Télévision/Three girls: Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe (Political correctness gone wild: BBC Muslim gang rapes mini-series reveals how the police and social workers abandoned hundreds of British girls to Pakistani prostitution rings for years)

15 juin, 2018
 
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Un sondage Ifop commandé par Alliance Vita souligne l’importance et la singularité de la figure du père aux yeux des Français.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
Il faut peut-être entendre par démocratie les vices de quelques-uns à la portée du plus grand nombre. Henry Becque
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de “mariage” dans un code civil et laïque. Le “mariage”, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle – avec voeu de procréation, de fidélité éternelle, etc. -, c’est une concession de l’Etat laïque à l’Eglise chrétienne – en particulier dans son monogamisme qui n’est ni juif (il ne fut imposé aux juifs par les Européens qu’au siècle dernier et ne constituait pas une obligation il y a quelques générations au Maghreb juif) ni, cela on le sait bien, musulman. En supprimant le mot et le concept de “mariage”, cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse et sacrale, qui n’a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une “union civile” contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé.(…) C’est une utopie mais je prends date. Jacques Derrida
C’est le sens de l’histoire (…) Pour la première fois en Occident, des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. Evelyne Roudinesco
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre. Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
En présence de la diversité, nous nous replions sur nous-mêmes. Nous agissons comme des tortues. L’effet de la diversité est pire que ce qui avait été imaginé. Et ce n’est pas seulement que nous ne faisons plus confiance à ceux qui ne sont pas comme nous. Dans les communautés diverses, nous ne faisons plus confiance à ceux qui nous ressemblent. Robert Putnam
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Who are the bigots — the rude and unruly protestors who scream and swarm drop-off points and angrily block immigration authority buses to prevent the release of children into their communities, or the shrill counter-protestors who chant back “Viva La Raza” (“Long Live the Race”)? For that matter, how does the racialist term “La Raza” survive as an acceptable title of a national lobby group in this politically correct age of anger at the Washington Redskins football brand? How can American immigration authorities simply send immigrant kids all over the United States and drop them into communities without firm guarantees of waiting sponsors or family? If private charities did that, would the operators be jailed? Would American parents be arrested for putting their unescorted kids on buses headed out of state? Liberal elites talk down to the cash-strapped middle class about their illiberal anger over the current immigration crisis. But most sermonizers are hypocritical. Take Nancy Pelosi, former speaker of the House. She lectures about the need for near-instant amnesty for thousands streaming across the border. But Pelosi is a multimillionaire, and thus rich enough not to worry about the increased costs and higher taxes needed to offer instant social services to the new arrivals. Progressives and ethnic activists see in open borders extralegal ways to gain future constituents dependent on an ever-growing government, with instilled grudges against any who might not welcome their flouting of U.S. laws. How moral is that? Likewise, the CEOs of Silicon Valley and Wall Street who want cheap labor from south of the border assume that their own offspring’s private academies will not be affected by thousands of undocumented immigrants, that their own neighborhoods will remain non-integrated, and that their own medical services and specialists’ waiting rooms will not be made available to the poor arrivals. … What a strange, selfish, and callous alliance of rich corporate grandees, cynical left-wing politicians, and ethnic chauvinists who have conspired to erode U.S. law for their own narrow interests, all the while smearing those who object as xenophobes, racists, and nativists. Victor Davis Hanson
Selon Stanley Cohen (1972), une « panique morale » surgit quand « une condition, un événement, une personne ou un groupe de personnes est désigné comme une menace pour les valeurs et les intérêts d’une société ». Le sociologue propose également qu’on reconnaisse dans toute « panique morale » deux acteurs majeurs : les « chefs moraux » (« moral entrepreneurs »), initiateurs de la dénonciation collective ; et les « boucs-émissaires » (« folk devils »), personnes ou groupes désignés à la vindicte. Des chercheurs spécialisés dans la culture numérique, tels Henry Jenkins aux Etats-Unis, ou Hervé Le Crosnier, maître de conférence à l’université de Caen, utilisent également le terme de panique morale pour désigner la peur disproportionnée des médias et d’une partie de la population face à la transformation induite par tout changement technologique, perçue comme un grand danger à la portée de chacun. Les « paniques morales » sont souvent liées à des controverses, et sont généralement nourries par une couverture médiatique intense (bien que des paniques semi-spontanées puissent exister. L’hystérie collective peut être une composante de ces mouvements, mais la panique morale s’en distingue parce que constitutivement interprétée en termes de moralité. Elle s’exprime habituellement davantage en termes d’offense ou d’outrage qu’en termes de peur. Les « paniques morales » (telles que définies par Stanley Cohen) s’articulent autour d’un élément perçu comme un danger pour une valeur ou une norme défendue par la société ou mise en avant par les médias ou institutions. L’un des aspects les plus marquants des paniques morales est leur capacité à s’auto-entretenir. La médiatisation d’une panique tendant à légitimer celle-ci et à faire apparaître le problème (parfois illusoire), comme bien réel et plus important qu’il n’est. La médiatisation de la panique engendrant alors un accroissement de la panique. Les effets de ce genre de réactions sont par ailleurs nombreux dans le domaine politique et juridique. (…) Le terme « panique morale » a été inventé par Stanley Cohen (en 1972 pour décrire la couverture médiatique des Mods et des Rockers au Royaume-Uni dans les années soixante. On fait remonter aux Middletown Studies, conduites en 1925 pour la première fois, la première analyse en profondeur de ce phénomène : les chercheurs découvrirent que les communautés religieuses américaines et leurs chefs locaux condamnaient alors les nouvelles technologies comme la radio ou l’automobile en arguant qu’elles faisait la promotion de conduites immorales. Un pasteur interrogé dans cette étude désignait ainsi l’automobile comme une « maison close sur roues » et condamnait cette invention au motif qu’elle donnait aux citoyens le moyen de quitter la ville alors qu’ils auraient dû être à l’église. Cependant, dès les années 30, Wilhem Reich avait développé le concept de peste émotionnelle qui, sous une forme plus radicale, est la base théorique de la panique morale. (…) Le risque lié aux paniques morales est multiple. Les plus importants sont de ne plus croire ce qui est rapporté par les médias ou même de ne plus croire les informations justes, constituant ainsi le terreau du complotisme qui se répand au XXIe siècle avec la prédominance des échanges sur internet. C’est aussi mettre sur un même plan d’importance des éléments pourtant très différents. Ainsi,  certaines paniques dites “mineures” par Divan Frau-Meigs pourraient se retrouver à une même importance que des paniques morales majeures (le traitement de l’obésité au même niveau que la peur du terrorisme par exemple). Wikipedia
It has been Cohen’s longstanding contention that the term moral panic is, for its utility, problematic insofar as the term ‘panic’ implies an irrational reaction which a researcher is rejecting in the very act of labelling it such. That was the case when he was studying the media coverage of the Mods and Rockers and when Young was studying the reaction to drug taking in the late 1960s and the early 1970s. Currently , Cohen has started to feel uncomfortable with the blanket application the term ’panic’ in the study of any reactions to deviance, as he argues for its possible use in ‘good moral panics’. Cohen discusses the changes that have occurred in society and how this has had re-directed the ‘moral panic’ analysis and has contributed to the development of the concept. To begin with, the modern moral entrepreneurs have adopted a status similar to the social analyst (in terms of class, education and ideology) and the likelihood for the two of them to perceive the problem in the same way has increased substantially. Secondly, the alliances between the various political forces has become more flexible and as a result, panics about ‘genuine’ victims (of natural disasters or terrorist attacks) are more likely to generate consensus that the ‘unworthy’ victims (the homeless). Thirdly, whereas the traditional moral panics where in nature elite-engineered, the contemporary ones are much more likely to populist-based, giving more space for social movements’ and victims’ participation in the process. Fourthly, in contrast to the old moral panics, the new ones are interventionist-focused. The new criminalizers who address the moral panics are either post-liberals who share a common background with a decriminalized generation, or are from the new right who argue for increased focus on private morality (sexuality, abortion, lifestyle). In addition, Cohen considers the possibility of certain moral panics being understood as ‘anti-denial’ movements. In contemporary times the denial of certain events, their cover-up, evasion and tolerance is perceived as morally wrong, and such denied realities should be brought to the public attention, which would result in widespread moral condemnation and denunciation. In this sense, it could be argued that certain panics should also be considered as ‘acceptable’ and thus a binarity between ‘good’ and ‘bad’ moral panics can be developed. Such as heuristic between ‘good’ and ‘bad’ can be useful as such a distinction in effect widens the scope of moral panic studies beyond those examples that are regarded as ‘inappropriate’ and ‘irrational’. Potentially, this could also lead to the questioning of the notions of rationality, disproportionality and other normative judgements that have characterised the studies of moral panics. Such an approach of analysing ‘moral panics’ is in contrast with the work of Critcher, to whom the concept of can be best understood in the relations of power and regulation. Whereas both Critcher and Cohen agree that each moral panic should be seen in a wider conceptual framework, the latter does not adopt Critcher’s suggestion that the term ‘moral’ panic should not be applied in cases where dominant elites reinforce dominant practices by way of scapegoating outsiders. By contrast to Critcher, Cohen accepts the possibility of counter-hegemonic moral panics. In addition, Critcher stresses the need to focus not only on the politics of moral panics, but also consider the economic factors that might limit or promote their development. Moving beyond moral panics, Hunt has argued that a shift has taken place in the processes of moral regulation over the past century, whereby the boundaries that separate morality from immorality have been blurred. As a result, an increasing number of everyday activities have become moralized and the expression of such moralization can be found in hybrid configurations of risk and harm. The moralization of everyday life contains a dialectic that counterposes individualizing discourses against collectivizing discourses and moralization has become an increasingly common feature of contemporary political discourse. Moral panics can also be seen as volatile manifestations of an ongoing project of moral regulation, where the ‘moral’ is represented as practices that are specifically designed to promote the care of the self. With the shift towards neo-liberalism, such regulatory scripts have taken the form of discourses of risk, harm and personal responsibility. As Hier the implementation of such a ‘personalization’ discourse is not straightforward due to the fact that moral callings are not always accepted. The moral codes that are supposed to regulate behaviour, expression and self-presentation are themselves contestable and their operation is not bound in a time-space frame. Thus, ‘moralization’ is conceptualized as a recurrent sequence of attempts to negotiate social life; a temporary ‘crisis’ of the ‘code’ (moral panic) is therefore far more routine than extraordinary. The problems with such an argument for expanding the focus of moral panics to encompass forms of moral regulation is that it is too broad and a more specific scope of moral regulation should be defined in order to conduct such analysis. Dimitar Panchev (2013)
« We do more workshops in middle schools than in high schools, » says Bell, executive director of Bebashi-Transition to Hope, the local nonprofit that works on prevention of HIV and other sexually transmitted diseases. « Teachers call us because their kids are acting out sexually. They’ll catch them in the bathroom or the stairwell. They hear that kids are cutting schools to have orgies. » (…) « We follow 200 teenagers with HIV, and the youngest is 12, » says Jill Foster, director of the Dorothy Mann Center for Pediatric and Adolescent HIV at St. Christopher’s Hospital for Children. « When we started doing HIV treatment in 1998, the average age of patients was 16 or 17. The first time we got a 13-year-old was mind-blowing. » (…) Because a recent report from the Centers for Disease Control and Prevention has identified Philadelphia as having the earliest age of sexual initiation – 13 – among cities participating in the study, she says, it’s crucial to make condoms available to younger kids. People gasp at that, says Foster, who diagnoses new HIV cases at a rate of two to three teens a month, up from one every four months just a decade ago. « But people have no idea how tough it is to be a kid who’s exposed to sexual media images and peer pressure. It’s routine for 12- and 13-year-olds to talk about sex. Younger kids hear them and they want to be part of that ‘older’ world, » she says. « They don’t have maturity or impulse control, so if we can get them to have condoms with them when they start having sex, they are going to be safer. « I wish it weren’t necessary, » she says. « Unfortunately, it is. » It would be easy to play the « appalled citizen » card and decry the inclusion of kids as young as 11 in Philadelphia’s STD-prevention campaign. But I won’t. Because there are two groups of children in this city: Those lucky enough to have at least one caring, available adult to guide them through sex-charged adolescence. And those left on their own. Like the child being raised by a single mom whose two jobs keep her from supervising her child. Or the kids being raised by a tired grandmom who’s asleep by 9 and doesn’t know that the kids have snuck out of the house. Or the homeless teen who crashes on couches and must choose between saying no to a friend’s creepy uncle or wandering the streets at night. These kids deserve protection from the fallout of STDs and unplanned pregnancy as much as kids from « good » families do – kids who, by the way, get in trouble, too. They just have more support to get them through it. « We know that sexual activity in young adolescents doesn’t change overnight, » says Donald Schwarz, a physician who worked with adolescents for years at Children’s Hospital of Philadelphia before being appointed city health commissioner in 2008. « But children need to be protected while we get our heads around whatever the long-term strategies should be here. » He mentions a recent, awful survey of sixth-graders in West Philly, which showed that 25 percent of the children, who were just 11 years old, had had sex. « Clearly, we don’t think it’s OK for 11-year-olds to be having sex, » says Schwarz. « But we don’t have the infrastructure in place to fix [that] problem fast. We can, however, make condoms available fairly quickly to whoever needs them. (…) There are no easy solutions. This is a complicated problem, exacerbated by generational poverty and family collapse that paralyzes our cities in ways too myriad to address in one column. Ronnie Polaneczky
Giving out free condoms at school is not a surefire way to avoid teenage pregnancy – or it might not be enough. Access to condoms in schools increases teen fertility rates by about 10 per cent, according to a new study by the University Of Notre Dame. However the increase happened in schools where no counseling was provided when condoms were given out – and giving out guidance as well as birth control could have the opposite effect, economists Kasey Buckles and Daniel Hungerman said in the study. Access to other kinds of birth control, such as the contraceptive pill, IUDs and implants, has been shown to lower teen fertility rates – but condoms might have opposite consequences due to their failure rate as well as the time and frequency at which they’re used. (…) Times have changed already and teenagers today are overall less likely to have sex and less likely to become pregnant, they wrote. Most of the free condoms programs in the study began in 1992 or 1993 and about two thirds involved mandatory counseling. The 10 per cent increased occurred as a result of schools that gave out condoms without counseling, Buckles and Hungerman said. ‘These fertility effects may have been attenuated, or perhaps even reversed, when counseling was mandated as part of condom provision,’ they wrote. Teenage girls were also more likely to develop  gonorrhea when condoms were given for free – and again, the increase happened as a result of schools giving out condoms without counseling. Access to contraceptives in general has been shown to lower teen fertility, Buckles and Hungerman noted, or in some cases had no effect at all. But condoms might have a different impact because of several factors, such as the fact that their failure rate is more important than that of other contraceptives. Condoms also rely ‘more heavily on the male partner’, which is an important factor given that an unplanned pregnancy will have different consequences for each gender, Buckle and Hungerman wrote. The time at which condoms are used could also explain why they have a different impact than other types of birth control. Condoms have to be used at the time of intercourse, whereas the pill, IUDs and implants are all taken in advance. Using condoms also results from a short-term decision rather than long-term. Free condom programs in schools could have led to two additional births per 1,000 teenage women so far, Buckle and Hungerman found. This could increase to 5 extra births per 1,000 teenage girls if the country’s entire high-school-aged population had access to condoms. Condom distribution programs could promote the use of condoms over more efficient birth control methods, drive schools to use their resources for condom distribution rather than more effective programs, or might encourage ‘risky’ sexual behaviors, Buckle and Hungerman wrote. Daily Mail
L’upskirt (anglicisme argotique, littéralement « sous la jupe ») est une forme d’érotisme ou de pornographie particulièrement présente sur Internet, constituée de photographies ou de videos prises sous les jupes des femmes (le plus souvent en contre-plongée en position debout, ou de face en position assise), dans le but de montrer leurs sous-vêtements, voire leurs parties génitales et/ou leurs fesses. Bien que les prises de vues puissent être faites avec le consentement des sujets, les spectateurs de ce type de scènes recherchent le plus souvent des clichés pris furtivement, notamment dans des lieux publics, et donc, selon toute vraisemblance, à l’insu des personnes représentées, ce qui fait de l’upskirt une forme de voyeurisme. L’avènement des téléphones mobiles équipés d’appareils photo et de caméras est souvent présenté comme étant à l’origine du développement de cette pratique, mais en réalité, l’upskirt existe depuis que la mode a démocratisé la minijupe, c’est-à-dire vers le milieu des années 60. Une telle pratique sans le consentement de la personne photographiée peut être considérée comme illégale dans certaines juridictions. Wikipedia
Critiqué par ses fans pour avoir accepté de chanter lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde, Robbie Williams a terminé sa prestation en faisant un doigt d’honneur. Un geste, réalisé juste après avoir rajouté un «I did it for free» dans les paroles de «Rock DJ», qui a immédiatement été très commenté sur les réseaux sociaux. L’Equipe
il s’agit de respecter une souffrance. Samia Maktouf (avocate de familles de victimes de l’attentat islamiste du Bataclan en réaction à la programmation dans la salle d’un certain Médine ayant intitulé l’un de ses disques « Jihad »)
Finalement, Viktor Orban pourrait avoir gagné. Le maître de Budapest fut le premier à dresser des barbelés contre l’exode, celui des Syriens en août 2015. Sa prophétie n’est pas loin de se réaliser quand l’Italie, jusqu’ici ouverte à la misère du monde, renvoie en pleine mer un bâtiment chargé de 629 migrants africains. Basculement. Électrochoc. Malgré le trouble d’Angela Merkel et les blâmes d’Emmanuel Macron, la question pour l’Europe n’est plus de savoir si elle doit renforcer sa frontière commune. Mais si elle peut encore éviter le retour aux barrières nationales. En trois ans, l’exception hongroise s’est propagée à toute l’Europe centrale. Varsovie, Prague et Bratislava jurent avec Budapest que la religion musulmane n’est pas soluble dans l’UE. Tous applaudissent le coup de force italien. À ce quatuor de Visegrad, il faudrait désormais ajouter un trio d’acteurs qui va de l’extrême droite à la droite dure: l’Italien Matteo Salvini, l’Autriche de Sebastian Kurz et Horst Seehofer, monument bavarois et ministre allemand de l’Intérieur. Ces trois-là forment le nouvel «axe» anti-immigration que décrit le jeune chancelier autrichien, avant de prendre la présidence tournante de l’UE le 1er juillet. La fronde dessine un périmètre curieusement semblable à celui de l’empire des Habsbourg. Elle est aussi pétrie de contradictions. Même s’ils partagent la hantise de l’islam, Viktor Orban et ses amis d’Europe centrale se garderont bien de rejoindre l’axe autrichien. Et inversement. À l’intérieur de l’axe alpin, la pire chose qui puisse arriver au chancelier Kurz serait que Matteo Salvini, nouvel homme fort du pouvoir romain, obtienne ce qu’il demande: le partage avec le reste de l’Europe – Autriche comprise – de tout ou partie des quelque 500.000 «irréguliers» qui croupissent en Italie. Quant au projet prêté à Horst Seehofer d’expulser d’Allemagne tous les migrants déjà enregistrés ailleurs dans l’UE, il n’inquiète pas que la Chancellerie à Berlin. Si cette foule doit vraiment retraverser la montagne, c’est bien évidemment en Autriche puis en Italie qu’elle aboutira. Là est le problème des slogans «populistes» et autres remèdes réputés nationaux. Sur le papier, ils sont identiques et se prêtent à de magnifiques alliances. Dans la réalité, ils sont incompatibles, sauf à fâcher les voisins et à cadenasser toutes les frontières. (…) Cynisme contre hypocrisie, Emmanuel Macron et Matteo Salvini ont vidé mardi leur aigreur à propos de l’Aquarius et des 629 clandestins repêchés au nord de la Libye. Du côté français comme du côté allemand, il apparaît que les deux semaines qui mènent au sommet vont décider si Rome penche vers l’ouest ou vers l’est. Paris admet que l’Union européenne a un problème quand l’Italie doit accueillir 80 % des migrants venus de Libye. Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, reconnaît qu’il faut se forcer «à voir la réalité à travers d’autres regards européens». L’Élysée a confirmé jeudi des pistes déjà explorées pour rendre la réalité plus supportable à des Italiens confrontés, chez eux, à des centaines de points de fixation comparables à l’ex-ghetto de migrants à Calais. Il sera donc question d’aides financières démultipliées par l’UE et de mobilisation du contingent de gardes-frontières européens. Au-delà de ces palliatifs communautaires, la France et ses voisins doivent se préparer à deux exutoires plus vigoureux s’il faut vraiment soulager l’Italie, prévient Pierre Vimont, ex-pilier du Quai d’Orsay et conseiller de l’UE durant la crise de 2015-2016. D’abord l’accueil direct des rescapés de la Méditerranée sur leur territoire, sujet jusqu’ici tabou que l’Espagne a commencé de rompre en acceptant les passagers de l’Aquarius. (…) Ensuite, l’ouverture de «centres de tri» hors de l’UE (peut-être en Albanie), ce qui permettrait d’évacuer le problème italien. (…) Mais attention, prévient l’ambassadeur Vimont, «il ne s’agit pas de s’en laver les mains. Si la question africaine n’est pas réglée dans la durée, les migrants reviendront inévitablement frapper à notre porte». Le Figaro
C’est une information qui devrait compter dans les débats bioéthiques du moment. Un sondage Ifop commandé par Alliance Vita (1) et dévoilé aujourd’hui par La Croix souligne l’importance et la singularité de la figure du père aux yeux des Français. Pour l’association, il s’agit avant tout de braquer les projecteurs sur l’un des enjeux des discussions actuelles sur l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, envisagée dans le cadre de la révision des lois de bioéthique. Ainsi, 93 % des Français considèrent que les pères ont un « rôle essentiel pour les enfants », tandis que les trois quarts d’entre eux adhèrent à l’affirmation selon laquelle « les rôles du père et de la mère sont différents et complémentaires » ; et 89 % jugent que « l’absence de père, c’est quelque chose qui marque toute la vie ». (…) À un moment où la question sur la PMA polarise toutes les attentions, selon ce sondage, 61 % des Français estiment qu’« il faut privilégier le besoin de chaque enfant d’avoir un père en réservant la PMA aux couples homme-femme ayant un problème médical d’infertilité ». Mais 39 % jugent plutôt qu’« il faut privilégier le désir d’enfant en permettant la PMA sans père pour les femmes seules ou les couples de femmes ». Des chiffres qui peuvent surprendre comparés aux autres enquêtes menées par l’Ifop, notamment celles publiées dans La Croix et L’Obs en janvier, ou encore cette semaine par Ipsos pour France Télévisions. Ces enquêtes donnaient systématiquement des proportions opposées quant à l’adhésion des Français à l’extension de la PMA : 60 % y étaient favorables, 40 % étaient contre.(…) Si les Français portent un regard très majoritairement positif sur le rôle des pères, il existe cependant des différences d’approche, notamment entre les hommes qui sont pères et ceux qui ne connaissent pas l’expérience de la paternité. Ainsi 58 % des pères sont tout à fait d’accord lorsqu’on leur demande si « l’absence de père est quelque chose qui marque toute une vie ». Le chiffre tombe à 41 % pour les hommes qui n’ont pas d’enfants. Soit une différence de 17 points. Autre intervalle notable : celui qui s’établit entre les générations : 39 % des 18-24 ans estiment qu’il ne faut pas étendre la PMA, alors qu’ils sont 78 % des plus de 65 ans. « C’est la preuve qu’au fur et à mesure des générations, les références traditionnelles vont être chamboulées », estime Jérôme Fourquet. La Croix
Tout dépend de la manière dont on pose la question : si on met en avant l’ouverture d’un droit, en demandant aux Français s’ils sont pour une extension de la PMA, ils y sont majoritairement favorables. En revanche, si on présente le droit de l’enfant à avoir un père, ils sont majoritairement opposés à une évolution de la loi. (…) Quelle que soit la question, vous avez 40 % de gens qui sont favorables, 40 % d’opposés, et 20 % qui oscillent. Ce sont ces derniers qui portent la tension éthique et dont la réponse peut varier selon la façon dont la question est posée. Jérome Fourquet
On assiste aujourd’hui à un grand affaiblissement de l’image du père dans nos sociétés. C’est aussi le cas pour celle de la mère. La paternité est par nature une expérience subjective, mais je vois aujourd’hui beaucoup de couples qui, au milieu de la trentaine, hésitent à être parents. Les naissances surviennent plus tard qu’auparavant : cela montre bien que l’aventure de la paternité est devenue quelque chose d’éminemment subjectif, et donc de plus fragile. Elle n’est plus portée par la société et ne bénéficie plus d’un soutien collectif. Jacques Sédat (psychanalyste)
Le militant nationaliste britannique Tommy Robinson a été arrêté à Leeds et presque immédiatement condamné à 13 mois de prison ferme alors qu’il tentait de filmer les suspects d’un procès dont les médias locaux n’ont pas le droit de parler. Un épais voile noir n’en finit plus d’envelopper la liberté d’expression dans les démocraties occidentales. Il se montre particulièrement oppressant dès lors qu’il s’agit de museler des opinions critiques au sujet de la crise migratoire, des dangers de l’islamisme et, plus largement, du dogme multiculturaliste comme modèle supposé de société. Ces opinions critiques, si elles peuvent en choquer moralement certains, ne constituent pourtant pas des délits, ou en tout cas, pas encore…Les voies employées sont multiples et complémentaires. Sur le plan répressif, on peut mentionner les fermetures abusives et arbitraires de comptes sur les réseaux sociaux, soit par décision hautement inquisitrice des autorités facebookiennes (comme ce fut le cas par exemple pour Génération identitaire dont le compte a été récemment clos sans autre forme de procès), soit sous pression d’activistes qui, en procédant à des signalements massifs se lancent dans des sortes de fatwas numériques et finissent promptement par obtenir la fermeture des comptes qui les dérangent. On pense notamment au truculent dessinateur Marsault, mais les cas semblables sont légion. La voie judiciaire est également très utilisée pour faire taire les récalcitrants. On a pu assister par exemple à la condamnation ubuesque d’Éric Zemmour pour ce qui finit par s’apparenter, ni plus ni moins, à du délit d’opinion et à l’introduction piano sano d’un délit d’islamophobie et de blasphème dans les cours européennes. Le sort actuel de l’activiste britannique, Tommy Robinson (de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon), s’inscrit dans ce contexte sinistré. Le britannique de 35 ans, fondateur de l’English Defence League, hostile à l’islam radical et à la charia (ce qui peut plaire ou déplaire mais demeure une conviction de l’ordre de l’opinion et ne constitue donc pas un délit), est dans le collimateur des autorités de son pays. L’homme a été arrêté, le vendredi 25 mai, tandis qu’il diffusait une vidéo filmée en direct des abords du tribunal de Leeds où se tenait un procès mystérieux. Mystérieux car il existe une disposition du droit britannique permettant aux autorités judiciaires d’ordonner une « reporting restriction ». C’est-à-dire un embargo pendant lequel personne n’a le droit d’évoquer publiquement (journalistes inclus, donc) une affaire en cours de jugement. Cette mesure est décidée dans un but de bonne administration de la justice, de bon déroulement des procès, afin que l’émoi populaire suscité par telle ou telle affaire ne vienne pas nuire à la bonne et sereine marche d’une justice que l’on imagine naturellement impartiale, afin également d’en protéger les parties, plaignants ou accusés. Tommy Robinson, et c’est là son tort et sa limite, n’a pas souhaité se soumettre à cette curieuse loi d’airain, et s’est donc tout de même rendu au palais de justice pour y interpeller les accusés de ce qu’il a décrit comme étant supposément le procès des viols de fillettes dont les accusés sont des gangs pakistanais, notamment dans la région de Telford, exactions qui se sont produites pendant plusieurs décennies et qui ont mis un temps infini à être révélées puis prises en compte par des autorités surtout préoccupées par le risque de stigmatisation des communautés ethno-religieuses concernées, plutôt que par la protection des populations locales. Cette information sur la nature réelle du procès n’a pas pu être formellement vérifiée ni énoncée puisque, de toute façon, dans cette situation orwellienne, la presse n’est pas autorisée à en parler. Il s’agit donc ici de propos qu’on n’a pas le droit de tenir au sujet d’une affaire qu’il faut taire. Tommy Robinson a été interpellé et, dans une hallucinante et inhabituelle célérité, la justice l’a presque immédiatement condamné à une peine ferme de 13 mois de prison, sans que celui-ci n’ait pu avoir droit à un procès équitable ni consulter l’avocat de son choix. Tout ceci s’est déroulé sans que la presse n’ait vraiment le droit d’évoquer son cas, puisque les juges ont appliqué à sa condamnation une seconde « reporting restriction », sorte de couche supplémentaire dans le mille-feuille de silences et de censures nimbant déjà ce dossier décidément gênant. Au pays de l’Habeas corpus, cette affaire fait du bruit. Aussitôt, une pétition rassemblant vite plus de 500 000 signatures a circulé dans le monde entier, et l’émoi que l’on voulait mater s’est au contraire amplifié, par le biais notamment des réseaux sociaux dont on comprend bien qu’ils fassent l’objet de toutes les tentatives de restrictions et de lois liberticides à venir. Des personnalités aussi diverses que la demi-sœur de Meghan Markle ou le fils de Donald Trump, le leader néerlandais Geert Wilders, le chanteur Morrissey ou la secrétaire générale adjointe des Républicains, Valérie Boyer, et beaucoup d’autres célèbres ou anonymes, se sont émus et ont interpellé les autorités britanniques sur cette curieuse conception de la justice, expéditive pour les uns, anormalement complaisante et longue pour les autres. Des manifestants excédés ont même fini par s’en prendre à la police, samedi 9 juin, près de Trafalgar Square à Londres. Tommy Robinson se savait attendu au tournant ; il a toutefois bravé la loi en toute connaissance de cause, comme il l’avait déjà fait dans un précédent procès sur une affaire similaire, écopant alors de trois mois avec sursis, lesquels sont alors venus s’ajouter à la peine récemment prononcée pour « atteinte à l’ordre public ». On peut toutefois légitimement s’interroger sur plusieurs points qui choquent l’opinion publique ainsi que le bon sens. Tout d’abord, est-il judicieux bien que judiciaire, de la part des autorités britanniques, de décider de faire régner de nouveau le silence dans le traitement d’une affaire dans laquelle, précisément, c’est le silence complice des autorités qui est en partie mis en cause par les opinions publiques ? N’est-ce pas redoubler le mal et contribuer à rendre légitimes les soupçons d’étouffement de ces affaires pour des motifs idéologiques ? Peut-on encore parler du réel, le nommer, le montrer, sans encourir les foudres morales ni risquer l’embastillement ou le sort d’Oscar Wilde à la Reading Gaol ? Les démocraties occidentales qui se conçoivent pourtant comme « libérales » et s’opposent idéologiquement à ce qu’elles qualifient dédaigneusement de « démocraties illibérales » et populistes, ont-elles conscience de déroger, par ces silences complices et ces actions douteuses de musèlement, au libéralisme d’opinion qui fonde les régimes démocratiques et institue, normalement, les libertés fondamentales ? Ont-elles conscience de renforcer le fort soupçon de manipulation des opinions qui pèse de plus en plus sur elles, Brexit après Brexit, vote « populiste » après vote « populiste », rejet après rejet ? Ont-elles conscience que plus une censure s’applique, plus la réaction à cette censure est forte, que plus elles se conduisent ainsi, plus la colère et la révolte – qu’elles s’imaginent étouffer – grondent ? Ont-elles conscience que loin de protéger l’image des populations prétendument stigmatisées dans ces affaires, elles ne font que nourrir les interrogations et les soupçons à leur sujet ? (…) Les autorités ignorent-elles par ailleurs le sort réservé aux militants de ces mouvances hostiles à l’islam radical lorsqu’ils sont jetés ainsi en pâture dans des prisons tenues par les gangs que ces militants dénoncent précisément ? Kevin Crehan, condamné à 12 mois de prison pour avoir (certes stupidement) jeté du bacon sur une mosquée, n’a pas survécu à son incarcération. Tommy Robinson, lui-même précédemment incarcéré dans une affaire de prêt familial, a été victime de graves violences.  Sa sécurité fait-elle l’objet de garanties spécifiques au vu du contexte ? Enfin, le silence gêné de certains des principaux médias sur cette affaire ne pose-t-il pas de nouveau la question du pluralisme et de la liberté d’expression réelle dans le paysage médiatique occidental ? Anne-Sophie Chazaud (Causeur)
A man who drove a van into a crowd of Muslims near a London mosque has been found guilty of murder. Darren Osborne, 48, ploughed into people in Finsbury Park in June last year, killing Makram Ali, 51, and injuring nine others. Osborne, from Cardiff, was also found guilty of attempted murder and is due to be sentenced on Friday. (…) Police later found a letter in the van written by Osborne, referring to Muslim people as « rapists » and « feral ». He also wrote that Muslim men were « preying on our children ». The trial heard Osborne became « obsessed » with Muslims in the weeks leading up to the attack, having watched the BBC drama Three Girls, about the Rochdale grooming scandal. BBC
Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. Ahmed (violeur pakistanais)
A l’exception d’un demandeur d’asile afghan, tous sont d’origine pakistanaise. Toutes les filles sont blanches. L’équation est aussi froide et simple qu’explosive, dans un Royaume-Uni en proie au doute sur son modèle multiculturel. (…) Dans les semaines suivant le procès, les médias égrènent les noms de villes où des gangs similaires à celui de Rochdale sont démantelés : Nelson, Oxford, Telford, High Wycombe… Et, fin octobre, c’est à nouveau à Rochdale qu’un groupe de neuf hommes est appréhendé. Chaque fois, les violeurs sont en grande majorité d’origine pakistanaise. Les micros se tendent vers les associations ou les chercheurs spécialisés dans la lutte contre les abus sexuels. Selon leurs conclusions, entre 46 % et 83 % des hommes impliqués dans ce type précis d’affaires – des viols commis en bande par des hommes qui amadouent leurs jeunes victimes en « milieu ouvert » – sont d’origine pakistanaise (les statistiques ethniques sont autorisées en Grande-Bretagne). Pour une population d’origine pakistanaise évaluée à 7 %. (…) En septembre, un rapport gouvernemental conclura à un raté sans précédent des services sociaux et de la police, qui renforce encore l’opinion dans l’idée qu’un « facteur racial » a joué dans l’affaire elle-même, mais aussi dans son traitement par les autorités : entre 2004 et 2010, 127 alertes ont été émises sur des cas d’abus sexuels sur mineurs, bon nombre concernant le groupe de Shabir Ahmed, sans qu’aucune mesure soit prise. A plusieurs reprises, les deux institutions ont estimé que des jeunes filles âgées de 12 à 17 ans « faisaient leurs propres choix de vie ». Pour Ann Cryer, ancienne députée de Keighley, une circonscription voisine, aucun doute n’est permis : police et services sociaux étaient « pétrifiés à l’idée d’être accusés de racisme ». Le ministre de la famille de l’époque, Tim Loughton, reconnaît que « le politiquement correct et les susceptibilités raciales ont constitué un problème ». L’air est d’autant plus vicié que, à l’audience, Shabir Ahmed en rajoute dans la provocation. Il traite le juge de « salope raciste » et affirme : « Mon seul crime est d’être musulman. » Un autre accusé lance : « Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. » (…) un employé de la mairie s’interroge. Anonymement. « Où est la limite du racisme ? Les agresseurs voyaient ces filles comme du « déchet blanc », c’est indéniablement raciste. Mais les services sociaux, des gens bien blancs, ne les ont pas mieux considérées. » A quelques rues de là, dans sa permanence, Simon Danczuk, député travailliste de Rochdale qui a été l’un des premiers à parler publiquement d’un « facteur racial », juge tout aussi déterminant ce qu’il appelle le « facteur social » : « Les responsables des services sociaux ont pu imaginer que ces filles de même pas 15 ans se prostituaient, alors qu’ils en auraient été incapables à propos de leurs propres enfants. » (…) Mohammed Shafiq estime qu’ »une petite minorité d’hommes pakistanais voient les femmes comme des citoyens de seconde catégorie et les femmes blanches comme des citoyens de troisième catégorie ». Mais, pour lui, les jeunes filles agressées étaient surtout vulnérables. « Le fait qu’elles traînent dehors en pleine nuit, qu’elles soient habillées de façon légère, renforçait les agresseurs dans leur idée qu’elles ne valaient rien, qu’elles étaient inférieures. Mais cela faisait surtout d’elles des proies faciles, alors que les filles de la communauté pakistanaise sont mieux protégées par leur famille, et qu’un abus sexuel y est plus difficilement dissimulable. » Le Monde
Evocation juste et déchirante de la difficulté de la dénonciation de viols par des gamines de quinze ans dans le Nord de l’Angleterre, “Three Girls” est une œuvre puissante et nécessaire, inspirée de faits réels. A revoir en replay sur Arte.tv jusqu’au 21 juin 2018. Holly, 15 ans, est nouvelle dans son lycée. Elle a peu d’amis, à part deux sœurs désœuvrées qu’elle suit souvent dans un restaurant pakistanais où les employés les traitent comme des reines. Holly ne voit pas le piège qui se referme, jusqu’à ce qu’un des commerçants la viole dans l’arrière-boutique. La police ne prête pas attention à ses dires. Même ses parents doutent d’elle et ne la voient pas s’enfoncer dans l’engrenage d’un réseau de prostitution. Inspirée d’une histoire vraie, Three Girls nous plonge, avec un réalisme déchirant, dans l’horreur d’un trafic sexuel de grande ampleur, en n’éludant aucun aspect dérangeant, comme la terrible négligence des services sociaux et de la police. Une illustration supplémentaire de l’incommensurable difficulté de la dénonciation d’un viol, pour des victimes que la société juge, consciemment ou non, coupables (la retranscription des vraies paroles des avocats de la défense lors des scènes de procès est effarante). Three Girls est une œuvre formellement percutante, interprétée par des actrices formidables (Molly Windsor vient de remporter un Bafta pour le rôle de Holly). Une fois de plus, les Britanniques proposent une approche lucide et rigoureuse, quasi journalistique, de l’injustice et des défaillances de leurs institutions. Courageux et nécessaire. Télérama
Les tabloïds se sont contentés de rester en surface. Three Girls creuse en profondeur les faits et leur impact sur les victimes. Nous voulions faire entendre leurs voix, trop longtemps ignorées. Il nous a ­fallu trois ans pour engager le dia­logue et obtenir leur confiance. Cela a été un véritable travail de mémoi­re, où chaque nouvelle discussion ­apportait son lot de détails. (…) Three Girls est aussi l’histoire d’un intolérable mépris envers les classes sociales les plus pauvres, que l’on refuse de voir et d’écouter. Les victimes de Rochdale étaient des « filles à problèmes », venant de familles avec des antécédents criminels. Elles avaient sans doute bien cherché ce qui leur arrivait…(…) C’est d’autant plus une œuvre d’utilité publique que la BBC nous a soutenus de bout en bout. La charte de la chaîne dit qu’elle doit « divertir, éduquer et informer ». Nous n’avons pas cherché à divertir, seulement à éduquer et informer. Simon Lewis
Ces filles ont vécu l’horreur avant d’être humiliées par la police et les services sociaux, qui les ont traitées de menteuses et de gamines narcissiques. Personne n’a voulu les croire quand elles ont dénoncé leurs agresseurs ! Chacun des trois épisodes de la série s’attache à montrer les ratés de la police, puis de la justice et des services sociaux. (…) Il a fallu imaginer une narration rapide, pleine d’ellipses, au risque de ne pas coller à l’ensemble des faits. Mais chaque scène, même la plus succincte, est inspirée par nos entretiens ou notre étude des archi­ves de l’affaire. Rien n’est gratuit ni n’a été imaginé pour manipuler les émotions des téléspectateurs. (…) J’ai commencé ma carrière en réalisant des documentaires et j’ai ­appliqué les mêmes techniques de ­recherche et de mise en scène. Mais nous ne pouvions pas montrer le ­visage des filles et de leurs familles, révéler leur identité. Nous avons donc dû tourner un drame au plus près des faits — les scènes de tribunal respectent mot pour mot les ­minutes du procès —, et l’écriture ­fictionnelle nous a permis d’être au plus près des émotions des dif­férents protagonistes. (…)  La série a été diffusée peu de temps avant les élections générales bri­tanniques [l’équivalent de nos légis­latives, ndlr], en mai 2017, et a sans doute profité de l’appétit politique du public. Plus de huit millions de télé­spectateurs l’ont suivie lors de sa ­diffusion sur la BBC, et nous avons été assaillis de demandes pour la diffuser dans des écoles ou des centres culturels. Avec, à chaque fois, une même envie d’apprendre des erreurs qui y sont dénoncées. Philippa Lowthorpe
By date of conviction, we have evidence of such exploitation taking place in Keighley (2005 and 2013), Blackpool (2006), Oldham (2007 and 2008), Blackburn (2007, 2008 and 2009), Sheffield (2008), Manchester (2008 and 2013) Skipton (2009), Rochdale (two cases in 2010, one in 2012 and another in 2013), Nelson (2010), Preston (2010) Rotherham (2010) Derby (2010), Telford (2012), Bradford (2012), Ipswich (2013), Birmingham (2013), Oxford (2013), Barking (2013) and Peterborough (2013). This is based on a trawl of news sources so is almost certainly incomplete. (…) Ceop data about the ethnicity of offenders and suspects identified by those 31 police forces in 2012 is incomplete. The unit says: “All ethnicities were represented in the sample. However, a disproportionate number of offenders were reported as Asian.” Of 52 groups where ethnicity data was provided, 26 (50 per cent) comprised all Asian offenders, 11 (21 per cent) were all white, 9 (17 per cent) groups had offenders from multiple ethnicities, 4 (8 per cent) were all black offenders and there were 2 (4 per cent) exclusively Arab groups. Of the 306 offenders whose ethnicity was noted, 75 per cent were categorised as Asian, 17 per cent white, and the remaining 8 per cent black (5 per cent) or Arab (3 per cent). By contrast, the seven “Type 2 groups” – paedophile rings rather than grooming gangs – “were reported as exclusively of white ethnicity”. Ceop identified 144 victims of the Type 1 groups. Again, the data was incomplete. Gender was mentioned in 118 cases. All were female. Some 97 per cent of victims were white. Girls aged between 14 and 15 accounted for 57 per cent of victims. Out of 144 girls, 100 had “at least one identifiable vulnerability” like alcohol or drug problems, mental health issues or a history of going missing. More than half of the victims were in local authority care. The 27 court cases that we found led to the convictions of 92 men. Some 79 (87 per cent) were reported as being of South Asian Muslim origin. Three were white Britons, two were Indian, three were Iraqi Kurds, four were eastern European Roma and one was a Congolese refugee, according to reports of the trials. Considerable caution is needed when looking at these numbers, as our sample is very unscientific. There are grooming cases we will have missed, and there will undoubtedly be offences that have not resulted in convictions. (…) Ceop says: “The comparative levels of freedom that white British children enjoy in comparison to some other ethnicities may make them more vulnerable to exploitation. “They may also be more likely to report abuse. This is an area requiring better data and further research.” Channel 4 news
Child sexual exploitation is one of the most sickening crimes of our age, yet the scale is unknown because, by its very nature, boys and girls frequently go missing in an underworld of systematic abuse. Barnardo’s has 22 projects across the country dedicated to finding and helping these young people, and has been campaigning for years to bring the issue to the forefront of the government’s agenda. The past weeks have seen a welcome shift in recognition of this problem, but the focus has been on the ethnicity of abusers, based on two high-profile cases in particular parts of England. It’s crucial to recognise that just as the ethnicity of the perpetrators differs across the UK, so does that of the children. We need to pull away from the growing stereotypes: it is not just Asian men who commit this crime, nor are the victims only white – black and Asian girls are targeted too. They are used like puppets by these abhorrent men and women – groomed and manipulated to a point where they are brainwashed, raped and scarred for life. I have met some very brave girls and boys who we are helping to overcome the tragic childhood that they will never get back. One of them is Aaliyah. Her story isn’t unusual. As 14 she began to become estranged from her parents and started to go out a lot. She was introduced to men older than her, who would impress her with their flash cars and gifts. Desperate for love and attention the affection they showed her seemed very real, until it turned nasty. The unthinkable cruelty she suffered will never be forgotten – Aaliyah was physically and mentally abused, with one so-called boyfriend pulling her out of his car by her hair and threatening to cut her legs off with an axe before driving her to a hotel room, « to have his friends come over and do what they wanted to me ». We worked with more than a thousand children and young people like Aaliyah last year, and we believe that is likely to be the tip of the iceberg. Wherever we have looked for exploitation, we have found it. We need to use the momentum of current debate to highlight what really matters: protecting these vulnerable children. It is 16 years since Barnardo’s opened its first service dedicated to sexually exploited children in Bradford. Today we release a report, Puppet on a String, that highlights three new issues: trafficking around the UK is becoming more common; sexual exploitation is more organised and grooming more sophisticated, with technology being used to find, isolate and control victims; and increasingly younger children are being abused. Emma’s sexual exploitation began in a similar way to Aaliyah’s. When, aged 14, she met a man in his early 30s who showered her with gifts and attention, she fell in love, but soon her « boyfriend » began abusing her and forcing her to sleep with different men. Her words are heartbreaking: « I just hoped that one day one of the men would be a real boyfriend, that he’d like me for the real me and that he’d want to save me. But it never happened. » Anne-Marie Carrie
By now surely everyone knows the case of the eight men convicted of picking vulnerable underage girls off the streets, then plying them with drink and drugs before having sex with them. A shocking story. But maybe you haven’t heard. Because these sex assaults did not take place in Rochdale, where a similar story led the news for days in May, but in Derby earlier this month. Fifteen girls aged 13 to 15, many of them in care, were preyed on by the men. And though they were not working as a gang, their methods were similar – often targeting children in care and luring them with, among other things, cuddly toys. But this time, of the eight predators, seven were white, not Asian. And the story made barely a ripple in the national media. Of the daily papers, only the Guardian and the Times reported it. There was no commentary anywhere on how these crimes shine a light on British culture, or how middle-aged white men have to confront the deep flaws in their religious and ethnic identity. Yet that’s exactly what played out following the conviction in May of the « Asian sex gang » in Rochdale, which made the front page of every national newspaper. Though analysis of the case focused on how big a factor was race, religion and culture, the unreported story is of how politicians and the media have created a new racial scapegoat. In fact, if anyone wants to study how racism begins, and creeps into the consciousness of an entire nation, they need look no further. (…) the intense interest in the Rochdale story arose from a January 2011 Times « scoop » that was based on the conviction of at most 50 British Pakistanis out of a total UK population of 1.2 million, just one in 24,000 (…) Even the Child Protection and Online Protection Centre (Ceop), which has also studied potential offenders who have not been convicted, has only identified 41 Asian gangs (of 230 in total) and 240 Asian individuals – and they are spread across the country. But, despite this, a new stereotype has taken hold: that a significant proportion of Asian men are groomers (and the rest of their communities know of it and keep silent). But if it really is an « Asian » thing, how come Indians don’t do it? If it’s a « Pakistani » thing, how come an Afghan was convicted in the Rochdale case? And if it’s a « Muslim » thing, how come it doesn’t seem to involve anyone of African or Middle Eastern origin? The standard response to anyone who questions this is: face the facts, all those convicted in Rochdale were Muslim. Well, if one case is enough to make such a generalisation, how about if all the members of a gang of armed robbers were white; or cybercriminals; or child traffickers? (All three of these have happened.) Would we be so keen to « face the facts » and make it a problem the whole white community has to deal with? Would we have articles examining what it is about Britishness or Christianity or Europeanness, that makes people so capable of such things? (…) Whatever the case, we know that abuse of white girls is not a cultural or religious issue because there is no longstanding history of it taking place in Asia or the Muslim world. How did middle-aged Asian men from tight-knit communities even come into contact with white teenage girls in Rochdale? The main cultural relevance in this story is that vulnerable, often disturbed, young girls, regularly out late at night, often end up in late-closing restaurants and minicab offices, staffed almost exclusively by men. After a while, relationships build up, with the men offering free lifts and/or food. For those with a predatory instinct, sexual exploitation is an easy next step. This is an issue of what men can do when away from their own families and in a position of power over badly damaged young people. It’s a story repeated across Britain, by white and other ethnic groups: where the opportunity arises, some men will take advantage. The precise method, and whether it’s an individual or group crime, depends on the particular setting – be they priests, youth workers or networks on the web. (…) if the tables were turned and the victims were Asian or Muslim, we would have been subjected to equally skewed « expert » commentary asking: what is wrong with how Muslims raise girls? Why are so many of them on the streets at night? Shouldn’t the community face up to its shocking moral breakdown? (…) We have been here before, of course: in the 1950s, West Indian men were labelled pimps, luring innocent young white girls into prostitution. By the 1970s and 80s they were vilified as muggers and looters. And two years ago, Channel 4 ran stories, again based on a tiny set of data, claiming there was an endemic culture of gang rape in black communities. The victims weren’t white, though, so media interest soon faded. It seems that these stories need to strike terror in the heart of white people for them to really take off. What is also at play here is the inability of people, when learning about a different culture or race, to distinguish between the aberrations of a tiny minority within that group, and the normal behaviour of a significant section. Some examples are small in number but can be the tip of a much wider problem: eg, knife crime, which is literally the sharp end of a host of problems affecting black communities ranging from family breakdown, to poverty, to low school achievement and social exclusion. Joseph Harker
In May 2012, nine men from the Rochdale area of Manchester were found guilty of sexually exploiting a number of underage girls. Media reporting on the trial focused on the fact that eight of the men were of Pakistani descent, while all the girls were white. Framing similar cases in Preston, Rotherham, Derby, Shropshire, Oxford, Telford and Middlesbrough as ethnically motivated, the media incited moral panic over South Asian grooming gangs preying on white girls. While these cases shed light on the broader problem of sexual exploitation in Britain, they also reveal continuing misconceptions that stereotype South Asian men as ‘natural’ perpetrators of these crimes due to culturally-specific notions of hegemonic masculinity. Examining newspaper coverage from 2012 to 2013, this article discusses the discourse of the British media’s portrayal of South Asian men as perpetrators of sexual violence against white victims, inadvertently construing ‘South Asian men’ as ‘folk devils’. Aisha K Gill (University of Roehampton) and Karen Harrison (University of Hull)
In more inflammatory terms, the Mail Online referred to the perpetrators as a ‘small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens’ (Dewsbury 2012) Aisha K Gill (University of Roehampton) and Karen Harrison (University of Hull)
There is a small minority of Pakistani men who believe that white girls are fair game. And we have to be prepared to say that. You can only start solving a problem if you acknowledge it first. This small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens, are to be spoken out against. (…) These were grown men, some of them religious teachers or running businesses, with young families of their own. Whether or not these girls were easy prey, they knew it was wrong. (…) In mosque after mosque, this should be raised as an issue so that anybody remotely involved should start to feel that the community is turning on them. Communities have a responsibility to stand up and say, ‘This is wrong, this will not be tolerated’. (…) Cultural sensitivity should never be a bar to applying the law. (…) Failure to be “open and front-footed” would “create a gap for extremists to fill, a gap where hate can be peddled.  (…) Leadership is about moving people with you, not just pissing them off. Baroness Warsi
The terrible story of the Oxford child sex ring has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community. It is a sense of repulsion and outrage that I feel particularly strongly, working as a Muslim leader and Imam in this neighbourhood and trying  to promote genuine  cultural integration. (…) But apart from its sheer depravity, what also depresses me about this case is the widespread refusal to face up to its hard realities. The fact is that the vicious activities of the Oxford ring are bound up with religion and race: religion, because all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim; and race, because they deliberately targeted vulnerable white girls, whom they appeared to regard as ‘easy meat’, to use one of their revealing, racist phrases. Indeed, one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’. But as so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to this reality. Commentators and politicians tip-toe around it, hiding behind weasel words. We are told that child sex abuse happens ‘in all communities’, that white men are really far more likely to be abusers, as has been shown by the fall-out from the Jimmy Savile case. One particularly misguided commentary argued that the predators’ religion was an irrelevance, for what really mattered was that most of them worked in the night-time economy as taxi drivers, just as in the Rochdale child sex scandal many of the abusers worked in kebab houses, so they had far more opportunities to target vulnerable girls. But all this is deluded nonsense. While it is, of course, true that abuse happens in all communities, no amount of obfuscation can hide the pattern that has been exposed in a series of recent chilling scandals, from Rochdale to Oxford, and Telford to Derby. In all these incidents, the abusers were Muslim men, and their targets were under-age white girls. Moreover, reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims, which is around five times higher than the proportion of Muslims in the adult male population. To pretend that this is not an issue for the Islamic community is to fall into a state of ideological denial. But then part of the reason this scandal happened at all is precisely because of such politically correct thinking. All the agencies of the state, including the police, the social services and the care system, seemed eager to ignore the sickening exploitation that was happening before their eyes. Terrified of accusations of racism, desperate not to undermine the official creed of cultural diversity, they took no action against obvious abuse. (…) Amazingly, the predators seem to have been allowed by local authority managers to come and go from care homes, picking their targets to ply them with drink and drugs before abusing them. You can be sure that if the situation had been reversed, with gangs of tough, young white men preying on vulnerable Muslim girls, the state’s agencies would have acted with greater alacrity. Another sign of the cowardly approach to these horrors is the constant reference to the criminals as ‘Asians’ rather than as ‘Muslims’. In this context, Asian is a completely meaningless term.  The men were not from China, or India or Sri Lanka or even Bangladesh. They were all from either Pakistan or Eritrea, which is, in fact, in East Africa rather than Asia. What united them in their outlook was their twisted, corrupt mindset, which bred their misogyny and racism. (…) In the misguided orthodoxy that now prevails in many mosques, including several of those in Oxford, men are unfortunately taught that women are second-class citizens, little more than chattels or possessions over whom they have absolute authority. That is why we see this growing, reprehensible fashion for segregation at Islamic events on university campuses, with female Muslim students pushed to the back of lecture halls. There was a telling incident in the trial when it was revealed that one of the thugs heated up some metal to brand a girl, as if she were a cow. ‘Now, if you have sex with someone else, he’ll know that you belong to me,’ said this criminal, highlighting an attitude where women are seen as nothing more than personal property. The view of some Islamic preachers towards white women can be appalling. They encourage their followers to believe that these women are habitually promiscuous, decadent and sleazy — sins which are made all the worse by the fact that they are kaffurs or non-believers. Their dress code, from mini-skirts to sleeveless tops, is deemed to reflect their impure and immoral outlook. According to this mentality, these white women deserve to be punished for their behaviour by being exploited and degraded. On one level, most imams in the UK are simply using their puritanical sermons to promote the wearing of the hijab and even the burka among their female adherents. But the dire result can be the brutish misogyny we see in the Oxford sex ring. (…) It is telling, though, that they never dared to target Muslim girls from the Oxford area. They knew that they would be sought out by the girls’ families and ostracised by their community. But preying on vulnerable white girls had no such consequences — once again revealing how intimately race and religion are bound up with this case. (…) Horror over this latest scandal should serve as a catalyst for a new approach, but change can take place only if we abandon the dangerous blinkers of political correctness and antiquated multiculturalism. Dr. Taj Hargey (Imam of the Oxford Islamic Congregation)

Attention: un entrainement peut en cacher un autre !

Au lendemain de la diffusion sur Arte, un an après la Grande-Bretagne, de la mini-série britannique Three girls

Sur la découverte, contre les services de la police et des services sociaux, d’un trafic sexuel de jeunes mineures par notamment des réseaux d’origine pakistanaise qui a touché pendant des années une dizaine de villes britanniques …

A l’heure où les peuples européens commencent à se rebiffer contre la folie tant immigrationniste que « sociétale » que prétendent leur imposer à coup de sondages ventriloques des dirigeants eux-mêmes protégés des conséquences de leurs décisions …

Pendant qu’entre nos écrans, nos scènes musicales et les téléphones portables de nos jeunes, l’on rivalise de vulgarité et d’irrespect y compris pour les morts …

Comment ne pas voir une nouvelle illustration de ce politiquement correct …

Qui contre les membres mêmes de ces communautés les plus lucides comme la baronesse Warsi ou l’imam d’Oxford Taj Hargey, va jusqu’à nier l’évidence …

A savoir l’existence et la sur-représentation d’une partie des immigrés pakistanais et donc musulmans qui considèrent les femmes et les filles blanches comme des « proies faciles » et des « citoyennes de 3e zone » …

Mais aussi contre le discours déligitimateur de nos sociologues maitres ès « paniques morales » qui à force de crier au loup finissent par produire les passages à l’acte mêmes des individus ou des groupes qu’ils dénoncent …

La dimension éminemment salutaire de ce sursaut de lucidité …

Face tant à la conjonction de la désagrégation des familles blanches les plus fragilisées et de l’indéniable radicalisation des prêches de certains imams …

Qu’à cette perversion de la démocratie qui voudrait, entre deux distributions de préservatifs et bientôt de godemichés (pardon: de « sex toys » !) à des gamines de 11 ans

Imposer « au plus grand nombre », selon le mot d’Henry Berque, les « vices de quelques-uns » ?

Entretien
“Three Girls”, une série qui révèle “l’intolérable mépris envers les classes les plus pauvres”
Pierre Langlais
Télérama
14/06/2018

iaux : une minisérie de la BBC revient sur l’inaction des institutions britanniques dans l’affaire des adolescentes de Rochdale, victimes de trafic sexuel. Fruit d’un minutieux “travail de mémoire”, elle a contribué à libérer la parole outre-Manche.

Entre 2008 et 2010, quarante-sept adolescentes, pour les plus jeunes âgées d’à peine 13 ans, ont été victimes d’un réseau de trafic sexuel à Roch­dale, dans la banlieue de Manchester, dans le nord de l’Angleterre. Three Girls, minisérie de la BBC en trois épisodes, reconstitue le calvaire de trois d’entre elles dans un drame bouleversant, ­rigoureusement documenté. Une œuvre filmée à hauteur de ses jeunes héroïnes, doublée d’une dénonciation puissante des injustices sociales et des ratés institutionnels que l’affaire révéla, comme l’expliquent sa réalisatrice, Philippa Lowthorpe, et son producteur, Simon Lewis (1).

La presse britannique a largement relaté cette affaire à l’époque des faits. Qu’aviez-vous à ajouter ?

Simon Lewis : Les tabloïds se sont contentés de rester en surface. Three Girls creuse en profondeur les faits et leur impact sur les victimes. Nous voulions faire entendre leurs voix, trop longtemps ignorées. Il nous a ­fallu trois ans pour engager le dia­logue et obtenir leur confiance. Cela a été un véritable travail de mémoi­re, où chaque nouvelle discussion ­apportait son lot de détails.

C’est aussi l’histoire d’un terrible manquement des institutions…

Philippa Lowthorpe : Ces filles ont vécu l’horreur avant d’être humiliées par la police et les services sociaux, qui les ont traitées de menteuses et de gamines narcissiques. Personne n’a voulu les croire quand elles ont dénoncé leurs agresseurs ! Chacun des trois épisodes de la série s’attache à montrer les ratés de la police, puis de la justice et des services sociaux.

S.L. : Three Girls est aussi l’histoire d’un intolérable mépris envers les classes sociales les plus pauvres, que l’on refuse de voir et d’écouter. Les victimes de Rochdale étaient des « filles à problèmes », venant de familles avec des antécédents criminels. Elles avaient sans doute bien cherché ce qui leur arrivait…

Chaque scène, même la plus succincte, est inspirée par nos entretiens ou notre étude des archi­ves de l’affaire.”

Comment condenser en trois heures une affaire qui a duré cinq ans [le procès a eu lieu en 2012, ndlr] ?

P.L. : Il a fallu imaginer une narration rapide, pleine d’ellipses, au risque de ne pas coller à l’ensemble des faits. Mais chaque scène, même la plus succincte, est inspirée par nos entretiens ou notre étude des archi­ves de l’affaire. Rien n’est gratuit ni n’a été imaginé pour manipuler les émotions des téléspectateurs.

Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir choisi la forme documentaire ?

P.L. : J’ai commencé ma carrière en réalisant des documentaires et j’ai ­appliqué les mêmes techniques de ­recherche et de mise en scène. Mais nous ne pouvions pas montrer le ­visage des filles et de leurs familles, révéler leur identité. Nous avons donc dû tourner un drame au plus près des faits — les scènes de tribunal respectent mot pour mot les ­minutes du procès —, et l’écriture ­fictionnelle nous a permis d’être au plus près des émotions des dif­férents protagonistes.

“Three Girls” a été diffusé sur le service public. Le considérez-vous comme une œuvre d’utilité publique ?

P.L. : La série a été diffusée peu de temps avant les élections générales bri­tanniques [l’équivalent de nos légis­latives, ndlr], en mai 2017, et a sans doute profité de l’appétit politique du public. Plus de huit millions de télé­spectateurs l’ont suivie lors de sa ­diffusion sur la BBC, et nous avons été assaillis de demandes pour la diffuser dans des écoles ou des centres culturels. Avec, à chaque fois, une même envie d’apprendre des erreurs qui y sont dénoncées.

S.L. : C’est d’autant plus une œuvre d’utilité publique que la BBC nous a soutenus de bout en bout. La charte de la chaîne dit qu’elle doit « divertir, éduquer et informer ». Nous n’avons pas cherché à divertir, seulement à éduquer et informer.

(1) Interview réalisée dans le cadre du Festival de la fiction TV de La Rochelle, en septembre 2017.


on aime passionnément Three Girls, jeudi à 20.55 sur Arte et dès maintenant sur arte.tv.

Voir aussi:

Streaming
Regardez en replay “Three Girls”, mini-série puissante et nécessaire

Sébastien Mauge
Télérama
15/06/2018

Evocation juste et déchirante de la difficulté de la dénonciation de viols par des gamines de quinze ans dans le Nord de l’Angleterre, “Three Girls” est une œuvre puissante et nécessaire, inspirée de faits réels. A revoir en replay sur Arte.tv jusqu’au 21 juin 2018.

Holly, 15 ans, est nouvelle dans son lycée. Elle a peu d’amis, à part deux sœurs désœuvrées qu’elle suit souvent dans un restaurant pakistanais où les employés les traitent comme des reines. Holly ne voit pas le piège qui se referme, jusqu’à ce qu’un des commerçants la viole dans l’arrière-boutique. La police ne prête pas attention à ses dires. Même ses parents doutent d’elle et ne la voient pas s’enfoncer dans l’engrenage d’un réseau de prostitution.

Inspirée d’une histoire vraie, Three Girls nous plonge, avec un réalisme déchirant, dans l’horreur d’un trafic sexuel de grande ampleur, en n’éludant aucun aspect dérangeant, comme la terrible négligence des services sociaux et de la police. Une illustration supplémentaire de l’incommensurable difficulté de la dénonciation d’un viol, pour des victimes que la société juge, consciemment ou non, coupables (la retranscription des vraies paroles des avocats de la défense lors des scènes de procès est effarante). Three Girls est une œuvre formellement percutante, interprétée par des actrices formidables (Molly Windsor vient de remporter un Bafta pour le rôle de Holly). Une fois de plus, les Britanniques proposent une approche lucide et rigoureuse, quasi journalistique, de l’injustice et des défaillances de leurs institutions. Courageux et nécessaire.

The Oxford sex ring and the preachers who teach young Muslim men that white girls are cheap

The terrible story of the Oxford child sex ring has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community.

It is a sense of repulsion and outrage that I feel particularly strongly, working as a Muslim leader and Imam in this neighbourhood and trying  to promote genuine  cultural integration.

There is no doubt that the evil deeds of these men have badly set back the cause of cross-community harmony.

In its harrowing details, this grim saga of exploitation, misogyny, perversion and cruelty fills me not only with desperate sorrow for those girls and their families, but also with dread and despair.

Seven members of a paedophile ring were found guilty at the Old Bailey of a catalogue of child sex abuse charges: The case has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community

If I were the judge in this case, I would hand out the harshest possible jail sentences to these monstrous predators, both to see that justice is done for their victims and to send out a message to other exploiters.

And when I say harsh, I mean it: none of this fashionable nonsense about prisoners being released only a quarter of the way through their sentences. There is no pattern of good conduct these men could follow behind bars that could possibly make up for all the terrible suffering they have inflicted on others.

Depravity

But apart from its sheer depravity, what also depresses me about this case is the widespread refusal to face up to its hard realities.

The fact is that the vicious activities of the Oxford ring are bound up with religion and race: religion, because all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim; and race, because they deliberately targeted vulnerable white girls, whom they appeared to regard as ‘easy meat’, to use one of their revealing, racist phrases.

Indeed, one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’.

Brothers Bassam Karrar (left) and Mohammed Karrar (right) were found guilty at the Old Bailey yesterday. It can not be ignored that all all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim

But as so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to this reality.

Commentators and poli-ticians tip-toe around it, hiding behind weasel words.

We are told that child sex abuse happens ‘in all communities’, that white men are really far more likely to be abusers, as has been shown by the fall-out from the Jimmy Savile case.

One particularly misguided commentary argued that the predators’ religion was an irrelevance, for what really mattered was that most of them worked in the night-time economy as taxi drivers, just as in the Rochdale child sex scandal many of the abusers worked in kebab houses, so they had far more opportunities to target vulnerable girls.

‘As so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to the reality that their actions are tied up with religion and race’

But all this is deluded nonsense. While it is, of course, true that abuse happens in all communities, no amount of obfuscation can hide the pattern that has been exposed in a series of recent chilling scandals, from Rochdale to Oxford, and Telford to Derby.

In all these incidents, the abusers were Muslim men, and their targets were under-age white girls.

Moreover, reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims, which is around five times higher than the proportion of Muslims in the adult male population.

To pretend that this is not an issue for the Islamic community is to fall into a state of ideological denial.

But then part of the reason this scandal happened at all is precisely because of such politically correct thinking. All the agencies of the state, including the police, the social services and the care system, seemed eager to ignore the sickening exploitation that was happening before their eyes.

Terrified of accusations of racism, desperate not to undermine the official creed of cultural diversity, they took no action against obvious abuse.

Brothers Anjum Dogar (left) and Akhtar Dogar (right) have been convicted of offences involving underage girls. one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’

Amazingly, the predators seem to have been allowed by local authority managers to come and go from care homes, picking their targets to ply them with drink and drugs before abusing them. You can be sure that if the situation had been reversed, with gangs of tough, young white men preying on vulnerable Muslim girls, the state’s agencies would have acted with greater alacrity.

Another sign of the cowardly approach to these horrors is the constant reference to the criminals as ‘Asians’ rather than as ‘Muslims’.

In this context, Asian is a completely meaningless term.  The men were not from China, or India or Sri Lanka or even Bangladesh. They were all from either Pakistan or Eritrea, which is, in fact, in East Africa rather than Asia.

Zeeshan Ahmed (left) and Kamar Jamil (right) were among those who were convicted at the Old Bailey. Some aspects of the trial highlighted an attitude where women are seen as nothing more than personal property

What united them in their outlook was their twisted, corrupt mindset, which bred their misogyny and racism.

If they had been real, genuine followers of Islam, they would not have dreamt of indulging in such vile crimes, for true Islam preaches respect for women and warns against all forms of sexual licence, including adultery and exploitation.

Contempt

Assad Hussain was convicted of having sex with a child. Reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims

By all accounts, this was not the version that these men heard in their mosques. On the contrary, they would have been drip-fed for years a far less uplifting doctrine, one that denigrates all women, but treats whites with particular contempt.

