Séries/Le Serpent: Moi, ce qui m’intéressait, c’est le ringard qui fait tomber le roi du cool (No sympathy for the devil: Eschewing the easy glorification of the self-promoting hip king, the BBC/Netflix’s miniseries thankfully chooses to honor the dogged determination of the Dutch junior diplomat who helped capture him)

18 mai, 2021

Dutch junior diplomat Herman Knippenberg (with Nadine and Rémy Gires, 1970s)Charles Sobraj (with Marie-Andrée Leclerc, 1986)
Charles Sobhraj - Ma ThailandeMarie-Andrée Leclerc, pensive, en entrevue à son retour au Québec.The Serpent vs. the True Story of Serial Killer Charles Sobhraj

And I laid traps for troubadours / Who get killed before they reached Bombay. Mick Jagger (Sympathy for the devil, 1968)
I thought it was a really odd thing, because it was only one song, after all. It wasn’t like it was a whole album, with lots of occult signs on the back. People seemed to embrace the image so readily, [and] it has carried all the way over into heavy metal bands today. Mick Jagger
I don’t have no sympathy for the devil. I like the beat of the song but I never identify with the lyric. Jagger and Richards don’t really know the full extent of what they’re talking about. If they knew what they were getting into when they sing that song they would not be doing it. The devil is not Santa Claus. He’s for real. Carlos Santana
Before, we were just innocent kids out for a good time. [Then], they’re saying, ‘They’re evil, they’re evil.’ Oh, I’m evil, really? So that makes you start thinking about evil… What is evil?… There are black magicians who think we are acting as unknown agents of Lucifer and others who think we are Lucifer. Everybody’s Lucifer. Keith Richards
‘Sympathy’ is quite an uplifting song. It’s just a matter of looking the Devil in the face. He’s there all the time. I’ve had very close contact with Lucifer – I’ve met him several times. Evil – people tend to bury it and hope it sorts itself out and doesn’t rear its ugly head. ‘Sympathy For The Devil’ is just as appropriate now, with 9/11. There it is again, big time. When that song was written, it was a time of turmoil. It was the first sort of international chaos since World War II. And confusion is not the ally of peace and love. You want to think the world is perfect. Everybody gets sucked into that. And as America has found out to its dismay, you can’t hide. You might as well accept the fact that evil is there and deal with it any way you can. Sympathy for the Devil is a song that says, Don’t forget him. If you confront him, then he’s out of a job. Keith Richards (2002)
The line, « And I laid traps for troubadours who get killed before they reach Bombay » possibly refers to the notorious Thuggee cult, who worshiped Kali, the Hindu goddess of death. They would waylay travelers on the roads of India, then kill the entire group in order to make off with their valuables. This seems to be the closest well known historical incident to fit the lyrics. Also, the Thuggee would have been well known in England, since the British Army put a stop to the cult during the colonial period. Another interpretation is that the line refers to the hippies who traveled the « Hippie trail, » a passage through Turkey, Afghanistan, India and a few other countries that was popular in the counterculture community. Many of these travellers were killed and ripped off by drug peddlers in Afghanistan and Pakistan. Those shady deals could be the « traps ». Songfacts
Travelling in a fried-out Kombi, on a hippie trail, head full of zombie. Men at work (Down under, 1981)
Fried out Kombi – a broken-down van. The lyrics are often translated as « Combie, » but the correct spelling is Kombi. It came from the VW Kombivan which was very popular in the ’60s and early ’70s, especially with surfers and hippies. Head full of Zombie – Zombie was a particularly strong batch of marijuana which was floating around Australia for a long time. People called it « Zombie Grass. » Songfacts
The opening couplet borders, on first listen, on the incomprehensible – but it sets the tone if you decode the language. « Travelling in a fried-out Kombi, » it begins, « on a hippy trail, head full of zombie. » Huh? « Kombi » might be an unfamiliar word, but the Kombinationskraftwagen – aka the trusty old VW camper van – is a familiar symbol of easy-going hippiedom. The « hippy trail » is the path trod by many a dropout in the 1960s and 70s, taking free-wheeling Aussies and others on variants of the route between Istanbul and Kathmandu. And « zombie »? David Dale at the Sydney Morning Herald says this is a « drug reference » – zombie apparently being a potent strain of marijuana (on occasion laced with angel dust). So two lines in, and we’re on a trip, other stops including Brussels and some kind of « den in Bombay » where, for whatever reason, the narrator is left « with a slack jaw and not much to say ». BBC
J’étais venu à Delhi avec une vague théorie de Charles comme enfant du colonialisme se vengeant de la contre-culture. Au lieu de cela, j’ai été ébloui par un brillant psychopathe. Richard Neville
Le fait que de jeunes occidentaux non avertis voyageaient brusquement en Asie en grand nombre et avaient une culture hippie de faire confiance à tout le monde lui fournissait une cible telement facile. L’utilisation culturelle de la marijuana rendait tout le monde un peu trop détendu. Julie Clarke
La légende lui prête mille forfaits, mais, à supposer qu’il les ait commis, ils datent de plus de vingt ans, et sont donc prescrits. Me Jacques Vergès
C’est une très vieille idée, j’aurais pu le rencontrer dans les années 70 quand j’allais là-bas, à Goa. J’étais même tombé sur un Belge qui est l’un des rares à avoir roulé Sobhraj. Au moment où je laissais tomber, Sobhraj m’a appelé. [Je veux faire une fiction]  mais pas un film provocateur: je me mets à la place des Salomon, qui ont du mal à admettre que Sobhraj puisse gagner de l’argent avec le récit de ses crimes. Mais c’est l’époque qui est ainsi faite. (…) Sobhraj a quand même une vie peu commune, il est à la fois attirant et repoussant. Intelligent. Manipulateur. C’est un joueur d’échecs. Yves Rénier
La hippie trail est une expression anglo-saxonne (littéralement la piste hippie) utilisée pour décrire le trajet parcouru par les hippies dans les années 1960 et 1970, de l’Europe vers l’Asie et inversement. Ce type de voyage a connu un renouveau au début du XXIe siècle avec les néo-hippies. Le but de ces pérégrinations pouvait être l’envie de découvrir et d’adopter le mode de vie et les philosophies asiatiques, mais le voyage (trip) était aussi motivé par le simple refus de la vie sédentaire. Volontairement entrepris avec des moyens limités, il se terminait parfois dans l’extrême pauvreté. Le 5 août 1970, le Times titrait « Des hippies mendient comme des chiens en Afghanistan ». La frontière de l’Afghanistan marque alors l’entrée dans une zone où le haschisch est en vente libre et où des jeunes Occidentaux sombrent dans la consommation de drogues dures, même si ce cliché est loin d’être une généralité. Certains poursuivent leur exploration ethnographique jusqu’à « La Mecque » des routards, Katmandou, au Népal, particulièrement sa Freak Street (littéralement « rue des marginaux ») où convergent plusieurs milliers d’enfants fleurs (flower children) à partir de 1966. Pour les moins fortunés ou les moins débrouillards, le voyage peut avoir pour but les Baléares, le Maroc ou même Amsterdam. Dans les années 2000 et 2010, en raison de l’augmentation du tarif des vols à bas prix (dits low-cost), de nouveaux trajets sont parcourus par des routards néo-hippies, comme le Banana Pancake Trail (en) en Asie, le Gringo Trail (en) en Amérique du Sud, ou l’Afrique du Nord et le Proche-Orient (Maroc, Tunisie, Liban, Turquie, etc.). Wikipedia
Le Serpent (The Serpent) est une mini-série policière britannique en huit parties d’environ 56 minutes chacune, créée par Richard Warlow et Toby Finlay et diffusée du 1er janvier au 14 février 2021 sur BBC One, puis mise en ligne le 2 avril 2021 sur Netflix. Elle est basée sur l’histoire du tueur en série français, Charles Sobhraj, qui a assassiné de jeunes touristes entre 1975 et 1976 dans le sud-est asiatique. Au milieu des années 1970, à Bangkok, la série suit l’histoire du tueur en série Charles Sobhraj et de sa complice Marie-Andrée Leclerc.  Sous les faux noms d’Alain et Monique Gautier, le couple se fait passer pour des diamantaires et revend des pierres précieuses volées à des touristes. Ils droguent, volent et tuent de jeunes hippies routards, leur subtilisant leur passeport et leur argent. Herman Knippenberg, un diplomate néerlandais, commence à enquêter sur les meurtres de touristes néerlandais et découvre des indices menant à Sobhraj. Wikipedia
Le personnage, c’est typiquement le type de profil qu’on va retrouver chez les gourous de secte par exemple. Il a une sorte de don oratoire qui facilite le contact avec les gens. C’est aussi une histoire de couple, ce type d’emprise : il faut ce gourou avec cette capacité d’approcher l’autre, mais ça ne marcherait pas avec n’importe qui. Ce sont souvent des gens vulnérables. Comme dans les sectes. Parce que ce sont des gens qui sont en quête d’identité, de rencontres… Et la facilité pour lui, c’est de prendre des backpackers. Ça existe toujours aujourd’hui d’ailleurs. J’ai eu l’occasion d’en rencontrer il n’y a pas longtemps en voyage au Cambodge, et ce qu’il ressort à chaque fois dans le discours, c’est une quête de sens et d’identité. C’est ce qu’on retrouve chez les adeptes de sectes, quel que soit l’âge ou le niveau social. C’est à un moment donné, un besoin de comprendre la vie, pourquoi, qui on est… Et je pense que ce type de personnage arrive à les manipuler à travers cette quête. Après, le personnage ne les garde pas longtemps, juste assez pour les droguer et les dépouiller. (…) Je ne sais pas vraiment comment ça se passait dans les années 1970 mais quand on voyage, on est toujours un peu en garde. Là, vous rencontrez quelqu’un qui vous rappelle chez vous et qui en joue dans la série. Ça permet une sorte de jeu d’identification entre la victime et l’agresseur. (…) ce n’est pas la mise à mort qui lui plaît. C’est ce que l’on nomme dans le métier un « meurtre utilitaire ». C’est ce qui va permettre de couvrir un autre crime, en l’occurrence celui de les voler et de les dépouiller. Michel Fourniret, par exemple, avait fini par faire ça. Au début, c’était un violeur et il a fini par commettre des meurtres utilitaires : ce qu’il voulait, c’était violer et pas tuer ; mais on tue pour ne pas risquer d’avoir des plaintes et d’être recherché. Mais il y a cette facilité de se dire que ces gens sont à 20 000 km de chez eux. A l’époque, il n’y avait pas de téléphone portable, pas d’internet. On ne connaissait pas toujours son itinéraire et on donnait des nouvelles une fois par mois. Aujourd’hui, ça serait moins facile. Ce qui ressort dans la série, c’est qu’il y a une vraie haine de ce que représentent ces jeunes-là. Ces jeunes, finalement, qu’il aurait aimé être. Il est né d’une bonne famille mais il aurait aimé naître occidental, avoir l’apparence d’un occidental pour être accepté. (…) cet argument, c’est son mobile. Son mobile conscient en tous cas pour passer à l’acte. Pour les voler et les tuer. De toute manière, il y a un côté très psychopathe chez lui dans le sens où la vie de l’autre n’a pas de valeur à ses yeux. Donc pourquoi pas les supprimer ? Les laisser en vie, ça lui fait prendre des risques. (…) Mais il y a aussi la provocation] qu’on retrouve chez les psychopathes qui sont tueurs en série. C’est un sentiment de toute-puissance. Aux Etats-Unis, plus souvent que chez nous, beaucoup se sont amusés à jouer avec la police. Ce que fait Fourniret encore aujourd’hui avec Estelle Mouzin, c’est un besoin de contrôler l’autre. C’est avec ça qu’ils jouissent. [Jusqu’à aller se jeter dans la gueule du loup] ce qu’ont fait plusieurs tueurs en série, persuadés de ne pas être pris et d’être plus forts. C’est pour montrer cette toute-puissance que certains ont acquise vis-à-vis de la police, de l’Etat et de la société. Etant sûrs d’être imprenables. Sobhraj, en plus, s’était évadé plusieurs fois donc il est possible qu’il se soit dit : « Même si je me fais arrêter, j’arriverais peut-être à nouveau à m’évader… » C’est une hypothèse. Seul un entretien avec lui pourrait permettre d’éclairer ses motivations. Mais je pense en tous cas que c’est guidé par ce sentiment de toute puissance et d’être inarrêtable. Emma Oliveira (psychocriminologue)
Au Québec, Le Serpent fait surtout jaser pour l’accent québécois invraisemblable de son actrice principale, la Britannique Jenna Coleman. Mis à part cet irritant majeur, la série britannique de huit épisodes mérite qu’on s’y intéresse.  Si le doublage ne vous incommode pas, c’est pour une fois l’option la plus sage; la version française biffe le faux accent de Jenna Coleman. Reste que «Monique» de Lévis parle alors avec un accent français mais compréhensible. À vous de voir. Richard Therrien
Là où ça se gâche, c’est dans le jeu de l’actrice choisie pour camper cette modeste secrétaire de Lévis. Jenna Coleman parle un français atroce, à la limite du compréhensible. C’est vraiment gênant et dérangeant. D’autant plus que les comédiens qui l’entourent s’expriment parfaitement dans notre langue. Au deuxième épisode, une voisine de Marie-Andrée « Monique » Leclerc à Bangkok lui confie même, en fumant une 73e cigarette, qu’elle est « beaucoup trop sophistiquée pour être une Québécoise ». Ça non plus, ça ne passe pas super bien, mettons. Hugo Dumas
Nadine Gires and her husband Remi played a vital role in helping Herman Knippenberg build a case against Charles Sobhraj. Sobhraj had been living in an apartment block in Bangkok, Thailand where he befriended his neighbours, Nadine and Remi. At the time, Sobhraj was posing as a gem dealer and his accomplice, Marie-Andrée Leclerc (Jenna Coleman) as his wife Monique.The real Nadine and Remi were unaware of Sobhraj’s murderous streak until Dominique Renelleau (Fabien Frankel) and Yannick Masy (not featured in the series) told Nadine and Remi they were being held against their will by Sobhraj and feared for their lives. Speaking to the Mirror, the real Nadine Gires reflected: « I remember meeting the Dutch couple [Two of Sobhraj’s victims Henk Bintanja, 29, and his fiancée Cornelia Hemker, 25] briefly. « I walked into Sobhraj’s apartment and he was standing over them trying to convince them to buy sapphires and rubies. He said, ‘Sorry, I am talking business with these people, can you come back later?’ “Days later I heard noises – people moaning – and asked Charles, ‘What’s that?’ He said, ‘The Dutch are sick’. « Then before Christmas, we saw photos of the burned bodies in the Bangkok Post newspaper and Yannick told me, ‘It’s the Dutch couple. He killed them’. » As seen in The Serpent, Dominque shared he had been drugged by Alain. He also admitted several young travellers had also been drugged by the Frenchman and Monique. He also revealed his suspicions, believing the other travellers had been killed. Dominique had witnessed lifeless bodies being dragged from the apartment building, matched the passports found in Sobhraj’s safe to deceased travellers found by the police, and noticed many items in the apartment belonged to missing travellers. Alongside her husband Remi, they helped Dominique escape by purchasing him an aeroplane ticket and helping him re-construct his own passport. In The Serpent, it is suggested Nadine could not go to the Thai police with the information she had as Alain was working closely with a corrupt officer who could offer him protection. Whether this is true remains unknown today. The real Nadine did visit several embassies in the area and when dutch junior diplomat, Herman Knippenberg heard reports of a woman claiming there was a killer in the area, he tracked Nadine down. At the time, Herman had been investigating the murder of dutch tourists, Henk Bintanja, 29, and his fiancée Cornelia Hemker, 25. The Daily Mail
Premièrement, l’enquête d’Herman a débuté quelques mois après les meurtres, et c’était important pour moi d’adopter son point de vue plutôt que celui de Charles Sobhraj. Beaucoup de séries récentes ont approché la figure du serial killer de l’intérieur, mais j’étais plus intéressé par l’histoire de cet homme ‘banal’ confronté au mal absolu. Et pour la relier au parcours criminel de Charles, il fallait éclater la chronologie narrative. La seconde raison, c’est que je n’avais pas envie de reléguer les victimes au second plan, comme c’est le cas d’ordinaire, mais de les approcher en tant que personnes sensibles et complexes, dont les rêves ont été brisés. (…) La jeunesse des années 1970 était travaillée par une quête spirituelle, qui passait par les drogues ou le voyage. Nous souhaitions que les spectateurs se laissent traverser par la temporalité de la série et l’esprit de l’époque, pour ensuite se raccrocher aux figure mises en scène, et non l’inverse. (…)Charles est un menteur et un meurtrier. On n’a jamais voulu le rencontrer, lui parler, ou nouer un lien quelconque avec lui. D’ailleurs, on ne saura jamais si ce qu’il a raconté à Richard Neville pour son livre était vrai ! On a décidé de l’appréhender de la même manière que les gens s’en approchaient à l’époque – Dominique, Nadine, Marie-Andrée – et d’user des différentes perspectives que ça induisait pour le cerner, sans tomber dans le piège de la fascination. Richard Warlow
La vraie vie est exaspérante, car elle ne se comporte pas comme les histoires. C’est une situation de «la réalité-plus étrange que la fiction-à-la-puissance-100. Je devais faire ce que vous faites toujours lorsque vous faites des recherches sur des histoires, c’est-à-dire faire des amalgames, allumer un feu sous certaines choses et aussi – et je n’ai jamais vécu cela auparavant – atténuer une partie de l’étrangeté. Sobhraj s’est montré très doué pour construire un faux récit sur les personnes qu’il aurait tuées. Et ce faux récit dit à peu près «Ce sont des drogués, des salauds criminels, et vous ne devriez pas vous en soucier.» Je pense que c’est la raison pour laquelle beaucoup de familles étaient si réticentes à s’impliquer dans le film. Il était extrêmement important que nous passions du temps avec eux et que nous voyions cela, plutôt que de les laisser dans l’anonymat et de renforcer ce qui était déjà un faux récit à leur sujet. (…) Quand Herman a appris que Sobhraj avait été arrêté au Népal en 2003, il prenait un cocktail, car c’était le premier jour de sa retraite. Du point de vue du dramaturge, c’est le genre de chose que si j’écrivais, je me détesterais pour cela. C’est trop beau pour être vrai. Mais vraiment, ce qui a été l’histoire de sa vie l’a appelé le jour où il avait tout abandonné. Herman était la raison pour laquelle je voulais faire le film. Vous avez deux hommes diamétralement opposés qui sont nés à quelques mois d’intervalle, qui ne se sont jamais rencontrés, mais qui ont eu cet effet révolutionnaire sur la vie de l’autre. L’un était ce roi lézard mercuriel des années 70 et l’autre était un ringard, pour utiliser la langue vernaculaire de l’époque. Moi, ce qui m’intéressait, c’est le ringard qui fait tomber le roi du cool. Il existe une version de cette émission où vous ne faites que regarder Charles tirer des merdes incroyablement diaboliques – maintes et maintes fois pendant des heures. Je n’ai jamais voulu raconter cette histoire. Je cherchais toujours à voir le processus qui a mené à son arrestation. (…) Il essaie constamment de se monétiser lui-même et son histoire, et nous étions catégoriques sur le fait que nous ne le paierions jamais. Et l’autre chose c’est que c’est un menteur compulsif, donc tout ce qu’il avait à nous dire n’aurait pas été vrai. Richard Warlow
J’ai essayé de retrouver toutes les personnes qui figurent dans l’histoire, ou leurs proches survivants s’ils n’étaient plus en vie. Construire cette recherche pour qu’elle soit aussi vaste que possible afin que nous puissions nous en inspirer – afin que nous puissions dessiner ces petits détails fins dans l’histoire qui deviennent vraiment importants pour être sûrs de les raconter de la manière la plus véridique et la plus exacte. (…) Nous avons choisi de ne pas lui parler. Julie et son mari, Richard, ont passé des heures et des heures et des heures en prison à interviewer Sobhraj et à l’enregistrer. Julie nous a donné accès à ces cassettes, ce qui nous a permis d’entendre le récit de Sobhraj sur cette période sans avoir à dialoguer directement avec lui. Sinon, tout ce qu’on aurait pu tirer de contacts directs avec quelqu’un comme Sobhraj, ça aurait été de voir comment il nous aurait menti et comment il aurait essayé de nous berner. Nous avons pu écouter ces bandes d’un point de vue plus objectif. Paul Testar
Set in 1970s Bangkok, the series, which first aired on the BBC earlier this year, follows Dutch diplomat Herman Knippenberg (Billy Howle) as he investigates the disappearance of a pair of Dutch backpackers. His pursuit leads him to Sobhraj (Tahar Rahim) and his accomplices, including Marie-Andrée Leclerc (Jenna Coleman) and Ajay Chowdhury (Amesh Edireweera), who have been drugging, robbing and killing tourists on the so-called Hippie Trail. “Real life is infuriating, because it doesn’t behave in the way stories do,” says writer and producer Richard Warlow, who began working on the series in 2013 alongside director Tom Shankland. He calls it a “fact-is-stranger-than-fiction-to-the-power-of-about-100 situation”: “[I had] to do what you always do when you’re researching stories, which is do some conflations, light a fire under certain things and also — and I’ve never experienced this before — pedal back on some of the strangeness.” Coproducer Paul Testar, who joined the development process in 2014, was tasked with accumulating research to support the storytelling. He worked closely with Knippenberg, who gave the team access to his extensive files on Sobhraj, as well as with Sobhraj’s former neighbor Nadine Gires; his captive employee Dominique Renelleau (whose escape from Sobhraj is documented in the series); and Interpol’s Lt. Col. Sompol Suthimai. Knippenberg provided Leclerc’s diary, and journalist Julie Clarke, who cowrote “On the Trail of the Serpent” with her late husband, Richard Neville, gave the production hours of taped interviews with Sobhraj. “I tried to track down every single person who features in the story, or their surviving relatives if they’re no longer alive,” says Testar. “Building that research to be as huge as possible so we could draw from it — so we could draw these tiny, fine details in the story that become really important and be truthful about them and make sure we’re telling it accurately.” A few of the people involved were made into composite characters for dramatic effect, one completely fictional character was added, and timelines were condensed at points. (The show’s dialogue is imagined too.) But Testar says 80% to 90% of the series is accurate. “I don’t think any of it is historically untrue. It was more a case of leaving stuff out.”  (…) Neville and Clarke’s interviews with Sobhraj, conducted while the killer was in prison in India, were essential to the writing of “The Serpent,” especially since the production team didn’t want to involve Sobhraj directly. (Neville and Clarke’s book was originally released in 1979, which means the interviews took place shortly after the events of the series.) “We chose not to speak to him,” Testar says. “Julie and her husband, Richard, spent hours and hours and hours in prison interviewing Sobhraj and taping them. Julie gave us access to those tapes, which meant we could hear Sobhraj’s account of that period without having to engage with him directly. It felt like the only use of engaging with Sobhraj directly was to see how he’d lie to you and to see how he’d try to pull the wool over you. We were able to listen to those tapes from a more objective standpoint.” “He is constantly trying to monetize himself and his story, and we were adamant that we would never pay him,” Warlow adds. “And the other thing is, he’s a compulsive liar, so whatever he had to tell us wouldn’t have been true.” (…) Not all the victims included in “The Serpent” show up under their real names, because of requests from surviving family members. Dutch students Henricus “Henk” Bintanja and his fiancée, Cornelia “Cocky” Hemker, went missing in 1976 after staying at Sobhraj’s Kanit House apartment in Bangkok, spurring Knippenberg’s investigation, but they appear in the show as Helena Dekker and Willem Bloem. Similarly, Sobhraj’s first wife and daughter have fictional names in “The Serpent” to protect their identities. (…) In reality, Gires helped three of Sobhraj’s captives flee Bangkok, not just Renelleau. “There were two other people in that apartment at the same time,” Testar says. “We were never able to contact them or track them down. There was a feeling that dramatically, they had the same thing happening to them as to Dominique, [and] it was better to give all of it to Dominique to get under his skin as a character.” Chowdhury’s fate is left open-ended, which is factual. In the sixth episode, Sobhraj drives Chowdhury to a deserted strip of land and abandons him, although it’s unclear whether that actually happened. Chowdhury was last seen in 1976. (…) Captured in New Delhi after he drugged the members of a student tour group, Sobhraj eventually went to prison in India, serving time from 1976 to 1997. After his release, he returned to Paris and lived as something of a celebrity. He gave several prominent interviews, including to an ABC news team, and at one point, director William Friedkin signed on to direct a movie about Sobhraj starring Benicio del Toro. Then, for some reason, Sobhraj returned to Nepal, where there was an outstanding warrant for his arrest in the killings of Laurent Carrière and Connie Jo Bronzich (played by Benjamin Braz and Dasha Nekrasova, respectively). (…) Sobhraj claimed that he returned to negotiate an arms deal between the Taliban and the CIA, but it’s been speculated that his hubris was so great that he thought the warrant had expired along with the one in Thailand. It’s also possible that he craved the spotlight at any cost. Whatever the reason, Sobhraj was arrested in Kathmandu on the day of Knippenberg’s retirement — a detail left out of the final episode. “When Herman got the news that Sobhraj had been arrested in Nepal in 2003, he was having a [cocktail], because it was the first day of his retirement,” Warlow says. “From a dramatist[’s] point of view, that’s the sort of thing that if I wrote that I’d hate myself for it. It’s so on the nose. But really, what’s been the story of his life came calling for him on the day he’d given it all up.” He adds, “Herman was the reason I wanted to do this. You’ve got two diametrically opposed men who were born within months of each other, who never met each other, but had this revolutionary effect on each other’s life. One was this mercurial ‘70s lizard king and the other one was a square, to use the vernacular of the time. I was very interested in the square bringing down the hip king. There’s a version of this show where you’re just watching Charles pulling incredibly evil s— time and again for hours. I never wanted to tell that story. I was always looking to see the process by which he was caught. The LA Times
Vous avez dit revanche du ringard ?
Minisérie de près de 8 heures, format quasi-documentaire, travail massif de documentation, entretiens avec les témoins et familles des victimes, écoute de dizaines d’heures d’enregistrement de l’époque du tueur dans sa prison mais refus de lui parler directement, remarquable reconstitution à la fois des espaces et de l’époque …
Quelle mesure du temps parcouru …
Quand après bientôt 50 ans …
Quatre biographies, trois documentaires et un film indien
Et d’innombrables projets dont un d’Oliver Stone avec peut-être Robert de Niro …
Ou même de l’acteur-producteur français Yves Rénier (pour, dit-on, pas moins de 15 millions de dollars) …
La  télévision, avec la BBC et Netflix, s’attaque à nouveau à son tour …
Face sombre, entre le maléfique Charles Manson et le funeste festival d’Altamont, des années « peace and love » …
A l’histoire à la fois vraie et terrifiante …
Du tristement célèbre tueur de routards français d’origine indo-vietnamienne Charles Sobhraj
Qui après une série d’évasions de prison toutes aussi rocambolesques les unes que les autres …
Et avoir mené grand train dans sa prison indienne …
Avant sa réincarcération surprise au Népal où il est toujours …
Avait pendant six ans défrayé la chronique à Paris …
Protégé des demandes d’extradition des familles de ses victimes par l’avocat de l’anti-impérialisme et lui aussi enfant perdu de la colonisation, le sulfureux Jacques Vergès
Multipliant les interviews et les séances photos grassement payées …
Mais cette fois les producteurs ont résolument refusé la glorification facile du maitre de la manipulation et de l’auto-promotion…
Et choisi au contraire au risque même à force de flashbacks et de flash forwards …
Sans compter, seule ombre au tableau, une actrice principale, censément québécoise, au look peut-être un peu trop glamour et au français plus qu’approximatif
De désorienter voire de perdre en route même le plus motivé des spectateurs …
D’honorer, outre les victimes souvent oubliées dans ce genre de reconstitution, la formidable détermination du jeune attaché d’ambassade néerlandais

Qui seul contre tous et d’abord contre ses propres supérieurs …

Et au nom des familles d’un dizaines de jeunes victimes …

Pris entre le désintérêt des ambassades et consulats de leurs propres pays …

Et tant la corruption que la peur d’effrayer les touristes de la part des polices comme des autorités locales …

Avait finalement réussi à faire tomber le criminel roi du cool …

Qui passé des chèques falsifiés et des voitures volées au trafic de drogues et de pierres précieuses …

Et profitant de cette véritable manne de jeunes candidats aux paradis artificiels que l’Occident déversait alors sur l’Asie…

Armés alors sans téléphones portables ni internet de leurs seuls chèques de voyage et idéologie zen …

Sur la fameuse « route des hippies » entre Bangkok, Goa et Katmandou …

Avant de basculer entre deux évasions et cavales …

Avec l’aide d’une compagne canadienne sous emprise et d’un homme de main indien …

Mais aussi à la manière d’un chef de secte à la Charles Manson

De certaines mêmes de ses proies …

Dans la torture et l’assassinat les plus sordides, entre deux vols de passeports et d’identités, pour couvrir ses traces …

The true story behind Netflix’s newest crime drama was too bizarre for TV
Emily Zemler
The Los Angeles Times
April 2, 2021

Netflix’s true crime drama “The Serpent,” premiering Friday, may seem unbelievable — but the creators actually had to temper the bizarre real-life history of con man and serial killer Charles Sobhraj. Set in 1970s Bangkok, the series, which first aired on the BBC earlier this year, follows Dutch diplomat Herman Knippenberg (Billy Howle) as he investigates the disappearance of a pair of Dutch backpackers. His pursuit leads him to Sobhraj (Tahar Rahim) and his accomplices, including Marie-Andrée Leclerc (Jenna Coleman) and Ajay Chowdhury (Amesh Edireweera), who have been drugging, robbing and killing tourists on the so-called Hippie Trail.

“Real life is infuriating, because it doesn’t behave in the way stories do,” says writer and producer Richard Warlow, who began working on the series in 2013 alongside director Tom Shankland. He calls it a “fact-is-stranger-than-fiction-to-the-power-of-about-100 situation”: “[I had] to do what you always do when you’re researching stories, which is do some conflations, light a fire under certain things and also — and I’ve never experienced this before — pedal back on some of the strangeness.”

Coproducer Paul Testar, who joined the development process in 2014, was tasked with accumulating research to support the storytelling. He worked closely with Knippenberg, who gave the team access to his extensive files on Sobhraj, as well as with Sobhraj’s former neighbor Nadine Gires; his captive employee Dominique Renelleau (whose escape from Sobhraj is documented in the series); and Interpol’s Lt. Col. Sompol Suthimai. Knippenberg provided Leclerc’s diary, and journalist Julie Clarke, who cowrote “On the Trail of the Serpent” with her late husband, Richard Neville, gave the production hours of taped interviews with Sobhraj.

“I tried to track down every single person who features in the story, or their surviving relatives if they’re no longer alive,” says Testar. “Building that research to be as huge as possible so we could draw from it — so we could draw these tiny, fine details in the story that become really important and be truthful about them and make sure we’re telling it accurately.”

A few of the people involved were made into composite characters for dramatic effect, one completely fictional character was added, and timelines were condensed at points. (The show’s dialogue is imagined too.) But Testar says 80% to 90% of the series is accurate. “I don’t think any of it is historically untrue. It was more a case of leaving stuff out.”

Here Warlow and Testar discuss what’s fact and what’s fiction in “The Serpent.”

The series is based on interviews with Sobhraj — just not by the producers

Neville and Clarke’s interviews with Sobhraj, conducted while the killer was in prison in India, were essential to the writing of “The Serpent,” especially since the production team didn’t want to involve Sobhraj directly. (Neville and Clarke’s book was originally released in 1979, which means the interviews took place shortly after the events of the series.)

“We chose not to speak to him,” Testar says. “Julie and her husband, Richard, spent hours and hours and hours in prison interviewing Sobhraj and taping them. Julie gave us access to those tapes, which meant we could hear Sobhraj’s account of that period without having to engage with him directly. It felt like the only use of engaging with Sobhraj directly was to see how he’d lie to you and to see how he’d try to pull the wool over you. We were able to listen to those tapes from a more objective standpoint.”

“He is constantly trying to monetize himself and his story, and we were adamant that we would never pay him,” Warlow adds. “And the other thing is, he’s a compulsive liar, so whatever he had to tell us wouldn’t have been true.”

Charles Sobhraj was a killer, by his own admission

Sobhraj, born in 1944 to a Vietnamese mother and Indian father, was a scam artist and a killer. He drugged and robbed tourists for money and their passports, which he refashioned to use himself. The first known killing, which Sobhraj committed alongside Chowdhury, took place in 1975. The victim was Teresa Knowlton, played in the Netflix series by Alice Englert. There were several other homicides around that time attributed to Sobhraj and Chowdhury, although “The Serpent” doesn’t portray all the deaths. The total number of Sobhraj’s victims remains unknown.

“He’s been convicted of two murders, and he’s the chief suspect in many others in Thailand,” Testar says. “Arrest warrants were issued for those murders, but he successfully managed to avoid returning to Thailand, so they expired. Much of what’s known about the murders is from the mouth of Sobhraj himself, from interviews he gave to Richard Neville. As with everything with Sobhraj, it’s difficult to verify where the truth ends and where the lies begin.”

“Some people say over 20, some people say 12,” Warlow adds. “It’s one of those mysteries.”

Not all the victims included in “The Serpent” show up under their real names, because of requests from surviving family members. Dutch students Henricus “Henk” Bintanja and his fiancée, Cornelia “Cocky” Hemker, went missing in 1976 after staying at Sobhraj’s Kanit House apartment in Bangkok, spurring Knippenberg’s investigation, but they appear in the show as Helena Dekker and Willem Bloem. Similarly, Sobhraj’s first wife and daughter have fictional names in “The Serpent” to protect their identities.

“Sobhraj has been very good about building a false narrative about the people he’s alleged to have killed,” Warlow says. “And that false narrative pretty much goes ‘They’re druggies, criminal scumbags, and you shouldn’t care about them.’ I think that’s why a lot of the families were so reluctant to get involved with the drama. It was crucially important that we spend time with them and see this, rather than let them be anonymous and reinforce what has been a false narrative already about them.”

He adds, “The only character who is entirely fictional is in the first episode, the British hippie backpacker Celia. That’s because Teresa Knowlton was a very important character in the sequence of events and her uncle York Knowlton has been very supportive of us with the show. I was very keen from the outset to see what Teresa was like, so we gave her a friend to spend time with while she was in Thailand.”

Some of the victims escaped Sobhraj’s clutches

The third episode of “The Serpent” depicts Sobhraj’s relationship with the young Frenchman Renelleau (Fabien Frankel). Sobhraj cons Renelleau into working for him by taking away his passport and drugging him to make Renelleau believe he has dysentery. Renelleau begins to suspect foul play when visitors to Kanit House start getting sick and disappearing, and he confides in Gires (Mathilde Warnier) and her husband, Remi (Grégoire Isvarine), who help him escape.

In reality, Gires helped three of Sobhraj’s captives flee Bangkok, not just Renelleau. “There were two other people in that apartment at the same time,” Testar says. “We were never able to contact them or track them down. There was a feeling that dramatically, they had the same thing happening to them as to Dominique, [and] it was better to give all of it to Dominique to get under his skin as a character.”

Chowdhury’s fate is left open-ended, which is factual. In the sixth episode, Sobhraj drives Chowdhury to a deserted strip of land and abandons him, although it’s unclear whether that actually happened. Chowdhury was last seen in 1976.

“We don’t know what happened to him,” Testar says. “There’s this rumor that’s been put out that Sobhraj had Ajay killed, which I think is absolutely not true. It’s a useful fact and it plays into the mythology of the story, but another associate of Sobhraj from Bangkok, a German guy, disproved it. After Sobhraj and Leclerc had been arrested in India, several months after he was in prison, this guy had a visit at his home in Germany and phone calls from Ajay. It would be pretty difficult for him to have been killed by Sobhraj when Sobhraj was already in prison. What happened to him is a complete mystery.”

Yes, Sobhraj really did keep a pet monkey

Many of the small details in “The Serpent” are based on interviews with Gires and Renelleau, who both lived in Kanit House. Viewers in the U.K. were horrified when a monkey is poisoned in Episode 3, for instance, but the creators based that on real events: Sobhraj and Leclerc’s pet monkey, Coco, got his hands on the medicine Sobhraj was using to debilitate Renelleau and dropped dead.

“The events that take place are so outlandish and then you find out that it actually happened,” Warlow says. “I got so many people saying to me ‘What, the monkey? Really? He drank the poison? Really?’ And yes, that was 100% as it happened.”

“That was something Dominique told us,” Testar adds. “He was so sad that he’d accidentally poisoned it. It sounded like a horrible life for the monkey. There was something we decided not to include, because it would just be too terrible, but apparently, the monkey was not house trained, so he wore diapers. That’s one of those extraordinary details that feels like ‘That’s too far. People won’t believe that.’”

Sobhraj got a life sentence after years of fame

Captured in New Delhi after he drugged the members of a student tour group, Sobhraj eventually went to prison in India, serving time from 1976 to 1997. After his release, he returned to Paris and lived as something of a celebrity. He gave several prominent interviews, including to an ABC news team, and at one point, director William Friedkin signed on to direct a movie about Sobhraj starring Benicio del Toro. Then, for some reason, Sobhraj returned to Nepal, where there was an outstanding warrant for his arrest in the killings of Laurent Carrière and Connie Jo Bronzich (played by Benjamin Braz and Dasha Nekrasova, respectively).

“I wouldn’t say he gave himself up, but he publicized his arrival,” Testar says. “He made it very clear that he was there. He went to the casinos and was photographed. But why is one of the great mysteries of the story, and it’s one we don’t try to explain.”

Sobhraj claimed that he returned to negotiate an arms deal between the Taliban and the CIA, but it’s been speculated that his hubris was so great that he thought the warrant had expired along with the one in Thailand. It’s also possible that he craved the spotlight at any cost. Whatever the reason, Sobhraj was arrested in Kathmandu on the day of Knippenberg’s retirement — a detail left out of the final episode.

“When Herman got the news that Sobhraj had been arrested in Nepal in 2003, he was having a [cocktail], because it was the first day of his retirement,” Warlow says. “From a dramatist[’s] point of view, that’s the sort of thing that if I wrote that I’d hate myself for it. It’s so on the nose. But really, what’s been the story of his life came calling for him on the day he’d given it all up.”

He adds, “Herman was the reason I wanted to do this. You’ve got two diametrically opposed men who were born within months of each other, who never met each other, but had this revolutionary effect on each other’s life. One was this mercurial ‘70s lizard king and the other one was a square, to use the vernacular of the time. I was very interested in the square bringing down the hip king. There’s a version of this show where you’re just watching Charles pulling incredibly evil s— time and again for hours. I never wanted to tell that story. I was always looking to see the process by which he was caught.”

Voir aussi:

The chilling return of the hippie serpent
The man alleged to have murdered 14 backpackers is selling the movie rights
Rian Malan
The Independent
07 June 1997

This is a tale of two men, 14 unsolved murders and a lawsuit which might shed light on a string of crimes that defined, along with the killings at Altamont and Charlie Manson’s psychopathic rampages, the dark side of the hippie era. One of the actors, Charles Sobhraj, 53, is coming to London this week to consult solicitors with regard to potential libel proceedings. The other, the counter-culture guru Richard Neville, has just left Britain for Australia to rejoin his worried wife at their remote mountain home, and yes, to avoid running into Sobhraj on the media party circuit of which he is determined to become a habitue.

Sobhraj is « The Serpent, » the supernaturally charming con man who remains the chief suspect in a series of sensational 1970s murders. Imprisoned in India since 1977, Sobhraj resurfaced eight weeks ago in Paris, where he has been regaling the press, negotiating deals, and ducking questions arising from Neville’s 1979 biography, The Life and Crimes of Charles Sobhraj, which names him as the perpetrator of at least seven killings.

The Serpent has never been convicted of murder, and all that stands between him and the literary respectability he seems to crave is a confession allegedly made to Neville in Delhi two decades ago. Since his release, Sobhraj has cast doubt on the Australian’s credibility. Now Neville has revealed that he was carrying a recorder at the critical moments, and that what he claims are the tapes have turned up in his garden shed, miraculously still audible after 20 years of exposure to « hail, rain and bushfires ». Their contents, if authentic, make uneasy listening for the accused serial killer.

The son of a Vietnamese shopgirl and an Indian businessman, Sobhraj was born in Saigon and raised in France by a mother described as neglectful and abusive. An incorrigible juvenile delinquent, he claimed to see crime as retribution for the suffering imperialists were inflicting on his war-torn homeland, a line that won the heart of his first wife, a Sorbonne student. They married and set off for India in 1970, a charmed young couple on what turned out to be a long crime spree.

At the time, throngs of long-hairs were moving down the hippie trail that led from India to Kathmandu and the Buddhist paradises of South-East Asia, searching for cheap drugs and enlightenment. A man of acute intellect, addicted to danger, martial arts and French existential philosophy, Sobhraj seems to have felt a sort of aesthetic disgust for these spoiled white youngsters and began to prey on their gullibility. Using strategies gleaned from manuals of psychology, he would befriend hippies, entertain them for a day or two, and then drug them and steal their travellers’ cheques and passports. By his own account, he carried out at least 100 such bushwhackings in the early Seventies before moving on to greater things.

In 1975, Sobhraj was living in a mansion by Bangkok’s red light district, posing as a gem dealer. He and his Canadian girlfriend, Marie-Andre Le Clerc, maintained a perpetual open house, often entertaining young Europeans and Americans from a nearby backpacker’s hotel. Everyone who met the slender, intense Eurasian agreed that his capacity for friendship was his deadliest weapon. In October 1975, he used it on Teresa Knowlton, 21, a « wild » young American who had trekked east to study Buddhism. Mesmerised, Knowlton accepted an invitation to visit a resort outside the city. Her bikini-clad corpse was found in the surf the next morning. She had been drugged and drowned. Two days later, Sobhraj’s girlfriend cashed her travellers’ cheques. The authorities failed to put two and two together.

A few weeks later, a second visitor to Sobhraj’s house – a young Turkish dopehead – turned up in an alley, murdered and burned almost beyond recognition. Shortly thereafter, a Dutch couple met a similar fate. At this point, the Thai police developed an interest in Sobhraj, and he and Marie-Andre fled to Nepal, where two more hippies were murdered during their stay. By January 1976, the death toll was approaching double figures, and Sobhraj was on the run from police in at least three countries.

As « the most wanted man in Asia », Sobhraj had to move fast, and change identity often. For that, he needed passports – plenty of them, especially after a hippie turned the tables on him and stole those he had. Desperate now, he befriended an entire busload of tourists and slipped them all Mickey Finns at Delhi’s Vikram Hotel, passing the drugs off as anti-dysentery medication. The victims were supposed to pass out quietly. Instead, they started vomiting in the foyer and making accusations. Sobhraj was arrested and thrown into Tihar, India’s toughest maximum security prison, which is where he met Richard Neville in 1977.

At the time, Neville was best known as a defendant in the celebrated Oz obscenity trial, which involved, inter alia, the publication of a cartoon of Rupert Bear with an erection in Neville’s underground magazine. The trial became a cause celebre for London’s hippies and elevated Neville to the pantheon of counter-culture heroes. Acquitted in triumph, he wandered off to New York, and thence India, with a contract in his pocket to do a Sobhraj book. He cut his hair to allay the suspicions of the Indian police, but he remained an apostle of dope, free love and the alternative lifestyle –  » not very different », as he quipped in a Hampstead cafe the other day, « from the people Sobhraj murdered ».

It was possibly for this reason – « I clearly wasn’t an authority figure » – that Sobhraj came to confide in him. In the early weeks of their acquaintance, talk was devoted to tales of Sobhraj’s swashbuckling jewellery heists and ingenious confidence tricks, followed by daring escapes from maximum security prisons. On the subject of murder, however, Sobhraj was infuriatingly vague. By now, he’d been acquitted of murder in India, but Thailand had requested his extradition on five murder warrants, and investigations were proceeding in Nepal and elsewhere. And then, according to Neville, one day, out of the blue, Sobhraj turned to the young Australian and said: « I have taken a decision to tell you how I cleaned Teresa. » He proceeded to describe in « chilling detail » how the young American had met her end.

In the ensuing weeks, he says, there were more confessions, regarding six additional cases. As Neville reads it, Sobhraj felt he had little to lose. Sentenced to 10 years for the mass drugging at the Vikram Hotel, he was safe for the moment from extradition to Thailand, and besides, « he probably felt he could break out whenever he pleased ».

The Life and Crimes of Charles Sobhraj was published in 1979, and life moved on. In Tihar prison, The Serpent devoted himself to meditation and the writing of his memoirs. Neville returned to Australia, married his co-author Julie Clark, fathered two daughters and became an « alternative futures consultant ».

Two months ago, he received a call from a journalist. « Sobhraj is out of jail, » she said, « and he’s impugning your integrity. » The Serpent was refusing to confess to any crimes other than the few he’d been convicted of, and insisted that he had no knowledge of Teresa Knowlton, the American washed up dead on a Thai beach in 1975. « I never killed her, » Sobhraj said. « I never met her. » If true, this made Neville a liar.

ENRAGED, Neville went down to the garden shed, where he located his tapes in a dusty suitcase. And there it was: a voice he claims is Sobhraj’s, talking about how he’d invited Teresa to accompany him to a beach outside Bangkok, giving her drugged coffee.The tape runs: « She said: ‘Did you give me something, because I feel very funny?’ I said: ‘I’m sorry, Teresa, I must tell you that I think I have to do something bad to you.’ She said: ‘Are you going to beat me up?’ And I said: ‘No, something better’. » When she lost consciousness, Teresa was stripped, put into a bikini, and « taken for a swim » by an accomplice. On the tape, « Sobhraj » chuckles: « I hope this stuff won’t hang me one day. »

Two decades later, Charles Sobhraj answered his phone on a balcony overlooking the Champs-Elysee. « I’m at a party, » he informed the caller. Asked about the Neville tapes, he insisted that nothing on them could be construed as a murder confession. « I’m going to affect that fellow, » he said. « That’s why I’m coming to London – because Neville has to be dealt with under Anglo-Saxon law. My lawyers say we have a very good case. »

He preferred to talk about his forthcoming biography, a prison memoir in the style of Jean Genet. The first seven months of his imprisonment were spent in leg-irons. « I did meditation, » he says, « and the result was, I realised I had to control the environment. » He gathered evidence of corruption by a senior prison official and used it to blackmail the man into granting special privileges – luxury food, cellphones, and an office in which to conduct sexual liaisons with his many groupies. « I ran that prison, » Sobhraj boasts. Independent sources confirm that he was nicknamed « Sir Charles » by disgruntled warders, who staged a violent protest over the way he was lording it over them.

Such setbacks notwithstanding, Sobhraj was still in a position, when extradition to Thailand became an ominous possibility, to pull off what Neville considers the greatest feat of his criminal career. He threw a party for his warders, drugged the food, and walked to freedom. After a few weeks, he allowed himself to be recaptured. The upshot was an extension of sentence exactly long enough to allow Thailand’s statute of limitations to expire. And so it was that when India released him, there were no more charges for him to face. « This is a story about getting away with murder, » says Neville. « He’s found a way out. That’s life, I suppose. »

Two months on, things are looking good for the ex-convict. Film directors are falling over themselves to secure movie rights to his story, among them Yves Renier and Oliver Stone. Robert de Niro has been mooted for the lead. The manuscript of his memoirs is in agents’ hands. Offers are being considered.

Voir également:

The ‘bikini-killer’ linked to murders throughout AsiaCharles Sobhraj has a reputation as Asia’s premier serial killer. Yet, until Thursday, he had never been convicted for murder, even though he has been accused of more than 20 killings in India, Thailand, Nepal, Turkey and Iran.
BBC news
12 August, 2004

His knack for deceptive disguises, coupled with his tendency to target young women earned him the nickname, « The Serpent, » or the « Bikini Killer. »

Sobhraj, 60, is also believed to have escaped from prisons in Afghanistan, Greece, Iran and India.

So extraordinary has been his life of crime that after being released from jail in India – where he served a 20 year sentence for poisoning a busload of French tourists – the film and book rights were reportedly sold to a French actor-producer for $15m.

The deal strengthened perceptions among his critics that he has never been properly brought to book for his crimes.

Terrifying prediction

Throughout his criminal career, Sobhraj either escaped from jail or bribed the authorities to treat him preferentially while in prison.

Charles Sobhraj was born in Japanese occupied Saigon in April 1944 to an unwed Vietnamese shop girl and an India merchant who denied paternity. His birthplace made him eligible for French citizenship.

India deported Sobhraj in 1997 after he had spent 21 years in jail
Rejection by his father was an act which caused considerable resentment and bitterness in the young Sobhraj: « I will make you regret that you have missed your father’s duty, » he confided in his diary.

It was a prediction that would become terrifyingly true.

The subject of at least two in-depth biographies as one of the world’s most notorious alleged serial killers, alongside Jeffrey Dahmer and Harold Shipman, Sobhraj is said to have begun his life of crime by travelling around Asia in 1963.

