Terrorisme: L’islam est-il en train de réaliser la prophétie d’Enoch Powell ? (Is the Tide of Hope reverting to Rivers of Blood ?)

5 juin, 2017
https://i1.wp.com/www.dreuz.info/wp-content/uploads/2017/06/unnamed-1-2.jpgNul n’est prophète en son pays. Jésus
Vous plairait-il de trouver une nation d’une telle humeur barbare qui éclatant en violence hideuse ne vous permettrait pas d’habiter la terre ? Que penseriez-vous d’être ainsi utilisé?  (…) C’est le cas des étrangers et telle est votre inhumanité monstrueuse. Shakespeare
Si je regarde vers l’avenir, je suis empli de sombres présages ; tel le poète romain, il me semble voir le Tibre écumer d’un sang abondant. Enoch Powell (20 avril 1968)
La fonction suprême de l’homme d’Etat est de protéger la société de malheurs prévisibles. Il rencontre dans cette tâche des obstacles profondément ancrés dans la nature humaine. L’un d’entre eux est qu’il est d’évidence impossible de démontrer la réalité d’un péril avant qu’il ne survienne : à chaque étape de la progression d’un danger supposé, le doute et le débat sont possibles sur son caractère réel ou imaginaire. Ces dangers sont en outre l’objet de bien peu d’attention en comparaison des problèmes quotidiens, qui sont eux incontestables et pressants : d’où l’irrésistible tentation pour toute politique de se préoccuper du présent immédiat au détriment de l’avenir. Par-dessus tout, nous avons également tendance à confondre la prédiction d’un problème avec son origine, ou même avec le fauteur de trouble. Nous aimons à penser : « Si seulement personne n’en parlait, sans doute rien de tout cela n’arriverait…» Cette habitude remonte peut-être à la croyance primitive que le mot et la chose, le nom et l’objet, sont identiques. Dans tous les cas, l’évocation des périls à venir, graves mais évitables (si l’on s’attache à les résoudre), est la tâche la plus impopulaire de l’homme politique. La plus nécessaire aussi. (…) Sur la lancée actuelle, dans 15 ou 20 ans, il y aura en Grande-Bretagne, en comptant les descendants, 3,5 millions d’immigrés du Commonwealth. Ce chiffre n’est pas de moi : c’est l’évaluation officielle donnée au Parlement par les bureaux de l’état-civil. Il n’y a pas de prévision officielle semblable pour l’an 2000, mais le chiffre avoisinera les 5 à 7 millions, soit environ un dixième de la population, quasiment l’équivalent de l’agglomération londonienne. Cette population ne sera bien sûr pas uniformément répartie du nord au sud et d’est en ouest. Dans toute l’Angleterre, des régions entières, des villes, des quartiers, seront entièrement peuplés par des populations immigrées ou d’origine immigrée. Avec le temps, la proportion des descendants d’immigrés nés en Angleterre, et donc arrivés ici comme nous, augmentera rapidement. Dès 1985, ceux nés en Angleterre [par rapport à ceux nés à l’étranger] seront majoritaires. C’est cette situation qui demande d’agir avec la plus extrême urgence, et de prendre des mesures qui, pour un homme politique, sont parmi les plus difficiles à prendre, car ces décisions délicates sont à considérer dans le présent, alors que les dangers à écarter, ou à minimiser, ne se présenteront qu’aux élus des générations futures. Lorsqu’un pays est confronté à un tel danger, la première question qui se pose est celle-ci : « Comment réduire l’ampleur du phénomène ? » Puisqu’on ne peut entièrement l’éviter, peut-on le limiter, sachant qu’il s’agit essentiellement d’un problème numérique ? Car en effet, l’arrivée d’éléments étrangers dans un pays, ou au sein d’une population, a des conséquences radicalement différentes selon que la proportion est de 1% ou 10%. La réponse à cette simple question est d’une égale simplicité : il faut stopper, totalement ou presque, les flux d’immigration entrants et encourager au maximum les flux sortants. Ces deux propositions font partie de la plate-forme officielle du Parti Conservateur. Il est à peine concevable qu’en ce moment même, rien qu’à Wolverhampton, entre 20 et 30 enfants immigrés supplémentaires arrivent chaque semaine de l’étranger, soit 15 à 20 familles supplémentaires dans 10 ou 20 ans. « Quand les Dieux veulent détruire un peuple, ils commencent par le rendre fou » dit le dicton, et assurément nous devons être fous, littéralement fous à lier, en tant que nation, pour permettre chaque année l’arrivée d’environ 50 000 personnes à charge et qui plus tard accroîtront la population d’origine immigrée. J’ai l’impression de regarder ce pays élever frénétiquement son propre bûcher funéraire. (…) Le troisième volet de la politique du Parti Conservateur est l’égalité de tous devant la loi : l’autorité publique ne pratique aucune discrimination et ne fait aucune différence entre les citoyens. Ainsi que M. Heath [leader du parti conservateur] l’a souligné, nous ne voulons pas de citoyens de première ou de seconde «classe». Mais cela ne doit pas signifier pour autant qu’un immigré ou ses descendants doivent disposer d’un statut privilégié ou spécifique, ou qu’un citoyen ne soit pas en droit de discriminer qui bon lui semble dans ses affaires privées, ou qu’on lui dicte par la loi ses choix ou son comportement. Il n’y a pas plus fausse appréciation de la réalité que celle entretenue par les bruyants défenseurs des lois dites « contre les discriminations ». Que ce soit nos grandes plumes, toutes issues du même moule, parfois des mêmes journaux qui, jour après jour dans les années 30, ont tenté d’aveugler le pays face au péril croissant qu’il nous a fallu affronter par la suite. Ou que ce soit nos évêques calfeutrés dans leurs palais à savourer des mets délicats, la tête dissimulée sous les draps. Ces gens-là sont dans l’erreur, dans l’erreur la plus absolue, la plus complète. Le sentiment de discrimination, de dépossession, de haine et d’inquiétude, ce ne sont pas les immigrés qui le ressentent, mais bien ceux qui les accueillent et doivent continuer à le faire. C’est pourquoi voter une telle loi au Parlement, c’est risquer de mettre le feu aux poudres. Le mieux que l’on puisse dire aux tenants et aux défenseurs de cette loi, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. (…) alors qu’arriver en Grande-Bretagne signifie pour le migrant accéder à des privilèges et à des équipements ardemment recherchés, l’impact sur la population autochtone du pays est bien différent. Pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, en application de décisions prises à leur insu, pour lesquelles ils ne furent jamais consultés, les habitants de Grande-Bretagne se retrouvent étrangers dans leur propre pays. Leurs femmes ne trouvent pas de lits d’hôpital pour accoucher, leurs enfants n’obtiennent pas de places à l’école, leurs foyers, leurs voisins, sont devenus méconnaissables, leurs projets et perspectives d’avenir sont défaits. Sur leurs lieux de travail, les employeurs hésitent à appliquer au travailleur immigré les mêmes critères de discipline et de compétence qu’au Britannique de souche. Ils commençent à entendre, au fil du temps, des voix chaque jour plus nombreuses qui leur disent qu’ils sont désormais indésirables. Et ils apprennent aujourd’hui qu’un privilège à sens unique va être voté au Parlement. Qu’une loi qui ne peut, ni n’est destinée à les protéger ni à répondre à leurs doléances, va être promulguée. Une loi qui donnera à l’étranger, au mécontent, à l’agent provocateur, le pouvoir de les clouer au pilori pour des choix d’ordre privé. Parmi les centaines de lettres que j’ai reçues après m’être exprimé sur ce sujet il y a 2 ou 3 mois, j’ai remarqué une nouveauté frappante, et je la trouve de très mauvaise augure. Les députés ont l’habitude de recevoir des lettres anonymes, mais ce qui me surprend et m’inquiète, c’est la forte proportion de gens ordinaires, honnêtes, avisés, qui m’écrivent une lettre souvent sensée, bien écrite, mais qui préfèrent taire leur adresse. Car ils craignent de se compromettre ou d’approuver par écrit les opinions que j’ai exprimées. Ils craignent des poursuites ou des représailles si cela se savait. Ce sentiment d’être une minorité persécutée, sentiment qui progresse parmi la population anglaise dans les régions touchées du pays, est quelque chose d’à peine imaginable pour ceux qui n’en ont pas fait directement l’expérience. (…) L’autre dangereuse chimère de ceux qui sont aveugles aux réalités peut se résumer au mot « intégration ». Être intégré, c’est ne pas se distinguer, à tous points de vue, des autres membres d’une population. Et de tout temps, des différences physiques évidentes, particulièrement la couleur de peau, ont rendu l’intégration difficile, bien que possible avec le temps. Parmi les immigrés du Commonwealth venus s’installer ici depuis 15 ans, il existe des dizaines de milliers de personnes qui souhaitent s’intégrer, et tous leurs efforts tendent vers cet objectif. Mais penser qu’un tel désir est présent chez une vaste majorité d’immigrés ou chez leurs descendants est une idée extravagante, et dangereuse de surcroît. Nous sommes arrivés à un tournant. Jusqu’à présent, la situation et les différences sociales ont rendu l’idée même d’intégration inaccessible : cette intégration, la plupart des immigrés ne l’ont jamais ni conçue ni souhaitée. Leur nombre et leur concentration ont fait que la pression vers l’intégration qui s’applique d’habitude aux petites minorités, n’a pas fonctionné. Nous assistons aujourd’hui au développement de forces qui s’opposent directement à l’intégration, à l’apparition de droits acquis qui maintiennent et accentuent les différences raciales et religieuses, dans le but d’exercer une domination, d’abord sur les autres migrants et ensuite sur le reste de la population. Cette ombre, au départ à peine visible, obscurcit le ciel rapidement. Et on la perçoit désormais à Wolverhampton. Elle donne des signes d’expansion rapide. (…) Le projet de Loi sur les Relations Raciales constitue le terreau idéal pour que ces dangereux éléments de discorde prospèrent. Car voilà bien le moyen de montrer aux communautés d’immigrants comment s’organiser et soutenir leurs membres, comment faire campagne contre leurs concitoyens, comment intimider et dominer les autres grâce aux moyens juridiques que les ignorants et les mal-informés leur ont fournis. Je contemple l’avenir et je suis rempli d’effroi. Comme les Romains, je vois confusément « le Tibre écumant de sang ». Ce phénomène tragique et insoluble, nous l’observons déjà avec horreur outre-Atlantique, mais alors que là-bas il est intimement lié à l’histoire de l’Amérique, il s’installe chez nous par notre propre volonté, par notre négligence. Il est déjà là. Numériquement parlant, il aura atteint les proportions américaines bien avant la fin du siècle. Seule une action résolue et immédiate peut encore l’empêcher. Je ne sais si la volonté populaire exigera ou obtiendra de telles mesures. Mais ce que je sais, c’est que se taire devant cette situation serait une trahison majeure. Enoch Powell (1968)
40 years ago, Enoch Powell’s speech in this hotel, made to a handful of activists, electrified Britain. It elated some. It terrorised others. Its timing was a tragedy for our nation. Historically we are diverse, open-minded, and anti-racist. But every now and again we forget our true character. And April 20 1968 was the start of a forty year aberration for which we have since paid dearly. Just at the moment when we were about to pass what were then the most progressive race relations laws in Europe we were plunged into a forty-year bout of racial introspection. In the year that four young British musicians captivated the planet with their charm, confidence and their talent, our politicians were forced to wrestle with the fears of an anxious majority convinced that their rights were about to be usurped by a greedy minority. And in the past forty years, when we could justifiably have been boasting of our success in creating a multicultural, multiethnic society, we found ourselves mired in a ghastly stand-off about race relations which has spawned unnecessary division and inequality. Yet in spite of all this, today, I believe that Britain remains, at heart, that open-minded, anti-racist nation. And that this 20th of April offers us a chance to throw off the shadow of the past forty years. I want to tell you why I believe that right now, the urgency of change demands a new social contract in which we the British people reap the benefits of managed migration by pursuing a positive policy of active integration. In my lifetime there has never been a more vital moment for such a profound shift in thinking. There are no rivers of blood in prospect. Rather there is today a tide of hope that is carrying 200 million and more migrants across the globe in search of a better life. Some are British. Many are highly-skilled and qualified. They look in our direction, but they have choices. Like every other prosperous developed nation we know that if we don’t get our share of this wave of talent we risk becoming an economic backwater. But we also know that with the benefits of migration come costs. So my speech today is about how, we maximise the benefits and minimise the costs. If we fail, our children and our grandchildren won’t be arguing about how many immigrants we can take into Britain; they’ll be wondering how they can get a work permit to the dominant economies of China, India and Brazil. (…) So why, given its impact, did Powellism fail so dismally? I think there are three reasons. First the doctrine utterly failed to understand the essential attitude of British people to difference. We are not racists. How could we be? We are an ancient multilingual state forged from at least four different ethnicities, with a people built on and used to intermarriage, compromise and negotiation. (…) I think the second reason for the Powellites’ failure is that they wanted to promote a British identity rooted in an Empire that by 1968 was already in rapid decline. And finally, perhaps most important of all, the Powellites fatally confused race and immigration. We can see today why this is a mistake. In the last decade, when we have had higher net immigration than at any time in the past forty years, large numbers – over half a million between 2004 and 2006 of immigrants are white. (…) The warning of the River Tiber foaming with much blood comes from the Cumaean Sybil, one of the prophetesses of Roman legend. Virgil says that she told Aeneas, the Trojan, not to go to Rome because there’d be trouble. In fact he ignored the warning, he went on to found the dynasty that built Rome – we remember Romulus and Remus – the centre of arguably the most successful multiethnic and multi-faith empire in the history of the world. Perhaps what happened to the Sybil is a warning. She was granted eternal life by the God Apollo, but forgot to ask for an eternal body. So though she still had the gift of prophecy, she withered away until she was just a disembodied voice. Eventually she disappeared never to be heard from again. I think that’s food for thought for all aspiring prophets. So in short, after forty years I think we can say with confidence that we don’t need to ask if Powellism was ever right. All we need to know is that it wrong now. That story is over. Goodbye Alf Garnett. But that does not mean that the political challenge of immigration is over. On the contrary. We’ve only just begun to prepare the ground to debate the greatest challenge of our time. I believe that there are two fundamental challenges facing western nations today. One is how we live with our planet. The other is how we live with each other. The second – in Sir Isaiah Berlin’s phrase – « living together graciously » – is in my view the more urgent. If we cannot get along with our neighbours we have no hope of taking the concerted action we need to reverse climate change. There’s just no mileage in talking about car pools if you loathe your neighbours so much that you can’t bear to share a car ride with them. (…) So I want to propose first that we simply abandon the unproven Powellite assertion that if we get immigration numbers down, we’ll have less trouble. Instead I want to argue that our history shows that immigration and integration are reciprocal. That is to say, that if we needed, perhaps for economic reasons, to admit more immigrants we would have to work harder at integration; but equally, that if we are better at our integration, we can probably accommodate more immigrants. And just as Powellism had its three central principles – assimilation, separation and domination – I want to propose three new principles for an integrated society, based on our Commission’s core values – equality, human rights and good relations. (…) We cannot allow discussion of race and immigration forever to be seen as playing into the hands of extremists. The forty-year old shockwave of fear has gagged us all for too long. Our aim is the integrated society – one built on fairness, respect and dignity, confident in all aspects of its diversity. We need to start a new conversation about how we get there, a dialogue has to be guided not by fear, but by hope. Trevor Phillips (2008)
Le discours des fleuves de sang est un discours prononcé le 20 avril 1968 par Enoch Powell, parlementaire conservateur britannique, critiquant le multiculturalisme et opposé à l’immigration venant des pays du Commonwealth. Le discours a été prononcé devant une réunion régionale du Conservative Political Centre, au moment où la loi Race Relations Bill 1968 était en discussion au Parlement à majorité travailliste. Son auteur l’appelait « discours de Birmingham ». Il tire son nom de cet extrait : « Si je regarde vers l’avenir, je suis empli de sombres présages ; tel le poète romain, il me semble voir le Tibre écumer d’un sang abondant ». Le sujet du discours était l’immigration ; Powell désirait avertir le peuple que, selon lui, celle-ci menaçait le Royaume-Uni. Il déplorait le fait que des Anglais ne trouvassent pas d’emploi à cause de la main-d’œuvre que constituaient les immigrés (principalement des Jamaïcains), dénonçant le comportement de ceux-ci à l’aide de nombreux exemples destinés à marquer l’auditoire. Le discours provoqua une vaste polémique dans la classe politique, la presse et la société britannique, mais un sondage de l’organisation Gallup réalisé fin avril 1968 montra que 74 % de la population était d’accord avec lui. Sous la pression de ses collègues, il dut démissionner du cabinet fantôme conservateur où il occupait le poste de ministre de la Défense. Dans son livre Reflections on the Revolution in Europe: Immigration, Islam and the West (2009), traduction Une révolution sous nos yeux (2011), Christopher Caldwell relève que les prévisions chiffrées d’Enoch Powell sont assez exactement réalisées, mais pas les catastrophes annoncées. Wikipedia
Europe could face a new wave of migrant arrivals this summer, a leaked German government report has warned. Up to 6.6m people are waiting in countries around the Mediterranean to cross into Europe, according to details of the classified report leaked to Bild newspaper. They include more than 2.5m in North Africa waiting to attempt the perilous crossing by boat. Angela Merkel’s government has not commented on the report, which the newspaper says was marked for internal use only. There are fears of a dramatic rise in arrivals as the summer weather turns favourable for sea crossings. Growing numbers of migrants are known to be attempting to reach Europe by boat in the wake of the closure of the Balkan land route last year. They include refugees fleeing the turmoil in Syria and Iraq as well as economic migrants from Africa, the Middle East and Asia. The report warns the number waiting to cross into Europe has risen by 650,000 since the end of January alone — an increase of 12 per cent. It says 1m are waiting in Libya, where smugglers use small and often unseaworthy boats to carry migrants to outlying Italian islands. Another 1m are waiting in Egypt, 430,000 in Algeria, 160,000 in Tunisia, and 50,000 in Morocco. Others are waiting in transit countries along the route, with up to 720,000 in Jordan. The numbers also include 3.3m waiting in Turkey, most of whom are currently prevented from crossing into Europe by the EU’s migrant deal with President Recep Tayyip Erdogan’s government. The Telegraph
Les penseurs sunnites qui ont soutenu que le Coran pouvait servir à la modernisation se sont empêtrés dans un bourbier conceptuel, ce qui explique la crise de la pensée islamique aujourd’hui. Le Coran légitime nombre de choses embarrassantes pour les musulmans modernistes: l’esclavage, le djihad armé, le contrôle des femmes, la polygamie et des aberrations scientifiques. Suleiman Mourad
Cessons de parler d’État Islamique, ils trahissent la religion qu’ils prétendent servir. Ce sont juste des assassins. Christophe Castaner (porte-parole du gouvernement Philippe)
Ce n’est pas la première fois que l’on hésite à qualifier cette organisation terroriste par autre chose que par un acronyme. Laurent Fabius quand il était au quai d’Orsay avait affirmé une préférence pour Daech plutôt que pour État Islamique. Barack Obama n‘a jamais parlé de terrorisme islamiste et François Hollande non plus, sauf dans les confidences faîtes à Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans le livre Un président ne devrait pas dire ça. La pudeur linguistique n’est donc pas le seul fait de M. Castaner. (…) Elle est essentielle. Camus l’a dit et nous le répétons sans cesse «Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde». Dire que ce terrorisme n’est lié a aucune religion c’est tout simplement faux. Le calife et ses soutiens se revendiquent de l’islam. C’est un des visages, fort heureusement pas le seul et pas le principal, mais c’est un des visages de l’islam. En outre, si toutes les religions comptent dans leurs rangs des criminels et des assassins, la systématisation de la terreur n’appartient aujourd’hui qu’à la sphère islamique. Le nier c’est se priver du moyen de désigner ceux qui veulent nous tuer et qui le font comme à Londres «au nom d’Allah». Personne aujourd’hui ne tue au nom de Jésus, Vishnou ou Moïse. Rachid Kassim, l’un des organisateurs des attentats en France l’avait déclaré avant d’être tué par un drone américain: ses motivations n’étaient ni sociales, ni idéologiques (colonisation) mais religieuses. On ne peut en rien exonérer l’islam des crimes qui sont commis en son nom. Ceux qui le font rejoignent le discours de Tariq Ramadan qui veut noyer la singularité d’une grande confession dans la masse des crimes mondiaux, dans la nuit de l’équivalence. (…) C’est l’esprit d’une motion que Trudeau a fait voter il y a quelques semaines au Canada et qui, en substance, empêche toute critique de l’islam. L’islam est en train d’acquérir un brevet de religion intouchable. La confession la plus gangrenée par la violence est repeinte en religion de tolérance et d’amour. On ne peut pas continuer à rester dans le conte de fées pour échapper à l’accusation de racisme et d’amalgame. Adonis, Kamel Daoud, Boualem Sansal, Abdenour Bidart pourtant ne cessent de nous mettre en garde. Au fond, cette rhétorique est très anglo-saxonne. Pour les Américains et les Anglais, toute religion est bonne en soi. Mais l’islam n’a pas connu les lumières et la réforme interne. La vérité que nous sommes obligés de répéter sans cesse est la suivante: ces massacres n’ont pas de causes sociales, économiques, pathologiques mais bien théologiques. Garder les yeux grands fermés comme M. Castaner augure mal de la politique du gouvernement. Pascal Bruckner
Le modèle assimilationniste accorde un privilège à la culture de la société d’accueil, sans être ni culturaliste ni inégalitaire. C’est même tout le contraire puisqu’il suppose une capacité d’adaptation des migrants et de leurs descendants à un environnement culturel différent du leur. Le multiculturalisme est un modèle asymétrique d’un autre type. Il favorise le séparatisme et l’entre-soi, mais seulement pour les nouveaux venus. Cet entre-soi ne peut, en effet, être étendu aux autochtones, sous peine de susciter des discriminations. Les « minorités » reçoivent alors un traitement qui ne peut être concédé aux autochtones. C’est un modèle culturaliste et inégalitaire qui renverse l’asymétrie du modèle assimilationniste. Il ne reconnaît pas de droit à la persistance culturelle de la société d’accueil. L’assimilation nécessite un certain nombre de conditions et, notamment, l’engagement du corps social dans son entier, élites comprises. La pression sociale exercée par les autochtones, généralement ceux des catégories populaires qui voisinent avec les populations aux modes de vie dépaysants, doit être considérée comme légitime et encouragée. Selon Paul Collier (Exodus, dont une traduction est à paraître à l’Artilleur l’année prochaine), les autochtones doivent être « les prosélytes de leur propre nation ». Pour être convaincant, ce prosélytisme nécessite une certaine fierté. Si j’insiste sur ces caractéristiques, c’est parce qu’elles dessinent, en creux, tout ce qui manque aujourd’hui. Nous ne sommes plus dans une disposition d’esprit propre à susciter l’assimilation. L’ascendant culturel des catégories populaires, autrefois motrices dans l’assimilation, est désormais contesté. Elles ont cessé d’être les prosélytes de la nation, d’espérer que leurs voisins s’adapteront et préfèrent vivre dans des lieux où il leur sera plus facile de maintenir leur propre mode de vie. Elles se sont éloignées des grands centres urbains (voir Christophe Guilluy), évitement qui a renforcé les concentrations ethniques, lesquelles favorisent l’entre-soi et le maintien des habitudes culturelles. On a là un cercle vicieux sur lequel les exhortations à la mixité sociale (euphémisme pour mixité ethnique) ont peu de prise. L’autodénigrement a remplacé le prosélytisme. Pourquoi chercherait-on à s’assimiler à un pays aussi détestable dont on ressasse avec gourmandise les tares passées ? (…) la politique fondée sur des droits encourage, paradoxalement, la migration irrégulière. Une fois qu’on a mis le pied en Europe, on a de bonnes chances de pouvoir y demeurer. En France, la perception du phénomène est obscurcie par des discours mal informés sur le régime migratoire actuel. Récemment, dans Libération, Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Musée de l’histoire de l’immigration, a justifié l’échec de Marine Le Pen à la présidentielle par le fait qu’ « on a accueilli très peu de migrants ces dernières années ! ». Je laisse le lecteur en juger à la lumière de ce graphique. J’ai, par ailleurs, montré que le taux d’accroissement de la proportion d’immigrés depuis le début des années 2000 est voisin de celui observé pendant les Trente Glorieuses. (…) Si l’option assimilationniste a été abandonnée très tôt en France (on peut remonter jusqu’en 1991 pour situer la bifurcation diversitaire de l’intégration théorisée par le Haut Conseil à l’intégration), c’est dans le cadre européen qu’a été élaborée plus finement l’option multiculturaliste à laquelle la France a souscrit. Je n’ai pas eu d’écho d’une opposition française aux onze principes de base communs adoptés par le Conseil européen du 19 novembre 2004. La France n’avait d’ailleurs dépêché, pour l’occasion, que son représentant permanent. L’intégration est désignée, dans le premier principe, comme « un processus à double sens d’acceptation mutuelle de la part de tous les immigrants et résidents des États membres ». La littérature européenne nous éclaire sur le but de l’intégration : tolérance et respect ! L’UE, par construction, est favorable au développement du multiculturalisme. S’y ajoutent les craintes alimentées par les projections démographiques d’Eurostat, qui incitent l’UE à voir dans l’immigration la solution pour éviter un déclin démographique trop marqué. (…)  L’islam change la donne par la taille de la population musulmane, l’importance que les musulmans accordent à la religion, une tendance à la désécularisation, une transmission religieuse qui s’est améliorée et une endogamie religieuse très forte. Le tout dans un contexte que je vous ai décrit plus haut. Les mariages mixtes ont toujours été le carburant de l’assimilation : en épousant des autochtones, les migrants ou leurs descendants s’inscrivent dans l’héritage historique français. Éric Kaufmann considère que l’exogamie des musulmans est « l’épreuve de vérité de l’assimilation ». Pourtant, l’endogamie est la règle. Elle vaut pour toutes les religions, a fortiori pour l’islam : parmi les musulmans présents en 2008 et âgés de 18-50 ans, 90 % des premiers mariages des hommes et des femmes nés en France ou qui y sont venus alors qu’ils étaient encore enfants ont été célébrés avec un conjoint musulman. Paradoxalement, cette endogamie est plus faible chez les migrants arrivés célibataires à l’âge adulte qui ne se sont pas frottés à la société française dans leur jeune âge. (…)  Lorsque les Polonais sont arrivés en France il y a bien longtemps, il passaient pour inassimilables. Mais il étaient catholiques et ont pu, au fil du temps et des générations, finalement, « trouver chaussure à leur pied » parmi les catholiques autochtones. Paradoxalement, l’endogamie religieuse a favorisé l’exogamie ethnique. Le catholicisme faisait partie des éléments culturels communs. Tel n’est pas le cas des musulmans qui apportent l’islam dans leurs bagages. Par ailleurs, la société, jusque dans les années 1960-70, n’était guère encline à célébrer la diversité comme on le fait aujourd’hui. (…) Nous avons actuellement la plus mauvaise combinaison : immigration étrangère importante + multiculturalisme mâtiné d’une rhétorique républicaine. Comme l’explique très bien Paul Collier dans son livre, le développement de diasporas (populations qui n’ont pas été absorbées par la population du pays d’accueil) favorise les flux d’immigration fondés sur les liens diasporiques. L’assimilation limite ce développement alors que le multiculturalisme le favorise. L’existence de larges diasporas n’est pas non plus propice à l’assimilation. Des flux plus modérés et une politique d’assimilation résolue constitueraient une meilleure combinaison. C’est d’autant plus vrai que les étrangers nouvellement accueillis sont plus difficiles à assimiler que prévu. Mais ce n’est pas la route sur laquelle nous cheminons. La régulation des flux migratoires est du ressort des pays d’accueil et il faut cesser de se bercer d’illusions avec le développement des pays de départ qui serait la solution miraculeuse. Leur développement est une bonne chose en soi, mais ne participera pas à réduire les candidats à la migration, bien au contraire. L’amélioration du niveau de vie fournira, en effet, à plus de candidats les moyens de partir. Il faut savoir que la politique migratoire est une compétence partagée avec l’UE. La Cour de justice de l’UE (CJUE) veille au respect des divers règlements et directives et élabore une jurisprudence qui encadre la politique des États. Sans parler de la Cour européenne des droits de l’homme et des Cours nationales. Michèle Tribalat
Cette enquête est troublante. Elle révèle quelque chose que l’on n’a pas reconnu jusque-là : l’apparition d’une nation dans la nation, avec sa propre géographie, ses propres valeurs et son propre avenir. (…) il faut abandonner le multiculturalisme soft et adopter une approche d’intégration beaucoup plus musclée. Trevor Phillips (2016)
Pendant longtemps, je pensais que les musulmans (…) abandonneraient petit à petit leurs coutumes ancestrales, qu’ils se fondraient dans le paysage britannique divers. Mais j’ai eu tort. Trevor Phillips (2016)
In the wake of the jihadi human bomb attack in Manchester, Britain’s Prime Minister Theresa May said: “We struggle to comprehend the warped and twisted mind that sees a room packed with young children not as a scene to cherish but an opportunity for carnage.” Germany’s Chancellor Angela Merkel said: “ It is unbelievable that somebody has used a joyful pop concert to kill or seriously injure so many people.” A headline in the Washington Post read: “In suburban Manchester, a search for what might have motivated the attacker”. “Struggle to comprehend”? “Unbelievable”? “What might have motivated the attacker”? Really?? In 2006 I published my book Londonistan which analysed the supine response of the British political, legal and religious establishment to Islamic jihadi terrorism and the Islamisation of Britain. What follows below is the concluding chapter of that book. As the army patrols the streets of Britain to guard against further expected terrorist attacks, my warning about the deadly failure to face up to the true nature of the threat facing the west is surely even more urgent today. (…) Britain is in denial. Having allowed the country to turn into a global hub of the Islamic jihad without apparently giving it a second thought, the British establishment is still failing even now — despite the wake-up calls of both 9/11 and the London bomb attacks of 2005 — to acknowledge what it is actually facing and take the appropriate action. Instead, it is deep into a policy of appeasement of the phenomenon that threatens it, throwing sops to both radical Islamism and the Muslim community in a panic-stricken attempt to curry favour and buy off the chances of any further attacks. This disastrous policy ignores the first law of terrorism which is that it preys on weakness. The only way to defeat it is through strength — the strength of a response based on absolute consistency and moral integrity, which arises in turn from the strength of belief in the values that are being defended. By choosing instead the path of least resistance, Britain is advertising its fundamental weakness and is thus not only greatly enhancing the danger to itself but is also enfeebling the alliance in the defence of the west. Britain has a long and inglorious history of appeasing terrorism, thus bringing true the aphorism in which its ruling class so cynically believes that ‘terrorism works’. Now, however, this dubious national trait has been cemented even more firmly into the national psyche by the governing doctrine of multiculturalism, which has made it all but impossible even to acknowledge that this is a problem rooted within the religion of a particular minority community. The fervent embrace of ‘victim culture’ means instead that this minority has to be treated on its own assessment as a victim of the majority and its grievances attended to on the basis that it is these grievances which are the cause of terrorism. At the same time, however, this minority disavows any connection with terrorism and vilifies anyone who dares suggest to the contrary. Thus Britain is being forced to act on the basis that if it does not do so it will be attacked — by people who claim that terrorism runs totally counter to the values of their religion, but then demand that the grievances of members of that religion are addressed as the price of averting further attacks. This deeply manipulative and mind-twisting behaviour is the equivalent of holding a gun to Britain’s head while denying that this is being done, and threatening to run out of town anyone who points it out. The intersection of an aggressive religious fanaticism with the multicultural ideology of victimhood has created a state of paralysis across British institutions. The refusal to admit the religious character of the threat means not only that Britain is failing to take the action it should be taking but, worse still, is providing Islamist ideologues with an even more powerful platform from which to disseminate the anti-western views which have so inflamed a section of Britain’s Muslims. The refusal to acknowledge that this is principally a war of religious ideology, and that dangerous ideas that can kill are spread across a continuum of religious thought which acts as a recruiting-sergeant for violence, is the most egregious failure by the British political and security establishment. The deeply-rooted British belief that violence always arises from rational grievances, and the resulting inability to comprehend the cultural dynamics of religious fanaticism, have furthermore created a widespread climate of irrationality and prejudice in which the principal victims of the war against the west, America and Israel, are demonised instead as its cause. This mindset and the corresponding terror of being thought ‘Islamophobic’ have prevented the British from acknowledging the eruption of Islamist violence not just in Britain but around the western world. The British media either ignore it — as with disturbances in Sweden or Belgium — or, when they do report it, insist that Islam has nothing to do with it. (…) One of the reasons why people shy away from acknowledging the religious aspect of this problem is, first, the very proper respect that should be afforded to people’s beliefs and, second, the equally proper fear of demonising an entire community. There is indeed a risk of such a discussion exposing innocent Muslims to attack. But there is a greater risk to the whole community if the roots of the problem are censored and never dealt with. The key issue is the inability to grasp that, just because a problem has a religious character, this does not mean that all members of that religion suffer from that problem. There is a distinction to be drawn between Muslims and Islamists. Islamism is the politicised interpretation of the religion which aims to Islamicise societies. Many Muslims in Britain and elsewhere would not subscribe to this ideology. But it is the dominant strain throughout the Muslim world, and there has been so far no serious challenge to it — not least because those who do speak out against it run the risk of being killed. Because it is so dominant, backed by powerful Muslim states and even more crucially by Islamic religious authorities, it constantly spreads its extremist messages of religious fanaticism and political sedition. That is why the development of the Muslim Brotherhood infrastructure in Britain was so calamitous. It is also why the most bitter criticism of the government’s subsequent appeasement of the Brotherhood has come from liberal British Muslims, who feel understandably betrayed as the ground is cut from under their feet. The charge that pointing out the religious nature of this extremism is an act of bigotry against Muslims is deployed to shut down a vital debate which urgently needs to be had, not least within the Muslim community itself. The claim is a form of crude intimidation, and the fact that Britain is so cowed by it in itself shows how far it has already travelled down this dangerous path. It also ignores the fact that some Muslims themselves are speaking out in similar vein. (…) Such courageous Muslims are being betrayed by Britain’s pusillanimity. The Muslim community has got to come up with a different response from blaming Britain and the west. While no-one has the right to tell it how to organise its own religion, it does have a responsibility to address those aspects of its culture which threaten the state. Britain does this community no favours by pandering to its own tendency to self-delusion. For Britain to start to address this properly, it would have to take a number of steps which showed unequivocally that it was refusing to compromise not just with terror but with the ideology that fuels it. That would mean showing that, while it had no problem with the practice of Islam as a minority faith that observed the same rules as all other minority faiths, it would not countenance the practice of Islamism, or clerical fascism, and would take steps to stop it. (…) Next, a properly motivated nation would set about the remoralisation and re-culturation of Britain by restating the primacy of British culture and citizenship. To do this, it would recognise that British nationhood has been eviscerated by the combination of three things: mass immigration, multiculturalism and the onslaught mounted by secular nihilists against the country’s Judeo-Christian values. It would institute tough controls on immigration while Britain assimilates the people it has already got. The principal reason behind the cultural segregation of Britain’s Muslims is their practice of marrying their young people to cousins from the Indian subcontinent. That has got to stop because it is simply a threat to social cohesion. The usual charges of racism would be faced down by reaffirming two things simultaneously: that Britain values its immigrants who make a great contribution to the country; and that in order to integrate them properly into British society, their numbers must be controlled. It would abolish the doctrine of multiculturalism by reaffirming the primacy of British values. It would ensure that British political history is once again taught in schools, and that Christianity is restored to school assemblies. It would stop the drift towards the creation of a parallel Islamic jurisdiction under Sharia and would no longer turn a blind eye to the practice of polygamy, following the recommendation of Dr Ghayasuddin Siddiqui that imams should only be allowed to officiate at marriages upon the production of a civil marriage certificate. (…) Unfortunately, there is very little chance of any of this happening. Britain is currently locked into such a spiral of decadence, self-loathing and sentimentality that it is incapable of seeing that it is setting itself up for cultural immolation. In the short term, this is likely to lead to the increasing marginalisation of British Jews, Hindus, Sikhs and other minorities caught in a pincer movement between radical Islamists on the one hand and a craven establishment on the other that is pandering to Islamist extremism. So much for the multicultural nirvana. (…) The cultural deformities of moral relativism and victim culture that have done such damage in Britain are present in American society too. At present, they are locked in conflict with traditional values in America’s culture wars. But it doesn’t take too much imagination to envisage that, if a different administration were installed in the White House, Britain’s already calamitous slide into cultural defeatism might boost similar forces at play in the United States. Britain is the global leader of English speaking culture. It was Britain which first developed the western ideas of the rule of law, democracy and liberal ideals and exported them to other countries. Now Britain is leading the rout of those values, allowing its culture to become vulnerable to the predations of militant Islam. If British society goes down under this twin assault, the impact will be incalculable — not just for the military defence of the west against radical Islamism, but for the very continuation of western civilisation itself. The west is under threat from an enemy which has shrewdly observed the decadence and disarray in Europe where western civilisation first began. And the greatest disarray of all is in Britain, the very cradle of western liberty and democracy, but whose cultural confusion is now plain for all to see in Londonistan. The Islamists chose well. Britain is not what it once was. Whether it will finally pull itself together and stop sleepwalking into cultural oblivion is a question on which the future of the west may now depend. Melanie Phillips
Donald Trump, le zozo de service selon le camp du Bien, mène contre le terrorisme islamique une politique aux effets spectaculaires. Ce lundi, l’Arabie saoudite, l’Egypte, Bahrein et les Emirats arabes unis ont, tour à tour, annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ce partenaire de la France est accusé de « soutien au terrorisme », dont Al-Qaïda, l’Etat islamique et les Frères musulmans. Lors de son discours du 21 mai à Riyad (Arabie saoudite), tenu devant une trentaine de dirigeants de pays musulmans, le président américain avait invité à vaincre « l’extrémisme islamiste », alimenté notamment par l’Iran, selon lui. Trump avait incité à la création d’une « coalition de peuples qui se liguent pour éradiquer le terrorisme ». Il avait mis les leaders musulmans devant leur responsabilité. « Chassez (les terroristes) de vos lieux de culte, de vos terres sacrées, de vos communautés et de vos territoires ». L’Arabie saoudite, berceau du salafisme, se serait-elle soudainement convertie à la tolérance ? Le doute reste de mise pour l’instant. Néanmoins, cet engagement de quatre pays musulmans à vaincre la violence djihadiste met fin à la négation du lien entre l’islam et le terrorisme mené au nom d’Allah. Ce mensonge sert de prétexte commode en Europe, et surtout en France, à exonérer l’islam de toute responsabilité et de tout effort de réforme. La bonne nouvelle est d’observer un réveil venu de musulmans eux-mêmes. Parions que la trumpophobie médiatique, cette autre pensée unique, aura du mal à admettre que Trump a marqué un point important dans l’incitation à la lucidité face aux dérives de l’islam politique. Ce matin, sur Europe 1, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a préféré parler « d’assassins et de voyous » pour désigner les trois britanniques islamistes qui ont une nouvelle fois attaqué Londres, samedi soir (7 morts, 50 blessés), au nom de l’Etat islamique. (…) En France, les yeux restent clos devant la contre-société qui se consolide dans les cités, au risque de constituer demain une nation dans la nation, si ne n’est déjà le cas. Cette évolution démographique et identitaire devrait être au cœur des préoccupations politiques. Il n’en est rien avec Emmanuel Macron, qui ne voit la France que comme une addition de communautés bienveillantes. Vendredi, après la décision de Trump de se retirer des accords de Paris sur le climat, le président français a déclaré : « La vocation de la France est de mener ces combats qui impliquent l’homme tout entier. C’est pourquoi la France s’est placée à l’avant garde de la lutte contre le changement climatique ». La posture consensuelle est facile. En France, les Frères musulmans, jugés terroristes par l’Arabie, l’Egypte, Bahrein et les Emirats, se portent bien, merci. Ivan Rioufol
Aucune leçon n’a été tirée par le gouvernement britannique des deux premières attaques. On peut s’attendre à ce qu’aucune leçon ne soit tirée cette fois encore.  Il y aura sans doute des bougies, des fleurs, des petits cœurs en papier rose, des paroles disant que les terroristes sont répugnants et que la vie va continuer comme avant. C’est précisément là le problème : la population britannique est une population devenue incapable de colère et incapable de soutenir les mesures qui s’imposeraient. Theresa May est à l’image de la population britannique et n’est pas même une pâle copie de Margaret Thatcher. Son adversaire, Jeremy Corbyn, le gauchiste antisémite et sympathisant de causes islamistes est encore plus inquiétant qu’elle, et de loin. Il ne sera vraisemblablement pas en position de devenir Premier ministre, mais ce que décidera Theresa May a peu d’importance.  Le Royaume Uni compte moins de Musulmans en son sein que la France, mais il est plus infesté qu’elle. On y trouve des zones de non droit qui s’affirment explicitement zones d’application de la charia. On y trouve aussi des écoles islamiques financées par le gouvernement, et j’en passe. On peut y rencontrer quelques intellectuels lucides, tels Douglas Murray, qui vient de publier un livre remarquable appelé The Strange Death of Europe* (La mort étrange de l’Europe). Il y décrit le suicide de son propre pays, et écrit que les choses a ses yeux sont devenues irréversibles. Il attribue cela à deux causes: l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, etl’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et l’imposition des idées politiquement correctes qui a créé une multitude de bombes à retardement en train d’exploser.Il serait très tard pour qu’un gouvernement britannique agisse : il faudrait au minimum enfermer en prison tous les gens qui sont sur les listes de suspects, expulser ceux qui ne sont pas de nationalité britannique, interdire le retour sur le territoire des Musulmans partis se former au djihad à l’étranger, fermer toutes les écoles musulmanes et la plupart des mosquées, armer la police, et ce ne serait qu’un début. Le gouvernement britannique n’agira pas. La situation est à peine meilleure en France (où il faudrait appliquer des mesures identiques), ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas désespérée, et Douglas Murray parle aussi de la France où existent près de six cent zones de non droit et plus de deux mille mosquées où on évoque positivement le djihad. Elle compte une proportion inquiétante de Musulmans antisémites et de Musulmans approuvant les actions de l’Etat Islamique. La situation est pire en Belgique qu’au Royaume Uni, et la situation s’aggrave en Scandinavie.  L’Europe est en guerre parce que l’islam radical lui a déclaré la guerre, et elle opte pour l’aveuglement volontaire, l’apaisement et la défaite préventive.  Dans les journaux de tous les pays d’Europe, on évoque en ce moment le ramadan, et on vante les charmes de celui-ci. Le ramadan est une phase de djihad exacerbé, et on le constatera cette année encore, mais il ne faut pas le dire, bien sûr. Ce qui s’est passé à Londres était une nuit de ramadan. Tuer des infidèles pour plaire à Allah et finir en shahid pour rejoindre le paradis d’Allah peut faire partie des joies du ramadan pour un Musulman. Il existe des Musulmans occidentalisés qui s’éloignent du Coran et qui vivent leur vie paisiblement, mais les Musulmans qui respectent pleinement le Coran peuvent légitimement tuer des infidèles. L’assimilation des Musulmans au monde occidental serait une vaste tâche, presque impossible à accomplir. Pour l’heure, en Europe, c’est l’Occident qui se fait avaler par l’islam. Parmi les aspects les plus abjects des pseudo-debats de ces derniers jours sur le climat, il y avait le fait qu’on mène ces débats comme si une semaine plus tôt des enfants n’avaient pas été assassinés à Manchester. Les gens rassemblés pour une minute de silence à Manchester avaient chanté une chanson appelée Don’t look back in anger (ne regarde pas en arrière avec colère). Ils n’étaient pas en colère et, avec leurs bougies, leurs fleurs et leurs petits cœurs en papier rose, ils faisaient acte de soumission. Ils ne regardaient pas en arrière vers les victimes. Les dirigeants européens réservaient, eux, leur colère à Donald Trump et ne regardaient pas en arrière eux non plus.  Parmi les aspects les plus grotesques des pseudo-débats de ces derniers jours sur le climat, il y avait cette prétention cuistre et arrogante des dirigeants européens de sauver la terre alors qu’ils sont totalement incapables de sauver leur propre civilisation et sont en train de la détruire. La terre, dont ils prétendent se préoccuper n’est pas en danger. La civilisation européenne, elle, est bien davantage qu’en danger : elle est quasiment morte, et les dirigeants européens d’aujourd’hui sont ses fossoyeurs. Guy Millière

L’islam est-il en train de réaliser la prophétie d’Enoch Powell ?

Au lendemain d’un troisième attentat islamique en Grande-Bretagne en moins de trois mois …

Qui sur fond d‘israélisation forcée et derrière son désormais habituel flot d’images de bougies et d’ours en peluche …

Ne fait que confirmer tant la folie migratoire d’Angela Merkel et de ses amis …

Que la justesse de la volonté du président Trump de reprendre le contrôle de nos flux migratoires

Ou du double ou triple jeu de nos prétendus alliés arabes

Comment ne pas repenser …

Au fameux et si décrié discours il y a bientôt 50 ans dit « des fleuves de sang » de l’ancien député conservateur Enoch Powell …

Dont jusqu’ici seulement les chiffres s’étaient confirmés …

Mais qui avec l’essor de l’islam radical …

Comme l’émergence d’un discours politiquement correct toujours plus aveugle …

Semble désormais se vérifier littéralement et presque quotidiennement sous nos yeux ?

Moins de deux semaines après l’attentat djihadiste de Manchester, et moins de trois mois après un autre attentat djihadiste à Londres, la ville de Londres a été à nouveau frappée

Guy Millière
 Dreuz
4 juin 2017

Aucune leçon n’a été tirée par le gouvernement britannique des deux premières attaques. On peut s’attendre à ce qu’aucune leçon ne soit tirée cette fois encore.

Il y aura sans doute des bougies, des fleurs, des petits cœurs en papier rose, des paroles disant que les terroristes sont répugnants et que la vie va continuer comme avant. C’est précisément là le problème : la population britannique est une population devenue incapable de colère et incapable de soutenir les mesures qui s’imposeraient. Theresa May est à l’image de la population britannique et n’est pas même une pâle copie de Margaret Thatcher. Son adversaire, Jeremy Corbyn, le gauchiste antisémite et sympathisant de causes islamistes est encore plus inquiétant qu’elle, et de loin. Il ne sera vraisemblablement pas en position de devenir Premier ministre, mais ce que décidera Theresa May a peu d’importance.

Le Royaume Uni compte moins de Musulmans en son sein que la France, mais il est plus infesté qu’elle. On y trouve des zones de non droit qui s’affirment explicitement zones d’application de la charia. On y trouve aussi des écoles islamiques financées par le gouvernement, et j’en passe. On peut y rencontrer quelques intellectuels lucides, tels Douglas Murray, qui vient de publier un livre remarquable appelé The Strange Death of Europe* (La mort étrange de l’Europe). Il y décrit le suicide de son propre pays, et écrit que les choses a ses yeux sont devenues irréversibles. Il attribue cela à deux causes :

  • l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et
  • l’imposition des idées politiquement correctes qui a créé une multitude de bombes à retardement en train d’exploser.

Il serait très tard pour qu’un gouvernement britannique agisse : il faudrait au minimum enfermer en prison tous les gens qui sont sur les listes de suspects, expulser ceux qui ne sont pas de nationalité britannique, interdire le retour sur le territoire des Musulmans partis se former au djihad à l’étranger, fermer toutes les écoles musulmanes et la plupart des mosquées, armer la police, et ce ne serait qu’un début. Le gouvernement britannique n’agira pas.

La situation est à peine meilleure en France (où il faudrait appliquer des mesures identiques), ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas désespérée, et Douglas Murray parle aussi de la France où existent près de six cent zones de non droit et plus de deux mille mosquées où on évoque positivement le djihad. Elle compte une proportion inquiétante de Musulmans antisémites et de Musulmans approuvant les actions de l’Etat Islamique. La situation est pire en Belgique qu’au Royaume Uni, et la situation s’aggrave en Scandinavie.

L’Europe est en guerre parce que l’islam radical lui a déclaré la guerre, et elle opte pour l’aveuglement volontaire, l’apaisement et la défaite préventive.

Dans les journaux de tous les pays d’Europe, on évoque en ce moment le ramadan, et on vante les charmes de celui-ci. Le ramadan est une phase de djihad exacerbé, et on le constatera cette année encore, mais il ne faut pas le dire, bien sûr. Ce qui s’est passé à Londres était une nuit de ramadan. Tuer des infidèles pour plaire à Allah et finir en shahid pour rejoindre le paradis d’Allah peut faire partie des joies du ramadan pour un Musulman. Il existe des Musulmans occidentalisés qui s’éloignent du Coran et qui vivent leur vie paisiblement, mais les Musulmans qui respectent pleinement le Coran peuvent légitimement tuer des infidèles. L’assimilation des Musulmans au monde occidental serait une vaste tâche, presque impossible à accomplir. Pour l’heure, en Europe, c’est l’Occident qui se fait avaler par l’islam.

Parmi les aspects les plus abjects des pseudo-debats de ces derniers jours sur le climat, il y avait le fait qu’on mène ces débats comme si une semaine plus tôt des enfants n’avaient pas été assassinés à Manchester. Les gens rassemblés pour une minute de silence à Manchester avaient chanté une chanson appelée Don’t look back in anger (ne regarde pas en arrière avec colère). Ils n’étaient pas en colère et, avec leurs bougies, leurs fleurs et leurs petits cœurs en papier rose, ils faisaient acte de soumission. Ils ne regardaient pas en arrière vers les victimes. Les dirigeants européens réservaient, eux, leur colère à Donald Trump et ne regardaient pas en arrière eux non plus.

Parmi les aspects les plus grotesques des pseudo-débats de ces derniers jours sur le climat, il y avait cette prétention cuistre et arrogante des dirigeants européens de sauver la terre alors qu’ils sont totalement incapables de sauver leur propre civilisation et sont en train de la détruire. La terre, dont ils prétendent se préoccuper n’est pas en danger. La civilisation européenne, elle, est bien davantage qu’en danger : elle est quasiment morte, et les dirigeants européens d’aujourd’hui sont ses fossoyeurs.

Pour ce qui me concerne, je regarde tout cela de loin, avec tristesse, depuis le pays de Donald Trump, et je préfère être au pays de Donald Trump que dans un pays régi par Theresa May, Emmanuel Macron, le roi soleil de carton pâte, ou Angela Merkel.

Voir aussi:

Denial still flows over Londonistan

May 25, 2017

In the wake of the jihadi human bomb attack in Manchester, Britain’s Prime Minister Theresa May said: “We struggle to comprehend the warped and twisted mind that sees a room packed with young children not as a scene to cherish but an opportunity for carnage.”

Germany’s Chancellor Angela Merkel said: “ It is unbelievable that somebody has used a joyful pop concert to kill or seriously injure so many people.”

A headline in the Washington Post read: “In suburban Manchester, a search for what might have motivated the attacker”.

“Struggle to comprehend”? “Unbelievable”? “What might have motivated the attacker”? Really??

In 2006 I published my book Londonistan which analysed the supine response of the British political, legal and religious establishment to Islamic jihadi terrorism and the Islamisation of Britain. What follows below is the concluding chapter of that book. As the army patrols the streets of Britain to guard against further expected terrorist attacks, my warning about the deadly failure to face up to the true nature of the threat facing the west is surely even more urgent today.

LONDONISTAN CONCLUSION

Britain is in denial. Having allowed the country to turn into a global hub of the Islamic jihad without apparently giving it a second thought, the British establishment is still failing even now — despite the wake-up calls of both 9/11 and the London bomb attacks of 2005 — to acknowledge what it is actually facing and take the appropriate action. Instead, it is deep into a policy of appeasement of the phenomenon that threatens it, throwing sops to both radical Islamism and the Muslim community in a panic-stricken attempt to curry favour and buy off the chances of any further attacks.

This disastrous policy ignores the first law of terrorism which is that it preys on weakness. The only way to defeat it is through strength — the strength of a response based on absolute consistency and moral integrity, which arises in turn from the strength of belief in the values that are being defended. By choosing instead the path of least resistance, Britain is advertising its fundamental weakness and is thus not only greatly enhancing the danger to itself but is also enfeebling the alliance in the defence of the west.

Britain has a long and inglorious history of appeasing terrorism, thus bringing true the aphorism in which its ruling class so cynically believes that ‘terrorism works’. Now, however, this dubious national trait has been cemented even more firmly into the national psyche by the governing doctrine of multiculturalism, which has made it all but impossible even to acknowledge that this is a problem rooted within the religion of a particular minority community. The fervent embrace of ‘victim culture’ means instead that this minority has to be treated on its own assessment as a victim of the majority and its grievances attended to on the basis that it is these grievances which are the cause of terrorism. At the same time, however, this minority disavows any connection with terrorism and vilifies anyone who dares suggest to the contrary. Thus Britain is being forced to act on the basis that if it does not do so it will be attacked — by people who claim that terrorism runs totally counter to the values of their religion, but then demand that the grievances of members of that religion are addressed as the price of averting further attacks. This deeply manipulative and mind-twisting behaviour is the equivalent of holding a gun to Britain’s head while denying that this is being done, and threatening to run out of town anyone who points it out.

The intersection of an aggressive religious fanaticism with the multicultural ideology of victimhood has created a state of paralysis across British institutions. The refusal to admit the religious character of the threat means not only that Britain is failing to take the action it should be taking but, worse still, is providing Islamist ideologues with an even more powerful platform from which to disseminate the anti-western views which have so inflamed a section of Britain’s Muslims. The refusal to acknowledge that this is principally a war of religious ideology, and that dangerous ideas that can kill are spread across a continuum of religious thought which acts as a recruiting-sergeant for violence, is the most egregious failure by the British political and security establishment. The deeply-rooted British belief that violence always arises from rational grievances, and the resulting inability to comprehend the cultural dynamics of religious fanaticism, have furthermore created a widespread climate of irrationality and prejudice in which the principal victims of the war against the west, America and Israel, are demonised instead as its cause.

This mindset and the corresponding terror of being thought ‘Islamophobic’ have prevented the British from acknowledging the eruption of Islamist violence not just in Britain but around the western world. The British media either ignore it — as with disturbances in Sweden or Belgium — or, when they do report it, insist that Islam has nothing to do with it. When Muslim riots engulfed France in November 2005, the reaction of most of the British (and European) media was that they were caused by the poverty, unemployment and discrimination endured by the alienated youths who torched the country from Normandy to Toulouse. One writer suggested that those who saw Islamism on the march in France were merely exponents of a particularly virulent form of conservative thinking, expressed variously around the world through Russian racism, demagogic Hindu nationalism, Gallic exceptionalism, US Christian fundamentalism and Muslim fundamentalism which were all marching shoulder to shoulder in an attempt to stop the clock of history.

Yet the vast majority of the French rioters were Muslims; the rioters screamed ‘Allahu akhbar’, talked about jihad and expressed admiration for Osama bin Laden; and, more pertinently still, the French government asked Muslim imams to calm the unrest, which they did ‘in the name of Allah’ and issued a fatwa telling the rioters that such behaviour went against the religion. Yet despite all this evidence, British commentators insisted that Islam was irrelevant.

There was a similar reaction to the riots in Australia involving Lebanese Muslims in December 2005. Trouble flared on Cronulla beach in New South Wales when thousands of drunken white youths went on the rampage, attacking police and people of Middle Eastern appearance. It spread later with retaliatory attacks by groups of Arab youths who stabbed one man and smashed dozens of cars. Almost universally, the media described what happened as white racists attacking Arabs and described the disturbances, which went on for several days, as ‘race riots’.

But race was not the issue here. It was culture. There had never been any trouble with Lebanese Christians in Australia who had integrated well and were prospering. While white racists were certainly involved, the unrest was actually sparked by Lebanese Muslim attacks on two white Australian lifeguards, the tip of an iceberg of aggression by this minority which had gone all but unreported. It was the Muslim community which had been giving rise for years to a major problem of aggression but which Australia’s rigid multiculturalist mindset had transformed into Muslim grievances and never properly addressed.

One of the reasons why people shy away from acknowledging the religious aspect of this problem is, first, the very proper respect that should be afforded to people’s beliefs and, second, the equally proper fear of demonising an entire community. There is indeed a risk of such a discussion exposing innocent Muslims to attack. But there is a greater risk to the whole community if the roots of the problem are censored and never dealt with.

The key issue is the inability to grasp that, just because a problem has a religious character, this does not mean that all members of that religion suffer from that problem. There is a distinction to be drawn between Muslims and Islamists. Islamism is the politicised interpretation of the religion which aims to Islamicise societies. Many Muslims in Britain and elsewhere would not subscribe to this ideology. But it is the dominant strain throughout the Muslim world, and there has been so far no serious challenge to it — not least because those who do speak out against it run the risk of being killed.

Because it is so dominant, backed by powerful Muslim states and even more crucially by Islamic religious authorities, it constantly spreads its extremist messages of religious fanaticism and political sedition. That is why the development of the Muslim Brotherhood infrastructure in Britain was so calamitous. It is also why the most bitter criticism of the government’s subsequent appeasement of the Brotherhood has come from liberal British Muslims, who feel understandably betrayed as the ground is cut from under their feet.

The charge that pointing out the religious nature of this extremism is an act of bigotry against Muslims is deployed to shut down a vital debate which urgently needs to be had, not least within the Muslim community itself. The claim is a form of crude intimidation, and the fact that Britain is so cowed by it in itself shows how far it has already travelled down this dangerous path.

It also ignores the fact that some Muslims themselves are speaking out in similar vein. Sheikh Abd Al-Hamid Al-Ansari, the former Dean of the Faculty of Sharia at the University of Qatar, wrote in the London-based Arabic-language daily Al-Hayat:

‘Why won’t we take the opportunity of the appearance of the 9/11 Commission’s report to ponder why destructive violence and a culture of destruction have taken root in our society? Why won’t we take this opportunity to reconsider our educational system, our curricula, including the religious, media, and cultural discourse that cause our youth to live in a constant tension with the world?’

Aisha Siddiqa Qureshi wrote in Muslim World Today that ‘radical Islam threatens to subjugate the world and murder, enslave or convert all non-Muslims’, that radical Muslims ‘share Hitler’s goal’, and that liberals were not willing to defend their own institutions against this threat.

And Mansoor Ijaz wrote in the Financial Times shortly after the first set of London attacks:

‘It is hypocritical for Muslims living in western societies to demand civil rights enshrined by the state and then excuse their inaction against terrorists hiding among them on grounds of belonging to a borderless Islamic community. It is time to stand up and be counted as model citizens before the terror consumes us all.’

Such courageous Muslims are being betrayed by Britain’s pusillanimity. The Muslim community has got to come up with a different response from blaming Britain and the west. While no-one has the right to tell it how to organise its own religion, it does have a responsibility to address those aspects of its culture which threaten the state. Britain does this community no favours by pandering to its own tendency to self-delusion.

For Britain to start to address this properly, it would have to take a number of steps which showed unequivocally that it was refusing to compromise not just with terror but with the ideology that fuels it. That would mean showing that, while it had no problem with the practice of Islam as a minority faith that observed the same rules as all other minority faiths, it would not countenance the practice of Islamism, or clerical fascism, and would take steps to stop it.

It would first have to take robust steps to counter the specific threat posed by Islamist terrorism. To do this properly, it needs to recognise that this particular threat really is something new and does not properly correspond either to our definition of terrorism or to our definition of war but sits somewhere between the two. Consequently, it needs to develop new structures and new principles to deal with this new phenomenon. A start would be to construct special courts to deal with particularly sensitive cases in which intelligence could safely be brought forward as evidence, which is not the case at present.

To enable it to expel foreign radicals, it would repeal its Human Rights Act and either derogate or withdraw from both the European Convention on Human Rights and the UN Convention on Refugees, drafting its own legislation defining refugee status. The claim that abolishing human rights legislation would be a regressive move that would leave Britain a less free society is very wide of the mark. Britain was arguably a freer society before European human rights law eroded the foundation of British liberty, the common law.

A properly motivated Britain would put a stop to the funding and recruitment for terrorism taking place under the umbrella of charitable work through intensive investigations of such organisations. It would shut down newspapers and TV stations spreading incitement to terrorism and war against the west. It would ban extremist organisations like Hizb ut Tahrir and the Muslim Association of Britain, recognising that while they may not advocate terrorism their advocacy of Islamification creates a conveyor belt to violence. It would certainly not grant Sheikh Qaradawi an entry visa. And it would introduce surveillance of subversives on campus through targeted covert work, as suggested by Professor Anthony Glees and Chris Pope.

Recognising that Islamist ideology is a conveyor belt to terror, it would end its strategy of cosying up to Islamist radicals. Instead, any materials advocating an Islamic takeover of the west would be treated as subversion, sedition or even treason and prosecuted. The curricula used in Muslim schools would be inspected by Arabic speakers and if contained similar incitement would be similarly dealt with. Imams would be regulated and monitored. Extremist imams would be expelled and extremist mosques closed down.

The message conveyed by all such moves would be that Britain has no problem with Islam as long as it poses no danger to the state. Since the Muslim community insists that it is moderate and has no truck with extremism, it should have no objection to such measures which would ensure that this would be the case.

Next, a properly motivated nation would set about the remoralisation and re-culturation of Britain by restating the primacy of British culture and citizenship. To do this, it would recognise that British nationhood has been eviscerated by the combination of three things: mass immigration, multiculturalism and the onslaught mounted by secular nihilists against the country’s Judeo-Christian values. It would institute tough controls on immigration while Britain assimilates the people it has already got. The principal reason behind the cultural segregation of Britain’s Muslims is their practice of marrying their young people to cousins from the Indian subcontinent. That has got to stop because it is simply a threat to social cohesion. The usual charges of racism would be faced down by reaffirming two things simultaneously: that Britain values its immigrants who make a great contribution to the country; and that in order to integrate them properly into British society, their numbers must be controlled.

It would abolish the doctrine of multiculturalism by reaffirming the primacy of British values. It would ensure that British political history is once again taught in schools, and that Christianity is restored to school assemblies. It would stop the drift towards the creation of a parallel Islamic jurisdiction under Sharia and would no longer turn a blind eye to the practice of polygamy, following the recommendation of Dr Ghayasuddin Siddiqui that imams should only be allowed to officiate at marriages upon the production of a civil marriage certificate.

It would halt the drift towards social suicide by ending the culture of equal entitlement ushered in by the application of secular human rights doctrine. An agenda that seeks to destroy western values by abolishing moral norms altogether and replacing them by transgressive behaviour has been serviced by human rights law. An end to this victim culture is essential both to restore social order to Britain and give it back its sense of its own identity. While it is being undermined from within it is not able properly to defend itself against the threat from without.

Finally, it would undertake a major educational exercise for both Muslims and non-Muslims. It would teach Muslims what being a minority means, and that certain ideas to which they may subscribe are simply unacceptable or demonstrably untrue. It would say loud and clear that the double standards from which Muslims think they suffer are actually a form of double-think. Any administration that was really concerned to fight racism would educate the nation in the historical truths about Israel and the Arabs, and tell Muslims in terms that they have systematically been fed a diet of lies about Israel and the Jews.

If Britain really understood the threat to the west, this is the kind of programme it would now be introducing. Unfortunately, there is very little chance of any of this happening. Britain is currently locked into such a spiral of decadence, self-loathing and sentimentality that it is incapable of seeing that it is setting itself up for cultural immolation. In the short term, this is likely to lead to the increasing marginalisation of British Jews, Hindus, Sikhs and other minorities caught in a pincer movement between radical Islamists on the one hand and a craven establishment on the other that is pandering to Islamist extremism. So much for the multicultural nirvana.

America’s principal ally is currently at a crossroads. With Islamist terrorism having erupted in London and still worse atrocities feared to be in the offing, the British government has even now only tightened up a few procedures. If there were to be more attacks, it is possible that it would finally be forced to take a more tough-minded approach. But to date, Londonistan still flourishes. Yes, a few more extremists have been locked up. Yes, a few thinkers have now questioned the wisdom of multiculturalism. But the push for Islamisation continues, British Muslims are still being recruited for the jihad, and the country’s elites are still in the grip of the nation-busting, universalist mindset that has hollowed out Britain’s values and paralysed it in the face of the assault by Islamism. A liberal society is in danger of being destroyed by its own ideals.

The emergence of Londonistan should be of the greatest concern to America, for which it poses acute dangers. Clearly, the fact that Britain has become Europe’s Islamist terror factory presents immediate and obvious risks to America’s physical security. On another level, there is the danger that Britain might cease to play such a staunch role in the continuing defence against the war upon the west. Tony Blair has said he will not stand again as Labour’s leader. Given the hostility of his party towards America, Israel and Iraq his successor is unlikely to share his passion for the cause. As for the Conservative party, which might come to power instead, it has lost its ideological way with many in its ranks having come to share the shrill prejudices of the left and a new leader, David Cameron, who has announced that he ‘loves Britain as it is, not as it once was’.

At a deeper, cultural level there is now a risk of the special relationship between Britain and America fracturing as Britain slides further into appeasement. But there is a more subtle peril still for America. After all, if Britain slept on its watch, so too did America and for similar reasons. Like British politicians and British intelligence, successive American administrations along with the CIA and FBI similarly failed to pay attention to or understand the rise of fanatical Islamism and what this meant for the world. Like their British counterparts, American officials dismissed the warnings they were given by occasional far-sighted officials and other players who did understand that a religious war was brewing. Indeed, America has an even greater horror than Britain of encroaching on religion’s private space. It too has gone to great lengths to avoid referring to the religious nature of the war declared on the west, calling the struggle instead — absurdly — a ‘war on terrorism’. As a Pentagon briefing paper observed:

‘America’s political leaders still think Muslim terrorists, even suicide bombers, are mindless ‘criminals’ motivated by ‘hatred of our freedoms’ rather than religious zealots motivated by their faith. And as a result, we have no real strategic plan for winning a war against jihadists.’

The cultural deformities of moral relativism and victim culture that have done such damage in Britain are present in American society too. At present, they are locked in conflict with traditional values in America’s culture wars. But it doesn’t take too much imagination to envisage that, if a different administration were installed in the White House, Britain’s already calamitous slide into cultural defeatism might boost similar forces at play in the United States.

Britain is the global leader of English speaking culture. It was Britain which first developed the western ideas of the rule of law, democracy and liberal ideals and exported them to other countries. Now Britain is leading the rout of those values, allowing its culture to become vulnerable to the predations of militant Islam. If British society goes down under this twin assault, the impact will be incalculable — not just for the military defence of the west against radical Islamism, but for the very continuation of western civilisation itself.

The west is under threat from an enemy which has shrewdly observed the decadence and disarray in Europe where western civilisation first began. And the greatest disarray of all is in Britain, the very cradle of western liberty and democracy, but whose cultural confusion is now plain for all to see in Londonistan. The Islamists chose well. Britain is not what it once was. Whether it will finally pull itself together and stop sleepwalking into cultural oblivion is a question on which the future of the west may now depend.

Voir aussi:

KATIE HOPKINS: You’re right, Theresa. We cannot go on like this. But do you have the balls to do what’s REALLY needed and lock up the 3,000 terror suspects tomorrow?

Two weeks ago, in the wake of the Manchester bombing, I mistweeted and it cost me.

Everyone knows what I said and I’m not going to repeat it here.

The wording was horrible. Loaded with unintended meaning. Quickly deleted, amended to make clear, and apologised for live on TV and radio.

I have no excuses. And I take full accountability — disasters, triumphs, I must treat them just the same.

In truth, I woke up to the news of the terror attack in Manchester on our young girls and I saw red. As a mum, I felt fear. And I raged.

And now I am raging again. And now, more than ever, I stand by what I MEANT those words to say. This. Cannot. Go. On.

Whatever we are doing now is clearly not working. We need a radical rethink.

It is a pure rage against a leadership so castrated by fear of offending anyone not specifically wielding a machete or a bomb, that they are impotent to take action.

So frightened someone might cry Islamophobia, they peddle anything but the facts. They talk about ‘the evil’ that motivated the attacker, they talk about hate. They condemn ‘the attack’.

But still refuse to acknowledge the massive elephant in the room. They refuse to acknowledge any link between these attacks and Islamic extremism. Imagining that by failing to give such horror a label, they can somehow mystify it away — and distance Islamic extremism from blame.

Even when ISIS called for these attacks in the ninth, Ramadan edition of their magazine, Rumiyah, urging their supporters to target civilians with edged weapons, firearms, vehicle ramming and fire, in locations such as shopping malls, restaurants and clubs.

Our process for dealing with terror cannot be words or vigils. It must be internment and deportation, writes Katie Hopkins

Even when an eyewitness, Eric, heard the attacker cry, ‘This is for Allah,’ we are supposed to swallow the news feed that the motive is unclear.

Decent Brits are capable of understanding that these individuals do not represent all Muslims. (Though it would help us if ALL imams would stand up to denounce unequivocally these attacks committed in the name of their religion.)

But the terrorists do represent a strand of Islamic extremism and the twisted beliefs of ISIS. They are motivated, determined, and not limited by fear of their own mortality.

I say again: we need a lasting solution to terror.

It is urgent. Imperative. We cannot go on like this. No one is carrying on as normal when our own Met police tweet for us to RUN, HIDE, TELL.

Can you kid yourself you are ‘carrying on as normal’ as you are evicted from a bar with your hands on your head, running for your life? When our hospitals are in lock-down to protect even the sick from terror, no target is too soft. There is no humanity here.

We have reached the ultimate tipping point, where even the hardy believers have lost hope, and those keen to cling to the narrative ‘we stand defiant’ are lying heartbroken on the floor. Even the most tolerant liberals are emailing me privately to let me know they doubt everything they believed before, that they can’t tell their friends, but we have made mistakes and are paying the price.

But you can take action. You are in control of your truth.

Do not let them tell you we stand united. Do not let them tell you we are not cowed. Do not let them tell you we fight cowardice with British spirit. Do not buy into this propaganda, circulated by those who have failed us, the fascist liberals.

Their words are meaningless.

If this is terror losing, I don’t think victory matters. It is time to fight back.

The question is, how do we ensure this never happens again?

Today Theresa May stood outside Downing Street and articulated what everyone feels today. Enough is enough. We can’t go on this way.

What she DIDN’T offer was much concrete to change things on the home-front beyond a crackdown on Islamic extremism, tougher sentences and another assault on the social media giants’ role in allowing terrorists the means of communication and propaganda.

But I’m sorry, Prime Minister, neither of the last two things is going to make much difference at all and the first will only work if you follow through with real, tough action.

Before the Bank Holiday weekend Mark Rowley, the UK’s most senior counter-terrorism officer suggested they’d rounded up much of the Manchester bomber’s ‘network’ and advised us all to: ‘Go out and enjoy yourselves.’

Today Theresa May stood outside Downing Street and articulated what everyone feels today. Enough is enough. We can’t go on this way.

Well that’s exactly what the victims of last night’s attack were doing. Enjoying the multicultural heart of London, drinking and eating. Right up until someone stormed into the restaurant and stabbed them in the face with a 12-inch hunting knife.

We can’t just respond again by organising a benefit concert and waiting for a sympathetic world to light up its landmarks in red, white and blue. We, the British people, the good people of Britain, need to stand united in demanding drastic measures.

Firstly, as Tarique Ghaffur – Assistant Commissioner at Scotland Yard when the 7/7 bombings took place – proposed last weekend, we need to round up the terror watch list, all 3,000 of them, and intern the lot.

And secondly, we need to lock down the 650 jihadis we allowed to return to the UK or get them out. If they went to Saudi or Syria to train, they can go back there. And their passport and right to British nationality hits the incinerator on their way out.

I know all the arguments against internment – the camps become universities for terror, it will alienate other Muslims and help radicalise extremist sympathisers.

And a few weeks ago I’d probably have said that tipped the balance. But we are way beyond that now.

Our security services clearly cannot cope in monitoring all the threats out there against us so it’s time we took the most obvious ones off the streets.

If we breed more homegrown terror, we incarcerate or deport. A or B.

Thirdly, Theresa has to mean what she says about cracking down on extremism.

She has to drain the swamps of hate. That means zero tolerance of the people in the Muslim community peddling this breed of hatred, the ultra-conservative imams, the extremist mosques that encourage new Jihadi recruits to seek vengeance on the British way of life. Close down Saudi-funded mosques, charge ultra-conservative imams; incarcerate or deport.

Do not let the liberals speak to you of protecting British values of tolerance and decency. Many extreme Islamists are fighting against the very values we cherish. They want to oppress and frighten our women and girls indoors. Islamic extremists are at war with our culture. They have no wish to integrate and are proud to live apart in ghettos of extremist hate.

And they signpost themselves clearly. They are not hard to find. They are against the Prevent Strategy. They are the sickening preachers of CAGE, given platform by fawning liberals. They are monsters hiding in plain sight. And they are known to the authorities.

To the police, the politicians, the people in power, I say this: we are sick, SICK, of hearing that these animals are known to the authorities.

Why are we the casualties in a game of war where the human rights of the terrorists are prioritised above the right to life of our baby girls and regular Brits out with their families for a meal and a drink?

Our process for dealing with terror cannot be words or vigils. It must be internment and deportation. And we keep deporting until our house is in order.

And broader than that, we need to rebuild broken Britain into a secular nation that is host to many religions and none. Where true leadership from those who integrate — such as the beautiful Sikh community — is rewarded. And those who seek to carve out enclaves guided by their religious identity are not housed or funded by the British taxpayer.

If leaders think our fantastic emergency services are the ANSWER to co-ordinated terror attacks, they are asking the wrong question. If Sadiq believes, as he said, that voting on Thursday shows we are not cowed, we are scraping new depths of desperation. London Bridge has fallen down on his watch, and the whole world sees us fail.

We are under attack. It is co-ordinated and determined, and the attackers’ own mortality is no deterrent.

It is time to begin the fight back for Britain

Voir également:

Europe could face a new wave of migrant arrivals this summer, a leaked German government report has warned. Up to 6.6m people are waiting in countries around the Mediterranean to cross into Europe, according to details of the classified report leaked to Bild newspaper.

They include more than 2.5m in North Africa waiting to attempt the perilous crossing by boat. Angela Merkel’s government has not commented on the report, which the newspaper says was marked for internal use only.

There are fears of a dramatic rise in arrivals as the summer weather turns favourable for sea crossings. Growing numbers of migrants are known to be attempting to reach Europe by boat in the wake of the closure of the Balkan land route last year.

They include refugees fleeing the turmoil in Syria and Iraq as well as economic migrants from Africa, the Middle East and Asia. The report warns the number waiting to cross into Europe has risen by 650,000 since the end of January alone — an increase of 12 per cent.

It says 1m are waiting in Libya, where smugglers use small and often unseaworthy boats to carry migrants to outlying Italian islands. Another 1m are waiting in Egypt, 430,000 in Algeria, 160,000 in Tunisia, and 50,000 in Morocco. Others are waiting in transit countries along the route, with up to 720,000 in Jordan.

The numbers also include 3.3m waiting in Turkey, most of whom are currently prevented from crossing into Europe by the EU’s migrant deal with President Recep Tayyip Erdogan’s government.

Mrs Merkel’s Christian Democrat party (CDU) is reportedly to call for similar deals with North African countries in its manifesto ahead of September’s elections.

The manifesto will include plans for “those who are rescued from drowning” while attempting the crossing to be returned to where they set out, according to Bild. The German chancellor is currently riding high in the opinion polls, discontent at her “open-door” refugee policy behind her.

But any repeat of the chaotic scenes of 2015 could threaten her chances of re-election. More than 50,000 migrants have arrived in Italy by boat so far this year, an increase of 45 per cent compared to last year, though still far fewer than in 2015. More than half are reportedly economic migrants from Nigeria, Bangladesh, Guinea, Cote d’Ivoire and the Gambia.

The Italian government at the weekend signed an agreement with Libya, Niger and Chad to stem the flow by boosting border controls and setting up reception centres for asylum-seekers in North Africa. But conditions in asylum-seekers’ camps in Libya have come under heavy criticism. Filippo Grandi, the UN High Commissioner for Refugees, said he was “shocked” after visiting a camp in Tripoli at the weekend.

“Killings, rape and torture are allegedly commonplace” in Libyan camps, according to Fatou Bensouda, chief prosecutor at the International Criminal Court.

Voir de même:

Musulmans britanniques : une “nation dans la nation” ?
Judith Sinnige
Courrier international
13/04/2016

L’intégration des musulmans britanniques a échoué. C’est ce qu’affirme un récent sondage, qui a fait l’objet d’un documentaire diffusé à la télévision britannique et qui a aussitôt déclenché une polémique dans la presse.

“Que pensent vraiment les musulmans britanniques ?” C’est le titre d’un documentaire diffusé sur la chaîne britannique Channel 4 à la suite d’un sondage d’opinion réalisé auprès de Britanniques de confession musulmane. Le documentaire se conclut sur l’idée que l’intégration des musulmans est insuffisante et que leurs valeurs se heurtent aux valeurs britanniques.

Principal intervenant du documentaire, Trevor Phillips, ancien président de la commission Egalité et Droits humains (EHCR) au Royaume-Uni, commente les résultats de l’enquête dans The Times, les qualifiant de “frappants” :
“Cette enquête est troublante. Elle révèle quelque chose que l’on n’a pas reconnu jusque-là : l’apparition d’une nation dans la nation, avec sa propre géographie, ses propres valeurs et son propre avenir.”

“L’homosexualité devrait être illégale”

Certes “8 musulmans sur 10 se sentent Britanniques”, mais “1 musulman britannique sur 3 soutient l’idée que l’homme devrait avoir le droit d’avoir plusieurs épouses”, “52 % estiment que l’homosexualité devrait être illégale” et “23 % soutiennent l’idée d’introduire la charia au Royaume-Uni”. Trevor Phillips en conclut que leur intégration a largement échoué :

Pendant longtemps, je pensais que les musulmans (…) abandonneraient petit à petit leurs coutumes ancestrales, qu’ils se fondraient dans le paysage britannique divers. Mais j’ai eu tort.”

Des résultats qui l’amènent aussi à dire qu’“il faut abandonner le multiculturalisme soft et adopter une approche d’intégration beaucoup plus musclée”.

Le titre du documentaire “Que pensent vraiment les musulmans” dérange Miqdad Versi, secrétaire général du Conseil musulman britannique. Dans The Guardian, il regrette que “cette question implique qu’il ne faut pas croire ce que vous disent vos voisins musulmans, quoi qu’ils vous disent”.

“Une enquête biaisée”

Il contredit avec fermeté la conclusion du documentaire selon laquelle les musulmans sont mal intégrés et forment “une nation dans la nation”.

On compte treize députés musulmans, un candidat musulman pour la mairie de Londres [Sadiq Khan], un entrepreneur musulman dans “Dragons’ Den” [compétition télévisée où des entrepreneurs cherchent des investisseurs], et un gagnant musulman au “Great British Bake Off” [équivalent du “Meilleur pâtissier” sur M6]. Il me semble que les musulmans font bel et bien partie de la société britannique.”