In the misguided orthodoxy that now prevails in many mosques, including several of those in Oxford, men are unfortunately taught that women are second-class citizens, little more than chattels or possessions over whom they have absolute authority.

That is why we see this growing, reprehensible fashion for segregation at Islamic events on university campuses, with female Muslim students pushed to the back of lecture halls.

There was a telling incident in the trial when it was revealed that one of the thugs heated up some metal to brand a girl, as if she were a cow. ‘Now, if you have sex with someone else, he’ll know that you belong to me,’ said this criminal, highlighting an attitude where women are seen as nothing more than personal property.

The view of some Islamic preachers towards white women can be appalling. They encourage their followers to believe that these women are habitually promiscuous, decadent and sleazy — sins which are made all the worse by the fact that they are kaffurs or non-believers.

Their dress code, from mini-skirts to sleeveless tops, is deemed to reflect their impure and immoral outlook. According to this mentality, these white women deserve to be punished for their behaviour by being exploited and degraded.

Brutish

On one level, most imams in the UK are simply using their puritanical sermons to promote the wearing of the hijab and even the burka among their female adherents. But the dire result can be the brutish misogyny we see in the Oxford sex ring.

For those of us who support effective and meaningful integration, it is dispiriting to see how little these criminals, several of them second-generation Britons, have been integrated into our society.

If they were possessed by the slightest sense of belonging or shared citizenship, they would have had some respect for the welfare of these girls.

Instead, they saw only people from an alien world with which they felt no connection. For them, there was no sense of kinship or solidarity for people in their neighbourhood who were not Muslims.

It is telling, though, that they never dared to target Muslim girls from the Oxford area. They knew that they would be sought out by the girls’ families and ostracised by their community. But preying on vulnerable white girls had no such consequences — once again revealing how intimately race and religion are bound up with this case.

We will build a secure society only when we are all taught to have respect for one another, regardless of creed or colour.

Horror over this latest scandal should serve as a catalyst for a new approach, but change can take place only if we abandon the dangerous blinkers of political correctness and antiquated multiculturalism.

Voir aussi:

Full interview with Baroness Warsi: Father asked me ‘why be a leader if you don’t take the lead?’
Joe Murpy
The Evening Standard
18 May 2012

Baroness Warsi may be a Cabinet minister with all the finely-honed minds of the civil service to call upon, but sometimes the adviser she trusts most is simply her dad.

So it was when the horrific details of the Rochdale sexual grooming scandal poured out in a shocking court case this month.

Five white girls, aged 13 to 15, were plied with alcohol, food and money and subjected to multiple sex attacks. The guilty men were Muslims of mainly Pakistani origin, some regarded as pillars of their community.

Shortly after nine men were convicted, Lady Warsi sat down to dinner at her parents’ house and her father asked what the Government was going to do about it. She did not know. The baroness recalled: “Dad then said, ‘Well, what are you doing about it?’ I said, ‘Oh, it’s not me, it’s a Home Office issue’.” At this her father, Safdar, gave her a remarkable lecture.

“He said to me: ‘Sayeeda, what is the point in being in a position of leadership if you don’t lead on issues that are so fundamental? This is so stomach churningly sick that you should have been out there condemning it as loudly as you could. Uniquely, you are in a position to show leadership on this.’

“I thought to myself, he’s absolutely right.” Today she has decided to use an interview with the Evening Standard to do as her father advised.

Until now, Lady Warsi — Britain’s most senior Muslim politician and the first Muslim woman to reach the Cabinet — has declined media requests for comment on the case. But in fact, the 41-year-old former solicitor has strong views of what went so badly wrong in a community just like the one in which she was raised.

“There is a small minority of Pakistani men who believe that white girls are fair game,” she said — choosing her words with care but not mincing them. “And we have to be prepared to say that. You can only start solving a problem if you acknowledge it first.”

She is clear that the colour of the victims’ skin, as well as their vulnerability, helped to make them a target. “This small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens, are to be spoken out against,” she said.

This puts her at odds with some commentators who argue that the racial element was coincidental and that sex abuse occurs in white gangs. She says the Rochdale case was “even more disgusting” than cases of girls being passed around street gangs. “These were grown men, some of them religious teachers or running businesses, with young families of their own,” she said. Whether or not these girls were easy prey, they knew it was wrong.”

Her second challenge is to British Muslim leaders and preachers who have been equally appalled but nervous of speaking out.

“In mosque after mosque, this should be raised as an issue so that anybody remotely involved should start to feel that the community is turning on them,” she said. “Communities have a responsibility to stand up and say, ‘This is wrong, this will not be tolerated’.”

So far, she added, the response from organisations like the British Muslim Forum and the Muslim Council of Britain has been “fantastic”.

Her third plea is for the authorities to stop being squeamish about investigating allegations involving minorities. “Cultural sensitivity should never be a bar to applying the law,” she said.

Failure to be “open and front-footed” would “create a gap for extremists to fill, a gap where hate can be peddled”.  The leader of the racist BNP, Nick Griffin, has already gloated about “Muslim paedophile rapists”.

Nobody could accuse Lady Warsi of what she calls “pussyfooting” around political minefields. In her five years as a top-level Tory she has hit out at voting fraud, attacked “militant secularisation”, been pelted by eggs and gone eyeball to eyeball against Mr Griffin.

But she says her aim is to resolve this issue, not pick a fight. “Leadership is about moving people with you, not just pissing them off,” she said.

Her passion is catching. She talks non-stop in a broad Yorkshire accent, acquired in her childhood in Dewsbury where she went to a state school.

Fluent in English, Urdu and Punjabi, she is a comfortable mix of cultures. Her mum, Hafeeza, arranged her first marriage, which lasted 17 years. In  2009 she married ”my rock”,  Iftikhar Azam, in a ceremony at her parents’ house in Dewsbury.  Although a practicing Muslim, who eschews alcohol and fasts at Ramadan, she hints at bending some rules. “Strictly, I should be doing my prayers five times a day. But I hate answering that: If I answer it truthfully my mum won’t be best pleased. If I said I was perfect, I would be lying.”

THE key to her confidence and success was a father whom she describes as “an amazing feminist” as well as a remarkable success story. Safdar Hussain came to Britain from a rural village in the Punjab with £2.50 to his name and worked double-shifts in a rag mill to make ends meet.

He became a bus conductor, bus driver, taxi driver and driving instructor before co-founding a firm manufacturing hand-made beds that now turns over £5 million a year.

Safdar encouraged his wife to have driving lessons in the Seventies, put his five daughters through university and into professional careers — and told them all to embrace the best of their Pakistani heritage as well as British culture.

When travelling abroad, she urges Muslim parents to give their girls the same chances, arguing that the Koran clearly exhorts followers to acquire knowledge. “Nowhere does it say, ‘Only if you are a bloke’.”

It’s hard to imagine any bloke telling Lady Warsi what to do. Except, of course, her dad.

Voir également:

Sexual exploitation of children: Derby and Rochdale are tip of an iceberg
Grooming is becoming more widespread and sophisticated throughout the UK. We must tackle the full horror of this abhorrent abuse
Anne Marie Carrie
The Guardian
17 January 2011

Child sexual exploitation is one of the most sickening crimes of our age, yet the scale is unknown because, by its very nature, boys and girls frequently go missing in an underworld of systematic abuse. Barnardo’s has 22 projects across the country dedicated to finding and helping these young people, and has been campaigning for years to bring the issue to the forefront of the government’s agenda.

The past weeks have seen a welcome shift in recognition of this problem, but the focus has been on the ethnicity of abusers, based on two high-profile cases in particular parts of England. It’s crucial to recognise that just as the ethnicity of the perpetrators differs across the UK, so does that of the children. We need to pull away from the growing stereotypes: it is not just Asian men who commit this crime, nor are the victims only white – black and Asian girls are targeted too.

They are used like puppets by these abhorrent men and women – groomed and manipulated to a point where they are brainwashed, raped and scarred for life. I have met some very brave girls and boys who we are helping to overcome the tragic childhood that they will never get back.

One of them is Aaliyah. Her story isn’t unusual. As 14 she began to become estranged from her parents and started to go out a lot. She was introduced to men older than her, who would impress her with their flash cars and gifts. Desperate for love and attention the affection they showed her seemed very real, until it turned nasty. The unthinkable cruelty she suffered will never be forgotten – Aaliyah was physically and mentally abused, with one so-called boyfriend pulling her out of his car by her hair and threatening to cut her legs off with an axe before driving her to a hotel room, « to have his friends come over and do what they wanted to me ».

We worked with more than a thousand children and young people like Aaliyah last year, and we believe that is likely to be the tip of the iceberg. Wherever we have looked for exploitation, we have found it. We need to use the momentum of current debate to highlight what really matters: protecting these vulnerable children.

It is 16 years since Barnardo’s opened its first service dedicated to sexually exploited children in Bradford. Today we release a report, Puppet on a String, that highlights three new issues: trafficking around the UK is becoming more common; sexual exploitation is more organised and grooming more sophisticated, with technology being used to find, isolate and control victims; and increasingly younger children are being abused.

Emma’s sexual exploitation began in a similar way to Aaliyah’s. When, aged 14, she met a man in his early 30s who showered her with gifts and attention, she fell in love, but soon her « boyfriend » began abusing her and forcing her to sleep with different men. Her words are heartbreaking: « I just hoped that one day one of the men would be a real boyfriend, that he’d like me for the real me and that he’d want to save me. But it never happened. »

If we are to truly learn from the lessons of the cases in Derby and Rochdale, the government must recognise this as a child protection issue and appoint a dedicated children’s minister to formulate a national action plan to fully address the scale and horror of child sexual exploitation in the UK.

This issue must not be a flash in the pan – we need to use the leverage that the current media debate has given us to ensure that this hidden issue is now very much out in the open and tackled at all levels.

Our « Cut them free » campaign hopes to turn around the lives of these young victims. We want better training for professionals who work with children in order to improve early identification of child sexual exploitation, including police, schools and social services. Statutory responses and the provision of services for exploited children must also be improved. We need greater clarity about the numbers of children abused in this way, so methods of gathering evidence and data kept on the numbers of children being sexually exploited should be strengthened. And we absolutely must see improvements in prosecution procedures in order to increase the number of cases that lead to a conviction.

We need to send a loud and clear message to perpetrators – we will find them and they will be punished for the intolerable abuse they have inflicted upon so many young lives.

Voir de plus:

Finsbury Park van attack
How London mosque attacker became a terrorist in three weeks
Darren Osborne’s warped beliefs led him to Finsbury Park, where he killed Makram Ali for his faith
Vikram Dodd Crime correspondent

The Guardian

1 Feb 2018

Darren Osborne rented a van and drove from Cardiff to London intending to kill Muslims. Photograph: Frank Augstein/AP
In a country that prides itself on tolerance, and in a city that celebrates its diversity, Makram Ali’s final journey to honour his god ended with him being murdered for his religion.

He lived in Finsbury Park, north London, about 400 yards from the mosque he had attended for the past 25 years, located in Muslim Welfare House.

On a warm June evening last year, Ali walked, through pain and with the aid of a stick, to join late-night prayers. It was Ramadan, an especially holy time for Muslims.

Ali’s faith guided a life that saw him raise four daughters and two sons, and feel pride in seeing two of the eldest children reach university. Those who knew him knew a man who demonstrated the values of a model British citizen, despite hardships with health and money that would lead others to make excuses and embrace the worst values. Ali, 51, was about to come across one such person.

In the weeks before that day, Darren Osborne had found a warped belief system, styling himself as an extremist rightwing “soldier”. On 18 June 2017, he left his home in Cardiff in a rented van and drove to London, looking for Muslims to kill.

He scoured the centre of London for an Islamic pro-Palestinian march, and then moved on to the south in search of a mosque. By 11.30pm, he found a target in the north of the city. Having reached the Finsbury Park area, Osborne asked for directions to the mosque, and left his van to walk there, police believe, to carry out reconnaissance ahead of his attack.

Just after midnight, prayers ended. As worshippers headed home, Ali fell to the floor, unwell, on a cul-de-sac off Seven Sisters Road. He was breathing, speaking barely audibly, but still alive.

Makram Ali had six children and was said to be a model British citizen. Photograph: Metropolitan police/PA
Other Muslims rushed to Ali’s aid, offering him water and help. For Osborne, the crowd, some of them wearing Islamic clothing, was the target he sought for his hatred.

He was driving a rented white Citroën, which veered left across Seven Sisters Road, across a bus lane, and then across the pavement.

Osborne was driving at 16mph (26km/h) as his van slammed into the crowd. It was the fourth terrorist attack in Britain in three months, but this time, the ideology behind it was not Islamist.

Ibrahim Benaounda described the impact as like “being on a rollercoaster, spinning round and round. I felt everything. I felt my bones breaking”.

Mohammed Geedi was also knocked to the ground. When he got up, he said he saw people “splattered all over the place”.

Adnan Mohamud had called 999 for help for the stricken Ali. He was still on the phone when the van hit.

Mohamud shouted: “Someone’s just come and run over a whole lot of people … People are dying, man.”

One witness described a limb being stuck under the van’s wheel. Waleed Salim said he and others tried to lift the van to get his cousin, Hamdi Alfaiq, out from underneath it. Alfaiq, who suffered extensive injuries and needed months of rehabilitation, was one of 12 people wounded.

The front van’s offside wheel ran over Ali on the upper right side of his chest, leaving a tyre track across his torso. Within an hour, he died, struck down 100 yards from where he lived.

Watching were some of his family, who had been alerted that Ali had fallen ill. Toufik Kacimi of Muslim Welfare House said: “His daughter saw the van hit her dad.”

Osborne fled the van. Despite his claims to the contrary at the trial, where he said he had been changing his trousers in the footwell while someone else drove, CCTV footage showed he was alone. He tried to escape, shouting “I want to kill more Muslims”. The Muslim people Osborne had tried to murder captured him, then saved him.

Mohammed Mahmoud, the mosque’s imam, shielded Osborne from the crowd. He told Woolwich crown court: “I shouted ‘No one touch him’ [and] told people to get back, and said: ‘We are handing him in unscathed to the police’.

“He should answer for his crime in a court, and not in a court in the street.”

In the van, Osborne had left a note, which he had written 24 hours before in a Cardiff pub, from which he was ejected after making racist and anti-Muslim remarks.

The note gave voice to what was inside him, and showed the attack was premeditated.

“Why are their terrorists on our streets today? We’ve had three recent terror attacks …” Osborne wrote.

It referenced the Rotherham sexual abuse scandal, which involved gruesome attacks by men from a mainly Pakistani, and therefore Muslim, background. It had led to claims that surfaced in mainstream media debate that there was something in the men’s heritage that made them target white girls.

The note railed against the Labour leader, Jeremy Corbyn, and the London mayor, Sadiq Khan. It mentioned the Islamist terrorist attacks on London and Manchester between March and June 2017. It echoed the talking points of extremist propaganda.

Osborne launched into further diatribes while in police custody. But in contrast to some other committed violent extremists, he started to ramble about losing control of the van, rather than claiming the attack as a deliberate act of which he was proud.

Commander Dean Haydon of Scotland Yard’s counter-terrorism command said: “He is a devious, vile and hate-filled individual.”

Despite his violence, Osborne had not been a hardcore, long-term ideologue. Unlike Thomas Mair, who murdered the MP Jo Cox in 2016, he did not have a longstanding interest in extremist rightwing propaganda.

Some of his behaviour in court was jarringly mundane. In the dock as the prosecution started its case against him, Osborne turned to one of his guards. She was young, female and black. Osborne smiled and winked at her. She smiled back, then turned her head out of his view and let the disgust show on her face.

Sarah Andrews, his estranged partner, told detectives that Osborne was radicalised into a terrorist murderer in three weeks. Friends and family say there were no previous signs of racism or extremism.

The catalyst, police believe, came three weeks before the attack, when his attitudes began to metastasise after he watched Three Girls, a BBC TV drama about the Rochdale grooming scandal. He also read extremist rightwing propaganda online that left him “brainwashed” and a “ticking timebomb”.
Paul Gill, a terrorism expert and senior lecturer at at University College London, said radicalisation can be rapid, making it almost impossible to detect.

“It is rare, but violent extremism can occur quickly,” he said. “Brusthom Ziamani was a Jehovah’s Witness three months prior to his arrest for an Isis-inspired plot. It is usually expedited by primitive attack plans and a history of criminal activity and violence.”

Andrews, for her part, said she believed Osborne had become angry “about seeing young girls exploited” and developed his fixation with Muslims from that point.

“In recent weeks, he has become obsessed with Muslims, accusing them all of being rapists and being part of paedophile gangs,” she said.

Osborne gorged on social media postings by the former EDL leader Tommy Robinson, as well as members of the far-right group Britain First.

Like much of the modern British far right, it rails against multiculturalism and Muslims.

Osborne had not worked for a decade and had mental health issues, as well as problems with alcohol and drug abuse. He had convictions for violence, once serving a two-year jail term, and had an unpredictable temper.

Haydon confirmed that none of the material Osborne viewed from the extreme right crossed the line into being either criminal or breaking terrorism laws. “We are concerned about the role the internet played in this case,” he said.

Some see the pathway to Osborne’s extreme rightwing views being smoothed by some mainstream media opinion allegedly demonising all Muslims for the atrocities and violent extremist views of a small minority.

Harun Khan, the secretary general of the Muslim Council of Britain, said: “Osborne was motivated by anti-Muslim groups and Islamophobic tropes not only prevalent in far-right circles, but also made acceptable in our mainstream. The case tells us that we must all exercise caution when tempted to stigmatise any group of people.”

Security officials fear Osborne may be more than a one-off. They are concerned about extremist rightwing attacks being incited in the same way as Islamist violence: insidious propaganda cast out wide online, only needing some people to be infected by it to believe they should carry out violence. The consequent effects on society would be, to put it mildly, destabilising.

One senior counter-terrorism source told the Guardian that extremist rightwing activity was on the increase and a growing threat to national security. But there were also concerns that violence from Islamists and white terrorists would become symbiotic, citing the fear of each other to bolster support for their calls to terrorism.

The government has banned three far-right groups, and counter-terrorism sources say operations targeting the extreme right are increasing. Haydon said 30% of referrals to Prevent concern domestic extremism.

Gill said: “If you’ve got nothing else going on in your life and experience personal grievances, then rightwing propaganda helps turn your sadness from something personal into something much bigger.”

Osborne’s rage came as his life had stalled, and the hatred from extremist propaganda spoke to, then exacerbated, his existing demons. It was a tragedy for Ali’s family that Osborne found his voice only in such dangerous and destructive language.

Voir encore:

By now surely everyone knows the case of the eight men convicted of picking vulnerable underage girls off the streets, then plying them with drink and drugs before having sex with them. A shocking story. But maybe you haven’t heard. Because these sex assaults did not take place in Rochdale, where a similar story led the news for days in May, but in Derby earlier this month. Fifteen girls aged 13 to 15, many of them in care, were preyed on by the men. And though they were not working as a gang, their methods were similar – often targeting children in care and luring them with, among other things, cuddly toys. But this time, of the eight predators, seven were white, not Asian. And the story made barely a ripple in the national media.

Of the daily papers, only the Guardian and the Times reported it. There was no commentary anywhere on how these crimes shine a light on British culture, or how middle-aged white men have to confront the deep flaws in their religious and ethnic identity. Yet that’s exactly what played out following the conviction in May of the « Asian sex gang » in Rochdale, which made the front page of every national newspaper. Though analysis of the case focused on how big a factor was race, religion and culture, the unreported story is of how politicians and the media have created a new racial scapegoat. In fact, if anyone wants to study how racism begins, and creeps into the consciousness of an entire nation, they need look no further.

Imagine you were living in a town of 20,000 people – the size of, say, Penzance in Cornwall – and one day it was discovered that one of its residents had been involved in a sex crime. Would it be reasonable to say that the whole town had a cultural problem, that it needed to address the scourge – that anyone not doing so was part of a « conspiracy of silence »? But the intense interest in the Rochdale story arose from a January 2011 Times « scoop » that was based on the conviction of at most 50 British Pakistanis out of a total UK population of 1.2 million, just one in 24,000: one person per Penzance.

Make no mistake, the Rochdale crimes were vile, and those convicted deserve every year of their sentences. But where, amid all the commentary, was the evidence that this is a racial issue; that there’s something inherently perverted about Muslim or Asian culture?

Even the Child Protection and Online Protection Centre (Ceop), which has also studied potential offenders who have not been convicted, has only identified 41 Asian gangs (of 230 in total) and 240 Asian individuals – and they are spread across the country. But, despite this, a new stereotype has taken hold: that a significant proportion of Asian men are groomers (and the rest of their communities know of it and keep silent).

But if it really is an « Asian » thing, how come Indians don’t do it? If it’s a « Pakistani » thing, how come an Afghan was convicted in the Rochdale case? And if it’s a « Muslim » thing, how come it doesn’t seem to involve anyone of African or Middle Eastern origin? The standard response to anyone who questions this is: face the facts, all those convicted in Rochdale were Muslim. Well, if one case is enough to make such a generalisation, how about if all the members of a gang of armed robbers were white; or cybercriminals; or child traffickers? (All three of these have happened.) Would we be so keen to « face the facts » and make it a problem the whole white community has to deal with? Would we have articles examining what it is about Britishness or Christianity or Europeanness, that makes people so capable of such things?

In fact, Penzance had not just one paedophile, but a gang of four. They abused 28 girls, some as young as five, and were finally convicted two years ago. All were white. And last month, at a home affairs select committee, deputy children’s commissioner Sue Berelowitz quoted a police officer who had told her that « there isn’t a town, village or hamlet in which children are not being sexually exploited ».

Whatever the case, we know that abuse of white girls is not a cultural or religious issue because there is no longstanding history of it taking place in Asia or the Muslim world.

How did middle-aged Asian men from tight-knit communities even come into contact with white teenage girls in Rochdale? The main cultural relevance in this story is that vulnerable, often disturbed, young girls, regularly out late at night, often end up in late-closing restaurants and minicab offices, staffed almost exclusively by men. After a while, relationships build up, with the men offering free lifts and/or food. For those with a predatory instinct, sexual exploitation is an easy next step. This is an issue of what men can do when away from their own families and in a position of power over badly damaged young people.

It’s a story repeated across Britain, by white and other ethnic groups: where the opportunity arises, some men will take advantage. The precise method, and whether it’s an individual or group crime, depends on the particular setting – be they priests, youth workers or networks on the web.

Despite all we know about racism, genocide and ethnic cleansing, the Rochdale case showed how shockingly easy it is to demonise a community. Before long, the wider public will believe the problem is endemic within that race/religion, and that anyone within that group who rebuts the claims is denying this basic truth. Normally, one would expect a counter-argument to force its way into the discussion. But in this case the crimes were so horrific that right-thinking people were naturally wary of being seen to condone them. In fact, the reason I am writing this is that I am neither Asian nor Muslim nor Pakistani, so I cannot be accused of being in denial or trying to hide a painful truth. But I am black, and I know how racism works; and, more than that, I have a background in maths and science, so I know you can’t extrapolate a tiny, flawed set of data and use it to make a sweeping generalisation.

I am also certain that, if the tables were turned and the victims were Asian or Muslim, we would have been subjected to equally skewed « expert » commentary asking: what is wrong with how Muslims raise girls? Why are so many of them on the streets at night? Shouldn’t the community face up to its shocking moral breakdown?

While our media continue to exclude minority voices in general, such lazy racial generalisations are likely to continue. Even the story of a single Asian man acting alone in a sex case made the headlines. As in Derby this month, countless similar cases involving white men go unreported.

We have been here before, of course: in the 1950s, West Indian men were labelled pimps, luring innocent young white girls into prostitution. By the 1970s and 80s they were vilified as muggers and looters. And two years ago, Channel 4 ran stories, again based on a tiny set of data, claiming there was an endemic culture of gang rape in black communities. The victims weren’t white, though, so media interest soon faded. It seems that these stories need to strike terror in the heart of white people for them to really take off.

What is also at play here is the inability of people, when learning about a different culture or race, to distinguish between the aberrations of a tiny minority within that group, and the normal behaviour of a significant section. Some examples are small in number but can be the tip of a much wider problem: eg, knife crime, which is literally the sharp end of a host of problems affecting black communities ranging from family breakdown, to poverty, to low school achievement and social exclusion.

But in Asia, Pakistan or Islam there is no culture of grooming or sex abuse – any more than there is anywhere else in the world – so the tiny number of cases have no cultural significance. Which means those who believe it, or perpetuate it, are succumbing to racism, much as they may protest. Exactly the same mistake was made after 9/11, when the actions of a tiny number of fanatics were used to cast aspersions against a 1.5 billion-strong community worldwide. Motives were questioned: are you with us or the terrorists? How fundamental are your beliefs? Can we trust you?

Imagine if, after Anders Breivik’s carnage in Norway last year, which he claimed to be in defence of the Christian world, British people were repeatedly asked whether they supported him? Lumped together in the same white religious group as the killer and constantly told they must renounce him, or explain why we should believe that their type of Christianity – even if they were non-believers – is different from his. « It’s nothing to do with me », most people would say. But somehow that answer was never good enough when given by Muslims over al-Qaida. And this hectoring was self-defeating because it caused only greater alienaton and resentment towards the west and, in particular, its foreign policies.

Ultimately, the urge to vilify groups of whom we know little may be very human, and helps us bond with those we feel are « like us ». But if we are going to deal with the world as it is, and not as a cosy fantasyland where our group is racially and culturally supreme, we have to recognise when sweeping statements are false.

And if we truly care about the sexual exploitation of girls, we need to know that we must look at all communities, across the whole country, and not just at those that play to a smug sense of superiority about ourselves.

Voir encore:

What do we know about the grooming gangs?
Patrick Worrall
Channel 4 Fact check
28 Aug 2014

The publication of a damning report into how the authorities handled child exploitation in Rotherham has prompted the leader of the local council to resign.

The independent inquiry by Professor Alexis Jay found that 1,400 youngsters suffered sexual exploitation including rape and trafficking in the South Yorkshire town over a 16-year period.

We know that the case which led to the conviction of five men in Rotherham is not the only one of its kind. Could the abuse that has already come to light be just the tip of the iceberg?

Here’s what we know (and what we don’t) about the child grooming gangs.

How many gangs?

The Child Exploitation and Online Protection Centre (Ceop) – the national anti-paedophile police command – divides networks of sex offenders into two groups.

So-called “Type 1 offenders” target young people “on the basis of their vulnerability, rather than as a result of a specific preferential sexual interest in children”.

Ceop received intelligence from 31 out of 43 police forces on groups like this who were known or suspected to have abused vulnerable children in 2012.

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There were 57 such groups, ranging from two to 25 suspects, on the radar of those 31 constabularies. We don’t know if any have now been convicted.

So-called “Type 2” groups – where the offenders have a long-standing sexual interest in children, were much less common. Only seven known or suspected paedophile rings were reported to Ceop.

It is possible to track cases that have been through the courts via media reports, although this is pretty unscientific.

In 2011 the Times journalist Andrew Norfolk identified 17 cases that had led to convictions where there had been a similar pattern of grooming.

In all cases, the victims were vulnerable teenage girls, often in the care of social services. They were approached on the street by men, befriended and plied with alcohol or drugs, before being sexually abused.

Updating the list to include more recent convictions that fit the same pattern, we find that there have been at least 27 similar cases in the last decade.

By date of conviction, we have evidence of such exploitation taking place in Keighley (2005 and 2013), Blackpool (2006), Oldham (2007 and 2008), Blackburn (2007, 2008 and 2009), Sheffield (2008), Manchester (2008 and 2013) Skipton (2009), Rochdale (two cases in 2010, one in 2012 and another in 2013), Nelson (2010), Preston (2010) Rotherham (2010) Derby (2010), Telford (2012), Bradford (2012), Ipswich (2013), Birmingham (2013), Oxford (2013), Barking (2013) and Peterborough (2013).

This is based on a trawl of news sources so is almost certainly incomplete.

Race and religion

The Jay report into failings in Rotherham says: “By far the majority of perpetrators were described as Asian by victims, yet throughout the entire period, councillors did not engage directly with the Pakistani-heritage community to discuss how best they could jointly address the issue.

“Some councillors seemed to think it was a one-off problem, which they hoped would go away. Several staff described their nervousness about identifying the ethnic origins of perpetrators for fear of being thought racist; others remembered clear direction from their managers not to do so.”

Ceop data about the ethnicity of offenders and suspects identified by those 31 police forces in 2012 is incomplete.

The unit says: “All ethnicities were represented in the sample. However, a disproportionate number of offenders were reported as Asian.”

Of 52 groups where ethnicity data was provided, 26 (50 per cent) comprised all Asian offenders, 11 (21 per cent) were all white, 9 (17 per cent) groups had offenders from multiple ethnicities, 4 (8 per cent) were all black offenders and there were 2 (4 per cent) exclusively Arab groups.

Of the 306 offenders whose ethnicity was noted, 75 per cent were categorised as Asian, 17 per cent white, and the remaining 8 per cent black (5 per cent) or Arab (3 per cent).

By contrast, the seven “Type 2 groups” – paedophile rings rather than grooming gangs – “were reported as exclusively of white ethnicity”.

Ceop identified 144 victims of the Type 1 groups. Again, the data was incomplete. Gender was mentioned in 118 cases. All were female. Some 97 per cent of victims were white.

Girls aged between 14 and 15 accounted for 57 per cent of victims. Out of 144 girls, 100 had “at least one identifiable vulnerability” like alcohol or drug problems, mental health issues or a history of going missing. More than half of the victims were in local authority care.

The 27 court cases that we found led to the convictions of 92 men. Some 79 (87 per cent) were reported as being of South Asian Muslim origin.

Three were white Britons, two were Indian, three were Iraqi Kurds, four were eastern European Roma and one was a Congolese refugee, according to reports of the trials.

Considerable caution is needed when looking at these numbers, as our sample is very unscientific. There are grooming cases we will have missed, and there will undoubtedly be offences that have not resulted in convictions.

Why are so many victims white?

We’re into the realm of opinion now.

Sentencing nine men in 2012 over offences in Rochdale, judge Gerald Clifton told the defendants they had treated their victims “as though they were worthless and beyond all respect”, adding: “I believe that one of the factors that led to that was that they were not of your community or religion.”

But at the Derby trial in 2010 the judge said he thought the race of the victims and their abusers was “coincidental”.

One of the victims of the Oxford gang told the Guardian that her abusers had asked her to recruit other teenagers and “specified that they wanted only white girls”.

Ceop says: “The comparative levels of freedom that white British children enjoy in comparison to some other ethnicities may make them more vulnerable to exploitation.

“They may also be more likely to report abuse. This is an area requiring better data and further research.”

How many children are at risk?

A report by the Office of the Children’s Commissioner found that 2,409 children were confirmed as victims of sexual exploitation in gangs and groups in the 14 months between August 2010 to October 2011.

If that sounds low compared to the 1,400 identified in Rotherham alone, remember that this number covers 16 years.

This probably only scratches the surface of the real number of victims, and the children’s commissioner said that at least 16,500 children had been identified as being “at risk of sexual exploitation” during one year.

Voir encore:

Gangs, Girls and Grooming: The Truth

Standpoint
December 2010

At Sheffield Crown Court throughout September and October, eight men sat in the dock accused of rape and other sexual crimes against four girls, three aged 13 and one 16. The case resulted in five being convicted and three acquitted. All of the eight defendants were Pakistani Muslims and the girls white British. Does this matter? Not for the reasons the British National Party would have us believe, but it is nonetheless significant.

Razwan Razaq, 30, his 24-year-old brother Umar, Muhammed Zafran Ramzan, 21, Adil Hussain, 20, and Mohsin Khan, 21, were sent to prison for between four-and-a-half to 11 years.

The crimes were committed in and around Rotherham, a fairly typical south Yorkshire town. Although unemployment is fairly high, Rotherham is now also a popular summer visitors’ destination when All Saints Square is transformed into a seaside beach. Every month, there is a farmers’ market that sells produce from local farmers and traders, and Jamie Oliver’s TV series, Jamie’s Ministry of Food, tried to teach the town’s inhabitants to establish healthy eating as part of daily life.

But many parents are concerned far more with the safety of their children than with organic food. Rotherham, along with many other towns, cities and villages in northern England has become infected with the vile activities of criminal gangs using children as currency. While child sexual abuse occurs in every community and culture, what is happening in Rotherham and elsewhere in Yorkshire and Lancashire is organised pimping of girls by Asian gangs who trade their victims for cash and favours.

« These men all know and trust each other, » says Jane, the mother of one of the victims. « They don’t abuse these girls because they are Muslim, but because they are criminals who think they are above the law. »

Although there is no hard evidence of financial gain in the Rotherham case, child protection professionals tell me that the pattern in such cases is that the girls are traded for cash as well as favours between criminals. A number of the gangs operating in the region have found that the sharp drop in the price of drugs has led them to losing considerable income, and that selling girls is increasingly filling the gap.

Jane’s daughter Sophie (not their real names) was a happy, ordinary 12-year-old until she met a group of adult males who would control every aspect of her life. Before she escaped, a year later, Sophie had been raped by the gang members as a way of « breaking her in » and then passed around various other men for sex.

The methods used by the pimps are sophisticated and sinister. First, the girls are identified in locations, such as parks, schools, leisure facilities and shopping malls after which boys of their age are sent to befriend them. After a friendship is established, the boys introduce their contacts to young men whom they often describe as cousins.

Then the grooming process gets really under way. The young man will take the girl out in his car, give her vodka, cigarette and cannabis, and take her to venues she would not normally experience until older.

Often giving the girl a mobile telephone as a « gift », the pimp is then able to track her every move by calls and texting, which eventually will be used by him to send instructions as to details of arrangements with punters. The men sell the girls on to contacts for around £200 a time or as currency for a business deal. « I was always asked why I kept going back to my pimp, » says Sophie, « but they flatter you and make you think you are really loved. I thought he was my boyfriend until it was too late to get away. » Another tactic of the pimp is getting the girl to despise and mistrust her own parents in order that he can achieve total control over her. The pimps routinely tell their victims that their parents are racist towards Asian people and that they disapprove of the relationships because the men are of Pakistani Muslim heritage, not because they are older. Some of the parents I met were racist, and some had developed almost a phobia against Asian men, fuelled by the misinformation and bigotry trotted out by racist groups in response to the pimping gangs.

The Leeds-based Coalition for the Removal of Pimping (Crop) supports the families of children caught up in sexual exploitation networks. Crop is understandably reticent about commenting on any issues concerning the race or religion of child abusers and pimps. As far as it is concerned, we should not focus on one particular ethnic group because the problem is about men’s abuse of children. Its research earlier this decade found that the vast majority of the children groomed are white and the majority of perpetrators of Asian origin. « Society seeks to condemn female sexual activity, and culturally within the statutory sector and community the victims are seen as asking for it, » says Crop’s Rachel Loise. « The perpetrators are the last to be condemned. Prosecutions are rare, and sentencing is not severe enough. »

Unfortunately, the reluctance of the various anti-child abuse campaigns and charities to engage openly with the fact that, in the north of England, the majority of men involved in child-grooming criminal gangs are Pakistani Muslim means that racist organisations such as the BNP hijack the issue.

« The fact that these particular gangs are made up of Pakistani men is significant but not in the way racists would have us believe, » says one child protection expert who asked not to be named. « While the BNP would have us believe that abusing white girls is an endemic part of these men’s culture — which it absolutely is not — the truth is that these men are aware that the police do not want to be accused of racism in today’s climate. »

In 2004, Channel 4 withdrew Edge of the City, its controversial documentary made by Annie Hall that depicted parents trying to stop groups of young Asian men grooming white girls as young as 11 for sex. It had been seized on by the BNP as a party political broadcast.

Colin Cramphorn, the then Chief Constable of West Yorkshire, joined groups such as Unite against Fascism in calling for the documentary to be withdrawn. Channel 4 complied, saying that the issue was not censorship but timing because of the proximity with the local and European elections. But many argued at the time that the delay in transmission had strengthened the case of the BNP.

After the film was withdrawn, one of the mothers sent Annie Hall a text message: « It’s a real shame when votes come before young girls’ lives. »

For many white girls growing up in fairly traditional communities, the unfamiliarity of boys and men from different ethnic backgrounds can be exciting and attractive.

« The man I thought was my boyfriend used to dress really well and always smelt nice, » says Sophie, « and I thought it were dead nice the way he talked, and even his manners seemed better than boys I were used to. »

Emma Jackson knows exactly how the pimping gangs operate in Rotherham because she was also a victim of one. When Emma was 12, she was befriended by Asian boys around her own age who soon introduced her to relatives in their twenties and thirties.

Emma had no idea she was being groomed and brainwashed until one day, totally out of the blue, she was taken to wasteland and raped by the gang leader. The attack was watched by laughing gang members and recorded on a number of mobile phones.

« People ask me why I kept going back to Tarik, even after he raped me, » says Emma, « but he threatened to firebomb my home and rape my own mother if I tried to escape. »

Emma now gives support, through a charity set up to prevent the sexual abuse of children, to a number of victims of pimping gangs and has found that the girls are being targeted at an even younger age.

« The gangs want virgins and girls who are free of sexual diseases. Most of the men buying sex with the girls have Muslim wives and they don’t want to risk infection. The younger you look, the more saleable you are. »

One youth worker in south Yorkshire told me that because religious Muslims are being pressurised to marry virgins within their own extended family networks, it means that some are more likely to view white girls as easily available and « safer » than Pakistani girls.

When I first wrote about the issue of Asian grooming gangs in 2007, my name was included on the website Islamophobia Watch: Documenting anti-Muslim Bigotry. So was that of Ann Cryer, the former Labour MP for Keighley in Yorkshire, who had been at the forefront of attempting to tackle the problem, after receiving requests for help from some of the parents of children caught up with the gangs in her constituency.

According to some of the mothers, a fear of being branded racist makes many of the police and social services reluctant to investigate the crimes as organised and connected. One mother from Rotherham, whose 14-year-old daughter was groomed into prostitution and multiply raped during a 12-month period, told me that almost every man convicted of these crimes in the north of England is from Pakistan but that the authorities insist that it is not relevant.

There are, however, a growing number of individuals within the Muslim communities who are willing to speak out against the criminals. Mohammed Shafiq, the director of the Lancashire-based Ramadhan Foundation, a charity working for peaceful harmony between different ethnic communities, advocates better education about sexual exploitation to be disseminated through imams and other community leaders.

« I was one of the first within the Muslim community to speak out about this, four years ago, » says Shafiq, « and at the time I received death threats from some black and Asian people. But what I said has been proved right — that if we didn’t tackle it there would be more of these abusers and more girls getting harmed. »

Shafiq says he is « disgusted » to hear some perpetrators refer to their victims as « white trash ». He adds: « I say to them, would you treat your sister or daughter like this? »

Joyce Thacker, the strategic director of the children and young people’s services directorate at Rotherham Metropolitan Borough Council, has a vast amount of experience in dealing with sexual exploitation of young people. She says that it is « interesting » to note that most of the men involved are Asian but that it is primarily an issue of the abuse of children by older men.

« What about the younger boys who are sent to befriend the girls in the first place? » says Thacker, « Are they also victims of abuse? Certainly we need to ensure that more work is done within all communities that explores positive, healthy relationships, or these young men may end up being the abusers themselves. »

Rotherham-based Apna Haq offers support for women and their children suffering domestic abuse. Its director Zlakha Ahmed told me that much of the community express their disgust at what came out in the recent trial in private and that there needs to be more public discussion of the issues. « This abuse is appalling and needs to be raised within the community. There are still people denying that it happens so the more of us who speak out about it the better. »

Emma Jackson is now 22 and devotes much of her time raising awareness about grooming networks among child-protection workers, police officers and the general community. Much remains to be done, she says, to end the complacency in dealing with the criminal gangs. « I didn’t have much help from police or agencies because grooming and sexual exploitation had not been recognised and understood when it happened to me. Now it has, I think it’s important that all agencies work together to protect these children and their families to help stamp out the problem. »

These gangs will be allowed to operate with impunity if we deny their existence in some sort of twisted attempt to be anti-racist and culturally sensitive. Some people, including many white liberals, are loath to admit what it is going on. If we do not tackle the problem head-on, and work together to combat this dreadful abuse of children, the only beneficiaries will be the extremists.

Voir par ailleurs:

Darren Osborne guilty of Finsbury Park mosque murder

BBC

1 February 2018

A man who drove a van into a crowd of Muslims near a London mosque has been found guilty of murder.

Darren Osborne, 48, ploughed into people in Finsbury Park in June last year, killing Makram Ali, 51, and injuring nine others.

Osborne, from Cardiff, was also found guilty of attempted murder and is due to be sentenced on Friday.

Prosecutors said they were « clear throughout that this was a terrorist attack ».

The jury took an hour to return the verdict at Woolwich Crown Court after a nine day trial.

Sue Hemming, from the Crown Prosecution Service, said: « Darren Osborne planned and carried out this attack because of his hatred of Muslims. He must now face the consequences of his actions. »

Cdr Dean Haydon from the Metropolitan Police said: « Osborne’s evil and cowardly actions meant a family has tragically lost a husband, father and grandfather. »

Some of those injured « could suffer from health issues for the rest of their lives », he added.

Jurors heard the area outside the Muslim Welfare House had been busy with worshippers attending Ramadan prayers on 19 June.

Mr Ali had collapsed at the roadside in the minutes before the attack.

Several of those who went to help him said he was alive and conscious in the moments before being struck by the van.

Osborne drove the van into the crowd at about 00:15. Jurors were told the van only stopped when it hit some bollards.

He then got out of the van and ran towards the crowd.

Police later found a letter in the van written by Osborne, referring to Muslim people as « rapists » and « feral ».

He also wrote that Muslim men were « preying on our children ».

The trial heard Osborne became « obsessed » with Muslims in the weeks leading up to the attack, having watched the BBC drama Three Girls, about the Rochdale grooming scandal.

Analysis

Dominic Casciani, BBC home affairs correspondent

In just a few weeks, Darren Osborne went from a troubled, angry and unpredictably violent alcoholic to a killer driven by ideology.

The rapid radicalisation – the way he became fixated on the idea that Muslims in Britain were some kind of nation within a nation, is one of the most shocking parts of this awful crime.

The sources of that radicalisation, including his obsession with a television programme about the Rochdale abuse scandal, show how difficult it is to predict who will become a danger to society.

But the fact that he smiled contentedly after he had run over and killed Makram Ali proved to the jury that his motive was ideological.

Osborne is not the first terrorist to have radicalised so quickly. In 2014, a young man who was groomed by Islamists went through a similarly rapid change.

The speed at which these men and others went from a change of mindset to planning an attack is one of the issues that most concerns the security services.

Osborne told the court he had originally hired the van to kill Labour leader Jeremy Corbyn at a march he was due to attend.

He said it « would have been even better » if London Mayor Sadiq Khan had been present, adding: « It would have been like winning the lottery. »

Responding to the verdict, Mr Corbyn – who is MP for the area where the attack took place – said it was « a hate-filled attack that… shocked us all ».

« I was proud of how, in the wake of this terrible event, we all came together to reject hate and embrace hope, and that is the kind of country we live in, » he added.

‘Loner and alcoholic’

A statement from his partner Sarah Andrews, read out in court, said he seemed « brainwashed » and « totally obsessed ».

Ms Andrews – who had been in a relationship with Mr Osborne for about 20 years and with whom she had four children – described him as a « loner and a functioning alcoholic » with an « unpredictable temperament ».

Osborne started following Tommy Robinson, one of the founders of the English Defence League (EDL), and other far-right leaders on social media, in the fortnight before the attack.

Mr Robinson sent him a group email saying: « There is a nation within a nation forming beneath the surface of the UK. It is a nation built on hatred, on violence and on Islam. »

Cdr Haydon said the investigation had the « full weight » of the Met’s Counter Terrorism Command behind it.

He warned that online material had played a « significant role » in how Osborne was radicalised and « brainwashed ».

If Osborne’s aim had been to « create divisions and hate between communities », then he had « failed », he said.

« The response [of those involved], and the overwhelmingly positive reaction my officers and teams have witnessed since, highlights how far from reality Osborne’s sick and twisted views really are, » he added.

‘Scars will stay’

The Muslim Council of Britain (MCB) welcomed the verdict, but added: « We cannot be complacent and regard this as a one-off terrorist incident. »

Harun Khan, secretary general of the MCB, said: « The scenes we witnessed last summer were the most violent manifestation of Islamophobia yet in our country.

« The case tells us that we must all exercise caution when tempted to stigmatise any group of people, regardless of colour, creed or community. »

Khalid Oumar, a trustee of the mosque and founder of the Finsbury Park Attack victims’ voice forum, praised the strength of the community, adding: « The scars will stay with them forever, but the community is determined to go about daily life without fear and to stand together against victimisation and violence. »

Voir aussi:

Ronnie Polaneczky: If you think 11-year-olds in this city don’t need condoms, think again
Ronnie Polaneczky
The Enquirer
April 13, 2011

THE EMAIL was from a wigged-out mom I know well.

She was appalled that the city’s campaign to reduce sexually transmitted diseases allows kids as young as 11 to get free condoms via mail-order from the Public Health Department. Eleven!

Go to the website www.takecontrolphilly.org and see for yourself. Be warned: The site contains very straightforward info, including explicit animations illustrating the proper way to don or insert a condom.

« Every girl is different, » the website notes in its instructions on female-condom use. « Figure out what position works for you. You can stand with one foot on a chair, sit on the edge of a chair, lie down, squat, or for fun, have your partner help you out. »

The idea of an 11-year-old reading this makes me want to cry.

« As a parent, I am personally outraged, » wrote my friend, who has a 14-year-old. « What’s the back story on this campaign? What is it telling our youth? I get the sex-education thing for kids in schools, but mail-order condoms for 11-year-olds??? It’s shocking to me. »

We don’t know the half of what’s going on out there.

Depress us, Gary Bell.

« We do more workshops in middle schools than in high schools, » says Bell, executive director of Bebashi-Transition to Hope, the local nonprofit that works on prevention of HIV and other sexually transmitted diseases. « Teachers call us because their kids are acting out sexually. They’ll catch them in the bathroom or the stairwell. They hear that kids are cutting schools to have orgies. »

Good Lord. Orgies?

« Yes, indeed, » says Bell. « It’s sad. It’s horrifying. »

But no longer startling to those on the front lines of adolescent sexuality.

« We follow 200 teenagers with HIV, and the youngest is 12, » says Jill Foster, director of the Dorothy Mann Center for Pediatric and Adolescent HIV at St. Christopher’s Hospital for Children. « When we started doing HIV treatment in 1998, the average age of patients was 16 or 17. The first time we got a 13-year-old was mind-blowing. »

Now, Foster and her colleagues barely twitch when a child barely in his or her teens tests positive for HIV.

Because a recent report from the Centers for Disease Control and Prevention has identified Philadelphia as having the earliest age of sexual initiation – 13 – among cities participating in the study, she says, it’s crucial to make condoms available to younger kids.

People gasp at that, says Foster, who diagnoses new HIV cases at a rate of two to three teens a month, up from one every four months just a decade ago.

« But people have no idea how tough it is to be a kid who’s exposed to sexual media images and peer pressure. It’s routine for 12- and 13-year-olds to talk about sex. Younger kids hear them and they want to be part of that ‘older’ world, » she says.

« They don’t have maturity or impulse control, so if we can get them to have condoms with them when they start having sex, they are going to be safer.

« I wish it weren’t necessary, » she says. « Unfortunately, it is. »

It would be easy to play the « appalled citizen » card and decry the inclusion of kids as young as 11 in Philadelphia’s STD-prevention campaign. But I won’t. Because there are two groups of children in this city:

Those lucky enough to have at least one caring, available adult to guide them through sex-charged adolescence.

And those left on their own.

Like the child being raised by a single mom whose two jobs keep her from supervising her child. Or the kids being raised by a tired grandmom who’s asleep by 9 and doesn’t know that the kids have snuck out of the house.

Or the homeless teen who crashes on couches and must choose between saying no to a friend’s creepy uncle or wandering the streets at night.

These kids deserve protection from the fallout of STDs and unplanned pregnancy as much as kids from « good » families do – kids who, by the way, get in trouble, too. They just have more support to get them through it.

« We know that sexual activity in young adolescents doesn’t change overnight, » says Donald Schwarz, a physician who worked with adolescents for years at Children’s Hospital of Philadelphia before being appointed city health commissioner in 2008. « But children need to be protected while we get our heads around whatever the long-term strategies should be here. »

He mentions a recent, awful survey of sixth-graders in West Philly, which showed that 25 percent of the children, who were just 11 years old, had had sex.

« Clearly, we don’t think it’s OK for 11-year-olds to be having sex, » says Schwarz. « But we don’t have the infrastructure in place to fix [that] problem fast. We can, however, make condoms available fairly quickly to whoever needs them.

« I don’t have all the answers on this, » says Schwarz. « But I do think in economic terms. I think that jobs and education are the key to turning this ship. But it will take time and hard work in a period when the city is struggling financially. »

There are no easy solutions. This is a complicated problem, exacerbated by generational poverty and family collapse that paralyzes our cities in ways too myriad to address in one column.

Like I said, thinking about it makes me want to cry.

But that’s not a good enough reason to keep condoms out of the backpacks of 11-year-olds who will be sexually active whether we like it or not.

Voir de même:

Free condoms at school don’t always help teen girls avoid pregnancy and when given out can actually INCREASE fertility rates
Access to condoms in school increases teen fertility rates by about 10 per cent according to a new study
However giving teens counseling in addition to birth control could have the opposite effect, Notre Dame researchers found
Access to other kinds of birth control has been shown to lower teen fertility rate – or do nothing at all
But condoms might have a different effect because of their failure rate and the time and frequency at which they’re used
Access to free condoms in high schools could have led to two extra births per 1,000 teenage women so far
Clemence Michallon

The Daily mail

4 July 2016

Giving out free condoms at school is not a surefire way to avoid teenage pregnancy – or it might not be enough.

Access to condoms in schools increases teen fertility rates by about 10 per cent, according to a new study by the University Of Notre Dame.

However the increase happened in schools where no counseling was provided when condoms were given out – and giving out guidance as well as birth control could have the opposite effect, economists Kasey Buckles and Daniel Hungerman said in the study.

Access to other kinds of birth control, such as the contraceptive pill, IUDs and implants, has been shown to lower teen fertility rates – but condoms might have opposite consequences due to their failure rate as well as the time and frequency at which they’re used.

Access to condoms in schools increases teen fertility by about 10 per cent, according to a new study by the University Of Notre Dame (file picture)
Buckles and Hungerman looked at 22 school districts located in 12 different states, using data from the 1990s.
Times have changed already and teenagers today are overall less likely to have sex and less likely to become pregnant, they wrote.

Most of the free condoms programs in the study began in 1992 or 1993 and about two thirds involved mandatory counseling.

The 10 per cent increased occurred as a result of schools that gave out condoms without counseling, Buckles and Hungerman said.

‘These fertility effects may have been attenuated, or perhaps even reversed, when counseling was mandated as part of condom provision,’ they wrote.

Teenage girls were also more likely to develop  gonorrhea when condoms were given for free – and again, the increase happened as a result of schools giving out condoms without counseling.

Access to contraceptives in general has been shown to lower teen fertility, Buckles and Hungerman noted, or in some cases had no effect at all.

But condoms might have a different impact because of several factors, such as the fact that their failure rate is more important than that of other contraceptives.

Condoms also rely ‘more heavily on the male partner’, which is an important factor given that an unplanned pregnancy will have different consequences for each gender, Buckle and Hungerman wrote.

The time at which condoms are used could also explain why they have a different impact than other types of birth control. Condoms have to be used at the time of intercourse, whereas the pill, IUDs and implants are all taken in advance.

Using condoms also results from a short-term decision rather than long-term.

Free condom programs in schools could have led to two additional births per 1,000 teenage women so far, Buckle and Hungerman found.

This could increase to 5 extra births per 1,000 teenage girls if the country’s entire high-school-aged population had access to condoms.

Condom distribution programs could promote the use of condoms over more efficient birth control methods, drive schools to use their resources for condom distribution rather than more effective programs, or might encourage ‘risky’ sexual behaviors, Buckle and Hungerman wrote.

But these findings should be used with caution when reflecting on policy proposals, they added.

Health clinics based in schools that offered contraceptives were shown to significantly lower teen fertility in a 2014 study.

‘If health clinics can effectively combine contraception access and counseling, this may lead to very different effects than access alone,’ Buckle and Hungerman said.

Voir de plus:

Ce si gênant Tommy Robinson…

La condamnation du militant nationaliste pose la question de la liberté d’expression


Le militant nationaliste britannique Tommy Robinson a été arrêté à Leeds et presque immédiatement condamné à 13 mois de prison ferme alors qu’il tentait de filmer les suspects d’un procès dont les médias locaux n’ont pas le droit de parler. 

Un épais voile noir n’en finit plus d’envelopper la liberté d’expression dans les démocraties occidentales. Il se montre particulièrement oppressant dès lors qu’il s’agit de museler des opinions critiques au sujet de la crise migratoire, des dangers de l’islamisme et, plus largement, du dogme multiculturaliste comme modèle supposé de société. Ces opinions critiques, si elles peuvent en choquer moralement certains, ne constituent pourtant pas des délits, ou en tout cas, pas encore…Les voies employées sont multiples et complémentaires. Sur le plan répressif, on peut mentionner les fermetures abusives et arbitraires de comptes sur les réseaux sociaux, soit par décision hautement inquisitrice des autorités facebookiennes (comme ce fut le cas par exemple pour Génération identitaire dont le compte a été récemment clos sans autre forme de procès), soit sous pression d’activistes qui, en procédant à des signalements massifs se lancent dans des sortes de fatwas numériques et finissent promptement par obtenir la fermeture des comptes qui les dérangent. On pense notamment au truculent dessinateur Marsault, mais les cas semblables sont légion.

La voie judiciaire est également très utilisée pour faire taire les récalcitrants. On a pu assister par exemple à la condamnation ubuesque d’Éric Zemmour pour ce qui finit par s’apparenter, ni plus ni moins, à du délit d’opinion et à l’introduction piano sano d’un délit d’islamophobie et de blasphème dans les cours européennes.

Tommy Robinson et ce dont on ne doit pas dire le nom

Le sort actuel de l’activiste britannique, Tommy Robinson (de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon), s’inscrit dans ce contexte sinistré. Le britannique de 35 ans, fondateur de l’English Defence League, hostile à l’islam radical et à la charia (ce qui peut plaire ou déplaire mais demeure une conviction de l’ordre de l’opinion et ne constitue donc pas un délit), est dans le collimateur des autorités de son pays. L’homme a été arrêté, le vendredi 25 mai, tandis qu’il diffusait une vidéo filmée en direct des abords du tribunal de Leeds où se tenait un procès mystérieux. Mystérieux car il existe une disposition du droit britannique permettant aux autorités judiciaires d’ordonner une « reporting restriction ». C’est-à-dire un embargo pendant lequel personne n’a le droit d’évoquer publiquement (journalistes inclus, donc) une affaire en cours de jugement.

Cette mesure est décidée dans un but de bonne administration de la justice, de bon déroulement des procès, afin que l’émoi populaire suscité par telle ou telle affaire ne vienne pas nuire à la bonne et sereine marche d’une justice que l’on imagine naturellement impartiale, afin également d’en protéger les parties, plaignants ou accusés.

Tommy Robinson, et c’est là son tort et sa limite, n’a pas souhaité se soumettre à cette curieuse loi d’airain, et s’est donc tout de même rendu au palais de justice pour y interpeller les accusés de ce qu’il a décrit comme étant supposément le procès des viols de fillettes dont les accusés sont des gangs pakistanais, notamment dans la région de Telford, exactions qui se sont produites pendant plusieurs décennies et qui ont mis un temps infini à être révélées puis prises en compte par des autorités surtout préoccupées par le risque de stigmatisation des communautés ethno-religieuses concernées, plutôt que par la protection des populations locales. Cette information sur la nature réelle du procès n’a pas pu être formellement vérifiée ni énoncée puisque, de toute façon, dans cette situation orwellienne, la presse n’est pas autorisée à en parler. Il s’agit donc ici de propos qu’on n’a pas le droit de tenir au sujet d’une affaire qu’il faut taire.

Le vendredi noir de Tommy Robinson

Tommy Robinson a été interpellé et, dans une hallucinante et inhabituelle célérité, la justice l’a presque immédiatement condamné à une peine ferme de 13 mois de prison, sans que celui-ci n’ait pu avoir droit à un procès équitable ni consulter l’avocat de son choix. Tout ceci s’est déroulé sans que la presse n’ait vraiment le droit d’évoquer son cas, puisque les juges ont appliqué à sa condamnation une seconde « reporting restriction », sorte de couche supplémentaire dans le mille-feuille de silences et de censures nimbant déjà ce dossier décidément gênant. Au pays de l’Habeas corpus, cette affaire fait du bruit.

Aussitôt, une pétition rassemblant vite plus de 500 000 signatures a circulé dans le monde entier, et l’émoi que l’on voulait mater s’est au contraire amplifié, par le biais notamment des réseaux sociaux dont on comprend bien qu’ils fassent l’objet de toutes les tentatives de restrictions et de lois liberticides à venir. Des personnalités aussi diverses que la demi-sœur de Meghan Markle ou le fils de Donald Trump, le leader néerlandais Geert Wilders, le chanteur Morrissey ou la secrétaire générale adjointe des Républicains, Valérie Boyer, et beaucoup d’autres célèbres ou anonymes, se sont émus et ont interpellé les autorités britanniques sur cette curieuse conception de la justice, expéditive pour les uns, anormalement complaisante et longue pour les autres. Des manifestants excédés ont même fini par s’en prendre à la police, samedi 9 juin, près de Trafalgar Square à Londres.

Tommy Robinson se savait attendu au tournant ; il a toutefois bravé la loi en toute connaissance de cause, comme il l’avait déjà fait dans un précédent procès sur une affaire similaire, écopant alors de trois mois avec sursis, lesquels sont alors venus s’ajouter à la peine récemment prononcée pour « atteinte à l’ordre public ». On peut toutefois légitimement s’interroger sur plusieurs points qui choquent l’opinion publique ainsi que le bon sens.

Les démocraties libérales contre elles-mêmes

Tout d’abord, est-il judicieux bien que judiciaire, de la part des autorités britanniques, de décider de faire régner de nouveau le silence dans le traitement d’une affaire dans laquelle, précisément, c’est le silence complice des autorités qui est en partie mis en cause par les opinions publiques ? N’est-ce pas redoubler le mal et contribuer à rendre légitimes les soupçons d’étouffement de ces affaires pour des motifs idéologiques ? Peut-on encore parler du réel, le nommer, le montrer, sans encourir les foudres morales ni risquer l’embastillement ou le sort d’Oscar Wilde à la Reading Gaol ? Les démocraties occidentales qui se conçoivent pourtant comme « libérales » et s’opposent idéologiquement à ce qu’elles qualifient dédaigneusement de « démocraties illibérales » et populistes, ont-elles conscience de déroger, par ces silences complices et ces actions douteuses de musèlement, au libéralisme d’opinion qui fonde les régimes démocratiques et institue, normalement, les libertés fondamentales ? Ont-elles conscience de renforcer le fort soupçon de manipulation des opinions qui pèse de plus en plus sur elles, Brexit après Brexit, vote « populiste » après vote « populiste », rejet après rejet ? Ont-elles conscience que plus une censure s’applique, plus la réaction à cette censure est forte, que plus elles se conduisent ainsi, plus la colère et la révolte – qu’elles s’imaginent étouffer – grondent ? Ont-elles conscience que loin de protéger l’image des populations prétendument stigmatisées dans ces affaires, elles ne font que nourrir les interrogations et les soupçons à leur sujet ?

Certes, Tommy Robinson est condamné pour avoir troublé le bon fonctionnement d’un procès, tel est le motif juridique invoqué contre lui. Mais personne n’est dupe du montage judiciaire qui a abouti à son arrestation, jugement et emprisonnement en 5 heures chrono. Les autorités ignorent-elles par ailleurs le sort réservé aux militants de ces mouvances hostiles à l’islam radical lorsqu’ils sont jetés ainsi en pâture dans des prisons tenues par les gangs que ces militants dénoncent précisément ? Kevin Crehan, condamné à 12 mois de prison pour avoir (certes stupidement) jeté du bacon sur une mosquée, n’a pas survécu à son incarcération. Tommy Robinson, lui-même précédemment incarcéré dans une affaire de prêt familial, a été victime de graves violences.  Sa sécurité fait-elle l’objet de garanties spécifiques au vu du contexte ? Enfin, le silence gêné de certains des principaux médias sur cette affaire ne pose-t-il pas de nouveau la question du pluralisme et de la liberté d’expression réelle dans le paysage médiatique occidental ?

Voir  également:

Un nouvel «axe alpin» se constitue en Europe contre les migrants

De notre correspondant à Bruxelles,

Finalement, Viktor Orban pourrait avoir gagné. Le maître de Budapest fut le premier à dresser des barbelés contre l’exode, celui des Syriens en août 2015. Sa prophétie n’est pas loin de se réaliser quand l’Italie, jusqu’ici ouverte à la misère du monde, renvoie en pleine mer un bâtiment chargé de 629 migrants africains. Basculement. Électrochoc. Malgré le trouble d’Angela Merkel et les blâmes d’Emmanuel Macron, la question pour l’Europe n’est plus de savoir si elle doit renforcer sa frontière commune. Mais si elle peut encore éviter le retour aux barrières nationales. En trois ans, l’exception hongroise s’est propagée à toute l’Europe centrale. Varsovie, Prague et Bratislava jurent avec Budapest que la religion musulmane n’est pas soluble dans l’UE. Tous applaudissent le coup de force italien.

À ce quatuor de Visegrad, il faudrait désormais ajouter un trio d’acteurs qui va de l’extrême droite à la droite dure: l’Italien Matteo Salvini, l’Autriche de Sebastian Kurz et Horst Seehofer, monument bavarois et ministre allemand de l’Intérieur. Ces trois-là forment le nouvel «axe» anti-immigration que décrit le jeune chancelier autrichien, avant de prendre la présidence tournante de l’UE le 1er juillet.

La fronde dessine un périmètre curieusement semblable à celui de l’empire des Habsbourg. Elle est aussi pétrie de contradictions. Même s’ils partagent la hantise de l’islam, Viktor Orban et ses amis d’Europe centrale se garderont bien de rejoindre l’axe autrichien. Et inversement. À l’intérieur de l’axe alpin, la pire chose qui puisse arriver au chancelier Kurz serait que Matteo Salvini, nouvel homme fort du pouvoir romain, obtienne ce qu’il demande: le partage avec le reste de l’Europe – Autriche comprise – de tout ou partie des quelque 500.000 «irréguliers» qui croupissent en Italie.

» LIRE AUSSI – Les pays de l’Est veulent avoir voix au chapitre sur l’avenir du projet européen

Quant au projet prêté à Horst Seehofer d’expulser d’Allemagne tous les migrants déjà enregistrés ailleurs dans l’UE, il n’inquiète pas que la Chancellerie à Berlin. Si cette foule doit vraiment retraverser la montagne, c’est bien évidemment en Autriche puis en Italie qu’elle aboutira. Là est le problème des slogans «populistes» et autres remèdes réputés nationaux. Sur le papier, ils sont identiques et se prêtent à de magnifiques alliances. Dans la réalité, ils sont incompatibles, sauf à fâcher les voisins et à cadenasser toutes les frontières.

Cynisme contre hypocrisie

Les Italiens, même déçus de l’UE et gouvernés par des extrémistes, restent assez réalistes pour chercher la solution dans un cadre européen, plutôt qu’à Vienne ou à Budapest. C’est donc à Paris et à Berlin que Giuseppe Conte a pris des rendez-vous, avant son premier sommet à Bruxelles le 28 juin. De leur côté, l’Allemagne et la France surmontent leurs réticences à accueillir à bras ouverts le rejeton de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles. Si l’on suit la fameuse formule de Lyndon B. Johnson, mieux vaut que l’Italie soit à l’intérieur de la tente pissant à l’extérieur, plutôt que l’inverse.

» LIRE AUSSI – Aquarius: retour sur la passe d’armes entre Paris et Rome

Cynisme contre hypocrisie, Emmanuel Macron et Matteo Salvini ont vidé mardi leur aigreur à propos de l’Aquarius et des 629 clandestins repêchés au nord de la Libye. Du côté français comme du côté allemand, il apparaît que les deux semaines qui mènent au sommet vont décider si Rome penche vers l’ouest ou vers l’est. Paris admet que l’Union européenne a un problème quand l’Italie doit accueillir 80 % des migrants venus de Libye. Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, reconnaît qu’il faut se forcer «à voir la réalité à travers d’autres regards européens».

L’Élysée a confirmé jeudi des pistes déjà explorées pour rendre la réalité plus supportable à des Italiens confrontés, chez eux, à des centaines de points de fixation comparables à l’ex-ghetto de migrants à Calais. Il sera donc question d’aides financières démultipliées par l’UE et de mobilisation du contingent de gardes-frontières européens.

Au-delà de ces palliatifs communautaires, la France et ses voisins doivent se préparer à deux exutoires plus vigoureux s’il faut vraiment soulager l’Italie, prévient Pierre Vimont, ex-pilier du Quai d’Orsay et conseiller de l’UE durant la crise de 2015-2016. D’abord l’accueil direct des rescapés de la Méditerranée sur leur territoire, sujet jusqu’ici tabou que l’Espagne a commencé de rompre en acceptant les passagers de l’Aquarius. À charge pour ces capitales de traiter les demandes d’asile et de renvoyer les déboutés au sud du Sahara. Ensuite, l’ouverture de «centres de tri» hors de l’UE (peut-être en Albanie), ce qui permettrait d’évacuer le problème italien. C’est un projet imaginé par David Cameron que ressuscitent aujourd’hui Vienne et Copenhague. Mais attention, prévient l’ambassadeur Vimont, «il ne s’agit pas de s’en laver les mains. Si la question africaine n’est pas réglée dans la durée, les migrants reviendront inévitablement frapper à notre porte».

Voir de même:

GB: les photos sous les jupes des filles bientôt passibles de prison

Prendre secrètement une photo sous la robe d’une personne devrait devenir une infraction passible de deux ans d’emprisonnement au Royaume-Uni, après que le gouvernement britannique a décidé de soutenir une proposition de loi en ce sens. « Ce type de comportement est une intrusion odieuse dans la vie privée, qui laisse les victimes en détresse », a déclaré la secrétaire d’État à la Justice, Lucy Frazer.

« En faisant de ce comportement une infraction spécifique, nous envoyons un message clair que cela ne sera pas toléré et que les auteurs seront punis », a-t-elle ajouté. Elle a salué la campagne menée par Gina Martin, une jeune femme de 26 ans, elle-même victime de cette pratique voyeuriste désignée par le terme « upskirting » en anglais. La jeune femme avait lancé une campagne pour demander aux autorités de légiférer sur la question.

« C’est évidemment une excellente nouvelle », a réagi l’intéressée, « et c’est grâce à toutes celles et ceux qui nous ont soutenu dans notre démarche. Il reste du chemin à faire, mais il semble désormais que cela aboutira sans trop d’accrocs ». Gina Martin s’était lancée dans cette campagne en 2017, après que deux hommes avaient pris une photo sous sa jupe lors d’un festival à Londres. Alors qu’ils partageaient la photo à partir de leurs téléphones, Gina Martin avait tenté d’alerter la police, mais aucune poursuite n’avait pu être engagée.

