Nucléaire iranien: Attention, une gifle peut en cacher une autre ! (Dangerously naive: After Israeli slap, Obama gets French tap on wrist)

21 mars, 2015
https://thebsreport.files.wordpress.com/2010/04/obambi.jpg?w=450&h=448
As for their accusations of terrorizing the innocent, the children, and the women, these are in the category of ‘accusing others with their own affliction in order to fool the masses.’ The evidence overwhelmingly shows America and Israel killing the weaker men, women and children in the Muslim world and elsewhere. A few examples of this are seen in the recent Qana massacre in Lebanon, and the death of more than 600,000 Iraqi children because of the shortage of food and medicine which resulted from the boycotts and sanctions against the Muslim Iraqi people, also their withholding of arms from the Muslims of Bosnia-Herzegovina leaving them prey to the Christian Serbians who massacred and raped in a manner not seen in contemporary history. Not to forget the dropping of the H-bombs on cities with their entire populations of children, elderly, and women, on purpose, and in a premeditated manner as was the case with Hiroshima and Nagasaki. Osama bin Laden (Nida’ul Islam magazine October-November 1996)
Allah has ordered us to glorify the truth and to defend Muslim land, especially the Arab peninsula … against the unbelievers. After World War II, the Americans grew more unfair and more oppressive towards people in general and Muslims in particular. … The Americans started it and retaliation and punishment should be carried out following the principle of reciprocity, especially when women and children are involved. Through history, American has not been known to differentiate between the military and the civilians or between men and women or adults and children. Those who threw atomic bombs and used the weapons of mass destruction against Nagasaki and Hiroshima were the Americans. Can the bombs differentiate between military and women and infants and children? America has no religion that can deter her from exterminating whole peoples. Your position against Muslims in Palestine is despicable and disgraceful. America has no shame. … We believe that the worst thieves in the world today and the worst terrorists are the Americans. Nothing could stop you except perhaps retaliation in kind. We do not have to differentiate between military or civilian. As far as we are concerned, they are all targets, and this is what the fatwah says … . The fatwah is general (comprehensive) and it includes all those who participate in, or help the Jewish occupiers in killing Muslims. Osama bin Laden (May 1998)
La CIA a intercepté l’année dernière un message sibyllin mais qui fait froid dans le dos d’un membre d’al-Qaeda se vantant qu’Oussama Ben Laden préparait un ‘Hiroshima’ contre l’Amérique, selon des sources officielles. Le NYT (le 14 octobre 2001)
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
Le problème n’est pas la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban ou les ingérences de la Syrie ou du Hezbollah : Le problème est centré sur l’effort de l’Iran à obtenir le Droit d’Abolir l’Exclusivité de la Dissuasion. La prolifération sauvage, le concept de «tous nucléaires» sera la fin de la Guerre Froide et le retour à la période précédant la Dissuasion. Les mollahs et leurs alliés, le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, la Corée du Nord et la Russie…, se militarisent à une très grande échelle sachant qu’ils vont bientôt neutraliser le parapluie protecteur de la dissuasion et alors ils pourront faire parler la poudre. Chacun visera à dominer sa région et sans que les affrontements se déroulent en Europe, l’Europe sera dépouillée de ses intérêts en Afrique ou en Amérique du Sud et sans combattre, elle devra déposer les armes. Ce qui est incroyable c’est la myopie de la diplomatie française et de ses experts. (…) Aucun d’entre eux ne se doute que la république islamique a des alliés qui ont un objectif commun: mettre un terme à une discrimination qui dure depuis 50 ans, la dissuasion nucléaire ! Cette discrimination assure à la France une position que beaucoup d’états lui envient. Ils attendent avec impatience de pouvoir se mesurer avec cette ancienne puissance coloniale que beaucoup jugent arrogante, suffisante et gourmande. Iran-Resist
L’Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (…) Mais n’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) Aujourd’hui, le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. (…) je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu’ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu’ils veulent, c’est disposer de la bombe pour pouvoir s’institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d’influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l’imposer par la bombe atomique (…) il est manifeste qu’un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l’extérieur la légitimité qu’il a perdue à l’intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu’à l’Amérique latine de Chavez. Il ne s’agit en rien d’une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s’engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c’est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J’ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps. Reza Pahlavi
En tant que défenseur de la rue arabe, [l’Iran] ne peut pas avoir un dialogue apaisé avec les Etats-Unis, dialogue au cours duquel il accepterait les demandes de cet Etat qui est le protecteur par excellence d’Israël. Téhéran a le soutien de la rue arabe, talon d’Achille des Alliés Arabes des Etats-Unis, car justement il refuse tout compromis et laisse entendre qu’il pourra un jour lui offrir une bombe nucléaire qui neutralisera la dissuasion israélienne. Pour préserver cette promesse utile, Téhéran doit sans cesse exagérer ses capacités militaires ou nucléaires et des slogans anti-israéliens. Il faut cependant préciser que sur un plan concret, les actions médiatiques de Téhéran ne visent pas la sécurité d’Israël, mais celle des Alliés arabes des Etats-Unis, Etats dont les dirigeants ne peuvent satisfaire les attentes belliqueuses de la rue arabe. Ainsi Téhéran a un levier de pression extraordinaire sur Washington. Comme toute forme de dissuasion, ce système exige un entretien permanent. Téhéran doit sans cesse fouetter la colère et les frustrations de la rue arabe ! Il doit aussi garder ses milices actives, de chaînes de propagande en effervescence et son programme nucléaire le plus opaque possible, sinon il ne serait pas menaçant. C’est pourquoi, il ne peut pas accepter des compensations purement économiques offertes par les Six en échange d’un apaisement ou une suspension de ses activités nucléaires. Ce refus permanent de compromis est vital pour le régime. (…) Il n’y a rien qui fasse plus peur aux mollahs qu’un réchauffement avec les Etats-Unis : ils risquent d’y perdre la rue arabe, puis le pouvoir. C’est pourquoi, le 9 septembre, quand Téhéran a accepté une rencontre pour désactiver les sanctions promises en juillet, il s’est aussitôt mis en action pour faire capoter ce projet de dialogue apaisé qui est un véritable danger pour sa survie. Iran Resist
Des photos et des vidéos amateur prouvent que Qassem Soleimani, le commandant des forces d’élites iraniennes, est en Irak et se bat au côté des forces irakiennes – soutenues et armées par les États-unis – contre les jihadistes de l’organisation de l’État islamique. (…) Les preuves de la présence de ce commandant iranien en Irak se multiplient donc alors même que l’Iran refuse d’admettre sa participation dans la guerre en Irak contre l’organisation de l’État islamique, ce qui reviendrait à officialiser sa collaboration militaire de fait avec les États-Unis. France 24 (04.09.14)
The foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran. (…) The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State. (…) Our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East. This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches. (…) Neither the Iranians nor Daesh are ten feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now. David Petraeus
Depuis la révolution de 1979, qui a amené au pouvoir en Iran une théocratie chiite, les mollahs ont constamment utilisé l’arme du terrorisme à l’étranger afin de parvenir à leurs fins. Toutefois, Téhéran a toujours pris garde de systématiquement utiliser des intermédiaires, de manière à ne pas apparaître directement, ce qui aurait nuit à l’image de marque du régime, particulièrement dans les pays musulmans. (…) Les mollahs jouent à merveille de cette ambiguïté : ne pas reconnaître être derrière des opérations « Homo » (assassinats ciblés organisés par des services d’Etat), mais laisser entendre que toute personne qui s’oppose à leur politique peut constituer une cible potentielle. Rien de tel pour créer une indicible crainte, particulièrement au sein des pouvoirs politiques des pays démocratiques qui ne souhaitent pas que des vagues d’attentat terroristes aient lieu sur leur sol ou contre leurs intérêts à l’étranger. La réélection des gouvernements en place est souvent à ce prix. (…) L’objectif (…) est double pour Téhéran : créer des abcès de fixation qui empêchent les Américains d’envisager toute action militaire contre les installations nucléaires iraniennes et contrôler, autant que faire se peut, les différents mouvements autochtones dont les anciens gouvernants ont été considérés comme des ennemis importants de l’Iran. En conséquence, l’idée d’un Irak et d’un Afghanistan instables semble rencontrer la faveur des mollahs iraniens. (…) Le terrorisme est un moyen de combat au même titre que la guérilla. Téhéran a montré dans le passé qu’à défaut d’armes de destruction massive, il ne répugnait pas à recourir au terrorisme d’Etat car c’est en quelque sorte « l’arme du faible au fort ». L’Iran en a les moyens humains, techniques et pratiques grâce à ses réseaux qui couvrent une grande partie de la planète. Si un bras de fer sévère s’engage vraiment entre les Occidentaux et la république théocratique, il est très probable que des opérations terroristes seront déclenchées comme moyen de rétorsion. L’identification formelle du commanditaire sera difficile à faire car les services iraniens sont passés maîtres dans le domaine du brouillage de pistes en utilisant des mouvements qui servent d’écrans de dissimulation. Alain Rodier
L’ouvrage signé sous un pseudonyme – on parle d’un collectif d’opposants iraniens – revient d’abord sur l’organisation de l’appareil d’Etat iranien, avant d’analyser l’action de celui-ci à l’étranger, à travers le mouvement politique chi’ite mondial (POCHM) et la nébuleuse nationale-islamique iranienne (NINI), entre autres. Une approche très exhaustive s’attache à passer en revue les actions les plus déstabilisatrices et les réseaux d’amitiés / complicités de la république islamique sur l’ensemble de la planète, y compris dans des zones où une menace iranienne n’apparaissait pas évidente aux observateurs (de la Nouvelle Zélande à l’Uruguay, en passant par la Bolivie ou la Roumanie). (…) Malgré l’absence d’une hypothèse forte, sans doute due à l’effet-catalogue de ce travail, on voit bien la centralité des solidarités chi’ites à l’œuvre dans les réseaux présentés ici. (…) Il ne faut pas se fier au titre de cet ouvrage : il n’est pas question – ou si peu – du Hezbollah ici, ni en tant que tel, ni en tant que symptôme d’une méthode iranienne, consistant par exemple à transformer un pays arabe donné en « multivocal state », par l’établissement d’un pouvoir parallèle fondé sur la mise en œuvre d’un mouvement armé d’identité chi’ite mais capitalisant sur l’opposition à Israël. (…) On pourra, à partir des exemples nombreux qui sont passés en revue dans ce document, réfléchir à quelques problématiques qui en émergent : La question de l’animation, par l’Iran et d’autres, d’un réseaux de « politiques étrangères protestataires », solidaires entre elles, refusant les initiatives occidentales et leur « diplomatie de club » (pour reprendre l’expression de Bertrand Badie), politiques qui comptent des relais de téhéran à Caracas en passant par Pyongyang, Minsk, voire Pékin ou Moscou. La question de la nuisance en politique étrangère, qui consiste à contrer efficacement les initiatives dominantes au cas par cas, plutôt que de proposer une politique de puissance alternative avec une stratégie globale (ainsi l’Iran a-t-il davantage profité des erreurs américaines au Moyen-Orient, plutôt qu’il n’aurait bâti de stratégie a priori). Enfin, bien évidemment, la question de la mobilisation de ressources et de réseaux religieux à l’appui d’une action extérieure … Frédéric Charillon
Les opérations-suicide sont le sommet de la bravoure du peuple iranien … Le chef suprême Khamenei appelle les citoyens de toutes les régions d’Iran à se joindre volontairement aux forces qui luttent contre les ennemis de l’Islam. Les membres des saintes brigades suicidaires de la République islamique suivront une formation spéciale et partiront combattre Israël et les Américains… Ayatollah Messbah-Yazdi (annonce dans un journal iranien)
Si les Etats-Unis devaient attaquer l’Iran, le seul pays dirigé par Dieu, nous contre-attaquerions en Amérique latine et même à l’intérieur des Etats-Unis eux-mêmes. Nous avons les moyens et le savoir-faire. Nous saboterons le transport du pétrole de l’Amérique latine aux USA. Vous êtes prévenus. Commandante Teodoro (Chef de la filiale vénézuélienne du Hezbollah)
Nous pensions que nous ne verrions jamais le jour où un président français montrerait plus de résolution que le commandant en chef de l’Amérique pour affronter un des plus graves défis posés à la sécurité mondiale. Eh bien, nous y sommes. Le WSJ
Nous avons raison de parler de l’avenir (…) mais nous vivons dans un monde réel, pas dans un monde virtuel. (…) le Président Obama a même dit : « je rêve d’un monde où il n’y en aurait plus ». Et sous nos yeux, deux pays font exactement le contraire, en ce moment. L’Iran a violé, depuis 2005, cinq résolutions du Conseil de Sécurité. (…) Monsieur le Président Obama, je soutiens la main tendue des Américains. Qu’ont amené à la communauté internationale ces propositions de dialogue ? Rien. Plus d’uranium enrichi, plus de centrifugeuses et de surcroît, une déclaration des dirigeants iraniens proposant de rayer de la carte un membre de l’Organisation des Nations Unies. Nicolas Sarkozy (Conseil de sécurité, 24.09.09)
I think anyone who is going to build a Palestinian state today will be freeing up space to give an attack area to radical Islam against Israel. This is the reality created here in recent years. Anyone who ignores this sticks his head in the sand. The left does this, burying its head in the sand again and again. We are realistic and understand… [If you are elected head of state, no Palestinian state will come to fruition?] Indeed. [Construction in Jerusalem and the West Bank will renew?] We are continuing all the time, but that’s not a question about additional building. There is a real threat that the government of the left will join the international community and do their bidding…. Benjamin Netanyahu
I haven’t changed my policy. I never changed my speech in Bar-Ilan University six years ago calling for a demilitarized Palestinian state that recognizes the Jewish state. What has changed is the reality. Abu Mazen [Mahmoud Abbas], the Palestinian leader, refuses to recognize the Jewish state and has made a pact with Hamas that calls for the destruction of the Jewish state. And every territory that is vacated in the Middle East is taken up by Islamist forces… We want that to change, so we can realize a vision of real, sustained peace. And I don’t want a one-state solution. I want a sustainable, peaceful two-state solution. But for that, circumstances have to change. Benjamin Netanyahu
Il y a deux semaines, Benyamin Nétanyahou défiait Barack Obama depuis le Congrès, le présentant comme un naïf et un opportuniste, prêt à négocier avec l’Iran un «mauvais et dangereux accord» pour la sécurité d’Israël et du monde. Mais si le président américain, furieux de ce défi, espérait se débarrasser de lui à la faveur des élections israéliennes, le voilà bien déçu. La claire victoire de «Bibi» est un violent camouflet politique et stratégique pour Barack Obama, vu l’état catastrophique des relations bilatérales entre les deux hommes. D’anciens conseillers électoraux du président avaient même fait le voyage de Jérusalem pour tenter d’éviter sa réélection… «Ils détestent Bibi, et ils prient pour qu’il quitte le pouvoir», avait confié à Politico un ancien responsable de l’Administration Obama, mardi, juste avant les résultats. Les nouvelles n’en sont que plus «amères», note le Wall Street Journal. Signe des temps, les républicains ont été les premiers à se réjouir du succès de Nétanyahou, pavoisant bruyamment. «Félicitations au premier ministre Nétanyahou pour sa réélection. Il est un vrai leader qui continuera à assurer la sécurité et la force d’Israël», a écrit Jeb Bush, candidat quasi officiel à la Maison-Blanche sur Twitter. «Son succès électoral est d’autant plus impressionnant que des forces puissantes ont tenté de l’affaiblir, notamment, tristement, tout le poids de l’équipe politique d’Obama», a réagi le sénateur Ted Cruz, soutenu par les Tea Party. «Il aurait été ironique qu’Obama ait réussi à sortir Bibi mais pas Assad», a carrément plaisanté le représentant républicain, Steve King. Le maintien de Nétanyahou aux affaires va sérieusement compliquer la politique iranienne d’Obama, prévoit Martin Indyk, l’un des anciens conseillers du président pour la région. Avec la volte-face de dernière minute de Nétanyahou sur le fait qu’il n’accepterait jamais d’État palestinien – alors qu’il avait toujours affirmé soutenir ce projet défendu par Washington – «assainir ses relations empoisonnées avec le président sera encore plus difficile», écrit le New York Times dans un éditorial, dénonçant aussi la «vilaine campagne» menée par Bibi contre les électeurs arabes d’Israël. «C’est une claque à la face des États-Unis», confiait mardi au Figaro un ancien ambassadeur à Washington, évoquant les décennies passées par les présidents américains successifs à tenter d’arracher un État palestinien. (…)  L’opinion israélienne n’a pas été suffisamment choquée par la détérioration des relations avec Washington pour en faire une raison de renvoyer son premier ministre, semblant indiquer qu’elle compte plus sur lui pour défendre sa sécurité que sur l’alliance avec le grand ami américain. En filigrane, ce vote révèle les doutes que suscite aujourd’hui la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. La question est maintenant de savoir comment les deux alliés américain et israélien vont pouvoir fonctionner dans ce contexte de «guerre» politique ouverte. Le Figaro
France is again adopting the toughest line against Iran in negotiations aimed at curbing Tehran’s nuclear program, potentially placing Paris at odds with the Obama administration as a diplomatic deadline to forge an agreement approaches at month-end. (…) French diplomats have been publicly pressing the U.S. and other world powers not to give ground on key elements—particularly the speed of lifting United Nations sanctions and the pledge to constrain Iran’s nuclear research work—ahead of the March 31 target. Paris also appears to be operating on a different diplomatic clock than Washington, arguing that the date is an “artificial” deadline and that global powers should be willing to wait Tehran out for a better deal if necessary. (…) In a sign of France’s determination, Foreign Minister Laurent Fabius called his negotiating team in Lausanne on Thursday to insist no deal could be forged that allowed for the rapid easing of U.N. Security Council measures, according to European officials. France worries the quick repeal of the U.N. penalties could lead to a broader collapse of the West’s financial leverage over Tehran, according to these officials. Paris is demanding Tehran address evidence that it has conducted research into the development of nuclear weapons to get those U.N. penalties relaxed. Iran has for years denied the allegations and some officials fear that forcing Tehran to publicly reverse itself could break the diplomacy. Mr. Fabius has served as diplomatic foil in the Iranian diplomacy in the past. In November 2013, the former French prime minister said a deal that the U.S. had been negotiating with Tehran in Geneva was a “fool’s game” and didn’t go far enough in limiting Iran’s nuclear capabilities. His comments briefly delayed the signing of an interim agreement that modestly rolled back Tehran’s program. (…)  Obama administration officials have voiced frustration with France’s public posturing, arguing it isn’t constructive. Some U.S. officials privately believe France is seeking in part to maintain strong ties to Israel and to Arab countries deeply skeptical of Washington’s outreach to Tehran. French defense companies have signed lucrative arms deals with Saudi Arabia and the United Arab Emirates in recent years. French diplomats, however, say their strong stance against nuclear proliferation has been a central foreign policy tenet for years. WSJ
French leaders think the U.S. president is dangerously naïve on Iran’s ambitions, and that his notion of making Iran an « objective ally » in the war against ISIS, or even a partner, together with Putin’s Russia, to find a political solution to the Syrian crisis, is both far-fetched and « amateurish. » When Claude Angéli says that both France’s Foreign Minister, Laurent Fabius, and its President, François Hollande, have told friends that they rely on « the support of the US Congress » to prevent Obama from giving in to Iran’s nuclear ambitions, it is the kind of quote you can take to the bank. French diplomats worry that if Iran gets nuclear weapons, every other local Middle East power will want them. Among their worst nightmares is a situation in which Turkey, Egypt and Saudi Arabia join the Dr. Strangelove club. French diplomats may not like Israel, but they do not believe that the Israelis would use a nuclear device except in a truly Armageddon situation for Israel. As for Egypt, Saudi Arabia or Turkey going nuclear, however, they see terrifying possibilities: irresponsible leaders, or some ISIS-type terrorist outfit, could actually use them. In other words, even if they would never express it as clearly as that, they see Israelis as « like us, » but others potentially as madmen. The Quai d’Orsay (the French Foreign Ministry) may loathe, on principle, Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu: any briefing by French diplomats will, as a matter of course, explain how very wrong Israel is to alienate its « American ally. » All the same, France’s political stance on the projected U.S.-Iran deal is astonishingly close to that of the Israeli PM, as he outlined to the U.S. Congress on March 3. Laurent Fabius — once François Mitterrand’s youngest Prime Minister; today’s François Hollande’s seasoned Foreign Minister — is « fed up with Barack Obama’s nuclear laxity » regarding Iran, a Quai senior diplomat told Le Canard Enchaîné’s usually well-informed Claude Angéli, who can be relied on to give the unvarnished French view on matters foreign. « Just as in 2013, France will oppose any agreement too favorable to Iran if this turns out to be necessary. Fabius made this very clear to John Kerry when they met on Saturday March 7th. » This, Angéli points out, is far from the « soothing communiqué » issued at the end of the Kerry-Fabius meeting in which both men supposedly « shared » the same view of the Iran negotiations. The communiqué itself may have come as a surprise to a number of French MPs and Senators from their respective Foreign Affairs Committees. Fabius himself, in a meeting last week, made extremely clear his deep distrust (« contempt, really, » one MP says) of both John Kerry and Barack Obama. Another of the group quotes Fabius as saying: « The United States was really ready to sign just about anything with the Iranians, » before explaining that he himself had sent out, mid-February, a number of French ‘counter-proposals’ to the State Department and White House, in order to prevent an agreement too imbalanced in favor of Iran. Anne-Elisabeth Moutet

Après la leçon d’hébreu, la leçon de français !

A l’heure où un monde atterré commence à deviner toute l’étendue du véritable accident industriel que de bien imprudents électeurs américains ont remis il y a deux ans à la tête du Monde libre …

Et où face à une administration américaine qui n’a toujours pas compris qu’emporté par sa volonté mimétique de revanche, un régime totalitaire ne peut tout simplement pas renoncer, sous peine d’effondrement immédiat, à sa vitale capacité de nuisance …

La machine infernale lâchée sur le monde il y a quarante ans par Khomeny peut aujourd’hui se vanter, du Golan au Yemen et sans parler de son réseau terroriste mondial comme l’a tout récemment rappelé l’assassinat d’un juge argentin, d’une quasi-continuité territoriale avec ses pires ennemis israéliens ou saoudiens …

Comment s’étonner encore …

Après le double camouflet du discours au Congrès et de la réélection contre toute attente du Premier ministre israélien …

De cette nouvelle gifle, française de surcroît, à la veille de la fin supposée des négociations sur le nucléaire iranien …

Qu’évoque, à nouveau et à la suite du Canard enchainé comme le rappelle Anne-Elisabeth Moutet, le Wall Street Journal  ?

What France Really Thinks of U.S. Iran Policy
Anne-Elisabeth Moutet
Gateson institute

March 17, 2015

The Quai d’Orsay (the French Foreign Ministry) may loathe, on principle, Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu: any briefing by French diplomats will, as a matter of course, explain how very wrong Israel is to alienate its « American ally. » All the same, France’s political stance on the projected U.S.-Iran deal is astonishingly close to that of the Israeli PM, as he outlined to the U.S. Congress on March 3.

Laurent Fabius — once François Mitterrand’s youngest Prime Minister; today’s François Hollande’s seasoned Foreign Minister — is « fed up with Barack Obama’s nuclear laxity » regarding Iran, a Quai senior diplomat told Le Canard Enchaîné’s usually well-informed Claude Angéli, who can be relied on to give the unvarnished French view on matters foreign. « Just as in 2013, France will oppose any agreement too favorable to Iran if this turns out to be necessary. Fabius made this very clear to John Kerry when they met on Saturday March 7th. »

This, Angéli points out, is far from the « soothing communiqué » issued at the end of the Kerry-Fabius meeting in which both men supposedly « shared » the same view of the Iran negotiations. The communiqué itself may have come as a surprise to a number of French MPs and Senators from their respective Foreign Affairs Committees. Fabius himself, in a meeting last week, made extremely clear his deep distrust (« contempt, really, » one MP says) of both John Kerry and Barack Obama. Another of the group quotes Fabius as saying: « The United States was really ready to sign just about anything with the Iranians, » before explaining that he himself had sent out, mid-February, a number of French ‘counter-proposals’ to the State Department and White House, in order to prevent an agreement too imbalanced in favor of Iran.

Le Canard Enchaîné (« The Manacled Mallard ») is France’s best-informed political gossip weekly. Long before the rest of the French press, away from General de Gaulle’s paralyzing shadow, started investigative reports of their own, Le Canard, using a contact network second to none, used to break scoops only rarely picked up by the rest of a servile media pack.

We owe it the story of conservative President Giscard d’Estaing’s ill-gotten gifts of diamonds (from Central Africa’s self-styled Emperor Bokassa). An equal-opportunity hitter, Le Canard also broke the story of the Socialist Mitterrand’s wiretaps of some 5,000 journalists and personalities, only stopping short of explaining why: Mitterrand wanted to hide from the public the existence of his mistress and their daughter Mazarine. Newer brash French tabloids have only very recently started to examine the private lives of politicians, and Le Canard still doesn’t care to do so. More recently, it revealed that the head of France’s Communist union CGT had his new luxury apartment entirely refurbished at the ailing union’s expense, complete with a home cinema: this cost him his job after an undignified couple of weeks of useless stonewalling.

So when Claude Angéli says that both Fabius and President François Hollande have told friends that they rely on « the support of the US Congress » to prevent Obama from giving in to Iran’s nuclear ambitions, it’s the kind of quote you can take to the bank. French leaders think the U.S. president is dangerously « naïve » on Iran’s ambitions, and that his notion of making Iran an « objective ally » in the war against ISIS, or even a partner, together with Putin’s Russia, to find a political solution to the Syrian crisis, is both far-fetched and amateurish.

The French are still smarting from the last-minute reprieve Obama granted Syria, as the French air force was about to bomb the Assad regime’s military positions back in 2013, because the U.S. President had been convinced by Russia that they had succeeded in making Syrian President Bashar al-Assad give up on the use of his chemical weapons. « Our Rafale fighters were about to scramble, » a French air force officer is quoted as saying; « Hollande was furious. »

When Laurent Fabius briefed members of the French parliament last week, he was, according to Angéli, quite precise, mentioning as conditions necessary in any agreement a « reconfiguration » of the Arak nuclear site, where Iran enriches the heavy water necessary to produce plutonium bombs, as well as a sharp limit to the number of Iranian centrifuges, and complete access to all nuclear sites for International Atomic Energy Agency (IAEA) inspections.

French diplomats are no angels, and they haven’t suddenly turned 180 degrees from their usual attitude of reflexive dislike toward Israel. They worry, however, that if Iran gets nuclear weapons, every other local Middle East power will want them. Among their worst nightmares is a situation in which Turkey, Egypt and Saudi Arabia join the Dr. Strangelove club. French diplomats may not like Israel, but they do not believe Israelis would use a nuclear device except in a truly Armageddon situation for Israel. As for Egypt, Saudi Arabia or Turkey going nuclear, however, they see terrifying possibilities: irresponsible leaders, or some ISIS-type terrorist outfit, could actually use them. In other words, even if they would never express it as clearly as that, they see Israelis as « like us, » but others potentially as madmen.

Voir aussi:

Middle East News
France Takes Toughest Line at Iran Nuclear Talks
Negotiations move closer to March 31 cutoff without a breakthrough
Jay Solomon and Laurence Norman
The Wall Street Journal

March 20, 2015

LAUSANNE, Switzerland—France is again adopting the toughest line against Iran in negotiations aimed at curbing Tehran’s nuclear program, potentially placing Paris at odds with the Obama administration as a diplomatic deadline to forge an agreement approaches at month-end.

President Barack Obama called French President François Hollande on Friday to discuss the Iran diplomacy and try to unify their positions. The presidents “reaffirmed their commitment” to a deal “while noting that Iran must take steps to resolve several remaining issues,” the White House said.

French diplomats have been publicly pressing the U.S. and other world powers not to give ground on key elements—particularly the speed of lifting United Nations sanctions and the pledge to constrain Iran’s nuclear research work—ahead of the March 31 target.

Paris also appears to be operating on a different diplomatic clock than Washington, arguing that the date is an “artificial” deadline and that global powers should be willing to wait Tehran out for a better deal if necessary.

Obama administration officials have said that expected moves by the U.S. Congress to put new sanctions on Iran as soon as next month limit their ability to extend the diplomacy. But French officials took exception.

“Making the end of March an absolute deadline is counterproductive and dangerous,” France’s ambassador to the U.S., Gérard Araud, said via Twitter after the latest round of negotiations in Switzerland concluded Friday.

“No agreement without concrete decisions on issues beyond the enrichment capability question,” he said a day earlier, specifically mentioning the need for extensive monitoring and clarity on Iran’s past research work. Western officials believe they included the pursuit of nuclear-weapon capabilities.

In a sign of France’s determination, Foreign Minister Laurent Fabius called his negotiating team in Lausanne on Thursday to insist no deal could be forged that allowed for the rapid easing of U.N. Security Council measures, according to European officials.

France worries the quick repeal of the U.N. penalties could lead to a broader collapse of the West’s financial leverage over Tehran, according to these officials.

Paris is demanding Tehran address evidence that it has conducted research into the development of nuclear weapons to get those U.N. penalties relaxed. Iran has for years denied the allegations and some officials fear that forcing Tehran to publicly reverse itself could break the diplomacy.

Mr. Fabius has served as diplomatic foil in the Iranian diplomacy in the past.

In November 2013, the former French prime minister said a deal that the U.S. had been negotiating with Tehran in Geneva was a “fool’s game” and didn’t go far enough in limiting Iran’s nuclear capabilities. His comments briefly delayed the signing of an interim agreement that modestly rolled back Tehran’s program.

Western officials in recent days have stressed that Washington and the other powers negotiating with Iran—France, the U.K., Germany, Russia and China—remain united. Still, Obama administration officials have voiced frustration with France’s public posturing, arguing it isn’t constructive.

‘Our nations have been separated by mistrust and fear. Now it is early spring. We have a chance—a chance—to make progress that will benefit our countries, and the world, for many years to come.’
—U.S. President Barack Obama.

Some U.S. officials privately believe France is seeking in part to maintain strong ties to Israel and to Arab countries deeply skeptical of Washington’s outreach to Tehran. French defense companies have signed lucrative arms deals with Saudi Arabia and the United Arab Emirates in recent years.

French diplomats, however, say their strong stance against nuclear proliferation has been a central foreign policy tenet for years. By remaining one of the world’s few nuclear powers, France can maintain an independent role in global affairs.

Secretary of State John Kerry wrapped up five days of direct talks with his Iranian counterpart, Javad Zarif, in Lausanne without a breakthrough. Mr. Kerry is traveling to London on Saturday to meet with Mr. Fabius and the foreign ministers of the U.K. and Germany.

These countries will return to Switzerland as soon as Wednesday to resume the negotiations.

“We’ve had a series of intensive discussions with Iran this week, and given where we are in the negotiations, it’s an important time for high-level consultations with our partners in these talks,” said State Department spokeswoman Marie Harf.

While U.S., Russian, Chinese and Iranian diplomats have stressed the progress made in the talks, others have been more cautious. One European diplomat said on Thursday: “I don’t think we have made sufficient progress. A lot of issues remain on the table.”

Wang Qun, China’s senior diplomat at the talks, said Friday there had been “good progress” this past week. “I do see some novelties in this round of negotiations,” he said, adding that both sides had shown “very strong political will.”

Failure to reach a political understanding on time could firm up political opposition to the negotiations in Washington.

On Thursday, Senators Bob Corker (R.-Tenn.) and Robert Menendez (D.-N.J.) said the Senate Foreign Relations Committee will vote April 14 on a bill that would give U.S. lawmakers an up-and-down vote on the agreement.

U.S. officials initially believed the negotiations could stretch until Sunday. But Iran’s delegation abruptly left on Friday, citing the death of the mother of President Hasan Rouhani. Iranian officials also said they wanted to return to Tehran for the beginning of the Persian New Year, called Nowruz.

In a meeting with his Iranian counterpart on Friday, Mr. Kerry expressed his condolences for the death of the president’s mother and called for “progress and peace” at the start of Nowruz.

Mr. Zarif responded: “I hope this new day will be a new day for the entire world.”

Both sides had hoped to wrap up the talks before the start of the Iranian holiday.

Mr. Obama also sent a Nowruz message to Iranians on Thursday. He stressed the importance of a deal in potentially opening a new era of cooperation between Washington and Tehran, who have been staunch adversaries since Iran’s 1979 Islamic revolution.

“Our nations have been separated by mistrust and fear. Now it is early spring. We have a chance—a chance—to make progress that will benefit our countries, and the world, for many years to come,” Mr. Obama said.

Voir également:

WorldViews
Five thoughts Petraeus has about the future of the Middle East
Liz Sly

The Washington Post

March 20

Gen. David H. Petraeus, who commanded U.S. troops during the 2007-2008 surge, was back in Iraq last week for the first time in more than three years. He was attending the annual Sulaimani Forum, a get-together of Iraqi leaders, thinkers and academics, at the American University of Iraq – Sulaimani in northern Iraq’s Kurdistan region.

In his most expansive comments yet on the latest crisis in Iraq and Syria, he answered written questions from The Post’s Liz Sly, offering insights into the mistakes, the prosecution and the prospects of the war against the Islamic State, which he refers to by its Arabic acronym, Daesh.

Here are the five key takeaways from the interview.

1. Shiite militias and Iran now pose a bigger regional threat than the Islamic State

The Islamic State is already “on a path to defeat,” at least in Iraq, thanks to international, regional and Iraqi effort to rally against them. The biggest threat now is the Shiite militias taking over former Islamic State territories, with Iranian support.

“The foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran.”

“The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State.”

2. You can’t find a solution to the Islamic State without empowering capable local Sunni forces

It will not be enough to have Shiite units of the Iraqi army or militias conquer territory. Capable Sunni forces that will be regarded “as liberators, not conquerors” will have to be identified before battles are launched. And that will require broad political reconciliation between Iraq’s Shiite-dominated government and the country’s Sunnis.

“The bottom line is that Daesh’s defeat requires not just hammering them on the battlefield, but simultaneously, revived political reconciliation with Sunnis. Iraq’s Sunnis need to be brought back into the fold. They need to feel as though they have a stake in the success of Iraq, rather than a stake in its failure.”

As it is, reports of atrocities committed by Shiite militias against Sunnis in areas they conquer “constitute Daesh’s best hope for survival, pushing Sunnis to feel once again the need to reject the Iraqi forces in their areas.”

3. Syria is a « geopolitical Chernobyl » and needs to be addressed immediately

Though the Obama administration is embarking on a program to train and equip moderate Syrian rebels to fight the Islamic State, the effort falls short. If the new force is to function effectively, steps will also be required to halt airstrikes by the Syrian government of President Bashar al-Assad against areas under opposition control.

“Legitimate questions … can be raised about the sufficiency of the present scale, scope, speed and resourcing of this effort.”

It is also not enough to focus on Iraq and set aside the problem of Syria’s war to be solved later.

“I am profoundly worried about the continuing meltdown of Syria, which is a geopolitical Chernobyl. Until it is capped, it is going to continue to spew radioactive instability and extremist ideology over the entire region.”

4. America’s influence is waning in the Middle East

The withdrawal of U.S. troops from Iraq, indications from the Obama administration that its priorities lay elsewhere and the lack of attention paid to Syria’s war have created the impression that American influence is waning.

“Our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East,” he says. “This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches.”

“Neither the Iranians nor Daesh are ten feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now. »

5. Petraeus told Iranian general Qasem Soleimani to “pound sand”

In 2008, as fierce battles raged in Baghdad between U.S. troops and Shiite militias – including those fighting against the Islamic State today – an Iraqi intermediary conveyed a message to Petraeus from Iran’s top general in Iraq, Qasem Soleimani, the head of the Quds Force of the powerful Iranian Revolutionary Guard Corps.

« General Petraeus, you should be aware that I, Qasem Soleimani, control Iran’s policy for Iraq, Syria, Lebanon, Gaza, and Afghanistan, » the message said.

Petraeus says he responded by telling the interlocutor to tell Soleimani to « pound sand. »

These days, Maj. Gen. Soleimani regularly visits the front lines in Iraq, much as Petraeus used to when he commanded troops in the country. Photos of his former adversary’s battlefield tours, widely posted on social media, provoke thoughts that Petraeus said he could not share.

“I have several thoughts when I see the pictures of him, but most of those thoughts probably aren’t suitable for publication in a family newspaper.”

Liz Sly is the Post’s Beirut bureau chief. She has spent more than 15 years covering the Middle East, including the Iraq war. Other postings include Africa, China and Afghanistan.

Voir encore:

WorldViews
Petraeus: The Islamic State isn’t our biggest problem in Iraq
Liz Sly

The Washington Post

March 20 2015

Gen. David H. Petraeus, who commanded U.S. troops in Iraq during the 2007-2008 surge, was back in that country last week for the first time in more than three years. He was attending the annual Sulaimani Forum, a get-together of Iraqi leaders, thinkers and academics, at the American University of Iraq – Sulaimani in northern Iraq’s Kurdistan region.

In his most expansive comments yet on the latest crisis in Iraq and Syria, he answered written questions from The Post’s Liz Sly, offering insights into the mistakes, the prosecution and the prospects of the war against the Islamic State, also known as ISIS, which he refers to by its Arabic acronym, Daesh.

How does it feel to be back in Iraq after four years away?

Iraq is a country I came to know well and the place where I spent some of the most consequential years of my life. So it has been a bit of an emotional experience to return here after my last visit in December 2011 as director of the CIA. I was very grateful for the chance to be back to see old friends and comrades from the past.

That said, it is impossible to return to Iraq without a keen sense of opportunities lost. These include the mistakes we, the U.S., made here, and likewise the mistakes the Iraqis themselves have made. This includes the squandering of so much of what we and our coalition and Iraqi partners paid such a heavy cost to achieve, the continuing failure of Iraq’s political leaders to solve longstanding political disputes, and the exploitation of these failures by extremists on both sides of the sectarian and ethnic divides.

Having said that, my sense is that the situation in Iraq today is, to repeat a phrase I used on the eve of the surge, hard but not hopeless. I believe that a reasonable outcome here is still achievable, although it will be up to all of us — Iraqis, Americans, leaders in the region and leaders of the coalition countries — to work together to achieve it.

You oversaw the gains of the surge in 2007-08. How does it make you feel to see what is happening today, with ISIS having taken over more of Iraq than its predecessor, AQI [al-Qaeda in Iraq], ever did?

What has happened in Iraq is a tragedy — for the Iraqi people, for the region and for the entire world. It is tragic foremost because it didn’t have to turn out this way. The hard-earned progress of the Surge was sustained for over three years. What transpired after that, starting in late 2011, came about as a result of mistakes and misjudgments whose consequences were predictable. And there is plenty of blame to go around for that.

Yet despite that history and the legacy it has left, I think Iraq and the coalition forces are making considerable progress against the Islamic State. In fact, I would argue that the foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State; rather, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran.

These militia returned to the streets of Iraq in response to a fatwa by Shia leader Grand Ayatollah Sistani at a moment of extreme danger. And they prevented the Islamic State from continuing its offensive into Baghdad. Nonetheless, they have, in some cases, cleared not only Sunni extremists but also Sunni civilians and committed atrocities against them. Thus, they have, to a degree, been both part of Iraq’s salvation but also the most serious threat to the all-important effort of once again getting the Sunni Arab population in Iraq to feel that it has a stake in the success of Iraq rather than a stake in its failure. Longer term, Iranian-backed Shia militia could emerge as the preeminent power in the country, one that is outside the control of the government and instead answerable to Tehran.

Beyond Iraq, I am also profoundly worried about the continuing meltdown of Syria, which is a geopolitical Chernobyl. Until it is capped, it is going to continue to spew radioactive instability and extremist ideology over the entire region.

Any strategy to stabilize the region thus needs to take into account the challenges in both Iraq and Syria. It is not sufficient to say that we’ll figure them out later.

[Related: ‘Daesh’: John Kerry starts calling the Islamic State a name they hate]

What went wrong?

The proximate cause of Iraq’s unraveling was the increasing authoritarian, sectarian and corrupt conduct of the Iraqi government and its leader after the departure of the last U.S. combat forces in 2011. The actions of the Iraqi prime minister undid the major accomplishment of the Surge. [They] alienated the Iraqi Sunnis and once again created in the Sunni areas fertile fields for the planting of the seeds of extremism, essentially opening the door to the takeover of the Islamic State. Some may contend that all of this was inevitable. Iraq was bound to fail, they will argue, because of the inherently sectarian character of the Iraqi people. I don’t agree with that assessment.

The tragedy is that political leaders failed so badly at delivering what Iraqis clearly wanted — and for that, a great deal of responsibility lies with Prime Minister Maliki.

As for the U.S. role, could all of this have been averted if we had kept 10,000 troops here? I honestly don’t know. I certainly wish we could have tested the proposition and kept a substantial force on the ground.

For that matter, should we have pushed harder for an alternative to PM Maliki during government formation in 2010? Again, it is impossible to know if such a gambit might have succeeded. But certainly, a different personality at the top might have made a big difference, depending, of course, on who that individual might have been.

Where I think a broader comment is perhaps warranted has to do with the way we came to think about Iraq and, to a certain extent, the broader region over the last few years. There was certainly a sense in Washington that Iraq should be put in our rearview mirror, that whatever happened here was somewhat peripheral to our national security and that we could afford to redirect our attention to more important challenges. Much of this sentiment was very understandable given the enormous cost of our efforts in Iraq and the endless frustrations that our endeavor here encountered.

In retrospect, a similar attitude existed with respect to the civil war in Syria — again, a sense that developments in Syria constituted a horrible tragedy to be sure, but a tragedy at the outset, at least, that did not seem to pose a threat to our national security.

But in hindsight, few, I suspect, would contend that our approach was what it might — or should — have been. In fact, if there is one lesson that I hope we’ve learned from the past few years, it is that there is a linkage between the internal conditions of countries in the Middle East and our own vital security interests.

Whether fair or not, those in the region will also offer that our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East. This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches. This has been all the more frustrating because, of course, in objective terms, we remain deeply engaged across the region and our power here is still very, very significant.

Neither the Iranians nor Daesh are 10 feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now.

What are your thoughts when you see Qasem Soleimani, the IRGC’s Quds Force commander who funded and armed the militias who blew up U.S. troops and shelled the U.S. Embassy while you were in it, taking battlefield tours like you used to?

Yes, « Hajji Qasem, » our old friend. I have several thoughts when I see the pictures of him, but most of those thoughts probably aren’t suitable for publication in a family newspaper like yours. What I will say is that he is very capable and resourceful individual, a worthy adversary. He has played his hand well. But this is a long game, so let’s see how events transpire.

It is certainly interesting to see how visible Soleimani has chosen to become in recent months — quite a striking change for a man of the shadows.

Whatever the motivations, though, they underscore a very important reality: The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State. While the U.S. and Iran may have convergent interests in the defeat of Daesh, our interests generally diverge. The Iranian response to the open hand offered by the U.S. has not been encouraging.

Iranian power in the Middle East is thus a double problem. It is foremost problematic because it is deeply hostile to us and our friends. But it is also dangerous because, the more it is felt, the more it sets off reactions that are also harmful to our interests — Sunni radicalism and, if we aren’t careful, the prospect of nuclear proliferation as well.

You have had some interactions with Qasem Soleimani in the past. Could you tell us about those?

In the spring of 2008, Iraqi and coalition forces engaged in what emerged as a decisive battle between the Iraqi Security Forces and the Iranian-supported Shiite militias.

In the midst of the fight, I received word from a very senior Iraqi official that Qasem Soleimani had given him a message for me. When I met with the senior Iraqi, he conveyed the message: « General Petraeus, you should be aware that I, Qasem Soleimani, control Iran’s policy for Iraq, Syria, Lebanon, Gaza, and Afghanistan. » The point was clear: He owned the policy and the region, and I should deal with him. When my Iraqi interlocutor asked what I wanted to convey in return, I told him to tell Soleimani that he could « pound sand. »

If you look back at what happened when the surge of U.S. troops under your command turned the tide of the war, is there anything you would have done differently? What are your regrets?

There are always actions that, with the benefit of hindsight, you realize you misjudged or would have done differently. There are certainly decisions, in the course of my three deployments to Iraq, that I got wrong. Very candidly, there are several people who are causing enormous harm in Iraq today whom I wish we had taken off the battlefield when we had the chance to do so. Beyond that, there certainly were actions taken in the first year in Iraq, in particular, that made our subsequent effort that vastly more difficult that it needed to be. But those are well known.

What would be (or is, assuming people must be asking) your main advice on how best to prosecute the war against ISIS now?

In general terms, what is needed in Iraq at this point is all of the elements of the comprehensive, civil-military counterinsurgency campaign that achieved such significant progress during the Surge, with one huge difference — that Iraqis must perform a number of the critical tasks that we had to perform. Iraqis must, for example, provide the « boots on the ground, » albeit enabled by advisers and U.S. air assets, with tactical air controllers if necessary.

If the Iraqis cannot provide such forces, we should increase efforts to develop them. Iraqis must also be the ones who pursue reconciliation with Sunni leaders and the Sunni Arab community. We may help in various ways, but again, sustainable results can only be achieved by Iraqis — who clearly have the ability to do so, even if the will is sometimes not fully evident.

In more specific terms, I would offer the following:

First, it is critical that Iraqi forces do not clear areas that they are not able or willing to hold. Indeed, the « hold » force should be identified before the clearance operation begins. This underscores the need for capable, anti-Daesh Sunni forces that can go into Sunni-majority areas and be viewed as liberators, not conquerors or oppressors.

Second, the Iraqi forces that conduct(s) operations have to demonstrate much greater care in their conduct. I am deeply concerned by reports of sectarian atrocities — in particular by the Shiite militias as they move into Sunni areas previously held by the Islamic State. Kidnappings and reprisal killings, mass evictions of civilians from their homes — these kinds of abuses are corrosive to what needs to be accomplished. Indeed, they constitute Daesh’s best hope for survival — pushing Sunnis to feel once again the need to reject the Iraqi forces in their areas. The bottom line is that Daesh’s defeat requires not just hammering them on the battlefield, but simultaneously, revived political reconciliation with Sunnis. Iraq’s Sunnis need to be brought back into the fold. They need to feel as though they have a stake in the success of Iraq, rather than a stake in its failure.

Third, as I explained earlier, we need to recognize that the #1 long term threat to Iraq’s equilibrium — and the broader regional balance — is not the Islamic State, which I think is on the path to being defeated in Iraq and pushed out of its Iraqi sanctuary. The most significant long term threat is that posed by the Iranian-backed Shiite militias. If Daesh is driven from Iraq and the consequence is that Iranian-backed militias emerge as the most powerful force in the country — eclipsing the Iraqi Security Forces, much as Hezbollah does in Lebanon — that would be a very harmful outcome for Iraqi stability and sovereignty, not to mention our own national interests in the region.

Fourth, as long as we are talking about difficult problems, there is Syria. Any acceptable outcome [in Syria] requires the build-up of capable, anti-Daesh opposition forces whom we support on the battlefield. Although it is encouraging to see the administration’s support for this initiative, I think there are legitimate questions that can be raised about the sufficiency of the present scale, scope, speed, and resourcing of this effort. It will, for example, be impossible to establish a headquarters inside Syria to provide command and control of the forces we help train and equip as long as barrel bombs are dropped on it on a regular basis.

Voir de plus:

La présidente argentine Kirchner accusée d’avoir couvert les suspects iraniens d’un attentat
Libération/AFP

14 février 2015

Un procureur l’accuse d’avoir couvert de hauts dirigeants iraniens, soupçonnés d’être les commanditaires de l’attentat antisémite de 1994 à Buenos Aires.

La présidente argentine Cristina Kirchner a été formellement accusée par un procureur d’avoir couvert de hauts dirigeants iraniens, soupçonnés d’être les commanditaires de l’attentat antisémite de 1994 à Buenos Aires, accusation formulée avant sa mort par le procureur Alberto Nisman.

Vingt ans après, l’attentat contre la mutuelle juive AMIA qui a fait 85 morts et 300 blessés, n’a toujours pas été élucidé.

Avant Cristina  Kirchner, au pouvoir depuis 2007, un autre président, Carlos Menem (1989-1999), a été mis en cause et doit être jugé pour entrave, dans les années 1990, à l’enquête sur l’attentat contre l’AMIA.

Le procureur Nisman, en charge du dossier AMIA depuis 2004, a été retrouvé mort le 18 janvier dernier. Les premiers éléments de l’enquête indiquent un suicide, thèse à laquelle ne croient pas les Argentins. Le magistrat assurait que le pouvoir avait mis en place un plan pour protéger l’Iran de poursuites judiciaires en Argentine.

Pour Alberto Nisman, l’Iran avait commandité l’attentat et des hommes du groupe armé chiite libanais Hezbollah ont fait sauter le bâtiment abritant les principales institutions juives d’Argentine.

Le procureur Gerardo Pollicita a requis vendredi l’inculpation de Cristina Kirchner et de son ministre des Affaires étrangères, Hector Timerman, pour «les délits d’entrave à la justice et manquement au devoir d’un fonctionnaire».

Gerardo Pollicita a donné un nouvel élan au retentissant dossier d’accusation contre Cristina Kirchner, rendu public le 14 janvier par Alberto Nisman.

Le juge Daniel Rafecas devra désormais examiner le dossier de 300 pages, complété d’écoutes téléphoniques, et devra décider s’il ouvre ou non une procédure judiciaire contre Cristina Kirchner.

«Coup d’Etat judiciaire»
Cet ultime rebondissement dans le dossier Nisman/Kirchner intervient près d’un mois après la disparition non élucidée du procureur, dont la mort alors qu’il était sous le feu des projecteurs a consterné les Argentins.

Alberto Nisman, en charge de l’enquête sur l’attentat contre la mutuelle juive AMIA, a été retrouvé mort dans son appartement à la veille de son allocution devant le Congrès où il comptait étayer son accusation.

Avant l’attentat contre l’AMIA en 1994, une autre attaque menée avec un véhicule piégé avait visé l’ambassade d’Israël à Buenos Aires, tuant 29 personnes en mars 1992.

En 2013, Cristina Kirchner avait scellé avec Téhéran un mémorandum prévoyant l’audition en Iran des suspects iraniens dont l’Argentine demandait en vain l’extradition depuis 2007, pour les juger à Buenos Aires.

La communauté juive, l’opposition à Kirchner, les Etats-Unis et Israël estiment que cette initiative est une entrave à l’élucidation car elle écarte l’éventualité d’un procès en Argentine.

La procédure judiciaire contre Cristina Kirchner a peu de chances d’aboutir. Sa coalition de centre-gauche, le Front pour la victoire (FPV), détient la majorité dans les deux chambres du parlement, qui seraient éventuellement sollicitées pour lever son immunité.

Réagissant à un article du journal Clarin anticipant la mise en cause de Cristina Kirchner, le chef du gouvernement argentin Jorge Capitanitch a dénoncé «un coup d’état judiciaire».

«C’était prévisible et grave d’un point de vue politique et institutionnel. Je ne sais pas quel sera l’impact sur l’opinion publique. Les anti-Kirchner seront confortés dans leur position alors que ses sympathisants vont dénoncer une «tentative de déstabilisation», estime Matias Carugati, de l’institut de sondage Management & Fit.

L’enquête sur l’attentat de 1994 a été émaillée d’irrégularités. Des suspects sont arrêtés puis remis en liberté, dont des policiers et le fournisseur présumé du fourgon piégé Carlos Telleldin.

Le juge chargé de l’instruction du dossier de 1994 à 2003, Juan José Galeano, inculpé pour avoir remis 400000 dollars à Carlos Telleldin pour qu’il incrimine un suspect, l’ancien patron des services secrets et l’ex-président Carlos Menem doivent être jugés pour avoir freiné ou dévié l’enquête, mais la date du procès n’a pas encore été fixée.

Vendredi, la procureure générale argentine Alejandra Gils Carbo a annoncé la nomination d’une équipe de trois magistrats, Roberto Salum, Patricio Sabadini, Sabrina Namer, et d’un un coordinateur, à la tête du parquet spécial AMIA que dirigeait Alberto Nisman depuis 2004.

Mercredi, une marche silencieuse en hommage à Alberto Nisman, a été convoquée par des magistrats. Divers secteurs de l’opposition et les dirigeants de la communauté juive ont d’ores et déjà annoncé leur participation à la manifestation.

Voir encore:

NOTE D’ACTUALITÉ N°203
LE SOUTIEN DE L’IRAN AU TERRORISME INTERNATIONAL

Alain Rodier

F2R

21-01-2010

Depuis la révolution de 1979, qui a amené au pouvoir en Iran une théocratie chiite, les mollahs ont constamment utilisé l’arme du terrorisme à l’étranger afin de parvenir à leurs fins. Toutefois, Téhéran a toujours pris garde de systématiquement utiliser des intermédiaires, de manière à ne pas apparaître directement, ce qui aurait nuit à l’image de marque du régime, particulièrement dans les pays musulmans.

Parfois cette manière d’opérer a considérablement nuit à l’efficacité opérationnelle des actions entreprises. Ainsi, des « premiers couteaux » ont été arrêtés, mais jamais aucun système judiciaire de pays démocratique n’a réussi à prouver formellement l’implication du régime dans des actions répréhensibles. Seuls de forts soupçons concordants ont permis de lancer des mandats d’arrêt internationaux contre les plus hauts responsables du régime, mais comme ces derniers ne se sont évidemment pas présentés devant les juridictions concernées, leur responsabilité n’a pu être établie légalement. Les mollahs jouent à merveille de cette ambiguïté : ne pas reconnaître être derrière des opérations « Homo » (assassinats ciblés organisés par des services d’Etat), mais laisser entendre que toute personne qui s’oppose à leur politique peut constituer une cible potentielle. Rien de tel pour créer une indicible crainte, particulièrement au sein des pouvoirs politiques des pays démocratiques qui ne souhaitent pas que des vagues d’attentat terroristes aient lieu sur leur sol ou contre leurs intérêts à l’étranger. La réélection des gouvernements en place est souvent à ce prix.

Les buts poursuivis par Téhéran ont été multiples. En tête d’entre eux se trouve la lutte contre toute opposition. Suit la guerre contre les « grand et le petit Satan » (Etats-Unis et Israël), puis le règlement de litiges, comme cela a été le cas au milieu des années 1980 avec la France.

La lutte contre les opposants
La lutte acharnée contre les opposants au régime a toujours été une préoccupation majeure des mollahs. La liste des victimes d’attentats terroristes ciblés organisés par la Savama puis par le Vevak – les services spéciaux iraniens – et la force Al-Qods des Pasdaran est longue [1]. Elle comporterait plus d’une centaine de victimes, dont certaines sont particulièrement connues.

- Le 13 juillet 1989, Abdul Raman Gassemlou, le secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) est assassiné à Vienne en compagnie d’Abdullah Ghaderi Azar et d’Amir Mansur Bozorgian. Ils avaient été attirés dans un piège par de « pseudos négociations » initiées par le régime des mollahs qui avait exprimé son souhait de « régler une fois pour toutes » le problème kurde en Iran.

- Le professeur Kazem Radjavi, ancien ambassadeur de l’Iran auprès de l’ONU et surtout frère aîné de Massoud Radjavi, le leader du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), est assassiné par balles à Genève, le 24 avril 1990. Suite à cette affaire qui a mis en cause pas moins de treize agents iraniens couverts par l’immunité diplomatique, la justice suisse a lancé en 1996 un mandat d’arrêt contre Ali Fallahian qui était alors le chef du Vevak.

- Le 7 août 1991, Chapour Bakhtiar, le dernier Premier ministre du Shah, est assassiné à l’arme blanche avec son secrétaire à son domicile en banlieue parisienne. Le commando de trois hommes a fait preuve à l’occasion d’un professionnalisme et d’un sang froid extraordinaires. En effet, Chapour Bakhtiar était alors protégé par une section de CRS qui n’y a vu que du feu ! Il avait fait l’objet d’une première tentative de meurtre en juillet 1980 qui avait coûté la vie à un policier et à une voisine de son appartement de Suresnes.

- Le 4 juin 1992, le représentant en Turquie du CNRI, Ali Akbar Ghorbani, est enlevé à Istanbul. Son corps est retrouvé quelques mois plus tard dans un parc de la ville. Il porte de nombreuses marques de torture qui laissent entendre qu’il a été interrogé avant d’être exécuté. Le lendemain, un attentat à la voiture piégée échoue de peu devant le siège de l’OMPI à Istanbul.

- Le 16 mars 1993, Mohammad-Hussein Naghdi, le représentant du CNRI en Italie, est assassiné par balles à Rome.

- Le 17 septembre 1992, le secrétaire général du PDKI (et successeur d’Abdul Rahman Gassemlou), Mohammad Sadegh Sharafkandi, Fattah Abdoli, Homayoun Ardalan et Nouri Dehkordi sont assassinés dans le restaurant Mykonos à Berlin. Depuis 1997, Ali Fallahian fait l’objet d’un autre mandat d’arrêt international pour son rôle de commanditaire dans cette affaire.

- Le 20 février 1996, Zahra  Rajabi, une responsable du CNRI résidant en France, est assassinée alors qu’elle effectue un voyage à Istanbul.

Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. De nombreux autres Iraniens ayant fui le pays ont été rattrapés par les tueurs du régime et froidement assassinés, souvent « pour l’exemple ».

La lutte contre les Etats-Unis et Israël

Les attentats contre les intérêts ou ressortissants américains et israéliens ont également été nombreux :

- Le 18 avril 1983, une voiture kamikaze bourrée d’explosifs s’encastre dans l’immeuble abritant l’ambassade des Etats-Unis au Liban. 17 morts sont décomptés.

- Le 23 octobre de la même année, un camion explose dans le cantonnement des Marines à Beyrouth. 241 militaires américains sont tués lors de cette opération. Non seulement les expertises américaines prouvent que le camion Mercedes Benz qui a servi de vecteur à l’explosion provenait bien d’Iran, mais Hachemi Rafsandjani, alors représentant de l’ayatollah Khomeiny au sein du Conseil de la guerre, a revendiqué quasi-ouvertement cette opération.

Le but de ces deux attentats était de saper l’influence des Etats-Unis au Proche-orient en général et au Liban en particulier. La mission a été remplie car Washington a alors ordonné le départ des Marines de Beyrouth et Téhéran a ainsi pu étendre son influence sur le pays en passant par l’intermédiaire de son allié syrien et du Hezbollah libanais.

- Le 17 mars 1992, l’ambassade d’Israël en Argentine est visée par une attaque terroriste. 29 personnes sont tuées et 235 autres blessées. Ni les exécutants ni les commanditaires ne seront identifiés.

- Le 25 juin 1993, une bombe détruit de complexe d’Al Khobar en Arabie saoudite qui abrite des militaires américains. 19 Américains sont tués ainsi que 147 Saoudiens. Il semble que cette opération a été menée en liaison avec l’organisation naissante Al-Qaida [2]. Oussama Ben Laden, alors réfugié au Soudan entretenait, à cette époque les meilleures relations avec le Hezbollah libanais. Un certain nombre d’activistes ont ainsi été formés par le mouvement chiite libanais, particulièrement aux attentats suicide. L’objectif poursuivi par cet attentat était de mettre à mal le régime saoudien considéré comme un adversaire par Téhéran et comme un ennemi personnel par Oussama Ben Laden, qui venait de se faire retirer en mai sa nationalité saoudienne.

- Le 18 juillet 1994, le centre juif d’Amia à Buenos Aires est détruit par une voiture piégée. 84 morts et 230 blessés sont relevés. L’enquête révèle que cette opération a été décidée par Rafsandjani lors d’une réunion du Conseil suprême de la sécurité nationale [3] qui s’est tenue le 14 août 1993 dans la ville de Mashad. Selon l’institution judiciaire argentine, le but poursuivi consistait à punir Buenos Aires d’avoir arrêté sa coopération avec l’Iran dans le domaine nucléaire. L’opération aurait été menée par la force Al-Qods des Pasdaran, alors commandée par le général Ahmad Vahidi. Cette unité d’élite composée de fanatiques est une sorte de « service action » qui se charge de toutes les opérations sales déclenchées à l’étranger. L’enquête amènera le lancement d’un mandat d’arrêt international contre Hashemi Rasfandjani, ancien président de la république islamique d’Iran et actuellement président du Conseil de discernement du bien de l’Etat ; Ali Akbar Velayati, à l’époque ministre des Affaires étrangères ; Mohsen Rezaï, alors commandant les Pasdaran et aujourd’hui secrétaire du Conseil de discernement des intérêts de l’Etat et soit disant « opposant » au président Ahmadinejad ; Ahmad Vahidi, actuel vice-ministre de la Défense ; Ahmad Reza Askari, ancien troisième secrétaire auprès de la représentation diplomatique iranienne en Argentine, en fait officier supérieur des Pasdaran ; Mohsen Rabbani, chef des écoles théologiques à l’étranger et proche conseiller de Khamenei ; et Ali Fallahian, actuel conseiller en sécurité du Guide suprême de la révolution.

En Irak et en Afghanistan, Téhéran est fortement soupçonné avoir soutenu certains mouvements rebelles. Même Al-Qaida aurait servi de paravent à certaines opérations. En effet, une « branche iranienne » de l’organisation semble être active. Elle est commandée par l’ancien colonel des forces spéciales égyptiennes, Saif al-Adel. De plus, des membres de la famille d’Oussama Ben Laden y sont « accueillis » et servent en quelque sorte de « monnaie d’échange ». Même le chef d’Al-Qaida en Irak, Abou Moussab Al-Zarqaoui, tué le 7 juin 2006, aurait été, du moins à l’origine, un agent recruté par les services iraniens. Il se serait ensuite affranchi des liens l’unissant à ses mentors et se serait lancé dans les attentats à grande échelle contre les populations chiites d’Irak. Cela expliquerait sa fin : il aurait tout simplement été « donné » aux Américains par les services iraniens.

L’objectif dans ces deux Etats est double pour Téhéran : créer des abcès de fixation qui empêchent les Américains d’envisager toute action militaire contre les installations nucléaires iraniennes et contrôler, autant que faire se peut, les différents mouvements autochtones dont les anciens gouvernants ont été considérés comme des ennemis importants de l’Iran. En conséquence, l’idée d’un Irak et d’un Afghanistan instables semble rencontrer la faveur des mollahs iraniens.

Cette liste d’opérations terroristes ne prend pas en compte les attentats ciblés dirigés contre des membres des services Américains ou des Israéliens. Ces derniers font partie de la guerre secrète que se livrent les services concernés [4], mais ne peuvent être qualifiés d’« actes terroristes » qui, par définition, visent pour leur part à un maximum de publicité.

Litiges avec la France
Bien que la France ait accueilli l’ayatollah Rouhollah Khomeiny en France, à Neauphle-le-Château, d’octobre à 1978 à janvier 1979, le régime des mollahs ne montrera aucune sympathie à l’égard de Paris. Il faut dire qu’aux yeux de Téhéran, la France sera rapidement considérée comme un pays hostile. En effet, les opposants au régime trouveront en France la terre d’exil qui leur convient. Ensuite, Paris soutiendra l’Irak dans la guerre qui l’oppose à l’Iran, particulièrement en fournissant des armes, dont des Mirages F1, des Super étendards, des missiles Exocet et de nombreuses munitions.

La réponse de Téhéran sera énergique. Elle se traduit par des prises d’otages au Liban et des attaques terroristes. La plus spectaculaire est l’attentat au camion piégé qui a lieu à Beyrouth contre l’immeuble Drakkar , le 23 octobre 1983, qui fait 61 victimes françaises.

De nombreux attentats à la bombe ont également lieu sur le sol français, particulièrement en région parisienne, au cours de la période 1985-86 : 23 février 1985, magasin Marks & Spencer : un mort, 14 blessés ; 9mars 1985 cinéma Rivoli Beaubourg, 18 blessés ; 7 décembre 1985, double attentat contre les Galeries Lafayette et le Printemps Haussmann, 43 blessés ; 3 février 1986, hôtel Claridge, 8 blessés ; 4 février, magasin Gibert Jeune, 5 blessés ; FNAC Sport du Forum des Halles, 22 blessés ; 17 mars 1986, une bombe dans le TGV Paris-Lyon à hauteur de Brunoy, 29 blessés ; 8 septembre, bureau de poste de l’hôtel de ville à Paris, un mort et 21 blessés ; 12 septembre, cafétéria du super marché Casino à la Défense, 54 blessés ; 14 septembre, Pub Renault sur les Champs-Elysées, deux policiers et un maître d’hôtel sont tués alors qu’ils ont détecté l’engin explosif ; 15 septembre, locaux des services du permis de conduire de la Préfecture de police, un mort et 56 blessés ; 17 septembre, magasin Tati rue de Rennes, sept morts et 55 blessés.

La DST découvrira que le réseau Ali Fouad Saleh responsable de ces vagues de terreur était placé sous les ordres du Hezbollah libanais. L’officier traitant d’Ali Fouad Saleh aurait été Hussein Mazbou, un haut responsable du Hezbollah proche collaborateur d’Imad Fayez Mughniah, le responsable opérationnel pour l’étranger du mouvement [5].

Un autre litige provient du problème d’Eurodif, projet de production d’uranium enrichi dans lequel Téhéran était partie prenante depuis le Shah. Sous la pression, la France finira par rembourser Téhéran à hauteur de 1,6 milliard de dollars. A noter qu’à ce propos, un mystère entoure encore l’assassinat de Georges Besse, PDG de Renault mais également ancien président du directoire d’Eurodif. Il est abattu le 17 novembre 1986, jour du premier remboursement de la France à l’Iran. Certains experts avancent l’idée que le groupe Action Directe, qui a commis puis revendiqué cette opération, était en fait manipulé par les services secrets iraniens. Cela est du domaine du possible puisque les services iraniens ont toujours privilégié l’utilisation d’intermédiaires qui servaient de « fusibles ».

Aujourd’hui, les relations politiques bilatérales entre les deux Etats sont exécrables car Paris insiste sur le respect des Droits de l’Homme en Iran et occupe une place de premier rang au sein des pays qui s’opposent au développement du programme nucléaire iranien. Nul doute que si le besoin s’en fait sentir, Téhéran pourra utiliser de nouveau l’arme du terrorisme contre les intérêts français.

Les liens de Téhéran avec les mouvements terroristes étrangers

Téhéran a toujours maintenu secrètement des relations avec les mouvements terroristes étrangers de manière à pouvoir les utiliser à son profit. Cependant, les preuves formelles sont rares.

En 1995, une conférence secrète aurait eu lieu en Iran sous l’égide des Gardiens de la Révolution (Pasdaran). Elle a rassemblé des représentants des mouvements terroristes suivants : l’Armée rouge japonaise, l’Armée secrète arménienne, le PKK, le parti irakien Dawah, le Font islamique de libération du Bahrain et le Hezbollah libanais. Le but poursuivi à l’époque était la déstabilisation des Etats du Golfe persique. Téhéran aurait alors proposé son aide à ces différents mouvements, notamment en matière d’entraînement.

Aujourd’hui, Téhéran utilise surtout le Hezbollah libanais (voir ci-dessous) mais aurait également des contacts au sein de différents mouvements révolutionnaires sud-américains. Ces derniers auraient lieu au Venezuela – le président Hugo Chavez ne cache pas sa profonde sympathie pour le régime iranien – et dans la région des trois frontières (Foz de Iguaçu) située entre le Paraguay, l’Argentine et le Brésil.

Le Hezbollah libanais

Le Hezbollah libanais, fondé en juin 1982, est un mouvement chiite libanais qui possède une branche armée appelée la Résistance islamique. En fait, depuis l’origine, ce mouvement est infiltré, rémunéré et dirigé en sous-main par Téhéran. Il est utilisé non seulement au Liban, mais aussi à l’étranger pour servir les intérêts du régime des mollahs.

Son chef, le Cheikh Hassan Nasrallah, qui est sorti vainqueur, du moins sur le plan psychologique du conflit qui a opposé son mouvement à l’Etat d’Israël en juillet-août 2006, réorganise son mouvement et se prépare à de nouvelles opérations destinées à reprendre le combat si l’ordre lui en est donné.

Parallèlement, sur instructions de Téhéran, le Hezbollah fournirait armements et formations au Hamas et au Djihad islamique palestiniens (qui sont pourtant des mouvements sunnites) en vue d’un prochain conflit. En effet, la tactique envisagée par Téhéran en cas de frappes israéliennes sur ses installations nucléaires consiste à ouvrir d’autres fronts qui obligeraient l’adversaire à disperser ses forces. De l’aveu même de Galeb Abou Zeinab, un membre dirigeant du Hezbollah, «  la coopération avec le Hamas est la meilleure possible. Nous discutons en permanence ensembles et échangeons nos expériences. Le Hezbollah tente d’aider le Hamas du mieux qu’il le peut  ». La Cisjordanie n’est pas oubliée et le Hezbollah serait en train d’y déployer des activistes afin d’y constituer un front supplémentaire. Même les services de sécurité israéliens reconnaissent que la menace représentée par le Hezbollah dans cette zone y est supérieure à celle du Hamas et du Fatah ! Un autre front pourrait s’ouvrir dans le Golan, un nouveau mouvement ayant fait son apparition : le « Front de libération du Golan » qui serait en fait une émanation du Hezbollah libanais appuyé par des conseillers iraniens et syriens.

Le Hezbollah profite de l’importante communauté libanaise expatriée pour tisser ses réseaux à l’étranger. Très présent sur le continent africain, sud-américain, ce mouvement est capable d’apporter une aide logistique, voire opérationnelle, à des actions terroristes qui pourraient viser les intérêts occidentaux sur ces continents.

Le rôle des ambassades iraniennes
Bien qu’il s’en défende, l’Iran peut également fournir un appui logistique à des activistes à l’étranger, grâce à ses nombreuses représentations diplomatiques, culturelles ou même des ONG. Il est à remarquer que partout où des changements politiques ont amené au pouvoir des responsables hostiles aux Etats-Unis – tout particulièrement en Amérique latine – les représentations diplomatiques iraniennes ont été considérablement renforcées sans que les échanges politiques, économiques ou culturels avec ces Etats ne le justifie. Washington soupçonne Téhéran de mettre en fait en place un réseau logistique destiné à nuire aux Etats-Unis, peut-être en utilisant l’arme du terrorisme. C’est ainsi que des filières d’infiltration d’agents clandestins à destination de l’Amérique du Nord auraient été mises en place à partir du Nicaragua et du Venezuela.

Le terrorisme est un moyen de combat au même titre que la guérilla. Téhéran a montré dans le passé qu’à défaut d’armes de destruction massive, il ne répugnait pas à recourir au terrorisme d’Etat car c’est en quelque sorte « l’arme du faible au fort ». L’Iran en a les moyens humains, techniques et pratiques grâce à ses réseaux qui couvrent une grande partie de la planète. Si un bras de fer sévère s’engage vraiment entre les Occidentaux et la république théocratique, il est très probable que des opérations terroristes seront déclenchées comme moyen de rétorsion. L’identification formelle du commanditaire sera difficile à faire car les services iraniens sont passés maîtres dans le domaine du brouillage de pistes en utilisant des mouvements qui servent d’écrans de dissimulation.

[1] Voir les Notes d’actualité n°194 de novembre 2009 et n°200 de janvier 2010.
[2] Al-Qaida a été officiellement créée en 1991.
[3] CSSN, la plus haute juridiction en matière de défense en Iran.
[4] Voir les Notes d’actualité n°107 de novembre 2007 et n°117 de février 2008.
[5] Il a été assassiné à Damas le 12 février 2008, vraisemblablement par le Mossad.

http://www.iran-resist.org/mot102.html
« Kaveh Le Forgeron », Le Hezbollah Global. Les réseaux secrets de l’Iran

Frédéric Charillon

Carnets internationaux

29 novembre 2012

« Kaveh Le Forgeron », Le Hezbollah Global. Les réseaux secrets de l’Iran, Choiseul, Paris, 2012

L’ouvrage signé sous un pseudonyme – on parle d’un collectif d’opposants iraniens – revient d’abord sur l’organisation de l’appareil d’Etat iranien, avant d’analyser l’action de celui-ci à l’étranger, à travers le mouvement politique chi’ite mondial (POCHM) et la nébuleuse nationale-islamique iranienne (NINI), entre autres. Une approche très exhaustive s’attache à passer en revue les actions les plus déstabilisatrices et les réseaux d’amitiés / complicités de la république islamique sur l’ensemble de la planète, y compris dans des zones où une menace iranienne n’apparaissait pas évidente aux observateurs (de la Nouvelle Zélande à l’Uruguay, en passant par la Bolivie ou la Roumanie).

Le caractère systématique de l’ouvrage permet de passer en revue, pour différents pays, la liste des actions connues et répertoriées par la presse sur des points donnés. Exemple : la liste des opposants iraniens liquidés en Turquie, p.167-170.

Des dimensions mal connues du grand public sont analysées avec précision, ainsi la force des liens avec le Pakistan (p.107 et sqq.), le rôle des militaires pakistanais (p.123 et sqq.). D’autres dimensions pourtant mieux repérées sont tout de même éclairées avec pertinence également, par exemple sur le dossier nucléaire (p.86 et sqq.) ou sur l’Armée des Gardiens de la Révolution Islamique (p.70 et sqq.).

Malgré l’absence d’une hypothèse forte, sans doute due à l’effet-catalogue de ce travail, on voit bien la centralité des solidarités chi’ites à l’œuvre dans les réseaux présentés ici. Même si pour un lecteur français, le fait de traiter l’activité iranienne au Canada ou en Scandinavie, presque sur même pied que les passages consacrés au Liban, à la Syrie (p.261-262) ou à l’Irak (p.175-80), étonne.

Il ne faut pas se fier au titre de cet ouvrage : il n’est pas question – ou si peu – du Hezbollah ici, ni en tant que tel, ni en tant que symptôme d’une méthode iranienne, consistant par exemple à transformer un pays arabe donné en « multivocal state », par l’établissement d’un pouvoir parallèle fondé sur la mise en œuvre d’un mouvement armé d’identité chi’ite mais capitalisant sur l’opposition à Israël. Sur ces points, on se tournera plutôt, pour des sources françaises, vers les travaux de Sabrina MERVIN, Mona HARB, ou surtout, sur le dossier libanais, ceux de Bernard ROUGIER. Ou, pour des sources anglaises, vers Hala JABER ou Eitan AZANI.

Ce livre constitue néanmoins un document à consulter comme aide mémoire, pays par pays, sur la question de l’action extérieure iranienne. On pourra, à partir des exemples nombreux qui sont passés en revue dans ce document, réfléchir à quelques problématiques qui en émergent :
– – La question de l’animation, par l’Iran et d’autres, d’un réseaux de « politiques étrangères protestataires », solidaires entre elles, refusant les initiatives occidentales et leur « diplomatie de club » (pour reprendre l’expression de Bertrand BADIE), politiques qui comptent des relais de téhéran à Caracas en passant par Pyongyang, Minsk, voire Pékin ou Moscou.
– – La question de la nuisance en politique étrangère, qui consiste à contrer efficacement les initiatives dominantes au cas par cas, plutôt que de proposer une politique de puissance alternative avec une stratégie globale (ainsi l’Iran a-t-il davantage profité des erreurs américaines au Moyen-Orient, plutôt qu’il n’aurait bâti de stratégie a priori).
– – Enfin, bien évidemment, la question de la mobilisation de ressources et de réseaux religieux à l’appui d’une action extérieure (pour des exemples de travaux récents sur des cas comparés en monde musulman, on regardera Amélie BLOM sur le Pakistan ou Delphine ALLES sur l’Indonésie).

Voir également:

Un rapport US exclut le Hezbollah et l’Iran du chapitre sur les menaces terroristes

Dans la presse

Remis en février au Sénat, le document annuel du Renseignement national vient d’être rendu public.

L’Orient le jour
17/03/2015

L’Iran et le Hezbollah ont été exclus cette année du chapitre consacré aux menaces terroristes dans le rapport annuel remis en février au Sénat américain par le directeur du Renseignement national, James Clapper, et qui vient d’être rendu public.

Dans le rapport, intitulé « Worldwide Threat Assessment of the US Intelligence Community » (évaluation des  menaces mondiales par l’ensemble des services de renseignements) de 2015, la section terrorisme est largement consacrée aux mouvements sunnites extrémistes, notamment le groupe Etat islamique et le Front al-Nosra (en Irak et en Syrie), et la menace que représente leur montée en puissance pour les alliés des Etats-Unis, leurs partenaires et leurs intérêts.

En 2014, il était écrit dans le rapport que le Hezbollah et l’Iran continuaient de menacer directement les intérêts des alliés de Washington et que le parti chiite avait augmenté son « activité terroriste globale ». L’Iran et le Hezbollah figuraient également dans les éditions des années précédentes, dans la section terrorisme.

A noter que de manière générale, le rapport n’est pas l’équivalent de la liste officielle américaine des organisations considérées comme terroristes. La plupart des organisations inscrites sur la liste officielle ne sont, en effet, pas citées dans le rapport du Renseignement national.

Dans le document du Renseignement national, le Hezbollah, impliqué dans le conflit syrien au côté du régime de Bachar el-Assad, est cité dans la section intitulée « menaces régionales », en rapport avec l’activité des groupes jihadistes sunnites. « Le Liban subit la menace grandissante des groupes terroristes, dont l’EI et al-Nosra. Les extrémistes sunnites essaient d’établir des réseaux au Liban où ils ont multiplié les attaques contre des positions de l’armée libanaise et du Hezbollah à la frontière libano-syrienne »,  peut-on lire.

Quant à l’Iran, il est mentionné dans la section « menaces régionales » pour les Etats-Unis en raison de son soutien au président Bachar el-Assad, du développement de capacités militaires avancées et de la poursuite de son programme nucléaire. Le rapport note cependant l’aide de Téhéran dans la lutte contre l’expansion de l’EI en Irak. Téhéran est également cité dans les sections consacrées à la cybermenace et aux armes de destruction massive.

En 2013, l’Union européenne avait inscrit la branche armée du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes. Dans leur décision, les Européens n’étaient pas allés aussi loin que les Etats-Unis qui ont placé sur leur liste noire le Hezbollah dans toutes ses déclinaisons, estimant qu’il était impossible de distinguer entre ses branches politique et militaire.

A noter par ailleurs que la Russie et la Corée du nord sont mentionnées dans plusieurs parties du rapport.
Le rapport de James Clapper intervient alors que l’Iran et les grandes puissances sont dans la dernière ligne droite de leurs négociations en vue de résoudre la crise du programme nucléaire controversé de Téhéran et discuter de la levée des sanctions internationales qui frappent l’économie iranienne.

Après 12 ans de tensions entre l’Iran et les Occidentaux et 18 mois de pourparlers intenses, la République islamique et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France, et Allemagne) se sont donné jusqu’au 31 mars pour sceller un règlement politique qui garantirait que l’Iran n’aura jamais la bombe atomique, en échange d’une levée des sanctions.


Complotisme: Attention, un complot peut en cacher un autre (From al-Dura to Charlie hebdo: Guess who the conspiracy theorists’s usual suspects are ?)

4 février, 2015
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La carte des théories révisionnistes épouse parfaitement celle de l’antiaméricanisme dans le monde. Claude Moniquet
Il existe – et c’est éclairant – une thèse opposée, que j’appellerai la thèse du complot, selon laquelle il suffirait, pour expliquer un phénomène social, de découvrir ceux qui ont intérêt à ce qu’il se produise. Elle part de l’idée erronée que tout ce qui se passe dans une société, guerre, chômage, pénurie, pauvreté, etc., résulte directement des desseins d’individus ou de groupes puissants. Idée très répandue et fort ancienne, dont découle l’historicisme ; c’est, sous sa forme moderne, la sécularisation des superstitions religieuses. Les dieux d’Homère, dont les complots expliquent la guerre de Troie, y sont remplacés par les monopoles, les capitalistes ou les impérialistes. Je ne nie évidemment pas l’existence de complots. Ceux-ci se multiplient même chaque fois que des gens croyant à leur efficacité accèdent au pouvoir. Cependant, il est rare que ces complots réussissent à atteindre le but recherché, car la vie sociale n’est pas une simple épreuve de force entre groupes opposés, mais une action qui se déroule dans le cadre plus ou moins rigide d’institutions et de coutumes, et qui produit maintes réactions inattendues. (…) Or, selon la théorie de la conspiration, tout ce qui arrive a été voulu par ceux à qui cela profite. Karl Popper
Vigipirate, en lui-même, c’est une énorme blague. (…) Les règles d’engagement de vigipirate ne nous permettent pas d’avoir de réelles possibilités d’action en cas d’attaque terroriste (…) parce que si on est attaqué avec un couteau, on doit avoir une réponse proportionnée, donc on peut pas utiliser nos armes. (…) Les munitions sont sous cadenas. Et si jamais quelqu’un tire, donc il faut qu’on demande l’autorisation au lieutenant pour ouvrir le feu. Et il faut qu’on déplombe nos armes. (…) parce que les armes sont plombées. Et qu’on charge l’arme. (…) Parce qu’il n’y a que le chef de patrouille qui a le droit d’avoir l’arme chargée. (…) Il n’y en a qu’un qui a son arme chargée. Et ça dépend du niveau d’alerte. Et on n’a pas les armes chargées. (…) Donc le temps qu’on charge, qu’on arme notre arme, nous, on est mort. (…) C’est juste pour un effet de presse, un coup de pub. (… ) On se faisait insulter, on se faisait cracher dessus, on n’avait pas le droit de bouger le petit doigt.  Nicolas (ancien militaire)
The heavily armed soldiers who protect Jewish institutions (…) are soldiers, not police, and so not trained to be alert to street problems. They tend to get distracted by their smartphones or pretty girls passing by. They clutch their assault rifles across their bodies, which leaves them vulnerable to someone driving by and shooting at them. As confirmed by today’s attack, the ostensible protection they offer actually provokes Islamists and other antisemites. They are only posted temporarily to the Jewish institutions in the aftermath of the Hyper Cacher attack a month ago and before long will leave. They protect only the institutions themselves, not the people who come and go to them, who remain as vulnerable as ever. In short, the soldiers are sitting ducks whose deployment does little to protect the Jewish community or solve the larger problem of Islamist violence. But it does offer another instance of emotionally satisfying « security theater » which temporarily gives everyone a constructive sense of doing something. Daniel Pipes
Just a few hours after the massacre at the offices of satirical French paper Charlie Hebdo, members of the far-right and far-left in Europe and America quickly decided who was responsible: the Mossad. Writing on her Facebook page, Greta Berlin, organizer of the 2010 Gaza flotilla and co-founder of the Free Gaza movement, argued that the attack was Israeli retribution for France’s recognition of a Palestinian state (…)  The idea that Israel carried out the massacre became so widespread that it was picked up by a more reputable publication, the International Business Times, which gave a respectful airing to the possibility in a piece titled “Charlie Hebdo Attack and Mossad Link: Is Israel Venting Its Fury For France’s Recognition of Palestine State?” After public outcry from readers and journalists, the article was taken down and replaced with a forthright apology deeming the piece “beneath our standards” and a “basic lapse in judgement.” Tablet
En ce qui nous concerne, nous autres Arabes, nous pouvons dire : « Bienvenue au club ! » Car les théories du complot sont presque une marque de fabrique de nos cultures nationales. Bienvenue dans un monde où à peu près tous les régimes et à peu près tous les acteurs politiques en ont usé pour assurer leur longévité. Ce qui a engendré la tyrannie. Le principal intérêt de cette façon de présenter le monde est que, finalement, personne n’est jamais responsable de ce qui arrive, si ce n’est une « cinquième colonne » ou les « mains du sionisme et de l’impérialisme » ou encore des « Croisés ». Bref, nous n’exportons pas seulement notre terrorisme mais aussi la théorie qui va avec ! Dala Al-Bizri
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande. C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée. C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage. A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises. Eric Mettout (L’Express)
Comment expliquer qu’une légende en anglais qui dit clairement qu’il s’agit d’une mise en scène (la légende, en anglais, de la photo fournie par l’AFP: « LEBANON, AIN EL-HELWEH: Palestinian refugees pose as Israeli soldiers arresting and beating a Palestinian activist during celebrations of Prisoners’ Day at the refugee camp of Ain el-Helweh near the coastal Lebanese city of Sidon on April 17, 2012 in solidarity with the 4,700 Palestinian inmates of Israeli jails. Some 1,200 Palestinian prisoners held in Israeli jails have begun a hunger strike and another 2,300 are refusing food for one day, a spokeswoman for the Israel Prisons Service (IPS) said. »), soit devenue chez vous « Prisonnier palestinien 18/04/2012. Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention », étonnant non ? David Goldstein
Ce sont les récents événements de la Guerre de Gaza, ou plutôt leur réfraction dans l’opinion publiée, dans les médias, chez les hommes politiques, les diplomates, les universitaires et les classes bavardeuses, qui suscitent cette réflexion : la guimauve sentimentaliste dégouline de tous côtés pour décrire la « souffrance des Palestiniens ». A la bourse victimologique, le « Palestinien » vaut bien plus que le Darfourien massacré par les Arabes du Nord-Soudan, l’Iranien lapidé ou pendu par les mollahs, la fillette pakistanaise ou afghane décapitée ou défigurée à l’acide par les Talibans, l’Indien de Bombay ou du Cachemire assassiné par les moudjahidines islamistes. Divisez le nombre de palestiniens par les centimètres de journal (ou les minutes télévisées) qui leur sont consacrés, vous obtiendrez un ratio qui défie toute concurrence, une proportion disproportionnée. Ce demi-monde de trop volubiles discoureurs sélectionne soigneusement ce qu’il « voit », à l’exclusion du reste. (…)  Chacun devrait le savoir et y penser : dans la mesure où la photo n’est pas purement et simplement truquée ou le fruit d’un montage ou d’une mise en scène, qu’y a-t-il avant la photo, en amont pour ainsi dire ? Y a-t-il un Hamas qui a de propos délibéré rompu la trêve ? Un Hamas qui vole l’aide internationale pour la revendre au prix fort et faire dire par ses perroquets préférés du Monde et de Reuters qu’Israël a monté un blocus qui cause une crise humanitaire ? Un Hamas qui a lancé des attaques de terreur sans nombre contre les points de transit où passait le commerce entre Israel et Gaza, forçant Israel à les fermer ou à les restreindre ? Un Hamas qui a balancé plusieurs milliers de roquettes sur les villes du sud d’Israël ? Un Hamas, dont la Charte exige inconditionnellement la destruction d’Israël et le massacre des Juifs ? Un Hamas qui place ses lanceurs de projectiles dans les hôpitaux, les écoles, les mosquées – sachant que les Israéliens hésiteront à les frapper, que les médias se jetteront comme des prédateurs sur les morts éventuelles de boucliers humains ? Un Hamas qui préfère sacrifier la population (« martyre »), chair à canon, parce que les chairs sanguinolentes valent cher sur la BBC, France 2 et autres professionnels du trompe-l’œil ? Le Hamas promeut ce Grand-Guignol parce que le théâtre vivant permet à ses propagandistes de stigmatiser le Satan, en occultant le contexte, l’amont, l’histoire et le contenu, pour ne présenter que les horreurs de la guerre. Il n’y a pas de cause – hormis Satan – il n’y a que des effets ! Tel est l’effet d’une acceptation inconditionnelle du fabliau-fiction arabo-palestinien, qui est devenu, qu’on me pardonne l’expression, vérité d’Evangile pour la victimophilie pro-palestinienne d’esprits dérangés, quoique nombreux. J’y vois la confluence de deux phénomènes : d’un côté, l’effacement progressif de la honte postérieure à la Shoah. « Y’en a marre de ces histoires de génocide. On ne va pas passer l’éternité là-dessus, quand même ! ». Les arbitres des élégances du politiquement correct répètent, sans le savoir, à la virgule près, ce que l’extrême-droite négationniste martelait dans les années soixante et soixante-dix (elle imite également le monde stalinien qui niait en bloc que le Nazisme ait visé les Juifs en tant que tels). D’un autre côté, l’époque contemporaine est caractérisée par ce que le philosophe allemand Friedrich Nietzsche avait appelé « l’inversion de toutes les valeurs». Expliquons-nous : Comment peut-il se faire qu’une organisation-filiale des Frères musulmans, qui prêche la haine et la destruction de l’Occident, la soumission manu militari des dhimmi, l’instauration universelle de la charia, crucifixion, lapidation, amputation comprises ; qui, à de nombreuses reprises, a procédé à des massacres à grande échelle d’opposants palestiniens (sans parler des Israéliens, on s’en fiche, voir plus haut), qui terrorise sa propre société, bannissant, interdisant, fulminant ; qu’une organisation qui démontre sans cesse qu’elle se contrefiche du bien-être de ses compatriotes, que seul compte le djihad ; qu’un Palestinien ne vaut que « martyr » mort : comment se fait-il donc que le Hamas ait recruté comme valets de plume et d’image, qui cachent soigneusement ce qui ne peut être montré ni avoué, qui opèrent comme les appendices médiatiques de la propagande du Hamas, qui acceptent d’opérer sous son contrôle et sa censure, une grande partie des médias occidentaux ? On ne s’étonne pas de l’abjection des goebbelsiades qui font l’ordinaire d’Al-Jazeera, dans le lointain Qatar. On a la faiblesse de s’interroger sur celle des radios, télévisions et journaux occidentaux. Comment expliquer leur inversion des valeurs ? Souvenez-vous, ce que je décris à propos de Gaza valut également, en Août 2006 au Liban, quand il ne fut pas d’énorme mensonge proféré par les metteurs en scène du Hezbollah, qui ne fut avalé et resservi par cette trop docile presse occidentale. Toujours consentante à écrire sous la dictée des barbus de l’Islam, tant qu’elle peut publier des photos (truquées) qui accablent les ennemis israéliens des tueurs chiites. La pratique devenue normale et habituelle des médias occidentaux, à quelques exceptions près, c’est de titrer : « Pearl Harbour : attaque des Américains contre des avions japonais » en ne mentionnant qu’en petit et à la fin l’attaque nippone. Cette inversion du réel aura été permanente au cours du XXème siècle. Le putsch bolchévique d’Octobre 1917, nervis et bas-fonds lancés à l’assaut des bâtiments publics de Saint Petersburg par un doctrinaire cherchant l’occasion de mettre en application ses utopies sanglantes ouvrit le bal. Les appels hypocrites de Lénine à donner « la terre aux paysans » et «tout le pouvoir aux Soviets » – avant de confisquer l’une et l’autre –donnèrent l’impression, avec ses exhortations à l’Apocalypse révolutionnaire universelle, que le Soleil s’était levé pour la première fois, que la Fin de l’Histoire, prédite par Marx et tous les Utopistes, étaient proche. Chez les peuples européens, secoués par les horreurs du premier conflit mondial, l’écho fut retentissant : on voulait que cela fût vrai afin que prenne fin l’épouvante et que commence l’Ere nouvelle. Pour les intellectuels, l’Homme nouveau ferait table rase de la «société bourgeoisie ». La « bourgeoisie », cette fiction idiote, réunissait le mépris aristocratique des classes moyennes et la détestation bohème d’une société réglée et ordonnée. Elle idéalisait l’héroïsme aux dépens des vertus qui furent baptisées « victoriennes ». Elle appelait de ses vœux l’Apocalypse où le Héros renverserait la « société marchande », et nommait le Prolétariat Rédempteur messianique de substitution. L’inversion du réel est fondée sur une inversion des valeurs. Le rejet des valeurs « bourgeoises » (alors que l’Europe de 1914 n’est qu’au sens le plus minime du terme « capitaliste » et était, en vérité, très largement soumise aux forces littéralement féodales, (comme l’Empire allemand de Guillaume II) exigeait que l’on idolâtre ses ennemis. Tout ce qui s’opposait, ou prétendait s’opposer, à la société «bourgeoise » devint bon ; tout ce qui voulait la renforcer devint mauvais (d’où les intéressants va-et-vient entre nazis et communistes). Moscou, où affluaient les escrocs et les fanatiques, les charlatans et les aventuriers, les idéologues et les désaxés, devint le centre de redistribution intellectuel de ces valeurs inverties qui exaltaient la destruction radicale de l’Occident : Musulmans devenus « rouges », anarchistes communisés, officiers reconvertis de l’Armée et de la police secrète du Tsar, démagogues assoiffés de pouvoir, mystiques et pornographes-tueurs à la Raspoutine. Cela s’appelait l’Internationale communiste. C’est elle, et c’est eux, qui donnèrent le « la » aux versions délirantes de la politique du XXème siècle, qui, par la grâce des positions importantes occupées par l’intelligentsia politico-ambitieuse, enivrée de son propre romantisme, devinrent souvent les versions acceptées, à l’école et à l’université, dans la presse et la littérature. (…) Pour que réussissent les aventuriers de l’horreur, Il fallait que les intelligentsias et les diplomates, les journalistes et les professeurs les bénissent et prononcent avec génuflexions admiratives leurs messes et leurs sermons approbateurs. C’est ainsi que Michel Foucault se fit le chantre de l’Ayatollah Khomeiny et de la révolution islamique iranienne ! Il n’est pas de tyran de gauche ou d’extrême-gauche, de national-socialiste du tiers-monde, qui n’ait trouvé pour l’encenser quelques intellectuels de la Rive Gauche, de Bloomsbury, de Harvard Square, de Kreutzberg ou de l’Università statale. (…)  L’inversion des valeurs conduit à l’essor d’un faux réel où, répété indéfiniment, le mensonge devient officiel, obligatoire, universel. Je propose donc de comprendre l’étrange lubie qui possède une partie si importante de l’Occident comme le résultat de la grande inversion des valeurs qui plaça la destruction de l’Occident « bourgeois » en tête de ses priorités, et fit de tout ce qui se parait de l’étiquette de « révolutionnaire » le fin du fin. Que cette lubie ait retrouvé le plus familier des Satan de son histoire, et s’allie en ceci avec un monde islamique si violemment porté à l’espérance du génocide, n’est malheureusement pas très étonnant. Laurent Murawiec
C’est un mystère pourquoi tant de médias acceptent comme parole d’évangile les chiffres du Hamas sur le nombre de civils tués dans la récente guerre. Le Hamas proclame que 90% des 1800 Palestiniens tués sont des civils. Israël dit que la moitié des tués sont des combattants. Les faits objectifs sont plus proches de ce que dit Israël que du Hamas. Même des organisations de droits de l’homme anti-israéliennes reconnaissent, selon le New York Times, que le Hamas compte probablement parmi ces « civils tués par Israël », les groupes suivants : les Palestiniens tués comme collaborateurs, ceux tués de violences domestiques (crimes d’honneur), les Palestiniens tués par des roquettes ou obus de mortier du Hamas et les Palestiniens qui sont morts de mort naturelle durant le conflit. Je me demande si le Hamas compte aussi les 162 enfants qui sont morts en travaillant comme esclaves pour construire les tunnels. Le Hamas ne comptabilise pas comme combattants, ceux qui construisent les tunnels, ni ceux qui permettent à leurs maisons d’être utilisées comme cache d’armes et lancement de roquettes, ni les policiers du Hamas, ni les membres de la branche politique et ni les autres qui travaillent main dans la main avec les terroristes armés. Il y a plusieurs années, j’ai forgé un concept pour essayer de montrer que la distance entre un civil et un combattant n’est souvent qu’une question de degré, je l’ai appelé « continuum of civilianality ». Il est clair qu’un enfant dont l’âge ne lui permet pas encore d’aider les combattants du Hamas est un civil et qu’un combattant du Hamas qui tire des roquettes, porte des armes ou opère dans les tunnels est un combattant. Entre ces deux extrêmes, se trouve une grande variété de gens, dont certains sont plus proches des civils et certains sont plus proches des combattants. La loi de la guerre n’a pas établi de distinction claire entre combattants et civils, en particulier dans un contexte de guerre urbaine où des gens peuvent transporter des armes la nuit et être boulangers durant la journée, ou tirer des roquettes durant la journée et aller dormir avec leurs familles la nuit. (…) Les données publiées par le New York Times suggèrent fortement qu’un très grand nombre, peut-être la majorité des gens tués sont plus proches du combattant de l’extrêmité de l’échelle que du civil de l’extrémité de l’échelle. Premièrement, la vaste majorité des tués sont plutôt des hommes que des femmes, deuxièmement la majorité ont entre 15 et 40 ans, le nombre de personnes âgés de plus de 60 ans sont rarissimes, le nombre d’enfants en dessous de 15 ans est aussi relativement petit, bien que leurs images aient été prépondérantes ! En d’autres termes, les genres et âges des tués ne sont pas représentatifs de la population générale de Gaza mais plus représentatifs du genre et de l’âge des combattants. Ces données suggèrent qu’un très grand pourcentage de Palestiniens tués sont du coté des combattants de l’échelle (continuum). Elles prouvent également, comme si des preuves étaient nécessaires à des yeux impartiaux, qu’Israël n’a pas ciblé des civils au hasard. Si cela était le cas, les tués seraient représentatifs de la population générale de Gaza plutôt que de sous-groupes étroitement associées à des combattants. Les médias devraient cesser immédiatement d’utiliser les statistiques approuvées par le Hamas qui déjà dans le passé se sont révélés être très peu fiables (…) Les médias font preuve de paresse en s’appuyant sur les chiffres de la propagande du Hamas et mettent en danger la profession. Lorsque l’infâme rapport Goldstone a faussement affirmé que la grande majorité des personnes tuées dans l’Opération Plomb Durci étaient des civils et non des combattants du Hamas, beaucoup d’habitants de Gaza se sont plaints, ils ont accusé le Hamas de lâcheté puisque tant de civils avaient été tués alors que les combattants avaient été épargnés. À la suite de ces plaintes, le Hamas a été forcé de dire la vérité : il a reconnu le nombre de combattants et policiers armés tués. Il est probable que le Hamas fera une « correction » similaire à l’égard de ce conflit. Mais cette correction ne sera pas diffusée dans les médias, comme la correction précédente ne l’avait pas été. Les gros titres du genre « La plupart des personnes tuées par Israël sont des enfants, des femmes et des personnes âgées » vont continuer à être diffusés malgré la fausseté des faits. Tant que les médias ne démentiront pas, le Hamas poursuivra sa « stratégie de bébés morts » et plus de gens des deux côtés vont mourir. Alan Dershowitz
Le Hamas a lancé une guerre sophistiquée et même brillante de propagande médiatique. « Toute personne tuée ou morte en martyr doit être appelée un civil de Gaza ou de Palestine », a annoncé le mouvement aux Gazaouis dans une annonce publique, « avant même que l’on parle de son statut dans le djihad ou de son rang militaire ». Le Hamas a enjoint la population à utiliser l’élément de langage « civils innocents » autant que possible lorsqu’ils s’adressent aux journalistes. Le Hamas lance des roquettes depuis les zones les plus densément peuplées de la Bande de Gaza – soit la ville de Gaza, Beit Hanoun dans le Nord et Khan Younis dans le Sud – et dit aux combattants de tirer depuis des sites sensibles comme les écoles, les églises, les mosquées, les infrastructures des Nations-Unies et les hôpitaux. C’est une stratégie gagnant-gagnant : si Israël est dissuadé, les infrastructures et les soldats du Hamas sont préservés ; si Israël tire malgré tout, les pertes civiles seront une victoire pour la propagande du Hamas. La stratégie médiatique du Hamas a été illustrée par son utilisation de l’hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza. Là, au vu et su de tous, les chefs ont commandité leur offensive depuis un bunker souterrain caché sous l’hôpital. Les reporters étaient interdits d’accès au bunker et étaient invités à la place à un point presse dans la cour de l’hôpital. Ici, les journalistes qui cherchaient à interviewer le Hamas devaient faire la queue, un poste idéal pour prendre des photos de civils et de combattants blessés (ces derniers étant inévitablement habillés en civils) qui étaient amenés à toute vitesse à l’intérieur de l’hôpital. Oren Kessler
Si vous n’avez pas d’arme, nos frères vous ont montré le chemin (…)  Tuez donc à l’aide d’un couteau un policier. Prenez son pistolet. Avec ce pistolet, tuez un militaire. Prenez son fusil et lancez vous dans le chemin de votre seigneur. Ce n’est qu’un paradis qui vous attend et la chaada est sans douleur. Vidéo de propagande de l’Etat islamique
Nous sommes face à un phénomène nouveau, le terrorisme en libre-accès. Cela implique la mobilisation de moyens exceptionnels. 1.200 ressortissants Français sont allés en Irak et en Syrie, 580 y sont allés et en sont revenus, 200 veulent y aller. Et 185 sont quelque part en Europe sur le chemin pour y aller. Bernard Cazeneuve
L’image et la vidéo de l’exécution du policier ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux. Et régulièrement, la question de l’absence de sang revient. Selon certains internautes, ce serait une nouvelle preuve d’un coup monté et l’agent ne serait peut-être même pas mort. Les réponses n’ont pas tardé à venir d’elles-mêmes. Plusieurs dizaines de témoignages d’habitants et de secouristes vont dans le même sens. Ahmed Merabet a bel et bien été tué, dans l’exercice de ses fonctions, par des tirs d’arme automatique. Le sang a bel et bien coulé sur ce trottoir du boulevard Richard-Lenoir. [La carte d’identité oubliée] Un oubli qui avait effectivement de quoi intriguer les internautes, quand les terroristes font preuve d’une importante maîtrise des armes sur les différentes vidéo. Pourtant, les enquêteurs le rappellent : plusieurs éléments de leur action semblent avoir été mal préparés. L’entrée au mauvais numéro de la rue, l’abandon de la première voiture après en avoir perdu le contrôle et avoir percuté des poteaux, la fuite sans nourriture… Reste la piste d’un abandon volontaire de la carte d’identité pour brouiller les pistes. Mais les prélèvements génétiques réalisés dans la voiture ont confirmé cette même identité, selont FTVI. Libération évoque également des chargeurs de kalachnikovs « oubliés dans la Citroën » qui permettent là aussi de remonter la même piste. Enfin, il ne faut pas écarter la possibilité d’un acte volontaire. Les frères Kouachi aurait pu, avec cet acte, revendiquer clairement leur attaque. France bleu
Des examens ont prouvé que les tirs d’armes qui sont censés avoir tué le petit Mohammed ne pouvaient pas provenir du côté israélien. Dans ce cas, de quel côté provenaient-ils ? L’enfant – après avoir été déclaré mort – semble avoir bougé tout seul de place à plusieurs reprises. Comment cela fut-il possible ? Des images tournées quelques secondes après le drame ne montrent aucune trace de sang à l’endroit où l’enfant aurait été tué. Plus tard, lorsque les journalistes furent invités pour filmer les lieux, on aperçoit une grosse flaque de sang. D’où venait-elle ? Que signifient les différentes scènes dans lesquelles on voit des Palestiniens soit-disant blessés, mais qui selon toutes probabilités semblent avoir joué la comédie ? Que faisaient tous les spectateurs que l’on aperçoit sur les lieux et qui n’ont manifestement pas l’attitude de personnes en situation de danger – prises sous le feu israélien – mais plutôt celle d’individu qui assistent à un tournage de film ? Que signifie le signe « deux » que fait avec une main le caméraman palestinien et qui semble indiquer qu’il s’agit de la deuxième prise de vue, comme le font les caméramen lors d’un tournage d’un film ? Lucas Martin

Et si la carte des théories conspirationnistes épousait tout simplement, comme le rappelait récemment Claude Moniquet pour le révisionnisme antiaméricain, celle de l’antisémitisme dans le monde ?