Audacious escape

His tactic, say his critics, was always the same. To take advantage of the nascent global drug culture to befriend young French or English-speaking tourists and then to murder them.

Between 1972 to 1982, Sobhraj has been implicated in more than 20 killings in which the victims were drugged, strangled, beaten or burned.

His capacity for violence, critics say, is matched only by his ability to escape from prison.

In 1971, he escaped from jail in India by feigning appendicitis and making his getaway from hospital.

He was re-arrested in 1976, but 10 years later made an even more audacious escape: this time by throwing a birthday party in which guards and prisoners alike were invited.

Grapes and biscuits handed around the guests were secretly injected with sleeping pills, knocking out everyone except Sobhraj and four other escapees.

Indian newspapers reported that they were so haughty about their getaway that they even photographed themselves walking through the prison gates onto the Delhi streets.

(As long as I can talk to people, I can manipulate them Charles Sobhraj speaking in Richard Neville’s biography)

As a fugitive, Sobhraj is reported to have behaved more like a holidaying student than a desperate prisoner prepared to stop at nothing to evade justice. He openly drank in bars and showed off an Italian made pistol to fellow drinkers.

Needless to say, it was not long before he was re-arrested. But, it is alleged, there was a method in his madness.

Critics say that he deliberately escaped towards the end of his 10 year jail term in order to be re-captured and face new charges for his escape.

That way he could avoid extradition to Thailand where he was wanted for five murders and would almost certainly be given the death penalty.

By the time of his release in 1997, the 20 year time-frame for him to be tried in Bangkok had lapsed.

But the authorities caught up with him again several years later.

In 2003, he was arrested in a Kathmandu casino for allegedly travelling on a false passport and for murders of an a Canadian man and an American woman which he allegedly carried out 28 years ago.

As in the other cases registered against him, Sobhraj denied the charges.

But this time, police said they had a « suitcase full » of evidence against him.

And the judge agreed, despite Sobhraj’s appeal that he had been convicted without proof or witnesses.

Voir de même:

Le Serpent sur Netflix : le tueur incarné par Tahar Rahim décrypté par une psychocriminologue
Emilie Semiramoth
Allo ciné
15 avr. 2021

Psychocriminologue et co-autrice avec Florent Gatherias du livre « Psychologues du crime » aux éditions Fayard, Emma Oliveira nous dresse le profil de Charles Sobhraj tel qu’il est interprété par Tahar Rahim dans Le Serpent.

Lancée le 2 avril dernier sur Netflix, la mini-série Le Serpent avec Tahar Rahim dans le rôle principal ne cesse d’exercer une forme de fascination auprès du public. Tirée d’une histoire vraie, cette histoire pourrait sembler invraisemblable tant il est facile pour Charles Sobhraj – un escroc devenu tueur en série – d’appâter et de piéger ses victimes.

Pour mieux comprendre les mécanismes psychologiques de ce personnage complexe, AlloCiné s’est entretenu avec Emma Oliveira, psychocriminologue, qui a vu l’intégralité de la sérIe.

AlloCiné : Ce qui est surprenant au premier abord, c’est la facilité avec laquelle Charles Sobhraj parvient à piéger ses victimes. Quel profil dressez-vous du personnage tel qu’il est représenté dans la série ?

Emma Oliveira : Le personnage, c’est typiquement le type de profil qu’on va retrouver chez les gourous de secte par exemple. Il a une sorte de don oratoire qui facilite le contact avec les gens. C’est aussi une histoire de couple ce type d’emprise : il faut ce gourou avec cette capacité d’approcher l’autre, mais ça ne marcherait pas avec n’importe qui. Ce sont souvent des gens vulnérables. Comme dans les sectes. Parce que ce sont des gens qui sont en quête d’identité, de rencontres…

Et la facilité pour lui c’est de prendre des backpackers. Ça existe toujours aujourd’hui d’ailleurs. J’ai eu l’occasion d’en rencontrer il n’y a pas longtemps en voyage au Cambodge, et ce qu’il ressort à chaque fois dans le discours, c’est une quête de sens et d’identité.

C’est ce qu’on retrouve chez les adeptes de sectes, quel que soit l’âge ou le niveau social. C’est à un moment donné, un besoin de comprendre la vie, pourquoi, qui on est… Et je pense que ce type de personnage arrive à les manipuler à travers cette quête. Après, le personnage ne les garde pas longtemps, juste assez pour les droguer et les dépouiller.

Pourtant on se dit qu’au contraire il incarne tout ce qu’ils auraient dû fuir… Un négociant en pierres, qui organise des fêtes…?

Ça les rattache à ce qu’ils connaissent. Pour eux, c’est à la limite plus facile de faire confiance à un occidental. Je ne sais pas vraiment comment ça se passait dans les années 1970 mais quand on voyage, on est toujours un peu en garde. Là, vous rencontrez quelqu’un qui vous rappelle chez vous et qui en joue dans la série. Ça permet une sorte de jeu d’identification entre la victime et l’agresseur.

Dans la série, on ne le voit pas comme un tueur en série « classique » dans le sens où il ne prend pas de plaisir à ôter la vie. Quelle est votre analyse ?

En effet, ce n’est pas la mise à mort qui lui plaît. C’est ce que l’on nomme dans le métier un « meurtre utilitaire ». C’est ce qui va permettre de couvrir un autre crime, en l’occurrence celui de les voler et de les dépouiller.

Michel Fourniret, par exemple, avait fini par faire ça. Au début, c’était un violeur et il a fini par commettre des meurtres utilitaires : ce qu’il voulait, c’était violer et pas tuer ; mais on tue pour ne pas risquer d’avoir des plaintes et d’être recherché.

Mais il y a cette facilité de se dire que ces gens sont à 20 000 km de chez eux. A l’époque, il n’y avait pas de téléphone portable, pas d’internet. On ne connaissait pas toujours son itinéraire et on donnait des nouvelles une fois par mois. Aujourd’hui, ça serait moins facile.

Ce qui ressort dans la série, c’est qu’il y a une vraie haine de ce que représentent ces jeunes-là. Ces jeunes, finalement, qu’il aurait aimé être. Il est né d’une bonne famille mais il aurait aimé naître occidental, avoir l’apparence d’un occidental pour être accepté.

Il dit souvent qu’il est rejeté par la société à cause de son métissage…

Oui, cet argument, c’est son mobile. Son mobile conscient en tous cas pour passer à l’acte. Pour les voler et les tuer. De toute manière, il y a un côté très psychopathe chez lui dans le sens où la vie de l’autre n’a pas de valeur à ses yeux. Donc pourquoi pas les supprimer ? Les laisser en vie, ça lui fait prendre des risques.

Son comportement reste difficile à comprendre notamment lorsqu’il donne une interview après être sorti de prison et ensuite lorsqu’il retourne au Népal. C’est une forme de provocation ?

C’est ce qu’on retrouve chez les psychopathes qui sont tueurs en série. C’est un sentiment de toute-puissance. Aux Etats-Unis plus souvent que chez nous, beaucoup se sont amusés à jouer avec la police. Ce que fait Fourniret encore aujourd’hui avec Estelle Mouzin, c’est un besoin de contrôler l’autre. C’est avec ça qu’ils jouissent.

Jusqu’à aller se jeter dans la gueule du loup ?

Oui, c’est ce qu’ont fait plusieurs tueurs en série, persuadés de ne pas être pris et d’être plus forts. C’est pour montrer cette toute-puissance que certains ont acquise vis-à-vis de la police, de l’Etat et de la société. Etant sûrs d’être imprenables. Sobhraj, en plus, s’était évadé plusieurs fois donc il est possible qu’il se soit dit : « Même si je me fais arrêter, j’arriverais peut-être à nouveau à m’évader… » C’est une hypothèse. Seul un entretien avec lui pourrait permettre d’éclairer ses motivations. Mais je pense en tous cas que c’est guidé par ce sentiment de toute puissance et d’être inarrêtable.

Propos recueillis par Emilie Semiramoth, le 15 avril 2021.

Voir de plus:

Entre Me Vergès et le commissaire Moulin.Yves Rénier compte tourner un film sur la vie du «Serpent».
Franck Johannes
Libération
8 avril 1997

Les autorités françaises ne sont visiblement pas ravies de voir débarquer Sobhraj ce matin en France, surtout lorsque celui qui l’attend à l’aéroport est Me Jacques Vergès. L’avocat a expliqué que son client «était français et que, lorsqu’il était en prison en Inde, c’est bien le consulat de France qui s’occupait de lui. Donc, il bénéficiait d’une présomption de nationalité française». Charles Sobhraj a cependant dû batailler ferme pour obtenir un laissez-passer, et il devra ensuite demander un certificat de nationalité. Sûr de débarquer en homme libre, «le Serpent» pourrait cependant entrer par la petite porte, laissent entendre les autorités judiciaires. Me Vergès affirme que, s’il était placé dans un centre de rétention, il ne manquerait pas de protester contre cette «atteinte à la liberté». «La légende lui prête mille forfaits, sourit Me Vergès, mais, à supposer qu’il les ait commis, ils datent de plus de vingt ans, et sont donc prescrits.» Sous bénéfice «d’ultimes vérifications», Sobhraj n’est pas poursuivi en France. André Berthol, député RPR de Moselle, le regrette et assure avoir tout fait pour «faire échec à ce retour triomphant. La prescription efface les crimes, pas la douleur des familles». Le député était très proche de la famille Salomon, dont le fils Luc a traversé en Inde la route de Sobhraj. Le jeune homme de 28 ans est mort «d’empoisonnement» en 1976 après avoir partagé, selon des témoins, un poulet au curry avec Sobhraj, acquitté pour ce crime.

Quelqu’un d’autre, un peu gêné par tout ce tapage, attend Sobhraj depuis un moment: Yves Rénier, l’indispensable commissaire Moulin, qui se verrait bien faire un film sur la vie du Serpent. «C’est une très vieille idée, explique le réalisateur, j’aurais pu le rencontrer dans les années 70 quand j’allais là-bas, à Goa. J’étais même tombé sur un Belge qui est l’un des rares à avoir roulé Sobhraj.» Rénier est allé à deux reprises interroger le détenu à Delhi et n’espérait plus le voir en France. «Au moment où je laissais tomber, Sobhraj m’a appelé.» Rénier entend faire une fiction, mais «pas un film provocateur: je me mets à la place des Salomon, qui ont du mal à admettre que Sobhraj puisse gagner de l’argent avec le récit de ses crimes. Mais c’est l’époque qui est ainsi faite.» André Berthol qui aimerait bien changer l’époque, a travaillé à une proposition de loi pour confisquer ce type de revenus pour les victimes. «Sobhraj a quand même une vie peu commune, souligne Yves Rénier, il est à la fois attirant et repoussant. Intelligent. Manipulateur. C’est un joueur d’échecs».

Voir encore:

Charles Sobhraj, le tueur de touristes
Ce Français de 68 ans, actuellement emprisonné au Népal, a été accusé d’avoir détroussé, et parfois tué, des routards en Asie, dans les années 1970. Portrait d’un homme qui a (presque) toujours su soigner son image et passer entre les mailles du filet.
Jacques Expert et Philippe Broussard
L’Express
16/08/2012

D’abord, un surnom : « le Serpent ». Une appellation reptilienne qui dit à la fois l’art de la fuite et de la séduction, de l’esquive et du poison. Oui, c’est un peu tout cela, Charles Gurmukh Sobhraj : un visage fin, des lunettes de sage, une capacité glaçante à tromper son monde, en particulier les gardiens de prison. Ceux de New Delhi (Inde), où il passa autrefois plus de deux décennies, se souviennent qu’il fut leur prisonnier vedette. Ceux de Katmandou (Népal), où il purge actuellement une peine de vingt années de réclusion, savent qu’avec lui l’histoire n’est jamais vraiment terminée…

« Tant que je peux parler aux gens, je peux les manipuler »

Pour la reconstituer, il faut se méfier d’un écueil : la légende. Dans les archives, les faits, les dates, les noms varient d’une source à l’autre. Avec une certitude, tout de même : c’est à Saigon, l’actuelle Hô Chi Minh-Ville (Vietnam), que tout a commencé. Sobhraj y est né en avril 1944, d’un père indien et d’une mère vietnamienne. Trois ans plus tard, à la séparation du couple, l’enfant reste un temps avec son père à Saigon. Mais celui-ci s’en occupe si peu que sa mère, remariée avec un militaire français, décide de le faire venir en France, pays dont il aura par la suite la nationalité. Mais ce rapprochement n’empêche pas le jeune Charles de connaître une adolescence chaotique de petit délinquant. Premiers larcins, premières condamnations. Dans les années suivantes, il épouse une Française prénommée Chantal et cherche, semble-t-il, à mener une vie « normale ». Las, il multiplie les combines (vol, falsification de chèques…) et décide bientôt de s’exiler en Inde avec sa femme. Intelligent, rusé, parlant plusieurs langues, il se lance dans le trafic de voitures volées. Il lui arrive aussi de s’attaquer à des hippies en quête de paradis artificiels et de liberté. Sa méthode ? Séduire, droguer, détrousser.

En 1971, il monte un « casse » plus ambitieux. En se présentant comme un directeur de casino, il approche une danseuse du ventre dont la chambre d’hôtel, à New Delhi, est située au-dessus d’une bijouterie. Accompagné d’un complice, Sobhraj la séquestre puis perce un trou dans le plancher afin de s’emparer de diamants. Les deux hommes seront arrêtés, peu après, à Bombay. Mais le Français ne restera pas longtemps en détention : après avoir drogué les gardiens, il s’évade et fuit à l’étranger (Afghanistan, Grèce…). Un parcours jalonné d’autres arrestations, et d’autres évasions.

Alors que Chantal finit par le quitter, le voilà en Inde, où il rencontre, en 1975, une jeune Canadienne, Marie-Andrée Leclerc. Ensemble, ils sillonnent l’Asie, s’adonnant au trafic d’héroïne et de pierres précieuses. C’est aussi cette année-là, en Thaïlande, que leur destin bascule. Sobhraj, qui se trouve alors à Pattaya avec Marie-Andrée et un ami indien, se lie avec une touriste américaine de 18 ans dont le corps sans vie sera retrouvé sur la plage, revêtu d’un bikini. A la même époque, d’autres routards sont assassinés en Thaïlande, selon un scénario parfois identique. La presse affuble le mystérieux tueur du surnom de « Bikini Killer ». Pour effacer les traces de ces crimes, il lui arrive de brûler les cadavres.

Pour franchir le frontières, Sobhraj et ses amis utilisent des passeports dérobés à des touristes. Ils retournent à Katmandou, sans savoir que la justice népalaise a enquêté, elle aussi, sur le meurtre d’un couple en décembre 1975. Arrêtés et assignés à résidence, les suspects parviennent à s’échapper. Vers l’Inde, cette fois, où trois autres personnes apparaissent dans leur sillage : un Français, une Anglaise, une Australienne. Le groupe ainsi constitué écume cette région du monde, détroussant d’autres routards. En juillet 1976, ils sont finalement interpellés à New Delhi, après avoir tenté d’empoisonner à la strychnine (?) un groupe d’étudiants français. Etrangement, Sobhraj ne sera jugé que pour tentative de vol et s’en tirera avec douze ans de prison. L’autre Français de la bande est relaxé, l’Anglaise et l’Australienne sont condamnées à six ans de détention. Marie-Andrée, elle, écope de six ans. Par la suite, elle pourra rentrer au Canada, où elle mourra d’un cancer. Sobhraj est à son aise à Tihar, la prison centrale de New Delhi. Il soudoie ses geôliers afin d’obtenir de l’alcool, des livres, parfois même des femmes… Soucieux de son image, il reçoit des journalistes. Certains, sous le charme, le qualifieront de « séduisant ». A son biographe Richard Neville, il confie : « Tant que je peux parler aux gens, je peux les manipuler. » A propos des crimes dont il est accusé, la même explication revient souvent : les victimes étaient des rivaux dans le trafic d’héroïne.

Le Serpent sait que cet épisode indien ne durera qu’un temps. Un autre pays le réclame : la Thaïlande, où il encourt la peine de mort pour l’affaire de Pattaya, en 1975. En connaisseur du droit indien, il orchestre alors une étonnante évasion en 1986 : lors de sa fête d’anniversaire, il offre aux surveillants des bonbons – ou des pâtisseries ou du raisin, les versions divergent – bourrés de somnifères, et s’éclipse déguisé en policier ! Cette cavale sera de courte durée, il s’en doute, il le souhaite. Arrêté à Goa, il est condamné à dix ans de prison supplémentaires. Sa manoeuvre a réussi : entre-temps, la demande d’extradition de la Thaïlande a expiré. Lorsqu’il est libéré, le 17 février 1997, après vingt et un ans passés à Tihar, c’est du côté de Paris, et non de Bangkok, que son sort fait débat : la France, son « pays », rechigne à l’accueillir.

Il a enrôlé un avocat sulfureux, Me Jacques Vergès

En attendant d’être fixé sur son sort, Charles Sobhraj conteste la façon dont la presse le dépeint. Interrogé par Le Monde, il lance : « Ceux qui me décrivent comme le criminel le plus diabolique du siècle ne savent pas de quoi ils parlent. Est-ce que j’ai la tête d’un tueur ? » Au total, il est tout de même soupçonné d’avoir commis au moins une douzaine de meurtres en Asie…

En avril 1997, c’est en star du crime, narguant la justice et les familles des victimes, que le Serpent débarque à Paris. Prévoyant, il a enrôlé un avocat sulfureux, Me Jacques Vergès, ainsi qu’un agent chargé de négocier ses interviews et les droits d’adaptation à l’écran de sa vie. Six ans plus tard, en 2003, il commet tout de même une erreur : retourner au Népal. Reconnu par un journaliste, il est arrêté dans le casino d’un hôtel de Katmandou. Pourquoi avoir pris un tel risque ? Certains médias assurent qu’il avait divers projets, commerciaux et humanitaires, dans ce pays. D’autres évoquent un voyage lié au tournage d’un film. Toujours est-il que Sobhraj doit répondre du double assassinat commis dans ce pays en décembre 1975. Il a beau clamer son innocence, le verdict tombe : vingt ans.

A bientôt 70 ans, le Serpent n’est plus le saute-frontières d’autrefois, mais il continue de séduire. En 2008, il a épousé en prison la fille de son avocate, une « jeunesse » de 22 ans. Aux dernières nouvelles, un film à gros budget reste à l’étude en Inde…

Jacques Expert et Philippe Broussard
Voir aussi:

Charles Sobhraj, serial killer ou beau parleur ?
Parmi les serial killers de légende, on trouve un Français, Charles Sobhraj. Incarcéré au Népal, il affirme être innocent. Portrait d’un séducteur.
De notre correspondante à New Delhi, Vanessa Dougnac
Le Point
15/01/2012

L’hésitation est possible. Sans la masse des uniformes bleus des forces de l’ordre, il serait difficile de considérer que ce chemin boueux, à l’écart d’une artère bondée de Katmandou, mène à l’entrée de la prison centrale du Népal. La vétusté carcérale du sous-continent indien n’a certes plus rien à prouver. « Nom du prisonnier ? » demandent les policiers en formant un barrage devant le guichet des visiteurs. « Charles Sobhraj », le nom du détenu convoité, provoque quelques secondes de silence. « Permission spéciale, prisonnier VIP ! » lance un policier. « Très célèbre », renchérit un autre.

La « célébrité » du Français Charles Sobhraj, il est vrai, a traversé les décennies et les continents. Elle est née en Asie sur les routes des hippies pour échouer jusqu’à ce matin d’hiver dans une prison humide de Katmandou. Entre-temps, l’homme est devenu une légende. Surnommé « Le Serpent » pour ses époustouflants talents d’esquive, Charles Sobhraj est perçu comme l’un des grands assassins de l’histoire récente. D’entrée de jeu, l’encyclopédie en ligne Wikipedia le présente en « serial killer ». Les articles de presse, les films documentaires ou les livres qui retracent sa vie évoquent, non sans une surenchère morbide, un tueur en série machiavélique. Car la légende le sacre en auteur impuni d’au moins douze meurtres commis dans les années soixante-dix : des touristes occidentaux auraient été drogués et détroussés de sa main avant d’être assassinés et même, dans un cas, brûlé vivant à l’essence.

Première incarcération à 19 ans

Tel un scénario de roman noir, la vie de Charles Sobhraj est hors du commun. Sa jeunesse est celle d’un enfant né à Saigon en 1944 de père indien et de mère vietnamienne. Négligé par son père, le garçon vagabonde dans un Saigon violenté par la guerre. Sa mère, qui l’a abandonné pour vivre en France avec un nouvel époux militaire, revient le chercher en 1953, et tente de lui prodiguer une éducation stricte à Paris. Trop tard. À 19 ans, Sobhraj, condamné pour vol de voiture, tâte déjà de la prison à Poissy.

L’histoire reprend quand il s’installe à Bombay en 1970 avec sa femme, Chantal Compagnon, qui donne naissance à leur fille. Sobhraj semble se plaire en Asie. Il multiplie périples, contrebande et trafic de pierres précieuses. Bientôt, il excelle dans sa future spécialité : le vol d’argent et de passeports auprès des touristes étrangers. Son mode opératoire sera immuable. Il se lie d’amitié avec de jeunes routards occidentaux et des hippies en quête d’un nirvana aux parfums de drogue. Il leur prodigue des conseils, leur fait miroiter de « bons plans ». Il est sympathique et inspire la confiance. Les conversations se poursuivent autour d’un verre. L’occasion, pour Sobhraj, de droguer discrètement ses proies. Il les raccompagne alors dans leur chambre et passe leurs affaires au peigne fin.

Bikini Killer

L’escroc s’enhardit au point d’oser un cambriolage assez périlleux. Se présentant en directeur de casino, il séduit une danseuse américaine qui séjourne à l’hôtel Ashoka de Delhi. Il se fait inviter dans sa chambre, qui se situe au-dessus d’une bijouterie…, et perce un trou dans le sol. La police est vite à ses trousses et le « gentleman cambrioleur » doit abandonner son butin. Il est arrêté et s’évade en simulant une crise d’appendicite. Puis il cumule de nouveaux voyages, de la Turquie au Pakistan, de nouvelles arrestations, et de nouvelles évasions, à Kaboul en 1973 et en Grèce en 1975. Entre-temps, face au cycle infernal des délits, sa femme le quitte pour rentrer en France.

C’est alors que s’ouvrirait le chapitre de la violence. De retour en Inde, le bandit séducteur se serait mué en un redoutable tueur en série. Il s’entoure de disciples : Marie-Andrée Leclerc, sa maîtresse canadienne, et l’Indien Ajay Chowdhury, son homme de main. Le trio s’installe à Bangkok. Tout en se lançant dans le trafic d’héroïne, Sobhraj continue celui de pierres précieuses et détrousse les touristes. Mais à la fin de l’année 1975, des cadavres surgissent au rythme effréné des vols.

La liste est lugubre : l’Américaine Teresa Knowlton, à peine majeure, retrouvée morte et brûlée à Pattaya, et la jeune Jennie Bollivar, noyée et abandonnée en maillot sur la plage. Un couple de Hollandais, la Française Anne-Marie Parry, le Turc Vitali Hakim, puis son amie française retrouvée, elle aussi, noyée en simple maillot. Les cadavres de la plage de Pattaya vaudront à Sobhraj le surnom de « Bikini Killer ». Les passeports de plusieurs disparus seront retrouvés dans le coffre-fort de la maison de Bangkok. Fin décembre, le trio se serait rendu à Katmandou et aurait rencontré un couple dont les corps sont plus tard découverts calcinés. Après un bref retour en Thaïlande, la trace de Sobhraj est mentionnée de Goa à Hong Kong, dans de brutales péripéties qui alternent soupçons d’assassinats, cavales, nouveaux acolytes et vols de touristes drogués. L’un d’entre eux, le Français Luc Solomon succombe aux sédatifs. En juillet 1976, quand une vingtaine de touristes français sont pris de crises diarrhéiques dans le hall d’un hôtel de Delhi, Sobhraj est maîtrisé et arrêté. Il avait eu la main trop lourde sur le dosage des poisons.

Manipulation

Les tribunaux indiens ne jugeront pas Sobhraj coupable de meurtre. Pour vols et évasions, il va néanmoins purger 21 années dans la prison de Tihar, à New Delhi. Son charisme et ses combines ont raison de ses gardiens qui l’appellent « Monsieur Charles ». Il gagne même l’amitié des autres prisonniers. « Tant que je peux parler aux gens, je peux les manipuler », a-t-il déclaré à l’époque à son biographe Richard Neville. Et son audace n’est pas ébranlée. En 1986, sachant qu’il est sur le point d’être libéré et extradé vers la Thaïlande où se profile la peine de mort, Sobhraj élabore un subterfuge. Le jour de son anniversaire, il offre des sucreries et des raisins empoisonnés à toute son unité carcérale. Les six gardiens endormis, il s’évade par la grande porte. Tout en prenant tranquillement des photos afin d’éterniser les procédures du procès auquel il s’expose. Il est arrêté deux semaines plus tard en train de dîner, sans se cacher, dans un bar de Goa. Il obtient donc une prolongation de peine en Inde et évite l’extradition à Bangkok. Quand il achève sa condamnation en 1997, le mandat d’arrêt a expiré. Sobhraj est libre. Il part vivre en France où il négocie sa notoriété, ses interviews et même, se flatte-t-il, des scénarios à Hollywood.

Mais son passé va le rattraper. En 2003, il commet une erreur : il revient, en toute légalité, au Népal. Dans les rues de Katmandou, un journaliste le reconnaît et s’offusque de sa présence. Sommées d’agir, les autorités l’arrêtent dans un casino pour le double meurtre de 1975. Rejetant un ultime appel, la Cour suprême de Katmandou confirmera en 2010 la condamnation à perpétuité de Sobhraj, reconnu coupable de l’assassinat au couteau en 1975 de l’Américaine Connie Jo Bronzich. « Sobhraj se voit en un super-héros criminel, a déclaré Ganesh K. C., l’officier de police qui l’a appréhendé. Je crois que c’est un psychopathe. Il ne tue pas pour l’argent, mais pour sa seule satisfaction. Il veut montrer son talent au monde entier. » Quant à l’intéressé, il nie avoir déjà mis les pieds au Népal avant son arrestation. « Je suis innocent, dit-il, je n’ai absolument rien à voir avec cette affaire. » Sa volumineuse pétition de 449 pages demandant une révision du jugement a été rejetée en décembre. Sobhraj en reste donc à une peine maximale de vingt années de prison avec un minimum de treize années, sachant qu’il en a déjà accompli huit.

Charmeur

Aujourd’hui, Charles Sobhraj a 67 ans. Du fond de sa cellule, son éternelle casquette vissée sur la tête, il n’a rien perdu de son aura. Fidèle à son grand talent, Le Serpent continue à aimanter des femmes intelligentes. Et pas des moindres : celle qui le défend – gratuitement – en France, Isabelle Coutant-Peyre, avocate connue pour ses clients radicaux ; à Katmandou, Sobhraj a hypnotisé d’amour une énième conquête : la Népalaise Nihita Biswas, 22 ans, sa traductrice. Les deux tourtereaux se sont mariés le 9 octobre 2008 lors d’une cérémonie hindoue organisée dans la prison. Dans la foulée, Sobhraj a rallié à sa cause la mère de sa jeune épouse, l’avocate Shakuntala Thapa, issue d’une vieille famille aristocratique népalaise.

Toutes le dépeignent en termes affectueux. Isabelle Coutant-Peyre le voit comme « un romantique, un aventurier, un type qui a trempé dans de sales milieux, mais qui n’a rien d’un tueur en série. » Shakuntala Thapa, sa combative avocate népalaise, parle d’un « homme généreux et amical ». Nihita retient « sa grande gentillesse, son aura, sa force et sa patience ». Toutes sont convaincues de son innocence. « Je ne pense pas qu’un homme puisse changer, explique la jolie Nihita. Celui qui est mon mari aujourd’hui ne peut pas avoir commis des crimes hier. » L’an dernier, Nihita est allée jusqu’à participer au Big Brother indien, une émission de télé-réalité, lors duquel elle a farouchement défendu son mariage. Avec une intensité qu’elle continue à revendiquer : « Notre amour est de plus en plus fort. »

« Je suis certain d’être acquitté »

Plusieurs entretiens téléphoniques avec Sobhraj, faute de permission de visite, révèlent un homme courtois et agréable. Le Serpent n’a pas changé de peau. L’homme est posé, la conversation facile. Il discute de ses projets de livre, de son cas judiciaire et de sa famille. Glisse quelques « secrets », dont « il ne faut pas parler ». Distille les informations. Alterne le personnel et le professionnel. Surtout, il montre une véritable énergie pour organiser et maîtriser sa situation. Dans sa cellule, il passe des heures à écrire et à travailler sur ses ressorts judiciaires. Sobhraj semble habité par l’évidence que le dernier acte de sa vie ne peut se jouer dans une sordide prison népalaise. « Je suis certain, nous écrit-il, que je serai acquitté. »

Et de fait, les pièces présentées au procès accumulent les irrégularités dans la procédure et les délais. « Des photocopies, et non des documents originaux, ont servi de preuves », souligne Me Shakuntala Thapa, qui dénonce « la corruption du système népalais ». Me Isabelle Coutant-Peyre s’insurge face à un « dossier entièrement falsifié au moyen de fausses fiches d’hôtel et de témoignages inventés ». D’après l’avocate, « on fait payer à Sobhraj sa réputation ». Au-delà, elle accuse les autorités françaises de « discriminer » son client : « La France attend simplement qu’il meure dans les geôles népalaises. » Et du côté de l’ambassade de France à Katmandou, le sort de Sobhraj semble susciter l’agacement. « C’est du réchauffé, cette histoire ! » juge le service consulaire averti de notre enquête, avant de grommeler qu’il a « déjà assez à faire avec les problèmes des touristes français ».

Vantardise

Pourtant, Sobhraj fera peut-être encore parler de lui. Car Isabelle Coutant-Peyre a saisi le Comité des droits de l’homme des Nations unies et a déposé une plainte contre l’État du Népal. Le 27 juillet 2010, le Comité a fait droit à cette plainte en relevant un procès inéquitable et des violations de droits à l’égard de Sobhraj. L’affaire pourrait avoir des suites, bien que le Népal ne semble pas vraiment disposé à « réparer ses torts ».

S’il est innocent, Sobhraj aura activement creusé sa propre tombe. Non sans vantardise, il a toujours joué l’ambiguïté sur ses exploits criminels. Et puis, bien qu’il le réfute, il y a eu le fameux témoignage de Richard Neville, auteur de La vie et les crimes de Charles Sobhraj, publié en 1979. L’écrivain fait état des « aveux » de Sobhraj qui lui aurait narré les meurtres, détails sordides à l’appui. Bien sûr, la « légende Sobhraj » a pu aussi s’emballer et exagérer ses méfaits en lui mettant sur le dos tous les cadavres de toxicomanes de l’Asie des années hippies. Car le portrait du Serpent dépasse la réalité. Décrit par la presse anglophone des années quatre-vingt comme un « expert en karaté aux petits yeux perçants » ou un « félin glacial aux yeux énormes »… Dans les livres ou les articles consacrés à sa vie, les dates, les victimes, les noms, les lieux, les détails ne sont jamais les mêmes. Le roi de la manipulation et du mensonge a su brouiller les pistes et fabriquer sa légende, mais il s’y est perdu lui-même.

Voir également:

Sobhraj in India
Charles Sobhraj hated India, but the country got to him in the end
Ahead of the movie ‘Main Aur Charles’, which revisits the criminal’s jailbreak from Tihar in the 1980s, a look at his escapades.
Nandini Ramnath
Scroll.in
Oct 27, 2015

An international man of mystery of Indian extraction is a rarity. But if India has not rushed to embrace Charles Sobhraj as one of its own, it is with good reason. The half-Sindhi and half-Vietnamese criminal despised his Indian heritage, and used the country as one massive crime scene. India was where his father had relatives and maintained one of two households, where Charles Sobhraj first arrived to spend time with an extended family he had never met before, where he committed fraud, robbery and murder, and where he was arrested and sentenced for lengthy periods.

Sobhraj’s exploits include several audacious jailbreaks, one of which is the basis of the upcoming movie Main Aur Charles. Written and directed by Prawaal Raman, the October 30 release stars Randeep Hooda as the man who walked out of Tihar Jail in 1986 and then engineered his re-arrest to buy himself more jail time. Sobhraj wanted to remain in an Indian prison to avoid being extradited to Thailand, where he faced a possible death rap for a series of brutal murders committed in the mid-1970s, and he manipulated the Indian judicial system with the same ease with which he twisted the confidence of countless family members, victims and girlfriends over the course of two decades.

Sobhraj is now 71, and has been serving time in a Nepalese prison since 2003 for murders committed there during the ’70s.

In 1975, after escaping from a Greek prison,  Sobhraj boarded a plane to India for only his second extended trip to the country. But his feelings about the subcontinent, as reported by Richard Neville and Julie Clarke in the book Charles Sobhraj,  weren’t exactly positive: “How he hated India, except as a land of easy pickings, and although its blood flowed through his veins, he rarely acknowledged it.”

Charles Sobhraj is based on extensive interviews conducted with the frequent felon in Tihar Jail in 1977, when he was on trial for a failed attempt to rob a French tour group. Although Sobhraj later disowned the book – he is a man who likes to be in charge of his mythos – Neville and Clarke had no doubt about his culpability. “I had come to Delhi with some vague theory of Charles as a child of colonialism revenging himself on the counter-culture,” Neville, a prominent figure of the Australian counter-culture himself and the co-editor of the magazine Oz, writes in the epilogue. “Instead, I was dazzled by a brilliant psychopath.”

Raman clarified that Main Aur Charles is not a biopic but “an account of a chargesheet”. The movie is set in the ’70s and ’80s, and also stars Richa Chadha as a lawyer who is drawn by Sobhraj’s animal magnetism. “The movie is about a jail break and the subsequent police investigation,” said Raman, who has previously directed Gayab and 404. “The basic idea is to do justice to the determination of people involved in the case. It is a fictionalised account, which is why I didn’t need to seek permission to make the film.”

Sobhraj first came to notice in the ’70s after a series of murders of American and European tourists in Bangkok that were pinned on him and his collaborators. Even while Neville and Clarke were interviewing Sobhraj in Delhi in 1977, American journalist Thomas Thompson was researching Serpentine, an exhaustive account of the crook’s life and crimes. Serpentine ends with Sobhraj’s conviction by the Supreme Court of India on August 8, 1978, on charges of culpable homicide and robbery. The subject outlived the author: Thompson died from a liver disease in 1982, which his family believes he contracted during his research on Serpentine.

Sobhraj also inspired the mini-series Shadow of the Cobra, starring Art Malik and made in 1989 for Australian television. Sobhraj might have appeared in the movies himself if he hadn’t been occupied with drugging tourists and relieving them of their possessions and passports. Thompson describes a moment from 1971, when Sobhraj was in Mumbai’s Colaba tourist district, casing out various hospitality establishments.

“Once Charles had been asked by a director to be an extra in a crowd scene that required foreign faces, and although he did not have the time at that moment, the idea of becoming a film star someday was tucked in one corner of his head,” Thompson writes.

There are traces of Sobhraj in the half-Indian and half-Chinese character played by Danny Denzongpa in Mahesh Bhatt’s 1979 Lahu Ke Do Rang. (If a movie on Sobhraj had been made in those years, Denzongpa would have a shoo-in for the role). Two decades later, Sriram Raghavan was among the filmmakers keen on bringing aspects of Sobhraj’s life to the screen, and he started preliminary research on the subject.

“He is a fascinating character with an Indian connection,” Raghavan said. “The screenplay never got written, and I don’t know how I would have tackled the subject.” Elements of the smuggler’s persona crept into Saif Ali Khan’s character in Raghavan’s 2004 thriller Ek Hasina Thi, especially Sobhraj’s widely acknowledged charm, which allowed him to “befriend a cabbie as easily as a big shot”, the filmmaker added.

In the early 2000s, the Mumbai production company SBI Impresario, set up by Sorab Irani, set out to make a biopic based on Sobhraj’s memoir, The Aftermath. The movie was called Bottomline. Jackie Shroff was to have played the criminal, who had been spending time in London after serving out his prison sentence in India, and British author Farrukh Dhondy was to have written the screenplay.

In a blog published in 2013, Sorab Irani’s daughter, filmmaker Oorvazi Irani, details their colourful encounter with the criminal in 2002, adding that “the film is “still under production and not yet made”. In 2007, Dhondy published a novel based on Sobhraj’s crimes, titled The Bikini Murders.

Saigon to France to India

As anyone who has followed his story well knows, Sobhraj’s life is difficult to summarise in a single movie. He was born on April 6, 1944, during World War II in Saigon, in the territory then known as French Indochina. He was christened Gurmukh, a name his Vietnamese mother Song found hard to pronounce. He was the illegitimate son of a short-lived union between Song, variously described as a shop assistant and bar hostess, and Hotchand Bhawnani Sobhraj, also variously described as a humble tailor (by Thompson) and a moneylender and successful owner of two tailoring shops (by Neville and Clarke).

“The little boy was called Gurmukh, an Indian name that Mr Sobhraj had come up with, although the child had no official identity,” Thompson writes. “Wartime records had been poorly kept, and aside from an entry in a hospital record, the baby did not exist in the eyes of the transitional government.”

Unwanted by his father, Sobhraj was taken to France by Song when she married a French soldier. His official name was Hotchand Bhawnani Gurmukh Sobhraj, and his new moniker emerged in the country that eventually granted him citizenship, perhaps because the precocious boy delighted in mimicking the actor and filmmaker Charles Chaplin. In 1959, when he was 15, his name was entered in church records as Charles Gurmukh Sobhraj.

Before he could become a French citizen, Sobhraj had to face his Indian heritage. On his mother’s request, Hotchand sent Charles to his family home near Pune for a few months in 1961. The idea was to spend enough time in India to qualify for citizenship, but Sobhraj hated his relatives, the food, and the climate, and he eventually escaped to Saigon as a stowaway on a ship. He was sent back to India by his father in 1962, but was not allowed to disembark because he did not have the proper papers.

Sent back to his mother in Marseilles and granted a temporary visa, Sobhraj embarked on a series of petty crimes that nearly got him kicked out of his adopted homeland. He was finally declared a French citizen by 1970 through his mother since she was a natural-born citizen of a former French colony. However, Sobhraj’s destiny lay in the country he had so strenuously rejected. According to Thompson, the French consul official who granted Sobhraj his citizenship declared, “This man, someday he will meet his fate in India.”

That year, Sobhraj travelled again to India with his wife, Chantal. She gave birth to their daughter, Madhu, in a hospital in Mumbai. Sobhraj “moved easily into Bombay’s international colony”, Thompson writes. Among his friends were the associate director of the Alliance Francaise, who offered the silken-tongued émigré and his family an apartment at a discounted rate.

Sobhraj described himself as a businessman, but his trade was selling used and stolen cars to the city’s elite who, for all their wealth, have never shied away from a good bargain. “Charles’ popularity among the Bombay affluent was confirmed when he demonstrated his ability to procure shiny and apparently new Alfa Romeos, BMWs, Maseratis and Mercedes,” Neville and Clarke write. Sobhraj’s poor opinion about Indians was cemented during this phase, according to the authors. “They were so passive and dishonest at the same time… Charles was proud and ambitious and the only thing he liked about Bombay was the Taj Mahal Hotel, that symbol of wealthy, aristocracy and power,” they write.

Crime Scene India

Between 1971 and 1978, according to his confession and Thompson’s investigation, Sobhraj committed a series of crimes in various countries, including a failed attempt to rob an emporium at Hotel Ashok in Delhi in 1971. Upon being caught, he faked an appendix problem (an appendectomy was performed on him nevertheless) and, with Chantal’s help, managed to escape from the hospital. Serpentine documents Sobhraj’s frantic cross-border movements over the next few years – he fetched up in Kabul, Istanbul, and Athens, and slipped out of prisons upon arrest. By mid-1975, Sobhraj was back in India, posing as Alain Gautier, a photographer with the Paris-Match magazine, and winning the confidence of tourists whom he would later rob.

Sobhraj’s modus operandi included seducing women who became pliant and loyal accomplices. “He was a women’s fantasy of one moment of adventure – and danger,” his half-brother Andre told Thompson. Among Sobhraj’s most devoted lovers was Marie-Andree Leclerc, a Canadian who was accused of helping him commit several dastardly crimes, including at least five murders in Bangkok in 1975. She was around when he unsuccessfully drugged several French tourists at Hotel Vikram in Delhi in July 1976. They were arrested and lodged at Tihar, from where he staged his sensational jailbreak.

Sobhraj thrived on the permissive mores of the ’70s, and many of his victims were hippies and backpackers who were unable to see beyond his smooth sales pitch, said Julie Clarke, the co-author of Charles Sobhraj, in an email interview. “The fact that young unsophisticated Westerners were suddenly travelling in Asia in great numbers, and had a hippie culture of trusting everyone, provided such an easy target for him,” Clarke said. “The cultural use of marijuana had everyone a bit too relaxed.”

Perhaps it is not so surprising after all that Indian filmmakers have balked from bringing Sobhraj’s misadventures to the screen, even though the ’70s saw a spate of anti-hero movies across languages. The Hindi film industry in particular delighted in packing the screen with gamblers, spies, thieves, con-men, smugglers, molls and drug dealers. Yet, the morality of the characters remained black and white: heroes were misguided or pretending to be so, heroines lost their waywardness once they fell in love, and villains remained unrepentant and got their comeuppance.

Sobhraj doesn’t quite fit into this neat matrix. However, present-day popular cinema, which is more interested in psychological realism, is perhaps the best placed to examine his complex personality.

“My view is that he is a classic psychopath; we are looking at a mental illness,” Julie Clarke said. “He is not a hero in any sense. He fascinates those who are gullible (which is a human condition as most of us don’t come across psychopaths in the normal course of life.)”

Real versus reel

Raman’s Main Aur Charles will contrast the outlaw’s actions with those of the upright police officers who go after him. Nandu Madhav plays Madhukar Zende, the Mumbai police officer who arrested Sobhraj in Goa after his jailbreak. Zende had been staking out various establishments in Goa, and he famously walked up to Sobhraj at a restaurant in Porvorim, grabbed his arm and said, “Hello Charles, how are you?”

One of the key characters in this episode is Amod Kanth, who was Deputy Commissioner of Police in Delhi when Sobhraj made his escape. Kanth, who has retired from the police force and runs the non-governmental organisation Prayas, is portrayed by Adil Hussain in Main Aur Charles.

Kanth has been a part of several high-profile investigations, including the assassination of former prime minister Rajiv Gandhi, the Jessica Lall murder, and the BMW hit and run killing. “In the canvas of my experience, Sobhraj stands out as a character, and not in a good sense,” Kanth said. “He was in my custody for over a month, and I interrogated him. I would never allow him to sit on a chair and made him sit on the floor.”

Sobhraj’s mesmerising hold over men and women has been well documented. “He always parades his masculinity as if he were afraid it would go away,” a former girlfriend told Thompson. But Kanth remains unimpressed. “His character is slimy, and there is nothing charismatic about him, whatever his admirers might feel,” Kanth said. “He is a restless and fundamentally devious character.”

Which makes him ripe screenplay fodder. Prawaal Raman emphasised that while Main Aur Charles does not glorify Sobhraj, the filmmaker is not sitting in judgment on him either. “When there is a fight between good and evil, the battle is more interesting than who wins,” Raman said. “The movie is about an enigmatic man, a very focused cop, and their basic confrontation. I have taken a bird’s eye view.”

Voir de même:

La nébuleuse affaire Marie-Andrée Leclerc
La Québécoise Marie-Andrée Leclerc a été déclarée coupable du meurtre et du vol de touristes en Asie avec son compagnon de voyage Charles Sobhraj.
Radio-Canada
Apr 13 2021| Mis à jour le 13 avril 2021

La récente minisérie The Serpent raconte l’histoire du tueur en série français Charles Sobhraj et de sa compagne, la Québécoise Marie-Andrée Leclerc. Était-elle victime ou meurtrière? Retour en archives sur une affaire tout aussi scabreuse qu’énigmatique.

À la fin des années 70, l’affaire Marie-Andrée Leclerc a fait couler beaucoup d’encre. Comment une secrétaire médicale de Lévis est-elle devenue la femme la plus recherchée d’Asie?

Pendant un périple d’un an, de 1975 à 1976, la Québécoise aurait participé aux meurtres de plusieurs touristes européens et nord-américains en Asie.

En août 1976, elle est arrêtée et incarcérée à la prison de Tihar, en Inde. Elle devra y demeurer plusieurs années en attente de son procès. Ses conditions de détention lui attirent une certaine sympathie.

Marie-Andrée Leclerc nie être une meurtrière et prétend plutôt avoir été sous l’emprise de Charles Sobhraj, un criminel indo-vietnamien avec qui elle voyageait.

Six ans plus tard, elle sera inculpée et condamnée à la prison à perpétuité avec son complice.

Elle aurait aidé Charles Sobhraj à droguer des voyageurs naïfs pour leur dérober argent et passeports, puis s’en débarrasser.

Ce reportage du journaliste Yves Désautels au Téléjournal du 24 juillet 1983 est présenté lors de son retour au pays.

Partie pour un voyage en Inde qui ne devait durer que quelques mois, la voici huit ans plus tard, épuisée, devant se déplacer en chaise roulante, meurtrie physiquement et moralement, mais visiblement heureuse d’être de retour au pays.

Une citation de :Yves Désautels

La jeune femme étant atteinte d’un cancer, la Cour suprême indienne l’autorise à revenir temporairement au Canada afin de se faire soigner.

Son retour lui donne l’occasion de publier un livre sur son histoire qui compte cependant plusieurs zones d’ombres.

Le témoignage de Marie-Andrée Leclerc

Moins d’un an plus tard, le 20 avril 1984, Marie-Andrée Leclerc meurt à Québec des suites d’un cancer de l’utérus.

Le reportage du journaliste Jacques Plante au Téléjournal montre quelques extraits d’une entrevue qu’elle a accordée à Radio-Canada lors de la publication de son livre.

On y découvre une femme charmante, toute délicate et en apparence sereine. Cela pourrait expliquer pourquoi plusieurs Québécois l’ont crue innocente jusqu’au dernier moment.

La Lévisienne prétendra jusqu’à sa mort qu’elle ne savait rien des activités meurtrières de Charles Sobhraj, disant plutôt avoir été sa victime. Il lui aurait dérobé tout son argent et aurait fait en sorte que son passeport soit inutilisable. Elle était à sa merci, écrit-elle dans son livre.

Elle affirmera également ne pas avoir été amoureuse de son compagnon, qui se disait négociant en pierres précieuses.

Pourtant, elle va le rejoindre en Asie quelques mois à peine après l’avoir rencontré en 1975 lors d’un premier voyage en Inde. Son journal intime, obtenu par les autorités thaïlandaises, exprime également le contraire.

L’enquête de la journaliste Huguette Laprise

Outre le livre Je reviens…, publié aux Éditions Stanké en 1983, L’Affaire Marie-Andrée Leclerc d’Huguette Laprise permet un certain éclairage sur cette histoire.

Envoyée spéciale du quotidien La Presse, la journaliste s’est rendue à trois reprises en Asie pour couvrir l’affaire Marie-Andrée Leclerc. Elle met en doute l’innocence complète de la Québécoise.

À l’émission Le Point Médias du 5 novembre 1993, la journaliste Madeleine Poulin s’entretient longuement avec Huguette Laprise.

Elle explique être allée à la rencontre de Marie-André Leclerc en Inde à la suite du mandat d’arrestation international d’Interpol.

« Je suis vraiment partie avec cette idée d’aller aider une Québécoise qui est mal prise », raconte-t-elle.

Mais au cours de son enquête, la journaliste découvre un dossier très chargé et documenté. Les faits et les témoignages qu’elle recueille au Népal, à Hong Kong et en Thaïlande sont accablants.

On ne peut pas être dans un appartement et qu’il y ait des gens qui sont enchaînés dans notre appartement sans les voir!

Une citation de :La journaliste Huguette Laprise

Lorsque la journaliste la visite en prison, Marie-Andrée Leclerc parle comme une petite fille naïve, se disant en bien mauvaise posture et appelant à l’aide.

Huguette Laprise croise également Charles Sobhraj au palais de justice. Un personnage qu’elle décrit comme antipathique qui a tout d’un psychopathe et auquel Marie-Andrée Leclerc semble encore très attachée.

Marie-Andrée Leclerc était très certainement sous le charme de Charles Sobhraj, mais sous son emprise, sans voir tout ce qu’il tramait? Tous les éléments d’information colligés par la journaliste Huguette Laprise vont dans le sens contraire.

« Après toutes ces années-là, ce que je peux dire, c’est que cette fille a eu un destin très très triste, abominable », conclut la journaliste de La Presse.

