menaces, comme le bouclier anti-missiles Dôme de fer contre les roquettes. Ils sont pris de court par ce mode opératoire qui n’est pas nouveau, mais s’emploie à un rythme inédit. « Nous avons à faire à des individus qui utilisent la plus basique des armes de terrorisme qui existe, et on ne peut pas faire la chasse aux couteaux. Il n’existe donc aucune réponse sécuritaire à cette crise », dit à l’AFP Miri Eisin, ancienne colonelle du renseignement militaire israélien.

 À la télévision israélienne, des spécialistes de l’autodéfense sont invités en plateau pour montrer des parades spécifiques.

 « Le plus important, c’est de créer une « zone stérile », d’éloigner le couteau le plus loin possible de votre corps, par exemple avec cette clé de bras », explique en direct un intervenant en tordant le poignet de celui qui simule son agresseur.

 Les services de secours du Magen David Adom ont, eux, diffusé un tutoriel (une vidéo pédagogique) pour apprendre au public les gestes qui sauvent. Ils rappellent qu’il ne faut pas toucher à la lame enfoncée dans la victime pour ne pas aggraver l’hémorragie.

 Sur les réseaux sociaux palestiniens, certains parlent d’une « Intifada des couteaux » et le chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a salué « les héros au couteau » dans un prêche.

 L’arme du désespoir

 L’usage du couteau est à l’image d’un mouvement spontané de jeunes qui ont répudié leurs dirigeants. Le désespoir apparent de ceux qui manipulent l’arme blanche et doivent bien imaginer qu’ils vont au-devant de la mort reflète celui d’une grande part de cette génération.

 Mohammad Halabi, 19 ans, se disait prêt à mourir sur sa page Facebook au nom d’une « troisième intifada » avant de tuer deux Israéliens à coups de couteau dans la Vieille ville de Jérusalem et d’être ensuite abattu.

 « Hé les occupants ! Avec un couteau, pas de sirène d’alarme pour vous prévenir », écrit un internaute palestinien.

 En réponse, c’est aussi sur les réseaux sociaux que les Israéliens exorcisent la peur en maniant l’humour noir. Comme sur la photo de cet homme affublé d’une armure artisanale, le visage crispé sur le pas de sa porte avec pour légende : « Chérie, je sors juste les poubelles et je reviens ».

 En revanche, les Israéliens ont été choqués de voir passer à Tel-Aviv la semaine dernière un couteau de 3 mètres de long enfoncé dans une réplique géante de tomate rougeoyante, le tout juché sur la plateforme d’un camion.

 Il s’agissait d’une campagne publicitaire du coutelier Arcos. Aux premières plaintes du public, il a remisé son camion et présenté ses excuses en assurant qu’il s’agissait d’un timing malencontreux et qu’il n’avait en aucun cas « songé à faire une exploitation cynique de cette situation si triste ».

What do you do when the people trying to kill you live around the block?

Ultimately, the only way to thwart people bent on murder, with their minds poisoned by racism and religious extremism, is to curb the flow of toxicity
David Horovitz
The Times Of Israel

October 14, 2015

What do you do when the people who are trying to kill you live in the neighborhood down the street?

Or when they live in the same village as that lovely man your son’s been working with?

Or when they work for the phone company?

When they try to kill anybody — uniformed soldiers and police, ultra-Orthodox Jews, all the passengers on a city bus?

When they target men, and women, and children.

When they are men, and women, and children?

When their leaders — politicians, spiritual leaders, teachers — lie to them about us, lie about our history, lie about our ambitions?

When some of their leaders tell them they will go to paradise if they die in the act of killing us?

When they (sometimes) lie to themselves about the killings they carry out — claiming that it is we who are rising up to kill them, that their bombers and stabbers are being attacked in cold blood by us — and thereby widen the circle of embittered potential killers?

When they (sometimes) lie to themselves about who it is they are killing, falsely claiming in widely circulated social media exchanges, for instance, that Na’ama Henkin, gunned down with her husband in the West Bank two weeks ago, was deliberately targeted because it was she who had insulted the prophet, calling Muhammad a pig, on a visit to the Temple Mount this summer?

When all they need in order to kill is a knife or a screwdriver and a mind that’s been filled with poison?

And when that poison pours into them from most every media channel they consume, and from the horrendous Facebook postings of their peers and their role models?

What do you do?

First, acknowledge the scale of the problem.

After decades relentlessly demonizing and delegitimizing the revived Jewish state, the Palestinian leadership has produced a generation many of whom are so filled with hatred, and so convinced of the imperative to kill, that no other consideration — including the likelihood that they will die in the act — prevents them from seeking to murder Jews.

The false claim pumped by Hamas, and the Northern Branch of the Islamic Movement in Israel, and Fatah, and many more besides, that the Jews intend to pray on the Temple Mount — a place of unique sanctity for Jews, but one whose Jewish connection has been erased from the Palestinian narrative — has all too evidently pushed a new wave of young Palestinians, urged to “protect al-Aqsa,” into murderous action against any and all Jewish targets, using any and all weapons.

The suicide bombings of the Second Intifada were carried out by West Bank Palestinians; the onslaught was drastically reduced when Israel built the security barrier. Today’s terrorism is largely being carried out by Palestinian Arabs from East Jerusalem, some of whom have blue Israeli identity cards. The relative neglect of East Jerusalem since 1967, by an Israel that expanded the city’s municipal boundaries but signally failed to ensure anything remotely close to equality between Jewish and Arab neighborhoods, only made the lies and the incitement spread more easily. In an Israel where Jews and Arabs live utterly intertwined lives, this new level of potential danger in every seemingly banal encounter is rendering daily life nightmarish.

Second, tackle the problem in all the spheres where it is exacerbated.

In the short term: Arrest the preachers who spout hatred. Ask Facebook to close down the pages that disseminate it, and find the people behind those pages. Monitor hateful sentiment on social media more effectively; several of this month’s terrorists made no secret of their murderous intentions.

Make plain, via every mainstream and social media avenue, in Arabic, that Israel has no plans to change the status quo at the Temple Mount. Involve King Abdullah of Jordan. Involve anybody else who can credibly address that incendiary lie about Al-Aqsa.

Boost security, of course, as Israel is doing, but know that there can be no hermetic prevention of these kinds of attacks.

Efforts at more strategic change, inevitably, run into the 48-year dilemma of what Israel wants and needs to do about East Jerusalem in particular, and the Palestinians in general. It is unforgivable that Arab neighborhoods of the city lie decades behind the Jewish neighborhoods in everything from city services to education to job opportunity. But in some neighborhoods, addressing such inequalities is impossible. Physically impossible. As in, Jewish city officials would be taking their lives into their hands to set foot in Shuafat refugee camp.

By contrast, handing control of such areas to the PA, whose leader Mahmoud Abbas insists that all Jerusalem territory captured by Israel in 1967 be part of a Palestinian state, becomes ever less palatable and viable, as he becomes ever more extreme in his pronouncements and as the Palestinian-Arab population becomes ever more of a threat.

Only “resistance” will liberate Palestine, Hamas has always argued. In fact, it is “resistance” that keeps the Palestinians from statehood

Ultimately, the only way to thwart people bent on murder, with their minds poisoned by racism and religious extremism, is to curb the flow of toxicity. Different lessons at school; different priorities and values from spiritual leaders; different messages from political leaders; different approaches on mainstream and social media.

But all that, of course, is far easier said than done. A different tone, a different approach, from the Israeli government, might have helped until recently. Then again, we’ve tried different tones and different approaches. As former prime minister Ehud Barak once said, it’s doubtful, when the Jews in their exile through the millennia prayed for a return to Jerusalem, that they were thinking of Shuafat refugee camp. But Yasser Arafat rejected Ehud Barak’s peace terms in 2000, and opted instead to foment the Second Intifada. And Mahmoud Abbas, eight years later, failed to seize Ehud Olmert’s offer to withdraw from the entire West Bank (with one-for-one land swaps), divide Jerusalem, and relinquish sovereignty in the Old City.

And so we still run the lives of millions of Palestinians, hundreds of thousands of whom are on the “safe” side of the barrier we built to protect ourselves from what has now evidently morphed into yet another phase of vicious, futile bloodshed.

Only “resistance” will liberate Palestine, Hamas has always argued, proudly citing the prisoner releases it extorted when kidnapping Gilad Shalit, and the control of Gaza it achieved when expediting Israel’s withdrawal via terror attacks and rocket fire. But in fact, it is “resistance” that keeps the Palestinians from statehood. Most Israelis want to separate from the Palestinians — want to stop running their lives, want to keep a Jewish-democratic Israel. “Resistance” in each new iteration tells Israelis that they dare not do so. Had Gaza been calm and unthreatening after Israel’s 2005 withdrawal, the late Ariel Sharon would likely have withdrawn unilaterally from most of the West Bank. The Hamas takeover in Gaza, the incessant rocket fire and the frequent rounds of conflict told Israel that it could not risk another such withdrawal — that it could not risk another Hamas takeover in the West Bank.

The international community peers shortsightedly at a strong Israel — very strong indeed compared to the Palestinians — and concludes that the onus is upon us to take the calculated risk and grant them full independence. But step back a little — to a perspective that includes Hamas, the rise of Islamic extremism in the Middle East, the threat posed directly by an emboldened Iran and via its terrorist proxies, the anti-Semitism and hostility to Israel rampant across this region — and it should be obvious that a miscalculation by “strong” Israel would quickly render it untenably weak and vulnerable. We might get better international media coverage, but we also might face destruction; Israelis aren’t about to vote for that.

There are two peoples with claims to this bloodied land. Neither is going anywhere. Only conciliation, however reluctantly achieved, is going to enable either and both of these two peoples to live normal lives. And that’s what anybody truly interested in addressing the Israeli-Palestinian conflict should be working for.

What do you do when some of your neighbors are trying to kill you? Protect yourself. Stop them. Do what you sensibly can to help create a different, better climate — to moderate your enemies. Meanwhile, hang tough. Refuse to be terrorized. Get on with living. That, not killing, is what people were born to do.

Obama will be the only person sticking to Iran deal
Amir Taheri
New York Post

October 11, 2015
Sometime this week, President Obama is scheduled to sign an executive order to meet the Oct. 15 “adoption day” he has set for the nuclear deal he says he has made with Iran. According to the president’s timetable the next step would be “the start day of implementation,” fixed for Dec. 15.

But as things now stand, Obama may end up being the only person in the world to sign his much-wanted deal, in effect making a treaty with himself.

The Iranians have signed nothing and have no plans for doing so. The so-called Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) has not even been discussed at the Islamic Republic’s Council of Ministers. Nor has the Tehran government bothered to even provide an official Persian translation of the 159-page text.

The Islamic Majlis, the ersatz parliament, is examining an unofficial text and is due to express its views at an unspecified date in a document “running into more than 1,000 pages,” according to Mohsen Zakani, who heads the “examining committee.”

“The changes we seek would require substantial rewriting of the text,” he adds enigmatically.

Nor have Britain, China, Germany, France and Russia, who were involved in the so-called P5+1 talks that produced the JCPOA, deemed it necessary to provide the Obama “deal” with any legal basis of their own. Obama’s partners have simply decided that the deal he is promoting is really about lifting sanctions against Iran and nothing else.

So they have started doing just that without bothering about JCPOA’s other provisions. Britain has lifted the ban on 22 Iranian banks and companies blacklisted because of alleged involvement in deals linked to the nuclear issue.

German trade with Iran has risen by 33 percent, making it the Islamic Republic’s third-largest partner after China.

China has signed preliminary accords to help Iran build five more nuclear reactors. Russia has started delivering S300 anti-aircraft missile systems and is engaged in talks to sell Sukhoi planes to the Islamic Republic.

France has sent its foreign minister and a 100-man delegation to negotiate big business deals, including projects to double Iran’s crude oil exports.

Other nations have also interpreted JCPOA as a green light for dropping sanctions. Indian trade with Iran has risen by 17 percent, and New Delhi is negotiating massive investment in a rail-and-sea hub in the Iranian port of Chah-Bahar on the Gulf of Oman. With help from Austrian, Turkish and United Arab Emirates banks, the many banking restrictions imposed on Iran because of its nuclear program have been pushed aside.

“The structures of sanctions built over decades is crumbling,” boasts Iranian President Hassan Rouhani.

Meanwhile, the nuclear project is and shall remain “fully intact,” says the head of Iran’s Atomic Energy Agency, Ali Akbar Salehi.

“We have started working on a process of nuclear fusion that will be cutting-edge technology for the next 50 years,” he adds.

Even before Obama’s “implementation day,” the mullahs are receiving an average of $400 million a month, no big sum, but enough to ease the regime’s cash-flow problems and increase pay for its repressive forces by around 21 percent.

Last month, Iran and the P5+1 created a joint commission to establish the modalities of implementation of an accord, a process they wish to complete by December 2017 when the first two-year review of JCPOA is scheduled to take place and when Obama will no longer be in the White House. (If things go awry Obama could always blame his successor or even George W Bush.)

Both Obama and his Secretary of State John Kerry have often claimed that, its obvious shortcomings notwithstanding, their nuke deal with the “moderate faction” in Tehran might encourage positive changes in Iran’s behavior.

That hasn’t happened.

The mullahs see the “deal” as a means with which Obama would oppose any suggestion of trying to curb Iran.

“Obama won’t do anything that might jeopardize the deal,” says Ziba Kalam, a Rouhani adviser. “This is his biggest, if not the only, foreign policy success.”

If there have been changes in Tehran’s behavior they have been for the worst. Iran has teamed up with Russia to keep Bashar al-Assad in power in Syria, mocking Obama’s “Assad must go” rhetoric. More importantly, Iran has built its direct military presence in Syria to 7,000 men. (One of Iran’s most senior generals was killed in Aleppo on Wednesday.)

Tehran has also pressured Iraqi Premier Haidar al-Abadi’s weak government to distance itself from Washington and join a dubious coalition with Iran, Russia and Syria.

Certain that Obama is paralyzed by his fear of undermining the non-existent “deal” the mullahs have intensified their backing for Houthi rebels in Yemen. Last week a delegation was in Tehran with a long shopping list for arms.

In Lebanon, the mullahs have toughened their stance on choosing the country’s next president. And in Bahrain, Tehran is working on a plan to “ensure an early victory” of the Shiite revolution in the archipelago.

Confident that Obama is determined to abandon traditional allies of the United States, Tehran has also heightened propaganda war against Saudi Arabia, now openly calling for the overthrow of the monarchy there.

The mullahs are also heightening contacts with Palestinian groups in the hope of unleashing a new “Intifada.”

“Palestine is thirsty for a third Intifada,” Supreme Guide Khamenei’s mouthpiece Kayhan said in an editorial last Thursday. “It is the duty of every Muslim to help start it as soon as possible.”

Obama’s hopes of engaging Iran on other issues were dashed last week when Khamenei declared “any dialogue with the American Great Satan” to be” forbidden.”

“We have no need of America” his adviser Ali-Akbar Velayati added later. “Iran is the region’s big power in its own right.”

Obama had hoped that by sucking up to the mullahs he would at least persuade them to moderate their “hate-America campaign.” Not a bit of that.

“Death to America” slogans, adoring official buildings in Tehran have been painted afresh along with US flags, painted at the entrance of offices so that they could be trampled underfoot. None of the US citizens still held hostages in Iran has been released, and one, Washington Post stringer Jason Rezai, is branded as “head of a spy ring “in Tehran. Paralyzed by his fear of undermining the non-existent deal, Obama doesn’t even call for their release.

Government-sponsored anti-American nationwide events are announced for November, anniversary of the seizure of the US Embassy in Tehran. The annual “End of America” week-long conference is planned for February and is to focus on “African-American victims of US police” and the possibility of “self-determination for blacks.”

According to official sources “families of Black American victims” and a number of “black American revolutionaries” have been invited.

Inside Iran, Obama’s “moderate partners” have doubled the number of executions and political prisoners. Last week they crushed marches by teachers calling for release of their leaders. Hundreds of trade unionists have been arrested and a new “anti-insurrection” brigade paraded in Tehran to terrorize possible protestors.

The Obama deal may end up as the biggest diplomatic scam in recent history.

Voir également:

America’s Fading Footprint in the Middle East
As Russia bombs and Iran plots, the U.S. role is shrinking—and the region’s major players are looking for new ways to advance their own interests
Yaroslav Trofimov
The Wall Street Journal
Oct. 9, 2015

Despised by some, admired by others, the U.S. has been the Middle East’s principal power for decades, providing its allies with guidance and protection.

Now, however, with Russia and Iran thrusting themselves boldly into the region’s affairs, that special role seems to be melting away. As seasoned politicians and diplomats survey the mayhem, they struggle to recall a moment when America counted for so little in the Middle East—and when it was held in such contempt, by friend and foe alike.

“It’s the lowest ebb since World War II for U.S. influence and engagement in the region,” said Ryan Crocker, a career diplomat who served as the Obama administration’s ambassador to Afghanistan and before that as U.S. ambassador to Iraq, Syria, Lebanon and Pakistan.

From shepherding Israel toward peace with its Arab neighbors to rolling back Iraq’s 1990 invasion of Kuwait and halting the contagion of Iran’s Islamic Revolution, the U.S. has long been at the core of the Middle East’s security system. Its military might secured critical trade routes and the bulk of the world’s oil supply. Today, the void created by U.S. withdrawal is being filled by the very powers that American policy has long sought to contain.

“If you look at the heart of the Middle East, where the U.S. once was, we are now gone—and in our place, we have Iran, Iran’s Shiite proxies, Islamic State and the Russians,” added Mr. Crocker, now dean of the Bush School of Government and Public Service at Texas A&M University. “What had been a time and place of U.S. ascendancy we have ceded to our adversaries.”

Of course, the U.S. retains a formidable presence across the greater Middle East, with some 45,000 troops in the region and deep ties with friendly intelligence services and partners in power from Pakistan to Morocco. Even after U.S. pullbacks in Iraq and Afghanistan, America’s military might in the region dwarfs Russia’s recent deployment to Syria of a few dozen warplanes and a few thousand troops. And as the Obama administration has argued, it isn’t these disengagements but the regional overstretch under President George W. Bush that undermined America’s international standing.

Still, ever since the Arab Spring upended the Middle East’s established order in 2011, America’s ability to influence the region has been sapped by a growing conviction that a risk-averse Washington, focused on a foreign-policy pivot to Asia, just doesn’t want to exercise its traditional Middle Eastern leadership role anymore.

“It’s not American military muscle that’s the main thing—there is a hell of a lot of American military muscle in the Middle East. It’s people’s belief—by our friends and by our opponents—that we will use that muscle to protect our friends, no ifs, ands or buts,” said James Jeffrey, a former U.S. ambassador to Iraq and Turkey. “Nobody is willing to take any risks if the U.S. is not taking any risks and if people are afraid that we’ll turn around and walk away tomorrow.”

This perception seems to be gaining traction in the region, where traditional allies—notably Israel and the Gulf monarchies—feel abandoned after the Obama administration’s nuclear deal with Iran. Many regional leaders and commentators compare Russian President Vladimir Putin’s unflinching support for Syrian President Bashar al-Assad’s ruthless regime with Washington’s willingness to let go of its own allies, notably Egypt’s longtime autocrat Hosni Mubarak. The phrase “red line” now often elicits knowing smirks, a result of the president’s U-turn away from striking Syria after the Assad regime’s horrifying sarin-gas attack in 2013.

By focusing Moscow’s latest bombing raids on moderate Syrian rebels trained by the Central Intelligence Agency, with nary an American effort to protect them, Mr. Putin has showcased the hazards of picking the U.S. side in this part of the world.

“Being associated with America today carries great costs and great risks,” said Emile Hokayem, a senior fellow at the International Institute for Strategic Studies in Bahrain. “Whoever you are in the region, you have a deep grudge against the United States. If you are in liberal circles, you see Obama placating autocratic leaders even more. And if you are an autocratic leader, you go back to the issue of Mubarak and how unreliable the U.S. is as an ally. There is not one constituency you will find in the region that is supportive of the U.S. at this point—it is quite stunning, really.”

The Obama administration’s pivot away from the Middle East is rooted, of course, in deep fatigue with the massive military and financial commitments made by the U.S. since 9/11, above all after the 2003 invasion of Iraq: Since 2001, at least $1.6 trillion has been spent, according to the Congressional Research Service, and 6,900 U.S. troops have been killed in the region.

“We couldn’t have gone in more flat-out than we did in Iraq, and not only didn’t it work, it made things even worse. That’s something to keep in mind when talking about Syria,” said Jeremy Shapiro, a fellow at the Brookings Institution in Washington and a former State Department official.

By scaling down its Middle East commitments, he added, the Obama administration has rightly recognized the limitations of U.S. power in a perennially turbulent region: “The difference is not whether you have peace, it’s whether Americans are involved in the lack of peace.”

Such reluctance to get involved also reflects the overall mood of the American public, argued Brian Katulis, a senior fellow at the Center for American Progress, a Washington think tank close to the administration.

“It’s not really about ‘exhaustion’ from the Iraq and Afghanistan wars. I see it a bit more as pragmatism—many Americans look back on the past 15 years of U.S. engagement in the Middle East, and they see a meager return on investment when it comes to stability. So there’s a natural skepticism,” he said.

For now, the American public isn’t paying much of a price for the erosion of the country’s standing in the Middle East. The U.S. hasn’t suffered a major terrorist attack on its homeland since 2001. Oil prices remain low. The millions of refugees fleeing Syria and Iraq are flooding into neighboring countries and, increasingly, Europe, not into distant America. And while the region is aflame, with five wars now raging between Libya and Afghanistan, U.S. soldiers no longer die daily on its remote battlefields.

But U.S. disengagement still has long-term costs—even if one ignores the humanitarian catastrophe in Syria, where more than 250,000 people have died and more than half the population has fled their homes. With the shale revolution, the U.S. may no longer be as dependent on Middle Eastern oil, but its allies and main trading partners still are. Islamic State’s haven in Iraq and Syria may let it plot major terrorist attacks in Europe and the U.S. And the American pullback is affecting other countries’ calculations about how to deal with China and Russia.

The White House disputes the notion that the U.S. is losing ground in the Middle East. Earlier this month, President Barack Obama said that Russia’s attacks on anti-Assad forces were made “not out of strength but out of weakness” and warned that Moscow would get “stuck in a quagmire.”

“We’re not going to make Syria into a proxy war between the United States and Russia,” Mr. Obama added. “This is not some superpower chessboard contest.”

But for the past several decades, the Middle East has indeed been a geopolitical chessboard on which the U.S. carefully strengthened its positions—nurturing ties with such disparate friends as Saudi Arabia, Egypt, Jordan, Israel, Pakistan and Turkey to thwart the ambitions of Moscow and Tehran, Washington’s main regional rivals.

On the eve of the Arab Spring in 2011, Russia had almost no weight in the region, and Iran was boxed in by Security Council sanctions over its nuclear program. The costly U.S. wars in Iraq and Afghanistan had hardly brought stability, but neither country faced internal collapse, and the Taliban had been chased into the remote corners of the Afghan countryside. Many people in the Middle East chafed at America’s dominance—but they agreed that it was the only game in town.

Dramatic developments in recent weeks—from Russia’s Syrian gambit to startling Taliban advances in Afghanistan—highlight just how much the region has changed since then.

The Syrian deployment, in particular, has given Mr. Putin the kind of Middle Eastern power projection that, in some ways, exceeds the influence that the Soviet Union enjoyed in the 1970s and 1980s. Already, he has rendered all but impossible plans to create no-fly zones or safe areas outside the writ of the Assad regime—and has moved to position Russia as a viable military alternative that can check U.S. might in the region.

“What Putin wants is to establish a sort of co-dominion with the U.S. to oversee the Middle East—and, so far, he has almost succeeded,” said Camille Grand, director of the Fondation pour la recherché stratégique, a French think tank.

Russia’s entry has been welcomed by many in the region—particularly in Iraq, a mostly Shiite country where the U.S. has invested so much blood and treasure—because of mounting frustration with the U.S. failure to roll back Islamic State.

More than a year after President Obama promised to “degrade and ultimate destroy” Islamic State, the Sunni militant group remains firmly in control of Mosul, Iraq’s second-largest city. In May, it seized Ramadi, another crucial Iraqi city. Islamic State—also known as ISIS—is spreading across the region, rattling countries from Afghanistan to Libya to Yemen.

“What’s been the result of this American coalition? Just the expansion of ISIS,” scoffed retired Lebanese Maj. Gen. Hisham Jaber, who now runs a Beirut think tank.

Iraqi officials and Kurdish fighters have long complained about the pace of the U.S. bombing campaign against Islamic State and Washington’s unwillingness to provide forward spotters to guide these airstrikes or to embed U.S. advisers with combat units. These constraints have made the U.S. military, in effect, a junior partner of Iran in the campaign against Islamic State, providing air cover to Iranian-guided Shiite militias that go into battle with portraits of the Ayatollahs Khomeini and Khamenei plastered on their tanks.

Iraq has already lost a huge chunk of its territory to Islamic State, and another calamity may be looming further east in Afghanistan. The Taliban’s recent seizure of the strategic city of Kunduz, which remains a battleground, suggests how close the U.S.-backed government of President Ashraf Ghani has come to strategic defeat. Its chances of survival could dwindle further if the Obama administration goes ahead with plans to pull out the remaining 9,800 U.S. troops next year.

“If the Americans decide to withdraw all forces from Afghanistan, what has happened in Kunduz will happen to many other places,” warned Afghan lawmaker Shinkai Karokhail.

Further afield, U.S. disengagement from Afghanistan has already driven Central Asian states that once tried to pursue relatively independent policies and allowed Western bases onto their soil back into Moscow’s orbit.

“It’s obvious that what’s happening in Afghanistan is pushing our countries closer to Russia. Who knows what America may come up with tomorrow—nobody trusts it anymore, not the elites and not the ordinary people,” said Tokon Mamytov, a former deputy prime minister of Kyrgyzstan who now teaches at the Kyrgyz-Russian Slavic University in Bishkek.

Among America’s regional allies, puzzlement over why the U.S. is so eager to abandon the region has now given way to alarm and even panic—and, in some cases, attempts at accommodation with Russia.

The bloody, messy intervention in Yemen by Saudi Arabia and its Gulf allies stemmed, in part, from a fear that the U.S. is no longer watching their backs against Shiite Iran. These Sunni Arab states could respond even more rashly in the future to the perceived Iranian threat, further inflaming the sectarian passions that have fueled the rise of Islamic State and other extremist groups.

The Gulf states “are acting more independently than we have seen in the last 40 years,” said Abdulhaleq Abdulla, a political scientist in the United Arab Emirates.

Even Israel is hedging its bets. Last year, it broke ranks with Washington and declined to vote for a U.S.-sponsored U.N. General Assembly resolution condemning the Russian annexation of Crimea. In recent days, Israel didn’t criticize the Russian bombardment in Syria.

So how deep—and how permanent—is this deterioration of the U.S. ability to shape events in the Middle East?

“The decline is not irreversible at all,” said retired U.S. Navy Adm. James Stavridis, who served in 2009-13 as NATO’s supreme allied commander and is now dean of the Fletcher School of Law and Diplomacy at Tufts University. He argues that a boost in aid, exercises and engagement with the Gulf states and Israel, as well as a larger commitment to fighting Islamic State and helping the moderate Syrian opposition, could undo the recent damage.

But others have concluded that the Middle East’s Pax Americana is truly over. “Whoever comes after Obama will not have many cards left to play,” said Mr. Hokayem. “I don’t see a strategy even for the next president. We’ve gone too far.”

Voir également:

Best of Frenemies
Though the Washington hand credits Obama with deep sympathy for the Jewish state, the incidents he recounts contradict that assertion.
Elliott Abrams
The Wall Street Journal
Oct. 11, 2015

Dennis Ross and “Middle East Peace Process” are nearly synonymous, and Mr. Ross wrote an 800-page book on the subject, “The Missing Peace,” after serving as a Mideast envoy to President Bill Clinton. So why another volume now? In “Doomed to Succeed,” the Washington hand brings his account up to date by covering the George W. Bush and Barack Obama administrations and looking at U.S.-Israel relations from Truman on.

The chapters that cover administrations in which Mr. Ross served—especially at a high level, as he did under Messrs. Bush, Clinton and Obama—are predictably the most lively. There is always the danger that familiarity breeds forgiveness, and the author is indeed less critical of mistakes under Messrs. Clinton or Bush than others might be. But that grant of clemency is withdrawn toward Mr. Obama, as Mr. Ross’s familiarity breeds page after page of criticism.

Mr. Ross’s portrait reinforces the recent account by Israel’s former ambassador, Michael Oren, in his book “Ally.” Six years of Mr. Obama get more pages here than eight years of Messrs. Clinton or Bush, and the author writes that “the president’s distancing from Israel was deliberate.” Though he credits Mr. Obama with deep sympathy for the Jewish state, the incidents he recounts contradict him.

For example, in 2009 the administration pressed Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu to undertake a 10-month moratorium on settlement construction in the hope of getting negotiations started, at considerable political cost to the Israeli leader. The moratorium brought the Israelis nothing from the Palestinians, so they refused to extend it. As Mr. Ross writes, “though [Palestinian leader] Abu Mazen had shown little flexibility and squandered the moratorium, President Obama . . . put the onus on Israel.”

Doomed to Succeed
By Dennis Ross
Farrar, Straus and Giroux, 474 pages, $30

Mr. Obama kept calling on Israel to take risks for peace. “But,” Mr. Ross adds, “he said nothing about what Abu Mazen had to do; the responsibility for acting was exclusively Netanyahu’s.” Even when Mr. Netanyahu accepted difficult American terms for a new negotiation in 2014 and then Abu Mazen rejected them, the administration “gave him a pass,” instead blaming the continuing construction of Israeli settlements. Mr. Obama believed that as the stronger party Israel could and should do more for peace. “But what if the Palestinians were not prepared to move? . . . He never seemed to ask that question,” Mr. Ross writes.

In Mr. Ross’s view, Mr. Obama fell for the oldest preconceptions about the Middle East, views that the State Department had been putting forward since 1948. There were principally three: “the need to distance from Israel to gain Arab responsiveness, concern about the high costs of cooperating with the Israelis, and the belief that resolving the Palestinian problem is the key to improving the U.S. position in the region.”

In chapter after chapter, Mr. Ross documents how these arguments affected policy over decades and failed to predict Arab behavior—yet were very rarely challenged. The reason they failed is simple, he says: “the hard truth is that [the Palestinians] are not a priority for Arab leaders. . . . The priorities of Arab leaders revolve around survival and security”—not Israeli-Palestinian relations or U.S. policy toward Israel.

What’s striking in this account, and in the history of U.S. Mideast policy, is why these three canards keep reappearing and gaining such wide support. When we move away from Israel, Mr. Ross observes, “our influence does not increase; our ties to the conservative Arab monarchies do not materially improve.”

When Truman recognized Israel immediately in 1948 over the deep opposition of George Marshall and the State Department, relations with all the Arabs remained intact. Eisenhower’s opposition to Israel, England and France over the Suez crisis of 1956, when those three nations invaded Sinai to seize the east bank of the Suez Canal and Ike forced them out, led to no gains with the Arab states—because “what damaged the United States was the perception that it would not stand by its friends.” When LBJ became the first president to provide tanks and Phantom jets to Israel, Averell Harriman at State predicted “an explosion.” It never came. The pattern is repeated every time because, as Mr. Ross rightly argues, the Arab states care about their own interests: “they were not going to make what mattered to them dependent on what we did with Israel.”

Mr. Ross’s treatment of each administration is necessarily brief but useful for that very reason: It’s hard to think of a college course on this subject that would not assign this book as a text. The scope of Mr. Ross’s book also allows him to highlight pointed historical ironies. He notes, for example, that Mr. Clinton intervened directly in Israeli politics to try to defeat Mr. Netanyahu in his 1996 and 1999 elections. Yet the current administration grew outraged about Mr. Netanyahu’s speech to Congress in March 2015.

Mr. Ross draws a harsh portrait of Mr. Obama’s National Security Advisor Susan Rice, who opposes Israel at every turn and refuses to engage in serious conversations with Israeli officials that would improve relations. When the administration considered its first U.N. Security Council veto, of a resolution condemning some construction in Israeli settlements, Ms. Rice was “adamant” in opposing the veto, arguing it would do “grave damage” to our relations with the Arabs. The veto was cast; she was proved wrong. She never admitted her mistake. Neither did George Marshall; neither did the State Department after Suez or after Johnson provided large quantities of arms to Israel for the first time.

Mr. Ross concludes that “those in the early years of the Truman and Eisenhower administrations who saw in the emergence of Israel only doom and gloom for the United States were wrong.” True enough. So readers may have one gripe: Why is this reassuring work entitled “Doomed to Succeed” rather than “A Blessing in Disguise?”

Mr. Abrams, a senior fellow at the Council on Foreign Relations, handled Middle East affairs at the National Security Council from 2001 to 2009.

Voir encore:

October 5, 2015 Special Dispatch No.6174
Prominent Iranian Analyst Amir Taheri: Unlike Kennedy, Nixon And Reagan, Who Drove A Hard Bargain In Negotiations With Enemies, Obama Is Capitulating And Chasing Illusions In Deal With Iran

In an opinion piece published August 25, 2015 in the London-based Saudi daily Al-Sharq Al-Awsat, Amir Taheri, a prominent Iranian analyst, author and columnist, compared Obama’s policy towards Iran to the policies of Kennedy, Nixon and Reagan in their dealings with the U.S.’s main rivals in their day – the USSR and China. Taheri wrote that, in making the deal with Iran, Obama wishes to portray himself as an heir to the tradition established by these presidents of defusing conflict through diplomacy and negotiations. He noted, however, that these leaders negotiated from a position of strength, and pursued a detente with America’s enemies only after the latter had fulfilled important American demands and changed key elements of their policies. For example, Kennedy negotiated with the USSR only after forcing it to remove the nuclear sites from Cuba; Nixon’s normalization with China came only after the latter had turned its back on the Cultural Revolution and abandoned its project of exporting communism, and Reagan engaged with the Soviets only after taking military measures to counter the threat they posed to Europe. Moreover, says Taheri, the U.S. warmed its relations with China and the USSR only after they abandoned their absolute enmity towards it and began regarding it as a rival and competitor rather than a mortal enemy that must be destroyed.

Conversely, says Taheri, Obama demanded nothing of the Iranians before commencing negotiations, not even the release of U.S. hostages. Moreover, he pursued rapprochement with Iran despite the absence of any positive change in this country’s hardline policies and ideologies. On the contrary, America’s overtures only encouraged Iran’s worst tendencies, as reflected in a sharp rise in human rights violations within Iran and in its continued support for terror groups and for Assad’s regime in Syria. The detente with America did not even cause Iran to abandon its calls of death to America, Taheri notes. He concludes « Kennedy, Nixon and Reagan responded positively to positive changes on the part of the adversary, » whereas « Obama is responding positively to his own illusions. »

The following are excerpts from his article:

JFK Forced Russia To Remove Its Missiles From Cuba; Obama Obtained Nothing Tangible And Verifiable

« Promoting the ‘deal’ he claims he has made with Iran, President Barack Obama is trying to cast himself as heir to a tradition of ‘peace through negotiations’ followed by US presidents for decades. In that context he has named Presidents John F. Kennedy, Richard Nixon and Ronald Reagan as shining examples, with the subtext that he hopes to join their rank in history.

« Obama quotes JFK as saying one should not negotiate out of fear but should not be afraid of negotiating either. To start with, those who oppose the supposed ‘deal’ with Iran never opposed negotiations; they oppose the result it has produced… In one form or another, Iran and the major powers have been engaged in negotiations on the topic since 2003. What prompted Obama to press the accelerator was his desire to score a diplomatic victory before he leaves office. It did not matter if the ‘deal’ he concocted was more of a dog’s dinner than a serious document. He wanted something, anything , and to achieve that he was prepared to settle for one big diplomatic fudge.

« Is Obama the new JFK? Hardly. Kennedy did negotiate with the USSR but only after he had blockaded Cuba and forced Nikita Khrushchev to blink and disband the nuclear sites he had set up on the Caribbean island. In contrast, Obama obtained nothing tangible and verifiable. Iran’s Atomic Energy chief Ali-Akbar Salehi put it nicely when he said that the only thing that Iran gave Obama was a promise ‘not to do things we were not doing anyway, or did not wish to do or could not even do at present.’

« JFK also had the courage to fly to West Berlin to face the Soviet tanks and warn Moscow against attempts at overrunning the enclave of freedom that Germany’s former capital had become. With his ‘Ich bin ein Berliner’ (I am a citizen of Berlin), he sided with the people of the besieged city in a long and ultimately victorious struggle against Soviet rule. In contrast Obama does not even dare call on the mullahs to release the Americans they hold hostage. Instead, he has engaged in an epistolary courting of the Supreme Guide and instructed his administration in Washington to do and say nothing that might ruffle the mullahs’ feathers.

Nixon Extracted Far-Reaching Concessions From China; Obama Has Only Encouraged The Worst Tendencies Of The Khomeinist Regime

« No, Obama is no JFK.  But is he heir to Nixon? Though he hates Nixon ideologically, Obama has tried to compare his Iran ‘deal’ with Nixon’s rapprochement with China. Again, the comparison is misplaced. Normalization with Beijing came after the Chinese leaders had sorted out their internal power struggle and decided to work their way out of the ideological impasse created by their moment of madness known as The Great Proletarian Cultural Revolution. The big bad wolf of the tale, Lin Biao, was eliminated in an arranged air crash and the Gang of Four defanged before the new leadership set-up in Beijing could approach Washington with talk of normalization.

« At the time the Chinese elite, having suffered defeat in border clashes with the USSR, saw itself surrounded by enemies, especially after China’s only ally Pakistan had been cut into two halves in an Indo-Soviet scheme that led to the creation of Bangladesh. Hated by all its neighbors, China needed the US to break out of isolation. Even then, the Americans drove a hard bargain. They set a list of 22 measures that Beijing had to take to prove its goodwill, chief among them was abandoning the project of ‘exporting revolution’.

« Those of us who, as reporters, kept an eye on China and visited the People’s Republic in those days were astonished at the dramatic changes the Communist leaders introduced in domestic and foreign policies to please the Americans. In just two years, China ceased to act as a ’cause’ and started behaving like a nation-state. It was only then that Nixon went to Beijing to highlight a long process of normalization. In the case of Iran, Obama has obtained none of those things. In fact, his ‘deal’ has encouraged the worst tendencies of the Khomeinist regime as symbolized by dramatic rise in executions, the number of prisoners of conscience and support for terror groups not to mention helping Bashar Al-Assad in Syria.

Reagan Had No Qualms About Calling The USSR ‘The Evil Empire’;  Obama Is Scared Of Offending The Mullahs

« No, Obama is no Nixon. But is he a new Reagan as he pretends? Hardly. Reagan was prepared to engage the Soviets at the highest level only after he had convinced them that they could not blackmail Europe with their SS20s while seeking to expand their empire through so-called revolutionary movements they sponsored across the globe. The SS20s were countered with Pershing missiles and ‘revolutionary’ armies with Washington-sponsored ‘freedom fighters.’

« Unlike Obama who is scared of offending the mullahs, Reagan had no qualms about calling the USSR ‘The Evil Empire’ and castigating its leaders on issues of freedom and human rights. The famous phrase ‘Mr. Gorbachev, tear down that wall!’ indicated that though he was ready to negotiate, Reagan was not prepared to jettison allies to clinch a deal.

« Obama has made no mention of Jimmy Carter, the US president he most resembles. However, even Carter was not as bad as Obama if only because he was prepared to boycott the Moscow Olympics to show his displeasure at the invasion of Afghanistan. Carter also tried to do something to liberate US hostages in Tehran by organizing an invasion of the Islamic Republic with seven helicopters. The result was tragicomic; but he did the best his meagre talents allowed. (NB: No one is suggesting Obama should invade Iran if only because if he did the results would be even more tragicomic than Carter’s adventure.)

« On a more serious note, it is important to remember that dealing with the Khomeinist regime in Tehran is quite different from dealing with the USSR and China was in the context of detente and normalization. Neither the USSR nor the People’s Republic regarded the United States as ‘enemy’ in any religious context as the Khomeinist regime does. Moscow branded the US, its ‘Imperialist’ rival, as an ‘adversary’ (protivnik) who must be fought and, if possible, defeated, but not as a ‘foe’ (vrag) who must be destroyed. In China, too, the US was attacked as ‘arch-Imperialist’ or ‘The Paper Tiger’ but not as a mortal foe. The slogan was ‘Yankee! Go Home!' »

China And USSR Moderated Their Virulent Hate For U.S,; In Iran The Slogan Is Still ‘Death To America’

« In the Khomeinist regime, however, the US is routinely designated as ‘foe’ (doshman) in a religious context and the slogan is ‘Death to America!’ Supreme Guide Ali Khamenei has no qualms about calling for the ‘destruction’ of America, as final step towards a new global system under the banner of his twisted version of Islam. Tehran is the only place where international ‘End of America’ conferences are held by the government every year. The USSR and China first cured themselves of their version of the anti-American disease before seeking detente and normalization. That did not mean they fell in love with the US. What it meant was that they learned to see the US as adversary, rival, or competitor not as a mortal foe engaged in a combat-to-death contest. The Islamic Republic has not yet cured itself of that disease and Obama’s weakness may make it even more difficult for that cure to be applied.

« Détente with the USSR and normalization with China came after they modified important aspects of their behavior for the better. Kennedy, Nixon and Reagan responded positively to positive changes on the part of the adversary. In the case of the USSR positive change started with the 20th congress of the Communist Party of the Soviet Union in which Khrushchev denounced Joseph Stalin’s crimes, purged the party of its nastiest elements, notably Lavrentiy Beria, and rehabilitated millions of Stalin’s victims.

« In foreign policy, Khrushchev, his swashbuckling style notwithstanding, accepted the new architecture of stability in Cold War Europe based on NATO and the Warsaw Pact. Kennedy, Johnson and, later, Nixon and President Gerald Ford had to respond positively. In the late1980s, the USSR offered other positive evolutions through Glasnost and Perestroika and final withdrawal from Afghanistan under Mikhail Gorbachev. Again, Reagan and President George Bush (the father) had to respond positively.

« In the case of China we have already noted the end of the Cultural Revolution. But China also agreed to help the US find a way to end the Vietnam War. Beijing stopped its almost daily provocations against Taiwan and agreed that the issue of the island-nation issue be kicked into the long grass. Within a decade, under Deng Xiaoping, China went even further by adopting capitalism as its economic system.

« There is one other difference between the cases of the USSR and China in the 1960s to 1990s and that of the Khomeinist regime in Tehran today. The USSR had been an ally of the United States during the Second World War and its partner in setting up the United Nations in 1945. Although rivals and adversaries, the two nations also knew when to work together when their mutual interests warranted it. The same was true of the Chinese Communist Party which had been an ally of the US and its Chinese client the Kuomintang during the war against Japanese occupation when Edgar Snow was able to describe Mao Zedong as ‘America’s staunchest ally against the Japanese Empire.’ In the 1970s, Washington and Beijing did not find it strange to cooperate in containing the USSR, their common rival-cum-adversary as they had done when countering Japan.

« In the case of the Islamic Republic there is no sign of any positive change and certainly no history of even tactical alliance with the US.

« Unless he knows something that we do not, Obama is responding positively to his own illusions. »

Voir enfin:

Comment Obama a perdu l’Afghanistan
Vijeta Uniyal

Gatestone institute

oct 11, 2015

Les talibans semblent avoir correctement évalué le manque de résolution du leader américain actuel et ont à l’évidence décidé de reprendre tout l’Afghanistan.
Ce qui est visible pour tous excepté pour Obama est que le « faible » Poutine continue de supplanter les américains en Ukraine, en Crimée et maintenant en Syrie. Le Commandant en chef américain n’a pas été en mesure de faire la démonstration des solides qualités requises pour être le leader du monde libre.
Le Président Obama a semble-t-il fait pression sur l’Inde pour qu’elle fasse des concessions au Cachemire. Selon l’ancien ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis, Obama a secrètement écrit au président du Pakistan en 2009, qu’il sympathisait avec la position du Pakistan sur le Cachemire, et apparemment se serait proposé de dire à l’Inde « que les vieilles façons de faire ne sont plus du tout acceptables. »
Les conséquences d’une reconquête de l’Afghanistan par les talibans seraient encore plus désastreuses que leur précédent règne de terreur. Les talibans non seulement recommenceraient à envoyer des djihadistes entraînés au-delà des frontières du Pakistan pour faire la guerre aux « infidèles » en Inde, mais ils mettraient aussi en œuvre leur objectif déclaré de djihad universel contre l’Occident.
Avec les frontières ouvertes de l’Europe, l’Occident est plus que jamais vulnérable.
Le Président américain qui a abandonné la Syrie et le Yémen sans le moindre combat est maintenant en train de mener à contre-coeur une contre-offensive en Afghanistan. Les talibans semblent avoir correctement évalué le manque de résolution du leadership actuel aux Etats-Unis et ont à l’évidence décidé de reprendre tout l’Afghanistan.

Dans sa première campagne présidentielle de 2008, alors qu’il était sénateur, Obama avait qualifié l’engagement des Etats-Unis en Irak de « mauvaise guerre, » et à la place voulait que son pays se concentre sur l’Afghanistan — sa « bonne guerre. »

Mais après le retrait des troupes américaines d’Irak en 2011, des pans entiers d’Irak sont tombés sous contrôle de l’Etat Islamique (ISIS), tandis que les autres régions sont passées sous influence de l’Iran.

Alors comment se porte la « bonne guerre » du Président Obama en Afghanistan?
Le 29 septembre 2015, les combattants talibans se sont emparés de Kunduz, une capitale provinciale. Cette prise représente la plus importante victoire des talibans depuis 2001, date à laquelle une coalition menée par les américains avait renversé le régime des talibans, à la suite des attaques du 11 septembre à New York.

Depuis ce revers, les talibans s’étaient cachés dans des régions tribales tout en lançant des attaques terroristes sporadiques dans les villes, sans jamais réussir à reprendre un centre urbain. Avec la chute de Kunduz, les talibans contrôlent la 5ème plus grande ville d’Afghanistan.

Le 29 septembre les forces talibanes ont lancé une attaque coordonnée sur Kunduz dans trois directions. L’armée afghane n’a pas réussi à opposer une résistance suffisante et s’est défaite précipitamment pour courir se réfugier à l’aéroport de la ville. Apparemment, les soldats afghans espéraient en renfort le soutien des forces aériennes de la coalition conduite par les Etats-Unis. Le porte-parole du ministre de l’intérieur d’Afghanistan, Sediq Sediqqi, a confirmé que la ville de Kunduz était tombée « aux mains des ennemis. »

Malgré des frappes aériennes américaines sévères, les talibans sont de toute évidence bien ancrés ce qui indique que les milices terroristes ont l’intention de se maintenir sur leur territoire nouvellement conquis et n’ont aucune intention de se retirer. Clairement ce groupe taliban ne ressemble pas à celui qui opérait naguère, qui frappait puis disparaissait. Il semble s’être revigoré de la force islamiste, être axé sur la conquête et prêt à défier les Etats-Unis et les forces de la coalition.

Bien que l’armée Afghane, sous l’autorité du gouvernement de Kaboul et de son Président Ashraf Ghani ait échoué dans sa contre-offensive contre la progression des forces talibanes, la responsabilité de cet énorme désastre militaire et géopolitique est à mettre au compte d’Obama.

Le Président Obama n’a jamais manqué de rappeler au monde que les dirigeants « de la plus grande puissance militaire que le monde ait jamais connu, » , c’est-à-dire, la force militaire américaine et le courage de ses braves hommes et femmes ne peuvent être mis en question. Mais le Commandant -en – Chef a échoué à faire preuve de la force de caractère requise pour être le dirigeant du monde libre.

En outre, Obama semble avoir établi un modèle de sous estimation des adversaires de l’Amérique. Il est connu qu’il a qualifié ISIS « de bande de joyeux fêtards, » et a récemment déclaré que le Président russe Vladimir Poutine s’est engagé dans la guerre en Syrie « par faiblesse. »

Mais ce qui est visible à chacun sauf à Obama est que le « faible » Poutine supplante les Etats-Unis en Ukraine, Crimée et maintenant en Syrie. C’est Obama qui semble faible.
Dans son approche sur d’autres terrains, Obama s’est aliéné ses alliés et a renforcé ses ennemis.
Dans une apparente tentative de persuader le Pakistan de cesser d’appuyer Al-Qaeda et ses filiales, le Président Obama s’est proposé de faire pression sur l’Inde pour qu’elle fasse des concessions au Cachemire. Selon l’ancien ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis, Husain Haqqani, le Président Obama a secrètement écrit  au Président du Pakistan, Asif Ali Zardari in 2009, l’assurant de sa sympathie pour la position du Pakistan au Cachemire, et se proposant apparemment de dire à l’Inde que « les anciennes manières de faire ne sont plus acceptables. »

Selon le récit de Haqqani, rendu public en 2013, le Pakistan, qui bénéficie d’une aide financière de plusieurs milliards de dollars des Etats-Unis chaque année, a rejeté l’offre du Président Obama. Au lieu de cela, le Pakistan a continue d’entraîner, d’armer et d’abriter des terroristes internationaux – dont Osama bin Laden. Beaucoup de ces terroristes ont planifié et mené des opérations qui ont tué près de 2000 américains en service et en ont blessé 20,000 autres.

Le Président Obama s’est ainsi aliéné l’Inde sans rien obtenir du Pakistan en retour.
L’Inde était toute prête à soutenir la stratégie des Etats-Unis en Afghanistan. New Delhi partageait l’inquiétude de Kaboul sur la montée de l’islam militant dans la région. L’Inde est aussi confrontée à une menace existentielle par les milices islamistes dans la province à majorité musulmane du Cachemire et au-delà. Depuis le milieu des années 1990 plus de 30 000 civils indiens appartenant à du personnel de sécurité ont été tués dans des attaques terroristes.

Le Président Obama, lors d’une visite en Inde, apparemment a préféré jouer le « commis voyageur » de la religion musulmane, et à plusieurs reprises a interpellé les hindous pour leur intolérance envers la minorité musulmane, niant la réalité de ce qui se révèle être une tentative de génocide et un nettoyage ethnique des Hindous, commencé il y a 70 ans avec la création de la République Islamique du Pakistan et se poursuivant aujourd’hui. Non seulement des millions d’Hindous ont été forcés de quitter le Pakistan quand les deux pays ont été créés en 1947, mais presque tous les hindous restés au Pakistan et au Bangladesh (anciennement Pakistan de l’Est) ont été expulsés ou assassinés au cours des décennies qui suivirent. Le nettoyage ethnique a culminé lors du génocide du Bangladesh en 1971, perpétré par l’Armée pakistanaise. Il a fait trois millions de victimes hindous et bangladeshis, et a forcé plus de 10 millions de refugiés à s’enfuir en Inde. En contrepartie la population musulmane en Inde est passée de 35 millions au début des années 1950 à environ 180 millions in 2015, faisant de l’Inde le foyer de la deuxième plus importante population musulmane au monde, après l’Indonésie.

L’offensive des talibans en Afghanistan est le résultat direct de la politique constante de l’administration Obama de s’aliéner ses amis et de renforcer ses ennemis. Que ce soit Israël, l’Iran, l’Egypte ou l’Afghanistan, le Président Obama a de toute évidence préféré traiter avec des acteurs islamistes ou djihadistes plutôt qu’avec des forces libérales, laïques et démocratiques.

Les conséquences d’une reconquête par les talibans de l’Afghanistan seraient encore plus désastreuses que leur précédent règne de terreur. Les talibans non seulement recommenceraient à envoyer des djihadistes bien entraînés à travers le Pakistan et au-delà de ses frontières, pour faire la guerre aux « infidèles » en Inde; Il porterait aussi son objectif déclaré de djihad mondial contre l’Occident. Avec les frontières de l’Europe grandes ouvertes, l’occident est plus vulnérable que jamais.

Traduction Europe Israël

Vijeta Uniyal – SOURCE

Vijeta Uniyal est analyste politique indien basé en Europe.

Israël : la solution à deux Etats est la seule raisonnable
Zeev Sternhell (Historien)

Le Monde

13.10.2015

C’est contre la colonisation continue des territoires conquis en 1967 que se révoltent une fois de plus en ce moment les Palestiniens. Ils comprennent que la colonisation vise à perpétuer l’infériorité palestinienne et rendre irréversible la situation qui dénie à leur peuple ses droits fondamentaux. Ici se trouve la raison des violences actuelles et on n’y mettra fin que le jour où les Israéliens accepteront de regarder les Palestiniens comme leurs égaux et où les deux peuples accepteront de se faire face sur la « ligne verte » de 1949, issue des accords d’armistice israélo-arabes de Rhodes.

Tandis que nous approchions du canal de Suez vers la fin de la campagne du Sinaï en juin 1967, je demandai à un officier supérieur réserviste de l’armée israélienne – qui devint plus tard l’un des principaux leaders de la gauche sioniste radicale – ce qui se passait en Cisjordanie. « On achève la guerre d’indépendance », me répondit-­il. Tel était alors le discours dominant en Israël, et il l’est encore aujourd’hui, au même titre que celui des droits historiques du peuple juif sur la terre de la Bible, qui sert fondamentalement à légitimer l’occupation et le projet de colonisation.

Deux concepts distincts de nation
L’ambition du sionisme était, par définition, de conquérir et coloniser la Palestine. C’était la nécessité du moment. Le sionisme était une nécessité, la conséquence inévitable de la crise du libéralisme et de la montée du nationalisme radical en Europe. Les dernières décennies du XIXe siècle ont été marquées par l’aboutissement d’un processus global d’assaut contre l’héritage des Lumières, la définition politique et légale de ce qui faisait une nation, et contre le statut et les droits autonomes de l’individu en tant qu’être humain.

Le destin des juifs dépendant depuis la Révolution française du destin des valeurs libérales, les fondateurs du sionisme ont compris que si une crise mettant en cause la démocratie et les droits de l’homme devait se produire en France – la société libérale la plus avancée du Vieux Continent –, cela n’augurait rien de bon pour l’avenir des juifs d’Europe centrale et orientale.

Depuis le milieu du XVIIIe siècle, existaient deux concepts distincts de nation. Le premier, qui correspond au point de vue des Lumières tel qu’il a été présenté dans le Dictionnaire raisonné de Diderot, définit la nation comme un agrégat d’individus soumis au même gouvernement et vivant à l’intérieur des frontières d’un même pays. Le second présente la nation comme un corps organique, un produit de l’histoire, où le rapport aux individus formant le peuple est pareil à celui d’un arbre avec ses branches et ses feuilles : la feuille existe grâce à l’arbre, c’est pourquoi l’arbre a préséance sur la feuille.

Mythe contre raison
Depuis sa création, le mouvement national juif affiche les mêmes caractéristiques que celles de ses pays d’origine en Europe centrale et orientale : une identité nationale tribale, façonnée par l’histoire, la culture, la religion et la langue – une identité en vertu de laquelle l’individu ne se définit pas lui-même mais se trouve défini par l’histoire. La notion de « citoyenneté », à laquelle est raccroché en Occident le concept de nation, n’avait aucun sens en Galicie, en Ukraine ou dans la Russie blanche. Et cela valait également pour les juifs : les sionistes pouvaient bien cesser d’observer les préceptes religieux et rompre avec leur religion au sens de foi métaphysique, mais il leur était impossible de rompre l’attache historique et l’identité historique qui se fondaient sur la religion.

Même si chacun sait d’expérience que la conquête et la colonisation de la Palestine ont été déterminées par la situation catastrophique qui commençait à s’installer en Europe de l’Est à la fin du XIXe siècle, le besoin existentiel réclamait une « couverture » idéologique afin que la conquête de la terre soit investie d’une légitimité historique. L’idéologie du retour sur « la terre de nos pères » n’a pas été élaborée par des religieux pratiquants mais par des nationalistes laïcs pour qui – comme cela avait été le cas pour le « nationalisme intégral » français – la religion, dépourvue de son contenu métaphysique, offrait un ciment social et ne servait essentiellement qu’à réaliser une fusion nationale. L’histoire précéda une décision rationnelle, et c’est l’histoire qui a façonné l’identité collective.

La plupart des dirigeants politiques savent qu’il est bien plus efficace de convaincre les gens par la force d’un mythe que par la force de la raison. La vérité, c’est qu’au XXe siècle, les juifs avaient plus besoin d’un Etat qu’aucun autre peuple au monde. Par conséquent, les dirigeants politiques du mouvement sioniste et du Yichouv (la communauté juive présente en Palestine avant 1948) se sont focalisés sur ce but suprême que représentait la création d’un Etat juif. La Shoah a transformé l’entreprise sioniste en un projet mondial, une dette due au peuple juif. Tel était le contexte sur fond duquel a eu lieu la guerre d’indépendance de 1948.

Le sionisme, victime de son succès
Au lendemain de la guerre, il devint clair que le Yichouv avait été victime de son succès. La direction prise par l’Etat nouvellement établi s’inscrivait dans le prolongement direct de la période précédente : aucun tournant, aucun nouveau commencement pour inaugurer une ère nouvelle. Ce fut la grande faiblesse d’Israël et c’est encore aujourd’hui l’une des sources de notre malaise.

Aussi la communauté de tous les « citoyens », qui incluait nécessairement les Arabes restés sur le territoire, était-elle perçue comme infiniment inférieure à la communauté nationale et religieuse du peuple juif. La déclaration d’indépendance n’était pénétrée d’aucune puissance légale ou morale. C’était un document de relations publiques, destiné à l’opinion publique occidentale.

Jusqu’en 1966, le système démocratique israélien n’empêchait pas les pères fondateurs de placer les Arabes sous autorité militaire ni de les priver de leurs droits de l’homme et de citoyen. Aucun besoin de sécurité ne le justifiait, seulement une nécessité psychologique : il fallait enseigner aux Arabes qui étaient les maîtres et maintenir l’état d’urgence qui prévalait avant la création de l’Etat d’Israël.

La plupart des Israéliens n’ont pas compris, et certains ont refusé de comprendre, qu’il fallait mettre fin à cette situation transitoire, que ce qui était légitime et juste avant 1949, parce que la conquête territoriale était nécessaire, avait cessé de l’être après la guerre. L’idée selon laquelle moins il y avait d’Arabes demeurant dans l’Etat juif mieux cela valait était compréhensible étant donné la guerre pour la survie qui se jouait alors.

Israël n’a pas de frontières permanentes ni de constitution, parce que les pères fondateurs l’ont voulu ainsi : toutes les options devaient demeurer ouvertes, y compris celles qui s’ouvrirent en juin 1967
Cependant, après la victoire et l’ouverture du pays à une immigration massive, une nouvelle ère devait commencer. Son symbole le plus saillant aurait du être une constitution, ainsi que le promettait la déclaration d’indépendance : une constitution démocratique, fondée sur les droits de l’homme et plaçant en son cœur la vie politique et sociale du corps des citoyens, et non pas d’une communauté religieuse ou ethnique particulière.

Une telle constitution aurait montré que les juifs devenant citoyens de leur propre Etat aux côtés des non-juifs, un chapitre entièrement nouveau de leur histoire s’écrivait. En même temps, une constitution aurait délimité les frontières territoriales telles qu’elles furent fixées à l’issue de la guerre. Israël n’a pas de frontières permanentes ni de constitution, parce que les pères fondateurs l’ont voulu ainsi : toutes les options devaient demeurer ouvertes, y compris celles qui s’ouvrirent en juin 1967.

Durant la guerre des Six-Jours de 1967, des territoires qui étaient encore hors de portée vingt ans auparavant tombèrent dans les mains israéliennes comme un fruit mûr. Puisque rien n’était définitif, les élites dirigeantes du mouvement travailliste n’avaient aucune raison de ne pas persévérer dans la voie qui fut jusque-là si victorieuse. Quelle importance pouvait avoir la « ligne verte » aux yeux de ce leadership ? N’était-ce pas simplement un instantané de la situation qui suivit la fin des hostilités en 1949 ?

Sortir de l’impasse
Près d’un demi-siècle s’est écoulé depuis lors et le mouvement national juif est entré dans une impasse. Encore aujourd’hui, l’opposition de centre gauche est incapable de proposer une alternative idéologique au projet de colonisation, alternative fondée sur le principe que ce qui était légitime avant la guerre d’indépendance de 1948-­1949, parce que cela était nécessaire, a cessé de l’être par la suite et donc que les colonies ne sont pas simplement illégales mais illégitimes et immorales et qu’elles ne rencontrent aucun critère de principe, parce qu’elles ne sont pas nécessaires et certainement pas utiles pour l’avenir du peuple juif.

Quels sont les hommes politiques de l’opposition qui seraient prêts à œuvrer concrètement pour désamorcer cette funeste bombe à retardement ? Qui parmi eux accepterait d’assumer l’idée que les droits historiques du peuple juif sur la terre d’Israël n’ont pas priorité sur les droits des Palestiniens à être maîtres de leur destin et donc qu’il faudrait scinder équitablement le pays.

Le temps est venu de reconnaître que l’opération de conquête territoriale qui s’est achevée en 1949 et la partition du pays réalisée à la fin de la guerre d’indépendance doivent constituer l’ultime séparation. Ce n’est que sur cette base que nous pourrons construire l’avenir. Quiconque refuse de comprendre que le sionisme fut une opération destinée à libérer un peuple et non pas des pierres sacrées, un acte politique rationnel et non pas une irruption messianique, condamne Israël à s’enfoncer dangereusement soit dans une situation coloniale soit dans un Etat binational, autrement dit dans une guerre civile permanente.

La « ligne verte » est la frontière définitive
Tant que la société juive ne reconnaît pas l’égalité des droits de l’autre peuple résidant sur la terre d’Israël, elle continuera de sombrer dans une réalité ouvertement coloniale et ségrégationniste, comme celle qui existe déjà dans les territoires occupés. Le conflit qui sévit aujourd’hui à Jérusalem comme les tragédies, les attentats et les meurtres qui frappent l’existence quotidienne des Juifs et des Arabes sont un bon exemple de ce que l’avenir nous réserve dans un Etat binational.

Naturellement, cette approche exige symétrie et réciprocité du côté palestinien : la « ligne verte » est la frontière définitive, donc aucune colonie juive ne s’établira plus en Cisjordanie, mais aucun Palestinien ne devra retourner à l’intérieur des frontières de l’Etat d’Israël.

Le sionisme classique s’est fixé pour tâche d’offrir un foyer au peuple juif. Le temps qui a séparé la guerre d’indépendance de la guerre des Six-Jours a montré que tous les objectifs du sionisme pouvaient être réalisés à l’intérieur du tracé de la « ligne verte ». La seule question sensée que l’on puisse poser aujourd’hui est donc de savoir si la société israélienne a encore la capacité de se réinventer, de sortir de l’emprise de la religion et de l’histoire et d’accepter de scinder le pays en deux Etats libres et indépendants. (Traduit de l’anglais par Pauline Colonna d’Istria © « Haaretz »)

Zeev Sternhell est membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem. Spécialiste de l’histoire du fascisme son dernier ouvrage est Histoire et Lumières : changer le monde par la raison – entretiens avec Nicolas Weill (Albin Michel, 2014). Il est également l’auteur de Aux origines d’Israël : entre nationalisme et socialisme, Fayard, 1996.

Voir enfin:

http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.678483

With No Solution in Sight: Between Two National Movements

There is more than one reason for the failure of the Oslo Accords, but at the basis lies a fundamental difference in how each side views the conflict.

Shlomo Avineri

Haaretz

Oct 02, 2015

Twenty years after the Oslo Accords, the time has come to ask why they did not bring about the historic compromise envisaged by their initiators and supporters. This is a question to be asked especially by those who supported them and viewed them, justifiably, as the opening toward an epochal reconciliation between the Jewish and Palestinian peoples.

There is more than one reason for the failure to achieve an end to the conflict between Israel and the Palestinians: mutual distrust between the two populations, internal pressures from the rejectionists on both sides, Yasser Arafat’s repeated deceptions, the murder of Prime Minister Yitzhak Rabin, the electoral victories of Likud in Israeli elections, Palestinian terrorism, continuing Israeli settlement activities in the territories, the bloody rift between Fatah and Hamas, American presidents who did too little (George W. Bush) or too much and in a wrong way (Barack Obama), the political weakness of Mahmoud Abbas, governments headed by Netanyahu that did everything possible to undermine effective negotiations. All this is true, and everyone picks and chooses what fits their views and interests – but beyond all these lies a fundamental difference in the terms in which each side views the conflict, a difference many tend or choose to overlook.

Most Israelis view the conflict as a struggle between two national movements: the Jewish national movement – Zionism – and the Palestinian national movement as part of the wider Arab national movement. The internal logic of such a view leads in principle to what is called the two-state solution. Even if the Israeli right wing preferred for years to avoid such a view, eventually it has been adopted by Netanyahu, albeit reluctantly, and is now the official policy of his government.
The point is that those Israelis who see the conflict in the framework of a struggle between two national movements assume that this is also the position of the other side; hence when negotiations fail, the recipe advocated is to tinker with some of the details, hoping that further concessions, on one or the other side, will bring about an agreement.

Unfortunately, this is an illusion.
The basic Palestinian position, which usually isn’t always explicitly stated, is totally different and can be easily detected in numerous Palestinian statements. According to the Palestinians’ view, this is not a conflict between two national movements but a conflict between one national movement (the Palestinian) and a colonial and imperialistic entity (Israel). According to this view, Israel will end like all colonial phenomena – it will perish and disappear. Moreover, according to the Palestinian view, the Jews are not a nation but a religious community, and as such not entitled to national self-determination which is, after all, a universal imperative.

According to this view, the Palestinians see all of Israel – and not just the West Bank and Gaza – as analogous to Algeria: an Arab country out of which the foreign colonialists were ultimately expelled. Because of this, Israel – even in its pre-1967 borders – never appears in Palestinian school textbooks; because of this the Palestinians insist never to give up their claim to the right of return of 1948 refugees and their descendants to Israel.

Not a people
This is also the reason for the Palestinians’ obstinate refusal – from Abbas to Saeb Erekat – to accept Israel as the Jewish nation-state in any way whatsoever. At the end of the day, the Palestinian position views Israel as an illegitimate entity, sooner or later doomed to disappear. The Crusader analogy only adds force to this claim.
One expression of the gap between the Israeli and the Palestinian perception is evident in the diplomatic language of both sides when they refer to the two-state solution. The Israeli version talks about “two states for two peoples,” sometime adding “a Palestinian nation-state living next to the Jewish nation-state.” The Palestinian version refers only to a “two-state solution,” never to “two states for two peoples.” It is obvious: If the Jews are not a people, they are not entitled to a state.