M. Versi dénonce aussi la méthodologie “biaisée” du sondage. Exemple : elle révèle que 34 % seulement des musulmans seraient prêts à dénoncer une personne qui a des liens avec le terrorisme en Syrie, sans préciser que dans le groupe de tous les Britanniques confondus, ce pourcentage est encore plus bas : 30 %.

En outre, il estime que l’enquête n’est pas représentative de la population musulmane britannique : “Elle a été menée dans des régions où les musulmans représentent plus de 20 % de la population. Or il se trouve qu’il s’agit des quartiers les plus démunis de Grande-Bretagne […], pauvres et conservateurs sur le plan religieux. Les résultats de l’enquête parlent pour ces endroits-là, mais pas pour les musulmans britanniques au niveau national.”

“Non à l’agrandissement de la communauté musulmane”

Au contraire, le magazine conservateur The Spectator félicite M. Phillips d’avoir “brisé un tabou” et estime même qu’il ne va pas assez loin. Il aurait dû tirer la conclusion qui fâche, à savoir qu’il faut réduire l’immigration de gens de confession musulmane au Royaume-Uni :

Quand une communauté met [notre société] face à de nombreux défis, pourquoi diable ne chercherait-on pas à circonscrire l’accroissement de cette communauté ? La seule réponse, c’est la crainte de passer pour un islamophobe.”

Le journal prévoit que “dans dix ans M. Phillips sera d’accord avec moi pour dire que c’est de la folie de laisser la migration faire croître une population qui pose autant de problèmes d’intégration”.

 Voir aussi:

Trevor Phillips: political correctness ushered in the populist wave

The equality expert has taken flak for challenging ideals he used to champion

A former president of the National Union of Students and chair of the Equality and Human Rights Commission, Trevor Phillips was once a leading member of what might be called the metropolitan liberal elite. He had the ear of everyone who mattered in the Labour party, and on matters of race and equality he was the go-to guy.

But then he began to have doubts about many of the political positions he held and started confronting what he saw as right-on shibboleths. Pretty soon he was being denounced as a turncoat in the same terms that he had once denounced others. In recent years, he has made several documentaries, with attention-grabbing titles such as Things We Won’t Say About Race That Are True, that have aimed to challenge received wisdoms. The latest, which sounds like a homage to a Daily Telegraph letters page correspondent, is entitled Has Political Correctness Gone Mad?

I meet Phillips at his production office in Kentish Town, north London. Now 63, with greying hair and a slight stoop, he’s no longer the youthfully strutting figure who seemed to be everywhere in the 1990s. But as soon as he gets talking, the eyes light up and the old passion comes pouring out.

Political correctness is one of those terms that mean different things to different people. What does it mean to him? “The title is not mine,” he says, a little defensively. “It’s a Channel 4 title. I do not normally ever use the term political correctness, except with a heavy dose of doubt about its usefulness, because basically it has become a stick with which the right beats everyone else.”

In fact Phillips has used the term before. Two years ago he wrote in the Daily Mail and Sunday Times of “po-faced political correctness that cramps all conventional parties”. Still, his thesis in the film is that by trying to corral political debate into a tightly policed acceptability, the political establishment has created the conditions for insurgent figures such as Nigel Farage, Jeremy Corbyn and Donald Trump.

It’s a perfectly reasonable argument but the programme is a little too wide-ranging in its targets to make its case. It jumps from the anti-Islamic group Pegida to censorious transgender activists to social media trolls to students banning sombreros. Although worthy subjects for investigation, they don’t quite gel as an explanation for the rise of Corbyn, let alone Trump.

But what they do point to is Phillips’s increasing frustration with the conviction that if we can only control the expression of ideas, we will all be able to live together in peace and harmony. October 2000 saw the publication of a report commissioned by Phillips, then chair of the Runnymede Trust, called The Future of Multi-Ethnic Britain. It marked perhaps the high-water mark of multicultural thinking, and suggested that Britain should become a “community of communities” in which each community would respect the other by avoiding causing offence.

“Well I think it would be fair to say that I made a big mistake,” he says now. “It was a clear statement that some groups can play by their own rules. That to me runs counter to my own political beliefs. Why I am still a supporter of the Labour party is because I believe fundamentally in solidarity and reciprocity, and I think most on the left have forgotten both of those things.”

Four years after that report, Phillips wrote an article in which he compared a critique by David Goodhart of multiculturalism to the “jottings from the BNP leader’s weblog”. Two months later, he suddenly announced the end of multiculturalism and called for “a core of Britishness” to be asserted. Not long afterwards, Ken Livingstone suggested that Phillips had swung so far to the right that he would soon be joining the BNP.

Goodhart and Phillips are now good friends. “I think Trevor has been intellectually and morally brave,” says Goodhart. “He took a lot of flak for looking past the cliches of the anti-racist left. He is regarded as a curious Uncle Tom figure by a lot of the black and ethnic minority establishment. Trevor still thinks of himself as a somewhat sceptical member of the left family and at times has, I think, felt quite wounded by the attacks.”

I ask Phillips if the threat of expulsion from his political tribe does act as a disincentive to speak out about what he really thinks.

“Depends how much of your life you want to spend lying to yourself,” he says. “I think it’s pretty wearying to get up each day and tell yourself to go advocate for something that you know not to be true. And what is even worse is if you’re in public office or politics and everyone you’re telling this to also knows it isn’t true. Not only are you a liar, you’re also an idiot.”

If, as Goodhart says, he has been wounded by his ostracising, he doesn’t appear to nurture any regrets. “I have lost lots and lots of friends. My view is if you can’t tolerate that I want to have this discussion, then we can’t really be friends. What you’re asking me to do is collude in a lie with you rather than argue it out. A big part of it is that on the left, if you look like me, you’re supposed to think in a particular way. And they just hate it if a black person isn’t the person they want him to be.”

He believes that we all have to get used to and get over being offended. “I don’t care about offending people,” he says. “And I don’t really care about being offended. There are quite a lot of people I actually want to offend. And I want to offend them all the time. But if somebody stands on the other side of the street and shouts nigger at me – I’m not going to be thrilled, but I’m not going to argue for him to get locked up.”

Then why was he “appalled” at what he saw as antisemitic bigotry in the Labour party? Surely by his own reckoning, he shouldn’t much care. “Oh the problem with that,” he says, “is not that people were using the word Zio, but that people were making it impossible for Jewish students to have meetings. There is an important distinction between words and actions.”

But his complaints were not just about actions, I suggest. Was he not also concerned that the Labour party had played down antisemitic attitudes by some of its members? “Yes,” he agrees. “There are people who believe there is no real distinction between Jews, Zionists and Israelis. And the party doesn’t want to get into that at all because, let’s be frank, it’s increasingly dependent on a demographic group – Muslims – within which a sizable minority subscribes to that view.”

Phillips studied chemistry at Imperial College, London, and, he says, it’s his science training that made him change his mind about how race was discussed in this country. By the turn of the millennium, he says, it was obvious that it made little sense to classify people as black, brown and white. He has little time for designations such as BAME (black, Asian and minority ethnic).

“If you look at Indians and Pakistanis, they have completely different life chances. It’s the same with Afro-Caribbeans and West Africans. I’m not clever enough to have a Damascene conversion. I just look at the numbers and if they clash with how I think the world should be working, I’ve got to change the picture.”

Fair enough, but his critics will say that Phillips is making straw man arguments. After all, who is stopping him from saying what he wants? He’s got a TV documentary and coverage in national newspapers. Where is this politically correct establishment that’s trying to stifle him?

“A ruling elite maintains an idea of what’s good and reasonable by a whole series of methods,” he counters. “Who gets advancement, rewards and status? If you don’t hold to the orthodoxy, you stop being invited to meetings. There’s a phrase that people in centre-left politics use: oh he’s very good. What they actually mean is: I agree with him.”

Phillips has grown used to people not agreeing with him. Perhaps a little too used to it. As one old comrade says: “He can’t resist tweaking the nose of the bien pensant.”

But in these disagreeable times, dissenting voices will make themselves heard. The liberal consensus has broken down, and rehashing the old pieties won’t put it back together again. Whether or not he receives an invitation, Phillips is determined to have his say.

Has Political Correctness Gone Mad? Channel 4, 9pm, Thursday 23 February

This article orginally contained some editing errors, amended on 21 February 2017. The headline put quote marks around words he did not say in the interview. When discussing alleged antisemitism within Labour he referred to the use of the term “Zio” [a shorthand for Ziocon, a perjorative abbreviation of Zionist neoconservative]. This was mistakenly changed in subediting to Zion, a synonym for Jerusalem.

Voir aussi:

Britain risks “flames” of racial and religious conflict because of a “liberal self-delusion” over the impact of mass immigration, the former head of the equality watchdog Trevor Phillips claims today.

In a startling assault on decades of official multiculturalism and diversity policy, the founding  chair of the Equality and Human Rights Commission argues the UK is being allowed to “sleepwalk to catastrophe” by leaders too “touchy”, “smug”, “complacent” and “squeamish” to talk about race.

Drawing a direct parallel with Enoch Powell’s notorious “rivers of blood” speech, he likens Britain’s politicians, media and educated elite in general to the Emperor Nero fiddling while Rome burned, unable even to recognise the “dark side of the diverse society”.

Ominous “muttering in the pub or grumbling at the school gate” about foreigners could, he insists, be the first signs of a backlash many thought could not happen in Britain because of a history of relative success in integrating new arrivals.

Significantly, he claims the arrival of some Muslim groups in particular who are actively “resistant to the traditional process of integration” threatens to shake the foundations of “liberal democracy” itself.

In a 100-page paper, published by the think-tank Civitas set to provoke uproar, he argues that a new brand of “superdiversity” is bringing challenges to the Western way of life, far removed from those of immigration of the past.

Crucially, he says, race is no longer a “purely black and white affair” but a divide between the majority and people with different “values and behaviours”.

But, he argues, liberal opinion in Britain has been almost unique in its unwillingness even to speak about the issue – possibly because of the backlash to Enoch Powell a generation ago.

Rome may not yet be in flames, but I think I can smell the smouldering whilst we hum to the music of liberal self-delusionTrevor Phillips

“Squeamishness about addressing diversity and its discontents risks allowing our country to sleepwalk to a catastrophe that will set community against community, endorse sexist aggression, suppress freedom of expression, reverse hard-won civil liberties, and undermine the liberal democracy that has served this country so well for so long,” he insists.

Race does, he says, rear its head in rows about the use of supposedly racist language or concerns about practices such as female genital mutilation.

“But these are not the topics that generate public unease,” he says.

“Rather it is the appearance of non-English names above the shop-fronts in the high street; the odd decision to provide only halal meat in some schools; evidence of corruption in municipal politics dominated by one ethnic group or another.

“Such headlines, frequently misreported, but often grounded in some real change, provoke muttering in the pub, or grumbling at the school gate.

“They become gathering straws in a stiffening breeze of nativist, anti-immigrant sentiment.

“And still, our political and media elites appear not to have scented this new wind.

“We maintain a polite silence masked by noisily debated public fictions such as ‘multiculturalism’ and ‘community cohesion’.

“Rome may not yet be in flames, but I think I can smell the smouldering whilst we hum to the music of liberal self-delusion.”

He pointedly draws comparisons between his remarks and those of Enoch Powell.

“He too summoned up echoes of Rome with his reference to Virgil’s dire premonition of the River Tiber ‘foaming with much blood’,” said Mr Phillips.

“This much-studied address is, simultaneously, lauded as an epic example of the use of political rhetoric – and also as a ghastly testament to the power of unbridled free speech. Either way, it effectively put an end to Powell’s career as an influential leader.

“Everyone in British public life learnt the lesson: adopt any strategy possible to avoid saying anything about race, ethnicity (and latterly religion and belief) that is not anodyne and platitudinous.”

Citing the examples of the Rotherham and Rochdale grooming scandals, the sexual assaults in Cologne at New Year and earlier findings from Sweden he calls for frank and open discussion of the possibility of a link between rape and the perpetrators’ “cultural background”.

“The typical response of Britain’s political and media elite confronted with awkward facts has been evasion, because – we say – talking about these issues won’t solve the problem; instead, it will stigmatise vulnerable minority groups,” he said.

“Any attempt to ask whether aspects of minority disadvantage may be self-inflicted is denounced as ‘blaming the victim’.

“Instead, we prefer to answer any difficult questions by focusing on the historic prejudices of the dominant majority.

The picture is by no means as grim as Phillips paintsHope Not Hate

“In short, it’s all about white racism.”

A spokesman for the anti-racism campaign group Hope Not Hate said: « Attention does need to be paid to extremists on all sides, and also to the plight of the white working class in de-industrialised areas, who are often abandoned to the likes to Ukip.

« But the picture is by no means as grim as Phillips paints. »

He added:  » Yes, a diverse society does face problems and yes we do need to talk openly about the issues ahead.

« But people are already talking, across the divide.

« Certainly we believe that the majority of people want to solve the problems our society faces constructively and peacefully, and the Muslim community – or rather, the Muslim communities – are also evolving rapidly. »

Voir également:

 
The Guardian

Trevor Phillips asked us on Channel 4 last week whether political correctness had gone mad. He ended the programme with the insight: “The path to real progress may include learning to live with offence.”

It is hard to imagine just how – in a climate where politicians openly assert that a nation produces rapists and black women are compared to apes wearing lipstick – Phillips thinks political correctness has stifled rightwing views too much. But it’s easy to understand why he might think it has become irrelevant.

Political correctness was, after all, supposed to be about the creation of a social code to define what is acceptable in a society that wants to be open, non-prejudiced, and inclusive. Right now society feels anything but those things. It has become acceptable to harass me in an airport because of the colour of my skin or the sound of my surname – even in the “land of the free”. The issue in my life isn’t having to live with offence, it’s having to get used to it. It’s the reason why, when my friends ask whether the numbers marching against Trump make me optimistic, I respond with a decisive “no”. Tens of thousands of protesters do not fill me with hope – I feel scared that so many feel they have to take to the streets.

Perhaps a better question for Phillips would have been whether the path to progress requires us to actually partake in the soul-searching that political correctness originally intended. Not to say, as Phillips did in his Daily Mail article, that because of political correctness, he was not surprised to be called a racist even as a black man. But instead to accept how deeply sad it is that as people of colour, we can hold racist views ourselves. That we, too, might make judgments about how much more “competent” a white candidate seems for a role, because the image of success we are so often fed is prepackaged in a white, male, heterosexual form. The question is not whether political correctness is mad, but whether its binary distinction between “correct” and “incorrect” doesn’t allow us to have an ongoing discussion about all of the grey areas in between.

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Trevor Phillips discusses oversensitivity towards race on This Morning

Racism is not just calling me a “Paki”. It’s the thing that makes you ask how mentally stable a terrorist was only when he has skin a different colour than mine. But to understand that, we have to accept that all “isms” are insidious, shape-shifting creatures that follow us and cling on whenever they can. And they affect all of us. Even those who believe ourselves to be the most upstanding, liberal members of society. Even those of us who are women. Even those of us who are non-white. Even those in the LGBT community.

Accepting that doesn’t need to make us haughty, as Phillips seems to suggest; instead, it gives us a place in common from which to speak. To admit that I chose to play with the white girls in my school as a child because, somewhere deep down inside, I knew that they might help me to escape some of the social-tarring of my own skin colour. Or how I mocked my dad’s Bangladeshi accent among my white friends because it ingratiated me with them, and indicated to them: “I’m one of you, honest.”

Of course, admitting that can be hard. It can be hard in the way that requires getting over the childish, human instinct that you feel when you’ve been caught doing something wrong, that urges you to say, “stop being offended”, rather than to think about what you’ve actually done. Instead of going on the defensive, and shifting the emphasis to take action on to those who feel under attack themselves, we should be asking: where does that take us? How can we move on? Because Phillips responding to the death and rape threats that Caroline Criado-Perez received online by asking why she doesn’t just quit the internet, doesn’t feel like moving forward. It feels horribly similar to exactly what Phillips claims he is complaining about: shutting the conversation down.

Voir encore:

Trevor Phillips is finally discovering the pitfalls of the term ‘Islamophobia’

Douglas Murray

The former head of the UK Equality and Human Rights Commission has once again said the ‘unsayable’.  In a piece for the Sunday Times (ahead of a Channel 4 documentary to go out on Wednesday) Trevor Phillips unveils an in-depth new poll carried out by ICM (which can be viewed here).

The findings include the facts that:

  • 23 percent of British Muslims polled support the idea of there being areas of the UK where sharia law is introduced instead of British law.
  • 39 percent believe wives should always obey their husbands.
  • 31 percent believe it is acceptable for British Muslims to keep more than one wife.
  • 52 percent think homosexuality should be illegal in the UK.

The usual people are trying to find ways to quibble with the authority or depth of this poll.  Their effort only proves once again that however bad the facts, some people remain so sectarian that they will continue to blame everything except the problem for the problem (‘How dare that bigoted polling company discover our dirty laundry?’)

But in some ways the Phillips piece is most important for what he himself admits.  Among other things Phillips confesses that Britain has for years been telling itself a lie in relation to its Muslim populations – not least in pretending that they will blend in just like everyone else.  Phillips writes:

‘Britain desperately wants to think of its Muslims as versions of the Great British Bake Off winner Nadiya Hussain, or the cheeky-chappie athlete Mo Farah. But thanks to the most detailed and comprehensive survey of British Muslim opinion yet conducted, we now know that just isn’t how it is.

He even recognises that the authority for these views may in fact come from Muslim scriptures and traditions.  After a discussion of British Muslim attitudes towards women he says:

‘We didn’t get to discuss whether the injunction at sura 4:34 of the Koran to chastise your wife falls under this rubric. I have no doubt that many husbands will claim that it does. The bland Koranic platitude, in my view, hides a clear invitation to legitimise domestic violence.

For all of which – and more – Trevor Phillips deserves considerable praise.  Once again he has proved able to break taboos which too many liberals in the UK are keen to continue enforcing in the face of all available evidence.

But a problem remains which Trevor Phillips himself continues to be a part of.  While admitting to the fact that he and others woefully misunderstood the nature of Muslim attitudes in the UK, and while admitting that many British liberals continue to be too frightened to face up to the facts, he says near the outset of his piece:

‘When I was chairman of the Equality and Human Rights Commission, I played a principal role in the creation of UK laws against religious discrimination — and it was a report that I commissioned exactly 20 years ago that first introduced the term Islamophobia to Britain.’

Later on he says:

‘Twenty years ago, when, as chair of the Runnymede Trust, I published the report titled Islamophobia: A Challenge for Us All, we thought that the real risk of the arrival of new communities was discrimination against Muslims.’

And then:

‘Non-Muslims who live and work in areas with a large Muslim presence have been uneasily aware of the emerging differences for a long time, but many are too worried about being tagged as Islamophobes to raise the debate.

Well isn’t that the problem right there? I am as happy as anyone to see the liberal dams cracking when it comes to the big issues of our time.  But it is harder to celebrate those causing those cracks when they are the very people who put up those dams in the first place.

It was the mainstreaming of the fraudulent concept of ‘Islamophobia’ and the whole grievance-industry set up by Trevor Phillips, the Equalities and Human Rights Commission and their ilk that made Britain so incapable of answering this problem any earlier.  Even now Trevor Phillips remains principally helpful in waking up to things just a few years too late.  So although his proscriptions for how to deal with this problem may be helpful, even this late in the day, they miss perhaps the biggest remaining ‘unsayable’.

So having mapped the fact that Muslims are uniquely unwilling to integrate into Britain, Phillips writes:

‘There are now nearly 3m Muslims living in Britain. Half of them were born abroad, and their numbers are being steadily reinforced by immigration from Africa, the Middle East, eastern Europe and the Far East, as well as the traditional flow from the Indian subcontinent. The best projections suggest that, by the middle of the century, the number of Muslims in Britain and elsewhere in Europe will at least double, given the youthfulness of the communities.

Now if you accept the reality that Phillips now does accept – and that mainstream opinion across Europe is coming to accept – would one particular answer not stand out as eminently sensible at this juncture?  Such as turning that flow into the merest trickle?  If a community is currently causing a lot of challenges and looks like posing them for many generations to come, why on earth would you not slow that ‘steady reinforcement’?  Other than out of fear that you might be branded an ‘Islamophobe’?

I know from experience what an honourable and decent man Trevor Phillips is.  So here is a prediction.  In ten years time he will agree with people like me that the numbers matter, and that it is purest insanity to continue encouraging through migration the growth of a population which raises so many problems of integration once it is here.  Of course for another ten years those of us who do say that will be pelted with the same insults Phillips and some of his colleagues set in motion all those years ago.  And when he does say it there will be as much rejoicing as there is today for these latest statements.  The only snag is that ten years from now, when Trevor finds it comfortable to say this, it will be even later in the day to turn these trends around.

Voir enfin:

What do British Muslims really think?

Should homosexuality be illegal? Should wives always obey their husbands? And can a man have more than one wife? The most comprehensive survey of British Muslims ever conducted reveals controversial attitudes. Trevor Phillips argues that the time has come for a more muscular approach to integration

As a doctrine of religious belief, Islam has never held any terrors for me. I was born in London but grew up in a developing country, now called Guyana, where one in 10 people worshipped Allah — roughly twice the proportion in Britain today. To me, the Muslims were just boys with names like Mohammed and Ishmael; in most things that mattered — could they play cricket or do calculus, for example — they seemed no different from the rest of us.

Liberal opinion in Britain has, for more than two decades, maintained that most Muslims are just like everyone else, but with more modest dress sense and more luxuriant facial hair; any differences would fade with time and contact. Britain desperately wants to think of its Muslims as versions of the Great British Bake Off winner Nadiya Hussain, or the cheeky-chappie athlete Mo Farah. But thanks to the most detailed and comprehensive survey of British Muslim opinion yet conducted, we now know that just isn’t how it is.

The survey of British Muslim opinion — What British Muslims Really Think — will be published in full by Channel 4 later this week. I was asked to examine the results and interpret them. When I was chairman of the Equality and Human Rights Commission, I played a principal role in the creation of UK laws against religious discrimination — and it was a report that I commissioned exactly 20 years ago that first introduced the term Islamophobia to Britain.

I thought this latest exercise would be intriguing. In fact, it has turned out to be astonishing. The data collected by the respected research firm ICM shows what the polling experts call “a chasm” opening between Muslims and non-Muslims on such fundamentals as marriage, relations between men and women, schooling, freedom of expression and even the validity of violence in defence of religion. And the chasm isn’t going to disappear any time soon; indeed, the gaps between Muslim and non-Muslim youngsters are nearly as large as those between their elders.

The good news is that the new survey tells us that the majority of British Muslims probably do identify with Nadiya and Mo — albeit with some worrying exceptions. What British Muslims Really Think reveals a Britain we normally don’t hear from. Too often, this section of society is spoken for by self-styled community leaders, or interpreted by academic experts. What’s different about this survey is that it reveals British Muslims speaking for themselves.

To start with, the research was conducted in the old-fashioned way — face to face. The pollster, ICM, was determined to avoid the failures associated with phone and internet polls that led to the political miscalculations in both last year’s general election and the Scottish referendum. It also wanted to avoid the perils of “code-switching”: the all-too-human minority impulse to fit in, to shape your response to meet the expectations of the majority population and to disguise the answer that you think will be too disturbing for people from a different culture to hear. The ICM methodology makes this probably the most revealing inquiry into Muslim opinion yet conducted in this country.

Its findings are striking. And they provide the sternest test yet for diverse Britain’s moral agenda: do we still believe in diversity — even when it collides head-on with our national commitment to equality, between men and women, gay and straight, believers and non-believers? For many years we’ve dodged the tough questions, so this research makes for troubling reading. What it reveals is the unacknowledged creation of a nation within the nation, with its own geography, its own values and its own very separate future.

Wives should always obey their husbands — 39% agree (strongly agree 15%, tend to agree 24%)

There are now nearly 3m Muslims living in Britain. Half of them were born abroad, and their numbers are being steadily reinforced by immigration from Africa, the Middle East, eastern Europe and the Far East, as well as the traditional flow from the Indian subcontinent. The best projections suggest that, by the middle of the century, the number of Muslims in Britain and elsewhere in Europe will at least double, given the youthfulness of the communities.

More than eight in 10 Muslims say that they are happy living here, and feel British. Their preoccupations aren’t that different from most people’s: family life, their children ’s future, economic security. But Muslims also prize the British way of life for a reason increasingly unimportant to non-Muslims: freedom to practise their religion any way they see fit. In the Indian subcontinent, Muslims are subject to Hindu persecution. In Nigeria, north Africa and the Middle East, the brutal Islamists of Boko Haram, Isis and al-Qaeda make the slightest deviation a potential suicide mission.

As a young stand-up comic, Aatif Nawaz, told me: “It’s a privilege to live in a country like the UK, which lets us practise our belief. I firmly take this as a privilege. We’re free to go to the mosque, we can pray, we can dress the way we want. We’ve got halal food pretty much everywhere in the UK now — what a time to be alive!”

But while Muslims clearly like Britain, many are not as enthusiastic about their non-Muslim compatriots. Levels of intermarriage are extremely low compared with other minorities: according to the ONS, fewer than one in 10 Muslim Britons of Pakistani or Bangladeshi heritage are in inter-ethnic relationships. (Whereas more than four in 10 African-Caribbeans are in a mixed relationship.) Even fewer relationships between Muslims and non-Muslims produce children — just 3% of Pakistani or Bangladeshi-heritage children live in mixed households. According to ICM, more than half mix with non-Muslims daily, probably at work or college — but 30% never translate that into a friendship that would take them into a non-Muslim’s house more than once a year. One in five never enter a non-Muslim home.

I have some sympathy for this apparent standoffishness. This isn’t always a deliberate policy of self-segregation. As a child, I had some friends whose homes were effectively barred to me — kids I’d played football with all day would be bustled inside at tea time with no invitation to cross the threshold. One of my sisters discovered that her “best” friend had somehow forgotten to invite her to her 17th birthday party. But the separation here isn’t just down to white bigotry. It’s also a consequence of the entrenched residential segregation of which I warned over a decade ago, when I spoke of Britain “sleepwalking to segregation”. Today, according to Policy Exchange’s David Goodhart, author of The British Dream, more than half of ethnic-minority children attend schools where white British children are in the minority.

The social costs are still to be reckoned. Anjum Anwar cuts an unlikely figure when we meet her in Blackburn Cathedral, in an elegant dark suit and close-fitting headscarf. But she is a key figure in the local effort to shed the town’s unenviable status as one of Britain’s most segregated towns. She told us that the Muslim population, now approaching 30%, barely mixed with whites.

“There are certain areas that are wholly Asian, others wholly white. So if you have a child who’s attending a school in an area that is predominantly Asian, where would that child meet children and people of other faiths? They’re restricted, aren’t they? So you have a child who goes to school from nine o’clock till about four o’clock, then he will go to mosque maybe, and then Monday to Friday he is in that area. So where would an Asian and a white child actually meet?”

It’s not as though we couldn’t have seen this coming. But we’ve repeatedly failed to spot the warning signs. Twenty years ago, when, as chair of the Runnymede Trust, I published the report titled Islamophobia: A Challenge for Us All, we thought that the real risk of the arrival of new communities was discrimination against Muslims. Our 1996 survey of recent incidents showed that there was plenty of it around. But we got almost everything else wrong. We estimated that the Muslim population of the UK would be approaching 2m by 2020. We underestimated by nearly a million. We predicted that the most lethal threat to Muslims would come from racial attacks and social exclusion. We completely failed to foresee the urban conflicts of 2001 that ravaged our northern cities. And of course we didn’t dream of 9/11 and the atrocities in Madrid, Paris, Istanbul, Brussels and London.

For a long time, I too thought that Europe’s Muslims would become like previous waves of migrants, gradually abandoning their ancestral ways, wearing their religious and cultural baggage lightly, and gradually blending into Britain’s diverse identity landscape. I should have known better.

It is acceptable for a British Muslim to keep more than one wife — 31% agree (strongly agree 14%, tend to agree 16%)

Just months after I had taken over as head of the Commission for Racial Equality in 2003, I visited the town of Oldham, where some one in five of the population are British Muslims. Two years earlier the town had been torn apart by some of the worst race riots Britain had seen in my lifetime. An official government report had spoken of white and Asian communities living “parallel lives”. It couldn’t really be as bad as that, I thought. In fact, it was worse. Speaking to a hall of more than 200 students, one thing was immediately obvious: groups of white and Asian students sat in the same hall — but the groups didn’t mix. It was like looking at a living chess board. And to drive it home, one of the white students made no bones about what was going on. He told me, without rancour or aggression: “When we’re here it’s fine, we get on. But when we leave here on Friday, we won’t see them [Asians] until Monday.” No one dissented.

After the northern riots of 2001, wise heads, such as Professor Ted Cantle, who had written the “parallel lives” report, warned that we could not afford to allow things to drift. But not even Cantle — much less me — foresaw just how divisive the consequences of this kind of segregation would become. Today, we can see that on certain key issues Britain is nurturing communities with a complete set of alternative values. None is more alarming than attitudes towards women.

The contempt for white girls among some Muslim men has been highlighted by the recent scandals in Rotherham, Oxford, Rochdale and other towns. But this merely reflects a deeply ingrained sexism that runs through Britain’s Muslim communities.

Most people think that some Muslim men’s attitudes to women may be a little antediluvian. But it comes as a shock to hear a respected Asian head teacher, Noshaba Hussain, soberly recount the behaviour of small boys in her school — which they had surely picked up from the men in their families.

“The boys used to act as thought police. You know, they would go around and actually hit the girls on their heads if their heads weren’t covered. I even had one boy, one nine-year-old boy, say to me, ‘Why haven’t you covered your head? It is only slags who don’t cover their head.’ ”

Would you support or oppose there being areas of Britain in which Sharia law is introduced instead of British law? — 23% support (strongly support 7%, tend to support 17%)

The ICM survey provides a torrent of data that backs up the impression that this is a community whose idea of women’s equality lies eons away from the mainstream. Two out of five Muslims — men and women — say they believe that a woman should always obey her husband. Nusrat, a highly intelligent and scholarly student, Sudanese in origin, told me: “If the husband is saying ‘obey’ in the context of asking me to do things that are pleasing to Allah, then by all means, because ultimately my faith teaches me — and teaches many Muslims — that our duty is to Allah first.”

We didn’t get to discuss whether the injunction at sura 4:34 of the Koran to chastise your wife falls under this rubric. I have no doubt that many husbands will claim that it does. The bland Koranic platitude, in my view, hides a clear invitation to legitimise domestic violence.

One in three British Muslims supports the right of a man to have more than one wife, even though it is illegal in the UK. While the support for such a policy is strongest among older Muslims, they are nearly matched in their enthusiasm for polygamy by young Muslims aged 18 to 24. Such unions, of course, would be recognised by sharia law. Amra, a female sharia court judge, says: “In my experience, it’s not men who have demanded it; it’s women. I personally have met women who have said to me, ‘I do not want a full-time husband. I don’t want him under my feet.’ For a man it’s a huge responsibility. For a woman it’s a privilege. ”

The ever-pragmatic Nusrat chimed into our conversation with some advice for the aspirant bigamist: “You have to make sure that you are actually treating your wives in a fair way. I think even Islam says, that even within the Koran, if you have more than one wife, if you can’t do justice to them, don’t have them at all. So you have to actually make sure that you are doing justice by them.”

More than half of the sample reported that they believe that homosexuality should be illegal. Even more opposed gay marriage, and nearly half thought that it was unacceptable for a gay person to teach their children. A quarter supported the introduction of sharia law in parts of the UK — presumably those areas where they thought Muslims constitute a majority — instead of the common statute laid down by parliament. Allah’s law, apparently, need take no heed of democracy.

Homosexuality should be legal in Britain — 18% agree (strongly agree 8%, tend to agree 10%) and 52% disagree (strongly disagree 38%, tend to disagree 14%)

It should come as no surprise that Muslim liberals are in despair. They knew all of this long ago. And unlike the political elite and the liberal media, they recognise that British Muslim opinion is hardening against them. The journalist Yasmin Alibhai-Brown, who has had to seek police protection because of her liberal views, argues that the optimistic belief that time and social contact will naturally lead to the integration of Muslims is mistaken: “You know, we [liberal Muslims] are a dying breed — in 10 years there will be very few of us left unless something really important is done.”

The results of the Channel 4 survey are hard to argue with. While the majority of Muslims are keen on Britain, a significant minority really would prefer to live their own lives further away from the rest of us. Non-Muslims who live and work in areas with a large Muslim presence have been uneasily aware of the emerging differences for a long time, but many are too worried about being tagged as Islamophobes to raise the debate.

Many people, however, are just unaware. Not long ago, I had an exchange with a leading newspaper columnist who airily assured me that he had many Muslim friends, and that they were integrating just as his Irish Catholic forebears did a couple of generations ago. He could not accept that his own circle of acquaintances — probably doctors, lawyers, journalists — might not be typical of the British Muslim experience.

The problem with Britain’s liberal white elite is twofold. First, they find it hard to grasp that people of colour may not want to reveal their true selves to people who do not share their backgrounds. The fact is that most people of colour are raised to expect that white folks will let them down. And to be frank, most black and Asian Britons will tell you that their expectations are seldom confounded.

Second, Britain’s increasingly deracinated opinion-forming classes are puzzled by the fierce attachment to religion among ethnic minorities. The number of places of worship attended mostly by Muslims and black evangelicals is rising. The fact that Britain’s ethnic minorities are intensely committed to their religious beliefs and practices seems baffling to secular liberals — indeed, somewhat threatening. Some of my journalist friends imagine that, with time, the Muslims will grow out of it. They won’t.

“What I eat is according to my sharia, how I pray is according to my sharia, how I dress is according to my sharia, how I treat the stranger and family members is according to sharia,” says Anjum Anwar. “I think people misunderstand the concept of sharia law. Their only thinking is, uh-oh, once you’ve got the sharia you’ll be chopping heads off and hands off. That is not the case.”

She’s saying to faithless modern hipsters that she isn’t going to give it up. Anwar spends her time actively working to promote integration. But for her that doesn’t mean adoption of non-Muslim ways. The chasm discovered by ICM isn’t going to close any time soon.

Little of this will surprise Britain’s Muslims, even if many would rather it were not said in public. In our northern cities, many of the non-Muslims I’ve met will also recognise the picture we are painting. It won’t be easy to change. Britain’s Muslims are a diverse group; but, rich or poor, British-born or not, most have a deep commitment to their faith. Many are distressed by what they see as white Britain’s increasing secularism, low morals and loss of confidence in many of its own values. Those who told ICM’s researchers that they would prefer to live a more separate life in Britain are sending a clear signal: they really don’t want to adopt much of our decadent way of life.

Oddly, the biggest obstacles we now face in addressing the growth of this nation-within-a-nation are not created by British Muslims themselves. Many of our (distinctly un-diverse) elite political and media classes simply refuse to acknowledge the truth. Any undesirable behaviours are attributed to poverty and alienation. Backing for violent extremism must be the fault of the Americans. Oppression of women is a cultural trait that will fade with time, nothing to do with the true face of Islam.

Tell me whether you sympathise with or condemn people who take part in stoning those who commit adultery — 79% condemn (completely condemn 66%, condemn to some extent 13%) and 5% sympathise (completely sympathise 2%, tend to sympathise 3%)

Even when confronted with the growing pile of evidence to the contrary, and the angst of the liberal minority of British Muslims, clever, important people still cling to the patronising certainty that British Muslims will, over time, come to see that “our” ways are better. And since there are so few Muslims in the corridors of power, they seldom run into anyone who can show them the reality. Those who do want to make a difference are often consumed by fear that they will be seen as prejudiced. So while our liberal elite wrings its hands in anguish and makes school children celebrate Eid, Diwali, Hanukkah — and Easter — hundreds of young people are being seduced to join Islamist fanatics abroad, thousands of young girls are shipped off to have their genitals mutilated, and many more are pressured into marriages they do not want.

I passionately believe that our society is one of the most open and adaptable on Earth. For centuries we have managed to absorb people of many different backgrounds; Britain has changed them and they have changed us, both almost always for the better. But the integration of Muslims will probably be the hardest task we’ve ever faced. It will mean abandoning the milk-and-water multiculturalism still so beloved of many, and adopting a far more muscular approach to integration.

We’ve been here before. When I was head of the equalities commission, it never occurred to me that we should not take action where people claimed their cultural sensitivities required them to discriminate — for example, the Islington registrar who refused to sanction civil partnerships, or the Bristol relationship counsellor sacked for refusing to give advice to gay couples. Both these individuals were black, like me, and cited their profoundly held religious beliefs in defence of their actions. I understood their background, as I share much of it. But my respect for their sincerity did not for a second deter me from opposing what they did.

While many of us are comfortable condemning less numerous and less powerful minorities, we are reluctant to speak clearly when it comes to Muslims. I know that the muscular integration I want to see will be difficult to implement.

It will mean halting the growth of sharia courts and placing them under regulation, even perhaps insisting that they sit in public. It will mean ensuring that, whatever the composition of a school, its governance never falls into the hands of a single-minority group, as in the “Trojan horse” episode in Birmingham.

It will also mean ensuring mosques that receive a steady flow of funds from foreign governments such as Saudi Arabia, however disguised, are forced to reduce their dependency on Wahhabi patronage. And it will mean an end to the silence-for-votes understanding between local politicians and Muslim leaders — the sort of Pontius Pilate deal that had such catastrophic outcomes in Rotherham and Rochdale.

If we really want to create a society in which Muslims and non-Muslims share the burdens and benefits of our democracy, we have a lot of work to do. And that work has to begin by listening to, and hearing, what British Muslims really think, working out how to support them where possible — and deciding how to confront their thinking where it collides with our fundamental values.

Methodology

  • ICM Unlimited interviewed a random sample of 1,081 adults aged 18+ who self-identified as belonging to the Muslim faith. Interviews were carried out face to face, in the home, in geographical areas in which the minimum proportion of Muslims was confirmed by census to be 20%. Interviews took place between April 25 and May 31, 2015, and the data has been weighted to be representative of all Muslims by age, gender, work status and region. A nationally representative control sample of 1,008 adults aged 18+ was also conducted, by telephone, on June 5-7, 2015. Interviews were conducted across the country and the results have been weighted to the profile of all adults.

What British Muslims Really Think is on Channel 4 at 10pm on Wednesday

Voir de plus:

Not A River of Blood, But A Tide of Hope
Managed Immigration, Active Integration
Speech by Trevor Phillips, Birmingham, April 20 2008
« A week or two ago, I fell into conversation……the black man will have the whip hand over the white man…..How dare I say such a horrible thing…..I do not have the right not to do so. » – Enoch Powell, Birmingham, April 20 1968.

The Legacy of April 20 1968

40 years ago, Enoch Powell’s speech in this hotel, made to a handful of activists, electrified Britain.

It elated some. It terrorised others.

Its timing was a tragedy for our nation.

Historically we are diverse, open-minded, and anti-racist. But every now and again we forget our true character. And April 20 1968 was the start of a forty year aberration for which we have since paid dearly.

Just at the moment when we were about to pass what were then the most progressive race relations laws in Europe we were plunged into a forty-year bout of racial introspection.

In the year that four young British musicians captivated the planet with their charm, confidence and their talent, our politicians were forced to wrestle with the fears of an anxious majority convinced that their rights were about to be usurped by a greedy minority.

And in the past forty years, when we could justifiably have been boasting of our success in creating a multicultural, multiethnic society, we found ourselves mired in a ghastly stand-off about race relations which has spawned unnecessary division and inequality.

Yet in spite of all this, today, I believe that Britain remains, at heart, that open-minded, anti-racist nation. And that this 20th of April offers us a chance to throw off the shadow of the past forty years.

I want to tell you why I believe that right now, the urgency of change demands a new social contract in which we the British people reap the benefits of managed migration by pursuing a positive policy of active integration.

In my lifetime there has never been a more vital moment for such a profound shift in thinking. There are no rivers of blood in prospect. Rather there is today a tide of hope that is carrying 200 million and more migrants across the globe in search of a better life. Some are British. Many are highly-skilled and qualified.

They look in our direction, but they have choices. Like every other prosperous developed nation we know that if we don’t get our share of this wave of talent we risk becoming an economic backwater.

But we also know that with the benefits of migration come costs.

So my speech today is about how, we maximise the benefits and minimise the costs. If we fail, our children and our grandchildren won’t be arguing about how many immigrants we can take into Britain; they’ll be wondering how they can get a work permit to the dominant economies of China, India and Brazil.

Powell and Powellism
During the past four decades it has become common to suggest that the views in that speech on April 20 1968 were those of just one man. Powell himself suggested that he was the only public figure prepared to « speak for England ».

But the truth is, these sentiments were not unique to Powell. What he said reflected one aspect of an underlying unease about race amongst Britons of all kinds. That didn’t make him right, but it would be wrong not to acknowledge that Powell’s public rhetoric reflected the private thoughts of many white Britons.

This unease was felt very differently by black families like my own. And felt to the extent that the year before, my own parents decided that the friendly shore to which they had sailed in 1960 had turned into a hostile frontier.

My family had arrived with the brightest of hopes. They went to work with gusto in the Post office, in North London sweatshops and the NHS. I don’t think that my parents quite expected me to arrive, I was their seventh child; but like most immigrants they made the best of a bad break. They were used to bad breaks. For many who came much of what they found in the promised land was not streets paved with gold, but drudgery, disappointment, and discrimination.

By the mid nineteen sixties, my mother, who had coped with years of Rachman style landlords, and dreary shift work decided she’d had enough. After all, she reasoned that if you found yourself at a party where you weren’t welcome you shouldn’t hang around.

In 1967 my family left for the United States. They sent me back to Guyana.

So on April 20th 1968, I, and most of my siblings had already departed for what seemed like less menacing territory. But when we read about Mr Powell’s speech, we knew exactly what was happening.

The Britain of 1968 was a very different place. This was a Britain which had recently emerged from National Service and rationing. The nation had just discovered colour TV and we were hiding behind the sofas from the Daleks the first time around.

It was a country in which fewer women worked, and where the Chief Prosecutor could ask the jury at the trial of the publishers of Lady Chatterley’s Lover « Is this a book you would wish your wife or your servants to read? »

Disabled, lesbian and gay people, to all intents and purposes, did not exist in polite society.

The sentiments in Powell’s speech had been muttered quietly in workplaces, painted surreptitiously on walls, blustered openly in pubs for years. They were daily translated into the language of the playground, that christened every black or brown-skinned child « coon-features » or « nig-nog » or « wogface ».

My brother was chased home by Teddy Boys. We learned quickly about the unspoken subtleties of racism. Some houses you just couldn’t go into, some kids just weren’t allowed to come to yours. My sister found the girl she thought was her best friend had thrown a birthday party and somehow forgotten to invite her.

Some of it wasn’t subtle at all. As a skinny, opinionated, possibly too-clever by half black kid, one of only half a dozen or so in my grammar school, I learnt the value of knuckledusters from my friend – let’s call him Winston – at the secondary modern across the way. You could borrow them for those days when you thought the bigger boys might corner you in the playground and you wouldn’t be able to talk your way out of trouble. I know that some people in this room are familiar with this scenario.

So even though I was thousands of miles away at the time, I understood the Britain into which this speech was launched only too well.

Much has been already been said this week about Enoch Powell’s words that day. But though the moment that took place here forty years ago mattered, I believe that what took place in the years afterwards mattered much more. Not because there were rivers of blood, or ever likely to be; but because the shockwave of fear that followed still reverberates through our society today.

As far as the facts are concerned, we know now that some of his forecasts were within hailing distance of reality. He suggested that there would be five to seven million Commonwealth immigrants in the UK by the year 2000; official figures say that there are today six million or so foreign-born residents in the UK.

But what was important in that speech was not the predictions but the principles it set out. In the years that followed others created a doctrine in his name that tried to build on and justify those principles. Today we would call that doctrine Powellism, and it is Powellism that I want to address rather than Powell himself.

At the heart of this doctrine are three key propositions.

First – racial integration is impossible. Powell called it « a dangerous delusion ». Powellism argued that people of different races and traditions cannot, by their very nature, ever enjoy good relations unless the majority race or tradition is numerically so dominant that the minority eventually gives up all aspects of its special identity. We would today call this assimilation.

In effect Powellites believed that we are all prisoners of our race, our heritage or our religious beliefs. And just as they lost sleep over interracial relationships, I guess we could see a parallel with people who are today consumed with fear at sharing the planet with lesbian or gay people.

The second article of the Powellite faith, was that every single immigrant , no matter what skills or resource they bring, is one too many and adds to social fragmentation. Now there’s no evidence or logic here, but neither is a feature of this particular doctrine. And the corollary is that if you can get rid of some – or all – immigrants by repatriation then you are on the way to creating a better society.

Third, if for some reason you are forced to accommodate different kinds of people in one society, then you must ensure, by any means necessary, an overwhelming cultural domination by the majority, so that all other traditions wither on the vine. This is socially engineered assimilation pure and simple, and it goes with repugnance for any law that protects the rights of minorities.

So how have these principles survived the past forty years?

Well we have certainly seen violent incidents involving different racial groups. Some have been monstrous. For example we will this week mark the fifteenth anniversary of the murder of Stephen Lawrence by racist thugs. But have we as a nation been consumed by racial war?

I don’t think so. Let me clear. I do not underestimate the significance of some of the events that have taken place. This issue of racial violence is not an abstraction for me. As a student leader and a journalist over the past thirty years I have had cause on three separate occasions to wonder if I had personally contributed, however indirectly, to the death of someone else by not taking the danger of racial conflict seriously enough.

The first occasion followed the death of a young student, Kevin Gately, from Warwick University, killed in an anti-racist demonstration at Red Lion Square in 1978. As the then President of the NUS I had given the instruction to mobilise students, and had consented to the arrangements for the demonstration. Should I have been more aware of the risks?

Second, In 1983, as a young television producer, I made a film about the Broadwater Estate in Tottenham. In it young black men we interviewed prophesied that there could be lethal racial violence at any time. Two years later, in October 1985, PC Keith Blakelock, the beat police officer for the road in which I myself lived in Haringey was hacked to death during a ferocious riot on that estate. Had it been irresponsible, as some in our company believed, to broadcast those interviews in ’83?

And also in 1985, David Hodge, a fellow journalist and good friend from my student days, was killed whilst covering the Brixton riots that year – riots which I too was reporting.

So I’ve had real reason to wonder whether I underestimated the significance of the racial conflict in Britain.

But the fact is that we know that almost all these disturbances were not about black against white.

Kevin Gately was a young white man, who died protesting against racism arm in arm with black and Asian students.

Keith Blakelock was the victim of an appalling crime that would repulse any decent person of any race – and did.

And David died because like the courageous journalist he was, he chose to cover the story from the no man’s land between two sides of a vicious conflict.

Even if I hadn’t had to reflect on it personally I think I would take the word of Mr Powell’s most famous protégé, that the racial rivers of blood never materialised.

Margaret Thatcher robustly refused to attribute the riots in 1981 and 1985 to a fundamental incompatibility between races. She instead cited economic causes – unemployment and urban decay. Indeed it was she who memorably said on the night of her 1987 election victory that her government’s first task would be to regenerate the inner cities.

Our true British instinct has been shown time and again in times of crisis – after the eighties disturbances, the Northern riots in 2001, after the 7/7 bombings, we chose not to isolate and attack the minority, but to respond with unity and compassion rather than conflict.

Yet the fear that followed Powellism still stalks Britain.

The gap between people’s real experience and their politically-inspired fears is illustrated in virtually every survey of opinion. Asked about their own experience British people always describe a country that is tranquil where people that they know get along with each other. Asked about Britain as a whole they describe a country awash with conflict and tension.

Yet the principles that underlie Powellism still govern political debate about immigration and race.

And the forty year shadow persists even though it has largely achieved the opposite of what the Powellites hoped.

To begin with, they wanted to make immigration the touchstone political issue. In fact, for four decades serious political debate about immigration has been suppressed in every part of the political spectrum with smears and name calling standing in for genuine debate.

On the right immigration has remained a taboo subject. Conservatives fear being associated with Powellism and condemned as racist. The right’s public justification for reticence is usually that political correctness has unfairly silenced them. Somewhat comically, this point of view has been widely and consistently peddled by writers and publications which hardly ever stop yelling about immigration, only pausing from time to time to complain that they are being gagged, before resuming a deafening roar of outrage.

But the left too has played its part in this deadly silence. Centre left politicians have, since the late 1960s persuaded themselves that immigration is an issue which favours the right. The left still fears that a free and open debate on these issues would lead to the release of a caged beast of an essentially reactionary public opinion.

So for forty years we have, by mutual consent, sustained a political silence on the one issue where British people most needed articulate political leadership.

But the shockwave of fear hasn’t just affected what politicians said. It also critically determined what they did. And that too has mostly been the opposite of what the Powellites hoped.

To start with by closing down debate about immigration, they allowed successive governments to avoid having much of a policy at all. In essence Powellism so discredited any talk of planning that we’ve limped along with an ad-hoc approach to immigration whose only consistent aspect has been its racial bias; a non-policy that may have led to Britain admitting more immigrants rather than fewer over this period.

Worse still, the Powellite attack on integration so scared lazy officialdom that they colluded with old-guard ethnic leaders to warp a progressive and very British recognition of diversity in the early nineteen eighties into a bureaucratic version of multiculturalism which today keeps many communities closed and separate. We know the result – people who want to scale the cultural walls that separate them, are blocked by institutions which insist on pigeonholing them by their race, colour and religion.

And in the end Powellism failed in its most important aim – to demonstrate the prophetic vision that ethnic diversity would lead to chaos and hatred. It just hasn’t happened.

This week’s survey from for the BBC shows that the perception of racial prejudice is down yet again with just 20% of British people admitting to feeling any prejudice.

According to the government’s citizenship survey in 2007, 81 per cent of people in England agreed that their local area is a place where people of different backgrounds get on well together. Of course this may well reflect the English propensity to get on with other people by not talking to them at all – but I’ll return to that later.

And though I am always cautious about interpreting the popularity of marriage as an indicator of goodwill, it must stand for something that rates of intermarriage in this country are a) rising and b) higher than anywhere else in Europe and of course the United States.

So why, given its impact, did Powellism fail so dismally?

I think there are three reasons.

First the doctrine utterly failed to understand the essential attitude of British people to difference. We are not racists. How could we be? We are an ancient multilingual state forged from at least four different ethnicities, with a people built on and used to intermarriage, compromise and negotiation.

Our defining monarch, Elizabeth 1 set out the doctrine of toleration, asserting according to Sir Francis Bacon that she would not open a window into men’s souls – that is to say that this is a nation which would not judge people according to their faith, as long as they followed the rule of law and observed the common good. This lies at the heart of the live and let live philosophy that makes cities like London and Birmingham vibrant, multicultural places.

And when we get it right, British tolerance isn’t some grim passive acceptance of difference. It is an active enjoyment of different food, music and ways of worship for example. And at its finest it is allied to a passion for justice that has become part of our culture, perhaps best summed up in the expression « standing up for the underdog ».

Our greatest playwright, William Shakespeare, wrote a famous speech which he put in the mouth of one of our sturdiest advocates of the British tradition of dissent, Sir Thomas More. More quells a London mob bent on violence against asylum seekers with these words:

« Would you be pleased
To find a nation of such barbarous temper
That breaking out in hideous violence
Would not afford you an abode on earth….
…what would you think
To be thus used? This is the strangers’ case,
And this your mountainish inhumanity »

I think the second reason for the Powellites’ failure is that they wanted to promote a British identity rooted in an Empire that by 1968 was already in rapid decline.

And finally, perhaps most important of all, the Powellites fatally confused race and immigration. We can see today why this is a mistake. In the last decade, when we have had higher net immigration than at any time in the past forty years, large numbers – over half a million between 2004 and 2006 of immigrants are white.

On the basis of Powellite doctrine we should welcome today’s immigrants, since they dilute even further the non-white presence here. A true Powellite should today be encouraging more, not less migration from eastern Europe. In fact, anti-immigrant groups still don’t quite know what to say about the Poles.

Because I am a pedant, and had the benefit of the sort of British colonial education that Mr Powell would have valued, I can’t resist pointing out that even the Latin reference that gave Powell’s original speech its name does not in reality point to discord.

The warning of the River Tiber foaming with much blood comes from the Cumaean Sybil, one of the prophetesses of Roman legend. Virgil says that she told Aeneas, the Trojan, not to go to Rome because there’d be trouble. In fact he ignored the warning, he went on to found the dynasty that built Rome – we remember Romulus and Remus – the centre of arguably the most successful multiethnic and multi-faith empire in the history of the world.

Perhaps what happened to the Sybil is a warning. She was granted eternal life by the God Apollo, but forgot to ask for an eternal body. So though she still had the gift of prophecy, she withered away until she was just a disembodied voice. Eventually she disappeared never to be heard from again. I think that’s food for thought for all aspiring prophets.

So in short, after forty years I think we can say with confidence that we don’t need to ask if Powellism was ever right. All we need to know is that it wrong now.

That story is over. Goodbye Alf Garnett.

Immigration Now : The New World
But that does not mean that the political challenge of immigration is over. On the contrary. We’ve only just begun to prepare the ground to debate the greatest challenge of our time.

I believe that there are two fundamental challenges facing western nations today. One is how we live with our planet. The other is how we live with each other. The second – in Sir Isaiah Berlin’s phrase – « living together graciously » – is in my view the more urgent.

If we cannot get along with our neighbours we have no hope of taking the concerted action we need to reverse climate change. There’s just no mileage in talking about car pools if you loathe your neighbours so much that you can’t bear to share a car ride with them.
So how should we approach this great challenge?

A New Social Contract: Managed immigration, Active Integration
Let me start with some straight views of my own.

I do not believe in an open door immigration policy. I support unreservedly, for example the government’s managed migration points system. I welcome how Liam Byrne is cutting through the paralysis of the last 40 years. However, though we might want to be more selective about who comes into Britain, managing immigration is not automatically the same as reducing numbers of immigrants.

Nor do I believe that good race relations has to be dependent on reducing migrant numbers. There is no evidence that reducing numbers has anything to do with better race relations. And the so-called commonsense view that « we can’t take any more » is daily refuted by the migrants who have added to the richness and prosperity of our society.

So I want to propose first that we simply abandon the unproven Powellite assertion that if we get immigration numbers down, we’ll have less trouble.

Instead I want to argue that our history shows that immigration and integration are reciprocal. That is to say, that if we needed, perhaps for economic reasons, to admit more immigrants we would have to work harder at integration; but equally, that if we are better at our integration, we can probably accommodate more immigrants.

And just as Powellism had its three central principles – assimilation, separation and domination – I want to propose three new principles for an integrated society, based on our Commission’s core values – equality, human rights and good relations.

But first, central to any approach to immigration today is an acceptance of reality, recognised even by Enoch Powell’s own heirs.

Last October here is what David Cameron had to say:
« The gaps in the labour market are very naturally being filled by migrant workers. That in itself is a good thing, not a bad thing. We should not try to unlock the potential of our own citizens by locking out the citizens of other countries… skilled foreign workers expand our economy and make us more competitive. »

Whatever we feel about immigrants, immigration is part of our future. The real question will be whether we can, as a modern economy, seize the restless tide of talent that is currently sweeping across the globe in search of a place to deploy its skills and its ambitions. So far we are lagging behind our competitors.

According to a World Bank study of 52 million migrants in 20 rich countries, one in three migrants worldwide has a university education. But while we cower in fear and fret about whether to admit clever foreigners from other nations – America, Australia and Canada are already sailing on that tide of talent.

Canada for example predicts that by 2011 all long term population growth will be due to immigration; and by 2021 every single extra worker in Canada will be an immigrant – already the case in the booming city of Toronto. The Canadians are making it easier, not harder for immigrants to become citizens so that they can compete with the pull of the US.

Yet our businesses are being asked to compete for talent against a background of politically inspired anti immigrant noise which risks discouraging the very people we want to coax here.

Curiously we ignore the fact that we have here in Britain probably the clearest example anywhere in the world of why any country with its act together will want to attract talented immigrants. And it’s an example that illustrates some of the principles by which we could marry a policy of managed migration with active integration and gain popular support for both.

Imagine a British business whose revenues have risen tenfold in the past fifteen years, making it the largest of its kind outside the USA. Consider a business whose exports are so lucrative that it has a presence in more than 200 countries. Think of a sector in which 62% of the key employees are immigrants, some here for the long term, some here just for a few years. And marvel that though the non-whites in this business were once the subject of vicious abuse, today, they are the idols of millions.

Beginning to get the picture?

Britain’s Premier league football is watched each week by half a billion people in over two hundred countries. It is the most successful sporting league outside America. Its revenues are touching two billion. Its foreign stars can earn in excess of in excess of 100,000 pounds every week – but their good fortune does not depress the wages of the home-grown talent.

We have an effective system of controlling entry; and none of the teams for which the foreigners play needs some kind of bureaucratic multiculturalism to effect their integration to their club. No-one has had to abandon their flair and brilliance in order to fit in. In fact the migrant players have for the most part played by the rules, learnt our habits, and I would say many have become better at their jobs for learning British ways.

Didier Drogba (my own team is Chelsea) has learnt that he should try not fall over when a defender breathes too heavily in his direction. Cristiano Ronaldo finally grasped that it wasn’t smart to get someone sent off. And far from displacing the best of our players these immigrants have lifted the standards and the earnings of the game. Today three out of Europe’s top four sides are English. Eight of the richest twenty clubs in the world play in the Premier League.

I’ll go further. These people don’t just take the money and run. The best of the foreign players set a wonderful example in their contribution to British life. Many do charitable work with young people.

And for those who worry that promoting the use of English is somehow an imposition on immigrants, I wish you could have seen, as I did, the recent pregame pep talk by William Gallas the French Arsenal captain, delivered in English and with the passion ironically that we usually associate with Henry V before Agincourt.

Foreign players like Eric Cantona stood together with Brits, in launching the campaign to kick racism out of football. A few years back a drive led by Thierry Henry and others to sell anti racist wrist bands resulted in a fund of a million pounds which we were able to give to local amateur sports clubs for activity directed at racial equality and integration.

One result of all this is that in spite of legitimate worries about the quality of the English team there is no real appetite for limits on the numbers of foreign players in British football. And no-one has seriously questioned the appointment of foreigners to manage our national side because they are foreign.We probably should have had Jose Mourinho but there you go.

I’m not naive. Football is a metaphor not a model. We are talking about a few hundred incredibly privileged men who are more likely to buy a bus for their children than ride in one. They aren’t jostling with us for space in the Tube and they won’t be standing in front of us at our GP’s surgery. Their children won’t be adding to the churn confronting many teachers in our inner city schools.

But the metaphor does suggest some lessons about immigration in the 21st century world that we would do well to heed.

First that the need of the market for skilled labour is more important than anxieties about cultural difference. No-one asks players where they come from; clubs and fans only ask what they bring. Our immigration laws have therefore made it relatively easy to bring in these talented people without too much trouble.

Second, the shared desire to win status and rewards means that players find ways of communicating and accepting that they need to make some compromises for the common good. Those that don’t accept that don’t stay long.

Third, the fact that we have foreign players in our game does not make our own home-grown heroes less bankable or less part of the game. And our country as a whole has benefited in a way that no-one could have imagined just twenty years ago.

Fourth none of this happens by accident. There has been control and regulation that governs who is admitted. We know what the facts about numbers of players are. Everyone plays to the same rule book; there is no special treatment for any cultural group.

And there has been a relentless effort by the authorities to put a stop to the kind of abusive and discriminatory treatment that used to be doled out to foreign and minority players – led by the way by one of our Commission’s forerunners, the CRE.

It hasn’t all been sweetness and light. We still don’t have very many minority authority figures in the game – managers or referees for example.

But it shows that we can manage this new world.

However we have urgently to get our house in order, because that world is changing by the day. We read anxiously about the millions poised to come to the UK. But we shouldn’t kid ourselves. We are not the automatic destination of choice for this wave of talent.

A study of Polish immigrants in Britain, conducted by Warsaw’s Centre for International Relations showed that we weren’t their first choice – a third, for example, sought jobs in Germany before turning to Britain.

And in case we ever become arrogant enough to believe that once people have tasted the delights of a British summer they’ll never return to their homelands, the same survey showed that though a quarter wanted to stay, 51% had no intention of remaining permanently in Britain. Their target would probably be to return home or to move on to richer pastures like the USA.

So in the coming years, the key question we will be asking ourselves is not how many of the wrong sort of immigrants we can afford; it will be how many of the right sort immigrants we can attract.

This wave of human talent carries huge benefits for us.

But it also carries some costs.

The Cost of Immigration
It may be true that as suggested by the recent report by the Select Committee of the House of Lords on Economic Affairs that each of us individually would be hard put to identify the addition to the Gross Domestic Product of our own households, made possible by recent migration.

But as much as I respect the economic expertise of their Lordships, I think we should also pay attention to the opinion of people who actually create wealth. Bill Gates, the boss of Microsoft, frustrated by what he sees as the restrictive immigration policies of the United States Congress, has decided to expand the company’s vital research and development operations not in the USA but across the border in immigration friendly Canada.
And what their Lordships didn’t do was to address what is nowadays called the counterfactual: what would life for our society as a whole be like without the immigrants?

In the real world we know some real people who would have their lives transformed and not for the better. Take three examples which apply to millions of British people.

To start with many families have benefited from the fact that they now have two salaries coming in – mostly because women have joined the workforce. But that was made possible for some only by of the availability of capable and qualified immigrant carers.

In the next twenty years our need for personal care for the elderly will double. Unless women are forced out of work, we know who will fill the void. Tens of thousands of qualified care workers from the rest of Europe, Africa and elsewhere.

Immigration is also changing some of our public services for the better. We all know that there would be no NHS without foreign doctors, nurses, cleaners and administrators. We all know that there will be no Crossrail in London, no Olympics, no new wave of housing starts without immigrant carpenters, electricians and bricklayers.

And many of our schools are benefiting from the presence of clever immigrant children. For example, Paul McAteer, the Head of Slough’s Langleywood School , described a few years back by the Daily Mail as « the worst school in Britain » now says that migrant pupils have been a « big factor » in transforming its performance. He goes on to say that « Foreign children have improved our results…white British parents who live close to the school want their children to come here again ».

So as a nation we have travelled a long way from the view that immigration is in and of itself a danger to our social tranquillity.

The Political Costs of Immigration
But it would be a return to the worst days of our forty-year silence to ignore the fact that many people are deeply unsettled by the pace and nature of change.

It is true that the small minority of people in this country who are genuine racists are obsessed with immigration. But that does not mean that the large number of people who do worry about immigration are all racists.

Any policy of managed migration and active integration has to be a policy embraced by the whole nation.

And that policy has to acknowledge the pressures that come with the benefits of immigration.

To deal effectively with those pressures we need to confront four key problems.

First, the poverty of timely information about the impact migration is having on our communities. We can see on the ground that the systems of funding for local services are not keeping up with the rate of change; leading to irresponsible rumour mongering about immigrants committing more crime and cheating the housing system.

Most of this is froth and nonsense. Police chiefs this week said there was no basis for the first allegation; independent research commissioned by ourselves and the Local Government Association show there’s no evidence of the second. But we do need more timely, and independent information so that ordinary people can see what is true and what is not.

Second, though there are benefits to migration, they aren’t shared out equally. The problem is that though the inequality may actually be caused by a lack of public investment, it may be attributed to the presence of immigrants.

Thus, for every professional woman who is able to go out to work because she has an Eastern European nanny, there is probably a young mother who watches her child struggle in a classroom where a harassed teacher faces too many children with too many languages between them.

Wanting a better deal for her child doesn’t make her anti-immigrant – but if we can’t find a better response for her frustration, then she soon will be.

For every boss whose bacon is saved by the importation of skilled IT professionals or skilled craftspeople or health professionals, there are a thousand people who are wondering every morning why they have to put up with the misery of a packed train carriage or bus – if they can get on in the first place.

Wanting an infrastructure that doesn’t make getting to work daily hell does not make someone a natural voter for an anti-immigrant party. But it soon will.

As the novelist Rose Tremain told the Guardian yesterday in describing Britain as « bipolar » on immigration « I do worry about immigration. Just the sheer crowds….it certainly feels vexing when you can’t even get a doctor’s appointment. Yet I don’t like the fact that I worry about it. »

Third, there is unfairness in the workplace. There is very little evidence that home-grown workers’ wages are depressed because of migration, so the likelihood is that there has been little impact on current workers. If there is an economic slowdown, that may change. But we’re not there yet.

There are however, two major issues which do demand action now.

One is the sheer exploitation of some low paid immigrants, illustrated by the fate of cockle pickers who died in Morecambe Bay in 2004. They were just the tip of an iceberg of human-trafficking and near-slavery, which can only be held in check by better policing and sharper regulation.

The other major issue is the question of why employers should invest in training and skills for home-grown workers when they can get the readymade thing from abroad? Easyjet delivers easymigrant to your door with all his or her skills, readiness to work over the hours and probably a university degree to boot. How can our million or so young people who are not in education, employment or training possibly compete?

The fourth key problem is the ever-present challenge of how to keep communities which are changing faster ever year from fragmenting. Powell predicted « hot » conflict and violence. We don’t see too much of that, and where it does occur it tends to be within specific communities – gun crime in some black communities for example.

However we have seen the emergence of a kind of cold war in some parts of the country, where very separate communities exist side by side, increasing the likelihood of little interaction and with poor communication across racial or religious lines. This is not purely an old style anti-black phenomenon. There are divisions between minority communities as we saw here in Lazelles two and a half years ago and increasingly there is little difference in attitudes to immigration between ethnic minorities and the majority. So how do we reconcile good relations and stable communities with our need to ride the tide of global migration?

There is perhaps another way to put all these questions.

How can we use a policy of managed migration and active integration to create a Britain that is fairer, built on dignity and respect, and where people are confident in all aspects of their diversity?

The Commission’s mandate and brief don’t run to controlling the immigration system, I’m happy to say. That’s someone else’s job. But our job is above all fostering good relations, and within that to make a reality of a policy of active integration.

So I want to end this morning by briefly setting out three key principles for our integrated society.

Three Principles for An Integrated Society.
The First Principle is that Integration is a two-way street
I know that some people are nervous about the use of the word integration. But most British people know what it means, and frankly, I can’t help feeling that if Powellites were against it I should be for it. But let me say what I mean by it in practice.

Immigrants change us, mostly for the better. They don’t just bring their labour with them – they create more choice for everyone – of food, of music, of literature – all aspects of the benefits of two-way integration. They compete hard, they lift our standards. And in a global economy they are beginning to give us the edge in markets – India for example – that we would not otherwise enjoy.

Most immigrants change too. We expect those who come to Britain to play by the rules and to do their best to share in the responsibilities of living together as well as enjoying the rights – for example by learning English so that they can participate fully in the workplace and in the life of the community. And if people want the rules to be different they campaign to change them by the democratic means we have available.

But an integrated society isn’t only the sum of what individuals do. It’s also what governments and civil society do too. So that means we all – immigrant and home-grown – have the right to expect that we will be treated fairly, not exploited and that our dignity is respected.

That means we need to redouble our efforts to stamp out trafficking and exploitation at work. Our Commission is already starting to work closely with trades unions on these issues and I look forward to sitting down with employers too.

It means that the Equality and Human Rights Commission has launched a 10 million pound grants programme much of which is going to local voluntary organisations dedicated to bringing different groups together.

It means that this summer we will pilot a programme of summer camps expressly designed to get young people of different backgrounds to learn more about each other.

And it means that when we talk about active integration let me repeat: we are not talking about assimilation. But because integration is a two way street, we know that on this two way street, that there will sometimes be friction.

It is our job as a Commission, to help to minimise those frictions by establishing some rules of the road. These need to be more than traditional British courtesy and good manners – though frankly that would be a good place to start these days.

We need some more fundamental agreement on common values. These in my view are best based on our human rights principles.

I don’t mean by this the distorted view of human rights in which clever and malicious people take advantage of the rest of the community.

I mean the commonsense approach to human rights that is deeply ingrained in our British history, that tells us for example, that while free speech cannot be traded for cultural sensitivity, the right to offend does not imply an obligation to insult.

I also mean that these basic values and freedoms must apply to all. For example, that while the equality of women and the protection of children can never be modified in any way by cultural tradition, where fundamental protections are not undermined, we have to be ready to accept that minorities of which we are not a part ourselves have the right to be different.

For example we make a legal distinction between forced marriage – illegal – and arranged marriage, perfectly legal. I guess arranged marriages are unlikely to catch on in a big way outside some communities, they are now a legitimate part of British life. That is what being at ease with our diversity means.

And it also means that where law may not compel we have to find new ways of creating change.

For example our political parties remain desperately unrepresentative. They need to change. Pronto.

What legitimacy is there in a Parliament which makes crucial decisions on immigration with just fifteen ethnic minority MPs when there should be more than sixty? How can a House of Commons expect its decisions on counter-terrorism to be taken seriously by Muslim communities when there are only four Muslim MPs in the House of Commons?

I also believe that we should take opportunities to celebrate those new neighbours on our two-way street who make it a better place.

Our system of honours currently does not fully recognise those who have made a contribution here if they were born outside the Commonwealth. Bob Geldof, for example can’t properly be addressed as Sir Bob because he is not a Commonwealth citizen – surely a relic of our imperial past.

Well, we can’t change that but later this year our Commission intends to announce a special annual scheme that will celebrate the contribution to British life of individuals who were born elsewhere but have made the UK their home.

The Second Principle: Fairness is not just for minorities
We can no longer identify those who are not flourishing in our society by colour-coding them. For example, it has recently become clear that when it comes to educational failure and that million young people I mentioned earlier, the people with whom the system is having least success and who should today most concern us are young white men emerging into adulthood with no qualifications, no skills and in some cases no aspirations.

Our equality effort should be directed at them too, especially at a time when so many jobs that are available are going to immigrants simply because they are better qualified.

Our equality work should deal with mainstream issues. So when the government’s welcome plan to build 3 million more homes and five new eco-towns by 2020 is put into practice, good relations must be the heart of the design of those homes and those towns – so that they become mixed communities that bring people together rather than drive them apart.

We will only win popular support for an integrated society if we are seen to be fair to everyone, majority and minority. That is why we need better, more transparent information about the impact of immigration.

That is why I intend to propose to our Commissioners that we should publish, every year from next year, an annual good relations barometer which sets out honestly the state of relations, positive and negative, in communities across the country. It will draw on independent survey evidence, the experience of our frontline networks and the views of our voluntary sector partners.

And in our effort to provide a better evidence base, the Commission today publishes on its website a series of maps that show exactly where migrant communities are concentrated across Britain. (you can view the maps here)

We see this kind of openness as a platform for a no doubt difficult, but ultimately honest and better informed debate about how we live together graciously.

The Third Principle: We Must Share the benefits and burdens of migration fairly
Much of the reason for unease over immigration is no longer about foreigners’ difference. It is about whether those who benefit from their presence are also bearing their share of cost. There are two aspects to this.

One is whether all parts of the country are benefiting in the same way. All the evidence suggests that they aren’t. Many areas of England are accommodating many migrants for economic reasons without having had the time or resource to build up the necessary infrastructure. On the other hand some parts of the country aren’t getting enough migrants. That is why we think balancing measures are vital – such as incentives under the points system that will draw migrants to under-populated Scotland; and we’d like to see more funds going faster to parts of the country which are experiencing population surges.

The other aspect is the question of how we share the costs between settled communities, migrants and employers; to what extent should those who benefit from immigrants’ presence including immigrants themselves also bear some of the increased costs.

The government has recently acknowledged this by suggesting that whilst English lessons might be made free for those who intend to settle here, it is right that those who come just work – the easymigrant – and their employers should bear the cost of their English classes. I believe that this is right.

In other countries, many experts are considering whether there is value in the idea of a migrant tax, which would be used to defray some infrastructure costs.

But there are many complex issues here, and I believe that our Commissioners would object to anything which smacked of back-door discrimination. And anything which actually turned the tide of talent away from Britain would be utterly counterproductive.

So we need to do some thinking. Later this year the Commission, in partnership with the Migration Policy Institute of Washington, will hold an international summit of bodies like our own and NGOs which will consider these issues. We will draw on the expertise of people here and abroad to try to understand how we can start to reconcile the claims of those who are settled with those who come to support us and our economy for a period.

Conclusion
These are just some of my own ideas to start with. There will be many more as we debate these issues, starting this morning.

But the best ideas will emerge if we are now willing to have an open, honest and informed debate about a new social contract, about managed migration and active integration.
I believe that the more we talk about immigration the better. Many think that this isn’t the time or place for this debate. And I understand their anxieties.

I know that I will somehow be misquoted.
I know, without doubt some people will misuse the opportunity of open debate to cloak their racist motives.

But if not now, when?

We cannot allow discussion of race and immigration forever to be seen as playing into the hands of extremists. The forty-year old shockwave of fear has gagged us all for too long.

Our aim is the integrated society – one built on fairness, respect and dignity, confident in all aspects of its diversity.

We need to start a new conversation about how we get there, a dialogue has to be guided not by fear, but by hope.

Voir enfin:

Des fleuves de sang

Boulevard Voltaire

Alors qu’en 1968, le gouvernement travailliste s’apprête à voter des lois contre la discrimination raciale, Enoch Powell, figure majeure du parti conservateur, premier ministrable potentiel, respecté de tous pour son intégrité, prononce — sans consulter son parti — un discours sur l’immigration qui enflamme le pays. Ce discours du 20 avril 1968 marque un tournant dans l’histoire politique de la Grande-Bretagne.

A la suite de ses déclarations, Enoch Powell est exclus du Shadow Cabinet (les conservateurs sont alors dans l’opposition). Une véritable fièvre s’empare du pays et un élan populaire massif lui apporte son soutien. Powell reçoit 100.000 lettres dont seule une infime partie lui sont hostiles. Toutes réclament la fin de l’immigration. Un mouvement anti-raciste nait en réaction et se manifeste avec une égale ardeur.

A la suite de remous importants et de l’élection en 1970 de Edward Heath au poste de 1er ministre, la brillante carrière politique de Powell s’achève. Tournant le dos à la volonté populaire, les gouvernements successifs s’engagent dans une voie opposée à celle défendue par Powell : c’est l’avènement du multi-culturalisme qui, théorisé, devient la politique officielle de la Grande-Bretagne.

« Des fleuves de sang »
Discours d’Enoch Powell du 20 avril 1968

La fonction suprême de l’homme d’état est de protéger la société de malheurs prévisibles. Il rencontre dans cette tâche des obstacles profondément ancrés dans la nature humaine. L’un d’entre eux est qu’il est d’évidence impossible de démontrer la réalité d’un péril avant qu’il ne survienne : à chaque étape de la progression d’un danger supposé, le doute et le débat sont possibles sur son caractère réel ou imaginaire. Ces dangers sont en outre l’objet de bien peu d’attention en comparaison des problèmes quotidiens, qui sont eux incontestables et pressants : d’où l’irrésistible tentation pour toute politique de se préoccuper du présent immédiat au détriment de l’avenir. Par-dessus tout, nous avons également tendance à confondre la prédiction d’un problème avec son origine, ou même avec le fauteur de trouble. Nous aimons à penser : « Si seulement personne n’en parlait, sans doute rien de tout cela n’arriverait…»

Cette habitude remonte peut-être à la croyance primitive que le mot et la chose, le nom et l’objet, sont identiques. Dans tous les cas, l’évocation des périls à venir, graves mais évitables (si l’on s’attache à les résoudre), est la tâche la plus impopulaire de l’homme politique. La plus nécessaire aussi.

Les hommes politiques qui s’y soustraient en connaissance de cause méritent — et reçoivent d’ailleurs fréquemment — les critiques de leurs successeurs. Il y a 1 à 2 semaines, je discutais dans ma circonscription avec un homme d’une quarantaine d’années qui travaille dans l’une de nos entreprises nationalisées. Après quelques mots sur la pluie et le beau temps, il me dit soudainement : « Si j’avais les moyens, je quitterais le pays. » Je lui fis quelques reproches, lui faisant remarquer que le gouvernement actuel ne durerait pas éternellement. Mais il n’y prêta pas attention et poursuivit : « J’ai trois enfants. Ils ont tous le bac [grammar school], deux d’entre eux sont mariés et ont une famille. Mais je ne serai heureux que lorsque je les aurai tous vu partir à l’étranger. Dans ce pays, dans 15 à 20 ans, les noirs domineront les blancs. »

J’entends déjà les cris d’orfraie. Comment puis-je dire une chose aussi horrible ? Comment puis-je jeter le trouble et déchaîner les passions en relatant une telle conversation ? Ma réponse est que je m’interdis de ne pas le faire. Dans ma propre ville, au grand jour, un brave et honnête compatriote me dit à moi, son député, qu’il ne fera pas bon vivre dans son pays pour ses propres enfants. Je n’ai tout simplement pas le droit de hausser les épaules et de passer à autre chose. Ce que dit cet homme, des milliers, des centaines de milliers de gens le pensent et le disent. Peut-être pas dans tout le pays, mais partout où s’opère la transformation radicale à laquelle nous assistons aujourd’hui, et qui n’a aucun parallèle connu en 1000 ans d’histoire.

Sur la lancée actuelle, dans 15 ou 20 ans, il y aura en Grande-Bretagne, en comptant les descendants, 3,5 millions d’immigrés du Commonwealth. Ce chiffre n’est pas de moi : c’est l’évaluation officielle donnée au Parlement par les bureaux de l’état-civil. Il n’y a pas de prévision officielle semblable pour l’an 2000, mais le chiffre avoisinera les 5 à 7 millions, soit environ un dixième de la population, quasiment l’équivalent de l’agglomération londonienne. Cette population ne sera bien sûr pas uniformément répartie du nord au sud et d’est en ouest. Dans toute l’Angleterre, des régions entières, des villes, des quartiers, seront entièrement peuplés par des populations immigrées ou d’origine immigrée.

Avec le temps, la proportion des descendants d’immigrés nés en Angleterre, et donc arrivés ici comme nous, augmentera rapidement. Dès 1985, ceux nés en Angleterre [par rapport à ceux nés à l’étranger] seront majoritaires. C’est cette situation qui demande d’agir avec la plus extrême urgence, et de prendre des mesures qui, pour un homme politique, sont parmi les plus difficiles à prendre, car ces décisions délicates sont à considérer dans le présent, alors que les dangers à écarter, ou à minimiser, ne se présenteront qu’aux élus des générations futures.

Lorsqu’un pays est confronté à un tel danger, la première question qui se pose est celle-ci : « Comment réduire l’ampleur du phénomène ? » Puisqu’on ne peut entièrement l’éviter, peut-on le limiter, sachant qu’il s’agit essentiellement d’un problème numérique ? Car en effet, l’arrivée d’éléments étrangers dans un pays, ou au sein d’une population, a des conséquences radicalement différentes selon que la proportion est de 1% ou 10%.

La réponse à cette simple question est d’une égale simplicité : il faut stopper, totalement ou presque, les flux d’immigration entrants et encourager au maximum les flux sortants. Ces deux propositions font partie de la plate-forme officielle du Parti Conservateur.