Voir de plus:

23 avril 2021C’est petit, le Québec, quand même. Au milieu des années 60, le comédien Marcel Lebœuf, originaire de Lévis, se faisait garder par Marie-Andrée Leclerc. Oui, oui. La Marie-Andrée Leclerc, alias la belle Monique, que le monde entier a redécouverte depuis la mise en ligne de la minisérie Le Serpent sur Netflix, au début du mois.

La famille Lebœuf vivait alors rue Fraser, tandis que les Leclerc vivaient à côté, rue Déziel, près du Collège de Lévis.

« Elle m’a gardé de 8 à 11 ans. Elle avait alors 17 ou 18 ans. Je la trouvais donc belle. Je pense que j’étais amoureux d’elle », se souvient Marcel Lebœuf.

Encore mieux, maintenant : la fille de Marcel Lebœuf, l’actrice Laurence Lebœuf, a passé deux auditions, en décembre 2018, pour décrocher le rôle de Marie-Andrée Leclerc dans Le Serpent. C’est le genre d’histoire qui ne s’invente pas.

À Montréal, Laurence Lebœuf a enregistré trois scènes, dont celle où l’empoisonneuse Marie-Andrée/Monique entre dans la chambre des deux touristes néerlandais drogués. La vidéo a ensuite été transmise à la société Mammoth Screen, qui a produit Le Serpent pour la BBC et Netflix.

Les producteurs l’ont rappelée pour un deuxième bout d’essai, mais Laurence Lebœuf n’a pas obtenu le rôle, qui a été attribué à Jenna Coleman (Doctor Who), incapable de parler français, comme la minisérie nous le prouve pendant huit épisodes d’une heure. Ce qui est affreusement gênant pour une émission avec un tel budget et un souci maniaque du détail historique.

« C’est frustrant de voir qu’ils ont pris une Britannique pour jouer une Québécoise. Je ne peux pas y croire. Pour nous autres, ça fait mal, ça me fait un pincement pour notre représentation à la télé. Je suis certaine que la barrière de la langue a empêché Jenna Coleman d’être à son meilleur. »

— Laurence Lebœuf

« Même si ce n’est pas moi qui l’ai obtenu, j’aurais vu une Evelyne Brochu ou une Sophie Desmarais dans ce rôle », raconte Laurence Lebœuf, après une journée de tournage de la télésérie Transplant de CTV, à Montréal.

Encore pire, selon Laurence Lebœuf, et je partage son avis à 100 % : la scène où Marie-Andrée Leclerc appelle sa mère, Marie-Paule, à Lévis, à la fin de la série. Les deux Québécoises pure laine se parlent alors dans un français incompréhensible même pour des téléspectateurs francophones. Il faut ajouter les sous-titres pour décoder leur échange. « Avec les budgets qu’ils ont, c’est tellement frustrant de voir ça », soupire Laurence Lebœuf.

Comme Laurence Lebœuf avait déjà passé des auditions pour d’autres séries de la BBC, elle se trouvait dans le circuit pour briguer des rôles prestigieux comme celui de Marie-Andrée Leclerc, cette secrétaire médicale de Lévis qui a fait les manchettes, au milieu des années 70, après avoir accompagné le psychopathe Charles Sobhraj dans une cavale meurtrière en Thaïlande, au Népal et en Inde.

Catherine St-Laurent, qui campe Noélie St-Hilaire dans District 31, a également soumis une vidéo d’audition pour jouer Marie-Andrée Leclerc dans Le Serpent. Elle non plus n’a pas été retenue.

Avec le succès qu’elles remportent dans des téléséries internationales (Mary Kills People, Hannibal, Letterkenny ou Revenge), pourquoi aucune actrice d’ici n’a été considérée pour Le Serpent ? La société de production de la minisérie, Mammoth Screen, dont le siège est à Londres, n’a pas répondu à ma demande d’entrevue.

Vérification faite, ni Karine Vanasse ni Caroline Dhavernas, ni Magalie Lépine-Blondeau, toutes des actrices bilingues qui ont brillé à l’étranger, n’ont été appelées pour Le Serpent.

Cette histoire de langue n’est pas un détail anecdotique ni du chauvinisme mal placé. C’est un enjeu de crédibilité pour une série qui n’a pourtant pas lésiné sur les moyens pour reconstruire les années 70 en Asie du Sud-Est et à Paris.

En entrevue avec le magazine Entertainment Weekly, l’actrice Jenna Coleman a révélé avoir appris ses répliques de façon phonétique, avec l’aide d’un coach vocal. La comédienne n’a eu que « trois ou quatre semaines pour maîtriser » notre langue. C’est un échec cuisant, n’ayons pas peur des mots. « Sais toune étchèque kwuizan », dirait sans doute Monique dans Le Serpent.

Quarante-cinq ans plus tard, l’histoire abracadabrante de Marie-Andrée Leclerc, digne d’un polar de John le Carré, fascine toujours autant. Comment la secrétaire du réputé chirurgien orthopédiste Georges-Albert Daigle de Lévis, une jeune femme de 29 ans très pieuse, a-t-elle pu succomber au charme d’un tueur en série comme Charles Sobhraj ?

En 1983, le journaliste de la station radiophonique CJRP de Québec Jean-Luc Vachon a publié un livre intitulé Marie-Andrée Leclerc – Victime, aventurière ou meurtrière ?

Avec l’aide du père capucin Alain Picard, établi à Varanasi, c’est lui qui a ramené Marie-Andrée Leclerc de New Delhi à l’aéroport de Québec, en juillet 1983. Emprisonnée en Inde, Marie-Andrée Leclerc avait alors obtenu une permission spéciale pour rentrer au pays et soigner un cancer.

Les comptes rendus de l’époque parlent à la fois d’un cancer de l’utérus et d’un cancer des ovaires. Il semble que la maladie était généralisée quand la Lévisienne a été vue par un médecin québécois.

En se rendant interviewer Marie-Andrée Leclerc en Inde, le reporter Jean-Luc Vachon, 42 ans, a contracté la malaria et en est mort en décembre 1983. Marie-Andrée Leclerc a succombé à son cancer cinq mois plus tard, en avril 1984, à l’âge de 36 ans.

« Pour mon père, je crois que Marie-Andrée a d’abord été une aventurière, puis une victime. Mais une victime qui collaborait », avance la fille de Jean-Luc Vachon, Isabelle Vachon.

Si les allers-retours dans le temps ne vous effraient pas – il y en a des dizaines et des dizaines par épisode –, The Serpent vous charmera avec ses aventures exotiques dangereuses. Tout le contraire de l’accent de Jenna Coleman, qui repousse et effraie, tel le cobra indien le plus venimeux de la planète. Envoyez des secours, ça presse.

Voir encore:

Le Serpent: si on oublie l’accent [VIDÉO]
Richard Therrien
Le Soleil
13 avril 2021

CHRONIQUE / Au Québec, Le Serpent fait surtout jaser pour l’accent québécois invraisemblable de son actrice principale, la Britannique Jenna Coleman. Mis à part cet irritant majeur, la série britannique de huit épisodes mérite qu’on s’y intéresse.

Deuxième titre le plus regardé sur Netflix au Canada mardi, Le Serpent s’inspire librement de l’histoire du tueur en série Charles Sobhraj et de celle qu’on présente comme sa complice, la Lévisienne Marie-Andrée Leclerc. Bien réelle, l’affaire hautement sordide remonte aux années 70 et avait été suivie comme un feuilleton dans les journaux.

Ce Serpent, qui porte bien son surnom, c’est un psychopathe qui se fait appeler Alain, accessoirement marchand de pierres précieuses français, qui charme ses victimes en leur faisant miroiter beaucoup d’argent, avant de les droguer, de les faire disparaître de manière atroce et de voler leur identité.

Secrétaire médicale, Marie-Andrée Leclerc a fait sa connaissance lors d’un voyage en Inde en 1975. Elle est soudainement envoûtée par ce «Alain». Dès lors, ils entretiennent une correspondance enflammée.

«Je me languis de tes caresses et de tout ce que les prochaines semaines nous réservent», lui écrit-elle dans une de ses lettres roses, avant de tout quitter pour lui. Elle accepte même de changer son prénom pour Monique dans cette vie empruntée que ce playboy veut lui offrir, une alternative rêvée à son existence banale.

Elle découvre rapidement les véritables intentions de son gourou, qui utilise toujours le même stratagème diabolique. Et elle choisit de rester malgré tout. «Marie-Andrée hurle pour que tout s’arrête mais Monique, elle, n’a pas le choix», se dit-elle à elle-même.

En parallèle, on suit l’enquête d’un diplomate hollandais en Thaïlande, Herman Knippenberg (Billy Howle), sur la disparition d’un jeune couple de touristes dans des circonstances vraiment étranges. Prise au sérieux par personne, la disparition de hippies ne suscite que rires et moqueries, jusqu’à ce que Knippenberg mette la main sur un journal intime, qui confirme ses soupçons. Le personnage est à peu près le seul vraiment attachant et sa quête pour trouver le coupable y est pour beaucoup dans l’intérêt de cette série.

Cette histoire est un film en soi. Il n’y a qu’à relire les journaux de l’époque pour comprendre à quel point le sort de Marie-Andrée Leclerc, condamnée ou défendue de part et d’autre, a fasciné la population.

Il faut souligner la qualité de la reconstitution d’époque, looks inclus, tout comme la trame musicale, qui nous sert Gainsbourg, Aznavour et Dutronc. Tahar Rahim, proclamé meilleur acteur aux César en 2010 pour son rôle dans le film Un prophète, excelle dans le rôle du Serpent. Chacune de ses apparitions donne froid dans le dos.

Bien que le suspense ne manque pas, la série abuse des sauts dans le temps, sans qu’on en sente réellement la nécessité. «Trois mois plus tard, quatre mois plus tôt…», tout ça devient parfois étourdissant.

À défaut d’engager une actrice québécoise – il n’en manque pourtant pas –, il aurait été tout simple de faire doubler les propos en français de l’actrice britannique dans un québécois potable. Mais chez Netflix, ces considérations sont secondaires; ils ont dû se dire: qui, à part les Québécois, feront la différence? On engage de vrais Français, de vrais Britanniques, de vrais Thaïlandais… mais une vraie Québécoise?

Si le doublage ne vous incommode pas, c’est pour une fois l’option la plus sage; la version française biffe le faux accent de Jenna Coleman. Reste que «Monique» de Lévis parle alors avec un accent français mais compréhensible. À vous de voir.

Revenue à Québec parce qu’elle souffrait d’un cancer incurable, Marie-Andrée Leclerc est décédée à 38 ans en 1984. Encore aujourd’hui, la véritable nature de son implication dans les meurtres de Sobhraj fait débat. Quant au Serpent, il est toujours en vie et purge une sentence à vie dans une prison népalaiseReal life Herman Knippenberg details how accurate The Serpent is to true events

Voir aussi:

Billy Howle plays the Dutch diplomat in the BBC drama
Francesca Shillcock
Hello !
February 07, 2021

The Serpent has been shocking fans in recent weeks not only due to its realistic performances but the tragic true story behind it – and now, a real life contributor to the story has opened up about the accuracies in the showHerman Knippenberg was a Dutch diplomat tasked with investigating the string of murders that were occurring across Thailand, Nepal and India in the 1970s at the hands of heinous criminal Charles Sobhraj.In the BBC drama, Herman is played by Billy Howle (MotherFatherSon, On Chesil Beach) and it seems the real Herman was impressed by his performance.

Appearing on Loose Women this week, the former diplomat, now 76, told the panel how true the life the show is. « I think that Billy Howle did a fantastic job. It was so real at times, some of the scenes I saw. »

He added: « I was gripped myself and had to make up my mind whether indeed it was as Billy Howle played it or as I had experienced it, it came dangerously close. »

Herman Knippenberg appeared on Loose Women this week

Herman, who now lives in New Zealand with his wife Vanessa after divorcing his wife Angela (portrayed in the show by Ellie Bamber), also detailed his state of mind and determination while investigating the serious crimes across Asia.

« It was absolutely imperative to stop the killings. As I have said to friends before, even if it was not in the parameters of my work, if I could make the difference I felt in that moment I could and I would. »

He continued: « It would give me the chance to extend a warning to travellers, they have to be careful because in paradise there may be the serpent lurking somewhere, » Herman told the ITV programme. It’s absolutely necessary when someone goes to other countries they are careful about meeting people. »

Voir également:

The Serpent: What happened to Herman Knippenberg? Where is Herman now?

THE SERPENT is the new true-crime series on BBC One and the BBC iPlayer. Billy Howle portrays Herman Knippenberg but what happened to Herman and where is he now?
Molli Mitchell
The Express
Jan 27, 2021

The Serpent on BBC is based on the harrowing crimes of French serial killer, Charles Sobhraj (played by Tahar Rahim). Dutch junior diplomat Herman Knippenberg (Billy Howle), found himself in a cat and mouse chase with Sobhraj, building a case against the killer throughout the 1970s with his wife Angela Knippenberg (Ellie Bamber). What happened to Herman Knippenberg and where is Herman now?

What happened to Herman Knippenberg?

Herman Knippenberg is former Dutch diplomat, who was based at the Dutch Embassy in Bangkok, Thailand in the 1970s.
The position of the third secretary at the embassy in Thailand in 1975 had been Knippenberg’s first major foreign posting at the time.
He had begun looking into the disappearance of two Dutch travellers, Henk Bintanja, 29 and Cornelia Hemker, 25, in 1976.  He soon discovered the pair were not only dead but had been murdered. Bintanja and Hemker had also been misidentified as two missing Australian backpackers.
Knippenberg, who was 31-years-old at the time, began his search for their killer, leading himself down a dark path of murder and deceit. He believed the deaths of his two Dutch came at the hands of a serial killer and he began to look into several other missing tourist cases.
Alongside his wife Angela, and the help of Belgian diplomat, Paul Siemons (Tim McInnerny), they began to delve deeper a series of murders across the Hippie Trail in the late 1970s, leading them to one man: Charles Sobhraj.
During his research, the diplomat turned detective, was led to Nadine (Mathilde Warnier) and Remi Gires (Grégoire Isvarine), the neighbours of Sobhraj who suspected he may have been a killer.
Nadine bravely went undercover for Knippenberg, collecting evidence which helped him build his case against Sobhraj.
Billy Howle who portrays the real Herman Knippenberg in The Serpent spoke to Express.co.uk and other press about taking on the role. He also revealed he spoke with Knippenberg whilst preparing for the role.
Howle said: « It’s a sort of moral question: what drives a man to do such heinous things as Charles Sobhraj has done? And interestingly, when I spoke to the real Herman, he said, ‘Who cares?’ And that was quite amazing for me to hear, and I kind of understood straight away what he meant.
« Well really no, it’s not about trying to understand what drives him  [Sobhraj] to do that, it’s about stopping it. And you know in a sense, how dare another human being do that to innocent people?
“So it’s a sort of moral outrage that drives this fastidious investigation that he takes upon himself.
« It’s so unlikely, really, a person in this position doing the job that he was doing, for this to land on his desk, I think it is the moral outrage at the reality of this, the gravity of it, that drives him forward to want to stop it.”
Sobhraj is believed to have killed over a dozen travellers on the Hippie Trail through Nepal, Thailand and India.
His known victims were Teresa Knowlton, Vitali Hakim, Stephanie Parry, Cornelia Hemker and Henricus Bitanja, Laurent Carriere, Connie Bronzick, Allen Jacobs and Jean-Luc Solomon.
Today, Charles Sobhraj, 76, is serving out a life sentence in Kathmandu prison, Nepal.

Where is Herman Knippenberg now?

Herman and Angela Knippenberg have divorced and have both remarried.
Herman, 76, lives in Wellington, New Zealand with his wife Vanessa today.
He retired in 2003, after three decades in the foreign service. Speaking with The Telegraph, Herman shared he enjoys his peaceful life of country walks, watching movies and reading.
Actor Howle noted he felt it was « enlightening » speaking to the real life Herman as he could gain more of an insight into his life in the foreign services.

Voir  par ailleurs:

The Serpent and his sidekick: New BBC series tells story of ‘bikini killer’ Charles Sobhraj starring Jenna Coleman as ‘brainwashed’ lover who helped him murder at least a dozen tourists on the 1970s hippie trail in Asia

  • Charles Sobhraj murdered at least a dozen Westerners on the 1970s hippie trail 
  • Would drug victims to rob them and trick them into trusting him with scams
  • Gained nickname bikini killer after body of first victim was found in tidal pool 
  • Marie-Andrée was Sobhraj’s girlfriend who ignored him murdering Westerners  

He was the killer who drugged and killed at least a dozen Westerners on the Hippie Trail in Asia in the 1970s.

Now, a new series revisits the crimes of serial killer Charles Sobhraj, who gained the nickname The Serpent because of his skills at deception and evasion, and will premiere tonight on BBC One.

The eight-part drama will detail his killing spree in 1975, and how his accomplice Marie-Andrée Leclerc, played by Jenna Coleman, stood by him despite full knowledge of his crimes and promiscuity.

She’s admitted it was disturbing to play girlfriend who had ‘no empathy’, and would help the killer drug and rob unsuspecting tourists to finance their lifestyle.

Here, Femail revisits the hideous crimes of ‘the bikini killer’ Sobhraj, who was eventually hunted down and sentenced to life in prison.

WHO IS CHARLES SOBRAJ?

Born to an Indian father, Hatchand Sobhraj and Vietnamese mother Tran Loan Phung, Sobhraj grew up in Saigon before his parents divorced and his father cut of all contact with the family.

He was later adopted by his mother’s new boyfriend, a French Army lieutenant stationed in French Indochina, who is thought to have neglected him in favour of his own children with Sobhraj’s mother.

As a teenager he spit his time between Indochina and France, beginning to commit petty crimes such stealing cars and robbing housewives at gunpoint. He served his first prison sentence for burglary in Paris in 1963.

In prison he met volunteer Felix d’Escogne, a wealthy young man who he would eventually move in with use to help accumulate riches through a series of burglaries and scams in high society Paris.

New role: Jenna is currently starring in BBC drama The Serpent, where she plays the 'brainwashed lover' of 'bikini killer' Charles Sobhraj, played by Tahar Rahim

Jenna Coleman has revealed her discomfort at playing the partner of bikini killer Charles Sobhraj, who had ‘no empathy’ as he carried out his horrific crime spree. Pictured, Coleman and Tahar Rahim as Marie-Andrée Leclerc and Sobraj

Jenna Coleman stars in new 1970’s BBC drama ‘The Serpent’

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After his release from prison, Sobhraj met his first love, Chantal Compagnon, a young Parisian woman from a conservative family who he too would later make complicit in his crimes.

He proposed to Compagnon but was arrested later the same day for attempting to evade police while driving a stolen vehicle. He spent eight months in prison while pregnant Chantal remained loyal to him.

From 1970 the pair travelled the world with fake documents by robbing tourists  they met on their travels and using their profits to feed Sobhraj’s gambling habit.

In 1973 he escaped prison after an unsuccessful armed robbery by fleeing to Kabul where he first started fleecing tourists on the Hippie Trail, but was soon arrested again and fled again to Iran.

Compagnon returned to Paris to escape a life of crime after being jailed in Afghanistan and giving birth to her daughter behind bars. Eventually being forced to move to the US to escape Sobhraj.

He spent the next two years on the run, using as many as ten stolen passports,  committing crime with his half brother Andre across Eastern Europe and the Middle East, before his brother was arrested and he fled once again.

WHEN DID HE MEET MARIE-ANDREE LECLERC? 

In the Spring of 1975, Sobhraj met Marie-Andrée Leclerc, a medical secretary travelling India when he acted as her guide of the country.

Sobhraj had been financing his lifestyle by posing as either a salesman or drug dealer to impress tourists, who he then drugged, robbed and often murdered.

At this point the killer was joined by Ajay Chowdhury, a young indian man who would help him scam tourists by helping them out of situations he had caused, for example providing shelter to victims he had poisoned.

Jailed: Charles Sobhraj (pictured in 2014 with Nepalese police) preyed on Western tourists visiting Asia and was known as The Serpent and The Bikini Killer

Jailed: Charles Sobhraj (pictured in 2014 with Nepalese police) preyed on Western tourists visiting Asia and was known as The Serpent and The Bikini Killer

While he claimed that murders were often accidental drug overdoses, it was later alleged by investigators that his motive for murder was silencing victims who threatened to expose him.

Three months later Leclerc flew to Bangkok to meet him after months of him seducing her with love letters – turning  blind eye to his philandering with local women.

According to The Sun, He once remarked on his gift for coercing women: ‘If you use it to make people do wrong it’s an abuse.

‘However, if you use that power to make people do right, it’s OK. Who’s to say what’s right and wrong?’

Besotted, Leclerc became intwined in Sobhraj’s vicious crime spree, and would help him drug tourists to steal their passports and money

Jenna found it disturbing to portray Marie-Andrée Leclerc, the partner of Sobhraj (Tahar Rahim) who stood by him despite full knowledge of his crimes and promiscuity.

‘It was not an easy piece to play because how can you portray someone who has no empathy?’ Coleman told the Radio Times.

WHO DID HE MURDER? 

According to Serpentine by Jennie Bollivar, the first murder took place in 1975, when he drowned a 21-year-old woman from Seattle called Teresa Knowlton.

Her body was found a tidal pool in the Gulf of Thailand a flowered bikini, inspiring the killers nickname ‘the bikini killer’.

Before her death was discovered, Marie willingly posed as Knowlton to cash in the travellers cheques she was carrying worth thousands of dollars.

His next victim was Vitali Hakim, whose burnt body was found on the road to the Pattaya resort, followed by Henk Bintanja and his fiancée Cornelia Hemker,  who had been poisoned by Sobhraj and then nursed back to health.

While they were staying with him, a visit from Hakim’s French girlfriend, Charmayne Carrou threatened to expose him, and so he strangled the pair and burned their bodies.

He murdered at least two others in Thailand before fleeing to Kolkata, where he killed student Avoni Jacob simply to obtain his passport. He later murdered Jean-Luc Solomon by poisoning him.

Sobhraj, who is now aged 76 and serving his life sentence in Nepal, had already spent 20 years in prison for a string of crimes, including murder and robbery

Sobhraj, who is now aged 76 and serving his life sentence in Nepal, had already spent 20 years in prison for a string of crimes, including murder and robbery

HOW HE WAS CAUGHT? 

 In 1976, Sobhraj attempted to drug a group of 60 French students on holiday in New Delhi in an attempt to rob them of passports and cash by giving them sleeping pills disguised as antibiotics.

But this time it backfired when the poison began working a lot faster than he expected.  When the first few students began falling where they stood, the others became alarmed and called the police.

Despite being given a 12-year jail term he lived a life of luxury thanks to bribing prisoners and guards, and has claimed he was able to have female guests to have sex while behind bars.

In The Life And Crimes Of Charles Sobhraj, authors Richard Neville and Julie Clarke claims he said: ‘I had a lot of female visitors, mainly journalists and MA students. Only intellectuals’.

True drama ‘The Serpent’ details crimes of killer Charles Sobhraj

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He was released from prison in 1997, when the 20-year arrest warrant issued by the Thai authorities had elapsed.

Dutch diplomat Herman Knippenberg helped exposed Sobhraj as a multiple killer, after the initial attempts to bring him to justice.

His hunt for the killer started in 1975 with a brief to help Thai police investigate the deaths of the two Dutch students who had been invited to Thailand after meeting Sobhraj in Hong Kong.

He launched his own investigation and gained permission to enter Sobhraj’s home, after the suspect had left for Malaysia.

There he found victims’ blood-stained documents and passports, as well as poisons and syringes.

A sighting of Sobhraj in Kathmandu in 2003 led to his arrest for the murders of two Canadians there in 1975, and at his trial the prosecution relied on evidence accumulated by Knippenberg.

Coleman undertook extensive research ahead of the role, reading Marie-Andrée's diaries of the periods before and after the murders

Coleman undertook extensive research ahead of the role, reading Marie-Andrée’s diaries of the periods before and after the murders

The former Dutch diplomat Herman Knippenberg who exposed Sobhraj will be played by British actor Billy Howell (pictured)

The former Dutch diplomat Herman Knippenberg who exposed Sobhraj will be played by British actor Billy Howell (pictured)

WHERE IS HE NOW?  

A Nepali court sentenced the notorious criminal to life imprisonment in connection with the killing of an American backpacker in 1975.

Sobhraj, who is now aged 76 and serving his sentence in Nepal, had already spent 20 years in prison for a string of crimes, including murder and robbery.

‘I am shocked,’ said Sobhraj as he walked out of the courtroom in handcuffs.

‘I have been found guilty without witnesses and evidence. Not a single witness was called,’ said Sobhraj. ‘We are going to appeal.’

His fame rose once again inside prison and he has since married 24-year-old Nihita Biswas, the daughter of his Nepali lawyer famous for his appearance on India’s equivalent to Big Brother.

Marie-Andrée Leclerc was accused of complicity in the murders, namely those of Jean-Luc Salomon and Avoni Jacob.

In 1980, she and Sobhraj were convicted of the murder of Avoni Jacob, though she has always denied involvement in the killings and was later released on the condition she remained in India.

She returned to Canada to die of cancer in 1984.

‘The Serpent’: TV Review

Tahar Rahim and Jenna Coleman star in this eight-part Netflix miniseries about serial killer Charles Sobhraj, who murdered at least a dozen people in Thailand, India and Nepal in the ’70s.
The Hollywood Reporter
April 1, 2021

For the second season of FX’s American Crime Story franchise, Tom Rob Smith used a reverse-chronological structure to trace Andrew Cunanan’s Talented Mr. Ripley-style journey from con artist with identity issues to road-tripping murderer. It was a framing device that didn’t always feel organic, but it yielded unexpected emotional rewards as the series progressed, aided tremendously by Darren Criss’ lacerating performance.

It’s impossible to know if writer Richard Warlow took inspiration from The Assassination of Gianni Versace; maybe it’s a complete coincidence that he approached the menacing tale of ’70s serial killer Charles Sobhraj as a Talented Mr. Ripley-esque saga about an identity-conflicted con man, complete with a fractured timeline. In this case, Warlow’s eight-part Netflix/BBC One drama The Serpent ends up being an infuriating blueprint for how bad storytelling choices, bad accents and an opaque central performance can thwart even the most inherently gripping of yarns.

Nicknamed the Serpent for his slithery evasiveness and the Bikini Killer because several of his victims were found in skimpy swimwear, Sobhraj (Tahar Rahim) killed at least a dozen people in Thailand, India and Nepal over a few years in the mid-’70s. Most of his victims were tourists on the so-called hippie trail and his other crimes included bank robbery, cheque fraud and passport manipulation. Using Bangkok as his central hub, Sobhraj swapped names and identifications, and he worked with cohorts, including lovely Quebecois Marie-Andree Leclerc (Jenna Coleman) and the amoral Ajay (Amesh Edireweera). With crimes straddling international jurisdictions and involving nationals from disparate countries, Sobhraj seemed uncatchable until he drew the attention of low-level Dutch diplomat Herman Knippenberg (Billy Howle) and his wife Angela (Ellie Bamber), who spent years seeking justice.

The thing that’s baffling about Warlow’s approach to the story is that the process of finding and catching Sobhraj was already immeasurably twisty. The thing Herman was trying to accomplish was already outside of his job purview and required that he work against the interests of corrupt law enforcement agencies, disinterested embassy figures each with a different agenda and victims and witnesses so prone to drug-addled meandering that it was hard to know when somebody had been murdered and when they’d just fallen off the grid in a narcotic haze. Throw in Sobhraj’s document-forging and gift for manipulation, and you could have played this game of cat-and-mouse out over four hours in deliriously entertaining fashion, complete with trippy costumes, a killer soundtrack and an eclectic cast, with no embellishment required.

The Serpent is a structural nightmare, pinballing from country to country and forward and backward in time. It isn’t incomprehensible. No, Warlow and director Tom Shankland insist on noting every shift in time and location with imagery and clattering sound effects from a retro travel destination board. The back-and-forth structure throws any sort of character development for Sobhraj and his crew out the window (ditto any sense of how their crimes evolved) and drains Herman’s burgeoning investigative skills of any suspenseful progression. I don’t doubt that distinguishing between locations in Southeast Asian countries would be somewhat difficult if they weren’t properly introduced initially, but doing it every single time and with the same sound effect had me flinching before the end of the first hour. And that was before we got introduced to scenes in Paris with both the onscreen “PARIS” chyron and then establishing shots of both the Eiffel Tower and Arc de Triomphe.

Tahar Rahim on Embodying « Evil » as Serial Killer Charles Sobhraj in Netflix’s ‘The Serpent’

There’s a looping and overlapping aspect to many of the murders as they’re depicted here — different stages of being conned, drugged and killed — and the time jumping actually reinforces a monotony to the crimes: a lot of vomiting and smothering and body dumping tied to interchangeable beardos and longhairs. Even if we eventually get to know some of the victims, we become bored with them and their fates first, and there’s no chance that was the intention. Here’s where a series at roughly half the length would have been an improvement. The sequences of writhing, sweaty tourists go from harrowing to Hostel-style foreign torture porn, and then lose meaning.

I’m not sure The Serpent needed to be couched as primarily Sobhraj’s story either. After it’s established that he’s driven by an inferiority complex that stems from being mixed race (Indian and Vietnamese) in countries that marginalize him as “brown,” Sobhraj’s psychological depths are never plumbed and Rahim’s performance is maddeningly enigmatic — sometimes effectively so, but sometimes completely lacking in the magnetic charisma other characters keep referencing and in the sociopathic humor the script hints at. There’s no question that villains whose motivations we don’t understand can be unnerving, but eight hours of not understanding left me with a “Maybe try harder?” feeling.

Rahim is surrounded by a cast of strange selections. There are moments Shankland’s camera captures Coleman silently conveying Marie-Andree’s uncertainty in ways that are effective, but any time she spoke in accented English or French I lost the ability to understand why you’d cast a British actress with no Gallic credentials in the part. Howle and Bamber are much better, and the series comes to life in the more linear middle installments. Bamber, a standout in the Shankland-directed Les Miserables miniseries, captures Angela’s frustrated contributions to the case well and, unlike Howle, her accent never makes her sound like Tom Hardy’s Bane.

After the opening episodes over-fixate on Rahim and Coleman’s characters, a good ensemble eventually develops. Mathilde Warnier as Sobhraj’s increasingly distrustful French neighbor, Tim McInnerny as a boozy Belgian diplomat and Damon Herriman as a boozy Australian diplomat became my favorites.

Shankland gets good value out of the international locations the production was able to use before COVID hit, and while I know that a lot of masked British stages were subbed in later, the look blends well. Those middle episodes where Herman forms an unlikely Scooby gang of amateur gumshoes even feature some unnerving set pieces.

Throw in those aforementioned groovy threads and a really great assortment of period needle drops and the show is constantly reminding you of how many positive attributes it would have if it could just sit still and tell its story more clearly. Or maybe it’s better for The Serpent that I’m harping on formal flaws instead of how rarely it seems to understand Sobhraj and his sidekicks, or how superficial is its empathy for their victims.

Cast: Tahar Rahim, Jenna Coleman, Billy Howle, Ellie Bamber, Amesh Edireweera, Mathilde Warnier, Tim McInnerny

Writer: Richard Warlow

Director: Tom Shankland

Premieres Friday, April 2, on Netflix.

Voir enfin:

20 Things You Didn’t Know About ‘Sympathy For The Devil’
Mark Beaumont
NME
26th November 2012

In 1968, Mick Jagger came out to his friends, parents and adoring public as an antichrist. He did it with style, declaring his Beelzebub a demon “of wealth and taste” before recounting his famous misdeeds throughout history – leading the Nazi blitzkrieg, sparking the Russian revolution, shooting JFK and getting Jesus crucified – before a backing choir of “woo-woo”ers who seemed to think all this was a right old lark. But how much do you really know about ‘Sympathy For The Devil’? Here are the song’s darkest secrets.

1. If you’re looking for any signs of a ‘Curse Of Sympathy For The Devil’, which anything in popular culture even slightly occultist is required to have, start with the Guns’N’Roses cover for the Interview With A Vampire film in 1994. Slash was so upset that Axl invited a new rhythm guitarist Paul Huge to play on the song that he quit the band, leaving G’N’R to begin a slow, 20-year slide into Shitsville.2. You might also point to the story that, during the five days of recording the song in early June 1968, a film lamp allegedly started a fire which destroyed much of the band’s equipment, but didn’t harm the tapes.

3. The song’s working title was ‘The Devil Is My Name’, which would have rather undermined the mystery of the whole thing, we suspect.

4. Jagger claims to have taken the inspiration for the idea of a song from Satan’s perspective from Baudelaire. “But I could be wrong. Sometimes when I look at my Baudelaire books, I can’t see it in there. But it was an idea I got from French writing. And I just took a couple of lines and expanded on it.”

5. Although, many of the song’s lines have direct correlations with The Master And Margarita by Russian novelist Mikhail Bulgakov, a book about Beelzebub visiting 1930s Moscow, fresh from Christ’s crucifixion. The book, which Jagger received from Marianne Faithful, includes a scene in which Satan performs a magic show, further evidence that David Blaine is the Evil That Walks Among Us.

6. At the original recording at London’s Olympic Studios, the chant of “woo-woo” started in the control room, kicked off by producer Jimmy Miller and a group including Anita Pallenburg, Marianne Faithful and a coterie of “elite film crow who’d turn up at the studio to sing along to whatever the Stones were recording that day. Producer Jimmy Miller put a mike in the control room to record them, but their takes were scrapped and re-recorded by Jagger, Richards and Miller in LA.

7. The line “who killed the Kennedys” originally went “who killed Kennedy”, but was changed when Robert Kennedy was shot and killed while the recording was underway.

8. Accepted Stones myth suggests that the band were playing ‘Sympathy For The Devil’ at the Altamont festival at the time when crazed fan Meredith Hunter was killed. Not true; it was ‘Under My Thumb’. Bad luck, scary supernatural theorists! Nonetheless, because of the public outrage at the (wrong) story, the Stones didn’t play ‘Sympathy’ live for the next seven years.

9. The Stones certainly got their fair share of controversy out of the song, though, as religious groups pointed to this track, plus the fact that their previous album was called ‘Their Satanic Majesties Request’, as proof that the band were devil worshippers. This tickled the band no end. “”Before, we were just innocent kids out for a good time,” said Richards, “[then] they’re saying, ‘They’re evil, they’re evil.’ Oh, I’m evil, really? So that makes you start thinking about evil… What is evil?… There are black magicians who think we are acting as unknown agents of Lucifer and others who think we are Lucifer. Everybody’s Lucifer.”

10. Jagger believed that the controversy around the track might have kick-started heavy metal’s Satan-bothering bent. “I thought it was a really odd thing, because it was only one song, after all. It wasn’t like it was a whole album, with lots of occult signs on the back. People seemed to embrace the image so readily, [and] it has carried all the way over into heavy metal bands today.”

11. The recording of the song was filmed by French new wave film icon Jean-Luc Godard, who was so taken by the track that he retitled the film about 1960s American sub-culture – originally called One Plus One – to Sympathy For The Devil for its 1968 producer’s cut. Perhaps Satan told him to do it?

12. The first time Charlie Watts heard the song was when Jagger turned up on his doorstep and played it, solo and acoustic, at his front door at sunset. Considering the lyrical content, Watts was a brave man indeed to let him back into the house.

13. Ahead of the likes of Brian Ferry, U2, Pearl Jam, Jane’s Addiction, Ozzy Osbourne and ‘Weird Al’ Yonkovic, the first act to cover the song was the incongruously fluffy Sandie Shaw. ‘Succubus On A String’, anybody?

14. The song started life as a folk tune in the style of Bob Dylan and was tried in six different rhythms before they settled on a dancey bongo samba. “It was all night doing it one way,” said Watts, “then another full night trying it another way, and we just could not get it right. It would never fit a regular rhythm.” Jagger attributes the power of the song to its samba rhythm which, he said, has “an undercurrent of being primitive – because it is a primitive African, South American, Afro-whatever-you-call-that rhythm. So to white people, it has a very sinister thing about it.”

15. Only two takes of ‘Sympathy’ were recorded, the first one, according to Richards, “a disaster” and the second one “perfect”. Jagger took a method acting approach to the song, taking on the role of Satan while singing. “It’s like acting in a movie,” he said, “you try to act out the scene as believably as possible, whether you believe it or not. That’s called GOOD ACTING.”

16. Jagger has claimed the song is more about the evils of mankind than the supernatural devil figure, but that doesn’t quite tie in with the appearance on TV show Rock’n’Roll Circus in 1968 when Jagger sang it topless, covered in fake devil tattoos.

17. The “troubadours who got killed before they reach Bombay” line has caused much debate amongst fans trying to work out who it could refer to, the best conclusion being hippies travelling the ‘Hippy Trail’ to India by road, many of whom would be killed or robbed by drug smugglers in Afghanistan and Pakistan. Two words – Air India.

18. Karen in Will And Grace demanded to walk down the aisle to ‘Sympathy For The Devil’ at her fourth wedding. With hilarious consequences.

19. In 1988, Slovenian industrial rockers Laibach recorded an entire album of covers of the song. Have you heard it? Then the number for the Samaritans is 08457 909090.

20. In 1998, Intel Vice President Steve McGeady quoted a verse from ‘Sympathy’ in court as part of the antitrust trial of Microsoft, allegedly referring to Microsoft as the devil. The lines he quoted were “So if you meet me have some courtesy/Have some sympathy, and some taste/Use all your well-learned politesse/Or I’ll lay your soul to waste”. Whether he did this standing on the desk, sticking his arse out, pursing his lips and clapping was unrecorded by court stenographers.


Livres: Cachez ce péché originel que je ne saurai voir ! (We’re all children and forever indebted to evil empires born in blood and maintained through oppression and war that no academic or political surgery can ever purge because we’d be defending nothing but the legacy of an older and no less brutal empire)

6 mars, 2021

Victoria Station Bombay, Chhatrapati Shivaji Terminus. India 2011 - YouTubeTaj Mahal built by traitors, says BJP 'hate speaker' - The Frontier Post

The invader (Léon-Maxime Faivre, 1884)

West Bank neighbors flock to Mt. Gerizim for Samaritan Passover sheep  slaughter | The Times of IsraelYaniv Nadav Photography | Samaritan community attend the traditional  Passover sacrifice in Mount GerizimCaïn se jeta sur son frère Abel et le tua. (…) Il bâtit ensuite une ville et il donna à cette ville le nom de son fils Hénoc. Genèse 4: 8-17
Voici, je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché. David (Psaume 51: 5)
Vous dites: Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes. Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Jésus (Matthieu 23: 30-31)
C’est un ennemi qui a fait cela. (…) Non, [ne l’arrachez pas] de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson. Jésus (Matthieu 13: 27-30)
Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis (…) afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Jésus (Matthieu 5: 43-45)
Bon, mais à part les égouts, l’éducation, le vin, l’ordre public, l’irrigation, les routes, le système d’eau courante et la santé publique, qu’est-ce que les Romains ont fait pour nous ? Life of Brian
Enlever, égorger, piller, c’est, dans leur faux langage, gouverner ; et, où ils ont fait un désert, ils disent qu’ils ont donné la paix. Calgacos (d’après Tacite, 83 après JC)
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
La révolution iranienne fut en quelque sorte la version islamique et tiers-mondiste de la contre-culture occidentale. Il serait intéressant de mettre en exergue les analogies et les ressemblances que l’on retrouve dans le discours anti-consommateur, anti-technologique et anti-moderne des dirigeants islamiques de celui que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan (Les Illusions de l’identité, 1992)
Malgré eux, les islamistes sont des Occidentaux. Même en rejetant l’Occident, ils l’acceptent. Aussi réactionnaires que soient ses intentions, l’islamisme intègre non seulement les idées de l’Occident mais aussi ses institutions. Le rêve islamiste d’effacer le mode de vie occidental de la vie musulmane est, dans ces conditions, incapable de réussir. Le système hybride qui en résulte est plus solide qu’il n’y paraît. Les adversaires de l’islam militant souvent le rejettent en le qualifiant d’effort de repli pour éviter la vie moderne et ils se consolent avec la prédiction selon laquelle il est dès lors condamné à se trouver à la traîne des avancées de la modernisation qui a eu lieu. Mais cette attente est erronée. Car l’islamisme attire précisément les musulmans qui, aux prises avec les défis de la modernité, sont confrontés à des difficultés, et sa puissance et le nombre de ses adeptes ne cessent de croître. Les tendances actuelles donnent à penser que l’islam radical restera une force pendant un certain temps encore. Daniel Pipes
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme.  René Girard
De nombreux commentateurs veulent aujourd’hui montrer que, loin d’être non violente, la Bible est vraiment pleine de violence. En un sens, ils ont raison. La représentation de la violence dans la Bible est énorme et plus vive, plus évocatrice, que dans la mythologie même grecque. (…) Il est une chose que j’apprécie dans le refus contemporain de cautionner la violence biblique, quelque chose de rafraîchissant et de stimulant, une capacité d’indignation qui, à quelques exceptions près, manque dans la recherche et l’exégèse religieuse classiques. (…) Une fois que nous nous rendons compte que nous avons à faire au même phénomène social dans la Bible que la mythologie, à savoir la foule hystérique qui ne se calmera pas tant qu’elle n’aura pas lynché une victime, nous ne pouvons manquer de prendre conscience du fait de la grande singularité biblique, même de son caractère unique. (…) Dans la mythologie, la violence collective est toujours représentée à partir du point de vue de l’agresseur et donc on n’entend jamais les victimes elles-mêmes. On ne les entend jamais se lamenter sur leur triste sort et maudire leurs persécuteurs comme ils le font dans les Psaumes. Tout est raconté du point de vue des bourreaux. (…) Pas étonnant que les mythes grecs, les épopées grecques et les tragédies grecques sont toutes sereines, harmonieuses et non perturbées. (…) Pour moi, les Psaumes racontent la même histoire de base que les mythes mais retournée, pour ainsi dire. (…) Les Psaumes d’exécration ou de malédiction sont les premiers textes dans l’histoire qui permettent aux victimes, à jamais réduites au silence dans la mythologie, d’avoir une voix qui leur soit propre. (…) Ces victimes ressentent exactement la même chose que Job. Il faut décrire le livre de Job, je crois, comme un psaume considérablement élargi de malédiction. Si Job était un mythe, nous aurions seulement le point de vue des amis. (…) La critique actuelle de la violence dans la Bible ne soupçonne pas que la violence représentée dans la Bible peut être aussi dans les évènements derrière la mythologie, bien qu’invisible parce qu’elle est non représentée. La Bible est le premier texte à représenter la victimisation du point de vue de la victime, et c’est cette représentation qui est responsable, en fin de compte, de notre propre sensibilité supérieure à la violence. Ce n’est pas le fait de notre intelligence supérieure ou de notre sensibilité. Le fait qu’aujourd’hui nous pouvons passer jugement sur ces textes pour leur violence est un mystère. Personne d’autre n’a jamais fait cela dans le passé. C’est pour des raisons bibliques, paradoxalement, que nous critiquons la Bible. (…) Alors que dans le mythe, nous apprenons le lynchage de la bouche des persécuteurs qui soutiennent qu’ils ont bien fait de lyncher leurs victimes, dans la Bible nous entendons la voix des victimes elles-mêmes qui ne voient nullement le lynchage comme une chose agréable et nous disent en des mots extrêmement violents, des mots qui reflètent une réalité violente qui est aussi à l’origine de la mythologie, mais qui restant invisible, déforme notre compréhension générale de la littérature païenne et de la mythologie. René Girard
Aujourd’hui nous pourrions vraiment faire la synthèse de l’anthropologie de la fin du XIXe et du début du XXe. Prenez James George Frazer, l’auteur du célèbre Rameau d’or: qu’est-ce qu’il n’a pas vu sur le bouc émissaire! Lorsqu’il a choisi l’expression « bouc émissaire » pour désigner toute une catégorie de victimes, il a créé ses propres catégories, qui sont un peu hésitantes parfois, mais il est toujours allé dans la bonne direction. S’il s’est vite arrêté, c’est qu’il ne voulait pas reconnaître dans son monde et en lui-même, le bouc émissaire. Aujourd’hui on repère les boucs émissaires dans l’Angleterre victorienne et on ne les repère plus dans les sociétés archaïques. C’est défendu. Frazer a vu ce que les déconstructionnistes ne voient pas. Il a vu le bouc émissaire chez les autres, il ne l’a pas vu dans l’Angleterre victorienne. On peut dire que la pensée moderne opère toujours un jeu de cache-cache pour ne pas voir la violence. Tantôt on la voit chez les autres, et pas chez soi, tantôt on la voit seulement chez soi, et pas chez les autres. Or, c’est du pareil au même. Mais le fait que nous la voyons maintenant chez nous est le signe d’une aggravation de la crise sacrificielle et donc on peut espérer qu’on va vers la vérité. La meilleure manière de démontrer la théorie du bouc émissaire, revient à mettre en rapport les hommes du XIXe siècle qui ne voyaient la présence de boucs émissaires qu’ailleurs et nous qui ne la voyons que chez nous et non ailleurs. Rassemblez les deux et vous aurez la vérité. (…) La théorie mimétique le fait parce qu’elle introduit la notion d’évolution, d’évolution historique ou de cassure. Elle est obligée d’introduire le temps pour éviter précisément le jugement moral anachronique. Si vous introduisez la notion de temps pleinement, vous n’allez pas condamner les cultures archaïques. Notre époque a raison de réhabiliter les boucs émissaires du passé! Mais nous nous croyons supérieurs à nos pères, dont nous faisons à notre tour des boucs émissaires. Nous sommes comme ces pharisiens dont parle Jésus, qui élevaient benoîtement des tombeaux à tous les prophètes que leurs pères avaient tués, pour se glorifier eux-mêmes. (…) Le Christ dénonce la répétition mimétique du passé, ce mécanisme mimétique selon lequel les fils pensent faire mieux que les pères, être indemnes de violence. Comme c’est le cas aujourd’hui. René Girard
Les gens imaginent aujourd’hui l’ancien Temple de Jérusalem comme une sorte de grande synagogue où les prêtres vêtus de robes blanches comme neige accueillaient les pieux pèlerins au son de psaumes mélodieux dans une atmosphère lourde d’encens. En réalité, cela tenait plutôt de l’abattoir et du barbecue géant. Les pèlerins n’arrivaient pas les mains vides. Ils apportaient avec eux un flot incessant de moutons, de chèvres, de poulets et d’autres animaux, qui étaient sacrifiés sur l’autel de Dieu puis cuisinés et consommés. Les psaumes chantés par le chœur étaient noyés sous les beuglements et les bêlements des veaux et des chevreaux. Les prêtres aux habits souillés de sang tranchaient la gorge des victimes, recueillaient dans des jarres le sang jaillissant et le répandaient sur l’autel. Le parfum d’encens se mêlait aux odeurs de sang coagulé et de viande rôtie, tandis que des essaims de mouches noires bourdonnaient de toutes parts(voir, par exemple, Nombres 28, Deutéronome 12 et 1, Samuel 2). Une famille juive moderne qui célèbre une fête religieuse par un barbecue sur sa pelouse est bien plus proche de l’esprit des temps bibliques qu’une famille orthodoxe qui passe son temps à étudier les Écritures dans une synagogue. Yuval Harari (Homo deus, 2015)
La gare ferroviaire Chhatrapati Shivaji de Mumbai, anciennement Victoria Station, quand la ville s’appelait Bombay. Les Britanniques la construisirent dans le style néogothique alors en vogue à la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne. Un gouvernement nationaliste hindou changea le nom de la ville et de la gare, sans être pour autant tenté de raser un bâtiment aussi magnifique alors même qu’il était l’œuvre d’oppresseurs étrangers. Yuval Noah Harari
Le Taj Mahal. Exemple de culture indienne « authentique » ou création étrangère de l’impérialisme islamique ? Yuval Noah Harari
Combien d’Indiens, de nos jours, appelleraient de leurs vœux un référendum pour se défaire de la démocratie, de l’anglais, du réseau ferroviaire, du système juridique, du cricket et du thé sous prétexte qu’ils font partie de l’héritage impérial ? Même s’ils le faisaient, le fait même d’appeler à un vote pour trancher n’illustrerait-il pas leur dette envers leurs anciens suzerains ? Même si nous devions entièrement désavouer l’héritage d’un empire brutal dans l’espoir de reconstruire ou de sauvegarder les cultures  « authentiques » d’avant, nous ne défendrions très probablement que l’héritage d’un empire plus ancien et non moins brutal. Ceux qui s’offusquent de la mutilation de la culture indienne par le Raj britannique sanctifient à leur insu l’héritage de l’Empire moghol et du sultanat conquérant de Delhi. Et qui s’efforce de sauver l’« authentique culture indienne » des influences étrangères de ces empires musulmans sanctifie l’héritage des empires gupta, kushan et maurya. Si un ultranationaliste hindou devait détruire tous les bâtiments laissés par les conquérants britanniques comme la gare centrale de Bombay, que ferait-il des constructions des conquérants musulmans comme le Taj Mahal ? Nul ne sait réellement résoudre cette épineuse question de l’héritage culturel. Quelle que soit la voie suivie, la première étape consiste à prendre acte de la complexité du dilemme et à accepter que la division simpliste du passé en braves types et en sales types ne mène à rien. À moins, bien entendu, que nous soyons prêts à admettre que nous marchons habituellement sur les brisées des sales types. Yuval Noah Harari

Cachez ce péché originel que je ne saurai voir !