Au lendemain d’une nouvelle attaque au couteau contre des militaires …

Au moment même où sortait une nouvelle vidéo de l’Etat islamique appelant les musulmans français à « faire exploser la France » en prenant les armes des forces de l’ordre …

Pendant que, tant sur les réseaux sociaux que dans les cerveaux de nombre de nos concitoyens, continuent à fleurir les théories du complot sur les attentats de Charlie hebdo et de l’Hypercacher …

Comment ne pas repenser à ces appelés qui expliquaient il y a quelques temps sur RMC que la plupart des armes des appelés du Plan vigipirate étaient en fait non chargées ?

Et comment aussi ne pas s’émerveiller, entre deux manifestations anti-israéliennes y compris avec le drapeau noir dudit Etat islamique, de l’incroyable esprit critique et sagacité de nos nouveaux maitres du soupçon

Quant à toutes ces images bidonnées, dont nous abreuvent nos médias depuis des années, sur les femmes et les enfants de Gaza

Et notamment concernant cette autre victime dont, il y a bientôt quinze ans, on n’a pas non plus vu le sang …

Mais dont on a si vite et si catégoriquement attribué la mort délibérée …

Aux prétendus tueurs d’enfants de l’Armée israélienne …

A savoir le petit Mohammed ?

L’affaire Mohammed Al Dura
Lucas Martin
Mediapart
14 février 2013

Au mois de septembre 2000, lors d’un échange de feu entre l’armée israélienne et des palestiniens, des images difficiles ont été filmées à propos du jeune Mohammed Al Dura et de son père. Sous les balles, le père demandait un arrêt des tirs, tandis que son enfant tentait de se protéger sur ses genoux.

Quelques instants plus tard, on aperçoit le jeune Mohammed et une voix qui crie : « L’enfant et mort ! L’enfant est mort ! » Que s’est-il passé exactement ce jour-là ?

Pour le journaliste d’Antenne 2 – Charles Enderlin – le doute n’existe pas : ce sont les tirs de l’armée israélienne qui ont tué l’enfant. Selon Philippe Karsenty, il s’agit plutôt d’une imposture : l’enfant n’a jamais été tué, les tirs provenaient des Palestiniens et le tout devait servir à démontrer l’agression israélienne. Ni Charles Enderlin, ni Philippe Karsenty n’étaient sur les lieux de l’incident. Comment savoir ce qui s’est passé réellement ?

Le documentaire (en deux parties) présenté ci-dessous dresse le tableau des points obscurs de cette affaire. Sans prendre position, ses auteurs relèvent les contradictions que nous pouvons apprécier à leur juste valeur. Il est important de regarder ce documentaire afin de se faire une idée précise de l’affaire.

En résumé, les questions les plus importantes à se poser sont les suivantes :

Des examens ont prouvé que les tirs d’armes qui sont censés avoir tué le petit Mohammed ne pouvaient pas provenir du côté israélien. Dans ce cas, de quel côté provenaient-ils ?
L’enfant – après avoir été déclaré mort – semble avoir bougé tout seul de place à plusieurs reprises. Comment cela fut-il possible ?
Des images tournée quelques secondes après le drame ne montrent aucune trace de sang à l’endroit où l’enfant aurait été tué. Plus tard, lorsque les journalistes furent invités pour filmer les lieux, on aperçoit une grosse flaque de sang. D’où venait-elle ?
Que signifient les différentes scènes dans lesquelles on voit des Palestiniens soit-disant blessés, mais qui selon toutes probabilités semblent avoir joué la comédie ?
Que faisaient tous les spectateurs que l’on aperçoit sur les lieux et qui n’ont manifestement pas l’attitude de personnes en situation de danger – prises sous le feu israélien – mais plutôt celle d’individu qui assistent à un tournage de film ?
Que signifie le signe « deux » que fait avec une main le caméraman palestinien et qui semble indiquer qu’il s’agit de la deuxième prise de vue, comme le font les caméramen lors d’un tournage d’un film ?

Nous n’avons pas les réponses à ces questions. De nombreux journalistes (danois, allemands, israéliens…) doutent sérieusement de la véracité de la version palestinienne. Le caméraman palestinien lui-même affirme que l’enfant n’a pas été tué. Alors ?

(On pourra consulter avec intérêt le résumé de l’affaire sur Wikipedia.)

 Mohamed al-Dura : un rapport israélien dénonce un montage
Le Point
20/05/2013

Le gouvernement affirme que l’enfant palestinien n’est pas mort en 2000 dans les bras de son père sur la base d’images non montées dans le reportage.

Le gouvernement israélien a affirmé dimanche dans un rapport qu’un reportage de France 2 sur la mort d’un enfant palestinien dans les bras de son père en 2000 était « infondé », affirmant s’appuyer sur des images non montées du reportage. Ce document, qui réitère des positions de dirigeants politiques et militaires israéliens, est publié à quelques jours d’une décision de justice à Paris sur une affaire de diffamation entre l’auteur du reportage datant du 30 septembre 2000, le journaliste Charles Enderlin, contre Philippe Karsenty, directeur d’un site d’analyse des médias.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a lui-même salué la conclusion du rapport d’une quarantaine de pages qu’il avait commandité en septembre. « La version répandue par le reportage a servi d’inspiration et de justification au terrorisme, à l’antisémitisme et à la délégitimation d’Israël », a-t-il estimé. « Il n’y a qu’une seule façon de contrer les mensonges, c’est par la vérité », a insisté Benyamin Netanyahou, cité dans un communiqué accompagnant la publication du rapport.

« On voit l’enfant vivant »

« Les accusations et affirmations centrales du reportage de France 2 sont infondées dans le matériau que la chaîne de télévision avait en sa possession au moment du reportage », assure ce rapport. « Contrairement à l’affirmation du reportage selon lequel l’enfant a été tué, le visionnage par la commission (gouvernementale) des images non montées montre que dans les scènes finales, qui n’ont pas été diffusées par France 2, on voit l’enfant vivant », selon le texte. La chaîne a refusé de fournir les images non montées du reportage aux autorités israéliennes, a indiqué l’auteur du rapport, Yossi Kuperwasser, directeur général du ministère des Relations internationales, sans préciser comment la commission israélienne s’était néanmoins procuré les images sur lesquelles elle fonde ses conclusions.

Le reportage montrait un Palestinien de 12 ans, Mohammad al-Dura, protégé par son père Jamal alors que tous deux sont pris sous les tirs croisés entre l’armée israélienne et des combattants palestiniens, au tout début de la deuxième Intifada (2000-2005). Selon le rapport israélien, il n’y a pas de « preuve que Jamal ou l’enfant aient été blessés de la manière présentée par le reportage (…). Au contraire, il y a de nombreuses indications selon lesquelles aucun des deux n’a été touché. » Selon le document, l’examen balistique des impacts de balles à proximité du père et de l’enfant « montre qu’il est extrêmement douteux que les balles puissent avoir été tirées depuis la position israélienne comme l’implique le reportage de France 2″.

Rapport « fabriqué de toutes pièces »

« Nous avons toujours dit, y compris à la Cour suprême israélienne, que nous étions prêts à une enquête publique indépendante selon les standards internationaux », a répondu Charles Enderlin. « Nous n’avons jamais été contactés pour une enquête israélienne quelconque. Kuperwasser n’a jamais contacté France 2. S’il l’avait fait, nous aurions demandé de quelle enquête il s’agissait et s’il était question d’une commission indépendante », a-t-il souligné. « Nous avions aussi annoncé que nous étions prêts à aider Jamal, le père de l’enfant, pour un test ADN du corps de son fils si nécessaire », a ajouté le journaliste.

Sur twitter le journaliste s’étonne des conclusions du rapport
Rapport israélien : Jamal al dura n’a pas été blessé les chirurgiens qui l’ont opéré à Amman jouaient ils la comédie?

- Charles Enderlin (@Charles1045) 19 mai 2013
selon le rapport israélien Jamal al Dura n’a pas été blessé. le roi de Jordanie le savait-il en lui rendant visite à l’hôpital à Amman?

- Charles Enderlin (@Charles1045) 19 mai 2013

À Gaza, le père de Mohammad, Jamal al-Dura, a quant à lui déclaré que le rapport était « fabriqué de toutes pièces ». « Les Israéliens mentent et tentent de couvrir la vérité », a-t-il ajouté, précisant qu’il avait réclamé une commission d’enquête internationale avec la participation de sa famille et des autorités israéliennes. Les images de l’agonie de Mohammad al-Dura dans les bras de son père à un carrefour près de la ville de Gaza avaient fait le tour du monde et constituent un épisode marquant de la guerre médiatique entre Israël et les Palestiniens. En France, la cour d’appel de Paris doit se prononcer le 22 mai sur la plainte en diffamation déposée par Charles Enderlin contre Philippe Karsenty, qui avait affirmé que le reportage était truqué.

Voir aussi:

Conspiracy Theorists Blame Paris Attack on Israel
Online, many were quick to pin Charlie Hebdo massacre on the Jews

Yair Rosenberg

Tablet

January 12, 2015

Just a few hours after the massacre at the offices of satirical French paper Charlie Hebdo, members of the far-right and far-left in Europe and America quickly decided who was responsible: the Mossad. Writing on her Facebook page, Greta Berlin, organizer of the 2010 Gaza flotilla and co-founder of the Free Gaza movement, argued that the attack was Israeli retribution for France’s recognition of a Palestinian state:

Berlin has a long record of promoting Holocaust denial and other anti-Semitic conspiracy theories about the Jews, to the extent that she has been ostracized even by some in the Palestinian solidarity movement that she once captained. But she wasn’t the only flotilla leader and Free Gaza founder to attempt to pin the Paris murders on the Jews. Mary Hughes-Thompson, an activist who remains in good standing, used her Twitter feed to cast suspicion on the Jewish state, using the hashtag #JSIL, an epithet coined to liken Israel to the Islamic State:

“Bibi is furious over French vote for Palestinian state. What better way to get even?” a later Hughes-Thompson tweet read.

The Free Gaza movement of Berlin and Hughes-Thompson boasts endorsements from Archbishop Desmond Tutu and MIT professor Noam Chomsky, even as prominent commentators have called for Tutu in particular to disassociate himself from the movement since Berlin’s anti-Semitism came to light.

Meanwhile, the same conspiracy theories about the Charlie Hebdo killings began circulating in other popular radical forums. Anonymous Kollektiv, a German spin-off of the online hacking group, told its more than 660,000 Facebook followers that “The precision with which the perpetrators acted brings to mind Mossad hit squads from the recent past,” and offered evidence of a joint CIA-Mossad “false flag” operation. In case this wasn’t clear enough, Anonymous then posted a picture of a smiling Benjamin Netanyahu, alongside a quotation of him criticizing France’s recognition of Palestine.

The idea that Israel carried out the massacre became so widespread that it was picked up by a more reputable publication, the International Business Times, which gave a respectful airing to the possibility in a piece titled “Charlie Hebdo Attack and Mossad Link: Is Israel Venting Its Fury For France’s Recognition of Palestine State?” After public outcry from readers and journalists, the article was taken down and replaced with a forthright apology deeming the piece “beneath our standards” and a “basic lapse in judgement.”

But although serious publications are unlikely to promulgate the story in the future, such anti-Semitic conspiracy theories are unlikely to die down anytime soon. Indeed, even after the deadly Friday attack on the kosher supermarket in Paris, none of the sources mentioned above retracted their accusations against the Jewish state. In the end, for the bigot, the point is not to plausibly explain events, but to impugn the object of one’s hateful obsession.

Complotisme : « plus de la moitié de mes élèves croit aux Illuminati »
Medias, école : comment enseigner Internet après Charlie

Arrêt sur images

30/01/2015

La couleur des rétroviseurs d’une voiture, l’absence de taches de sang à côté du corps d’un policier assassiné, des images de journaliste en gilet pare-balles : après les tueries de Charlie Hebdo et de l’hypermarché casher, les doutes sur les versions policières et médiatiques sur les événements ont surgi sur les réseaux sociaux avec une rapidité et une vigueur inattendues. Comment internet et les réseaux sociaux ont-ils changé le mode de propagation et peut-être le contenu de ce qu’on appelle les théories du complot et comment identifier ces sources d’information sur internet pour essayer de trier le vraisemblable du peu probable ?

Nous avons invité Martine Sanz, professeure de Lettres-Histoire à Créteil, qui s’est trouvée confrontée en classe, à la propagation des théories du complot ; Guillaume Brossard, fondateur du site Hoaxbuster.com qui démonte toutes les rumeurs du web ; Pascal Froissart, spécialiste en Sciences de l’information et de la communication et plus particulièrement des rumeurs. Enfin, par Skype, Emmanuelle Danblon, linguiste et professeure à l’Université libre de Bruxelles, nous expliquera pourquoi ces théories circulent aussi vite.

L’émission est présentée par Daniel Schneidermann, préparée par Adèle Bellot, Robin Andraca et Sébastien Rochat
et déco-réalisée par Axel Everarts de Velp et François Rose.

La vidéo dure 1 heure et 36 minutes.

Si la lecture des vidéos est saccadée, reportez-vous à nos conseils.

Le making of, par Sébastien Rochat
Comme par hasard… Pour préparer notre émission sur le complotisme de l’après Charlie, nous n’étions pas trop de deux pour recueillir les justifications de tous ceux qui ont décliné notre invitation. Et ils étaient nombreux. Avec toujours de bonnes excuses : « Pas disponible, mais on peut en parler », « Je ne suis pas libre vendredi », « Je suis dans le Sud », « J’ai un colloque sur le sujet », « Je suis débordé ». Comme par hasard…

Avec Robin Andraca, nous avons notamment contacté le sociologue Gérald Bronner (déjà invité lors d’une précédente émission), Bruno Fay (auteur d’un livre sur la « complocratie »), Pierre-Henri Tavoillot (philosophe), Rudy Reichstadt (fondateur de Conspiracy Watch), Guilhem Fouetillou (fondateur d’une start up qui analyse, entre autres, les réseaux sociaux). Tous ont décliné notre invitation. Même le journaliste de Rue89, auteur d’un observatoire des sites complotistes, a refusé de venir. Il n’a d’ailleurs pas signé son article. Comme par…

Comment expliquer la rapidité avec laquelle les thèses complotistes ont circulé sur les réseaux sociaux après les attentats contre Charlie Hebdo et le magasin Hyper Casher de Vincennes ? Comment répondre à ces thèses complotistes ? Les médias mainstream sont-ils complices de la diffusion de ces théories en les décryptant ? Les enseignants sont-ils armés pour répondre aux doutes de leurs élèves ? L’humour peut-il être un moyen de déconstruire ces thèses ?

Quatre invités ont bien voulu débattre de tous ces sujets. Martine Sanz, enseignante en Lettres-Histoire dans un lycée professionnel de Créteil, nous raconte comment ses élèves avaient, dès le lendemain, mis en doute le récit de l’attaque contre Charlie Hebdo, après avoir vu « passer l’info » sur les réseaux sociaux. Et ce n’est pas un petit phénomène : elle estime que plus de la moitié de ses élèves croient aux théories du complot. En classe, elle a par exemple été confrontée aux Illumaniti de Bavière, une théorie relayée par ses élèves et selon laquelle cette société secrète du XVIIIe existerait encore et souhaiterait gouverner le monde. Des thèses qui circulent sur le web, et notamment sur des sites que les élèves n’ont pas appris à identifier. Le travail sur les sources est une des pistes de réflexion pour apprendre aux élèves à utiliser les réseaux sociaux.

Mais pourquoi ces théories complotistes peuvent-elles paraître si séduisantes pour certains ? Comment expliquer leur succès ? Emmanuelle Danblon, linguiste et professeure à l’Université libre de Bruxelles, nous explique, par Skype, tous les ressorts de ces théories. Selon elle, il y a « un besoin vital de donner du sens à des événements qui provoquent des brèches dans la compréhension que l’on a du monde ». D’où la nécessité de rechercher des indices et de construire un récit. Et ces théories circulent d’autant plus vite « qu’avec l’image, l’indice fait tout de suite preuve », explique-t-elle.

Pour notre troisième invité, le sociologue Pascal Froissart, il ne faut pas forcément s’alarmer. Il est même bon de voir que les élèves s’interrogent et exercent leur esprit critique. Car pour lui, il ne faut pas confondre les faits et les informations, le constat et l’interprétation. Exemple ? Oui, il y a un triangle sur un billet de 1 dollar. Et alors ? C’est avec ce « et alors » que peut commencer la déconstruction des thèses complotistes.

Mais il n’y a pas de recettes miracles pour répondre aux théories conspirationnistes ou aux rumeurs. Et notre dernier invité, Guillaume Brossard, en sait quelque chose : depuis près de quinze ans, il déconstruit toutes les rumeurs du web sur son site Hoaxbuster.com. Certaines reviennent même tous les ans : une éclipse de soleil de trois jours en France ? Cela fait des années que cette rumeur circule. En décembre dernier, elle est même arrivée aux oreilles des élèves de Martine Sanz, qui étaient vraiment persuadés qu’une éclipse allait avoir lieu. Et elle n’a pas eu lieu. Comme chaque année. Une rumeur pas bien difficile à déconstruire donc. Mais comment faire avec les autres rumeurs ? Les médias traditionnels doivent-ils s’en emparer, pour démontrer qu’elles sont infondées, quitte à leur donner une audience qu’elle n’auraient pas ? Sur le plateau, les avis divergent.

Mise à jour du 2 février par Adèle Bellot (la documentaliste) : Un tweet de Zouhair, sur l’absence de sang près du policier, est présenté au début de l’émission comme complotiste. Il s’agit d’une erreur, ce tweet renvoyant en fait vers un post Facebook visant à démonter les théories du complot à propos de la tuerie de Charlie Hebdo.
Vous pouvez aussi utiliser le découpage en actes.

Si la lecture des vidéos est saccadée, reportez-vous à nos conseils.

Acte 1

Une carte d’identité oubliée, des images d’un policier abattu mais qui ne saigne pas : les rumeurs ont circulé sur Facebook le jour-même de l’attentat contre Charlie Hebdo. Et dès le lendemain, des élèves de Martine Sanz croyaient à la théorie du complot. Ce n’est pas une nouveauté : ces élèves ont déjà relayé des théories conspirationnistes en classe. Exemple ? les Illumaniti de Bavière. Ou le triangle sur le billet de 1 dollar.

Acte 2

Qui véhicule toutes les rumeurs ? Après les attentats contre Charlie, un certain Karim a publié plusieurs vidéos sur Youtube pour exprimer ses doutes sur les versions policières. « C’est pas un peu bizarre ? », répète-t-il sans cesse. Comment expliquer le succès de ces vidéos ? Pour Emmanuelle Danblon, c’est la nécessité de donner du sens à des événements qui explique la propagation de ces théories. Car dans la rhétorique du complot, il n’existe pas de coïncidences.

Acte 3

Entre parents et enfants, ou enseignants et élèves, il y a souvent un décalage : les uns s’informent sur les réseaux sociaux, quand les autres consultent la presse. Faut-il mieux former les enseignants à l’usage des réseaux sociaux ? Un enseignant a-t-il les moyens et le temps d’apprendre aux élèves de prendre du recul face aux contenus qui circulent sur Facebook ? Quel réflexe doit-on avoir pour identifier les sources ou déterminer le profil d’un blog anonyme ? Exemple avec le site Stopmensonges.com et Medias-presse.info

Acte 4

Faut-il démentir les rumeurs, au risque de leur donner de l’importance ? Froissart estime que les médias mainstream ont une responsabilité dans la diffusion des rumeurs. Même pour les démentir ? Martine Sanz assure que les articles de décryptage, même sur des détails comme les rétroviseurs des Kouachi, l’aident en classe pour répondre à ses élèves. Peut-être. Mais Brossard considère qu’il faudrait surtout insister sur les idéologues qui récupèrent et/ou propagent ces rumeurs comme Thierry Meyssan, Dieudonné et Alain Soral. Et pour les déconstruire ? L’humour peut être une solution.

Voir aussi:

Faites exploser la France : j’ai vu l’épisode 2
Daniel Schneidermann

Arrêt sur images

le 04/02/2015

Au programme du matinaute, au réveil, trois vidéos. Version grand spectacle, le crash d’un avion taiwanais dans une rivière, filmé comme si on y était depuis une voiture. Version insoutenable, le pilote jordanien brûlé vif dans une cage par l’Etat islamique. Celle-là, toute ma time line de Twitter m’exhorte, avec des cris d’épouvante, de ne pas la regarder. Elle a été effacée de YouTube, ce qui n’empêche qu’il est possible, en quelques clics, de la trouver. Mais sur sa chaîne pour CSP+, l’Etat Islamique nous propose sa nouvelle production, à destination exclusive des francophones : elle est explicitement titrée « Faites exploser la France. »

C’est le deuxième épisode. L’éditocrate de l’EI qui s’y exprime se réjouit de l’impact du premier (Joué-lès-Tours, Dijon, Charlie, joli résultat), mais y témoigne aussi d’une fine connaissance du débat français, allant chercher par exemple, comme signe flagrant de l’hypocrisie française sur la liberté d’expression, le licenciement de Siné par Charlie Hebdo, en 2008 (tout notre dossier est ici). Autrement dit -effet collatéral des recrutements en France-, l’EI nous écoute, nous regarde, s’immisce dans nos discussions de cour de récré, de machine à café. L’EI écoute en direct notre débat national, tel qu’il se déroule dans des forums comme les nôtres, par exemple. L’EI lira peut-être cette chronique, dès sa mise en ligne. Cette immixtion est évidemment d’une grande efficacité.

Si vous voulez regarder « Faites exploser la France », épisode 2, la vidéo est . Je vous donne le lien intentionnellement : je suis peut-être un koufar hypocrite, mais je me soigne. Regardez la. Commentez la. Regarder ailleurs n’est pas, n’est plus une solution. Que vous le vouliez ou non, ces vidéos seront vues par ceux qu’elles doivent atteindre. Supprimez-les, elles réapparaîtront aussitôt. Pas d’autre choix, donc, que de les regarder en face. Koufars ministres qui me lisez, regardez la vidéo. Koufars profs, regardez-la aussi, comme tous ces contenus complotistes que nous évoquions dans notre dernière émission, pour savoir répondre aux élèves qui les auront vues. Les journalistes doivent les regarder en face. Les détourneurs du Web, les Guignols, les gagmen de Canal+, doivent la regarder en face et s’en emparer. Il faut les critiquer, les démonter, les remonter, les détourner, les moquer, les incorporer à la production médiatique et intellectuelle nationale. Comme le gouvernement a commencé de le faire, dans sa fameuse vidéo Stop Djihad, et si possible plus adroitement que lui. Rien de tout cela ne sera évidemment suffisant, mais rien ne serait plus inefficace que de regarder ailleurs.

Voir également:

Attaque de Nice : le suspect connu depuis plus de dix ans par la police
Soren Seelow

Le Monde

04.02.2015
Le profil de l’agresseur de trois militaires en faction devant un centre communautaire juif de Nice, mardi 3 février, illustre la nouvelle menace à laquelle sont confrontés les services de renseignement. Un petit délinquant comme il y en a tant, au parcours erratique sans être inquiétant, sans connexion connue avec les cercles djihadistes, qui décide un jour de brandir un couteau de cuisine.

Peu après 14 heures, mardi, un jeune homme s’est approché d’un trio de soldats positionné place Massena dans le cadre du plan Vigipirate. Il a sorti une lame de son sac et a blessé légèrement deux militaires à la joue, à la main et au bras. Aussitôt interpellé, l’agresseur a été identifié par sa carte d’identité comme étant Moussa Coulibaly, 30 ans, originaire de Mantes-la-Jolie (Yvelines). La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête, confiée à la sous-direction antiterroriste et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Moussa Coulibaly est connu depuis plus de dix ans des services de police pour des faits de petite délinquance : vol, usage de stupéfiants, outrage à agents… Rien de bien méchant. Il a été condamné à six reprises entre 2003 et 2012 à des peines d’amende ou de prison avec sursis, la plupart du temps à Mulhouse, où il a vécu quelques années, selon une source judiciaire.

TENTATIVE DE VOYAGE VERS LA TURQUIE

Il y a peu, le jeune homme est apparu dans le viseur des services de renseignement pour des signes de radicalisation. Remarqué pour son « prosélytisme agressif » dans la salle de sport qu’il fréquente à Mantes-la-Jolie, il était devenu peu aimable avec les femmes, explique une source policière. Il aurait par ailleurs eu une altercation dans les douches avec un homme au motif que ce dernier se lavait nu. Le 18 décembre, le service du renseignement territorial (SDRT) le signale à la DGSI. Pas de quoi mettre le jeune homme sur écoutes, estime la sécurité intérieure, qui laisse tout de même le soin au SDRT de garder un œil sur lui.

Lire aussi : Quels sont les moyens de l’antiterrorisme en France ?

Au début de 2014, Moussa Coulibaly disparaît brièvement des radars. Il réapparaît le 27 janvier à Ajaccio, en Corse, dans une agence de voyages. Il demande un aller simple pour Ankara, en Turquie. L’employé lui explique qu’il serait plus économique de prendre un aller-retour pour Istanbul. Le jeune homme en convient. Il prend donc un billet pour cette destination, le lendemain à 13 h 40, et fixe sans grande conviction une date de retour au 21 février. Mais il insiste pour que son vol comprenne de brèves escales à Nice et Rome.

Intrigué par ses exigences, sa destination et quelques aspects douteux de son passeport, l’employé appelle Air France, qui prévient la police aux frontières, laquelle alerte la DGSI. Le renseignement intérieur ressort de ses dossiers le signalement de Mantes-la-Jolie et fait le lien avec l’épisode de la douche. Faute de pouvoir l’empêcher légalement de prendre son vol, la DGSI prévient les Turcs de le renvoyer en France dès réception. Une surveillance physique est mise en place pour sa seule nuit à Ajaccio avant l’embarquement : l’homme a pris une chambre avec vue sur le golfe à l’hôtel Dauphin, ne voit personne, lave son linge, fait sa prière, puis prend l’avion.

A peine arrivé à l’aéroport d’Istanbul le 29, il est réexpédié à Nice, où les enquêteurs de la direction régionale de la sécurité intérieure l’interrogent sur ses motivations. Le jeune homme assure qu’il entendait faire du tourisme en Turquie, et demande qu’on le laisse rentrer à Ajaccio pour y retrouver sa petite amie, dont il n’est pas capable de fournir le nom ni l’adresse. Faute d’éléments suffisants pour ouvrir une procédure judiciaire, les policiers le relâchent, et mettent en place une surveillance à Ajaccio.

Mais le jeune Mantais ne retourne pas en Corse. Il prend une chambre dans un hôtel niçois. Intrigués par son soudain intérêt pour la Côte d’Azur, les services de renseignement mettent en place un dispositif de « surveillance d’environnement », afin de déterminer s’il a des relations dans la région. Peine perdue : le jeune homme erre pendant quelques jours, « picole un peu, tape des clopes dans la rue, discute avec des SDF », explique une source proche du dossier. Intrigant, mais toujours rien d’alarmant.

UNE AGRESSION « RÉVÉLATRICE D’UN CLIMAT »

Mardi, place Massena, Moussa Coulibaly a fait tomber un sac devant un militaire, qui s’est empressé de le ramasser. Ce dernier a eu la joue transpercée. Le jeune homme n’a pas crié « Allah Akbar ». Il n’a rien dit. Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’enquête en raison de ses cibles et de sa volonté de rejoindre la Turquie. Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, s’est gardé d’évoquer une attaque « terroriste », préférant parler d’« acte criminel ».

« C’est une agression d’une gravité relative, mais elle est révélatrice d’un climat, explique une source proche des services de renseignement. Un type un peu paumé, difficile à détecter, qui passe subitement à l’acte. On s’attend à ce que ce phénomène se répète. » La question se posera peut-être du suivi de ces velléitaires du djihad qui, frustrés de n’avoir pu rejoindre la Syrie, se lancent dans des opérations désespérées sur le sol français.

L’agression de Moussa Coulibaly n’est pas sans rappeler celle commise le 20 décembre par Bertrand Nzohabonayo, qui avait attaqué trois policiers au couteau de cuisine au commissariat de Joué-lès-Tours. Il s’agissait déjà d’un profil « signalé » à la DGSI pour des signes de radicalisation religieuse, mais pas assez inquiétant pour justifier la mise en place d’une surveillance physique.

Le jour de l’attaque de Nice, l’Etat islamique a diffusé une vidéo intitulée « Faites exploser la France (2) ». Un homme masqué, armé d’une kalachnikov et entouré de ses « frères » d’armes, exhorte en français ceux qui sont « dans l’incapacité » de partir pour la Syrie à « passer à l’action ». « Tuez à l’aide d’un couteau un policier (…) ou un militaire », lance-t-il. Le premier épisode de ce film avait été mis en ligne la veille de l’attaque de Joué-lès-Tours.

Voir encore:

Nice : le profil de Moussa Coulibaly repose les questions des moyens de l’anti-terrorisme
Les Echos

04/02/ 15

L’agresseur des trois militaires en faction devant un centre juif à Nice était connu de la DGSI. La France est confrontée à un « terrorisme libre-accès », s’inquiète Bernard Cazeneuve.

Plutôt inquiétant, si l’on en croit les première déclarations de Bernard Cazeneuve. Le ministre de l’Intérieur a expliqué mardi que la France était confrontée « à un phénomène nouveau, le terrorisme libre-accès », impliquant des moyens exceptionnels.

Auditionné par la DGSi
«  Nous sommes face à un phénomène nouveau, le terrorisme en libre-accès. Cela implique la mobilisation de moyens exceptionnels », a-t-il commenté devant la presse. « 1.200 ressortissants Français sont allés en Irak et en Syrie, 580 y sont allés et en sont revenus, 200 veulent y aller. Et 185 sont quelque part en Europe sur le chemin pour y aller », a-t-il estimé.

« Ce personnage avait donné des signes de radicalisation, le renseignement territorial l’avait détecté, ses déplacements vers le Turquie avaient été suivis et nous avions demandé son retour en France. À son retour en France il a été auditionné par la DGSI mais il n’avait montré aucun signe de passage à l’acte. Cependant la surveillance de son environnement se poursuivait pour comprendre ce qu’il faisait à Nice, alors qu’il y était ici sans racines et sans contacts », a précisé le ministre de l’Intérieur.

La question des moyens est donc immédiatement posée, mais aussi de l’appréhension d’une forme nouvelle de terrorisme, qui laisse pour l’instant les services spécialisés relativement démunis : le passage inopiné de la délinquance, voire de la petite délinquance dans le cas de Moussa Couilibaly, à la radicalisation puis au passage à l’acte terroriste. Glissement progressif dans le cas d’ Amedy Coulibaly, le tueur de la porte de Vincennes et de Montrouge . Dérive peut-être plus brutale dans le cas de l’affaire de Moussa Coulibaly, à Nice ? L’enquête le dira.

Une cellule de contre-propagande sur le Net d’une cinquantaine de spécialistes militaires
Le gouvernement a réagi, depuis les attentats parisiens, en actionnant les leviers dont il dispose : augmenter d’un cran le plan Vigipirate. Mais aussi en tentant un travail en amont, avec la mise en place d’une contre-propagande anti-jihad . Le gouvernement a d’abord mis en ligne stop-djihadisme.gouv.fr, un site spécialisé destiné à lutter contre la propagande jihadiste sur Internet. C’est le Centre interarmées d’actions dans l’environnement (CIAE), créé en 2012 à Lyon, qui abriterait cette nouvelle arme.

La question des moyens globaux affectés à la lutte contre le terrorisme sur le territoire français reste néanmoins posée. On ne peut pas, avec les effectifs actuels, suivre 24H sur 24 les quelque 3.000 personnes soupçonnées de près ou de loin de présenter un danger, avait avoué Manuel Valls lors de son discours solennel après les attentats à Charlie Hebdo…

Voir enfin:

3 French Soldiers, 3 Sitting Ducks
Daniel Pipes
Israel Hayom
February 4, 2015

Comes the news that another Islamist immigrant from Mali named Coulibaly has attacked another Jewish institution in France. The first one, Amedy Coulibaly, murdered four Jews at a kosher store in Paris on Jan. 9; this second one injured three soldiers yesterday as they protected a Jewish community center in Nice.

Two soldiers on Jan. 20 stand outside the Jewish museum in Brussels where an Islamist killed four people in May 2014.

Police say Moussa Coulibaly, about 30 years old, with a record of theft and violence, and apparently not related to Amedy, pulled a knife about 8 inches long out of a bag, injuring one soldier in the chin, one in the cheek, and one in the forearm.

Coincidentally, I left Nice about four hours before this attack and had passed by that Jewish center a few days earlier, in the course of a tour of Muslim-majority areas in ten cities across France and Belgium. Those travels brought me repeatedly in proximity to the heavily armed soldiers who protect Jewish institutions and prompted several skeptical conclusions on my part about their presence:

They are soldiers, not police, and so not trained to be alert to street problems.
They tend to get distracted by their smartphones or pretty girls passing by.
They clutch their assault rifles across their bodies, which leaves them vulnerable to someone driving by and shooting at them.
As confirmed by today’s attack, the ostensible protection they offer actually provokes Islamists and other antisemites.
They are only posted temporarily to the Jewish institutions in the aftermath of the Hyper Cacher attack a month ago and before long will leave.
They protect only the institutions themselves, not the people who come and go to them, who remain as vulnerable as ever.

In short, the soldiers are sitting ducks whose deployment does little to protect the Jewish community or solve the larger problem of Islamist violence. But it does offer another instance of emotionally satisfying « security theater » which temporarily gives everyone a constructive sense of doing something.

In contrast, the Kabbalah Center in Montpellier, France, did not have visible protection on Feb. 1.

A real solution will require much deeper and longer-range steps that concern national identity, immigration policy, integration efforts, and effective policing.


Djihad sans frontières: Attention, une bible du djihad peut en cacher une autre (Who needs a terror magazine when you’ve got Al Jazeera ?)

21 janvier, 2015
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https://i2.wp.com/www.ffi.no/no/PublishingImages/osama2-680.jpgLes Arabes vivent chez nous, mais le soir ils rentrent chez eux. Les paraboles les relient à Dieu, les pays frères ou la voix de leurs maîtres. Plus la parabole absorbe de signaux lointains venus d’Orient, plus la France devient inutile. Jean de Boishue (ancien secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, 1995)
Il faut ajouter (…) un apartheid territorial, social, ethnique qui s’est imposé à notre pays (…) Auquel s’additionnent les discriminations quotidiennes parce qu’on n’a pas le bon nom de famille, la bonne couleur de peau, ou bien parce qu’on est une femme. Manuel Vals
Par deux fois, les projections de son film L’Apôtre, qui raconte la conversion d’un musulman au christianisme, ont été annulées. À Nantes donc, mais aussi à Neuilly (Hauts-de-Seine) (…) Des mesures de précaution compréhensibles dans le contexte qui est le nôtre, mais qui entrent en contradiction avec le discours sur la liberté d’expression entendu ces jours-ci. Pourquoi, en effet, interdire à une salle de cinéma ce qu’on autorise à un journal ? (…) Timbuktu, le film d’Abderrahmane Sissako, sélectionné au Festival de Cannes et en lice pour les Oscars, a vu ses projections suspendues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). (…) Timbuktu est pourtant justement un vibrant plaidoyer contre l’islamisme des djihadistes, dont il montre l’horreur. (…) Qu’Allah bénisse la France (également très bon), qui raconte la conversion d’un jeune de banlieue à l’islam (…) lui, n’a pas souffert d’annulation. Le Point
Les attentats de Paris ont eu des conséquences dans le monde de la musique et du cinéma mais également dans celui du théâtre. Suite aux attaques du début du mois de janvier, la pièce Lapidée ne sera finalement jouée que trois fois sur les trente séances prévues a révélé mercredi l’AFP. (…) « La préfecture de police, contactée par un membre de la production, nous a dit que dans les circonstances, l’affichage pourrait être considéré comme une provocation ». (…) Il n’était pas possible pour la troupe d’être protégée plus longtemps. «Comme il ne s’agit pas d’un lieu public, nous ne pouvions pas être protégés dans le cadre de vigipirate, et nous devions recourir à une société de sécurité privée: c’est possible pour trois représentations mais pas pour trente» explique Claude Telliez. Le prix de chaque soirée surveillée est estimé à 360 euros par soir. La pièce sera tout de même rejouée en 2016 à Paris selon la presse suisse. «Il ne s’agit pas d’autocensure, il s’agit de responsabilité», affirme Claude Telliez. La pièce raconte l’histoire d’une jeune femme hollandaise, accusée d’adultère par son époux yéménite qui finit par être lapidée au Yémen. Elle a été écrite par le pasteur suisse Jean Chollet-Naguel et crée en 2013 lors du festival d’Avignon. A sa création, elle avait déjà sucité des réactions virulentes de groupes islamistes. Le Figaro
Le Coran, qui est véritablement «la parole de Dieu» pour les musulmans, délivre aux croyants de cette religion des messages que, nous, citoyens de pays démocratiques, considérons être indubitablement des incitations à la haine. En sorte que normalement la diffusion de ces messages devrait tomber sous le coup de la loi. Citons quelques sourates pour illustrer notre propos: L’attitude vis-à-vis des incroyants: «Ô vous qui croyez, combattez ceux de vos voisins qui sont infidèles» (9,123) ; ou encore: «Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez» (9,25) ; et aussi: «Ô Prophète, incite les croyants à combattre: vingt braves d’entre eux terrasseront 200 infidèles» (8,65), etc. Avec, pour déculpabiliser les croyants qui en viendraient à tuer des infidèles et qui s’en émouvraient, cette sourate qui leur dit: «Ce n’est pas vous qui les avez tués, c’est Dieu» (8,17). L’attitude vis-à-vis des juifs: «Ô croyants, ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens» (5,51). D’une façon générale, il faut avoir en mémoire cette sourate où il est dit: «Mahomet est l’envoyé de Dieu. Ses compagnons sont durs envers les infidèles, et miséricordieux entre eux». Dans une société telle que la conçoit l’islam, il faut savoir qu’il n’y a de place que pour des croyants. Les uns sont dans la bonne voie (les musulmans), les autres, «les gens du Livre» qui tiennent à rester dans l’erreur, sont admis: ils ont le mérite de croire en Dieu, et on les tolérera donc, mais en en faisant des citoyens de second rang, dits des «dhimmis». Ces citoyens de second rang se trouveront en permanence brimés dans leur vie de tous les jours, et la situation leur deviendra finalement insupportable. Les incroyants, quant à eux, seront persécutés: ils devront soit se convertir à l’islam soit être éliminés. (…) Certes, on trouve dans la Bible des passages violents. Mais la distinction fondamentale qui est à faire entre la Bible et le Coran se trouve dans le fait que la Bible a été rédigée par des hommes, alors que le Coran est par nature la parole de Dieu. Il faut rappeler que les musulmans nous disent que le message de Dieu délivré aux hommes a depuis la nuit des temps toujours été le même: les prophètes qui ont précédé Mahomet ont été des hommes «inspirés par Dieu» (Moise et Jésus étant les deux principaux d’entre eux). Du fait qu’ils étaient des hommes, le message qu’ils ont délivré était imparfait, mal compris, tronqué… Le message de Dieu a finalement été recueilli dans son intégralité par Mahomet a qui Dieu a dicté son message: c’est donc le message auquel on doit se conformer, car c’est le message parfait, et il n’y en aura plus d’autre. Quand on lit dans le Coran des passages qui prônent la violence, il s’agit donc bien d’injonctions délivrées par le Tout-Puissant, des messages que l’on ne peut donc qu’exécuter si l’on est un croyant sincère et soucieux de son devenir après la mort. (…) la distinction entre «islam radical» et «islam soft» est sans fondement. Elle est l’effet des arrangements que nos sociétés occidentales tentent de trouver pour ne pas condamner les musulmans dans leur refus d’adopter nos valeurs et de se conformer à la manière que nous avons, nous Occidentaux, de concevoir l’organisation de nos sociétés. La démocratie, et les valeurs sur lesquelles elle est fondée, est le système politique inventé par les «chrétiens», un système que les Occidentaux se croient fondés à imposer aujourd’hui aux autres civilisations. (…) Avec la diffusion d’ouvrages qui prônent le djihad et la mort des hérétiques on banalise donc l’islam radical et on barre la voie aux musulmans réformateurs que l’Occident aurait le plus grand intérêt à soutenir dans leur combat. (…) Les musulmans appartiennent à une autre civilisation que la civilisation occidentale. Ils savent que leur civilisation a été plus forte que la nôtre dans le passé, au Moyen Âge, et on ne manque pas de le leur rappeler d’ailleurs. Par la suite, c’est notre civilisation, avec ses avancées extraordinaires aux plans scientifique et technique qui a pris le dessus. Ils nous rappellent que nous sommes allés les dominer pendant plusieurs siècles avec nos techniques et nos armes. Mais tout récemment ils sont parvenus à nous chasser des territoires que nous leur avions pris, et avec le pétrole ils disposent à présent d’une arme redoutable contre nous. Ces peuples qui considèrent que nous les avons soumis, humiliés, pillés en exploitant à notre compte leurs richesses, ont le sentiment que nous les méprisons: ils ont commencé dans la seconde moitié du XXe siècle à prendre leur revanche, et leur ressentiment à l’égard de l’Occident est très fort. Comment veut-on donc que ces musulmans qui viennent s’installer en Europe pour des raisons de commodité et de confort aient envie de quitter sentimentalement leur monde, c’est-à-dire leur civilisation, à un moment où celle-ci prend précisément sa revanche sur la civilisation occidentale, pour devenir «traîtreusement» des «Occidentaux»? (…) On pourrait dire de façon provocatrice que pour qu’un musulman devienne un vrai Occidental, il faut en fait qu’il se convertisse au christianisme. Certes, les Européens sont en majorité agnostiques, mais même cet agnosticisme s’est construit avec une culture et une tradition judéo-chrétienne. Il faut appréhender les problèmes d’intégration avec les approches des anthropologues, et ne pas rester sur des idées simplistes. Le Coran dit aux chrétiens qu’ils sont dans l’erreur: comment donc des musulmans adopteraient-ils les thèses de ces gens que le Prophète a ordonné de combattre? Le message antichrétien est dans le livre saint de l’islam: il ne facilite pas l’intégration des musulmans dans nos sociétés occidentales, des sociétés fondées, il ne faut pas le négliger, sur les valeurs et les traditions chrétiennes. Claude Sicard
La meilleure chose que vous puissiez faire est de vous efforcer de tuer tout infidèle, qu’il soit Français, Américain ou d’un de leurs pays alliés. Si vous ne pouvez pas trouver d’engin explosif ou de munition, alors isolez l’Américain infidèle, le Français infidèle, ou n’importe lequel de ses alliés. Ecrasez-lui la tête à coup de pierre, tuez-le avec un couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le vide, étouffez-le ou empoisonnez-le.  Abou Mohamed al Adnani (porte-parole du groupe de l’Etat islamique)
It appears that all the labors that had been made by the Taliban government prior to the outbreak of the war to repair the roads have scattered to the wind. Tayseer Allouni (Al-Jazeera)
C’est donc de cette boîte d’allumettes que vient tout ce vacarme. Hosni Moubarak (Octobre 2001)
Al-Jazira a mis le feu en Tunisie, au Liban et dans divers pays arabes. Saëb Erakat (principal négociateur palestinien, 2011)
Without TV coverage, the revolutions would never have assumed such proportions. When people followed the revolutions, to what extent did they use the Internet, versus the extent to which they watched them on the TV channels, which gave them continuous coverage? Clearly, there is no comparison…The best proof [of the impact of] the TV channels is that any popular activity that they do not cover, in any country, will die before it can get off the ground. Some Arab countries are currently seeing… protests and the beginnings of a revolution, but these [events] are not getting the necessary TV coverage, because of the focus on the escalating revolution in Libya. As a result, [these protests] will not gain much momentum… but will fade away and be forgotten. Some might argue that the images broadcast on the satellite channels were often taken from the Internet. That is true, but had the [channels] not repeatedly aired these images, their impact would have remained limited. I have yet to hear any [protesters]… complain of insufficient coverage of their activity on the Internet or on Facebook. But [some protesters are] very angry at the satellite channels, which, they claim, are not giving their activity the necessary media coverage… It is [the satellite channels] that truly fuel the revolutions – with image and sound, which remain more powerful than any other weapon… It is no exaggeration to say that one TV report on a certain country has an impact equal to that of all the websites visited by all the Arabs put together – so much so that [activists] have sometimes said, ‘Let’s postpone our protest, because some satellite channel is busy covering another revolution’… Al-Sharq (Qatar,  March 13, 2011)
J’ai été très impressionnée par l’ouverture de ce pays. Par l’accueil, aussi, sans a priori. J’ai été frappée par l’ouverture, encore une fois, j’insiste, du Qatar. Ségolène Royal
Al Jazeera fait kiffer les cités populaires de la région. Et les cités le lui rendent bien : son audience ne cesse de croître alors même que la version francophone de la chaîne du Qatar reste encore un projet. Elle catalyse les émotions et les frustrations. Est-elle un danger ? Quel point commun entre ces jeunes d’un quartier populaire d’Avignon, les chibanis d’une résidence sociale de Toulon ou les militantes d’une association de femmes de Marseille ? Ils sont férus d’Al Jazeera. Quatorze ans après son lancement, la chaîne arabe a réussi à se faire un nom. Créée au Qatar, elle est née aux yeux du monde avec un scoop : la première vidéo de Ben Laden. Fondée en 1996, elle a, depuis 2006, une petite sœur en langue anglaise. Pour l’heure, en France, la chaîne se regarde un peu du coin de l’œil. Et pour cause ! Très peu de gens la comprennent. Les programmes sur Al Jazeera, sont diffusés en arabe littéraire. Les populations issues de l’immigration maghrébine parlent l’arabe dialectal. Mais son audience, déjà significative, devrait augmenter. Les autorités du Qatar ont l’ambition de lancer, à l’horizon 2011, Al Jazeera en français. Même si rien n’est encore acté, Doha veut récupérer ainsi le marché de la population française d’origine maghrébine et, en Afrique, pénétrer les pays francophones. Sans attendre, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les toits et les balcons des banlieues fleurissent de paraboles. Al Jazeera, après avoir été la chaîne des parents, est-elle en voie de devenir la chaîne des enfants du bitume, ceux des grandes barres de Marseille, Nice, Avignon et Toulon ? Le sociologue Saïd Bouamama, spécialiste de l’immigration, initiateur de l’appel des Indigènes de la République, a son idée sur la question. « Il y a un réel divorce avec les chaînes nationales qui passent les mêmes images stigmatisantes et dégradantes des banlieues, souligne-t-il. En 2005 lors des émeutes, elles n’ont quasiment pas donné la parole aux jeunes. Les gens de ces quartiers ont soif d’une autre information, plus objective moins réductrice. » (…)  « Pour des gens qui ont le sentiment de vivre dans une société où ils ne sont ni valorisés ni reconnus, Al Jazeera est en quelque sorte un catalyseur, précise Mohamed Adraoui, enseignant à Sciences-Po Paris. Les quartiers ont le sentiment de ne pas être acteurs de leur propre discours, mais d’être des éternels sujets. Le fait que la chaîne existe est important, en terme de symbole et de fierté. » Une sorte de « Renaissance mémorielle » selon la formule de l’intellectuel suisse Jean Ziegler… Ne court-on pas, à terme, le risque de voir une partie de la communauté nationale s’enfermer dans un ghetto cathodique ? C’est la question que s’est posé, à sa manière, Jean de Boishue, conseiller de François Fillon, ancien secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, qui, dans un livre brûlot intitulé « Banlieue, mon amour » (1) paru en 1995, s’interroge ouvertement : « Les Arabes vivent chez nous, mais le soir ils rentrent chez eux. Les paraboles les relient à Dieu, les pays frères ou la voix de leurs maîtres. Plus la parabole absorbe de signaux lointains venus d’Orient, plus la France devient inutile. » Faut-il sonner le tocsin ? « Pas du tout ! », rassure Claire Talon, doctorante à Sciences-Po Paris, auteure de nombreux travaux sur les médias arabes. Elle publiera en mars un livre sur la chaîne du Qatar. « Al-Jazeera n’a, pour l’heure, pas de programme adapté, pas de discours spécifique à l’attention des Français issus de l’immigration, explique-t-elle. L’impact immédiat est très limité, à cause de la barrière de la langue. Les gens sont comblés, pas forcément par l’offre informative, mais de manière symbolique par les images. » Sauf que les écrans de la chaîne, sont justement ripolinés à coup d’images chocs qui impriment la rétine. En janvier 2009, l’armée israélienne refait la géographie de Gaza à coup de bombes et de missiles. Les reportages sur les réfugiés palestiniens, hagards dans une ville muée en décor sépulcral ont déclenché un immense choc émotionnel dans l’opinion et, accessoirement, converti de nouveaux téléspectateurs. « Avant 2009, les seuls qui choisissaient de regarder les chaînes arabes, c’étaient les parents, constate Fouzia professeur à Toulon. Aujourd’hui, même les « beurs » de la deuxième ou troisième génération regardent Al Jazeera. A la longue, cette chaîne vous fout des cailloux dans la tête. Il n’y a que stigmatisation et violence. Après une journée de problème, si vous regardez ça, ça vous bouffe littéralement. » Elle, résiste encore. Pas Farid, qui vient de fêter ses 30 printemps : « La journée, la société me fait comprendre que je suis différent, pourquoi voulez-vous que le soir je me reconnaisse dans ces chaînes de télé trop blanches où des politiques blancs s’adressent à des blancs ? Et puis faut se rendre compte du traitement de l‘actualité. Quand je voyais, pendant la guerre de Gaza, ce que montrait TF1 ou France 2 et ce que montrait Al Jazeera ! Les chaînes nationales ont présenté une guerre sans victime, avec Al Jazeera, on a vu ce que faisait réellement l’armée israélienne. » ‘Al Jazeera a indiscutablement gagné en notoriété après le conflit de Gaza en 2009, confirme Alain Gresh, directeur adjoint du Monde Diplomatique. La question palestinienne mobilise énormément dans les quartiers. Et la chaîne a su donner un autre récit, en se montrant sur le terrain et en accordant une place centrale aux victimes. L’histoire du monde, depuis des siècles est montrée par des occidentaux, là ce n’est plus le cas. » Tout oppose partisans et détracteurs d’Al Jazeera. Tout, sauf un point essentiel, sur lequel ils s’accordent : l’importance de son auditoire futur si elle devient francophone. Pour la sénatrice, d’Europe-Ecologie, Alima Boumediene-Thiery, cela ne fait aucun doute : « ce sera assurément la chaîne des banlieues ! » Pour d’autres, sans aller jusqu’à « l’odieux visuel » on en est pas loin. « J’ai une certaine inquiétude de voir le conflit israélo-palestinien importé ici, même si Al Jazeera n‘est pas Al Manar je reste vigilant », avoue Clément Yana, ancien président du CRIF Paca, le Conseil représentatif des institutions juives de France. « Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, tranche Alain Gresh. Les pressions du gouvernement sont très fortes pour que cette chaîne francophone ne voit jamais le jour. Le gouvernement français a une vision sécuritaire de l’offre télévisuelle arabe, et il et il a peur qu’en cas de nouvelle Intifada, le conflit soit amplifié et importé. » Rafi Hamal
Après l’arabe et l’anglais, les autorités du Qatar ont l’ambition de lancer Al Jazeera en français. Grâce à cette chaîne d’informations en continu, Doha veut récupérer le marché de la francophonie en Afrique, où le minuscule, mais richissime émirat gazier, investit déjà massivement. Le Qatar, et son dynamique ambassadeur en France, Mohammed al-Qouwari, s’intéresse également de près à la population française d’origine maghrébine. Al Jazeera est l’outil de la très active diplomatie du Qatar, qui se veut « ami avec tout le monde », c’est-à-dire des Américains et des Iraniens, des Israéliens et du Hamas, de l’Occident et des islamistes. Une politique qui confine cependant parfois au grand écart. Par ailleurs, selon nos informations, une radio émettant en langue française devrait également voir le jour bientôt à Doha. Partenaire privilégié de la France, le Qatar entretient de bonnes relations avec la Paris. Nicolas Sarkozy y a fait un saut de puce en novembre à son retour d’Arabie, afin d’y récupérer Carla, qui était allée s’entretenir avec la cheikha Moza, la très dynamique deuxième épouse de l’émir. Une visite éclair qui n’a pas fait que des heureux ! Georges Malbrunot (Bientôt Al Jazeera en français, 24 mars 2010)
The remarkable truth is that few in the Middle East would be shocked. From Hamas in the Gaza Strip to radical armed movements in Syria, Qatar’s status as a prime sponsor of violent Islamists, including groups linked to al-Qaeda, is clear to diplomats and experts. Qatar’s promotion of extremism has so infuriated its neighbours that Saudi Arabia, Bahrain and the United Arab Emirates all chose to withdraw their ambassadors from the country in March. Take Syria, where Qatar has been sponsoring the rebellion against Bashar al-Assad’s regime. In itself, that policy places Qatar alongside the leading Western powers and much of the Arab world. But Qatar has deliberately channelled guns and cash towards Islamist rebels, notably a group styling itself Ahrar al-Sham, or « Free Men of Syria ». Only last week, Khalid al-Attiyah, the Qatari foreign minister, praised this movement as « purely » Syrian. He added that its fighters had suffered heavy losses while combating the Islamic State of Iraq and the Levant (Isil), the group behind the murder of David Haines, the British aid worker, and which is holding John Cantlie and Alan Henning hostage. Far from being a force for moderation, Ahrar al-Sham played a key role in transforming the anti-Assad revolt into an Islamist uprising. Its men fought alongside Jabhat al-Nusra, an al-Qaeda affiliate, during the battle for Aleppo and they were accused of at least one sectarian massacre. Instead of fighting Isil, Ahrar al-Sham helped the jihadists to run Raqqa, the town in eastern Syria that is now the capital of the self-proclaimed « Caliphate ». This cooperation with Isil happened for some months until the two groups fell out last year. Last December, the US Treasury designated a Qatari academic and businessman, Abdul Rahman al-Nuaimi, as a « global terrorist ». The US accused him of sending nearly £366,000 to « al-Qaeda’s representative in Syria », named as Abu Khalid al-Suri. Suri has also been a senior commander of Ahrar al-Sham. If America was right to describe him as « al-Qaeda’s representative », then there was an overlap between the leadership of the two groups. Mr Nuaimi is also accused by the US treasury of transferring as much as $2 million per month to « al-Qaeda in Iraq » and $250,000 to al-Shabaab, the movement’s affiliate in Somalia. Mr Nuaimi denies the allegations, saying they are motivated by his own criticism of US policy. But critics question why Qatar has failed to act against him. « It’s deeply concerning that these individuals, where sufficient evidence is in place to justify their inclusion on the US sanctions list, continue to be free to undertake their business dealings, » said Stephen Barclay, the Conservative MP for North East Cambridgeshire. Qatar’s investment in Britain is so extensive, and the Foreign Office is so anxious to win its favour, that some question whether UK diplomats will have the resolve to ask robust questions. « If diplomats are focused on winning commercial contracts, there is a danger they will be reluctant to ask tough questions on the funding of unsavoury groups, » said Mr Barclay.(…) Four branches of the Qatari government handle relations with armed groups in Syria and Libya: the foreign ministry, the defence ministry, the country’s intelligence agency, and the personal office of the ruler, Emir Tamim bin Hamad al-Thani. In the case of Syria, Qatar’s chosen method for supporting its favoured insurgents is to pass large sums to middlemen in Turkey. These figures then use the money to buy weapons from third countries, notably Croatia, and arrange for their onward transfer to rebels in Syria. (…) Last month, Gerd Müller, the German international development minister, implicated Qatar in the rise of Isil. « You have to ask who is arming, who is financing Isil troops. The keyword there is Qatar, » he said. Yet a state endowed with large reserves of gas and oil and one of the world’s biggest sovereign wealth funds can wield immense influence, even over Berlin. Qatar was duly able to secure a formal withdrawal of this charge from the German government. On Wednesday, the 34-year-old Emir of Qatar, who was educated at Harrow and Sandhurst, took pains to deny the accusation while standing alongside Angela Merkel, the German Chancellor. « What is happening in Iraq and Syria is extremism and such organisations are partly financed from abroad, but Qatar has never supported and will never support terrorist organisations, » he said. The credibility of that denial depends partly on how you define a « terrorist organisation ». Qatar has let Hamas, the armed Palestinian movement, base its political leadership in Doha since 2012. Qatar’s government has funded Hamas and the previous Emir paid an official visit to the Hamas-ruled Gaza Strip in 2012. As a small country with relatively weak armed forces and 250,000 citizens, Qatar is trying to guarantee its security by reaching in every direction. As well as providing an office for Hamas, Qatar also hosts the forward headquarters of US Central Command and the al-Udeid military airbase, serving as the hub for all American air operations in the region. Qatar has not completely ignored the concerns of its Western allies. When it transferred surplus arms from Libya to rebels in Syria, Qatari officials weeded out any surface-to-air missiles, in obedience to America’s demand to prevent the supply of this particular category of weapon. But Qatar’s willingness to support extremists has caused private dismay. « It’s a puzzle and, to be honest, it’s a distasteful one, » said a former Western official who has dealt with Qatar.  The Telegraph
Le Qatar constitue un environnement permissif pour le financement du terrorisme  [et refuse d’agir contre] plus de vingt individus sanctionnés par Washington pour financement du terrorisme. Rapport de la Fondation pour la Défense de la Démocratie (Washington)
It was a scoop of truly global proportions. Just a few weeks after al-Qaida redefined the world news agenda for a generation of journalists by attacking New York and Washington on September 11 2001, television reporter Taysir Alouni interviewed the planet’s most wanted man, Osama bin Laden. (…) Alouni’s relationship with al-Qaida, however, started well before he began working with al-Jazeera, according to the judgment. A trained economist, he moved to Spain in the 80s, teaching Arabic and doing various other jobs before ending up as a translator for Spain’s EFE news agency. While there he met some of the people who, many years later in Madrid, would be his co-defendants in Europe’s biggest-ever al-Qaida trial. He also met the senior al-Qaida figures who would not just influence his future career as a journalist, but also be his eventual nemesis. In 2000 his career leapt forward when he was appointed to open and then run a Kabul bureau for al-Jazeera, while Afghanistan was governed by the Taliban regime.(…) In Kabul, apart from interviewing Bin Laden, he was the first to show damage caused to civilian targets by American bombs. « He was able to capture images of civilian victims in the destitute villages of Afghanistan and the miserable streets of Kabul, » the al-Jazeera website that campaigns for his release says. « His coverage triggered international outrage over the US action in Afghanistan. » Shortly after he fled the city, as the Northern Alliance entered Kabul, a US bomb destroyed his bureau. He himself was set upon by unknown attackers as he witnessed things he refuses to talk about. « Scenes that, I’m sorry, I could not describe to anybody, » he once said. Al-Jazeera was impressed. When war broke out in Iraq, he was sent to cover it. Authorities on both sides disliked him.(…) A vast network of al-Jazeera helpers around the country allowed him to stay ahead of others in reporting the war. (…) Crucial to Alouni’s early successes, however, were the names he already had in his contact book when he arrived in Kabul. While living in Spain, he had befriended fellow Syrian Imad Eddin Barakat Yarkas. Barakat was last week sentenced to 27 years after being found guilty of holding a command role in al-Qaida and collaborating with the September 11 plotters. Alouni claimed he had cultivated Barakat for professional reasons. (…) In Spain he had also got to know Mustapha Setmarian and Mohammed Bahaiah, two al-Qaida leaders who would be his key Kabul contacts. Alouni helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey. When he went to Kabul, Alouni also took $4,000 to Bahaiah. This, he told the court, was done as a favour to a friend who owed Bahaiah money. Alouni said his regular Kabul encounters with Bahaiah and Setmarian had a single aim – to gain intimate knowledge of one of the most secretive and unstructured organisations in the world, al-Qaida, and to make contacts within the Taliban regime. Guardian
The head of the Al Nusrah Front, Abu Muhammad al Julani, finally granted a television interview earlier this month. (…) Al Jazeera’s Tayseer Allouni conducted the interview from inside Syria with the reclusive Julani. It was the latest exclusive for Allouni, who has garnered high-profile interviews with senior al Qaeda leaders before. Allouni was the first to air an interview with Osama bin Laden after the Sept. 11, 2001 terrorist attacks. In the years that followed his interview with bin Laden, Allouni was at the center of a high-profile trial. Spanish authorities accused Allouni of being more than just an enterprising journalist. In 2005, a Spanish court convicted Allouni of supporting al Qaeda and sentenced him to seven years in prison. Allouni spent time in prison and then house arrest. Allouni was released in 2012 and resumed his work for Al Jazeera. After his return to Doha, Allouni denounced his conviction as « political. (…) Among Allouni’s contacts was Imad Yarkas, the accused head of al Qaeda’s network in Spain. (…) The Spanish court focused, in particular, on Allouni’s relationship with two of Yarkas’ associates: Mohammed Bahaiah (a.k.a. Abu Khalid al Suri) and Mustafa Setmariam Nasar (a.k.a. Abu Musab al Suri). (…) Today, Bahaiah is Ayman al Zawahiri’s representative in Syria and throughout the Levant. He is also a founding leader of Ahrar al Sham, a Syrian extremist group that fights alongside al Qaeda’s branches in Syria. (…) Years ago, Allouni « helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey, » the Guardian reported. And when Allouni traveled to Kabul in March 2000, Allouni « took $4,000 to Bahaiah, » which Allouni claimed he did as a favor « to a friend who owed Bahaiah money. » (…) The Spanish government also claimed that Allouni received assistance from Nasar in setting up Al Jazeera’s presence in Kabul. (…) Allouni « admitted meeting » both Bahaiah and Nasar in Kabul, describing the pair as a « source of information about al Qaeda’s activities, its followers, and the world of radical Islam. » (…) Spanish court records indicate that while Nasar was living in London prior to 2001, Allouni made « frequent phone contacts » with Nasar. And when the media reported in 2000 that Nasar was part of a schism within al Qaeda, Nasar turned to Allouni to publicly deny the charge, via Al Jazeera. After the 9/11 attacks, according to the US government, Nasar swore bayat (an oath of allegiance) to bin Laden. (…) Allouni’s interview with Julani is just the latest example of his work reporting from the post-9/11 battlefields. Allouni has previously reported from both Afghanistan and Iraq. On Oct. 10, 2001, The Washington Post described some of Al Jazeera’s reporters as having « links with the Muslim Brotherhood, a radical Islamic organization with ties to a member of the al-Jazeera board. » Allouni, according to the Post, was the « most prominent such reporter » and « was known in the past for his pro-Taliban views. » In the weeks following the Sept. 11, 2001 terrorist attacks, Allouni became « one of the primary outlets for Taliban statements and denunciations of the United States. » The following day, on Oct. 11, 2001, The New York Times noted that Allouni was « the only reporter » in Taliban-controlled Kandahar. Allouni, the Times reported, had provided a « major exclusive » for Al Jazeera’s coverage – a video of American warplanes bombing Taliban positions that was also aired on CNN. Thomas Joscelyn
Théoricien du jihadisme global, il s’est distingué par sa critique argumentée de la stratégie de l’ex-chef d’Al-Qaïda. Et il passe même, aux yeux des Américains, pour être son possible successeur. (…) Né en 1958 dans une famille de la petite bourgeoisie alépine, Souri, de son vrai nom Mustafa Setmariam Nasar, est un routard du jihadisme global. Étudiant ingénieur en mécanique de l’université d’Alep, il rejoint en 1980 un groupe militant émanant des Frères musulmans. Avec ses camarades, il assiste, impuissant, à la répression féroce du soulèvement armé de Hama, en 1982. Souri rumine depuis les leçons de cette défaite infligée par les troupes de Rifaat al-Assad, le frère du président syrien de l’époque. Dans ses écrits, le militant sans frontières naît à ce moment-là. Il part s’entraîner dans des camps secrets en Jordanie puis en Égypte. Ceinture noire de judo, cet homme charpenté détonne avec sa barbe et ses cheveux roux, ses yeux verts. Pratique pour se fondre dans la foule à Londres, où il a vécu au mitan des années 1990. Auparavant, Souri était en Andalousie, terre mythique des conquérants musulmans, où il est arrivé en 1985. Il épouse Elena Moreno, une ancienne gauchiste qui se convertit à l’islam et avec qui il a quatre enfants. Dans un milieu plutôt macho, Souri cultive les attentions galantes. Un ami barbu s’en étonne. Il répond : « Nous, les Syriens, savons y faire. » Sur place, il entre en contact avec d’autres jeunes islamistes. Il rencontre le « chef d’Al-Qaïda en Espagne », Abou Dahdah, et un certain Tayssir Allouni, futur journaliste à Al-Jazira. Naturalisé espagnol, Souri est désormais libre de ses mouvements. En 1994, il s’installe à Londres, s’impose comme l’un des leaders de la diaspora islamiste et devient l’un des responsables de la revue Al-Ansar, dirigée par le Jordanien Abou Qatada. Mais déjà, Souri lorgne l’Asie centrale. Il a déjà voyagé au Pakistan et en Afghanistan dès 1987. Il aide à organiser des camps d’entraînement pour les moudjahidine lancés contre l’occupation soviétique, notamment ceux du Palestinien Abdallah Azzam, l’un des idéologues qui influencèrent Ben Laden. Véritable « architecte du jihad global », selon l’ouvrage de référence que lui a consacré le chercheur norvégien Brynjar Lia, il est un « dissident, un esprit critique, un intellectuel au sein d’un courant idéologique où l’on s’attendrait à trouver plutôt de l’obéissance ». Le livre où il expose sa doctrine, Appel à la résistance islamique mondiale, publié sur internet en décembre 2004, peut être lu comme une critique argumentée de la stratégie de Ben Laden. Cette bible du jihadiste (1 600 pages) peut sembler répétitive. C’est en réalité un redoutable manuel d’endoctrinement dont se seraient inspirés des personnages aussi divers que le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, le Français Mohamed Merah ou les frères Tsarnaev, Américains d’origine tchétchène auteurs présumés de l’attentat de Boston en avril 2013, et même le Norvégien Anders Behring Breivik. Souri expose une théorie à rebours de celle d’Al-Qaïda, dont il prédisait la logique suicidaire. Dès son retour en Afghanistan en 1998, il s’était opposé à la stratégie du terrorisme spectaculaire. Dans un courriel au chef d’Al-Qaïda en 1999, retrouvé à Kaboul fin 2001 par des journalistes américains, il moque le goût affiché par Ben Laden pour les médias : « Notre frère a été contaminé par la maladie des écrans, des flashs, des fans et des applaudissements. » Piquant, quand on sait que Souri a monté plusieurs interviews du Saoudien, dont celle avec Peter Bergen, de CNN, en 1997. Instruite par la débâcle en Afghanistan, la stratégie de Souri s’appuie, elle, sur des individus ou de petites cellules qui pourraient se former et s’armer tout en restant indépendants. Seul moyen d’échapper à la surveillance et à la lutte antiterroriste. Pas d’organisation, pas de filière, pas de capture. Jeune Afrique
Fin 2004, à partir d’une critique de l’hypercentralisme d’Al-Qaeda et surtout de la stratégie du 11 Septembre, qu’il estime politiquement néfaste car elle a permis aux Etats-Unis de détruire en réaction l’infrastructure afghane de Ben Laden, Al-Souri a construit les bases de ce qui deviendra ultérieurement le soi-disant Etat islamique, la dawla [«Etat» en arabe], comme on dit dans la jihadosphère. Il prônait la multiplication d’actes terroristes de vie quotidienne à des fins de provocations récurrentes dans les sociétés européennes, perpétrés par des musulmans européens visant juifs, intellectuels «impies», musulmans «apostats» et manifestations sportives pour affoler les sociétés occidentales et les faire surréagir – c’est la vieille rengaine gauchiste «provocation-répression-solidarité». A quoi s’ajoute l’idée que les Etats ne seront pas capables d’y faire face, que ça fera monter l’extrême droite qui va brûler les mosquées… et que l’Europe s’effondrera, avant de passer sous domination islamiste. C’est le primat du «rhizome» de Deleuze sur le centralisme léniniste – Al-Souri a vécu et étudié en France dans les années 80 -, projeté à l’ère de YouTube et décliné dans la grammaire du jihad. Il n’y a plus de «donneur d’ordre» et «d’exécutants», comme à l’époque de Ben Laden. Tout est endoctrinement, entraînement militaire et mise en œuvre, avec une assez large marge d’initiative pour de petites cellules fortement idéologisées par «l’inspiration» – d’où le titre du magazine en ligne anglophone d’Al-Qaeda dans la péninsule arabique, Inspire. Quand l’Américano-Yéménite Aulaqi l’a créé, Al-Qaeda était encore le brand le plus célèbre du monde avec Coca. Aujourd’hui, c’est – plus ou moins – Daech. Mais ils ont un problème de label, entre Daech, Isis, Isil et Dawla, qui finira par nuire à leur recherche de notoriété. (…) L’Etat islamique a un territoire, à la différence d’Al-Qaeda. En Irak, il s’est greffé sur la revendication arabo-sunnite de créer un «Sunnistan», à cheval aussi sur la Syrie, et, en ce sens, il aspire des sunnites du monde entier qui viennent l’aider dans sa guerre tribale contre les chiites, les Kurdes, les alaouites, les chrétiens – avant d’être réinjectés, une fois aguerris, pour mener le jihad dans leur pays de départ. Il y a articulation entre les divers territoires du jihad, unifiés par le miroir du monde virtuel : le dialogue ahurissant des frères Kouachi, traqués dans l’imprimerie de Dammartin-en-Goële [Seine-et-Marne], en direct avec BFM TV est en ligne et sous-titré en arabe, à des fins d’édification et de prosélytisme, sur de nombreux sites islamistes du Moyen-Orient. (…) C’est un bricolage sophistiqué qui s’attaque à un symbole très fort : aux valeurs et à la culture de l’adversaire, avec pour message basique : «On a su vous détruire là où vous nous aviez offensés.» Dans la jihadosphère, de même que Merah a eu des milliers de «likes», il y a un certain nombre de gens qui rendent gloire aux trois «héros». Du reste, à la fin de sa vidéo, Coulibaly raconte qu’il est allé faire la tournée des mosquées pleines d’Ile-de-France, qu’il y a vu des milliers de jeunes gens en bonne santé et qu’ils doivent suivre son exemple. L’objectif est l’émulation. Mais est-ce que les terroristes potentiels vont bénéficier d’un effet «poisson dans l’eau» ou, au contraire, seront-ils identifiés, marginalisés et dénoncés comme ce fut le cas dans l’Hexagone lorsque la guerre civile algérienne y a débordé ? La réponse politique doit certainement recréer ces conditions. Dans la communication des autorités, il est fondamental de rappeler à l’ensemble de notre société que, parmi les victimes de prédilection des jihadistes, il y a aussi les musulmans désignés par eux comme «apostats», comme c’est le cas du brigadier Ahmed Merabet qui a été délibérément abattu à terre boulevard Richard-Lenoir. Et que la plupart des victimes de Daech sont des musulmans…(…) Comment retisser un lien social plus prégnant aujourd’hui, c’est toute la question. A la guerre que Daech tente de mener en Europe, il ne faut pas répondre par la guerre mais par des opérations de police efficientes et par l’éducation. Les retours mitigés sur la réaction de certains élèves à la minute de silence en mémoire des victimes en rappellent la nécessité. Se pose aussi en urgence absolue la question du monde carcéral, qui est aujourd’hui l’école supérieure du jihadisme en France, comme l’ont démontré les itinéraires de Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly, devenus ce que nous avons vu à cause de leur fréquentation de l’idéologue jihadiste Djamel Beghal en prison, puis lorsqu’il était assigné à résidence au cœur de notre France rurale. Gilles Kepel
En décembre dernier, deux Somaliens ont été arrêtés à Bonn par les Allemands. Ils préparaient un attentat avec une bombe qui était parfaitement comparable à celles décrites dans Inspire. Inspire est la bible en matière de propagande djihadiste. Surtout, elle est conçue comme une vraie revue et on y trouve absolument tout: des conseils opérationnels, de la réflexion idéologique, des témoignages, des reportages… Inspire diffuse du savoir-faire à grande échelle, comme autant de bouteilles lancées à la mer. (…) Dans les années 1990, le GIA a revendiqué des “incivilités”, jusque dans l’est de la France. Yves Trotignon (Risk&Co)
Il y a plusieurs profils. Certains lecteurs s’intéressent surtout à l’aspect technique. Ils commentent les innovations et les astuces qui sont proposées dans la revue. D’autres se penchent plutôt sur l’aspect politique, idéologique. Les derniers enfin, les “théologistes”, étudient comment Inspire justifie par la religion l’action terroriste. Tout cela donne lieu, sur les forums, à de longs débats et les francophones suivent tout cela de près, malgré leur déception de ne pas voir développer une version dans leur langue, qui serait moins concentrée sur les Etats-Unis et plus sur la France. Mathieu Guidère
Interprétation religieuse, témoignages de djihadistes, conseils opérationnels et recettes de bombes faites maison, Inspire vous donne toutes les astuces pour devenir un bon terroriste. La revue, éditée par Aqpa, est téléchargeable tranquillement sur Internet… désignant désormais la France pour cible. Fabriquer une bombe dans la cuisine de maman, incendier une voiture sur un parking en dix étapes, accéder à des forums djihadistes en toute sécurité ou encore «tondre» les «mécréants» avec un pick-up Ford en guise d’engin de mort… ce sont quelques-unes des idées proposées par la revue Inspire pour semer la terreur en toute autonomie. Inspire est un magazine distribué sur Internet, éditée par al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) depuis l’été 2010. La revue, dont la maquette ferait pâlir certains canards français, est alors accueillie de manière partagée par la communauté djihadiste comme sécuritaire. Les uns et les autres accusent diverses organisations d’Etat d’avoir organisé un «hoax», une arnaque, pour repérer les internautes soutenant le djihad ou pour décrédibiliser la cause. Rapidement pourtant, l’authenticité de ce document sera admise par tous. Derrière, l’élite d’Aqpa est aux commandes d’un bel outil de propagande dont l’objectif principal est la radicalisation de potentiels terroristes occidentaux, qui pourraient organiser seuls leur propre projet d’attentat. Inspire a été lancé par Anwar al-Awlaki, surnommé le «Ben Laden d’Internet». L’homme est impliqué dans plusieurs grosses affaires d’attentats en Occident, de la radicalisation du major Nidal Malik Hasan, l’auteur de la tuerie sur la base militaire américaine de Fort Hood en novembre 2009; à celle d’Umar Farouk Abdulmutallab, l’auteur d’une tentative échouée d’attentat à coups de slip piégé sur le vol Amsterdam Detroit de Noël 2009. A ses côtés et à la plume dans Inspire, on trouve Adam Yahiye Gadahn, dit Adam l’Américain; Yahya Ibrahim, un prédicateur ayant séjourné au Canada; ou encore Samir Khan, un Américain qui a longtemps entretenu un blog appelant au djihad, depuis sa banlieue new-yorkaise. Beaucoup de ces propagandistes, dont al-Awlaki lui-même, ont été capturés ou tués par des tirs de drones ces dernières années. De plus jeunes, à la tête desquels Adam l’Américain, ont depuis pris le relais. Dans un anglais parfait, ils continuent d’offrir à un public anglophone toutes les cartes pour devenir un djihadiste convaincu et déterminé. Des conseils de fabrication de bombes, dans la rubrique «open source djihad», mais aussi toute l’interprétation idéologique et religieuse nécessaire à la justification des actes les plus graves, nourrissant une auto-radicalisation indispensable au passage à l’acte. Ce qui faisait rire dans un premier temps, n’amuse plus personne au sein de la communauté du renseignement. (…) Pour Aqpa, Inspire est en effet un modeste investissement. Si de telles revues existaient déjà en langue arabe, c’est la première fois qu’un magazine est intégralement écrit en anglais. Entre les différents articles, des affiches sur le modèle des publicités que l’on trouve dans nos revues appellent les musulmans vivant en Occident à soutenir et participer au djihad. Avec Inspire, kalachnikov et autres images épiques parlent à l’imaginaire d’un jeune qui aurait grandi dans un pays riche: le djihad est «cool». Sur Internet, chaque publication de la revue est largement commentée par les scientifiques et les analystes. Les candidats au djihad lisent-ils Inspire et y trouvent-ils des idées? Des exemplaires ont été retrouvés chez des suspects aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède ou encore au Pakistan. En France (…) c’est sur les forums djihadistes que l’on trouve des éléments sur la place que peut jouer Inspire dans la radicalisation de certains Français. Lors de la sortie de chaque numéro, les contenus d’Inspire y sont largement débattus. Les internautes les plus motivés s’appliquent même à traduire certains articles en français pour faciliter la lecture à ceux qui auraient été moins attentifs aux cours d’anglais au collège. (…) Inspire est téléchargé principalement en Grande-Bretagne, puis aux Etats-Unis, suivis ensuite par les pays nordiques (Suède, Danemark, Finlande) et l’Australie. Le contenu lui-même fait très largement référence à l’Amérique et à Obama, systématiquement désignés comme l’ennemi à abattre. Une ligne éditoriale qui pourrait cependant évoluer: dans le dernier numéro, paru fin février, la France devient une cible (…) menacée en vertu de son intervention au Mali (…) En conclusion de son article, il appelle «des dizaines de Mohammed Merah» à attaquer Paris. (dans)  la dernière livrée d’Inspire, il (…) est question de faire le djihad en s’attaquant aux voitures. Les auteurs proposent de repérer des parkings discrets pour y brûler des voitures. Ils suggèrent encore de poser des pièges sur les routes pour causer des accidents. L’objectif: semer la terreur… chez les compagnies d’assurance occidentales. Là aussi, la démarche peut paraître invraisemblable. Elle n’est pourtant pas nouvelle, nous explique Yves Trotignon:«Dans les années 1990, le GIA a revendiqué des “incivilités”, jusque dans l’est de la France. » (…) En octobre 2010, Aqpa va envoyer plusieurs imprimantes piégées via de simples colis UPS et FeDex, à destination des Etats-Unis. L’information arrive jusqu’aux services de renseignements qui vont fouiller tous les appareils passant par Dubaï, où un premier engin explosif est neutralisé. Le second sera retrouvé en Grande-Bretagne. Aqpa se fera un malin plaisir de présenter la facture détaillée de ce qu’ont coûté ces bombes dans un numéro spécial de sa revue qui titre en gros caractères, avec un avion UPS en fond: 4.200$. Le document explique intégralement la méthode et incite à la reproduire, causant pour cette modique somme des dépenses de sécurité modérées dans les pays visés. Cette recette aurait même inspiré d’autres apprentis terroristes… chez les anarchistes grecs. Alors que les fidèles d’al-Qaida testaient grandeur nature leurs imprimantes explosives, les Grecs de «Conspiration des cellules de feu» recyclaient la recette avec quelques paquets similaires, envoyés à Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Silvio Berluscioni à la fin 2010. Faut-il y voir un lien? Pour Mathieu Guidère, pas d’hésitation, «les djihadistes et les anarchistes sont les deux publics qui lisent Inspire pour y trouver des idées». Quant à empêcher la lecture d’Inspire, il semble difficile d’enrayer le mal. Après chaque publication, elle circule sur Internet très rapidement et reste facile à télécharger. Les services britanniques seraient à l’origine d’un bug qui avait empêché la lecture du tout premier numéro… mais celui-ci avait été immédiatement rediffusé par les auteurs. Des exemplaires d’Inspire ont même été retrouvés dans la prison de haute sécurité de Guantanamo. Les autorités américaines ont toujours refusé de dire dans quelle cellule. Mais l’information n’est pas rassurante, d’autant plus que l’un des chroniqueurs du magazine revendique d’écrire depuis ces geôles, symbole de la guerre de l’Amérique contre le terrorisme. Romain Mielcarek
A fiercely opinionated group, most are either pan-Arabists — nationalists of a leftist bent committed to the idea of a single nation across the many frontiers of the Arab world — or Islamists who draw their inspiration from the primacy of the Muslim faith in political life. Since their primary allegiance is to fellow Muslims, not Muslim states, Al Jazeera’s reporters and editors have no qualms about challenging the wisdom of today’s Arab rulers. Indeed, Al Jazeera has been rebuked by the governments of Libya and Tunisia for giving opposition leaders from those countries significant air time. Kuwait and Saudi Arabia, for their part, have complained about Al Jazeera’s extensive reporting on the misery of Iraqis living under sanctions. But the five-year-old station has refused to be reined in. The channel openly scorns the sycophantic tone of the state-run Arab media and the quiescence of the mainstream Arab press, both of which play down controversy and dissent. Compared with other Arab media outlets, Al Jazeera may be more independent — but it is also more inflammatory. For the dark side of the pan-Arab worldview is an aggressive mix of anti-Americanism and anti-Zionism, and these hostilities drive the station’s coverage, whether it is reporting on the upheaval in the West Bank or on the American raids on Kandahar. Although Al Jazeera has sometimes been hailed in the West for being an autonomous Arabic news outlet, it would be a mistake to call it a fair or responsible one. Day in and day out, Al Jazeera deliberately fans the flames of Muslim outrage. (…) What’s more, Al Jazeera is a crafty operation. In covering the intifada, its broadcasters perfected a sly game — namely, mimicking Western norms of journalistic fairness while pandering to pan-Arab sentiments. In a seemingly open-minded act, Al Jazeera broke with a widespread taboo of the Arab news media and interviewed Israeli journalists and officials, including Ehud Barak and Shimon Peres. Yet at the same time, it pressed on with unrelenting anti-Zionist reportage that contributed to further alienation between Israelis and Palestinians. What this means is that no matter how many Americans show up on Al Jazeera, the station will pursue its own oppositional agenda. Al Jazeera’s reporters see themselves as « anti-imperialists. » These men and women are convinced that the rulers of the Arab world have given in to American might; these are broadcasters who play to an Arab gallery whose political bitterness they share — and feed. In their eyes, it is an unjust, aggressive war they are covering in Afghanistan. Watching Al Jazeera makes all of this distressingly clear. Al Jazeera is on the ground in Afghanistan and reports the news up close. It is the only television news outlet with a bureau in Kabul. Alas, there is no skyline in the Afghan capital, no bright city lights that can illuminate America’s nighttime raids. What worked so well for CNN in Baghdad has been impossible for Al Jazeera in Kabul and Kandahar. Instead, Al Jazeera’s Afghanistan coverage supplies a pointed contrast between the high-tech foreign power, with its stealth planes and Tomahawk missiles, and the Taliban warriors, with their pickup trucks racing through stark, rubble-strewn landscapes. In its rough outlines, the message of Al Jazeera is similar to that of the Taliban: there is a huge technological imbalance between the antagonists, but the foreign power will nonetheless come to grief. (The channel’s slant is also apparent in tiny modulations of language. Its reporters in Kabul always note that they are reporting from the Islamic Emirate of Afghanistan — the Taliban’s official name for the country. Conversely, Washington’s campaign is being waged not against terror, but against « what it calls terror. » (…) Al Jazeera began broadcasting in October 1996. The preceding year, Sheik Hamad bin Khalifa al-Thani, the crown prince of Qatar, did a most un-Arab thing: he pulled off a palace coup, taking over the government from his father (who was vacationing in Europe at the time). The young ruler promptly announced a new order of things and set out to challenge Saudi primacy in the Gulf region. He hoped to underline his independence and give his small principality a voice in the world. The young emir had good timing. Soon after he ascended the throne, an Arabic television joint venture between the BBC and a Saudi concern, Orbit Communications, foundered over the BBC’s insistence on editorial independence. The Arab reporters and editors who worked on this failed venture were eager for a new opportunity. Qatar’s new emir gave them a new lease on life. With his fortune footing the bill, Al Jazeera was born. The emir’s child has grown quickly. Although it is by no means the biggest Arabic television channel, its reach is expanding. Al Jazeera now reaches viewers in more than 20 Arab countries, mostly through private satellite dishes, which have become tremendously popular in the Middle East. Dishes can be purchased there for less than $100, and tens of millions of Arab families now own them. They are as common in Cairo slums as they are in Dubai mansions. Al Jazeera beams its signal free of charge to most countries. Outside the Arab world, in countries like Great Britain, it is offered as part of a subscription service. In the United States, around 150,000 subscribers pay the Dish Network between $22.99 and $29.99 a month to receive Al Jazeera as part of a multichannel Arabic « package. » (…) Al Jazeera is the only Arab television station to have achieved global fame, but its status is inflated. The truth is, other Arab channels reach much wider audiences. The oldest, most successful of the pan-Arab satellite stations is the London-based Middle East Broadcasting Centre. The station is controlled by an in-law of King Fahd of Saudi Arabia. In addition to broadcasting the region’s most popular program, « Who Wants to Be a Millionaire » MBC has five news broadcasts of its own. MBC’s news programs come across as blandly professional. Compared to Al Jazeera, its reporters are staid, careful not to incur the wrath of Arab rulers or to challenge the established order. There is also the hugely popular Lebanese Broadcasting Corporation International. LBCI is loaded with entertainment programming, but it also regularly presents news. The news on LBCI, a privately owned station, also has a tepid feel. Syria dominates the Lebanese world, and its news broadcasts avoid broadcasting anything that would offend. Despite its comparatively small audience, Al Jazeera has received almost all of the Bush administration’s attention so far. The doors in official Washington have now opened before Al Jazeera’s reporters. Since Sept. 11, there have been interviews with Secretary of State Colin L. Powell, Secretary of Defense Donald Rumsfeld and National Security Adviser Condoleezza Rice. Surely, the emir of Qatar never imagined that the bet he took five years ago would be so amply rewarded. Al Jazeera still requires the emir’s subsidies, but the station’s heightened profile has brought it closer to solvency. Al Jazeera’s footage from Afghanistan, for example, has been sold to news outlets around the world, with individual clips selling for as much as $250,000. And earlier this fall, CNN and ABC made arrangements with Al Jazeera to broadcast the Arabic station’s exclusive video from Afghanistan. Al Jazeera’s defenders tend to applaud its independence from the censors who control state-sponsored outlets in the Arab world. For the Egyptian novelist Ahdaf Soueif, there is the pleasure of channel-hopping at 2 in the morning and hearing a television station breaking with the widespread censorship and silence of the Arab news media. « It provides the one window through which we breathe, » Soueif recently wrote of Al Jazeera. In one sense, Soueif is right: the Arab world needed to be challenged. This was a region where the official media, in August 1990, withheld news of Iraq’s conquest of Kuwait for three days. The pompous, sycophantic press in Arab countries — whose main function has been to report the comings and goings and utterances of the ruler of the land — has been dealt a major blow. For the first time, Arabs with a satellite dish now have access to uncensored news. Al Jazeera’s viewers see things that people of the region are clearly not meant to see. On Oct. 21, Al Jazeera offered silent footage of Bright Star, a joint Egyptian-American military exercise, off the coast of Egypt. It was a potent commentary on the stealth cooperation of the Egyptian military with the Pentagon. And despite the fact that its coverage of the intifada was horribly slanted, Al Jazeera should get some credit for being one of the few Arab TV stations to interview Israelis. That said, Al Jazeera’s virulent anti-American bias undercuts all of its virtues. It is, in the final analysis, a dangerous force. And it should treated as such by Washington. (…) Americans must accept that they are strangers in the Arab world. We can barely understand, let alone control, what Al Jazeera’s flak-jacketed reporters in Kabul and smooth anchorwomen in Doha are saying about us. An American leader being interviewed on Al Jazeera will hardly be able to grasp the insinuations, the hidden meanings, suggested by its hostile reporters. No matter how hard we try, we cannot beat Al Jazeera at its own game. But one thing is sure: there is no need to reward a channel that has made a name for itself through stridency and anti-Americanism. There is a war on the battlefield, and that is America’s to win. But the repair of the Arab political condition — and the weaning of the Arab world away from radicalism — is a burden, and a task, for the Arabs themselves. The only thing America can do is make sure that it never gives this radicalism — and its satellite channel — a helping hand. Fouad Ajami

Devinez qui avait aidé le théoricien du djihad à s’installer en Espagne ?