Il est à peine concevable qu’en ce moment même, rien qu’à Wolverhampton, entre 20 et 30 enfants immigrés supplémentaires arrivent chaque semaine de l’étranger, soit 15 à 20 familles supplémentaires dans 10 ou 20 ans. « Quand les Dieux veulent détruire un peuple, ils commencent par le rendre fou » dit le dicton, et assurément nous devons être fous, littéralement fous à lier, en tant que nation, pour permettre chaque année l’arrivée d’environ 50 000 personnes à charge et qui plus tard accroîtront la population d’origine immigrée.

J’ai l’impression de regarder ce pays élever frénétiquement son propre bûcher funéraire. Nous sommes devenus fous au point de permettre à des célibataires d’immigrer ici dans le but de fonder une famille avec des conjoints ou des fiancés qu’ils n’ont jamais vus. Ne croyez pas que cet afflux de population diminuera de lui-même. Bien au contraire. Même au rythme actuel de 5 000 admissions par an et par quota, ce chiffre est suffisant pour faire croître le nombre de personnes à charge de 25 000 par an, et à l’infini, sans compter l’immense réservoir des liens familiaux existant avec le pays d’origine – et tout cela sans parler de l’immigration clandestine.

Dans de telles circonstances, la seule mesure adaptée est de réduire, toutes affaires cessantes, le rythme de l’immigration jusqu’à des chiffres négligeables, et de prendre sans délai les mesures législatives et administratives qui s’imposent.

J’en viens maintenant au retour au pays. Si toute immigration cessait demain, la croissance de la population immigrée ou d’origine immigrée serait substantiellement réduite, mais l’importance numérique de ces populations ne modifierait pas les fondamentaux du danger qui nous préoccupe. Et cet aspect du problème ne peut être traité que lorsqu’une proportion importante des populations immigrées est encore composée de personnes arrivées récemment, durant les 10 dernières années. D’où l’urgence de mettre en œuvre dès aujourd’hui ce second volet de la politique du Parti conservateur : encourager la ré-émigration. Personne n’est en mesure d’estimer le nombre de ceux qui, moyennant une aide généreuse, choisiraient soit de retourner dans leur pays d’origine, soit d’aller dans d’autres pays désireux de recevoir main d’œuvre et savoir-faire. Personne ne le sait, car jusqu’à présent, aucune politique de cet ordre n’a été mise en œuvre. Tout ce que je puis dire, c’est qu’actuellement encore, des immigrés de ma circonscription viennent me voir de temps à autre pour me demander de bénéficier d’une aide au retour. Si une telle politique était adoptée et mise en place, avec la détermination que justifie la gravité de la situation, les flux sortants pourraient sensiblement modifier les perspectives d’avenir.

Le troisième volet de la politique du Parti Conservateur est l’égalité de tous devant la loi : l’autorité publique ne pratique aucune discrimination et ne fait aucune différence entre les citoyens. Ainsi que M. Heath [leader du parti conservateur] l’a souligné, nous ne voulons pas de citoyens de première ou de seconde «classe». Mais cela ne doit pas signifier pour autant qu’un immigré ou ses descendants doivent disposer d’un statut privilégié ou spécifique, ou qu’un citoyen ne soit pas en droit de discriminer qui bon lui semble dans ses affaires privées, ou qu’on lui dicte par la loi ses choix ou son comportement.

Il n’y a pas plus fausse appréciation de la réalité que celle entretenue par les bruyants défenseurs des lois dites « contre les discriminations ». Que ce soit nos grandes plumes, toutes issues du même moule, parfois des mêmes journaux qui, jour après jour dans les années 30, ont tenté d’aveugler le pays face au péril croissant qu’il nous a fallu affronter par la suite. Ou que ce soit nos évêques calfeutrés dans leurs palais à savourer des mets délicats, la tête dissimulée sous les draps. Ces gens-là sont dans l’erreur, dans l’erreur la plus absolue, la plus complète. Le sentiment de discrimination, de dépossession, de haine et d’inquiétude, ce ne sont pas les immigrés qui le ressentent, mais bien ceux qui les accueillent et doivent continuer à le faire. C’est pourquoi voter une telle loi au Parlement, c’est risquer de mettre le feu aux poudres. Le mieux que l’on puisse dire aux tenants et aux défenseurs de cette loi, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font.

Rien n’est plus trompeur que de comparer la situation de l’immigré du Commonwealth [ancien empire britannique] qui arrive en Grande-Bretagne avec celle du noir américain. Les noirs, qui étaient déjà présents avant que les Etats-Unis ne deviennent une nation, ont d’abord été des esclaves, au vrai sens du terme. Le droit de vote, et d’autres, leurs ont été accordés seulement par la suite, droits qu’ils ne sont parvenus à exercer que peu à peu, et encore incomplètement. L’immigré du Commonwealth lui, est arrivé en Grande-Bretagne comme citoyen à part entière, dans un pays qui ne pratique pas la discrimination, un pays où il obtient immédiatement les mêmes droits que tout le monde, du droit de vote à la gratuité des soins de la Sécurité sociale. Les difficultés rencontrées par les immigrés ne proviennent ni des lois, ni de la politique du gouvernement ou de l’administration, mais de leur situation personnelle, et des événements fortuits qui font, et feront toujours, que le destin et l’expérience d’un homme ne sont pas ceux d’un autre.

Mais alors qu’arriver en Grande-Bretagne signifie pour le migrant accéder à des privilèges et à des équipements ardemment recherchés, l’impact sur la population autochtone du pays est bien différent. Pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, en application de décisions prises à leur insu, pour lesquelles ils ne furent jamais consultés, les habitants de Grande-Bretagne se retrouvent étrangers dans leur propre pays.

Leurs femmes ne trouvent pas de lits d’hôpital pour accoucher, leurs enfants n’obtiennent pas de places à l’école, leurs foyers, leurs voisins, sont devenus méconnaissables, leurs projets et perspectives d’avenir sont défaits. Sur leurs lieux de travail, les employeurs hésitent à appliquer au travailleur immigré les mêmes critères de discipline et de compétence qu’au Britannique de souche. Ils commençent à entendre, au fil du temps, des voix chaque jour plus nombreuses qui leur disent qu’ils sont désormais indésirables.

Et ils apprennent aujourd’hui qu’un privilège à sens unique va être voté au Parlement. Qu’une loi qui ne peut, ni n’est destinée à les protéger ni à répondre à leurs doléances, va être promulguée. Une loi qui donnera à l’étranger, au mécontent, à l’agent provocateur, le pouvoir de les clouer au pilori pour des choix d’ordre privé.

Parmi les centaines de lettres que j’ai reçues après m’être exprimé sur ce sujet il y a 2 ou 3 mois, j’ai remarqué une nouveauté frappante, et je la trouve de très mauvaise augure. Les députés ont l’habitude de recevoir des lettres anonymes, mais ce qui me surprend et m’inquiète, c’est la forte proportion de gens ordinaires, honnêtes, avisés, qui m’écrivent une lettre souvent sensée, bien écrite, mais qui préfèrent taire leur adresse. Car ils craignent de se compromettre ou d’approuver par écrit les opinions que j’ai exprimées. Ils craignent des poursuites ou des représailles si cela se savait. Ce sentiment d’être une minorité persécutée, sentiment qui progresse parmi la population anglaise dans les régions touchées du pays, est quelque chose d’à peine imaginable pour ceux qui n’en ont pas fait directement l’expérience. Et je vais donner l’occasion à l’une de ces personnes de parler à ma place :

« Il y a 8 ans, dans une rue paisible de Wolverhampton, une maison a été vendue à un noir. Aujourd’hui, il ne reste plus dans cette rue qu’une femme blanche, une retraitée, et voici son histoire : cette femme a perdu son mari et ses deux fils, morts à la Guerre. Elle a transformé sa maison de 7 pièces, son seul bien, en chambres à louer. Elle y a mis toute son énergie et elle a bien réussi, remboursant son emprunt et commençant à épargner pour ses vieux jours. Puis des immigrés sont venus s’installer. Avec une appréhension croissante, elle a vu les maisons se faire racheter les unes après les autres. La rue, autrefois paisible, est devenue bruyante et chaotique. A regret, elle a vu ses locataires blancs partir un à un.

Le lendemain du jour où son dernier locataire est parti, elle a été réveillée à 7 heures du matin par deux hommes noirs qui, disaient-ils, voulaient utiliser son téléphone pour appeler leur employeur. Elle a refusé, comme elle aurait refusé à n’importe qui à cette heure matinale. Elle a alors été injuriée. Sans la chaîne qui bloquait sa porte, elle a craint d’être agressée. Depuis, des familles d’immigrés ont essayé de lui louer des chambres, mais elle a toujours refusé. Ses petites économies se sont épuisées, et après avoir payé ses impôts, il ne lui reste que 2 livres par semaine. Elle a demandé une réduction d’impôts et a été reçue par une jeune femme qui, voyant qu’elle possédait une maison de 7 pièces, lui a conseillé d’en louer une partie. Quand elle a répondu que les seuls locataires qui se présentaient étaient noirs, la jeune employée lui a répondu : « Les préjugés raciaux ne vous mèneront nulle part dans ce pays. » Elle est rentrée chez elle.

Le téléphone est son seul lien avec l’extérieur. Sa famille paye la facture, et l’aide autant qu’elle peut. Des immigrés lui ont proposé d’acheter sa maison, pour un prix que les acheteurs potentiels pourraient récupérer en la louant en quelques semaines, ou du moins en quelques mois. Elle a désormais peur de sortir. Ses fenêtres sont cassées. Elle trouve des excréments dans sa boîte aux lettres. Quand elle sort faire ses courses, elle est suivie par de charmants petits noirs, très souriants. Ils ne parlent pas un mot d’anglais, mais il existe un mot qu’ils connaissent très bien : « Raciste ! » scandent-ils derrière elle. Lorsque cette nouvelle loi sur les relations interraciales sera votée, cette femme est convaincue qu’elle ira en prison. A-t-elle tort ? Je commence moi aussi à me poser la question…

L’autre dangereuse chimère de ceux qui sont aveugles aux réalités peut se résumer au mot « intégration ». Être intégré, c’est ne pas se distinguer, à tous points de vue, des autres membres d’une population. Et de tout temps, des différences physiques évidentes, particulièrement la couleur de peau, ont rendu l’intégration difficile, bien que possible avec le temps. Parmi les immigrés du Commonwealth venus s’installer ici depuis 15 ans, il existe des dizaines de milliers de personnes qui souhaitent s’intégrer, et tous leurs efforts tendent vers cet objectif. Mais penser qu’un tel désir est présent chez une vaste majorité d’immigrés ou chez leurs descendants est une idée extravagante, et dangereuse de surcroît.

Nous sommes arrivés à un tournant. Jusqu’à présent, la situation et les différences sociales ont rendu l’idée même d’intégration inaccessible : cette intégration, la plupart des immigrés ne l’ont jamais ni conçue ni souhaitée. Leur nombre et leur concentration ont fait que la pression vers l’intégration qui s’applique d’habitude aux petites minorités, n’a pas fonctionné. Nous assistons aujourd’hui au développement de forces qui s’opposent directement à l’intégration, à l’apparition de droits acquis qui maintiennent et accentuent les différences raciales et religieuses, dans le but d’exercer une domination, d’abord sur les autres migrants et ensuite sur le reste de la population. Cette ombre, au départ à peine visible, obscurcit le ciel rapidement. Et on la perçoit désormais à Wolverhampton. Elle donne des signes d’expansion rapide. Les mots que je vais citer ne sont pas les miens, je les reprends tels quels de la presse locale du 17 février [1968], ils sont d’un député travailliste, ministre du gouvernement actuel : « Il faut déplorer la campagne menée par la communauté Sikh pour conserver des coutumes inadéquates. Ils travaillent en Grande-Bretagne, dans la fonction publique qui plus est. Ces personnes doivent accepter les conditions liées à leur emploi. Réclamer des droits particuliers pour leur communauté (ou devrait-on parler de rites ?) mène à un dangereux clivage au sein de la société. Ce communautarisme est un chancre : qu’il soit revendiqué par un camp ou par un autre, il faut le condamner sévèrement. » Il faut remercier John Stonehouse pour sa lucidité et pour avoir eu le courage d’évoquer ce sujet.

Le projet de Loi sur les Relations Raciales constitue le terreau idéal pour que ces dangereux éléments de discorde prospèrent. Car voilà bien le moyen de montrer aux communautés d’immigrants comment s’organiser et soutenir leurs membres, comment faire campagne contre leurs concitoyens, comment intimider et dominer les autres grâce aux moyens juridiques que les ignorants et les mal-informés leur ont fournis.

Je contemple l’avenir et je suis rempli d’effroi. Comme les Romains, je vois confusément « le Tibre écumant de sang ». Ce phénomène tragique et insoluble, nous l’observons déjà avec horreur outre-Atlantique, mais alors que là-bas il est intimement lié à l’histoire de l’Amérique, il s’installe chez nous par notre propre volonté, par notre négligence. Il est déjà là. Numériquement parlant, il aura atteint les proportions américaines bien avant la fin du siècle. Seule une action résolue et immédiate peut encore l’empêcher. Je ne sais si la volonté populaire exigera ou obtiendra de telles mesures. Mais ce que je sais, c’est que se taire devant cette situation serait une trahison majeure.

Voir encore:

Michèle Tribalat : « L’Europe nous a imposé un modèle multiculturel auquel la France n’a jamais vraiment cherché à s’opposer »
La démographe republie « Assimilation, la fin du modèle français. » Selon elle, il manque plusieurs facteurs pour que l’assimilation fonctionne de nouveau en France..
Atlantico
5 Juin 2017

Vous republiez « Assimilation : la fin du modèle français » (Editions de l’Artilleur). Qu’est-ce qui vous fait faire ce constat de la défaite du modèle français en matière d’intégration aujourd’hui ?

Michèle Tribalat : L’assimilation ne relève pas d’une législation. Elle ne s’ordonne pas par la loi. C’est un processus social de convergence des comportements dans lequel la mixité des unions joue un rôle fondamental. L’assimilation, comme le multiculturalisme à sa manière, s’effectue dans un rapport asymétrique entre la société d’accueil et les nouveaux venus. Le modèle assimilationniste accorde un privilège à la culture de la société d’accueil, sans être ni culturaliste ni inégalitaire. C’est même tout le contraire puisqu’il suppose une capacité d’adaptation des migrants et de leurs descendants à un environnement culturel différent du leur. Le multiculturalisme est un modèle asymétrique d’un autre type. Il favorise le séparatisme et l’entre-soi, mais seulement pour les nouveaux venus. Cet entre-soi ne peut, en effet, être étendu aux autochtones, sous peine de susciter des discriminations. Les « minorités » reçoivent alors un traitement qui ne peut être concédé aux autochtones. C’est un modèle culturaliste et inégalitaire qui renverse l’asymétrie du modèle assimilationniste. Il ne reconnaît pas de droit à la persistance culturelle de la société d’accueil.

L’assimilation nécessite un certain nombre de conditions et, notamment, l’engagement du corps social dans son entier, élites comprises. La pression sociale exercée par les autochtones, généralement ceux des catégories populaires qui voisinent avec les populations aux modes de vie dépaysants, doit être considérée comme légitime et encouragée. Selon Paul Collier (Exodus, dont une traduction est à paraître à l’Artilleur l’année prochaine), les autochtones doivent être « les prosélytes de leur propre nation ». Pour être convaincant, ce prosélytisme nécessite une certaine fierté.

Si j’insiste sur ces caractéristiques, c’est parce qu’elles dessinent, en creux, tout ce qui manque aujourd’hui. Nous ne sommes plus dans une disposition d’esprit propre à susciter l’assimilation. L’ascendant culturel des catégories populaires, autrefois motrices dans l’assimilation, est désormais contesté. Elles ont cessé d’être les prosélytes de la nation, d’espérer que leurs voisins s’adapteront et préfèrent vivre dans des lieux où il leur sera plus facile de maintenir leur propre mode de vie. Elles se sont éloignées des grands centres urbains (voir Christophe Guilluy), évitement qui a renforcé les concentrations ethniques, lesquelles favorisent l’entre-soi et le maintien des habitudes culturelles. On a là un cercle vicieux sur lequel les exhortations à la mixité sociale (euphémisme pour mixité ethnique) ont peu de prise. L’autodénigrement a remplacé le prosélytisme. Pourquoi chercherait-on à s’assimiler à un pays aussi détestable dont on ressasse avec gourmandise les tares passées ?

La question des flux migratoires est souvent très débattue car très incertaine. Entre les deux extrêmes du Grand Remplacement et d’une société mondiale ouverte, quelle observation peut-on faire ?

C’est, paradoxalement, lorsque le gouvernement a souhaité arrêter l’immigration, au milieu des années 1970, que s’est dessiné un régime juridique très favorable à l’immigration. Les velléités de suspendre, pour un temps l’immigration, n’ont été possibles que pour la migration directement économique. Le Conseil d’État, avant les Cours européennes, a forcé le gouvernement de l’époque à laisser ouvert le canal de l’immigration familiale. S’est ensuite développé un régime juridique fondé sur des droits ouverts aux étrangers respectant un certain nombre de conditions. Si l’immigration étrangère a été freinée jusqu’au milieu des années 1990, une nouvelle vague migratoire de grande ampleur s’est alors développée. Comme l’écrit Paul Collier, les standards selon lesquels les Cours européennes jugent que l’on peut renvoyer un immigrant, contre sa volonté, dans son pays d’origine, sont incroyablement élevés. Si bien que la politique fondée sur des droits encourage, paradoxalement, la migration irrégulière. Une fois qu’on a mis le pied en Europe, on a de bonnes chances de pouvoir y demeurer. En France, la perception du phénomène est obscurcie par des discours mal informés sur le régime migratoire actuel. Récemment, dans Libération, Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Musée de l’histoire de l’immigration, a justifié l’échec de Marine Le Pen à la présidentielle par le fait qu’ « on a accueilli très peu de migrants ces dernières années ! ». Je laisse le lecteur en juger à la lumière de ce graphique. J’ai, par ailleurs, montré que le taux d’accroissement de la proportion d’immigrés depuis le début des années 2000 est voisin de celui observé pendant les Trente Glorieuses.

image: http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/u71369/2017/06/capture_0.jpg

Entrées d’immigrés (Insee) et admissions au séjour, en fonction de la définition et des organismes producteurs ou diffuseurs de l’information (chiffres provisoires en 2014 et 2015 pour l’Insee et en 2016 pour le ministère de l’Intérieur). Champ : France métropolitaine pour le ministère de l’Intérieur ; France (hors Mayotte jusqu’en 2013, avec Mayotte ensuite) pour l’Insee et probablement aussi pour Eurostat. Les entrées estimées par l’Insee ne se limitent pas à celles en provenance de pays tiers à l’Union européenne. EAR = enquête annuelle de recensement.
Qu’est ce qui vous fait dire que le cadre européen est peu propice à une amélioration de la situation actuelle (on revient à l’assimilation, je suppose ) ?

Si l’option assimilationniste a été abandonnée très tôt en France (on peut remonter jusqu’en 1991 pour situer la bifurcation diversitaire de l’intégration théorisée par le Haut Conseil à l’intégration), c’est dans le cadre européen qu’a été élaborée plus finement l’option multiculturaliste à laquelle la France a souscrit. Je n’ai pas eu d’écho d’une opposition française aux onze principes de base communs adoptés par le Conseil européen du 19 novembre 2004. La France n’avait d’ailleurs dépêché, pour l’occasion, que son représentant permanent. L’intégration est désignée, dans le premier principe, comme « un processus à double sens d’acceptation mutuelle de la part de tous les immigrants et résidents des États membres ». La littérature européenne nous éclaire sur le but de l’intégration : tolérance et respect ! L’UE, par construction, est favorable au développement du multiculturalisme. S’y ajoutent les craintes alimentées par les projections démographiques d’Eurostat, qui incitent l’UE à voir dans l’immigration la solution pour éviter un déclin démographique trop marqué.

Pourquoi déclarez-vous qu’en terme d’intégration, l’Islam « change la donne » ?

L’islam change la donne par la taille de la population musulmane, l’importance que les musulmans accordent à la religion, une tendance à la désécularisation, une transmission religieuse qui s’est améliorée et une endogamie religieuse très forte. Le tout dans un contexte que je vous ai décrit plus haut. Les mariages mixtes ont toujours été le carburant de l’assimilation : en épousant des autochtones, les migrants ou leurs descendants s’inscrivent dans l’héritage historique français. Éric Kaufmann considère que l’exogamie des musulmans est « l’épreuve de vérité de l’assimilation ». Pourtant, l’endogamie est la règle. Elle vaut pour toutes les religions, a fortiori pour l’islam : parmi les musulmans présents en 2008 et âgés de 18-50 ans, 90 % des premiers mariages des hommes et des femmes nés en France ou qui y sont venus alors qu’ils étaient encore enfants ont été célébrés avec un conjoint musulman. Paradoxalement, cette endogamie est plus faible chez les migrants arrivés célibataires à l’âge adulte qui ne se sont pas frottés à la société française dans leur jeune âge.

Comment est-ce qu’évolue la population musulmane en France ? Pourquoi l’immigration actuelle est différente de l’immigration que l’on a connue précédemment ?
Nous avons eu, exceptionnellement, en 2008, dans l’enquête Trajectoires et origines réalisée par l’Ined et l’Insee, des informations sur les affiliations religieuses qui ont permis une estimation de la population musulmane. J’ai estimé à 4,2 millions, le nombre de musulmans fin 2008. Mais, nous n’avons rien de solide depuis 2008. J’ai pu évaluer le taux d’accroissement dans l’année 2008 à 3,7 %. Si ce rythme d’accroissement s’est maintenu dans les années qui suivent, la population musulmane devrait être proche de 5,6 millions fin 2016.

Les enquêtes menées par les instituts sondages privés ne sont vraiment représentatives que sur les variables qui ont servi à établir les quotas (sexe, catégorie socio-professionnelle du chef de ménage, critères géographiques généralement) et ne sont pas un bon outil. Les estimations au doigt mouillé non plus. Lorsque François Héran, qui a pourtant été directeur de l’Ined pendant dix ans, prétend qu’un habitant sur huit, soit environ 8 millions, est d’origine musulmane, c’est au pifomètre, sans aucune justification méthodologique. Il faut donc attendre une nouvelle enquête publique recueillant l’affiliation religieuse pour se faire une idée sérieuse sur l’évolution du nombre de musulmans.

Lorsque les Polonais sont arrivés en France il y a bien longtemps, il passaient pour inassimilables. Mais il étaient catholiques et ont pu, au fil du temps et des générations, finalement, « trouver chaussure à leur pied » parmi les catholiques autochtones. Paradoxalement, l’endogamie religieuse a favorisé l’exogamie ethnique. Le catholicisme faisait partie des éléments culturels communs. Tel n’est pas le cas des musulmans qui apportent l’islam dans leurs bagages. Par ailleurs, la société, jusque dans les années 1960-70, n’était guère encline à célébrer la diversité comme on le fait aujourd’hui.

Comment la France peut-elle tenter de reprendre la main sur sa politique migratoire aujourd’hui ?

Nous avons actuellement la plus mauvaise combinaison : immigration étrangère importante + multiculturalisme mâtiné d’une rhétorique républicaine. Comme l’explique très bien Paul Collier dans son livre, le développement de diasporas (populations qui n’ont pas été absorbées par la population du pays d’accueil) favorise les flux d’immigration fondés sur les liens diasporiques. L’assimilation limite ce développement alors que le multiculturalisme le favorise. L’existence de larges diasporas n’est pas non plus propice à l’assimilation. Des flux plus modérés et une politique d’assimilation résolue constitueraient une meilleure combinaison. C’est d’autant plus vrai que les étrangers nouvellement accueillis sont plus difficiles à assimiler que prévu. Mais ce n’est pas la route sur laquelle nous cheminons.

La régulation des flux migratoires est du ressort des pays d’accueil et il faut cesser de se bercer d’illusions avec le développement des pays de départ qui serait la solution miraculeuse. Leur développement est une bonne chose en soi, mais ne participera pas à réduire les candidats à la migration, bien au contraire. L’amélioration du niveau de vie fournira, en effet, à plus de candidats les moyens de partir.

Il faut savoir que la politique migratoire est une compétence partagée avec l’UE. La Cour de justice de l’UE (CJUE) veille au respect des divers règlements et directives et élabore une jurisprudence qui encadre la politique des États. Sans parler de la Cour européenne des droits de l’homme et des Cours nationales. Je ne sais pas quand et comment la France gagnera la maîtrise de sa politique migratoire, mais je suis sûre que l’on aurait intérêt à faciliter le débat sur la question. Sauf à considérer que les flux migratoires sont comme le climat et qu’il faut faire avec. Alors, bannissons de notre vocabulaire et de nos discussions la notion même de politique migratoire.

Voir par ailleurs:


Présidence Macron: Cachez ce réel que je ne saurai voir ! (It’s postnationalism, stupid !)

28 mai, 2017

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Deux policières portant le hijab devant le siège de Scotland Yard à Londres.L'enseigne américaine Gap provoque la polémique avec la photo d'une en hijab en vitrine de ses magasins, dans le monde entier, aux côtés d'autres visages d'origines et de styles divers. DR
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Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
Les Etats-Unis étaient allés au Viêt-nam pour porter un coup d’arrêt à ce qu’ils estimaient être un complot communiste centralisé, et ils échouèrent. De l’échec de l’Amérique, Moscou déduisit ce que les tenants de la théorie des dominos avaient tant redouté, à savoir que la corrélation historique des forces avait tourné en sa faveur. En conséquence, l’URSS essaya d’étendre son hégémonie au Yémen, en Angola, en Ethiopie, et enfin en Afghanistan. Mais elle découvrit, ce faisant, que les réalités géopolitiques s’appliquaient autant aux sociétés communistes qu’à leurs soeurs capitalistes. De fait, étant moins élastique, le surengagement soviétique n’engendra pas une catharsis, comme en Amérique, mais la désintégration. Les événements auraient-ils évolué dans la même direction si l’Amérique s’était contentée de rester passive en comptant sur l’évolution de l’histoire pour se charger du défi communiste ? Ou bien cette démission aurait-elle créé un élan et une certitude de l’inéluctabilité de la victoire, chez les communistes, suffisants pour retarder, voire conjurer, l’effondrement soviétique ? La question reste posée. Quelle que soit la réponse des experts, l’homme d’Etat ne peut adopter la démission comme principe d’action politique. Il peut apprendre à modérer sa confiance dans ses évaluations et à faire la part des imprévus; mais compter sur la chute éventuelle d’un adversaire menaçant est une politique qui n’offre aucun réconfort aux millions de victimes immédiates et transforme l’art de gouverner en un pari téméraire sur l’intuition. Henry Kissinger (1994)
Last Sunday President Trump stood before Muslim leaders in Riyadh and declared: “America is a sovereign nation, and our first priority is always the safety and security of our citizens. We are not here to lecture. We are not here to tell other people how to live, what to do, who to be, or how to worship.” Amid the journalistic uproar that greets nearly everything Mr. Trump says, few noted the connection he made between these two concepts: We are sovereign, and we don’t want to lecture. By putting them together, the president scrambled the pattern that has long shaped the West’s relations with Islam. For decades, the West has seen itself as an empire of rights and liberal norms. There were borders and nations, but these were fast dissolving. Since rights were universal, the empire would soon encompass the planet. Everyone would belong, including Muslims, who were expected to lose their distinctness. It didn’t work, as the latest jihadist attack, at a concert for teens in Manchester, England, attests. So it makes sense to consider alternatives. Judging by his Saudi speech, Mr. Trump wants to revive the nation-state as the primary political vehicle for encountering Islam. The nation has clear—and limited—territorial and cultural boundaries. It says we are this, and you are that. To the French philosopher Pierre Manent, such thinking is the beginning of wisdom. “We have a big problem with Islam,” he tells me. “And it’s impossible to solve it through globalist, individualist, rights-of-man mantras.” (…) Here in France, the government has vowed to counter Islamist terror with a military and intelligence surge. But newly elected President Emmanuel Macron generally eschews the more profound, unresolved questions of community and belonging that haunt French society. “There is no such thing as a single French culture,” he said in February. “There is culture in France, and it is diverse. These glib assertions lead Mr. Manent to conclude that Mr. Macron has fully imbibed the “acceptable opinions, or the PC opinions,” about Islam and nationhood that prevail among trans-Atlantic elites. In these circles, even to suggest a problem with Islam is to invite “scowls,” he says. “Everything they say about the situation is determined by their purpose, which is to prove that there is no problem with Islam—against their own anxiety.” Not to mention the evidence. He regards Islam as a powerful and “starkly objective” faith. Wherever it spreads, it brings a set of “authoritative mores,” whose adherents constitute the faithful community, or ummah. This is in contrast to Christianity, with its emphasis on subjective, inner assent to the Redeemer, distinctions between the visible and invisible church, Caesar and God, and so on. Islam instead rests on a political geography that divides the world, Mr. Manent has written, between the “house of submission,” where the faith reigns, and the “house of war,” where it doesn’t. (…) Meanwhile, the liberal West has grown tired of the older forms of “communion” that used to define it. Liberals in Europe, and to a lesser extent the U.S., wish to dispense with both the modern nation-state, the political communion that once gave concrete shape to the open society, and Judeo-Christianity, the sacred communion that used to provide the moral and spiritual frame. For the West’s professional classes, Mr. Manent contends, the only acceptable sources of political communion are the autonomous individual, on the one hand, and humanity as a whole, on the other. He understands the jet-setters’ impulse: “We can go anywhere on the planet, work anywhere on the planet—these new liberties are inebriating.” Better, then, “to be a citizen of the world.” But Mr. Manent, a Catholic and classical liberal in the tradition of Alexis de Tocqueville, thinks this attitude breeds resentments and anxieties that are only beginning to surface across the developed world. To wit, for most people everywhere, humanity is “too large and too diverse” to provide meaningful communion. “I cannot prove that the nation-state is the only viable form,” he says. “But what I’m sure about is that to live a fully human life, you need a common life and a community. This is a Greek idea, a Roman idea, a Christian idea.” It’s why 19th-century liberals such as Tocqueville were so enthralled by the modern democratic nation-state. It was committed to universal human rights, but it housed them within a pre-existing “sacred community” that had its own inherited traditions—and boundaries. It’s also why in the 21st century, Mr. Manent says, the “small, damaged” nations of Central Europe react most viscerally against transnational liberalism. Hungary fears “it couldn’t have endured and would have disappeared,” he continues, if it faced the same multicultural pressures as, say, France. The European Union’s efforts to punish voters in such countries for electing the wrong kind of government will therefore intensify the backlash. (…) The West has relegated faith to a purely private sphere, in which the believer, in his inner depths, communes with the Almighty. But to adherents of Islam, Christianity’s public, political dimension still shines forth. (…) By being honest about these differences, the West could clarify the terms of the encounter and ease tensions. As for the West’s often ill-assimilated native Muslim populations, like the British community that produced the Manchester bomber, here too Mr. Manent prefers a “national solution.” For starters, he says, “we must accept that the Muslims who are among us will remain Muslims.” It follows that the West must “do things so that Muslims feel that they can be reasonably happy Muslims” in a non-Muslim environment. The basic bargain: “We accept Muslims, but they also have to accept us.” In France that might mean dialing back laïcité, the official secularist dogma that restricts many public expressions of faith. “We won’t bother you about your veils or the way you eat,” Mr. Manent says. “In school lunches, meat without pork will be available. It’s silly and mean to say, ‘They will eat pork or they won’t eat.’ Muslims shouldn’t always be under suspicious eyes.” But then, he continues, the French would demand reciprocity of Muslims: “You really belong to France. You turn toward it and your life will be centered on this European country, which is not and will never be a Muslim country.” (…) His grand-bargain vision has detractors on the left, who call it discriminatory, and the right, who find the offer too generous. Others think it’s too late. But Mr. Manent is optimistic that the combination of political liberty and nationalism is more resilient than most people suppose. Then again, the 19th-century marriage of liberalism and nationalism ended in a very ugly divorce in the first half of the 20th century. What about the dangers of reviving nationalism today? “There is no a priori guarantee that it could not devolve into something nasty,” Mr. Manent says. “But if we don’t propose a reasonable idea of the nation, we will end up with an unreasonable idea of the nation. Because simply: However weakened the idea of the nation, nations do not want to die.” Then there is the example across the Atlantic. Like Tocqueville, Mr. Manent sees much to admire in the American experiment. Even as Europeans have sought to pool or even abandon their sovereignty, he says, “Americans remained very much attached to the idea of a people making its laws to protect itself. True, “this people was open to the world, since of course it was formed by immigration. But people came from all over the world, not to be human beings but to be citizens of the United States, which had a keen sense of its exceptionalism and unique character.” In the Second Amendment, the persistence of the death penalty, and the reluctance of U.S. courts to follow foreign precedents, Mr. Manent sees “not a proof of American barbarism” but of democratic vigor. And realism. Europeans, he says, imagined the world was so safe for liberty that they could discard the harsh, Hobbesian elements of power. Americans recognize that the modern world still has one foot in the state of nature, and this calls for the sovereign prerogatives of self-preservation: We are sovereign—we don’t lecture. The Wall Street Journal
The cult of multiculturalism is a paradox. The West that birthed globalization is now in an open revolt over its own offspring, from here in Eastern Europe to southern Ohio. About half of the population in Europe and the United States seems to want to go back to the world that existed before the 1980s, when local communities had more control of their own destinies and traditions. The Czech Republic, to take one example, joined the European Union in 2004. But it has not yet adopted the euro and cannot decide whether the EU is wisely preventing wars of the past from being repeated or is recklessly strangling freedom in the manner of the old Soviet Union — or both. In places devastated by globalization — such as southern Michigan or Roubaix, France – underemployed youth in their mid 20s often live at home in prolonged adolescence without much hope of enjoying the pre-globalized lifestyles of their parents. Eastern Europeans are now discovering those globalized trade-offs that are so common in Western Europe, as they watch rates of marriage, home ownership, and child-rearing decline. One half of the West — the half that lives mostly on the seacoasts of America and Western Europe — loves globalization. The highly educated and cosmopolitan “citizens of the world” have done well through international finance, insurance, investments, technology, education, and trade, as the old Western markets of 1 billion people became world markets of 6 billion consumers. These coastal Westerners often feel more of an affinity with foreigners like themselves than with fellow countrymen who live 100 miles inland. And they are not shy in lecturing their poorer brethren to shape up and get with their globalized program. Late-20th-century globalization — a synonym for Westernization — brought a lot of good to both poorer Western countries and the non-Western world. Czech farmers now have equipment comparable to what’s used in Iowa. Even those who live in the Amazon basin now have access to antibiotics and eyeglasses. South Koreans have built and enjoyed cars and television sets as if they invented them. But all that said, we have never really resolved the contradictions of globalization. Does it really bring people together into a shared world order, or does it simply offer a high-tech and often explosive veneer to non-Western cultures that are antithetical to the very West that they so borrow from and copy? An Islamic State terrorist does not hate the United States any less because he now wears hoodies and sneakers and can text his girlfriend. More likely, Western fashion and high-tech toys only empower radical Islamic hatred of Western values. (…) Iran is desperate for nuclear technology originally spawned from the “Great Satan” in order to better destroy the Great Satan. Another paradox of globalization is a new passive-aggressive attitude inside the West. Elites who benefit from Westernized globalization often gain enough wealth and leisure to have the latitude to trash it almost as a way of dealing with their own guilt over their exalted status. At no time in the history of Western civilization have American college students ever been so pampered — with latte bars, trauma counselors, rock-climbing walls, and upscale student unions — and yet so critical of the very global civilization that guaranteed them such bounty. Those in the former Third World constantly berate the West for its supposed sins of imperialism, colonialism, and exploitation, while millions of their own citizens risk their very lives to cross the Mediterranean or the U.S.–Mexico border to enter and live in the West. Is the message “I hate the West, so please let me in”? Victor Davis Hanson
Aux yeux de Dieu, un enfant de l’autre côté de la frontière n’est pas moins digne d’amour et de compassion que mon propre enfant. (…) Nous devons reconnaître que tout ce qui se passe de l’autre côté du monde nous affecte aussi bien. S’il y a conflit, s’il y a la guerre, s’il y a la pauvreté, nous ne pouvons pas nous isoler, nous ne pouvons pas nous cacher derrière un mur. Barack Hussein Obama
Nous sommes dans une économie ouverte, où les talents bougent. Ouvrez les yeux. Dans un monde ouvert, il faut être lucide! La France sans le CAC 40, c’est l’Espagne ! Si on vit mieux chez nous, c’est aussi grâce à nos grandes entreprises. Nous ne redresserons pas notre économie sans elles. (…) Je m’en moque de qui m’applaudit ou pas. Je parle du pays où on vit. On peut décider d’avoir un régime soviétique dans un seul pays, ça ne marche pas ! Emmanuel Macron
Fillon avait vaincu Sarkozy, Juppé et ses autres rivaux car il avait su parler de la France, de notre héritage et de la nécessité d’honorer et de transmettre le monde reçu de nos pères. Les électeurs de droite étaient si sevrés de ce discours qu’ils lui ont exprimé leur gratitude en l’adoubant pour la présidentielle. Lors de la primaire, Fillon a été l’instrument d’une aspiration qui le dépassait. Or, il ne l’a pas vraiment assumée au cours de sa campagne. Guillaume Perrault
Quant au “jeu du FN”, c’est ceux qui font la sourde oreille devant les problèmes de sécurité des Français qui le poursuivent. (…)  Le président Macron n’a pas du tout pris la mesure de la dérive dans certains territoires de la République où ses lois et ses principes sont piétinés. Pierre Liscia
La recomposition n’est que politique. Elle existe pour porter un agenda, et existe pour cet agenda: accomplir, en France, la mue sociale-libérale, ou libérale-sociale, ou libérale, ou de flexi-sécurité auquel le système politique s’est toujours dérobé, alors même que cette évidence est devenue hégémonique dans les cercles des pouvoirs. Quand Edouard Philippe nostalgise sur l’occasion manquée de Jacques Chirac, il nous compare, sans le dire, à l’Allemagne; réélu la même année que Chirac, le chancelier social-démocrate Schröeder transforma à la hussarde le système social allemand, dans une séries de lois, «agenda 2010», inspirées par un ancien DRH de Volkswagen, qui rendirent aux allemands une flexi-prospérité, tissée de plein-emploi global et d’incertitudes individuelles. Quand on parle des réformes manquées par la France, on pense à Shröeder. C’est ainsi, en gros. Edouard Philippe ne dit pas tout, mais on saisit le projet. Les ordonnances qui se préparent doivent être l’équivalent, en France, des réformes Schröeder, quinze ans après. En gros. Dans l’esprit. Toutes choses égales par ailleurs. La recomposition est l’outil de cet accomplissement. Il nous fallait ça. (…) La seule chose qui puisse séparer les Républicains de Macron et Philippe, nonobstant l’envie, c’est cette saleté idéologique qu’une Nadine Morano ou un Laurent Wauquiez agiteront pour se croire exister. Nos racines, et sus au Sarrasins. Cela existera, forcément. La droite, en se ralliant à Macron, qui lui ressemble, peut s’éviter cette disgrâce. Elle est libre, et aussi de parier sur le pire, et d’en disparaître. En se macronisant, la gauche accomplit sa mue libérale. S’il elle se macronisait, la droite mettrait un terme à sa dérive pré-fasciste. Claude Ashkolovitch
Cachez ce réel que je ne saurais voir… De Paris à Albi en passant par Arras, le catéchisme fut partout le même. Sur fond de drapeaux européens et de tee-shirts fluorescents, « celles et ceux » qui reçurent à chaque sermon leur dose d’optimisme crurent au rassemblement enjôleur commandé par les avant-gardes de la jeunesse, des associations et des ONG en applaudissant à tout rompre. La colère de la majorité des Français devant l’insécurité semble n’avoir compté pour rien dans ces déclinaisons bienveillantes de la méthode Coué, “en marche” pour l’oblitération pure et simple de ce qui mine le pays. Attentat commis par Dae’ch sur les Champs-Élysées le 20 avril, désignation par les électeurs de la candidate d’extrême droite en challenger le 23 avril — les raisons d’un tel choix se fixent, on s’en doute, sur l’immigration et l’insécurité, loin devant la sortie de l’euro… —, mais rien, aucune réponse sur ces thèmes apportée par le candidat Macron. Qu’en est-il du président ? Lui suffit-il de descendre l’avenue des Champs-Élysées à bord d’un command car de l’armée le jour de son investiture pour endosser la fonction du protecteur de la nation ? Sa visite aux troupes françaises basées au Mali vendredi 19 mai s’inscrit encore dans cette stratégie de communication visant à renforcer sa stature d’homme d’État, capable dans le domaine régalien. Des questionnements légitimes accompagnent pourtant la nomination du nouveau gouvernement sur les questions de sécurité et de lutte contre le communautarisme, à commencer par celle du Premier ministre. Proche d’Alain Juppé, Édouard Philippe a défendu, comme maire du Havre, une conception pour le moins hétérodoxe de la laïcité, conduisant à s’adapter toujours plus aux exigences de la communauté musulmane. En 2012, sur ordre de la mairie, 8 200 mousses au chocolat arrivées dans les cantines scolaires avaient été jetées car elles auraient contenu de la gélatine de porc… Rien de très rassurant, surtout, dans le choix de Gérard Collomb pour le ministère de l’Intérieur. Soutien de l’Institut français de civilisation musulmane (IFCM) dirigé par Kamel Kabtane — recteur de la grande mosquée de Lyon, en lien avec des figures liées aux Frères musulmans connues —, le ministre s’était prononcé contre la loi interdisant le voile intégral (niqab et burqa) dans les rues de France… Sa nomination laisse présager l’aggravation d’une situation déjà intolérable en France en matière de recul des lois de la République, notamment dans le domaine de la dégradation de la condition féminine, dont les médias ne se font que rarement l’écho. Quand ils s’y risquent, comme à Sevran (Seine-Saint-Denis) à l’automne dernier, où France 2 nous montrait des bars où les femmes n’avaient pas droit de cité, ou en plein Paris dans le quartier de La Chapelle dans le Parisien le 18 mai, où les agressions sexistes sont légion, ils prennent le risque d’être accusés de “faire le jeu du Front national”, un réflexe pavlovien dont l’ère Macron assurera sans mal la pérennité. En février dernier, Valeurs actuelles a fait paraître un reportage sur le secteur La Chapelle-Pajol et révélait déjà, sans que nul ne s’en émeuve, la conjonction explosive des migrants, passeurs, militants associatifs en tout genre et vendeurs à la sauvette. Même si le contexte migratoire n’est pas pour aider, Pierre Liscia, élu de l’opposition (LR) à la mairie du XVIIIe arrondissement et habitant du quartier, soutient que la recrudescence des violences envers les femmes seules est principalement le fait de ces seuls trafiquants agressifs qui occupent tout l’espace aux alentours du square et sous le métro aérien, et rendent le quotidien des femmes seules dans la rue insupportable. S’il a donné l’alerte à la journaliste du Parisien le 3 mai, c’est parce que les remontées alarmantes des riverains n’en finissaient pas. Valeurs actuelles

Cachez ce réel que je ne saurai voir !

Dénonciation des derniers dinosaures et de leur obsession néendertalienne des murs, courageuse prise de position cannoise contre le terrorisme néonazi, refus de la chasse aux sorcières au nom d’une prétendue moralisation de la vie politique, apologie du hijab de nos grandes enseignes du vêtement ou de nos forces de police

A l’heure où après leur casse du siècle, nos bobos et nos médias s’extasient du « sans-faute » de leur nouveau président

Et  contre leurs stupides opposants à la modernité à la veille d’une nouvelle élection n’ont pas de mots assez durs pour fustiger …

Le « prurit identitaire », le « poison mental » et la « saleté idéologique » …

Comme naturellement « l’obsession de l’islam irréductible à la France » …

Devinez ce qui menace de faire son grand retour

Quelque part entre Paris et Manchester

Dans « l’identité heureuse » de premiers de la classe 

De ceux qui ont oublié que comme l’avait pourtant bien montré René Girard

« Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement » ?

La Chapelle-Pajol, ce symbole que Macron voudrait cacher

Communautarisme. Tandis que le président nouvellement élu réalise un sans-faute sur la forme, le mal français, lui, demeure dans ses déclinaisons bien connues — islamisme et communautarisme, insécurité, migrants. Une conjonction dont l’exclusion des femmes du quartier de La Chapelle à Paris est le triste symbole.

Solange Bied-Charreton

Valeurs actuelles

28 mai 2017

Cachez ce réel que je ne saurais voir… De Paris à Albi en passant par Arras, le catéchisme fut partout le même. Sur fond de drapeaux européens et de tee-shirts fluorescents, « celles et ceux » qui reçurent à chaque sermon leur dose d’optimisme crurent au rassemblement enjôleur commandé par les avant-gardes de la jeunesse, des associations et des ONG en applaudissant à tout rompre. La colère de la majorité des Français devant l’insécurité semble n’avoir compté pour rien dans ces déclinaisons bienveillantes de la méthode Coué, “en marche” pour l’oblitération pure et simple de ce qui mine le pays. Attentat commis par Dae’ch sur les Champs-Élysées le 20 avril, désignation par les électeurs de la candidate d’extrême droite en challenger le 23 avril — les raisons d’un tel choix se fixent, on s’en doute, sur l’immigration et l’insécurité, loin devant la sortie de l’euro… —, mais rien, aucune réponse sur ces thèmes apportée par le candidat Macron.

Derrière la com’, les questionnements

Qu’en est-il du président ? Lui suffit-il de descendre l’avenue des Champs-Élysées à bord d’un command car de l’armée le jour de son investiture pour endosser la fonction du protecteur de la nation ? Sa visite aux troupes françaises basées au Mali vendredi 19 mai s’inscrit encore dans cette stratégie de communication visant à renforcer sa stature d’homme d’État, capable dans le domaine régalien. Des questionnements légitimes accompagnent pourtant la nomination du nouveau gouvernement sur les questions de sécurité et de lutte contre le communautarisme, à commencer par celle du Premier ministre. Proche d’Alain Juppé, Édouard Philippe a défendu, comme maire du Havre, une conception pour le moins hétérodoxe de la laïcité, conduisant à s’adapter toujours plus aux exigences de la communauté musulmane. En 2012, sur ordre de la mairie, 8 200 mousses au chocolat arrivées dans les cantines scolaires avaient été jetées car elles auraient contenu de la gélatine de porc…

Rien de très rassurant, surtout, dans le choix de Gérard Collomb pour le ministère de l’Intérieur. Soutien de l’Institut français de civilisation musulmane (IFCM) dirigé par Kamel Kabtane — recteur de la grande mosquée de Lyon, en lien avec des figures liées aux Frères musulmans connues —, le ministre s’était prononcé contre la loi interdisant le voile intégral (niqab et burqa) dans les rues de France… Sa nomination laisse présager l’aggravation d’une situation déjà intolérable en France en matière de recul des lois de la République, notamment dans le domaine de la dégradation de la condition féminine, dont les médias ne se font que rarement l’écho. Quand ils s’y risquent, comme à Sevran (Seine-Saint-Denis) à l’automne dernier, où France 2 nous montrait des bars où les femmes n’avaient pas droit de cité, ou en plein Paris dans le quartier de La Chapelle dans le Parisien le 18 mai, où les agressions sexistes sont légion, ils prennent le risque d’être accusés de “faire le jeu du Front national”, un réflexe pavlovien dont l’ère Macron assurera sans mal la pérennité.

Les remontées alarmantes des riverains n’en finissent pas

En février dernier, Valeurs actuelles a fait paraître un reportage sur le secteur La Chapelle-Pajol et révélait déjà, sans que nul ne s’en émeuve, la conjonction explosive des migrants, passeurs, militants associatifs en tout genre et vendeurs à la sauvette. Même si le contexte migratoire n’est pas pour aider, Pierre Liscia, élu de l’opposition (LR) à la mairie du XVIIIe arrondissement et habitant du quartier, soutient que la recrudescence des violences envers les femmes seules est principalement le fait de ces seuls trafiquants agressifs qui occupent tout l’espace aux alentours du square et sous le métro aérien, et rendent le quotidien des femmes seules dans la rue insupportable. S’il a donné l’alerte à la journaliste du Parisien le 3 mai, c’est parce que les remontées alarmantes des riverains n’en finissaient pas.

Face à Anne Hidalgo qui promet sur Twitter qu’un « processus de marche exploratoire va être lancé », Pierre Liscia et l’opposition optent pour le concret. « Nous demandons depuis très longtemps la création d’une police municipale à Paris pour répondre à la délinquance et à l’insécurité du quotidien. Placée sous l’autorité du maire, elle déchargerait la Police nationale, qui n’a ni le temps ni les moyens de s’en occuper. Enfin, les zones de sécurité prioritaires de la capitale doivent être repensées et le secteur de La Chapelle pris en compte. » Autre chose que la “brigade anti-incivilités”, dispositif superficiel que la mairie de Paris a mis en place à l’automne dernier…

La lutte contre le harcèlement […] doit faire l’objet d’une politique publique générale

« Quant au “jeu du FN”, ajoute Liscia, c’est ceux qui font la sourde oreille devant les problèmes de sécurité des Français qui le poursuivent. » Comme Héloïse Duché, fondatrice de l’association Stop harcèlement de rues, qui défend l’idée que le sexisme est partout, sans distinction, par crainte de stigmatiser un groupe plus qu’un autre. Ou encore l’historienne Laurence De Cock, qui explique quant à elle que « la lutte contre le harcèlement […] doit faire l’objet d’une politique publique générale et adossée aux questions d’accueil, de mixité sociale, d’aménagement urbain ». Des féministes représentatives d’une certaine gauche aveuglée par l’antiracisme et qui ressert ad nauseam son discours sur le drame des agressions de Cologne… « Le président Macron n’a pas du tout pris la mesure de la dérive dans certains territoires de la République où ses lois et ses principes sont piétinés », prévient Pierre Liscia, à la lumière des troubles de La Chapelle.

Un avertissement qui en dit plus long que la fameuse “journée de la jupe”, conduite par des lycéens que rien ne met en danger. Porte-étendards d’un macronisme réjouissant, ils en constituent le symbole emblématique, tant dans la “com” que dans l’inutilité de l’action.

Voir aussi:

La droite qui ne va pas avec Macron est idiote

Claude Askolovitch

16.05.2017

La seule chose qui puisse séparer les Républicains d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe, nonobstant l’envie, c’est cette saleté idéologique qu’une Nadine Morano ou un Laurent Wauquiez agiteront pour se croire exister.

Ce n’est pas pour faire joli qu’un quadragénaire portant beau la barbe et la modération est venu lundi 15 mai sur TF1 nous parler du gaullisme, des maires et du président Macron, avant de composer un gouvernement «de rassemblement de compétences», aussi efficace et dévoué qu’un conseil municipal. À s’émerveiller (ou s’offusquer, toutes les sottises sont dans la nature) de la transgression Edouard Philippe, on rate l’essentiel de ce qui s’installe; une logique absolue; une adéquation lumineuse; un projet énoncé, qui précède la «recomposition» dont le commentaire fait ses délices.

Philippe et Macron mean business, et lundi 15 mai, jour un du nouveau pouvoir, ils l’ont dit. Edouard Philippe, sur TF1, évoquant le printemps 2002, qui vit Jacques Chirac, triomphalement réélu face à Jean-Marie Le Pen, composer un gouvernement avec la seule droite et le centre, eut ce regret:

«Il a fait le choix de rester dans une tradition; beaucoup de gens se sont demandés si l’on n’aurait pas dû etre plus audacieux pour mettre en œuvre, dès 2002, les réformes qui ont été mises ailleurs et qui ont permis de faire avancer le pays.»

Plus tôt dans la journée, en Allemagne, entre amitié poétique et refondations possibles, Emmanuel Macron avait donné le cadre, si on l’oubliait: il est élu pour «conduire des réformes en profondeur pour restaurer la confiance», son agenda est «un agenda de réformes dans les prochains mois, en matière économique, sociale et éducative, non pas parce que l’Europe le demande, parce que la France en a besoin».

La recomposition n’est que politique

Comprenons bien, et passons sur les narrations idiotes qui nous empoisonnent, sur la France aux ordres de «Muti» Merkel ou sur les nostalgies de l’union nationale que le nouveau pouvoir ranimerait. La recomposition n’est que politique. Elle existe pour porter un agenda, et existe pour cet agenda: accomplir, en France, la mue sociale-libérale, ou libérale-sociale, ou libérale, ou de flexi-sécurité auquel le système politique s’est toujours dérobé, alors même que cette évidence est devenue hégémonique dans les cercles des pouvoirs. Quand Edouard Philippe nostalgise sur l’occasion manquée de Jacques Chirac, il nous compare, sans le dire, à l’Allemagne; réélu la même année que Chirac, le chancelier social-démocrate Schröeder transforma à la hussarde le système social allemand, dans une séries de lois, «agenda 2010», inspirées par un ancien DRH de Volkswagen, qui rendirent aux allemands une flexi-prospérité, tissée de plein-emploi global et d’incertitudes individuelles.

Quand on parle des réformes manquées par la France, on pense à Shröeder. C’est ainsi, en gros. Edouard Philippe ne dit pas tout, mais on saisit le projet. Les ordonnances qui se préparent doivent être l’équivalent, en France, des réformes Schröeder, quinze ans après. En gros. Dans l’esprit. Toutes choses égales par ailleurs. La recomposition est l’outil de cet accomplissement. Il nous fallait ça.

On n’avance pas seul

Nous sommes, Français, des gens charmants de prudence. Pour chambouler son pays, Schröeder n’avait pas pratiqué une recomposition politique. Il était à la tête d’un gouvernement rose-vert à peine majoritaire, et mina durablement son SPD en affrontant, brutalement, syndicats et mécontents de gauche. Ensuite seulement, le socio-démocrates, épuisés du travail accompli, se lovèrent en partenaires minoritaires des Chrétiens-démocrates de Mme Merkel.

En France, on ne se suicide pas par sentiment du devoir. On n’avance pas seul. On a besoin de ce mythe du rassemblement. On n’est pas très courageux en somme: rien n’aurait empêché Chirac de faire du Schröeder, avec une assemblée à sa main. Sauf l’angoisse qui saisit le gouvernant français à l’approche de l’orage. Chez nous, les réformes libérales (sociales-libérales, libérales-sociales, de flexi-sécurité, whatever, juste name it et n’y revenons plus) se sont opérées jusqu’ici imparfaitement, dans la douleur et le malentendu. Initiées par la droite, elles se polluaient de jactance mauvaise, sentant trop la revanche des classes aisées contre les salopards, et les gauches mécaniquement freinaient le processus, dans le verbe ou dans la rue. Venues de la gauche, elles n’osaient pas dire leur nom, et, sous Hollande ou Valls, se perdaient dans les règlements de comptes internes à la social-démocratie cocufiée (ou accomplie), et la droite, confite en méchant sectarisme, regardait l’ennemi se perdre en se trahissant.

Ainsi le PS hollandais s’opposait en congrès à la réforme des retraites de 2003, et puis sabotait, par ses jeunes, qui seraient ensuite les gardes roses de Hamon, les tentatives villepinistes d’assouplir le marché du travail en faveur des jeunes générations. Ainsi la droite ne leva pas le petit doigt à l’assemblée pour construire un consensus sur la fameuse Loi macron, et préféra souligner les reculades de la loi El Khomri que ses avancées (on parle de son point de vue).

Il faut revenir à l’origine du macronisme. C’est dans le blocage de sa loi que Macron a décidé de s’affranchir des codes d’un monde déjà mort. C’est dans le refus de Hollande et de Valls d’aller à marche forcée, ensuite vers une grande loi d’urgence économique, qu’il avait soupesé ce que valaient ses amis d’alors: des vélléitaires, politiciens, conservateurs, qui n’oseraient pas, se gargariseraient de discours pour ne pas accomplir leur tâche. La droite ne valait pas mieux, qui n’avait pas osé être d’accord, publiquement, avec ce qu’elle approuvait. Les hystéries du 49.3, en 2015, témoignaient simplement du blocage manœuvrier du vieux système. On y avait vu des sarko-centristes dissuader leurs parlementaires de concourir à la réforme, pour acculer le pouvoir à la faute. Belle réussite.

Prendre Edouard Philippe, démontrer publiquement qu’on est de la droite, aussi bien que de la gauche, c’est la réparation qu’offre le Président au ministre qu’il fût. C’est la revanche et l’antidote à l’échec politique de la Loi Macron. Pourquoi s’en étonner? Macron avait tenté en vain, au parlement, sur quelques dizaines d’élus de droite, ce qu’il accomplit désormais avec Philippe. Lors d’une discussion au Sénat, à propos d’un dispositif de «suramortissement des investissements productifs industriels», l’alors ministre s’était un peu fait plaisir, célébrant le capital et titillant les gauches:

«Nous sommes dans une économie ouverte, où les talents bougent. Ouvrez les yeux. Dans un monde ouvert, il faut être lucide! La France sans le CAC 40, c’est l’Espagne ! Si on vit mieux chez nous, c’est aussi grâce à nos grandes entreprises. Nous ne redresserons pas notre économie sans elles.»

Et à la sénatrice communiste qui lui lançait, «Regardez qui vous applaudit», il avait rétorqué:

«Je m’en moque de qui m’applaudit ou pas. Je parle du pays où on vit, lui rétorquait M. Macron. On peut décider d’avoir un régime soviétique dans un seul pays, ça ne marche pas !»

La droite avait adoré, sur le moment. Une gauche, aussi, embarrassée peut-être? Ce qui arrive désormais reprend l’histoire. De droite, et de gauche. Du libéralisme. Il n’y aura plus de faux prétexte entre les libéraux?

La revanche du capitalisme

Emmanuel Macron prolonge des lignes; il accomplit ce que Giscard ne sut faire, qui aurait tant aimé agréger des socialistes à ses libéraux, et concrétise ce que Mitterrand mima, dans son ouverture cosmétique, sous le gouvernement Rocard, et solidifie ce que le même Rocard, en dépit des ruses de son président, tentait dans les discussions parlementaires. Il abouti les modernités de la Fondation Saint-Simon, qui naquit en 1982, quand il était enfant. Un projet européen, une démocratie sociale rénovée…

C’est magnifique, ou pervers, si l’on pense que ces réformes sont le masque d’une simple revanche du capitalisme sur un siècle et plus de régulations. C’est en tous cas attendu. Cela éclaircit les clivages. Depuis le temps que la gauche et la droite étaient fracturées, en interne, sur le modèle social à réinventer et sur l’ouverture au monde, il ne s’agissait que d’entendre la logique. Macron et Philippe se contentent d’être eux-mêmes. La difficulté conceptuelle du Premier ministre à se définir «de droite», évoquant un attachement aux libertés dont chacun peut faire son miel, témoigne du monde enfoui. Ces deux-là étaient faits l’un pour l’autre. S’en extasier est une habitude politicienne. Ils n’ont rien fait qu’acter une évidence. L’urgence les a aidé. Les fronts du refus du libéralisme et de l’Euripe composent une petite moitié de l’électorat. La séparation politicienne entre droite ouverte et gauche réformiste est un luxe artificiel. Macron et Philippe vont accomplir le programme commun de Rocard et Giscard, au moment où celui-ci est menacé comme jamais.

A cette aune, les absents ont tort. La droite qui n’y va pas est idiote et le parti socialiste absurde. Et l’absurdité comme l’idiotie peuvent devenir deux formes de suicide, si la France sociologiquement acquise ou résignée au social-libéralisme, valide le pouvoir. Le PS chougnant à Edouard Philippe pour se réinventer une nécessité, feint d’ignorer qu’il gouverna cinq ans selon les canons du juppéo-rocardisme, et eut gagné à le revendiquer. La droite rage de voir son utilité politique préemptée par d’autres; elle n’est, dans sa séquence Baroin, qu’un syndicat d’élus gagnés par l’obsolescence, qui s’échine à conserver son existence bureaucratique; disons autrement: ses places, l’assiette au beurre de ses bruyants inutiles. Tout ceci est curieux pour des gaullistes, qui nient le primat de l’élection présidentielle, et absurde pour des libéraux-centristes, dont les idées, au pouvoir depuis si longtemps, sont désormais assumées par un chef d’État. Ils n’y vont pas. C’est dommageable. Elle peut aussi, cette droite, ne pas s’en remettre, ou s’abandonner à ses penchants les plus laids. Le prurit identitaire, l’obsession du passé, la grande exaltation de Clovis et de nos racines et l’obsession de l’islam irréductible à la France, a envahit le discours politique, parce qu’il fallait distraire salement une opinion à qui on ne disait rien, sur la vérité sociale et ce que les pouvoirs comptaient en faire. Aussi bien le buissonisme de Sarkozy, le républicano-laïcisme de Valls, le conservatisme néo-maurrassien de Fillon –gaulliste libéral égaré par l’ambition– furent des prétextes, des poisons mentaux, que l’on a instillés à l’opinion, aux médias, au débat public, parce qu’il était plus simple de déblatérer sur nos décadences que d’expliquer l’économie, et d’en tirer les conséquences.

La seule chose qui puisse séparer les Républicains de Macron et Philippe, nonobstant l’envie, c’est cette saleté idéologique qu’une Nadine Morano ou un Laurent Wauquiez agiteront pour se croire exister. Nos racines, et sus au Sarrasins. Cela existera, forcément. La droite, en se ralliant à Macron, qui lui ressemble, peut s’éviter cette disgrâce. Elle est libre, et aussi de parier sur le pire, et d’en disparaître. En se macronisant, la gauche accomplit sa mue libérale. S’il elle se macronisait, la droite mettrait un terme à sa dérive pré-fasciste. Les mots sont parfaitement pesés.

Il y aura des opposants à Macron, à Philippe. Heureusement. Ils seront indignes, ou de bonnes raisons. Ils seront sans doute syndicalistes, qui n’admettront pas un bouleversement social né d’une simple certitude technocratique, imposé pour son bien à la société. Ils seront politiques, chez les tenants, sincères ou de calcul, d’un keynésianisme de protection. Ils seront simplement démocrates, qui s’étonneront d’un gouvernement, à peine installé, qui décide de mettre entre parenthèses une assemblée qu’il contrôle. Tout cela se mesurera, dans les élections, au Parlement, dans la rue, dans l’assentiment, dans nos pauvretés ou nos confiances retrouvées. La recomposition ne justifie pas l’impérium du nouveau pouvoir, et le mariage idéal n’est pas une preuve en soi. Mais à juger Macron et Philippe, jeunes, minces, convaincus, parlant juste, boxeurs amateurs, que sais-je, on fera désormais l’économie de ceci: ils n’ont réalisé aucun exploit en choisissant de s’unir. La France, depuis lundi, est un peu mieux rangée. C’est déjà ça.

Voir également:

Valeurs actuelles

  28 mai 2017 à 08:28 0

 

Valeurs Actuelles. Emmanuel Macron, le candidat du progressisme, a remporté la présidentielle. Est-ce la mort du conservatisme ?
Guillaume Perrault. La défaite de Fillon ne signifie nullement que les conservateurs ont échoué. Une partie des électeurs naturels du candidat de la droite l’ont rejeté en raison des “affaires”. En outre, Fillon défendait un programme libéral dont la rigueur a fait peur aux salariés.

En novembre, Fillon avait vaincu Sarkozy, Juppé et ses autres rivaux car il avait su parler de la France, de notre héritage et de la nécessité d’honorer et de transmettre le monde reçu de nos pères. Les électeurs de droite étaient si sevrés de ce discours qu’ils lui ont exprimé leur gratitude en l’adoubant pour la présidentielle. Lors de la primaire, Fillon a été l’instrument d’une aspiration qui le dépassait. Or, il ne l’a pas vraiment assumée au cours de sa campagne. Aussi, la sensibilité conservatrice n’a pas été rejetée par le pays et demeure un espoir pour la droite.

Lors de la primaire, Fillon avait su parler de la France

Une majorité de Français de tous milieux sociaux peut adhérer à un projet conservateur, à condition d’expliquer ce qu’on entend par là. Être conservateur, c’est considérer avec reconnaissance l’héritage qu’on a reçu en dépôt, apprécier sa valeur, lui prodiguer ses soins et le remettre, autant que possible, intact à ses successeurs. Ce n’est pas seulement une sensibilité personnelle, mais aussi une boussole pour l’art du gouvernement.

VA. La droite traditionnelle est-elle en voie de disparition ?
GP. La droite française ne sait plus qui elle est. Le ralliement des juppéistes à Macron doit être l’occasion d’un travail intellectuel : que veut-elle vraiment ? En Grande-Bretagne, les différents courants du Parti conservateur sont fédérés par un héritage qui les dépasse et qui discipline leurs affrontements. Considérons la façon remarquable dont ce parti a assumé le résultat inattendu du référendum sur le Brexit. Nous n’avons pas affaire seulement, outre-Manche, à un cartel d’élus professionnels, mais à une véritable famille de pensée qui surplombe ses leaders successifs.

Le problème de la droite française, au contraire, est qu’elle s’est définie en grande partie, depuis 1945, non par rapport à des idées, mais pour ou contre de Gaulle. Depuis la disparition de l’intéressé, en 1970, cette sensibilité ne sait plus se nommer et a perdu le souvenir de ses racines. On devrait s’attacher moins aux personnes, si exceptionnelles soient-elles, et davantage aux traditions qui les dépassent et les nourrissent. Redonner ses lettres de noblesse au conservatisme me paraît donc salutaire pour l’avenir de la France.

VA. Quelles sont ses perspectives pour les législatives ?
GP. L’hypothèse d’une cohabitation n’est pas la plus plausible. Les électeurs dont le candidat a été battu à la présidentielle tendent à se démobiliser aux législatives. Les indécis, pour leur part, jugent naturel de donner au nouveau président les moyens de gouverner. Le scrutin majoritaire à deux tours favorise une large victoire en sièges pour le parti arrivé en tête en voix, fût-ce de peu.

On ne peut exclure que les Français désignent une Assemblée sans majorité absolue

Cela dit, une surprise est toujours possible. En mai 1988, Mitterrand a été réélu dans un fauteuil face à Chirac. Pourtant, un mois plus tard, aux législatives, droite et centre ont bien résisté et les députés PS n’ont obtenu qu’une majorité relative. Le Premier ministre de l’époque, Rocard, a dû, pour gouverner, recourir à l’appui ponctuel des communistes ou des centristes. Il a utilisé le 49.3 plus de vingt-cinq fois en trois ans, ce qui serait d’ailleurs impossible aujourd’hui.

Or, on ne peut exclure que les Français désignent en juin une Assemblée sans majorité absolue. En ouvrant sa majorité aux juppéistes, Macron n’a pas seulement pour objectif de fracturer la droite, mais aussi d’éviter ce scénario embarrassant pour lui.

Conservateurs, soyez fiers !, de Guillaume Perrault, Plon, 248 pages, 15,90 €.

Voir encore:

How Nationalism Can Solve the Crisis of Islam
Transnational liberalism breeds resentments and anxieties that are only beginning to surface across the developed world
Sohrab Ahmari
The Wall Street Journal
May 26, 2017
Paris

Last Sunday President Trump stood before Muslim leaders in Riyadh and declared: “America is a sovereign nation, and our first priority is always the safety and security of our citizens. We are not here to lecture. We are not here to tell other people how to live, what to do, who to be, or how to worship.”

Amid the journalistic uproar that greets nearly everything Mr. Trump says, few noted the connection he made between these two concepts: We are sovereign, and we don’t want to lecture. By putting them together, the president scrambled the pattern that has long shaped the West’s relations with Islam.

For decades, the West has seen itself as an empire of rights and liberal norms. There were borders and nations, but these were fast dissolving. Since rights were universal, the empire would soon encompass the planet. Everyone would belong, including Muslims, who were expected to lose their distinctness.

It didn’t work, as the latest jihadist attack, at a concert for teens in Manchester, England, attests. So it makes sense to consider alternatives. Judging by his Saudi speech, Mr. Trump wants to revive the nation-state as the primary political vehicle for encountering Islam. The nation has clear—and limited—territorial and cultural boundaries. It says we are this, and you are that.

To the French philosopher Pierre Manent, such thinking is the beginning of wisdom. “We have a big problem with Islam,” he tells me. “And it’s impossible to solve it through globalist, individualist, rights-of-man mantras.”

I meet Mr. Manent, 68, in his office at the prestigious School for Advanced Social Studies in Paris. For years he has been associated with the school’s Raymond Aron Center for Political Research, named for the great Cold War liberal who denounced Soviet tyranny even as most French thinkers grew addicted to what Aron called the “opium of the intellectuals”—Marxism and radicalism. Aron was Mr. Manent’s mentor.

Although Mr. Manent has retired from teaching, he still writes and lectures across Europe, mainly on how to preserve political freedom and liberal order in the face of globalization, mass migration and Islam. His ideas have wide application in the West.

Here in France, the government has vowed to counter Islamist terror with a military and intelligence surge. But newly elected President Emmanuel Macron generally eschews the more profound, unresolved questions of community and belonging that haunt French society. “There is no such thing as a single French culture,” he said in February. “There is culture in France, and it is diverse.”

These glib assertions lead Mr. Manent to conclude that Mr. Macron has fully imbibed the “acceptable opinions, or the PC opinions,” about Islam and nationhood that prevail among trans-Atlantic elites. In these circles, even to suggest a problem with Islam is to invite “scowls,” he says. “Everything they say about the situation is determined by their purpose, which is to prove that there is no problem with Islam—against their own anxiety.” Not to mention the evidence.

He regards Islam as a powerful and “starkly objective” faith. Wherever it spreads, it brings a set of “authoritative mores,” whose adherents constitute the faithful community, or ummah. This is in contrast to Christianity, with its emphasis on subjective, inner assent to the Redeemer, distinctions between the visible and invisible church, Caesar and God, and so on.

Islam instead rests on a political geography that divides the world, Mr. Manent has written, between the “house of submission,” where the faith reigns, and the “house of war,” where it doesn’t. As a political form, Islam thus most closely resembles an empire, he argues. The trouble—for Muslims and for the West—is that since the Ottoman collapse in 1924, it “has been an empire without an emperor.”

Meanwhile, the liberal West has grown tired of the older forms of “communion” that used to define it. Liberals in Europe, and to a lesser extent the U.S., wish to dispense with both the modern nation-state, the political communion that once gave concrete shape to the open society, and Judeo-Christianity, the sacred communion that used to provide the moral and spiritual frame.

For the West’s professional classes, Mr. Manent contends, the only acceptable sources of political communion are the autonomous individual, on the one hand, and humanity as a whole, on the other. He understands the jet-setters’ impulse: “We can go anywhere on the planet, work anywhere on the planet—these new liberties are inebriating.” Better, then, “to be a citizen of the world.”

But Mr. Manent, a Catholic and classical liberal in the tradition of Alexis de Tocqueville, thinks this attitude breeds resentments and anxieties that are only beginning to surface across the developed world.

To wit, for most people everywhere, humanity is “too large and too diverse” to provide meaningful communion. “I cannot prove that the nation-state is the only viable form,” he says. “But what I’m sure about is that to live a fully human life, you need a common life and a community. This is a Greek idea, a Roman idea, a Christian idea.”

It’s why 19th-century liberals such as Tocqueville were so enthralled by the modern democratic nation-state. It was committed to universal human rights, but it housed them within a pre-existing “sacred community” that had its own inherited traditions—and boundaries.

It’s also why in the 21st century, Mr. Manent says, the “small, damaged” nations of Central Europe react most viscerally against transnational liberalism. Hungary fears “it couldn’t have endured and would have disappeared,” he continues, if it faced the same multicultural pressures as, say, France. The European Union’s efforts to punish voters in such countries for electing the wrong kind of government will therefore intensify the backlash.

But there is a bigger wrinkle in the transnationalist pattern: It isn’t universalistic at all. When the house of Islam looks at Europe, it doesn’t see a union with procedural norms, trade ties and kaleidoscopic lifestyles. It sees a collection of particular nation-states. More important, it sees the cross.

In its communiqués claiming credit for terror attacks, Islamic State never fails to mention that the “soldiers of the Caliphate” targeted this or that nation, which “carries the banner of the cross in Europe.” Such statements puzzle secular Europeans, Mr. Manent says, because they think: “Well, perhaps the Americans who intervened in Iraq, but we French are not Crusaders!”

The West has relegated faith to a purely private sphere, in which the believer, in his inner depths, communes with the Almighty. But to adherents of Islam, Christianity’s public, political dimension still shines forth.

This leads to another turn in Mr. Manent’s thought: “In the present circumstances, relations between Europe and the Muslim world will be less fraught if we accepted this Christian mark, while of course guaranteeing that every citizen, whatever his religion and lack of religion, has equal rights.” In other words, the Muslim world would more easily come to terms with the West if Westerners acknowledged who they are.

Take Turkey’s accession to the EU. European leaders for decades have contorted themselves to justify their reluctance to admit Ankara. If it were purely a matter of “rights,” then Ankara would be correct to demand entrance ASAP. But, says Mr. Manent, “Europe” is also a cultural and political community, and it matters that Turkey is a large Sunni Muslim nation with Turkish mores. By being honest about these differences, the West could clarify the terms of the encounter and ease tensions.

As for the West’s often ill-assimilated native Muslim populations, like the British community that produced the Manchester bomber, here too Mr. Manent prefers a “national solution.” For starters, he says, “we must accept that the Muslims who are among us will remain Muslims.” It follows that the West must “do things so that Muslims feel that they can be reasonably happy Muslims” in a non-Muslim environment.

The basic bargain: “We accept Muslims, but they also have to accept us.” In France that might mean dialing back laïcité, the official secularist dogma that restricts many public expressions of faith. “We won’t bother you about your veils or the way you eat,” Mr. Manent says. “In school lunches, meat without pork will be available. It’s silly and mean to say, ‘They will eat pork or they won’t eat.’ Muslims shouldn’t always be under suspicious eyes.”

But then, he continues, the French would demand reciprocity of Muslims: “You really belong to France. You turn toward it and your life will be centered on this European country, which is not and will never be a Muslim country.”

What he wants to combat is the widespread sense of alienation, particularly among young Muslims who are “paper French”—citizens without political attachment. In practice, this would involve the government’s insisting that mosques and cultural associations cut their ties with Algeria, Tunisia and other foreign countries and instead actively promote an indigenous French Islam.

His grand-bargain vision has detractors on the left, who call it discriminatory, and the right, who find the offer too generous. Others think it’s too late. But Mr. Manent is optimistic that the combination of political liberty and nationalism is more resilient than most people suppose.

Then again, the 19th-century marriage of liberalism and nationalism ended in a very ugly divorce in the first half of the 20th century. What about the dangers of reviving nationalism today? “There is no a priori guarantee that it could not devolve into something nasty,” Mr. Manent says. “But if we don’t propose a reasonable idea of the nation, we will end up with an unreasonable idea of the nation. Because simply: However weakened the idea of the nation, nations do not want to die.”

Then there is the example across the Atlantic. Like Tocqueville, Mr. Manent sees much to admire in the American experiment. Even as Europeans have sought to pool or even abandon their sovereignty, he says, “Americans remained very much attached to the idea of a people making its laws to protect itself.”

True, “this people was open to the world, since of course it was formed by immigration. But people came from all over the world, not to be human beings but to be citizens of the United States, which had a keen sense of its exceptionalism and unique character.” In the Second Amendment, the persistence of the death penalty, and the reluctance of U.S. courts to follow foreign precedents, Mr. Manent sees “not a proof of American barbarism” but of democratic vigor.

And realism. Europeans, he says, imagined the world was so safe for liberty that they could discard the harsh, Hobbesian elements of power. Americans recognize that the modern world still has one foot in the state of nature, and this calls for the sovereign prerogatives of self-preservation: We are sovereign—we don’t lecture.

Mr. Ahmari is a Journal editorial writer in London.

Voir enfin:

Has Globalism Gone Off the Rails?

Victor Davis Hanson

National Review

The cult of multiculturalism is a paradox.

Prague — The West that birthed globalization is now in an open revolt over its own offspring, from here in Eastern Europe to southern Ohio.

About half of the population in Europe and the United States seems to want to go back to the world that existed before the 1980s, when local communities had more control of their own destinies and traditions.

The Czech Republic, to take one example, joined the European Union in 2004. But it has not yet adopted the euro and cannot decide whether the EU is wisely preventing wars of the past from being repeated or is recklessly strangling freedom in the manner of the old Soviet Union — or both.

In places devastated by globalization — such as southern Michigan or Roubaix, France – underemployed youth in their mid 20s often live at home in prolonged adolescence without much hope of enjoying the pre-globalized lifestyles of their parents.

Eastern Europeans are now discovering those globalized trade-offs that are so common in Western Europe, as they watch rates of marriage, home ownership, and child-rearing decline.

One half of the West — the half that lives mostly on the seacoasts of America and Western Europe — loves globalization. The highly educated and cosmopolitan “citizens of the world” have done well through international finance, insurance, investments, technology, education, and trade, as the old Western markets of 1 billion people became world markets of 6 billion consumers.

These coastal Westerners often feel more of an affinity with foreigners like themselves than with fellow countrymen who live 100 miles inland. And they are not shy in lecturing their poorer brethren to shape up and get with their globalized program.

Late-20th-century globalization — a synonym for Westernization — brought a lot of good to both poorer Western countries and the non-Western world. Czech farmers now have equipment comparable to what’s used in Iowa. Even those who live in the Amazon basin now have access to antibiotics and eyeglasses. South Koreans have built and enjoyed cars and television sets as if they invented them.

But all that said, we have never really resolved the contradictions of globalization.

Does it really bring people together into a shared world order, or does it simply offer a high-tech and often explosive veneer to non-Western cultures that are antithetical to the very West that they so borrow from and copy?

An Islamic State terrorist does not hate the United States any less because he now wears hoodies and sneakers and can text his girlfriend. More likely, Western fashion and high-tech toys only empower radical Islamic hatred of Western values.

If an airport in Denver looks like one in Beijing, or if a grenade launcher in Syria seems similar to those used at Fort Bragg, are China and the radical Islamic world therefore becoming more like the United States? Or are they adopting Western ideas and weapons while accentuating their far deeper cultural and historical differences?

Iran is desperate for nuclear technology originally spawned from the “Great Satan” in order to better destroy the Great Satan.

Another paradox of globalization is a new passive-aggressive attitude inside the West.

Elites who benefit from Westernized globalization often gain enough wealth and leisure to have the latitude to trash it almost as a way of dealing with their own guilt over their exalted status.

At no time in the history of Western civilization have American college students ever been so pampered — with latte bars, trauma counselors, rock-climbing walls, and upscale student unions — and yet so critical of the very global civilization that guaranteed them such bounty.

Those in the former Third World constantly berate the West for its supposed sins of imperialism, colonialism, and exploitation, while millions of their own citizens risk their very lives to cross the Mediterranean or the U.S.–Mexico border to enter and live in the West.

Is the message “I hate the West, so please let me in”?

The cult of multiculturalism is also a paradox.

Under globalization, the West seeks to spread its values along with its iPhones, as if Western values were far preferable to the alternatives.