Et si …

A l’heure où nous traversons à nouveau …

A l’instar de nos pogroms, chasses aux sorcières, révolutions ou génocides …

Cette fois entre déboulonnages de statues, débaptêmes de rues et mise au pilori de professeurs ou d’intellectuels …

L’une de ces périodes, dont est faite notre histoire, de folie furieuse de purification

Comment ne pas repenser …

A cet excellent texte issu de Sapiens, le best-seller mondial de l’historien israélien Yuval Noah Harari …

Où reprenant pour l’histoire humaine, l’entreprise vulgarisatrice de bref survol historique de Hawking pour l’univers …

Mais oubliant en passager clandestin typique de notre siècle …

La source de cette singulière lucidité de notre époque

Mais hélas aussi de son double non moins singulier de cécité

A savoir l’idée, proprement biblique mais aujourd’hui si décriée, de péché originel …

Comme avec la parabole évangélique de l’ivraie à ne pas arracher par peur d’arracher le bon grain avec …

Celle de la tolérance dont nous sommes aujourd’hui si fiers …

Il montre à quel point nous sommes tous les enfants à jamais redevables des méchants empires qui nous ont précédés …

Nés dans le sang et maintenus par l’oppression et la guerre …

Mais qu’aucune chirurgie académique ou politique ne pourra jamais purger …

Parce que nous ne défendrions rien d’autre que l’héritage d’un empire plus ancien et non moins brutal … ?

BRAVES TYPES ET SALES TYPES DANS L’HISTOIRE

Yuval Noah Harari

Sapiens – Une brève histoire de l’humanité

2012

Il est tentant de diviser le monde en braves types et en sales types pour classer les empires parmi les salauds de l’histoire. Après tout, la quasi-totalité de ces empires sont nés dans le sang et ont conservé le pouvoir par l’oppression et la guerre. Pourtant, la plupart des cultures actuelles reposent sur des héritages impériaux. Si les empires sont mauvais par définition, qu’est-ce que cela dit de nous ? Il est des écoles de pensée et des mouvements politiques qui voudraient purger la culture humaine de l’impérialisme, pour ne laisser qu’une civilisation qu’ils croient pure, authentique, sans la souillure du péché. Ces idéologies sont au mieux naïves ; au pire, elles servent de façade hypocrite au nationalisme et au fanatisme sommaires. Peut-être pourriez-vous plaider que, dans la myriade de cultures apparues à l’aube de l’histoire, il en était quelques-unes de pures, soustraites au péché et aux influences délétères des autres sociétés. Depuis cette aube, cependant, aucune culture ne saurait raisonnablement y prétendre ; il n’existe assurément aucune culture de ce genre sur terre. Toutes les cultures humaines sont au moins en partie héritières d’empires et de civilisations impériales, et aucune opération de chirurgie universitaire ou politique ne saurait retrancher l’héritage impérial sans tuer le patient.Songez, par exemple, à la relation ambivalente qui existe entre l’actuelle République indienne indépendante et le Raj britannique. La conquête et l’occupation britanniques coûtèrent la vie à des millions d’Indiens et se soldèrent par l’humiliation et l’exploitation de centaines de millions d’autres. Beaucoup d’Indiens adoptèrent néanmoins, avec l’ardeur de néophytes, des idées occidentales comme l’autodétermination et les droits de l’homme. Ils furent consternés de voir les Britanniques refuser d’appliquer leurs valeurs proclamées et d’accorder aux indigènes des droits égaux en tant que sujets britanniques ou l’indépendance. L’État indien moderne n’en est pas moins fils de l’Empire britannique. Certes les Britanniques tuèrent, blessèrent et persécutèrent les habitants du sous-continent, mais ils unirent également une ahurissante mosaïque de royaumes,principautés et tribus rivales, créant une conscience nationale partagée et un pays formant plus ou moins une unité politique. Ils jetèrent les bases du système judiciaire indien, créèrent une administration et construisirent un réseau ferroviaire critique pour l’intégration économique. L’Inde indépendante fit de la démocratie occidentale, dans son incarnation britannique, sa forme de gouvernement. L’anglais reste la lingua franca du sous-continent : une langue neutre qui permet de communiquer entre citoyens de langue hindi, tamoul ou malayalam. Les Indiens sont des joueurs de cricket passionnés et de grands buveurs de chai (thé) : le jeu et la boisson sont tous deux des héritages britanniques. La culture commerciale du thé n’existait pas en Inde avant que la British East India Company ne l’introduise au milieu du XIXe siècle. Ce sont les snobs de sahibs britanniques qui lancèrent la consommation de thé dans tout le sous-continent.

Combien d’Indiens, de nos jours, appelleraient de leurs vœux un référendum pour se défaire de la démocratie, de l’anglais, du réseau ferroviaire, du système juridique, du cricket et du thé sous prétexte qu’ils font partie de l’héritage impérial ? Même s’ils le faisaient, le fait même d’appeler à un vote pour trancher n’illustrerait-il pas leur dette envers leurs anciens suzerains ? Même si nous devions entièrement désavouer l’héritage d’un empire brutal dans l’espoir de reconstruire ou de sauvegarder les cultures « authentiques »d’avant, nous ne défendrions très probablement que l’héritage d’un empire plus ancien et non moins brutal. Ceux qui s’offusquent de la mutilation de la culture indienne par le Raj britannique sanctifient à leur insu l’héritage de l’Empire moghol et du sultanat conquérant de Delhi. Et qui s’efforce de sauver l’« authentique culture indienne » des influences étrangères de ces empires musulmans sanctifie l’héritage des empires gupta, kushan et maurya. Si un ultranationaliste hindou devait détruire tous les bâtiments laissés par les conquérants britanniques comme la gare centrale de Bombay, que ferait-il des constructions des conquérants musulmans comme le Taj Mahal ?

Nul ne sait réellement résoudre cette épineuse question de l’héritage culturel. Quelle que soit la voie suivie, la première étape consiste à prendre acte de la complexité du dilemme et à accepter que la division simpliste du passé en braves types et en sales types ne mène à rien. À moins, bien entendu, que nous soyons prêts à admettre que nous marchons habituellement sur les brisées des sales types.

Voir aussi:

Good Guys and Bad Guys in History

It is tempting to divide history neatly into good guys and bad guys, with all empires among the bad guys. For the vast majority of empires were founded on blood, and maintained their power through oppression and war. Yet most of today’s cultures are based on imperial legacies. If empires are by definition bad, what does that say about us?

There are schools of thought and political movements that seek to purge human culture of imperialism, leaving behind what they claim is a pure, authentic civilisation, untainted by sin. These ideologies are at best naïve; at worst they serve as disingenuous window-dressing for crude nationalism and bigotry. Perhaps you could make a case that some of the myriad cultures that emerged at the dawn of recorded history were pure, untouched by sin and unadulterated by other societies. But no culture since that dawn can reasonably make that claim, certainly no culture that exists now on earth. All human cultures are at least in part the legacy of empires and imperial civilisations, and no academic or political surgery can cut out the imperial legacies without killing the patient.

Think, for example, about the love-hate relationship between the independent Indian republic of today and the British Raj. The British conquest and occupation of India cost the lives of millions of Indians, and was responsible for the continuous humiliation and exploitation of hundreds of millions more. Yet many Indians adopted, with the zest of converts, Western ideas such as self-determination and human rights, and were dismayed when the British refused to live up to their own declared values by granting native Indians either equal rights as British subjects or independence.

Nevertheless, the modern Indian state is a child of the British Empire. The British killed, injured and persecuted the inhabitants of the subcontinent, but they also united a bewildering mosaic of warring kingdoms, principalities and tribes, creating a shared national consciousness and a country that functioned more or less as a single political unit. They laid the foundations of the Indian judicial system, created its administrative structure, and built the railroad network that was critical for economic integration. Independent India adopted Western democracy, in its British incarnation, as its form of government. English is still the subcontinent’s lingua franca, a neutral tongue that native speakers of Hindi, Tamil and Malayalam can use to communicate. Indians are passionate cricket players and chai (tea) drinkers, and both game and beverage are British legacies. Commercial tea farming did not exist in India until the mid-nineteenth century, when it was introduced by the British East India Company. It was the snobbish British sahibs who spread the custom of tea drinking throughout the subcontinent.

28. The Chhatrapati Shivaji train station in Mumbai. It began its life as Victoria Station, Bombay. The British built it in the Neo-Gothic style that was popular in late nineteenth-century Britain. A Hindu nationalist government changed the names of both city and station, but showed no appetite for razing such a magnificent building, even if it was built by foreign oppressors.

How many Indians today would want to call a vote to divest themselves of democracy, English, the railway network, the legal system, cricket and tea on the grounds that they are imperial legacies? And if they did, wouldn’t the very act of calling a vote to decide the issue demonstrate their debt to their former overlords?

29. The Taj Mahal. An example of ‘authentic’ Indian culture, or the alien creation of Muslim imperialism?

Even if we were to completely disavow the legacy of a brutal empire in the hope of reconstructing and safeguarding the ‘authentic’ cultures that preceded it, in all probability what we will be defending is nothing but the legacy of an older and no less brutal empire. Those who resent the mutilation of Indian culture by the British Raj inadvertently sanctify the legacies of the Mughal Empire and the conquering sultanate of Delhi. And whoever attempts to rescue ‘authentic Indian culture’ from the alien influences of these Muslim empires sanctifies the legacies of the Gupta Empire, the Kushan Empire and the Maurya Empire. If an extreme Hindu nationalist were to destroy all the buildings left by the British conquerors, such as Mumbai’s main train station, what about the structures left by India’s Muslim conquerors, such as the Taj Mahal?

Nobody really knows how to solve this thorny question of cultural inheritance. Whatever path we take, the first step is to acknowledge the complexity of the dilemma and to accept that simplistically dividing the past into good guys and bad guys leads nowhere. Unless, of course, we are willing to admit that we usually follow the lead of the bad guys.

Voir également:

Were we happier in the stone age?
Does modern life make us happy? We have gained much but we have lost a great deal too. Are humans better suited to a hunter-gatherer lifestyle?
Yuval Noah Harari
The Guardian
5 Sep 2014

We are far more powerful than our ancestors, but are we much happier? Historians seldom stop to ponder this question, yet ultimately, isn’t it what history is all about? Our understanding and our judgment of, say, the worldwide spread of monotheistic religion surely depends on whether we conclude that it raised or lowered global happiness levels. And if the spread of monotheism had no noticeable impact on global happiness, what difference did it make?

With the rise of individualism and the decline of collectivist ideologies, happiness is arguably becoming our supreme value. With the stupendous growth in human production, happiness is also acquiring unprecedented economic importance. Consumerist economies are increasingly geared to supply happiness rather than subsistence or even affluence, and a chorus of voices is now calling for a replacement of GDP measurements with happiness statistics as the basic economic yardstick. Politics seems to be following suit. The traditional right to « the pursuit of happiness » is imperceptibly morphing into a right to happiness, which means that it is becoming the duty of government to ensure the happiness of its citizens. In 2007 the European commission launched « Beyond GDP » to consider the feasibility of using a wellbeing index to replace or complement GDP. Similar initiatives have recently been developed in numerous other countries – from Thailand to Canada, from Israel to Brazil.

Most governments still focus on achieving economic growth, but when asked what is so good about growth, even diehard capitalists almost invariably turn to happiness. Suppose we caught David Cameron in a corner, and demanded to know why he cared so much about economic growth. « Well, » he might answer, « growth is essential to provide people with higher standards of living, better medical care, bigger houses, faster cars, tastier ice-cream. » And, we could press further, what is so good about higher standards of living? « Isn’t it obvious? » Cameron might reply, « It makes people happier. »

Ice-cream
A reason to be happy … tastier ice-cream? Photograph: Envision/Corbis

Suppose, for the sake of argument, that we could somehow scientifically prove that higher standards of living did not translate into greater happiness. « But David, » we could say, « look at these historical, psychological and biological studies. They prove beyond any reasonable doubt that having bigger houses, tastier ice-cream and even better medicines does not increase human happiness. » « Really? » he would gasp, « Why did nobody tell me! Well, if that’s the case, forget about my plans to boost economic growth. I am leaving everything and joining a hippie commune. »

This is a highly unlikely scenario, and not only because so far we have almost no scientific studies of the long-term history of happiness. Scholars have researched the history of just about everything – politics, economics, diseases, sexuality, food – yet they have seldom asked how they all influence human happiness. Over the last decade, I have been writing a history of humankind, tracking down the transformation of our species from an insignificant African ape into the master of the planet. It was not easy to understand what turned Homo sapiens into an ecological serial killer; why men dominated women in most human societies; or why capitalism became the most successful religion ever. It wasn’t easy to address such questions because scholars have offered so many different and conflicting answers. In contrast, when it came to assessing the bottom line – whether thousands of years of inventions and discoveries have made us happier – it was surprising to realise that scholars have neglected even to ask the question. This is the largest lacuna in our understanding of history.

The Whig view of history

Though few scholars have studied the long-term history of happiness, almost everybody has some idea about it. One common preconception – often termed « the Whig view of history » – sees history as the triumphal march of progress. Each passing millennium witnessed new discoveries: agriculture, the wheel, writing, print, steam engines, antibiotics. Humans generally use newly found powers to alleviate miseries and fulfil aspirations. It follows that the exponential growth in human power must have resulted in an exponential growth in happiness. Modern people are happier than medieval people, and medieval people were happier than stone age people.

Antibiotics
The discovery of antibiotics … a marker in the triumphal march of progess. Photograph: Doug Steley C/Alamy

But this progressive view is highly controversial. Though few would dispute the fact that human power has been growing since the dawn of history, it is far less clear that power correlates with happiness. The advent of agriculture, for example, increased the collective power of humankind by several orders of magnitude. Yet it did not necessarily improve the lot of the individual. For millions of years, human bodies and minds were adapted to running after gazelles, climbing trees to pick apples, and sniffing here and there in search of mushrooms. Peasant life, in contrast, included long hours of agricultural drudgery: ploughing, weeding, harvesting and carrying water buckets from the river. Such a lifestyle was harmful to human backs, knees and joints, and numbing to the human mind.

In return for all this hard work, peasants usually had a worse diet than hunter-gatherers, and suffered more from malnutrition and starvation. Their crowded settlements became hotbeds for new infectious diseases, most of which originated in domesticated farm animals. Agriculture also opened the way for social stratification, exploitation and possibly patriarchy. From the viewpoint of individual happiness, the « agricultural revolution » was, in the words of the scientist Jared Diamond, « the worst mistake in the history of the human race ».

The case of the agricultural revolution is not a single aberration, however. Themarch of progress from the first Sumerian city-states to the empires of Assyria and Babylonia was accompanied by a steady deterioration in the social status and economic freedom of women. The European Renaissance, for all its marvellous discoveries and inventions, benefited few people outside the circle of male elites. The spread of European empires fostered the exchange of technologies, ideas and products, yet this was hardly good news for millions of Native Americans, Africans and Aboriginal Australians.

The point need not be elaborated further. Scholars have thrashed the Whig view of history so thoroughly, that the only question left is: why do so many people still believe in it?

Paradise lost

There is an equally common but completely opposite preconception, which might be dubbed the « romantic view of history ». This argues that there is a reverse correlation between power and happiness. As humankind gained more power, it created a cold mechanistic world, which is ill-suited to our real needs.

'Computers have turned us into zombies'
‘Computers have turned us into zombies.’ Photograph: Christopher Thomond for the Guardian

Romantics never tire of finding the dark side of every discovery. Writing gave rise to extortionate taxation. Printing begot mass propaganda and brainwashing. Computers turn us into zombies. The harshest criticism of all is reserved for the unholy trinity of industrialism, capitalism and consumerism. These three bugbears have alienated people from their natural surroundings, from their human communities, and even from their daily activities. The factory worker is nothing but a mechanical cog, a slave to the requirements of machines and the interests of money. The middle class may enjoy better working conditions and many material comforts, but it pays for them dearly with social disintegration and spiritual emptiness. From a romantic perspective, the lives of medieval peasants were preferable to those of modern factory-hands and office clerks, and the lives of stone-age foragers were the best of all.

Yet the romantic insistence on seeing the dark side of every novelty is as dogmatic as the Whig belief in progress. For instance, over the last two centuries modern medicine has beaten back the army of diseases that prey on humankind, from tuberculosis and measles to cholera and diphtheria. Average life expectancy has soared, and global child mortality has dropped from roughly 33% to less than 5%. Can anyone doubt that this made a huge contribution to the happiness not only of those children who might otherwise be dead, but also of their parents, siblings and friends?

Paradise now

A more nuanced stance agrees with the romantics that, up until the modern age, there was no clear correlation between power and happiness. Medieval peasants may indeed have been more miserable than their hunter-gatherer ancestors. But the romantics are wrong in their harsh judgment of modernity. In the last few centuries we have not only gained immense powers, but more importantly, new humanist ideologies have finally harnessed our collective power in the service of individual happiness. Despite some catastrophes such as the Holocaust and the Atlantic slave trade (so the story goes), we have at long last turned the corner and begun increasing global happiness systematically. The triumphs of modern medicine are just one example. Other unprecedented achievements include the decline of international wars; the dramatic drop in domestic violence; and the elimination of mass-scale famines. (See Steven Pinker’s book The Better Angels of Our Nature.)

Yet this, too, is an oversimplification. We can congratulate ourselves on the accomplishments of modern Homo sapiens only if we completely ignore the fate of all other animals. Much of the wealth that shields humans from disease and famine was accumulated at the expense of laboratory monkeys, dairy cows and conveyor-belt chickens. Tens of billions of them have been subjected over the last two centuries to a regime of industrial exploitation, whose cruelty has no precedent in the annals of planet Earth.

Dairy cows
‘Much of the wealth that shields humans from disease and famine was accumulated at the expense of laboratory monkeys, dairy cows and conveyor-belt chickens.’ Photograph: Graeme Robertson for the Guardian

Secondly, the time frame we are talking about is extremely short. Even if we focus only on the fate of humans, it is hard to argue that the life of the ordinary Welsh coalminer or Chinese peasant in 1800 was better than that of the ordinary forager 20,000 years ago. Most humans began to enjoy the fruits of modern medicine no earlier than 1850. Mass famines and major wars continued to blight much of humanity up to the middle of the 20th century. Even though the last few decades have proven to be a relative golden age for humanity in the developed world, it is too early to know whether this represents a fundamental shift in the currents of history, or an ephemeral wave of good fortune: 50 years is simply not enough time on which to base sweeping generalisations.

Indeed, the contemporary golden age may turn out to have sown the seeds of future catastrophe. Over the last few decades we have been disturbing the ecologic equilibrium of our planet in myriad ways, and nobody knows what the consequences will be. We may be destroying the groundwork of human prosperity in an orgy of reckless consumption.

Lonely and grey?

Even if we take into account solely the citizens of today’s affluent societies, Romantics may point out that our comfort and security have their price. Homo sapiens evolved as a social animal, and our wellbeing is usually influenced by the quality of our relationships more than by our household amenities, the size of our bank accounts or even our health. Unfortunately, the immense improvement in material conditions that affluent westerners have enjoyed over the last century was coupled with the collapse of most intimate communities.

People in the developed world rely on the state and the market for almost everything they need: food, shelter, education, health, security. Therefore it has become possible to survive without having extended families or any real friends. A person living in a London high rise is surrounded by thousands of people wherever she goes, but she might never have visited the flat next door, and might know very little about her colleagues at work. Even her friends might be just pub buddies. Many present-day friendships involve little more than talking and having fun together. We meet a friend at a pub, call him on the phone, or send an email, so that we can unload our anger at what happened today in the office, or share our thoughts on the latest royal scandal. Yet how well can you really know a person only from conversations?

In contrast to such pub buddies, friends in the stone age depended on one another for their very survival. Humans lived in close-knit communities, and friends were people with whom you went hunting mammoths. You survived long journeys and difficult winters together. You took care of one another when one of you fell sick, and shared your last morsels of food in times of want. Such friends knew each other more intimately than many present-day couples. Replacing such precarious tribal networks with the security of modern economies and states obviously has enormous advantages. But the quality and depth of intimate relationships are likely to have suffered.

Mammoth
In the stone age, friends went mammoth-hunting together. Photograph: Andrew Nelmerm/Getty Images/Dorling Kindersley

In addition to shallower relationships, contemporary people also suffer from a much poorer sensory world. Ancient foragers lived in the present moment, acutely aware of every sound, taste and smell. Their survival depended on it. They listened to the slightest movement in the grass to learn whether a snake might be lurking there. They carefully observed the foliage of trees in order to discover fruits and birds’ nests. They sniffed the wind for approaching danger. They moved with a minimum of effort and noise, and knew how to sit, walk and run in the most agile and efficient manner. Varied and constant use of their bodies gave them physical dexterity that people today are unable to achieve even after years of practising yoga or tai chi.

Today we can go to the supermarket and choose to eat a thousand different dishes. But whatever we choose, we might eat it in haste in front of the TV, not really paying attention to the taste. We can go on vacation to a thousand amazing locations. But wherever we go, we might play with our smartphone instead of really seeing the place. We have more choice than ever before, but what good is this choice, when we have lost the ability really to pay attention?

Well, what did you expect?

Even if you don’t buy into this picture of Pleistocene richness replaced by modern poverty, it is clear that the immense rise in human power has not been matched by an equal rise in human happiness. We are a thousand times more powerful than our hunter-gatherer ancestors, but not even the most optimistic Whig can believe that we are a thousand times happier. If we told our great-great-grandmother how we live, with vaccinations and painkillers and running water and stuffed refrigerators, she would likely have clasped her hands in astonishment and said: « You are living in paradise! You probably wake up every morning with a song in your heart, and pass your days walking on sunshine, full of gratitude and loving-kindness for all. » Well, we don’t. Compared to what most people in history dreamed about, we may be living in paradise. But for some reason, we don’t feel that we are.

One explanation has been provided by social scientists, who have recently rediscovered an ancient wisdom: our happiness depends less on objective conditions and more on our own expectations. Expectations, however, tend to adapt to conditions. When things improve, expectations rise, and consequently even dramatic improvements in conditions might leave us as dissatisfied as before. In their pursuit of happiness, people are stuck on the proverbial « hedonic treadmill », running faster and faster but getting nowhere.

If you don’t believe that, just ask Hosni Mubarak. The average Egyptian was far less likely to die from starvation, plague or violence under Mubarak than under any previous regime in Egyptian history. In all likelihood, Mubarak’s regime was also less corrupt. Nevertheless, in 2011 Egyptians took to the streets in anger to overthrow Mubarak. For they had much higher expectations than their ancestors.

Indeed, if happiness is strongly influenced by expectations then one of the central pillars of the modern world, mass media, seems almost tailored to prevent significant increases in global happiness levels. A man living in a small village 5,000 years ago measured himself against the other 50 men in the village. Compared to them, he looked pretty hot. Today, a man living in a small village compares himself to film stars and models, whom he sees every day on screens and giant billboards. Our modern villager is likely to be less happy with the way he looks.

The biological glass ceiling

Evolutionary biologists offer a complementary explanation for the hedonic treadmill. They contend that both our expectations and our happiness are not really determined by political, social or cultural factors, but rather by our biochemical system. Nobody is ever made happy, they argue, by getting a promotion, winning the lottery, or even finding true love. People are made happy by one thing and one thing only – pleasant sensations in their bodies. A person who just got a promotion and jumps from joy is not really reacting to the good news. She is reacting to various hormones coursing through her bloodstream, and to the storm of electric signals flashing between different parts of her brain.

Evolution illustration
‘Evolution has no interest in happiness per se: it is interested only in survival and repro­duction, and it uses happiness and misery as mere goads.’ Photograph: Philipp Kammerer/Alamy

The bad news is that pleasant sensations quickly subside. If last year I got a promotion, I might still be filling the new position, but the very pleasant sensations that I felt back then subsided long ago. If I want to continue feeling such sensations, I must get another promotion. And another. This is all the fault of evolution. Evolution has no interest in happiness per se: it is interested only in survival and reproduction, and it uses happiness and misery as mere goads. Evolution makes sure that no matter what we achieve, we remain dissatisfied, forever grasping for more. Happiness is thus a homeostatic system. Just as our biochemical system maintains our body temperature and sugar levels within narrow boundaries, it also prevents our happiness levels from rising beyond certain thresholds.

If happiness really is determined by our biochemical system, then further economic growth, social reforms and political revolutions will not make our world a much happier place. The only way dramatically to raise global happiness levels is by psychiatric drugs, genetic engineering and other direct manipulations of our biochemical infrastructure. In Brave New World, Aldous Huxley envisaged a world in which happiness is the supreme value, and in which everybody constantly takes the drug soma, which makes people happy without harming their productivity and efficiency. The drug forms one of the foundations of the World State, which is never threatened by wars, revolutions or strikes, because all people are supremely content with their current conditions. Huxley presented this world as a frightening dystopia. Today, more and more scientists, policymakers and ordinary people are adopting it as their goal.

Second thoughts

There are people who think that happiness is really not that important, and that it is a mistake to define individual satisfaction as the aim of human society. Others agree that happiness is the supreme good, but think that happiness isn’t just a matter of pleasant sensations. Thousands of years ago Buddhist monks reached the surprising conclusion that pursuing pleasant sensations is in fact the root of suffering, and that happiness lies in the opposite direction. Pleasant sensations are just ephemeral and meaningless vibrations. If five minutes ago I felt joyful or peaceful, that feeling is now gone, and I may well feel angry or bored. If I identify happiness with pleasant sensations, and crave to experience more and more of them, I have no choice but constantly to pursue them, and even if I get them, they immediately disappear, and I have to start all over again. This pursuit brings no lasting achievement. On the contrary: the more I crave these pleasant sensations, the more stressed and dissatisfied I become. However, if I learn to see my sensations for what they really are – ephemeral and meaningless vibrations – I lose interest in pursuing them, and can be content with whatever I experience. For what is the point of running after something that disappears as fast as it arises? For Buddhism, then, happiness isn’t pleasant sensations, but rather the wisdom, serenity and freedom that come from understanding our true nature.

True or false, the practical impact of such alternative views is minimal. For the capitalist juggernaut, happiness is pleasure. Full stop. With each passing year, our tolerance for unpleasant sensations decreases, whereas our craving for pleasant sensations increases. Both scientific research and economic activity are geared to that end, producing each year better painkillers, new ice-cream flavours, more comfortable mattresses, and more addictive games for our smartphones, so that we will not suffer a single boring moment while waiting for the bus.

All this is hardly enough, of course. Humans are not adapted by evolution to experience constant pleasure, so ice‑cream and smartphone games will not do. If that is what humankind nevertheless wants, it will be necessary to re-engineer our bodies and minds. We are working on it.

Yuval Noah Harari’s Sapiens: A Brief History of Humankind is published by Harvill Secker. He will be speaking at the Natural History Museum, Oxford, on 10 September.

Voir par ailleurs:

The Taj Mahal and 4 other monuments earned Rs 146.05 crore, more than half the total revenue generated by centrally-protected monuments, in 2017-18.

New Delhi: Fringe Hindu groups and even some BJP leaders may have sought to belittle their significance but official data shows that India’s top five revenue generating monuments were all built by Muslim rulers – the Taj Mahal, Agra Fort, Qutub Minar, Fatehpur Sikri and Red Fort.

While Qutub Minar was built by rulers of the Delhi Sultanate, the rest were constructed by the Mughals.

These five monuments together earned the government Rs 146.05 crore in 2017-18, according Archaeological Survey of India (ASI) data. This is more than half the total revenue of Rs 271.8 crore generated by all centrally-protected monuments.

While some politicians sparked a controversy last year by arguing that the Mughal-era monument did not represent Indian culture, the number of visitors to it, both Indian and foreign, only increased since 2016-17.

A total of 64.58 lakh people visited the Taj Mahal in 2017-18 compared to 50.66 lakh in 2016-17.

Last year, the UP tourism department had even omitted the Taj Mahal, a UNESCO world heritage site, from a brochure listing the state’s principal attractions.

With total earnings of Rs 30.55 crore, Agra Fort built by Mughal emperor Akbar, another UNESCO world heritage site, was the second highest revenue generator in the last financial year.

While the Konark Sun Temple in Odisha came second after the Taj Mahal in terms of number of visitors (32.3 lakh), it generated only Rs 10.06 crore as revenue. This, officials said, is because the temple is mostly popular only with Indian tourists, with 32.21 lakh domestic visitors making the trip last year.

While Indian tourists are charged Rs 30 per head as entry fee to world heritage monuments across the country, foreign tourists have to pay Rs 500 each.

“It is impossible to communalise the entire Indian population through the meaningless political venom spewed by politicians,” said historian S. Irfan Habib, explaining the increase in visitors to the Taj.

“No matter what they say about the Taj Mahal and Red Fort, Indians will continue going there,” he added.


Intrusion au Capitole: Attention, une insurrection peut en cacher une autre ! (What selective outrage when behind the unanimous blaming of president Trump for the Capitol rally’s excesses, our short-memoried media and commentators conveniently forget four long years of nothing less than a generalized insurrection against the president himself ?)

8 janvier, 2021

Image result for burning cities meme pelosi HarrisDog owners are like - 9GAGThe site of a car dealership in Kenosha, Wisconsin set on fire by rioters last week. Photo: Amy Katz/Zuma Press
The Wages of Our Recklessness

FreedomIndividualRightsCapitalism (@RadsDocDancer) | TwitterPro-life women criticize actress Busy Philipps' praise for abortion: 'Women deserve better' | Fox NewsAcross U.S., activists protest new wave of abortion bans | The Seattle TimesPeople take part in an "Not My President's Day" rally in Manhattan, New York, Feb. 20, 2017.Anti-Trump protesters chant during swearing-in ceremony - The Washington PostOpinion | Black Voters Are Coming for Trump - The New York TimesThe Embarrassment of Democrats Wearing Kente-Cloth Stoles | The New YorkerNancy Pelosi viral memes defiantly respond to Trump's rhetoric - The Washington Post

Silence Dogood II ❌ on Twitter: "TO @GOP @JudiciaryGOP @SenateGOP @GOPLeader @HouseGOP @GOPChairwoman @realDonaldTrump @marklevinshow The @tedcruz ACTION WILL FAIL. THERE ARE NOT ENOUGH VOTES TO Get A 10 Day PAUSE 👇