This is also the reason why there is no regret among the Palestinians for their rejection of the 1947 United Nations Partition Plan. As far as I know – and I would be happy if proven wrong – there has until now not been any serious Palestinian debate around their rejection of partition: There have been innumerable discussions and publications about their military defeat in 1948 in their attempt to prevent the establishment of Israel, but no Palestinian leader or thinker has openly admitted that the decision to reject the UN Partition Plan and to go to war against it had been politically or morally wrong.

To this very day, no Palestinian intellectual or politician has dared to admit that had the Palestinians accepted partition then, on May 15, 1948 a Palestinian Arab state would have been established in a part of Mandatory Palestine, and there would have been no refugees and no Nakba (“catastrophe”). It is much easier to deny moral responsibility for the terrible catastrophe the Palestinian leadership has brought upon its own people.

This is not just a matter of historical narrative: It has political implications for the here and now. If Israel is not a legitimate state based on the right to national self-determination but an imperialist entity, there is no ground for an end-of-conflict agreement based on compromise.

Most Israelis who maintain that the conflict is a territorial conflict between two national movements tend to believe that a territorial arrangement, linked in one way or another to the pre-1967 Green Line, is the way to reach an eventual resolution of the conflict. Yet the Palestinian behavior under Arafat at Camp David 2000, as well as during the negotiations between Abbas and former Prime Minister Ehud Olmert, suggests that something much deeper is at stake.

When Abbas insists repeatedly that his movement cannot give up the claim to the Right of Return because this is “an individual right” reserved to every Palestinian refugee and his descendants, the implication is that even if there will be an agreement on the territorial issues, and even if all West Bank settlers will be evacuated, the conflict will continue to exist and fester. This is also the reason why Abbas refuses to follow Egyptian President Anwar Sadat and address the Knesset as a symbol of reconciliation – this would imply accepting Israel’s sovereignty and legitimacy.

I am well aware that the moderate public in Israel – which acknowledges the Palestinian right to self-determination, opposes Jewish settlement in the territories and supports the two-state solution – finds it difficult to internalize the fact that the Palestinians basically do not accept Israel’s right to exist. But there is no way to deny this uncomfortable truth. Yet this should not lead to despair or the acceptance of the status quo because “there is nothing we can do.”

Multidimensional conflict
One can learn from similar current national conflicts, but unfortunately most Israelis are so immersed in internal debates that they are not aware of some of the similarities. The national conflicts in Cyprus, Kosovo, Bosnia and even faraway Kashmir have certain similarities to the Palestinian-Israeli conflict. In all of them a territorial dimension is evident: the Turkish occupation of northern Cyprus, the territorial aspect of the multinational conflicts in Bosnia, the Serbian perception of Kosovo as part of their historical homeland, the Indian occupation of parts of Kashmir.

But all these conflicts are multidimensional, not just territorial – they are conflicts between national movements on which usually one side does not accept the very legitimacy of the other group. All these conflicts relate to contrasting narratives and historical memories as well as to claims to sovereignty; they imply occupation, ethnic cleansing, settlers, resistance to occupation, terrorism, reprisals and guerilla warfare. They are not religious conflicts as such, but every one of them has a religious dimension, linked to holy sites and religious memories which usually exacerbate the conflict and make pragmatic compromises even more difficult.
The multidimensionality of all these conflicts is the reason why no resolution has yet been found to any of them, even after decades of sincere, though sometimes naïve, international efforts: the Annan Plan for Cyprus, the Dayton Accords in Bosnia, etc. All these plans usually focused on the territorial aspect, mainly because of its obvious visibility, but overlooked the much deeper roots of the conflicts which are far more difficult to solve. Yet this did not prevent some practical ways of finding partial agreements of different sorts, aimed at attenuating the conflict and preventing violence and open warfare.

The Israeli right wing is interested in maintaining the status quo, and Netanyahu’s aim is clear: to increase the number of Jewish settlers, prevent handing over control over the territories to the Palestinians and prevent – or delay as much as possible – the establishment of a Palestinian state.

Those who think that the sole aim of Netanyahu is to survive in power are wrong (after all, this is the aim of every political leader). He views his staying in power as a national mission to maintain Israeli control over as much territory of the Land of Israel as possible. His focusing on the Iranian threat is, among other things, a ploy to divert attention from the Palestinian issue, even when it is clear that he is not ever going to attack Iran.

Thinking out of the box
The opposition under Isaac Herzog of the Zionist Union does not propose an alternative to this policy. Herzog is right in repeating his insistence that Israel should return to the negotiating table. But this does not suffice, as this is not a political plan. Does Herzog believe that if the Netanyahu government returns to negotiations, the result would be an agreement based on the two-state solution? Moreover, even if he himself would become – as I hope he would – prime minister, can he offer to the Palestinians more than Ehud Barak offered at Camp David and Olmert offered to Abbas – offers that have in both cases been rejected by the other side?
Similarly, the understandably enticing idea of embracing the Arab League Peace Initiative is a chimera: At a time when the Arab world is rent by internal strife and violent civil wars, and at least four Arab countries are in various stages of radical disintegration, the Arab League is not a real player, though Israel should address the challenge posed by the initiative, despite the fact that it is basically a dead end.

Herzog should go beyond the mantra of “returning to negotiations” and initiate an alternative calling for creativity and political courage. He should declare that, yes, one should return to negotiations, but being aware of the difficulties of reaching a formal agreement, a government headed by him would initiate the following policies:
* A total and unconditional cessation of all construction in the settlements.
* Dismantle the illegal outposts, as promised by previous Israeli governments.
* Encourage a generous program of financial support for settlers who would agree to voluntary resettle in Israel proper (“pinui-pitzui”).
* Prevent Jewish takeover of Arab houses in East Jerusalem, which provokes riots and violence.
* Declare activities linked to organizations like “price tag” illegal, in accordance with existing laws and regulations.
* Encourage and facilitate foreign investments in the West Bank.
* Abolish the remnants of the blockade of the Gaza Strip and try to establish, with the European Union and Egypt, a sustainable mechanism of entry and exit of people and goods to and from the Strip.

These steps are not “concessions” to the Palestinians. Since there are not going to be meaningful negotiations with the Palestinians in the foreseeable future, they are aimed at not accepting the Palestinian veto on an agreement as a cause for a continuing Israeli control over millions of Palestinians. Such steps will also clearly indicate that Israel is not interested in extending or perpetuating its rule over areas populated by Palestinians.
I am aware that these are not easy steps and will not be welcome by many Israelis – nor are they a “solution” of the conflict, but they constitute an alternative to the existing status quo that is undermining the fabric of Israeli society as a Jewish and democratic country.

Confederation not a solution
A last word about an idea recently floated, among others by President Reuven Rivlin – confederation. I greatly appreciate Rivlin’s humane and Zionist campaign to ensure the equal rights of Israel’s Arab citizens – in that he is a true follower of the liberal aspects of Jabotinsky’s legacy. But Rivlin is also an adherent of continuing rule over all the Land of Israel and opposes the establishment of a Palestinian state in the West Bank and Gaza. When asked how he squares the obvious contradiction between these two positions, he occasionally mentions the idea of a confederation.

On a verbal level this appears a plausible, even pleasant, way out. But it’s a mirage. First of all, there exists no confederacy anywhere in the world (for historical reasons, Switzerland refers to itself as a confederacy, but it is a federation). Confederative ideas have been raised during the disintegration of the Soviet Union and Yugoslavia, but they all failed. The main reason was that setting up a confederation implies establishing mutually accepted frontiers among the various members of the confederation, and this, after all, is one of the main sticking points in national conflicts.

Does anyone imagine that the Palestinians will agree to a Palestinian entity within the confederation that would not include the Jewish settlements? On the other hand, will Israel agree that the settlements will be under the jurisdiction of the Palestinian entity of the confederation? It is equally obvious that a confederal scheme will not be able to address the issue of Jerusalem. Furthermore, in a confederation – as distinct from a federation – each confederal entity is considered an internationally recognized state, including possible UN membership. Will Israel agree to this? Such a confederation, if it ever comes about, will occasionally have a Palestinian president (probably on a rotating basis): Is this something most Israelis would find acceptable?

A further and unpleasant element would be the different political structures of the two entities of such a confederation. How can one imagine setting up the common institutions of an Israel-Palestine confederation when one entity (Israel) is a pluralist democracy, while the other would be something else, in all probability run as a Mukhabarat-type regime like most Arab countries? I cannot imagine many Israelis being willing to be linked as citizens in any way to such a despotic structure. In short, with all due respect for President Rivlin, such an idea cannot come about due to its overall intrinsic and built-in contradictions.

There is no choice but to admit there is no chance for any mutually accepted agreement in the foreseeable future. Such a pessimistic prognosis calls for the opposition, and its leader, to acknowledge that they have to think outside the box and offer alternatives not in order to “solve” the conflict, but to mitigate its severity and perhaps move both sides eventually to an agreed solution.

But there should be no illusion: So long as the Palestinians maintain that they are fighting – militarily or diplomatically – against a Zionist colonial and imperialistic entity, an historical compromise is unfortunately not on the agenda. Hence a call for creative and bold alternatives is necessary in order to get beyond the status quo and insure Israel’s future as a Jewish and democratic state.

Voir enfin:

Le Sheikh Raed Salah appelle à la conquête du Mont du Temple
Coolamnews

27 juillet 2015

Raed Salah, chef du Mouvement islamique radicale en Israël, appelle à utiliser la violence pour couper les Juifs de leur site le plus sacré, et affirme qu’Israël a déclaré la guerre en disant qu’il ne peut y avoir de Jérusalem sans le Mont du Temple.

Le Sheikh Raed Salah, , a appelé à la violence terroriste sur le Mont du Temple – le site le plus saint du judaïsme – de manière à empêcher l’accès des Juifs au site sacré. Se référant à des visites juives pacifiques sur le site – qui sont souvent l’objet de harcèlement, tel que récemment pendant les prières de Ticha Be Av, une commémoration de la destruction du Premier et du Second Temple sur le site, Salah a parlé d’attaques israéliennes contre la Mosquée Al-Aqsa.

Salah a juré que son mouvement, qui a été très actif pour attiser les émeutes sur le Mont du Temple, s’en tient à son objectif : « Nos vies et notre sang seront sacrifiés pour la mosquée Al-Aqsa. Chaque violation du côté israélien contre Al-Aqsa est une violation de l’occupation, qu’elle soit accomplie dans des uniformes militaires ou religieux ou sous une couverture politique, » a déclaré le cheikh radical, indiquant que les Juifs religieux sont aussi des cibles.

« Nous devons lutter contre toutes ces violations jusqu’à ce que l’occupation soit levée. » C’est en partie à cause de telles déclarations que Salah a été interdit de visite à Jérusalem, du 25 juin jusqu’en décembre, craignant qu’il favorise l’incitation à la violence.

Le problème, avoue la journaliste Halevy, c’est que le Mont a été laissé entre les mains du Waqf jordanien depuis qu’il a été libéré pendant la guerre des Six Jours en 1967, et par conséquent, il est devenu le site d’émeutes musulmanes destinées à bloquer l’entrée des Juifs. De même, le Waqf a interdit aux Juifs de prier sur le site, malgré la loi israélienne stipulant la liberté de culte.

Salah a déclaré que l’occupation vise à faire respecter sa souveraineté sur le Mont du Temple, en commentant, « c’est une illusion, un vide, car Israël n’a pas le pouvoir et la légitimité, et son existence certainement disparaîtra, et la volonté d’Allah se produira bientôt. »

« Les Arabes ont longtemps essayé de nier le caractère juif du site à travers diverses campagnes, entre autres en détruisant des objets juifs anciens et en construisant illégalement sous la mosquée. « Israël a déclaré la guerre, l’occupation a déclaré la guerre contre Al-Qods depuis le début de l’entreprise sioniste au 18ème siècle, et maintenant il conduit une agression terroriste fondée sur la déclaration du mal : il n’y a pas de valeur en Israël sans Jérusalem, et Jérusalem n’a aucune valeur sans le Mont du Temple, » a déclaré Salah.

Lors d’un discours durant une manifestation musulmane en 2007, il a accusé les Juifs d’utiliser le sang des enfants pour cuire les matsot, invoquant les infâmes diffamations médiévales de meurtres de sang utilisés pour déclencher des pogroms meurtriers en Europe et au Moyen-Orient. Salah a également passé une brève période en prison pour avoir transféré de l’argent au Hamas, et s’est ému comme un enfant, des dessins des croix gammées dans une interview en 2009, sur une station de télévision de langue arabe basée à Londres.


Gaza: Attention, un silence peut en cacher un autre ! (Breaking the silence over why Israel’s view of the enemy is becoming more extreme)

9 mai, 2015
https://i2.wp.com/www.thebureauinvestigates.com/wp-content/uploads/2012/07/All-Totals-Dash54.jpg
https://pbs.twimg.com/media/CBc3Ks4UUAAtpYu.jpg:large
https://i2.wp.com/www.europe-israel.org/wp-content/uploads/2014/08/BH6.jpgLes frères Jonas sont ici ; ils sont là quelque part. Sasha et Malia sont de grandes fans. Mais les gars, allez pas vous faire des idées. J’ai deux mots pour vous: « predator drones ». Vous les verrez même pas venir. Vous croyez que je plaisante, hein ? Barack Obama (2010)
L’ennemi n’est pas identifiable en tant que tel dans le sens où ce sont des gens qui se mêlent à la population. Donc ils sont habillés comme n’importe qui. Il n’y a pas d’uniforme donc comment savoir si c’est l’ennemi ou juste des personnes normales ? C’est juste d’après le comportement qu’on peut le voir. Bernard Davin (pilote belge au retour d’Afghanistan, RTBF, 13.01.09)
La majorité du temps, ce n’est pas une décision qui est difficile puisque en fait, c’est l’ennemi qui nous met dans une situation difficile au sol. Didier Polomé (commandant belge)
On n’en saura pas plus. Les détails des opérations OTAN sont couvertes par le secret militaire pour éviter les représailles contre les pays impliqués et contre les familles des pilotes en mission en Afghanistan. Journaliste belge (RTBF, 13.01.09)
Afghanistan: l’armée française tue par erreur quatre jeunes garçons Jean-Dominique Merchet (blog de journaliste, 24.04.10)
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
The drone operation now operates out of two main bases in the US, dozens of smaller installations and at least six foreign countries. There are « terror Tuesday » meetings to discuss targets which Obama’s campaign manager, David Axelrod, sometimes attends, lending credence to those who see naked political calculation involved. The New York Times
Foreign Policy a consacré la une de son numéro daté de mars-avril aux “guerres secrètes d’Obama”. Qui aurait pu croire il y a quatre ans que le nom de Barack Obama allait être associé aux drones et à la guerre secrète technologique ? s’étonne le magazine, qui souligne qu’Obama “est le président américain qui a approuvé le plus de frappes ciblées de toute l’histoire des Etats-Unis”. Voilà donc à quoi ressemblait l’ennemi : quinze membres présumés d’Al-Qaida au Yémen entretenant des liens avec l’Occident. Leurs photographies et la biographie succincte qui les accompagnait les faisaient ressembler à des étudiants dans un trombinoscope universitaire. Plusieurs d’entre eux étaient américains. Deux étaient des adolescents, dont une jeune fille qui ne faisait même pas ses 17 ans. Supervisant la réunion dédiée à la lutte contre le terrorisme, qui réunit tous les mardis une vingtaine de hauts responsables à la Maison-Blanche, Barack Obama a pris un moment pour étudier leurs visages. C’était le 19 janvier 2010, au terme d’une première année de mandat émaillée de complots terroristes dont le point culminant a été la tentative d’attentat évitée de justesse dans le ciel de Detroit le soir de Noël 2009. “Quel âge ont-ils ? s’est enquis Obama ce jour-là. Si Al-Qaida se met à utiliser des enfants, c’est que l’on entre dans une toute nouvelle phase.” La question n’avait rien de théorique : le président a volontairement pris la tête d’un processus de “désignation” hautement confidentiel visant à identifier les terroristes à éliminer ou à capturer. Obama a beau avoir fait campagne en 2008 contre la guerre en Irak et contre l’usage de la torture, il a insisté pour que soit soumise à son aval la liquidation de chacun des individus figurant sur une kill list [liste de cibles à abattre] qui ne cesse de s’allonger, étudiant méticuleusement les biographies des terroristes présumés apparaissant sur ce qu’un haut fonctionnaire surnomme macabrement les “cartes de base-ball”. A chaque fois que l’occasion d’utiliser un drone pour supprimer un terroriste se présente, mais que ce dernier est en famille, le président se réserve le droit de prendre la décision finale. (…) Une série d’interviews accordées au New York Times par une trentaine de ses conseillers permettent de retracer l’évolution d’Obama depuis qu’il a été appelé à superviser personnellement cette “drôle de guerre” contre Al-Qaida et à endosser un rôle sans précédent dans l’histoire de la présidence américaine. Ils évoquent un chef paradoxal qui approuve des opérations de liquidation sans ciller, tout en étant inflexible sur la nécessité de circonscrire la lutte antiterroriste et d’améliorer les relations des Etats-Unis avec le monde arabe. (…) C’est le plus curieux des rituels bureaucratiques : chaque semaine ou presque, une bonne centaine de membres du tentaculaire appareil sécuritaire des Etats-Unis se réunissent lors d’une visioconférence sécurisée pour éplucher les biographies des terroristes présumés et suggérer au président la prochaine cible à abattre. Ce processus de “désignation” confidentiel est une création du gouvernement Obama, un macabre “club de discussion” qui étudie soigneusement des diapositives PowerPoint sur lesquelles figurent les noms, les pseudonymes et le parcours de membres présumés de la branche yéménite d’Al-Qaida ou de ses alliés de la milice somalienne Al-Chabab. The New York Times (07.06.12)
Rarement moment politique et innovation technologique auront si parfaitement correspondu : lorsque le président démocrate est élu en 2008 par des Américains las des conflits, il dispose d’un moyen tout neuf pour poursuivre, dans la plus grande discrétion, la lutte contre les « ennemis de l’Amérique » sans risquer la vie de citoyens de son pays : les drones. (…) George W. Bush, artisan d’un large déploiement sur le terrain, utilisera modérément ces nouveaux engins létaux. Barack Obama y recourra six fois plus souvent pendant son seul premier mandat que son prédécesseur pendant les deux siens. M. Obama, qui, en recevant le prix Nobel de la paix en décembre 2009, revendiquait une Amérique au « comportement exemplaire dans la conduite de la guerre », banalisera la pratique des « assassinats ciblés », parfois fondés sur de simples présomptions et décidés par lui-même dans un secret absolu. Tandis que les militaires guident les drones dans l’Afghanistan en guerre, c’est jusqu’à présent la très opaque CIA qui opère partout ailleurs (au Yémen, au Pakistan, en Somalie, en Libye). C’est au Yémen en 2002 que la campagne d’ »assassinats ciblés » a débuté. Le Pakistan suit dès 2004. Barack Obama y multiplie les frappes. Certaines missions, menées à l’insu des autorités pakistanaises, soulèvent de lourdes questions de souveraineté. D’autres, les goodwill kills (« homicides de bonne volonté »), le sont avec l’accord du gouvernement local. Tandis que les frappes de drones militaires sont simplement « secrètes », celles opérées par la CIA sont « covert », ce qui signifie que les Etats-Unis n’en reconnaissent même pas l’existence. Dans ce contexte, établir des statistiques est difficile. Selon le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique, les attaques au Pakistan ont fait entre 2 548 et 3 549 victimes, dont 411 à 884 sont des civils, et 168 à 197 des enfants. En termes statistiques, la campagne de drones est un succès : les Etats-Unis revendiquent l’élimination de plus d’une cinquantaine de hauts responsables d’Al-Qaida et de talibans. D’où la nette diminution du nombre de cibles potentielles et du rythme des frappes, passées de 128 en 2010 (une tous les trois jours) à 48 en 2012 au Pakistan. Car le secret total et son cortège de dénégations ne pouvaient durer éternellement. En mai 2012, le New York Times a révélé l’implication personnelle de M. Obama dans la confection des kill lists. Après une décennie de silence et de mensonges officiels, la réalité a dû être admise. En particulier au début de l’année, lorsque le débat public s’est focalisé sur l’autorisation, donnée par le ministre de la justice, Eric Holder, d’éliminer un citoyen américain responsable de la branche yéménite d’Al-Qaida. L’imam Anouar Al-Aulaqi avait été abattu le 30 septembre 2011 au Yémen par un drone de la CIA lancé depuis l’Arabie saoudite. Le droit de tuer un concitoyen a nourri une intense controverse. D’autant que la même opération avait causé des « dégâts collatéraux » : Samir Khan, responsable du magazine jihadiste Inspire, et Abdulrahman, 16 ans, fils d’Al-Aulaqui, tous deux américains et ne figurant ni l’un ni l’autre sur la kill list, ont trouvé la mort. Aux yeux des opposants, l’adolescent personnifie désormais l’arbitraire de la guerre des drones. La révélation par la presse des contorsions juridiques imaginées par les conseillers du président pour justifier a posteriori l’assassinat d’un Américain n’a fait qu’alimenter les revendications de transparence. La fronde s’est concrétisée par le blocage au Sénat, plusieurs semaines durant, de la nomination à la tête de la CIA de John Brennan, auparavant grand ordonnateur à la Maison Blanche de la politique d’assassinats ciblés. (…) Très attendu, le grand exercice de clarification a eu lieu le 23 mai devant la National Defense University de Washington. Barack Obama y a prononcé un important discours sur la « guerre juste », affichant enfin une doctrine en matière d’usage des drones. Il était temps : plusieurs organisations de défense des libertés publiques avaient réclamé en justice la communication des documents justifiant les assassinats ciblés. Une directive présidentielle, signée la veille, précise les critères de recours aux frappes à visée mortelle : une « menace continue et imminente contre la population des Etats-Unis », le fait qu’ »aucun autre gouvernement ne soit en mesure d'[y] répondre ou ne la prenne en compte effectivement » et une « quasi-certitude » qu’il n’y aura pas de victimes civiles. Pour la première fois, Barack Obama a reconnu l’existence des assassinats ciblés, y compris ceux ayant visé des Américains, assurant que ces morts le « hanteraient » toute sa vie. (…) Six jours après ce discours, l’assassinat par un drone de Wali ur-Rehman, le numéro deux des talibans pakistanais, en a montré les limites. Ce leader visait plutôt le Pakistan que « la population des Etats-Unis ». Tout porte donc à croire que les critères limitatifs énoncés par Barack Obama ne s’appliquent pas au Pakistan, du moins aussi longtemps qu’il restera des troupes américaines dans l’Afghanistan voisin. Et que les « Signature strikes », ces frappes visant des groupes d’hommes armés non identifiés mais présumés extrémistes, seront poursuivies. Les drones n’ont donc pas fini de mettre en lumière les contradictions de Barack Obama : président antiguerre, champion de la transparence, de la légalité et de la main tendue à l’islam, il a multiplié dans l’ombre les assassinats ciblés, provoquant la colère de musulmans. Le Monde (18.06.13)
Ce qui est arrivé au quartier Dahiya de Beyrouth en 2006 arrivera à tous les villages qui servent de base à des tirs contre Israël. […] Nous ferons un usage de la force disproportionné et y causerons de grands dommages et destructions. De notre point de vue, il ne s’agit pas de villages civils, mais de bases militaires. […] Il ne s’agit pas d’une recommandation, mais d’un plan, et il a été approuvé.  Gadi Eisenkot (commandant israélien de la division nord)
Frapper un grand coup n’est pas nécessairement immoral. Parfois cela peut même sauver des vies à plus long terme, parce que si vous frappez un grand coup, vous réduisez les possibilités que la guerre dure longtemps ou d’un deuxième round. Avi Kober (expert israélien en affaires militaires)
Je ne crois pas qu’une armée ait jamais fait plus d’efforts dans l’histoire militaire pour réduire le nombre des civils blessés et des décès des personnes innocentes que ne le font actuellement les forces armées d’Israël à Gaza. Colonel Richard Kemp (ancien commandant des forces britanniques en Afghanistan)
Je crois qu’en raison de l’énorme destruction, les habitants de Gaza ont compris que cela ne mène nulle part. Quand la construction commencera – avec des fonds de l’Europe, de l’Arabie Saoudite et d’autres endroits – et que les gens auront reconstruit leurs maisons, je ne crois pas qu’ils accepteront d’y remettre des lance-roquettes le jour suivant. Regardez ce qui s’est passé au lendemain de la deuxième guerre du Liban. Le Hezbollah a multiplié les menaces mais n’a pas envoyé la moindre roquette cette fois. Pourquoi? Parce que les habitants du Sud-Liban dont les maisons avaient été détruites ont dit: ‘Pour quoi faire ? Pourquoi recommencer tout ça?’. (…) Après les erreurs de la deuxième guerre du Liban, les soldats avaient peur, la population israélienne avait peur, les médias ont averti que ce serait une guerre dure et sans précédent. Hamas avait averti: ‘Si vous entrez dans Gaza, nous en ferons votre cimetière; il y aura des mines et des guet-apens partout’. Donc il y avait une vraie peur. Cette crainte nous a fait frapper trop fort. Il n’y a aucun doute que des choses dures se sont produites là-bas. Mais d’un autre côté, quand vous comparez aux batailles récentes de par le monde, cela n’a pas été si extraordinaire. A Fallujah, par exemple, environ 6 000 personnes ou 2,3 % de la population de cette ville irakienne ont été tuées par les forces américaines; et les Irakiens n’avaient jamais tiré sur Washington ou New York. En comparaison, le nombre de victimes à Gaza a été très bas. A.B. Yehoshua (écrivain israélien pacifiste)
With an outbreak of hostilities, the IDF will need to act immediately, decisively, and with force that is disproportionate to the enemy’s actions and the threat it poses. Such a response aims at inflicting damage and meting out punishment to an extent that will demand long and expensive reconstruction processes. The strike must be carried out as quickly as possible, and must prioritize damaging assets over seeking out each and every launcher. Punishment must be aimed at decision makers and the power elite. In Syria, punishment should clearly be aimed at the Syrian military, the Syrian regime, and the Syrian state structure. In Lebanon, attacks should both aim at Hizbollah’s military capabilities and should target economic interests and the centers of civilian power that support the organization. Moreover, the closer the relationship between Hizbollah and the Lebanese government, the more the elements of the Lebanese state infrastructure should be targeted. Such a response will create a lasting memory among Syrian and Lebanese decision makers, thereby increasing Israeli deterrence and reducing the likelihood of hostilities against Israel for a an extended period. At the same time, it will force Syria, Hizbollah, and Lebanon to commit to lengthy and resource-intensive reconstruction programs. Recent discussion of “victory” and “defeat” in a future war against Hizbollah has presented an overly simplistic approach. The Israeli public must understand that overall success cannot be measured by the level of high trajectory fire against Israel at the end of the confrontation. The IDF will make an effort to decrease rocket and missile attacks as much as possible, but the main effort will be geared to shorten the period of fighting by striking a serious blow at the assets of the enemy. Israel does not have to be dragged into a war of attrition with Hizbollah. Israel’s test will be the intensity and quality of its response to incidents on the Lebanese border or terrorist attacks involving Hizbollah in the north or Hamas in the south. In such cases, Israel again will not be able to limit its response to actions whose severity is seemingly proportionate to an isolated incident. Rather, it will have to respond disproportionately in order to make it abundantly clear that the State of Israel will accept no attempt to disrupt the calm currently prevailing along its borders. Israel must be prepared for deterioration and escalation, as well as for a full scale confrontation. Such preparedness is obligatory in order to prevent long term attrition. The Israeli home front must be prepared to be fired upon, possibly with even heavy fire for an extended period, based on the understanding that the IDF is working to reduce the period of fighting to a minimum and to create an effective balance of deterrence. This approach is applicable to the Gaza Strip as well. There, the IDF will be required to strike hard at Hamas and to refrain from the cat and mouse games of searching for Qassam rocket launchers. The IDF should not be expected to stop the rocket and missile fire against the Israeli home front through attacks on the launchers themselves, but by means of imposing a ceasefire on the enemy. Gabi Siboni
Il y n’y a que deux moyens d’aborder la question d’une manière efficace: occuper le territoire sur la durée et affaiblir systématiquement l’ennemi, ou entrer en force et porter un coup rapide mais fulgurant. A Gaza, l’armée israélienne a choisi la deuxième option, et donc, elle a eu tout-à-fait raison en termes militaires d’employer une puissance de feu massive. Vous devez frapper dur, entrer et sortir vite et prendre l’ennemi par surprise. Et surtout, vous ne devez jamais vous excuser. Parce que si vous le faites, vous démoralisez votre propre camp avant même de commencer. En dépit de toute les critiques, la guerre du Liban de 2006 a été un succès, parce que le Hezbollah n’a pas réattaqué depuis. En d’autres termes, nous sommes parvenus à casser la volonté de combattre du Hezbollah et je pense qu’il y a une possibilité raisonnable d’arriver au même résultat avec le Hamas à Gaza, où la performance de Tsahal était meilleure et les pertes inférieures. Martin van Creveld (historien militaire)

Nous  avons  réussi,  notre  récit  a  pris  le dessus !
Ismaël  Haniyeh (ancien premier  ministre  du  Hamas, Al-Jazeera, 29 août 2014)
Les groupes armés palestiniens doivent mettre fin à l’ensemble des attaques directes visant les civils et des attaques menées sans discrimination. Ils doivent aussi prendre toutes les précautions possibles afin de protéger les civils de la bande de Gaza des conséquences de ces attaques. Cela suppose d’adopter toutes les mesures qui s’imposent pour éviter de placer combattants et armes dans des zones densément peuplées ou à proximité. (…) Les éléments selon lesquels il est possible qu’une roquette tirée par un groupe armé palestinien ait causé 13 morts civiles dans la bande de Gaza soulignent à quel point ces armes sont non discriminantes et les terribles conséquences de leur utilisation. (…) L’impact dévastateur des attaques israéliennes sur les civils palestiniens durant ce conflit est indéniable, mais les violations commises par un camp dans un conflit ne peuvent jamais justifier les violations perpétrées par leurs adversaires. (…) La communauté internationale doit aider à prévenir de nouvelles violations en luttant contre la banalisation de l’impunité, et en cessant de livrer aux groupes armés palestiniens et à Israël les armes et équipements militaires susceptibles d’être utilisés pour commettre de graves violations du droit international humanitaire. Philip Luther
Amnesty International demande à tous les États de soutenir la Commission d’enquête des Nations unies et la compétence de la Cour pénale internationale concernant les crimes commis par toutes les parties au conflit. Amnesty international
Des groupes armés palestiniens ont fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de civils, en lançant de nombreuses attaques aveugles à l’aide de roquettes et de mortiers en direction de zones civiles en Israël durant le conflit de juillet-août 2014, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public jeudi 26 mars. Ce document, intitulé Unlawful and deadly: Rocket and mortar attacks by Palestinian armed groups during the 2014 Gaza/Israel conflict (…), fournit des éléments tendant à prouver que plusieurs attaques lancées depuis la bande de Gaza constituaient des crimes de guerre. Six civils, dont un petit garçon de quatre ans, ont été tués en Israël dans le cadre d’attaques de ce type, au cours de ce conflit ayant duré 50 jours. Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile tiré depuis la bande de Gaza s’est écrasé dans le camp de réfugiés d’al Shati. (…) Toutes les roquettes utilisées par les groupes armés palestiniens sont des projectiles non guidés, avec lesquels on ne peut pas viser avec précision de cible spécifique et qui sont non discriminantes par nature ; recourir à ces armes est interdit par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre. Les mortiers sont eux aussi des munitions imprécises et ne doivent jamais être utilisés pour attaquer des cibles militaires situées dans des zones civiles ou à proximité. (…) Selon les données des Nations unies, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers ont été tirés depuis Gaza vers Israël au cours de ce conflit. Sur ces milliers de roquettes et mortiers, environ 224 auraient atteint des zones résidentielles israéliennes, tandis que le Dôme de fer, le système de défense anti-missile israélien, en a intercepté de nombreux autres. (…) Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien durant ce conflit, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile a explosé à côté d’un supermarché, dans le camp – surpeuplé – de réfugiés d’al Shati (bande de Gaza) le 28 juillet 2014, premier jour de l’Aïd al Fitr. Les enfants jouaient dans la rue et achetaient des chips et des boissons sucrées au supermarché au moment de l’attaque. Si les Palestiniens ont affirmé que l’armée israélienne était responsable de cette attaque, un expert indépendant, spécialiste des munitions, ayant examiné les éléments de preuve disponibles pour le compte d’Amnesty International, a conclu que le projectile utilisé dans le cadre de cette attaque était une roquette palestinienne. (…) Mahmoud Abu Shaqfa et son fils Khaled, âgé de cinq ans, ont été gravement blessés lors de cette attaque. Muhammad, son fils de huit ans, a été tué. (…) Il n’y pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte en place pour protéger les civils dans la bande de Gaza. Le rapport décrit en détail d’autres atteintes au droit international humanitaire commises par des groupes armés palestiniens durant le conflit, comme le fait de stocker des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, ainsi que des cas dans lesquels des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques ou stocké des munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés. Amnesty international
Le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo. Soldat israélien
While the testimonies include pointed descriptions of inappropriate behavior by soldiers in the field, the more disturbing picture that arises from these testimonies reflects systematic policies that were dictated to IDF forces of all ranks and in all zones. The guiding military principle of “minimum risk to our forces, even at the cost of harming innocent civilians,” alongside efforts to deter and intimidate the Palestinians, led to massive and unprecedented harm to the population and the civilian infrastructure in the Gaza Strip. This policy was evident first and foremost during the briefings provided to the forces before entering Gaza. Many soldiers spoke of a working assumption that Palestinian residents had abandoned the neighborhoods they entered due to the IDF’s warnings, thus making anyone located in the area a legitimate target – in some cases even by direct order. This approach was evident before the ground incursion, when the neighborhoods IDF forces entered suffered heavy shelling, as part of the “softening” stage. This included, among other things, massive use of statistical weapons, like cannons and mortars, which are incapable of precise fire. They are intended for broad area offensives, through the random distribution of shells over a range that can reach up to hundreds of meters from the original target (see testimonies 1, 88, and 96). In practice, during the preliminary shelling, the army pounded populated areas throughout the Strip with artillery shells in order to scare off enemy combatants who were in the area, and at times also to urge the civilian population to flee. (…) This policy changed for various reasons, including the dwindling of the target lists, the desire to prevent Hamas from, attaining a “display of victory” ahead of the ceasefires, and the desire to attack as many targets as possible before the ceasefires went into effect. The top echelons of the IDF command determined these changes in the open-fire policy. At least in some cases, the deliberations and circumstances that led to changes in this policy were not directly related to the combat itself or to defending the troops in the field – but rather served political and diplomatic interests. Breaking the silence
This is combat in an urban area, we’re in a war zone. The saying was: ‘There’s no such thing there as a person who is uninvolved.’ In that situation, anyone there is involved. Everything is dangerous; there were no special intelligence warnings such as some person, or some white vehicle arriving… No vehicle is supposed to be there – if there is one, we shoot at it. Anything that’s not ‘sterile’ is suspect. There was an intelligence warning about animals. If a suspicious animal comes near, shoot it. In practice, we didn’t do that. We had arguments about whether or not to do it. But that was just a general instruction; in practice you learn to recognize the animals because they are the only ones wandering around. Israeli soldier
There isn’t a soul around, the streets are empty, no civilians. At no point did I see a single person who wasn’t a soldier. (…) To try and trigger a response, to deter. Our objective at that time was not to eliminate anyone we saw – our objective was to blow up the two tunnels we were sitting right on top of. We kept this line for five days and made sure no one came near. Why would anyone come near? To die? During the talk the unit commander explained that it wasn’t an act of revenge. That the houses situated on a high axis on this side of the ridge dominated the entire area between [the separation fence with] Israel and the neighborhood, and that is why they couldn’t be left standing. They also overlook the Israeli towns and allow for them to be shelled with mortars. At a certain point we understood it was a pattern: you leave a house and the house is gone – after two or three houses you figure out that there’s a pattern. The D9 (armored bulldozer)comes and flattens it. (…) Often there were reports that the tunnels (dug by Palestinian militants) were being dug inside greenhouses to camouflage them. Israeli soldier
We were staying in abandoned houses. The people’s stuff was left inside, but not things like electrical appliances. They must have taken everything – they fled. I did not see any casualties that were not clearly enemies there, because everyone was told to flee north from the very start. That’s what we knew. They left their houses closed up tight. It was clear that people had been preparing for our entry. [When we went in] we turned the houses upside down, because there was no other choice, you had to. We found weapons. Israeli soldier
They went over most of the things viewed as accomplishments. They spoke about numbers: 2,000 dead and 11,000 wounded, half a million refugees, decades worth of destruction. Harm to lots of senior Hamas members and to their homes, to their families. These were stated as accomplishments so that no one would doubt that what we did during this period was meaningful. Israeli soldier
There was this mentally handicapped girl in the neighborhood, apparently, and the fact that shots were fired near her feet only made her laugh (earlier in his testimony the soldier described a practice of shooting near
people’s feet in order to get them to distance themselves from the forces). She would keep getting closer and it was clear to everyone that she was mentally handicapped, so no one shot at her. No one knew how to deal with this situation. She wandered around the areas of the advance guard company and some other company – I assume she just wanted to return home, I assume she ran away from her parents, I don’t think they would have sent her there. It is possible that she was being taken advantage of – perhaps it was a show, I don’t know. I thought to myself that it was a show, and I admit that I really, really wanted to shoot her in the knees because I was convinced it was one. I was sure she was being sent by Hamas to test our alertness, to test our limits, to figure out how we respond to civilians. Later they also let loose a flock of sheep on us, seven or ten of whom had bombs tied to their bellies from below. I don’t know if I was right or wrong, but I was convinced that this girl was a test. Eventually, enough people fired shots near her feet for her to apparently get the message that ‘OK, maybe I shouldn’t be here,’ and she turned and walked away. The reason this happened is that earlier that day I was t know if׳I don right or wrong, but I was convinced that this girl was a test. Eventually, enough people fired shots near her feet for her to apparently get,OK׳ the message thatt be׳I shouldn maybe and she turned ׳,here and walked away. The reason this happened is that earlier that day we heard about an old man who went in the direction of a house held by a different force; [the soldiers] didn’t really know what to do so they went up to him. This guy, 70 or 80 years old, turned out to be booby-trapped from head to toe. From that moment on the protocol was very, very clear: shoot toward the feet. And if they don’t go away, shoot to kill. Israeli soldier
There was a mosque identified [as a hostile target] that we were watching over. This mosque was known to have a tunnel [opening] in it, and they thought that there were Hamas militants or something inside. We didn’t spot any in there – we didn’t detect anything, we didn’t get shot at. Nothing. They told us: “There aren’t supposed to be any civilians there. If you spot someone, shoot.” Israeli soldier
If the family had no phone and a ‘roof knocking’ was conducted, and after a few minutes no one came out, then the assumption was that there was no one there. You were working under the assumption that once a ‘roof knocking’ was conducted everyone leaves the building immediately, and if nobody leaves it means there was no one inside? People who are willing to sacrifice themselves, there’s nothing you can do. We have no way of knowing if there were people in there who decided not to get out. Israeli soldier
It’s like “Call of Duty” (a first-person shooter video game). Ninety-nine percent of the time I was inside a house, not moving around – but during the few times we passed from place to place I remember that the level of destruction looked insane to me. It looked like a movie set, it didn’t look real. Israeli soldier
We entered a neighborhood with orchards, which is the scariest. There were lots of stories going around about being surprised by tunnels or explosive devices in these orchards. When you go in you fire at lots of suspicious places. You shoot at bushes, at trees, at all sorts of houses you suddenly run into, at more trees. You fire a blast and don’t think twice about it. When we first entered [the Gaza Strip] there was this ethos about Hamas – we were certain that the moment we went in our tanks would all be up in flames. But after 48 hours during which no one shoots at you and they’re like ghosts, unseen, their presence unfelt – except once in a while the sound of one shot fired over the course of an entire day – you come to realize the situation is under control. And that’s when my difficulty there started, because the formal rules … they warned us, they told us that after a ceasefire the population might return, and then they repeated the story about the old man who asked for water (earlier in his testimony the testifier described a briefing in which an incident was described where an elderly Palestinian man asked soldiers for water and then threw grenades at the forces). Israeli soldier
We’re blowing up this house, but we can’t eat this bag of Bamba (peanut butter snacks)? Israeli soldier
I never saw anything like it, not even in Lebanon. There was destruction there, too – but never in my life did I see anything like this. When we got there, there were white flags on all the rooftops. We had been prepared for something very… For some very glorious combat, and in the end it was quiet. After three weeks in Gaza, during which you’re shooting at anything that moves – and also at what isn’t moving, crazy amounts – you aren’t anymore really … Israeli soldier
 « The rules of engagement are pretty identical: Anything inside [the Gaza Strip] is a threat, the area has to be ‘sterilized,’ empty of people – and if we don’t see someone waving a white flag, screaming ‘I give up’ or something, then he’s a threat and there’s authorization to open fire.” Haaretz
Israeli soldiers assaulted a pair of photojournalists near the West Bank town of Nabi Saleh on Friday, video footage of the incident shows. The video shows a group of soldiers accosting two photojournalists clearly marked as members of the press, shouting at them « Get out of here. » Then one of the soldiers is seen pushing one of the photographers to the ground with his helmet. After this, another soldier knocks the other photographer to the ground. The same soldier then picks up a stone and hurls it at the photographer. According to the army, the area was a closed military zone and some 70 Palestinians had assembled there and hurled stones at passing vehicles and the force itself. This demonstration is not seen in the video. (…) An Israel Defense Forces spokesman told Haaretz that « the behavior seen in the video is reprehensible and isn’t in line with the guidelines issued by the commanders in the region. The IDF guidelines allow for free press coverage in the territory under control of the Central Command in general, and specifically during demonstrations. The matter will be investigated. » In 2012, an IDF officer was filmed throwing stones and firing at Palestinians in Nabi Saleh – contrary to regulations. He was relieved of his duties and was later charged with illegal use of a fire arm. Haaretz
During Operation Cast Lead, Israeli forces killed Palestinian civilians under permissive rules of engagement and intentionally destroyed their property, say soldiers who fought in the offensive. (…) The testimonies include a description by an infantry squad leader of an incident where an IDF sharpshooter mistakenly shot a Palestinian mother and her two children. (…) Another squad leader from the same brigade told of an incident where the company commander ordered that an elderly Palestinian woman be shot and killed; she was walking on a road about 100 meters from a house the company had commandeered. Haaretz
To write ‘death to the Arabs’ on the walls, to take family pictures and spit on them, just because you can. I think this is the main thing: To understand how much the IDF has fallen in the realm of ethics, really. It’s what I’ll remember the most. IDF soldier
The IDF’s ethical problems did not start in 2009. Such discussions also followed the Six-Day War. But a reserve officer who looked at the transcript Wednesday said: « This is not the IDF we knew. »The descriptions show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme. The deterioration has been continuous – from the first Lebanon war to the second, from the first intifada to the second, from Operation Defensive Shield to Operation Cast Lead. Haaretz
Il n’existe plus de conflit conventionnel dont le cadre légal peut être à postériori analysé. Israël ne fait que s’adapter à une nouvelle forme de guerre totale mêlant le conflit conventionnel à la guerre au nom de l’islam : les Palestiniens entrainent des enfants soldats (filles comme garçons) au « martyr », c’est-à-dire à des actions kamikazes de civils contre des unités militaires. Des vidéos sur ces entrainements prolifèrent sur internet et sont un des moyens de propagande des mouvements palestiniens dans une surenchère djihadiste. Ne pas en tenir compte de par son positionnement politique sur le conflit israélo-palestinien serait une grave erreur; et un appui tacite au développement d’idéologie tendant à exposer les populations civiles dans des conflits armés. De ce fait, le respect du Droit est à la base vicié : toute action militaire entrainant la mort de « civil » se verra condamné par un droit n’ayant jamais envisagé l’utilisation de la population comme arme potentielle. Alors oui, brisons le silence ! Brisons le silence sur une fausse guerre au nom d’une revendication de « libération » (Gaza n’est pas occupée) mais bien sur une idéologie islamiste palestinienne basée sur la destruction définitive du peuple juif au Moyen orient : les chrétiens d’orient pourtant massivement anti-israéliens en découvrent aujourd’hui l’autre pendant. Danilette

Frappes aveugles et aléatoires sur l’ensemble des villes; centaines de kilomètres de tunnels offensifs jusqu’aux zones habitées; enlèvements et menaces d’enlèvement de soldats; militaires sans uniformes déguisés en civils; guerre de rues où tous les coups sont permis; population civile et biens de caractère civil utilisés comme boucliers humains; installations de commandements, armements ou munitions dans maisons d’habitation, écoles, lieux de culte; piégeage de maisons, animaux, vieillards, femmes, enfants ou handicapés mentaux …

Attention: un silence peut en cacher un autre !

A l’heure où nos belles âmes se félicitent de l’élimination ô combien méritée du cerveau des récents attentats de Paris

Par les drones d’un prix Nobel de la paix qui tout en se refusant à prononcer le nom même de l’ennemi en est quand même bientôt …

Dans la plus grande indifférence et femmes et enfants compris à son 2 500e carton …

Et qu’après avoir courageusement abandonné l’Afghanistan à son triste sort, l’Europe a depuis longtemps oublié ce que ses soldats ont bien pu y faire …

Qui s’étonne …

De l’étrange acharnement des mêmes belles âmes sur les prétendus crimes de guerre

D’une armée tentant de défendre ses soldats face aux pires perfidies du Hamas ?

Et qui prend la peine de se demander la raison

De la « vision israélienne » prétendument « extrême »  …

Derrière l’apparente disproportion des destructions …

 De ceux qui en avaient cyniquement transformées les cibles en objectifs militaires ?

Gaza : Brisons le silence ?
Ded Zep
Danilette
6 mai 2015

L’éthique de l’Armée Israélienne, une des plus rigoureuses, car créée et encadrée par des sociologues et des philosophes au sortir de la barbarie nazie ne serait plus ?

Israël aurait-elle surtout pensé à protéger ses propres soldats, au détriment de la population civile palestinienne, lors de la dernière guerre contre l’islamisme intégriste du Hamas ?

« Une ONG israélienne, Breaking The Silence, sur la foi d’entretiens avec une soixantaine d’anciens combattants du conflit, estime que Tsahal a infligé des ‘préjudices massifs et sans précédent’ aux civils palestiniens pendant ce conflit en tirant à l’aveugle et en négligeant ses règles d’engagement ».

Ce qu’il y a de bien en Israël, c’est la transparence politique et éthique des institutions et des corps sociaux : Tsahal n’est pas la « grande muette » française dont la guerre d’Algérie n’a pas encore révélé plus de 50 ans après tous les aspects d’une guerre forcément sale.

Mais revenons sur la guerre contre le Hamas. Il faut bien comprendre, comme nous le découvrons hélas en France, que l’ennemi est invisible et peut frapper à tout moment.

Retour sur l’escalade ayant mené à une nouvelle intervention israélienne.
1. Tout d’abord des frappes aveugles, aléatoires de missiles tirés de gaza vers les villes israéliennes. Les villes, pas des objectifs militaires.
2. Des tirs sporadiques, puis de plus en plus rapprochés, de plus en plus violents.
3. Le gouvernement israélien commence par prendre des contacts dans le monde arabe pour essayer de faire cesser ces tirs. Des réunions secrètes tripartites avec l’Égypte, mais aussi les pays du Golfe sont organisées pour « convaincre » le Hamas de ne pas s’engager dans une spirale ne pouvant déboucher sur un nouveau conflit : aucun État ne peut supporter que l’on tire délibérément sur son armée, encore moins sur sa population civile sans réagir.
4. Les négociations échouent du fait du Hamas enfermé dans une logique islamiste et des conflits d’intérêts internes à la politique palestinienne : qui sera le mouvement palestinien perçu comme le plus « dur » avec Israël.
5. Israël durcit officiellement le ton et parle de plus en plus d’une possible intervention face à ce casus-belli.
6. Le Hamas réplique en indiquant que gaza sera le tombeau des juifs, et que de nouveaux militaires seront enlevés comme Guilad Shalit (gardé comme otage par les palestiniens « pendant plus de cinq années, soustrait au monde et au droit » – Bertrand Delanoë, maire de Paris -).
7. Le Hamas réplique aussi en disant que dans cette guerre des rues, tout vivant sera un piège pour les soldats israéliens : un âne, un chien, un enfant, une femme, un vieillard seront des kamikazes, des martyrs contre les sionistes.

L’exigence du « principe de distinction » entre combattant et civil
La décision de Tsahal de minimiser au maximum les pertes humaines au niveau de ses propres hommes découle directement de ces avertissements explicites des djihadistes palestiniens.
Il y a aussi l’apprentissage des précédents engagements militaires contre les Palestiniens : ce ne sont pas des soldats identifiables par leurs uniformes contre qui les soldats israéliens ont eut à faire mais à des militaires sans uniformes déguisés en civils !
• Militaires déguisés en civils. Ce principe est dénoncé dans l’article 48 du 1er Protocole additionnel des conventions de Genève :

« En vue d’assurer le respect et la protection de la population civile et des biens de caractère civil, les Parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre la population civile et les combattants ainsi qu’entre les biens de caractère civil et les objectifs militaires et, par conséquent, ne diriger leurs opérations que contre des objectifs militaires. »

• L’utilisation de ses civils comme boucliers humains par l’une des Parties est interdite.

« Aucun principe n’est plus central à la loi humanitaire en tant de guerre que l’obligation de respecter la distinction entre combattants et non-combattants. Ce principe est violé et la responsabilité pénale est donc engagée lorsque des organisations utilisent des civils comme boucliers ou manifestent une indifférence injustifiée pour la protection des non-combattants. »

• Le droit des conflits armés établit clairement qu’il est formellement interdit aux Parties d’un conflit armé d’utiliser la population civile ou des installations civiles pour protéger des infrastructures militaires. L’article 51-7 du 1er Protocole additionnel des Conventions de Genève stipule :

« La présence ou les mouvements de population civile, ou de personnes civiles, ne doivent pas être utilisés pour mettre certains points ou certaines zones à l’abri d’opérations militaires, notamment pour tenter de mettre des objectifs militaires à l’abri d’attaques ou de couvrir, favoriser ou gêner des opérations militaires. Les Parties au conflit ne doivent pas diriger les mouvements de la population civile ou des personnes civiles ».

Les palestiniens postent leurs unités de tir de missile dans les parcs d’habitation entourés d’enfants, devants des bâtiments de l’ONU, dans des hôpitaux mettant ainsi délibérément ces lieux sous le feu de la réplique israélienne avec des dégâts permettant une guerre des images destinée à soulever l’indignation:
• dans un monde occidental peu informé, toujours prompt à condamner Israël,
• dans le monde arabe pour susciter la formation de nouveaux djihadistes contre les juifs du monde entier : Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, Amedy Coulibaly, les frères Kouachi en sont les exemples récents revendiquant leurs actes pour « venger la mort des enfants palestiniens ».

Conflit conventionnel ou guerre au nom de l’islam ?
À ce titre il n’existe plus de conflit conventionnel dont le cadre légal peut être à postériori analysé. Israël ne fait que s’adapter à une nouvelle forme de guerre totale mêlant le conflit conventionnel à la guerre au nom de l’islam : les palestiniens entrainent des enfants soldats (filles comme garçons) au « martyr », c’est-à-dire à des actions kamikazes de civils contre des unités militaires.
Des vidéos sur ces entrainements prolifèrent sur internet et sont un des moyens de propagande des mouvements palestiniens dans une surenchère djihadiste.
Ne pas en tenir compte de par son positionnement politique sur le conflit israélo-palestinien serait une grave erreur; et un appui tacite au développement d’idéologie tendant à exposer les populations civiles dans des conflits armés.
De ce fait, le respect du Droit est à la base vicié : toute action militaire entrainant la mort de « civil » se verra condamné par un droit n’ayant jamais envisagé l’utilisation de la population comme arme potentielle.

Brisons le silence !
Alors oui, brisons le silence ! Brisons le silence sur une fausse guerre au nom d’une revendication de « libération » (Gaza n’est pas occupée) mais bien sur une idéologie islamiste palestinienne basée sur la destruction définitive du peuple juif au moyen orient : les chrétiens d’orient pourtant massivement anti-israéliens en découvrent aujourd’hui l’autre pendant.

Voir aussi:

La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

Le Monde

04.05.2015

Eté 2014, bande de Gaza. Un vieux Palestinien gît à terre. Il marchait non loin d’un poste de reconnaissance de l’armée israélienne. Un soldat a décidé de le viser. Il est grièvement blessé à la jambe, ne bouge plus. Est-il vivant ? Les soldats se disputent. L’un d’eux décide de mettre fin à la discussion. Il abat le vieillard.

Cette histoire, narrée par plusieurs de ses acteurs, s’inscrit dans la charge la plus dévastatrice contre l’armée israélienne depuis la guerre, lancée par ses propres soldats. L’organisation non gouvernementale Breaking the Silence (« rompre le silence »), qui regroupe des anciens combattants de Tsahal, publie, lundi 4 mai, un recueil d’entretiens accordés sous couvert d’anonymat par une soixantaine de participants à l’opération « Bordure protectrice ».

Une opération conduite entre le 8 juillet et le 26 août 2014, qui a entraîné la mort de près de 2 100 Palestiniens et 66 soldats israéliens. Israël a détruit trente-deux tunnels permettant de pénétrer clandestinement sur son territoire, puis a conclu un cessez-le-feu avec le Hamas qui ne résout rien. L’offensive a provoqué des dégâts matériels et humains sans précédent. Elle jette, selon l’ONG, « de graves doutes sur l’éthique » de Tsahal.

« Si vous repérez quelqu’un, tirez ! »

Breaking the Silence n’utilise jamais l’expression « crimes de guerre ». Mais la matière que l’organisation a collectée, recoupée, puis soumise à la censure militaire comme l’exige toute publication liée à la sécurité nationale, est impressionnante. « Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG depuis dix ans. J’espère qu’il y aura un débat, mais j’ai peur qu’on parle plus du messager que du message. Les Israéliens sont de plus en plus autocentrés et nationalistes, intolérants contre les critiques. »

Environ un quart des témoins sont des officiers. Tous les corps sont représentés. Certains étaient armes à la main, d’autres dans la chaîne de commandement. Cette diversité permet, selon l’ONG, de dessiner un tableau des « politiques systémiques » décidées par l’état-major, aussi bien lors des bombardements que des incursions au sol. Ce tableau contraste avec la doxa officielle sur la loyauté de l’armée, ses procédures strictes et les avertissements adressés aux civils, pour les inviter à fuir avant l’offensive.

« Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG Breaking the Silence. J’espère qu’il y aura un débat »
Les témoignages, eux, racontent une histoire de flou. Au nom de l’obsession du risque minimum pour les soldats, les règles d’engagement – la distinction entre ennemis combattants et civils, le principe de proportionnalité – ont été brouillées. « Les soldats ont reçu pour instructions de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l’hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi », précise l’introduction. « On nous a dit, il n’est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu’un, tirez ! », se souvient un sergent d’infanterie, posté dans le nord.

Les instructions sont claires : le doute est un risque. Une personne observe les soldats d’une fenêtre ou d’un toit ? Cible. Elle marche dans la rue à 200 mètres de l’armée ? Cible. Elle demeure dans un immeuble dont les habitants ont été avertis ? Cible. Et quand il n’y a pas de cible, on tire des obus ou au mortier, on « stérilise », selon l’expression récurrente. Ou bien on envoie le D-9, un bulldozer blindé, pour détruire les maisons et dégager la vue.

« Le bien et le mal se mélangent »

Un soldat se souvient de deux femmes, parlant au téléphone et marchant un matin à environ 800 mètres des forces israéliennes. Des guetteuses ? Un drone les survole. Pas de certitude. Elles sont abattues, classées comme « terroristes ». Un sergent raconte le « Bonjour Al-Bourej ! », adressé un matin par son unité de tanks à ce quartier situé dans la partie centrale du territoire. Les tanks sont alignés puis, sur instruction, tirent en même temps, au hasard, pour faire sentir la présence israélienne.

Beaucoup de liberté d’appréciation était laissée aux hommes sur le terrain. Au fil des jours, « le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo », témoigne un soldat. Mais cette latitude correspondait à un mode opérationnel. Au niveau de l’état-major, il existait selon l’ONG trois « niveaux d’activation », déterminant notamment les distances de sécurité acceptées par rapport aux civils palestiniens. Au niveau 3, des dommages collatéraux élevés sont prévus. « Plus l’opération avançait, et plus les limitations ont diminué », explique l’ONG. « Nos recherches montrent que pour l’artillerie, les distances à préserver par rapport aux civils étaient très inférieures à celles par rapport à nos soldats », souligne Yehuda Shaul, cofondateur de Breaking the Silence.

Un lieutenant d’infanterie, dans le nord de la bande de Gaza, se souvient : « Même si on n’entre pas [au sol], c’est obus, obus, obus. Une structure suspecte, une zone ouverte, une possible entrée de tunnel : feu, feu, feu. » L’officier évoque le relâchement des restrictions au fil des jours. Lorsque le 3e niveau opératoire est décidé, les forces aériennes ont le droit à un « niveau raisonnable de pertes civiles, dit-il. C’est quelque chose d’indéfinissable, qui dépend du commandant de brigade, en fonction de son humeur du moment ».

Fin 2014, le vice-procureur militaire, Eli Bar-On, recevait Le Monde pour plaider le discernement des forces armées. « On a conduit plus de 5 000 frappes aériennes pendant la campagne. Le nombre de victimes est phénoménalement bas », assurait-il. A l’en croire, chaque frappe aérienne fait l’objet d’une réflexion et d’une enquête poussée. Selon lui, « la plupart des dégâts ont été causés par le Hamas ». Le magistrat mettait en cause le mouvement islamiste pour son utilisation des bâtiments civils. « On dispose d’une carte de coordination de tous les sites sensibles, mosquées, écoles, hôpitaux, réactualisée plusieurs fois par jour. Quand on la superpose avec la carte des tirs de roquettes, on s’aperçoit qu’une partie significative a été déclenchée de ces endroits. »

Treize enquêtes pénales ouvertes

L’armée peut-elle se policer ? Le parquet général militaire (MAG) a ouvert treize enquêtes pénales, dont deux pour pillages, déjà closes car les plaignants ne se sont pas présentés. Les autres cas concernent des épisodes tristement célèbres du conflit, comme la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014. Six autres dossiers ont été renvoyés au parquet en vue de l’ouverture d’une enquête criminelle, après un processus de vérification initial.

Ces procédures internes n’inspirent guère confiance. En septembre, deux ONG israéliennes, B’Tselem et Yesh Din, ont annoncé qu’elles cessaient toute coopération avec le parquet. Les résultats des investigations antérieures les ont convaincues. Après la guerre de 2008-2009 dans la bande de Gaza (près de 1 400 Palestiniens tués), 52 enquêtes avaient été ouvertes. La sentence la plus sévère – quinze mois de prison dont la moitié avec sursis – concerna un soldat coupable du vol d’une carte de crédit. Après l’opération « Pilier de défense », en novembre 2012 (167 Palestiniens tués), une commission interne a été mise en place, mais aucune enquête ouverte. Le comportement de l’armée fut jugé « professionnel ».

Voir également:

Investigate Israel’s political leadership over civilian deaths in Gaza
Probing specific incidents of civilian fatalities in last summer’s Gaza war won’t alone contribute to uncovering the truth. An external probe must be launched that examines every level of official involved, and especially politicians.
Haaretz Editorial

May 6, 2015

“Anyone located in an IDF area, in areas the IDF took over – is not [considered] a civilian. That is the working assumption.” That statement, which appears in a report by Breaking the Silence that includes testimony from more than 60 soldiers and officers who participated in last summer’s war in the Gaza Strip, does a lot to explain the large number of civilian fatalities during Operation Protective Edge.

This statement and others like it that appear in the report also reveal the policy set by high-level officials, especially the elected politicians. This policy includes a warped interpretation of the Israel Defense Forces’ Code of Ethics – which says the state has an obligation to protect its soldiers’ lives that outweighs its obligation to protect the lives of civilians “on the other side” who aren’t involved in the fighting – and permits indiscriminate harm to civilians.

“The saying was: ‘There’s no such thing there as a person who is uninvolved,’” another testimony said, revealing a prima facie disregard for the most fundamental principle of the laws of war – the distinction between combatants and civilians. The testimony exposes a de facto policy characterized by permission to “shoot anywhere, nearly freely,” which contradicts both international law and Israeli law. The orders given under this policy ought to be considered patently illegal.

The Supreme Court’s ruling on the 1956 Kafr Qasem massacre stated that “a black flag … like a warning sign saying ‘Stop!’” flies over any order to shoot indiscriminately even at the price of killing innocents. “The illegality is glaringly apparent to the eye and infuriating to the heart, if the eye isn’t blind and the heart isn’t stony or corrupt,” the ruling said.

The Breaking the Silence report also reveals that the IDF tried to create the impression that the number of civilians killed was smaller than it really was – for instance, by classifying women who didn’t participate in the fighting but were shot to death as “terrorists.” There is also testimony about prima facie breaches of the obligation to take precautions to avoid harming civilians, as well as breaches of the prohibition on attacking a military target if disproportionate harm to civilians can be anticipated.

What is especially troubling about the report is the impression that these weren’t exceptional incidents, but settled policy. Therefore, investigating these specific incidents alone won’t contribute to uncovering the truth. An external probe must be launched that examines every level of official involved, and especially the elected politicians, because they’re the ones who bear responsibility for the policy that was implemented.

In an interview last week with Haaretz, Fatou Bensouda, prosecutor of the International Criminal Court in The Hague, said that the ICC only gets involved when a country refuses or is unwilling to conduct its own investigations. This is one investigation that Israel can and must conduct by itself.

 Voir encore:

Gaza testimonies / Diverting the debate from the real issue
A new wave of damning testimonies by IDF soldiers who fought in Gaza has unleashed a knee-jerk reaction.
Amos Harel

Jul. 16, 2009

A new wave of damning testimonies by Israel Defense Forces soldiers who took part in the recent fighting in Gaza has unleashed a knee-jerk reaction from the already sensitive Israeli public. (Leading the charge was Defense Minister Ehud Barak, who on Wednesday demanded that all criticism in military matters be directed at him, not the soldiers.)

The testimonies were released by « Breaking the Silence, » an organization of former soldiers who use personal experiences to illustrate what they perceive to be the folly of Israeli policies in the Palestinian territories. Once again, the organization has been singled out for rebuke.

The response to the testimonies was taken – admittedly very skillfully – in one very specific direction: the reliability of the witnesses and their betrayal of IDF and Israeli society as a whole.

The IDF Spokesman’s Office dismissed Breaking the Silence as a private body focused on media manipulation. Kadima MK Otniel Schneller, a resident of the Maaleh Michmas settlement, demanded the anonymous soldier witnesses identify themselves. This demand took center stage in the efforts to discredit the troops who had spoken out.

So, it was asked, why won’t Breaking the Silence give any identifying details in their accounts, tying them to a specific sector, date or unit? Who would know, reporters heard IDF officers wonder aloud, whether the testimonials were delivered by actors reading from a script?

The nay-sayers should simmer down. The men behind the testimonies are soldiers, that is certain. Three of them met with Haaretz, at the paper’s request. While there is no definite way of vouching for the credibility of their reports, it is safe to say that they did fight in Gaza and that they provided enough authentic detail to prove that they are not imposters.

The refusal to disclose their identities, especially for those witnesses still completing their mandatory military service, stems from a fear of possible retribution, both from their commanders and from their peers.

Telling their stories to outside organizations, in particular the media, is seen as tattling. It was enough for these soldiers to hear from graduates of a pre-army prep course about the onslaught they faced after previous Cast Lead testimonies – vehemently denied in the Military Advocate General’s subsequent report – to understand that their fears are not unfounded. It will be interesting to hear the full version of events once these soldiers are discharged.

On the flip side, Breaking the Silence, founded in 2004 by veterans of the second intifada, has a clear political agenda, and can no longer be classed as a « human rights organization. » Any organization whose website includes the claim by members to expose the « corruption which permeates the military system » is not a neutral observer.

The organization has a clear agenda: to expose the consequences of IDF troops serving in the West Bank and Gaza. This seems more of interest to its members than seeking justice for specific injustices. The fact that the material was published just six months after the end of the conflict will diminish its impact in the eyes of a public supportive of their troops.

But this does not mean that the documented evidence, some of which was videotaped, is fabricated. It goes without saying, however, that the vague contextual descriptions hamper the possibility that the IDF could use such testimonies in a criminal investigation.

During the conflict in Gaza earlier this year, Israel did not use even close to the amount of firepower the U.S. military unleashed on Iraq’s civilian population. The IDF, as can be concluded from the reports themselves, did not systematically kill innocent people. It did use intense fire in crowded areas and issued fairly loose rules of engagement in order to meet the unwritten goal of the operation – a minimum of IDF casualties.

Among the lower ranks of some units, this translated to a certain unraveling in the wake of eight years of Qassam rockets (a period in which, despite our celebrated policy of restraint, several thousand Palestinians were killed) and a sentiment among some soldiers that the time had come to settle the score with the Gazans.

So where can Israel draw the line between self-flagellation and introspection? A month ago, Colonel Hertzi Halevy of the IDF Paratroopers Brigade held a conference on battle values, in which all battalion and brigade commanders took part. It was an extensive and thorough discussion, which heard from legal experts, journalists, a philosophy professor and even (good heavens!) a bona fide leftwing activist.

The Paratroopers officers felt they had done nothing for which they should feel ashamed. Instead of curling up in a defensive ball, they listened to the criticism with interest, although they rejected much of it in their own detailed responses.

International criticism, including an upcoming harsh UN report, will continue regardless. We can and must lead a debate on the matter within Israeli society, instead of responding to every claim with a chorus of « The IDF is the most moral army in the world » – as if that issue had already been settled in an Olympic event in which nations’ armies compete in a moral high jump.

One would hope that the IDF as a whole can follow the Paratroopers? lead, not just in the way its soldiers behave during battle, but in how it examines itself once the battle is over.

Voir de plus:

ANALYSIS / Can Israel dismiss its own troops’ stories from Gaza?
Testimonies of IDF soldiers show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme.
Amos Harel

Haaretz

Mar. 19, 2009

The statements of the Israel Defense Forces soldiers from the Yitzhak Rabin preparatory course provide the first, uncensored look at what occurred in some of the combat units in Operation Cast Lead.