But a chief tenet of globalized multiculturalism is to not judge other cultures by “arbitrary” Western standards. Many Western elites implicitly believe that their own ideas about democracy, treatment of minority groups, and equality under the law are superior to the alternatives elsewhere — and some expect the rest of the world to eventually look like Malibu, Palo Alto, or the Upper West Side of Manhattan.

So if Iran or Chechnya oppresses gays, or if traditional Arab societies institutionalize female genital mutilation, are they homophobic and misogynist, or merely different?

And do Westerners look the other way at phobias and oppression abroad, even though they would never do so at home?

In truth, globalization is a mere amphetamine. It speeds things up and alters superficial behavior. But let us not fool ourselves into thinking that globalization has fundamentally altered the nature and culture of those it hooks.


Présidence Macron: Cherchez la femme ! (Face à la révolution des dupes, qui saura réunir la droite populaire libérale et sociale ?)

20 mai, 2017
Et maintenant, John Fitzgerald Macron veut évincer les journalistes politiques
Trop, c’est trop. Ce cirque dure depuis deux ans. Je ne reconnais plus mon quartier. Il est devenu une “zone interdite”. À partir de 18 heures, je n’ose même plus sortir dans la rue avec mon mari. On ne se sent pas en sécurité. Les tentes sont parties mais les migrants et les trafiquants campent encore les trottoirs jour et nuit. Mieux vaut être encerclé par des grillages et des blocs de pierre que de revivre à proximité d’un bidonville. Marie-Christine (retraitée, 78 ans)
Je n’ai pas le choix, je n’ai pas les moyens financiers de me loger ailleurs. Je pensais qu’avec l’évacuation du camp en novembre dernier, la situation s’arrangerait. Mais ce n’est pas le cas. Le quartier est devenu une poubelle géante. Élisa (étudiante, 19 ans)
Les squares et les espaces de jeux ont quasiment tous été fermés pour virer les rats, qui se sont multipliés. Sans parler de l’odeur d’urine qui flotte constamment dans l’air. C’est vraiment invivable. Ces gens ne devraient pas dormir dans la rue. C’est inhumain. J’ai vu qu’il y avait des enfants. Cela m’a brisé le cœur. Ils méritent d’être traités avec un peu plus de dignité. Mère de famille
Ces grilles sont une honte! Elles ont été mises en place dans le seul but d’empêcher les migrants de s’installer. Les rues de Paris sont à tout le monde. C’est une première bataille de gagner. Militante
Le quartier ressemble à une prison et la circulation des piétons dans le quartier est entravée. Il était urgent de rendre les espaces publics de nouveau accessibles aux habitants des quartiers Nord-est de Paris. Anne Souyris (groupe écologiste de Paris)
«Oppressantes», «dérangeantes», «hideuses»… Les grilles métalliques, successivement érigées le long de la voie de métro entre Stalingrad et la Chapelle, ne feront bientôt plus partie du paysage urbain. La mairie de Paris, à la demande de plusieurs élus écologistes, a annoncé leur retrait avant cet été. Le Figaro
Les femmes, une espèce en voie de disparition au coeur de Paris. ll y a les insultes, dans toutes les langues : “Salope, sale pute, je vais te baiser…” ll y a les vols à la tire, les pickpockets, l’alcoolisme de rue, les crachats, les déchets partout, l’odeur entêtante d’urine. Il y a les trafics qui s’enracinent: êtres humains, drogues, cigarettes, vente à la sauvette, ou encore faux documents. Les employés de ces trafics nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants. Désormais la place de la Chapelle, la rue Pajol, la rue Philippe de Girard, la rue Marx Dormoy, la station de métro et le boulevard de la Chapelle sont abandonnés aux seuls hommes: plus une femme, dans les cafés comme la Royale ou le Cyclone. Pas un enfant dans le square Louise de Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles. Cela doit cesser. Pétition de femmes du quartier parisien de la Chapelle
Pour une ère nouvelle, c’est une ère nouvelle. Vous vous souvenez des photos du gouvernement, sur le large perron de l’Elysée ? Fini. C’était l’ancien monde. La vieille pensée. Le Système. Le gouvernement Kennedy Macron s’est donc fait tirer le portrait dans une sorte d’entonnoir. On a cherché ce qu’on pouvait trouver de plus étroit : un escalier (le couloir des toilettes n’était pas libre ?). Résultat, cet attroupement de mâles (il faut être sacrément fort, soit dit en passant, pour donner cette impression de pack de rugby, quand on photographie un groupe humain strictement paritaire). A propos, vous voyez la personne, au fond, dont on distingue à peine la moitié du visage ? C’est la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Daniel Schneidermann
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
La diffusion sur France Télévisions – qui est une télévision publique financée en très grande partie par l’argent public -, des messes et différents programmes religieux (…) est une infraction à la laïcité (…). C’est de la théologie et c’est finalement la promotion du fait religieux et de l’oppression des femmes. Marlène Schiappa (future secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes)
Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d’ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes. C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là. Il ne faut jamais humilier, il faut parler, il faut « partager » des désaccords. Emmanuel Macron
Je suis favorable à une loi qui ouvrira la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. Emmanuel Macron
Nous ouvrirons la PMA à toutes les femmes et combattrons l’homophobie du quotidien grâce à des tests aléatoires au travail. Benjamin Griveaux (porte-parole d’En Marche !)
Il [François Fillon] a fait tout ce qu’il a pu. Mais il reconnaît quelques erreurs, notamment de ne pas avoir envoyé assez de signaux vis-à-vis des classes populaires dans son programme. Elu parisien
Le soutien de l’Allemagne ne peut pas se substituer à la politique en France. La France doit prendre ses propres décisions et prendra ses propres décisions. Angela Merkel
Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit. Jean-Claude Juncker
Les critères d’attribution des logements sociaux doivent être revus parce que dans certains quartiers périphériques, on risque de créer des ghettos avec un tiers d’Italiens et un tiers d’étrangers hors Union européenne. (…) Le modèle français des banlieues est un échec. (…) Les familles rom qui n’envoient pas leurs enfants à l’école doivent être punies. Et parmi les punitions, on retire aussi le logement. Ce n’est pas une question de racisme, c’est une question de civilisation. Dario Nardella (maire de Florence)
Le monde virtuel a eu beau agir sur le monde réel, la fâcheuse sphère électronique en a limité considérablement les effets. Les foules, sans doute dans leur souvenir confus des meurtres de masse, n’ont pas eu le cœur à faire la liesse. La parenthèse magique et anesthésique va bientôt se refermer. Déjà, dans quelques jours, une autre consultation aura lieu, où la part artistique sera plus congrue. La pleine saison va reprendre pour la délinquance et l’immigration forcée de masse, et l’islam radical comme la dette n’accorderont aucun délai de grâce. Le multiculturalisme n’a pas encore définitivement gagné la partie, mais en dépit de l’opposition d’une majorité du pays, par la grâce médiatique et artistique, il n’a pas perdu. Quand l’heure sera venue de lui dire vraiment non, c’est peut-être parce qu’il sera trop tard. Gilles-William Goldnadel
Tandis que des syndicats lycéens essaient d’attirer l’attention sur le sexisme qui sévit maintenant dans les rapports entre filles et garçons dès le plus jeune âge en organisant ce vendredi 19 mai, une journée de la jupe, l’actualité nous a démontré hier à quel point l’initiative était nécessaire, tant les droits des femmes reculent pendant que les politiques continuent à détourner le regard. À tel point qu’aujourd’hui, dans certains endroits, sortir dans la rue quand on est une femme devient une prise de risque, une provocation et une mise en danger. Et hélas, on ne parle pas ici de Raqqah, Ryad ou Kaboul, mais de Paris. Intra-muros. Dans un reportage publié dans Le Parisien du 18 mai, «Paris: les femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol», Cécile Beaulieu décrit le quotidien des habitantes du quartier, lesquelles ne peuvent plus se déplacer seules, ni porter jupes ou vêtements moulants sans se faire injurier voire agresser. La rue, les trottoirs, les cafés, les bars, les squares leur sont interdits, à tel point que quitter son appartement devient une transgression. Ce territoire est celui des hommes et ils font régner leur loi. Une situation qui tend à s’étendre dans les quartiers les plus populaires. Mais pour choquant que soit pour nous ce contrôle social d’un autre âge, cette véritable oppression qui s’abat sur toutes les femmes dans un pays où l’égalité est inscrite au fronton des bâtiments publics, ce qui est encore plus déstabilisant ce sont les réactions, ou plutôt l’absence de réaction des élus. Être une femme suffit à être en danger dans certains endroits et auprès de certaines populations, car il y a un point commun entre cette situation et celle qui a tant choqué en Allemagne le 31 décembre à Cologne. Des agressions sexuelles massives y avaient été commises et l’enquête avait révélé que celles-ci étaient le fait de réfugiés et de migrants économiques, venant du Maroc et d’Algérie et arrivés au cours de la même année. Que croyez-vous que l’on fit alors? Et bien au lieu de s’interroger sur ce qui pouvait pousser ces hommes à croire qu’ils avaient le droit de se comporter ainsi dans un pays qui les accueille, au lieu d’interroger les références culturelles qui permettent de considérer comme acceptable cette violence faite aux femmes, au lieu d’interroger les obligations qui devraient être liées à l’accueil, on fit le procès en racisme de tous ceux qui dénonçaient le soubassement culturel et cultuel, qui fait de la femme un être inférieur, propriété d’un homme ou de tous si elle a le culot de revendiquer sa liberté, phénomène que la misère sexuelle, que la montée du fondamentalisme religieux renforce et accentue dans les pays du proche et Moyen-Orient. Pour avoir évoqué cet aspect du problème, Kamel Daoud fut cloué au pilori. (…) Le fait que les agresseurs de femmes appartiennent à une population pauvre et marginale, élevée au rang de victime absolue, fait que leur transformation en bourreau paralyse à la fois le discours politique et l’action publique. Ce sont alors les citoyens qui jouent le rôle de variable d’ajustement en voyant leurs droits abandonnés et leurs libertés non défendues. Cela plus qu’une dérive fasciste de la société explique l’explosion du vote FN. (…) Pendant ce temps, vendeurs à la sauvette, dealers, migrants et passeurs tiennent les rues et politiquement correct oblige, on oublie de dire que cette mentalité d’un autre âge, cet obscurantisme dont on constate chaque jour qu’il gagne du terrain, est lié à la volonté de ces hommes d’imposer leur mentalité patriarcale, leur vision étriquée des relations humaines et une conception des rapports sociaux et intimes inégalitaires et contraignants au pays qui les a accueilli. On évite de dire que ces tensions se réveillent aussi parce que ces populations sont la cible des fondamentalistes et des tenants de l’Islam politique qui chauffent à blanc les replis identitaires et font de la remise en cause des fondations mêmes des sociétés occidentales par la revendication identitaire et religieuse, le seul axe d’affirmation politique et sociale des communautés qu’ils influencent de plus en plus. (…) L’enjeu aujourd’hui est de faire vivre nos grands principes pour tout le monde, de faire en sorte que les libertés que la loi garantit ne dépendent pas de notre niveau culturel et social ou de notre lieu de vie. C’est cela le sens même de la politique: garantir les droits de tous ceux qui vivent sur son territoire. Et cela ne se fera pas sans fermeté, ni justice. Aujourd’hui la protection de la loi n’est accordée qu’aux hyperinclus, à ceux qui ont les moyens financiers de choisir leur environnement. Pour beaucoup d’autres, c’est retour au moyen âge: il faut se soumettre à ses voisins et à l’homme de la rue car la protection de la loi ne peut plus s’incarner. (…) Et pendant ce temps, notre nouveau gouvernement prône la libéralité en matière de laïcité tout en promettant de lutter contre l’islamisme. Le problème c’est que l’on ne lutte pas contre qui veut vous détruire en renonçant à ses principes et à ses idéaux et qu’en ce domaine, la libéralité équivaut à livrer les plus faibles à leurs oppresseurs. Il serait dommage qu’à force d’aveuglement sur ces questions, la France devienne un pays qui ne garantit que les libertés de ceux qui ont les moyens de choisir leur voisinage et leur environnement. Céline Pina
Le nouveau président, après avoir mis KO debout le Parti socialiste, est en train de faire éclater la droite. Nul n’ignore que la nomination d’Edouard Philippe, que l’on présente en un saisissant oxymore comme un «héritier spirituel d’Alain Juppé», vient habilement redonner au camp du centre-droit désavoué par les électeurs des primaires, de nouvelles perspectives. Sans surprise, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Jean-Louis Borloo ont affiché depuis quelques jours leur volonté de saisir la perche tendue par Emmanuel Macron, et Bruno Lemaire a franchi le Rubicon en héritant d’un portefeuille-clef avec Bercy, mais qui mouille habilement la droite dans la responsabilité de la lutte contre le chômage. En réalité, ce centre-droit est cohérent: rien, absolument rien, ne le distingue du centre-gauche que Macron a miraculeusement sorti du bourbier dans lequel le désastreux quinquennat de François Hollande l’avait enlisé. Un même libéralisme économique doctrinaire et rigide, soumis aux injonctions de Bruxelles, un même refus de remettre en question le dévoiement d’une construction européenne qui est allée dans le mur, une même volonté de progressisme sociétal, un même manque d’imagination et de volonté pour réduire la fracture sociale. Cette situation serait pain bénit pour le Front national, si le débat du 3 mai n’avait fait éclater la grande supercherie en faisant la démonstration de l’incompétence et de la vulgarité de Marine Le Pen. Si l’on ajoute le retrait de Marion Maréchal Le Pen – dont on peut souhaiter qu’il lui permettra de prendre du champ face à une histoire politique et familiale dont elle semble prisonnière – on assiste peut-être au début du déclin de ce parti qui depuis plus de trente ans a d’abord servi à distiller de l’amertume, à déconsidérer l’amour de la patrie et à stériliser toute tentative de refuser la logique impérialiste de la grande marchandisation. Le FN aura beau revendiquer la justesse de son analyse sur «l’UMPS», il n’est pas certain qu’il soit en état de profiter de cette situation aux prochaines législatives. Paradoxalement, le gouvernement nommé par Emmanuel Macron et Edouard Philippe pourrait au contraire permettre à la droite de procéder à une saine clarification. Le scénario optimiste pour celle-ci serait que le traditionnel attelage entre ce qu’on appelait le RPR et l’UDF montre son caractère bancal et oblige à une recomposition en profondeur. A côté de ce centre-droit logiquement rallié (si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain) à la majorité présidentielle, une droite au discours résolument patriote, décidée à refonder l’Europe sur le respect des nations, faisant de la réduction de la fracture sociale une priorité, conservatrice sur les valeurs qui fondent notre société (amour de la France, défense de la famille, refondation de l’école) a un boulevard théorique devant elle: entre, d’un côté, le sentiment des électeurs de droite d’avoir été volés de «leur élection» avec l’explosion en plein vol de la fusée Fillon, d’avoir été trahis par ses élites, et, de l’autre, la décrédibilisation du Front National, la marge de manœuvre est réelle. C’est ce qu’a bien compris par exemple Laurent Wauquiez. Mais c’est là où le bât blesse. A part ce dernier, dont la sincérité politique manque de crédibilité, aucune grande voix à droite ne vient porter un projet de rupture. Celle de François Fillon est devenue inaudible, et, comme je l’avais écrit ici au sortir des primaires, avant les affaires, son discours était trop imprécis par rapport à sa conception de l’Europe, et trop peu volontariste sur la question sociale, pour avoir pu parfaitement incarner cette aspiration à un changement en profondeur. Toujours est-il que celui que les électeurs des primaires avaient plébiscité est aujourd’hui discrédité. Il faut bien le reconnaître: depuis la disparition de Philippe Séguin, plus personne n’incarne cette droite gaulliste, patriote et sociale. Pour se recomposer, la droite doit avoir de vrais leaders. Elle en manque cruellement. Le scénario catastrophe pour elle serait d’être aspirée dans le sillage de la nouvelle donne imposée par Macron. Soit elle échouera avec lui, et elle sera d’autant plus affaiblie qu’elle hérite de la responsabilité de l’économie dans le gouvernement Philippe ; et alors, la route sera réellement ouverte aux extrêmes de droite et de gauche. Soit le président réussira et il se pourrait qu’il en recueille toute la gloire. Dans les deux cas, ce pourrait être une recomposition manquée et une décomposition plus ou moins complète. (…) Réussir pour la France signifierait rien moins que de restaurer le sens du politique, le souci du bien commun, l’amour du pays, la protection des plus fragiles ; reprendre sur de nouvelles bases la construction européenne, au service des nations ; avoir le courage de réformer l’Etat en reconstruisant et en préservant les plus pauvres. François Huguenin
Je pense que la stratégie victorieuse réside dans l’alliance de la bourgeoisie conservatrice et des classes populaires. C’était la synergie qu’avait réussie Nicolas Sarkozy en 2007. Indéniablement, il y a des gagnants et des perdants de la mondialisation, une fracture territoriale, une France périphérique, une fracture mondialistes-patriotes, mais je crois que la droite traditionnelle et les classes populaires ont un souci commun, c’est celui de leur identité. Pas l’identité comme un folklore artificiel ou comme un musée qu’on dépoussière, mais comme un ciment social. L’identité, c’est ce qui nous donne le sentiment d’être un peuple, en dépit de lieux de vie différents, de modes de vie différents. Et ce ciment social a été brisé à plusieurs égards. L’enjeu essentiel de civilisation, à mon sens, est de savoir comment conserver, protéger, transmettre et vivifier ce ciment social. C’est là qu’intervient la question de l’école, de la transmission, de la culture, de nos traditions, de notre patrimoine, d’un certain mode de vie. (…) La question identitaire permet de transcender les clivages. Elle comporte une dimension abstraite, c’est vrai, avec des symboles, la Marseillaise, la devise, notre patrimoine républicain, et une dimension charnelle, notre terre, notre terroir, notre gastronomie, la pierre locale avec laquelle on construit sa maison. Ces deux dimensions sont complémentaires. Pour parler de stratégie, le souci commun de l’électorat de la droite conservatrice et de la France périphérique, qui n’ont pas le même rapport à la mondialisation, c’est le souci de la transmission de leur patrimoine matériel et immatériel. À partir de ce constat, on peut imaginer des passerelles pour les rassembler et apporter des réponses en commun.(…) Quand une partie de la France conservatrice défend le mariage et la filiation, elle défend aussi une partie de l’identité française avec une certaine idée des rapports humains basée sur le bien commun et l’intérêt du plus faible plutôt que sur la jouissance et l’envie de l’individu dans une liberté sans limite. C’est donc un combat identitaire, qui peut rejoindre le combat identitaire des classes populaires plus axé sur les questions liées à l’immigration et au multiculturalisme. Bien sûr, il peut y avoir des divergences économiques, mais les moteurs de vote sont essentiellement spirituel, culturel et identitaire : les masses ne bougent pas autour de l’économie. Ce qui relie ces deux électorats, c’est donc le conservatisme. Il peut s’agir de conservation de l’identité, d’un mode de vie, mais aussi du patrimoine, des entreprises, d’un modèle économique à défendre en régulant la mondialisation. (…) je défends la conservation de ce qui est beau et juste dans notre histoire, je souhaite conserver les leçons de nos expériences passées ainsi qu’une certaine vision de l’homme, de sa dignité, du refus de sa marchandisation, d’ailleurs partagée par une majorité de Français. (…) Je pense que les courants de droite et de gauche continuent d’exister et de structurer la vie politique, car il y a des héritages philosophiques, culturels, des références et des logiciels qui continuent d’irriguer la vie politique française. C’est un clivage qui continue d’exister mais qui est inexact dans la structuration actuelle des partis. Pour caricaturer un peu, je reprendrais la phrase de l’historien Ghislain de Diesbach : « Il existe en France actuellement deux grands partis de gauche, dont l’un s’appelle la droite. » Pour être plus exacte, je dirais que les deux grands partis, Les Républicains et le PS, se retrouvent aujourd’hui dans un grand bloc centre droit, centre gauche en accord sur tous les sujets fondamentaux. (…) Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, cette union patriotique que j’appelle de mes vœux n’a pas de sens en prenant en compte les partis actuels : je ne vois pas comment le FN pourrait faire une alliance nationale avec Les Républicains au regard de la façon dont ils gouvernent et du logiciel qui est le leur. (…) Ce qui reste possible, c’est l’union des hommes. Il existe aujourd’hui une zone blanche, entre certains courants chez Les Républicains, que je qualifierais de droite nationale conservatrice, Nicolas Dupont-Aignan, ceux qui sortent du champ politique, comme Philippe de Villiers, certains élus et cadres de la droite, et le FN. Dans cette zone blanche, il y a une recomposition à opérer, qui s’apparenterait à l’union de certaines droites. Mais sans doute pas avec cette droite des Républicains, qui est une droite reniée. (…) La présence du FN contraint la droite à mener une certaine politique et à se remettre en question. La réalité, c’est que la droite a été sous la coupe psychologique de la gauche pendant des années et que le poids du FN la force aujourd’hui à se repositionner. [la tentative de structurer une droite “hors les murs”, à mi-chemin entre Les Républicains et le FN]  ne pouvait marcher que dans l’optique d’être une passerelle entre la droite et le FN, or Les Républicains ne sont pas suffisamment en difficulté électorale pour accepter de bouger. La droite a une clientèle électorale, notamment chez les personnes âgées, qui lui reste très fidèle, lui permettant de survivre, en l’empêchant d’envisager cette recomposition. Les choses seront peut-être différentes dans dix ans. La génération qui vient a déjà mis un bulletin FN dans l’urne, elle est complètement décomplexée, plus du tout sensible à la diabolisation, n’a pas baigné dans le rêve européen et n’a rien à perdre. Dans les dix ans qui viennent, les cartes seront totalement rebattues… (…) Je crois que nous sommes confrontés aujourd’hui à une élite d’émigrés spirituels, au sens où, spirituellement, ceux qui nous dirigent ne sont plus nos compatriotes. Leur vie est à l’échelle mondiale, ils passent leur temps dans les business class entre New York, Doha et Singapour, la France est étriquée à leurs yeux, ils ne raisonnent plus à l’échelle nationale. Leur cynisme est d’autant plus fort que ces gens se sont évertués à briser les frontières des Français pour fabriquer de nouvelles frontières à leur profit grâce à l’argent. Ils ont, eux, des frontières géographiques, vivent dans les meilleurs quartiers en se préservant des problèmes liés à l’immigration et aux tensions culturelles qu’ils imposent aux Français. Ils ont, eux, des frontières sociales, se cooptent aux meilleurs postes, alors qu’il n’y a jamais eu aussi peu de fils d’ouvriers dans les grandes écoles. Ils ont, eux, des frontières scolaires, mettent leurs enfants dans les écoles privées quand les enfants des Français doivent subir les lamentables programmes et méthodes qu’ils ont mis en place. Et je trouve cela profondément injuste. En face, les patriotes sont tout simplement les partisans de l’enracinement, ce qui n’empêche pas d’être lucide sur les défis de la mondialisation. (…) Macron en est une belle incarnation. J’aime la formule de Finkielkraut : pour Macron, « la France n’est plus une histoire, la France n’est plus même un pays, c’est un pur espace ». À ses yeux, la France est une start-up multiculturelle, un business, qui doit être le plus rentable possible. S’il faut faire rentrer un million d’immigrés dans le pays parce que c’est rentable, quelles que soient les conséquences sociales, il le fera. Pour lui, la France est un territoire, pas une patrie ; c’est une population, pas un peuple ; ce sont des individus, pas des personnes. (…) Macron accomplit Mai 68. Avec lui, c’est l’idéologie du progrès, le culte du renouveau, qui implique nécessairement de faire table rase du passé. C’est l’idée soixante-huitarde selon laquelle l’homme ne peut s’émanciper que s’il se délie de tout héritage, de toute autorité, de tout cadre culturel. Je pense que c’est une erreur fondamentale. (…) Macron considère que la société apaisée, qui fonctionne, est celle dans laquelle les liens sociaux sont uniquement régis par les liens économiques, les liens égoïstes, le contrat. L’État est réduit au minimum, c’est le libéralisme intégral, une idéologie née à gauche, où l’individu prime sur toute autre considération. Macron ne voulait d’ailleurs pas avoir de programme, mais proposait un « contrat avec la nation ». Cela a des conséquences politiques très claires : quand vous avez une distension brutale du lien social, avec le terrorisme par exemple, que répond M. Macron ? Qu’il faut deux points de PIB en plus, qu’il faut réduire le chômage et investir dans les banlieues françaises. Il apporte une réponse strictement économique, alors qu’en fait, cette distension du lien social ne relève pas principalement de l’économie, mais du domaine moral et culturel. Ces gens-là n’arriveront pas à répondre à ces défis, ils sont à côté de la plaque, ils sont dans la négation anthropologique. Ce qui fait un peuple, ce n’est pas le contrat, c’est la pure gratuité. C’est, selon la formule de Renan, « d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir ». C’est ce sentiment commun qui permet naturellement le civisme, la politesse et la solidarité sans y avoir nécessairement un intérêt égoïste. Marion Maréchal-Le Pen
Contrairement aux «quinze membres maximum» qu’il avait annoncés, le président a nommé un gouvernement composé de dix-huit ministres. Il a également renoncé au «ministère plein et entier des Droits des femmes». (…) «Il y aura un ministère plein et entier des Droits des Femmes», avait également assuré Emmanuel Macron en avril sur Twitter, promettant de faire de cette question une «cause nationale du quinquennat». Il s’est pourtant «contenté» d’un secrétariat d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, confié à Marlène Schiappa. Le Figaro
Si par droitisation on désigne une demande d’autorité croissante, le phénomène d’opinion que j’ai décrit se poursuit. Plus de 60 % de Français pensent qu’il y a trop d’immigrés, 70 % se disent favorables à l’internement préventif des fichés S, et une majorité voudrait renforcer l’état d’urgence. Alors que les Américains hésitent sur la question des exécutions extrajudiciaires de leurs concitoyens djihadistes sur les terres de l’État islamique, 80 % des Français plébiscitent cette méthode expéditive. Malgré tout, la société française s’est montrée très résiliente après la salve d’attentats qu’elle a traversée en 2015-2016. (…) Aucune ratonnade ne s’est produite en représailles, pas même à Nice ou Magnanville, deux territoires marqués par une très forte ségrégation ethnoculturelle avec un vote FN qui peut varier du simple au triple d’un quartier à l’autre, à quelques centaines de mètres d’écart. Le contrepoids de cette bonne tenue du corps social français peut s’exprimer ainsi : « On ne se fait pas justice nous-mêmes, mais, comme le dit Max Weber, l’État a le monopole de la violence légitime, il faut donc que l’État soit intraitable et que sa main ne tremble pas. » C’est sans doute le message qu’avait compris Hollande au lendemain du 13 novembre 2015, quand il a proposé la déchéance de nationalité. Même Macron, très silencieux sur la question identitaire, a pris Le Drian dans ses bagages pour rassurer sur le plan sécuritaire. (…) Marine Le Pen a pâti des affaires judiciaires qui ont freiné sa dynamique et l’ont placée sur la défensive, mais aussi de ses hésitations sur la ligne idéologique. Son tropisme personnel lui fait manifestement approuver la ligne Philippot à travers l’accent mis sur le social et l’euro. Or l’essentiel des marges de progression du FN se trouve sur la droite. Le climat général a aussi pesé dans la balance. Alors qu’au moment des régionales de 2015 la question du terrorisme était première, loin devant les préoccupations économiques et sociales, à la présidentielle le chômage a légèrement pris le pas sur l’enjeu sécuritaire. Cela a notamment profité à Jean-Luc Mélenchon. Autre élément indépendant de la volonté de Marine Le Pen, l’offre électorale qu’elle avait en face d’elle. En l’occurrence, François Fillon qui a donné toute une série de gages sur le terrorisme, l’islam et l’immigration, avec son insistance sur les chrétiens d’Orient, qui signifiait en sous-texte le refus de la dhimmitude dans notre propre pays. (…) Au sein de l’électorat de Marine Le Pen, la part des pessimistes monte à 70 %, l’exact inverse des macroniens, à 70 % optimistes. Les cartes des votes Macron et Le Pen au premier tour sont le négatif l’une de l’autre au sens photographique du terme, et cela s’est accentué au second tour. On retrouve là le théorème autrichien.  (…) La présidentielle autrichienne ressemblait furieusement à la nôtre, avec un candidat d’extrême droite (qui a obtenu au premier et au second tour un score beaucoup plus élevé que Marine Le Pen) face à un candidat hors parti – soutenu par les écologistes mais qui débarquait de nulle part –, et les deux grands partis de gouvernement éliminés. On a également observé un clivage sociologique très marqué. Les catégories populaires ont massivement soutenu l’extrême droite, les cadres et les bobos votant pour le candidat écolo, et ce phénomène s’est amplifié au second tour. Les deux électorats éliminés (chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) se sont fracturés sociologiquement et culturellement, si bien que les reports sur les deux finalistes se sont opérés sur cette ligne de partage des eaux. Chez nous, Marine Le Pen a rassemblé 40 % des ouvriers au premier tour et 60 % au second…  (…) À mon avis, il n’y aura pas de majorité claire. Emmanuel Macron n’a pas vraiment été élu sur son programme, et le front républicain a beaucoup joué dans sa large victoire. L’inconnue est d’autant plus grande que pour la première fois la loi sur le non-cumul va s’appliquer aux députés, libérant une grande partie des sièges du palais Bourbon. Dans ces conditions, combien y aura-t-il de triangulaires ? Cela pourrait donner un résultat très éclaté avec 150 à 200 députés En Marche !, flanqués de 20 bayrouistes, 20 vallsistes, 20 juppéistes entrant dans une majorité présidentielle face à une droite campant dans l’opposition, le FN à 20 ou 30 sièges, un PS très affaibli et La France insoumise en guerre contre le Parti communiste. Bref, retour vers la IVe République ! Jérome Fourquet
Il existe une différence importante entre le fait d’incarner arithmétiquement la première force d’opposition, ce qui est à ce stade le cas du FN, et incarner, aux yeux des électeurs, l’alternance la plus souhaitée. Sans une stratégie d’union des droites, dont la mise en œuvre ne dépend d’ailleurs pas que de lui, le FN est encore loin du pouvoir. Parce que le mode de scrutin législatif limite le nombre des sièges qu’il peut gagner à un seuil inférieur à son poids réel. Mais aussi parce que, face à une recomposition politique visant a dépasser le clivage droite-gauche, celui qui sera à la tête de l’opposition doit se situer résolument à droite, pas «ailleurs». La constitution d’un groupe parlementaire serait déjà une réussite. Ensuite, si c’est pour que ledit groupe se retrouve, comme en 1986-88, totalement isolé dans le travail parlementaire, cela limite forcément le résultat à une visibilité accrue et a la rétribution symbolique de ceux qui sont élus. À moins que certains élus Républicains acceptent de travailler avec les élus frontistes . C’est possible sur les enjeux identitaires, presque impossible sur la sortie de l’UE. [la «ligne Philippot» a gagné] À court terme, sans doute, puisque c’est celle des deux campagnes. Mais avec un coût, qui est de crédibilité (un débat télévise absolument manqué) et de contestation interne, avec la mise en retrait de Marion Maréchal-Le Pen. Car il ne fait aucun doute qu’elle n’est pas encore sortie du jeu. Elle a une ligne politique, une popularité et le temps devant elle. Nous pourrons mesurer en juin les effets électoraux de son départ dans la région qu’elle avait choisie, et plus tard si elle et ses proches ont l’intention de se préparer pour 2022 en créant une structure propre. Si c’est son choix au moins, elle n’aura pas dégainé la première, puisque Florian Philippot a lancé la sienne. Les changements de nom sont monnaie courante en politique! Ce qui compte, c’est la ligne idéologique, qui peut être soit nationale-républicaine avec l’entourage présent de Marine Le Pen, soit libérale-identitaire avec Marion Maréchal-Le Pen. Sur la base de ce qu’on voit ailleurs en Europe, en Autriche en particulier, c’est le second positionnement qui marche le mieux. Or le FPO n’a pas changé de nom. Son passé et celui de ses dirigeants sont assumés. Et les électeurs suivent. Laurent Wauquiez n’a pas lancé de signaux en direction de Marion Maréchal-Le Pen et (…) n’est pas celui qui tire la campagne des Républicains! La grande implosion de ceux-ci est l’espoir du FN. Il ne se réalise pas pour l’instant car les électeurs de droite croient dans leur majorité, que leur parti est réformable de l’intérieur. C’est bien pour cela que Fillon a gagné la primaire. Jean-Yves Camus
Depuis la parution des «Territoires perdus de la République», en 2002, la situation n’a fait que s’aggraver. Les émeutes de 2005 et 2007, le débat houleux sur l’identité nationale et la diversité au début du mandat de Nicolas Sarkozy, autant d’étapes témoignant d’une fébrilité sur les questions d’identité et de laïcité. Celles-ci sont restées en suspens depuis et n’ont jamais été réellement traitées par les gouvernements en place. Quand on se penche sur les polémiques plus récentes autour du port de la burqa ou du burkini, on mesure que les prémices mais aussi les mécanismes de ces « affaires » étaient déjà annoncés dans notre livre. (…) Il existe un climat de peur au sein de populations qui subissent ces pressions au quotidien, dans une grande solitude. Elles ont été abandonnées par les pouvoirs publics, notamment sur l’autel du clientélisme électoral. S’il concerne tous les partis, ce phénomène touche particulièrement les municipalités d’extrême gauche qui ont enfermé les membres de la communauté musulmane dans leur identité religieuse et les ont confiés à des associations communautaires dont certaines sont de type salafiste. Lors des émeutes de 2005, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, s’est attaché les services d’associations liées à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui tapissaient les quartiers, la gratifiant ainsi d’une légitimité qu’elle n’avait pas : celle de représenter les musulmans de France. Nous en payons le prix aujourd’hui. Des mouvements laïcs se sont retrouvés entre deux feux, entre ceux qui essaient de faire advenir un projet politique religieux de manière habile et le chantage des pouvoirs publics qui invoquent la peur des émeutes. (…)  Nombre de fonctionnaires de police, de l’éducation nationale et des collectivités territoriales ont en effet peur d’être mal vus par leur hiérarchie. On leur demande d’acheter la paix sociale, d’éviter les violences. (…) L’antisémitisme est toujours le signal d’une démocratie en train de se perdre. Idem pour l’atteinte à la liberté des femmes. L’assassinat d’Ilan Halimi, en 2006, a marqué le basculement dans le passage à l’acte extrêmement violent de cet antisémitisme débridé que nous constations auprès d’une certaine population dans les quartiers dits sensibles. L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France. On parle des Juifs de manière décomplexée et agressive. Dans ces quartiers sensibles, l’activisme virulent du mouvement BDS conforte un grand nombre de jeunes ignares d’un point de vue historique et géopolitique dans leur antisémitisme et leur antisionisme qui n’en est que le faux nez. La parole des pouvoirs publics sur le devoir de mémoire est aujourd’hui inopérante face aux déversements de haine sur les réseaux sociaux, non pas de néo-nazis, mais de jeunes animés par une puissante haine antijuive, haine dont ils sont aussi les héritiers, le travail d’histoire dans le monde arabe sur ce que fut la condition juive avant la colonisation n’existe pas. Ces sociétés sont maintenues dans le culte victimaire et ici, en France, les Indigènes de la République en sont l’illustration. Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol. Barbara Lefebvre
La France qui gagne a gagné. (…) Dans ces conditions, tous ceux qui se pensaient déjà comme des perdants, qui n’adhèrent pas dans l’enthousiasme au grand vent du progressisme mondialisé, ont l’impression d’avoir perdu. Les détromper devrait être l’une des missions prioritaires du nouveau président. (…) Ce sont les gens oubliés ou craignant de l’être par la modernité économique et/ou culturelle, ceux qui redoutent que l’histoire s’écrive sans eux. «Des ploucs et des bourgeois», résume drôlement Finkielkraut. Vincent Tremolets de Villers a parlé du «parti de l’inquiétude». De Whirlpool à Versailles, de l’ouvrier licencié au catho déboussolé, de l’éleveur ruiné au diplômé précaire, beaucoup de Français sont en effet inquiets, parce qu’ils se méfient de l’Europe, qu’ils sont attachés à une certaine conception de l’identité française ou qu’ils ont peur de l’immigration de masse, mais aussi, pour une part, parce qu’ils vouent aux gémonies le grand capital. Quoi qu’il en soit, les raisons de leurs inquiétudes n’ont pas disparu par enchantement. Macron ne guérit pas les écrouelles et, au risque de casser l’ambiance, je ne crois pas que son élection suffira à guérir les fractures françaises. Alors espérons qu’il entende la demande de continuité historique de beaucoup de Français. (…) pour la première fois depuis le référendum sur le traité de Maastricht, un responsable a été élu en portant ouvertement, donc dans une forme presque chimiquement pure, un projet européen et libre-échangiste, ainsi que le progressisme culturel et sociétal bon teint qui va avec. Pour faire court, c’est la banque centrale européenne pour le «dur» – l’économie, la monnaie, les affaires -, et Terranova pour le supplément d’âme, c’est-à-dire, notamment les questions d’intégration et d’immigration. Or, cette politique, enrubannée dans le joli mot «ouverture», plait d’abord à tous ceux qui, protégés des tracas du vivre-ensemble au quotidien par d’invisibles frontières culturelles, bénéficient de la disparition des frontières économiques avec en plus, le luxe de sentir bons et d’aimer l’Autre. Ça ne fait pas d’eux des salauds, plutôt des chanceux. Avant d’être une réalité politique, le macronisme possède déjà une sociologie: relativement homogène dans ses intérêts et dans ses représentations, cette coalition des chanceux a tout d’une classe sociale. (…) à la différence de ses prédécesseurs qui devaient avancer masqués et feindre d’être, un peu souverainistes pour Chirac et Sarkozy, toujours croyants dans la vraie gauche pour Hollande et Mitterrand, Macron joue à visage découvert, ce qui lui confère une grande cohérence idéologique, sur laquelle il a commencé à construire une alliance politique, en rassemblant des européistes des deux bords. (…) Aujourd’hui, le président a toutes les cartes en main (ou il les aura sans doute à l’issue des législatives) pour mettre en œuvre sa politique. La contrepartie, c’est que, si elle échoue, on ne pourra plus nous dire qu’il faut encore plus d’Europe, plus de libre-échange et plus de multiculturalisme. (…) Le progressisme façon Macron, c’est une nouvelle ruse de l’Histoire pour nous faire croire à sa fin dans les heureuses épousailles de la démocratie et du marché. Faites couler l’argent, le reste suivra. Dans les faits, cela risque de ressembler à une liquidation de tout ce qui est un peu trop national sur les bords. Or, contrairement à ce qu’il a dit, qu’y a-t-il de plus national, dans le sens de «situé», «ancré», «hérité», que la culture? Certains de mes confrères s’émerveillent de ce que le Président fasse de nombreuses références à nos grands héros. Ce name-dropping historique ne me convainc guère après qu’il a choisi la culture en France contre la culture française, c’est-à-dire la géographie et le droit contre l’histoire, ce qui est ici et maintenant contre ce qui a été. Mais en plus de cela, on peut craindre que ce progressisme soit la poursuite du déni par d’autres moyens. (…) Il cache, en l’ignorant, la crise grave de l’intégration qui se traduit par la sécession mentale d’une partie de notre jeunesse, il cache l’avancée d’un islam radical et séparatiste qui prétend, là où il est en position de force, imposer sa loi aux corps et aux âmes de nos concitoyens de naissance ou de foi musulmane. Or, non seulement le nouveau président n’a, à aucun moment, semblé prendre la mesure de la gravité de la situation, mais il est allé câliner les enfants d’immigrés dans le sens du poil victimaire en allant, à Alger, expliquer que la colonisation tout entière était un crime contre l’Humanité – merci pour les pères blancs, les instituteurs et la mère d’Albert Camus. Benjamin Stora a expliqué dans Libération que la jeunesse des quartiers avait apprécié l’attention. Ce n’est pas tout. Quand Emmanuel Macron se rend à Sarcelles, il joue au foot, fait des selfies et nous sert un discours gentillet sur la richesse de nos banlieues, mais il se garde de toute allusion aux sujets qui fâchent – fondamentalisme, sexisme, antisémitisme…. Et contre le FN, il sort l’artillerie lourde de l’antinazisme et des heures les plus sombres. Seulement, les antisémites qui pourrissent la vie des juifs ne se trouvent pas au Front national, mais à Sarcelles (ce qui ne signifie nullement que tous les habitants de Sarcelles soient antisémites). Pour avoir parlé sans détours de cette montée, dans les quartiers, de la haine antijuive, Manuel Valls avait pratiquement été traité de raciste par une certaine Marlène Schiappa, la nouvelle ministre de l’égalité des sexes. Alors, ne menons pas de procès d’intention. Peut-être Emmanuel Macron va-t-il découvrir les territoires perdus et lancer le combat culturel qui présidera à leur reconquête. Ce vendredi, le Parisien évoquait le quartier de La Chapelle-Pajol à Paris, où les femmes sont empêchées de circuler sur la voie publique. Quand le choc des civilisations s’invite dans la capitale, on voudrait savoir ce que le chef de l’Etat compte faire pour y faire respecter la loi républicaine. (…) En attendant, permettez-moi de vous rappeler que, outre le karma que lui prêtent les journalistes, Emmanuel Macron a reçu le concours de forces plus terrestres: sans les affaires Fillon et sans le ravissement que sa candidature a suscitée dans nombre de grands médias, vous seriez peut-être en train de louer ma clairvoyance. Par ailleurs, une coalition disparate de refus ne fait pas un projet commun. Le président ne bénéficie peut-être pas de l’adhésion d’une majorité de Français, mais il représente assurément la minorité la plus importante. De plus, si la droite n’est pas aux manettes aujourd’hui, c’est parce que, au moment où le monde devait être repensé et de nouveaux clivages explorés, elle a renoncé à tout travail sur les idées, surfant d’une ligne à l’autre le nez sur les sondages sans jamais se demander s’il n’y avait pas une petite contradiction entre les causes qu’elle chérissait et les conséquences qu’elle abhorrait ou, pour le dire autrement, entre son moi libéral et son surmoi conservateur. Résultat, face au progressisme macronien, il n’existe pas aujourd’hui d’alternative (raisonnablement) conservatrice qui définirait par exemple un protectionnisme tempéré et l’usage raisonnable de frontières dont on ne voit pas pourquoi elles devraient être ouvertes ou fermées. Et l’alternative populiste, qu’elle soit de droite ou de gauche, a échoué à séduire suffisamment d’électeurs. (…) [Marine Le Pen] aurait dû être la porte-parole de l’inquiétude française ; en manquant à la courtoisie la plus élémentaire, elle l’a attisée. Pour autant, je n’ai aucune envie de participer à la curée avec tous mes confrères qui répètent avec gourmandise qu’elle a montré son vrai visage. Elle a lamentablement raté ce rendez-vous crucial et comme l’a noté Finkielkraut, ce n’est pas en faisant du Pétain, mais du Trump. J’ignore quelle sera la suite de sa carrière. Mais je me garderais d’affirmer que le visage pénible qu’elle a montré ce soir-là était le vrai. Elisabeth Lévy
C’est la « révolution » des dupes qui se profile : là où François Fillon voulait interdire les Frères musulmans, Macron évitera l’épreuve de force avec l’islam politique. Sa descente des Champs-Élysées en véhicule militaire tenait  du jeu de rôle. L’optimisme d’État  récuse l’offensive du totalitarisme  islamique, mise sur le compte de la crise  économique et de l’Occident  colonisateur. François Bayrou, ministre  de la Justice, appuie cet angélisme. Pour  Henri IV, Paris valait bien une messe.  Son biographe devenu macroniste  n’est pas loin de penser que la France  de demain vaudra bien quelques sourates. Michel Houellebecq a tout dit  dans  Soumission. Alors que les chrétiens  et les juifs ont eu à se soumettre aux  exigences brutales de l’État, nombreux  sont ceux qui plaident pour un régime  de faveur vis-à-vis de l’islam  conquérant. Cette capitulation, si elle  devait se confirmer, tirerait un trait sur  les territoires perdus de la République. Les Républicains qui appellent  la droite à  « répondre à la main tendue  par  Emmanuel Macron »  cautionnent  peu ou prou ce choix communautariste  d’une nation libanisée prête à acheter  la paix multiculturelle. Parmi eux :  Gérald Darmanin, devenu ministre,  Thierry Solère, Franck Riester, etc.,  dont on comprend mieux les réticences  qu’ils affichaient à soutenir Fillon dans  son désir de  « vaincre le totalitarisme  islamique ».  Néanmoins, Macron a le mérite,  en secouant le cocotier républicain,  d’obliger cette famille de façade  à en finir avec les faux-semblants.  Le courant juppéiste et centriste a toute  sa place dans le camp de Macron, qui  a renoncé à assimiler les minorités  culturelles. Les attentistes qui veulent  prolonger la cohabitation au cœur  de la droite plutôt que d’acter le divorce  rendent illusoire une opposition  structurée. Comment les responsables  qui, comme François Baroin, ont appelé  à voter pour Macron au deuxième tour  peuvent-ils espérer convaincre de voter  massivement pour les Républicains aux  législatives ? (…) La duperie (…) a aussi fait gober  la  « farce  antifasciste » , dont Alain  Finkielkraut craint, dans  Causeur,  que les juifs ne soient les dindons.  Le palestinisme a désormais ses entrées  en haut lieu. Richard Ferrand, ancien  secrétaire d’En marche ! devenu  ministre, a financé France Palestine  Solidarité en 2016. Marlène Schiappa,  secrétaire d’État, soutient la  « lutte  pour  la liberté du peuple palestinien ». (…) Le clivage élitaire et mondialiste qui s’opère derrière Macron, dans lequel  l’horizontalité de la société civile a vite laissé place à la verticalité du pouvoir,  est une aubaine pour la droite populaire  libérale et sociale. Qui saura la réunir ? Ivan Rioufol

Cherchez la femme !

A l’heure où après la farce démocratique et la comédie antifasciste que l’on sait …

Comme le déluge hagiographique qui a suivi …

Nos nouveaux dirigeants redécouvrent, entre sondages trumpiens et rappels à l’ordre européens,  la dure réalité qu’ils croyaient avoir quittée …

Et où, entre plan secret du refus éventuel du résultat des urnes, dénonciation des messes à la télévision ou imposition de la PMA pour tous, le nouveau pouvoir commence à montrer ses vraies couleurs

Pendant qu’à l’instar de la si discrète parité de la photo du nouveau gouvernement, les femmes se voient littéralement exclues de certains quartiers

Comment ne pas voir avec l’éditorialiste du Figaro Ivan Rioufol

Contre la « révolution » des dupes et la capitulation préventive en cours face  au totalitarisme islamique …

Et le fourvoiement gauchisant que l’on sait de la droite nationale-républicaine …

Pour commencer à réunir enfin …

Une droite populaire à la fois et authentiquement libérale et sociale …

L’option qui devrait logiquement s’imposer …

Bientôt débarrassée peut-être de son désormais encombrant héritage …

De la future ex-plus jeune députée de la Ve République ?

La Chapelle & Pajol : Les femmes, espèce en voie de disparition au coeur de Paris

Les femmes, une espèce en voie de disparition au coeur de Paris

ll y a les insultes, dans toutes les langues : “Salope, sale pute, je vais te baiser…”
ll y a les vols à la tire, les pickpockets, l’alcoolisme de rue, les crachats, les déchets partout, l’odeur entêtante d’urine.

Il y a les trafics qui s’enracinent: êtres humains, drogues, cigarettes, vente à la sauvette, ou encore faux documents. Les employés de ces trafics nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants.

Désormais la place de la Chapelle, la rue Pajol, la rue Philippe de Girard, la rue Marx Dormoy, la station de métro et le boulevard de la Chapelle sont abandonnés aux seuls hommes: plus une femme, dans les cafés comme la Royale ou le Cyclone. Pas un enfant dans le square Louise de Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles.

Cela doit cesser!

Nous demandons aux autorités, Mairie de Paris, Préfecture de Police, Procureur de la République, de faire enfin respecter lois et règlements, notamment dans les endroits où se fixent les trafiquants, de diligenter des enquêtes sur les filières, de renforcer le nombre et les moyens des policiers affectés à ce secteur
Les femmes de la Chapelle et leurs ami(e)s, compagnons, maris, pères, enfants et voisins des 10ème et 18ème arrondissements

Pétition soutenue par les Associations Demain La Chapelle et SOS La Chapelle

A l’attention de :

Monsieur Emmanuel Macron – Président de la République Française

Monsieur Edouard Philippe – Premier Ministre

Monsieur Gérard Collomb – Ministre de L’Intérieur

Monsieur François Bayrou – Garde des Sceaux Ministre de la Justice

Madame Marlène Schiappa –Secrétaire d’Etat à l’égalité entre les Femmes et les Hommes

Monsieur François Molins – Procureur de la République

Monsieur Michel Delpuech – préfet de police de Paris

Madame Anne Hidalgo – Maire de Paris

Monsieur Eric Lejoinde – Maire du 18ème arrondissement de Paris

Monsieur Rémi Féraud- Maire du 10ème arrondissement de Paris

Voir aussi:

Femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol : le cri d’alarme de Céline Pina

  • Céline Pina
  • Le Figaro
  • 19/05/2017

FIGAROVOX/ANALYSE – Alors que les lycées organisent une « journée de la jupe » pour dénoncer le sexisme, Céline Pina rappelle que dans certains quartiers de Paris, sortir de chez elle pour une femme est une provocation, et dénonce l’indifférence des élus.


Céline Pina est ancienne conseillère régionale d’Ile-de-France. Elle s’intéresse particulièrement aux questions touchant à la laïcité, à l’égalité, au droit des femmes, à la santé et aux finances sociales. Elle est l’auteur de Silence Coupable (éditions Kero).


Tandis que des syndicats lycéens essaient d’attirer l’attention sur le sexisme qui sévit maintenant dans les rapports entre filles et garçons dès le plus jeune âge en organisant ce vendredi 19 mai, une journée de la jupe, l’actualité nous a démontré hier à quel point l’initiative était nécessaire, tant les droits des femmes reculent pendant que les politiques continuent à détourner le regard. À tel point qu’aujourd’hui, dans certains endroits, sortir dans la rue quand on est une femme devient une prise de risque, une provocation et une mise en danger.

Et hélas, on ne parle pas ici de Raqqah, Ryad ou Kaboul, mais de Paris. Intra-muros. Dans un reportage publié dans Le Parisien du 18 mai, «Paris: les femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol», Cécile Beaulieu décrit le quotidien des habitantes du quartier, lesquelles ne peuvent plus se déplacer seules, ni porter jupes ou vêtements moulants sans se faire injurier voire agresser. La rue, les trottoirs, les cafés, les bars, les squares leur sont interdits, à tel point que quitter son appartement devient une transgression. Ce territoire est celui des hommes et ils font régner leur loi. Une situation qui tend à s’étendre dans les quartiers les plus populaires.

Mais pour choquant que soit pour nous ce contrôle social d’un autre âge, cette véritable oppression qui s’abat sur toutes les femmes dans un pays où l’égalité est inscrite au fronton des bâtiments publics, ce qui est encore plus déstabilisant ce sont les réactions, ou plutôt l’absence de réaction des élus.

Être une femme suffit à être en danger dans certains endroits et auprès de certaines populations, car il y a un point commun entre cette situation et celle qui a tant choqué en Allemagne le 31 décembre à Cologne. Des agressions sexuelles massives y avaient été commises et l’enquête avait révélé que celles-ci étaient le fait de réfugiés et de migrants économiques, venant du Maroc et d’Algérie et arrivés au cours de la même année. Que croyez-vous que l’on fit alors? Et bien au lieu de s’interroger sur ce qui pouvait pousser ces hommes à croire qu’ils avaient le droit de se comporter ainsi dans un pays qui les accueille, au lieu d’interroger les références culturelles qui permettent de considérer comme acceptable cette violence faite aux femmes, au lieu d’interroger les obligations qui devraient être liées à l’accueil, on fit le procès en racisme de tous ceux qui dénonçaient le soubassement culturel et cultuel, qui fait de la femme un être inférieur, propriété d’un homme ou de tous si elle a le culot de revendiquer sa liberté, phénomène que la misère sexuelle, que la montée du fondamentalisme religieux renforce et accentue dans les pays du proche et Moyen-Orient. Pour avoir évoqué cet aspect du problème, Kamel Daoud fut cloué au pilori.

À Cologne, la Maire conseilla aux femmes de se faire discrètes et de se tenir à l’écart des hommes. Comme si elles étaient en partie responsable des violences qu’elles subissaient. Et aujourd’hui, savez-vous ce que l’on répond, en France, à ces femmes qui, habitant la capitale de notre pays, ne jouissent déjà plus des droits que la loi est censée accorder à tous les citoyens? D’abord que porter plainte ne sert à rien. Donc, en France, on peut vous ôter la liberté de vous déplacer parce que vous êtes une femme dans la plus totale indifférence. Nul ne peut rien y faire, parce que les autorités publiques s’en moquent et que cette question est anecdotique pour le pouvoir. Voilà ce que signifie le «porter plainte ne sert à rien». On parle bien d’opérations de police à répétition dans l’article, plus de 110 depuis janvier mais elles n’ont aucun effet. Pourtant, si celles-ci se traduisaient plus souvent par des expulsions ou de véritables sanctions, nul doute qu’elles changeraient la donne. Mais si les interpellés en sont quittes pour revenir quelques heures ou jours après, cela devient un jeu qui signe plus l’impuissance des autorités que leur utilité et finit par valider ce qu’il est censé empêcher.

Il y a bien une élue citée dans le reportage, l’adjointe à l’égalité hommes-femmes de la mairie de XVIIIeme. Elle conseille d’organiser une marche exploratoire pour faire le repérage des lieux où les femmes sont indésirables et maltraitées. Il parait même que «leurs remarques seront examinées avec la plus grande attention». Je suis sûre que cette personne est consciente du caractère dérisoire de cette injonction qui invite ces femmes à se mettre en danger pour effectuer un tel relevé topographique et qu’elle a conscience que rien ne saurait moins incarner la loi et le devoir de protection qu’ont les élus envers leur population, qu’une telle attitude, mais elle n’a probablement rien d’autre à proposer. Le fait que les agresseurs de femmes appartiennent à une population pauvre et marginale, élevée au rang de victime absolue, fait que leur transformation en bourreau paralyse à la fois le discours politique et l’action publique. Ce sont alors les citoyens qui jouent le rôle de variable d’ajustement en voyant leurs droits abandonnés et leurs libertés non défendues. Cela plus qu’une dérive fasciste de la société explique l’explosion du vote FN.

Pendant ce temps, vendeurs à la sauvette, dealers, migrants et passeurs tiennent les rues et politiquement correct oblige, on oublie de dire que cette mentalité d’un autre âge, cet obscurantisme dont on constate chaque jour qu’il gagne du terrain, est lié à la volonté de ces hommes d’imposer leur mentalité patriarcale, leur vision étriquée des relations humaines et une conception des rapports sociaux et intimes inégalitaires et contraignants au pays qui les a accueilli. On évite de dire que ces tensions se réveillent aussi parce que ces populations sont la cible des fondamentalistes et des tenants de l’Islam politique qui chauffent à blanc les replis identitaires et font de la remise en cause des fondations mêmes des sociétés occidentales par la revendication identitaire et religieuse, le seul axe d’affirmation politique et sociale des communautés qu’ils influencent de plus en plus. Et s’ils se sentent autorisés à le faire, c’est aussi parce que nul ne se soucie, chez ceux qui nous représentent, ni d’expliquer les règles aux nouveaux arrivants, encore moins de les faire respecter. Ceux-ci alors essaient de recréer un environnement qui leur est familier et, marginalisés et sans grandes perspectives, ils se donnent un sentiment de virilité et de prise sur le monde en exerçant leur pouvoir sur les femmes. Ils sont encouragés dans ces attitudes par les prédicateurs bas de plafond dont ils sont la cible et qui ont table ouverte dans notre pays. Alors il ne s’agit pas ici de dire que tous les migrants sont ainsi, ce serait aussi injuste qu’insultant, mais de s’interroger sur notre réticence à défendre ce que nous sommes face à des comportements qui ne sont ni respectables ni tolérables et nous renvoient à un obscurantisme et à une violence intrinsèquement méprisable et face à laquelle nos autorités ne devraient pas être tétanisées.

L’air est connu: souvenez-vous du reportage d’Antenne 2 tourné à Sevran et à Villeurbanne où un homme chassait des femmes d’un café en leur expliquant: «Ici c’est pas Paris, c’est comme au bled».

Ce qui signifie, non seulement cette zone nous appartient et tu dois savoir rester à ta place, donc chez toi. Mais aussi que sur certains territoires, la France n’existe plus et ses lois ne s’appliquent pas. Ainsi, l’espace public n’est plus partagé, commun. Sur certains territoires, il est réservé à ceux qui ont une existence sociale, donc aux mâles, pas à celles qui leur appartiennent et n’existent que dans la sphère de l’intime. Pour avoir dénoncé ces phénomènes dont seuls ceux qui nous représentent semblent totalement inconscients, la journaliste de France 2 et Nadia Remadna de la brigade des mères, ont été violemment attaquées par le Bondy Blog et ceux qui ont relayé ce reportage ont été comme d’habitude accusés de mensonges, de racisme et d’appartenir à la fachosphère. Et ce quand bien même les témoignages de cette tentative d’imposer un apartheid sexuel en France se multiplient.

L’enjeu aujourd’hui est de faire vivre nos grands principes pour tout le monde, de faire en sorte que les libertés que la loi garantit ne dépendent pas de notre niveau culturel et social ou de notre lieu de vie. C’est cela le sens même de la politique: garantir les droits de tous ceux qui vivent sur son territoire. Et cela ne se fera pas sans fermeté, ni justice.

Aujourd’hui la protection de la loi n’est accordée qu’aux hyperinclus, à ceux qui ont les moyens financiers de choisir leur environnement. Pour beaucoup d’autres, c’est retour au moyen âge: il faut se soumettre à ses voisins et à l’homme de la rue car la protection de la loi ne peut plus s’incarner. Une des phrases que l’on entend le plus dans les zones sous influence des islamistes et des identitaires, c’est «chez nous, c’est comme ça» et ce «chez nous» n’évoquent pas la France, alors même que ceux qui tiennent ce discours sont Français, pas même forcément les règles du pays d’origine, mais ce mélange de tradition et de religion dont les islamistes entendent faire le fond d’écran des mentalités qu’ils façonnent. C’est ainsi que les passages à l’acte se multiplient, rite d’initiation du refus de la citoyenneté et de l’affirmation des valeurs patriarcales validées par les représentations religieuses, le tout sur fond d’impunité des agresseurs et de mise en accusation de ceux qui dénoncent l’abandon des autorités comme une faute politique majeure.

Et pendant ce temps, notre nouveau gouvernement prône la libéralité en matière de laïcité tout en promettant de lutter contre l’islamisme. Le problème c’est que l’on ne lutte pas contre qui veut vous détruire en renonçant à ses principes et à ses idéaux et qu’en ce domaine, la libéralité équivaut à livrer les plus faibles à leurs oppresseurs. Il serait dommage qu’à force d’aveuglement sur ces questions, la France devienne un pays qui ne garantit que les libertés de ceux qui ont les moyens de choisir leur voisinage et leur environnement.

Voir également:

Paris : des femmes victimes de harcèlement dans les rues du quartier Chapelle-Pajol
Cécile Beaulieu
Le Parisien
18 mai 2017

Des femmes de ce quartier de l’est de Paris se plaignent de ne pas pouvoir se déplacer sans essuyer des remarques et des insultes de la part des hommes. Ce sont plusieurs centaines de mètres carrés de bitume abandonnés aux seuls hommes, et où les femmes n’ont plus droit de cité. Cafés, bars et restaurants leur sont interdits. Comme les trottoirs, la station de métro et les squares. Depuis plus d’un an, le quartier Chapelle-Pajol, à Paris (Xe- XVIIIe), a totalement changé de physionomie : des groupes de dizaines d’hommes seuls, vendeurs à la sauvette, dealeurs, migrants et passeurs, tiennent les rues, harcelant les femmes.

REACTIONS

Révoltées, des habitantes du quartier ont décidé de lancer une vaste pétition pour dénoncer la situation. Et un quotidien de plus en plus oppressant. Celui des jeunes filles, qui ne peuvent plus sortir seules, porter une jupe ou un pantalon trop près du corps sans recevoir une bordée d’injures : l’une d’elles raconte avoir subi un jet de cigarette allumée dans les cheveux.

«Des réflexions incessantes»

«Nous avons toutes droit à un traitement insupportable», souligne Nathalie, 50 ans, qui revendique trente années dans le quartier, et un climat «inédit» ces derniers mois : «Ce sont des injures, des réflexions incessantes. L’ambiance est angoissante, au point de devoir modifier notre itinéraire, notre tenue vestimentaire. Certaines ont même renoncé à sortir de chez elles». A l’image de cette vieille dame de 80 ans, agressée sexuellement alors qu’elle rentrait dans son immeuble, et désormais retranchée dans son appartement.

«Un repaire masculin»

Aurélie, une jeune femme de 38 ans, avoue ne pas reconnaître le quartier où elle vit depuis 15 ans, rue Perdonnet (Xe) : «Le simple fait de circuler est devenu problématique. Le café, en bas de chez moi, un bistrot autrefois sympa, s’est transformé en repaire exclusivement masculin et en permanence bondé : j’ai droit à mon lot de remarques lorsque je passe devant, d’autant plus qu’ils boivent énormément : il y a quelques jours, le simple fait de me mettre à ma fenêtre a déclenché un flot d’injures, et j’ai dû m’enfermer dans mon appartement. Il y a quelque temps encore, j’empruntais le boulevard de la Chapelle depuis Stalingrad, même tard le soir… C’est impensable aujourd’hui».

Le métro Chapelle, Laure l’évite soigneusement. Comme la place du même nom : «Ces dernières semaines, j’ai été prise au milieu d’une bagarre de vendeurs à la sauvette. Affolée, je me suis mise à crier, et deux d’entre eux ont sorti des couteaux pour me menacer. J’ai cru que ma dernière heure était arrivée. Et ça fait des mois que ma fille de 12 ans ne va plus seule au collège, ni nulle part dans le quartier, d’ailleurs».

Porter plainte aurait peu d’effet
Comment lutter contre le phénomène ? Les femmes de La Chapelle le savent : porter plainte aurait peu d’effets. Alors, d’un commun accord, et sur les conseils de Nadine Mezence, adjointe à l’égalité hommes-femmes du maire (PS) du XVIIIe, elles ont décidé d’organiser prochainement une marche exploratoire. Ensemble, elles parcourront tous les lieux du quartier où elles sont indésirables. Puis, rendront compte, aux pouvoirs publics de leurs observations… En espérant être entendues. A la mairie d’arrondissement, on assure que leurs remarques seront examinées avec la plus grande attention.

110 opérations de police depuis le mois de janvier
La question du harcèlement des femmes, et notamment celle de la présence de dizaines de migrants rue Pajol, sera évoquée ce lundi en conseil d’arrondissement par l’élu (LR), Pierre Liscia. Tandis qu’au cabinet du maire (PS) du XVIIIe, Eric Lejoindre, on reconnaît la complexité de la situation : «Les femmes ont un sentiment de vulnérabilité devant cette violence, souvent associée à l’alcoolisation, mais la réponse publique est essentiellement policière».

Précisément, depuis lancement du dispositif «Barbès respire», au mois de janvier, par le préfet de police avec déploiement de renforts sur le secteur, 110 opérations ont donné lieu à plus de 19 000 évictions de vendeurs à la sauvette et 884 personnes ont été arrêtées. Mais les habitantes, elles, veulent des opérations de plus vaste ampleur pour retrouver leur sérénité perdue…
Les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris «Désormais, notre quartier est abandonné aux seuls hommes : plus une femme dans les cafés. Pas un enfant dans le square Louise-de-Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles».

Les habitantes de la Chapelle-Pajol viennent de rédiger une pétition, intitulée «Les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris», qu’elles espèrent voir parapher par de nombreux soutiens et victimes avant de l’envoyer à la mairie, à la préfecture de police et au procureur de la République. Leur demandant de «faire enfin respecter lois et règlement dans les endroits où se fixent les trafiquants, de diligenter des enquêtes sur les filières et de renforcer le nombre de moyens policiers affectés au secteur».

«Il y a les insultes dans toutes les langues, les vols, l’alcoolisme de rue. Les trafics qui s’enracinent, et les employés de ces trafics, qui nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants. Cela doit cesser.»

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«Macron, ou la “révolution” des dupes»
Ivan Rioufol
Le Figaro
18/05/2017

CHRONIQUE – Le courant juppéiste et centriste a toute sa place dans le camp Macron, qui a renoncé à assimiler les minorités culturelles.

Le savoir: Édouard Phillippe, choisi lundi par Emmanuel Macron comme premier ministre, pratique la laïcité flexible. Maire (LR) du Havre, il avait en 2012 fait jeter 8500 desserts destinés aux cantines parce qu’ils contenaient de la gélatine de porc. Plutôt que de s’en tenir à la neutralité républicaine, l’élu s’était soumis à l’interdit alimentaire de la charia (loi islamique). L’anecdote est à retenir: elle laisse craindre d’autres détournements de la laïcité, un des piliers de la civilisation française. Macron, élu par beaucoup pour faire échec au «fascisme» de Marine Le Pen, a promis une «bienveillance exigeante» avec l’idéologie islamique. Ce choix de l’apaisement guide, mezzo voce, la recomposition politique en cours. Philippe, proche d’Alain Juppé, partage avec lui la mondialisation heureuse, l’accommodement raisonnable, la discrimination positive. Le chef de l’État est sur cette même vision « inclusive ». « Je veux accompagner les mutations », a-t-il dit dimanche lors de sa prise de fonctions. Son gouvernement libéral mondialiste accélérera la cadence.

La marginalisation de Manuels Valls, qui voit la laïcité comme rempart à l’islamisme, confirme la stratégie arrangeante du macronisme. La République en marche a refusé son investiture à l’ancien premier ministre socialiste, qui n’aura néanmoins pas de concurrent face à lui. Commentaire de Valls (dans le JDD) : « Macron est méchant (…), il n’a pas de codes, donc pas de limites (…). Autant sur les questions économiques et sociales il n’y a pas de différence entre Macron et moi, autant sur l’identité on a un vrai désaccord. » Malek Boutih (PS), remarqué pour ses alertes contre l’emprise des prêcheurs de haine dans les cités, s’est pareillement vu écarter du parti gouvernemental, qui présentera un candidat face à lui. Durant sa campagne, Macron s’était gardé de désavouer le soutien de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), classée parmi les organisations terroristes par les Émirats arabes unis.

C’est la « révolution » des dupes qui se profile : là où François Fillon voulait interdire les Frères musulmans, Macron évitera l’épreuve de force avec l’islam politique. Sa descente des Champs-Élysées en véhicule militaire tenait  du jeu de rôle. L’optimisme d’État  récuse l’offensive du totalitarisme  islamique, mise sur le compte de la crise  économique et de l’Occident  colonisateur. François Bayrou, ministre  de la Justice, appuie cet angélisme. Pour  Henri IV, Paris valait bien une messe.  Son biographe devenu macroniste  n’est pas loin de penser que la France  de demain vaudra bien quelques sourates. Michel Houellebecq a tout dit  dans  Soumission . Alors que les chrétiens  et les juifs ont eu à se soumettre aux  exigences brutales de l’État, nombreux  sont ceux qui plaident pour un régime  de faveur vis-à-vis de l’islam  conquérant. Cette capitulation, si elle  devait se confirmer, tirerait un trait sur  les territoires perdus de la République.

Les Républicains qui appellent  la droite à  « répondre à la main tendue  par  Emmanuel Macron »  cautionnent  peu ou prou ce choix communautariste  d’une nation libanisée prête à acheter  la paix multiculturelle. Parmi eux :  Gérald Darmanin, devenu ministre,  Thierry Solère, Franck Riester, etc.,  dont on comprend mieux les réticences  qu’ils affichaient à soutenir Fillon dans  son désir de  « vaincre le totalitarisme  islamique » .

Néanmoins, Macron a le mérite,  en secouant le cocotier républicain,  d’obliger cette famille de façade  à en finir avec les faux-semblants.  Le courant juppéiste et centriste a toute  sa place dans le camp de Macron, qui  a renoncé à assimiler les minorités  culturelles. Les attentistes qui veulent  prolonger la cohabitation au cœur  de la droite plutôt que d’acter le divorce  rendent illusoire une opposition  structurée. Comment les responsables  qui, comme François Baroin, ont appelé  à voter pour Macron au deuxième tour  peuvent-ils espérer convaincre de voter  massivement pour les Républicains aux  législatives ?

L’artifice de la théâtrocratie La théâtrocratie que privilégie le chef de l’État, maître des horloges et de ses  gestes, lui permet de demeurer dans  l’ambiguïté. C’est ainsi que la question  identitaire n’arrive pas à être abordée  de face. Les courtisans rappellent  l’homme de lettres et de culture qu’il  est. Son premier ministre ne raffole-t-il  pas de la série des  Trois Mousquetaires ,  qu’il dit relire tous les dix ans ? D’autres  thuriféraires croient reconnaître la  silhouette du premier consul dans son  « regard au profil d’aigle » . N’y a-t-il pas aussi, tant qu’on y est, un Bonaparte  dans cette manière qu’à Macron de  prendre l’oreille de ses grognards ?  Dimanche, Gérard Collomb (devenu  ministre de l’Intérieur) avait les larmes  aux yeux, tandis que le chef passait ses  briscards en revue en leur caressant  nuque et joue. Pour le téléspectateur  distrait, ces scénographies sur la  continuité historique font leur effet.  Il n’empêche : la vigilance devra être  de tous les instants, tant est grande  la tentation du président de voir dans  les  « quartiers  populaires »  l’unique  expression du peuple français et de son  destin. Dimanche, il a d’ailleurs boudé  la grande parade parisienne.

Là aussi est la duperie : dans l’artifice qui s’attache au macroniste quand il  parle de  « clarté » . Elle a aussi fait gober  la  « farce  antifasciste » , dont Alain  Finkielkraut craint, dans  Causeur ,  que les juifs ne soient les dindons.  Le palestinisme a désormais ses entrées  en haut lieu. Richard Ferrand, ancien  secrétaire d’En marche ! devenu  ministre, a financé France Palestine  Solidarité en 2016. Marlène Schiappa,  secrétaire d’État, soutient la  « lutte  pour  la liberté du peuple palestinien » . Quant  à l’exigence de transparence et  de moralité qui ouvre ce quinquennat,  elle pèche aussi par ses exceptions.  Vouloir éviter les conflits d’intérêts en  exigeant des politiques qu’ils dévoilent  leurs éventuelles relations d’affaires est  une bonne chose. Cependant, le chef de  l’État ne dit rien de son réseau d’amis  banquiers, responsables du CAC 40,  créateurs de start-up, hommes  d’influence qui ont financé sa campagne  jusqu’à 15 millions d’euros  (voir mon  blog) . Par qui Macron a-t-il été soutenu  et pour quel objectif ? Question sans  intérêt probablement.

Clivage élitaire-populaire Le clivage élitaire et mondialiste qui s’opère derrière Macron, dans lequel  l’horizontalité de la société civile a vite  laissé place à la verticalité du pouvoir,  est une aubaine pour la droite populaire  libérale et sociale. Qui saura la réunir ?

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Polémique autour du retrait des grilles supposées empêcher l’installation de migrants
Alicia.Paule
Le Figaro
07/04/2017

REPORTAGE – La mairie de Paris va enlever en juin les grillages installés depuis plusieurs mois le long de la voie du métro entre Stalingrad et la Chapelle. Cette décision suscite l’inquiétude parmi les riverains qui craignent l’installation de nouveaux campements sauvages.

«Oppressantes», «dérangeantes», «hideuses»… Les grilles métalliques, successivement érigées le long de la voie de métro entre Stalingrad et la Chapelle, ne feront bientôt plus partie du paysage urbain. La mairie de Paris, à la demande de plusieurs élus écologistes, a annoncé leur retrait avant cet été. «Le quartier ressemble à une prison et la circulation des piétons dans le quartier est entravée. Il était urgent de rendre les espaces publics de nouveau accessibles aux habitants des quartiers Nord-est de Paris», explique Anne Souyris, co-présidente du groupe écologiste de Paris.

Une initiative saluée par plusieurs associations humanitaires dont le collectif Solidarité Migrants Wilson. «Ces grilles sont une honte! Elles ont été mises en place dans le seul but d’empêcher les migrants de s’installer. Les rues de Paris sont à tout le monde. C’est une première bataille de gagner», confie au Figaro une militante.

Parmi les riverains du XIXème arrondissement de Paris, confrontés depuis plusieurs mois à l’arrivée massive de migrants dans leur arrondissement, la décision ne fait pas l’unanimité et suscite de nombreuses inquiétudes. «Elles sont indispensables! Si la mairie les enlève, les campements sauvages vont revenir et ça, ce n’est vraiment pas possible», s’insurge Didier, patron d’un bistrot situé près de la place de Stalingrad, qui a vu son chiffre d’affaires chuté de 12%.

«La mairie peut enlever les grilles, cela ne changera rien au problème. Les migrants reviendront se poser là. Je n’ai rien contre eux. Mais il faut être honnête depuis qu’ils se sont installés dans le coin, c’est devenu l’enfer pour nous. On a dû fermer plusieurs fois la pharmacie après que des bagarres ont éclaté entre eux et les forces de police», confie Myriam, qui travaille à la pharmacie située à l’angle de la rue d’Aubervilliers.

Colère partagée par Marie-Christine, qui habite sur l’avenue de Flandre (XIXe). «Trop, c’est trop. Ce cirque dure depuis deux ans. Je ne reconnais plus mon quartier. Il est devenu une “zone interdite”. À partir de 18 heures, je n’ose même plus sortir dans la rue avec mon mari. On ne se sent pas en sécurité. Les tentes sont parties mais les migrants et les trafiquants campent encore les trottoirs jour et nuit. Mieux vaut être encerclé par des grillages et des blocs de pierre que de revivre à proximité d’un bidonville», affirme la retraitée de 78 ans, membre de l’association Demain la Chapelle.

Élisa, étudiante qui loue une chambre depuis plus d’un an près du métro Stalingrad, estime quant à elle «avoir honte» de vivre dans ce quartier. «Je n’ai pas le choix, je n’ai pas les moyens financiers de me loger ailleurs. Je pensais qu’avec l’évacuation du camp en novembre dernier, la situation s’arrangerait. Mais ce n’est pas le cas. Le quartier est devenu une poubelle géante», confie la jeune fille de 19 ans. Le long des grilles, des débris de verre, des sacs plastique, des restes de nourritures jonchent les trottoirs.

Deux centres d’accueil ouverts

«Les squares et les espaces de jeux ont quasiment tous été fermés pour virer les rats, qui se sont multipliés. Sans parler de l’odeur d’urine qui flotte constamment dans l’air. C’est vraiment invivable», déplore une mère de famille. Pour elle, cette situation n’est pas la faute des migrants mais bien celle des politiques qui ne font rien pour les aider. «Ces gens ne devraient pas dormir dans la rue. C’est inhumain. J’ai vu qu’il y avait des enfants. Cela m’a brisé le cœur. Ils méritent d’être traités avec un peu plus de dignité», ajoute-t-elle.

Depuis le démantèlement de la «Jungle» de Calais en octobre 2016, la capitale a vu l’arrivée de plusieurs milliers de migrants. Ils sont originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Érythrée ou encore du Soudan. Les exilés ont établi des campements sur les trottoirs et sous les ponts de Paris. Leur point de chute: au carrefour du Xe, VIIIe et XIXe arrondissement, où se situe l’association France terre d’asile. Des installations précaires qui sont quotidiennement évacuées par les forces de police.

Face à cette crise, la mairie de Paris a ouvert depuis novembre deux centres d’accueil: l’un situé à Porte de la Chapelle, l’autre à Ivry-sur-Seine. Tout deux déjà dépassé par l’afflux des réfugiés. Amahr, un Syrien de 19 ans qui est arrivé en France il y a six mois, fait la queue tous les jours pour tenter d’avoir un hébergement pour lui et son jeune frère. «Je dors dans une tente juste à côté du centre d’accueil. Chaque jour, j’y vais pour obtenir une place pour mon frère, il n’a que dix ans à peine. Moi, je peux rester dehors, mais pour lui c’est dur», confie-t-il dans un français approximatif lors d’un repas solidaire organisé jeudi par l’association Positive Planet. Aujourd’hui, près de «8000 migrants sont actuellement hébergés en Ile-de-France, dont 90 % relèvent de la demande d’asile», selon les estimations de la préfecture de Paris.

Mais la mesure est jugée «bien trop insuffisante» pour Pierre Henry, directeur général de l’association France terre d’asile. «La situation ne s’arrangera pas tant qu’il n’y aura pas une politique publique adaptée. Il est nécessaire de créer des centres pour migrants plus grands et surtout répartis à travers la France».

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Elisabeth Lévy : «Emmanuel Macron est un adversaire que j’aime déjà combattre»

  • Alexandre Devecchio
  • le Figaro
  • 20/05/2017

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A l’occasion de la sortie du dernier numéro de la revue Causeur, Elisabeth Lévy revient pour FigaroVox sur le sacre d’Emmanuel Macron. Son analyse est caustique et sans concession.


Élisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Son dernier numéro consacre un dossier à l’élection d’ Emmanuel Macron


Emmanuel Macron est donc le huitième président de la Ve République. Sa victoire n’est-elle pas un peu votre échec?

En tout cas, la France qui gagne a gagné. Le système est mort, vive le système!, pourrait-on ajouter. En effet, nous n’assistons pas à une révolution, plutôt à un changement de dynastie. Le président de la République incarne, avec talent, et surtout avec clarté, ce qu’on a appelé la «pensée unique», et le «cercle de la Raison», expression inventée je crois par Alain Minc. Il ne prétend pas renverser la table, en l’occurrence la technostructure – économique, administrative, culturelle – qui, derrière les élus, participe à la conduite de la société, il veut la sauver en lui donnant de nouveaux visages. Dans ces conditions, tous ceux qui se pensaient déjà comme des perdants, qui n’adhèrent pas dans l’enthousiasme au grand vent du progressisme mondialisé, ont l’impression d’avoir perdu. Les détromper devrait être l’une des missions prioritaires du nouveau président.

Qu’entendez-vous par «perdants», les pauvres, les chômeurs? Et que devrait faire le Président pour les rassurer?

Ce sont les gens oubliés ou craignant de l’être par la modernité économique et/ou culturelle, ceux qui redoutent que l’histoire s’écrive sans eux. «Des ploucs et des bourgeois», résume drôlement Finkielkraut. Vincent Tremolets de Villers a parlé du «parti de l’inquiétude». De Whirlpool à Versailles, de l’ouvrier licencié au catho déboussolé, de l’éleveur ruiné au diplômé précaire, beaucoup de Français sont en effet inquiets, parce qu’ils se méfient de l’Europe, qu’ils sont attachés à une certaine conception de l’identité française ou qu’ils ont peur de l’immigration de masse, mais aussi, pour une part, parce qu’ils vouent aux gémonies le grand capital. Quoi qu’il en soit, les raisons de leurs inquiétudes n’ont pas disparu par enchantement. Macron ne guérit pas les écrouelles et, au risque de casser l’ambiance, je ne crois pas que son élection suffira à guérir les fractures françaises. Alors espérons qu’il entende la demande de continuité historique de beaucoup de Français.