L’interdiction de tels comportements doit être intégrée dans une proposition de loi contre le voyeurisme portée par la députée Wera Hobhouse, membre du Parti libéral-démocrate. Le texte est soumis vendredi au vote de la Chambre des Communes. Il a reçu un soutien trans-partis et la position du gouvernement devrait faciliter son adoption. « Le fait que le gouvernement ait entendu notre appel témoigne du large consensus sur l’existence d’une lacune dans la loi à laquelle il fallait s’attaquer », a commenté Wera Hobhouse.

Voir encore:

À deux jours de la fête des pères, dimanche 17 juin, un sondage Ifop mené pour Alliance Vita met en lumière l’importance de la figure paternelle.

Une donnée essentielle dans le débat entre les partisans et les opposants de l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules.

Un sondage Ifop commandé par Alliance Vita souligne l’importance et la singularité de la figure du père aux yeux des Français.

C’est une information qui devrait compter dans les débats bioéthiques du moment. Un sondage Ifop commandé par Alliance Vita (1) et dévoilé aujourd’hui par La Croix souligne l’importance et la singularité de la figure du père aux yeux des Français. Pour l’association, il s’agit avant tout de braquer les projecteurs sur l’un des enjeux des discussions actuelles sur l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, envisagée dans le cadre de la révision des lois de bioéthique.

Ainsi, 93 % des Français considèrent que les pères ont un « rôle essentiel pour les enfants », tandis que les trois quarts d’entre eux adhèrent à l’affirmation selon laquelle « les rôles du père et de la mère sont différents et complémentaires » ; et 89 % jugent que « l’absence de père, c’est quelque chose qui marque toute la vie ».

Sondage Les Français et la paternité

Ifop pour Alliance VITA

« Il est frappant de voir à quel point le rôle du père est consensuel, alors que nous assistons aujourd’hui à un fort questionnement de son rôle », analyse le délégué général d’Alliance Vita, Tug­dual Derville. « Il apparaît aussi clairement que le fait de connaître son père relève de l’intérêt supérieur de l’enfant pour une majorité de nos concitoyens », poursuit-il. À un moment où la question sur la PMA polarise toutes les attentions, selon ce sondage, 61 % des Français estiment qu’« il faut privilégier le besoin de chaque enfant d’avoir un père en réservant la PMA aux couples homme-femme ayant un problème médical d’infertilité ». Mais 39 % jugent plutôt qu’« il faut privilégier le désir d’enfant en permettant la PMA sans père pour les femmes seules ou les couples de femmes ».

« Quelle que soit la question, vous avez 40 % de gens qui sont favorables, 40 % d’opposés, et 20 % qui oscillent »

Des chiffres qui peuvent surprendre comparés aux autres enquêtes menées par l’Ifop, notamment celles publiées dans La Croix et L’Obs en janvier, ou encore cette semaine par Ipsos pour France Télévisions. Ces enquêtes donnaient systématiquement des proportions opposées quant à l’adhésion des Français à l’extension de la PMA : 60 % y étaient favorables, 40 % étaient contre.

« Ces résultats ne sont absolument pas contradictoires », affirme Jérôme Fourquet, le directeur du département Opinion et Stratégies de l’Ifop. « Tout dépend de la manière dont on pose la question : si on met en avant l’ouverture d’un droit, en demandant aux Français s’ils sont pour une extension de la PMA, ils y sont majoritairement favorables. En revanche, si on présente le droit de l’enfant à avoir un père, ils sont majoritairement opposés à une évolution de la loi. »

En France, un enfant sur trente est conçu grâce à la PMA

Faut-il y voir un signe de la versatilité de l’opinion publique ? « Non, répond Jérôme Fourquet. Quelle que soit la question, vous avez 40 % de gens qui sont favorables, 40 % d’opposés, et 20 % qui oscillent. Ce sont ces derniers qui portent la tension éthique et dont la réponse peut varier selon la façon dont la question est posée. »

Des différences d’approche

Si les Français portent un regard très majoritairement positif sur le rôle des pères, il existe cependant des différences d’approche, notamment entre les hommes qui sont pères et ceux qui ne connaissent pas l’expérience de la paternité. Ainsi 58 % des pères sont tout à fait d’accord lorsqu’on leur demande si « l’absence de père est quelque chose qui marque toute une vie ». Le chiffre tombe à 41 % pour les hommes qui n’ont pas d’enfants. Soit une différence de 17 points.

Autre intervalle notable : celui qui s’établit entre les générations : 39 % des 18-24 ans estiment qu’il ne faut pas étendre la PMA, alors qu’ils sont 78 % des plus de 65 ans. « C’est la preuve qu’au fur et à mesure des générations, les références traditionnelles vont être chamboulées », estime Jérôme Fourquet.

Extension de la PMA, les médecins plus réticents que l’ensemble des Français

Une analyse que ne partage pas Tugdual Derville, le délégué général d’Alliance Vita. « Je ne pense pas que nous soyons face à une évolution inéluctable, avance-t-il. J’y vois plutôt le poids de l’expérience : lorsque l’on est père, on se rend davantage compte de la nécessité de cette présence. Dans tous ces sujets, l’expérience de la vie n’est pas inutile. »

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« L’aventure de la paternité n’est plus portée par la société »

Jacques Sédat, Psychanalyste, membre d’Espace analytique (1)

« On assiste aujourd’hui à un grand affaiblissement de l’image du père dans nos sociétés. C’est aussi le cas pour celle de la mère. La paternité est par nature une expérience subjective, mais
je vois aujourd’hui beaucoup de couples qui, au milieu de la trentaine, hésitent à être parents. Les naissances surviennent plus tard qu’auparavant : cela montre bien que l’aventure de la paternité est devenue quelque chose d’éminemment subjectif, et donc de plus fragile. Elle n’est plus portée par la société et ne bénéficie plus d’un soutien collectif. »

(1) Auteur de Sigmund Freud. Les grandes étapes de la pensée freudienne, Armand Colin, 2e édition, 2013.

Loup Besmond de Senneville

(1) Réalisé entre le 7 et le 11 juin 2018, par questionnaire auto-administré, auprès de 2016 personnes sélectionnées selon la méthode des quotas

Voir enfin:

Good Moral Panics and Late Modernity

Dimitar Panchev

Lasala foundation

2013

/…/

As Rohloff and Wright (2010) point out, the concept of ‘moral panic’ has several problems. The first one is the problem of normativity. Since its introduction the concept has been used as a form of social critique where panics were characterised as social reactions that are ‘irrational’ and misdirected (Rohloff and Wright, 2010). Hier (2002a) argues that it is the concept’s normativity that has made it unappealing to newer developments in social theory. Second comes the problem of temporality, according to which moral panics can be characterized as short-lived episodes (exceptions are Hall et al.’s (1978) analysis of the mugging panic and Jenkins’ (1998) study on child molestation). In other words, the moral panics studied do not focus on the historically structured processes that have an impact on the development of the moral panics in the first place. Subsequent revisions have led to the acknowledgement of the necessity for a time-frame and contextual analysis: ‘…Moral panics are a crucial element of the fabric of social change. They are not marginal, exotic, trivial phenomena, but one key by which we can unlock the mysteries of social life…’ (Goode and Ben – Yehuda, 1994: 229). The third problem is the one of (un)intentionality which ultimately is concerned with the question of responsibility. In Cohen’s (1972) original analysis, the moral panic surrounding the mods and the rockers was presented as unintended and unanticipated, with focus being placed on the media as medium for deviancy amplification and stigmatization. In contrast, the analysis of the mugging moral panic (Hall et al. 1978) presented the scare as a strategy on behalf of the ruling elites in order to divert public attention from the crisis in the capitalist system. Last but not least, Goode and Ben-Yehuda (1994) constructed the problem as one of intentional actions versus unintentional developments. Their approach distinguished between grassroots, interest groups and elite- engineered moral panics.

The first model based the problem onto sentiments that were present in society in the general. The second model suggested that the reaction should be considered as an outcome of the efforts of specific moral entrepreneurs and particular interest groups in society. The last model, the elite-engineered panic, was presented as a deliberated organised propaganda campaign aimed at diverting attention from real structural problems. Revision of these ‘ideal types’ (ibid.) of moral panics have moved towards the more rigorous appreciation of the plurality of reactions that might accompany the process of moral assertion and an appreciation of the resistance efforts which might occur in line with the panics (Hier, 2002b; McRobbie & Thorton, 1995; de Young, 2004). Even with such contribution being made, the concept has been criticised for falling short of providing alternative means of explanation and theorisation (Hier, 2008).

Attempts have been made to tackle the ‘heuristic’ nature of the concept by incorporating the developments in risk theory and the works of Norbert Elias (Rohloff and Wright, 2010). A fourth problem is the one of anthropomorphizing. The claim that a society can engage in hysterical, panic-stricken behaviour has been criticised on the grounds that collective social processes cannot be rendered as individual psychological ones. Some of the earlier analyses of moral panics discussed ‘society’ and ‘social reaction’ as if they were unified and undifferentiated, when in fact the interests of the police, the media and the public were quite different (McRobbie and Thornton, 1995). Another problem, outlined by Garland (2008) is concerned with the ethics of attribution, according to which the critical ascriptions which the concept carries also have an impact on its use. This creates situations in which the conditions for the analysis of a moral panic exist, but due to ethical consideration such an inquiry is not pursued. An example is the post- 9/11 response of the media and the government (ibid.).

The aftermath of the tragedy contained all the necessary conditions included in the definition of the concept – expressed concern, hostility, disproportionality, consensus and a moral dimension was attached to all of the above, yet the episode itself was not categorised as a moral panic. The commentators involved into the analysis of the terrorist attack avoid the use of the term and considerable caution was exercised when discussing the event (Walker, 2002). According to Garland (2008) one explanation is the widespread uncertai nty of the nature of the attack itself. Secondly, and what he considers more important, the reluctance of applying the label ‘successfully’ was based on ethical reasons. The use of the concept would clash with the prevailing moral sentiments of fear and grief that drove the reaction to the attack.

Thus it took some time for the first academic publication considering the post- 9/11 as an example of a moral panic to be published (Rothe and Muzzatti, 2004; Welch, 2006). Even though Garland (2008) himself notes that the ethical inhibitors might not be as important, they will have some impact on the way in which tragedies and disasters are approached by ‘moral panic’ scholars. What it shows, however, is the relationship that exists between the analysts and the social actors and the way in which they influence each other. It has been Cohen’s longstanding contention that the term moral panic is, for its utility, problematic insofar as the term ‘panic’ implies an irrational reaction which a researcher is rejecting in the very act of labelling it such. That was the case when he was studying the media coverage of the Mods and Rockers and when Young was studying the reaction to drug taking in the late 1960s and the early 1970s.

Currently , Cohen has started to feel uncomfortable with the blanket application the term ’panic’ in the study of any reactions to deviance, as he argues for its possible use in ‘good moral panics’ (Cohen, 2002: xxxi – xxxv). Cohen (2011) discusses the changes that h ave occurred in society and how this has had re – directed the ‘moral panic’ analysis and has contributed to the development of the concept. To begin with, the modern moral entrepreneurs have adopted a status similar to the social analyst (in terms of class, education and ideology) and the likelihood for the two of them to perceive the problem in the same way has increased substantially. Secondly, the alliances between the various political forces has become more flexible and as a result, panics about ‘genuin e’ victims (of natural disasters or terrorist attacks) are more likely to generate consensus that the ‘unworthy’ victims (the homeless). Thirdly, whereas the traditional moral panics where in nature elite – engineered, the contemporary ones are much more lik ely to populist – based, giving more space for social movements’ and victims’ participation in the process. Fourthly, in contrast to the old moral panics, the new ones are interventionist – focused.

The new criminalizers (Cohen, 1988) who address the moral panics are either post – liberals who share a common background with a decriminalized generation, or are from the new right who argue for increased focus on private morality (sexuality, abortion, lifestyle). In addition, Cohen (2011) considers the possibility of certain moral panics being understood as ‘anti – denial’ movements. In contemporary times the denial of certain events, their cover – up, evasion and tolerance is perceived as morally wrong, and such denied realities should be brought to the public attentio n, which would result in widespread moral condemnation and denunciation. In this sense, it could be argued that certain panics should also be considered as ‘acceptable’ and thus a binarity between ‘good’ and ‘bad’ moral panics can be developed. Such as heu ristic between ‘good’ and ‘bad’ can be useful as such a distinction in effect widens the scope of moral panic studies beyond those examples that are regarded as ‘inappropriate’ and ‘irrational’. Potentially, this could also lead to the questioning of the notions of rationality, disproportionality and other normative judgements that have characterised the studies of moral panics. Such an approach of analysing ‘moral panics’ is in contrast with the work of Critcher (2003, 2009; 2011), to whom the concept of can be best understood in the relations of power and regulation.

Whereas both Critcher and Cohen agree that each moral panic should be seen in a wider conceptual framework, the latter does not adopt Critcher’s suggestion that the term ‘moral’ panic should not be applied in cases where dominant elites reinforce dominant practices by way of scapegoating outsiders. By contrast to Critcher, Cohen accepts the possibility of counter – hegemonic moral panics. In addition, Critcher stresses the need to focus not only on the politics of moral panics, but also consider the economic factors that might limit or promote their development. Moving beyond moral panics, Hunt (1999 ) has argued that a shift has taken place in the processes of moral regulation over the past centu ry, whereby the boundaries that separate morality from immorality have been blurred. As a result, an increasing number of everyday activities have become moralized and the expression of such moralization can be found in hybrid configurations of risk and harm. The moralization of everyday life contains a dialectic that counterposes individualizing discourses against collectivizing discourses and moralization has become an increasingly common feature of contemporary political discourse (Garland, 2001; Biressi and Nunn, 2003; Haggerty, 2003).

Moral panics (Hier, 2002a, 2008) can also be seen as volatile manifestations of an ongoing project of moral regulation, where the ‘moral’ is represented as practices that are specifically designed to promote the care of th e self. With the shift towards neo – liberalism, such regulatory scripts have taken the form of discourses of risk, harm and personal responsibility. As Hier (2008) the implementation of such a ‘personalization’ discourse is not straightforward due to the fa ct that moral callings are not always accepted. The moral codes that are supposed to regulate behaviour , expression and self – presentation are themselves contestable and their operation is not bound in a time – space frame. Thus, ‘moralization’ is conceptualized as a recurrent sequence of attempts to negotiate social life; a temporary ‘crisis’ of the ‘code’ (moral panic) is therefore far more routine than extraordinary. The problems with such an argument for expanding the focus of moral panics to encompass for ms of moral regulation is that it is too broad (Critcher, 2009) and a more specific scope of moral regulation should be defined in order to conduct such analysis.

Conclusion

The aim of the following paper was to provide an overview of the concept of ‘moral panics’ and the possibility for applying its analytical tools in the study of ‘good moral panics’. As the focus of the concept was expanded significantly over the past 40 years, it can be argued that such a task is within the scope of academia due the cha nging nature of the contemporary world and social relation. In fact, in such a world full of insecurity and one that is characterized by a constant fear of falling (Young, 2007a) such an approach of putting reality on trial would be much appreciated.

 

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Société: L’Apocalypse pour tous (Apocalypse for all: Ready for the fifty-shades-of-greyization of the world ?)

22 février, 2018

 
Note de la SNCF sur la présence de migrants
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Jésus a tout fichu par terre. Le Désaxé (Les braves gens ne courent pas les rues, Flannery O’Connor)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
Tout se disloque. Le centre ne peut tenir. L’anarchie se déchaîne sur le monde Comme une mer noircie de sang : partout On noie les saints élans de l’innocence …Sûrement que quelque révélation, c’est pour bientôt … Sûrement que la Seconde Venue, c’est pour bientôt. La Seconde Venue ! A peine dits ces mots, Une image, immense, du Spiritus Mundi Trouble ma vue : quelque part dans les sables du désert, Une forme avec corps de lion et tête d’homme Et l’oeil nul et impitoyable comme un soleil Se meut, à cuisses lentes, tandis qu’autour Tournoient les ombres d’une colère d’oiseaux… La ténèbre, à nouveau ; mais je sais, maintenant, Que vingt siècles d’un sommeil de pierre, exaspérés Par un bruit de berceau, tournent au cauchemar, – Et quelle bête brute, revenue l’heure, Traîne la patte vers Bethléem, pour naître enfin ? Yeats (1919)
La Raison sera remplacée par la Révélation. À la place de la Loi rationnelle et des vérités objectives perceptibles par quiconque prendra les mesures nécessaires de discipline intellectuelle, et la même pour tous, la Connaissance dégénérera en une pagaille de visions subjectives (…) Des cosmogonies complètes seront créées à partir d’un quelconque ressentiment personnel refoulé, des épopées entières écrites dans des langues privées, les barbouillages d’écoliers placés plus haut que les plus grands chefs-d’œuvre. L’Idéalisme sera remplacé par le Matérialisme. La vie après la mort sera un repas de fête éternelle où tous les invités auront 20 ans … La Justice sera remplacée par la Pitié comme vertu cardinale humaine, et toute crainte de représailles disparaîtra … La Nouvelle Aristocratie sera composée exclusivement d’ermites, clochards et invalides permanents. Le Diamant brut, la Prostituée Phtisique, le bandit qui est bon pour sa mère, la jeune fille épileptique qui a le chic avec les animaux seront les héros et héroïnes du Nouvel Age, quand le général, l’homme d’État, et le philosophe seront devenus la cible de chaque farce et satire. Hérode (Pour le temps présent, oratorio de Noël, W. H. Auden, 1944)
Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. » (…) Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged. (…) Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. (…) European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World. Robert Hughes (24.06.2001)
La vérité biblique sur le penchant universel à la violence a été tenue à l’écart par un puissant processus de refoulement. (…) La vérité fut reportée sur les juifs, sur Adam et la génération de la fin du monde. (…) La représentation théologique de l’adoucissement de la colère de Dieu par l’acte d’expiation du Fils constituait un compromis entre les assertions du Nouveau Testament sur l’amour divin sans limites et celles sur les fantasmes présents en chacun. (…) Même si la vérité biblique a été de nouveau  obscurcie sur de nombreux points, (…) dénaturée en partie, elle n’a jamais été totalement falsifiée par les Églises. Elle a traversé l’histoire et agit comme un levain. Même l’Aufklärung critique contre le christianisme qui a pris ses armes et les prend toujours en grande partie dans le sombre arsenal de l’histoire de l’Eglise, n’a jamais pu se détacher entièrement de l’inspiration chrétienne véritable, et par des détours embrouillés et compliqués, elle a porté la critique originelle des prophètes dans les domaines sans cesse nouveaux de l’existence humaine. Les critiques d’un Kant, d’un Feuerbach, d’un Marx, d’un Nietzsche et d’un Freud – pour ne prendre que quelques uns parmi les plus importants – se situent dans une dépendance non dite par rapport à l’impulsion prophétique. Raymund Schwager
An advertent and sustained foreign policy uses a different part of the brain from the one engaged by horrifying images. If Americans had seen the battles of the Wilderness and Cold Harbor on TV screens in 1864, if they had witnessed the meat-grinding carnage of Ulysses Grant’s warmaking, then public opinion would have demanded an end to the Civil War, and the Union might well have split into two countries, one of them farmed by black slaves. (…) The Americans have ventured into Somalia in a sort of surreal confusion, first impersonating Mother Teresa and now John Wayne. it would help to clarify that self-image, for to do so would clarify the mission, and then to recast the rhetoric of the enterprise. Lance Morrow (1993
In recent years, skewering the politically correct and the political correctness of those mocking political correctness has become a thriving journalistic enterprise. One of the more interesting examples of the genre was a cover-story essay by Robert Hughes, which appeared in the February 3, 1992, edition of Time magazine. The essay was entitled “The Fraying of America.”  In it, Hughes cast a cold eye on the American social landscape, and his assessment was summarized in the article’s subtitle: “When a nation’s diversity breaks into factions, demagogues rush in, false issues cloud debate, and everybody has a grievance.” “Like others, Hughes found himself puzzling over how and why the status of ‘victim’ had become the seal of moral rectitude in American society. He began his essay by quoting a passage from W. H. Auden’s Christmas oratorio, For the Time Being. The lines he quoted were ones in which King Herod ruminates over whether the threat to civilization posed by the birth of Christ is serious enough to warrant murdering all the male children in one region of the empire. (The historical Herod may have been a vulgar and conniving Roman sycophant, but Auden’s Herod, let’s not forget, is watching the rough beast of the twentieth century slouching toward Bethlehem.) Weighing all the factors, Herod decides that the Christ child must be destroyed, even if to do so innocents must be slaughtered. For, he argues in the passage that Hughes quoted, should the Child survive: Reason will be replaced by Revelation . . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal virtue, and all fear of retribution will vanish . . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. “Hughes quoted this passage from Auden in order to point out that Auden’s prophecy had come true. As Auden’s Herod had predicted, American society was awash in what Hughes termed the “all-pervasive claim to victimhood.” He noted that in virtually all the contemporary social, political, or moral debates, both sides were either claiming to be victims or claiming to speak on their behalf. It was clear to Hughes, however, that this was not a symptom of a moral victory over our scapegoating impulses. There can be no victims without victimizers. Even though virtually everyone seemed to be claiming the status of victim, the claims could be sustained only if some of the claims could be denied. (At this point, things become even murkier, for in the topsy-turvy world of victimology, a claimant denied can easily be mistaken for a victim scorned, the result being that denying someone’s claim to victim status can have the same effect as granting it.) Nevertheless, the algebraic equation of victimhood requires victimizers, and so, for purely logical reasons, some claims have to be denied. Some, in Hughes’s words, would have to remain “the butt of every farce and satire.” Hughes argued that all those who claim victim status share one thing in common, “they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class, white male.” “Hughes realized that a hardy strain of envy and resentment toward this one, lone nonvictim continued to play an important role in the squabbles over who would be granted victim status. Those whose status as victim was secure were glaring at this last nonvictim with something of the vigilante’s narrow squint. Understandably, the culprit was anxious to remove his blemish. “Since our new found sensitivity decrees that only the victim shall be the hero,” Hughes wrote, “the white American male starts bawling for victim status too.” Gil Bailie
The gospel revelation gradually destroys the ability to sacralize and valorize violence of any kind, even for Americans in pursuit of the good. (…) At the heart of the cultural world in which we live, and into whose orbit the whole world is being gradually drawn, is a surreal confusion. The impossible Mother Teresa-John Wayne antinomy Times correspondent (Lance) Morrow discerned in America’s humanitarian 1992 Somali operation is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded those cultures under biblical influence. Gil Bailie
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Les événements qui se déroulent sous nos yeux sont à la fois naturels et culturels, c’est-à-dire qu’ils sont apocalyptiques. Jusqu’à présent, les textes de l’Apocalypse faisaient rire. Tout l’effort de la pensée moderne a été de séparer le culturel du naturel. La science consiste à montrer que les phénomènes culturels ne sont pas naturels et qu’on se trompe forcément si on mélange les tremblements de terre et les rumeurs de guerre, comme le fait le texte de l’Apocalypse. Mais, tout à coup, la science prend conscience que les activités de l’homme sont en train de détruire la nature. C’est la science qui revient à l’Apocalypse. René Girard
La religion doit être historicisée : elle fait des hommes des êtres qui restent toujours violents mais qui deviennent plus subtils, moins spectaculaires, moins proches de la bête et des formes sacrificielles comme le sacrifice humain. Il se pourrait qu’il y ait un christianisme historique qui soit une nécessité historique. Après deux mille ans de christianisme historique, il semble que nous soyons aujourd’hui à une période charnière – soit qui ouvre sur l’Apocalypse directement, soit qui nous prépare une période de compréhension plus grande et de trahison plus subtile du christianisme. (…) Oui, pour moi l’Apocalypse c’est la fin de l’histoire. (…) L’Apocalypse, c’est l’arrivée du royaume de Dieu. Mais on peut penser qu’il y a des « petites ou des demi-apocalypses » ou des crises c’est-à-dire des périodes intermédiaires… (…) Il faut prendre très au sérieux les textes apocalyptiques. Nous ne savons pas si nous sommes à la fin du monde, mais nous sommes dans une période-charnière. Je pense que toutes les grandes expériences chrétiennes des époques-charnières sont inévitablement apocalyptiques dans la mesure où elles rencontrent l’incompréhension des hommes et le fait que cette incompréhension d’une certaine manière est toujours fatale. Je dis qu’elle est toujours fatale, mais en même temps elle ne l’est jamais parce que Dieu reprend toujours les choses et toujours pardonne. (…) Je me souviens d’un journal dans lequel il y avait deux articles juxtaposés. Le premier se moquait de l’Apocalypse d’une certaine façon ; le second était aussi apocalyptique que possible. Le contact de ces deux textes qui se faisaient face et qui dans le même temps se donnaient comme n’ayant aucun rapport l’un avec l’autre avait quelque chose de fascinant. (…) Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde : on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! (…) L’Amérique connaît bien cela. Il est évident que la non-différence de classe ne tarit pas les rivalités mais les excite à mort avec tout ce qu’il y a de bon et de mortel dans ce phénomène. (…)  il n’y a plus de sacrifice et donc les hommes sont exposés à la violence et il n’y a plus que deux choix : soit on préfère subir la violence soit on cherche à l’infliger à autrui. Le Christ veut nous dire entre autres choses : il vaut mieux subir la violence (c’est le sacrifice de soi) que de l’infliger à autrui. Si Dieu refuse le sacrifice, il est évident qu’il nous demande la non-violence qui empêchera l’Apocalypse. René Girard
L’avenir apocalyptique n’est pas quelque chose d’historique. C’est quelque chose de religieux sans lequel on ne peut pas vivre. C’est ce que les chrétiens actuels ne comprennent pas. Parce que, dans l’avenir apocalyptique, le bien et le mal sont mélangés de telle manière que d’un point de vue chrétien, on ne peut pas parler de pessimisme. Cela est tout simplement contenu dans le christianisme. Pour le comprendre, lisons la Première Lettre aux Corinthiens : si les puissants, c’est-à-dire les puissants de ce monde, avaient su ce qui arriverait, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de la Gloire – car cela aurait signifié leur destruction (cf. 1 Co 2, 8). Car lorsque l’on crucifie le Seigneur de la Gloire, la magie des pouvoirs, qui est le mécanisme du bouc émissaire, est révélée. Montrer la crucifixion comme l’assassinat d’une victime innocente, c’est montrer le meurtre collectif et révéler ce phénomène mimétique. C’est finalement cette vérité qui entraîne les puissants à leur perte. Et toute l’histoire est simplement la réalisation de cette prophétie. Ceux qui prétendent que le christianisme est anarchiste ont un peu raison. Les chrétiens détruisent les pouvoirs de ce monde, car ils détruisent la légitimité de toute violence. Pour l’État, le christianisme est une force anarchique, surtout lorsqu’il retrouve sa puissance spirituelle d’autrefois. Ainsi, le conflit avec les musulmans est bien plus considérable que ce que croient les fondamentalistes. Les fondamentalistes pensent que l’apocalypse est la violence de Dieu. Alors qu’en lisant les chapitres apocalyptiques, on voit que l’apocalypse est la violence de l’homme déchaînée par la destruction des puissants, c’est-à-dire des États, comme nous le voyons en ce moment. Lorsque les puissances seront vaincues, la violence deviendra telle que la fin arrivera. Si l’on suit les chapitres apocalyptiques, c’est bien cela qu’ils annoncent. Il y aura des révolutions et des guerres. Les États s’élèveront contre les États, les nations contre les nations. Cela reflète la violence. Voilà le pouvoir anarchique que nous avons maintenant, avec des forces capables de détruire le monde entier. On peut donc voir l’apparition de l’apocalypse d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Au début du christianisme, l’apocalypse semblait magique : le monde va finir ; nous irons tous au paradis, et tout sera sauvé ! L’erreur des premiers chrétiens était de croire que l’apocalypse était toute proche. Les premiers textes chronologiques chrétiens sont les Lettres aux Thessaloniciens qui répondent à la question : pourquoi le monde continue-t-il alors qu’on en a annoncé la fin ? Paul dit qu’il y a quelque chose qui retient les pouvoirs, le katochos (quelque chose qui retient). L’interprétation la plus commune est qu’il s’agit de l’Empire romain. La crucifixion n’a pas encore dissout tout l’ordre. Si l’on consulte les chapitres du christianisme, ils décrivent quelque chose comme le chaos actuel, qui n’était pas présent au début de l’Empire romain. (..) le monde actuel (…) confirme vraiment toutes les prédictions. On voit l’apocalypse s’étendre tous les jours : le pouvoir de détruire le monde, les armes de plus en plus fatales, et autres menaces qui se multiplient sous nos yeux. Nous croyons toujours que tous ces problèmes sont gérables par l’homme mais, dans une vision d’ensemble, c’est impossible. Ils ont une valeur quasi surnaturelle. Comme les fondamentalistes, beaucoup de lecteurs de l’Évangile reconnaissent la situation mondiale dans ces chapitres apocalyptiques. Mais les fondamentalistes croient que la violence ultime vient de Dieu, alors ils ne voient pas vraiment le rapport avec la situation actuelle – le rapport religieux. Cela montre combien ils sont peu chrétiens. La violence humaine, qui menace aujourd’hui le monde, est plus conforme au thème apocalyptique de l’Évangile qu’ils ne le pensent. René Girard
Dans le monde actuel, beaucoup de choses correspondent au climat des grands textes apocalyptiques du Nouveau Testament, en particulier Matthieu et Marc. Il y est fait mention du phénomène principal du mimétisme, qui est la lutte des doubles : ville contre ville, province contre province… Ce sont toujours les doubles qui se battent et leur bagarre n’a aucun sens puisque c’est la même chose des deux côtés. Aujourd’hui, il ne semble rien de plus urgent à la Chine que de rattraper les Etats-Unis sur tous les plans et en particulier sur le nombre d’autoroutes ou la production de véhicules automobiles. Vous imaginez les conséquences ? Il est bien évident que la production économique et les performances des entreprises mettent en jeu la rivalité. Clausewitz le disait déjà en 1820 : il n’y a rien qui ressemble plus à la guerre que le commerce. Souvent les chrétiens s’arrêtent à une interprétation eschatologique des textes de l’Apocalypse. Il s’agirait d’un événement supranaturel… Rien n’est plus faux ! Au chapitre 16 de Matthieu, les juifs demandent à Jésus un signe. « Mais, vous savez les lire, les signes, leur répond-t-il. Vous regardez la couleur du ciel le soir et vous savez deviner le temps qu’il fera demain. » Autrement dit, l’Apocalypse, c’est naturel. L’Apocalypse n’est pas du tout divine. Ce sont les hommes qui font l’Apocalypse. René Girard
Bailie livre une sorte d’Apocalypse — « révélation » où il ne s’agit pas tant de montrer la violence que de la dire — de la dire dans des termes irrécusables alors que, précisément, toute l’histoire de l’humanité pourrait se résumer en cette tentative pour taire la violence, pour nier qu’elle fonde toute société, et qu’elle doit être dépassée. Choix de taire ou de dire, choix de sacraliser ou de démasquer pour toujours. Un livre qui (…) révèle avec tant de clarté et de lucidité les « choses cachées » depuis la fondation du monde : il nous révèle dans un aujourd’hui pressant des choix qui nous concernent. Il traque le sens qui se cache au coeur des monstres sacrés ( ! ) de la littérature ou des faits retentissants de notre actualité. Impossible d’échapper à l’interpellation, de ne pas re-considérer toutes ces « choses » et surtout ce sujet — la violence — qui fait tellement partie de notre quotidien qu’on en oublie son vrai visage. (…) un cheminement révélateur pour parcourir des sentiers que nous empruntons : la littérature, la philosophie, la politique, la culture, l’information, bref, tout ce qui fait de nous des membres de cette humanité convoquée pour une lecture violente de notre heure. (…) La Violence révélée propose une analyse de la crise anthropologique, culturelle et historique que traversent les sociétés contemporaires, à la lumière de l’oeuvre de René Girard. Dans La Violence et le sacré, puis Des choses cachées depuis la fondation du monde, Girard avait montré le rôle essentiel de la violence pour les sociétés : un meurtre fondateur est à l’origine de la société. Girard met en évidence la logique victimaire : pour assurer la cohésion, le groupe désigne un bouc émissaire et défoule la violence sur lui — violence qui devient sacrée puisque ritualisée. Le meurtre et le sacrifice rituel renforcent les liens de la communauté qui échappe ainsi au chaos de la violence désorganisée. La violence sur le bouc émissaire a donc une fonction cathartique. Elle reste de la violence mais elle est dépouillée de son effet anarchique et destructeur. Les mythes garderaient mémoire de ce sacrifice mais tairaient la violence faite à la victime en la rationalisant : « le mythe ferme la bouche et les yeux sur certains événements ». Voilà donc le grand « mensonge », relayé par les rituels, des religions archaïques qui sont incapables de découvrir le mécanisme victimaire qui les fonde. Un autre concept girardien fondamental est celui du « désir mimétique ». Les passions (jalousie, envie, convoitise, ressentiment, rivalité, mépris, haine) qui conduisent à des comportements violents trouvent leur origine dans ce désir mimétique. Dans l’acceptation girardienne du terme, le désir représente l’influence que les autres ont sur nous ; le désir, « c’est ce qui arrive aux rapports humains quand il n’y a plus de résolution victimaire, et donc plus de polarisations vraiment unanimes, susceptibles de déclencher cette résolution » [Girard]. La « mimesis », souvent traduite par « imitation » (ce qui est inexact, ainsi que le souligne Bailie, car ce terme comporte une dimension volontaire alors que ce n’est pas conscient) est cette « propension qu’a l’être humain à succomber à l’influence des désirs positifs, négatifs, flatteurs ou accusateurs exprimés par les autres » . Personne n’échappe à cette logique. D’où l’effet de foule qui exacerbe les comportements mimétiques. La rivalité qui naît de la mimesis — on désire ce que désire l’autre — oblige à résoudre le conflit en le déplaçant sur une victime. Or le Christianisme démonte le schéma sacrificiel en révélant l’innocence de la victime : la Croix révèle et dénonce la violence sacrificielle. Elle met à nu l’unanimité fallacieuse de la foule en proie au mimétisme collectif et la violence contagieuse : la foule, elle, « ne sait pas ce qu’elle fait », pour reprendre les paroles du Christ en croix. Jésus propose une voie hors de la logique des représailles et de la vengeance en invitant à « tendre l’autre joue ». La non-violence révèle à la violence sa propre nature et la désarme. A partir des concepts girardiens, Bailie examine les conséquences de la révélation évangélique pour la société humaine. Il entreprend l’exploration systématique de l’histoire de l’humanité et sa tentative pour sortir du schéma de la violence sacrificielle. Son hypothèse centrale est que « la compassion d’origine biblique pour les victimes paralyse le système du bouc émissaire dont l’humanité dépend depuis toujours pour sa cohésion sociale. Mais la propension des êtres humains à résoudre les tensions sociales aux dépens d’une victime de substitution reste ». Ce que les Ecritures « doivent accomplir, c’est une conversion du coeur de l’homme qui permettra à l’humanité de se passer de la violence organisée sans pour autant s’abîmer dans la violence incontrôlée, dans la violence de l’Apocalypse » [p. 31]. Or qu’en est-il ? La Bible, en proposant la compassion pour les victimes, a permis « l’éclosion de la première contre-culture du monde, que nous appelons la ‘‘culture occidentale’’ ». La Bible, notre « cahier de souvenirs », est une chronique des efforts accomplis par l’homme pour renoncer aux formes primitives de religion et aux rituels sacrificiels, et s’extirper des structures de la violence sacrée. Ainsi, avec Abraham, le sacrifice humain est abandonné ; les commandements de Moise indiquent la voie hors du désir mimétique (« tu ne convoiteras pas » car c’est la convoitise qui mène à la rivalité et la violence). Baillie s’attarde sur le récit biblique car pour lui il contient une valeur anthropologique essentielle ; il permet en effet d’observer « les structures et la dynamique de la vie culturelle et religieuse conventionnelles de l’humanité et d’être témoin de la façon dont ces structures s’effondrent sous le poids d’une révélation incompatible avec elles ». Peut-être peut-on parler de prototype de l’avènement de l’humanité à elle-même. Dans la Bible, la révélation est en cours et l’on peut mesurer les conséquences déstabilisantes sur le peuple de cette révélation. Pas un hasard, donc, que le Christ se soit incarné dans la tradition hébraïque déjà aux prises avec la révélation. (…) Les Evangiles, donc, ont rendu moralement et culturellement problématique le recours au système sacrificiel. Toutefois, « les passions mimétiques qu’il pouvait jadis contrôler ont pris de l’ampleur, jusqu’à provoquer la crise sociale, psychologique et spirituelle que nous connaissons ». L’Occident, en effet, est sorti du schéma de la violence sacrificielle, mais son impossibilité à embrasser le modèle proposé par l’Evangile a pour conséquence la descente dans la violence première. La distinction morale entre « bonne violence » et « mauvaise violence » n’est plus « un impératif catégorique ». Puisque nous vivons dans un monde où la violence a perdu son prestige moral et religieux, « La violence a gagné en puissance destructrice »: elle a perdu «  son pouvoir de fonder la culture et de la restaurer ». L’effondrement de la distinction cruciale entre violence officielle et violence officieuse se révèle par exemple dans le fait que les policiers ne sont plus respectés (Bailie oppose cela à la scène finale de Lord of the Flies où les enfants sont arrêtés dans leur frénésie de violence par la simple vue de l’officier de marine : son « autorité morale » bloque le chaos). Donc, puisque le violence a perdu son aura religieuse, « la fascination que suscite sa contemplation n’entraîne plus le respect pour l’institution sacrée qui en est à l’origine. Au contraire, le spectacle de la violence servira de modèle à des violences du même ordre ». De la violence thérapeutique, on risque fort de passer à une violence gratuite, voire ludique. A l’instar du Christ qui utilise les paraboles pour « révéler les choses cachées depuis la fondation du monde  », Bailie utilise des citations tirées de la presse contemporaine « de façon à montrer quelles formes prend la révélation de la violence dans le monde d’aujourd’hui ». Bailie note plusieurs résurgences du « religieux », dans le culte du nationalisme par exemple. Le nationalisme fournit en effet une forme de transcendance sociale qui renforce le sentiment communautaire, et devient un « ersatz de sacré » qui conduit encore à la violence sur des « boucs émissaires ». Il note aussi comment la rhétorique de la guerre légitime (mythifie même) la violence. Ainsi ce général salvadorien chargé du massacre de femmes et d’enfants en 1981 s’adresse à son armée en ces termes : « Ce que nous avons fait hier et le jour d’avant, ça s’appelle la guerre. C’est ça, la guerre […] Que les choses soient claires, il est hors de question qu’on vous entende gémir et vous lamenter sur ce que vous avez fait […] c’est la guerre, messieurs. C’est ça la guerre ». La philosophie même, pour Bailie, participerait du sacré mais n’en serait peut-être que le simulacre car « elle a érigé des formes de rationalité dont la tâche a été d’empêcher la prise de conscience de la vérité ». D’ou son impasse en tant que vraie transcendance. Dans le combat entre les forces du sacrificiel et de la violence collective, et la « déconstruction à laquelle se livre l’Evangile », qu’en est-il de l’autre protagoniste du combat, celui qui représente la révélation évangélique ? Sa puissance est d’un autre ordre. Bailie la voit à l’oeuvre, par exemple, dans deux moments, le chant d’une victime sur la montagne de la Cruz, et la prière d’un Juif à Buchenwald : « Paix à tous les hommes de mauvaise volonté  ! Qu’il y ait une fin à la vengeance, à l’exigence de châtiments et de représailles ». Et Bailie de conclure : « si nous ne trouvons le repos auprès de Dieu, c’est notre propre inquiétude qui nous servira de transcendance ». Le texte de l’Apocalypse « révèle » ce que les hommes risquent de faire « s’ils continuent, dans un monde désacralisé et sans garde-fou sacrificiel, de tenir pour rien la mise en garde évangélique contre la vengeance ». La seule façon d’éviter que l’Apocalypse ne devienne une réalité est d’accueillir l’impératif évangélique de l’amour. Pour Girard, « l’humanité est confrontée à un choix […] explicite et même parfaitement scientifique entre la destruction totale et le renoncement total à la violence ». A sa suite, Bailie identifie deux alternatives : soit un retour à la violence sacrée dans un contexte religieux non biblique, soit une révolution anthropologique que la révélation chrétienne a générée. Il s’agira donc d’arriver à résister au mal pour en empêcher la propagation : « la seule façon d’éviter la transcendance fictive de la violence et de la contagion sociale est une autre forme de transcendance religieuse au centre de laquelle se trouve un dieu qui a choisi de subir la violence plutôt que de l’exercer ». Marie Liénard
La concurrence entre États a pris une forme nouvelle et nous devons être prêts à y faire face. Les menaces auxquelles nous sommes confrontés ne sont pas à des milliers de kilomètres mais sont maintenant aux portes de l’Europe. Nous avons vu comment la guerre informatique peut être menée sur le champ de bataille et perturber la vie des gens. Au Royaume-Uni, nous ne sommes pas à l’abri de cela. Général Nick Carter
La menace du terrorisme international (…) s’est diversifiée et est plus dispersée, et nous voyons le phénomène que Daech représente émergeant dans d’autres parties du monde. Et bien sûr, nous avons appris que n’importe qui peut devenir un terroriste ces jours-ci – simplement en louant un véhicule ou à coups de machette. (…) Nous vivons aujourd’hui dans un monde beaucoup plus compétitif et multipolaire, et la nature complexe du système mondial a créé les conditions dans lesquelles les États sont en mesure d’affronter la concurrence de nouvelles façons, en deçà de ce que nous aurions défini comme une « guerre » dans le passé. Mais, ce qui est inquiétant, c’est que tous ces États sont passés maîtres dans l’exploitation des zones d’ombre entre la paix et la guerre. Ce qui constitue une arme dans cette zone d’ombre ne fait pas nécessairement “boum”. L’énergie, l’argent sous forme de pots-de-vin, les pratiques commerciales malhonnêtes, les cyberattaques, les assassinats, les fausses nouvelles, la propagande et même l’intimidation militaire sont autant d’exemples d’armes utilisées pour tirer profit de cette ère de « concurrence constante. L’architecture internationale fondée sur des règles qui a assuré notre stabilité et notre prospérité depuis 1945 est donc menacée. Il ne s’agit pas d’une crise, ni d’une série de crises auxquelles nous sommes confrontés. C’est un défi stratégique. Et cela nécessite une réponse stratégique. Gen Nick Carter (chef d’état-major des forces britanniques)
L’islamisme, c’est le FN du musulman déclassé. Hakim El Karoui
J’étais outré lors des débats par les rires. Moi, ça ne me fait pas rire. Je ne suis pas ici au spectacle. Bendaoud a réussi à transformer le tribunal en théâtre de boulevard. Ces énergumènes n’ont ni foi ni loi. Victime des attentats du Bataclan
Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle. (…) Je pense que ça c’est un résidu d’archaïsme (…) Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort. Mais par contre ça m’est arrivé d’avoir des rapports sexuels avec des gens qui ne me plaisaient pas spécialement. Parce que voilà c’était plus facile de céder à la personne ou parce que c’était une partouze et qu’on était en groupe. Catherine Millet
Les hébergements proposés ne le sont que pour quelques jours et on ballotte les gens d’un bout à l’autre de l’Ile-de-France. Beaucoup ne veulent pas quitter leur bout de trottoir de peur de perdre leur place et le peu d’affaires qu’ils conservent, mais aussi de couper les liens qu’ils ont pu nouer avec les riverains, les commerçants. Ils ont besoin de stabilité et on ne la leur offre pas. Nicolas Clément (collectif Les morts de la rue, bénévole au Secours catholique)
Pour ces jeunes gens, la rue, c’est d’abord le choix d’être en marge, souvent en groupe. Et même quand ce choix n’en est plus un, il reste le désir de ne pas être contraint par des horaires, la collectivité, la promiscuité ou la nécessité de quitter ses animaux, comme c’est le cas dans les centres d’accueil. Marie-Laurence Sassine
Trois Capverdiens ont été interpellés, dimanche soir à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), pour violences volontaires, acte de barbarie et anthropophagie ayant entraîné une mutilation permanente. Vers 18 heures, allée Hector-Berlioz, quatre hommes se disputent pour une histoire d’argent. Trois hommes se liguent pour en frapper un quatrième. Ils le mordent violemment à la lèvre inférieure et à l’oreille gauche avant d’ingérer les morceaux de chair arrachés. La victime se défend en portant des coups à ses agresseurs. Elle parvient à blesser l’un d’eux à une cheville. La police et les secours sont finalement intervenus. Les trois agresseurs ont été arrêtés. Les deux blessés, victime et agresseur, ont été transportés à l’hôpital de Montfermeil (Seine Saint-Denis). Le commissariat est chargé de l’enquête. Le Parisien
This election season, the candidacy of Donald Trump has provoked a crise de conscience in the ranks of conservatives. But whatever our sympathy for those who banded together to oppose Trump in the January 21 issue of The National Review or for the politicians who have brawled with him on stage, and of whatever use such gestures are politically, they surely have had little value in clarifying the crisis of conservatism that has led to Trump’s rise. Instead of focusing on Trump’s business practices and on the ignorance of his supporters, conservatives might do well to consider the possibility that his success reflects an objective political reality: the relative uselessness in a victimocracy of taking “conservative positions,” when the more urgent task is to relegitimize the liberal-conservative dialogue through which policy has traditionally gotten made in a democratic republic. In a word, restoring the art of the deal.  (…) And it goes unmentioned on the right as well as the left that the result of the latter’s promotion of minority concerns not as group interests but in the guise of victimary social justice is that, while its bureaucratic saviors enrich themselves, the minority community has experienced previously unknown levels of social disintegration, with results clearly visible in Detroit, Baltimore, Washington DC, Saint Louis…. There are precious few fora to the left of the ominous “alt-right” where such concerns can be aired. As I pointed out in Chronicle 508, Trump embodies far more than he articulates resistance to the victimocracy. Yet this is indeed an issue concerning which, at this historical moment, embodiment is more important than articulation. Although Trump rarely denounces PC by name, his demeanor loudly proclaims his rejection of White Guilt—unlike Bernie, he has no trouble telling Black Lives Matter protesters that “all lives matter.” Trump’s unexpected staying power—leading to his “presidential” performance at the March 10 debate—reflects to my mind far more than attractiveness to the benighted bearers of poor-white resentment. On the contrary, Trump’s continual emphasis on “deals” suggests a sharp intuition of how to adapt conservatism to the current victimocratic context. Before we can exercise Buckley’s Burkean resistance to unnecessary change, we have to return to the left-right dichotomy of the Assemblée Nationale. What is required at this moment is not conservatism as usual, but second-degree conservatism, metaconservatism. The contempt of the voting public for Washington’s inability to “get anything done” reflects the fact that under the current administration, the shift of Democratic politics from liberalism to progressivism, from focusing on the concerns of the working class to those of ascriptive minorities, involves a fundamental change from defending interests to seeking justice. The first can be negotiated on a more or less level footing with opposing interests; the second can only be resisted by unregenerate evil-doers, which is more or less the way the current president and his potential Democratic successors characterize the representatives of the other party. In this noxious context, the (meta)conservative position is not to deny victimary claims, but tonormalize them: to turn them back into assertions of interests to be negotiated as political questions were in days of old—in a word, into issues that can be settled by making a deal. Victimary activism should not in itself guarantee representative status for its leaders on campuses and elsewhere. But when university officials find it appropriate to hold discussions with representatives of the black or gay or Muslim student body, by making it clear that they view the latter as interest groups rather than as communities of the oppressed, they can avoid putting themselves, as such officials all too often do, in a situation of moral inferiority. There is no reason not to allow a group to express what it considers its legitimate interests; there is every reason not to consider the expression of these interests a priori as “demands for justice.” In their preoccupation with denouncing Trump as a false conservative, the guardians of the flame forget that at a time when the victimary left seeks to portray the normal order of things in American society as founded on privilege and discrimination, Trump’s supporters turn to him as a figure of hope because his mind, unclouded by White Guilt, views the political battlefield, foreign as well as domestic, as a place for making deals. This used to be called Realpolitik. All too often, to read today’s mainstream press, let alone more extreme publications such as the new New Republic or Salon, is to be subjected to the verbal equivalent of race war. The political discourse of Sanders and Clinton is deeply impregnated with this same rhetoric. Whether or not Trump is its nominee, I hope the Republican party does not need another general election loss to teach it that to articulate and defend a conservative position today, it is first necessary to reject the victimary moralization of politics and return to the liberal-democratic continuum within which conflicts can be mediated. At that point, regardless of the party in power, liberals and conservatives can argue their points, and then come together and make a deal. Eric Gans
One of Christianity’s contributions to civilization has been a startling compassion for the victim. As René Girard has pointed out, from the beginning of time primitive peoples focused their animus on the outsider, the oddball, or the eccentric in their midst. It was the disabled, the alien, the poor, and the weak who most often took the blame for society’s ills. The crowd turned on them as the origin and cause of their problems. They became the scapegoat. As they were ostracized, excluded, persecuted, and killed, the source of the tribe’s problems was eliminated. Consequently, the tribe felt cleansed. The violence unleashed a feeling of power and freedom. As the evil was purged, thrill surged. All was well. Life could continue and the tribe could prosper. Until, of course, another crisis developed—and at that point another victim would be needed. Because of the regularity of the crises, religions developed the ritual of regular sacrifice. Victims were found, throats were cut, blood was shed, and if animals were substituted, it did not mitigate the truth that the society still ran on the blood-fuel of the victim. This may seem terribly primitive in a modern age, until one see videos of ISIS soldiers ritually beheading their victims. Modern Americans may think they are far removed from the barbarities of the Aztecs until they view a video of a wine-sipping high priestess of the cult of abortion describing how she dismembers children and harvests their organs. Is this so far removed from the haruspication of the ancients? When crazed and enraged young men—be they Islamist or racist extremists—open fire on their innocent victims, are we so far from Girard’s theory of the scapegoat? Girard points out that Jesus of Nazareth turned the model on its head. He does so first by valuing the victim. The poor, the outcast, the crippled, diseased, blind, and demon-possessed are his prizes. He treasures children and magnifies women. He turns the sacrificial system upside down not only by valuing the victim, but by becoming the victim. He accepts the victim role and willingly becomes “the Lamb of God” who takes away the sin of the world. He defeats the sacrificial system by embracing it. He breaks it from the inside. For the last two thousand years, the world has been learning that the victim is the hero. The problem is that everyone is jumping on the bandwagon. Being a victim is fashionable—ironically, becoming bullied is now the best way to bully others. It works like this: If you want to move forward in the world, make progress for you and your tribe, further your ambitions, justify your immoral actions, grab a bigger piece of the pie, and elbow others away from the trough, simply present yourself and your tribe as victims. Once you successfully portray yourselves as a poor, outcast, persecuted, minority group you instantly gain the sympathy of all. The first key to success in this campaign is to portray your victim condition as something over which you have no control. This is clear when the victim group is a racial or ethnic minority. The same sense of unjust destiny has to be produced for other groups. So the feminists have exploited the technique to portray all women as downtrodden. Homosexual campaigners have likewise insisted that their condition is something they were born with, and now anyone with a sexual proclivity that is other than heterosexual can be portrayed as a misunderstood and persecuted victim. People suffering from any kind of illness, disability, or misfortune are victims of some sort of injustice, cruelty, or neglect. Those who suffer from poverty, addiction, broken families, psychological problems, emotional distress, or just plain unhappiness are victims too. The victim mentality is linked with an entitlement culture: Someone must be culpable for the unhappiness of the victims because someone should be responsible for making them happy. The second step in effective victim-campaigning is to accumulate and disseminate the propaganda. Academic papers must be written. Sociological studies must be undertaken. Groundbreaking books must be published. Stories of the particular minority group being persecuted must make front page news. The whimpers of the persecuted must rise to heaven. The shock at their victimhood must be expressed as “sadness,” “concern,” and “regret.” If one is not sympathetic, if one is reticent to pour balm in the victim’s wounds, then the bullying begins. You must recognize the victim. You must be sympathetic. You must be tolerant. You must join the campaign to help the victim, solve their problems, and make them happy at last. If you do not, you are not only hard-hearted, you are part of the problem. The third stage of the campaign is the release of anger. Once the victim is identified and the information is widespread, the rage can be released. The anger must be expressed because, without knowing it, a new cycle of tribal scapegoating has developed. As the tribe gathers around the victim in sympathy, they must find the culprit, and their search for the culprit (whether he is guilty or not does not matter) sends them on the same frantic scapegoating quest that created their victim in the first place. The supposed persecutors have now become the persecuted. The unhappiness of the tribe (which presents itself as sympathy for the victim) is now focused on violence against the new victim—and so the cycle of sin and irrational rage continues. Observe American society today. Everywhere you look we are apportioning blame and seeking scapegoats. The blacks blame the whites. The whites blame the blacks. The homosexuals blame the Christians. The Christians blame the homosexuals. The Republicans blame the immigrants. The immigrants blame the residents. The workers blame the wealthy. The wealthy blame the workers. Why has our society descended into the violence of scapegoating and blame? Because it is inevitable. The victimhood cycle will continue through cycles of revenge and further victimhood unless there is an outlet. Where is there an end to the cycle of violence and victimization? There is only one solution: Find a constant victim—one who is the eternal victim and remains the victim. How is this done? It is done within the religion of a society. If a society has a religion of sacrifice the ritual victim becomes the focus of the tribal animus. The ritual victim becomes the constant scapegoat. The ritual victim becomes the psychological safety valve. Catholicism, of course, is the only religion in the modern world which, astoundingly, still claims to be offering a sacrifice. This is why the ancient celebration of the Mass is still so vital in the modern world—because there the one, full, final sacrifice is re-presented for the salvation of the world. The problem is that we are not a sacrificial and a sacramental people. We do not understand what the liturgy calls “these holy mysteries.” Most Catholics in America are embarrassed by the language of sacrifice. We are a blandly utilitarian race–shallow, and lacking in imagination. We are uncomfortable with blood sacrifices and cannot understand the rituals of redemption. American Catholics prefer their liturgy to be a banal family meal where they sing happy songs about making the world a better place. It is no longer a sacred sacrifice or a holy mystery, but a cross between a campfire and a pep rally. Dwight Longenecker
In recent years, a number of Christian writers, inspired by French critic and philosopher René Girard, have stressed with new urgency how the Bible shows the way in which groups and societies work out their fears and frustrations by finding scapegoats. Because we compete for the same goods and comforts, we need to sustain our competition with our rivals and maintain distance from them. But to stop this getting completely out of hand, we unite with our rivals to identify the cause of the scarcity that makes us compete against each other, with some outside presence we can all agree to hate. Just as the BBC drama suggested, Jesus’s context was one where Judaeans and Romans equally lived in fear of each other, dreading an explosion of violence that would be destructive for everyone. Their leaders sweated over compromises and strategies to avoid this. In such a context, Jesus offered a perfect excuse for them to join in a liberating act of bloodletting which eliminated a single common enemy. The spiral of fear was halted briefly. Frequently in this mechanism, the victim has little or nothing to do with the initial conflict itself. But in the case of Jesus, the victim is not only wholly innocent; he is the embodiment of a grace or mercy that could in principle change the whole frame of reference that traps people in rivalry and mutual terror. Thus the scapegoat mechanism is exposed for what it is – an arbitrary release of tension that makes no difference to the underlying problem. And if you want to address the underlying problem, perhaps you should start listening to the victim. (…) But what if the Christian story (…) proposed a way of understanding some of the most pervasive and dangerous mechanisms in human relationships, interpersonal or international? It doesn’t take much imagination to see how internally divided societies find brief moments of unity when they have successfully identified some other group as the real source of their own insecurity. Look at any major conflict in the world at the moment and the mechanism is clear enough. Repressive and insecure states in the Islamic world demonise a mythical Christian ‘West’, while culturally confused, sceptical and frightened European and North American societies cling to the picture of a global militant Islam, determined to ‘destroy our way of life’. Two fragile and intensely quarrelsome societies in the Holy Land find some security in at least knowing that there is an enemy they can all hate on the other side of the wall. A crumbling dictatorship in Zimbabwe steps up the rhetoric of loathing and resentment towards the colonial powers that create the poverty and the shortages. Nearer home, disadvantaged communities make sense of their situation by blaming migrants and asylum seekers. It’s not that the fears involved are unreal. Global terrorism is a threat, Israel and Palestine really do menace each other’s existence, colonialism isn’t an innocent legacy and so on. But the exploitation of these real fears to provide a ‘solution’ to more basic problems both breeds collective untruthfulness and makes any rational handling of such external fears infinitely harder. It breeds a mentality that always seeks to mirror the one who is threatening you. It generates the ‘zero-sum game’ that condemns so many negotiations to futility. Worst of all, it gives a fragile society an interest in keeping some sort of external conflict going. Consciously or not, political leaders in a variety of contexts are reluctant to let go of an enemy who has become indispensable to their own stability. The claim of Christianity is both that this mechanism is universal, ingrained in how we learn to behave as human beings and that it is capable of changing. It changes when we recognise our complicity and when we listen to what the unique divine scapegoat says: that you do not have to see the rival as a threat to everything, that it is possible to believe that certain values will survive whatever happens in this earth’s history because they reflect the reality of an eternal God; that letting go of the obsessions of memory and resentment is release, not betrayal. (…) Yes, the Christian church has been guilty of colossal evasion, colluding in just those scapegoating mechanisms it exists to overcome. Its shameful record of anti-semitism is the most dramatic reversal of the genuine story it has to tell, the most dramatic example of claiming that the killing of Jesus was indeed about them and not us. Rowan Williams (Archbishop of Canterbury)
In Girard’s analysis, the Cult of Victimhood is, though unacknowledged by its practicioners, literally a Christian heresy (or more accurately, a Judeo-Christian heresy, if one can say that).  For Girard, the death and resurrection of Jesus Christ reveals to the world the mechanism of scapegoating–a victim is selected from among the people and sacrificed in order to discharge our rivalrous, imitative desires, and that sacrifice becomes both ritualized and camouflaged so that we are unaware of our participation.  Jesus, finishing a process begun at the beginning of the Hebrew Scriptures, comes to strip off the veil over our eyes, to reveal to us the truth.  Where once we held fast to the idea that the victim really deserved to be sacrificed, we now understand that the victim is innocent. Girard insists that this bell cannot be un-rung, and society can never go back to the way it was prior to Easter Sunday.  But that does not mean that scapegoating is ended forever.  It simply means that we as a people cannot rely on the simplistic old versions of the sacred to sustain the Big Lie.  Instead, if we want to avoid the hard work of imitating Jesus, forgiving our enemies, and learning to live in peace, we have to construct a new version of the Big Lie.  This new narrative has to incorporate on some level what Alison calls the « Intelligence of the Victim » that is provided by Jesus’s life, death and resurrection (since that is now a permanent part of human understanding), while still finding a way to create space for sacrificing victims. One way to do this, as Jean-Pierre Dupuy has explored in Marks of the Sacred and Economy and the Future, is to set up supposedly « neutral, » technocratic systems to, in essence, « do the dirty work for you » while keeping a clean conscience (« I’m not punishing the poor, it’s just ‘market forces’ that are leaving people destitute » etc.).  But the other way is through the Cult of Victimhood.  The Cult of Victimhood begins by appropriating the Intelligence of the Victim, recognizing the truth that discrete groups are often persecuted unjustly by virtue of being a discrete group, and not as a result of anything for which they are responsible.  And the Cult of Victimhood insists, correctly, that persecution of the particular discrete group at issue is unjust and should be stopped.  So far, so good.  But then the Cult of Victimhood turns being a victim into a status, defining itself in terms of the marker (either directly or indirectly) of having been through the experience of being a victim. The Cult of Victimhood is thus an inversion of the normal, pre-Christian process of the Sacred–rather than the majority forming an identity over and against some identifiable minority victim or group of victims through the process of victimization, the minority forms an identity over and against the majority by virtue of being victimized, either presently or at some point in the past. This creates three serious problems.  First, the identity of the group is tied up in the status of being a victim.  Thus, perversely, there is an incentive for the minority to seek to be victimized, because it supports and reinforces the group identity, leading to counter-productive co-dependent relationships with the persecuting majority.  Or, at a minimum, the minority needs to perceive itself as being victimized in order to shore up its self-identity, leading to incentives to find persecution behind every rock or tree, even when it is not there. The second problem is that the Cult of Victimhood creates a tempting platform to seize the moral high ground.  In light of the message of Jesus, we have an obligation to have special moral concern for victims as victims.  But it does not follow that those that are victimized have some special moral qualities or status by virtue of being victims.  Being a victim does not necessarily make you wiser, or more just, or better able to discern moral realities in the world around you, because being a victim is ultimately and fundamentally arbitrary.  As the great Ta-Nehisi Coates says, « [w]e, too, are capable of fictions because, as it turns out, oppression confers no wisdom and is rarely self-improving. »  But the Cult of Victimhood seizes on being a victim to provide a kind of imputed righteousness.  Once again, this is an inversion for the old vision of the Sacred–whereas before the society explained that victims became victims through some narrative of moral failure, now the victims understand their victim status through a narrative of their own moral superiority. In doing so, it sets up a purely binary, Manichean distortion of the Gospel message, dividing the world into fixed categories of victims who are righteous and victimizers who are unrighteous.  This binary system acts as a kind of moral shield for their own behavior.  The logical chain goes like this:  because I am a victim, I am righteous; because I am righteous, those that challenge or critique that righteousness (especially if the critique comes from those that victimized me) are per se wrong and their critique is per se illegitimate; thus, I can stay in a comfortable bubble of my own imputed righteousness.  Because I am an innocent victim, I don’t have to take seriously any critiques of my own actions. This in turn leads to the third problem.  Because of the power of feature #1 and especially feature #2 of the Cult of Victimhood, everyone wants to get in on the action.  And, given both the pervasive nature of scapegoating and the cultural awareness of the phenomenon (even if inchoate) brought about by thousands of years of Judeo-Christian presence, everyone can get in on the action if they look hard enough.  Everyone can craft a story of why they are the « real » victims over and against some group of victimizers.  What results is an utterly intractable set of mutually incompatible victimhood narratives, in which every group is the righteous but persecuted minority over and against some nefarious overculture. In an attempt to resolve this deadlock, the basic instinct (especially for the partisans of one competing narrative or another) is to try to adjudicate who are the « real » victims and who is the « fake » victims.  Girard would insist that this is an utterly futile activity, because all of these stories of victimhood are on some level true and on some level self-serving nonsense.  The fact of being the victim is true, but the narrative of why the victimization occurred, tied into some group identity and moral status, is not.  And it is not true because, again, being a victim is arbitrary.  Sometimes you are victimized because of some trait you happen to have (like race or gender), sometimes it is because of some social group you happen to belong to that happens to be on the short end of the stick for whatever reason (like LGBT folks), sometimes it is for no reason at all.  The only real difference between the victim and the victimizer is circumstance.  Or, to put it another way, there has only been one truly innocent victim in all of history, and He was last seen outside of Jerusalem 2000 years ago and 40 days after Easter Sunday. Again, it’s crucial, here and elsewhere, to draw a very clear line between the fact of victimization and the status as a victim.  People get victimized, and we have a moral obligation to try to end the victimization.  But the Cult of Victimization makes that project more difficult, because it weaponizes victimization and intermixes genuine victimization with dubious claims of moral righteousness.  It also incentivizes out-and-out bogus claims of victimization, because the power of victimhood status is too enticing. To see an example of the Cult of Victimhood in action, consider this piece from Andrew Sullivan about Trump.  In the piece, Sullivan makes the point that one key dimension of why white, working-class voters have rallied to Trump is the disdain shown by cultural elites (mostly liberal but also conservative, to the extent those are still distinct categories) toward the culture and values of said white working-class people.  The reaction on social media to the piece was very telling.  Instead of pushing back on the thesis (i.e., « you are wrong, Andrew, we don’t disdain the values of these folks. »), or to admit the thesis and stand firm on the position (i.e. « yes, Andrew, we do disdain the values of these folks because these values are bad. »), the reaction was to criticize Sullivan for failing to assert that racism (and, to a lesser extent, homophobia) was the « real » reason why these voters were supporting Trump. First off, Sullivan does talk about that in the piece.  But, more to the point, seizing on Sullivan’s purported failure to talk about race or homophobia is a way to side-step and de-legitimize the basic point that cultural elites disdain a big chunk of the population.  Because, if the « real » issue is race or homophobia, then in the Cult of Victimhood world the issues and objections of white working class folks are per se illegitimate, because they are the unrighteous victimizers.  In other words, yelling at Sullivan for failing to talk about race is another way of saying « their assertion of victimhood status is bogus because my victimhood status is real, and because my victimhood status is real their assertion of victimhood status must be bogus. »  And, of course, the same story can (and is) being said on the other side.  Which is why, along the lines of Sullivan’s piece, the 2016 U.S. Presidential election has been a heretofore unprecedented orgy of the Cult of Victimhood from all sides, and promises to become even more grotesque as we get closer to November. (…) The point is to talk about how the Cult of Victimhood works, and why it makes these kinds of debates so intractable.  No matter how real the persecution, the stories people tell regarding the persecution are fundamentally unreliable, especially if they divide the world into an « us » and a « them. »  And, once they are a « them, » we can stay safe in our bubble of righteousness. The power of Girard’s ideas, for me, is the constant and destabilizing claim of a radical equality–we are all victims, and we are all victimizers.  This doctrine cuts through both our self-serving claims to goodness as well as the paralyzing guilt of our wickedness. Michael Boyle
Even his most sympathetic biographers acknowledge that, as an officer of the Indian Imperial Police in Burma, he paid regular visits to the waterfront brothels of Rangoon. After spending time in Morocco, he also confessed to his friend Harold Acton that he ‘seldom tasted such bliss as with certain Moroccan girls’. A friend recalled Orwell saying that ‘he found himself increasingly attracted by the young Arab girls’. He confessed to the same friend that he told his wife, Eileen, he ‘had to have one of these girls on just one occasion’. Eileen agreed, and so he went ahead. During his marriage to Eileen, Orwell made an improper advance to a young woman, Lydia Jackson. ‘He did not attract me as a man and his ill health even aroused in me a slight feeling of revulsion,’ she recalled. Once he was better, he wrote Lydia a suggestive letter, letting her know when his wife was away, and adding: ‘I know it’s indiscreet to write such things in letters, but you’ll be clever & burn this, won’t you?’ But Lydia had no wish to go along with this deceit. ‘His masculine conceit annoyed me,’ she said. After the sudden death of Eileen, Orwell made a pass at another young woman, who lived in the flat below. ‘I wonder if you were angry or surprised when I sort of made advances to you that night . . .’ he wrote to her. ‘It is only that I feel so desperately alone . . . Of course, it’s absurd to make love to someone of your age.’ A few years ago, letters were discovered in which a childhood friend, Jacintha Buddicom, revealed that when Orwell was 15 and she was 17, a bit of canoodling had accelerated into something more violent, and he had attempted to rape her. Jacintha shouted, kicked and screamed before running home with a bruised hip and a torn skirt. Afterwards, she broke off all contact with him. Nearly 60 years later, Jacintha wrote to a relative about the additional hurt she suffered when she realised he had turned her into a character in his most famous book. She wrote: ‘At least you have not had the public shame of being destroyed in a classic book as Eric did to me. Julia in Nineteen Eighty-Four is clearly Jacintha, of that I feel certain . . . in the end he absolutely destroys me, like a man in hobnailed boots stamping on a spider. ‘It hurt my mother so much when she read that book that we always thought it brought on her final heart attack a few days later. Be glad you have not been torn limb from limb in public.’ Does this mean the works of George Orwell should be removed from libraries and bookshops? Of course not. But if he is to be excused, then why not other literary heroes? The Daily Mail
What a scandal for our times. Oxfam, that upholder of modern-day virtue, unassailable in its righteousness, buried for seven years that its aid workers exploited young girls. The men abused their power to have sex with desperate victims of the Haiti earthquake — the very people they were supposed to protect. Sadly Oxfam is not alone. Andrew Macleod, former chief operator of the UN Emerging Coordination Centre warns the infiltration of the aid industry by paedophiles is on the scale of the Catholic church — if not bigger. The aid industry has manipulated public opinion with the help of celebrities and politicians eager for the glitz of poverty porn. It’s a powerful and cosy lobby. Oxfam and Save the Children are prime overseas contractors for the DfID1. Many DfID workers are former activists from the NGO sector. Western media depend on aid agencies for access and transport in conflict areas. Dambisa Moyo, a global economist from Zambia, points out the first world has sent more than $1 trillion to Africa over the past 50 years. Far from ending extreme poverty, this fabulous sum promoted it. Between 1970 and 1998, when aid flows to Africa were at their peak, poverty in Africa rose from 11 per cent to a staggering 66 per cent. Of course there are other factors. But the more development aid a country receives, the less likely it is to enjoy economic success. Aid distorts home markets. Food aid, for example, causes agricultural sectors to shrink and makes famine more rather than less likely. The cascade of aid money permits government to abdicate its responsibility to fund health care, education and infrastructure. It promotes a disconnect between a government and its citizens. When foreign donors cover 40 per cent of the operating budgets of countries such as Kenya and Uganda, why would leaders listen to their citizens? Schmoozing2 foreign donors comes first. What Africa needs is not more ‘Band Aid solutions’ but jobs for the 60 per cent of Africans under the age of 24. ’And aid,’ as Moyo says, ‘has never created a single job.’ On Radio 4’s Today programme this week, Madeleine Rees, a human rights lawyer, insisted: ‘The majority of aid does good.’ She went on, ‘Who is going to get hurt if the aid budget is destroyed?’ Of course, like obedient children, we are meant to reply, ‘The poor.’ But as more and more stories emerge about waste and abuse, I wonder if aid doesn’t do more harm than good. Harriet Sergeant
Quel silence assourdissant face au suicide démographique de l’Europe à l’horizon 2050 ! Les projections démographiques des grandes régions du monde d’ici là sont connues et réévaluées tous les deux ans par les Nations unies et régulièrement par Eurostat pour les Etats membres de l’Union européenne[2], mais il faut être un spécialiste des bases de données pour s’en servir. De fait, personne n’en parle, surtout à Bruxelles où l’on préfère produire des rapports sur les révolutions technologiques, le développement durable ou la transition énergétique. Nous devons remplir notre fonction d’alerte, même si nous savons que nous ne serons plus là en 2050 pour regretter de ne pas avoir été entendus. Contrairement à l’Amérique du Nord qui verrait sa population augmenter de 75 millions d’habitants (soit deux fois moins que l’Amérique du Sud), l’Europe pourrait stagner autour de 500 millions d’habitants et perdre 49 millions de personnes en âge de travailler dans la tranche des 20-64 ans, dont 11 millions pour l’Allemagne. L’Espagne et l’Italie devraient aussi perdre de 7 à 8 millions d’actifs potentiels. La France pourrait se réjouir de quasiment rattraper l’Allemagne, ce qu’en réalité le Royaume-Uni devrait réaliser avant elle. Il est illusoire de se réjouir d’une telle perspective car nos voisins sont aussi nos principaux débouchés : 87% de ce qui est produit en France est consommé en Europe dont 70% pour la France, et 17% pour les exportations (56% des 30% exportés dans le monde). Les autres enseignements de la tectonique démographique d’ici à 2050 ne sont pas moins interpellants : la Chine, le Japon et la Russie perdraient respectivement 38 millions, 20 millions et 15 millions d’habitants alors que l’Inde augmenterait de près de 400 millions d’habitants et dépasserait la Chine d’au moins 300 millions d’habitants. La saignée sera particulièrement forte pour la tranche d’âge des 20-64 ans d’ici à 2050 : – 22 millions pour la Russie, -20 millions pour le Japon et – 195 millions pour la Chine. Les Etats-Unis verraient leurs actifs potentiels augmenter de presque 20 millions dans la période. Il faudra des bras et des cerveaux pour compenser ces pertes d’actifs. Chance ? Dans le même temps, la population de l’Afrique devrait augmenter de 1,3 milliard, dont 130 millions rien que pour l’Afrique du Nord. C’est dire que la pression migratoire sur l’Europe va être plus forte que jamais ! Ce choc démographique (implosion interne et explosion externe), l’Europe n’en parle pas et ne s’y prépare pas. Tout se passe comme si le tsunami démographique était moins important que la vague numérique. Pour que cesse l’omerta, nous invitons nos interlocuteurs à imaginer quelques millions de réfugiés climatiques en provenance d’Asie ou encore plus de réfugiés politiques et économiques en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Relevons que si 1% du surcroît de la population africaine s’installait en France d’ici à 35 ans (ce qui est aussi proche de nous que 1980), cela ferait quand même 13 millions d’habitants en plus dans l’hexagone d’ici à 2050, soit 20% de plus ! Quand on songe que l’Union européenne a été fragilisée et ébranlée en 2015 par un million de réfugiés dont les trois-quarts politiques, on se rend compte que l’Europe ne devrait pas attendre pour se préparer à de telles perspectives. Elle devrait s’inspirer du Canada qui n’hésite pas à pratiquer une politique de quotas en fonction des besoins du marché du travail. Et aussi encourager la relance de la fécondité dans le vieux continent. Car l’intégration se fait d’abord par le brassage des cultures dans les écoles. (…) Quand il y a trop de sable, le ciment ne prend pas. Pour accueillir le maximum de sable, il faut plus de ciment, c’est-à-dire d’enfants parlant la langue du pays quelle que soit leur couleur. Bref, pour rester ouvert au monde, il faudrait relancer la fécondité en Europe dès maintenant. Mais qui parle de politique familiale dans une Europe qui permet qu’il y ait des hôtels et lieux de vacances réservés aux adultes, interdits aux enfants et tolérant seulement les animaux familiers ! Les médias commencent tout juste à s’alarmer du fait qu’en 2016 pour la première fois, en Europe, le nombre de cercueils a dépassé celui des berceaux. Il est intéressant de relever que c’est le cas en Allemagne depuis 1971, de l’Italie depuis 1991, de l’Espagne depuis 2016, de la Russie depuis 1991, du Japon depuis 2006. Le tour de la Chine viendra en 2028. Le phénomène ne devrait concerner la France, voire les Etats-Unis, qu’après 2050. On ne fabrique pas de berceaux avec des cercueils. Le suicide démographique de la vieille Europe est annoncé mais il est encore temps : la bonne prévision n’est pas forcément celle qui se réalise mais celle qui conduit à l’action pour l’éviter. Les chercheurs s’interrogent sur les causes du ralentissement concomitant de la croissance et de la productivité alors que les révolutions technologiques de l’information et de la communication (TIC), des biotechnologies, des nanotechnologies ou des énergies (nouvelles et stockage) sont plus que jamais perceptibles. C’est le fameux paradoxe de Solow (on trouve des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de productivité). Curieusement, ces mêmes chercheurs ne s’interrogent pas sur le lien qu’il pourrait y avoir entre ce ralentissement de la croissance et le vieillissement démographique des anciennes zones développées : Etats-Unis, Japon, Europe. Michel Godet
Les pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. Jeremy Harding
La guerre, la faim et l’effondrement social n’ont pas causé des migrations massives au-delà de la frontière naturelle que constitue le Sahara. mais les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Jeremy Harding
Je dis ça sans affolement. Quand vous avez un voisin qui en 2050 sera 5 fois plus nombreux que toute l’Europe comprise, il y a une pression migratoire qui est très forte et il faut s’arranger entre voisins (européens), il faut négocier. Il faut prendre la mesure du réel d’abord. Puis il faut des négociations entre l’Europe et l’Afrique pour éviter notamment que ses forces vives quittent le continent. Tant que l’Afrique croit à ce rythme, c’est impossible (de juguler). Tous les progrès sont noyés par la progression démographique. Il faut à un moment maitriser cette croissance démographique. C’est un problème de long terme qui se jouera sur les deux générations à venir, pas avant 2050. Toutes les régions du monde ont migré. En Europe il y avait 300 millions d’habitants et 60 millions en sont partis, dont 40 millions vers les Etats-Unis. L’Afrique ne fait que reproduire des scenarii qui ont eu lieu en Europe et en Amérique latine. Et il est évident que l’Europe va faire face à une migration très forte depuis l’Afrique, c’est inévitable. [l’aide au développement] c’est une imposture. Nous allons développer un continent d’1,3 milliards, soit l’équivalent de la Chine. Et tous ceux qui se sont développés, les millions de personnes qui sont sortis de la pauvreté ces dernières décennies – les Chinois, les Indiens -, n’en sont jamais sortis par l’aide au développement. L’aide au développement va d’abord permettre à une classe moyenne qui émerge de migrer, de partir du continent. Toutes les volontés de fermer les frontières sont inutiles. Avec 6 milliards d’euros, les européens se sont achetés la paix de 2,5 millions de migrants, bloqués en Turquie. Mais c’est cynique de parler comme ça. Les gens passeront, par une porte ou une autre. C’est inévitable. Mettez-vous à la place des Africains qui voient de telles inégalités et qui pensent à leur vie ou à leurs enfants. Nous ferions pareil à leur place. Bien sûr qu’un moment l’Afrique arrivera à retenir ses forces vives, anticipe Stephen Smith. On oublie souvent qu’un tiers des européens partis en Amérique sont revenus en Europe. Ce n’est pas forcément le bonheur d’arriver en Europe, beaucoup de migrants sont déçus, et vous préférez toujours rester parmi les vôtres ». Stephen Smith
Le problème, c’est que quand vous aidez, dans un premier temps, vous créez un horizon qui est plus large: les gens commencent à penser qu’ils peuvent bouger puisqu’ils ont aussi les moyens – il faut plusieurs milliers d’euros pour entreprendre ce voyage – et donc ce ne sont pas les plus pauvres, les plus désespérés qui partent mais ceux qui commencent à sortir la tête de l’eau. Et c’est donc cet effet de seuil qui fait que dans un premier temps l’aide aide les gens à partir. Stephen Smith
Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale. Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen. Stephen Smith