Après le dernier cas en date (attaque au couteau, travailleur clandestin de Transjordanie, dans un bus de Tel Aviv ce matin, avec les félicitations d’usage du régime terroriste du Hamas) de la stratégie djiahdiste de multiplication des attaques individuelles …

Et, suite aux massacres de Paris il y a deux semaines et aux révélations, dans le Canard enchainé de ce matin du contrôle routier raté de Coulibaly (voiture de location, permis non définitif, inscription au fichier terrorisme islamiste, quartier des Buttes Chaumont) …

Pendant qu’entre le véto annoncé d’un président américain pour toute sanction contre un pays ayant appelé explicitement au rayage de la carte d’un de ses voisins et l’auto-flagellation d’un premier ministre français accusant son propre pays d’apartheid contre les nouveaux damnés de la terre ou l’hallalisation, après les manuels de nos enfants, de nos cinémas et théâtres

Et qu’un magazine djiahdiste en ligne et en anglais, au titre on ne peut plus explicite (Inspire) mais pourtant pris à l’origine comme une parodie ou une manipulation de la CIA, appelle « des dizaines de Mohammed Merah » à attaquer Paris ….

Comment ne pas voir la véritable stratégie, fondée sur la simple émulation et le modèle gauchiste « provocation-répression-solidarité qu’évoquait récemment Gilles Kepel dans Libération, de « multiplication d’actes terroristes de vie quotidienne à des fins de provocations » pour « affoler les sociétés occidentales et les faire surréagir » ?

Mais aussi, bien plus subtilement et subversivement (y compris bientôt en français, s’il vous plait !) comme le rappelait dès le lendemain des attentats du 11 septembre l’islamologue libano-américain Fouad Ajami et sans parler de nos Charles Enderlin à nous, la véritable bible du djihad mondial …

A savoir, des financiers avérés même du PSG et du terrorisme qui continuent à avoir leurs entrées tant à Washington qu’à Londres ou Paris, la chaine satellitaire qatarie Al-Jazeera ?

What the Muslim World Is Watching

Fouad Ajami

The New York Times

November 18, 2001

Al Jazeera is not subtle television. Recently, during a lull in its nonstop coverage of the raids on Kabul and the street battles of Bethlehem, the Arabic-language satellite news station showed an odd but telling episode of its documentary program « Biography and Secrets. » The show’s subject was Ernesto (Che) Guevara. Presenting Che as a romantic, doomed hero, the documentary recounted the Marxist rebel’s last stand in the remote mountains of Bolivia, lingering mournfully over the details of his capture and execution. Even Che’s corpse received a lot of airtime; Al Jazeera loves grisly footage and is never shy about presenting graphic imagery.

The episode’s subject matter was, of course, allegorical. Before bin Laden, there was Guevara. Before Afghanistan, there was Bolivia. As for the show’s focus on C.I.A. operatives chasing Guevara into the mountains, this, too, was clearly meant to evoke the contemporary hunt for Osama, the Islamic rebel.

Al Jazeera, which claims a global audience of 35 million Arabic-speaking viewers, may not officially be the Osama bin Laden Channel — but he is clearly its star, as I learned during an extended viewing of the station’s programming in October. The channel’s graphics assign him a lead role: there is bin Laden seated on a mat, his submachine gun on his lap; there is bin Laden on horseback in Afghanistan, the brave knight of the Arab world. A huge, glamorous poster of bin Laden’s silhouette hangs in the background of the main studio set at Al Jazeera’s headquarters in Doha, the capital city of Qatar.

On Al Jazeera (which means « the Peninsula »), the Hollywoodization of news is indulged with an abandon that would make the Fox News Channel blush. The channel’s promos are particularly shameless. One clip juxtaposes a scowling George Bush with a poised, almost dreamy bin Laden; between them is an image of the World Trade Center engulfed in flames. Another promo opens with a glittering shot of the Dome of the Rock. What follows is a feverish montage: a crowd of Israeli settlers dance with unfurled flags; an Israeli soldier fires his rifle; a group of Palestinians display Israeli bullet shells; a Palestinian woman wails; a wounded Arab child lies on a bed. In the climactic image, Palestinian boys carry a banner decrying the shame of the Arab world’s silence.

Al Jazeera’s reporters are similarly adept at riling up the viewer. A fiercely opinionated group, most are either pan-Arabists — nationalists of a leftist bent committed to the idea of a single nation across the many frontiers of the Arab world — or Islamists who draw their inspiration from the primacy of the Muslim faith in political life. Since their primary allegiance is to fellow Muslims, not Muslim states, Al Jazeera’s reporters and editors have no qualms about challenging the wisdom of today’s Arab rulers. Indeed, Al Jazeera has been rebuked by the governments of Libya and Tunisia for giving opposition leaders from those countries significant air time. Kuwait and Saudi Arabia, for their part, have complained about Al Jazeera’s extensive reporting on the misery of Iraqis living under sanctions. But the five-year-old station has refused to be reined in. The channel openly scorns the sycophantic tone of the state-run Arab media and the quiescence of the mainstream Arab press, both of which play down controversy and dissent.

Compared with other Arab media outlets, Al Jazeera may be more independent — but it is also more inflammatory. For the dark side of the pan-Arab worldview is an aggressive mix of anti-Americanism and anti-Zionism, and these hostilities drive the station’s coverage, whether it is reporting on the upheaval in the West Bank or on the American raids on Kandahar. Although Al Jazeera has sometimes been hailed in the West for being an autonomous Arabic news outlet, it would be a mistake to call it a fair or responsible one. Day in and day out, Al Jazeera deliberately fans the flames of Muslim outrage.

Consider how Al Jazeera covered the second intifada, which erupted in September 2000. The story was a godsend for the station; masked Palestinian boys aiming slingshots and stones at Israeli soldiers made for constantly compelling television. The station’s coverage of the crisis barely feigned neutrality. The men and women who reported from Israel and Gaza kept careful count of the « martyrs. » The channel’s policy was firm: Palestinians who fell to Israeli gunfire were martyrs; Israelis killed by Palestinians were Israelis killed by Palestinians. Al Jazeera’s reporters exalted the « children of the stones, » giving them the same amount of coverage that MSNBC gave to Monica Lewinsky. The station played and replayed the heart-rending footage of 12-year-old Muhammed al-Durra, who was shot in Gaza and died in his father’s arms. The images’ ceaseless repetition signaled the arrival of a new, sensational breed of Arab journalism. Even some Palestinians questioned the opportunistic way Al Jazeera handled the tragic incident. But the channel savored the publicity and the controversy all the same.

Since Sept. 11, I discovered, Al Jazeera has become only more incendiary. The channel’s seething dispatches from the « streets of Kabul » or the « streets of Baghdad » emphasize anti-American feeling. The channel’s numerous call-in shows welcome viewers to express opinions that in the United States would be considered hate speech. And, of course, there is the matter of Al Jazeera’s « exclusive » bin Laden videotapes. On Oct. 7, Al Jazeera broadcast a chilling message from bin Laden that Al Qaeda had delivered to its Kabul bureau. Dressed in a camouflage jacket over a traditional thoub, bin Laden spoke in ornate Arabic, claiming that the terror attacks of Sept. 11 should be applauded by Muslims. It was a riveting performance — one that was repeated on Nov. 3, when another bin Laden speech aired in full on the station. And just over a week ago, Al Jazeera broadcast a third Al Qaeda tape, this one showcasing the military skills of four young men who were said to be bin Laden’s own sons.

The problem of Al Jazeera’s role in the current crisis is one that the White House has been trying to solve. Indeed, the Bush administration has lately been expressing its desire to win the « war of ideas, » to capture the Muslim world’s intellectual sympathy and make it see the war against bin Laden as a just cause. There has been talk of showing American-government-sponsored commercials on Al Jazeera. And top American officials have begun appearing on the station’s talk shows. But my viewing suggests that it won’t be easy to dampen the fiery tone of Al Jazeera. The enmity runs too deep.

Indeed, the truth is that a foreign power can’t easily win a « war of ideas » in the Muslim world. Sure, we can establish « coalition information centers » — as the administration has in Washington, London and Islamabad — and dispatch our diplomats on « listening tours. » We can give Al Jazeera extended access to the highest American officials and hope that these leaders will make an impression on Arab viewers. But anti-Americanism is a potent force that cannot be readily dissolved.

What’s more, Al Jazeera is a crafty operation. In covering the intifada, its broadcasters perfected a sly game — namely, mimicking Western norms of journalistic fairness while pandering to pan-Arab sentiments. In a seemingly open-minded act, Al Jazeera broke with a widespread taboo of the Arab news media and interviewed Israeli journalists and officials, including Ehud Barak and Shimon Peres. Yet at the same time, it pressed on with unrelenting anti-Zionist reportage that contributed to further alienation between Israelis and Palestinians.

What this means is that no matter how many Americans show up on Al Jazeera, the station will pursue its own oppositional agenda. Al Jazeera’s reporters see themselves as « anti-imperialists. » These men and women are convinced that the rulers of the Arab world have given in to American might; these are broadcasters who play to an Arab gallery whose political bitterness they share — and feed. In their eyes, it is an unjust, aggressive war they are covering in Afghanistan. Watching Al Jazeera makes all of this distressingly clear.

l Jazeera is on the ground in Afghanistan and reports the news up close. It is the only television news outlet with a bureau in Kabul. Alas, there is no skyline in the Afghan capital, no bright city lights that can illuminate America’s nighttime raids. What worked so well for CNN in Baghdad has been impossible for Al Jazeera in Kabul and Kandahar. Instead, Al Jazeera’s Afghanistan coverage supplies a pointed contrast between the high-tech foreign power, with its stealth planes and Tomahawk missiles, and the Taliban warriors, with their pickup trucks racing through stark, rubble-strewn landscapes.

In its rough outlines, the message of Al Jazeera is similar to that of the Taliban: there is a huge technological imbalance between the antagonists, but the foreign power will nonetheless come to grief.

In some videotape shown on Oct. 22, a band of Taliban warriors displayed what they claimed to be the wreckage of the second American helicopter they said they had downed. There was twisted steel with American markings shown in close-up. In an interview, a Taliban soldier said triumphantly that after the first helicopter had been hit, the second came in for support and rescue, and the Taliban soldiers downed it as well. There was blood, he said, at the scene of the wreckage — and added that a search was under way for the « remains » of the American crews. A stylish warrior of the Taliban with a bright blue turban, the soldier spoke to the camera with great confidence and defiance. America’s cruise missiles and bombs would not defeat the Taliban, he promised: « If these Americans were men, they would come here and fight on the ground. We would do to them what we did to the British and the Russians. » Another warrior spoke with similar certainty. « God Almighty will grant us victory, » he promised.

Al Jazeera’s report was presented entirely from the Taliban’s point of view. No doubts were expressed about the validity of the Taliban’s military boasts — including one soldier’s claim that the steel from the American helicopters would immediately be sold off as scrap metal. The Western news media presented the same story rather differently. In addition to presenting the Taliban’s claims, CNN noted a strong American denial. In the case of one helicopter, the Pentagon claimed that only the landing gear of a CH-47 had been sheared off, after its pilot flew too close to a ground barrier. And a helicopter that did crash, the Pentagon claimed, did so because of a mechanical malfunction — not Taliban gunfire.

A report on Oct. 30 by Al Jazeera’s main man in Kabul, Tayseer Allouni, similarly underscored the ideological preference of the station’s reporters. « The American planes have resumed their heavy bombing of Kabul, causing massive destruction of the infrastructure of the country, » Allouni reported as his camera surveyed unrelieved scenes of wreckage and waste. Although Al Jazeera’s images revealed a few craters in the street, much of the devastation appeared to be unrelated to American bombs — potholes, a junkyard with discarded shells of cars. Noting that Kabul’s notoriously decayed « roads had not been spared, » Allouni then offered a wistful tribute to the Taliban’s public-works efforts. « It appears that all the labors that had been made by the Taliban government prior to the outbreak of the war to repair the roads, » he said sadly, « have scattered to the wind. »

As Allouni presented it, there appeared to be nobody in Kabul who supported America’s campaign to unseat the Taliban. A man in a telephone booth, wearing a traditional white cap, offered a scripted-sounding lament that even Kabul’s telephone lines had been destroyed. « We have lost so much, » he said, « because of the American bombing. » Allouni then closed his survey with gruesome images of wounded Afghans. The camera zoomed in on an old man lying on his back, his beard crusted with blood; this was followed by the image of a heavily bandaged child who looked propped up, as if to face the camera. The parting shot was an awful close-up of a wounded child’s face.

The channel’s slant is also apparent in tiny modulations of language. Its reporters in Kabul always note that they are reporting from the Islamic Emirate of Afghanistan — the Taliban’s official name for the country. Conversely, Washington’s campaign is being waged not against terror, but against « what it calls terror. »

Al Jazeera has a regular feature in which it briefly replays historical scenes and events that took place on that calendar day. On Oct. 23, the choice was an event that had taken place 18 years earlier. On that very day in 1983, a young man in a Mercedes truck loaded with TNT struck the Marine barracks in Beirut, killing 241 Americans. The segment revisited the horror of that day — the wailing of the wounded, the soot and ruin everywhere. The images were far more horrible than any I had ever seen of the tragedy. There was no sympathy in the narration, and a feeling of indifference, even menace, hung over this dark moment of remembrance. The message was clear: the Middle East was, and is, a region of heartbreak for the foreign power.

Al Jazeera loves the « Pakistani street » as much as it loves the « Afghan street. » In its telling, the Pakistani street is forever on the boil, with « huge throngs » in Rawalpindi and Peshawar and Islamabad. One crowd in Rawalpindi was said to be particularly frenzied. Protesters angrily waved signs, some of them in English: « Afghanistan is in need of reconstruction not destruction. » Anti-American demonstrations are, of course, eagerly covered by the Western news media as well. But by television standards, the Al Jazeera video was notably extended — close to a minute long. In the clip, Islamist leaders prophesied calamity for the military ruler Pervez Musharraf. The crowd was dressed in South Asian white against the glare of the sun, and its rage seemed overwhelming. Looking at all those angry faces, it was easy to forget that General Musharraf, the ruler of Pakistan, was holding back the tide of anger in his country. The clip reached its maximum intensity when the crowd displayed an effigy of George Bush with a cardboard photo of his face. The protesters spat at the cutout, went at it with shoes. They pounded the American president to a pulp. It was a spectacle tailor-made for Al Jazeera.

l Jazeera began broadcasting in October 1996. The preceding year, Sheik Hamad bin Khalifa al-Thani, the crown prince of Qatar, did a most un-Arab thing: he pulled off a palace coup, taking over the government from his father (who was vacationing in Europe at the time). The young ruler promptly announced a new order of things and set out to challenge Saudi primacy in the Gulf region. He hoped to underline his independence and give his small principality a voice in the world.

The young emir had good timing. Soon after he ascended the throne, an Arabic television joint venture between the BBC and a Saudi concern, Orbit Communications, foundered over the BBC’s insistence on editorial independence. The Arab reporters and editors who worked on this failed venture were eager for a new opportunity. Qatar’s new emir gave them a new lease on life. With his fortune footing the bill, Al Jazeera was born.

The emir’s child has grown quickly. Although it is by no means the biggest Arabic television channel, its reach is expanding. Al Jazeera now reaches viewers in more than 20 Arab countries, mostly through private satellite dishes, which have become tremendously popular in the Middle East. Dishes can be purchased there for less than $100, and tens of millions of Arab families now own them. They are as common in Cairo slums as they are in Dubai mansions. Al Jazeera beams its signal free of charge to most countries. Outside the Arab world, in countries like Great Britain, it is offered as part of a subscription service. In the United States, around 150,000 subscribers pay the Dish Network between $22.99 and $29.99 a month to receive Al Jazeera as part of a multichannel Arabic « package. »

Like America’s own 24-hour news outlets, Al Jazeera is a repetitive affair. As with CNN, it is easy to see its luster withering away in a time of peace and normalcy. There are steady news updates throughout the day. (It is always daytime on Al Jazeera, which announces its coming schedule in Mecca time, Greenwich Mean Time and New York time.) There is a financial broadcast of the standard variety — filmed out of London, with a source checking in from the floor of the New York Stock Exchange. Sports (soccer for the most part) gets its own regular report. There is a survey of the world press and a show dedicated to the secrets of the cinema. Oddly for a passionately pan-Arab channel, the station broadcasts dubbed programs bought from old American libraries: a wildlife documentary, a history of French art.

There is little coherence to Al Jazeera’s scheduling — segments about the American bombs in Kabul and the Israeli tanks in the streets of the West Bank alternate with quaint reports on life in Silicon Valley and the patterns of energy consumption in American cities. The end result has a hectic yet anonymous feel. Al Jazeera is not a star-driven channel; no particular anchor dominates it. It’s the BBC pattern, reporter driven, with a succession of reporters and anchors drawn from different Arab lands.

The pride of Al Jazeera lies, without a doubt, in its heavily promoted talk shows, like « Without Borders, » « Opinion and the Other Opinion » and « The Opposite Direction. » One enormously popular program in this genre is « Al-Sharia wa al-Hayat, » or « Islamic Law and Life. » The program, which is full of belligerent piety and religious zeal, appears every Sunday evening at 9:05, Mecca time. It is structured somewhat like « Larry King Live »; an interview with a guest is followed by questions and comments from viewers.

One recent evening, the guest of the program was Sheik Muhammad Ibrahim Hassan, a young Islamic preacher. A large man with a bushy jet-black beard, he was dressed in a white thoub and a loose white kaffiyeh without a headband — an exaggerated Islamist fantasy of what Muslims in seventh-century Arabia looked like. Hassan was interviewed by Hasib Maher, a young, polite Al Jazeera anchorman in suit and tie.

Hassan was fierce; it was easy to imagine him inciting a crowd. He had the verbal skills and eloquence of his homeland. (Egyptians are the people of the spoken and written word in the Arab world; the Gulfies are its silent types.) Hassan knew the sacred scripture by heart: he knew the Sira — the life and the example — of the Prophet Muhammad; he knew the Hadith, the sayings attributed to the Prophet. He tackled the questions thrown at him with gusto.

Al Jazeera’s anchorman asked Hassan about a fatwa issued by a number of religious scholars that ruled that American Muslims were bound to fight under the flag of their country, even if this meant going to war against fellow Muslims. Hassan would have none of this fatwa. « This puzzles the believer, » he said. « I say that the Prophet, peace be upon him, said that the Muslim is the brother of every other Muslim. He can’t oppress his brother Muslim or bring about his surrender or abandon him to non-Muslims. Come to your brother’s aid whether he be oppressor or oppressed, the Prophet taught us. No one can deny that our brothers in Afghanistan are among the oppressed. »

Hassan really knew how to milk the medium. In an extended monologue, he declared that the Islamic community, the pan-national umma, was threatened everywhere — in Palestine, Iraq, Chechnya, Kashmir, Afghanistan, the Philippines. The umma, he said forcefully, should know its pain and heal its wounds. Then he did something you never see on « Hardball »: he broke into free-flowing verse. There was no shred of paper in front of him; this was rote learning and memorization:
Oh Muslims, we have been dying for centuries
What are we in this world? . . .
We are bloodied corpses,
And our blood is being shed.
Oh the honor of Islam,
How that honor is being violated. . . .
We strayed from the faith,
And the world darkened for us.
If the root dies,
The branches and the leaves will die.

Hassan now owned his airwave pulpit. He was in full flight. A look of awe stole upon the anchorman’s face. The anchorman queried Hassan about the attacks of Sept. 11: Did they implicate Islam and Muslims in any way? The preacher answered in his own way. « Oppression always leads to an explosion! » he said angrily. « Under the cover of the new world order, Muslims in Chechnya and Iraq have been brutalized. . . . Any Muslim on the face of the earth who bears faith in God and his Prophet feels oppression today. If a believer feels oppression and thinks that no one listens to him and that power respects only the mighty, that believer could be provoked to violent deeds. We saw things — horrors — in Bosnia that would make young people turn old. . . . Where were the big powers and the coalitions and the international organizations then? Where are they now, given what is going on in Palestine? The satellite channels have spread everywhere a knowledge of this oppression. »

Hassan then answered an e-mail message from a viewer. « Should we turn the other cheek, as Christ advised? » the viewer asked. « No, I say, » Hassan replied. « The Islamic umma must come to the rescue of the oppressed! »

This was soon followed by a call from a Palestinian viewer, Shaker Abdulaziz. He greeted Hassan and the host, wished them God’s peace and mercy, then delivered an angry prose poem. « The wolf, » he said, « should not be blamed if the shepherd is an enemy of his own flock! I saw the people, evildoers living next to evildoers, befriending the wolf and weeping with the shepherd. » Abdulaziz was speaking in code, but Al Jazeera’s viewers would understand his message: the false, treacherous shepherds were, of course, those Arab rulers who had betrayed their peoples and befriended the wolves of the West.

« I greet you from the Dome of the Rock, » Abdulaziz said. « A people are being slaughtered, liquidated and trampled upon. Where are the Arab rulers and armies? They do nothing! » Abdulaziz’s wrath grew stronger. He challenged the show’s guest preacher directly. « Is it not time for Sheik Hassan to call from this pulpit upon the Arab peoples to rebel, trample their rulers and replace them with a just ruler and the rule of the Islamic state? »

Maher, the smooth anchorman, did not challenge his guest’s assertions. He did not mention, for instance, that the West had come to the defense of Muslims in Kosovo. He simply moved on.

Next, a viewer named Hazem Shami — from Denmark, of all places — came on the line. « Peace be upon you, » he began. « The insistence of the colonizing nations, with America as their leader, on tying Islam to terrorism is merely due to the fact that America considers Islam as the sole obstacle to its hegemony over the Islamic world. Even though Islam is a message of peace and mercy, it still refuses the hegemony of the kuffar (infidels) over the Muslims in all matters — cultural, economic, military. Muslims should unite their countries in one Islamic state. Islam is the only challenge to world capitalism, the only hope after a black capitalist century. »

The man in Denmark had posed no question, but Hassan nonetheless took his bait. « The Jews are the ones responsible for spreading this hostile view of Islam, » the preacher explained. « The Jews dominate the Western media, and they feed the decision-makers this distorted view of Islam. No sooner did the attacks in America take place, the Jews came forth accusing the Muslims, without evidence, without proof. »

It was strange hearing this unyielding view of the faith and this talk of « infidels » coming from a man in Denmark. Islam, once a religion of Africa and Asia, had migrated across the globe; it had become part of Western European and North American life. But in bilad al-Kufr (« the lands of unbelief »), it had grown anxious. The caller lived in Western Europe, but the tranquil Danish world had not seeped into him. He had come to this satellite program, to this preacher, like some emissary of war. In close proximity to modern liberties, he had drawn back and, through Al Jazeera, sought the simplifications and certainties of extreme faith.

ne of Al Jazeera’s most heavily promoted talk shows right now is called « The First of the Century’s Wars, » in homage to the battle in Afghanistan. A recent episode featured three guests — one in Washington, one in London and one in the Doha studio. Demure at first glance, Montaha al Ramhi, the anchorwoman who led the discussion, is a woman of will and political preference. She was dressed on this day in the Hillary Clinton style: an orange blouse under a black suit-jacket. I could not make out her exact nationality in the Arab world; her accent didn’t give her away.

Ramhi’s subject for the evening was Osama bin Laden, and the responses of the Arab world to his message. Does bin Laden represent the sentiments of the Arabs, she asked, or is he a « legend » that the West has exaggerated? There would be her guest panelists, she announced, and there would be reports from the field, from the « streets » of the Arab world. The guest in Doha was a Palestinian writer and analyst by the name of Fayez Rashid; the guest in London was Hafez Karmi, director of the Mayfair Islamic Center; the third pundit was Shafeeq Ghabra, a liberal Kuwaiti political scientist who currently lives in Washington.

Karmi, a large man with a close-cropped beard, was dressed in a shiny silk suit, matched by a shiny tie. He had the exile’s emphatic politics, and he had the faith. Ghabra had his work cut out for him. Indeed, as soon as Rashid launched his first salvo, it became clear that Ghabra was to be a mere foil for an evening of boisterous anti-Americanism.

« He is a celebrated resister, » Rashid said of bin Laden. « The U.S. was looking for an enemy, and bin Laden had supplied it with the enemy it needed. He is an Arab symbol of the fight against American oppression, against Israeli oppression. . . . The U.S. had exaggerated Osama bin Laden’s threat. This is the American way: it was done earlier in the case of Iraq when the power of the Iraqi Army was exaggerated before it was destroyed. . . . Now the Americans want to kill bin Laden to defeat this newest Arab symbol. »

When Ghabra spoke, he offered a cautionary refrain. A new international order, he said, was emerging out of the wreckage of Sept. 11. « The world is being reshaped, » he said. He warned against allowing the « Arab street » to dictate policy. Surely, he said, one wanted leadership and judgment from the Arab world, lest it be further marginalized and left out of the order of nations.

For Karmi, however, Osama bin Laden was a « struggler in the path of God. » There was no proof, he added, that Osama bin Laden was responsible for the events of Sept. 11; he was merely a man who cared about the rights of Muslims. He asked and answered his own question: Why did the « Arab Afghans » — by which he meant the Arab volunteers who had gone to Afghanistan in the 1980’s to fight the Soviet Union — turn their wrath against the United States? « They have been made angry that the enemies are inside the Arab world, » he said, echoing bin Laden’s Oct. 7 videotape. « By its presence in the Arabian Peninsula, or in Palestine through its unlimited support for the killing of Palestinians, America has brought this anger on itself! »

Rashid, the guest in Doha, offered further absolution for bin Laden. The man, he argued, was just « part of the Arab anger in the face of American arrogance. »

The show paused for a commercial break. One ad offered a striking counterpoint to the furious anti-Westernism of the call-in program. It was for Hugo Boss « Deep Red » perfume. A willowy Western woman in leather pants strode toward a half-naked young man sprawled on a bed. « Your fragrance, your rules, Hugo Deep Red, » the Arabic voiceover intoned. I imagined the young men in Arab-Muslim cities watching this. In the culture where the commercial was made, it was nothing unusual. But on those other shores, this ad threw into the air insinuations about the liberties of the West — the kind of liberties that can never be had by the thwarted youths of the Islamic world.

Back on the air, Shafeeq Ghabra made his sharpest intervention of the program: There was a « democratic deficit » in the Arab world, he argued. « But if a Saudi citizen had to choose between bin Laden and King Fahd, he should choose King Fahd. Bin Laden has not come forth bearing a democratic project, or a new project to improve the condition of women, or to repair our educational system. What he proposes is a Talibanist project, which would be a calamity for the Arab people. »

Ramhi, the anchorwoman, interrupted him, talking over his voice. « Someone has to say to the United States, this is a red line! » she shouted. « Here and no more, in Palestine and Iraq, in other Arab realms! »

Ramhi soon cut off the discussion and segued to a taped segment from Egypt. The report, a Cairo street scene, was full of anti-Americanism. « Any young Muslim would be proud to be Osama bin Laden, » one young man said. « America is the maker of terrorism, » another asserted, « and it is now tasting its own medicine. » There was authenticity in this rage; it was unrehearsed and unprompted. The segment went on at some length.

Afterward, Ramhi admitted that there was a « minority opinion » to be found in Egypt. She cut to the brief comments of a quiet man, in a white shirt and tie, in the midst of a crowd. He was eager to exonerate his faith. « I am a good Muslim, » he said, « and Islam does not permit the killing of noncombatants. Islam could never countenance the killing of civilians. »

This dissent was immediately followed, however, by more belligerence. Men clamored for the « evidence, » insisting there was no proof of bin Laden’s guilt. And there was the unsettling verdict of the sole « woman on the street » interviewed. The young woman had a certain fundamentalist chic — a colored head scarf arranged with flair and a confident way about her. She spoke of bin Laden with unadorned admiration. « Bin Laden is the only personality who is doing the right thing at this time, » she said. « He is trying to awaken them from their slumber! »

Al Jazeera is the only Arab television station to have achieved global fame, but its status is inflated. The truth is, other Arab channels reach much wider audiences. The oldest, most successful of the pan-Arab satellite stations is the London-based Middle East Broadcasting Centre. The station is controlled by an in-law of King Fahd of Saudi Arabia. In addition to broadcasting the region’s most popular program, « Who Wants to Be a Millionaire » MBC has five news broadcasts of its own. MBC’s news programs come across as blandly professional. Compared to Al Jazeera, its reporters are staid, careful not to incur the wrath of Arab rulers or to challenge the established order. There is also the hugely popular Lebanese Broadcasting Corporation International. LBCI is loaded with entertainment programming, but it also regularly presents news. The news on LBCI, a privately owned station, also has a tepid feel. Syria dominates the Lebanese world, and its news broadcasts avoid broadcasting anything that would offend.

Despite its comparatively small audience, Al Jazeera has received almost all of the Bush administration’s attention so far. The doors in official Washington have now opened before Al Jazeera’s reporters. Since Sept. 11, there have been interviews with Secretary of State Colin L. Powell, Secretary of Defense Donald Rumsfeld and National Security Adviser Condoleezza Rice.

Surely, the emir of Qatar never imagined that the bet he took five years ago would be so amply rewarded. Al Jazeera still requires the emir’s subsidies, but the station’s heightened profile has brought it closer to solvency. Al Jazeera’s footage from Afghanistan, for example, has been sold to news outlets around the world, with individual clips selling for as much as $250,000. And earlier this fall, CNN and ABC made arrangements with Al Jazeera to broadcast the Arabic station’s exclusive video from Afghanistan.

Al Jazeera’s defenders tend to applaud its independence from the censors who control state-sponsored outlets in the Arab world. For the Egyptian novelist Ahdaf Soueif, there is the pleasure of channel-hopping at 2 in the morning and hearing a television station breaking with the widespread censorship and silence of the Arab news media. « It provides the one window through which we breathe, » Soueif recently wrote of Al Jazeera.

In one sense, Soueif is right: the Arab world needed to be challenged. This was a region where the official media, in August 1990, withheld news of Iraq’s conquest of Kuwait for three days. The pompous, sycophantic press in Arab countries — whose main function has been to report the comings and goings and utterances of the ruler of the land — has been dealt a major blow. For the first time, Arabs with a satellite dish now have access to uncensored news.

Al Jazeera’s viewers see things that people of the region are clearly not meant to see. On Oct. 21, Al Jazeera offered silent footage of Bright Star, a joint Egyptian-American military exercise, off the coast of Egypt. It was a potent commentary on the stealth cooperation of the Egyptian military with the Pentagon. And despite the fact that its coverage of the intifada was horribly slanted, Al Jazeera should get some credit for being one of the few Arab TV stations to interview Israelis.

That said, Al Jazeera’s virulent anti-American bias undercuts all of its virtues. It is, in the final analysis, a dangerous force. And it should treated as such by Washington.

A Madison Avenue advertising executive, Charlotte Beers, has been newly designated the under secretary of state for public diplomacy and public affairs. The aim is to win the propaganda war, or the battle of public diplomacy in the Muslim world. She has her work cut out for her. The Bush administration is eager to explain America’s war, eager for the Arabs and the Pakistanis to accept the justness of its military actions. But how can it possibly expect to persuade the reporters at Al Jazeera to change their deep-seated view of this conflict? It would therefore be folly for America’s leaders to spend too much energy trying to moderate Al Jazeera. It would be counterproductive to give Al Jazeera’s editors and reporters a special claim on the time of senior American officials.

There is a better strategy available to Washington. Instead of focusing on Al Jazeera, the White House could grant « pool interviews » to a large number of Arab stations. It could give the less inflammatory satellite stations, like MBC and LBCI, as much attention as Al Jazeera. Or, indeed, it could give them more. After all, MBC has a bigger audience; shouldn’t it have a bigger influence, too? Why not give MBC the scoop of an interview with President Bush? Why not give LBCI some exclusive access to White House officials?

Americans must accept that they are strangers in the Arab world. We can barely understand, let alone control, what Al Jazeera’s flak-jacketed reporters in Kabul and smooth anchorwomen in Doha are saying about us. An American leader being interviewed on Al Jazeera will hardly be able to grasp the insinuations, the hidden meanings, suggested by its hostile reporters. No matter how hard we try, we cannot beat Al Jazeera at its own game. But one thing is sure: there is no need to reward a channel that has made a name for itself through stridency and anti-Americanism.

There is a war on the battlefield, and that is America’s to win. But the repair of the Arab political condition — and the weaning of the Arab world away from radicalism — is a burden, and a task, for the Arabs themselves. The only thing America can do is make sure that it never gives this radicalism — and its satellite channel — a helping hand.

Fouad Ajami, professor of Middle Eastern studies at the School of Advanced International Studies at Johns Hopkins University, is the author most recently of  »The Dream Palace of the Arabs. »

Voir aussi:

When a reporter got too close to the story
Al-Jazeera journalist Taysir Alouni was jailed by a Spanish court last week after being found guilty of collaborating with al-Qaida. Is he a terrorist sympathiser or just very good at his job?

Giles Tremlett in Madrid

The Guardian

3 October 2005

It was a scoop of truly global proportions. Just a few weeks after al-Qaida redefined the world news agenda for a generation of journalists by attacking New York and Washington on September 11 2001, television reporter Taysir Alouni interviewed the planet’s most wanted man, Osama bin Laden.

« The battle has moved to inside America. We will continue this battle, God permitting, until victory or until we meet God, » Bin Laden warned him during an hour-long, recorded chat inside a tent.

Last week, however, it was looking like a scoop too far. Former al-Jazeera television correspondent Alouni was sent to jail for seven years by a Spanish court that deemed he had not just cultivated al-Qaida contacts as he pursued Bin Laden, but had actively collaborated with them.

His meteoric career as a star war correspondent for what has fast become one of the world’s most famous television news stations has been cut short.

« He was found guilty of doing his job. It was because of that Bin Laden interview, » his wife Fatima al-Zahra said after the verdict. She will now appeal on behalf of the 50-year-old Syrian-born reporter, while facing several years looking after their five children on her own.

The Bin Laden interview was not, in fact, the direct reason for the court’s verdict. But it was mentioned in a judgment that contained what was, according to whom you speak, either a frontal assault on journalism or a warning that not everything goes when it comes to chasing a world exclusive.

« Journalistic truth, like all other truths, cannot be obtained at any price, » the 450-page judgment read. « Taysir Alouni committed the wrongdoing of collaborating with a terrorist group and, for that, he must now pay. »

« This whole trial was, from the very beginning, politically motivated, » al-Jazeera chief editor Ahmed Sheikh says. « It is a precedent that is very negative for all of us in the media. It makes our lives much more difficult. If these charges had been brought in an English court, the judge would have surely thrown them in the dustbin. The court violated a legal principle in interpreting the principle of doubt not as in favour of the defendant but against him. »

Alouni’s relationship with al-Qaida, however, started well before he began working with al-Jazeera, according to the judgment. A trained economist, he moved to Spain in the 80s, teaching Arabic and doing various other jobs before ending up as a translator for Spain’s EFE news agency.

While there he met some of the people who, many years later in Madrid, would be his co-defendants in Europe’s biggest-ever al-Qaida trial. He also met the senior al-Qaida figures who would not just influence his future career as a journalist, but also be his eventual nemesis.

In 2000 his career leapt forward when he was appointed to open and then run a Kabul bureau for al-Jazeera, while Afghanistan was governed by the Taliban regime. It was a big step for Alouni.

« I still remember when I went with him to Kabul to open the bureau. It was his first appearance in television journalism. I was there helping show him how to do it in front of a camera, how to edit a story, to cut it and deliver it, » Sheikh says. « He just mastered the whole thing very quickly. He was a very good journalist – dedicated, balanced, with integrity and honour. »

In Kabul, apart from interviewing Bin Laden, he was the first to show damage caused to civilian targets by American bombs. « He was able to capture images of civilian victims in the destitute villages of Afghanistan and the miserable streets of Kabul, » the al-Jazeera website that campaigns for his release says. « His coverage triggered international outrage over the US action in Afghanistan. »

Shortly after he fled the city, as the Northern Alliance entered Kabul, a US bomb destroyed his bureau. He himself was set upon by unknown attackers as he witnessed things he refuses to talk about. « Scenes that, I’m sorry, I could not describe to anybody, » he once said.

Al-Jazeera was impressed. When war broke out in Iraq, he was sent to cover it. Authorities on both sides disliked him. Saddam Hussein ordered his expulsion. Then the Americans again attacked the al-Jazeera bureau, killing a staffer. A vast network of al-Jazeera helpers around the country allowed him to stay ahead of others in reporting the war. « The American troops didn’t like us because we contradicted through images and words what the Americans said, » he explained afterwards.

Crucial to Alouni’s early successes, however, were the names he already had in his contact book when he arrived in Kabul. While living in Spain, he had befriended fellow Syrian Imad Eddin Barakat Yarkas. Barakat was last week sentenced to 27 years after being found guilty of holding a command role in al-Qaida and collaborating with the September 11 plotters. Alouni claimed he had cultivated Barakat for professional reasons. « I was hoovering up professional information, » he said.

The court disagreed, saying things went much further. « Taysir Alouni did not belong to the group led by Barakat. He possibly felt superior to it … but he collaborated with it, » the judgment reads.

In Spain he had also got to know Mustapha Setmarian and Mohammed Bahaiah, two al-Qaida leaders who would be his key Kabul contacts. Alouni helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey. When he went to Kabul, Alouni also took $4,000 to Bahaiah. This, he told the court, was done as a favour to a friend who owed Bahaiah money.

Alouni said his regular Kabul encounters with Bahaiah and Setmarian had a single aim – to gain intimate knowledge of one of the most secretive and unstructured organisations in the world, al-Qaida, and to make contacts within the Taliban regime. « I took advantage of the situation to extract information from them on what the Taliban were, on what al-Qaida was and on other organisations, » he explained.

The court, once again, disagreed. The reporter, they claimed, traded ethics for access. « Taysir helped them, not out of that sense of helping which forms part of the favours that all good Muslims should do for their fellows, but in order to obtain … exclusive information on al-Qaida and the Taliban regime, » the judges said.

Alouni denied knowing that Setmarian and Bahaiah were al-Qaida members. The court, yet again, did not believe him. He argued that carrying money was an act of Muslim good manners. « I took it, and that is not a bad thing … If you refuse you are looked upon badly. What is more, I was interested in these people because of the information that I needed, » Alouni said.

His boss at al-Jazeera agrees. « This is part of our culture. Taysir did it on a personal, individual basis, » says Sheikh. The broadcaster is backing Alouni’s appeal. In the meantime, it wants him bailed because of a heart condition.

The channel is not the only organisation worried by the sentence. « It sets a dangerous precedent, particularly for anyone who seeks to interview Bin Laden in the future, » says Jean-Francois Julliard of the watchdog Reporters Without Borders. « Journalists have always investigated terrorist groups. It’s part of our job. »

Alouni may now be wondering whether that first major scoop was worth it. Al-Jazeera – already facing US criticism – did not even screen it. Some of it was eventually shown, however, by CNN.

The court insists that too high a price was paid for the scoop. « Supposing that what he did in Afghanistan was done in order to get an interview with Bin Laden (which the defendant claims). If that aim had been achieved using methods that did not require punishment, it would merit recognition as a sign of his great worth; but when this achievement is the result of previous wrongdoings, the professional (journalist) must face up to the consequences of the law, » the judges said.

« We are convinced that he is innocent, » says Sheikh. « He will never lose his job. »

Voir également:

QATAR Le Club Med des terroristes
Alors que le Qatar affirme combattre l’extrémisme et a rejoint la coalition contre l’Etat islamique, différents rapports sur le terrorisme du département d’Etat américain montrent que des Qataris financent, avec l’aval de l’émirat, le mouvement djihadiste en Irak et en Syrie.
The Daily Telegraph/traduction Courrier international
Andrew Gilligan
30 Septembre 2014

Alors que le Royaume-Uni va intervenir en Irak, Alastair Campbell, le grand manitou de la communication de la précédente guerre en Irak [et ancien directeur de la communication de Tony Blair], s’est trouvé un nouveau boulot. Lui et son fils Rory écrivent désormais pour un blog sur le football, The Pressing Game, qui se targue d’être « vraiment indépendant » mais qui passe la majeure partie de son temps à réfuter les critiques concernant l’organisation par le Qatar de la prochaine Coupe du monde.

Malheureusement, comme Channel 4 l’a révélé le 26 septembre, The Pressing Game est un fait financé en secret par des lobbys qui travaillent pour le gouvernement qatari. Ce n’est pas la première fois que le minuscule royaume du Golf fait preuve d’un tel manque de transparence.

La semaine dernière par exemple, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, émir du Qatar, a donné sa première interview depuis son accession au trône en 2013. « Nous ne finançons pas les extrémistes, a-t-il déclaré sur CNN. « Si vous voulez parler de certains mouvements, notamment en Syrie et en Irak, sachez que nous les considérons tous comme des mouvements terroristes. » Le Qatar, qui accueille une importante base aérienne américaine, a d’ailleurs rejoint la coalition internationale contre l’Etat islamique (EI).

Les preuves de l’action du Qatar

La vérité est que, sans les financements importants que l’EI a reçus de certains individus au Qatar, il n’y aurait pas eu de guerre au départ. Au Royaume-Uni, Djihad John, l’homme avec un fort accent britannique présent sur les trois vidéos où sont assassinés les otages, incarne désormais aux yeux de l’opinion publique britannique la menace de l’EI.

La semaine dernière, alors même que l’émir du Qatar jurait ses grands dieux que le pays n’avait jamais financé l’EI, le Trésor américain a apporté la première preuve que l’argent du Qatar avait bien permis à Djihad John et à d’autres Britanniques de rejoindre la Syrie.

Dans ce document est ainsi révélé l’identité d’un terroriste du nom de Tariq Al-Harzi, se décrivant comme « l’émir pour la région frontalière entre la Syrie et la Turquie, chargé par l’EI d’accueillir les nouveaux combattants étrangers et de les équiper d’armes légères avant de les envoyer en Syrie ».
Il était d’ailleurs « responsable des combattants étrangers venus du Royaume-Uni ».

La vigilance du Qatar est « inexistante »

En septembre, selon le Trésor américain, Tariq  Al-Harzi « a permis à l’EI de recevoir 2 millions de dollars d’un intermédiaire financier de l’EI basé au Qatar, à condition que cet argent soit affecté uniquement à des opérations militaires. L’intermédiaire financier basé au Qatar avait également recruté Al-Harzi pour lever des fonds au Qatar. »

Doha rétorquera qu’il s’agit d’individus privés et non du gouvernement. Mais tout Etat, et encore plus une autocratie du Golfe, a les moyens d’empêcher ce genre de chose, à condition de le vouloir.

Or, à en croire les derniers rapports sur le terrorisme du département d’Etat américain, la vigilance du Qatar à ce sujet est « inexistante ». Certes, il existe des lois réprimant le blanchiment d’argent et le financement des organisations terroristes mais leur mise en application est « aléatoire » et marquée par de « graves carences ».

Par ailleurs, les preuves des liens du gouvernement qatari avec les extrémistes (dont certains ont réussi à lever des fonds alloués par la suite à l’EI) sont irréfutables. « Entre huit et douze personnalités éminentes au Qatar ont récolté des millions de dollars pour les djihadistes, a déclaré un diplomate occidental local. Et ils ne s’en cachaient guère. »

Des juteuses fusions

La plupart de ces personnalités récoltaient au départ de l’argent pour le Front Al-Nosra, une filiale d’Al-Qaida en Syrie. L’argent a coulé à flots l’année dernière quand Al-Nosra et l’EI ont officiellement fusionné et mis en commun leurs combattants et leur matériel. Mais ce partenariat fut de courte durée et a pris fin en début d’année. Une partie du financement et des armes envoyés par le Qatar à Al-Nosra entre avril 2013 et févier 2014 a alors échu à l’EI.

Le Qatar : « valet des Américains » ou « club Med des terroristes » ?
Arnaud Caldichoury

Challenges
15-01-2015

INTERVIEW Après les attentats djihadistes de Paris, une question revient souvent: Le Qatar finance-t-il l’Etat Islamique? Fabrice Balanche, spécialiste du Moyen-Orient, y répond.

« Le Club Med des terroristes ». Cette périphrase, employée par le journal Courrier International pour désigner le Qatar, en dit long sur les doutes qui pèsent sur ce pays au sujet du financement du terrorisme.

Ce sentiment de défiance envers Doha s’est d’ailleurs accentué depuis la divulgation de rapports du département d’Etat américain, qui s’interroge sur le financement de l’Etat islamique (EI) et d’Al-Qaïda par des fortunes du Qatar. Et les récents attentats qui ont frappé de plein fouet Charlie Hebdo et plus généralement la France, ne font qu’enflammer le débat. Le Qatar serait-il le bailleur de fonds des organisations djihadistes ?

Dans le même temps, le Qatar est en plein essor économique et plusieurs partenaires commerciaux (les Etats-Unis et la France au premier chef) cherchent à profiter de ce marché florissant. Alors qu’Airbus a d’ores et déjà réalisé sa première livraison de l’A350 à la compagnie aérienne Qatar Airways, la France cherche à vendre son Rafale et se veut la plus attractive possible afin d’attirer les investissements qataris, au risque d’enfreindre la loi à travers l’octroi aux Qataris d’avantages fiscaux trop juteux.

Les puissances occidentales fermeraient-elles les yeux sur certains agissements du Qatar, afin de ne pas se mettre à dos un partenaire économique primordial ?

Fabrice Balanche, maître de conférences à l’Université Lyon 2 et directeur du Groupe de Recherches et d’Etudes sur la Méditerranée et le Moyen-Orient  à la Maison de l’Orient, revient sur la question des financements et analyse la situation géopolitique du Qatar au Moyen-Orient.

1) Selon vous, le Qatar finance-t-il l’Etat Islamique ?

Avant toute chose, il faut remettre la question du financement de ces organisations terroristes dans un contexte de rivalité entre l’Arabie Saoudite et le Qatar. En effet, depuis longtemps, l’Arabie Saoudite veut mettre le Qatar et le Koweït sous sa domination. Mais le Qatar ne se laisse pas faire. La compétition entre les deux chaînes télévisées Al-Jazeera (qatarienne) et Al-Arabiya (saoudienne) symbolise cette confrontation âpre entre les deux pays du Golfe.

Au-delà de la sphère médiatique, le Qatar prend très fréquemment le contre-pied de la politique saoudienne. Alors que l’Arabie Saoudite se méfie des Frères musulmans, le Qatar se montre très accueillant à leur égard. Et depuis que l’Arabie Saoudite soutient les groupes salafistes de l’opposition syrienne, le Qatar cherche à faire de même pour limiter l’influence saoudienne dans la région. On a affaire à une véritable lutte d’influence entre le Qatar et l’Arabie Saoudite pour dominer l’opposition syrienne.

Ainsi, le Qatar a financé le Front Al-Nosra (ou Nosra) jusqu’à la scission intervenue en avril 2013. L’organisation, rattachée à Al-Qaïda, est pourtant inscrite sur la liste terroriste des Etats-Unis depuis le 20 novembre 2012 et la déclaration d’Hillary Clinton.

Après la scission en avril 2013 – autrement dit la séparation entre Nosra dirigé par le syrien Al-Joulani et l’Etat islamique (EI) conduit par l’irakien al-Baghdadi – le Qatar a choisi de soutenir l’EI contrairement à l’Arabie Saoudite qui continue de financer Nosra.

Néanmoins, la réalité est bien plus complexe encore. Si l’EI est une organisation soudée et structurée, les groupes de Nosra, bien qu’ils prêtent tous allégeance, semblent bien plus autonomes. Ainsi, le Qatar peut être également amené à financer un groupe de combattants se revendiquant de Nosra pour un intérêt particulier. De même, il existe différents clans en Arabie Saoudite, qui est loin d’être un royaume monolithique. Ces familles soutiennent aussi bien Nosra que l’EI.

Plus largement encore, ce qu’il faut comprendre, c’est que les véritables rivaux de l’Arabie Saoudite et du Qatar, ce sont toutes les entités qui constituent le « croissant chiite » (l’Iran, la Syrie des Alaouites, l’Irak chiite pro-irannienne et le Hezbollah). Dans cette optique, l’EI et Nosra sont en fait des alliés stratégiques, dans le sens où ces organisations peuvent briser cet axe pro-iranien !

Il n’y aura jamais de preuve papier sur ce financement qatari et saoudien des organisations terroristes, mais celui-ci est tout de même probable.

2) Pourtant, le Qatar est également considéré comme un « sous-fifre » des Etats-Unis. Pour preuve, la plus grande base militaire américaine se situe au Qatar, et le Qatar sous-traite la gestion de sa défense nationale aux Etats-Unis. Comment se fait-il que les Etats-Unis cautionne ce genre de financements ?

Les Etats-Unis ont probablement dû taper sur les doigts du Qatar à ce sujet. Mais ils ne contrôlent pas tout ce qui se passe dans la région. Ils ferment parfois les yeux (ou participent même) aux financements de groupes terroristes.

Il est utile de rappeler qu’il y a deux axes principaux dans la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient :

Tout d’abord, il faut savoir que les Etats-Unis sont les principaux bénéficiaires de l’essor économique du Qatar. Ils se taillent la part du lion sur le marché qatari et leur objectif principal consiste donc à préserver leur position.
La deuxième priorité des Américains concerne la sécurité d’Israël. Le lobbying israélien aux Etats-Unis est puissant, et cet enjeu sécuritaire est souvent à l’ordre du jour en période électorale.
Afin de remplir ces obligations, les Etats-Unis se doivent de trouver des points d’ancrage dans la région. A cet égard, leur  influence sur l’Arabie Saoudite et le Qatar est considérable. Les Américains jouent d’ailleurs sur la rivalité entre les deux pays en misant sur une stratégie bien connue : « Diviser pour mieux régner ».

Néanmoins, les Etats-Unis ne contrôlent pas tout, et ils se sont même laissés entrainer par le Qatar lors du Printemps arabe. A ce moment-là, le Qatar défendait les mouvements révolutionnaires, et soutenait plus particulièrement la prise de pouvoir des Frères musulmans. Le Qatar se servait du modèle de la Turquie islamo-démocrate d’Erdogan (dont le Parti de la justice et du développement est très proche des Frères musulmans)  pour défendre les Frères musulmans et gagner la confiance de l’administration d’Obama.

 La carte des révoltes du Printemps arabe – Crédit : Le Monde

Les Etats-Unis ont donc laissé faire, en pensant que tout cela allait aboutir à une démocratisation du monde arabe. Il ne fallait, selon eux, pas s’opposer au sens de l’histoire. Ainsi, le Qatar a pu acheter les élections, notamment en Tunisie et en Egypte, qui ont abouti respectivement à la prise de pouvoir du parti Ennahdha et de Mohamed Morsi.

Cependant, les masques sont rapidement tombés : Morsi, surnommé très tôt « le pharaon », s’accordait les pleins pouvoirs en novembre 2012 après cinq mois à la tête de l’Egypte. Et la Turquie d’Erdogan, première prison au monde pour les journalistes, n’est pas exempt de tout reproche non plus.

Les Etats-Unis se sont faits berner en laissant les Frères musulmans prendre le pouvoir. Présentés comme l’alternative idéale, ceux-ci font preuve d’autoritarisme, et c’est le moins que l’on puisse dire!  En 1981, Sadate est assassiné par d’ex-membres de la confrérie des Frères musulmans passés à l’extrémisme. Al-Zawahiri lui-même, le chef du réseau terroriste Al-Qaida, était un frère musulman.

Les Frères musulmans sont-ils des terroristes ? La question se pose. Ils sont en tout cas considérés comme tels par le gouvernement égyptien, la Russie et l’Arabie saoudite. Si on part de cette hypothèse, les Etats-Unis auraient donc comme le Qatar financé des terroristes.

Par ailleurs, les Etats-Unis financent parfois involontairement des djihadistes. Lorsque Al-Nosra a été considéré par les Etats-Unis comme une organisation terroriste, le front a crée de nouveaux groupuscules avec des fausses dénominations afin de capter les financements américains. Le groupe Jaysh al-Islam (Armée de l’Islam) a par exemple été financé par les Etats-Unis avant que son affiliation avec Al-Qaïda ne soit démontrée.

Enfin, lors de la libération d’otages, les pays occidentaux demandent souvent au Qatar de faire la médiation et de payer une rançon aux organisations terroristes.  Cela peut être également considéré comme du financement aux djihadistes.

3) Au-délà de ses investissements dans le sport et les médias, quelle est la stratégie diplomatique du Qatar depuis l’échec des Frères musulmans ?

Les échecs d’Ennahdha en Tunisie et des Frères musulmans en Syrie (le nouveau chef à la tête de la CNS est pro-saoudien), ainsi que le coup d’Etat en Egypte ont considérablement affaibli le Qatar.

Le Qatar utilise dorénavant la cause palestinienne afin de défendre ces intérêts dans la région et de revenir dans le jeu diplomatique international. Doha s’est servi de la guerre de Gaza à l’été 2014  pour s’affirmer comme le médiateur incontournable dans la péninsule arabique. Le pays met en avant son influence considérable sur le Hamas (qu’il finance) et prétend pouvoir négocier un cessez-le-feu ou même résoudre le conflit israélo-palestinien.

4) Al-Qaïda affirme avoir financé l’opération de Charlie Hebdo et recruté les frères Kouachi qui ont assassiné douze personnes. Amedy Coulibaly prétend, lui, avoir été envoyé par l’EI. Comment ces organisations djihadistes manipulent-ils ces jeunes terroristes ?

En France, la situation s’est dégradée de façon continue dans les banlieues, comme à Roubaix ou au nord de Marseille. Les imams radicaux ont prospéré dans ces zones et manipulent des jeunes faibles psychologiquement et complètement perdus socialement.

La mystique djihadiste est simple : le but final est de ré-islamiser la société dans le monde arabe. Selon le Hamas, Dieu les a punis avec la création d’Israël, parce qu’ils n’étaient pas de bons musulmans. Il faut donc s’unir afin de reprendre Jérusalem.

Grâce au développement d’Internet et des chaînes satellitaires, les idéologues montrent à ces populations musulmanes les bombardements incessants d’Israël, soutenu par l’Occident, sur les Palestiniens. Ils les manipulent et les dressent contre l’Occident.  La prise d’otages dans l’hyper casher n’est que la résultante de cet endoctrinement.

La situation en Syrie est également exploitée par les idéologues islamistes. Ils accusent l’Occident de laisser les musulmans rebelles en Syrie se faire tuer. Ils veulent convaincre les jeunes djihadistes que Bachar el-Assad soutient en fait Israël et l’Occident, et que ceux-ci cherchent à affaiblir les musulmans à travers la guerre civile syrienne.

Les récents bombardements de la coalition internationale sur l’EI font d’ailleurs  le jeu des prédicateurs islamistes, qui crient au complot : les Etats-Unis et Bachar el-Assad se seraient alliés pour défendre Israël.

Mohamed Merah, les frères Kouachi, Amedy Coulibaly … ils sont tous manipulés par ces théories djihadistes.

How Qatar is funding the rise of Islamist extremists
The fabulously wealthy Gulf state, which owns an array of London landmarks and claims to be one of our best friends in the Middle East, is a prime sponsor of violent Islamists
David Blair and Richard Spencer
20 Sep 2014

Few outsiders have noticed, but radical Islamists now control Libya’s capital. These militias stormed Tripoli last month, forcing the official government to flee and hastening the country’s collapse into a failed state.
Moreover, the new overlords of Tripoli are allies of Ansar al-Sharia, a brutal jihadist movement suspected of killing America’s then ambassador to Libya, Christopher Stevens, and of trying to murder his British counterpart, Sir Dominic Asquith.
Barely three years after Britain helped to free Libya from Col Gaddafi’s tyranny, anti-Western radicals hold sway. How could Britain’s goal of a stable and friendly Libya have been thwarted so completely?
Step forward a fabulously wealthy Gulf state that owns an array of London landmarks and claims to be one of our best friends in the Middle East.
Qatar, the owner of Harrods, has dispatched cargo planes laden with weapons to the victorious Islamist coalition, styling itself « Libya Dawn ».

Western officials have tracked the Qatari arms flights as they land in the city of Misrata, about 100 miles east of Tripoli, where the Islamist militias have their stronghold. Even after the fall of the capital and the removal of Libya’s government, Qatar is « still flying in weapons straight to Misrata airport », said a senior Western official.

So it is that Qatar buys London property while working against British interests in Libya and arming friends of the jihadists who tried to kill one of our ambassadors. A state that partly owns 1 Hyde Park, London’s most expensive apartment block, and the Shard, the city’s tallest building, is working with people who would gladly destroy Western society.

A view of the Shard and the city

The remarkable truth is that few in the Middle East would be shocked. From Hamas in the Gaza Strip to radical armed movements in Syria, Qatar’s status as a prime sponsor of violent Islamists, including groups linked to al-Qaeda, is clear to diplomats and experts.

Qatar’s promotion of extremism has so infuriated its neighbours that Saudi Arabia, Bahrain and the United Arab Emirates all chose to withdraw their ambassadors from the country in March.

Take Syria, where Qatar has been sponsoring the rebellion against Bashar al-Assad’s regime. In itself, that policy places Qatar alongside the leading Western powers and much of the Arab world.

But Qatar has deliberately channelled guns and cash towards Islamist rebels, notably a group styling itself Ahrar al-Sham, or « Free Men of Syria ». Only last week, Khalid al-Attiyah, the Qatari foreign minister, praised this movement as « purely » Syrian.

He added that its fighters had suffered heavy losses while combating the Islamic State of Iraq and the Levant (Isil), the group behind the murder of David Haines, the British aid worker, and which is holding John Cantlie and Alan Henning hostage.

Far from being a force for moderation, Ahrar al-Sham played a key role in transforming the anti-Assad revolt into an Islamist uprising. Its men fought alongside Jabhat al-Nusra, an al-Qaeda affiliate, during the battle for Aleppo and they were accused of at least one sectarian massacre.

Instead of fighting Isil, Ahrar al-Sham helped the jihadists to run Raqqa, the town in eastern Syria that is now the capital of the self-proclaimed « Caliphate ». This cooperation with Isil happened for some months until the two groups fell out last year.

Last December, the US Treasury designated a Qatari academic and businessman, Abdul Rahman al-Nuaimi, as a « global terrorist ». The US accused him of sending nearly £366,000 to « al-Qaeda’s representative in Syria », named as Abu Khalid al-Suri.

Suri has also been a senior commander of Ahrar al-Sham. If America was right to describe him as « al-Qaeda’s representative », then there was an overlap between the leadership of the two groups.

Mr Nuaimi is also accused by the US treasury of transferring as much as $2 million per month to « al-Qaeda in Iraq » and $250,000 to al-Shabaab, the movement’s affiliate in Somalia. Mr Nuaimi denies the allegations, saying they are motivated by his own criticism of US policy.

Abdul Rahman al-Nuaimi

But critics question why Qatar has failed to act against him. « It’s deeply concerning that these individuals, where sufficient evidence is in place to justify their inclusion on the US sanctions list, continue to be free to undertake their business dealings, » said Stephen Barclay, the Conservative MP for North East Cambridgeshire.

Qatar’s investment in Britain is so extensive, and the Foreign Office is so anxious to win its favour, that some question whether UK diplomats will have the resolve to ask robust questions. « If diplomats are focused on winning commercial contracts, there is a danger they will be reluctant to ask tough questions on the funding of unsavoury groups, » said Mr Barclay.

A Foreign Office spokesman insisted there was no such risk, saying: « We encourage further progress to prevent terrorist financing from individuals in the [Gulf] region. We have honest and robust conversations with all our Gulf partners on these issues, including Qatar. »

One diplomat from a country in the Middle East said Jabhat al-Nusra had been a beneficiary of Qatar’s help for a period last year. « They are partly responsible for Jabhat al-Nusra having money and weapons and everything they need, » said the diplomat.

There was no evidence of Qatar’s largesse going directly to Isil, he added, but this could have taken place by accident rather than design. « I don’t think they have any intention to support Isil, but it’s a fact they did support Jabhat al-Nusra. And some people moved from Jabhat al-Nusra and went over to Isil and they took their weaponry with them, » added the diplomat.

Four branches of the Qatari government handle relations with armed groups in Syria and Libya: the foreign ministry, the defence ministry, the country’s intelligence agency, and the personal office of the ruler, Emir Tamim bin Hamad al-Thani.

In the case of Syria, Qatar’s chosen method for supporting its favoured insurgents is to pass large sums to middlemen in Turkey. These figures then use the money to buy weapons from third countries, notably Croatia, and arrange for their onward transfer to rebels in Syria.

Experts question how much control Qatar has over this process and whether the middlemen might be pursuing their own aims and pocketing much of the money.

« Qatar was handling weapons and supplies for Syria, but they were never really keeping a full grip on the nature of the conflict, » said Michael Stephens, the deputy director of the Royal United Services Institute’s office in Qatar. Others believe that Qatar was acting very deliberately.

Last month, Gerd Müller, the German international development minister, implicated Qatar in the rise of Isil. « You have to ask who is arming, who is financing Isil troops. The keyword there is Qatar, » he said.

Yet a state endowed with large reserves of gas and oil and one of the world’s biggest sovereign wealth funds can wield immense influence, even over Berlin. Qatar was duly able to secure a formal withdrawal of this charge from the German government.

On Wednesday, the 34-year-old Emir of Qatar, who was educated at Harrow and Sandhurst, took pains to deny the accusation while standing alongside Angela Merkel, the German Chancellor. « What is happening in Iraq and Syria is extremism and such organisations are partly financed from abroad, but Qatar has never supported and will never support terrorist organisations, » he said.

The credibility of that denial depends partly on how you define a « terrorist organisation ». Qatar has let Hamas, the armed Palestinian movement, base its political leadership in Doha since 2012. Qatar’s government has funded Hamas and the previous Emir paid an official visit to the Hamas-ruled Gaza Strip in 2012.

As a small country with relatively weak armed forces and 250,000 citizens, Qatar is trying to guarantee its security by reaching in every direction. As well as providing an office for Hamas, Qatar also hosts the forward headquarters of US Central Command and the al-Udeid military airbase, serving as the hub for all American air operations in the region.

Qatar has not completely ignored the concerns of its Western allies. When it transferred surplus arms from Libya to rebels in Syria, Qatari officials weeded out any surface-to-air missiles, in obedience to America’s demand to prevent the supply of this particular category of weapon.

But Qatar’s willingness to support extremists has caused private dismay. « It’s a puzzle and, to be honest, it’s a distasteful one, » said a former Western official who has dealt with Qatar.

« There are people around the Gulf who are supporting people who are grotesque in their values and seem incapable of translating it into their minds how grotesque it is. »

Voir aussi:

Le Qatar pris pour cible
Yves Bourdillon

Les Echos

12/01/15

La France défend la réputation du Qatar. De riches qataris sont soupçonnés d’avoir financé des organisations terroristes.

« Le Qatar finance le PSG… et le terrorisme ». La bannière des supporters bastiais avant le match de football de samedi a choqué (elle a été rapidement retirée). Et poussé Nicolas Sarkozy comme Laurent Fabius à monter au créneau lundi pour défendre la réputation du petit émirat, aux considérables intérêts financiers en France et allié de Paris au Proche-Orient et en Libye. Le ministre français des Affaires étrangères a récusé cette accusation, soulignant qu’ont été « effectuées les vérifications nécessaires, par tous les services. »

Le Qatar, pays de seulement 280.000 citoyens (pour une population totale de 2 millions) mais disposant des troisièmes réserves mondiales de gaz n’est en effet pas seulement propriétaire du PSG. Via notamment son fonds d’investissement, le troisième le plus riche du monde, il est aussi un actionnaire minoritaire, de 1 à 5 %, d’EADS, Vinci, Veolia, Total, Vivendi et LVMH. Il est l’actionnaire principal de Lagardère et possède Le Printemps, l’hôtel Royal Monceau, la chaîne TV beIn Sports.

Sa chaîne à diffusion mondiale, Al Jazeera est aussi la source d’information de référence d’une large partie des musulmans en France. C’est là que le bat blesse car Al Jazeera suit une ligne éditoriale nettement anti-occidentale, relayant notamment les prêches haineux de Youssef Al Qaradawi. Sa direction, selon la fuite d’un mail interne, a critiqué la campagne mondiale de soutien à « Charlie Hebdo », dont les dessins étaient « offensants ».

Ambiguïté
Une ligne éditoriale qui ne suffit pas pour autant à faire du Qatar un sponsor du terrorisme. C’est plutôt sur le plan financier que Doha est critiqué. Le Qatar a joué la carte islamiste durant le printemps arabe, au risque de se fâcher avec ses voisins saoudiens ou du Koweït. Il clame qu’il n’a jamais eu aucun lien avec des terroristes. De fait, ce n’est pas l’Etat qatari qui aurait financé les djihadistes mais de riches qataris, au début de la guerre civile en Syrie.

David Cohen, le sous-secrétaire du Trésor américain, avait affirmé en novembre que deux hommes d’affaires, ayant pignon sur rue à Doha, Khalifa Muhammad Turki Al Subaiy et Abd Al Rahman bin Umayr Al Nuaymi, sont des financiers avérés de l’Etat islamique ou d’Al Qaida. Al Nuaymi, un ancien président de la Fédération qatari de football, fournirait 2 millions de dollars par mois aux djihadistes en Syrie.

« Le Qatar constitue un environnement permissif pour le financement du terrorisme  », résume un rapport de la Fondation pour la Défense de la Démocratie, une ONG à Washington. Qui ajoute que Doha refuse d’agir contre « plus de vingt individus sanctionnés par Washington pour financement du terrorisme ».

Voir également:

 Al Jazeera, le nouveau muezzin des quartiers
Rafi hamal

Le Ravi

le 26/09/2011

Al Jazeera fait kiffer les cités populaires de la région. Et les cités le lui rendent bien : son audience ne cesse de croître alors même que la version francophone de la chaîne du Qatar reste encore un projet. Elle catalyse les émotions et les frustrations. Est-elle un danger ?

Quel point commun entre ces jeunes d’un quartier populaire d’Avignon, les chibanis d’une résidence sociale de Toulon ou les militantes d’une association de femmes de Marseille ? Ils sont férus d’Al Jazeera. Quatorze ans après son lancement, la chaîne arabe a réussi à se faire un nom. Créée au Qatar, elle est née aux yeux du monde avec un scoop : la première vidéo de Ben Laden. Fondée en 1996, elle a, depuis 2006, une petite sœur en langue anglaise. Pour l’heure, en France, la chaîne se regarde un peu du coin de l’œil. Et pour cause ! Très peu de gens la comprennent. Les programmes sur Al Jazeera, sont diffusés en arabe littéraire. Les populations issues de l’immigration maghrébine parlent l’arabe dialectal. Mais son audience, déjà significative, devrait augmenter. Les autorités du Qatar ont l’ambition de lancer, à l’horizon 2011, Al Jazeera en français. Même si rien n’est encore acté, Doha veut récupérer ainsi le marché de la population française d’origine maghrébine et, en Afrique, pénétrer les pays francophones.

Renaissance mémorielle

Sans attendre, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les toits et les balcons des banlieues fleurissent de paraboles. Al Jazeera, après avoir été la chaîne des parents, est-elle en voie de devenir la chaîne des enfants du bitume, ceux des grandes barres de Marseille, Nice, Avignon et Toulon ? Le sociologue Saïd Bouamama, spécialiste de l’immigration, initiateur de l’appel des Indigènes de la République, a son idée sur la question. « Il y a un réel divorce avec les chaînes nationales qui passent les mêmes images stigmatisantes et dégradantes des banlieues, souligne-t-il. En 2005 lors des émeutes, elles n’ont quasiment pas donné la parole aux jeunes. Les gens de ces quartiers ont soif d’une autre information, plus objective moins réductrice. »

Il est impossible de quantifier avec rigueur l’étendue de l’audimat. Mais incontestablement, la chaîne qatarie s’est ouverte sur ce terreau de nouveaux espaces. Des lieux géographiques, mais aussi des couches sociales, où l’on affirme ouvertement « son ras-le-bol et son mal-être ». Une phrase qui se répète dans toutes les cités de la région chez les chômeurs, les Rmistes comme chez les jeunes militants-intellos déclassés. « Pour des gens qui ont le sentiment de vivre dans une société où ils ne sont ni valorisés ni reconnus, Al Jazeera est en quelque sorte un catalyseur, précise Mohamed Adraoui, enseignant à Sciences-Po Paris. Les quartiers ont le sentiment de ne pas être acteurs de leur propre discours, mais d’être des éternels sujets. Le fait que la chaîne existe est important, en terme de symbole et de fierté. » Une sorte de « Renaissance mémorielle » selon la formule de l’intellectuel suisse Jean Ziegler…

Images chocs

Ne court-on pas, à terme, le risque de voir une partie de la communauté nationale s’enfermer dans un ghetto cathodique ? C’est la question que s’est posé, à sa manière, Jean de Boishue, conseiller de François Fillon, ancien secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, qui, dans un livre brûlot intitulé « Banlieue, mon amour » (1) paru en 1995, s’interroge ouvertement : « Les Arabes vivent chez nous, mais le soir ils rentrent chez eux. Les paraboles les relient à Dieu, les pays frères ou la voix de leurs maîtres. Plus la parabole absorbe de signaux lointains venus d’Orient, plus la France devient inutile. » Faut-il sonner le tocsin ?

« Pas du tout ! », rassure Claire Talon, doctorante à Sciences-Po Paris, auteure de nombreux travaux sur les médias arabes. Elle publiera en mars un livre sur la chaîne du Qatar. « Al-Jazeera n’a, pour l’heure, pas de programme adapté, pas de discours spécifique à l’attention des Français issus de l’immigration, explique-t-elle. L’impact immédiat est très limité, à cause de la barrière de la langue. Les gens sont comblés, pas forcément par l’offre informative, mais de manière symbolique par les images. » Sauf que les écrans de la chaîne, sont justement ripolinés à coup d’images chocs qui impriment la rétine. En janvier 2009, l’armée israélienne refait la géographie de Gaza à coup de bombes et de missiles. Les reportages sur les réfugiés palestiniens, hagards dans une ville muée en décor sépulcral ont déclenché un immense choc émotionnel dans l’opinion et, accessoirement, converti de nouveaux téléspectateurs.

La chaîne des banlieues ?

« Avant 2009, les seuls qui choisissaient de regarder les chaînes arabes, c’étaient les parents, constate Fouzia professeur à Toulon. Aujourd’hui, même les « beurs » de la deuxième ou troisième génération regardent Al Jazeera. A la longue, cette chaîne vous fout des cailloux dans la tête. Il n’y a que stigmatisation et violence. Après une journée de problème, si vous regardez ça, ça vous bouffe littéralement. » Elle, résiste encore. Pas Farid, qui vient de fêter ses 30 printemps : « La journée, la société me fait comprendre que je suis différent, pourquoi voulez-vous que le soir je me reconnaisse dans ces chaînes de télé trop blanches où des politiques blancs s’adressent à des blancs ? Et puis faut se rendre compte du traitement de l‘actualité. Quand je voyais, pendant la guerre de Gaza, ce que montrait TF1 ou France 2 et ce que montrait Al Jazeera ! Les chaînes nationales ont présenté une guerre sans victime, avec Al Jazeera, on a vu ce que faisait réellement l’armée israélienne. »

« Al Jazeera a indiscutablement gagné en notoriété après le conflit de Gaza en 2009, confirme Alain Gresh, directeur adjoint du Monde Diplomatique. La question palestinienne mobilise énormément dans les quartiers. Et la chaîne a su donner un autre récit, en se montrant sur le terrain et en accordant une place centrale aux victimes. L’histoire du monde, depuis des siècles est montrée par des occidentaux, là ce n’est plus le cas. » Tout oppose partisans et détracteurs d’Al Jazeera. Tout, sauf un point essentiel, sur lequel ils s’accordent : l’importance de son auditoire futur si elle devient francophone.

Pour la sénatrice, d’Europe-Ecologie, Alima Boumediene-Thiery, cela ne fait aucun doute : « ce sera assurément la chaîne des banlieues ! » Pour d’autres, sans aller jusqu’à « l’odieux visuel » on en est pas loin. « J’ai une certaine inquiétude de voir le conflit israélo-palestinien importé ici, même si Al Jazeera n‘est pas Al Manar (2) je reste vigilant », avoue Clément Yana, ancien président du CRIF Paca, le Conseil représentatif des institutions juives de France. « Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, tranche Alain Gresh. Les pressions du gouvernement sont très fortes pour que cette chaîne francophone ne voit jamais le jour. Le gouvernement français a une vision sécuritaire de l’offre télévisuelle arabe, et il a peur qu’en cas de nouvelle Intifada, le conflit soit amplifié et importé. » Mais déjà, dans nos villes, des jeunes en mal de repères, cohabitent dans un rapport de totale indifférence avec le reste de la population…

Voir de plus:

Attaques au Canada: le manuel du parfait petit djihadiste appliqué au pied de la lettre
L’Express avec AFP

24/10/2014

En moins d’une semaine, le Canada a été la cible de deux attaques terroristes, l’une dans la région de Montréal, l’autre à Ottawa. Deux soldats ont trouvé la mort. Dans les deux cas, les auteurs semblent avoir agi en dehors de tout réseau organisé.
Abattre un soldat en faction, s’attaquer aux symboles du pouvoir, renverser en voiture un militaire… Si les deux attaques terroristes commises cette semaine au Canada ne sont, selon les services de renseignements, pas liées, elles ont néanmoins un point commun. Michael Zehaf-Bibeau à Ottawa et Martin Rouleau-Couture dans la région de Montréal ont appliqué à la lettre les consignes des organisations terroristes.

Depuis plusieurs années Al-Qaïda exhorte, à longueur d’articles ou de vidéos sur Internet, ses recrues et ses volontaires à passer à l’action sans ordre précis, sans organisation pour les entraîner ou les soutenir, glorifiant à l’avance ces « héros du djihad individuel ». Un leitmotiv repris en septembre par l’organisation Etat islamique (EI). « Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien (…) alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière », a déclaré Abou Mohammed al-Adnani, le porte-parole de l’EI.

« Comment faire une bombe dans la cuisine de votre mère »

Dès l’automne 2010, dans le magazine djihadiste en anglais « Inspire », le converti américain Adam Gadahn (dit « Azzam l’Américain ») évoquait « les devoirs du djihad individuel ». Un peu plus tard, dans une vidéo intitulée « Vous n’êtes responsables que de vous-mêmes », il lançait: « Les Musulmans en Occident doivent savoir qu’ils sont parfaitement positionnés pour jouer un rôle décisif dans le djihad contre les sionistes et les croisés. Alors, qu’attendez-vous? »

Les magazines djihadistes en ligne ont multiplié les recettes de fabrication artisanale de bombes (« Comment en faire une dans la cuisine de votre mère ») et les listes de cibles, au premier rang desquelles figurent systématiquement les militaires occidentaux, suivis des hommes politiques et des lieux de pouvoir symboliques aux Etats-Unis et chez leurs alliés. Contre elles, tout est bon: leur tirer dessus à l’arme de guerre ou de chasse, les poignarder, poser des bombes artisanales, répandre du poison, utiliser voiture ou camion comme arme. « Le moujhahid doit pratiquer le djihad individuel là où il vit et réside, sans avoir à affronter les épreuves du voyage vers les terres où le djihad est possible », expliquait en 2012 la revue. « L’ennemi est partout. »

Des loups solitaires difficiles à neutraliser

Les experts ont depuis longtemps mis en garde contre le danger que représentent des individus isolés qui, s’ils ne sont pas en mesure de monter des attaques de grande envergure, sont, en restant prudents et discrets avant de bouger, quasiment impossibles à repérer. « Comment les neutraliser? C’est très difficile. Il faut une législation adaptée, des moyens préventifs », explique Louis Caprioli, sous-directeur chargé de la lutte anti-terroriste de 1998 à 2004 à la Direction de la surveillance du territoire. « Les deux Canadiens avaient été repérés, les passeports avaient été confisqués, mais la législation canadienne ne permettait pas d’aller au-delà. Dans des cas comme ceux-ci, la seule solution est de les arrêter et de les emprisonner préventivement. C’est ce qui va être possible avec la nouvelle loi antiterroriste qui va être adoptée en France ».

Voir encore:

Inspire, la revue d’al-Qaida veut faire école en France
Romain Mielcarek

Slate

17.04.2013

Interprétation religieuse, témoignages de djihadistes, conseils opérationnels et recettes de bombes faites maison, Inspire vous donne toutes les astuces pour devenir un bon terroriste. La revue, éditée par Aqpa, est téléchargeable tranquillement sur Internet… désignant désormais la France pour cible.

Fabriquer une bombe dans la cuisine de maman, incendier une voiture sur un parking en dix étapes, accéder à des forums djihadistes en toute sécurité ou encore «tondre» les «mécréants» avec un pick-up Ford en guise d’engin de mort… ce sont quelques-unes des idées proposées par la revue Inspire pour semer la terreur en toute autonomie.

Inspire est un magazine distribué sur Internet, éditée par al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) depuis l’été 2010. La revue, dont la maquette ferait pâlir certains canards français, est alors accueillie de manière partagée par la communauté djihadiste comme sécuritaire. Les uns et les autres accusent diverses organisations d’Etat d’avoir organisé un «hoax», une arnaque, pour repérer les internautes soutenant le djihad ou pour décrédibiliser la cause.

Rapidement pourtant, l’authenticité de ce document sera admise par tous. Derrière, l’élite d’Aqpa est aux commandes d’un bel outil de propagande dont l’objectif principal est la radicalisation de potentiels terroristes occidentaux, qui pourraient organiser seuls leur propre projet d’attentat.

Inspire a été lancé par Anwar al-Awlaki, surnommé le «Ben Laden d’Internet». L’homme est impliqué dans plusieurs grosses affaires d’attentats en Occident, de la radicalisation du major Nidal Malik Hasan, l’auteur de la tuerie sur la base militaire américaine de Fort Hood en novembre 2009; à celle d’Umar Farouk Abdulmutallab, l’auteur d’une tentative échouée d’attentat à coups de slip piégé sur le vol Amsterdam Detroit de Noël 2009.

A ses côtés et à la plume dans Inspire, on trouve Adam Yahiye Gadahn, dit Adam l’Américain; Yahya Ibrahim, un prédicateur ayant séjourné au Canada; ou encore Samir Khan, un Américain qui a longtemps entretenu un blog appelant au djihad, depuis sa banlieue new-yorkaise.

Beaucoup de ces propagandistes, dont al-Awlaki lui-même, ont été capturés ou tués par des tirs de drones ces dernières années. De plus jeunes, à la tête desquels Adam l’Américain, ont depuis pris le relais.

Dans un anglais parfait, ils continuent d’offrir à un public anglophone toutes les cartes pour devenir un djihadiste convaincu et déterminé. Des conseils de fabrication de bombes, dans la rubrique «open source djihad», mais aussi toute l’interprétation idéologique et religieuse nécessaire à la justification des actes les plus graves, nourrissant une auto-radicalisation indispensable au passage à l’acte.

Un djihad «cool»

Ce qui faisait rire dans un premier temps, n’amuse plus personne au sein de la communauté du renseignement. Yves Trotignon, analyste chargé des questions de terrorisme au sein du cabinet Risk&Co, nous confirme la réalité de cette menace:

«En décembre dernier, deux Somaliens ont été arrêtés à Bonn par les Allemands. Ils préparaient un attentat avec une bombe qui était parfaitement comparable à celles décrites dans Inspire. Inspire est la bible en matière de propagande djihadiste. Surtout, elle est conçue comme une vraie revue et on y trouve absolument tout: des conseils opérationnels, de la réflexion idéologique, des témoignages, des reportages… Inspire diffuse du savoir-faire à grande échelle, comme autant de bouteilles lancées à la mer.»

Pour Aqpa, Inspire est en effet un modeste investissement. Si de telles revues existaient déjà en langue arabe, c’est la première fois qu’un magazine est intégralement écrit en anglais. Entre les différents articles, des affiches sur le modèle des publicités que l’on trouve dans nos revues appellent les musulmans vivant en Occident à soutenir et participer au djihad. Avec Inspire, kalachnikov et autres images épiques parlent à l’imaginaire d’un jeune qui aurait grandi dans un pays riche: le djihad est «cool».

Sur Internet, chaque publication de la revue est largement commentée par les scientifiques et les analystes. Les candidats au djihad lisent-ils Inspire et y trouvent-ils des idées? Des exemplaires ont été retrouvés chez des suspects aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède ou encore au Pakistan. «Cela devient malheureusement courant», remarque Yves Trotignon.

En France, les services de renseignement ne communiquent pas sur ce qu’ils trouvent dans les chambres des terroristes suspectés. Ils annoncent sobrement, en général, avoir retrouvé de la «propagande djihadiste», sans donner le détail. Il peut s’agir aussi bien de vidéos de décapitation que de la revue d’Aqpa.

C’est sur les forums djihadistes que l’on trouve des éléments sur la place que peut jouer Inspire dans la radicalisation de certains Français. Lors de la sortie de chaque numéro, les contenus d’Inspire y sont largement débattus. Les internautes les plus motivés s’appliquent même à traduire certains articles en français pour faciliter la lecture à ceux qui auraient été moins attentifs aux cours d’anglais au collège. Mathieu Guidère, spécialiste de la veille multilingue et de la menace djihadiste, a passé beaucoup de temps à analyser ces discussions:

«Il y a plusieurs profils. Certains lecteurs s’intéressent surtout à l’aspect technique. Ils commentent les innovations et les astuces qui sont proposées dans la revue. D’autres se penchent plutôt sur l’aspect politique, idéologique. Les derniers enfin, les “théologistes”, étudient comment Inspire justifie par la religion l’action terroriste. Tout cela donne lieu, sur les forums, à de longs débats et les francophones suivent tout cela de près, malgré leur déception de ne pas voir développer une version dans leur langue, qui serait moins concentrée sur les Etats-Unis et plus sur la France.»
Et effectivement, même en anglais, la barrière de la langue fait son travail. Inspire est téléchargé principalement en Grande-Bretagne, puis aux Etats-Unis, suivis ensuite par les pays nordiques (Suède, Danemark, Finlande) et l’Australie. Le contenu lui-même fait très largement référence à l’Amérique et à Obama, systématiquement désignés comme l’ennemi à abattre. Une ligne éditoriale qui pourrait cependant évoluer: dans le dernier numéro, paru fin février, la France devient une cible. Menacée en vertu de son intervention au Mali, l’auteur s’inspire de la mythologie médiévale et s’amuse des difficultés économiques occidentales. En conclusion de son article, il appelle «des dizaines de Mohammed Merah» à attaquer Paris.

Le «petit chimiste» du terroriste en herbe
Reste à savoir si ces débats et cette propagande amènent à passer à l’acte. Pour reprendre l’exemple de la dernière livrée d’Inspire, il y est question de faire le djihad en s’attaquant aux voitures. Les auteurs proposent de repérer des parkings discrets pour y brûler des voitures. Ils suggèrent encore de poser des pièges sur les routes pour causer des accidents. L’objectif: semer la terreur… chez les compagnies d’assurance occidentales. Là aussi, la démarche peut paraître invraisemblable. Elle n’est pourtant pas nouvelle, nous explique Yves Trotignon:

«Dans les années 1990, le GIA a revendiqué des “incivilités”, jusque dans l’est de la France.»
Difficile dès lors d’évaluer lesquelles, parmi ces incivilités, sont le fait d’une forme de terrorisme ou non. Tout un casse-tête pour les agences de renseignement.

Un autre exemple est évoqué par ce spécialiste de la menace terroriste. En octobre 2010, Aqpa va envoyer plusieurs imprimantes piégées via de simples colis UPS et FeDex, à destination des Etats-Unis. L’information arrive jusqu’aux services de renseignements qui vont fouiller tous les appareils passant par Dubaï, où un premier engin explosif est neutralisé. Le second sera retrouvé en Grande-Bretagne. Aqpa se fera un malin plaisir de présenter la facture détaillée de ce qu’ont coûté ces bombes dans un numéro spécial de sa revue qui titre en gros caractères, avec un avion UPS en fond: 4.200$. Le document explique intégralement la méthode et incite à la reproduire, causant pour cette modique somme des dépenses de sécurité modérées dans les pays visés.

Cette recette aurait même inspiré d’autres apprentis terroristes… chez les anarchistes grecs. Alors que les fidèles d’al-Qaida testaient grandeur nature leurs imprimantes explosives, les Grecs de «Conspiration des cellules de feu» recyclaient la recette avec quelques paquets similaires, envoyés à Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Silvio Berluscioni à la fin 2010. Faut-il y voir un lien? Pour Mathieu Guidère, pas d’hésitation, «les djihadistes et les anarchistes sont les deux publics qui lisent Inspire pour y trouver des idées».

Quant à empêcher la lecture d’Inspire, il semble difficile d’enrayer le mal. Après chaque publication, elle circule sur Internet très rapidement et reste facile à télécharger. Les services britanniques seraient à l’origine d’un bug qui avait empêché la lecture du tout premier numéro… mais celui-ci avait été immédiatement rediffusé par les auteurs. Des exemplaires d’Inspire ont même été retrouvés dans la prison de haute sécurité de Guantanamo. Les autorités américaines ont toujours refusé de dire dans quelle cellule. Mais l’information n’est pas rassurante, d’autant plus que l’un des chroniqueurs du magazine revendique d’écrire depuis ces geôles, symbole de la guerre de l’Amérique contre le terrorisme.

Voir encore:

Al-Souri, le cerveau du djihad des pauvres
Gilles Kepel (Politologue et spécialiste de l’islam, professeur à Sciences Po)

Le Monde

28.04.2013

Moustapha Sitt Mariam Nassar, plus connu sous le pseudonyme d’Abou Moussab Al-Souri (le Syrien), né à Alep en 1958, a été de tous les combats du djihad depuis qu’il a rejoint en 1976 les rangs de l’Avant-Garde combattante, la branche paramilitaire des Frères musulmans syriens. Etudiant en ingénierie, il assiste au massacre des Frères musulmans par le régime lors du soulèvement de Hama en 1982.

Réfugié en France, il se familiarise avec la production tiers-mondiste. En 1985, il se fixe en Espagne, où il épouse une gauchiste athée qui se convertira à l’islam et lui donnera le précieux passeport européen facilitant ses déplacements. Rejoignant le front afghan sur fond de retraite de l’Armée rouge et proche de l’idéologue du djihad « du premier âge », le Palestinien Abdallah Azzam, assassiné en 1989 à Peshawar, il commence à coucher sur le papier ses réflexions en plein conflit civil afghan, puis revient dans son Andalousie en 1992 – où il soutient le djihad du Groupe islamique armé algérien, dont il se fera le relais depuis le « Londonistan » en Angleterre. Il y publie le journal ronéoté Al Ansar, qui exalte faits d’armes et autres massacres d' »impies ».

En 1996, après la victoire des talibans, il revient en Afghanistan, où il organise les rendez-vous de Ben Laden et des doctrinaires du « deuxième âge du djihad », dont Zawahiri, avec la presse internationale. Il est dubitatif envers les actions spectaculaires montées par Al-Qaida et commence à écrire un premier jet de son opus, Appel à la résistance islamique mondiale. Le déluge de feu qui s’abat sur Al-Qaida après le 11-Septembre, l’invasion de l’Afghanistan et la chute des talibans le renforcent dans ses convictions : errant au Pakistan, il achève son livre, rédigé au format d’un e-book, où les conseils de « manuel du djihad » sont téléchargés par les adeptes.

Capturé en octobre 2005 à Quetta, il est remis aux Américains et, selon ses avocats, livré par ceux-ci aux Syriens autour de 2007 – à une époque où Bachar Al-Assad est en cour en Occident. Selon des sites islamistes « fiables », il est remis en liberté fin 2011, alors que la révolution syrienne a débuté et que le régime s’emploie à inoculer à celle-ci le virus djihadiste pour lui aliéner le soutien occidental. Des rumeurs invérifiables font état de son retour dans sa ville natale d’Alep, place forte de l’insurrection, où les milices djihadistes du Jabhat Al-Nousra ont pignon sur rue – sans que l’on puisse mesurer son rôle exact.