Amazon.fr - In Defense of Looting: A Riotous History of Uncivil Action - Osterweil, Vicky - Livres
Le ministre, pour cacher sa lettre, avait eu recours à l’expédient le plus ingénieux du monde, le plus large, qui était de ne pas même essayer de la cacher. Edgar Poe (La lettre volée)
Ce que nous voulons, c’est la liberté par tous les moyens, la justice par tous les moyens et  l’égalité par tous les moyens. Malcolm X (1964)
Les émeutes sont destructrices, dangereuses et effrayantes, mais peuvent conduire à d’importantes réformes sociales. Vox.com
That people would take action into their own hands and try to take over the [US] Capitol and potentially commit violent acts is a natural outcome of this sort of behavior. It’s an example of the best of American traditions, and one cannot say that of this riot that has been spurred by the president of the United States. Robert Kraig (Citizen Action of Wisconsin Executive Director)
Le Capitole envahi chaque jour par des milliers de personnes, 100.000 protestataires pendant les week-ends… C’est incroyable pour notre État, on n’avait jamais rien vu de pareil, en tout cas pas depuis l’époque des droits civiques ou du Vietnam. Scott
Le gouverneur a été élu, pourquoi ne pas le laisser travailler, les élections, cela a un sens. Policier du Capitole du Wisconsin (2011)
On n’est pas en Europe ici, et les syndicats n’ont cessé de perdre de leur influence, ce qui rend le phénomène d’autant plus impressionnant. (…) Le spectacle a été surréaliste, on a tout vu ici, même un chameau sous la rotonde. Jason Stein (The Sentinel)
Pour moi, il s’agit de casser la machine électorale du Parti démocrate. John Vander Meer (ex-conseiller d’un élu de gauche)
Quand on a tracé des lignes aussi intransigeantes, on se demande quelle peut être la sortie de crise, c’est comme la guerre de Corée ! Scott Becher (stratège républicain)
Ce mouvement a indéniablement redynamisé la base démocrate. Ce qui se profile, c’est un discours de guerre de classe pour 2012, avec d’un côté les démocrates dénonçant Wall Street et les intérêts spéciaux, de l’autre les républicains fustigeant les syndicats. (…) Cela en dit long sur le fonctionnement politique général de notre pays. Nous ne cessons de recommencer les batailles du passé. Chaque nouvel élu se sent investi d’un mandat idéologique, alors que les gens veulent seulement que les partis s’allient pour résoudre les problèmes profonds qui se posent. Adam Schrager (journaliste de télévision local)
De l’intérieur de l’imposante bâtisse du Parlement de cet État politiquement crucial dans l’Amérique du Midwest, que se disputent régulièrement démocrates et républicains, parvient le bruit assourdissant de tam-tam africains sur lesquels des manifestants tapent en cadence. (…) Depuis trois semaines, le Wisconsin vit en état de guerre politique et de paralysie législative. L’homme qui a déclenché la tempête est le nouveau gouverneur républicain, Scott Walker, un brun et fringant conservateur, fils de prêcheur baptiste soutenu par les Tea Party, qui se voit comme un «nouveau Reagan», investi d’une mission historique de rééquilibrage des finances publiques. Dopé par sa victoire en novembre, avec quelque 52% des suffrages (les républicains ont également pris les deux Chambres du Congrès local), il a tenté de faire passer en force une loi d’ajustement budgétaire qui coupe dans le vif des avantages accordés aux employés du secteur public. Invoquant la nécessité de partager l’effort budgétaire, le projet Walker prévoit de forcer les fonctionnaires à payer de leur poche 12,6% de leurs primes d’assurance-maladie, alors qu’ils cotisent à hauteur de 6% – et les salariés du privé de 29%. Ils devraient aussi contribuer pour leurs retraites à hauteur de 5,6% (zéro aujourd’hui). » La mesure n’aurait sans doute pas ému grand monde, dans une Amérique qui affectionne peu l’État-providence, les fonctionnaires comme les syndicats et comprend l’urgence de combler ses trous budgétaires, évalués par le gouverneur pour le seul Wisconsin à 137 millions de dollars cette année – 3,6 milliards pour les deux prochaines. Mais, en décidant de priver carrément les fonctionnaires locaux de leurs droits de négociation collectifs, le gouverneur a franchi une ligne rouge. (…) Les coupes sombres prévues dans le budget de l’éducation (834 millions de dollars), point sensible dans un État qui se vante d’avoir des universités publiques créatrices d’activité économique à haute valeur ajoutée, ont décuplé les inquiétudes, de même que l’annonce par le gouverneur de la vente des 37 centrales productrices d’électricité à des intérêts privés, décision qui fait craindre des licenciements massifs. La gauche a lu aussi avec effroi dans cette volonté de casser les syndicats, l’amorce d’une offensive républicaine destinée à priver le parti d’Obama de l’un de ses plus puissants contributeurs à un an de la présidentielle. (…) Résultat, le projet Walker est devenu l’étincelle qui a embrasé le Wisconsin, suscitant une protestation qui a débouché sur une occupation pacifique du Parlement. Des pancartes notant que «l’éducation qui est l’avenir de nos enfants» tapissent les murs. Des milliers de post-it multicolores signés par les manifestants ont été collés sur les lourdes portes de bois du bâtiment. À l’intérieur, sous la Coupole, des happenings tenant autant du cirque que du combat politique, ont ameuté enseignants, pompiers et étudiants, ainsi que des centaines d’ex-activistes chevelus et barbus, qui semblent tout droit sortis de manifestations contre la guerre au Vietnam. (…) Bonnet de laine sur la tête, enveloppée dans son manteau car il ne fait pas chaud sur la couverture qui lui tient lieu de QG, Sarah rêve d’une douche. Cette étudiante en médecine, qui est là «par solidarité avec ses professeurs», et parce qu’elle craint «un effondrement économique de l’État si on touche aux universités», a passé six jours et six nuits au pied d’un pilier de marbre vert. Elle montre les matelas, les réserves de pommes, d’oranges et de céréales offertes par des bénévoles. Il y a même un «coin calme» réservé aux enfants des protestataires. «Chacun a ses raisons d’être là», dit Sarah. Elle salue les policiers, qui gardent patiemment les lieux, des boules Quies dans les oreilles à cause du tam-tam. (…) Le projet de Walker a été voté à la Chambre des représentants du Wisconsin, mais les sénateurs démocrates, invoquant le caractère «exceptionnel» de la situation, ont fui vers l’Illinois pour empêcher un vote au Sénat. Furieux, le gouverneur a menacé de lancer la police à leurs trousses, initié un blocage du versement de leurs salaires et annoncé le compte à rebours pour 12.000 licenciements dans le secteur public si la loi ne passe pas. Son pari est que les mouvements ne sont qu’un baroud d’honneur des syndicats minoritaires et que la majorité silencieuse le soutient. De leur côté, les élus démocrates invoquent de récents sondages pour «souligner la légitimité de la politique de la chaise vide». Selon une enquête de l’Institut Rasmussen, près de 57% de la population de l’État seraient hostiles à la politique de Walker concernant les droits de négociation collectifs, alors qu’il est soutenu sur les augmentations des contributions à la santé et aux retraites. Résultat, l’impasse est totale. Les élus démocrates ont indiqué leur volonté de revenir à Madison, mais il est difficile de passer à l’acte sans avoir l’impression de capituler. «Quand on a tracé des lignes aussi intransigeantes, on se demande quelle peut être la sortie de crise, c’est comme la guerre de Corée!», note le stratège républicain Scott Becher. Il dit ne jamais avoir vu une telle division, malgré la tradition de combat social du Wisconsin, un État manufacturier pionnier dans la promotion des droits syndicaux. De Madison à Washington, les observateurs se demandent si la bataille du Wisconsin va faire «tache d’huile», au-delà de la victoire probable du gouverneur à court terme. Certains prédisent que son courage politique lui vaudra au minimum une place de vice-président sur un ticket républicain. D’autres pensent au contraire qu’il surestime sa «main» et qu’il sera «révoqué» d’ici à un an, selon une procédure lancée par les démocrates visant à rassembler les signatures de 25% des votants, pour convoquer une nouvelle élection… Des révoltes sociales très comparables ont en tout cas éclaté dans l’Ohio et l’Indiana, mettant leurs gouverneurs républicains sur la défensive. Le conflit intéresse aussi les gouverneurs du Texas, Rick Perry, et du New Jersey, Chris Christie, qui se sont bien gardés, malgré leurs promesses de rigueur budgétaire, de toucher aux conventions collectives du secteur public. «Ce mouvement a indéniablement redynamisé la base démocrate», note Adam Schrager, journaliste de télévision local, qui se demande si la bataille du Wisconsin pourrait avoir le même «effet boule de neige» que la bataille de la santé a eu pour la mobilisation des Tea Party. «Ce qui se profile, c’est un discours de guerre de classe pour 2012, avec d’un côté les démocrates dénonçant Wall Street et les intérêts spéciaux, de l’autre les républicains fustigeant les syndicats.» Conscient de l’importance de l’affrontement, mais soucieux de ne pas se mêler d’un combat dont l’issue reste incertaine, le président Obama est resté relativement discret. «Le président a d’autres chats à fouetter, il doit gérer les révoltes du Middle-East (Moyen-Orient). Nous nous occuperons du Midwest», dit Céleste en agitant le poing. Le journaliste Adam Schrager s’inquiète, quant à lui, de cette ambiance guerrière. Il a été stupéfait qu’un seul élu, le républicain Dale Schultz – «le seul adulte de toute cette histoire» – ait proposé un compromis. «Cela en dit long sur le fonctionnement politique général de notre pays, dit le reporter frustré. Nous ne cessons de recommencer les batailles du passé. Chaque nouvel élu se sent investi d’un mandat idéologique, alors que les gens veulent seulement que les partis s’allient pour résoudre les problèmes profonds qui se posent. » Laure Mandeville (08.03.2011)
No place is hotter than Wisconsin. The leaders there have done everything possible to maximize conflict. Gov. Scott Walker, a Republican, demanded cuts only from people in the other party. The public sector unions and their allies immediately flew into a rage, comparing Walker to Hitler, Mussolini and Mubarak. Walker’s critics are amusingly Orwellian. They liken the crowd in Madison to the ones in Tunisia and claim to be fighting for democracy. Whatever you might say about Walker, he and the Republican majorities in Wisconsin were elected, and they are doing exactly what they told voters they would do. It’s the Democratic minority that is thwarting the majority will by fleeing to Illinois. It’s the left that has suddenly embraced extralegal obstructionism. (…) Everybody now seems to agree that Governor Walker was right to ask state workers to pay more for their benefits. Even if he gets everything he asks for, Wisconsin state workers would still be contributing less to their benefits than the average state worker nationwide and would be contributing far, far less than private sector workers. The more difficult question is whether Walker was right to try to water down Wisconsin’s collective bargaining agreements. Even if you acknowledge the importance of unions in representing middle-class interests, there are strong arguments on Walker’s side. In Wisconsin and elsewhere, state-union relations are structurally out of whack. That’s because public sector unions and private sector unions are very different creatures. Private sector unions push against the interests of shareholders and management; public sector unions push against the interests of taxpayers. Private sector union members know that their employers could go out of business, so they have an incentive to mitigate their demands; public sector union members work for state monopolies and have no such interest. (…) Most important, public sector unions help choose those they negotiate with. Through gigantic campaign contributions and overall clout, they have enormous influence over who gets elected to bargain with them, especially in state and local races. As a result of these imbalanced incentive structures, states with public sector unions tend to run into fiscal crises. David Brooks
Is it the same as people in the Middle East overthrowing years of dictatorship?  Or is that just the last story you saw on the news? (…) Do you see what’s happening here?!  The Wisconsin union protest is the bizarro Tea Party!  Jon Stewart
C’est une inspiration pour nous que cette énergie et ce militantisme des nombreux jeunes militants et défenseurs de l’environnement qui ouvrent la voie pour la crise climatique, qui menace la santé, la sécurité économique et l’avenir de toutes nos communautés. Nous nous félicitons de la présence de ces militants. Nancy Pelosi (novembre 2018)
Hundreds of young protesters stormed Capitol Hill on Monday, taking over the offices of three House Democratic leaders to call for an immediate climate change plan. The activists with the Sunrise Movement, a group that’s pushing House Democrats to create a special committee next year focused entirely on climate change initiatives, engaged in three sit-ins inside the offices of the likely next Speaker, Rep. Nancy Pelosi (D-Calif), as well as incoming Majority Leader Steny Hoyer (D-Md.) and Rep. Jim McGovern (D-Mass.), who is in line to chair the House Rules Committee. Most of the protesters, who ranged in age from their teens to their late 20s, were eventually pushed out by Capitol Police after threat of arrest. Officers did arrest 138 protesters on charges of blocking hallways, Capitol Police said. The protests are the second wave organized by the Sunrise Movement to disrupt the Capitol since the midterm elections. The Hill
Tout a commencé par “un sit-in dans les bureaux de la (future) présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, en novembre 2018, six jours seulement après la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat”, à l’issue desquelles ils ont regagné la majorité à la Chambre des représentants, rapporte le magazine californien Mother Jones. Quelque “150 militants”, peu convaincus par les belles paroles des nouveaux élus démocrates sur la nécessité de faire avancer la législation en matière de lutte contre le changement climatique, se sont alors mobilisés pour les contraindre “à respecter leurs promesses”. Ce sit-in “serait passé relativement inaperçu sans la présence de la jeune députée de New York Alexandria Ocasio-Cortez venu prêter main-forte aux activistes”, note le magazine californien. Mais la couverture médiatique s’est alors emballée. Si le mouvement Sunrise ne s’est fait connaître du grand public qu’à la fin de l’année 2018, “ses racines sont plus profondes”, poursuit Mother Jones. Dès 2014, ses fondateurs ont en effet commencé à participer, à New York, aux séances d’un organisme baptisé “Momentum” créé par deux frères, Mark et Paul Engler, coauteurs du livre This Is an Uprising. How Nonviolent Revolt Is Shaping the Twenty-First Century [“Ceci est un soulèvement. Comment la révolte non violente définit le XXIe siècle”, non traduit]. Leur credo ? S’inspirer de l’histoire moderne des mouvements de résistance et de désobéissance civile, “depuis la lutte pour les droits civiques de Martin Luther King au mouvement Occupy Wall Street, en passant par les soulèvements des printemps arabes”, pour créer de nouvelles formes de mobilisation plus durables et efficaces selon deux piliers stratégiques : le principe de “l’escalade” et celui de “l’absorption” avec pour objectif de recruter de nouveaux membres à chaque nouvelle action. La journaliste du magazine Mother Jones confie avoir été sceptique, dans un premier temps, face à l’enthousiasme juvénile et jargonnant des militants du mouvement Sunrise, capables de “citer dans une même phrase le pasteur Martin Luther King, la célèbre militante africaine-américaine Ella Baker ou l’universitaire engagé Charles Payne”. Elle relève également que la directrice exécutive du mouvement, Varshini Prakash, “n’est âgée que de 26 ans”. Mais force est de reconnaître, ajoute la journaliste, que “depuis ses débuts le mouvement a remporté un succès certain : lors d’actions ciblées, de débrayages lycéens à travers tout le pays et de grandes manifestations” (notamment au moment des marches pour le climat qui se sont déroulées dans de nombreux pays à la fin du mois de janvier 2019) et peut se targuer aujourd’hui de “rassembler plus de 15 000 membres dans quelque 200 sections disséminées dans le pays”… Courrier international (2018)
Vendredi soir, des agents des Services secrets ont précipité le président américain Donald Trump dans un bunker de la Maison Blanche alors que des centaines de manifestants se rassemblaient devant le manoir exécutif, certains d’entre eux jetant des pierres et tirant sur les barricades de la police. Trump a passé près d’une heure dans le bunker, qui a été conçu pour être utilisé dans des situations d’urgence telles que des attaques terroristes, selon un républicain proche de la Maison Blanche qui n’était pas autorisé à discuter publiquement de questions privées et a parlé sous couvert d’anonymat. (…) La décision abrupte des agents a souligné l’humeur agitée à l’intérieur de la Maison Blanche, où les chants des manifestants à Lafayette Park ont ​​pu être entendus tout le week-end et les agents des services secrets et les forces de l’ordre ont eu du mal à contenir la foule. Les manifestations de vendredi ont été déclenchées par la mort de George Floyd, un homme noir décédé après avoir été coincé au cou par un policier blanc de Minneapolis. Les manifestations à Washington sont devenues violentes et ont semblé surprendre les officiers. Ils ont déclenché l’une des alertes les plus élevées sur le complexe de la Maison Blanche depuis les attentats du 11 septembre 2001. (…)  Le déménagement du président dans le bunker a été signalé pour la première fois par le New York Times. Le président et sa famille ont été ébranlés par la taille et le venin de la foule, selon le républicain. Il n’était pas immédiatement clair si la première dame Melania Trump et le fils de 14 ans du couple, Barron, avaient rejoint le président dans le bunker. Le protocole des services secrets aurait exigé que toutes les personnes sous la protection de l’agence soient dans l’abri souterrain. France 24 (
Beyond being unnecessary, using our military to quell protests across the country would also be unwise. This is not the mission our armed forces signed up for: They signed up to fight our nation’s enemies and to secure — not infringe upon — the rights and freedoms of their fellow Americans. In addition, putting our servicemen and women in the middle of politically charged domestic unrest risks undermining the apolitical nature of the military that is so essential to our democracy. It also risks diminishing Americans’ trust in our military — and thus America’s security — for years to come. As defense leaders who share a deep commitment to the Constitution, to freedom and justice for all Americans, and to the extraordinary men and women who volunteer to serve and protect our nation, we call on the president to immediately end his plans to send active-duty military personnel into cities as agents of law enforcement, or to employ them r any another military or police forces in ways that undermine the constitutional rights of Americans. The members of our military are always ready to serve in our nation’s defense. But they must never be used to violate the rights of those they are sworn to protect. Leon E. Panetta, Chuck Hagel, Ashton B. Carter (and 86 former defense officials)
As former American ambassadors, generals and admirals, and senior federal officials, we are alarmed by calls from the President and some political leaders for the use of U.S. military personnel to end legitimate protests in cities and towns across America. (…) Cities and neighborhoods in which Americans are assembling peacefully, speaking freely, and seeking redress of their grievances are not “battlespaces.” Federal, state, and local officials must never seek to “dominate” those exercising their First Amendment rights. Rather they have a responsibility to ensure that peaceful protest can take place safely as well as to protect those taking part. We condemn all criminal acts against persons and property, but cannot agree that responding to these acts is beyond the capabilities of local and state authorities. Our military is composed of and represents all of America. Misuse of the military for political purposes would weaken the fabric of our democracy, denigrate those who serve in uniform to protect and defend the Constitution, and undermine our nation’s strength abroad. There is no role for the U.S. military in dealing with American citizens exercising their constitutional right to free speech, however uncomfortable that speech may be for some. We are concerned about the use of U.S. military assets to intimidate and break up peaceful protestors in Washington, D.C. (…) The stationing of D.C. Air National Guard troops in full battle armor on the steps of the Lincoln Memorial is inflammatory and risks sullying the reputation of our men and women in uniform in the eyes of their fellow Americans and of the world.Declaring peaceful protestors “thugs” and “terrorists” and falsely seeking to divide Americans into those who support “law and order” and those who do not will not end the demonstrations. The deployment of military forces against American citizens exercising their constitutional rights will not heal the divides in our society. We urge the President and state and local governments to focus their efforts on uniting the country and supporting reforms to ensure equal police treatment of all citizens, regardless of race or ethnicity. Ultimately, the issues that have driven the protests cannot be addressed by our military. They must be resolved through political processes. Former US generals, admirals and national security officials
Si au combat, ils apportent un couteau, on apporte un pistolet ! Barack Obama
Oui, je suis scandalisée. Oui, j’ai songé à de nombreuses reprises à faire exploser la Maison Blanche. Mais je sais que cela ne changera rien. Madonna (23.01.2017)
Il est temps de tuer le président. Monisha Rajesh (journaliste britannique, 08.11.2016)
Trump c’est le candidat qui redonne aux Américains l’espoir, l’espoir qu’il soit assassiné avant son investiture. Pablo Mira (chroniqueur français, France Inter, 15.11.2016)
Je sais que tout le monde ici marchera bientôt vers le Capitole, pour pacifiquement et patriotiquement faire entendre vos voix. Président Trump (06.01.2021)
Je pense qu’il est également essentiel de comprendre que, comme je l’ai dit aux candidats qui sont venus me voir, vous pouvez mener la meilleure campagne, vous pouvez même devenir le candidat et vous pouvez vous faire voler l’élection. Hillary Clinton (06.05. 2019)
Souvenez-vous, Joe et Kamala peuvent remporter 3 millions de voix et perdre quand même. Alors, croyez-moi. Nous avons besoin d’un nombre de voix tellement écrasant que Trump ne pourra pas nous subtiliser ou nous voler la victoire. Hillary Clinton (20.08.2020)
Trump sait qu’il est un président illégitime. Hillary Clinton (29.09.2019)
Notre élection a été détournée. Ca ne fait aucun doute. Le Congrès a un devoir de protéger notre démocratie et de s’en tenir aux faits. Nancy Pelosi (16.05. 2017)
Si vous le pouvez, envoyez votre contribution au @MNFreedomFund pour aider à payer la caution de ceux qui manifestent sur le terrain dans le Minnesota. Kamala Harris (01.06.2020)
Je ne considère pas le président-élu comme un président légitime. Je pense que les Russes ont aidé cet homme à se faire élire. Et ils ont contribué à détruire la candidature d’Hillary Clinton. John Lewis (héros des droits civiques, représentant démocrate, Géorgie, 13.01. 2017)
Nous allons destituer ce fils de pute ! Rashida Tlaib (députée palestino-américaine, 04.01.2019)
Je veux vous dire, Gorsuch; je veux vous dire, Kavanaugh. Vous avez déchainé la tempête. Et vous en paierez le prix. Vous ne saurez pas ce qui vous a frappé si vous prenez ces terribles décisions. Charles Schumer (Senate Minority Leader, D-N.Y., 04.03.2020)
Je n’aurais pas dû utiliser les mots que j’ai utilisés hier. Ils ne sont pas sortis comme je l’avais prévu. Je viens de Brooklyn. On utilise des mots forts. Charles Schumer
Ce matin, le sénateur Schumer s’est exprimé lors d’un rassemblement devant la Cour suprême alors qu’une affaire était débattue à l’intérieur. Le sénateur Schumer a cité deux membres de la Cour par leur nom et a dit qu’il voulait leur dire: «Vous avez déchainé la tempête, et vous en paierez le prix. Vous ne saurez pas ce qui vous a frappé si vous prenez ces terribles décisions. Les juges savent que la critique fait partie de leur fonction, mais les déclarations menaçantes de ce genre de la part des plus hauts niveaux de gouvernement ne sont pas seulement inappropriées, elles sont dangereuses. Tous les membres de la Cour continueront à faire leur travail, sans crainte ni faveur, d’où qu’elles viennent. Chief Justice John G. Roberts (March 4, 2020)
This is as much about public outcry and organizing and mobilizing and applying pressure so that this GOP-led Senate and these governors that continue to carry water for this administration, putting the American people in harm’s way, turning a deaf ear to the needs of our families and our communities — hold them accountable. Make the phone calls, send the emails, show up. You know, there needs to be unrest in the streets for as long as there’s unrest in our lives. U.S. Rep. Ayanna Pressley (Aug; 18, 2020)
They’re not going to stop. This is a movement, I’m telling you, they’re not going to stop, and everyone beware because they’re not going to stop before Election Day in November, and they’re not going to stop after Election Day. And everyone should take note of that, on both levels, that they’re not going to let up, and they should not, and we should not. Kamala Harris (June 18, 2020)
You think we’re rallying now? You ain’t seen nothing yet. Already you have members of your Cabinet that are being booed out of restaurants … protesters taking up at their house saying ‘no peace, no sleep.’ If you see anybody from that Cabinet in a restaurant, in a department store, at a gasoline station, you get out and you create a crowd and you push back on them and you tell them they’re not welcome anymore, anywhere. Rep. Maxine Waters (D-Calif., June 23, 2018)
I have no sympathy for these people that are in this administration who know it is wrong what they’re doing … but they tend to not want to confront this president. Cabinet members who defend him are “not going to be able to go to a restaurant, stop at a gas station, shop at a department store. The people are going to turn on them, they’re going to protest, they’re going to absolutely harass them until they decide that they’re going to tell the president: ’No … this is wrong, this is unconscionable; we can’t keep doing this to children.’ Rep. Maxine Waters (D-Calif., June 24, 2018)
This was act of the administration. They had been planning this for a while. As a mother of five children, grandmother of nine, I’m sure any parents here, mother or father, knows that this is barbaric. This is not what America is. But this is the policy of the Trump administration. (…) When we had a hearing on a subject related to this, asylum-seeker refugees (…) the American (…) Association of Evangelicals (…) testified that asylum refugees (…) they called it the crown jewel of America’s humanitarianism. (…) And in order to do away with that crown jewel, they’re doing away with children being with their moms. (…) I just don’t even know why there aren’t uprisings all over the country. And maybe there will be, when people realize that this is a policy that they defend. Nancy Pelosi (House Speaker, D-Calif., June 14, 2018)
Si ça avait été des militants Black Lives Matter hier, ils auraient été traités très différemment. Joe Biden
Nous pouvons arrêter le fascisme. (…) Je pense juste que COVID est un don de Dieu à la gauche. C’est une chose terrible à dire. Je veux dire, je pense que c’était une chose très difficile à nous envoyer, mais cela a déchiré le pansement sur qui il est et ce qu’il représente et ce qui est fait aux gens ordinaires et aux travailleurs dans ce pays. Nous pouvons le voir maintenant, les gens qui ne pouvaient pas le voir avant, vous savez, ils le voient maintenant et nous avons une chance d’exploiter cette colère et de faire une différence. Alors, je me sens tellement bénie d’être en vie en ce moment. Jane Fonda
Bordel, restez chez vous. Corona se propage, cette merde n’est pas une blague. Ce n’est pas le moment de travailler ou de trainer. La façon dont vous pouvez vous battre est simple, mes amis, restez à la maison. Maintenant, techniquement, je ne suis pas médecin. Mais les enculés écoutent quand je lis un poème. Alors me voici, Sam Fucking Jackson, je t’implore : garde ton cul à la maison. Si vous voulez que les choses reviennent à la normale, ne paniquez pas. Utilisez simplement votre dôme. Lavez-vous les mains, arrêtez de toucher votre visage et restez à la maison. Samuel L. Johnson
Avec plus de 100.000 Américains décédés ces derniers mois et la réponse honteuse et vide de nos dirigeants, j’en ai vraiment ras le cul. Ces vies méritent mieux que d’être de simples statistiques dérangeantes pour la campagne de réélection de notre président. C’est une disgrâce nationale. Au lieu de célébrer les joies de l’été aujourd’hui, nous constatons les conséquences de la pandémie et son coût pour notre nation. Nous comptabiliserons ce que nous avons perdu, prierons pour les personnes décédées et les familles qu’elles laissent derrière elles. Donc si vous êtes prêts pour un requiem rock ‘n’ roll, restez à l’écoute. Je vais commencer par en envoyer un à l’homme assis au bureau du Resolute. Avec tout le respect, monsieur, montrez un tant soit peu de considération à vos citoyens et à votre pays. Mettez ce foutu masque. Bruce Springsteen
[C’était] une cabale bien financée de personnes puissantes, issues de différents secteurs et idéologies, travaillant ensemble dans les coulisses pour influencer les perceptions, changer les règles et les lois, diriger la couverture médiatique et contrôler le flux d’informations. Ils ne truquaient pas les élections; ils la fortifiaient. (…) En fin de compte, près de la moitié des électeurs ont voté par correspondance en 2020, pratiquement une révolution dans la façon dont les gens votent. Environ un quart ont voté tôt en personne. Seul un quart des électeurs ont voté de manière traditionnelle: en personne le jour du scrutin. (…) La philanthropie privée est entrée en lice. Un assortiment de fondations a contribué des dizaines de millions de dollars en financement de l’administration électorale. L’initiative Chan Zuckerberg a apporté 300 millions de dollars (…) Le soulèvement pour la justice raciale déclenché par l’assassinat de George Floyd en mai n’était pas avant tout un mouvement politique. Les organisateurs qui ont contribué à sa direction voulaient tirer parti de son élan pour les élections sans lui permettre d’être coopté par les politiciens. Nombre de ces organisateurs faisaient partie du réseau de Podhorzer, des militants des États du champ de bataille qui s’est associé à la Democracy Defence Coalition pour des organisations ayant des rôles de premier plan dans le Mouvement pour les vies noires. (…) Le soulèvement de l’été avait montré que le pouvoir du peuple pouvait avoir un impact énorme. Les militants ont commencé à se préparer à reprendre les manifestations si Trump tentait de voler les élections. «Les Américains prévoient des manifestations généralisées si Trump interfère avec les élections», annonçait Reuters en octobre, l’une des nombreuses nouvelles de ce genre. Plus de 150 groupes de gauche, de la Marche des femmes au Sierra Club en passant par Colour of Change, de Democrats.com aux Socialistes démocrates d’Amérique, ont rejoint la coalition «Protégez les résultats». Le site Web du groupe, aujourd’hui disparu, contenait une carte répertoriant 400 manifestations postélectorales prévues, qui devaient être activées par SMS dès le 4 novembre. (…) Fox News a surpris tout le monde en appelant l’Arizona pour Biden. La campagne de sensibilisation du public avait fonctionné: les présentateurs de télévision se mettaient en quatre pour conseiller la prudence et encadrer le décompte des voix avec précision. Time
November 3rd. After You Vote, Hit the Streets For months, Donald Trump and his enablers have waged an attack on the democratic process. They’re mobilizing an army of thugs to intimidate voters at the polls, they’re trying to limit access to early voting, and they even tried to dismantle the US Postal Service. During this triple crisis—the COVID-19 pandemic, the recession, and the crisis of police violence and institutional racism—the stakes are simply too high to sit at home and watch the results play out. On November 3rd, after you vote, volunteer at the polls or do get out the vote, come to Black Lives Matter Plaza. Thousands of us are planning to come together to defend democracy and ensure that Trump isn’t able to steal the 2020 Presidential Election. We’re going to start this next phase of the election cycle in the streets. We’ll have GoGo bands, salsa dancers, artists, cultural workers, and much more. We’ll also be watching the election results coming in on big screens. Votes will still be coming in, so this will (probably) not be the time we need to create disruption to stop a coup – yet. But we’ll be in a good place to respond to whatever might happen. This has been a really long and dark era so we’re going to be together to process our feelings of hope, anger, fear and exhaustion as a community.   Regardless of the results, election-night programming will probably wrap up around midnight so we can be energized and ready to hit the streets again on the 4th. Shutdown DC
Concerned about the possibility of unrest on Election Day, or in the days that follow, businesses in some areas of D.C. are boarding their windows. Officials are advising shop owners to sign up for crime alerts and to keep their insurance information handy. D.C. police have limited leave for officers starting this weekend to ensure adequate staffing, and the District spent $100,000 on less-lethal munitions and chemical irritants for riot control to replenish a stockpile depleted by clashes over the summer. As a turbulent election season draws to a close, authorities across the country worry frustration may spill onto the streets, and officials are watching for disturbances at the polls or protests in their communities. That tension is heightened in the nation’s capital, where the White House and other symbols of government regularly draw demonstrators. “It is widely believed that there will be civil unrest after the November election regardless of who wins,” D.C. Police Chief Peter Newsham told lawmakers this month. “It is also believed that there is a strong chance of unrest when Washington, D.C., hosts the inauguration in January.” (…) Officials have not recommended that shop owners board up their buildings, according to a resource guide for businesses distributed by city leaders this week. Some small-business owners are heeding their guidance, focused on bolstering sales as winter approaches. Others are boarding anyway, and concrete barriers were being installed outside the U.S. Chamber of Commerce building across from Lafayette Square. “We do not have any intelligence on planned activity to suggest the need to board up; however, we remain vigilant,” John Falcicchio, the deputy mayor for planning and economic development, said in a statement. “We understand the difficult position building owners and operating businesses are in, and we call upon all who participate in First Amendment activities to denounce violence and report it immediately should it occur.” Officials say they are concerned that a politically polarized electorate coupled with divisive rhetoric and President Trump questioning the integrity of the election could create flash points in the District and elsewhere. Newsham said several groups have applied for demonstration permits starting Sunday and for days after the election. The National Park Service is considering permit applications from several organizations with various views on the election. Shutdown DC is planning weeks’ worth of demonstrations around the White House and Black Lives Plaza starting Tuesday. “After you vote, hit the streets,” the group posted on its website. (…) The District endured months of sustained demonstrations after the death of George Floyd in police custody in Minneapolis, which targeted areas outside the White House but also impacted the downtown business district and neighborhoods such as Georgetown, Adams Morgan and Shaw. The demonstrations were mostly peaceful, but outbreaks of violence — much of it attributed to agitators more intent on destruction than protest — resulted in hundreds of arrests after nights of fires, looted stores and clashes with police. D.C. police said that on May 30 and May 31, the two most volatile days, 204 businesses were burglarized and 216 properties were damaged. The Washington Post
The Manhattan real estate world is a world unto its own. The competition is very fierce, you’re dealing with many, many clever people. I think it was Tom Klingenstein who said he always thought Trump was Jewish because he fit in so well with the real-estatenicks in Manhattan, most of whom were, and are, Jewish. (…) He had the qualities that all those guys had in common, and you might have thought, other things being equal, that he was one of them. And in a certain sense he was, but not entirely. I know a few of those guys and they’re actually very impressive. You have to get permits, and you have to deal with the mob, and you have to know how to handle workers who are very recalcitrant, many of whom are thuggish. You’re in a battlefield there, so you have to know how to operate politically as well as in a managerial capacity, and how to sweet talk and also how to curse. It’s not an easy field to master.(…) I think Trump has, in that sense, the common touch. That’s one of the things—it may be the main thing—that explains his political success. It doesn’t explain his success in general, but his political success, yes. (…) Trump fights back. The people who say: “Oh, he shouldn’t lower himself,” “He should ignore this,” and “Why is he demeaning himself by arguing with some dopey reporter?” I think on the contrary—if you hit him, he hits back; and he is an equal opportunity counter puncher. It doesn’t matter who you are. (…) when he first appeared on the scene (…) I said to my wife: “This guy is Buchanan without the anti-Semitism,” because he was a protectionist, a nativist, and an isolationist. And those were the three pillars of Pat Buchanan’s political philosophy. How did I know he wasn’t an anti-Semite? I don’t know—I just knew. And he certainly wasn’t and isn’t, and I don’t think he’s a racist or any of those things. (…) however, I began to be bothered by the hatred that was building up against Trump from my soon to be new set of ex-friends. It really disgusted me. I just thought it had no objective correlative. You could think that he was unfit for office—I could understand that—but my ex-friends’ revulsion was always accompanied by attacks on the people who supported him. They called them dishonorable, or opportunists, or cowards—and this was done by people like Bret Stephens, Bill Kristol, and various others. And I took offense at that. So that inclined me to what I then became: anti-anti-Trump. By the time he finally won the nomination, I was sliding into a pro-Trump position, which has grown stronger and more passionate as time has gone on. On the question of his isolationism, he doesn’t seem to give a damn. He hires John Bolton and Mike Pompeo who, from my point of view, as a neoconservative (I call myself a “paleo-neoconservative” because I’ve been one for so long), couldn’t be better. And that’s true of many of his other cabinet appointments. He has a much better cabinet than Ronald Reagan had, and Reagan is the sacred figure in Republican hagiography. Trump is able to do that because, not only is he not dogmatic, he doesn’t operate on the basis of fixed principles. Now some people can think that’s a defect—I don’t think it’s a defect in a politician at a high level. I remember thinking to myself once on the issue of his embrace of tariffs, and some of my friends were very angry. I said to myself for the first time, “Was thou shalt not have tariffs inscribed on the tablets that Moses brought down from Sinai? Maybe Trump has something on this issue, in this particular”—and then I discovered to my total amazement that there are a hundred tariffs (I think that’s right) against America from all over the world. So the idea that we’re living in a free trade paradise was itself wrong, and in any case, there was no reason to latch onto it as a sacred dogma. And that was true of immigration. I was always pro-immigration because I’m the child of immigrants. (…) So I was very reluctant to join in Trump’s skepticism about the virtues of immigration. (…) We weren’t arguing about illegal immigration. We were arguing about immigration. (…) What has changed my mind about immigration now—even legal immigration—is that our culture has weakened to the point where it’s no longer attractive enough for people to want to assimilate to, and we don’t insist that they do assimilate. (…) as I watched the appointments he was making even at the beginning, I was astonished. And he couldn’t have been doing this by accident. So that everything he was doing by way of policy as president, belied the impression he had given to me of a Buchananite. He was the opposite of a Buchananite in practice. The fact is he was a new phenomenon. And I still to this day haven’t quite figured out how he reconciled all of this in his own head. Maybe because, as I said earlier, he was not dogmatic about things. He did what he had to do to get things done. (…) he had something—he had instincts. And he knew, from my point of view, who the good guys were. Now, he made some mistakes, for example, with Secretary of State Tillerson, but so did Reagan. I used to point out to people that it took Lincoln three years to find the right generals to fight the civil war, so what did you expect from George W. Bush? In Trump’s case, most of his appointments were very good and they’ve gotten better as time’s gone on. And even the thing that I held almost sacred, and still do really, which is the need for American action abroad—interventionism—which he still says he’s against. I mean, he wants to pull out all our troops from Syria and I think it was probably Bolton who talked him out of doing it all in one stroke. Even concerning interventionism, I began to rethink. I found my mind opening to possibilities that hadn’t been there before. And in this case it was a matter of acknowledging changing circumstances rather than philosophical or theoretical changes. (…)[Trump] was against what he called stupid wars or unnecessary wars. But I think that, again, he’s willing to be flexible under certain circumstances. I think that if we were hit by any of those people, he would respond with a hydrogen bomb. (…) some of [my ex-friends] have gone so far as to make me wonder whether they’ve lost their minds altogether. I didn’t object to their opposition to Trump. There was a case to be made, and they made it—okay. Of course, they had no reasonable alternative. A couple of them voted for Hillary, which I think would have been far worse for the country than anything Trump could have done. But, basically, I think we’re all in a state of confusion as to what’s going on. Tom Klingenstein has made a brilliant effort to explain it, in terms that haven’t really been used before. He says that our domestic politics has erupted into a kind of war between patriotism and multiculturalism, and he draws out the implications of that war very well. I might put it in different terms—love of America versus hatred of America. But it’s the same idea. We find ourselves in a domestic, or civil, war almost. (…) The long march through the institutions, as the Maoists called it, was more successful than I would have anticipated. The anti-Americanism became so powerful that there was virtually nothing to stop it. Even back then I once said, and it’s truer now: this country is like a warrior tribe which sends all its children to a pacifist monk to be educated. And after a while—it took 20 or 40 years—but little by little it turned out that Antonio Gramsci—the Communist theoretician who said that the culture is where the power is, not the economy—turned out to be right; and little by little the anti-Americanism made its way all the way down to kindergarten, practically. And there was no effective counterattack. (…) The crack I make these days is that the Left thinks that the Constitution is unconstitutional. When Barack Obama said, “We are five days away from fundamentally transforming this country,” well it wasn’t five days, but he was for once telling the truth. He knew what he was doing. I’ve always said that Obama, from his own point of view, was a very successful president. (…) Far from being a failure, within the constraints of what is still the democratic political system, he had done about as much as you possibly could to transform the country into something like a social democracy. The term “social democrat,” however, used to be an honorable one. It designated people on the Left who were anti-Communist, who believed in democracy, but who thought that certain socialist measures could make the world more equitable. Now it’s become a euphemism for something that is hard to distinguish from Communism. And I would say the same thing about anti-Zionism. (…) two years or so after the Six Day War (…) anti-Semitism has migrated from the Right, which was its traditional home, to the Left, where it is getting a more and more hospitable reception. (…) Today, anti-Semitism, under the cover of anti-Zionism, has established itself much more firmly in the Democratic Party than I could ever have predicted, which is beyond appalling. The Democrats were unable to pass a House resolution condemning anti-Semitism, for example, which is confirmation of the Gramscian victory. I think they are anti-American—that’s what I would call them. They’ve become anti-American. (…) some of them say they’re pro-socialism, but most of them don’t know what they’re talking about. They ought to visit a British hospital or a Canadian hospital once in a while to see what Medicare for All comes down to. They don’t know what they’re for. I mean, the interesting thing about this whole leftist movement that started in the ’60s is how different it is from the Left of the ’30s. The Left of the ’30s had a positive alternative in mind—what they thought was positive—namely, the Soviet Union. So America was bad; Soviet Union, good. Turn America into the Soviet Union and everything is fine. The Left of the ’60s knew that the Soviet Union was flawed because its crimes that had been exposed, so they never had a well-defined alternative. One day it was Castro, the next day Mao, the next day Zimbabwe, I mean, they kept shifting—as long as it wasn’t America. Their real passion was to destroy America and the assumption was that anything that came out of those ruins would be better than the existing evil. That was the mentality—there was never an alternative and there still isn’t. (…) Things have gone so haywire, [Bernie Sanders] was able to revive the totally discredited idea of socialism, and others were so ignorant that they picked it up. As for attitudes toward America, I believe that Howard Zinn’s relentlessly anti-American People’s History of the United States sells something like 130,000 copies a year, and it’s a main text for the study of American History in the high schools and in grade schools. So, we have miseducated a whole generation, two generations by now, about almost everything. (…) The only way I know out of this is to fight it intellectually, which sounds weak. But the fact that Trump was elected is a kind of miracle. I now believe he’s an unworthy vessel chosen by God to save us from the evil on the Left. And he’s not the first unworthy vessel chosen by God. There was King David who was very bad—I mean he had a guy murdered so he could sleep with his wife, among other things. And then there was King Solomon who was considered virtuous enough—more than his father—to build the temple, and then desecrated it with pagan altars; but he was nevertheless considered a great ancestor. So there are precedents for these unworthy vessels, and Trump, with all his vices, has the necessary virtues and strength to fight the fight that needs to be fought. And if he doesn’t win in 2020, I would despair of the future. I have 13 grandchildren and 12 great grandchildren, and they are hostages to fortune. So I don’t have the luxury of not caring what’s going to happen after I’m gone. (…) His virtues are the virtues of the street kids of Brooklyn. You don’t back away from a fight and you fight to win. That’s one of the things that the Americans who love him, love him for—that he’s willing to fight, not willing but eager to fight. And that’s the main virtue and all the rest stem from, as Klingenstein says, his love of America. I mean, Trump loves America. He thinks it’s great or could be made great again. Eric Holder, former attorney general, said, “When was it ever great?” And Michelle Obama says that the first time she was ever proud of her country was when Obama won. (…) Mainly they think [Trump]’s unfit to be president for all the obvious reasons—that he disgraces the office. I mean, I would say Bill Clinton disgraced the office. I was in England at Cambridge University when Harry Truman was president, and there were Americans there who were ashamed of the fact that somebody like Harry Truman was president. (…) [A haberdasher] and no college degree. And, of course, Andrew Jackson encountered some of that animosity. There’s snobbery in it and there’s genuine, you might say, aesthetic revulsion. It’s more than disagreements about policy, because the fact of the matter is they have few grounds for disagreement about policy. I mean, I’ve known Bill Kristol all his life, and I like him. But I must say I’m shocked by his saying that if it comes to the deep state versus Trump, he’ll take the deep state. You know, I was raised to believe that the last thing in the world you defend is your own, and I am proud to have overcome that education. I think the first thing in the world you defend is your own, especially when it’s under siege both from without and within. So the conservative elite has allowed its worst features—its sense of superiority—to overcome its intellectual powers, let’s put it that way. I don’t know how else to explain this. (…) I often quote and I have always believed in Bill Buckley’s notorious declaration that he would rather be governed by the first 2,000 names in the Boston telephone book than by the faculty of Harvard University. That’s what I call intelligent populism. And Trump is Exhibit A of the truth of that proposition. Norman Podhoretz (2019)
Securing national borders seems pretty orthodox. In an age of anti-Western terrorism, placing temporary holds on would-be immigrants from war-torn zones until they can be vetted is hardly radical. Expecting “sanctuary cities” to follow federal laws rather than embrace the nullification strategies of the secessionist Old Confederacy is a return to the laws of the Constitution. Using the term “radical Islamic terror” in place of “workplace violence” or “man-caused disasters” is sensible, not subversive. Insisting that NATO members meet their long-ignored defense-spending obligations is not provocative but overdue. Assuming that both the European Union and the United Nations are imploding is empirical, not unhinged. Questioning the secret side agreements of the Iran deal or failed Russian reset is facing reality. Making the Environmental Protection Agency follow laws rather than make laws is the way it always was supposed to be. Unapologetically siding with Israel, the only free and democratic country in the Middle East, used to be standard U.S. policy until Obama was elected. (…) Expecting the media to report the news rather than massage it to fit progressive agendas makes sense. In the past, proclaiming Obama a “sort of god” or the smartest man ever to enter the presidency was not normal journalistic practice. (…) Half the country is having a hard time adjusting to Trumpism, confusing Trump’s often unorthodox and grating style with his otherwise practical and mostly centrist agenda. In sum, Trump seems a revolutionary, but that is only because he is loudly undoing a revolution. Victor Davis Hanson
What makes such men and women both tragic and heroic is their knowledge that the natural expression of their personas can lead only to their own destruction or ostracism from an advancing civilization that they seek to protect. And yet they willingly accept the challenge to be of service . . . Yet for a variety of reasons, both personal and civic, their characters not only should not be altered, but could not be, even if the tragic hero wished to change . . . In the classical tragic sense, Trump likely will end in one of two fashions, both not particularly good: either spectacular but unacknowledged accomplishments followed by ostracism . . . or, less likely, a single term due to the eventual embarrassment of his beneficiaries. Victor Davis Hanson
Trump’s own uncouthness was in its own manner contextualized by his supporters as a long overdue pushback to the elite disdain and indeed hatred shown them. (…) Trumpism was the idea that there were no longer taboo subjects. Everything was open for negotiation; nothing was sacred. Victor Davis Hanson
The very idea that Donald Trump could, even in a perverse way, be heroic may appall half the country. Nonetheless, one way of understanding both Trump’s personal excesses and his accomplishments is that his not being traditionally presidential may have been valuable in bringing long-overdue changes in foreign and domestic policy. Tragic heroes, as they have been portrayed from Sophocles’ plays (e.g., Ajax, Antigone, Oedipus Rex, Philoctetes) to the modern western film, are not intrinsically noble. Much less are they likeable. Certainly, they can often be obnoxious and petty, if not dangerous, especially to those around them. These mercurial sorts never end well — and on occasion neither do those in their vicinity. Oedipus was rudely narcissistic, Hombre’s John Russell (Paul Newman) arrogant and off-putting. Tragic heroes are loners, both by preference and because of society’s understandable unease with them. Ajax’s soliloquies about a rigged system and the lack of recognition accorded his undeniable accomplishments are Trumpian to the core — something akin to the sensational rumors that at night Trump is holed up alone, petulant, brooding, eating fast food, and watching Fox News shows. Outlaw leader Pike Bishop (William Holden), in director Sam Peckinpah’s The Wild Bunch, is a killer whose final gory sacrifice results in the slaughter of the toxic General Mapache and his corrupt local Federales. A foreboding Ethan Edwards (John Wayne), of John Ford’s classic 1956 film The Searchers, alone can track down his kidnapped niece. But his methods and his recent past as a Confederate renegade make him suspect and largely unfit for a civilizing frontier after the expiration of his transitory usefulness. These characters are not the sorts that we would associate with Bob Dole, Paul Ryan, Mitch McConnell, or Mitt Romney. The tragic hero’s change of fortune — often from good to bad, as Aristotle reminds us — is due to an innate flaw (hamartia), or at least in some cases an intrinsic and usually uncivilized trait that can be of service to the community, albeit usually expressed fully only at the expense of the hero’s own fortune. The problem for civilization is that the creation of those skill sets often brings with it past baggage of lawlessness and comfortability with violence. Trump’s cunning and mercurialness, honed in Manhattan real estate, global salesmanship, reality TV, and wheeler-dealer investments, may have earned him ostracism from polite Washington society. But these talents also may for a time be suited for dealing with many of the outlaws of the global frontier. (…) So what makes such men and women both tragic and heroic is their full knowledge that the natural expression of their personas can lead only to their own destruction or ostracism. Yet for a variety of reasons, both personal and civic, their characters not only should not be altered but could not be, even if the tragic hero wished to change, given his megalomania and Manichean views of the human experience. Clint Eastwood’s Inspector “Dirty” Harry Callahan cannot serve as the official face of the San Francisco police department. But Dirty Harry alone has the skills and ruthlessness to ensure that the mass murderer Scorpio will never harm the innocent again. So, in the finale, he taunts and then shoots the psychopathic Scorpio, ending both their careers, and walks off — after throwing his inspector’s badge into the water. Marshal Will Kane (Gary Cooper) of High Noon did about the same thing, but only after gunning down (with the help of his wife) four killers whom the law-abiding but temporizing elders of Hadleyville proved utterly incapable of stopping. (…) In other words, tragic heroes are often simply too volatile to continue in polite society. In George Stevens’s classic 1953 western Shane, even the reforming and soft-spoken gunslinger Shane (Alan Ladd) understands his own dilemma all too well: He alone possesses the violent skills necessary to free the homesteaders from the insidious threats of hired guns and murderous cattle barons. (And how he got those skills worries those he plans to help.) Yet by the time of his final resort to lethal violence, Shane has sacrificed all prior chances of reform and claims on reentering the civilized world of the stable “sodbuster” community. (…) Trump could not cease tweeting, not cease his rallies, not cease his feuding, and not cease his nonstop motion and unbridled speech if he wished to. It is his brand, and such overbearing made Trump, for good or evil, what he is — and will likely eventually banish him from establishment Washington, whether after or during his elected term. His raucousness can be managed, perhaps mitigated for a time — thus the effective tenure of his sober cabinet choices and his chief of staff, the ex–Marine general, no-nonsense John Kelly — but not eliminated. His blunt views cannot really thrive, and indeed can scarcely survive, in the nuance, complexity, and ambiguity of Washington. Trump is not a mannered Mitt Romney, who would never have left the Paris climate agreement. He is not a veteran who knew the whiz of real bullets and remains a Washington icon, such as John McCain, who would never have moved the American embassy to Jerusalem. Marco Rubio or Jeb Bush certainly would never have waded into no-win controversies such as the take-a-knee NFL debacle and unvetted immigration from suspect countries in the Middle East and Africa, or called to account sanctuary cities that thwarted federal law. Our modern Agamemnon, Speaker Paul Ryan, is too circumspect to get caught up with Trump’s wall or a mini-trade war with China. Trump does not seem to care whether he is acting “presidential.” The word — as he admits — is foreign to him. He does not worry whether his furious tweets, his revolving-door firing and hiring, and his rally counterpunches reveal a lack of stature or are becoming an embarrassing window into his own insecurities and apprehensions as a Beltway media world closes in upon him in the manner that, as the trapped western hero felt, the shrinking landscape was increasingly without options in the new 20th century. The real moral question is not whether the gunslinger Trump could or should become civilized (again, defined in our context as becoming normalized as “presidential”) but whether he could be of service at the opportune time and right place for his country, crude as he is. After all, despite their decency, in extremis did the frontier farmers have a solution without Shane, or the Mexican peasants a realistic alternative to the Magnificent Seven, or the town elders a viable plan without Will Kane? Perhaps we could not withstand the fire and smoke of a series of Trump presidencies, but given the direction of the country over the last 16 years, half the population, the proverbial townspeople of the western, wanted some outsider, even with a dubious past, to ride in and do things that most normal politicians not only would not but could not do — before exiting stage left or riding off into the sunset, to the relief of most and the regrets of a few. The best and the brightest résumés of the Bush and Obama administrations had doubled the national debt — twice. Three prior presidents had helped to empower North Korea, now with nuclear-tipped missiles pointing at the West Coast. Supposedly refined and sophisticated diplomats of the last quarter century, who would never utter the name “Rocket Man” or stoop to call Kim Jong-un “short and fat,” nonetheless had gone through the “agreed framework,” “six-party talks,” and “strategic patience,” in which three administrations gave Pyongyang quite massive aid to behave and either not to proliferate or at least to denuclearize. And it was all a failure, and a deadly one at that. For all of Obama’s sophisticated discourse about “spread the wealth around” and “You didn’t build that,” quantitative easing, zero interest rates, massive new regulations, the stimulus, and shovel-ready, government-inspired jobs, he could not achieve 3 percent annualized economic growth. Half the country, the more desperate half, believed that the remedy for a government in which the IRS, the FBI, the DOJ, and the NSA were weaponized, often in partisan fashion and without worry about the civil liberties of American citizens, was not more temporizing technicians but a pariah who cleaned house and moved on. Certainly Obama was not willing to have a showdown with the Chinese over their widely acknowledged cheating and coerced expropriation of U.S. technology, with the NATO allies over their chronic welching on prior defense commitments, with the North Koreans after they achieved the capability of hitting U.S. West Coast cities, or with the European Union over its mostly empty climate-change accords. Moving on, sometimes fatally so, is the tragic hero’s operative exit. Antigone certainly makes her point about the absurdity of small men’s sexism and moral emptiness in such an uncompromising way that her own doom is assured. Tom Doniphon (John Wayne), in John Ford’s The Man Who Shot Liberty Valance, unheroically kills the thuggish Liberty Valance, births the career of Ranse Stoddard and his marriage to Doniphon’s girlfriend, and thereby ensures civilization is Shinbone’s frontier future. His service done, he burns down his house and degenerates from feared rancher to alcoholic outcast. (…) He knows that few appreciate that the tragic heroes in their midst are either tragic or heroic — until they are safely gone and what they have done in time can be attributed to someone else. Worse, he knows that the tragic hero’s existence is solitary and without the nourishing networks and affirmation of the peasant’s agrarian life. (…) By his very excesses Trump has already lost, but in his losing he might alone be able to end some things that long ago should have been ended. Victor Davis Hanson
That is how human nature is. (…) if you talk to people in the military, the diplomatic corps, the academic world, and, just to take one example, China, they will tell you in the last two years they have had an awakening. They feel that Chinese military superiority is now to deny help to America’s allies. They believe that the trade deficit is unsustainable. They will tell you all of that, and you are almost listening to Donald Trump in 2015, but they won’t mention the word “Trump,” because to do so would contaminate that argument. What I am getting at is he looked at the world empirically. (…) he said, “This is what’s wrong, and this is what we would have to do to address this problem.” And he said it in such a way—whether he wanted to say it in that way or whether he was forced to say it in that way, I don’t know—but he said it in such a way that was designed to grab attention, to be polarizing, to get through bureaucratic doublespeak. So now he succeeded, but if I were to ask anybody at Stanford University, or anybody that I know is a four-star general or a diplomat, “What caused your sudden change about China?,” they would not say Donald Trump, and yet we know who it was. [Like a hero out of Greek myth] as long as we understand the word “hero.” Americans don’t know what that word means. They think it means you live happily ever after or you are selfless. Whether it is Achilles or Sophocles’s Ajax or Antigone, they can act out of insecurity, they can act out of impatience—they can act out of all sorts of motives that are less than what we say in America are heroic. But the point that they are making is, I see a skill that I have. I see a problem. I want to solve that problem, and I want to solve that problem so much that the ensuing reaction to that solution may not necessarily be good for me. And they accept that. (…) I tried to use as many examples as I could of the classic Western, whether it was “Shane” or “High Noon” or “The Magnificent Seven.” They all are the same—the community doesn’t have the skills or doesn’t have the willpower or doesn’t want to stoop to the corrective method to solve the existential problem, whether it is cattle barons or banditos. So they bring in an outsider, and immediately they start to be uneasy because he is uncouth—his skills, his attitude—and then he solves the problem, and they declare to him, whether it is Gary Cooper in “High Noon” or Alan Ladd in “Shane,” “I think it’s better you leave. We don’t need you anymore. We feel dirty that we ever had to call you in.” I think that is what is awaiting Trump. (…) I think Trump really did think that there were certain problems and he had particular skills that he could solve. Maybe in a naïve fashion. But I think he understood, for all the emoluments-clause hysteria, that he wasn’t going to make a lot of money from it or be liked for it. (…) I look at everything empirically. I know what the left said, and the media said, but I ask myself, “What actually happened?” There are a billion Muslims in the world, and he has, I think, six countries who were not able to substantiate that their passports were vetted. [Trump’s final travel plan limits or prevents travel from seven countries.] We didn’t even, in the final calibration, base it on religion. I think we have two countries that are not predominantly Muslim. (…) As far as separation, I remember very carefully that the whole child separation was started during Barack Obama. (…) It was unapologetically said this came from Obama and we are going to continue to practice deterrence. As someone who lives in a community that is ninety per cent Hispanic, probably forty per cent undocumented, I can tell you that it’s a very different world from what people are talking about in Washington. I have had people knock on my door and ask me where the ob-gyn lives, because they got her name in Oaxaca. And the woman in the car is six months pregnant and living across the border and given the name of a nice doctor in Selma, California, that will deliver the baby. (…) It has happened once, but I know people who come from Mexico with the names of doctors and clinics in Fresno County where they know they will get, for free, twenty to thirty thousand dollars of medical care and an anchor baby. I know that’s supposed to be an uncouth thing to say. (…) As I am talking right now, I have a guy, a U.S. citizen, tiling my kitchen, and he does not like the idea that people hire people illegally for twelve dollars an hour in cash, when he should be getting eighteen, nineteen, twenty dollars. But, when you make these arguments, they are just brushed aside by the left or the media, by saying, oh, these are anecdotal or racist or stereotype. (…) [Trump saying there were good people on both sides] was very clumsy (…) But there wasn’t a monolithic white racist protest movement. There were collections of people. Some of them were just out there because maybe they are deluded and maybe they are not. I don’t know what their hearts are like, but they did not want statues torn down or defaced. (…) You can argue that what was O.K. in 2010 suddenly was racist in 2017. But, in today’s polarized climate, Trump should have said, “While both groups are demonstrating, we can’t have a group on any side that identifies by race.” He should have said that. He just said there were good people on both sides. It was clumsy. (…) I was trying to look at Trump in classical terms, so words like eirôneia, or irony—how could it be that the Republican Party supposedly was empathetic, but a millionaire, a billionaire Manhattanite started using terms I had never heard Romney or McCain or Paul Ryan say? He started saying “our.” Our miners. And then, on the left, every time Hillary Clinton went before a Southern audience, she started speaking in a Southern accent. And Barack Obama, I think you would agree, when he gets before an inner-city audience, he suddenly sounded as if he spoke in a black patois. When Trump went to any of these groups, he had the same tie, the same suit, the same accent. What people thought was that, whatever he is, he is authentic. (…) I read a great deal about the Mar-a-Lago project, and I was shocked that the people who opposed that on cultural and social grounds were largely anti-Semitic. Trump had already announced that he was not going to discriminate against Jews and Mexicans and other people. He said, “I want wealthy people.” I went to Palm Beach and talked to wealthy Jewish donors and Cubans, and they said the same thing to me—“He likes rich people. He doesn’t care what you look like.” (…) I don’t know what the driving force was, but I found that he was indifferent. And I think the same thing is true of blacks and Hispanics. (…)  [using birtherism as a way of discrediting Obama]  was absurd. I think it was demonstrable that Obama was born in the United States. The only ambiguity was that two things gave rise to the conspiracy theorists. One was—and I think this is a hundred-per-cent accurate—an advertising group that worked in concert with his publisher put on a booklet that Obama was born in Kenya. That gave third-world cachet to “Dreams from My Father.” And he didn’t look at it or didn’t change it. [In 1991, four years before Obama’s first book was published, his literary agency incorrectly stated on a client list that Obama was born in Kenya.] And he left as a young kid and went to Indonesia and applied when he came back as a Fulbright Fellow, and I don’t know if this is substantiated or just rumor, but he probably was given dual citizenship. [The claim that Obama was a Fulbright Fellow from Indonesia, and therefore had Indonesian citizenship, originated in a hoax e-mail, from April 1, 2009, and has been discredited.] (…) What I am getting at is, here you have a guy named Barack Obama, who grew up in Hawaii, and there were indications in his past that there was ambiguity. (…) I think Trump was doing what Trump does, which is trying to sensationalize it. I don’t think it was racial. I think it was political. (…) I mean carefully calibrated in a political sense. That’s my point. Not that it was careful in the sense of being humane or sympathetic. By that I mean, there were elements in Ted Cruz’s personality that offended people. And he got Ted Cruz really angry, and Ted Cruz doesn’t come across well. (…) if you go back and look at the worst tweets, they are retaliatory. What he does is he waits like a coiled cobra until people attack him, and then he attacks them in a much cruder, blunter fashion. And he has an uncanny ability to pick people that have attacked him, whether it’s Rosie O’Donnell, Megyn Kelly—there were elements in all those people’s careers that were starting to bother people, and Trump sensed that out. I don’t think he would have gotten away with taking on other people that were completely beloved. Colin Kaepernick. People were getting tired of him, so he took him on. All that stuff was calibrated. Trump was replying and understood public sympathy would be at least fifty-fifty, if not in his favor. Victor Davis Hanson
C’est là que se noue la double insécurité économique et culturelle. Face au démantèlement de l’Etat-providence, à la volonté de privatiser, les classes populaires mettent en avant leur demande de préserver le bien commun comme les services publics. Face à la dérégulation, la dénationalisation, elles réclament un cadre national, plus sûr moyen de défendre le bien commun. Face à l’injonction de l’hypermobilité, à laquelle elles n’ont de toute façon pas accès, elles ont inventé un monde populaire sédentaire, ce qui se traduit également par une économie plus durable. Face à la constitution d’un monde où s’impose l’indistinction culturelle, elles aspirent à la préservation d’un capital culturel protecteur. Souverainisme, protectionnisme, préservation des services publics, sensibilité aux inégalités, régulation des flux migratoires, sont autant de thématiques qui, de Tel-Aviv à Alger, de Detroit à Milan, dessinent un commun des classes populaires dans le monde. Ce soft power des classes populaires fait parfois sortir de leurs gonds les parangons de la mondialisation heureuse. Hillary Clinton en sait quelque chose. Elle n’a non seulement pas compris la demande de protection des classes populaires de la Rust Belt, mais, en plus, elle les a traités de « déplorables ». Qui veut être traité de déplorable ou, de ce côté-ci de l’Atlantique, de Dupont Lajoie ? L’appartenance à la classe moyenne n’est pas seulement définie par un seuil de revenus ou un travail d’entomologiste des populations de l’Insee. C’est aussi et avant tout un sentiment de porter les valeurs majoritaires et d’être dans la roue des classes dominantes du point de vue culturel et économique. Placées au centre de l’échiquier, ces catégories étaient des références culturelles pour les classes dominantes, comme pour les nouveaux arrivants, les classes populaires immigrées. En trente ans, les classes moyennes sont passées du modèle à suivre, l’American ou l’European way of life, au statut de losers. Il y a mieux comme référents pour servir de modèle d’assimilation. Qui veut ressembler à un plouc, un déplorable… ? Personne. Pas même les nouveaux arrivants. L’ostracisation des classes populaires par la classe dominante occidentale, pensée pour discréditer toute contestation du modèle économique mondialisé – être contre, c’est ne pas être sérieux – a, en outre, largement participé à l’effondrement des modèles d’intégration et in fine à la paranoïa identitaire. L’asociété s’est ainsi imposée partout : crise de la représentation politique, citadéllisation de la bourgeoisie, communautarisation. Qui peut dès lors s’étonner que nos systèmes d’organisation politique, la démocratie, soient en danger ? Christophe Guilluy