Vous avez dit cinquante-nuances-de-grisation du monde ?

« Fan fiction » parasite devenant succès mondial de librairie et du cinéma en fusionnant roman de gare et sadomasochisme; déboulonnage généralisé de tous nos maitres à penser, y compris les plus lucides; chef d’état-major annonçant, après l’avènement du terrorisme pour tous, la contamination de la guerre par « l’exploitation » systématiques par certains Etats « des zones d’ombre entre la paix et la guerre »;  migrants clandestins important la pratique anthropopagique au sein même des sociétés théoriquement les plus avancées; société nationale de chemin de fer ayant déjà connu des attaques terroristes sur ses passagers sommée de s’excuser pour avoir osé s’opposer à l’arrivée massive de clandestins dont on ne sait rien à bord de ses trains; conjonction annoncée d’un véritable suicide démographique d’une Europe vieillissante et d’une jeune Afrique à la démographie explosive; études montrant outre le détournement systématique et l’infiltration généralisée d’oeuvres caritatives par des pédophiles les effets contreproductifs d’une aide qui « aide en fait les gens à quitter leur pays »; intellectuelle regrettant de ne pas avoir été violée pour pouvoir prouver aux femmes que le traumatisme est surmontable; culpabilisation entretenue d’une obligation charitable face à des gens qui au nom de leur droit à la liberté en abusent ou même la refusent; apologie de l’ouverture à tous crins et dénonciation du repli identitaire par des élites protégées des conséquences des décisions qu’elles imposent aux plus vulnérables; procès concernant des centaines de victimes tournant à la farce; hommage national d’un chanteur de rock se finissant en crêpage de chignons médiatique

En ces temps de plus en plus étranges …

Où avec la dénonciation comme fascisme ou repli de toute barrière ou protection …

La perte des repères se généralise et se mondialise …

Comment ne pas repenser aux prophéties à présent centenaires de nos poètes …

Annonçant la « dislocation de toutes choses et le déchainement de l’anarchie sur le monde » (Yeats) ou la « dégénérescence de la connaissance en une pagaille de visions subjectives », le  « remplacement de la justice par la pitié » et la « disparition de toute crainte de représailles » (Auden) …

Et  surtout ne pas voir avec René Girard …

Que loin des représentations fondamentalistes d’une brutale rétribution divine à venir …

Cette fameuse Apocalypse annoncée depuis plus de 2000 ans qui est avant tout et étymologiquement dévoilement …

Pourrait bien en fait sous l’effet de la privation, initiée par le Christ lui-même, du recours multimillénaire à la violence légitime …

Avoir tout simplement déjà commencé  ?

Migrations : « La Ruée vers l’Europe », le livre qui dérange
EXCLUSIF. Que dit Stephen Smith, spécialiste de l’Afrique, des migrations vers l’Europe ? Sa principale thèse : le développement économique du continent les alimente.
Le Point Afrique
01/02/2018

Ce n’est que dans les années 2000 que l’Europe grisonnante a pris conscience de son déclin démographique, du vieillissement de sa population et des effets à long terme sur l’emploi et les retraites. Dans le même temps, l’Afrique s’est mise à rimer avec boom démographique. Une explosion initiée dans les années 1930 par des politiques de développement de la France et de la Grande-Bretagne, qui entendaient recadrer leur « mission civilisatrice ». C’est récemment aussi que la « tragédie statistique » de l’Afrique a commencé à préoccuper sa voisine européenne en matière de politique migratoire. Cette exceptionnelle jeunesse, Stephen Smith, spécialiste de ce continent qui est à la fois à part et déjà mondialisé, en fait la matrice de l’avenir où viennent aussi se télescoper une pauvreté persistante, les conflits armés, la montée des extrémismes religieux, les défis sanitaires, urbains, économiques, l’affrontement entre les générations.

Mais la ruée vers l’Europe est-elle inéluctable ? Partant de cette « loi des grands nombres » démographique, Smith répond par l’affirmative. Tout en s’écartant des afro-pessimistes, il ne tombe pas dans l’optimisme béat des tenants de l’Afrique qui gagne. Pour lui, dans le cadre d’une telle explosion de population, c’est le développement économique de l’Afrique qui va nourrir cette levée en masse, ceux qui partent constituant le sel même de ce continent. Sur ce sujet complexe, qu’il traite du point de vue africain, il prend donc à rebrousse-poil certaines idées reçues, envisageant plusieurs scénarios, dont il évalue la probabilité et les conséquences. Au final, il signe un ouvrage indispensable pour bien comprendre l’un des enjeux majeurs des prochaines décennies.

Extraits

Le codéveloppement alimente la ruée

Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale.

Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen.

« La Ruée vers l’Europe », de Stephen Smith (Grasset, 272 pages, 19,50 euros). Parution le 7 février

Voir aussi:

Migrants : « L’aide au développement de l’Afrique aide les gens à partir »

Stephen Smith, journaliste, écrivain, enseignant, spécialiste de l’Afrique et qui publie La ruée vers l’Europe, est l’invité du Grand Soir 3 ce mardi 6 février.

France 3


L’Union européenne compte 510 millions d’habitants en 2018 et en comptera 450 en 2050. En parallèle, l’Afrique compte 1,25 milliard d’habitants et en comptera 2,5 milliards en 2050. Pour Stephen Smith, la jeune Afrique va se ruer sur le Vieux continent, c’est inscrit dans l’ordre des choses. « C’est la loi des grands nombres. l’Afrique crée des hôpitaux et des écoles pour la population actuelle, mais tous les quinze ans, il y a deux fois plus d’habitants« , explique l’auteur du livre La ruée vers l’Europe.

Les aides des pays occidentaux à l’Afrique « fonctionnent parfois, mais ce ne sont pas les plus pauvres ni les plus désespérés qui partent, ce qui fait que dans un premier temps l’aide aide les gens à partir », affirme l’enseignant spécialiste de l’Afrique.

« Il faut faire du tri »

Il rappelle que « 60 millions d’Européens sont partis au moment de la transition démographique du Vieux continent, dont 40 millions aux États-Unis. L’Afrique en est là. Il n’y a rien d’exceptionnel ».

Stephen Smith juge la politique envers les migrants d’Emmanuel Macron « cohérente, réaliste. Il faut faire du tri. Une frontière est là pour que la barrière se lève et se baisse. Les migrants comme leurs hôtes doivent pouvoir s’épanouir ».

Voir également:

Stephen Smith, journaliste et écrivain, spécialiste de l’Afrique était l’invité de Bourdin Direct ce jeudi. Pour lui, les États européens vont devoir négocier entre eux pour faire face à la forte pression migratoire en provenance de l’Afrique ces prochaines décennies.

Europe 2050 : ce suicide démographique que rien ne semble pouvoir arrêter

Quel silence assourdissant face au suicide démographique de l’Europe à l’horizon 2050[1] ! Les projections démographiques des grandes régions du monde d’ici là sont connues et réévaluées tous les deux ans par les Nations unies et régulièrement par Eurostat pour les Etats membres de l’Union européenne[2], mais il faut être un spécialiste des bases de données pour s’en servir.
Michel Godet

Atlantico
21 Février 2018

De fait, personne n’en parle, surtout à Bruxelles où l’on préfère produire des rapports sur les révolutions technologiques, le développement durable ou la transition énergétique.

Nous devons remplir notre fonction d’alerte, même si nous savons que nous ne serons plus là en 2050 pour regretter de ne pas avoir été entendus. Contrairement à l’Amérique du Nord qui verrait sa population augmenter de 75 millions d’habitants (soit deux fois moins que l’Amérique du Sud), l’Europe pourrait stagner autour de 500 millions d’habitants et perdre 49 millions de personnes en âge de travailler dans la tranche des 20-64 ans, dont 11 millions pour l’Allemagne. L’Espagne et l’Italie devraient aussi perdre de 7 à 8 millions d’actifs potentiels.

La France pourrait se réjouir de quasiment rattraper l’Allemagne, ce qu’en réalité le Royaume-Uni devrait réaliser avant elle. Il est illusoire de se réjouir d’une telle perspective car nos voisins sont aussi nos principaux débouchés : 87% de ce qui est produit en France est consommé en Europe dont 70% pour la France, et 17% pour les exportations (56% des 30% exportés dans le monde).

LA TECTONIQUE DÉMOGRAPHIQUE

Les autres enseignements de la tectonique démographique d’ici à 2050 ne sont pas moins interpellants : la Chine, le Japon et la Russie perdraient respectivement 38 millions, 20 millions et 15 millions d’habitants alors que l’Inde augmenterait de près de 400 millions d’habitants et dépasserait la Chine d’au moins 300 millions d’habitants. La saignée sera particulièrement forte pour la tranche d’âge des 20-64 ans d’ici à 2050 : – 22 millions pour la Russie, -20 millions pour le Japon et – 195 millions pour la Chine. Les Etats-Unis verraient leurs actifs potentiels augmenter de presque 20 millions dans la période.

Il faudra des bras et des cerveaux pour compenser ces pertes d’actifs. Chance ? Dans le même temps, la population de l’Afrique devrait augmenter de 1,3 milliard, dont 130 millions rien que pour l’Afrique du Nord. C’est dire que la pression migratoire sur l’Europe va être plus forte que jamais ! Ce choc démographique (implosion interne et explosion externe), l’Europe n’en parle pas et ne s’y prépare pas. Tout se passe comme si le tsunami démographique était moins important que la vague numérique. Pour que cesse l’omerta, nous invitons nos interlocuteurs à imaginer quelques millions de réfugiés climatiques en provenance d’Asie ou encore plus de réfugiés politiques et économiques en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Relevons que si 1% du surcroît de la population africaine s’installait en France d’ici à 35 ans (ce qui est aussi proche de nous que 1980), cela ferait quand même 13 millions d’habitants en plus dans l’hexagone d’ici à 2050, soit 20% de plus ! Quand on songe que l’Union européenne a été fragilisée et ébranlée en 2015 par un million de réfugiés dont les trois-quarts politiques, on se rend compte que l’Europe ne devrait pas attendre pour se préparer à de telles perspectives. Elle devrait s’inspirer du Canada qui n’hésite pas à pratiquer une politique de quotas en fonction des besoins du marché du travail. Et aussi encourager la relance de la fécondité dans le vieux continent. Car l’intégration se fait d’abord par le brassage des cultures dans les écoles.

En Europe et au Japon, la croissance du PIB a été supérieure dans les années 1980 à celle des années 1990 : 2.5% contre 2.3% en Europe et 4.6% contre 1.1% au Japon. Au cours de ces deux décennies, la croissance du PIB des États-Unis est supérieure d’environ un point à celle de l’Europe. L’explication est essentiellement (pour plus de la moitié) démographique, car l’écart de croissance du PIB par habitant n’est que de 0.2 point plus élevé outreAtlantique qu’en Europe sur les mêmes périodes. En effet, la croissance démographique, de l’ordre de 1% par an aux Etats-Unis, est depuis le début des années 60, deux à trois fois plus élevée qu’en Europe. Une autre partie de l’explication de la croissance du PIB plus élevée aux Etats-Unis est à rechercher du côté du taux d’emploi et de la durée annuelle du travail plus élevés[4]. Si les Américains avancent plus vite, c’est parce qu’ils sont plus nombreux et rament plus. Nous avons retenu un panel de 23 pays, membres depuis longtemps de l’OCDE : Belgique, Danemark, Allemagne, Irlande, Grèce, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Luxembourg, Autriche, Portugal, Finlande, Suède, Royaume-Uni, Islande, Norvège, Suisse, Etats-Unis, Japon, Canada, Australie et Nouvelle- Zélande. A partir de la base de données Ameco de la Commission européenne, nous avons calculé pour chaque pays et sur la période 1993-2015 la moyenne des variations annuelles (en %) de la population totale d’une part et la moyenne des variations annuelles (en %) du volume du PIB/habitant d’autre part. Le nuage de 23 couples de données que nous obtenons s’ordonne significativement d’un point de vue statistique autour d’une droite de régression avec un R2 de 0,42.

Quand il y a trop de sable, le ciment ne prend pas. Pour accueillir le maximum de sable, il faut plus de ciment, c’est-à-dire d’enfants parlant la langue du pays quelle que soit leur couleur. Bref, pour rester ouvert au monde, il faudrait relancer la fécondité en Europe dès maintenant. Mais qui parle de politique familiale dans une Europe qui permet qu’il y ait des hôtels et lieux de vacances réservés aux adultes, interdits aux enfants et tolérant seulement les animaux familiers ! Les médias commencent tout juste à s’alarmer du fait qu’en 2016 pour la première fois, en Europe, le nombre de cercueils a dépassé celui des berceaux. Il est intéressant de relever que c’est le cas en Allemagne depuis 1971, de l’Italie depuis 1991, de l’Espagne depuis 2016, de la Russie depuis 1991, du Japon depuis 2006. Le tour de la Chine viendra en 2028. Le phénomène ne devrait concerner la France, voire les Etats-Unis, qu’après 2050. On ne fabrique pas de berceaux avec des cercueils. Le suicide démographique de la vieille Europe est annoncé mais il est encore temps : la bonne prévision n’est pas forcément celle qui se réalise mais celle qui conduit à l’action pour l’éviter.

CHEVEUX GRIS ET CROISSANCE MOLLE[3] 

Il est classique d’attribuer la forte croissance économique de l’après-guerre en Europe à la reconstruction et au rattrapage par rapport aux Etats-Unis. Ces trente glorieuses ont coïncidé avec la vague démographique. Il est plus rare de relever que dans les années 50 et 60, l’augmentation de la productivité apparente du travail était deux à trois fois plus élevée que dans les années 80 et suivantes alors qu’à l’époque il n’y avait pas d’ordinateurs et qu’on ne parlait pas de révolution technologique. Comment ne pas voir dans cette productivité élevée, un effet de courbe d’expérience et de baisse des coûts unitaires de production dans des marchés en expansion continue ? A l’inverse, la croissance économique comme celle de la productivité n’ont cessé de ralentir aux Etats-Unis, en Europe et au Japon depuis le début des années 1980.

Les chercheurs s’interrogent sur les causes du ralentissement concomitant de la croissance et de la productivité alors que les révolutions technologiques de l’information et de la communication (TIC), des biotechnologies, des nanotechnologies ou des énergies (nouvelles et stockage) sont plus que jamais perceptibles. C’est le fameux paradoxe de Solow (on trouve des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de productivité). Curieusement, ces mêmes chercheurs ne s’interrogent pas sur le lien qu’il pourrait y avoir entre ce ralentissement de la croissance et le vieillissement démographique des anciennes zones développées : Etats-Unis, Japon, Europe.

QUAND LA VAGUE NUMÉRIQUE CACHE LE TSUNAMI DÉMOGRAPHIQUE

A la Commission européenne, mais aussi dans la plupart des instances internationales et nationales, la question du lien entre démographie et croissance est rarement évoquée. Les rapports sur la technologie, l’innovation, la compétitivité sont légions. L’homme n’est abordé que comme capital humain, et sous l’angle de la formation, considérée à juste titre comme un investissement et un facteur de croissance à long terme. La démographie n’est traitée qu’à travers le vieillissement par le haut et les problèmes qui en découlent pour l’équilibre des systèmes de retraites, les dépenses de santé, la prise en charge de la dépendance, mais quasiment jamais relativement aux conséquences du vieillissement par le bas sur la croissance et sur la place de l’Europe dans le monde. En 2000, l’ambitieuse stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi misait essentiellement sur les technologies de l’information et l’économie de la connaissance pour assurer à l’Europe son avenir et sa puissance sur la scène internationale à l’horizon 2010. A presque mi-parcours, le rapport Wim Kok (2004) maintenait le cap sur la société de la connaissance et un développement durable pour une Europe élargie et consacrait, fait nouveau, une petite page au vieillissement de l’Europe. Ce dernier pouvait faire baisser le potentiel de croissance de l’Union d’un point (autour de 1% au lieu de 2%) d’ici à 2040. Mais rien n’était dit des évolutions démographiques comparées de l’Europe avec les Etats-Unis. Oubli d’autant plus remarquable que les mêmes comparaisons sont systématiques pour l’effort de recherche, l’innovation et la mesure de la productivité.

LES EFFETS MULTIPLICATEURS DE LA DÉMOGRAPHIE

Comme le disait Alfred Sauvy, les économistes « refusent de voir » le lien entre croissance économique et dynamique démographique et ne cherchent donc pas à le vérifier. Pourtant, les Trente Glorieuses et le baby-boom sont allés de pair, et l’essor des Etats-Unis s’explique sans doute, aussi, par une meilleure santé démographique. Depuis trente ans, le taux de fécondité y est en moyenne de près de 2,1 enfants par femme, contre 1,5 dans l’Europe ; la population, du fait aussi d’importants flux migratoires, continue d’augmenter fortement. La comparaison des taux de croissance entre l’Europe et les Etats-Unis fait généralement appel à la technique pour expliquer des différences sur le long terme. On peut se demander s’il n’y a pas aussi un effet de « multiplicateur démographique». Cette hypothèse permet de mieux comprendre pourquoi la croissance et, surtout, les gains de productivité des années 1950 et 1960 ont été en moyenne deux fois plus élevés que dans les années 1980 et 1990, marquées pourtant par les révolutions techniques, sources théoriques de gains de productivité. Avec la nouvelle économie, la question paraissait résolue, les Etats-Unis connaissant une période de forte croissance économique avec des gains de productivité (apparente du travail) bien supérieurs à ceux de l’Europe. N’était-ce pas la preuve du décrochage technologique de l’Europe par rapport aux Etats-Unis ?

On peut douter de cette explication maintenant que l’on connaît les statistiques validées pour le passé. Dans les années 1980, la croissance du PIB par actif était comparable dans les deux zones (autour de 1.5%) avec un léger avantage pour l’Europe dans les années 1980. Cependant, depuis les années 1990, l’Europe semble décrocher par rapport aux Etats-Unis, dont la productivité apparente (PIB/actif occupé) a augmenté de plus de 2% par an dans les années 1990 et 1.5% par an jusqu’en 2007, 1% depuis la crise. Dans le même temps, la hausse de la productivité de l’Europe est passée de 1.7% dans les années 1990 à 1% par an entre 2000 et 2007 pour s’effondrer à 0.3% depuis 2008. La question est donc posée : faut-il attribuer cet écart au gap technologique ou au gap démographique ? Nous avançons l’hypothèse que ce dernier facteur joue un rôle déterminant car le fossé démographique se creuse plus que jamais. Tous les habitants ne sont pas actifs, mais le nombre d’heures travaillées explique l’essentiel de la différence de niveau de productivité apparente du travail par actif employé, puisque les Américains travaillent 46% de plus que les Français par an. S’ils travaillent, c’est qu’il y a une demande solvable à satisfaire, peut-être aussi plus soutenue qu’ailleurs pour cause d’expansion démographique. Si l’on renonce à l’hypothèse d’indépendance entre les deux variables « PIB par habitant » et « croissance démographique », alors nous pouvons avancer une nouvelle hypothèse, celle d’un multiplicateur démographique qui serait à l’origine d’une part importante des gains de productivité plus élevés aux Etats-Unis qu’en Europe. Généralement, les économistes (se référant à la fameuse fonction de production de Cobb-Douglas) expliquent la croissance par trois facteurs : le capital, le travail et le progrès technique. Revenons aux sources : la productivité est le résidu de croissance supplémentaire, qui ne s’explique pas par l’augmentation des facteurs de production (capital et travail). Faute de mieux, on attribue ce surcroît de croissance du PIB par actif au progrès technique (en l’occurrence la diffusion des technologies de l’information), ce qui est une manière positive de désigner le résidu non expliqué.

Voir de même:

Does aid do more harm than good?

The Oxfam abuse scandal has revealed a sinister side to international charities

The Spectator

17 February 2018

What a scandal for our times. Oxfam, that upholder of modern-day virtue, unassailable in its righteousness, buried for seven years that its aid workers exploited young girls. The men abused their power to have sex with desperate victims of the Haiti earthquake — the very people they were supposed to protect.

Michelle Russell of the Charity Commission is clear about the deception. ‘We were categorically told by Oxfam; there were no allegations of abuse of beneficiaries. We are very angry and cross about this.’

Nor was this a one-off. Helen Evans, the charity’s global head of safeguarding, begged senior staff, ministers and the Department for International Development to act. She had uncovered sexual abuse allegations both abroad — three in one day — and in Oxfam’s charity shops. Nothing was done.

This is the same Oxfam that recently blamed capitalism for world poverty and set up deck chairs in Trafalgar square to protest against corruption and tax havens. Now the virtue signallers are hoisted on the shard of their own fallibility. Compared with the emerging sins of our aid agencies, tax havens look almost benign.

Sadly Oxfam is not alone. Andrew Macleod, former chief operator of the UN Emerging Coordination Centre, contends paedophiles and ‘-predatory’ sex abusers use the halo of charity work to get close to desperate women and children. ‘You have the impunity to do whatever you want. It is endemic across the aid industry and across the world.’ He warns the infiltration of the aid industry by paedophiles is on the scale of the Catholic church — if not bigger. The difficult truth is that ‘child rape crimes are being inadvertently funded in part by the United Kingdom taxpayer’.

These revelations threaten to extinguish the virtuous glow that has protected the aid industry from scrutiny. We should seize the opportunity. Is the £13.5 billion we spend on aid each year doing its job? What is its impact on the countries it is supposed to transform at the local and on the national level?

Until now the aid industry has escaped such examination. It is astonishing to learn that aid effectiveness was not even seen as a priority until 2005. Evaluations still use dubious methods, Jonathan Foreman points out in his excellent report ‘Aiding and Abetting’ (Civitas 2013). One man recalls being told about a splendid school in a village in Pakistan. He had visited the village the week before. There had been no school.

The aid industry has manipulated public opinion with the help of celebrities and politicians eager for the glitz of poverty porn. It’s a powerful and cosy lobby. Oxfam and Save the Children are prime overseas contractors for the DfID. Many DfID workers are former activists from the NGO sector. Western media depend on aid agencies for access and transport in conflict areas.

Most of us would back humanitarian aid and international help when disaster strikes. Few would argue with aid that is there for a specific purpose and ends when that purpose is accomplished. But that is not the same as the open-ended commitment demanded by aid agencies. An Oxfam advert sums up the myth we have been sold: ‘Together we can end extreme poverty for good. Will you join in?’ Who can resist that exhortation? Who wants to sound like a spoilsport by questioning how much must be spent, for how long and how do we judge the job done?

Dambisa Moyo, a global economist from Zambia, points out the first world has sent more than $1 trillion to Africa over the past 50 years. Far from ending extreme poverty, this fabulous sum promoted it. Between 1970 and 1998, when aid flows to Africa were at their peak, poverty in Africa rose from 11 per cent to a staggering 66 per cent. Of course there are other factors. But in her book Dead Aid, Moyo states, ‘Aid has been and continues to be an unmitigated political, economic and humanitarian disaster for most parts of the developing world.’

Indeed the more development aid a country receives, the less likely it is to enjoy economic success. In 1957, Ghana boasted a higher per capita GDP than South Korea. Thirty years later, it was lower by a factor of ten — the toxic effect of official development aid being one factor. On the other hand, South Korea, Singapore and Malaysia, the recipients of relatively little aid, flourished. Aid distorts home markets. Food aid, for example, causes agricultural sectors to shrink and makes famine more rather than less likely. As Moyo puts it, in no other sector, business or politics, are such proven failures ‘allowed to persist in the face of such stark and unassailable evidence’.

Aid does little to promote peace, security, trade and good governance. If anything, it hinders effective government. The cascade of aid money permits government to abdicate its responsibility to fund health care, education and infrastructure. It promotes a disconnect between a government and its citizens. When foreign donors cover 40 per cent of the operating budgets of countries such as Kenya and Uganda, why would leaders listen to their citizens? Schmoozing foreign donors comes first. As Moyo says, ‘Long, long lines of people have stood in the sun to vote for a president who is effectively impotent because of foreign donors or because glamour aid [in the form of Bob Geldof or Bono] has decided to speak on behalf of a continent.’

What Africa needs is not more ‘Band Aid solutions’ but jobs for the 60 per cent of Africans under the age of 24. ’And aid,’ as Moyo says, ‘has never created a single job.’

If aid too often fails countries on the national level, what about locally? Surely local projects must be wholly beneficial? The problem is they come with a catch.

When Mary Wakefield wrote about the UN’s ‘sex for food’ scandal, she mentioned the 2006 report by Save the Children into the effect of the aid cavalcade in Liberia. The report is invaluable because it gives the actual recipients of our aid a voice. Mostly we only have the word of the charities.

The welcome distribution of aid, it soon became clear, went hand in hand with increasing numbers of children caught up, as their parents complained, in ‘man business’. The (mostly) girls ranged from eight to 18. Levels of desperation in the town and the nearby refugee camp meant ‘as soon as they see their “tete” [breasts] coming up then they jump into this man business’. Prostitution had not been common before, and certainly not among children. Teenage pregnancies soared.

All focus groups and individuals interviewed ‘without exception mentioned NGO workers’. As one girl said, ‘I have been asked more than 20 times by men to go with them for money. All are NGO workers.’ The report goes on, ‘It is clear that sex with underage girls by humanitarian workers continues openly.’ Communities were afraid to report NGO staff, ‘as they were concerned that the assistance provided by the NGO might be withdrawn’.

Save the Children noted an alarming trend. ‘Communities were increasingly resigned to the fact that sex in exchange for services was another method of survival.’ Like those African governments dependent on aid, the adults had lost all self-determination. They were rendered as helpless in the hands of the foreign donor as their politicians.

On Radio 4’s Today programme this week, Madeleine Rees, a human rights lawyer, insisted: ‘The majority of aid does good.’ She went on, ‘Who is going to get hurt if the aid budget is destroyed?’ Of course, like obedient children, we are meant to reply, ‘The poor.’ But as more and more stories emerge about waste and abuse, I wonder if aid doesn’t do more harm than good.

POLEMIQUE Cette note adressée aux contrôleurs leur demande notamment de recueillir le maximum d’informations sur les migrants. La direction de la SNCF affirme qu’elle n’en avait pas connaissance et qu’elle a été retirée…

Mickaël Bosredon

Une note interne de la SNCF, datée du 16 février et envoyée par l’établissement de Bordeaux aux 600 contrôleurs de la région, et que 20 Minutes s’est procurée, suscite l’indignation en interne depuis lundi.

Intitulée « Présence groupe de migrants à bord », cette note demande aux contrôleurs, s’ils remarquent « un groupe constitué de population migrante » à bord des trains ou sur les quais, d’en « aviser l’escale », « d’essayer, si la situation le permet, de recueillir le maximum d’informations [nombre de personnes, présence d’enfants, gare de destination, raison de cette mobilité…] » enfin « rédiger un rapport circonstancié et factuel. »

La SNCF fait marche arrière

Contactée mardi par 20 Minutes, Séverine Rizzi, du syndicat CGT des cheminots de Bordeaux, estime que cette directive revient à « demander aux contrôleurs, dont ce n’est pas le but, de classer les migrants et de se comporter comme une milice de la préfecture. Il faudrait ainsi identifier les groupes de migrants, avant même de savoir s’ils ont ou pas un billet. »

Dans un communiqué, la CGT ajoute qu’il s’agit « d’une incitation à des pratiques de discrimination et de délation vis à vis d’une population d’usagers de par leurs origines ou leur apparence physique (…) Pire, les préconisations sous entendent que des usagers d’origine étrangère qui voyageraient en groupes seraient soit disant dangereux et en situation de fraude. »

« Dans le contexte actuel, que les contrôleurs puissent s’entendre dire qu’ils feraient la chasse aux migrants est inacceptable », poursuit la syndicaliste. Une réunion entre direction et syndicats est prévue ce mercredi à 14h30. Mais mardi en fin d’après-midi, la SNCF a tenté de déminer l’affaire. Elle affirme que cette note est « le fruit d’une initiative personnelle » et que « la direction régionale n’en avait pas connaissance et ne l’a donc pas validée ».

Une nouvelle note sera diffusée

Par ailleurs, « il a été demandé, dès connaissance de cette note par la direction mardi en tout début d’après-midi, de ne plus la diffuser car elle est en effet incomplète et fait preuve de maladresses ». Enfin, « cette note ne reflète en aucun cas la politique nationale de SNCF qui se doit de communiquer les coordonnées des services pouvant aider les populations concernées par la crise migratoire. »

D’ici à mercredi, « une nouvelle note sera diffusée et portera sur les “gestes métiers” à tenir de manière globale pour toute personne non munie de billet ». La CGT demande effectivement la diffusion d’une note revenant sur ces préconisations, et rappelant les missions des contrôleurs.

Voir encore:

Clichy-sous-Bois : trois hommes arrêtés pour anthropophagie

Ils ont violemment mordu leur victime à la lèvre inférieure et à l’oreille gauche avant de consommer les morceaux.

Julien Constant

Le Parisien
19 février 2018

Trois Capverdiens ont été interpellés, dimanche soir à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), pour violences volontaires, acte de barbarie et anthropophagie ayant entraîné une mutilation permanente.

Vers 18 heures, allée Hector-Berlioz, quatre hommes se disputent pour une histoire d’argent. Trois hommes se liguent pour en frapper un quatrième. Ils le mordent violemment à la lèvre inférieure et à l’oreille gauche avant d’ingérer les morceaux de chair arrachés. La victime se défend en portant des coups à ses agresseurs. Elle parvient à blesser l’un d’eux à une cheville.

La police et les secours sont finalement intervenus. Les trois agresseurs ont été arrêtés. Les deux blessés, victime et agresseur, ont été transportés à l’hôpital de Montfermeil (Seine Saint-Denis). Le commissariat est chargé de l’enquête.

Voir de plus:

Retraite : les fonctionnaires japonais pourront travailler jusqu’à 80 ans

Le gouvernement japonais vient d’annoncer que l’âge limite de la retraite des fonctionnaires sera repoussé à 80 ans, contre 70 ans actuellement.

Pour sauver son système de retraite, le Japon n’y va pas par quatre chemins. Le gouvernement conservateur du Premier ministre Shinzo Abe vient d’annoncer, selon la RTBF, que l’âge limite de départ à la retraite des fonctionnaires s’établira à 80 ans, contre 70 ans actuellement. Une solution extrême pour un problème radical : le taux de natalité du Japon est le deuxième plus faible du monde – après la Corée du Sud – avec 1,4 enfant par femme, très loin du seuil de renouvellement établi à 2,1 enfants par femme. Cette mesure de rallongement permettrait ainsi de contenir le déficit budgétaire des retraites.

Conscient de l’ampleur du chantier, le gouvernement a précisé que, pour le moment, cette réforme ne s’appliquerait que sur la base du volontariat. Et le nombre de candidats potentiels ne manque pas : 27,7% des Japonais ont plus de 65 ans selon le National institute of sopulation and social security research (NIPSSR), l’Insee japonais. Parmi eux, 20% sont encore actifs. Il faut dire qu’ils n’ont pas véritablement le choix : 19% des seniors vivent sous le seuil de pauvreté.

Un autre élément vient compliquer la situation : le taux de chômage dans le pays s’élève à 2,8 % de la population. Il n’y a donc plus assez de demandeurs d’emplois, notamment dans la fonction publique. Et toujours selon le NIPSSR, le pays devrait perdre 39 millions d’habitants dans les 50 prochaines années, soit près du tiers de sa population actuelle.

This election season, the candidacy of Donald Trump has provoked a crise de conscience in the ranks of conservatives. But whatever our sympathy for those who banded together to oppose Trump in the January 21 issue of The National Review or for the politicians who have brawled with him on stage, and of whatever use such gestures are politically, they surely have had little value in clarifying the crisis of conservatism that has led to Trump’s rise. Instead of focusing on Trump’s business practices and on the ignorance of his supporters, conservatives might do well to consider the possibility that his success reflects an objective political reality: the relative uselessness in a victimocracy of taking “conservative positions,” when the more urgent task is to relegitimize the liberal-conservative dialogue through which policy has traditionally gotten made in a democratic republic. In a word, restoring the art of the deal.


As the defense of the legitimacy, if not the perfection, of the status quo, conservatism is less a doctrine than a rule of thumb, the simplest version of which is no doubt William F. Buckley’s “standing athwart history yelling ‘Stop!’” In the left-right dichotomy born with the seating arrangement in the Assemblée Nationale in 1789, the left defends the moral model of reciprocal equality while the right defends the privileges of firstness in the service of the community. For the left, inequality of reward, if not of power, is in principle illegitimate, and can be tolerated only out of necessity. For the right, social hierarchy, the reward of firstness, is valid in principle. The right is not necessarily conservative; the far right can be as militant in its defense of privileges as the far left in its attack on them. The beginnings of the moderate right philosophy that can specifically be called conservatism were defined in Edmund Burke’s 1790 Reflections on the Revolution in France as what we might call a zero-based philosophy of social change: if it ain’t broke, don’t fix it; appreciate the fact that it works at all.

As this suggests, with the extremes removed, the two sides are not symmetrical. The left demands major changes in the system, and seeks to accrue more power to the government in order to implement them. The right tends to find the system basically acceptable and agrees to change it only reluctantly, except perhaps to walk back some of the left’s changes. Yet the very fact of sitting in the same chamber implies that the two sides hope to reach a compromise through negotiation—as was still the case in 1789. As applied to non-revolutionary parliamentary situations, the right realizes that the left can disrupt the social order if its demands are not met; the left realizes that when the disruption reaches a certain level, the state, even under a left-leaning administration, must defend this order by force. So long as both sides sit together, they tacitly agree, as Churchill put it in a different context, that jaw jaw is preferable to war war.

This system has functioned, not without crises, throughout the history of American democracy. In particular, from the late 19th century through the 1950s, the elected representatives of the various regional, industrial, occupational, and other interest groups, most notably the countervailing market forces of capital and labor, negotiated over specifics while largely confining their moral arguments to rhetoric to rally their supporters. Conservatism was never a major consideration throughout this period; the Republican party, representing large and small business interests, generally took a Burkean perspective (exception: Teddy Roosevelt), but was little concerned with doctrine as such.

But since 1989, the perspective of the New Left, which began in the 1960s as a campus-based opposition to the Vietnam War and came to attack liberal democracy itself, has gone mainstream. After the fall of the USSR, the left no longer needed affirm the superiority of liberal democracy over communism; it was the only game in town. And now that the market system is tacitly understood by both sides to be the final system—Fukuyama’s end of history—a permanent quasi-revolutionary situation is paradoxically reestablished. Since the system is in principle invulnerable, there is no a priori limit to the degree of unrest it can tolerate. The result is an attitude analogous to the behavior of naughty children secure in their parents’ care, one that flourishes more freely on university campuses than in serious workplaces, but which nonetheless increasingly sets the tone for the Democratic party, as Sanders’ surprising success has revealed. In particular, there has been a growing tendency on the left to replace its formerstructural focus—defending labor against capital—by a fight against inequality attributed toascriptive differences—seeking justice within the Nazi-Jew/master-slave/colonizer-colonized model.

Because even in the past the left tolerated but never truly embraced the model of politics as negotiation among countervailing interest groups, the right has remained largely unaware of the revolutionary potential of this new development. In political terms, it is far easier to justify wealth differentials along structural lines than to defend against the attribution of differentials among ascriptive groups to “white privilege.”

Traditional conservatives, unprepared for this change in configuration, have been blind-sided by the resulting accusations of race and gender prejudice. The term “PC,” by which conservatives refer to the victimary phenomenon when they do so at all, reduces it to a matter of etiquette, ignoring its deeper political implications. The Republican presidential candidates have almost entirely avoided victimary issues despite their preponderance in the Democratic program: reducing incarceration and criminal prosecution, restraining the police, raising women’s pay from “77 cents on the dollar” and granting women sex-related health benefits, granting “transgendered” boys access to women’s bathrooms, identifying voter-ID laws with “voter suppression,” and generally treating Wall Street, the “one percent,” “millionaires and billionaires” and “the Koch brothers” not merely as greedy cheats but as sustainers of “white privilege”—not to speak of encouraging the “crybullying” about racism and the “rape culture” that goes on at college campuses. Only Trump and, while he was active, Ben Carson (whose recent endorsement of Trump confirms their agreement on this point) have conspicuously denounced PC, and none have made it the focus of their campaigns, except on the point of limiting immigration, which Trump has made so to speak his trump card.

And it goes unmentioned on the right as well as the left that the result of the latter’s promotion of minority concerns not as group interests but in the guise of victimary social justice is that, while its bureaucratic saviors enrich themselves, the minority community has experienced previously unknown levels of social disintegration, with results clearly visible in Detroit, Baltimore, Washington DC, Saint Louis…. There are precious few fora to the left of the ominous “alt-right” where such concerns can be aired.


As I pointed out in Chronicle 508, Trump embodies far more than he articulates resistance to the victimocracy. Yet this is indeed an issue concerning which, at this historical moment, embodiment is more important than articulation. Although Trump rarely denounces PC by name, his demeanor loudly proclaims his rejection of White Guilt—unlike Bernie, he has no trouble telling Black Lives Matter protesters that “all lives matter.” Trump’s unexpected staying power—leading to his “presidential” performance at the March 10 debate—reflects to my mind far more than attractiveness to the benighted bearers of poor-white resentment. On the contrary, Trump’s continual emphasis on “deals” suggests a sharp intuition of how to adapt conservatism to the current victimocratic context. Before we can exercise Buckley’s Burkean resistance to unnecessary change, we have to return to the left-right dichotomy of the Assemblée Nationale. What is required at this moment is not conservatism as usual, butsecond-degree conservatism, metaconservatism.

The contempt of the voting public for Washington’s inability to “get anything done” reflects the fact that under the current administration, the shift of Democratic politics from liberalism to progressivism, from focusing on the concerns of the working class to those of ascriptive minorities, involves a fundamental change from defending interests to seeking justice. The first can be negotiated on a more or less level footing with opposing interests; the second can only be resisted by unregenerate evil-doers, which is more or less the way the current president and his potential Democratic successors characterize the representatives of the other party. In this noxious context, the (meta)conservative position is not to deny victimary claims, but tonormalize them: to turn them back into assertions of interests to be negotiated as political questions were in days of old—in a word, into issues that can be settled by making a deal.

Victimary activism should not in itself guarantee representative status for its leaders on campuses and elsewhere. But when university officials find it appropriate to hold discussions with representatives of the black or gay or Muslim student body, by making it clear that they view the latter as interest groups rather than as communities of the oppressed, they can avoid putting themselves, as such officials all too often do, in a situation of moral inferiority. There is no reason not to allow a group to express what it considers its legitimate interests; there is every reason not to consider the expression of these interests a priori as “demands for justice.”


In their preoccupation with denouncing Trump as a false conservative, the guardians of the flame forget that at a time when the victimary left seeks to portray the normal order of things in American society as founded on privilege and discrimination, Trump’s supporters turn to him as a figure of hope because his mind, unclouded by White Guilt, views the political battlefield, foreign as well as domestic, as a place for making deals. This used to be called Realpolitik.

All too often, to read today’s mainstream press, let alone more extreme publications such as the new New Republic or Salon, is to be subjected to the verbal equivalent of race war. The political discourse of Sanders and Clinton is deeply impregnated with this same rhetoric. Whether or not Trump is its nominee, I hope the Republican party does not need another general election loss to teach it that to articulate and defend a conservative position today, it is first necessary to reject the victimary moralization of politics and return to the liberal-democratic continuum within which conflicts can be mediated. At that point, regardless of the party in power, liberals and conservatives can argue their points, and then come together and make a deal.

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The Archbishop of Canterbury tells why the Easter story can help humanity escape a lethal cycle of fear and resentment

A couple of weeks ago, there was a sadly predictable report of the reaction from some ultra-conservative Christian groups to the BBC’s advance publicity for its dramatisation of the passion of Jesus. The author and producer had underlined the fact that they were presenting a fairly nuanced view of the characters of the ‘villains’ of the story such as Judas and Pilate; the Christian critics responded by complaining that this was being unfaithful to the Bible. These characters were bad and that was an end of it.

Viewers of the series will have their own judgment. But the alarming thing is that anyone should think that the story of Jesus’s death is a story about the triumph of bad men over good ones, with the implication that if we’d been there we would have been on the side of the good ones.

It’s not only that the biblical story, especially St John’s Gospel, shows us just the mixed motives that can be seen in figures such as Pilate and the High Priest. Much more importantly, the entire message of the Bible on this point is that the problem begins with us, not them. Jesus is killed because people who think they are good are in fact trapped in self-deception and unable to get out of the groove of their self-justifying behaviour. And the New Testament invites every reader to recognise this in himself or herself.

In recent years, a number of Christian writers, inspired by French critic and philosopher René Girard, have stressed with new urgency how the Bible shows the way in which groups and societies work out their fears and frustrations by finding scapegoats.

Because we compete for the same goods and comforts, we need to sustain our competition with our rivals and maintain distance from them. But to stop this getting completely out of hand, we unite with our rivals to identify the cause of the scarcity that makes us compete against each other, with some outside presence we can all agree to hate.

Just as the BBC drama suggested, Jesus’s context was one where Judaeans and Romans equally lived in fear of each other, dreading an explosion of violence that would be destructive for everyone. Their leaders sweated over compromises and strategies to avoid this. In such a context, Jesus offered a perfect excuse for them to join in a liberating act of bloodletting which eliminated a single common enemy. The spiral of fear was halted briefly.

Frequently in this mechanism, the victim has little or nothing to do with the initial conflict itself. But in the case of Jesus, the victim is not only wholly innocent; he is the embodiment of a grace or mercy that could in principle change the whole frame of reference that traps people in rivalry and mutual terror.

Thus the scapegoat mechanism is exposed for what it is – an arbitrary release of tension that makes no difference to the underlying problem. And if you want to address the underlying problem, perhaps you should start listening to the victim.

For many of our contemporaries, the Christian message is either a matter of unwelcome moral nagging or a set of appealing but finally irrelevant legends. If it has a place in our public life or our national institutions, it is on the basis of a slightly grudging recognition that ‘it does a lot of good work’ and represents something about continuity with our past.

But what if the Christian story offered more than this? What if it proposed a way of understanding some of the most pervasive and dangerous mechanisms in human relationships, interpersonal or international?

It doesn’t take much imagination to see how internally divided societies find brief moments of unity when they have successfully identified some other group as the real source of their own insecurity. Look at any major conflict in the world at the moment and the mechanism is clear enough. Repressive and insecure states in the Islamic world demonise a mythical Christian ‘West’, while culturally confused, sceptical and frightened European and North American societies cling to the picture of a global militant Islam, determined to ‘destroy our way of life’.

Two fragile and intensely quarrelsome societies in the Holy Land find some security in at least knowing that there is an enemy they can all hate on the other side of the wall. A crumbling dictatorship in Zimbabwe steps up the rhetoric of loathing and resentment towards the colonial powers that create the poverty and the shortages. Nearer home, disadvantaged communities make sense of their situation by blaming migrants and asylum seekers.

It’s not that the fears involved are unreal. Global terrorism is a threat, Israel and Palestine really do menace each other’s existence, colonialism isn’t an innocent legacy and so on. But the exploitation of these real fears to provide a ‘solution’ to more basic problems both breeds collective untruthfulness and makes any rational handling of such external fears infinitely harder.

It breeds a mentality that always seeks to mirror the one who is threatening you. It generates the ‘zero-sum game’ that condemns so many negotiations to futility. Worst of all, it gives a fragile society an interest in keeping some sort of external conflict going. Consciously or not, political leaders in a variety of contexts are reluctant to let go of an enemy who has become indispensable to their own stability.

The claim of Christianity is both that this mechanism is universal, ingrained in how we learn to behave as human beings and that it is capable of changing.

It changes when we recognise our complicity and when we listen to what the unique divine scapegoat says: that you do not have to see the rival as a threat to everything, that it is possible to believe that certain values will survive whatever happens in this earth’s history because they reflect the reality of an eternal God; that letting go of the obsessions of memory and resentment is release, not betrayal.

People may or may not grasp what is meant by the resolution that the Christian message offers. But at least it is possible that they will see the entire scheme as a structure within which they – we – can understand some of what most lethally imprisons us in our relationships, individual and collective. We may acquire a crucial tool for exposing the evasions on which our lives and our political systems are so often built.

Yes, the Christian church has been guilty of colossal evasion, colluding in just those scapegoating mechanisms it exists to overcome. Its shameful record of anti-semitism is the most dramatic reversal of the genuine story it has to tell, the most dramatic example of claiming that the killing of Jesus was indeed about them and not us.

But it keeps alive that story. Every human society needs it to be told again and again, listening to the question it puts, whether or not people identify with Christianity’s answer. The point of the church’s presence in our culture is not to be a decorative annexe to the heritage industry, but to help us see certain things we’d rather not about common responsibility – and the costly way to a common hope.

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The Rise of the Victim Bully

The imaginative conservative
Aug. 2, 2015

One of Christianity’s contributions to civilization has been a startling compassion for the victim. As René Girard has pointed out, from the beginning of time primitive peoples focused their animus on the outsider, the oddball, or the eccentric in their midst. It was the disabled, the alien, the poor, and the weak who most often took the blame for society’s ills. The crowd turned on them as the origin and cause of their problems. They became the scapegoat. As they were ostracized, excluded, persecuted, and killed, the source of the tribe’s problems was eliminated.

Consequently, the tribe felt cleansed. The violence unleashed a feeling of power and freedom. As the evil was purged, thrill surged. All was well. Life could continue and the tribe could prosper. Until, of course, another crisis developed—and at that point another victim would be needed. Because of the regularity of the crises, religions developed the ritual of regular sacrifice. Victims were found, throats were cut, blood was shed, and if animals were substituted, it did not mitigate the truth that the society still ran on the blood-fuel of the victim.

This may seem terribly primitive in a modern age, until one see videos of ISIS soldiers ritually beheading their victims. Modern Americans may think they are far removed from the barbarities of the Aztecs until they view a video of a wine-sipping high priestess of the cult of abortion describing how she dismembers children and harvests their organs. Is this so far removed from the haruspication of the ancients? When crazed and enraged young men—be they Islamist or racist extremists—open fire on their innocent victims, are we so far from Girard’s theory of the scapegoat?

Girard points out that Jesus of Nazareth turned the model on its head. He does so first by valuing the victim. The poor, the outcast, the crippled, diseased, blind, and demon-possessed are his prizes. He treasures children and magnifies women. He turns the sacrificial system upside down not only by valuing the victim, but by becoming the victim. He accepts the victim role and willingly becomes “the Lamb of God” who takes away sin of the world. He defeats the sacrificial system by embracing it. He breaks it from the inside. For the last two thousand years, the world has been learning that the victim is the hero.

The problem is that everyone is jumping on the bandwagon. Being a victim is fashionable—ironically, becoming bullied is now the best way to bully others. It works like this: If you want to move forward in the world, make progress for you and your tribe, further your ambitions, justify your immoral actions, grab a bigger piece of the pie, and elbow others away from the trough, simply present yourself and your tribe as victims. Once you successfully portray yourselves as a poor, outcast, persecuted, minority group you instantly gain the sympathy of all.

The first key to success in this campaign is to portray your victim condition as something over which you have no control. This is clear when the victim group is a racial or ethnic minority. The same sense of unjust destiny has to be produced for other groups. So the feminists have exploited the technique to portray all women as downtrodden. Homosexual campaigners have likewise insisted that their condition is something they were born with, and now anyone with a sexual proclivity that is other than heterosexual can be portrayed as a misunderstood and persecuted victim.

People suffering from any kind of illness, disability, or misfortune are victims of some sort of injustice, cruelty, or neglect. Those who suffer from poverty, addiction, broken families, psychological problems, emotional distress, or just plain unhappiness are victims too. The victim mentality is linked with an entitlement culture: Someone must be culpable for the unhappiness of the victims because someone should be responsible for making them happy.

The second step in effective victim-campaigning is to accumulate and disseminate the propaganda. Academic papers must be written. Sociological studies must be undertaken. Groundbreaking books must be published. Stories of the particular minority group being persecuted must make front page news. The whimpers of the persecuted must rise to heaven. The shock at their victimhood must be expressed as “sadness,” “concern,” and “regret.” If one is not sympathetic, if one is reticent to pour balm in the victim’s wounds, then the bullying begins. You must recognize the victim. You must be sympathetic. You must be tolerant. You must join the campaign to help the victim, solve their problems, and make them happy at last. If you do not, you are not only hard-hearted, you are part of the problem.

The third stage of the campaign is the release of anger. Once the victim is identified and the information is widespread, the rage can be released. The anger must be expressed because, without knowing it, a new cycle of tribal scapegoating has developed. As the tribe gathers around the victim in sympathy, they must find the culprit, and their search for the culprit (whether he is guilty or not does not matter) sends them on the same frantic scapegoating quest that created their victim in the first place. The supposed persecutors have now become the persecuted. The unhappiness of the tribe (which presents itself as sympathy for the victim) is now focused on violence against the new victim—and so the cycle of sin and irrational rage continues.

Observe American society today. Everywhere you look we are apportioning blame and seeking scapegoats. The blacks blame the whites. The whites blame the blacks. The homosexuals blame the Christians. The Christians blame the homosexuals. The Republicans blame the immigrants. The immigrants blame the residents. The workers blame the wealthy. The wealthy blame the workers.

Why has our society descended into the violence of scapegoating and blame? Because it is inevitable. The victimhood cycle will continue through cycles of revenge and further victimhood unless there is an outlet.

Where is there an end to the cycle of violence and victimization? There is only one solution: Find a constant victim—one who is the eternal victim and remains the victim. How is this done? It is done within the religion of a society. If a society has a religion of sacrifice the ritual victim becomes the focus of the tribal animus. The ritual victim becomes the constant scapegoat. The ritual victim becomes the psychological safety valve.

Catholicism, of course, is the only religion in the modern world which, astoundingly, still claims to be offering a sacrifice. This is why the ancient celebration of the Mass is still so vital in the modern world—because there the one, full, final sacrifice is re-presented for the salvation of the world.

The problem is that we are not a sacrificial and a sacramental people. We do not understand what the liturgy calls “these holy mysteries.” Most Catholics in America are embarrassed by the language of sacrifice. We are a blandly utilitarian race–shallow, and lacking in imagination. We are uncomfortable with blood sacrifices and cannot understand the rituals of redemption. American Catholics prefer their liturgy to be a banal family meal where they sing happy songs about making the world a better place. It is no longer a sacred sacrifice or a holy mystery, but a cross between a campfire and a pep rally.

Nevertheless, when the religion in a culture offers the mysteries of sacrifice the urge to lay blame is assuaged, the cycle of blame finds its proper resolution. As the eternal victim is offered the mystery unfolds, and the words, “Behold the Lamb of God who takes away the sin of the world” echo more profoundly than we ever could have imagined.

Voir encore:

As anyone who reads this blog knows, I am a hardcore devotee of the ideas of Rene Girard.  I’ve tried before to set out, in a big picture way, why I think his ideas are so important and so fruitful–not just in terms of Christianity or religion, but in general.  But those things I mentioned are big-picture concepts, and can be seen as somewhat abstract.  If you want some specific idea of Girard’s, one that is directly relevant to our current political and cultural situation, I think his most trenchant idea is his discussion of the Cult of Victimhood.

In Girard’s analysis, the Cult of Victimhood is, though unacknowledged by its practicioners, literally a Christian heresy (or more accurately, a Judeo-Christian heresy, if one can say that).  For Girard, the death and resurrection of Jesus Christ reveals to the world the mechanism of scapegoating–a victim is selected from among the people and sacrificed in order to discharge our rivalrous, imitative desires, and that sacrifice becomes both ritualized and camouflaged so that we are unaware of our participation.  Jesus, finishing a process begun at the beginning of the Hebrew Scriptures, comes to strip off the veil over our eyes, to reveal to us the truth.  Where once we held fast to the idea that the victim really deserved to be sacrificed, we now understand that the victim is innocent.

Girard insists that this bell cannot be un-rung, and society can never go back to the way it was prior to Easter Sunday.  But that does not mean that scapegoating is ended forever.  It simply means that we as a people cannot rely on the simplistic old versions of the sacred to sustain the Big Lie.  Instead, if we want to avoid the hard work of imitating Jesus, forgiving our enemies, and learning to live in peace, we have to construct a new version of the Big Lie.  This new narrative has to incorporate on some level what Alison calls the « Intelligence of the Victim » that is provided by Jesus’s life, death and resurrection (since that is now a permanent part of human understanding), while still finding a way to create space for sacrificing victims.

One way to do this, as Jean-Pierre Dupuy has explored in Marks of the Sacred and Economy and the Future, is to set up supposedly « neutral, » technocratic systems to, in essence, « do the dirty work for you » while keeping a clean conscience (« I’m not punishing the poor, it’s just ‘market forces’ that are leaving people destitute » etc.).  But the other way is through the Cult of Victimhood.  The Cult of Victimhood begins by appropriating the Intelligence of the Victim, recognizing the truth that discrete groups are often persecuted unjustly by virtue of being a discrete group, and not as a result of anything for which they are responsible.  And the Cult of Victimhood insists, correctly, that persecution of the particular discrete group at issue is unjust and should be stopped.  So far, so good.  But then the Cult of Victimhood turns being a victim into a status, defining itself in terms of the marker (either directly or indirectly) of having been through the experience of being a victim.

The Cult of Victimhood is thus an inversion of the normal, pre-Christian process of the Sacred–rather than the majority forming an identity over and against some identifiable minority victim or group of victims through the process of victimization, the minority forms an identity over and against the majority by virtue of being victimized, either presently or at some point in the past. This creates three serious problems.  First, the identity of the group is tied up in the status of being a victim.  Thus, perversely, there is an incentive for the minority to seek to be victimized, because it supports and reinforces the group identity, leading to counter-productive co-dependent relationships with the persecuting majority.  Or, at a minimum, the minority needs to perceive itself as being victimized in order to shore up its self-identity, leading to incentives to find persecution behind every rock or tree, even when it is not there.

The second problem is that the Cult of Victimhood is it creates a tempting platform to seize the moral high ground.  In light of the message of Jesus, we have an obligation to have special moral concern for victimsas victims.  But it does not follow that those that are victimized have some special moral qualities or status by virtue of being victims.  Being a victim does not necessarily make you wiser, or more just, or better able to discern moral realities in the world around you, because being a victim is ultimately and fundamentally arbitrary.  As the great Ta-Nehisi Coates says, « [w]e, too, are capable of fictions because, as it turns out, oppression confers no wisdom and is rarely self-improving. »  But the Cult of Victimhood seizes on being a victim to provide a kind of imputed righteousness.  Once again, this is an inversion for the old vision of the Sacred–whereas before the society explained that victims became victims through some narrative of moral failure, now the victims understand their victim status through a narrative of their own moral superiority.

In doing so, it sets up a purely binary, Manichean distortion of the Gospel message, dividing the world into fixed categories of victims who are righteous and victimizers who are unrighteous.  This binary system acts as a kind of moral shield for their own behavior.  The logical chain goes like this:  because I am a victim, I am righteous; because I am righteous, those that challenge or critique that righteousness (especially if the critique comes from those that victimized me) are per se wrong and their critique is per se illegitimate; thus, I can stay in a comfortable bubble of my own imputed righteousness.  Because I am an innocent victim, I don’t have to take seriously any critiques of my own actions.

This in turn leads to the third problem.  Because of the power of feature #1 and especially feature #2 of the Cult of Victimhood, everyone wants to get in on the action.  And, given both the pervasive nature of scapegoating and the cultural awareness of the phenomenon (even if inchoate) brought about by thousands of years of Judeo-Christian presence, everyone can get in on the action if they look hard enough.  Everyone can craft a story of why they are the « real » victims over and against some group of victimizers.  What results is an utterly intractable set of mutually incompatible victimhood narratives, in which every group is the righteous but persecuted minority over and against some nefarious overculture.

In an attempt to resolve this deadlock, the basic instinct (especially for the partisans of one competing narrative or another) is to try to adjudicate who are the « real » victims and who is the « fake » victims.  Girard would insist that this is an utterly futile activity, because all of these stories of victimhood are on some level true and on some level self-serving nonsense.  The fact of being the victim is true, but the narrative of why the victimization occurred, tied into to some group identity and moral status, is not.  And it is not true because, again, being a victim is arbitrary.  Sometimes you are victimized because of some trait you happen to have (like race or gender), sometimes it is because of some social group you happen to belong to that happens to be on the short end of the stick for whatever reason (like LGBT folks), sometimes it is for no reason at all.  The only real difference between the victim and the victimizer is circumstance.  Or, to put it another way, there has only been one truly innocent victim in all of history, and He was last seen outside of Jerusalem 2000 years ago and 40 days after Easter Sunday.

Again, it’s crucial, here and elsewhere, to draw a very clear line between the fact of victimization and the status as a victim.  People get victimized, and we have a moral obligation to try to end the victimization.  But the Cult of Victimization makes that project more difficult, because it weaponizes victimization and intermixes genuine victimization with dubious claims of moral righteousness.  It also incentivizes out-and-out bogus claims of victimization, because the power of victimhood status is to enticing.