It seems that what soldiers have to say is actually the way things happened in the field, most of the time. And as usual, reality is completely different from the gentler version provided by the military commanders to the public and media during the operation and after.

The soldiers are not lying, for the simple reason that they have no reason to. If you read the transcript that will appear in Haaretz Friday, you will not find any judgment or boasting. This is what the soldiers, from their point of view, saw in Gaza. There is a continuity of testimony from different sectors that reflects a disturbing and depressing picture.

The IDF will do everyone, and most of all itself, a big favor if it takes these soldiers and allegations seriously and investigates itself in depth. When statements came only from Palestinian witnesses or « the hostile press, » it was possible to dismiss them as propaganda that served the enemy. But what can be done when the soldiers themselves tell the story?

It’s possible that somewhere in the stories there were a few mistakes or exaggerations, because a squad or platoon leader does not always see the entire picture. But this is evidence, first hand, of what most Israelis would prefer to repress. This is how the army carried out its war against armed terrorists, with a civilian population of a million and a half people stuck in the middle.

In response to a question from Haaretz Wednesday, Danny Zamir, the head of the preparatory course, said he had decided to publish the discussion in the newsletter only after speaking with and writing to senior IDF officers a number of times. Zamir was told by General Staff officers that the operational inquiries into the fighting in Gaza, including the ethical inquiry, were still far from completion. The officers also said they had not encountered evidence of incidents of the type the soldiers described.

If the IDF really never heard about these incidents, the reasonable assumption is that it did not want to know. The soldiers describe the reality in combat units, from the level of company commander down. In the debriefings, the participants usually include company commanders up. It seems that except for isolated incidents, the rule is « you don’t ask, we won’t tell. »

The ones who finally let the dark secrets out were the soldiers in the combat units themselves. Somewhere along the way their moral warning lights went off.

In the coming days, in an effort to rebuff the claims, we will certainly hear about those who « pulled one over » on Zamir. In 1990, as a company commander in the reserves, Zamir was tried and sentenced to prison for refusing to guard a ceremony where right-wingers brought Torah scrolls to Joseph’s Tomb in Nablus. But even though Zamir does not hide his political opinions, a reading of the transcript shows he acts out of a deep concern for the spirit of the IDF.

The IDF’s ethical problems did not start in 2009. Such discussions also followed the Six-Day War. But a reserve officer who looked at the transcript Wednesday said: « This is not the IDF we knew. »

The descriptions show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme. The deterioration has been continuous – from the first Lebanon war to the second, from the first intifada to the second, from Operation Defensive Shield to Operation Cast Lead.

Voir de même:

IDF in Gaza: Killing civilians, vandalism, and lax rules of engagement
Haaretz expose gathers testimony of Gaza op incidents; IDF: We’ll check info, investigate as required.
Amos Harel

Haaretz

Mar. 18, 2009

During Operation Cast Lead, Israeli forces killed Palestinian civilians under permissive rules of engagement and intentionally destroyed their property, say soldiers who fought in the offensive.

The soldiers are graduates of the Yitzhak Rabin pre-military preparatory course at Oranim Academic College in Tivon. Some of their statements made on Feb. 13 will appear Thursday and Friday in Haaretz. Dozens of graduates of the course who took part in the discussion fought in the Gaza operation.

The speakers included combat pilots and infantry soldiers. Their testimony runs counter to the Israel Defense Forces’ claims that Israeli troops observed a high level of moral behavior during the operation. The session’s transcript was published this week in the newsletter for the course’s graduates.

The testimonies include a description by an infantry squad leader of an incident where an IDF sharpshooter mistakenly shot a Palestinian mother and her two children. « There was a house with a family inside …. We put them in a room. Later we left the house and another platoon entered it, and a few days after that there was an order to release the family. They had set up positions upstairs. There was a sniper position on the roof, » the soldier said.

« The platoon commander let the family go and told them to go to the right. One mother and her two children didn’t understand and went to the left, but they forgot to tell the sharpshooter on the roof they had let them go and it was okay, and he should hold his fire and he … he did what he was supposed to, like he was following his orders. »

According to the squad leader: « The sharpshooter saw a woman and children approaching him, closer than the lines he was told no one should pass. He shot them straight away. In any case, what happened is that in the end he killed them.

« I don’t think he felt too bad about it, because after all, as far as he was concerned, he did his job according to the orders he was given. And the atmosphere in general, from what I understood from most of my men who I talked to … I don’t know how to describe it …. The lives of Palestinians, let’s say, is something very, very less important than the lives of our soldiers. So as far as they are concerned they can justify it that way, » he said.

Another squad leader from the same brigade told of an incident where the company commander ordered that an elderly Palestinian woman be shot and killed; she was walking on a road about 100 meters from a house the company had commandeered.

The squad leader said he argued with his commander over the permissive rules of engagement that allowed the clearing out of houses by shooting without warning the residents beforehand. After the orders were changed, the squad leader’s soldiers complained that « we should kill everyone there [in the center of Gaza]. Everyone there is a terrorist. »

The squad leader said: « You do not get the impression from the officers that there is any logic to it, but they won’t say anything. To write ‘death to the Arabs’ on the walls, to take family pictures and spit on them, just because you can. I think this is the main thing: To understand how much the IDF has fallen in the realm of ethics, really. It’s what I’ll remember the most. »

More soldiers’ testimonies will be published in Haaretz over the coming days.

Voir pareillement:

Israeli soldiers admit ‘shoot first’ policy in Gaza offensive

Anonymous testimonies collated by human rights group also contain allegations that Palestinians were used as human shields
Ian Black, Middle East editor
The Guardian
15 July 2009

Israeli soldiers who served in the Gaza Strip during the offensive of December and January have spoken out about being ordered to shoot without hesitation, destroying houses and mosques with a general disregard for Palestinian lives.

In testimony that will fuel international and Arab demands for war crime investigations, 30 combat soldiers report that the army’s priority was to minimise its own casualties to maintain Israeli public support for the three-week Operation Cast Lead.

One specific allegation is that Palestinians were used by the army as « human shields » despite a 2005 Israeli high court ruling outlawing the practice. « Not much was said about the issue of innocent civilians, » a soldier said. « There was no need to use weapons like mortars or phosphorous, » said another. « I have the feeling that the army was looking for the opportunity to show off its strength. »

The 54 anonymous testimonies were collated by Breaking the Silence, a group that collects information on human rights abuses by the Israeli military. Many of the soldiers are still doing their compulsory national service.

Palestinians counted 1,400 dead but Israel put the death toll at 1,166 and estimated 295 fatalities were civilians. Ten soldiers and three Israeli civilians were killed.

Israel launched the attack after the expiry of a ceasefire designed to halt rocket fire from Gaza and crush the Islamist movement Hamas, which controls the coastal strip.
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Witnesses described the destruction of hundreds of houses and many mosques without military reason, the firing of phosphorous shells into inhabited areas, the killing of innocents and the indiscriminate destruction of property.

Soldiers describe a « neighbour procedure » in which Palestinian civilians were forced to enter suspect buildings ahead of troops. They cite cases of civilians advancing in front of a soldier resting his rifle on the civilian’s shoulder.

« We did not get instructions to shoot at anything that moved, » said one soldier. « But we were generally instructed: if you feel threatened, shoot. They kept repeating to us that this is war and in war opening fire is not restricted. »

Many testimonies are in line with claims by Amnesty International and other human rights organisations that Israeli actions were indiscriminate and disproportionate.

Another soldier testified: « You feel like a stupid little kid with a magnifying glass looking at ants, burning them. A 20-year-old kid should not have to do these kinds of things to other people. »

The testimonies « expose significant gaps between the official army version of events and what really happened on the ground », Breaking the Silence said.

« This is an urgent call to Israeli society and its leaders to sober up and investigate anew the results of our actions. »

Ehud Barak, Israel’s defence minister, said: « Criticism directed at the IDF (Israel Defence Forces) by one organisation or another is inappropriate and is directed at the wrong place. The IDF is one of the most ethical armies in the world and acts in accordance with the highest moral code. »

An IDF spokesman told the Ha’aretz newspaper: « The IDF regrets the fact that a human rights organisation would again present to the country and the world a report containing anonymous, generalised testimony without checking the details or their reliability, and without giving the IDF, as a matter of minimal fairness, the opportunity to check the matters and respond to them before publication. »

An internal investigation by the Israeli military said troops fought lawfully although errors did take place, such as the deaths of 21 people in a house that had been wrongly targeted.

Voir encore:

Israeli soldiers killed unarmed civilians carrying white flags in Gaza, says report
Human Rights Watch says Israel has failed to properly investigate ‘white flag’ killings during Gaza offensive
A shell fired by the Israeli military explodes in the northern Gaza Strip
A shell fired by the Israeli military explodes in the northern Gaza Strip during the January offensive. Photograph: Bernat Armangue/AP

Peter Beaumont

The Guardian

13 August 2009

 Israeli soldiers shot dead 11 unarmed Palestinian civilians carrying white flags during Israel’s offensive in Gaza earlier this year, according to a report from Human Rights Watch, which said Israel had failed to investigate the killings adequately.

The deaths – including those of five women and four children – took place in seven separate incidents across Gaza in areas controlled by the Israeli Defence Forces (IDF), where there was no fighting and no Palestinian fighters were nearby.

Human Rights Watch, a New-York-based organisation, which published White Flag Deaths: Killings of Palestinian Civilians during Operation Cast Leadsaid it informed the Israeli military of the cases in February. But the cases were not examined in an IDF internal investigation, which concluded that they « operated in accordance with international law. » The group says at least three witnesses confirmed the details in each of the seven shootings.

Included among the cases is one first reported in detail by the Observer in Khuza’a, close to the fence surrounding Gaza. Rawiya al-Najjar, 47, was shot dead, and her relative Jasmin al-Najjar, 23, was wounded while the two women were attempting to escape an attack on the village that included the use of white phosphorus and the bulldozing of houses.

Three other incidents occurred around the northern Gaza village of al-Atatra, which had previously seen fighting between Israeli soldiers and Hamas fighters. By the time of the shootings, however, the fighting had stopped, and in each case the civilians were visible, unarmed, and displaying white flags, the report says.

In one case, the civilians were walking in a group on a street. In another, they were driving slowly on tractors and in cars, trying to leave the area with the wounded, according to the report.

« On the way we saw tanks and soldiers, » said Omar Abu Halima, 18. « When we saw them [the Israeli soldiers] they told us to stop. After we stopped they fired at us. They killed my cousin Mattar. My cousin Muhammad was wounded and later died. »

In another case – also in al-Atatra – two women holding white flags stepped out of a house that the IDF was demolishing to tell the soldiers that civilians were inside. « We opened the door and a sniper fired at us from a house, » said Zakiya al-Qanu, 55. « Ibtisam was hit and I turned to go back inside and another bullet grazed my back. Ibtisam died in the doorway. »

The Israeli military said that in some cases Hamas militants had used civilians with white flags for cover. It said yesterday the reports were based on « unreliable witnesses » whose testimony was « unproven ».

Human Rights Watch said it could find no evidence of misuse of white flags or the use of civilians as human shields in the cases detailed. « These casualties comprise a fraction of the Palestinian civilians wounded and killed, » the report says.

« But they stand out because, in each case, the victims were standing, walking or in slowly moving vehicles with other unarmed civilians, and were trying to convey their non-combatant status by waving a white flag. »

Along with the use of white phosphorus on civilian areas, the shooting of unarmed civilians has become the most controversial issue of January’s war. The report follows the publication last month of anonymous testimonies by more than two dozen soldiers who fought in Gaza, compiled by Breaking the Silence, an organisation of former Israeli servicemen, which accused the IDF of allowing an atmosphere of permissive violence against civilians.

The allegations of white flag deaths, collected by human rights groups and the media, have yet to be adequately responded to. Under the Geneva conventions, combatants are obliged to distinguish between soldiers and civilians (as well as fighters who are hors de combat) and also have a legal obligation to protect civilians. They are also required to investigate any alleged war crimes committed by their own troops.

Last month, the Israeli government released its own report defending its use of force in Gaza.

It said Israel was investigating five alleged cases in which soldiers killed civilians carrying white flags, incidents that it said resulted in 10 deaths. Two of the cases – the incident in Khuza’a and one in eastern Jabaliya – are among them.

War of words

While relations between Human Rights Watch and Israel have never been comfortable, the series of reports that HRW has released since the war in Gaza has brought both Israeli officials’ criticism of the group to a new pitch of intensity. They accuse the organisation of having an anti-Israeli bias, despite the fact that HRW has also forcefully criticised Palestinian rocket fire out of Gaza that targeted civilians. Israeli media commentators have tried to accuse the group of being part of a campaign to present Israel as « a primary perpetrator of war crimes ». More recently the group’s US and Israeli critics have suggested that a series of meetings to encourage human rights campaigning in Saudi Arabia was a fundraising trip underpinned by its record of criticising Israel, claims that the group has vigorously denied. The Israeli government spokesman Mark Regev referred to these allegations in an attempt to rebut the latest report and questioned the group’s « impartiality, professionalism and credibility ».

Voir aussi:

Israeli soldiers caught on camera pushing, throwing stone at photojournalists
‘The behavior seen in the video is reprehensible,’ an army spokesman said, ‘The matter will be investigated.’
Gili Cohen

Haaretz

Apr. 25, 2015

Israeli soldiers assaulted a pair of photojournalists near the West Bank town of Nabi Saleh on Friday, video footage of the incident shows.

The video shows a group of soldiers accosting two photojournalists clearly marked as members of the press, shouting at them « Get out of here. » Then one of the soldiers is seen pushing one of the photographers to the ground with his helmet. After this, another soldier knocks the other photographer to the ground. The same soldier then picks up a stone and hurls it at the photographer.

According to the army, the area was a closed military zone and some 70 Palestinians had assembled there and hurled stones at passing vehicles and the force itself. This demonstration is not seen in the video.

Two Palestinians were lightly wounded in the clashes. According to the demonstrators, one of the Palestinians suffered a head wound from Ruger fire, but the Israeli army said he was not wounded by a Ruger, but could not give any details on the circumstances of the man’s injury. The other wounded was hit by rubber bullets.

An Israeli soldier was also wounded by stones thrown by the demonstrators.

An Israel Defense Forces spokesman told Haaretz that « the behavior seen in the video is reprehensible and isn’t in line with the guidelines issued by the commanders in the region. The IDF guidelines allow for free press coverage in the territory under control of the Central Command in general, and specifically during demonstrations. The matter will be investigated. »

In 2012, an IDF officer was filmed throwing stones and firing at Palestinians in Nabi Saleh – contrary to regulations. He was relieved of his duties and was later charged with illegal use of a fire arm.

Video by Miki Kratsman:

Voir enfin:

Toute la vérité sur la guerre de Gaza (été 2014)
Freddy Eytan

Le CAPE

3/18/15

Le CAPE de Jérusalem – Centre des Affaires Publiques et de l’Etat (JCPA-CAPE) publie un document exclusif sur les crimes de guerre commis par le mouvement Hamas durant l’opération militaire Bordure Protectrice dans la bande de Gaza.

Ce document a été écrit par des diplomates, des experts et chercheurs, spécialistes en matière de Droit international, de Renseignement, et de stratégie concernant le Hamas.

Il présente un dossier complet, précieux et indispensable, au moment où une commission d’enquête de l’ONU s’apprête à publier des conclusions partiales et mensongères, en osant, sans scrupule, accuser Tsahal de « crimes contre l’Humanité ».

La récente démission du président de cette commission onusienne prouve justement l’absence de souci de justice et de vérité, et sa partialité en faveur de la cause palestinienne.

Cette étude offre au spécialiste comme au grand public un nouvel éclairage sur le combat inlassable que mène aujourd’hui l’Etat juif contre les mouvements terroristes palestiniens dans un contexte régional explosif face à une montée en puissance du djihad mondial, encouragé par l’Organisation de l’Etat islamique-Daesh, et avec la menace omniprésente de l’étendard chiite iranien.

Le Hamas est reconnu comme une organisation terroriste et sa charte appelle toujours à la destruction de l’Etat d’Israël.

L’Egypte, qui combat sans merci les groupes terroristes dans la péninsule du Sinaï, accuse le Hamas de participer activement aux activités terroristes sur son propre territoire, et vient de proclamer le mouvement palestinien « hors la loi », à l’instar de la confrérie des Frères musulmans.

Ce document analyse avec acuité les étapes qui ont abouti au déclenchement de la guerre, et le refus catégorique du Hamas d’accepter les différentes trêves proposées par l’Egypte.

Il explique la complexité du combat mené par un Etat démocratique contre une organisation terroriste dont les chefs n’ont aucun souci de leur propre population. D’une indifférence mortelle et capables des pires lâchetés, les dirigeants du Hamas se cachent systématiquement derrière des boucliers humains dans des hôpitaux, des écoles, des mosquées.

Cette étude révèle la politisation des organismes onusiens, notamment la connivence de l’UNRWA avec le mouvement palestinien. Elle dévoile le réseau des tunnels d’attaque et surtout les efforts de l’Etat d’Israël pour respecter les lois internationales et enquêter lui-même sur les bavures et les défaillances.

Au moment où les Palestiniens lancent une campagne de délégitimation de l’Etat juif, tout en désirant créer leur propre Etat unilatéralement, sans négociation préalable, nous devrions focaliser l’attention des chancelleries et de l’opinion internationale sur les réalités du terrain et révéler au grand jour toute la vérité sur la dernière guerre de Gaza.

Voir l’étude du JCPA-CAPE de Jérusalem “Toute la vérité sur la guerre de Gaza” avec ses illustrations.

Voir l’intégralité du document en anglais.


Nucléaire iranien: Attention, une gifle peut en cacher une autre ! (Dangerously naive: After Israeli slap, Obama gets French tap on wrist)

21 mars, 2015
https://thebsreport.files.wordpress.com/2010/04/obambi.jpg?w=450&h=448
As for their accusations of terrorizing the innocent, the children, and the women, these are in the category of ‘accusing others with their own affliction in order to fool the masses.’ The evidence overwhelmingly shows America and Israel killing the weaker men, women and children in the Muslim world and elsewhere. A few examples of this are seen in the recent Qana massacre in Lebanon, and the death of more than 600,000 Iraqi children because of the shortage of food and medicine which resulted from the boycotts and sanctions against the Muslim Iraqi people, also their withholding of arms from the Muslims of Bosnia-Herzegovina leaving them prey to the Christian Serbians who massacred and raped in a manner not seen in contemporary history. Not to forget the dropping of the H-bombs on cities with their entire populations of children, elderly, and women, on purpose, and in a premeditated manner as was the case with Hiroshima and Nagasaki. Osama bin Laden (Nida’ul Islam magazine October-November 1996)
Allah has ordered us to glorify the truth and to defend Muslim land, especially the Arab peninsula … against the unbelievers. After World War II, the Americans grew more unfair and more oppressive towards people in general and Muslims in particular. … The Americans started it and retaliation and punishment should be carried out following the principle of reciprocity, especially when women and children are involved. Through history, American has not been known to differentiate between the military and the civilians or between men and women or adults and children. Those who threw atomic bombs and used the weapons of mass destruction against Nagasaki and Hiroshima were the Americans. Can the bombs differentiate between military and women and infants and children? America has no religion that can deter her from exterminating whole peoples. Your position against Muslims in Palestine is despicable and disgraceful. America has no shame. … We believe that the worst thieves in the world today and the worst terrorists are the Americans. Nothing could stop you except perhaps retaliation in kind. We do not have to differentiate between military or civilian. As far as we are concerned, they are all targets, and this is what the fatwah says … . The fatwah is general (comprehensive) and it includes all those who participate in, or help the Jewish occupiers in killing Muslims. Osama bin Laden (May 1998)
La CIA a intercepté l’année dernière un message sibyllin mais qui fait froid dans le dos d’un membre d’al-Qaeda se vantant qu’Oussama Ben Laden préparait un ‘Hiroshima’ contre l’Amérique, selon des sources officielles. Le NYT (le 14 octobre 2001)
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
Le problème n’est pas la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban ou les ingérences de la Syrie ou du Hezbollah : Le problème est centré sur l’effort de l’Iran à obtenir le Droit d’Abolir l’Exclusivité de la Dissuasion. La prolifération sauvage, le concept de «tous nucléaires» sera la fin de la Guerre Froide et le retour à la période précédant la Dissuasion. Les mollahs et leurs alliés, le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, la Corée du Nord et la Russie…, se militarisent à une très grande échelle sachant qu’ils vont bientôt neutraliser le parapluie protecteur de la dissuasion et alors ils pourront faire parler la poudre. Chacun visera à dominer sa région et sans que les affrontements se déroulent en Europe, l’Europe sera dépouillée de ses intérêts en Afrique ou en Amérique du Sud et sans combattre, elle devra déposer les armes. Ce qui est incroyable c’est la myopie de la diplomatie française et de ses experts. (…) Aucun d’entre eux ne se doute que la république islamique a des alliés qui ont un objectif commun: mettre un terme à une discrimination qui dure depuis 50 ans, la dissuasion nucléaire ! Cette discrimination assure à la France une position que beaucoup d’états lui envient. Ils attendent avec impatience de pouvoir se mesurer avec cette ancienne puissance coloniale que beaucoup jugent arrogante, suffisante et gourmande. Iran-Resist
L’Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (…) Mais n’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) Aujourd’hui, le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. (…) je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu’ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu’ils veulent, c’est disposer de la bombe pour pouvoir s’institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d’influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l’imposer par la bombe atomique (…) il est manifeste qu’un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l’extérieur la légitimité qu’il a perdue à l’intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu’à l’Amérique latine de Chavez. Il ne s’agit en rien d’une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s’engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c’est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J’ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps. Reza Pahlavi
En tant que défenseur de la rue arabe, [l’Iran] ne peut pas avoir un dialogue apaisé avec les Etats-Unis, dialogue au cours duquel il accepterait les demandes de cet Etat qui est le protecteur par excellence d’Israël. Téhéran a le soutien de la rue arabe, talon d’Achille des Alliés Arabes des Etats-Unis, car justement il refuse tout compromis et laisse entendre qu’il pourra un jour lui offrir une bombe nucléaire qui neutralisera la dissuasion israélienne. Pour préserver cette promesse utile, Téhéran doit sans cesse exagérer ses capacités militaires ou nucléaires et des slogans anti-israéliens. Il faut cependant préciser que sur un plan concret, les actions médiatiques de Téhéran ne visent pas la sécurité d’Israël, mais celle des Alliés arabes des Etats-Unis, Etats dont les dirigeants ne peuvent satisfaire les attentes belliqueuses de la rue arabe. Ainsi Téhéran a un levier de pression extraordinaire sur Washington. Comme toute forme de dissuasion, ce système exige un entretien permanent. Téhéran doit sans cesse fouetter la colère et les frustrations de la rue arabe ! Il doit aussi garder ses milices actives, de chaînes de propagande en effervescence et son programme nucléaire le plus opaque possible, sinon il ne serait pas menaçant. C’est pourquoi, il ne peut pas accepter des compensations purement économiques offertes par les Six en échange d’un apaisement ou une suspension de ses activités nucléaires. Ce refus permanent de compromis est vital pour le régime. (…) Il n’y a rien qui fasse plus peur aux mollahs qu’un réchauffement avec les Etats-Unis : ils risquent d’y perdre la rue arabe, puis le pouvoir. C’est pourquoi, le 9 septembre, quand Téhéran a accepté une rencontre pour désactiver les sanctions promises en juillet, il s’est aussitôt mis en action pour faire capoter ce projet de dialogue apaisé qui est un véritable danger pour sa survie. Iran Resist
Des photos et des vidéos amateur prouvent que Qassem Soleimani, le commandant des forces d’élites iraniennes, est en Irak et se bat au côté des forces irakiennes – soutenues et armées par les États-unis – contre les jihadistes de l’organisation de l’État islamique. (…) Les preuves de la présence de ce commandant iranien en Irak se multiplient donc alors même que l’Iran refuse d’admettre sa participation dans la guerre en Irak contre l’organisation de l’État islamique, ce qui reviendrait à officialiser sa collaboration militaire de fait avec les États-Unis. France 24 (04.09.14)
The foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran. (…) The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State. (…) Our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East. This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches. (…) Neither the Iranians nor Daesh are ten feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now. David Petraeus
Depuis la révolution de 1979, qui a amené au pouvoir en Iran une théocratie chiite, les mollahs ont constamment utilisé l’arme du terrorisme à l’étranger afin de parvenir à leurs fins. Toutefois, Téhéran a toujours pris garde de systématiquement utiliser des intermédiaires, de manière à ne pas apparaître directement, ce qui aurait nuit à l’image de marque du régime, particulièrement dans les pays musulmans. (…) Les mollahs jouent à merveille de cette ambiguïté : ne pas reconnaître être derrière des opérations « Homo » (assassinats ciblés organisés par des services d’Etat), mais laisser entendre que toute personne qui s’oppose à leur politique peut constituer une cible potentielle. Rien de tel pour créer une indicible crainte, particulièrement au sein des pouvoirs politiques des pays démocratiques qui ne souhaitent pas que des vagues d’attentat terroristes aient lieu sur leur sol ou contre leurs intérêts à l’étranger. La réélection des gouvernements en place est souvent à ce prix. (…) L’objectif (…) est double pour Téhéran : créer des abcès de fixation qui empêchent les Américains d’envisager toute action militaire contre les installations nucléaires iraniennes et contrôler, autant que faire se peut, les différents mouvements autochtones dont les anciens gouvernants ont été considérés comme des ennemis importants de l’Iran. En conséquence, l’idée d’un Irak et d’un Afghanistan instables semble rencontrer la faveur des mollahs iraniens. (…) Le terrorisme est un moyen de combat au même titre que la guérilla. Téhéran a montré dans le passé qu’à défaut d’armes de destruction massive, il ne répugnait pas à recourir au terrorisme d’Etat car c’est en quelque sorte « l’arme du faible au fort ». L’Iran en a les moyens humains, techniques et pratiques grâce à ses réseaux qui couvrent une grande partie de la planète. Si un bras de fer sévère s’engage vraiment entre les Occidentaux et la république théocratique, il est très probable que des opérations terroristes seront déclenchées comme moyen de rétorsion. L’identification formelle du commanditaire sera difficile à faire car les services iraniens sont passés maîtres dans le domaine du brouillage de pistes en utilisant des mouvements qui servent d’écrans de dissimulation. Alain Rodier
L’ouvrage signé sous un pseudonyme – on parle d’un collectif d’opposants iraniens – revient d’abord sur l’organisation de l’appareil d’Etat iranien, avant d’analyser l’action de celui-ci à l’étranger, à travers le mouvement politique chi’ite mondial (POCHM) et la nébuleuse nationale-islamique iranienne (NINI), entre autres. Une approche très exhaustive s’attache à passer en revue les actions les plus déstabilisatrices et les réseaux d’amitiés / complicités de la république islamique sur l’ensemble de la planète, y compris dans des zones où une menace iranienne n’apparaissait pas évidente aux observateurs (de la Nouvelle Zélande à l’Uruguay, en passant par la Bolivie ou la Roumanie). (…) Malgré l’absence d’une hypothèse forte, sans doute due à l’effet-catalogue de ce travail, on voit bien la centralité des solidarités chi’ites à l’œuvre dans les réseaux présentés ici. (…) Il ne faut pas se fier au titre de cet ouvrage : il n’est pas question – ou si peu – du Hezbollah ici, ni en tant que tel, ni en tant que symptôme d’une méthode iranienne, consistant par exemple à transformer un pays arabe donné en « multivocal state », par l’établissement d’un pouvoir parallèle fondé sur la mise en œuvre d’un mouvement armé d’identité chi’ite mais capitalisant sur l’opposition à Israël. (…) On pourra, à partir des exemples nombreux qui sont passés en revue dans ce document, réfléchir à quelques problématiques qui en émergent : La question de l’animation, par l’Iran et d’autres, d’un réseaux de « politiques étrangères protestataires », solidaires entre elles, refusant les initiatives occidentales et leur « diplomatie de club » (pour reprendre l’expression de Bertrand Badie), politiques qui comptent des relais de téhéran à Caracas en passant par Pyongyang, Minsk, voire Pékin ou Moscou. La question de la nuisance en politique étrangère, qui consiste à contrer efficacement les initiatives dominantes au cas par cas, plutôt que de proposer une politique de puissance alternative avec une stratégie globale (ainsi l’Iran a-t-il davantage profité des erreurs américaines au Moyen-Orient, plutôt qu’il n’aurait bâti de stratégie a priori). Enfin, bien évidemment, la question de la mobilisation de ressources et de réseaux religieux à l’appui d’une action extérieure … Frédéric Charillon
Les opérations-suicide sont le sommet de la bravoure du peuple iranien … Le chef suprême Khamenei appelle les citoyens de toutes les régions d’Iran à se joindre volontairement aux forces qui luttent contre les ennemis de l’Islam. Les membres des saintes brigades suicidaires de la République islamique suivront une formation spéciale et partiront combattre Israël et les Américains… Ayatollah Messbah-Yazdi (annonce dans un journal iranien)
Si les Etats-Unis devaient attaquer l’Iran, le seul pays dirigé par Dieu, nous contre-attaquerions en Amérique latine et même à l’intérieur des Etats-Unis eux-mêmes. Nous avons les moyens et le savoir-faire. Nous saboterons le transport du pétrole de l’Amérique latine aux USA. Vous êtes prévenus. Commandante Teodoro (Chef de la filiale vénézuélienne du Hezbollah)
Nous pensions que nous ne verrions jamais le jour où un président français montrerait plus de résolution que le commandant en chef de l’Amérique pour affronter un des plus graves défis posés à la sécurité mondiale. Eh bien, nous y sommes. Le WSJ
Nous avons raison de parler de l’avenir (…) mais nous vivons dans un monde réel, pas dans un monde virtuel. (…) le Président Obama a même dit : « je rêve d’un monde où il n’y en aurait plus ». Et sous nos yeux, deux pays font exactement le contraire, en ce moment. L’Iran a violé, depuis 2005, cinq résolutions du Conseil de Sécurité. (…) Monsieur le Président Obama, je soutiens la main tendue des Américains. Qu’ont amené à la communauté internationale ces propositions de dialogue ? Rien. Plus d’uranium enrichi, plus de centrifugeuses et de surcroît, une déclaration des dirigeants iraniens proposant de rayer de la carte un membre de l’Organisation des Nations Unies. Nicolas Sarkozy (Conseil de sécurité, 24.09.09)
I think anyone who is going to build a Palestinian state today will be freeing up space to give an attack area to radical Islam against Israel. This is the reality created here in recent years. Anyone who ignores this sticks his head in the sand. The left does this, burying its head in the sand again and again. We are realistic and understand… [If you are elected head of state, no Palestinian state will come to fruition?] Indeed. [Construction in Jerusalem and the West Bank will renew?] We are continuing all the time, but that’s not a question about additional building. There is a real threat that the government of the left will join the international community and do their bidding…. Benjamin Netanyahu
I haven’t changed my policy. I never changed my speech in Bar-Ilan University six years ago calling for a demilitarized Palestinian state that recognizes the Jewish state. What has changed is the reality. Abu Mazen [Mahmoud Abbas], the Palestinian leader, refuses to recognize the Jewish state and has made a pact with Hamas that calls for the destruction of the Jewish state. And every territory that is vacated in the Middle East is taken up by Islamist forces… We want that to change, so we can realize a vision of real, sustained peace. And I don’t want a one-state solution. I want a sustainable, peaceful two-state solution. But for that, circumstances have to change. Benjamin Netanyahu
Il y a deux semaines, Benyamin Nétanyahou défiait Barack Obama depuis le Congrès, le présentant comme un naïf et un opportuniste, prêt à négocier avec l’Iran un «mauvais et dangereux accord» pour la sécurité d’Israël et du monde. Mais si le président américain, furieux de ce défi, espérait se débarrasser de lui à la faveur des élections israéliennes, le voilà bien déçu. La claire victoire de «Bibi» est un violent camouflet politique et stratégique pour Barack Obama, vu l’état catastrophique des relations bilatérales entre les deux hommes. D’anciens conseillers électoraux du président avaient même fait le voyage de Jérusalem pour tenter d’éviter sa réélection… «Ils détestent Bibi, et ils prient pour qu’il quitte le pouvoir», avait confié à Politico un ancien responsable de l’Administration Obama, mardi, juste avant les résultats. Les nouvelles n’en sont que plus «amères», note le Wall Street Journal. Signe des temps, les républicains ont été les premiers à se réjouir du succès de Nétanyahou, pavoisant bruyamment. «Félicitations au premier ministre Nétanyahou pour sa réélection. Il est un vrai leader qui continuera à assurer la sécurité et la force d’Israël», a écrit Jeb Bush, candidat quasi officiel à la Maison-Blanche sur Twitter. «Son succès électoral est d’autant plus impressionnant que des forces puissantes ont tenté de l’affaiblir, notamment, tristement, tout le poids de l’équipe politique d’Obama», a réagi le sénateur Ted Cruz, soutenu par les Tea Party. «Il aurait été ironique qu’Obama ait réussi à sortir Bibi mais pas Assad», a carrément plaisanté le représentant républicain, Steve King. Le maintien de Nétanyahou aux affaires va sérieusement compliquer la politique iranienne d’Obama, prévoit Martin Indyk, l’un des anciens conseillers du président pour la région. Avec la volte-face de dernière minute de Nétanyahou sur le fait qu’il n’accepterait jamais d’État palestinien – alors qu’il avait toujours affirmé soutenir ce projet défendu par Washington – «assainir ses relations empoisonnées avec le président sera encore plus difficile», écrit le New York Times dans un éditorial, dénonçant aussi la «vilaine campagne» menée par Bibi contre les électeurs arabes d’Israël. «C’est une claque à la face des États-Unis», confiait mardi au Figaro un ancien ambassadeur à Washington, évoquant les décennies passées par les présidents américains successifs à tenter d’arracher un État palestinien. (…)  L’opinion israélienne n’a pas été suffisamment choquée par la détérioration des relations avec Washington pour en faire une raison de renvoyer son premier ministre, semblant indiquer qu’elle compte plus sur lui pour défendre sa sécurité que sur l’alliance avec le grand ami américain. En filigrane, ce vote révèle les doutes que suscite aujourd’hui la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. La question est maintenant de savoir comment les deux alliés américain et israélien vont pouvoir fonctionner dans ce contexte de «guerre» politique ouverte. Le Figaro
France is again adopting the toughest line against Iran in negotiations aimed at curbing Tehran’s nuclear program, potentially placing Paris at odds with the Obama administration as a diplomatic deadline to forge an agreement approaches at month-end. (…) French diplomats have been publicly pressing the U.S. and other world powers not to give ground on key elements—particularly the speed of lifting United Nations sanctions and the pledge to constrain Iran’s nuclear research work—ahead of the March 31 target. Paris also appears to be operating on a different diplomatic clock than Washington, arguing that the date is an “artificial” deadline and that global powers should be willing to wait Tehran out for a better deal if necessary. (…) In a sign of France’s determination, Foreign Minister Laurent Fabius called his negotiating team in Lausanne on Thursday to insist no deal could be forged that allowed for the rapid easing of U.N. Security Council measures, according to European officials. France worries the quick repeal of the U.N. penalties could lead to a broader collapse of the West’s financial leverage over Tehran, according to these officials. Paris is demanding Tehran address evidence that it has conducted research into the development of nuclear weapons to get those U.N. penalties relaxed. Iran has for years denied the allegations and some officials fear that forcing Tehran to publicly reverse itself could break the diplomacy. Mr. Fabius has served as diplomatic foil in the Iranian diplomacy in the past. In November 2013, the former French prime minister said a deal that the U.S. had been negotiating with Tehran in Geneva was a “fool’s game” and didn’t go far enough in limiting Iran’s nuclear capabilities. His comments briefly delayed the signing of an interim agreement that modestly rolled back Tehran’s program. (…)  Obama administration officials have voiced frustration with France’s public posturing, arguing it isn’t constructive. Some U.S. officials privately believe France is seeking in part to maintain strong ties to Israel and to Arab countries deeply skeptical of Washington’s outreach to Tehran. French defense companies have signed lucrative arms deals with Saudi Arabia and the United Arab Emirates in recent years. French diplomats, however, say their strong stance against nuclear proliferation has been a central foreign policy tenet for years. WSJ
French leaders think the U.S. president is dangerously naïve on Iran’s ambitions, and that his notion of making Iran an « objective ally » in the war against ISIS, or even a partner, together with Putin’s Russia, to find a political solution to the Syrian crisis, is both far-fetched and « amateurish. » When Claude Angéli says that both France’s Foreign Minister, Laurent Fabius, and its President, François Hollande, have told friends that they rely on « the support of the US Congress » to prevent Obama from giving in to Iran’s nuclear ambitions, it is the kind of quote you can take to the bank. French diplomats worry that if Iran gets nuclear weapons, every other local Middle East power will want them. Among their worst nightmares is a situation in which Turkey, Egypt and Saudi Arabia join the Dr. Strangelove club. French diplomats may not like Israel, but they do not believe that the Israelis would use a nuclear device except in a truly Armageddon situation for Israel. As for Egypt, Saudi Arabia or Turkey going nuclear, however, they see terrifying possibilities: irresponsible leaders, or some ISIS-type terrorist outfit, could actually use them. In other words, even if they would never express it as clearly as that, they see Israelis as « like us, » but others potentially as madmen. The Quai d’Orsay (the French Foreign Ministry) may loathe, on principle, Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu: any briefing by French diplomats will, as a matter of course, explain how very wrong Israel is to alienate its « American ally. » All the same, France’s political stance on the projected U.S.-Iran deal is astonishingly close to that of the Israeli PM, as he outlined to the U.S. Congress on March 3. Laurent Fabius — once François Mitterrand’s youngest Prime Minister; today’s François Hollande’s seasoned Foreign Minister — is « fed up with Barack Obama’s nuclear laxity » regarding Iran, a Quai senior diplomat told Le Canard Enchaîné’s usually well-informed Claude Angéli, who can be relied on to give the unvarnished French view on matters foreign. « Just as in 2013, France will oppose any agreement too favorable to Iran if this turns out to be necessary. Fabius made this very clear to John Kerry when they met on Saturday March 7th. » This, Angéli points out, is far from the « soothing communiqué » issued at the end of the Kerry-Fabius meeting in which both men supposedly « shared » the same view of the Iran negotiations. The communiqué itself may have come as a surprise to a number of French MPs and Senators from their respective Foreign Affairs Committees. Fabius himself, in a meeting last week, made extremely clear his deep distrust (« contempt, really, » one MP says) of both John Kerry and Barack Obama. Another of the group quotes Fabius as saying: « The United States was really ready to sign just about anything with the Iranians, » before explaining that he himself had sent out, mid-February, a number of French ‘counter-proposals’ to the State Department and White House, in order to prevent an agreement too imbalanced in favor of Iran. Anne-Elisabeth Moutet

Après la leçon d’hébreu, la leçon de français !

A l’heure où un monde atterré commence à deviner toute l’étendue du véritable accident industriel que de bien imprudents électeurs américains ont remis il y a deux ans à la tête du Monde libre …

Et où face à une administration américaine qui n’a toujours pas compris qu’emporté par sa volonté mimétique de revanche, un régime totalitaire ne peut tout simplement pas renoncer, sous peine d’effondrement immédiat, à sa vitale capacité de nuisance …

La machine infernale lâchée sur le monde il y a quarante ans par Khomeny peut aujourd’hui se vanter, du Golan au Yemen et sans parler de son réseau terroriste mondial comme l’a tout récemment rappelé l’assassinat d’un juge argentin, d’une quasi-continuité territoriale avec ses pires ennemis israéliens ou saoudiens …

Comment s’étonner encore …

Après le double camouflet du discours au Congrès et de la réélection contre toute attente du Premier ministre israélien …

De cette nouvelle gifle, française de surcroît, à la veille de la fin supposée des négociations sur le nucléaire iranien …

Qu’évoque, à nouveau et à la suite du Canard enchainé comme le rappelle Anne-Elisabeth Moutet, le Wall Street Journal  ?

What France Really Thinks of U.S. Iran Policy
Anne-Elisabeth Moutet
Gateson institute

March 17, 2015

The Quai d’Orsay (the French Foreign Ministry) may loathe, on principle, Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu: any briefing by French diplomats will, as a matter of course, explain how very wrong Israel is to alienate its « American ally. » All the same, France’s political stance on the projected U.S.-Iran deal is astonishingly close to that of the Israeli PM, as he outlined to the U.S. Congress on March 3.

Laurent Fabius — once François Mitterrand’s youngest Prime Minister; today’s François Hollande’s seasoned Foreign Minister — is « fed up with Barack Obama’s nuclear laxity » regarding Iran, a Quai senior diplomat told Le Canard Enchaîné’s usually well-informed Claude Angéli, who can be relied on to give the unvarnished French view on matters foreign. « Just as in 2013, France will oppose any agreement too favorable to Iran if this turns out to be necessary. Fabius made this very clear to John Kerry when they met on Saturday March 7th. »

This, Angéli points out, is far from the « soothing communiqué » issued at the end of the Kerry-Fabius meeting in which both men supposedly « shared » the same view of the Iran negotiations. The communiqué itself may have come as a surprise to a number of French MPs and Senators from their respective Foreign Affairs Committees. Fabius himself, in a meeting last week, made extremely clear his deep distrust (« contempt, really, » one MP says) of both John Kerry and Barack Obama. Another of the group quotes Fabius as saying: « The United States was really ready to sign just about anything with the Iranians, » before explaining that he himself had sent out, mid-February, a number of French ‘counter-proposals’ to the State Department and White House, in order to prevent an agreement too imbalanced in favor of Iran.

Le Canard Enchaîné (« The Manacled Mallard ») is France’s best-informed political gossip weekly. Long before the rest of the French press, away from General de Gaulle’s paralyzing shadow, started investigative reports of their own, Le Canard, using a contact network second to none, used to break scoops only rarely picked up by the rest of a servile media pack.

We owe it the story of conservative President Giscard d’Estaing’s ill-gotten gifts of diamonds (from Central Africa’s self-styled Emperor Bokassa). An equal-opportunity hitter, Le Canard also broke the story of the Socialist Mitterrand’s wiretaps of some 5,000 journalists and personalities, only stopping short of explaining why: Mitterrand wanted to hide from the public the existence of his mistress and their daughter Mazarine. Newer brash French tabloids have only very recently started to examine the private lives of politicians, and Le Canard still doesn’t care to do so. More recently, it revealed that the head of France’s Communist union CGT had his new luxury apartment entirely refurbished at the ailing union’s expense, complete with a home cinema: this cost him his job after an undignified couple of weeks of useless stonewalling.

So when Claude Angéli says that both Fabius and President François Hollande have told friends that they rely on « the support of the US Congress » to prevent Obama from giving in to Iran’s nuclear ambitions, it’s the kind of quote you can take to the bank. French leaders think the U.S. president is dangerously « naïve » on Iran’s ambitions, and that his notion of making Iran an « objective ally » in the war against ISIS, or even a partner, together with Putin’s Russia, to find a political solution to the Syrian crisis, is both far-fetched and amateurish.

The French are still smarting from the last-minute reprieve Obama granted Syria, as the French air force was about to bomb the Assad regime’s military positions back in 2013, because the U.S. President had been convinced by Russia that they had succeeded in making Syrian President Bashar al-Assad give up on the use of his chemical weapons. « Our Rafale fighters were about to scramble, » a French air force officer is quoted as saying; « Hollande was furious. »

When Laurent Fabius briefed members of the French parliament last week, he was, according to Angéli, quite precise, mentioning as conditions necessary in any agreement a « reconfiguration » of the Arak nuclear site, where Iran enriches the heavy water necessary to produce plutonium bombs, as well as a sharp limit to the number of Iranian centrifuges, and complete access to all nuclear sites for International Atomic Energy Agency (IAEA) inspections.

French diplomats are no angels, and they haven’t suddenly turned 180 degrees from their usual attitude of reflexive dislike toward Israel. They worry, however, that if Iran gets nuclear weapons, every other local Middle East power will want them. Among their worst nightmares is a situation in which Turkey, Egypt and Saudi Arabia join the Dr. Strangelove club. French diplomats may not like Israel, but they do not believe Israelis would use a nuclear device except in a truly Armageddon situation for Israel. As for Egypt, Saudi Arabia or Turkey going nuclear, however, they see terrifying possibilities: irresponsible leaders, or some ISIS-type terrorist outfit, could actually use them. In other words, even if they would never express it as clearly as that, they see Israelis as « like us, » but others potentially as madmen.

Voir aussi:

Middle East News
France Takes Toughest Line at Iran Nuclear Talks
Negotiations move closer to March 31 cutoff without a breakthrough
Jay Solomon and Laurence Norman
The Wall Street Journal

March 20, 2015

LAUSANNE, Switzerland—France is again adopting the toughest line against Iran in negotiations aimed at curbing Tehran’s nuclear program, potentially placing Paris at odds with the Obama administration as a diplomatic deadline to forge an agreement approaches at month-end.

President Barack Obama called French President François Hollande on Friday to discuss the Iran diplomacy and try to unify their positions. The presidents “reaffirmed their commitment” to a deal “while noting that Iran must take steps to resolve several remaining issues,” the White House said.

French diplomats have been publicly pressing the U.S. and other world powers not to give ground on key elements—particularly the speed of lifting United Nations sanctions and the pledge to constrain Iran’s nuclear research work—ahead of the March 31 target.

Paris also appears to be operating on a different diplomatic clock than Washington, arguing that the date is an “artificial” deadline and that global powers should be willing to wait Tehran out for a better deal if necessary.

Obama administration officials have said that expected moves by the U.S. Congress to put new sanctions on Iran as soon as next month limit their ability to extend the diplomacy. But French officials took exception.

“Making the end of March an absolute deadline is counterproductive and dangerous,” France’s ambassador to the U.S., Gérard Araud, said via Twitter after the latest round of negotiations in Switzerland concluded Friday.

“No agreement without concrete decisions on issues beyond the enrichment capability question,” he said a day earlier, specifically mentioning the need for extensive monitoring and clarity on Iran’s past research work. Western officials believe they included the pursuit of nuclear-weapon capabilities.

In a sign of France’s determination, Foreign Minister Laurent Fabius called his negotiating team in Lausanne on Thursday to insist no deal could be forged that allowed for the rapid easing of U.N. Security Council measures, according to European officials.

France worries the quick repeal of the U.N. penalties could lead to a broader collapse of the West’s financial leverage over Tehran, according to these officials.

Paris is demanding Tehran address evidence that it has conducted research into the development of nuclear weapons to get those U.N. penalties relaxed. Iran has for years denied the allegations and some officials fear that forcing Tehran to publicly reverse itself could break the diplomacy.

Mr. Fabius has served as diplomatic foil in the Iranian diplomacy in the past.

In November 2013, the former French prime minister said a deal that the U.S. had been negotiating with Tehran in Geneva was a “fool’s game” and didn’t go far enough in limiting Iran’s nuclear capabilities. His comments briefly delayed the signing of an interim agreement that modestly rolled back Tehran’s program.

Western officials in recent days have stressed that Washington and the other powers negotiating with Iran—France, the U.K., Germany, Russia and China—remain united. Still, Obama administration officials have voiced frustration with France’s public posturing, arguing it isn’t constructive.

‘Our nations have been separated by mistrust and fear. Now it is early spring. We have a chance—a chance—to make progress that will benefit our countries, and the world, for many years to come.’
—U.S. President Barack Obama.

Some U.S. officials privately believe France is seeking in part to maintain strong ties to Israel and to Arab countries deeply skeptical of Washington’s outreach to Tehran. French defense companies have signed lucrative arms deals with Saudi Arabia and the United Arab Emirates in recent years.

French diplomats, however, say their strong stance against nuclear proliferation has been a central foreign policy tenet for years. By remaining one of the world’s few nuclear powers, France can maintain an independent role in global affairs.

Secretary of State John Kerry wrapped up five days of direct talks with his Iranian counterpart, Javad Zarif, in Lausanne without a breakthrough. Mr. Kerry is traveling to London on Saturday to meet with Mr. Fabius and the foreign ministers of the U.K. and Germany.

These countries will return to Switzerland as soon as Wednesday to resume the negotiations.

“We’ve had a series of intensive discussions with Iran this week, and given where we are in the negotiations, it’s an important time for high-level consultations with our partners in these talks,” said State Department spokeswoman Marie Harf.

While U.S., Russian, Chinese and Iranian diplomats have stressed the progress made in the talks, others have been more cautious. One European diplomat said on Thursday: “I don’t think we have made sufficient progress. A lot of issues remain on the table.”

Wang Qun, China’s senior diplomat at the talks, said Friday there had been “good progress” this past week. “I do see some novelties in this round of negotiations,” he said, adding that both sides had shown “very strong political will.”

Failure to reach a political understanding on time could firm up political opposition to the negotiations in Washington.

On Thursday, Senators Bob Corker (R.-Tenn.) and Robert Menendez (D.-N.J.) said the Senate Foreign Relations Committee will vote April 14 on a bill that would give U.S. lawmakers an up-and-down vote on the agreement.

U.S. officials initially believed the negotiations could stretch until Sunday. But Iran’s delegation abruptly left on Friday, citing the death of the mother of President Hasan Rouhani. Iranian officials also said they wanted to return to Tehran for the beginning of the Persian New Year, called Nowruz.

In a meeting with his Iranian counterpart on Friday, Mr. Kerry expressed his condolences for the death of the president’s mother and called for “progress and peace” at the start of Nowruz.

Mr. Zarif responded: “I hope this new day will be a new day for the entire world.”

Both sides had hoped to wrap up the talks before the start of the Iranian holiday.

Mr. Obama also sent a Nowruz message to Iranians on Thursday. He stressed the importance of a deal in potentially opening a new era of cooperation between Washington and Tehran, who have been staunch adversaries since Iran’s 1979 Islamic revolution.

“Our nations have been separated by mistrust and fear. Now it is early spring. We have a chance—a chance—to make progress that will benefit our countries, and the world, for many years to come,” Mr. Obama said.

Voir également:

WorldViews
Five thoughts Petraeus has about the future of the Middle East
Liz Sly

The Washington Post

March 20

Gen. David H. Petraeus, who commanded U.S. troops during the 2007-2008 surge, was back in Iraq last week for the first time in more than three years. He was attending the annual Sulaimani Forum, a get-together of Iraqi leaders, thinkers and academics, at the American University of Iraq – Sulaimani in northern Iraq’s Kurdistan region.

In his most expansive comments yet on the latest crisis in Iraq and Syria, he answered written questions from The Post’s Liz Sly, offering insights into the mistakes, the prosecution and the prospects of the war against the Islamic State, which he refers to by its Arabic acronym, Daesh.

Here are the five key takeaways from the interview.

1. Shiite militias and Iran now pose a bigger regional threat than the Islamic State

The Islamic State is already “on a path to defeat,” at least in Iraq, thanks to international, regional and Iraqi effort to rally against them. The biggest threat now is the Shiite militias taking over former Islamic State territories, with Iranian support.

“The foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran.”

“The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State.”

2. You can’t find a solution to the Islamic State without empowering capable local Sunni forces

It will not be enough to have Shiite units of the Iraqi army or militias conquer territory. Capable Sunni forces that will be regarded “as liberators, not conquerors” will have to be identified before battles are launched. And that will require broad political reconciliation between Iraq’s Shiite-dominated government and the country’s Sunnis.

“The bottom line is that Daesh’s defeat requires not just hammering them on the battlefield, but simultaneously, revived political reconciliation with Sunnis. Iraq’s Sunnis need to be brought back into the fold. They need to feel as though they have a stake in the success of Iraq, rather than a stake in its failure.”

As it is, reports of atrocities committed by Shiite militias against Sunnis in areas they conquer “constitute Daesh’s best hope for survival, pushing Sunnis to feel once again the need to reject the Iraqi forces in their areas.”

3. Syria is a « geopolitical Chernobyl » and needs to be addressed immediately

Though the Obama administration is embarking on a program to train and equip moderate Syrian rebels to fight the Islamic State, the effort falls short. If the new force is to function effectively, steps will also be required to halt airstrikes by the Syrian government of President Bashar al-Assad against areas under opposition control.

“Legitimate questions … can be raised about the sufficiency of the present scale, scope, speed and resourcing of this effort.”

It is also not enough to focus on Iraq and set aside the problem of Syria’s war to be solved later.

“I am profoundly worried about the continuing meltdown of Syria, which is a geopolitical Chernobyl. Until it is capped, it is going to continue to spew radioactive instability and extremist ideology over the entire region.”

4. America’s influence is waning in the Middle East

The withdrawal of U.S. troops from Iraq, indications from the Obama administration that its priorities lay elsewhere and the lack of attention paid to Syria’s war have created the impression that American influence is waning.

“Our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East,” he says. “This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches.”

“Neither the Iranians nor Daesh are ten feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now. »

5. Petraeus told Iranian general Qasem Soleimani to “pound sand”

In 2008, as fierce battles raged in Baghdad between U.S. troops and Shiite militias – including those fighting against the Islamic State today – an Iraqi intermediary conveyed a message to Petraeus from Iran’s top general in Iraq, Qasem Soleimani, the head of the Quds Force of the powerful Iranian Revolutionary Guard Corps.

« General Petraeus, you should be aware that I, Qasem Soleimani, control Iran’s policy for Iraq, Syria, Lebanon, Gaza, and Afghanistan, » the message said.

Petraeus says he responded by telling the interlocutor to tell Soleimani to « pound sand. »

These days, Maj. Gen. Soleimani regularly visits the front lines in Iraq, much as Petraeus used to when he commanded troops in the country. Photos of his former adversary’s battlefield tours, widely posted on social media, provoke thoughts that Petraeus said he could not share.

“I have several thoughts when I see the pictures of him, but most of those thoughts probably aren’t suitable for publication in a family newspaper.”

Liz Sly is the Post’s Beirut bureau chief. She has spent more than 15 years covering the Middle East, including the Iraq war. Other postings include Africa, China and Afghanistan.

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WorldViews
Petraeus: The Islamic State isn’t our biggest problem in Iraq
Liz Sly

The Washington Post

March 20 2015

Gen. David H. Petraeus, who commanded U.S. troops in Iraq during the 2007-2008 surge, was back in that country last week for the first time in more than three years. He was attending the annual Sulaimani Forum, a get-together of Iraqi leaders, thinkers and academics, at the American University of Iraq – Sulaimani in northern Iraq’s Kurdistan region.

In his most expansive comments yet on the latest crisis in Iraq and Syria, he answered written questions from The Post’s Liz Sly, offering insights into the mistakes, the prosecution and the prospects of the war against the Islamic State, also known as ISIS, which he refers to by its Arabic acronym, Daesh.

How does it feel to be back in Iraq after four years away?

Iraq is a country I came to know well and the place where I spent some of the most consequential years of my life. So it has been a bit of an emotional experience to return here after my last visit in December 2011 as director of the CIA. I was very grateful for the chance to be back to see old friends and comrades from the past.

That said, it is impossible to return to Iraq without a keen sense of opportunities lost. These include the mistakes we, the U.S., made here, and likewise the mistakes the Iraqis themselves have made. This includes the squandering of so much of what we and our coalition and Iraqi partners paid such a heavy cost to achieve, the continuing failure of Iraq’s political leaders to solve longstanding political disputes, and the exploitation of these failures by extremists on both sides of the sectarian and ethnic divides.

Having said that, my sense is that the situation in Iraq today is, to repeat a phrase I used on the eve of the surge, hard but not hopeless. I believe that a reasonable outcome here is still achievable, although it will be up to all of us — Iraqis, Americans, leaders in the region and leaders of the coalition countries — to work together to achieve it.

You oversaw the gains of the surge in 2007-08. How does it make you feel to see what is happening today, with ISIS having taken over more of Iraq than its predecessor, AQI [al-Qaeda in Iraq], ever did?

What has happened in Iraq is a tragedy — for the Iraqi people, for the region and for the entire world. It is tragic foremost because it didn’t have to turn out this way. The hard-earned progress of the Surge was sustained for over three years. What transpired after that, starting in late 2011, came about as a result of mistakes and misjudgments whose consequences were predictable. And there is plenty of blame to go around for that.

Yet despite that history and the legacy it has left, I think Iraq and the coalition forces are making considerable progress against the Islamic State. In fact, I would argue that the foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State; rather, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran.

These militia returned to the streets of Iraq in response to a fatwa by Shia leader Grand Ayatollah Sistani at a moment of extreme danger. And they prevented the Islamic State from continuing its offensive into Baghdad. Nonetheless, they have, in some cases, cleared not only Sunni extremists but also Sunni civilians and committed atrocities against them. Thus, they have, to a degree, been both part of Iraq’s salvation but also the most serious threat to the all-important effort of once again getting the Sunni Arab population in Iraq to feel that it has a stake in the success of Iraq rather than a stake in its failure. Longer term, Iranian-backed Shia militia could emerge as the preeminent power in the country, one that is outside the control of the government and instead answerable to Tehran.

Beyond Iraq, I am also profoundly worried about the continuing meltdown of Syria, which is a geopolitical Chernobyl. Until it is capped, it is going to continue to spew radioactive instability and extremist ideology over the entire region.

Any strategy to stabilize the region thus needs to take into account the challenges in both Iraq and Syria. It is not sufficient to say that we’ll figure them out later.

[Related: ‘Daesh’: John Kerry starts calling the Islamic State a name they hate]

What went wrong?

The proximate cause of Iraq’s unraveling was the increasing authoritarian, sectarian and corrupt conduct of the Iraqi government and its leader after the departure of the last U.S. combat forces in 2011. The actions of the Iraqi prime minister undid the major accomplishment of the Surge. [They] alienated the Iraqi Sunnis and once again created in the Sunni areas fertile fields for the planting of the seeds of extremism, essentially opening the door to the takeover of the Islamic State. Some may contend that all of this was inevitable. Iraq was bound to fail, they will argue, because of the inherently sectarian character of the Iraqi people. I don’t agree with that assessment.

The tragedy is that political leaders failed so badly at delivering what Iraqis clearly wanted — and for that, a great deal of responsibility lies with Prime Minister Maliki.

As for the U.S. role, could all of this have been averted if we had kept 10,000 troops here? I honestly don’t know. I certainly wish we could have tested the proposition and kept a substantial force on the ground.

For that matter, should we have pushed harder for an alternative to PM Maliki during government formation in 2010? Again, it is impossible to know if such a gambit might have succeeded. But certainly, a different personality at the top might have made a big difference, depending, of course, on who that individual might have been.

Where I think a broader comment is perhaps warranted has to do with the way we came to think about Iraq and, to a certain extent, the broader region over the last few years. There was certainly a sense in Washington that Iraq should be put in our rearview mirror, that whatever happened here was somewhat peripheral to our national security and that we could afford to redirect our attention to more important challenges. Much of this sentiment was very understandable given the enormous cost of our efforts in Iraq and the endless frustrations that our endeavor here encountered.

In retrospect, a similar attitude existed with respect to the civil war in Syria — again, a sense that developments in Syria constituted a horrible tragedy to be sure, but a tragedy at the outset, at least, that did not seem to pose a threat to our national security.

But in hindsight, few, I suspect, would contend that our approach was what it might — or should — have been. In fact, if there is one lesson that I hope we’ve learned from the past few years, it is that there is a linkage between the internal conditions of countries in the Middle East and our own vital security interests.

Whether fair or not, those in the region will also offer that our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East. This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches. This has been all the more frustrating because, of course, in objective terms, we remain deeply engaged across the region and our power here is still very, very significant.

Neither the Iranians nor Daesh are 10 feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now.

What are your thoughts when you see Qasem Soleimani, the IRGC’s Quds Force commander who funded and armed the militias who blew up U.S. troops and shelled the U.S. Embassy while you were in it, taking battlefield tours like you used to?

Yes, « Hajji Qasem, » our old friend. I have several thoughts when I see the pictures of him, but most of those thoughts probably aren’t suitable for publication in a family newspaper like yours. What I will say is that he is very capable and resourceful individual, a worthy adversary. He has played his hand well. But this is a long game, so let’s see how events transpire.

It is certainly interesting to see how visible Soleimani has chosen to become in recent months — quite a striking change for a man of the shadows.

Whatever the motivations, though, they underscore a very important reality: The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State. While the U.S. and Iran may have convergent interests in the defeat of Daesh, our interests generally diverge. The Iranian response to the open hand offered by the U.S. has not been encouraging.

Iranian power in the Middle East is thus a double problem. It is foremost problematic because it is deeply hostile to us and our friends. But it is also dangerous because, the more it is felt, the more it sets off reactions that are also harmful to our interests — Sunni radicalism and, if we aren’t careful, the prospect of nuclear proliferation as well.

You have had some interactions with Qasem Soleimani in the past. Could you tell us about those?

In the spring of 2008, Iraqi and coalition forces engaged in what emerged as a decisive battle between the Iraqi Security Forces and the Iranian-supported Shiite militias.

In the midst of the fight, I received word from a very senior Iraqi official that Qasem Soleimani had given him a message for me. When I met with the senior Iraqi, he conveyed the message: « General Petraeus, you should be aware that I, Qasem Soleimani, control Iran’s policy for Iraq, Syria, Lebanon, Gaza, and Afghanistan. » The point was clear: He owned the policy and the region, and I should deal with him. When my Iraqi interlocutor asked what I wanted to convey in return, I told him to tell Soleimani that he could « pound sand. »

If you look back at what happened when the surge of U.S. troops under your command turned the tide of the war, is there anything you would have done differently? What are your regrets?

There are always actions that, with the benefit of hindsight, you realize you misjudged or would have done differently. There are certainly decisions, in the course of my three deployments to Iraq, that I got wrong. Very candidly, there are several people who are causing enormous harm in Iraq today whom I wish we had taken off the battlefield when we had the chance to do so. Beyond that, there certainly were actions taken in the first year in Iraq, in particular, that made our subsequent effort that vastly more difficult that it needed to be. But those are well known.

What would be (or is, assuming people must be asking) your main advice on how best to prosecute the war against ISIS now?

In general terms, what is needed in Iraq at this point is all of the elements of the comprehensive, civil-military counterinsurgency campaign that achieved such significant progress during the Surge, with one huge difference — that Iraqis must perform a number of the critical tasks that we had to perform. Iraqis must, for example, provide the « boots on the ground, » albeit enabled by advisers and U.S. air assets, with tactical air controllers if necessary.

If the Iraqis cannot provide such forces, we should increase efforts to develop them. Iraqis must also be the ones who pursue reconciliation with Sunni leaders and the Sunni Arab community. We may help in various ways, but again, sustainable results can only be achieved by Iraqis — who clearly have the ability to do so, even if the will is sometimes not fully evident.

In more specific terms, I would offer the following:

First, it is critical that Iraqi forces do not clear areas that they are not able or willing to hold. Indeed, the « hold » force should be identified before the clearance operation begins. This underscores the need for capable, anti-Daesh Sunni forces that can go into Sunni-majority areas and be viewed as liberators, not conquerors or oppressors.

Second, the Iraqi forces that conduct(s) operations have to demonstrate much greater care in their conduct. I am deeply concerned by reports of sectarian atrocities — in particular by the Shiite militias as they move into Sunni areas previously held by the Islamic State. Kidnappings and reprisal killings, mass evictions of civilians from their homes — these kinds of abuses are corrosive to what needs to be accomplished. Indeed, they constitute Daesh’s best hope for survival — pushing Sunnis to feel once again the need to reject the Iraqi forces in their areas. The bottom line is that Daesh’s defeat requires not just hammering them on the battlefield, but simultaneously, revived political reconciliation with Sunnis. Iraq’s Sunnis need to be brought back into the fold. They need to feel as though they have a stake in the success of Iraq, rather than a stake in its failure.

Third, as I explained earlier, we need to recognize that the #1 long term threat to Iraq’s equilibrium — and the broader regional balance — is not the Islamic State, which I think is on the path to being defeated in Iraq and pushed out of its Iraqi sanctuary. The most significant long term threat is that posed by the Iranian-backed Shiite militias. If Daesh is driven from Iraq and the consequence is that Iranian-backed militias emerge as the most powerful force in the country — eclipsing the Iraqi Security Forces, much as Hezbollah does in Lebanon — that would be a very harmful outcome for Iraqi stability and sovereignty, not to mention our own national interests in the region.

Fourth, as long as we are talking about difficult problems, there is Syria. Any acceptable outcome [in Syria] requires the build-up of capable, anti-Daesh opposition forces whom we support on the battlefield. Although it is encouraging to see the administration’s support for this initiative, I think there are legitimate questions that can be raised about the sufficiency of the present scale, scope, speed, and resourcing of this effort. It will, for example, be impossible to establish a headquarters inside Syria to provide command and control of the forces we help train and equip as long as barrel bombs are dropped on it on a regular basis.

Voir de plus:

La présidente argentine Kirchner accusée d’avoir couvert les suspects iraniens d’un attentat
Libération/AFP

14 février 2015

Un procureur l’accuse d’avoir couvert de hauts dirigeants iraniens, soupçonnés d’être les commanditaires de l’attentat antisémite de 1994 à Buenos Aires.

La présidente argentine Cristina Kirchner a été formellement accusée par un procureur d’avoir couvert de hauts dirigeants iraniens, soupçonnés d’être les commanditaires de l’attentat antisémite de 1994 à Buenos Aires, accusation formulée avant sa mort par le procureur Alberto Nisman.

Vingt ans après, l’attentat contre la mutuelle juive AMIA qui a fait 85 morts et 300 blessés, n’a toujours pas été élucidé.

Avant Cristina  Kirchner, au pouvoir depuis 2007, un autre président, Carlos Menem (1989-1999), a été mis en cause et doit être jugé pour entrave, dans les années 1990, à l’enquête sur l’attentat contre l’AMIA.

Le procureur Nisman, en charge du dossier AMIA depuis 2004, a été retrouvé mort le 18 janvier dernier. Les premiers éléments de l’enquête indiquent un suicide, thèse à laquelle ne croient pas les Argentins. Le magistrat assurait que le pouvoir avait mis en place un plan pour protéger l’Iran de poursuites judiciaires en Argentine.

Pour Alberto Nisman, l’Iran avait commandité l’attentat et des hommes du groupe armé chiite libanais Hezbollah ont fait sauter le bâtiment abritant les principales institutions juives d’Argentine.

Le procureur Gerardo Pollicita a requis vendredi l’inculpation de Cristina Kirchner et de son ministre des Affaires étrangères, Hector Timerman, pour «les délits d’entrave à la justice et manquement au devoir d’un fonctionnaire».