La France qui gagne, la France qui perd: n’est-ce pas un peu caricatural?

Peut-être, mais pas plus que le score réalisé par Macron à Paris: 90 %! Cependant, rassurez-vous, la frontière entre les deux France n’est pas étanche: même à Causeur, où règne cette aimable pagaille idéologique que l’on appelle pluralisme, il y a quelques macronistes du premier tour et de la première heure (j’espère qu’on s’en rappellera quand nous serons jugés pour dissidence). Ils ont essuyé force blagues pendant nos réunions de rédaction et maintenant, ils se paient notre tête. Ce sont les amusements de la démocratie. Plus sérieusement, pour la première fois depuis le référendum sur le traité de Maastricht, un responsable a été élu en portant ouvertement, donc dans une forme presque chimiquement pure, un projet européen et libre-échangiste, ainsi que le progressisme culturel et sociétal bon teint qui va avec. Pour faire court, c’est la banque centrale européenne pour le «dur» – l’économie, la monnaie, les affaires -, et Terranova pour le supplément d’âme, c’est-à-dire, notamment les questions d’intégration et d’immigration. Or, cette politique, enrubannée dans le joli mot «ouverture», plait d’abord à tous ceux qui, protégés des tracas du vivre-ensemble au quotidien par d’invisibles frontières culturelles, bénéficient de la disparition des frontières économiques avec en plus, le luxe de sentir bons et d’aimer l’Autre. Ça ne fait pas d’eux des salauds, plutôt des chanceux. Avant d’être une réalité politique, le macronisme possède déjà une sociologie: relativement homogène dans ses intérêts et dans ses représentations, cette coalition des chanceux a tout d’une classe sociale.

En attendant, il n’y a rien de très nouveau dans l’incantation européenne.

Sauf que, à la différence de ses prédécesseurs qui devaient avancer masqués et feindre d’être, un peu souverainistes pour Chirac et Sarkozy, toujours croyants dans la vraie gauche pour Hollande et Mitterrand, Macron joue à visage découvert, ce qui lui confère une grande cohérence idéologique, sur laquelle il a commencé à construire une alliance politique, en rassemblant des européistes des deux bords. Le mois dernier, l’excellent Basile de Koch écrivait ceci dans Causeur: «Non seulement il n’y a qu’une politique possible, mais personne n’a jamais réussi à l’appliquer.» Aujourd’hui, le président a toutes les cartes en main (ou il les aura sans doute à l’issue des législatives) pour mettre en œuvre sa politique. La contrepartie, c’est que, si elle échoue, on ne pourra plus nous dire qu’il faut encore plus d’Europe, plus de libre-échange et plus de multiculturalisme.

Au-delà de la synthèse libérale-libertaire réalisé depuis longtemps par des rebelles devenus publicitaires, comment définiriez-vous le progressisme de Macron?

En partie comme une façon de feindre d’organiser les mystères qui nous dépassent, c’est-à-dire d’adhérer au changement qui survient et que l’on tient pour inéluctable. Le progressisme façon Macron, c’est une nouvelle ruse de l’Histoire pour nous faire croire à sa fin dans les heureuses épousailles de la démocratie et du marché. Faites couler l’argent, le reste suivra. Dans les faits, cela risque de ressembler à une liquidation de tout ce qui est un peu trop national sur les bords. Or, contrairement à ce qu’il a dit, qu’y a-t-il de plus national, dans le sens de «situé», «ancré», «hérité», que la culture? Certains de mes confrères s’émerveillent de ce que le Président fasse de nombreuses références à nos grands héros. Ce name-dropping historique ne me convainc guère après qu’il a choisi la culture en France contre la culture française, c’est-à-dire la géographie et le droit contre l’histoire, ce qui est ici et maintenant contre ce qui a été. Mais en plus de cela, on peut craindre que ce progressisme soit la poursuite du déni par d’autres moyens.

Que voulez-vous dire? Que cacherait ce déni?

Il cache, en l’ignorant, la crise grave de l’intégration qui se traduit par la sécession mentale d’une partie de notre jeunesse, il cache l’avancée d’un islam radical et séparatiste qui prétend, là où il est en position de force, imposer sa loi aux corps et aux âmes de nos concitoyens de naissance ou de foi musulmane. Or, non seulement le nouveau président n’a, à aucun moment, semblé prendre la mesure de la gravité de la situation, mais il est allé câliner les enfants d’immigrés dans le sens du poil victimaire en allant, à Alger, expliquer que la colonisation tout entière était un crime contre l’Humanité – merci pour les pères blancs, les instituteurs et la mère d’Albert Camus. Benjamin Stora a expliqué dans Libération que la jeunesse des quartiers avait apprécié l’attention. Ce n’est pas tout. Quand Emmanuel Macron se rend à Sarcelles, il joue au foot, fait des selfies et nous sert un discours gentillet sur la richesse de nos banlieues, mais il se garde de toute allusion aux sujets qui fâchent – fondamentalisme, sexisme, antisémitisme…. Et contre le FN, il sort l’artillerie lourde de l’antinazisme et des heures les plus sombres. Seulement, les antisémites qui pourrissent la vie des juifs ne se trouvent pas au Front national, mais à Sarcelles (ce qui ne signifie nullement que tous les habitants de Sarcelles soient antisémites). Pour avoir parlé sans détours de cette montée, dans les quartiers, de la haine antijuive, Manuel Valls avait pratiquement été traité de raciste par une certaine Marlène Schiappa, la nouvelle ministre de l’égalité des sexes. Alors, ne menons pas de procès d’intention. Peut-être Emmanuel Macron va-t-il découvrir les territoires perdus et lancer le combat culturel qui présidera à leur reconquête. Ce vendredi, le Parisien évoquait le quartier de La Chapelle-Pajol à Paris, où les femmes sont empêchées de circuler sur la voie publique. Quand le choc des civilisations s’invite dans la capitale, on voudrait savoir ce que le chef de l’Etat compte faire pour y faire respecter la loi républicaine.

En attendant, il a gagné. Votre diagnostic sur la société française n’était-il pas complètement à côté de la plaque?

Voulez-vous dire, comme Zemmour l’a lancé à Finkielkraut l’autre soir, que nous sommes devenus désuets, ringards, et que la France, revigorée par un grand bol d’optimisme macronien, n’a que faire des attachements dont nous nous encombrons? Ringard vous-même! On verra si Macron est un antidote à la dépression identitaire. En attendant, permettez-moi de vous rappeler que, outre le karma que lui prêtent les journalistes, Emmanuel Macron a reçu le concours de forces plus terrestres: sans les affaires Fillon et sans le ravissement que sa candidature a suscitée dans nombre de grands médias, vous seriez peut-être en train de louer ma clairvoyance. Par ailleurs, une coalition disparate de refus ne fait pas un projet commun. Le président ne bénéficie peut-être pas de l’adhésion d’une majorité de Français, mais il représente assurément la minorité la plus importante. De plus, si la droite n’est pas aux manettes aujourd’hui, c’est parce que, au moment où le monde devait être repensé et de nouveaux clivages explorés, elle a renoncé à tout travail sur les idées, surfant d’une ligne à l’autre le nez sur les sondages sans jamais se demander s’il n’y avait pas une petite contradiction entre les causes qu’elle chérissait et les conséquences qu’elle abhorrait ou, pour le dire autrement, entre son moi libéral et son surmoi conservateur. Résultat, face au progressisme macronien, il n’existe pas aujourd’hui d’alternative (raisonnablement) conservatrice qui définirait par exemple un protectionnisme tempéré et l’usage raisonnable de frontières dont on ne voit pas pourquoi elles devraient être ouvertes ou fermées. Et l’alternative populiste, qu’elle soit de droite ou de gauche, a échoué à séduire suffisamment d’électeurs.

Les questions identitaires ont été très peu abordées durant cette campagne. Est-ce seulement la faute des journalistes ou intéressent-elles finalement moins les Français que les questions économiques et sociales?

Il est difficile de répondre à cette question de poule et d’œuf mais le résultat est là. J’ai été atterrée par la focalisation de la campagne, en particulier des débats télévisés, sur les questions économiques ou plutôt micro-économiques, comme si on votait en fonction de ses seuls intérêts matériels: combien d’impôts, quelle retraite, quelles charges? Il est normal de se soucier de son niveau de vie et de celui de sa famille, mais la contribution de nos générations à l’histoire humaine sera-t-elle d’avoir inventé un homme qui se nourrisse exclusivement de pain? Que l’économie, c’est-à-dire l’organisation de la production, des échanges et de la redistribution, qui modèle l’ensemble de la société, soit au cœur de l’action publique, c’est légitime. Qu’elle en soit l’unique finalité, le seul critère, est un brin déprimant car cela entretient le feu croisé des ressentiments, chacun étant sans cesse invité à compter ce qu’il n’a pas, donc à recenser ce que son pays devrait faire pour lui. François Hollande a installé comme une évidence l’idée que sa réussite se mesurerait exclusivement à l’inversion de la courbe du chômage. Si, pour vaincre le chômage, la France devait devenir une petite province du marché mondial, parlerait-on de réussite? Pardon de sortir les grands mots, mais l’avenir de notre civilisation ne pourrait-il pas être l’un des horizons de la politique? L’élection présidentielle n’est pas l’entretien d’embauche d’un chef de service.

Emmanuel Macron a plutôt réussi ses premiers pas. Le soir de sa victoire, il a su s’adresser aux perdants de la mondialisation qui n’avaient pas voté pour lui. Lors de la passation de pouvoir, il a également fait preuve d’une verticalité qu’on ne lui connaissait pas. Pourriez-vous être séduite? Et si vous vous étiez trompée sur son compte …

Je serais enchantée d’être déçue en bien, comme on dit en Suisse. Et je ne l’exclus pas. Il faut peut-être rappeler que l’opposition n’a nullement besoin de détestation. Durant l’entre-deux tours, on a assisté à un déferlement de haines concurrentes: des «fachos» – ça c’est un devoir citoyen -, des ni-nistes, traqués comme traîtres à la sainte cause. Emmanuel Macron en a eu plus que sa part, que l’on songe à la tribune dans laquelle François Ruffin, auteur de Merci Patron et héros de la France insoumise, répète avec délectation: «Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï». Et pourquoi tant de haine? Parce que le chef de l’Etat a été banquier, un crime intolérable, et qu’il est «riche» – ce qui est assez relatif et parfaitement autorisé. Au-delà même de son projet, on peut trouver son côté premier de la classe – ou gendre idéal – agaçant et ses tics de langage insupportables. La haine, je n’achète pas.

Mais vous me demandez si je pourrais être séduite. On verra: on ne m’a pas si facilement, avec quelques jolies phrases! Je ne me lasse pas du spectacle de tous ces routiers du pouvoir s’extasiant et s’attendrissant sur la jeunesse et sur les innombrables qualités du jeune prince. Certes, cette jeunesse lui permet d’apprendre vite. De fait, il n’a pas répété au soir du 7 mai les erreurs qu’il avait commises le 23 avril. Et comme la verticalité est largement affaire de rituels, je vous accorde qu’il se verticalise, même si, comme l’observe Régis Debray, en même temps, il s’américanise. Cependant, nous n’allons pas passer le quinquennat à commenter les symboles du Président d’autant plus que, sur ce terrain là, le syndrome «en même temps» joue à plein, il suffit de gratifier chaque groupe de sa petite dose. Allez, je vous fais un aveu. Après François Hollande qui gouvernait sous la surveillance du Monde, que Macron tienne la dragée haute aux journalistes m’amuse beaucoup. Les sociétés de rédacteurs s’étranglent de rage parce que l’Elysée prétend, semble-t-il, choisir des interlocuteurs compétents, ce qui est assez outrecuidant, et, plus généralement, ne manifeste pas à l’égard de la profession la déférence à laquelle elle est habituée. Je trouve cette ingratitude très présidentielle. Et pour le coup passablement verticale.

Marine Le Pen s’est montrée brouillonne, agressive, grossière lors du débat. Ne vous étiez vous pas trompée également sur son compte? Comment expliquez-vous un tel naufrage?

La démocratie, c’est l’espace de l’engueulade civilisée. Ce soir-là, Emmanuel Macron avait l’air de quelqu’un avec qui on peut s’engueuler. Pas elle. Elle aurait dû être la porte-parole de l’inquiétude française ; en manquant à la courtoisie la plus élémentaire, elle l’a attisée. Pour autant, je n’ai aucune envie de participer à la curée avec tous mes confrères qui répètent avec gourmandise qu’elle a montré son vrai visage. Elle a lamentablement raté ce rendez-vous crucial et comme l’a noté Finkielkraut, ce n’est pas en faisant du Pétain, mais du Trump. J’ignore quelle sera la suite de sa carrière. Mais je me garderais d’affirmer que le visage pénible qu’elle a montré ce soir-là était le vrai.

Macron se dit, «Et de droite et de gauche» et refuse ainsi de confondre la gauche avec le camp du bien. Une absence de manichéisme qui devrait vous plaire …

Ah oui, quel grand Président! Blague à part, je sais gré à Emmanuel Macron d’avoir brisé le sortilège sémantique qui obligeait la plupart de ses anciens amis à attester régulièrement la ferveur de leur foi «de gauche». Quand Manuel Valls, cédant à l’intimidation, a longtemps donné des gages de la sienne, Macron, en avance sur ses camarades, se fichait de l’Église et de son clergé. Le plus triste est que la gauche laïque ait disparu dans la bataille: si République en marche ne présente pas de candidat face à Manuel Valls, ce n’est pas grâce à sa singularité laïque, mais malgré elle. Et que Malek Boutih n’ait pas bénéficié du même traitement est de fort mauvais augure. Reste que le mot magique qui a fait la pluie et le beau temps dans la vie intellectuelle – et empêché pas mal de monde de penser -, autrement dit, le mot «gauche», est en passe d’être sérieusement démonétisé. Il ne mordra plus personne. Tant mieux.

Le macronisme a également le mérite de clarifier le débat politique et de révéler les vrais clivages au-delà des petites guerres partisanes…

En effet, la recomposition qui commence est une clarification et je m’en félicite. Après avoir clamé pendant des années que la droite de la gauche et la gauche de la droite partageaient l’essentiel, et menaient, peu ou prou, la même politique dont tous assuraient que c’était la seule possible tout en jurant qu’elle tranchait radicalement avec celle de leurs adversaires, je ne vois pas comment on peut hurler à la trahison au prétexte que Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire et pourquoi pas demain NKM ou Juppé travaillent ensemble sous la houlette d’Emmanuel Macron. Reste à savoir ce qui se passera dans le reste du champ politique.

L’élection est également un défi pour Causeur et les idées que la revue défend. Sa victoire vous invite-t-elle à vous réinventer? La dérision et la contestation doivent-elles davantage laisser la place à la persuasion et la proposition?

D’abord nous ne pratiquons pas la dérision mais l’ironie et la critique. Nous ne sommes ni cyniques, ni méchants. Ensuite, cette élection et la situation qu’elle crée sont au contraire un puissant excitant pour qui aime réfléchir à la chose publique et au mouvement des idées. La seule question du libéralisme pourrait nous occuper tout le quinquennat. Et puis nous comptons bien jouer un rôle de vigie sur le front de la laïcité, de la République, des territoires perdus. Bref, Emmanuel Macron est un adversaire que j’aime déjà combattre. D’ailleurs, grâce à lui nous avons connu les disputes les plus animées de toute l’histoire de Causeur. C’est un bon début, non?

Voir encore:

Macron a incarné le «dégagisme soft»

Entretien avec le sondeur Jérôme Fourquet

Daoud Boughezala
Causeur

19 mai 2017

Le président élu a su faire fructifier l’aspiration au renouvellement et l’espoir d’un retour à une certaine unité nationale. Mais il aurait tort d’oublier les inquiétudes identitaires des Français.

Propos recueillis par Daoud Boughezala

Causeur. Depuis plusieurs années, vous observez la droitisation de la société française. Or les scores cumulés de Marine Le Pen, François Fillon et Nicolas Dupont-Aignan atteignent à peine 45 % au premier tour…

Jérôme Fourquet.1Si par droitisation on désigne une demande d’autorité croissante, le phénomène d’opinion que j’ai décrit se poursuit. Plus de 60 % de Français pensent qu’il y a trop d’immigrés, 70 % se disent favorables à l’internement préventif des fichés S, et une majorité voudrait renforcer l’état d’urgence. Alors que les Américains hésitent sur la question des exécutions extrajudiciaires de leurs concitoyens djihadistes sur les terres de l’État islamique, 80 % des Français plébiscitent cette méthode expéditive. Malgré tout, la société française s’est montrée très résiliente après la salve d’attentats qu’elle a traversée en 2015-2016.

Qu’entendez-vous par là ?

Aucune ratonnade ne s’est produite en représailles, pas même à Nice ou Magnanville, deux territoires marqués par une très forte ségrégation ethnoculturelle avec un vote FN qui peut varier du simple au triple d’un quartier à l’autre, à quelques centaines de mètres d’écart. Le contrepoids de cette bonne tenue du corps social français peut s’exprimer ainsi : « On ne se fait pas justice nous-mêmes, mais, comme le dit Max Weber, l’État a le monopole de la violence légitime, il faut donc que l’État soit intraitable et que sa main ne tremble pas. » C’est sans doute le message qu’avait compris Hollande au lendemain du 13 novembre 2015, quand il a proposé la déchéance de nationalité. Même Macron, très silencieux sur la question identitaire, a pris Le Drian dans ses bagages pour rassurer sur le plan sécuritaire.

Malgré cette forte demande d’autorité, Marine Le Pen a réalisé une performance en demi-teinte. Faut-il l’imputer à sa stratégie gauchisante ?

Marine Le Pen a pâti des affaires judiciaires qui ont freiné sa dynamique et l’ont placée sur la défensive, mais aussi de ses hésitations sur la ligne idéologique. Son tropisme personnel lui fait manifestement approuver la ligne Philippot à travers l’accent mis sur le social et l’euro. Or l’essentiel des marges de progression du FN se trouve sur la droite. Le climat général a aussi pesé dans la balance. Alors qu’au moment des régionales de 2015 la question du terrorisme était première, loin devant les préoccupations économiques et sociales, à la présidentielle le chômage a légèrement pris le pas sur l’enjeu sécuritaire. Cela a notamment profité à Jean-Luc Mélenchon. Autre élément indépendant de la volonté de Marine Le Pen, l’offre électorale qu’elle avait en face d’elle. En l’occurrence, François Fillon qui a donné toute une série de gages sur le terrorisme, l’islam et l’immigration, avec son insistance sur les chrétiens d’Orient, qui signifiait en sous-texte le refus de la dhimmitude dans notre propre pays.

Passons au tracé de la carte électorale. Pour être élu, notre nouveau président n’a pas séduit que des traders…

Quels que soient les couches sociales et les territoires, Emmanuel Macron a bénéficié d’un matelas minimum d’à peu près 15 % partout, avec des pointes beaucoup plus élevées dans les segments acquis. Cela tient au fait que ce vote s’est appuyé sur des ressorts très présents et assez consensuels dans la société française. On a ainsi un candidat qui se positionne comme l’incarnation du renouvellement. Dans un esprit de « dégagisme soft », il s’agissait avant tout de virer toutes les vieilles badernes. Deuxième élément, les enquêtes d’opinion montrent depuis longtemps qu’il y a une très forte aspiration à ce que tous les humanistes de bonne volonté se donnent la main et forment une grande coalition à l’allemande pour sortir le pays de l’ornière. Grâce au ralliement de socialistes, de centristes, de libéraux, Macron a alors incarné ce que Bayrou n’avait pas réussi à faire par le passé. Troisième élément: il a été le seul candidat à brandir le drapeau européen. Ce n’est pas quelque chose qui est très à la mode aujourd’hui, mais il reste une frange conséquente de la population attachée à l’idéal européen.

Y compris au sein de la France périphérique, que Christophe Guilluy estime très hostile à l’ UE ?

Certainement. Même à Vierzon, certes dans des proportions moindres qu’à Paris, on rencontre des profs qui ont fait Erasmus et trouvent ça génial. Là où je me distingue un peu de Christophe Guilluy, dont la grille d’analyste reste cependant pleinement opérante, c’est que les chiffres que je recueille ne s’inscrivent pas totalement dans une logique de système. Quand on regarde en détail les résultats électoraux, on a rarement du 90 %-10 % mais plutôt du 60 %-40 % ou 70 %-30 %. Même dans la France périphérique, il y a toujours un « résidu » au sens statistique du terme. 50 % des Français pensent que l’avenir du pays est sombre quand 50 % sont optimistes. Or on retrouve des optimistes partout même s’ils sont nettement moins nombreux dans la France périphérique qu’au cœur de Paris. Au sein de l’électorat de Marine Le Pen, la part des pessimistes monte à 70 %, l’exact inverse des macroniens, à 70 % optimistes. Les cartes des votes Macron et Le Pen au premier tour sont le négatif l’une de l’autre au sens photographique du terme, et cela s’est accentué au second tour. On retrouve là le théorème autrichien.

C’est-à-dire ?

La présidentielle autrichienne ressemblait furieusement à la nôtre, avec un candidat d’extrême droite (qui a obtenu au premier et au second tour un score beaucoup plus élevé que Marine Le Pen) face à un candidat hors parti – soutenu par les écologistes mais qui débarquait de nulle part –, et les deux grands partis de gouvernement éliminés. On a également observé un clivage sociologique très marqué. Les catégories populaires ont massivement soutenu l’extrême droite, les cadres et les bobos votant pour le candidat écolo, et ce phénomène s’est amplifié au second tour. Les deux électorats éliminés (chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) se sont fracturés sociologiquement et culturellement, si bien que les reports sur les deux finalistes se sont opérés sur cette ligne de partage des eaux. Chez nous, Marine Le Pen a rassemblé 40 % des ouvriers au premier tour et 60 % au second…

Les législatives arrivent. En marche ! et le président Macron auront-ils une majorité ?

À mon avis, il n’y aura pas de majorité claire. Emmanuel Macron n’a pas vraiment été élu sur son programme, et le front républicain a beaucoup joué dans sa large victoire. L’inconnue est d’autant plus grande que pour la première fois la loi sur le non-cumul va s’appliquer aux députés, libérant une grande partie des sièges du palais Bourbon. Dans ces conditions, combien y aura-t-il de triangulaires ? Cela pourrait donner un résultat très éclaté avec 150 à 200 députés En Marche !, flanqués de 20 bayrouistes, 20 vallsistes, 20 juppéistes entrant dans une majorité présidentielle face à une droite campant dans l’opposition, le FN à 20 ou 30 sièges, un PS très affaibli et La France insoumise en guerre contre le Parti communiste. Bref, retour vers la IVe République !…

Voir également:

Et maintenant, John Fitzgerald Macron veut évincer les journalistes politiques

L’idée n’est pas absurde, mais ce n’est pas au pouvoir d’en décider.

Daniel Schneidermann
Le Nouvel Obs
19 mai 2017

Pour une ère nouvelle, c’est une ère nouvelle. Vous vous souvenez des photos du gouvernement, sur le large perron de l’Elysée ? Fini. C’était l’ancien monde. La vieille pensée. Le Système. Le gouvernement Kennedy Macron s’est donc fait tirer     le portrait dans une sorte d’entonnoir.

On a cherché ce qu’on pouvait trouver de plus étroit : un escalier (le couloir des toilettes n’était pas libre ?). Résultat, cet attroupement de mâles (il faut être sacrément fort, soit dit en passant, pour donner cette impression de pack de rugby, quand on photographie un groupe humain strictement paritaire). A propos, vous voyez la personne, au fond, dont on distingue à peine la moitié du visage ?

C’est la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

Evincer les journalistes politique

Son portrait tiré, le gouvernement ayant manifestement du temps libre, et sans doute pas assez de sujets sérieux à traiter, il s’est mis en tête de réformer le travail de la presse accréditée.

En substance, comme vous l’avez lu ici hier, de décider à la place des rédactions quels journalistes seraient autorisés à suivre John Fitzgerald Macron dans ses déplacements triomphaux. Objectif avoué : évincer les journalistes politiques au bénéfice des journalistes spécialisés (le rubricard santé dans une visite d’hôpital, le rubricard oenologie dans une exploitation viticole, etc).

Objectif, selon le communicant de l’Elysée Sylvain Fort, interrogé par @si : répondre à des questions « plus techniques, plus pertinentes ». Cet évincement des journalistes politiques est un fantasme ancestral des responsables politiques. Précisons : des politiques une fois parvenus au pouvoir. Autant le journaliste politique est indispensable à l’opposant, ou au challenger, pour « exister » médiatiquement, autant il est alors suralimenté en confidences, en offs, en gossips, en dézingages des rivaux, autant il devient encombrant aux yeux de l’homme de pouvoir, qui n’a plus pour objectif que de faire valoriser son « action », ses projets, ses plans, et ses rataplans.

La presse est assez grande

En elle-même, l’idée n’est pas absurde. Le poids des journalistes politiques, dans les rédactions, au détriment de tous les autres spécialistes, est une des raisons (la principale ?) de la superficialité de cette presse. 99 fois sur cent, les reportages sur un voyage ou un déplacement politiques se réduisent à une petite phrase sur la péripétie politicienne du jour, au détriment de l’usine pilote, du quartier réhabilité, de la ferme modèle, du service hospitalier innovant, sur lesquels on voulait attirer l’attention, et qui se réduisent à une sorte de vague décor estompé.

C’est totalement idiot, abêtissant pour les citoyens, et on comprend que ce soit rageant pour le pouvoir. Mais ce n’est évidemment pas au pouvoir d’en décider. Ce n’est pas au pouvoir de choisir le type de traitement médiatique dont il souhaite bénéficier.

Dans la nouvelle ère comme dans l’ancienne, la presse est bien assez grande pour se sauver, ou pour couler, toute seule.

Voir encore:

Non, cher Manuel Valls, les quartiers populaires ne sont pas antisémites
Huffington Post

22/07/2014
Marlène Schiappa Secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité femmes-hommes

Monsieur le Premier Ministre,

Vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ». Comme vous, j’ai grandi dans des quartiers que l’on qualifie pudiquement de « sensibles » et qui ont l’honneur de passer régulièrement dans des émissions du style: « Dans l’enfer des cités parisiennes où la police ne va plus ». Mon collège se trouvait en ZEP, et j’ai vécu à Lupino, un quartier chaud de Bastia, présenté comme « périphérique, difficile ». Façon polie de dire qu’il est ravitaillé par les corbeaux et que les enfants jouent dans les carcasses de voitures le soir en bas des barres d’immeubles.

Dans Le Livre de la Jungle, Kipling écrit « on peut sortir l’enfant du cœur de la jungle, mais on ne peut pas sortir la jungle du cœur de l’enfant. » Aujourd’hui, on peut sortir l’enfant du cœur du « quartier populaire », mais on ne peut pas sortir le « quartier populaire » du cœur de l’enfant. C’est pourquoi, même après être passée par un lycée du 16e arrondissement de Paris et même après avoir pris l’ ascenseur social jusqu’aux banlieues dorées des Hauts-de-Seine, j’ai toujours continué à travailler avec, pour et dans les « quartiers populaires ». Et quinconque a grandi dans une banlieue, dans une cité, ne peut s’empêcher de répondre quand son quartier est interpellé.

Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires.

L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athés vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. Voltaire parlait au XVIIIe siècle des Juifs comme du « peuple le plus abominable de la terre » et, si les Voltairiens évoquent l’ironie, il n’en reste pas moins que les écrits témoignent d’une haine des Juifs en France à son époque. En 1886, Edouard Drumont, alors directeur du journal Le Monde, publie « La France Juive », vendu à plus de 150.000 exemplaires et considéré comme une des bases de l’antisémitisme français. Il affirme par exemple que « La Révolution [française] a profité au Juif. Tout vient du Juif, tout revient au Juif. »

Dreyfus au XIXème siècle, condamné par qui? Par les habitants des quartiers populaires? Sont-ce les quartiers populaires qui gouvernaient sous Vichy? Qui ont édicté, de leur propre chef, des lois comme: Exclure les Juifs de la fonction publique, confisquer leurs biens, les dénaturaliser, les acheminer vers les camps… Non, monsieur le Premier Ministre, ces actes horribles que vous avez vous-même dénoncés hier ne sont pas le fait des habitants des quartiers populaires. Et ne sont pas plus tolérables quand ils viennent des beaux quartiers.

Les quartiers dits populaires sont les plus métissés de France. Dans le quartier des Sablons, au Mans, 27 nationalités vivent ensemble. Les habitants des quartiers populaires n’ont pas créé le communautarisme, ils en sont les victimes. Et quand enfin ils et elles pensent avoir un peu de répit, enfin, une trêve pour eux aussi, une pause dans les insoutenables rejets, refus, stigmatisations; non pas de logement pour vous, non pas de travail non plus, et pas d’entrée en soirées; quand enfin, les habitants des quartiers populaires s’imaginent avoir droit au respect et à une vie sereine, une loi interdit aux mères de famille voilées d’accompagner les sorties scolaires au nom de la laïcité dévoyée!

L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.

D’après l’Observatoire des Inégalités, le chômage est 2,5 fois plus élevé dans les quartiers populaires que partout ailleurs sur le territoire, atteignant 24% de la population. Les habitants des quartiers populaires subissent la discrimination à l’embauche concernant leur adresse, en plus parfois de leur origine ou de leur genre, voire de leur religion réelle ou supposée: « Français ou immigré, je ne recrute personne qui vienne de quartiers chauds, on va pas se mentir ce sont des fouteurs de merde et leurs RER sont toujours en retard » avait ainsi déclaré le DRH d’une grosse PME en marge d’une conférence sur l’emploi, l’an dernier.

Pour ces raisons ou parce que l’accès à une formation qualifiante y est plus difficile qu’ailleurs, chez les moins de 24 ans, dans les quartiers populaires, le chômage atteint même 45% de la classe d’âge! Le taux de pauvreté y atteint 40% d’après une étude du Centre d’observation et de mesure des politiques sociales pour la Gazette des communes. Et que dire de l’image renvoyée par certains grands médias? Acrimed note ainsi « En dépit de leur diversité, la plupart des médias diffusent une représentation tellement partielle et partiale des quartiers et des classes populaires que celle-ci renforce, en les justifiant ou en les banalisant, les formes d’injustice ou de discrimination dont elles sont par ailleurs l’objet. »

Oui, monsieur le Premier Ministre, les habitants des quartiers populaires vivent dans des conditions matérielles, financières, humaines, extrêmement difficiles; de Roubaix aux quartiers Nord de Marseille. Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine: « Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien. » A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président.

On ne lutte pas contre l’intolérable stigmatisation des Juifs de France en stigmatisant tout aussi intolérablement les habitants des quartiers populaires. Les Roms, les Musulmans, les habitants des quartiers populaires ne doivent pas, pas plus que les Juifs, être désignés comme les ennemis publics de la République. Il devient urgent de nous souvenir de notre dénominateur commun, de ce qui nous fait vivre ensemble dans une République une et indivisible.

Non, monsieur le Premier Ministre, on ne répare pas une discrimination par une autre discrimination.

Voir de même:

Barbara Lefebvre : « L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France »

Co-auteure de « Une France soumise. Les voix du refus*», un recueil de témoignages et d’expertises sur l’offensive de l’islam radical, cette professeure d’histoire-géographie examine la sécession culturelle à l’œuvre sur le territoire.

Actualité Juive : En quinze ans, ce qui était alors des « territoires perdus » de la République se sont étendus plus largement dans le pays. Quelles ont été les dates charnières de ce pourrissement social et idéologique ?

Barbara Lefebvre : Depuis la parution des «Territoires perdus de la République», en 2002, la situation n’a fait que s’aggraver. Les émeutes de 2005 et 2007, le débat houleux sur l’identité nationale et la diversité au début du mandat de Nicolas Sarkozy, autant d’étapes témoignant d’une fébrilité sur les questions d’identité et de laïcité. Celles-ci sont restées en suspens depuis et n’ont jamais été réellement traitées par les gouvernements en place. Quand on se penche sur les polémiques plus récentes autour du port de la burqa ou du burkini, on mesure que les prémices mais aussi les mécanismes de ces « affaires » étaient déjà annoncés dans notre livre.

A.J.: « Une France soumise » décrit par le menu la stratégie de grignotement des islamistes pour accroître leur domination dans les esprits mais aussi sur des pans entiers de territoire. « Une seconde société tente de s’imposer insidieusement au sein de notre République, tournant le dos à celle-ci, visant explicitement le séparatisme, voire la sécession », s’alarme la philosophe Elisabeth Badinter, dans la préface au livre. Comment les « voix du refus » auxquelles vous avez tendu l’oreille résistent-elles à cette offensive ?

B. L. : Il existe un climat de peur au sein de populations qui subissent ces pressions au quotidien, dans une grande solitude. Elles ont été abandonnées par les pouvoirs publics, notamment sur l’autel du clientélisme électoral. S’il concerne tous les partis, ce phénomène touche particulièrement les municipalités d’extrême gauche qui ont enfermé les membres de la communauté musulmane dans leur identité religieuse et les ont confiés à des associations communautaires dont certaines sont de type salafiste.

Lors des émeutes de 2005, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, s’est attaché les services d’associations liées à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui tapissaient les quartiers, la gratifiant ainsi d’une légitimité qu’elle n’avait pas : celle de représenter les musulmans de France. Nous en payons le prix aujourd’hui.

Des mouvements laïcs se sont retrouvés entre deux feux, entre ceux qui essaient de faire advenir un projet politique religieux de manière habile et le chantage des pouvoirs publics qui invoquent la peur des émeutes.

A.J.: La fameuse injonction « pas de vague »…

B. L. : Nombre de fonctionnaires de police, de l’éducation nationale et des collectivités territoriales ont en effet peur d’être mal vus par leur hiérarchie. On leur demande d’acheter la paix sociale, d’éviter les violences.

Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol

A.J.: Ces quinze dernières années ont également vu progresser en France ce que vous qualifiez d’ « antisémitisme décomplexé ». De quelle manière cette judéophobie s’articule-t-elle au phénomène plus global de désagrégation que vous dénoncez ?

B. L. : L’antisémitisme est toujours le signal d’une démocratie en train de se perdre. Idem pour l’atteinte à la liberté des femmes. L’assassinat d’Ilan Halimi, en 2006, a marqué le basculement dans le passage à l’acte extrêmement violent de cet antisémitisme débridé que nous constations auprès d’une certaine population dans les quartiers dits sensibles.

L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France. On parle des Juifs de manière décomplexée et agressive. Dans ces quartiers sensibles, l’activisme virulent du mouvement BDS conforte un grand nombre de jeunes ignares d’un point de vue historique et géopolitique dans leur antisémitisme et leur antisionisme qui n’en est que le faux nez. La parole des pouvoirs publics sur le devoir de mémoire est aujourd’hui inopérante face aux déversements de haine sur les réseaux sociaux, non pas de néo-nazis, mais de jeunes animés par une puissante haine antijuive, haine dont ils sont aussi les héritiers, le travail d’histoire dans le monde arabe sur ce que fut la condition juive avant la colonisation n’existe pas. Ces sociétés sont maintenues dans le culte victimaire et ici, en France, les Indigènes de la République en sont l’illustration. Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol.

Voir enfin:

Si Le Pen avait été élue… le plan secret pour « protéger la République »

Les pouvoirs publics, qui redoutaient, en cas de victoire du Front national, des manifestations violentes, avaient imaginé un scénario politique totalement inédit. Révélations.

Mathieu Delahousse
Nouvel Obs
17 mai 2017

Le plan n’a jamais été écrit noir sur blanc, mais tout était fin prêt. Son déroulé était si précisément envisagé qu’une poignée de membres du gouvernement, de directeurs de cabinet et de très hauts responsables de l’Etat peuvent encore le décrire de tête, étape par étape. Ce plan, qui pourrait s’intituler « Protéger la République », a été construit de façon informelle alors que la candidate du Front national grimpait dans les sondages et que des remontées d’informations faisaient craindre des troubles majeurs à l’ordre public si elle était élue. Un des hommes mis au courant de ce projet commente anonymement :

« C’était une fusée à plusieurs étages. La philosophie, et la priorité impérative, c’était de maintenir la paix civile en respectant totalement nos règles constitutionnelles. »

Pour en donner les détails, « l’Obs » a recoupé les éléments auprès de trois sources, au sein du gouvernement sortant et d’institutions de l’Etat.

Le pays au bord du chaos

Les stratèges qui ont conçu ce plan B anticipent qu’au lendemain de la victoire du Front national le pays risque de se retrouver au bord du chaos. Etat de sidération, manifestations républicaines, mais surtout violences extrêmes, notamment …

Sondage : Macron et Philippe privés d’état de grâce

  • Tristan Quinault Maupoil
  • Le Figaro
  • 18/05/2017

Le couple exécutif n’a pas la confiance de la majorité des Français au lendemain de sa victoire.

Un premier sondage Elabe pour Les Echos et Radio classique (*) indique jeudi que les Français ne sont pas prêts à faire confiance les yeux fermés au nouveau couple exécutif. Le président de la République bénéficie de 45% de cote de confiance. 46% des Français ne lui font pas confiance, 9% sont sans opinion. Au même stade de son mandat, François Hollande obtenait, en 2012, un meilleur taux de confiance (58%). De même pour Nicolas Sarkozy en 2007 (59%) ou encore Jacques Chirac (61% en 1995 et 53% au début de son deuxième mandat en 2002). «On sent un certain attentisme des Français et face à eux, un président de la République et un premier ministre qui vont avant tout devoir faire leurs preuves», commente Yves-Marie Cann, le directeur des études politiques d’Elabe cité par Les Echos.

Sans surprise, c’est chez ses électeurs du premier tour qu’Emmanuel Macron obtient sa meilleure cote de confiance (92%). Viennent ensuite les électeurs de Benoît Hamon (56%) puis les électeurs de François Fillon (49%). «La double déception, suite à la fois au quinquennat de Nicolas Sarkozy à droite et celui de François Hollande à gauche, fait que les Français ne se contentent plus des promesses et ne s’attendent pas à ce que la situation s’améliore sous le seul effet de l’élection», juge Yves-Marie Cann.

Le score d’Edouard Philippe n’est pas plus positif, loin de là. Le premier ministre obtient seulement 36% de confiance. A noter que 21% des personnes interrogées se disent «sans opinion» à son egard, preuve que le maire du Havre pâtit d’un manque de notoriété. Lorsque Jean-Marc Ayrault est arrivé à Matignon, il bénéficiait d’une cote de 56%.

Issu des rangs de la droite, Edouard Philippe ne parvient pas à obtenir la confiance de tous les électeurs de François Fillon. 45% lui font confiance, quand 40% ne la lui accordent pas. C’est chez les électeurs d’Emmanuel Macron qu’il obtient le meilleur score (73%).

Législatives: la majorité présidentielle en hausse

Si les taux de confiance du couple exécutif ne sont pas très élevés, cela n’empêche pas les électeurs d’envisager de voter pour la majorité présidentielle aux élections législatives de juin. 32% envisagent de le faire selon une enquête Harris Interactive pour France télévisions, publiée jeudi (**). C’est trois points de plus que lors de la précédente enquête du 11 mai et six points de plus que dans l’enquête du 7 mai. Surtout, c’est huit points de plus que le score d’Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle.

À l’inverse, les Républicains et l’UDI sont crédités de 19% des voix (-3 points par rapport au 7 mai). Un score et une tendance identiques pour le Front national. La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon progresse (15%; +2 points) et le Parti socialiste continue sa descente infernale, crédité de 6% des voix (-2points).

(*) Sondage réalisé les 16 et 17 mai auprès d’un échantillon de 999 personnes, par Internet, selon la méthode des quotas.

(**) Enquête réalisée en ligne du 15 au 17 mai 2017 (après la nomination d’Édouard Philippe comme premier ministre, et avant la présentation du nouveau gouvernement), auprès d’un échantillon 5 015 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus comprenant un échantillon de 4 598 inscrits sur les listes électorales.


Immigration: Attention, une xénophobie peut en cacher une autre (It’s not just a Western thing, stupid !)

29 mars, 2017
Police fired tear gas, water cannon and rubber bullets to disperse marches by hundreds of protesters in Tshwane on Friday, after mobs looted stores believed to belong to immigrants. (Reuters)

Un policier disperse une manifestation contre l’immigration clandestine à Pretoria, le 24 février 2017, en Afrique du Sud.

https://jcdurbant.files.wordpress.com/2014/05/image.jpeg?w=1200&h=
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
En présence de la diversité, nous nous replions sur nous-mêmes. Nous agissons comme des tortues. L’effet de la diversité est pire que ce qui avait été imaginé. Et ce n’est pas seulement que nous ne faisons plus confiance à ceux qui ne sont pas comme nous. Dans les communautés diverses, nous ne faisons plus confiance à ceux qui nous ressemblent. Robert Putnam
Un ancien conseiller d’Hillary Clinton était à Paris la semaine dernière, John Podesta. Il racontait que la plupart, une grande partie, des électeurs américains se sont décidés dans la dernière semaine de campagne. Ce qui peut aussi se produire en France parce que (…) il y a beaucoup de gens qui sont indécis. Et sur la majeure partie de ces gens qui se sont décidés la dernière semaine, une grande partie d’entre eux ont voté pour Donald Trump. Que vont faire aujourd’hui les Français dont on dit aujourd’hui qu’ils vont s’abstenir? L’enquête Ipsos qui avait été publiée dans Le Monde début mars disait qu’il y  avait à peu près (…) 32% d’abstentions. Et sur ces 32%, vous en avez 45% de gens qui s’autopositionnent à droite. C’est énorme ! Si ces gens-là décident, la dernière semaine, après le dernier débat le 20 avril de se dire: ‘Finalement, Fillon, oui, c’est mon candidat.  » Ca change tout. Ca peut faire basculer.  Carl  Meeus (Figaro magazine)
De ce point de vue une récente étude qualitative parue dans le Journal du Dimanche a souligné que pour une majorité de français (52%) Emmanuel Macron ne rassure pas. L’inquiétude qu’il suscite influe fort logiquement sur l’appréhension de son aptitude à habiter la fonction qui ne remporte pas non plus l’adhésion des sondés. Quand bien même le candidat pourrait toujours certes se rassurer en observant que ses concitoyens lui accordent majoritairement une proximité vis-à-vis de leurs préoccupations ainsi qu’une capacité à réformer le pays, sa personnalité interroge. Cette interrogation ouvre aussi une explication à la cristallisation relative, quoiqu’en progrès, des intentions de vote les plus fermes et les plus déterminées en sa faveur. Il existe à vrai dire un mystère Macron, un «je-ne-sais-quoi et presque rien» d’instable, d’inachevé qui entretient comme «l’ombre d’un doute»… Les Français, peuple d’épargnants, peuvent aimer l’aventure mais instruits par leur propre histoire ils la préfèrent très généralement dans la fiction, dans les romans d’Alexandre Dumas ou de Jules Verne , plus rarement quand il s’agit de s’y adonner eux-mêmes. À plusieurs reprises ces derniers jours, le leader d’En Marche! est venu corroborer malgré lui le voile de scepticisme qui enveloppe son comportement, son positionnement et son projet. Alors que des sondages instantanés le consacraient comme le «vainqueur» du premier débat présidentiel , une partie de la presse étrangère estimait que sa prestation l’avait plutôt desservi. Les réseaux, quant à eux, ne manquaient pas de bruisser avec ironie sur ses accords explicites et répétitifs avec François Fillon tout en moquant des agacements trahissant pour nombre de «twittos» une fébrilité et une nervosité peu maîtrisée. Très vite sur le sismographe ultrasensible de la campagne s’évanouissaient les premières appréciations positives postdébats, lesquelles se modéraient au fur et à mesure du retour à la campagne de terrain. Coup sur coup l’échec patent du meeting réunionnais et la gaffe géographique relative à une Guyane soudainement devenue insulaire dans la bouche de l’ancien ministre de François Hollande, alimentaient cette impression de trou d’air que les ralliements de quelques figures socialistes essentiellement, plus rarement à droite (et encore le plus souvent retirées de la politique active pour ces dernières) ne sauraient combler. Par-delà sa personnalité, c’est bien la stratégie de Macron qui interpelle. Trop de com’ finissant par tuer la com’, cette dernière, hypervisible, apparaît crûment pour ce qu’elle est: la seule cohérence d’un homme dont la ligne brisée sur les marches de la droite et de la gauche ne parvient pas à stabiliser un projet, encore moins à offrir un contenu autre que… «communicant». À La Réunion dans une île socialement souffrante, le télé évangélisme souriant et artificiellement participatif a fini par vider les rares travées occupées par un public clairsemé. Images terribles, peu reprises en boucle par les chaînes info mais «viralisées» par les médias sociaux, et qui renvoient implicitement à ce soupçon de vide qui lancinant accompagne la démarche du jeune postulant à l’Elysée. Le lapsus guyanais, quant à lui, au moment où la région s’enflamme relèverait de l’insignifiance s’il ne contribuait à entretenir des réserves sur la dimension «présidentiable» de l’impétrant à l’heure où la digitalisation subvertit toujours plus l’assurance des hommes publics en les exposant en temps réel à leurs contradictions, leurs oublis, leurs imprécisions et parfois leurs lacunes. Au fond ce sont les limites de la com’ qu’éprouve soudainement Emmanuel Macron: confronté à l’extrême visibilité il en subit tous les risques ; s’efforçant de toujours plus contrôler et scénariser ses apparitions, son comportement en est d’autant plus disséqué et scanné, laissant peu de places désormais à l’indulgence et à l’inattention des observateurs ; s’adressant prioritairement aux médias, il en oublie le peuple. À trop vouloir embrasser tous les codes de la com’ du médiatiquement lisse et correct, il en oublie aussi la politique… Ce qu’a contrario le vieil animal des tréteaux électoraux, Jean-Luc Mélenchon réintroduit non sans gourmandise: le peuple et la politique, ces deux grandes figures de la mythologie nationale, égrènent de toute part la narration du héraut de l’insoumission. Les mobilisations physiques réussies de sa manifestation pour une mythique VIe République et son meeting de Rennes viennent aussi rappeler, par contraste avec les démonstrations formatées et un tantinet kitchissimes du jeune favori des sondages et des médias, que la politique se fait aussi avec des gens, des foules, de la sueur et des cris, des colères et des sentiments, tout ce que la com’ aseptisée du jeune Macron tend à tenir à distance, voire à exfiltrer, pour ne pas dire évacuer… Là où le communicant paraît s’essouffler, si ce n’est stagner, le politique regagne du terrain, relance sa campagne, redonne à entendre ce qu’est la rhétorique tribunitienne, incarne une histoire de chair et d’os ; il fait en quelque sorte ce qu’on attend de lui: de la politique! Et tout laisse à penser que cette élection sera politique ou ne sera pas. Arnaud Benedetti
Englué dans des affaires qui le discréditent toujours un peu plus, le candidat de la droite a décidé de se maintenir et à continuer sa campagne. Pour cela, il a choisi une stratégie suicidaire pour son camp politique, celui de la dénonciation d’un complot contre lui. Dès le départ, la droite a cherché à mettre en cause la gauche dans la responsabilité des révélations faites au Canard enchaîné. Une accusation guère crédible, car quand on regarde vers le passé, ce genre de barbouzerie vient toujours du bord de la victime. Les « amis » politiques de la personne atteinte sont à la fois les premiers bénéficiaires de sa chute, mais aussi ceux qui sont les plus à même d’avoir les éléments pour le faire tomber. On regarderait du coté des sarkozystes, on serait sans doute plus proche de la réalité qu’en pointant François Hollande… Autheuil
Il faut dire qu’avec quatre fois plus d’homicides qu’à Marseille et une dégradation des conditions de sécurité, la Guyane se rapproche de ses voisins brésiliens et guyaniens et dépasse le Surinane en termes de taux d’homicides par habitant. Pourtant, ce mouvement, comme celui de 2009, a le mérite de mettre en lumière le profond malaise des sociétés ultramarines lié à l‘échec de 70 années de départementalisation. Le soutien populaire rappelle les différentes révolutions comme celles en Ukraine ou en Géorgie où les peuples réclamaient la considération et une plus grande justice sociale. Et se posent d’abord, le besoin d’un mieux d’Etat dans la question sociale. Les ultramarins ne veulent plus être marginalisés dans la République et ils posent la question de la présence et de l’efficience de l’Etat. Ils revendiquent aussi l’égalité. Les ultramarins se sentent d’abord Français mais la France les considère-t-elle comme des Français faute de véritables plans de rattrapage comme cela a été fait pour la Corse. Sur ce malaise, surfent des groupuscules qui s’interrogent sur l’appartenance à l’ensemble français. «Ne vaudrait-il pas mieux être indépendant? N’irions-nous pas mieux?» C’est une arrière-pensée par laquelle on voudrait montrer la faillite de l’Etat, donc de sa politique d’intégration de la Guyane dans la République. Il est grand temps pour le gouvernement d’assumer ses responsabilités. D’abord à court terme avec des ministres responsables qui répondent à la demande unanime des acteurs guyanais et se rendent sur place pour trouver une sortie honorable avant qu’ils ne soient contraints à le faire avec un prix politique plus lourd en raison d’une situation détériorée par les débordements violents et le risque d’embrasement généralisée en cas de bavures des forces de l’ordre. Il faut ensuite considérer la légitimité des demandes de remise à plat du système car depuis soixante dix ans et la départementalisation, malgré les progrès, on est loin du compte. Les DOM souffrent de chômage, de vie chère et de pauvreté, et d’injustice aussi. La seule comparaison de l’effort total net de la nation pour les outre-mer en 2013, 22,5 Mds d’euros, soit 2,2% des 1000 milliards de dépenses de l’Etat et de la sécurité sociale, pour 4% de la population, démontre le fantasme de l’assistanat. Certains territoires reçoivent d’ailleurs moins de crédits publics que la moyenne nationale par habitant, comme La Réunion qui perçoit 5% de moins et qui a vu ses transferts régresser de 17% en 5 ans. S’agissant des emplois publics, 8,16% de la population, ils sont plus élevés d’un point que la moyenne nationale, mais c’est le cas aussi pour d’autres régions hexagonales comme le Limousin (8,19%). Les outre-mer se situent toujours en queue de peloton des territoires nationaux. La situation économique et sociale demeure précaire: en 2009-2012, le PIB/habitant dans les DOM représentait, en moyenne, 62 % du niveau de l’hexagone, soit 83,2 % de la région métropolitaine la plus pauvre (Picardie) en 2012. Il s’échelonnait dans les quatre DOM «historiques», entre la moitié (Guyane) et les deux tiers (Martinique: 68,5 %) de la moyenne hexagonale et seulement 25,7 % de ce niveau à Mayotte (2011). Le chômage intolérable touche plus d’un actif sur cinq dans chaque département, avec un record à La Réunion (29 %). Les taux de chômage des jeunes (enquête emploi 2013) se situent entre 37,4% à Mayotte, 60,6% à La Réunion et 68,2 % en Martinique, contre 24,6% dans l’hexagone. Les quatre DOM «historiques» concentrent 6,7 % du total des chômeurs inscrits depuis plus d’un an, pour 2,9 % de la population. Le taux de pauvreté est trois et quatre fois plus élevés que dans l’hexagone: il s’établit par exemple à 42 % en 2010 à La Réunion, contre par exemple 24,8 en Seine-Saint-Denis en 2011. Les retards sont considérables en matière de santé (retard de 23 ans à La Réunion en terme de baisse de la mortalité infantile en 2011 ; retard de 27 ans en Martinique ; de 39 ans à Mayotte!). Cette exigence d’égalité réelle, la France la doit à l’Outre-Mer. C’est aussi son intérêt. Il ne saurait y avoir de territoires durablement délaissés. On ne peut plus accepter au XXIème siècle une situation d’inégalité collective qui différencie, discrimine et condamne selon que soit né en outre-mer ou dans l’Hexagone. Patrick Karam
South African musician Steve Hofmeyr has claimed that the number of white South Africans killed by blacks would fill a soccer stadium, that white Afrikaners are being killed “like flies” and that a white farmer is murdered every five days. But the claims are incorrect and grossly exaggerated. In fact, whites are less likely to be murdered than any other race group. (…) A 2004 report published in the SA Crime Quarterly compares homicide rates across all races from 1937 to 2003. Based on this, it is clear that homicide rates for all races increased over this period  (although they fell somewhat from 2003 onward). However, the increase in the white homicide rate began in the late 1970s and has remained markedly less than the increase in murder rates for all other race groups. (…) The “murder gap” between Interpol and SAPS numbers is easier to explain. Altbeker told Africa Check that Interpol combined both murder and attempted murder figures for South Africa, resulting in inflated numbers. This is confirmed by the 1999 Global Report on Crime and Justice published by the United Nations Office for Drug Control and Crime Prevention. Altbeker wrote extensively about the challenges with international crime data collection and comparison in a separate paper. (…) Whites are far less likely to be murdered than their black or coloured counterparts,” Lizette Lancaster, who manages the Institute for Security Studies crime and justice hub, told Africa Check. This is supported by an analysis of a national sample of 1,378 murder dockets conducted by police in 2009.  In 86.9% of the cases, the victims were Africans. Whites accounted for 1.8% of the cases (although whites make up 8.85% of the population). According to Lancaster official police statistics show that between April 1994 and March 2012 a total of 361 015 people were murdered in South Africa. Applying the 1.8% figure, it would mean that roughly 6,498 whites have been murdered since April 1994. Even if there were some variation on the 1.8% figure, the number of white murder victims would still fail to come anywhere close to filling a soccer stadium. The fact is that whites are less likely to be murdered than any other race in South Africa. The current murder rate of white South Africans is also equivalent to, or lower than, murder rates for whites recorded between 1979 and 1991. According to the 2011/12 SAPS annual report, Lancaster said,“only about 16% of murders occurred during the commission of another crime, mainly aggravated robbery. About 65% of murders started off as assaults due to interpersonal arguments and fuelled by alcohol and/or drugs, result[ing] in a murder”. The vast majority of murders are, she said,“social fabric crimes often perpetrated by friends or loved ones”. The 2012 Victims of Crime Survey confirmed this assertion, stating that 16.1% of victims were “murdered by unknown people from outside their residential area” with an additional 10.9% of “murders … committed by known perpetrators outside [the victims’] residential area”, and the balance of homicides committed by community members, spouses and friends or acquaintances. (…) The interpretation of data on “farm attacks” is problematic as it relies on old police data and current, self-reported data collected and submitted by the Transvaal Agricultural Union of South Africa (TAUSA). TAUSA figures for the 22 years between 1990 and 2012 state that 1,544 people were killed in farm attacks, an average of about 70 a year or one every 5.2 days. A report by trade union Solidarity, issued in 2012, found that 88 farmers were murdered in the 2006 to 2007 financial year. (…) According to a 2003 police committee of inquiry into farm attacks, cited by Solidarity, 38.4% of farm attack victims were described as being black, coloured or Asian. TAUSA’s figures suggest that 208 (or 13.5%) of those murdered in farm attacks between 1990 and 2012 were black. Hofmeyr’s statement that a white farmer is murdered every five days is therefore also incorrect. The claim would only be true if he included all farm attack victims of all races. (…) Steve Hofmeyr issued a written response to both this report and an article confirming Africa Check’s findings which was published by the Afrikaans newspaper, Rapport. The numerous claims Hofmeyr made and the “statistics” he presented do not add up. Since it was published, his post has had to be updated several times, removing, among other things, data that he claimed related to South Africa which actually came from another continent (and was also misconstrued). Hofmeyr’s strongest argument boiled down to this: “Far more than facts, it is people’s emotions and experiences that matter … So ‘our people die like flies’ is still applicable, emotionally – and does not need to be supported by facts.” Africa Check understands that perceptions do of course matter. As stated in our report, South Africa has one of the highest crime rates in the world and all murders are to be abhorred. Crime data, like all data everywhere, could and should be improved. This is something Africa Check is campaigning for. However, this is not a reason to dismiss inconvenient facts as Mr Hofmeyr does. Africa check
Je me suis rendu compte qu’il y avait des Camerounais qui ne savaient pas qu’au Cameroun on rapatrie les sans-papiers. Qu’ils sont arrêtés, placés en cellule, frappés quotidiennement, jusqu’à ce qu’ils trouvent un moyen de rentrer chez eux ! Ce fut le cas d’un Béninois qui me racontait son calvaire camerounais. Le visa pour le Ghana est l’un des plus exorbitants en Afrique. En plus, les policiers frappent les sans-papiers avant de les rapatrier. En Côte d’Ivoire, on rapatrie les sans-papiers, c’est un fait ! Le Gabon, l’Angola et la Guinée équatoriale sont les champions d’Afrique centrale en matière de rapatriement ! Très souvent, ils entassent les gens dans des bateaux avant de les renvoyer. Etc. Michel Tagne Foko

Ce n’est pas juste une affaire occidentale, imbécile !

A l’heure où, comme avec Trump aux élections américaines, le nombre incroyable d’indécis aux présidentielles françaises semble augurer un vote massif de dernière minute dans l’isoloir pour l’alternance …

Et où, incapables de voir qu’au-delà du système mis en place pour Sarkozy par le gouvernement Hollande et parfaitement décrit dans le livre de deux journalistes du Canard enchainé et sans exclure bien sûr la part éventuelle de rivaux de Fillon à droite, ce sont les même juges nommés par le même gouvernement Hollande qui depuis deux mois avec leurs relais dans les médias mais aussi probablement Bercy qui s’acharnent contre le seul Fillon et sa famille …

Les rats quittent le navire dans le camp même de la droite …

Pendant que sur fond d’attentats ou de projets d’attentats islamiques quasi-hebdomadaires, nos belles âmes n’ont pas de mots assez durs pour fustiger le seul président Trump de vouloir remettre de l’ordre dans une politique d’immigration devenue folle …

Ou de mots assez doux en France pour un Obama blanc qui ne connait pas de culture française et prend pour une île une Guyane …
Comment ne pas voir …
Derrière la résurgence ces derniers jours en Afrique du sud du plus virulent du racisme intra-africain …
Ou ces murs ou projets de murs, Mexique compris avec le Guatémala, qui s’érigent désormais sur l’ensemble de la planète …
Cette xénophobie dénoncée chez nous à longueur de journée par ceux qui sont les plus protégés des effets de leur politique …
Chez ceux-là même que sans limite aucune nous sommes sommés accueillir ?

Xénophobie en Afrique : « Il faut arrêter de croire que seule l’Europe expulse des gens ! »

L’auteur camerounais Michel Tagne Foko raconte une soirée entre Africains à Bruxelles. Chacun dénonce la situation en Afrique du Sud, oubliant que son propre pays pratique aussi les expulsions.

On m’a dit : « Michel, s’il te plaît, viens prendre un pot avec nous. » Sans hésitation, j’ai rejoint le groupe. C’était à Schaerbeek, à Bruxelles, non loin de la gare du Nord, vers 21 heures, dans un lieu où certains Africains se retrouvent pour refaire le monde autour de quelques bières et des prompts pas de danse. Entre deux bonnes bières belges s’introduit le sujet de l’immigration.

Tout a commencé par ce jeune Equato-Guinéen. Il a dit : « Vous avez vu les attaques contre les étrangers en Afrique du Sud ? C’est inadmissible ! Chez moi, ce n’est pas comme ça ! » Vient ensuite un Gabonais : « C’est horrible, c’est scandaleux ! » Un Centrafricain a enchaîné : « Mandela, il n’est pas gentil. » Tout le monde s’est tourné. On lui a dit : « Il est mort, Mandela. » Il a continué en disant : « Je voulais dire Thabo Mbeki ». Quelqu’un a dit : « C’est qui ça ? » Une autre personne a répondu : « C’est le président de l’Afrique du Sud. » Un Camerounais a dit : « Tu ne comprends pas le nom ? Il y a que ces gens-là pour s’appeler Béquille”. » Un Togolais a dit en riant : « En plus, on s’étonne qu’il rapatrie les gens. » Un autre : « Ce n’est pas Zuma machin là ? »« Zuma quoi ? », reprit un Congolais. « Je dis Zuma quelque chose », continua l’autre. Un Ivoirien dit : « Ah oui, sur Internet, on dit que c’est Jacob Zuma. » Le Centrafricain reprit la parole, il dit : « Il n’est quand même pas gentil »

Ça parlait. Ça riait. Ça discutait. Ça s’insurgeait. Ça buvait aussi. Ça s’abreuvait sans limites. Il y avait des professeurs. Il y avait des étudiants. Des docteurs en je-ne-sais-plus-quoi. Des vrais docteurs aussi. Il y avait un mélange fou. Des diplômés aux non-diplômés. Tout le monde avait la parole. Tout le monde s’insurgeait.

Et là, il y a ce Camerounais qui a dit : « Jacob Zuma est fou. » Quelqu’un a dit : « Tu savais qu’il est polygame, le mec ? » Un autre : « Oui polygame, il n’est africain que quand il veut la femme. Après, il devient européen et rapatrié. » Un Béninois : « Heureusement que [Patrice] Talon est là pour épargner ce genre d’humiliation à d’autres Africains. » Une personne ressemblant à un Burkinabé dit : « Il faut en finir avec cette histoire de visa entre Africains. » Un Camerounais : « Contrairement à certains pays, au Cameroun, tout le monde est le bienvenu. »

Pendant ce temps, assis tranquillement, je buvais mes bières. Eh oui, pour une fois, j’avais décidé de ne pas parler et d’observer les gens. Ça ne servait à rien de militer. Ils étaient tous contents d’être enfin d’accord. Chacun condamnait fermement ces gens d’Afrique du Sud qui chassent les étrangers. Ce qui m’intriguait était de voir comment chacun parlait de son pays comme d’un lieu où ce genre de chose n’existe pas. Chacun évitait de mal parler de son pays d’origine. Ils confondaient l’orgueil et la réalité. Ils étaient tous humanistes et les politiques de leurs pays aussi. Le monde semblait beau chez eux. J’étais estomaqué par cet abrutissement, cette ignorance.

Je m’explique :

— Je me suis rendu compte qu’il y avait des Camerounais qui ne savaient pas qu’au Cameroun on rapatrie les sans-papiers. Qu’ils sont arrêtés, placés en cellule, frappés quotidiennement, jusqu’à ce qu’ils trouvent un moyen de rentrer chez eux ! Ce fut le cas d’un Béninois qui me racontait son calvaire camerounais.

— Le visa pour le Ghana est l’un des plus exorbitants en Afrique. En plus, les policiers frappent les sans-papiers avant de les rapatrier.

— En Côte d’Ivoire, on rapatrie les sans-papiers, c’est un fait !

— Le Gabon, l’Angola et la Guinée équatoriale sont les champions d’Afrique centrale en matière de rapatriement ! Très souvent, ils entassent les gens dans des bateaux avant de les renvoyer.

— Etc.

Alors, que certains arrêtent de croire qu’il n’y a que chez les Européens que l’on rapatrie les gens. Les Africains aussi sont champions en la matière. L’Afrique du Sud n’est pas l’exception. Après avoir dit cela, je précise quand même, bien sûr, que je suis contre les rapatriements.

Michel Tagne Foko est chroniqueur, écrivain, éditeur d’origine camerounaise, membre de la Société des auteurs du Poitou-Charentes. Dernier ouvrage paru : De l’autre côté de l’Atlantique, éditions du Mérite (2015).

Voir aussi:

L’Afrique du Sud malade de la xénophobie

Analyse. Le pays apparaît désormais rongé par un sentiment anti-étranger aveugle qui s’étend maintenant au-delà des quartiers déshérités.

Le sentiment anti-étranger en Afrique du Sud est le signe d’un mal qui devrait épouvanter le pays. Cette maladie insidieuse a déjà pris tous les visages de la haine, à commencer par l’insulte qui fuse (makwerekwere veut dire « sale étranger ») dans la rue, dans les taxis collectifs, où, comme l’explique, atterrée, une dame originaire de la République démocratique du Congo (Congo Kinshasa), « on n’ose plus décrocher quand le portable sonne, de peur que les gens assis à côté entendent une langue étrangère ».

Ce mal, c’est une foule qui s’amasse dans un township, encourage les hommes à forcer le rideau de fer de la boutique voisine, avant de se livrer à une orgie de pillage, tandis qu’on passe à tabac, si on ne le tue pas, le propriétaire, cet étranger, ce makwerekwere. Il n’y aura aucune sanction, ou si peu. Il est interdit de toucher les quartiers riches, les banlieues cossues, les centres commerciaux. Les forces de sécurité y veillent. Le message est d’un cynisme net : défoulez-vous dans vos quartiers, mais pas touche aux îlots de prospérité et à ceux qui les peuplent.

Qui est visé ? Jusqu’à nouvel ordre, les ressortissants de pays d’Afrique ou d’Asie du Sud, qui ont en commun l’envie de vivre et de travailler dans le petit commerce, dans les quartiers les plus modestes. Ils y ont anéanti, il est vrai, la concurrence des échoppes sud-africaines. Or, derrière ces magasins, se dessinent des intérêts locaux, parfois liés à des responsables politiques. Lesquels, à l’occasion, montent les foules contre les étrangers, sûrs de leur impunité.

Un terrain de désespoir fertileAbdourazak Ali Osman, secrétaire général de l’Association des Somaliens d’Afrique du Sud, en sait quelque chose : son propre magasin a été ravagé. Autour de lui, on comptabilise les victimes : soixante-huit Somaliens tués dans le pays en 2016. « Chaque manifestation dans le pays dégénère désormais en pillage et en ­violence contre les étrangers », explique-t-il. A Diepsloot, un grand township près de Johannesburg, les Somaliens s’en vont. En 2015, ils y tenaient encore près de cinq cents commerces. Ailleurs, ils s’arment parfois, tentent de s’organiser en groupes d’autodéfense.

Voir également:

SA faces continent’s wrath as xenophobia rears its head again

Mike Cohen, Andre Janse van Vuuren
Mail & Guardian
28 Feb 2017

A resurgence of anti-immigrant violence has sparked outrage in other African countries and spurred calls for more to be done to stamp out xenophobia.

Residents of Mamelodi and Atteridgeville took to the streets last week to protest against the presence of undocumented Nigerians, Pakistanis and Zimbabweans, who they accuse of perpetuating crime and taking jobs away from locals. Police fired tear gas and rubber bullets to disperse the crowds, who stoned cars and used rocks to block off streets. At least 136 people were arrested.

Protesters in Abuja, Nigeria’s capital, vandalised the offices of South African company MTN in protest over xenophobic attacks. The Nigerian government summoned South Africa’s high commissioner to register its concerns about the threat to its nationals, Agence France-Presse reported, citing junior foreign minister Bukar Ibrahim. On Monday, Ghanaian lawmaker Okudzeto Ablakwa called on the African Union to take action.

“The government has to do more,” Ablakwa, who sits on the foreign affairs committee in Ghana’s parliament, told Accra-based Class FM. “Sometimes you don’t get very clear signals from authorities. Their comments sometimes exacerbate the situation and that really is worrying.”

Burning houses
Herman Mashaba, the major of Johannesburg, has labelled some undocumented migrants criminals. Residents of the city’s southern Rosettenville suburb this month set fire to at least a dozen houses that they said were used as drug dens or brothels and were mostly occupied by foreigners.

Anti-immigrant violence also claimed seven lives in 2015 before the army and police restored calm, and in 2008 about 60 people died and 50 000 were forced to flee their homes. Attacks have mostly taken place in poor townships, where some residents see migrants as competitors for jobs, business opportunities and scarce housing.

President Jacob Zuma has appealed for calm and condemned the violence.

“We are not a xenophobic country,” Zuma said in a February 24 statement. “At the same time, we cannot close our eyes to the concerns of the communities that most of the crimes such as drug dealing, prostitution and human trafficking are allegedly perpetuated by foreign nationals.”

Ablakwa said the South African government’s failure to create sufficient jobs and economic opportunities for its citizens has sparked a backlash against foreigners.

“We saw these xenophobic attacks in 2008, we saw it in 2015 and this latest one, it is becoming one too many,” he said. “If you are not careful, citizens who are in their home countries feel that citizens living elsewhere are not given the needed protection. What that will lead to is reprisal attacks.” – Bloomberg

Voir encore:

We like to tell ourselves we are better. We pride ourselves on being survivors of the fires of history. We are told we live in a country of believers. We have prayers at many occasions of state. But we also tell ourselves we are different, special, « not like other Africans, generally ». Such stories we tell of ourselves, sometimes believing the tales, sometimes telling them compulsively because we have to hide from harsher, less palatable truths about ourselves.

It has been a decade since the ugly, toxic waves of violent attacks across South Africa against people thought to be from elsewhere in Africa: 2008. It has been two years since a spectacular and similarly ugly wave repeated itself: 2015. In-between we marked twenty years of post-apartheid democracy, in the same year that Rwanda marked twenty years since the genocide which ripped its people apart.

It is 2017. We are travelling further in time from those early days of hope, of aspiring to better than we were before. The violence and violations of colonialism and apartheid were seemingly fresher, then. But memory is unreliable. We forget, or misremember, the past, and our own lives in that past. The eternal present, the forgetting of history, has painful consequences.

Given the painful history of division and dehumanisation, we like to think of ourselves, sometimes, some of us, as people attuned to injustice, and programmed to oppose it. But we are also living in one of the most unequal societies in the world. The signs and divisions are no longer as crudely racist. We signal differences by other means, and the markers of class have similar consequences for the full realisation of the humanity of those who benefit from the inequality, as well as those who are oppressed by it. If we would only connect.

South Africa’s fraught relationship with the rest of the continent is not a new phenomenon, or even a unique component of the post-apartheid settlement. The colonial authorities had similar anxieties about the special status of South Africa as a space of separation, different from the rest of the array of colonies.

Their apartheid heirs sharpened the division and thoroughly opposed to the rest of the continent.  Remnants of the latter, a certain de-historicised, if not historically ignorant reading of Africa, is rendered as « Afro-pessimism ». Nothing good has ever happened in Africa. Anything that works in Africa has come from elsewhere. Africa the eternal disaster, without history, without change.

But even apartheid’s gestures of separation were ambivalent. The apartheid white supremacist view of Africa was the obverse of the white nationalist Afrikaner view which posited the Herrenvolk as divine possessors of the land, overlords of those who dwelt in it, but also, myths about an empty landscape into which early pioneers moved, encountering black others migrating either at the same time or later. By such stories dehumanisation was justified, papered over, and learned as truth.

The legacy of ignorance about the rest of the continent which blighted apartheid South Africa lingers on into post-millennial post-apartheid South Africa. At the turn of the millennium, a senior political commentator and academic could confront two of Africa’s leading academics in a public seminar about the history and status of African studies in South Africa with the question: « What do you Africans bring here? » Amina Mama, one of the continent’s major intellectuals responded with an outline of the food, craft, trade, labour, and intellectual endeavour Africans have contributed throughout South Africa’s colonial, apartheid, and post-apartheid incarnations.

In 2008, a public meeting was held at the University of the Witwatersrand, Johannesburg, to respond to the waves of xenophobic attacks targeting people thought to be from elsewhere in Africa. One speaker after another reminded the audience of how the events in South Africa mirrored events elsewhere in Africa, earlier in the second half of the twentieth century. The « Ghana must go » events in Nigeria in the early 1980s.

The ugly underside of nationalism anywhere, of course, is xenophobia. If there are insiders who belong to the nation, that imagined community with a shared history, whether cultural or political, there must be outsiders, who do not share whatever culture or history or politics draws citizens into the circle. It is a small step thence to what Bessie Head outlined in Maru (1971): « They all have their monster. You just have to look different from them … then seemingly anything can be said or done to you as your outer appearance reduces you to the status of a non-human being. »

And of course you don’t hack or stab a human being to death. You do not set a live human being alight.  You don’t chase human beings and the children from their homes. First, you have to dehumanise them.  They have to be rendered as inhabitants of another category, where things resemble the human form, but do not have human status. It is the anti-Samaritan gesture; it distances, in order to destroy. That some of this stems from the dehumanisation of the destroyer does not excuse the destruction.

But there are actors who are less visibly involved. People like us do not invade other people’s homes, to threaten and harass them or to destroy their property. We have less crude ways of distancing ourselves from people we imagine to be foreign. We are too middle class, too formally educated, too smartly dressed to ever do such. We simply use the administrative tools at our behest to effect the same gesture: violence with grace, violation with gentility. We in the middle classes will object to the style of the violence and violation without necessarily see in them the reflection of our own attitudes and conduct.

We certainly do not march against immigrants. And what such a march signifies should strike any thinking observer as a march against modernity itself. To oppose migration is not only to want to undo the long march of history, from the deepest past, through the present, to the remote and precarious future. Opposition to immigration requires erasure of the traces of one’s own biography, one’s own ancestry, one’s own place in the present as a consequence of the past. It is an erasure of oneself, and therefore, an erasure of one’s humanity.

Yet, there is the parable of the Samaritan, that embodiment of the altruistic impulse. There are people like Paul Verryn, and many less well-known other religious people, who embrace, who shelter, who embody the best of their religious beliefs. And then there are those who are tasked with managing our communities, but who look on, perhaps waiting for the right moment to act, so that they may maximise whatever dubious benefits may be had from the tragedy and horror we face.

To conflate criminality and non-citizenship as some politicians have is not just dangerous, it is obscene.  What have our politicians done since the last wave of violence directed at non-South African Africans in 2015? What processes of healing and conciliation have they effected? What have the civil servants paid to manage our communities done to work towards undoing the painful fissures from our last encounter with and enactment of xenophobic violence in South Africa? The word « last » is deceptive, of course, because while these spectacular waves of violence peak in certain moments, the attitudes and violations happen every day,  degrading of the human beings they are directed at, and of the human beings who participate in them.

We like to tell ourselves we are better. We like to tell ourselves and the world we are not xenophobic.  We invent all sorts of reasons to explain away the violence. We blame the drug dealing. We blame the prostitution of « our daughterabrasive ands ». We blame the corruption of the police and their collusion with criminals.  We justify our violence. Or we distance ourselves from other people’s violence. What we do can be justified. We are not those people. Except … people have to flee their homes, live in uncertainty, and if we keep denying what is happening, worse.

What will we tell our children about what we said, what we did, how we acted to stop this, or what we failed to do?

The golden rule: do unto others … We are all in this together. I am an African.

Voir de plus:

Now Mexico wants to build a border wall with Central America to keep out illegal immigrants from El Salvador, Honduras and Guatemala

It seems Mexico agrees with Donald Trump’s plans to build a wall to keep out illegal immigrants – but only on its southern border with Central America.

Mexicans are calling for the border wall to keep out Guatemalans, Salvadorans and Hondurans fleeing violence in their own countries.

They complain ‘hordes’ of immigrants pass through on their way to the United States -who are then simply deported back to Mexico rather than their home countries by the US.

Central American migrants are left stuck in border cities with Mexican officials unable to afford to send them back to their own countries, according to an article by one of the largest newspapers in the border state of Tamaulipas, El Mañana, titled: ‘Yes to the Border Wall … but in Mexico’s South.’

Mexicans are calling for the border wall to keep out Guatemalans, Salvadorans and Hondurans fleeing violence in their own countries (Immigrants from Central America await transport from the U.S. Border Patrol on August 17, 2016 in Roma, Texas)

The real estate mogul sparked international outrage last year when he unveiled his idea for a giant wall on the US border with Mexico – which he claimed Mexico would pay for.

But while Mexican President Enrique Peña Nieto has mocked Trump’s plans, many Mexicans praised the concept of a border wall.

‘Trump’s idea of a border wall is a good one but it should be on the southern border with Central America in order to stop the flow of Central Americans from entering both countries,’ the El Mañana board wrote in July.

The paper also called for proper immigration checkpoints on the southern border.

El Mañana even criticized Hillary Clinton for failing to raise the issue of border security.

The newspaper says that many illegal immigrants turn to crime as shelters can often only provide a few days of food and bedding.

‘Many of these migrants when they are unable to find an honest way of life turn to robberies, kidnappings, extortion, and in the worst cases join the ranks of organized crime,’ El Mañana’s piece claimed.

A Mexican newspaper complains of ‘hordes’ of immigrants passing through on their way to the United States – who are then simply deported back to Mexico rather than their home countries by the US

As many as half are fleeing violence and gangs in their home countries yet most immigrants are eventually deported back home. Mexico deported 175,000 Central Americans last year – a 68 per cent increase from 2014.

That was the same year that the Central American refugee crisis hit headlines when thousands of migrant children arrived without their families at the US border.

The US has sent $75million for equipment and training to Mexico to help with the crackdown on immigrants, according to the Times.

One Honduran migrant, Rosa – whose husband, mother, sister, brother-in-law and two nephews were murdered in her homeland – fled with her two teenage sons earlier this year, Financial Times reports.

‘Mexico has become a wall for migrants,’ said Sister Magdalena Silva, co-ordinator of Cafemin- a privately run shelter for refugees in Mexico City. ‘The current policy is to arrest migrants to stop them from getting to the US border.’

Mexicans agree with Donald Trump’s concept of a border wall to keep out immigrants – but want it in the south of their country

She left Tegucigalpa, the Honduran capital, with her teenage sons in January 2016 after gangs tried to recruit her 14-year-old.

‘We know when a gang targets someone, they don’t leave them alone and they follow through on their threats,’ she said.

Rosa and her sons turned themselves over to authorities when they arrived in Mexico and were channeled into asylum procedures.

The family were shipped to a detention center in Mexico City where they were held in custody, in separate cell blocks for three months, before receiving the devastating news that their application for for asylum had been turned down.

Eventually they were allowed out of the detention center and sent to a refugee center.

But after their application was rejected, and her sons witnessed a woman lying in her own blood just a few blocks from the center, she decided to go north to the US.

The family turned themselves in once again a the US border to ask for asylum and Rosa and the 14-year-old have been released to live with a family in Baltimore to await the decision. Her 19-year-old son is still in detention.

Voir par ailleurs:

La fuite en avant de Fillon

Englué dans des affaires qui le discréditent toujours un peu plus, le candidat de la droite a décidé de se maintenir et à continuer sa campagne. Pour cela, il a choisi une stratégie suicidaire pour son camp politique, celui de la dénonciation d’un complot contre lui. Dès le départ, la droite a cherché à mettre en cause la gauche dans la responsabilité des révélations faites au Canard enchaîné. Une accusation guère crédible, car quand on regarde vers le passé, ce genre de barbouzerie vient toujours du bord de la victime. Les « amis » politiques de la personne atteinte sont à la fois les premiers bénéficiaires de sa chute, mais aussi ceux qui sont les plus à même d’avoir les éléments pour le faire tomber. On regarderait du coté des sarkozystes, on serait sans doute plus proche de la réalité qu’en pointant François Hollande.

Ce choix tactique, celui de l’homme qui se noie, brasse beaucoup d’eau, et s’accroche à la moindre planche, est désastreux pour la droite française.