Voir de même:

Terrorisme
Abou Moussab al-Souri, le nouveau Ben Laden ?
Youssef Aït Akdim

Jeune Afrique

09/12/2013

Théoricien du jihadisme global, il s’est distingué par sa critique argumentée de la stratégie de l’ex-chef d’Al-Qaïda. Et il passe même, aux yeux des Américains, pour être son possible successeur.

Personne ne sait où il se trouve. Mais deux ans et demi après la mort d’Oussama Ben Laden, il dispose de nombreux atouts pour devenir le vrai patron du terrorisme post-Al-Qaïda. Libéré, dit-on, en décembre 2011 par Bachar al-Assad, Abou Moussab al-Souri aurait quitté la Syrie. Mais pour quelle destination ? On évoque le Yémen, repaire d’Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (Aqpa). À moins qu’il ne soit resté dans son pays, nouveau ventre mou de la région. Incroyable cynisme du pouvoir de Damas qui aurait libéré à dessein un jihadiste confirmé en pleine guerre civile ? Voire.

Né en 1958 dans une famille de la petite bourgeoisie alépine, Souri, de son vrai nom Mustafa Setmariam Nasar, est un routard du jihadisme global. Étudiant ingénieur en mécanique de l’université d’Alep, il rejoint en 1980 un groupe militant émanant des Frères musulmans. Avec ses camarades, il assiste, impuissant, à la répression féroce du soulèvement armé de Hama, en 1982. Souri rumine depuis les leçons de cette défaite infligée par les troupes de Rifaat al-Assad, le frère du président syrien de l’époque. Dans ses écrits, le militant sans frontières naît à ce moment-là. Il part s’entraîner dans des camps secrets en Jordanie puis en Égypte. Ceinture noire de judo, cet homme charpenté détonne avec sa barbe et ses cheveux roux, ses yeux verts. Pratique pour se fondre dans la foule à Londres, où il a vécu au mitan des années 1990.

Auparavant, Souri était en Andalousie, terre mythique des conquérants musulmans, où il est arrivé en 1985. Il épouse Elena Moreno, une ancienne gauchiste qui se convertit à l’islam et avec qui il a quatre enfants. Dans un milieu plutôt macho, Souri cultive les attentions galantes. Un ami barbu s’en étonne. Il répond : « Nous, les Syriens, savons y faire. » Sur place, il entre en contact avec d’autres jeunes islamistes. Il rencontre le « chef d’Al-Qaïda en Espagne », Abou Dahdah, et un certain Tayssir Allouni, futur journaliste à Al-Jazira. Naturalisé espagnol, Souri est désormais libre de ses mouvements. En 1994, il s’installe à Londres, s’impose comme l’un des leaders de la diaspora islamiste et devient l’un des responsables de la revue Al-Ansar, dirigée par le Jordanien Abou Qatada.

Mais déjà, Souri lorgne l’Asie centrale. Il a déjà voyagé au Pakistan et en Afghanistan dès 1987. Il aide à organiser des camps d’entraînement pour les moudjahidine lancés contre l’occupation soviétique, notamment ceux du Palestinien Abdallah Azzam, l’un des idéologues qui influencèrent Ben Laden. Véritable « architecte du jihad global », selon l’ouvrage de référence que lui a consacré le chercheur norvégien Brynjar Lia, il est un « dissident, un esprit critique, un intellectuel au sein d’un courant idéologique où l’on s’attendrait à trouver plutôt de l’obéissance ». Le livre où il expose sa doctrine, Appel à la résistance islamique mondiale, publié sur internet en décembre 2004, peut être lu comme une critique argumentée de la stratégie de Ben Laden.

Une bible de jihadisme

Cette bible du jihadiste (1 600 pages) peut sembler répétitive. C’est en réalité un redoutable manuel d’endoctrinement dont se seraient inspirés des personnages aussi divers que le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, le Français Mohamed Merah ou les frères Tsarnaev, Américains d’origine tchétchène auteurs présumés de l’attentat de Boston en avril 2013, et même le Norvégien Anders Behring Breivik. Souri expose une théorie à rebours de celle d’Al-Qaïda, dont il prédisait la logique suicidaire. Dès son retour en Afghanistan en 1998, il s’était opposé à la stratégie du terrorisme spectaculaire. Dans un courriel au chef d’Al-Qaïda en 1999, retrouvé à Kaboul fin 2001 par des journalistes américains, il moque le goût affiché par Ben Laden pour les médias : « Notre frère a été contaminé par la maladie des écrans, des flashs, des fans et des applaudissements. » Piquant, quand on sait que Souri a monté plusieurs interviews du Saoudien, dont celle avec Peter Bergen, de CNN, en 1997.

Instruite par la débâcle en Afghanistan, la stratégie de Souri s’appuie, elle, sur des individus ou de petites cellules qui pourraient se former et s’armer tout en restant indépendants. Seul moyen d’échapper à la surveillance et à la lutte antiterroriste. Pas d’organisation, pas de filière, pas de capture. « L’ennemi est fort et puissant, nous sommes faibles et pauvres. La guerre sera longue. Notre seule voie est celle d’un jihad révolutionnaire au nom d’Allah », écrit-il. Cette lutte culminant, dans ses fantasmes les plus fous, avec une guerre chimique ou des bombes à composants radioactifs sur le sol américain. « Une bombe sale pour un pays sale », s’amusait-il.

Abou Moussab al-Souri disparaît des radars

Au même moment, les États-Unis en font l’un des terroristes les plus recherchés, offrant une récompense de 5 millions de dollars (3,7 millions d’euros) pour sa capture. Réponse de Souri : « Je prie Dieu pour que l’Amérique regrette amèrement de m’avoir provoqué et poussé à la combattre par la plume et par l’épée. » Mais c’est un homme aux abois qui écrit ces lignes. En novembre 2005, la sinistre ISI – l’agence pakistanaise de renseignements – le capture à Quetta, capitale du Baloutchistan. Emprisonné à Rawalpindi, il est rapidement livré aux Américains. Souri disparaît des radars. Son nom n’apparaît pas dans les listes des prisonniers de Guantánamo. Comme d’autres « détenus de haute valeur », il est trimbalé entre les prisons noires de la CIA, comme la base secrète de Diego Garcia, perdue au milieu de l’océan Indien, avant d’être remis aux Syriens.

Le retour en force de ses anciens enregistrements vidéo et audio sur les forums jihadistes laisse à penser, selon les spécialistes du terrorisme, qu’il ne va pas tarder à réapparaître. Mais d’autres pensent au contraire que, après avoir passé plus de six ans entre les mains des services secrets les plus brutaux de la planète, Souri a perdu toute crédibilité aux yeux de ses anciens compagnons.

Voir par ailleurs:

Head of Al Nusrah Front interviewed by journalist convicted in Spain on controversial terror charges
Thomas Joscelyn

The long War

December 27, 2013

The head of the Al Nusrah Front, Abu Muhammad al Julani, finally granted a television interview earlier this month. Al Nusrah has long had a prolific media shop. But in a world in which al Qaeda’s jihadists use and manipulate various media channels to get their message out, Julani has pursued a different course. The Al Nusrah head is so secretive that until recently little was known about the man, even as he oversaw one of al Qaeda’s fastest growing branches in Syria.

Al Jazeera’s Tayseer Allouni conducted the interview from inside Syria with the reclusive Julani. It was the latest exclusive for Allouni, who has garnered high-profile interviews with senior al Qaeda leaders before. Allouni was the first to air an interview with Osama bin Laden after the Sept. 11, 2001 terrorist attacks.

In the years that followed his interview with bin Laden, Allouni was at the center of a high-profile trial. Spanish authorities accused Allouni of being more than just an enterprising journalist. In 2005, a Spanish court convicted Allouni of supporting al Qaeda and sentenced him to seven years in prison. Allouni spent time in prison and then house arrest.

Allouni was released in 2012 and resumed his work for Al Jazeera. After his return to Doha, Allouni denounced his conviction as « political. »

Allouni’s conviction was controversial. For Allouni and his advocates, the Spanish courts had trampled on the rights of a proactive journalist who simply used his networking skills to get the story. « I was hoovering up professional information, » Allouni explained, according to an account in the Guardian.

Among Allouni’s contacts was Imad Yarkas, the accused head of al Qaeda’s network in Spain. Yarkas was also convicted on terrorism charges.

The court rejected Allouni’s explanation of his relationship with Yarkas. Tayseer Allouni « did not belong to the group led by [Imad Yarkas]. He possibly felt superior to it … but he collaborated with it, » the Spanish court’s judgment reads. « Journalistic truth, like all other truths, cannot be obtained at any price, » the judgment continued. « Taysir Alouni committed the wrongdoing of collaborating with a terrorist group and, for that, he must now pay. »

Allouni denied providing any real assistance to al Qaeda’s network in Europe or elsewhere.

The Spanish court focused, in particular, on Allouni’s relationship with two of Yarkas’ associates: Mohammed Bahaiah (a.k.a. Abu Khalid al Suri) and Mustafa Setmariam Nasar (a.k.a. Abu Musab al Suri).

Both Bahaiah and Nasar had been imprisoned by Bashar al Assad’s regime. Before joining al Qaeda’s ranks, they were members of the Syrian Muslim Brotherhood, which opposed Assad. Various accounts suggest that Allouni himself was a member of the Syrian Muslim Brotherhood, but he reportedly denied that allegation.

Today, Bahaiah is Ayman al Zawahiri’s representative in Syria and throughout the Levant. He is also a founding leader of Ahrar al Sham, a Syrian extremist group that fights alongside al Qaeda’s branches in Syria. [See LWJ report, Syrian rebel leader was bin Laden’s courier, now Zawahiri’s representative.]

Nasar was also reportedly freed in the wake of the Syrian uprising, but his current status is unknown.

Alleged ties to Bahaiah, Nasar

Spain’s allegations tying Allouni to Bahaiah and Nasar have been previously summarized by the Guardian and by Brynjar Lia in his biography of Nasar, Architect of Global Jihad: The Life of Al Qaeda Strategist Abu Musab al Suri.

Years ago, Allouni « helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey, » the Guardian reported. And when Allouni traveled to Kabul in March 2000, Allouni « took $4,000 to Bahaiah, » which Allouni claimed he did as a favor « to a friend who owed Bahaiah money. »

According to Spanish court documents, cited by Lia, Allouni described his relationship with Nasar in the following terms:

We exchanged opinions. We are from the same community. I hope that you understand the peculiarity of relations within the Arab community. Thus, it is normal that an Arab and his family, who wishes to spend the night in my house, ask me. … So I invited him [Nasar] – it is not possible to deny that – and hence, relations developed.
The Spanish government also claimed that Allouni received assistance from Nasar in setting up Al Jazeera’s presence in Kabul. « [I]f you wish to come here, I can facilitate things for you and present you to some of the Taliban figures, » court documents quote Nasar as saying to Allouni.

Allouni did not deny knowing the two Syrian al Qaeda operatives, but claimed that his contacts with them were innocuous and that they were not really al Qaeda. During Allouni’s trial in 2005, Lia writes, Allouni « admitted meeting » both Bahaiah and Nasar in Kabul, describing the pair as a « source of information about al Qaeda’s activities, its followers, and the world of radical Islam. »

« I took advantage of the situation to extract information from them on what the Taliban were, on what al Qaeda was and on other organizations, » Allouni said, according to the Guardian.

Spanish court records indicate that while Nasar was living in London prior to 2001, Allouni made « frequent phone contacts » with Nasar. And when the media reported in 2000 that Nasar was part of a schism within al Qaeda, Nasar turned to Allouni to publicly deny the charge, via Al Jazeera. After the 9/11 attacks, according to the US government, Nasar swore bayat (an oath of allegiance) to bin Laden.

Reporting from the post-9/11 battlefields

Allouni’s interview with Julani is just the latest example of his work reporting from the post-9/11 battlefields. Allouni has previously reported from both Afghanistan and Iraq.

On Oct. 10, 2001, The Washington Post described some of Al Jazeera’s reporters as having « links with the Muslim Brotherhood, a radical Islamic organization with ties to a member of the al-Jazeera board. » Allouni, according to the Post, was the « most prominent such reporter » and « was known in the past for his pro-Taliban views. » In the weeks following the Sept. 11, 2001 terrorist attacks, Allouni became « one of the primary outlets for Taliban statements and denunciations of the United States. »

The following day, on Oct. 11, 2001, The New York Times noted that Allouni was « the only reporter » in Taliban-controlled Kandahar. Allouni, the Times reported, had provided a « major exclusive » for Al Jazeera’s coverage – a video of American warplanes bombing Taliban positions that was also aired on CNN.

Writing for the Times in November 2001, Fouad Ajami said Allouni’s coverage of the war in Afghanistan included a « wistful tribute to the Taliban’s public-works efforts. » Allouni portrayed the American bombing campaign as undoing the Taliban’s good work. « It appears that all the labors that had been made by the Taliban government prior to the outbreak of the war to repair the roads have scattered to the wind, » Allouni said during one video shown to Al Jazeera’s viewers.

It is no surprise that as the war in Syria rages on, Tayseer Allouni has received exclusive access once again.

Voir aussi:

5 Reasons to Doubt Al-Qaeda Magazine’s Authenticity
Max Fisher

The Atlantic

Jul 1 2010

Late Wednesday evening, The Atlantic’s Marc Ambinder reported that the first-ever English-language propaganda magazine purportedly written by al-Qaeda officials had surfaced on websites in the vibrant online jihadi community. The publication, « Inspire, » carries the emblem of al-Qaeda’s Yemen-based spin-off, al-Qaeda in the Arabian Peninsula (AQAP). The magazine, which was uploaded in PDF format, carries the bylines of such super-star jihadists as al-Qaeda founders Osama bin Laden and Ayman al-Zawahiri as well as U.S.-born radical cleric Anwar al-Awlaki, who now lives in Yemen. Ambinder’s report cited a U.S. official confirming that the PDF has appear on jihadi web forums, which independent analysts have confirmed to CNN. Still, wrote Ambinder, « It is possible, although not likely, that the magazine is a fabrication. » Indeed, here are some reasons to question the authenticity of this document:

(1) Bin Laden and Zawahiri are extremely secretive and issue statements rarely and directly to the media. It would be unusual for them to write for a third-party publication, especially one put out by the Yemen-based AQAP, with which they have little or no direct ties. However, it is possible that the magazine’s producers simply copied old statements they had made.

(2) The language of the magazine, such as « Make a bomb in the kitchen of your mom, » reflects either a poor command of English or a light-hearted sense of self-parody. AQAP is not known for either. Awlaki, whose location in Yemen makes his participation very plausible, is a native, fluent, and very articulate English speaker. His fiery English-language sermons are not funny.

(3) The magazine includes an essay by Abu Mu’sab al-Suri. But Suri, whose connection to al-Qaeda is uncertain, has been locked up in Guantanamo–and possibly a CIA black site–since 2005. However, as with bin Laden, it is possible the magazine simply copied old statements.

(4) Analysts tell me that the magazine PDF file either does not load properly or carries a trojan virus. This is unusual because al-Qaeda and AQAP have produced and disseminated such PDF publications many times without such problems. If the report was produced by U.S. counterintelligence, or if the U.S. operatives attached the virus to the original file, would the trojan really be so easily detectable by simple, consumer-grade virus scanners? Surely U.S. counterintelligence has less detectable viruses at their disposal.

(5) The web-based « jihadi » community itself seems suspicious. The report has received little attention on web forums, especially given its apparent importance. A publication including such high-profile figures would normally receive far more attention than it has so far.

There are also reasons to doubt that the report was produced by U.S. counterintelligence, as CI officials would likely know enough to edit out these red flags. It’s unclear who that leaves, but the most likely culprit could simply be mischievous, if knowledgeable, pranksters in the U.S. who wanted to disseminate a trojan virus among jihadi forum visitors. That would also explain why the document was written in English.

Of course, none of these doubts are definitive and it remains a significant possibility that the publication is authentic. Leah Farrall, an AQAP expert and former Australian counterterrorism official, expressed doubt about the publication but disputed some of the cases against its authenticity.

« The make a bomb in the kitchen of your mum is not by Awlaki. It may be an effort to play on an old series of manuals released a few years back on how to build IED’s from materials in your home. Many readers would be familiar with these manuals since some sections have been translated into English before. So that by itself is not really enough to bring into question the authenticity of the document, » she wrote in an email. « The addition of an al-Suri excerpt is curious, but not unexpected. AQAP ideologues have mentioned his book before. So, this is also not enough to bring into question the authenticity of the document. »

It’s not clear who produced this PDF and why. But there are some compelling reasons to doubt that it was produced by al-Qaeda in the Arabian Peninsula for the purpose of spreading the group’s message to English speakers.

Voir encore:

Al Qaeda’s chief representative in Syria killed in suicide attack
Thomas Joscelyn

The Long war

February 23, 2014

Abu Khalid al Suri, whose real name is Mohamed Bahaiah, has been reportedly killed in a suicide attack in Aleppo. Al Suri’s death has been confirmed on several Twitter feeds managed by Ahrar al Sham and the Islamic Front.

Al Suri, a longtime al Qaeda operative, was a founding member of Ahrar al Sham and a senior leader in the organization at the time of his death. Ahrar al Sham is arguably the most powerful rebel organization within the Islamic Front, a coalition of rebel groups that was formed late last year.

Hassan Abboud, a top official in Ahrar al Sham and the Islamic Front, confirmed al Suri’s « martyrdom » in a Tweet early this morning. The official Twitter feeds for the Islamic Front and Ahrar al Sham say that al Suri was killed along with his « comrades » in a suicide attack at one the Front’s headquarters in Aleppo. And a hashtag commemorating al Suri’s death is already being used on jihadist Twitter pages.

As of this writing, there has been no official claim of responsibility for al Suri’s death. Some reports on social media implicate the Islamic State of Iraq and the Sham (ISIS), which was recently disowned by al Qaeda’s general command, as the group responsible for the attack.

Al Suri was a key figure in the dispute between ISIS and other jihadist groups inside Syria, including Ahrar al Sham and the Al Nusrah Front, which is an official branch of al Qaeda.

In a May 2013 letter, al Qaeda emir Ayman al Zawahiri named al Suri as his intermediary in a leadership disagreement between ISIS and the Al Nusrah Front. The dispute became public the previous month when ISIS emir Abu Bakr al Baghdadi attempted to subsume control of the Al Nusrah Front. Abu Muhammad al Julani, the emir of Al Nusrah, rejected al Baghdadi’s order and directly reaffirmed his allegiance to Zawahiri instead.

Al Suri’s mediation efforts failed and the dispute between the groups grew more vehement in the months that followed as Ahrar al Sham, Al Nusrah, and other jihadists rejected ISIS’ power grab.

One last attempt at mediation in January, spearheaded by a popular pro-al Qaeda Saudi cleric named Abdallah Muhammad al Muhaysini, failed after ISIS rejected the initiative. All of the other major rebel groups, including Ahrar al Sham and the Al Nusrah Front, endorsed Muhaysini’s proposal, which was released just hours after a similar appeal by Zawahiri. [See LWJ report, Saudi cleric’s reconciliation initiative for jihadists draws wide support, then a rejection.]

Al Qaeda’s general command, or senior leadership, officially disowned ISIS after it rejected Muhaysini’s proposal. The decision was apparently prepared beforehand in the event that ISIS failed to accept the reconciliation initiative.

The Long War Journal reported on Dec. 17, 2013 that al Suri was a senior leader in Ahrar al Sham in addition to being Zawahiri’s main representative in Syria. US intelligence officials told The Long War Journal that al Suri’s placement within Ahrar al Sham, alongside other senior al Qaeda operatives in the group, revealed that al Qaeda has influence in organizations that are not officially recognized as affiliates or branches of the group.

Al Suri’s al Qaeda role was long known in counterterrorism circles. The Spanish government accused him of serving as Osama bin Laden’s chief courier in Europe prior to the Sept. 11, 2001 terrorist attacks. Spanish officials found that he carried surveillance tapes of the World Trade Center and other American landmarks from the operative who made the videos to al Qaeda’s senior leadership in Afghanistan. [See LWJ report, Syrian rebel leader was bin Laden’s courier, now Zawahiri’s representative.]

Shortly after The Long War Journal reported on al Suri’s dual-hatted role in Ahrar al Sham and al Qaeda in December 2013, the US Treasury Department described al Suri as « al Qaeda’s representative in Syria. » Treasury revealed that an al Qaeda supporter in Qatar had transferred nearly « $600,000 to al Qaeda via » al Suri in 2013 and was preparing to transfer an additional $50,000.

Abu Khaled al Suri’s death, therefore, is a major development in the history of the Syrian war and al Qaeda’s role in it. However, al Qaeda retains the loyalty of numerous other senior jihadists on the Syrian battlefield.

Voir de plus:

Le chef d’al-Qaïda perd son représentant en Syrie, tué à Alep
RFI

24-02-2014

Abou Khaled al-Souri, compagnon de route du chef d’al-Qaïda Ayman al-Zawahiri et d’Oussama ben Laden, a été tué dimanche dans un attentat-suicide à Alep, en Syrie. Il jouait le rôle de médiateur entre deux organisations de combattants se réclamant d’al-Qaïda dans le pays, le Front al-Nosra et l’Etat islamique en Irak et au Levant.
Avec notre correspondant à Beyrouth,  Paul Khalifeh

Abou Khaled al-Souri était le représentant personnel en Syrie du chef d’al-Qaïda. En juin dernier, Ayman al-Zawahiri l’avait chargé de trancher tout différend entre les deux branches se réclamant de l’organisation extrémiste : le Front al-Nosra et l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Ayman al-Zawahiri avait pris fait et cause pour al-Nosra, désigné comme le seul représentant légitime d’al-Qaïda en Syrie.

Présenté comme un compagnon de route d’Oussama ben Laden et de son successeur Ayman al-Zawahiri, le Syrien Abou Khaled n’était pas pour autant membre du Front al-Nosra. Il était l’un des chefs d’un troisième groupe, Ahrar al-Cham, également très proche d’al-Qaïda, bien qu’il n’affiche pas ouvertement ses affinités.

Sur ce dernier point, comment pourrait-il en être autrement puisque ce groupe est l’une des principales composantes du Front islamique, avec qui les Etats-Unis ont exprimé le souhait d’établir un dialogue ? Assumer publiquement ses sympathies pour al-Qaïda serait – c’est le moins que l’on puisse dire – embarrassant aussi bien pour Washington que pour Ahrar al-Cham.

La mort d’Abou Khaled al-Souri et de six autres combattants d’Ahrar al-Cham, dans un attentat-suicide attribué à l’Etat islamique, met fin à la trêve précaire entre les deux organisations dans le Nord syrien, après des semaines de combats qui ont fait plus de 2 000 morts. Les deux frères ennemis se livrent désormais une guerre sans merci.

Voir également:

Zawahiri eulogizes al Qaeda’s slain Syrian representative
Thomas Joscelyn

The Long War

April 4, 2014
The video accompanying Zawahiri’s message shows a clip of Abu Khalid al Suri walking alongside Osama bin Laden and Zawahiri at the Al Farouq camp in Afghanistan in 2000.
Ayman al Zawahiri, the head of al Qaeda, has released an audio message eulogizing Abu Khalid al Suri, who served as Zawahiri’s representative in Syria until he was killed by a suicide bomber on Feb. 23. Al Suri was also a founding member and senior leader in Ahrar al Sham, a powerful militant organization that helps lead the Islamic Front, which is a coalition of several rebel groups.

Al Qaeda has released a video accompanying Zawahiri’s verbal message. The video contains images of other al Qaeda actors, but Zawahiri himself is not shown. Zawahiri’s message and the accompanying video were translated by the SITE Intelligence Group.

Although the Islamic State of Iraq and the Sham (ISIS) is not mentioned in the production, the video and Zawahiri’s message are clearly aimed at the group, which was disowned by al Qaeda’s general command in early February.

Top jihadists have accused ISIS of killing al Suri, and the group remains the most likely culprit in the slaying.

The video opens with a clip of Atiyah Abd al Rahman, who served as al Qaeda’s general manager before he was killed in a US drone strike in August 2011. Rahman discusses the sanctity of Muslim blood and the importance of avoiding Muslim casualties while waging jihad.

Rahman’s message, recorded long before ISIS became a player in the Syrian war, reflects al Qaeda’s sensitivity to the criticisms the group has faced within the Islamic world. Al Qaeda has killed far more Muslims than non-Muslims in its campaign of terror. Here, however, Rahman’s words are intended as a rebuke of ISIS.

The video then cuts to footage of Abu Khalid al Suri walking alongside Osama bin Laden and Zawahiri at the Al Farouq training camp in Afghanistan in 2000. Al Qaeda’s propagandists zoom in on footage of al Suri at the camp.

A longtime al Qaeda operative

Zawahiri says he knew Abu Khalid al Suri « from the days of the jihad against the Russians » and he knew al Suri « until his capture in Pakistan » approximately a decade ago. Abu Khalid al Suri « was a colleague of the professor of the mujahideen, Sheikh Abu Musab al Suri, may Allah release him very soon, Allah willing. »

Abu Musab al Suri is a major jihadist ideologue whose teachings continue to influence al Qaeda’s thinking. The Al Nusrah Front, al Qaeda’s official branch in Syria, openly follows Abu Musab al Suri’s teachings. There are conflicting reports concerning his status in Syria, with some accounts saying he has been freed from Assad’s prisons.

However, Zawahiri’s message is the third instance in which senior al Qaeda leaders have used the phrase « may Allah release him » in reference to Abu Musab al Suri. This is a strong indication that he remains imprisoned.

Zawahiri re-established contact with Abu Khalid al Suri after the Syrian revolution. Zawahiri says the « last message » he received from Abu Khalid al Suri, prior to his capture in Pakistan, « was nearly ten years ago … stating that he supported a speech I gave, where I said that victory is but the patience of an hour. » After al Suri was captured « [c]ommunication was cut off between us, until the outbreak of the blessed Syrian revolution. »

According to Zawahiri, Allah then « facilitated the communication between us after Allah relieved him and spared him from being captured by » Assad’s forces. « He was to me and my brothers such a great advisor, » Zawahiri says.

Abu Khalid warned Zawahiri that he sees in Syria « the seeds of sedition, which he experienced in Peshawar » — a reference to jihadist infighting in the past, which al Qaeda ties to ISIS’ actions in the present. Indeed, al Suri was a strong critic of ISIS and did not hide his rejection of the group’s practices.

« This sedition that Abu Khalid saw and was warning about, Allah willed that it make him a martyr, » Zawahiri says.

Without naming ISIS, Zawahiri calls on Muslims to reject any group that behaves like the former al Qaeda affiliate. « Every Muslim and mujahid must disavow all those who refuse arbitration » by an « independent » sharia court, Zawahiri says. Al Qaeda and other jihadist groups have repeatedly called on ISIS to submit itself to arbitration in a common sharia court, but ISIS has refused to abide.

« Every Muslim and mujahid must not be involved in the blood of the mujahideen, » Zawahiri says, according to SITE’s translation. « And for this, he must refuse to blow up their headquarters or kill their sheikhs. » In addition, « [a]ll Muslims must not help whoever blows up the headquarters of the mujahideen and sends to them car bombs and human bombs, and stop supporting them in any form. »

This is precisely how al Suri was killed.

Jihadist infighting in Syria reminiscent of the past

Zawahiri says that the infighting inside Syria reminds him of Algeria in the 1990s. Veteran jihadists within the Armed Islamic Group (commonly known by its French acronym, GIA) turned on one another and also indiscriminately slaughtered Muslims. Zawahiri says the GIA’s infighting led first to the « spiritual death of that group, followed by [its] physical death. »

In an effort to rectify the GIA’s excess, in the late 1990s al Qaeda helped form the Salafist Group for Preaching and Combat (known as the GSPC) as an offshoot of the GIA. The GSPC then evolved into al Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM), a branch of al Qaeda. Zawahiri personally oversaw AQIM’s official merger with al Qaeda in 2006.

Zawahiri references a meeting he had years ago in Peshawar with Sheikh Abu Muhammad al Maqdisi, an influential jihadist ideologue now imprisoned in Jordan who has issued criticisms of ISIS’ actions from his prison cell. According to the story, which the al Qaeda emir calls « funny yet sad, » Zawahiri said that some had labeled him a disbeliever because he refused to « brand the Afghan mujahideen as disbelievers. » To this Maqdisi allegedly replied, « You do not know that they [this same group] branded me a disbeliever because I did not brand you a disbeliever. »

ISIS today labels everyone who does not agree with the group a disbeliever, including Abu Khalid al Suri.

Voir encore:

Islam : ce que révèlent les livres prônant le djihad en supermarché
Alexandre Devecchio
Le Figaro

29/07/2014 à 17:13

FIGAROVOX/ANALYSE – Pour son «Opération Ramadan», l’éditeur libanais Albouraq met en vente dans 1000 magasins de France des livres prônant le djihad et la mort des «hérétiques». Le décryptage de l’islamologue Claude Sicard.

Claude Sicard est agronome, docteur en économie, spécialiste du développement. Il est l’auteur de deux livres sur l’islam, L’Islam au risque de la démocratie et Le face-à-face islam chrétienté. Quel destin pour l’Europe?
«La Voie du musulman» ou «les jardins des Saints» qui prônent le djihad et la mort des «hérétiques» sont en vente libre dans les grandes surfaces. Ces livres sont-ils fidèles au Coran ou donnent-ils une interprétation dévoyée de l’islam? La violence et le djihad sont-ils intrinsèques à l’islam?

Claude SICARD. – Le Coran, qui est véritablement «la parole de Dieu» pour les musulmans, délivre aux croyants de cette religion des messages que, nous, citoyens de pays démocratiques, considérons être indubitablement des incitations à la haine. En sorte que normalement la diffusion de ces messages devrait tomber sous le coup de la loi. Citons quelques sourates pour illustrer notre propos:

L’attitude vis-à-vis des incroyants: «Ô vous qui croyez, combattez ceux de vos voisins qui sont infidèles» (9,123) ; ou encore: «Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez» (9,25) ; et aussi: «Ô Prophète, incite les croyants à combattre: vingt braves d’entre eux terrasseront 200 infidèles» (8,65), etc. Avec, pour déculpabiliser les croyants qui en viendraient à tuer des infidèles et qui s’en émouvraient, cette sourate qui leur dit: «Ce n’est pas vous qui les avez tués, c’est Dieu» (8,17).

L’attitude vis-à-vis des juifs: «Ô croyants, ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens» (5,51).

D’une façon générale, il faut avoir en mémoire cette sourate où il est dit: «Mahomet est l’envoyé de Dieu. Ses compagnons sont durs envers les infidèles, et miséricordieux entre eux». Dans une société telle que la conçoit l’islam, il faut savoir qu’il n’y a de place que pour des croyants. Les uns sont dans la bonne voie (les musulmans), les autres, «les gens du Livre» qui tiennent à rester dans l’erreur, sont admis: ils ont le mérite de croire en Dieu, et on les tolérera donc, mais en en faisant des citoyens de second rang, dits des «dhimmis». Ces citoyens de second rang se trouveront en permanence brimés dans leur vie de tous les jours, et la situation leur deviendra finalement insupportable. Les incroyants, quant à eux, seront persécutés: ils devront soit se convertir à l’islam soit être éliminés. Et il y aura effectivement beaucoup de fraternité entre les musulmans, mais seulement entre eux, une sourate disant: «Ô croyants, ne vous liez d’amitié qu’entre vous «(3,118). Rappelons aussi la sourate 3,28 qui précise: «Que les croyants ne prennent pas leurs amis parmi les infidèles, au lieu des croyants. Ceux qui feraient ainsi n’auraient rien à attendre de Dieu.»

L’éditeur se défend en arguant que le contenu de la Bible peut lui aussi être choquant. Lorsqu’ils sont lus de manière littérale, tous les livres sacrés ne sont-ils pas sujets à mauvaise interprétation?

Certes, on trouve dans la Bible des passages violents. Mais la distinction fondamentale qui est à faire entre la Bible et le Coran se trouve dans le fait que la Bible a été rédigée par des hommes, alors que le Coran est par nature la parole de Dieu. Il faut rappeler que les musulmans nous disent que le message de Dieu délivré aux hommes a depuis la nuit des temps toujours été le même: les prophètes qui ont précédé Mahomet ont été des hommes «inspirés par Dieu» (Moise et Jésus étant les deux principaux d’entre eux). Du fait qu’ils étaient des hommes, le message qu’ils ont délivré était imparfait, mal compris, tronqué… Le message de Dieu a finalement été recueilli dans son intégralité par Mahomet a qui Dieu a dicté son message: c’est donc le message auquel on doit se conformer, car c’est le message parfait, et il n’y en aura plus d’autre. Quand on lit dans le Coran des passages qui prônent la violence, il s’agit donc bien d’injonctions délivrées par le Tout-Puissant, des messages que l’on ne peut donc qu’exécuter si l’on est un croyant sincère et soucieux de son devenir après la mort.

La distinction entre « islam radical » et « islam soft » est sans fondement. Elle est l’effet des arrangements que nos sociétés occidentales tentent de trouver pour ne pas condamner les musulmans dans leur refus d’adopter nos valeurs et de se conformer à la manière que nous avons, nous Occidentaux, de concevoir l’organisation de nos sociétés.

Le succès de ce type de livre, notamment en période de ramadan, témoigne-t-il, malgré tout, d’une banalisation de l’islam radical? Faut-il s’en inquiéter?

La réponse à cette question est «oui». En effet, la distinction entre «islam radical» et «islam soft» est sans fondement. Elle est l’effet des arrangements que nos sociétés occidentales tentent de trouver pour ne pas condamner les musulmans dans leur refus d’adopter nos valeurs et de se conformer à la manière que nous avons, nous Occidentaux, de concevoir l’organisation de nos sociétés. La démocratie, et les valeurs sur lesquelles elle est fondée, est le système politique inventé par les «chrétiens», un système que les Occidentaux se croient fondés à imposer aujourd’hui aux autres civilisations.

L’islam orthodoxe est bien celui qui est conforme au Coran: mais les intellectuels musulmans modernes sont des réformateurs. Ils refusent de faire du Livre saint de l’islam une lecture «littérale», disant qu’il faut «contextualiser» le Coran» pour le dégager du contexte particulier dans lequel la parole de Dieu a été délivrée: il s’agissait d’une Arabie du septième siècle de notre ère, et le message qui a alors été délivré est à moderniser aujourd’hui en en gardant l’esprit. C’est la position par exemple d’un intellectuel comme Malek Chebel avec son ouvrage à grand succès: «Manifeste pour un islam des Lumières» où cet islamologue propose quelque vingt-sept réformes importantes. Et c’est aussi la position de Tariq Ramadan, ce brillant intellectuel si fortement médiatisé, et inutilement diabolisé, qui s’oppose à une lecture littérale du Coran. Ce prédicateur si écouté des jeunes musulmans européens écrit par exemple dans son ouvrage «L’Islam et le réveil arabe»: «l »islam est en passe à une mutation profonde imposée par l’évolution historique et le nouvel environnement politique, économique culturel et plus largement géopolitique» (page 165).

Tous les intellectuels musulmans vivant en Occident sont donc pour une réforme de l’islam tel qu’il ressort de la lecture du livre saint, mais malheureusement les foules sont et restent sous la tutelle des imams des mosquées qui s’en tiennent à cet islam rigoureux prôné par les wahhabites et les salafistes. Les réformateurs vivant en Occident sont des intellectuels et leur discours n’est pas écouté des religieux. Avec la diffusion d’ouvrages qui prônent le djihad et la mort des hérétiques on banalise donc l’islam radical et on barre la voie aux musulmans réformateurs que l’Occident aurait le plus grand intérêt à soutenir dans leur combat.

Intégrer des musulmans dans une société occidentale qui a pour fondement le christianisme est une utopie. Les musulmans tiennent à conserver leur identité, et on ne peut pas le leur reprocher.
S’agit-il d’un réflexe communautaire lié à l’échec de l’intégration ou d’un réel basculement dans l’intégrisme de toute une partie de la population?

Les musulmans appartiennent à une autre civilisation que la civilisation occidentale. Ils savent que leur civilisation a été plus forte que la nôtre dans le passé, au Moyen Âge, et on ne manque pas de le leur rappeler d’ailleurs. Par la suite, c’est notre civilisation, avec ses avancées extraordinaires aux plans scientifique et technique qui a pris le dessus. Ils nous rappellent que nous sommes allés les dominer pendant plusieurs siècles avec nos techniques et nos armes. Mais tout récemment ils sont parvenus à nous chasser des territoires que nous leur avions pris, et avec le pétrole ils disposent à présent d’une arme redoutable contre nous. Ces peuples qui considèrent que nous les avons soumis, humiliés, pillés en exploitant à notre compte leurs richesses, ont le sentiment que nous les méprisons: ils ont commencé dans la seconde moitié du XXe siècle à prendre leur revanche, et leur ressentiment à l’égard de l’Occident est très fort.

Comment veut-on donc que ces musulmans qui viennent s’installer en Europe pour des raisons de commodité et de confort aient envie de quitter sentimentalement leur monde, c’est-à-dire leur civilisation, à un moment où celle-ci prend précisément sa revanche sur la civilisation occidentale, pour devenir «traîtreusement» des «Occidentaux»? Les musulmans ont le sens de l’honneur et ils trahiraient les leurs s’ils devenaient de bons Occidentaux.

Intégrer des musulmans dans une société occidentale qui a pour fondement le christianisme est une utopie. Les musulmans tiennent à conserver leur identité, et on ne peut pas le leur reprocher. C’est bien ce que leur recommande de faire un prédicateur comme Tariq Ramadan, un prédicateur qui a le succès que l’on sait. Il ne s’agit pas tant d’une affaire de religion que d’une affaire d’identité, et tout individu est prêt à lutter très fort pour défendre son identité. Y compris en y laissant sa vie s’il le faut..

On pourrait dire de façon provocatrice que pour qu’un musulman devienne un vrai Occidental, il faut en fait qu’il se convertisse au christianisme. Certes, les Européens sont en majorité agnostiques, mais même cet agnosticisme s’est construit avec une culture et une tradition judéo-chrétienne. Il faut appréhender les problèmes d’intégration avec les approches des anthropologues, et ne pas rester sur des idées simplistes. Le Coran dit aux chrétiens qu’ils sont dans l’erreur: comment donc des musulmans adopteraient-ils les thèses de ces gens que le Prophète a ordonné de combattre? Le message antichrétien est dans le livre saint de l’islam: il ne facilite pas l’intégration des musulmans dans nos sociétés occidentales, des sociétés fondées, il ne faut pas le négliger, sur les valeurs et les traditions chrétiennes.

Voir par ailleurs:

« Timbuktu » et « L’Apôtre » plus dangereux que « Charlie » ?

VIDÉOS. L’un dénonce le djihadisme, le second décrit la conversion d’un musulman au christianisme. Certaines projections ont été annulées « par précaution ».
« L’Apôtre » raconte l’histoire d’un jeune musulman qui se convertit au christianisme. © Carron Distribution

Phalène de La Valette

Le Point

20/01/2015

« Bonsoir madame, la DGSI nous a vivement conseillé d’annuler notre soirée débat du 23 janvier autour de la projection du film L’Apôtre, devant les risques d’attentats, cette projection pouvant être vue comme une provocation pour la communauté musulmane. » Voilà le message envoyé par la salle municipale de Nantes à la réalisatrice française Cheyenne Carron, quatre jours après la marche républicaine qui avait vu des millions de Français affirmer leur attachement à la liberté d’expression au cri de « Je suis Charlie ».

Par deux fois, les projections de son film L’Apôtre, qui raconte la conversion d’un musulman au christianisme, ont été annulées. À Nantes donc, mais aussi à Neuilly (Hauts-de-Seine), où le cinéma Le Village s’est abstenu à la suite de la demande de la préfecture de police. Des mesures de précaution compréhensibles dans le contexte qui est le nôtre, mais qui entrent en contradiction avec le discours sur la liberté d’expression entendu ces jours-ci. Pourquoi, en effet, interdire à une salle de cinéma ce qu’on autorise à un journal ?

« Pour ouvrir le dialogue »

Cette différence de traitement est d’autant plus frappante que L’Apôtre est une oeuvre dont la diffusion est assez confidentielle (faute de moyens, il n’a pu être projeté que dans une poignée de salles) et beaucoup moins provocante que la plupart des dessins de Charlie Hebdo. En fait, excepté son sujet, susceptible en lui-même de faire frémir certains musulmans, le film est même foncièrement pacifiste. On y suit l’itinéraire d’Akim, jeune Français destiné à devenir imam mais interpellé un jour par le baptême du fils d’un ami chrétien. Sa conversion provoque à l’évidence des remous dans sa communauté et dans sa famille, en particulier chez son frère aîné qui ne s’explique pas ce choix vécu comme une trahison. Mais frères et soeur, père et mère, chacun chemine doucement vers une compréhension mutuelle. Tout cela est filmé tout en nuances et justesse par Cheyenne Carron, dont le travail a été salué par la presse (Le Monde, Le Figaro et même Le Canard enchaîné…).

« L’Apôtre est un film qui parle d’amour. Au lieu de l’interdire, on devrait le projeter à des chrétiens et à des musulmans », a regretté la réalisatrice, elle-même catholique. « J’ai essayé de faire un film qui permette une vraie ouverture vers l’autre et vers la différence. Il est interdit par peur, et je le comprends parfaitement parce que ce qui s’est produit chez Charlie Hebdo, c’est terrifiant. Mais on ne gagne pas des guerres par le silence et en se censurant. Même s’il y a une part de danger, il ne faut pas se priver des outils que nous avons pour ouvrir le dialogue. »

Regardez un extrait du film L’Apôtre

Nommé au césar du meilleur jeune espoir masculin, l’acteur principal, Fayçal Safi, confie quant à lui soutenir la démarche de Cheyenne Carron face à certaines critiques qui l’accusent de mettre de l’huile sur le feu : « Moi, en tant qu’acteur principal de ce film et de culture arabo-musulmane, je suis ouvert et heureux qu’on traite de sujets sensibles au cinéma. Et si cela peut faire progresser les choses, alors, tant mieux. »

Oscars

L’Apôtre n’est pas le seul film à avoir été déprogrammé à la suite des attentats. Timbuktu, le film d’Abderrahmane Sissako, sélectionné au Festival de Cannes et en lice pour les Oscars, a vu ses projections suspendues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). « Je n’ai pas reçu de menace, mais j’ai peur que ce film ne fasse l’apologie du terrorisme », avait justifié le maire de la ville Jacques-Alain Bénisti (il est revenu depuis sur sa décision et annonce une reprogrammation dans une quinzaine de jours). Coup de coeur du Point, Timbuktu est pourtant justement un vibrant plaidoyer contre l’islamisme des djihadistes, dont il montre l’horreur.

Ces micro-polémiques peuvent paraître dérisoires au regard des enjeux sécuritaires et politiques actuels. Mais elles alimentent le sentiment d’un « deux poids deux mesures » et font le miel des réseaux sociaux qui font le parallèle avec un autre film, Qu’Allah bénisse la France (également très bon), qui raconte la conversion d’un jeune de banlieue à l’islam et qui, lui, n’a pas souffert d’annulation.

Voir enfin:

La pièce Lapidée reportée après les attentats djihadistes
Claire Courbet, AFP agence
Le Figaro
21/01/2015

THÉÂTRE – Aigle Noir Productions, la société de production du drame écrit par le pasteur suisse Jean Chollet-Naguel a dû annuler sa campagne d’affichage et supprimer 27 représentations.

Les attentats de Paris ont eu des conséquences dans le monde de la musique et du cinéma mais également dans celui du théâtre. Suite aux attaques du début du mois de janvier, la pièce Lapidée ne sera finalement jouée que trois fois sur les trente séances prévues a révélé mercredi l’AFP. La campagne d’affichage qui devait débuter le 12 janvier a elle-aussi été ajournée.

Ces choix ont été faits au moment des drames. «Nous avons pris unanimement cette décision le vendredi 9 janvier, au moment de l’assaut des forces de police dans l’Aisne et à Paris contre les preneurs d’otages», a expliqué à l’AFP Claude Telliez, de la société Aigle Noir Productions.

Il explique que sa société a préféré la prudence: «La préfecture de police, contactée par un membre de la production, nous a dit que dans les circonstances, l’affichage pourrait être considéré comme une provocation».

Réactions virulentes de groupes islamistes
Les trois représentations ont eu lieu du 14 au 16 janvier au théâtre parisien le Ciné XIII. Il n’était pas possible pour la troupe d’être protégée plus longtemps. «Comme il ne s’agit pas d’un lieu public, nous ne pouvions pas être protégés dans le cadre de vigipirate, et nous devions recourir à une société de sécurité privée: c’est possible pour trois représentations mais pas pour trente» explique Claude Telliez. Le prix de chaque soirée surveillée est estimé à 360 euros par soir.

La pièce sera tout de même rejouée en 2016 à Paris selon la presse suisse. «Il ne s’agit pas d’autocensure, il s’agit de responsabilité», affirme Claude Telliez.

La pièce raconte l’histoire d’une jeune femme hollandaise, accusée d’adultère par son époux yéménite qui finit par être lapidée au Yémen. Elle a été écrite par le pasteur suisse Jean Chollet-Naguel et crée en 2013 lors du festival d’Avignon. A sa création, elle avait déjà sucité des réactions virulentes de groupes islamistes.


Attentats Charlie hebdo/Hyper cacher: Nous étions israéliens et nous ne le savions pas (Israeli experts: If Europe won’t wiretap, they won’t know)

15 janvier, 2015

https://i2.wp.com/canal-supporters.com/wp-content/uploads/2015/01/Screen-Shot-2015-01-10-at-19.03.23.pnghttp://www.theyeshivaworld.com/wp-content/uploads/2015/01/dn.jpgMal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Camus
Nous devons révolutionner notre religion. Abd Al-Fattah Al-Sissi (28.12. 14)
Nous devons nous engager dans la promotion de réformes quand nécessaire, y compris une réinterprétation honnête et critique des écritures et de la charia, utilisées par les islamistes pour justifier la violence et l’oppression. (…) La théocratie est un échec prouvé. (…) Le chemin vers la justice et la réforme doit se faire à travers la liberté. Collectif d’intellectuels égyptiens
C’est l’islam aussi. En refusant de le reconnaître, les Occidentaux ne nous rendent pas service, à nous les musulmans démocrates. Car comment se battre si on n’identifie pas clairement l’ennemi? (…) Il faut qu’il aille plus loin. Qu’il explique qu’on ne peut continuer de tolérer que les juifs soient traités de singes et les chrétiens de cochons dans les mosquées égyptiennes. (…) Il est très important que le pouvoir politique donne l’exemple, car les grands centres théologiques comme l’université al-Azar ne bougeront que s’ils se sentent soutenus. Naser Khader (démocrate syro-danois)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Ceux qui affirment que Mahomet était pacifiste sont des menteurs et des incultes. Il a usé de la violence et l’a prêchée. Mohammed Bouyeri (assassin de Theo Van Gogh, 2 février 2006)
Dire que l’islamisme n’est pas l’islam, qu’il n’a rien à voir avec l’islam, est faux. Pour le musulman d’hier et d’aujourd’hui il n’y a qu’un seul Coran comme il n’y a qu’un seul prophète. (…) Entre l’islam et l’islamisme, il n’y a pas de différence de nature mais de degré. L’islamisme est présent dans l’islam comme le poussin l’est dans l’oeuf. Il n’y a pas de bon ou mauvais islam, pas plus qu’il n’y a d’islam modéré. En revanche il y a des musulmans modérés, ceux qui n’appliquent que partiellement l’islam. Anne-Marie Delcambre
Il est ironique et décourageant que beaucoup d’intellectuels occidentaux non-musulmans – qui prétendent sans cesse qu’ils soutiennent les droits de la personne – sont devenus des obstacles à la reforme de l’islam. Le politiquement correct parmi les Occidentaux empêche la critique non ambiguë de l’inhumanité de la charia. Ils trouvent des excuses socio-économiques ou politiques pour le terrorisme islamiste tels que la pauvreté, le colonialisme, la discrimination ou l’existence d’Israël. Quelle incitation peut-il y avoir pour que les musulmans exigent la réforme de leur religion quand les “progressistes” occidentaux préparent le terrain pour la barbarie islamiste? Tawfik Hamid
C’est à vous, théologiens et ecclésiastiques islamiques, de produire une charia qui soit acceptée par le monde islamique et qui enseigne que les juifs ne sont pas des porcs et des singes, que la guerre pour diffuser l’islam est inacceptable et que tuer les apostats est un crime. Un tel livre montrerait que l’islam est une religion de paix. Tawfik Hamid
Dans le monde moderne, même les ennemis de la raison ne peuvent être ennemis de la raison. Même les plus déraisonnables doivent être, d’une façon ou d’une autre, raisonnables. (…) En cohérence avec cette idée, les socialistes regardaient ce qui se passait outre-Rhin et refusaient simplement de croire que ces millions d’Allemands avaient adhéré à un mouvement politique dont les principes conjuguaient théories paranoïaques du complot, haines à glacer le sang, superstitions moyenâgeuses et appel au meurtre. Paul Berman (Terror and liberalism, 2001)
The progress of totalitarianism depends on and is inseparable from this kind of liberal naïveté. Without the cooperation of the Fellow Travelers with Stalin, without the French anti-war socialists in the case of Hitler, without the naïveté of any number of conservatives and democratic right-wingers in the case of a variety of fascists and Nazis, without the naïveté even of the United States with regard to Hitler straight through the 1930s, it would be inconceivable to imagine that these movements would have gotten very far. So it is a mistake to think of the totalitarian movements as isolated. They existed in a dynamic, and part of the dynamic is the liberal naïve unwillingness to recognize them as what they are. (…) The success of Muslim totalitarianism has depended on liberal naïveté — in fact, blindness. The eyes of the world have not been on these millions who have been killed in the last twenty years. Always the liberals all over the world have wanted to describe these movements as in some way rational and conventional, as movements based on grievances — “The movements are anti-Zionist, and isn’t it the case that Israel has often been at fault?” “The movements are anti-American, and isn’t it the case that the United States has often been at fault?” And these grievances do exist, but the effort to take them seriously tends often to distort their madness in such a way as to make it unrecognizable, for totalitarian doctrines are always mad. The Nazis thought they were engaged in a biological struggle. The Stalinists thought they were the proletariat and their enemies were the bourgeois exploiters. The Baathists and Islamists see a cosmic Zionist-Crusader conspiracy. It is important to keep a sense of the madness in these ideas, even if it is true that in the years after World War I some Germans were oppressed outside of the borders of Germany, and Israel and the U.S. have done bad things. All of the totalitarian movements were at bottom ideological movements, not based on a normal sense of grievances of political claims or expression of real-life interests, but movements based on ideological visions. Each of these movements in the past was defeated not militarily but ideologically. World War II was violent and military, but although D-Day was important, de-Nazification was the actual victory. The defeat of Nazism militarily would not have been all that helpful if Germany, which is inherently an extremely wealthy and powerful society, had continued to remain a society of millions and millions of convinced Nazis. The same is true now. The struggle we are involved in now has, had, and will continue to have a military aspect, but this aspect must be secondary to the ideological aspect, to the war of ideas. The basic danger we are facing now is not weapons of mass destruction, per se, because we know very well that box cutters can be lethal weapons of the worst sort. The danger that we face is not inherently military; it’s not armies in the conventional sense. It is above all ideological. As long as millions of people are committed fanatically to doctrines that are ultimately mad and that follow in the tradition of the totalitarian madnesses of Europe in the twentieth century, the danger persists. I maintain that the struggle we are involved in is, or ought to be, ultimately a war of ideas. Paul Berman
S’il y a un retour aux années 1930, ce cliché qui diabolise les inquiétudes des gens, il est en fait dans l’endormissement des beaux esprits face au totalitarisme vert qui nous provoque. Leur même recherche de l’«apaisement» reproduit les erreurs des «pacifistes» d’hier devant le nazisme. Chez eux se recrutèrent bien des collaborateurs de Vichy. Or c’est cette même voie qu’empruntent les nigauds qui interdisent de prononcer les mots «islam» ou «immigration», de peur de «stigmatiser» une partie de la nouvelle société. Ceux-là sont prêts à se soumettre aux intimidations des fanatiques ou de leurs alliés plus présentables, en cédant sur la liberté d’expression. L’histoire de leur capitulation retiendra que la majorité des médias auront admis la décision d’i-Télé, fin décembre, d’obtempérer au PS qui réclamait la tête d’Éric Zemmour, pour plaire aux islamistes… La France va subir ce qu’endure Israël, cible de l’islam radical. Depuis l’attaque du commissariat de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire) par un djihadiste, le 20 décembre, les initiatives individuelles s’accélèrent. Quand 7 000 compatriotes juifs quittent la France en 2014 pour éviter le danger islamiste, ils lancent une alerte et font comprendre qu’ils mettent en doute la protection de l’État. Ils ont leurs raisons, à en juger par le clientélisme socialiste qui affiche ses distances avec l’État hébreu: après le vote par les députés d’une reconnaissance unilatérale de l’État palestinien, la France a appuyé à l’ONU la résolution palestinienne réclamant le retrait des «Territoires occupés». C’est Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, qui a confié en juillet 2014 qu’il aurait été parmi les manifestants propalestiniens s’il n’avait pas été ministre. C’est lors de ces démonstrations que furent criés: «Mort aux Juifs!» et que des synagogues furent prises pour cibles. La France fatiguée saura-t-elle résister à l’épreuve, qui veut la mettre à genoux? La réponse est assurément non, à considérer l’hébétude des dirigeants et la niaiserie de la gauche pyromane qui, après avoir encouragé le communautarisme, appelle à manifester dimanche contre les effets mortels de la fracture identitaire. Oser demander aux musulmans de France de se désolidariser de l’islam radical qui les caricature est considéré, par les roquets pleurnichards, comme une atteinte insupportable à leur dignité. Le délit d’islamophobie est davantage agité, par les dhimmis, que la judéophobie et la christianophobie qui tuent et poussent à l’exil. Ivan Rioufol
Paradoxal «effet Charlie»: le carnage de deux frères djihadistes contre l’hebdomadaire anarcho-satirique a amené la foule, dimanche, à applaudir les forces de l’ordre et à chanter La Marseillaise. La police et la nation, ces épouvantails à «anars», ont été plébiscitées par le peuple. Les Français, par leur mobilisation spontanée (près de quatre millions de personnes, partout dans le pays), ont mis un terme à quarante ans d’angélisme d’État et d’aveuglements médiatiques. Les assassinats commis par Cherif et Saïd Kouachi à Charlie Hebdo, puis par Amedy Coulibaly dans une épicerie kasher (17 tués, dont des journalistes, des policiers, des juifs) ont été commis par trois Français. Ces meurtres obligent donc à prendre conscience des désastres produits par l’échec de l’intégration et par les reculades devant les intimidations de l’islam radical. Sans vergogne, les pyromanes étaient du défilé.(…) L’«antiracisme» officiel, qui a exclu le FN de la marche nationale, a sa responsabilité dans la tragédie. C’est lui qui interdit, depuis les années 1980, d’aborder les thèmes de l’immigration extra-européenne et de l’islam politique qui l’accompagne; ces bombes qu’il va falloir maintenant désamorcer. C’est cette idéologie des bons sentiments qui, par fascination pour l’Autre, cautionne les procès en «islamophobie» qui rendent délictueuse la critique du fondamentalisme, ce nouveau nazisme. C’est elle et ses aboyeurs à carte de presse qui désignent à la vindicte ceux qui ont la naïveté de décrire ce qu’ils voient. Dimanche, les télévisions saluaient les défilés de la «France multiculturelle», alors qu’elle en était majoritairement absente. À Marseille, le préfet s’est même étonné de la faible mobilisation des quartiers musulmans. Le temps des bidonnages est terminé. (…) Une partie de la jeunesse des cités a refusé, dans les écoles, de s’associer à la minute de silence. À Châteauroux, un lycéen a été tabassé pour avoir défendu la tolérance et la laïcité. Les soutiens aux Kouachi prolifèrent sur le Net. La violence est, partout, palpable. (…) L’antisémitisme chez des élèves musulmans a été exposé dès 2002 dans un livre collectif d’enseignants: Les territoires perdus de la république. Le rapport Obin a décrit en 2004 la montée de l’islam au cœur de l’école.La communauté juive, première visée, n’a cessé d’alerter en vain sur ces périls, singulièrement depuis l’assassinat d’Ilan Halimi (2006), puis les tueries de Mohammed Merah à Toulouse et de Mehdi Nemmouche au Musée juif de Bruxelles. Ces tragédies, annonciatrices du pire, n’ont jamais suscité aucune manifestation d’indignation. Une chape de plomb, politique et médiatique, a voulu étouffer la haine antijuive et antifrançaise qui contredisait les odes à la diversité. Ce déni s’effondre et laisse voir la compromission des belles âmes. (…) Ce n’est pas l’islamophobie qui a créé l’islamisme, comme le soutient la dialectique victimaire à l’œuvre chez trop de responsables musulmans, incapables de la moindre critique sur les dérives de l’islam. Tout au contraire, ceux-là brandissent ce délit de blasphème dans le but de rendre impossible la survenue d’un islam éclairé. La presse de gauche est complice de ce refus d’aggiornamento. Télérama parle de «jeunes plus ou moins fanatisés», mais pour épingler les catholiques de la Manif pour tous. Il y a pourtant une urgente réflexion à mener sur la lecture littérale du Coran. Dimanche, le rejet de l’islamisme a été le non-dit du réveil de la civilisation française. Les Allemands du mouvement Pediga, qui manifestent tous les lundis, n’ont pas ces réserves. Ivan Rioufol
Beaucoup, violents ou pas, sont abreuvés par des sites qui montrent l’ennemi « croisé » ou « sioniste » dans son horreur destructrice, « tueur d’enfants et de civils »… Mais le point crucial est le retour qu’on leur fait faire au texte fondateur, au Coran, où les « gens du Livre », juifs et chrétiens, représentés aujourd’hui par l’Amérique, Israël et un peu l’Europe, sont qualifiés de pervers, faussaires, injustes, traîtres, etc. Certains leur citent des versets plus calmes, comme « Point de contrainte en religion », ou comme « Ne tuez pas l’homme que Dieu a sacré », mais c’est qu’ils vont voir de près dans le texte, ils vérifient et ils trouvent : « Ne tuez pas l’homme que Dieu a sacré sauf pour une cause juste. » Quant au verset du libre choix, ils le voient encadré de violentes malédictions contre ceux qui font le mauvais choix. En somme, on manque cruellement d’une parole ouverte et libre concernant les fondamentaux de l’islam ; et pour cause, ils sont recouverts d’un tabou, et toute remarque critique les concernant passe pour islamophobe dans le discours conformiste organisé, qui revient à imposer aux musulmans le même tabou, à les enfermer dans le cadre identitaire dont on décide qu’il doit être le leur (on voit même des juges de la République se référer au Coran pour arrêter leur décision…). Il y a donc un secret de Polichinelle sur la violence fondatrice de l’islam envers les autres, violence qui, en fait, n’a rien d’extraordinaire : toute identité qui se fonde est prodigue en propos violents envers les autres. Mais, avec le tabou et le conformisme imposés, cette violence reste indiscutée et semble indépassable. Récemment, dans Islam, phobie, culpabilité (Odile Jacob, 2013), j’ai posé ce problème avec sérénité, en montrant que les djihadistes, les extrémistes, sont au fond les seuls à crier une certaine vérité du Coran, portés par elle plutôt qu’ils ne la portent ; ils se shootent à cette vérité de la vindicte envers les autres, et même envers des musulmans, qu’il faut rappeler au droit chemin. Le livre est lu et circule bien, mais dans les médias officiels il a fait l’objet d’une vraie censure, celle-là même qu’il analyse, qui se trouve ainsi confirmée. Raconter ses méandres, ce serait décrire l’autocensure où nous vivons, où la peur pour la place est la phobie suprême : une réalité se juge d’après les risques qu’elle vous ferait courir ou les appuis qu’elle lui apporte. (…) La difficulté, c’est qu’un texte fondateur est comme un être vivant : dès qu’il se sent un peu lâché par les siens, il suscite des êtres « héroïques », des martyrs pour faire éclater sa vérité. Quitte à éclater le corps des autres. D’autres approches de cette « vérité » exigeraient un peu de courage de la part des élites, qui sont plutôt dans le déni. Pour elles, il n’y a pas de problème de fond, il y a quelques excités qui perdent la tête. Il ne faut pas dire que leur acte serait lié au Coran, si peu que ce soit. Le problème est bien voilé derrière des citations tronquées, des traductions édulcorées, témoignant, au fond, d’un mépris pour le Coran et ses fidèles. On a donc un symptôme cliniquement intéressant : quand un problème se pose et qu’il est interdit d’en parler, un nouveau problème se pose, celui de cet interdit. Puis un troisième : comment zigzaguer entre les deux ? Cela augmente le taux de poses « faux culs » très au-delà du raisonnable. Daniel Sibony
Reconnu d’intérêt général en juin 2011, le CCIF est également membre consultatif du Conseil économique et social des Nations unies depuis septembre 2011. L’inventaire des « actes islamophobes » recensés par le CCIF a, curieusement, disparu de ses rapports annuels depuis cette consécration… Or, c’est en investigant sur eux que l’on saisit sa double nature. Car si l’association lutte contre des violences et des discriminations bien réelles (principalement liées au port du voile), elle profite de ce combat légitime pour faire avancer des causes plus suspectes. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder de plus près certains des actes dénoncés par le CCIF entre 2003 et 2011. En juillet 2004, il signale la « fermeture d’une école coranique à Grisy-Suisnes ». L’école en question avait été ouverte illégalement et, surtout, sa fermeture était consécutive à l’agression de trois journalistes par quatre personnes, dont son directeur, Mohamed Hammami, expulsé en 2012 suite à des prêches incitant au djihad et à la haine envers les Juifs. En octobre 2006, il s’indigne d’un « rassemblement d’élus et de personnalités à Lyon contre la venue de Hani Ramadan »… dont on rappellera simplement qu’il a justifié l’application des châtiments corporels prévus par la charia, vantant entre autres les vertus dissuasives de la lapidation. En mars 2007, il dénonce la « demande de fermeture de la mosquée de Noisy-le-Grand car les voisins de la mosquée se plaignent de voir des « barbus » ». Une fois encore, le lieu de culte a été ouvert en violation des règles d’urbanisme par une association salafiste refusant tout droit de visite aux autorités. Le dernier exemple que je citerai, parmi des dizaines d’autres, mérite une attention particulière, tant il atteste du degré de mauvaise foi que peut atteindre le CCIF. En juillet 2012, il dénonce le licenciement, à Gennevilliers, de quatre animateurs qui, en période de Ramadan, refusaient de s’alimenter pendant leur travail. Le licenciement s’appuyait sur une clause ajoutée par la mairie au contrat de travail de tous les animateurs – leur imposant de « veiller à ce que les enfants et eux-mêmes se restaurent et s’hydratent convenablement » – après qu’une animatrice pratiquant le jeûne avait fait un malaise et provoqué un accident de la route dans lequel furent blessés plusieurs enfants. Alors que le licenciement était manifestement lié à des considérations de sécurité, le CCIF a joué la surenchère en affirmant qu’« identifier le jeûne comme altérant la capacité au travail est […] stigmatisant et insultant pour l’ensemble des musulmans dans le monde ». On comprend bien qu’à ses yeux, tout acte défavorable à un musulman, quelle que soit sa justification, peut être dénoncé comme « islamophobe ». Il n’a pas seulement l’ambition de repousser la diabolisation des musulmans, mais aussi celle de sanctuariser la supposée communauté musulmane contre certaines interventions de l’État. Quitte à disqualifier au passage la lutte contre la menace terroriste. Ainsi, deux semaines après la tuerie du Musée juif de Bruxelles, le porte-parole du CCIF affirmait que la focalisation des autorités sur le terrorisme islamiste était « statistiquement irrationnelle » au regard du nombre d’actions commises, par exemple, par les mouvements séparatistes. Lorsqu’on apprend, en étudiant les rapports d’Europol (Office européen de police), que 70 % des victimes du terrorisme en Europe au cours de la dernière décennie ont péri dans des attentats islamistes, on est en droit de s’interroger sur la probité du CCIF. La lutte contre le terrorisme – malgré certains excès – n’est pas le fruit d’un préjugé anti-religieux ou d’un racisme déguisé. Elle répond à une menace bien réelle. (…) Pour ne pas être qu’une étape dans le naufrage de l’antiracisme, la lutte contre le racisme anti-musulman doit donc naviguer entre de nombreux écueils idéologiques, et commencer par rompre avec l’idée qu’on peut mater les préjugés racialistes à coups de tabous médiatico-politiques. Or, avec le CCIF, ce changement de paradigme n’est pas pour demain. L’association, en liant la lutte contre l’islamophobie à un déni de l’intégrisme, de la menace islamiste, bref de la crise que traverse l’islam, attise la défiance à l’égard des musulmans. Elle offre à la pensée racialiste son alibi préféré : le soupçon du communautarisme, l’idée que l’Autre agit en fonction d’intérêts distincts de ceux de la communauté nationale, en plaçant en l’occurrence le respect de la religion au-dessus de toute autre considération. Ce qui, l’évidence sociologique démontrant qu’il n’en est rien, revient à calomnier ces musulmans de France qu’il s’agissait de défendre. Jean-Christophe Moreau
Entre la motion de reconnaissance de l’Etat de Palestine » présentée à l’assemblée par les socialistes et les déclarations de la ministre des affaires étrangères européenne, que veut l’Union Européenne, que veut donc la France, leader de la diplomatie européenne, en reconnaissant cet Etat fantomatique et en l’assortissant d’un diktat d’autant plus brutal qu’il fait planer la menace d’un boycott progressif d’Israël qui le mettrait au ban de la planète à l’instar d’un État voyou, un traitement ignominieux que la « vertueuse » Europe n’applique à aucun autre État? Que cherche-t-elle en engageant Israël dans une impasse suicidaire qui verrait les katiouchas de cet État croupion, forcément irrédentiste et terroriste, tenir en respect la vie civile dans le corridor de Jérusalem, l’aéroport de Lod et toute la mégapole côtière? A réduire sa souveraineté à quémander la protection et la mansuétude de la si « vertueuse Europe »? Que cherche-t-elle en prônant la redivision de Jérusalem, en accusant le peuple juif d’être un colon dans Jérusalem, en se cachant que l’ »esplanade des mosquées », c’est le Mont du Temple, seule raison d’être de ces mosquées? Sinon humilier la dignité du peuple juif qui était prince à Jérusalem quand les Européens vivaient dans les forêts? Que s’acharne-t-elle à obtenir en rejetant les responsabilités de l’agression sur ceux qui en sont l’objet? Que cherche-t-elle à promouvoir en accusant Israël d’un « péché » congénital, celui d’exister sur la terre que l’univers entier, y compris l’islam, assimile au pays des Enfants d’Israël? Quelle « démocratie » défend-t-elle, elle qui se gargarise de ce mot à longueur de temps, en soutenant financièrement à bout de bras, un pouvoir palestinien corrompu et qui ne tiendrait pas un jour sans l’argent européen? Où est le « peuple en danger » face à une société palestinienne dont tous les organes célèbrent quotidiennement le meurtre des Juifs dans le plus pur antisémitisme ? Que veut-elle en ramenant tous les problèmes du monde, la violence permanente qui émane du monde arabo-musulman à l’encontre de toute la planète, au problème palestinien et à la faute d’Israël? Quel ressentiment la ravage-t-il dans son exaltation obsessionnelle de la cause palestinienne? Nous savons que cette Europe narcissique et ethnocentrique cultive une morale frelatée, que les pétrodollars du Qatar, celui-là même qui la combat en Afrique et en Irak, l’ont corrompue, que sa compromission avec l’Organisation de la Coopération Islamique à l’ONU et ailleurs, a engagé les sociétés européennes dans un parti-pris pour la cause islamique, que le Dialogue Euro-arabe, d’après le premier choc pétrolier, en 1973 a fait d’elle le champion de la cause palestinienne, que la morgue qu’elle manifeste à Israël est avalée devant la colonisation turque de Chypre, l’annexion du Sahara occidental par le Maroc, l’esclavagisme du Qatar et de l’Arabie Saoudite, le terrorisme palestinien. Nous connaissons son silence hier sur le génocide au Soudan, sa complicité dans le génocide du Rwanda… (…) Certes, cette Europe-là ne peut que haïr Israël qu’elle perçoit comme la quintessence de ce qu’elle n’a pas la force d’être: assumer son identité, cultiver sa personnalité, avoir un visage face aux autres. Et inutile de se cacher qu’une partie de l’élite israélienne partage ce penchant suicidaire. Au sommet de l’Union Européenne, c’est le néant, depuis que ce nouvel empire se soit dénié ses racines culturelles, évidentes aux yeux de 20 siècles d’histoire, depuis qu’il a eu la faiblesse de se croire incarner le « droit international », les « droits de l’homme », faisant de son néant une occasion d’inflation narcissique, l’autorisant à intervenir sur la planète et à s’ériger en tribunal des peuples. Faisant d’une démission existentielle une célébration! (…) En empêchant Israël d’éliminer le Hamas, elle l’a condamné à rejouer la même guerre tous les deux ans et exposé la société israélienne au meurtre permanent. Et cette Europe-là tolère en son sein un antisémitisme structurel, qu’elle ne peut combattre parce qu’elle a créé les conditions de son développement. (…) Alors une question se pose: l’Europe en a-t-elle fini avec l’extermination des Juifs entamée au XX° siècle? Car c’est ce à quoi elle voue aujourd’hui le peuple juif! L’Union Européenne dans son délire mégalomaniaque a, semble-t-il, une « doctrine » pour les Juifs qui définit ce qu’ils doivent être. Ses ratiocinations sur la circoncision, la cacheroute, l’antisémitisme, le tout couché dans des « normes » européennes, sa politique israélienne, son discours sur ce que doit être Israël, le financement d’une nuée de ONG israéliennes destinées à subvertir du dedans la souveraineté du peuple israélien, tout cela nous montre bien que l’objectif de l’Union Européenne c’est d’empêcher que l’État d’Israël soit un État souverain, d’amoindrir sa capacité de résistance stratégique face à son ennemi, d’exposer les Juifs de toutes parts à l’adversité. Faire d’Israël, en somme, ce qu’elle voudrait qu’il soit, dans sa grande « mansuétude »: le camp humanitaire des réfugiés de la Shoah… Shmuel Trigano
La France a-t-elle pris du conscience du danger qui la guette depuis des années et dont elle a trop souvent nié l’existence ? A-t-elle pris la mesure des changements profonds qu’elle devra accomplir dans son état d’esprit, dans sa vie quotidienne, et dans sa volonté politique pour vaincre le fléau qui la menace ? Rien n’est moins sûr et les premiers signes au lendemain d’une mobilisation sans précédent et d’un grand happening national ne sont pas encourageants. Il faut espérer que nous ne sommes pas en train de revivre les heures tragiques de l’après Munich, lorsqu’en 1938 une foule en délire pensait avoir sauvé la paix alors qu’elle se condamnait à une guerre en situation d’infériorité. Aucune guerre n’a jamais été gagnée par une manifestation, aussi importante soit-elle ; ce qui ne signifie pas qu’il faut se priver de cet outil de démonstration. Cependant, l’important ce n’est pas l’esprit bon enfant, la convivialité, l’âge des participants, l’originalité des pancartes ou le nombre de célébrités reconnues, mais de s’entendre sur la nature de cette guerre, sur son sens, sur les valeurs communes qu’elle entend porter, et sur l’ordre qu’elle entend rétablir. Or on assiste, comme souvent dans la société française, à un déplacement à la fois sémantique et psychologique des questions et des problèmes. Comment peut-on croire un instant que les événements tragiques de la semaine dernière ont un rapport quelconque avec la laïcité ? Car de deux choses l’une, ou bien on dit laïcité pour ne pas dire islamisme intégral (et alors il faut se demander pourquoi ?), ou bien on ne comprend pas le terme de laïcité, qui, par définition, si j’ai bien relu mon dictionnaire grec provient de l’adjectif laïkos, dont l’origine est le mot laos et induit l’existence d’un peuple sacré. Réduire le conflit moral et politique avec le salafisme ou le djihadisme à un débat entre l’esprit de Voltaire, la tolérance ou les idéaux de la Révolution avec le Coran est une vision intellectuellement bien pauvre de ce qu’est la France, surtout si l’on se souvient de l’antisémitisme virulent de l’auteur de Candide, du génocide vendéen ou de l’application de la guillotine par la Terreur révolutionnaire. Michaël Bar-Zvi
L’emprise de la charia en France, ne se réduit pas à des exécutions sommaires. Elle consiste plus largement à interdire toute critique sur l’islam, surtout chez les non-musulmans. (Et dire qu’il comporte la charia et le djihad, c’est une critique. Donc la charia en France consiste à empêcher qu’on la nomme.) Mais si des foules importantes sont prêtes à manifester quand la charia ordonne des exécutions, ou qu’elle appelle à la guerre sainte, très peu sont prêts à descendre dans la rue pour protester contre la censure. Et pour cause, la plupart ne s’en rendent pas compte. Les médias font le black out sur les agressions quotidiennes, et mènent un tir de barrage contre tout ce qui laisse entendre qu’il y aurait dans l’islam des appels à la violence envers les autres. Le Coran a beau maudire nommément les « gens du Livre » (juifs et chrétiens) parce qu’« ils se moquent de la religion des musulmans » (5,57), il ne faut pas en parler, car il y a risque d’amalgame, de stigmatisation, d’islamophobie (…) Ainsi on est chaque fois dans une pensée totale : une critique sur les aspects violents que comporte l’islam, dans son texte fondateur, est exclue car elle est prise comme un rejet de tout l’islam, et un rejet de type raciste. C’est sans doute là le véritable amalgame que font ceux qui dénoncent l’amalgame. C’est le fait de mélanger le tout et la partie, et de poser que chaque chose est ce qu’elle est totalement, ou alors elle n’est pas. Or l’objet du débat, qui est le contenu du Coran, est justement partagé : un bon tiers de ce Livre est violent envers les juifs et les chrétiens. Cette partie correspond à ce qu’on appelle les sourates médinoises, les dernières, où Mahomet se déchaîne contre eux parce qu’ils ne l’ont pas suivi. L’autre partie du Coran, plus pacifique, transmet ce qu’il a élaboré dans sa période mecquoise, à partir de ce qu’il a appris des marchands juifs et chrétiens. Un problème majeur, c’est que la partie violente, qui demande que l’on combatte les injustes, les pervers, les infidèles que sont les juifs et les chrétiens, est édulcorée dans les traductions. On trouvera par exemple : Tuez les faiseurs de dieux partout où vous les trouverez. (9,5). (…) On peut dire que les extrémistes violents qui mettent en acte le texte dur, ont le mérite de le faire connaître aux autres musulmans, qui semblent l’ignorer et qui aimeraient s’en tenir aux parties calmes qu’ils connaissent. Ils refusent qu’on les amalgame avec ces extrémistes ; mais l’extrémisme est dans le texte, et nul ne peut dire à l’avance quelle personne ou quel groupe voudra soudain le mettre en acte. Des foules musulmanes nombreuses qui défileraient pour dénoncer cet extrémisme auraient le mérite de s’en démarquer réellement. Pour l’instant ce n’est pas le cas, la ritournelle obsédante qu’on répète est que la violence qui se réclame de l’islam provient de fous, de détraqués, de cas sociaux, mais qu’elle n’a rien à voir avec l’islam. On voit qu’elle a à voir de façon subtile : ce sont des gens calmes, discrets, comme tout le monde, qui soudain entrent en action. De braves psychologues s’échinent sur l’idée de passage à l’acte, mais elle est inopérante : un passage à l’acte, c’est quand les paroles manquent et que l’acte les remplace ; ici, les paroles sont déjà là, et demandent à être appliquées. Jusqu’à présent, très peu s’y essayaient, la présence islamique n’était pas assez importante dans le pays pour que l’idée d’appliquer la charia en France ait un sens. Mais s’il y a 6 millions de musulmans en France, il suffit que 2 % soient saisis de zèle pour qu’on ait 100 000 personnes décidées à agir. Or il suffirait de 10 000 pour que l’autocensure soit totale, et que la mise au pas dans les écoles, les cités, etc. soit vigoureuse.(…) En somme, les musulmans modérés, qui dénient tout simplement l’existence de la partie violente du Coran, pensent que leur déni couvrira cette partie violente sous des versets pacifiques ; en fait, leur déni protège cette partie violente et donc la transmet. De sorte que la partie dure de l’islam, celle qui en veut aux autres, se transmet efficacement par deux voies : le déni venant des modérés et l’action directe venant des extrémistes. Du reste, après l’exécution des journalistes, l’écart n’était pas si grand dans les discours entre : ils l’ont bien mérité, ils ont insulté le Prophète, et ils ont insulté le Prophète mais c’est une punition trop dure. La même nuance qu’on a connue après le 11 septembre 2001. (…) Bref, on traite des soldats d’un État et d’une Cause très précise comme des fous, des délinquants qui dérapent, des criminels de droit commun ; et c’est logique puisqu’on ne veut pas reconnaître l’existence d’une partie violente de l’islam, qui est endossée et prise en charge par un nombre important de personnes. Il y aura donc régulièrement des sacrifices humains pour payer ce déni qui se révèle confortable. (…) Donc (…) c’est cette liberté [d’expression] que l’on va enterrer en grand cortège. Daniel Sibony
Israël vit avec le terrorisme aveugle au quotidien depuis le jour de sa création. Nous n’avons pas connu d’autre mode de vie donc, nous n’avons eu aucun problème pour nous y adapter. Mais l’Europe à l’habitude d’un autre genre de vie : la bonne vie, sans restriction et sans souci. Si la terreur islamique menacent de priver les Européens de leur mode de vie, ils [les Européens] n’auront en fin de compte pas d’autre choix que de décider entre ces deux alternatives : se soumettre ou se battre. Expert en contre-terrorisme israélien
Les Européens ont quatre problèmes. Trois d’entre eux portent sur des fondamentaux, le troisième est technique. Le premier problème c’est une question de définition. Il faut appeler un chat un chat. La terreur à laquelle ils doivent faire face actuellement n’est pas idéologique. Il ne s’agit ni des Brigades Rouges [Italie] ni de la Bande à Bader [allemande], et n’est même pas une terreur d’origine criminelle. Cette terreur est alimentée par une forte idéologie religieuse. Certes, il est difficile pour les Européens de se l’avouer, mais le fait est que, bien que tous les musulmans ne soient pas des terroristes, tous les terroristes à notre époque sont musulmans. Vous ne pouvez pas gagner la guerre sans une identification précise de l’ennemi. Le deuxième problème, c’est le renseignement. Il faut avoir une bonne connaissance du terrain et du milieu dans lequel gravitent les terroristes, pour obtenir des renseignements. Après tout, il est clair que ces terroristes ne se trouvent pas parmi la population calviniste suisse. Il n’y a pas d’autre moyen que d’utiliser des méthodes de renseignement agressives. La formule éprouvée et qui a fait ses preuves, c’est que si vous ne les mettez pas sur écoute, vous ne saurez rien. Oui, les populations civiles, aussi. Et oui, vos propres citoyens. Parce que ce sont vos citoyens aussi, qu’ils se fondent parmi eux, ont étudié dans votre système scolaire et c’est pourquoi vous n’avez pas le choix. Vous devez recourir aux écoutes électroniques, les prendre en filature, parce que sans cela il n’y a pas de renseignements et sans renseignements, vous ne pouvez pas gagner la guerre. C’est ce que la France a appris à ses dépends la semaine dernière. Le troisième problème, c’est l’utilisation des renseignements. Dans le milieu de criminalité qui relève du pénal, si les malfaiteurs sont sur écoute électronique et que vous les entendez planifier de braquer une banque, vous ne pouvez pas faire grand chose, sauf continuer à avoir l’œil sur eux. Vous ne pouvez pas poursuivre les gens pour leurs intentions. Mais quand il s’agit de terrorisme, où tant de vies humaines sont en jeu, vous n’avez pas d’autre choix que de prendre des mesures préventives, au moins d’avoir recours à des détentions administratives. Le quatrième problème est d’ordre technique. L’Europe est composée de 28 états et 28 forces de police. Il n’y a pas de système fédéral qui intègre toutes les informations. Vous pouvez voyager du Portugal à la Lituanie sans être contrôlé, même une seule fois en chemin. Dans ce contexte, vous pouvez faire un attentat quelque part puis disparaître, sans que personne ne soit en mesure de vous traquer. Vous ne pouvez pas lutter contre le terrorisme de cette façon. Amidror
Pour éviter et stopper la vague actuelle de radicalisation en Europe, il est indispensable d’intervenir ainsi dans la vie civique. Les autorités doivent créer des institutions qui doivent travailler à combler le fossé culturel entre les musulmans et les populations européennes. La radicalisation est le résultat du désespoir et de la jeunesse qui a le sentiment d’être privée de perspectives économiques. Des mouvements de jeunesse et des centres culturels doivent être fondés ; des ressources, de l’énergie et de la matière grise doivent être investis. C’est un processus long et sisyphique, mais c’est la vraie solution. L’organisation du renseignement et ses applications dont je viens de parler sont des mesures immédiates à prendre pour stopper le carnage, mais pas des solutions sur le long terme. Igra
Je conseille aux Européens de déplacer leurs curseurs entre ces deux opposés, tous deux d’importance ; d’une part un ensemble de valeurs : la vie privée et les droits humains, et d’autre part le droit des êtres humains à la vie et l’obligation qui en découle de préserver leur sécurité. Les Israéliens et les Américains ont trouvé un point d’équilibre entre les deux, avec lequel les autorités qui appliquent la loi sont autorisés [une fois l’autorisation reçue et assortie des restrictions appropriées] de recueillir des renseignements sur des citoyens du pays pour le bien et la sécurité de tous et parer au terrorisme. Les Européens sont prisonniers de leur discours « politiquement correct », et ne sont pas efficaces pour lutter contre le terrorisme. C’est pourquoi ils sont limités dans la lutte anti-terroriste au niveau national. En outre, ils n’empêchent pas le retour des combattants étrangers qui possèdent des passeports européens et se sont rendus au Moyen-Orient pour y être formés au combat dans des organisations comme al-Qaïda, Jabhat al-Nusra, l’État islamique et autres organisations djihadistes radicales. Ils ne surveillent pas assez ceux qui reviennent en Europe avec un passeport européen – tant qu’ils n’ont pas commis un crime en Europe – et quand cela arrive, il est parfois trop tard. Surtout qu’ils ne sont pas disposés à ficher ces combattants et les mettre sur des listes de personnes à surveiller par les renseignements », et pour recueillir des renseignements sur eux. Ancien chef du renseignement militaire israélien

Et si on revenait à Camus ?

Alors qu’une semaine après la vague d’attentats terroristes islamiques qui, comme son nom l’indique, a terrorisé la France et l’Europe et le monde …

Et quelques jours après la marche dite « républicaine » qui, comme son nom ne l’indique pas, était censée réarmer la France, l’Europe et le monde libre contre la censure islamique et son bras armé terroriste  …

Pendant que face à notre indifférence tant l’Etat islamique (pardon: Daesh) que Boko haram, nos djihadistes (se) tuent à nous rappeler la cruelle vérité de l’islam …

Sans parler de l’appel solennel (qui en a parlé ou en parle justement encore deux semaines à peine après?)  du président égyptien à une urgente réforme de l’islam …

Qui reparle encore de la courageuse banderole des supporters de Bastia, menacés de poursuites judiciaires par un ressortissant d’un Etat financier avéré du terrorisme islamique?

Et comment ne pas voir, avec le psychanalyste français Daniel Sibony comme avec les experts d’un pays qui vit avec depuis sa (re)création et contre son susdit « enterrement en grand cortège » de dimanch …

Cette vérité et réalité et la difficulté toute particulière d’une France et d’une Europe (mais l’absence remarquée du soi-disant chef du Monde libre dimanche n’est pas spécialement rassurante) avec une loi islamique adossée à la violence du Coran (ou plus précisément à sa partie violente) qui « en France consiste à empêcher qu’on la nomme » et donc qu’on la combatte ?

Des experts israéliens en contre-terrorisme conseillent à l’Europe d’appeler un chat un chat
 AlMonitor
14 janvier 2015

Trois hauts fonctionnaires spécialistes du terrorisme sont formels ; si la France veut faire face à la menace terroriste il va falloir qu’elle accepte certaines vérités.
Trois hauts fonctionnaires qui ont consacré leur vie à des questions tournant autour de la sécurité, des renseignements et de la terreur se sont exprimés au sujet de la vague de terreur islamique qui a déferlé sur l’Europe et les moyens d’y faire face.

Le premier est le major-général. (de Réserve.) Yaakov Amidror, ancien haut gradé dans les renseignements militaires israéliens et PDG du ministère de la défense. Il était jusqu’à présent chef du Conseil national de sécurité d’Israël et conseiller en sécurité nationale auprès du Premier ministre Benjamin Netanyahu (jusqu’en Novembre 2013).

Le second est Rami Igra, ancien fonctionnaire supérieur du Mossad spécialisé dans les questions de terrorisme et ancien chef de division dans la branche active de l’organisation de renseignement israélien.

Le troisième, qui a préféré garder l’anonymat, est également un ancien fonctionnaire haut placé dans les services de renseignement israéliens, qui a servi en tant que chef du renseignement militaire.

« Les Européens ont quatre problèmes », a déclaré Amidror. « Trois d’entre eux portent sur des fondamentaux, le troisième est technique.

Le premier problème c’est une question de définition. Il faut appeler un chat un chat. La terreur à laquelle ils doivent faire face actuellement n’est pas idéologique. Il ne s’agit ni des Brigades Rouges [Italie] ni de la Bande à Bader [allemande], et n’est même pas une terreur d’origine criminelle. Cette terreur est alimentée par une forte idéologie religieuse. Certes, il est difficile pour les Européens de se l’avouer, mais le fait est que, bien que tous les musulmans ne soient pas des terroristes, tous les terroristes à notre époque sont musulmans. Vous ne pouvez pas gagner la guerre sans une identification précise de l’ennemi « .

« Le deuxième problème, » a ajouté Amidror, « c’est le renseignement. Il faut avoir une bonne connaissance du terrain et du milieu dans lequel gravitent les terroristes, pour obtenir des renseignements. Après tout, il est clair que ces terroristes ne se trouvent pas parmi la population calviniste Suisse. Il n’y a pas d’autre moyen que d’utiliser des méthodes de renseignement agressives. La formule éprouvée et qui a fait ses preuves, c’est que si vous ne les mettez pas sur écoute, vous ne saurez rien. Oui, les populations civiles, aussi. Et oui, vos propres citoyens. Parce que ce sont vos citoyens aussi, qu’ils se fondent parmi eux, ont étudié dans votre système scolaire et c’est pourquoi vous n’avez pas le choix. Vous devez recourir aux écoutes électroniques, les prendre en filature, parce que sans cela il n’y a pas de renseignements et sans renseignements, vous ne pouvez pas gagner la guerre. C’est ce que la France a appris à ses dépends la semaine dernière « .

« Le troisième problème », a déclaré Amidror, « c’est l’utilisation des renseignements. Dans le milieu de criminalité qui relève du pénal, si les malfaiteurs sont sur écoute électronique et que vous les entendez planifier de braquer une banque, vous ne pouvez pas faire grand chose, sauf continuer à avoir l’œil sur eux. Vous ne pouvez pas poursuivre les gens pour leurs intentions. Mais quand il s’agit de terrorisme, où tant de vies humaines sont en jeu, vous n’avez pas d’autre choix que de prendre des mesures préventives, au moins d’avoir recours à des détentions administratives « .

La quatrième problème, selon Amidror, est d’ordre technique. « L’Europe est composée de 28 états et 28 forces de police. Il n’y a pas de système fédéral qui intègre toutes les informations. Vous pouvez voyager du Portugal à la Lituanie sans être contrôlé, même une seule fois en chemin. Dans ce contexte, vous pouvez faire un attentat quelque part puis disparaître, sans que personne ne soit en mesure de vous traquer. Vous ne pouvez pas lutter contre le terrorisme de cette façon « , a-t-il dit.

Igra a été encore plus cinglant. « La seule façon dont les services de sécurité européens peuvent faire face à la menace terroriste musulmane c’est en prenant en compte cette réalité et en ciblant la population musulmane pour la collecte de renseignements et surtout il ne faut pas les lâcher », a-t-il dit. « Il n’y a pas d’autre alternative que d’en venir là ; sinon, il n’y a aucune chance de parvenir à des résultats vu la constellation terroriste de l’époque contemporaine. Il faut couvrir toute la population cible sur l’ensemble du territoire. Cette méthode est employée par le Shin Bet israélien et nécessite que des agents fassent de la collecte de renseignements en étant infiltrés dans la population des quartiers sous leur responsabilité. C’est exactement comme la police de quartier, qui patrouille dans les quartiers sous sa responsabilité pour y maintenir l’ordre et la sécurité. Ce procédé nécessite aussi des coordinateurs sur le terrain et l’exploitation de ressources humaines [agents] au sein de la population. Ces agents surveillent les éléments potentiellement suspects qui pourraient devenir des menaces terroristes. Dès qu’un agent de collecte de renseignements identifie un civil qui éveille ses soupçons, l’agent mettra des moyens supplémentaires pour le surveiller, humains ou technologiques, pour éliminer la menace « .

Mais là il est question de l’Europe, ai-je dit à Igra ; pas de Naplouse ni de Tulkarem, ni même de Gaza. Nous parlons de Paris, Bruxelles, Berlin et Genève. Pays des droits de l’homme, de la protection de la vie privée, de la la liberté – tout cela sont des valeurs suprêmes là-bas.

« Je sais, » a dit Igra. « J’espère que les Européens n’auront pas à apprendre de façon trop cruelle qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’apporter des modifications législatives qui permettront à l’Etat de recruter et d’exploiter des agents de renseignement au sein des populations à risque. S’il existait une autre façon de faire efficace, je serais heureux de la connaitre « , a-t-il ajouté. « Les agents de renseignement peuvent également être recrutés en leur offrant des avantages de la part du gouvernement, c’est aussi une méthode qui a fait ses preuves. Et n’oubliez jamais que, finalement, l’objectif est de préserver la vie humaine, et c’est, à mon avis, le saint des saints. Le droit à la vie surpasse tous les autres droits. « 

J’ai demandé a Igra, « Il n’y a pas de méthodes moins invasives sur le plan des droits civiques pour faire face au problème ? » Il a répondu que « pour éviter et stopper la vague actuelle de radicalisation en Europe, il est indispensable d’intervenir ainsi dans la vie civique. Les autorités doivent créer des institutions qui doivent travailler à combler le fossé culturel entre les musulmans et les populations européennes. La radicalisation est le résultat du désespoir et de la jeunesse qui a le sentiment d’être privée de perspectives économiques. Des mouvements de jeunesse et des centres culturels doivent être fondés ; des ressources, de l’énergie et de la matière grise doivent être investis. C’est un processus long et sisyphique, mais c’est la vraie solution. L’organisation du renseignement et ses applications dont je viens de parler sont des mesures immédiates à prendre pour stopper le carnage, mais pas des solutions sur le long terme. « 

La troisième personne interrogée, un ancien chef du renseignement militaire, d’accord avec les principes proposés par ses deux collègues a ajouté : « Je conseille aux Européens de déplacer leurs curseurs entre ces deux opposés, tous deux d’importance ; d’une part un ensemble de valeurs : la vie privée et les droits humains, et d’autre part le droit des êtres humains à la vie et l’obligation qui en découle de préserver leur sécurité.

Les Israéliens et les Américains ont trouvé un point d’équilibre entre les deux, avec lequel les autorités qui appliquent la loi sont autorisés [une fois l’autorisation reçue et assortie des restrictions appropriées] de recueillir des renseignements sur des citoyens du pays pour le bien et la sécurité de tous et parer au terrorisme.

« Les Européens sont prisonniers de leur discours « politiquement correct », et ne sont pas efficaces pour lutter contre le terrorisme. C’est pourquoi ils sont limités dans la lutte anti-terroriste au niveau national. En outre, ils n’empêchent pas le retour des combattants étrangers qui possèdent des passeports européens et se sont rendus au Moyen-Orient pour y être formés au combat dans des organisations comme al-Qaïda, Jabhat al-Nusra, l’État islamique et autres organisations djihadistes radicales. Ils ne surveillent pas assez ceux qui reviennent en Europe avec un passeport européen – tant qu’ils n’ont pas commis un crime en Europe – et quand cela arrive, il est parfois trop tard. Surtout qu’ils ne sont pas disposés à ficher ces combattants et les mettre sur des listes de personnes à surveiller par les renseignements », et pour recueillir des renseignements sur eux « .