Gerardo Pollicita a donné un nouvel élan au retentissant dossier d’accusation contre Cristina Kirchner, rendu public le 14 janvier par Alberto Nisman.

Le juge Daniel Rafecas devra désormais examiner le dossier de 300 pages, complété d’écoutes téléphoniques, et devra décider s’il ouvre ou non une procédure judiciaire contre Cristina Kirchner.

«Coup d’Etat judiciaire»
Cet ultime rebondissement dans le dossier Nisman/Kirchner intervient près d’un mois après la disparition non élucidée du procureur, dont la mort alors qu’il était sous le feu des projecteurs a consterné les Argentins.

Alberto Nisman, en charge de l’enquête sur l’attentat contre la mutuelle juive AMIA, a été retrouvé mort dans son appartement à la veille de son allocution devant le Congrès où il comptait étayer son accusation.

Avant l’attentat contre l’AMIA en 1994, une autre attaque menée avec un véhicule piégé avait visé l’ambassade d’Israël à Buenos Aires, tuant 29 personnes en mars 1992.

En 2013, Cristina Kirchner avait scellé avec Téhéran un mémorandum prévoyant l’audition en Iran des suspects iraniens dont l’Argentine demandait en vain l’extradition depuis 2007, pour les juger à Buenos Aires.

La communauté juive, l’opposition à Kirchner, les Etats-Unis et Israël estiment que cette initiative est une entrave à l’élucidation car elle écarte l’éventualité d’un procès en Argentine.

La procédure judiciaire contre Cristina Kirchner a peu de chances d’aboutir. Sa coalition de centre-gauche, le Front pour la victoire (FPV), détient la majorité dans les deux chambres du parlement, qui seraient éventuellement sollicitées pour lever son immunité.

Réagissant à un article du journal Clarin anticipant la mise en cause de Cristina Kirchner, le chef du gouvernement argentin Jorge Capitanitch a dénoncé «un coup d’état judiciaire».

«C’était prévisible et grave d’un point de vue politique et institutionnel. Je ne sais pas quel sera l’impact sur l’opinion publique. Les anti-Kirchner seront confortés dans leur position alors que ses sympathisants vont dénoncer une «tentative de déstabilisation», estime Matias Carugati, de l’institut de sondage Management & Fit.

L’enquête sur l’attentat de 1994 a été émaillée d’irrégularités. Des suspects sont arrêtés puis remis en liberté, dont des policiers et le fournisseur présumé du fourgon piégé Carlos Telleldin.

Le juge chargé de l’instruction du dossier de 1994 à 2003, Juan José Galeano, inculpé pour avoir remis 400000 dollars à Carlos Telleldin pour qu’il incrimine un suspect, l’ancien patron des services secrets et l’ex-président Carlos Menem doivent être jugés pour avoir freiné ou dévié l’enquête, mais la date du procès n’a pas encore été fixée.

Vendredi, la procureure générale argentine Alejandra Gils Carbo a annoncé la nomination d’une équipe de trois magistrats, Roberto Salum, Patricio Sabadini, Sabrina Namer, et d’un un coordinateur, à la tête du parquet spécial AMIA que dirigeait Alberto Nisman depuis 2004.

Mercredi, une marche silencieuse en hommage à Alberto Nisman, a été convoquée par des magistrats. Divers secteurs de l’opposition et les dirigeants de la communauté juive ont d’ores et déjà annoncé leur participation à la manifestation.

Voir encore:

NOTE D’ACTUALITÉ N°203
LE SOUTIEN DE L’IRAN AU TERRORISME INTERNATIONAL

Alain Rodier

F2R

21-01-2010

Depuis la révolution de 1979, qui a amené au pouvoir en Iran une théocratie chiite, les mollahs ont constamment utilisé l’arme du terrorisme à l’étranger afin de parvenir à leurs fins. Toutefois, Téhéran a toujours pris garde de systématiquement utiliser des intermédiaires, de manière à ne pas apparaître directement, ce qui aurait nuit à l’image de marque du régime, particulièrement dans les pays musulmans.

Parfois cette manière d’opérer a considérablement nuit à l’efficacité opérationnelle des actions entreprises. Ainsi, des « premiers couteaux » ont été arrêtés, mais jamais aucun système judiciaire de pays démocratique n’a réussi à prouver formellement l’implication du régime dans des actions répréhensibles. Seuls de forts soupçons concordants ont permis de lancer des mandats d’arrêt internationaux contre les plus hauts responsables du régime, mais comme ces derniers ne se sont évidemment pas présentés devant les juridictions concernées, leur responsabilité n’a pu être établie légalement. Les mollahs jouent à merveille de cette ambiguïté : ne pas reconnaître être derrière des opérations « Homo » (assassinats ciblés organisés par des services d’Etat), mais laisser entendre que toute personne qui s’oppose à leur politique peut constituer une cible potentielle. Rien de tel pour créer une indicible crainte, particulièrement au sein des pouvoirs politiques des pays démocratiques qui ne souhaitent pas que des vagues d’attentat terroristes aient lieu sur leur sol ou contre leurs intérêts à l’étranger. La réélection des gouvernements en place est souvent à ce prix.

Les buts poursuivis par Téhéran ont été multiples. En tête d’entre eux se trouve la lutte contre toute opposition. Suit la guerre contre les « grand et le petit Satan » (Etats-Unis et Israël), puis le règlement de litiges, comme cela a été le cas au milieu des années 1980 avec la France.

La lutte contre les opposants
La lutte acharnée contre les opposants au régime a toujours été une préoccupation majeure des mollahs. La liste des victimes d’attentats terroristes ciblés organisés par la Savama puis par le Vevak – les services spéciaux iraniens – et la force Al-Qods des Pasdaran est longue [1]. Elle comporterait plus d’une centaine de victimes, dont certaines sont particulièrement connues.

– Le 13 juillet 1989, Abdul Raman Gassemlou, le secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) est assassiné à Vienne en compagnie d’Abdullah Ghaderi Azar et d’Amir Mansur Bozorgian. Ils avaient été attirés dans un piège par de « pseudos négociations » initiées par le régime des mollahs qui avait exprimé son souhait de « régler une fois pour toutes » le problème kurde en Iran.

– Le professeur Kazem Radjavi, ancien ambassadeur de l’Iran auprès de l’ONU et surtout frère aîné de Massoud Radjavi, le leader du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), est assassiné par balles à Genève, le 24 avril 1990. Suite à cette affaire qui a mis en cause pas moins de treize agents iraniens couverts par l’immunité diplomatique, la justice suisse a lancé en 1996 un mandat d’arrêt contre Ali Fallahian qui était alors le chef du Vevak.

– Le 7 août 1991, Chapour Bakhtiar, le dernier Premier ministre du Shah, est assassiné à l’arme blanche avec son secrétaire à son domicile en banlieue parisienne. Le commando de trois hommes a fait preuve à l’occasion d’un professionnalisme et d’un sang froid extraordinaires. En effet, Chapour Bakhtiar était alors protégé par une section de CRS qui n’y a vu que du feu ! Il avait fait l’objet d’une première tentative de meurtre en juillet 1980 qui avait coûté la vie à un policier et à une voisine de son appartement de Suresnes.

– Le 4 juin 1992, le représentant en Turquie du CNRI, Ali Akbar Ghorbani, est enlevé à Istanbul. Son corps est retrouvé quelques mois plus tard dans un parc de la ville. Il porte de nombreuses marques de torture qui laissent entendre qu’il a été interrogé avant d’être exécuté. Le lendemain, un attentat à la voiture piégée échoue de peu devant le siège de l’OMPI à Istanbul.

– Le 16 mars 1993, Mohammad-Hussein Naghdi, le représentant du CNRI en Italie, est assassiné par balles à Rome.

– Le 17 septembre 1992, le secrétaire général du PDKI (et successeur d’Abdul Rahman Gassemlou), Mohammad Sadegh Sharafkandi, Fattah Abdoli, Homayoun Ardalan et Nouri Dehkordi sont assassinés dans le restaurant Mykonos à Berlin. Depuis 1997, Ali Fallahian fait l’objet d’un autre mandat d’arrêt international pour son rôle de commanditaire dans cette affaire.

– Le 20 février 1996, Zahra  Rajabi, une responsable du CNRI résidant en France, est assassinée alors qu’elle effectue un voyage à Istanbul.

Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. De nombreux autres Iraniens ayant fui le pays ont été rattrapés par les tueurs du régime et froidement assassinés, souvent « pour l’exemple ».

La lutte contre les Etats-Unis et Israël

Les attentats contre les intérêts ou ressortissants américains et israéliens ont également été nombreux :

– Le 18 avril 1983, une voiture kamikaze bourrée d’explosifs s’encastre dans l’immeuble abritant l’ambassade des Etats-Unis au Liban. 17 morts sont décomptés.

– Le 23 octobre de la même année, un camion explose dans le cantonnement des Marines à Beyrouth. 241 militaires américains sont tués lors de cette opération. Non seulement les expertises américaines prouvent que le camion Mercedes Benz qui a servi de vecteur à l’explosion provenait bien d’Iran, mais Hachemi Rafsandjani, alors représentant de l’ayatollah Khomeiny au sein du Conseil de la guerre, a revendiqué quasi-ouvertement cette opération.

Le but de ces deux attentats était de saper l’influence des Etats-Unis au Proche-orient en général et au Liban en particulier. La mission a été remplie car Washington a alors ordonné le départ des Marines de Beyrouth et Téhéran a ainsi pu étendre son influence sur le pays en passant par l’intermédiaire de son allié syrien et du Hezbollah libanais.

– Le 17 mars 1992, l’ambassade d’Israël en Argentine est visée par une attaque terroriste. 29 personnes sont tuées et 235 autres blessées. Ni les exécutants ni les commanditaires ne seront identifiés.

– Le 25 juin 1993, une bombe détruit de complexe d’Al Khobar en Arabie saoudite qui abrite des militaires américains. 19 Américains sont tués ainsi que 147 Saoudiens. Il semble que cette opération a été menée en liaison avec l’organisation naissante Al-Qaida [2]. Oussama Ben Laden, alors réfugié au Soudan entretenait, à cette époque les meilleures relations avec le Hezbollah libanais. Un certain nombre d’activistes ont ainsi été formés par le mouvement chiite libanais, particulièrement aux attentats suicide. L’objectif poursuivi par cet attentat était de mettre à mal le régime saoudien considéré comme un adversaire par Téhéran et comme un ennemi personnel par Oussama Ben Laden, qui venait de se faire retirer en mai sa nationalité saoudienne.

– Le 18 juillet 1994, le centre juif d’Amia à Buenos Aires est détruit par une voiture piégée. 84 morts et 230 blessés sont relevés. L’enquête révèle que cette opération a été décidée par Rafsandjani lors d’une réunion du Conseil suprême de la sécurité nationale [3] qui s’est tenue le 14 août 1993 dans la ville de Mashad. Selon l’institution judiciaire argentine, le but poursuivi consistait à punir Buenos Aires d’avoir arrêté sa coopération avec l’Iran dans le domaine nucléaire. L’opération aurait été menée par la force Al-Qods des Pasdaran, alors commandée par le général Ahmad Vahidi. Cette unité d’élite composée de fanatiques est une sorte de « service action » qui se charge de toutes les opérations sales déclenchées à l’étranger. L’enquête amènera le lancement d’un mandat d’arrêt international contre Hashemi Rasfandjani, ancien président de la république islamique d’Iran et actuellement président du Conseil de discernement du bien de l’Etat ; Ali Akbar Velayati, à l’époque ministre des Affaires étrangères ; Mohsen Rezaï, alors commandant les Pasdaran et aujourd’hui secrétaire du Conseil de discernement des intérêts de l’Etat et soit disant « opposant » au président Ahmadinejad ; Ahmad Vahidi, actuel vice-ministre de la Défense ; Ahmad Reza Askari, ancien troisième secrétaire auprès de la représentation diplomatique iranienne en Argentine, en fait officier supérieur des Pasdaran ; Mohsen Rabbani, chef des écoles théologiques à l’étranger et proche conseiller de Khamenei ; et Ali Fallahian, actuel conseiller en sécurité du Guide suprême de la révolution.

En Irak et en Afghanistan, Téhéran est fortement soupçonné avoir soutenu certains mouvements rebelles. Même Al-Qaida aurait servi de paravent à certaines opérations. En effet, une « branche iranienne » de l’organisation semble être active. Elle est commandée par l’ancien colonel des forces spéciales égyptiennes, Saif al-Adel. De plus, des membres de la famille d’Oussama Ben Laden y sont « accueillis » et servent en quelque sorte de « monnaie d’échange ». Même le chef d’Al-Qaida en Irak, Abou Moussab Al-Zarqaoui, tué le 7 juin 2006, aurait été, du moins à l’origine, un agent recruté par les services iraniens. Il se serait ensuite affranchi des liens l’unissant à ses mentors et se serait lancé dans les attentats à grande échelle contre les populations chiites d’Irak. Cela expliquerait sa fin : il aurait tout simplement été « donné » aux Américains par les services iraniens.

L’objectif dans ces deux Etats est double pour Téhéran : créer des abcès de fixation qui empêchent les Américains d’envisager toute action militaire contre les installations nucléaires iraniennes et contrôler, autant que faire se peut, les différents mouvements autochtones dont les anciens gouvernants ont été considérés comme des ennemis importants de l’Iran. En conséquence, l’idée d’un Irak et d’un Afghanistan instables semble rencontrer la faveur des mollahs iraniens.

Cette liste d’opérations terroristes ne prend pas en compte les attentats ciblés dirigés contre des membres des services Américains ou des Israéliens. Ces derniers font partie de la guerre secrète que se livrent les services concernés [4], mais ne peuvent être qualifiés d’« actes terroristes » qui, par définition, visent pour leur part à un maximum de publicité.

Litiges avec la France
Bien que la France ait accueilli l’ayatollah Rouhollah Khomeiny en France, à Neauphle-le-Château, d’octobre à 1978 à janvier 1979, le régime des mollahs ne montrera aucune sympathie à l’égard de Paris. Il faut dire qu’aux yeux de Téhéran, la France sera rapidement considérée comme un pays hostile. En effet, les opposants au régime trouveront en France la terre d’exil qui leur convient. Ensuite, Paris soutiendra l’Irak dans la guerre qui l’oppose à l’Iran, particulièrement en fournissant des armes, dont des Mirages F1, des Super étendards, des missiles Exocet et de nombreuses munitions.

La réponse de Téhéran sera énergique. Elle se traduit par des prises d’otages au Liban et des attaques terroristes. La plus spectaculaire est l’attentat au camion piégé qui a lieu à Beyrouth contre l’immeuble Drakkar , le 23 octobre 1983, qui fait 61 victimes françaises.

De nombreux attentats à la bombe ont également lieu sur le sol français, particulièrement en région parisienne, au cours de la période 1985-86 : 23 février 1985, magasin Marks & Spencer : un mort, 14 blessés ; 9mars 1985 cinéma Rivoli Beaubourg, 18 blessés ; 7 décembre 1985, double attentat contre les Galeries Lafayette et le Printemps Haussmann, 43 blessés ; 3 février 1986, hôtel Claridge, 8 blessés ; 4 février, magasin Gibert Jeune, 5 blessés ; FNAC Sport du Forum des Halles, 22 blessés ; 17 mars 1986, une bombe dans le TGV Paris-Lyon à hauteur de Brunoy, 29 blessés ; 8 septembre, bureau de poste de l’hôtel de ville à Paris, un mort et 21 blessés ; 12 septembre, cafétéria du super marché Casino à la Défense, 54 blessés ; 14 septembre, Pub Renault sur les Champs-Elysées, deux policiers et un maître d’hôtel sont tués alors qu’ils ont détecté l’engin explosif ; 15 septembre, locaux des services du permis de conduire de la Préfecture de police, un mort et 56 blessés ; 17 septembre, magasin Tati rue de Rennes, sept morts et 55 blessés.

La DST découvrira que le réseau Ali Fouad Saleh responsable de ces vagues de terreur était placé sous les ordres du Hezbollah libanais. L’officier traitant d’Ali Fouad Saleh aurait été Hussein Mazbou, un haut responsable du Hezbollah proche collaborateur d’Imad Fayez Mughniah, le responsable opérationnel pour l’étranger du mouvement [5].

Un autre litige provient du problème d’Eurodif, projet de production d’uranium enrichi dans lequel Téhéran était partie prenante depuis le Shah. Sous la pression, la France finira par rembourser Téhéran à hauteur de 1,6 milliard de dollars. A noter qu’à ce propos, un mystère entoure encore l’assassinat de Georges Besse, PDG de Renault mais également ancien président du directoire d’Eurodif. Il est abattu le 17 novembre 1986, jour du premier remboursement de la France à l’Iran. Certains experts avancent l’idée que le groupe Action Directe, qui a commis puis revendiqué cette opération, était en fait manipulé par les services secrets iraniens. Cela est du domaine du possible puisque les services iraniens ont toujours privilégié l’utilisation d’intermédiaires qui servaient de « fusibles ».

Aujourd’hui, les relations politiques bilatérales entre les deux Etats sont exécrables car Paris insiste sur le respect des Droits de l’Homme en Iran et occupe une place de premier rang au sein des pays qui s’opposent au développement du programme nucléaire iranien. Nul doute que si le besoin s’en fait sentir, Téhéran pourra utiliser de nouveau l’arme du terrorisme contre les intérêts français.

Les liens de Téhéran avec les mouvements terroristes étrangers

Téhéran a toujours maintenu secrètement des relations avec les mouvements terroristes étrangers de manière à pouvoir les utiliser à son profit. Cependant, les preuves formelles sont rares.

En 1995, une conférence secrète aurait eu lieu en Iran sous l’égide des Gardiens de la Révolution (Pasdaran). Elle a rassemblé des représentants des mouvements terroristes suivants : l’Armée rouge japonaise, l’Armée secrète arménienne, le PKK, le parti irakien Dawah, le Font islamique de libération du Bahrain et le Hezbollah libanais. Le but poursuivi à l’époque était la déstabilisation des Etats du Golfe persique. Téhéran aurait alors proposé son aide à ces différents mouvements, notamment en matière d’entraînement.

Aujourd’hui, Téhéran utilise surtout le Hezbollah libanais (voir ci-dessous) mais aurait également des contacts au sein de différents mouvements révolutionnaires sud-américains. Ces derniers auraient lieu au Venezuela – le président Hugo Chavez ne cache pas sa profonde sympathie pour le régime iranien – et dans la région des trois frontières (Foz de Iguaçu) située entre le Paraguay, l’Argentine et le Brésil.

Le Hezbollah libanais

Le Hezbollah libanais, fondé en juin 1982, est un mouvement chiite libanais qui possède une branche armée appelée la Résistance islamique. En fait, depuis l’origine, ce mouvement est infiltré, rémunéré et dirigé en sous-main par Téhéran. Il est utilisé non seulement au Liban, mais aussi à l’étranger pour servir les intérêts du régime des mollahs.

Son chef, le Cheikh Hassan Nasrallah, qui est sorti vainqueur, du moins sur le plan psychologique du conflit qui a opposé son mouvement à l’Etat d’Israël en juillet-août 2006, réorganise son mouvement et se prépare à de nouvelles opérations destinées à reprendre le combat si l’ordre lui en est donné.

Parallèlement, sur instructions de Téhéran, le Hezbollah fournirait armements et formations au Hamas et au Djihad islamique palestiniens (qui sont pourtant des mouvements sunnites) en vue d’un prochain conflit. En effet, la tactique envisagée par Téhéran en cas de frappes israéliennes sur ses installations nucléaires consiste à ouvrir d’autres fronts qui obligeraient l’adversaire à disperser ses forces. De l’aveu même de Galeb Abou Zeinab, un membre dirigeant du Hezbollah, «  la coopération avec le Hamas est la meilleure possible. Nous discutons en permanence ensembles et échangeons nos expériences. Le Hezbollah tente d’aider le Hamas du mieux qu’il le peut  ». La Cisjordanie n’est pas oubliée et le Hezbollah serait en train d’y déployer des activistes afin d’y constituer un front supplémentaire. Même les services de sécurité israéliens reconnaissent que la menace représentée par le Hezbollah dans cette zone y est supérieure à celle du Hamas et du Fatah ! Un autre front pourrait s’ouvrir dans le Golan, un nouveau mouvement ayant fait son apparition : le « Front de libération du Golan » qui serait en fait une émanation du Hezbollah libanais appuyé par des conseillers iraniens et syriens.

Le Hezbollah profite de l’importante communauté libanaise expatriée pour tisser ses réseaux à l’étranger. Très présent sur le continent africain, sud-américain, ce mouvement est capable d’apporter une aide logistique, voire opérationnelle, à des actions terroristes qui pourraient viser les intérêts occidentaux sur ces continents.

Le rôle des ambassades iraniennes
Bien qu’il s’en défende, l’Iran peut également fournir un appui logistique à des activistes à l’étranger, grâce à ses nombreuses représentations diplomatiques, culturelles ou même des ONG. Il est à remarquer que partout où des changements politiques ont amené au pouvoir des responsables hostiles aux Etats-Unis – tout particulièrement en Amérique latine – les représentations diplomatiques iraniennes ont été considérablement renforcées sans que les échanges politiques, économiques ou culturels avec ces Etats ne le justifie. Washington soupçonne Téhéran de mettre en fait en place un réseau logistique destiné à nuire aux Etats-Unis, peut-être en utilisant l’arme du terrorisme. C’est ainsi que des filières d’infiltration d’agents clandestins à destination de l’Amérique du Nord auraient été mises en place à partir du Nicaragua et du Venezuela.

Le terrorisme est un moyen de combat au même titre que la guérilla. Téhéran a montré dans le passé qu’à défaut d’armes de destruction massive, il ne répugnait pas à recourir au terrorisme d’Etat car c’est en quelque sorte « l’arme du faible au fort ». L’Iran en a les moyens humains, techniques et pratiques grâce à ses réseaux qui couvrent une grande partie de la planète. Si un bras de fer sévère s’engage vraiment entre les Occidentaux et la république théocratique, il est très probable que des opérations terroristes seront déclenchées comme moyen de rétorsion. L’identification formelle du commanditaire sera difficile à faire car les services iraniens sont passés maîtres dans le domaine du brouillage de pistes en utilisant des mouvements qui servent d’écrans de dissimulation.

[1] Voir les Notes d’actualité n°194 de novembre 2009 et n°200 de janvier 2010.
[2] Al-Qaida a été officiellement créée en 1991.
[3] CSSN, la plus haute juridiction en matière de défense en Iran.
[4] Voir les Notes d’actualité n°107 de novembre 2007 et n°117 de février 2008.
[5] Il a été assassiné à Damas le 12 février 2008, vraisemblablement par le Mossad.

http://www.iran-resist.org/mot102.html
« Kaveh Le Forgeron », Le Hezbollah Global. Les réseaux secrets de l’Iran

Frédéric Charillon

Carnets internationaux

29 novembre 2012

« Kaveh Le Forgeron », Le Hezbollah Global. Les réseaux secrets de l’Iran, Choiseul, Paris, 2012

L’ouvrage signé sous un pseudonyme – on parle d’un collectif d’opposants iraniens – revient d’abord sur l’organisation de l’appareil d’Etat iranien, avant d’analyser l’action de celui-ci à l’étranger, à travers le mouvement politique chi’ite mondial (POCHM) et la nébuleuse nationale-islamique iranienne (NINI), entre autres. Une approche très exhaustive s’attache à passer en revue les actions les plus déstabilisatrices et les réseaux d’amitiés / complicités de la république islamique sur l’ensemble de la planète, y compris dans des zones où une menace iranienne n’apparaissait pas évidente aux observateurs (de la Nouvelle Zélande à l’Uruguay, en passant par la Bolivie ou la Roumanie).

Le caractère systématique de l’ouvrage permet de passer en revue, pour différents pays, la liste des actions connues et répertoriées par la presse sur des points donnés. Exemple : la liste des opposants iraniens liquidés en Turquie, p.167-170.

Des dimensions mal connues du grand public sont analysées avec précision, ainsi la force des liens avec le Pakistan (p.107 et sqq.), le rôle des militaires pakistanais (p.123 et sqq.). D’autres dimensions pourtant mieux repérées sont tout de même éclairées avec pertinence également, par exemple sur le dossier nucléaire (p.86 et sqq.) ou sur l’Armée des Gardiens de la Révolution Islamique (p.70 et sqq.).

Malgré l’absence d’une hypothèse forte, sans doute due à l’effet-catalogue de ce travail, on voit bien la centralité des solidarités chi’ites à l’œuvre dans les réseaux présentés ici. Même si pour un lecteur français, le fait de traiter l’activité iranienne au Canada ou en Scandinavie, presque sur même pied que les passages consacrés au Liban, à la Syrie (p.261-262) ou à l’Irak (p.175-80), étonne.

Il ne faut pas se fier au titre de cet ouvrage : il n’est pas question – ou si peu – du Hezbollah ici, ni en tant que tel, ni en tant que symptôme d’une méthode iranienne, consistant par exemple à transformer un pays arabe donné en « multivocal state », par l’établissement d’un pouvoir parallèle fondé sur la mise en œuvre d’un mouvement armé d’identité chi’ite mais capitalisant sur l’opposition à Israël. Sur ces points, on se tournera plutôt, pour des sources françaises, vers les travaux de Sabrina MERVIN, Mona HARB, ou surtout, sur le dossier libanais, ceux de Bernard ROUGIER. Ou, pour des sources anglaises, vers Hala JABER ou Eitan AZANI.

Ce livre constitue néanmoins un document à consulter comme aide mémoire, pays par pays, sur la question de l’action extérieure iranienne. On pourra, à partir des exemples nombreux qui sont passés en revue dans ce document, réfléchir à quelques problématiques qui en émergent :
– – La question de l’animation, par l’Iran et d’autres, d’un réseaux de « politiques étrangères protestataires », solidaires entre elles, refusant les initiatives occidentales et leur « diplomatie de club » (pour reprendre l’expression de Bertrand BADIE), politiques qui comptent des relais de téhéran à Caracas en passant par Pyongyang, Minsk, voire Pékin ou Moscou.
– – La question de la nuisance en politique étrangère, qui consiste à contrer efficacement les initiatives dominantes au cas par cas, plutôt que de proposer une politique de puissance alternative avec une stratégie globale (ainsi l’Iran a-t-il davantage profité des erreurs américaines au Moyen-Orient, plutôt qu’il n’aurait bâti de stratégie a priori).
– – Enfin, bien évidemment, la question de la mobilisation de ressources et de réseaux religieux à l’appui d’une action extérieure (pour des exemples de travaux récents sur des cas comparés en monde musulman, on regardera Amélie BLOM sur le Pakistan ou Delphine ALLES sur l’Indonésie).

Voir également:

Un rapport US exclut le Hezbollah et l’Iran du chapitre sur les menaces terroristes

Dans la presse

Remis en février au Sénat, le document annuel du Renseignement national vient d’être rendu public.

L’Orient le jour
17/03/2015

L’Iran et le Hezbollah ont été exclus cette année du chapitre consacré aux menaces terroristes dans le rapport annuel remis en février au Sénat américain par le directeur du Renseignement national, James Clapper, et qui vient d’être rendu public.

Dans le rapport, intitulé « Worldwide Threat Assessment of the US Intelligence Community » (évaluation des  menaces mondiales par l’ensemble des services de renseignements) de 2015, la section terrorisme est largement consacrée aux mouvements sunnites extrémistes, notamment le groupe Etat islamique et le Front al-Nosra (en Irak et en Syrie), et la menace que représente leur montée en puissance pour les alliés des Etats-Unis, leurs partenaires et leurs intérêts.

En 2014, il était écrit dans le rapport que le Hezbollah et l’Iran continuaient de menacer directement les intérêts des alliés de Washington et que le parti chiite avait augmenté son « activité terroriste globale ». L’Iran et le Hezbollah figuraient également dans les éditions des années précédentes, dans la section terrorisme.

A noter que de manière générale, le rapport n’est pas l’équivalent de la liste officielle américaine des organisations considérées comme terroristes. La plupart des organisations inscrites sur la liste officielle ne sont, en effet, pas citées dans le rapport du Renseignement national.

Dans le document du Renseignement national, le Hezbollah, impliqué dans le conflit syrien au côté du régime de Bachar el-Assad, est cité dans la section intitulée « menaces régionales », en rapport avec l’activité des groupes jihadistes sunnites. « Le Liban subit la menace grandissante des groupes terroristes, dont l’EI et al-Nosra. Les extrémistes sunnites essaient d’établir des réseaux au Liban où ils ont multiplié les attaques contre des positions de l’armée libanaise et du Hezbollah à la frontière libano-syrienne »,  peut-on lire.

Quant à l’Iran, il est mentionné dans la section « menaces régionales » pour les Etats-Unis en raison de son soutien au président Bachar el-Assad, du développement de capacités militaires avancées et de la poursuite de son programme nucléaire. Le rapport note cependant l’aide de Téhéran dans la lutte contre l’expansion de l’EI en Irak. Téhéran est également cité dans les sections consacrées à la cybermenace et aux armes de destruction massive.

En 2013, l’Union européenne avait inscrit la branche armée du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes. Dans leur décision, les Européens n’étaient pas allés aussi loin que les Etats-Unis qui ont placé sur leur liste noire le Hezbollah dans toutes ses déclinaisons, estimant qu’il était impossible de distinguer entre ses branches politique et militaire.

A noter par ailleurs que la Russie et la Corée du nord sont mentionnées dans plusieurs parties du rapport.
Le rapport de James Clapper intervient alors que l’Iran et les grandes puissances sont dans la dernière ligne droite de leurs négociations en vue de résoudre la crise du programme nucléaire controversé de Téhéran et discuter de la levée des sanctions internationales qui frappent l’économie iranienne.

Après 12 ans de tensions entre l’Iran et les Occidentaux et 18 mois de pourparlers intenses, la République islamique et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France, et Allemagne) se sont donné jusqu’au 31 mars pour sceller un règlement politique qui garantirait que l’Iran n’aura jamais la bombe atomique, en échange d’une levée des sanctions.


Complotisme: Attention, un complot peut en cacher un autre (From al-Dura to Charlie hebdo: Guess who the conspiracy theorists’s usual suspects are ?)

4 février, 2015
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La carte des théories révisionnistes épouse parfaitement celle de l’antiaméricanisme dans le monde. Claude Moniquet
Il existe – et c’est éclairant – une thèse opposée, que j’appellerai la thèse du complot, selon laquelle il suffirait, pour expliquer un phénomène social, de découvrir ceux qui ont intérêt à ce qu’il se produise. Elle part de l’idée erronée que tout ce qui se passe dans une société, guerre, chômage, pénurie, pauvreté, etc., résulte directement des desseins d’individus ou de groupes puissants. Idée très répandue et fort ancienne, dont découle l’historicisme ; c’est, sous sa forme moderne, la sécularisation des superstitions religieuses. Les dieux d’Homère, dont les complots expliquent la guerre de Troie, y sont remplacés par les monopoles, les capitalistes ou les impérialistes. Je ne nie évidemment pas l’existence de complots. Ceux-ci se multiplient même chaque fois que des gens croyant à leur efficacité accèdent au pouvoir. Cependant, il est rare que ces complots réussissent à atteindre le but recherché, car la vie sociale n’est pas une simple épreuve de force entre groupes opposés, mais une action qui se déroule dans le cadre plus ou moins rigide d’institutions et de coutumes, et qui produit maintes réactions inattendues. (…) Or, selon la théorie de la conspiration, tout ce qui arrive a été voulu par ceux à qui cela profite. Karl Popper
Vigipirate, en lui-même, c’est une énorme blague. (…) Les règles d’engagement de vigipirate ne nous permettent pas d’avoir de réelles possibilités d’action en cas d’attaque terroriste (…) parce que si on est attaqué avec un couteau, on doit avoir une réponse proportionnée, donc on peut pas utiliser nos armes. (…) Les munitions sont sous cadenas. Et si jamais quelqu’un tire, donc il faut qu’on demande l’autorisation au lieutenant pour ouvrir le feu. Et il faut qu’on déplombe nos armes. (…) parce que les armes sont plombées. Et qu’on charge l’arme. (…) Parce qu’il n’y a que le chef de patrouille qui a le droit d’avoir l’arme chargée. (…) Il n’y en a qu’un qui a son arme chargée. Et ça dépend du niveau d’alerte. Et on n’a pas les armes chargées. (…) Donc le temps qu’on charge, qu’on arme notre arme, nous, on est mort. (…) C’est juste pour un effet de presse, un coup de pub. (… ) On se faisait insulter, on se faisait cracher dessus, on n’avait pas le droit de bouger le petit doigt.  Nicolas (ancien militaire)
The heavily armed soldiers who protect Jewish institutions (…) are soldiers, not police, and so not trained to be alert to street problems. They tend to get distracted by their smartphones or pretty girls passing by. They clutch their assault rifles across their bodies, which leaves them vulnerable to someone driving by and shooting at them. As confirmed by today’s attack, the ostensible protection they offer actually provokes Islamists and other antisemites. They are only posted temporarily to the Jewish institutions in the aftermath of the Hyper Cacher attack a month ago and before long will leave. They protect only the institutions themselves, not the people who come and go to them, who remain as vulnerable as ever. In short, the soldiers are sitting ducks whose deployment does little to protect the Jewish community or solve the larger problem of Islamist violence. But it does offer another instance of emotionally satisfying « security theater » which temporarily gives everyone a constructive sense of doing something. Daniel Pipes
Just a few hours after the massacre at the offices of satirical French paper Charlie Hebdo, members of the far-right and far-left in Europe and America quickly decided who was responsible: the Mossad. Writing on her Facebook page, Greta Berlin, organizer of the 2010 Gaza flotilla and co-founder of the Free Gaza movement, argued that the attack was Israeli retribution for France’s recognition of a Palestinian state (…)  The idea that Israel carried out the massacre became so widespread that it was picked up by a more reputable publication, the International Business Times, which gave a respectful airing to the possibility in a piece titled “Charlie Hebdo Attack and Mossad Link: Is Israel Venting Its Fury For France’s Recognition of Palestine State?” After public outcry from readers and journalists, the article was taken down and replaced with a forthright apology deeming the piece “beneath our standards” and a “basic lapse in judgement.” Tablet
En ce qui nous concerne, nous autres Arabes, nous pouvons dire : « Bienvenue au club ! » Car les théories du complot sont presque une marque de fabrique de nos cultures nationales. Bienvenue dans un monde où à peu près tous les régimes et à peu près tous les acteurs politiques en ont usé pour assurer leur longévité. Ce qui a engendré la tyrannie. Le principal intérêt de cette façon de présenter le monde est que, finalement, personne n’est jamais responsable de ce qui arrive, si ce n’est une « cinquième colonne » ou les « mains du sionisme et de l’impérialisme » ou encore des « Croisés ». Bref, nous n’exportons pas seulement notre terrorisme mais aussi la théorie qui va avec ! Dala Al-Bizri
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande. C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée. C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage. A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises. Eric Mettout (L’Express)
Comment expliquer qu’une légende en anglais qui dit clairement qu’il s’agit d’une mise en scène (la légende, en anglais, de la photo fournie par l’AFP: « LEBANON, AIN EL-HELWEH: Palestinian refugees pose as Israeli soldiers arresting and beating a Palestinian activist during celebrations of Prisoners’ Day at the refugee camp of Ain el-Helweh near the coastal Lebanese city of Sidon on April 17, 2012 in solidarity with the 4,700 Palestinian inmates of Israeli jails. Some 1,200 Palestinian prisoners held in Israeli jails have begun a hunger strike and another 2,300 are refusing food for one day, a spokeswoman for the Israel Prisons Service (IPS) said. »), soit devenue chez vous « Prisonnier palestinien 18/04/2012. Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention », étonnant non ? David Goldstein
Ce sont les récents événements de la Guerre de Gaza, ou plutôt leur réfraction dans l’opinion publiée, dans les médias, chez les hommes politiques, les diplomates, les universitaires et les classes bavardeuses, qui suscitent cette réflexion : la guimauve sentimentaliste dégouline de tous côtés pour décrire la « souffrance des Palestiniens ». A la bourse victimologique, le « Palestinien » vaut bien plus que le Darfourien massacré par les Arabes du Nord-Soudan, l’Iranien lapidé ou pendu par les mollahs, la fillette pakistanaise ou afghane décapitée ou défigurée à l’acide par les Talibans, l’Indien de Bombay ou du Cachemire assassiné par les moudjahidines islamistes. Divisez le nombre de palestiniens par les centimètres de journal (ou les minutes télévisées) qui leur sont consacrés, vous obtiendrez un ratio qui défie toute concurrence, une proportion disproportionnée. Ce demi-monde de trop volubiles discoureurs sélectionne soigneusement ce qu’il « voit », à l’exclusion du reste. (…)  Chacun devrait le savoir et y penser : dans la mesure où la photo n’est pas purement et simplement truquée ou le fruit d’un montage ou d’une mise en scène, qu’y a-t-il avant la photo, en amont pour ainsi dire ? Y a-t-il un Hamas qui a de propos délibéré rompu la trêve ? Un Hamas qui vole l’aide internationale pour la revendre au prix fort et faire dire par ses perroquets préférés du Monde et de Reuters qu’Israël a monté un blocus qui cause une crise humanitaire ? Un Hamas qui a lancé des attaques de terreur sans nombre contre les points de transit où passait le commerce entre Israel et Gaza, forçant Israel à les fermer ou à les restreindre ? Un Hamas qui a balancé plusieurs milliers de roquettes sur les villes du sud d’Israël ? Un Hamas, dont la Charte exige inconditionnellement la destruction d’Israël et le massacre des Juifs ? Un Hamas qui place ses lanceurs de projectiles dans les hôpitaux, les écoles, les mosquées – sachant que les Israéliens hésiteront à les frapper, que les médias se jetteront comme des prédateurs sur les morts éventuelles de boucliers humains ? Un Hamas qui préfère sacrifier la population (« martyre »), chair à canon, parce que les chairs sanguinolentes valent cher sur la BBC, France 2 et autres professionnels du trompe-l’œil ? Le Hamas promeut ce Grand-Guignol parce que le théâtre vivant permet à ses propagandistes de stigmatiser le Satan, en occultant le contexte, l’amont, l’histoire et le contenu, pour ne présenter que les horreurs de la guerre. Il n’y a pas de cause – hormis Satan – il n’y a que des effets ! Tel est l’effet d’une acceptation inconditionnelle du fabliau-fiction arabo-palestinien, qui est devenu, qu’on me pardonne l’expression, vérité d’Evangile pour la victimophilie pro-palestinienne d’esprits dérangés, quoique nombreux. J’y vois la confluence de deux phénomènes : d’un côté, l’effacement progressif de la honte postérieure à la Shoah. « Y’en a marre de ces histoires de génocide. On ne va pas passer l’éternité là-dessus, quand même ! ». Les arbitres des élégances du politiquement correct répètent, sans le savoir, à la virgule près, ce que l’extrême-droite négationniste martelait dans les années soixante et soixante-dix (elle imite également le monde stalinien qui niait en bloc que le Nazisme ait visé les Juifs en tant que tels). D’un autre côté, l’époque contemporaine est caractérisée par ce que le philosophe allemand Friedrich Nietzsche avait appelé « l’inversion de toutes les valeurs». Expliquons-nous : Comment peut-il se faire qu’une organisation-filiale des Frères musulmans, qui prêche la haine et la destruction de l’Occident, la soumission manu militari des dhimmi, l’instauration universelle de la charia, crucifixion, lapidation, amputation comprises ; qui, à de nombreuses reprises, a procédé à des massacres à grande échelle d’opposants palestiniens (sans parler des Israéliens, on s’en fiche, voir plus haut), qui terrorise sa propre société, bannissant, interdisant, fulminant ; qu’une organisation qui démontre sans cesse qu’elle se contrefiche du bien-être de ses compatriotes, que seul compte le djihad ; qu’un Palestinien ne vaut que « martyr » mort : comment se fait-il donc que le Hamas ait recruté comme valets de plume et d’image, qui cachent soigneusement ce qui ne peut être montré ni avoué, qui opèrent comme les appendices médiatiques de la propagande du Hamas, qui acceptent d’opérer sous son contrôle et sa censure, une grande partie des médias occidentaux ? On ne s’étonne pas de l’abjection des goebbelsiades qui font l’ordinaire d’Al-Jazeera, dans le lointain Qatar. On a la faiblesse de s’interroger sur celle des radios, télévisions et journaux occidentaux. Comment expliquer leur inversion des valeurs ? Souvenez-vous, ce que je décris à propos de Gaza valut également, en Août 2006 au Liban, quand il ne fut pas d’énorme mensonge proféré par les metteurs en scène du Hezbollah, qui ne fut avalé et resservi par cette trop docile presse occidentale. Toujours consentante à écrire sous la dictée des barbus de l’Islam, tant qu’elle peut publier des photos (truquées) qui accablent les ennemis israéliens des tueurs chiites. La pratique devenue normale et habituelle des médias occidentaux, à quelques exceptions près, c’est de titrer : « Pearl Harbour : attaque des Américains contre des avions japonais » en ne mentionnant qu’en petit et à la fin l’attaque nippone. Cette inversion du réel aura été permanente au cours du XXème siècle. Le putsch bolchévique d’Octobre 1917, nervis et bas-fonds lancés à l’assaut des bâtiments publics de Saint Petersburg par un doctrinaire cherchant l’occasion de mettre en application ses utopies sanglantes ouvrit le bal. Les appels hypocrites de Lénine à donner « la terre aux paysans » et «tout le pouvoir aux Soviets » – avant de confisquer l’une et l’autre –donnèrent l’impression, avec ses exhortations à l’Apocalypse révolutionnaire universelle, que le Soleil s’était levé pour la première fois, que la Fin de l’Histoire, prédite par Marx et tous les Utopistes, étaient proche. Chez les peuples européens, secoués par les horreurs du premier conflit mondial, l’écho fut retentissant : on voulait que cela fût vrai afin que prenne fin l’épouvante et que commence l’Ere nouvelle. Pour les intellectuels, l’Homme nouveau ferait table rase de la «société bourgeoisie ». La « bourgeoisie », cette fiction idiote, réunissait le mépris aristocratique des classes moyennes et la détestation bohème d’une société réglée et ordonnée. Elle idéalisait l’héroïsme aux dépens des vertus qui furent baptisées « victoriennes ». Elle appelait de ses vœux l’Apocalypse où le Héros renverserait la « société marchande », et nommait le Prolétariat Rédempteur messianique de substitution. L’inversion du réel est fondée sur une inversion des valeurs. Le rejet des valeurs « bourgeoises » (alors que l’Europe de 1914 n’est qu’au sens le plus minime du terme « capitaliste » et était, en vérité, très largement soumise aux forces littéralement féodales, (comme l’Empire allemand de Guillaume II) exigeait que l’on idolâtre ses ennemis. Tout ce qui s’opposait, ou prétendait s’opposer, à la société «bourgeoise » devint bon ; tout ce qui voulait la renforcer devint mauvais (d’où les intéressants va-et-vient entre nazis et communistes). Moscou, où affluaient les escrocs et les fanatiques, les charlatans et les aventuriers, les idéologues et les désaxés, devint le centre de redistribution intellectuel de ces valeurs inverties qui exaltaient la destruction radicale de l’Occident : Musulmans devenus « rouges », anarchistes communisés, officiers reconvertis de l’Armée et de la police secrète du Tsar, démagogues assoiffés de pouvoir, mystiques et pornographes-tueurs à la Raspoutine. Cela s’appelait l’Internationale communiste. C’est elle, et c’est eux, qui donnèrent le « la » aux versions délirantes de la politique du XXème siècle, qui, par la grâce des positions importantes occupées par l’intelligentsia politico-ambitieuse, enivrée de son propre romantisme, devinrent souvent les versions acceptées, à l’école et à l’université, dans la presse et la littérature. (…) Pour que réussissent les aventuriers de l’horreur, Il fallait que les intelligentsias et les diplomates, les journalistes et les professeurs les bénissent et prononcent avec génuflexions admiratives leurs messes et leurs sermons approbateurs. C’est ainsi que Michel Foucault se fit le chantre de l’Ayatollah Khomeiny et de la révolution islamique iranienne ! Il n’est pas de tyran de gauche ou d’extrême-gauche, de national-socialiste du tiers-monde, qui n’ait trouvé pour l’encenser quelques intellectuels de la Rive Gauche, de Bloomsbury, de Harvard Square, de Kreutzberg ou de l’Università statale. (…)  L’inversion des valeurs conduit à l’essor d’un faux réel où, répété indéfiniment, le mensonge devient officiel, obligatoire, universel. Je propose donc de comprendre l’étrange lubie qui possède une partie si importante de l’Occident comme le résultat de la grande inversion des valeurs qui plaça la destruction de l’Occident « bourgeois » en tête de ses priorités, et fit de tout ce qui se parait de l’étiquette de « révolutionnaire » le fin du fin. Que cette lubie ait retrouvé le plus familier des Satan de son histoire, et s’allie en ceci avec un monde islamique si violemment porté à l’espérance du génocide, n’est malheureusement pas très étonnant. Laurent Murawiec
C’est un mystère pourquoi tant de médias acceptent comme parole d’évangile les chiffres du Hamas sur le nombre de civils tués dans la récente guerre. Le Hamas proclame que 90% des 1800 Palestiniens tués sont des civils. Israël dit que la moitié des tués sont des combattants. Les faits objectifs sont plus proches de ce que dit Israël que du Hamas. Même des organisations de droits de l’homme anti-israéliennes reconnaissent, selon le New York Times, que le Hamas compte probablement parmi ces « civils tués par Israël », les groupes suivants : les Palestiniens tués comme collaborateurs, ceux tués de violences domestiques (crimes d’honneur), les Palestiniens tués par des roquettes ou obus de mortier du Hamas et les Palestiniens qui sont morts de mort naturelle durant le conflit. Je me demande si le Hamas compte aussi les 162 enfants qui sont morts en travaillant comme esclaves pour construire les tunnels. Le Hamas ne comptabilise pas comme combattants, ceux qui construisent les tunnels, ni ceux qui permettent à leurs maisons d’être utilisées comme cache d’armes et lancement de roquettes, ni les policiers du Hamas, ni les membres de la branche politique et ni les autres qui travaillent main dans la main avec les terroristes armés. Il y a plusieurs années, j’ai forgé un concept pour essayer de montrer que la distance entre un civil et un combattant n’est souvent qu’une question de degré, je l’ai appelé « continuum of civilianality ». Il est clair qu’un enfant dont l’âge ne lui permet pas encore d’aider les combattants du Hamas est un civil et qu’un combattant du Hamas qui tire des roquettes, porte des armes ou opère dans les tunnels est un combattant. Entre ces deux extrêmes, se trouve une grande variété de gens, dont certains sont plus proches des civils et certains sont plus proches des combattants. La loi de la guerre n’a pas établi de distinction claire entre combattants et civils, en particulier dans un contexte de guerre urbaine où des gens peuvent transporter des armes la nuit et être boulangers durant la journée, ou tirer des roquettes durant la journée et aller dormir avec leurs familles la nuit. (…) Les données publiées par le New York Times suggèrent fortement qu’un très grand nombre, peut-être la majorité des gens tués sont plus proches du combattant de l’extrêmité de l’échelle que du civil de l’extrémité de l’échelle. Premièrement, la vaste majorité des tués sont plutôt des hommes que des femmes, deuxièmement la majorité ont entre 15 et 40 ans, le nombre de personnes âgés de plus de 60 ans sont rarissimes, le nombre d’enfants en dessous de 15 ans est aussi relativement petit, bien que leurs images aient été prépondérantes ! En d’autres termes, les genres et âges des tués ne sont pas représentatifs de la population générale de Gaza mais plus représentatifs du genre et de l’âge des combattants. Ces données suggèrent qu’un très grand pourcentage de Palestiniens tués sont du coté des combattants de l’échelle (continuum). Elles prouvent également, comme si des preuves étaient nécessaires à des yeux impartiaux, qu’Israël n’a pas ciblé des civils au hasard. Si cela était le cas, les tués seraient représentatifs de la population générale de Gaza plutôt que de sous-groupes étroitement associées à des combattants. Les médias devraient cesser immédiatement d’utiliser les statistiques approuvées par le Hamas qui déjà dans le passé se sont révélés être très peu fiables (…) Les médias font preuve de paresse en s’appuyant sur les chiffres de la propagande du Hamas et mettent en danger la profession. Lorsque l’infâme rapport Goldstone a faussement affirmé que la grande majorité des personnes tuées dans l’Opération Plomb Durci étaient des civils et non des combattants du Hamas, beaucoup d’habitants de Gaza se sont plaints, ils ont accusé le Hamas de lâcheté puisque tant de civils avaient été tués alors que les combattants avaient été épargnés. À la suite de ces plaintes, le Hamas a été forcé de dire la vérité : il a reconnu le nombre de combattants et policiers armés tués. Il est probable que le Hamas fera une « correction » similaire à l’égard de ce conflit. Mais cette correction ne sera pas diffusée dans les médias, comme la correction précédente ne l’avait pas été. Les gros titres du genre « La plupart des personnes tuées par Israël sont des enfants, des femmes et des personnes âgées » vont continuer à être diffusés malgré la fausseté des faits. Tant que les médias ne démentiront pas, le Hamas poursuivra sa « stratégie de bébés morts » et plus de gens des deux côtés vont mourir. Alan Dershowitz
Le Hamas a lancé une guerre sophistiquée et même brillante de propagande médiatique. « Toute personne tuée ou morte en martyr doit être appelée un civil de Gaza ou de Palestine », a annoncé le mouvement aux Gazaouis dans une annonce publique, « avant même que l’on parle de son statut dans le djihad ou de son rang militaire ». Le Hamas a enjoint la population à utiliser l’élément de langage « civils innocents » autant que possible lorsqu’ils s’adressent aux journalistes. Le Hamas lance des roquettes depuis les zones les plus densément peuplées de la Bande de Gaza – soit la ville de Gaza, Beit Hanoun dans le Nord et Khan Younis dans le Sud – et dit aux combattants de tirer depuis des sites sensibles comme les écoles, les églises, les mosquées, les infrastructures des Nations-Unies et les hôpitaux. C’est une stratégie gagnant-gagnant : si Israël est dissuadé, les infrastructures et les soldats du Hamas sont préservés ; si Israël tire malgré tout, les pertes civiles seront une victoire pour la propagande du Hamas. La stratégie médiatique du Hamas a été illustrée par son utilisation de l’hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza. Là, au vu et su de tous, les chefs ont commandité leur offensive depuis un bunker souterrain caché sous l’hôpital. Les reporters étaient interdits d’accès au bunker et étaient invités à la place à un point presse dans la cour de l’hôpital. Ici, les journalistes qui cherchaient à interviewer le Hamas devaient faire la queue, un poste idéal pour prendre des photos de civils et de combattants blessés (ces derniers étant inévitablement habillés en civils) qui étaient amenés à toute vitesse à l’intérieur de l’hôpital. Oren Kessler
Si vous n’avez pas d’arme, nos frères vous ont montré le chemin (…)  Tuez donc à l’aide d’un couteau un policier. Prenez son pistolet. Avec ce pistolet, tuez un militaire. Prenez son fusil et lancez vous dans le chemin de votre seigneur. Ce n’est qu’un paradis qui vous attend et la chaada est sans douleur. Vidéo de propagande de l’Etat islamique
Nous sommes face à un phénomène nouveau, le terrorisme en libre-accès. Cela implique la mobilisation de moyens exceptionnels. 1.200 ressortissants Français sont allés en Irak et en Syrie, 580 y sont allés et en sont revenus, 200 veulent y aller. Et 185 sont quelque part en Europe sur le chemin pour y aller. Bernard Cazeneuve
L’image et la vidéo de l’exécution du policier ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux. Et régulièrement, la question de l’absence de sang revient. Selon certains internautes, ce serait une nouvelle preuve d’un coup monté et l’agent ne serait peut-être même pas mort. Les réponses n’ont pas tardé à venir d’elles-mêmes. Plusieurs dizaines de témoignages d’habitants et de secouristes vont dans le même sens. Ahmed Merabet a bel et bien été tué, dans l’exercice de ses fonctions, par des tirs d’arme automatique. Le sang a bel et bien coulé sur ce trottoir du boulevard Richard-Lenoir. [La carte d’identité oubliée] Un oubli qui avait effectivement de quoi intriguer les internautes, quand les terroristes font preuve d’une importante maîtrise des armes sur les différentes vidéo. Pourtant, les enquêteurs le rappellent : plusieurs éléments de leur action semblent avoir été mal préparés. L’entrée au mauvais numéro de la rue, l’abandon de la première voiture après en avoir perdu le contrôle et avoir percuté des poteaux, la fuite sans nourriture… Reste la piste d’un abandon volontaire de la carte d’identité pour brouiller les pistes. Mais les prélèvements génétiques réalisés dans la voiture ont confirmé cette même identité, selont FTVI. Libération évoque également des chargeurs de kalachnikovs « oubliés dans la Citroën » qui permettent là aussi de remonter la même piste. Enfin, il ne faut pas écarter la possibilité d’un acte volontaire. Les frères Kouachi aurait pu, avec cet acte, revendiquer clairement leur attaque. France bleu
Des examens ont prouvé que les tirs d’armes qui sont censés avoir tué le petit Mohammed ne pouvaient pas provenir du côté israélien. Dans ce cas, de quel côté provenaient-ils ? L’enfant – après avoir été déclaré mort – semble avoir bougé tout seul de place à plusieurs reprises. Comment cela fut-il possible ? Des images tournées quelques secondes après le drame ne montrent aucune trace de sang à l’endroit où l’enfant aurait été tué. Plus tard, lorsque les journalistes furent invités pour filmer les lieux, on aperçoit une grosse flaque de sang. D’où venait-elle ? Que signifient les différentes scènes dans lesquelles on voit des Palestiniens soit-disant blessés, mais qui selon toutes probabilités semblent avoir joué la comédie ? Que faisaient tous les spectateurs que l’on aperçoit sur les lieux et qui n’ont manifestement pas l’attitude de personnes en situation de danger – prises sous le feu israélien – mais plutôt celle d’individu qui assistent à un tournage de film ? Que signifie le signe « deux » que fait avec une main le caméraman palestinien et qui semble indiquer qu’il s’agit de la deuxième prise de vue, comme le font les caméramen lors d’un tournage d’un film ? Lucas Martin

Et si la carte des théories conspirationnistes épousait tout simplement, comme le rappelait récemment Claude Moniquet pour le révisionnisme antiaméricain, celle de l’antisémitisme dans le monde ?

Au lendemain d’une nouvelle attaque au couteau contre des militaires …

Au moment même où sortait une nouvelle vidéo de l’Etat islamique appelant les musulmans français à « faire exploser la France » en prenant les armes des forces de l’ordre …

Pendant que, tant sur les réseaux sociaux que dans les cerveaux de nombre de nos concitoyens, continuent à fleurir les théories du complot sur les attentats de Charlie hebdo et de l’Hypercacher …

Comment ne pas repenser à ces appelés qui expliquaient il y a quelques temps sur RMC que la plupart des armes des appelés du Plan vigipirate étaient en fait non chargées ?

Et comment aussi ne pas s’émerveiller, entre deux manifestations anti-israéliennes y compris avec le drapeau noir dudit Etat islamique, de l’incroyable esprit critique et sagacité de nos nouveaux maitres du soupçon

Quant à toutes ces images bidonnées, dont nous abreuvent nos médias depuis des années, sur les femmes et les enfants de Gaza

Et notamment concernant cette autre victime dont, il y a bientôt quinze ans, on n’a pas non plus vu le sang …

Mais dont on a si vite et si catégoriquement attribué la mort délibérée …

Aux prétendus tueurs d’enfants de l’Armée israélienne …

A savoir le petit Mohammed ?

L’affaire Mohammed Al Dura
Lucas Martin
Mediapart
14 février 2013

Au mois de septembre 2000, lors d’un échange de feu entre l’armée israélienne et des palestiniens, des images difficiles ont été filmées à propos du jeune Mohammed Al Dura et de son père. Sous les balles, le père demandait un arrêt des tirs, tandis que son enfant tentait de se protéger sur ses genoux.

Quelques instants plus tard, on aperçoit le jeune Mohammed et une voix qui crie : « L’enfant et mort ! L’enfant est mort ! » Que s’est-il passé exactement ce jour-là ?

Pour le journaliste d’Antenne 2 – Charles Enderlin – le doute n’existe pas : ce sont les tirs de l’armée israélienne qui ont tué l’enfant. Selon Philippe Karsenty, il s’agit plutôt d’une imposture : l’enfant n’a jamais été tué, les tirs provenaient des Palestiniens et le tout devait servir à démontrer l’agression israélienne. Ni Charles Enderlin, ni Philippe Karsenty n’étaient sur les lieux de l’incident. Comment savoir ce qui s’est passé réellement ?

Le documentaire (en deux parties) présenté ci-dessous dresse le tableau des points obscurs de cette affaire. Sans prendre position, ses auteurs relèvent les contradictions que nous pouvons apprécier à leur juste valeur. Il est important de regarder ce documentaire afin de se faire une idée précise de l’affaire.

En résumé, les questions les plus importantes à se poser sont les suivantes :

Des examens ont prouvé que les tirs d’armes qui sont censés avoir tué le petit Mohammed ne pouvaient pas provenir du côté israélien. Dans ce cas, de quel côté provenaient-ils ?
L’enfant – après avoir été déclaré mort – semble avoir bougé tout seul de place à plusieurs reprises. Comment cela fut-il possible ?
Des images tournée quelques secondes après le drame ne montrent aucune trace de sang à l’endroit où l’enfant aurait été tué. Plus tard, lorsque les journalistes furent invités pour filmer les lieux, on aperçoit une grosse flaque de sang. D’où venait-elle ?
Que signifient les différentes scènes dans lesquelles on voit des Palestiniens soit-disant blessés, mais qui selon toutes probabilités semblent avoir joué la comédie ?
Que faisaient tous les spectateurs que l’on aperçoit sur les lieux et qui n’ont manifestement pas l’attitude de personnes en situation de danger – prises sous le feu israélien – mais plutôt celle d’individu qui assistent à un tournage de film ?
Que signifie le signe « deux » que fait avec une main le caméraman palestinien et qui semble indiquer qu’il s’agit de la deuxième prise de vue, comme le font les caméramen lors d’un tournage d’un film ?

Nous n’avons pas les réponses à ces questions. De nombreux journalistes (danois, allemands, israéliens…) doutent sérieusement de la véracité de la version palestinienne. Le caméraman palestinien lui-même affirme que l’enfant n’a pas été tué. Alors ?

(On pourra consulter avec intérêt le résumé de l’affaire sur Wikipedia.)

 Mohamed al-Dura : un rapport israélien dénonce un montage
Le Point
20/05/2013

Le gouvernement affirme que l’enfant palestinien n’est pas mort en 2000 dans les bras de son père sur la base d’images non montées dans le reportage.

Le gouvernement israélien a affirmé dimanche dans un rapport qu’un reportage de France 2 sur la mort d’un enfant palestinien dans les bras de son père en 2000 était « infondé », affirmant s’appuyer sur des images non montées du reportage. Ce document, qui réitère des positions de dirigeants politiques et militaires israéliens, est publié à quelques jours d’une décision de justice à Paris sur une affaire de diffamation entre l’auteur du reportage datant du 30 septembre 2000, le journaliste Charles Enderlin, contre Philippe Karsenty, directeur d’un site d’analyse des médias.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a lui-même salué la conclusion du rapport d’une quarantaine de pages qu’il avait commandité en septembre. « La version répandue par le reportage a servi d’inspiration et de justification au terrorisme, à l’antisémitisme et à la délégitimation d’Israël », a-t-il estimé. « Il n’y a qu’une seule façon de contrer les mensonges, c’est par la vérité », a insisté Benyamin Netanyahou, cité dans un communiqué accompagnant la publication du rapport.

« On voit l’enfant vivant »

« Les accusations et affirmations centrales du reportage de France 2 sont infondées dans le matériau que la chaîne de télévision avait en sa possession au moment du reportage », assure ce rapport. « Contrairement à l’affirmation du reportage selon lequel l’enfant a été tué, le visionnage par la commission (gouvernementale) des images non montées montre que dans les scènes finales, qui n’ont pas été diffusées par France 2, on voit l’enfant vivant », selon le texte. La chaîne a refusé de fournir les images non montées du reportage aux autorités israéliennes, a indiqué l’auteur du rapport, Yossi Kuperwasser, directeur général du ministère des Relations internationales, sans préciser comment la commission israélienne s’était néanmoins procuré les images sur lesquelles elle fonde ses conclusions.

Le reportage montrait un Palestinien de 12 ans, Mohammad al-Dura, protégé par son père Jamal alors que tous deux sont pris sous les tirs croisés entre l’armée israélienne et des combattants palestiniens, au tout début de la deuxième Intifada (2000-2005). Selon le rapport israélien, il n’y a pas de « preuve que Jamal ou l’enfant aient été blessés de la manière présentée par le reportage (…). Au contraire, il y a de nombreuses indications selon lesquelles aucun des deux n’a été touché. » Selon le document, l’examen balistique des impacts de balles à proximité du père et de l’enfant « montre qu’il est extrêmement douteux que les balles puissent avoir été tirées depuis la position israélienne comme l’implique le reportage de France 2 ».

Rapport « fabriqué de toutes pièces »

« Nous avons toujours dit, y compris à la Cour suprême israélienne, que nous étions prêts à une enquête publique indépendante selon les standards internationaux », a répondu Charles Enderlin. « Nous n’avons jamais été contactés pour une enquête israélienne quelconque. Kuperwasser n’a jamais contacté France 2. S’il l’avait fait, nous aurions demandé de quelle enquête il s’agissait et s’il était question d’une commission indépendante », a-t-il souligné. « Nous avions aussi annoncé que nous étions prêts à aider Jamal, le père de l’enfant, pour un test ADN du corps de son fils si nécessaire », a ajouté le journaliste.

Sur twitter le journaliste s’étonne des conclusions du rapport
Rapport israélien : Jamal al dura n’a pas été blessé les chirurgiens qui l’ont opéré à Amman jouaient ils la comédie?

– Charles Enderlin (@Charles1045) 19 mai 2013
selon le rapport israélien Jamal al Dura n’a pas été blessé. le roi de Jordanie le savait-il en lui rendant visite à l’hôpital à Amman?

– Charles Enderlin (@Charles1045) 19 mai 2013

À Gaza, le père de Mohammad, Jamal al-Dura, a quant à lui déclaré que le rapport était « fabriqué de toutes pièces ». « Les Israéliens mentent et tentent de couvrir la vérité », a-t-il ajouté, précisant qu’il avait réclamé une commission d’enquête internationale avec la participation de sa famille et des autorités israéliennes. Les images de l’agonie de Mohammad al-Dura dans les bras de son père à un carrefour près de la ville de Gaza avaient fait le tour du monde et constituent un épisode marquant de la guerre médiatique entre Israël et les Palestiniens. En France, la cour d’appel de Paris doit se prononcer le 22 mai sur la plainte en diffamation déposée par Charles Enderlin contre Philippe Karsenty, qui avait affirmé que le reportage était truqué.

Voir aussi:

Conspiracy Theorists Blame Paris Attack on Israel
Online, many were quick to pin Charlie Hebdo massacre on the Jews

Yair Rosenberg

Tablet

January 12, 2015

Just a few hours after the massacre at the offices of satirical French paper Charlie Hebdo, members of the far-right and far-left in Europe and America quickly decided who was responsible: the Mossad. Writing on her Facebook page, Greta Berlin, organizer of the 2010 Gaza flotilla and co-founder of the Free Gaza movement, argued that the attack was Israeli retribution for France’s recognition of a Palestinian state:

Berlin has a long record of promoting Holocaust denial and other anti-Semitic conspiracy theories about the Jews, to the extent that she has been ostracized even by some in the Palestinian solidarity movement that she once captained. But she wasn’t the only flotilla leader and Free Gaza founder to attempt to pin the Paris murders on the Jews. Mary Hughes-Thompson, an activist who remains in good standing, used her Twitter feed to cast suspicion on the Jewish state, using the hashtag #JSIL, an epithet coined to liken Israel to the Islamic State:

“Bibi is furious over French vote for Palestinian state. What better way to get even?” a later Hughes-Thompson tweet read.

The Free Gaza movement of Berlin and Hughes-Thompson boasts endorsements from Archbishop Desmond Tutu and MIT professor Noam Chomsky, even as prominent commentators have called for Tutu in particular to disassociate himself from the movement since Berlin’s anti-Semitism came to light.

Meanwhile, the same conspiracy theories about the Charlie Hebdo killings began circulating in other popular radical forums. Anonymous Kollektiv, a German spin-off of the online hacking group, told its more than 660,000 Facebook followers that “The precision with which the perpetrators acted brings to mind Mossad hit squads from the recent past,” and offered evidence of a joint CIA-Mossad “false flag” operation. In case this wasn’t clear enough, Anonymous then posted a picture of a smiling Benjamin Netanyahu, alongside a quotation of him criticizing France’s recognition of Palestine.

The idea that Israel carried out the massacre became so widespread that it was picked up by a more reputable publication, the International Business Times, which gave a respectful airing to the possibility in a piece titled “Charlie Hebdo Attack and Mossad Link: Is Israel Venting Its Fury For France’s Recognition of Palestine State?” After public outcry from readers and journalists, the article was taken down and replaced with a forthright apology deeming the piece “beneath our standards” and a “basic lapse in judgement.”

But although serious publications are unlikely to promulgate the story in the future, such anti-Semitic conspiracy theories are unlikely to die down anytime soon. Indeed, even after the deadly Friday attack on the kosher supermarket in Paris, none of the sources mentioned above retracted their accusations against the Jewish state. In the end, for the bigot, the point is not to plausibly explain events, but to impugn the object of one’s hateful obsession.

Complotisme : « plus de la moitié de mes élèves croit aux Illuminati »
Medias, école : comment enseigner Internet après Charlie

Arrêt sur images

30/01/2015

La couleur des rétroviseurs d’une voiture, l’absence de taches de sang à côté du corps d’un policier assassiné, des images de journaliste en gilet pare-balles : après les tueries de Charlie Hebdo et de l’hypermarché casher, les doutes sur les versions policières et médiatiques sur les événements ont surgi sur les réseaux sociaux avec une rapidité et une vigueur inattendues. Comment internet et les réseaux sociaux ont-ils changé le mode de propagation et peut-être le contenu de ce qu’on appelle les théories du complot et comment identifier ces sources d’information sur internet pour essayer de trier le vraisemblable du peu probable ?