To see an example of the Cult of Victimhood in action, consider this piece from Andrew Sullivan about Trump.  In the piece, Sullivan makes the point that one key dimension of why white, working-class voters have rallied to Trump is the disdain shown by cultural elites (mostly liberal but also conservative, to the extent those are still distinct categories) toward the culture and values of said white working-class people.  The reaction on social media to the piece was very telling.  Instead of pushing back on the thesis (i.e., « you are wrong, Andrew, we don’t disdain the values of these folks. »), or to admit the thesis and stand firm on the position (i.e. « yes, Andrew, we do disdain the values of these folks because these values are bad. »), the reaction was to criticize Sullivan for failing to assert that racism (and, to a lesser extent, homophobia) was the « real » reason why these voters were supporting Trump.

First off, Sullivan does talk about that in the piece.  But, more to the point, seizing on Sullivan’s purported failure to talk about race or homophobia is a way to side-step and de-legitimize the basic point that cultural elites disdain a big chunk of the population.  Because, if the « real » issue is race or homophobia, then in the Cult of Victimhood world the issues and objections of white working class folks are per se illegitimate, because they are the unrighteous victimizers.  In other words, yelling at Sullivan for failing to talk about race is another way of saying « their assertion of victimhood status is bogus because my victimhood status is real, and because my victimhood status is real their assertion of victimhood status must be bogus. »  And, of course, the same story can (and is) being said on the other side.  Which is why, along the lines of Sullivan’s piece, the 2016 U.S. Presidential election has been a heretofore unprecedented orgy of the Cult of Victimhood from all sides, and promises to become even more grotesque as we get closer to November.

Or, let’s take a perhaps less weighty example, from my geekdom of choice, tabletop role playing games.  To my utter shock, tabletop role-playing games are undergoing a renaissance.  A month or so ago, Slate, that bastion of middle-brow coastal opinion, published an article praising the Youtube show « Critical Role, » calling it « flat out great television. »  Now, I really like « Critical Role, » and it is a very well done show with interesting and engaging personalities, but at the end of the day it is an extended (usually four hours at a time!) video of a bunch of people playing Dungeons and Dragons.  If you told Middle School me that filmed D&D games would be covered and praised in the media, my head would have exploded.

My head would have exploded because when I was a kid there was a bias against geeky activities like D&D.  Now, I don’t want to oversell this–it would be grossly exaggerated to say most people into geeky stuff were persecuted, and it should never be compared to what is experienced by racial or sexual minorities.  But it was social disfavored, and the stigma was real.  For example, I kept my interests in this area mostly to myself as an adult, and kept the hobby at arms-length–I felt that people would perceive it as immature or weird.  I’ve shed that idea, partially out of a sense that letting what people think of your fun dictate what you do is lame and counter-productive, but also because it has become clear than no one cares anymore.

So, this should be a great time to be a tabletop RPG fan, and everyone should be happy, right?  Not quite.  It turns out there is a deeply toxic element of the tabletop RPG culture, one that has full-throatedly embraced the Cult of Victimhood.  Here’s a good example.  The basic claim is that there is a culture of sexual harassment in the hobby, directed an women in particular.  Immediately with the first commenter, we see the classic Cult of Victimhood push-back–« I am not the victimizer, because I am the victim of your persecution. »  Again, we see the clear binary, which is that if I am a victim, I cannot be a victimizer, and for me to be a victim, I need you, or someone else, to be the victimizer.

One theme, and this runs through much of the toxicity in geek culture (seen most clearly with « Gamergate »), is that the presence of women in the hobby is The Worst and is ruining it.  Here, I will simply restate my view that mixed gendered scenarios are basically always better than single gendered ones.  But the reflexive misogyny is not really about concrete experiences, but about the Cult of Victimhood.  A person who was rejected by the broader culture (which, to an adolescent male, is often identified with girls) builds an identity around the notion of being excluded and marginalized by « them. »  When « they » attempt to enter those spaces, this identity formed via perceived victimhood is threatened.  Thus, something which would logically be seen as a victory (« Girls once shunned me for playing tabletop RPGs, and now they want to play, too! ») becomes an existential threat.  By excluding these intruders, identity is maintained–at the cost, of course, of victimizing innocent women who just want to play a game.  But that reality doesn’t have to be faced, because it can be shunted aside in the binary narrative of the Cult of Victimhood.

My point in using these two examples is not pass judgment on the validity of the victimhood claims involved (though, from where I sit, the claims of victimization of racial and sexual minorities, as well as women in the RPG space, seem mostly real; the claims of male gamers seem mostly bogus; and the claims of white working class folks seem to be some combination of truth and self-serving fantasy).  The point is to talk about how the Cult of Victimhood works, and why it makes these kinds of debates so intractable.  No matter how real the persecution, the stories people tell regarding the persecution are fundamentally unreliable, especially if they divide the world into an « us » and a « them. »  And, once they are a « them, » we can stay safe in our bubble of righteousness.

The power of Girard’s ideas, for me, is the constant and destabilizing claim of a radical equality–we are all victims, and we are all victimizers.  This doctrine cuts through both our self-serving claims to goodness as well as the paralyzing guilt of our wickedness. Our only escape from the Cult of Victimhood is to find a way to embrace the hard teaching of Elder Zosima:

There is only one means of salvation, then take yourself and make yourself responsible for all men’s sins, that is the truth, you know, friends, for as soon as you sincerely make yourself responsible for all men, you will see at once that it is really so, and that you are to blame for everyone and all things.

The story of Donald Trump’s stunning upset victory, according to exit poll data, is very clear: He won the white working class by an unprecedented margin, and held on to a surprising majority of college-educated whites. That allowed him to flip heavily white areas of states like Wisconsin and Pennsylvania that had voted for Obama.

The big questions now are: Why this? And why now?

One answer you’ll hear is economic: that those white-working class voters were angry in the wake of the Great Recession and the ongoing job losses due to globalization, and were looking for someone to blame. This may end up being part of the general election story — we don’t have enough data to say for sure.

But preliminary data suggests it is hardly all of it. An analysis from USA Today’s Brad Heath found that Hillary Clinton got crushed in counties where unemployment had fallen in the late Obama years:

There’s something deeper going on here. And to understand this part of the story, you need to look beyond American borders. It’s tempting to think of Trump as something uniquely American, but the truth is that his rise is being repeated throughout the Western world, where far-right populists are rising in the polls. They’re not rising because of their economies. They’re gaining unprecedented strength because of their xenophobia.

In Hungary, the increasingly authoritarian prime minister, Viktor Orban, has started building a wall to keep out immigrants and holding migrants in detention camps where guards have been filmed flinging food at them as if they were zoo animals. In Italy, the anti-immigrant Northern League, led by a politician who has attacked the pope for calling for dialogue with Muslims, is polling at more than three times its 2013 level, making it the country’s third most popular party. And in Finland, the Finns Party — which wants to dramatically slash immigration numbers and keep out many non-Europeans — is part of the government. Its leader, Timo Soini, is the country’s foreign minister.

Those leaders were among the first to praise the president-elect. Marine Le Pen, who runs an increasingly popular French far-right party, tweeted in elation: “Congratulations to the new president of the United States Donald Trump and to the free American people!”

Politicians like Le Pen and Orban share Trump’s populist contempt for the traditional political elite. They share his authoritarian views on crime and justice. But most importantly, they share his deeply negative views of immigrants, his belief that Muslims are inherently dangerous, and his stated support for closing the borders to refugees and economic migrants alike.

These parties’ values are too similar, and their victories coming too quickly, for their success to be coincidental. Their platforms, a right-wing radicalism somewhere between traditional conservatism and the naked racism of the Nazis and Ku Klux Klan, have attracted widespread support in countries with wildly different cultures and histories.

A vast universe of academic research suggests the real sources of the far right’s appeal on both sides of the Atlantic are anger over immigration and a toxic mix of racial and religious intolerance. That conclusion is supported by an extraordinary amount of social science, from statistical analyses that examine data on how hundreds of thousands of Europeans to books on how, when, and why ethnic conflicts erupt.

We cannot understand Donald Trump’s victory, then, without understanding this global wave of what CNN anchor Van Jones memorably summed up as a “white lash.”

The resentment of the privileged

Political scientist Roger Petersen has argued, persuasively, that ethnic conflict around the world is often driven by something he calls “resentment”: the feeling of injustice on the part of a privileged portion of society when it sees power slipping into the hands of a group that hadn’t previously held it. Drawing on social psychology, he theorized that one of the underappreciated causes of ethnic violence was a change in the legal and political status of majority and minority ethnic groups.

In his book, Understanding Ethnic Violence, Petersen argues that his theory helps explain the causes of other cases of ethnic violence in Eastern Europe, including the carnage in the Balkans in the 1990s. Other scholars have since found that it could be used to understand communal violence elsewhere in the world.

A 2010 paper published in the journal World Politics tested Petersen’s theory, looking at 157 cases of ethnic violence in nations ranging from Chad to Lebanon. It found strong statistical correlations between a group’s decline in status and the likelihood that it turns to violence against another group.

What does any of this have to do with Donald Trump?

Petersen predicts that ethnic struggle should play out differently when governments are weak, as in the wake of a Nazi invasion, versus when they’re strong, as in modern France. In nations with strong and legitimate governments, the loss of status by a privileged group is extremely unlikely to produce large-scale ethnic slaughter.

But « resentment » on the part of the previously dominant group doesn’t just dissipate; it is simply channeled into another way of clinging to power and preventing another group from attaining it. Like, say, elections and government policies.

« Dominance, » Petersen writes, « is sought by shaping the nature of the state rather than through violence. »

While Petersen’s book focuses on Eastern Europe, his framework applies to all different kinds of countries. So when post–World War II Europe experienced a massive wave of immigration, in large part from nonwhite and Muslim countries, Petersen’s work would predict a major backlash. Ditto when the United States ended Jim Crow, allowing black people to participate as formal equals, and when it experienced a mass wave of Latino immigration.

What you saw in many of these countries was a very different kind of population moving in and occupying social roles that had previously been reserved for white Christians. This was the ultimate change in social hierarchy. Nonwhites, who had historically been Europe and America’s colonial subjects and slaves, were now becoming its citizens. They weren’t just moving in; they were changing its society.

The question wasn’t whether there would be a massive electoral backlash. It was when.

The rise of the European far right

For Jean-Marie Le Pen, arguably the father of Europe’s far-right political movement, the backlash began in earnest in 1984. His political party, the Front National (FN), won about 11 percent of the French national vote in the 1984 elections to the European Parliament. It was the first major electoral victory for a party of its kind.

Le Pen had founded the party 12 years earlier. It was a populist party, one that argued that ordinary people were being exploited by a corrupt class of cosmopolitan elites. They were also authoritarian, constantly warning of the dangers of crime and the need for a harsh state response.

But above all else, the FN was xenophobic. Its members believed the postwar wave of immigrants threatened the French nation itself; stopping more from coming in was the only thing that could save the country from being overrun. The party cleverly avoided labeling nonwhites “inferior,” but instead sold their xenophobia as a defense of “French culture” — rhetoric that functioned very similarly to Trump rhetoric about Latino crime.

« Immigration is the symbolic starting point for the debate of the future of the French nation, » FN politician Jean-Yves Le Gallou once said.

The FN’s success spawned imitators. In 1986, Jörg Haider — a firebrand who once praised Hitler for having a « proper employment policy » — took over Austria’s Freedom Party (FPO), transforming it into a xenophobic party along the FN’s lines. In 1999, the FPO came in second in Austria’s parliamentary elections, joining a government led by the center-right People’s Party.

In 2001, a Dutch sociology professor named Pim Fortuyn launched a new political movement — oriented entirely around opposition to Muslim immigration. « I don’t hate Islam, » he once said. « I consider it a backward culture. »

By 2002, Fortuyn’s new party, the Pim Fortuyn List, was second in the national polls. Fortuyn was assassinated by a far-left activist that year but was succeeded by another charismatic populist, Geert Wilders.

Wilders, who declared in July that « I don’t want more Muslims in the Netherlands and I am proud to say that, » leads the third-largest bloc in the Dutch parliament. Wilders’s party, the ironically named Party for Freedom, is consistently leading the polls ahead of the March 2017 national elections.

There are many others examples. The British far-right party, the United Kingdom Independence Party, played a crucial role in fueling the Brexit vote. In France, meanwhile, Le Pen’s daughter Marine has shed many of her father’s most controversial statements — his denial of the Holocaust, for instance — and turned herself into the kinder, gentler face of the party he founded decades earlier. Recent polling shows her near the top in the 2017 presidential election.

The rise of these parties has been studied extensively — and the evidence is quite conclusive. These parties’ success was driven by fear of immigrants.

« What unites the radical right is their focus on immigration, » Elisabeth Ivarsflaten, a professor at the University of Bergen in Norway who studies the far right, told me in a recent interview.

In a 2008 paper, she looked at data on vote shares for seven European far-right parties, to try to figure out why people voted for them. She found that a person’s support for restricting immigration was « close to a perfect predictor » of one’s likelihood of voting for a far-right party.

By contrast, people’s views on other political questions — like economics or trust in government — didn’t have nearly the same predictive value. You can see this in the following chart from her paper. The Y-axis is the probability of voting for a far-right party; the X-axis is the level of support for restrictive immigration policies, right-wing economic views, and the like. The difference between immigration policy preferences and the others is striking:

« This study therefore to a large extent settles the debate about which grievances unite all populist right parties, » Ivarsflaten concluded. « The answer is the grievances arising from Europe’s ongoing immigration crisis. »

Eight years later, after running tests on newer data for a forthcoming paper, Ivarsflaten believes the thesis still holds.

Crucially, the research also suggests that these people are driven by cultural grievances rather than economic ones — Petersen’s resentment theory, almost to a tee.

The most systematic effort to assess this, to date, comes from Harvard University’s Pippa Norris and the University of Michigan’s Ronald Inglehart. Norris and Inglehart looked at 12 years of European Social Survey data, surveying a whopping 294,000 respondents, to figure out the relationship between economic and cultural grievances and support for the European far right.

They found something startling: Earlier research suggesting the European far right draws support from globalization’s losers was simply wrong. Instead, it was from exactly the kind of people who voted for Donald Trump in the 2016 election.

« The strongest populist support, » they write, « remains among the petty bourgeoisie — typically small proprietors like self-employed plumbers, or family owned small businesses, and mom-and-pop shopkeepers — not among the category of low-waged, unskilled manual workers. »

Only one of the five economic variables they tested — employment status — correlated well with support for the populist right. That held true even when they controlled for variables like age, sex, ethnic identity, and minority status.

Then they set up an alternative model, one that tested whether five distinct cultural factors — like anti-immigrant attitudes and authoritarian values — would predict support for the far right. Every single one did.

In short: There was no good evidence that economic anxiety was driving cultural resentment. Economics played some contributing role, but it seems much more likely that the far-right backlash is about what the far-rightists say it’s about: immigration, race, and culture.

« [Populists’] greatest support is concentrated among the older generation, men, the religious, majority populations, and the less educated — sectors generally left behind by progressive tides of cultural value change, » they write.

You can’t understand Trump’s win without understanding this global movement

Far-right leaders like Le Pen have every reason to be elated by Trump’s win. He ran on an Americanized version of the European far-right platform. He essentially turned the Republican Party into a vehicle for their style of populism, and used it to win a national election in the world’s most powerful country.

Like his European counterparts, Trump has eschewed overt discussion of racial superiority during his campaign. He claims to have « a great relationship with the blacks » and tweets things like, « I love Hispanics! » He also claims to be an American nationalist standing up against a corrupt elite in hoc to « the false song of globalism. » One of his favorite descriptions of his worldview is « America First, » a slogan coined by World War II–era isolationists and anti-Semites.

Protestations aside, the bigotry that runs through Trump’s rhetoric is pretty blatant.

Trump first became a major political figure as leader of the birther movement — the people who questioned whether Barack Obama was really a natural-born US citizen — in 2011, taking advantage of racial anxieties about a black president to turn himself into a GOP power broker. He has claimed that a Mexican-American judge shouldn’t hear a case involving him because of the judge’s Hispanic background, described life in black communities as an unending hellscape of crime and poverty, and implied that all Muslim immigrants were potential terrorists. He deployed classic anti-Semitic rhetoric, warning of dark international banking conspiracies rigging the system against ordinary Americans.

Data from the primary shows that this kind of rhetoric was absolutely critical to his appeal. Over the summer, Michael Tesler, a professor at the University of California Irvine, took a look at racial resentment scores among Republican primary voters in the past three GOP primaries. In 2008 and 2012, Tesler found, Republican voters who scored higher were less likely to vote for the eventual winner. The more racial bias you harbored, the less likely you were to vote for Mitt Romney or John McCain.

With Trump, the opposite was the case. The more a person saw black people as lazy and undeserving, the more likely they were to vote for the self-proclaimed billionaire.

 

Tesler found similar effects on measures of anti-Hispanic and anti-Muslim prejudice. This shows that Trump isn’t drawing support from the same type of Republicans who were previously picking the party’s winners. He’s mobilizing a new Republican coalition, one dominated by the voters whose political attitudes are driven by prejudice.

« The party’s growing conservatism on matters of race and ethnicity provided fertile ground for Trump’s racial and ethnic appeals to resonate in the primaries, » Tesler wrote at the Washington Post in August. « So much so, in fact, that Donald Trump is the first Republican in modern times to win the party’s presidential nomination on anti-minority sentiments. »

It’s too soon to say how much, precisely, this explains about Trump’s stunning general election performance.

But we do have enough evidence to say that white resentment played a major role in fueling his support, even among the general population. Because the GOP nominee fit the mold of the European far right, rather than a traditional Republican, he was uniquely positioned to take advantage of racial anxieties produced by eight years of a black president and decades of mass Latino immigration.

Philip Klinkner, a political scientist at New York’s Hamilton College, found that factors like economic pessimism and income were statistically insignificant to Trump’s support. Instead, his research found that the leading driver was party identification, followed closely by racial resentment.

« Moving from the least to the most resentful view of African Americans increases support for Trump by 44 points, those who think Obama is a Muslim (54 percent of all Republicans) are 24 points more favorable to Trump, and those who think the word ‘violent’ describes Muslims extremely well are about 13 points more pro-Trump than those who think it doesn’t describe them well at all, » he writes.

He also set up an interaction variable between measures of economic pessimism and « racial resentment. » This tests whether people who were pessimistic about the economy were more likely to be racially resentful and support Trump.

Klinkner found bupkis. People who were racially resentful were more likely to support Trump regardless of their views of the economy.

Someone who was not very economically pessimistic but quite racially resentful was as likely to support Trump as someone who was equally resentful but much more pessimistic about the economy. Economic stress didn’t appear to be « activating » racial resentment.

Another study — whose findings were published by three researchers at Slate — took a different stab at this. They surveyed 2000 white Americans and asked them to say whether they thought whites were “more evolved” than blacks — that is, further away from apes.

They found very little differences in rates of prejudice by income. But, they write, “there is one group of whites that stands out in the degree to which it holds dehumanizing views of black people: Trump supporters.” Fifty-two percent of strong Trump supporters, they found, thought African Americans were less evolved — about twice as high as the rates among strong Trump opponents.

“We detected substantial levels of dehumanization among Trump supporters through additional survey questions as well,” they continue:

27 percent of Trump supporters said the phrase “lacking self-restraint, like animals” describes black people well, compared with 8 percent of Trump opponents. Trump supporters were also substantially more likely than Trump opponents to say that the terms “savage” and “barbaric” describe black people well.

Again, we do not know for sure how much of Trump’s astonishing general election performance this explains. Whereas the data is ironclad about Trump’s primary victory — it was clearly about racial resentment — the general election has yet to be analyzed in the same depth. There could end up being a bigger role for economic variables than there was in the primary, though the data about the European far-right militates against it.

Regardless, given these results and the broader international far-right wave, it is impossible to deny that white resentment against cultural change played a significant role in Donald Trump’s shocking victory.

The United States just elected a candidate who has employed the most racially charged language we’ve heard as a nation since the civil rights movement. And it looks like he won not in spite of his racism but because of it.

Voir aussi:

JUSTICE

Au procès de Jawad Bendaoud, les proches des victimes exigent du « respect »

« J’étais outré lors des débats par les rires. Moi, ça ne me fait pas rire. Je ne suis pas ici au spectacle. »

13-NOVEMBRE – Témoignage ahurissant, comparaisons grotesques, phrases choc… Depuis le début de son procès, l’attitude de Jawad Bendaoud ne cesse de choquer les familles des victimes, qui ont, au premier jour de leurs auditions ce mardi 30 janvier, appelé le « logeur » des jihadistes impliqués dans les attentats du 13-novembre à arrêter son « spectacle ».

Dès le deuxième jour du procès, la mère d’une des victimes avait fait part de sa « sidération » face aux propos de Jawad Bendaoud. Les parties civiles ont également fait part de leur indignation ce mardi, où ils sont venus à la barre pour la première fois.

Il y a eu Patrick, qui a perdu son fils au Bataclan, un autre Patrick dont la fille s’occupait de la lumière dans la salle de concert, Iordanka, dont le fils unique a été « abattu de sept balles », Abdallah dont les deux sœurs sont décédées, Sophie qui a raconté l’agonie de son mari…

Jawad Bendaoud et Mohamed Soumah, tous deux poursuivis pour « recel de malfaiteurs terroristes », ont pleuré quand une mère a raconté sa douleur. Son fils venait d’avoir 37 ans. « Chaque fois que je parle de mon fils, j’ai les larmes qui coulent », a commencé Iordanka. « Maintenant, c’est dur ma vie. (…) Ces trois personnes (les trois prévenus, y compris Youssef Aït Boulahcen, jugé pour « non-dénonciation de crime terroriste », ndlr) je voulais les voir en face », a-t-elle dit.

« C’est pas eux qui ont tué mon fils mais ils ont plus ou moins contribué. (…) J’attends que ces trois personnes soient jugées sévèrement », a-t-elle encore dit.

Le tribunal transformé en « théâtre de boulevard »

« J’ai perdu mes deux sœurs le 13 novembre. Ce qui me choque, c’est la légèreté avec laquelle M. Bendaoud et M. Soumah prennent ce procès », a expliqué à la barre Abdallah, très ému lui aussi. « Derrière ce qui se juge aujourd’hui, il y a des familles K.O ».

« Il y a un minimum de respect, de compassion à avoir. Ce n’est pas un show, pas un défilé de mode », a poursuivi cet homme qui a lui « aussi grandi dans une cité » et dont le père « a travaillé dur pour élever huit enfants ».

« J’étais outré lors des débats par les rires. Moi, ça ne me fait pas rire. Je ne suis pas ici au spectacle », a dit Patrick en lisant son texte poignant. « Bendaoud a réussi à transformer le tribunal en théâtre de boulevard », a déploré ce père, qui a cherché sa fille pendant 48 heures après le 13 novembre. « Ces énergumènes n’ont ni foi ni loi », a-t-il tranché.

Voir encore:

La mondialisation de l’inégalité

Avec un titre sous forme de conclusion, François Bourguignon reprend la plupart des clichés à la mode sur les inégalités. Et si les réalités (et les solutions) étaient bien différentes ?

Bogdan Calinescu.
Un article de l’aleps.

Ancien économiste de la Banque Mondiale, François Bourguignon apparaît comme le « spécialiste » des inégalités dans le monde. Son essai fait le tour du sujet mais n’apporte pas des réponses originales. Oui, il a raison de faire la différence entre les inégalités au sein d’un pays et celles d’un pays à l’autre. Il existe des inégalités entre les Américains mais on ne peut pas les comparer avec celles entre un Américain et un Somalien. L’auteur reconnaît aussi que le monde s’est enrichi, surtout depuis les années 1990. L’Inde et la Chine sont beaucoup plus riches qu’il y a 30 ans. La mondialisation a eu donc des effets bénéfiques. Néanmoins, il conclue à l’aggravation des inégalités depuis environ 30 ans. Et la mondialisation en est responsable. Au sein des pays, le phénomène inégalitaire se serait accru comme aux États-Unis. Et l’auteur de citer – inévitablement – les études des Thomas Piketty. Pour Bourguignon, « nos sociétés seraient de plus en plus inégalitaires et il faut corriger les injustices sociales ». Il faut « combattre la mondialisation des inégalités ». Vaste programme qui sent la hausse des impôts (même si l’auteur sait qu’elle peut avoir des effets néfastes sur l’économie) et du nombre de fonctionnaires, le clientélisme électoral et la redistribution aveugle. Cette politique interventionniste risque d’être faussée par la concurrence internationale. Bourguignon a la solution : il faut une « concertation internationale en matière de politiques redistributives ». Ça sent le gouvernement mondial…

Et si la réalité était différente ? D’abord, le monde s’est considérablement enrichi ces 20 dernières années. L’Amérique latine, l’Asie ont connu un développement économique impressionnant grâce à la mondialisation. En fait, les pays à la traîne sont surtout les pays qui ont fermé la porte à la mondialisation : la Corée du Nord, Cuba, la Bolivie, plusieurs pays africains… À moins d’être de (très) mauvaise foi, il est faux de dire que la mondialisation a accentué les inégalités. Elle a, au contraire, rendu les pays encore plus riches. Regardons les chiffres. Au début du XXe siècle, la différence moyenne entre les revenus les plus bas et les revenus les plus élevés étaient de 300. À la fin des années 2000, cette différence est de 50. C’est encore beaucoup mais c’est 6 fois moins qu’il y a un siècle. Il est vrai qu’il existe des salaires mirobolants comme ceux de certains footballeurs mais ce sont des exceptions. Oui, il existe des milliardaires. Mais il faudrait plus de Bill Gates et plus de Steve Jobs pour que les autres s’enrichissent et non pas l’inverse. Le système le plus « juste » c’est celui dans lequel les pauvres peuvent devenir riches et non pas l’inverse. Si les 1% des plus riches détiennent une très grosse fortune c’est qu’ils ont réussi. Et il faut rajouter que ces 1% payent 70% du total de l’impôt sur le revenu. Oui, on peut considérer que certaines inégalités se sont creusées, beaucoup plus dans des pays en développement rapide comme la Chine. Mais c’est aussi parce que les gens peuvent s’enrichir plus vite grâce aux opportunités économiques.

L’arme la plus efficace contre les inégalités n’est pas la redistribution mais la possibilité de s’enrichir. Les États-Unis montrent l’exemple. Dans le classement des milliardaires actuels, seulement 24% y figuraient en 1987. Le reste ce sont des entrepreneurs qui ont réussi et cela montre que la mobilité sociale est extrêmement importante car ça change tous les ans. C’est pareil pour les classes moyennes. La part des individus appartenant à la classe moyenne n’a cessé d’augmenter. La lutte contre les inégalités est devenue un véritable fonds de commerce qui ne tient pas compte des réalités économiques. Réduire les inégalités c’est d’abord offrir les opportunités pour réussir.

Voir enfin:

Pas si grave
France Soir
Mercredi 10 Janvier 2018
Catherine Millet est l’une des signataires de la tribune « pour la liberté d’importuner » publiée dans « Le Monde » mardi. En décembre dernier, invitée sur France Culture, elle expliquait qu’elle regrettait de ne pas avoir été violée pour pouvoir montrer aux femmes qui l’avaient été que l’on « pouvait s’en sortir ».
L’auteure Catherine Millet a expliqué en décembre qu’elle regrettait de ne pas avoir été violée pour pouvoir prouver aux femmes que le traumatisme est surmontable.

Ses paroles de décembre dernier refont surface et créent la polémique. Catherine Millet est l’une des signataires de la tribune publiée dans Le Monde mardi 9 « pour la liberté d’importuner ». Avec, entre autres, Catherine Deneuve, elles disaient s’inquiéter pour « la libération de la parole » au sortir de l’affaire Weinstein suite aux dizaines d’accusations envers des hommes suspectés d’agressions sexuelles ou de viol.

Cette tribune a fortement divisé le public, une partie de celui-ci s’étant offusqué. « Cette libération de la parole se retourne aujourd’hui en son contraire: on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses », était-il écrit en pointant du doigt le mouvement de contestation contre les violences sexuelles qui pourrait devenir « dangereux » selon les signataires.

Il semblerait pourtant qu’en décembre dernier à l’antenne de France Culture, Catherine Millet ait jouit de toute la liberté d’expression qu’elle voulait.

Ses paroles à propos du viol font d’ailleurs aujourd’hui débat. Elle expliquait ne pas pouvoir comprendre, et être « étonnée », que les victimes soient « traumatisées » après avoir vécu ces drames. « Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle. (…) Je pense que ça c’est un résidu d’archaïsme », a-t-elle tout d’abord expliqué.

Pour elle, « l’intégrité » des femmes n’est pas touchée après un viol puisque la conscience reste « intacte ». Elle a cependant souligné que « si la fille était vierge d’accord il lui manque désormais quelque chose » avant d’ajouter qu’elle considérait qu’il était « plus grave » de perdre un ou plusieurs membres dans un accident de voiture.

La journaliste Raphaëlle Rérolle lui a alors souligné que ce qui, entre autres, traumatisait les femmes victimes de viol c’était la violence de l’agression qu’elles avaient subie.

Catherine Millet, qui présentait alors son ouvrage La Vie sexuelle de Catherine M, lui a alors répondu: « Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort ».

Son interlocutrice lui a alors rappelé la notion de consentement et lui a fait remarquer que les femmes violées avaient été agressées sans avoir voulu de rapport sexuel avec leur agresseur. Encore une fois l’auteure a répliqué, expliquant qu’elle aussi, elle avait parfois eu des rapports sexuels avec des gens qui ne lui plaisaient pas forcément, chose bien différente que la notion de consentement.

« Mais par contre ça m’est arrivé d’avoir des rapports sexuels avec des gens qui ne me plaisaient pas spécialement. Parce que voilà c’était plus facile de céder à la personne ou parce que c’était une partouze et qu’on était en groupe ».

Pour rappel, selon le code pénal, « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle ». Un rapport publié en novembre par l’Ined (Institut national d’études démographiques) a dévoilé qu’en France, une femme sur sept avait été victime de violences sexuelles dans sa vie.


Antisémitisme: C’est un Juif qui rencontre un autre Arabe (Happy as God in France: Guess the origins of France’s no.1 TV host and radio personality ?)

14 février, 2018
https://i2.wp.com/i.f1g.fr/media/eidos/orig/2017/12/20/XVMe43dfed6-e584-11e7-9ed5-769ce2ed529d-805x453.jpghttps://www.tuxboard.com/photos/2016/01/classement-personnalites-preferees-des-francais-2016.jpg
Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
 Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes enfants. Deutéronome 6: 6-7
Fais de l’étude de la Torah ta principale occupation. Shammaï (10 avant JC)
Combattez ceux qui rejettent Allah et le jugement dernier et qui ne respectent pas Ses interdits ni ceux de Son messager, et qui ne suivent pas la vraie Religion quand le Livre leur a été apporté, (Combattez-les) jusqu’à ce qu’ils payent tribut de leurs mains et se considèrent infériorisés. Coran 9:29
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
De même que pour les juifs, ce sont les mêmes qui dénoncent les sorcières et qui recourent à leurs services. Tous les persécuteurs attribuent à leurs victimes une nocivité susceptible de se retourner en positivité et vice versa. René Girard
Certains trouvent encore intolérable d’admettre que le peuple juif se soit trouvé, à trois reprises, plus ou moins volontairement, un élément essentiel au patrimoine de l’humanité: le monothéisme, le marché et les lieux saints. Car il n’est pas faux de dire, même si c’est schématique, que les juifs ont été mis en situation d’avoir à prêter aux deux autres monothéismes, et à les partager avec eux, leur dieu, leur argent et leurs lieux saints. Et comme la meilleure façon de ne pas rembourser un créancier, c’est de le diaboliser et de l’éliminer, ceux qui, dans le christianisme et l’islam, n’acceptent toujours pas cette dette à l’égard du judaïsme, se sont, à intervalles réguliers, acharnés à le détruire, attendant pour recommencer que le souvenir de l’élimination précédente se soit estompé. Jacques Attali
Nobel Prizes have been awarded to over 850 individuals, of whom at least 22% (without peace prize over 24%) were Jews, although Jews comprise less than 0.2% of the world’s population (or 1 in every 500 people). Overall, Jews have won a total of 41% of all the Nobel Prizes in economics, 28% in medicine, 26% in Physics, 19% in Chemistry, 13% in Literature and 9% of all peace awards… Wikipedia
Ainsi partit le paysan, En traversant la nuit des temps A la recherche d’une terre. « Mes bras sont forts, j’ai du courage. J’accepte même un marécage… « Il ne trouva que des barrières. « T’es pas d’ici, t’as un accent. Fais-toi prêteur, fais-toi marchand Mais tu n’auras jamais de terre. On se méfie de ton trésor, Ton étoile d’or…  » Faute d’avoir un champ de blé, L’homme se mit à cultiver Son petit champ dedans sa tête. On le vit scribe et puis docteur Puis violoniste et professeur, Peintre, savant ou bien poète… Herbert Pagani
L’Âge moderne est l’Âge des Juifs, et le XXe siècle est le Siècle des Juifs. La modernité signifie que chacun d’entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible. Il ne s’agit plus de cultiver les champs ou de surveiller les troupeaux, mais de cultiver les hommes et de veiller sur les symboles […] En d’autres termes, la modernité, c’est le fait que nous sommes tous devenus juifs. Yuri Slezkine
En fait, ce que nous avons voulu démontrer, ma collègue Maristella Botticini, de la Bocconi, et moi, c’est que l’obligation d’étudier a un coût, et oblige donc l’individu rationnel à rechercher une compensation pour obtenir un retour sur investissement. Dans le cas des juifs, le problème se pose après la destruction du Temple de Jérusalem, en 70 de l’ère courante. La caste des prêtres qui constituait alors l’élite perd le pouvoir au profit de la secte des pharisiens, qui accorde une grande importance à l’étude. C’est de cette secte que vont sortir les grands rabbis, ceux qui vont pousser les juifs à se concentrer sur l’étude de la Torah, un texte dont la tradition veut qu’elle ait été écrite par Moïse sous la dictée de Dieu. Vers l’an 200, obligation est ainsi faite aux pères de famille d’envoyer leurs fils dès l’âge de 6 ans à l’école rabbinique pour apprendre à lire et étudier la fameuse Torah. Or l’essentiel des juifs sont des paysans, et pour les plus pauvres, cette obligation pèse très lourd car elle les prive de bras pour travailler aux champs. Beaucoup vont alors préférer se convertir au christianisme, d’où, on le voit dans les statistiques de l’époque, une baisse drastique de la population juive au Proche-Orient à partir du IIIe siècle alors que, jusqu’à la destruction du Temple, cette religion était en augmentation constante et multipliait les convertis. Pour ceux qui ont accepté le sacrifice financier que représente la dévotion, il va s’agir de valoriser leur effort. Or autour d’eux, ni les chrétiens ni, plus tard, les musulmans n’imposent à leurs enfants d’apprendre à lire et à écrire. Les juifs bénéficient donc d’un avantage compétitif important. C’est ainsi un juif converti à l’islam qui a servi de scribe à Mahomet et aurait mis par écrit pour la première fois le Coran. (…) Notre étude, fondée sur l’évolution économique et démographique du peuple juif, de l’Antiquité à la découverte de l’Amérique, remet en cause en fait la plupart des théories avancées jusqu’ici. Si les juifs sont médecins, juristes ou banquiers plus souvent qu’à leur tour, ce n’est pas parce qu’ils sont persécutés et condamnés à s’exiler régulièrement, comme l’a avancé l’économiste Gary Becker, ou parce qu’ils n’avaient pas le droit d’être agriculteurs, comme l’a soutenu Cecil Roth. Car si dans certains pays, on les a empêchés de posséder des terres, c’était bien après qu’ils aient massivement abandonné l’agriculture, et s’ils ont pu être persécutés, cela ne justifie pas qu’ils soient devenus médecins ou juristes : les Samaritains, très proches des juifs et eux aussi traités comme des parias, sont demeurés paysans. De même, contrairement à ce que dit Max Weber, ce n’est pas parce qu’un juif ne peut pas être paysan du fait des exigences de la Loi juive. Les juifs du temps du Christ la respectaient alors qu’ils étaient majoritairement occupés à des travaux agricoles et à la pêche. C’est dans l’Orient musulman, sous les Omeyyades et les Abbassides, à un moment où ils sont particulièrement valorisés, que les juifs s’installent massivement dans les villes et embrassent des carrières citadines. Pourquoi ? Parce qu’ils peuvent alors tirer parti du fait d’être lettrés. D’un point de vue purement économique, il est alors beaucoup plus rentable de devenir marchand ou scientifique que de labourer la terre. D’où notre théorie : si les juifs sont devenus citadins et ont occupé des emplois indépendants de l’agriculture, c’est d’abord parce qu’ils étaient formés. Et s’ils étaient formés, c’est que leur religion exigeait qu’ils le soient. (…) ces professions étaient beaucoup plus rentables que le travail de paysan. Pour un juif du Moyen Âge, l’apprentissage de la Torah allait de pair avec le fait de faire des affaires. Rachi, le grand commentateur du Talmud, était un entrepreneur qui possédait des vignes. Ses quatre fils, tous érudits, se sont installés dans quatre villes différentes où ils ont tous fait du business, notamment de prêts d’argent, tout en étant rabbins. Grâce à leur connaissance des langues et leurs réseaux familiaux, les juifs ont pu rentabiliser leur formation, le fait de savoir lire et écrire, mais aussi raisonner, plus aisément que d’autres communautés. (…) Il est essentiel que la culture fasse partie intégrante de l’éducation quotidienne. Et en cela, la mère joue un rôle essentiel, toutes les études le montrent. C’est elle qui transmet les valeurs fondamentales. La probabilité que vous alliez à l’université est plus importante si votre mère a été elle-même à l’université. Donc, le fait que la mère ait un minimum d’éducation a représenté très tôt un avantage compétitif par rapport aux autres communautés religieuses où la femme n’en recevait pas. Nous étudions actuellement la période allant de la Renaissance à l’Holocauste. Et nous avons déjà découvert ceci : en Pologne, au XVIIe siècle, la population juive a fortement progressé par rapport à la population chrétienne. Pourquoi ? Tout simplement parce que la mortalité infantile y était plus faible. Conformément à l’enseignement du Talmud, les enfants bénéficiaient en effet d’un soin tout particulier. Les femmes gardaient leur enfant au sein plus longtemps que les chrétiennes, et elles s’en occupaient elles-mêmes. Voilà un exemple tout simple des effets que peut avoir l’éducation. Zvi Eckstein
Pour faire face au danger que le christianisme et la romanisation faisaient courir à la survie du judaïsme, les Pharisiens imposèrent une nouvelle forme de dévotion. Tout chef de famille, pour rester fidèle à la foi judaïque, se devait d’envoyer ses fils à l’école talmudique, afin de perpétuer et d’approfondir, par un travail cumulatif de commentaire, la connaissance de la Torah. Cette nouvelle obligation religieuse a eu des répercussions socio-économiques considérables. Envoyer ses fils à l’école représentait un investissement coûteux qui n’était pas à la portée de la majorité des juifs, simples paysans comme les autres populations du Moyen-Orient au milieu desquelles ils vivaient. Ceux qui n’en avaient pas les moyens et restèrent paysans, s’éloignèrent du judaïsme. Ils  se convertirent souvent au christianisme.  C’est ce qui explique l’effondrement de la population juive durant l’Antiquité tardive. Ceux qui tenaient au contraire à remplir leurs obligations religieuses, durent choisir des métiers plus rémunérateurs. Ils devinrent commerçants, artisans, médecins et surtout financiers. Les juifs ne se sont pas tournés vers ces métiers urbains parce qu’on leur interdisait l’accès à la terre, comme on l’a dit souvent, mais pour pouvoir gagner plus d’argent et utiliser en même temps leurs compétences de lettrés. Ils étaient capables désormais de tenir des comptes, écrire des ordres de paiement, etc… (…) S’ils s’imposent partout dans le crédit, ce n’est pas parce que l’Eglise interdisait aux chrétiens le prêt à intérêt (en réalité l’islam et le judaïsme lui imposaient des restrictions comme le christianisme), mais parce qu’ils ont à la fois la compétence et le réseau pour assurer le crédit, faire circuler les ordres de paiements et les marchandises précieuses du fond du monde musulman aux confins de la chrétienté.  (…) c’est souvent à la demande des seigneurs ou évêques locaux qu’ils étaient venus s’installer dans les villes chrétiennes, parce qu’on recherchait leur savoir faire pour développer les échanges et l’activité bancaire. Les premières mesures d’expulsion des juifs par des princes chrétiens à la fin du XIII° siècle semblent avoir été guidées par la volonté de mettre la main sur leurs richesses beaucoup plus que par le désir de les convertir. (…) C’est pour des raisons religieuses que le judaïsme s’est imposé brusquement un investissement éducatif coûteux qui le singularise parmi les grandes religions du livre. Car ni le Christianisme qui  s’est donné une élite particulière, à l’écart du monde, vouée à la culture écrite, ni l’Islam n’ont imposé à leur peuple de croyants un tel investissement dans l’alphabétisation. Cet investissement a eu l’effet d’une véritable sélection darwinienne.  Il a provoqué une réorientation complète de l’activité économique du monde juif  en même temps  qu’il faisait fondre sa masse démographique. Il a surtout fait fleurir, par le miracle de l’éducation, des aptitudes intellectuelles précieuses qui en ont fait durablement une minorité recherchée et jalousée. André Burguière
Nous vivons une époque formidable, celle de l’indistinction. Aussi certains intellectuels ne savent-ils plus toujours si les propos antisémites, sexistes, homophobes ou encore xénophobes font partie des opinions ouvertes à la discussion ou, à l’opposé, sont condamnables au nom des droits humains ou, plus simplement, des principes de la démocratie. Mais c’est justement une incompréhension fondamentale sur la nature de cette dernière qui autorise cette interrogation. Tocqueville avait utilement alerté sur cette question: dans une société démocratique, expliquait-il, les individus vouent un véritable culte à l’égalité qui constitue une passion dominante. Ainsi «les théories conduisant à la conclusion que toutes les opinions doivent être respectées et traitées sur une base égalitaire, voire considérées comme équivalentes, tendent à être l’objet d’une attention sélective et à être retenues en priorité» (Raymond Boudon, «Les deux sociologies de la connaissance scientifique»). Ainsi, le fondamental principe d’égalité se corrompt trop souvent dans le désir, plus ou moins avoué, d’indistinction. Cette pente est particulièrement redoutable puisqu’elle incite au scepticisme radical, et elle tend à considérer l’éthique et l’épistémologie comme des illusions. La démocratie, qui, à beaucoup d’égards, peut être définie comme une organisation des séparations (par exemple du politique et de l’ethnico-religieux), a tout à perdre à promouvoir l’indistinct. C’est à l’aune de l’indistinction que nous pouvons comprendre l’apparition d’un phénomène nouveau: l’antisémitisme sans antisémites. Il est en effet frappant de constater le déni ou l’euphémisation (généralement par l’affirmation d’un antisionisme radical) devant le procès en antisémitisme. Ces attitudes (que l’on peut ne pas distinguer) sont généralement fondées, d’une part, sur l’incompréhension de la nature de l’antisémitisme, d’autre part, sur la distinction – dont nous montrerons l’inconsistance – entre antiracisme moral et antiracisme politique. Il va de soi que ces deux points entretiennent de profondes affinités. Le modèle dominant de lutte contre le racisme, développé à partir de 1945, établissait une équivalence structurelle entre colonisés et juifs dans leur fonction de détournement (mécanisme bien documenté du bouc-émissaire) de l’insatisfaction sociale. Dans cette stratégie argumentative, la spécificité du génocide des juifs constituait une réelle difficulté. Il fallait donc que le racisme nazi soit une forme particulière de racisme colonial. La distinction entre ces deux formes de racisme a été pourtant, dès 1967, posée avec vigueur par Jeanne Hersch («Sur la notion de race», dans Diogène). Dans une étude consacrée à la notion de race et à l’examen de deux textes établis sous l’égide de l’Unesco, elle montrait que dans le cas du racisme colonial les différences physiques stigmatisées par les colonialistes étaient manifestes, alors que celles dénoncées par les nazis étaient extrêmement imprécises. Elle ajoutait, en outre, que les colonialistes justifiaient l’exploitation de leurs victimes à l’aide d’un préjugé raciste, celui de l’infériorité intellectuelle des exploités, tandis que les nazis usaient comme moteur de leur haine l’envie qu’inspiraient les juifs, auxquels le préjugé raciste prêtait une supériorité intellectuelle dangereuse. Aussi, pour les colonialistes fallait-il maintenir la présence de l’«autre race» en tant que source de profit; alors que pour les nazis le but était son élimination et sa destruction. Pour le racisme d’extermination, c’est donc le caractère incertain des différences physiques de l’autre qui entretient une suspicion diffuse, une hantise du mélange. Or si ce racisme a désigné le juif comme l’ennemi absolu, c’est parce que la différence juive, hors du champ religieux, est insaisissable. Elle est, en conséquence, la plus dangereuse pour l’identité collective du groupe. Comme le notaient, il y a assez longtemps, P. H. Maucorps, A. Memmi et J. F. Held, les juifs parce qu’ils «constituent une minorité tellement fluide que très peu d’individus considérés comme tels réunissent toutes les déterminations réelles ou supposées de leur groupe sont objet de racisme en tant que simple incarnation de l’Altérité.» On voit, à travers ces lignes, la particularité de l’antisémitisme qu’avait, à sa manière, évoquée Édouard Drumont lorsqu’il écrivait: «Le juif dangereux, c’est le juif vague.» En d’autres termes, le plus grand péril pour le raciste, c’est le péril indiscernable. Le juif, trop semblable au point de ne pouvoir être distingué, exaspère chez l’antisémite l’horreur du métissage, la peur de la dégénérescence par l’effet du mélange. Aussi l’expression de l’hostilité à l’égard des juifs n’est-elle nullement soucieuse de donner une explication causale de la menace sociale, mais manifeste une crainte face à un danger mal compris susceptible de fissurer l’armature sociale de la communauté. (…) Il paraît, par conséquent, illusoire de penser aujourd’hui les tâches de l’antiracisme sans partir de cette réalité: l’antisémitisme appartient à un registre spécifique. La lutte contre lui ne peut être efficace que si elle est distinguée de la lutte contre les autres formes de racisme. Est-il utile de préciser que l’accent mis ici sur la particularité du registre antisémite n’induit nullement une volonté de méconnaître les autres expressions de la haine ou de hiérarchiser celles-ci à l’aune de leur malfaisance? (…) Autre intéressant registre rhétorique, l’antiracisme politique utilise quelques intellectuels juifs pour éloigner tout soupçon d’antisémitisme. (…) De même, l’idée, exprimée par un collectif de juifs «antiracistes et anticolonialistes», d’une «profonde rupture, après la Shoah, entre les Juifs et les autres peuples racisés» (voir «La bonne conscience des intellectuels juifs»), suggère également que les juifs ne sont pas des racisés comme les autres. Et s’ils ne sont pas comme les autres, c’est parce que pèse sur eux l’accusation de sionisme, sans que l’on sache très bien à quoi elle renvoie, tant le mot est polysémique. Mais on comprend aisément, nonobstant le nombre considérable de juifs critiques à l’égard de la politique de colonisation israélienne, que tout juif est un sioniste potentiel, autrement dit un ennemi du genre humain, comme l’était autrefois le «juif vague» cher à Drumont. La stratégie d’euphémisation, liée au discrédit de la notion de race, rend ainsi, pour un nombre de plus en plus grand de nos contemporains, l’antisémitisme respectable. La prolifération des thèses complotistes est un indicateur inquiétant de la fragilité d’une opinion démocratique, trop souvent incapable de se prémunir contre la corruption de l’égalité, celle de la dignité de chacun, dans l’indistinction, soit fondamentalement la confusion du vrai et du faux. Alain Policar
Underlying this pervasive point of view is the notion that Jews, who are often conflated with whites, should “check their privilege,” because anti-Semitism just isn’t as bad as other forms of racism. On campus, where the ADL notes an acute rise in anti-Jewish hostility, alarmed Jewish students are sidelined for being white and middle-class and the Holocaust is trivialized as “white on white crime.” Elsewhere, Jews who protest anti-Semitism are dismissed for failing to ante up sufficient concern about people of color. This erasure of anti-Semitism isn’t simply callous. It exposes a huge moral failure at the heart of the modern left. Under the enveloping paradigm of “intersectionality,” everyone is granularly defined by their various identities — everyone, that is, except white Jews, whose Jewishness is often overwritten by their skin color. Not simply a moral failing, this erasure is deeply hazardous, inasmuch as the fight against racism happens by and large in sectors where the left perspective dominates — the academy, pop culture and much of the news media. But this failure of the left is less a result of malice rather than unconscious wiring. As I will argue, the left is doomed to erase anti-Semitism because it’s ill-equipped to understand it. For in a key sense, regular racism — against blacks and Latinos, for example — is the opposite of anti-Semitism. While both ultimately derive from xenophobia, regular racism comes from white people believing they are superior to people of color. But the hatred of Jews stems from the belief that Jews are a cabal with supernatural powers; in other words, it stems from the models of thought that produce conspiracy theories. Where the white racist regards blacks as inferior, the anti-Semite imagines that Jews have preternatural power to afflict humankind. This is also why the left is blind to anti-Semitism. Anti-Semitism differs from most forms of racism in that it purports to “punch up” against a secret society of oppressors, which has the side effect of making it easy to disguise as a politics of emancipation. If Jews have power, then punching up at Jews is a form of speaking truth to power — a form of speech of which the left is currently enamored. In other words, it is because anti-Semitism pretends to strike at power that the left cannot see it, and is doomed to erase — and even reproduce — its tropes. (…) And it’s anti-Semitism’s source in conspiracy theory that renders it so different from non-conspiracist forms of racism, like anti-blackness. As with most racism, anti-black bias constructs an underclass to be exploited or avoided. It positions blacks as inferior to whites and charges them with stereotypes that signal weakness: They are libeled as lazy, stupid, lustful, criminal and animalistic. (…) Anti-Semitism imagines a diabolic overclass to be exposed and resisted. Above all else, anti-Semitism is a conspiracy theory about the maleficent Jewish elite. And it’s this that makes it easy to disguise as a politics of liberation, or, at least, to embed anti-Semitism quietly in efforts for social justice. (…) Anti-Semitism is a poor man’s revolution. (…)Americans are — thankfully — tuned to detect and deplore racism that punches down. But we must broaden our perspective if we want to reverse the progress of anti-Semitism, which punches up toward mass murder and extermination. Forward
Leonard Cohen avait écrit une chanson remplie de références à la Bible mais aussi connue pour ses sous-entendus érotiques (dans les strophes suivantes). Muhamad Al Hussayn a complètement réécrit la chanson de Leonard Cohen. « Ya illahi » ne signifie pas exactement « Hallelujah » (« louanges à Dieu », en hébreu), mais « Ô mon Dieu ». Finies les références à la Bible hébraïque et à ses personnages. Fini aussi le côté subversif (And remember when I moved in you / And the holy dove was moving too / And every breath we drew was Hallelujah). La suite de la version islamique que n’a pas chantée Mennel – mais que connaît sûrement une partie de son public à qui s’adressait le message ! – raconte l’histoire de quelqu’un qui a pêché et désobéi à Allah, puis décide de revenir vers lui. C’est du prosélytisme. Aux Français non initiés, Mennel a donc raconté le début d’une histoire poétique tirée des psaumes du roi David, qui régna sur un royaume juif à Jérusalem. Mais au public arabophone qui est nombreux à la suivre, l’artiste a diffusé un message religieux tout autre. Mennel est aussi l’auteure d’un clip de propagande, « Souris Palestine ». Plus question de roi David. La chanteuse y échange son « turban moderne » pour un hijab en bonne et due forme. Elle s’adresse aux « sœurs de Bosnie, frères de Bosnie ». Depuis, on a appris que la jeune chanteuse avait un penchant marqué pour les idées islamistes. « Les vrais terroristes, c’est notre gouvernement », a-t-elle écrit sur Facebook après l’assassinat du père Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray. Quelques jours auparavant, elle avait nié le caractère terroriste de l’attaque de Nice qui fit plus de 80 morts le 14 juillet. La jeune femme partageait aussi des publications de Tariq Ramadan, Dieudonné, et d’organisations ou campagnes islamistes comme BarakaCity, Lallab ou HijabFirst. Tribune juive
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, suite à des manifestations anti-guerre d’Irak marquées par nombre de cris d’ « A mort les juifs! », avril 2003)
Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion. Jean Jaurès (Discours au Tivoli, 1898)
On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. De Gaulle (conférence de presse du 27 novembre 1967
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien. Djamal
Je suis d’une génération pour qui l’antisémitisme était mort avec la Shoah. Je n’avais pas pensé qu’il reviendrait d’ailleurs. La première fois, c’était en 1998 dans une classe de 5e. Lorsqu’on a abordé le chapitre sur l’islam, une gamine a râlé : « On ne fait que quatre heures sur l’Islam, alors que l’année dernière, on a fait les Hébreux pendant au moins dix heures ! De toute façon, moi j’aime pas les juifs. » Je suis tombé des nues. Ce n’était que le début. Au tournant des années 2000, deux évènements ont libéré la parole : le 11 septembre et la seconde Intifada. Je me souviens précisément du 12 septembre 2001. La plupart de mes élèves étaient atterrés, mais l’un d’eux avait déjà une explication « complotiste » : « Il n’y avait pas un juif hier dans les tours, c’est eux qui l’ont fait. » Pour une minorité, c’était « bien fait pour les Américains et pour les juifs ». Presque toujours, ces propos viennent d’enfants issus de l’immigration et se réclamant de l’Islam. (…) En salle des profs, quand je soulevais le problème, on me parlait du malaise social et de la politique israélienne, quand on ne me prenait pas pour un réac de droite. Le déni est ce qui m’a le plus choqué. (…) On m’a dit que j’inventais, que je dramatisais, que je manipulais mes élèves pour leur faire dire des horreurs. Au motif qu’elle est au côté des opprimés, la gauche n’a pas voulu voir le problème. Ça a été une claque pour moi, que mes amis politiques ne réagissent pas. Ceux qui s’étaient levés sur Carpentras sont restés assis et muets. Pour eux, ces jeunes sont des victimes sociales et ne peuvent donc pas être antisémites. Comme si l’on ne pouvait être les deux à la fois. Et puis, j’ai l’impression que pour certains, l’idée que des juifs sont victimes est lassante. Du genre : « C’est bon, ils ont déjà la Shoah, de quoi se plaignent-ils encore ? » Avec la minute de silence après la tuerie de Mohamed Merah dans une école juive, les choses ont changé. Combien de jeunes ont refusé de respecter cette cérémonie, au motif qu’on n’en fait « pas autant pour les enfants palestiniens » ? Beaucoup de profs en Seine-Saint-Denis, et plus seulement les profs d’histoire dans le huis clos de leurs classes, ont découvert cet antisémitisme. (…) Ces enfants sont les premiers à dire « le racisme c’est pas bien », mais ils ont une vision communautariste de la société. Pour eux il y a d’un côté les « Français », c’est à dire les blancs et les juifs, et de l’autre, eux. Quand un garçon me dit « les racistes du PSG c’est que des juifs ! », il est dans un degré de confusion tel que l’incantation morale n’a aucun poids. Il entend probablement toute la journée que les juifs sont riches, puissants, racistes et tirent sur des enfants palestiniens, alors que Ben Laden et Merah sont des héros. Iannis Roder (professeur d’histoire-géographie, Saint-Denis)
Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples. Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens. La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. (…) Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître. En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour. Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département. Sammy Ghozlan (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme)
Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays. Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux. Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration. Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français. Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés. L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe.  (…) Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités. (…) Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. (…) Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs. Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris (…)  L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes. (…) On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane. Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français. The Jerusalem Post
A l’occasion du chantier de réaménagement des salles de peintures françaises et nordiques au second étage de l’aile Richelieu, le musée du Louvre a décidé de consacrer deux salles à la présentation de tableaux récupérés en Allemagne, après la Seconde Guerre mondiale. Une sélection de 31 tableaux MNR (Musée Nationaux Récupération) est désormais exposée dans deux salles spécifiques. 76 tableaux sont également présentés dans le parcours permanent du musée, accompagnés d’une mention spécifique signalant leur origine. Entre 1940 et 1945, environ 100 000 biens de toute nature (parmi lesquels de nombreuses œuvres d’art) ont été spoliés en France par le régime nazi ou vendus sous la contrainte et transférés en Allemagne. La Commission de récupération artistique fut créée dès 1944 afin de retrouver ces objets et de les restituer à leur légitime propriétaire. Active jusqu’en 1949, cette commission a permis le retour en France de plus de 61 000 objets, dont plus de 45 000 furent rendus, suite aux demandes des victimes ou de leurs héritiers directs. Les biens non réclamés furent ensuite vendus pour une bonne part (environ 13 000) et l’administration conserva 2 143 objets qui furent enregistrés sur des inventaires spéciaux dits de la récupération (d’où le sigle MNR affectés à ces oeuvres, pour « Musées Nationaux Récupération »). Le musée du Louvre abrite ainsi 1 752 oeuvres MNR dans ses murs, dont 807 tableaux MNR : 296 sont conservés sur place tandis que les autres ont été déposés dans différents musées de France. Actuellement, un groupe de travail, mis en place par le ministère de la Culture et travaillant en lien avec la Commission d’indemnisation des victimes de spoliation (CIVS) créée en 1999, est chargé de retracer la provenance de ces œuvres, afin de déterminer lesquelles ont été spoliées et lesquelles ne l’ont pas été. Dans le cas des biens spoliés, le groupe s’attache également à identifier leur propriétaire au moment de la spoliation pour permettre leur restitution à leurs ayants droit. Pour la collection des peintures, plus d’une cinquantaine d’oeuvres ont ainsi pu être rendues depuis 1951. Le Louvre
An estimated 100,000 objects in France alone were looted by the Nazis or sold under duress and transferred to Germany — paintings, but also drawings, sculptures and antiquities. Many had belonged to Jewish families whose homes were raided during the Nazi occupation, or who were forced to sell art to survive or to flee the country. From 1945 to 1949, over 61,000 of those objects were returned to France, and about 45,000 were claimed by their owners. Many of the unclaimed pieces were sold at auction. But the French state kept 2,143 of them — even today, experts say it is unclear how they were chosen. The government placed them in an inventory called the Musées Nationaux Récupération, or M.N.R., and entrusted them to museums. The Louvre has 807 such paintings. A little over 100 looted objects, including about 50 paintings, have been returned to their legitimate owners or their descendants, since the 1950s, after the first wave of restitutions. The French authorities acknowledge the pace is slow.  (…) Curators at the Louvre say the new exhibition rooms are another step in the effort to make information about looted artworks more accessible to the public, and to the victims or their heirs. Some experts praised the idea — Ms. Bouchoux, the former senator, said it was “symbolically and politically positive” — but others said the exhibition rooms lacked context and failed to lay out the complex history that had left the paintings orphaned. Emmanuelle Polack, an art historian who did her doctoral thesis on the Parisian art market under Nazi occupation, noted that the explanatory text in the exhibition rooms did not say that most of the looted artwork belonged to Jewish families. Nor do the plaques beneath the paintings explain where and how each one was found in Germany, like the 19th-century portrait of two sisters by Jacques Augustin Pajou that was taken by the Nazi regime’s foreign minister, Joachim von Ribbentrop. Mr. Allard, the Louvre curator, acknowledged that the plaques and an existing sign were “insufficient,” but said the museum planned to put up a larger banner at the entrance to the rooms. NYT
J’ai tué un juif! J’irai au paradis! Adel (novembre 2003)
On est des Arabes et des Noirs, faut qu’on se soutienne. (…) Les juifs sont les rois car ils bouffent l’argent de l’Etat et, moi, comme je suis noir, je suis considéré comme un esclave par l’Etat. Yousouf Fofana (février 2006)
Allah et son prophète, ils aiment pas les juifs. (…) Mort à Israël! Yousouf Fofana
On est en guerre contre ce pays (…) Ce pays, on le quittera quand il nous rendra ce qu’on nous doit. Tribu Ka (novembre 2006)
Ils ont écrit ‘sale juif’ et ‘sale pédé’ sur son visage avec du Typex, avant de lui faire avaler des mégots de cigarette, un suppositoire, et de l’obliger à sucer un préservatif déroulé sur un bâton. Clarisse Grillon (secrétaire générale du tribunal de Nanterre, février 2008)
L’un d’entre eux s’est acharné contre Ilan en disant je n’aime pas les Feuj !! (…) Il y a un grand nombre de gens mis en cause dans l’affaire d’Ilan (vingt-sept en tout), à qui il faut ajouter les amis, les petits-amis et petites-amies et parfois les parents. On arrive à une quarantaine de personnes qui, elles, savaient pertinemment qu’un jeune homme était détenu, nourri à l’aide d’une paille, ficelé, baillonné, voire frappé. Et toutes ces personnes se sont tues (…) [alors qu’] un simple coup de fil anonyme aurait mis en quelques heures fin au calvaire d’Ilan Halimi. Alexandre Lévy
Dans cette histoire, on retrouve tous les ingrédients du fonctionnement des ghettos : la logique du groupe qui fait commettre des actes qu’on ne commettrait pas individuellement, la présence d’un leader charismatique, la loi du silence, la peur, l’absence de solidarité avec des gens extérieurs au quartier et l’antisémitisme qui circule dans le groupe et d’une certaine façon le cimente, donnant à chacun l’illusion d’exister et d’être en possession d’une forme de compréhension supérieure qui échappe au commun des mortels. On est sur des logiques collectives assez classiques. (…) La focalisation sur les événements du Proche-Orient vient du fait que les gens sont antisémites, pas l’inverse. L’antisémitisme puise ses racines dans les conditions sociales et le vide politique qui règnent dans certaines banlieues. C’est une forme de ‘socialisme des imbéciles’ . Quand on écoute les gens tenir des propos antisémites, ils font leur portrait à l’envers : les juifs sont puissants, je suis faible ; ils sont partout, je suis nulle part; ils sont solidaires, je suis seul ; ils ont le droit de revendiquer leur identité, nous, au contraire, n’avons aucun droit, etc. Didier Lapeyronnie (sociologue)
J’ai tué le sheitan. Kobili Traoré
Je me sentais comme possédé. Je me sentais comme oppressé par une force extérieure, une force démoniaque. (…) « J’ai crié ‘Que Satan soit béni’. Ils s’enferment tous après. […] Moi je voulais rester, je ne sais pas pourquoi. (…) je me sentais pourchassé et je me suis mis à réciter des paroles du Coran (…) Je ne savais pas chez qui j’allais atterrir. C’est quand j’ai vu dans l’appartement une Torah, j’ai vu la dame qui s’est réveillée. (…) Je lui ai dit ‘Appelez la police, on va se faire agresser’. Elle a appelé d’un téléphone fixe. (…) Je l’ai tapée avec le téléphone, ensuite avec mes poings. Ensuite, je ne sais pas ce qui m’a pris, je l’ai soulevée et jetée par la fenêtre. (…) Je pensais que c’était des démons. (…) Je ne suis pas antisémite. Ça aurait pu tomber sur n’importe qui. (…) C’est horrible. Je n’aurais jamais dû faire ça, c’est sans doute parce que j’avais fumé trop de cannabis. (…) Tout ce qu’on essaye de faire passer par les médias, c’est faux.  Kobili Traoré
A plusieurs reprises lors de son audition, il se retranche derrière des « je ne sais pas ». – Des voisins disent avoir entendu « Allah Akbar », lui fait remarquer la juge d’instruction. – Je ne me souviens pas d’avoir dit ça. De même, Kobili ne se rappelle pas avoir crié « Tu vas payer ». De nombreux témoins ont pourtant dit aux enquêteurs avoir entendu un mélange de hurlements, de menaces et de références religieuses, en français et en arabe. L’homme est interpellé à 5h35 par trois policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC), arrivés pourtant sur les lieux près d’une heure auparavant. (…) Interrogé sur ses liens avec la retraitée, le jeune tueur se montre plus prolixe. Oui, il savait qu’elle était sa voisine du dessus, depuis « au moins dix ans ». Oui, il avait connaissance de sa pratique religieuse assidue. Comment? « Sa façon de s’habiller, avec des habits traditionnels pour aller à la synagogue, ou ses enfants quand ils venaient et avaient la kippa. » En revanche, Kobili nie que la religion de Sarah Halimi ait motivé son geste. « Je ne suis pas antisémite. Ça aurait pu tomber sur n’importe qui », se défend-il, précisant n’avoir jamais eu de problèmes avec la communauté juive. L’Express
C’est un Juif qui rencontre un autre Arabe. Blague juive
Ma famille paternelle est originaire de Slovaquie. D’origine juive, mon grand-père a dû s’expatrier pour fuir les nazis. C’est comme cela qu’il est arrivé en France avant de rejoindre la clandestinité pendant la guerre. Il est arrivé dans les Alpes avec mon père qui avait alors 4 ans. Ironie du sort, c’est un curé qui s’est occupé de lui jusqu’à la fin de la guerre. (…) Et il deviendra même le premier directeur du premier Mammouth à Toulouse à la fin des années 1960. Jean-Luc Reichmann
Nagui, quand vous étiez petit, c’était le salon enfumé par les cigarettes de votre père, la table de travail de vos parents tous les deux profs, la table encombrée de copies à corriger, de fiches de cours… Vous faites vos devoirs et votre père vous dit: « Quel que soit le métier que tu feras, premier ministre ou balayeur, sois le meilleur ». Thierry Ardisson
Papa était prof de littérature à la fac, maman était prof de français, grec et latin au lycée, mais nous vivions dans l’attente du courrier qui apporterait la bonne ou la mauvaise nouvelle, à tel point que maman n’avait jamais complètement vidé nos malles. Quand le permis de séjour de mon père n’a pas été renouvelé, nous avons dû partir. Le Canada nous a accueillis et j’ai adoré. (…) j’ai grandi en voyageant. Je refuse les frontières, le racisme et l’exclusion. Je me sens citoyen du monde mais, à l’inverse, je n’ai eu de cesse d’avoir une maison à moi pour m’enraciner. A la naissance de chacun de mes enfants, j’ai planté un arbre. Notre maison de vacances, dans le Sud, est la maison d’enfance que je n’ai jamais eue. (…) Je ne me sentais pas bien physiquement, je ne supportais pas les moqueries. Nagui devenait Maguy à cause de la série télévisée. Fam, mon nom, se transformait en femmelette. Un jour, une fille m’a déclaré: ‘Si je t’épouse, je deviendrai Mme Fam. C’est super.’ Je me suis dit: ‘C’est vachement bien les filles!’ Je n’étais pas beau mec, la tchatche est devenue un moyen de séduction.(… [Mon frère] est analyste financier. Il a fait de brillantes études de commerce, celles que je n’ai pas terminées. Nous avons quatre ans d’écart. Il m’a donné le goût de la musique, du cinéma, de la compétition aussi: qui va le plus vite, qui gagne le plus d’argent pendant les vacances, qui a la plus jolie petite amie… Il est un repère d’autant plus essentiel que nous avons perdu nos parents. Nous sommes seuls en haut de la pyramide. (…) J’ai admiré le travail merveilleux de ma mère, j’ai lu le livre que mon père a écrit sur Lamartine. Mais je n’ai pas leur culture, leur intelligence, leur sens de la pédagogie. Je possède le dixième de leurs capacités intellectuelles. (…) Travailler avec acharnement pour être le meilleur, dans le respect et la tolérance des autres. La seule chose qui aurait pu les inquiéter et qui a longtemps inquiété maman, c’est la fragilité de ce métier. (…) Je respecte ce pays qui m’a accueilli il y a cinquante ans, ses institutions, ses représentants. Je ne comprends pas ceux qui s’efforcent à ne pas parler le français en France. Garder une langue maternelle que l’on parle entre soi, parce qu’on a un peu de nostalgie, je comprends. Mais il faut s’adapter à la société dans laquelle on vit. Sinon, cela crée de l’exclusion. Comme si les Bretons ne voulaient parler que le breton! (…) Il paraît que je salis la langue française, un comble pour un fils de profs de français! On m’écrit que je dois retourner dans mon pays, sinon on va m’égorger… Et comme certaines menaces ne sont même plus anonymes, j’ai fini par porter plainte. Mais, souvenez-vous aussi, j’ai eu droit à une couverture de ‘Charlie’. Moi, en chameau, avec ce titre: ‘Nuit gravement à la santé.’ J’ai eu mal à en pleurer. Ça ne m’a pas empêché de présenter ‘Je suis Charlie’ sur France 2 avec France Inter, le lendemain des attentats, pour dire haut et fort que la liberté de la presse doit permettre aux caricaturistes de se moquer de tout le monde. (…) [c’est un Juif qui rencontre un autre Arabe] l’histoire de Michel Boujenah (…) dit que j’ai mal quand j’entends des phrases faites pour nous dresser les uns contre les autres. Ma mère était aixoise, mon père égyptien. J’ai du sang français, italien protestant, arabe, juif polonais, copte, catholique. Et alors? Je suis un être humain qui respecte le pays dans lequel il vit et qui demande qu’on le respecte aussi. Le sentiment d’insécurité existe, mais il n’a pas une couleur de peau. J’ai cru que les choses iraient de mieux en mieux, c’est devenu faux. Aujourd’hui, le petit garçon que j’étais ne grandirait sûrement pas avec les mêmes chances. (…) Une étude démontre que, quand on fait du bien, ça nous fait du bien. Accueillir un enfant, donner un petit bout de chance, c’est quoi? Ajouter un lit dans une chambre, une assiette à table. C’est surtout un enrichissement, des liens créés qui perdurent. Je m’en veux de ne pas y avoir pensé avant. (…) [Utiliser sa notoriété pour aider] Je le fais, bien sûr, à travers le Téléthon, en étant parrain de la Fondation pour la recherche médicale et du Secours populaire, mais il y a aussi d’autres actions moins visibles qui comptent beaucoup. (…) Au cours d’un enregistrement de ‘N’oubliez pas les paroles’, je m’étais adressé aux enfants pour leur dire que si un adulte posait la main sur eux d’une façon qui les mettait mal à l’aise, ils devaient appeler ce numéro: le 1, le 1 et le 9. J’ai reçu une lettre d’une maman qui me disait : ‘Je voulais vous remercier parce que ma fille est venue me parler et je ne savais pas ce qu’il se passait chez moi. Grâce à vous, nous allons nous occuper de ce scandale dans notre famille.’ Une enfant à qui j’ai pu être utile, ça me va. Je pourrais tout arrêter demain, j’aurai au moins fait ça. Nagui
En venant à la maison, certains de nos amis ont décidé, à leur tour, d’accueillir des enfants pour les vacances. J’accepte d’ailleurs d’en parler avec vous pour cette unique raison: encourager ceux qui liront ces lignes à le faire aussi, dans la mesure de leurs possibilités. Mélanie
La première chose qui fait plaisir au petit gars d’Alexandrie est de ne plus avoir peur de passer la douane quand il revient d’un pays étranger. (…) En effet, ce qui change c’est que, ceux qu’on appelle poliment, les diversités culturelles sont maintenant représentées. Tout le monde est là. Le trio de tête de ce classement était Roselmack – Nagui – Reichmann. Maintenant ce qui serait bien c’est d’arriver un jour à ne plus le remarquer. (…) La journée est très réglée : elle commence tôt à la maison avec les gamines à préparer et à déposer à l’école. Arrivée à 9 heures à Europe 1 pour préparer l’émission diffusée de 9h30 à 11h. Là je saute dans la voiture pour arriver au studio TV de La Plaine St Denis. J’ai dix minutes pour me changer, me maquiller et enregistrer « Tout le monde veut prendre sa place ». On enregistre cinq émissions en rafale, entrecoupé d’une pause déjeuner. J’essaie d’être à la maison vers 19 heures pour le bain des enfants. Un autre jour, je dois enregistrer « N’oubliez pas les paroles » de 13 heures à 20 heures. Un autre jour, il faudra enregistrer « Taratata » jusque vers 2 heures du matin. (…) le gros avantage d’un jeu est qu’il a une mécanique, des règles, un jalonnement précis et donc vous pouvez toujours retomber sur vos pattes si vous faites le fou au milieu de ces règles. S’il n’y a pas ce cadre là, et si je fais uniquement l’idiot, je me perds et l’auditeur ou le téléspectateur aussi. Cela devient alors n’importe quoi et très prétentieux car ce n’est construit qu’autour de celui qui fait ses vannes. Et là, je me suis pris des claques. D’autres sont beaucoup plus doués que moi pour faire ce genre d’émissions. Je pense à Ruquier, Baffie, Ardisson. Certains, comme moi, ont besoin de structure avec si je peux dire « un début, un milieu et une fin ». (…) [c’est quand même facile d’animer un jeu : tout le monde peut prendre votre place] c’est ce que Julien Courbet me disait : le premier qui vient me voir pour me dire qu’animer un jeu c’est facile, je lui pète la gueule. Julien travaille beaucoup pour être un très bon animateur de jeu qu’il est en train de devenir, vous le verrez sur France 2. Il sort de 15 ans de présentation de magazines de reportages. Il pensait avoir vu tout ce qu’il y avait de compliqué dans l’animation télé et là, dans les jeux, c’est la fatigue, la concentration et les changements d’humeur qui sont les plus déstabilisants. Mais en même temps on est payé pour rire et c’est quand même formidable. (…) Le téléspectateur a peut-être envie de s’amuser quand le quotidien n’est pas drôle et de gagner de l’argent quand il voit que tout est cher. Et puis pour une chaînes, un jeu coûte moins cher qu’une fiction, un documentaire, une variété ou des reportages. Donc le rapport coût/rendement est intéressant pour un chaîne et le rapport gain/divertissement peut être plaisant pour le téléspectateur. Donc si tant mieux tout le monde s’y retrouve et on arrive à cette mode des jeux. (…) Je vais vous dire la vérité: je me sens extrêmement proche du service public, les dirigeants actuels et la ligne éditoriale choisie. Sur le service public, le téléspectateur peut apprendre en s’amusant tout en corsetant cet amusement de limites qui s’appellent le respect et la décence. Les patrons du service public ont une ligne éditoriale avec des règles. Il y a des mots qu’on ne dit pas sur France 2 et que l’on dit plus facilement à Canal ou dans le privé. Et je suis conscient que pour les chaînes publiques je suis un peu « border-line ». (…) Je suis très heureux qu’Europe 1 m’ait donné cette chance. Et je vais être très honnête avec vous: ce sont les seuls. Ce sont les seuls fous qui sont venus me dire cet été « venez chez nous ». Avec le jeu que j’anime tous les matins sur Europe 1, je fais du divertissement et de la culture générale pour montrer qu’on peut s’amuser et apprendre des choses.  Nagui

Heureux comme Dieu en France ?