Jamais, dans son histoire, la droite de gouvernement n’a sorti des arguments et une rhétorique qui s’apparente à celle l’extrême droite. Cela révèle une radicalisation, sur le fond et la forme. Jamais un parti qui se veut respectable ne devrait ainsi s’avancer dans les marécages du complotisme, qui rassemble des faits réels, créé des rapprochements surprenants et sans réels fondements, pour affirmer ensuite « qu’il ne s’agit peut-être pas d’une coïncidence » sans jamais apporter la moindre preuve. La voracité avec laquelle la droite se jette sur un ouvrage de journaliste, fort opportunément paru en période de campagne électorale (ça se vend mieux à ce moment là) « Bienvenue Place Beauvau », cristallise cette orientation. La principale thèse en est l’existence d’un « cabinet noir » du président de la République, qui a tout téléguidé, y compris la chute de proches comme Manuel Valls. Un poncif des mythes politiques et complotistes. Il est surprenant que François Hollande, qui s’est planté dans à peu près toutes ses manœuvres tactiques en cinq ans, au point d’être contraint à se retirer, ait réussi un tel coup. Encore plus étonnant, personne n’en a eu vent, pas même les journalistes qui ont passé un nombre incalculable d’heures à l’Elysée. Tout cela n’est pas sérieux, et François Fillon est même obligé de le reconnaitre, à demi-mot.

Cette campagne, relayée par les soutiens de Fillon, radicalise la base électorale de la droite conservatrice. Des gens que je connais, que sais être intelligents, tombent dans le panneau, et me disent vouloir croire à cette histoire à dormir debout. Ils veulent tellement que leur camp revienne au pouvoir, qu’ils sont prêts à tout pardonner à Fillon, et à soutenir les positions les plus farfelues. Leur angoisse est à la hauteur des espérances qu’ils avaient, il y a encore quelques mois : cette élection était imperdable pour la Droite, Fillon allait l’emporter haut la main. Le 24 avril au matin, lorsqu’ils constateront que leur champion a été éliminé dès le premier tour, ils seront hystériques, et leur colère mettra longtemps à retomber. Leur premier réflexe sera de contester la légitimité des urnes, et de refuser de reconnaitre le vainqueur comme légitime. Les députés et sénateurs LR, contraints par leur base à suivre le mouvement, refuseront toute alliance, même ponctuelle, avec le pouvoir en place. Entre 2012 et 2017, le groupe LR a été dans une position d’opposition frontale au pouvoir socialiste, refusant de lui faire le moindre cadeau, quand bien même certaines réformes auraient pu, sur le fond, emporter leur assentiment, comme par exemple la réforme constitutionnelle du conseil supérieur de la magistrature. Après 2017, cela risque d’être pire encore.

Cette hystérie fait, ou va faire partir les éléments les plus modérés. A l’UDI, il n’y a plus guère que les candidats aux législatives qui restent accrochés à Fillon, pour cause d’investiture. Tous les autres sont déjà chez Macron, où s’apprêtent à y aller. Une scission à droite est possible, avec une reconstitution de l’ancienne UDF, qui entrera dans la coalition gouvernementale de Macron, et un ancien RPR, rassemblant la droite conservatrice. Dans une telle configuration, le risque est grand d’avoir un parti LR qui se lance dans la compétition avec le FN, et vire encore plus dans le populisme et l’opposition frontale. Une pente encore plus accentuée avec cette affaire du « cabinet noir » qui radicalise la base militante et la déporte vers la droite. Si on ajoute à cela, les dégâts que ne manquera pas de causer la guerre de succession qui va s’ouvrir à droite, on se rend compte que la fracture à droite risque de s’accentuer au point de devenir difficile à recoudre. Alors que je pensais, il y a quelques mois, que le PS risquait l’éclatement, en fait, c’est maintenant le cas aussi à droite, ce qui est assez inédit.

Ce désastre de la droite vient avant tout d’une erreur d’analyse, qui s’est traduite par une erreur de casting. La clé de cette élection présidentielle est la volonté profonde de changement de la part des électeurs, avec un rejet très fort de la classe politique. Les français en veulent profondément à leur classe politique pour leurs échecs de fond : les quinquennats Sarkozy et Hollande ont été des échecs, sur le plan économique et social. La colère porte aussi sur la forme, sur l’attitude des élus, complètement coupés de leurs électeurs, au point de répondre « et alors ? » quand on reproche à l’un d’eux de s’être fait offrir des costumes à 6500 euros par un intermédiaire naviguant dans les réseaux de la Françafrique. Je ne suis pas certain que les responsables de la droite aient complètement compris cela. En tout cas, ils ne sont absolument pas en mesure d’y répondre.

Voir enfin:

Emmanuel Macron, le début de la fin ?
Arnaud Benedetti
Le Figaro
28/03/2017
FIGAROVOX/TRIBUNE- Emmanuel Macron a tenu à La Réunion un meeting en demi-teinte, avant de déclarer que la Guyane était une île. Pour Arnaud Benedetti, la stratégie de communication du candidat est en train de se fissurer.

Arnaud Benedetti est professeur associé à l’Université Paris-Sorbonne et coauteur de Communiquer, c’est vivre (entretiens avec Dominique Wolton, éd. Cherche-Midi, 2016), et de La fin de la Com (éditions du Cerf, 2017)

Macron est-il en passe de perdre la main? Nonobstant sondages favorables, commentaires médiatiques flatteurs et ralliements prometteurs, tout se passe comme si la séquence que traversait le jeune inspecteur des finances laissait entrevoir des failles qui révèlent tant les fragilités d’une personnalité que les limites d’une stratégie. La personnalité tout d’abord: celle-ci est la clef de voûte d’une élection qui se joue aussi sur la perception d’une psychologie, le test d’un caractère , la certification de qualités présupposées. Les opinions, ces variantes mesurables et «sociologisées» des peuples, agissent comme autant de tamis qui en viennent à profiler les candidats…

De ce point de vue une récente étude qualitative parue dans le Journal du Dimanche a souligné que pour une majorité de français (52%) Emmanuel Macron ne rassure pas. L’inquiétude qu’il suscite influe fort logiquement sur l’appréhension de son aptitude à habiter la fonction qui ne remporte pas non plus l’adhésion des sondés. Quand bien même le candidat pourrait toujours certes se rassurer en observant que ses concitoyens lui accordent majoritairement une proximité vis-à-vis de leurs préoccupations ainsi qu’une capacité à réformer le pays, sa personnalité interroge. Cette interrogation ouvre aussi une explication à la cristallisation relative, quoiqu’en progrès, des intentions de vote les plus fermes et les plus déterminées en sa faveur. Il existe à vrai dire un mystère Macron, un «je-ne-sais-quoi et presque rien» d’instable, d’inachevé qui entretient comme «l’ombre d’un doute»… Les Français, peuple d’épargnants, peuvent aimer l’aventure mais instruits par leur propre histoire ils la préfèrent très généralement dans la fiction, dans les romans d’Alexandre Dumas ou de Jules Verne , plus rarement quand il s’agit de s’y adonner eux-mêmes.

À plusieurs reprises ces derniers jours, le leader d’En Marche! est venu corroborer malgré lui le voile de scepticisme qui enveloppe son comportement, son positionnement et son projet. Alors que des sondages instantanés le consacraient comme le «vainqueur» du premier débat présidentiel , une partie de la presse étrangère estimait que sa prestation l’avait plutôt desservi. Les réseaux, quant à eux, ne manquaient pas de bruisser avec ironie sur ses accords explicites et répétitifs avec François Fillon tout en moquant des agacements trahissant pour nombre de «twittos» une fébrilité et une nervosité peu maîtrisée. Très vite sur le sismographe ultrasensible de la campagne s’évanouissaient les premières appréciations positives postdébats, lesquelles se modéraient au fur et à mesure du retour à la campagne de terrain.

Coup sur coup l’échec patent du meeting réunionnais et la gaffe géographique relative à une Guyane soudainement devenue insulaire dans la bouche de l’ancien ministre de François Hollande, alimentaient cette impression de trou d’air que les ralliements de quelques figures socialistes essentiellement, plus rarement à droite (et encore le plus souvent retirées de la politique active pour ces dernières) ne sauraient combler. Par-delà sa personnalité, c’est bien la stratégie de Macron qui interpelle. Trop de com’ finissant par tuer la com’, cette dernière, hypervisible, apparaît crûment pour ce qu’elle est: la seule cohérence d’un homme dont la ligne brisée sur les marches de la droite et de la gauche ne parvient pas à stabiliser un projet, encore moins à offrir un contenu autre que… «communicant». À La Réunion dans une île socialement souffrante, le télé évangélisme souriant et artificiellement participatif a fini par vider les rares travées occupées par un public clairsemé. Images terribles, peu reprises en boucle par les chaînes info mais «viralisées» par les médias sociaux, et qui renvoient implicitement à ce soupçon de vide qui lancinant accompagne la démarche du jeune postulant à l’Elysée. Le lapsus guyanais, quant à lui, au moment où la région s’enflamme relèverait de l’insignifiance s’il ne contribuait à entretenir des réserves sur la dimension «présidentiable» de l’impétrant à l’heure où la digitalisation subvertit toujours plus l’assurance des hommes publics en les exposant en temps réel à leurs contradictions, leurs oublis, leurs imprécisions et parfois leurs lacunes.

Au fond ce sont les limites de la com’ qu’éprouve soudainement Emmanuel Macron: confronté à l’extrême visibilité il en subit tous les risques ; s’efforçant de toujours plus contrôler et scénariser ses apparitions, son comportement en est d’autant plus disséqué et scanné, laissant peu de places désormais à l’indulgence et à l’inattention des observateurs ; s’adressant prioritairement aux médias, il en oublie le peuple. À trop vouloir embrasser tous les codes de la com’ du médiatiquement lisse et correct, il en oublie aussi la politique… Ce qu’a contrario le vieil animal des tréteaux électoraux, Jean-Luc Mélenchon réintroduit non sans gourmandise: le peuple et la politique, ces deux grandes figures de la mythologie nationale, égrènent de toute part la narration du héraut de l’insoumission. Les mobilisations physiques réussies de sa manifestation pour une mythique VIe République et son meeting de Rennes viennent aussi rappeler, par contraste avec les démonstrations formatées et un tantinet kitchissimes du jeune favori des sondages et des médias, que la politique se fait aussi avec des gens, des foules, de la sueur et des cris, des colères et des sentiments, tout ce que la com’ aseptisée du jeune Macron tend à tenir à distance, voire à exfiltrer, pour ne pas dire évacuer… Là où le communicant paraît s’essouffler, si ce n’est stagner, le politique regagne du terrain, relance sa campagne, redonne à entendre ce qu’est la rhétorique tribunitienne, incarne une histoire de chair et d’os ; il fait en quelque sorte ce qu’on attend de lui: de la politique! Et tout laisse à penser que cette élection sera politique ou ne sera pas…

Voir par ailleurs:

Are SA whites really being killed ‘like flies’? Why Steve Hofmeyr is wrong

Afrika check

24 June 2013

South African musician Steve Hofmeyr has claimed that the number of white South Africans killed by blacks would fill a soccer stadium, that white Afrikaners are being killed “like flies” and that a white farmer is murdered every five days. But the claims are incorrect and grossly exaggerated. In fact, whites are less likely to be murdered than any other race group.

Researched by Nechama Brodie

Are white Afrikaners really being killed “like flies”? Is a white South African farmer being “slaughtered every five days?” Would the number of whites “killed in SA in black on white violence” fill one of the country’s largest football stadiums?

These are some of the claims made recently by Steve Hofmeyr, one of South Africa’s most popular, and controversial, Afrikaans singers and performers. In a post on his blog and Facebook page titled “My tribe is dying”, Hofmeyr made several sweeping statements about South Africa’s murder rate and the quality of life of white Afrikaans-speaking South Africans.

Within a day of it being posted, Hofmeyr’s blog entry and a pie chart that he used to support some of his claims were “liked” by  more than 2,000 Facebook users. A similar number also shared the post on their Facebook pages.

The Facebook entry was subsequently removed but later reposted without the pie chart. By way of explanation Hofmeyr stated: “The facts are good but they shouldnt  be in a pie-chart. Im removing the pic. It will be replaced with the real PIE.” On his Facebook page Hofmeyr explained the issue with the pie chart was not with the statistics, rather: “It should be separate charts (pre&post Apartheid).”

At the same time, Hofmeyr posted an image of the interior of a “World Cup soccer stadium”  – which appears to be Johannesburg’s Soccer City – together with a statement that the “amount of whites killed in SA in black on white violence” would produce a body count capable of filling the stadium’s seats.

‘A lot of bodies to lose in stats’

Hofmeyr then went on to make the following statements on Twitter:

  • Old SA averaged 7039 murders/year from 1950. New SA averaged 24206 (SAP) or 47882 (Interpol). Sorry Columbia (sic). We still champs.”
  • When SAP claimed 26000 murders in 96, Interpol counted 54000. A lot of bodies to lose in stats.”
  • There is a discrepancy of 10 000 murders per year between government and MRC figures!”

Several readers asked Africa Check to investigate the accuracy of Hofmeyr’s various claims, among them that:

  • Whites are being murdered at a rate faster than any previous period in South Africa’s history.
  • A white farmer is murdered every five days.
  • During apartheid, black-on-black violence was responsible for the majority of black homicides, with only a fractional percentage of black murders due to government forces.
  • “Whites killed by blacks since apartheid 77.3%”.  This is unclear as Hofmeyr has not indicated what factor the percentage is of however Africa Check assumes Hofmeyr is stating 77.3% of all white homicides (since 1994) have been perpetrated by blacks.
  • The number of whites killed by blacks in South Africa is equivalent to, or more than, the number of seats at Soccer City stadium, which has a maximum seating capacity of 94,736.
  • There are significant discrepancies between murders reported by the South African Police Service and other agencies and that these discrepancies have been used to hide or obscure the “truth” about murder in South Africa.

Where does Hofmeyr get his information?

Hofmeyr declined to reveal his sources to Africa Check but later stated on Twitter: “Our unpopular pie-chart is from a book by Vusi Tshabalala and merely highlites the lie of white on black genocide during Apartheid”. Africa Check has not been able to establish whether Vusi Tshabalala really exists or which publication Hofmeyr was referring to.

On various white right-wing sites, reference is made to a “Vusile Tshabalala” who supposedly wrote an article in 2001 about the “killing fields” of post-apartheid South Africa. Invariably the sites describe Tshabalala as a “journalist” and then, for emphasis, as a “black journalist”. No indication is given of where Tshabalala worked, nor does he appear to have written any other articles.

Hofmeyr’s other claims appear to stem from a 2003 paper titled, “Murder in South Africa: a comparison of past and present”. It was written by Rob McCafferty, then a communications director for the conservative Cape Town-based lobby group, United Christian Action.

McCafferty’s paper, published at the peak of crime levels in South Africa, appeared to offer a comprehensive survey of crime literature and subsequent analysis of crime data and trends over a period of more than five decades. There are, however, several significant flaws in the presentation and interpretation of data, some of which McCafferty acknowledged himself.

There are no ‘average’ murders

McCafferty’s paper presented a graph based on figures sourced directly from “annual police reports and CSS: Statistics of Offence annual reports” showing the total number of murders reported to the police between 1950 and 2000.

McCafferty conceded in his paper that “factors such as population growth and differentials in time periods…would make it unfair to compare this data” and pointed out that it was “not logically sound to do such comparisons”.

But McCafferty proceeded to do just that and aggregated 44 years of murder numbers (309,583 recorded murders from 1950 to 1993) to reach an “average” of 7,036 murders a year under apartheid.

He then contrasted that figure with his own aggregation of post-1994 Interpol statistics, from which he determined an annual average of 47,882 murders.

This appears to make a case for a shocking increase in homicides in the post-apartheid era. But, as we explain below, the Interpol murder statistics McCafferty used are widely regarded as inaccurate.  And McCafferty’s “average” murder numbers show a very different picture when plotted against South Africa’s population figures.

Murder and other crime statistics are commonly expressed by statisticians, crime analysts and researchers as a ratio per 100,000 of the population rather than in raw numbers. McCafferty’s failure to have done so indicates exactly why this is preferred practise.

According to McCafferty’s graph, less than 2,500 murders were reported to the police in 1951. The census results of that year indicate that the total population of South Africa at the time was 12,671,452. The “murder ratio” therefore works out at 19.73 murders for every 100,000 people.

By 1970, the total number of reported murders appeared to be approaching 7,000. With a population of  about 21,7-million, this would equate to a murder ratio of 32.12 per 100,000.

McCafferty’s graph showed that the number of homicides increased steadily from 1950. What McCafferty had not taken into account was that South Africa’s population had also steadily increased.

By 1994, SA’s murder numbers, according to McCafferty, had reached 25,000 a year. With a population of just under 40-million, this translated to a murder ratio of a 62.5. South Africa’s murder rate for all races peaked in the period during and following the transition to democracy.

However, in a paper published by the Medical Research Council, crime analyst and author Antony Altbeker found that by 2003/4 the rate had fallen to less than 43 murders per 100,000. The murder rate has continued to decline since then, dropping to 30.9 for 2011/12 according to the South African Police Service Crime Statistics Overview. Significantly, given Hofmeyr’s claims, it is lower than the murder rate documented in 1970 under apartheid.

All the independent security and research experts we consulted for this report agreed that current murder figures provided by the South Africa Police Service (SAPS) should be considered accurate.

The trouble with apartheid-era data

Both Altbeker and Mark Shaw, a senior researcher at the Institute for Security Studies who has worked extensively with apartheid-era crime data, told Africa Check that official police figures during apartheid were not an accurate representation of national homicide rates.

Crime reports from the Bantustans – the nominally independent black “homelands“ established under the auspices of the apartheid state – were not included in South Africa’s national figures. In addition, according to Shaw, “a proportion of homicide cases among Africans were not reported or recorded” owing to the absence or lower levels of policing in the townships and rural areas.

Therefore it is probable that while white homicides during apartheid were accurately documented by the state, the number of black homicides was understated in official reports. For this reason, the “blacks killed” portions of Hofmeyr’s chart must be discounted; the data is simply not reliable enough to make any accurate findings – and the role of apartheid in creating or contributing to violence and murder in black communities is difficult to isolate.

Since 1990, race has not been listed as a category in official death records. This deliberate omission may have been intended to avoid exactly the kind of issue raised by Hofmeyr’s claims; the interpretation of raw data by non-experts to support some form of race-based conspiracy theory. In reality, however, the absence of such information has effectively perpetuated a race-crime mythology in South Africa.

It is, however, possible to gauge trends in white homicide based on older data. A 2004 report published in the SA Crime Quarterly compares homicide rates across all races from 1937 to 2003. Based on this, it is clear that homicide rates for all races increased over this period  (although they fell somewhat from 2003 onward). However, the increase in the white homicide rate began in the late 1970s and has remained markedly less than the increase in murder rates for all other race groups.

Murder by numbers

A central thread of Hofmeyr’s claims relates to apparent discrepancies in South African murder statistics.  Hofmeyr cites figures that appeared in McCafferty’s report which stated that “[w]hile police crime statistics show there were 21,683 murders in 2000, the [Medical Research Council] puts the figure at 32,482″.  McCaffrey also stated that ”while the SAPS claims there were 26,883 murders in 1995/96, Interpol claims there were 54,298”.

In its report at the time, the MRC said it “notes discrepancies in the statistics concerning road traffic accident deaths and homicides which needs further investigation”.  A revision of the 2000 data was published in 2006, in which the total number of deaths was revised downwards, from 550,000 to 520,000, and the “number of injury deaths” [which include homicide and traffic accidents] was “revised down by about 10,000”.

Based on this updated information, it was stated that “[o]f the estimated 59,935 injury deaths in 2000, 46% (27,563) were homicides”.  That still leaves a discrepancy of nearly 6,000 deaths.

Altbeker dealt with this specific issue in great detail in his report on murder and robbery in South Africa, in which he argued that “the MRC’s figures cannot be reliably used to refute the numbers presented by SAPS”. In short, he found that the data used to compile the MRC’s estimates had been incomplete or flawed and had yielded an inaccurate and overstated picture.

The “murder gap” between Interpol and SAPS numbers is easier to explain. Altbeker told Africa Check that Interpol combined both murder and attempted murder figures for South Africa, resulting in inflated numbers. This is confirmed by the 1999 Global Report on Crime and Justice published by the United Nations Office for Drug Control and Crime Prevention. Altbeker wrote extensively about the challenges with international crime data collection and comparison in a separate paper.

Both McCafferty and Hofmeyr’s claims about murder number discrepancies must therefore be dismissed.

White death in a time of democracy

Whites are far less likely to be murdered than their black or coloured counterparts,” Lizette Lancaster, who manages the Institute for Security Studies crime and justice hub, told Africa Check. This is supported by an analysis of a national sample of 1,378 murder dockets conducted by police in 2009.  In 86.9% of the cases, the victims were Africans. Whites accounted for 1.8% of the cases (although whites make up 8.85% of the population).

According to Lancaster official police statistics show that between April 1994 and March 2012 a total of 361 015 people were murdered in South Africa. Applying the 1.8% figure, it would mean that roughly 6,498 whites have been murdered since April 1994.

Even if there were some variation on the 1.8% figure, the number of white murder victims would still fail to come anywhere close to filling a soccer stadium. The fact is that whites are less likely to be murdered than any other race in South Africa. The current murder rate of white South Africans is also equivalent to, or lower than, murder rates for whites recorded between 1979 and 1991.

According to the 2011/12 SAPS annual report, Lancaster said,“only about 16% of murders occurred during the commission of another crime, mainly aggravated robbery. About 65% of murders started off as assaults due to interpersonal arguments and fuelled by alcohol and/or drugs, result[ing] in a murder”. The vast majority of murders are, she said,“social fabric crimes often perpetrated by friends or loved ones”.

The 2012 Victims of Crime Survey confirmed this assertion, stating that 16.1% of victims were “murdered by unknown people from outside their residential area” with an additional 10.9% of “murders … committed by known perpetrators outside [the victims’] residential area”, and the balance of homicides committed by community members, spouses and friends or acquaintances.

Even if the proportion of “outsider” crime was doubled for white homicide victims, this would still fall drastically short of the “77.3%” of white murders that Hofmeyr appears to claim are at the hands of black perpetrators.

Farm attacks

The interpretation of data on “farm attacks” is problematic as it relies on old police data and current, self-reported data collected and submitted by the Transvaal Agricultural Union of South Africa (TAUSA).

TAUSA figures for the 22 years between 1990 and 2012 state that 1,544 people were killed in farm attacks, an average of about 70 a year or one every 5.2 days. A report by trade union Solidarity, issued in 2012, found that 88 farmers were murdered in the 2006 to 2007 financial year.

So was Hofmeyr correct in claiming that “a white farmer is slaughtered every five days”?

According to a 2003 police committee of inquiry into farm attacks, cited by Solidarity, 38.4% of farm attack victims were described as being black, coloured or Asian. TAUSA’s figures suggest that 208 (or 13.5%) of those murdered in farm attacks between 1990 and 2012 were black.

Hofmeyr’s statement that a white farmer is murdered every five days is therefore also incorrect. The claim would only be true if he included all farm attack victims of all races.

Conclusion: Hofmeyr’s claims are grossly incorrect

Hofmeyr’s claims are incorrect and grossly exaggerated the level of killings.

South Africa certainly has one of the highest crime rates in the world and one that is characterised by a particularly high rate of violent crime. This is not an area where degrees of comparison offer any form of comfort. South Africans are affected daily by crime.

South Africa remains gripped by its fear of crime. In the 2012 Victims of Crime Survey, about 35% of households believed that crime had increased since the previous period.

Public figures like Hofmeyr, who disseminate grossly misleading information about crime patterns, only serve to contribute to this underlying fear. In addition, such misinformation creates or entrenches existing racial divisions and perpetuates an unfounded fear and hatred of other races.

Edited by Julian Rademeyer

Additional reading:

Where murder happens in South Africa

Farm murders: A national priority? (PowerPoint)

BLOG: Why it is more dangerous to be a farmer than a policeman in South Africa

FACTSHEET: South Africa’s official crime statistics for 2012/13

FACTSHEET: South Africa’s official crime statistics for 2013/14

A guide to crime statistics in South Africa

The politics of crime statistics

On 1 July Steve Hofmeyr issued a written response to both this report and an article confirming Africa Check’s findings which was published by the Afrikaans newspaper, Rapport.

The numerous claims Hofmeyr made and the “statistics” he presented do not add up. Since it was published, his post has had to be updated several times, removing, among other things, data that he claimed related to South Africa which actually came from another continent (and was also misconstrued).

Hofmeyr’s strongest argument boiled down to this: “Far more than facts, it is people’s emotions and experiences that matter … So ‘our people die like flies’ is still applicable, emotionally – and does not need to be supported by facts.”

Africa Check understands that perceptions do of course matter. As stated in our report, South Africa has one of the highest crime rates in the world and all murders are to be abhorred. Crime data, like all data everywhere, could and should be improved. This is something Africa Check is campaigning for. However, this is not a reason to dismiss inconvenient facts as Mr Hofmeyr does.

The sooner we all understand the reality of crime as it affects all individuals, the better that those living in South Africa will be able to engage with, participate in or lobby for initiatives aimed at addressing the very real problems that do exist, and that affect individuals from every community. Crime touches all of us, irrespective of race.

2 July 2013


Médias: Attention, une meute peut en cacher une autre (Boys on the bus redux: What elite media bubble ?)

11 mars, 2017

tract-fillon
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, avril 2003)
Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Stéphane Hessel
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Media feeding frenzies have become almost commonplace in recent years, as Gary Hart, Oliver North, Vice President Dan Quayle and Speaker of the House Jim Wright, among many others, could readily attest. But in McMartin, the media seemed especially zealous–in large part because of the monstrous, bizarre and seemingly incredible nature of the original accusations. More than most big stories, McMartin at times exposed basic flaws in the way the contemporary news organizations function. Pack journalism. Laziness. Superficiality. Cozy relationships with prosecutors. A competitive zeal that sends reporters off in a frantic search to be first with the latest shocking allegation, responsible journalism be damned. A tradition that often discourages reporters from raising key questions if they aren’t first brought up by the principals in a story. In the early months of the case in particular, reporters and editors often abandoned two of their most cherished and widely trumpeted traditions–fairness and skepticism. As most reporters now sheepishly admit–and as the record clearly shows–the media frequently plunged into hysteria, sensationalism and what one editor calls « a lynch mob syndrome. » On so volatile an issue in an election year, defense attorneys maintain, that helped make it all but inevitable that the case would be prosecuted on a scale greater than the actual evidence warranted. There were stories about child prostitution and massive child pornography rings, stories about children being exchanged between preschools for sexual purposes, stories about a connection between alleged molestation at McMartin and a murder eight years earlier. None of these charges was ultimately proved, but the media largely acted in a pack, as it so often does on big events, and reporters’ stories, in print and on the air, fed on one another, creating an echo chamber of horrors. The LA Times
Dans les médias de la communication, une chambre d’écho, ou chambre d’écho médiatique est une description métaphorique d’une situation dans laquelle l’information, les idées, ou les croyances sont amplifiées ou renforcées par la communication et la répétition dans un système défini. Il s’agit d’une analogie avec la chambre d’écho acoustique, ou chambre réverbérante, dans laquelle les sons sont réverbérés par les murs. À l’intérieur d’une chambre d’écho médiatique, les sources ne sont généralement pas remises en question et les points de vues opposés sont censurés ou sous-représentés. John Scruggs, lobbyiste chez le cigarettier Philip Morris, décrit en 1998 deux mécanismes de ce qu’il appelle les «chambres d’écho». Le premier consiste en la répétition d’un même message par différentes sources. Le second mécanisme consiste en la diffusion de messages similaires mais complémentaires par une seule source. Scruggs décrit la chambre d’écho comme stratégie pour augmenter la crédibilité de certaines informations au regard d’une audience cible. Avec la démocratisation de l’internet et l’arrivée des médias sociaux, les chambres d’écho se sont multipliées. Les algorithmes des réseaux sociaux agissent comme des filtres et engendrent ce qu’on a nommé des bulles de filtres. L’utilisateur à l’intérieur d’une telle bulle obtient de l’information triée à son insu en fonction de son activité sur un réseau. L’accessibilité accrue aux informations correspondant aux opinions des individus fait que ces derniers sont moins exposés à des opinions différentes des leurs. Dans les chambres d’échos, les opinions opposées à celles de la majorité sont peu diffusées et, lorsqu’elles le sont, sont souvent la cible d’attaques par cette majorité pour les discréditer. Lorsqu’une information est reprise par de nombreux médias, elle peut être déformée, exagérée, jusqu’à être plus ou moins dénaturée. En augmentant l’exposition à une fausse rumeur, sa crédibilité a tendance à augmenter. À l’intérieur d’une chambre d’écho, il peut ainsi arriver qu’une majorité d’individus croient en une version dénaturée d’une information véridique, ou en une information carrément fausse. Wikipédia
Les journalistes moyens à qui nous parlons ont 27 ans et leur seule expérience de journaliste, c’est de suivre les campagnes politiques. C’est un changement radical. Ils ne savent littéralement rien. (…) Nous avons créé une chambre d’écho. Ils disaient des choses qui validaient ce que nous leur avions donné à dire.  Ben Rhodes (conseiller-adjoint à la sécurité extérieure d’Obama)
Je vous l’assure : à l’instant où je l’ai appris, j’ai mis toute mon énergie pour faire en sorte que ce problème soit réglé. (…) Je peux vous affirmer que je n’étais au courant de rien à propos de ce rapport de l’inspection générale des services fiscaux avant qu’il n’y ait des fuites dans la presse. Barack Obama (16 mai 2013)
Une nouvelle couche de scandale est venue s’ajouter lundi aux soucis du président américain, lorsque l’agence de presse Associated Press a annoncé que deux mois de relevés d’appels de certains de ses journalistes avaient été saisis à l’instigation du parquet fédéral. L’agence a dénoncé une « intrusion massive et sans précédent », tandis que le département de la Justice s’est retranché derrière la nécessité de préserver « l’intégrité de l’enquête » dont les motifs restent encore flous. La Maison-Blanche a assuré n’avoir « aucune connaissance » de cette investigation. Toujours est-il que l’administration est « sous le feu » des critiques, constatait mardi le gros titre du journal USA Today. (…) Les services fiscaux américains (IRS) ont affirmé vendredi avoir ciblé environ 75 groupes proches de la mouvance conservatrice et anti-impôts du Tea Party. Lois Lerner, une responsable du fisc américain, a expliqué que des groupes comportant les mots « Tea Party » et « patriote » avaient été sélectionnés par les fonctionnaires d’une cellule centralisatrice à Cincinnati pour un examen approfondi, selon plusieurs médias. Les républicains ont bondi sur l’affaire et parlent déjà de scandale politique. « L’admission par l’administration Obama que le fisc a ciblé des opposants politiques fait écho à certains des abus de pouvoir les plus honteux de l’histoire américaine du 20e siècle », a déclaré John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants. Des enquêtes parlementaires vont être lancées au Congrès, y compris au Sénat, contrôlé par les alliés de Barack Obama. Certains conservateurs, élus ou éditorialistes, n’hésitent plus à évoquer ouvertement le fantôme du scandale du « Watergate » qui avait coûté sa présidence à Richard Nixon en 1974. Une enquête a été ouverte pour déterminer si l’administration fiscale américaine avait enfreint la loi, a annoncé mardi le ministre de la Justice, Eric Holder. Europe 1 (15 mai 2013)
The Guardian has learned that the FBI applied for a warrant from the foreign intelligence surveillance (FISA) court over the summer in order to monitor four members of the Trump team suspected of irregular contacts with Russian officials. The FISA court turned down the application asking FBI counter-intelligence investigators to narrow its focus. According to one report, the FBI was finally granted a warrant in October, but that has not been confirmed, and it is not clear whether any warrant led to a full investigation. The Guardian
With only days until Donald Trump takes office, the Obama administration on Thursday announced new rules that will let the NSA share vast amounts of private data gathered without warrant, court orders or congressional authorization with 16 other agencies, including the FBI, the Drug Enforcement Agency, and the Department of Homeland Security. The Intercept
Only days before the inauguration, President Obama also signed an executive order that allows the National Security Agency to share raw intercepts and data with the 16 other agencies in the intelligence community. NSA analysts used to filter out irrelevant information and minimize references to Americans. Now such material is being leaked anonymously. The Wall Street Journal
What you see in these leaks—David Ignatius of The Washington Post and others—are the intelligence agencies being manipulated by the left to destroy the Trump presidency and everybody around him. (…) The people that report on national intelligence at all the networks, including Fox—and I love Fox News—are scared of taking on the intelligence agencies because their sources will be cut off and they won’t have a profession anymore. Larry Klayman (Freedom Watch)
Les experts politiques ne sont pas un groupe très diversifié et ont tendance à accorder beaucoup de confiance aux opinions de leurs confrères et des autres membres de l’establishment politique. Une fois établi, le consensus tend à se renforcer jusqu’à et à moins que ne viennent l’interrompre des preuves absolument irréfutables. Les médias sociaux, Twitter en particulier, ne peuvent qu’aggraver encore le phénomène de pensée de groupe jusqu’à la création d’une véritable chambre d’écho. (…) Depuis au moins l’époque des « Boys on the bus, » le journalisme politique souffre d’une mentalité de meute. Les événements tels que les conventions et les débats rassemblent dans la même salle des milliers de journalistes; il suffit d’assister à l’un de ces événements pour presque littéralement sentir la nouvelle doxa se fabriquer en temps réel.  Nate Silver
Political experts aren’t a very diverse group and tend to place a lot of faith in the opinions of other experts and other members of the political establishment. Once a consensus view is established, it tends to reinforce itself until and unless there’s very compelling evidence for the contrary position. Social media, especially Twitter, can amplify the groupthink further. It can be an echo chamber. James Surowiecki’s book “The Wisdom of Crowds” argues that crowds usually make good predictions when they satisfy these four conditions: Diversity of opinion. “Each person should have private information, even if it’s just an eccentric interpretation of the known facts.” Independence. “People’s opinions are not determined by the opinions of those around them.” Decentralization. “People are able to specialize and draw on local knowledge.” Aggregation. “Some mechanism exists for turning private judgments into a collective decision.” Political journalism scores highly on the fourth condition, aggregation. While Surowiecki usually has something like a financial or betting market in mind when he refers to “aggregation,” the broader idea is that there’s some way for individuals to exchange their opinions instead of keeping them to themselves. And my gosh, do political journalists have a lot of ways to share their opinions with one another, whether through their columns, at major events such as the political conventions or, especially, through Twitter. But those other three conditions? Political journalism fails miserably along those dimensions. Diversity of opinion? For starters, American newsrooms are not very diverse along racial or gender lines, and it’s not clear the situation is improving much. And in a country where educational attainment is an increasingly important predictor of cultural and political behavior, some 92 percent of journalists have college degrees. A degree didn’t used to be a de facto prerequisite for a reporting job; just 70 percent of journalists had college degrees in 1982 and only 58 percent did in 1971. The political diversity of journalists is not very strong, either. As of 2013, only 7 percent of them identified as Republicans (although only 28 percent called themselves Democrats with the majority saying they were independents). And although it’s not a perfect approximation — in most newsrooms, the people who issue endorsements are not the same as the ones who do reporting — there’s reason to think that the industry was particularly out of sync with Trump. Of the major newspapers that endorsed either Clinton or Trump, only 3 percent (2 of 59) endorsed Trump. By comparison, 46 percent of newspapers to endorse either Barack Obama or Mitt Romney endorsed Romney in 2012. Furthermore, as the media has become less representative of right-of-center views — and as conservatives have rebelled against the political establishment — there’s been an increasing and perhaps self-reinforcing cleavage between conservative news and opinion outlets such as Breitbart and the rest of the media. Although it’s harder to measure, I’d also argue that there’s a lack of diversity when it comes to skill sets and methods of thinking in political journalism. Publications such as Buzzfeed or (the now defunct) Gawker.com get a lot of shade from traditional journalists when they do things that challenge conventional journalistic paradigms. But a lot of traditional journalistic practices are done by rote or out of habit, such as routinely granting anonymity to staffers to discuss campaign strategy even when there isn’t much journalistic merit in it. Meanwhile, speaking from personal experience, I’ve found the reception of “data journalists” by traditional journalists to be unfriendly, although there have been exceptions. Independence? This is just as much of a problem. Crowds can be wise when people do a lot of thinking for themselves before coming together to exchange their views. But since at least the days of “The Boys on the Bus,” political journalism has suffered from a pack mentality. Events such as conventions and debates literally gather thousands of journalists together in the same room; attend one of these events, and you can almost smell the conventional wisdom being manufactured in real time. (Consider how a consensus formed that Romney won the first debate in 2012 when it had barely even started, for instance.) Social media — Twitter in particular — can amplify these information cascades, with a single tweet receiving hundreds of thousands of impressions and shaping the way entire issues are framed. As a result, it can be largely arbitrary which storylines gain traction and which ones don’t. What seems like a multiplicity of perspectives might just be one or two, duplicated many times over. Decentralization? Surowiecki writes about the benefit of local knowledge, but the political news industry has become increasingly consolidated in Washington and New York as local newspapers have suffered from a decade-long contraction. That doesn’t necessarily mean local reporters in Wisconsin or Michigan or Ohio should have picked up Trumpian vibrations on the ground in contradiction to the polls. But as we’ve argued, national reporters often flew into these states with pre-baked narratives — for instance, that they were “decreasingly representative of contemporary America” — and fit the facts to suit them, neglecting their importance to the Electoral College. A more geographically decentralized reporting pool might have asked more questions about why Clinton wasn’t campaigning in Wisconsin, for instance, or why it wasn’t more of a problem for her that she was struggling in polls of traditional bellwethers such as Ohio and Iowa. If local newspapers had been healthier economically, they might also have commissioned more high-quality state polls; the lack of good polling was a problem in Michigan and Wisconsin especially. There was once a notion that whatever challenges the internet created for journalism’s business model, it might at least lead readers to a more geographically and philosophically diverse array of perspectives. But it’s not clear that’s happening, either. Instead, based on data from the news aggregation site Memeorandum, the top news sources (such as the Times, The Washington Post and Politico) have earned progressively more influence over the past decade: The share of total exposure for the top five news sources climbed from roughly 25 percent a decade ago to around 35 percent last year, and has spiked to above 40 percent so far in 2017. While not a perfect measure, this is one sign the digital age hasn’t necessarily democratized the news media. Instead, the most notable difference in Memeorandum sources between 2007 and 2017 is the decline of independent blogs; many of the most popular ones from the late ’aughts either folded or (like FiveThirtyEight) were bought by larger news organizations. Thus, blogs and local newspapers — two of the better checks on Northeast Corridor conventional wisdom run amok — have both had less of a say in the conversation. All things considered, then, the conditions of political journalism are poor for crowd wisdom and ripe for groupthink. Likewise, improving diversity is liable to be a challenge, especially because the sort of diversity that Surowiecki is concerned with will require making improvements on multiple fronts (demographic diversity, political diversity, diversity of skill sets). Still, the research Surowiecki cites is emphatic that there are diminishing returns to having too many of the same types of people in small groups or organizations. Teams that consist entirely of high-IQ people may underperform groups that contain a mix of high-IQ and medium-IQ participants, for example, because the high-IQ people are likely to have redundant strengths and similar blind spots. That leaves independence. In some ways the best hope for a short-term fix might come from an attitudinal adjustment: Journalists should recalibrate themselves to be more skeptical of the consensus of their peers. That’s because a position that seems to have deep backing from the evidence may really just be a reflection from the echo chamber. You should be looking toward how much evidence there is for a particular position as opposed to how many people hold that position: Having 20 independent pieces of evidence that mostly point in the same direction might indeed reflect a powerful consensus, while having 20 like-minded people citing the same warmed-over evidence is much less powerful. Obviously this can be taken too far and in most fields, it’s foolish (and annoying) to constantly doubt the market or consensus view. But in a case like politics where the conventional wisdom can congeal so quickly — and yet has so often been wrong — a certain amount of contrarianism can go a long way. Nate Silver
La presse accréditée à la Maison-Blanche est-elle victime du syndrome de Stockholm? Dans un livre devenu un classique du reportage politique américain, The Boys on the Bus, le reporter de Rolling Stone Timothy Crouse comparait en 1973 le convoi de la presse présidentielle sous Nixon à «un affreux petit camp de prisonniers de guerre, le chouchou du commandant, un officier débutant bien dressé et trop zélé, persécutant les prisonniers, étudiant leurs failles, récompensant leurs échecs, les punissant pour leurs succès et les encourageant à se dénoncer mutuellement». Jean-Marie Pottier
Sarkozy avait compris une chose : il ne pouvait pas se passer des médias et réciproquement, donc c’était du donnant-donnant (…) On voyait arriver un type jeune, dynamique, décomplexé – Macron me le rappelle. Il sait que, de toute façon, ça sera payant : les journalistes sont demandeurs et lui, cela l’humanise. En affichant cette jeunesse, ce charme, il ringardise une partie de la classe politique. Saïd Mahrane (Le Point)
En trustant les couves de magazines, Emmanuel Macron est devenu un phénomène médiatique. Sa jeunesse, son ambition, son couple ringardisent une partie de la classe politique. Mais cette stratégie de com sera-t-elle payante ? Il y avait la série des Martine, il y a maintenant celle des Macron. Macron en vacances exclusives à la plage, en minishort bleu, certes, mais “avant l’offensive” parce que bon, voilà, il ne faut pas déconner. Macron et Brigitte, ensemble, sur la route du pouvoir. Macron qui “dévoile enfin son programme” (mais pas trop quand même). Macron “la bombe”, “le coup de poker” ou encore “le dynamiteur”, quand il n’est pas une “fusée” ou “le plus chabadabada (!) des ministres”. Impossible d’y échapper : L’Express, L’Obs, Paris Match, VSD ou encore Closer et Public – sans compter les quotidiens – offrent régulièrement leur “une” au candidat d’En marche !, parfois avec Brigitte Macron, sa femme. (…) La réponse tient en deux points. D’abord, hormis sa vision politique, sa personnalité intrigue, agace, fascine. Ensuite, à l’heure où les ventes de journaux plongent, il est bankable. Pour Marc Dolisi, rédacteur en chef de VSD, si Macron est au cœur de l’attention, “c’est parce qu’il est le seul homme politique qui intéresse autant les gens du point de vue public mais aussi privé”. Outre sa personne, c’est son couple qui ferait de lui un individu dont les amours passionnent autant que celles d’une star du show-biz – qu’il fréquente d’ailleurs, en témoigne une photo de lui à l’anniversaire de Line Renaud, postée par Laeticia Hallyday, excusez du peu. (…) Mettre les Macron à la une de VSD, c’est augmenter les ventes de 10 000 exemplaires, par rapport à un autre politique, même s’“il fait quand même moins vendre qu’une Sophie Marceau ou un Jean-Jacques Goldman”. Du côté de Paris Match, même discours. Bruno Jeudy, rédacteur en chef politique : “C’est un couple de pouvoir, qui énerve, qui est apprécié. Peu importe au fond, ils intéressent.” L’hebdo fut le premier à leur consacrer sa une. C’était en avril 2016, et malgré des critiques pour ce que certains avaient considéré comme de l’impudeur – des photos personnelles du couple y figuraient –, les ventes furent excellentes : “On l’a vendu à environ 300 000 exemplaires, hors abonnés. On a même manqué de papier pour plusieurs kiosques – selon nos services commerciaux, on aurait raté plusieurs milliers de ventes.” Le candidat avait assuré peu après : “Mon couple, ce n’est pas une stratégie de l’exposer, c’est sans doute une maladresse. Je l’assume pleinement. Ce n’est pas une stratégie que l’on reproduira.” On connaît la suite, Emmanuel Macron réapparaissant plusieurs fois depuis avec sa compagne dans les pages de Match. (…) Christophe Barbier, ancien directeur de la rédaction de L’Express – qui, pour sa nouvelle formule en mars 2016, avait mis Macron à l’honneur, et permis à l’hebdo de doubler ses ventes –, reconnaît lui aussi “une vraie curiosité pour le phénomène Macron” (…) D’autant qu’il profiterait du fait qu’“autour de lui, tout s’effondre : on n’aurait pas le même intérêt pour lui si Sarkozy ou Hollande étaient dans la course”. (…) L’ombre de Sarkozy n’est jamais bien loin quand il s’agit d’évoquer la relation de Macron aux médias, people notamment. Pour Saïd Mahrane, rédacteur en chef du Point, le candidat d’En marche ! adopterait le même genre de stratégie médiatique que l’ancien Président en 2007. “Sarkozy avait compris une chose : il ne pouvait pas se passer des médias et réciproquement, donc c’était du donnant-donnant (…) Marc Dolisi ne dit pas le contraire en évoquant “le couple politique le plus intelligent du point de vue de l’image. Neuf ans après Sarkozy et la peopolisation qu’il a imposée, ils savent qu’ils peuvent en tirer profit et que cela peut toucher le grand public”. Le journaliste en veut pour preuve “certaines photos prises par des paparazzis” pour VSD, sans que les Macron ne les attaquent en justice : “Ils auraient pu. Mais ils savent très bien qu’ils sont photographiés. Ils laissent faire.” Cette filiation éditoriale augure-t-elle pour l’homme le plus à droite de la gauche un avenir présidentiel ? Les Inrocks (28/02/2017)
Ce dont est victime François Fillon, c’est d’un système qui a été mis en place depuis des années au Parlement et qui consiste à rémunérer ou à accorder des compléments de rémunération aux parlementaires à travers le système des collaborateurs. Patrick Stefanini (ancien directeur de campagne de Fillon)
Il décrit quelque chose qui est bien ce qu’il a dit, pas spécialement pour Fillon. Mais quand vous avez l’indemnité du parlementaire plus la rémunération du collaborateur qui atterrit dans le même ménage et assez largement sur le même compte en banque…Je vais dire quelque chose qui n’est pas politiquement correct du tout, qui a été abordée maladroitement par Alain Minc ou Henri Guaino: y a-t-il une question sur le niveau de la rémunération des parlementaires en France? La réponse est oui! Je le pense, et je le dis! C’est très difficile à expliquer mais ce salaire, qui est confortable, met les parlementaires français parmi les moins payés en Europe, je le dis. Hervé Mariton
Quand payera-t-on décemment le métier politique? (…) Non ce n’est pas assez compte tenu des contraintes. Je pense qu’il faudrait indexer la rémunération des parlementaires sur celle des plus hauts fonctionnaires. C’est de l’ordre de 10.000 euros. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un qui est là pour faire la loi est moins payé que quelqu’un qui est payé pour appliquer la loi. Alain Minc
Il a existé un système, ou une absence de contrôles, c’est vrai, jusqu’à il y a quelques années à l’Assemblée nationale, puisque le système de gestion était différent au Sénat, et notamment pour les collaborateurs familiaux.. Il y avait la capacité, jusqu’à une somme dont je n’ai pas le chiffre en mémoire, de récupérer le solde de crédit qui était affecté aux collaborateurs, puisqu’il n’était pas géré, comme au Sénat par une association. Ce système, il y a été mis fin à l’Assemblée nationale. C’est d’ailleurs à la fois Bernard Accoyer et Claude Bartolone qui me l’ont expliqué. Gérard Larcher

Soyons sérieux, si on veut régler le problème de la corruption, un député a besoin de 9 000 euros net par mois. La première chose à faire, c’est d’interdire aux parlementaires toute autre fonction que la leur. Donc impossible pour un député ou un sénateur d’exercer une profession, de diriger une boîte de conseil, sauf à travailler à titre gratuit. Je pense, par exemple, aux médecins qui pourraient continuer à opérer pour ne pas perdre la main. Mais, dans ce cas, ils ne seraient pas payés. (…) Quand on aura fait ça, alors on pourra proposer d’allouer une rémunération de 9 000 euros net aux parlementaires et une enveloppe de 3 000 euros mensuel de frais divers. C’est le montant que nous avions estimé il y a quelques années quand on s’était penché sur la question.
Julien Dray
Les députés disposent d’une enveloppe mensuelle de 9 561 euros destinée à rémunérer de 1 à 5 assistants. La répartition et l’usage de cette somme sont à discrétion de chaque député. Avant le 1er janvier 2013, comme l’indique le site de l’Assemblée Nationale, les députés pouvaient effectivement conserver les montants non dépensés, dans la limite d’un plafond de 5958 euros par an. Soit moins de 6% de l’enveloppe, relève Le Monde. Reste la question de l’enrichissement personnel par proximité familiale de l’employeur et de son assistant. La pratique existe, bien qu’elle soit contrôlée. Le règlement, mis à jour en 2011, indique que la rémunération d’un emploi familial ne peut pas excéder la moitié de l’enveloppe annuelle du député. La France n’est en effet pas en tête des pays où les parlementaires sont les mieux payés: elle se classe au neuvième rang en Europe, si l’on se reporte au comparatif dressé en décembre 2016 par le site d’information irlandais The Journal. Avec un salaire de base de 85 713 euros bruts par an pour les députés du Palais Bourbon, la France est largement derrière le trio de tête composé par l’Italie (125 220 euros), l’Autriche (121 608 euros) et l’Allemagne (108 984 euros). Tout en bas du classement on retrouve la Roumanie et la Bulgarie, dont les parlementaires gagnent autour de 20 000 euros bruts par an.  Le Figaro  
L’ouvrage-choc de Christian Chesnot et Georges Malbrunot sur les liens ambigus entre certains politiques français et les richissimes monarchies du Golfe persique fait des vagues. Des personnalités ont contacté, en vain, l’ambassade du Qatar à Paris pour que celle-ci démente les accusations contenues dans le livre. Le secrétaire d’Etat Jean-Marie Le Guen et la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet sont les seuls, jusqu’ici, à avoir déposé plainte pour diffamation contre les auteurs du livre « Nos très chers émirs » (ed. Michel Lafon). Ils font partie des personnalités -de droite comme de gauche- épinglées par Christian Chesnot et Georges Malbrunot qui les accusent d’avoir profité des largesses de l’ambassade du Qatar à Paris. Dans leur liste non exhaustive, les deux grand reporters, ex-otages en Irak, désignent aussi Rachida Dati, le député socialiste du Pas-de-Calais Nicolas Bays ou Dominique de Villepin, qui exigeait de voyager en « First ». «De 2007 à 2013, à l’époque de l’ancien ambassadeur Al-Kuwari, la représentation qatarie en France était devenue la boutique du Père Noël », affirment les auteurs. Cette générosité a été bien mal récompensée. Le petit émirat supporte mal le « Qatar bashing », sa mise en cause dans le financement du terrorisme islamiste, y compris par des politiques français. Le filon va se tarir avec l’avènement du jeune émir Tamin qui a ordonné au nouvel ambassadeur Meshal de mettre un terme à cette politique des « petits cadeaux ». Aujourd’hui, le Qatar cherche à redorer son blason et « le distributeur à billets de 500 euros » est fermé. Dès sa publication, l’enquête de Chesnot et Malbrunot a mis en effervescence le petit monde des « amis » français de l’émirat qui pleurent leur mise à l’écart et la diète qui s’en est suivie. Le lendemain de la sortie du livre, le 21 octobre, l’ex-ministre Rachida Dati a envoyé deux émissaires à l’ambassade du Qatar qui ont exigé d’être reçus par l’ambassadeur Meshal. (…) Du côté de Jean-Marie Le Guen, c’est un proche qui a contacté l’ambassade qatarie à Paris avec en substance ce message: « Ce n’est pas bien de balancer auprès de la presse. Après cela, la France va lâcher le Qatar quand il y aura des accusations contre le terrorisme. On ne vous soutiendra plus ». (…) «Entre les partis politiques, c’est l’omerta, confie un parlementaire. Des gens de droite et d’autres de gauche sont mouillés. Il y a un intérêt commun à étouffer l’affaire. » Seul le député non inscrit Nicolas Dupont-Aignan a réclamé la création d’une commission d’enquête à l’Assemblée, tout en reconnaissant qu’il y avait peu de chance qu’elle aboutisse. Le député-maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromentin a posé pour sa part une question écrite au Premier ministre Manuel Valls. Depuis sa rupture avec l’UDI, il figure également parmi les indépendants à l’Assemblée. Quant au nouveau Parquet national financier, chargé de lutter contre la fraude et la corruption, il ne s’est encore saisi des graves accusations lancées par les deux journalistes. Paris Match
Venez, on enfonce un violon dans le cul de madame Valls. Medhi Meklat  (octobre 2012, sept mois après les meurtres de Merah)
Venez, on fait un autodafé du Nouvel Obs avec leur dossier “antisémite” de merde. Medhi Meklat (décembre 2002)
Cette génération qui vit sur Internet (…) et s’autorise les pires dérapages idéologiques sous prétexte qu’ils sont libres. Medhi Meklat (Minute)
J’espère qu’on m’accordera le crédit de la fiction,explique-t-il. Ce personnage [de Marcelin Deschamps] n’a pu exister que sur Twitter parce que c’était justement l’endroit de la fiction. (…) C’était un travail littéraire, artistique, on peut parler de travail sur l’horreur, en fait. Mehdi Meklat
Sur France Inter, ils ont longtemps relayé la voix des oubliés des banlieues. Dix ans après les émeutes de Clichy-sous-Bois, les jeunes reporters du Bondy Blog nous bousculent par leur ton libre et combatif. Ils sont les invités de “Télérama” cette semaine. Télérama
Mise à jour : Que savions nous des tweets de Mehdi Meklat lorsque nous l’avons interviewé, avec son compère Badroudine, en octobre 2015 ? En aucun cas, nous n’avions eu connaissance de ses messages antisémites, homophobes et racistes, récemment ressurgis des tréfonds de Twitter. Sinon, nous ne l’aurions pas cautionné. Cela va sans dire. Alors pourquoi le préciser ? Parce qu’au regard de ce qu’on sait aujourd’hui, une remarque, publiée dans cet entretien vieux d’un an et demi, prête malheureusement à confusion : « vous participez au bruit ambiant, disions-nous, en publiant sur Twitter des blagues parfois limites »… Sous le pseudonyme de Marcelin Deschamps, Mehdi Meklat postait en effet des plaisanteries en cascade. Beaucoup étaient très drôles, mais d’autres étaient lestées d’une provocation aux franges de l’agressivité, ou d’une pointe de misogynie potache. C’est à cela que nous faisions allusion en parlant de « blagues limite ». A rien d’autre. Avons-nous à l’époque manqué de prudence ? Nous aurions pu passer des heures, voire des jours, à fouiller parmi ses dizaines de milliers de tweets déjà publiés, afin de vérifier qu’il ne s’y trouvait rien d’inacceptable. Mais pourquoi l’aurions-nous fait ? Tout, alors, dans sa production professionnelle (chroniques radio, documentaire, livre), témoignait au contraire d’un esprit d’ouverture qui nous a touchés. En octobre 2015, à nos yeux, Mehdi Meklat n’était absolument pas suspect d’intolérance. Découvrir aujourd’hui ses tweets haineux fut un choc pour nombre de nos lecteurs. Pour nous aussi. Ils sont aux antipodes des valeurs que Télérama défend numéro après numéro, depuis plus de soixante ans. Télérama
Beaucoup de choses ont déjà été dites sur Mehdi Meklat, écrivain talentueux de 24 ans, « issu des cités », promu et encensé depuis 2012 par la presse culturelle unanime sur son talent littéraire et qui abreuvait Twitter de sentences ultraviolentes à caractère antisémite, homophobe, misogyne. Il appelait également à des agressions physiques contre certaines personnalités et fit l’apologie du génocide nazi et du terrorisme, le tout sous couvert d’un pseudonyme (« Marcelin Deschamps ») connu de tous ceux qui continuaient de le soutenir. Cela dans la période où le pays subissait l’assassinat de militaires et d’enfants juifs, les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes et la Belgique la tuerie du Musée juif de Bruxelles. Citons quelques-uns de ces Tweet pour prendre la mesure de ce que cela signifie. « Venez, on enfonce un violon dans le cul de madame Valls », écrivait-il en octobre 2012 (sept mois après les meurtres de Merah), quand « madame Valls », de confession juive, passait pour« influencer » les positions de son mari sur la laïcité.« Venez, on fait un autodafé du Nouvel Obs avec leur dossier “antisémite” de merde »,trouve-t-on en décembre de la même année. (…) Les réseaux ­sociaux ont fait le relais. En d’autres ­termes, sans ces nouveaux médias, l’omerta serait restée entière. La faillite morale et professionnelle journalistique est totale. La question qui se pose est celle-ci : où, exactement, se trouve le vrai scandale ? Tâchons de raisonner de façon littéraire. Ouvrons Minute. Le livre imagine plusieurs personnages issus de classes sociales diverses dans la minute précédant l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir. Il commence ainsi : « A quoi devaient servir les écrivains ? A apporter du temps et du style. Le temps était effréné, tellement présent dans nos vies ordinaires qu’il en devenait absent, dissous. » Le personnage s’exprimant de cette façon, « l’Ecrivain », n’est pas sans évoquer Renaud Camus (et parfois Houellebecq), dans la mesure où il a été au centre d’un scandale littéraire et est membre du Front national. Plus tard dans le livre, il croise « deux jeunes romanciers », Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, lesquels le jugent « raciste », tandis que lui ne voit en eux que les représentants « d’une génération qui vit sur Internet et s’autorise les pires dérapages ». Dans la réalité, bien sûr, tous ont raison. Plus troublant encore, c’est par un ­raisonnement fort proche de celui de Renaud Camus autrefois que Meklat a tenté de justifier ses Tweet, notamment dans l’interview donnée au site de Télérama dans les jours suivant le scandale. Marc Weizman
Ce qui m’a frappé dans les débats des dernières années, c’est la difficulté avec lesquels ils sont parvenus à émerger. Car les plus importants d’entre eux portent précisément sur les sujets dont le «Parti des médias» – pour reprendre l’expression créée par Marcel Gauchet – tente d’empêcher l’évocation… Il y a comme ça, à chaque époque, des problèmes vitaux qui forment comme un angle mort du débat public. Ce sont précisément ceux qui vont décider de l’avenir. En 1936, après la remilitarisation de Rhénanie par Hitler, dans la plupart des médias français, il était presque impossible d’évoquer la perspective d’une guerre avec l’Allemagne. Tous les gens de bien étaient furieusement pacifistes… On trouverait bien un terrain d’entente avec le chancelier allemand, disaient-ils. Mais dans les cafés et les salons, on ne parlait que de ça. Aujourd’hui, l’histoire est à nouveau en phase d’accélération brutale et le défi qui nous est lancé par l’islamisme politique, entré en phase de conquête du monde, est redoutable. Mais le Parti des médias, aveuglé par ses bons sentiments, préfère nous abreuver de petites nouvelles insignifiantes, d’une part, de ses grandes indignations, de l’autre. (…) comment ne pas voir que le rassemblement de quelques milliers de bobos place de la République, prétendant proposer une réalité radicalement alternative, a été monté en mayonnaise afin de gommer les 4 millions de Français, descendus spontanément dans les rues pour protester contre les attentats islamistes de janvier? Pour ne prendre que cet exemple. De la même façon, chaque fois que le discours lénifiant sur le «vivre-ensemble» est contredit par des faits, ceux-ci font l’objet d’un remontage. Combien d’attentats islamistes ont été requalifiés en «actes commis par un déséquilibré»? Ou alors, on organise à la hâte une diversion. (…) Sur tous les plans, on se rapproche de la vérité en marchant en crabe. Ça ne facilite pas le règlement des problèmes. Prenez l’économie. Il y a cinq ans, le débat portait sur les délocalisations: nos problèmes venaient de l’étranger, qui ne respectait pas nos règles, qui prétendait réussir en ne faisant pas comme nous. La Chine, voire l’Allemagne nous faisaient une concurrence déloyale. À partir d’un certain moment, on a commencé à s’inquiéter de la désindustrialisation. C’était approcher du vrai problème, celui du manque de compétitivité de notre appareil productif. Encore quelques mois, et on a commencé à réaliser que nos entreprises supportaient des charges disproportionnées par rapport à celles de leurs concurrentes et qu’il convenait donc de les alléger, après les avoir augmentées. Mais c’est justement l’un des sujets dont le Parti des médias ne veut pas entendre parler, comme du déficit budgétaire et de l’endettement. Pour ces aveuglés, l’absence de croissance française, le niveau extravagant du chômage n’ont qu’une seule cause: «l’austérité»… Mais si l’austérité, c’est un niveau de dépense publique inouï, qui absorbe 57,5 % de tout ce que produit le pays, le plus fort taux de prélèvement obligatoire d’Europe, et une dette publique de 100 % du PIB, alors je demande comment on va qualifier l’économie allemande… Un État dont le budget est équilibré et qui, étrangement, a un taux de chômage deux fois inférieur au nôtre. Encore une fois, pour prendre un exemple. Mais dans tous les domaines, c’est la même danse du ventre: on approche de la vérité en tournant autour, plutôt que d’affronter franchement nos problèmes. (…) Ayant vécu une partie de mon adolescence au Liban, repris des études à Oxford à 42 ans, enseigné trois ans en Pologne, beaucoup bourlingué en Europe, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, j’avais fait mienne l’idée d’Attali selon laquelle les nations étaient en train de devenir des hôtels où l’on pose provisoirement ses valises, en prenant pour critère le rapport qualité/prix. En s’attaquant aux Juifs, comme l’ont fait Merah et Coulibaly, à un symbole de l’esprit de ma génération, comme Charlie, les infiltrés du djihad, cette cinquième colonne islamiste, m’ont «rendu la France», comme disait Aragon. Poète communiste, il a tourné patriote lors de l’occupation, après avoir longtemps conspué le drapeau et la Marseillaise. Je me suis senti visé personnellement par les fous de Dieu. (…) Lorsque j’ai vu la formidable réaction, spontanée, de la population, opposant 4 millions de poitrines aux tueurs, semblant dire: «nous sommes bien trop nombreux, vous ne pourrez pas nous tuer tous», je me suis senti conforté dans l’idée qu’il fallait défendre le vieux pays menacé. Mais il faut en être conscient: il va devenir de plus en plus dangereux de vivre dans un pays qui refuse le chantage des islamistes: soumettez-vous ou bien vous mourrez. C’est une raison supplémentaire de rester: tenter de renforcer le camp de la résistance. Et non leur abandonner le terrain. Ne pas collaborer lâchement, comme la dernière fois… (…) L’hégémonie intellectuelle est toujours détenue par «presse qui pense», même si elle a de moins en moins de lecteurs: Télérama, Les Inrocks, Le Nouvel Obs, Libé, etc. C’est elle qui donne le ton, décerne des brevets et censure ce qu’ils appellent les «dérapages». Ces contestataires professionnels sont étonnés et furieux d’être à leur tour contestés. C’est que l’espèce de bouillie intellectuelle, ce néo-marxisme rudimentaire à base de slogans creux qui leur sert de pensée s’est fracassé sur la réalité sociale. Souvent demeurés intellectuellement dans les années 1960/70 (Derrida, Foucault, etc.), ils s’acharnent à «transgresser», à «renverser des tabous», alors qu’il n’y a plus, en face, que le vide. Ils rejouent éternellement la scène originelle de 68, alors qu’on a radicalement changé d’époque. C’est pourquoi les gens qui pensent juste ont opéré, depuis le début de notre XXI° siècle, ce retour à Camus, à Arendt, à Orwell – qui n’étaient certes pas des penseurs «réactionnaires». «Empêcher que le monde ne se défasse», comme disait Camus. Et ne pas pousser la tolérance à l’absurde, en prétendant tolérer la barbarie. Ne pas justifier l’inacceptable au nom du relativisme des valeurs. (…) lorsque je me retrouve devant mon ordinateur, avec un article à écrire, je pense: comment Christopher Hitchens tournerait-il ça? Orwellien lui aussi, «Hitch» savait comme personne mettre le doigt sur l’hypocrisie, la mauvaise foi, le double standard moral. Et c’était un esprit absolument libre. Un véritable voltairien de la fin du XX° siècle. Il n’a aucun équivalent en français, mais quelques héritiers en Angleterre, comme Nick Cohen. (…) «Le socialisme, c’est quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres», a écrit Carlo Rosselli, l’un des théoriciens du libéralisme de gauche, assassiné en France par les sbires de Mussolini. Je pense que la véritable lutte des classes n’oppose pas tant les salariés aux entrepreneurs que les insiders du système aux exclus, les détenteurs de rentes à ceux qui sont prêts à emprunter l’escalier de service lorsque l’ascenseur social est en panne. La «défense des avantages acquis» est un mot d’ordre qui profite aux planqués. Tony Blair disait: «ce qui est social, c’est ce qui crée des emplois». Il avait raison. Notre système a fait le choix implicite du chômage de masse. C’est une calamité. Non seulement, le chômage détruit des vies, mais il rend des millions de personnes dépendantes de l’État pour leur survie. Il bloque toute ambition, il étouffe cette «étincelle vivante» que les hommes portent en eux et qui, selon Goethe, «se recouvre de la cendre toujours plus épaisse des nécessités quotidiennes si elle cesse d’être alimentée. » (…) je croyais que l’Europe pouvait devenir une puissance capable, en alliance avec les États-Unis et les autres démocraties, de rivaliser avec les grandes puissances émergentes. Que nous pourrions contribuer à définir un ordre du monde basé sur le droit international, la souveraineté des peuples, la démocratie, les droits de l’homme… Encore aurait-il fallu que les dirigeants européens assument notre héritage. Qu’ils n’aient pas honte d’être européens. Or, ils ont agi comme s’il fallait se débarrasser de notre culture. Comme si notre formidable héritage les encombrait. Le continent qui a donné au monde Leonard de Vinci, Cervantes, Shakespeare, Rembrandt, Racine, Mozart, Goethe, Hugo, Proust, Pessoa, Chaplin, Milosz… illustre ses billets de banques avec des ponts et des fenêtres. Pour ne froisser personne, paraît-il. Entre l’arrogance et la haine de soi, il devrait exister une position moyenne. Quand je suis rentré de Pologne, je suis allé voir la rédactrice en chef d’un magazine consacré à l’Europe avec des projets d’article sur l’apport de la culture centre-européenne à l’identité européenne. «Moi, ce qui m’intéresse dans l’Europe, c’est l’Autre», m’a-t-elle dit. Allez demander aux Chinois, aux Indiens ou aux Turcs, si c’est «l’Autre» qui les intéresse prioritairement! (…) Cette Union européenne, qui refuse d’être une puissance politique, est prise en tenailles. Elle est coincée entre l’islamisme qui se rapproche de nous par la Turquie et risque de nous entraîner dans le chaos proche-oriental et la contre-révolution culturelle tentée par Poutine, avec son rêve impérial post-soviétique. Cette UE, régie par le droit et le marché, purement procédurale et évitant toute décision politique, cette Europe-là est condamnée. Ses concepteurs ont cru à la possibilité d’un avion en pilotage automatique. Ça pouvait marcher par temps calme, mais aussitôt qu’est apparue une zone de turbulence, en 2008, la machine s’est enrayée. (…) Les dirigeants de l’UE ont refusé à l’Europe toute identité, toute substance, toute limite géographique: ils ont créé une coquille vide, un ensemble flou dans lesquels les citoyens ne reconnaissent pas. Comment s’étonner que ceux-ci se réfugient dans leurs États-nations. Au moins, pensent-ils, on en contrôle les dirigeants en les remplaçant lorsqu’ils prennent de mauvaises décisions. Et on peut en défendre les frontières, ce que l’UE refuse de faire, face à une crise migratoire qui va s’aggraver. Je le déplore, parce que nos petites nations en communauté de déclin ne font pas le poids face aux géants émergents. (…) Face à la complexité du monde, à ses métamorphoses difficiles à saisir, les gens se réfugient dans des explications simples. Cela a nourri les grandes idéologies du XX° siècle. Le fascisme, le marxisme, offraient des réponses simplettes à des questions compliquées. Mais il y a aussi quelque chose de positif dans ce que les élites baptisent «populisme»: les simples gens ont parfois une vision plus juste que des dirigeants vivant hors-sol, dans l’ignorance des vrais problèmes de la population. (…) Qui peut nier que les peuples du Moyen Orient aspirent, eux, à la démocratie? Les racistes nous répètent que les Arabes ne sont «pas mûrs», que leur société civile n’est pas assez émancipée, que l’islam constitue un facteur de blocage insurmontable. J’ai vibré à l’unisson des «révolutions arabes», qui rappellent tellement le Printemps des peuples européens de 1848. Je n’ignore pas leur échec, à peu près général, à l’exception de la Tunisie. On ne peut nier que l’islamisme, qui guette les occasions d’avancer ses pions et de contrôler les sociétés, a profité des libertés conquises. Là où il a cru son heure arrivée, comme en Egypte, il a provoqué la réaction des militaires. Mais les peuples n’ont pas dit leur dernier mot. Après 1848, nous avons eu aussi une sévère réaction en Europe. La liberté ne se conquiert pas en un jour. Mais qu’on ne vienne pas me dire qu’avec les despotes – Saddam Hussein, Kadhafi et Bachar el-Assad, Moubarak, nous vivions dans un monde «plus sûr». C’est l’inverse qui est vrai. Ces systèmes politiques, archi-corrompus et tyranniques, étaient tous au bout du rouleau. Dans le combat entre «réalpolitiques» cyniques et droits-de-l’hommistes, solidaires des peuples en lutte contre leurs tyrans, je persiste à choisir ces derniers. En ce qui concerne l’Irak et la Syrie, l’erreur politique, c’est Obama qui l’a commise. En retirant prématurément ses soldats d’Irak, à une époque où Daech comptait 200 combattants ; et en refusant de soutenir la rébellion démocratique contre al-Assad, ce qui a laissé le champ libre aux djihadistes, encouragés par le régime… Brice Couturier
« La tolérance devient un crime lorsqu’elle s’étend au mal », écrit Thomas Mann dans La Montagne magique. Meh­di Meklat n’a pas seulement été toléré, il a été porté au pinacle par les organes du gauchisme culturel. Ceux-ci l’avaient élevé au rang de chantre ­semi-officiel de la «  culture de banlieue  ». Soit, pour eux, un mélange de cynisme roublard et de vulgarité ; la banalisation de l’insulte et de la menace ; le sens du «  respect  » dû au plus fort, au plus menaçant, au plus dangereux ; le mépris des femmes et des faibles, la haine des homosexuels. Bref, le côté «  racaille  » dans lequel ces journalistes à faible niveau culturel imaginent reconnaître les héritiers de la bohème antibourgeoise d’antan. Et qui sait  ? Une nouvelle avant-garde pleine de promesses. Il y avait un créneau. De petits malins dotés d’un fort sens du marketing se sont engouffrés dans la brèche. Ils ont compris qu’il y avait des places à prendre dans les médias pour peu que l’on puisse étaler une origine outre-­méditerranéenne et que l’on se conforme aux stéréotypes construits par le gauchisme culturel : «  racaille  », mais politisé. De la gauche qu’il faut. Pas celle qui a hérité des Lumières le goût de la raison droite et du savoir qui émancipe. Non, la gauche branchouille qui a métamorphosé l’antiracisme en multiculturalisme ; l’indifférence envers les origines et les couleurs de peau en autant d’«  identités  » reposant étrangement sur des détails anatomiques ; l’émancipation envers les origines en assignations identitaires. Une gauche aussi into­lérante et violente que ce «  fascisme  » dont elle ne cesse de poursuivre le fantôme. (…) Depuis longtemps, un certain nombre d’intellectuels, comme Pierre-André Taguieff, Alain Finkielkraut ou Georges Bensoussan, tentent de mettre en garde contre un des aspects les plus exécrables de cette soi-disant «  culture de banlieue  » : le racisme, l’antisémitisme. Mais leurs voix étaient couvertes, leurs propos dénoncés, quand ils n’étaient pas traînés en justice, comme Bensoussan et Pascal Bruckner, pour avoir dit que le roi est nu. (…) Il est entendu que, en Europe, en France, le racisme ne saurait provenir que de la société d’accueil. Du côté de l’immigration, il est convenu qu’on en est indemne et qu’on «  lutte pour ses droits  ». En outre, la théorie de la «  convergence des luttes  » implique que les combats des femmes, des homosexuels et des minorités ethniques se recoupent et se conjuguent, sous la direction éclairée d’une extrême gauche qui a trouvé dans ces «  minorités  » son prolétariat de substitution. (…) Mehdi Meklat avait franchi à une vitesse accélérée tous les échelons de la notoriété médiatique : rond de serviette chez Pascale Clark à France Inter, couverture de Télérama avec son compère Badrou («  les révoltés du Bondy Blog  »), «  textes  » publiés aux éditions du Seuil, adoubement par Christiane Taubira, qui a accepté de poser en couverture des Inrocks avec les deux compères sans se renseigner plus avant sur eux. Cette carrière fulgurante vient de dérailler alors qu’elle semblait toucher au sommet. Invité à La Grande Librairie sur France 5, l’«  enfant prodigue de Bondy  » est démasqué pour ses dizaines de milliers de tweets. Le dessinateur Joann Sfar et la journaliste Eugénie Bastié ont lancé une alerte : le héraut de la culture de banlieue avait tweeté des milliers de messages injurieux, menaçants, antisémites. Sous un pseudonyme – Marcelin Deschamps, que bien des gens connaissaient –, il avait appelé à tuer Charb et la rédaction de Charlie Hebdo, à «  enfoncer un violon dans le cul de madame Valls  », à «  enfoncer des ampoules brûlantes dans le cul de Brigitte Bardot. Jusqu’à ce qu’elle vomisse du sang  ». Il appelait à «  casser les jambes  » d’Alain Finkiel­kraut. Ajoutant : «  J’opte pour l’effet béquille pour Finkielkraut, car ainsi il pourra être immobilisé et souffrir dans l’indifférence générale.  » Il a tweeté : «  Sarkozy = la synagogue = les juifs = shalom = oui, mon fils = l’argent.  » Et «  LES BLANCS VOUS DEVEZ MOURIR ASAP  » (pour as soon as possible – dès que possible). On en est là  ? Oui, on en est là. Lentement mais sûrement, le niveau de tolérance envers les intolérants avait monté. La cote d’alerte était atteinte et nous ne l’avions pas vue. Si l’affaire Meklat pouvait au moins servir d’avertissement… Comme on le sait de triste expérience, le sort réservé aux juifs, dans toutes les sociétés, est comparable à ces canaris que les mineurs emportaient dans les mines de charbon. Le canari succombe par asphyxie avant que les mineurs aient pris conscience de la présence de gaz dans la galerie. Lorsque, dans une société donnée, la vie, pour les juifs, devient difficile ou dangereuse, c’est qu’elle est malade et menacée. C’est pourquoi il faut refuser absolument la banalisation de l’anti­judaïsme. Brice Couturier

Attention: un effet de meute peut en cacher un autre !

A l’heure où derrière les cris d’orfraie qui ont suivi les allégations du président Trump concernant la surveillance de ses communications pendant sa campagne électorale …

De la part d’une administration qui en son temps – qui s’en souvient ? –  n’avait pas hésité à lancer le fisc sur ses ennemis ou faire écouter certains journalistes …

Se confirme, jour après jour et fuite après fuite, la véritable campagne de déstabilisation de la nouvelle administration américaine par la collusion des services secrets et de la presse …

Comment ne pas saluer le courageux mea culpa d’un des analystes électoraux les plus respectés pour le véritable accident industriel qu’a constitué pour la presse américaine aussi bien que pour ses collègues l’élection totalement imprévue de Donald Trump …

Alors que l’on redécouvre 40 ans après sa mise au jour par le fameux livre du journaliste de Rolling Stone Timothy Crouse sur le convoi de la presse présidentielle sous Nixon (The Boys on the Bus, 1974) …

Que la sorte de syndrome de Stockholm qu’avait alors généré, de bus en avions et d’un site de campagne à l’autre, leur cohabitation étroite et forcée a désormais fait place ….

A l’image de la fameuse chambre d’écho dont était si fier le conseiller à la sécurité d’Obama Ben Rhodes pour son tristement fameux accord sur le nucléaire iranien …

A une véritable mentalité de meute, renforcée tant par l’incroyable consanguinité de ses membres (pas plus de 7 % de Républicains déclarés) que par l’effet homogénéisant des médias sociaux et notamment Twitter ?

Mais comment aussi ne pas voir le parallèle de ce côté-ci de l’Atlantique …

Avec les longues semaines de véritable chasse à l’homme médiatico-judiciaire dont vient d’être victime, à quelques mois d’une élection présidentielle où la gauche était logiquement donnée perdante, le seul candidat crédible de la droite …

Doublée, comme il se doit, d’un emballement tout aussi massif pour son principal adversaire …

Qui n’est pas sans rappeler un autre emballement dont a si longtemps bénéficié jusqu’à sa découverte par une enseignante anonyme il y a un mois …

Le jeune blogueur aux tweets racistes, antisémites et homophobes Mehdi Meklat ?

Mehdi Meklat, l’enfant gâté du gauchisme culturel
Quels mécanismes peuvent expliquer l’ascension médiatique du jeune blogueur aux tweets racistes, antisémites et homophobes ? Enquête.
Brice Couturier*
Le Point
03/03/2017

« La tolérance devient un crime lorsqu’elle s’étend au mal », écrit Thomas Mann dans La Montagne magique. Meh­di Meklat n’a pas seulement été toléré, il a été porté au pinacle par les organes du gauchisme culturel. Ceux-ci l’avaient élevé au rang de chantre ­semi-officiel de la «  culture de banlieue  ». Soit, pour eux, un mélange de cynisme roublard et de vulgarité ; la banalisation de l’insulte et de la menace ; le sens du «  respect  » dû au plus fort, au plus menaçant, au plus dangereux ; le mépris des femmes et des faibles, la haine des homosexuels. Bref, le côté «  racaille  » dans lequel ces journalistes à faible niveau culturel imaginent reconnaître les héritiers de la bohème antibourgeoise d’antan. Et qui sait  ? Une nouvelle avant-garde pleine de promesses.

Il y avait un créneau. De petits malins dotés d’un fort sens du marketing se sont engouffrés dans la brèche. Ils ont compris qu’il y avait des places à prendre dans les médias pour peu que l’on puisse étaler une origine outre-­méditerranéenne et que l’on se conforme aux stéréotypes construits par le gauchisme culturel : «  racaille  », mais politisé. De la gauche qu’il faut. Pas celle qui a hérité des Lumières le goût de la raison droite et du savoir qui émancipe. Non, la gauche branchouille qui a métamorphosé l’antiracisme en multiculturalisme ; l’indifférence envers les origines et les couleurs de peau en autant d’«  identités  » reposant étrangement sur des détails anatomiques ; l’émancipation envers les origines en assignations identitaires. Une gauche aussi into­lérante et violente que ce «  fascisme  » dont elle ne cesse de poursuivre le fantôme.