Nous avons invité Martine Sanz, professeure de Lettres-Histoire à Créteil, qui s’est trouvée confrontée en classe, à la propagation des théories du complot ; Guillaume Brossard, fondateur du site Hoaxbuster.com qui démonte toutes les rumeurs du web ; Pascal Froissart, spécialiste en Sciences de l’information et de la communication et plus particulièrement des rumeurs. Enfin, par Skype, Emmanuelle Danblon, linguiste et professeure à l’Université libre de Bruxelles, nous expliquera pourquoi ces théories circulent aussi vite.

L’émission est présentée par Daniel Schneidermann, préparée par Adèle Bellot, Robin Andraca et Sébastien Rochat
et déco-réalisée par Axel Everarts de Velp et François Rose.

La vidéo dure 1 heure et 36 minutes.

Si la lecture des vidéos est saccadée, reportez-vous à nos conseils.

Le making of, par Sébastien Rochat
Comme par hasard… Pour préparer notre émission sur le complotisme de l’après Charlie, nous n’étions pas trop de deux pour recueillir les justifications de tous ceux qui ont décliné notre invitation. Et ils étaient nombreux. Avec toujours de bonnes excuses : « Pas disponible, mais on peut en parler », « Je ne suis pas libre vendredi », « Je suis dans le Sud », « J’ai un colloque sur le sujet », « Je suis débordé ». Comme par hasard…

Avec Robin Andraca, nous avons notamment contacté le sociologue Gérald Bronner (déjà invité lors d’une précédente émission), Bruno Fay (auteur d’un livre sur la « complocratie »), Pierre-Henri Tavoillot (philosophe), Rudy Reichstadt (fondateur de Conspiracy Watch), Guilhem Fouetillou (fondateur d’une start up qui analyse, entre autres, les réseaux sociaux). Tous ont décliné notre invitation. Même le journaliste de Rue89, auteur d’un observatoire des sites complotistes, a refusé de venir. Il n’a d’ailleurs pas signé son article. Comme par…

Comment expliquer la rapidité avec laquelle les thèses complotistes ont circulé sur les réseaux sociaux après les attentats contre Charlie Hebdo et le magasin Hyper Casher de Vincennes ? Comment répondre à ces thèses complotistes ? Les médias mainstream sont-ils complices de la diffusion de ces théories en les décryptant ? Les enseignants sont-ils armés pour répondre aux doutes de leurs élèves ? L’humour peut-il être un moyen de déconstruire ces thèses ?

Quatre invités ont bien voulu débattre de tous ces sujets. Martine Sanz, enseignante en Lettres-Histoire dans un lycée professionnel de Créteil, nous raconte comment ses élèves avaient, dès le lendemain, mis en doute le récit de l’attaque contre Charlie Hebdo, après avoir vu « passer l’info » sur les réseaux sociaux. Et ce n’est pas un petit phénomène : elle estime que plus de la moitié de ses élèves croient aux théories du complot. En classe, elle a par exemple été confrontée aux Illumaniti de Bavière, une théorie relayée par ses élèves et selon laquelle cette société secrète du XVIIIe existerait encore et souhaiterait gouverner le monde. Des thèses qui circulent sur le web, et notamment sur des sites que les élèves n’ont pas appris à identifier. Le travail sur les sources est une des pistes de réflexion pour apprendre aux élèves à utiliser les réseaux sociaux.

Mais pourquoi ces théories complotistes peuvent-elles paraître si séduisantes pour certains ? Comment expliquer leur succès ? Emmanuelle Danblon, linguiste et professeure à l’Université libre de Bruxelles, nous explique, par Skype, tous les ressorts de ces théories. Selon elle, il y a « un besoin vital de donner du sens à des événements qui provoquent des brèches dans la compréhension que l’on a du monde ». D’où la nécessité de rechercher des indices et de construire un récit. Et ces théories circulent d’autant plus vite « qu’avec l’image, l’indice fait tout de suite preuve », explique-t-elle.

Pour notre troisième invité, le sociologue Pascal Froissart, il ne faut pas forcément s’alarmer. Il est même bon de voir que les élèves s’interrogent et exercent leur esprit critique. Car pour lui, il ne faut pas confondre les faits et les informations, le constat et l’interprétation. Exemple ? Oui, il y a un triangle sur un billet de 1 dollar. Et alors ? C’est avec ce « et alors » que peut commencer la déconstruction des thèses complotistes.

Mais il n’y a pas de recettes miracles pour répondre aux théories conspirationnistes ou aux rumeurs. Et notre dernier invité, Guillaume Brossard, en sait quelque chose : depuis près de quinze ans, il déconstruit toutes les rumeurs du web sur son site Hoaxbuster.com. Certaines reviennent même tous les ans : une éclipse de soleil de trois jours en France ? Cela fait des années que cette rumeur circule. En décembre dernier, elle est même arrivée aux oreilles des élèves de Martine Sanz, qui étaient vraiment persuadés qu’une éclipse allait avoir lieu. Et elle n’a pas eu lieu. Comme chaque année. Une rumeur pas bien difficile à déconstruire donc. Mais comment faire avec les autres rumeurs ? Les médias traditionnels doivent-ils s’en emparer, pour démontrer qu’elles sont infondées, quitte à leur donner une audience qu’elle n’auraient pas ? Sur le plateau, les avis divergent.

Mise à jour du 2 février par Adèle Bellot (la documentaliste) : Un tweet de Zouhair, sur l’absence de sang près du policier, est présenté au début de l’émission comme complotiste. Il s’agit d’une erreur, ce tweet renvoyant en fait vers un post Facebook visant à démonter les théories du complot à propos de la tuerie de Charlie Hebdo.
Vous pouvez aussi utiliser le découpage en actes.

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Acte 1

Une carte d’identité oubliée, des images d’un policier abattu mais qui ne saigne pas : les rumeurs ont circulé sur Facebook le jour-même de l’attentat contre Charlie Hebdo. Et dès le lendemain, des élèves de Martine Sanz croyaient à la théorie du complot. Ce n’est pas une nouveauté : ces élèves ont déjà relayé des théories conspirationnistes en classe. Exemple ? les Illumaniti de Bavière. Ou le triangle sur le billet de 1 dollar.

Acte 2

Qui véhicule toutes les rumeurs ? Après les attentats contre Charlie, un certain Karim a publié plusieurs vidéos sur Youtube pour exprimer ses doutes sur les versions policières. « C’est pas un peu bizarre ? », répète-t-il sans cesse. Comment expliquer le succès de ces vidéos ? Pour Emmanuelle Danblon, c’est la nécessité de donner du sens à des événements qui explique la propagation de ces théories. Car dans la rhétorique du complot, il n’existe pas de coïncidences.

Acte 3

Entre parents et enfants, ou enseignants et élèves, il y a souvent un décalage : les uns s’informent sur les réseaux sociaux, quand les autres consultent la presse. Faut-il mieux former les enseignants à l’usage des réseaux sociaux ? Un enseignant a-t-il les moyens et le temps d’apprendre aux élèves de prendre du recul face aux contenus qui circulent sur Facebook ? Quel réflexe doit-on avoir pour identifier les sources ou déterminer le profil d’un blog anonyme ? Exemple avec le site Stopmensonges.com et Medias-presse.info

Acte 4

Faut-il démentir les rumeurs, au risque de leur donner de l’importance ? Froissart estime que les médias mainstream ont une responsabilité dans la diffusion des rumeurs. Même pour les démentir ? Martine Sanz assure que les articles de décryptage, même sur des détails comme les rétroviseurs des Kouachi, l’aident en classe pour répondre à ses élèves. Peut-être. Mais Brossard considère qu’il faudrait surtout insister sur les idéologues qui récupèrent et/ou propagent ces rumeurs comme Thierry Meyssan, Dieudonné et Alain Soral. Et pour les déconstruire ? L’humour peut être une solution.

Voir aussi:

Faites exploser la France : j’ai vu l’épisode 2
Daniel Schneidermann

Arrêt sur images

le 04/02/2015

Au programme du matinaute, au réveil, trois vidéos. Version grand spectacle, le crash d’un avion taiwanais dans une rivière, filmé comme si on y était depuis une voiture. Version insoutenable, le pilote jordanien brûlé vif dans une cage par l’Etat islamique. Celle-là, toute ma time line de Twitter m’exhorte, avec des cris d’épouvante, de ne pas la regarder. Elle a été effacée de YouTube, ce qui n’empêche qu’il est possible, en quelques clics, de la trouver. Mais sur sa chaîne pour CSP+, l’Etat Islamique nous propose sa nouvelle production, à destination exclusive des francophones : elle est explicitement titrée « Faites exploser la France. »

C’est le deuxième épisode. L’éditocrate de l’EI qui s’y exprime se réjouit de l’impact du premier (Joué-lès-Tours, Dijon, Charlie, joli résultat), mais y témoigne aussi d’une fine connaissance du débat français, allant chercher par exemple, comme signe flagrant de l’hypocrisie française sur la liberté d’expression, le licenciement de Siné par Charlie Hebdo, en 2008 (tout notre dossier est ici). Autrement dit -effet collatéral des recrutements en France-, l’EI nous écoute, nous regarde, s’immisce dans nos discussions de cour de récré, de machine à café. L’EI écoute en direct notre débat national, tel qu’il se déroule dans des forums comme les nôtres, par exemple. L’EI lira peut-être cette chronique, dès sa mise en ligne. Cette immixtion est évidemment d’une grande efficacité.

Si vous voulez regarder « Faites exploser la France », épisode 2, la vidéo est . Je vous donne le lien intentionnellement : je suis peut-être un koufar hypocrite, mais je me soigne. Regardez la. Commentez la. Regarder ailleurs n’est pas, n’est plus une solution. Que vous le vouliez ou non, ces vidéos seront vues par ceux qu’elles doivent atteindre. Supprimez-les, elles réapparaîtront aussitôt. Pas d’autre choix, donc, que de les regarder en face. Koufars ministres qui me lisez, regardez la vidéo. Koufars profs, regardez-la aussi, comme tous ces contenus complotistes que nous évoquions dans notre dernière émission, pour savoir répondre aux élèves qui les auront vues. Les journalistes doivent les regarder en face. Les détourneurs du Web, les Guignols, les gagmen de Canal+, doivent la regarder en face et s’en emparer. Il faut les critiquer, les démonter, les remonter, les détourner, les moquer, les incorporer à la production médiatique et intellectuelle nationale. Comme le gouvernement a commencé de le faire, dans sa fameuse vidéo Stop Djihad, et si possible plus adroitement que lui. Rien de tout cela ne sera évidemment suffisant, mais rien ne serait plus inefficace que de regarder ailleurs.

Voir également:

Attaque de Nice : le suspect connu depuis plus de dix ans par la police
Soren Seelow

Le Monde

04.02.2015
Le profil de l’agresseur de trois militaires en faction devant un centre communautaire juif de Nice, mardi 3 février, illustre la nouvelle menace à laquelle sont confrontés les services de renseignement. Un petit délinquant comme il y en a tant, au parcours erratique sans être inquiétant, sans connexion connue avec les cercles djihadistes, qui décide un jour de brandir un couteau de cuisine.

Peu après 14 heures, mardi, un jeune homme s’est approché d’un trio de soldats positionné place Massena dans le cadre du plan Vigipirate. Il a sorti une lame de son sac et a blessé légèrement deux militaires à la joue, à la main et au bras. Aussitôt interpellé, l’agresseur a été identifié par sa carte d’identité comme étant Moussa Coulibaly, 30 ans, originaire de Mantes-la-Jolie (Yvelines). La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête, confiée à la sous-direction antiterroriste et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Moussa Coulibaly est connu depuis plus de dix ans des services de police pour des faits de petite délinquance : vol, usage de stupéfiants, outrage à agents… Rien de bien méchant. Il a été condamné à six reprises entre 2003 et 2012 à des peines d’amende ou de prison avec sursis, la plupart du temps à Mulhouse, où il a vécu quelques années, selon une source judiciaire.

TENTATIVE DE VOYAGE VERS LA TURQUIE

Il y a peu, le jeune homme est apparu dans le viseur des services de renseignement pour des signes de radicalisation. Remarqué pour son « prosélytisme agressif » dans la salle de sport qu’il fréquente à Mantes-la-Jolie, il était devenu peu aimable avec les femmes, explique une source policière. Il aurait par ailleurs eu une altercation dans les douches avec un homme au motif que ce dernier se lavait nu. Le 18 décembre, le service du renseignement territorial (SDRT) le signale à la DGSI. Pas de quoi mettre le jeune homme sur écoutes, estime la sécurité intérieure, qui laisse tout de même le soin au SDRT de garder un œil sur lui.

Lire aussi : Quels sont les moyens de l’antiterrorisme en France ?

Au début de 2014, Moussa Coulibaly disparaît brièvement des radars. Il réapparaît le 27 janvier à Ajaccio, en Corse, dans une agence de voyages. Il demande un aller simple pour Ankara, en Turquie. L’employé lui explique qu’il serait plus économique de prendre un aller-retour pour Istanbul. Le jeune homme en convient. Il prend donc un billet pour cette destination, le lendemain à 13 h 40, et fixe sans grande conviction une date de retour au 21 février. Mais il insiste pour que son vol comprenne de brèves escales à Nice et Rome.

Intrigué par ses exigences, sa destination et quelques aspects douteux de son passeport, l’employé appelle Air France, qui prévient la police aux frontières, laquelle alerte la DGSI. Le renseignement intérieur ressort de ses dossiers le signalement de Mantes-la-Jolie et fait le lien avec l’épisode de la douche. Faute de pouvoir l’empêcher légalement de prendre son vol, la DGSI prévient les Turcs de le renvoyer en France dès réception. Une surveillance physique est mise en place pour sa seule nuit à Ajaccio avant l’embarquement : l’homme a pris une chambre avec vue sur le golfe à l’hôtel Dauphin, ne voit personne, lave son linge, fait sa prière, puis prend l’avion.

A peine arrivé à l’aéroport d’Istanbul le 29, il est réexpédié à Nice, où les enquêteurs de la direction régionale de la sécurité intérieure l’interrogent sur ses motivations. Le jeune homme assure qu’il entendait faire du tourisme en Turquie, et demande qu’on le laisse rentrer à Ajaccio pour y retrouver sa petite amie, dont il n’est pas capable de fournir le nom ni l’adresse. Faute d’éléments suffisants pour ouvrir une procédure judiciaire, les policiers le relâchent, et mettent en place une surveillance à Ajaccio.

Mais le jeune Mantais ne retourne pas en Corse. Il prend une chambre dans un hôtel niçois. Intrigués par son soudain intérêt pour la Côte d’Azur, les services de renseignement mettent en place un dispositif de « surveillance d’environnement », afin de déterminer s’il a des relations dans la région. Peine perdue : le jeune homme erre pendant quelques jours, « picole un peu, tape des clopes dans la rue, discute avec des SDF », explique une source proche du dossier. Intrigant, mais toujours rien d’alarmant.

UNE AGRESSION « RÉVÉLATRICE D’UN CLIMAT »

Mardi, place Massena, Moussa Coulibaly a fait tomber un sac devant un militaire, qui s’est empressé de le ramasser. Ce dernier a eu la joue transpercée. Le jeune homme n’a pas crié « Allah Akbar ». Il n’a rien dit. Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’enquête en raison de ses cibles et de sa volonté de rejoindre la Turquie. Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, s’est gardé d’évoquer une attaque « terroriste », préférant parler d’« acte criminel ».

« C’est une agression d’une gravité relative, mais elle est révélatrice d’un climat, explique une source proche des services de renseignement. Un type un peu paumé, difficile à détecter, qui passe subitement à l’acte. On s’attend à ce que ce phénomène se répète. » La question se posera peut-être du suivi de ces velléitaires du djihad qui, frustrés de n’avoir pu rejoindre la Syrie, se lancent dans des opérations désespérées sur le sol français.

L’agression de Moussa Coulibaly n’est pas sans rappeler celle commise le 20 décembre par Bertrand Nzohabonayo, qui avait attaqué trois policiers au couteau de cuisine au commissariat de Joué-lès-Tours. Il s’agissait déjà d’un profil « signalé » à la DGSI pour des signes de radicalisation religieuse, mais pas assez inquiétant pour justifier la mise en place d’une surveillance physique.

Le jour de l’attaque de Nice, l’Etat islamique a diffusé une vidéo intitulée « Faites exploser la France (2) ». Un homme masqué, armé d’une kalachnikov et entouré de ses « frères » d’armes, exhorte en français ceux qui sont « dans l’incapacité » de partir pour la Syrie à « passer à l’action ». « Tuez à l’aide d’un couteau un policier (…) ou un militaire », lance-t-il. Le premier épisode de ce film avait été mis en ligne la veille de l’attaque de Joué-lès-Tours.

Voir encore:

Nice : le profil de Moussa Coulibaly repose les questions des moyens de l’anti-terrorisme
Les Echos

04/02/ 15

L’agresseur des trois militaires en faction devant un centre juif à Nice était connu de la DGSI. La France est confrontée à un « terrorisme libre-accès », s’inquiète Bernard Cazeneuve.

Plutôt inquiétant, si l’on en croit les première déclarations de Bernard Cazeneuve. Le ministre de l’Intérieur a expliqué mardi que la France était confrontée « à un phénomène nouveau, le terrorisme libre-accès », impliquant des moyens exceptionnels.

Auditionné par la DGSi
«  Nous sommes face à un phénomène nouveau, le terrorisme en libre-accès. Cela implique la mobilisation de moyens exceptionnels », a-t-il commenté devant la presse. « 1.200 ressortissants Français sont allés en Irak et en Syrie, 580 y sont allés et en sont revenus, 200 veulent y aller. Et 185 sont quelque part en Europe sur le chemin pour y aller », a-t-il estimé.

« Ce personnage avait donné des signes de radicalisation, le renseignement territorial l’avait détecté, ses déplacements vers le Turquie avaient été suivis et nous avions demandé son retour en France. À son retour en France il a été auditionné par la DGSI mais il n’avait montré aucun signe de passage à l’acte. Cependant la surveillance de son environnement se poursuivait pour comprendre ce qu’il faisait à Nice, alors qu’il y était ici sans racines et sans contacts », a précisé le ministre de l’Intérieur.

La question des moyens est donc immédiatement posée, mais aussi de l’appréhension d’une forme nouvelle de terrorisme, qui laisse pour l’instant les services spécialisés relativement démunis : le passage inopiné de la délinquance, voire de la petite délinquance dans le cas de Moussa Couilibaly, à la radicalisation puis au passage à l’acte terroriste. Glissement progressif dans le cas d’ Amedy Coulibaly, le tueur de la porte de Vincennes et de Montrouge . Dérive peut-être plus brutale dans le cas de l’affaire de Moussa Coulibaly, à Nice ? L’enquête le dira.

Une cellule de contre-propagande sur le Net d’une cinquantaine de spécialistes militaires
Le gouvernement a réagi, depuis les attentats parisiens, en actionnant les leviers dont il dispose : augmenter d’un cran le plan Vigipirate. Mais aussi en tentant un travail en amont, avec la mise en place d’une contre-propagande anti-jihad . Le gouvernement a d’abord mis en ligne stop-djihadisme.gouv.fr, un site spécialisé destiné à lutter contre la propagande jihadiste sur Internet. C’est le Centre interarmées d’actions dans l’environnement (CIAE), créé en 2012 à Lyon, qui abriterait cette nouvelle arme.

La question des moyens globaux affectés à la lutte contre le terrorisme sur le territoire français reste néanmoins posée. On ne peut pas, avec les effectifs actuels, suivre 24H sur 24 les quelque 3.000 personnes soupçonnées de près ou de loin de présenter un danger, avait avoué Manuel Valls lors de son discours solennel après les attentats à Charlie Hebdo…

Voir enfin:

3 French Soldiers, 3 Sitting Ducks
Daniel Pipes
Israel Hayom
February 4, 2015

Comes the news that another Islamist immigrant from Mali named Coulibaly has attacked another Jewish institution in France. The first one, Amedy Coulibaly, murdered four Jews at a kosher store in Paris on Jan. 9; this second one injured three soldiers yesterday as they protected a Jewish community center in Nice.

Two soldiers on Jan. 20 stand outside the Jewish museum in Brussels where an Islamist killed four people in May 2014.

Police say Moussa Coulibaly, about 30 years old, with a record of theft and violence, and apparently not related to Amedy, pulled a knife about 8 inches long out of a bag, injuring one soldier in the chin, one in the cheek, and one in the forearm.

Coincidentally, I left Nice about four hours before this attack and had passed by that Jewish center a few days earlier, in the course of a tour of Muslim-majority areas in ten cities across France and Belgium. Those travels brought me repeatedly in proximity to the heavily armed soldiers who protect Jewish institutions and prompted several skeptical conclusions on my part about their presence:

They are soldiers, not police, and so not trained to be alert to street problems.
They tend to get distracted by their smartphones or pretty girls passing by.
They clutch their assault rifles across their bodies, which leaves them vulnerable to someone driving by and shooting at them.
As confirmed by today’s attack, the ostensible protection they offer actually provokes Islamists and other antisemites.
They are only posted temporarily to the Jewish institutions in the aftermath of the Hyper Cacher attack a month ago and before long will leave.
They protect only the institutions themselves, not the people who come and go to them, who remain as vulnerable as ever.

In short, the soldiers are sitting ducks whose deployment does little to protect the Jewish community or solve the larger problem of Islamist violence. But it does offer another instance of emotionally satisfying « security theater » which temporarily gives everyone a constructive sense of doing something.

In contrast, the Kabbalah Center in Montpellier, France, did not have visible protection on Feb. 1.

A real solution will require much deeper and longer-range steps that concern national identity, immigration policy, integration efforts, and effective policing.


Djihad sans frontières: Attention, une bible du djihad peut en cacher une autre (Who needs a terror magazine when you’ve got Al Jazeera ?)

21 janvier, 2015
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https://i2.wp.com/www.ffi.no/no/PublishingImages/osama2-680.jpgLes Arabes vivent chez nous, mais le soir ils rentrent chez eux. Les paraboles les relient à Dieu, les pays frères ou la voix de leurs maîtres. Plus la parabole absorbe de signaux lointains venus d’Orient, plus la France devient inutile. Jean de Boishue (ancien secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, 1995)
Il faut ajouter (…) un apartheid territorial, social, ethnique qui s’est imposé à notre pays (…) Auquel s’additionnent les discriminations quotidiennes parce qu’on n’a pas le bon nom de famille, la bonne couleur de peau, ou bien parce qu’on est une femme. Manuel Vals
Par deux fois, les projections de son film L’Apôtre, qui raconte la conversion d’un musulman au christianisme, ont été annulées. À Nantes donc, mais aussi à Neuilly (Hauts-de-Seine) (…) Des mesures de précaution compréhensibles dans le contexte qui est le nôtre, mais qui entrent en contradiction avec le discours sur la liberté d’expression entendu ces jours-ci. Pourquoi, en effet, interdire à une salle de cinéma ce qu’on autorise à un journal ? (…) Timbuktu, le film d’Abderrahmane Sissako, sélectionné au Festival de Cannes et en lice pour les Oscars, a vu ses projections suspendues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). (…) Timbuktu est pourtant justement un vibrant plaidoyer contre l’islamisme des djihadistes, dont il montre l’horreur. (…) Qu’Allah bénisse la France (également très bon), qui raconte la conversion d’un jeune de banlieue à l’islam (…) lui, n’a pas souffert d’annulation. Le Point
Les attentats de Paris ont eu des conséquences dans le monde de la musique et du cinéma mais également dans celui du théâtre. Suite aux attaques du début du mois de janvier, la pièce Lapidée ne sera finalement jouée que trois fois sur les trente séances prévues a révélé mercredi l’AFP. (…) « La préfecture de police, contactée par un membre de la production, nous a dit que dans les circonstances, l’affichage pourrait être considéré comme une provocation ». (…) Il n’était pas possible pour la troupe d’être protégée plus longtemps. «Comme il ne s’agit pas d’un lieu public, nous ne pouvions pas être protégés dans le cadre de vigipirate, et nous devions recourir à une société de sécurité privée: c’est possible pour trois représentations mais pas pour trente» explique Claude Telliez. Le prix de chaque soirée surveillée est estimé à 360 euros par soir. La pièce sera tout de même rejouée en 2016 à Paris selon la presse suisse. «Il ne s’agit pas d’autocensure, il s’agit de responsabilité», affirme Claude Telliez. La pièce raconte l’histoire d’une jeune femme hollandaise, accusée d’adultère par son époux yéménite qui finit par être lapidée au Yémen. Elle a été écrite par le pasteur suisse Jean Chollet-Naguel et crée en 2013 lors du festival d’Avignon. A sa création, elle avait déjà sucité des réactions virulentes de groupes islamistes. Le Figaro
Le Coran, qui est véritablement «la parole de Dieu» pour les musulmans, délivre aux croyants de cette religion des messages que, nous, citoyens de pays démocratiques, considérons être indubitablement des incitations à la haine. En sorte que normalement la diffusion de ces messages devrait tomber sous le coup de la loi. Citons quelques sourates pour illustrer notre propos: L’attitude vis-à-vis des incroyants: «Ô vous qui croyez, combattez ceux de vos voisins qui sont infidèles» (9,123) ; ou encore: «Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez» (9,25) ; et aussi: «Ô Prophète, incite les croyants à combattre: vingt braves d’entre eux terrasseront 200 infidèles» (8,65), etc. Avec, pour déculpabiliser les croyants qui en viendraient à tuer des infidèles et qui s’en émouvraient, cette sourate qui leur dit: «Ce n’est pas vous qui les avez tués, c’est Dieu» (8,17). L’attitude vis-à-vis des juifs: «Ô croyants, ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens» (5,51). D’une façon générale, il faut avoir en mémoire cette sourate où il est dit: «Mahomet est l’envoyé de Dieu. Ses compagnons sont durs envers les infidèles, et miséricordieux entre eux». Dans une société telle que la conçoit l’islam, il faut savoir qu’il n’y a de place que pour des croyants. Les uns sont dans la bonne voie (les musulmans), les autres, «les gens du Livre» qui tiennent à rester dans l’erreur, sont admis: ils ont le mérite de croire en Dieu, et on les tolérera donc, mais en en faisant des citoyens de second rang, dits des «dhimmis». Ces citoyens de second rang se trouveront en permanence brimés dans leur vie de tous les jours, et la situation leur deviendra finalement insupportable. Les incroyants, quant à eux, seront persécutés: ils devront soit se convertir à l’islam soit être éliminés. (…) Certes, on trouve dans la Bible des passages violents. Mais la distinction fondamentale qui est à faire entre la Bible et le Coran se trouve dans le fait que la Bible a été rédigée par des hommes, alors que le Coran est par nature la parole de Dieu. Il faut rappeler que les musulmans nous disent que le message de Dieu délivré aux hommes a depuis la nuit des temps toujours été le même: les prophètes qui ont précédé Mahomet ont été des hommes «inspirés par Dieu» (Moise et Jésus étant les deux principaux d’entre eux). Du fait qu’ils étaient des hommes, le message qu’ils ont délivré était imparfait, mal compris, tronqué… Le message de Dieu a finalement été recueilli dans son intégralité par Mahomet a qui Dieu a dicté son message: c’est donc le message auquel on doit se conformer, car c’est le message parfait, et il n’y en aura plus d’autre. Quand on lit dans le Coran des passages qui prônent la violence, il s’agit donc bien d’injonctions délivrées par le Tout-Puissant, des messages que l’on ne peut donc qu’exécuter si l’on est un croyant sincère et soucieux de son devenir après la mort. (…) la distinction entre «islam radical» et «islam soft» est sans fondement. Elle est l’effet des arrangements que nos sociétés occidentales tentent de trouver pour ne pas condamner les musulmans dans leur refus d’adopter nos valeurs et de se conformer à la manière que nous avons, nous Occidentaux, de concevoir l’organisation de nos sociétés. La démocratie, et les valeurs sur lesquelles elle est fondée, est le système politique inventé par les «chrétiens», un système que les Occidentaux se croient fondés à imposer aujourd’hui aux autres civilisations. (…) Avec la diffusion d’ouvrages qui prônent le djihad et la mort des hérétiques on banalise donc l’islam radical et on barre la voie aux musulmans réformateurs que l’Occident aurait le plus grand intérêt à soutenir dans leur combat. (…) Les musulmans appartiennent à une autre civilisation que la civilisation occidentale. Ils savent que leur civilisation a été plus forte que la nôtre dans le passé, au Moyen Âge, et on ne manque pas de le leur rappeler d’ailleurs. Par la suite, c’est notre civilisation, avec ses avancées extraordinaires aux plans scientifique et technique qui a pris le dessus. Ils nous rappellent que nous sommes allés les dominer pendant plusieurs siècles avec nos techniques et nos armes. Mais tout récemment ils sont parvenus à nous chasser des territoires que nous leur avions pris, et avec le pétrole ils disposent à présent d’une arme redoutable contre nous. Ces peuples qui considèrent que nous les avons soumis, humiliés, pillés en exploitant à notre compte leurs richesses, ont le sentiment que nous les méprisons: ils ont commencé dans la seconde moitié du XXe siècle à prendre leur revanche, et leur ressentiment à l’égard de l’Occident est très fort. Comment veut-on donc que ces musulmans qui viennent s’installer en Europe pour des raisons de commodité et de confort aient envie de quitter sentimentalement leur monde, c’est-à-dire leur civilisation, à un moment où celle-ci prend précisément sa revanche sur la civilisation occidentale, pour devenir «traîtreusement» des «Occidentaux»? (…) On pourrait dire de façon provocatrice que pour qu’un musulman devienne un vrai Occidental, il faut en fait qu’il se convertisse au christianisme. Certes, les Européens sont en majorité agnostiques, mais même cet agnosticisme s’est construit avec une culture et une tradition judéo-chrétienne. Il faut appréhender les problèmes d’intégration avec les approches des anthropologues, et ne pas rester sur des idées simplistes. Le Coran dit aux chrétiens qu’ils sont dans l’erreur: comment donc des musulmans adopteraient-ils les thèses de ces gens que le Prophète a ordonné de combattre? Le message antichrétien est dans le livre saint de l’islam: il ne facilite pas l’intégration des musulmans dans nos sociétés occidentales, des sociétés fondées, il ne faut pas le négliger, sur les valeurs et les traditions chrétiennes. Claude Sicard
La meilleure chose que vous puissiez faire est de vous efforcer de tuer tout infidèle, qu’il soit Français, Américain ou d’un de leurs pays alliés. Si vous ne pouvez pas trouver d’engin explosif ou de munition, alors isolez l’Américain infidèle, le Français infidèle, ou n’importe lequel de ses alliés. Ecrasez-lui la tête à coup de pierre, tuez-le avec un couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le vide, étouffez-le ou empoisonnez-le.  Abou Mohamed al Adnani (porte-parole du groupe de l’Etat islamique)
It appears that all the labors that had been made by the Taliban government prior to the outbreak of the war to repair the roads have scattered to the wind. Tayseer Allouni (Al-Jazeera)
C’est donc de cette boîte d’allumettes que vient tout ce vacarme. Hosni Moubarak (Octobre 2001)
Al-Jazira a mis le feu en Tunisie, au Liban et dans divers pays arabes. Saëb Erakat (principal négociateur palestinien, 2011)
Without TV coverage, the revolutions would never have assumed such proportions. When people followed the revolutions, to what extent did they use the Internet, versus the extent to which they watched them on the TV channels, which gave them continuous coverage? Clearly, there is no comparison…The best proof [of the impact of] the TV channels is that any popular activity that they do not cover, in any country, will die before it can get off the ground. Some Arab countries are currently seeing… protests and the beginnings of a revolution, but these [events] are not getting the necessary TV coverage, because of the focus on the escalating revolution in Libya. As a result, [these protests] will not gain much momentum… but will fade away and be forgotten. Some might argue that the images broadcast on the satellite channels were often taken from the Internet. That is true, but had the [channels] not repeatedly aired these images, their impact would have remained limited. I have yet to hear any [protesters]… complain of insufficient coverage of their activity on the Internet or on Facebook. But [some protesters are] very angry at the satellite channels, which, they claim, are not giving their activity the necessary media coverage… It is [the satellite channels] that truly fuel the revolutions – with image and sound, which remain more powerful than any other weapon… It is no exaggeration to say that one TV report on a certain country has an impact equal to that of all the websites visited by all the Arabs put together – so much so that [activists] have sometimes said, ‘Let’s postpone our protest, because some satellite channel is busy covering another revolution’… Al-Sharq (Qatar,  March 13, 2011)
J’ai été très impressionnée par l’ouverture de ce pays. Par l’accueil, aussi, sans a priori. J’ai été frappée par l’ouverture, encore une fois, j’insiste, du Qatar. Ségolène Royal
Al Jazeera fait kiffer les cités populaires de la région. Et les cités le lui rendent bien : son audience ne cesse de croître alors même que la version francophone de la chaîne du Qatar reste encore un projet. Elle catalyse les émotions et les frustrations. Est-elle un danger ? Quel point commun entre ces jeunes d’un quartier populaire d’Avignon, les chibanis d’une résidence sociale de Toulon ou les militantes d’une association de femmes de Marseille ? Ils sont férus d’Al Jazeera. Quatorze ans après son lancement, la chaîne arabe a réussi à se faire un nom. Créée au Qatar, elle est née aux yeux du monde avec un scoop : la première vidéo de Ben Laden. Fondée en 1996, elle a, depuis 2006, une petite sœur en langue anglaise. Pour l’heure, en France, la chaîne se regarde un peu du coin de l’œil. Et pour cause ! Très peu de gens la comprennent. Les programmes sur Al Jazeera, sont diffusés en arabe littéraire. Les populations issues de l’immigration maghrébine parlent l’arabe dialectal. Mais son audience, déjà significative, devrait augmenter. Les autorités du Qatar ont l’ambition de lancer, à l’horizon 2011, Al Jazeera en français. Même si rien n’est encore acté, Doha veut récupérer ainsi le marché de la population française d’origine maghrébine et, en Afrique, pénétrer les pays francophones. Sans attendre, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les toits et les balcons des banlieues fleurissent de paraboles. Al Jazeera, après avoir été la chaîne des parents, est-elle en voie de devenir la chaîne des enfants du bitume, ceux des grandes barres de Marseille, Nice, Avignon et Toulon ? Le sociologue Saïd Bouamama, spécialiste de l’immigration, initiateur de l’appel des Indigènes de la République, a son idée sur la question. « Il y a un réel divorce avec les chaînes nationales qui passent les mêmes images stigmatisantes et dégradantes des banlieues, souligne-t-il. En 2005 lors des émeutes, elles n’ont quasiment pas donné la parole aux jeunes. Les gens de ces quartiers ont soif d’une autre information, plus objective moins réductrice. » (…)  « Pour des gens qui ont le sentiment de vivre dans une société où ils ne sont ni valorisés ni reconnus, Al Jazeera est en quelque sorte un catalyseur, précise Mohamed Adraoui, enseignant à Sciences-Po Paris. Les quartiers ont le sentiment de ne pas être acteurs de leur propre discours, mais d’être des éternels sujets. Le fait que la chaîne existe est important, en terme de symbole et de fierté. » Une sorte de « Renaissance mémorielle » selon la formule de l’intellectuel suisse Jean Ziegler… Ne court-on pas, à terme, le risque de voir une partie de la communauté nationale s’enfermer dans un ghetto cathodique ? C’est la question que s’est posé, à sa manière, Jean de Boishue, conseiller de François Fillon, ancien secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, qui, dans un livre brûlot intitulé « Banlieue, mon amour » (1) paru en 1995, s’interroge ouvertement : « Les Arabes vivent chez nous, mais le soir ils rentrent chez eux. Les paraboles les relient à Dieu, les pays frères ou la voix de leurs maîtres. Plus la parabole absorbe de signaux lointains venus d’Orient, plus la France devient inutile. » Faut-il sonner le tocsin ? « Pas du tout ! », rassure Claire Talon, doctorante à Sciences-Po Paris, auteure de nombreux travaux sur les médias arabes. Elle publiera en mars un livre sur la chaîne du Qatar. « Al-Jazeera n’a, pour l’heure, pas de programme adapté, pas de discours spécifique à l’attention des Français issus de l’immigration, explique-t-elle. L’impact immédiat est très limité, à cause de la barrière de la langue. Les gens sont comblés, pas forcément par l’offre informative, mais de manière symbolique par les images. » Sauf que les écrans de la chaîne, sont justement ripolinés à coup d’images chocs qui impriment la rétine. En janvier 2009, l’armée israélienne refait la géographie de Gaza à coup de bombes et de missiles. Les reportages sur les réfugiés palestiniens, hagards dans une ville muée en décor sépulcral ont déclenché un immense choc émotionnel dans l’opinion et, accessoirement, converti de nouveaux téléspectateurs. « Avant 2009, les seuls qui choisissaient de regarder les chaînes arabes, c’étaient les parents, constate Fouzia professeur à Toulon. Aujourd’hui, même les « beurs » de la deuxième ou troisième génération regardent Al Jazeera. A la longue, cette chaîne vous fout des cailloux dans la tête. Il n’y a que stigmatisation et violence. Après une journée de problème, si vous regardez ça, ça vous bouffe littéralement. » Elle, résiste encore. Pas Farid, qui vient de fêter ses 30 printemps : « La journée, la société me fait comprendre que je suis différent, pourquoi voulez-vous que le soir je me reconnaisse dans ces chaînes de télé trop blanches où des politiques blancs s’adressent à des blancs ? Et puis faut se rendre compte du traitement de l‘actualité. Quand je voyais, pendant la guerre de Gaza, ce que montrait TF1 ou France 2 et ce que montrait Al Jazeera ! Les chaînes nationales ont présenté une guerre sans victime, avec Al Jazeera, on a vu ce que faisait réellement l’armée israélienne. » ‘Al Jazeera a indiscutablement gagné en notoriété après le conflit de Gaza en 2009, confirme Alain Gresh, directeur adjoint du Monde Diplomatique. La question palestinienne mobilise énormément dans les quartiers. Et la chaîne a su donner un autre récit, en se montrant sur le terrain et en accordant une place centrale aux victimes. L’histoire du monde, depuis des siècles est montrée par des occidentaux, là ce n’est plus le cas. » Tout oppose partisans et détracteurs d’Al Jazeera. Tout, sauf un point essentiel, sur lequel ils s’accordent : l’importance de son auditoire futur si elle devient francophone. Pour la sénatrice, d’Europe-Ecologie, Alima Boumediene-Thiery, cela ne fait aucun doute : « ce sera assurément la chaîne des banlieues ! » Pour d’autres, sans aller jusqu’à « l’odieux visuel » on en est pas loin. « J’ai une certaine inquiétude de voir le conflit israélo-palestinien importé ici, même si Al Jazeera n‘est pas Al Manar je reste vigilant », avoue Clément Yana, ancien président du CRIF Paca, le Conseil représentatif des institutions juives de France. « Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, tranche Alain Gresh. Les pressions du gouvernement sont très fortes pour que cette chaîne francophone ne voit jamais le jour. Le gouvernement français a une vision sécuritaire de l’offre télévisuelle arabe, et il et il a peur qu’en cas de nouvelle Intifada, le conflit soit amplifié et importé. » Rafi Hamal
Après l’arabe et l’anglais, les autorités du Qatar ont l’ambition de lancer Al Jazeera en français. Grâce à cette chaîne d’informations en continu, Doha veut récupérer le marché de la francophonie en Afrique, où le minuscule, mais richissime émirat gazier, investit déjà massivement. Le Qatar, et son dynamique ambassadeur en France, Mohammed al-Qouwari, s’intéresse également de près à la population française d’origine maghrébine. Al Jazeera est l’outil de la très active diplomatie du Qatar, qui se veut « ami avec tout le monde », c’est-à-dire des Américains et des Iraniens, des Israéliens et du Hamas, de l’Occident et des islamistes. Une politique qui confine cependant parfois au grand écart. Par ailleurs, selon nos informations, une radio émettant en langue française devrait également voir le jour bientôt à Doha. Partenaire privilégié de la France, le Qatar entretient de bonnes relations avec la Paris. Nicolas Sarkozy y a fait un saut de puce en novembre à son retour d’Arabie, afin d’y récupérer Carla, qui était allée s’entretenir avec la cheikha Moza, la très dynamique deuxième épouse de l’émir. Une visite éclair qui n’a pas fait que des heureux ! Georges Malbrunot (Bientôt Al Jazeera en français, 24 mars 2010)
The remarkable truth is that few in the Middle East would be shocked. From Hamas in the Gaza Strip to radical armed movements in Syria, Qatar’s status as a prime sponsor of violent Islamists, including groups linked to al-Qaeda, is clear to diplomats and experts. Qatar’s promotion of extremism has so infuriated its neighbours that Saudi Arabia, Bahrain and the United Arab Emirates all chose to withdraw their ambassadors from the country in March. Take Syria, where Qatar has been sponsoring the rebellion against Bashar al-Assad’s regime. In itself, that policy places Qatar alongside the leading Western powers and much of the Arab world. But Qatar has deliberately channelled guns and cash towards Islamist rebels, notably a group styling itself Ahrar al-Sham, or « Free Men of Syria ». Only last week, Khalid al-Attiyah, the Qatari foreign minister, praised this movement as « purely » Syrian. He added that its fighters had suffered heavy losses while combating the Islamic State of Iraq and the Levant (Isil), the group behind the murder of David Haines, the British aid worker, and which is holding John Cantlie and Alan Henning hostage. Far from being a force for moderation, Ahrar al-Sham played a key role in transforming the anti-Assad revolt into an Islamist uprising. Its men fought alongside Jabhat al-Nusra, an al-Qaeda affiliate, during the battle for Aleppo and they were accused of at least one sectarian massacre. Instead of fighting Isil, Ahrar al-Sham helped the jihadists to run Raqqa, the town in eastern Syria that is now the capital of the self-proclaimed « Caliphate ». This cooperation with Isil happened for some months until the two groups fell out last year. Last December, the US Treasury designated a Qatari academic and businessman, Abdul Rahman al-Nuaimi, as a « global terrorist ». The US accused him of sending nearly £366,000 to « al-Qaeda’s representative in Syria », named as Abu Khalid al-Suri. Suri has also been a senior commander of Ahrar al-Sham. If America was right to describe him as « al-Qaeda’s representative », then there was an overlap between the leadership of the two groups. Mr Nuaimi is also accused by the US treasury of transferring as much as $2 million per month to « al-Qaeda in Iraq » and $250,000 to al-Shabaab, the movement’s affiliate in Somalia. Mr Nuaimi denies the allegations, saying they are motivated by his own criticism of US policy. But critics question why Qatar has failed to act against him. « It’s deeply concerning that these individuals, where sufficient evidence is in place to justify their inclusion on the US sanctions list, continue to be free to undertake their business dealings, » said Stephen Barclay, the Conservative MP for North East Cambridgeshire. Qatar’s investment in Britain is so extensive, and the Foreign Office is so anxious to win its favour, that some question whether UK diplomats will have the resolve to ask robust questions. « If diplomats are focused on winning commercial contracts, there is a danger they will be reluctant to ask tough questions on the funding of unsavoury groups, » said Mr Barclay.(…) Four branches of the Qatari government handle relations with armed groups in Syria and Libya: the foreign ministry, the defence ministry, the country’s intelligence agency, and the personal office of the ruler, Emir Tamim bin Hamad al-Thani. In the case of Syria, Qatar’s chosen method for supporting its favoured insurgents is to pass large sums to middlemen in Turkey. These figures then use the money to buy weapons from third countries, notably Croatia, and arrange for their onward transfer to rebels in Syria. (…) Last month, Gerd Müller, the German international development minister, implicated Qatar in the rise of Isil. « You have to ask who is arming, who is financing Isil troops. The keyword there is Qatar, » he said. Yet a state endowed with large reserves of gas and oil and one of the world’s biggest sovereign wealth funds can wield immense influence, even over Berlin. Qatar was duly able to secure a formal withdrawal of this charge from the German government. On Wednesday, the 34-year-old Emir of Qatar, who was educated at Harrow and Sandhurst, took pains to deny the accusation while standing alongside Angela Merkel, the German Chancellor. « What is happening in Iraq and Syria is extremism and such organisations are partly financed from abroad, but Qatar has never supported and will never support terrorist organisations, » he said. The credibility of that denial depends partly on how you define a « terrorist organisation ». Qatar has let Hamas, the armed Palestinian movement, base its political leadership in Doha since 2012. Qatar’s government has funded Hamas and the previous Emir paid an official visit to the Hamas-ruled Gaza Strip in 2012. As a small country with relatively weak armed forces and 250,000 citizens, Qatar is trying to guarantee its security by reaching in every direction. As well as providing an office for Hamas, Qatar also hosts the forward headquarters of US Central Command and the al-Udeid military airbase, serving as the hub for all American air operations in the region. Qatar has not completely ignored the concerns of its Western allies. When it transferred surplus arms from Libya to rebels in Syria, Qatari officials weeded out any surface-to-air missiles, in obedience to America’s demand to prevent the supply of this particular category of weapon. But Qatar’s willingness to support extremists has caused private dismay. « It’s a puzzle and, to be honest, it’s a distasteful one, » said a former Western official who has dealt with Qatar.  The Telegraph
Le Qatar constitue un environnement permissif pour le financement du terrorisme  [et refuse d’agir contre] plus de vingt individus sanctionnés par Washington pour financement du terrorisme. Rapport de la Fondation pour la Défense de la Démocratie (Washington)
It was a scoop of truly global proportions. Just a few weeks after al-Qaida redefined the world news agenda for a generation of journalists by attacking New York and Washington on September 11 2001, television reporter Taysir Alouni interviewed the planet’s most wanted man, Osama bin Laden. (…) Alouni’s relationship with al-Qaida, however, started well before he began working with al-Jazeera, according to the judgment. A trained economist, he moved to Spain in the 80s, teaching Arabic and doing various other jobs before ending up as a translator for Spain’s EFE news agency. While there he met some of the people who, many years later in Madrid, would be his co-defendants in Europe’s biggest-ever al-Qaida trial. He also met the senior al-Qaida figures who would not just influence his future career as a journalist, but also be his eventual nemesis. In 2000 his career leapt forward when he was appointed to open and then run a Kabul bureau for al-Jazeera, while Afghanistan was governed by the Taliban regime.(…) In Kabul, apart from interviewing Bin Laden, he was the first to show damage caused to civilian targets by American bombs. « He was able to capture images of civilian victims in the destitute villages of Afghanistan and the miserable streets of Kabul, » the al-Jazeera website that campaigns for his release says. « His coverage triggered international outrage over the US action in Afghanistan. » Shortly after he fled the city, as the Northern Alliance entered Kabul, a US bomb destroyed his bureau. He himself was set upon by unknown attackers as he witnessed things he refuses to talk about. « Scenes that, I’m sorry, I could not describe to anybody, » he once said. Al-Jazeera was impressed. When war broke out in Iraq, he was sent to cover it. Authorities on both sides disliked him.(…) A vast network of al-Jazeera helpers around the country allowed him to stay ahead of others in reporting the war. (…) Crucial to Alouni’s early successes, however, were the names he already had in his contact book when he arrived in Kabul. While living in Spain, he had befriended fellow Syrian Imad Eddin Barakat Yarkas. Barakat was last week sentenced to 27 years after being found guilty of holding a command role in al-Qaida and collaborating with the September 11 plotters. Alouni claimed he had cultivated Barakat for professional reasons. (…) In Spain he had also got to know Mustapha Setmarian and Mohammed Bahaiah, two al-Qaida leaders who would be his key Kabul contacts. Alouni helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey. When he went to Kabul, Alouni also took $4,000 to Bahaiah. This, he told the court, was done as a favour to a friend who owed Bahaiah money. Alouni said his regular Kabul encounters with Bahaiah and Setmarian had a single aim – to gain intimate knowledge of one of the most secretive and unstructured organisations in the world, al-Qaida, and to make contacts within the Taliban regime. Guardian
The head of the Al Nusrah Front, Abu Muhammad al Julani, finally granted a television interview earlier this month. (…) Al Jazeera’s Tayseer Allouni conducted the interview from inside Syria with the reclusive Julani. It was the latest exclusive for Allouni, who has garnered high-profile interviews with senior al Qaeda leaders before. Allouni was the first to air an interview with Osama bin Laden after the Sept. 11, 2001 terrorist attacks. In the years that followed his interview with bin Laden, Allouni was at the center of a high-profile trial. Spanish authorities accused Allouni of being more than just an enterprising journalist. In 2005, a Spanish court convicted Allouni of supporting al Qaeda and sentenced him to seven years in prison. Allouni spent time in prison and then house arrest. Allouni was released in 2012 and resumed his work for Al Jazeera. After his return to Doha, Allouni denounced his conviction as « political. (…) Among Allouni’s contacts was Imad Yarkas, the accused head of al Qaeda’s network in Spain. (…) The Spanish court focused, in particular, on Allouni’s relationship with two of Yarkas’ associates: Mohammed Bahaiah (a.k.a. Abu Khalid al Suri) and Mustafa Setmariam Nasar (a.k.a. Abu Musab al Suri). (…) Today, Bahaiah is Ayman al Zawahiri’s representative in Syria and throughout the Levant. He is also a founding leader of Ahrar al Sham, a Syrian extremist group that fights alongside al Qaeda’s branches in Syria. (…) Years ago, Allouni « helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey, » the Guardian reported. And when Allouni traveled to Kabul in March 2000, Allouni « took $4,000 to Bahaiah, » which Allouni claimed he did as a favor « to a friend who owed Bahaiah money. » (…) The Spanish government also claimed that Allouni received assistance from Nasar in setting up Al Jazeera’s presence in Kabul. (…) Allouni « admitted meeting » both Bahaiah and Nasar in Kabul, describing the pair as a « source of information about al Qaeda’s activities, its followers, and the world of radical Islam. » (…) Spanish court records indicate that while Nasar was living in London prior to 2001, Allouni made « frequent phone contacts » with Nasar. And when the media reported in 2000 that Nasar was part of a schism within al Qaeda, Nasar turned to Allouni to publicly deny the charge, via Al Jazeera. After the 9/11 attacks, according to the US government, Nasar swore bayat (an oath of allegiance) to bin Laden. (…) Allouni’s interview with Julani is just the latest example of his work reporting from the post-9/11 battlefields. Allouni has previously reported from both Afghanistan and Iraq. On Oct. 10, 2001, The Washington Post described some of Al Jazeera’s reporters as having « links with the Muslim Brotherhood, a radical Islamic organization with ties to a member of the al-Jazeera board. » Allouni, according to the Post, was the « most prominent such reporter » and « was known in the past for his pro-Taliban views. » In the weeks following the Sept. 11, 2001 terrorist attacks, Allouni became « one of the primary outlets for Taliban statements and denunciations of the United States. » The following day, on Oct. 11, 2001, The New York Times noted that Allouni was « the only reporter » in Taliban-controlled Kandahar. Allouni, the Times reported, had provided a « major exclusive » for Al Jazeera’s coverage – a video of American warplanes bombing Taliban positions that was also aired on CNN. Thomas Joscelyn
Théoricien du jihadisme global, il s’est distingué par sa critique argumentée de la stratégie de l’ex-chef d’Al-Qaïda. Et il passe même, aux yeux des Américains, pour être son possible successeur. (…) Né en 1958 dans une famille de la petite bourgeoisie alépine, Souri, de son vrai nom Mustafa Setmariam Nasar, est un routard du jihadisme global. Étudiant ingénieur en mécanique de l’université d’Alep, il rejoint en 1980 un groupe militant émanant des Frères musulmans. Avec ses camarades, il assiste, impuissant, à la répression féroce du soulèvement armé de Hama, en 1982. Souri rumine depuis les leçons de cette défaite infligée par les troupes de Rifaat al-Assad, le frère du président syrien de l’époque. Dans ses écrits, le militant sans frontières naît à ce moment-là. Il part s’entraîner dans des camps secrets en Jordanie puis en Égypte. Ceinture noire de judo, cet homme charpenté détonne avec sa barbe et ses cheveux roux, ses yeux verts. Pratique pour se fondre dans la foule à Londres, où il a vécu au mitan des années 1990. Auparavant, Souri était en Andalousie, terre mythique des conquérants musulmans, où il est arrivé en 1985. Il épouse Elena Moreno, une ancienne gauchiste qui se convertit à l’islam et avec qui il a quatre enfants. Dans un milieu plutôt macho, Souri cultive les attentions galantes. Un ami barbu s’en étonne. Il répond : « Nous, les Syriens, savons y faire. » Sur place, il entre en contact avec d’autres jeunes islamistes. Il rencontre le « chef d’Al-Qaïda en Espagne », Abou Dahdah, et un certain Tayssir Allouni, futur journaliste à Al-Jazira. Naturalisé espagnol, Souri est désormais libre de ses mouvements. En 1994, il s’installe à Londres, s’impose comme l’un des leaders de la diaspora islamiste et devient l’un des responsables de la revue Al-Ansar, dirigée par le Jordanien Abou Qatada. Mais déjà, Souri lorgne l’Asie centrale. Il a déjà voyagé au Pakistan et en Afghanistan dès 1987. Il aide à organiser des camps d’entraînement pour les moudjahidine lancés contre l’occupation soviétique, notamment ceux du Palestinien Abdallah Azzam, l’un des idéologues qui influencèrent Ben Laden. Véritable « architecte du jihad global », selon l’ouvrage de référence que lui a consacré le chercheur norvégien Brynjar Lia, il est un « dissident, un esprit critique, un intellectuel au sein d’un courant idéologique où l’on s’attendrait à trouver plutôt de l’obéissance ». Le livre où il expose sa doctrine, Appel à la résistance islamique mondiale, publié sur internet en décembre 2004, peut être lu comme une critique argumentée de la stratégie de Ben Laden. Cette bible du jihadiste (1 600 pages) peut sembler répétitive. C’est en réalité un redoutable manuel d’endoctrinement dont se seraient inspirés des personnages aussi divers que le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, le Français Mohamed Merah ou les frères Tsarnaev, Américains d’origine tchétchène auteurs présumés de l’attentat de Boston en avril 2013, et même le Norvégien Anders Behring Breivik. Souri expose une théorie à rebours de celle d’Al-Qaïda, dont il prédisait la logique suicidaire. Dès son retour en Afghanistan en 1998, il s’était opposé à la stratégie du terrorisme spectaculaire. Dans un courriel au chef d’Al-Qaïda en 1999, retrouvé à Kaboul fin 2001 par des journalistes américains, il moque le goût affiché par Ben Laden pour les médias : « Notre frère a été contaminé par la maladie des écrans, des flashs, des fans et des applaudissements. » Piquant, quand on sait que Souri a monté plusieurs interviews du Saoudien, dont celle avec Peter Bergen, de CNN, en 1997. Instruite par la débâcle en Afghanistan, la stratégie de Souri s’appuie, elle, sur des individus ou de petites cellules qui pourraient se former et s’armer tout en restant indépendants. Seul moyen d’échapper à la surveillance et à la lutte antiterroriste. Pas d’organisation, pas de filière, pas de capture. Jeune Afrique
Fin 2004, à partir d’une critique de l’hypercentralisme d’Al-Qaeda et surtout de la stratégie du 11 Septembre, qu’il estime politiquement néfaste car elle a permis aux Etats-Unis de détruire en réaction l’infrastructure afghane de Ben Laden, Al-Souri a construit les bases de ce qui deviendra ultérieurement le soi-disant Etat islamique, la dawla [«Etat» en arabe], comme on dit dans la jihadosphère. Il prônait la multiplication d’actes terroristes de vie quotidienne à des fins de provocations récurrentes dans les sociétés européennes, perpétrés par des musulmans européens visant juifs, intellectuels «impies», musulmans «apostats» et manifestations sportives pour affoler les sociétés occidentales et les faire surréagir – c’est la vieille rengaine gauchiste «provocation-répression-solidarité». A quoi s’ajoute l’idée que les Etats ne seront pas capables d’y faire face, que ça fera monter l’extrême droite qui va brûler les mosquées… et que l’Europe s’effondrera, avant de passer sous domination islamiste. C’est le primat du «rhizome» de Deleuze sur le centralisme léniniste – Al-Souri a vécu et étudié en France dans les années 80 -, projeté à l’ère de YouTube et décliné dans la grammaire du jihad. Il n’y a plus de «donneur d’ordre» et «d’exécutants», comme à l’époque de Ben Laden. Tout est endoctrinement, entraînement militaire et mise en œuvre, avec une assez large marge d’initiative pour de petites cellules fortement idéologisées par «l’inspiration» – d’où le titre du magazine en ligne anglophone d’Al-Qaeda dans la péninsule arabique, Inspire. Quand l’Américano-Yéménite Aulaqi l’a créé, Al-Qaeda était encore le brand le plus célèbre du monde avec Coca. Aujourd’hui, c’est – plus ou moins – Daech. Mais ils ont un problème de label, entre Daech, Isis, Isil et Dawla, qui finira par nuire à leur recherche de notoriété. (…) L’Etat islamique a un territoire, à la différence d’Al-Qaeda. En Irak, il s’est greffé sur la revendication arabo-sunnite de créer un «Sunnistan», à cheval aussi sur la Syrie, et, en ce sens, il aspire des sunnites du monde entier qui viennent l’aider dans sa guerre tribale contre les chiites, les Kurdes, les alaouites, les chrétiens – avant d’être réinjectés, une fois aguerris, pour mener le jihad dans leur pays de départ. Il y a articulation entre les divers territoires du jihad, unifiés par le miroir du monde virtuel : le dialogue ahurissant des frères Kouachi, traqués dans l’imprimerie de Dammartin-en-Goële [Seine-et-Marne], en direct avec BFM TV est en ligne et sous-titré en arabe, à des fins d’édification et de prosélytisme, sur de nombreux sites islamistes du Moyen-Orient. (…) C’est un bricolage sophistiqué qui s’attaque à un symbole très fort : aux valeurs et à la culture de l’adversaire, avec pour message basique : «On a su vous détruire là où vous nous aviez offensés.» Dans la jihadosphère, de même que Merah a eu des milliers de «likes», il y a un certain nombre de gens qui rendent gloire aux trois «héros». Du reste, à la fin de sa vidéo, Coulibaly raconte qu’il est allé faire la tournée des mosquées pleines d’Ile-de-France, qu’il y a vu des milliers de jeunes gens en bonne santé et qu’ils doivent suivre son exemple. L’objectif est l’émulation. Mais est-ce que les terroristes potentiels vont bénéficier d’un effet «poisson dans l’eau» ou, au contraire, seront-ils identifiés, marginalisés et dénoncés comme ce fut le cas dans l’Hexagone lorsque la guerre civile algérienne y a débordé ? La réponse politique doit certainement recréer ces conditions. Dans la communication des autorités, il est fondamental de rappeler à l’ensemble de notre société que, parmi les victimes de prédilection des jihadistes, il y a aussi les musulmans désignés par eux comme «apostats», comme c’est le cas du brigadier Ahmed Merabet qui a été délibérément abattu à terre boulevard Richard-Lenoir. Et que la plupart des victimes de Daech sont des musulmans…(…) Comment retisser un lien social plus prégnant aujourd’hui, c’est toute la question. A la guerre que Daech tente de mener en Europe, il ne faut pas répondre par la guerre mais par des opérations de police efficientes et par l’éducation. Les retours mitigés sur la réaction de certains élèves à la minute de silence en mémoire des victimes en rappellent la nécessité. Se pose aussi en urgence absolue la question du monde carcéral, qui est aujourd’hui l’école supérieure du jihadisme en France, comme l’ont démontré les itinéraires de Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly, devenus ce que nous avons vu à cause de leur fréquentation de l’idéologue jihadiste Djamel Beghal en prison, puis lorsqu’il était assigné à résidence au cœur de notre France rurale. Gilles Kepel
En décembre dernier, deux Somaliens ont été arrêtés à Bonn par les Allemands. Ils préparaient un attentat avec une bombe qui était parfaitement comparable à celles décrites dans Inspire. Inspire est la bible en matière de propagande djihadiste. Surtout, elle est conçue comme une vraie revue et on y trouve absolument tout: des conseils opérationnels, de la réflexion idéologique, des témoignages, des reportages… Inspire diffuse du savoir-faire à grande échelle, comme autant de bouteilles lancées à la mer. (…) Dans les années 1990, le GIA a revendiqué des “incivilités”, jusque dans l’est de la France. Yves Trotignon (Risk&Co)
Il y a plusieurs profils. Certains lecteurs s’intéressent surtout à l’aspect technique. Ils commentent les innovations et les astuces qui sont proposées dans la revue. D’autres se penchent plutôt sur l’aspect politique, idéologique. Les derniers enfin, les “théologistes”, étudient comment Inspire justifie par la religion l’action terroriste. Tout cela donne lieu, sur les forums, à de longs débats et les francophones suivent tout cela de près, malgré leur déception de ne pas voir développer une version dans leur langue, qui serait moins concentrée sur les Etats-Unis et plus sur la France. Mathieu Guidère
Interprétation religieuse, témoignages de djihadistes, conseils opérationnels et recettes de bombes faites maison, Inspire vous donne toutes les astuces pour devenir un bon terroriste. La revue, éditée par Aqpa, est téléchargeable tranquillement sur Internet… désignant désormais la France pour cible. Fabriquer une bombe dans la cuisine de maman, incendier une voiture sur un parking en dix étapes, accéder à des forums djihadistes en toute sécurité ou encore «tondre» les «mécréants» avec un pick-up Ford en guise d’engin de mort… ce sont quelques-unes des idées proposées par la revue Inspire pour semer la terreur en toute autonomie. Inspire est un magazine distribué sur Internet, éditée par al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) depuis l’été 2010. La revue, dont la maquette ferait pâlir certains canards français, est alors accueillie de manière partagée par la communauté djihadiste comme sécuritaire. Les uns et les autres accusent diverses organisations d’Etat d’avoir organisé un «hoax», une arnaque, pour repérer les internautes soutenant le djihad ou pour décrédibiliser la cause. Rapidement pourtant, l’authenticité de ce document sera admise par tous. Derrière, l’élite d’Aqpa est aux commandes d’un bel outil de propagande dont l’objectif principal est la radicalisation de potentiels terroristes occidentaux, qui pourraient organiser seuls leur propre projet d’attentat. Inspire a été lancé par Anwar al-Awlaki, surnommé le «Ben Laden d’Internet». L’homme est impliqué dans plusieurs grosses affaires d’attentats en Occident, de la radicalisation du major Nidal Malik Hasan, l’auteur de la tuerie sur la base militaire américaine de Fort Hood en novembre 2009; à celle d’Umar Farouk Abdulmutallab, l’auteur d’une tentative échouée d’attentat à coups de slip piégé sur le vol Amsterdam Detroit de Noël 2009. A ses côtés et à la plume dans Inspire, on trouve Adam Yahiye Gadahn, dit Adam l’Américain; Yahya Ibrahim, un prédicateur ayant séjourné au Canada; ou encore Samir Khan, un Américain qui a longtemps entretenu un blog appelant au djihad, depuis sa banlieue new-yorkaise. Beaucoup de ces propagandistes, dont al-Awlaki lui-même, ont été capturés ou tués par des tirs de drones ces dernières années. De plus jeunes, à la tête desquels Adam l’Américain, ont depuis pris le relais. Dans un anglais parfait, ils continuent d’offrir à un public anglophone toutes les cartes pour devenir un djihadiste convaincu et déterminé. Des conseils de fabrication de bombes, dans la rubrique «open source djihad», mais aussi toute l’interprétation idéologique et religieuse nécessaire à la justification des actes les plus graves, nourrissant une auto-radicalisation indispensable au passage à l’acte. Ce qui faisait rire dans un premier temps, n’amuse plus personne au sein de la communauté du renseignement. (…) Pour Aqpa, Inspire est en effet un modeste investissement. Si de telles revues existaient déjà en langue arabe, c’est la première fois qu’un magazine est intégralement écrit en anglais. Entre les différents articles, des affiches sur le modèle des publicités que l’on trouve dans nos revues appellent les musulmans vivant en Occident à soutenir et participer au djihad. Avec Inspire, kalachnikov et autres images épiques parlent à l’imaginaire d’un jeune qui aurait grandi dans un pays riche: le djihad est «cool». Sur Internet, chaque publication de la revue est largement commentée par les scientifiques et les analystes. Les candidats au djihad lisent-ils Inspire et y trouvent-ils des idées? Des exemplaires ont été retrouvés chez des suspects aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède ou encore au Pakistan. En France (…) c’est sur les forums djihadistes que l’on trouve des éléments sur la place que peut jouer Inspire dans la radicalisation de certains Français. Lors de la sortie de chaque numéro, les contenus d’Inspire y sont largement débattus. Les internautes les plus motivés s’appliquent même à traduire certains articles en français pour faciliter la lecture à ceux qui auraient été moins attentifs aux cours d’anglais au collège. (…) Inspire est téléchargé principalement en Grande-Bretagne, puis aux Etats-Unis, suivis ensuite par les pays nordiques (Suède, Danemark, Finlande) et l’Australie. Le contenu lui-même fait très largement référence à l’Amérique et à Obama, systématiquement désignés comme l’ennemi à abattre. Une ligne éditoriale qui pourrait cependant évoluer: dans le dernier numéro, paru fin février, la France devient une cible (…) menacée en vertu de son intervention au Mali (…) En conclusion de son article, il appelle «des dizaines de Mohammed Merah» à attaquer Paris. (dans)  la dernière livrée d’Inspire, il (…) est question de faire le djihad en s’attaquant aux voitures. Les auteurs proposent de repérer des parkings discrets pour y brûler des voitures. Ils suggèrent encore de poser des pièges sur les routes pour causer des accidents. L’objectif: semer la terreur… chez les compagnies d’assurance occidentales. Là aussi, la démarche peut paraître invraisemblable. Elle n’est pourtant pas nouvelle, nous explique Yves Trotignon:«Dans les années 1990, le GIA a revendiqué des “incivilités”, jusque dans l’est de la France. » (…) En octobre 2010, Aqpa va envoyer plusieurs imprimantes piégées via de simples colis UPS et FeDex, à destination des Etats-Unis. L’information arrive jusqu’aux services de renseignements qui vont fouiller tous les appareils passant par Dubaï, où un premier engin explosif est neutralisé. Le second sera retrouvé en Grande-Bretagne. Aqpa se fera un malin plaisir de présenter la facture détaillée de ce qu’ont coûté ces bombes dans un numéro spécial de sa revue qui titre en gros caractères, avec un avion UPS en fond: 4.200$. Le document explique intégralement la méthode et incite à la reproduire, causant pour cette modique somme des dépenses de sécurité modérées dans les pays visés. Cette recette aurait même inspiré d’autres apprentis terroristes… chez les anarchistes grecs. Alors que les fidèles d’al-Qaida testaient grandeur nature leurs imprimantes explosives, les Grecs de «Conspiration des cellules de feu» recyclaient la recette avec quelques paquets similaires, envoyés à Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Silvio Berluscioni à la fin 2010. Faut-il y voir un lien? Pour Mathieu Guidère, pas d’hésitation, «les djihadistes et les anarchistes sont les deux publics qui lisent Inspire pour y trouver des idées». Quant à empêcher la lecture d’Inspire, il semble difficile d’enrayer le mal. Après chaque publication, elle circule sur Internet très rapidement et reste facile à télécharger. Les services britanniques seraient à l’origine d’un bug qui avait empêché la lecture du tout premier numéro… mais celui-ci avait été immédiatement rediffusé par les auteurs. Des exemplaires d’Inspire ont même été retrouvés dans la prison de haute sécurité de Guantanamo. Les autorités américaines ont toujours refusé de dire dans quelle cellule. Mais l’information n’est pas rassurante, d’autant plus que l’un des chroniqueurs du magazine revendique d’écrire depuis ces geôles, symbole de la guerre de l’Amérique contre le terrorisme. Romain Mielcarek
A fiercely opinionated group, most are either pan-Arabists — nationalists of a leftist bent committed to the idea of a single nation across the many frontiers of the Arab world — or Islamists who draw their inspiration from the primacy of the Muslim faith in political life. Since their primary allegiance is to fellow Muslims, not Muslim states, Al Jazeera’s reporters and editors have no qualms about challenging the wisdom of today’s Arab rulers. Indeed, Al Jazeera has been rebuked by the governments of Libya and Tunisia for giving opposition leaders from those countries significant air time. Kuwait and Saudi Arabia, for their part, have complained about Al Jazeera’s extensive reporting on the misery of Iraqis living under sanctions. But the five-year-old station has refused to be reined in. The channel openly scorns the sycophantic tone of the state-run Arab media and the quiescence of the mainstream Arab press, both of which play down controversy and dissent. Compared with other Arab media outlets, Al Jazeera may be more independent — but it is also more inflammatory. For the dark side of the pan-Arab worldview is an aggressive mix of anti-Americanism and anti-Zionism, and these hostilities drive the station’s coverage, whether it is reporting on the upheaval in the West Bank or on the American raids on Kandahar. Although Al Jazeera has sometimes been hailed in the West for being an autonomous Arabic news outlet, it would be a mistake to call it a fair or responsible one. Day in and day out, Al Jazeera deliberately fans the flames of Muslim outrage. (…) What’s more, Al Jazeera is a crafty operation. In covering the intifada, its broadcasters perfected a sly game — namely, mimicking Western norms of journalistic fairness while pandering to pan-Arab sentiments. In a seemingly open-minded act, Al Jazeera broke with a widespread taboo of the Arab news media and interviewed Israeli journalists and officials, including Ehud Barak and Shimon Peres. Yet at the same time, it pressed on with unrelenting anti-Zionist reportage that contributed to further alienation between Israelis and Palestinians. What this means is that no matter how many Americans show up on Al Jazeera, the station will pursue its own oppositional agenda. Al Jazeera’s reporters see themselves as « anti-imperialists. » These men and women are convinced that the rulers of the Arab world have given in to American might; these are broadcasters who play to an Arab gallery whose political bitterness they share — and feed. In their eyes, it is an unjust, aggressive war they are covering in Afghanistan. Watching Al Jazeera makes all of this distressingly clear. Al Jazeera is on the ground in Afghanistan and reports the news up close. It is the only television news outlet with a bureau in Kabul. Alas, there is no skyline in the Afghan capital, no bright city lights that can illuminate America’s nighttime raids. What worked so well for CNN in Baghdad has been impossible for Al Jazeera in Kabul and Kandahar. Instead, Al Jazeera’s Afghanistan coverage supplies a pointed contrast between the high-tech foreign power, with its stealth planes and Tomahawk missiles, and the Taliban warriors, with their pickup trucks racing through stark, rubble-strewn landscapes. In its rough outlines, the message of Al Jazeera is similar to that of the Taliban: there is a huge technological imbalance between the antagonists, but the foreign power will nonetheless come to grief. (The channel’s slant is also apparent in tiny modulations of language. Its reporters in Kabul always note that they are reporting from the Islamic Emirate of Afghanistan — the Taliban’s official name for the country. Conversely, Washington’s campaign is being waged not against terror, but against « what it calls terror. » (…) Al Jazeera began broadcasting in October 1996. The preceding year, Sheik Hamad bin Khalifa al-Thani, the crown prince of Qatar, did a most un-Arab thing: he pulled off a palace coup, taking over the government from his father (who was vacationing in Europe at the time). The young ruler promptly announced a new order of things and set out to challenge Saudi primacy in the Gulf region. He hoped to underline his independence and give his small principality a voice in the world. The young emir had good timing. Soon after he ascended the throne, an Arabic television joint venture between the BBC and a Saudi concern, Orbit Communications, foundered over the BBC’s insistence on editorial independence. The Arab reporters and editors who worked on this failed venture were eager for a new opportunity. Qatar’s new emir gave them a new lease on life. With his fortune footing the bill, Al Jazeera was born. The emir’s child has grown quickly. Although it is by no means the biggest Arabic television channel, its reach is expanding. Al Jazeera now reaches viewers in more than 20 Arab countries, mostly through private satellite dishes, which have become tremendously popular in the Middle East. Dishes can be purchased there for less than $100, and tens of millions of Arab families now own them. They are as common in Cairo slums as they are in Dubai mansions. Al Jazeera beams its signal free of charge to most countries. Outside the Arab world, in countries like Great Britain, it is offered as part of a subscription service. In the United States, around 150,000 subscribers pay the Dish Network between $22.99 and $29.99 a month to receive Al Jazeera as part of a multichannel Arabic « package. » (…) Al Jazeera is the only Arab television station to have achieved global fame, but its status is inflated. The truth is, other Arab channels reach much wider audiences. The oldest, most successful of the pan-Arab satellite stations is the London-based Middle East Broadcasting Centre. The station is controlled by an in-law of King Fahd of Saudi Arabia. In addition to broadcasting the region’s most popular program, « Who Wants to Be a Millionaire » MBC has five news broadcasts of its own. MBC’s news programs come across as blandly professional. Compared to Al Jazeera, its reporters are staid, careful not to incur the wrath of Arab rulers or to challenge the established order. There is also the hugely popular Lebanese Broadcasting Corporation International. LBCI is loaded with entertainment programming, but it also regularly presents news. The news on LBCI, a privately owned station, also has a tepid feel. Syria dominates the Lebanese world, and its news broadcasts avoid broadcasting anything that would offend. Despite its comparatively small audience, Al Jazeera has received almost all of the Bush administration’s attention so far. The doors in official Washington have now opened before Al Jazeera’s reporters. Since Sept. 11, there have been interviews with Secretary of State Colin L. Powell, Secretary of Defense Donald Rumsfeld and National Security Adviser Condoleezza Rice. Surely, the emir of Qatar never imagined that the bet he took five years ago would be so amply rewarded. Al Jazeera still requires the emir’s subsidies, but the station’s heightened profile has brought it closer to solvency. Al Jazeera’s footage from Afghanistan, for example, has been sold to news outlets around the world, with individual clips selling for as much as $250,000. And earlier this fall, CNN and ABC made arrangements with Al Jazeera to broadcast the Arabic station’s exclusive video from Afghanistan. Al Jazeera’s defenders tend to applaud its independence from the censors who control state-sponsored outlets in the Arab world. For the Egyptian novelist Ahdaf Soueif, there is the pleasure of channel-hopping at 2 in the morning and hearing a television station breaking with the widespread censorship and silence of the Arab news media. « It provides the one window through which we breathe, » Soueif recently wrote of Al Jazeera. In one sense, Soueif is right: the Arab world needed to be challenged. This was a region where the official media, in August 1990, withheld news of Iraq’s conquest of Kuwait for three days. The pompous, sycophantic press in Arab countries — whose main function has been to report the comings and goings and utterances of the ruler of the land — has been dealt a major blow. For the first time, Arabs with a satellite dish now have access to uncensored news. Al Jazeera’s viewers see things that people of the region are clearly not meant to see. On Oct. 21, Al Jazeera offered silent footage of Bright Star, a joint Egyptian-American military exercise, off the coast of Egypt. It was a potent commentary on the stealth cooperation of the Egyptian military with the Pentagon. And despite the fact that its coverage of the intifada was horribly slanted, Al Jazeera should get some credit for being one of the few Arab TV stations to interview Israelis. That said, Al Jazeera’s virulent anti-American bias undercuts all of its virtues. It is, in the final analysis, a dangerous force. And it should treated as such by Washington. (…) Americans must accept that they are strangers in the Arab world. We can barely understand, let alone control, what Al Jazeera’s flak-jacketed reporters in Kabul and smooth anchorwomen in Doha are saying about us. An American leader being interviewed on Al Jazeera will hardly be able to grasp the insinuations, the hidden meanings, suggested by its hostile reporters. No matter how hard we try, we cannot beat Al Jazeera at its own game. But one thing is sure: there is no need to reward a channel that has made a name for itself through stridency and anti-Americanism. There is a war on the battlefield, and that is America’s to win. But the repair of the Arab political condition — and the weaning of the Arab world away from radicalism — is a burden, and a task, for the Arabs themselves. The only thing America can do is make sure that it never gives this radicalism — and its satellite channel — a helping hand. Fouad Ajami

Devinez qui avait aidé le théoricien du djihad à s’installer en Espagne ?