Prénom arabe mais père égyptien copte et mère juive franco-italienne, arrivé en France à l’âge de quatre ans mais contraint pour des raisons de visa de repartir au Canada,  fils de professeurs de lettres mais considéré comme menace pour la langue française …

A l’heure où douze ans après l’odieux assassinat d’Ilan Halimi

Et, sans compter  les tueries de Toulouse ou de l’Hypercacher, un an après le tout odieux meurtre de son homonyme Sarah Halimi dont la justice refuse toujours de reconnaitre le caractère aussi évidemment antisémite …

Se poursuit, sous la pression du nouvel antisémitisme musulman qui monte et qui tue, l’exil forcé de la communauté juive en France …

Aussi bien extérieur (Israël, Canada ou Etats-Unis) qu’intérieur (vers les quartiers plus calmes de Paris ou de la région parisienne) …

Et que pour briller sur les plateaux télé les groupies des djihadistes coranisent les halleluias de Leonard Cohen …

Alors que pour présenter les toiles spoliées par les Nazis nos musées oublient de mentionner l’origine des victimes ..

Comment ne pas comprendre …

L’envie étant à la mesure du succès

La véritable prudence de sioux concernant leurs origines …

L’animateur préféré des Français compris …

 De tant de nos plus grandes célébrités ?

Nagui : « Mélanie ma chance, mon amour »
Ghislain Loustalot

Paris Match

12/10/2016

Mélanie et Nagui vivent ensemble depuis seize ans et ne peuvent envisager de passer même une nuit l’’un sans l’’autre.

Paris Match. Vous vous êtes mariés en 2010, mais votre histoire d’amour dure depuis seize ans. Comment a-t-elle démarré ?
Mélanie.Quand nous nous sommes rencontrés, je chaperonnais une copine qui ne voulait pas se rendre seule à une soirée chez lui. Nous avons joué à Taboo, c’était bon enfant. Même si j’ai été séduite, je n’étais pas du tout prête à me lancer dans une relation, d’autant qu’il avait, disons, une certaine réputation. Je ne voulais pas que ce soit facile. (Lire aussi : « Avant elle, je n’étais pas le même »)

« Mélanie m’a transformé humainement » Nagui

Nagui, étiez-vous un séducteur, un homme à femmes ?
Nagui. J’ai pris des “vestes” pendant des années. Je me trouvais moche. La télé ne m’a pas rendu beau mais… charmant. Je suis tombé dans le panneau. J’ai utilisé ce charme pour multiplier les dragues et les conquêtes. Par moments, j’ai cru être amoureux. Avec Mélanie, je me suis rendu compte de ce que cela signifie vraiment. Aujourd’hui, après seize années de vie commune, je n’envisage pas de passer une nuit sans elle. Si je dois m’absenter de Paris, je prends un avion tard le soir pour la rejoindre, un autre très tôt le lendemain pour retourner travailler. Nous ne supportons pas d’être l’un sans l’autre. (Lire aussi : Nagui déclare son amour – « Je suis un peu un boulet »)

Que vous a-t-elle apporté qui a bouleversé votre vie ?
Nagui. Elle m’a transformé humainement, donné l’appétit de découvrir et de comprendre. Je n’étais plus allé au musée depuis l’enfance. Son regard m’éclaire, y compris dans mes choix professionnels.
Mélanie. Il se faisait refouler mais tenait bon. Je le trouvais extraordinairement fort de ne rien lâcher quand il n’avait plus rien. Mon amour pour lui s’en est trouvé grandi : je n’avais jamais connu un homme aussi tenace et courageux…

Et vous, Mélanie, que vous a-t-il apporté qui a transformé votre existence?
Mélanie. L’amour, justement. Nous avons attendu quatre ans avant de faire un enfant. Nous avons construit notre couple d’abord, nous voulions être sûrs. Nous sommes complémentaires. Moi rêveuse, lui dans l’efficacité. Il me recadre.
Nagui. Elle est d’une rigueur inimaginable. Sur les horaires et l’organisation de la vie familiale, par exemple, alors que je suis plutôt laxiste. Mélanie est tout à la fois : épouse parfaite, maîtresse, pote avec qui je vais au foot, confidente. Et puis mère. Elle ne m’a pas seulement appris à éduquer nos enfants, j’ai également modifié, grâce à elle, ma façon de me comporter avec Nina, ma première fille. Et Mélanie est devenue pour elle une belle-maman exceptionnelle.

Mélanie, quelle a été votre formation avant qu’on vous découvre dans la série ‘Sous le soleil’?
Mélanie. La danse a été ma vocation première. A 16 ans, j’ai compris que j’adorais surtout être sur scène et je me suis dirigée vers le théâtre. J’ai pris des cours, passé des castings, tourné des pubs. J’ai travaillé très tôt. A 19 ans, j’étais indépendante.

Où avez-vous grandi?
Mélanie. Je suis née à Paris où mon père, anglais, et ma mère, australienne, se sont rencontrés. Elle était venue voyager en France après ses études et n’est plus repartie. Ils donnaient des cours d’anglais au sein de la CGM, une compagnie maritime. Puis, à la quarantaine, mon père a souhaité changer de vie. Devenu journaliste sportif, il a couvert le tennis et le golf pour ‘Le Monde’ et ‘Le Figaro’ en France, pour le ‘Guardian’ et ‘The Independent’ en Angleterre. Ma mère a suivi une voie similaire, elle a pris sa retraite anticipée, et a publié trois romans. J’ai une soeur qui, après des études de lettres, est devenue interprète. Elle parle français, anglais et japonais.
Nagui. J’aurais tellement aimé que Mélanie et ses parents rencontrent les miens ! Malheureusement, la vie en a décidé autrement.

Mélanie, vous êtes de retour sur scène dans ‘L’heureux élu’. Cela a été possible parce que les enfants ont grandi?
Mélanie. J’ai tourné dans quelques films alors que j’étais enceinte de Roxane, puis d’Annabel. Mais mon énergie passait dans leur éducation, d’autant plus que nous avons eu un troisième enfant. J’ai attendu qu’Adrien, qui a 4 ans, aille à l’école de façon régulière pour remettre la machine en route. Et elle s’est mise en route toute seule, puisque le metteur en scène Jean-Luc Moreau m’a demandé de jouer dans ‘L’heureux élu’.

Qu’est-ce qui vous a plu dans cette pièce corrosive sur la nature humaine?
Mélanie. J’ai adoré le pouvoir comique du texte d’Eric Assous, son regard sur notre société, sur l’hypocrisie de certains discours. Et puis mon personnage est complexe, passionnant à jouer. En tant que partenaire, Bruno Solo a été adorable.

Mélanie, pendant que vous êtes sur scène, quel genre de père est Nagui?
Mélanie. Très tendre, très tactile et câlin avec tous ses enfants, sans différence.
Nagui. J’ai un fils qui veut me tuer, je veux dire de manière oedipienne: il veut déjà tuer le père. Il est Superman, il veut être plus fort que moi.
Mélanie. Il cherche toujours la bagarre. En même temps, il a besoin d’un héros. Il y a un mimétisme incroyable entre Adrien et son père.

L’un de vos enfants aurait-il déjà une vocation artistique?
Mélanie. Il était important pour nous qu’ils fassent de la musique. C’est la meilleure école, celle de l’effort et de la rigueur.
Nagui. Ils se rendent compte que, grâce au travail, ils obtiennent des résultats, comme dans la vie. Mais rien n’est imposé, ils ont chacun choisi leur instrument.
« Pendant des années, j’ai pris des vestes. La télé ne m’a pas rendu beau mais charmant » Nagui

Comment réagissent-ils face à votre médiatisation?
Nagui. Il a fallu relativiser, éduquer. Ce n’est pas parce que je travaille à la télévision qu’ils doivent faire les crâneurs. Au début, nous préférions qu’ils ne parlent pas du métier de leurs parents à l’école. Mais ça ressemblait à de la culpabilité. Le plus compliqué, c’est de ne pas pouvoir marcher dans la rue en les tenant par la main, parce que quelqu’un va faire une photo pour l’envoyer sur les réseaux sociaux.
Mélanie. Maintenant, ils ont l’habitude. Ils repèrent avant nous la personne qui tente de nous photographier, se mettent de dos et nous préviennent.
Nagui. Si je ne refuse jamais de prendre la pose seul, je demande systématiquement aux gens d’effacer les photos des enfants. Ils n’ont pas à subir ça.

Vous êtes arrivé à 4 ans d’Egypte, où vous étiez né, mais votre famille a dû partir un moment au Canada. Pour quelles raisons?
Nagui. Papa était prof de littérature à la fac, maman était prof de français, grec et latin au lycée, mais nous vivions dans l’attente du courrier qui apporterait la bonne ou la mauvaise nouvelle, à tel point que maman n’avait jamais complètement vidé nos malles. Quand le permis de séjour de mon père n’a pas été renouvelé, nous avons dû partir. Le Canada nous a accueillis et j’ai adoré.

Est-ce que tout cela fait de vous un curieux du monde?
Nagui. Oui, parce que j’ai grandi en voyageant. Je refuse les frontières, le racisme et l’exclusion. Je me sens citoyen du monde mais, à l’inverse, je n’ai eu de cesse d’avoir une maison à moi pour m’enraciner. A la naissance de chacun de mes enfants, j’ai planté un arbre. Notre maison de vacances, dans le Sud, est la maison d’enfance que je n’ai jamais eue. Timide, donc tchatcheur, dites-vous de l’adolescent que vous

Timide, donc tchatcheur, dites-vous de l’adolescent que vous étiez. Pourquoi?
Nagui. Je ne me sentais pas bien physiquement, je ne supportais pas les moqueries. Nagui devenait Maguy à cause de la série télévisée. Fam, mon nom, se transformait en femmelette. Un jour, une fille m’a déclaré: ‘Si je t’épouse, je deviendrai Mme Fam. C’est super.’ Je me suis dit: ‘C’est vachement bien les filles!’ Je n’étais pas beau mec, la tchatche est devenue un moyen de séduction.

Vous aviez le sentiment d’être un usurpateur, dites-vous. Vos audiences vous feraient plutôt qualifier de sauveur…
Nagui. J’ai beaucoup de chance d’avoir la situation que j’ai, mais je sais que tout est fragile. J’ai connu les périodes où le téléphone ne sonne plus. Ça peut arriver de nouveau, je ne m’y suis pas préparé. Comment se préparer au désamour?

Etes-vous déjà retourné en Egypte?
Nagui. Une fois. Nous avions décidé d’organiser une seconde cérémonie de mariage. Avec mon frère, Carim, nous avons fondu en larmes sitôt débarqués de l’avion. Trop de souvenirs. Nous aurions tellement aimé que nos parents soient là…

Votre frère exerce-t-il le même genre de métier que vous?
Nagui. Il est analyste financier. Il a fait de brillantes études de commerce, celles que je n’ai pas terminées. Nous avons quatre ans d’écart. Il m’a donné le goût de la musique, du cinéma, de la compétition aussi: qui va le plus vite, qui gagne le plus d’argent pendant les vacances, qui a la plus jolie petite amie… Il est un repère d’autant plus essentiel que nous avons perdu nos parents. Nous sommes seuls en haut de la pyramide.

N’avez-vous pas été tenté de suivre la voie de Lotfy et Colette, vos parents enseignants?
Nagui. J’ai admiré le travail merveilleux de ma mère, j’ai lu le livre que mon père a écrit sur Lamartine. Mais je n’ai pas leur culture, leur intelligence, leur sens de la pédagogie. Je possède le dixième de leurs capacités intellectuelles.
« J’ai eu droit à une couverture de ‘Charlie’. Moi, en chameau, avec ce titre: ‘Nuit gravement à la santé.’ J’ai eu mal à en pleurer » Nagui

Quelles sont les valeurs qu’ils vous ont transmises?
Nagui. Travailler avec acharnement pour être le meilleur, dans le respect et la tolérance des autres. La seule chose qui aurait pu les inquiéter et qui a longtemps inquiété maman, c’est la fragilité de ce métier. Heureusement, elle est partie sans savoir que j’allais quitter Canal+ et affronter quelques années difficiles.

Pour vous, respect et tolérance, cela veut dire quoi?
Nagui. Je respecte ce pays qui m’a accueilli il y a cinquante ans, ses institutions, ses représentants. Je ne comprends pas ceux qui s’efforcent à ne pas parler le français en France. Garder une langue maternelle que l’on parle entre soi, parce qu’on a un peu de nostalgie, je comprends. Mais il faut s’adapter à la société dans laquelle on vit. Sinon, cela crée de l’exclusion. Comme si les Bretons ne voulaient parler que le breton!

Pourtant, vous recevez des lettres d’insultes et desmenaces de mort…
Nagui. Il paraît que je salis la langue française, un comble pour un fils de profs de français! On m’écrit que je dois retourner dans mon pays, sinon on va m’égorger… Et comme certaines menaces ne sont même plus anonymes, j’ai fini par porter plainte. Mais, souvenez-vous aussi, j’ai eu droit à une couverture de ‘Charlie’. Moi, en chameau, avec ce titre: ‘Nuit gravement à la santé.’ J’ai eu mal à en pleurer. Ça ne m’a pas empêché de présenter ‘Je suis Charlie’ sur France 2 avec France Inter, le lendemain des attentats, pour dire haut et fort que la liberté de la presse doit permettre aux caricaturistes de se moquer de tout le monde.

Vous racontez parfois cette histoire: c’est un Juif qui rencontre un autre Arabe. Que signifie-t-elle pour vous?
Nagui. Ah, l’histoire de Michel Boujenah! Elle dit que j’ai mal quand j’entends des phrases faites pour nous dresser les uns contre les autres. Ma mère était aixoise, mon père égyptien. J’ai du sang français, italien protestant, arabe, juif polonais, copte, catholique. Et alors? Je suis un être humain qui respecte le pays dans lequel il vit et qui demande qu’on le respecte aussi. Le sentiment d’insécurité existe, mais il n’a pas une couleur de peau. J’ai cru que les choses iraient de mieux en mieux, c’est devenu faux. Aujourd’hui, le petit garçon que j’étais ne grandirait sûrement pas avec les mêmes chances.
« Je respecte ce pays qui m’a accueilli il y a cinquante ans. Je ne comprends pas ceux qui ne s’efforcent pas de parler le français en France » Nagui

Vous accueillez, à travers le Secours catholique, des enfants qui ne peuvent pas partir en vacances. Pourquoi?
Nagui. Parce que, Mélanie…
Mélanie. Je ne supporte pas l’injustice. On va dans cette maison, dans le Midi, avec une piscine, de la place, la plage à proximité. On peut donner du bonheur à un enfant, lui ouvrir d’autres portes. Une richesse partagée. A l’époque, il y a dix ans, nous n’avions que Nina et Roxane, et, depuis, nous n’avons jamais cessé. La première jeune fille, qui a désormais 20 ans, fait des études de droit. Quand elle a vu la mer pour la première fois, une autre petite fille, qui vient depuis deux ans, s’est exclamée: ‘Elle est hypergrande cette piscine!’ C’était bouleversant.
Nagui. Une étude démontre que, quand on fait du bien, ça nous fait du bien. Accueillir un enfant, donner un petit bout de chance, c’est quoi? Ajouter un lit dans une chambre, une assiette à table. C’est surtout un enrichissement, des liens créés qui perdurent. Je m’en veux de ne pas y avoir pensé avant.
Mélanie. En venant à la maison, certains de nos amis ont décidé, à leur tour, d’accueillir des enfants pour les vacances. J’accepte d’ailleurs d’en parler avec vous pour cette unique raison: encourager ceux qui liront ces lignes à le faire aussi, dans la mesure de leurs possibilités.

Utiliser sa notoriété pour aider, est-ce important?
Nagui. Je le fais, bien sûr, à travers le Téléthon, en étant parrain de la Fondation pour la recherche médicale et du Secours populaire, mais il y a aussi d’autres actions moins visibles qui comptent beaucoup.

Lesquelles?
Nagui. Au cours d’un enregistrement de ‘N’oubliez pas les paroles’, je m’étais adressé aux enfants pour leur dire que si un adulte posait la main sur eux d’une façon qui les mettait mal à l’aise, ils devaient appeler ce numéro: le 1, le 1 et le 9. J’ai reçu une lettre d’une maman qui me disait : ‘Je voulais vous remercier parce que ma fille est venue me parler et je ne savais pas ce qu’il se passait chez moi. Grâce à vous, nous allons nous occuper de ce scandale dans notre famille.’ Une enfant à qui j’ai pu être utile, ça me va. Je pourrais tout arrêter demain, j’aurai au moins fait ça.

Voir aussi:

MÉDIAS

20/12/2017 10:20 CET | Actualisé 20/12/2017 10:21 CET

Nagui reprend la tête du classement des animateurs préférés des Français

Il avait déjà atteint la tête du classement en décembre 2014 avant de céder la place à Michel Cymes.

MÉDIAS – Nagui est l’animateur préféré des Français en cette fin d’année 2017. Selon un sondage OpinionWay (représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus) qui paraîtra le 22 décembre dans TV Magazine, Nagui a rattrapé -de peu- Michel Cymes en tête du classement des animateurs préférés des français.

Selon le journal, qui publie deux fois par an cette étude recensant les 50 personnalités télé les plus populaires, l’animateur du « Journal de la Santé » de France 5 Michel Cymes, 28,9% des suffrages, a été dépassé d’un cheveu par Nagui (29% des suffrages).

Nagui avait déjà atteint la tête du classement en décembre 2014 avant de céder la place à Michel Cymes.

Chouchou des jeunes générations selon ce sondage, Nagui est très présent sur les ondes avec « La bande originale » à la mi-journée sur France Inter et les émissions de France 2 « Tout le monde veut prendre sa place », « N’oubliez pas les paroles » et « Taratata ».

Avec sa troisième place (24,5%), Élise Lucet est la première femme à accéder au podium depuis la création du Top 50 des animateurs dans TV Magazine.

La présentatrice de « Cash Investigation » et d‘ »Envoyé spécial » est suivie de près par Stéphane Plaza, l’animateur de « Recherche appartement ou maison » sur M6 qui remporte 24,3% des voix et arrive en tête chez les téléspectatrices et chez les 18-34 ans.

Jean-Luc Reichmann (23,7%), Laurent Delahousse (22,5%), Stéphane Bern (21,6%), Jean-Pierre Pernaut (21,1%), Yves Calvi (18%) suivent dans le classement, rejoints par Anne-Sophie Lapix (17,9%) qui a pris à la rentrée les rênes du 20H de France 2.

À noter que dans un sondage BVA pour la presse régionale et Foncia paru le 28 octobre dernier, Élise Lucet était désignée animatrice préférée des Français. L’animatrice de « Cash Investigation arrivait en tête du classement devant Nagui et Michel Cymes, ex-aequo.

Voir aussi:

« Je suis un enfant de Coluche »

Grand Sud – Solidarité. Jean-Luc Reichmann animera la soirée « Atout cœur » consacrée à l’économie sociale, le 17 mars prochain à Toulouse. Altruiste, la star de TF1 cultive la solidarité.

La Dépêche

Quelle est l’étincelle qui vous a révélé au métier de saltimbanque ?

J’ai un souvenir précis à 14 ans. J’ai acheté ma première mob en vendant de la saucisse que je faisais déguster crue sur le parking du Mammouth. J’en ai vendu quatre tonnes, ce qui a soufflé tout le monde. J’étais d’autant plus une attraction que j’étais le fils du directeur du magasin. Et en plus, j’avais du bagou…

Vous êtes né à Toulouse, mais vous avez des racines familiales beaucoup plus lointaines…

Oui, ma famille paternelle est originaire de Slovaquie. D’origine juive, mon grand-père a dû s’expatrier pour fuir les nazis. C’est comme cela qu’il est arrivé en France avant de rejoindre la clandestinité pendant la guerre. Il est arrivé dans les Alpes avec mon père qui avait alors 4 ans. Ironie du sort, c’est un curé qui s’est occupé de lui jusqu’à la fin de la guerre.

Ce père qui choisira beaucoup plus tard Toulouse…

Oui et il deviendra même le premier directeur du premier Mammouth à Toulouse à la fin des années 1960. Il y est resté et je reviens au moins deux fois par mois à Toulouse pour voir mes parents, ma petite sœur, mes neveux, mes copains. Je n’oublie pas que j’ai débuté sur la radio des Coteaux à Toulouse avant de passer à Radio Combos où j’avais hérité du délicieux surnom de « Boogie-chou ».

Est-ce que quelqu’un vous a donné la main pour réussir professionnellement ?

Non, je me suis fait tout seul avec des périodes de doute où j’aurais bien aimé que quelqu’un me parraine. Pour moi, « La brosse à dent », où je faisais la voix off, a été un vrai déclencheur, mais Nagui ne m’a pas spécialement aidé. C’est une profession où il faut se faire tout seul. Moi, je me suis beaucoup appuyé sur ma famille.

Dans votre vie, il y a un drame personnel qui a beaucoup compté…

Oui, à 20 ans, j’ai eu un accident de moto très grave. J’ai fait plusieurs jours de coma entre la vie et la mort. J’étais tombé très bas. Depuis, je « bouffe » la vie et je fonctionne à 300 %

Quand vous êtes arrivé à Paris, vous étiez un animateur à accent ?

Non, mais je savais en jouer. Ma différence, c’était ma tache sur le nez. Au début, je l’ai masquée au maquillage pour ressembler à tout le monde. À un moment, la production de l’émission « Les z’amours » m’a pourtant fortement suggéré de la faire traiter au laser. Finalement, j’ai décidé d’assumer et cela m’a rapproché de plein de gens.

Est-ce que, pour vous, la notoriété implique aussi des devoirs envers ceux qui vivent dans la précarité ?

Je passe à la télé tous les jours depuis 10 ans et je me suis toujours attaché à respecter les gens. Cela veut dire les écouter, respecter leur différence, avoir le souci de les valoriser à l’antenne. J’aime l’image de la main tendue, j’adore l’idée de faire plaisir, alors quand je peux rendre service pour la bonne cause, je n’hésite pas. Au moins deux fois par mois, je travaille avec des associations caritatives. Faire du bien aux gens, leur dire qu’il ne faut jamais baisser les bras, c’est mon message.

Vous êtes plutôt Coluche ou plutôt abbé Pierre ?

Le combat de l’abbé Pierre contre l’exclusion et la pauvreté est, bien sûr, admirable. Coluche, je l’avais vu à Toulouse sous chapiteau quand j’étais gamin. Il m’avait fait rire, pleurer et pleurer de rire. C’était un type exceptionnel, fin, profond qui pouvait être très violent quand il interpellait les politiques, mais plein de tendresse dans son soutien à tous les gens dans la colère. Oui, je me sens pour toujours un enfant de Coluche.


RENDEZ-VOUS

Atout cœur

L’association Toulouse Atout cœur a décidé cette année de soutenir les actions d’aide à la réinsertion sociale par le travail au cours d’une soirée qui sera organisée, jeudi prochain 17 mars, au centre des Congrès à Toulouse. Une vente aux enchères d’œuvres d’art permettra d’accompagner les projets de création de start up solidaires. La soirée rassemblera plus de 800 invités et sera présidée par Philippe Douste-Blazy, le ministre de la Santé, et par Martin Hirsch, président de l’association Emmaüs.


Son parcours

RADIOS : Début à Toulouse en 1981 sur Radio des Coteaux et Radios Combos, Europe en 1996, Sur RMC en 2000. Depuis septembre 2002, RTL, à 19 h, « Vous avez deux minutes… ».

TELEVISION : De 1995 à 2000, « Les Z’amours » sur France 2, Jeux sans frontières (1 998) sur France 2, « Attention à la marche » depuis mars 2001 sur TF1.

VOIX : Les Guignols depuis 1989 sur Canal +. En voix off, « N’oubliez pas votre brosse à dents» sur France 2 avec Nagui, Bandes annonces de TF1, Publicité.

COMEDIE : Comédien, danseur, chanteur dans « Les précieuses ridicules », de Molière, en comédie musicale rock. Comédien dans Tribunal, Nestor Burma, Navarro, La trilogie de Pagnol.

LIVRE : « Sur 100 Français »,février 2004. « Éditions M. Lafon ».

ACTUALITE : Deux prime time sur TF1. Le 19 mars, il recevra des couples célèbres pour un « Attention à la marche » spécial. En préparation, une émission basée sur la ressemblance d’une mère et de sa fille. Casting prochainement à Toulouse. Envoyer candidatures à

Voir encore:

The Voice : Ce que Mennel a réellement chanté en arabe


Voir enfin:

PARIS — At first, it is unclear why curators at the Louvre chose to squeeze the 31 paintings into two small rooms. Dutch landscapes sit next to German portraits. Depictions of feasts, Roman ruins, a small child with a goat seem to collide.

What ties these pieces together is not style, school or subject, but a singular history. All were looted or bought by German occupiers during World War II, then recovered and brought back to France when the conflict ended.

While France has returned tens of thousands of looted artworks and other objects to their rightful owners, many remain orphaned, including these paintings, which until recently hung in the museum’s regular exhibition spaces, with only a small bit of explanatory text on their descriptive plaques.

“It seemed to us that if we didn’t create a permanent space, we were operating as we used to in the past,” said Sébastien Allard, director of the paintings department at the Louvre, which opened a dedicated space for looted works in December. Although museums are often suspected of wanting to keep the pieces, Mr. Allard said, “our goal is clearly to return everything that we can.”

Critics, while praising the intention, say the new rooms represent a missed opportunity because they do little to further the search for the rightful owners of the paintings or their heirs.

“Museums have really undergone a cultural revolution,” said Corinne Bouchoux, a former senator who wrote a 2013 report on France’s handling of looted artwork. “We’ve gone from an era where these paintings were either hidden or forgotten, to one where this history is accepted.”

“But for the paintings that we are certain were despoiled, the real question is: What is being done to find the descendants?” she said.

An estimated 100,000 objects in France alone were looted by the Nazis or sold under duress and transferred to Germany — paintings, but also drawings, sculptures and antiquities. Many had belonged to Jewish families whose homes were raided during the Nazi occupation, or who were forced to sell art to survive or to flee the country.

From 1945 to 1949, over 61,000 of those objects were returned to France, and about 45,000 were claimed by their owners. Many of the unclaimed pieces were sold at auction.

But the French state kept 2,143 of them — even today, experts say it is unclear how they were chosen. The government placed them in an inventory called the Musées Nationaux Récupération, or M.N.R., and entrusted them to museums. The Louvre has 807 such paintings.

A little over 100 looted objects, including about 50 paintings, have been returned to their legitimate owners or their descendants, since the 1950s, after the first wave of restitutions. The French authorities acknowledge the pace is slow.

“If you just look at the number of restitutions, there is obviously still a lot to do,” said Thierry Bajou, a curator at the Culture Ministry who works with a small team to identify the origins of looted art by combing through museum collections and archives, and by looking for markings, notes or labels on the backs of paintings.

“For a long time, the administration merely waited for the beneficiaries to claim a given work of art,” he said. “Now, we try to study the origin of the works and to identify who was despoiled at the time.”

Authorities collaborating on that effort include museums, the Culture and Foreign Ministries and the Commission for the Compensation of Victims of Spoliation, which was established in 1999 to examine reparation claims made by victims of France’s anti-Semitic laws during the war.

In 2015, the French government also struck a deal with a national organization of genealogists to help track down the heirs of despoiled families.

But French officials say the work is filled with obstacles, including the refusal of some art galleries to open their wartime archives. While some families saw their possessions looted by the Nazis, others were forced to sell their paintings, meaning the initial transaction can appear legitimate and can involve multiple intermediaries.

“We have a responsibility to give the right painting to the right person,” said Vincent Delieuvin, a curator at the Louvre who oversees looted or force-sold paintings. He said that museums did their best to retrace the history of their paintings, but that in many cases only families could provide proof that one was theirs.

An official catalog of the M.N.R. inventory was published in 2004, and a detailed online database is kept, named after Rose Valland, the French Resistance operative who kept a ledger of Nazi thefts.

Curators at the Louvre say the new exhibition rooms are another step in the effort to make information about looted artworks more accessible to the public, and to the victims or their heirs.

Some experts praised the idea — Ms. Bouchoux, the former senator, said it was “symbolically and politically positive” — but others said the exhibition rooms lacked context and failed to lay out the complex history that had left the paintings orphaned.

Emmanuelle Polack, an art historian who did her doctoral thesis on the Parisian art market under Nazi occupation, noted that the explanatory text in the exhibition rooms did not say that most of the looted artwork belonged to Jewish families.

Nor do the plaques beneath the paintings explain where and how each one was found in Germany, like the 19th-century portrait of two sisters by Jacques Augustin Pajou that was taken by the Nazi regime’s foreign minister, Joachim von Ribbentrop.

Mr. Allard, the Louvre curator, acknowledged that the plaques and an existing sign were “insufficient,” but said the museum planned to put up a larger banner at the entrance to the rooms. He also said the Louvre would look into ways of encouraging visitors to use their smartphones to search the Rose-Valland database.

Still, Ms. Polack said the Louvre had missed an opportunity to create an interactive or educational space that visitors might seek out, rather than accidentally stumble on it while in search of the “Mona Lisa.”

“What is interesting is their history, the fact that they belonged to people, that they were taken to Germany and then returned,” Ms. Polack said of the paintings. Their special interest, she added, is not in their aesthetic qualities.

“They are removed from their historical context, and so you can’t understand the enduring necessity of returning them,” she said. “They were witness to a story — tell us that story! »


Education: Trop intelligents pour être heureux (Harvard’s new Jews: How Ivy League schools’ fear of over-representation, stereotyping or preferences for athletes, large donors, alumni and under-represented groups sublty discriminate against Asian students)

17 décembre, 2017

The image of Asian-Americans as a homogeneous group of high achievers taking over the campuses of the nation’s most selective colleges came under assault in a report issued Monday.

The report, by New York University, the College Board and a commission of mostly Asian-American educators and community leaders, largely avoids the debates over both affirmative action and the heavy representation of Asian-Americans at the most selective colleges.

But it pokes holes in stereotypes about Asian-Americans and Pacific Islanders, including the perception that they cluster in science, technology, engineering and math. And it points out that the term “Asian-American” is extraordinarily broad, embracing members of many ethnic groups.

“Certainly there’s a lot of Asians doing well, at the top of the curve, and that’s a point of pride, but there are just as many struggling at the bottom of the curve, and we wanted to draw attention to that,” said Robert T. Teranishi, the N.Y.U. education professor who wrote the report, “Facts, Not Fiction: Setting the Record Straight.”

“Our goal,” Professor Teranishi added, “is to have people understand that the population is very diverse.”

The report, based on federal education, immigration and census data, as well as statistics from the College Board, noted that the federally defined categories of Asian-American and Pacific Islander included dozens of groups, each with its own language and culture, as varied as the Hmong, Samoans, Bengalis and Sri Lankans.

Their educational backgrounds, the report said, vary widely: while most of the nation’s Hmong and Cambodian adults have never finished high school, most Pakistanis and Indians have at least a bachelor’s degree.

The SAT scores of Asian-Americans, it said, like those of other Americans, tend to correlate with the income and educational level of their parents.

“The notion of lumping all people into a single category and assuming they have no needs is wrong,” said Alma R. Clayton-Pederson, vice president of the Association of American Colleges and Universities, who was a member of the commission the College Board financed to produce the report.

“Our backgrounds are very different,” added Dr. Clayton-Pederson, who is black, “but it’s almost like the reverse of what happened to African-Americans.”

The report found that contrary to stereotype, most of the bachelor’s degrees that Asian-Americans and Pacific Islanders received in 2003 were in business, management, social sciences or humanities, not in the STEM fields: science, technology, engineering or math. And while Asians earned 32 percent of the nation’s STEM doctorates that year, within that 32 percent more than four of five degree recipients were international students from Asia, not Asian-Americans.

The report also said that more Asian-Americans and Pacific Islanders were enrolled in community colleges than in either public or private four-year colleges. But the idea that Asian-American “model minority” students are edging out all others is so ubiquitous that quips like “U.C.L.A. really stands for United Caucasians Lost Among Asians” or “M.I.T. means Made in Taiwan” have become common, the report said.

Asian-Americans make up about 5 percent of the nation’s population but 10 percent or more — considerably more in California — of the undergraduates at many of the most selective colleges, according to data reported by colleges. But the new report suggested that some such statistics combined campus populations of Asian-Americans with those of international students from Asian countries.

The report quotes the opening to W. E. B. Du Bois’s 1903 classic “The Souls of Black Folk” — “How does it feel to be a problem?” — and says that for Asian-Americans, seen as the “good minority that seeks advancement through quiet diligence in study and work and by not making waves,” the question is, “How does it feel to be a solution?”

That question, too, is problematic, the report said, because it diverts attention from systemic failings of K-to-12 schools, shifting responsibility for educational success to individual students. In addition, it said, lumping together all Asian groups masks the poverty and academic difficulties of some subgroups.

The report said the model-minority perception pitted Asian-Americans against African-Americans. With the drop in black and Latino enrollment at selective public universities that are not allowed to consider race in admissions, Asian-Americans have been turned into buffers, the report said, “middlemen in the cost-benefit analysis of wins and losses.”

Some have suggested that Asian-Americans are held to higher admissions standards at the most selective colleges. In 2006, Jian Li, the New Jersey-born son of Chinese immigrants, filed a complaint with the Office for Civil Rights at the Education Department, saying he had been rejected by Princeton because he is Asian. Princeton’s admission policies are under review, the department says.

The report also notes the underrepresentation of Asian-Americans in administrative jobs at colleges. Only 33 of the nation’s college presidents, fewer than 1 percent, are Asian-Americans or Pacific Islanders.

Voir aussi:

Data check: Why do Chinese and Indian students come to U.S. universities?

Two new reports document the continued growth in the overall number of students coming to the United States from other countries. Those pursuing undergraduate degrees in so-called STEM (science, technology, engineering, and mathematics) fields make up 45% of the undergraduate total, and their share of the graduate pool is even larger. But within that broad picture are some surprising trends involving China and India, the two countries that supply the largest number of students (see graphic, above).

One is that the flow of Chinese students into U.S. graduate programs is plateauing at the same time their pursuit of U.S. undergraduate degrees is soaring. Another is the recent spike in graduate students from India occurring despite a continuing small presence of Indian students at the undergraduate level.

In August, ScienceInsider wrote about a report from the Council of Graduate Schools (CGS) on the most recent acceptance rates for foreign students at U.S. graduate programs. Last week the report was updated to reflect this fall’s actual first-time enrollment figures. And yesterday the Institute of International Education (IIE) issued its annual Open Doors report, which covers both undergraduate and graduate students from elsewhere enrolling in the United States as well as U.S. students studying abroad.

According to IIE, 42% of the 886,000 international students at U.S. universities in 2013 to 2014 hailed from China and India. China makes up nearly three-fourths of that subtotal. In fact, the number of Chinese students equals the total from the next 12 highest ranking countries after India.

This year’s IIE report also includes a look at 15-year trends. For example, foreign students compose only 8.1% of total U.S. enrollment, but their numbers have grown by 72% since 1999, making international students an increasingly important part of U.S. higher education.

Their presence has long been visible within graduate programs in science and engineering fields, of course. But the new Open Doors report documents a surge in undergraduate enrollment from China, to the point where it almost equals the number of graduate students in the country—110,550 versus 115,727. In 2000, the ratio was nearly 1-to-6.

Trying to understand such trends keeps university administrators up at night. And the more they know, the better they can be at anticipating the next trend. That’s why ScienceInsider turned to Peggy Blumenthal. She’s spent 30 years at IIE, most recently as senior counselor to its current president, Allan Goodman, and that longevity has given her a rich perspective on the ebb and flow of international students. Here is her perspective on what’s moving the needle for Chinese and Indian students.

An explosion of Chinese undergraduates

The numbers: Chinese undergraduate enrollment in the United States has grown from 8252 in 2000 to 110,550 last year. Almost all of that growth has occurred since 2007, and there has been a doubling since 2010.

The reasons: A high score on China’s national college entrance examination, called the gaokao, enables a Chinese student to attend a top university and can punch their ticket to a successful career. It requires years of high-stress preparation, however. A growing number of parents choose to remove their children from that pressure cooker, Blumenthal says, and look for alternatives abroad. The chance for a liberal arts education at a U.S. university is an attractive alternative to the rigid undergraduate training offered by most Chinese universities, she adds.

The U.S. system of higher education, Blumenthal says, offers Chinese families “a unique opportunity to shop” based on the price, quality, and reputation of the institution. The cost of out-of-state tuition at a top public U.S. university is a relative bargain for China’s growing middle class, she notes, and community colleges are dirt cheap.

Recent changes in immigration policies have made the United Kingdom and Australia less desirable destinations among English-speaking countries, according to Blumenthal. She also thinks that U.S. colleges have built a sturdy support system based on their decades of experience in hosting foreign students. “In Germany or France you’re pretty much on your own” in choosing classes, completing the work, and earning a degree, she says. “Nobody is there to help if you’re having trouble.”

Flat Chinese graduate enrollment

The numbers: The CGS report says that the number of first-time graduate students this fall from China fell by 1%, the first time in the decade that it has declined. Thanks to that dip, the growth in the overall number of Chinese graduate students on U.S. campuses slowed to just 3% this fall, compared with double-digit increases in recent years. U.S. academic scientists may not be aware of this emerging trend because of the sheer number of Chinese graduate students on U.S. campuses. IIE puts the number last year at 115,727, and the CGS report says they represent one-third of all foreign graduate students.

The reasons: Chinese graduate students have more options at home now. “China has pumped enormous resources into its graduate education capacity” across thousands of universities, Blumenthal says. An increasing proportion of the professors at those universities have been trained in the United States and Europe, she says, and upon their return they have implemented Western research practices. “They are beginning to teach more like we do, publish like we do, and operate their labs like we do.”

At the same time, she says, the added value of a U.S. graduate degree has shrunk in relation to a comparable Chinese degree. “That’s not true for MIT [the Massachusetts Institute of Technology] or [the University of California,] Berkeley, of course—those degrees still carry a premium in the job market,” she says. “But for the vast majority of Chinese students, it’s not clear that an investment in a U.S. degree is worth it, especially when the rapid growth of the Chinese economy has created such a great need for scientific and engineering talent.”

In the United States, a tight job market often translates into more students attending graduate school in the hope that it will give them an edge. But high unemployment rates among college graduates in China haven’t created a potentially larger pool of applicants to U.S. graduate programs, she says, because those students are not competitive with their U.S. peers.

“They are probably not English speakers and would have trouble passing the TOEFL [an assessment of English language skills],” she surmises. “So they might only get into a fourth-rate U.S. graduate program.” In contrast, she says, U.S. graduate programs have historically gotten “the cream of the crop” from China. And if a larger proportion of those students can build a career in China, fewer need apply to U.S. graduate programs.

Few Indian undergraduates

The numbers: India barely registers on a list of originating countries for U.S. undergraduates. Compared with China, home to 30% of all U.S. international undergrads, Indian students compose only 3% of the pool. And the overall total for 2013—12,677—actually reflects a drop of 0.5% from 2012.

The reasons: Top-performing Indian students are well-served at the undergraduate level by the country’s network of elite technology institutes, known as IITs. India has also never had a strong connection to the United States at the undergraduate level, according to Blumenthal. In addition, she says, “many Indian parents are reluctant to send their girls abroad, especially at the undergraduate level.” By contrast, she says, China’s one-child-per-family rule has meant that they have “one shot at success, male or female.”

Soaring graduate enrollment from India

The numbers: The incoming class of Indian students for U.S. graduate programs is 27% larger this year than in 2013, according to CGS’s annual survey. And that increase follows a 40% jump in 2013 over 2012. However, CGS officials note that the Indian numbers have historically been more volatile than those from China; the increases for 2011 and 2012 were 2% and 1%, respectively.

The reasons: U.S. graduate programs have benefited from several recent developments that, together, have opened the floodgates for Indian students. For starters, India’s investment in higher education hasn’t yet had much effect on graduate education, Blumenthal says. Unlike in China, she says, “in India there’s been very little effort to upgrade the quality of the faculty.”

At the same time, it’s becoming harder for graduates of India’s universities to follow the traditional path of doing their further training in Britain or Australia, as many of their professors had done in previous generations. For the United Kingdom, tuition increases, visa restrictions, and a tightening of rules for those seeking work permits after college have all created greater barriers to entry, Blumenthal says. “It sends a message from the U.K. government that [it’s] not really interested in international students,” she says. “They are now regarded as simply another category of immigrants” rather than a valuable future source of intellectual capital.

In Australia, Blumenthal notes, there’s a growing backlash against earlier government attempts to recruit more international students. “People think they let in too many,” she says. “They didn’t fit in, they didn’t speak English, and there was a perception that they were taking away jobs from Australians.”

A recent strengthening of the rupee against the U.S. dollar has made U.S. graduate education more affordable for the middle class, she adds. And sluggish economic growth in India has meant fewer jobs for recent college graduates.

Foreign Student Dependence

New report provides breakdown on international enrollments by discipline and institution, showing that there are graduate STEM programs in which more than 90 percent of students are from outside the U.S.

Elizabeth Redden
July 12, 2013

International students play a critical role in sustaining quality science, technology, engineering and mathematics (STEM) graduate programs at U.S. universities, a new report from the National Foundation for American Policy (NFAP) argues.

It will come as no surprise to observers of graduate education that the report documents the fact that foreign students make up the majority of enrollments in U.S. graduate programs in many STEM fields, accounting for 70.3 percent of all full-time graduate students in electrical engineering, 63.2 percent in computer science, 60.4 percent in industrial engineering, and more than 50 percent in chemical, materials and mechanical engineering, as well as in economics (a non-STEM field). However, the report, which analyzes National Science Foundation enrollment data from 2010 by field and institution, also shows that these striking averages mask even higher proportions at many individual universities. For example, there are 36 graduate programs in electrical engineering where the proportion of international students exceeds 80 percent, including seven where it exceeds 90. (The analysis is limited to those programs with at least 30 full-time students.)

Graduate Electrical Engineering Programs With More Than 90 Percent International Enrollment

University Number of U.S. Citizens or Permanent Residents Enrolled Full-Time Number of International Students Enrolled Full-Time Percent International Enrollment
University of Texas at Arlington 16 229 93.5
Fairleigh Dickinson University 3 42 93.3
Illinois Institute of Technology 31 400 92.8
University of Houston 16 180 91.8
State University of New York at Buffalo 19 189 90.9
New Jersey Institute of Technology 21 201 90.5
Rochester Institute of Technology 11 105 90.5

    National Foundation for American Policy analysis of National Science Foundation data from 2010.

“International students help many universities have enough graduate students to support research programs that help attract top faculty and that also thereby help U.S. students by having a higher-quality program than they otherwise would have,” said Stuart Anderson, NFAP’s executive director and author of the report. Without them, he said, “you’d see a shrinking across the board where you’d have just certain schools that are able to support good programs. That would lead to a shrinking of U.S. leadership in education and technology if you have many fewer programs with high-quality research and top-level professors.”

“To some extent this reflects some of what’s going on in our society within the U.S. in terms of trying to push for more interest in STEM fields,” said Jonathan Bredow, professor and chair of the electrical engineering department at the University of Texas at Arlington, a program with more than 90 percent international enrollment.  “Domestic students tend to be more interested in going out and getting a job right after a bachelor’s degree. Some see a value of getting a master’s degree but in terms of the Ph.D., I think it’s largely seen as unnecessary.”

“There’s a relatively small number of high-quality domestic students who can be accepted into our master’s and Ph.D. programs,” said Leonid Tsybeskov, professor and chair of the electrical and computer engineering department at the New Jersey Institute of Technology. He added that those domestic students who are strong candidates typically apply to higher-ranked programs than NJIT’s.

Indeed, said Anderson, “You talk to the professors, they say, ‘O.K., if we were MIT or Stanford we could get all the top U.S. students,’ but by definition there are only a few of those schools. Obviously everyone can’t be MIT or Stanford. » At the Massachusetts Institute of Technology, the proportion of international students in graduate electrical engineering programs is 52.5 percent and, in computer science, 35.3 percent. At Stanford, 56 percent of graduate electrical engineering students and 43.7 percent of graduate computer science students are international.

The report also emphasizes the value that international students can bring to the U.S. economy after graduation as researchers and entrepreneurs. Measures that would make it easier for STEM graduate students to obtain visas to work in the U.S. after graduation – measures that many in higher education see as crucial to the U.S. maintaining its edge in attracting international graduate students — are pending in Congress (and are included in the comprehensive immigration bill recently passed by the Senate).

« This report is very well-timed,” said Julia Kent, director of communications and advancement for the Council of Graduate Schools. “Obviously, for the policy reasons — the pending legislation about STEM visas — and second because there is data out there right now which suggests that we have some cause for concern in this country about the flow of international graduate students to the United States which we have always counted on. There is now more competition for international graduate students. Other countries are developing policies to promote the influx of foreign students to their shores, and there are also ways in which the current economy in the United States has reduced funding support for graduate students, which makes it more difficult to attract students to U.S. programs with attractive funding packages.”

CGS data on applications to U.S. graduate schools released in April show that total international applications grew by a meager 1 percent this year and that there were actually drops in applications from certain key sending countries, including China (-5 percent), South Korea (-13 percent) and Taiwan (-13 percent). On the plus side, applications from India increased 20 percent.

« It’s too soon to know how this data will actually affect enrollments, but the preliminary data show that there is some cause for concern,” Kent said.

Graduate Computer Science Programs With More than 90 Percent International Enrollment

University Number of U.S. Citizens or Permanent Residents Enrolled Full-Time Number of International Students Enrolled Full-Time Percent International Enrollment
San Diego State University 13 160 92.5
Texas A&M University-Corpus Christi 6 70 92.1
Illinois Institute of Technology 35 392 91.8
University of Missouri at Kansas City 8 81 91
University of New Haven 5 49 90.7
San Jose State University 35 323 90.2
Fairleigh Dickinson University 6 55 90.2

     National Foundation for American Policy analysis of National Science Foundation data from 2010.

Voir par ailleurs:

The Chosen The Hidden History of Admission and Exclusion at Harvard, Yale and Princeton By Jerome Karabel Illustrated. 711 pages. Houghton Mifflin. $28.

Nick Carraway and Sherman McCoy went to Yale. Amory Blaine and Doogie Howser went to Princeton. Oliver Barrett IV and Thurston Howell III went to Harvard. Charles Foster Kane was thrown out of all three. What these fictional characters all have in common, of course, is that they are all white, privileged males — completely representative figures, until the late 1960’s and early 70’s, of the student population at those three Ivy League schools.

In his informative but often vexing new book, Jerome Karabel, a professor of sociology at the University of California, Berkeley, looks at the admissions process at the so-called Big Three and how the criteria governing that process have changed over the last century in response to changes in society at large. His book covers much of the same ground that Nicholas Lemann covered — a lot more incisively — in his 1999 book « The Big Test: The Secret History of the American Meritocracy, » and it also raises some of the same questions that Jacques Steinberg, a reporter for The New York Times, did in his 2002 book, « The Gatekeepers: Inside the Admissions Process of a Premier College. »

Mr. Karabel writes that until the 1920’s, Harvard, Yale and Princeton, « like the most prestigious universities of other nations, » admitted students « almost entirely on the basis of academic criteria. » Applicants « were required to take an examination, and those who passed were admitted. » Though the exams exhibited a distinct class bias (Latin and Greek, after all, were not taught at most public schools), he says that « the system was meritocratic in an elemental way: if you met the academic requirements, you were admitted, regardless of social background. »

This all changed after World War I, he argues, as it became « clear that a system of selection focused solely on scholastic performance would lead to the admission of increasing numbers of Jewish students, most of them of eastern European background. » This development, he notes, occurred « in the midst of one of the most reactionary moments in American history, » when « the nationwide movement to restrict immigration was gaining momentum » and anti-Semitism was on the rise, and the Big Three administrators began to worry that « the presence of ‘too many’ Jews would in fact lead to the departure of Gentiles. » Their conclusion, in Mr. Karabel’s words: « given the dependence of the Big Three on the Protestant upper class for both material resources and social prestige, the ‘Jewish problem’ was genuine, and the defense of institutional interests required a solution that would prevent ‘WASP flight.’ « 

The solution they devised was an admissions system that allowed the schools, as Mr. Karabel puts it, « to accept — and to reject — whomever they desired. » Instead of objective academic criteria, there would be a new emphasis on the intangibles of « character » — on qualities like « manliness, » « personality » and « leadership. » Many features of college admissions that students know today — including the widespread use of interviews and photos; the reliance on personal letters of recommendation; and the emphasis on extracurricular activities — have roots, Mr. Karabel says, in this period.

Despite the reformist talk of figures like the Harvard president James Bryant Conant, Mr. Karabel contends, the admissions policy of the Big Three remained beholden to « the wealthy and the powerful. » And despite changes wrought by the G.I. Bill and the growing influence of faculty members, the Big Three still looked in 1960 much as they had before World War II: « overwhelmingly white, exclusively male and largely Protestant. »

Mr. Karabel reports that on the eve of President John F. Kennedy’s election, the three schools were « still de facto segregated institutions — less than 1 percent black and, in the case of Princeton, enrolling just 1 African-American freshman in a class of 826. » And while anti-Semitism was officially taboo, he notes, « Harvard rejected three-quarters of the applicants from the Bronx High School of Science and Stuyvesant that year (compared to just 31 percent from Exeter and Andover) while Yale limited the Jewish presence in the freshman class to one student in eight. »

All that changed in the 1960’s and 70’s, with new admissions policies pioneered by reformers like the Yale president Kingman Brewster and his dean of admissions, R. Inslee Clark Jr., known as Inky. With federal research money and foundation grants pouring into the Big Three, the schools became less dependent on the largess of their alumni, and a radically altered social environment — galvanized by the civil rights and student protest movements — spurred the impetus for change.

« By the mid-1970’s, » Mr. Karabel writes, « the formula — that is, the new admissions criteria and practices — used by the Big Three had been fully institutionalized: need-blind admissions, no discrimination against women or Jews, and special consideration for historically underrepresented minorities as well as athletes and legacies. »

It is Mr. Karabel’s thesis that these sorts of changes were adopted by the Big Three out of a desire « to preserve and, when possible, to enhance their position in a highly stratified system of higher education. » The institutions were « often deeply conservative » and « intensely preoccupied with maintaining their close ties to the privileged, » he writes, arguing that when change did come it almost always derived from one of two sources: because « the continuation of existing policies was believed to pose a threat either to vital institutional interests » (i.e., Yale and Princeton decided to admit women when they realized that their all-male character was hobbling them in their efforts to compete with Harvard for the very best students) or « to the preservation of the larger social order of which they were an integral — and privileged — part » (i.e., the Big Three’s adoption of vigorous race-based affirmative action after the race riots of 1965-68).

Although Mr. Karabel’s narrative becomes mired, in its later pages, in a Marxist-flavored philosophical questioning of the very idea of meritocracy, his account of changing admissions policies at Yale, Harvard and Princeton serves a useful purpose. It puts each school’s actions in context with the others’ and situates those developments within a broader political and social context. While at the same time it shows, in minute detail, how the likes of Nick Carraway, Oliver Barrett IV and Amory Blaine went from being typical students at the Big Three to being members of just one segment of coed, multicultural and increasingly diverse student bodies — if, that is, they could even manage to be admitted today.

 Voir aussi:

Why the SAT Isn’t a ‘Student Affluence Test’
A lot of the apparent income effect on standardized tests is owed to parental IQ—a fact that needs addressing.
Charles Murray
WSJ
March 24, 2015
… The results are always the same: The richer the parents, the higher the children’s SAT scores. This has led some to view the SAT as merely another weapon in the inequality wars, and to suggest that SAT should actually stand for “Student Affluence Test.”

It’s a bum rap. All high-quality academic tests look as if they’re affluence tests. It’s inevitable. Parental IQ is correlated with children’s IQ everywhere. In all advanced societies, income is correlated with IQ. Scores on academic achievement tests are always correlated with the test-takers’ IQ. Those three correlations guarantee that every standardized academic-achievement test shows higher average test scores as parental income increases.

But those correlations also mean that a lot of the apparent income effect is actually owed to parental IQ. The SAT doesn’t have IQ information on the parents. But the widely used National Longitudinal Survey of Youth contains thousands of cases with data on family income, the mother’s IQ, and her children’s performance on the math and reading tests of the Peabody Individual Achievement Test battery, which test the same skills as the math and reading tests of the SAT.

For the SAT, shifting to more than $200,000 of family income from less than $20,000 moved the average score on the combined math and reading tests to the 74th percentile from the 31st—a jump of 43 percentiles. The same income shift moved the average PIAT score to the 82nd percentile from the 30th—a jump of 52 percentiles.

Now let’s look at the income effect in the PIAT when the mother’s IQ is statistically held constant at the national average of 100. Going to a $200,000 family income from a $1,000 family income raises the score only to the 76th percentile from the 50th—an increase of 26 percentiles. More important, almost all of the effect occurs for people making less than $125,000. Going to $200,000 from $125,000 moves the PIAT score only to the 76th percentile from the 73rd—a trivial change. Beyond $200,000, PIAT scores go down as income increases.

In assessing the meaning of this, it is important to be realistic about the financial position of families making $125,000 who are also raising children. They were in the top quartile of income distribution in 2013, but they probably live in an unremarkable home in a middle-class neighborhood and send their children to public schools. And yet, given mothers with equal IQs, the child whose parents make $125,000 has only a trivial disadvantage, if any, when competing with children from families who are far more wealthy.

Why should almost all of the income effect be concentrated in the first hundred thousand dollars or so? The money itself may help, but another plausible explanation is that the parents making, say, $60,000 are likely to be regularly employed, with all the things that regular employment says about a family. The parents are likely to be conveying advantages other than IQ such as self-discipline, determination and resilience—“grit,” as this cluster of hard-to-measure qualities is starting to be called in the technical literature.

Families with an income of, say, $15,000 are much more likely to be irregularly employed or subsisting on welfare, with negative implications for that same bundle of attributes. Somewhere near $100,000 the marginal increments in grit associated with greater income taper off, and further increases in income make little difference.

Let’s throw parental education into the analysis so that we can examine the classic indictment of the SAT: the advantage a child of a well-educated and wealthy family (Sebastian, I will call him) has over the child of a modestly educated working-class family (Jane). Sebastian’s parents are part of the fabled 1%, with $400,000 in income, and his mother has a college degree. But her IQ is only average. Jane’s family has an income of just $40,000 and mom has only a high-school diploma. But mom’s IQ is 135, putting her in the top 1% of the IQ distribution.

Which child is likely to test higher? Sebastian is predicted to be at the 68th percentile on the PIAT. Jane is predicted to be at the 78th percentile. If you want high test scores, “choose” a smart but poor mother over a rich but dumb one—or over a rich and merely ungifted one.

One way of analyzing the effect of “privilege” — wealth and parental investment — on test scores and outcomes as adults would be to check how much an only child is advantaged relative to a child in a larger family.

For example, consider my wife v. myself. Harvard social scientist Robert D. Putnam’s new book Our Kids uses a super-simplified definition of class based solely on parents’ educational levels. By Putnam’s standards, my wife, whose mother and father both had masters degrees, would have grown up upper middle class. In contrast, my father had a junior college 2-year diploma and my mother had only a high school diploma, so I’d be lower middle class, I guess.

On the other hand, I was an only child, while my wife has three siblings. So, growing up, I never felt terribly strapped for money nor, especially, for parental time and energy, while my wife’s upbringing was more exigent.

Although you don’t hear about it much now that small families are the norm, back in my Baby Boom childhood, the privileged nature of being an only child — only children were widely said to be spoiled — was a frequent subject of conversation. This was especially true since I went to Catholic schools for 12 years, where very large families were common. For example, one friend, the class clown and best singer (his rendition of “MacNamara’s Band” in 4th grade remains a vivid memory), had eight siblings in his Irish family.

How privileged was I by being one of a family of three rather than one of a family of eleven?

My friend from the huge family has had a long, successful career as a TV sportscaster, along with some TV and movie credits as a comic actor. If you live in L.A., you’ve seen him on TV dozens of times over the last 30 years. So, growing up in a huge family didn’t ruin his life.On the other hand, if he’d been an only child with a real stage mother for a mom, I could imagine somebody with that much presence (his affect is reminiscent of that of the late Philip Seymour Hoffman or of a straight Nathan Lane) becoming a semi-famous character actor with maybe one or two Best Supporting Actor nominations.

Back during my more egalitarian childhood, people didn’t think that much about tutoring and Tiger Mothering, but, to some extent it works.

For example, I have had a pleasant life, but looking back I can see wasted opportunities. After my freshman year at Rice I came home and got a summer job at Burger King. After my sophomore year, I repaired dental equipment. Finally, after my junior year I worked as the assistant to the Chief Financial Officer of a big weedwacker manufacturing company. But what did the Burger King and repair jobs do for me other than teach me not to be a fry cook or repairman? These days I would have plotted to get internships in Silicon Valley or D.C. or Wall Street and had my parents pay my rent.

So, yes, I do think I was privileged to have the extra resources I was afforded by being an only child, even if I didn’t exploit my privileges as cunningly as I could have.

Quantifying how big a privilege that was seems challenging but doable. In fact, I’m sure somebody has done it already, and I invite commenters to link to studies.

It seems to me that measuring the effects of being an only child ought to be the first thing we do when we decide to theorize about Privilege.

By the way, however, there are other factors that may matter more in determining how Privileged you are. For example, my parents happened to turn out to be winners in the Great American Random Lottery of choosing a neighborhood to buy a home in during the 1950s — the demographics of their neighborhood have barely changed since the 1950s.

In contrast, my in-laws had the bad luck to draw what nightmarishly turned out to be one of the shortest straws in America: the Austin neighborhood on the West Side of Chicago. It was almost all white until Martin Luther King came to Chicago in 1966 to demand integration. Being good liberals, my in-laws joined a pro-integration group of neighbors who all swore to not engage in white flight. But after three years and three felonies against their small children, my in-laws were pretty much financially wiped out by trying to make integration work in Austin. And thus after they finally sold out at a massive loss, they wound up living in a farmhouse without running water for the next two years.

Bizarrely, while the once-pleasant street where my wife grew up in Austin looks nowadays like a post-apocalyptic wasteland, a couple of miles to the west is Superior Street in Oak Park, IL where my father grew up in the 1920s. It looks like an outdoor Frank Lloyd Wright museum today. The Wright district was saved by Oak Park’s secret, illegal, and quite effective “black-a-block” racial quota system imposed on realtors to keep Oak Park mostly white (and, these days, heavily gay).

So a not insignificant fraction of White Privilege in 2015 actually consists of whether or not the Eye of Sauron turned upon your parents’ neighborhood or not.

Voir également:

Les raisons du succès scolaire des jeunes d’origine asiatique

Lucile Quillet

Le Figaro étudiant

13/06/2013

La spectaculaire réussite des enfants d’immigrés asiatiques se confirme au bac. Et pourtant, leurs parents s’impliquent peu dans leurs devoirs, mais ils veillent à leurs horaires, les placent souvent dans le privé et jouent à fond la carte du bilinguisme.

À force d’entendre «si j’avais eu ta chance…», ils sont d’autant plus motivés. Leurs parents sont venus de loin et ont choisi la France pour offrir à leur progéniture un meilleur avenir.

Les jeunes Asiatiques ont particulièrement bien compris la leçon et fusent comme des comètes au-dessus du lot. Lycée, bac, études supérieures, ils se montrent performants à chaque étape. «Petits déjà, ils redoublent peu à l’école», assure Yaël Brinbaum, co-auteure de l’étude Trajectoires et Origines conduite par l’Insee et l’Ined. Plus de 60% d’entre eux seront orientés dans des filières généralistes. Plus que la moyenne nationale (50%).

Parmi les enfants de non bacheliers, les jeunes d’origine asiatiques se distinguent tout particulièrement. Ils seront encore 60% à décrocher le bac ,contre 50% pour les autres. Un quart iront jusqu’à bac+3 voire plus lorsque seulement 16,5% des descendants d’immigrés y accèdent.

Moins de télé, plus de bibliothèques

Paradoxalement, les familles d’origine asiatique sont celles qui s’impliquent le moins dans les devoirs, réunions de parents d’élèves et rencontres avec les professeurs. «Les mères ne parlent pas très bien français, les pères ont des métiers très prenants. Par contre, ces familles croient fortement à l’école et investissent énormément sur la scolarité de leur enfant. Ils sont très exigeants», explique Jean-Paul Caille, ingénieur de recherche au ministère de l’Enseignement supérieur.