Prolétariat de substitution

Les médias en question ne sont pas intéressés par les collégiens qui montent des pièces de Molière ou de Beaumarchais, ou apprennent à jouer du piano. N’avez-vous jamais entendu parler de Malika Bellaribi-Le Moal, mezzo-soprano qui organise des ateliers lyriques en banlieue  ? Si oui, c’est dans La Croix, et non dans la presse branchée. Ne cherchez pas non plus dans les colonnes de cette dernière le travail d’associations comme Les Petits Riens, grâce à laquelle des élèves de collèges situés en REP sont initiés à la musique et à la danse, et fréquentent l’Opéra-Comique. Or les banlieues fourmillent de ce genre d’initiatives qui rencontrent un certain succès. Mais la délicatesse de sentiment et la tradition humaniste héritée, la culture savante – celle qui favorise l’intégration –, c’est affaire de bolos, ces bourgeois-lopettes, ces «  têtes de victimes  ». Ce qui est attendu de la culture de banlieue, c’est le pire du rap. Les éructations haineuses. Une véhémence provocatrice qui s’exprime dans une langue ­réduite au verlan.

Lorsque, dans une société donnée, la vie, pour les juifs, devient difficile ou dangereuse, c’est qu’elle est malade et menacée.

Depuis longtemps, un certain nombre d’intellectuels, comme Pierre-André Taguieff, Alain Finkielkraut ou Georges Bensoussan, tentent de mettre en garde contre un des aspects les plus exécrables de cette soi-disant «  culture de banlieue  » : le racisme, l’antisémitisme. Mais leurs voix étaient couvertes, leurs propos dénoncés, quand ils n’étaient pas traînés en justice, comme Bensoussan et Pascal Bruckner, pour avoir dit que le roi est nu. Dans le best-seller de la bande dessinée L’Arabe du futur, Riad Sattouf, qui a passé son enfance en Libye puis en Syrie, révèle que la première expression qu’il a apprise sur place en arabe, c’est «  sale juif  ». Mais il y a un tabou sur ce sujet, pourtant dévoilé par des écrivains et penseurs maghrébins, comme Boualem Sansal. Il est entendu que, en Europe, en France, le racisme ne saurait provenir que de la société d’accueil. Du côté de l’immigration, il est convenu qu’on en est indemne et qu’on «  lutte pour ses droits  ». En outre, la théorie de la «  convergence des luttes  » implique que les combats des femmes, des homosexuels et des minorités ethniques se recoupent et se conjuguent, sous la direction éclairée d’une extrême gauche qui a trouvé dans ces «  minorités  » son prolétariat de substitution. Mais la logique du multiculturalisme ne pouvait déboucher que sur la concurrence victimaire et non sur l’unité des fronts secondaires. Le gauchisme culturel devrait méditer le texte consacré par Bertrand Russell à «  the fallacy of the superior virtue of the oppressed  » : le «  dominé  » n’est pas, selon lui, systématiquement porté à l’ouverture d’esprit.

Mehdi Meklat avait franchi à une vitesse accélérée tous les échelons de la notoriété médiatique : rond de serviette chez Pascale Clark à France Inter, couverture de Télérama avec son compère Badrou («  les révoltés du Bondy Blog  »), «  textes  » publiés aux éditions du Seuil, adoubement par Christiane Taubira, qui a accepté de poser en couverture des Inrocks avec les deux compères sans se renseigner plus avant sur eux. Cette carrière fulgurante vient de dérailler alors qu’elle semblait toucher au sommet. Invité à La Grande Librairie sur France 5, l’«  enfant prodigue de Bondy  » est démasqué pour ses dizaines de milliers de tweets. Le dessinateur Joann Sfar et la journaliste Eugénie Bastié ont lancé une alerte : le héraut de la culture de banlieue avait tweeté des milliers de messages injurieux, menaçants, antisémites. Sous un pseudonyme – Marcelin Deschamps, que bien des gens connaissaient –, il avait appelé à tuer Charb et la rédaction de Charlie Hebdo, à «  enfoncer un violon dans le cul de madame Valls  », à «  enfoncer des ampoules brûlantes dans le cul de Brigitte Bardot. Jusqu’à ce qu’elle vomisse du sang  ». Il appelait à «  casser les jambes  » d’Alain Finkiel­kraut. Ajoutant : «  J’opte pour l’effet béquille pour Finkielkraut, car ainsi il pourra être immobilisé et souffrir dans l’indifférence générale.  » Il a tweeté : «  Sarkozy = la synagogue = les juifs = shalom = oui, mon fils = l’argent.  » Et «  LES BLANCS VOUS DEVEZ MOURIR ASAP  » (pour as soon as possible – dès que possible).

On en est là  ? Oui, on en est là. Lentement mais sûrement, le niveau de tolérance envers les intolérants avait monté. La cote d’alerte était atteinte et nous ne l’avions pas vue. Si l’affaire Meklat pouvait au moins servir d’avertissement… Comme on le sait de triste expérience, le sort réservé aux juifs, dans toutes les sociétés, est comparable à ces canaris que les mineurs emportaient dans les mines de charbon. Le canari succombe par asphyxie avant que les mineurs aient pris conscience de la présence de gaz dans la galerie. Lorsque, dans une société donnée, la vie, pour les juifs, devient difficile ou dangereuse, c’est qu’elle est malade et menacée. C’est pourquoi il faut refuser absolument la banalisation de l’anti­judaïsme.

Voir aussi:

Brice Couturier : le Parti des médias et l’intelligentsia méprisent la réalité
Alexandre Devecchio
Le Figaro
19/08/2016

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Dans un entretien fleuve, Brice Couturier, qui a été le chroniqueur matinal de France Culture pendant cinq ans, décrypte les contours d’une vie médiatico-intellectuelle où le pluralisme et le vrai débat sont en voie de disparition.

Journaliste et producteur de radio, Brice Couturier rejoint France Culture en 2002, où il anime alors une émission hebdomadaire consacrée à l’Europe, Cause Commune, avant de devenir producteur de l’émission Du grain à moudre. De 2011 à 2016, il a été chroniqueur et co-animateur dans Les Matins de France Culture.

FIGAROVOX. – De septembre 2011 à juin 2016, vous avez été chroniqueur et co-animateur dans Les Matins de France Culture. Que retenez-vous de ce quinquennat sur le plan intellectuel et politique?

Brice COUTURIER. – Un quinquennat, oui, l’expression est bien trouvée. C’est d’ailleurs un principe de vie: je change d’activité tous les cinq ans. Ces cinq dernières années, j’ai donc écrit chaque jour un éditorial que j’ai lu le lendemain matin sur notre antenne de France Culture, afin de lancer le débat de la deuxième partie des Matins. Lorsque le directeur de l’époque, Olivier Poivre d’Arvor, m’a proposé ce défi, je lui ai fait remarquer que l’éditorialiste d’un journal, c’est quelqu’un qui reflète la ligne éditoriale de ce titre et qu’en ce qui me concerne, je me regardais comme assez décalé par rapport à celle de France Culture. Mais c’était précisément ma différence qui l’intéressait. Il souhaitait que je provoque l’invité des Matins, en lui balançant des idées susceptibles de le faire réagir. Là où l’exercice trouvait ses limites, c’est que je n’étais pas toujours autorisé à répondre à l’invité – notamment lorsqu’il démolissait mon papier. Sans doute fallait-il que le tenant du «politiquement correct» conserve le dernier mot… J’apparaissais ainsi comme un trublion qu’on sort de sa boîte, afin de provoquer un peu, mais qu’on s’empresse de faire taire lorsqu’il a joué son rôle afin que tout rentre dans l’ordre. Dommage, car j’ai travaillé sérieusement chaque sujet de manière à pouvoir poursuivre la discussion en m’appuyant sur des faits.

Ce qui m’a frappé dans les débats des dernières années, c’est la difficulté avec lesquels ils sont parvenus à émerger. Car les plus importants d’entre eux portent précisément sur les sujets dont le «Parti des médias» – pour reprendre l’expression créée par Marcel Gauchet – tente d’empêcher l’évocation… Il y a comme ça, à chaque époque, des problèmes vitaux qui forment comme un angle mort du débat public. Ce sont précisément ceux qui vont décider de l’avenir. En 1936, après la remilitarisation de Rhénanie par Hitler, dans la plupart des médias français, il était presque impossible d’évoquer la perspective d’une guerre avec l’Allemagne. Tous les gens de bien étaient furieusement pacifistes… On trouverait bien un terrain d’entente avec le chancelier allemand, disaient-ils. Mais dans les cafés et les salons, on ne parlait que de ça.

Aujourd’hui, l’histoire est à nouveau en phase d’accélération brutale et le défi qui nous est lancé par l’islamisme politique, entré en phase de conquête du monde, est redoutable. Mais le Parti des médias, aveuglé par ses bons sentiments, préfère nous abreuver de petites nouvelles insignifiantes, d’une part, de ses grandes indignations, de l’autre.

Vous croyez à un «complot des médias»?

Je n’irais pas jusque-là. Mais comment ne pas voir que le rassemblement de quelques milliers de bobos place de la République, prétendant proposer une réalité radicalement alternative, a été monté en mayonnaise afin de gommer les 4 millions de Français, descendus spontanément dans les rues pour protester contre les attentats islamistes de janvier? Pour ne prendre que cet exemple. De la même façon, chaque fois que le discours lénifiant sur le «vivre-ensemble» est contredit par des faits, ceux-ci font l’objet d’un remontage. Combien d’attentats islamistes ont été requalifiés en «actes commis par un déséquilibré»? Ou alors, on organise à la hâte une diversion.

Mais ce n’est pas l’essentiel. Le pire, c’est qu’il y a trop peu d’intellectuels capables de discerner les grands courants de fond sous le miroitement de surface. En finissant l’année, sur France Culture, par une série d’été consacrée à Raymond Aron, j’ai voulu montrer ce qu’avait été mon ambition au cours de ces cinq années. Il est mon modèle. Aron aussi était éditorialiste. A Combat, au temps de Camus, puis au Figaro, surtout, et enfin à L’Express. Et tandis que les simples journalistes se contentaient de rapporter les faits au jour le jour, lui savait discerner, en historien, les tendances profondes, celles qui allaient modifier les rapports de force, redessiner la carte, décider du mouvement de l’histoire. Aujourd’hui, nos chers confrères passent leur temps à guetter le fil de l’AFP, afin d’être «les premiers sur une info». Ils sont concurrencés par internet qui met tout ce fatras de pseudo-news, de «stories», à la disposition de chacun. Ils misent sur l’antériorité pour légitimer leur profession ; ou encore sur leur connaissance personnelle des acteurs politiques pour rapporter leurs propos à des stratégies individuelles de conquête du pouvoir. Ce faisant, ils rabaissent la politique et contribuent au développement du populisme ambiant.

Alors qu’il leur faudrait jouer sur la compétence, la capacité du spécialiste à interpréter les faits, à discerner la manière dont le monde est en train de se réorganiser. Mon problème tient à ce que j’étais censé être un spécialiste universel: parler économie avec Attali un jour, histoire avec Pierre Nora, le lendemain, politique internationale avec Védrine, le surlendemain et conclure la semaine sur la littérature américaine avec Richard Ford…. Sans oublier de me faire traiter de crétin par Montebourg, de journaliste partisan par Copé, ou d’agent de l’Allemagne par Marine Le Pen! Mais le pire, c’était de supporter ces idéologues de petit calibre, cooptés par leurs camarades de l’Université, qui tiennent lieu d’intelligentsia aux yeux des journalistes bien-pensants. Quel dialogue peut-on avoir avec ces personnages, arrogants quoiqu’incultes, et d’autant plus pérorant qu’ils méprisent les faits, les chiffres, la réalité? Ils prétendent déconstruire ce qu’ils n’ont jamais cessé d’ignorer.

La vie des idées a-t-elle beaucoup évolué depuis cinq ans? Certaines idées neuves sont-elles apparues? Quels sont les grands débats qui vous ont le plus marqué?

Sur tous les plans, on se rapproche de la vérité en marchant en crabe. Ça ne facilite pas le règlement des problèmes. Prenez l’économie. Il y a cinq ans, le débat portait sur les délocalisations: nos problèmes venaient de l’étranger, qui ne respectait pas nos règles, qui prétendait réussir en ne faisant pas comme nous. La Chine, voire l’Allemagne nous faisaient une concurrence déloyale. À partir d’un certain moment, on a commencé à s’inquiéter de la désindustrialisation. C’était approcher du vrai problème, celui du manque de compétitivité de notre appareil productif. Encore quelques mois, et on a commencé à réaliser que nos entreprises supportaient des charges disproportionnées par rapport à celles de leurs concurrentes et qu’il convenait donc de les alléger, après les avoir augmentées. Mais c’est justement l’un des sujets dont le Parti des médias ne veut pas entendre parler, comme du déficit budgétaire et de l’endettement.

Pour ces aveuglés, l’absence de croissance française, le niveau extravagant du chômage n’ont qu’une seule cause: «l’austérité»… Mais si l’austérité, c’est un niveau de dépense publique inouï, qui absorbe 57,5 % de tout ce que produit le pays, le plus fort taux de prélèvement obligatoire d’Europe, et une dette publique de 100 % du PIB, alors je demande comment on va qualifier l’économie allemande… Un État dont le budget est équilibré et qui, étrangement, a un taux de chômage deux fois inférieur au nôtre. Encore une fois, pour prendre un exemple. Mais dans tous les domaines, c’est la même danse du ventre: on approche de la vérité en tournant autour, plutôt que d’affronter franchement nos problèmes.

L’économie n’est pas seule en cause. La vie des idées, dans notre pays, pâtit du fait qu’un faible nombre de gens sont à la fois suffisamment qualifiés et suffisamment honnêtes pour en rendre compte. Les chers confrères, dans l’ensemble, préfèrent rabattre la nouveauté sur les schémas qu’ils connaissent. Cela a pour conséquence de figer le débat, de le ramener à des lignes de clivage devenues autant d’ornières: souverainistes versus euro-enthousiastes, républicains versus démocrates, libéraux contre étatistes, communautaristes contre républicains et, bien sûr, droite/gauche. Mais les nouveaux sujets transcendent ces catégories et les font exploser. Dans le domaine éthique, en particulier. Et on tente d’intimider ceux qui posent de bonnes questions en les traitant de réactionnaires, ou d’ultra-libéraux…

Le tournant de ces 5 ans a été l’attaque de Charlie hebdo et la litanie des massacres qui a suivi. Au lendemain des attentats du 13 novembre, votre Lettre ouverte aux djihadistes qui nous ont déclaré la guerre a bouleversé vos éditeurs… Vous vous identifiez au nomade hyperconnecté de Jacques Attali et puis tout a changé. Pourquoi?

Oui, cela a constitué pour moi un choc, une rupture personnelle. Ayant vécu une partie de mon adolescence au Liban, repris des études à Oxford à 42 ans, enseigné trois ans en Pologne, beaucoup bourlingué en Europe, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, j’avais fait mienne l’idée d’Attali selon laquelle les nations étaient en train de devenir des hôtels où l’on pose provisoirement ses valises, en prenant pour critère le rapport qualité/prix. En s’attaquant aux Juifs, comme l’ont fait Merah et Coulibaly, à un symbole de l’esprit de ma génération, comme Charlie, les infiltrés du djihad, cette cinquième colonne islamiste, m’ont «rendu la France», comme disait Aragon. Poète communiste, il a tourné patriote lors de l’occupation, après avoir longtemps conspué le drapeau et la Marseillaise. Je me suis senti visé personnellement par les fous de Dieu. Comme dit Orwell, dans Le lion et la licorne, cet hymne au patriotisme britannique, «Car nous combattons des hommes à l’intelligence vive et maléfique et le temps presse…». Mon père, maquisard FFI à 18 ans, a fini la guerre dans un bataillon de choc. Lorsque j’ai vu la formidable réaction, spontanée, de la population, opposant 4 millions de poitrines aux tueurs, semblant dire: «nous sommes bien trop nombreux, vous ne pourrez pas nous tuer tous», je me suis senti conforté dans l’idée qu’il fallait défendre le vieux pays menacé.

Mais il faut en être conscient: il va devenir de plus en plus dangereux de vivre dans un pays qui refuse le chantage des islamistes: soumettez-vous ou bien vous mourrez. C’est une raison supplémentaire de rester: tenter de renforcer le camp de la résistance. Et non leur abandonner le terrain. Ne pas collaborer lâchement, comme la dernière fois…

Pour certains observateurs, les «néo-réactionnaires», pour reprendre la formule de Daniel Lindenberg, auraient gagné la bataille des idées. Partagez-vous cette analyse?

J’ai été le premier journaliste à faire parler Lindenberg, lorsqu’il a publié Le rappel à l’ordre en 2002. Le livre n’était pas encore en librairie que je l’avais invité à l’émission que j’animais alors sur la grille d’été de France Culture, Contre-expertise. C’est vous dire si le livre m’avait paru intéressant. Certes, il avait le défaut de mêler, dans une même réprobation, tout ce qui, dans la vie intellectuelle, déplaisait à son auteur – de Pierre Manent à Alain Badiou, de Michel Houellebecq à Jean-Claude Milner. Mais il avait le mérite de pressentir un changement dans l’air du temps. L’époque où une bande de «vigilants» parvenaient à interdire qu’on aborde certaines questions – concernant la compatibilité de l’islam et de la démocratie, par exemple -, l’époque où ils pouvaient chasser en meute un intellectuel du calibre de Pierre-Alain Taguieff, était en train de s’achever. L’eau avait commencé à bouillir. Le couvercle qu’ils avaient longtemps maintenu était en train de leur sauter à la figure.

J’avais invité Lindenberg parce que ma conception à moi d’une émission de débat sur une chaîne du service public, c’est le pluralisme, la diversité idéologique, la curiosité intellectuelle. Et non le militantisme au service d’une cause. Celle qu’on croit juste, ou celle grâce à laquelle on pense servir au mieux ses intérêts de carrière…

Bien sûr, les intellectuels, très divers, que la bande des maîtres-penseurs a qualifié de «néo-réactionnaires» n’ont pas conquis le pouvoir intellectuel. L’hégémonie intellectuelle est toujours détenue par «presse qui pense», même si elle a de moins en moins de lecteurs: Télérama, Les Inrocks, Le Nouvel Obs, Libé, etc. C’est elle qui donne le ton, décerne des brevets et censure ce qu’ils appellent les «dérapages». Ces contestataires professionnels sont étonnés et furieux d’être à leur tour contestés. C’est que l’espèce de bouillie intellectuelle, ce néo-marxisme rudimentaire à base de slogans creux qui leur sert de pensée s’est fracassé sur la réalité sociale. Souvent demeurés intellectuellement dans les années 1960/70 (Derrida, Foucault, etc.), ils s’acharnent à «transgresser», à «renverser des tabous», alors qu’il n’y a plus, en face, que le vide. Ils rejouent éternellement la scène originelle de 68, alors qu’on a radicalement changé d’époque. C’est pourquoi les gens qui pensent juste ont opéré, depuis le début de notre XXI° siècle, ce retour à Camus, à Arendt, à Orwell – qui n’étaient certes pas des penseurs «réactionnaires». «Empêcher que le monde ne se défasse», comme disait Camus. Et ne pas pousser la tolérance à l’absurde, en prétendant tolérer la barbarie. Ne pas justifier l’inacceptable au nom du relativisme des valeurs.

Vous reconnaissez-vous dans les idées de certains d’entre eux? Lesquels?

Oui, sans doute. Grâce au métier que je fais, journaliste culturel, je rencontre tout le monde et je suis payé pour lire. Quel luxe! Alors, dans le paysage intellectuel francophone, je vous dirais apprécier beaucoup Marcel Gauchet, Pascal Bruckner, Nicolas Baverez, Dominique Schnapper, Jean-Marc Daniel, Jean-Pierre Le Goff, Kamel Daoud, Philippe d’Iribarne, Boualem Sansal, Malika Sorel-Sutter, Mathieu Bock-Côté… Je voue aussi une immense admiration à Jacques Julliard, une espèce de modèle pour moi depuis mes débuts de journaliste. Non seulement c’est un historien immensément cultivé, mais c’est un intellectuel sans tarifs réduits ; avec lui, tout le monde a droit au même traitement. Il est sans indulgence particulière envers les siens, sans agressivité particulière envers les autres. Sine ira et studio. Mais lorsque je me retrouve devant mon ordinateur, avec un article à écrire, je pense: comment Christopher Hitchens tournerait-il ça? Orwellien lui aussi, «Hitch» savait comme personne mettre le doigt sur l’hypocrisie, la mauvaise foi, le double standard moral. Et c’était un esprit absolument libre. Un véritable voltairien de la fin du XX° siècle. Il n’a aucun équivalent en français, mais quelques héritiers en Angleterre, comme Nick Cohen.

Lors d’un débat sur «Nuit debout», vous avez quitté le plateau sur ces mots: «Moi je ne veux pas incarner à moi tout seul la diversité idéologique autour de ce plateau, donc je vous laisse entre vous.» Est-il devenu impossible de débattre en France?

Écoutez, on venait d’entendre trois invités et un journaliste ayant fait un reportage sur place, à République, s’extasier, dire combien tout cela était nouveau, prometteur, bouleversant… A les entendre, on était à la veille d’une nouvelle prise de la Bastille, d’une réinvention de la démocratie. Ces affligeantes «assemblées générales» allaient accoucher d’une réalité alternative… On voit ce qu’il en est advenu: beaucoup de bruit pour rien. La surexposition médiatique de ces rassemblements contrastait péniblement avec l’affligeante pauvreté des propositions qui en émanaient. Mais le Parti des Médias rêve de l’arrivée au pouvoir d’une «vraie gauche de gauche». On nous a fait le coup avec die Linke, en Allemagne, puis avec Chavez au Venezuela, qui a ruiné le premier détenteur de pétrole de la planète… Ensuite, il y a eu Podemos, Occupy Wall Street, Jeremy Corbyn… Moi, je crois qu’on peut modifier le réel dans certaines proportions lorsque cela est souhaitable. Mais pas lui substituer une autre réalité, sous prétexte qu’elle serait plus conforme à l’idéal de certains utopistes. J’aurais disposé d’une minute pour dire que je n’étais pas au diapason de cet enthousiasme collectif, avant de me faire remettre à ma place en tant que «réactionnaire». Alors oui, j’ai refusé, non pas de débattre, mais de servir de tête de turc. Je suis resté à les écouter s’entre-congratuler. Je ne suis pas «parti en claquant la porte», contrairement à ce qu’ont écrit les médias gauchistes à l’époque. Trop de «débats», dans nos médias, sont ainsi «montés», de manière à en truquer le déroulement, empêcher la libre confrontation des idées. Il y a des experts…

Vous définissez-vous toujours comme un libéral de gauche?

À l’époque où j’avais un engagement politique, je roulais pour Rocard au sein du PS. En 1985, j’avais créé un club de discussion, Rouleau de Printemps, qui se définissait comme un rassemblement de jeunes libéraux de gauche. Je pense être resté fidèle à cet idéal. «Le socialisme, c’est quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres», a écrit Carlo Rosselli, l’un des théoriciens du libéralisme de gauche, assassiné en France par les sbires de Mussolini. Je pense que la véritable lutte des classes n’oppose pas tant les salariés aux entrepreneurs que les insiders du système aux exclus, les détenteurs de rentes à ceux qui sont prêts à emprunter l’escalier de service lorsque l’ascenseur social est en panne. La «défense des avantages acquis» est un mot d’ordre qui profite aux planqués. Tony Blair disait: «ce qui est social, c’est ce qui crée des emplois». Il avait raison. Notre système a fait le choix implicite du chômage de masse. C’est une calamité. Non seulement, le chômage détruit des vies, mais il rend des millions de personnes dépendantes de l’État pour leur survie. Il bloque toute ambition, il étouffe cette «étincelle vivante» que les hommes portent en eux et qui, selon Goethe, «se recouvre de la cendre toujours plus épaisse des nécessités quotidiennes si elle cesse d’être alimentée.»

Vous êtes également un européen assumé. Durant ces cinq dernières années, l’Union européenne a essuyé de multiples crises: la crise grecque, mais aussi celle des migrants et dernièrement le Brexit. Quel regard portez-vous sur l’évolution de la construction européenne?

Je suis revenu à France Culture en janvier 2002 avec une émission hebdomadaire consacrée à l’Europe, Cause commune, que j’ai animée pendant cinq ans. À l’époque, je croyais que l’Europe pouvait devenir une puissance capable, en alliance avec les États-Unis et les autres démocraties, de rivaliser avec les grandes puissances émergentes. Que nous pourrions contribuer à définir un ordre du monde basé sur le droit international, la souveraineté des peuples, la démocratie, les droits de l’homme… Encore aurait-il fallu que les dirigeants européens assument notre héritage. Qu’ils n’aient pas honte d’être européens.

Or, ils ont agi comme s’il fallait se débarrasser de notre culture. Comme si notre formidable héritage les encombrait. Le continent qui a donné au monde Leonard de Vinci, Cervantes, Shakespeare, Rembrandt, Racine, Mozart, Goethe, Hugo, Proust, Pessoa, Chaplin, Milosz… illustre ses billets de banques avec des ponts et des fenêtres. Pour ne froisser personne, paraît-il. Entre l’arrogance et la haine de soi, il devrait exister une position moyenne. Quand je suis rentré de Pologne, je suis allé voir la rédactrice en chef d’un magazine consacré à l’Europe avec des projets d’article sur l’apport de la culture centre-européenne à l’identité européenne. «Moi, ce qui m’intéresse dans l’Europe, c’est l’Autre», m’a-t-elle dit. Allez demander aux Chinois, aux Indiens ou aux Turcs, si c’est «l’Autre» qui les intéresse prioritairement!

Alors, oui, c’est raté. Tel que c’est parti, c’est raté. Cette Union européenne, qui refuse d’être une puissance politique, est prise en tenailles. Elle est coincée entre l’islamisme qui se rapproche de nous par la Turquie et risque de nous entraîner dans le chaos proche-oriental et la contre-révolution culturelle tentée par Poutine, avec son rêve impérial post-soviétique. Cette UE, régie par le droit et le marché, purement procédurale et évitant toute décision politique, cette Europe-là est condamnée. Ses concepteurs ont cru à la possibilité d’un avion en pilotage automatique. Ça pouvait marcher par temps calme, mais aussitôt qu’est apparue une zone de turbulence, en 2008, la machine s’est enrayée. Lorsqu’il a fallu décider quelque chose, c’est la BCE, organisme technique, qui a dû assumer des décisions politiques. Les dirigeants de l’UE ont refusé à l’Europe toute identité, toute substance, toute limite géographique: ils ont créé une coquille vide, un ensemble flou dans lesquels les citoyens ne reconnaissent pas. Comment s’étonner que ceux-ci se réfugient dans leurs États-nations. Au moins, pensent-ils, on en contrôle les dirigeants en les remplaçant lorsqu’ils prennent de mauvaises décisions. Et on peut en défendre les frontières, ce que l’UE refuse de faire, face à une crise migratoire qui va s’aggraver. Je le déplore, parce que nos petites nations en communauté de déclin ne font pas le poids face aux géants émergents. Il faudra tenter autre chose, une fois ce chapiteau-là démonté.

La montée des «populismes» vous inquiète-t-elle?

Dans son Essai sur l’esprit d’orthodoxie, Jean Grenier, le professeur de philo de Camus, écrit: «L’extension de l’instruction ne va pas toujours de pair avec le progrès de la culture. Les masses sont de plus en plus éclairées, mais les lumières sont de plus en plus basses. Les idées courtes et simplistes ont plus de succès que les autres». Face à la complexité du monde, à ses métamorphoses difficiles à saisir, les gens se réfugient dans des explications simples. Cela a nourri les grandes idéologies du XX° siècle. Le fascisme, le marxisme, offraient des réponses simplettes à des questions compliquées. Mais il y a aussi quelque chose de positif dans ce que les élites baptisent «populisme»: les simples gens ont parfois une vision plus juste que des dirigeants vivant hors-sol, dans l’ignorance des vrais problèmes de la population.

Reste qu’il souffle indéniablement sur la planète un vent mauvais. Il nous faut réaliser que, contrairement à ce qui se passait durant les trois dernières décennies du XX° siècle, ce n’est pas la démocratie qui a le vent en poupe. Le système du parti unique chinois, les «démocratures» de Russie ou de Turquie apparaissent, depuis longtemps déjà, à bien des gens du Sud, comme plus à même de bien contrôler les choses. A présent, c’est aussi le cas dans notre Nord. Voyez Donald Trump. Nous avons affaire à une concurrence sérieuse. La victoire des démocraties, en 1945 et 1989, peut très bien s’avérer n’avoir été qu’une heureuse parenthèse. Mais, pour moi, la démocratie est un horizon indépassable et je ressens une solidarité spontanée envers chacune d’entre elles – des États-Unis à Israël inclus.

Vous apparteniez au comité de rédaction de la revue Le Meilleur des mondes depuis sa création. Vous avez été favorable au droit d’ingérence et aux différentes interventions militaires de l’Occident depuis la guerre en Irak de 2003. Quel bilan faites-vous de cette politique étrangère «néo-conservatrice»?

Qui peut nier que les peuples du Moyen Orient aspirent, eux, à la démocratie? Les racistes nous répètent que les Arabes ne sont «pas mûrs», que leur société civile n’est pas assez émancipée, que l’islam constitue un facteur de blocage insurmontable. J’ai vibré à l’unisson des «révolutions arabes», qui rappellent tellement le Printemps des peuples européens de 1848. Je n’ignore pas leur échec, à peu près général, à l’exception de la Tunisie. On ne peut nier que l’islamisme, qui guette les occasions d’avancer ses pions et de contrôler les sociétés, a profité des libertés conquises. Là où il a cru son heure arrivée, comme en Egypte, il a provoqué la réaction des militaires. Mais les peuples n’ont pas dit leur dernier mot. Après 1848, nous avons eu aussi une sévère réaction en Europe. La liberté ne se conquiert pas en un jour.

Mais qu’on ne vienne pas me dire qu’avec les despotes – Saddam Hussein, Kadhafi et Bachar el-Assad, Moubarak, nous vivions dans un monde «plus sûr». C’est l’inverse qui est vrai. Ces systèmes politiques, archi-corrompus et tyranniques, étaient tous au bout du rouleau. Dans le combat entre «réalpolitiques» cyniques et droits-de-l’hommistes, solidaires des peuples en lutte contre leurs tyrans, je persiste à choisir ces derniers. En ce qui concerne l’Irak et la Syrie, l’erreur politique, c’est Obama qui l’a commise. En retirant prématurément ses soldats d’Irak, à une époque où Daech comptait 200 combattants ; et en refusant de soutenir la rébellion démocratique contre al-Assad, ce qui a laissé le champ libre aux djihadistes, encouragés par le régime…

« L’affaire Mehdi Meklat rappelle celle de Renaud Camus »

Marc Weitzmann (Ecrivain)

Le Monde idées

25.02.2017

Beaucoup de choses ont déjà été dites sur Mehdi Meklat, écrivain talentueux de 24 ans, « issu des cités », promu et encensé depuis 2012 par la presse culturelle unanime sur son talent littéraire et qui abreuvait Twitter de sentences ultraviolentes à caractère antisémite, homophobe, misogyne. Il appelait également à des agressions physiques contre certaines personnalités et fit l’apologie du génocide nazi et du terrorisme, le tout sous couvert d’un pseudonyme (« Marcelin Deschamps ») connu de tous ceux qui continuaient de le soutenir. Cela dans la période où le pays subissait l’assassinat de militaires et d’enfants juifs, les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes et la Belgique la tuerie du Musée juif de Bruxelles.

Citons quelques-uns de ces Tweet pour prendre la mesure de ce que cela signifie. « Venez, on enfonce un violon dans le cul de madame Valls », écrivait-il en octobre 2012 (sept mois après les meurtres de Merah), quand « madame Valls », de confession juive, passait pour« influencer » les positions de son mari sur la laïcité.« Venez, on fait un autodafé du Nouvel Obs avec leur dossier “antisémite” de merde »,trouve-t-on en décembre de la même année. Ou un an plus tard, en décembre 2013 et à quelques semaines de la manifestation Jour de colère, « Vive les pédés, vive le sida avec Hollande ».

Professeure anonyme
Cette histoire rappelle ce que l’on appela voici seize ans l’affaire Renaud Camus mais en pire. Le rôle que je tins moi-même dans son déclenchement – en me contentant de citer les passages anti­sémites du livre de Camus qu’une partie de la presse encensait en les passant sous silence – a été joué cette fois par une professeure anonyme, militante féministe, qui tentait d’alerter la presse en vain depuis plusieurs mois, et par le dessinateur Joann Sfar. Ces derniers ont mis en ligne certains des Tweet en question au cours du week-end suivant le passage de Mehdi Meklat et de son coauteur, ­Badroudine Saïd Abdallah, à l’émission « La Grande Librairie », le 16 février, pour la sortie de leur roman Minute, déclenchant aussitôt un communiqué de François Busnel déclarant regretter d’avoir invité les deux auteurs. Les réseaux ­sociaux ont fait le relais. En d’autres ­termes, sans ces nouveaux médias, l’omerta serait restée entière. La faillite morale et professionnelle journalistique est totale.

La question qui se pose est celle-ci : où, exactement, se trouve le vrai scandale ? Tâchons de raisonner de façon littéraire. Ouvrons Minute. Le livre imagine plusieurs personnages issus de classes sociales diverses dans la minute précédant l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir. Il commence ainsi : « A quoi devaient servir les écrivains ? A apporter du temps et du style. Le temps était effréné, tellement présent dans nos vies ordinaires qu’il en devenait absent, dissous. »

Le personnage s’exprimant de cette façon, « l’Ecrivain », n’est pas sans évoquer Renaud Camus (et parfois Houellebecq), dans la mesure où il a été au centre d’un scandale littéraire et est membre du Front national. Plus tard dans le livre, il croise « deux jeunes romanciers », Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, lesquels le jugent « raciste », tandis que lui ne voit en eux que les représentants « d’une génération qui vit sur Internet et s’autorise les pires dérapages ». Dans la réalité, bien sûr, tous ont raison.

Plus troublant encore, c’est par un ­raisonnement fort proche de celui de Renaud Camus autrefois que Meklat a tenté de justifier ses Tweet, notamment dans l’interview donnée au site de Télérama dans les jours suivant le scandale. « J’espère qu’on m’accordera le crédit de la fiction,explique-t-il. Ce personnage [de Marcelin Deschamps] n’a pu exister que sur Twitter parce que c’était justement l’endroit de la fiction. (…)C’était un travail littéraire, artistique, on peut parler de travail sur l’horreur, en fait. »

Ineptie confondante
En soi, bien sûr, l’argument est d’une ineptie confondante. Ce n’est pas seulement que l’usage d’un pseudonyme ne suffit pas à créer un personnage. C’est que, comme l’indique le succès de propagande rencontré par les vidéos de décapitation postées par Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] ces dernières années – tandis que Meklat envoyait ses messages –, les nouvelles technologies ne sont pas « l’espace de la fiction » : tout y est, au contraire, bien réel, et c’est même pour ça que cela marche. Meklat fait donc ici une confusion. Loin de constituer un espace artistique, les Tweet sont l’expression d’une pulsion réelle. Ce que Meklat essaie de dire ici, sans y parvenir, c’est que cette pulsion lui est indispensable pour accéder à la production littéraire. Pourquoi ?

Il y a ici, à mon sens, de la part de ­Mehdi Meklat, une démarche contradictoire : celle de revendiquer la « fiction » dans un espace – Twitter – qui n’est pas fictionnel. Il s’inscrit ainsi dans une avant-garde littéraire typiquement française qui – comme Renaud Camus – chercheune écriture nue en prise directe avec le réel. Foucault, entre autres, a fameusement défini la modernité comme une dissonance assumée entre « les mots et les choses ».

«Des bêtes de guerre »
L’anti-modernisme aujourd’hui partout de mise prône, au contraire, une réconciliation mystique, insurrectionnelle, entre le langage et la vie.

Significativement, c’est dans l’insurrection finale qui clôt Minute que Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah tombent d’accord avec « l’Ecrivain » sur ce que doivent être les écrivains : « Des êtres sauvages, violents, des bêtes de guerre. »

Ce désir d’en découdre n’est pas sans conséquence. De même que Camus a rejoint le FN, Meklat et Abdallah sont membres d’un rituel informel baptisé « dîner du grand remplacement » – du nom de la théorie raciste de Camus – auquel participe de temps à autre Mouloud Achour (cofondateur avec Mehdi Meklat de Téléramadan, activement soutenu par le Collectif contre l’islamophobie en France, le CCIF, proche des Frères musulmans). Dans la réalité, Meklat et Abdallah ont, par ailleurs, cosigné dans le Bondy Blog, au lendemain des ­attentats de novembre 2015, un portrait particulièrement tendre du logisticien des attaques, Abdelhamid Abaaoud, que chacun a pu lire.

A la différence de Camus cependant, la subjectivité de Meklat apparaît en fait coincée : d’un côté, une doxa islamiste, revendicative, de l’autre, une fraternité sociale lisse, « purgée » de toute ambivalence, pour reprendre l’expression de Christiane Taubira. C’est pourquoi il ne s’agit pas ici de réclamer une quelconque censure. La faute de la presse n’est pas de porter aux nues un écrivain haineux si elle estime qu’il en vaut la peine. C’est, pour continuer dans cette logique, de le faire sans le dire. Les Meklat de ce monde n’ont aucune chance d’y voir clair un jour si ceux qui prétendent les soutenir continuent à les infantiliser plutôt que de prendre au sérieux et mettre en exergue la violence qui les meut.

Voir également:

Avant-goût
Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, du Bondy Blog : “On a mangé les rêves des gens
Valérie Lehoux
Emmanuelle Skyvington
Télérama
20/10/2015
Mis à jour le 03/03/2017

Sur France Inter, ils ont longtemps relayé la voix des oubliés des banlieues. Dix ans après les émeutes de Clichy-sous-Bois, les jeunes reporters du Bondy Blog nous bousculent par leur ton libre et combatif. Ils sont les invités de “Télérama” cette semaine.

Pendant six ans, les auditeurs de France Inter ont entendu leurs voix posées, leur diction faussement détachée, leurs mots souvent acérés, racontant la France d’aujourd’hui – que les feux médiatiques oublient trop souvent d’éclairer – sans faux-semblant, mais avec une étonnante poésie sonore. D’emblée, leur style s’est émancipé des conventions, des discours convenus et des vérités toutes faites. En juin dernier, « les Kids », comme les surnomme Pascale Clark, leur protectrice radiophonique, ont quitté France Inter. Pourtant, jamais ils n’ont été aussi présents : ils cosignent leur premier roman, Burn out  – inspiré du drame de Djamal Chaar, immolé devant une agence de Pôle emploi – et un documentaire, Quand il a fallu partir, sur la destruction d’un immeuble à La Courneuve. A 23 ans seulement, Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, enfants de la banlieue, jettent sur la société et les médias un regard sans illusion, mais non sans espérance. Dix ans pile après les émeutes de Clichy-sous-Bois (1), ils sont à la fois des acteurs et des observateurs de leur temps, créatifs et critiques.

Une décennie après les émeutes de Clichy-sous-Bois, quel bilan tirez-vous ?

Mehdi Meklat : Du côté de l’action politique, c’est à peu près nul. D’ailleurs, très peu de films, d’essais ou de débats sont prévus pour réfléchir sur ces dix ans. Pourtant, les banlieues sont un sujet de premier ordre, qui concerne tout le monde. Le quotidien ne s’y est pas amélioré. Il a empiré. On a mangé les rêves des gens. Pendant six ans, pour France Inter, nous sommes partis en reportage dans toute la France ; chaque fois, nous posions cette question : « Quel est votre rêve ? » Au fil des années, surtout en banlieue, nous avons vu ces rêves s’éteindre. Aspirés, anesthésiés. Aujourd’hui, les gens disent : « Je veux être comme tout le monde. » Surtout, ne pas se différencier. C’est terrible de voir des jeunes de 15 ans rêver d’une « petite vie ». Dans le même temps, le discours politique et la pensée se sont radicalisés. Tout cela nous détruit. Mais les révoltes de 2005 ont aussi donné naissance au Bondy Blog, un média inédit qui raconte les banlieues de l’intérieur.

Vous observez beaucoup les médias. Pensez-vous qu’ils font correctement leur travail ?

Badroudine Saïd Abdallah : Le Monde, France Culture, Arte, ou même France Inter continuent de marcher avec leur temps. Mais les autres… C’est très bien que l’émission Bondy Blog café existe – elle parle des banlieues. Mais où est-elle diffusée ? Sur France Ô, la chaîne de l’outre-mer ! Pourquoi pas sur France 3 ou France 5 ? Quel est le positionnement de France Télévisions ? Quelle est sa prise de risque ? La plupart des médias ont mis de côté la parole du quotidien, la parole réelle, au profit de leurs fantasmes. Combien de journalistes partent en reportage avec des idées préconçues et s’arrangent pour trouver sur le terrain de quoi illustrer leurs préjugés ? Combien d’émissions se font avec des chroniqueurs qui tournent en rond ? Même Libération est devenu trop futile : publier un édito de deux cents caractères sur Nadine Morano comme ce fut le cas récemment, c’est du spectacle. Quant à l’interview politique classique, elle n’a plus d’intérêt. Je me demande pourquoi on écoute encore Patrick Cohen recevoir pour la dixième fois le ministre du Travail, ou Jean-Jacques Bourdin poser ses questions démago.

Vous avez aussi critiqué l’attitude des médias durant les attentats de janvier…

M. M. : Quand nous avons appris l’attaque contre Charlie Hebdo, nous avons été comme tout le monde, émus et abasourdis. C’est compliqué d’admettre qu’un tel événement puisse se passer dans notre pays. Mais l’émotion a écrasé la réflexion. Or, on aurait dû réfléchir, notamment sur la manifestation du 11 janvier. Pour nous, elle n’a pas été le grand rassemblement citoyen qu’on nous a présenté. La vraie manifestation, spontanée, a eu lieu place de la République, le soir même du premier attentat. Celle du 11 janvier était politique, encadrée. Les pouvoirs publics avaient déployé la police, dessiné le parcours… Bien sûr, il y avait dans le cortège des gens légitimes, d’autres encore sous le coup de l’émotion. Mais il y avait aussi des chefs d’Etat criminels. Comment est-ce possible ? Et puis pourquoi avoir manifesté pour Charlie et l’Hyper Cacher, et pas pour les victimes de Merah ? L’hypocrisie nous gêne. Tout comme le rejet des voix dissidentes. Pendant cette période, on nous demandait : « Vous êtes Charlie, hein ? » Unanimisme obligatoire. Ceux qui refusaient d’endosser ce slogan ont subi une sorte de condamnation morale. Dans les familles, dans les cercles d’amis, les discussions contradictoires avaient lieu ; pas dans les médias. Pourquoi ? Nous, à la radio, nous avons pris soin de traiter les uns et les autres à la même échelle.
B.S. A : L’autre question, c’est : qu’est-ce qui a changé depuis janvier ? La société n’est pas plus unie… Le choc a été mal géré. Nous vivons une époque où tout s’efface. Rares sont les médias qui mettent l’information en perspective, qui tentent de décrypter une réalité complexe. Au contraire, on crée des buzz et on insuffle l’oubli chez les gens. C’est de l’ordre de l’épuisement. Comme si la mémoire ne comptait plus. Charlie s’est déjà évanoui devant d’autres actualités. Les chiffres du chômage, aussi. Les émeutes, idem. Tout comme l’immolation de Djamal Chaar.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah dans “Télérama”, en kiosques mercredi 21 octobre 2015.

Ce n’est pas la première fois que la Maison-Blanche part en guerre contre ces «fils de pute» de journalistes
Avant Donald Trump, ses attaques sur Twitter et ses «faits alternatifs», il y avait Richard Nixon, ses opérations secrètes contre les médias et ses déclarations fluctuantes.
Jean-Marie Pottier
Slate.fr
07.02.2017En soixante-sept ans de carrière, Dan Rather n’a jamais rien de vu de tel que les premiers pas médiatiques de la présidence Trump. Jamais vu un conseiller de la Maison-Blanche rebaptiser des mensonges des «faits alternatifs». Jamais vu un stratège présidentiel intimer à la presse l’ordre de «la fermer». Et pourtant, l’ancien présentateur-star de la chaîne CBS a déjà vu une administration mener une guerre ouverte aux médias. Il a même participé à l’un de ses épisodes les plus célèbres.

Le 19 mars 1974, lors d’une conférence de presse à Houston, Rather s’apprête à poser une question sur le Watergate à Richard Nixon quand des applaudissements et des cris l’encouragent depuis la salle. «Vous êtes candidat à quelque chose?», ricane le président, fier de son effet. «Non, Monsieur le président. Et vous?» Le sourire s’efface du visage de son interlocuteur. «Ce bref dialogue, écrivit peu après le magazine People, exsudait l’amertume, comme un échange de directs au foie entre deux boxeurs qui se sont battus souvent et sans vainqueur et en sont venus à se haïr personnellement.» Cinq mois après, il y aura un vainqueur: le 9 août 1974 à midi, Nixon quitte ses fonctions, premier président démissionnaire de l’histoire de son pays, victime d’une guerre aux médias qu’il a voulue, âprement menée et perdue

Sa présidence a longtemps été vue comme la plus conflictuelle dans ses relations avec la presse. Celle de Trump paraît tendue vers la même destination, même si ce n’est pas par le même chemin. «Nixon n’avait pas cette espèce de fascination qu’éprouve Trump pour la presse. Sa détestation était telle qu’il ne cherchait pas son amitié: la presse, c’était l’ennemi», analyse l’historien Antoine Coppolani, auteur d’une biographie remarquée de Nixon en 2013. «Trump, au sens propre du terme, est un homme de médias, ce qui rend sa critique très ambivalente, puisqu’il fait lui-même partie de ce système.» Mais si beaucoup de choses semblent séparer l’enfant de la classe moyenne californienne et le milliardaire passé quasiment sans transition de «The Apprentice» à la Maison-Blanche, l’atmosphère belliqueuse est la même. «Le fait d’avoir un récit anti-médias autant au premier plan me ramène tout droit à Richard Nixon», constatait fin novembre dans le magazine Fortune Kathryn Cramer Brownell, professeure d’histoire à l’université de Purdue. En écho, et depuis l’autre camp, le journaliste de Fox News Bill O’Reilly, un soutien de Trump, estimait début janvier que «jamais depuis Richard Nixon, la presse nationale n’a été si déterminée à faire chuter quelqu’un».

«Messieurs, ceci est ma dernière conférence de presse»

Vainqueur du premier coup, Trump n’a jamais connu l’épreuve que Nixon a traversée au moins deux fois: la défaite, la vraie, celle qui semble définitivement mettre un terme à votre carrière. Le 7 novembre 1962, alors qu’il vient de rater, deux ans après son échec à la présidentielle, sa tentative de come-back en étant battu lors de l’élection au poste de gouverneur de Californie, Nixon, visiblement ivre ou en manque de sommeil, se lance dans une tirade restée célèbre devant la presse:

«Depuis seize ans, […] vous vous êtes beaucoup amusés, beaucoup, car vous avez eu à maintes reprises l’occasion de m’attaquer et je crois que j’ai rendu les coups aussi bien que je les ai reçus. […] Vous ne disposerez plus de Richard Nixon comme d’un souffre-douleur car, messieurs, ceci est ma dernière conférence de presse.»

Six ans après, le même homme s’installe pourtant à la Maison-Blanche. Président mal élu, même si moins mal que Trump: dans une élection à trois grands candidats, il n’a obtenu qu’un peu plus de 43%, et seulement 500.000 voix d’avance sur son adversaire démocrate. Président toujours méfiant envers les médias, aussi. Mi-décembre 1968, un mois avant son entrée en fonctions, il avertit les membres de son futur cabinet:

«N’oubliez jamais que les journalistes considèrent qu’ils sont dans une relation de confrontation. Le temps viendra où ils écriront des mensonges sur vous, où les chroniqueurs et les éditorialistes vous transformeront en crapules ou en idiots, ou les deux, et où les dessinateurs vous représenteront comme des ogres.»

Pour les combattre, lui et son directeur de cabinet, H.R. Haldeman, imaginent, écrit le spécialiste des médias Louis Liebovich, une triple stratégie: «1) influencer l’électorat directement en utilisant la télévision 2) ignorer au maximum la presse accréditée à la Maison-Blanche (ou l’inonder de communiqués de presse sans intérêt) et espionner certains reporters dont la couverture négative leur avait valu l’inimitié de la présidence; et 3) attaquer verbalement des médias et des reporters pour les maintenir sur la défensive».

«Les vues de cette communauté ne représentent pas celles de l’Amérique»

En axant sa campagne sur son compte Twitter et ses meetings (aucune conférence de presse pendant 169 jours!), Donald Trump n’a rien inventé, tant Nixon s’était lui aussi révélé expert dans l’art de contourner la presse. En 1952, quand celle-ci s’interroge, lors de sa candidature à la vice-présidence, sur des dépenses personnelles douteuses, il décide de répondre dans une allocution télévisée de trente minutes sans contradicteur, le célèbre «Checkers Speech». En 1968, il choisit d’axer sa campagne sur des interviews filmées, non pas avec des journalistes, mais avec des électeurs, puis de privilégier les discours et interventions en direct aux conférences de presse: il n’en tiendra que trente-neuf en cinq années et demi de mandat, chiffre famélique pour un président américain.

«Vous êtes candidat à quelque chose? –Non, monsieur le président. Et vous?» Richard Nixon contre Dan Rather, le 19 mars 1974 à Houston.

Comme Trump aujourd’hui, l’administration Nixon attaque également l’objectivité des médias, une de ces «minorités vociférantes» qui font obstacle à l’expression de la «majorité silencieuse». Un terme utilisé par le milliardaire dès le début de sa récente campagne et dont Nixon avait fait le cœur d’un discours essentiel sur sa politique au Vietnam, le 3 novembre 1969. La Maison-Blanche est alors tellement furieuse de l’accueil par les médias de cet événement qu’elle décide de passer à l’attaque. Une semaine plus tard, le vice-président Spiro Agnew, un orateur brutal détesté des Républicains bon teint, qui démissionnera pour corruption un an avant son supérieur, roue de coups les télévisions. «Un petit groupe d’hommes, comptant peut-être pas plus d’une dizaine de présentateurs, de commentateurs et de producteurs exécutifs, s’accorde sur la vingtaine de minutes d’images et de commentaires qui atteindront le public», déplore-t-il lors d’un déplacement dans l’Iowa. «Les vues de cette communauté ne représentent pas celles de l’Amérique et c’est pourquoi il y a eu un si grand fossé entre la façon dont la nation a reçu le discours du président et celle dont les médias l’ont commenté.»

Une semaine plus tard, dans l’Alabama, c’est au tour de la presse écrite de se retrouver dans le viseur du même Agnew: «Il n’est plus temps d’accepter aveuglément leurs opinions. Il n’est plus temps de croire naïvement à leur neutralité.» Des attaques qui ne peuvent qu’être bien reçues d’un grand public prompt à voir dans l’ensemble des médias des élites déconnectées. «Le ressentiment social est une clef du comportement de Nixon. Il considérait que les médias américains reflétaient les vues de l’establishment progressiste de la côte Est alors que lui était issu de la classe moyenne californienne», rappelle Antoine Coppolani.

«Ces putains de cannibales»

Ça, c’est pour la stratégie. La tactique prendra la forme d’une guérilla quotidienne, au sein d’une Maison-Blanche où plusieurs proches ou soutiens actuels de Trump (le commentateur paléoconservateur Pat Buchanan, le futur fondateur de Fox News Roger Ailes, le consultant républicain Roger Stone…) font leurs premières armes médiatiques. La Maison-Blanche tente de gêner les journaux dans leurs tentatives d’obtention d’une fréquence télévisée, élément essentiel de leur expansion. Ancien reporter du Washington Post, Ken Clawson, l’un des responsables de la communication, prend l’habitude d’appeler les responsables des tranches d’information en plein milieu de la retransmission pour leur mettre la pression, ou de suggérer aux patrons de muter certains reporters.

Les attaques du clan Nixon se font violentes, en public et surtout en privé, contre «ces putains de cannibales». En octobre 1972, quand Bob Woodward et Carl Bernstein révèlent les douteuses manœuvres de campagne de la Maison-Blanche, Nixon ordonne d’«arrêter de finasser avec ceux qui sont philosophiquement contre nous» et de les «clouer au mur». Quand les mêmes posent au directeur de campagne du président sortant, John Mitchell, une question sur le Watergate, ce dernier appelle leur directeur de la rédaction et l’avertit que la propriétaire du Washington Post, Katherine Graham, va «se faire prendre les nichons dans une essoreuse».

D’autres épisodes encore plus sinistres ont lieu. Un jour, Nixon couche sur le papier une liste d’une vingtaine d’ennemis, dont trois journalistes, qui feront l’objet d’investigations du FBI et de l’administration fiscale. Il exige également du directeur du FBI, le tout-puissant J. Edgar Hoover, qu’il lance «une chasse aux homosexuels connus ou suspectés dans la classe journalistique de Washington». Peu avant sa réélection, il demande à Haldeman de choisir «les vingt reporters les plus vicieux de Washington» et d’accumuler des informations sur eux pour «faire tomber ces fils de pute».

En 1971, son équipe autorise une intrusion chez le psychiatre de Daniel Ellsberg, un analyste militaire qui a fait fuiter dans la presse des documents confidentiels sur la guerre du Vietnam, les Pentagon Papers. La lutte contre les fuites par tous les moyens, limite légaux comme illégaux, est une constante de son administration. Dès le printemps 1969, après des révélations sur les opérations américaines au Cambodge, la Maison-Blanche obtient ainsi du FBI que des écoutes soient effectuées sur quatre journalistes du New York Times, du Sunday Times et de CBS. Mieux (ou pire): à la même époque, John Ehrlichman, le conseiller pour les affaires intérieures de Nixon, envoie directement trois hommes de main, sans autorisation du FBI, poser leur échelle dans une allée de Georgetown pour installer des micros au domicile de Joseph Kraft, un autre journaliste «ennemi».

Selon un récent livre du journaliste et chercheur Mark Feldstein, Nixon et ses bras droit ont même un jour imaginé faire assassiner le journaliste d’investigation Jack Anderson, auteur de scoops gênants sur la politique étrangère américaine, en glissant du poison dans une boisson ou une boîte d’aspirine ou en badigeonnant le volant de sa voiture de LSD. «Gagnants ou perdants, au lendemain de l’élection, il nous faudra faire quelque chose avec ce fils de pute», grince Nixon en 1972. Les deux hommes choisis pour planifier l’opération, Howard Hunt et Gordon Liddy, accéderont finalement à la célébrité en tant que membres du groupe des «plombiers de la Maison-Blanche», chargés de coordonner l’intrusion dans les locaux du Parti démocrate au Watergate, le 17 juin 1972.

«Chez Nixon, le mensonge avait avant tout pour but de tromper»

Le Watergate? «Une tentative de cambriolage de troisième catégorie». La formule a longtemps poursuivi Ron Ziegler, un ancien employé de Disneyland à peine trentenaire, devenu le plus jeune porte-parole de l’histoire de la Maison-Blanche. (Et à qui celui de Trump, Sean Spicer, est d’ores et déjà comparé, pas forcément favorablement). En 1971, le New York Times fait de cet «artiste de l’ambiguïté» le deuxième homme le mieux informé de la Maison-Blanche (derrière le président, bien sûr), et des médias accrédités le deuxième groupe le moins bien informé, juste derrière… les touristes. Quand la presse lui demande si les troupes alliées préparent l’invasion du Laos, il répond: «Le président est au courant de ce qui se passe en Asie du Sud-Est. Ce qui ne signifie pas qu’il se passe quelque chose en Asie du Sud-Est.» Un autre jour: «Si mes réponses paraissent confuses, je pense qu’elles le sont parce que les questions sont confuses et que la situation est confuse.»

Mais son chef d’œuvre, dont ont déjà été rapprochés les «alternative facts» de Trump, il l’accomplit le 17 avril 1973, en plein Watergate. Ce jour-là, Nixon se présente devant la presse, sans prendre de questions, et annonce que des membres de son administration vont déposer devant la commission d’enquête parlementaire sur le scandale et que des développements sont à attendre. Stupeur des journalistes, qui bombardent Ziegler de questions: que faire des nombreux démentis des derniers mois, selon lesquels l’administration n’avait rien à voir avec le cambriolage? «Le président se réfère au fait qu’il y a de nouveaux éléments. Voici donc les déclarations valables à l’heure actuelle. Les autres déclarations ne sont plus valables.» En anglais inoperative, adjectif qui en est venu à symboliser, selon William Safire, une des plumes de Nixon, «une correction sans excuses, qui laisse le correcteur dans la nasse».

La même impudence qu’avec les alternative facts de Trump, même si ce dernier va plus loin en tentant de créer sa propre réalité, là où Nixon essayait avant tout de dissimuler la sienne. «Chez Nixon, le mensonge avait avant tout pour but de tromper, expliquait récemment à la Columbia Journalism Review David Greenberg, un spécialiste de la communication présidentielle. […] Trump n’est peut-être pas le plus grand menteur [à devenir président] mais il est, d’une certaine façon, le plus assumé et le plus nonchalant des menteurs. Il mentira tranquillement à propos de quelque chose qui est si évidemment faux. Un peu comme s’il se disait: est-ce un mensonge s’il n’y a pas d’intention de tromper?» Si Trump est le président de la post-vérité, Nixon reste celui du mensonge. «La dissimulation était un de ses maîtres mots: il fallait nier, démentir, mentir parfois», résume Antoine Coppolani.

«Un affreux petit camp de prisonniers de guerre»

Durant son deuxième mandat, le président finit par être rattrapé par ses mensonges, par s’engluer dans la toile qu’il a lui-même tissée. Bien aidé en cela par la presse, même si le rôle de celle-ci est encore largement débattu… «À l’exception du Washington Post, les journalistes se sont montrés réticents à défier Nixon. La chaîne CBS News avait d’ailleurs fait profil bas quand un documentaire critique avait suscité sa colère, estime ainsi aujourd’hui Louis Liebovich. La couverture médiatique du Watergate est restée modeste jusqu’aux auditions menées par le Sénat à l’été 1973. Les médias et le grand public ont alors arrêté de faire preuve de complaisance.»

Une possible «complaisance» qui s’explique notamment par le désir d’une partie de la presse de conserver son accès à ses sources –la même critique a été émise, au lendemain de la victoire de Trump, envers celle qui couvre le nouveau président au risque de le «normaliser». La presse accréditée à la Maison-Blanche est-elle victime du syndrome de Stockholm? Dans un livre devenu un classique du reportage politique américain, The Boys on the Bus, le reporter de Rolling Stone Timothy Crouse comparait en 1973 le convoi de la presse présidentielle sous Nixon à «un affreux petit camp de prisonniers de guerre, le chouchou du commandant, un officier débutant bien dressé et trop zélé, persécutant les prisonniers, étudiant leurs failles, récompensant leurs échecs, les punissant pour leurs succès et les encourageant à se dénoncer mutuellement».

Si le quatrième pouvoir a joué un rôle indéniable dans les développements du Watergate, la mécanique du scandale a été largement alimentée par des lâchages internes à l’administration et au monde politique, du numéro deux du FBI W. Mark Felt, alias «Gorge Profonde», furieux d’avoir été ignoré par Nixon pour la tête de l’agence, à l’avocat de la présidence John Dean, qui finit par trahir son propre patron en témoignant contre lui. Et si le Watergate a constitué une victoire pour la presse, celle-ci, à la longue, s’est peut-être avérée empoisonnée. «Le Watergate et le Vietnam ont créé un cynisme qui domine l’attitude du public envers la présidence depuis quarante ans, et dont on pourrait faire l’hypothèse qu’il a conduit au soutien envers Trump, en dépit de ses déclarations et positions outrancières», postule Louis Liebovich.

Le scandale a contribué à instiller dans l’esprit du public l’image des médias comme «un chien de garde qui aboie parfois trop», à lancer les conservateurs sur le sentier de la guerre face à eux, à polariser le débat à l’extrême. «Nous avons toujours reconnu que le “Vieux” avait mal géré la situation, affirmait Pat Buchanan en 2005. Mais il n’a pas été déboulonné par un groupe d’anges, mais par un groupe de gens mus par la haine.» Cette année-là, un Américain sur deux affirmait encore sa confiance dans les médias; en septembre dernier, ils n’étaient plus que 32%. Dix points de moins que ceux qui proclament aujourd’hui leur confiance en Trump.

Voir par ailleurs:

Host Chris Wallace of “Fox News Sunday” spent most of his Sunday show on the subject of whether there is any evidence of Trump officials colluding with Russia to affect the 2016 presidential election. “On the Russian collusion, there’s a lot of smoke, no evidence,” said panelist Bob Woodward of Washington Post Watergate fame.

But we do have substantial evidence of media collusion with the U.S. intelligence community.

“Few understand the CIA and espionage culture as well as [David] Ignatius,” Woodward once said of his colleague, a foreign affairs columnist for the paper. These comments are significant. Ignatius is the Post journalist who received an illegal leak of classified information regarding Lt. Gen. Michael T. Flynn’s conversations with the Russian ambassador. The disclosure led to Flynn’s resignation as Trump’s national security adviser.

The leak and its publication on January 12 were both illegal actions under the law.

Attorney Larry Klayman of Freedom Watch tells Accuracy in Media that Ignatius is not alone. “What you see in these leaks—David Ignatius of The Washington Post and others—are the intelligence agencies being manipulated by the left to destroy the Trump presidency and everybody around him.” Ignatius openly boasts of his contacts in the intelligence community, especially the CIA.

Woodward was a guest on the Sunday edition of “Fox News Sunday,” but was never asked about his colleague receiving illegal leaks of communications intelligence information.

Instead, the major issue on the show was whether President Trump has made charges about wire-tapping his administration without proof. “NO EVIDENCE CITED FOR ‘WATERGATE’ PLOT” was one of the front-page headlines in the Post over President Trump’s charges that former President Obama was behind the wiretapping.

The media were unanimous. “Trump’s baseless wiretap claim” was the headline over a CNN story.

While Trump’s tweet alleging Obama’s personal role seemed like a stretch, some reported “facts” already in the media put some substance behind what the President was trying to convey in a few words and phrases. For example, the British Guardian reported on January 11:

“The Guardian has learned that the FBI applied for a warrant from the foreign intelligence surveillance (FISA) court over the summer in order to monitor four members of the Trump team suspected of irregular contacts with Russian officials. The FISA court turned down the application asking FBI counter-intelligence investigators to narrow its focus. According to one report, the FBI was finally granted a warrant in October, but that has not been confirmed, and it is not clear whether any warrant led to a full investigation.”

Regarding the alleged personal involvement of former President Obama, the left-wing publication The Intercept reported on January 13:

“With only days until Donald Trump takes office, the Obama administration on Thursday announced new rules that will let the NSA share vast amounts of private data gathered without warrant, court orders or congressional authorization with 16 other agencies, including the FBI, the Drug Enforcement Agency, and the Department of Homeland Security.”

The conservative Wall Street Journal reported:

“Only days before the inauguration, President Obama also signed an executive order that allows the National Security Agency to share raw intercepts and data with the 16 other agencies in the intelligence community. NSA analysts used to filter out irrelevant information and minimize references to Americans. Now such material is being leaked anonymously.”

The new rules and procedures, which were promulgated pursuant to a presidential executive order, were signed by Obama Attorney General Loretta E. Lynch on January 3 and reported under the innocuous New York Times headline, “N.S.A. Gets More Latitude to Share Intercepted Communications.”

As the Journal suggests, what Obama’s administration did was to set the stage for the leaks through David Ignatius of the Post and others. You don’t have to be Bob Woodward to suspect something is going on here.

“The people that report on national intelligence at all the networks, including Fox—and I love Fox News—are scared of taking on the intelligence agencies because their sources will be cut off and they won’t have a profession anymore,” Larry Klayman tells Accuracy in Media.

Interestingly, the personal website of David Ignatius features a laudatory review of one of his books, The Director, about a fictional director of the CIA. This is the context in which Bob Woodward said of Ignatius, “Few understand the CIA and espionage culture as well as Ignatius.” Another reviewer, Philip Kerr, also of The Washington Post, says “I strongly suggest you read The Director. It makes Tom Clancy look like an episode of Get Smart.”

“Get Smart” was the comedy show about a bumbling secret agent who had a phone in his shoe. Ignatius clearly understands the nature of the intelligence business and doesn’t joke around.

But most of the media won’t raise the obvious question: who is Ignatius collaborating with and why? The answers suggest actual collusion and even criminal conduct.

Woodward said on “Fox News Sunday” that “you’ve got to understand that as President Trump has this vast espionage establishment as his disposal, $50 billion a year plus, even in the CIA they call him the First Customer. So he can get the information he wants. He’s the only one in the government.”

But is he really a customer? Or is he in this case a victim?

If the intelligence community is trying to bring down a duly elected government of the United States, it is a story that must be told. Will the media tell this side of the story, or will they protect their anonymous sources and a $50 billion espionage establishment they collude with to make a living?


Voir enfin:

This is the ninth article in a series that reviews news coverage of the 2016 general election, explores how Donald Trump won and why his chances were underrated by most of the American media.

Last summer, the United Kingdom voted to leave the European Union in what bettors, financial markets and the London-based media regarded as a colossal upset. Reporters and pundits were quick to blame the polls for the unexpected result. But the polls had been fine, more or less: In the closing days of the Brexit campaign, they’d shown an almost-even race, and Leave’s narrow victory (by a margin just under 4 percentage points) was about as consistent with them as it was with anything else. The failure was not so much with the polls but with the people who were analyzing them.

The U.S. presidential election, as I’ve argued, was something of a similar case. No, the polls didn’t show a toss-up, as they had in Brexit. But the reporting was much more certain of Clinton’s chances than it should have been based on the polls. Much of The New York Times’s coverage, for instance, implied that Clinton’s odds were close to 100 percent. In an article on Oct. 17 — more than three weeks before Election Day — they portrayed the race as being effectively over, the only question being whether Clinton should seek a landslide or instead assist down-ballot Democrats:

Hillary Clinton’s campaign is planning its most ambitious push yet into traditionally right-leaning states, a new offensive aimed at extending her growing advantage over Donald J. Trump while bolstering down-ballot candidates in what party leaders increasingly suggest could be a sweeping victory for Democrats at every level. […]

The maneuvering speaks to the unexpected tension facing Mrs. Clinton as she hurtles toward what aides increasingly believe will be a decisive victory — a pleasant problem, for certain, but one that has nonetheless scrambled the campaign’s strategy weeks before Election Day: Should Mrs. Clinton maximize her own margin, aiming to flip as many red states as possible to run up an electoral landslide, or prioritize the party’s congressional fortunes, redirecting funds and energy down the ballot?

This is not to say the election was a toss-up in mid-October, which was one of the high-water marks of the campaign for Clinton. But while a Trump win was unlikely, it should hardly have been unthinkable.1 And yet the Times, famous for its “to be sure” equivocations,2 wasn’t even contemplating the possibility of a Trump victory.3

It’s hard to reread this coverage without recalling Sean Trende’s essay on “unthinkability bias,” which he wrote in the wake of the Brexit vote. Just as was the case in the U.S. presidential election, voting on the referendum had split strongly along class, education and regional lines, with voters outside of London and without advanced degrees being much more likely to vote to leave the EU. The reporters covering the Brexit campaign, on the other hand, were disproportionately well-educated and principally based in London. They tended to read ambiguous signs — anything from polls to the musings of taxi drivers — as portending a Remain win, and many of them never really processed the idea that Britain could vote to leave the EU until it actually happened.

So did journalists in Washington and London make the apocryphal Pauline Kael mistake, refusing to believe that Trump or Brexit could win because nobody they knew was voting for them? That’s not quite what Trende was arguing. Instead, it’s that political experts4 aren’t a very diverse group and tend to place a lot of faith in the opinions of other experts and other members of the political establishment. Once a consensus view is established, it tends to reinforce itself until and unless there’s very compelling evidence for the contrary position. Social media, especially Twitter, can amplify the groupthink further. It can be an echo chamber.

I recently reread James Surowiecki’s book “The Wisdom of Crowds” which, despite its name, spends as much time contemplating the shortcomings of such wisdom as it does celebrating its successes. Surowiecki argues5 that crowds usually make good predictions when they satisfy these four conditions:

  1. Diversity of opinion. “Each person should have private information, even if it’s just an eccentric interpretation of the known facts.”
  2. Independence. “People’s opinions are not determined by the opinions of those around them.”
  3. Decentralization. “People are able to specialize and draw on local knowledge.”
  4. Aggregation. “Some mechanism exists for turning private judgments into a collective decision.”

Political journalism scores highly on the fourth condition, aggregation. While Surowiecki usually has something like a financial or betting market in mind when he refers to “aggregation,” the broader idea is that there’s some way for individuals to exchange their opinions instead of keeping them to themselves. And my gosh, do political journalists have a lot of ways to share their opinions with one another, whether through their columns, at major events such as the political conventions or, especially, through Twitter.

But those other three conditions? Political journalism fails miserably along those dimensions.

Diversity of opinion? For starters, American newsrooms are not very diverse along racial or gender lines, and it’s not clear the situation is improving much.6 And in a country where educational attainment is an increasingly important predictor of cultural and political behavior, some 92 percent of journalists have college degrees. A degree didn’t used to be a de facto prerequisite7 for a reporting job; just 70 percent of journalists had college degrees in 1982 and only 58 percent did in 1971.

The political diversity of journalists is not very strong, either. As of 2013, only 7 percent of them identified as Republicans (although only 28 percent called themselves Democrats with the majority saying they were independents). And although it’s not a perfect approximation — in most newsrooms, the people who issue endorsements are not the same as the ones who do reporting — there’s reason to think that the industry was particularly out of sync with Trump. Of the major newspapers that endorsed either Clinton or Trump, only 3 percent (2 of 59) endorsed Trump. By comparison, 46 percent of newspapers to endorse either Barack Obama or Mitt Romney endorsed Romney in 2012. Furthermore, as the media has become less representative of right-of-center views — and as conservatives have rebelled against the political establishment — there’s been an increasing and perhaps self-reinforcing cleavage between conservative news and opinion outlets such as Breitbart and the rest of the media.

Although it’s harder to measure, I’d also argue that there’s a lack of diversity when it comes to skill sets and methods of thinking in political journalism. Publications such as Buzzfeed or (the now defunct) Gawker.com get a lot of shade from traditional journalists when they do things that challenge conventional journalistic paradigms. But a lot of traditional journalistic practices are done by rote or out of habit, such as routinely granting anonymity to staffers to discuss campaign strategy even when there isn’t much journalistic merit in it. Meanwhile, speaking from personal experience, I’ve found the reception of “data journalists” by traditional journalists to be unfriendly, although there have been exceptions.

Independence? This is just as much of a problem. Crowds can be wise when people do a lot of thinking for themselves before coming together to exchange their views. But since at least the days of “The Boys on the Bus,” political journalism has suffered from a pack mentality. Events such as conventions and debates literally gather thousands of journalists together in the same room; attend one of these events, and you can almost smell the conventional wisdom being manufactured in real time. (Consider how a consensus formed that Romney won the first debate in 2012 when it had barely even started, for instance.) Social media — Twitter in particular — can amplify these information cascades, with a single tweet receiving hundreds of thousands of impressions and shaping the way entire issues are framed. As a result, it can be largely arbitrary which storylines gain traction and which ones don’t. What seems like a multiplicity of perspectives might just be one or two, duplicated many times over.

Decentralization? Surowiecki writes about the benefit of local knowledge, but the political news industry has become increasingly consolidated in Washington and New York as local newspapers have suffered from a decade-long contraction. That doesn’t necessarily mean local reporters in Wisconsin or Michigan or Ohio should have picked up Trumpian vibrations on the ground in contradiction to the polls. But as we’ve argued, national reporters often flew into these states with pre-baked narratives — for instance, that they were “decreasingly representative of contemporary America” — and fit the facts to suit them, neglecting their importance to the Electoral College. A more geographically decentralized reporting pool might have asked more questions about why Clinton wasn’t campaigning in Wisconsin, for instance, or why it wasn’t more of a problem for her that she was struggling in polls of traditional bellwethers such as Ohio and Iowa. If local newspapers had been healthier economically, they might also have commissioned more high-quality state polls; the lack of good polling was a problem in Michigan and Wisconsin especially.

There was once a notion that whatever challenges the internet created for journalism’s business model, it might at least lead readers to a more geographically and philosophically diverse array of perspectives. But it’s not clear that’s happening, either. Instead, based on data from the news aggregation site Memeorandum, the top news sources (such as the Times, The Washington Post and Politico) have earned progressively more influence over the past decade:

The share of total exposure8 for the top five news sources9 climbed from roughly 25 percent a decade ago to around 35 percent last year, and has spiked to above 40 percent so far in 2017. While not a perfect measure10, this is one sign the digital age hasn’t necessarily democratized the news media. Instead, the most notable difference in Memeorandum sources between 2007 and 2017 is the decline of independent blogs; many of the most popular ones from the late ’aughts either folded or (like FiveThirtyEight) were bought by larger news organizations. Thus, blogs and local newspapers — two of the better checks on Northeast Corridor conventional wisdom run amok — have both had less of a say in the conversation.

All things considered, then, the conditions of political journalism are poor for crowd wisdom and ripe for groupthink. So … what to do about it, then?

Initiatives to increase decentralization would help, although they won’t necessarily be easy. Increased subscription revenues at newspapers such as The New York Times and The Washington Post is an encouraging sign for journalism, but a revival of local and regional newspapers — or a more sustainable business model for independent blogs — would do more to reduce groupthink in the industry.

Likewise, improving diversity is liable to be a challenge, especially because the sort of diversity that Surowiecki is concerned with will require making improvements on multiple fronts (demographic diversity, political diversity, diversity of skill sets). Still, the research Surowiecki cites is emphatic that there are diminishing returns to having too many of the same types of people in small groups or organizations. Teams that consist entirely of high-IQ people may underperform groups that contain a mix of high-IQ and medium-IQ participants, for example, because the high-IQ people are likely to have redundant strengths and similar blind spots.

That leaves independence. In some ways the best hope for a short-term fix might come from an attitudinal adjustment: Journalists should recalibrate themselves to be more skeptical of the consensus of their peers. That’s because a position that seems to have deep backing from the evidence may really just be a reflection from the echo chamber. You should be looking toward how much evidence there is for a particular position as opposed to how many people hold that position: Having 20 independent pieces of evidence that mostly point in the same direction might indeed reflect a powerful consensus, while having 20 like-minded people citing the same warmed-over evidence is much less powerful. Obviously this can be taken too far and in most fields, it’s foolish (and annoying) to constantly doubt the market or consensus view. But in a case like politics where the conventional wisdom can congeal so quickly — and yet has so often been wrong — a certain amount of contrarianism can go a long way.

Nate Silver is the founder and editor in chief of FiveThirtyEight.

Voir enfin:

Emmanuel Macron et les médias: mais pourquoi tant de unes ?
Les Inrocks
28/02/2017

En trustant les couves de magazines, Emmanuel Macron est devenu un phénomène médiatique. Sa jeunesse, son ambition, son couple ringardisent une partie de la classe politique. Mais cette stratégie de com sera-t-elle payante ?

Il y avait la série des Martine, il y a maintenant celle des Macron. Macron en vacances exclusives à la plage, en minishort bleu, certes, mais “avant l’offensive” parce que bon, voilà, il ne faut pas déconner. Macron et Brigitte, ensemble, sur la route du pouvoir. Macron qui “dévoile enfin son programme” (mais pas trop quand même). Macron “la bombe”, “le coup de poker” ou encore “le dynamiteur”, quand il n’est pas une “fusée” ou “le plus chabadabada (!) des ministres”.

Impossible d’y échapper : L’Express, L’Obs, Paris Match, VSD ou encore Closer et Public – sans compter les quotidiens – offrent régulièrement leur “une” au candidat d’En marche !, parfois avec Brigitte Macron, sa femme.

“Macronité aiguë” chez L’Obs

Rien d’exceptionnel, pourrait-on se dire : il est l’un des prétendants à l’élection présidentielle et, comme ses concurrents, il est mis en avant dans les médias. Mais la récurrence de ses apparitions, surtout pour un homme inconnu du grand public il y a deux ans, interroge – Julien Salingue, coanimateur d’Acrimed, parle par exemple de “macronite aigüe” à propos de ses nombreuses apparitions à la une de L’Obs. Pourquoi cette omniprésence ?

La réponse tient en deux points. D’abord, hormis sa vision politique, sa personnalité intrigue, agace, fascine. Ensuite, à l’heure où les ventes de journaux plongent, il est bankable. Pour Marc Dolisi, rédacteur en chef de VSD, si Macron est au cœur de l’attention, “c’est parce qu’il est le seul homme politique qui intéresse autant les gens du point de vue public mais aussi privé”. Outre sa personne, c’est son couple qui ferait de lui un individu dont les amours passionnent autant que celles d’une star du show-biz – qu’il fréquente d’ailleurs, en témoigne une photo de lui à l’anniversaire de Line Renaud, postée par Laeticia Hallyday, excusez du peu.

“Le lecteur est plus susceptible d’aller acheter une couve avec Macron et son épouse que Juppé et la sienne”

Marc Dolisi : “Il est fascinant à cause de sa vie privée. Il est jeune, plutôt bien de sa personne, sa femme, qui était avant sa prof de lettres au lycée, est beaucoup plus âgée que lui – d’habitude, c’est plutôt l’inverse. Leur union est donc atypique, ce qui est porteur du point de vue du lecteur : il est plus susceptible d’aller acheter une couve avec Macron et son épouse que Juppé et la sienne par exemple.” Mettre les Macron à la une de VSD, c’est augmenter les ventes de 10 000 exemplaires, par rapport à un autre politique, même s’“il fait quand même moins vendre qu’une Sophie Marceau ou un Jean-Jacques Goldman”.

Du côté de Paris Match, même discours. Bruno Jeudy, rédacteur en chef politique : “C’est un couple de pouvoir, qui énerve, qui est apprécié. Peu importe au fond, ils intéressent.” L’hebdo fut le premier à leur consacrer sa une. C’était en avril 2016, et malgré des critiques pour ce que certains avaient considéré comme de l’impudeur – des photos personnelles du couple y figuraient –, les ventes furent excellentes : “On l’a vendu à environ 300 000 exemplaires, hors abonnés. On a même manqué de papier pour plusieurs kiosques – selon nos services commerciaux, on aurait raté plusieurs milliers de ventes.”

“Une vraie curiosité pour Macron”

Le candidat avait assuré peu après : “Mon couple, ce n’est pas une stratégie de l’exposer, c’est sans doute une maladresse. Je l’assume pleinement. Ce n’est pas une stratégie que l’on reproduira.” On connaît la suite, Emmanuel Macron réapparaissant plusieurs fois depuis avec sa compagne dans les pages de Match.

En tout cas, pour Bruno Jeudy, il n’y a pas que sa vie privée qui soit notable. “Il est l’homme politique qui bouscule le paysage : par son âge, son parcours exceptionnel, sa capacité à transgresser, et même par son histoire avec François Hollande, qu’il a trahi. Il était donc normal de se pencher sur lui (…). Mais il ne faut pas confondre popularité, vente de magazines et suffrages. C’est un candidat qui est présumé être compétent, brillant ; il lui reste à présent à démontrer qu’il a vraiment des idées et n’est pas seulement dans des postures christiques en meeting ou des discours sympathico-consensuels.” 