En 2016, Hillary Clinton traitait les électeurs de son opposant républicain, c’est-à-dire l’ancienne classe moyenne américaine déclassée, de « déplorables ». Au-delà du mépris de classe que sous-tend une expression qui rappelle celle de l’ancien président français François Hollande qui traitait de « sans-dents » les ouvriers ou employés précarisés, ces insultes (d’autant plus symboliques qu’elles étaient de la gauche) illustrent un long processus d’ostracisation d’une classe moyenne devenue inutile. (…) Depuis des décennies, la représentation d’une classe moyenne triomphante laisse peu à peu la place à des représentations toujours plus négatives des catégories populaires et l’ensemble du monde d’en haut participe à cette entreprise. Le monde du cinéma, de la télévision, de la presse et de l’université se charge efficacement de ce travail de déconstruction pour produire en seulement quelques décennies la figure répulsive de catégories populaires inadaptées, racistes et souvent proches de la débilité. (…) Des rednecks dégénérés du film « Deliverance » au beauf raciste de Dupont Lajoie, la figure du « déplorable » s’est imposée dès les années 1970 dans le cinéma. La télévision n’est pas en reste. En France, les années 1980 seront marquées par l’émergence de Canal +, quintessence de ll’idéologie libérale-libertaire dominante. (…) De la série « Les Deschiens », à la marionnette débilitante de Johnny Hallyday des Guignols de l’info, c’est en réalité toute la production audiovisuelle qui donne libre cours à son mépris de classe. Christophe Guilluy
Étant donné l’état de fragilisation sociale de la classe moyenne majoritaire française, tout est possible. Sur les plans géographique, culturel et social, il existe bien des points communs entre les situations françaises et américaines, à commencer par le déclassement de la classe moyenne. C’est « l’Amérique périphérique » qui a voté Trump, celle des territoires désindustrialisés et ruraux qui est aussi celle des ouvriers, employés, travailleurs indépendants ou paysans. Ceux qui étaient hier au cœur de la machine économique en sont aujourd’hui bannis. Le parallèle avec la situation américaine existe aussi sur le plan culturel, nous avons adopté un modèle économique mondialisé. Fort logiquement, nous devons affronter les conséquences de ce modèle économique mondialisé : l’ouvrier – hier à gauche –, le paysan – hier à droite –, l’employé – à gauche et à droite – ont aujourd’hui une perception commune des effets de la mondialisation et rompent avec ceux qui n’ont pas su les protéger. La France est en train de devenir une société américaine, il n’y a aucune raison pour que l’on échappe aux effets indésirables du modèle. (…) Dans l’ensemble des pays développés, le modèle mondialisé produit la même contestation. Elle émane des mêmes territoires (Amérique périphérique, France périphérique, Angleterre périphérique… ) et de catégories qui constituaient hier la classe moyenne, largement perdue de vue par le monde d’en haut. (…) la perception que des catégories dominantes – journalistes en tête – ont des classes populaires se réduit à leur champ de vision immédiat. Je m’explique : ce qui reste aujourd’hui de classes populaires dans les grandes métropoles sont les classes populaires immigrées qui vivent dans les banlieues c’est-à-dire les minorités : en France elles sont issues de l’immigration maghrébine et africaine, aux États-Unis plutôt blacks et latinos. Les classes supérieures, qui sont les seules à pouvoir vivre au cœur des grandes métropoles, là où se concentrent aussi les minorités, n’ont comme perception du pauvre que ces quartiers ethnicisés, les ghettos et banlieues… Tout le reste a disparu des représentations. Aujourd’hui, 59 % des ménages pauvres, 60 % des chômeurs et 66 % des classes populaires vivent dans la « France périphérique », celle des petites villes, des villes moyennes et des espaces ruraux. (…) Faire passer les classes moyennes et populaires pour « réactionnaires », « fascisées », « pétinisées » est très pratique. Cela permet d’éviter de se poser des questions cruciales. Lorsque l’on diagnostique quelqu’un comme fasciste, la priorité devient de le rééduquer, pas de s’interroger sur l’organisation économique du territoire où il vit. L’antifascisme est une arme de classe. Pasolini expliquait déjà dans ses Écrits corsaires que depuis que la gauche a adopté l’économie de marché, il ne lui reste qu’une chose à faire pour garder sa posture de gauche : lutter contre un fascisme qui n’existe pas. C’est exactement ce qui est en train de se passer. (…) Il y a un mépris de classe presque inconscient véhiculé par les médias, le cinéma, les politiques, c’est énorme. On l’a vu pour l’élection de Trump comme pour le Brexit, seule une opinion est présentée comme bonne ou souhaitable. On disait que gagner une élection sans relais politique ou médiatique était impossible, Trump nous a prouvé qu’au contraire, c’était faux. Ce qui compte, c’est la réalité des gens depuis leur point de vue à eux. Nous sommes à un moment très particulier de désaffiliation politique et culturel des classes populaires, c’est vrai dans la France périphérique, mais aussi dans les banlieues où les milieux populaires cherchent à préserver ce qui leur reste : un capital social et culturel protecteur qui permet l’entraide et le lien social. Cette volonté explique les logiques séparatistes au sein même des milieux modestes. Une dynamique, qui n’interdit pas la cohabitation, et qui répond à la volonté de ne pas devenir minoritaire. (…) La bourgeoisie d’aujourd’hui a bien compris qu’il était inutile de s’opposer frontalement au peuple. C’est là qu’intervient le « brouillage de classe », un phénomène, qui permet de ne pas avoir à assumer sa position. Entretenue du bobo à Steve Jobs, l’idéologie du cool encourage l’ouverture et la diversité, en apparence. Le discours de l’ouverture à l’autre permet de maintenir la bourgeoisie dans une posture de supériorité morale sans remettre en cause sa position de classe (ce qui permet au bobo qui contourne la carte scolaire, et qui a donc la même demande de mise à distance de l’autre que le prolétaire qui vote FN, de condamner le rejet de l’autre). Le discours de bienveillance avec les minorités offre ainsi une caution sociale à la nouvelle bourgeoisie qui n’est en réalité ni diverse ni ouverte : les milieux sociaux qui prônent le plus d’ouverture à l’autre font parallèlement preuve d’un grégarisme social et d’un entre-soi inégalé. (…) Nous, terre des lumières et patrie des droits de l’homme, avons choisi le modèle libéral mondialisé sans ses effets sociétaux : multiculturalisme et renforcement des communautarismes. Or, en la matière, nous n’avons pas fait mieux que les autres pays. (…) Le FN n’est pas le bon indicateur, les gens n’attendent pas les discours politiques ou les analyses d’en haut pour se déterminer. Les classes populaires font un diagnostic des effets de plusieurs décennies d’adaptation aux normes de l’économie mondiale et utilisent des candidats ou des référendums, ce fut le cas en 2005, pour l’exprimer. Christophe Guilluy
A chaque fois, la grogne vient de territoires qui sont moins productifs économiquement, où le chômage est très implanté. Ce sont des territoires ruraux, des petites et moyennes villes souvent éloignées des grandes métropoles : ce que j’appelle la « France périphérique ». Ce sont des lieux où vivent les classes moyennes, les ouvriers, les petits salariés, les indépendants, les retraités. Cette majorité de la population subit depuis 20 à 30 ans une recomposition économique qui les a desservis. (…) La colère de ces populations vient de beaucoup plus loin. Cela fait des années que ces catégories de Français ne sont plus intégrées politiquement et économiquement. Il y a eu la fermeture progressive des usines puis la crise du monde rural. Pour eux, le retour à l’emploi est très compliqué. En plus, ils ont subi la désertification médicale et le départ des services publics. Idem pour les commerces qui quittent les petites villes. Tout cela s’est cristallisé autour de la question centrale du pouvoir d’achat. Mais le mouvement des Gilets jaunes est une conséquence de tout cela mis bout à bout. (…) le ressentiment est gigantesque. Ce qui est certain c’est que les problèmes sont désormais sur la table. Et si la contestation des Gilets jaunes ne perdure pas dans le temps, un autre mouvement émergera de ces territoires un peu plus tard, car rien n’aura été réglé. (…) Le monde d’en haut ne parle plus au monde d’en bas. Et le monde d’en bas n’écoute plus le monde d’en haut. Les élites sont rassemblées géographiquement dans des métropoles où il y a du travail et de l’argent. Elles continuent de s’adresser à une classe moyenne et à une réalité sociale qui n’existent plus. C’est un boulevard pour les extrêmes… (…) Ils s’adaptent à la demande, comme toujours ! (…) Les réponses apportées par le gouvernement sont à côté de la plaque. Les gens ne demandent pas des solutions techniques pour financer un nouveau véhicule. Ils attendent des réponses de fond où on leur explique quelle place ils ont dans ce pays. De nombreux élus locaux ont des projets pour relancer leur territoire, mais ils n’ont pas d’argent pour les mettre en place. Il faut se retrousser les manches pour développer ces régions, partir du peuple plutôt que de booster en permanence les premiers de cordée. Christophe Guilluy
Je dis depuis quinze ans qu’il y a un éléphant malade (la classe moyenne) dans le magasin de porcelaine (l’Occident) et qu’on m’explique qu’il n’y a pas d’éléphant. Les « gilets jaunes » correspondent effectivement à la sociologie et à la géographie de la France périphérique que j’observe depuis des années. Ouvriers, employés ou petits indépendants, ils ont du mal à boucler leurs fins de mois. Socialement précarisées, ces catégories modestes vivent dans les territoires (villes, moyennes ou petites, campagnes) qui créent le moins d’emplois. Ces déclassés illustrent un mouvement enraciné sur le temps long : la fin de la classe moyenne dont ils formaient hier encore le socle. (…) Du paysan historiquement de droite à l’ouvrier historiquement de gauche, les « gilets jaunes » constatent que le modèle mondialisé ne les intègre plus. Ils roulent en diesel parce qu’on leur a dit de le faire, mais se font traiter de pollueurs par les élites des grandes métropoles. Alors que le monde d’en haut réaffirme sans cesse son identité culturelle (la ville mondialisée, le bio, le vivre-ensemble…), les « gilets jaunes » n’entendent pas se plier au modèle économique et culturel qui les exclut. (…) Plus que l’exclusion des plus modestes, c’est d’abord la sécession du monde d’en haut qui a joué. La rupture entre le haut et le bas de la société se creuse à mesure que les élites ostracisent le peuple. Macron a beau avoir fait le bon diagnostic quand il a déclaré : « Je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants », son camp s’est empressé de traiter les « gilets jaunes » de racistes, d’antisémites et d’homophobes. Ça ne favorise pas la réconciliation ! Pourtant majoritaire, puisqu’elle constitue 60 % de la population, la France périphérique est rejetée par le monde d’en haut qui ne se reconnaît plus dans son propre peuple. L’importance du mouvement et surtout du soutien de l’opinion (huit Français sur dix) révèle l’isolement du monde d’en haut et des représentations sociales et territoriales totalement erronées. Ce divorce soulève un véritable problème démocratique, car les classes moyennes ont toujours été le référent culturel de la classe dirigeante. (…) Certes, il y a des manifestants de droite, de gauche, d’extrême droite et d’extrême gauche qui structurent assez mal leurs discours. Mais tous souhaitent la même chose : du travail et la préservation de ce qu’ils sont. La question du respect est fondamentale, mais le pouvoir y répond par l’insulte ! (…) Tout est possible. Il y a un tel déficit d’offre politique qu’un leader populiste pourrait surgir aussi vite que Macron a émergé. La demande existe. Dans le reste du monde, les populistes réussissent en adaptant leur idéologie à la demande. Il y a quelques années, Salvini défendait des positions sécessionnistes, libérales et racistes en s’attaquant aux Italiens du Sud. Aujourd’hui ministre, il se fait acclamer à Naples, devient étatiste, prône l’unité italienne et vote un budget quasiment de gauche. Quant à Trump, c’est un membre de l’hyperélite new-yorkaise qui a écouté les demandes de l’Amérique périphérique. Ces leaders ne se disent pas qu’il faut rééduquer le peuple. Au contraire, ce sont les demandes de la base qui leur indiquent la voie à suivre. Ainsi, un Mouvement 5 étoiles pourra émerger en France s’il répond aux demandes populaires de régulation (économique, migratoire). (…) Dans tous les pays occidentaux, la classe moyenne est en train d’exploser par le bas. Cette évolution a démarré dans les années 1970-1980 par la crise du monde ouvrier, avec les restructurations industrielles, puis a touché les paysans, les employés du secteur tertiaire, et enfin des territoires ruraux et des villes moyennes. Si on met bout à bout toutes ces catégories, cela touche le cœur de la société. Sur les décombres des classes moyennes telles qu’elles existaient pendant les Trente Glorieuses, les nouvelles classes populaires – ouvriers, employés, paysans, petits commerçants – forment partout l’immense majorité de la population. (…) Maintenant que la classe moyenne a explosé, deux grandes catégories sociales s’affrontent avec comme arrière-plan un nouveau modèle économique de polarisation de l’emploi. D’un côté, les catégories supérieures – 20 à 25 % de la population –, qui occupent des emplois extrêmement qualifiés et hyper intégrés, se concentrent dans les métropoles. De l’autre, une grosse masse de précaires dont les salaires ne suivent pas, vit dans des zones périphériques. Même dans une région riche comme la Bavière, l’électorat AfD recoupe une sociologie et une géographie plutôt populaires réparties dans des petites villes, des villes moyennes et des zones rurales. (…) La classe moyenne n’est absolument pas une catégorie ethnique. Dans mon dernier livre, je critique l’ethnicisation du concept qui, contrairement à ce qu’on croit, est venue de l’intelligentsia de gauche. Depuis quelques années, il y a un glissement sémantique : quand certains parlent des banlieues ou de la politique de la ville, ils désignent les populations issues de l’immigration récente, et quand ils évoquent la « classe moyenne », ils veulent dire « Blancs ». C’est une bêtise. La classe moyenne est le produit d’une intégration économique et culturelle qui a fonctionné pour les Antillais ainsi que pour les premières vagues d’immigration maghrébine qui en épousaient les valeurs, quelle que fût leur origine ou leur religion. Faut-il le rappeler, les DOM-TOM font partie de la France périphérique. Dans ces territoires, les demandes de régulation (économique et migratoire) émanent des mêmes catégories. Cette dynamique est aujourd’hui cassée car le modèle occidental n’intègre plus ces catégories, ni économiquement, ni socialement, ni culturellement. Même dans des régions du monde prospères comme la Scandinavie, les petites gens sont fragilisées culturellement. Cette explosion des classes moyennes entraîne la crise des valeurs culturelles qu’elles portaient, donc des systèmes d’assimilation. (…) Si les classes moyennes, socle populaire du monde d’en haut, ne sont plus les référents culturels de celui-ci, qui ne cesse de les décrire comme des déplorables, elles ne peuvent plus mécaniquement être celles à qui ont envie de ressembler les immigrés. Hier, un immigré qui débarquait s’assimilait mécaniquement en voulant ressembler au Français moyen. De même, l’American way of life était porté par l’ouvrier américain à qui l’immigré avait envie de ressembler. Dès lors que les milieux modestes sont fragilisés et perçus comme des perdants, ils perdent leur capacité d’attractivité. C’est un choc psychologique gigantesque. Cerise sur le gâteau, l’intelligentsia vomit ces gens, à l’image d’Hillary Clinton qui traitait les électeurs de Trump de « déplorables ». Personne n’a envie de ressembler à un déplorable ! (…) La dynamique populiste joue sur deux ressorts à la fois : l’insécurité sociale et l’insécurité culturelle. L’insécurité culturelle sans l’insécurité économique et sociale, cela donne l’électorat Fillon, qui a logiquement voté Macron au second tour : il n’a aucun intérêt à renverser le modèle dont il bénéficie. On l’a vu avec l’élection de Trump, aucun vote populiste n’émerge sans la conjonction de fragilités identitaire et sociale. Il est donc vain de se demander si c’est l’une ou l’autre de ces composantes qui joue. Raison pour laquelle les débats sur la prétendue influence d’Éric Zemmour sont idiots. Zemmour exprime un mouvement réel de la société, qui explique qu’avec 11 millions d’électeurs pour Marine Le Pen, le Front national ait battu son record absolu de voix au second tour en 2017. Malgré tout, la redistribution reste très forte et les protégés sont nombreux. Emmanuel Macron n’a pas seulement été élu par le monde d’en haut. Il a aussi été largement soutenu par les protégés, c’est-à-dire les retraités – notamment de la classe moyenne – et les fonctionnaires. Là est le paradoxe français : ce qui reste de l’État providence protège le monde d’en haut… (…) Cela explique son effondrement dans les sondages. Ceci dit, le niveau de pension reste relativement correct et ne pousse pas les retraités français à renverser la table, même ceux qui estiment qu’il y a des problèmes avec l’immigration. Mais cela pourrait changer aux États-Unis et en Grande-Bretagne, l’État providence étant fragilisé depuis les années 1980, les retraités ne craignent pas de bousculer le système. Ils ont voté pour le Brexit parce qu’ils n’ont rien à perdre. Si demain le gouvernement fragilise les retraités français, ils ne cautionneront pas éternellement le système. En détricotant tous les filets sociaux, comme la redistribution en faveur des retraités, on prend de très gros risques pour la suite des opérations. (…) Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le gouvernement a fait marche arrière sur la CSG. La pension de retraite médiane en France tourne autour de 1 000, 1 100 euros par mois ! En dessous de 1 000 euros par mois, cela commence à être très compliqué. La majorité des retraités sont issus des catégories populaires. Et ils sont les seuls, au sein de celles-ci, à n’avoir pas majoritairement basculé dans l’abstention ou dans le vote populiste. Le jour où eux aussi basculeront, le choc sera comparable au Brexit. Regardez aussi la rapidité avec laquelle les populistes ont gagné en Italie. (…) Qu’on le veuille ou non, le mouvement est là et il suffit d’attendre. Partout en Occident, il y a une très forte demande de régulation : économique, sociale, migratoire. Pour toute réponse à cette demande populaire, on la traite de fasciste – je suis bien placé pour le savoir. Le résultat de cette stratégie de diversion, c’est que la fracture entre l’élite et les classes supérieures, d’une part, et le peuple d’autre part, ne cesse de se creuser. Jamais dans l’histoire ces deux mondes n’avaient été aussi étrangers l’un à l’autre. (…) Ce monde d’en haut ne tient pas seulement avec le 1 % ou les hyper riches, mais avec des catégories supérieures et une technostructure – les énarques, mais aussi les technocrates territoriaux issus de l’INET. Ses membres viennent tous des mêmes milieux et partagent exactement la même vision de la société. À l’inverse, quand je me balade en France, je rencontre des élus de gauche ou de droite qui partagent mon diagnostic. Et qui se désolent de voir qu’au sommet de leur parti, domine le modèle mondialisé structuré autour des métropoles. (…) Quand la pensée est vraiment en décalage avec le réel, les tentatives de déni et de diabolisation ne marchent plus. Cependant, avec toute la volonté politique du monde, sans l’appui de la technostructure, aucun changement n’est possible. La même question se pose dans les territoires : comment initier des politiques différentes avec la même technostructure ? Peu importe qui est maire de Paris ou Bordeaux, ces villes créent de la richesse grâce au libre jeu du marché. En revanche, il faut être sacrément doué pour sortir Guéret ou Vierzon de l’impasse. (…) Actuellement, on traite la France périphérique à coups de subventions. On redistribue un peu, beaucoup, passionnément, de façon à ce que les gens puissent remplir leur caddie au supermarché. On est arrivé au bout de ce modèle, notamment parce que l’État et les ménages sont surendettés. Mais lorsque des élus locaux et des entreprises privées se réunissent autour d’une table pour impulser un projet économique, cela réussit. Je pense par exemple à la relance des couteaux de Laguiole, dans l’Aveyron. (…) Comme le démontre l’exemple de Laguiole, on ne peut plus penser l’organisation territoriale uniquement à travers une volonté imposée d’en haut par les pouvoirs publics. C’est du bas vers le haut qu’il faut penser ces territoires. Dans des départements ruraux comme la Nièvre, les élus réclament la compétence économique pour initier des projets. Les présidents de conseils départementaux connaissent parfaitement leur territoire, les entreprises qui marchent et la raison de leur succès, la ville où il y a des pauvres et des chômeurs. Ils sont souples, inventifs, pragmatiques et ont à leur disposition des fonctionnaires départementaux issus du cru. Mais les hauts fonctionnaires qui forment l’administration régionale ou étatique cherchent à leur retirer de plus en plus de compétences économiques. Quoique majoritaire, la France des territoires n’existe pas politiquement. Les élus locaux sont marginalisés au sein de leurs partis, contrairement aux élus des grandes villes. Tout doit donc commencer par un rééquilibrage démocratique. Christophe Guilluy
Most astonishing is to see those involved in this violence not waving Antifa flags but, instead, Trump and MAGA banners. It’s only Jan. 6, but the 2021 Nobel Prizes for Unforced Errors and a Suicidal Leap from the Moral High Ground go to the pro-Trump protesters marauding through the halls of The People’s House. It would be bad enough if the acts of terrorism now being perpetrated by this mob were underway while House Speaker Nancy Pelosi, D-Calif., banged her gavel and shut down any objections to Electoral College votes that many of my fellow Trump fans believe are tainted by ballot irregularities. On the contrary, 180 degrees, the House and Senate were debating Republican objections to Arizona’s Electoral College votes. Sen. Ted Cruz R-Texas, was making his case to his colleagues, with his usual eloquence. Rep. Andy Biggs, R-Ariz., head of the Freedom Caucus, rose to state his concerns about his own state’s Electoral College votes. He even presented something that should not have existed: A stack of voter registrations that were recorded after the Grand Canyon State’s statutory deadline. This is precisely the sort of evidence that the president’s supporters have wanted for weeks to be aired in public. Thus, the sheer mind-blowing stupidity of the buffoons who stormed the Capitol. They attacked Congress exactly as it was doing precisely what these people wanted done. This would be akin to Antifa breaking through the windows of the Capitol just as a Democratic U.S. Senate voted on final passage of Vermont socialist Sen. Bernie Sanders’ « Medicare-for-all » legislation. (…) In an astonishing act of self-sabotage, these idiots now have made it enormously difficult for those of us who admire President Trump for his enormous domestic and international policy victories. Instead, any discussion of the highest median household income in American history, the lowest poverty rate ever, the complete liquidation of ISIS, and two COVID-19 vaccines in nine months will be answered with, « Oh, you mean the boob whose people assaulted the U.S. Capitol? » These un-American anarchists have performed an enormous disservice to President Trump, the America First movement, the more than 74 million voters who cast our ballots for him in November, and our beloved United States of America. (…) President Trump did the right thing Wednesday afternoon. He issued a video statement from the White House via Twitter and told his overzealous backers to beat it. They should heed his words at once: « I know how you feel. But go home and go home in peace. » Deroy Murdock
SUITE A UNE MANIFESTATION MAJORITAIREMENT PACIFIQUE, UN GROUPUSCULE VANDALISE UN POSTE DE POLICE ET INCENDIE UN PALAIS DE JUSTICE. NBC news
Troisième nuit de pillage suite à une troisième nuit de manifestation majoritairement pacifique. The Wisconsin State Journal
Trump’s effort to label what is happening in major cities as ‘riots’ speaks at least somewhat to his desperation, politically speaking. Chris Cillizza (CNN)
It’s mostly a protest that is not, generally speaking, unruly. There is a deep sense of grievance and complaint here, and that is the thing. That when you discount people who are doing things to public property that they shouldn’t be doing, it does have to be understood that this city has got, for the last several years, an issue with police, and it’s got a real sense of the deep sense of grievance of inequality. Ali Velshi  (MSNBC, Minneapolis, May 29, 2020)
The entire journalistic frame of ‘objectivity’ and political neutrality is structured around white supremacy. E. Alex Jung (New York magazine)
From large metro areas like Chicago and Minneapolis/St. Paul, to small and mid-sized cities like Fort Wayne, Indiana, and Green Bay, Wisconsin, the number of boarded up, damaged or destroyed buildings I have personally observed—commercial, civic, and residential—is staggering. Michael Tracey
Joe Biden claims he wants to take Trump behind the gym and beat him up. Senator Kamala Harris (D-Calif.) jokes that she would like to go into an elevator with him and see Trump never come out alive. Robert De Niro has exhausted the ways in which he dreams of punching Trump out and the intonations in which he yells to audiences, “F—k Trump!” The humanists and social justice warriors of Hollywood, from Madonna to Johnny Depp, cannot agree whether their elected president should be beheaded, blown up, stabbed, shot, or incinerated. All the Democratic would-be presidential nominees agree that Trump is the worst something-or-other in history—from human being to mere president. Former subordinates like Anthony Scaramucci, Omarosa, and Michael Cohen insist that he is a racist, a sexist, a crook, a bully, or mentally deranged—and they all support their firsthand appraisals on the basis they eagerly worked for him and were unceremoniously fired by him. The so-called deep state detests him. An anonymous op-ed writer in the September 5, 2018 New York Times bragged about the bureaucracy’s successful efforts to ignore Trump’s legal mandates—a sort of more methodical version of the comical Rosenstein-McCabe attempt to stage a palace coup and remove Trump, or the Democrats efforts to invoke the 25th Amendment and declare Trump crazy, bolstered by an array of Ivy League psychiatrists who had neither met nor examined him. Decorated retired U.S. Navy Admiral William McRaven wrote another New York Times op-ed blasting Trump and fretting that it is time for a new person in the Oval Office—Republican, Democrat or independent—“the sooner, the better.” One wonders what McRaven meant with the adverb “sooner,” given that an election is scheduled in about a year and even retired officers are subject to the code of military justice not to attack, despite perceived taunts, their current commander-in-chief, much less wink and nod about his apparent removal (in what way?) from office. Do we really want a county in which retired admirals and intelligence officials publicly damn the current commander in chief over policy differences and advocate his removal, “the sooner the better”? The House Democrats simply want him impeached first, and later will fill in the blanks with the necessary high crimes and misdemeanors. Victor Davis Hanson
When I use the word looting, I mean the mass expropriation of property, mass shoplifting during a moment of upheaval or riot. That’s the thing I’m defending. I’m not defending any situation in which property is stolen by force. It’s not a home invasion either. It’s about a certain kind of action that’s taken during protests and riots. (…) « Rioting » generally refers to any moment of mass unrest or upheaval. Riots are a space in which a mass of people has produced a situation in which the general laws that govern society no longer function, and people can act in different ways in the street and in public. I’d say that rioting is a broader category in which looting appears as a tactic. Often, looting is more common among movements that are coming from below. It tends to be an attack on a business, a commercial space, maybe a government building — taking those things that would otherwise be commodified and controlled and sharing them for free. (…) It does a number of important things. It gets people what they need for free immediately, which means that they are capable of living and reproducing their lives without having to rely on jobs or a wage — which, during COVID times, is widely unreliable or, particularly in these communities is often not available, or it comes at great risk. That’s looting’s most basic tactical power as a political mode of action. It also attacks the very way in which food and things are distributed. It attacks the idea of property, and it attacks the idea that in order for someone to have a roof over their head or have a meal ticket, they have to work for a boss, in order to buy things that people just like them somewhere else in the world had to make under the same conditions. It points to the way in which that’s unjust. And the reason that the world is organized that way, obviously, is for the profit of the people who own the stores and the factories. So you get to the heart of that property relation, and demonstrate that without police and without state oppression, we can have things for free. Importantly, I think especially when it’s in the context of a Black uprising like the one we’re living through now, it also attacks the history of whiteness and white supremacy. The very basis of property in the U.S. is derived through whiteness and through Black oppression, through the history of slavery and settler domination of the country. Looting strikes at the heart of property, of whiteness and of the police. It gets to the very root of the way those three things are interconnected. And also it provides people with an imaginative sense of freedom and pleasure and helps them imagine a world that could be. And I think that’s a part of it that doesn’t really get talked about — that riots and looting are experienced as sort of joyous and liberatory. (…) One of the ([myths] that’s been very powerful, that’s both been used by Donald Trump and Democrats, has been the outside agitator myth, that the people doing the riots are coming from the outside. This is a classic. This one goes back to slavery, when plantation owners would claim that it was Freedmen and Yankees coming South and giving the enslaved these crazy ideas — that they were real human beings — and that’s why they revolted. Another trope that’s very common is that looters and rioters are not part of the protest, and they’re not part of the movement. That has to do with the history of protesters trying to appear respectable and politically legible as a movement, and not wanting to be too frightening or threatening. Another one is that looters are just acting as consumers: Why are they taking flat-screen TVs instead of rice and beans? Like, if they were just surviving, it’d be one thing, but they’re taking liquor. All these tropes come down to claiming that the rioters and the looters don’t know what they’re doing. They’re acting, you know, in a disorganized way, maybe an « animalistic » way. But the history of the movement for liberation in America is full of looters and rioters. They’ve always been a part of our movement. (…) The popular understanding of the civil rights movement is that it was successful when it was nonviolent and less successful when it was focused on Black power. It’s a myth that we get taught over and over again from the first moment we learn about the civil rights movement: that it was a nonviolent movement, and that that’s what matters about it. And it’s just not true. Nonviolence emerged in the ’50s and ’60s during the civil rights movement, [in part] as a way to appeal to Northern liberals. When it did work, like with the lunch counter sit-ins, it worked because Northern liberals could flatter themselves that racism was a Southern condition. This was also in the context of the Cold War and a mass anticolonial revolt going on all over Africa, Southeast Asia and Latin America. Suddenly all these new independent nations had just won liberation from Europe, and the U.S. had to compete with the Soviet Union for influence over them. So it was really in the U.S.’ interests to not be the country of Jim Crow, segregation and fascism, because they had to appeal to all these new Black and brown nations all over the world. Those two things combined to make nonviolence a relatively effective tactic. Even under those conditions, Freedom Riders and student protesters were often protected by armed guards. We remember the Birmingham struggle of ’63, with the famous photos of Bull Connor releasing the police dogs and fire hoses on teenagers, as nonviolent. But that actually turned into the first urban riot in the movement. Kids got up, threw rocks and smashed police cars and storefront windows in that combat. There was fear that that kind of rioting would spread. That created the pressure for Robert F. Kennedy to write the civil rights bill and force JFK to sign it. But there’s also another factor, which is anti-Blackness and contempt for poor people who want to live a better life, which looting immediately provides. One thing about looting is it freaks people out. But in terms of potential crimes that people can commit against the state, it’s basically nonviolent. You’re mass shoplifting. Most stores are insured; it’s just hurting insurance companies on some level. It’s just money. It’s just property. It’s not actually hurting any people. (…) People who made that argument for Minneapolis weren’t suddenly celebrating the looters in Chicago, who drove down to the richest part of Chicago, the Magnificent Mile, and attacked places like Tesla and Gucci — because it’s not really about that. It’s a convenient way of positioning yourself as though you are sympathetic. But looters and rioters don’t attack private homes. They don’t attack community centers. In Minneapolis, there was a small independent bookstore that was untouched. All the blocks around it were basically looted or even leveled, burned down. And that store just remained untouched through weeks of rioting. To say you’re attacking your own community is to say to rioters, you don’t know what you’re doing. But I disagree. I think people know. They might have worked in those shops. They might have shopped and been followed around by security guards or by the owner. You know, one of the causes of the L.A. riots was a Korean small-business owner [killing] 15-year-old Latasha Harlins, who had come in to buy orange juice. And that was a family-owned, immigrant-owned business where anti-Blackness and white supremacist violence was being perpetrated. (…) When it comes to small business, family-owned business or locally owned business, they are no more likely to provide worker protections. They are no more likely to have to provide good stuff for the community than big businesses. It’s actually a Republican myth that has, over the last 20 years, really crawled into even leftist discourse: that the small-business owner must be respected, that the small-business owner creates jobs and is part of the community. But that’s actually a right-wing myth. A business being attacked in the community is ultimately about attacking like modes of oppression that exist in the community. It is true and possible that there are instances historically when businesses have refused to reopen or to come back. But that is a part of the inequity of the society, that people live in places where there is only one place where they can get access to something [like food or medicine]. That question assumes well, what if you’re in a food desert? But the food desert is already an incredibly unjust situation. There’s this real tendency to try and blame people for fighting back, for revealing the inequity of the injustice that’s already been formed by the time that they’re fighting. (…) There’s a reason that Trump has embraced the « white anarchist » line so intensely. It does a double service: It both creates a boogeyman around which you can stir up fear and potential repression, and it also totally erases the Black folks who are at the core of the protests. It makes invisible the Black people who are rising up and who are initiating this movement, who are at its core and its center, and who are doing its most important and valuable organizing and its most dangerous fighting. (…) Obviously, we object to violence on some level. But it’s an incredibly broad category. As you pointed out, it can mean both breaking a window, lighting a dumpster on fire, or it can mean the police murdering Tamir Rice. That word is not strategically helpful. The word that can mean both those things cannot be guiding me morally. There’s actually a police tactic for this, called controlled management. Police say, « We support peaceful, nonviolent protesters. We are out here to protect them and to protect them from the people who are being violent. » That’s a police strategy to divide the movement. So a nonviolent protest organizer will tell the police their march route. Police will stop traffic for them. So you’ve got a dozen heavily armed men standing here watching you march. That doesn’t make me feel safe. What about that is nonviolent? Activists themselves are doing no violence, but there is so much potential violence all around them. Ultimately, what nonviolence ends up meaning is that the activist doesn’t do anything that makes them feel violent. And I think getting free is messier than that. We have to be willing to do things that scare us and that we wouldn’t do in normal, « peaceful » times, because we need to get free. Vicky Osterweil
What happened was certainly not an attempted coup d’état (…) Given all these exclusions, only one description remains: a venting of accumulated resentments. Those who voted for President Trump saw his electoral victory denied in 2016 by numerous loud voices calling for “resistance” as if the president-elect were an invading foreign army. These voices were eagerly relayed and magnified by mass media, emphatically including pro-Trump media. Then they saw his victory sullied by constantly repeated accusations of collusion with Russia from chairmen of intelligence committees and ex-intelligence chiefs who habitually accused Mr. Trump of being Vladimir Putin’s agent, claiming they had secret information, which, alas, they could not disclose. They deplored Mr. Trump’s “subservience” to Mr. Putin weekly for four years while refusing to entertain the possibility that in a confrontation with China, it might be a good idea to overlook Mr. Putin’s sins, as Nixon embraced Mao to counter the Soviet Union. (…) Overwrought talk of a coup attempt or an insurrectional threat seems to induce a pleasurable shiver in some people. But on Wall Street the market was supremely unimpressed: Stocks went up, because investors know it will all be over in two weeks. Edward Luttwark
In late August, when riots erupted in Kenosha, Wisconsin, CNN featured a reporter standing in front of a burning car lot above a chyron that read: “Fiery but mostly peaceful protests after police shooting.” The use of the chyron was striking in its peculiar earnestness, considering that the words “mostly peaceful protest” had long since become a bitter in-joke for right-leaning social media. Indeed, from the moment the first protests began in late May, mainstream media outlets have downplayed or ignored instances of violence or destructive looting. On May 29, MSNBC’s Ali Velshi was reporting from Minneapolis in the aftermath of the killing of George Floyd when he insisted he was seeing “mostly a protest” that “is not, generally speaking, unruly” despite the fact that he was literally standing in front of a burning building at the time. Yet Velshi was hesitant to ascribe blame to the arsonists and looters. “There is a deep sense of grievance and complaint here, and that is the thing,” he explained. “That when you discount people who are doing things to public property that they shouldn’t be doing, it does have to be understood that this city has got, for the last several years, an issue with police, and it’s got a real sense of the deep sense of grievance of inequality.” Reporters such as the New York Times’ Julie Bosman openly struggled to describe what happened in places like Kenosha by using words like “riots” or “violence.” “And there was also unrest. There were trucks that were burned. There were fires that were set,” Bosman said, relying on the passive voice in an appearance on The Daily, the Times’ podcast. “People were throwing things at the police. It was a really tense scene.” So tense, in fact, that the next night, when protestors clashed with volunteer militia members and a 17-year-old named Kyle Rittenhouse shot three of them, killing two, Bosman wasn’t there to cover it. “It felt like the situation was a little out of control. So I decided to get in my car and leave,” she explained. Why would a Times journalist need to flee from a “mostly peaceful” protest? A few days after his network’s “mostly peaceful” chryron, CNN’s Chris Cillizza tweeted, “Trump’s effort to label what is happening in major cities as ‘riots’ speaks at least somewhat to his desperation, politically speaking.” Cillizza then linked to a CNN story whose featured image was a police officer in riot gear standing in front of a burning building in Kenosha. In July, NBC’s local television station in Oakland featured a headline that read: “Group Breaks Off of Mostly Peaceful Protest, Vandalizes Police Station, Sets Courthouse on Fire.” On June 3, the Wisconsin State Journal in Madison actually ran this headline: “Third night of looting follows third night of mostly peaceful protest.” Despite the media’s strenuous effort to downplay their existence, the destructive riots and looting this summer were easily found by anyone willing to look. Six weeks into the summer’s protests, independent journalist Michael Tracey drove across the country documenting them. As he wrote in the UK digital magazine, Unherd: “From large metro areas like Chicago and Minneapolis/St. Paul, to small and mid-sized cities like Fort Wayne, Indiana, and Green Bay, Wisconsin, the number of boarded up, damaged or destroyed buildings I have personally observed—commercial, civic, and residential—is staggering.” Andy Ngo and other nonmainstream types have spent months documenting the destruction in cities like Portland and Seattle. And yet, the “peaceful protest” mantra has remained ubiquitous. Moreover, when media outlets did acknowledge protest-related violence, they often implied that it was instigated by the members of law enforcement sent to respond to it. In a roundup about protests on a single day in early June, for example, the New York Times featured headlines such as “Police crack down after curfew in the Bronx” and “Police use tear gas to break up protest in Atlanta.” Later that month, the New York Times featured a tweet thread with video of protests in Seattle that included images of police in tactical gear and the statement: “Officers dressed for violence sometimes invite it.” Some journalists sought not to deny that violence was happening, but to engage in whataboutism regarding its effects. GQ correspondent Julia Ioffe tweeted, “So in case you’re keeping track, being very frustrated by the continual and unpunished killing of Black people by police that you decide to burn and loot—bad. If you’re so frustrated by some protesters burn and loot that you decide to kill some of them—totally understandable.” Reporters invested in the “mostly peaceful” narrative mocked people who were concerned about increases in violent crime and civil unrest. In September, CNN correspondent Josh Campbell tweeted a bucolic scene from a park in Portland and wrote, “Good morning from wonderful Portland, where the city is not under siege and buildings are not burning to the ground. I also ate my breakfast burrito outside today and so far haven’t been attacked by shadowy gangs of Antifa commandos.” At that point, nearby parts of the city had been effectively under siege by antifa and Black Lives Matter rioters for months, and a protestor had recently shot and killed a Trump supporter in cold blood. Paul Krugman of the New York Times joined in, tweeting, “I went for a belated NYC run this morning, and am sorry to report that I saw very few black-clad anarchists. Also, the city is not yet in flames…claims of urban anarchy are almost entirely fantasy.” Worse, journalists committed to the “mostly peaceful” narrative have targeted fellow journalists who don’t fall into line with the messaging. The most outrageous example came when the Intercept’s Lee Fang was denounced on social media as a racist by fellow staffer Akela Lacy after he reported on communities of color negatively affected by the rioting and looting. Lacey described Fang’s reporting as “continuing to push racist narratives” when Fang allowed a black resident of a looted neighborhood to raise concerns about the damage. Fang was forced to apologize. The journalists who attempt to explain away or justify the violence that erupted during some protests do so because they believe the cause is righteous. As E. Alex Jung of New York magazine argued, “the entire journalistic frame of ‘objectivity’ and political neutrality is structured around white supremacy.” How can a good journalist do anything but promote a narrative sympathetic to protestors supposedly fighting it? Needless to say, such justifications and excuse-making would never happen if pro-life or pro–Second Amendment protestors turned to looting and violence. The problem with such ideologically motivated narratives is that, once crafted, they require strenuous effort and often outrageous contortions to maintain. Ultimately, they have the effect of legitimizing extremism and lawlessness, which undermine whatever cause the majority of protestors who don’t partake in violence are promoting. It’s also offensive to those who must suffer the costs of the destruction. One assessment by the Andersen Economic Group of just one week of rioting and looting in major cities (from May 29 to June 3) placed the costs of the destruction at $400 million, an estimate that did not include the costs to state and local governments or the damage done in smaller cities and towns. Social scientists swooped in to try and save the day for the “mostly peaceful” argument. A report by the Armed Conflict Location and Event Data Project, issued in September in partnership with Princeton University’s Bridging Divides Initiative, concluded that 93 percent of the summer’s protests were peaceful. The ACLED had made its agenda clear in June, when it issued a statement of solidarity with the same protests its report purports to analyze and called for “systemic and peaceful change.” Nonetheless, the report cannot suppress the facts it gathered; by the researchers’ own estimates, there were more than 500 violent riots related to Black Lives Matter gatherings across the country this summer. But at least the others were “mostly peaceful.” Christine Rosen
This was not an organic and spontaneous expression of rage. It was a planned, organized, and orchestrated attack on the U.S. government. The rioters were in constant communication with one another. They targeted specific members of government with violence. And as police later learned, the plotters were armed with improvised explosive devices and Molotov cocktails, which were strategically stationed around Washington D.C.—including at both the Republican and Democratic National Committee offices. The collection of violent nihilists who descended on the Capitol building had no coherent political program beyond violence and mayhem. They are no one’s constituency, and they deserve to be treated like the contemptible political orphans they are. But we have not done that. Cretins and fools who fear nothing as much as they do a comprehensive theory of events that indicts anyone other than their political adversaries will reject this notion, but prominent actors from both parties—yes, both sides—have for years found the mob a useful tool. And because of that recklessness, what happened yesterday could be just a sign of what is to come. (…) Democrats, too, countenanced their share of violence. Just as Trump declined to condemn those who committed violence in his name in 2016, Democrats looked the other way as vicious counter-demonstrators descended on Trump-campaign events, assaulting peaceable rally-goers and vandalizing the surrounding property. Democratic lawmakers and their allies in media heaped praise on the conglomeration of malcontents calling itself Antifa merely because it nominally claimed to be “fighting fascism.” And as city after city was engulfed by riots last summer, Democrats declined to condemn the excesses to which demonstrators appealed in the name of racial justice. Indeed, when the chaos in American streets was addressed at all, it was framed as a wholly righteous and unblemished demand for historical rectitude. And while Democrats looked the other way, left-leaning media embraced the utility of street violence. “Riots are destructive, dangerous, and scary,” Vox.com observed, “but can lead to serious social reforms.” In an unusually soft interview with NPR, author Vicky Osterweil insisted that “looting is a powerful tool to bring about real, lasting change in society.” As COMMENTARY‘s Christine Rosen observed at the time, excusing the violence as though it was an anomaly and not a consistent feature of these demonstrations became a media fixation. “Group Breaks Off of Mostly Peaceful Protest, Vandalizes Police Station, Sets Courthouse on Fire,” read one NBC News headline. “Third night of looting follows third night of mostly peaceful protest,” asserted another from the Wisconsin State Journal. To even call what municipal police routinely deemed riots “riots” was, in the estimation of CNN’s Chris Cillizza, an act of “desperation” by embattled Republicans. If anyone wants to know how we arrived at this lamentable time in American history, the place to look for answers is in the mirror. Violence does not happen in a vacuum. One side’s menace feeds off the other’s and justifies its own actions based on those of its opponents. You cannot excise one but not the other⁠—both must be anathematized. This shameful past does not have to be a portent of a violent and unstable future, but that will be our fate if responsible politicians continue to see disturbed and impressionable people as a weapon to be harnessed and directed at their domestic political opponents. If cynical politicians continue to lie to their constituents, feeding them comforting fictions about how the country’s institutions are tainted and arrayed against their interests, we will endure more insurrections, more violence, and more instability. And that will have profound consequences. As I wrote in my book, published two years ago this month, condemning political violence in whatever form it takes isn’t evasive. It’s consistent. Anything less is a corruption of the sort that “eats away at the foundations of a healthy society. And one day, when the rot has been ignored for so long that no one believes it can be expunged, another mob will come along. And that time, the republic’s weakened edifice may not withstand the pressure.” Let January 6 be a wake-up call. Orphan your violent. Noah Rothman
Ces objections sont essentielles car elles vont inscrire dans l’histoire le fait que l’élection présidentielle de 2020 a été entachée d’irrégularités, de fraudes, et de manipulations, et que Biden n’est pas forcément le président « légitime » ! Le  6 janvier,  le résultat du vote du Collège électoral sera présenté devant une session extraordinaire du Congrès (les deux chambres réunies) présidée par le vice-président Mike Pence. Quiconque conteste le résultat peut profiter de la circonstance pour présenter une objection. Celle-ci peut porter sur le vote d’un seul « grand électeur », ou sur celui de tout un Etat, ou sur l’ensemble des votes. Une objection doit être soumise par écrit et être soutenue par au moins un élu de chaque chambre. A ce jour  plusieurs Représentants et au moins un Sénateur (Josh Hawley, Républicain du Missouri) ont annoncé qu’ils soulèveraient une ou plusieurs objections, notamment concernant le résultat de la Pennsylvanie. Cela obligera les élus à se retirer pour débattre et à voter sur l’objection. Il faudrait alors un vote majoritaire dans chaque chambre pour invalider le vote du Collège électoral et renvoyer l’élection présidentielle devant la Chambre des Représentants. Ce cas de figure est hautement improbable parce que les Démocrates ont la majorité des voix à la Chambre et parce que plusieurs Sénateurs Républicains désapprouvent des objections envisagées. Celles-ci risquent donc plutôt d’être rejetées par les deux chambres… Il n’empêche! Pour l’histoire, et pour leur devenir immédiat,  les Républicains doivent clairement affirmer, et ce devant le monde entier, que les Démocrates ont triché lors du scrutin présidentiel. De telles tricheries doivent être condamnées et éliminées. L’avenir de la Démocratie américaine en dépend.  (…) Autant que ces irrégularités, qui ne sont souvent que de simples manipulations politiques, l’autre scandale post-électoral aux Etats-Unis, est l’omerta décidée par les principaux médias américains sur le sujet. L’ensemble de la classe médiatique bien-pensante a nié leur existence et a refusé catégoriquement d’accorder la moindre attention aux multiples témoignages et preuves de leur réalité. Un silence, à  l’unanimité quasi-soviétique, qui en dit long sur le délabrement des médias et le délitement de la liberté d’expression aux Etats-Unis. (…) Dans au moins six Etats – l’Arizona, la Géorgie,  le Michigan, le Nevada,  la Pennsylvanie,  le Wisconsin – qui sont tous des Etats « décisifs », c’est-à-dire des Etats où le résultat s’annonçait serré et incertain, des irrégularités multiples ont eu lieu. Donald Trump et ses avocats en ont révélé certaines. Peter Navarro, conseiller du président sur le commerce, a publié un rapport récapitulant l’ensemble de ces fraudes. Justement parce que les médias s’évertuaient à les nier. Concrètement  Peter Navarro distingue cinq types de fraudes : Bulletins frauduleux, décomptes et dépouillements frauduleux, violation des règles de procédure, violations du principe d’égalité devant le vote, erreurs provenant des machines de vote. Et il ajoute une  mention spéciale pour ce qu’il appelle des «anomalies statistiques ».  (…)  Biden l’a emporté alors que les Démocrates ont été battus dans toutes les autres élections. Les Démocrates ont perdu quinze sièges à la Chambre des Représentants.  Ils ont échoué à reprendre la majorité au Sénat ne gagnant qu’un seul siège au lieu de six ou sept escomptés. Ils ont perdu chez les gouverneurs. Ils ont perdu dans la bataille pour remporter les législatures de certains Etats qu’ils avaient pourtant spécifiquement ciblés, comme le Texas,  et où ils avaient dépensé des sommes sans précédent… Une telle réalité implique que des électeurs ont voté pour Biden comme président et pour les candidats républicains à tous les autres postes. C’est à la fois peu vraisemblable et totalement contre nature. Surtout vue la popularité de Donald Trump au sein du camp Républicain. Ce qui est plus probable est que des millions de bulletins n’ont comporté qu’un seul vote, celui pour président, laissant tous les autres postes à élire en blanc. Cela est possible et même parfaitement légal, mais cela éveille inévitablement des soupçons car un bulletin coché pour la seule case du président est la configuration classique d’un faux bulletin… Biden a également gagné en défiant l’histoire et les traditions. Ainsi, il existe aux Etats-Unis des comtés où celui des deux candidats qui l’emporte s’avère être toujours le vainqueur final. On les appelle des « comtés baromètres » (bellwhether counties) parce qu’ils illustrent la tendance. Ils votent systématiquement pour le vainqueur. Au cours des quarante dernières années, dix-neuf comtés ont ainsi toujours correctement prédit le vainqueur, Donald Trump a remporté dix-huit d’entre eux ! Etrange ! L’histoire montre également qu’un président arrive difficilement à être élu s’il ne remporte pas certains Etats, du fait de leur importance démographique. La Floride et l’Ohio sont de ces Etats. Tous deux ont été remportés par Trump. Tous les candidats Républicains qui ont remporté l’Ohio ont été élus. Sauf Trump en 2020. Depuis 1960 -au passage la dernière élection pour laquelle la quasi-certitude de fraudes existe également- aucun président n’a été élu en perdant à la fois en Floride, dans l’Ohio et dans l’Iowa, sauf Joe Biden en 2020. De toute l’histoire des Etats-Unis Biden est le second président après John Kennedy, à connaître ce cas de figure. (…) Biden a donc bénéficié d’une mobilisation extraordinaire. De fait la participation a battu des records en 2020. Dans le Minnesota, où Biden l’a emporté 52% contre 45%, le taux de participation a dépassé 80%. Du jamais vu. Dans le Wisconsin il a été de 76% en moyenne et de 95% dans certains comtés. Cela signifie que dans ces endroits quasiment toutes les personnes en droit de voter l’ont fait. Les dix Etats avec la participation électorale la plus forte ont tous été remportés par Joe Biden. Comme si cette participation s’accompagnait inévitablement d’un surcroit de votes en sa faveur… Il ne s’agit là que d’anomalies statistiques. Ce sont des chiffres surprenants qui incitent à s’interroger mais ne constituent pas des preuves de fraudes. Il en va autrement d’un certain nombre d’incidents, détaillés par Peter Navarro dans son rapport. En voici un florilège. -Dans le Nevada des tribus indiennes se sont vu offrir des cartes de crédit et divers cadeaux en échange de leur vote. La pratique est évidemment illégale, même au Nevada. -Un employé des postes a témoigné sous serment (donc sous peine de dix ans de prison en cas de parjure) avoir transporté des bulletins de votes déjà remplis de l’Etat de New York à l’Etat de Pennsylvanie. Façon classique de bourrer les urnes.  Son chargement contenait 288 000 bulletins. Soit quatre fois l’écart de voix séparant Joe Biden de Donald Trump en Pennsylvanie. -En Pennsylvanie et en Géorgie des personnes âgées ou handicapées ont découvert en allant voter en personne le 3 novembre que quelqu’un avait usurpé leur identité pour voter à leur place par courrier. Elles n’ont pas été autorisées à voter et c’est le vote de l’usurpateur qui a été compté. -Dans le Wisconsin 130 000 bulletins de votes ont été acceptés sans vérification d’identité. C’est cinq fois plus que l’écart de voix en faveur de Biden dans cet Etat. -En Géorgie, vingt mille électeurs ayant indiqué avoir déménagé dans un autre Etat, ont néanmoins voté en Géorgie. -En Pennsylvanie huit mille votes proviennent de personnes décédées. -En Pennsylvanie les bulletins de vote reçus par correspondance ont été acceptés et comptabilisés en l’absence de l’enveloppe permettant de vérifier la signature et d’identifier l’électeur. Cela a été fait à la demande du secrétaire d’Etat, alors que c’est la législature des Etats qui est supposée établir la loi électorale. Cette seule infraction pourrait justifier d’invalider le résultat de cet Etat. -Dans le Wisconsin la commission électorale fit installer cinq cents boites à lettres afin de réceptionner des bulletins de vote par correspondance. Alors même que la pratique (appelée « ballot harvesting ») est interdite par la loi du Wisconsin. Dès lors l’ensemble des bulletins recueillis dans ces boites à lettres auraient dû être invalidé, ce qui n’a pas été lé cas. -Dans le Wisconsin des bulletins par correspondance ont été livrés au central de dépouillement avec l’enveloppe extérieure déjà ouverte, indiquant que ces bulletins avaient pu faire l’objet d’une manipulation. -Dans le Wisconsin cent mille bulletins de vote reçus au-delà de la date limite ont été antidatés pour être comptabilisés, en violation des règles électorales. -En Géorgie trois cent mille personnes ont été autorisées à voter en personne alors qu’elles avaient demandé un bulletin de vote par correspondance. -En Pennsylvanie les bulletins de vote ont été acceptés jusqu’à trois jours après la date limite de vote. En violation de la loi de l’Etat et d’une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis. -Toujours en Pennsylvanie des personnes non inscrites sur les listes électorales ont été autorisées à voter en utilisant une autre identité, sur les conseils de juristes mobilisés par les autorités électorales. -Toujours en Pennsylvanie, 4 500 bulletins reçus par correspondance et improprement remplis ont été corrigés par les employés électoraux. Cette pratique est illégale et ces bulletins auraient dû être invalidés. -La présence de militants, portant des T-Shirts « Black Lives Matter » ou d’autres affiliations démocrates a été observée aux abords de centres de vote et jusque  dans les centres de dépouillement. Cela constitue une forme d’intimidation interdite par la loi américaine. (…) Quoi qu’en disent les Démocrates et leurs alliés dans les médias, les problèmes de l’élection présidentielle 2020 sont liés dans 99% des cas au vote par correspondance. Celui-ci a été massivement étendu et a effectivement ouvert la porte à des manipulations massives et des fraudes destinées à favoriser Joe Biden et les Démocrates. C’est le cas concernant le processus de vérification des signatures. Dans certains Etats, dont le Nevada et la Géorgie, les réglages des machines destinées à vérifier les signatures ont été abaissés de manière à ne rejeter quasiment aucun bulletin. Rien de techniquement illégal, mais une volonté évidente d’enregistrer le maximum de votes, légaux et valides ou pas. Dans le seul comté de Clark au Nevada, bastion favorable à Biden, 130 000 bulletins supplémentaires ont pu être validés soit près de trois fois l’écart des voix en faveur de Biden.  Même chose en Géorgie. Le taux d’invalidation des votes a été de 0,3% en 2020 contre 6% en 2016 et les années précédentes. Alors même que la quantité de votes par correspondance était annoncée comme particulièrement élevée du fait de la pandémie, les autorités ont décidé de baisser la garde, ouvrant la porte à de massives fraudes potentielles. Il ne sert malheureusement à rien de se lamenter sur le lait renversé. L’élection a eu lieu, Biden a été déclaré vainqueur, les Démocrates ont réussi leur coup. A défaut d’inverser le résultat, les objections qui seront soulevées devant le Congrès serviront à affirmer haut et fort qu’ils ont été pris en flagrant délit et que si l’expérience démocratique américaine veut se poursuivre ils doivent être empêchés de récidiver. Gérald Olivier
Les manifestations et les émeutes qui ont suivi la mort de George Floyd ont largement débordé la question raciale et les brutalités policières. Elles constituent une insurrection organisée contre Donald Trump. Alors que le calme revient dans les rues des métropoles américaines, désormais patrouillées par des soldats de la Garde Nationale, il devient clair que les violences des derniers jours ne peuvent être réduites à des simples émeutes raciales comme le pays a pu en connaître. Les Etats-Unis ne viennent pas de vivre une flambée de violence communautaire. Le pays vient d’être confronté à une insurrection populaire. Le mouvement est parti de la mort de George Floyd. Mais celle-ci ne fut qu’un prétexte.  Très vite les protestations sont sorties de ce cadre et la violence s’est propagée à travers le territoire américain en prenant une ampleur sans précédent. La mort de George Floyd n’avait pas grand-chose à voir avec les pillages observés à New York, Atlanta, Nashville, Los Angeles et ailleurs, six jours plus tard, pas plus qu’avec les actes de vandalisme perpétrées la même nuit à Washington D.C., la capitale américaine.  Dans ces actes de haine et d’anarchie se mêlaient la colère sauvage de certains Américains contre le système en général et le président Trump en particulier, et les actions ciblées de groupes radicaux motivés par une idéologie anti-capitaliste et libertaire, et cherchant à abattre la civilisation américaine par le chaos. Ensemble ces deux forces ont tenté de renverser le pouvoir. Ces journées et surtout ces nuits ont constitué l’insurrection la plus étendue et la plus menaçante aux Etats-Unis depuis 1968, quand la démocratie américaine avait été ébranlée par la conjonction de trois mouvements : une révolte estudiantine, l’opposition à la guerre du Vietnam,  et la radicalisation de la communauté noire. (…) Par leur ampleur les émeutes des derniers jours rappellent les émeutes raciales des années 1965-1968. Jamais en plus de cinquante les Etats-Unis n’avaient connu pareille destruction. Toutefois elles en diffèrent par leur nature et par leurs objectifs. Cela se voit dans le déroulé des événements. Les choses se sont passées en deux temps. Premier temps : la diffusion de la vidéo de l’arrestation de George Floyd. Les images d’un policier blanc un genou sur le cou d’un homme noir, menotté, à plat ventre et qui se plaint de ne pouvoir respirer, allant même jusqu’à gémir « vous êtes en train de me tuer »,  provoquent une colère généralisée, au sein de la communauté noire et bien au-delà. Toute l’Amérique est choquée par ce qu’elle voit. Le président Trump en tête, qui se dit révolté par les images. Il appelle la famille Floyd au téléphone pour leur dire son dégoût devant de tels actes et leur présenter ses condoléances personnelles et celles de la nation. Le monde politique dans son ensemble est également sous le choc. De même que les forces de police des différentes métropoles qui ne se reconnaissent pas dans le geste de leur collègue. Aussi quand les Noirs de Minneapolis descendent dans la rue pour crier leur colère, tout le monde trouve cela justifier. Sur instruction du maire de Minneapolis les forces de l’ordre restent en retrait. Il faut laisser la colère s’exprimer, ne pas l’attiser par une présence policière hostile, puisque l’incident qui vient de tout déclencher est une brutalité policière. Mais la colère ne retombe pas. Au contraire. Elle s’amplifie et se nourrit d’elle-même. Quelques voitures sont brûlées des magasins incendiés. Le lendemain soir quand des manifestants se dirigent vers le commissariat du quartier, le maire donne l’ordre de l’évacuer. Mauvaise décision sans doute. Les manifestants envahissent les lieus et saccagent tout, puis mettent le feu au bâtiment.  La manifestation vient de basculer. C’est le début des émeutes. Cela va durer toute la nuit et les nuits suivantes. Le lendemain le gouverneur de l’Etat du Minnesota essaye ramener la sérénité. Il appelle au calme, au sens civique, souligne que les commerces dévastés appartiennent à des membres des minorités, des noirs, des hispaniques, des coréens, etc. Mais il est trop tard. Les émeutiers ont compris quelque chose de fondamental. Vues les circonstances- le meurtre d’un noir par un policier blanc – la police est en position de faiblesse et c’est le moment d’en profiter. C’est alors que commence le deuxième temps des émeutes. Nous sommes vendredi, quatre jours après la mort de George Floyd.  Les professionnels de la contestation urbaine se sont mobilisés. Deux organisations vont être particulièrement actives, Black Lives Matter et les Antifas. Black Lives Matter (BLM, dont le nom signifie “les vies de Noirs comptent ») est une organisation internationale pour la promotion des droits humains et la protection des minorités, ethniques ou sexuelles. BLM fut fondé en 2013 par trois femmes noires:  Alicia Garza, Opal Tometi et Patrisse Cullors. Le mouvement revendique une lutte internationale contre « la suprématie blanche » et prône une société alternative, anti-capitaliste.  et non patriarcale. Le mouvement « Antifa » (pour « anti-fasciste ») est une mouvance internationale d’extrême gauche qui affirme lutter contre les suprémacistes blancs et toutes les tendances « fascisantes » au sein de la société. Ses membres s’habillent tout de noir, avec casques et foulards pour ne pas être reconnus, d’où leur surnom de « black bloc ». Ils abordent les manifestations publiques comme des opportunités de guerilla urbaine. L’organisation n’a ni chef, ni structure, mais peut mobiliser ses membres par les réseaux sociaux, y compris par des communications cryptées. Ses membres maitrisent à la fois les tactiques de guerilla, les techniques de combat individuel, les technologies de l’information, et les principes de la désinformation. La destruction de la civilisation capitaliste et de ses symboles est sa raison d’être, la violence et la terreur, son mode opératoire. Vendredi, c’est aussi le début du week-end. En ces temps de confinement (pour cause de pandémie de coronavirus), beaucoup de jeunes urbains sont encore plus désœuvrés et plus sur les nerfs que d’habitude. Ils vont aller se défouler, passer leur colère, et se refaire une garde-robe à l’œil, au passage. Confiants qu’ils ne craignent pas grand-chose d’une police qui a reçu l’ordre de laisser faire. Le gouverneur du Minnesota, qui la veille déclarait comprendre les manifestants, affirme à présent que «de mauvais acteurs » se sont glissés parmi les protestataires. De fait les images des différentes émeutes dans le pays présentent tantôt des adolescents en T-Shirts ou capuches affairés à briser des vitrines à coup de skateboard et tantôt des individus casqués, vêtus de noirs, et armés de marteaux qui ciblent les véhicules de police pour en tabasser les occupants et les incendier. (…) A Los Angeles, ville tentaculaire s’il en est, les émeutiers se déplacent sur des dizaines de kilomètres, loin des quartiers populaires jusqu’à West Hollywood ou Beverly Hills, pour aller dévaliser les boutiques de luxe de la fameuse Rodeo Drive. Quand les émeutiers ne s’en prennent pas aux commerces, ils attaquent les bâtiments publics et ceux qui les protègent. A Saint Louis un policier noir de 38 ans est tué, sous l’œil des caméras ! Quatre autres sont blessés par balles. A Las Vegas un autre policier reçoit une balle, en pleine tête. A Oakland, en Californie, deux policiers noirs postés devant le palais de justice, sont visés par balle, l’un meurt, l’autre est hospitalisé. A New York les pillages se prolongent jusqu’à lundi. Le grand magasin Macy’s de la 34e rue est pris d’assaut. Une enseigne Rolex est dévalisée par des dizaines d’individus cagoulés. Une boutique Nike est mise à sac. Des femmes sont agressées. Officiellement il n’y pas eu de plaintes pour viols, mais la situation tourne à l’anarchie. La police est absente ou passive. Par endroit quelques manifestants, souvent Noirs, tentent de raisonner les casseurs et d’arrêter les pillages. En vain… Le gouverneur de l’Etat, Andrew Cuomo, un Démocrate, souligne que les voyous qui ont envahi les rues de la ville « ne peuvent masquer la  nature de leurs actes en se drapant dans une indignation vertueuse justifiée par le meurtre de George Floyd. » Il s’en prend au maire Bill De Blasio, Démocrate aussi, pour ne pas avoir mobilisé suffisamment de forces de police, alors que la ville dispose de 38 000 agents. Comment aurait-il pu le faire ? Sa propre fille, âgée de 25 ans, avait été arrêtée la veille parmi les émeutiers. A l’annonce de son arrestation De Blasio avait affirmé : « je suis fier d’elle ». Quand les élites et représentants de l’autorité prennent le parti des émeutiers, on n’a plus à faire à une simple manifestation mais bien à une insurrection généralisée. A travers le pays, célébrités et intellectuels se relaient sur les antennes pour trouver des excuses aux manifestants. Certains mettent en place un fond de soutiens pour payer la caution des casseurs arrêtés. George Floyd est oublié. Pour tous, le responsable du désordre s’appelle Donald Trump, c’est lui qu’il faut virer. On retrouve le même discours dans la bouche de journalistes qui s’emploient à jeter de l’huile sur le feu. CNN prend le parti des casseurs. Ses reporters dénoncent « la dictature » Trump, et soutiennent « ceux qui se battent pour leurs droits ». Mais de quels droits s’agit-il ? La foule déchainée ne présente aucune revendication. Son seul but est de détruire et de renverser le pouvoir. A Washington les manifestants mettent le feu à l’église épiscopale Saint John, un des monuments historiques de la ville, située juste à côté de la Maison Blanche. On l’appelle « l’église des présidents », car depuis sa construction en 1812, tous, ou presque, y ont prié. Au contraire de la Maison Blanche elle ne bénéficiait d’aucune protection particulière. A travers sa destruction c’est bien le pouvoir exécutif qui est visé. (…) La personne de Donald Trump dérange toujours autant. Président depuis janvier 2017 et pour encore huit mois au moins, il est toujours détesté par la bourgeoisie socio-libérale, par une partie de la jeunesse, et par les élites médiatiques et l’establishment Démocrate. Loin de laisser les institutions démocratiques américaines jouer leur rôle, les plus radicaux de ces opposants ont pris prétexte de la mort de George Floyd, pour tenter de le renverser. Après la tentative de coup d’Etat institutionnel qu’a constitué l’enquête sur une « collusion avec la Russie », après la mascarade politique que fut la procédure de destitution menée contre lui, après le désastre économique infligé par le confinement en réponse à la pandémie de coronavirus, les « anti-Trumps » ont tenté de le faire tomber par la plus vieille des méthodes, une insurrection populaire. Gérald Olivier