Les parents ne se mettent pas au bureau de leur enfant, mais s’assurent qu’il est sérieux dans son travail. «Ils contrôlent plus le temps devant la télévision, les horaires du coucher. Il faut aussi que les loisirs soient compatibles avec l’école, comme des cours d’apprentissage de leur langue maternelle». Ce bilinguisme est un trésor qu’ils soignent. Les mères d’Asie du Sud-Est sont celles qui parlent le plus leur langue maternelle à la maison (57%). D’après Jean-Paul Caille, les jeunes d’origine asiatique fréquentent plus que les autres les bibliothèques et sont deux fois plus que la normale à prendre des cours particuliers à l’entrée en sixième.

Travail rigoureux et autorité parentale stricte et aussi une meilleure naissance. Les parents d’origine asiatique investissent plus sur la scolarité car ils en ont les moyens. Là où environ 75% des jeunes d’origine turque ou portugaise ont des parents ouvriers, employés de service ou inactifs, ceux d’origine asiatique ne sont que 58% à exercer dans ces fonctions. «Souvent, leurs parents sont artisans, commerçants, tiennent des bars tabac et gagnent bien leur vie. Ils sont les enfants d’immigrés qui bénéficient des conditions socio-économique et origines sociales les plus favorables». Ce portefeuille plus fourni leur permet d’être 15% à fréquenter un collège privé, soit deux fois plus que les enfants d’origine marocaine ou turque.

Pourtant moins d’un tiers des jeunes d’origine turque a le bac

Les autres enfants d’immigrés tentent aussi de se distinguer. À classe sociale équivalente, ils feront mieux que le reste des Français. Mais les parcours sont inégaux selon le pays d’origine des parents, tout comme le traitement des élèves à l’école. 14% des enfants d’immigrés -trois fois plus que la moyenne- déclarent «avoir été moins bien traités» lors des décisions d’orientation. Une discrimination dont ne semblent pas souffrir les jeunes originaires d’Asie du Sud-Est, qui s’en déclarent à peine plus victimes que la moyenne.

Les 10 raisons du succès des Chinois en France

Dans cet article je vais expliquer les principales raisons qui font que la communauté chinoise en France réussit mieux que les autres communautés immigrées d’une manière générale.

Le constat

Selon la seule étude disponible sur le sujet, publiée par l’Insee et l’Ined,

  • 27% des descendants de parents asiatiques occupent aujourd’hui un poste de cadre,
  • contre 14% en moyenne pour les Français toutes origines confondues,
  • 9% pour les fils de Maghrébins
  • 5% pour ceux d’Afrique subsaharienne.

48% des Français d’origine asiatique décrochent un diplôme du supérieur, contre 33% en moyenne en France. Enfin une autre statistique remarquable de l’étude : 27% des enfants d’immigrés chinois sont cadres, contre 14% en moyenne pour les Français

Cette réussite des asiatiques en France est particulièrement frappante pour la deuxième génération des 50 000 Indochinois arrivés dans les années 1950, au moment de l’indépendance, et des 250 000 « boat people » vietnamiens qui ont fui leurs pays dans les années 1970 et dont la majorité était en fait d’origine chinoise. Mais les fils de migrants venus de Chine populaire à partir des années 1980 s’en sortent plutôt bien aussi.

Comment expliquer une telle percée, alors que tant d’autres immigrés – et de Français de souche – peinent à gravir l’échelle sociale  ?

Les 10 facteurs clés de succès de la communauté chinoise en France :

  1. Le travail
  2. Une communauté soudée
  3. Un système de financement efficace
  4. Une hyperfocalisation sur la réussite scolaire des enfants
  5. L’enrichissement de la Chine
  6. La méconnaissance de la culture chinoise
  7. Une communauté peu politisée
  8. L’accent mis sur le pragmatisme dans la culture chinoise
  9. Une volonté de réussir (La « Face »)
  10. Le sens des affaires chinois

Le travail

C’est un peu le grand cliché : le chinois est bosseur. Un cliché qui comme tous devrait être sérieusement relativisé notamment par des français qui aiment à s’adonner à une forme d’auto critique. Mais comme tout cliché il y a peut être une part de vérité.

Aujourd’hui on compte 600 000 Français d’origine chinoise. Certes plusieurs dizaines de milliers d’entre eux travaillent encore sans papiers comme petites mains dans la confection, la maroquinerie ou le bâtiment, pour des salaires de misère. On a tous en tête le passage de la vérité si je mens dans la fabrique chinoise clandestine.

Mais, après des années de labeur, beaucoup ont fini par s’en sortir en reprenant un commerce – restaurants, épiceries, fleuristes ou bars-tabacs. Ils en détiendraient désormais près de 35 000 ! Certains commencent même à créer des chaînes de magasins (la plus connue d’entre elles, l’enseigne Miss Coquine, compte près de 80 boutiques en France), ou encore à lancer leurs propres marques (Miss Lucy, par exemple).

Une communauté soudée

Contrairement à la majorité des étrangers présents en France – et en particulier aux Maghrébins, dont les différentes nationalités et ethnies ne s’apprécient guère – la plupart des chinois peuvent compter sur le soutien de leurs compatriotes.

Un système de financement très efficace

Les Chinois pratiquent un système de prêts proche de la « tontine » Africaine  : les membres de la famille et les proches mettent une partie de leurs économies dans un pot commun, dans lequel les membres de la diaspora puisent pour monter leur affaire. Il n’y a pas d’intérêt ni même durée de remboursement fixe. La tontine repose sur la confiance, confortée par la réciprocité des dons  : ceux qui reçoivent doivent eux-mêmes offrir de l’argent aux autres, notamment à l’occasion de leur mariage. Ces prêts informels, qui peuvent facilement atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, sont une clé essentielle dans la réussite de la diaspora chinoise.

Après avoir économisé en moyenne 160 000 euros pendant une dizaine d’années, de nombreuses familles chinoises peuvent s’acheter un commerce sans passer par la case prêt bancaire ce qui ne manque pas d’alimenter le débat sur l’origine des fonds.

Une hyperfocalisation sur la réussite scolaire des enfants

Depuis plus de mille ans, les élites de Chine sont recrutées par un système d’examen national accessible à tous, qui permet aux plus pauvres de se hisser tout en haut de la pyramide. Résultat  : même lorsqu’ils quittent leur patrie, les adultes s’échinent au turbin et ils poussent leur progéniture à en faire autant à l’école. La focalisation sur la réussite scolaire fait partie des valeurs familiales chinoises. Ceci est vrai pour l’ensemble des asiatiques en France :

L’enrichissement de la Chine

Si la Chine n’avait pas connu un boom économique depuis la fin des années 70, les migrants ne s’en sortiraient pas de façon aussi spectaculaire. La montée en puissance de l’empire du Milieu leur a en effet ouvert des opportunités immenses notamment dans l’import-export. En fait, les Chinois de France ont procédé exactement comme des multi­nationales  : ils ont créé des comptoirs commerciaux pour vendre les produits fabriqués en Chine.

La méconnaissance de la culture chinoise

Pour beaucoup de français la culture chinoise reste un mystère. L’ignorance est souvent totale vis-à-vis d’un peuple qui suscite autant d’intérêt que de craintes. Et cette ignorance est un atout sur lequel les chinois peuvent jouer. Il connaissent les codes des chinois avec qui ils négocient. Certains réseaux commerciaux à la limite de la mafia profitent de cette opacité de la communauté chinoise.

Une communauté peu politisée

Il y a une communauté assez puissante de français d’origine chinoise en France mais qui est très discrète et qui réussit. Le communautarisme chinois a longtemps été un communautarisme de séparation. Les chinois pour parler de façon brutale n’ont jamais emmerdé les français, jamais fait dans le communautarisme victimaire. Ils ne reprochent pas la colonisation à la France, ils réussissent économiquement ce qui fait qu’il y a très peu de racisme anti chinois.

En fait souvent les chinois en France ne prétendent pas vraiment être assimilés mais ne posant pas de problèmes finalement on ne leur demande que l’intégration. C’est le contraire du communautarisme victimaire des autres minorités avec des institutions politiques telles que le CRAN (Conseil Représentatif des Association Noires) ou encore le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France).

Néanmoins aujourd’hui avec la création du CRAF (Conseil Représentatif des Associations Asiatiques de France) ont peut s’interroger pour savoir si une forme de communautarisme victimaire asiatique ne va pas être mis en place.

Certains estiment à tort selon moi que le succès économique des chinois en France tire profit de leur retard dans leur reconnaissance politique. Ce serait un succès en trompe l’œil. Voici un exemple de revendications antiracistes qu’on peut entendre ces temps-ci provenant de représentant souvent auto-proclamé de la communauté asiatique :

L’accent mis sur le pragmatisme dans la culture chinoise

Les chinois contrairement à l’image de sagesse teinté d’exotisme de beaucoup de français sont sans doute le peuple le plus pragmatique du monde. L’accent est toujours mis sur le consensus et l’efficacité (le maximum d’effets pour un minimum de coût) ce qui facilite leur intégration. Ce pragmatisme chinois est selon moi tout entier contenu dans la phrase célèbre de Deng Xiaoping au moment du virage réformiste des années 80 : « peu importe que le chat soit gris ou noir pourvu qu’il attrape les souris ».

Une volonté de réussir (La « Face »)

Les chinois ont une volonté de réussir qui est d’abord assez matérialiste. Réussir c’est d’abord devenir riche. Mais cela renvoie aussi à la notion de « face  » en Asie. On peut le traduire par l’honneur, la volonté de ne pas déchoir. C’est particulièrement vrai pour les membres de la diaspora dont on attend qu’ils ramène le plus de devises étrangère possible. C’est l’oncle d’Amérique sauce chinoise…

Le sens des affaires chinois

Les chinois sont avant tout un peuple de commerçants. Leurs réseaux sont issus de la diaspora, forme de solidarité au fond assez proche de ce qu’a pu être la communauté juive dans la France d’avant guerre. Souvent les membres de la diaspora qui ont le mieux réussi sont approchées par de riches Chinois, désireux d’investir en France, notamment dans l’immobilier.

Alors les chinois : enfants modèles de l’intégration Républicaine à la française ? Le débat est ouvert


Le Brio/Yvan Attal: En fait, cette histoire, c’est la mienne (It’s pure religion and culture, stupid !)

29 novembre, 2017

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Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes enfants. Deutéronome 6: 6-7
Fais de l’étude de la Torah ta principale occupation. Shammaï (10 avant JC)
Combattez ceux qui rejettent Allah et le jugement dernier et qui ne respectent pas Ses interdits ni ceux de Son messager, et qui ne suivent pas la vraie Religion quand le Livre leur a été apporté, (Combattez-les) jusqu’à ce qu’ils payent tribut de leurs mains et se considèrent infériorisés. Coran 9:29
Les musulmans n’en ont pas toujours conscience, mais ils se sont imposés les premiers en Europe comme concurrents, avec des aspirations dominatrices. La plupart des pays musulmans actuels étaient alors chrétiens – l’Egypte, la Syrie, la Turquie… Pendant longtemps, les musulmans ont été les plus forts, les plus riches, les plus civilisés. (…) L’Occident chrétien a définitivement emporté la partie quand, à partir des années 1800, sa domination technologique a été écrasante. En fait, quand les canons et les fusils occidentaux se sont mis à tirer plus vite. Maxime Rodinson
L’existence d’Israël pose le problème du droit de vivre en sujets libre et souverains des nations non musulmanes dans l’aire musulmane. L’extermination des Arméniens, d’abord par l’empire ottoman, puis par le nouvel Etat turc a représenté la première répression d’une population dhimmie en quête d’indépendance nationale. Il n’y a quasiment plus de Juifs aujourd’hui dans le monde arabo-islamique et les chrétiens y sont en voie de disparition. Shmuel Trigano
Les islamistes tentent de rallier tout un peuple de victimes et de frustrés dans un rapport mimétique à l’Occident. Les terroristes utilisent d’ailleurs à leurs fins la technologie occidentale : encore du mimétisme. Il y a du ressentiment là-dedans, au sens nietzschéen, réaction que l’Occident a favorisée par ses privilèges. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays,des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
Les pays arabes enregistrent un retard par rapport aux autres régions en matière de gouvernance et de participation aux processus de décision. La vague de démocratisation, qui a transformé la gouvernance dans la plupart des pays d’Amérique latine et d’Asie orientale dans les années quatre-vingts, en Europe centrale et dans une bonne partie de l’Asie centrale à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix, a à peine effleuré les États arabes. Ce déficit de liberté va à l’encontre du développement humain et constitue l’une des manifestations les plus douloureuses du retard enregistré en terme de développement politique. La démocratie et les droits de l’homme sont reconnus de droit, inscrits dans les constitutions, les codes et les déclarations gouvernementales, mais leur application est en réalité bien souvent négligée, voire délibérément ignorée. Le plus souvent, le mode de gouvernance dans le monde arabe se caractérise par un exécutif puissant exerçant un contrôle ferme sur toutes les branches de l’État, en l’absence parfois de garde-fous institutionnels. La démocratie représentative n’est pas toujours véritable, et fait même parfois défaut. Les libertés d’expression et d’association sont bien souvent limitées. Des modèles dépassés de légitimité prédominent.(…) La participation politique dans les pays arabes reste faible, ainsi qu’en témoignent l’absence de véritable démocratie représentative et les restrictions imposées aux libertés. Dans le même temps, les aspirations de la population à davantage de liberté et à une plus grande participation à la prise de décisions se font sentir, engendrées par l’augmentation des revenus, l’éducation et les flux d’information. La dichotomie entre les attentes et leur réalisation a parfois conduit à l’aliénation et à ses corollaires, l’apathie et le mécontentement. (…) Deux mécanismes parallèles sont en jeu. La position de l’État tutélaire va en s’amenuisant, en partie du fait de la réduction des avantages qu’il est en mesure d’offrir aujourd’hui sous forme de garantie de l’emploi, de subventions et autres mesures incitatives. Par contre, les citoyens se trouvent de plus en plus en position de force étant donné que l’État dépend d’eux de manière croissante pour se procurer des recettes fiscales, assurer l’investissement du secteur privé et couvrir d’autres besoins essentiels. Par ailleurs, les progrès du développement humain, en dotant les citoyens, en particulier ceux des classes moyennes, d’un nouvel éventail de ressources, les ont placés en meilleure position pour contester les politiques et négocier avec l’État. Rapport arabe sur le développement humain 2002
Les pays arabes doivent combler «l’écart croissant de connaissances» en investissant de manière significative dans l’éducation et en encourageant un débat intellectuel ouvert, indique le rapport arabe sur le développement humain pour l’année 2003, publié aujourd’hui par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Selon le « Rapport arabe sur le développement humain 2003 » (RADH 2003), les États arabes devraient encourager une plus grande interaction avec d’autres pays, cultures et régions du monde. « L’ouverture, l’interaction, l’assimilation, l’absorption, la révision, la critique et l’examen ne peuvent que stimuler la production de connaissances créatives au sein des sociétés du Monde arabe », est-il indiqué. Centre d’actualités de l’ONU
C’est une expérience profondément émouvante d’être à Jérusalem, la capitale d’Israël. Nos deux nations sont séparées par plus de 5 000 miles. Mais pour un Américain à l’étranger, il n’est pas possible de ressentir un plus grande proximité avec les idéaux et les convictions de son propre pays qu’ici, en Israël. Nous faisons partie de la grande fraternité des démocraties. Nous parlons la même langue de liberté et de justice, et nous incarnons le droit de toute personne à vivre en paix. Nous servons la même cause et provoquons les mêmes haines chez les mêmes ennemis de la civilisation. C’est ma ferme conviction que la sécurité d’Israël est un intérêt vital de la sécurité nationale des États-Unis. Et notre alliance est une alliance fondée non seulement sur des intérêts communs, mais aussi sur des valeurs partagées. (…) Quand on vient ici en Israël et qu’on voit que le PIB par habitant est d’environ 21.000 dollars, alors qu’il est de l’ordre de 10.000 dollars tout juste de l’autre côté dans les secteurs gérés par l’Autorité palestinienne, on constate une différence énorme et dramatique de vitalité économique. (…) C’est la culture qui fait toute la différence. Et lorsque je regarde cette ville (Jérusalem) et tout ce que le peuple de cette nation (Israël) a accompli, je reconnais pour le moins la puissance de la culture et de quelques autres choses. Mitt Romney
 La vraie intégration, c’est quand des catholiques appelleront leur enfant Mohamed. Martin Hirsch
Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples. Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens. La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. (…) Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître. En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour. Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département. Sammy Ghozlan (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme)
Je suis venue ici en 1983, j’ai acheté mon cabinet dentaire avenue Niel et j’ai vu le quartier évoluer. Il y a deux ans, on a estimé la population juive du 17e à environ 40 000 personnes, soit à peu près 30 % des habitants de l’arrondissement. Et dans certains quartiers du 17e, le pourcentage est encore plus important, par exemple aux Ternes. Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerçant juif. Aux Batignolles, cela commence aussi. Il n’y a pas d’incidents – nombre de juifs se promènent librement avec des kippas, sans crainte. Le phénomène de l’ascension sociale de la communauté juive séfarade établie depuis les années soixante est fulgurant, on le mesure partout (…) Dans les 16e et 17e arrondissements, sur les plaques des médecins – un nom sur deux est à consonance juive, les docteurs, comme les dentistes. (…) Rue Barye, les gens rouspètent car les juifs font du bruit en sortant de la synagogue. Ce n’est pas de l’antisémitisme, mais parfois, néanmoins, je ressens un peu le ras-le-bol des riverains quand les portes et les fenêtres des synagogues restent ouvertes. Rue Fortuny, il y avait un immeuble où se tenaient les réceptions de mariages et de bar-mitsvot. Les voisins étaient furieux quand les invités sortaient dans la rue le dimanche soir en faisant du bruit à deux heures du matin. La rue était en ébullition. Murielle Schor (adjointe au maire du 17e et vice-présidente du Consistoire israélite de Paris)
Je suis arrivée dans le quartier au milieu des années 1980, venant du 20e arrondissement où des bandes d’Arabes et de Noirs se bagarraient entre eux et harcelaient les juifs. C’était très tendu. Comme je gagnais bien ma vie, je suis venue dans le 17e. Il y avait très peu de juifs ici à l’époque. Mon mari, arrivé directement de Tunisie, avait créé une synagogue du nom de sa jeune sœur tuée dans un accident de voiture en Israël. Au départ, il y avait une quarantaine de fidèles. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus et de nouveaux membres se joignent à nous en permanence, originaires d’autres quartiers de Paris et de banlieue. Francine Zana
Ici, au Kremlin-Bicêtre, de nombreuses familles sont parties qui ne supportaient plus l’atmosphère ambiante. Et nous ne sommes pourtant pas une des villes les plus sinistrées, l’immobilier reste cher, on y trouve un certain niveau de vie, mais la proportion d’immigrés musulmans est devenue très importante. Sur 25 000 habitants, on compte facilement 25 % de musulmans. Jusqu’aux années 1990, 10 % de la population était juive, aujourd’hui nous ne sommes que 5 ou 6 %. Albert Myara (Conseil des communautés juives de la région parisienne)
L’évolution démographique de la communauté juive française a fortement affecté le système scolaire juif privé, autrefois florissant. Avec le départ de certaines familles vers d’autres quartiers ou vers Israël, des écoles juives ont dû fermer ou regrouper des classes. (…) Les juifs n’ont pas supporté ces changements de physionomie sociale, cette insécurité, et sont partis dans les beaux quartiers. Ici, une dizaine de familles ont fait leur aliya et une cinquantaine ont déménagé vers des zones plus hospitalières, comme Neuilly, Levallois, Issy-les-Moulineaux, des quartiers où l’antisémitisme est tout à fait infime. Michel Elbaz (FSJU)
Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays. Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux. Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration. Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français. Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés. L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe.  (…) Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités. (…) Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. (…) Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs. Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris (…)  L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes. (…) On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane. Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français. The Jerusalem Post
Le Centre européen du judaïsme (CEJ) (…) comprendra trois entités sur une surface de près de 5 000 m². Une synagogue de 600 places, dont 200 pour les femmes en mezzanine, sera encadrée par deux bâtiments de cinq et sept étages : des bureaux et surtout un pôle culturel de 2 500 m² comprenant des salles de spectacle et d’exposition. Le coût est d’au moins 10 millions d’euros, dont quelque 2,7 millions supportés par des fonds publics (État et région) pour la partie culturelle. La ville de Paris a mis le terrain, de 1 650 m², à disposition du Consistoire, la principale instance du judaïsme français, qui porte le projet. (…) prédisant une inauguration entre Hanoukka, la fête des lumières, en décembre prochain, et Pessah, la Pâque juive, au printemps 2018. Dans les cartons de longue date, le projet a été vraiment lancé au printemps 2015. Soit quelques semaines après l’attaque jihadiste qui a fait quatre morts dans un supermarché casher de la porte de Vincennes. (…) L’émigration vers Israël, l’alyah, s’est nourrie de ce climat d’insécurité, atteignant environ 40 000 départs en dix ans depuis la France, soit un dixième de la communauté. Dans ce contexte, « faut-il construire ? », s’est interrogé lui-même Joël Mergui. Mais beaucoup de Juifs « sont là, restent là », entre « résistance » et « espoir ». (…) Le choix de l’arrondissement ne doit rien au hasard : le centre de gravité du judaïsme en Île-de-France s’est très sensiblement déplacé de l’Est populaire vers l’Ouest, plus cossu et jugé plus sûr. Le XVIIe arrondissement est prisé par la communauté, qui y trouve pléthore de commerces casher. The Times of Israel
60 000 des 350 000 juifs de Paris et sa région ont déménagé ces dix dernières années. Les communautés juives de banlieues ont été complètement désertées Des synagogues sont sur le point de fermer. Comme à Saint-Denis, La Courneuve, Peyrefitte, Stains, Villepinte, Aulnay sous-bois, Bagnolet, Blanc-Mesnil. Un grand nombre de juifs sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions, d’agressions physiques. Sammy Gozlan
On compte, grosso modo, deux grands axes de regroupement de cette population de banlieue. A l’Ouest, le 17e arrondissement qui est en pleine expansion, a fédéré autour de lui le 16e, Neuilly et Boulogne. À l’Est, autour du 12e arrondissement, s’ajoutent Saint-Mandé, Vincennes, et Charenton. Haïm Korsia (Grand rabbin de France)
Certains sont amenés à quitter la banlieue pour habiter dans des quartiers au cadre de vie plus agréable. Généralement, au terme d’une vie bien remplie et surtout quand le statut social s’est élevé. Ce parcours résidentiel d’ascension sociale n’est pas évidemment spécifique à la population juive. Cependant, le départ de familles juives du 93 vers Paris, notamment le 17e arrondissement, ou vers des communes aisées des Hauts-de-Seine (Levallois, Neuilly) ou du Val-de-Marne que sont Vincennes et Saint-Mandé, renvoie pour partie à ce phénomène. Il en va de même, par exemple, de certains déménagements de Sarcelles ou Garges vers Saint-Brice, dans le Val d’Oise, ou de Créteil vers la ville de Saint-Maur-des Fossés. Ces mouvements de population sont souvent numériquement conséquents et parfois se voient car ils changent la physionomie de certaines villes. La sécurité a-t-elle joué un rôle majeur dans ces migrations qui ont, finalement, redessiné l’implantation juive à Paris et en Ile-de-France ? Bien sûr, mais ce n’est pas l’unique motif. Jérôme Fourquet (IFOP)
Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerce juif ! Quand j’ai ouvert mon cabinet de chirurgien-dentiste en 1983, avenue Niel, ce quartier était mort. Ma clientèle était composée de plusieurs noms à particules. Des nobles ! Et j’avais seulement un petit noyau de juifs. Et, petit à petit, ces dix dernières années, ma clientèle juive s’est agrandie. Murielle Schor (chirurgien-dentiste, adjointe au maire)
Nous étions une famille heureuse. Toutes les grandes marques parisiennes étaient représentées, et les écoles étaient performantes. Nous n’avions même plus besoin de descendre à Paris ! Nous formions une communauté solidaire et joyeuse. Sarcelles était l’antichambre de Paris ! Petit à petit, une petite délinquance s’est développée, laquelle a entraîné la fermeture de ces grands magasins qui étaient le joyau de Sarcelles. Tout a disparu en cinq ans. Et nous sommes partis. De porte-à-porte, de mon cabinet à la maison, il y a exactement vingt minutes. Beaucoup de médecins, dentistes, kinés ont gardé leurs cabinets à Sarcelles et habitent le 17e. Ici nous sommes respectés et nous avons nos habitudes. La communauté s’est regroupée. Nous avons une vie sociale intéressante. Le salon Hoche où nous nous retrouvons pour Kippour, et le parc Monceau pour nos promenades. De petites échoppes chinoises de manucures et de pédicures, bon marché, se sont incrustées entre les commerces. André Cohen (kinésithérapeute)
On compte aujourd’hui 40 000 juifs pour 171 000 habitants de l’arrondissement, soit 23 %. Pourquoi ont-ils choisi le 17e ? Disons que les juifs de France s’y sentent bien, et surtout se sentent protégés. Mais je souhaite que les commerces soient un peu mieux répartis. Et qu’on ne refasse pas la rue des Rosiers ! Je fais un énorme travail pour entretenir un excellent lien entre les communautés. Le rabbin Haïm Korsia a débattu avec le curé Stéphane Biaggi dans le cadre du Lyons Club. Et au moment de l’attentat contre l’Hypermarché, le lycée Blanche de Castille a ouvert sa cour aux enfants de l’Ecole juive moderne. Brigitte Kuster (maire du 17e)
Au début, mon mari avait une petite synagogue, qui n’existe plus, où nous étions une quarantaine de membres. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus ! 400 membres ! C’est incroyable ! Francine Zana
On compte, ici, une vingtaine de synagogues, toutes fréquentées (…) on y trouve ce qu’on veut, des écoles de bons niveaux comme le Lycée Carnot, de nombreux restaurants cashers, et surtout nous avons une bonne qualité de vie.  Haïm Korsia 
Nous étions avant tout des Français juifs. Mais depuis la violente vague d’antisémitisme qui a déferlé en France avec les affaires Ilan Halimi, Mérah, l’Hyper Cacher, et bien d’autres, nous avons été déçus d’être considérés de cette façon. Alors forcément, nous cherchons à nous regrouper, à être solidaires, à vivre en communauté. Du communautarisme dites-vous ? Oui, mais comment voulez-vous faire autrement ? Je n’étais pas particulièrement pratiquante quand je suis arrivée ici, mais je le suis devenue depuis que j’y habite. En mangeant casher, je veux vivre pleinement mon judaïsme. Et cet arrondissement m’offre cette possibilité ! Isabelle Castro (décoratrice d’intérieur)
Tout est parti d’ici. Quand j’ai ouvert ici, rue Saussier Leroy, j’étais le seul restaurant casher Beth Din, uniquement tunisien ! Puis tout autour, se sont installés d’autres restaurants comme le Rendez-vous ou La Corniche, des synagogues, des agences de voyages, des boucheries, des écoles. Sans doute cela a-t-il incité beaucoup de juifs à venir. (…) Regardez bien ! Tout le beau monde est venu chez moi : Jean-Paul Belmondo, Johnny Halliday, Patrick Bruel, Vincent Lindon, Richard Berri, Sarkozy, Lionel Jospin. La liste est longue… Pourquoi viennent-ils ? Parce que c’est Nini ! Nous avons une clientèle fidèle. J‘en suis à ma 4e génération ! Viennent à nous des jeunes dont on a connu l’arrière-grand-mère ! Nini Laloum
Ce quartier huppé du sud du 17e a tout pour séduire les nouveaux venus. De grands boulevards, un parc Monceau aux allures de Central Park où courent des joggers tout au long de la journée, des immeubles cossus, plus de 30 restaurants casher – à peine moins que dans le 19e arrondissement –, quatre boucheries, 3 épiceries fines, 2 pâtisseries, une librairie Beit Hassofer, et l’impressionnant Musée Nissim de Camondo des frères Pereire au XIXe siècle. Sans oublier, trois écoles juives qui totalisent plus de 800 élèves. « Pour n’en citer qu’un seul exemple, l’Ecole juive moderne, ses effectifs sont en progression constante : ouverte en septembre 2007 avec 22 enfants, elle compte aujourd’hui plus de 160 enfants, précise Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’action scolaire au FSJU. Tous les établissements scolaires juifs, depuis janvier 2015, sont sous haute surveillance : rondes de militaires, cours pour préparer les enfants au pire, formation des parents à la vigilance… En effet, des équipes volontaires de parents protecteurs, créées en 2012, après la tuerie de l’école Ozar Hatorah, sont organisées par le Service de Protection de la Communauté juive (SPCJ), et qui assure, en liaison avec la police, la sécurité des lieux juifs dans l’Hexagone. Dans le 17e, c’est l’opération Sentinelle qui est déployée, explique un membre du ministère de l’Intérieur qui veut garder l’anonymat. Devant les écoles, une garde statique de 3 militaires en armes pendant la durée des cours de 8 heures 30 à 16 heures 30. Dans tous les lieux publics, des patrouilles circulent, pour tout couvrir, sans passer au même endroit, au même moment, sinon ça ne sert à rien de patrouiller. Mais je ne peux vous en dire plus ! » (…) Si avec 40 000 juifs, le 17e compte le plus grand rassemblement de juifs de France, son caractère va encore s’intensifier avec… l’ouverture du Centre Européen du Judaïsme (CEJ), fin 2017. Un complexe pharaonique dont la construction a déjà commencé ! 4 900 m2, à l’angle de la commerçante rue de Courcelles et du boulevard Reims, avec des salles modulables pour les mariages et les fêtes, des salles d’expositions, un gymnase, un théâtre, une grande synagogue, un mikvé, une grande terrasse pour accueillir une soucca, une bibliothèque, une médiathèque, et même un jardin ! Coût : 10 millions d’euros, dont une contribution de 2,7 millions de l’État français. « Est-ce le bon moment pour construire ? », s’interroge Joël Mergui, Président du Consistoire de France pour qui ce Centre est l’aboutissement institutionnel de 2 000 ans de présence juive en France. « Oui, je le pense. Personne n’a le droit de juger ceux qui partent mais personne n’a le droit de décider de l’avenir de la majorité qui reste. Ce nouveau bâtiment, lieu de vie, et symbole d’espoir, montre que nous et personne d’autre, possédons cet avenir. Il ajoute que ce que le nazisme n’a pas réussi, l’islamisme radical n’y parviendra pas non plus, les juifs ne disparaîtront pas d’Europe. Nous, juifs français qui représentons la plus importante communauté juive d’Europe, voulons croire en l’avenir d’un Judaïsme européen bimillénaire ». Pour Murielle Schor, qui accompagne le projet depuis dix-sept ans, c’est la « réalisation d’un rêve et d’une intuition » que tous les maires de la capitale ont soutenu depuis qu’est née la possibilité d’avoir ce terrain. Tribune juive
Un fort courant de pensée dénonce le mauvais accueil que l’Europe réserverait aux musulmans, contribuant aux difficultés d’intégration de ces derniers. Ce courant inspire nombre d’études affirmant que les musulmans sont victimes d’« islamophobie ». Une telle approche vient d’être illustrée par un rapport élaboré par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA). Le texte, intitulé « Second European Union Minorities and Discrimination Survey. Muslims – Selected finding », (septembre 2017), analyse les réponses de 10 527 personnes qui s’identifient elles-mêmes comme musulmanes dans quinze pays de l’Union. Or, dès qu’on examine de près les données recueillies, on voit qu’elles conduisent à des conclusions bien différentes de ce que le rapport prétend démontrer. L’étude s’appuie uniquement sur des déclarations relatives à ce qui est ressenti par les personnes interrogées. Pourtant, ce qui est déclaré est identifié à ce qui advient effectivement. On trouve sans cesse des affirmations telles que : « Les musulmans ayant répondu rencontrent de hauts niveaux de discrimination », comme s’il s’agissait d’un fait avéré. Or, on trouve chez les personnes interrogées des conceptions très larges de ce qu’elles entendent par discrimination, en y incluant des différences de traitement conformes à la loi, liées à la nationalité. Rien n’est mis en œuvre dans l’étude pour savoir si une attitude globale plutôt hostile envers la société d’accueil pousserait certains à qualifier de discrimination des réactions fondées en réalité sur des raisons nullement discriminatoires, tel un déficit de compétence. De surcroît, ceux qui affirment que les musulmans en général sont discriminés sont beaucoup plus nombreux que ceux qui se déclarent discriminés personnellement. Dans cette étude, en France, 75 % des musulmans déclarent qu’il existe une discrimination sur la base de la religion alors que seulement 20 % déclarent s’être sentis personnellement discriminés sur cette base au cours des cinq dernières années. On trouve, en réponse aux mêmes questions, 72 % et 30 % en Suède, 59 % et 19 % en Belgique, 26 % et 10 % en Espagne, etc. La croyance, que l’on retrouve au sein de la population en général, selon laquelle les musulmans seraient discriminés en raison de leur religion outrepasse donc largement la réalité. (…) Ce n’est nullement l’ensemble, ni même la majorité des musulmans qui déclarent s’être sentis discriminés du fait de leur religion, mais une petite minorité : 17 % dans les cinq ans précédant l’enquête. On retrouve ce même caractère minoritaire quand il s’agit de harcèlement (du regard perçu comme hostile à l’acte de violence physique), ou encore des rapports avec la police. Dans ce dernier cas, parmi les personnes qui se déclarent musulmanes et qui ont été interrogées, seulement 16 % des hommes et 1,8 % des femmes indiquent se sentir discriminés. En fait, on a affaire à plusieurs sous-populations suscitant des réactions très contrastées. Tandis que la majorité ne se sent jamais discriminée, une minorité se sent discriminée à répétition – cinq fois par an en moyenne, jusqu’à quotidiennement pour une partie. Un tel contraste entre des groupes traités (ou qui se sentent traités) de manière aussi radicalement différente serait impossible si on avait affaire à une discrimination s’exerçant au hasard, liée au simple fait d’être musulman. Le rapport, en outre, fournit un ensemble de données distinguant les déclarations provenant de musulmans d’origines diverses (Afrique du Nord, Afrique subsaharienne, Turquie, Asie), hommes et femmes, et vivant dans les divers pays de l’Union étudiés. En moyenne, ceux qui viennent d’Afrique du Nord sont plus de deux fois plus nombreux que ceux venant d’Asie (21 %, contre 9 %) à se déclarer discriminés sur la base de la religion. On retrouve ces différences, encore plus amples, pour le harcèlement et les rapports avec la police. Or rien n’est dit sur ce que ces différences sont susceptibles de devoir à des divergences de manière d’être des personnes concernées. L’existence de limites au droit à l’expression des religions, spécialement dans l’entreprise, est bien notée. Mais il n’est jamais envisagé qu’une acceptation de ces limites chez les uns puisse coexister avec une rébellion à leur égard chez d’autres, cette différence d’attitude entraînant une différence de réactions des employeurs. Par ailleurs, les immigrés de seconde génération déclarent davantage rencontrer des réactions négatives du fait de leur religion que ceux de première génération (22 % contre 15 % pour les discriminations, 36 % contre 22 % pour le harcèlement). Mais il n’est jamais question, dans le rapport, de l’adoption, au sein de la seconde génération, d’une posture plus revendicative, susceptible de conduire à des comportements posant problème. En arrière-fond du rapport, la vision de l’intégration mise en avant est celle d’une « accommodation mutuelle ». Il est fait appel aux orientations du Conseil de l’Europe, « regardant l’intégration comme un processus dynamique à double sens d’accommodation mutuelle de tous les immigrants, y compris les musulmans, et des résidents » . Mais, en pratique, le rapport incite uniquement à réclamer une adaptation à la société d’accueil. Il est question de racisme, de xénophobie, de « crimes causés par la haine » . En réalité, l’interprétation qui paraît la plus sensée des données d’enquête est que la grande majorité des musulmans ne pose aucun problème à la société d’accueil ; et que, corrélativement, ses membres sont traités comme tout un chacun. C’est seulement une petite minorité qui est source de problèmes pour la société d’accueil et suscite, de ce fait, des réactions négatives. Il est vraisemblable que les membres de cette petite minorité, refusant de reconnaître ce qui est dû à leur manière d’être, se déclarent discriminés. En outre, l’interprétation, par le rapport, des sentiments à l’égard de la société d’accueil est toujours à sens unique. Les musulmans dans leur grande majorité déclarent se sentir à l’aise avec des voisins d’une religion différente ou prêts à voir leurs enfants épouser des non-musulmans. Selon le rapport, « presque tous (92 %) se sentent bien à l’idée d’avoir des voisins d’une autre religion » et presque un sur deux (48 %) n’aurait aucun problème « si un membre de sa famille épousait une personne non musulmane » . (…) Dans la comparaison ainsi faite, il n’est question que d’attitudes d’ouverture et de fermeture. L’étude ne porte aucune attention à la réalité des difficultés à vivre dans un univers où des personnes d’une autre culture peuvent tendre à imposer leurs mœurs. (…) l’intensité de la pression sociale dans certains quartiers où les musulmans tendent à régenter les tenues et les conduites n’est jamais évoquée. S’agissant du mariage, on ne trouve pas, dans l’étude, de questions séparées pour le mariage des filles et celui des garçons, alors que l’islam les distingue. On ne trouve pas davantage de mention des difficultés concrètes associées pour un non-musulman à un mariage avec un musulman : possibilité pour un conjoint musulman d’enlever les enfants en cas de séparation pour les amener dans un pays musulman, en étant protégé par la justice du pays en question ; pression à la conversion du conjoint non musulman. (…) La place que tient la haine envers l’Occident au sein du monde musulman n’est jamais évoquée. Le fait que ceux qui se déclarent le plus discriminés soient aussi ceux qui déclarent le moins d’attachement à la société d’accueil est interprété, comme si cela allait de soi, comme une relation de cause à effet. Ce serait ceux qui sont le plus discriminés qui, pour cette raison, s’attacheraient le moins à la société qui les accueille. Cette relation à sens unique est postulée, en particulier quand il s’agit de radicalisation islamiste. Il n’est pas envisagé qu’on ait affaire à un effet inverse : une attitude de rejet de la société d’accueil liée à une conception « dure » de l’islam, engendrant à la fois des comportements qui suscitent des réactions négatives et une tendance à interpréter ces réactions comme des discriminations. L’étude de l’Union européenne ne se demande jamais pourquoi il existe un tel contraste entre une grande majorité des musulmans qui déclare ne jamais se sentir discriminée et une petite minorité qui déclare l’être intensément. Ce contraste montre que l’on n’a pas affaire à des réactions globales à l’égard des musulmans en tant que tels, mais à des réactions différenciées, ce qui suggère que les manières d’être de chacun, considérées dans leur grande diversité, ont un rôle majeur. Pourtant l’étude affirme, comme si cela allait de soi, que les barrières à une pleine inclusion des musulmans dans les sociétés européennes ne sont imputables qu’à ces sociétés et sont exclusivement dues à « discrimination, harcèlement, violences motivées par la haine, fréquence des contrôles policiers ». Ce sont ces expériences qui peuvent à la longue réduire l’attachement des populations concernées au pays où elles résident, soutient l’étude. Le communiqué de presse diffusé à la suite de la parution de l’étude indique, comme première solution aux problèmes d’intégration des musulmans, « des sanctions efficaces contre les violations de la législation de lutte contre la discrimination » . Alors que l’intention affichée par l’étude, comme de manière générale à la famille d’études à laquelle elle appartient, est d’être au service d’une meilleure intégration des musulmans, son effet tend à être exactement inverse. Elle incite les musulmans à croire, à tort, que leurs efforts d’intégration sont vains et donc à nourrir du ressentiment et à les détourner d’accomplir de tels efforts. L’étude sert involontairement, par ailleurs, les stratégies des islamistes militants qui travaillent à la construction d’une contre-société islamique hostile aux pays d’accueil et plus généralement à l’Occident. Philippe d’Iribarne
Moi, j’ai eu envie de ce film parce qu’en fait cette histoire, c’est la mienne. J’ai grandi dans une famille – mes parents sont originaires d’Algérie aussi – où on m’a pas donné des livres, on m’a pas emmené à l’opéra. Et pour des raisons mystérieuses, j’ai eu envie d’être acteur et en allant dans un cours de théâtre, je suis tombé sur un professeur qui m’a fait découvrir des auteurs qui m’emmerdaient au lycée et qui tout d’un coup prenaient du sens. (…) C’était pas un Pierre Mazard. Il pouvait être humiliant, il pouvait être brutal. (…) Alors, on se protège de temps en temps et en même temps des fois on est bien obligé de se le prendre dans la figure et de se remettre en question parce que aussi les auteurs et les mots, c’est pas que les mots. Les mots, c’est aussi une façon de penser, une façon de comprendre. Yvan Attal
Cette histoire, c’est la mienne en fait. Je suis issu d’une famille d’Algérie, pas musulmane (de juifs séfarades, ndlr) qui arrive d’Algérie après l’indépendance avec rien. J’ai grandi dans une cité à Créteil à côte de la cité où on a tourné. Mes parents ne m’ont pas donné des livres à lire, ne m’ont pas amené à l’opéra et pour reprendre les dialogues du film, je n’ai pas eu la chance de faire du solfège et du char à voile à l’Ile de Ré. Pour des raisons mystérieuses j’ai eu envie d’être acteur, je me suis inscrit dans un cours de théâtre et là je suis tombé sur un professeur qui m’a fait découvrir Molière, Marivaux, Musset, Shakespeare et les autres. Et aujourd’hui, grâce à lui, je suis acteur et réalisateur. (…) Tout est possible, même si on est à une autre époque, qu’il y a des difficultés supplémentaires, même si on porte un nom qui est difficile à porter pour certains. On ne peut pas toujours brandir la carte de la discrimination toute la journée. Il faut se bouger le cul. (…)  Mazard n’est pas raciste, c’est un provocateur, c’est quelqu’un qui nous sort de notre zone de confort, même s’il dérape, évidemment, comme ces intellectuels qui pour nous démontrer une idée vont un peu trop loin mais peut-être que l’intention n’était pas mauvaise. (…) C’est un film chauvin, on fait référence au patrimoine culturel, à nos auteurs. Yvan Attal
Someone just wrote to me  » what did Jews bring to the world beside Palestinian holocaust ?… Well, maybe Jesus, Spinoza, Freud, Einstein and those guys… Let’s not even account Whatsapp, Facebook, Google, Vibber, Fiverr, and everything in ur cellphone. Pierre Rehov
All the world’s Muslims have fewer Nobel Prizes than Trinity College, Cambridge. They did great things in the Middle Ages, though. Richard Dawkins
That was unfortunate. I should have compared religion with religion and compared Islam not with Trinity College but with Jews, because the number of Jews who have won Nobel Prizes is phenomenally high. Race does not come into it. It is pure religion and culture. Something about the cultural tradition of Jews is way, way more sympathetic to science and learning and intellectual pursuits than Islam. That would have been a fair comparison. Ironically, I originally wrote the tweet with Jews and thought, That might give offense. And so I thought I better change it. (…) I haven’t thought it through. I don’t know. But I don’t think it is a minor thing; it is colossal. I think more than 20 percent of Nobel Prizes have been won by Jews. And especially if you don’t count peace prizes, which I think don’t count actually (…) Most of the ones that have gone to Muslims have been peace prizes, and the [number of Muslims] who have gotten them for scientific work is exceedingly low. But in Jews, it is exceedingly high. That is a point that needs to be discussed. I don’t have the answer to it. I am intrigued by it. I didn’t even know this extraordinary effect until it was pointed out to me by the [former] chief rabbi of Britain, Jonathan Sacks. (…) He shared it with due modesty, but I thought it was astounding, and I am puzzled about it. Richard Dawkins
As of 2017, Nobel Prizes have been awarded to 892 individuals, of whom 201 or 22.5% were Jews, although the total Jewish population comprises less than 0.2% of the world’s population. This means the percentage of Jewish Nobel laureates is at least 112.5 times or 11250% above average. Wikipedia
Si les apôtres, qui aussi étaient juifs, s’étaient comportés avec nous, Gentils, comme nous Gentils nous nous comportons avec les Juifs, il n’y aurait eu aucun chrétien parmi les Gentils… Quand nous sommes enclins à nous vanter de notre situation de chrétiens, nous devons nous souvenir que nous ne sommes que des Gentils, alors que les Juifs sont de la lignée du Christ. Nous sommes des étrangers et de la famille par alliance; ils sont de la famille par le sang, des cousins et des frères de notre Seigneur. En conséquence, si on doit se vanter de la chair et du sang, les Juifs sont actuellement plus près du Christ que nous-mêmes… Si nous voulons réellement les aider, nous devons être guidés dans notre approche vers eux non par la loi papale, mais par la loi de l’amour chrétien. Nous devons les recevoir cordialement et leur permettre de commercer et de travailler avec nous, de façon qu’ils aient l’occasion et l’opportunité de s’associer à nous, d’apprendre notre enseignement chrétien et d’être témoins de notre vie chrétienne. Si certains d’entre eux se comportent de façon entêtée, où est le problème? Après tout, nous-mêmes, nous ne sommes pas tous de bons chrétiens. Luther (Que Jésus Christ est né Juif, 1523)
Les Juifs sont notre malheur (…) Les Juifs sont un peuple de débauche, et leur synagogue n’est qu’une putain incorrigible. On ne doit montrer à leur égard aucune pitié, ni aucune bonté. Nous sommes fautifs de ne pas les tuer! Luther
C’est à regret que je parle des Juifs : cette nation est, à bien des égards, la plus détestable qui ait jamais souillé la terre. Voltaire (Article « Tolérance »)
Juifs. Faire un article contre cette race qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des Françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer. Pierre-Joseph Proudhon (1849)
Observons le Juif de tous les jours, le Juif ordinaire et non celui du sabbat. Ne cherchons point le mystère du Juif dans sa religion, mais le mystère de sa religion dans le Juif réel. Quelle est donc la base mondaine du judaïsme ? C’est le besoin pratique, l’égoïsme. Quel est le culte mondain du Juif ? C’est le trafic. Quelle est la divinité mondaine du Juif ? C’est l’argent. Karl Marx
L’argent est le dieu jaloux d’Israël devant qui nul autre Dieu ne doit subsister. Karl Marx
Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . […] En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre. Jean Jaurès (La question juive en Algérie, Dépêche de Toulouse, 1er mai 1895)
Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion. Jean Jaurès (Discours au Tivoli, 1898)
Qu’ils s’en aillent! Car nous sommes en France et non en Allemagne!” … Notre République est menacée d’une invasion de protestants car on choisit volontiers des ministres parmi eux., … qui défrancise le pays et risque de le transformer en une grande Suisse, qui, avant dix ans, serait morte d’hypocrisie et d’ennui. Zola (Le Figaro, le 17/5/1881)
Ce projet a causé la désertion de 80 à 100 000 personnes de toutes conditions, qui ont emporté avec elles plus de trente millions de livres ; la mise à mal de nos arts et de nos manufactures. (…) Sire, la conversion des cœurs n’appartient qu’à Dieu …Vauban (« Mémoire pour le rappel des Huguenots », 1689)
Dans la dispute entre ces races pour savoir à laquelle revient le prix de l’avarice et de la cupidité, un protestant genevois vaut six juifs. A Toussenel (disciple de Fourier, 1845)
Qu’ils s’en aillent! Car nous sommes en France et non en Allemagne! … Notre République est menacée d’une invasion de protestants car on choisit volontiers des ministres parmi eux., … qui défrancise le pays et risque de le transformer en une grande Suisse, qui, avant dix ans, serait morte d’hypocrisie et d’ennui. Zola (Le Figaro, le 17/5/1881)
Luther rend nécessaire ce que Gutenberg a rendu possible : en plaçant l’Écriture au centre de l’eschatologie chrétienne, la Réforme fait d’une invention technique une obligation spirituelle. François Furet et Jacques Ozouf
On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. De Gaulle (conférence de presse du 27 novembre 1967)
Tout ce qui se passe dans le monde aujourd’hui est la faute des sionistes. Les Juifs Américains sont derrière la crise économique mondiale qui a aussi frappé la Grèce. Mikis Theodorakis (2011)
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
Les enfants de Trump doivent reprendre l’entreprise avec le conflit d’intérêt, ils pourront vendre des gratte-ciels au gouvernement israélien. Des immeubles luxueux à construire dans les territoires occupés, que le Président des États-Unis les aidera à occuper et il leur enverra des Mexicains pour nettoyer les chiottes. Charline Vanhoenacker
I am aware than I incur the risk of being accused of Jewish pretentiousness when I emphasize the fact that so many of the Nobel prize winners have been jews, but a Jew cannot, nowadays, afford to be squeamish. Stephan Zweig (1937)
Certains trouvent encore intolérable d’admettre que le peuple juif se soit trouvé, à trois reprises, plus ou moins volontairement, un élément essentiel au patrimoine de l’humanité: le monothéisme, le marché et les lieux saints. Car il n’est pas faux de dire, même si c’est schématique, que les juifs ont été mis en situation d’avoir à prêter aux deux autres monothéismes, et à les partager avec eux, leur dieu, leur argent et leurs lieux saints. Et comme la meilleure façon de ne pas rembourser un créancier, c’est de le diaboliser et de l’éliminer, ceux qui, dans le christianisme et l’islam, n’acceptent toujours pas cette dette à l’égard du judaïsme, se sont, à intervalles réguliers, acharnés à le détruire, attendant pour recommencer que le souvenir de l’élimination précédente se soit estompé. Jacques Attali
L’Âge moderne est l’Âge des Juifs, et le XXe siècle est le Siècle des Juifs. La modernité signifie que chacun d’entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible. Il ne s’agit plus de cultiver les champs ou de surveiller les troupeaux, mais de cultiver les hommes et de veiller sur les symboles […] En d’autres termes, la modernité, c’est le fait que nous sommes tous devenus juifs. Yuri Slezkine
Written by economists Maristella Botticini and Zvi Eckstein, the paper explained Jewish success in terms of early literacy in the wake of Rome’s destruction of the Temple in 70 C.E. and the subsequent dispersion of Jews throughout the Roman empire – Jews who had to rely on their own rabbis and synagogues to sustain their religion instead of the high priests in Jerusalem. You may know a similar story about the Protestant Reformation: the bypassing of the Catholic clergy and their Latin liturgy for actual reading of Scripture in native languages and the eventual material benefits of doing so. Why is Northern Europe — Germany, Holland, England, Sweden — so much more prosperous than Southern Europe: Portugal, Italy, Greece, Spain? Why do the latter owe the former instead of the other way around? Might it have something to do with the Protestant legacy of the North, the Catholic legacy of the South? Paul Solman
The key message of “The Chosen Few” is that the literacy of the Jewish people, coupled with a set of contract-enforcement institutions developed during the five centuries after the destruction of the Second Temple, gave the Jews a comparative advantage in occupations such as crafts, trade, and moneylending — occupations that benefited from literacy, contract-enforcement mechanisms, and networking and provided high earnings. (…) the Jews in medieval Europe voluntarily entered and later specialized in moneylending and banking because they had the key assets for being successful players in credit markets: capital already accumulated as craftsmen and trade networking abilities because they lived in many locations, could easily communicate with and alert one another as to the best buying and selling opportunities, and literacy, numeracy, and contract-enforcement institutions — “gifts” that their religion has given them — gave them an advantage over competitors. Maristella Botticini and Zvi Eckstein
Wherever and whenever Jews lived among a population of mostly unschooled people, they had a comparative advantage. They could read and write contracts, business letters, and account books using a common [Hebrew] alphabet while learning the local languages of the different places they dwelled. These skills became valuable in the urban and commercially oriented economy that developed under Muslim rule in the area from the Iberian Peninsula to the Middle East. Maristella Botticini
En fait, ce que nous avons voulu démontrer, ma collègue Maristella Botticini, de la Bocconi, et moi, c’est que l’obligation d’étudier a un coût, et oblige donc l’individu rationnel à rechercher une compensation pour obtenir un retour sur investissement. Dans le cas des juifs, le problème se pose après la destruction du Temple de Jérusalem, en 70 de l’ère courante. La caste des prêtres qui constituait alors l’élite perd le pouvoir au profit de la secte des pharisiens, qui accorde une grande importance à l’étude. C’est de cette secte que vont sortir les grands rabbis, ceux qui vont pousser les juifs à se concentrer sur l’étude de la Torah, un texte dont la tradition veut qu’elle ait été écrite par Moïse sous la dictée de Dieu. Vers l’an 200, obligation est ainsi faite aux pères de famille d’envoyer leurs fils dès l’âge de 6 ans à l’école rabbinique pour apprendre à lire et étudier la fameuse Torah. Or l’essentiel des juifs sont des paysans, et pour les plus pauvres, cette obligation pèse très lourd car elle les prive de bras pour travailler aux champs. Beaucoup vont alors préférer se convertir au christianisme, d’où, on le voit dans les statistiques de l’époque, une baisse drastique de la population juive au Proche-Orient à partir du IIIe siècle alors que, jusqu’à la destruction du Temple, cette religion était en augmentation constante et multipliait les convertis. Pour ceux qui ont accepté le sacrifice financier que représente la dévotion, il va s’agir de valoriser leur effort. Or autour d’eux, ni les chrétiens ni, plus tard, les musulmans n’imposent à leurs enfants d’apprendre à lire et à écrire. Les juifs bénéficient donc d’un avantage compétitif important. C’est ainsi un juif converti à l’islam qui a servi de scribe à Mahomet et aurait mis par écrit pour la première fois le Coran. (…) Notre étude, fondée sur l’évolution économique et démographique du peuple juif, de l’Antiquité à la découverte de l’Amérique, remet en cause en fait la plupart des théories avancées jusqu’ici. Si les juifs sont médecins, juristes ou banquiers plus souvent qu’à leur tour, ce n’est pas parce qu’ils sont persécutés et condamnés à s’exiler régulièrement, comme l’a avancé l’économiste Gary Becker, ou parce qu’ils n’avaient pas le droit d’être agriculteurs, comme l’a soutenu Cecil Roth. Car si dans certains pays, on les a empêchés de posséder des terres, c’était bien après qu’ils aient massivement abandonné l’agriculture, et s’ils ont pu être persécutés, cela ne justifie pas qu’ils soient devenus médecins ou juristes : les Samaritains, très proches des juifs et eux aussi traités comme des parias, sont demeurés paysans. De même, contrairement à ce que dit Max Weber, ce n’est pas parce qu’un juif ne peut pas être paysan du fait des exigences de la Loi juive. Les juifs du temps du Christ la respectaient alors qu’ils étaient majoritairement occupés à des travaux agricoles et à la pêche. C’est dans l’Orient musulman, sous les Omeyyades et les Abbassides, à un moment où ils sont particulièrement valorisés, que les juifs s’installent massivement dans les villes et embrassent des carrières citadines. Pourquoi ? Parce qu’ils peuvent alors tirer parti du fait d’être lettrés. D’un point de vue purement économique, il est alors beaucoup plus rentable de devenir marchand ou scientifique que de labourer la terre. D’où notre théorie : si les juifs sont devenus citadins et ont occupé des emplois indépendants de l’agriculture, c’est d’abord parce qu’ils étaient formés. Et s’ils étaient formés, c’est que leur religion exigeait qu’ils le soient. (…) ces professions étaient beaucoup plus rentables que le travail de paysan. Pour un juif du Moyen Âge, l’apprentissage de la Torah allait de pair avec le fait de faire des affaires. Rachi, le grand commentateur du Talmud, était un entrepreneur qui possédait des vignes. Ses quatre fils, tous érudits, se sont installés dans quatre villes différentes où ils ont tous fait du business, notamment de prêts d’argent, tout en étant rabbins. Grâce à leur connaissance des langues et leurs réseaux familiaux, les juifs ont pu rentabiliser leur formation, le fait de savoir lire et écrire, mais aussi raisonner, plus aisément que d’autres communautés. (…) Il est essentiel que la culture fasse partie intégrante de l’éducation quotidienne. Et en cela, la mère joue un rôle essentiel, toutes les études le montrent. C’est elle qui transmet les valeurs fondamentales. La probabilité que vous alliez à l’université est plus importante si votre mère a été elle-même à l’université. Donc, le fait que la mère ait un minimum d’éducation a représenté très tôt un avantage compétitif par rapport aux autres communautés religieuses où la femme n’en recevait pas. Nous étudions actuellement la période allant de la Renaissance à l’Holocauste. Et nous avons déjà découvert ceci : en Pologne, au XVIIe siècle, la population juive a fortement progressé par rapport à la population chrétienne. Pourquoi ? Tout simplement parce que la mortalité infantile y était plus faible. Conformément à l’enseignement du Talmud, les enfants bénéficiaient en effet d’un soin tout particulier. Les femmes gardaient leur enfant au sein plus longtemps que les chrétiennes, et elles s’en occupaient elles-mêmes. Voilà un exemple tout simple des effets que peut avoir l’éducation. Zvi Eckstein
Pour faire face au danger que le christianisme et la romanisation faisaient courir à la survie du judaïsme, les Pharisiens imposèrent une nouvelle forme de dévotion. Tout chef de famille, pour rester fidèle à la foi judaïque, se devait d’envoyer ses fils à l’école talmudique, afin de perpétuer et d’approfondir, par un travail cumulatif de commentaire, la connaissance de la Torah. Cette nouvelle obligation religieuse a eu des répercussions socio-économiques considérables. Envoyer ses fils à l’école représentait un investissement coûteux qui n’était pas à la portée de la majorité des juifs, simples paysans comme les autres populations du Moyen-Orient au milieu desquelles ils vivaient. Ceux qui n’en avaient pas les moyens et restèrent paysans, s’éloignèrent du judaïsme. Ils  se convertirent souvent au christianisme.  C’est ce qui explique l’effondrement de la population juive durant l’Antiquité tardive. Ceux qui tenaient au contraire à remplir leurs obligations religieuses, durent choisir des métiers plus rémunérateurs. Ils devinrent commerçants, artisans, médecins et surtout financiers. Les juifs ne se sont pas tournés vers ces métiers urbains parce qu’on leur interdisait l’accès à la terre, comme on l’a dit souvent, mais pour pouvoir gagner plus d’argent et utiliser en même temps leurs compétences de lettrés. Ils étaient capables désormais de tenir des comptes, écrire des ordres de paiement, etc… (…) S’ils s’imposent partout dans le crédit, ce n’est pas parce que l’Eglise interdisait aux chrétiens le prêt à intérêt (en réalité l’islam et le judaïsme lui imposaient des restrictions comme le christianisme), mais parce qu’ils ont à la fois la compétence et le réseau pour assurer le crédit, faire circuler les ordres de paiements et les marchandises précieuses du fond du monde musulman aux confins de la chrétienté.  (…) c’est souvent à la demande des seigneurs ou évêques locaux qu’ils étaient venus s’installer dans les villes chrétiennes, parce qu’on recherchait leur savoir faire pour développer les échanges et l’activité bancaire. Les premières mesures d’expulsion des juifs par des princes chrétiens à la fin du XIII° siècle semblent avoir été guidées par la volonté de mettre la main sur leurs richesses beaucoup plus que par le désir de les convertir. (…) C’est pour des raisons religieuses que le judaïsme s’est imposé brusquement un investissement éducatif coûteux qui le singularise parmi les grandes religions du livre. Car ni le Christianisme qui  s’est donné une élite particulière, à l’écart du monde, vouée à la culture écrite, ni l’Islam n’ont imposé à leur peuple de croyants un tel investissement dans l’alphabétisation. Cet investissement a eu l’effet d’une véritable sélection darwinienne.  Il a provoqué une réorientation complète de l’activité économique du monde juif  en même temps  qu’il faisait fondre sa masse démographique. Il a surtout fait fleurir, par le miracle de l’éducation, des aptitudes intellectuelles précieuses qui en ont fait durablement une minorité recherchée et jalousée. André Burguière
A distinctively large proportion of Jewish youth go to college –  in the early 1970s, for example, 80 percent of American Jews of college age as compared with 40 percent for the college-age population as a whole (Lipset and Ladd
Protestants turn up among the the American-reared laureates in slightly greater proportion to their numbers in the general population. Thus 72 percent of the seventy-one laureates but about two thirds of the American population were reared in one or another Protestant denomination – mostly Presibterian, episcopalian, or lutheran, rather than Baptist or Fundamentalst. However, only I percent of the laureates came from a catholic background, one twenty-fifth the percentage of Americans counted as adherents to Roman catholicism (US bureau of the Census, 1958). jews, on the other hand, are overreprsented: comprising about 3 percent of the US population, they make up 27 percent of the Nobelists who were brought up in the United states. (…) These figures, it should be emphasized, refer to the religious origins of this scientific ultra-elite, not to their own religious preferences. Whatever those origins, laureates often describe themselves as agnostics, without formal religious affiliation or commitment to a body of religious doctrine. the large representation of Jews among laureates is by no means a uniquely American phenomenon. By rough estimates, Jews make up 19 percent of the 286 Nobelists of all natinalities named up to 1972, a percentage many times greater than than that found in the population of the countries from which they came and one that may be related to the often documented proclivity of jews for the leraned professions in general,and for science in particular. These data would begin to put in question the often expressed belief that the notable representation of jews among « American » laureates resulted from the great migration of talented young scientists in the wake of Hitler’s rise to power.. it is true that many scientists did escape to the United States where they significantly augmented the numbers of jews among the scientific elite as well as among the rank and file. but the refugees did not materially increase the proortion of Jews among the future laureates. Nineteen of the 71 laureates raised in the United States (27 percent) and seven of the 21 raised abroad (33 percent) were of Jewiish origin. The seven Jewish emigré laureates-to-be, though a substantial addition to the ultra-elite, raised the proportion of Jews among all ninety-two future laureates by only one percent. (…) Contributions by emigré scientists to the war effort and particularly to the development of the atom bomb have by now become the conventional measure of their first impact on American science. But (…) their influence was more farreaching. many made their mark not only by their own scintific work but also by training apprentices who would in turn make major scientific contributions. (…) Thus, gauge the true extent of « Hitler’s gift » requires that we take into account not only the scientific work of the emigrés themselves (during the war and afterward) but their multiplier effect as mentors to new generations of scientists, including a good many Nobelists. We should pause for a moment to consider how the same events can be considered from the complementary perspective of what the nazi hegemony meant for science in Germany. (…) Germany dominated the Nobel awards up to Worl War II. By 1933, the when the Nazis came to power, the combined total Nobels awarded to scientists who had done their prize-winning research in Germany came to thirty-one: 30 percent of the 103 prizes awarded since their founding in 1901. After 1934 and up to 1976, only nineteen who worked in Germany won prizes, or 9 percent of the total of 210 for the period. Part of this decline involves the drastic reduction in the number of Jewish laureates from nine to just two. in the number of Jewish laureates from nine to just two. Not even these two , max Borrn and Oto Stern, chose to ride out the strom in Germany. Born settled in Edinburgh in 1936, ten years after publishing his statistical interpretation of the wave function. Stern accepted a chair at Carnegie Institute of Technology  in the number of Jewish laureates from nine to just two. Not even these two , max Borrn and Oto Stern, chose to ride out the strom in Germany. Born settled in Edinburgh in 1936, ten years after publishing his statistical interpretation of the wave function. Stern accepted a chair at Carnegie Institute of technology and emigrated in 1933, having already developed the molecular beam method and mesaured the magnetic moment of the proton. While officially credited to both Great britain and the United states respectively, they should be counted as Germans since the research was done in Germany. More telling perhaps than the virtual elimination of Jewish laureates from Germany after 1933 is the fact that the number of Gentile laureates also declined by 20 percent. The Nazi effect on German science cannot be attributed exclusively to the persecution of Jews. The Nazis’ dismantling of much of the scietific establishment and the impoverished conditions prevailing after the war help to account for the decline in the numbers of German laureates. Harriet Zuckerman
Jews are a famously accomplished group. They make up 0.2 percent of the world population, but 54 percent of the world chess champions, 27 percent of the Nobel physics laureates and 31 percent of the medicine laureates. Jews make up 2 percent of the U.S. population, but 21 percent of the Ivy League student bodies, 26 percent of the Kennedy Center honorees, 37 percent of the Academy Award-winning directors, 38 percent of those on a recent Business Week list of leading philanthropists, 51 percent of the Pulitzer Prize winners for nonfiction. In his book, “The Golden Age of Jewish Achievement,” Steven L. Pease lists some of the explanations people have given for this record of achievement. The Jewish faith encourages a belief in progress and personal accountability. It is learning-based, not rite-based. Most Jews gave up or were forced to give up farming in the Middle Ages; their descendants have been living off of their wits ever since. They have often migrated, with a migrant’s ambition and drive. They have congregated around global crossroads and have benefited from the creative tension endemic in such places. No single explanation can account for the record of Jewish achievement. The odd thing is that Israel has not traditionally been strongest where the Jews in the Diaspora were strongest. Instead of research and commerce, Israelis were forced to devote their energies to fighting and politics. Milton Friedman used to joke that Israel disproved every Jewish stereotype. People used to think Jews were good cooks, good economic managers and bad soldiers; Israel proved them wrong. But that has changed. Benjamin Netanyahu’s economic reforms, the arrival of a million Russian immigrants and the stagnation of the peace process have produced a historic shift. The most resourceful Israelis are going into technology and commerce, not politics. This has had a desultory effect on the nation’s public life, but an invigorating one on its economy. Tel Aviv has become one of the world’s foremost entrepreneurial hot spots. Israel has more high-tech start-ups per capita than any other nation on earth, by far. It leads the world in civilian research-and-development spending per capita. It ranks second behind the U.S. in the number of companies listed on the Nasdaq. Israel, with seven million people, attracts as much venture capital as France and Germany combined. As Dan Senor and Saul Singer write in “Start-Up Nation: The Story of Israel’s Economic Miracle,” Israel now has a classic innovation cluster, a place where tech obsessives work in close proximity and feed off each other’s ideas. (…) Israel’s technological success is the fruition of the Zionist dream. The country was not founded so stray settlers could sit among thousands of angry Palestinians in Hebron. It was founded so Jews would have a safe place to come together and create things for the world. This shift in the Israeli identity has long-term implications. Netanyahu preaches the optimistic view: that Israel will become the Hong Kong of the Middle East, with economic benefits spilling over into the Arab world. And, in fact, there are strands of evidence to support that view in places like the West Bank and Jordan. But it’s more likely that Israel’s economic leap forward will widen the gap between it and its neighbors. All the countries in the region talk about encouraging innovation. Some oil-rich states spend billions trying to build science centers. But places like Silicon Valley and Tel Aviv are created by a confluence of cultural forces, not money. The surrounding nations do not have the tradition of free intellectual exchange and technical creativity. For example, between 1980 and 2000, Egyptians registered 77 patents in the U.S. Saudis registered 171. Israelis registered 7,652. The tech boom also creates a new vulnerability. As Jeffrey Goldberg of The Atlantic has argued, these innovators are the most mobile people on earth. To destroy Israel’s economy, Iran doesn’t actually have to lob a nuclear weapon into the country. It just has to foment enough instability so the entrepreneurs decide they had better move to Palo Alto, where many of them already have contacts and homes. American Jews used to keep a foothold in Israel in case things got bad here. Now Israelis keep a foothold in the U.S. David Brooks
Mais aussi derrière la remarquable ascension sociale de toute la génération qu’il incarne de juifs expulsés d’Algérie avec quasiment rien il y a plus de 50 ans …
L’incroyable aventure de ce petit peuple dont, à la suite de l’interminable liste d’antisémites de l’humanité et avant tout récemment le cadre du PS Gérard Filoche, de Gaulle lui-même avait perçu l’indiscutable domination intellectuelle …

Et qui à l’instar de leur surreprésentation dans la super élite des prix Nobel (plus de 20% pour moins de 0,2% de la population mondiale !) …

A contraint jusqu’au plus virulent des athées de la planète à avouer sa perplexité et à reconnaitre que cela ne pouvait être qu’une question de « pure religion et de culture » ?