Christophe Barbier, ancien directeur de la rédaction de L’Express – qui, pour sa nouvelle formule en mars 2016, avait mis Macron à l’honneur, et permis à l’hebdo de doubler ses ventes –, reconnaît lui aussi “une vraie curiosité pour le phénomène Macron”, même si, pour que tout cela soit payant, “il faut que les votes à son égard soient des suffrages de conviction, pas d’émotion”. D’autant qu’il profiterait du fait qu’“autour de lui, tout s’effondre : on n’aurait pas le même intérêt pour lui si Sarkozy ou Hollande étaient dans la course”.

L’ombre de Sarkozy

L’ombre de Sarkozy n’est jamais bien loin quand il s’agit d’évoquer la relation de Macron aux médias, people notamment. Pour Saïd Mahrane, rédacteur en chef du Point, le candidat d’En marche ! adopterait le même genre de stratégie médiatique que l’ancien Président en 2007. “Sarkozy avait compris une chose : il ne pouvait pas se passer des médias et réciproquement, donc c’était du donnant-donnant (…).

On voyait arriver un type jeune, dynamique, décomplexé – Macron me le rappelle. Il sait que, de toute façon, ça sera payant : les journalistes sont demandeurs et lui, cela l’humanise. En affichant cette jeunesse, ce charme, il ringardise une partie de la classe politique.”

“Le couple politique le plus intelligent du point de vue de l’image”

Marc Dolisi ne dit pas le contraire en évoquant “le couple politique le plus intelligent du point de vue de l’image. Neuf ans après Sarkozy et la peopolisation qu’il a imposée, ils savent qu’ils peuvent en tirer profit et que cela peut toucher le grand public”.

Le journaliste en veut pour preuve “certaines photos prises par des paparazzis” pour VSD, sans que les Macron ne les attaquent en justice : “Ils auraient pu. Mais ils savent très bien qu’ils sont photographiés. Ils laissent faire.” Cette filiation éditoriale augure-t-elle pour l’homme le plus à droite de la gauche un avenir présidentiel ? 


Terrorisme: Attention, un aveuglement peut en cacher un autre (Rhetorical tricks aside, the reality is that during Obama’s tenure scores of innocent Americans have been murdered on U.S. soil by jihadists, mostly inspired by or acting under the direction of foreign terror groups)

26 février, 2017
https://pibillwarner.files.wordpress.com/2016/12/26581-terrorthreatsnapshot_sept_website.png?w=450&h=428https://counterjihadnews.files.wordpress.com/2016/02/terrorthreatsnapshot_february_social-media-862x1024.png?w=450&h=535
https://i2.wp.com/inhomelandsecurity.com/wp-content/uploads/2016/12/Terror-threat-snapshot-December.jpghttps://infogram.io/p/dea9a0118ed0319648c2609ed7d0088a.png
https://swedishsurveyor.files.wordpress.com/2014/11/immigrationeurope.jpg?w=451&h=353
https://www.gatestoneinstitute.org/pics/932.jpg
Daech dispose d’équipements militaires nombreux, rustiques mais aussi lourds et sophistiqués. Plus que d’une mouvance terroriste, nous sommes confrontés à une véritable armée encadrée par des militaires professionnels. Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre ? Affirmons-le clairement, parce que cela a des conséquences : ce sont les États-Unis. Par intérêt politique à court terme, d’autres acteurs – dont certains s’affichent en amis de l’Occident – d’autres acteurs donc, par complaisance ou par volonté délibérée, ont contribué à cette construction et à son renforcement. Mais les premiers responsables sont les Etats-Unis. Général Vincent Desportes (17.12.2014)
We should take great pride in the progress that we’ve made over the last eight years. That’s the bottom line. No foreign terrorist organization has successfully planned and executed an attack on our homeland. (…) The most deadly attacks on the homeland over the last eight years have not been carried out by operatives with sophisticated networks or equipment directed from abroad. “They’ve been carried out by home-grown and largely isolated individuals who were radicalized online. Barack Hussein Obama (MacDill Air Force Base, Tampa, Fla., Dec. 6, 2016)
L’Amérique est un endroit meilleur et plus fort qu’il ne l’était quand nous avons commencé. (…) Si je vous avais dit il y a huit ans que l’Amérique renverserait une grande récession, redémarrerait notre industrie automobile et entammerait la plus longue période de création d’emplois de notre histoire … si je vous avais dit que nous ouvririons un nouveau chapitre avec le peuple cubain , que nous fermerions le programme d’armes nucléaires de l’Iran sans tirer un coup de feu, et tuer le cerveau des attentats du 9/11 … si je vous avais dit que nous gagnerions l’égalité au mariage et le droit à l’assurance maladie pour 20 millions de nos concitoyens – Vous auriez pu dire que nos objectifs étaient un peu trop élevés. (…) Les relations raciales sont meilleures qu’avant, croyez-moi, mais nous se sommes pas encore où nous devons être. (…) En raison de l’extraordinaire courage de nos hommes et de nos femmes en uniforme, des officiers du renseignement, des forces de l’ordre et des diplomates qui les soutiennent, aucune organisation terroriste étrangère n’a planifié et exécuté avec succès une attaque dans notre pays ces huit dernières années. Et bien que Boston et Orlando nous rappellent à quel point la radicalisation peut être dangereuse, nos forces de l’ordre sont plus efficaces et plus vigilantes que jamais. Barack Hussein Obama (Chicago, 10.01.2017)
Regardez ce qui se passe en Allemagne, regardez ce qui s’est passé hier soir en Suède. La Suède, qui l’aurait cru ? La Suède. Ils ont accueilli beaucoup de réfugiés, et maintenant ils ont des problèmes comme ils ne l’auraient jamais pensé. Donald Trump
La sécurité nationale commence par la sécurité aux frontières. Les terroristes étrangers ne pourront pas frapper l’Amérique s’ils ne peuvent entrer dans notre pays. Regardez ce qui se passe en Europe! Regardez ce qui passe en Europe! J’adore la Suède mais les gens là-bas comprennent que j’ai raison. J’ai un ami, c’est quelqu’un de très très important. Il adore la Ville lumière. Pendant des années, tous les étés, il allait à Paris, avec sa femme et sa famille. Je ne l’avais pas vu depuis longtemps et j’ai dit “Jim, comment va Paris?”; “Je n’y vais plus. Paris n’est plus Paris. Il n’aurait jamais raté une occasion. Aujourd’hui, il n’envisage même plus d’y aller. Donald Trump
Je ne ferai pas de comparaison, mais ici il n’y a pas de circulation d’armes, il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule. François Hollande
Examinant mon passeport, il relève que j’ai bénéficié récemment d’un visa « J1 », accordé notamment aux universitaires. J’ai été, en effet, professeur invité à l’Université Columbia de New York, de septembre 2016 à janvier 2017. Il conclut que je suis donc revenu travailler « illégalement » avec un visa expiré. J’ai beau expliquer que ma situation n’a rien d’anormal, sinon l’université n’aurait pas pu m’inviter, rien n’y fait. N’étant pas en possession d’un document fédéral m’autorisant à travailler aux États-Unis, je suis en infraction. La décision sera confirmée plus tard par son supérieur hiérarchique – que je n’aurai pas la possibilité de rencontrer. (…) Vers 21h, il reste une demi-douzaine de personnes, somnolentes et inquiètes, un Africain ne parlant pas bien l’anglais, les autres sans doute d’origine latino-américaine. Je suis apparemment le seul Européen – le seul « blanc ». Arrivent alors deux officiers de police. Ils se dirigent vers le monsieur assis devant moi, peut-être un Mexicain, bien mis de sa personne. Ils lui montrent un billet d’avion et lui disent qu’ils vont l’emmener. Invité à se lever, il est alors menotté, enchaîné à la taille, et entravé aux chevilles. Je n’en crois pas mes yeux. Des images d’esclaves me traversent l’esprit: la policière qui lui met les fers aux pieds est une Africaine-Américaine, vaguement gênée. J’imagine le temps qu’il va mettre pour rejoindre la porte d’embarquement. Je me demande surtout si c’est le même sort qui nous attend. Je préfère croire que lui a commis un délit sérieux. J’apprendrai par la suite que « c’est la procédure ». Cette façon de faire – proprement indigne – serait exigée par les compagnies aériennes. Je ne suis pas sûr, au demeurant, que les conditions d’expulsion soient plus humaines chez nous.A 1h 30 du matin – cela fait plus de 26 heures que j’ai quitté mon domicile parisien – je vois une certaine agitation. Une policière vient vers moi et me demande quelle est ma destination finale aux États-Unis et si quelqu’un m’attend à l’aéroport. (…) Quelques minutes plus tard, un policier au ton cette fois amical me rend mon téléphone et mon passeport, dûment tamponné, et me déclare autorisé à entrer aux États-Unis. Les restrictions qui m’ont été imposées sont levées, ajoute-t-il, sans que je puisse savoir ce qui va rester dans leurs fichiers. Il m’explique que le fonctionnaire qui a examiné mon dossier était « inexpérimenté » et ne savait pas que certaines activités, dont celles liées à la recherche et à l’enseignement, bénéficiaient d’un régime d’exception et pouvaient parfaitement être menées avec un simple visa touristique. « Il ne savait pas ». Abasourdi, je lui demande, ou plutôt je déclare que c’était donc une erreur. Il ne me répond pas. Il me laisse simplement entendre qu’ayant, lui, une longue expérience, il a vu le problème en prenant son poste en début de nuit. Il aura l’amabilité de me raccompagner à la sortie d’un aéroport totalement désert, m’indiquant l’adresse d’un hôtel dans la zone portuaire. À aucun moment, ni lui, ni ses collègues ne se sont excusés. En réalité, ma libération n’a rien eu de fortuit. Elle est la conséquence de l’intervention de mon collègue auprès du président de l’université Texas A & M, d’une professeure de droit chargée des questions d’immigration, et de plusieurs avocats. Sans eux, j’aurais été conduit menotté, enchaîné, et entravé à l’embarquement pour Paris. Historien de métier, je me méfie des interprétations hâtives. Cet incident a occasionné pour moi un certain inconfort, difficile de le nier. Je ne peux, cependant, m’empêcher de penser à tous ceux qui subissent ces humiliations et cette violence légale sans les protections dont j’ai pu bénéficier. J’y pense d’autant plus que j’ai connu l’expulsion et l’exil dans mon enfance. Pour expliquer ce qui s’est passé, j’en suis rendu aux conjectures. Pourquoi le contrôle aléatoire est-il tombé sur moi? Je ne le sais pas mais ce n’est pas le fruit du hasard. Mon « cas » présentait un problème avant même l’examen approfondi de mon visa. Peut-être est-ce mon lieu de naissance, l’Egypte, peut-être ma qualité d’universitaire, peut-être mon récent visa de travail expiré, pourtant sans objet ici, peut-être aussi ma nationalité française. Peut-être aussi le contexte. Quand bien même aurais-je commis une erreur, ce qui n’est pas le cas, cela méritait-il pareil traitement? Comment expliquer ce zèle, évident, de la part du policier qui m’a examiné et de son supérieur hiérarchique sinon par le souci de faire du chiffre et de justifier, au passage, ces contrôles accrus? J’étais d’autant plus « intéressant » que je ne tombais pas dans la catégorie habituelle des « déportables ». Telle est donc la situation aujourd’hui. Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale. Je ne sais ce qui est le pire. Ce que je sais, aimant ce pays depuis toujours, c’est que les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis. Henry Rousso
La chancelière allemande Angela Merkel et les Premiers ministres des 16 Landers allemands ont conclu jeudi un accord visant à faciliter les expulsions de réfugiés dont la demande d’asile a été rejetée. Les expulsions sont normalement du ressort des landers, mais Merkel souhaite coordonner un certain nombre de choses au niveau fédéral pour accélérer les procédures. Le gouvernement fédéral veut s’accaparer plus de pouvoirs pour refuser des permis de séjour et effectuer lui-même les expulsions. L’un des objectifs centraux du plan en 16 points est de construire un centre de rapatriement à Potsdam (Berlin) qui comptera un représentant pour chaque lander. En outre, il prévoit la création de centres d’expulsion à proximité des aéroports pour faciliter les expulsions collectives. Un autre objectif est de faciliter l’expulsion des immigrants qui présentent un danger pour la sécurité du pays et de favoriser les «retours volontaires» d’autres migrants par le biais d’incitations financières s’ils acceptent de quitter le pays avant qu’une décision ait été prise au regard de leur demande d’asile. Une somme de 40 millions d’euros est consacrée à ce projet. Selon le ministère allemand de l’Intérieur, 280.000 migrants ont sollicité l’asile en Allemagne en 2016. C’est trois fois moins que les 890.000 de l’année précédente, au plus fort de la crise des réfugiés en Europe. Près de 430 000 demandes d’asile sont encore en cours d’instruction. L’Express
When President Trump last week raised Sweden’s problematic experience with open door immigration, skeptics were quick to dismiss his claims. Two days later an immigrant suburb of Stockholm was racked by another riot. No one was seriously injured, though the crowd burned cars and hurled stones at police officers. Mr. Trump did not exaggerate Sweden’s current problems. If anything, he understated them. Sweden took in about 275,000 asylum-seekers from 2014-16—more per capita than any other European country. Eighty percent of those who came in 2015 lacked passports and identification, but a majority come from Muslim nations. Islam has become Sweden’s second-largest religion. In Malmö, our third-largest city, Mohamed is the most common name for baby boys. The effects are palpable, starting with national security. An estimated 300 Swedish citizens with immigrant backgrounds have traveled to the Middle East to fight for Islamic State. Many are now returning to Sweden and are being welcomed back with open arms by our socialist government. In December 2010 we had our first suicide attack on Swedish soil, when an Islamic terrorist tried to blow up hundreds of civilians in central Stockholm while they were shopping for Christmas presents. Thankfully the bomber killed only himself. Riots and social unrest have become a part of everyday life. Police officers, firefighters and ambulance personnel are regularly attacked. Serious riots in 2013, involving many suburbs with large immigrant populations, lasted for almost a week. Gang violence is booming. Despite very strict firearm laws, gun violence is five times as common in Sweden, in total, as in the capital cities of our three Nordic neighbors combined. Anti-Semitism has risen. Jews in Malmö are threatened, harassed and assaulted in the streets. Many have left the city, becoming internal refugees in their country of birth. The number of sex crimes nearly doubled from 2014-15, according to surveys by the Swedish government body for crime statistics. One-third of Swedish women report that they no longer feel secure in their own neighborhoods, and 12% say they don’t feel safe going out alone after dark. A 1996 report from the same government body found that immigrant men were far likelier to commit rape than Swedish men.  (…) Our nation’s culture hasn’t been spared either. Artists accused of insulting Islam live under death threats. Dance performances and art exhibitions have been called off for fear of angering Islamists. Schools have prohibited the singing of traditional Christian hymns because they don’t want to “insult” non-Christian immigrants. Yet reports made with hidden cameras by journalists from Swedish public media show mosques teaching fundamentalist interpretations of Islam. Sweden’s government now spends an incredible amount of money caring for newly arrived immigrants each year. The unemployment rate among immigrants is five times as high as that of native Swedes. Among some groups, such as Somalis, in places like Malmö unemployment reaches 80%. Jimmie Åkesson and Mattias Karlsson
Sweden has the highest rape rate in Europe, author Naomi Wolf said on the BBC’s Newsnight programme recently. (…) The Swedish police recorded the highest number of offences – about 63 per 100,000 inhabitants – of any force in Europe, in 2010. The second-highest in the world. This was three times higher than the number of cases in the same year in Sweden’s next-door neighbour, Norway, and twice the rate in the United States and the UK. It was more than 30 times the number in India, which recorded about two offences per 100,000 people. On the face of it, it would seem Sweden is a much more dangerous place than these other countries. But that is a misconception, according to Klara Selin, a sociologist at the National Council for Crime Prevention in Stockholm. She says you cannot compare countries’ records, because police procedures and legal definitions vary widely. « In Sweden there has been this ambition explicitly to record every case of sexual violence separately, to make it visible in the statistics, » she says. « So, for instance, when a woman comes to the police and she says my husband or my fiance raped me almost every day during the last year, the police have to record each of these events, which might be more than 300 events. In many other countries it would just be one record – one victim, one type of crime, one record. » The thing is, the number of reported rapes has been going up in Sweden – it’s almost trebled in just the last seven years. In 2003, about 2,200 offences were reported by the police, compared to nearly 6,000 in 2010. So something’s going on. But Klara Selin says the statistics don’t represent a major crime epidemic, rather a shift in attitudes. The public debate about this sort of crime in Sweden over the past two decades has had the effect of raising awareness, she says, and encouraging women to go to the police if they have been attacked. The police have also made efforts to improve their handling of cases, she suggests, though she doesn’t deny that there has been some real increase in the number of attacks taking place – a concern also outlined in an Amnesty International report in 2010. « There might also be some increase in actual crime because of societal changes. Due to the internet, for example, it’s much easier these days to meet somebody, just the same evening if you want to. Also, alcohol consumption has increased quite a lot during this period. « But the major explanation is partly that people go to the police more often, but also the fact that in 2005 there has been reform in the sex crime legislation, which made the legal definition of rape much wider than before. » The change in law meant that cases where the victim was asleep or intoxicated are now included in the figures. Previously they’d been recorded as another category of crime. BBC
Comment se fait-il, alors, qu’en 2008, le Danemark, voisin de la Suède, avait seulement 7,3 viols pour cent mille habitants par rapport à 53,2 en Suède ? La législation danoise n’est pas très différente de celle de la Suède et il n’y a aucune raison évidente pour laquelle les femmes danoises auraient moins tendance à signaler un viol que les femmes suédoises. En 2011, six mille cinq cent neuf viols ont été signalés à la police suédoise – mais seulement trois cent quatre vingt douze au Danemark. La population du Danemark est d’environ la moitié de celle de Suède et, même ajustée à ces chiffres, la différence est donc significative. En Suède, les autorités font ce qu’elles peuvent pour dissimuler l’origine des violeurs. Au Danemark, l’Office Statistique Officiel de l’État, Statistics Denmark, a révélé qu’en 2010, plus de la moitié des violeurs condamnés étaient issus de l’immigration. Depuis 2000, il n’y a eu qu’un seul rapport de recherche sur la criminalité des immigrants. Cela a été fait en 2006 par Ann-Christine Hjelm de l’Université Karlstads. Il est apparu que, en 2002, 85% des personnes condamnées à au moins deux ans de prison pour viol par Svea hovrätt, une cour d’appel, étaient nées à l’étranger ou étaient des immigrants de deuxième génération. Un rapport de 1996 du Conseil National Suédois pour la Prévention du Crime est arrivé à la conclusion que les immigrants en provenance d’Afrique du Nord (Algérie, Libye, Maroc et Tunisie) étaient vingt-trois fois plus susceptibles de commettre des viols que les Suédois. Les chiffres pour les hommes venus d’Irak, de Bulgarie et de Roumanie étaient, respectivement de vingt, dix-huit et dix-huit. Les hommes venant du reste de l’Afrique étaient seize fois plus susceptibles de commettre un viol ; et les hommes originaires d’Iran, du Pérou, de l’Équateur et de Bolivie, dix fois plus enclins à en commettre que les Suédois. Une nouvelle tendance a frappé la Suède de plein fouet au cours des dernières décennies : le viol collectif – pratiquement inconnu auparavant dans l’histoire criminelle suédoise. Le nombre de viols collectifs a augmenté de façon spectaculaire entre 1995 et 2006. Depuis lors, aucune étude n’a été faite à ce sujet. L’un des pires cas s’est produit en 2012, quand une femme de trente ans a été violée par huit hommes dans une cité pour demandeurs d’asile, dans la petite ville de Mariannelund. Cette femme était une connaissance d’un Afghan qui avait vécu en Suède pendant un certain nombre d’années. Il l’a invitée à sortir avec lui. Elle avait accepté. Cet Afghan l’avait emmenée dans une cité pour réfugiés et l’y avait laissée, sans défense. Pendant la nuit, elle a été violée à plusieurs reprises par des demandeurs d’asile et quand son « ami » est revenu, il l’a violée aussi. Le lendemain matin, elle a réussi à appeler la police. Le Procureur de la Suède a qualifié cet incident de « pire crime de viol de l’histoire criminelle suédoise. » Gatestone institute
Depuis les Attentats du 11 septembre 2001, la France doit faire face, comme d’autres pays, à une menace plus diffuse et qui n’émane plus d’États bien identifiés. Les attentats les plus récents sont généralement revendiqués par l’État islamique. Eric Denécé évalue à 102 morts le nombre de victimes françaises du terrorisme islamiste entre 2001 et le 5 mai 20156. Les tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban font un total de 8 morts dont l’agresseur. Les attentats de janvier 2015 à Paris et dans sa région (au siège de Charlie Hebdo, à Montrouge, à Dammartin-en-Goële et la prise d’otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes) font un total de 20 morts dont les trois terroristes. Le 19 avril 2015 Sid Ahmed Ghlam assassine Aurélie Châtelain à Villejuif et se blesse avant de pouvoir attaquer plusieurs églises. Le 26 juin 2015, attentat de Saint-Quentin-Fallavier: Yassin Salhi décapite son patron et fait deux blessés. Il se suicide en prison 6 mois plus tard. Lors des attentats du 13 novembre 2015 en France, deux kamikazes font détoner leur ceinture d’explosifs au Stade de France, faisant une victime ; en même temps, diverses fusillades à la Kalachnikov visent des restaurants situés dans le 10e et 11e arrondissements de Paris, suivies d’une nouvelle fusillade puis d’une prise d’otages au Bataclan, qui se soldera après assaut des forces de l’ordre par la mort de 89 otages et des trois terroristes impliqués. Au total, le bilan s’élève à 130 morts et 415 blessés7. Les attentats seront revendiqués par l’État islamique8. Tous les terroristes sont abattus par les forces de l’ordre ou meurent dans ce qui sont les premiers attentats suicides en France, sauf Salah Abdeslam qui sera capturé 4 mois plus tard en Belgique Le 13 juin 2016, un terroriste, Larossi Abballa (Français d’origine marocaine), ayant fait allégeance à l’État islamique perpètre un double meurtre sur des fonctionnaires de police, un commandant et sa compagne, agent administratif, par arme blanche, à leur domicile9. Le bilan est de trois morts, dont l’assassin, abattu lors de l’assaut du RAID. Le couple laisse un jeune enfant. Lors de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, Mohamed Lahouaiej Bouhlel fonce délibérément sur la promenade des Anglais à Nice, au volant d’un poids lourd de 19 tonnes avec lequel il écrase de nombreux passants qui regardaient la fin du feu d’artifice lors de la fête nationale française. L’attentat fait 86 morts et 434 blessés, dont de nombreux enfants. Le terroriste est abattu par la police à bord de son véhicule. Le père Jacques Hamel est égorgé le mardi 26 juillet 2016 lors de l’attentat de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, ses deux assassins sont abattus par la police alors qu’il sortaient avec des otages. Le 3 février 2017 se déroule une attaque au Musée du Louvre à Paris. Des militaires sont agressés par un homme les attaquant avec deux machettes. L’un d’eux est légèrement blessé et ses camarades neutralisent l’assaillant en ouvrant le feu. Plusieurs projets d’attentats sont déjoués en 2015, notamment contre des églises et des bases militaires10. Le plus spectaculaire est l’attentat du train Thalys le 21 août 2015 où Ayoub El Khazzani est arrêté dans sa tentative par un français et des militaires américains en permission. Une tentative d’attentat de la cathédrale Notre-Dame de Paris par des femmes est déjoué en septembre 2016. En 2016, de nombreux projets sont également déjoués dans le pays11. En France, la région parisienne, la région Rhône-Alpes et l’agglomération Roubaix-Tourcoing sont considérées comme des « viviers du terrorisme islamique » selon Claude Moniquet, codirecteur de l’European strategic Intelligence and Security Center. En France, environ 5000 personnes font l’objet d’une fiche « S » (Sûreté de l’État) et la majorité des terroristes de la seconde vague d’attentats qui ont touché la France étaient fichés « S » eux aussi. Wikipedia
Les déclarations controversées de Donald Trump associant immigration et criminalité en Suède ont involontairement ravivé le débat dans le pays scandinave sur les réussites et les échecs de sa politique d’intégration. Deux jours après les propos du président américain samedi en Floride, des émeutes dans un quartier nord de Stockholm où vit une majorité de personnes issues de l’immigration ont semblé mettre en pièces l’argumentaire déployé pour lui répondre. (…) Lundi soir en effet, plusieurs dizaines de jeunes ont affronté les policiers venus procéder à l’arrestation d’un trafiquant de drogue, incendiant des voitures, pillant des commerces. Les forces de l’ordre ont effectué un tir à balles réelles pour se dégager, a indiqué à l’AFP Lars Byström, porte-parole de la police de la capitale. Les images ont fait le tour du monde, brouillant la réponse des autorités suédoises à Donald Trump et à la chaîne Fox News qui a diffusé un reportage sur l’insécurité en Suède dont le président républicain s’était inspiré. Pour Tove Lifvendahl, éditorialiste du quotidien Svenska Dagbladet, il existe bel et bien « une once de vérité dans ce qu’a dit Trump ». « Que cela nous plaise ou non, c’est l’occasion de se demander si la perception que l’étranger a de nous et la perception que nous avons de nous-mêmes coïncident », écrivait-elle mercredi. Les contradicteurs de M. Trump font valoir que la Suède n’a pas connu d’attentat depuis 2010, qu’elle n’enregistre pas d’inflation criminelle depuis l’accueil de 244.000 migrants en 2014 et 2015 –un record en Europe par habitant –, et qu’elle demeure au total un pays parmi les plus sûrs du monde. Parmi les plus riches aussi. Si la Suède n’est pas épargnée par les difficultés de l’intégration, elle est loin de connaître les tensions entre communautés, les inégalités, la pauvreté et la violence à l’oeuvre aux États-Unis, soulignent-ils. Une autre vision met en avant la surreprésentation des personnes d’origine étrangère dans les statistiques de la délinquance, leur sous-activité professionnelle, les règlements de compte, les quelque 300 jeunes partis faire le jihad en Syrie et en Irak, le repli religieux, l’existence présumée de zones de non-droit… (…) Benjamin Dousa, un élu local conservateur d’origine turque, dénonce lui dans une tribune « une émeute par mois, un incendie de voitures par jour et le plus fort taux d’homicides par balles au niveau national » par habitant. En tout état de cause, le président américain a tort de stigmatiser une population en raison de son origine ethnique ou religieuse, estiment les sociologues Susanne Urban et Oskar Adenfelt. La clé de l’intégration est sociale et passe par « l’accès à l’État-providence, aux services sociaux, à l’emploi, à une école de qualité, à la mixité et au droit de peser sur la vie locale », défendaient-ils mercredi dans le grand quotidien Dagens Nyheter. Le Point/AFP

Attention: un aveuglement peut en cacher un autre !

Alors qu’après ses récentes allusions aux problèmes soulevés par l’immigration et le terrorisme islamiques en Europe nos médias se sont dument gaussés de la prétendue ignorance du président Trump …

Inspiré certes pour la Suède d’un reportage quelque peu sensationaliste sur un pays qui, sans compter un attentat-suicide d’un immigré irakien heureusement sans victimes il y a sept ans, tout en ayant apparemment dramatiquement sa définition du viol se trouve avoir ces dernières années le record du nombre de viols comme de migrants par habitant …

Et que refusant toute « comparaison » après, sans parler il y a deux mois ou encore hier en une Allemagne en pleine révision de sa politique migratoire, la quarantaine d’attentats et projets d’attentats islamistes depuis 2012 pour quelque 240 morts et 800 blessés, un président français nous assure qu’ « ici (…) il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule »

Pendant qu’apparemment victime du zèle d’un employé inexpérimenté et d’un contrôle de sécurité prolongé à un aéroport américain un mois à peine après un attentat à l’aéroport de Fort Lauderdale ayant fait cinq morts et six blessés, un universitaire français né en Egypte, porteur d’un ancien visa de travail et en route pour une conférence rémunérée se fend d’une tribune entière déplorant avec force « images d’esclaves » que « les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis » …

Comment ne pas repenser à un autre président américain

Qui au terme de deux mandats qui, suite à l’abandon d’un Irak alors sécurisé, ont vu pas moins de 124 attentats ou tentatives d’attentats islamiques

Dont une douzaine, entre Little Rock, Fort Hood, Boston, Moore (Oklahoma), Queens, Brooklyn, Garland, Chattanooga, San Bernardino, Orlando, St. Cloud (Minnesota), New York,  Columbus, d’attaques majeures …

Nous annonçait tranquillement il y a un mois qu’ « aucune organisation terroriste étrangère n’a planifié et exécuté avec succès une attaque dans notre pays ces huit dernières années » ?

A Complete List of Radical Islamic Terror Attacks on U.S. Soil Under Obama

James Barrett

Dailywire
December 7, 2016

In a speech at MacDill Air Force Base in Tampa, Florida on Tuesday, President Obama declared that « [n]o foreign terrorist organization has successfully planned and executed an attack on our homeland. » The claim earned perfunctory applause, but a closer look at the reaction of many of the servicemen and women there made clear what they really thought about the administration’s handling of national security.

The President’s claim — which he has repeated in some form or fashion over the last few years — is an obvious rhetorical attempt to gloss over the reality of the threat of radical Islamic terror on American soil. The attempt to disconnect « lone wolf » terrorists from the terror organizations who often inspire them does nothing to alleviate the pain of those who have suffered at the hands of jihadists and only hurts prevention efforts. Rhetorical tricks aside, the reality is that during Obama’s tenure scores of innocent Americans have been murdered on U.S. soil by jihadists, most of whom were inspired by or acting under the direction of foreign terror groups, particularly the Islamic state.

Below is a list of the major, verifiable radical Islamic terror attacks « successfully planned and executed » on U.S. soil since Obama first took office in 2009 (the first section provided by Daily Wire’s Aaron Bandler):

Little Rock, Arkansas, June 1, 2009. Abdulhakim Mujahid Muhammad shot and murdered one soldier, Army Pvt. William Andrew Long, and injured another, Pvt. Quinton Ezeagwula, at a military recruiting station in Little Rock. Muhammad reportedly converted to Islam in college and was on the FBI’s radar after being arrested in Yemen–a hotbed of radical Islamic terrorism–for using a Somali passport, even though he was a U.S. citizen. In a note to an Arkansas judge, Muhammad claimed to be a member of al-Qaeda in the Arab Peninsula, the terror group’s Yemen chapter.

Fort Hood, Texas, November 5, 2009. Major Nidal Malik Hasan shot up a military base in Fort Hood and murdered 14 people. Hasan was in contact with al-Qaeda terrorist Anwar al-Awlaki prior to the attack and shouted « Allahu Akbar! » as he fired upon the soldiers on the Fort Hood base. After being sentenced to death, Hasan requested to join ISIS while on death row. It took six years for Obama to acknowledge the shooting as a terror attack instead of « workplace violence. »

Boston, Massachusetts, April 15, 2013. Tamerlan and Dhozkar Tsarnaev set off two bombs at the 2013 Boston marathon, killing three and injuring over 260 people. The Tsarnaev brothers later shot and murdered Massachusetts Institute of Technology police officer Sean Collier. The Tsarnaev brothers were self-radicalized through online jihadist propaganda and through a mosque with ties to al-Qaeda.

Moore, Oklahoma, September 24, 2014. Alton Nolen beheaded a woman, Colleen Huff, at a Vaughan Foods plant and stabbed and injured another person. While Nolen’s motives are unclear, he appears to have been another radicalized Muslim who was obsessed with beheadings.

Queens, New York, October 23, 2014. Zale Thompson, another self-radicalized Muslim, injured two police officers with a hatchet before being shot dead by other cops. Thompson reportedly indoctrinated himself with ISIS, al-Qaeda and al-Shabab–a Somali jihadist terror group–websites and was a lone wolf attacker.

Brooklyn, New York, December 20, 2014. Ismaayil Brinsley shot and murdered two police officers execution-style and his Facebook page featured jihadist postings and had ties to a terror-linked mosque.

Garland, Texas, May 3, 2015. Two gunmen shot up the Curtis Culwell Center in Garland, where a Mohammed cartoon contest was taking place, and were killed by a police officer. ISIS claimed responsibility for the attack.

Chattanooga, Tennessee, July 16, 2015. Muhammad Youssef Abdulazeez shot and killed four Marines and a sailor at a military base in Chattanooga and was believed to have been inspired by ISIS.

San Bernardino, California, December 14, 2015. Two radical Islamists, Syed Farook and Tashfeen Malik, shot and murdered 14 people and injured 22 others at an office holiday party.

Orlando, Florida, June 12, 2016. Omar Mateen, 29, opened fire at a gay nightclub, killing 49 and injuring 53. The FBI investigated Mateen twice before his rampage, but did not take any substantive action. Officials believe Mateen was self-radicalized but he pledged fealty to ISIS leader Abu Bakr al-Baghdadi before his death. « The real muslims will never accept the filthy ways of the west, » Mateen posted on his Facebook page after committing his heinous act at Pulse nightclub. « I pledge my alliance to (ISIS leader) abu bakr al Baghdadi..may Allah accept me, » he wrote.

St. Cloud, Minnesota, September 17, 2016. Dahir Ahmed Adan, a 20-year-old Somali refugee, began hacking at people with a steak knife at a Minnesota mall, injuring nine people before he was shot dead by off-duty police officer Jason Falconer. The FBI said numerous witnesses heard Adan yelling « Allahu akbar! » and « Islam! Islam! » during the rampage. He also asked potential victims if they were Muslims before inflicting wounds in their heads, necks, and chests. The FBI believe he had recently become self-radicalized. (As the Daily Wire highlighted, the Minneapolis Star Tribune attempted to blame « anti-Muslim tensions » for his murderous actions.)

New York City/New Jersey, September 17, 2016. Ahmad Khan Rahami, a 28-year-old naturalized citizen from Afghanistan, set off multiple bombs in New York and New Jersey. In Chelsea, his bomb resulted in the injury of over 30 people. Rahami wrote in his journal that he was connected to « terrorist leaders, » and appears to have been heavily influenced by Sheikh Anwar, Anwar al-Awlaki, Nidal Hassan, and Osama bin Laden. « I pray to the beautiful wise ALLAH, [d]o not take JIHAD away from me, » Rahami wrote. « You [USA Government] continue your [unintelligible] slaught[er] » against the holy warriors, « be it Afghanistan, Iraq, Sham [Syria], Palestine … « 

Columbus, Ohio, November 28, 2016. Abdul Razak Ali Artan, an ISIS-inspired 20-year-old Somali refugee who had been granted permanent legal residence in 2014 after living in Pakistan for 7  years, attempted to run over his fellow Ohio State students on campus. After his car was stopped by a barrier, he got out of the vehicle and began hacking at people with a butcher knife before being shot dead by a campus police officer. He injured 11 people, one critically. ISIS took credit for the attack, describing Artan as their « soldier. » Just three minutes before his rampage, Artan posted a warning to America on Facebook that the « lone wolf attacks » will continue until America « give[s] peace to the Muslims. » He also praised deceased al-Qaeda cleric Anwar Al-Awlaki as a « hero. »

Voir aussi:

Les États-Unis sont-ils encore les États-Unis?
Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale.
Henry Rousso
Historien, directeur de recherches au CNRS (Institut d’histoire du temps présent)
Le Hugffington Post

26.02.2017

Le 22 février dernier, j’ai atterri vers 14h30 à l’aéroport de Houston, aux États-Unis, en provenance de Paris. Je devais me rendre à un colloque de la Texas A&M University (College Station), où j’ai été invité à plusieurs reprises ces dernières années. Au guichet de l’immigration, une fonctionnaire me refuse l’entrée et m’emmène dans une salle attenante pour contrôle, sans explications. Une trentaine de personnes y attendent que l’on statue sur leur sort. J’observe machinalement une certaine fréquence dans les entrées et sorties. Au bout de trois quarts d’heure, alors que la plupart de ceux qui attendent repartent sans problèmes, un jeune officier de police me demande de le suivre dans un bureau particulier. Commence alors un interrogatoire informel. Je lui demande ce qui me vaut d’être là. Il me répond : « contrôle aléatoire » (random check). Il me demande ce que je viens faire aux États-Unis. Je lui présente alors la lettre d’invitation de l’université. Cette intervention doit-elle être rémunérée ? Je confirme – c’est la règle dans beaucoup universités Nord-américaines. Il m’objecte alors que je n’ai qu’un visa touristique et non un visa spécifique de travail. Je lui réponds que je n’en ai pas besoin, que l’université s’est occupée comme d’habitude des formalités et, surtout, que je fais cela depuis plus de trente ans sans jamais avoir eu le moindre ennui. Son attitude se fait alors encore plus suspicieuse. Examinant mon passeport, il relève que j’ai bénéficié récemment d’un visa « J1 », accordé notamment aux universitaires. J’ai été, en effet, professeur invité à l’Université Columbia de New York, de septembre 2016 à janvier 2017. Il conclut que je suis donc revenu travailler « illégalement » avec un visa expiré. J’ai beau expliquer que ma situation n’a rien d’anormal, sinon l’université n’aurait pas pu m’inviter, rien n’y fait. N’étant pas en possession d’un document fédéral m’autorisant à travailler aux États-Unis, je suis en infraction. La décision sera confirmée plus tard par son supérieur hiérarchique – que je n’aurai pas la possibilité de rencontrer.

On bascule alors dans une autre dimension. Le policier me fait prêter serment et me soumet à un interrogatoire étendu : questions sur mon père, ma mère, ma situation familiale, me posant près d’une dizaine de fois les mêmes questions: qui m’emploie, où j’habite, etc. J’ai la copie du procès-verbal. Il relève toutes mes empreintes digitales, pourtant déjà enregistrées dans le système comme pour tous les visiteurs. Il opère une fouille au corps en règle, malgré mes protestations. « C’est la procédure », me rétorque-t-il. Il m’informe ensuite que je vais être refoulé (deported) et mis dans le prochain avion en partance pour Paris. Il ajoute que je ne pourrai plus jamais entrer dans le pays sans un visa particulier. Je suis stupéfait mais ne peux rien faire sinon prévenir mon collègue de l’université. Le policier me demande si je veux contacter le Consulat de France à Houston. Je réponds par l’affirmative mais c’est lui qui se charge de composer le numéro, plusieurs heures après, aux alentours de 19h, appelant le standard et non le numéro d’urgence, donc sans résultat. Il m’indique également qu’il n’arrive pas à contacter Air France pour mon billet. Cela fait déjà près de cinq heures que je suis détenu et je comprends alors que rien ne se passera avant le lendemain.

Je m’apprête donc à passer encore entre une dizaine ou une vingtaine d’heures installé sur une chaise, sans téléphone – l’usage en est interdit –, avant de pouvoir occuper un fauteuil un peu plus adapté à la situation de personnes ayant effectué un long voyage. Toutes les heures, un fonctionnaire vient nous proposer à boire ou à manger, et nous fait signer un registre comme quoi nous avons accepté ou refusé. Malgré la tension, j’observe ce qui se passe dans ce lieu insolite, à la fois salle d’attente anodine et zone de rétention. Si la plupart des policiers adoptent un ton réglementaire, non discourtois, quelques-uns ricanent discrètement en observant cette population hétéroclite sous leur contrôle. Une policière engueule une femme dont le garçon de trois ans court dans tous les sens. Un homme se lève pour demander ce qu’il en est de sa situation. Trois policiers lui hurlent de s’asseoir immédiatement.

Vers 21h, il reste une demi-douzaine de personnes, somnolentes et inquiètes, un Africain ne parlant pas bien l’anglais, les autres sans doute d’origine latino-américaine. Je suis apparemment le seul Européen – le seul « blanc ». Arrivent alors deux officiers de police. Ils se dirigent vers le monsieur assis devant moi, peut-être un Mexicain, bien mis de sa personne. Ils lui montrent un billet d’avion et lui disent qu’ils vont l’emmener. Invité à se lever, il est alors menotté, enchaîné à la taille, et entravé aux chevilles. Je n’en crois pas mes yeux. Des images d’esclaves me traversent l’esprit: la policière qui lui met les fers aux pieds est une Africaine-Américaine, vaguement gênée. J’imagine le temps qu’il va mettre pour rejoindre la porte d’embarquement. Je me demande surtout si c’est le même sort qui nous attend. Je préfère croire que lui a commis un délit sérieux. J’apprendrai par la suite que « c’est la procédure ». Cette façon de faire – proprement indigne – serait exigée par les compagnies aériennes. Je ne suis pas sûr, au demeurant, que les conditions d’expulsion soient plus humaines chez nous.

L’attente continue, cette fois avec une réelle angoisse. A 1h 30 du matin – cela fait plus de 26 heures que j’ai quitté mon domicile parisien – je vois une certaine agitation. Une policière vient vers moi et me demande quelle est ma destination finale aux États-Unis et si quelqu’un m’attend à l’aéroport. Je réponds avec un début d’énervement – à éviter absolument dans ce genre de situations – que le chauffeur de l’université, qui se trouve à deux heures de route, est sans doute reparti… Elle me prie alors de ne pas me rendormir car je vais être appelé. Quelques minutes plus tard, un policier au ton cette fois amical me rend mon téléphone et mon passeport, dûment tamponné, et me déclare autorisé à entrer aux États-Unis. Les restrictions qui m’ont été imposées sont levées, ajoute-t-il, sans que je puisse savoir ce qui va rester dans leurs fichiers. Il m’explique que le fonctionnaire qui a examiné mon dossier était « inexpérimenté » et ne savait pas que certaines activités, dont celles liées à la recherche et à l’enseignement, bénéficiaient d’un régime d’exception et pouvaient parfaitement être menées avec un simple visa touristique. « Il ne savait pas ». Abasourdi, je lui demande, ou plutôt je déclare que c’était donc une erreur. Il ne me répond pas. Il me laisse simplement entendre qu’ayant, lui, une longue expérience, il a vu le problème en prenant son poste en début de nuit. Il aura l’amabilité de me raccompagner à la sortie d’un aéroport totalement désert, m’indiquant l’adresse d’un hôtel dans la zone portuaire. À aucun moment, ni lui, ni ses collègues ne se sont excusés.

En réalité, ma libération n’a rien eu de fortuit. Elle est la conséquence de l’intervention de mon collègue auprès du président de l’université Texas A & M, d’une professeure de droit chargée des questions d’immigration, et de plusieurs avocats. Sans eux, j’aurais été conduit menotté, enchaîné, et entravé à l’embarquement pour Paris.

Historien de métier, je me méfie des interprétations hâtives. Cet incident a occasionné pour moi un certain inconfort, difficile de le nier. Je ne peux, cependant, m’empêcher de penser à tous ceux qui subissent ces humiliations et cette violence légale sans les protections dont j’ai pu bénéficier. J’y pense d’autant plus que j’ai connu l’expulsion et l’exil dans mon enfance. Pour expliquer ce qui s’est passé, j’en suis rendu aux conjectures. Pourquoi le contrôle aléatoire est-il tombé sur moi? Je ne le sais pas mais ce n’est pas le fruit du hasard. Mon « cas » présentait un problème avant même l’examen approfondi de mon visa. Peut-être est-ce mon lieu de naissance, l’Egypte, peut-être ma qualité d’universitaire, peut-être mon récent visa de travail expiré, pourtant sans objet ici, peut-être aussi ma nationalité française. Peut-être aussi le contexte. Quand bien même aurais-je commis une erreur, ce qui n’est pas le cas, cela méritait-il pareil traitement? Comment expliquer ce zèle, évident, de la part du policier qui m’a examiné et de son supérieur hiérarchique sinon par le souci de faire du chiffre et de justifier, au passage, ces contrôles accrus? J’étais d’autant plus « intéressant » que je ne tombais pas dans la catégorie habituelle des « déportables ». Telle est donc la situation aujourd’hui. Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale. Je ne sais ce qui est le pire. Ce que je sais, aimant ce pays depuis toujours, c’est que les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis.

 Voir aussi:
Valeurs actuelles

25 février 2017 

Irrespect. Suite à une nouvelle critique du président américain sur la situation sécuritaire de la France et de sa capitale, François Hollande a de nouveau dérapé. Une faute que la droite n’a pas manqué de souligner.

François Hollande a sans doute la mémoire courte. Alors que Donald Trump citait vendredi “un ami” effrayé par l’insécurité qui règne à Paris, le chef de l’État a tenté de répliquer, samedi 25 février, affirmant qu’en France il “n’y a pas de circulation d’armes, il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule”.

“Comment François Hollande peut-il ainsi effacer les victimes ?”

Passablement remontée contre cette réponse fallacieuse, qui fait fi des dizaines de victimes récentes du terrorisme dans l’Hexagone, la droite a confronté le président socialiste à ses incohérences. François Fillon a par exemple rappelé les drames de “Toulouse, Charlie, Bataclan, Nice” et dénoncé un “effacement” des victimes.

Du côté du Front national, Florian Philippot s’est insurgé contre le “manque de respect pour les familles des victimes des attentats” et l’“indécence” du locataire de l’Élysée, quand Nicolas Bay a fustigé un “oubli [des victimes] du Bataclan et de Charlie Hebdo”.

Voir également:

L’effet Trump? La Suède s’interroge sur sa politique d’intégration

Le Point/ AFP

22/02/2017

Voir de même:

Trump Is Right: Sweden’s Embrace of Refugees Isn’t Working

The country has accepted 275,000 asylum-seekers, many without passports—leading to riots and crime.

Jimmie Åkesson and Mattias Karlsson
The Wall Street Journal
Feb. 22, 2017

When President Trump last week raised Sweden’s problematic experience with open door immigration, skeptics were quick to dismiss his claims. Two days later an immigrant suburb of Stockholm was racked by another riot. No one was seriously injured, though the crowd burned cars and hurled stones at police officers.

Mr. Trump did not exaggerate Sweden’s current problems. If anything, he understated them. Sweden took in about 275,000 asylum-seekers from 2014-16—more per capita than any other European country. Eighty percent of those who came in 2015 lacked passports and identification, but a majority come from Muslim nations. Islam has become Sweden’s second-largest religion. In Malmö, our third-largest city, Mohamed is the most common name for baby boys.

The effects are palpable, starting with national security. An estimated 300 Swedish citizens with immigrant backgrounds have traveled to the Middle East to fight for Islamic State. Many are now returning to Sweden and are being welcomed back with open arms by our socialist government. In December 2010 we had our first suicide attack on Swedish soil, when an Islamic terrorist tried to blow up hundreds of civilians in central Stockholm while they were shopping for Christmas presents. Thankfully the bomber killed only himself.

Riots and social unrest have become a part of everyday life. Police officers, firefighters and ambulance personnel are regularly attacked. Serious riots in 2013, involving many suburbs with large immigrant populations, lasted for almost a week. Gang violence is booming. Despite very strict firearm laws, gun violence is five times as common in Sweden, in total, as in the capital cities of our three Nordic neighbors combined.

Anti-Semitism has risen. Jews in Malmö are threatened, harassed and assaulted in the streets. Many have left the city, becoming internal refugees in their country of birth.

The number of sex crimes nearly doubled from 2014-15, according to surveys by the Swedish government body for crime statistics. One-third of Swedish women report that they no longer feel secure in their own neighborhoods, and 12% say they don’t feel safe going out alone after dark. A 1996 report from the same government body found that immigrant men were far likelier to commit rape than Swedish men. Last year our party asked the minister of justice to conduct a new report on crime and immigration, and he replied: “In light of previous studies, I do not see that a further report on recorded crime and individuals’ origins would add knowledge with the potential to improve the Swedish society.”

Our nation’s culture hasn’t been spared either. Artists accused of insulting Islam live under death threats. Dance performances and art exhibitions have been called off for fear of angering Islamists. Schools have prohibited the singing of traditional Christian hymns because they don’t want to “insult” non-Christian immigrants. Yet reports made with hidden cameras by journalists from Swedish public media show mosques teaching fundamentalist interpretations of Islam.

Sweden’s government now spends an incredible amount of money caring for newly arrived immigrants each year. The unemployment rate among immigrants is five times as high as that of native Swedes. Among some groups, such as Somalis, in places like Malmö unemployment reaches 80%.

Our party, the Sweden Democrats, wants to put the security and welfare of Swedish citizens first. We are surging in the opinion polls and seem to have a good chance of becoming the country’s largest party during the elections next year. We will not rest until we have made Sweden safe again.

For the sake of the American people, with whom we share so many strong historical and cultural ties, we can only hope that the leaders in Washington won’t make the same mistakes that our socialist and liberal politicians did.

Mr. Åkesson is party chairman of the Sweden Democrats. Mr. Karlsson is the party’s group leader in Parliament.

Voir par ailleurs:

Hommage national aux victimes du terrorisme: Trois décennies d’attentats en France

Laure Cometti

20 minutes

L’hommage national aux victimes du terrorisme, qui a lieu chaque année le 19 septembre, depuis 1998, prend ce lundi un écho particulier. Depuis janvier 2015, 236 personnes sont mortes dans des attentats en France, sur un total de 271 en trente ans. 20 Minutes revient sur les attaques terroristes perpétrées dans l’Hexagone au cours des trois dernières décennies.

1986

Cette année est marquée par neuf attaques terroristes, dont six sont meurtrières. Elles s’inscrivent dans une vague d’attentats, de décembre 1985 à septembre 1986, dont certains seront imputés au Hezbollah.

Le mois de septembre est particulièrement meurtrier. Le 8, une explosion fait un mort et dix-huit blessés dans le bureau de poste de l’Hôtel de Ville à Paris. Le 12, plus d’une cinquantaine de personnes sont blessées par une bombe placée dans un magasin Casino à la Défense. Le 14, une nouvelle explosion tue deux personnes dans le pub Renault des Champs-Elysées. Le lendemain, c’est la préfecture de police de Paris qui est visée : une bombe fait un mort et 51 blessés. Le 17, ce mois de septembre meurtrier s’achève par un attentat à la bombe devant le magasin Tati de la rue de Rennes, toujours à Paris. Le bilan est de sept morts et une cinquantaine de blessés.

1995

Entre juillet et novembre, l’Hexagone est le théâtre d’une série d’attaques à la bombe imputées à l’organisation terroriste algérienne du Groupe islamique armé (GIA). La seule attaque meurtrière est celle de la station de RER B Saint-Michel à Paris, le 25 juillet. Le bilan est de huit tués et plus d’une centaine de blessés.

Près de Lyon, une bombe est découverte le 26 août sur une ligne de TGV. Les empreintes digitales de Khaled Kelkal sont retrouvées sur l’engin explosif. Le jeune homme, impliqué dans l’attentat de la station Saint-Michel, est abattu par la police le 29 septembre. Arrêté deux jours auparavant, son complice Karim Koussa a été jugé et condamné à de la prison. Deux autres membres du GIA ont été arrêtés le 1er novembre dans le cadre de l’enquête sur cette vague d’attentats, Boualem Bensaïd et Smaïn Aït Ali Belkacem, tous deux jugés et incarcérés.

Le 3 septembre, une bombe blesse quatre personnes sur un marché du boulevard Richard Lenoir à Paris.

Les transports en commun de la capitale sont ciblés à deux autres reprises, sans faire de morts : le 6 octobre à Maison-Blanche (seize blessés) et le 17 octobre dans une rame du RER C, entre les stations Saint-Michel et Quai d’Orsay (une trentaine de blessés).

1996

Le 3 décembre, une explosion tue quatre personnes et en blesse plus de 90 à la station de RER B de Port-Royal. Les auteurs de l’attaque n’ont pas été identifiés.

2000

Le 19 avril, une bombe explose dans un restaurant de la chaîne McDonald’s à Quévert (ôtes-d’Armor), tuant une employée. L’enquête démontrera plus tard que la bombe devait exploser pendant la nuit. Trois hommes appartenant à la mouvance indépendantiste bretonne seront jugés puis acquittés dans cette affaire qui n’a pas été élucidée à ce jour.

2007

Le 6 décembre, un colis piégé explose dans un cabinet d’avocat au 52, boulevard Malesherbes à Paris. La secrétaire du cabinet est tuée sur le coup. L’affaire n’est pas élucidée à ce jour.

2012

En mars, Mohamed Merah tue sept personnes par balle à Toulouse et Montauban. Il s’agit de trois militaires et de  trois élèves et un professeur d’une école juive. Le terroriste islamiste est abattu le 22 mars après une intervention du Raid dans le quartier de Côte Pavée à Toulouse.

2015

Le début de l’année est marquée par la tuerie au siège de Charlie Hebdo. Les frères Saïd et Chérif Kouachi, qui affirment agir au nom de l’organisation Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa), abattent le 7 janvier huit membres de la rédaction de l’hebdomadaire, un dessinateur invité à la conférence du journal, deux policiers et un agent de maintenance de l’entreprise Sodexo. Les terroristes sont tués deux jours plus tard à Dammartin-en-Goële.

Le lendemain, une policière municipale est tuée à Montrouge par Amédy Coulibaly qui mènera la prise d’otages du magasin Hypercacher de la Porte de Vincennes, le 9 janvier. Le terroriste, qui se revendique du groupe Etat islamique (EI) dans une vidéo, est abattu après avoir tué un employé et trois clients de la boutique vendant des produits casher.

Le 26 juin, Yassin Salhi décapite son patron sur le site de l’usine AirProducts. Fiché S pour ses liens avec l’islam radical, le présumé coupable s’est suicidé en prison le 23 décembre de la même année.

Le 13 novembre au soir, des attaques simultanées à Saint-Denis et Paris font 130 morts et plus de 400 blessés. Il s’agit des pires attaques terroristes de l’histoire de la France. Tous les auteurs de ces attentats, revendiqués par Daesh, sont morts en kamikazes. Salah Abdeslam, l’unique membre encore vivant des commandos, a été arrêté en le 18 mars 2016 en Belgique et remis à la France où il a été écroué.

2016

Le 13 juin, un policier de Magnanville et sa compagne employée au commissariat de Mantes-la-Jolie (Yvelines) sont assassinés chez eux par  Larossi Abballa, qui avait revendiqué son action sur Twitter et Facebook au nom de Daesh. Le terroriste est abattu par le Raid.

Le soir de la fête nationale, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, au volant d’un camion, fonce dans la foule quelques instants après le feu d’artifice du 14 juillet sur la Promenade des Anglais à Nice. Le bilan est de 86 morts et plus de 300 blessés. L’attaque est revendiquée par Daesh.

Le 26 juillet, un prêtre est tué lors d’une prise d’otages pendant la messe dans une église catholique à Saint-Etienne-du-Rouvray. Les auteurs, deux djihadistes sont abattus par les forces de l’ordre. Cette attaque est aussi revendiquée par Daesh..

Voir de même:

Nordactu.fr

19/07/2016

Alors que le bilan humain de l’attentat de Nice du 14 juillet n’est pas encore définitif, Nord Actu a dressé la liste chronologique des attentats terroristes islamistes qui ont touché la France depuis début 2012, ainsi que les tentatives déjouées par les services de sécurité dont nous avons eu connaissance. La liste des projets d’attentats est donc non-exhaustive, mais permet de se faire une idée sur la quantité d’actions islamistes entreprises depuis 4 ans en France. Le bilan humain provisoire de cette guerre fait état de 254 morts et 684 blessés.

(NDLR: les attentats ayant « abouti » apparaissent en gras)

Attentats de mars 2012 par Mohammed Merah : 8 morts et 6 blessés.

Attentat du 25 mai 2013, un individu tente d’égorger un militaire à la Défense : 1 blessé.

Attentat déjoué en octobre 2013 : Un homme arrêté à Lille après son retour de Syrie.

Attentat déjoué en février 2014 : Le carnaval de Nice.

Attentat déjoué en juillet 2014 : Des lieux chiites à Créteil.

Attentat déjoué en août 2014 : Des synagogues à Lyon.

Attentat déjoué en septembre 2014 : Une réunion du CRIF à Lyon.

Attentat du 20 décembre 2014 à Joué les Tours, un individu attaque le commissariat à l’arme blanche, il est abattu : 1 mort et 3 blessés.

Attentat du 21 décembre 2014 à Dijon, un individu fonce dans la foule avec son véhicule au cri d’ «Allah Ahkbar» : 13 blessés.

Attentat du 22 décembre 2014 à Nantes, modus operandi similaire à l’attaque de Dijon : 1 mort et 10 blessés.

Attentats de janvier 2015 (Charlie hebdo + Montrouge + Hyper Kasher) : 17 morts et 22 blessés.

Attentat du 3 février 2015 à Nice, Moussa Coulibaly attaque des militaires à l’arme blanche : 3 blessés.

Attentat du 19 avril 2015 : Meurtre d’Aurélie Châtelain à Villejuif par Sid Ahmed Ghlam lors du vol de son véhicule devant servir à des actions contre des églises (voir ci-dessous) : 1 mort.

Attentat déjoué en avril 2015 : Une ou plusieurs églises en région parisienne par Sid Ahmed Ghlam (le suspect avait effectué des repérages autour du Sacré Cœur  de Montmartre et de deux églises de Villejuif).

Attentat de Saint-Quentin-Fallavier 26 juin 2015 : 1 mort et 2 blessés.

Attentat déjoué en juillet 2015 : Une base militaire dans les Pyrénées-Orientales.

Attentat du 21 août 2015 (attaque d’un train Thalys entre Bruxelles et Paris) : 3 blessés.

Attentat déjoué en octobre 2015 : Hakim Marnissi voulait attaquer la base navale de Toulon.

Attentat déjoué en octobre 2015 : Arrestation à Fontenay-sous-Bois, Salim et Ahmed M., deux frères « velléitaires pour le jihad syrien » qui ont planifié de s’en prendre à « des militaires, des policiers et/ou des juifs ».

Attentats du 13 novembre 2015 (Bataclan + terrasses de cafés + Stade de France + St Denis) : 137 morts et 413 blessés.

Attentat déjoué en novembre 2015 : Le quartier de la Défense.

Attentat déjoué en décembre 2015 : « Des représentants de la force publique » dans la région d’Orléans. Les deux suspects voulaient s’en prendre notamment au préfet du Loiret et à une centrale nucléaire.

Attentat déjoué en décembre 2015 : Interpellation d’un couple à Montpellier, la femme aurait dû commettre un attentat suicide à l’aide d’un faux-ventre de femme enceinte rempli d’explosifs.

Attentat du 1er janvier 2016 à Valence : un individu fonce sur des militaires avec son véhicule. Il doit être neutralisé par des tirs, un passant est blessé : 3 blessés au total.

Attentat du 7 janvier 2016 au commissariat de la Goutte d’Or à Paris : 1 mort (l’assaillant).

Attentat du 11 janvier 2016 à Marseille, un kurde de 15 ans attaque un enseignant juif à la machette : 1 blessé. Des policiers étaient également visés.

Attentat déjoué en janvier 2016 : Fort Béar dans les Pyrénées orientales, un gradé devait être kidnappé puis décapité. 3 interpellés.

Attentat déjoué du 2 février 2016 : Arrestation à Lyon de 6 individus qui projetaient d’attaquer des « clubs échangistes en France ».

Attentat déjoué du 9 mars 2016 : Un individu radicalisé d’une trentaine d’années a embarqué à l’aéroport de Nantes en direction de Fès. Il a été arrêté au Maroc par les autorités marocaines. Il était en possession de plusieurs armes blanches et une bonbonne de gaz.

Attentat déjoué du 9 mars  2016 : Un franco-algérien a délibérément lancé sa voiture contre la façade d’un commissariat de police à Firminy. D’après Noëlle Deraime, directrice départementale de la sécurité publique, il ne s’agit pas d’un accident.

Attentat déjoué en mars 2016 : 4 jeunes femmes devaient attaquer une salle de concert, deux cafés et un centre commercial à Paris.

Attentat déjoué en mars 2016: Quatre personnes (3 hommes et 1 femme) ont été interpellées par la DGSI dans le XVIIIe arrondissement de Paris ainsi qu’en Seine-Saint-Denis. Elles sont suspectées de s’être préparées à commettre des attentats dans la capitale.

Attentat déjoué en mars 2016 : Arrestation de Rada Kriket à Boulogne Billancourt, d’Anis B. à Rotterdam et d’Abderahmane Ameuroud  à Bruxelles pour « risque imminent d’action terroriste ».

Attentat déjoué le 8 avril 2016: Arrestation de Mohamed Abrini, recherché depuis les attentats du 13 novembre, à Anderlecht. Il révèle que le commando des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles devait à nouveau frapper la France.

Attentat du 24 avril 2016: Un militaire de l’opération Sentinelle est agressé au cutter par un individu tenant des propos en arabe à Strasbourg. L’agresseur prend la fuite et est interpellé le 4 mai 2016. Bilan : 1 blessé.

Attentat contre un couple de policiers du 13 juin 2016 à Magnanville par Larossi Abballa : 3 morts.

Attentat du 14 juin 2016 à Rennes, une lycéenne âgée de 19 ans est agressée à coups de couteau par un homme de 32 ans connu des services de police qui voulait procéder à un « sacrifice » au cours du ramadan, selon ses propres termes. Bilan : 1 blessé.

Attentat déjoué le 16 juin 2016: Un jeune homme de 22 ans arrêté par la DGSI à la gare de Carcassonne en possession d’un couteau et d’une machette projetant un attentat en s’attaquant à des touristes américains et anglais ainsi qu’aux forces de l’ordres et « mourir en martyr ».

Attentat déjoué le 17 juin 2016: À Béziers, un détenu converti à l’islam et radicalisé voulait commettre un attentat contre un club naturiste au Cap d‘Agde car il n’aimait pas les « culs-nus ». L’individu s’est fait allonger sa peine de 6 mois supplémentaires.

Attentat du 14 juillet 2016 à Nice : 84 morts et 202 blessés

Le détail des attentats déjoués en France depuis un an

INFO LE FIGARO – Des projets d’assassinats et d’attentats, visant notamment un centre commercial, une salle de spectacle ou encore une centrale nucléaire, ont été révélés devant la commission d’enquête parlementaire.

«Nous avons tout eu»: le 18 mai, devant la commission d’enquête, le coordonnateur national du renseignement, Didier Le Bret, résume en une formule les multiples attaques, contrecarrées ou non, qui ont visé le pays. Pour la première fois, le rapport de Sébastien Pietrasanta fournit le détail d’une dizaine d’attentats déjoués en France en un an. Certains, comme celui ciblant la base militaire de Port Vendres où trois djihadistes voulaient filmer la décapitation d’un haut gradé ou celui en octobre contre des militaires de la base de Toulon, sont connus. D’autres sont restés plus confidentiels. Ainsi, le document révèle que, le 16 mars, «quatre jeunes femmes, dont trois mineures (…) ont été interpellées à Roubaix, Lyon et Brie-Comte-Robert» alors qu’«elles avaient formé le projet d’attaquer une salle de concert, deux cafés et un centre commercial à Paris».

Ce coup de filet a lieu huit jours avant que la DGSI interpelle Reda Kriket à Boulogne-Billancourt et découvre à Argenteuil une «cache» remplie d’armes de guerre et d’explosifs susceptible de perpétrer une attaque au nom de Daech. Les 15 et 16 décembre dernier, la DGSI arrêtait Rodrigue D. et Karim K., deux terroristes en puissance qui «projetaient de s’attaquer à des militaires et des policiers orléanais». Le rapport dévoile que «tout en minimisant son implication dans ce projet», Karim K. a «reconnu vouloir assassiner le préfet du Loiret et s’attaquer à une centrale nucléaire». Avant de préciser que «les deux mis en cause ont confirmé le rôle d’Anthony D., djihadiste français de l’EI évoluant en Syrie depuis fin 2014, comme soutien financier».

Communications cryptées

Au même moment, la DGSI, toujours elle, appréhendait, à Tours, Issa Khassiev, un Russe d’origine tchétchène «susceptible d’avoir rejoint la Syrie en 2013» et qui envisageait de «réaliser une action violente en France avant de regagner la zone syro-irakienne pour y mourir en martyr». Lors d’une perquisition, celui qui a prêté «allégeance à l’EI» avait «proféré des menaces à l’encontre des fonctionnaires de police présents». Outre le cas d’un radicalisé en prison projetant d’assassiner une députée parisienne interpellé en octobre «après s’être lui-même dénoncé (…)», le document évoque aussi l’arrestation, à Fontenay-sous-Bois, de Salim et Ahmed M., deux frères «velléitaires pour le djihad syrien» qui voulaient s’en prendre à des «militaires, des policiers et/ou des juifs». Ces réussites policières ne peuvent cependant obérer les échecs des attentats de janvier et de novembre qui enseignent que «les terroristes ne relèvent plus d’aucune logique nationale ni dans leur profil ou leur recrutement, ni dans leur mode opératoire et la conception de leurs attaques».

Rappelant que «les commandos ne se sont effectivement rendus sur le territoire français que la veille des attaques, un délai peut-être trop bref pour être repérés par les seuls services français», Sébastien Pietrasanta considère que «cette tactique a également si bien fonctionné parce que les terroristes ont encore accru leur mobilité par une bien plus grande furtivité que par le passé». Le directeur général de la sécurité extérieure, Bernard Bajolet, l’a concédé devant la commission Fenech: «La difficulté à laquelle nous nous heurtons est que ces terroristes sont rompus à la clandestinité et font une utilisation très prudente, très parcimonieuse, des moyens de communication: les téléphones ne sont utilisés qu’une seule fois, les communications sont cryptées et nous ne pouvons pas toujours les décoder.» «Pour connaître leurs projets, il faut avoir des sources humaines directement en contact avec ces terroristes, décrit le patron de la DGSE. Or ces réseaux sont très cloisonnés, ils peuvent recevoir des instructions de caractère général, mais avoir ensuite une certaine autonomie dans la mise en œuvre de la mission qui leur est confiée.» (…). Et le rapporteur Pietrasanta de conclure: «L’explosion des communications électroniques, le développement du darknet, la mise à portée de tous de moyens de communication bénéficiant de puissants chiffrements – telle que l’application de messagerie Telegram – rendent les terroristes plus furtifs aux yeux des services de renseignements et leur imposent d’opérer des sauts capacitaires réguliers.»

Voir de plus:

Sweden’s rape rate under the spotlight

  • 15 September 2012

The Julian Assange extradition case has put Sweden’s relatively high incidence of rape under the spotlight. But can such statistics be reliably compared from one country to another?

Which two countries are the kidnapping capitals of the world?

Australia and Canada.

Official figures from the United Nations show that there were 17 kidnaps per 100,000 people in Australia in 2010 and 12.7 in Canada.

That compares with only 0.6 in Colombia and 1.1 in Mexico.

So why haven’t we heard any of these horror stories? Are people being grabbed off the street in Sydney and Toronto, while the world turns a blind eye?

No, the high numbers of kidnapping cases in these two countries are explained by the fact that parental disputes over child custody are included in the figures.

If one parent takes a child for the weekend, and the other parent objects and calls the police, the incident will be recorded as a kidnapping, according to Enrico Bisogno, a statistician with the United Nations.

Comparing crime rates across countries is fraught with difficulties – this is well known among criminologists and statisticians, less so among journalists and commentators.

Sweden has the highest rape rate in Europe, author Naomi Wolf said on the BBC’s Newsnight programme recently. She was commenting on the case of Julian Assange, the Wikileaks founder who is fighting extradition from the UK to Sweden over rape and sexual assault allegations that he denies.

Is it true? Yes. The Swedish police recorded the highest number of offences – about 63 per 100,000 inhabitants – of any force in Europe, in 2010. The second-highest in the world.

This was three times higher than the number of cases in the same year in Sweden’s next-door neighbour, Norway, and twice the rate in the United States and the UK. It was more than 30 times the number in India, which recorded about two offences per 100,000 people.

On the face of it, it would seem Sweden is a much more dangerous place than these other countries.

But that is a misconception, according to Klara Selin, a sociologist at the National Council for Crime Prevention in Stockholm. She says you cannot compare countries’ records, because police procedures and legal definitions vary widely.

« In Sweden there has been this ambition explicitly to record every case of sexual violence separately, to make it visible in the statistics, » she says.

« So, for instance, when a woman comes to the police and she says my husband or my fiance raped me almost every day during the last year, the police have to record each of these events, which might be more than 300 events. In many other countries it would just be one record – one victim, one type of crime, one record. »

The thing is, the number of reported rapes has been going up in Sweden – it’s almost trebled in just the last seven years. In 2003, about 2,200 offences were reported by the police, compared to nearly 6,000 in 2010.

So something’s going on.

But Klara Selin says the statistics don’t represent a major crime epidemic, rather a shift in attitudes. The public debate about this sort of crime in Sweden over the past two decades has had the effect of raising awareness, she says, and encouraging women to go to the police if they have been attacked.

The police have also made efforts to improve their handling of cases, she suggests, though she doesn’t deny that there has been some real increase in the number of attacks taking place – a concern also outlined in an Amnesty International report in 2010.

« There might also be some increase in actual crime because of societal changes. Due to the internet, for example, it’s much easier these days to meet somebody, just the same evening if you want to. Also, alcohol consumption has increased quite a lot during this period.

« But the major explanation is partly that people go to the police more often, but also the fact that in 2005 there has been reform in the sex crime legislation, which made the legal definition of rape much wider than before. »

The change in law meant that cases where the victim was asleep or intoxicated are now included in the figures. Previously they’d been recorded as another category of crime.

So an on-the-face-of-it international comparison of rape statistics can be misleading.

Botswana has the highest rate of recorded attacks – 92.9 per 100,000 people – but a total of 63 countries don’t submit any statistics, including South Africa, where a survey three years ago showed that one in four men questioned admitted to rape.

In 2010, an Amnesty International report highlighted that sexual violence happens in every single country, and yet the official figures show that some countries like Hong Kong and Mongolia have zero cases reported.

Evidently, women in some countries are much less likely to report an attack than in others and are much less likely to have their complaint recorded.

UN statistician Enrico Bisogno says surveys suggest that as few as one in 10 cases are ever reported to the police, in many countries.

« We often present the situation as kind of an iceberg where really what we can see is just the tip while the rest is below the sea level. It remains below the radar of the law enforcement agencies, » he says.

Naomi Wolf has also written that Sweden has the lowest conviction rate in Europe.

She was relying on statistics from a nine-year-old report, which calculated percentage conviction rates based on the number of offences recorded by the police and the number of convictions. But this is a problematic way of analysing statistics, as several offences could be committed by one person.

The United Nations holds official statistics on the number of convictions for rape per 100,000 people and actually, by that measure, Sweden has the highest number of convictions per capita in Europe, bar Russia. In 2010, 3.7 convictions were achieved per 100,000 population.

Though it’s still the case, as Wolf pointed out to the BBC, that women in Sweden report a high number of offences – and only a small number of rapists are punished.

So there’s a lot that official statistics don’t tell us. They certainly don’t reveal the real number of rapes that happen in Sweden, or any other country. And they don’t give a clear view of which countries have worse crime rates than others.

Rape is particularly complex, but you’d think it would be straightforward to analyse murder rates across different countries – just count up the dead bodies, and compare and contrast.

If only, says Enrico Bisogno. « For example, if I punch somebody and the person eventually dies, some countries can consider that as an intentional murder, others as a manslaughter. Or in some countries, dowry killings are coded separately because there is separate legislation. »

What’s more, a comparison of murder rates between developed and less developed countries may tell you as much about health as crime levels, according to Professor Chris Lewis, a criminologist from Portsmouth University in the UK.

The statistics are to some unknown degree complicated by the fact that you’re more likely to survive an attack in a town where you’re found quickly and taken to a hospital that’s well-equipped.


Liberté d’expression: Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires (French historian sued for spilling the beans on Arab antisemitism)

10 février, 2017
deracinement
https://www.thesun.co.uk/wp-content/uploads/2017/02/nintchdbpict000300125351.jpg?strip=all&w=960

‘All further migration from mainly Muslim countries should be stopped’

Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor (février 2007)
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
Poland showed the strongest opposition to migrants arriving from Muslim countries, with 71 per cent supporting the ban. Opposition to further migration was also intense in Austria (65 per cent), Belgium (64 per cent), Hungary (64 perc cent) and France (61 per cent) and Greece (58 per cent). The idea of a Trump-style ban also received support in Germany, with 53 per cent calling for increased curbs and 51 per cent in Italy. But there was not majority support in Britain or Spain, which was most opposed to the idea of a ban with only 41 per cent voicing support. Overall, across all ten of the European countries an average of 55 per cent agreed that all further migration from mainly Muslim countries should be stopped. The Sun
Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant. Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”. Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ. Valeurs actuelles
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien. Djamal
À en croire, par ordre d’entrée en scène, Enzo Traverso, Luc Boltanski et Arnaud Esquerre, Edwy Plenel, Philippe Corcuff, Renaud Dély, Pascal Blanchard, Claude Askolovitch et Yvan Gastaut: les années 1930 sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, la crise économique pousse à la recherche d’un bouc émissaire et l’islamophobie prend le relais de l’antisémitisme. Tous les auteurs que j’ai cités observent, comme l’écrit Luc Boltanski: «la présence de thèmes traditionalistes et nationalistes issus de la rhétorique de l’Action française et la réorientation contre les musulmans d’une hostilité qui fut dans la première moitié du XXe siècle principalement dirigé contre les juifs». Cette analogie historique prétend nous éclairer: elle nous aveugle. Au lieu de lire le présent à la lumière du passé, elle en occulte la nouveauté inquiétante. Il n’y avait pas dans les années 1930 d’équivalent juif des brigades de la charia qui patrouillent aujourd’hui dans les rues de Wuppertal, la ville de Pina Bausch et du métro suspendu. Il n’y avait pas d’équivalent du noyautage islamiste de plusieurs écoles publiques à Birmingham. Il n’y avait pas d’équivalent de la contestation des cours d’histoire, de littérature ou de philosophie dans les lycées ou les collèges dits sensibles. Aucun élève alors n’aurait songé à opposer au professeur, qui faisait cours sur Flaubert, cette fin de non-recevoir: «Madame Bovary est contraire à ma religion.» Il n’y avait pas, d’autre part, de charte de la diversité. On ne pratiquait pas la discrimination positive. Ne régnait pas non plus à l’université, dans les médias, dans les prétoires, cet antiracisme vigilant qui traque les mauvaises pensées des grands auteurs du patrimoine et qui sanctionne sous le nom de «dérapage» le moindre manquement au dogme du jour: l’égalité de tout avec tout. Quant à parler de retour de l’ordre moral alors que les œuvres du marquis de Sade ont les honneurs de la Pléiade, que La Vie d’Adèle a obtenu la palme d’or à Cannes et que les Femen s’exhibent en toute impunité dans les églises et les cathédrales de leur choix, c’est non seulement se payer de mots, mais réclamer pour l’ordre idéologique de plus en plus étouffant sous lequel nous vivons les lauriers de la dissidence. (…) Pour dire avec Plenel et les autres que ce sont les musulmans désormais qui portent l’étoile jaune, il faut faire bon marché de la situation actuelle des juifs de France. S’il n’y a pratiquement plus d’élèves juifs dans les écoles publiques de Seine-Saint-Denis, c’est parce que, comme le répète dans l’indifférence générale Georges Bensoussan, le coordinateur du livre Les Territoires perdus de la République (Mille et Une Nuits), l’antisémitisme y est devenu un code culturel. Tous les musulmans ne sont pas antisémites, loin s’en faut, mais si l’imam de Bordeaux et le recteur de la grande mosquée de Lyon combattent ce phénomène avec une telle vigueur, c’est parce que la majorité des antisémites de nos jours sont musulmans. Cette réalité, les antiracistes officiels la nient ou la noient dans ses causes sociales pour mieux incriminer au bout du compte «la France aux relents coloniaux». Ce n’est pas aux dominés, expliquent-ils en substance, qu’il faut reprocher leurs raccourcis détestables ou leur passage à l’acte violent, c’est à la férocité quotidienne du système de domination. (…) Au début de l’affaire Dreyfus, Zola écrivait Pour les juifs. Après m’avoir écouté sur France Inter, Edwy Plenel indigné écrit Pour les musulmans. Fou amoureux de cette image si gratifiante de lui-même et imbu d’une empathie tout abstraite pour une population dont il ne veut rien savoir de peur de «l’essentialiser», il signifie aux juifs que ceux qui les traitent aujourd’hui de «sales feujs» sont les juifs de notre temps. Le racisme se meurt, tant mieux. Mais si c’est cela l’antiracisme, on n’a pas vraiment gagné au change. Et il y a pire peut-être: l’analogie entre les années 1930 et notre époque, tout entière dressée pour ne pas voir le choc culturel dont l’Europe est aujourd’hui le théâtre, efface sans vergogne le travail critique que mènent, avec un courage et une ténacité admirables, les meilleurs intellectuels musulmans. (…) Pendant ce temps, tout à la fierté jubilatoire de dénoncer notre recherche effrénée d’un bouc émissaire, les intellectuels progressistes fournissent avec le thème de «la France islamophobe» un bouc émissaire inespéré au salafisme en expansion. En même temps qu’il fait de nouveaux adeptes, l’Islam littéral gagne sans cesse de nouveaux Rantanplan. Ce ne sont pas les années 1930 qui reviennent, ce sont, dans un contexte totalement inédit, les idiots utiles. (…) Autrefois, on m’aurait peut-être traité de «sale race», me voici devenu «raciste» et «maurrassien» parce que je veux acquitter ma dette envers l’école républicaine et que j’appelle un chat, un chat. Entre ces deux injures, mon cœur balance. Mais pas longtemps. Mon père et mes grands-parents ayant été déportés par l’État dont Maurras se faisait l’apôtre, c’est la seconde qui me semble, excusez-moi du terme mais il n’y en a pas d’autres, la plus dégueulasse. (…) J’attends d’avoir fini le livre d’Eric Zemmour pour réagir. Mais d’ores et déjà, force m’est de constater que ceux qui dénoncent jour et nuit les amalgames et les stigmatisations se jettent sur l’analyse irrecevable que Zemmour fait du régime de Vichy pour pratiquer les amalgames stigmatisants avec tous ceux qu’ils appellent les néoréactionnaires et les néomaurrassiens. Ils ont besoin que le fascisme soit fort et même hégémonique pour valider leur thèse. Le succès de Zemmour pour eux vient à point nommé. Mais je le répète, ce n’est pas être fasciste que de déplorer l’incapacité grandissante de la France à assumer sa culture. Et ce n’est surement pas être antifasciste que de se féliciter de son effondrement. Alain Finkielkraut 
L’antisémitisme traditionnel en France est originellement marqué par l’Eglise, l’extrême droite et le nationalisme: c’est l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus qui connaît son acmé sous Vichy. L’antisémitisme nouveau est un antisémitisme d’importation. Il est lié à la fois à la culture traditionnelle des pays magrébins, à l’islam et au contexte colonial. En Algérie, le décret Crémieux qui permit aux juifs de devenir français dès 1870 attise la jalousie des musulmans. En Tunisie et au Maroc, les juifs n’étaient pas français mais leur émancipation par le biais de l’école leur a donné une large avance sur le plan scolaire et social sur la majori