Les trois éminences de la sécurité israéliennes, qui possèdent une expérience cumulée de 105 années de lutte contre le terrorisme, sont très conscientes que leurs propositions et leurs analyses ne peuvent être perçues par des oreilles européennes que comme un charabia incompréhensible, impossible et inadmissible. Pourtant, ils insistent qu’il n’y a pas d’autre moyen. L’un d’eux a dit : « Israël vit avec le terrorisme aveugle au quotidien depuis le jour de sa création. Nous n’avons pas connu d’autre mode de vie donc, nous n’avons eu aucun problème pour nous y adapter. Mais l’Europe à l’habitude d’un autre genre de vie : la bonne vie, sans restriction et sans souci. Si la terreur islamique menacent de priver les Européens de leur mode de vie, ils [les Européens] n’auront en fin de compte pas d’autre choix que de décider entre ces deux alternatives : se soumettre ou se battre.

Voir aussi:

À propos de l’exécution des journalistes de Charlie Hebdo et du meurtre des Juifs

Daniel Sibony

11 janvier 2015

    Au journal, ils pensaient travailler en France, sous la protection de la loi française. Erreur fatale : il y a la loi française et il y a aussi la charia, la loi islamique, qui aujourd’hui encore, dans des pays musulmans, punit de mort ceux qui se moquent de la religion, qui n’en parlent pas comme il faut, avec une dévotion sans réserve. Donc, un groupe d’islamistes qui est venu exécuter la charia sur ces journalistes qui, croyant vivre sous la loi française, ne pensaient pas transgresser, en faisant des caricatures de l’islam. Ils ont fait comme si, en France, la charia et la loi française n’étaient pas rivales. (Et dans certains territoires – que des historiens qualifient de perdus pour la République, puisque même la police n’y va pas –  il n’y a qu’une loi, la charia.) Et les juifs, dans leur boutique hyper-cachère, croyaient que la France les protégeait du djihad ; du djihad français.

       L’emprise de la charia en France, ne se réduit pas à des exécutions sommaires. Elle consiste plus largement à interdire toute critique sur l’islam, surtout chez les non-musulmans. (Et dire qu’il comporte la charia et le djihad, c’est une critique. Donc la charia en France consiste à empêcher qu’on la nomme.) Mais si des foules importantes sont prêtes à manifester quand la charia ordonne des exécutions, ou qu’elle appelle à la guerre sainte, très peu sont prêts à descendre dans la rue pour protester contre la censure. Et pour cause, la plupart ne s’en rendent pas compte. Les médias font le black out sur les agressions quotidiennes, et mènent un tir de barrage  contre tout  ce qui laisse entendre qu’il y aurait dans l’islam des appels à la violence envers les autres. Le Coran a beau maudire nommément les « gens du Livre » (juifs et chrétiens) parce qu’« ils se moquent de la religion des musulmans » (5,57), il ne faut pas en parler, car il y a risque d’amalgame, de stigmatisation, d’islamophobie (mon logiciel de dictée a écrit islam aux phobies…)

       Ainsi on est chaque fois dans une pensée totale : une critique sur les aspects violents que comporte l’islam, dans son texte fondateur, est exclue car elle est prise comme un rejet de tout l’islam, et un rejet de type raciste. C’est sans doute là le véritable amalgame que font ceux qui dénoncent l’amalgame. C’est le fait de mélanger le tout et la partie, et de poser que chaque chose est ce qu’elle est totalement, ou alors elle n’est pas. Or l’objet du débat, qui est le contenu du Coran, est justement partagé : un bon tiers de ce Livre est violent envers les juifs et les chrétiens. Cette partie correspond à ce qu’on appelle les sourates médinoises, les dernières, où Mahomet se déchaîne contre eux parce qu’ils ne l’ont pas suivi. L’autre partie du Coran, plus pacifique, transmet ce qu’il a élaboré dans sa période mecquoise, à partir de ce qu’il a appris des marchands juifs et chrétiens.

       Un problème majeur, c’est que la partie violente, qui demande que l’on combatte les injustes, les pervers, les infidèles que sont les juifs et les chrétiens,  est édulcorée dans les traductions. On trouvera par exemple : Tuez les faiseurs de dieux partout où vous les trouverez. (9,5). Or aujourd’hui, personne n’est vraiment un faiseur de dieux, donc la phrase semble anodine. Mais ceux qui l’apprennent en arabe savent qu’il s’agit des chrétiens (moushrikines) parce qu’ils font de Jésus un Dieu. Ayant vécu en terre arabe, je peux témoigner que l’accusation suprême, qu’il faut à tout prix éviter, c’est celle  d’avoir insulté la religion (la vraie, bien sûr, l’islamique) ou de s’en être moqué. On comprend que des croyants, soudain saisis  par un élan d’enthousiasme pour leur texte, puissent le mettre à exécution. On peut dire que les extrémistes violents qui mettent en acte le texte dur, ont le mérite de le faire connaître aux autres musulmans, qui semblent l’ignorer et qui aimeraient s’en tenir aux parties calmes qu’ils  connaissent.  Ils refusent qu’on les amalgame avec ces extrémistes ; mais l’extrémisme est dans le texte, et nul ne peut dire à l’avance quelle personne ou quel groupe voudra soudain le mettre en acte. Des foules musulmanes nombreuses qui défileraient pour dénoncer cet extrémisme auraient le mérite de s’en démarquer  réellement. Pour l’instant ce n’est pas le cas, la ritournelle obsédante qu’on répète est que la violence qui se réclame de l’islam provient de fous, de détraqués, de cas sociaux, mais qu’elle n’a rien à voir avec l’islam. On voit qu’elle a à voir de façon subtile : ce sont des gens calmes, discrets, comme tout le monde, qui soudain entrent en action. De braves psychologues s’échinent sur l’idée de passage à l’acte, mais elle est inopérante : un passage à l’acte, c’est quand les paroles manquent et que l’acte les remplace ; ici, les paroles sont déjà là, et demandent à être appliquées. Jusqu’à présent, très peu s’y essayaient, la présence islamique n’était pas assez importante dans le pays pour que l’idée d’appliquer la charia en France ait un sens. Mais s’il y a 6 millions de musulmans en France, il suffit que 2 % soient saisis de zèle pour qu’on ait 100 000 personnes décidées à agir. Or il suffirait de 10 000 pour que l’autocensure soit totale, et que la mise au pas dans les écoles, les cités, etc. soit vigoureuse.

        La réalité semble montrer que l’islam s’intègre à la France si la France s’intègre à l’islam, c’est-à-dire s’aligne sur lui sans objecter.

       En somme, les musulmans modérés, qui dénient tout simplement l’existence de la partie violente du Coran, pensent que leur déni couvrira cette partie violente sous des versets pacifiques ; en fait, leur déni protège cette partie violente et donc la transmet. De sorte que la partie dure de l’islam, celle qui en veut aux autres, se transmet efficacement par deux voies : le déni venant des modérés et l’action directe venant des extrémistes.

       Du reste, après l’exécution des journalistes, l’écart n’était pas si grand dans les discours entre : ils l’ont bien mérité, ils ont insulté le Prophète, et ils ont insulté le Prophète mais c’est une punition trop dure. La même nuance qu’on a connue après le 11 septembre 2001.

       Si les modérés veulent se démarquer de la charia et du djihad, ils ont tout loisir de les dénoncer comme tels. Pour l’instant, ils nient que cela existe dans le Coran.

       Mais tout cela est secondaire par rapport à l’attitude de l’Etat français. Il ne changera pas l’islam, mais peut-il empêcher que l’islam le change? Jusqu’ici, il a repris à son compte ce même déni, il s’interdit de traiter les  intégristes violents comme les combattants d’une idéologie voire d’un pays, l’État islamique. Donc, il leur applique les mesures légales qui protègent l’accusé dans un Etat de droit. Il connaît les réseaux, et il les « suit » de près jusqu’à ce que le meurtre soit commis moyennant quoi il a la preuve que tel et tel, dont on ne l’aurait vraiment pas cru, a tué. Ce fut le cas pour Mérah comme pour les deux frères qui ont « tué Charlie hebdo » On n’avait pas de preuves suffisantes pour les arrêter, jusqu’à ce que la preuve soit inutile. Bref, on traite des soldats d’un État et d’une Cause très précise comme des fous, des délinquants qui dérapent, des criminels de droit commun ; et c’est logique puisqu’on ne veut pas reconnaître l’existence d’une partie violente de l’islam, qui est endossée et prise en charge par un nombre important de personnes.

       Il y aura donc régulièrement des sacrifices humains pour payer ce déni qui se révèle confortable. À long terme, ce déni fait tort à l’islam, puisqu’il le pose comme une entité totale, sans faille, faite d’amour et de tolérance. Il faudra beaucoup d’ignorance et un fort matraquage idéologique pour faire croire qu’il n’y a pas de djihad dans l’islam, sachant que le vaste empire islamique s’est formé au fil des siècles par des djihads successifs.

       En analysant la question des caricatures, comme symbole[1], j’ai montré la difficulté d’auteurs musulmans éclairés à admettre réellement la liberté d’expression. C’est qu’elle entrave leur déni des parties violentes. Donc, à moins d’un réel sursaut  (mais d’où viendrait-il ?), c’est cette liberté que l’on va enterrer en grand cortège. Pourtant l’immense majorité de ceux qui vont défiler sont contre la charia et contre le djihad – qui a encore tué des juifs. Ce sera dur, d’entendre répéter qu’on est contre cette violence  qui n’a rien à voir avec l’islam, qu’elle est importée du dehors, de l’étranger (l’idée que le Coran est importé de l’étranger semble bizarre alors que des écoles coraniques en France enseignent sagement les versets en question.) Ce sera pénible à entendre, parce que Charlie Hebdo touchait à l’islam (qui doit rester intouchable), et qu’il a été tué par des gens qui appliquaient les parties dures de l’islam. Et les autres sont morts parce que « juifs », symbole de ce qui est à la source du Coran, et que le Coran s’acharne en vain à réduire.

[1] Voir Islam, Phobie, Culpabilité

Voir encore:

Chronique de Michaël Bar-Zvi
mercredi 14 janvier 2015
Boker tov amis auditeurs de Radio J.  La France a-t-elle pris du conscience du danger qui la guette depuis des années  et dont elle a trop souvent nié l’existence ? A-t-elle pris la mesure des changements profonds qu’elle devra accomplir dans son état d’esprit, dans sa vie quotidienne, et dans sa volonté politique pour vaincre le fléau qui la menace ?

Rien n’est moins sûr et les premiers signes au lendemain d’une mobilisation sans précédent et d’un grand happening national ne sont pas encourageants. Il faut espérer que nous ne sommes pas en train de revivre les heures tragiques de l’après Munich, lorsqu’en 1938 une foule en délire pensait avoir sauvé la paix alors qu’elle se condamnait à une guerre en situation d’infériorité.

Aucune guerre n’a jamais été gagnée par une manifestation, aussi importante soit-elle ; ce qui ne signifie pas qu’il faut se priver de cet outil de démonstration. Cependant, l’important ce n’est pas l’esprit bon enfant, la convivialité, l’âge des participants, l’originalité des pancartes ou le nombre de célébrités reconnues, mais de s’entendre sur la nature de cette guerre, sur son sens, sur les valeurs communes qu’elle entend porter, et sur l’ordre qu’elle entend rétablir.

Or on assiste, comme souvent dans la société française, à un déplacement à la fois sémantique et psychologique des questions et des problèmes. Comment peut-on croire un instant que les événements tragiques de la semaine dernière ont un rapport quelconque avec la laïcité ? Car de deux choses l’une, ou bien on dit laïcité pour ne pas dire islamisme intégral (et alors il faut se demander pourquoi ?), ou bien on ne comprend pas le terme de laïcité, qui, par définition, si j’ai bien relu mon dictionnaire grec provient de l’adjectif laïkos, dont l’origine est le mot laos et induit l’existence d’un peuple sacré.

Réduire le conflit moral et politique avec le salafisme ou le djihadisme à un débat entre l’esprit de Voltaire, la tolérance ou les idéaux de la Révolution avec le Coran est une vision intellectuellement bien pauvre de ce qu’est la France, surtout si l’on se souvient de l’antisémitisme virulent de l’auteur de Candide, du génocide vendéen ou de l’application de la guillotine par la Terreur révolutionnaire.

On peut ne pas aimer le Premier ministre israélien, blessé lui-même dans la libération d’otages dans l’avion de la Sabena en 1972 et dont le frère a été tué lors de l’opération d’Entebbé, mais ses propos, que certains ont trouvé malpolis, sur la possibilité de retour des Juifs, auront au moins servi à faire dire aux politiques français ce que nous n’avions pas entendu auparavant aussi fortement.

La France sans le peuple d’Israël n’est pas la France, non pas les Juifs en tant qu’individus mais les Juifs en tant que peuple, car on le sait le mot de religion n’existe pas en hébreu et le judaïsme se définit non pas par une foi mais par une alliance et la reconnaissance d’une loi.

Donner une place au peuple juif en France, ce n’est pas seulement accorder aux Juifs des droits de citoyens, mais comprendre leur apport spirituel, culturel, politique à l’histoire de la nation. Il ne s’agit pas de bénéficier d’un abri pour établir un « vivre-ensemble » dans lequel les Juifs meurent seuls, mais de bâtir l’arche vivante d’une demeure dont Paris et Jérusalem seront à l’avenir les piliers.

Voir encore:

L’appel ambitieux du Président égyptien à réformer l’Islam

Abdel Fattah el-Sissi fait encore un effort des plus audacieux pour se positionner comme modernisateur de l’Islam et déclare son objectif affiché de purger l’Islam de ses fondamentaux extrémistes d’intolérance et de violence qui alimentent des groupes tels qu’Al-Qaïda et l’Etat Islamique.
Le Président égyptien a inauguré la nouvelle année par un appel détonnant à une « révolution » en Islam, pour réformer les interprétations de cette foi, ancrées depuis des centaines d’années, qui, dit-il, a fait du monde musulman une source de « destruction » et qui le noyautent pour l’ériger contre le reste du monde.

Ce discours représente, à ce jour, l’effort le plus audacieux d’Abdel-Fattah el-Sissi de se positionner en tant que modernisateur de l’Islam. Son but affiché est de purger l’Islam des idées extrémistes d’intolérance et de violence qui nourrissent des groupes, tels qu’Al Qaeda et l’Etat Islamique – et qui se trouvent bien derrière l’attentat de mardi à Paris contre l’équipe d’un journal satirique français, qui a mené au meurtre de 12 personnes.

Des Egyptiens prient au sanctuaire du petit-fils de Mahomet. (Photo : Reuters)

Mais ceux qui cherchent encore le « Martin Luther King musulman », conduisant à une réforme radicale de l’Islam peuvent être dépassés – et font, pour commencer, une comparaison erronée. El-Sissi cherche clairement à provoquer un changement mené par l’appareil d’Etat, en utilisant les institutions du gouvernement, comme l’Institut al-Azhar, vieux de 1.000 ans, l’un des centres les plus éminents de la pensée et de l’enseignement musulmans sunnites.

La vision du changement d’al Azhar, cependant, se fait au coup par coup et reste conservatrice, en se focalisant sur le formalisme du message et la sensibilisation, mais redoute de pousser l’investigation plus en profondeur sur des sujets plus controversés.

Des Musulmans prient au sanctuaire du petit-fils de Mahomet. (Photo : Reuters)

Les responsables d’al Azhar gèrent une chaîne YouTube récemment lancée pour atteindre les jeunes, en imitant les réseaux sociaux des radicaux qui parviennent à sensibiliser avec succès la jeunesse privée de ses droits. Ils signalent fièrement que les dignitaires religieux portent des chemises sur les vidéos, et non les robes et turbans traditionnels d’al-Azhar, afin de se rendre plus accessibles.

Les jeunes gens « ont une image négative de cet accoutrement », explique Mohie Eddin Affifi, un des responsables d’al-Azhar. « Dès qu’ils l’aperçoivent, ils n’écoutent plus rien ».

Un musulman Soufi en Egypte. (Photo : Reuters)

Dans un effort encore plus ambitieux, les manuels scolaires des écoles religieuses sont en phase de relecture et de révision. Afifi affirme que les textes soulignant les règles liées à l’esclavage, par exemple, ont, purement et simplement, été supprimés.

Il s’agit d’un réel problème à travers le monde musulman : les institutions religieuses d’Etat sont accablées par la stagnation et le lourd contrôle des autorités.

Depuis des décennies, al-Azhar a perdu sa crédibilité aux yeux d’une grande partie de la jeunesse musulmane qui la perçoivent comme un porte-parole de l’Etat, plutôt que comme un interprète honnête de la religion en tant que telle. L’appel au retour vers les racines de la foi sont beaucoup plus attrayants, pour les jeunes gens et jeunes femmes en quête d’identité dans un monde qui change rapidement, y compris lorsqu’il parvient de la part des extrémistes d’al Qaïda et de l’Etat Islamique.

Lors de son discours du 1er janvier, s’adressant devant les dignitaires religieux, à la Fondation Al Azhar – qui se teniat pour marquer l’anniversaire du Prophète Mahomet – el-Sissi les a appelé à promouvoir une lecture des textes islamiques d’une façon nouvelle et « vraiment éclairée », de façon à reconsidérer des concepts « qui ont été consacrés depuis des centaines d’années.

Par de tels systèmes de pensée, le monde islamique « est en train de se faire des ennemis à travers le monde entier. Aussi, 1, 6 milliard de gens (dans le monde musulman) en viendraient à tuer les 7 milliards du monde entier ? C’est impossible… nous avons besoin d’une révolution religieuse ».

Les radicaux – et les opposants islamistes d’al-Sissi, qui ont de nombreux adepyes religieux – ont dénoncé avec colère les propos d’Al-Sissi, en affirmant qu’il tentait de coroompre la religion. Même les Laïcs, qui devraient, normalement, aider à promouvoir une interprétation plus moderne de l’Islam, ont froncé les sourcils, quant à l’approche statique d’al-Sissi, face à un problème aussi compliqué. « Une révolution approuvée par l’Etat ? », s’interroge Amina Khairi, éditorialiste au sein du journal al-Watan, généralement favorable à l’Etat.

Et même des responsables religieux proches de l’Etat repoussent l’idée de l’emploi du mot « révolution » et toute idée d’un changement radical.

Affifi, d’Al-Azhar, a déclaré à l’AP qu’Al-Sissi ne voulait pas dire qu’il fallait changer les textes – un point qu’al-Sissi a rapidement tenu à rendre clair, lors de son discours.

« Ce que le Président a voulu dire, c’est qu’il nous faut aboutir à une lecture contemporaine des textes religieux, pour faire face à notre réalité contemporaine », a précisé Affifi, qui est secrétaire-général du Centre de Recherche Islamique. Le centre est un organisme d’Al-Azhar, responsable de l’étude des thèmes islamiques et de la formation de prêcheurs capables d’expliquer les affaires religieuses, à l’attention de la police, de l’armée, des écoles, du gouvernement et des entreprises privées. Il est aussi responsable de la censure.

Il a déclaré qu’Al-Azhar travaille déjà depuis des mois autour d’une telle campagne, à la suite des appels à la modernisation de la foi qu’a fait Al sissi, depuis sa campagne présidentielle de mai. Des Commissions examinent les manuels utilisés dans le vaste réseau des hautes écoles et des universités qu’Al Azhar dirige à travers toute l’Egypte, afin de supprimer des choses qui « n’ont pas leur place dans la vie moderne ». Les textes portant sur l’esclavage et le refus de saluer les Chrétiens et les Juifs, par exemple, ont été supprimés.

Affifi affirme que les postures autour de problèmes comme l’esclavage, le Jihad et les relations envers les non-Musulmans ont été adoptées par des érudits il y a cinq cent ans, dans un contexte politique et historique particulier. « Il s’agissait des opinions des savants, mais ces interprétations n’ont rien de sacré ».

Il s’agit aussi d’une poussée visant à encourager un nationalisme que les dirigeants perçoivent comme un sentiment religieux trop modéré. Cette semaine, al-Sissi a assisté aux offices de Noël des Chrétiens orthodoxes coptes d’Egypte et il a déclaré que les Egyptiens ne devraient pas se percevoir comme Chrétiens ou Musulmans, mais d’abord comme Egyptiens.

Le Cheikh d’Al Azhar a lancé une campagne, au sein des écoles et des universités, pour promouvoir le message disant que « l’amour de la Nation fait partie intégrante de la foi », selon Affifi. Al-Azhar projette aussi d’introduire un cours de culture islamique totalement rénové dans toutes les universités d’Egypte, d’après Affifi.

Les Frères Musulmans

Pour Al Sissi, son élan vers la modernisation n’est pas seulement lié à la violence des groupes extrémistes au Moyen-Orient et à travers le monde. Il s’enracine aussi profondément dans sa rivalité politique avec les Frères Musulmans. Al-Sissi, alors chef de l’armée, a mené le renversement d’un Président élu issu des Frères Musulmans, en juillet 2013, et depuis lors a frappé dur dans la répression des Islamistes, faisant des centaines de tués dans des combats de rue et des milliers de prisonniers.

Pour contrer les prétentions des Islamistes au monopole de la religiosité, al-Sissi s’est présenté, tout au long de sa montée en puissance, comme un promoteur pieux d’un courant majoritaire d’Islam modéré.

En même temps, son gouvernement a montré assez peu de tolérance envers la dissidence d’où qu’elle vienne. Cela soulève un problème majeur avec sa « révolution religieuse » – le contrôle de l’Etat sur la réforme religieuse risque juste de l’étouffer. Al-Azhar a toujours prétendu être le bastion de l’Islam « modéré », mais elle a condamné au silence les réinterprétations progressistes et libérales, au moins aussi souvent que les radicaux le font.

« Toute modernisation religieuse se fera, en définitive, contre l’avis d’Al Azhar, puisque c’est la forteresse conservatrice du système », affirme Amr Ezzat, chercheurs sur les questions religieuses du mouvement de l’Initiative égyptienne pour les Droits Individuels ». « L’Autorité de la religion sur la vie moderne et les lois est, précisément, le point qui doit être revu de fond en comble. Ce dont nous avons le plus besoin c’est de la liberté d’avoir un discours religieux pluraliste permettant d’enrichir la discussion, parce que, comme cela se présente, c’est le pluralisme qui est hors-la-loi ».

Le contrôle d’al Azhar par l’Etat rend bien moins probable que les plus vulnérables au Jihadisme puissent essayer d’entendre ce message.

Associated Press

Israel News

Voir enfin:

Des intellectuels de confession musulmane appellent à une «révolution» dans l’islam
Laure Mandeville
Le Figaro
13/01/2015 à 19:45

Pour Naser Khader, ancien membre du Parlement danois d’origine syrienne, «les islamistes radicaux sont les nazis de l’islam». Il estime que les musulmans sont à même de les combattre.
Ce dimanche, dans le New York Times, 23 intellectuels musulmans influents des États-Unis, du Canada et de Grande-Bretagne, soutenus par le Gatestone Institute, ont signé un appel vibrant à une «réforme de l’islam». «Que peuvent faire les musulmans pour se réapproprier leur “belle religion”», s’interrogent-ils, soulignant que les massacres, les décapitations et mutilations perpétrés par l’État islamique, les prises d’otages de jeunes filles innocentes orchestrées par Boko Haram ou la mise en esclavage de chrétiens en Irak sont autant de crimes menés au nom d’Allah. «Notre déni et notre silence relatif doivent cesser», écrivent ces personnalités.

«Nous devons nous engager dans la promotion de réformes quand nécessaire, y compris une réinterprétation honnête et critique des écritures et de la charia, utilisées par les islamistes pour justifier la violence et l’oppression.» «La théocratie est un échec prouvé», disent-ils encore. «Le chemin vers la justice et la réforme doit se faire à travers la liberté», ajoutent ces musulmans laïcs, dévoués à la cause de la démocratie. Un propos bien éloigné du discours généralement entendu dans le monde musulman, selon lequel l’islam n’a rien à voir avec les dérives terroristes de certains de ses membres.

Parmi les signataires, se trouve notamment Naser Khader, un ancien membre du Parlement danois, d’origine syrienne, qui y a créé une association «des démocrates musulmans» pendant la crise des caricatures de 2006. Aujourd’hui chercheur au Hudson Institute de Washington, Khader est bien placé pour mesurer la gravité du défi qui se pose à l’Occident et à l’ensemble du monde musulman. Il a été très actif après 2006 au Danemark pour défendre le point de vue des musulmans laïcs contre la domination médiatique des radicaux islamistes. «J’en avais marre de leur monopole sur ce que doit être l’islam, c’était toujours eux que les journalistes allaient interviewer dans les mosquées, mais nous, les musulmans laïcs, avons notre mot à dire.» Il connaissait très bien les journalistes de Charlie Hebdo pour avoir témoigné à leur procès et aussi reçu un prix de la laïcité de la Mairie de Paris, dans le jury duquel figuraient presque tous les journalistes de Charlie.

La démocratie doit venir avant la religion
«J’ai essayé de créer des ponts. Ce que j’ai toujours expliqué aux musulmans, c’est que les Danois n’aiment pas ceux qui haïssent la liberté. Mais si vous êtes pour la liberté, vous serez toujours bien accueilli. Le fossé n’est donc pas entre promusulmans et antimusulmans, mais entre démocrates et antidémocrates», affirme Khader. «La démocratie doit venir avant la religion comme principe organisateur de la société», ajoute cet homme qui reçoit régulièrement des menaces de mort.

Naser Khader sait que seulement 20 % des musulmans danois sont d’accord avec lui, selon un sondage réalisé il y a quelques années. Mais il insiste pour qu’«une bataille s’engage à l’intérieur de la maison islam» afin que prévalent ces idées. «Pour moi, les islamistes radicaux sont les nazis de l’islam. Les gens les mieux placés pour les combattre sont les musulmans, nous devons être en première ligne. Actuellement, mon camp est petit, de même que celui des extrémistes, et au milieu il y a 80 % de gens passifs et silencieux, qu’il faut convaincre de nous rejoindre pour mener cette révolution», analyse l’ancien député, soulignant que pas un religieux n’a signé son appel pour l’instant.

Naser Khader affirme qu’Obama et Hollande«n’aident pas» en répétant sans cesse que les terroristes n’ont rien à voir avec l’islam. «Je ne suis pas d’accord. C’est l’islam aussi. En refusant de le reconnaître, les Occidentaux ne nous rendent pas service, à nous les musulmans démocrates. Car comment se battre si on n’identifie pas clairement l’ennemi?» Naser Khader se dit en revanche favorablement impressionné par les récentes déclarations du président égyptien al-Sissi qui a appelé à une révolution dans l’islam. «Il faut qu’il aille plus loin, dit-il. Qu’il explique qu’on ne peut continuer de tolérer que les juifs soient traités de singes et les chrétiens de cochons dans les mosquées égyptiennes.» «Il est très important que le pouvoir politique donne l’exemple, car les grands centres théologiques comme l’université al-Azar ne bougeront que s’ils se sentent soutenus», conclut Khader.

Voir par ailleurs:

Abdennour Bidar sur la nécessaire réforme de l’islam : « L’autocritique est la porte de la renaissance »
Abdennour Bidar, philosophe musulman français,

Le 13 octobre 2014,le philosophe musulman français Abdennour Bidar publiait dans l’hebdomadaire Marianne une Lettre ouverte au monde musulman (1) où il expliquait que l’indignation des musulmans face à  Daech (traduite par le mouvement «Not in my name») ne suffit plus, que le monde musulman doit cesser d’accuser l’Occident de ses maux, entamer son autocritique et réformer l’islam en profondeur – en légitimant la libre pensée. Dans un entretien accordé à Aujourd’hui le Maroc le 25 octobre 2014, (2) Abdennour Bidar développe sa vision d’un islam spirituel du XXIème siècle. Extraits :

Entre islam traditionnel et renonciation à la vie spituelle, une troisième voie est possible : celle d’un rapport libre à la religion (3)

Abdennour Bidar : J’appelle la culture de l’Islam à se réformer parce que je crois que nous devons sortir de l’alternative où nous sommes actuellement enfermés: soit garder l’Islam de la tradition, soit renoncer à la vie spirituelle. Une troisième voie est possible qui est d’imaginer une nouvelle vie spirituelle, un nouveau rapport à l’Islam, plus libre, plus personnel, plus en phase avec notre temps. Un Islam qui reconnaît le droit à chacun d’entre nous de choisir en son âme et conscience le musulman ou la musulmane qu’il veut être – sans jugement d’autrui, sans contrôle des uns sur les autres mais dans une reconnaissance et une tolérance pour la diversité interne de nos rapports à la religion.

Je crois en cette évolution parce que c’est ce à quoi aspirent aujourd’hui les jeunes générations : elles veulent un Islam libre, compatible avec la démocratie, les droits de l’Homme, l’égalité des femmes et des hommes, le respect du pluralisme des croyances religieuses et de toutes les convictions. C’est comme cela que j’espère convaincre le monde musulman : non pas en proposant le discours abstrait du philosophe mais en m’adressant directement à l’esprit et au cœur de chaque conscience musulmane, en répondant à ce qu’elle attend elle-même, c’est-à-dire un nouveau rapport à la culture, à la tradition, aux coutumes, un rapport libéré de tous les poids du passé…

« L’Occident est ‘sorti de la religion’ par la mauvaise porte, celle de l’abandon de la vie spirituelle, et les musulmans peuvent prendre une voie différente qui serait la régénération d’une vie spirituelle pour le XXIe siècle »

A cet égard j’entends souvent des musulmans me dire merci, «vous dites tout haut ce que beaucoup pensent tout bas» et vous nous donnez confiance dans notre droit à vouloir un autre islam qui n’a rien à voir avec le wahhabisme, le salafisme, le traditionalisme, et toutes ces fausses solutions qui voudraient ressusciter un passé imaginaire. Je crois que l’Occident est «sorti de la religion» par la mauvaise porte, celle de l’abandon de la vie spirituelle, et que les musulmans peuvent prendre une voie différente qui serait la régénération d’une vie spirituelle pour le XXIe siècle.

On me dit souvent, «vous les Occidentaux ne regardez que les terroristes, mais c’est l’arbre qui cache la forêt». Alors moi je demande : «Mais dans quel état est la forêt ?». Dans quel état est l’Islam dans son ensemble ? Dans quel état moral, social, politique, spirituel ? Je vois que c’est un monde qui souffre de multiples maladies, dont les groupes terroristes ne sont que le symptôme le plus grave, le plus visible. Mais derrière, il y a le traditionalisme, le littéralisme, le dogmatisme, c’est-à-dire tout ce qui transmet une sous-culture religieuse faite de taqlid, de répétition des traditions sans aucune éducation de l’individu à la réflexion personnelle: «Le Coran a dit, point», «la Sunna a dit, point». Tout ce que je dénonce dans mes livres comme une confusion entre Islam et soumission, religion et soumission. Mais Allah ne veut pas des esclaves ! Il veut des rois! Il a demandé aux anges de se prosterner devant Adam, dans la sourate Al Baqara. Et il a élevé Adam au rang de calife, chargé d’administrer l’univers avec justice. L’être humain est «Abderrahmane», «au service de la miséricorde»: c’est lui le roi de la terre qui fait exister la miséricorde divine sur la Terre. Il a été créé avec cette souveraineté et c’est pour cela qu’il est un être spirituellement libre: c’est à chacun de nous de choisir comment il veut servir la miséricorde. «La ikraha fi Din !»

« Ne pas laisser quelqu’un d’autre choisir mon islam à ma place. Refuser les discours de haine, de violence, de guerre, d’intolérance, de soumission et de domination »

Je suis philosophe, ce qui veut dire que pour moi c’est un combat de fond : au niveau des idées, et du «fond d’écran» de la civilisation de l’Islam. Ce fond d’écran c’est l’ensemble des fondements de notre spiritualité. Voilà ce qu’il faut revoir, il faut tout refonder, tout reprendre depuis le début que chacun relise aujourd’hui le Coran comme s’il venait de lui être révélé. Ne pas laisser quelqu’un d’autre choisir mon Islam à ma place. Refuser les discours de haine, de violence, de guerre, d’intolérance, de soumission et de domination. Entrer, comme le disait au XIIIe siècle le cheikh Al Akbar, Muhyiddin Ibn Arabi, dans une religion de l’amour.

[B]eaucoup de musulmans (…) sentent que le moment de l’autocritique est venu, parce que l’autocritique est la porte de la renaissance! Mais il faut que tous ces musulmans osent se mobiliser, osent agir, ne serait-ce qu’au niveau le plus modeste de l’éducation spirituelle qu’ils donnent à leurs enfants, et du modèle qu’ils donnent en société, en faisant la preuve par leur comportement de tous les jours d’une vie spirituelle à la fois riche et ouverte, profonde et tolérante, de telle sorte que, à la fois, l’image extérieure de l’Islam change, et que de l’intérieur ce soit une spiritualité de paix et d’approfondissement qui l’emporte. A cet égard, il y a beaucoup à prendre dans notre héritage soufi : un Islam discret, fait de vertus (générosité, désintéressement, tolérance) et de méditation profonde sur la beauté de l’univers, le mystère du cœur humain et de la présence qui s’y cache. L’Islam n’est pas dans les apparences – le vêtement, la barbe, etc. –, il est dans le secret d’un cœur ouvert aux autres, à la fraternité humaine avec tous nos frères humains de toutes couleurs et cultures. Il est dans la niya, l’intention de bien agir et de trouver le chemin de la sagesse. (…)

Le soufisme est le cœur spirituel de l’Islam. Il est à la fois malade et vivant. Il n’échappe pas à la dégradation spirituelle générale de l’islam du passé. Mais il contient toujours des germes de sagesse pour demain. Je prendrais volontiers une image : il y a dans le soufisme des graines de sagesse qui n’ont encore jamais été utilisées, qui sont restées inconnues pendant tous les siècles qui précèdent depuis la naissance de l’Islam. Aujourd’hui les sages ont reçu l’ordre – idhn, la permission divine – de les semer dans les cœurs et dans les sociétés, et nous allons tous être surpris des fruits et des fleurs qu’ils vont donner. Ce sera un nouveau Jardin spirituel que nous n’arrivons même pas à imaginer encore aujourd’hui. (…)

« [Le Printemps arabe] s’inscrit dans un processus à long terme : le monde musulman est en train, au prix de convulsions énormes, de s’arracher à son passé »

[Le Printemps arabe] s’inscrit dans un processus de long terme, à l’échelle de décennies et de siècles : le monde musulman est en train, lentement mais sûrement, et au prix de convulsions énormes, de régressions terribles parfois, c’est-à-dire de tragiques retours en arrière, de s’arracher tout de même à son passé, et de cheminer vers ce que mon ami le penseur Souleymane Bachir Diagne appelle l’équilibre entre la fidélité et le mouvement, l’équilibre entre le recueillement des héritages et l’invention de l’avenir. Ayons confiance, et essayons d’assumer chacun sa part de responsabilité dans cet immense processus en cours !

(1) Lettre ouverte aux musulmans, le 13 octobre 2014 :  http://www.marianne.net/Lettre-ouverte-au-monde-musulman_a241765.html

(2) Consulter l’interview intégrale sur Aujourd’hui le Maroc : http://www.aujourdhui.ma/maroc/societe/abdennour-bidar-%C2%ABpour-une-reforme-sereine-et-profonde-de-l-lslam%C2%BB-113861#.VFnwpzSsVUk

(3) Les sous-titres ont été ajoutés par la rédaction.

Voir de même:

Le Collectif contre l’islamophobie en France: un islamisme à visage humain?
Jean-Christophe Moreau

Huffington Post

27/12/2014

Suite à la présentation de notre essai Islamophobie, la contre-enquête par Caroline Fourest sur France Culture et à son émission Cahiers de doléances consacrée au racisme anti-musulman, un communiqué du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) dénonce la « forfaiture intellectuelle » de l’ennemie préférée des intégristes de tous bords.

Le CCIF s’y défend, avec beaucoup de véhémence, d’avoir jamais cherché à « disqualifier toute vigilance envers l’intégrisme ou le terrorisme », selon l’expression de cette dernière. Son seul objectif, assure-t-il, est « non pas [d’]étouffer toute critique de l’islam, ou [de] réclamer un traitement de faveur […] mais [de] repousser la diabolisation des musulmans, [de] faire rétablir dans leurs droits les victimes d’une nouvelle forme de discrimination. »

Créé en 2003, le CCIF entretient d’excellentes relations avec l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), laquelle s’inspire de l’idéologie des Frères musulmans égyptiens. Il exerce principalement deux fonctions : un travail de recensement des « actes islamophobes » à partir des dépôts de plaintes et des signalements qui lui sont directement rapportés, et une mission d’information et d’assistance juridique auprès des victimes.

Reconnu d’intérêt général en juin 2011, le CCIF est également membre consultatif du Conseil économique et social des Nations unies depuis septembre 2011. L’inventaire des « actes islamophobes » recensés par le CCIF a, curieusement, disparu de ses rapports annuels depuis cette consécration… Or, c’est en investigant sur eux que l’on saisit sa double nature. Car si l’association lutte contre des violences et des discriminations bien réelles (principalement liées au port du voile), elle profite de ce combat légitime pour faire avancer des causes plus suspectes.

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder de plus près certains des actes dénoncés par le CCIF entre 2003 et 2011.

En juillet 2004, il signale la « fermeture d’une école coranique à Grisy-Suisnes ». L’école en question avait été ouverte illégalement et, surtout, sa fermeture était consécutive à l’agression de trois journalistes par quatre personnes, dont son directeur, Mohamed Hammami, expulsé en 2012 suite à des prêches incitant au djihad et à la haine envers les Juifs.

En octobre 2006, il s’indigne d’un « rassemblement d’élus et de personnalités à Lyon contre la venue de Hani Ramadan »… dont on rappellera simplement qu’il a justifié l’application des châtiments corporels prévus par la charia, vantant entre autres les vertus dissuasives de la lapidation.

En mars 2007, il dénonce la « demande de fermeture de la mosquée de Noisy-le-Grand car les voisins de la mosquée se plaignent de voir des « barbus » ». Une fois encore, le lieu de culte a été ouvert en violation des règles d’urbanisme par une association salafiste refusant tout droit de visite aux autorités.

Le dernier exemple que je citerai, parmi des dizaines d’autres, mérite une attention particulière, tant il atteste du degré de mauvaise foi que peut atteindre le CCIF. En juillet 2012, il dénonce le licenciement, à Gennevilliers, de quatre animateurs qui, en période de Ramadan, refusaient de s’alimenter pendant leur travail. Le licenciement s’appuyait sur une clause ajoutée par la mairie au contrat de travail de tous les animateurs – leur imposant de « veiller à ce que les enfants et eux-mêmes se restaurent et s’hydratent convenablement » – après qu’une animatrice pratiquant le jeûne avait fait un malaise et provoqué un accident de la route dans lequel furent blessés plusieurs enfants.

Alors que le licenciement était manifestement lié à des considérations de sécurité, le CCIF a joué la surenchère en affirmant qu’« identifier le jeûne comme altérant la capacité au travail est […] stigmatisant et insultant pour l’ensemble des musulmans dans le monde ».

On comprend bien qu’à ses yeux, tout acte défavorable à un musulman, quelle que soit sa justification, peut être dénoncé comme « islamophobe ». Il n’a pas seulement l’ambition de repousser la diabolisation des musulmans, mais aussi celle de sanctuariser la supposée communauté musulmane contre certaines interventions de l’État.

Quitte à disqualifier au passage la lutte contre la menace terroriste. Ainsi, deux semaines après la tuerie du Musée juif de Bruxelles, le porte-parole du CCIF affirmait que la focalisation des autorités sur le terrorisme islamiste était « statistiquement irrationnelle » au regard du nombre d’actions commises, par exemple, par les mouvements séparatistes. Lorsqu’on apprend, en étudiant les rapports d’Europol (Office européen de police), que 70 % des victimes du terrorisme en Europe au cours de la dernière décennie ont péri dans des attentats islamistes, on est en droit de s’interroger sur la probité du CCIF. La lutte contre le terrorisme – malgré certains excès – n’est pas le fruit d’un préjugé anti-religieux ou d’un racisme déguisé. Elle répond à une menace bien réelle.

Le racisme anti-musulman est une réalité en France. Les préjugés envers l’islam sont tenaces et, souvent sous prétexte de défendre la laïcité, peuvent devenir sources de violences ou de discriminations. Ils prennent en partie racine dans notre roman national, où la religion musulmane a longtemps servi de croquemitaine civilisationnel. Mais le poids de la mémoire n’explique pas tout. L’actualité internationale – et parfois nationale – nous rappelle avec une brutalité chronique que la méfiance envers l’islam, ou certaines de ses dérives, ne relève pas uniquement des stéréotypes qui y sont associés, surtout lorsqu’il est question d’islam politique ou de condition féminine.

Pour ne pas être qu’une étape dans le naufrage de l’antiracisme, la lutte contre le racisme anti-musulman doit donc naviguer entre de nombreux écueils idéologiques, et commencer par rompre avec l’idée qu’on peut mater les préjugés racialistes à coups de tabous médiatico-politiques.

Or, avec le CCIF, ce changement de paradigme n’est pas pour demain. L’association, en liant la lutte contre l’islamophobie à un déni de l’intégrisme, de la menace islamiste, bref de la crise que traverse l’islam, attise la défiance à l’égard des musulmans. Elle offre à la pensée racialiste son alibi préféré : le soupçon du communautarisme, l’idée que l’Autre agit en fonction d’intérêts distincts de ceux de la communauté nationale, en plaçant en l’occurrence le respect de la religion au-dessus de toute autre considération. Ce qui, l’évidence sociologique démontrant qu’il n’en est rien, revient à calomnier ces musulmans de France qu’il s’agissait de défendre.

Jean-Christophe Moreau est spécialiste de l’histoire du droit. Il est co-auteur avec Isabelle Kersimon de Islamophobie, la contre-enquête (Plein Jour, 288 p., 19 €, octobre 2014)

Voir enfin:

Juifs, réveillez-vous !
Shmuel Trigano
Actualité juive
21 novembre 2014

Entre la motion de reconnaissance de l’Etat de Palestine » présentée à l’assemblée par les socialistes et les déclarations de la ministre des affaires étrangères européenne, que veut l’Union Européenne, que veut donc la France, leader de la diplomatie européenne, en reconnaissant cet Etat fantomatique et en l’assortissant d’un diktat d’autant plus brutal qu’il fait planer la menace d’un boycott progressif d’Israël qui le mettrait au ban de la planète à l’instar d’un État voyou, un traitement ignominieux que la « vertueuse » Europe n’applique à aucun autre État?

Que cherche-t-elle en engageant Israël dans une impasse suicidaire qui verrait les katiouchas de cet État croupion, forcément irrédentiste et terroriste, tenir en respect la vie civile dans le corridor de Jérusalem, l’aéroport de Lod et toute la mégapole côtière? A réduire sa souveraineté à quémander la protection et la mansuétude de la si « vertueuse Europe »? Que cherche-t-elle en prônant la redivision de Jérusalem, en accusant le peuple juif d’être un colon dans Jérusalem, en se cachant que l’ »esplanade des mosquées », c’est le Mont du Temple, seule raison d’être de ces mosquées? Sinon humilier la dignité du peuple juif qui était prince à Jérusalem quand les Européens vivaient dans les forêts? Que s’acharne-t-elle à obtenir en rejetant les responsabilités de l’agression sur ceux qui en sont l’objet? Que cherche-t-elle à promouvoir en accusant Israël d’un « péché » congénital, celui d’exister sur la terre que l’univers entier, y compris l’islam, assimile au pays des Enfants d’Israël?

EXALTATION OBSESSIONNELLE DE LA CAUSE PALESTINIENNE

Quelle « démocratie » défend-t-elle, elle qui se gargarise de ce mot à longueur de temps, en soutenant financièrement à bout de bras, un pouvoir palestinien corrompu et qui ne tiendrait pas un jour sans l’argent européen? Où est le « peuple en danger » face à une société palestinienne dont tous les organes célèbrent quotidiennement le meurtre des Juifs dans le plus pur antisémitisme ? Que veut-elle en ramenant tous les problèmes du monde, la violence permanente qui émane du monde arabo-musulman à l’encontre de toute la planète, au problème palestinien et à la faute d’Israël? Quel ressentiment la ravage-t-il dans son exaltation obsessionnelle de la cause palestinienne?

Nous savons que cette Europe narcissique et ethnocentrique cultive une morale frelatée, que les pétrodollars du Qatar, celui-là même qui la combat en Afrique et en Irak, l’ont corrompue, que sa compromission avec l’Organisation de la Coopération Islamique à l’ONU et ailleurs, a engagé les sociétés européennes dans un parti-pris pour la cause islamique, que le Dialogue Euro-arabe, d’après le premier choc pétrolier, en 1973 a fait d’elle le champion de la cause palestinienne, que la morgue qu’elle manifeste à Israël est avalée devant la colonisation turque de Chypre, l’annexion du Sahara occidental par le Maroc, l’esclavagisme du Qatar et de l’Arabie Saoudite, le terrorisme palestinien. Nous connaissons son silence hier sur le génocide au Soudan, sa complicité dans le génocide du Rwanda… « Droits de l’homme »?

Certes, cette Europe-là ne peut que haïr Israël qu’elle perçoit comme la quintessence de ce qu’elle n’a pas la force d’être: assumer son identité, cultiver sa personnalité, avoir un visage face aux autres. Et inutile de se cacher qu’une partie de l’élite israélienne partage ce penchant suicidaire. Au sommet de l’Union Européenne, c’est le néant, depuis que ce nouvel empire se soit dénié ses racines culturelles, évidentes aux yeux de 20 siècles d’histoire, depuis qu’il a eu la faiblesse de se croire incarner le « droit international », les « droits de l’homme », faisant de son néant une occasion d’inflation narcissique, l’autorisant à intervenir sur la planète et à s’ériger en tribunal des peuples. Faisant d’une démission existentielle une célébration!

LA TARTARINADE LIBYENNE

Mais cette Europe qui se croit incarner les droits de l’homme est un facteur de guerre objectif, à la politique aveugle et incompétente. La tartarinade libyenne a détruit en Afrique du centre et du nord l’ordre qui jugulait un terrorisme omniprésent et qui menace maintenant toute l’Europe occidentale. Ses interventions à la remorque de la politique décliniste d’Obama, cette croyance stupide en l’exportation de la démocratie ont détruit totalement la structure du Moyen Orient. Les populations civiles, les alliées naturelles de l’Occident, peuvent bien crever ensuite! L’Europe « humaniste » ne fait pas de service après vente! Son soutien aux Frères Musulmans, à la Turquie califesque ouvre les portes des pays européens aux ravages de l’islamisme. En empêchant Israël d’éliminer le Hamas, elle l’a condamné à rejouer la même guerre tous les deux ans et exposé la société israélienne au meurtre permanent. Et cette Europe-là tolère en son sein un antisémitisme structurel, qu’elle ne peut combattre parce qu’elle a créé les conditions de son développement

Que veut l’Europe? C’est une sorte de vengeance métaphysique qui se trame, inspirée d’un fond archéo-chrétien qui ne peut tolérer que l’Israel éternel se lève à nouveau et à Jérusalem; qui veut le rabaisser, le condamner à une situation stratégique précaire, le vouer à une adversité permanente, piétiner sa souveraineté. L’Union Européenne se livre à une guerre de religion contre Israël et elle fait tout pour l’exciter en Islam. Avec le « peuple palestinien » elle a trouvé un substitut à Israël qui lui permet de réinventer la théologie de la substitution. Ce qu’elle veut faire avec la reconnaissance du pseudo-État de Palestine (sans frontières, sans institution, sans économie viable, sans antécédents nationaux et étatiques sur cette terre et en dépit de ce que dit le droit international en matière de reconnaissance des Etats) c’est tout simplement substituer déjà ce peuple récemment inventé au peuple juif sur la terre de ses ancêtres. Elle donne consistance à un fantôme en lieu et place d’Israël. Et pour ce faire elle tourne en dérision le droit international, elle trahit ses propres traités qui voulaient que cela ne se fasse que dans le cadre des « Accords d’Oslo ». Elle précipite en toute conscience Israël dans une tourmente mortelle.

DÉLIRE MEGALOMANIAQUE

Alors une question se pose: l’Europe en a-t-elle fini avec l’extermination des Juifs entamée au XX° siècle? Car c’est ce à quoi elle voue aujourd’hui le peuple juif! L’Union Européenne dans son délire mégalomaniaque a, semble-t-il, une « doctrine » pour les Juifs qui définit ce qu’ils doivent être. Ses ratiocinations sur la circoncision, la cacheroute, l’antisémitisme, le tout couché dans des « normes » européennes, sa politique israélienne, son discours sur ce que doit être Israël, le financement d’une nuée de ONG israéliennes destinées à subvertir du dedans la souveraineté du peuple israélien, tout cela nous montre bien que l’objectif de l’Union Européenne c’est d’empêcher que l’État d’Israël soit un État souverain, d’amoindrir sa capacité de résistance stratégique face à son ennemi, d’exposer les Juifs de toutes parts à l’adversité. Faire d’Israël, en somme, ce qu’elle voudrait qu’il soit, dans sa grande « mansuétude »: le camp humanitaire des réfugiés de la Shoah…

Juifs réveillez-vous! Votre silence est une complicité. C’est maintenant que se joue l’avenir d’un peuple juif souverain qui déjouera la catastrophe qu’on lui programme!

SHMUEL TRIGANO

*paru dans Actualité Juive du 20 novembre 2014

Voir enfin:

La France angélique est la vraie menace
Ivan Rioufol
Le Figaro

08/01/2015

- Après le massacre de Charlie Hebdo, notre chroniqueur fustige la naïveté des élites politiques et d’une partie des médias face à la menace islamistes.

Le danger islamiste en France? Fantasmes xénophobes! La nation invivable? Élucubrations réactionnaires! Dans l’univers cotonneux de la Hollandie, où les peurs sont bruyamment moquées, l’inquiétude est bannie. L’optimisme d’État est repris par le chœur médiatique, prêt à avaliser les fadaises du Politburo sur le doux vivre ensemble et l’avantageux socialisme. On connaît la fin de l’histoire: mercredi, tandis que la France cédait à la Grande-Bretagne sa place de cinquième puissance mondiale, deux djihadistes faisaient un carnage à Charlie Hebdo (12 morts, dont six fameux journalistes). Une fusillade mortelle éclatait aussi jeudi matin dans une rue de Paris. Bien plus qu’une attaque contre la presse et la liberté d’expression, ces tueries sont une déclaration de guerre à la France. Elles obligent l’État pantouflard à se confronter à ses ennemis intérieurs, qu’il n’ose nommer par angélisme.

Les propagandistes du «Tout va très bien» peuvent mesurer leurs sottises, eux qui brocardent les «déclinistes» coupables de s’affoler de ce qu’ils voient. Depuis le 7 janvier – date qui clôt quarante années de désastres idéologiques – les dénégationnistes sont en sursis. Certes, ils persistent à édulcorer les dangers, obscurcir les causes, désigner de faux coupables. Ils ne peuvent admettre leur responsabilité dans le déclassement de la nation et son éclatement. Le complexe politico-médiatique, qui verrouille encore le Système, va ainsi s’accrocher à son pouvoir, et méchamment. De ce point de vue, 2015 promet son lot de faussetés qu’il faudra combattre. Mais les réalités brutales sont les meilleures alliées de ceux qui somment les autruches de relever la tête, ou de déguerpir.

S’observe, dans la France de ces faiseurs de morale, une odieuse complaisance pour le fascisme qui s’installe dans les cités et qui vient de tuer: tel est le scandale qu’étouffe la bonhomie élyséenne, qui se contente de répéter avec ses perroquets: «Pas d’amalgame!» Le flirt poussé du gouvernement avec l’électorat des banlieues l’empêche de désigner l’islam subversif qui s’y dissimule. Quand Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), reconnaît, le 3 janvier dans Le Figaro: «On est face à un danger islamiste qui pèse sur toute la France. Ce climat global fait fuir les Juifs français (…) La plupart des actes sont le fait de jeunes issus de l’immigration», ce témoignage ne réveille aucune indignation chez les «antiracistes». Ils combattent «l’incitation à la haine», mais uniquement chez ceux qui perçoivent la guerre civile qui vient.

S’il y a un retour aux années 1930, ce cliché qui diabolise les inquiétudes des gens, il est en fait dans l’endormissement des beaux esprits face au totalitarisme vert qui nous provoque. Leur même recherche de l’«apaisement» reproduit les erreurs des «pacifistes» d’hier devant le nazisme. Chez eux se recrutèrent bien des collaborateurs de Vichy. Or c’est cette même voie qu’empruntent les nigauds qui interdisent de prononcer les mots «islam» ou «immigration», de peur de «stigmatiser» une partie de la nouvelle société. Ceux-là sont prêts à se soumettre aux intimidations des fanatiques ou de leurs alliés plus présentables, en cédant sur la liberté d’expression. L’histoire de leur capitulation retiendra que la majorité des médias auront admis la décision d’i-Télé, fin décembre, d’obtempérer au PS qui réclamait la tête d’Éric Zemmour, pour plaire aux islamistes…

Résister à l’épreuve

La France va subir ce qu’endure Israël, cible de l’islam radical. Depuis l’attaque du commissariat de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire) par un djihadiste, le 20 décembre, les initiatives individuelles s’accélèrent. Quand 7 000 compatriotes juifs quittent la France en 2014 pour éviter le danger islamiste, ils lancent une alerte et font comprendre qu’ils mettent en doute la protection de l’État. Ils ont leurs raisons, à en juger par le clientélisme socialiste qui affiche ses distances avec l’État hébreu: après le vote par les députés d’une reconnaissance unilatérale de l’État palestinien, la France a appuyé à l’ONU la résolution palestinienne réclamant le retrait des «Territoires occupés». C’est Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, qui a confié en juillet 2014 qu’il aurait été parmi les manifestants propalestiniens s’il n’avait pas été ministre. C’est lors de ces démonstrations que furent criés: «Mort aux Juifs!» et que des synagogues furent prises pour cibles.

La France fatiguée saura-t-elle résister à l’épreuve, qui veut la mettre à genoux? La réponse est assurément non, à considérer l’hébétude des dirigeants et la niaiserie de la gauche pyromane qui, après avoir encouragé le communautarisme, appelle à manifester dimanche contre les effets mortels de la fracture identitaire. Oser demander aux musulmans de France de se désolidariser de l’islam radical qui les caricature est considéré, par les roquets pleurnichards, comme une atteinte insupportable à leur dignité. Le délit d’islamophobie est davantage agité, par les dhimmis, que la judéophobie et la christianophobie qui tuent et poussent à l’exil. La renaissance de la France ne passera donc pas par ces déjà vaincus. Mais la résistance est à portée de main, pourvu que la société civile puisse avoir son mot à dire. La France naguère silencieuse n’a, en effet, aucune intention de se laisser humilier.

La fascination des agonisants

Si le roman de Michel Houellebecq (1), sorti mercredi, a une utilité politique, c’est de mettre opportunément en scène la montée de l’islam en France. Ce sujet tabou est au cœur de la crise qui parcourt l’Europe. Il fait descendre dans les rues, tous les lundis, des milliers d’Allemands qui jugent nécessaire de rappeler à leurs dirigeants qu’ils forment, eux aussi, un peuple aussi respectable qu’un autre. En France, le sujet est généralement dissimulé sous les mots laïcité, cohésion nationale, respect de l’autre et autres euphémismes. Le scénario que propose l’écrivain, l’électiond’un «musulman modéré» à la présidence de la République 2022, n’est pas vraisemblable. Cependant tout ce qui amène à ce basculement civilisationnel sonne juste: la cécité des médias conformistes, les censures opportunes, l’indifférence blasée des «élites» pour la nation et sa culture, la fascination de ces agonisants pour une idéologie conquérante, machiste, sûre d’elle-même. Prophétique?

(1) Soumission, Flammarion

Le sursaut national de la France en guerre
Le Figaro

Ivan Rioufol
16/01/2015

– Loin d’être un simple «selfie collectif», pour Ivan Rioufol, la mobilisation des français face aux attentats marque leur réveil et doit s’accompagner d’une véritable libération de la parole.

Paradoxal «effet Charlie»: le carnage de deux frères djihadistes contre l’hebdomadaire anarcho-satirique a amené la foule, dimanche, à applaudir les forces de l’ordre et à chanter La Marseillaise. La police et la nation, ces épouvantails à «anars», ont été plébiscitées par le peuple. Les Français, par leur mobilisation spontanée (près de quatre millions de personnes, partout dans le pays), ont mis un terme à quarante ans d’angélisme d’État et d’aveuglements médiatiques. Les assassinats commis par Cherif et Saïd Kouachi à Charlie Hebdo, puis par Amedy Coulibaly dans une épicerie kasher (17 tués, dont des journalistes, des policiers, des juifs) ont été commis par trois Français. Ces meurtres obligent donc à prendre conscience des désastres produits par l’échec de l’intégration et par les reculades devant les intimidations de l’islam radical. Sans vergogne, les pyromanes étaient du défilé.

Ces meurtres obligent donc à prendre conscience des désastres produits par l’échec de l’intégration et par les reculades devant les intimidations de l’islam radical.
L’«antiracisme» officiel, qui a exclu le FN de la marche nationale, a sa responsabilité dans la tragédie. C’est lui qui interdit, depuis les années 1980, d’aborder les thèmes de l’immigration extra-européenne et de l’islam politique qui l’accompagne; ces bombes qu’il va falloir maintenant désamorcer. C’est cette idéologie des bons sentiments qui, par fascination pour l’Autre, cautionne les procès en «islamophobie» qui rendent délictueuse la critique du fondamentalisme, ce nouveau nazisme. C’est elle et ses aboyeurs à carte de presse qui désignent à la vindicte ceux qui ont la naïveté de décrire ce qu’ils voient. Dimanche, les télévisions saluaient les défilés de la «France multiculturelle», alors qu’elle en était majoritairement absente. À Marseille, le préfet s’est même étonné de la faible mobilisation des quartiers musulmans. Le temps des bidonnages est terminé.

L’«antiracisme» officiel, qui a exclu le FN de la marche nationale, a sa responsabilité dans la tragédie.
Se confirme la fracture identitaire que ce bloc-notes ne cesse de décrire: vaine lucidité en regard du champ de ruines qui s’étale. Le «Nous sommes Charlie», slogan désuet lancé dans l’émotion, n’est plus suffisant pour affronter la suite. Elle s’annonce rude. En effet, ce n’est pas seulement à un «selfie» collectif que se sont prêtés les Français, le 11 janvier. Par leur sursaut historique, qui a balayé la prétention des partis à récupérer leur part, les citoyens ont marqué l’acte de leur renaissance. Elle oblige à prendre conscience de leur conservatisme. Celui-ci s’oppose à la contre-société qui s’est développée à l’abri des curiosités. Une partie de la jeunesse des cités a refusé, dans les écoles, de s’associer à la minute de silence. À Châteauroux, un lycéen a été tabassé pour avoir défendu la tolérance et la laïcité. Les soutiens aux Kouachi prolifèrent sur le Net. La violence est, partout, palpable.

Ce n’est pas seulement à un «selfie» collectif que se sont prêtés les Français, le 11 janvier.
La ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, veut «expliquer l’inexplicable» (RTL, le 15 janvier). Mais les explications sont connues. L’antisémitisme chez des élèves musulmans a été exposé dès 2002 dans un livre collectif d’enseignants: Les territoires perdus de la république. Le rapport Obin a décrit en 2004 la montée de l’islam au cœur de l’école.La communauté juive, première visée, n’a cessé d’alerter en vain sur ces périls, singulièrement depuis l’assassinat d’Ilan Halimi (2006), puis les tueries de Mohammed Merah à Toulouse et de Mehdi Nemmouche au Musée juif de Bruxelles. Ces tragédies, annonciatrices du pire, n’ont jamais suscité aucune manifestation d’indignation. Une chape de plomb, politique et médiatique, a voulu étouffer la haine antijuive et antifrançaise qui contredisait les odes à la diversité. Ce déni s’effondre et laisse voir la compromission des belles âmes.

Guérir l’islam de l’islamisme

Manuel Valls a pris sa stature d’homme d’État, mardi, en déclarant devant les députés: «Oui, la France est en guerre contre le terrorisme, le djihadisme et l’islam radical.» Jusqu’alors, l’évidence était niée par François Hollande, au prétexte de ne pas stigmatiser l’islam (voir mon blog). Cette libération de la parole, voulue par le peuple, est à encourager. Elle est comparable à la glasnost qui a mené à l’effondrement du régime soviétique. Le système, charpenté par les mensonges et les désinformations, n’y résistera pas. Il tente en urgence de renverser les responsabilités et de présenter l’islam comme victime, avec la collaboration de journalistes prêts à larguer la liberté d’expression et la laïcité pour plaire aux cités persuadées d’un complot. Certes, bien des musulmans sont la cible du totalitarisme islamiste. Mais c’est ce cancer de l’islam qui décapite, crucifie, lapide, recourt à l’esclavage au Moyen-Orient. C’est lui qui, en France, tue au nom d’Allah. Le nier est vain.

Cette libération de la parole, voulue par le peuple, est à encourager. Elle est comparable à la glasnost qui a mené à l’effondrement du régime soviétique.
Ce n’est pas l’islamophobie qui a créé l’islamisme, comme le soutient la dialectique victimaire à l’œuvre chez trop de responsables musulmans, incapables de la moindre critique sur les dérives de l’islam. Tout au contraire, ceux-là brandissent ce délit de blasphème dans le but de rendre impossible la survenue d’un islam éclairé. La presse de gauche est complice de ce refus d’aggiornamento. Télérama parle de «jeunes plus ou moins fanatisés», mais pour épingler les catholiques de la Manif pour tous. Il y a pourtant une urgente réflexion à mener sur la lecture littérale du Coran. Dimanche, le rejet de l’islamisme a été le non-dit du réveil de la civilisation française. Les Allemands du mouvement Pediga, qui manifestent tous les lundis, n’ont pas ces réserves. Pour éviter le rejet brutal qui se profile, la proposition de l’UMP d’un nouveau Concordat obligeant les religions à des devoirs est une piste à suivre.

Crise de la politique

Entendre Hollande, mercredi, annoncer que le «rythme de réduction» des effectifs dans la Défense allait être freiné donne une idée de l’improvisation de sa doctrine et de l’impensé de son optimisme. Après avoir reconnu en 2013 qu’il avait sous-estimé la crise économique, il laisse comprendre qu’il avait aussi négligé la crise identitaire et le spectre d’une guerre civile. Cet ajustement décrédibilise un peu plus les dirigeants. Dans la manifestation parisienne, les puissants du monde étaient isolés dans un entre-soi lointain et hermétique. Cette rupture illustre la crise de la politique, claquemurée face au soulèvement de la société civile.

Défendre la liberté d’expression

Et ceci: c’est aussi pour la liberté d’expression que les Français se sont levés. Le pouvoir, qui veut réguler l’Internet et pénaliser des opinions (dont celle de Dieudonné), doit se garder de ce piège qui lui est tendu par le nouveau totalitarisme.


Attentats Charlie hebdo: Qui sème le vent … (The chickens have finally come home to roost)

8 janvier, 2015
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Pro-Hamas demonstrators (Paris, Feb. 2008)
D’abord ils sont venus (…) pour les Juifs … Martin Niemöller
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, avril 2003)
La police, t’es foutue le Hamas est dans la rue! Slogan de manifestation pro-Hamas (Paris, 2009)
J’ai couvert la seconde Intifada en 2000, à Gaza. Je n’avais jamais vu ça en France. Jean-Paul Ney (25/06/10)
Des manifestations suivies d’émeutes fleurissent partout, et nous donnent envie de renommer la ville lumière Paristan. Des commerces juifs, des synagogues, des individus juifs, sont pointés du doigt sur les réseaux sociaux et attaqués par une horde de sauvages qui ne savent même pas mettre Gaza sur une carte. Des gauchistes en mal de combats défient le gouvernement en allant manifester là où des émeutiers brûlent des drapeaux israéliens et exhibent des messages antisémites d’un autre âge, accompagnés de drapeaux du djihad et du hezbollah. Des Français « en ont marre » de cette importation du conflit, mais ne se prononcent pas, et attendent juste que ça passe en évitant certains quartiers les jours de manif. (…) Des gens prennent parti sans même se demander ce qu’ils feraient à la place d’un militaire israélien de 20 ans face à un gazaoui de 14 ans qui lui tire dessus avec une mitraillette. Ces mêmes gens prennent parti sans même se demander ce qu’ils feraient si eux et leurs enfants subissaient des bombardements quotidiens, et cerise sur le cheese cake, l’opprobre de la communauté internationale. Ces mêmes gens ne se rendent pas compte que nous aussi, israéliens, avons mal pour les civils tués quotidiennement. Et c’est pourquoi nous sommes fiers de cette armée qui prévient, qui essaye de limiter autant que possible les pertes civiles.  (…) Alors vous savez quoi ? Je crois qu’à un moment, je vais m’en foutre de ce que vous pensez. Du fait que la levée de boucliers a eu lieu quand le gouvernement français a soutenu Israël et a interdit les manifs, mais que personne ne dit rien quand l’état débloque 11 millions pour Gaza, alors que tout le monde sait très bien où va aller cet argent. (…) Nous n’allons pas nous excuser d’être en vie parce que l’état israélien fait tout pour protéger ses civils. Alors non, je ne répondrai plus aux « oui mais à Gaza quand même y’a vachement de morts ». (…) Vous pensez avoir tout compris au conflit israélo palestinien en prenant parti pour le plus faible ? Vous oubliez une chose. Israël n’est pas en conflit contre la Palestine. Mais contre le Hamas. Qui est responsable de la mort de centaines de civils. Le hamas n’est pas plus un mouvement de résistance que Boko Aram. Le hamas ne veut pas deux états, il veut détruire Israël. (…) Alors vous, la « majorité silencieuse » qui a « hâte que cela s’arrête », réveillez-vous. Quant à vous, les manifestants du dimanche (et du samedi aussi), qui vous prenez pour Che Guevara parce que vous brûlez des drapeaux israéliens le visage masqué en criant « Hitler reviens » et parce que vous détruisez le bitume parisien, sachez une chose : personne n’est dupe. Vous n’apportez rien à la cause palestinienne si ce n’est de la désolation. Vous desservez tellement votre cause que plus personne ne vous croit.  Alors oui, peut être que je dormirai mieux si je m’en fous. Si je ne regarde plus ce drapeau du djihad qui trône place de la République un samedi après midi d’été au cours d’une manifestation interdite, et organisée quand même par des partis politiques dont le NPA … Sophie Taieb (juillet 2014)
« Des héros jihadistes ont tué douze journalistes et blessé plus de dix autres travaillant dans le journal Charlie Hebdo et cela pour venger le prophète Mahomet », a indiqué le bulletin de la radio al Bayane de l’EI, qui contrôle de larges pans de territoire en Irak et en Syrie. Le Figaro
Félicitations à la France et à ses habitants qui récoltent ce que leurs mains ont semé. Ces mauvais caricaturistes pensaient-ils que nous sommes une nation qui resterait silencieuse face à ceux qui insultent notre Prophète…? Hollande et les gouvernements qui l’ont précédé pensent-ils que leurs interventions et leur despotisme dans les terres des musulmans ne connaîtraient pas de châtiment ? Non, par Allah, désormais, les jeunes de l’islam ne garderont plus le silence, surtout à présent que nous avons un Etat qui mobilisera des armées si quiconque insulte la nation de l’islam. Abou Bakr Al-Zarini (forum djihadiste Media platform)
Le sang qui a coulé hier à Paris des suites de la fusillade dans les locaux de Charlie Hebdo a été accueilli hier à Aïn el-Héloué par des tirs de joie. La jubilation exprimée à l’intérieur du camp de réfugiés palestiniens n’est toutefois pas surprenante du fait de la présence des groupuscules islamistes radicaux qui sévissent sur les lieux. Elle n’est toutefois pas représentative de la rue sunnite libanaise qui a largement condamné cet acte de barbarie, exprimant néanmoins des réserves sur la sacro-sainte liberté de presse. L’Orient le jour
Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers. Benoit Hamon
Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l’islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation (…) De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d’une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes (…) Aujourd’hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction – il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France – . Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes qui sont au coeur de ce qu’est notre peuple. (…) Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n’y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés. Edwy Plenel (2014)
Plus de 1.000 combattants européens enrôlés dans ses rangs sont revenus dans l’espace Schengen. (…) L’adversaire n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil.  [d’où] la nécessité d’intégrer encore plus dans notre réflexion le retour de l’armée de terre sur son milieu naturel, celui du sol national, pour pourvoir y faire face, avec les forces de sécurité, à tous types de menaces dont celles que ces vingt dernières années avaient confinées à l’extérieur. Général Jean-Pierre Bosser (chef d’état-major de l’armée de terre)
We have to think hard about what we are facing—and I have, in fact, addressed this topic a couple of times before.  It’s inconceivable that the thinking that we hold most sacred should cause the entire umma [Islamic world] to be a source of anxiety, danger, killing and destruction for the rest of the world.  Impossible! That thinking—I am not saying “religion” but “thinking”—that corpus of texts and ideas that we have sacralized over the centuries, to the point that departing from them has become almost impossible, is antagonizing the entire world.  It’s antagonizing the entire world! Is it possible that 1.6 billion people [Muslims] should want to kill the rest of the world’s inhabitants—that is 7 billion—so that they themselves may live? Impossible! (…) we are in need of a religious revolution. You, imams, are responsible before Allah. The entire world, I say it again, the entire world is waiting for your next move … because this umma is being torn, it is being destroyed, it is being lost — and it is being lost by our own hands. Abdel Fattah al-Sisi
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (président américain, issu d’une minorité opprimée, siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
On a vengé le prophète Mohammed ! On a tué Charlie hebdo ! Cherif Kouachi (jeune victime de l’islamophobie, Paris, 07.01.15)
Les tueurs de Charlie hebdo ne sont pas des terroristes anonymes. Ils appartiennent sans doute à un réseau informel mais uni par une idéologie commune. Réduire leur nomination uniquement par le mot « terroriste » c’est s’interdire de regarder la menace en face en ne la nommant pas. Ce terrorisme là est islamiste, il invoque « Allah » avant de tirer et de tuer. Il prétend « venger le prophète ». Ce sont les mêmes cris qui sont prononcés par les coupeurs de tête des otages occidentaux en Irak et de Syrie. Ce sont les mêmes qui ont assassinés trois adolescents juifs en Israël en juin 2014. Ce sont les mêmes jouisseurs de mort qui ont tué des enfants juifs à Toulouse et au musée juif de Bruxelles. C’est la même idéologie qui a inspiré les poseurs de bombes de Madrid, de Londres, de Boston. Ce sont les mêmes imprécations qui ont accompagné les gestes du tueur de Sidney et du conducteur de la voiture bélier de Joué-les-Tours. Etaient-ils seulement des malades mentaux ? Ce sont les mêmes individus que la France combat au Mali, en Afghanistan, en Irak. Ce sont les mêmes qu’Israël affronte à Gaza. Ils se nomment Califat Islamique, Boko Aram en Afrique, Chebab somaliens, Hamas à Gaza ou Hezbollah au Liban. Cette hydre à tête multiple a un socle commun et s’il ne faut pas assimiler tous les musulmans à des terroristes tous ces terroristes là sont musulmans. Certes tous les musulmans ne sont pas jihadistes mais tous les jihadistes sont musulmans. Cette religion « d’amour et de paix » devrait y regarder de près pour extirper de son sein ce qui de l’intérieur de l’islam nourrit cette rage meurtrière.(…) Depuis le 11 septembre 2001 l’islam radical a déclaré la guerre au monde. Ne pas considérer que cette menace est globale et qu’elle se décline de la Kabylie à la Mésopotamie, du musée juif de Bruxelles à Toulouse ou à Londres, serait reproduire la même erreur de jugement que celle qui fut commise par Daladier et Chamberlain quand ils crurent stopper Hitler par les accords de Munich. On connaît la suite. On ne gagnera rien par les périphrases et les divers éléments de langage destinés à éviter de nommer l’ennemi. Recommander de dire « Daesh » plutôt que « Etat islamique » pour ménager les susceptibilités des musulmans relève d’une prudence dont les musulmans lucides ne s’embarrassent pas. L’acharnement mis par certains à ne pas prendre en compte la part islamique de l’islamisme relève de la volonté de ne pas voir la source du mal. Il ne s’agit pas de faire l’exégèse des textes issus du Coran mais bien plutôt d’analyser ce que certains font dire à ces textes et l’accusation d’islamophobie portée contre ceux qui osent faire cette démarche est dès lors vide de contenu. Quand des égorgeurs décapitent un otage aux cris de « Allah Akbar ! » c’est bien dieu qui est convoqué pour cautionner le crime, pour sanctifier ces gestes supposés de fidélité à die Combien faudra-t-il d’autres journalistes assassinés, d’autres têtes coupées pour que les juristes qualifient les crimes de cette barbarie? Combien d’autres mécréants, combien d’autres infidèles, combien de « croisés » et combien de Juifs vont être assassinés au nom de l’islam ? Combien d’autres adolescents israéliens vont être assassinés pour que l’on comprenne qu’il s’agit d’une barbarie identique? Les uns font ça au couteau, les autres à la kalashnikov. Les uns découpent, les autres se font exploser dans des arrêts de bus ou des cafés. Les uns sont plus artisanaux tandis que les autres sont plus modernes. Pourtant les uns envoient sur facebook les images de leurs performances alors que les autres cherchent à les dissimuler et pourchassent les journalistes qui pourraient en témoigner. Les uns sont les disciples du nouveau Calife de l’Etat Islamique en Irak et au Levant, les autres sont disciples du Hamas. Tous vénèrent Allah et tous vouent aux flammes de l’enfer, un Etat satanique, « l’entité sioniste » pour ne pas avoir à prononcer son nom. (…) Tant que les musulmans et ceux qui prétendent être dépositaires de l’héritage spirituel de l’islam n’auront pas fait ce travail critique sur leur propre corpus spirituel, ils resteront aveugles sur les sources intimes de leur désastre de leur supposée humiliation. C’est du sein de l’islam que des voix doivent s’élever pour dénoncer cette imposture. C’est bien plutôt l’islamisme version Hamas ou version Hezbollah ou version Etat Islamique et leurs multiples clones qui sont responsables de cet enfermement aussi surement que le goulag ne protégeait pas les droits des peuples mais les garrotait. Pourtant tous deux ne jouissent pas d’un statut identique dans le regard que l’Occident leur porte. L’Etat Islamique est dénoncé comme un mal absolu, un « cancer » par les Etats Unis, la France et les européens. Le Hamas, bien que figurant sur la liste des organisations terroristes, jouit d’une meilleure considération et a même reçu sur ses terres, de brillants intellectuels, Stéphane Hessel et Régis Debray. Tandis que l’EI (Etat Islamique) profite de la dislocation de l’Irak et de la Syrie, dont les frontières furent établies à la serpe par la Grande Bretagne et la France, à la fin de la première Guerre mondiale, après la dislocation de l’Empire Ottoman. Presque un siècle plus tard ces châteaux de cartes s’effondrent au profit d’une nébuleuse aussi chaotique que sanglante. Est-on capable en Occident de regarder cela en face ? On pourra toujours invoquer les mânes de la République et déclarer solennellement que ces gestes quand ils sont commis en France, sont isolés et qu’ils défigurent la France. Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, font hélas partie de la France d’aujourd’hui. Les manifestations en faveur de Gaza de juillet dernier n’étaient pas seulement pro palestiniennes, elle étaient aussi antijuives. Ces indignés sont-ils descendus dans la rue pour dénoncer les massacres de palestiniens en Syrie ? Sont ils indignés par les deux cent mille morts en Syrie ? Sont-ils descendus dans la rue pour dénoncer les kidnapping de centaines de jeunes filles au Nigéria commis au nom d’Allah par la secte islamiste Boko Aram ? Ont-ils dénoncé les attentats contre d’autres musulmans en Somalie, en Algérie, au Liban, en Irak, en Afghanistan ? Les massacres arabo-arabes ou islamo-islamistes seraient-ils à ce point une affaire de famille pour y trouver une excuse ? Quelle serait cette normalité acceptée pour cette barbarie alors que chaque riposte d’Israël pour assurer la protection de ses habitants serait considérée comme bien plus condamnable ? Quel souci ont-ils de la Palestine ceux qui ont fait de la haine du Juif une seconde nature ? Quelle différence en effet ! Israël utilise ses armes pour protéger sa population alors que le Hamas utilise sa population pour protéger ses armes ! En juillet dernier, c’est un pogrom qui a été tenté à Sarcelles et rue de la Roquette à Paris. Au cours d’autres manifestations ce sont les drapeaux du Hamas, du Hezbollah et l’Etat Islamique qui ont été exhibés place de la République. « Nous sommes tous des jihadistes », ont crié certains manifestants. Cet avertissement est valable pour tous. (…) Avec le masque de la bonne conscience certains ont instillé de manière totalement irresponsable cette haine du Juif et d’Israël avec les mots du progrès et de la justice. Faire d’Israël le responsable du malheur arabe constitue l’une des grandes impostures de l’histoire contemporaine. Le déni idéologique de cette réalité constitue l’autre face de ce désastre de la pensée.Désormais la menace est ici, chez nous, en France, en Europe. NOUS, en France, en Europe. Ne pas le comprendre est suicidaire. Jacques Tarnero
The footage that is emerging from today’s terror attack in Paris—some of the most graphic now being circulated over social media—shows a gun battle on a Parisian street that conjures the impression of a warzone. We see masked men, dressed entirely in black, carrying assault rifles and then executing a police officer as he lies injured on the ground. In all twelve have been killed, two police and ten journalists of the small satirical magazine Charlie Hebdo which some years ago published a cartoon of Muhammad. Naturally, then, there are those who are already approaching this event as a question about freedom of the press. Back in 2011 when the offices of Charlie Hebdo were firebombed, it was primarily an issue of free speech. But now, given the nature of this attack, and the fact that it comes alongside a spate of other Islamist attacks in France, if matters go much further then these risk being the early rumblings of a French intifada.(…) Even before today’s incident France was already on edge given a series of attacks in the run-up to Christmas. In both Dijon and Nantes Islamic radicals had driven vehicles into shoppers at Christmas markets, while in Tours police were attacked by a man brandishing a knife. Similarly, Islamic radicals and others from France’s large Muslim population have also targeted the Jewish community as anti-Semitism in France has skyrocketed. Synagogues and Jewish businesses have been attacked in recent months, with riots in Paris this summer seeing Jews being forced to barricade themselves into a synagogue. And in addition to the 2012 shooting at the Jewish school in Toulouse, it was a French jihadist who carried out the attack on the Brussels Jewish museum last May. This move from attacks on the Jews to attacks on others, not least those representing liberal Western values such as Charlie Hebdo, is hardly surprising. But France has for some time now been grappling with the problem of Islamic radicalism and the unassimilated and disaffected parts of its Muslim population. In the fall of 2005 Parisian housing projects and other French cities were subjected to several days and nights of intense rioting by immigrants, something that began to be referred to as “the French Intifada.” (…) In August a poll suggested that 16 percent of French citizens have sympathies for ISIS and it is thought that well over 800 French nationals are currently overseas fighting for that group. But France also has to worry about the extremists who stay at home. For as today’s attack has shown, heightened security can only do so much, and for now it appears there are no serious proposals for what is to be done about those French Muslims who seem increasingly hostile to the surrounding society. Tom Wilson
The U.S. has 9/11. Spain has 11-M (the March 11, 2004, bombings of the Madrid commuter trains which killed 191). Britain has 7/7 (a reference to the July 7, 2005 bombings which killed 52 people taking public transportation in London). And now, on a slightly smaller but still horrific scale, France has 1/7: the assault by three masked gunmen on the offices of the satirical newspaper Charlie Hebdo in Paris, which left 12 people dead. What all of these events have in common is, of course, the Islamist ideology which animated the killers–a ruthless willingness to kill the innocent in pursuit of far-fetched religious and political objectives. In all three cases jihadist fanatics saw Western nations, whether the U.S., Britain, or France, as obstacles to their designs–and understandably so, because all three back moderate regimes in the Middle East and have intervened with their own armed forces to fight the forces of terrorism, whether in Mali, Iraq, or Afghanistan. (…) Whether the 7/7 attackers were in touch with terrorist organizations abroad or not, their actions did not need much planning or coordination, unlike the intricately choreographed attack in 2001 on American passenger aircraft. Indeed it is a wonder that we have not seen more such assaults, especially in the U.S., given the prevalence of massacres by deranged gunmen from Aurora, Colorado, to Newtown, Connecticut. France, for its part, has seen a spate of low-level “lone wolf” attacks in recent weeks, with attackers driving their cars into crowds or attacking police officers with a knife.(…) Beyond the need to assimilate immigrants such attacks point to the need to monitor extremist organizations. There has been much controversy in both the U.S. and Europe about the actions of the NSA, but its eavesdropping is the first line of defense–indeed in many ways the best line of defense–against such attacks. The same goes for the much-maligned New York Police Department whose now-disbanded Demographics Unit infiltrated the Muslim community with undercover officers to be alert to extremist activity.Such intelligence-gathering, especially in the domestic sphere, raises civil-liberties hackles and there is no question that such activities can lead to abuses, as occurred decades ago with the FBI’s Cointelpro intelligence gathering against antiwar activists and civil-rights activists. But, if carefully regulated (as is the case with the NSA and NYPD, from all accounts) such programs are necessary not only to ward off the murder of innocents but the far greater violations of civil liberties that are likely to come after a successful major terrorist attack. Max Boot
President Obama’s condemnation of the attack on the Charlie Hebdo office today in Paris rightly referred to the perpetrators as “terrorists” and expressed solidarity with France even if it did come in a tone expressed with his usual lack of emotion. The official statement issued later also properly labeled it an act of terrorism. But the problem isn’t whether the administration is ready, as it was initially reluctant to do after Benghazi, to speak of terrorism, as it is the president’s refusal to discuss the motivation of the attackers and readiness to speak of it as the “senseless violence of the few.” This wasn’t senseless, Mr. President. Indeed, based on the administration’s past lukewarm defense of freedom of speech against Islamist attacks, it made a great deal of sense for terrorists to think they could get away with this atrocity. Throughout the last two decades during which Islamist terrorists have been waging a war against the West, the United States government has always been properly reluctant to speak of the conflict as one between the American people and the religion of Islam. The U.S. has no argument with its millions of loyal Muslim citizens or with any faith per se. Nor does it have a brief for conflict with the many Muslim countries with which it enjoys warm relations. The arguments of both al-Qaeda and ISIS and their sympathizers, which speak of American wars “against Muslims,” are vicious libels. The wars, in which the U.S. has engaged in Iraq and Afghanistan, not to mention in Bosnia before that, were waged to free Muslims. It is the terrorists who wish to silence and enslave Muslims in their nightmare vision of a new caliphate, not the Americans. But that sensible reluctance to grant the terrorists their wish by allowing them to make this a war of Muslim versus non-Muslim should not extend to blindness about what is motivating the terrorists. As much as we may hope that Islamists don’t represent the views of most Muslims, it is ridiculous for the president or any other American official to be issuing statements (as they have at times) in which Washington pretends to be the authority on what is or is not authentic Islam. Suffice it to say that Islamists appear to have the support of tens of millions of Muslims in the Middle East as well as elsewhere and it is futile for any American president to be declaring them mistaken about their faith. But more important than that is the steadfast refusal of the U.S. to state what is obvious. Ignoring the fact that the motivations of those who committed the act of terrorism in Paris were religious isn’t helping anyone. For Islamists, silencing those who offend their religious sensibilities makes perfect sense. More to the point, doing so has worked very nicely to silence critics and opponents who rightly fear to call down the wrath of jihadists on their heads. As I noted earlier today, there is no cost to mounting a Broadway musical mocking Mormons, a peaceful and productive American minority group that took the insults lobbed at them with good humor and patience. But there is potentially a very great price to be paid if you wish to skewer the religious motivations of terrorists with the blood of countless Muslims as well as non-Muslims on their hands. By cowering and apologizing every time radical believers in Islam express outrage at some actual or perceived slight to their faith, the U.S. has strengthened the conviction of the extremists that no one may offend them with impunity. The social media campaigns spreading across the Internet today, as people express solidarity with the Charlie Hebdo satirists, is commendable. But what is needed even more is a universal condemnation of Islamists and calls for Muslims, both in the West and throughout the Middle East, to acknowledge that a sizable percentage of their co-religionists—and not just the tiny minority that the president spoke of—are laboring under the delusion that they can tell Europeans or Americans what they may or may not read or watch. Islamist terrorists have proliferated precisely because they have been perceived as both the “strong horse” that can only be opposed at the risk of one’s life and because Westerners have so often purposely misunderstood the nature of the challenge they face. They are likely to remain a deadly problem until our leaders stop acting as if the successful tactics of the opponents of freedom are pointless or not rooted in a theological worldview that is shared by many of their co-religionists. Pretending that they are not a significant force in the Muslim world is what is senseless, Mr. President, not the actions of the terrorists. Jonathan S. Tobin
Wednesday’s attack also demonstrates again that violent Islam isn’t a reaction to poverty or Western policies in the Middle East. It is an ideological challenge to Western civilization and principles, including a free press and religious pluralism. The murder of Charlie Hebdo cartoonists is merely the latest evil expression of a modern arc of Islamist violence against Western free speech that stretches back to Ayatollah Khomeini ’s 1989 fatwa calling for the killing of novelist Salman Rushdie. Muslim leaders in the West will no doubt react by denouncing the attack and insisting that the attackers were perverting the meaning of Islam. This is fine as far as it goes, but it doesn’t go nearly far enough. Egyptian President Abdel Fattah al-Sisi struck the right note earlier this month when he called for a “religious revolution” within Islam. “It’s inconceivable that the thinking that we hold most sacred should cause the entire umma [the Muslim community] to be a source of anxiety, danger, killing and destruction for the rest of the world,” he told an audience at Cairo’s 1,000-year-old Al Azhar university. “The entire world, I say it again, the entire world is waiting for your next move.” More Muslim leaders, especially prayer leaders, need to call out and ostracize those who kill in Islam’s name. Western leaders also need to be more forthright in defense of liberal values. They have a lot of ground to make up. Jacques Chirac, then the President of France, denounced Charlie Hebdo’s decision to reprint the Danish Muhammad cartoons in 2006. The Obama Administration made a similar mistake in September 2012 when it denounced the so-called Prophet Muhammad movie and blamed it for the attacks in Benghazi. This is exactly the wrong signal, since it implicitly legitimizes illiberal offense-taking and sends mixed messages about the West’s commitment to its core values. Islamists gain confidence in their violent means when they see this lack of self-confidence in the West. It may be necessary to warn against “Islamophobia,” as German Chancellor Angela Merkel recently did. The West needs Muslim allies. But more Islamophobia is inevitable unless Muslim leaders police their own fanatics and Western leaders stop apologizing for Western principles like free speech. WSJ
After the 9/11 attacks on the U.S. (…) France’s premier counterterrorist magistrate, Jean-Louis Bruguière, was pessimistic about “autonomous” jihadist cells in Europe and North America that “don’t need to receive orders to pass into action.” The Iraq War added to this widespread anxiety. Many believed that the Anglo-American invasion would provoke a maelstrom of holy warriors against the West. It didn’t happen then. But it may be happening now. (…) If the French, who have more policemen and security officers per capita than any other Western country, cannot monitor and check Muslim extremists at home, Islamic radicals in Europe and elsewhere will surely take note. The ability of Western European citizens to travel without visas offers enormous opportunities for jihadists whose dream target remains the U.S. There are now so many European Muslims it is impossible for American officials to identify suspect radicals without European assistance. Even random, targeted selections and entry denials, based on best guesses, could cause serious diplomatic problems with America’s European allies, who must protect the travel rights of their citizens. The Europeans carry the heavy load of American security in addition to their own. The rise of Islamic State in Syria and Iraq—the first time jihadism has successfully conquered and occupied any large territory—has introduced a historically evocative charisma into Islamic fundamentalism. Islamic charismatics are always bad news for Westerners, even if their primary targets are Shiites, Kurds and Yazidis. The spillover is unavoidable, given the anti-Western core of modern Islamic militancy. Part of the problem for Europe is undeniably home-brewed. The alarming, so far unchecked rise of anti-Semitism and violence against European Jews that is practiced by both Muslim and non-Muslim Europeans isn’t coincidental to the increase of Islamic terrorism in Europe. Contrary to the bizarre contention of U.S. Secretary of State John Kerry, Israel and the travails of the Israeli-Palestinian peace process had nothing to do with the rise of Islamic State and the birth of a new jihadism that is far more appealing than the less territorially successful jihadism of al Qaeda. Anti-Semitism has become inseparable from the gospel of a charged Islamic identity. (Western anti-Semitism, traditional Islamic suspicion of Jews, and anti-Zionism have congealed.) Anti-Semitism goes up in Europe as the appeal of a European identity to Muslims goes down. Anti-Semitism nourishes the radical Islamic vision of a humbled Europe, once the motherland of imperialism. It encourages the idea that Muslims can dictate the terms of European expression about Islam. Not that long ago, Muslims couldn’t have cared less what Europeans thought about them or their prophet. Christians and Jews were infidels, after all, benighted souls not worth bothering with. That has changed as Europe’s Muslim population has grown and radicalized, and as traditional Islamic injunctions from the homelands were imported into an ultra-tolerant, increasingly politically correct Europe. The French identity, more open than most European identities, has appealed to millions of Muslim immigrants. Thoughtful French intellectuals just a decade ago hoped that “French Islam” might work. A decade of troubles, including large riots in predominantly Muslim suburbs, increasingly lethal anti-Semitism, and now terrorism have stirred serious doubts even among the most optimistic. Americans ought to hope that the French can get all of this right. If they can, then this horrible moment, too, shall pass. If they can’t—and it isn’t clear that the French can solve their worst counterterrorist problems unless Islamic State is demagnetized (pre-eminently an American military problem)—then the grim analysis in 2001 by Judge Bruguière may prove prescient. Reuel Marc Gerecht
Defeating the men in balaclavas who slaughtered the staff at Charlie Hebdo is going to require something beyond sentiment. Unless sentiment alone has acquired unknown, new powers. World sentiment tried to defeat the Nigerian Islamic jihadist group Boko Haram last April after it kidnapped some 276 girls from a rural school. Remembered today, more than anything, is the photo of First Lady Michelle Obama holding her sign, “#Bring Back Our Girls.” The headline on a Wall Street Journal story Monday summarized what has happened since the famous kidnapping: “Boko Haram extends its grip in Nigeria. Islamist insurgency overruns villages and army base in northeast, reflecting failures of military, multinational efforts.” If more of the world’s people are to be protected from becoming the next Charlie Hebdo or Peshawar, 9/11 or any of the other shattered symbols of the age of Islamic terror, then the political and intellectual status quo will have to be changed or reversed. Exhibit A: Edward Snowden . One may assume that many, if not most, of the thousands in Paris’s streets over the Hebdo massacre believed in 2013 that Edward Snowden was a hero for stealing software from the U.S. National Security Agency, the world’s primary surveillance instrument for identifying terrorists before they kill. Here we have two symbolic and broadly embraced beliefs about the West’s posture toward the reality of fundamentalist Islamic terror—that Edward Snowden is a hero and “I am Charlie.” They are incompatible. The people of the Western nations have defaulted to ambivalence and confusion about the nature of this threat. I have seen no clearer statement of where our confusions will lead than former U.S. diplomat Charles Hill ’s recent essay in Politico, “Why Political Islam Is Winning.” Mr. Hill concludes: “ John Kerry ’s statement about ISIS having ‘no place in the modern world’ was oblivious to the possibility that the modern world itself may be coming to an end. History is not predetermined to proceed always in a progressive, ever-better direction. “If the current course of events and ideas is not reversed, the coming age will have abandoned its assumptions of open trade, open expression and the ideal of government by consent of the governed. Political Islam will be comfortable with itself at last. In January 2015, it already is. Dan Henninger
C’est une carte d’identité, oubliée dans la première voiture utilisée par les fuyards, qui a mis les enquêteurs sur la piste des deux auteurs présumés de l’attaque. Un avis de recherche est lancé en début de nuit contre ces deux hommes, Chérif Kouachi et Said Kouachi, deux frères âgés de 32 et 34 ans. Le premier est bien connu des services de police. Il avait été condamné en 2008 pour avoir participé à une filière d’envoi de combattants en Irak, la filière dite des « Buttes Chaumont ». « Toute personne détenant des informations » sur les suspects est invitée à joindre le numéro vert 0805 02 17 17, a indiqué la préfecture de Paris. Le Monde
La tristesse et la rage. Tristesse, immense, pour mes neuf confrères de Charlie-Hebdo (1), assassinés ce matin dans leur journal, à Paris (IXe), par un commando terroriste puissamment armé. Deux policiers ont également été tués. Rage, immense, contre tous ceux qui ne cessent de s’aveugler sur la montée en puissance de l’islamisme dans les cités françaises. J’entendais encore, ce mercredi sur Europe 1 , Alain Juppé s’enflammer contre ceux qui sonnent l’alarme au prétexte d’un risque d’ «amalgame avec l’ensemble des musulmans». François Hollande, lundi, refusait de parler d’«ennemis de l’intérieur». Ces discours émollients participent à l’endormissement des vigilances. Il y a, oui, un retour aux années trente. Mais il se lit, ce retour, non pas chez les peuples d’Europe qui craignent l’islamisme chez eux, mais chez les donneurs de leçons qui se veulent pas voir ce nouveau totalitarisme coranique. C’est pour se protéger de son intolérance et de sa violente judéophobie que 7 000 Français juifs ont quitté la France en 2014, nous alertant ainsi du pire. Le pire est là: les loups sont entrés dans Paris. Les belles âmes, qui insultent les lanceurs d’alerte et refusent de voir les faits, se rendent complices de l’islamo-fascisme qui nous a déclaré la guerre. L’ennemi n’est évidemment pas l’ensemble des musulmans, dont beaucoup sont bien sûr horrifiés par ce carnage contre des journalistes. Mais ceux-là doivent, toute affaire cessante, descendre massivement dans les rues pour se désolidariser … Car ce mercredi, la France est en guerre. En guerre civile peut-être, demain. Son ennemi est l’islam radical, l’islam politique, l’islamisme djihadiste. «Nous avons vengé le prophète», auraient crié les tueurs. L’ennemi n’est évidemment pas l’ensemble des musulmans, dont beaucoup sont bien sûr horrifiés par ce carnage contre des journalistes. Mais ceux-là doivent, toute affaire cessante, descendre massivement dans les rues pour se désolidariser enfin clairement de ceux qui ont la même religion qu’eux et qui appliquent ses préceptes à la lettre. En 1954, en Algérie, l’Armée de libération nationale ne comptait pas plus de 800 hommes ; ils ont réussi à faire plier la République huit ans plus tard. Les djihaistes français ne sont guère plus nombreux mais ceux-là sont tout autant déterminés à nous humilier, à nous soumettre à l’islam et à faire taire la liberté d’expression. C’est pourquoi il est urgent que les esprits se réveillent enfin et cessent de se réfugier dans le confort de l’apaisement, du pacifisme et des bons sentiments. Ces attitudes sont des lâchetés. Refuser de répondre à une guerre déclarée serait la pire des capitulations. Dans ce domaine, la France s’est assez humiliée par le passé. Ivan Rioufol
Ce que vous nous avez arraché, c’est ce temps où l’on pouvait simplement ricaner quand on les entendait, Val, Valls et les autres, mener dans cette alliance contre nature leurs croisades et leurs guerres plus ou moins revues et corrigées par Carla Bruni et Euro RSCG, agiter leursmoulinets Vigipirate, leurs chiffons de menace intégriste et terroriste, cette menace qui est forte, qui n’a jamais été aussi forte, ce temps où on pouvait tout simplement leur tourner le dos, leur dire que ces guerres n’étaient pas les nôtres. Ce temps où nous pouvions, à bon droit, juger a priori suspecte toute unanimité. Ah ils vont bien nous l’extorquer, maintenant, l’unanimité. Et il en faudra, du culot, pour leur dire Bas les pattes ! Ce que vous nous avez arraché, c’est ce temps où nous nous sentions si loin des balles. Ce temps, en nous, où la guerre ne semblait malgré tout qu’un grondement lointain. Où l’on se croyait éternellement à l’abri, dans le refuge des mots et des petits dessins. Daniel Schneidermann

Attention, un drapeau noir peut en cacher un autre !