Attention, une insurrection peut en cacher une autre !

Fuites organisées du faux dossier Steele sur la prétendue « collusion russe » (douches dorées avec prostituées dans un hôtel de Moscou, via CIA, FBI et élus comme John McCain), appels à la destitution (nov 2016); appels à l’assassinat (Madonna, jan. 2017); appels à la « Résistance »; mouvement « Pas mon président »; fuites incessantes du Deep state; multiplication des livres y compris anonymes dénonçant le président; tentative de coup d’Etat institutionnel (enquête sur la fausse accusation de « collusion avec la Russie », déchirement du discours présidentiel par la présidente démocrate de la Chambre des représentants, mascarade politique de la  procédure de destitution; instrumentalisation, via le confinement et le désastre économique concommitent, de la lutte contre la pandémie de coronavirus; véritable insurrection populaire suite à la mort de George Floyd (plus grave campagne d’émeutes depuis 50 ans à travers tout le pays, départ de feu de l’église des présidents, tentative d’intrusion dans le périmétre de la Maison blanche), matraquage médiatique anti-Trump; censure des informations défavorables à Joe Biden (accusations de harcèlement sexuel et de corruption de sa famille); multiplication des sondages surévaluant systématiquement l’opposition au président sortant; dévoiement de l’élection présidentielle (véritable crime parfait via un tsunami de 100 millions de bulletins par correspondance et la relaxation de toutes les vérifications d’identité, signatures, dates, etc.); menaces de nouvelles émeutes post-élection  …

Au lendemain des dérives et de l’intrusion du Capitole qui ont suivi le dernier « Rassemblement pour Sauver l’Amérique » des partisans du président Trump …

Suite au dévoiement que l’on sait de l’élection présidentielle du 3 novembre …

Où sous prétexte d’épidémie et contre les législatures locales, on a contourné non seulement toutes les règles pour inonder les pays avec plus de 100 millions de bulletins postaux …

Mais on est arrivé dans certains états ou comtés décisifs à des taux de participation jusqu’à 95%

Et, quand jusqu’à 17 états n’exigent pas de pièces d’identité pour voter, des taux d’invalidation des bulletins passant de 6 à 0, 3% !

Comment ne pas voir non seulement l’incroyable indignation sélective …

De médias et commentateurs, Joe Biden et Kamala Harris compris …

Qui sans compter leur célébration d’une action similaire, il y a dix ans mais des syndicats cette fois, au capitole du Wisconsin pour bloquer un projet de loi du « Moubarak du midwest », le gouverneur républicain Scott Walker, dûment voté à la Chambre des représentants de l’Etat …

Ou il y a deux ans au Capitole de Washington même avec l’invasion du bureau et avec la bénédiction de Nancy Pelosi par une centaine de militants du climat …

Dénoncent à qui mieux mieux et à l’unanimité le président Trump pour les excès – retour de bâton, comme avec les Brexiters anglais ou les gilets jaunes français, de décennies de mépris généralisé – il y a deux jours, du rassemblement du Capitole …

Après avoir fermé les yeux mais activement encouragé ces quatre dernières années …

Comme « outil puissant pour provoquer un changement réel et durable dans la société »

Via, y compris celles annoncées en cas de victoire de Trump, les agressions les plus graves des contre-manifestants BLM et antifas contre les partisans pacifiques des rassemblements pro-Trump …

Vandalisant et brûlant au passage des quartiers entiers de centre-villes américains …

Privant du coup de supermarchés comme de protection policière…

Les populations principalement minoritaires et les plus démunies …

Qu’ils prétendaient défendre …

Mais derrière tout ça avec le journaliste franco-américain Gérald Olivier

Comme l’a confirmé après les appels, dès son élection, à la destitution et à l’assassinat

Et du début à la fin, la délégitimation permanente de sa présidence …

La tentative d’intrusion, après un départ de feu dans la fameuse « église des présidents » toute proche, dedits opposants dans le périmètre de la Maison blanche …

Ayant forcé en juin dernier et pour la première fois depuis le 11 septembre 2001 …

Les services de protection rapprochée du président à faire descendre celui-ci dans son bunker souterrain …

Rien de moins, quand anciens généraux et admiraux compris …

« Les élites et représentants de l’autorité prennent le parti des émeutiers » …

Qu’une insurrection généralisée contre l’exécutif lui-même ?

Alors que le calme revient dans les rues des métropoles américaines, désormais patrouillées par des soldats de la Garde Nationale, il devient clair que les violences des derniers jours ne peuvent être réduites à des simples émeutes raciales comme le pays a pu en connaître. Les Etats-Unis ne viennent pas de vivre une flambée de violence communautaire. Le pays vient d’être confronté à une insurrection populaire.

Le mouvement est parti de la mort de George Floyd. Mais celle-ci ne fut qu’un prétexte.  Très vite les protestations sont sorties de ce cadre et la violence s’est propagée à travers le territoire américain en prenant une ampleur sans précédent. La mort de George Floyd n’avait pas grand-chose à voir avec les pillages observés à New York, Atlanta, Nashville, Los Angeles et ailleurs, six jours plus tard, pas plus qu’avec les actes de vandalisme perpétrées la même nuit à Washington D.C., la capitale américaine.  Dans ces actes de haine et d’anarchie se mêlaient la colère sauvage de certains Américains contre le système en général et le président Trump en particulier, et les actions ciblées de groupes radicaux motivés par une idéologie anti-capitaliste et libertaire, et cherchant à abattre la civilisation américaine par le chaos. Ensemble ces deux forces ont tenté de renverser le pouvoir. Ces journées et surtout ces nuits ont constitué l’insurrection la plus étendue et la plus menaçante aux Etats-Unis depuis 1968, quand la démocratie américaine avait été ébranlée par la conjonction de trois mouvements : une révolte estudiantine, l’opposition à la guerre du Vietnam,  et la radicalisation de la communauté noire.

Les émeutes raciales, ou ethniques, sont un phénomène ancien et récurrent de l’histoire américaine. Au XIXe siècle les batailles rangées contre des communautés irlandaises, italiennes, catholiques, juives, chinoises ou autres étaient fréquentes. Toutes les décennies depuis l’abolition de l’esclavage et l’émancipation des esclaves (1865) ont connu des incidents de violence collective impliquant la minorité noire. La plupart du temps, les Noirs n’étaient pas les instigateurs de ces émeutes, mais les victimes.  Parce qu’ils concurrençaient les derniers immigrants, les plus pauvres, sur le marché du travail, et parce que le racisme, qui s’appelait alors « préjugé de race », était profondément ancré dans les mentalités.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la déségrégation forcée dans le Sud, couplée aux revendications de la communauté noire pour la reconnaissance de leurs droits civiques – à savoir que les droits des citoyens noirs américains ne soient plus seulement des mots écrits dans la Constitution mais deviennent des réalités concrètes dans la vie quotidienne – engendra deux décennies de fortes tensions avec des éruptions de violence régulières. Les années 1960 virent les ghettos s’embraser chaque été en 1965, 1966, 1967, et 1968 après l’assassinat de Martin Luther King, faisant à chaque fois des dizaines, voire des centaines de tués.

Ces émeutes étaient véritablement des émeutes raciales. Elles mettaient face à face une communauté homogène, les Noirs (flanqués de quelques étudiants et intellectuels blancs, mais très minoritaires) face à la police ou face à la majorité blanche. Elles se déroulaient dans un contexte politique, économique et social, particulier avec des aspirations réelles – le « I have a Dream » de Martin Luther King – et des revendications concrètes – la fin de la ségrégation dans les transports, de la discrimination à l’embauche, ou au logement, etc. Elles exprimaient la colère d’une communauté face à la lenteur, ou au refus, des changements politiques.

Par leur ampleur les émeutes des derniers jours rappellent les émeutes raciales des années 1965-1968. Jamais en plus de cinquante les Etats-Unis n’avaient connu pareille destruction.  Toutefois elles en diffèrent par leur nature et par leurs objectifs. Cela se voit dans le déroulé des événements. Les choses se sont passées en deux temps.

Premier temps : la diffusion de la vidéo de l’arrestation de George Floyd. Les images d’un policier blanc un genou sur le cou d’un homme noir, menotté, à plat ventre et qui se plaint de ne pouvoir respirer, allant même jusqu’à gémir « vous êtes en train de me tuer »,  provoquent une colère généralisée, au sein de la communauté noire et bien au-delà. Toute l’Amérique est choquée par ce qu’elle voit. Le président Trump en tête, qui se dit révolté par les images. Il appelle la famille Floyd au téléphone pour leur dire son dégoût devant de tels actes et leur présenter ses condoléances personnelles et celles de la nation. Le monde politique dans son ensemble est également sous le choc. De même que les forces de police des différentes métropoles qui ne se reconnaissent pas dans le geste de leur collègue.

Aussi quand les Noirs de Minneapolis descendent dans la rue pour crier leur colère, tout le monde trouve cela justifier. Sur instruction du maire de Minneapolis les forces de l’ordre restent en retrait. Il faut laisser la colère s’exprimer, ne pas l’attiser par une présence policière hostile, puisque l’incident qui vient de tout déclencher est une brutalité policière. Mais la colère ne retombe pas. Au contraire. Elle s’amplifie et se nourrit d’elle-même. Quelques voitures sont brûlées des magasins incendiés. Le lendemain soir quand des manifestants se dirigent vers le commissariat du quartier, le maire donne l’ordre de l’évacuer. Mauvaise décision sans doute. Les manifestants envahissent les lieus et saccagent tout, puis mettent le feu au bâtiment.  La manifestation vient de basculer. C’est le début des émeutes. Cela va durer toute la nuit et les nuits suivantes.

Le lendemain le gouverneur de l’Etat du Minnesota essaye ramener la sérénité. Il appelle au calme, au sens civique, souligne que les commerces dévastés appartiennent à des membres des minorités, des noirs, des hispaniques, des coréens, etc. Mais il est trop tard. Les émeutiers ont compris quelque chose de fondamental. Vues les circonstances- le meurtre d’un noir par un policier blanc – la police est en position de faiblesse et c’est le moment d’en profiter.

C’est alors que commence le deuxième temps des émeutes. Nous sommes vendredi, quatre jours après la mort de George Floyd.  Les professionnels de la contestation urbaine se sont mobilisés. Deux organisations vont être particulièrement actives, Black Lives Matter et les Antifas.

Black Lives Matter (BLM, dont le nom signifie “les vies de Noirs comptent ») est une organisation internationale pour la promotion des droits humains et la protection des minorités, ethniques ou sexuelles. BLM fut fondé en 2013 par trois femmes noires:  Alicia Garza, Opal Tometi et Patrisse Cullors. Le mouvement revendique une lutte internationale contre « la suprématie blanche » et prône une société alternative, anti-capitaliste.  et non patriarcale.

Le mouvement « Antifa » (pour « anti-fasciste ») est une mouvance internationale d’extrême gauche qui affirme lutter contre les suprémacistes blancs et toutes les tendances « fascisantes » au sein de la société. Ses membres s’habillent tout de noir, avec casques et foulards pour ne pas être reconnus, d’où leur surnom de « black bloc ». Ils abordent les manifestations publiques comme des opportunités de guerilla urbaine. L’organisation n’a ni chef, ni structure, mais peut mobiliser ses membres par les réseaux sociaux, y compris par des communications cryptées. Ses membres maitrisent à la fois les tactiques de guerilla, les techniques de combat individuel, les technologies de l’information, et les principes de la désinformation. La destruction de la civilisation capitaliste et de ses symboles est sa raison d’être, la violence et la terreur, son mode opératoire.

Vendredi, c’est aussi le début du week-end. En ces temps de confinement (pour cause de pandémie de coronavirus), beaucoup de jeunes urbains sont encore plus désœuvrés et plus sur les nerfs que d’habitude. Ils vont aller se défouler, passer leur colère, et se refaire une garde-robe à l’œil, au passage. Confiants qu’ils ne craignent pas grand-chose d’une police qui a reçu l’ordre de laisser faire.

Le chaos peut commencer.

Le gouverneur du Minnesota, qui la veille déclarait comprendre les manifestants, affirme à présent que «de mauvais acteurs » se sont glissés parmi les protestataires. De fait les images des différentes émeutes dans le pays présentent tantôt des adolescents en T-Shirts ou capuches affairés à briser des vitrines à coup de skateboard et tantôt des individus casqués, vêtus de noirs, et armés de marteaux qui ciblent les véhicules de police pour en tabasser les occupants et les incendier.

Le garde des sceaux (Attorney General) William Barr intervient pour dénoncer la présence des « antifas » parmi les manifestants. Il souligne que passer les limites d’un Etat, pour aller semer la destruction dans un autre est un crime fédéral. Signifiant que les personnes dans cette situation s’exposent à des sanctions plus sévères.

A Los Angeles, ville tentaculaire s’il en est, les émeutiers se déplacent sur des dizaines de kilomètres, loin des quartiers populaires jusqu’à West Hollywood ou Beverly Hills, pour aller dévaliser les boutiques de luxe de la fameuse Rodeo Drive.

Quand les émeutiers ne s’en prennent pas aux commerces, ils attaquent les bâtiments publics et ceux qui les protègent. A Saint Louis un policier noir de 38 ans est tué, sous l’œil des caméras ! Quatre autres sont blessés par balles. A Las Vegas un autre policier reçoit une balle, en pleine tête. A Oakland, en Californie, deux policiers noirs postés devant le palais de justice, sont visés par balle, l’un meurt, l’autre est hospitalisé.

A New York les pillages se prolongent jusqu’à lundi. Le grand magasin Macy’s de la 34e rue est pris d’assaut. Une enseigne Rolex est dévalisée par des dizaines d’individus cagoulés. Une boutique Nike est mise à sac. Des femmes sont agressées. Officiellement il n’y pas eu de plaintes pour viols, mais la situation tourne à l’anarchie. La police est absente ou passive. Par endroit quelques manifestants, souvent Noirs, tentent de raisonner les casseurs et d’arrêter les pillages. En vain… Le gouverneur de l’Etat, Andrew Cuomo, un Démocrate, souligne que les voyous qui ont envahi les rues de la ville « ne peuvent masquer la  nature de leurs actes en se drapant dans une indignation vertueuse justifiée par le meurtre de George Floyd. » Il s’en prend au maire Bill De Blasio, Démocrate aussi, pour ne pas avoir mobilisé suffisamment de forces de police, alors que la ville dispose de 38 000 agents. Comment aurait-il pu le faire ? Sa propre fille, âgée de 25 ans, avait été arrêtée la veille parmi les émeutiers. A l’annonce de son arrestation De Blasio avait affirmé : « je suis fier d’elle ».

Quand les élites et représentants de l’autorité prennent le parti des émeutiers, on n’a plus à faire à une simple manifestation mais bien à une insurrection généralisée.

A travers le pays, célébrités et intellectuels se relaient sur les antennes pour trouver des excuses aux manifestants. Certains mettent en place un fond de soutiens pour payer la caution des casseurs arrêtés. George Floyd est oublié. Pour tous, le responsable du désordre s’appelle Donald Trump, c’est lui qu’il faut virer.

On retrouve le même discours dans la bouche de journalistes qui s’emploient à jeter de l’huile sur le feu. CNN prend le parti des casseurs. Ses reporters dénoncent « la dictature » Trump, et soutiennent « ceux qui se battent pour leurs droits ».

Mais de quels droits s’agit-il ? La foule déchainée ne présente aucune revendication. Son seul but est de détruire et de renverser le pouvoir. A Washington les manifestants mettent le feu à l’église épiscopale Saint John, un des monuments historiques de la ville, située juste à côté de la Maison Blanche. On l’appelle « l’église des présidents », car depuis sa construction en 1812, tous, ou presque, y ont prié. Au contraire de la Maison Blanche elle ne bénéficiait d’aucune protection particulière. A travers sa destruction c’est bien le pouvoir exécutif qui est visé.

Le président Donald Trump s’est exprimé plusieurs fois pour condamner les violences. Il demande aux gouverneurs d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour rétablir l’ordre, et si nécessaire de déployer la Garde Nationale, ainsi qu’ils ont l’autorité pour le faire afin de ramener le calme. Et s’ils ne le font pas, c’est lui-même qui s’en chargera ainsi que la loi l’y autorise. Mettant cette menace à exécution il déploie les patrouilles des Douanes et Frontières (Customs and Border Patrol) dans les rues de la capitale, Washington D.C. Ses agents sont sous l’autorité du Département de la Sécurité Intérieure, et sont près de quarante mille à travers le pays.

Cette affirmation d’autorité a permis de ramener un calme relatif. Pour combien de temps ?

La personne de Donald Trump dérange toujours autant. Président depuis janvier 2017 et pour encore huit mois au moins, il est toujours détesté par la bourgeoisie socio-libérale, par une partie de la jeunesse, et par les élites médiatiques et l’establishment Démocrate. Loin de laisser les institutions démocratiques américaines jouer leur rôle, les plus radicaux de ces opposants ont pris prétexte de la mort de George Floyd, pour tenter de le renverser. Après la tentative de coup d’Etat institutionnel qu’a constitué l’enquête sur une « collusion avec la Russie », après la mascarade politique que fut la procédure de destitution menée contre lui, après le désastre économique infligé par le confinement en réponse à la pandémie de coronavirus, les « anti-Trumps » ont tenté de le faire tomber par la plus vieille des méthodes, une insurrection populaire.

Il ne faut pas s’y tromper. Il existe bien un problème racial aux Etats-Unis. Il existe bien aussi des cas de brutalité policière. Mais les émeutes des derniers jours ne relevaient pas de ces problèmes et n’ont contribué  en rien à les résoudre.

Voir aussi:

Présidentielle USA 2020: Les fraudes prouvées, pour l’histoire

Gérald Olivier

2 janvier 2021

Il y aura donc des objections lors de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle le 6 janvier prochain. Ooops, ! Tant pis pour tous ceux qui nous disent depuis des semaines que c’est fini, qu’il faut circuler, qu’il n’y a rien à voir… Ces objections ne seront cependant pas suffisantes pour changer le résultat présumé. A savoir Joe Biden, président élu depuis le 14 décembre, sera confirmé dans son élection et la transition se poursuivra en vue de son investiture le 20 janvier.

Mais ces objections sont essentielles car elles vont inscrire dans l’histoire le fait que l’élection présidentielle de 2020 a été entachée d’irrégularités, de fraudes, et de manipulations, et que Biden n’est pas forcément le président « légitime » !

Le 6 janvier, le résultat du vote du Collège électoral sera présenté devant une session extraordinaire du Congrès (les deux chambres réunies) présidée par le vice-président Mike Pence. Quiconque conteste le résultat peut profiter de la circonstance pour présenter une objection. Celle-ci peut porter sur le vote d’un seul « grand électeur », ou sur celui de tout un Etat, ou sur l’ensemble des votes. Une objection doit être soumise par écrit et être soutenue par au moins un élu de chaque chambre. A ce jour plusieurs Représentants et au moins un Sénateur (Josh Hawley, Républicain du Missouri) ont annoncé qu’ils soulèveraient une ou plusieurs objections, notamment concernant le résultat de la Pennsylvanie. Cela obligera les élus à se retirer pour débattre et à voter sur l’objection. Il faudrait alors un vote majoritaire dans chaque chambre pour invalider le vote du Collège électoral et renvoyer l’élection présidentielle devant la Chambre des Représentants. Ce cas de figure est hautement improbable parce que les Démocrates ont la majorité des voix à la Chambre et parce que plusieurs Sénateurs Républicains désapprouvent des objections envisagées. Celles-ci risquent donc plutôt d’être rejetées par les deux chambres…

Il n’empêche! Pour l’histoire, et pour leur devenir immédiat, les Républicains doivent clairement affirmer, et ce devant le monde entier, que les Démocrates ont triché lors du scrutin présidentiel. De telles tricheries doivent être condamnées et éliminées. L’avenir de la Démocratie américaine en dépend.

Il ne fait aucun doute que l’élection présidentielle américaine du 3 novembre 2020 a donné lieu à de multiples manipulations et que le score de Joe Biden a été artificiellement gonflé, tandis que celui de Donald Trump était limité autant que possible. Le Sénateur Rand Paul a dénoncé ces fraudes à la tribune. Parmi les électeurs américains, 62% des Républicains se disent convaincus qu’il y a eu fraude, tout comme 28% des Indépendants et 17% des Démocrates. Le doute n’est pas limité au seul camp Trump.

Autant que ces irrégularités, qui ne sont souvent que de simples manipulations politiques, l’autre scandale post-électoral aux Etats-Unis, est l’omerta décidée par les principaux médias américains sur le sujet. L’ensemble de la classe médiatique bien-pensante a nié leur existence et a refusé catégoriquement d’accorder la moindre attention aux multiples témoignages et preuves de leur réalité. Un silence, à l’unanimité quasi-soviétique, qui en dit long sur le délabrement des médias et le délitement de la liberté d’expression aux Etats-Unis. Mais c’est un autre sujet…

Pour l’heure le fait capital est que ces irrégularités vont enfin être prises en compte et ne pourront plus être balayées d’un simple revers de la main.

Dans au moins six Etats -l’Arizona, la Géorgie, , le Michigan , le Nevada, la Pennsylvanie, le Wisconsin- qui sont tous des Etats « décisifs », c’est-à-dire des Etats où le résultat s’annonçait serré et incertain, des irrégularités multiples ont eu lieu. Donald Trump et ses avocats en ont révélé certaines. Peter Navarro, conseiller du président sur le commerce, a publié un rapport récapitulant l’ensemble de ces fraudes. Justement parce que les médias s’évertuaient à les nier.

Concrètement  Peter Navarro distingue cinq types de fraudes :

Bulletins frauduleux, décomptes et dépouillements frauduleux, violation des règles de procédure, violations du principe d’égalité devant le vote, erreurs provenant des machines de vote.

Et il ajoute une mention spéciale pour ce qu’il appelle des «anomalies statistiques ». Car avant même d’envisager de possibles irrégularités, il y a dans le détail du vote du 3 novembre des incohérences et des contradictions, bref des éléments qui ne collent pas,

Première anomalie le total des votes favorables à Joe Biden. Il dépasse 81 millions. Un record historique. C’est 12 millions de plus que Barack Obama en 2008. Alors même qu’Obama avait rassemblé largement au-delà du camp Démocrate et attiré des millions de nouveaux électeurs aux urnes. Surtout pour parvenir à son total de 69 millions de voix à l’époque, Obama avait remporté 873 comtés (équivalents des circonscriptions).

Cette fois Biden n’est arrivé en tête que dans 477 comtés. Moitié moins qu’Obama. Pour réunir douze millions de suffrages supplémentaires tout en gagnant dans deux fois moins de comtés il a fallu que Biden l’emporte avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d’avance là où il a gagné. Car 81 millions de voix dans 477 comtés cela impose d’avoir remporté des zones très peuplées et d’y avoir vraiment fait le plein de votes… En comparaison Donald Trump a gagné dans 2 496 comtés, soit 85% du territoire américain ! Certes ce n’est pas le nombre, mais la population, des comtés qui importe. Mais à l’évidence l’Amérique profonde penche pour Trump.

La victoire de Biden s’accompagne d’une incohérence majeure. Biden l’a emporté alors que les Démocrates ont été battus dans toutes les autres élections. Les Démocrates ont perdu quinze sièges à la Chambre des Représentants. Ils ont échoué à reprendre la majorité au Sénat ne gagnant qu’un seul siège au lieu de six ou sept escomptés. Ils ont perdu chez les gouverneurs. Ils ont perdu dans la bataille pour remporter les législatures de certains Etats qu’ils avaient pourtant spécifiquement ciblés, comme le Texas, et où ils avaient dépensé des sommes sans précédent… Une telle réalité implique que des électeurs ont voté pour Biden comme président et pour les candidats républicains à tous les autres postes. C’est à la fois peu vraisemblable et totalement contre nature. Surtout vue la popularité de Donald Trump au sein du camp Républicain. Ce qui est plus probable est que des millions de bulletins n’ont comporté qu’un seul vote, celui pour président, laissant tous les autres postes à élire en blanc. Cela est possible et même parfaitement légal, mais cela éveille inévitablement des soupçons car un bulletin coché pour la seule case du président est la configuration classique d’un faux bulletin…

Biden a également gagné en défiant l’histoire et les traditions. Ainsi, il existe aux Etats-Unis des comtés où celui des deux candidats qui l’emporte s’avère être toujours le vainqueur final. On les appelle des « comtés baromètres » (bellwhether counties) parce qu’ils illustrent la tendance. Ils votent systématiquement pour le vainqueur. Au cours des quarante dernières années, dix-neuf comtés ont ainsi toujours correctement prédit le vainqueur, Donald Trump a remporté dix-huit d’entre eux ! Etrange !

L’histoire montre également qu’un président arrive difficilement à être élu s’il ne remporte pas certains Etats, du fait de leur importance démographique. La Floride et l’Ohio sont de ces Etats. Tous deux ont été remportés par Trump. Tous les candidats Républicains qui ont remporté l’Ohio ont été élus. Sauf Trump en 2020.

Depuis 1960 -au passage la dernière élection pour laquelle la quasi-certitude de fraudes existe également- aucun président n’a été élu en perdant à la fois en Floride, dans l’Ohio et dans l’Iowa, sauf Joe Biden en 2020. De toute l’histoire des Etats-Unis Biden est le second président après John Kennedy, à connaître ce cas de figure.

On constate aussi des contradictions dans le comportement des électeurs. Ainsi à travers le pays Donald Trump a gagné des voix par rapport à 2016 auprès des minorités, en particulier les Hispaniques et les Noirs. Il a remporté par endroits jusqu’à 26% du vote des hommes noirs, ce qui est exceptionnel pour un candidat républicain aux Etats-Unis. Mais ces gains sont invisibles dans certaines grandes métropoles à très forte population noire, comme Milwaukee (Wisconsin), Detroit (Michigan), Philadelphie (Pennsylvanie) ou Atlanta (Géorgie). Dans ces villes-là, sans avoir perdu de voix en nombre par rapport à 2016, Trump réalise un score très faible, parce que celui de Biden est extraordinairement élevé. Biden a même écrasé le score de Barack Obama dans ces métropoles, alors qu’ Obama était Noir et que son score était déjà un record historique…!

Biden a donc bénéficié d’une mobilisation extraordinaire. De fait la participation a battu des records en 2020. Dans le Minnesota, où Biden l’a emporté 52% contre 45%, le taux de participation a dépassé 80%. Du jamais vu. Dans le Wisconsin il a été de 76% en moyenne et de 95% dans certains comtés. Cela signifie que dans ces endroits quasiment toutes les personnes en droit de voter l’ont fait. Les dix Etats avec la participation électorale la plus forte ont tous été remportés par Joe Biden. Comme si cette participation s’accompagnait inévitablement d’un surcroit de votes en sa faveur…

Il ne s’agit là que d’anomalies statistiques. Ce sont des chiffres surprenants qui incitent à s’interroger mais ne constituent pas des preuves de fraudes. Il en va autrement d’un certain nombre d’incidents, détaillés par Peter Navarro dans son rapport. En voici un florilège.

-Dans le Nevada des tribus indiennes se sont vu offrir des cartes de crédit et divers cadeaux en échange de leur vote. La pratique est évidemment illégale, même au Nevada.

-Un employé des postes a témoigné sous serment (donc sous peine de dix ans de prison en cas de parjure) avoir transporté des bulletins de votes déjà remplis de l’Etat de New York à l’Etat de Pennsylvanie. Façon classique de bourrer les urnes. Son chargement contenait 288 000 bulletins. Soit quatre fois l’écart de voix séparant Joe Biden de Donald Trump en Pennsylvanie.

-En Pennsylvanie et en Géorgie des personnes âgées ou handicapées ont découvert en allant voter en personne le 3 novembre que quelqu’un avait usurpé leur identité pour voter à leur place par courrier. Elles n’ont pas été autorisées à voter et c’est le vote de l’usurpateur qui a été compté.

-Dans le Wisconsin 130 000 bulletins de votes ont été acceptés sans vérification d’identité. C’est cinq fois plus que l’écart de voix en faveur de Biden dans cet Etat.

-En Géorgie, vingt mille électeurs ayant indiqué avoir déménagé dans un autre Etat, ont néanmoins voté en Géorgie.

-En Pennsylvanie huit mille votes proviennent de personnes décédées.

-En Pennsylvanie les bulletins de vote reçus par correspondance ont été acceptés et comptabilisés en l’absence de l’enveloppe permettant de vérifier la signature et d’identifier l’électeur. Cela a été fait à la demande du secrétaire d’Etat, alors que c’est la législature des Etats qui est supposée établir la loi électorale. Cette seule infraction pourrait justifier d’invalider le résultat de cet Etat.

-Dans le Wisconsin la commission électorale fit installer cinq cents boites à lettres afin de réceptionner des bulletins de vote par correspondance. Alors même que la pratique (appelée « ballot harvesting ») est interdite par la loi du Wisconsin. Dès lors l’ensemble des bulletins recueillis dans ces boites à lettres auraient dû être invalidé, ce qui n’a pas été lé cas.

-Dans le Wisconsin des bulletins par correspondance ont été livrés au central de dépouillement avec l’enveloppe extérieure déjà ouverte, indiquant que ces bulletins avaient pu faire l’objet d’une manipulation.

-Dans le Wisconsin cent mille bulletins de vote reçus au-delà de la date limite ont été antidatés pour être comptabilisés, en violation des règles électorales.

-En Géorgie trois cent mille personnes ont été autorisées à voter en personne alors qu’elles avaient demandé un bulletin de vote par correspondance.

-En Pennsylvanie les bulletins de vote ont été acceptés jusqu’à trois jours après la date limite de vote. En violation de la loi de l’Etat et d’une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis.

-Toujours en Pennsylvanie des personnes non inscrites sur les listes électorales ont été autorisées à voter en utilisant une autre identité, sur les conseils de juristes mobilisés par les autorités électorales.

-Toujours en Pennsylvanie, 4 500 bulletins reçus par correspondance et improprement remplis ont été corrigés par les employés électoraux. Cette pratique est illégale et ces bulletins auraient dû être invalidés.

-La présence de militants, portant des T-Shirts « Black Lives Matter » ou d’autres affiliations démocrates a été observée aux abords de centres de vote et jusque dans les centres de dépouillement. Cela constitue une forme d’intimidation interdite par la loi américaine.

Et il y a les fameux « pics » de voix favorables à Joe Biden !

Qu’une machine attribue des votes à un candidat par erreur peut arriver. Par contre que ces erreurs aillent toujours dans le même sens, en l’occurrence en faveur du candidat démocrate, pose un vrai problème de crédibilité du dépouillement. Or c’est ce qui s’est passé dans les Etats décisifs dans la nuit du 3 au 4. En Géorgie, à 1h30 du matin, alors que le décompte était officiellement suspendu, Biden a vu son total augmenté de plus de cent mille voix. Dans le Wisconsin, Biden a reçu cent quarante-trois mille voix à 4h du matin, contre zéro à Trump. Dans le Michigan même chose 6h30 le matin du 4 novembre, avec cette fois 147 000 vois de plus pour Joe Biden.

Comment expliquer ces poussées soudaines, en faveur d’un candidat, toujours le même ? Outre l’erreur humaine ou technique, l’explication la plus simple est celle d’un bourrage des urnes. D’ailleurs l’Amérique entière a été le témoin d’un potentiel bourrage des urnes grâce aux images d’une vidéo de surveillance placée dans un centre de dépouillement en Géorgie. On peut y voir quatre employés sortir des valises de dessous une table et comptabiliser ces bulletins après que les observateurs ont été renvoyés sous prétexte que le dépouillement était suspendu pour la nuit. Ce décompte a coïncidé avec une vive poussée des votes en faveur de Joe Biden !

En elle-même la vidéo ne prouve pas qu’il y a eu fraude ! On ne sait pas d’où venaient les valises de bulletins et il n’est pas illégal de décompter les bulletins sans la présence d’observateurs, celle-ci est simplement recommandée pour éviter les contestations. Mais cette vidéo suscite suffisamment de questions pour justifier une enquête. Or il n’en a rien été. Elle a été honteusement ignorée par les médias et par les autorités. Comme s’il ne fallait surtout pas que l’on sache ce qu’il en était vraiment. Alors, qu’au contraire, il aurait été essentiel de démystifier la vidéo pour rétablir la crédibilité du système. C’est l’inverse qui s’est produit.

Enfin il faut évoquer les problèmes liés aux machines de vote. Les sociétés Dominion et Smartmatic qui fournissent à la fois les machines et les logiciels ont été gravement mises en cause. Dans le Michigan, une machine a attribué par erreur six mille voix destinées à Donald Trump à son adversaire Joe Biden. Officiellement l’erreur a été découverte et corrigée, mais l’examen des machines a révélé un taux d’erreur de 68%. Ce qui est ahurissant, sachant que la commission électorale fédérale ne tolère qu’un taux d’erreur de 0,0008% pour valider l’utilisation d’une machine ! Combien d’erreurs similaires ont ainsi pu se produire sans être détectées… ?

Quoi qu’en disent les Démocrates et leurs alliées dans les médias, les problèmes de l’élection présidentielle 2020 sont liés dans 99% des cas au vote par correspondance. Celui-ci a été massivement étendu et a effectivement ouvert la porte à des manipulations massives et des fraudes destinées à favoriser Joe Biden et les Démocrates.

C’est le cas concernant le processus de vérification des signatures. Dans certains Etats, dont le Nevada et la Géorgie, les réglages des machines destinées à vérifier les signatures ont été abaissés de manière à ne rejeter quasiment aucun bulletin. Rien de techniquement illégal, mais une volonté évidente d’enregistrer le maximum de votes, légaux et valides ou pas.

Dans le seul comté de Clark au Nevada, bastion favorable à Biden, 130 000 bulletins supplémentaires ont pu être validés soit près de trois fois l’écart des voix en faveur de Biden. Même chose en Géorgie. Le taux d’invalidation des votes a été de 0,3% en 2020 contre 6% en 2016 et les années précédentes. Alors même que la quantité de votes par correspondance était annoncée comme particulièrement élevée du fait de la pandémie, les autorités ont décidé de baisser la garde, ouvrant la porte à de massives fraudes potentielles.

Il ne sert malheureusement à rien de se lamenter sur le lait renversé. L’élection a eu lieu, Biden a été déclaré vainqueur, les Démocrates ont réussi leur coup. A défaut d’inverser le résultat, les objections qui seront soulevées devant le Congrès serviront à affirmer haut et fort qu’ils ont été pris en flagrant délit et que si l’expérience démocratique américaine veut se poursuivre ils doivent être empêchés de récidiver. Et ce dès le scrutin sénatorial de Géorgie, le 5 janvier 2021.

Voir également:

(Alvin Chang/Vox)

Higher crime in black communities doesn’t fully explain the disparities. A 2015 study by researcher Cody Ross found, « There is no relationship between county-level racial bias in police shootings and crime rates (even race-specific crime rates), meaning that the racial bias observed in police shootings in this data set is not explainable as a response to local-level crime rates. » That suggests something else — such as, potentially, racial bias — is going on.

But Thompson said it also takes years of neglect, despite peaceful calls for change, for discontent to turn into violence. « Riots never come first, » she said. « They only come after a sustained attempt to change whatever is the problem through other means. »

In the 1960s, people engaged in nonviolent protests as part of the Civil Rights Movement, filed complaints through the NAACP, complained to media, and threatened litigation, Thompson said.

In Baltimore, locals complained to media, filed lawsuits over police abuse, and, finally, protested peacefully for weeks before the protests turned violent. In Charlotte, black communities have long complained about mistreatment by police — including, previously, the 2013 police shooting of Jonathan Ferrell, an unarmed 24-year-old black man who was shot 10 times and killed by a white police officer after he crashed his car.

It was only when these attempts at drawing attention to systemic problems failed that demonstrators rose up in violence, including in modern-day Baltimore and Charlotte.

« I was one of the ones who started the peaceful protests … the first seven days [after Gray’s death], when it was fine and dandy, » William Stewart, a West Baltimore resident who didn’t participate in the riots, told Jenée Desmond-Harris for Vox. « I walked about 101 miles in peace. But if you protest peacefully, they don’t give a shit. »

Violent demonstrations can and have spurred change

Social justice riots are often depicted as people senselessly destroying their own communities to no productive means. President Barack ObamaBaltimore Mayor Stephanie Rawlings-Blake, and members of the media all used this type of characterization to describe the riots in Baltimore. It was a widespread sentiment online after the Charlotte protests, too.