Après le dernier cas en date (attaque au couteau, travailleur clandestin de Transjordanie, dans un bus de Tel Aviv ce matin, avec les félicitations d’usage du régime terroriste du Hamas) de la stratégie djiahdiste de multiplication des attaques individuelles …

Et, suite aux massacres de Paris il y a deux semaines et aux révélations, dans le Canard enchainé de ce matin du contrôle routier raté de Coulibaly (voiture de location, permis non définitif, inscription au fichier terrorisme islamiste, quartier des Buttes Chaumont) …

Pendant qu’entre le véto annoncé d’un président américain pour toute sanction contre un pays ayant appelé explicitement au rayage de la carte d’un de ses voisins et l’auto-flagellation d’un premier ministre français accusant son propre pays d’apartheid contre les nouveaux damnés de la terre ou l’hallalisation, après les manuels de nos enfants, de nos cinémas et théâtres

Et qu’un magazine djiahdiste en ligne et en anglais, au titre on ne peut plus explicite (Inspire) mais pourtant pris à l’origine comme une parodie ou une manipulation de la CIA, appelle « des dizaines de Mohammed Merah » à attaquer Paris ….

Comment ne pas voir la véritable stratégie, fondée sur la simple émulation et le modèle gauchiste « provocation-répression-solidarité qu’évoquait récemment Gilles Kepel dans Libération, de « multiplication d’actes terroristes de vie quotidienne à des fins de provocations » pour « affoler les sociétés occidentales et les faire surréagir » ?

Mais aussi, bien plus subtilement et subversivement (y compris bientôt en français, s’il vous plait !) comme le rappelait dès le lendemain des attentats du 11 septembre l’islamologue libano-américain Fouad Ajami et sans parler de nos Charles Enderlin à nous, la véritable bible du djihad mondial …

A savoir, des financiers avérés même du PSG et du terrorisme qui continuent à avoir leurs entrées tant à Washington qu’à Londres ou Paris, la chaine satellitaire qatarie Al-Jazeera ?

What the Muslim World Is Watching

Fouad Ajami

The New York Times

November 18, 2001

Al Jazeera is not subtle television. Recently, during a lull in its nonstop coverage of the raids on Kabul and the street battles of Bethlehem, the Arabic-language satellite news station showed an odd but telling episode of its documentary program « Biography and Secrets. » The show’s subject was Ernesto (Che) Guevara. Presenting Che as a romantic, doomed hero, the documentary recounted the Marxist rebel’s last stand in the remote mountains of Bolivia, lingering mournfully over the details of his capture and execution. Even Che’s corpse received a lot of airtime; Al Jazeera loves grisly footage and is never shy about presenting graphic imagery.

The episode’s subject matter was, of course, allegorical. Before bin Laden, there was Guevara. Before Afghanistan, there was Bolivia. As for the show’s focus on C.I.A. operatives chasing Guevara into the mountains, this, too, was clearly meant to evoke the contemporary hunt for Osama, the Islamic rebel.

Al Jazeera, which claims a global audience of 35 million Arabic-speaking viewers, may not officially be the Osama bin Laden Channel — but he is clearly its star, as I learned during an extended viewing of the station’s programming in October. The channel’s graphics assign him a lead role: there is bin Laden seated on a mat, his submachine gun on his lap; there is bin Laden on horseback in Afghanistan, the brave knight of the Arab world. A huge, glamorous poster of bin Laden’s silhouette hangs in the background of the main studio set at Al Jazeera’s headquarters in Doha, the capital city of Qatar.

On Al Jazeera (which means « the Peninsula »), the Hollywoodization of news is indulged with an abandon that would make the Fox News Channel blush. The channel’s promos are particularly shameless. One clip juxtaposes a scowling George Bush with a poised, almost dreamy bin Laden; between them is an image of the World Trade Center engulfed in flames. Another promo opens with a glittering shot of the Dome of the Rock. What follows is a feverish montage: a crowd of Israeli settlers dance with unfurled flags; an Israeli soldier fires his rifle; a group of Palestinians display Israeli bullet shells; a Palestinian woman wails; a wounded Arab child lies on a bed. In the climactic image, Palestinian boys carry a banner decrying the shame of the Arab world’s silence.

Al Jazeera’s reporters are similarly adept at riling up the viewer. A fiercely opinionated group, most are either pan-Arabists — nationalists of a leftist bent committed to the idea of a single nation across the many frontiers of the Arab world — or Islamists who draw their inspiration from the primacy of the Muslim faith in political life. Since their primary allegiance is to fellow Muslims, not Muslim states, Al Jazeera’s reporters and editors have no qualms about challenging the wisdom of today’s Arab rulers. Indeed, Al Jazeera has been rebuked by the governments of Libya and Tunisia for giving opposition leaders from those countries significant air time. Kuwait and Saudi Arabia, for their part, have complained about Al Jazeera’s extensive reporting on the misery of Iraqis living under sanctions. But the five-year-old station has refused to be reined in. The channel openly scorns the sycophantic tone of the state-run Arab media and the quiescence of the mainstream Arab press, both of which play down controversy and dissent.

Compared with other Arab media outlets, Al Jazeera may be more independent — but it is also more inflammatory. For the dark side of the pan-Arab worldview is an aggressive mix of anti-Americanism and anti-Zionism, and these hostilities drive the station’s coverage, whether it is reporting on the upheaval in the West Bank or on the American raids on Kandahar. Although Al Jazeera has sometimes been hailed in the West for being an autonomous Arabic news outlet, it would be a mistake to call it a fair or responsible one. Day in and day out, Al Jazeera deliberately fans the flames of Muslim outrage.

Consider how Al Jazeera covered the second intifada, which erupted in September 2000. The story was a godsend for the station; masked Palestinian boys aiming slingshots and stones at Israeli soldiers made for constantly compelling television. The station’s coverage of the crisis barely feigned neutrality. The men and women who reported from Israel and Gaza kept careful count of the « martyrs. » The channel’s policy was firm: Palestinians who fell to Israeli gunfire were martyrs; Israelis killed by Palestinians were Israelis killed by Palestinians. Al Jazeera’s reporters exalted the « children of the stones, » giving them the same amount of coverage that MSNBC gave to Monica Lewinsky. The station played and replayed the heart-rending footage of 12-year-old Muhammed al-Durra, who was shot in Gaza and died in his father’s arms. The images’ ceaseless repetition signaled the arrival of a new, sensational breed of Arab journalism. Even some Palestinians questioned the opportunistic way Al Jazeera handled the tragic incident. But the channel savored the publicity and the controversy all the same.

Since Sept. 11, I discovered, Al Jazeera has become only more incendiary. The channel’s seething dispatches from the « streets of Kabul » or the « streets of Baghdad » emphasize anti-American feeling. The channel’s numerous call-in shows welcome viewers to express opinions that in the United States would be considered hate speech. And, of course, there is the matter of Al Jazeera’s « exclusive » bin Laden videotapes. On Oct. 7, Al Jazeera broadcast a chilling message from bin Laden that Al Qaeda had delivered to its Kabul bureau. Dressed in a camouflage jacket over a traditional thoub, bin Laden spoke in ornate Arabic, claiming that the terror attacks of Sept. 11 should be applauded by Muslims. It was a riveting performance — one that was repeated on Nov. 3, when another bin Laden speech aired in full on the station. And just over a week ago, Al Jazeera broadcast a third Al Qaeda tape, this one showcasing the military skills of four young men who were said to be bin Laden’s own sons.

The problem of Al Jazeera’s role in the current crisis is one that the White House has been trying to solve. Indeed, the Bush administration has lately been expressing its desire to win the « war of ideas, » to capture the Muslim world’s intellectual sympathy and make it see the war against bin Laden as a just cause. There has been talk of showing American-government-sponsored commercials on Al Jazeera. And top American officials have begun appearing on the station’s talk shows. But my viewing suggests that it won’t be easy to dampen the fiery tone of Al Jazeera. The enmity runs too deep.

Indeed, the truth is that a foreign power can’t easily win a « war of ideas » in the Muslim world. Sure, we can establish « coalition information centers » — as the administration has in Washington, London and Islamabad — and dispatch our diplomats on « listening tours. » We can give Al Jazeera extended access to the highest American officials and hope that these leaders will make an impression on Arab viewers. But anti-Americanism is a potent force that cannot be readily dissolved.

What’s more, Al Jazeera is a crafty operation. In covering the intifada, its broadcasters perfected a sly game — namely, mimicking Western norms of journalistic fairness while pandering to pan-Arab sentiments. In a seemingly open-minded act, Al Jazeera broke with a widespread taboo of the Arab news media and interviewed Israeli journalists and officials, including Ehud Barak and Shimon Peres. Yet at the same time, it pressed on with unrelenting anti-Zionist reportage that contributed to further alienation between Israelis and Palestinians.

What this means is that no matter how many Americans show up on Al Jazeera, the station will pursue its own oppositional agenda. Al Jazeera’s reporters see themselves as « anti-imperialists. » These men and women are convinced that the rulers of the Arab world have given in to American might; these are broadcasters who play to an Arab gallery whose political bitterness they share — and feed. In their eyes, it is an unjust, aggressive war they are covering in Afghanistan. Watching Al Jazeera makes all of this distressingly clear.

l Jazeera is on the ground in Afghanistan and reports the news up close. It is the only television news outlet with a bureau in Kabul. Alas, there is no skyline in the Afghan capital, no bright city lights that can illuminate America’s nighttime raids. What worked so well for CNN in Baghdad has been impossible for Al Jazeera in Kabul and Kandahar. Instead, Al Jazeera’s Afghanistan coverage supplies a pointed contrast between the high-tech foreign power, with its stealth planes and Tomahawk missiles, and the Taliban warriors, with their pickup trucks racing through stark, rubble-strewn landscapes.

In its rough outlines, the message of Al Jazeera is similar to that of the Taliban: there is a huge technological imbalance between the antagonists, but the foreign power will nonetheless come to grief.

In some videotape shown on Oct. 22, a band of Taliban warriors displayed what they claimed to be the wreckage of the second American helicopter they said they had downed. There was twisted steel with American markings shown in close-up. In an interview, a Taliban soldier said triumphantly that after the first helicopter had been hit, the second came in for support and rescue, and the Taliban soldiers downed it as well. There was blood, he said, at the scene of the wreckage — and added that a search was under way for the « remains » of the American crews. A stylish warrior of the Taliban with a bright blue turban, the soldier spoke to the camera with great confidence and defiance. America’s cruise missiles and bombs would not defeat the Taliban, he promised: « If these Americans were men, they would come here and fight on the ground. We would do to them what we did to the British and the Russians. » Another warrior spoke with similar certainty. « God Almighty will grant us victory, » he promised.

Al Jazeera’s report was presented entirely from the Taliban’s point of view. No doubts were expressed about the validity of the Taliban’s military boasts — including one soldier’s claim that the steel from the American helicopters would immediately be sold off as scrap metal. The Western news media presented the same story rather differently. In addition to presenting the Taliban’s claims, CNN noted a strong American denial. In the case of one helicopter, the Pentagon claimed that only the landing gear of a CH-47 had been sheared off, after its pilot flew too close to a ground barrier. And a helicopter that did crash, the Pentagon claimed, did so because of a mechanical malfunction — not Taliban gunfire.

A report on Oct. 30 by Al Jazeera’s main man in Kabul, Tayseer Allouni, similarly underscored the ideological preference of the station’s reporters. « The American planes have resumed their heavy bombing of Kabul, causing massive destruction of the infrastructure of the country, » Allouni reported as his camera surveyed unrelieved scenes of wreckage and waste. Although Al Jazeera’s images revealed a few craters in the street, much of the devastation appeared to be unrelated to American bombs — potholes, a junkyard with discarded shells of cars. Noting that Kabul’s notoriously decayed « roads had not been spared, » Allouni then offered a wistful tribute to the Taliban’s public-works efforts. « It appears that all the labors that had been made by the Taliban government prior to the outbreak of the war to repair the roads, » he said sadly, « have scattered to the wind. »

As Allouni presented it, there appeared to be nobody in Kabul who supported America’s campaign to unseat the Taliban. A man in a telephone booth, wearing a traditional white cap, offered a scripted-sounding lament that even Kabul’s telephone lines had been destroyed. « We have lost so much, » he said, « because of the American bombing. » Allouni then closed his survey with gruesome images of wounded Afghans. The camera zoomed in on an old man lying on his back, his beard crusted with blood; this was followed by the image of a heavily bandaged child who looked propped up, as if to face the camera. The parting shot was an awful close-up of a wounded child’s face.

The channel’s slant is also apparent in tiny modulations of language. Its reporters in Kabul always note that they are reporting from the Islamic Emirate of Afghanistan — the Taliban’s official name for the country. Conversely, Washington’s campaign is being waged not against terror, but against « what it calls terror. »

Al Jazeera has a regular feature in which it briefly replays historical scenes and events that took place on that calendar day. On Oct. 23, the choice was an event that had taken place 18 years earlier. On that very day in 1983, a young man in a Mercedes truck loaded with TNT struck the Marine barracks in Beirut, killing 241 Americans. The segment revisited the horror of that day — the wailing of the wounded, the soot and ruin everywhere. The images were far more horrible than any I had ever seen of the tragedy. There was no sympathy in the narration, and a feeling of indifference, even menace, hung over this dark moment of remembrance. The message was clear: the Middle East was, and is, a region of heartbreak for the foreign power.

Al Jazeera loves the « Pakistani street » as much as it loves the « Afghan street. » In its telling, the Pakistani street is forever on the boil, with « huge throngs » in Rawalpindi and Peshawar and Islamabad. One crowd in Rawalpindi was said to be particularly frenzied. Protesters angrily waved signs, some of them in English: « Afghanistan is in need of reconstruction not destruction. » Anti-American demonstrations are, of course, eagerly covered by the Western news media as well. But by television standards, the Al Jazeera video was notably extended — close to a minute long. In the clip, Islamist leaders prophesied calamity for the military ruler Pervez Musharraf. The crowd was dressed in South Asian white against the glare of the sun, and its rage seemed overwhelming. Looking at all those angry faces, it was easy to forget that General Musharraf, the ruler of Pakistan, was holding back the tide of anger in his country. The clip reached its maximum intensity when the crowd displayed an effigy of George Bush with a cardboard photo of his face. The protesters spat at the cutout, went at it with shoes. They pounded the American president to a pulp. It was a spectacle tailor-made for Al Jazeera.

l Jazeera began broadcasting in October 1996. The preceding year, Sheik Hamad bin Khalifa al-Thani, the crown prince of Qatar, did a most un-Arab thing: he pulled off a palace coup, taking over the government from his father (who was vacationing in Europe at the time). The young ruler promptly announced a new order of things and set out to challenge Saudi primacy in the Gulf region. He hoped to underline his independence and give his small principality a voice in the world.

The young emir had good timing. Soon after he ascended the throne, an Arabic television joint venture between the BBC and a Saudi concern, Orbit Communications, foundered over the BBC’s insistence on editorial independence. The Arab reporters and editors who worked on this failed venture were eager for a new opportunity. Qatar’s new emir gave them a new lease on life. With his fortune footing the bill, Al Jazeera was born.

The emir’s child has grown quickly. Although it is by no means the biggest Arabic television channel, its reach is expanding. Al Jazeera now reaches viewers in more than 20 Arab countries, mostly through private satellite dishes, which have become tremendously popular in the Middle East. Dishes can be purchased there for less than $100, and tens of millions of Arab families now own them. They are as common in Cairo slums as they are in Dubai mansions. Al Jazeera beams its signal free of charge to most countries. Outside the Arab world, in countries like Great Britain, it is offered as part of a subscription service. In the United States, around 150,000 subscribers pay the Dish Network between $22.99 and $29.99 a month to receive Al Jazeera as part of a multichannel Arabic « package. »

Like America’s own 24-hour news outlets, Al Jazeera is a repetitive affair. As with CNN, it is easy to see its luster withering away in a time of peace and normalcy. There are steady news updates throughout the day. (It is always daytime on Al Jazeera, which announces its coming schedule in Mecca time, Greenwich Mean Time and New York time.) There is a financial broadcast of the standard variety — filmed out of London, with a source checking in from the floor of the New York Stock Exchange. Sports (soccer for the most part) gets its own regular report. There is a survey of the world press and a show dedicated to the secrets of the cinema. Oddly for a passionately pan-Arab channel, the station broadcasts dubbed programs bought from old American libraries: a wildlife documentary, a history of French art.

There is little coherence to Al Jazeera’s scheduling — segments about the American bombs in Kabul and the Israeli tanks in the streets of the West Bank alternate with quaint reports on life in Silicon Valley and the patterns of energy consumption in American cities. The end result has a hectic yet anonymous feel. Al Jazeera is not a star-driven channel; no particular anchor dominates it. It’s the BBC pattern, reporter driven, with a succession of reporters and anchors drawn from different Arab lands.

The pride of Al Jazeera lies, without a doubt, in its heavily promoted talk shows, like « Without Borders, » « Opinion and the Other Opinion » and « The Opposite Direction. » One enormously popular program in this genre is « Al-Sharia wa al-Hayat, » or « Islamic Law and Life. » The program, which is full of belligerent piety and religious zeal, appears every Sunday evening at 9:05, Mecca time. It is structured somewhat like « Larry King Live »; an interview with a guest is followed by questions and comments from viewers.

One recent evening, the guest of the program was Sheik Muhammad Ibrahim Hassan, a young Islamic preacher. A large man with a bushy jet-black beard, he was dressed in a white thoub and a loose white kaffiyeh without a headband — an exaggerated Islamist fantasy of what Muslims in seventh-century Arabia looked like. Hassan was interviewed by Hasib Maher, a young, polite Al Jazeera anchorman in suit and tie.

Hassan was fierce; it was easy to imagine him inciting a crowd. He had the verbal skills and eloquence of his homeland. (Egyptians are the people of the spoken and written word in the Arab world; the Gulfies are its silent types.) Hassan knew the sacred scripture by heart: he knew the Sira — the life and the example — of the Prophet Muhammad; he knew the Hadith, the sayings attributed to the Prophet. He tackled the questions thrown at him with gusto.

Al Jazeera’s anchorman asked Hassan about a fatwa issued by a number of religious scholars that ruled that American Muslims were bound to fight under the flag of their country, even if this meant going to war against fellow Muslims. Hassan would have none of this fatwa. « This puzzles the believer, » he said. « I say that the Prophet, peace be upon him, said that the Muslim is the brother of every other Muslim. He can’t oppress his brother Muslim or bring about his surrender or abandon him to non-Muslims. Come to your brother’s aid whether he be oppressor or oppressed, the Prophet taught us. No one can deny that our brothers in Afghanistan are among the oppressed. »

Hassan really knew how to milk the medium. In an extended monologue, he declared that the Islamic community, the pan-national umma, was threatened everywhere — in Palestine, Iraq, Chechnya, Kashmir, Afghanistan, the Philippines. The umma, he said forcefully, should know its pain and heal its wounds. Then he did something you never see on « Hardball »: he broke into free-flowing verse. There was no shred of paper in front of him; this was rote learning and memorization:
Oh Muslims, we have been dying for centuries
What are we in this world? . . .
We are bloodied corpses,
And our blood is being shed.
Oh the honor of Islam,
How that honor is being violated. . . .
We strayed from the faith,
And the world darkened for us.
If the root dies,
The branches and the leaves will die.

Hassan now owned his airwave pulpit. He was in full flight. A look of awe stole upon the anchorman’s face. The anchorman queried Hassan about the attacks of Sept. 11: Did they implicate Islam and Muslims in any way? The preacher answered in his own way. « Oppression always leads to an explosion! » he said angrily. « Under the cover of the new world order, Muslims in Chechnya and Iraq have been brutalized. . . . Any Muslim on the face of the earth who bears faith in God and his Prophet feels oppression today. If a believer feels oppression and thinks that no one listens to him and that power respects only the mighty, that believer could be provoked to violent deeds. We saw things — horrors — in Bosnia that would make young people turn old. . . . Where were the big powers and the coalitions and the international organizations then? Where are they now, given what is going on in Palestine? The satellite channels have spread everywhere a knowledge of this oppression. »

Hassan then answered an e-mail message from a viewer. « Should we turn the other cheek, as Christ advised? » the viewer asked. « No, I say, » Hassan replied. « The Islamic umma must come to the rescue of the oppressed! »

This was soon followed by a call from a Palestinian viewer, Shaker Abdulaziz. He greeted Hassan and the host, wished them God’s peace and mercy, then delivered an angry prose poem. « The wolf, » he said, « should not be blamed if the shepherd is an enemy of his own flock! I saw the people, evildoers living next to evildoers, befriending the wolf and weeping with the shepherd. » Abdulaziz was speaking in code, but Al Jazeera’s viewers would understand his message: the false, treacherous shepherds were, of course, those Arab rulers who had betrayed their peoples and befriended the wolves of the West.

« I greet you from the Dome of the Rock, » Abdulaziz said. « A people are being slaughtered, liquidated and trampled upon. Where are the Arab rulers and armies? They do nothing! » Abdulaziz’s wrath grew stronger. He challenged the show’s guest preacher directly. « Is it not time for Sheik Hassan to call from this pulpit upon the Arab peoples to rebel, trample their rulers and replace them with a just ruler and the rule of the Islamic state? »

Maher, the smooth anchorman, did not challenge his guest’s assertions. He did not mention, for instance, that the West had come to the defense of Muslims in Kosovo. He simply moved on.

Next, a viewer named Hazem Shami — from Denmark, of all places — came on the line. « Peace be upon you, » he began. « The insistence of the colonizing nations, with America as their leader, on tying Islam to terrorism is merely due to the fact that America considers Islam as the sole obstacle to its hegemony over the Islamic world. Even though Islam is a message of peace and mercy, it still refuses the hegemony of the kuffar (infidels) over the Muslims in all matters — cultural, economic, military. Muslims should unite their countries in one Islamic state. Islam is the only challenge to world capitalism, the only hope after a black capitalist century. »

The man in Denmark had posed no question, but Hassan nonetheless took his bait. « The Jews are the ones responsible for spreading this hostile view of Islam, » the preacher explained. « The Jews dominate the Western media, and they feed the decision-makers this distorted view of Islam. No sooner did the attacks in America take place, the Jews came forth accusing the Muslims, without evidence, without proof. »

It was strange hearing this unyielding view of the faith and this talk of « infidels » coming from a man in Denmark. Islam, once a religion of Africa and Asia, had migrated across the globe; it had become part of Western European and North American life. But in bilad al-Kufr (« the lands of unbelief »), it had grown anxious. The caller lived in Western Europe, but the tranquil Danish world had not seeped into him. He had come to this satellite program, to this preacher, like some emissary of war. In close proximity to modern liberties, he had drawn back and, through Al Jazeera, sought the simplifications and certainties of extreme faith.

ne of Al Jazeera’s most heavily promoted talk shows right now is called « The First of the Century’s Wars, » in homage to the battle in Afghanistan. A recent episode featured three guests — one in Washington, one in London and one in the Doha studio. Demure at first glance, Montaha al Ramhi, the anchorwoman who led the discussion, is a woman of will and political preference. She was dressed on this day in the Hillary Clinton style: an orange blouse under a black suit-jacket. I could not make out her exact nationality in the Arab world; her accent didn’t give her away.

Ramhi’s subject for the evening was Osama bin Laden, and the responses of the Arab world to his message. Does bin Laden represent the sentiments of the Arabs, she asked, or is he a « legend » that the West has exaggerated? There would be her guest panelists, she announced, and there would be reports from the field, from the « streets » of the Arab world. The guest in Doha was a Palestinian writer and analyst by the name of Fayez Rashid; the guest in London was Hafez Karmi, director of the Mayfair Islamic Center; the third pundit was Shafeeq Ghabra, a liberal Kuwaiti political scientist who currently lives in Washington.

Karmi, a large man with a close-cropped beard, was dressed in a shiny silk suit, matched by a shiny tie. He had the exile’s emphatic politics, and he had the faith. Ghabra had his work cut out for him. Indeed, as soon as Rashid launched his first salvo, it became clear that Ghabra was to be a mere foil for an evening of boisterous anti-Americanism.

« He is a celebrated resister, » Rashid said of bin Laden. « The U.S. was looking for an enemy, and bin Laden had supplied it with the enemy it needed. He is an Arab symbol of the fight against American oppression, against Israeli oppression. . . . The U.S. had exaggerated Osama bin Laden’s threat. This is the American way: it was done earlier in the case of Iraq when the power of the Iraqi Army was exaggerated before it was destroyed. . . . Now the Americans want to kill bin Laden to defeat this newest Arab symbol. »

When Ghabra spoke, he offered a cautionary refrain. A new international order, he said, was emerging out of the wreckage of Sept. 11. « The world is being reshaped, » he said. He warned against allowing the « Arab street » to dictate policy. Surely, he said, one wanted leadership and judgment from the Arab world, lest it be further marginalized and left out of the order of nations.

For Karmi, however, Osama bin Laden was a « struggler in the path of God. » There was no proof, he added, that Osama bin Laden was responsible for the events of Sept. 11; he was merely a man who cared about the rights of Muslims. He asked and answered his own question: Why did the « Arab Afghans » — by which he meant the Arab volunteers who had gone to Afghanistan in the 1980’s to fight the Soviet Union — turn their wrath against the United States? « They have been made angry that the enemies are inside the Arab world, » he said, echoing bin Laden’s Oct. 7 videotape. « By its presence in the Arabian Peninsula, or in Palestine through its unlimited support for the killing of Palestinians, America has brought this anger on itself! »

Rashid, the guest in Doha, offered further absolution for bin Laden. The man, he argued, was just « part of the Arab anger in the face of American arrogance. »

The show paused for a commercial break. One ad offered a striking counterpoint to the furious anti-Westernism of the call-in program. It was for Hugo Boss « Deep Red » perfume. A willowy Western woman in leather pants strode toward a half-naked young man sprawled on a bed. « Your fragrance, your rules, Hugo Deep Red, » the Arabic voiceover intoned. I imagined the young men in Arab-Muslim cities watching this. In the culture where the commercial was made, it was nothing unusual. But on those other shores, this ad threw into the air insinuations about the liberties of the West — the kind of liberties that can never be had by the thwarted youths of the Islamic world.

Back on the air, Shafeeq Ghabra made his sharpest intervention of the program: There was a « democratic deficit » in the Arab world, he argued. « But if a Saudi citizen had to choose between bin Laden and King Fahd, he should choose King Fahd. Bin Laden has not come forth bearing a democratic project, or a new project to improve the condition of women, or to repair our educational system. What he proposes is a Talibanist project, which would be a calamity for the Arab people. »

Ramhi, the anchorwoman, interrupted him, talking over his voice. « Someone has to say to the United States, this is a red line! » she shouted. « Here and no more, in Palestine and Iraq, in other Arab realms! »

Ramhi soon cut off the discussion and segued to a taped segment from Egypt. The report, a Cairo street scene, was full of anti-Americanism. « Any young Muslim would be proud to be Osama bin Laden, » one young man said. « America is the maker of terrorism, » another asserted, « and it is now tasting its own medicine. » There was authenticity in this rage; it was unrehearsed and unprompted. The segment went on at some length.

Afterward, Ramhi admitted that there was a « minority opinion » to be found in Egypt. She cut to the brief comments of a quiet man, in a white shirt and tie, in the midst of a crowd. He was eager to exonerate his faith. « I am a good Muslim, » he said, « and Islam does not permit the killing of noncombatants. Islam could never countenance the killing of civilians. »

This dissent was immediately followed, however, by more belligerence. Men clamored for the « evidence, » insisting there was no proof of bin Laden’s guilt. And there was the unsettling verdict of the sole « woman on the street » interviewed. The young woman had a certain fundamentalist chic — a colored head scarf arranged with flair and a confident way about her. She spoke of bin Laden with unadorned admiration. « Bin Laden is the only personality who is doing the right thing at this time, » she said. « He is trying to awaken them from their slumber! »

Al Jazeera is the only Arab television station to have achieved global fame, but its status is inflated. The truth is, other Arab channels reach much wider audiences. The oldest, most successful of the pan-Arab satellite stations is the London-based Middle East Broadcasting Centre. The station is controlled by an in-law of King Fahd of Saudi Arabia. In addition to broadcasting the region’s most popular program, « Who Wants to Be a Millionaire » MBC has five news broadcasts of its own. MBC’s news programs come across as blandly professional. Compared to Al Jazeera, its reporters are staid, careful not to incur the wrath of Arab rulers or to challenge the established order. There is also the hugely popular Lebanese Broadcasting Corporation International. LBCI is loaded with entertainment programming, but it also regularly presents news. The news on LBCI, a privately owned station, also has a tepid feel. Syria dominates the Lebanese world, and its news broadcasts avoid broadcasting anything that would offend.

Despite its comparatively small audience, Al Jazeera has received almost all of the Bush administration’s attention so far. The doors in official Washington have now opened before Al Jazeera’s reporters. Since Sept. 11, there have been interviews with Secretary of State Colin L. Powell, Secretary of Defense Donald Rumsfeld and National Security Adviser Condoleezza Rice.

Surely, the emir of Qatar never imagined that the bet he took five years ago would be so amply rewarded. Al Jazeera still requires the emir’s subsidies, but the station’s heightened profile has brought it closer to solvency. Al Jazeera’s footage from Afghanistan, for example, has been sold to news outlets around the world, with individual clips selling for as much as $250,000. And earlier this fall, CNN and ABC made arrangements with Al Jazeera to broadcast the Arabic station’s exclusive video from Afghanistan.

Al Jazeera’s defenders tend to applaud its independence from the censors who control state-sponsored outlets in the Arab world. For the Egyptian novelist Ahdaf Soueif, there is the pleasure of channel-hopping at 2 in the morning and hearing a television station breaking with the widespread censorship and silence of the Arab news media. « It provides the one window through which we breathe, » Soueif recently wrote of Al Jazeera.

In one sense, Soueif is right: the Arab world needed to be challenged. This was a region where the official media, in August 1990, withheld news of Iraq’s conquest of Kuwait for three days. The pompous, sycophantic press in Arab countries — whose main function has been to report the comings and goings and utterances of the ruler of the land — has been dealt a major blow. For the first time, Arabs with a satellite dish now have access to uncensored news.

Al Jazeera’s viewers see things that people of the region are clearly not meant to see. On Oct. 21, Al Jazeera offered silent footage of Bright Star, a joint Egyptian-American military exercise, off the coast of Egypt. It was a potent commentary on the stealth cooperation of the Egyptian military with the Pentagon. And despite the fact that its coverage of the intifada was horribly slanted, Al Jazeera should get some credit for being one of the few Arab TV stations to interview Israelis.

That said, Al Jazeera’s virulent anti-American bias undercuts all of its virtues. It is, in the final analysis, a dangerous force. And it should treated as such by Washington.

A Madison Avenue advertising executive, Charlotte Beers, has been newly designated the under secretary of state for public diplomacy and public affairs. The aim is to win the propaganda war, or the battle of public diplomacy in the Muslim world. She has her work cut out for her. The Bush administration is eager to explain America’s war, eager for the Arabs and the Pakistanis to accept the justness of its military actions. But how can it possibly expect to persuade the reporters at Al Jazeera to change their deep-seated view of this conflict? It would therefore be folly for America’s leaders to spend too much energy trying to moderate Al Jazeera. It would be counterproductive to give Al Jazeera’s editors and reporters a special claim on the time of senior American officials.

There is a better strategy available to Washington. Instead of focusing on Al Jazeera, the White House could grant « pool interviews » to a large number of Arab stations. It could give the less inflammatory satellite stations, like MBC and LBCI, as much attention as Al Jazeera. Or, indeed, it could give them more. After all, MBC has a bigger audience; shouldn’t it have a bigger influence, too? Why not give MBC the scoop of an interview with President Bush? Why not give LBCI some exclusive access to White House officials?

Americans must accept that they are strangers in the Arab world. We can barely understand, let alone control, what Al Jazeera’s flak-jacketed reporters in Kabul and smooth anchorwomen in Doha are saying about us. An American leader being interviewed on Al Jazeera will hardly be able to grasp the insinuations, the hidden meanings, suggested by its hostile reporters. No matter how hard we try, we cannot beat Al Jazeera at its own game. But one thing is sure: there is no need to reward a channel that has made a name for itself through stridency and anti-Americanism.

There is a war on the battlefield, and that is America’s to win. But the repair of the Arab political condition — and the weaning of the Arab world away from radicalism — is a burden, and a task, for the Arabs themselves. The only thing America can do is make sure that it never gives this radicalism — and its satellite channel — a helping hand.

Fouad Ajami, professor of Middle Eastern studies at the School of Advanced International Studies at Johns Hopkins University, is the author most recently of  »The Dream Palace of the Arabs. »

Voir aussi:

When a reporter got too close to the story
Al-Jazeera journalist Taysir Alouni was jailed by a Spanish court last week after being found guilty of collaborating with al-Qaida. Is he a terrorist sympathiser or just very good at his job?

Giles Tremlett in Madrid

The Guardian

3 October 2005

It was a scoop of truly global proportions. Just a few weeks after al-Qaida redefined the world news agenda for a generation of journalists by attacking New York and Washington on September 11 2001, television reporter Taysir Alouni interviewed the planet’s most wanted man, Osama bin Laden.

« The battle has moved to inside America. We will continue this battle, God permitting, until victory or until we meet God, » Bin Laden warned him during an hour-long, recorded chat inside a tent.

Last week, however, it was looking like a scoop too far. Former al-Jazeera television correspondent Alouni was sent to jail for seven years by a Spanish court that deemed he had not just cultivated al-Qaida contacts as he pursued Bin Laden, but had actively collaborated with them.

His meteoric career as a star war correspondent for what has fast become one of the world’s most famous television news stations has been cut short.

« He was found guilty of doing his job. It was because of that Bin Laden interview, » his wife Fatima al-Zahra said after the verdict. She will now appeal on behalf of the 50-year-old Syrian-born reporter, while facing several years looking after their five children on her own.

The Bin Laden interview was not, in fact, the direct reason for the court’s verdict. But it was mentioned in a judgment that contained what was, according to whom you speak, either a frontal assault on journalism or a warning that not everything goes when it comes to chasing a world exclusive.

« Journalistic truth, like all other truths, cannot be obtained at any price, » the 450-page judgment read. « Taysir Alouni committed the wrongdoing of collaborating with a terrorist group and, for that, he must now pay. »

« This whole trial was, from the very beginning, politically motivated, » al-Jazeera chief editor Ahmed Sheikh says. « It is a precedent that is very negative for all of us in the media. It makes our lives much more difficult. If these charges had been brought in an English court, the judge would have surely thrown them in the dustbin. The court violated a legal principle in interpreting the principle of doubt not as in favour of the defendant but against him. »

Alouni’s relationship with al-Qaida, however, started well before he began working with al-Jazeera, according to the judgment. A trained economist, he moved to Spain in the 80s, teaching Arabic and doing various other jobs before ending up as a translator for Spain’s EFE news agency.

While there he met some of the people who, many years later in Madrid, would be his co-defendants in Europe’s biggest-ever al-Qaida trial. He also met the senior al-Qaida figures who would not just influence his future career as a journalist, but also be his eventual nemesis.

In 2000 his career leapt forward when he was appointed to open and then run a Kabul bureau for al-Jazeera, while Afghanistan was governed by the Taliban regime. It was a big step for Alouni.

« I still remember when I went with him to Kabul to open the bureau. It was his first appearance in television journalism. I was there helping show him how to do it in front of a camera, how to edit a story, to cut it and deliver it, » Sheikh says. « He just mastered the whole thing very quickly. He was a very good journalist – dedicated, balanced, with integrity and honour. »

In Kabul, apart from interviewing Bin Laden, he was the first to show damage caused to civilian targets by American bombs. « He was able to capture images of civilian victims in the destitute villages of Afghanistan and the miserable streets of Kabul, » the al-Jazeera website that campaigns for his release says. « His coverage triggered international outrage over the US action in Afghanistan. »

Shortly after he fled the city, as the Northern Alliance entered Kabul, a US bomb destroyed his bureau. He himself was set upon by unknown attackers as he witnessed things he refuses to talk about. « Scenes that, I’m sorry, I could not describe to anybody, » he once said.

Al-Jazeera was impressed. When war broke out in Iraq, he was sent to cover it. Authorities on both sides disliked him. Saddam Hussein ordered his expulsion. Then the Americans again attacked the al-Jazeera bureau, killing a staffer. A vast network of al-Jazeera helpers around the country allowed him to stay ahead of others in reporting the war. « The American troops didn’t like us because we contradicted through images and words what the Americans said, » he explained afterwards.

Crucial to Alouni’s early successes, however, were the names he already had in his contact book when he arrived in Kabul. While living in Spain, he had befriended fellow Syrian Imad Eddin Barakat Yarkas. Barakat was last week sentenced to 27 years after being found guilty of holding a command role in al-Qaida and collaborating with the September 11 plotters. Alouni claimed he had cultivated Barakat for professional reasons. « I was hoovering up professional information, » he said.

The court disagreed, saying things went much further. « Taysir Alouni did not belong to the group led by Barakat. He possibly felt superior to it … but he collaborated with it, » the judgment reads.

In Spain he had also got to know Mustapha Setmarian and Mohammed Bahaiah, two al-Qaida leaders who would be his key Kabul contacts. Alouni helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey. When he went to Kabul, Alouni also took $4,000 to Bahaiah. This, he told the court, was done as a favour to a friend who owed Bahaiah money.

Alouni said his regular Kabul encounters with Bahaiah and Setmarian had a single aim – to gain intimate knowledge of one of the most secretive and unstructured organisations in the world, al-Qaida, and to make contacts within the Taliban regime. « I took advantage of the situation to extract information from them on what the Taliban were, on what al-Qaida was and on other organisations, » he explained.

The court, once again, disagreed. The reporter, they claimed, traded ethics for access. « Taysir helped them, not out of that sense of helping which forms part of the favours that all good Muslims should do for their fellows, but in order to obtain … exclusive information on al-Qaida and the Taliban regime, » the judges said.

Alouni denied knowing that Setmarian and Bahaiah were al-Qaida members. The court, yet again, did not believe him. He argued that carrying money was an act of Muslim good manners. « I took it, and that is not a bad thing … If you refuse you are looked upon badly. What is more, I was interested in these people because of the information that I needed, » Alouni said.

His boss at al-Jazeera agrees. « This is part of our culture. Taysir did it on a personal, individual basis, » says Sheikh. The broadcaster is backing Alouni’s appeal. In the meantime, it wants him bailed because of a heart condition.

The channel is not the only organisation worried by the sentence. « It sets a dangerous precedent, particularly for anyone who seeks to interview Bin Laden in the future, » says Jean-Francois Julliard of the watchdog Reporters Without Borders. « Journalists have always investigated terrorist groups. It’s part of our job. »

Alouni may now be wondering whether that first major scoop was worth it. Al-Jazeera – already facing US criticism – did not even screen it. Some of it was eventually shown, however, by CNN.

The court insists that too high a price was paid for the scoop. « Supposing that what he did in Afghanistan was done in order to get an interview with Bin Laden (which the defendant claims). If that aim had been achieved using methods that did not require punishment, it would merit recognition as a sign of his great worth; but when this achievement is the result of previous wrongdoings, the professional (journalist) must face up to the consequences of the law, » the judges said.

« We are convinced that he is innocent, » says Sheikh. « He will never lose his job. »

Voir également:

QATAR Le Club Med des terroristes
Alors que le Qatar affirme combattre l’extrémisme et a rejoint la coalition contre l’Etat islamique, différents rapports sur le terrorisme du département d’Etat américain montrent que des Qataris financent, avec l’aval de l’émirat, le mouvement djihadiste en Irak et en Syrie.
The Daily Telegraph/traduction Courrier international
Andrew Gilligan
30 Septembre 2014

Alors que le Royaume-Uni va intervenir en Irak, Alastair Campbell, le grand manitou de la communication de la précédente guerre en Irak [et ancien directeur de la communication de Tony Blair], s’est trouvé un nouveau boulot. Lui et son fils Rory écrivent désormais pour un blog sur le football, The Pressing Game, qui se targue d’être « vraiment indépendant » mais qui passe la majeure partie de son temps à réfuter les critiques concernant l’organisation par le Qatar de la prochaine Coupe du monde.

Malheureusement, comme Channel 4 l’a révélé le 26 septembre, The Pressing Game est un fait financé en secret par des lobbys qui travaillent pour le gouvernement qatari. Ce n’est pas la première fois que le minuscule royaume du Golf fait preuve d’un tel manque de transparence.

La semaine dernière par exemple, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, émir du Qatar, a donné sa première interview depuis son accession au trône en 2013. « Nous ne finançons pas les extrémistes, a-t-il déclaré sur CNN. « Si vous voulez parler de certains mouvements, notamment en Syrie et en Irak, sachez que nous les considérons tous comme des mouvements terroristes. » Le Qatar, qui accueille une importante base aérienne américaine, a d’ailleurs rejoint la coalition internationale contre l’Etat islamique (EI).

Les preuves de l’action du Qatar

La vérité est que, sans les financements importants que l’EI a reçus de certains individus au Qatar, il n’y aurait pas eu de guerre au départ. Au Royaume-Uni, Djihad John, l’homme avec un fort accent britannique présent sur les trois vidéos où sont assassinés les otages, incarne désormais aux yeux de l’opinion publique britannique la menace de l’EI.

La semaine dernière, alors même que l’émir du Qatar jurait ses grands dieux que le pays n’avait jamais financé l’EI, le Trésor américain a apporté la première preuve que l’argent du Qatar avait bien permis à Djihad John et à d’autres Britanniques de rejoindre la Syrie.

Dans ce document est ainsi révélé l’identité d’un terroriste du nom de Tariq Al-Harzi, se décrivant comme « l’émir pour la région frontalière entre la Syrie et la Turquie, chargé par l’EI d’accueillir les nouveaux combattants étrangers et de les équiper d’armes légères avant de les envoyer en Syrie ».
Il était d’ailleurs « responsable des combattants étrangers venus du Royaume-Uni ».

La vigilance du Qatar est « inexistante »

En septembre, selon le Trésor américain, Tariq  Al-Harzi « a permis à l’EI de recevoir 2 millions de dollars d’un intermédiaire financier de l’EI basé au Qatar, à condition que cet argent soit affecté uniquement à des opérations militaires. L’intermédiaire financier basé au Qatar avait également recruté Al-Harzi pour lever des fonds au Qatar. »

Doha rétorquera qu’il s’agit d’individus privés et non du gouvernement. Mais tout Etat, et encore plus une autocratie du Golfe, a les moyens d’empêcher ce genre de chose, à condition de le vouloir.

Or, à en croire les derniers rapports sur le terrorisme du département d’Etat américain, la vigilance du Qatar à ce sujet est « inexistante ». Certes, il existe des lois réprimant le blanchiment d’argent et le financement des organisations terroristes mais leur mise en application est « aléatoire » et marquée par de « graves carences ».

Par ailleurs, les preuves des liens du gouvernement qatari avec les extrémistes (dont certains ont réussi à lever des fonds alloués par la suite à l’EI) sont irréfutables. « Entre huit et douze personnalités éminentes au Qatar ont récolté des millions de dollars pour les djihadistes, a déclaré un diplomate occidental local. Et ils ne s’en cachaient guère. »

Des juteuses fusions

La plupart de ces personnalités récoltaient au départ de l’argent pour le Front Al-Nosra, une filiale d’Al-Qaida en Syrie. L’argent a coulé à flots l’année dernière quand Al-Nosra et l’EI ont officiellement fusionné et mis en commun leurs combattants et leur matériel. Mais ce partenariat fut de courte durée et a pris fin en début d’année. Une partie du financement et des armes envoyés par le Qatar à Al-Nosra entre avril 2013 et févier 2014 a alors échu à l’EI.

Le Qatar : « valet des Américains » ou « club Med des terroristes » ?
Arnaud Caldichoury

Challenges
15-01-2015

INTERVIEW Après les attentats djihadistes de Paris, une question revient souvent: Le Qatar finance-t-il l’Etat Islamique? Fabrice Balanche, spécialiste du Moyen-Orient, y répond.

« Le Club Med des terroristes ». Cette périphrase, employée par le journal Courrier International pour désigner le Qatar, en dit long sur les doutes qui pèsent sur ce pays au sujet du financement du terrorisme.

Ce sentiment de défiance envers Doha s’est d’ailleurs accentué depuis la divulgation de rapports du département d’Etat américain, qui s’interroge sur le financement de l’Etat islamique (EI) et d’Al-Qaïda par des fortunes du Qatar. Et les récents attentats qui ont frappé de plein fouet Charlie Hebdo et plus généralement la France, ne font qu’enflammer le débat. Le Qatar serait-il le bailleur de fonds des organisations djihadistes ?

Dans le même temps, le Qatar est en plein essor économique et plusieurs partenaires commerciaux (les Etats-Unis et la France au premier chef) cherchent à profiter de ce marché florissant. Alors qu’Airbus a d’ores et déjà réalisé sa première livraison de l’A350 à la compagnie aérienne Qatar Airways, la France cherche à vendre son Rafale et se veut la plus attractive possible afin d’attirer les investissements qataris, au risque d’enfreindre la loi à travers l’octroi aux Qataris d’avantages fiscaux trop juteux.

Les puissances occidentales fermeraient-elles les yeux sur certains agissements du Qatar, afin de ne pas se mettre à dos un partenaire économique primordial ?

Fabrice Balanche, maître de conférences à l’Université Lyon 2 et directeur du Groupe de Recherches et d’Etudes sur la Méditerranée et le Moyen-Orient  à la Maison de l’Orient, revient sur la question des financements et analyse la situation géopolitique du Qatar au Moyen-Orient.

1) Selon vous, le Qatar finance-t-il l’Etat Islamique ?

Avant toute chose, il faut remettre la question du financement de ces organisations terroristes dans un contexte de rivalité entre l’Arabie Saoudite et le Qatar. En effet, depuis longtemps, l’Arabie Saoudite veut mettre le Qatar et le Koweït sous sa domination. Mais le Qatar ne se laisse pas faire. La compétition entre les deux chaînes télévisées Al-Jazeera (qatarienne) et Al-Arabiya (saoudienne) symbolise cette confrontation âpre entre les deux pays du Golfe.

Au-delà de la sphère médiatique, le Qatar prend très fréquemment le contre-pied de la politique saoudienne. Alors que l’Arabie Saoudite se méfie des Frères musulmans, le Qatar se montre très accueillant à leur égard. Et depuis que l’Arabie Saoudite soutient les groupes salafistes de l’opposition syrienne, le Qatar cherche à faire de même pour limiter l’influence saoudienne dans la région. On a affaire à une véritable lutte d’influence entre le Qatar et l’Arabie Saoudite pour dominer l’opposition syrienne.

Ainsi, le Qatar a financé le Front Al-Nosra (ou Nosra) jusqu’à la scission intervenue en avril 2013. L’organisation, rattachée à Al-Qaïda, est pourtant inscrite sur la liste terroriste des Etats-Unis depuis le 20 novembre 2012 et la déclaration d’Hillary Clinton.

Après la scission en avril 2013 – autrement dit la séparation entre Nosra dirigé par le syrien Al-Joulani et l’Etat islamique (EI) conduit par l’irakien al-Baghdadi – le Qatar a choisi de soutenir l’EI contrairement à l’Arabie Saoudite qui continue de financer Nosra.

Néanmoins, la réalité est bien plus complexe encore. Si l’EI est une organisation soudée et structurée, les groupes de Nosra, bien qu’ils prêtent tous allégeance, semblent bien plus autonomes. Ainsi, le Qatar peut être également amené à financer un groupe de combattants se revendiquant de Nosra pour un intérêt particulier. De même, il existe différents clans en Arabie Saoudite, qui est loin d’être un royaume monolithique. Ces familles soutiennent aussi bien Nosra que l’EI.

Plus largement encore, ce qu’il faut comprendre, c’est que les véritables rivaux de l’Arabie Saoudite et du Qatar, ce sont toutes les entités qui constituent le « croissant chiite » (l’Iran, la Syrie des Alaouites, l’Irak chiite pro-irannienne et le Hezbollah). Dans cette optique, l’EI et Nosra sont en fait des alliés stratégiques, dans le sens où ces organisations peuvent briser cet axe pro-iranien !

Il n’y aura jamais de preuve papier sur ce financement qatari et saoudien des organisations terroristes, mais celui-ci est tout de même probable.

2) Pourtant, le Qatar est également considéré comme un « sous-fifre » des Etats-Unis. Pour preuve, la plus grande base militaire américaine se situe au Qatar, et le Qatar sous-traite la gestion de sa défense nationale aux Etats-Unis. Comment se fait-il que les Etats-Unis cautionne ce genre de financements ?

Les Etats-Unis ont probablement dû taper sur les doigts du Qatar à ce sujet. Mais ils ne contrôlent pas tout ce qui se passe dans la région. Ils ferment parfois les yeux (ou participent même) aux financements de groupes terroristes.

Il est utile de rappeler qu’il y a deux axes principaux dans la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient :

Tout d’abord, il faut savoir que les Etats-Unis sont les principaux bénéficiaires de l’essor économique du Qatar. Ils se taillent la part du lion sur le marché qatari et leur objectif principal consiste donc à préserver leur position.
La deuxième priorité des Américains concerne la sécurité d’Israël. Le lobbying israélien aux Etats-Unis est puissant, et cet enjeu sécuritaire est souvent à l’ordre du jour en période électorale.
Afin de remplir ces obligations, les Etats-Unis se doivent de trouver des points d’ancrage dans la région. A cet égard, leur  influence sur l’Arabie Saoudite et le Qatar est considérable. Les Américains jouent d’ailleurs sur la rivalité entre les deux pays en misant sur une stratégie bien connue : « Diviser pour mieux régner ».

Néanmoins, les Etats-Unis ne contrôlent pas tout, et ils se sont même laissés entrainer par le Qatar lors du Printemps arabe. A ce moment-là, le Qatar défendait les mouvements révolutionnaires, et soutenait plus particulièrement la prise de pouvoir des Frères musulmans. Le Qatar se servait du modèle de la Turquie islamo-démocrate d’Erdogan (dont le Parti de la justice et du développement est très proche des Frères musulmans)  pour défendre les Frères musulmans et gagner la confiance de l’administration d’Obama.

 La carte des révoltes du Printemps arabe – Crédit : Le Monde

Les Etats-Unis ont donc laissé faire, en pensant que tout cela allait aboutir à une démocratisation du monde arabe. Il ne fallait, selon eux, pas s’opposer au sens de l’histoire. Ainsi, le Qatar a pu acheter les élections, notamment en Tunisie et en Egypte, qui ont abouti respectivement à la prise de pouvoir du parti Ennahdha et de Mohamed Morsi.

Cependant, les masques sont rapidement tombés : Morsi, surnommé très tôt « le pharaon », s’accordait les pleins pouvoirs en novembre 2012 après cinq mois à la tête de l’Egypte. Et la Turquie d’Erdogan, première prison au monde pour les journalistes, n’est pas exempt de tout reproche non plus.

Les Etats-Unis se sont faits berner en laissant les Frères musulmans prendre le pouvoir. Présentés comme l’alternative idéale, ceux-ci font preuve d’autoritarisme, et c’est le moins que l’on puisse dire!  En 1981, Sadate est assassiné par d’ex-membres de la confrérie des Frères musulmans passés à l’extrémisme. Al-Zawahiri lui-même, le chef du réseau terroriste Al-Qaida, était un frère musulman.

Les Frères musulmans sont-ils des terroristes ? La question se pose. Ils sont en tout cas considérés comme tels par le gouvernement égyptien, la Russie et l’Arabie saoudite. Si on part de cette hypothèse, les Etats-Unis auraient donc comme le Qatar financé des terroristes.

Par ailleurs, les Etats-Unis financent parfois involontairement des djihadistes. Lorsque Al-Nosra a été considéré par les Etats-Unis comme une organisation terroriste, le front a crée de nouveaux groupuscules avec des fausses dénominations afin de capter les financements américains. Le groupe Jaysh al-Islam (Armée de l’Islam) a par exemple été financé par les Etats-Unis avant que son affiliation avec Al-Qaïda ne soit démontrée.

Enfin, lors de la libération d’otages, les pays occidentaux demandent souvent au Qatar de faire la médiation et de payer une rançon aux organisations terroristes.  Cela peut être également considéré comme du financement aux djihadistes.

3) Au-délà de ses investissements dans le sport et les médias, quelle est la stratégie diplomatique du Qatar depuis l’échec des Frères musulmans ?

Les échecs d’Ennahdha en Tunisie et des Frères musulmans en Syrie (le nouveau chef à la tête de la CNS est pro-saoudien), ainsi que le coup d’Etat en Egypte ont considérablement affaibli le Qatar.

Le Qatar utilise dorénavant la cause palestinienne afin de défendre ces intérêts dans la région et de revenir dans le jeu diplomatique international. Doha s’est servi de la guerre de Gaza à l’été 2014  pour s’affirmer comme le médiateur incontournable dans la péninsule arabique. Le pays met en avant son influence considérable sur le Hamas (qu’il finance) et prétend pouvoir négocier un cessez-le-feu ou même résoudre le conflit israélo-palestinien.

4) Al-Qaïda affirme avoir financé l’opération de Charlie Hebdo et recruté les frères Kouachi qui ont assassiné douze personnes. Amedy Coulibaly prétend, lui, avoir été envoyé par l’EI. Comment ces organisations djihadistes manipulent-ils ces jeunes terroristes ?

En France, la situation s’est dégradée de façon continue dans les banlieues, comme à Roubaix ou au nord de Marseille. Les imams radicaux ont prospéré dans ces zones et manipulent des jeunes faibles psychologiquement et complètement perdus socialement.

La mystique djihadiste est simple : le but final est de ré-islamiser la société dans le monde arabe. Selon le Hamas, Dieu les a punis avec la création d’Israël, parce qu’ils n’étaient pas de bons musulmans. Il faut donc s’unir afin de reprendre Jérusalem.

Grâce au développement d’Internet et des chaînes satellitaires, les idéologues montrent à ces populations musulmanes les bombardements incessants d’Israël, soutenu par l’Occident, sur les Palestiniens. Ils les manipulent et les dressent contre l’Occident.  La prise d’otages dans l’hyper casher n’est que la résultante de cet endoctrinement.

La situation en Syrie est également exploitée par les idéologues islamistes. Ils accusent l’Occident de laisser les musulmans rebelles en Syrie se faire tuer. Ils veulent convaincre les jeunes djihadistes que Bachar el-Assad soutient en fait Israël et l’Occident, et que ceux-ci cherchent à affaiblir les musulmans à travers la guerre civile syrienne.

Les récents bombardements de la coalition internationale sur l’EI font d’ailleurs  le jeu des prédicateurs islamistes, qui crient au complot : les Etats-Unis et Bachar el-Assad se seraient alliés pour défendre Israël.

Mohamed Merah, les frères Kouachi, Amedy Coulibaly … ils sont tous manipulés par ces théories djihadistes.

How Qatar is funding the rise of Islamist extremists
The fabulously wealthy Gulf state, which owns an array of London landmarks and claims to be one of our best friends in the Middle East, is a prime sponsor of violent Islamists
David Blair and Richard Spencer
20 Sep 2014

Few outsiders have noticed, but radical Islamists now control Libya’s capital. These militias stormed Tripoli last month, forcing the official government to flee and hastening the country’s collapse into a failed state.
Moreover, the new overlords of Tripoli are allies of Ansar al-Sharia, a brutal jihadist movement suspected of killing America’s then ambassador to Libya, Christopher Stevens, and of trying to murder his British counterpart, Sir Dominic Asquith.
Barely three years after Britain helped to free Libya from Col Gaddafi’s tyranny, anti-Western radicals hold sway. How could Britain’s goal of a stable and friendly Libya have been thwarted so completely?
Step forward a fabulously wealthy Gulf state that owns an array of London landmarks and claims to be one of our best friends in the Middle East.
Qatar, the owner of Harrods, has dispatched cargo planes laden with weapons to the victorious Islamist coalition, styling itself « Libya Dawn ».

Western officials have tracked the Qatari arms flights as they land in the city of Misrata, about 100 miles east of Tripoli, where the Islamist militias have their stronghold. Even after the fall of the capital and the removal of Libya’s government, Qatar is « still flying in weapons straight to Misrata airport », said a senior Western official.

So it is that Qatar buys London property while working against British interests in Libya and arming friends of the jihadists who tried to kill one of our ambassadors. A state that partly owns 1 Hyde Park, London’s most expensive apartment block, and the Shard, the city’s tallest building, is working with people who would gladly destroy Western society.

A view of the Shard and the city

The remarkable truth is that few in the Middle East would be shocked. From Hamas in the Gaza Strip to radical armed movements in Syria, Qatar’s status as a prime sponsor of violent Islamists, including groups linked to al-Qaeda, is clear to diplomats and experts.

Qatar’s promotion of extremism has so infuriated its neighbours that Saudi Arabia, Bahrain and the United Arab Emirates all chose to withdraw their ambassadors from the country in March.

Take Syria, where Qatar has been sponsoring the rebellion against Bashar al-Assad’s regime. In itself, that policy places Qatar alongside the leading Western powers and much of the Arab world.