Au lendemain, 15 ans (?) après Israël, 14 ans après les Etats-Unis, 11 ans après l’Espagne et 10 ans après la Grande-Bretagne

De la première intifada ou 11 septembre français

Qui a vu les apprentis djihadistes dont le drapeau noir flottait tranquillement il y a à peine six mois sur la Place de la République où nous sommes tous aujourd’hui miraculeusement devenus Charlie

Revenir, après la série du mois dernier dite des « déséquilibrés »crieurs d’Allah Akbar, appliquer sur le terrain les leçons apprises à l’école du djihad syrien ou irakien …

Comment ne pas voir, avec le cinéaste franco-algérien Jean-Pierre Lledo, les multiples responsabilités

D’une classe politique comme médiatique ou intellectuelle

Qui, obnubilé par l’angélisme pro-arabe (et les dollars qataris) comme la haine contre Israël depuis des décennies, n’a cessé de banaliser …

Le « danger islamiste et islamique (en arabe il n’y a qu’un seul mot pour ces deux notions) » …

Et « refusé de comprendre que ce qui menace la Paix au Moyen-Orient et par conséquent dans le monde, ce n’est pas Israël, mais bien l’islamisme et l’islam représenté aujourd’hui  par le Dach, le Hamas, le Hezbollah, mais aussi par l‘Iran des Mollahs qui pend publiquement chaque semaine ses récalcitrants et prépare tranquillement sa bombe atomique, la Turquie d’Erdogan dont les prisons sont remplies d’intellectuels et de journalistes, le Qatar qui a déjà acheté quantité de gouvernants et médias européens » … ?

CHARLIE HEBDO : QUI EST RESPONSABLE DU MASSACRE ?
Jean-Pierre LLEDO

ResilienceTV

7/1/2015

JE NE PEUX PLEURER MES FRÈRES CHARB, CABU, TIGNOUS ET WOLINSKY

JE N’AI PAS LE DROIT

PAS AUJOURD’HUI

JE NE PEUX PLEURER AUJOURD’HUI POUR RÉFLÉCHIR DEMAIN

JE NE PEUX LAISSER À DEMAIN CE QUI DOIT ÊTRE DIT DE SUITE

DEMAIN C’EST TROP TARD

INUTILE DE FAIRE LA CHASSE AUX TUEURS

IL FAUT FAIRE LA CHASSE AUX VÉRITABLES RESPONSABLES

LES TUEURS VONT ÊTRE RATTRAPÉS

MAIS SI LES VÉRITABLES RESPONSABLES NE SONT PAS MIS HORS D’ÉTAT DE NUIRE

IL Y EN AURA D’AUTRES

QUI SONT LES VÉRITABLES RESPONSABLES ?

Le premier responsable, c’est le GOUVERNEMENT FRANÇAIS ET LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE…

·       pour non-assistance à personne en danger : comment avoir laissé l’organe de presse le plus menacé de France sans protection policière ?

·       pour son refus de désigner l’islamisme comme le principal ennemi de la France, de la liberté, de la démocratie, de par le monde…

·       Pour sa mémoire courte depuis les assassinats de Toulouse en 2012…

·       pour son refus de tenir compte de l’expérience algérienne où les intellectuels furent les premières cibles de l’islamisme…

·       pour son refus de faire la relation entre l’islamisme assassin et sa source non  moins assassine, l’Islam, tel qu’il est aujourd’hui enseigné et transmis dans le monde musulman mais aussi en Europe et en Amérique, non plus comme une métaphysique égale à d’autres, mais comme une idéologie de conquête du monde non-musulman, et de mort pour tous ceux qui résisteraient .

Le premier responsable, ce sont aussi les MÉDIAS…

·       pour les mêmes raisons susdites.

·       mais aussi parce que depuis la mise en œuvre terroriste de l’islamisme en Algérie à partir du début des années 90, ces médias ont préféré soutenir les islamistes au nom de la liberté d’expression plutôt que les démocrates qui résistaient et se faisaient assassiner : en Algérie près de 100 journalistes furent liquidés une balle dans la tête, après que les plus illustres de ses artistes aient subi le même sort, du romancier Tahar Djaout au dramaturge Abdelkader Alloula. Et ces médias ont récidivé récemment avec l’Égypte lorsque l’armée a décidé de mettre hors d’état de nuire les Frères musulmans.

·       parce qu’ils ont fait de Tariq Ramadan, le chantre des Frères musulmans, la vedette de tous les plateaux de TV.

·       parce que, inversement, on préfère faire la chasse au seul journaliste français qui ose appeler un chat un chat, Eric Zemmour.

·       La radio Europe N°1 en parlant des tueurs qui ont pourtant crié qu’ils étaient venus venger leur prophète, ne vient-elle pas, dans l’intervalle de quelques minutes, de gommer leur référence à l’islam ? !

OUI LES  PREMIERS RESPONSABLES, CE SONT BIEN LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS, LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, ET LES GROS MÉDIAS FRANÇAIS !

·       Pour leur stratégie politique et médiatique qui vise à banaliser le danger islamiste et islamique (en arabe il n’y a qu’un seul mot pour ces deux notions).

·       Pour leur refus de dire  que l’islamisme tente aujourd’hui, d’une autre manière, ce que l’Islam a entrepris en son nom propre sous l’étendard du prophète puis de ses successeurs, les divers Califes : la conquête du monde.

·       Pour leur refus de dire  que l’OCI fort de ses 54 pays musulmans a déjà réussi dans les faits à changer la nature de l’ONU en lui substituant sa ‘’Charte des droits de l’homme … en Islam’’ fondée sur la chariaa.

·       Pour leur refus de comprendre que ce qui menace la Paix au Moyen-Orient et par conséquent dans le monde, ce n’est pas Israël, mais bien l’islamisme et l’islam représenté aujourd’hui  par le Dach, le Hamas, le Hezbollah, mais aussi par l‘Iran des Mollahs qui pend publiquement chaque semaine ses récalcitrants et prépare tranquillement sa bombe atomique, la Turquie d’Erdogan dont les prisons sont remplies d’intellectuels et de journalistes, le Qatar qui a déjà acheté quantité de gouvernants et médias européens. Cela de nombreux artistes et intellectuels du monde arabe l’ont déjà dit, mais on préfère taire leur nom même comme ils sont aussi connus que Sansal ou Adonis.

·       Pour leur engagement aveugle et militant aux côtés d’un mouvement national palestinien noyauté par les islamistes qui n’attendent que des élections pour en prendre la direction, lequel refuse de reconnaitre Israël comme le seul Etat du peuple juif (contre 22 pays arabes et 54 pays musulmans !) et enseigne quotidiennement dans ses médias et ses écoles la haine du juif…

·       Et récemment encore pour le vote de la France au conseil de sécurité de l‘ONU pour la résolution palestinienne qui consiste à imposer son option à Israël sans aucune négociation.

AUJOURD’HUI JE NE PEUX PLEURER MES FRÈRES CHARB, CABU, TIGNOUS ET WOLINSKY

JE LE FERAI DEMAIN

AUJOURD’HUI JE ME DOIS DIRE QUE LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS, LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, ET LES GROS MÉDIAS FRANÇAIS SONT BIEN LES PREMIERS RESPONSABLES.

ET FAUTE D’AVOIR PRÉVU LES BONS VŒUX QUE LA FRANCE ALLAIT RECEVOIR

ILS DEVRAIENT DÉMISSIONNER COLLECTIVEMENT.

Car s’ils continuaient ainsi à tolérer en France et en Europe la présence islamiste

et banaliser la chasse aux Juifs, de Toulouse à Bruxelles, de Ilan Halimi à la jeune fille de Créteil, les véritables démocrates français et européens doivent s’attendre au pire.

QUAND DONC LES GOUVERNANTS FRANÇAIS, EUROPÉENS, LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, ET LES GROS MÉDIAS FRANÇAIS,

COMPRENDRONT-ILS QUE LE FASCISME NAZISLAMISTE S’IL COMMENCE PAR LES JUIFS, FINIT TOUJOURS PAR LES NON-JUIFS QUI LUI RÉSISTENT ?

Ces véritables responsables de l’assassinat de mes quatre frères oseront-ils se mettre au premier rang des Français qui leur rendront hommage lors des obsèques ?

J’ose espérer que non.

A moins que comme tous les commanditaires mafieux ils aient jusqu’à ce culot.

Le 7 Janvier 2015

Jean-Pierre Lledo

Cinéaste.

PS : je n’ai voulu parler ici que des principaux responsables. Mais tous ceux qui parmi les ‘’intellectuels’’ qui ont eu la même démarche de déni et de banalisation sont également responsables. Ils devraient par décence se taire et surtout ne pas s’adjoindre au cortège des obsèques.

Nommer l’ennemi
Jacques Tarnero

Huffington post

08/01/2015

Les tueurs de Charlie hebdo ne sont pas des terroristes anonymes. Ils appartiennent sans doute à un réseau informel mais uni par une idéologie commune. Réduire leur nomination uniquement par le mot « terroriste » c’est s’interdire de regarder la menace en face en ne la nommant pas. Ce terrorisme là est islamiste, il invoque « Allah » avant de tirer et de tuer. Il prétend « venger le prophète ». Ce sont les mêmes cris qui sont prononcés par les coupeurs de tête des otages occidentaux en Irak et de Syrie. Ce sont les mêmes qui ont assassinés trois adolescents juifs en Israël en juin 2014. Ce sont les mêmes jouisseurs de mort qui ont tué des enfants juifs à Toulouse et au musée juif de Bruxelles. C’est la même idéologie qui a inspiré les poseurs de bombes de Madrid, de Londres, de Boston. Ce sont les mêmes imprécations qui ont accompagné les gestes du tueur de Sidney et du conducteur de la voiture bélier de Joué-les-Tours. Etaient-ils seulement des malades mentaux ? Ce sont les mêmes individus que la France combat au Mali, en Afghanistan, en Irak. Ce sont les mêmes qu’Israël affronte à Gaza. Ils se nomment Califat Islamique, Boko Aram en Afrique, Chebab somaliens, Hamas à Gaza ou Hezbollah au Liban. Cette hydre à tête multiple a un socle commun et s’il ne faut pas assimiler tous les musulmans à des terroristes tous ces terroristes là sont musulmans. Certes tous les musulmans ne sont pas jihadistes mais tous les jihadistes sont musulmans. Cette religion « d’amour et de paix » devrait y regarder de près pour extirper de son sein ce qui de l’intérieur de l’islam nourrit cette rage meurtrière.

En 1938, pour n’avoir pas voulu nommer l’ennemi nazi pour ce qu’il était, pour n’avoir pas voulu regarder en face ce que cette idéologie au pouvoir en Allemagne, avait de mortifère, le monde va en payer un prix effroyable. Les démocraties ont les défauts de leurs qualités : elles attribuent à leurs pires ennemis des capacités rédemptrices. Le terrorisme apocalyptique de l’Etat islamique ne cherche pas à construire un Etat fut-il islamique, il cherche d’abord à tuer et à détruire ce qui n’est pas lui puisque telle est la jouissance de ceux qui le composent.

Depuis le 11 septembre 2001 l’islam radical a déclaré la guerre au monde. Ne pas considérer que cette menace est globale et qu’elle se décline de la Kabylie à la Mésopotamie, du musée juif de Bruxelles à Toulouse ou à Londres, serait reproduire la même erreur de jugement que celle qui fut commise par Daladier et Chamberlain quand ils crurent stopper Hitler par les accords de Munich. On connaît la suite.

On ne gagnera rien par les périphrases et les divers éléments de langage destinés à éviter de nommer l’ennemi. Recommander de dire « Daesh » plutôt que « Etat islamique » pour ménager les susceptibilités des musulmans relève d’une prudence dont les musulmans lucides ne s’embarrassent pas. L’acharnement mis par certains à ne pas prendre en compte la part islamique de l’islamisme relève de la volonté de ne pas voir la source du mal. Il ne s’agit pas de faire l’exégèse des textes issus du Coran mais bien plutôt d’analyser ce que certains font dire à ces textes et l’accusation d’islamophobie portée contre ceux qui osent faire cette démarche est dès lors vide de contenu. Quand des égorgeurs décapitent un otage aux cris de « Allah Akbar ! » c’est bien dieu qui est convoqué pour cautionner le crime, pour sanctifier ces gestes supposés de fidélité à dieu.

Combien faudra-t-il d’autres journalistes assassinés, d’autres têtes coupées pour que les juristes qualifient les crimes de cette barbarie? Combien d’autres mécréants, combien d’autres infidèles, combien de « croisés » et combien de Juifs vont être assassinés au nom de l’islam ? Combien d’autres adolescents israéliens vont être assassinés pour que l’on comprenne qu’il s’agit d’une barbarie identique? Les uns font ça au couteau, les autres à la kalashnikov. Les uns découpent, les autres se font exploser dans des arrêts de bus ou des cafés. Les uns sont plus artisanaux tandis que les autres sont plus modernes. Pourtant les uns envoient sur facebook les images de leurs performances alors que les autres cherchent à les dissimuler et pourchassent les journalistes qui pourraient en témoigner. Les uns sont les disciples du nouveau Calife de l’Etat Islamique en Irak et au Levant, les autres sont disciples du Hamas. Tous vénèrent Allah et tous vouent aux flammes de l’enfer, un Etat satanique, « l’entité sioniste » pour ne pas avoir à prononcer son nom.

Qu’est ce que le jihad ? Cette guerre sainte promet le paradis à celui qui pourchasse et anéantit les infidèles, les non musulmans. Il s’agit de cette forme spécifique de guerre commise au nom de l’islam, visant à l’extermination ou la réduction en esclavage de populations pour la seule raison de leur identité non musulmane. Le jihad, présenté dans un premier temps comme une ascèse spirituelle, un travail sur soi visant à une communion spirituelle avec le divin, a laissé place à sa forme politique telle que nous la voyons aujourd’hui à l’œuvre.

Qu’est ce qui définit le crime contre l’humanité ? Qu’est ce qui caractérise ce crime ? Cette notion de droit, établie après les jugements des crimes nazis au procès de Nuremberg caractérise les crimes de masse commis contre des personnes au nom de leur origine, ethnique, religieuse, politique. Il s’agit de crimes commis contre des personnes au nom de ce qu’elles sont, de leur identité, de leur appartenance, de leur religion ou de leur croyance.

Le jihad (tel qu’il est invoqué et pratiqué par certains groupes islamistes) s’inscrit dans cette définition pénale du crime contre l’humanité. Inscrire le jihad dans la catégorie des crimes contre l’humanité constituerait déjà un fort coup de semonce contre tous ceux qui habillent leurs crimes du masque d’une différence culturelle. Aucune religion ne saurait se prétendre telle si elle devait servir d’alibi de la barbarie a estimé le Président Obama. Le dire haut et fort, au nom de principes universels, permettrait de faire un tri entre ceux qui partagent cette idée d’un universel commun pour une humanité commune et ceux qui refusent cette idée d’une communauté humaine acceptant des règles obéissant à des lois universelles.

Tant que les musulmans et ceux qui prétendent être dépositaires de l’héritage spirituel de l’islam n’auront pas fait ce travail critique sur leur propre corpus spirituel, ils resteront aveugles sur les sources intimes de leur désastre de leur supposée humiliation. C’est du sein de l’islam que des voix doivent s’élever pour dénoncer cette imposture. C’est bien plutôt l’islamisme version Hamas ou version Hezbollah ou version Etat Islamique et leurs multiples clones qui sont responsables de cet enfermement aussi surement que le goulag ne protégeait pas les droits des peuples mais les garrotait.

Pourtant tous deux ne jouissent pas d’un statut identique dans le regard que l’Occident leur porte. L’Etat Islamique est dénoncé comme un mal absolu, un « cancer » par les Etats Unis, la France et les européens. Le Hamas, bien que figurant sur la liste des organisations terroristes, jouit d’une meilleure considération et a même reçu sur ses terres, de brillants intellectuels, Stéphane Hessel et Régis Debray. Tandis que l’EI (Etat Islamique) profite de la dislocation de l’Irak et de la Syrie, dont les frontières furent établies à la serpe par la Grande Bretagne et la France, à la fin de la première Guerre mondiale, après la dislocation de l’Empire Ottoman. Presque un siècle plus tard ces châteaux de cartes s’effondrent au profit d’une nébuleuse aussi chaotique que sanglante.

Est-on capable en Occident de regarder cela en face ? On pourra toujours invoquer les mânes de la République et déclarer solennellement que ces gestes quand ils sont commis en France, sont isolés et qu’ils défigurent la France. Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, font hélas partie de la France d’aujourd’hui. Les manifestations en faveur de Gaza de juillet dernier n’étaient pas seulement pro palestiniennes, elle étaient aussi antijuives.

Ces indignés sont-ils descendus dans la rue pour dénoncer les massacres de palestiniens en Syrie ? Sont ils indignés par les deux cent mille morts en Syrie ? Sont-ils descendus dans la rue pour dénoncer les kidnapping de centaines de jeunes filles au Nigéria commis au nom d’Allah par la secte islamiste Boko Aram ? Ont-ils dénoncés les attentats contre d’autres musulmans en Somalie, en Algérie, au Liban, en Irak, en Afghanistan ? Les massacres arabo-arabes ou islamo-islamistes seraient-ils à ce point une affaire de famille pour y trouver une excuse ? Quelle serait cette normalité acceptée pour cette barbarie alors que chaque riposte d’Israël pour assurer la protection de ses habitants serait considérée comme bien plus condamnable ? Quel souci ont-ils de la Palestine ceux qui ont fait de la haine du Juif une seconde nature ? Quelle différence en effet ! Israël utilise ses armes pour protéger sa population alors que le Hamas utilise sa population pour protéger ses armes !

En juillet dernier, c’est un pogrom qui a été tenté à Sarcelles et rue de la Roquette à Paris. Au cours d’autres manifestations ce sont les drapeaux du Hamas, du Hezbollah et l’Etat Islamique qui ont été exhibés place de la République. « Nous sommes tous des jihadistes », ont crié certains manifestants. Cet avertissement est valable pour tous. La haine qui motive les émeutiers anti juifs ne s’adresse pas qu’aux seuls Juifs au prétexte de leur solidarité supposée avec Israël. Cette haine recuite va puiser ses sources dans un archaïsme qui déjà fait la preuve de sa malfaisance. L’Europe en connaît le prix. Que cette vieille haine s’habille des atours progressistes de l’antisionisme ne change rien à l’affaire. La haine des Juifs est toujours annonciatrice d’autre chose : à travers les Juifs c’est la liberté qui est visée, celle des femmes, celle de l’autonomie de l’individu. Depuis près de quinze ans la République a perdu de nombreux territoires. Ils sont tout autant symboliques que réels. Avec le masque de la bonne conscience certains ont instillé de manière totalement irresponsable cette haine du Juif et d’Israël avec les mots du progrès et de la justice. Faire d’Israël le responsable du malheur arabe constitue l’une des grandes impostures de l’histoire contemporaine. Le déni idéologique de cette réalité constitue l’autre face de ce désastre de la pensée.

Désormais la menace est ici, chez nous, en France, en Europe. NOUS, en France, en Europe. Ne pas le comprendre est suicidaire.

A French Intifada?
Tom Wilson
Commentary
01.07.2015

The footage that is emerging from today’s terror attack in Paris—some of the most graphic now being circulated over social media—shows a gun battle on a Parisian street that conjures the impression of a warzone. We see masked men, dressed entirely in black, carrying assault rifles and then executing a police officer as he lies injured on the ground. In all twelve have been killed, two police and ten journalists of the small satirical magazine Charlie Hebdo which some years ago published a cartoon of Muhammad. Naturally, then, there are those who are already approaching this event as a question about freedom of the press. Back in 2011 when the offices of Charlie Hebdo were firebombed, it was primarily an issue of free speech. But now, given the nature of this attack, and the fact that it comes alongside a spate of other Islamist attacks in France, if matters go much further then these risk being the early rumblings of a French intifada.

Some have speculated that those who carried out today’s attack were in some way affiliated with (or inspired by) ISIS. The last piece tweeted out by the magazine was a cartoon of ISIS leader Abu Bakr al-Baghdadi. An eyewitness, however, has reported that the men claimed to be from al-Qaeda. Either way, this attack has now put much of Paris on lockdown and France has gone into its highest state of alert while those who carried out the attack remain at large. The fear is that they will be seeking to go down in a gunfight with the police, or worse still in some kind of explosion as jihadists have been known to do in other attacks.

Even before today’s incident France was already on edge given a series of attacks in the run-up to Christmas. In both Dijon and Nantes Islamic radicals had driven vehicles into shoppers at Christmas markets, while in Tours police were attacked by a man brandishing a knife. Similarly, Islamic radicals and others from France’s large Muslim population have also targeted the Jewish community as anti-Semitism in France has skyrocketed. Synagogues and Jewish businesses have been attacked in recent months, with riots in Paris this summer seeing Jews being forced to barricade themselves into a synagogue. And in addition to the 2012 shooting at the Jewish school in Toulouse, it was a French jihadist who carried out the attack on the Brussels Jewish museum last May.

This move from attacks on the Jews to attacks on others, not least those representing liberal Western values such as Charlie Hebdo, is hardly surprising. But France has for some time now been grappling with the problem of Islamic radicalism and the unassimilated and disaffected parts of its Muslim population. In the fall of 2005 Parisian housing projects and other French cities were subjected to several days and nights of intense rioting by immigrants, something that began to be referred to as “the French Intifada.”

However, Europeans also have to be wary about the backlash against Islamic radicalism that is mounting from the far-right. In France the only somewhat moderated National Front is making significant gains at the ballot box. Meanwhile, in Germany a new anti-Islamist mass movement is emerging, with 18,000 marching in Dresden earlier this week. Yet there are serious concerns about the extent to which this movement may already be associated with violent fascistic and neo-Nazi tendencies. An open confrontation between such groups and Islamists could lead to an intifada scenario on the streets of Europe.

After today’s attack in Paris we are once again left wondering what kind of strategy Western leaders really have for confronting any of this. In the past the debate about mass immigration and about how to assimilate immigrants was all but shut down among shrieks about racism. Similarly, more recent discussions about how to deal with Islamic extremism have quickly descended into such accusations. Indeed, for so many Western leaders, the main takeaway from such attacks seems to be to keep emphasizing that Islam is a religion of peace, while the left-wing media scolds the public for supposedly causing Islamic extremism through its latent Islamophobia.

In August a poll suggested that 16 percent of French citizens have sympathies for ISIS and it is thought that well over 800 French nationals are currently overseas fighting for that group. But France also has to worry about the extremists who stay at home. For as today’s attack has shown, heightened security can only do so much, and for now it appears there are no serious proposals for what is to be done about those French Muslims who seem increasingly hostile to the surrounding society.

A Consequential Terror Attack in Paris
Max Boot
Commentary
01.07.2015

The U.S. has 9/11. Spain has 11-M (the March 11, 2004, bombings of the Madrid commuter trains which killed 191). Britain has 7/7 (a reference to the July 7, 2005 bombings which killed 52 people taking public transportation in London). And now, on a slightly smaller but still horrific scale, France has 1/7: the assault by three masked gunmen on the offices of the satirical newspaper Charlie Hebdo in Paris, which left 12 people dead.

What all of these events have in common is, of course, the Islamist ideology which animated the killers–a ruthless willingness to kill the innocent in pursuit of far-fetched religious and political objectives. In all three cases jihadist fanatics saw Western nations, whether the U.S., Britain, or France, as obstacles to their designs–and understandably so, because all three back moderate regimes in the Middle East and have intervened with their own armed forces to fight the forces of terrorism, whether in Mali, Iraq, or Afghanistan.

Of these attacks, only one–9/11–so far has been proven to have been directed by a terrorist organization based abroad: al-Qaeda, which at the time enjoyed sanctuary in Afghanistan. There were rumored links between the 7/7 bombers–mostly children of Pakistani immigrants–and the al-Qaeda organization, by then based in Pakistan, but nothing was ever proven. Likewise rumors of links between the Spanish bombers and al-Qaeda or its North African affiliates were not proven. We will have to wait to find out if the 1/7 attackers had direct links to a terrorist organization such as al-Qaeda or ISIS (there are unverified reports that they were connected to al-Qaeda in the Arabian Peninsula) or whether they were a self-radicalized cell acting on their own initiative.

Whether the 7/7 attackers were in touch with terrorist organizations abroad or not, their actions did not need much planning or coordination, unlike the intricately choreographed attack in 2001 on American passenger aircraft. Indeed it is a wonder that we have not seen more such assaults, especially in the U.S., given the prevalence of massacres by deranged gunmen from Aurora, Colorado, to Newtown, Connecticut. France, for its part, has seen a spate of low-level “lone wolf” attacks in recent weeks, with attackers driving their cars into crowds or attacking police officers with a knife.

Part of the explanation may lie in the greater success that the U.S. has had in assimilating immigrants–there is not a large underclass of resentful Muslim immigrants in this country as there is in Britain, France, and other European countries. But it doesn’t take many fanatics to carry out a terrorist attack and our air of complacency might well have been punctured if the 2010 car bombing of Times Square by a Pakistani immigrant had gone off as planned.

Beyond the need to assimilate immigrants such attacks point to the need to monitor extremist organizations. There has been much controversy in both the U.S. and Europe about the actions of the NSA, but its eavesdropping is the first line of defense–indeed in many ways the best line of defense–against such attacks. The same goes for the much-maligned New York Police Department whose now-disbanded Demographics Unit infiltrated the Muslim community with undercover officers to be alert to extremist activity.

Such intelligence-gathering, especially in the domestic sphere, raises civil-liberties hackles and there is no question that such activities can lead to abuses, as occurred decades ago with the FBI’s Cointelpro intelligence gathering against antiwar activists and civil-rights activists. But, if carefully regulated (as is the case with the NSA and NYPD, from all accounts) such programs are necessary not only to ward off the murder of innocents but the far greater violations of civil liberties that are likely to come after a successful major terrorist attack.

Paris Attack Wasn’t “Senseless Violence”
Jonathan S. Tobin
Commentary
01.07.2015

President Obama’s condemnation of the attack on the Charlie Hebdo office today in Paris rightly referred to the perpetrators as “terrorists” and expressed solidarity with France even if it did come in a tone expressed with his usual lack of emotion. The official statement issued later also properly labeled it an act of terrorism. But the problem isn’t whether the administration is ready, as it was initially reluctant to do after Benghazi, to speak of terrorism, as it is the president’s refusal to discuss the motivation of the attackers and readiness to speak of it as the “senseless violence of the few.” This wasn’t senseless, Mr. President. Indeed, based on the administration’s past lukewarm defense of freedom of speech against Islamist attacks, it made a great deal of sense for terrorists to think they could get away with this atrocity.

Throughout the last two decades during which Islamist terrorists have been waging a war against the West, the United States government has always been properly reluctant to speak of the conflict as one between the American people and the religion of Islam. The U.S. has no argument with its millions of loyal Muslim citizens or with any faith per se. Nor does it have a brief for conflict with the many Muslim countries with which it enjoys warm relations. The arguments of both al-Qaeda and ISIS and their sympathizers, which speak of American wars “against Muslims,” are vicious libels. The wars, in which the U.S. has engaged in Iraq and Afghanistan, not to mention in Bosnia before that, were waged to free Muslims. It is the terrorists who wish to silence and enslave Muslims in their nightmare vision of a new caliphate, not the Americans.
But that sensible reluctance to grant the terrorists their wish by allowing them to make this a war of Muslim versus non-Muslim should not extend to blindness about what is motivating the terrorists. As much as we may hope that Islamists don’t represent the views of most Muslims, it is ridiculous for the president or any other American official to be issuing statements (as they have at times) in which Washington pretends to be the authority on what is or is not authentic Islam. Suffice it to say that Islamists appear to have the support of tens of millions of Muslims in the Middle East as well as elsewhere and it is futile for any American president to be declaring them mistaken about their faith.
But more important than that is the steadfast refusal of the U.S. to state what is obvious. Ignoring the fact that the motivations of those who committed the act of terrorism in Paris were religious isn’t helping anyone.
For Islamists, silencing those who offend their religious sensibilities makes perfect sense. More to the point, doing so has worked very nicely to silence critics and opponents who rightly fear to call down the wrath of jihadists on their heads. As I noted earlier today, there is no cost to mounting a Broadway musical mocking Mormons, a peaceful and productive American minority group that took the insults lobbed at them with good humor and patience. But there is potentially a very great price to be paid if you wish to skewer the religious motivations of terrorists with the blood of countless Muslims as well as non-Muslims on their hands.
By cowering and apologizing every time radical believers in Islam express outrage at some actual or perceived slight to their faith, the U.S. has strengthened the conviction of the extremists that no one may offend them with impunity.
The social media campaigns spreading across the Internet today, as people express solidarity with the Charlie Hebdo satirists, is commendable. But what is needed even more is a universal condemnation of Islamists and calls for Muslims, both in the West and throughout the Middle East, to acknowledge that a sizable percentage of their co-religionists—and not just the tiny minority that the president spoke of—are laboring under the delusion that they can tell Europeans or Americans what they may or may not read or watch.
Islamist terrorists have proliferated precisely because they have been perceived as both the “strong horse” that can only be opposed at the risk of one’s life and because Westerners have so often purposely misunderstood the nature of the challenge they face. They are likely to remain a deadly problem until our leaders stop acting as if the successful tactics of the opponents of freedom are pointless or not rooted in a theological worldview that is shared by many of their co-religionists. Pretending that they are not a significant force in the Muslim world is what is senseless, Mr. President, not the actions of the terrorists.

France and the New Charismatic Jihad
Worries about autonomous jihadist cells appear to have been realized in Paris.
David Gothard
Reuel Marc Gerecht
WSJ
Jan. 7, 2015

The terrorist attack in Paris on Wednesday—with 12 people killed by masked men yelling Islamist slogans—has been a long time coming.

After the 9/11 attacks on the U.S., Western counterterrorist experts probably feared European radical Muslims more than they did Islamic militants in the Middle East. Since the early 1990s, when Algeria’s savage war between the military junta and Islamists began to spill over into France, the French internal-security service, now known as the Direction centrale du renseignement intérieur, or DCRI, began to ramp up its capacity to monitor Muslim militants.

On Nov. 27, 2001, France’s premier counterterrorist magistrate, Jean-Louis Bruguière, was pessimistic about “autonomous” jihadist cells in Europe and North America that “don’t need to receive orders to pass into action.” The Iraq War added to this widespread anxiety. Many believed that the Anglo-American invasion would provoke a maelstrom of holy warriors against the West.

It didn’t happen then. But it may be happening now.

The lethal attack in Paris on the satirical magazine Charlie Hebdo —which has made a specialty of mocking both sides of the too-much-Islam-in-Europe debate, and in 2012 famously published caricatures of the Prophet Muhammad —probably isn’t a lone-wolf affair. But it may represent what Mr. Bruguière feared: native jihadist cells that can act independently of foreign terrorist organizations, like al Qaeda or Islamic State, but may act in concert, and certainly in sympathy, with these groups.

The DCRI, easily the most effective domestic-intelligence organization in Western Europe, has been sounding the alarm for over a year, warning that the Syrian insurrection against the Bashar Assad regime was becoming too bloody and too irresistibly magnetic for French Sunni Muslims. Several hundred of them have traveled to Syria and Iraq to fight under the banner of Islamic State and other radical groups. Hundreds of other European Muslims appear to have joined them. The French bastion against domestic terror appears to be cracking.

This isn’t good news, because America’s dependence on the French service and Great Britain’s domestic-intelligence outfit, MI5, cannot be overstated. They are part of America’s front line in the war against Islamic holy warriors. Take away communications intercepts, an American forte, and Washington has effectively no unilateral capacity to monitor Islamic militants on European soil. Other Western European services are quick to confess that the British and French are their models and have been indispensable in their own efforts to understand and check Islamic radicalism in a continent that is now effectively without borders.

If the French, who have more policemen and security officers per capita than any other Western country, cannot monitor and check Muslim extremists at home, Islamic radicals in Europe and elsewhere will surely take note.

The ability of Western European citizens to travel without visas offers enormous opportunities for jihadists whose dream target remains the U.S. There are now so many European Muslims it is impossible for American officials to identify suspect radicals without European assistance. Even random, targeted selections and entry denials, based on best guesses, could cause serious diplomatic problems with America’s European allies, who must protect the travel rights of their citizens. The Europeans carry the heavy load of American security in addition to their own.

The rise of Islamic State in Syria and Iraq—the first time jihadism has successfully conquered and occupied any large territory—has introduced a historically evocative charisma into Islamic fundamentalism. Islamic charismatics are always bad news for Westerners, even if their primary targets are Shiites, Kurds and Yazidis. The spillover is unavoidable, given the anti-Western core of modern Islamic militancy.

Part of the problem for Europe is undeniably home-brewed. The alarming, so far unchecked rise of anti-Semitism and violence against European Jews that is practiced by both Muslim and non-Muslim Europeans isn’t coincidental to the increase of Islamic terrorism in Europe. Contrary to the bizarre contention of U.S. Secretary of State John Kerry , Israel and the travails of the Israeli-Palestinian peace process had nothing to do with the rise of Islamic State and the birth of a new jihadism that is far more appealing than the less territorially successful jihadism of al Qaeda. Anti-Semitism has become inseparable from the gospel of a charged Islamic identity. (Western anti-Semitism, traditional Islamic suspicion of Jews, and anti-Zionism have congealed.) Anti-Semitism goes up in Europe as the appeal of a European identity to Muslims goes down.

Anti-Semitism nourishes the radical Islamic vision of a humbled Europe, once the motherland of imperialism. It encourages the idea that Muslims can dictate the terms of European expression about Islam. Not that long ago, Muslims couldn’t have cared less what Europeans thought about them or their prophet. Christians and Jews were infidels, after all, benighted souls not worth bothering with. That has changed as Europe’s Muslim population has grown and radicalized, and as traditional Islamic injunctions from the homelands were imported into an ultra-tolerant, increasingly politically correct Europe.

The French identity, more open than most European identities, has appealed to millions of Muslim immigrants. Thoughtful French intellectuals just a decade ago hoped that “French Islam” might work. A decade of troubles, including large riots in predominantly Muslim suburbs, increasingly lethal anti-Semitism, and now terrorism have stirred serious doubts even among the most optimistic.

Americans ought to hope that the French can get all of this right. If they can, then this horrible moment, too, shall pass. If they can’t—and it isn’t clear that the French can solve their worst counterterrorist problems unless Islamic State is demagnetized (pre-eminently an American military problem)—then the grim analysis in 2001 by Judge Bruguière may prove prescient.

Mr. Gerecht, a former Middle East-targets officer in the Central Intelligence Agency’s clandestine service, is a senior fellow at the Foundation for Defense of Democracies.

Terror Comes and Goes, Again
It is hard not to be cynical about what will come after the Charlie Hebdo massacre.
Daniel Henninger
WSJ
Jan. 7, 2015

Terrorist attacks like Charlie Hebdo come and go. Mostly they go.

For all the grief, pain and outrage of the past 24 hours—from as always President Barack Obama down to the streets of Paris—does any serious person doubt that by this time next week life in the West will be back to normal? Life, which is to say daily existence defined by staring at apps on smartphone screens, will resume.

Is this too cynical for the Charlie-Hebdo moment? We live in times defined by the comedienne Lily Tomlin : “No matter how cynical you become, it’s never enough to keep up.”

The title of this column could have been, “We Are All Peshawar Now.” Peshawar, Pakistan, is about 4,800 miles from Paris, and about 6,800 miles to New York City. On Dec. 16, seven heavily armed men from the Pakistan Taliban entered the Army Public School in Peshawar, a city with a half-million more people than Chicago. Once inside, the gunmen killed 132 school children by shooting them in the head or chest.

Terrorist acts come and go.

As a kind of footnote to the Charlie Hebdo massacre Wednesday, an al Qaeda suicide-bomber at about the same hour in Sana, Yemen, blew up 37 people. It will pass virtually without notice.

After each major terrorist act that catches the world’s attention—the four-day attack in 2008 in Mumbai by the terrorist group Lashkar-e-Taiba; the 2013 assault on a Nairobi shopping center by al-Shabaab; the eruption of the Islamic State beheaders in Iraq this year—one thinks that this will be the event that causes the West’s political leadership to get serious about the global threat of Islamic fundamentalism, whose primary political instrument is homicide.

But it’s hard to focus. Terrorist bombs set off in crowded places obliterate not only what were once people but obliterate awareness of what has occurred. One way or another, it’s mostly blood-soaked debris.

The Peshawar massacre in December was different and more difficult to let drop from memory. One can imagine seven adult men walking from one classroom to another, methodically executing boys and girls in white shirts and blouses at their desks.

Rather than the act of a random insane person, Peshawar, in the minds of the Taliban, was a rational, well-planned military atrocity. A success. Just like every other terrorist act dating back to 9/11 and before.

Past some point, it is feckless to call these events “incidents.” They are acts in a war. The people committing them think so and they say so. Why don’t we?

After the Charlie Hebdo shootings, a photograph emerged of a woman in Paris holding up a sign on which she had printed: “Je suis Charlie.”

If she thinks she is Charlie, it will take more than that sign to validate it. Defeating the men in balaclavas who slaughtered the staff at Charlie Hebdo is going to require something beyond sentiment. Unless sentiment alone has acquired unknown, new powers.

World sentiment tried to defeat the Nigerian Islamic jihadist group Boko Haram last April after it kidnapped some 276 girls from a rural school. Remembered today, more than anything, is the photo of First Lady Michelle Obama holding her sign, “#Bring Back Our Girls.”

The headline on a Wall Street Journal story Monday summarized what has happened since the famous kidnapping: “Boko Haram extends its grip in Nigeria. Islamist insurgency overruns villages and army base in northeast, reflecting failures of military, multinational efforts.”

If more of the world’s people are to be protected from becoming the next Charlie Hebdo or Peshawar, 9/11 or any of the other shattered symbols of the age of Islamic terror, then the political and intellectual status quo will have to be changed or reversed.

Exhibit A: Edward Snowden . One may assume that many, if not most, of the thousands in Paris’s streets over the Hebdo massacre believed in 2013 that Edward Snowden was a hero for stealing software from the U.S. National Security Agency, the world’s primary surveillance instrument for identifying terrorists before they kill.

Here we have two symbolic and broadly embraced beliefs about the West’s posture toward the reality of fundamentalist Islamic terror—that Edward Snowden is a hero and “I am Charlie.” They are incompatible.

The people of the Western nations have defaulted to ambivalence and confusion about the nature of this threat. I have seen no clearer statement of where our confusions will lead than former U.S. diplomat Charles Hill ’s recent essay in Politico, “Why Political Islam Is Winning.” Mr. Hill concludes:

“ John Kerry ’s statement about ISIS having ‘no place in the modern world’ was oblivious to the possibility that the modern world itself may be coming to an end. History is not predetermined to proceed always in a progressive, ever-better direction.

“If the current course of events and ideas is not reversed, the coming age will have abandoned its assumptions of open trade, open expression and the ideal of government by consent of the governed. Political Islam will be comfortable with itself at last.”

In January 2015, it already is.

Ce que vous nous avez arraché…
Daniel Schneidermann

Ah c’est malin. Bravo. Pleine réussite. Voilà qu’on se surprend soudain à pleurer avec Val (1), quand il pleure ses copains de Charlie. Voilà qu’on se retrouve à la République (2) à lever nos stylos comme des idiots, en cherchant le réconfort dans les plis de la statue froide, où ne s’attardaient plus que les pigeons, et dont nous retrouvons soudain le nom.

Ah c’est malin. Voilà qu’on en mesure soudain le prix, de notre petite décadence tranquille, à l’heure exacte où vous voulez nous l’arracher. Notre démocratie à hoquets qui ne débouche jamais sur rien, notre dérision mécanique, sans fin, notre liberté sexuelle vide, nos futilités, nos inutilités, voilà soudain qu’on les serre contre soi, pas touche à nos trésors, et tu sais quoi ? Je suis Charlie !

Ce que vous nous avez arraché, avec ces bonheurs de l’enfance, nous peinons encore à le mesurer, mais déjà son absence hurle en nous. Ce monde-là. Ce monde d’avant le 7 janvier 2015 (3), où tout semblait encore si bien rangé, même si tout y était tellement dérangé. Cette fin interminable d’un siècle trop heureux, ces années 70 bénies, les filles de Cabu, les pépées de Wolinski, les caricatures de Mahomet, ce droit à l’adolescence à perpétuité.

Ah c’est malin. Ce que vous nous avez arraché, c’est ce temps où l’on pouvait simplement ricaner quand on les entendait, Val, Valls et les autres, mener dans cette alliance contre nature leurs croisades et leurs guerres plus ou moins revues et corrigées par Carla Bruni et Euro RSCG, agiter leursmoulinets Vigipirate, leurs chiffons de menace intégriste et terroriste, cette menace qui est forte, qui n’a jamais été aussi forte, ce temps où on pouvait tout simplement leur tourner le dos, leur dire que ces guerres n’étaient pas les nôtres. Ce temps où nous pouvions, à bon droit, juger a priori suspecte toute unanimité. Ah ils vont bien nous l’extorquer, maintenant, l’unanimité. Et il en faudra, du culot, pour leur dire Bas les pattes !

Ce que vous nous avez arraché, c’est ce temps où nous nous sentions si loin des balles. Ce temps, en nous, où la guerre ne semblait malgré tout qu’un grondement lointain. Où l’on se croyait éternellement à l’abri, dans le refuge des mots et des petits dessins. C’est malin.

Attentat à « Charlie Hebdo » : que sait-on des deux suspects recherchés ?
Matthieu Suc

Le Monde

08.01.2015

C’est une cellule « familiale » qui est recherchée par la police dans le cadre de l’attentat perpétré à Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier. Les deux principaux suspects sont deux frères : Saïd et Chérif Kouachi, respectivement âgés de 34 et 32 ans.

Le troisième suspect, âgé de 18 ans, et qui s’est rendu cette nuit à la police, fait aussi partie de la famille. En effet, il porte le même patronyme que la femme de Chérif Kouachi. Se sachant recherché, il s’est présenté de lui-même dans un commissariat de Charleville-Mézières (Ardennes), la ville d’où est originaire l’épouse du plus jeune frère Kouachi, une animatrice en crèche qui expliquait porter le voile intégral depuis son pèlerinage à La Mecque en 2008. Selon une source policière, le jeune homme a été placé en garde à vue, mais « aucune charge n’a été retenue contre lui » pour l’heure dans le cadre de l’enquête sur l’attaque de Charlie Hebdo.

FILIÈRE PARISIENNE DES BUTTES-CHAUMONT

Chérif Kouachi, le cadet, était jusqu’ici le plus connu du trio. De nationalité française, celui qui se fait appeler « Abou Issen » avait été condamné le 14 mai 2008 à trois ans d’emprisonnement, dont dix-huit mois avec sursis, dans le dossier de la filière parisienne des Buttes-Chaumont. Ce groupe visait, sous l’autorité de « l’émir » Farid Benyettou, à envoyer des djihadistes rejoindre en Irak les rangs de la branche irakienne d’Al-Qaida, dirigée à l’époque par Abou Moussab Al-Zarkaoui. Chérif Kouachi avait été interpellé à Paris en janvier 2005, alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion pour Damas en compagnie d’un autre jeune : Thamer Bouchnak.

Il avait alors été incarcéré du 29 janvier 2005 au 11 octobre 2006 à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). A sa sortie de prison, il gérait l’étal de poissons au supermarché Leclerc de Conflans-Sainte-Honorine. Chérif Kouachi a été jugé et condamné en 2008. Sa peine étant couverte par la détention provisoire, il recouvra la liberté dans la foulée du jugement. Son avocat de l’époque, Me Vincent Ollivier, cité par Le Parisien, se souvient d’un « apprenti “loser”, d’un livreur à casquette qui fumait du haschich et livrait des pizzas pour acheter sa drogue. Un gamin paumé qui ne savait pas quoi faire de sa vie et qui, du jour au lendemain, a rencontré des gens qui lui ont donné l’impression d’être important ».

Deux ans plus tard, les policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT) l’ont suspecté de fomenter avec d’anciens complices des Buttes-Chaumont l’évasion d’un des cerveaux des attentats de 1995, Smaïn Ait Ali Belkacem. Une suspicion qui lui avait valu un nouveau séjour en détention le 25 mai 2010, avant d’être très vite libéré, le 11 octobre de la même année. Faute de preuves suffisantes, le parquet de Paris avait requis à son encontre un non-lieu le 26 juillet 2013.

Dans ce dossier, lors d’une surveillance le 12 mars 2010, les policiers avaient vu apparaître l’aîné des Kouachi, Saïd, mais là aussi, sans plus d’éléments le concernant, les policiers n’avaient pas poursuivi les investigations à son encontre.

INTERVIEW L’expert en terrorisme Jean-Charles Brisard décrypte les premiers éléments connus…

Attaque à «Charlie Hebdo»: «Leur maniement de la kalachnikov montre qu’ils sont très entraînés»
Les deux hommes qui ont attaqué l’hebdomadaire Charlie Hebdo font face à des policiers le 7 janvier 2015 à Paris – Anne Gelbard AFP
Propos recueillis par Nicolas Beunaiche

20 minutes

07.01.2015

Quelques heures après l’attaque du journal Charlie Hebdo, qui a fait douze morts, selon un bilan provisoire, l’analyse des faits est encore évidemment difficile. La question de l’identité et de la motivation des auteurs de la fusillade pose notamment question. Alors que les auteurs de la tuerie sont en fuite, la seule piste mentionnée par les autorités est celle évoquée par deux témoins qui assurent les avoir entendus crier «Allahou akbar». De là à en conclure à un attentat islamiste? Jean-Charles Brisard, expert en terrorisme, appelle à la prudence.

En France, les médias ont fait l’objet de plusieurs attaques ces dernières années. Comment l’expliquez-vous?
C’est la liberté d’expression et la démocratie qu’on attaque. Les terroristes le disent dans leur rhétorique et le montrent dans leur action. Les médias sont des cibles symboliques, au même titre que les militaires et les forces de l’ordre. L’usage revendiqué de cette liberté d’expression par les journalistes de Charlie Hebdo faisait du journal une cible potentielle. Mais toutes les attaques récentes, en Australie ou au Canada notamment, ont surtout un point commun: ce sont des attentats ciblés.

Que disent les images de l’identité des meurtriers?
Il s’agit d’individus extrêmement déterminés et lourdement armés, puisqu’ils disposaient d’armes de guerre. Ils avaient des kalachnikovs, peut-être aussi avaient-ils des ceintures d’explosifs… A leur maniement des armes, on peut voir qu’ils sont très entraînés. L’attaque de la matinée est de nature terroriste, c’est sûr. Est-elle islamiste? La piste a été évoquée par des témoins mais je me méfie des témoignages, il faut rester prudent. L’enquête déterminera les motivations des assaillants.

Y avait-il des signes annonciateurs d’une telle attaque?
La France s’attendait à une attaque depuis plusieurs mois en raison du contexte, notamment en Syrie et en Irak, où plusieurs milliers de Français radicalisés sont partis. Elle a d’ailleurs déjà été frappée à Joué-lès-Tours, en décembre. En un an, au moins cinq projets d’attentats ont par ailleurs été déjoués sur le territoire; à chaque fois, les individus étaient lourdement armés. Il est cependant difficile de se préparer à une attaque car leurs auteurs sont quasiment insaisissables et imprévisibles. Le terrorisme a changé: les réseaux structurés et hiérarchisés n’existent plus, ils ont fait place à des cellules individuelles.

Attentat à Charlie Hebdo : que sait-on des terroristes ?
Publié le 07/01/2015
SudOuest.fr, avec AFP
Deux hommes ont attaqué mercredi Charlie Hebdo, aux cris de « Allah akbar ». Mais « trois criminels sont à l’origine de l’attaque », a indiqué la police. Ils sont en fuite. Voici ce que l’on sait d’eux

Suite à l’attentat à Charlie Hebdo, le plan Vigipirate attentat  a été engagé en Île-de-France. Car il s’agit sans nul doute d’un « attentat terroriste », a affirmé le président de la République François Hollande.

« Les auteurs de ces actes seront pourchassés aussi longtemps que nécessaire pour qu’ils puissent être arrêtés, traduits devant les juges et condamnés ». Voici ce que l’on sait d’eux :

« Trois criminels » recherchés, dont un jihadiste bien connu des services antiterroristes
Si les images montrent deux assaillants attaquer l’immeuble de Charlie Hebdo, il y a « trois criminels à l’origine » de l’attaque, a déclaré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, sans pour autant apporter de précisions sur le rôle des différentes personnes impliquées.

Un avis de recherche national a été lancé mercredi soir contre eux. La police recherche un homme âgé de 18 ans et deux frères, âgés de 32 et 34 ans, nés à Paris et de nationalité française. Les deux hommes qui apparaissent sur les images de l’attaque sont vêtus de noir, cagoulés, ils portent des chaussures de sport, des gilets porte-chargeurs cachant peut-être des gilets pare-balles et sont armés chacun d’une kalachnikov.

L’un d’eux est un jihadiste bien connu des services antiterroristes français. Il fait partie de ce qui a été appelé « la filière des Buttes-Chaumont », qui visait, sous l’autorité de « l’émir » Farid Benyettou, à envoyer des jihadistes rejoindre en Irak les rangs de la branche irakienne d’Al-Qaïda. Interpellé juste avant de s’envoler vers la Syrie, puis vers l’Irak, il a été jugé en 2008 et condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis.

Deux ans plus tard, son nom a été cité dans le projet de tentative d’évasion de prison de l’islamiste Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien membre du Groupe islamique armé algérien (GIA), condamné en 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir commis l’attentat à la station RER Musée d’Orsay en octobre 1995 (30 blessés).

La police à la recherche d’un Clio grise
« Selon une source informée, les forces de l’ordre seraient notamment sur les traces d’une Renault Clio grise immatriculée à Paris dans laquelle se trouvait le trio avant que la police ne perde leur trace à hauteur de la rue de Meaux, dans le XIXe arrondissement », indique LeFigaro.fr.

Les criminels sont montés à bord de ce véhicule après avoir abandonné leur précédente voiture, une Citroën C3 noire, porte de Pantin.

Ils se revendiquent d’Al Qaïda
Selon plusieurs témoins, les agresseurs ont crié : « Nous avons vengé le prophète ! On a tué Charlie Hebdo ! » Sur une vidéo de l’attaque, filmée par un homme réfugié sur un toit , on entend un homme crier « Allah akbar » (« Dieu est le plus grand ! ») entre plusieurs coups de feu. Les agresseurs ont hurlé cela à plusieurs reprises durant leur fuite.

http://www.sudouest.fr/2015/01/07/la-video-de-l-attaque-contre-charlie-hebdo-qui-a-fait-11-morts-1788479-4697.php

Selon la dessinatrice « Coco », qui travaille pour Charlie Hebdo et a été témoin de l’attaque, les tireurs « parlaient parfaitement le français… Se revendiquaient d’Al Qaïda ».

Des hommes « entraînés »
Le mode opératoire des tueurs, leur calme, leur détermination et leur efficacité, est la marque d’hommes ayant subi un entraînement poussé, de type militaire, selon des sources policières.

« On le voit clairement à la façon dont ils tiennent leurs armes, dont ils progressent calmement, froidement. Ils ont forcément reçu une formation type militaire. Ce ne sont pas des illuminés qui ont agi sur un coup de tête », assure l’un des policiers. Il souligne qu’ils tiennent leurs kalachnikovs serrées près du corps, tirent au coup par coup et non par rafales, ce qui démontre qu’ils ont été entraînés à s’en servir.

Une traque sans précédent est lancée pour retrouver les terroristes© Photo AFP KENZO TRIBOUILLARD

Selon un autre policier, ancien de la Police judiciaire, « le plus frappant, c’est leur sang-froid. Ils ont été entraînés en Syrie, en Irak ou ailleurs, peut-être même en France, mais ce qui est sûr c’est qu’ils ont été entraînés ».


Frontières de 1967: La question de l’État juif dépasse les frontières (How can you push the indefensible on your friends when the barbarians are within your own gates ?)

7 décembre, 2014

https://i0.wp.com/israelpalestine.blog.lemonde.fr/files/2009/06/map6.1245230979.thumbnail.jpghttps://i2.wp.com/anidom.blog.lemonde.fr/files/2009/02/carte-israel-1947-1949.1233585853.jpghttps://i2.wp.com/anidom.blog.lemonde.fr/files/2009/02/carte-israel-1967-1973.1233586037.jpghttps://i1.wp.com/www.mideastweb.org/Rossmap_7_camp_david.gifhttps://i0.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fe/1947-UN-Partition-Plan-1949-Armistice-Comparison.png/320px-1947-UN-Partition-Plan-1949-Armistice-Comparison.png
L’antisémitisme religieux dit : Vous n’avez pas le droit de vivre parmi nous si vous restez juif. L’antisémitisme politique dit : Vous n’avez pas le droit de vivre parmi nous. L’antisémitisme racial dit : Vous n’avez pas le droit de vivre. Raul Hilberg
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Les frontières d’Israël et de la Palestine devraient être fondées sur les lignes de 1967 avec des échanges sur lesquels les deux parties seraient d’accord, afin d’établir des frontières sûres et reconnues pour les deux États. Barack Obama (2011)
A la lumière des nouvelles réalités sur le terrain, y compris d’importants centres de population israéliens déjà existants, il est irréaliste de s’attendre à ce que le résultat des négociations sur le statut final entérine un retour total et entier aux lignes d’armistices de 1949. Tous les précédents efforts pour négocier une solution à deux Etats (israélien et palestinien) sont arrivés à la même conclusion. George W. Bush (Lettre à Netanyahou, 2004)
Il y aura une grande guerre entre les Musulmans et l’Occident quand la Syrie sera totalement conquise (…) notre drapeau flottera sur Jérusalem ainsi que sur la Mecque et Médine, même si ça ne plait pas aux Juifs et aux croisés. Dabiq (magazine djihadiste)
Plus de 1.000 combattants européens enrôlés dans ses rangs sont revenus dans l’espace Schengen. (…) L’adversaire n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil.  [d’où] la nécessité d’intégrer encore plus dans notre réflexion le retour de l’armée de terre sur son milieu naturel, celui du sol national, pour pourvoir y faire face, avec les forces de sécurité, à tous types de menaces dont celles que ces vingt dernières années avaient confinées à l’extérieur. Général Jean-Pierre Bosser (chef d’état-major de l’armée de terre)
[Cette problématique est là] pour rappeler le lien très fort, le continuum, qui existe entre sécurité extérieure et sécurité intérieure. Ces combattants étrangers sont un vrai défi pour notre sécurité, celles des Français et plus généralement celle des Européens. (…) il ne faut d’ailleurs pas exclure que cette menace agisse en utilisant des modes d’actions de nature militaire, et se concrétise par des actions armées contre des militaires. Ne perdons pas de vue qu’il s’agissait d’un des objectifs poursuivis par Mohammed Merah. Outre-Atlantique, des attaques isolées ont déjà été perpétrées. Nous avons hélas vécu à deux reprises en France et une fois en Belgique des attaques assez similaires. Général Pierre de Villiers
Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers. Benoit Hamon
Les frontières dites de 1967, que les Palestiniens et les instances internationales revendiquent, ont été créées par des accords d’armistice de 1949 qui n’ont établi que des lignes de démarcation. La Cisjordanie d’abord occupée par la Jordanie, puis par Israël n’a jamais été palestinienne. Une résolution sur les lignes de 1967 serait une violation flagrante des accords conclus, dans le cadre des accords d’Oslo en 1995. Elle contreviendrait aux résolutions de l’ONU : résolution 242 en 1967, 338 en 1973 et celle du 29 novembre 1947 établissant deux Etats, un Juif et un Arabe dans des frontières sûres et reconnues. La série des accords entre l’OLP et Israël réaffirme la volonté des parties à négocier des frontières définitives. On entend souvent l’expression de frontière de 1967 pour affirmer qu’Israël occupe illégalement la Judée et la Samarie. Or cette ligne verte ne date pas de 1967 et n’est pas une frontière. Elle ne correspond à aucune réalité historique, géographique ou politique. Il n’y a jamais eu de Palestine si ce n’est depuis les années 1970 à la suite d’un changement de stratégie palestinienne qui se définissait alors par son appartenance à la nation arabe islamique et non à une nation palestinienne. La création de la Palestine avait pour seul but que de contrer l’existence d’Israël. Il n’existe aucune disposition dans aucun des accords signés entre Israël et la Palestine qui exige le retrait Israélien sur la frontière dite de 1967. En réalité en 1967 les Palestiniens n’avaient aucune revendication territoriale spécifique, ne disposant d’aucun moyen d’expression politique. C’est à cette époque qu’a été inventé un sentiment national exprimé dans l’article 15 de la chartre de l’OLP. C’est la ligne où les Israéliens ont réussi à repousser les envahisseurs Egyptiens, Jordaniens, Syriens, Irakiens, Libanais et Saoudiens pendant la guerre de 1948. L’article V de l’accord Israélo-égyptien d’armistice général du 24 février 1949, précise « la ligne de démarcation de l’armistice ne doit être interprétée d’aucune façon comme une frontière politique ou territoriale … » L’article Ⅱ de l’accord jordano-israélien d’armistice général du 3 avril 1949 précise de son côté : « aucun avantage militaire ou politique ne devait être acquis pendant la trêve ordonnée par le conseil de sécurité ». Aujourd’hui la guerre extrêmement violente entre Chiites et Sunnites a aggravé sérieusement la situation dans la région. L’Arabie sunnite et l’Iran chiite ont transformé la Syrie en centre de combat sans merci pour l’hégémonie régionale, les frontières du Liban, de la Syrie et de l’Irak fixées par les accords SYKES-PICOT imposées par la France et l’Angleterre sont en voie d’implosion. Les crises irakienne et syrienne, la création par l’E.I.I.L d’un Etat Islamique à cheval sur les deux pays et bientôt sur d’autres pays islamiques a pour ambition d’instaurer un califat sunnite, qui menace l’ensemble des pays de la région. Roger Pinto
Why in the world did the parliamentary Left insist upon a foreign policy resolution that the governing Left had no intention of implementing? Dogmatism may be at stake: supporting the state of Palestine, whatever that means and even if it might turn into an Islamic State of Palestine, is part of the Left and Far Left mantras worldwide. A further explanation may be that the Left’s last hope to survive in the coming election is to garner as much support as possible from the immigrant Muslim community, which will provide an average of 5 to 10% of the vote. Finally, Hollande and Valls are so unpopular among their own constituency that the entire socialist and left-wing political class needs to distance themselves from them on almost all issues, either domestic or international. Sarkozy, who was elected on November 30 as the new chairman of the conservative UMP party — an important step for being reelected as president in 2017 — campaigned against the Palestine resolution. This point will not be lost on pro-Israel voters in the future, nor on a growing number of voters, both on the Right and the Left, that are concerned with the rise of jihadism in Europe as well as in the Middle East. Sarkozy’s main rivals among the conservatives, Alain Juppé and François Fillon, both of them former prime ministers, did not take part in the ballot. They had previously supported the socialist resolution; this too will not be easily forgotten. The two National Front members of the National Assembly abstained, but one of them, barrister Gilbert Collard, delivered a passionately pro-Israel speech on November 28. While the National Front’s old guard is seen as “anti-Zionist,” its new supporters are generally pro-Israel. In a rare instance of circumstantial convergence, Meyer Habib, the centrist representative for the 8th French expatriates district (Italy, Israel, and other Eastern Mediterranean countries), heartily applauded Collard’s speech. Some Eastern European countries recognized a so-called state of Palestine even before the Oslo accords and the creation of the Palestinian Authority, when they were still under Soviet control, and neglected thereafter to mend that move. Sweden — under a leftwing coalition dependent on the immigrant vote — was the first Western European country last September to grant formal recognition to post-Oslo Palestine. Some national assemblies, in the United Kingdom, in Spain, and now in France, followed and quite frivolously indulged in non-binding resolutions. However, the French vote was passed under such Pyrrhic conditions that the whole exercise may come to an end. Michel Gurfinkiel
Les juifs sont de loin la communauté la plus acceptée en France », assure Nonna Mayer. « Si l’indice d’acceptation des juifs a baissé de six points depuis 2009, où il atteignait un niveau record de 85 sur cent, il reste de très loin supérieur à celui de tous les autres groupes. Six points au-dessus des noirs, 21 points au-dessus des Maghrébins et 28 points au-dessus des musulmans. Nonna Mayer (Sciences Po, Commission nationale consultative des droits de l’homme)
Le directeur de la Fondapol prend ainsi ses distances avec d’autres analyses, notamment celles de sa consoeur de Sciences Po, Nonna Mayer, et de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), pour lesquelles les opinions hostiles aux Juifs ne progressent pas, à la différence des actes antisémites, qui ont presque doublé sur les sept premiers mois de l’année par rapport à 2013. Le Point
Je ne comprends pas ceux qui appellent à deux États pour deux peuples, mais qui, en même temps, s’opposent au caractère juif de l’État d’Israël. Ils sont prompts à reconnaître un foyer national palestinien, mais sont farouchement opposés à un foyer national juif . Benjamin Netanyahou
Ceux qui pensent qu’Israéliens et Palestiniens sont égaux ont le devoir moral d’exiger des Palestiniens exactement ce qu’ils exigent des Israéliens. Les Palestiniens ne renonceront jamais à leur exigence du droit au retour. La Nakba est leur traumatisme fondateur. (…) le peuple juif est un peuple de ce pays qui a sa propre histoire, sa propre tragédie et sa propre légitimité. Il n’y aura pas de paix si les enfants qui grandissent à Dheisheh (camp de réfugiés palestiniens, en Cisjordanie) ne savent pas que l’Etat de l’autre côté de la frontière est l’Etat d’un peuple juif légitime et réel. (…) Tandis qu’Israël cédera à son voisin des actifs, des territoires et des droits souverains, les Palestiniens feront à Israël le seul don qu’ils sont en mesure de faire : la légitimité. Sans reconnaissance par les Palestiniens de notre nom, de notre identité et de nos droits, il n’y aura pas de paix. Ari Shavit (journaliste et écrivain israélien)
Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour réparer une injustice historique, concernant près d’un million de Juifs, des immigrants en provenance de pays arabes et d’Iran, dont les histoires ont été reléguées aux marges de la narration sioniste. (…) Bien avant l’annonce de la création de l’Etat mais surtout juste après, les Juifs des pays arabes et d’Iran se sont retrouvés emprisonnés dans leurs propres pays, soumis à des restrictions et au harcèlement, exposés sans protection aucune, à des massacres et au pillage – jusqu’aux émeutes de Tripoli à Eden. Beaucoup ont été expulsés. D’autres n’ont pu faire face au harcèlement et ont été forcés de quitter leur pays, laissant derrière eux toute l’histoire d’une vie, leurs souvenirs, les tombes de leurs parents, une langue, leur culture et leurs biens matériels. (…) Jusqu’à ce jour, à Téhéran, Khaled, Bagdad, Sana’a et Tripoli, il y a encore des lieux interdits aux Juifs israéliens, même les trésors et autres biens culturels qui y ont été abandonnés ont été vandalisés et pillés, plus d’une fois par les régimes détestables. Aujourd’hui, cette journée de commémoration de l’expulsion et de l’exil des Juifs des pays arabes et d’Iran, est l’occasion de rendre justice à l’histoire. Reuven Rivlin (Président de l’Etat d’Israël)
Aucun avantage militaire ou politique ne devait être acquis pendant la trêve ordonnée par le conseil de sécurité. Accord Jordano-israélien d’armistice général du 3 Avril 1949 (article II)
La ligne de démarcation de l’armistice ne doit être interprétée d’aucune façon comme une frontière politique ou territoriale. Accord Israélo-égyptien d’armistice général du 24 Février 1949 (Article V)
Le Conseil de sécurité, Exprimant l’inquiétude que continue de lui causer la grave situation au Proche-Orient, Soulignant l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre et la nécessité d’œuvrer pour une paix juste et durable permettant à chaque État de la région de vivre en sécurité, Soulignant en outre que tous les États Membres, en acceptant la Charte des Nations unies, ont contracté l’engagement d’agir conformément à l’Article 2 de la Charte, 1. Affirme que l’accomplissement des principes de la Charte exige l’instauration d’une paix juste et durable au Proche-Orient qui devrait comprendre l’application des deux principes suivants :a. Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit ; b. Fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, à l’abri de menaces ou d’actes de violence ; 2. Affirme d’autre part la nécessité. De garantir la liberté de navigation sur les voies d’eau internationales de la région ; b. De réaliser un juste règlement du problème des réfugiés ; c. De garantir l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique de chaque État de la région, par des mesures comprenant la création de zones démilitarisées ; 3. Prie le Secrétaire général de désigner un représentant spécial pour se rendre au Proche-Orient afin d’y établir et d’y maintenir des rapports avec les États concernés en vue de favoriser un accord et de seconder les efforts tendant à aboutir à un règlement pacifique et accepté, conformément aux dispositions et aux principes de la présente résolution ; 4. Prie le Secrétaire général de présenter aussitôt que possible au Conseil de sécurité un rapport d’activité sur les efforts du représentant spécial. Résolution 242 du Conseil de sécurité (22 novembre 1967)
As of today there no longer exists an international emergency force to protect Israel. We shall exercise patience no more. We shall not complain anymore to the UN about Israel. The sole method we shall apply against Israel is total war, which shall result in the termination of Zionist existence. Egypt’s radio (May 16, 1967)
Our basic objective will be the destruction of Israel. Nasser (May 27, 1967)
We will not accept any … coexistence with Israel. Nasser (May 28, 1967)
All of us recognize that peace is the prize. None of us wishes a temporary truce or a superficial accommodation. We could never advocate a return to uneasy hostility. As I have said, my Government would never wish to be associated with any so-called settlement which was only a continuation of a false truce, and all of us without any hesitation at all can agree that we seek a settlement within the principles laid down in Article 2 of the Charter. So much for the preamble. As to the first operative paragraph, and with due respect for fulfillment of Charter principles, we consider it essential that there should be applied the principles of both withdrawal and security, and we have no doubt that the words set out throughout that paragraph are perfectly clear. As to the second operative paragraph, there is I believe no vestige of disagreement between us all that there must be a guarantee of freedom of navigation through international waterways. There must be a just settlement of the refugee problem. There must be a guarantee and adequate means to ensure the territorial inviolability and political independence of every State in the area. As to the third operative paragraph, I have said before that I consider that the United Nations special representative should be free to decide himself the exact means and methods by which he pursues his endeavors in contact with the States concerned both to promote agreement and to assist efforts to achieve a peaceful and accepted and final settlement. Lord Carandon
Knowing as I did the unsatisfactory nature of the 1967 line I was not prepared to use wording in the Resolution which would have made that line permanent. Nevertheless it is necessary to say again that the overriding principle was the « inadmissibility of the acquisition of territory by war » and that meant that there could be no justification for annexation of territory on the Arab side of the 1967 line merely because it had been conquered in the 1967 war. The sensible way to decide permanent « secure and recognized » boundaries would be to set up a Boundary Commission and hear both sides and then to make impartial recommendations for a new frontier line, bearing in mind, of course, the « inadmissibility » principle. The purposes are perfectly clear, the principle is stated in the preamble, the necessity for withdrawal is stated in the operative section. And then the essential phrase which is not sufficiently recognized is that withdrawal should take place to secure and recognized boundaries, and these words were very carefully chosen: they have to be secure and they have to be recognized. They will not be secure unless they are recognized. And that is why one has to work for agreement. This is essential. I would defend absolutely what we did. It was not for us to lay down exactly where the border should be. I know the 1967 border very well. It is not a satisfactory border, it is where troops had to stop in 1948, just where they happened to be that night, that is not a permanent boundary. Lord Caradon
We didn’t say there should be a withdrawal to the ’67 line; we did not put the ‘the’ in, we did not say all the territories, deliberately.. We all knew – that the boundaries of ’67 were not drawn as permanent frontiers, they were a cease-fire line of a couple of decades earlier… We did not say that the ’67 boundaries must be forever; it would be insanity. Lord Caradon
It would have been wrong to demand that Israel return to its positions of June 4, 1967, because those positions were undesirable and artificial. Lord Caradon (British UN Ambassador)
It has been said that in the Resolution we treated Palestinians only as refugees, but this is unjustified. We provided that Israel should withdraw from occupied territories and it was together with that requirement for a restoration of Arab territory that we also called for a settlement of the refugee problem. Lord Caradon
Does Resolution 242 as unanimously adopted by the UN Security Council require the withdrawal of Israeli armed forces from all of the territories occupied by Israel during the 1967 war? The answer is no. In the resolution, the words the and all are omitted. Resolution 242 calls for the withdrawal of Israeli armed forces from territories occupied in the 1967 conflict, without specifying the extent of the withdrawal. The resolution, therefore, neither commands nor prohibits total withdrawal. If the resolution is ambiguous, and purposely so, on this crucial issue, how is the withdrawal issue to be settled? By direct negotiations between the concerned parties. Resolution 242 calls for agreement between them to achieve a peaceful and accepted settlement. Agreement and acceptance necessarily require negotiations. Arthur J. Goldberg
That Resolution did not say ‘withdrawal to the pre-June 5 lines’. The Resolution said that the parties must negotiate to achieve agreement on the so-called final secure and recognized borders. In other words, the question of the final borders is a matter of negotiations between the parties. » Mr. Sisco was actively involved in drafting the Resolution in his capacity as Assistant Secretary of State for International Organization Affairs in 1967. Joseph J. Sisco, Assistant Secretary of State, NBC « Meet the Press », 12 July 1970)
There was much bickering over whether that resolution should say from « the » territories or from « all » territories. In the French version, which is equally authentic, it says withdrawal de territory, with de meaning « the. » We wanted that to be left a little vague and subject to future negotiation because we thought the Israeli border along the West Bank could be « rationalized »; certain anomalies could easily be straightened out with some exchanges of territory, making a more sensible border for all parties. We also wanted to leave open demilitarization measures in the Sinai and the Golan Heights and take a fresh look at the old city of Jerusalem. But we never contemplated any significant grant of territory to Israel as a result of the June 1967 war. On that point we and the Israelis to this day remain sharply divided. This situation could lead to real trouble in the future. Although every President since Harry Truman has committed the United States to the security and independence of Israel, I’m not aware of any commitment the United States has made to assist Israel in retaining territories seized in the Six-Day War. Dean Rusk (secrétaire d’Etat américain)
As I have explained before, there is reference, in the vital United Nations Security Council Resolution, both to withdrawal from territories and to secure and recognized boundaries. As I have told the House previously, we believe that these two things should be read concurrently and that the omission of the word ‘all’ before the word ‘territories’ is deliberate. Michael Stewart (Secretary of State for Foreign and Commonwealth Affairs, reply to a question in Parliament, 9 December 1969)
I have been asked over and over again to clarify, modify or improve the wording, but I do not intend to do that. The phrasing of the Resolution was very carefully worked out, and it was a difficult and complicated exercise to get it accepted by the UN Security Council. I formulated the Security Council Resolution. Before we submitted it to the Council, we showed it to Arab leaders. The proposal said ‘Israel will withdraw from territories that were occupied’, and not from ‘the’ territories, which means that Israel will not withdraw from all the territories. George Brown (British Foreign Secretary )
You note that the Arabs feel the US interprets the draft resolution to imply a change of frontiers to their detriment. We have no preconceptions on frontiers as such. What we believe to be important is that the frontiers be secure. For this the single most vital condition is that they be acceptable to both sides. It is a source of regret to us that the Arabs appear to misunderstand our proposal and misread our motives. Lyndon Johnson
The crisis underlines the importance of respect for political independence and territorial integrity of all the states of the area. We reaffirmed that principle at the height of this crisis. We reaffirm it again today on behalf of all. This principle can be effective in the Middle East only on the basis of peace between the parties. The nations of the region have had only fragile and violated truce lines for 20 years. What they now need are recognized boundaries and other arrangements that will give them security against terror, destruction, and war. There are some who have urged, as a single, simple solution, an immediate return to the situation as it was on June 4. As our distinguished and able Ambassador, Mr. Arthur Goldberg, has already said, this is not a prescription for peace but for renewed hostilities. Certainly troops must be withdrawn, but there must also be recognized rights of national life, progress in solving the refugee problem, freedom of innocent maritime passage, limitation of the arms race, and respect for political independence and territorial integrity. Lyndon B. Johnson
Rostow said … resolution required agreement on « secure and recognized » boundaries, which, as practical matter, and as matter of interpreting resolution, had to precede withdrawals. Two principles were basic to Article I of resolution. Paragraph from which Dobrynin quoted was linked to others, and he did not see how anyone could seriously argue, in light of history of resolution in Security Council, withdrawal to borders of June 4th was contemplated. These words had been pressed on Council by Indians and others, and had not been accepted. Rusk
The Israelis had by now anexed de facto, if not formally, large new areas of Arab land, and there were now very many more Arab refugees. It was clear that what Israel or at least many of her leaders, really wanted was permanently to colonize much of this newly annexed Arab territory, particularly the Jordan valley, Jerusalem, and other sensitive areas. This led me into a flurry of activity at the United Nations, which resulted in the near miracle of getting the famous resolution – Resolution 242 – unanimously adopted by the Security Council. It declares « the inadmissibility of territory by war » and it also affirms the necessity « for guaranteeing the territorial inviolability and political independence of every state in the area ». It calls for « withdrawal of Israeli forces from territories occupied during the recent conflict. » It does not call for Israeli withdrawal from “the” territories recently occupied, nor does it use the word “all”. It would have been impossible to get the resolution through if either of these words had been included, but it does set out the lines on which negotiations for a settlement must take place. Each side must be prepared to give up something: the resolution doesn’t attempt to say precisely what, because that is what negotiations for a peace-treaty must be about. George Brown (British Foreign Secretary, 1967)
You and I both know they can’t go back to the other [1967] borders. But we must not, on the other hand, say that because the Israelis win this war, as they won the ’67 War, that we just go on with status quo. It can’t be done. Richard Nixon (to Kissinger)
 The U.S. further supports the position that a just and lasting peace, which remains our objective, must be acceptable to both sides. The U.S. has not developed a final position on the borders. Should it do so it will give great weight to Israel’s position that any peace agreement with Syria must be predicated on Israel remaining on the Golan Heights. Gerald Ford
In the pre-1967 borders Israel was barely 10 miles wide at its narrowest point. The bulk of Israel’s population lived within artillery range of hostile Arab armies. I am not about to ask Israel to live that way again… So the United States will not support the establishment of an independent Palestinian state in the West Bank and Gaza, and we will not support annexation or permanent control by Israel. There is, however, another way to peace. The final status of these lands must, of course, be reached through the give-and-take of negotiations; but it is the firm view of the United States that self-government by the Palestinians of the West Bank and Gaza in association with Jordan offers the best chance for a durable, just and lasting peace. It is the United States’ position that – in return for peace – the withdrawal provision of Resolution 242 applies to all fronts, including the West Bank and Gaza. When the border is negotiated between Jordan and Israel, our view on the extent to which Israel should be asked to give up territory will be heavily affected by the extent of true peace and normalization and the security arrangements offered in return. Finally, we remain convinced that Jerusalem must remain undivided, but its final status should be decided through negotiations. Ronald Reagan (1982)
Israel will never negotiate from, or return to, the lines of partition or to the 1967 borders. George Shultz
I would like to reiterate our position that Israel is entitled to secure and defensible borders, which should be directly negotiated and agreed with its neighbors. Christopher (letter to Netanyahu)
The United States reiterates its steadfast commitment to Israel’s security, including secure, defensible borders.  George W. Bush (to Israeli Prime Minister Ariel Sharon, April 14, 2004)
Both the British and the Americans pointed out that 242 was a British resolution; therefore, the English language text was authoritative and would prevail in any dispute over interpretation. David A. Korn
There is one final thing to be said concerning the missing « the. » Some commentators have argued that since the French « version » of 242 does contain the phrase « the territories, » the resolution does in fact require total Israeli withdrawal. This is incorrect — the practice in the UN is that the binding version of any resolution is the one voted upon, which is always in the language of the introducing party. In the case of 242 that party was Great Britain, thus the binding version of 242 is in English. The French translation is irrelevant. Finally, it should also be noted that by withdrawing from Sinai after the peace treaty with Egypt, Israel has already vacated 91 percent of the territories it gained in 1967.
In the eastern theater, there is no substitute for the Jordan Valley; its location and unique topographical features make it the only feasible eastern border for the State of Israel. Dayan
Il est impossible d’imaginer qu’Israël revienne un jour aux frontières de 1967 et se retire complètement de la Cisjordanie ; cela priverait le peuple israélien de frontières défendables, vitales pour sa sécurité, et cela en dépit de la nouvelle ère de technologie de pointe. Général Earl B. Halston (ancien commandant des Marines en Irak et en Afghanistan)
Dans la perspective d’un soldat, je dois vous dire que les frontières d’avant 1967 ne sont pas défendables à long terme pour Israël, l’Etat juif ne pourrait vivre avec ces frontières. Général John Foss (ancien commandant de la 82ème division aéroportée de l’armée américaine, 2005)
Je soutiens en particulier le message clair selon lequel les frontières d’Israël et de la Palestine devraient se baser sur les lignes de 1967 avec des échanges mutuellement acceptés. William Hague
Le projet de loi qui sera voté par la Knesset est destiné d’empêcher toute tentative future d’éroder le caractère juif et démocratique d’Israël. Ce projet vise à conserver ces principes en tant que Loi fondamentale, à la constitution de facto d’Israël. La gauche politique en Israël, comme prévu, est farouchement opposé au projet de loi. (…) Le Premier Ministre Netanyahu a fait valoir que « le caractère juif d’Israël consacré dans la Constitution était nécessaire en raison de la poursuite des efforts visant à le délégitimer. » Netanyahu a ajouté : « Il y a beaucoup de gens qui ont des difficultés avec le caractère d’Israël comme l’Etat-nation du peuple juif. Outre le refus des Palestiniens de reconnaître (Israël) comme un Etat juif, il y avait aussi une opposition de l’intérieur ». (…) D’une part, les mondes musulman et arabe sont remplis d’Etats qui s’identifient comme des Etats musulmans. De nombreux pays musulmans ont le droit islamique dans le cadre de leurs systèmes juridiques. Un certain nombre de pays musulmans ont déclaré l’Islam comme leur religion d’Etat dans leurs constitutions. Des pays tels que l’Afghanistan, l’Iran, la Mauritanie, le Pakistan et le Yémen sont des républiques islamiques et les Etats arabes du Golfe dont l’Arabie saoudite sont des monarchies islamiques. En Algérie, l’Egypte, la Jordanie, la Libye et la Somalie, pour n’en nommer que quelques-uns, la religion officielle est l’islam. Contrairement à Israël cependant, aucun des Etats musulmans mentionnés ci-dessus ne peuvent être considérés comme démocratiques, en vertu de ces critères. Alors que les chrétiens et les juifs sont des citoyens de seconde classe dans le monde arabe et musulman, et inégaux selon la loi islamique, les Arabes israéliens jouissent de droits égaux au regard du droit israélien. Selon le Premier ministre Netanyahu, la loi sur la nationalité également « affirme la nature démocratique d’Israël, stipulant l’égalité des droits civiques et personnels de tous ses citoyens, y compris l’affirmation d’un droit à la préservation de sa culture, le patrimoine et l’identité de chaque résident d’Israël, peu importe sa religion, sa race ou son origine ethnique. » S’exprimant au début de la réunion du cabinet dimanche (23 Novembre 2014), Netanyahu a ajouté « qu’Il y a ceux qui veulent que l’élément démocratique prenne la priorité sur l’élément juif, et il y a ceux qui veulent que l’élément juif prenne le pas sur la démocratie. Et le principe de la loi que nous proposons ici aujourd’hui – tient compte à la fois de ces valeurs aussi. En outre, le document fondateur d’Israël – la Déclaration d’Indépendance – n’a jamais été institutionnalisé comme la loi de la terre. Elle a ainsi permis aux autorités judiciaires, y compris la Haute Cour d’Israël, de coopter politiquement le document fondateur, et de modifier le caractère juif essentiel de l’État. La Haute Cour a tenté de contourner la volonté du peuple à travers ses représentants à la Knesset, pour annuler la « loi illégale des réfugiés », qui visait à empêcher l’infiltration en Israël de demandeurs d’emploi soudanais, tout cela au nom de l’universalisme judiciaire et du multiculturalisme. (…) En outre, l’absence d’une définition plus forte de l’identité nationale d’Israël renforce les mains de ceux qui cherchent à faire d’Israël un «Etat binational. » Et la critique externe du caractère juif d’Israël exige une législation qui empêcherait ceux qui cherchent à annuler le droit du peuple juif à avoir un foyer national sur sa terre. Le débat israélien sur les avantages et les inconvénients de la loi sur la nationalité, la gauche politique en Israël a oublié que l’ennemi extérieur est également accordée au débat, en utilisant les mots du député de la Knesset Zahava Gal-On pour diaboliser Israël. (…) David Ben Gourion lui-même, l’un des pères fondateurs de l’Israël moderne, a appelé à un Etat ​​juif sur la terre d’Israël. (…) En fait, alors que la Déclaration d’Indépendance est remplie de références à un « Etat juif », il n’y a aucune mention des mots « Etat démocratique ». Pourtant, la Déclaration stipule également que « L’Etat d’Israël sera ouvert à l’immigration juive et au rassemblement des exilés ; il favorisera le développement du pays pour le bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur la liberté, la justice et la paix comme prévu par les prophètes d’Israël ; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses habitants, sans distinction de religion, de race ou de sexe ; il garantira la liberté de religion, de conscience, de langue, de l’éducation et de la culture ; il sauvegardera les Lieux saints de toutes les religions et il sera fidèle aux principes de la Charte de l’ONU .» Ces Etats européens qui se sont précipités à reconnaître un Etat palestinien, mais qui s’opposent à la reconnaissance d’Israël comme un Etat juif, savent trop bien que la Palestine sera un autre État autoritaire islamiste, régi par la loi islamique. Joseph Puder
Le 29 novembre 1947, l’ONU permettait la création conjointe en Palestine d’un Etat arabe et d’un Etat juif, lequel est devenu le 14 mai 1948 l’Etat d’Israël. Ce nouvel Etat était défini par des lois fondamentales dont celle votée le 5 juillet 1950 autorisant le « droit au retour de tout Juif en tant que peuple » (Livre des Lois n° 51). Mais le caractère juif du nouvel Etat n’a pas été défini clairement. La question pourtant est devenue primordiale avec la montée du nationalisme palestinien et les revendications des deux camps sur le même territoire. Discorde entre les deux peuples dont Jérusalem est devenu le symbole. Dans le contexte régional actuel, et l’environnement mondial très antisioniste, personne ne conteste qu’il y a bien une légitimité arabe en Palestine, légitimité dont la nature serait historique, religieuse et politique. Mais de plus en plus de voix contestent ouvertement et critiquent avec force l’idée même qu’il puisse y avoir une légitimité juive de même nature, c’est-à-dire historique, religieuse et politique. Or, peut-il y avoir un Etat palestinien sans Etat juif ? (…) Ainsi, le statut juif de l’Etat a besoin d’une définition, non pas ethnique ou religieuse, mais juridique et constitutionnelle, conforme aux lois civiles et à l’égalité des citoyens. (…) Sans entrer dans les controverses conceptuelles, les pièges d’un discours identitariste, les querelles politiciennes israélo-israéliennes, et les dérives subversives de la presse française, on comprend que le fond du débat est essentiel pour l’avenir du pays, de ses habitants et bien au-delà. Car la question de l’Etat-peuple juif dépasse les frontières. Jean-Paul Fhima

Attention: un problème de frontières peut en cacher d’autres !

Précarisation organisée depuis plus de 60 ans, interdiction de jouer au football et obligation de prier avec leur dos sur leur 3e lieu le plus sacré, reconnaissance, admission à l’UNESCO et à l’ONU comme État observateur ainsi que reconnaissances démagogissimes par plusieurs parlements européens pour un « état dont ni les frontières ni le territoire ne sont définis, dont le gouvernement est non seulement bicéphale mais de surcroit illégal puisque sa date d’échéance est largement dépassée » …

Appels à la disparition ou à l’effacement de la carte, menaces de sanctions et de levée de sanctions, interdiction de prier sur leur lieu le plus sacré, appels à protéger ledit lieu sacré juif de la « contamination juive », dénonciation comme raciste d’un projet d’inscription dans la loi de la nature juive de l’Etat « hébreu », imposition de frontières d’armistice proprement indéfendables

A l’heure où, au mépris de toutes les frontières et des plaines du nord de l’Irak à l’Esplanade du temple ou aux synagogues de Jérusalem, les djihadistes du dit Etat islamique ou leurs versions palestiniennes poursuivent, pour ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, la démonstration de la nature proprement génocidaire de leur mouvement et, poussant désormais leurs jeunes recrues à s’attaquer à des juifs locaux, affichent explicitement leur volonté expansionniste

Et où nos propres généraux ou services de sécurité rappellent que lesdits djihadistes ont depuis longtemps franchi les frontières de l’Europe et, après le plus rapide prix Nobel de l’histoire, en sont réduits à prôner pour ces derniers les mêmes méthodes d’élimination ciblée jadis si violemment reprochées à leurs homologues israéliens …

Pendant que, voyant doubler les actes et baisser les opinions hostiles à son égard, la communauté la plus acceptée de France devance à présent l’Ukraine, la Russie et les Etats-Unis pour l’émigration vers Israël

Comment ne pas s’étonner avec Jean-Paul Fhima dans le dernier numéro de Tribune juive …

De la singulière insistance de nos belles âmes à refuser au seul peuple juif ce que l’on prône depuis si longtemps pour le peuple palestinien ?

Et ne pas voir, derrière la question des fameuses « frontières (dites) de 1967″ et la longue controverse sur les textes anglais et français de la résolution 242 appelant l’un au retrait « des » territoires occupés et l’autre « from territories occupied » …

Que le destin d’Israël n’est désormais plus seulement celui de tous les juifs ?

Pas d’Etat palestinien sans Etat juif
Jean-Paul Fhima
Tribune juive
4 décembre 2014

En réponse au discours du Caire du président américain Barack Obama, le 14 juin 2009, Benjamin Netanyahu s’était dit favorable à la création d’un Etat palestinien à condition que l’Etat hébreu soit reconnu comme un Etat juif (discours de l’université de Bar Ilan, Tel Aviv). Or, au Caire justement, le 29 novembre dernier, Mahmoud Abbas a scandé avec force, devant les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe : « Nous ne reconnaitrons jamais Israël comme un Etat juif. » Ce qui ne l’a pas empêché de demander à l’ONU la reconnaissance d’un Etat palestinien.

La racine du conflit ?
« La racine du conflit est bien là » a reconnu le gouvernement israélien. Comment reconnaître l’existence d’un Etat arabe palestinien sans garantie bilatérale sur la légitimité d’un foyer national juif ? Or, Israël est « l’Etat national du peuple juif » comme veut le confirmer, juridiquement et constitutionnellement, un projet de loi en cours.

L’enjeu est sans doute crucial.

Le 29 novembre 1947, l’ONU permettait la création conjointe en Palestine d’un Etat arabe et d’un Etat juif, lequel est devenu le 14 mai 1948 l’Etat d’Israël. Ce nouvel Etat était défini par des lois fondamentales dont celle votée le 5 juillet 1950 autorisant le « droit au retour de tout Juif en tant que peuple » (Livre des Lois n° 51). Mais le caractère juif du nouvel Etat n’a pas été défini clairement.

La question pourtant est devenue primordiale avec la montée du nationalisme palestinien et les revendications des deux camps sur le même territoire. Discorde entre les deux peuples dont Jérusalem est devenu le symbole.

Dans le contexte régional actuel, et l’environnement mondial très antisioniste, personne ne conteste qu’il y a bien une légitimité arabe en Palestine, légitimité dont la nature serait historique, religieuse et politique. Mais de plus en plus de voix contestent ouvertement et critiquent avec force l’idée même qu’il puisse y avoir une légitimité juive de même nature, c’est-à-dire historique, religieuse et politique.

Or, peut-il y avoir un Etat palestinien sans Etat juif ?

Une première forme de patriotisme arabe nait en Palestine mandataire, dès les années 1920, par une opposition au « projet sioniste » (Camille Mansour, « Le nationalisme palestinien en miroir du nationalisme israélien », revue Mouvements, n°33-34, mars 2004). Ce mouvement arabe, tout aussi antibritannique qu’anti, trouve un premier leader, charismatique et trouble, dans la personne de Mohammed Amin El Husseini. Désigné grand mufti de Jérusalem en 1921, ce représentant de l’élite arabe de Palestine est la figure centrale d’un mouvement politique antisioniste. Il organise notamment la grande grève arabe en 1936 (six mois de heurts et de violences) et revendique la création d’un Etat palestinien indépendant. C’est avec le soutien d’Hitler, en 1941, qu’il espère empêcher à tout prix la création d’un Etat juif. Admiratif des Nazis « sans pitié (…et qui) n’ont besoin d’aucun encouragement pour exterminer les Juifs », il est considéré par les Britanniques, après 1945, comme un criminel de guerre. C’est cet homme-là qui prend donc la tête d’un premier mouvement arabe palestinien lequel se définit, dès les origines, par une volonté sans équivoque d’éradiquer toute présence juive en Palestine.

De la charte de l’OLP à la charte du Hamas
On peut parler d’un nationalisme palestinien avec la création du Fatah en 1959 (Mouvement de libération nationale) et de l’OLP en 1964 (Organisation de libération de la Palestine). La Charte de l’OLP, amendée en 1968, prévoyait dans un premier temps « l’anéantissement d’Israël. » En 1974-76, l’OLP obtient des Nations Unies le statut d’observateur ainsi que celui de membre de plein droit de la Ligue arabe. En 1988, à Alger, l’indépendance de la Palestine est symboliquement proclamée. L’année suivante, Arafat en devient le président.