Voir également:

A remarkable week for Jewish Nobel Prize winners

The Jewish chronicle

October 10, 2013

No less than six Jewish scientists were awarded Nobel Prizes this week, and two others came very close.

Belgian-born Francois Englert won the accolade in physics for his groundbreaking work on the origins of sub-atomic particles.

Prof Englert, 80, spent decades studying the Higgs boson particle, and was recognised “for the theoretical discovery of a mechanism that contributes to our understanding of the origin of the mass of subatomic particles”.

Prof Englert, who is a Holocaust survivor, shared the prize with Edinburgh University professor Peter Higgs, after whom the particle is named.

“At first I thought I didn’t have it because I didn’t see the announcement,” said a “very happy” Prof Englert.

The theoretical physicist teaches at Tel Aviv University and is emeritus professor at the Université libre de Bruxelles, where he graduated as an engineer and received a PhD in physical sciences in the 1950s.

Born into a Belgian Jewish family, Prof Englert survived the Nazi occupation by hiding in orphanages and children’s homes in Dinant, Lustin and Stoumont until Belgium was liberated by the US army.

Also this week, two American Jews were awarded the Nobel Prize in medicine, pipping two Israelis to the post.

James Rothman and Randy Schekman, together with German researcher Thomas Suedhof, were awarded the prize for their work on how proteins and other materials are transported within cells.

Hebrew University professors Aharon Razin and Howard Cedar were very close contenders.

Professor Rothman is based at Yale University and Professor Schekman teaches at the University of California.

The Nobel committee said their research on “traffic” within cell vesicles — bubbles within the cells — helped scientists understand how “cargo is delivered to the right place at the right time”.

Prof Schekman said he planned to celebrate the award with his colleagues. “I called my lab manager and I told him to go buy a couple bottles of Champagne and expect to have a celebration with my lab,” he said.

The trio have been working on cell transportation “over years, if not decades”, Prof Rothman told Associated Press.

Meanwhile, three Jewish-American scientists, Arieh Warshel, Michael Levitt and Martin Karplus, shared the Nobel Prize in chemistry.

The trio won the award for their work on computer simulations that enable the closer study of complex reactions such as photosynthesis and combustion, and the design of new drugs.

Prof Warshel, who has Israeli citizenship, studied at the Weizmann Institute in Rehovot. Prof Levitt also holds an Israeli passport and taught at the Weizmann Institute throughout the 1980s. Vienna-born Prof Karplus, who received his PhD from the California Institute of Technology, fled the Nazi occupation of Austria as a child in 1938.

IT’S A WIN-WIN SITUATION

An estimated 190 Jewish or half-Jewish people have received Nobel Prizes since they were first handed out in 1901.

Jews have won more than 20 per cent of the 850-plus prizes awarded, despite making up just 0.2 per cent of world’s population.

The first Jewish recipient was Adolf von Baeyer, who received the prize in chemistry in 1905.

Other notable recipients include writer and Holocaust survivor Elie Wiesel, physicist Alfred Einstein, playwright Harold Pinter, novelist Saul Bellow and Israeli President Shimon Peres.

Jews have received awards in all six categories, with the most won in medicine.

Voir encore:

One-of-five Nobel Prize Laureates are Jewish
Israel High-Tech & Investment Report

December 2004

In the 20th century, Jews, more than any other minority, ethnic or cultural, have been recipients of the Nobel Prize, with almost one-fifth of all Nobel laureates being Jewish. Of the total Israel has six Nobel laureates.

In December 1902, the first Nobel Prize was awarded in Stockholm to Wilhelm Roentgen, the discoverer of X-rays. Alfred Nobel, 1833-1996, a Swedish industrialist and inventor of dynamite, bequeathed a $9 million endowment to fund prizes of $40,000 in 1901. Today the prize has grown to $1 million, to those individuals who have made the most important contributions in five areas. The sixth, « economic sciences, » was added in 1969.

Nobel could hardly have imagined the almost mythic status that would accrue to the laureates. From the start « The Prize » (as it was sensationalized in Irving Wallace’s 1960 novel) became one of the most sought-after awards in the world, and eventually the yardstick against which other prizes and recognition were to be measured.

A total of nearly 700 individuals and 20 organizations have been Nobel recipients, including two who refused the prize (Leo Tolstoy in 1902 and Jean-Paul Sartre in 1964.) Thirty women have won Nobels. The United States has about one-third of all winners. Also remarkable is the fact that 14 percent of all the laureates in a 100-year span have been Californians, most of them affiliated with one or more of the world-class higher education and research institutions in that state.

Jewish names appear 127 times on the list, about 18 percent of the total. This is an astonishing percentage for a group of people who add up to 1/24th of 1 percent of the world’s population. But this positive disproportion is echoed even further in the over-representation of Jews, compared to the general population, in such fields as the physical and social sciences, and in literature. An examination of the large professional communities from which Nobel laureates are selected would reveal an even more dominant disproportion. As an example, it is estimated that about one-third of the faculty at Harvard Medical School is Jewish.

The figure for the total number of Jewish nobel Prize winners varies slightly, depending on the strictness of the « Who’s a Jew? » definition. But the figure cited most frequently is 161, or 22 percent of Nobel Prizes in all categories awarded between 1901-2003. With the 2004 additions, the total stands at 166.

Voir de même:

As the Nobel Prize marks centennial, Jews constitute 1/5 of laureates

Throughout the 20th century, Jews, more so than any other minority, ethnic or cultural group, have been recipients of the Nobel Prize — perhaps the most distinguished award for human endeavor in the six fields for which it is given. Remarkably, Jews constitute almost one-fifth of all Nobel laureates. This, in a world in which Jews number just a fraction of 1 percent of the population.

This year’s winners for physics, chemistry, physiology or medicine, literature, economics and peace are being announced this week.

To mark the 100th anniversary of the Nobel Prize, an all-day California Nobel Prize Centennial Symposium will be held Friday, Oct. 26 at the Palace of Fine Arts Theatre in San Francisco. More than 12 Nobel laureates are expected to attend the event, which will include panel and roundtable discussions and excerpts from a documentary film in progress.

The event is presented by the Exploratorium and the Consulates General of Sweden in Los Angeles and San Francisco, in cooperation with several Bay Area universities, Lawrence Livermore Lab and KQED-TV.

Laureates will include economist Milton Friedman of the Hoover Institution, Stanford molecular biologist Paul Berg and U.C. Berkeley physicist Donald Glaser, among others.

It is ironic that this international recognition has rewarded Jewish accomplishment in the same century that witnessed pogroms, the Holocaust and wars that killed millions for no other reason than that they were Jewish. Certainly the Nobel Prize was not awarded to Jews because they were entitled to it, were smarter or better educated than everyone else, or because they were typically over-represented in the six fields honored by the award.

Rather, all Nobel laureates have earned their distinction in a traditionally fierce competition among the best and the brightest, although politics and controversy have not infrequently followed in the wake of the Nobel.

In December 1902, the first Nobel Prize was awarded in Stockholm to Wilhelm Roentgen, the discoverer of X-rays. Alfred Nobel (1833-96), a Swedish industrialist and inventor of dynamite, had bequeathed a $9 million endowment to fund significant cash prizes ($40,000 in 1901, about $1 million today) to those individuals who had made the most important contributions in five domains; the sixth, in « economic sciences, » was added in 1969.

Nobel could hardly have imagined the almost mythic status that would accrue to the laureates. From the start « The Prize » (as it was sensationalized in Irving Wallace’s 1960 novel) became one of the most sought-after awards in the world, and eventually the yardstick against which other prizes and recognition were to be measured.

Certainly the roster of Nobel laureates includes many of the most famous names of the 20th century: Marie Curie, Albert Einstein, Mother Teresa, Winston Churchill, Albert Camus, Boris Pasternak, Albert Schweitzer, the Dalai Lama and many others.

The list of American Nobel laureates in literature alone is a pantheon of our writers, including Sinclair Lewis, Eugene O’Neill, Pearl Buck, William Faulkner, Ernest Hemingway, John Steinbeck, Saul Bellow, Isaac Bashevis Singer and Toni Morrison. American peace laureates include Presidents Theodore Roosevelt and Woodrow Wilson, Jane Addams, Ralph Bunche, Linus Pauling (a two-time winner, also awarded a Nobel for chemistry), Martin Luther King Jr., Henry Kissinger and Jody Williams.

A total of nearly 700 individuals and 20 organizations have been Nobel recipients, including two who refused the prize (Leo Tolstoy in 1902 and Jean-Paul Sartre in 1964.) Thirty women have won Nobels. The United States has had about one-third of all winners. Also remarkable is the fact that 14 percent of all the laureates in a 100-year span have been Californians, most of them affiliated with one or more of the world-class higher education and research institutions in our state.

Jewish names appear 127 times on the list, about 18 percent of the total. This is an astonishing percentage for a group of people who add up to 1/24th of 1 percent of the world’s population. But this positive disproportion is echoed even further in the over-representation of Jews, compared to the general population, in such fields as the physical and social sciences, and in literature. An examination of the large professional communities from which Nobel laureates are selected would reveal an even more dominant disproportion. As an example, it is estimated that about one-third of the faculty at Harvard Medical School is Jewish.

How to account for Jewish proficiency at winning Nobels? It’s certainly not because Jews do the judging: All but one of the Nobels are awarded by Swedish institutions (the Peace Prize by Norway). The standard answer is that the premium placed on study and scholarship in Jewish culture inclines Jews toward more education, which in turn makes a higher proportion of them « Nobel-eligible » than in the larger population. There is no denying that as a rule the laureates in all six domains are highly educated, although there are notable exceptions, such as Mother Teresa. Nevertheless, in a world where so many millions have university degrees it is difficult to see why on that basis alone Jews should prevail in this high-level competition.

Another question is why the physical sciences admired by Alfred Nobel are so attractive to Jewish scientists. Albert Einstein, the successor to Newton, Galileo and Copernicus and the greatest name in modern science, was Jewish. This is more than a matter of historic pride; it is an enormous statistical improbability. And such achievements were not always attained on a level playing field. For example, the Nazis dismissed relativity as « Jewish physics » and caused the uprooting and exile (mostly to the United States) of a generation of German scientists who happened to be Jewish.

In literature and peace as well, Jews are disproportionately represented among the winners. Jewish writers honored include Henri Bergson, Boris Pasternak, S.Y. Agnon, Nelly Sachs, Saul Bellow, Isaac Bashevis Singer, Joseph Brodsky and Nadine Gordimer. Peace laureates include Henry Kissinger, Menachem Begin, Elie Wiesel, Yitzhak Rabin and Shimon Peres. In economics, for which the Nobel has been awarded for only the last 31 years, 13 laureates are Jewish, more than 40 percent of the total, including Paul Samuelson, Herbert Simon and Milton Friedman.

But it still seems insufficient to credit all this to reverence for education, skill at theoretical thinking or competitive instincts forged in a millennial-old struggle to survive and prosper.

Perhaps the desire to understand the world is also a strong or defining Jewish cultural trait, leading to education and careers suited to exploration and discovery. Science may have furnished an opportunity to not only understand but to lead, and to have one’s work judged without bias in collegial communities that have no use for religious intolerance.

Whatever the reasons, Jewish successes in the high-stakes world of the Nobel Prize are nothing short of astonishing, and a source of understandable pride to Jews throughout the world. Consider the scorecard: 37 awards in physics, 21 in chemistry, 39 in physiology and medicine, 10 in literature, seven in peace and 13 in economics.

Listings and descriptions of the contributions of the Jewish laureates may be found in Burton Feldman’s recently published book, « The Nobel Prize: A History of Genius, Controversy, and Prestige » (Arcade Publishing).

Other information about the Nobel Prize — its history, institutions, background on the winners and their work, acceptance speeches, etc. can be found on the Internet at www.nobel.se For California centennial activities, visit www.calnobel.org

 Voir enfin:
Hebrew University study reveals global Jewish population reached 13.75 million in past year; about 43% of world’s Jewish community lives in Israel

About 43% of the world’s Jewish community lives in Israel, making Israel the country with the largest Jewish population.

The Central Bureau of Statistics reported on the eve of Rosh Hashana, the Jewish New Year 5773, that the total population of Israel in 2012 grew to nearly 8 million. About 73% of the population is native born.

The Israeli Jewish population stands at 5,978,600, up 1.8%; the Arab population numbers at 1,636,600, up 2.4%; and the rest of the population including Christians and non-Jews reached 318,000 people, up 1.3%. Israel’s Jewish population makes up 75% of the state’s total people.

In all, the Jewish state’s population increased by 96,300 people in 2012, a growth rate that did not diverge from the average rate in the past eight years.

Part of Israel’s population increase comes in part of the new immigrants that have arrived to the country. In 2011, Israel welcomed 16,892 new immigrants as citizens, with the largest populations coming from Russia (3,678), followed by Ethiopia (2,666), United States (2,363), Ukraine (2,051) and France (1,775).Israel’s population is relatively young compared to populations in other western countries, with 28% of the population aged 0-14. Israel’s life expectancy is one of the highest of the international Organization for Economic Cooperation and Development’s (OECD) 34 member states, with Jewish males’ life expectancy 4.2 years higher than their Arab counterparts.

The Central Bureau of Statistics also found that 40% of Israel’s population lives in the center of the country, with Tel Aviv as Israel’s densest region, while 17 % lives in the north, 14% in the south, 12% in Jerusalem and Haifa, and 4% in Judea and Samaria.

Over 47,885 couples married in Israel in the past year, of which 75% were Jewish and 21% Muslim. In 2011, there were 166, 296 babies born in Israel.The world’s principal religious populations divide as follows according to the Central Intelligence Agency (CIA) in 2012: Christians at 33% or 2.1 billion, Muslims at 24% or 1.65 billion, Hindus at 14% or 900 million, and Buddhists at 6% or 350 million. At least one billion people in the world do not ascribe to any religion at all.

Voir par ailleurs:

« Les musulmans sont-ils discriminés ? »
Philippe d’Iribarne
Le Figaro
26/11/2017

Un fort courant de pensée dénonce le mauvais accueil que l’Europe réserverait aux musulmans, contribuant aux difficultés d’intégration de ces derniers. Ce courant inspire nombre d’études affirmant que les musulmans sont victimes d’« islamophobie ». Une telle approche vient d’être illustrée par un rapport élaboré par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA). Le texte, intitulé « Second European Union Minorities and Discrimination Survey. Muslims – Selected finding », (septembre 2017), analyse les réponses de 10 527 personnes qui s’identifient elles-mêmes comme musulmanes dans quinze pays de l’Union. Or, dès qu’on examine de près les données recueillies, on voit qu’elles conduisent à des conclusions bien différentes de ce que le rapport prétend démontrer. L’étude s’appuie uniquement sur des déclarations relatives à ce qui est ressenti par les personnes interrogées. Pourtant, ce qui est déclaré est identifié à ce qui advient effectivement. On trouve sans cesse des affirmations telles que : « Les musulmans ayant répondu rencontrent de hauts niveaux de discrimination », comme s’il s’agissait d’un fait avéré. Or, on trouve chez les personnes interrogées des conceptions très larges de ce qu’elles entendent par discrimination, en y incluant des différences de traitement conformes à la loi, liées à la nationalité. Rien n’est mis en œuvre dans l’étude pour savoir si une attitude globale plutôt hostile envers la société d’accueil pousserait certains à qualifier de discrimination des réactions fondées en réalité sur des raisons nullement discriminatoires, tel un déficit de compétence. De surcroît, ceux qui affirment que les musulmans en général sont discriminés sont beaucoup plus nombreux que ceux qui se déclarent discriminés personnellement. Dans cette étude, en France, 75 % des musulmans déclarent qu’il existe une discrimination sur la base de la religion alors que seulement 20 % déclarent s’être sentis personnellement discriminés sur cette base au cours des cinq dernières années.

On trouve, en réponse aux mêmes questions, 72 % et 30 % en Suède, 59 % et 19 % en Belgique, 26 % et 10 % en Espagne, etc. La croyance, que l’on retrouve au sein de la population en général, selon laquelle les musulmans seraient discriminés en raison de leur religion outrepasse donc largement la réalité. Par ailleurs, « les musulmans » en général sont supposés traités sans distinction par les sociétés d’accueil, en tant que musulmans ou vraisemblablement musulmans. L’état même de musulman est censé engendrer une réaction négative. Dès sa première phrase, le rapport annonce : « Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez postulé pour un emploi ? Vous pouvez avoir craint que vos compétences informatiques soient insuffisantes, ou vous vous êtes tracassé à propos d’une faute d’orthographe dans votre CV. Mais, si vous êtes musulman ou d’origine musulmane et vivez dans l’Union européenne, votre nom peut suffire pour rendre certain que vous ne recevrez jamais d’invitation à un entretien d’embauche. » Or, en réalité, les données mêmes de l’enquête montrent qu’on observe, dans les pays de l’Union, des réactions très différenciées à l’égard de ceux qui se déclarent musulmans. Ce n’est nullement l’ensemble, ni même la majorité des musulmans qui déclarent s’être sentis discriminés du fait de leur religion, mais une petite minorité : 17 % dans les cinq ans précédant l’enquête. On retrouve ce même caractère minoritaire quand il s’agit de harcèlement (du regard perçu comme hostile à l’acte de violence physique), ou encore des rapports avec la police. Dans ce dernier cas, parmi les personnes qui se déclarent musulmanes et qui ont été interrogées, seulement 16 % des hommes et 1,8 % des femmes indiquent se sentir discriminés. En fait, on a affaire à plusieurs sous-populations suscitant des réactions très contrastées.

Tandis que la majorité ne se sent jamais discriminée, une minorité se sent discriminée à répétition – cinq fois par an en moyenne, jusqu’à quotidiennement pour une partie. Un tel contraste entre des groupes traités (ou qui se sentent traités) de manière aussi radicalement différente serait impossible si on avait affaire à une discrimination s’exerçant au hasard, liée au simple fait d’être musulman. Le rapport, en outre, fournit un ensemble de données distinguant les déclarations provenant de musulmans d’origines diverses (Afrique du Nord, Afrique subsaharienne, Turquie, Asie), hommes et femmes, et vivant dans les divers pays de l’Union étudiés. En moyenne, ceux qui viennent d’Afrique du Nord sont plus de deux fois plus nombreux que ceux venant d’Asie (21 %, contre 9 %) à se déclarer discriminés sur la base de la religion. On retrouve ces différences, encore plus amples, pour le harcèlement et les rapports avec la police. Or rien n’est dit sur ce que ces différences sont susceptibles de devoir à des divergences de manière d’être des personnes concernées. L’existence de limites au droit à l’expression des religions, spécialement dans l’entreprise, est bien notée. Mais il n’est jamais envisagé qu’une acceptation de ces limites chez les uns puisse coexister avec une rébellion à leur égard chez d’autres, cette différence d’attitude entraînant une différence de réactions des employeurs. Par ailleurs, les immigrés de seconde génération déclarent davantage rencontrer des réactions négatives du fait de leur religion que ceux de première génération (22 % contre 15 % pour les discriminations, 36 % contre 22 % pour le harcèlement). Mais il n’est jamais question, dans le rapport, de l’adoption, au sein de la seconde génération, d’une posture plus revendicative, susceptible de conduire à des comportements posant problème. En arrière-fond du rapport, la vision de l’intégration mise en avant est celle d’une « accommodation mutuelle » . Il est fait appel aux orientations du Conseil de l’Europe, « regardant l’intégration comme un processus dynamique à double sens d’accommodation mutuelle de tous les immigrants, y compris les musulmans, et des résidents » . Mais, en pratique, le rapport incite uniquement à réclamer une adaptation à la société d’accueil. Il est question de racisme, de xénophobie, de « crimes causés par la haine » . En réalité, l’interprétation qui paraît la plus sensée des données d’enquête est que la grande majorité des musulmans ne pose aucun problème à la société d’accueil ; et que, corrélativement, ses membres sont traités comme tout un chacun. C’est seulement une petite minorité qui est source de problèmes pour la société d’accueil et suscite, de ce fait, des réactions négatives. Il est vraisemblable que les membres de cette petite minorité, refusant de reconnaître ce qui est dû à leur manière d’être, se déclarent discriminés. En outre, l’interprétation, par le rapport, des sentiments à l’égard de la société d’accueil est toujours à sens unique. Les musulmans dans leur grande majorité déclarent se sentir à l’aise avec des voisins d’une religion différente ou prêts à voir leurs enfants épouser des non-musulmans. Selon le rapport, « presque tous (92 %) se sentent bien à l’idée d’avoir des voisins d’une autre religion » et presque un sur deux (48 %) n’aurait aucun problème « si un membre de sa famille épousait une personne non musulmane » . Ce fait est l’objet d’une interprétation laudative.

Le rapport dénonce, par contraste, les réactions peu favorables de l’ensemble de la population envers les musulmans, une personne sur cinq n’aimant pas avoir des musulmans parmi ses voisins et 30 % n’appréciant pas que son fils ou sa fille ait une relation amoureuse avec une personne musulmane. Selon le rapport, ces réponses prouvent que les musulmans sont plus ouverts et tolérants que les membres des sociétés d’accueil. Dans la comparaison ainsi faite, il n’est question que d’attitudes d’ouverture et de fermeture. L’étude ne porte aucune attention à la réalité des difficultés à vivre dans un univers où des personnes d’une autre culture peuvent tendre à imposer leurs mœurs. Il est bien noté, certes, que l’environnement institutionnel est sans doute meilleur dans les pays d’accueil que dans les pays d’origine et que cela peut intervenir dans le haut niveau de confiance que les personnes interrogées expriment envers les institutions du pays d’accueil. Mais l’intensité de la pression sociale dans certains quartiers où les musulmans tendent à régenter les tenues et les conduites n’est jamais évoquée. S’agissant du mariage, on ne trouve pas, dans l’étude, de questions séparées pour le mariage des filles et celui des garçons, alors que l’islam les distingue. On ne trouve pas davantage de mention des difficultés concrètes associées pour un non-musulman à un mariage avec un musulman : possibilité pour un conjoint musulman d’enlever les enfants en cas de séparation pour les amener dans un pays musulman, en étant protégé par la justice du pays en question ; pression à la conversion du conjoint non musulman. Quand des sentiments de haine sont évoqués par le rapport, c’est toujours envers les musulmans et jamais provenant d’eux. Il est question de « harcèlement provoqué par la haine » , de « harceleurs motivés par la haine » . La place que tient la haine envers l’Occident au sein du monde musulman n’est jamais évoquée. Le fait que ceux qui se déclarent le plus discriminés soient aussi ceux qui déclarent le moins d’attachement à la société d’accueil est interprété, comme si cela allait de soi, comme une relation de cause à effet. Ce serait ceux qui sont le plus discriminés qui, pour cette raison, s’attacheraient le moins à la société qui les accueille. Cette relation à sens unique est postulée, en particulier quand il s’agit de radicalisation islamiste. Il n’est pas envisagé qu’on ait affaire à un effet inverse : une attitude de rejet de la société d’accueil liée à une conception « dure » de l’islam, engendrant à la fois des comportements qui suscitent des réactions négatives et une tendance à interpréter ces réactions comme des discriminations. L’étude de l’Union européenne ne se demande jamais pourquoi il existe un tel contraste entre une grande majorité des musulmans qui déclare ne jamais se sentir discriminée et une petite minorité qui déclare l’être intensément. Ce contraste montre que l’on n’a pas affaire à des réactions globales à l’égard des musulmans en tant que tels, mais à des réactions différenciées, ce qui suggère que les manières d’être de chacun, considérées dans leur grande diversité, ont un rôle majeur. Pourtant l’étude affirme, comme si cela allait de soi, que les barrières à une pleine inclusion des musulmans dans les sociétés européennes ne sont imputables qu’à ces sociétés et sont exclusivement dues à « discrimination, harcèlement, violences motivées par la haine, fréquence des contrôles policiers ». Ce sont ces expériences qui peuvent à la longue réduire l’attachement des populations concernées au pays où elles résident, soutient l’étude. Le communiqué de presse diffusé à la suite de la parution de l’étude indique, comme première solution aux problèmes d’intégration des musulmans, « des sanctions efficaces contre les violations de la législation de lutte contre la discrimination » . Alors que l’intention affichée par l’étude, comme de manière générale à la famille d’études à laquelle elle appartient, est d’être au service d’une meilleure intégration des musulmans, son effet tend à être exactement inverse. Elle incite les musulmans à croire, à tort, que leurs efforts d’intégration sont vains et donc à nourrir du ressentiment et à les détourner d’accomplir de tels efforts. L’étude sert involontairement, par ailleurs, les stratégies des islamistes militants qui travaillent à la construction d’une contre-société islamique hostile aux pays d’accueil et plus généralement à l’Occident. *

Philippe d’Iribarne est l’auteur de nombreux ouvrages dont plusieurs sont devenus des classiques, tels « La Logique de l’honneur. Gestion des entreprises et traditions nationales » (1989) et « L’Étrangeté française » (2006).

Voir par ailleurs:

La mobilité géographique des juifs de France
Aujourd’hui, plus que jamais, les juifs de l’Hexagone sont sur le départ. Mais tous ne mettent pas le cap sur Israël. Depuis une quinzaine d’années, ils sont des dizaines de milliers à avoir changé de quartier, poussés par l’hostilité de leurs voisins arabes, ou entraînés par une ascension sociale fulgurante
Bernard Edinger
The Jerusalem Post
January 5, 2016

Les quartiers multiethniques se vident peu à peu de leurs juifs. Ces quinze dernières années, le mouvement migratoire s’est accéléré : des communautés entières ont déserté les banlieues multiraciales de la capitale. Beaucoup ont quitté la France, entre autres pour Israël – les immigrants en provenance de l’Hexagone constituant désormais le plus grand groupe d’arrivants de l’Etat juif. Mais plus nombreux encore sont ceux qui ont changé de lieu de résidence pour rester en France, avec l’émergence de communautés flambant neuves dans des quartiers aisés comme l’élégant 17e arrondissement de Paris.

Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples, explique Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, l’un des principaux groupes de défense de la communauté juive. « Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens », poursuit Ghozlan, commissaire de police à la retraite, également président du Conseil des communautés juives de Seine-Saint-Denis.

Et de préciser : « La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. » Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître.
« En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour », pointe Ghozlan. C’est d’ailleurs dans un quartier délabré du centre de la localité que la police française a perquisitionné, le 18 novembre dernier, l’appartement dans lequel Abdelhamid Abaaoud – le cerveau islamiste présumé du massacre de 130 personnes quelques jours plus tôt à Paris – s’était retranché. C’est là qu’il a été traqué et tué, avec deux de ses complices. « Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département », affirme Ghozlan, qui partage désormais son temps entre la France et Israël.

Les attaques du 13 novembre, au Bataclan, au Stade de France et dans plusieurs cafés et restaurants populaires parisiens, n’ont pas eu lieu dans des quartiers juifs ou dotés d’institutions notables de la communauté. Peut-être parce que les synagogues et les écoles juives, protégées par des soldats français équipés de fusils d’assaut, n’auraient pas constitué une cible aussi « facile » que ces lieux de loisirs et divertissement, laminés sans opposition à l’arme automatique.

Quitter la banlieue à tout prix

Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays.

Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux.
Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration.

Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français.
Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés.

Cap sur le 17e, quartier chic

L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe. « Je suis venue ici en 1983, j’ai acheté mon cabinet dentaire avenue Niel et j’ai vu le quartier évoluer. Il y a deux ans, on a estimé la population juive du 17e à environ 40 000 personnes, soit à peu près 30 % des habitants de l’arrondissement. Et dans certains quartiers du 17e, le pourcentage est encore plus important, par exemple aux Ternes. Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerçant juif. Aux Batignolles, cela commence aussi », explique Murielle Schor, adjointe au maire du 17e et vice-présidente du Consistoire israélite de Paris.

Le Consistoire ne dénombre d’ailleurs pas moins de 29 restaurants, charcuteries et boulangeries cachers dans l’arrondissement. Un kiosque à journaux, installé sur l’élégante avenue de Wagram bordée d’arbres, affiche bien en évidence des publications juives comme Israël Magazine, L’Arche ou Actualité juive. Et la rue Jouffroy d’Abbans abrite de savoureuses épiceries fines, comme Berbèche et Charles Traiteur, cachers et spécialisés dans les délices d’Afrique du Nord. Sans oublier la librairie Beit Hasofer, qui vend des livres religieux et propose des services de vérifications de mezouzot. « Il n’y a pas d’incidents – nombre de juifs se promènent librement avec des kippas, sans crainte », conclut Schor.

Francine Zana, est un membre actif de la communauté juive. « Je suis arrivée dans le quartier au milieu des années 1980, venant du 20e arrondissement où des bandes d’Arabes et de Noirs se bagarraient entre eux et harcelaient les juifs. C’était très tendu. Comme je gagnais bien ma vie, je suis venue dans le 17e », explique-t-elle. Et d’ajouter : « Il y avait très peu de juifs ici à l’époque. Mon mari, arrivé directement de Tunisie, avait créé une synagogue du nom de sa jeune sœur tuée dans un accident de voiture en Israël. Au départ, il y avait une quarantaine de fidèles. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus et de nouveaux membres se joignent à nous en permanence, originaires d’autres quartiers de Paris et de banlieue. »

Selon Murielle Schor, « le phénomène de l’ascension sociale de la communauté juive séfarade établie depuis les années soixante est fulgurant, on le mesure partout (…) Dans les 16e et 17e arrondissements, sur les plaques des médecins – un nom sur deux est à consonance juive, les docteurs, comme les dentistes. » Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités.
Murielle Schor note que les relations avec les églises locales sont excellentes. Certains voisins non juifs se plaignent toutefois auprès de la municipalité de l’arrondissement de ces voitures garées en double voire triple file, à proximité des magasins d’alimentation juifs peu avant chabbat. « Rue Barye, les gens rouspètent car les juifs font du bruit en sortant de la synagogue. Ce n’est pas de l’antisémitisme, mais parfois, néanmoins, je ressens un peu le ras-le-bol des riverains quand les portes et les fenêtres des synagogues restent ouvertes. Rue Fortuny, il y avait un immeuble où se tenaient les réceptions de mariages et de bar-mitsvot. Les voisins étaient furieux quand les invités sortaient dans la rue le dimanche soir en faisant du bruit à deux heures du matin. La rue était en ébullition. »

Pas tous des nantis

Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. L’Etat français a contribué au projet à hauteur de 2,7 millions d’euros, et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a présidé en juin dernier, aux côtés de la maire de Paris Anne Hidalgo, un dîner organisé par la communauté juive dans le but de lever des fonds privés supplémentaires.

Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs.

Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris, dont Albert Myara préside la communauté. Il est également le secrétaire général du Conseil des communautés juives du Val-de-Marne et coordinateur des CCJ de la région parisienne.
« Ici, au Kremlin-Bicêtre, de nombreuses familles sont parties qui ne supportaient plus l’atmosphère ambiante. Et nous ne sommes pourtant pas une des villes les plus sinistrées, l’immobilier reste cher, on y trouve un certain niveau de vie, mais la proportion d’immigrés musulmans est devenue très importante. Sur 25 000 habitants, on compte facilement 25 % de musulmans. Jusqu’aux années 1990, 10 % de la population était juive, aujourd’hui nous ne sommes que 5 ou 6 % », explique Myara.
L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes, et un magasin expose les tenues traditionnelles des femmes musulmanes, y compris des robes de style burqa. Beaucoup de passants conversent en arabe. « Les juifs n’ont pas supporté ces changements de physionomie sociale, cette insécurité, et sont partis dans les beaux quartiers. Ici, une dizaine de familles ont fait leur aliya et une cinquantaine ont déménagé vers des zones plus hospitalières, comme Neuilly, Levallois, Issy-les-Moulineaux, des quartiers où l’antisémitisme est tout à fait infime », poursuit-il.

L’évolution démographique de la communauté juive française a fortement affecté le système scolaire juif privé, autrefois florissant, ajoute Michel Elbaz, directeur de l’action sociale au FSJU, qui chapeaute les associations d’entraide juive en France. Avec le départ de certaines familles vers d’autres quartiers ou vers Israël, des écoles juives ont dû fermer ou regrouper des classes, explique-t-il.
On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane.

Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français.

Voir enfin:

Le 17ème : nouveaux venus dans un arrondissement très branché

Depuis l’installation croissante de nombreuses familles juives, le 17e a le vent en poupe. Enquête.

Alain Chouffan

Depuis des années, on le sait, les juifs de France sont inquiets. Beaucoup partent en Israël. D’autres, poussés par l’hostilité de leurs voisins arabes, déménagent de la banlieue vers Paris, pour des quartiers où il fait bon vivre comme dans l’élégant 17e.

Et ils sont nombreux ! « 60 000 des 350 000 juifs de Paris et sa région ont déménagé ces dix dernières années, diagnostique Sammy Gozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme. Les communautés juives de banlieues ont été complètement désertées Des synagogues sont sur le point de fermer. Comme à Saint-Denis, La Courneuve, Peyrefitte, Stains, Villepinte, Aulnay sous-bois, Bagnolet, Blanc-Mesnil. Un grand nombre de juifs sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions, d’agressions physiques. »

Alors déménager ? Oui, pour aller où ? À Paris, de préférence. « On compte, grosso modo, deux grands axes de regroupement de cette population de banlieue, analyse Haïm Korsia, Grand rabbin de France : à l’Ouest, le 17e arrondissement qui est en pleine expansion, a fédéré autour de lui le 16e, Neuilly et Boulogne. À l’Est, autour du 12e arrondissement, s’ajoutent Saint-Mandé, Vincennes, et Charenton. » La sécurité a-t-elle joué un rôle majeur dans ces migrations qui ont, finalement, redessiné l’implantation juive à Paris et en Ile-de-France ? Bien sûr, mais ce n’est pas l’unique motif. Jérôme Fourquet y rajoute une « logique d’ascension sociale ». Selon le directeur du département Opinion de l’IFOP « certains sont amenés à quitter la banlieue pour habiter dans des quartiers au cadre de vie plus agréable. Généralement, au terme d’une vie bien remplie et surtout quand le statut social s’est élevé. Ce parcours résidentiel d’ascension sociale n’est pas évidemment spécifique à la population juive. Cependant, le départ de familles juives du 93 vers Paris, notamment le 17e arrondissement, ou vers des communes aisées des Hauts-de-Seine (Levallois, Neuilly) ou du Val-de-Marne que sont Vincennes et Saint-Mandé, renvoie pour partie à ce phénomène. Il en va de même, par exemple, de certains déménagements de Sarcelles ou Garges vers Saint-Brice, dans le Val d’Oise, ou de Créteil vers la ville de Saint-Maur-des Fossés. Ces mouvements de population sont souvent numériquement conséquents et parfois se voient car ils changent la physionomie de certaines villes. » (1)

Cette volonté de jouir d’un cadre de vie plus agréable, pour soi et sa famille, explique cet engouement pour le 17e arrondissement. « C’est sûr que si je ne gagnais pas bien ma vie, je n’aurais jamais pu habiter le 17e arrondissement. Croyez-moi, c’est cher ! », avoue ce jeune publicitaire de 45 ans qui a créé sa propre agence de pub et qui habite rue de Courcelles. C’est vrai que l’ascension sociale de la communauté juive séfarade, établie depuis les années soixante, est fulgurante. « On le mesure partout ! Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerce juif !, confirme Murielle Schor, chirurgien-dentiste, doyenne du 17e, adjointe au maire, la plus connue, et la plus militante de cet arrondissement. On le constate aussi dans les 16e et 17e arrondissements sur les plaques des médecins, comme des dentistes ? Quand j’ai ouvert mon cabinet de chirurgien-dentiste en 1983, avenue Niel, ce quartier était mort. Ma clientèle était composée de plusieurs noms à particules. Des nobles ! Et j’avais seulement un petit noyau de juifs. Et, petit à petit, ces dix dernières années, ma clientèle juive s’est agrandie. »

André Cohen fait partie de ce noyau. Quand ce kinésithérapeute de 60 ans a pris, en 1997, la décision de s’installer dans le 17e, il habitait Sarcelles depuis plus de vingt ans. « Nous étions une famille heureuse, raconte-t-il avec nostalgie. Toutes les grandes marques parisiennes étaient représentées, et les écoles étaient performantes. Nous n’avions même plus besoin de descendre à Paris ! Nous formions une communauté solidaire et joyeuse. Sarcelles était l’antichambre de Paris ! Petit à petit, une petite délinquance s’est développée, laquelle a entraîné la fermeture de ces grands magasins qui étaient le joyau de Sarcelles. Tout a disparu en cinq ans. Et nous sommes partis. » Mais, il a voulu garder, à Sarcelles, son cabinet de kinésithérapeute. De porte-à-porte, de mon cabinet à la maison, il y a exactement vingt minutes. Beaucoup de médecins, dentistes, kinés ont gardé leurs cabinets à Sarcelles et habitent le 17e. Ici nous sommes respectés et nous avons nos habitudes. La communauté s’est regroupée. Nous avons une vie sociale intéressante. Le salon Hoche où nous nous retrouvons pour Kippour, et le parc Monceau pour nos promenades. De petites échoppes chinoises de manucures et de pédicures, bon marché, se sont incrustées entre les commerces. »

Depuis l’installation croissante de nombreuses familles juives, le 17e a le vent en poupe. C’est Françoise de Panafieu, l’ancienne maire (2001-2008) du 17e qui a favorisé et facilité l’arrivée des juifs dans ce quartier. « On compte aujourd’hui 40 000 juifs pour 171 000 habitants de l’arrondissement, soit 23 %, affirme Brigitte Kuster qui lui a succédé (2). Pourquoi ont-ils choisi le 17e ? Disons que les juifs de France s’y sentent bien, et surtout se sentent protégés. Mais je souhaite que les commerces soient un peu mieux répartis. Et qu’on ne refasse pas la rue des Rosiers ! Je fais un énorme travail pour entretenir un excellent lien entre les communautés. Le rabbin Haïm Korsia a débattu avec le curé Stéphane Biaggi dans le cadre du Lyons Club. Et au moment de l’attentat contre l’Hypermarché, le lycée Blanche de Castille a ouvert sa cour aux enfants de l’Ecole juive moderne. »

Ce quartier huppé du sud du 17e a tout pour séduire les nouveaux venus. De grands boulevards, un parc Monceau aux allures de Central Park où courent des joggers tout au long de la journée, des immeubles cossus, plus de 30 restaurants casher – à peine moins que dans le 19e arrondissement –, quatre boucheries, 3 épiceries fines, 2 pâtisseries, une librairie Beit Hassofer, et l’impressionnant Musée Nissim de Camondo des frères Pereire au XIXe siècle. Sans oublier, trois écoles juives qui totalisent plus de 800 élèves. « Pour n’en citer qu’un seul exemple, l’Ecole juive moderne, ses effectifs sont en progression constante : ouverte en septembre 2007 avec 22 enfants, elle compte aujourd’hui plus de 160 enfants, précise Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’action scolaire au FSJU.

Tous les établissements scolaires juifs, depuis janvier 2015, sont sous haute surveillance : rondes de militaires, cours pour préparer les enfants au pire, formation des parents à la vigilance… En effet, des équipes volontaires de parents protecteurs, créées en 2012, après la tuerie de l’école Ozar Hatorah, sont organisées par le Service de Protection de la Communauté juive (SPCJ), et qui assure, en liaison avec la police, la sécurité des lieux juifs dans l’Hexagone. Dans le 17e, c’est l’opération Sentinelle qui est déployée, explique un membre du ministère de l’Intérieur qui veut garder l’anonymat. Devant les écoles, une garde statique de 3 militaires en armes pendant la durée des cours de 8 heures 30 à 16 heures 30. Dans tous les lieux publics, des patrouilles circulent, pour tout couvrir, sans passer au même endroit, au même moment, sinon ça ne sert à rien de patrouiller. Mais je ne peux vous en dire plus ! »

Alors, des gens heureux dans cet écrin bourgeois du 17e ? Sans doute. À voir tous ces jeunes, assis autour d’une table, chez Schwartz Deli, un delicatessen new-yorkais, avenue Niel, et dont ils ont fait leur quartier général le week-end, on pourrait le penser. « C’est pour moi, l’arrondissement le plus branché de Paris », s’exclame d’une voix enjouée, Johanna, 20 ans, étudiante en droit, tout en continuant à manger un cheese cake qu’elle trouve « grave bon ». Un bonheur qui se reflète aussi sur le visage de Francine Zana dont le mari gère les synagogues de la rue Barye, et qui habite le 17e depuis 1986.

« Au début, raconte-t-elle, mon mari avait une petite synagogue, qui n’existe plus, où nous étions une quarantaine de membres. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus ! 400 membres ! C’est incroyable ! » « On compte, ici, une vingtaine de synagogues, toutes fréquentées », précise Haïm Korsia qui sait de quoi il parle puisqu’il habite le 17e, qu’il trouve plus accessible, « car on y trouve ce qu’on veut, des écoles de bons niveaux comme le Lycée Carnot, de nombreux restaurants cashers, et surtout nous avons une bonne qualité de vie. »

Isabelle Castro, 54 ans, décoratrice d’intérieur, y habite depuis une vingtaine d’années. Si elle a choisi cet arrondissement, c’est parce qu’il lui permet de retrouver son identité juive. Jusque-là, elle n’en éprouvait pas le besoin. Elle s’en explique : « Nous étions avant tout des Français juifs. Mais depuis la violente vague d’antisémitisme qui a déferlé en France avec les affaires Ilan Halimi, Mérah, l’Hyper Cacher, et bien d’autres, nous avons été déçus d’être considérés de cette façon. Alors forcément, nous cherchons à nous regrouper, à être solidaires, à vivre en communauté. Du communautarisme dites-vous ? Oui, mais comment voulez-vous faire autrement ? Je n’étais pas particulièrement pratiquante quand je suis arrivée ici, mais je le suis devenue depuis que j’y habite. En mangeant casher, je veux vivre pleinement mon judaïsme. Et cet arrondissement m’offre cette possibilité ! ».

Installé depuis plus de 31 ans, le restaurant Nini est à lui tout seul une institution. Par sa notoriété, il rayonne dans tout l’arrondissement. « Tout est parti d’ici, dit fièrement le patron, Nini Laloum, un Tune jovial et accueillant. Quand j’ai ouvert ici, rue Saussier Leroy, j’étais le seul restaurant casher Beth Din, uniquement tunisien ! Puis tout autour, se sont installés d’autres restaurants comme le Rendez-vous ou La Corniche, des synagogues, des agences de voyages, des boucheries, des écoles. Sans doute cela a-t-il incité beaucoup de juifs à venir. » Il se lève pour chercher son livre d’or et s’exclame : « Regarder bien ! Tout le beau monde est venu chez moi : Jean-Paul Belmondo, Johnny Halliday, Patrick Bruel, Vincent Lindon, Richard Berri, Sarkozy, Lionel Jospin. La liste est longue… Pourquoi viennent-ils ? Parce que c’est Nini ! Nous avons une clientèle fidèle. J‘en suis à ma 4e génération ! Viennent à nous des jeunes dont on a connu l’arrière-grand-mère ! »

Si avec 40 000 juifs, le 17e compte le plus grand rassemblement de juifs de France, son caractère va encore s’intensifier avec… l’ouverture du Centre Européen du Judaïsme (CEJ), fin 2017. Un complexe pharaonique dont la construction a déjà commencé ! 4 900 m2, à l’angle de la commerçante rue de Courcelles et du boulevard Reims, avec des salles modulables pour les mariages et les fêtes, des salles d’expositions, un gymnase, un théâtre, une grande synagogue, un mikvé, une grande terrasse pour accueillir une soucca, une bibliothèque, une médiathèque, et même un jardin ! Coût : 10 millions d’euros, dont une contribution de 2,7 millions de l’État français. « Est-ce le bon moment pour construire ? », s’interroge Joël Mergui, Président du Consistoire de France pour qui ce Centre est l’aboutissement institutionnel de 2 000 ans de présence juive en France. « Oui, je le pense. Personne n’a le droit de juger ceux qui partent mais personne n’a le droit de décider de l’avenir de la majorité qui reste. Ce nouveau bâtiment, lieu de vie, et symbole d’espoir, montre que nous et personne d’autre, possédons cet avenir. Il ajoute que ce que le nazisme n’a pas réussi, l’islamisme radical n’y parviendra pas non plus, les juifs ne disparaîtront pas d’Europe. Nous, juifs français qui représentons la plus importante communauté juive d’Europe, voulons croire en l’avenir d’un Judaïsme européen bimillénaire ».

Pour Murielle Schor, qui accompagne le projet depuis dix-sept ans, c’est la « réalisation d’un rêve et d’une intuition » que tous les maires de la capitale ont soutenu depuis qu’est née la possibilité d’avoir ce terrain. Le 29 juin 2015, un « dîner des donateurs » a eu lieu dans les salons de l’Hôtel de Ville (3) où les recevait Anne Hidalgo pour qui « Paris a une âme juive et une culture juive ». Parmi les invités, Brigitte Kuster, bien sûr, qui a « beaucoup aidé à faire avancer le projet et qui se félicite aujourd’hui de voir la réalisation d’un centre culturel et cultuel juif », les ministres Bernard Cazeneuve, Christiane Taubira et Harlem Désir, Moshe Kantor, Président du Congrès juif européen, Anne Sinclair, directrice éditorialiste du Huffington Post, qui pense que « notre place est ici, la tête haute et la parole libre.Bâtir ce Centre Européen, ouvert, culturel, tolérant du judaïsme, en ces temps troublés est une initiative très symbolique que je soutiens avec force ». Maurice Lévy, Président du directoire Publicis, Claude Berda (AB production), Mara Carfagna, députée italienne, Jean-Claude Darmon, Sydney Tolédano (groupe Dior), David de Rothschild, Alexandre Elicha (The Kooples) ou Enrico Macias. Les noms des Fondateurs seront gravés sur un mur de pierres de Jérusalem. Enfin, François Hollande, recevant le jour même à l’Élysée, Moshé Kantor, lui déclarait en évoquant le CEJ (4) : « C’est la meilleure réponse pour ceux qui pensent que l’avenir des Juifs de France est ailleurs. Les Juifs français méritent de vivre ici, de rester ici, et être sûrs et en sécurité. » Un ensemble de déclarations qui rassureront, certainement, les plus inquiets….

(1) Jérôme Fourquet/Sylvain Manternach, L’an prochain à Jérusalem ? » Editions de l’Aube. Un livre sur les inquiétudes des juifs de France qui n’ont cessé de croître depuis une trentaine d’années.

(2) Auteur du livre Madame le ou la maire ? Appelez-moi Brigitte (Editions Panthéon)

(3) Deux siècles après l’Assemblée des notaires et le grand Sanhédrin qui participèrent à la fondation du judaïsme français et à la naissance du Consistoire.

(4) Times of Israël. Juillet 2015.


Duneton: Attention, un appauvrissement peut en cacher un autre ! (Confessions of an oblate)

1 octobre, 2017
https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/519Z9D1E93L._SX283_BO1,204,203,200_.jpgOn en a marre de parler français normal comme les riches, les petits bourges… parce que c’est la banlieue ici. Élève d’origine maghrébine (Pantin, TF1, 1996)
On parle en français, avec des mots rebeus, créoles, africains, portugais, ritals ou yougoslaves « , puisque  » blacks, gaulois, Chinois et Arabes  » y vivent ensemble.  Raja (21 ans)
Le bavardage grossier, loin de combler l’écart entre les rangs sociaux, le maintient et l’aggrave ; sous couleur d’irrévérence et de liberté, il abonde dans le sens de la dégradation, il est l’auto-confirmation de l’infériorité. Jean Starobinski
Les linguistes ont raison de dire que toutes les langues se valent linguistiquement; ils ont tort de croire qu’elles se valent socialement. P. Bourdieu (Ce que parler veut dire: l’économie des échanges linguistiques, 1982)
J’appelle stratégies de condescendance ces transgressions symboliques de la limite qui permettent d’avoir à la fois les profits de la conformité à la définition et les profits de la transgression : c’est le cas de l’aristocrate qui tape sur la croupe du palefrenier et dont on dira «II est simple», sous-entendu, pour un aristocrate, c’est-à-dire un homme d’essence supérieure, dont l’essence ne comporte pas en principe une telle conduite. En fait ce n’est pas si simple et il faudrait introduire une distinction : Schopenhauer parle quelque part du «comique pédant», c’est-à-dire du rire que provoque un personnage lorsqu’il produit une action qui n’est pas inscrite dans les limites de son concept, à la façon, dit-il, d’un cheval de théâtre qui se mettrait à faire du crottin, et il pense aux professeurs, aux professeurs allemands, du style du Professor Unrat de V Ange bleu, dont le concept est si fortement et si étroitement défini, que la transgression des limites se voit clairement. A la différence du professeur Unrat qui, emporté par la passion, perd tout sens du ridicule ou, ce qui revient au même, de la dignité, le consacré condescendant choisit délibérément de passer la ligne ; il a le privilège des privilèges, celui qui consiste à prendre des libertés avec son privilège. C’est ainsi qu’en matière d’usage de la langue, les bourgeois et surtout les intellectuels peuvent se permettre des formes d’hypocorrection, de relâchement, qui sont interdites aux petits-bourgeois, condamnés à l’hypercorrection. Bref, un des privilèges de la consécration réside dans le fait qu’en conférant aux consacrés une essence indiscutable et indélébile, elle autorise des transgressions autrement interdites : celui qui est sûr de son identité culturelle peut jouer avec la règle du jeu culturel, il peut jouer avec le feu, il peut dire qu’il aime Tchaikovsky ou Gershwin, ou même, question de «culot», Aznavour ou les films de série B. Pierre Bourdieu
 L’argot, dont on a fait la «langue populaire» par excellence, est le produit de ce redoublement qui porte à appliquer à la «langue populaire» elle-même les principes de division dont elle est le produit. Le sentiment obscur que la conformité linguistique enferme une forme de reconnaissance et de soumission, propre à faire douter de la virilité des hommes qui lui sacrifient, joint à la recherche active de l’écart distinctif, qui fait le style, conduisent au refus d’«en faire trop» qui porte à rejeter les aspects les plus fortement marqués du parler dominant, et notamment les prononciations ou les formes syntaxiques les plus tendues, en même temps qu’à une recherche de l’expressivité, fondée sur la transgression des censures dominantes — notamment en matière de sexualité — et sur une volonté de se distinguer des formes d’expression ordinaires. La transgression des normes officielles, linguistiques ou autres, est dirigée au moins autant contre les dominés «ordinaires», qui s’y soumettent, que contre les dominants ou, a fortiori, contre la domination en tant que telle. La licence linguistique fait partie du travail de représentation et de mise en scène que les «durs», surtout adolescents, doivent fournir pour imposer aux autres et à eux-mêmes l’image du «mec» revenu de tout et prêt à tout qui refuse de céder au sentiment et de sacrifier aux faiblesses de la sensibilité féminine. Et de fait, même si elle peut, en se divulguant, rencontrer la propension de tous les dominés à faire rentrer la distinction, c’est-à-dire la différence spécifique, dans le genre commun, c’est-à-dire dans l’universalité du biologique, par l’ironie, le sarcasme ou la parodie, la dégradation systématique des valeurs affectives, morales ou esthétiques, où tous les analystes ont reconnu «l’intention» profonde du lexique argotique, est d’abord une affirmation d’aristocratisme. Forme distinguée — aux yeux mêmes de certains des dominants — de la langue «vulgaire», l’argot est le produit d’une recherche de la distinction, mais dominée, et condamnée, de ce fait, à produire des effets paradoxaux, que l’on ne peut comprendre lorsqu’on veut les enfermer dans l’alternative de la résistance ou de la soumission, qui commande la réflexion ordinaire sur la «langue (ou la culture) populaire». Il suffit en effet de sortir de la logique de la vision mythique pour apercevoir les effets de contre-finalité qui sont inhérents à toute position dominée lorsque la recherche dominée de la distinction porte les dominés à affirmer ce qui les distingue, c’est-à-dire cela même au nom de quoi ils sont dominés et constitués comme vulgaires, selon une logique analogue à celle qui porte les groupes stigmatisés à revendiquer le stigmate comme principe de leur identité, faut-il parler de résistance ? Et quand, à l’inverse, ils travaillent à perdre ce qui les marque comme vulgaires, et à s’approprier ce qui leur permettrait de s’assimiler, faut-il parler de soumission ? (…) C’est évidemment chez les hommes et, parmi eux, chez les plus jeunes et les moins intégrés, actuellement et surtout potentiellement, à l’ordre économique et social, comme les adolescents issus de familles immigrées, que se rencontre le refus le plus marqué de la soumission et de la docilité qu’implique l’adoption des manières de parler légitimes. La morale de la force qui trouve son accomplissement dans le culte de la violence et des jeux quasi-suicidaires, moto, alcool ou drogues dures, où s’affirme le rapport à l’avenir de ceux qui n’ont rien à attendre de l’avenir, n’est sans doute qu’une des manières de faire de nécessité vertu. Le parti-pris affiché de réalisme et de cynisme, le refus du sentiment et de la sensibilité, identifiés à une sensiblerie féminine ou efféminée, cette sorte de devoir de dureté, pour soi comme pour les autres, qui conduit aux audaces désespérées de l’aristocratisme de paria, sont une façon de prendre son parti d’un monde sans issue, dominé par la misère et la loi de la jungle, la discrimination et la violence, où la moralité et la sensibilité ne sont d’aucun profit. La morale qui constitue la transgression en devoir impose une résistance affichée aux normes officielles, linguistiques ou autres, qui ne peut être soutenue en permanence qu’au prix d’une tension extraordinaire et, surtout pour les adolescents, avec le renfort constant du groupe. (…) L’argot, et c’est là, avec l’effet d’imposition symbolique, une des raisons de sa diffusion bien au-delà des limites du «milieu» proprement dit, constitue une des expressions exemplaires et, si l’on peut dire, idéales — avec laquelle l’expression proprement politique devra compter, voire composer — de la vision, pour l’essentiel édifiée contre la «faiblesse» et la «soumission» féminines (ou efféminées), que les hommes les plus dépourvus de capital économique et culturel ont de leur identité virile et d’un monde social tout entier placé sous le signe de la dureté. Il faut toutefois se garder d’ignorer les transformations profondes que subissent, dans leur fonction et leur signification, les mots ou les locutions empruntés lorsqu’ils passent dans le parler ordinaire des échanges quotidiens : c’est ainsi que certains des produits les plus typiques du cynisme aristocratique des «durs» peuvent, dans leur emploi commun, fonctionner comme des sortes de conventions neutralisées et neutralisantes qui permettent aux hommes de dire, dans les limites d’une très stricte pudeur, l’affection, l’amour, l’amitié, ou, tout simplement, de nommer les êtres aimés, les parents, le fils, l’épouse (l’emploi, plus ou moins ironique, de termes de référence comme «la patronne», la «reine-mère», ou «ma bourgeoise» permettant par exemple d’échapper à des tours tels que «ma femme» ou le simple prénom, ressentis comme trop familiers). (…) Nul ne peut ignorer complètement la loi linguistique ou culturelle et toutes les fois qu’ils entrent dans un échange avec des détenteurs de la compétence légitime et surtout lorsqu’ils se trouvent placés en situation officielle, les dominés sont condamnés à une reconnaissance pratique, corporelle, des lois de formation des prix les plus défavorables à leurs productions linguistiques qui les condamne à un effort plus ou moins désespéré vers la correction ou au silence. Il reste qu’on peut classer les marchés auxquels ils sont affrontés selon leur degré d’autonomie, depuis les plus complètement soumis aux normes dominantes (comme ceux qui s’instaurent dans les relations avec la justice, la médecine ou l’école) jusqu’aux plus complètement affranchis de ces lois (comme ceux qui se constituent dans les prisons ou les bandes de jeunes). L’affirmation d’une contre-légitimité linguistique et, du même coup, la production de discours fondée sur l’ignorance plus ou moins délibérée des conventions et des convenances caractéristiques des marchés dominants ne sont possibles que dans les limites des marchés francs, régis par des lois de formation des prix qui leur sont propres, c’est-à-dire dans des espaces propres aux classes dominées, repaires ou refuges des exclus dont les dominants sont de fait exclus, au moins symboliquement, et pour les détenteurs attitrés de la compétence sociale et linguistique qui est reconnue sur ces marchés. L’argot du «milieu», en tant que transgression réelle des principes fondamentaux de la légitimité culturelle, constitue une affirmation conséquente d’une identité sociale et culturelle non seulement différente mais opposée, et la vision du monde qui s’y exprime représente la limite vers laquelle tendent les membres (masculins) des classes dominées dans les échanges linguistiques internes à la classe et, plus spécialement, dans les plus contrôlés et soutenus de ces échanges, comme ceux du café, qui sont complètement dominés par les valeurs de force et de virilité, un des seuls principes de résistance efficace, avec la politique, contre les manières dominantes de parler et d’agir. (…) On comprend que le discours qui a cours sur ce marché ne donne les apparences de la liberté totale et du naturel absolu qu’à ceux qui en ignorent les règles ou les principes : ainsi l’éloquence que la perception étrangère appréhende comme une sorte de verve débridée, n’est ni plus ni moins libre en son genre que les improvisations de l’éloquence académique ; elle n’ignore ni la recherche de l’effet, ni l’attention au public et à ses réactions, ni les stratégies rhétoriques destinées à capter sa bienveillance ou sa complaisance ; elle s’appuie sur des schèmes d’invention et d’expression éprouvés mais propres à donner à ceux qui ne les possèdent pas le sentiment d’assister à des manifestations fulgurantes de la finesse d’analyse ou de la lucidité psychologique ou politique. Pierre Bourdieu
La France est une garce et on s’est fait trahir Le système, voilà ce qui nous pousse à les haïr La haine, c’est ce qui rend nos propos vulgaires On nique la France sous une tendance de musique populaire On est d’accord et on se moque des répressions On se fout de la République et de la liberté d’expression Faudrait changer les lois et pouvoir voir Bientôt à l’Elysée des arabes et des noirs au pouvoir (Nique la France, Sniper, 2010)
La lecture, c’est pour les pédés! Réponse de collégiens français
Le parler «caillera», ce «langage des exclus» longtemps vu comme une contre-culture «voyou», voire une sous-culture, serait-il devenu tendance chez les jeunes nantis ? Un langage pourtant ultra-code, qui mêle vieil argot et verlan, expressions arabes et africaines. Des mots cash, trash, parfois sexistes, souvent décriés parce qu’ils véhiculeraient la «haine» ? L’intéressée hausse les épaules. «Ca fait longtemps que le verlan a dépassé les limites de la cité», explique-t-elle. De la cour de récré aux boîtes de nuit branchées, il se répand comme une traînée de poudre. On ne rit plus, on s’tape des barres ou on s’charrie. En teuf on kiffe sa race sur de la bonne zik, du son chanmé en matant des meufs. Un vrai truc de ouf. Popularisé avec le «Nique ta mère» de Jamel Debbouze et le tube «Mets ta cagoule» de Michaël Youn, démocratisé par les animateurs radio Maurad et Difool, le verlan a définitivement passé le périph. Le Nouvel Observateur
Doit-on se satisfaire de l’affaiblissement du français ? Certainement pas. En même temps, la langue française n’est pas menacée à domicile, même si elle l’est à l’international. Que faire alors ? Pour être constructif, plusieurs idées peuvent être avancées. Il faut par exemple renouveler et redynamiser notre langue en s’appuyant sur le français des quartiers, source permanente d’invention linguistique. On compte aujourd’hui plusieurs milliers de mots en verlan qui enrichissent notre langue. Valorisons-les dans les dictionnaires et les écoles. Frédéric Martel
Les défenseurs de l’éducation bilingue disent qu’il est important d’ enseigner un enfant dans la langue de sa famille. Moi, je dis qu’on ne peut pas utiliser la langue familiale dans la classe – la nature même de la classe exige que vous vous serviez de la langue d’une manière publique. (…) L’intimité n’a rien à faire dans les salles de classe. Richard Rodriguez
Il n’y a rien de surprenant qu’au moment où les universités américaines se sont engagées sérieusement dans la diversité, elles soient devenues des prisons de la pensée. Personne ne parle de la diversité d’aucune manière véritable. On ne parle que de versions brune, noire et blanche de la même idéologie politique. Il est très curieux qu’aux Etats-Unis comme au Canada on réduit la diversité à la race et à l’appartenance ethnique. On ne pense jamais que ça pourrait aussi signifier plus de nazis ou plus de baptistes du sud. Ca aussi, c’est la diversité, vous savez. Pour moi, la diversité n’est pas une valeur. La diversité, c’est l’Irlande du Nord. La diversité, c’est Beyrouth. La diversité, c’est le frère qui massacre son frère. Là où la diversité est partagée – où je partage avec vous ma différence – celle-ci peut avoir une valeur. Mais le simple fait que nous sommes différents est une notion terrifiante. Richard Rodriguez
Par-delà les discours pétris de bonne conscience sur l’égale dignité de toutes les pratiques linguistiques, on oublie de préciser que les exclus de la langue de Molière ont toutes les chances de devenir des exclus tout court. Alain Bentolila
Il y a un réel engouement bourgeois pour cette culture. Mais c’est aussi la marque d’un encanaïllement un peu pervers. Car à la différence d’un jeune des cités, un «fils de» n’aura aucun mal à jongler avec un autre registre de langue lorsqu’il s’agira de reprendre la boîte de papa… (…) L’écrit que pratiquent ces jeunes aujourd’hui a changé de perspective et de nature. C’est un écrit de l’immédiateté, de la rapidité et de la connivence: réduit au minimum, il n’est destiné à être compris que par celui à qui on s’adresse. Or, la spécificité de l’écrit par rapport à l’oral est qu’il permet de communiquer en différé et sur la durée: il est arrivé dans la civilisation pour laisser des traces. (…) Ce qui a changé, c’est que nos enfants, qu’on a cru nourrir de nos mots, utilisent un vocabulaire très restreint, réduit à environ 1 500 mots quand ils parlent entre eux – et à 600 ou 800 mots dans les cités. » Les adolescents les plus privilégiés possèdent, certes, une « réserve » de vocabulaire qui peut être très importante et dans laquelle ils piochent en cas de nécessité (à l’école, avec des adultes, lors d’un entretien d’embauche…), ce qui leur permet une « socialisation » plus importante. Mais globalement, ce bagage de mots que possèdent les jeunes a tendance à s’appauvrir quel que soit leur milieu. (…) Il y a une loi simple en linguistique: moins on a de mots à sa disposition, plus on les utilise et plus ils perdent en précision. On a alors tendance à compenser l’imprécision de son vocabulaire par la connivence avec ses interlocuteurs, à ne plus communiquer qu’avec un nombre de gens restreint. La pauvreté linguistique favorise le ghetto; le ghetto conforte la pauvreté linguistique. En ce sens, l’insécurité linguistique engendre une sorte d’autisme social. Quand les gamins de banlieue ne maîtrisent que 800 mots, alors que les autres enfants français en possèdent plus de 2 500, il y a un déséquilibre énorme. Tout est «cool», tout est «grave», tout est «niqué», et plus rien n’a de sens. Ces mots sont des baudruches sémantiques: ils ont gonflé au point de dire tout et son contraire. «C’est grave» peut signifier «c’est merveilleux» comme «c’est épouvantable». (…) C’est de la démagogie! Ces néologismes sont spécifiques des banlieues et confortent le ghetto. L’effet est toujours centrifuge. Les enfants des milieux aisés vampirisent le vocabulaire des cités, mais ils disposent aussi du langage général qui leur permet d’affronter le monde. L’inverse n’est pas vrai. Arrêtons de nous ébahir devant ces groupes de rap et d’en faire de nouveaux Baudelaire! La spécificité culturelle ne justifie jamais que l’on renonce en son nom à des valeurs universelles. Cela est valable pour l’excision, la langue des sourds comme pour le langage des banlieues. Dans une étude récente en Seine-Saint-Denis, on a demandé à des collégiens ce que représentait pour eux la lecture. Plusieurs ont fait cette réponse surprenante: «La lecture, c’est pour les pédés!» Cela signifie que, pour eux, la lecture appartient à un monde efféminé, qui les exclut et qu’ils rejettent. Accepter le livre et la lecture serait passer dans le camp des autres, ce serait une trahison. (…) Même les aides jardiniers ou les mécaniciens auto doivent maîtriser des catalogues techniques, entrer des données, procéder à des actes de lecture et d’écriture complexes. Or 11,6% des jeunes Français entre 17 et 25 ans comprennent difficilement un texte court, un mode d’emploi ou un document administratif et ne savent pas utiliser un plan ou un tableau. (…) Il y a trente ans, l’école affichait cyniquement sa vocation à reproduire les inégalités sociales: l’examen de sixième éjectait du cursus scolaire deux tiers des enfants, en majorité issus des classes populaires, qui passaient alors leur certificat d’études primaires (avec d’ailleurs une orthographe très supérieure à celle des enfants du même âge aujourd’hui). Or on est passé de ce tri affiché à l’objectif de 80% d’élèves au bac, imposant à une population scolaire qui autrefois aurait suivi la filière courte du certificat d’études de rester au collège et au lycée jusqu’à 16 ans. (…) mais alors il fallait changer complètement les programmes, les méthodes, les structures, les rythmes! Cela n’a pas été fait. A part quelques morceaux de sparadrap appliqués ici et là, l’école est restée la même. Il faut comprendre que l’apprentissage du langage n’est pas aussi naturel qu’il y paraît. C’est un travail. Quand un enfant apprend à parler, il le fait d’abord dans la proximité, dans un cercle étroit de connivence: la langue confirme ce qu’il voit, avec peu de mots. Petit à petit, en élargissant son langage, il quitte ce cocon douillet pour passer à l’inconnu: il va s’adresser à des gens qu’il n’a jamais vus, pour dire des choses dont ces gens n’ont jamais entendu parler. Il faut avoir l’ambition d’élargir le monde pour s’emparer des mots, et il faut s’emparer des mots pour élargir le monde. Mais, pour cela, l’enfant a absolument besoin d’un médiateur adulte à la fois bienveillant et exigeant qui transforme ses échecs en conquêtes nouvelles – «Je n’ai pas compris ce que tu veux me dire; il est important pour moi de te comprendre» – quelqu’un qui manifeste cette dimension essentielle du langage: l’altérité. (…) A cause de l’évolution sociologique de ces trente dernières années, l’activité professionnelle des mères, l’éloignement des grands-parents, l’école a accepté des enfants de 2 ans sans rien changer à sa pratique: ces petits se retrouvent dans des classes de 30, avec une maîtresse et, au mieux, une aide maternelle, à un âge où le langage explose (on passe de 50 à 300 mots et on inaugure les premières combinaisons syntaxiques). Dans ce contexte, ils restent entre eux. Cette réponse de l’école maternelle n’est pas honorable. Elle creuse encore le fossé culturel. C’est une catastrophe pour l’épanouissement psycholinguistique de l’enfant! (…) Pour aggraver les choses, on enseigne le français dans les filières professionnelles comme en maîtrise de linguistique: on leur fait étudier le «schéma narratif», l’«arrière-plan» et l’«avant-plan», le «champ lexical» ou encore les «connecteurs d’argumentation», des concepts de pse