But Qatar has deliberately channelled guns and cash towards Islamist rebels, notably a group styling itself Ahrar al-Sham, or « Free Men of Syria ». Only last week, Khalid al-Attiyah, the Qatari foreign minister, praised this movement as « purely » Syrian.

He added that its fighters had suffered heavy losses while combating the Islamic State of Iraq and the Levant (Isil), the group behind the murder of David Haines, the British aid worker, and which is holding John Cantlie and Alan Henning hostage.

Far from being a force for moderation, Ahrar al-Sham played a key role in transforming the anti-Assad revolt into an Islamist uprising. Its men fought alongside Jabhat al-Nusra, an al-Qaeda affiliate, during the battle for Aleppo and they were accused of at least one sectarian massacre.

Instead of fighting Isil, Ahrar al-Sham helped the jihadists to run Raqqa, the town in eastern Syria that is now the capital of the self-proclaimed « Caliphate ». This cooperation with Isil happened for some months until the two groups fell out last year.

Last December, the US Treasury designated a Qatari academic and businessman, Abdul Rahman al-Nuaimi, as a « global terrorist ». The US accused him of sending nearly £366,000 to « al-Qaeda’s representative in Syria », named as Abu Khalid al-Suri.

Suri has also been a senior commander of Ahrar al-Sham. If America was right to describe him as « al-Qaeda’s representative », then there was an overlap between the leadership of the two groups.

Mr Nuaimi is also accused by the US treasury of transferring as much as $2 million per month to « al-Qaeda in Iraq » and $250,000 to al-Shabaab, the movement’s affiliate in Somalia. Mr Nuaimi denies the allegations, saying they are motivated by his own criticism of US policy.

Abdul Rahman al-Nuaimi

But critics question why Qatar has failed to act against him. « It’s deeply concerning that these individuals, where sufficient evidence is in place to justify their inclusion on the US sanctions list, continue to be free to undertake their business dealings, » said Stephen Barclay, the Conservative MP for North East Cambridgeshire.

Qatar’s investment in Britain is so extensive, and the Foreign Office is so anxious to win its favour, that some question whether UK diplomats will have the resolve to ask robust questions. « If diplomats are focused on winning commercial contracts, there is a danger they will be reluctant to ask tough questions on the funding of unsavoury groups, » said Mr Barclay.

A Foreign Office spokesman insisted there was no such risk, saying: « We encourage further progress to prevent terrorist financing from individuals in the [Gulf] region. We have honest and robust conversations with all our Gulf partners on these issues, including Qatar. »

One diplomat from a country in the Middle East said Jabhat al-Nusra had been a beneficiary of Qatar’s help for a period last year. « They are partly responsible for Jabhat al-Nusra having money and weapons and everything they need, » said the diplomat.

There was no evidence of Qatar’s largesse going directly to Isil, he added, but this could have taken place by accident rather than design. « I don’t think they have any intention to support Isil, but it’s a fact they did support Jabhat al-Nusra. And some people moved from Jabhat al-Nusra and went over to Isil and they took their weaponry with them, » added the diplomat.

Four branches of the Qatari government handle relations with armed groups in Syria and Libya: the foreign ministry, the defence ministry, the country’s intelligence agency, and the personal office of the ruler, Emir Tamim bin Hamad al-Thani.

In the case of Syria, Qatar’s chosen method for supporting its favoured insurgents is to pass large sums to middlemen in Turkey. These figures then use the money to buy weapons from third countries, notably Croatia, and arrange for their onward transfer to rebels in Syria.

Experts question how much control Qatar has over this process and whether the middlemen might be pursuing their own aims and pocketing much of the money.

« Qatar was handling weapons and supplies for Syria, but they were never really keeping a full grip on the nature of the conflict, » said Michael Stephens, the deputy director of the Royal United Services Institute’s office in Qatar. Others believe that Qatar was acting very deliberately.

Last month, Gerd Müller, the German international development minister, implicated Qatar in the rise of Isil. « You have to ask who is arming, who is financing Isil troops. The keyword there is Qatar, » he said.

Yet a state endowed with large reserves of gas and oil and one of the world’s biggest sovereign wealth funds can wield immense influence, even over Berlin. Qatar was duly able to secure a formal withdrawal of this charge from the German government.

On Wednesday, the 34-year-old Emir of Qatar, who was educated at Harrow and Sandhurst, took pains to deny the accusation while standing alongside Angela Merkel, the German Chancellor. « What is happening in Iraq and Syria is extremism and such organisations are partly financed from abroad, but Qatar has never supported and will never support terrorist organisations, » he said.

The credibility of that denial depends partly on how you define a « terrorist organisation ». Qatar has let Hamas, the armed Palestinian movement, base its political leadership in Doha since 2012. Qatar’s government has funded Hamas and the previous Emir paid an official visit to the Hamas-ruled Gaza Strip in 2012.

As a small country with relatively weak armed forces and 250,000 citizens, Qatar is trying to guarantee its security by reaching in every direction. As well as providing an office for Hamas, Qatar also hosts the forward headquarters of US Central Command and the al-Udeid military airbase, serving as the hub for all American air operations in the region.

Qatar has not completely ignored the concerns of its Western allies. When it transferred surplus arms from Libya to rebels in Syria, Qatari officials weeded out any surface-to-air missiles, in obedience to America’s demand to prevent the supply of this particular category of weapon.

But Qatar’s willingness to support extremists has caused private dismay. « It’s a puzzle and, to be honest, it’s a distasteful one, » said a former Western official who has dealt with Qatar.

« There are people around the Gulf who are supporting people who are grotesque in their values and seem incapable of translating it into their minds how grotesque it is. »

Voir aussi:

Le Qatar pris pour cible
Yves Bourdillon

Les Echos

12/01/15

La France défend la réputation du Qatar. De riches qataris sont soupçonnés d’avoir financé des organisations terroristes.

« Le Qatar finance le PSG… et le terrorisme ». La bannière des supporters bastiais avant le match de football de samedi a choqué (elle a été rapidement retirée). Et poussé Nicolas Sarkozy comme Laurent Fabius à monter au créneau lundi pour défendre la réputation du petit émirat, aux considérables intérêts financiers en France et allié de Paris au Proche-Orient et en Libye. Le ministre français des Affaires étrangères a récusé cette accusation, soulignant qu’ont été « effectuées les vérifications nécessaires, par tous les services. »

Le Qatar, pays de seulement 280.000 citoyens (pour une population totale de 2 millions) mais disposant des troisièmes réserves mondiales de gaz n’est en effet pas seulement propriétaire du PSG. Via notamment son fonds d’investissement, le troisième le plus riche du monde, il est aussi un actionnaire minoritaire, de 1 à 5 %, d’EADS, Vinci, Veolia, Total, Vivendi et LVMH. Il est l’actionnaire principal de Lagardère et possède Le Printemps, l’hôtel Royal Monceau, la chaîne TV beIn Sports.

Sa chaîne à diffusion mondiale, Al Jazeera est aussi la source d’information de référence d’une large partie des musulmans en France. C’est là que le bat blesse car Al Jazeera suit une ligne éditoriale nettement anti-occidentale, relayant notamment les prêches haineux de Youssef Al Qaradawi. Sa direction, selon la fuite d’un mail interne, a critiqué la campagne mondiale de soutien à « Charlie Hebdo », dont les dessins étaient « offensants ».

Ambiguïté
Une ligne éditoriale qui ne suffit pas pour autant à faire du Qatar un sponsor du terrorisme. C’est plutôt sur le plan financier que Doha est critiqué. Le Qatar a joué la carte islamiste durant le printemps arabe, au risque de se fâcher avec ses voisins saoudiens ou du Koweït. Il clame qu’il n’a jamais eu aucun lien avec des terroristes. De fait, ce n’est pas l’Etat qatari qui aurait financé les djihadistes mais de riches qataris, au début de la guerre civile en Syrie.

David Cohen, le sous-secrétaire du Trésor américain, avait affirmé en novembre que deux hommes d’affaires, ayant pignon sur rue à Doha, Khalifa Muhammad Turki Al Subaiy et Abd Al Rahman bin Umayr Al Nuaymi, sont des financiers avérés de l’Etat islamique ou d’Al Qaida. Al Nuaymi, un ancien président de la Fédération qatari de football, fournirait 2 millions de dollars par mois aux djihadistes en Syrie.

« Le Qatar constitue un environnement permissif pour le financement du terrorisme  », résume un rapport de la Fondation pour la Défense de la Démocratie, une ONG à Washington. Qui ajoute que Doha refuse d’agir contre « plus de vingt individus sanctionnés par Washington pour financement du terrorisme ».

Voir également:

 Al Jazeera, le nouveau muezzin des quartiers
Rafi hamal

Le Ravi

le 26/09/2011

Al Jazeera fait kiffer les cités populaires de la région. Et les cités le lui rendent bien : son audience ne cesse de croître alors même que la version francophone de la chaîne du Qatar reste encore un projet. Elle catalyse les émotions et les frustrations. Est-elle un danger ?

Quel point commun entre ces jeunes d’un quartier populaire d’Avignon, les chibanis d’une résidence sociale de Toulon ou les militantes d’une association de femmes de Marseille ? Ils sont férus d’Al Jazeera. Quatorze ans après son lancement, la chaîne arabe a réussi à se faire un nom. Créée au Qatar, elle est née aux yeux du monde avec un scoop : la première vidéo de Ben Laden. Fondée en 1996, elle a, depuis 2006, une petite sœur en langue anglaise. Pour l’heure, en France, la chaîne se regarde un peu du coin de l’œil. Et pour cause ! Très peu de gens la comprennent. Les programmes sur Al Jazeera, sont diffusés en arabe littéraire. Les populations issues de l’immigration maghrébine parlent l’arabe dialectal. Mais son audience, déjà significative, devrait augmenter. Les autorités du Qatar ont l’ambition de lancer, à l’horizon 2011, Al Jazeera en français. Même si rien n’est encore acté, Doha veut récupérer ainsi le marché de la population française d’origine maghrébine et, en Afrique, pénétrer les pays francophones.

Renaissance mémorielle

Sans attendre, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les toits et les balcons des banlieues fleurissent de paraboles. Al Jazeera, après avoir été la chaîne des parents, est-elle en voie de devenir la chaîne des enfants du bitume, ceux des grandes barres de Marseille, Nice, Avignon et Toulon ? Le sociologue Saïd Bouamama, spécialiste de l’immigration, initiateur de l’appel des Indigènes de la République, a son idée sur la question. « Il y a un réel divorce avec les chaînes nationales qui passent les mêmes images stigmatisantes et dégradantes des banlieues, souligne-t-il. En 2005 lors des émeutes, elles n’ont quasiment pas donné la parole aux jeunes. Les gens de ces quartiers ont soif d’une autre information, plus objective moins réductrice. »

Il est impossible de quantifier avec rigueur l’étendue de l’audimat. Mais incontestablement, la chaîne qatarie s’est ouverte sur ce terreau de nouveaux espaces. Des lieux géographiques, mais aussi des couches sociales, où l’on affirme ouvertement « son ras-le-bol et son mal-être ». Une phrase qui se répète dans toutes les cités de la région chez les chômeurs, les Rmistes comme chez les jeunes militants-intellos déclassés. « Pour des gens qui ont le sentiment de vivre dans une société où ils ne sont ni valorisés ni reconnus, Al Jazeera est en quelque sorte un catalyseur, précise Mohamed Adraoui, enseignant à Sciences-Po Paris. Les quartiers ont le sentiment de ne pas être acteurs de leur propre discours, mais d’être des éternels sujets. Le fait que la chaîne existe est important, en terme de symbole et de fierté. » Une sorte de « Renaissance mémorielle » selon la formule de l’intellectuel suisse Jean Ziegler…

Images chocs

Ne court-on pas, à terme, le risque de voir une partie de la communauté nationale s’enfermer dans un ghetto cathodique ? C’est la question que s’est posé, à sa manière, Jean de Boishue, conseiller de François Fillon, ancien secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, qui, dans un livre brûlot intitulé « Banlieue, mon amour » (1) paru en 1995, s’interroge ouvertement : « Les Arabes vivent chez nous, mais le soir ils rentrent chez eux. Les paraboles les relient à Dieu, les pays frères ou la voix de leurs maîtres. Plus la parabole absorbe de signaux lointains venus d’Orient, plus la France devient inutile. » Faut-il sonner le tocsin ?

« Pas du tout ! », rassure Claire Talon, doctorante à Sciences-Po Paris, auteure de nombreux travaux sur les médias arabes. Elle publiera en mars un livre sur la chaîne du Qatar. « Al-Jazeera n’a, pour l’heure, pas de programme adapté, pas de discours spécifique à l’attention des Français issus de l’immigration, explique-t-elle. L’impact immédiat est très limité, à cause de la barrière de la langue. Les gens sont comblés, pas forcément par l’offre informative, mais de manière symbolique par les images. » Sauf que les écrans de la chaîne, sont justement ripolinés à coup d’images chocs qui impriment la rétine. En janvier 2009, l’armée israélienne refait la géographie de Gaza à coup de bombes et de missiles. Les reportages sur les réfugiés palestiniens, hagards dans une ville muée en décor sépulcral ont déclenché un immense choc émotionnel dans l’opinion et, accessoirement, converti de nouveaux téléspectateurs.

La chaîne des banlieues ?

« Avant 2009, les seuls qui choisissaient de regarder les chaînes arabes, c’étaient les parents, constate Fouzia professeur à Toulon. Aujourd’hui, même les « beurs » de la deuxième ou troisième génération regardent Al Jazeera. A la longue, cette chaîne vous fout des cailloux dans la tête. Il n’y a que stigmatisation et violence. Après une journée de problème, si vous regardez ça, ça vous bouffe littéralement. » Elle, résiste encore. Pas Farid, qui vient de fêter ses 30 printemps : « La journée, la société me fait comprendre que je suis différent, pourquoi voulez-vous que le soir je me reconnaisse dans ces chaînes de télé trop blanches où des politiques blancs s’adressent à des blancs ? Et puis faut se rendre compte du traitement de l‘actualité. Quand je voyais, pendant la guerre de Gaza, ce que montrait TF1 ou France 2 et ce que montrait Al Jazeera ! Les chaînes nationales ont présenté une guerre sans victime, avec Al Jazeera, on a vu ce que faisait réellement l’armée israélienne. »

« Al Jazeera a indiscutablement gagné en notoriété après le conflit de Gaza en 2009, confirme Alain Gresh, directeur adjoint du Monde Diplomatique. La question palestinienne mobilise énormément dans les quartiers. Et la chaîne a su donner un autre récit, en se montrant sur le terrain et en accordant une place centrale aux victimes. L’histoire du monde, depuis des siècles est montrée par des occidentaux, là ce n’est plus le cas. » Tout oppose partisans et détracteurs d’Al Jazeera. Tout, sauf un point essentiel, sur lequel ils s’accordent : l’importance de son auditoire futur si elle devient francophone.

Pour la sénatrice, d’Europe-Ecologie, Alima Boumediene-Thiery, cela ne fait aucun doute : « ce sera assurément la chaîne des banlieues ! » Pour d’autres, sans aller jusqu’à « l’odieux visuel » on en est pas loin. « J’ai une certaine inquiétude de voir le conflit israélo-palestinien importé ici, même si Al Jazeera n‘est pas Al Manar (2) je reste vigilant », avoue Clément Yana, ancien président du CRIF Paca, le Conseil représentatif des institutions juives de France. « Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, tranche Alain Gresh. Les pressions du gouvernement sont très fortes pour que cette chaîne francophone ne voit jamais le jour. Le gouvernement français a une vision sécuritaire de l’offre télévisuelle arabe, et il a peur qu’en cas de nouvelle Intifada, le conflit soit amplifié et importé. » Mais déjà, dans nos villes, des jeunes en mal de repères, cohabitent dans un rapport de totale indifférence avec le reste de la population…

Voir de plus:

Attaques au Canada: le manuel du parfait petit djihadiste appliqué au pied de la lettre
L’Express avec AFP

24/10/2014

En moins d’une semaine, le Canada a été la cible de deux attaques terroristes, l’une dans la région de Montréal, l’autre à Ottawa. Deux soldats ont trouvé la mort. Dans les deux cas, les auteurs semblent avoir agi en dehors de tout réseau organisé.
Abattre un soldat en faction, s’attaquer aux symboles du pouvoir, renverser en voiture un militaire… Si les deux attaques terroristes commises cette semaine au Canada ne sont, selon les services de renseignements, pas liées, elles ont néanmoins un point commun. Michael Zehaf-Bibeau à Ottawa et Martin Rouleau-Couture dans la région de Montréal ont appliqué à la lettre les consignes des organisations terroristes.

Depuis plusieurs années Al-Qaïda exhorte, à longueur d’articles ou de vidéos sur Internet, ses recrues et ses volontaires à passer à l’action sans ordre précis, sans organisation pour les entraîner ou les soutenir, glorifiant à l’avance ces « héros du djihad individuel ». Un leitmotiv repris en septembre par l’organisation Etat islamique (EI). « Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien (…) alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière », a déclaré Abou Mohammed al-Adnani, le porte-parole de l’EI.

« Comment faire une bombe dans la cuisine de votre mère »

Dès l’automne 2010, dans le magazine djihadiste en anglais « Inspire », le converti américain Adam Gadahn (dit « Azzam l’Américain ») évoquait « les devoirs du djihad individuel ». Un peu plus tard, dans une vidéo intitulée « Vous n’êtes responsables que de vous-mêmes », il lançait: « Les Musulmans en Occident doivent savoir qu’ils sont parfaitement positionnés pour jouer un rôle décisif dans le djihad contre les sionistes et les croisés. Alors, qu’attendez-vous? »

Les magazines djihadistes en ligne ont multiplié les recettes de fabrication artisanale de bombes (« Comment en faire une dans la cuisine de votre mère ») et les listes de cibles, au premier rang desquelles figurent systématiquement les militaires occidentaux, suivis des hommes politiques et des lieux de pouvoir symboliques aux Etats-Unis et chez leurs alliés. Contre elles, tout est bon: leur tirer dessus à l’arme de guerre ou de chasse, les poignarder, poser des bombes artisanales, répandre du poison, utiliser voiture ou camion comme arme. « Le moujhahid doit pratiquer le djihad individuel là où il vit et réside, sans avoir à affronter les épreuves du voyage vers les terres où le djihad est possible », expliquait en 2012 la revue. « L’ennemi est partout. »

Des loups solitaires difficiles à neutraliser

Les experts ont depuis longtemps mis en garde contre le danger que représentent des individus isolés qui, s’ils ne sont pas en mesure de monter des attaques de grande envergure, sont, en restant prudents et discrets avant de bouger, quasiment impossibles à repérer. « Comment les neutraliser? C’est très difficile. Il faut une législation adaptée, des moyens préventifs », explique Louis Caprioli, sous-directeur chargé de la lutte anti-terroriste de 1998 à 2004 à la Direction de la surveillance du territoire. « Les deux Canadiens avaient été repérés, les passeports avaient été confisqués, mais la législation canadienne ne permettait pas d’aller au-delà. Dans des cas comme ceux-ci, la seule solution est de les arrêter et de les emprisonner préventivement. C’est ce qui va être possible avec la nouvelle loi antiterroriste qui va être adoptée en France ».

Voir encore:

Inspire, la revue d’al-Qaida veut faire école en France
Romain Mielcarek

Slate

17.04.2013

Interprétation religieuse, témoignages de djihadistes, conseils opérationnels et recettes de bombes faites maison, Inspire vous donne toutes les astuces pour devenir un bon terroriste. La revue, éditée par Aqpa, est téléchargeable tranquillement sur Internet… désignant désormais la France pour cible.

Fabriquer une bombe dans la cuisine de maman, incendier une voiture sur un parking en dix étapes, accéder à des forums djihadistes en toute sécurité ou encore «tondre» les «mécréants» avec un pick-up Ford en guise d’engin de mort… ce sont quelques-unes des idées proposées par la revue Inspire pour semer la terreur en toute autonomie.

Inspire est un magazine distribué sur Internet, éditée par al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) depuis l’été 2010. La revue, dont la maquette ferait pâlir certains canards français, est alors accueillie de manière partagée par la communauté djihadiste comme sécuritaire. Les uns et les autres accusent diverses organisations d’Etat d’avoir organisé un «hoax», une arnaque, pour repérer les internautes soutenant le djihad ou pour décrédibiliser la cause.

Rapidement pourtant, l’authenticité de ce document sera admise par tous. Derrière, l’élite d’Aqpa est aux commandes d’un bel outil de propagande dont l’objectif principal est la radicalisation de potentiels terroristes occidentaux, qui pourraient organiser seuls leur propre projet d’attentat.

Inspire a été lancé par Anwar al-Awlaki, surnommé le «Ben Laden d’Internet». L’homme est impliqué dans plusieurs grosses affaires d’attentats en Occident, de la radicalisation du major Nidal Malik Hasan, l’auteur de la tuerie sur la base militaire américaine de Fort Hood en novembre 2009; à celle d’Umar Farouk Abdulmutallab, l’auteur d’une tentative échouée d’attentat à coups de slip piégé sur le vol Amsterdam Detroit de Noël 2009.

A ses côtés et à la plume dans Inspire, on trouve Adam Yahiye Gadahn, dit Adam l’Américain; Yahya Ibrahim, un prédicateur ayant séjourné au Canada; ou encore Samir Khan, un Américain qui a longtemps entretenu un blog appelant au djihad, depuis sa banlieue new-yorkaise.

Beaucoup de ces propagandistes, dont al-Awlaki lui-même, ont été capturés ou tués par des tirs de drones ces dernières années. De plus jeunes, à la tête desquels Adam l’Américain, ont depuis pris le relais.

Dans un anglais parfait, ils continuent d’offrir à un public anglophone toutes les cartes pour devenir un djihadiste convaincu et déterminé. Des conseils de fabrication de bombes, dans la rubrique «open source djihad», mais aussi toute l’interprétation idéologique et religieuse nécessaire à la justification des actes les plus graves, nourrissant une auto-radicalisation indispensable au passage à l’acte.

Un djihad «cool»

Ce qui faisait rire dans un premier temps, n’amuse plus personne au sein de la communauté du renseignement. Yves Trotignon, analyste chargé des questions de terrorisme au sein du cabinet Risk&Co, nous confirme la réalité de cette menace:

«En décembre dernier, deux Somaliens ont été arrêtés à Bonn par les Allemands. Ils préparaient un attentat avec une bombe qui était parfaitement comparable à celles décrites dans Inspire. Inspire est la bible en matière de propagande djihadiste. Surtout, elle est conçue comme une vraie revue et on y trouve absolument tout: des conseils opérationnels, de la réflexion idéologique, des témoignages, des reportages… Inspire diffuse du savoir-faire à grande échelle, comme autant de bouteilles lancées à la mer.»

Pour Aqpa, Inspire est en effet un modeste investissement. Si de telles revues existaient déjà en langue arabe, c’est la première fois qu’un magazine est intégralement écrit en anglais. Entre les différents articles, des affiches sur le modèle des publicités que l’on trouve dans nos revues appellent les musulmans vivant en Occident à soutenir et participer au djihad. Avec Inspire, kalachnikov et autres images épiques parlent à l’imaginaire d’un jeune qui aurait grandi dans un pays riche: le djihad est «cool».

Sur Internet, chaque publication de la revue est largement commentée par les scientifiques et les analystes. Les candidats au djihad lisent-ils Inspire et y trouvent-ils des idées? Des exemplaires ont été retrouvés chez des suspects aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède ou encore au Pakistan. «Cela devient malheureusement courant», remarque Yves Trotignon.

En France, les services de renseignement ne communiquent pas sur ce qu’ils trouvent dans les chambres des terroristes suspectés. Ils annoncent sobrement, en général, avoir retrouvé de la «propagande djihadiste», sans donner le détail. Il peut s’agir aussi bien de vidéos de décapitation que de la revue d’Aqpa.

C’est sur les forums djihadistes que l’on trouve des éléments sur la place que peut jouer Inspire dans la radicalisation de certains Français. Lors de la sortie de chaque numéro, les contenus d’Inspire y sont largement débattus. Les internautes les plus motivés s’appliquent même à traduire certains articles en français pour faciliter la lecture à ceux qui auraient été moins attentifs aux cours d’anglais au collège. Mathieu Guidère, spécialiste de la veille multilingue et de la menace djihadiste, a passé beaucoup de temps à analyser ces discussions:

«Il y a plusieurs profils. Certains lecteurs s’intéressent surtout à l’aspect technique. Ils commentent les innovations et les astuces qui sont proposées dans la revue. D’autres se penchent plutôt sur l’aspect politique, idéologique. Les derniers enfin, les “théologistes”, étudient comment Inspire justifie par la religion l’action terroriste. Tout cela donne lieu, sur les forums, à de longs débats et les francophones suivent tout cela de près, malgré leur déception de ne pas voir développer une version dans leur langue, qui serait moins concentrée sur les Etats-Unis et plus sur la France.»
Et effectivement, même en anglais, la barrière de la langue fait son travail. Inspire est téléchargé principalement en Grande-Bretagne, puis aux Etats-Unis, suivis ensuite par les pays nordiques (Suède, Danemark, Finlande) et l’Australie. Le contenu lui-même fait très largement référence à l’Amérique et à Obama, systématiquement désignés comme l’ennemi à abattre. Une ligne éditoriale qui pourrait cependant évoluer: dans le dernier numéro, paru fin février, la France devient une cible. Menacée en vertu de son intervention au Mali, l’auteur s’inspire de la mythologie médiévale et s’amuse des difficultés économiques occidentales. En conclusion de son article, il appelle «des dizaines de Mohammed Merah» à attaquer Paris.

Le «petit chimiste» du terroriste en herbe
Reste à savoir si ces débats et cette propagande amènent à passer à l’acte. Pour reprendre l’exemple de la dernière livrée d’Inspire, il y est question de faire le djihad en s’attaquant aux voitures. Les auteurs proposent de repérer des parkings discrets pour y brûler des voitures. Ils suggèrent encore de poser des pièges sur les routes pour causer des accidents. L’objectif: semer la terreur… chez les compagnies d’assurance occidentales. Là aussi, la démarche peut paraître invraisemblable. Elle n’est pourtant pas nouvelle, nous explique Yves Trotignon:

«Dans les années 1990, le GIA a revendiqué des “incivilités”, jusque dans l’est de la France.»
Difficile dès lors d’évaluer lesquelles, parmi ces incivilités, sont le fait d’une forme de terrorisme ou non. Tout un casse-tête pour les agences de renseignement.

Un autre exemple est évoqué par ce spécialiste de la menace terroriste. En octobre 2010, Aqpa va envoyer plusieurs imprimantes piégées via de simples colis UPS et FeDex, à destination des Etats-Unis. L’information arrive jusqu’aux services de renseignements qui vont fouiller tous les appareils passant par Dubaï, où un premier engin explosif est neutralisé. Le second sera retrouvé en Grande-Bretagne. Aqpa se fera un malin plaisir de présenter la facture détaillée de ce qu’ont coûté ces bombes dans un numéro spécial de sa revue qui titre en gros caractères, avec un avion UPS en fond: 4.200$. Le document explique intégralement la méthode et incite à la reproduire, causant pour cette modique somme des dépenses de sécurité modérées dans les pays visés.

Cette recette aurait même inspiré d’autres apprentis terroristes… chez les anarchistes grecs. Alors que les fidèles d’al-Qaida testaient grandeur nature leurs imprimantes explosives, les Grecs de «Conspiration des cellules de feu» recyclaient la recette avec quelques paquets similaires, envoyés à Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Silvio Berluscioni à la fin 2010. Faut-il y voir un lien? Pour Mathieu Guidère, pas d’hésitation, «les djihadistes et les anarchistes sont les deux publics qui lisent Inspire pour y trouver des idées».

Quant à empêcher la lecture d’Inspire, il semble difficile d’enrayer le mal. Après chaque publication, elle circule sur Internet très rapidement et reste facile à télécharger. Les services britanniques seraient à l’origine d’un bug qui avait empêché la lecture du tout premier numéro… mais celui-ci avait été immédiatement rediffusé par les auteurs. Des exemplaires d’Inspire ont même été retrouvés dans la prison de haute sécurité de Guantanamo. Les autorités américaines ont toujours refusé de dire dans quelle cellule. Mais l’information n’est pas rassurante, d’autant plus que l’un des chroniqueurs du magazine revendique d’écrire depuis ces geôles, symbole de la guerre de l’Amérique contre le terrorisme.

Voir encore:

Al-Souri, le cerveau du djihad des pauvres
Gilles Kepel (Politologue et spécialiste de l’islam, professeur à Sciences Po)

Le Monde

28.04.2013

Moustapha Sitt Mariam Nassar, plus connu sous le pseudonyme d’Abou Moussab Al-Souri (le Syrien), né à Alep en 1958, a été de tous les combats du djihad depuis qu’il a rejoint en 1976 les rangs de l’Avant-Garde combattante, la branche paramilitaire des Frères musulmans syriens. Etudiant en ingénierie, il assiste au massacre des Frères musulmans par le régime lors du soulèvement de Hama en 1982.

Réfugié en France, il se familiarise avec la production tiers-mondiste. En 1985, il se fixe en Espagne, où il épouse une gauchiste athée qui se convertira à l’islam et lui donnera le précieux passeport européen facilitant ses déplacements. Rejoignant le front afghan sur fond de retraite de l’Armée rouge et proche de l’idéologue du djihad « du premier âge », le Palestinien Abdallah Azzam, assassiné en 1989 à Peshawar, il commence à coucher sur le papier ses réflexions en plein conflit civil afghan, puis revient dans son Andalousie en 1992 – où il soutient le djihad du Groupe islamique armé algérien, dont il se fera le relais depuis le « Londonistan » en Angleterre. Il y publie le journal ronéoté Al Ansar, qui exalte faits d’armes et autres massacres d' »impies ».

En 1996, après la victoire des talibans, il revient en Afghanistan, où il organise les rendez-vous de Ben Laden et des doctrinaires du « deuxième âge du djihad », dont Zawahiri, avec la presse internationale. Il est dubitatif envers les actions spectaculaires montées par Al-Qaida et commence à écrire un premier jet de son opus, Appel à la résistance islamique mondiale. Le déluge de feu qui s’abat sur Al-Qaida après le 11-Septembre, l’invasion de l’Afghanistan et la chute des talibans le renforcent dans ses convictions : errant au Pakistan, il achève son livre, rédigé au format d’un e-book, où les conseils de « manuel du djihad » sont téléchargés par les adeptes.

Capturé en octobre 2005 à Quetta, il est remis aux Américains et, selon ses avocats, livré par ceux-ci aux Syriens autour de 2007 – à une époque où Bachar Al-Assad est en cour en Occident. Selon des sites islamistes « fiables », il est remis en liberté fin 2011, alors que la révolution syrienne a débuté et que le régime s’emploie à inoculer à celle-ci le virus djihadiste pour lui aliéner le soutien occidental. Des rumeurs invérifiables font état de son retour dans sa ville natale d’Alep, place forte de l’insurrection, où les milices djihadistes du Jabhat Al-Nousra ont pignon sur rue – sans que l’on puisse mesurer son rôle exact.

Voir de même:

Terrorisme
Abou Moussab al-Souri, le nouveau Ben Laden ?
Youssef Aït Akdim

Jeune Afrique

09/12/2013

Théoricien du jihadisme global, il s’est distingué par sa critique argumentée de la stratégie de l’ex-chef d’Al-Qaïda. Et il passe même, aux yeux des Américains, pour être son possible successeur.

Personne ne sait où il se trouve. Mais deux ans et demi après la mort d’Oussama Ben Laden, il dispose de nombreux atouts pour devenir le vrai patron du terrorisme post-Al-Qaïda. Libéré, dit-on, en décembre 2011 par Bachar al-Assad, Abou Moussab al-Souri aurait quitté la Syrie. Mais pour quelle destination ? On évoque le Yémen, repaire d’Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (Aqpa). À moins qu’il ne soit resté dans son pays, nouveau ventre mou de la région. Incroyable cynisme du pouvoir de Damas qui aurait libéré à dessein un jihadiste confirmé en pleine guerre civile ? Voire.

Né en 1958 dans une famille de la petite bourgeoisie alépine, Souri, de son vrai nom Mustafa Setmariam Nasar, est un routard du jihadisme global. Étudiant ingénieur en mécanique de l’université d’Alep, il rejoint en 1980 un groupe militant émanant des Frères musulmans. Avec ses camarades, il assiste, impuissant, à la répression féroce du soulèvement armé de Hama, en 1982. Souri rumine depuis les leçons de cette défaite infligée par les troupes de Rifaat al-Assad, le frère du président syrien de l’époque. Dans ses écrits, le militant sans frontières naît à ce moment-là. Il part s’entraîner dans des camps secrets en Jordanie puis en Égypte. Ceinture noire de judo, cet homme charpenté détonne avec sa barbe et ses cheveux roux, ses yeux verts. Pratique pour se fondre dans la foule à Londres, où il a vécu au mitan des années 1990.

Auparavant, Souri était en Andalousie, terre mythique des conquérants musulmans, où il est arrivé en 1985. Il épouse Elena Moreno, une ancienne gauchiste qui se convertit à l’islam et avec qui il a quatre enfants. Dans un milieu plutôt macho, Souri cultive les attentions galantes. Un ami barbu s’en étonne. Il répond : « Nous, les Syriens, savons y faire. » Sur place, il entre en contact avec d’autres jeunes islamistes. Il rencontre le « chef d’Al-Qaïda en Espagne », Abou Dahdah, et un certain Tayssir Allouni, futur journaliste à Al-Jazira. Naturalisé espagnol, Souri est désormais libre de ses mouvements. En 1994, il s’installe à Londres, s’impose comme l’un des leaders de la diaspora islamiste et devient l’un des responsables de la revue Al-Ansar, dirigée par le Jordanien Abou Qatada.

Mais déjà, Souri lorgne l’Asie centrale. Il a déjà voyagé au Pakistan et en Afghanistan dès 1987. Il aide à organiser des camps d’entraînement pour les moudjahidine lancés contre l’occupation soviétique, notamment ceux du Palestinien Abdallah Azzam, l’un des idéologues qui influencèrent Ben Laden. Véritable « architecte du jihad global », selon l’ouvrage de référence que lui a consacré le chercheur norvégien Brynjar Lia, il est un « dissident, un esprit critique, un intellectuel au sein d’un courant idéologique où l’on s’attendrait à trouver plutôt de l’obéissance ». Le livre où il expose sa doctrine, Appel à la résistance islamique mondiale, publié sur internet en décembre 2004, peut être lu comme une critique argumentée de la stratégie de Ben Laden.

Une bible de jihadisme

Cette bible du jihadiste (1 600 pages) peut sembler répétitive. C’est en réalité un redoutable manuel d’endoctrinement dont se seraient inspirés des personnages aussi divers que le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, le Français Mohamed Merah ou les frères Tsarnaev, Américains d’origine tchétchène auteurs présumés de l’attentat de Boston en avril 2013, et même le Norvégien Anders Behring Breivik. Souri expose une théorie à rebours de celle d’Al-Qaïda, dont il prédisait la logique suicidaire. Dès son retour en Afghanistan en 1998, il s’était opposé à la stratégie du terrorisme spectaculaire. Dans un courriel au chef d’Al-Qaïda en 1999, retrouvé à Kaboul fin 2001 par des journalistes américains, il moque le goût affiché par Ben Laden pour les médias : « Notre frère a été contaminé par la maladie des écrans, des flashs, des fans et des applaudissements. » Piquant, quand on sait que Souri a monté plusieurs interviews du Saoudien, dont celle avec Peter Bergen, de CNN, en 1997.

Instruite par la débâcle en Afghanistan, la stratégie de Souri s’appuie, elle, sur des individus ou de petites cellules qui pourraient se former et s’armer tout en restant indépendants. Seul moyen d’échapper à la surveillance et à la lutte antiterroriste. Pas d’organisation, pas de filière, pas de capture. « L’ennemi est fort et puissant, nous sommes faibles et pauvres. La guerre sera longue. Notre seule voie est celle d’un jihad révolutionnaire au nom d’Allah », écrit-il. Cette lutte culminant, dans ses fantasmes les plus fous, avec une guerre chimique ou des bombes à composants radioactifs sur le sol américain. « Une bombe sale pour un pays sale », s’amusait-il.

Abou Moussab al-Souri disparaît des radars

Au même moment, les États-Unis en font l’un des terroristes les plus recherchés, offrant une récompense de 5 millions de dollars (3,7 millions d’euros) pour sa capture. Réponse de Souri : « Je prie Dieu pour que l’Amérique regrette amèrement de m’avoir provoqué et poussé à la combattre par la plume et par l’épée. » Mais c’est un homme aux abois qui écrit ces lignes. En novembre 2005, la sinistre ISI – l’agence pakistanaise de renseignements – le capture à Quetta, capitale du Baloutchistan. Emprisonné à Rawalpindi, il est rapidement livré aux Américains. Souri disparaît des radars. Son nom n’apparaît pas dans les listes des prisonniers de Guantánamo. Comme d’autres « détenus de haute valeur », il est trimbalé entre les prisons noires de la CIA, comme la base secrète de Diego Garcia, perdue au milieu de l’océan Indien, avant d’être remis aux Syriens.

Le retour en force de ses anciens enregistrements vidéo et audio sur les forums jihadistes laisse à penser, selon les spécialistes du terrorisme, qu’il ne va pas tarder à réapparaître. Mais d’autres pensent au contraire que, après avoir passé plus de six ans entre les mains des services secrets les plus brutaux de la planète, Souri a perdu toute crédibilité aux yeux de ses anciens compagnons.

Voir par ailleurs:

Head of Al Nusrah Front interviewed by journalist convicted in Spain on controversial terror charges
Thomas Joscelyn

The long War

December 27, 2013

The head of the Al Nusrah Front, Abu Muhammad al Julani, finally granted a television interview earlier this month. Al Nusrah has long had a prolific media shop. But in a world in which al Qaeda’s jihadists use and manipulate various media channels to get their message out, Julani has pursued a different course. The Al Nusrah head is so secretive that until recently little was known about the man, even as he oversaw one of al Qaeda’s fastest growing branches in Syria.

Al Jazeera’s Tayseer Allouni conducted the interview from inside Syria with the reclusive Julani. It was the latest exclusive for Allouni, who has garnered high-profile interviews with senior al Qaeda leaders before. Allouni was the first to air an interview with Osama bin Laden after the Sept. 11, 2001 terrorist attacks.

In the years that followed his interview with bin Laden, Allouni was at the center of a high-profile trial. Spanish authorities accused Allouni of being more than just an enterprising journalist. In 2005, a Spanish court convicted Allouni of supporting al Qaeda and sentenced him to seven years in prison. Allouni spent time in prison and then house arrest.

Allouni was released in 2012 and resumed his work for Al Jazeera. After his return to Doha, Allouni denounced his conviction as « political. »

Allouni’s conviction was controversial. For Allouni and his advocates, the Spanish courts had trampled on the rights of a proactive journalist who simply used his networking skills to get the story. « I was hoovering up professional information, » Allouni explained, according to an account in the Guardian.

Among Allouni’s contacts was Imad Yarkas, the accused head of al Qaeda’s network in Spain. Yarkas was also convicted on terrorism charges.

The court rejected Allouni’s explanation of his relationship with Yarkas. Tayseer Allouni « did not belong to the group led by [Imad Yarkas]. He possibly felt superior to it … but he collaborated with it, » the Spanish court’s judgment reads. « Journalistic truth, like all other truths, cannot be obtained at any price, » the judgment continued. « Taysir Alouni committed the wrongdoing of collaborating with a terrorist group and, for that, he must now pay. »

Allouni denied providing any real assistance to al Qaeda’s network in Europe or elsewhere.

The Spanish court focused, in particular, on Allouni’s relationship with two of Yarkas’ associates: Mohammed Bahaiah (a.k.a. Abu Khalid al Suri) and Mustafa Setmariam Nasar (a.k.a. Abu Musab al Suri).

Both Bahaiah and Nasar had been imprisoned by Bashar al Assad’s regime. Before joining al Qaeda’s ranks, they were members of the Syrian Muslim Brotherhood, which opposed Assad. Various accounts suggest that Allouni himself was a member of the Syrian Muslim Brotherhood, but he reportedly denied that allegation.

Today, Bahaiah is Ayman al Zawahiri’s representative in Syria and throughout the Levant. He is also a founding leader of Ahrar al Sham, a Syrian extremist group that fights alongside al Qaeda’s branches in Syria. [See LWJ report, Syrian rebel leader was bin Laden’s courier, now Zawahiri’s representative.]

Nasar was also reportedly freed in the wake of the Syrian uprising, but his current status is unknown.

Alleged ties to Bahaiah, Nasar

Spain’s allegations tying Allouni to Bahaiah and Nasar have been previously summarized by the Guardian and by Brynjar Lia in his biography of Nasar, Architect of Global Jihad: The Life of Al Qaeda Strategist Abu Musab al Suri.

Years ago, Allouni « helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey, » the Guardian reported. And when Allouni traveled to Kabul in March 2000, Allouni « took $4,000 to Bahaiah, » which Allouni claimed he did as a favor « to a friend who owed Bahaiah money. »

According to Spanish court documents, cited by Lia, Allouni described his relationship with Nasar in the following terms:

We exchanged opinions. We are from the same community. I hope that you understand the peculiarity of relations within the Arab community. Thus, it is normal that an Arab and his family, who wishes to spend the night in my house, ask me. … So I invited him [Nasar] – it is not possible to deny that – and hence, relations developed.
The Spanish government also claimed that Allouni received assistance from Nasar in setting up Al Jazeera’s presence in Kabul. « [I]f you wish to come here, I can facilitate things for you and present you to some of the Taliban figures, » court documents quote Nasar as saying to Allouni.

Allouni did not deny knowing the two Syrian al Qaeda operatives, but claimed that his contacts with them were innocuous and that they were not really al Qaeda. During Allouni’s trial in 2005, Lia writes, Allouni « admitted meeting » both Bahaiah and Nasar in Kabul, describing the pair as a « source of information about al Qaeda’s activities, its followers, and the world of radical Islam. »

« I took advantage of the situation to extract information from them on what the Taliban were, on what al Qaeda was and on other organizations, » Allouni said, according to the Guardian.

Spanish court records indicate that while Nasar was living in London prior to 2001, Allouni made « frequent phone contacts » with Nasar. And when the media reported in 2000 that Nasar was part of a schism within al Qaeda, Nasar turned to Allouni to publicly deny the charge, via Al Jazeera. After the 9/11 attacks, according to the US government, Nasar swore bayat (an oath of allegiance) to bin Laden.

Reporting from the post-9/11 battlefields

Allouni’s interview with Julani is just the latest example of his work reporting from the post-9/11 battlefields. Allouni has previously reported from both Afghanistan and Iraq.

On Oct. 10, 2001, The Washington Post described some of Al Jazeera’s reporters as having « links with the Muslim Brotherhood, a radical Islamic organization with ties to a member of the al-Jazeera board. » Allouni, according to the Post, was the « most prominent such reporter » and « was known in the past for his pro-Taliban views. » In the weeks following the Sept. 11, 2001 terrorist attacks, Allouni became « one of the primary outlets for Taliban statements and denunciations of the United States. »

The following day, on Oct. 11, 2001, The New York Times noted that Allouni was « the only reporter » in Taliban-controlled Kandahar. Allouni, the Times reported, had provided a « major exclusive » for Al Jazeera’s coverage – a video of American warplanes bombing Taliban positions that was also aired on CNN.

Writing for the Times in November 2001, Fouad Ajami said Allouni’s coverage of the war in Afghanistan included a « wistful tribute to the Taliban’s public-works efforts. » Allouni portrayed the American bombing campaign as undoing the Taliban’s good work. « It appears that all the labors that had been made by the Taliban government prior to the outbreak of the war to repair the roads have scattered to the wind, » Allouni said during one video shown to Al Jazeera’s viewers.

It is no surprise that as the war in Syria rages on, Tayseer Allouni has received exclusive access once again.

Voir aussi:

5 Reasons to Doubt Al-Qaeda Magazine’s Authenticity
Max Fisher

The Atlantic

Jul 1 2010

Late Wednesday evening, The Atlantic’s Marc Ambinder reported that the first-ever English-language propaganda magazine purportedly written by al-Qaeda officials had surfaced on websites in the vibrant online jihadi community. The publication, « Inspire, » carries the emblem of al-Qaeda’s Yemen-based spin-off, al-Qaeda in the Arabian Peninsula (AQAP). The magazine, which was uploaded in PDF format, carries the bylines of such super-star jihadists as al-Qaeda founders Osama bin Laden and Ayman al-Zawahiri as well as U.S.-born radical cleric Anwar al-Awlaki, who now lives in Yemen. Ambinder’s report cited a U.S. official confirming that the PDF has appear on jihadi web forums, which independent analysts have confirmed to CNN. Still, wrote Ambinder, « It is possible, although not likely, that the magazine is a fabrication. » Indeed, here are some reasons to question the authenticity of this document:

(1) Bin Laden and Zawahiri are extremely secretive and issue statements rarely and directly to the media. It would be unusual for them to write for a third-party publication, especially one put out by the Yemen-based AQAP, with which they have little or no direct ties. However, it is possible that the magazine’s producers simply copied old statements they had made.

(2) The language of the magazine, such as « Make a bomb in the kitchen of your mom, » reflects either a poor command of English or a light-hearted sense of self-parody. AQAP is not known for either. Awlaki, whose location in Yemen makes his participation very plausible, is a native, fluent, and very articulate English speaker. His fiery English-language sermons are not funny.

(3) The magazine includes an essay by Abu Mu’sab al-Suri. But Suri, whose connection to al-Qaeda is uncertain, has been locked up in Guantanamo–and possibly a CIA black site–since 2005. However, as with bin Laden, it is possible the magazine simply copied old statements.

(4) Analysts tell me that the magazine PDF file either does not load properly or carries a trojan virus. This is unusual because al-Qaeda and AQAP have produced and disseminated such PDF publications many times without such problems. If the report was produced by U.S. counterintelligence, or if the U.S. operatives attached the virus to the original file, would the trojan really be so easily detectable by simple, consumer-grade virus scanners? Surely U.S. counterintelligence has less detectable viruses at their disposal.

(5) The web-based « jihadi » community itself seems suspicious. The report has received little attention on web forums, especially given its apparent importance. A publication including such high-profile figures would normally receive far more attention than it has so far.

There are also reasons to doubt that the report was produced by U.S. counterintelligence, as CI officials would likely know enough to edit out these red flags. It’s unclear who that leaves, but the most likely culprit could simply be mischievous, if knowledgeable, pranksters in the U.S. who wanted to disseminate a trojan virus among jihadi forum visitors. That would also explain why the document was written in English.

Of course, none of these doubts are definitive and it remains a significant possibility that the publication is authentic. Leah Farrall, an AQAP expert and former Australian counterterrorism official, expressed doubt about the publication but disputed some of the cases against its authenticity.

« The make a bomb in the kitchen of your mum is not by Awlaki. It may be an effort to play on an old series of manuals released a few years back on how to build IED’s from materials in your home. Many readers would be familiar with these manuals since some sections have been translated into English before. So that by itself is not really enough to bring into question the authenticity of the document, » she wrote in an email. « The addition of an al-Suri excerpt is curious, but not unexpected. AQAP ideologues have mentioned his book before. So, this is also not enough to bring into question the authenticity of the document. »

It’s not clear who produced this PDF and why. But there are some compelling reasons to doubt that it was produced by al-Qaeda in the Arabian Peninsula for the purpose of spreading the group’s message to English speakers.

Voir encore:

Al Qaeda’s chief representative in Syria killed in suicide attack
Thomas Joscelyn

The Long war

February 23, 2014

Abu Khalid al Suri, whose real name is Mohamed Bahaiah, has been reportedly killed in a suicide attack in Aleppo. Al Suri’s death has been confirmed on several Twitter feeds managed by Ahrar al Sham and the Islamic Front.

Al Suri, a longtime al Qaeda operative, was a founding member of Ahrar al Sham and a senior leader in the organization at the time of his death. Ahrar al Sham is arguably the most powerful rebel organization within the Islamic Front, a coalition of rebel groups that was formed late last year.

Hassan Abboud, a top official in Ahrar al Sham and the Islamic Front, confirmed al Suri’s « martyrdom » in a Tweet early this morning. The official Twitter feeds for the Islamic Front and Ahrar al Sham say that al Suri was killed along with his « comrades » in a suicide attack at one the Front’s headquarters in Aleppo. And a hashtag commemorating al Suri’s death is already being used on jihadist Twitter pages.

As of this writing, there has been no official claim of responsibility for al Suri’s death. Some reports on social media implicate the Islamic State of Iraq and the Sham (ISIS), which was recently disowned by al Qaeda’s general command, as the group responsible for the attack.

Al Suri was a key figure in the dispute between ISIS and other jihadist groups inside Syria, including Ahrar al Sham and the Al Nusrah Front, which is an official branch of al Qaeda.

In a May 2013 letter, al Qaeda emir Ayman al Zawahiri named al Suri as his intermediary in a leadership disagreement between ISIS and the Al Nusrah Front. The dispute became public the previous month when ISIS emir Abu Bakr al Baghdadi attempted to subsume control of the Al Nusrah Front. Abu Muhammad al Julani, the emir of Al Nusrah, rejected al Baghdadi’s order and directly reaffirmed his allegiance to Zawahiri instead.

Al Suri’s mediation efforts failed and the dispute between the groups grew more vehement in the months that followed as Ahrar al Sham, Al Nusrah, and other jihadists rejected ISIS’ power grab.

One last attempt at mediation in January, spearheaded by a popular pro-al Qaeda Saudi cleric named Abdallah Muhammad al Muhaysini, failed after ISIS rejected the initiative. All of the other major rebel groups, including Ahrar al Sham and the Al Nusrah Front, endorsed Muhaysini’s proposal, which was released just hours after a similar appeal by Zawahiri. [See LWJ report, Saudi cleric’s reconciliation initiative for jihadists draws wide support, then a rejection.]

Al Qaeda’s general command, or senior leadership, officially disowned ISIS after it rejected Muhaysini’s proposal. The decision was apparently prepared beforehand in the event that ISIS failed to accept the reconciliation initiative.

The Long War Journal reported on Dec. 17, 2013 that al Suri was a senior leader in Ahrar al Sham in addition to being Zawahiri’s main representative in Syria. US intelligence officials told The Long War Journal that al Suri’s placement within Ahrar al Sham, alongside other senior al Qaeda operatives in the group, revealed that al Qaeda has influence in organizations that are not officially recognized as affiliates or branches of the group.

Al Suri’s al Qaeda role was long known in counterterrorism circles. The Spanish government accused him of serving as Osama bin Laden’s chief courier in Europe prior to the Sept. 11, 2001 terrorist attacks. Spanish officials found that he carried surveillance tapes of the World Trade Center and other American landmarks from the operative who made the videos to al Qaeda’s senior leadership in Afghanistan. [See LWJ report, Syrian rebel leader was bin Laden’s courier, now Zawahiri’s representative.]

Shortly after The Long War Journal reported on al Suri’s dual-hatted role in Ahrar al Sham and al Qaeda in December 2013, the US Treasury Department described al Suri as « al Qaeda’s representative in Syria. » Treasury revealed that an al Qaeda supporter in Qatar had transferred nearly « $600,000 to al Qaeda via » al Suri in 2013 and was preparing to transfer an additional $50,000.

Abu Khaled al Suri’s death, therefore, is a major development in the history of the Syrian war and al Qaeda’s role in it. However, al Qaeda retains the loyalty of numerous other senior jihadists on the Syrian battlefield.

Voir de plus:

Le chef d’al-Qaïda perd son représentant en Syrie, tué à Alep
RFI

24-02-2014

Abou Khaled al-Souri, compagnon de route du chef d’al-Qaïda Ayman al-Zawahiri et d’Oussama ben Laden, a été tué dimanche dans un attentat-suicide à Alep, en Syrie. Il jouait le rôle de médiateur entre deux organisations de combattants se réclamant d’al-Qaïda dans le pays, le Front al-Nosra et l’Etat islamique en Irak et au Levant.
Avec notre correspondant à Beyrouth,  Paul Khalifeh

Abou Khaled al-Souri était le représentant personnel en Syrie du chef d’al-Qaïda. En juin dernier, Ayman al-Zawahiri l’avait chargé de trancher tout différend entre les deux branches se réclamant de l’organisation extrémiste : le Front al-Nosra et l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Ayman al-Zawahiri avait pris fait et cause pour al-Nosra, désigné comme le seul représentant légitime d’al-Qaïda en Syrie.

Présenté comme un compagnon de route d’Oussama ben Laden et de son successeur Ayman al-Zawahiri, le Syrien Abou Khaled n’était pas pour autant membre du Front al-Nosra. Il était l’un des chefs d’un troisième groupe, Ahrar al-Cham, également très proche d’al-Qaïda, bien qu’il n’affiche pas ouvertement ses affinités.

Sur ce dernier point, comment pourrait-il en être autrement puisque ce groupe est l’une des principales composantes du Front islamique, avec qui les Etats-Unis ont exprimé le souhait d’établir un dialogue ? Assumer publiquement ses sympathies pour al-Qaïda serait – c’est le moins que l’on puisse dire – embarrassant aussi bien pour Washington que pour Ahrar al-Cham.

La mort d’Abou Khaled al-Souri et de six autres combattants d’Ahrar al-Cham, dans un attentat-suicide attribué à l’Etat islamique, met fin à la trêve précaire entre les deux organisations dans le Nord syrien, après des semaines de combats qui ont fait plus de 2 000 morts. Les deux frères ennemis se livrent désormais une guerre sans merci.

Voir également:

Zawahiri eulogizes al Qaeda’s slain Syrian representative
Thomas Joscelyn

The Long War

April 4, 2014
The video accompanying Zawahiri’s message shows a clip of Abu Khalid al Suri walking alongside Osama bin Laden and Zawahiri at the Al Farouq camp in Afghanistan in 2000.
Ayman al Zawahiri, the head of al Qaeda, has released an audio message eulogizing Abu Khalid al Suri, who served as Zawahiri’s representative in Syria until he was killed by a suicide bomber on Feb. 23. Al Suri was also a founding member and senior leader in Ahrar al Sham, a powerful militant organization that helps lead the Islamic Front, which is a coalition of several rebel groups.

Al Qaeda has released a video accompanying Zawahiri’s verbal message. The video contains images of other al Qaeda actors, but Zawahiri himself is not shown. Zawahiri’s message and the accompanying video were translated by the SITE Intelligence Group.

Although the Islamic State of Iraq and the Sham (ISIS) is not mentioned in the production, the video and Zawahiri’s message are clearly aimed at the group, which was disowned by al Qaeda’s general command in early February.

Top jihadists have accused ISIS of killing al Suri, and the group remains the most likely culprit in the slaying.

The video opens with a clip of Atiyah Abd al Rahman, who served as al Qaeda’s general manager before he was killed in a US drone strike in August 2011. Rahman discusses the sanctity of Muslim blood and the importance of avoiding Muslim casualties while waging jihad.

Rahman’s message, recorded long before ISIS became a player in the Syrian war, reflects al Qaeda’s sensitivity to the criticisms the group has faced within the Islamic world. Al Qaeda has killed far more Muslims than non-Muslims in its campaign of terror. Here, however, Rahman’s words are intended as a rebuke of ISIS.

The video then cuts to footage of Abu Khalid al Suri walking alongside Osama bin Laden and Zawahiri at the Al Farouq training camp in Afghanistan in 2000. Al Qaeda’s propagandists zoom in on footage of al Suri at the camp.

A longtime al Qaeda operative

Zawahiri says he knew Abu Khalid al Suri « from the days of the jihad against the Russians » and he knew al Suri « until his capture in Pakistan » approximately a decade ago. Abu Khalid al Suri « was a colleague of the professor of the mujahideen, Sheikh Abu Musab al Suri, may Allah release him very soon, Allah willing. »

Abu Musab al Suri is a major jihadist ideologue whose teachings continue to influence al Qaeda’s thinking. The Al Nusrah Front, al Qaeda’s official branch in Syria, openly follows Abu Musab al Suri’s teachings. There are conflicting reports concerning his status in Syria, with some accounts saying he has been freed from Assad’s prisons.

However, Zawahiri’s message is the third instance in which senior al Qaeda leaders have used the phrase « may Allah release him » in reference to Abu Musab al Suri. This is a strong indication that he remains imprisoned.

Zawahiri re-established contact with Abu Khalid al Suri after the Syrian revolution. Zawahiri says the « last message » he received from Abu Khalid al Suri, prior to his capture in Pakistan, « was nearly ten years ago … stating that he supported a speech I gave, where I said that victory is but the patience of an hour. » After al Suri was captured « [c]ommunication was cut off between us, until the outbreak of the blessed Syrian revolution. »

According to Zawahiri, Allah then « facilitated the communication between us after Allah relieved him and spared him from being captured by » Assad’s forces. « He was to me and my brothers such a great advisor, » Zawahiri says.

Abu Khalid warned Zawahiri that he sees in Syria « the seeds of sedition, which he experienced in Peshawar » — a reference to jihadist infighting in the past, which al Qaeda ties to ISIS’ actions in the present. Indeed, al Suri was a strong critic of ISIS and did not hide his rejection of the group’s practices.

« This sedition that Abu Khalid saw and was warning about, Allah willed that it make him a martyr, » Zawahiri says.

Without naming ISIS, Zawahiri calls on Muslims to reject any group that behaves like the former al Qaeda affiliate. « Every Muslim and mujahid must disavow all those who refuse arbitration » by an « independent » sharia court, Zawahiri says. Al Qaeda and other jihadist groups have repeatedly called on ISIS to submit itself to arbitration in a common sharia court, but ISIS has refused to abide.

« Every Muslim and mujahid must not be involved in the blood of the mujahideen, » Zawahiri says, according to SITE’s translation. « And for this, he must refuse to blow up their headquarters or kill their sheikhs. » In addition, « [a]ll Muslims must not help whoever blows up the headquarters of the mujahideen and sends to them car bombs and human bombs, and stop supporting them in any form. »

This is precisely how al Suri was killed.

Jihadist infighting in Syria reminiscent of the past

Zawahiri says that the infighting inside Syria reminds him of Algeria in the 1990s. Veteran jihadists within the Armed Islamic Group (commonly known by its French acronym, GIA) turned on one another and also indiscriminately slaughtered Muslims. Zawahiri says the GIA’s infighting led first to the « spiritual death of that group, followed by [its] physical death. »

In an effort to rectify the GIA’s excess, in the late 1990s al Qaeda helped form the Salafist Group for Preaching and Combat (known as the GSPC) as an offshoot of the GIA. The GSPC then evolved into al Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM), a branch of al Qaeda. Zawahiri personally oversaw AQIM’s official merger with al Qaeda in 2006.

Zawahiri references a meeting he had years ago in Peshawar with Sheikh Abu Muhammad al Maqdisi, an influential jihadist ideologue now imprisoned in Jordan who has issued criticisms of ISIS’ actions from his prison cell. According to the story, which the al Qaeda emir calls « funny yet sad, » Zawahiri said that some had labeled him a disbeliever because he refused to « brand the Afghan mujahideen as disbelievers. » To this Maqdisi allegedly replied, « You do not know that they [this same group] branded me a disbeliever because I did not brand you a disbeliever. »

ISIS today labels everyone who does not agree with the group a disbeliever, including Abu Khalid al Suri.

Voir encore:

Islam : ce que révèlent les livres prônant le djihad en supermarché
Alexandre Devecchio
Le Figaro

29/07/2014 à 17:13

FIGAROVOX/ANALYSE – Pour son «Opération Ramadan», l’éditeur libanais Albouraq met en vente dans 1000 magasins de France des livres prônant le djihad et la mort des «hérétiques». Le décryptage de l’islamologue Claude Sicard.

Claude Sicard est agronome, docteur en économie, spécialiste du développement. Il est l’auteur de deux livres sur l’islam, L’Islam au risque de la démocratie et Le face-à-face islam chrétienté. Quel destin pour l’Europe?
«La Voie du musulman» ou «les jardins des Saints» qui prônent le djihad et la mort des «hérétiques» sont en vente libre dans les grandes surfaces. Ces livres sont-ils fidèles au Coran ou donnent-ils une interprétation dévoyée de l’islam? La violence et le djihad sont-ils intrinsèques à l’islam?

Claude SICARD. – Le Coran, qui est véritablement «la parole de Dieu» pour les musulmans, délivre aux croyants de cette religion des messages que, nous, citoyens de pays démocratiques, considérons être indubitablement des incitations à la haine. En sorte que normalement la diffusion de ces messages devrait tomber sous le coup de la loi. Citons quelques sourates pour illustrer notre propos:

L’attitude vis-à-vis des incroyants: «Ô vous qui croyez, combattez ceux de vos voisins qui sont infidèles» (9,123) ; ou encore: «Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez» (9,25) ; et aussi: «Ô Prophète, incite les croyants à combattre: vingt braves d’entre eux terrasseront 200 infidèles» (8,65), etc. Avec, pour déculpabiliser les croyants qui en viendraient à tuer des infidèles et qui s’en émouvraient, cette sourate qui leur dit: «Ce n’est pas vous qui les avez tués, c’est Dieu» (8,17).

L’attitude vis-à-vis des juifs: «Ô croyants, ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens» (5,51).

D’une façon générale, il faut avoir en mémoire cette sourate où il est dit: «Mahomet est l’envoyé de Dieu. Ses compagnons sont durs envers les infidèles, et miséricordieux entre eux». Dans une société telle que la conçoit l’islam, il faut savoir qu’il n’y a de place que pour des croyants. Les uns sont dans la bonne voie (les musulmans), les autres, «les gens du Livre» qui tiennent à rester dans l’erreur, sont admis: ils ont le mérite de croire en Dieu, et on les tolérera donc, mais en en faisant des citoyens de second rang, dits des «dhimmis». Ces citoyens de second rang se trouveront en permanence brimés dans leur vie de tous les jours, et la situation leur deviendra finalement insupportable. Les incroyants, quant à eux, seront persécutés: ils devront soit se convertir à l’islam soit être éliminés. Et il y aura effectivement beaucoup de fraternité entre les musulmans, mais seulement entre eux, une sourate disant: «Ô croyants, ne vous liez d’amitié qu’entre vous «(3,118). Rappelons aussi la sourate 3,28 qui précise: «Que les croyants ne prennent pas leurs amis parmi les infidèles, au lieu des croyants. Ceux qui feraient ainsi n’auraient rien à attendre de Dieu.»

L’éditeur se défend en arguant que le contenu de la Bible peut lui aussi être choquant. Lorsqu’ils sont lus de manière littérale, tous les livres sacrés ne sont-ils pas sujets à mauvaise interprétation?

Certes, on trouve dans la Bible des passages violents. Mais la distinction fondamentale qui est à faire entre la Bible et le Coran se trouve dans le fait que la Bible a été rédigée par des hommes, alors que le Coran est par nature la parole de Dieu. Il faut rappeler que les musulmans nous disent que le message de Dieu délivré aux hommes a depuis la nuit des temps toujours été le même: les prophètes qui ont précédé Mahomet ont été des hommes «inspirés par Dieu» (Moise et Jésus étant les deux principaux d’entre eux). Du fait qu’ils étaient des hommes, le message qu’ils ont délivré était imparfait, mal compris, tronqué… Le message de Dieu a finalement été recueilli dans son intégralité par Mahomet a qui Dieu a dicté son message: c’est donc le message auquel on doit se conformer, car c’est le message parfait, et il n’y en aura plus d’autre. Quand on lit dans le Coran des passages qui prônent la violence, il s’agit donc bien d’injonctions délivrées par le Tout-Puissant, des messages que l’on ne peut donc qu’exécuter si l’on est un croyant sincère et soucieux de son devenir après la mort.

La distinction entre « islam radical » et « islam soft » est sans fondement. Elle est l’effet des arrangements que nos sociétés occidentales tentent de trouver pour ne pas condamner les musulmans dans leur refus d’adopter nos valeurs et de se conformer à la manière que nous avons, nous Occidentaux, de concevoir l’organisation de nos sociétés.

Le succès de ce type de livre, notamment en période de ramadan, témoigne-t-il, malgré tout, d’une banalisation de l’islam radical? Faut-il s’en inquiéter?

La réponse à cette question est «oui». En effet, la distinction entre «islam radical» et «islam soft» est sans fondement. Elle est l’effet des arrangements que nos sociétés occidentales tentent de trouver pour ne pas condamner les musulmans dans leur refus d’adopter nos valeurs et de se conformer à la manière que nous avons, nous Occidentaux, de concevoir l’organisation de nos sociétés. La démocratie, et les valeurs sur lesquelles elle est fondée, est le système politique inventé par les «chrétiens», un système que les Occidentaux se croient fondés à imposer aujourd’hui aux autres civilisations.

L’islam orthodoxe est bien celui qui est conforme au Coran: mais les intellectuels musulmans modernes sont des réformateurs. Ils refusent de faire du Livre saint de l’islam une lecture «littérale», disant qu’il faut «contextualiser» le Coran» pour le dégager du contexte particulier dans lequel la parole de Dieu a été délivrée: il s’agissait d’une Arabie du septième siècle de notre ère, et le message qui a alors été délivré est à moderniser aujourd’hui en en gardant l’esprit. C’est la position par exemple d’un intellectuel comme Malek Chebel avec son ouvrage à grand succès: «Manifeste pour un islam des Lumières» où cet islamologue propose quelque vingt-sept réformes importantes. Et c’est aussi la position de Tariq Ramadan, ce brillant intellectuel si fortement médiatisé, et inutilement diabolisé, qui s’oppose à une lecture littérale du Coran. Ce prédicateur si écouté des jeunes musulmans européens écrit par exemple dans son ouvrage «L’Islam et le réveil arabe»: «l »islam est en passe à une mutation profonde imposée par l’évolution historique et le nouvel environnement politique, économique culturel et plus largement géopolitique» (page 165).

Tous les intellectuels musulmans vivant en Occident sont donc pour une réforme de l’islam tel qu’il ressort de la lecture du livre saint, mais malheureusement les foules sont et restent sous la tutelle des imams des mosquées qui s’en tiennent à cet islam rigoureux prôné par les wahhabites et les salafistes. Les réformateurs vivant en Occident sont des intellectuels et leur discours n’est pas écouté des religieux. Avec la diffusion d’ouvrages qui prônent le djihad et la mort des hérétiques on banalise donc l’islam radical et on barre la voie aux musulmans réformateurs que l’Occident aurait le plus grand intérêt à soutenir dans leur combat.