Un rapprochement puis des négociations avec l’Etat hébreu conduisent aux accords d’Oslo (1993-95). Les accords prévoient un transfert progressif d’autorité à l’OLP (résolutions 242 et 339 de l’ONU) pour aboutir à terme à l’indépendance palestinienne après une période transitoire de cinq ans. Au cours de cette période intermédiaire de négociations, il est prévu d’aborder les questions du retour des réfugiés et des implantations. Arafat est élu président de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et dans bande de Gaza en 1996 (jusqu’à sa mort en 2004).

Il faut tout de même attendre 1996-1998 pour que soient abrogés définitivement tous les passages de la Charte de l’OLP appelant à la destruction d’Israël et que soient adoptées par le Conseil national palestinien (CNP) des dispositions « reconnaissant le droit d’Israël d’exister et de vivre dans la sécurité ».

Refusant tout compromis ni dialogue avec Israël, le Hamas, qui veut reprendre une lutte armée, concurrence l’OLP jugé faible et corrompu. Créé en décembre 1987, ce mouvement séparé devient vite populaire. En 2007, après une guerre civile, un gouvernement palestinien d’Union nationale échoue. Le Hamas contrôle la totalité de la bande de Gaza.

Dans sa charte, le Hamas applique l’idéologie islamiste radicale, déclare le jihad contre « l’invasion sioniste en terre d’islam » et instaure un « nationalisme musulman » qui promet « la destruction d’Israël. » La résistance contre Israël devient « une profession de foi » et surtout il est dit que « toute la Palestine appartient aux musulmans », ce qui rend de facto la négociation impossible puisque les initiatives de paix sont considérées comme « des activités futiles. » Surtout, et plus gravement, on considère que tout Juif est sioniste, que le sionisme veut dominer le monde et qu’il faut appeler au meurtre des Juifs, en Palestine et partout ailleurs (articles 6,7, 11, 13, 17, 22, 34 et 35).

Le nationalisme palestinien de l’OLP, politique et laïque, né dans la mouvance indépendantiste et panarabe de Nasser, fait place, à Gaza, à un ultranationalisme religieux né dans la mouvance radicale des Frères musulmans. Ainsi, le Hamas ne se contente pas de « reprendre la lutte armée contre Israël » (Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Clés du Moyen-Orient, 9 mars 2010). Il s’inscrit dès lors dans la droite ligne du mufti SS de Jérusalem : exterminer l’Etat sioniste et tous les Juifs.

Le sentiment national palestinien peine à élaborer un projet politique cohérent. Avec la division en deux autorités distinctes, Gaza et Cisjordanie, il devient difficile de créer concrètement un Etat viable, comme il devient hasardeux de mener de nouvelles négociations de paix. Sans unité, « le nationalisme palestinien est dans l’impasse (…) étouffé par ces luttes fratricides » (Ilham Younes, Clés du Moyen-Orient, 4 et 24 mars 2014).

Aujourd’hui, malgré les promesses d’une énième tentative de réconciliation (accord du Caire, 14 mai 2013), une Union nationale (entre le Fatah, à la tête de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, et le Hamas, au pouvoir à Gaza) est encore loin d’aboutir. « Or, la viabilité d’un futur Etat passe nécessairement par une réconciliation inter-palestinienne. » (Ilham Younès, ibid).

Au lieu d’organiser les élections prévues par cette réconciliation de façade, querelles intestines, suspicions réciproques et surtout attaques et attentats (à Gaza début novembre), semblent avoir (encore) eu raison de ce 6ème accord entre le Fatah et le Hamas, signé en juin et septembre 2014. Un porte-parole du Hamas, Sami Abu Zuhri, a affirmé d’ailleurs, le 30 novembre dernier, qu’en l’absence d’un consensus national et sans négociations concrètes, « le mandat du gouvernement d’unité a pris fin. ». Suite à l’opération Bordure protectrice de l’été dernier, le Fatah accuse même le Hamas d’avoir volontairement provoqué de lourdes pertes humaines et « des dommages inacceptables. » i24 News

Ce serait donc un pari bien risqué que de miser trop vite sur une possible « double-paix », extérieure avec Israël, et intérieure entre Palestiniens. Benjamin Netanyahu a appelé à « choisir entre la paix et le Hamas » et Mahmoud Abbas a répondu qu’« il n’existe aucune incompatibilité entre la réconciliation et les négociations » (Le monde, 25 avril 2014). Les faits démontrent cruellement le contraire.

L’utopie en politique est un mauvais conseiller. Car le Hamas, organisation terroriste, n’est pas un interlocuteur envisageable. Car l’autre organisation palestinienne, tout aussi terroriste et dissidente de l’OLP, le Jihad islamique, proche du Hezbollah comme de l’Iran, renforce ses positions et sème le trouble. La situation interne de l’Etat palestinien est précaire et explosive. Au Caire, le 12 octobre dernier, à la conférence internationale des donateurs pour la reconstruction de Gaza, Hamas et Autorité palestinienne ont présenté un semblant de front uni. Sourires et embrassades ne sont qu’un leurre pour tromper les Européens. Et l’ingénue diplomatie de John Kerry.

Le problème des réfugiés palestiniens
L’autre difficulté qui pèse dans la reconnaissance mutuelle des deux Etats est le problème des réfugiés palestiniens et de leurs descendants : il y aurait six millions de Palestiniens dans le monde susceptibles de prétendre à un retour, y compris en Israël (résolution 194 de l’ONU).

Ce droit au retour est une revendication majeure du programme de l’Autorité palestinienne depuis Arafat dans les négociations de paix. Difficile pourtant de l’envisager dans l’Etat hébreu.

Benjamin Netanyahu a prévenu : « Je ne présenterai pas [aux Israéliens] un accord qui ne prévoirait pas l’abolition du droit au retour (des réfugiés palestiniens)» (AFP, 14 mars 2014). Pourquoi cette position, jugée abrupte et radicale ?

Les Palestiniennes font 4,4 enfants en moyenne ; les Israéliennes seulement 3,3 (Bureau central des Statistiques israélien, 2012). « Cet aspect démographique est une condition sine qua non de l’existence d’Israël » (Liliane Charrier, TV5, 21 janvier 2013).

En 1947, lorsque la population était encore à 55% arabe, la première guerre israélo-arabe a poussé 700 000 Palestiniens à l’exil. Ceux qui sont restés (environ 150 000) représentent aujourd’hui 20 % de la population d’Israël. Un basculement démographique massif mettrait en péril la survie du projet sioniste. C’est la nature même de l’Etat juif qui s’en trouverait compromise.

La seule issue évidente est celle de deux peuples pour deux Etats, c’est-à-dire deux entités nationales distinctes. « Si celles-ci ne parviennent pas à se partager le territoire, le conflit glissera sur le terrain identitaire. » (Gershon Baskin, IPCRI, Israel/Palestine Center for Research and Information, Jérusalem). N’est-ce pas déjà fait ?

Le caractère juif de l’Etat d’Israël
Les récents attentats en Israël, dont celui qui a tué cinq Israéliens dans une synagogue de Jérusalem-Ouest (le 18 novembre 2014), font craindre un embrasement généralisé (AFP).

C’est donc sur fond de tensions judéo-arabes, qu’un projet de loi souhaite renforcer le caractère juif de l’Etat d’Israël. Certains sont contre, d’autres s’en félicitent et disent qu’il est grand temps. Au contraire du nationalisme palestinien qui n’a cessé de se renforcer depuis cinquante ans, ledit projet soulève sans doute la question d’un nationalisme juif mal défini.

Ce projet de loi est en cours depuis l’été 2009. Une première version finale a déjà été présentée à la Knesset à l’été 2011. On y aborde explicitement une approche constitutionnelle de l’État en tant que nation juive. Il s’agit d’une part, de combler un vide juridique parmi les 11 lois fondamentales en vigueur dans le pays qui ne définissent pas clairement l’identité de l’État, et d’autre part, d’en garantir le caractère juif tout en confirmant les droits des minorités ethniques et religieuses, droits que personne, bien sûr, ne conteste.

Vu de France, le projet de loi serait pourtant discriminant (L’Express, 24 novembre 2014) et même « raciste » à l’égard des minorités arabes du pays (Le Point, 23 novembre 2014). Il traduirait une tentation d’apartheid (éditorial de Michel Colomès, le Point 24 novembre 2014).

Dès les origines, le caractère juif de l’Etat hébreu ne relevait pas pour Theodor Herzl, père du sionisme, d’un caractère religieux mais d’un projet politique. « L’Etat juif n’est pas une théocratie. » disait-il à juste titre. La Shoah a montré ensuite que les Juifs n’étaient pas exterminés en Europe du fait de leur appartenance seule à une religion mais parce que leurs traditions et leur histoire faisaient d’eux un peuple à part entière. Au moment de la création de l’Etat hébreu, ce peuple juif est devenu une nation, libre de son destin et de ses choix.

En toute logique, le projet d’un foyer national juif s’est construit en même temps que la mise en place d’un régime ouvert et démocratique. « En Israël, la mention ‘’Juif’’ n’est pas une religion, c’est une nationalité qui apparaît avec une majuscule sur la carte d’identité « (Slimane Zeghidour, journaliste et chercheur à l’IRIS, Institut de Relations internationales et Stratégiques, Paris).

Ainsi, le statut juif de l’Etat a besoin d’une définition, non pas ethnique ou religieuse, mais juridique et constitutionnelle, conforme aux lois civiles et à l’égalité des citoyens. Cette conformité légale sera-t-elle consubstantielle à la démocratie ? Aux responsables politiques de s’en assurer.

Sans entrer dans les controverses conceptuelles, les pièges d’un discours identitariste, les querelles politiciennes israélo-israéliennes, et les dérives subversives de la presse française, on comprend que le fond du débat est essentiel pour l’avenir du pays, de ses habitants et bien au-delà. Car la question de l’Etat-peuple juif dépasse les frontières.

Le destin d’Israël est celui de tous les Juifs.
Le destin des Juifs est celui d’Israël.
Le premier ministre Benjamin Netanyahu s’en est expliqué en précisant que le caractère juif de l’Etat d’Israël est « nécessaire au moment où beaucoup de gens remettent en question l’idée d’un foyer national du peuple juif. (…) Je ne comprends pas ceux qui appellent à deux États pour deux peuples, mais qui, en même temps, s’opposent au caractère juif de l’État d’Israël. Ils sont prompts à reconnaître un foyer national palestinien, mais sont farouchement opposés à un foyer national juif », a-t-il déclaré (JTA, 23 novembre 2014).

Robert Wexler, qui dirige le Centre S. Daniel Abraham pour la Paix au Proche-Orient à Washington, considère que les Palestiniens peuvent reconnaître Israël en tant qu’État juif (Huffington post, 29 janvier 2014) sans remettre en question leurs propres revendications nationales. Car le projet de loi sur le caractère juif de l’Etat d’Israël s’inscrit, à ses yeux, dans la droite ligne des mesures historiques en faveur de la création de l’Etat juif : la Déclaration Balfour de 1917, le Mandat pour la Palestine de la Société des Nations de 1922, la Commission Peel de 1937 et le Plan de partage de la Palestine mandataire approuvé par les Nations Unies en 1947.

L’Initiative de Genève (signée le 1er décembre 2003 par d’anciens responsables israéliens et palestiniens) confirmait en son temps « […] la reconnaissance du droit du peuple juif à un État et celle du peuple palestinien à son propre État, sans qu’il soit porté atteinte à l’égalité des droits des citoyens respectifs des parties ». Le temps de Genève est-il révolu ?

Sylvain Cypel voit dans le projet de loi israélien un « instrument récurrent de la tactique de blocage » et un « obstacle pour la paix » (Orient XXI, 5 mai 2014). Cet ancien journaliste militant du journal Le Monde est persuadé de longue date que la société israélienne est dans « l’impasse » (titre de son livre paru en 2006), proche d’un prophétique chaos final. Alexis Varende va encore plus loin quand il considère que « la reconnaissance d’Israël en tant qu’État juif par les Palestiniens est une menace [qui] les conduirait à adopter comme irréfutable la lecture sioniste de l’histoire de la région qui s’étend de la Méditerranée au Jourdain (Orient XXI, 4 mars 2014). » Ce qui revient à justifier une position indéfendable nourrie d’un révisionnisme historique buté qui conteste l’évidence d’une présence millénaire juive dans la région. Entre militantisme et révisionnisme, ces ‘’experts’’ font-ils encore leur travail ?

Il n’y a pas si longtemps, Alain Juppé (alors ministre des Affaires étrangères), admettait qu’ « il n’y aura pas de solution au conflit du Proche-Orient sans reconnaissance de deux États-nations pour deux peuples. L’État-nation d’Israël pour le peuple juif, l’État-nation de Palestine pour le peuple palestinien » (Madrid, 20 juillet 2011). Nicolas Sarkozy se déclarait quant à lui favorable à un « Etat du peuple juif » (19 octobre 2011, AFP).

Aujourd’hui, le président Hollande ne s’est pas prononcé sur la question mais les députés socialistes, profondément allergiques semble-t-il à l’idée de l’Etat-nation … juif, ne le sont plus quand il s’agit de l’Etat-nation … palestinien. Deux poids deux mesures ?

Sans reconnaissance bilatérale,
il n’y aura pas de paix.
Pour Ari Shavit, journaliste et écrivain, la grande réussite du sommet de Camp David en 2000 a été la reconnaissance par Israël de la nécessité d’un Etat palestinien. « Ceux qui pensent qu’Israéliens et Palestiniens sont égaux ont le devoir moral d’exiger des Palestiniens exactement ce qu’ils exigent des Israéliens. Les Palestiniens ne renonceront jamais à leur exigence du droit au retour. La Nakba est leur traumatisme fondateur. » De même, dit-il, il faut exiger d’eux la même chose : « le peuple juif est un peuple de ce pays qui a sa propre histoire, sa propre tragédie et sa propre légitimité. Il n’y aura pas de paix si les enfants qui grandissent à Dheisheh (camp de réfugiés palestiniens, en Cisjordanie) ne savent pas que l’Etat de l’autre côté de la frontière est l’Etat d’un peuple juif légitime et réel. »
Seule la reconnaissance d’Israël comme Etat juif, dit-il encore, peut transformer cet accord tant attendu en acte bilatéral. « Tandis qu’Israël cédera à son voisin des actifs, des territoires et des droits souverains, les Palestiniens feront à Israël le seul don qu’ils sont en mesure de faire : la légitimité. Sans reconnaissance par les Palestiniens de notre nom, de notre identité et de nos droits, il n’y aura pas de paix » (Haaretz 13 février 2014).

Le 31 octobre 2011, l’UNESCO vote l’admission de la Palestine comme État membre à part entière. Le 29 novembre 2012, la Palestine devient État observateur non membre de l’Organisation des Nations unies (ONU). L’Assemblée législative française a adopté le 2 décembre 2014, par 339 voix contre 151, la résolution du groupe socialiste de l’Assemblée invitant le gouvernement à reconnaître l’Etat palestinien.

Pendant que le nationalisme palestinien marque des points importants et incontestables, le nationalisme juif semble sur la défensive et en plein questionnement existentiel.

Reconnaître un Etat palestinien malgré le flou et l’instabilité qui le caractérisent, sans exiger la contrepartie explicite de la reconnaissance de l’Etat juif, est un « « laisser faire-laisser passer » de mauvais augure qui confirme la crise sans précédent des gouvernances internationales, ni lucides ni crédibles, et conforte le nouvel antisémitisme mondial dans ses élans sans fin de haine et de violence.

La paix est encore loin.

Voir aussi:

L’argument en faveur de la loi sur la nationalité d’Israël
Joseph Puder
Europe-Israël
déc 05, 2014

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a viré la semaine dernière deux ministres clés, Yair Lapid, ministre des Finances et leader du Parti Yesh Atid, et la ministre de la Justice Tzipi Livni, présidente du Parti Tenuah. Il a également appelé à de nouvelles élections,  plus probablement qui se tiendront en Mars 2015. Netanyahu est déterminé à faire passer la loi de la Nationalité, cela a été « la goutte qui a fait déborder le vase. »

Netanyahu, lors d’une conférence de presse, a souligné que le gouvernement ne pourrait pas fonctionner avec une opposition interne. Pourtant, une majorité de 14-6 dans le cabinet Netanyahu a approuvé le projet de loi proposé sur la nationalité.

La nouvelle législation fournirait simplement fortification juridique légale à la notion qu’Israël est « l’Etat-nation du peuple juif ». Le projet de loi qui sera voté par la Knesset est destiné d’empêcher toute tentative future d’éroder le caractère juif et démocratique d’Israël. Ce projet vise à conserver ces principes en tant que Loi fondamentale, à la constitution de facto d’Israël.

La gauche politique en Israël, comme prévu, est farouchement opposé au projet de loi.

Lapid et Livni se sont opposés au projet de loi approuvé par la majorité du cabinet.

La Député Zahava Gal-On, présidente du parti d’extrême gauche Meretz, a accusé Netanyahou et ses partenaires de la coalition de droite de commettre un «  crime contre la démocratie israélienne ». Gal-On a même renchéri qu’une version du projet de loi amélioré approuvé par le cabinet porterait néanmoins atteinte au principe d’égalité et de changer le statut de la population arabe d’Israël en citoyens de seconde classe.

Le Premier Ministre Netanyahu a fait valoir que « le caractère juif d’Israël consacré dans la Constitution était nécessaire en raison de la poursuite des efforts visant à le délégitimer. » Netanyahu a ajouté : « Il y a beaucoup de gens qui ont des difficultés avec le caractère d’Israël comme l’Etat-nation du peuple juif. Outre le refus des Palestiniens de reconnaître (Israël) comme un Etat juif, il y avait aussi une opposition de l’intérieur ».

Le débat en Israël sur la loi sur la nationalité a fourni au  leadership palestinien des munitions pour renforcer leur refus de reconnaître Israël comme l’Etat-nation du peuple juif.

Arab News (Novembre 25, 2014) a signalé que (OLP) l’Organisation de libération de la Palestine comité exécutif a publié une déclaration qui a exprimé « la ferme condamnation et le rejet de cette loi. » L’OLP, qui domine l’Autorité palestinienne basée à Ramallah, a déclaré que « la loi vise à tuer la solution à deux Etats en imposant le projet du ‘’Grand Israël’’, aussi bien que la judaïté de l’Etat sur ​​la terre historique de la Palestine ».

L’OLP et son président, Mahmoud Abbas, doivent mieux utiliser de tels arguments fragiles comme accuser la loi sur la nationalité d’Israël pour imposer « le Grand Israël » et la « judéité de l’État. »

D’une part, les mondes musulman et arabe sont remplis d’Etats qui s’identifient comme des Etats musulmans. De nombreux pays musulmans ont le droit islamique dans le cadre de leurs systèmes juridiques. Un certain nombre de pays musulmans ont déclaré l’Islam comme leur religion d’Etat dans leurs constitutions. Des pays tels que l’Afghanistan, l’Iran, la Mauritanie, le Pakistan et le Yémen sont des républiques islamiques et les Etats arabes du Golfe dont l’Arabie saoudite sont des monarchies islamiques. En Algérie, l’Egypte, la Jordanie, la Libye et la Somalie, pour n’en nommer que quelques-uns, la religion officielle est l’islam. Contrairement à Israël cependant, aucun des Etats musulmans mentionnés ci-dessus ne peuvent être considérés comme démocratiques, en vertu de ces critères.

Alors que les chrétiens et les juifs sont des citoyens de seconde classe dans le monde arabe et musulman, et inégaux selon la loi islamique, les Arabes israéliens jouissent de droits égaux au regard du droit israélien.

Selon le Premier ministre Netanyahu, la loi sur la nationalité également « affirme la nature démocratique d’Israël, stipulant l’égalité des droits civiques et personnels de tous ses citoyens, y compris l’affirmation d’un droit à la préservation de sa culture, le patrimoine et l’identité de chaque résident d’Israël, peu importe sa religion, sa race ou son origine ethnique. »

S’exprimant au début de la réunion du cabinet dimanche (23 Novembre 2014), Netanyahu a ajouté « qu’Il y a ceux qui veulent que l’élément démocratique prenne la priorité sur l’élément juif, et il y a ceux qui veulent que l’élément juif prenne le pas sur la démocratie. Et le principe de la loi que nous proposons ici aujourd’hui – tient compte à la fois de ces valeurs aussi.

En outre, le document fondateur d’Israël – la Déclaration d’Indépendance – n’a jamais été institutionnalisé comme la loi de la terre. Elle a ainsi permis aux autorités judiciaires, y compris la Haute Cour d’Israël, de coopter politiquement le document fondateur, et de modifier le caractère juif essentiel de l’État. La Haute Cour a tenté de contourner la volonté du peuple à travers ses représentants à la Knesset, par annuler la « loi illégale des réfugiés », qui visait à empêcher l’infiltration en Israël de demandeurs d’emploi soudanais, tout cela au nom de l’universalisme judiciaire et du multiculturalisme.

Autres décisions récentes de la Haute Cour d’Israël, sur la base de la formulation actuelle des lois fondamentales, qui sont conformes à la pensée « post-sioniste », nécessite un nouveau cadre juridique qui réaffirme l’intérêt national d’Israël comme un principe fondamental à côté de celui des droits universels. En outre, l’absence d’une définition plus forte de l’identité nationale d’Israël renforce les mains de ceux qui cherchent à faire d’Israël un «Etat binational. » Et la critique externe du caractère juif d’Israël exige une législation qui empêcherait ceux qui cherchent à annuler le droit du peuple juif à avoir un foyer national sur sa terre.

Le débat israélien sur les avantages et les inconvénients de la loi sur la nationalité, la gauche politique en Israël a oublié que l’ennemi extérieur est également accordée au débat, en utilisant les mots du député de la Knesset Zahava Gal-On pour diaboliser Israël.

Utilisant des expressions telles que « raciste » et « discriminatoire » pour décrire un projet de loi du Cabinet, Gal-On a aidé et encouragé les ennemis d’Israël. En outre, étant donné que ses accusations ne sont pas fondées, ses accusations sont absurdes. David Ben Gourion lui-même, l’un des pères fondateurs de l’Israël moderne, a appelé à un Etat ​​juif sur la terre d’Israël.

A la lecture de la Déclaration d’Indépendance le 14 mai 1948, Ben Gurion déclarait : « Cette reconnaissance par les Nations unies du droit du peuple juif à établir son propre État est irrévocable … Le droit est un droit naturel du peuple juif d’être maître de son propre destin, comme toutes les autres nations, dans leur propre Etat souverain … Nous déclarons la création d’un Etat juif en Eretz-Israël ».

En fait, alors que la Déclaration d’Indépendance est remplie de références à un « Etat juif », il n’y a aucune mention des mots « Etat démocratique ».

Pourtant, la Déclaration stipule également que « L’Etat d’Israël sera ouvert à l’immigration juive et au rassemblement des exilés ; il favorisera le développement du pays pour le bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur la liberté, la justice et la paix comme prévu par les prophètes d’Israël ; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses habitants, sans distinction de religion, de race ou de sexe ; il garantira la liberté de religion, de conscience, de langue, de l’éducation et de la culture ; il sauvegardera les Lieux saints de toutes les religions et il sera fidèle aux principes de la Charte de l’ONU .»

Ces Etats européens qui se sont précipités à reconnaître un Etat palestinien, mais qui s’opposent à la reconnaissance d’Israël comme un Etat juif, savent trop bien que la Palestine sera un autre État autoritaire islamiste, régi par la loi islamique.

Cette hypocrisie à elle seule mérite la proposition du projet de loi sur la nationalité d’Israël.

Source : Joseph Puder, adapté par Mordeh’aï pour malaassot.com

Voir également:

« Daech n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil » (état-major des armées)
Michel Cabirol
Le Figaro
21/11/2014

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait été très clair sur l’arsenal dont dispose Daech. Ses grands subordonnés, qui suivent le dossier, affiche une préoccupation sur la puissance et l’attractivité de ce mouvement terroriste, dont les effectifs sont actuellement évalués à 25.000 djihadistes. Daech, qui dispose notamment de chars, « ne constitue pas qu’un groupe terroriste mais bien une armée qui manœuvre, qui communique, qui s’appuie sur des équipements performants et poursuit des objectifs stratégiques, avec une volonté expansionniste affichée », a expliqué aux sénateurs le chef d’état-major de l’armée de Terre (Cemat), le général Jean-Pierre Bosser.

« Le groupe exerce une forte attraction sur les djihadistes du monde entier, qui rallient l’Irak et la Syrie par milliers », a noté le député UMP des Bouches-du-Rhône Guy Tessier dans son rapport sur le projet de loi de finances pour 2015. « Les djihadistes de Daech représentent une véritable armée terroriste composée d’hommes expérimentés, bien équipés et disposant de ressources financières importantes », a pour sa part confirmé le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers.

« La rapidité avec laquelle ce mouvement parvient à accroître ses effectifs et à diversifier son matériel est très préoccupante », a précisé le général Bosser. Les percées de Daech contre l’armée irakienne lui ont permis « de mettre la main sur des équipements lourds et modernes. Il bénéficie de ressources financières substantielles, en stock et en flux, grâce à l’exploitation des puits de pétrole, des postes frontaliers ou des barrages sur lesquels il a mis la main », a rappelé Guy Tessier.

« La lutte sera longue »
Pour le Cemat, « la problématique n’est pas seulement militaire, elle porte également sur les flux financiers qui viennent alimenter de véritables mercenaires appointés ». Sur le plan financier Daech a effectivement récupéré à Mossoul 450 millions de dollars dans les banques. En outre, les ressources de Daech proviennent également du pétrole que le mouvement vend à des prix défiant toute concurrence.

« La lutte sera longue et il faudra gérer au mieux la pression du temps court, dans nos sociétés actuelles qui exigeront des résultats rapides », a estimé le Général Pierre de Villiers. Dans ce contexte, la France a, selon le chef d’état-major des armées, « besoin d’une vision stratégique militaire qui intègre les objectifs militaires, mais aussi politiques, diplomatiques et psychologiques. Pour réussir, notre plan de campagne devra donc être global ».

Préoccupations avec le retour des combattants européens
Selon le général Jean-Pierre Bosser, « plus de 1.000 combattants européens enrôlés dans ses rangs sont revenus dans l’espace Schengen ». Une menace pour la France et les pays européens. Car « l’adversaire n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil », a souligné le chef d’état-major de l’armée de terre. Il est donc persuadé « de la nécessité d’intégrer encore plus dans notre réflexion le retour de l’armée de terre sur son milieu naturel, celui du sol national, pour pourvoir y faire face, avec les forces de sécurité, à tous types de menaces dont celles que ces vingt dernières années avaient confinées à l’extérieur ».

Cette problématique est là « pour rappeler le lien très fort, le continuum, qui existe entre sécurité extérieure et sécurité intérieure. Ces combattants étrangers sont un vrai défi pour notre sécurité, celles des Français et plus généralement celle des Européens », a de son côté expliqué le général Pierre de Villiers. Et selon le chef d’état-major de l’armée de terre, « il ne faut d’ailleurs pas exclure que cette menace agisse en utilisant des modes d’actions de nature militaire, et se concrétise par des actions armées contre des militaires. Ne perdons pas de vue qu’il s’agissait d’un des objectifs poursuivis par Mohammed Merah. Outre-Atlantique, des attaques isolées ont déjà été perpétrées. Nous avons hélas vécu à deux reprises en France et une fois en Belgique des attaques assez similaires ».

L’armée de terre présente en France
L’armée de terre peut-elle être en première ligne face à Daech sur le sol national ? Le général Bosser en est convaincu : « il me semble raisonnable de considérer que la nature des opérations et l’envergure des défis sécuritaires inscrivent l’action militaire, hors et désormais à l’intérieur de nos frontières, durablement. Ils confortent ainsi le contrat opérationnel de l’armée de terre qui est réaliste et structurant ».

La situation au Levant met l’accent sur l’indispensable nécessité d’une capacité autonome d’appréciation de situation tactique et stratégique, a affirmé le général Pierre de Villiers. « C’est la vocation de nos capteurs de renseignement, de nos satellites, mais aussi des efforts consentis pour améliorer nos capacités Cyber. Ce constat conforte la priorité mise sur le renseignement dans la loi de programmation militaire ».

Les accords Sykes-Picot n’existent plus. Comme les frontières de 1967
Roger Pinto

Président de SIONA

Euope-Israël

juil 01, 2014

Vers un nouveau Moyen-Orient ! Les accords SYKES-PICOT n’existent plus. Les frontières dites de 1967 non pas la moindre légitimité internationale.

L’antisémitisme en Europe qui sommeillait depuis de décennies est revenu en force se servant d’Israël pour porter les pires accusations : impérialisme, colonialisme, apartheid !

L’Europe qui avait tant à se faire pardonner, essaye à moindres frais de laver sa culpabilité d’un passé atroce, en se servant du conflit israélo-palestinien.

Les frontières dites de 1967, que les Palestiniens et les instances internationales revendiquent, ont été créées par des accords d’armistice de 1949 qui n’ont établi que des lignes de démarcation.

La Cisjordanie d’abord occupée par la Jordanie, puis par Israël n’a jamais été palestinienne. Une résolution sur les lignes de 1967 serait une violation flagrante des accords conclus, dans le cadre des accords d’Oslo en 1995.

Elle contreviendrait aux résolutions de l’ONU : résolution 242 en 1967, 338 en 1973 et celle du 29 novembre 1947 établissant deux Etats, un Juif et un Arabe dans des frontières sûres et reconnues. La série des accords entre l’OLP et Israël réaffirme la volonté des parties à négocier des frontières définitives.

On entend souvent l’expression de frontière de 1967 pour affirmer qu’Israël occupe illégalement la Judée et la Samarie. Or cette ligne verte ne date pas de 1967 et n’est pas une frontière. Elle ne correspond à aucune réalité historique, géographique ou politique.

Il n’y a jamais eu de Palestine si ce n’est depuis les années 1970 à la suite d’un changement de stratégie palestinienne qui se définissait alors par son appartenance à la nation arabe islamique et non à une nation palestinienne.

La création de la Palestine avait pour seul but que de contrer l’existence d’Israël.

Il n’existe aucune disposition dans aucun des accords signés entre Israël et la Palestine qui exige le retrait Israélien sur la frontière dite de 1967. En réalité en 1967 les Palestiniens n’avaient aucune revendication territoriale spécifique, ne disposant d’aucun moyen d’expression politique.

C’est à cette époque qu’a été inventé un sentiment national exprimé dans l’article 15 de la chartre de l’OLP.

C’est la ligne où les Israéliens ont réussi à repousser les envahisseurs Egyptiens, Jordaniens, Syriens, Irakiens, Libanais et Saoudiens pendant la guerre de 1948.

L’article V de l’accord Israélo-égyptien d’armistice général du 24 février 1949, précise « la ligne de démarcation de l’armistice ne doit être interprétée d’aucune façon comme une frontière politique ou territoriale … »

L’article Ⅱ de l’accord jordano-israélien d’armistice général du 3 avril 1949 précise de son côté : « aucun avantage militaire ou politique ne devait être acquis pendant la trêve ordonnée par le conseil de sécurité ».

Aujourd’hui la guerre extrêmement violente entre Chiites et Sunnites a aggravé sérieusement la situation dans la région.

L’Arabie sunnite et l’Iran chiite ont transformé la Syrie en centre de combat sans merci pour l’hégémonie régionale, les frontières du Liban, de la Syrie et de l’Irak fixées par les accords SYKES-PICOT imposées par la France et l’Angleterre sont en voie d’implosion.

Les crises irakienne et syrienne, la création par l’E.I.I.L d’un Etat Islamique à cheval sur les deux pays et bientôt sur d’autres pays islamiques a pour ambition d’instaurer un califat sunnite, qui menace l’ensemble des pays de la région.

Alors que le monde arabo-musulman est à feu et à sang : 200.000 morts en Syrie, des dizaines d’attentats et des milliers de morts en Irak, en Libye, au Yémen sans oublier l’Afghanistan et le Pakistan, des condamnations par dizaines en Egypte et en Turquie, alors que djihadistes, au nom de l’Islam pur et dur, assassinent et détruisent partout sur leur passage.

Où sont donc les bonnes âmes bien intentionnées ?

Où sont donc les pétitionnaires inlassables des causes humanitaires ?

Curieusement silencieuse, d’autant plus inquiétante que tuer des Juifs ne provoque plus de grande indignation, il s’est instauré une accoutumance, sur le sol Européen que nous croyions à jamais révolue. Ce long fleuve tranquille des mensonges quotidiens véhiculés par une certaine presse bien connue ne préoccupe ni la droite ni la gauche, ni les grands ténors de l’extrême gauche toujours disponibles pour vilipender le bien fondé d’Israël.

Comment ne pas être sidéré de l’accablement d’Israël par des médias, pour ne citer que l’AFP, France Télévision, « Le Monde » et certains milieux politiques d’extrême droite et d’extrême gauche où M. Mélenchon occupe une place de choix, sans oublier l’ignoble Tarik Ramadan n’hésitant pas à écrire que « les deux touristes de Bruxelles travaillaient pour les services de sécurité israéliens et cet attentat n’était qu’une mesure de diversion du … Mossad ».

En fait, le lynchage politico-médiatique permanent de l’Etat d’Israël continue. Ces actions sont organisées dans le cadre d’une campagne programmée de dénigrement. C’est une réalité, on assiste depuis un certain temps et dans l’indifférence générale à une libération de la parole et à une banalisation du discours antijuif.

Toutes les occasions sont bonnes pour accuser, pour diaboliser et pour délégitimer Israël. Un grand nombre d’hommes politiques sont atteints d’une véritable névrose anti-israélienne d’une compassion obsessionnelle pour les Palestiniens. Internet est devenu le sanctuaire de la haine anti-juive, le refuge de l’Islam radicalisé. Les prêcheurs musulmans de plus en plus nombreux invitent au nom du Coran à tuer des Juifs, des foules fanatiques, issues d’un drôle de « Printemps Arabe » hurlent « mort aux Juifs » sans provoquer d’émotion particulière.

Comment interpréter cette haine des Juifs et cette sublimation obsessionnelle des Palestiniens ?

Comment interpréter cette extrême indulgence occidentale devant la posture victimaire des Palestiniens ?

Ces mêmes Palestiniens qui depuis 1948, sont pris en charge à travers un statut de réfugiés hyper privilégiés héréditaires instauré par l’ONU et entretenu par l’UNWRA, institution créée spécialement à leur intention.

N’en déplaise à tous ses détracteurs, Israël est le seul Etat démocratique de la région, le seul Etat de droit et un des pays les plus avancés au monde.

Où que l’on se tourne, on ne voit que meurtres, violences et prises d’otages…

Mais que fait donc Barak Obama ?

Non, c’est faux ! Ni frontières, ni Palestine en 1967 !

Nessim Cohen-Tanugi

http://www.israel-diaspora.info

24.04.2011

Nous vivons décidément dans un monde intoxiqué par la propagande et empoisonné par le mensonge et l’injustice. Tous les Etats, tous les dirigeants mondiaux de Sarkozy à Obama parlent de « Frontières de 1967 pour la Palestine ». Or en 1967, il n’y avait pas de frontières et pas davantage de Palestine !

Tout d’abord, il n’y a jamais eu, il ne peut pas y avoir de frontières d’un pays ! Toute frontière est frontière avec… Toute frontière est frontière de deux pays puisque celles de l’un est forcément celle de l’autre ! Quant à l’ONU, elle ne peut pas reconnaître de frontières qui ne sont pas acceptées par les pays frontaliers. C’est d’évidence, mais la haine d’Israël et l’amour pour les « Palestiniens » dont la raison d’être est la haine d’Israël font des miracles hallucinants, au sens propre du terme.

En 1967 il n’y avait aucune frontière reconnue entre les pays concernés : Israël, Liban, Syrie, Jordanie, Egypte. Aucun de ces pays n’avaient de frontières reconnues avec Israël. C’est pourquoi la Résolution de l’ONU rappelait la nécessité absolue de reconnaître des « frontières sûres et reconnues » pour mettre fin au conflit israélo-arabe. Alors, comment osent-ils parler de frontières de 1967 ?

Soit dit en passant, il y a bien un conflit israélo-arabe mais aucun conflit israélo-palestinien puisque la Palestine n’existe plus dès lors qu’elle a été remembrée en trois Etats : la Jordanie, Israël et la Cisjordanie. Quand un pays est démembré, son nom disparaît au profit des Etats nouveaux : la Tchécoslovaquie a disparu au profit de la Tchéquie et de la Slovaquie, la Corée a disparu au profit de la Corée du Nord et la Corée du Sud, la Yougoslavie, au profit de la Serbie, la Croatie, la Slovénie etc, et de même l’URSS remplacée par la Russie, la Bielorussie, l’Ukraine etc.

Mais les « Palestiniens » ont tous les droits, en particulier celui de squatter le nom de Palestine, laquelle était juive bien avant qu’aucun Etat arabe existe et que la Jordanie et Israël la remplacent. La Jordanie a décidé de renoncer à la Cisjordanie. Dès lors ces territoires se libèrent et sont dits « disputés » et Israël a des droits indiscutables sur la Cisjordanie, et les Arabes qui y vivent aussi. Donc ils sont logiquement, réellement « disputés » comme le disait clairement d’ailleurs François Mitterrand. Là encore, la haine des Juifs et l’amour de ceux qui haïssent l’existence d’Israël font des miracles. Ces territoires sont dits « occupés » en omettant de préciser qu’ils sont occupés par les Juifs et et par les Arabes, et légitimement.

Cela précisé, il faut rappeler que la résolution de l’ONU n’a reconnu que des LIGNES DE CESSEZ LE FEU et nullement des frontières. Les attendus, comme les précisions qui ont suivi sont formelles : en aucun cas ces lignes ne sont des frontières puisque le but même de cette résolution est de demander aux Arabes concernés et aux Juifs de se mettre d’accord sur des frontières. Les Arabes concernés étaient les pays limitrophes et évidemment il n’y avait pas de Palestine ni de Palestiniens. Il y a bien des Arabes de Palestine comme il y a des juifs de Palestine ou des Chrétiens de Palestine, mais il n’y a pas de Palestine arabe !

Mais ce mensonge perdure grâce à la haine cachée de nombre d’Européens nourris depuis l’enfance de la haine des Juifs.

Comment expliquer alors que, imperturbablement, le monde politique de notre temps continue de mentir effrontément sur des frontières qui n’ont jamais existé avec un Etat qui n’a jamais existé et qui demande comme capitale le seul et unique lieu saint juif pour qu’il devienne… musulman ?!

Nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Les Juifs et les Israélien ont tort, totalement tort d’essayer de convaincre. Il n’y a AUCUNE autre solution et ils ne nous en laissent aucune aucune autre : les vaincre ou périr. Et s’ils veulent nous faire périr alors qu’ils en payent le prix !

L’illusion des «frontières de 1967″ – Ces frontières n’ont jamais existé

Alan Baker
Adapté par Aschkel

21 Décembre 2010

La direction palestinienne est obsédée et fait  pression sur les gouvernements étrangers et l’ONU afin de faire reconnaître un Etat palestinien à l’intérieur  des « frontières de 1967 et ce de façon unilatérale. » En effet, cette campagne semble avoir eu quelques succès initiaux en Décembre 2010, lorsque l’Argentine et le Brésil ont décidé de reconnaître un Etat palestinien comme ils le disent dans  les «frontières de 1967. »

Mais ces frontières n’existent pas et n’ont aucun fondement dans l’histoire, en droit, ou de fait. La seule ligne qui n’ait jamais existé a été la ligne de démarcation d’armistice de 1949, sur la base des lignes de cessez-le feu des armées israélienne et arabe en attendant un accord de paix permanent. Les accords d’armistice de 1949 indiquent expressément  que ces lignes n’ont pas de signification politique ou juridique et ne doivent pas porter préjudice aux négociations futures sur les frontières.

La résolution 242 du Conseil de Sécurité de 1967 a reconnu la nécessité de négocier des frontières sûres et reconnues. D’éminents juristes et  délégués des Nations Unies, y compris en provenance du Brésil et de la Jordanie, ont reconnu que les lignes précédentes ne peuvent pas être considérés comme des frontières internationales.
La série d’accords entre l’OLP et Israël (1993-1999) réaffirment la volonté et l’engagement des parties à négocier des frontières définitives. Pendant toutes les phases de la négociation entre Israël et les Palestiniens, il n’y a jamais eu de décision quant à une frontière sur la base des lignes de 1967.

La direction de l’OLP s’est solennellement engagée que toutes les questions relatives au statut permanent ne seront résolues que par des négociations entre les parties. En 2003, la   « feuille de route» a en outre réitéré la nécessité de négociations pour des  frontières définitives.

Avec une intensité continue et croissante, la direction palestinienne est obsédée par la promotion d’une politique concertée vis-à-vis de la communauté internationale et l’opinion publique, en exigeant la reconnaissance de ce qu’ils prétendent être les « frontières de 1967», et l’acceptation d’un Etat palestinien  déclaré unilatéralement à l’intérieur de ces frontières. En effet, cette campagne semble avoir eu quelques succès initiaux en Décembre 2010, lorsque l’Argentine et le Brésil ont décidé de reconnaître un Etat palestinien dans ce qu’ils pensent être les «frontières de 1967» 1.

En réalité, les dirigeants palestiniens, ainsi que les membres de la communauté internationale, sont bien conscients du fait que ces frontières n’existent pas, pas plus qu’elles aient un jour existées. Elles n’ont jamais été stipulées dans aucun des documents internationaux, dans aucune documentation concernant le conflit israélo-arabe et les questions israélo-palestiniennes, et n’ont aucun fondement que ce soit, ni en droit ni en fait.

Il n’existe aucune disposition dans aucun des accords signés entre Israël et les Palestiniens qui exigent le retrait sur la «frontière de 1967 ». Il n’y avait jamais eu  d’impératifs géographiques qui dessinent les lignes de 1967. De toute évidence, il ne peut y avoir aucune logique juridique ou politique consacrant  une frontière internationale d’un ensemble involontaire et fortuit des lignes de cessez-qui existe depuis moins de 19 ans

Alors que ce qui est mentionné ci-dessus est tout à fait évident pour les dirigeants palestiniens qui pourtant mettent en avant  activement et quotidiennement  cette politique – principalement la tête de l’ Autorité palestinienne  , Mahmoud Abbas, et le chef du département des négociations de l’Autorité, Sa’eb Erekat, qui eux-mêmes participent activement à toutes les étapes de la négociation – ils poursuivent  néanmoins leur fixation pour présenter le concept de « frontières de 1967» comme un terme accepté internationalement  et comme un engagement israélien.

Ce qui suit est un résumé des lignes de 1967 tel que décrit dans la documentation internationale:

Publication du Conseil de sécurité des Nations unies définissant des lignes de cessez-le feu

Le terme «lignes de 1967» fait référence à la ligne à partir desquelles les forces armées israéliennes ont avancé dans les territoires  au début des hostilités, le 4 Juin 1967 (« La guerre des Six Jours»).

Ces lignes ne sont pas fondées sur des faits historiques, sur des tracés  géographiques, sur des considérations démographiques, ou depuis un accord international. En fait, elles avaient été convenues selon et sur les lignes de démarcation de la fin de la guerre d’indépendance de 1948, conformément aux conventions d’armistice signé entre Israël et ses voisins l’Égypte, la Jordanie, la Syrie et le Liban  en 1949. Ces lignes sont restées valables jusqu’à l’éclatement des hostilités de 1967.

La ligne de démarcation de l’armistice ne représentait plus que les lignes avant le déploiement des forces le jour où un cessez-le feu a été déclaré, conformément à la Résolution 62 du Conseil de sécurité du 16 Novembre 1948, qui a appelé à la délimitation des lignes de démarcation de l’armistice permanent au-delà desquelles les forces armées des parties concernées ne doivent pas se déplacer. La ligne a été délimitée sur la carte et jointe à l’accord d’armistice avec un feutre vert et donc reçu le nom de «Ligne verte».

Le Conseil de sécurité dans sa résolution insiste sur le caractère temporaire de la ligne d’armistice qui devait être maintenu « pendant la transition vers une paix permanente en Palestine», laissant entendre que la paix permanente impliquerait la négociation des frontières bilatérales qui serait différentes des lignes de démarcation d’armistice. 2

1949 Accords d’armistice

En fait, l’accord d’armistice signé entre Israël et la Jordanie  le 13 avril 1949, ainsi que tous les autres  accords d’armistice, ont souligné le caractère transitoire de l’armistice comme « une étape indispensable vers la liquidation du conflit armé et le rétablissement de la paix en Palestine. «  La langue de l’accord a donné beaucoup de mal pour souligner que les lignes d’armistice étaient de nature provisoire et non-politique et ne constituent pas les frontières internationales, et en tant que telles et ne portent pas atteinte aux droits, revendications et positions des parties dans le règlement de paix final:

« Aucune disposition du présent Accord ne préjuge en rien des droits, des revendications et positions de l’autre Partie dans le règlement pacifique final de la question de la Palestine, les dispositions du présent accord étant exclusivement dictées par des considérations militaires. » 3

« L’objectif fondamental de la démarcation des lignes d’armistice est de définir les lignes au-delà desquelles les forces armées des parties respectives ne doivent pas se déplacer. » 4

«Les dispositions du présent article ne doit pas être interprétées comme portant atteinte en aucune façon, à une politique de règlement définitif entre les parties du présent accord. » 5

« La démarcation des lignes d’armistice définie sur le présent Accord sont convenues par les parties sans porter préjudice pour des règlements territoriaux ultérieurs, sur le tracé des frontières ou les revendications de chacune des Parties s’y rapportant. » 6

Vues  sur le caractère transitoire de la Ligne :

Des déclarations provenant de sources arabes et d’autres entre 1949 et 1967 confirment la compréhension commune quant à la nature transitoire des lignes. Au cours du débat au Conseil de Sécurité avant le déclenchement des hostilités en 1967, l’ambassadeur de Jordanie a déclaré:

« Il y a un accord d’armistice, l’accord ne fixe pas les frontières;. il fixe une ligne de démarcation. L’accord ne porte pas de jugement sur les droits politiques, militaires ou autres donc je ne connais pas de territoire. Je ne connais pas de frontière, je sais que c’est  une situation gelée par un accord d’armistice »7.

Prof Mughraby a écrit dans le Daily Star de Beyrouth:

« Israël est le seul État au monde qui n’a pas de frontières légales, sauf celle naturelle de la Méditerranée. Le reste ne sont que des lignes d’armistice, et ne pourront jamais être considérées comme  des frontières territoriales et politiques» 8.

Le président Lyndon Johnson a aussi déclaré:

« Les nations de la région ont  violé les fragiles lignes de trêve d’il y a 20 ans. Ce qu’ils doivent désormais faire est de reconnaitre ces limites et autres arrangements qui leur donneront la sécurité contre le terrorisme, la destruction et la guerre. » 9 Dans ce contexte, les juristes internationaux ont également reconnu l’effet limité des lignes d’armistice:

Elihu Lauterpacht, dans son livret, Jerusalem et les Lieux saints, déclare:

« Chacun de ces accords … contient une disposition sur les lignes d’armistice qui y sont prévues ne préjuge pas de la future politique. Il ne serait donc pas exact de prétendre que les questions de titre … dépendent de ces accords d’armistice. Les questions de souveraineté sont tout à fait indépendantes des accords d’armistice »10.

M. Steven Schwebel, ancien président de la Cour internationale de Justice, a déclaré en 1994:

« Les accords d’armistice de 1949 réservent expressément les revendications territoriales de toutes les parties et ne visent pas à établir des frontières définitives entre elles» 11.

Résolution du Conseil de sécurité 242, 1967

La nature transitoire des lignes de démarcation d’armistice de 1949  a été clairement reconnue par le Conseil de sécurité dans la Résolution 242 de 1967, après la « Guerre des Six Jours», qui a affirmé, dans son premier alinéa:

«… Le respect et la reconnaissance de la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de chaque Etat dans la région et leur droit à vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues à l’abri des menaces ou d’actes de terrorisme» 12.

Il n’y a pas d’appel dans la présente résolution pour un retour à la ligne de démarcation d’armistice ou de toute autre ligne ou  frontière. Le Conseil de sécurité a expressément rejeté la demande arabe d’un texte dans lequel, Israël devait complètement se retirer de tout le territoire qu’elle occupait lors du conflit de 1967.

Israël a été appelé à se retirer des «territoires occupés lors du récent conflit», pas de «tous les territoires» ou même «les territoires». Dans le même temps, le Conseil a invité les parties à travailler ensemble pour promouvoir un accord sur un règlement pacifique et accepté, conformément aux dispositions et principes de la résolution.

De toute évidence ce règlement visait à inclure la négociation des frontières sûres et reconnues, qui remplacerait les lignes de démarcation d’armistice, conformément à la référence ci-dessus dans les accords d’armistice sur un «règlement pacifique final. »

Au cours du débat du Conseil de sécurité sur l’acceptation de la Résolution 242, le représentant du Brésil, en acceptant la résolution, a déclaré:

« Son acceptation ne signifie pas que la frontière ne peut être corrigée à la suite d’un accord librement conclu entre les États intéressés. Nous gardons constamment à l’esprit qu’une paix juste et durable au Moyen-Orient doit nécessairement être basée sur sécuriser les frontières permanentes librement consenties sures et négociées par les États voisins »13.

-Palestiniens/ Israël  – Déclaration de principes, 1993

Bien que ce fait ait été largement reconnu dans les deux politiques et les écrits juridiques au cours des dernières années 14, la réciproque de base par l’entreprise israélienne et les dirigeants palestiniens à négocier les frontières entre leurs territoires respectifs a été donné par une  confirmation formelle de Yasser Arafat, son adjoint ou son remplaçant comme Mahmoud Abbas , et Sa’eb Erekat lors de l’inauguration «Déclaration de principes sur des arrangements intérimaires d’autonomie des arrangements » (signée notamment par M. Abbas) du 13 Septembre 1993, dans laquelle l’OLP et le gouvernement d’Israël ont reconnu que les négociations sur le statut permanent de la relation entre eux portait sur:

«… Les questions en suspens, y compris: les réfugiés, les colonies, la sécurité, les arrangements de frontières, les relations et la coopération avec d’autres, voisins et autres questions d’intérêt commun, comme Jérusalem »

A la veille de la signature de la déclaration ci-dessus, Arafat a pris cet engagement solennel dans une lettre au Premier ministre israélien Yitzhak Rabin:

«L’OLP s’engage dans le processus de paix au Moyen-Orient, et à une résolution pacifique du conflit entre les deux parties et déclare que toutes les questions en suspens liées au statut permanent seront résolues par la négociation. » 15

De toute évidence, aujourd’hui, la fixation permanente du successeur d’Arafat, Mahmoud Abbas, et son négociateur en chef, Saeb Erekat, en tentant de contourner ce qui a été convenu pour le processus de négociation, afin parvenir à une reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien dans les «frontières de 1967″ va carrément à l’encontre de l’engagement solennel de M. Arafat au nom du peuple palestinien en 1993.

-Accords israélo-palestinien, 1993-1999

Les références ci-dessus pour les négociations sur le statut permanent sur les frontières et à la réalisation des objectifs de la résolution 242 ont été reprises dans une série de documents approuvés d’un commun accord conclus entre l’OLP et le gouvernement d’Israël. 16 En outre, en vue de renforcer cet engagement, ils se sont engagés dans l’Accord intérimaire de 1995 de ne pas agir unilatéralement pour modifier le statut des territoires en attendant l’issue des  négociations sur le statut permanent:

« … Les deux parties s’engagent à ne prendre aucune mesure qui changerait le statut de la « Cisjordanie » et la bande de Gaza  en attendant le résultat des négociations sur le statut permanent. « 17

Cet engagement a été réitéré par les parties dans le Mémorandum dans  l’article 9 de 1999 à Charm el Cheikh :

« Reconnaissant la nécessité de créer un environnement positif pour les négociations, les deux parties s’engagent à ne prendre aucune mesure qui changerait le statut de la « Cisjordanie » et la bande de Gaza, conformément à l’accord intérimaire. »

Tout au long de toutes les phases des négociations sur ces différents accords et mémorandums entre Israël et les Palestiniens, et dans les textes de ces documents, il n’y a jamais aucune référence aux frontières de 1967 en tant que possible  frontière entre les deux voisins, il n’y avait aucune référence à tout engagement ou obligation d’Israël de se retirer sur les lignes de 1967.

Feuille de route, 2003

L’indication supplémentaire de la non-existence de «frontières de 1967» et le rejet de tout acte unilatéral par les Palestiniens est évident d’après les termes de la Feuille de route du Quartet et l’initiative « basée sur la volonté d’une solution permanente pour deux Etats dans le conflit israélo-palestinien « dès le 30 avril 2003. 18 Dans ce document, les parties ont prévu, dans la seconde et troisième phase de mise en œuvre de la Feuille de route » et après l’élection d’un leadership responsable palestinien, d’entamer des négociations en se concentrant sur l’option de créer un Etat indépendant palestinien viable, d’abord avec «frontières provisoires». Il était destiné à servir de halte à l’établissement permanent qui a été prévu pour la troisième phase, où les frontières du statut final serait reconnu par une conférence internationale convoquée à cet effet.

De toute évidence, si et quand le retour des parties à un fonctionnement de la négociation de bonne foi pour parvenir à la question de la définition de leur frontière commune, la ligne de 1967 pourrait en effet faire figure de point de référence dans les négociations entre eux, en supposant qu’elle réponde aux critères énoncés par le Conseil de sécurité pour une frontière qui permettra d’éviter des situations de menaces de terrorisme  et de violence.

Mais cela ne peut émaner que d’une tentative de bonne foi réciproque entre les parties pour agir ensemble, et non pas unilatéralement, dans la détermination de leurs propres frontières, en fonction de leurs intérêts mutuels en tant que voisins. Ces problèmes ne peuvent et ne doivent pas être dictés de l’extérieur, que ce soit par l’ONU ou par d’autres Etats.

Ainsi, à la lumière de ce qui précède, la question se pose  quand et pourquoi la direction palestinienne en est-elle venue à admettre cette absurdité en essayant d’inventer des «frontières de 1967» qui manquent manifestement de base historique, juridique, ou de fait?

De même, on peut se demander quand ils verront l’absence totale de pragmatisme et de réalisme dans leur tentative de dicter à la communauté internationale une déclaration unilatérale palestinienne en violation de leurs propres engagements, de saper le processus de paix internationalement accepté  au Moyen Orient dans les documents.

Adapté par Aschkel – Pour aschkel.info et lessakele.

Understanding Obama’s shift on Israel and the ‘1967 lines’
Glenn Kessler

The Washington Post

05/20/2011

“The borders of Israel and Palestine should be based on the 1967 lines with mutually agreed swaps, so that secure and recognized borders are established for both states.”

— President Obama, May 19, 2011

This sentence in President Obama’s much-anticipated speech on the Middle East caused much consternation Thursday among supporters of the Jewish state. Israeli Prime Minister Binyamin Netanyahu, who will meet with Obama on Friday, adamantly rejected it.

For people not trained in the nuances of Middle East diplomacy, the sentence might appear unremarkable. However, many experts say it represents a significant shift in U.S. policy, and it is certainly a change for the Obama administration.

As is often the case with diplomacy, the context and the speaker are nearly as important as the words. Ever since the 1967 Six-Day War between Israel and its Arab neighbors, it has been clear that peace with the Palestinians would be achieved through some exchange of land for security.

Indeed, Israelis and Palestinians have held several intensive negotiations that involved swapping lands along the Arab-Israeli dividing line that existed before the 1967 war — technically known as the Green Line, or the boundaries established by the 1949 Armistice agreements. (Click here for a visual description of the swaps discussed between Palestinian President Mahmoud Abbas and Israeli Prime Minister Ehud Olmert in 2008.)

So, in many ways, it is not news that the eventual borders of a Palestinian state would be based on land swaps from the 1967 dividing line. But it makes a difference when the president of the United States says it, particularly in a carefully staged speech at the State Department.  This then is not an off-the-cuff remark, but a carefully considered statement of U.S. policy.

Here is a tour through the diplomatic thicket, and how U.S. language on this issue has evolved over the years.

The Facts

The pre-1967 lines are important to both sides for setting the stage for eventual negotiations, but for vastly different reasons.

From an Israeli perspective, the de facto borders that existed before 1967 were not really borders, but an unsatisfactory, indefensible and temporary arrangement that even Arabs had not accepted. So Israeli officials do not want to be bound by those lines in any talks.

From a Palestinian perspective, the pre-1967 division was a border between Israel and neighboring states and thus must be the starting point for negotiations involving land swaps. This way, they believe, the size of a future Palestinian state would end up to be — to the square foot — the exact size of the non-Israeli territories before the 1967 conflict. Palestinians would argue that even this is a major concession, since they believe all of the current state of Israel should belong to the Palestinians.

After the Six-Day War, the United Nations set the stage for decades of fitful peacemaking by issuing Resolution 242, which said that “the establishment of a just and lasting peace in the Middle East” should include the following principles:

1. Withdrawal of Israeli armed forces from territories occupied in the recent conflict.
2. Termination of all claims or states of belligerency and respect for and acknowledgement of the sovereignty, territorial integrity and political independence of every State in the area and their right to live in peace within secure and recognized boundaries free from threats or acts of force.
Since the resolution did not say “the territories,” it has become a full-time employment act for generations of diplomats.

Nevertheless, until Obama on Thursday, U.S. presidents generally have steered clear of saying the negotiations should start on the 1967 lines. Here is a sampling of comments by presidents or their secretaries of state, with some explanation or commentary.

“It is clear, however, that a return to the situation of 4 June 1967 will not bring peace. There must be secure and there must be recognized borders.”

— President Lyndon Johnson, September 1968

“In the pre-1967 borders, Israel was barely ten miles wide at  its  narrowest  point. The bulk of Israel’s population lived within artillery range of hostile armies. I am not about to ask Israel to live that way again.”

— President Ronald Reagan, September 1, 1982

“Israel will never negotiate from or return to the 1967 borders.”

— Secretary of State George Shultz, September 1988

Starting with President Lyndon Johnson, right after the Six-Day War, U.S. presidents often have shown great sympathy for Israel’s contention that the pre-1967 dividing line did not provide security.

“I think there can be no genuine resolution to the conflict without a sovereign, viable, Palestinian state that accommodates Israeli’s security requirements and the demographic realities. That suggests Palestinian sovereignty over Gaza, the vast majority of the West Bank, the incorporation into Israel of settlement blocks … To make the agreement durable, I think there will have to be some territorial swaps and other arrangements.”

— President Bill Clinton, January 7, 2001

In his waning weeks in office, Clinton laid out what are now known as the “Clinton parameters,” an attempt to sketch out a negotiating solution to create two states. His description of the parameters is very detailed, but he shied away from mentioning the 1967 lines even as he spoke of “territorial swaps.”

“Ultimately, Israelis and Palestinians must address the core issues that divide them if there is to be a real peace, resolving all claims and ending the conflict between them. This means that the Israeli occupation that began in 1967 will be ended through a settlement negotiated between the parties, based on UN resolutions 242 and 338, with Israeli withdrawal to secure and recognize borders.”

— President George W. Bush, June 24, 2002

Bush slipped in a mention of 1967 in his famous Rose Garden speech that called for the ouster of then-Palestinian leader Yasser Arafat. One could argue that the reference to Resolution 242 was a de facto mention of the 1967 lines. At the time, the Arab League was promoting a peace initiative based on the idea of Israel returning to the 1967 boundaries, and this reference was seen as a nod to that concept. But most experts did not view his reference to “1967” as a change.

“In light of new realities on the ground, including already existing major Israeli population centers, it is unrealistic to expect that the outcome of final status negotiations will be a full and complete return to the armistice lines of 1949, and all previous efforts to negotiate a two-state solution have reached the same conclusion. It is realistic to expect that any final status agreement will only be achieved on the basis of mutually agreed changes that reflect these realities.”

— Bush, letter to Israeli Prime Minister Ariel Sharon, April 14, 2004

When Sharon agreed to withdraw Jewish settlers from the Gaza Strip, Bush smoothed the deal by exchanging letters that supported the Israeli position that the 1967 lines were not a useful starting point. The letter infuriated Arabs, but it helped Sharon win domestic approval for the Gaza withdrawal. Interestingly, despite Israeli pleas, the Obama administration has refused to acknowledge the letter as binding on U.S. policy.

 “We believe that through good-faith negotiations the parties can mutually agree on an outcome which ends the conflict and reconciles the Palestinian goal of an independent and viable state based on the 1967 lines, with agreed swaps, and the Israeli goal of a Jewish state with secure and recognized borders that reflect subsequent developments and meet Israeli security requirements.”

— Secretary of State Hillary Rodham Clinton, Nov. 25, 2009

When the Israeli government announced a partial settlement freeze, Clinton responded with a statement that specifically mentioned a state based on 1967 lines, but as a “Palestinian goal.”  This was balanced with a description of an “Israeli goal.”

Originally, the Obama administration had hoped both sides would have agreed to acknowledge such goals as a starting point for negotiations — known in the diplomatic trade as “terms of reference.” When that effort failed, Clinton issued the concept in her own name. She would repeat the same sentence, almost word for word, many times over the next 1½ years.

The Bottom Line

 In the context of this history, Obama’s statement Thursday represented a major shift. He did not articulate the 1967 boundaries as a “Palestinian goal” but as U.S. policy. He also dropped any reference to “realities on the ground” — code for Israeli settlements — that both Bush and Hillary Rodham Clinton had used. He further suggested that Israel’s military would need to agree to leave the West Bank.

Obama did not go all the way and try to define what his statement meant for the disputed city of Jerusalem, or attempt to address the issue of Palestinians who want to return to lands now in the state of Israel. He said those issues would need to be addressed after borders and security are settled.  But, for a U.S. president, the explicit reference to the 1967 lines represented crossing the Rubicon.

UPDATE, 4:45 P.M, MAY 20

A number of readers have asked about a statement made by George W. Bush in 2005: “Any final status agreement must be reached between the two parties, and changes to the 1949 Armistice Lines must be mutually agreed to.”

I purposely did not include this in my list because in the annals of diplomacy it is considered a relatively unimportant statement. It was made at a news conference with Palestinian Authority President Mahmoud Abbas, not in a speech or in a letter (where, by contrast, the language is more carefully formulated.) It is essentially a restatement of the 2004 letter, with perhaps a bit more emphasis on “mutual agreement,” designed to please Palestinian ears.

At the time, it was considered an insignificant statement, by the Americans and the Palestinians — and the reporters. I looked back at the 29-paragraph article I wrote on the news conference. It mentioned the sentence in the last paragraph and did not focus at all on the phrase “1949 Armistice Lines.” The New York Times report on the same news conference did not mention Bush’s comment at all.

For diplomatic purposes, speeches and letters will almost always trump remarks at news conferences. The context is also important. As seen by the reporting at the time, no one thought Bush’s comment was remarkable or significant, in contrast to the reception that Obama’s statement on Thursday received. That’s because it was considered simply a restatement of the 2004 letter — which was considered the most explicit description of U.S. policy. Analysts who are citing this as evidence of little difference between Bush and Obama are deceiving themselves.

Les enjeux stratégiques et les frontières défendables d’Israël
Dore Gold

CAPE

8/14/13

Certains pensent que depuis le déclenchement du « Printemps arabe » Israël devrait réviser ses besoins sécuritaires car la donne stratégique au Moyen-Orient a complètement changé. Cependant, en dépit de toutes les turbulences, il est clair que les bases fondamentales sur lesquelles repose la sécurité d’Israël depuis sa création ne vont pas être modifiées dans le temps ni dans l’espace.

Israël demeure un petit pays entouré d’une population de 300 millions d’habitants répartis dans divers Etats dont la superficie est des centaines de fois plus grande que celle de l’Etat juif. Bien que les sites militaires soient concentrés dans une zone géographiquement limitée, les Etats arabes ont réussi à les disperser sur une vaste étendue de territoires.

Certes, les armées arabes se sont affaiblies suite aux confrontations avec les rebelles et aux conflits internes, mais ce serait une erreur fondamentale de planifier nos besoins sécuritaires en fonction d’une situation volatile et temporaire. Par exemple, l’Irak envisage de moderniser ses forces terrestres avec de nouvelles formations blindées et mécanisées et dans les années à venir, l’armée irakienne sera équipée de plus de 2 000 chars de combat.

Nous constatons que d’énormes quantités d’armes iraniennes et libyennes ont été déjà acheminées en Syrie, en Irak et dans la bande de Gaza. La Cisjordanie a été épargnée pour la simple raison que Tsahal contrôle la vallée du Jourdain, mais actuellement les dangers terroristes sont toujours omniprésents.

Les révoltes contre les régimes arabes avaient permis aux diverses organisations terroristes telles que les filiales d’al-Qaïda de s’introduire dans différentes zones d’affrontements et de champs de bataille. La chute de Moubarak en Egypte a aussi renforcé la présence de ces groupes dans la péninsule du Sinaï.

Les pressions actuelles contre l’Etat juif sont exercées dans le but d’obliger Israël à se retirer complètement de la Cisjordanie et ainsi à lui faire perdre ses frontières défendables. L’Etat juif ne peut bien entendu accepter des risques existentiels. Ils sont également en contradiction flagrante avec les engagements internationaux donnés dans le passé notamment par les Etats-Unis.

Au cours des guerres israélo-arabes, les forces militaires arabes avaient bénéficié d’une supériorité quantitative en effectifs et en armes. Notre stratégie fut basée sur une résistance instantanée à toute attaque et sur la mobilisation des unités de réserve dans les 48 heures suivantes. Nos ennemis ont toujours été tentés d’exploiter ces asymétries en lançant des attaques surprise. Rappelons une fois encore que le terrain, la topographie et la profondeur stratégique sont des facteurs essentiels pour la défense d’Israël.

Aujourd’hui, les organisations terroristes sont capables de provoquer immédiatement un conflit armé au Moyen-Orient. Elles sont aussi menaçantes que des armées conventionnelles. En utilisant des tactiques asymétriques, elles opèrent à partir de zones peuplées et utilisent des civils comme boucliers humains. Ces organisations savent parfaitement qu’il est interdit aux armées d’utiliser leur pleine puissance de feu pour éviter la mort de victimes civiles innocentes.

Suite aux retraits unilatéraux du sud Liban et de la bande de Gaza, Tsahal a été injustement accusée de recourir à une force disproportionnée, bien que ses opérations aient été similaires à celles des forces occidentales en Irak ou en Afghanistan. On se souvient du tollé général qu’avait provoqué la fameuse Commission du juge Goldstone.

Depuis nous avons tiré les leçons, mais malgré notre capacité de lancer des raids contre des forces hostiles en territoire ennemi seule une frontière défendable nous permettra de repousser les différentes menaces.

Il existe aussi un autre facteur qui peut influer sur la stratégie d’Israël contre le terrorisme. Il s’agit de l’impact politico-militaire des accords de paix signés avec nos voisins arabes. Dans les années 1950, lorsque l’armée syrienne installée à l’époque sur le plateau du Golan lançait des attaques contre les kibboutzim de la région, Tsahal réagissait avec force contre les positions militaires syriennes. Aujourd’hui, lorsque le sud d’Israël est attaqué par des filiales d’al-Qaïda à partir de la péninsule du Sinaï, Tsahal se retrouve les mains liées et ne peut entreprendre d’action militaire car celle-ci pourrait violer la souveraineté égyptienne et menacer le traité de paix israélo-égyptien signé en 1979.

Tant que les Etats arabes contrôlaient leurs territoires le long des frontières d’Israël, Tsahal ne rencontrait pas de dilemmes de ce genre, à l’exception du Liban où l’autorité gouvernementale s’est effondrée entraînant ainsi des conflits successifs.

Mais avec l’avènement du « Printemps arabe » nous affrontons de nouveaux types de menaces et de défis.

Que faire par exemple si le futur Etat palestinien plonge un jour dans l’anarchie et se trouve incapable de maintenir l’ordre et d’éviter des attaques contre l’Etat juif ? Que devra faire Israël ? Envahir l’Etat avec lequel il a signé un traité de paix ? La communauté internationale reconnaîtra-t-elle son droit de légitime défense ? Bien évidemment, ce scénario ne se produira pas si qu’Israël est doté de frontières sûres et défendables.

Après l’abandon dans la bande de Gaza du corridor de Philadelphie le long de la frontière avec l’Egypte, cette zone s’est transformée en passoire et a été inondée d’armes iraniennes et libyennes. Par contre, en Cisjordanie, où Israël contrôle la vallée du Jourdain, les organisations terroristes telles que le Hamas ou le Djihad islamique ne peuvent s’infiltrer.

Soulignons que plusieurs groupes terroristes se conduisent comme des armées conventionnelles et sont même équipés comme le Hezbollah de missiles de croisière et de drones. Le Hezbollah dispose également d’un arsenal de missiles et de roquettes plus important que celui de la plupart des Etats du Moyen-Orient. L’acquisition d’armes de destruction massive n’est pas non plus exclue.

Dans les années 1960, le nationalisme arabe a formé des coalitions militaires contre Israël. Dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui, l’islamisme peut aussi servir de base à des coalitions hostiles qui menaceront les alliés occidentaux et poseront un nouveau défi à Israël. Comme à l’époque du nassérisme, l’islamisme est une force hégémonique qui n’accepte pas seulement les frontières nationales.

C’est déjà évident en Egypte, alors que la confrérie des Frères musulmans a subi un sérieux revers en juillet 2013 avec la chute du président Mohamed Morsi, la situation demeure volatile et il est difficile de prédire si les Frères musulmans seront en mesure de retourner sur le devant de la scène. La Turquie est devenue un nouveau centre d’activité des Frères musulmans, hébergeant son réseau mondial et organisant des conférences internationales à Istanbul. La confrérie s’installe également en Jordanie et son objectif n’a jamais varié : créer un nouveau califat qui deviendra la base d’un Etat islamique mondial.

Rappelons que les accords d’Oslo signés en 1993, il y a tout juste 20 ans, et l’accord intérimaire israélo-palestinien de 1995 portent les signatures, en tant que témoins, du président Bill Clinton, de l’Union européenne et de la Russie. Ils envisageaient une solution négociée au conflit israélo-palestinien et donc les futures frontières devaient être décidées par les parties elles-mêmes et non être imposées par des coalitions internationales ou par des actions unilatérales.

Soulignons qu’après les accords d’Oslo et malgré les promesses de paix et l’instauration d’un nouveau Proche-Orient, plus de 1 000 Israéliens ont été tués par des attentats et des bombes humaines. Après le désengagement unilatéral de la bande de Gaza en 2005, les roquettes n’ont cessé de tomber sur les villages israéliens.

Le peuple israélien souhaite assurer sa sécurité et ce droit est inaliénable. Il veut avoir la certitude absolue que les erreurs de ces dernières années ne se répéteront pas, surtout avec ces turbulences qui affectent aujourd’hui l’ensemble du Moyen-Orient.

Israel
Les frontières d’avant 1967 ne sont pas défendables

Dore Gold

CAPE

Ce n’est un secret pour personne que le Président de l’Autorité palestinienne envisage d’exercer des pressions sur l’Assemblée générale des Nations Unies pour qu’elle adopte en septembre prochain une résolution qui prédéterminera les résultats de toute négociation sur l’avenir de nos frontières. Récemment, dans une interview qu’il a accordé au New York Times, Mahmoud Abbas a précisé qu’il insistera pour que les Etats membres reconnaissent l’Etat palestinien dans les lignes de 1967, ce qui signifie les frontières israéliennes d’avant la guerre des Six jours.

Malheureusement, même le Président Barack Obama semble avoir été influencé par cette position. Lors de son dernier discours, il a affirmé que » l’avenir des frontières doivent être fondées sur la base des lignes de 1967″. Une position qu’il a tenté de rectifier en ajoutant « avec un échange de territoire par un commun accord. » Mahmoud Abbas a dit à maintes reprises que tout échange de terre avec Israël serait bien minuscule.

Rappelons qu’avant la Guerre des Six jours, les lignes de démarcation en Cisjordanie n’ont que seulement été délimité puisque les armées arabes ont interrompues leur invasion au même moment où l’Etat d’Israël a vu le jour, 19 ans plus tôt. Légalement, elles n’ont formé qu’une ligne d’armistice et non pas une frontière reconnue internationalement. Aucun Etat palestinien n’a jamais existé auparavant et donc on ne pourrait affirmer que ces lignes sont d’avant guerre. La Jordanie a occupé la Cisjordanie après l’invasion arabe, mais sa prétention à la souveraineté n’a pas été reconnue par aucun des membres des Nations Unies excepté le Pakistan et le Royaume Uni. Comme l’a bien dit l’ambassadeur de Jordanie aux Nations Unies avant la guerre, les anciennes lignes d’armistice « n’ont pas fixé les frontières. » Ainsi, l’axe central de la diplomatie israélo-arabe est depuis plus de 30 ans qu’Israël devrait négocier une nouvelle frontière convenue avec ses voisins arabes. Sur ce point, la Résolution 242 du Conseil de sécurité adoptée en novembre 1967 est éloquente. Elle n’a pas exigé qu’Israël se retire complètement des lignes d’avant 1967, sa clause de retrait appelle Israël de se retirer seulement « de territoires » et non de « tous les territoires ». Le ministre britannique des Affaires étrangères de l’époque, George Brown, a souligné : « si la proposition dit « Israël se retirera de territoires qui ont étaient occupés » et non « des », « les » territoires, signifie qu’Israël ne se retirera pas de tous les territoires. »

Avant la guerre des Six jours, Jérusalem a été coupé en deux, et le peuple juif s’est vu refuser l’accès à la vieille ville et ses lieux saints. La population chrétienne de Jérusalem a également été confrontée à des restrictions. Comme l’explique Arthur Goldberg, ambassadeur américain aux Nations Unies, la Résolution 242 ne fait pas obstacle à la réunification israélienne de Jérusalem. En fait, la Résolution 242 est devenue la seule base convenue dans tous les accords israélo-arabes, depuis le traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993 entre Israël et les Palestiniens.

Comment les droits juridiques d’Israël aux frontières nouvelles étaient justifiés ? Une bonne explication est celle du juge Stephen Schwebel, qui allait devenir plus tard conseiller au Département d’Etat, et ensuite président de la Cour internationale de Justice à la Haye. Il a précisé le fait qu’Israël a agi dans un exercice légitime de ses droits à l’auto défense. Il n’était pas l’agresseur.

La flexibilité de créer de nouvelles frontières a été préservée pendant des décennies. En effet, les Accords d’Oslo de 1993, signés par Yitzhak Rabin et Yasser Arafat sur la pelouse de la Maison blanche, n’ont pas stipulé que les frontières définitives entre Israël et les Palestiniens seraient les lignes de 1967. Les frontières devraient être l’objet de futures négociations. En avril 2004, la missive américaine soutenue par un consensus bipartite des deux chambres du Congrès, a stipulé qu’Israël ne devait pas se retirer complètement des territoires, mais avait droit aux « frontières défendables. » Les Secrétaires d’Etat américains depuis Henry Kissinger à Warren Christopher ont réitéré la même assurance.

La question est de savoir si Mahmoud Abbas négociera sincèrement avec Israël s’il peut compter d’avance sur la majorité automatique des pays du tiers monde à l’Assemblée générale des Nations Unies et pourra renforcer ses positions sur d’autres points qui sont en litige, comme l’avenir de Jérusalem, la question des réfugiés et les problèmes sécuritaires?

La démarche unilatérale de Mahmoud Abbas aux Nations Unies représente une violation flagrante des accords d’Oslo dans lesquels Israéliens et Palestiniens se sont engagés. L’ancien Premier ministre Itzhak Rabin a été très précis durant ces négociations en préservant les droits des citoyens israéliens à construire leurs foyers dans ces zones disputées, en insistant que les implantations seraient l’un des sujets dans les négociations sur le statut final entre les deux parties.

En se tournant vers les Nations Unies, Mahmoud Abbas souhaite utiliser la communauté internationale pour modifier le statut légal des territoires et a choisi la voie unilatérale aux négociations. Son sort est lié aujourd’hui au Hamas, une organisation extrémiste qui demeure l’antithèse de la paix. Sa fameuse charte de 1988 appelle à la destruction de l’Etat d’Israël et l’Islam comme moyen dans une bataille historique contre le peuple juif. Les dirigeants de ce mouvement ont déclaré publiquement qu’ils ne changeraient pas un seul iota de leur charte et leur orientation djihadiste est celle d’Ossama Ben Laden.

Tous les Premiers ministres israéliens ont souhaité que les négociations servent de moyen pour mettre fin au conflit israélo-arabe et aux revendications palestiniennes. Mahmoud Abbas souhaite surtout l’internationalisation du conflit sur le plan juridique. Il n’est pas prêt manifestement de faire un compromis historique. En allant aux Nations Unies et en s’alignant avec le Hamas, il se soustrait à des choix difficiles, et rend la solution du conflit israélo-arabe beaucoup plus difficile pour les générations futures.

L’intégralité de l’article original a été publié dans le Wall Street Journal du 21 mai 2011

Source : Le CAPE de Jerusalem

http://www.jcpa-lecape.org/ViewNews.aspx?ArticleId=388

Article mis à jour le 27-05-2011

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Les frontières défendables à l’ère des missiles

Dore Gold

CAPE – JCPA

24 janvier 2011

Le fait de pouvoir se doter de « frontières défendables » demeure un facteur important dans notre région.

Yossi Beilin a écrit, ces jours-ci, dans sa tribune régulière d’Israel Hayom, que la formule « frontières défendables » est devenue « anachronique » depuis la publication de la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en novembre 1967. Il précise que le concept est aujourd’hui ridicule en raison des modifications technologiques intervenues dans les rangs de Tsahal et chez nos ennemis, et il s’interroge sur son efficacité dans « un monde de missiles ». Des experts étrangers notoires ont rejeté cet argument. Selon le général Earl B. Halston, ancien commandant des Marines en Irak et en Afghanistan, « il est impossible d’imaginer qu’Israël revienne un jour aux frontières de 1967 et se retire complètement de la Cisjordanie ; cela priverait le peuple israélien de frontières défendables, vitales pour sa sécurité, et cela en dépit de la nouvelle ère de technologie de pointe ».

Lors d’une réunion tenue à Washington en 2005, le général John Foss, ancien commandant de la 82ème division aéroportée de l’armée américaine a déclaré : « du point de vue d’un soldat, je dois vous dire que les frontières d’avant 1967 ne sont pas défendables à long terme pour Israël, l’Etat juif ne pourrait vivre dans ces frontières ».

Le général Foss et d’autres militaires admettent que les dirigeants politiques exerceront, lors du tracé des frontières, des pressions sur l’état-major, pour obtenir des concessions, mais en réalité cela ne change en rien la conception militaire, selon laquelle les frontières défendables ont une importance cruciale aujourd’hui encore.

On peut toujours se demander quel sens ont des frontières défendables si des missiles et des roquettes peuvent passer au travers. Des généraux américains évoquent souvent le fait que, durant la première guerre du Golfe, déclenchée en 1991, les Etats-Unis ont attaqué l’Irak en lançant des milliers de missiles de croisière et des bombes, mais que Saddam Hussein n’a capitulé devant la coalition dirigée par les Etats-Unis que lorsque les divisions blindées américaines ont conquis le tiers de l’Irak et que la route vers Bagdad a été ouverte. Lors de la deuxième invasion américaine en 2003, la capitulation n’a pas été non plus obtenue par les tirs de missiles.

Dans le contexte israélien, les frontières défendables n’ont jamais été considérées comme un élément qui protégerait hermétiquement Israël de toutes les menaces, mais comme une zone tampon qui empêcherait des forces terrestres ennemies d’exploiter l’infériorité numérique de l’armée israélienne régulière en occupant la zone en question.

En fait, à l’ère de missiles, les frontières défendables peuvent être plus importantes que jamais. Par exemple, dans le passé, 48 heures étaient nécessaires pour réaliser la mobilisation des soldats de réserve. Lors d’une éventuelle attaque de missiles balistiques ou de faible portée, on peut supposer que le recrutement des réservistes prendra plus de temps.

L’armée régulière sera dans l’obligation de se battre plus longtemps en attendant les renforts et l’intégration des réservistes. En outre, l’aviation sera occupée à des missions de repérage et à la destruction des lance-roquettes au delà des frontières ; de ce fait, elle ne sera pas en mesure de fournir un appui aérien dans les premières heures des combats. De ce fait, le déploiement de forces régulières le long des frontières défendables est plus qu’indispensable.

Certains diront que la définition de frontières défendables en Cisjordanie était pertinente jusqu’en 1991, lorsque Israël craignait que le tiers de l’armée irakienne se joigne au front oriental et attaque Israël, comme elle l’avait fait en 1948, en 1967 et en 1973.

Toutefois, nous ne pouvons procéder à une planification stratégique sur la base d’une situation temporaire et ponctuelle. L’Iran entretient des liens étroits avec de nombreux hommes politiques shiites qui contrôlent le nouvel Irak. Dans les documents révélés par Wikileaks, le roi Abdallah d’Arabie Saoudite a accusé le Premier ministre irakien, Nourri al Maliki, d’être un « agent iranien ». Ces documents ont aussi dévoilé que l’Iran verse chaque année 100 à 200 millions de dollars à des hommes politiques irakiens. Certaines analyses estiment, avec prudence, que l’Irak pourra devenir un jour un Etat satellite de l’Iran, aussitôt après que les Etats-Unis auront retiré leurs derniers soldats du pays.

Les frontières défendables sont nécessaires dans des guerres conventionnelles, mais surtout dans le combat incessant contre le terrorisme. Israël est l’un des rares pays au monde, qui lutte contre les islamistes sur les différents champs de bataille, sans pour autant faire face à des milliers de volontaires venus de l’extérieur, comme en Afghanistan, au Yémen, en Irak ou en Somalie.

Israël a également réussi à contrer l’acheminement d’armes en Cisjordanie grâce au fait qu’il contrôle la vallée du Jourdain (depuis le retrait de l’axe de Philadelphie, des grosses quantités d’armes sont introduites quotidiennement dans la bande de Gaza). En 2005, la branche irakienne d’Al Qaïda a réussi à créer un avant-poste dans la ville jordanienne d’Irbid. Actuellement, le Hezbollah est déjà en Irak, si Israël renonce à la vallée du Jourdain et à son droit de se doter de frontières défendables à l’est, la lutte contre le Hamas sera bien différente.

Finalement, ceux qui rejettent la définition de frontières défendables en insistant sur le fait qu’il s’agit d’un concept démodé, croient en général qu’Israël est capable d’utiliser des armes de forte puissance et d’écraser ses ennemis lors d’une éventuelle guerre. Certains affirment même que les frontières n’ont pas d’importance et qu’il est donc possible de se retirer des territoires, car, « le jour où ils oseront tirer une seule roquette, nous rayerons leur village de la carte ».

Ces déclarations sont évidemment immorales et trahissent une ignorance de la réalité de terrain.

Israël devrait trouver le juste équilibre entre la volonté de résoudre les conflits territoriaux avec ses voisins, et le devoir de réduire ses points vulnérables. Celui qui pense que les frontières défendables n’ont plus de place dans la conception réaliste de la défense d’Israël se berce sans doute d’illusions.

Dore Gold

© CAPE – JCPA de Jérusalem

[Texte relayé par Aschkel.info et aimablement signalé par O. Peel.]

Mis en ligne le 25 janvier 2011, par Menahem Macina, sur le site France-Israel.org

Voir aussi:

Les frontières de 1967, l’arme de distraction massive
Shmuel Rosner
Selon Shmuel Rosner, chroniqueur israélien, Barack Obama n’aurait pas dû réactiver le débat israélo-palestinien sur le tracé antérieur à la Guerre des Six Jours.

Slate

31.05.2011

Le 19 mai, le président Barack Obama s’apprêtait à présenter la position américaine vis-à-vis du «printemps arabe». Du moins, c’est ce qu’on pensait. Il allait expliquer le rôle que pouvaient tenir les États-Unis dans la défense de la liberté, la fin des dictatures, le soutien aux manifestants… tout en préservant l’intérêt national, et en gardant un œil sur le prix et la disponibilité du pétrole.

Et c’est ce qu’il a fait. Enfin, presque. Pourtant, son message est passé totalement inaperçu, à cause de quelques mots qui n’avaient que lointainement à voir avec le printemps arabe ou le sujet principal de ce discours attendu.

Ces quelques mots étaient: «basés sur les lignes de 1967, avec des échanges de territoires».

Cela a suffi. Depuis, Obama n’a pas arrêté. Tour à tour surpris (par la réaction), en colère (de la «déformation» de ses propos), se faisant sermonner (j’y reviendrai), obligé de préciser sa position (dans un nouveau discours), se chamaillant (avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou), réaffirmant son engagement (il est toujours l’ami d’Israël) et cherchant à apaiser (les nerfs des Juifs américains pro-israéliens inquiets). Bref, le président américain a perdu un temps précieux: le sien, et le nôtre (moins précieux, mais tout de même).
Il y a une semaine auparavant, Benjamin Netanyahou se préparait à un agréable séjour aux États-Unis. La pression d’accepter plus de compromis avec les Palestiniens semblait être retombée, à la suite de l’annonce-surprise d’un gouvernement d’unité palestinien incluant le groupe terroriste Hamas. Tout était en place pour un discours triomphaliste devant les deux chambres du Parlement américain, dans lequel le premier ministre israélien devait présenter, du moins c’est ce qu’avait laissé fuiter son bureau, «de nouvelles idées» pour le processus de paix.

La Jewish Telegraphic Agency avait choisi un gros titre presque comique rétrospectivement: «A la veille de la visite de Netanyahou et de la conférence de l’AIPAC, Obama et Bibi [Netanyahou] semblent sur la même longueur d’onde.»

Sur la même longueur d’onde, mais pas de la même radio! Résultat, ces derniers jours, c’était le retour du cirque habituel: la réaffirmation de l’absence de désaccord entre les deux pays, la résurgence du vieux «ils ne se supportent pas» et le retour de la «défiance mutuelle».

Procrastination
Ces derniers jours, le premier ministre israélien n’a pas arrêté: tour à tour surpris (il est tombé dans un guet-apens), en colère (contre le président américain), se faisant sermonner (sur l’importance du processus de paix), devant se justifier (la position américaine met Israël en danger), obligé de formuler des demandes (qu’Obama revienne aux propositions de George W. Bush) et cherchant à apaiser (pour que la querelle reste mesurée). Bref, le premier ministre israélien a gâché un temps précieux: le sien, et le nôtre (moins précieux, mais tout de même).

Bref rappel historique: la ligne de 1967 est la frontière qui séparait Israël de ses voisins (la Jordanie, l’Égypte et la Syrie) avant, donc, 1967 et la guerre des Six Jours.

Et aujourd’hui, pour la première fois, un président américain dit que ce tracé devrait être le point de départ des négociations de paix entre Israël et les Palestiniens quand ils en viendront à discuter des futures frontières du futur État palestinien. Est-ce un changement politique majeur ou une simple évidence? Les spécialistes débattent de cette question depuis plusieurs jours, mais il semble que le président lui-même ne s’est pas encore décidé, ou qu’il use de la stratégie du déni plausible.

Le 22 mai au matin, dans son discours aux délégués pro-israéliens de l’Aipac (Comité aux affaires publiques israélo-américaines ou «lobby américain pro-israélien»), le président Obama a affirmé:

«Je sais fort bien que la solution de facilité, pour un président qui brigue un second mandat, c’est d’éviter la controverse. Mais comme je l’ai dit au premier ministre Netanyahou, je suis persuadé que la situation actuelle au Proche-Orient ne sera pas résolue par la procrastination.»
Cela semble suggérer que le président américain est prêt à faire œuvre de pionnier pour éviter la «procrastination». Pourtant, dans le même discours, il déclare: «Il n’y avait rien de particulièrement original dans ma proposition; ce cadre des négociations est depuis longtemps la base des discussions entre les parties», suggérant que le barouf des jours précédents aurait été beaucoup de bruit pour rien.

Obama, un président rentre-dedans ou sans idée?
Beaucoup de bruit pour rien? C’est vrai. Barack Obama l’a re-suggéré le 22 mai, en déclarant qu’«Israël n’est pas tenu de négocier avec des Palestiniens qui ne reconnaissent pas son droit à l’existence» (visant ainsi le Hamas, qui a formé avec le Fatah un gouvernement d’unité). Mais pas que pour rien. Il a aussi déclaré: «Malgré les difficultés à entamer des négociations significatives dans les circonstances actuelles, il faut à tout prix essayer.»

Il faudrait savoir: «n’est pas tenu de négocier» ou «il faut à tout prix essayer»? À qui a-t-on affaire? À un président rentre-dedans opérant un virage audacieux, ou à un président sans idée débitant une banalité?

Obama a surpris Netanyahou, en le mettant délibérément dans l’embarras. Et Netanyahou a tenu son rôle en étant… embarrassé. Et, malheureusement, un peu hystérique aussi.

«Bien qu’Israël soit prêt à de généreux compromis pour la paix, il ne peut pas revenir aux lignes de 1967, parce que ces lignes sont indéfendables», a déclaré le premier ministre israélien au président américain, alors même qu’Obama n’a jamais suggéré de revenir au tracé de 1967.

Au lieu de désamorcer le message du président américain, au lieu d’essayer de limiter les dégâts, Netanyahou a jeté de l’huile sur le feu en attribuant à Obama des positions qu’il n’avait pas encore adoptées (pensant peut-être qu’avec ce président-là, ce n’était qu’une question de temps), en lui faisant la leçon sur la pelouse de la Maison-Blanche, ce qui a achevé de l’agacer, et en posant des exigences qui ne peuvent qu’obliger Obama à rappeler à son invité que c’est lui, le dirigeant de la nation la plus puissante. («Le premier ministre israélien attend que le président Obama réaffirme l’engagement américain pris envers Israël en 2004», a tweeté le bureau de Netanyahou.)

Mais en vérité, c’est surtout Obama, le responsable de cette querelle inutile. Sans doute agacé par la demande de Netanyahou de s’adresser au Congrès, sans doute méfiant des véritables intentions de celui-ci, sans doute frustré de son échec à faire avancer le processus de paix, le président Obama a provoqué cette querelle au pire moment possible.

La situation au Proche-Orient est instable (le chef d’État avec lequel on négocie aujourd’hui ne sera peut-être plus là demain), les dirigeants palestiniens refusent de suivre les conseils américains, les dirigeants israéliens sont échaudés par leurs précédents différends avec Obama.

Pourtant, le président américain n’a fourni aucune explication. Pourquoi maintenant? Pourquoi cet effet de surprise? Pourquoi cette urgence? Pourquoi ce changement de langage?

Au niveau de la délicate gestion du processus de paix, Obama ne semble pas avoir appris de ses erreurs. Il y a deux ans, il n’avait que les mots «gel de la colonisation» à la bouche.

L’art d’Obama
Pendant un temps, il a obtenu ce qu’il voulait, mais au final, il n’est parvenu à rien. «La décision du gouvernement Obama d’arrêter d’exiger le gel des colonies a mis fin à des mois d’échanges diplomatiques éreintants. Le gouvernement américain en a conclu qu’en se focalisant sur les colonies, les parties se détournaient des questions-clés», ont rapporté des agences de presse.

Si les événements récents prouvent quelque chose, c’est qu’Obama est toujours aussi doué pour les diversions inutiles.

Au revoir, gel des colonies, bonjour, 1967.

Une fois de plus, les Israéliens se demandent si le président américain est un vrai ami d’Israël, comme il l’affirme; une fois de plus, les Palestiniens ont des exigences irréalistes que ne peuvent satisfaire les États-Unis; une fois de plus, la base des négociations (directes ou indirectes) n’est pas satisfaisante; une fois de plus, un président américain est acclamé par ses alliés européens toujours ravis de voir le premier ministre israélien se faire chahuter.

Nous n’avons pas la paix, nous n’avons pas de chemin menant à la paix, mais, au moins, nous avons un sujet de conversation, grâce au distracteur en chef.

Traduit par Florence Curet

Voir également:

Les frontières de 1967 : un mythe devenu vérité universelle
Jonathan-Simon Sellem
JSSNews
22 décembre 2010

Le monde entier ne parle que de cela : les frontières de 1967. Ces fameuses lignes de démarcation entre israéliens et palestiniens. Plus de 100 pays soint déjà prêt à reconnaitre la création d’un Etat Palestinien Indépendant dans l’enceinte de ces lignes. Mais qui sait vraiment ce qu’elles sont ? Explications…

Dans les faits, le seul problème est que ces frontières n’existent pas et n’ont aucun fondement historique ou juridique. La seule ligne qui n’ait jamais existé a été la ligne de démarcation d’armistice de 1949, sur la base des lignes de cessez-des armées israéliennes et arabes, en attendant un accord sur une paix permanente. L’accord de 1949 indique expressément que ces lignes n’ont pas de signification politique ou juridique et ne portent pas préjudice aux négociations futures sur les frontières.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a déjà voté une résolution, la numéro 242, qui porte sur ces lignes de 1967. L’ONU a reconnu la nécessité de négocier des frontières sûres et reconnues. D’éminents juristes et des délégués des Nations Unies, y compris en provenance du Brésil et de la Jordanie, ont reconnu que ces lignes ne peuvent pas être considérées comme des frontières internationales.

La série d’accords entre l’OLP et Israël (1993-1999) réaffirme la volonté et l’engagement des parties à négocier les frontières définitives. Pendant toutes les phases de la négociation entre Israël et les Palestiniens, il n’y a jamais eu de décision quant à une frontière sur la base des frontières de 1967.