Intégrer des musulmans dans une société occidentale qui a pour fondement le christianisme est une utopie. Les musulmans tiennent à conserver leur identité, et on ne peut pas le leur reprocher.
S’agit-il d’un réflexe communautaire lié à l’échec de l’intégration ou d’un réel basculement dans l’intégrisme de toute une partie de la population?

Les musulmans appartiennent à une autre civilisation que la civilisation occidentale. Ils savent que leur civilisation a été plus forte que la nôtre dans le passé, au Moyen Âge, et on ne manque pas de le leur rappeler d’ailleurs. Par la suite, c’est notre civilisation, avec ses avancées extraordinaires aux plans scientifique et technique qui a pris le dessus. Ils nous rappellent que nous sommes allés les dominer pendant plusieurs siècles avec nos techniques et nos armes. Mais tout récemment ils sont parvenus à nous chasser des territoires que nous leur avions pris, et avec le pétrole ils disposent à présent d’une arme redoutable contre nous. Ces peuples qui considèrent que nous les avons soumis, humiliés, pillés en exploitant à notre compte leurs richesses, ont le sentiment que nous les méprisons: ils ont commencé dans la seconde moitié du XXe siècle à prendre leur revanche, et leur ressentiment à l’égard de l’Occident est très fort.

Comment veut-on donc que ces musulmans qui viennent s’installer en Europe pour des raisons de commodité et de confort aient envie de quitter sentimentalement leur monde, c’est-à-dire leur civilisation, à un moment où celle-ci prend précisément sa revanche sur la civilisation occidentale, pour devenir «traîtreusement» des «Occidentaux»? Les musulmans ont le sens de l’honneur et ils trahiraient les leurs s’ils devenaient de bons Occidentaux.

Intégrer des musulmans dans une société occidentale qui a pour fondement le christianisme est une utopie. Les musulmans tiennent à conserver leur identité, et on ne peut pas le leur reprocher. C’est bien ce que leur recommande de faire un prédicateur comme Tariq Ramadan, un prédicateur qui a le succès que l’on sait. Il ne s’agit pas tant d’une affaire de religion que d’une affaire d’identité, et tout individu est prêt à lutter très fort pour défendre son identité. Y compris en y laissant sa vie s’il le faut..

On pourrait dire de façon provocatrice que pour qu’un musulman devienne un vrai Occidental, il faut en fait qu’il se convertisse au christianisme. Certes, les Européens sont en majorité agnostiques, mais même cet agnosticisme s’est construit avec une culture et une tradition judéo-chrétienne. Il faut appréhender les problèmes d’intégration avec les approches des anthropologues, et ne pas rester sur des idées simplistes. Le Coran dit aux chrétiens qu’ils sont dans l’erreur: comment donc des musulmans adopteraient-ils les thèses de ces gens que le Prophète a ordonné de combattre? Le message antichrétien est dans le livre saint de l’islam: il ne facilite pas l’intégration des musulmans dans nos sociétés occidentales, des sociétés fondées, il ne faut pas le négliger, sur les valeurs et les traditions chrétiennes.

Voir par ailleurs:

« Timbuktu » et « L’Apôtre » plus dangereux que « Charlie » ?

VIDÉOS. L’un dénonce le djihadisme, le second décrit la conversion d’un musulman au christianisme. Certaines projections ont été annulées « par précaution ».
« L’Apôtre » raconte l’histoire d’un jeune musulman qui se convertit au christianisme. © Carron Distribution

Phalène de La Valette

Le Point

20/01/2015

« Bonsoir madame, la DGSI nous a vivement conseillé d’annuler notre soirée débat du 23 janvier autour de la projection du film L’Apôtre, devant les risques d’attentats, cette projection pouvant être vue comme une provocation pour la communauté musulmane. » Voilà le message envoyé par la salle municipale de Nantes à la réalisatrice française Cheyenne Carron, quatre jours après la marche républicaine qui avait vu des millions de Français affirmer leur attachement à la liberté d’expression au cri de « Je suis Charlie ».

Par deux fois, les projections de son film L’Apôtre, qui raconte la conversion d’un musulman au christianisme, ont été annulées. À Nantes donc, mais aussi à Neuilly (Hauts-de-Seine), où le cinéma Le Village s’est abstenu à la suite de la demande de la préfecture de police. Des mesures de précaution compréhensibles dans le contexte qui est le nôtre, mais qui entrent en contradiction avec le discours sur la liberté d’expression entendu ces jours-ci. Pourquoi, en effet, interdire à une salle de cinéma ce qu’on autorise à un journal ?

« Pour ouvrir le dialogue »

Cette différence de traitement est d’autant plus frappante que L’Apôtre est une oeuvre dont la diffusion est assez confidentielle (faute de moyens, il n’a pu être projeté que dans une poignée de salles) et beaucoup moins provocante que la plupart des dessins de Charlie Hebdo. En fait, excepté son sujet, susceptible en lui-même de faire frémir certains musulmans, le film est même foncièrement pacifiste. On y suit l’itinéraire d’Akim, jeune Français destiné à devenir imam mais interpellé un jour par le baptême du fils d’un ami chrétien. Sa conversion provoque à l’évidence des remous dans sa communauté et dans sa famille, en particulier chez son frère aîné qui ne s’explique pas ce choix vécu comme une trahison. Mais frères et soeur, père et mère, chacun chemine doucement vers une compréhension mutuelle. Tout cela est filmé tout en nuances et justesse par Cheyenne Carron, dont le travail a été salué par la presse (Le Monde, Le Figaro et même Le Canard enchaîné…).

« L’Apôtre est un film qui parle d’amour. Au lieu de l’interdire, on devrait le projeter à des chrétiens et à des musulmans », a regretté la réalisatrice, elle-même catholique. « J’ai essayé de faire un film qui permette une vraie ouverture vers l’autre et vers la différence. Il est interdit par peur, et je le comprends parfaitement parce que ce qui s’est produit chez Charlie Hebdo, c’est terrifiant. Mais on ne gagne pas des guerres par le silence et en se censurant. Même s’il y a une part de danger, il ne faut pas se priver des outils que nous avons pour ouvrir le dialogue. »

Regardez un extrait du film L’Apôtre

Nommé au césar du meilleur jeune espoir masculin, l’acteur principal, Fayçal Safi, confie quant à lui soutenir la démarche de Cheyenne Carron face à certaines critiques qui l’accusent de mettre de l’huile sur le feu : « Moi, en tant qu’acteur principal de ce film et de culture arabo-musulmane, je suis ouvert et heureux qu’on traite de sujets sensibles au cinéma. Et si cela peut faire progresser les choses, alors, tant mieux. »

Oscars

L’Apôtre n’est pas le seul film à avoir été déprogrammé à la suite des attentats. Timbuktu, le film d’Abderrahmane Sissako, sélectionné au Festival de Cannes et en lice pour les Oscars, a vu ses projections suspendues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). « Je n’ai pas reçu de menace, mais j’ai peur que ce film ne fasse l’apologie du terrorisme », avait justifié le maire de la ville Jacques-Alain Bénisti (il est revenu depuis sur sa décision et annonce une reprogrammation dans une quinzaine de jours). Coup de coeur du Point, Timbuktu est pourtant justement un vibrant plaidoyer contre l’islamisme des djihadistes, dont il montre l’horreur.

Ces micro-polémiques peuvent paraître dérisoires au regard des enjeux sécuritaires et politiques actuels. Mais elles alimentent le sentiment d’un « deux poids deux mesures » et font le miel des réseaux sociaux qui font le parallèle avec un autre film, Qu’Allah bénisse la France (également très bon), qui raconte la conversion d’un jeune de banlieue à l’islam et qui, lui, n’a pas souffert d’annulation.

Voir enfin:

La pièce Lapidée reportée après les attentats djihadistes
Claire Courbet, AFP agence
Le Figaro
21/01/2015

THÉÂTRE – Aigle Noir Productions, la société de production du drame écrit par le pasteur suisse Jean Chollet-Naguel a dû annuler sa campagne d’affichage et supprimer 27 représentations.

Les attentats de Paris ont eu des conséquences dans le monde de la musique et du cinéma mais également dans celui du théâtre. Suite aux attaques du début du mois de janvier, la pièce Lapidée ne sera finalement jouée que trois fois sur les trente séances prévues a révélé mercredi l’AFP. La campagne d’affichage qui devait débuter le 12 janvier a elle-aussi été ajournée.

Ces choix ont été faits au moment des drames. «Nous avons pris unanimement cette décision le vendredi 9 janvier, au moment de l’assaut des forces de police dans l’Aisne et à Paris contre les preneurs d’otages», a expliqué à l’AFP Claude Telliez, de la société Aigle Noir Productions.

Il explique que sa société a préféré la prudence: «La préfecture de police, contactée par un membre de la production, nous a dit que dans les circonstances, l’affichage pourrait être considéré comme une provocation».

Réactions virulentes de groupes islamistes
Les trois représentations ont eu lieu du 14 au 16 janvier au théâtre parisien le Ciné XIII. Il n’était pas possible pour la troupe d’être protégée plus longtemps. «Comme il ne s’agit pas d’un lieu public, nous ne pouvions pas être protégés dans le cadre de vigipirate, et nous devions recourir à une société de sécurité privée: c’est possible pour trois représentations mais pas pour trente» explique Claude Telliez. Le prix de chaque soirée surveillée est estimé à 360 euros par soir.

La pièce sera tout de même rejouée en 2016 à Paris selon la presse suisse. «Il ne s’agit pas d’autocensure, il s’agit de responsabilité», affirme Claude Telliez.

La pièce raconte l’histoire d’une jeune femme hollandaise, accusée d’adultère par son époux yéménite qui finit par être lapidée au Yémen. Elle a été écrite par le pasteur suisse Jean Chollet-Naguel et crée en 2013 lors du festival d’Avignon. A sa création, elle avait déjà sucité des réactions virulentes de groupes islamistes.


Attentats Charlie hebdo/Hyper cacher: Nous étions israéliens et nous ne le savions pas (Israeli experts: If Europe won’t wiretap, they won’t know)

15 janvier, 2015

https://i2.wp.com/canal-supporters.com/wp-content/uploads/2015/01/Screen-Shot-2015-01-10-at-19.03.23.pnghttp://www.theyeshivaworld.com/wp-content/uploads/2015/01/dn.jpgMal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Camus
Nous devons révolutionner notre religion. Abd Al-Fattah Al-Sissi (28.12. 14)
Nous devons nous engager dans la promotion de réformes quand nécessaire, y compris une réinterprétation honnête et critique des écritures et de la charia, utilisées par les islamistes pour justifier la violence et l’oppression. (…) La théocratie est un échec prouvé. (…) Le chemin vers la justice et la réforme doit se faire à travers la liberté. Collectif d’intellectuels égyptiens
C’est l’islam aussi. En refusant de le reconnaître, les Occidentaux ne nous rendent pas service, à nous les musulmans démocrates. Car comment se battre si on n’identifie pas clairement l’ennemi? (…) Il faut qu’il aille plus loin. Qu’il explique qu’on ne peut continuer de tolérer que les juifs soient traités de singes et les chrétiens de cochons dans les mosquées égyptiennes. (…) Il est très important que le pouvoir politique donne l’exemple, car les grands centres théologiques comme l’université al-Azar ne bougeront que s’ils se sentent soutenus. Naser Khader (démocrate syro-danois)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Ceux qui affirment que Mahomet était pacifiste sont des menteurs et des incultes. Il a usé de la violence et l’a prêchée. Mohammed Bouyeri (assassin de Theo Van Gogh, 2 février 2006)
Dire que l’islamisme n’est pas l’islam, qu’il n’a rien à voir avec l’islam, est faux. Pour le musulman d’hier et d’aujourd’hui il n’y a qu’un seul Coran comme il n’y a qu’un seul prophète. (…) Entre l’islam et l’islamisme, il n’y a pas de différence de nature mais de degré. L’islamisme est présent dans l’islam comme le poussin l’est dans l’oeuf. Il n’y a pas de bon ou mauvais islam, pas plus qu’il n’y a d’islam modéré. En revanche il y a des musulmans modérés, ceux qui n’appliquent que partiellement l’islam. Anne-Marie Delcambre
Il est ironique et décourageant que beaucoup d’intellectuels occidentaux non-musulmans – qui prétendent sans cesse qu’ils soutiennent les droits de la personne – sont devenus des obstacles à la reforme de l’islam. Le politiquement correct parmi les Occidentaux empêche la critique non ambiguë de l’inhumanité de la charia. Ils trouvent des excuses socio-économiques ou politiques pour le terrorisme islamiste tels que la pauvreté, le colonialisme, la discrimination ou l’existence d’Israël. Quelle incitation peut-il y avoir pour que les musulmans exigent la réforme de leur religion quand les “progressistes” occidentaux préparent le terrain pour la barbarie islamiste? Tawfik Hamid
C’est à vous, théologiens et ecclésiastiques islamiques, de produire une charia qui soit acceptée par le monde islamique et qui enseigne que les juifs ne sont pas des porcs et des singes, que la guerre pour diffuser l’islam est inacceptable et que tuer les apostats est un crime. Un tel livre montrerait que l’islam est une religion de paix. Tawfik Hamid
Dans le monde moderne, même les ennemis de la raison ne peuvent être ennemis de la raison. Même les plus déraisonnables doivent être, d’une façon ou d’une autre, raisonnables. (…) En cohérence avec cette idée, les socialistes regardaient ce qui se passait outre-Rhin et refusaient simplement de croire que ces millions d’Allemands avaient adhéré à un mouvement politique dont les principes conjuguaient théories paranoïaques du complot, haines à glacer le sang, superstitions moyenâgeuses et appel au meurtre. Paul Berman (Terror and liberalism, 2001)
Nous imaginons, parce que la Guerre froide est finie en Europe, que toute la série de luttes qui ont commencé avec la Première guerre mondiale et qui sont passées par différents mouvements totalitaires — fasciste, nazi et communiste — était finalement terminée. (…) Hors de la Première guerre mondiale est venue une série de révoltes contre la civilisation libérale. Ces révoltes accusaient la civilisation libérale d’être non seulement hypocrite ou en faillite, mais d’être en fait la grande source du mal ou de la souffrance dans le monde. (…) [Avec] une fascination pathologique pour la mort de masse [qui] était elle-même le fait principal de la Première guerre mondiale, dans laquelle 9 ou 10 millions de personnes ont été tués sur une base industrielle. Et chacun des nouveaux mouvements s’est mis à reproduire cet événement au nom de leur opposition utopique aux complexités et aux incertitudes de la civilisation libérale. Les noms de ces mouvements ont changé comme les traits qu’ils ont manifestés – l’un s’est appelé bolchévisme, et un autre s’est appelé fascisme, un autre s’est appelé nazisme. (…) À un certain niveau très profond tous ces mouvements étaient les mêmes — ils partageaient tous certaines qualités mythologiques, une fascination pour la mort de masse et tous s’inspiraient du même type de paranoïa. (…) Mon argument est que l’islamisme et un certain genre de pan-arabisme dans les mondes arabe et musulman sont vraiment d’autres branches de la même impulsion. Mussolini a mis en scène sa marche sur Rome en 1922 afin de créer une société totalitaire parfaite qui allait être la résurrection de l’empire romain. En 1928, en Egypte, de l’autre côté de la Méditerranée, s’est créée la secte des Frères musulmans afin de ressusciter le Califat antique de l’empire arabe du 7ème siècle, de même avec l’idée de créer une société parfaite des temps modernes. Bien que ces deux mouvements aient été tout à fait différents, ils étaient d’une certaine manière semblables. (…) La doctrine islamiste est que l’Islam est la réponse aux problèmes du monde, mais que l’Islam a été la victime d’une conspiration cosmique géante pour la détruire, par les Croisés et les sionistes. (le sionisme dans la doctrine de Qutb n’est pas un mouvement politique moderne, c’est une doctrine cosmique se prolongeant tout au long des siècles.) L’Islam est la victime de cette conspiration, qui est également facilitée par les faux musulmans ou hypocrites, qui feignent d’être musulmans mais sont réellement les amis des ennemis de l’Islam. D’un point de vue islamiste, donc, la conspiration la plus honteuse est celle menée par les hypocrites musulmans pour annihiler l’Islam du dedans. Ces personnes sont surtout les libéraux musulmans qui veulent établir une société libérale, autrement dit la séparation de l’église et de l’état. (…) De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. (…) Les socialistes français des années 30 (…) ont voulu éviter un retour de la première guerre mondiale; ils ont refusé de croire que les millions de personnes en Allemagne avaient perdu la tête et avaient soutenu le mouvement nazi. Ils n’ont pas voulu croire qu’un mouvement pathologique de masse avait pris le pouvoir en Allemagne, ils ont voulu rester ouverts à ce que les Allemands disaient et aux revendications allemandes de la première guerre mondiale. Et les socialistes français, dans leur effort pour être ouverts et chaleureux afin d’éviter à tout prix le retour d’une guerre comme la première guerre mondiale, ont fait tout leur possible pour essayer de trouver ce qui était raisonnable et plausible dans les arguments d’Hitler. Ils ont vraiment fini par croire que le plus grand danger pour la paix du monde n’était pas posé par Hitler mais par les faucons de leur propre société, en France. Ces gens-là étaient les socialistes pacifistes de la France, c’était des gens biens. Pourtant, de fil en aiguille, ils se sont opposés à l’armée française contre Hitler, et bon nombre d’entre eux ont fini par soutenir le régime de Vichy et elles ont fini comme fascistes! Ils ont même dérapé vers l’antisémitisme pur, et personne ne peut douter qu’une partie de cela s’est reproduit récemment dans le mouvement pacifiste aux Etats-Unis et surtout en Europe. Paul Berman
The progress of totalitarianism depends on and is inseparable from this kind of liberal naïveté. Without the cooperation of the Fellow Travelers with Stalin, without the French anti-war socialists in the case of Hitler, without the naïveté of any number of conservatives and democratic right-wingers in the case of a variety of fascists and Nazis, without the naïveté even of the United States with regard to Hitler straight through the 1930s, it would be inconceivable to imagine that these movements would have gotten very far. So it is a mistake to think of the totalitarian movements as isolated. They existed in a dynamic, and part of the dynamic is the liberal naïve unwillingness to recognize them as what they are. (…) The success of Muslim totalitarianism has depended on liberal naïveté — in fact, blindness. The eyes of the world have not been on these millions who have been killed in the last twenty years. Always the liberals all over the world have wanted to describe these movements as in some way rational and conventional, as movements based on grievances — “The movements are anti-Zionist, and isn’t it the case that Israel has often been at fault?” “The movements are anti-American, and isn’t it the case that the United States has often been at fault?” And these grievances do exist, but the effort to take them seriously tends often to distort their madness in such a way as to make it unrecognizable, for totalitarian doctrines are always mad. The Nazis thought they were engaged in a biological struggle. The Stalinists thought they were the proletariat and their enemies were the bourgeois exploiters. The Baathists and Islamists see a cosmic Zionist-Crusader conspiracy. It is important to keep a sense of the madness in these ideas, even if it is true that in the years after World War I some Germans were oppressed outside of the borders of Germany, and Israel and the U.S. have done bad things. All of the totalitarian movements were at bottom ideological movements, not based on a normal sense of grievances of political claims or expression of real-life interests, but movements based on ideological visions. Each of these movements in the past was defeated not militarily but ideologically. World War II was violent and military, but although D-Day was important, de-Nazification was the actual victory. The defeat of Nazism militarily would not have been all that helpful if Germany, which is inherently an extremely wealthy and powerful society, had continued to remain a society of millions and millions of convinced Nazis. The same is true now. The struggle we are involved in now has, had, and will continue to have a military aspect, but this aspect must be secondary to the ideological aspect, to the war of ideas. The basic danger we are facing now is not weapons of mass destruction, per se, because we know very well that box cutters can be lethal weapons of the worst sort. The danger that we face is not inherently military; it’s not armies in the conventional sense. It is above all ideological. As long as millions of people are committed fanatically to doctrines that are ultimately mad and that follow in the tradition of the totalitarian madnesses of Europe in the twentieth century, the danger persists. I maintain that the struggle we are involved in is, or ought to be, ultimately a war of ideas. Paul Berman
S’il y a un retour aux années 1930, ce cliché qui diabolise les inquiétudes des gens, il est en fait dans l’endormissement des beaux esprits face au totalitarisme vert qui nous provoque. Leur même recherche de l’«apaisement» reproduit les erreurs des «pacifistes» d’hier devant le nazisme. Chez eux se recrutèrent bien des collaborateurs de Vichy. Or c’est cette même voie qu’empruntent les nigauds qui interdisent de prononcer les mots «islam» ou «immigration», de peur de «stigmatiser» une partie de la nouvelle société. Ceux-là sont prêts à se soumettre aux intimidations des fanatiques ou de leurs alliés plus présentables, en cédant sur la liberté d’expression. L’histoire de leur capitulation retiendra que la majorité des médias auront admis la décision d’i-Télé, fin décembre, d’obtempérer au PS qui réclamait la tête d’Éric Zemmour, pour plaire aux islamistes… La France va subir ce qu’endure Israël, cible de l’islam radical. Depuis l’attaque du commissariat de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire) par un djihadiste, le 20 décembre, les initiatives individuelles s’accélèrent. Quand 7 000 compatriotes juifs quittent la France en 2014 pour éviter le danger islamiste, ils lancent une alerte et font comprendre qu’ils mettent en doute la protection de l’État. Ils ont leurs raisons, à en juger par le clientélisme socialiste qui affiche ses distances avec l’État hébreu: après le vote par les députés d’une reconnaissance unilatérale de l’État palestinien, la France a appuyé à l’ONU la résolution palestinienne réclamant le retrait des «Territoires occupés». C’est Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, qui a confié en juillet 2014 qu’il aurait été parmi les manifestants propalestiniens s’il n’avait pas été ministre. C’est lors de ces démonstrations que furent criés: «Mort aux Juifs!» et que des synagogues furent prises pour cibles. La France fatiguée saura-t-elle résister à l’épreuve, qui veut la mettre à genoux? La réponse est assurément non, à considérer l’hébétude des dirigeants et la niaiserie de la gauche pyromane qui, après avoir encouragé le communautarisme, appelle à manifester dimanche contre les effets mortels de la fracture identitaire. Oser demander aux musulmans de France de se désolidariser de l’islam radical qui les caricature est considéré, par les roquets pleurnichards, comme une atteinte insupportable à leur dignité. Le délit d’islamophobie est davantage agité, par les dhimmis, que la judéophobie et la christianophobie qui tuent et poussent à l’exil. Ivan Rioufol
Paradoxal «effet Charlie»: le carnage de deux frères djihadistes contre l’hebdomadaire anarcho-satirique a amené la foule, dimanche, à applaudir les forces de l’ordre et à chanter La Marseillaise. La police et la nation, ces épouvantails à «anars», ont été plébiscitées par le peuple. Les Français, par leur mobilisation spontanée (près de quatre millions de personnes, partout dans le pays), ont mis un terme à quarante ans d’angélisme d’État et d’aveuglements médiatiques. Les assassinats commis par Cherif et Saïd Kouachi à Charlie Hebdo, puis par Amedy Coulibaly dans une épicerie kasher (17 tués, dont des journalistes, des policiers, des juifs) ont été commis par trois Français. Ces meurtres obligent donc à prendre conscience des désastres produits par l’échec de l’intégration et par les reculades devant les intimidations de l’islam radical. Sans vergogne, les pyromanes étaient du défilé.(…) L’«antiracisme» officiel, qui a exclu le FN de la marche nationale, a sa responsabilité dans la tragédie. C’est lui qui interdit, depuis les années 1980, d’aborder les thèmes de l’immigration extra-européenne et de l’islam politique qui l’accompagne; ces bombes qu’il va falloir maintenant désamorcer. C’est cette idéologie des bons sentiments qui, par fascination pour l’Autre, cautionne les procès en «islamophobie» qui rendent délictueuse la critique du fondamentalisme, ce nouveau nazisme. C’est elle et ses aboyeurs à carte de presse qui désignent à la vindicte ceux qui ont la naïveté de décrire ce qu’ils voient. Dimanche, les télévisions saluaient les défilés de la «France multiculturelle», alors qu’elle en était majoritairement absente. À Marseille, le préfet s’est même étonné de la faible mobilisation des quartiers musulmans. Le temps des bidonnages est terminé. (…) Une partie de la jeunesse des cités a refusé, dans les écoles, de s’associer à la minute de silence. À Châteauroux, un lycéen a été tabassé pour avoir défendu la tolérance et la laïcité. Les soutiens aux Kouachi prolifèrent sur le Net. La violence est, partout, palpable. (…) L’antisémitisme chez des élèves musulmans a été exposé dès 2002 dans un livre collectif d’enseignants: Les territoires perdus de la république. Le rapport Obin a décrit en 2004 la montée de l’islam au cœur de l’école.La communauté juive, première visée, n’a cessé d’alerter en vain sur ces périls, singulièrement depuis l’assassinat d’Ilan Halimi (2006), puis les tueries de Mohammed Merah à Toulouse et de Mehdi Nemmouche au Musée juif de Bruxelles. Ces tragédies, annonciatrices du pire, n’ont jamais suscité aucune manifestation d’indignation. Une chape de plomb, politique et médiatique, a voulu étouffer la haine antijuive et antifrançaise qui contredisait les odes à la diversité. Ce déni s’effondre et laisse voir la compromission des belles âmes. (…) Ce n’est pas l’islamophobie qui a créé l’islamisme, comme le soutient la dialectique victimaire à l’œuvre chez trop de responsables musulmans, incapables de la moindre critique sur les dérives de l’islam. Tout au contraire, ceux-là brandissent ce délit de blasphème dans le but de rendre impossible la survenue d’un islam éclairé. La presse de gauche est complice de ce refus d’aggiornamento. Télérama parle de «jeunes plus ou moins fanatisés», mais pour épingler les catholiques de la Manif pour tous. Il y a pourtant une urgente réflexion à mener sur la lecture littérale du Coran. Dimanche, le rejet de l’islamisme a été le non-dit du réveil de la civilisation française. Les Allemands du mouvement Pediga, qui manifestent tous les lundis, n’ont pas ces réserves. Ivan Rioufol
Beaucoup, violents ou pas, sont abreuvés par des sites qui montrent l’ennemi « croisé » ou « sioniste » dans son horreur destructrice, « tueur d’enfants et de civils »… Mais le point crucial est le retour qu’on leur fait faire au texte fondateur, au Coran, où les « gens du Livre », juifs et chrétiens, représentés aujourd’hui par l’Amérique, Israël et un peu l’Europe, sont qualifiés de pervers, faussaires, injustes, traîtres, etc. Certains leur citent des versets plus calmes, comme « Point de contrainte en religion », ou comme « Ne tuez pas l’homme que Dieu a sacré », mais c’est qu’ils vont voir de près dans le texte, ils vérifient et ils trouvent : « Ne tuez pas l’homme que Dieu a sacré sauf pour une cause juste. » Quant au verset du libre choix, ils le voient encadré de violentes malédictions contre ceux qui font le mauvais choix. En somme, on manque cruellement d’une parole ouverte et libre concernant les fondamentaux de l’islam ; et pour cause, ils sont recouverts d’un tabou, et toute remarque critique les concernant passe pour islamophobe dans le discours conformiste organisé, qui revient à imposer aux musulmans le même tabou, à les enfermer dans le cadre identitaire dont on décide qu’il doit être le leur (on voit même des juges de la République se référer au Coran pour arrêter leur décision…). Il y a donc un secret de Polichinelle sur la violence fondatrice de l’islam envers les autres, violence qui, en fait, n’a rien d’extraordinaire : toute identité qui se fonde est prodigue en propos violents envers les autres. Mais, avec le tabou et le conformisme imposés, cette violence reste indiscutée et semble indépassable. Récemment, dans Islam, phobie, culpabilité (Odile Jacob, 2013), j’ai posé ce problème avec sérénité, en montrant que les djihadistes, les extrémistes, sont au fond les seuls à crier une certaine vérité du Coran, portés par elle plutôt qu’ils ne la portent ; ils se shootent à cette vérité de la vindicte envers les autres, et même envers des musulmans, qu’il faut rappeler au droit chemin. Le livre est lu et circule bien, mais dans les médias officiels il a fait l’objet d’une vraie censure, celle-là même qu’il analyse, qui se trouve ainsi confirmée. Raconter ses méandres, ce serait décrire l’autocensure où nous vivons, où la peur pour la place est la phobie suprême : une réalité se juge d’après les risques qu’elle vous ferait courir ou les appuis qu’elle lui apporte. (…) La difficulté, c’est qu’un texte fondateur est comme un être vivant : dès qu’il se sent un peu lâché par les siens, il suscite des êtres « héroïques », des martyrs pour faire éclater sa vérité. Quitte à éclater le corps des autres. D’autres approches de cette « vérité » exigeraient un peu de courage de la part des élites, qui sont plutôt dans le déni. Pour elles, il n’y a pas de problème de fond, il y a quelques excités qui perdent la tête. Il ne faut pas dire que leur acte serait lié au Coran, si peu que ce soit. Le problème est bien voilé derrière des citations tronquées, des traductions édulcorées, témoignant, au fond, d’un mépris pour le Coran et ses fidèles. On a donc un symptôme cliniquement intéressant : quand un problème se pose et qu’il est interdit d’en parler, un nouveau problème se pose, celui de cet interdit. Puis un troisième : comment zigzaguer entre les deux ? Cela augmente le taux de poses « faux culs » très au-delà du raisonnable. Daniel Sibony
Reconnu d’intérêt général en juin 2011, le CCIF est également membre consultatif du Conseil économique et social des Nations unies depuis septembre 2011. L’inventaire des « actes islamophobes » recensés par le CCIF a, curieusement, disparu de ses rapports annuels depuis cette consécration… Or, c’est en investigant sur eux que l’on saisit sa double nature. Car si l’association lutte contre des violences et des discriminations bien réelles (principalement liées au port du voile), elle profite de ce combat légitime pour faire avancer des causes plus suspectes. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder de plus près certains des actes dénoncés par le CCIF entre 2003 et 2011. En juillet 2004, il signale la « fermeture d’une école coranique à Grisy-Suisnes ». L’école en question avait été ouverte illégalement et, surtout, sa fermeture était consécutive à l’agression de trois journalistes par quatre personnes, dont son directeur, Mohamed Hammami, expulsé en 2012 suite à des prêches incitant au djihad et à la haine envers les Juifs. En octobre 2006, il s’indigne d’un « rassemblement d’élus et de personnalités à Lyon contre la venue de Hani Ramadan »… dont on rappellera simplement qu’il a justifié l’application des châtiments corporels prévus par la charia, vantant entre autres les vertus dissuasives de la lapidation. En mars 2007, il dénonce la « demande de fermeture de la mosquée de Noisy-le-Grand car les voisins de la mosquée se plaignent de voir des « barbus » ». Une fois encore, le lieu de culte a été ouvert en violation des règles d’urbanisme par une association salafiste refusant tout droit de visite aux autorités. Le dernier exemple que je citerai, parmi des dizaines d’autres, mérite une attention particulière, tant il atteste du degré de mauvaise foi que peut atteindre le CCIF. En juillet 2012, il dénonce le licenciement, à Gennevilliers, de quatre animateurs qui, en période de Ramadan, refusaient de s’alimenter pendant leur travail. Le licenciement s’appuyait sur une clause ajoutée par la mairie au contrat de travail de tous les animateurs – leur imposant de « veiller à ce que les enfants et eux-mêmes se restaurent et s’hydratent convenablement » – après qu’une animatrice pratiquant le jeûne avait fait un malaise et provoqué un accident de la route dans lequel furent blessés plusieurs enfants. Alors que le licenciement était manifestement lié à des considérations de sécurité, le CCIF a joué la surenchère en affirmant qu’« identifier le jeûne comme altérant la capacité au travail est […] stigmatisant et insultant pour l’ensemble des musulmans dans le monde ». On comprend bien qu’à ses yeux, tout acte défavorable à un musulman, quelle que soit sa justification, peut être dénoncé comme « islamophobe ». Il n’a pas seulement l’ambition de repousser la diabolisation des musulmans, mais aussi celle de sanctuariser la supposée communauté musulmane contre certaines interventions de l’État. Quitte à disqualifier au passage la lutte contre la menace terroriste. Ainsi, deux semaines après la tuerie du Musée juif de Bruxelles, le porte-parole du CCIF affirmait que la focalisation des autorités sur le terrorisme islamiste était « statistiquement irrationnelle » au regard du nombre d’actions commises, par exemple, par les mouvements séparatistes. Lorsqu’on apprend, en étudiant les rapports d’Europol (Office européen de police), que 70 % des victimes du terrorisme en Europe au cours de la dernière décennie ont péri dans des attentats islamistes, on est en droit de s’interroger sur la probité du CCIF. La lutte contre le terrorisme – malgré certains excès – n’est pas le fruit d’un préjugé anti-religieux ou d’un racisme déguisé. Elle répond à une menace bien réelle. (…) Pour ne pas être qu’une étape dans le naufrage de l’antiracisme, la lutte contre le racisme anti-musulman doit donc naviguer entre de nombreux écueils idéologiques, et commencer par rompre avec l’idée qu’on peut mater les préjugés racialistes à coups de tabous médiatico-politiques. Or, avec le CCIF, ce changement de paradigme n’est pas pour demain. L’association, en liant la lutte contre l’islamophobie à un déni de l’intégrisme, de la menace islamiste, bref de la crise que traverse l’islam, attise la défiance à l’égard des musulmans. Elle offre à la pensée racialiste son alibi préféré : le soupçon du communautarisme, l’idée que l’Autre agit en fonction d’intérêts distincts de ceux de la communauté nationale, en plaçant en l’occurrence le respect de la religion au-dessus de toute autre considération. Ce qui, l’évidence sociologique démontrant qu’il n’en est rien, revient à calomnier ces musulmans de France qu’il s’agissait de défendre. Jean-Christophe Moreau
Entre la motion de reconnaissance de l’Etat de Palestine » présentée à l’assemblée par les socialistes et les déclarations de la ministre des affaires étrangères européenne, que veut l’Union Européenne, que veut donc la France, leader de la diplomatie européenne, en reconnaissant cet Etat fantomatique et en l’assortissant d’un diktat d’autant plus brutal qu’il fait planer la menace d’un boycott progressif d’Israël qui le mettrait au ban de la planète à l’instar d’un État voyou, un traitement ignominieux que la « vertueuse » Europe n’applique à aucun autre État? Que cherche-t-elle en engageant Israël dans une impasse suicidaire qui verrait les katiouchas de cet État croupion, forcément irrédentiste et terroriste, tenir en respect la vie civile dans le corridor de Jérusalem, l’aéroport de Lod et toute la mégapole côtière? A réduire sa souveraineté à quémander la protection et la mansuétude de la si « vertueuse Europe »? Que cherche-t-elle en prônant la redivision de Jérusalem, en accusant le peuple juif d’être un colon dans Jérusalem, en se cachant que l’ »esplanade des mosquées », c’est le Mont du Temple, seule raison d’être de ces mosquées? Sinon humilier la dignité du peuple juif qui était prince à Jérusalem quand les Européens vivaient dans les forêts? Que s’acharne-t-elle à obtenir en rejetant les responsabilités de l’agression sur ceux qui en sont l’objet? Que cherche-t-elle à promouvoir en accusant Israël d’un « péché » congénital, celui d’exister sur la terre que l’univers entier, y compris l’islam, assimile au pays des Enfants d’Israël? Quelle « démocratie » défend-t-elle, elle qui se gargarise de ce mot à longueur de temps, en soutenant financièrement à bout de bras, un pouvoir palestinien corrompu et qui ne tiendrait pas un jour sans l’argent européen? Où est le « peuple en danger » face à une société palestinienne dont tous les organes célèbrent quotidiennement le meurtre des Juifs dans le plus pur antisémitisme ? Que veut-elle en ramenant tous les problèmes du monde, la violence permanente qui émane du monde arabo-musulman à l’encontre de toute la planète, au problème palestinien et à la faute d’Israël? Quel ressentiment la ravage-t-il dans son exaltation obsessionnelle de la cause palestinienne? Nous savons que cette Europe narcissique et ethnocentrique cultive une morale frelatée, que les pétrodollars du Qatar, celui-là même qui la combat en Afrique et en Irak, l’ont corrompue, que sa compromission avec l’Organisation de la Coopération Islamique à l’ONU et ailleurs, a engagé les sociétés européennes dans un parti-pris pour la cause islamique, que le Dialogue Euro-arabe, d’après le premier choc pétrolier, en 1973 a fait d’elle le champion de la cause palestinienne, que la morgue qu’elle manifeste à Israël est avalée devant la colonisation turque de Chypre, l’annexion du Sahara occidental par le Maroc, l’esclavagisme du Qatar et de l’Arabie Saoudite, le terrorisme palestinien. Nous connaissons son silence hier sur le génocide au Soudan, sa complicité dans le génocide du Rwanda… (…) Certes, cette Europe-là ne peut que haïr Israël qu’elle perçoit comme la quintessence de ce qu’elle n’a pas la force d’être: assumer son identité, cultiver sa personnalité, avoir un visage face aux autres. Et inutile de se cacher qu’une partie de l’élite israélienne partage ce penchant suicidaire. Au sommet de l’Union Européenne, c’est le néant, depuis que ce nouvel empire se soit dénié ses racines culturelles, évidentes aux yeux de 20 siècles d’histoire, depuis qu’il a eu la faiblesse de se croire incarner le « droit international », les « droits de l’homme », faisant de son néant une occasion d’inflation narcissique, l’autorisant à intervenir sur la planète et à s’ériger en tribunal des peuples. Faisant d’une démission existentielle une célébration! (…) En empêchant Israël d’éliminer le Hamas, elle l’a condamné à rejouer la même guerre tous les deux ans et exposé la société israélienne au meurtre permanent. Et cette Europe-là tolère en son sein un antisémitisme structurel, qu’elle ne peut combattre parce qu’elle a créé les conditions de son développement. (…) Alors une question se pose: l’Europe en a-t-elle fini avec l’extermination des Juifs entamée au XX° siècle? Car c’est ce à quoi elle voue aujourd’hui le peuple juif! L’Union Européenne dans son délire mégalomaniaque a, semble-t-il, une « doctrine » pour les Juifs qui définit ce qu’ils doivent être. Ses ratiocinations sur la circoncision, la cacheroute, l’antisémitisme, le tout couché dans des « normes » européennes, sa politique israélienne, son discours sur ce que doit être Israël, le financement d’une nuée de ONG israéliennes destinées à subvertir du dedans la souveraineté du peuple israélien, tout cela nous montre bien que l’objectif de l’Union Européenne c’est d’empêcher que l’État d’Israël soit un État souverain, d’amoindrir sa capacité de résistance stratégique face à son ennemi, d’exposer les Juifs de toutes parts à l’adversité. Faire d’Israël, en somme, ce qu’elle voudrait qu’il soit, dans sa grande « mansuétude »: le camp humanitaire des réfugiés de la Shoah… Shmuel Trigano
L’emprise de la charia en France, ne se réduit pas à des exécutions sommaires. Elle consiste plus largement à interdire toute critique sur l’islam, surtout chez les non-musulmans. (Et dire qu’il comporte la charia et le djihad, c’est une critique. Donc la charia en France consiste à empêcher qu’on la nomme.) Mais si des foules importantes sont prêtes à manifester quand la charia ordonne des exécutions, ou qu’elle appelle à la guerre sainte, très peu sont prêts à descendre dans la rue pour protester contre la censure. Et pour cause, la plupart ne s’en rendent pas compte. Les médias font le black out sur les agressions quotidiennes, et mènent un tir de barrage contre tout ce qui laisse entendre qu’il y aurait dans l’islam des appels à la violence envers les autres. Le Coran a beau maudire nommément les « gens du Livre » (juifs et chrétiens) parce qu’« ils se moquent de la religion des musulmans » (5,57), il ne faut pas en parler, car il y a risque d’amalgame, de stigmatisation, d’islamophobie (…) Ainsi on est chaque fois dans une pensée totale : une critique sur les aspects violents que comporte l’islam, dans son texte fondateur, est exclue car elle est prise comme un rejet de tout l’islam, et un rejet de type raciste. C’est sans doute là le véritable amalgame que font ceux qui dénoncent l’amalgame. C’est le fait de mélanger le tout et la partie, et de poser que chaque chose est ce qu’elle est totalement, ou alors elle n’est pas. Or l’objet du débat, qui est le contenu du Coran, est justement partagé : un bon tiers de ce Livre est violent envers les juifs et les chrétiens. Cette partie correspond à ce qu’on appelle les sourates médinoises, les dernières, où Mahomet se déchaîne contre eux parce qu’ils ne l’ont pas suivi. L’autre partie du Coran, plus pacifique, transmet ce qu’il a élaboré dans sa période mecquoise, à partir de ce qu’il a appris des marchands juifs et chrétiens. Un problème majeur, c’est que la partie violente, qui demande que l’on combatte les injustes, les pervers, les infidèles que sont les juifs et les chrétiens, est édulcorée dans les traductions. On trouvera par exemple : Tuez les faiseurs de dieux partout où vous les trouverez. (9,5). (…) On peut dire que les extrémistes violents qui mettent en acte le texte dur, ont le mérite de le faire connaître aux autres musulmans, qui semblent l’ignorer et qui aimeraient s’en tenir aux parties calmes qu’ils connaissent. Ils refusent qu’on les amalgame avec ces extrémistes ; mais l’extrémisme est dans le texte, et nul ne peut dire à l’avance quelle personne ou quel groupe voudra soudain le mettre en acte. Des foules musulmanes nombreuses qui défileraient pour dénoncer cet extrémisme auraient le mérite de s’en démarquer réellement. Pour l’instant ce n’est pas le cas, la ritournelle obsédante qu’on répète est que la violence qui se réclame de l’islam provient de fous, de détraqués, de cas sociaux, mais qu’elle n’a rien à voir avec l’islam. On voit qu’elle a à voir de façon subtile : ce sont des gens calmes, discrets, comme tout le monde, qui soudain entrent en action. De braves psychologues s’échinent sur l’idée de passage à l’acte, mais elle est inopérante : un passage à l’acte, c’est quand les paroles manquent et que l’acte les remplace ; ici, les paroles sont déjà là, et demandent à être appliquées. Jusqu’à présent, très peu s’y essayaient, la présence islamique n’était pas assez importante dans le pays pour que l’idée d’appliquer la charia en France ait un sens. Mais s’il y a 6 millions de musulmans en France, il suffit que 2 % soient saisis de zèle pour qu’on ait 100 000 personnes décidées à agir. Or il suffirait de 10 000 pour que l’autocensure soit totale, et que la mise au pas dans les écoles, les cités, etc. soit vigoureuse.(…) En somme, les musulmans modérés, qui dénient tout simplement l’existence de la partie violente du Coran, pensent que leur déni couvrira cette partie violente sous des versets pacifiques ; en fait, leur déni protège cette partie violente et donc la transmet. De sorte que la partie dure de l’islam, celle qui en veut aux autres, se transmet efficacement par deux voies : le déni venant des modérés et l’action directe venant des extrémistes. Du reste, après l’exécution des journalistes, l’écart n’était pas si grand dans les discours entre : ils l’ont bien mérité, ils ont insulté le Prophète, et ils ont insulté le Prophète mais c’est une punition trop dure. La même nuance qu’on a connue après le 11 septembre 2001. (…) Bref, on traite des soldats d’un État et d’une Cause très précise comme des fous, des délinquants qui dérapent, des criminels de droit commun ; et c’est logique puisqu’on ne veut pas reconnaître l’existence d’une partie violente de l’islam, qui est endossée et prise en charge par un nombre important de personnes. Il y aura donc régulièrement des sacrifices humains pour payer ce déni qui se révèle confortable. (…) Donc (…) c’est cette liberté [d’expression] que l’on va enterrer en grand cortège. Daniel Sibony
La France a-t-elle pris du conscience du danger qui la guette depuis des années et dont elle a trop souvent nié l’existence ? A-t-elle pris la mesure des changements profonds qu’elle devra accomplir dans son état d’esprit, dans sa vie quotidienne, et dans sa volonté politique pour vaincre le fléau qui la menace ? Rien n’est moins sûr et les premiers signes au lendemain d’une mobilisation sans précédent et d’un grand happening national ne sont pas encourageants. Il faut espérer que nous ne sommes pas en train de revivre les heures tragiques de l’après Munich, lorsqu’en 1938 une foule en délire pensait avoir sauvé la paix alors qu’elle se condamnait à une guerre en situation d’infériorité. Aucune guerre n’a jamais été gagnée par une manifestation, aussi importante soit-elle ; ce qui ne signifie pas qu’il faut se priver de cet outil de démonstration. Cependant, l’important ce n’est pas l’esprit bon enfant, la convivialité, l’âge des participants, l’originalité des pancartes ou le nombre de célébrités reconnues, mais de s’entendre sur la nature de cette guerre, sur son sens, sur les valeurs communes qu’elle entend porter, et sur l’ordre qu’elle entend rétablir. Or on assiste, comme souvent dans la société française, à un déplacement à la fois sémantique et psychologique des questions et des problèmes. Comment peut-on croire un instant que les événements tragiques de la semaine dernière ont un rapport quelconque avec la laïcité ? Car de deux choses l’une, ou bien on dit laïcité pour ne pas dire islamisme intégral (et alors il faut se demander pourquoi ?), ou bien on ne comprend pas le terme de laïcité, qui, par définition, si j’ai bien relu mon dictionnaire grec provient de l’adjectif laïkos, dont l’origine est le mot laos et induit l’existence d’un peuple sacré. Réduire le conflit moral et politique avec le salafisme ou le djihadisme à un débat entre l’esprit de Voltaire, la tolérance ou les idéaux de la Révolution avec le Coran est une vision intellectuellement bien pauvre de ce qu’est la France, surtout si l’on se souvient de l’antisémitisme virulent de l’auteur de Candide, du génocide vendéen ou de l’application de la guillotine par la Terreur révolutionnaire. Michaël Bar-Zvi
Israël vit avec le terrorisme aveugle au quotidien depuis le jour de sa création. Nous n’avons pas connu d’autre mode de vie donc, nous n’avons eu aucun problème pour nous y adapter. Mais l’Europe à l’habitude d’un autre genre de vie : la bonne vie, sans restriction et sans souci. Si la terreur islamique menacent de priver les Européens de leur mode de vie, ils [les Européens] n’auront en fin de compte pas d’autre choix que de décider entre ces deux alternatives : se soumettre ou se battre. Expert en contre-terrorisme israélien
Les Européens ont quatre problèmes. Trois d’entre eux portent sur des fondamentaux, le troisième est technique. Le premier problème c’est une question de définition. Il faut appeler un chat un chat. La terreur à laquelle ils doivent faire face actuellement n’est pas idéologique. Il ne s’agit ni des Brigades Rouges [Italie] ni de la Bande à Bader [allemande], et n’est même pas une terreur d’origine criminelle. Cette terreur est alimentée par une forte idéologie religieuse. Certes, il est difficile pour les Européens de se l’avouer, mais le fait est que, bien que tous les musulmans ne soient pas des terroristes, tous les terroristes à notre époque sont musulmans. Vous ne pouvez pas gagner la guerre sans une identification précise de l’ennemi. Le deuxième problème, c’est le renseignement. Il faut avoir une bonne connaissance du terrain et du milieu dans lequel gravitent les terroristes, pour obtenir des renseignements. Après tout, il est clair que ces terroristes ne se trouvent pas parmi la population calviniste suisse. Il n’y a pas d’autre moyen que d’utiliser des méthodes de renseignement agressives. La formule éprouvée et qui a fait ses preuves, c’est que si vous ne les mettez pas sur écoute, vous ne saurez rien. Oui, les populations civiles, aussi. Et oui, vos propres citoyens. Parce que ce sont vos citoyens aussi, qu’ils se fondent parmi eux, ont étudié dans votre système scolaire et c’est pourquoi vous n’avez pas le choix. Vous devez recourir aux écoutes électroniques, les prendre en filature, parce que sans cela il n’y a pas de renseignements et sans renseignements, vous ne pouvez pas gagner la guerre. C’est ce que la France a appris à ses dépends la semaine dernière. Le troisième problème, c’est l’utilisation des renseignements. Dans le milieu de criminalité qui relève du pénal, si les malfaiteurs sont sur écoute électronique et que vous les entendez planifier de braquer une banque, vous ne pouvez pas faire grand chose, sauf continuer à avoir l’œil sur eux. Vous ne pouvez pas poursuivre les gens pour leurs intentions. Mais quand il s’agit de terrorisme, où tant de vies humaines sont en jeu, vous n’avez pas d’autre choix que de prendre des mesures préventives, au moins d’avoir recours à des détentions administratives. Le quatrième problème est d’ordre technique. L’Europe est composée de 28 états et 28 forces de police. Il n’y a pas de système fédéral qui intègre toutes les informations. Vous pouvez voyager du Portugal à la Lituanie sans être contrôlé, même une seule fois en chemin. Dans ce contexte, vous pouvez faire un attentat quelque part puis disparaître, sans que personne ne soit en mesure de vous traquer. Vous ne pouvez pas lutter contre le terrorisme de cette façon. Amidror
Pour éviter et stopper la vague actuelle de radicalisation en Europe, il est indispensable d’intervenir ainsi dans la vie civique. Les autorités doivent créer des institutions qui doivent travailler à combler le fossé culturel entre les musulmans et les populations européennes. La radicalisation est le résultat du désespoir et de la jeunesse qui a le sentiment d’être privée de perspectives économiques. Des mouvements de jeunesse et des centres culturels doivent être fondés ; des ressources, de l’énergie et de la matière grise doivent être investis. C’est un processus long et sisyphique, mais c’est la vraie solution. L’organisation du renseignement et ses applications dont je viens de parler sont des mesures immédiates à prendre pour stopper le carnage, mais pas des solutions sur le long terme. Igra
Je conseille aux Européens de déplacer leurs curseurs entre ces deux opposés, tous deux d’importance ; d’une part un ensemble de valeurs : la vie privée et les droits humains, et d’autre part le droit des êtres humains à la vie et l’obligation qui en découle de préserver leur sécurité. Les Israéliens et les Américains ont trouvé un point d’équilibre entre les deux, avec lequel les autorités qui appliquent la loi sont autorisés [une fois l’autorisation reçue et assortie des restrictions appropriées] de recueillir des renseignements sur des citoyens du pays pour le bien et la sécurité de tous et parer au terrorisme. Les Européens sont prisonniers de leur discours « politiquement correct », et ne sont pas efficaces pour lutter contre le terrorisme. C’est pourquoi ils sont limités dans la lutte anti-terroriste au niveau national. En outre, ils n’empêchent pas le retour des combattants étrangers qui possèdent des passeports européens et se sont rendus au Moyen-Orient pour y être formés au combat dans des organisations comme al-Qaïda, Jabhat al-Nusra, l’État islamique et autres organisations djihadistes radicales. Ils ne surveillent pas assez ceux qui reviennent en Europe avec un passeport européen – tant qu’ils n’ont pas commis un crime en Europe – et quand cela arrive, il est parfois trop tard. Surtout qu’ils ne sont pas disposés à ficher ces combattants et les mettre sur des listes de personnes à surveiller par les renseignements », et pour recueillir des renseignements sur eux. Ancien chef du renseignement militaire israélien

Et si on revenait à Camus ?

Alors qu’une semaine après la vague d’attentats terroristes islamiques qui, comme son nom l’indique, a terrorisé la France et l’Europe et le monde …

Et quelques jours après la marche dite « républicaine » qui, comme son nom ne l’indique pas, était censée réarmer la France, l’Europe et le monde libre contre la censure islamique et son bras armé terroriste  …

Pendant que face à notre indifférence tant l’Etat islamique (pardon: Daesh) que Boko haram, nos djihadistes (se) tuent à nous rappeler la cruelle vérité de l’islam …

Sans parler de l’appel solennel (qui en a parlé ou en parle justement encore deux semaines à peine après?)  du président égyptien à une urgente réforme de l’islam …

Qui reparle encore de la courageuse banderole des supporters de Bastia, menacés de poursuites judiciaires par un ressortissant d’un Etat financier avéré du terrorisme islamique?

Et comment ne pas voir, avec le psychanalyste français Daniel Sibony comme avec les experts d’un pays qui vit avec depuis sa (re)création et contre son susdit « enterrement en grand cortège » de dimanche …

Cette vérité et réalité et la difficulté toute particulière d’une France et d’une Europe (mais l’absence remarquée du soi-disant chef du Monde libre dimanche n’est pas spécialement rassurante) avec une loi islamique adossée à la violence du Coran (ou plus précisément à sa partie violente) qui « en France consiste à empêcher qu’on la nomme » et donc qu’on la combatte ?

Des experts israéliens en contre-terrorisme conseillent à l’Europe d’appeler un chat un chat
 AlMonitor
14 janvier 2015

Trois hauts fonctionnaires spécialistes du terrorisme sont formels ; si la France veut faire face à la menace terroriste il va falloir qu’elle accepte certaines vérités.
Trois hauts fonctionnaires qui ont consacré leur vie à des questions tournant autour de la sécurité, des renseignements et de la terreur se sont exprimés au sujet de la vague de terreur islamique qui a déferlé sur l’Europe et les moyens d’y faire face.

Le premier est le major-général. (de Réserve.) Yaakov Amidror, ancien haut gradé dans les renseignements militaires israéliens et PDG du ministère de la défense. Il était jusqu’à présent chef du Conseil national de sécurité d’Israël et conseiller en sécurité nationale auprès du Premier ministre Benjamin Netanyahu (jusqu’en Novembre 2013).

Le second est Rami Igra, ancien fonctionnaire supérieur du Mossad spécialisé dans les questions de terrorisme et ancien chef de division dans la branche active de l’organisation de renseignement israélien.

Le troisième, qui a préféré garder l’anonymat, est également un ancien fonctionnaire haut placé dans les services de renseignement israéliens, qui a servi en tant que chef du renseignement militaire.

« Les Européens ont quatre problèmes », a déclaré Amidror. « Trois d’entre eux portent sur des fondamentaux, le troisième est technique.

Le premier problème c’est une question de définition. Il faut appeler un chat un chat. La terreur à laquelle ils doivent faire face actuellement n’est pas idéologique. Il ne s’agit ni des Brigades Rouges [Italie] ni de la Bande à Bader [allemande], et n’est même pas une terreur d’origine criminelle. Cette terreur est alimentée par une forte idéologie religieuse. Certes, il est difficile pour les Européens de se l’avouer, mais le fait est que, bien que tous les musulmans ne soient pas des terroristes, tous les terroristes à notre époque sont musulmans. Vous ne pouvez pas gagner la guerre sans une identification précise de l’ennemi « .

« Le deuxième problème, » a ajouté Amidror, « c’est le renseignement. Il faut avoir une bonne connaissance du terrain et du milieu dans lequel gravitent les terroristes, pour obtenir des renseignements. Après tout, il est clair que ces terroristes ne se trouvent pas parmi la population calviniste Suisse. Il n’y a pas d’autre moyen que d’utiliser des méthodes de renseignement agressives. La formule éprouvée et qui a fait ses preuves, c’est que si vous ne les mettez pas sur écoute, vous ne saurez rien. Oui, les populations civiles, aussi. Et oui, vos propres citoyens. Parce que ce sont vos citoyens aussi, qu’ils se fondent parmi eux, ont étudié dans votre système scolaire et c’est pourquoi vous n’avez pas le choix. Vous devez recourir aux écoutes électroniques, les prendre en filature, parce que sans cela il n’y a pas de renseignements et sans renseignements, vous ne pouvez pas gagner la guerre. C’est ce que la France a appris à ses dépends la semaine dernière « .

« Le troisième problème », a déclaré Amidror, « c’est l’utilisation des renseignements. Dans le milieu de criminalité qui relève du pénal, si les malfaiteurs sont sur écoute électronique et que vous les entendez planifier de braquer une banque, vous ne pouvez pas faire grand chose, sauf continuer à avoir l’œil sur eux. Vous ne pouvez pas poursuivre les gens pour leurs intentions. Mais quand il s’agit de terrorisme, où tant de vies humaines sont en jeu, vous n’avez pas d’autre choix que de prendre des mesures préventives, au moins d’avoir recours à des détentions administratives « .

La quatrième problème, selon Amidror, est d’ordre technique. « L’Europe est composée de 28 états et 28 forces de police. Il n’y a pas de système fédéral qui intègre toutes les informations. Vous pouvez voyager du Portugal à la Lituanie sans être contrôlé, même une seule fois en chemin. Dans ce contexte, vous pouvez faire un attentat quelque part puis disparaître, sans que personne ne soit en mesure de vous traquer. Vous ne pouvez pas lutter contre le terrorisme de cette façon « , a-t-il dit.

Igra a été encore plus cinglant. « La seule façon dont les services de sécurité européens peuvent faire face à la menace terroriste musulmane c’est en prenant en compte cette réalité et en ciblant la population musulmane pour la collecte de renseignements et surtout il ne faut pas les lâcher », a-t-il dit. « Il n’y a pas d’autre alternative que d’en venir là ; sinon, il n’y a aucune chance de parvenir à des résultats vu la constellation terroriste de l’époque contemporaine. Il faut couvrir toute la population cible sur l’ensemble du territoire. Cette méthode est employée par le Shin Bet israélien et nécessite que des agents fassent de la collecte de renseignements en étant infiltrés dans la population des quartiers sous leur responsabilité. C’est exactement comme la police de quartier, qui patrouille dans les quartiers sous sa responsabilité pour y maintenir l’ordre et la sécurité. Ce procédé nécessite aussi des coordinateurs sur le terrain et l’exploitation de ressources humaines [agents] au sein de la population. Ces agents surveillent les éléments potentiellement suspects qui pourraient devenir des menaces terroristes. Dès qu’un agent de collecte de renseignements identifie un civil qui éveille ses soupçons, l’agent mettra des moyens supplémentaires pour le surveiller, humains ou technologiques, pour éliminer la menace « .

Mais là il est question de l’Europe, ai-je dit à Igra ; pas de Naplouse ni de Tulkarem, ni même de Gaza. Nous parlons de Paris, Bruxelles, Berlin et Genève. Pays des droits de l’homme, de la protection de la vie privée, de la la liberté – tout cela sont des valeurs suprêmes là-bas.

« Je sais, » a dit Igra. « J’espère que les Européens n’auront pas à apprendre de façon trop cruelle qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’apporter des modifications législatives qui permettront à l’Etat de recruter et d’exploiter des agents de renseignement au sein des populations à risque. S’il existait une autre façon de faire efficace, je serais heureux de la connaitre « , a-t-il ajouté. « Les agents de renseignement peuvent également être recrutés en leur offrant des avantages de la part du gouvernement, c’est aussi une méthode qui a fait ses preuves. Et n’oubliez jamais que, finalement, l’objectif est de préserver la vie humaine, et c’est, à mon avis, le saint des saints. Le droit à la vie surpasse tous les autres droits. « 

J’ai demandé a Igra, « Il n’y a pas de méthodes moins invasives sur le plan des droits civiques pour faire face au problème ? » Il a répondu que « pour éviter et stopper la vague actuelle de radicalisation en Europe, il est indispensable d’intervenir ainsi dans la vie civique. Les autorités doivent créer des institutions qui doivent travailler à combler le fossé culturel entre les musulmans et les populations européennes. La radicalisation est le résultat du désespoir et de la jeunesse qui a le sentiment d’être privée de perspectives économiques. Des mouvements de jeunesse et des centres culturels doivent être fondés ; des ressources, de l’énergie et de la matière grise doivent être investis. C’est un processus long et sisyphique, mais c’est la vraie solution. L’organisation du renseignement et ses applications dont je viens de parler sont des mesures immédiates à prendre pour stopper le carnage, mais pas des solutions sur le long terme. « 

La troisième personne interrogée, un ancien chef du renseignement militaire, d’accord avec les principes proposés par ses deux collègues a ajouté : « Je conseille aux Européens de déplacer leurs curseurs entre ces deux opposés, tous deux d’importance ; d’une part un ensemble de valeurs : la vie privée et les droits humains, et d’autre part le droit des êtres humains à la vie et l’obligation qui en découle de préserver leur sécurité.

Les Israéliens et les Américains ont trouvé un point d’équilibre entre les deux, avec lequel les autorités qui appliquent la loi sont autorisés [une fois l’autorisation reçue et assortie des restrictions appropriées] de recueillir des renseignements sur des citoyens du pays pour le bien et la sécurité de tous et parer au terrorisme.

« Les Européens sont prisonniers de leur discours « politiquement correct », et ne sont pas efficaces pour lutter contre le terrorisme. C’est pourquoi ils sont limités dans la lutte anti-terroriste au niveau national. En outre, ils n’empêchent pas le retour des combattants étrangers qui possèdent des passeports européens et se sont rendus au Moyen-Orient pour y être formés au combat dans des organisations comme al-Qaïda, Jabhat al-Nusra, l’État islamique et autres organisations djihadistes radicales. Ils ne surveillent pas assez ceux qui reviennent en Europe avec un passeport européen – tant qu’ils n’ont pas commis un crime en Europe – et quand cela arrive, il est parfois trop tard. Surtout qu’ils ne sont pas disposés à ficher ces combattants et les mettre sur des listes de personnes à surveiller par les renseignements », et pour recueillir des renseignements sur eux « .

Les trois éminences de la sécurité israéliennes, qui possèdent une expérience cumulée de 105 années de lutte contre le terrorisme, sont très conscientes que leurs propositions et leurs analyses ne peuvent être perçues par des oreilles européennes que comme un charabia incompréhensible, impossible et inadmissible. Pourtant, ils insistent qu’il n’y a pas d’autre moyen. L’un d’eux a dit : « Israël vit avec le terrorisme aveugle au quotidien depuis le jour de sa création. Nous n’avons pas connu d’autre mode de vie donc, nous n’avons eu aucun problème pour nous y adapter. Mais l’Europe à l’habitude d’un autre genre de vie : la bonne vie, sans restriction et sans souci. Si la terreur islamique menacent de priver les Européens de leur mode de vie, ils [les Européens] n’auront en fin de compte pas d’autre choix que de décider entre ces deux alternatives : se soumettre ou se battre.

Voir aussi:

À propos de l’exécution des journalistes de Charlie Hebdo et du meurtre des Juifs

Daniel Sibony

11 janvier 2015

    Au journal, ils pensaient travailler en France, sous la protection de la loi française. Erreur fatale : il y a la loi française et il y a aussi la charia, la loi islamique, qui aujourd’hui encore, dans des pays musulmans, punit de mort ceux qui se moquent de la religion, qui n’en parlent pas comme il faut, avec une dévotion sans réserve. Donc, un groupe d’islamistes qui est venu exécuter la charia sur ces journalistes qui, croyant vivre sous la loi française, ne pensaient pas transgresser, en faisant des caricatures de l’islam. Ils ont fait comme si, en France, la charia et la loi française n’étaient pas rivales. (Et dans certains territoires – que des historiens qualifient de perdus pour la République, puisque même la police n’y va pas –  il n’y a qu’une loi, la charia.) Et les juifs, dans leur boutique hyper-cachère, croyaient que la France les protégeait du djihad ; du djihad français.

       L’emprise de la charia en France, ne se réduit pas à des exécutions sommaires. Elle consiste plus largement à interdire toute critique sur l’islam, surtout chez les non-musulmans. (Et dire qu’il comporte la charia et le djihad, c’est une critique. Donc la charia en France consiste à empêcher qu’on la nomme.) Mais si des foules importantes sont prêtes à manifester quand la charia ordonne des exécutions, ou qu’elle appelle à la guerre sainte, très peu sont prêts à descendre dans la rue pour protester contre la censure. Et pour cause, la plupart ne s’en rendent pas compte. Les médias font le black out sur les agressions quotidiennes, et mènent un tir de barrage  contre tout  ce qui laisse entendre qu’il y aurait dans l’islam des appels à la violence envers les autres. Le Coran a beau maudire nommément les « gens du Livre » (juifs et chrétiens) parce qu’« ils se moquent de la religion des musulmans » (5,57), il ne faut pas en parler, car il y a risque d’amalgame, de stigmatisation, d’islamophobie (mon logiciel de dictée a écrit islam aux phobies…)

       Ainsi on est chaque fois dans une pensée totale : une critique sur les aspects violents que comporte l’islam, dans son texte fondateur, est exclue car elle est prise comme un rejet de tout l’islam, et un rejet de type raciste. C’est sans doute là le véritable amalgame que font ceux qui dénoncent l’amalgame. C’est le fait de mélanger le tout et la partie, et de poser que chaque chose est ce qu’elle est totalement, ou alors elle n’est pas. Or l’objet du débat, qui est le contenu du Coran, est justement partagé : un bon tiers de ce Livre est violent envers les juifs et les chrétiens. Cette partie correspond à ce qu’on appelle les sourates médinoises, les dernières, où Mahomet se déchaîne contre eux parce qu’ils ne l’ont pas suivi. L’autre partie du Coran, plus pacifique, transmet ce qu’il a élaboré dans sa période mecquoise, à partir de ce qu’il a appris des marchands juifs et chrétiens.

       Un problème majeur, c’est que la partie violente, qui demande que l’on combatte les injustes, les pervers, les infidèles que sont les juifs et les chrétiens,  est édulcorée dans les traductions. On trouvera par exemple : Tuez les faiseurs de dieux partout où vous les trouverez. (9,5). Or aujourd’hui, personne n’est vraiment un faiseur de dieux, donc la phrase semble anodine. Mais ceux qui l’apprennent en arabe savent qu’il s’agit des chrétiens (moushrikines) parce qu’ils font de Jésus un Dieu. Ayant vécu en terre arabe, je peux témoigner que l’accusation suprême, qu’il faut à tout prix éviter, c’est celle  d’avoir insulté la religion (la vraie, bien sûr, l’islamique) ou de s’en être moqué. On comprend que des croyants, soudain saisis  par un élan d’enthousiasme pour leur texte, puissent le mettre à exécution. On peut dire que les extrémistes violents qui mettent en acte le texte dur, ont le mérite de le faire connaître aux autres musulmans, qui semblent l’ignorer et qui aimeraient s’en tenir aux parties calmes qu’ils  connaissent.  Ils refusent qu’on les amalgame avec ces extrémistes ; mais l’extrémisme est dans le texte, et nul ne peut dire à l’avance quelle personne ou quel groupe voudra soudain le mettre en acte. Des foules musulmanes nombreuses qui défileraient pour dénoncer cet extrémisme auraient le mérite de s’en démarquer  réellement. Pour l’instant ce n’est pas le cas, la ritournelle obsédante qu’on répète est que la violence qui se réclame de l’islam provient de fous, de détraqués, de cas sociaux, mais qu