La direction de l’OLP s’est solennellement engagée à ce que toutes les questions sur le statut permanent ne soient résolues que par des négociations entre les parties. En 2003, la « feuille de route » a en outre réitéré la nécessité de le faire pour les négociations sur les frontières définitives.

Avec une intensité continue et croissante, la direction palestinienne est aujourd’hui obsédée par la promotion d’une politique concertée vis-à-vis de la communauté internationale et de l’opinion publique, en exigeant la reconnaissance de ce qu’ils prétendent être les « frontières de 1967″, et l’acceptation d’un État palestinien unilatéralement déclaré à l’intérieur de ces frontières.

En réalité, les dirigeants palestiniens, ainsi que les membres de la communauté internationale, sont bien conscients du fait que ces frontières n’existent pas, pas plus qu’elles n’ont jamais existé. Elles n’ont jamais figurées dans aucun accord international, dans aucun document concernant le conflit israélo-arabe et ces lignes de 67 n’ont aucun fondement.

Il n’existe aucune disposition dans aucun des accords signés entre Israël et les Palestiniens qui exige le retrait israélien sur la « frontière de 1967. » Il n’y a jamais eu d’impératif géographique qui sanctifie les lignes de 1967.

Ce qui suit est un résumé de l’arrière-plan des lignes de 1967 tel que décrit dans la documentation internationale :

Le Conseil de sécurité des Nations Unies définit des lignes de cessez-le-feu. Le terme « lignes de 1967″ fait référence à la ligne à partir de laquelle les forces armées israéliennes ont évolués au début des hostilités lors de la guerre des 6 jours en 4 juin 1967.

Ces lignes ne sont pas fondées sur des faits historiques, géographiques, sur des considérations démographiques, ou sur un accord international.

Le Conseil de sécurité dans ses résolutions insiste sur le caractère temporaire de la ligne d’armistice qui devait être maintenu « pendant la transition vers une paix permanente en Palestine », laissant entendre que la paix permanente impliquerait la négociation permanente des frontières qui seraient différentes des lignes de démarcation d’armistice.

Les références ci-dessus et la résolution 242 ont servi de base aux négociations d’accords entre l’OLP et le gouvernement israélien.  En 1995, les États-Unis ont publiés cette déclaration : « … Les deux parties s’engagent à ne prendre aucune mesure qui changerait le statut de la Judée-Samarie et de la bande de Gaza en attendant le résultat des négociations sur le statut permanent ».

Cet engagement a été réitéré par les parties dans l’article 9 des accords de 1999 à Charm el Cheikh : « Reconnaissant la nécessité de créer un environnement positif pour les négociations, les deux parties s’engagent à ne prendre aucune mesure qui changerait le statut de la Judée-Samarie et la bande de Gaza, conformément à l’accord intérimaire. »

Tout au long de toutes les phases des négociations sur ces différents accords et mémorandums entre Israël et les Palestiniens, et dans les textes de ces documents, il n’y a jamais aucune référence aux frontières de 1967 en tant que possibles frontières entre les deux voisins, il n’y jamais eu aucune référence à un engagement ou obligation d’Israël de se retirer sur les lignes de 1967.

Des indications supplémentaires de la non-existence des « frontières de 1967″ et le rejet de tout acte unilatéral par les Palestiniens est évident d’après les termes de la Feuille de route du Quartet « basée sur l’objectif d’une solution permanente à deux États » daté du 30 avril 2003. Dans ce document, les parties devaient, dans les deuxième et troisième phases de mise en œuvre de la Feuille de route  et après l’élection d’un responsable palestinien, entamer des négociations portant sur la possibilité de créer un organisme indépendant, État palestinien viable, avec dans un premier temps des « frontières provisoires ».

En réalité, en 1967, les palestiniens n’avaient aucune revendication territoriale spécifique faute tout d’abord de disposer de moyens politiques d’expression mais surtout, de volonté de partager la terre avec une population juive. C’est de cette volonté de chasser les juifs de la terre de Palestine que va naître le sentiment national palestinien parfaitement exprimé dans l’article 15 de la charte de l’OLP de 1964 (approuvé en 1968) qui dispose :

Article 15 : La libération de la Palestine est un devoir national afin de refouler l’invasion sioniste et impérialiste du sol de la patrie arabe et dans le but de purifier la Palestine de l’existence sioniste…. La nation arabe se doit de mobiliser tout son potentiel militaire, humain, matériel et spirituel dans le but d’assister activement le peuple arabe palestinien dans la libération de la Palestine ….. »
Depuis, le Fatah n’a jamais voulu supprimer le paragraphe de sa charte.

La référence aux « frontières de 1967″ concerne également Jérusalem annexée par Israël à la suite de la guerre des 6 jours de 1967. Il convient donc de s’interroger sur le point de savoir si les « frontières de 1967″ mentionnées par le Président de l’Autorité Palestinienne concernent la période antérieure ou postérieure à cette guerre, car la notion a une portée différente suivant que l’on se place avant ou après l’annexion. S’il s’agit des frontières de 1967 postérieures à l’annexion, il n’y a aucune difficulté puisque Jérusalem fait partie intégrante du territoire israélien. Si, en revanche, le Président de l’Autorité Palestinienne fait référence aux frontières de 1967 avant l’annexion, le retour à ces frontières exigerait une restitution de la partie orientale de Jérusalem à la Jordanie qui en a été dépossédée à cette époque. Autrement dit, cela reviendrait à restituer la partie orientale de Jérusalem à un État qui a signé la paix avec Israël et qui, de surcroît, refuse de diriger la vie des palestiniens (même au sein de son propre territoire).

Les fameuses frontières de 1967
Alain Legaret

22 avril 2011

Tous ceux qui s’occupent de vouloir fixer des limites à l’Etat d’Israël pour lui coller un état palestinien qui ne sera en rien démocratique comme ils osent le prétendre, utilisent un jour ou l’autre l’expression qui présente l’état palestinien dans « les frontières de 1967 ».

Remarquez que la phrase n’est jamais finie. Les frontières de 1967 oui, mais de quel pays au juste ?

La méthode est malhonnête parce qu’elle laisse entendre q’un état palestinien existait avant 1967 et qu’il a été occupé par Israël, faisant de l’Etat juif une puissance impérialiste et colonialiste d’un état souverain.
Or si les médias malhonnêtes ne précisent pas à quels pays appartiennent ces frontières, on doit dire ici même aux lecteurs la vérité, la seule véritable et vérifiable partout sauf chez les émules des nouveaux nazis, à savoir qu’en 1967, les frontières étaient entre Israël, et ses voisins la Jordanie, l’Egypte, le Liban et la Syrie.
D’Etat palestinien, il n’y en avait point. Mais comme c’est Israël qu’on veut clouer au pilori, tous les moyens sont bons pour le rendre coupable aux yeux des lecteurs.

Ce que l’on appelle couramment aujourd’hui les « territoires palestiniens occupés », ont été curieusement appelés « territoires palestiniens occupés » que depuis qu’Israël les a conquis à l’Egypte et à la Jordanie lors de la guerre des six jours en 1967.

Pourquoi n’étaient-ils pas appelés palestiniens quand ils étaient sous domination égyptienne et jordanienne ?

Pourquoi n’étaient-ils pas considérés occupés ?

Il faut chercher dans le « manuel du petit antisémite déguisé en antisioniste » pour y trouver sa réponse. Et apparemment, ce manuel fait fürher, dans les chancelleries et les rédactions du monde, y compris chez certains qui se présentent comme les « amis » d’Israël pour mieux le trahir.

Aujourd’hui, dans une interview de Mahmoud Abbas , président illégitime des Palestiniens puisque son mandat de président s’est terminé en 2009, que de nouvelles élections n’ont pas eu lieu depuis de peur de les perdre devant le Hamas, mais qui continue d’être reconnu par la communauté internationale tant qu’il peut nuire à Israël, le Figaro pousse encore le bouchon un peu plus loin dans l’accusation d’Israël. Il pose la question suivante : « vous comptez obtenir, en septembre, à l’assemblée générale des Nations Unies, une reconnaissance internationale de l’Etat palestinien, dans SES frontières de 1967 ».

Le Figaro, parle de l’Etat palestinien et de SES FRONTIERES DE 1967, inventant du coup un état qui n’a jamais existé, et présentant de fait Israël comme coupable d’occuper un pays souverain. Alors que les salauds précédents avaient au moins la pudeur de laisser la phrase incomplète, laissant à l’imagination du lecteur-futur-antisémite le soin de voir en Israël un occupant, le Figaro, lui, emporté par son phantasme de culpabiliser l’Etat Juif, fait du révisionniste et transforme l’histoire.

La faute n’est pas tant à faire porter par les seuls journalistes-propagandistes. La responsabilité de donner au public des fausses informations, pour les orienter vers une haine d’Israël revient aussi aux politiques qui côtoient et se font interviewer par ces mêmes organes de presse, leur donnant ainsi une certaine légitimité. Le mensonge devient alors la règle.

Israël est une fois de plus diabolisé, comme on diabolisait les Juifs dans les années 30.

Israel’s Critical Requirements for Defensible Borders

The Foundation for a Secure Peace

While there has been significant public discussion about Palestinian demands in the peace process, there has been little in-depth analysis of Israel’s rights and requirements.

This study is intended to fill that vacuum, presenting a comprehensive assessment of Israel’s critical security requirements, particularly the need for defensible borders that was enshrined in UN Security Council Resolution 242 and endorsed by past U.S. administrations. The study also details the key elements of a demilitarized Palestinian state, as was proposed by Prime Minister Benjamin Netanyahu shortly after taking office in 2009.

The vital importance of Israel’s control over West Bank airspace is also carefully considered, as are the risks to Israel of deploying international forces there.

Historically, every peace accord the State of Israel has reached with its neighbors has been challenged by other Middle Eastern states across the region or by international terrorist organizations. Given that experience, the only peace that will last over time is a peace that Israel can defend.

Top IDF Generals Outline Israel’s Security Needs

In the study, a number of retired IDF generals explain the philosophy behind the concept of defensible borders.

Maj.-Gen. Moshe Ya’alon (ret.), a former IDF chief of staff who currently serves as Israeli minister of defense, has emphasized the importance of a security-first approach to Israeli-Palestinian negotiations – an approach, he said, that is “firmly rooted in Israel’s longstanding commitment to defend itself by itself.”

Israel’s vital security requirements, Ya’alon wrote, include “defensible borders, a demilitarized Palestinian entity, control of a unified airspace within Judea and Samaria, electromagnetic communications frequency security and other guarantees.”

The Importance of the Jordan Valley

Maj.-Gen. (ret.) Uzi Dayan, former IDF deputy chief of staff, has written a detailed analysis of Israel’s security requirements. He focused on the importance of Israel retaining the Jordan Valley, a natural physical barrier that can be defended with relative ease.

“In the eastern theater, there is no substitute for the Jordan Valley; its location and unique topographical features make it the only feasible eastern border for the State of Israel,” Dayan wrote.

It is not only Israel that should be concerned, Dayan noted, but also the Hashemite Kingdom of Jordan. If the IDF evacuates the Jordan Valley, the main effort for the prevention of smuggling will fall on the Jordanian army. Once it is widely known that Israel is no longer present to seal off the West Bank from the east, Dayan said, regional terrorist groups will seek forward positions within Jordan.

The Risks of Foreign Peacekeeping Forces

Israel has a history of bad experiences with international peacekeeping forces. Many top former IDF generals have rejected the option of relying on foreign forces in the Jordan Valley as part of an Israeli-Palestinian agreement.

Maj.-Gen. (ret.) Yaakov Amidror, former national security advisor to Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, has highlighted Israel’s experiences with unreliable international peacekeepers and explained how foreign forces would constrain Israel’s ability to protect itself without outside help.

“Israel takes great pride in the fact that it has never asked Western soldiers – including American troops – to risk their lives in its defense,” Amidror wrote.

Additional Key Principles

Maj.-Gen. (ret.) Aharon Ze’evi Farkash, former head of IDF intelligence, has articulated the key principles of a demilitarized Palestinian state, which Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu said he supported in his 2009 speech at Bar-Ilan University.

“Israel’s definition of demilitarization is that no security threat develop either within or by way of Palestinian territory,” Farkash wrote.

In addition, Brig.-Gen (ret.) Udi Dekel, former head of the IDF Strategic Planning Division, has focused on the need for Israel to retain control of the territorial airspace and electromagnetic spectrum.

“Israel must guarantee that the Palestinians do not exploit their topographical advantage to block or neutralize Israel’s communication systems, or to gather intelligence on their own behalf or on behalf of hostile states,” Dekel wrote.

Finally, Ambassador Meir Rosenne explains UN Security Council Resolution 242 and Ambassador Dore Gold recounts the history of the U.S. position on the pre-1967 lines, while analyst Dan Diker discusses Israel’s return to security-based diplomacy.

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Voir également:

27 Mai 2008
Israël : des frontières défendables pour la paix et la sécurité Par Freddy Eytan, Dore Gold, Yaacov Amidror et Meir Rosenne (*)

On a assez dit et répété qu’Israël, remarquable par son intrépidité et son courage sur les champs de bataille, réputé pour ses performances extraordinaires en matière de haute technologie ou pour la qualité de ses productions artistiques et littéraires, est un piètre communiquant, que son talon d’Achille a pour nom « Information et propagande » alors que les Palestiniens excellent dans l’art de monter en épingle le moindre incident, pour ne pas se réjouir de la parution , sous l’égide du Centre des Affaires Publiques et de l’Etat d’un ouvrage de référence qui expose, documents, cartes, photos et toutes preuves à l’appui, le point de vue israélien sur ce que peuvent être les limites acceptables dans le cadre d’une future négociation de paix entre Israël et les Palestiniens.

Quatre spécialistes de renommée internationale conjuguent leurs talents pour nous offrir une analyse pertinente et indiscutable. Freddy Eytan, politologue, premier ambassadeur d’Israël en république islamique de Mauritanie, Dore Gold, ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, le général de réserve Yaacov Amidror, ancien directeur de l’Institut de la Défense Nationale et chef du Département de recherche des services de renseignements de Tsahal, Meir Rosenne, enfin, ancien ambassadeur d’Israël en France et aux Etats-Unis.
Pour cette équipe de pointe, toute l’attention des négociateurs doit se porter sur la fameuse résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à l’unanimité le 22 novembre 1967 et sur la notion essentielle, pour l’avenir d’Israël, de « frontières sûres et reconnues », c’est-à-dire défendables. Certes, d’autres considérations entreront en jeu lors de futures discussion de paix : le problème de l’eau ou encore les questions démographiques. Mais nos auteurs considèrent, à raison, que c’est la question des frontières futures qui prime et qu’il faut l’examiner sereinement, d’un point de vue juridique et diplomatique, mais avec fermeté. L’explosion du pouvoir palestinien, la fragilité des régimes « modérés », la menace nucléaire iranienne, l’ombre menaçante d’Al-Qaïda font que « pour suivre une vie normale dans un environnement hostile, Israël devrait se munir d’une infrastructure de sécurité complète. L’Etat hébreu doit pouvoir assurer une profondeur stratégique, défendre ses points vitaux et protéger sa population dans les zones urbaines surpeuplées qui se trouvent le long de la plaine côtière et la région de Jérusalem ». Bref, « seules des frontières défendables et des mesures de sécurité adéquates assureront la stabilité du Proche-Orient et la pérennité du processus de paix »
Jetons un œil sur une carte de la région : la vulnérabilité stratégique d’Israël à partir de la Cisjordanie saute aux yeux. Du nord au sud. Haïfa est à quarante kilomètres de Djenine, la base aérienne de Ramat David à une vingtaine. Nétanya se trouve à 14 kilomètres de Tulkarem, Kfar Saba à 700 mètres de Kalkilia et Tel Aviv comme l’aéroport de Sdé Dov sont à 20 kilomètres des territoires. L’aéroport international Ben Gourion est encore plus proche : 9,5 km ! Il suffirait d’un seul tir de mortier par semaine depuis les collines surplombant l’aéroport pour paralyser complètement le trafic aérien en Israël. Et même si elles sont un peu plus éloignées, les bases aériennes de Tel Nof et de Hazor ne sont pas à l’abri. Bethléem est à 400 mètres de Jérusalem. Enfin, plus au sud, Béer Sheva et la base aérienne de Hatzerim sont à 17 km et la base aérienne de Nevatim à une vingtaine. On frémit à l’examen de ce véritable étranglement d’un territoire dans lequel sont concentrés 70% de la population israélienne et 80% de la capacité industrielle du pays.
On parle souvent de « retour aux frontières de 1967 ». C’est une hérésie. Comme l’a confirmé le général Moshé Bougy Yahalom, le 24 janvier 2006 :
« Dans le contexte actuel, les frontières d’avant 1967 ne sont ni sûres, ni défendables ». Israël est appelé, rappelons-le, dans la version anglaise qui fait autorité, à se retirer « de » territoires. C’est pourquoi, aussi bien le président Lyndon Johnson considérait en son temps qu’un retour au statu quo ante conduirait inévitablement à une nouvelle guerre, que le ministre britannique des Affaires étrangères, George Brown, a confirmé en 1970, que la résolution 242 est formulée de manière à ce que « Israël ne se retirera pas de tous les territoires » et que le 14 avril 2004, le président américain George Bush a confirmé cette vision au Premier ministre israélien Ariel Sharon. Au long des années, cette vision a été cautionnée par de nombreuses personnalités politiques, de Margaret Thatcher à François Mitterrand en passant par Richard Nixon, Ronald Reagan, Gerald Ford, Warren Christopher et Henry Kissinger. Mais cette position a tendance à s’éroder, notamment en Europe. Le 24 octobre 2004, Javier Solana, haut représentant de l’Union Européenne pour la politique étrangère et la sécurité commune a évoqué un retrait d’Israël « de tous les territoires occupés » et Chris Patten, commissaire européen aux relations extérieures se réfère aux frontières de 1967. Or, comme le redit avec force le général Amidror, « D’un point de vue purement technique, dans les frontières d’avant 1967, Israël perdrait sa capacité de défense. Il faut disposer d’une profondeur suffisante pour concentrer les forces de défense, ainsi que d’une distance adéquate pour permettre un temps nécessaire à leur entrée en action avant que les forces de l’ennemi ne parviennent dans l’hinterland stratégique du pays ». C’est à cette conclusion que sont parvenus les chefs d’état-majors armés des Etats-Unis : « D’un point de vue strictement militaire, Israël devra conserver une partie des territoires arabes conquis pour disposer de frontières militairement défendables. En Cisjordanie, Israël doit contrôler les territoires en altitude s’étendant du nord au sud ».
Au lendemain de l’adoption de la résolution 242, le vice-ministre soviétique des Affaires étrangères, Vassili Kouznetsov, reconnaissait : « Il ne fait aucun doute qu’il existe une grande marge d’interprétation donnant à Israël le droit d’établir de nouvelles frontières et de retirer ses forces seulement jusqu’aux endroits qu’il jugera opportun ». Eminent spécialiste de droit international, Eliahou Lauterpacht établit une distinction salutaire entre une modification territoriale illégale réalisée par un agresseur et une modification légale en riposte à une agression.
Des cartes et des documents annexes très précieux comme la missive du président Bush à Ariel Sharon complètent cette étude remarquable. Un travail de référence.

Jean-Pierre Allali

(*) Editions du Jerusalem Center for Public Affairs. 2007. 74 pages grand format.

Voir enfin:

BACKGROUNDER: Camp David 2000
Facts and Final Status Issues
Alex Safian, PhD
Camera
July 1, 2000

Many media accounts have misrepresented the « final status » issues that are now the subject of intensive negotiations at Camp David, often distorting Oslo, UN resolutions, the demographics and history of Jerusalem, and Middle East history in general.

Thus on July 6th Reuters ran a « fact box » which grossly misstated the terms of UN Resolution 242 (passed in the wake of the June 1967 Arab war against Israel), grossly misstated the terms of UN Resolution 194 (passed in the wake of the 1948 Arab war against Israel), and greatly exaggerated the Palestinian population of the city of Jerusalem by confusing the city itself with the Palestinian Authority-designated Jerusalem Governorate, a far wider area encompassing numerous surrounding towns and villages.

In a story on July 11th the New York Times made similar errors concerning Resolution 242, informing readers that « The Palestinians want a settlement based on United Nations Resolution 242, which calls for an end to Israeli occupation of the entire West Bank and Gaza, seized in the 1967 war. » That is not what the resolution says.

• UN Security Council Resolution 242

Context for the resolution: On May 15 of 1967 Egypt’s President Nasser sent columns of tanks and troops – eventually numbering 1000 top line Soviet-built tanks and 100,000 troops – across the Suez Canal and into Sinai where they continued until they reached the Israeli border. The following day Nasser ordered UN peacekeeping troops to leave the border region, where they had been stationed since 1956. The UN peacekeepers complied immediately, whereupon official Egyptian radio announced:

As of today there no longer exists an international emergency force to protect Israel. We shall exercise patience no more. We shall not complain anymore to the UN about Israel. The sole method we shall apply against Israel is total war, which shall result in the termination of Zionist existence.
On May 22 Egypt blockaded Israel’s southern port of Eilat, under international law a casus belli, or act of war. On May 27 Nasser stated « Our basic objective will be the destruction of Israel, » and the following day he stated « We will not accept any … coexistence with Israel. »

After the war, which the Israelis won decisively, the UN Security Council passed Resolution 242, which, after difficult negotiations, was carefully worded to require that Israel withdraw from « territories » rather than « the territories. » This construction, leaving out « the, » was intentional, because it was not envisioned that Israel would withdraw from all the territories, thereby returning to the vulnerable pre-war borders. And any withdrawal would be such as to create « secure and recognized boundaries. »

The British UN Ambassador at the time, Lord Caradon, who introduced the resolution to the Council, has stated that, « It would have been wrong to demand that Israel return to its positions of June 4, 1967, because those positions were undesirable and artificial. »

Our UN Ambassador at the time, former Supreme Court Justice Arthur Goldberg, has stated that, « The notable omissions – which were not accidental – in regard to withdrawal are the words ‘the’ or ‘all’ and the ‘June 5, 1967 lines’ … the resolution speaks of withdrawal from occupied territories without defining the extent of withdrawal. » This would encompass « less than a complete withdrawal of Israeli forces from occupied territory, inasmuch as Israel’s prior frontiers had proved to be notably insecure. »

The reasoning of the United States and its allies at the time was clear: Any resolution which, in the face of the aggressive war launched in 1967 against Israel, required complete Israeli withdrawal, would have been seen as a reward for aggression and an invitation to future aggression. This is assuredly not what the UN voted for, or had in mind, when it passed Resolution 242.

There is one final thing to be said concerning the missing « the. » Some commentators have argued that since the French « version » of 242 does contain the phrase « the territories, » the resolution does in fact require total Israeli withdrawal. This is incorrect — the practice in the UN is that the binding version of any resolution is the one voted upon, which is always in the language of the introducing party. In the case of 242 that party was Great Britain, thus the binding version of 242 is in English. The French translation is irrelevant

Finally, it should also be noted that by withdrawing from Sinai after the peace treaty with Egypt, Israel has already vacated 91 percent of the territories it gained in 1967.

• UN General Assembly Resolution 194

Reuters and other media outlets have uncritically accepted Palestinian claims that Resolution 194 established a Palestinian « right to return to their homes in villages and towns now part of Israel. » No such right was established; instead, in its relevant paragraph, the resolution suggested (not required, since it was passed by the General Assembly rather than the Security Council) that:

refugees wishing to return to their homes and live at peace with their neighbors should be permitted to do so at the earliest practicable date … [R]epatriation, resettlement and economic and social rehabilitation of refugees and payment of compensation [should be facilitated].
Thus the resolution required any returning Palestinian refugees to first accept living at peace with their neighbors in Israel, therefore accepting Israel’s right to exist. Very few of those refugees, even today, seem truly willing to accept this. It should also be noted that (1) the resolution applies equally to Palestinian refugees from Israel, and to the similar number of Jewish refugees from Arab countries who came to Israel after 1948, and (2) that it placed repatriation, resettlement, and payment of compensation on an equal footing.

Finally it should be noted that all the Arab states voted against Resolution 194, precisely because it did not establish a « right of return, » and because it implicitly recognized Israel.

• How many Palestinian refugees?

Many reporters have uncritically accepted Palestinian claims that there are today roughly 4 million Palestinian refugees, and that these people were somehow expelled from Israel. Thus, the usually reliable John McWethy on ABC’s World News Tonight reported that « 3.7 million refugees … were forced out of Israel and are demanding the right to return and be compensated. » Recent research by Israeli scholars such as Efraim Karsh (Fabricating Israeli History: The New Historians) have thoroughly discredited authors such as Benny Morris and Ilan Pappe who had charged Israel with mass expulsion of Palestinians during the 1948-49 Arab-Israeli war. Of course, it should be remembered that the Palestinian refugee problem was caused by this war, and that the war was initiated by the Palestinians themselves and by the five Arab states whose armies invaded Israel the day it declared independence. It should also be remembered that the roughly 550,000 Palestinian refugees were not alone — there were a similar number of Jewish refugees from Arab countries. At great expense and effort the newly born state of Israel settled these Jewish refugees. Unfortunately, the Arab states, many of them flush with oil wealth, made no such effort, often acting to keep the Palestinian refugees in continuing, festering poverty, all the better to use them as a weapon against Israel.

With regard to the Palestinian refugees today, according to the « Report of the Commissioner-General of the United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East – 1 July 1997 – 30 June 1998″ there were 3,521,130 refugees as of June 30, 1998 (Table 1). However, the report (available at http://www.unrwa.org) also states that:

UNRWA registration figures are based on information voluntarily supplied by refugees primarily for the purpose of obtaining access to Agency services, and hence cannot be considered statistically valid demographic data; the number of registered refugees present in the Agency’s area of operations is almost certainly less that the population recorded.
Moreover, not only does the UN admit the figures are of doubtful accuracy, there being obvious reason for families to claim more members and thereby receive more aid, the UN also admits that the total includes 1,463,064 Jordanian citizens, who cannot by any stretch be considered refugees. Indeed, if they are refugees, then the more than 500,000 Jewish refugees from Arab countries who came to Israel after 1948 were nonetheless still refugees even after receiving Israeli citizenship, as are their descendants (since, in these claims, descendants of Palestinian refugees are themselves considered refugees). That is, there would be in Israel today at least 2 million Jewish refugees from Arab countries. Whether or not one accepts that the descendants of refugees are themselves refugees, if the claims of the Palestinian refugees are now being discussed, so should the claims of these Jewish refugees.

• Arabs refused Israel’s 1949 offer to unconditionally admit 100,000 Palestinians

As a goodwill gesture during the Lausanne negotiations in 1949, Israel offered to take back 100,000 Palestinian refugees prior to any discussion of the refugee question. The Arab states, who had refused even to negotiate face-to-face with the Israelis, turned down the offer because it implicitly recognized Israel’s existence.

Despite this, on humanitarian grounds Israel has since the 1950’s allowed more than 50,000 refugees to return to Israel under a family reunification program, and between 1967 and 1993 allowed a further 75,000 to return to the West Bank or Gaza. Since the beginning of the Oslo process Israel has allowed another 90,000 Palestinians to gain residence in PA-controlled territory.

• Israeli compensation to Arabs who lost property; no Arab compensation to Jews

Arabs who lost property in Israel are eligible to file for compensation from Israel’s Custodian of Absentee Property. As of the end of 1993, a total of 14,692 claims had been filed, claims were settled with respect to more than 200,000 dunums of land, more than 10,000,000 NIS (New Israeli Sheckels) had been paid in compensation, and more than 54,000 dunums of replacement land had been given in compensation. Israel has followed this generous policy despite the fact that not a single penny of compensation has ever been paid to any of the more than 500,000 Jewish refugees from Arab countries, who were forced by the Arab governments to abandon their homes, businesses and savings.

• Jerusalem

Many press reports have repeated Palestinian claims that Israel is « ethnically cleansing » Jerusalem of its Arab residents. Some, like Agence France-Presse (AFP), have even used the offensive term « judaisation » (July 5, 2000). Once again the facts are otherwise — since 1967 Jerusalem’s Arab population has grown faster than its Jewish population. For example in the period 1967 – 1996 the city’s Jewish population grew by 113.1 percent, while its Arab population grew by 163.7 percent. Similarly, home construction in the Arab sector also outpaced home construction in the Jewish sector.

rev 11/03/2000
UN Security Council Resolution 242
The Security Council,
Expressing its continuing concern with the grave situation in the Middle East,
Emphasizing the inadmissibility of the acquisition of territory by war and the need to work for a just and lasting peace in which every State in the area can live in security,
Emphasizing further that all Member States in their acceptance of the Charter of the United Nations have undertaken a commitment to act in accordance with Article 2 of the Charter.
1. Affirms that the fulfillment of Charter principles requires the establishment of a just and lasting peace in the Middle East which should include the application of both the following principles:
(i) Withdrawal of Israeli armed forces from territories occupied in the recent conflict;
(ii) Termination of all claims or states of belligerency and respect for and acknowledgement of the sovereignty, territorial integrity and political independence of every State in the area and their right to live in peace within secure and recognized boundaries free from threats or acts of force;
2. Affirms further the necessity:
(a) For guaranteeing freedom of navigation through international waterways in the area;
(b) For achieving a just settlement of the refugee problem;
(c) For guaranteeing the territorial inviolability and political independence of every State in the area, through measures including the establishment of demilitarized zones;
3. Requests the Secretary General to designate a Special Representative to proceed to the Middle East to establish and maintain contacts with the States concerned in order to promote agreement and assist efforts to achieve a peaceful and accepted settlement in accordance with the provisions and principles in this resolution;
4. Requests the Secretary General to report to the Security Council on the progress of the efforts of the Special Representative as soon as possible.

 Voir encore:

On Multi-Lingual Interpretation -UN Security Council Res 242-
Shabtai Rosenne

Israel Law Review, Vol. 6, 1971; reprinted in The Arab-Israeli Conflict, Vol. II: Readings, ed. John Norton Moore (Princeton University Press, 1974)

01 Jan 1971

(Former Permanent Representative of Israel to the United Nations Office at Geneva. Member of the United Nations International Law Commission. The views expressed in this note are personal to the writer.)

Security Council resolution 242 (1967), adopted on November 22, 1967, contains the following phrase:

« Withdrawal of Israeli armed forces from territories occupied in the recent conflict. »
In the other languages used by the Security Council (except Chinese), that phrase is framed as follows:

« Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit. »

« Vyvod izrailskikh voruzhennykh sit s territorii, okkupirovannykh vo vremya n’edavn’ego konflikta. »

« Retiro de las fuerzas armadas israelís de los territorios que ocuparon durante el reciente conflicto. »

That phrase has produced considerable controversy inside Israel, but within that controversy a secondary issue has arisen, of some juridical interest, since some of the protagonists of one point of view or another have purported to see a fundamental difference between one or other of these language versions of this phrase. We have no intention of taking sides in that particular controversy. The aim of this note is more limited, namely, to indicate certain factors relevant to the interpretation of a multi-lingual resolution of an organ of the United Nations.

The above quoted phrase in resolution 242 (1967) is identical with the draft submitted by the United Kingdom on November 16, 1967, in Security Council document S/8247: similarly the French and Russian versions of the resolution are identical with the translations into those languages, prepared by the United Nations Secretariat, of the draft resolution S/8247. On the other hand, there is a not insignificant difference between the Spanish translation of the draft resolution and the official Spanish version of the resolution itself, the draft reading: « Retiro de todas las fuerzas armadas israelís de territorios que occuparon durante el reciente conflicto ».1

Of these four languages, two, the English and the French, had, under the Provisional Rules of Procedure of the Security Council in force in November, 1967, the status of working languages, and the others the status of official languages. The regulatory texts-in this case the Charter of the United Nations and the Provisional Rules of Procedure of the Security Council do nothing to refine the concept of the status of the working languages as compared with the official languages, and the distinction is even more blurred in fact, since on the one hand the procedure of simultaneous interpretation (as distinguished from consecutive interpretation, and translation) is now employed in the meetings of the Security Council, and on the other hand the Secretariat is expeditious in issuing the documents simultaneously in all the languages. By rule 45 of the Provisional Rules of Procedure, verbatim records of the meetings of the Security Council shall be drawn tip in the working languages; but by rule 46: « All resolutions and other important documents shall forthwith be made available in the official languages… ».2 To some extent, it may be assumed for practical purposes that the working languages have a standing roughly equivalent to that of the authentic texts of an international treaty, although the analogy must be treated with considerable caution, bearing in mind that in the law of treaties the status of « authentic text » derives from the agreement of the parties, and is not imposed by mere procedure. That standing itself will when necessary relate back to the language in which the negotiation and drafting took place, there being all the difference in the world between a negotiated language version and one produced mechanically by some translation service, however competent. Here it must also be recalled that the function performed by interpretation, when the object of the exercise is a treaty being interpreted by its parties for the purposes of its own application by them, in the nature of things differs from that of interpretation of a resolution of an international organ, especially when the interpretation is being undertaken not by a party for the purposes of application by it, but fly a State which was not even a member of the organ when the resolution in question was adopted.

A close study of the rules for the interpretation of a multi-lingual treaty embodied in articles 31 to 33 of the Vienna Convention on the Law of Treaties of May 23, 19693 suggests that what the International Law Commission wanted to stress, when it put forward the draft of these rules, was, in case of doubt, the importance of determining the history of the multi-lingual texts concerned in order to establish their interrelationship as a matter of fact, as the point of departure for an operation designed to establish the intention of the parties to the treaty in question. Already in 1964 the Commission indicated that it would not be content to rely oil purely doctrinal studies, and requested the Secretariat to furnish further information regarding the practice of the United Nations in drawing up the texts of multi-lingual instruments.4 The practical considerations which prompted that attitude in relation to the interpretation of a multi-lingual treat) obviously apply with even greater force when what is being interpreted is a resolution which itself exists in a number of language versions, the precise status of which differ.

As stated, the draft of resolution 242 (1967) was submitted by the United Kingdom and naturally the original text is English. It is an historical fact, which nobody has ever attempted to deny, that the negotiations between the members of the Security Council, and with the other interested parties, which preceded the adoption of that resolution, were conducted on the basis of English texts, ultimately consolidated in Security Council document S/8247. Investigations which have since been made establish that at some stage the question was raised whether the translations prepared by the Secretariat (and especially the French translation) were adequate and accurate renderings of that original. This question was answered in the affirmative. The translations were prepared in the usual way by the appropriate language services of the Secretariat. It appears that these translations were checked by the substantive Secretariat officials in the Department of Political and Security Council Affairs of the Secretariat assigned to the Security Council, and later by the members of the Security Council themselves in informal meetings, those checks supplying the necessary political controls over the technical work. There is also some evidence to indicate that contemporary independent checks were made in different Foreign Ministries.5 The upshot was at the time a general understanding that, in the same way that the English and Russian languages can get by without use of the definite (or indefinite) article, the genius of the French and Spanish languages requires use of definite articles to a degree which a non-Latinist may find excessive and misleading, or at least confusing. A suggestion that the translation may have been faulty (although in what respect is not clear) has only been advanced recently: but even so the question is, and will remain, an open one. Many experts in the French language, including academics with no political axe to grind, have advised that the French translation is an accurate and idiomatic rendering of the original English text, and possibly even the only acceptable rendering into French. As an independent scholar of the law has recently written: « the expression ‘des territoires’ in [the French] translation may be viewed merely as an idiomatic rendering into French, not intended to depart … from the English… ».6

This contention is further supported by the proceedings in the Security Council itself. In its composition on the date in question, English was the language used by ten members (Brazil, Canada, China, Denmark, Ethiopia, India, Japan, Nigeria, United Kingdom and the United States); French was used by three members, (Bulgaria, France and Mali); and Russian and Spanish by one each, the USSR and Argentina (it will be noted that all the French-speaking delegations were then favourable to the Arab thesis). Furthermore, of the non-members invited to take part in those meetings – UAR, Israel, Jordan and Syria – all were habitually using the English language both in the meetings of the Security Council and in the private negotiations.

The draft resolution was introduced by the United Kingdom at the 1379th meeting of the Security Council on November 16, 1967. In subsequent meetings there was sporadic mention – without particular stress on linguistic problems of the meaning to be given to the phrase under consideration here. On the question of concordance, the French representative was explicit in stating that the French text was « identical » with the English text.7 The Israel representative intervened at the end of the debate to state that he was communicating to his Government nothing else except the original English text of the draft resolution as presented by the original sponsor on November 16.8 It is known from an outside source that the sponsors resisted all attempts to insert words such as « all » or « the » in the text of this phrase in the English text of the resolution,9 and it will not be overlooked that when that very word « all » erroneously crept into the Spanish translation of the draft, it was subsequently removed.

It is submitted that when resolution 242 is closely examined in the light of the practice and procedure of the Security Council and the Secretariat and of its own legislative history, the supposition of any real or assumed lack of concordance between some of the language versions of the official text of that resolution is not helpful in resolving any interpretation problems which that resolution may present. One reason for this is that in order to remove such lack of concordance, one or other of the language versions would have to be rewritten. But that process would in the nature of things introduce arbitrariness and subjectivities into the matter. For instance, it is said that the indefinite quality of the English and Russian versions – which was a matter of political determinism-ought to be met by the introduction of a word such as « certains » into the French version (and its equivalent in the Spanish). But in such a context, certains would need some equivalent in English, for instance some, a word which does not appear in the English text and which, moreover, it is unlikely that a draftsman with any command of the English language, from either side of the Atlantic, would have willingly or wittingly inserted. If on this score there is any ambiguity in resolution 242 as it stands (which we do not think to be the case), it is rendered neither greater nor less by comparison of the different language versions, but is inherent in the text as adopted, in all its language versions. In this connection it may be observed that categorical assertions that the resolution obliges Israel completely to withdraw all its armed forces from all the occupied territories are not based on preference for one or other of the language versions of the resolution, but on the resolution in its integrity, in each one of its language versions. That was made clear, by the pro-Arab spokesmen, using the English, French and Russian languages, in the Security Council debate in November 1967. However, the real problem of what the resolution means on this cardinal question, or to put it differently, what the Security Council intended, arises whatever the language in which the resolution be read or a given contention expressed.

Curiously enough, there is remarkably little international jurisprudence on the interpretation of multi-lingual resolutions of international organs. In the South-West Africa-Voting Procedure case the International Court of Justice noted that there was a slight difference between the English and French texts of a resolution of the General Assembly, and reached the conclusion, from an examination of the debates in the General Assembly, that the French version seemed to express more precisely the intention of the General Assembly.10 Applying that test to the Security Council resolution under discussion, it would follow that in order to reach viable conclusions as to the intention of the Security Council (assuming that to be the aim of the process of interpretation), all the antecedent discussions in the Security Council (from May, 1967) and in the Fifth Emergency Special Session of the General Assembly, must be taken into account.11 That includes the rejection of all resolutions calling for the complete withdrawal of all Israeli armed forces from all the occupied territories. It also includes the predominant position in fact occupied by the English language in all the formal and informal meetings and negotiations which preceded the adoption of the Security Council’s resolution under consideration here.

It is commonplace to say that interpretation is an art, not an exact science. Likewise, translation is an art, not an exact science. The most the law call do in such circumstances is to indicate in general terms, as we have done here, the nature of the rules governing the process by which this art is applied in a concrete case, the kind of intellectual discipline with which the interpreter must gird himself. In this connection, the wise counsel furnished by the greatest of Jewish jurists to the translator may appropriately be recalled:

Any translator who intends to render a work from one language to another merely by rendering word for word, and slavishly following the order of the chapters and sentences in the original, will come to grief. The product of his labor will be unintelligible and ludicrous. That method is utterly incorrect. The first step is to read the original until the translator is fully at home in it and has complete understanding of what the author has written. Then he should render the contents clearly and idiomatically. However, this can be done only if he grasps syntax by the neck and vigorously shakes it, changing the order of paragraphs and words, substituting many words for one when necessary and vice versa, and altering punctuation until the translation reads clearly, gracefully and meaningfully.12

The critic of the different language versions of the Security Council resolution would do well to keep that in his mind.

1. The change in the Spanish text was probably the result of renewed scrutiny following the intervention of the only Spanish-speaking member of the Security Council at that time, the representative of Argentina. S/PV. 1382 at 78 (Provisional English version).

2. Document S/96/Rev. 4. Following Security Council resolution 263, adopted on January 24, 1969, Russian and Spanish now have the status of working languages consequential amendments being made in the Rules of Procedure in force since then, doc. S/96/Rev. 5.

3. The Law of Treaties: A Guide to the Legislative History of the Vienna Convention, by the present writer (1970). For the draft articles on the law of treaties submitted by the International Law Commission, see Reports of the International Law Commission on the work of the second part of its seventeenth session and on it eighteenth session, in U.N. Official Records of the General Assembly, twenty-first session, supplement No. 9 (A/6309/Rev. 1), Part II, Chapter II. Yearbook of the International Law Commission (1966), vol. II at 173.

4. Report of the International Law Commission on the work of its sixteenth session, footnote 170. Official Records of the General Assembly, nineteenth session, supplement No. 9 (A/5809), Yearbook of the International Law Commission (1964), vol. II at 206. See also the discussion at the 767th meeting of the Commission, Yearbook of the International Law Commission (1964), vol. I at 298. For the memorandum of the Secretariat (in the preparation of which the present writer assisted), see document A/CN.4/187, Yearbook of the International Law Commission (1966), vol. II at 104.

5. Eugene Rostow, « The United Nations and Legal Aspects of the Search for Peace in the Middle East » (1970), Proceedings of the American Society of International Law, 69. In 1967, Dean Rostow occupied a responsible position in the State Department during the administration of President Johnson, and his remarks were made with personal knowledge and authority.

6. Julius Stone, « The ‘November Resolution’ and Middle East Peace: Pitfall of Guidance » in A Collection of Essays in honor of Josef L. Kunz (reprinted from (1970) Toledo Law Review), footnote 7.

7. S/PV.1382 at 58 (Provisional English version). Note also the remark of the representative of France at the 1895th plenary meeting of the General Assembly on November 3, 1970, insisting « in order to avoid reviving an old quarrel » that this part of resolution 242 (1967) must be quoted in exactly the same terms as those that were adopted, the English text in the original English, the French text in the original French version, the Russian text in the original Russian version, and so on. A/PV.1895 at 53 (Provisional English version). This is probably the most authoritative confirmation one could have that the French text was intended to convey exactly the same meaning as the English, and not vice versa.

8. S/PV.1382 at 96 (Provisional English version). Note also on this point Mr. Eban’s Press Conference of March 7, 1971.

9. Arthur Lall, The U.N. and the Middle East Crisis (1968) at 253-4. Ambassador Lall had earlier been Deputy Permanent Representative of India to the United Nations, and although in 1967 he held a teaching post at Columbia University, in the City of New York, he is widely regarded as reflecting the views of the Indian delegation, which at that time was a member of the Security Council.

10. I.C.J. Reports, 1955, 67 at 72.

11. See, for instance, document S/8235, circulating as a Security Council document the text of a draft resolution (which was not adopted) submitted by a group of delegations at the emergency meetings of the General Assembly. That circulation was undertaken at the request of India, made at the 1373rd meeting of the Council on November 9, 1967.

12. Maimonides to Shmuel ibn Tibbon in 1199. Translation from Leo W. Schwarz, Memoirs of My People (1943) at x.

Voir enfin:

#ArabRefuJews 10/12 : première conférence sur les réfugies juifs du monde arabe
A la une, Opinions, Société
Cool Israel
1 Dec 2014

Le 23 Juin 2014, la Knesset a adopté une loi qui désigne le 30 Novembre comme Journée nationale annuelle de commémoration pour les 850 000 réfugiés juifs qui ont été déplacés des pays arabes et d’Iran au 20e siècle. Parmi eux, 300.000 debarquèrent en France.

Les Juifs vivaient en terres arabes depuis des milliers d’années et beaucoup de leurs communautés ont précédé l’avènement de l’Islam. Mais au 20e siècle, avec la montée du nationalisme arabe et le conflit en Palestine, les nouveaux régimes arabes ont commencé une campagne de violations massives des droits de leurs citoyens juifs. Les Etats arabes ont expropriés et dénaturé les propriétés de leurs Juifs indigènes, qui ont été expulsés, arrêtés, torturés et parmi lesquels beaucoup furent assassinés.

Les récits du départ des Juifs des pays arabes diffèrent dans le détail, selon leur pays d’origine et d’une famille à une autre, mais en substance leurs histoires sont similaires.

Le 30 Novembre, l’Etat d’Israël commémore désormais l’expulsion des Juifs des pays arabes.

A l’initiative conjointe de l’Ambassade d’Israël, du Centre Simon Wiesenthal et de l’association Mémoire Sepharade, pour la première fois en France, un événement majeur marquera cette commémoration autour d’une table ronde réunissant les meilleurs experts français sur le sujet et la projection d’un film de témoignages. Le public est convié à la Mairie du XVIIè arrondissement le mercredi 10 décembre à 18h30 précises.

Télécharger l’invitation en PDF

Discours du Président de l’Etat d’Israël, Reuven Rivlin, lors d’une cérémonie à sa résidence marquant lapremière Journée de l’expulsion et de l’exode des Juifs des pays arabes et d’Iran – 30 Novembre 2014

“Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour réparer une injustice historique, concernant près d’un million de Juifs, des immigrants en provenance de pays arabes et d’Iran, dont les histoires ont été reléguées aux marges de la narration sioniste. En effet, ceci intervient trop tard, sur une échelle trop petite, et sans impact sur la conscience du public. Cependant, il est important de chercher à corriger, sans que rien de tout cela ne soit sous-estimé. Il en va de la nature de la guérison de la conscience, qui a le pouvoir de dissoudre le résidu, de modifier l’avenir et d’établir une nouvelle conscience, qui illuminera le passé à la lumière de la justice historique. Au fil des ans, les réfugiés des communautés arabes ont estimé que la création de l’Etat elle-même, les avait relégués dans un coin d’ombre. L’établissement de l’Etat lui-même aurait brouillé la trace de leurs récits parmi les pages de l’histoire officielle. Comme si les immigrants en provenance des pays arabes n’avaient pas défilé fièrement le long des routes de « colonne de feu et de fumée » appartenant à l’histoire de notre peuple.

Les Juifs dans les pays arabes sont nés sionistes de Sion. Nul besoin de promouvoir cette idée au sein de leurs communautés ou de les convaincre de l’importance du retour du peuple à sa terre, de la mise en oeuvre d’un Etat ou de la construction du pays. Ils n’osaient pas concevoir le plan «Ouganda», après tout, l’Ouganda était pour eux un exil plutôt qu’un salut. L’amour de Sion était et reste dans leur sang. Ils s’en sont nourris comme du lait de leur mère, des versets de la prière et des histoires de leurs pères.

Bien avant l’annonce de la création de l’Etat mais surtout juste après, les Juifs des pays arabes et d’Iran se sont retrouvés emprisonnés dans leurs propres pays, soumis à des restrictions et au harcèlement, exposés sans protection aucune, à des massacres et au pillage – jusqu’aux émeutes de Tripoli à Eden. Beaucoup ont été expulsés. D’autres n’ont pu faire face au harcèlement et ont été forcés de quitter leur pays, laissant derrière eux toute l’histoire d’une vie, leurs souvenirs, les tombes de leurs parents, une langue, leur culture et leurs biens matériels.

Pendant des années, leurs voix n’ont pas été entendues et leur immense perte n’a pas été exprimée. Les horribles tragédies qui se sont produites à l’égard de notre peuple ont capté toute l’attention. Beaucoup d’immigrants ont été envoyés loin des lieux de pouvoir, pour relever les défis de la périphérie, à Dimona, Beit She’an ou Hatsor Haglilit. Ils étaient tenus de développer des villes à partir de rien, de traiter le sol du désert aride et de gérer, sur une base quotidienne, la protection des frontières de l’Etat d’Israël.

Ce n’était pas la méchanceté qui a conduit à leur exclusion de la direction du jeune Etat, mais cette exclusion a causé de la frustration et une souffrance légitime. Leurs voix ont été mises en sourdine, mais les mots étaient sans cesse sur leurs lèvres, même s’ils étaient exprimés dans un hébreu à fort accent persan ou en arabe, ce qui en Israël, était ressenti comme des langues ennemies et considéré comme une source de honte. Il a fallu du temps, trop longtemps, jusqu’à ce que les récits des immigrants juifs des pays arabes et d’Iran puissent trouver place au sein de la conscience de l’opinion publique israélienne. Et aujourd’hui, nous avons la chance d’entendre leur histoire d’une voix forte, fière et éloquente, de la bouche même de leurs fils et filles.

Cette voix, cette histoire, doit être entendue au sein du système éducatif, dans les médias, dans les arts et dans toutes les institutions officielles du pays, car elle doit aussi se faire entendre sur la scène internationale afin de réparer cette injustice historique et de garantir des réparations financières.

Jusqu’à ce jour, à Téhéran, Khaled, Bagdad, Sana’a et Tripoli, il y a encore des lieux interdits aux Juifs israéliens, même les trésors et autres biens culturels qui y ont été abandonnés ont été vandalisés et pillés, plus d’une fois par les régimes détestables. Aujourd’hui, cette journée de commémoration de l’expulsion et de l’exil des Juifs des pays arabes et d’Iran, est l’occasion de rendre justice à l’histoire. Avec un point de vue rafraîchi et pris en considération, qui n’ignore pas les problèmes du passé. Mais plus que cela, cette journée nous demande de nous souvenir et d’embrasser dans nos cœurs les trésors culturels créés dans ces communautés juives des pays arabes et d’Iran, et d’apprendre à reconnaître le rôle important qu’ils ont joué dans la création de l’avenir commun tissé ici aujourd’hui, tout au long de l’histoire de l’Etat d’Israël “.

Déclaration du Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’occasion de la Journée de commémoration de l’expulsion et de l’exode forcé des Juifs des pays arabes et d’Iran – dimanche, 30 Novembre 2014

(Communiqué du conseiller du Premier ministre)

“Aujourd’hui, pour la première fois, nous commémorons l’expulsion de centaines de milliers de Juifs des pays arabes et d’Iran dans les années qui ont suivi  la création de l’Etat d’Israël. Ce n’est pas par hasard que ce jour est marqué au lendemain du 29 Novembre. Les pays arabes, qui n’ont jamais accepté la déclaration des Nations Unies sur la création d’un Etat juif, ont contraint les Juifs vivant sur leurs territoires de quitter leurs maisons en laissant tous leurs biens derrière eux. Dans plusieurs cas, leurs départs étaient accompagnés de pogroms et de violences contre les Juifs. Nous avons agi – et nous continuerons à agir – de telle sorte que ni eux ni leurs revendications ne soient oubliés “.

Dans le film qui suit, Aharon Abudi, raconte l’histoire de son éducation en Irak et l’histoire de sa famille, à travers le pogrom Farhud puis leur expulsion, leur intégration en Israël et toute une vie à reconstruire, à partir de ruines transformées en simple récit :

Ainsi, la communauté juive d’Irak a existé pendant plus de 2.500 ans et fut un centre culturel majeur du judaïsme, là où le Talmud de Babylone a été écrit et compilé. Cette ancienne communauté a été attaquée par le gouvernement irakien dans le sillage de la création d’Israël, elle a été expulsée -provoquant de nombreux morts- après avoir été agressée et leurs biens ou avoirs ayant été confisqué


EI/Hamas/Abbas: La continuation du génocide par d’autres moyens (What better demonstration of the Palestinians’s ultimate plan for Israel than the Islamic State’s current ethnic cleansing in Northern Iraq ?)

22 novembre, 2014

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https://i0.wp.com/i.imgur.com/btg0cHn.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2014/11/3ea47-abu2bmazen2527s2bvision.jpg?w=450&h=447Les armes atomiques sont un crime contre l’humanité. Khamenei 
Khamenei n’aura pas recours à l’arme atomique contre Israël car ceci provoquera la mort de Palestiniens aussi. Bachar El Assad
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Le Mouvement de la Résistance Islamique aspire à l’accomplissement de la promesse de Dieu, quel que soit le temps nécessaire. L’Apôtre de Dieu -que Dieu lui donne bénédiction et paix- a dit : « L’Heure ne viendra pas avant que les musulmans n’aient combattu les Juifs (c’est à dire que les musulmans ne les aient tués), avant que les Juifs ne se fussent cachés derrière les pierres et les arbres et que les pierres et les arbres eussent dit : ‘Musulman, serviteur de Dieu ! Un Juif se cache derrière moi, viens et tue-le. Charte du Hamas (article 7)
Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres. Aucun pays arabe, président arabe ou roi arabe, ni tous les rois et présidents arabes réunis, ni une organisation même palestinienne n’a le droit de le faire. La Palestine est un Waqf musulman consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier. Qui peut prétendre avoir le droit de représenter les générations de musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier ? Tel est le statut de la terre de Palestine dans la Charia, et il en va de même pour toutes les terres conquises par l’islam et devenues terres de Waqf dès leur conquête, pour être consacrées à toutes les générations de musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier. Il en est ainsi depuis que les chefs des armées islamiques ont conquis les terres de Syrie et d’Irak et ont demandé au Calife des musulmans, Omar Ibn-al Khattab, s’ils devaient partager ces terres entre les soldats ou les laisser à leurs propriétaires. Suite à des consultations et des discussions entre le Calife des musulmans, Omar Ibn-al Khattab, et les compagnons du Prophète, Allah le bénisse, il fut décidé que la terre soit laissée à ses propriétaires pour qu’ils profitent de ses fruits. Cependant, la propriété véritable et la terre même doit être consacrée aux seuls musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier. Ceux qui se trouvent sur ces terres peuvent uniquement profiter de ses fruits. Ce waqf persiste tant que le Ciel et la Terre existent. Toute procédure en contradiction avec la Charia islamique en ce qui concerne la Palestine est nulle et non avenue.« C’est la vérité infaillible. Célèbre le nom d’Allah le Très-Haut » (Coran, LVI, 95-96). Charte du Hamas (article 11)
The Jews are the most despicable and contemptible nation to crawl upon the face of the Earth, because they have displayed hostility to Allah. Allah will kill the Jews in the hell of the world to come, just like they killed the believers in the hell of this world. Atallah Abu al-Subh (former Hamas minister of culture, 2011)
L’accélérateur est une arme. Le Hamas continue d’appuyer n’importe quelle tactique pouvant être utilisée afin de tuer des civils israéliens. Affiche du Hamas
Il n’est pas suffisant de dire que des colons sont venus, ils doivent être empêchés d’entrer sur le site par tous les moyens. C’est notre Al-Aqsa et notre lieu saint, ils n’ont pas le droit d’entrer et de le désacraliser. Jérusalem est le bijou de la couronne et la capitale éternelle de l’Etat de Palestine. Sans elle, il n’y aura pas d’Etat. Il est important que les Palestiniens soient unis afin de protéger Jérusalem. Mahmoud Abbas
Jérusalem a soif, et ne désaltérera que par le sang. Affiche du Hamas
Cette attaque est une « réponse au meurtre du martyr Youssef Ramouni ». (…) C’est est également « une réponse à la série de crimes de l’occupant à Al-Aqsa ». Le Hamas « appelle à poursuivre les opérations. Sami Abou Zouhri (porte-parole du Hamas)
Nous devons empêcher les juifs d’entrer sur l’esplanade de la mosquée, ils n’ont pas le droit de la souiller. Nous devons les empêcher par tous les moyens. Nous devons les empêcher d’entrer. Dressons-nous devant eux pour protéger les lieux saints. Mahmoud Abbas (17.10.14)
Des éléments récemment découverts par Amnesty International indiquent que des membres du groupe armé qui se fait appeler État islamique (EI) ont lancé une campagne systématique de nettoyage ethnique dans le nord de l’Irak, commettant des crimes de guerre, notamment des enlèvements et exécutions sommaires de masse, contre les minorités ethniques et religieuses. Parmi les minorités ethniques et religieuses prises pour cible dans le nord de l’Irak se trouvent les chrétiens assyriens, les chiites turkmènes et shabaks, les yézidis, les kakaïs et les mandéens sabéens. De nombreux Arabes et musulmans sunnites qui s’opposent, ou sont soupçonnés de s’opposer, à l’EI ont aussi été visés par ce qui semble être des attaques de représailles. Amnesty international
Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers. Benoit Hamon
Sweden’s new government last month recognised the state of Palestine, and Britain’s House of Commons and Ireland’s senate called on their governments to follow suit. Now, France’s governing Socialists plan to bring a similar resolution to the national assembly, while Federica Mogherini, the new EU foreign policy chief, recently announced that she wants to see a Palestinian state established during her term. Is European impatience with Israeli intransigence towards the Palestinians reaching a point of rupture? Is EU frustration with Benjamin Netanyahu, the Israeli prime minister’s expansion of Jewish settlements on occupied Arab land, proscribed by international law, inclining Europeans to force the issue of a Palestinian state? (…) Israel has been slow to realise there has been a change in sentiment in Europe, not sudden but solid, that could eventually present a challenge to its legitimacy. The shift follows a sharp rise in hostility towards Israel in western Europe, with BBC polls carried out by Gallup recording between two-thirds and three-quarters of people in the UK, Spain, Germany, France and Italy holding negative views of Israel’s policy. Sweden, furthermore, is not the first EU member to recognise Palestine. Eight other member states do, even if all of them took that decision before joining the EU. More relevant is that half of the EU, 14 members including France, voted to admit Palestine as an observer state at the UN in December 2012. (…) In February 2011, Germany, which had abstained several times during the second intifada a decade earlier, voted in the UN Security Council to condemn Israel’s settlements, in a 14-1 result vetoed by the US. (…) Recognition of Palestine as a state is likely to grow in and outside the EU; Sweden was the 135th country to sign up. As current, and former, Israeli leaders have warned, Israel faces international ostracism unless it shows itself willing to make a deal on Palestine. Yet if avenues to a separate state continue to be closed, the Palestinians may opt for an apartheid-style struggle for equal rights within a single state. For now, the EU has targeted the settlements. But whatever its intentions, it is not hard to discern an eventual dead end at which Europeans clamour for a more general boycott. The Financial Times
Right now, Israel is much more powerful than Hezbollah and Hamas. Let’s say tomorrow this was reversed. Let’s say Hamas had the firepower of Israel and Israel had the firepower of Hamas. What do you think would happen to Israel were the balance of power reversed? David Wolpe (rabbi of Los Angeles Sinai Temple)
The truth is that there is an obvious, undeniable, and hugely consequential moral difference between Israel and her enemies. The Israelis are surrounded by people who have explicitly genocidal intentions towards them. The charter of Hamas is explicitly genocidal. It looks forward to a time, based on Koranic prophesy, when the earth itself will cry out for Jewish blood, where the trees and the stones will say “O Muslim, there’s a Jew hiding behind me. Come and kill him.” This is a political document. We are talking about a government that was voted into power by a majority of Palestinians. (…) The discourse in the Muslim world about Jews is utterly shocking. Not only is there Holocaust denial—there’s Holocaust denial that then asserts that we will do it for real if given the chance. The only thing more obnoxious than denying the Holocaust is to say that itshould have happened; it didn’t happen, but if we get the chance, we will accomplish it. There are children’s shows in the Palestinian territories and elsewhere that teach five-year-olds about the glories of martyrdom and about the necessity of killing Jews. And this gets to the heart of the moral difference between Israel and her enemies. And this is something I discussed in The End of Faith. To see this moral difference, you have to ask what each side would do if they had the power to do it. What would the Jews do to the Palestinians if they could do anything they wanted? Well, we know the answer to that question, because they can do more or less anything they want. The Israeli army could kill everyone in Gaza tomorrow. So what does that mean? Well, it means that, when they drop a bomb on a beach and kill four Palestinian children, as happened last week, this is almost certainly an accident. They’re not targeting children. They could target as many children as they want. Every time a Palestinian child dies, Israel edges ever closer to becoming an international pariah. So the Israelis take great pains not to kill children and other noncombatants. (…)What do we know of the Palestinians? What would the Palestinians do to the Jews in Israel if the power imbalance were reversed? Well, they have told us what they would do. For some reason, Israel’s critics just don’t want to believe the worst about a group like Hamas, even when it declares the worst of itself. We’ve already had a Holocaust and several other genocides in the 20th century. People are capable of committing genocide. When they tell us they intend to commit genocide, we should listen. There is every reason to believe that the Palestinians would kill all the Jews in Israel if they could. Would every Palestinian support genocide? Of course not. But vast numbers of them—and of Muslims throughout the world—would. Needless to say, the Palestinians in general, not just Hamas, have a history of targeting innocent noncombatants in the most shocking ways possible. They’ve blown themselves up on buses and in restaurants. They’ve massacred teenagers. They’ve murdered Olympic athletes. They now shoot rockets indiscriminately into civilian areas. And again, the charter of their government in Gaza explicitly tells us that they want to annihilate the Jews—not just in Israel but everywhere.(…) The truth is that everything you need to know about the moral imbalance between Israel and her enemies can be understood on the topic of human shields. Who uses human shields? Well, Hamas certainly does. They shoot their rockets from residential neighborhoods, from beside schools, and hospitals, and mosques. Muslims in other recent conflicts, in Iraq and elsewhere, have also used human shields. They have laid their rifles on the shoulders of their own children and shot from behind their bodies. Consider the moral difference between using human shields and being deterred by them. That is the difference we’re talking about. The Israelis and other Western powers are deterred, however imperfectly, by the Muslim use of human shields in these conflicts, as we should be. It is morally abhorrent to kill noncombatants if you can avoid it. It’s certainly abhorrent to shoot through the bodies of children to get at your adversary. But take a moment to reflect on how contemptible this behavior is. And understand how cynical it is. The Muslims are acting on the assumption—the knowledge, in fact—that the infidels with whom they fight, the very people whom their religion does nothing but vilify, will be deterred by their use of Muslim human shields. They consider the Jews the spawn of apes and pigs—and yet they rely on the fact that they don’t want to kill Muslim noncombatants.(…) Now imagine reversing the roles here. Imagine how fatuous—indeed comical it would be—for the Israelis to attempt to use human shields to deter the Palestinians. (…) But Imagine the Israelis holding up their own women and children as human shields. Of course, that would be ridiculous. The Palestinians are trying to kill everyone. Killing women and children is part of the plan. Reversing the roles here produces a grotesque Monty Python skit. If you’re going to talk about the conflict in the Middle East, you have to acknowledge this difference. I don’t think there’s any ethical disparity to be found anywhere that is more shocking or consequential than this. And the truth is, this isn’t even the worst that jihadists do. Hamas is practically a moderate organization, compared to other jihadist groups. There are Muslims who have blown themselves up in crowds of children—again, Muslim children—just to get at the American soldiers who were handing out candy to them. They have committed suicide bombings, only to send another bomber to the hospital to await the casualities—where they then blow up all the injured along with the doctors and nurses trying to save their lives. Every day that you could read about an Israeli rocket gone astray or Israeli soldiers beating up an innocent teenager, you could have read about ISIS in Iraq crucifying people on the side of the road, Christians and Muslims. Where is the outrage in the Muslim world and on the Left over these crimes? Where are the demonstrations, 10,000 or 100,000 deep, in the capitals of Europe against ISIS?  If Israel kills a dozen Palestinians by accident, the entire Muslim world is inflamed. God forbid you burn a Koran, or write a novel vaguely critical of the faith. And yet Muslims can destroy their own societies—and seek to destroy the West—and you don’t hear a peep. (…) These incompatible religious attachments to this land have made it impossible for Muslims and Jews to negotiate like rational human beings, and they have made it impossible for them to live in peace. But the onus is still more on the side of the Muslims here. Even on their worst day, the Israelis act with greater care and compassion and self-criticism than Muslim combatants have anywhere, ever. And again, you have to ask yourself, what do these groups want? What would they accomplish if they could accomplish anything? What would the Israelis do if they could do what they want? They would live in peace with their neighbors, if they had neighbors who would live in peace with them. They would simply continue to build out their high tech sector and thrive. (…) What do groups like ISIS and al-Qaeda and even Hamas want? They want to impose their religious views on the rest of humanity. They want stifle every freedom that decent, educated, secular people care about. This is not a trivial difference. And yet judging from the level of condemnation that Israel now receives, you would think the difference ran the other way. This kind of confusion puts all of us in danger. This is the great story of our time. For the rest of our lives, and the lives of our children, we are going to be confronted by people who don’t want to live peacefully in a secular, pluralistic world, because they are desperate to get to Paradise, and they are willing to destroy the very possibility of human happiness along the way. The truth is, we are all living in Israel. It’s just that some of us haven’t realized it yet. Sam Harris
The Hamas Covenant of 1988 notably replaced the Marxist-Leninist conspiracy theory of world politics with the classic anti-Semitic tropes of Nazism and European fascism, which the Islamists had absorbed when they collaborated with the Nazis during World War II. That influence is apparent in Article 22, which asserts that “supportive forces behind the enemy” have amassed great wealth: « With their money, they took control of the world media, news agencies, the press, publishing houses, broadcasting stations, and others. With their money they stirred revolutions in various parts of the world with the purpose of achieving their interests and reaping the fruit therein. With their money, they took control of the world media. They were behind the French Revolution, the Communist revolution and most of the revolutions we heard and hear about here and there. With their money, they formed secret societies, such as Freemason, Rotary Clubs, the Lions and others in different parts of the world for the purpose of sabotaging societies and achieving Zionist interests. With their money they were able to control imperialistic countries and instigate them to colonize many countries in order to enable them to exploit their resources and spread corruption there. Jeffrey Herf
Hamas doesn’t accept, or even nominally recognize, the right of Israelis to exist as a free people. As Khalidi says, we should pay attention when Netanyahu tells Israelis about controlling their security on the West Bank. So shouldn’t we also listen when Hamas tells Palestinians that they should never accept the existence of Israel—and that victory will not come until they have wiped out not only the Jewish state but all the Jews? If you take an interest in the war in Gaza, you should read the Hamas charter, but Oz sums up its biggest idea handily enough: “It says that the Prophet commands every Muslim to kill every Jew, everywhere in the world.” If Khalidi has a problem with this, he keeps it to himself. While Oz has no problem saying that Israel’s violent occupation is unjust to Palestinians and endangers its own people, Khalidi refuses to acknowledge that Hamas exists to end Israel’s existence and thrives on Palestinian wretchedness. In the heat of his moral condemnation of Israel—and of America for supporting Israel against Hamas—the hardest line that he will allow himself against Gaza’s categorically genocidal leadership is that “we may not like” it. What would he lose to say that we must not? Philip Gourevitch
Pour comprendre pourquoi la paix en Palestine n’interviendra pas avant des années, si ce n’est des décennies, il suffit de penser aux réjouissances organisées par les Palestiniens après le meurtre de cinq Israéliens dans une synagogue de Jérusalem, dont trois jouissaient d’une co-citoyenneté américaine. Deux Palestiniens, des cousins, munis d’un hachoir à viande et d’une arme à feu, avaient attaqué des fidèles juifs pendant les prières du matin, et leur réponse fut une explosion de joie dans les rues. Le Front Populaire de Libération de la Palestine a revendiqué l’opération tandis que le Hamas se réjouissait de ces assassinats, « une réponse aux crimes incessants des Israéliens. » Le principal obstacle à la paix ne provient pas dans les implantations juives de la ville multiconfessionnelle de Jérusalem. La barrière est la culture de la haine contre les Juifs alimentée par les dirigeants palestiniens. Le premier ministre palestinien, Mahmoud Abbas à condamné les assassinats, mais non sans appeler Israël à interrompre ce qu’il a qualifié « d’invasion » de la mosquée sacrée Al Aqsa de Jérusalem. M. Abbas avait précédemment prétendu que le Mont du Temple avait été souillé par les Juifs, en dépit des assurances du premier ministre Benjamin Netanyahou que le Dôme du Rocher et la mosquée Al Aqsa continueraient d’être réservés au seul culte musulman. (…) Le but de ce nouveau djihad est d’affoler les Israéliens pour leur faire accepter la division de Jérusalem, la première exigence formulée par les Palestiniens au cours des négociations de paix qui ont récemment échoué. Cependant, c’est seulement sous la loi israélienne que toutes les religions ont pu être librement exercées à Jérusalem. Le président Obama a condamné l’attaque, mais son gouvernement a contribué en partie à semer le trouble en dénonçant les constructions dans la municipalité de Jérusalem. Dans une lettre à l’ancien premier ministre Ariel Sharon, l’administration précédente, celle de Georges W Bush, avait assuré en 2004 que tout accord de paix à venir garantirait des ajustements de la frontière de la Rive occidentale du Jourdain en fonction des réalités du terrain. En 2009, Hillary Clinton prétendit que la lettre de Bush n’avait pas de statut juridique, encourageant les rêves de division de Jérusalem des Palestiniens. Ce dont Israël a besoin aujourd’hui, c’est que les États-Unis ne donnent pas des gratifications aux actes de djihad en traînant M. Netanyahou dans des négociations avec M. Abbas. Le premier ministre israélien est en droit de refuser de rencontrer M. Abbas jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne mette un terme à l’incitation à la violence. Le meilleur moyen d’empêcher une troisième Intifada, c’est de rassurer Israël sur le soutien des États-Unis dans des opératipns d’autodéfense et d’avertir les Palestiniens qu’ils n’auront pas de patrie tant qu’ils édifieront une société qui glorifie les meurtres d’innocents au nom de la religion. WSJ
It (…) seems reasonable to worry about the intentions of those Iranian leaders who deny or minimize the Holocaust while hoping to annihilate the Jewish state, and who have funded and trained groups—Hezbollah and Hamas—that have as their goal the killing of Jews. It is a dereliction of responsibility not to try to understand the goals and beliefs of Islamist totalitarian movements. (…) While it is true that Hamas is expert at getting innocent Palestinians killed, it has made it very plain, in word and deed, that it would rather kill Jews. The following blood-freezing statement is from the group’s charter: “The Islamic Resistance Movement aspires to the realization of Allah’s promise, no matter how long that should take. The Prophet, Allah bless him and grant him salvation, has said: ‘The day of judgment will not come until Muslims fight the Jews (killing the Jews), when the Jews will hide behind stones and trees. The stones and trees will say ‘O Muslims, O Abdulla, there is a Jew behind me, come and kill him.” This is a frank and open call for genocide, embedded in one of the most thoroughly anti-Semitic documents you’ll read this side of the Protocols of the Elders of Zion. Not many people seem to know that Hamas’s founding document is genocidal. Sometimes, the reasons for this lack of knowledge are benign; other times, as the New Yorker’s Philip Gourevitch argues in his recent dismantling of Rashid Khalidi’s apologia for Hamas, this ignorance is a direct byproduct of a decision to mask evidence of Hamas’s innate theocratic fascism. (…) What do we know of the Palestinians? What would the Palestinians do to the Jews in Israel if the power imbalance were reversed? Well, they have told us what they would do. For some reason, Israel’s critics just don’t want to believe the worst about a group like Hamas, even when it declares the worst of itself. We’ve already had a Holocaust and several other genocides in the 20th century. People are capable of committing genocide. When they tell us they intend to commit genocide, we should listen. There is every reason to believe that the Palestinians would kill all the Jews in Israel if they could. Would every Palestinian support genocide? Of course not. But vast numbers of them—and of Muslims throughout the world—would. Needless to say, the Palestinians in general, not just Hamas, have a history of targeting innocent noncombatants in the most shocking ways possible. They’ve blown themselves up on buses and in restaurants. They’ve massacred teenagers. They’ve murdered Olympic athletes. They now shoot rockets indiscriminately into civilian areas. (…) After each of these attacks, Hamas leaders issued blood-curdling statements claiming credit, and promising more death. “The Jews will lose because they crave life but a true Muslim loves death,” a former Hamas leader, Abdel-Aziz Rantisi, told me in an interview in 2002. In the same interview he made the following imperishable statement: “People always talk about what the Germans did to the Jews, but the true question is, ‘What did the Jews do to the Germans?’” (…) Hamas is an organization devoted to ending Jewish history. This is what so many Jews understand, and what so many non-Jews don’t. The novelist Amos Oz, who has led Israel’s left-wing peace camp for decades, said in an interview last week that he doesn’t see a prospect for compromise between Israel and Hamas. « I have been a man of compromise all my life, » Oz said. « But even a man of compromise cannot approach Hamas and say: ‘Maybe we meet halfway and Israel only exists on Mondays, Wednesdays and Fridays.' » In the years since it adopted its charter, Hamas leaders and spokesmen have reinforced its message again and again. Mahmoud Zahar said in 2006 that the group « will not change a single word in its covenant. » To underscore the point, in 2010 Zahhar said, « Our ultimate plan is [to have] Palestine in its entirety. I say this loud and clear so that nobody will accuse me of employing political tactics. We will not recognize the Israeli enemy. » In 2011, the former Hamas minister of culture, Atallah Abu al-Subh, said that « the Jews are the most despicable and contemptible nation to crawl upon the face of the Earth, because they have displayed hostility to Allah. Allah will kill the Jews in the hell of the world to come, just like they killed the believers in the hell of this world. » Just last week, a top Hamas official, Osama Hamdan, accused Jews of using Christian blood to make matzo. This is not a group, in other words, that is seeking the sort of peace that Amos Oz—or, for that matter, the Palestinian Authority president, Mahmoud Abbas—is seeking. People wonder why Israelis have such a visceral reaction to Hamas. The answer is easy. Israel is a small country, and most of its citizens know someone who was murdered by Hamas in its extended suicide-bombing campaigns; and most people also understand that if Hamas had its way, it would kill them as well. Jeffrey Goldberg
One of the most shocking aspects of the murderous attack on a Jerusalem synagogue this morning by men with guns and axes is not the attack itself—we’ve seen, from time to time, this sort of sectarian barbarism take place in places like Jerusalem, and Hebron. The most shocking aspect is the wholesale endorsement of this slaughter by Hamas, a group that, during this summer’s war in Gaza, half-succeeded in convincing the world that it wasn’t what it actually is: a group with actual genocidal intentions. (…) This is how a Hamas spokesman reacted to the massacre of Jews at prayer: « The new operation is heroic and a natural reaction to Zionist criminality against our people and our holy places. We have the full right to revenge for the blood of our martyrs in all possible means. » Twenty years ago, shortly after the Jewish fanatic Baruch Goldstein massacred Muslims at prayer in Hebron, the then-prime minister of Israel, Yitzhak Rabin, said of the killer, « You are not part of the community of Israel. …  You are a foreign implant. You are an errant weed. Sensible Judaism spits you out. » Hamas’s endorsement of the massacre of Jews at prayer in their holy city confirms—as if we needed confirming—that its goal is the eradication of Israel and its Jews. We should pray for the day when the leaders of Gaza react to this sort of massacre in the manner of Yitzhak Rabin. The Palestinian Authority leader, the more moderate Mahmoud Abbas, has condemned the attack, but it is also fair to say that he helped create the atmosphere in which attacks like this one become more likely. As the Times reports, the attackers « were described as being motivated by what they saw as threats to the revered plateau [the Temple Mount] that contains Al Aqsa Mosque and the Dome of the Rock. Although Prime Minister Benjamin Netanyahu of Israel has repeatedly asserted that he will not alter the status quo at the site, where non-Muslims can visit but not openly pray, President Mahmoud Abbas of the Palestinian Authority has called on his people to protect the area and has warned of a ‘holy war’ if it is ‘contaminated’ by Jews. » The Temple Mount, of course, is the holiest place in Judaism. Abbas’s belief that the presence of Jews « contaminates » the Mount speaks to his own smallness, and to his susceptibility to Muslim supremacist ideology. The status quo should absolutely be preserved, for the sake of peace, and those Israeli politicians currently calling for a change in the status quo should put away their gasoline cans. But the events of the past couple of weeks in Jerusalem suggest that a core issue of the conflict remains the unwillingness of many Palestinian Muslims to accept the idea that Jews have rights in their ancestral homeland. And in the case of Hamas and like-minded groups, that Jews have a right to live. Jeffrey Goldberg

Attention: un génocide peut en cacher un autre !

Alors qu’un récent rapport d’Amnesty international confirme qu’un nettoyage ethnique est bien en cours en Irak …

Et à l’heure où le plus grand canard boiteux de l’histoire américaine moderne pousse les feux pour obtenir coûte que coûte un accord sur le nucléaire avec un pays qui prône l’effacement de la carte d’un de ses voisins …

Et où, nous avertit le Financial times après les reconnaissances effectives ou annoncéesélectorat musulman oblige – de nombre de pays européens, « la patience de l’UE pour l’Etat hébreu est à bout » …

Pendant que, suite à un nouveau massacre de civils dans une synagogue,  le Hamas salue comme « acte héroïque » et « appelle à poursuivre » les assassinats à l’arme blanche ou à la voiture bélier lancées, comme on le sait, par l’Etat islamique

Et que le président de l’Autorité palestinienne renouvelle ses appels à « protéger la mosquée Al Aqsa de la contamination juive » …

Comment ne pas voir, avec Jeffrey Goldberg, la nature proprement génocidaire du projet palestinien ?

Hamas Endorses a Massacre
Understanding the true genocidal nature of the Muslim Brotherhood’s Palestinian branch
Jeffrey Goldberg
The Atlantic
Nov 18 2014

One of the most shocking aspects of the murderous attack on a Jerusalem synagogue this morning by men with guns and axes is not the attack itself—we’ve seen, from time to time, this sort of sectarian barbarism take place in places like Jerusalem, and Hebron. The most shocking aspect is the wholesale endorsement of this slaughter by Hamas, a group that, during this summer’s war in Gaza, half-succeeded in convincing the world that it wasn’t what it actually is: a group with actual genocidal intentions.

According to witnesses, the two attackers entered the synagogue, in the Har Nof neighborhood, and began killing worshipers with pistols and axes. (Both assailants were killed by police, but not before they murdered four worshipers and injured at least six others, including two police officers.)

“To see Jews wearing tefillin [phylacteries] and wrapped in the tallit [prayer shawls] lying in pools of blood, I wondered if I was imagining scenes from the Holocaust,”  said Yehuda Meshi Zahav, who leads an emergency-response team, according to The New York Times. « It was a massacre of Jews at prayer.”

This is how a Hamas spokesman reacted to the massacre of Jews at prayer: « The new operation is heroic and a natural reaction to Zionist criminality against our people and our holy places. We have the full right to revenge for the blood of our martyrs in all possible means. »

Twenty years ago, shortly after the Jewish fanatic Baruch Goldstein massacred Muslims at prayer in Hebron, the then-prime minister of Israel, Yitzhak Rabin, said of the killer, « You are not part of the community of Israel. …  You are a foreign implant. You are an errant weed. Sensible Judaism spits you out. »

Hamas’s endorsement of the massacre of Jews at prayer in their holy city confirms—as if we needed confirming—that its goal is the eradication of Israel and its Jews. We should pray for the day when the leaders of Gaza react to this sort of massacre in the manner of Yitzhak Rabin.

The Palestinian Authority leader, the more moderate Mahmoud Abbas, has condemned the attack, but it is also fair to say that he helped create the atmosphere in which attacks like this one become more likely. As the Times reports, the attackers « were described as being motivated by what they saw as threats to the revered plateau [the Temple Mount] that contains Al Aqsa Mosque and the Dome of the Rock. Although Prime Minister Benjamin Netanyahu of Israel has repeatedly asserted that he will not alter the status quo at the site, where non-Muslims can visit but not openly pray, President Mahmoud Abbas of the Palestinian Authority has called on his people to protect the area and has warned of a ‘holy war’ if it is ‘contaminated’ by Jews. »

The Temple Mount, of course, is the holiest place in Judaism. Abbas’s belief that the presence of Jews « contaminates » the Mount speaks to his own smallness, and to his susceptibility to Muslim supremacist ideology. The status quo should absolutely be preserved, for the sake of peace, and those Israeli politicians currently calling for a change in the status quo should put away their gasoline cans. But the events of the past couple of weeks in Jerusalem suggest that a core issue of the conflict remains the unwillingness of many Palestinian Muslims to accept the idea that Jews have rights in their ancestral homeland. And in the case of Hamas and like-minded groups, that Jews have a right to live.

Voir aussi:

What Would Hamas Do If It Could Do Whatever It Wanted?
Understanding what the Muslim Brotherhood’s Gaza branch wants by studying its theology, strategy, and history
Jeffrey Goldberg
The Atlantic
Aug 4 2014

In the spring of 2009, Roger Cohen, the New York Times columnist, surprised some of his readers by claiming that Iran’s remaining Jews were “living, working and worshiping in relative tranquility.”

Cohen wrote: “Perhaps I have a bias toward facts over words, but I say the reality of Iranian civility toward Jews tells us more about Iran—its sophistication and culture—than all the inflammatory rhetoric.”

Perhaps.

In this, and other, columns, Cohen appeared to be trying to convince his fellow Jews that they had less to fear from the Iran of Khamenei and (at the time) Ahmadinejad than they thought. To me, the column was a whitewash. It seemed (and seems) reasonable to worry about the intentions of those Iranian leaders who deny or minimize the Holocaust while hoping to annihilate the Jewish state, and who have funded and trained groups—Hezbollah and Hamas—that have as their goal the killing of Jews.

Cohen’s most acid critics came from within the Persian Jewish exile community. The vast majority of Iran’s Jews fled the country after the Khomeini revolution; many found refuge in Los Angeles. David Wolpe, the rabbi of Sinai Temple there, invited Cohen to speak to his congregants, about half of whom are Persian exiles, shortly after the column appeared. Cohen, to his credit, accepted the invitation. The encounter between Cohen and an audience of several hundred (mainly Jews, but also Bahais, members of a faith persecuted with great intensity by the Iranian regime) was tense but mainly civil (you can watch it here). For me, the most interesting moment came not in a discussion about the dubious health of Iran’s remnant Jewish population, but after Wolpe asked Cohen about the intentions of Iran and its allies toward Jews living outside Iran.

“Right now,” Wolpe said, “Israel is much more powerful than Hezbollah and Hamas. Let’s say tomorrow this was reversed. Let’s say Hamas had the firepower of Israel and Israel had the firepower of Hamas. What do you think would happen to Israel were the balance of power reversed?”

“I don’t know what would happen tomorrow,” Cohen answered. This response brought a measure of derisive laughter from the incredulous audience. “And it doesn’t matter that I don’t know because it’s not going to happen tomorrow or in one or two years.” Wolpe quickly told Cohen that he himself knows exactly what would happen if the power balance between Hamas and Israel were to be reversed. (Later, Wolpe told me that he thought Cohen could not have been so naïve as to misunderstand the nature of Hamas and Hezbollah, but instead was simply caught short by the question.)

At the time, Cohen suggested that he was uninterested in grappling with the nature of Hamas and its goals. “I reject the thinking behind your question,” he said. “It’s not useful to go there.”

“Going there,” however, is necessary, not only to understand why Israelis fear Hamas, but also to understand that the narrative advanced by Hamas apologists concerning the group’s beliefs and goals is false. “Going there” also does not require enormous imagination, or a well-developed predisposition toward paranoia. It is, in my opinion, a dereliction of responsibility on the part of progressives not to try to understand the goals and beliefs of Islamist totalitarian movements.

(This post, you should know, is not a commentary on the particulars of the war between Israel and Hamas, a war in which Hamas baited Israel and Israel took the bait. Each time Israel kills an innocent Palestinian in its attempt to neutralize Hamas’s rockets, it represents a victory for Hamas, which has made plain its goal of getting Israel to kill innocent Gazans. Suffice it to say that Israel cannot afford many more “victories” of the sort it is seeking in Gaza right now. I supported a ceasefire early in this war precisely because I believed that the Israeli government had not thought through its strategic goals, or the methods for achieving those goals.)

While it is true that Hamas is expert at getting innocent Palestinians killed, it has made it very plain, in word and deed, that it would rather kill Jews. The following blood-freezing statement is from the group’s charter: “The Islamic Resistance Movement aspires to the realization of Allah’s promise, no matter how long that should take. The Prophet, Allah bless him and grant him salvation, has said: ‘The day of judgment will not come until Muslims fight the Jews (killing the Jews), when the Jews will hide behind stones and trees. The stones and trees will say ‘O Muslims, O Abdulla, there is a Jew behind me, come and kill him.”

This is a frank and open call for genocide, embedded in one of the most thoroughly anti-Semitic documents you’ll read this side of the Protocols of the Elders of Zion. Not many people seem to know that Hamas’s founding document is genocidal. Sometimes, the reasons for this lack of knowledge are benign; other times, as the New Yorker’s Philip Gourevitch argues in his recent dismantling of Rashid Khalidi’s apologia for Hamas, this ignorance is a direct byproduct of a decision to mask evidence of Hamas’s innate theocratic fascism.

The historian of totalitarianism Jeffrey Herf, in an article on the American Interest website, places the Hamas charter in context:

[T]he Hamas Covenant of 1988 notably replaced the Marxist-Leninist conspiracy theory of world politics with the classic anti-Semitic tropes of Nazism and European fascism, which the Islamists had absorbed when they collaborated with the Nazis during World War II. That influence is apparent in Article 22, which asserts that “supportive forces behind the enemy” have amassed great wealth: « With their money, they took control of the world media, news agencies, the press, publishing houses, broadcasting stations, and others. With their money they stirred revolutions in various parts of the world with the purpose of achieving their interests and reaping the fruit therein. With their money, they took control of the world media. They were behind the French Revolution, the Communist revolution and most of the revolutions we heard and hear about here and there. With their money, they formed secret societies, such as Freemason, Rotary Clubs, the Lions and others in different parts of the world for the purpose of sabotaging societies and achieving Zionist interests. With their money they were able to control imperialistic countries and instigate them to colonize many countries in order to enable them to exploit their resources and spread corruption there. »

The above paragraph of Article 22 could have been taken, almost word for word, from Nazi Germany’s anti-Jewish propaganda texts and broadcasts.

The question Roger Cohen refused to answer at Sinai Temple was addressed in a recent post by Sam Harris, the atheist intellectual, who is opposed, as a matter of ideology, to the existence of Israel as a Jewish state (or to any country organized around a religion), but who for practical reasons supports its continued existence as a haven for an especially persecuted people, and also as a not-particularly religious redoubt in a region of the world deeply affected by religious fundamentalism. Referring not only to the Hamas charter, Harris writes that, “The discourse in the Muslim world about Jews is utterly shocking.”

Not only is there Holocaust denial—there’s Holocaust denial that then asserts that we will do it for real if given the chance. The only thing more obnoxious than denying the Holocaust is to say that it should have happened; it didn’t happen, but if we get the chance, we will accomplish it. There are children’s shows in the Palestinian territories and elsewhere that teach five-year-olds about the glories of martyrdom and about the necessity of killing Jews.

And this gets to the heart of the moral difference between Israel and her enemies. …

What do we know of the Palestinians? What would the Palestinians do to the Jews in Israel if the power imbalance were reversed? Well, they have told us what they would do. For some reason, Israel’s critics just don’t want to believe the worst about a group like Hamas, even when it declares the worst of itself. We’ve already had a Holocaust and several other genocides in the 20th century. People are capable of committing genocide. When they tell us they intend to commit genocide, we should listen. There is every reason to believe that the Palestinians would kill all the Jews in Israel if they could. Would every Palestinian support genocide? Of course not. But vast numbers of them—and of Muslims throughout the world—would. Needless to say, the Palestinians in general, not just Hamas, have a history of targeting innocent noncombatants in the most shocking ways possible. They’ve blown themselves up on buses and in restaurants. They’ve massacred teenagers. They’ve murdered Olympic athletes. They now shoot rockets indiscriminately into civilian areas.

The first time I witnessed Hamas’s hatred of Jews manifest itself in large-scale, fatal violence was in late July of 1997, when two of the group’s suicide bombers detonated themselves in an open-air market in West Jerusalem. The attack took 16 lives, and injured 178. I happened to be only a few blocks from the market at the time of the attack, and arrived shortly after the paramedics and firefighters. Over the next hours, a scene unfolded that I would see again and again: screaming relatives; members of the Orthodox burial society scraping flesh off walls; the ground covered in blood and viscera. I remember another Hamas attack, on a bus in downtown Jerusalem, in which body parts of children were blown into the street by the force of the blast. At yet another bombing, I was with rescue workers as they recovered a human arm stuck high up in a tree.

After each of these attacks, Hamas leaders issued blood-curdling statements claiming credit, and promising more death. “The Jews will lose because they crave life but a true Muslim loves death,” a former Hamas leader, Abdel-Aziz Rantisi, told me in an interview in 2002. In the same interview he made the following imperishable statement: “People always talk about what the Germans did to the Jews, but the true question is, ‘What did the Jews do to the Germans?’”

I will always remember this interview not only because Rantisi’s Judeophobia was breathtaking, but because just as I was leaving his apartment in Gaza City, a friend from Jerusalem called to tell me that she had just heard a massive explosion outside her office at the Hebrew University (not far, by the way, from an attack earlier today). A cafeteria had just been bombed, my friend told me. This was another Hamas operation, one which killed nine people, including a young woman of exceptional promise named Marla Bennett, a 24-year-old American student who wrote shortly before her death, “My friends and family in San Diego ask me to come home, it is dangerous here. I appreciate their concern. But there is nowhere else in the world I would rather be right now. I have a front-row seat for the history of the Jewish people.”

Hamas is an organization devoted to ending Jewish history. This is what so many Jews understand, and what so many non-Jews don’t. The novelist Amos Oz, who has led Israel’s left-wing peace camp for decades, said in an interview last week that he doesn’t see a prospect for compromise between Israel and Hamas. « I have been a man of compromise all my life, » Oz said. « But even a man of compromise cannot approach Hamas and say: ‘Maybe we meet halfway and Israel only exists on Mondays, Wednesdays and Fridays.' »

In the years since it adopted its charter, Hamas leaders and spokesmen have reinforced its message again and again. Mahmoud Zahar said in 2006 that the group « will not change a single word in its covenant. » To underscore the point, in 2010 Zahhar said, « Our ultimate plan is [to have] Palestine in its entirety. I say this loud and clear so that nobody will accuse me of employing political tactics. We will not recognize the Israeli enemy. »

In 2011, the former Hamas minister of culture, Atallah Abu al-Subh, said that « the Jews are the most despicable and contemptible nation to crawl upon the face of the Earth, because they have displayed hostility to Allah. Allah will kill the Jews in the hell of the world to come, just like they killed the believers in the hell of this world. » Just last week, a top Hamas official, Osama Hamdan, accused Jews of using Christian blood to make matzo. This is not a group, in other words, that is seeking the sort of peace that Amos Oz—or, for that matter, the Palestinian Authority president, Mahmoud Abbas—is seeking. People wonder why Israelis have such a visceral reaction to Hamas. The answer is easy. Israel is a small country, and most of its citizens know someone who was murdered by Hamas in its extended suicide-bombing campaigns; and most people also understand that if Hamas had its way, it would kill them as well.

Voir également:

An Honest Voice in Israel
Philip Gourevitch

The New Torker

August 2, 2014

Shortly before the announcement Thursday night of the ceasefire in Gaza that went into effect Friday morning and was immediately broken, the Deutsche Welle, the German radio station, posted the transcript of an interview with the Israeli novelist Amos Oz. Here’s how it started:

OZ: I would like to begin the interview in a very unusual way: by presenting one or two questions to your readers and listeners. May I do that?
DEUTSCHE WELLE: Go ahead!
QUESTION 1: What would you do if your neighbor across the street sits down on the balcony, puts his little boy on his lap, and starts shooting machine-gun fire into your nursery?
QUESTION 2: What would you do if your neighbor across the street digs a tunnel from his nursery to your nursery in order to blow up your home or in order to kidnap your family?

Oz is no hawk. He is the godfather of Israeli peaceniks: in 1967, right after the Six-Day War—in which he fought—left Israel in control of the West Bank and the Gaza Strip, he was the first Israeli to call publicly for the creation of an independent Palestinian state in those territories, writing, “Even unavoidable occupation is a corrupting occupation.” He has always opposed the establishment of Israeli settlements on Palestinian land, and, in 1978, he was a founder of Peace Now. He is a steadfast critic of the policies toward Palestinians of Prime Minister Benjamin Netanyahu, and, in the Deutsche Welle interview, advocated once again an Israeli deal with the Palestinian President, Mahmoud Abbas. “My suggestion,” he said, is “a two-state solution and coexistence between Israel and the West Bank: two capitals in Jerusalem, a mutually agreed territorial modification, removal of most of the Jewish settlements from the West Bank.”

Although Netanyahu has said that he accepts the two-state idea, he has doggedly resisted efforts to realize it, and his resistance has carried a terrible price for both Israelis and Palestinians. Oz argues cogently that such an agreement, followed by heavy Israeli investment in the success of the West Bank, would do more to destroy Hamas’s hold over Gaza than all of Israel’s wars there have managed. “The people in Gaza will be very jealous of the freedom and prosperity enjoyed by their brothers and sisters on the West Bank in the state of Palestine,” he said.

Oz’s interview is not only one of the most sober reckonings of Israel’s current position that you can find, his insistence that Israel and Palestine really could do vastly better by each other also makes it one of the most optimistic. While Oz finds it impossible to oppose Israel’s current war on principle—he calls it “justified, but excessive”—his longstanding commitment to the end of