But riots can and have led to substantial reforms in the past, indicating that they can be part of a coherent political movement. By drawing attention to some of the real despair in destitute communities, riots can push the public and leaders to initiate real reforms to fix whatever led to the violent rage.

« When you have a major event like this, the power structure has to respond, » Hunt of UCLA said. « Some very concrete, material things often come out of these events. »

The 1960s unrest, for example, led to the Kerner Commission, which reviewed the cause of the uprisings and pushed reforms in local police departments. The changes to police ended up taking various forms: more active hiring of minority police officers, civilian review boards of cases in which police use force, and residency requirements that force officers to live in the communities they police.

« This is one of the greatest ironies. People would say that this kind of level of upheaval in the streets and this kind of chaos in the streets is counterproductive, » Thompson said. « The fact of the matter is that it was after every major city in the urban north exploded in the 1960s that we get the first massive probe into what was going on — known as the Kerner Commission. »

Sugrue agreed. « It’s safe to say some changes would have happened a lot more slowly had there not been disruptive protests, » he said.

Similarly, in Los Angeles, the 1992 riots led the Los Angeles Police Department to implement reforms that put more emphasis on community policing and diversity. The reforms appear to have worked, to some extent: Surveys from the Los Angeles Times found approval of the LAPD rose from 40 percent in 1991 to 77 percent in 2009 — although approval among Hispanic and black residents was lower, at 76 percent and 68 percent respectively. It’s hard to say, but these types of changes might have prevented more riots over policing issues in Los Angeles.

« It’s not perfect — far from that, » Hunt said. « But it’s better. »

But there’s always the threat of backlash to riots

Rioting can spur change, but it can also lead to destructive backlash.

In the immediate aftermath, riots can scare away investment and business from riot-torn communities. This is something that remains an issue in West Baltimore, where some buildings are still scarred by the 1968 riots.

In the long term, they can also motivate draconian policy changes that emphasize law and order above all else. The « tough on crime » policies enacted in the 1970s through 1990s are mostly attributed to urban decay brought on by suburbanization, a general rise in crime, and increasing drug use, but Thompson and Sugrue argued that the backlash to the 1960s riots was also partly to blame.

« Riots cut both ways, » Sugrue said. « They do give a voice to the voiceless, but they can also lead to consequences that those who are challenging the system don’t intend. »

The « tough on crime » policies pushed a considerably harsher approach in the criminal justice system, with a goal of deterring crime with the threat of punishment. Police were evaluated far more on how many arrests they carried out, even for petty crimes like loitering. Sentences for many crimes dramatically increased. As a result, levels of incarceration skyrocketed in the US, with black men at far greater risk of being jailed or imprisoned than other segments of the population.

The irony is that many of these « tough on crime » policies led to the current distrust of police in cities like Baltimore, as David Simon, creator of The Wire and former Baltimore crime reporter, explained to the Bill Keller at the Marshall Project:

[I]t’s time to make new sergeants or lieutenants, and so you look at the computer and say: Who’s doing the most work? And they say, man, this guy had 80 arrests last month, and this other guy’s only got one. Who do you think gets made sergeant? And then who trains the next generation of cops in how not to do police work? I’ve just described for you the culture of the Baltimore police department amid the deluge of the drug war, where actual investigation goes unrewarded and where rounding up bodies for street dealing, drug possession, loitering such — the easiest and most self-evident arrests a cop can make — is nonetheless the path to enlightenment and promotion and some additional pay.

So by viewing riots as criminal acts instead of legitimate political displays of anger at systemic failures, the politicians of the 1970s, ’80s, and ’90s pushed some policies that actually fostered further anger toward police — even as other, positive reforms were simultaneously spurred by urban uprisings. By misunderstanding the purpose of the riots, public officials made events like them more likely.

« By having done that, these communities are far worse off, » Thompson said. « The crisis of police brutality, poverty, exploitation, and black citizens not feeling like full citizens have all gotten much, much worse in 40 years. »

Voir de même:

Natalie Escobar
NPR

In the past months of demonstrations for Black lives, there has been a lot of condemnation of looting. Whether it was New York Gov. Andrew Cuomo saying that stealing purses and sneakers from high-end stores in Manhattan was « inexcusable, » or St. Paul, Minn., Mayor Melvin Carter saying looters were « destroy[ing] our community, » police officers, government officials and pundits alike have denounced the property damage and demanded an end to the riots. And just last week, rioters have burned buildings and looted stores in Kenosha, Wis., following the police shooting of Jacob Blake, to which Sen. Ron Johnson, R-Wis., has said: « Peaceful protesting is a constitutionally protected form of free speech. Rioting is not. »

Writer Vicky Osterweil’s book, In Defense of Looting, came out on Tuesday. Osterweil is a self-described writer, editor and agitator who has been writing about and participating in protests for years. And her book arrives as the continued protests have emerged as a bitter dividing point in the presidential race.

When she finished it, back in April, she wrote that « a new energy of resistance is building across the country. » Now, as protests and riots continue to grip cities, she stakes out a provocative position: that looting is a powerful tool to bring about real, lasting change in society. The rioters who smash windows and take items from stores, she claims, are engaging in a powerful tactic that questions the justice of « law and order, » and the distribution of property and wealth in an unequal society.

I spoke with Osterweil, and our conversation has been edited and condensed for clarity.


For people who haven’t read your book, how do you define looting?

When I use the word looting, I mean the mass expropriation of property, mass shoplifting during a moment of upheaval or riot. That’s the thing I’m defending. I’m not defending any situation in which property is stolen by force. It’s not a home invasion either. It’s about a certain kind of action that’s taken during protests and riots.

Looting is a highly racialized word from its very inception in the English language. It’s taken from Hindi, lút, which means « goods » or « spoils, » and it appears in an English colonial officer’s handbook [on « Indian vocabulary »] in the 19th century.

During the uprisings of this past summer, rioting and looting have often gone hand in hand. Can you talk about the distinction you see between the two?

« Rioting » generally refers to any moment of mass unrest or upheaval. Riots are a space in which a mass of people has produced a situation in which the general laws that govern society no longer function, and people can act in different ways in the street and in public. I’d say that rioting is a broader category in which looting appears as a tactic.

Often, looting is more common among movements that are coming from below. It tends to be an attack on a business, a commercial space, maybe a government building — taking those things that would otherwise be commodified and controlled and sharing them for free.

Can you talk about rioting as a tactic? What are the reasons people deploy it as a strategy?

It does a number of important things. It gets people what they need for free immediately, which means that they are capable of living and reproducing their lives without having to rely on jobs or a wage — which, during COVID times, is widely unreliable or, particularly in these communities is often not available, or it comes at great risk. That’s looting’s most basic tactical power as a political mode of action.

It also attacks the very way in which food and things are distributed. It attacks the idea of property, and it attacks the idea that in order for someone to have a roof over their head or have a meal ticket, they have to work for a boss, in order to buy things that people just like them somewhere else in the world had to make under the same conditions. It points to the way in which that’s unjust. And the reason that the world is organized that way, obviously, is for the profit of the people who own the stores and the factories. So you get to the heart of that property relation, and demonstrate that without police and without state oppression, we can have things for free.

Importantly, I think especially when it’s in the context of a Black uprising like the one we’re living through now, it also attacks the history of whiteness and white supremacy. The very basis of property in the U.S. is derived through whiteness and through Black oppression, through the history of slavery and settler domination of the country. Looting strikes at the heart of property, of whiteness and of the police. It gets to the very root of the way those three things are interconnected. And also it provides people with an imaginative sense of freedom and pleasure and helps them imagine a world that could be. And I think that’s a part of it that doesn’t really get talked about — that riots and looting are experienced as sort of joyous and liberatory.

What are some of the most common myths and tropes that you hear about looting?

One of the ones that’s been very powerful, that’s both been used by Donald Trump and Democrats, has been the outside agitator myth, that the people doing the riots are coming from the outside. This is a classic. This one goes back to slavery, when plantation owners would claim that it was Freedmen and Yankees coming South and giving the enslaved these crazy ideas — that they were real human beings — and that’s why they revolted.

Another trope that’s very common is that looters and rioters are not part of the protest, and they’re not part of the movement. That has to do with the history of protesters trying to appear respectable and politically legible as a movement, and not wanting to be too frightening or threatening.

Another one is that looters are just acting as consumers: Why are they taking flat-screen TVs instead of rice and beans? Like, if they were just surviving, it’d be one thing, but they’re taking liquor. All these tropes come down to claiming that the rioters and the looters don’t know what they’re doing. They’re acting, you know, in a disorganized way, maybe an « animalistic » way. But the history of the movement for liberation in America is full of looters and rioters. They’ve always been a part of our movement.

In your book, you note that a lot of people who consider themselves radical or progressive criticize looting. Why is this common?

I think a lot of that comes out of the civil rights movement. The popular understanding of the civil rights movement is that it was successful when it was nonviolent and less successful when it was focused on Black power. It’s a myth that we get taught over and over again from the first moment we learn about the civil rights movement: that it was a nonviolent movement, and that that’s what matters about it. And it’s just not true.

Nonviolence emerged in the ’50s and ’60s during the civil rights movement, [in part] as a way to appeal to Northern liberals. When it did work, like with the lunch counter sit-ins, it worked because Northern liberals could flatter themselves that racism was a Southern condition. This was also in the context of the Cold War and a mass anticolonial revolt going on all over Africa, Southeast Asia and Latin America. Suddenly all these new independent nations had just won liberation from Europe, and the U.S. had to compete with the Soviet Union for influence over them. So it was really in the U.S.’ interests to not be the country of Jim Crow, segregation and fascism, because they had to appeal to all these new Black and brown nations all over the world.

Those two things combined to make nonviolence a relatively effective tactic. Even under those conditions, Freedom Riders and student protesters were often protected by armed guards. We remember the Birmingham struggle of ’63, with the famous photos of Bull Connor releasing the police dogs and fire hoses on teenagers, as nonviolent. But that actually turned into the first urban riot in the movement. Kids got up, threw rocks and smashed police cars and storefront windows in that combat. There was fear that that kind of rioting would spread. That created the pressure for Robert F. Kennedy to write the civil rights bill and force JFK to sign it.

But there’s also another factor, which is anti-Blackness and contempt for poor people who want to live a better life, which looting immediately provides. One thing about looting is it freaks people out. But in terms of potential crimes that people can commit against the state, it’s basically nonviolent. You’re mass shoplifting. Most stores are insured; it’s just hurting insurance companies on some level. It’s just money. It’s just property. It’s not actually hurting any people.

During recent riots, a sentiment I heard a lot was that looters in cities like Minneapolis were hurting their own cause by destroying small businesses in their own neighborhoods, stores owned by immigrants and people of color. What would you say to people who make that argument?

People who made that argument for Minneapolis weren’t suddenly celebrating the looters in Chicago, who drove down to the richest part of Chicago, the Magnificent Mile, and attacked places like Tesla and Gucci — because it’s not really about that. It’s a convenient way of positioning yourself as though you are sympathetic.

But looters and rioters don’t attack private homes. They don’t attack community centers. In Minneapolis, there was a small independent bookstore that was untouched. All the blocks around it were basically looted or even leveled, burned down. And that store just remained untouched through weeks of rioting.

To say you’re attacking your own community is to say to rioters, you don’t know what you’re doing. But I disagree. I think people know. They might have worked in those shops. They might have shopped and been followed around by security guards or by the owner. You know, one of the causes of the L.A. riots was a Korean small-business owner [killing] 15-year-old Latasha Harlins, who had come in to buy orange juice. And that was a family-owned, immigrant-owned business where anti-Blackness and white supremacist violence was being perpetrated.

What would you say to people who are concerned about essential places like grocery stores or pharmacies being attacked in those communities?

When it comes to small business, family-owned business or locally owned business, they are no more likely to provide worker protections. They are no more likely to have to provide good stuff for the community than big businesses. It’s actually a Republican myth that has, over the last 20 years, really crawled into even leftist discourse: that the small-business owner must be respected, that the small-business owner creates jobs and is part of the community. But that’s actually a right-wing myth.

A business being attacked in the community is ultimately about attacking like modes of oppression that exist in the community. It is true and possible that there are instances historically when businesses have refused to reopen or to come back. But that is a part of the inequity of the society, that people live in places where there is only one place where they can get access to something [like food or medicine]. That question assumes well, what if you’re in a food desert? But the food desert is already an incredibly unjust situation. There’s this real tendency to try and blame people for fighting back, for revealing the inequity of the injustice that’s already been formed by the time that they’re fighting.

I have heard a lot of talk about white anarchists who weren’t part of the movement, but they just came in to smash windows and make a ruckus.

It’s a classic trope, because it jams up people who might otherwise be sort of sympathetic to looters. There’s a reason that Trump has embraced the « white anarchist » line so intensely. It does a double service: It both creates a boogeyman around which you can stir up fear and potential repression, and it also totally erases the Black folks who are at the core of the protests. It makes invisible the Black people who are rising up and who are initiating this movement, who are at its core and its center, and who are doing its most important and valuable organizing and its most dangerous fighting.

One thing that you’re really careful about in your book is how you talk about violence at riots. You make the distinction between violence against property, like smashing a window or stealing something, versus violence against a human body. And I’m wondering if you can talk a little bit about why making that distinction is important to you.

Obviously, we object to violence on some level. But it’s an incredibly broad category. As you pointed out, it can mean both breaking a window, lighting a dumpster on fire, or it can mean the police murdering Tamir Rice. That word is not strategically helpful. The word that can mean both those things cannot be guiding me morally.

There’s actually a police tactic for this, called controlled management. Police say, « We support peaceful, nonviolent protesters. We are out here to protect them and to protect them from the people who are being violent. » That’s a police strategy to divide the movement. So a nonviolent protest organizer will tell the police their march route. Police will stop traffic for them. So you’ve got a dozen heavily armed men standing here watching you march. That doesn’t make me feel safe. What about that is nonviolent? Activists themselves are doing no violence, but there is so much potential violence all around them.

Ultimately, what nonviolence ends up meaning is that the activist doesn’t do anything that makes them feel violent. And I think getting free is messier than that. We have to be willing to do things that scare us and that we wouldn’t do in normal, « peaceful » times, because we need to get free.

Voir de plus:

In late August, when riots erupted in Kenosha, Wisconsin, CNN featured a reporter standing in front of a burning car lot above a chyron that read: “Fiery but mostly peaceful protests after police shooting.” The use of the chyron was striking in its peculiar earnestness, considering that the words “mostly peaceful protest” had long since become a bitter in-joke for right-leaning social media. Indeed, from the moment the first protests began in late May, mainstream media outlets have downplayed or ignored instances of violence or destructive looting. On May 29, MSNBC’s Ali Velshi was reporting from Minneapolis in the aftermath of the killing of George Floyd when he insisted he was seeing “mostly a protest” that “is not, generally speaking, unruly” despite the fact that he was literally standing in front of a burning building at the time.

Yet Velshi was hesitant to ascribe blame to the arsonists and looters. “There is a deep sense of grievance and complaint here, and that is the thing,” he explained. “That when you discount people who are doing things to public property that they shouldn’t be doing, it does have to be understood that this city has got, for the last several years, an issue with police, and it’s got a real sense of the deep sense of grievance of inequality.”

Reporters such as the New York Times’ Julie Bosman openly struggled to describe what happened in places like Kenosha by using words like “riots” or “violence.” “And there was also unrest. There were trucks that were burned. There were fires that were set,” Bosman said, relying on the passive voice in an appearance on The Daily, the Times’ podcast. “People were throwing things at the police. It was a really tense scene.” So tense, in fact, that the next night, when protestors clashed with volunteer militia members and a 17-year-old named Kyle Rittenhouse shot three of them, killing two, Bosman wasn’t there to cover it. “It felt like the situation was a little out of control. So I decided to get in my car and leave,” she explained.

Why would a Times journalist need to flee from a “mostly peaceful” protest?

A few days after his network’s “mostly peaceful” chryron, CNN’s Chris Cillizza tweeted, “Trump’s effort to label what is happening in major cities as ‘riots’ speaks at least somewhat to his desperation, politically speaking.” Cillizza then linked to a CNN story whose featured image was a police officer in riot gear standing in front of a burning building in Kenosha. In July, NBC’s local television station in Oakland featured a headline that read: “Group Breaks Off of Mostly Peaceful Protest, Vandalizes Police Station, Sets Courthouse on Fire.” On June 3, the Wisconsin State Journal in Madison actually ran this headline: “Third night of looting follows third night of mostly peaceful protest.”

Despite the media’s strenuous effort to downplay their existence, the destructive riots and looting this summer were easily found by anyone willing to look. Six weeks into the summer’s protests, independent journalist Michael Tracey drove across the country documenting them. As he wrote in the UK digital magazine, Unherd: “From large metro areas like Chicago and Minneapolis/St. Paul, to small and mid-sized cities like Fort Wayne, Indiana, and Green Bay, Wisconsin, the number of boarded up, damaged or destroyed buildings I have personally observed—commercial, civic, and residential—is staggering.” Andy Ngo and other nonmainstream types have spent months documenting the destruction in cities like Portland and Seattle. And yet, the “peaceful protest” mantra has remained ubiquitous.

Moreover, when media outlets did acknowledge protest-related violence, they often implied that it was instigated by the members of law enforcement sent to respond to it. In a roundup about protests on a single day in early June, for example, the New York Times featured headlines such as “Police crack down after curfew in the Bronx” and “Police use tear gas to break up protest in Atlanta.” Later that month, the New York Times featured a tweet thread with video of protests in Seattle that included images of police in tactical gear and the statement: “Officers dressed for violence sometimes invite it.”

Some journalists sought not to deny that violence was happening, but to engage in whataboutism regarding its effects. GQ correspondent Julia Ioffe tweeted, “So in case you’re keeping track, being very frustrated by the continual and unpunished killing of Black people by police that you decide to burn and loot—bad. If you’re so frustrated by some protesters burn and loot that you decide to kill some of them—totally understandable.”

Reporters invested in the “mostly peaceful” narrative mocked people who were concerned about increases in violent crime and civil unrest. In September, CNN correspondent Josh Campbell tweeted a bucolic scene from a park in Portland and wrote, “Good morning from wonderful Portland, where the city is not under siege and buildings are not burning to the ground. I also ate my breakfast burrito outside today and so far haven’t been attacked by shadowy gangs of Antifa commandos.” At that point, nearby parts of the city had been effectively under siege by antifa and Black Lives Matter rioters for months, and a protestor had recently shot and killed a Trump supporter in cold blood.

Paul Krugman of the New York Times joined in, tweeting, “I went for a belated NYC run this morning, and am sorry to report that I saw very few black-clad anarchists. Also, the city is not yet in flames…claims of urban anarchy are almost entirely fantasy.”

Worse, journalists committed to the “mostly peaceful” narrative have targeted fellow journalists who don’t fall into line with the messaging. The most outrageous example came when the Intercept’s Lee Fang was denounced on social media as a racist by fellow staffer Akela Lacy after he reported on communities of color negatively affected by the rioting and looting. Lacey described Fang’s reporting as “continuing to push racist narratives” when Fang allowed a black resident of a looted neighborhood to raise concerns about the damage. Fang was forced to apologize.

The journalists who attempt to explain away or justify the violence that erupted during some protests do so because they believe the cause is righteous. As E. Alex Jung of New York magazine argued, “the entire journalistic frame of ‘objectivity’ and political neutrality is structured around white supremacy.” How can a good journalist do anything but promote a narrative sympathetic to protestors supposedly fighting it? Needless to say, such justifications and excuse-making would never happen if pro-life or pro–Second Amendment protestors turned to looting and violence.

The problem with such ideologically motivated narratives is that, once crafted, they require strenuous effort and often outrageous contortions to maintain. Ultimately, they have the effect of legitimizing extremism and lawlessness, which undermine whatever cause the majority of protestors who don’t partake in violence are promoting. It’s also offensive to those who must suffer the costs of the destruction. One assessment by the Andersen Economic Group of just one week of rioting and looting in major cities (from May 29 to June 3) placed the costs of the destruction at $400 million, an estimate that did not include the costs to state and local governments or the damage done in smaller cities and towns.

Social scientists swooped in to try and save the day for the “mostly peaceful” argument. A report by the Armed Conflict Location and Event Data Project, issued in September in partnership with Princeton University’s Bridging Divides Initiative, concluded that 93 percent of the summer’s protests were peaceful. The ACLED had made its agenda clear in June, when it issued a statement of solidarity with the same protests its report purports to analyze and called for “systemic and peaceful change.” Nonetheless, the report cannot suppress the facts it gathered; by the researchers’ own estimates, there were more than 500 violent riots related to Black Lives Matter gatherings across the country this summer.

But at least the others were “mostly peaceful.”

Voir encore:

Trump s’est réfugié dans un bunker de la Maison Blanche alors que les manifestations faisaient rage

Vendredi soir, des agents des Services secrets ont précipité le président américain Donald Trump dans un bunker de la Maison Blanche alors que des centaines de manifestants se rassemblaient devant le manoir exécutif, certains d’entre eux jetant des pierres et tirant sur les barricades de la police.Trump a passé près d’une heure dans le bunker, qui a été conçu pour être utilisé dans des situations d’urgence telles que des attaques terroristes, selon un républicain proche de la Maison Blanche qui n’était pas autorisé à discuter publiquement de questions privées et a parlé sous couvert d’anonymat. Le récit a été confirmé par un responsable de l’administration qui s’est également exprimé sous couvert d’anonymat.

La décision abrupte des agents a souligné l’humeur agitée à l’intérieur de la Maison Blanche, où les chants des manifestants à Lafayette Park ont ​​pu être entendus tout le week-end et les agents des services secrets et les forces de l’ordre ont eu du mal à contenir la foule.

Les manifestations de vendredi ont été déclenchées par la mort de George Floyd, un homme noir décédé après avoir été coincé au cou par un policier blanc de Minneapolis. Les manifestations à Washington sont devenues violentes et ont semblé surprendre les officiers. Ils ont déclenché l’une des alertes les plus élevées sur le complexe de la Maison Blanche depuis les attentats du 11 septembre 2001.

« La Maison Blanche ne commente pas les protocoles et décisions de sécurité », a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Judd Deere. Les services secrets ont déclaré ne pas discuter des moyens et méthodes de ses opérations de protection. Le déménagement du président dans le bunker a été signalé pour la première fois par le New York Times.

Le président et sa famille ont été ébranlés par la taille et le venin de la foule, selon le républicain. Il n’était pas immédiatement clair si la première dame Melania Trump et le fils de 14 ans du couple, Barron, avaient rejoint le président dans le bunker. Le protocole des services secrets aurait exigé que toutes les personnes sous la protection de l’agence soient dans l’abri souterrain.

Trump a déclaré à ses conseillers qu’il s’inquiétait pour sa sécurité, tout en louant en privé et en public le travail des services secrets.

Trump s’est rendu en Floride samedi pour voir le premier lancement spatial habité des États-Unis en près d’une décennie. Il est retourné dans une Maison Blanche sous siège virtuel, avec des manifestants – certains violents – rassemblés à quelques centaines de mètres de là pendant une grande partie de la nuit.

Les manifestants sont revenus dimanche après-midi, affrontant la police à Lafayette Park dans la soirée.

Trump a poursuivi ses efforts pour projeter sa force, en utilisant une série de tweets incendiaires et en livrant des attaques partisanes pendant une période de crise nationale.

Alors que les villes brûlaient nuit après nuit et que les images de violence dominaient la couverture télévisée, les conseillers de Trump ont discuté de la perspective d’une adresse au bureau ovale afin d’atténuer les tensions. L’idée a été rapidement abandonnée faute de propositions politiques et du désintérêt apparent du président pour délivrer un message d’unité.

Trump n’est pas apparu en public dimanche. Au lieu de cela, un responsable de la Maison Blanche qui n’était pas autorisé à discuter des plans à l’avance a déclaré que Trump devrait établir dans les prochains jours une distinction entre la colère légitime des manifestants pacifiques et les actions inacceptables des agitateurs violents.

Dimanche, Trump a retweeté un message d’un commentateur conservateur encourageant les autorités à répondre avec plus de force.

« Cela ne va pas s’arrêter tant que les gentils ne seront pas prêts à utiliser une force écrasante contre les méchants », a écrit Buck Sexton dans un message amplifié par le président.

Ces derniers jours, la sécurité à la Maison Blanche a été renforcée par la Garde nationale et du personnel supplémentaire des services secrets et de la police des parcs américains.

Dimanche, le ministère de la Justice a déployé des membres du US Marshals Service et des agents de la Drug Enforcement Administration pour compléter les troupes de la Garde nationale à l’extérieur de la Maison Blanche, selon un haut responsable du ministère de la Justice. Le fonctionnaire n’a pas pu discuter de la question en public et a parlé sous couvert d’anonymat.

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Lemire a rapporté de New York. L’écrivain d’Associated Press Michael Balsamo a contribué à ce rapport

Insurrections are common but Wednesday’s aborted insurrection on Capitol Hill was unique. The usual purpose of mobilizing a mass of people and deploying their sheer momentum against the edifices of power, a royal or presidential palace, or a parliament is to seize power—through the act of seizing that iconic building. But that is logically impossible when the ruler is not the enemy to be replaced but rather the intended beneficiary of the insurrection.

What happened was certainly not an attempted coup d’état, either. Coups must be subterranean, silent conspiracies that emerge only when the executors move into the seats of power to start issuing orders as the new government. A very large, very noisy and colorful gathering cannot attempt a coup.

There have been quite a few cases around the world of what is best described as mass intimidation directed against parliaments. But in all such cases it was some specific law that was wanted or not wanted, which legislators under the gun might then vote for or against. For that to happen, the legislators have to be all gathered in the legislature and kept there to be coerced. Most recently in Beirut last August, Lebanon’s Parliament was besieged by a crowd demanding and forcing the government’s resignation. This conspicuously did not happen in Washington on Wednesday because it was a crowd that invaded the building, not snatch teams sent to seize individual legislators to be cajoled or forced into their seats.

Given all these exclusions, only one description remains: a venting of accumulated resentments. Those who voted for President Trump saw his electoral victory denied in 2016 by numerous loud voices calling for “resistance” as if the president-elect were an invading foreign army. These voices were eagerly relayed and magnified by mass media, emphatically including pro-Trump media.

When Joe Biden is inaugurated on Jan. 20, Wednesday’s venting of resentments may prove to have been beneficial. Mr. Biden’s own conspicuous refusal to adopt the language of resistance in 2016—and his abstention from false accusations of collusion with Russia, even under extreme provocation about his son—makes it that much easier for the new president to be the healer he convincingly promised to be.

Overwrought talk of a coup attempt or an insurrectional threat seems to induce a pleasurable shiver in some people. But on Wall Street the market was supremely unimpressed: Stocks went up, because investors know it will all be over in two weeks.

Mr. Luttwak’s books include “Coup d’État: A Practical Handbook” (1968) and “The Endangered American Dream” (1993).

Voir aussi:

Le dernier front des syndicats américains

Le Midwest est le théâtre d’un bras de fer épique entre gouverneurs républicains et syndicats. Reportage dans le Wisconsin, épicentre de cette bataille qui préfigure la présidentielle de 2012.

À Madison (Wisconsin)

Arpentant jeudi dernier la place centrale de Madison, où trône le Capitole, un bâtiment d’un blanc éclatant coiffé d’une coupole qui rappelle le Congrès de Washington, le conseiller en stratégie politique républicain Scott Becher désigne du doigt les manifestants armés de pancartes et les camions des grandes chaînes de télé américaines garés sur le parvis. «Regardez-moi ça! CNN, ABC, NPR… Ils sont tous là et depuis trois semaines. Madison est devenu l’épicentre de la politique américaine. Peut-être l’élection présidentielle de 2012 vient-elle de commencer dans le Wisconsin.»

De l’intérieur de l’imposante bâtisse du Parlement de cet État politiquement crucial dans l’Amérique du Midwest, que se disputent régulièrement démocrates et républicains, parvient le bruit assourdissant de tam-tam africains sur lesquels des manifestants tapent en cadence. «Le Capitole envahi chaque jour par des milliers de personnes, 100.000 protestataires pendant les week-ends… C’est incroyable pour notre État, on n’avait jamais rien vu de pareil, en tout cas pas depuis l’époque des droits civiques ou du Vietnam», insiste Scott, abasourdi. «On n’est pas en Europe ici, et les syndicats n’ont cessé de perdre de leur influence, ce qui rend le phénomène d’autant plus impressionnant», confirme le journaliste Jason Stein, accrédité au Parlement pour le Journal Sentinel.

Depuis trois semaines, le Wisconsin vit en état de guerre politique et de paralysie législative. L’homme qui a déclenché la tempête est le nouveau gouverneur républicain, Scott Walker, un brun et fringant conservateur, fils de prêcheur baptiste soutenu par les Tea Party, qui se voit comme un «nouveau Reagan», investi d’une mission historique de rééquilibrage des finances publiques. Dopé par sa victoire en novembre, avec quelque 52% des suffrages (les républicains ont également pris les deux Chambres du Congrès local), il a tenté de faire passer en force une loi d’ajustement budgétaire qui coupe dans le vif des avantages accordés aux employés du secteur public. Invoquant la nécessité de partager l’effort budgétaire, le projet Walker prévoit de forcer les fonctionnaires à payer de leur poche 12,6% de leurs primes d’assurance-maladie, alors qu’ils cotisent à hauteur de 6% – et les salariés du privé de 29%. Ils devraient aussi contribuer pour leurs retraites à hauteur de 5,6% (zéro aujourd’hui).

Droits de négociation collectifs

La mesure n’aurait sans doute pas ému grand monde, dans une Amérique qui affectionne peu l’État-providence, les fonctionnaires comme les syndicats et comprend l’urgence de combler ses trous budgétaires, évalués par le gouverneur pour le seul Wisconsin à 137 millions de dollars cette année – 3,6 milliards pour les deux prochaines. Mais, en décidant de priver carrément les fonctionnaires locaux de leurs droits de négociation collectifs, le gouverneur a franchi une ligne rouge. «Même si beaucoup de gens sont méfiants à l’égard des syndicats, les milliers d’enseignants et d’employés concernés ont tiqué à l’idée de se retrouver sans recours, alors qu’ils ont été paupérisés par la crise financière de 2008», note la jeune représentante démocrate Kelda Helen Roys, installée dans son bureau où des activistes ont placardé des posters la remerciant de son soutien. «Les professeurs avaient conservé leur statut de membres des classes moyennes exclusivement grâce à leur endettement. Mais, avec la tempête financière qui a dévasté le secteur immobilier, la façade est tombée, dévoilant leur condition véritable», poursuit-elle, jugeant cet élément «capital» pour expliquer la mobilisation.

Les coupes sombres prévues dans le budget de l’éducation (834 millions de dollars), point sensible dans un État qui se vante d’avoir des universités publiques créatrices d’activité économique à haute valeur ajoutée, ont décuplé les inquiétudes, de même que l’annonce par le gouverneur de la vente des 37 centrales productrices d’électricité à des intérêts privés, décision qui fait craindre des licenciements massifs. La gauche a lu aussi avec effroi dans cette volonté de casser les syndicats, l’amorce d’une offensive républicaine destinée à priver le parti d’Obama de l’un de ses plus puissants contributeurs à un an de la présidentielle. «Pour moi, il s’agit de casser la machine électorale du Parti démocrate», affirme John Vander Meer, ex-conseiller d’un élu libéral.

Résultat, le projet Walker est devenu l’étincelle qui a embrasé le Wisconsin, suscitant une protestation qui a débouché sur une occupation pacifique du Parlement. Des pancartes notant que «l’éducation qui est l’avenir de nos enfants» tapissent les murs. Des milliers de post-it multicolores signés par les manifestants ont été collés sur les lourdes portes de bois du bâtiment. À l’intérieur, sous la Coupole, des happenings tenant autant du cirque que du combat politique, ont ameuté enseignants, pompiers et étudiants, ainsi que des centaines d’ex-activistes chevelus et barbus, qui semblent tout droit sortis de manifestations contre la guerre au Vietnam. «Le spectacle a été surréaliste, on a tout vu ici, même un chameau sous la rotonde», confie Jason, correspondant du Sentinel.

«Chacun a ses raisons d’être là»

Bonnet de laine sur la tête, enveloppée dans son manteau car il ne fait pas chaud sur la couverture qui lui tient lieu de QG, Sarah rêve d’une douche. Cette étudiante en médecine, qui est là «par solidarité avec ses professeurs», et parce qu’elle craint «un effondrement économique de l’État si on touche aux universités», a passé six jours et six nuits au pied d’un pilier de marbre vert. Elle montre les matelas, les réserves de pommes, d’oranges et de céréales offertes par des bénévoles. Il y a même un «coin calme» réservé aux enfants des protestataires. «Chacun a ses raisons d’être là», dit Sarah. Elle salue les policiers, qui gardent patiemment les lieux, des boules Quies dans les oreilles à cause du tam-tam. L’un d’eux glisse qu’il soutient les protestations. Un autre est au contraire favorable à un retour de l’ordre. «Le gouverneur a été élu, pourquoi ne pas le laisser travailler, les élections, cela a un sens», dit-il. «Le gouverneur n’avait jamais dit qu’il toucherait à ces droits syndicaux pendant sa campagne; nous ne pouvons le laisser casser 50 ans de d’acquis sociaux», réplique Céleste, une employée du privé, qui arbore un tee-shirt «Kill the bill», («Tuons la loi»).

Le projet de Walker a été voté à la Chambre des représentants du Wisconsin, mais les sénateurs démocrates, invoquant le caractère «exceptionnel» de la situation, ont fui vers l’Illinois pour empêcher un vote au Sénat. Furieux, le gouverneur a menacé de lancer la police à leurs trousses, initié un blocage du versement de leurs salaires et annoncé le compte à rebours pour 12.000 licenciements dans le secteur public si la loi ne passe pas. Son pari est que les mouvements ne sont qu’un baroud d’honneur des syndicats minoritaires et que la majorité silencieuse le soutient. De leur côté, les élus démocrates invoquent de récents sondages pour «souligner la légitimité de la politique de la chaise vide». Selon une enquête de l’Institut Rasmussen, près de 57% de la population de l’État seraient hostiles à la politique de Walker concernant les droits de négociation collectifs, alors qu’il est soutenu sur les augmentations des contributions à la santé et aux retraites.

«C’est comme la guerre de Corée!»

Résultat, l’impasse est totale. Les élus démocrates ont indiqué leur volonté de revenir à Madison, mais il est difficile de passer à l’acte sans avoir l’impression de capituler. «Quand on a tracé des lignes aussi intransigeantes, on se demande quelle peut être la sortie de crise, c’est comme la guerre de Corée!», note le stratège républicain Scott Becher. Il dit ne jamais avoir vu une telle division, malgré la tradition de combat social du Wisconsin, un État manufacturier pionnier dans la promotion des droits syndicaux.

De Madison à Washington, les observateurs se demandent si la bataille du Wisconsin va faire «tache d’huile», au-delà de la victoire probable du gouverneur à court terme. Certains prédisent que son courage politique lui vaudra au minimum une place de vice-président sur un ticket républicain. D’autres pensent au contraire qu’il surestime sa «main» et qu’il sera «révoqué» d’ici à un an, selon une procédure lancée par les démocrates visant à rassembler les signatures de 25% des votants, pour convoquer une nouvelle élection… Des révoltes sociales très comparables ont en tout cas éclaté dans l’Ohio et l’Indiana, mettant leurs gouverneurs républicains sur la défensive. Le conflit intéresse aussi les gouverneurs du Texas, Rick Perry, et du New Jersey, Chris Christie, qui se sont bien gardés, malgré leurs promesses de rigueur budgétaire, de toucher aux conventions collectives du secteur public. «Ce mouvement a indéniablement redynamisé la base démocrate», note Adam Schrager, journaliste de télévision local, qui se demande si la bataille du Wisconsin pourrait avoir le même «effet boule de neige» que la bataille de la santé a eu pour la mobilisation des Tea Party. «Ce qui se profile, c’est un discours de guerre de classe pour 2012, avec d’un côté les démocrates dénonçant Wall Street et les intérêts spéciaux, de l’autre les républicains fustigeant les syndicats.»

Conscient de l’importance de l’affrontement, mais soucieux de ne pas se mêler d’un combat dont l’issue reste incertaine, le président Obama est resté relativement discret. «Le président a d’autres chats à fouetter, il doit gérer les révoltes du Middle-East (Moyen-Orient). Nous nous occuperons du Midwest», dit Céleste en agitant le poing. Le journaliste Adam Schrager s’inquiète, quant à lui, de cette ambiance guerrière. Il a été stupéfait qu’un seul élu, le républicain Dale Schultz – «le seul adulte de toute cette histoire» – ait proposé un compromis. «Cela en dit long sur le fonctionnement politique général de notre pays, dit le reporter frustré. Nous ne cessons de recommencer les batailles du passé. Chaque nouvel élu se sent investi d’un mandat idéologique, alors que les gens veulent seulement que les partis s’allient pour résoudre les problèmes profonds qui se posent.»

Voir encore:

Cairo in Wisconsin
Andy Kroll
CBS news
February 27, 2011

The call reportedly arrived from Cairo. Pizza for the protesters, the voice said. It was Saturday, February 20th, and by then Ian’s Pizza on State Street in Madison, Wisconsin, was overwhelmed.

One employee had been assigned the sole task of answering the phone and taking down orders. And in they came, from all 50 states and the District of Columbia, from Morocco, Haiti, Turkey, Belgium, Uganda, China, New Zealand, and even a research station in Antarctica. More than 50 countries around the globe.  Ian’s couldn’t make pizza fast enough, and the generosity of distant strangers with credit cards was paying for it all.

Those pizzas, of course, were heading for the Wisconsin state capitol, an elegant domed structure at the heart of this Midwestern college town. For nearly two weeks, tens of thousands of raucous, sleepless, grizzled, energized protesters have called the stately capitol building their home. As the police moved in to clear it out on Sunday afternoon, it was still the pulsing heart of the largest labor protest in my lifetime, the focal point of rallies and concerts against a politically-charged piece of legislation proposed by Wisconsin Governor Scott Walker, a hard-right Republican.

That bill, officially known as the Special Session Senate Bill 11, would, among other things, eliminate collective bargaining rights for most of the state’s public-sector unions, in effect eviscerating the unions themselves. »Kill the bill! » the protesters chant en masse, day after day, while the drums pound and cowbells clang. « What’s disgusting? Union busting! »

One world, one pain

The spark for Wisconsin’s protests came on February 11th.  That was the day the Associated Press published a brief story quoting Walker as saying he would call in the National Guard to crack down on unruly workers upset that their bargaining rights were being stripped away. Labor and other left-leaning groups seized on Walker’s incendiary threat, and within a week there were close to 70,000 protesters filling the streets of Madison.

Six thousand miles away, February 11th was an even more momentous day. Weary but jubilant protesters on the streets of Cairo, Alexandria, and other Egyptian cities celebrated the toppling of Hosni Mubarak, the autocrat who had ruled over them for more than 30 years and amassed billions in wealth at their expense. « We have brought down the regime, » cheered the protesters in Cairo’s Tahrir Square, the center of the Egyptian uprising. In calendar terms, the demonstrations in Wisconsin, you could say, picked up right where the Egyptians left off.

I arrived in Madison several days into the protests. I’ve watched the crowds swell, nearly all of those arriving — and some just not leaving — united against Governor Walker’s « budget repair bill. » I’ve interviewed protesters young and old, union members and grassroots organizers, students and teachers, children and retirees. I’ve huddled with labor leaders in their Madison « war rooms, » and sat through the governor’s press conferences. I’ve slept on the cold, stone floor of the Wisconsin state capitol (twice). Believe me, the spirit of Cairo is here. The air is charged with it.

It was strongest inside the Capitol. A previously seldom-visited building had been miraculously transformed into a genuine living, breathing community.  There was a medic station, child day care, a food court, sleeping quarters, hundreds of signs and banners, live music, and a sense of camaraderie and purpose you’d struggle to find in most American cities, possibly anywhere else in this country. Like Cairo’s Tahrir Square in the weeks of the Egyptian uprising, most of what happens inside the Capitol’s walls is protest.

Egypt is a presence here in all sorts of obvious ways, as well as ways harder to put your finger on.  The walls of the capital, to take one example, offer regular reminders of Egypt’s feat. I saw, for instance, multiple copies of that famous photo on Facebook of an Egyptian man, his face half-obscured, holding a sign that reads: « EGYPT Supports Wisconsin Workers: One World, One Pain. » The picture is all the more striking for what’s going on around the man with the sign: a sea of cheering demonstrators are waving Egyptian flags, hands held aloft. The man, however, faces in the opposite direction, as if showing support for brethren halfway around the world was important enough to break away from the historic celebrations erupting around him.

Similarly, I’ve seen multiple copies of a statement by Kamal Abbas, the general coordinator for Egypt’s Center for Trade Unions and Workers Services, taped to the walls of the state capitol. Not long after Egypt’s January Revolution triumphed and Wisconsin’s protests began, Abbas announced his group’s support for the Wisconsin labor protesters in a page-long declaration that said in part: « We want you to know that we stand on your side. Stand firm and don’t waiver. Don’t give up on your rights. Victory always belongs to the people who stand firm and demand their just rights. »

Then there’s the role of organized labor more generally. After all, widespread strikes coordinated by labor unions shut down Egyptian government agencies and increased the pressure on Mubarak to relinquish power. While we haven’t seen similar strikes yet here in Madison — though there’s talk of a general strike if Walker’s bill somehow passes — there’s no underestimating the role of labor unions like the AFL-CIO, the Service Employees International Union (SEIU), the American Federation of State, County, and Municipal Employees, and the American Federation of Teachers in organizing the events of the past two weeks.

Faced with a bill that could all but wipe out unions in historically labor-friendly states across the Midwest, labor leaders knew they had to act — and quickly. « Our very labor movement is at stake, » Stephanie Bloomingdale, secretary-treasurer of Wisconsin’s AFL-CIO branch, told me. « And when that’s at stake, the economic security of Americans is at stake. »

« The Mubarak of the midwest »

On the Sunday after I arrived, I was wandering the halls of the Capitol when I met Scott Graham, a third-grade teacher who lives in Lacrosse, Wisconsin. Over the cheers of the crowd, I asked Graham whether he saw a connection between the events in Egypt and those here in Wisconsin. His response caught the mood of the moment. « Watching Egypt’s story for a week or two very intently, I was inspired by the Egyptian people, you know, striving for their own self-determination and democracy in their country, » Graham told me. « I was very inspired by that. And when I got here I sensed that everyone’s in it together. The sense of solidarity is just amazing. »

A few days later, I stood outside the capitol building in the frigid cold and talked about Egypt with two local teachers. The most obvious connection between Egypt and Wisconsin was the role and power of young people, said Ann Wachter, a federal employee who joined our conversation when she overheard me mention Egypt. There, it was tech-savvy young people who helped keep the protests alive and the same, she said, applied in Madison. « You go in there everyday and it’s the youth that carries it throughout hours that we’re working, or we’re running our errands, whatever we do.  They do whatever they do as young people to keep it alive. After all, I’m at the end of my working career; it’s their future. »

And of course, let’s not forget those almost omnipresent signs that link the young governor of Wisconsin to the aging Hosni Mubarak. They typically label Walker the « Mubarak of the Midwest » or « Mini-Mubarak, » or demand the recall of « Scott ‘Mubarak.' » In a public talk on Thursday night, journalist Amy Goodman quipped, « Walker would be wise to negotiate. It’s not a good season for tyrants. »

One protester I saw on Thursday hoisted aloft a « No Union Busting! » sign with a black shoe perched atop it, the heel facing forward — a severe sign of disrespect that Egyptian protesters directed at Mubarak and a symbol that, before the recent American TV blitz of « rage and revolution » in the Middle East, would have had little meaning here.

Which isn’t to say that the Egypt-Wisconsin comparison is a perfect one. Hardly. After all, the Egyptian demonstrators massed in hopes of a new and quite different world; the American ones, no matter the celebratory and energized air in Madison, are essentially negotiating loss (of pensions and health-care benefits, if not collective bargaining rights). The historic demonstrations in Madison have been nothing if not peaceful. On Saturday, when as many as 100,000 people descended on Madison to protest Walker’s bill, the largest turnout so far, not a single arrest was made.  In Egypt, by contrast, the protests were plenty bloody, with more than 300 deaths during the 29-day uprising.

Not that some observers didn’t see the need for violence in Madison. Last Saturday, Jeff Cox, a deputy attorney general in Indiana, suggested on his Twitter account that police « use live ammunition » on the protesters occupying the state Capitol. That sentiment, discovered by a colleague of mine, led to an outcry. The story broke on Wednesday morning; by Wednesday afternoon Cox had been fired.

New York Times columnist David Brooks was typical of mainstream coverage and punditry in quickly dismissing any connection between Egypt (or Tunisia) and Wisconsin.  On the Daily Show, Jon Stewart spoofed and rejected the notion that the Wisconsin protests had any meaningful connection to Egypt. He called the people gathered here « the bizarro Tea Party. » Stewart’s crew even brought in a camel as a prop. Those of us in Madison watched as Stewart’s skit went horribly wrong when the camel got entangled in a barricade and fell to the ground.

As far as I know, neither Brooks nor Stewart spent time here.  Still, you can count on one thing: if the demonstrators in Tahrir Square had been enthusiastically citing Americans as models for their protest, nobody here would have been in such a dismissive or mocking mood.  In other parts of this country, perhaps it still feels less than comfortable to credit Egyptians or Arabs with inspiring an American movement for justice. If you had been here in Madison, this last week, you might have felt differently.

Pizza town protest

Obviously, the outcomes in Egypt and Wisconsin won/t be comparable. Egypt toppled a dictator; Wisconsin has a democratically elected governor who, at the very earliest, can’t be recalled until 2012. And so the protests in Wisconsin are unlikely to transform the world around us. Still, there can be no question, as they spread elsewhere in the Midwest, that they have reenergized the country’s stagnant labor movement, a once-powerful player in American politics and business that’s now a shell of its former self. « There’s such energy right now, » one SEIU staffer told me a few nights ago. « This is a magic moment. »

Not long after talking with her, I trudged back to Ian’s Pizza, the icy snow crunching under my feet. At the door stood an employee with tired eyes, a distinct five o’clock shadow, and a beanie on his head.

I wanted to ask him, I said, about that reported call from Cairo. « You know, » he responded, « I really don’t remember it. » I waited while he politely rebuffed several approaching customers, telling them how Ian’s had run out of dough and how, in any case, all the store’s existing orders were bound for the capitol. When he finally had a free moment, he returned to the Cairo order.  There had, he said, been questions about whether it was authentic or not, and then he added, « I’m pretty sure it was from Cairo, but it’s not like I can guarantee it. » By then, another wave of soon-to-be disappointed customers was upon us, and so I headed back to the capitol and another semi-sleepless night.

The building, as I approached in the darkness, was brightly lit, reaching high over the city. Protesters were still filing inside with all the usual signs. In the rotunda, drums pounded and people chanted and the sound swirled into a massive roar. For this brief moment at least, people here in Madison are bound together by a single cause, as other protesters were not so long ago, and may be again, in the ancient cities of Egypt.

Right then, the distance separating Cairo and Wisconsin couldn’t have felt smaller. But maybe you had to be there.

Bio:Andy Kroll is a reporter in the D.C. bureau of Mother Jones magazine and an associate editor at TomDispatch.com. This piece originally appeared on TomDispatch.

The opinions expressed in this commentary are solely those of the author.

Voir enfin:

The Washington Post
Oct. 30, 2020

Concerned about the possibility of unrest on Election Day, or in the days that follow, businesses in some areas of D.C. are boarding their windows. Officials are advising shop owners to sign up for crime alerts and to keep their insurance information handy.

D.C. police have limited leave for officers starting this weekend to ensure adequate staffing, and the District spent $100,000 on less-lethal munitions and chemical irritants for riot control to replenish a stockpile depleted by clashes over the summer.

As a turbulent election season draws to a close, authorities across the country worry frustration may spill onto the streets, and officials are watching for disturbances at the polls or protests in their communities. That tension is heightened in the nation’s capital, where the White House and other symbols of government regularly draw demonstrators.

“It is widely believed that there will be civil unrest after the November election regardless of who wins,” D.C. Police Chief Peter Newsham told lawmakers this month. “It is also believed that there is a strong chance of unrest when Washington, D.C., hosts the inauguration in January.”

Mayor Muriel E. Bowser (D) said the District’s public safety officials have been discussing plans for post-election unrest “for many weeks if not months.” The D.C. National Guard is already called up because of the coronavirus crisis and could be deployed, though Bowser expects to use them only for traffic control, if at all.

On Thursday, D.C. police announced possible street closures and parking restrictions that are expected to cover much of downtown Washington on Tuesday and Wednesday.

Officials have not recommended that shop owners board up their buildings, according to a resource guide for businesses distributed by city leaders this week. Some small-business owners are heeding their guidance, focused on bolstering sales as winter approaches. Others are boarding anyway, and concrete barriers were being installed outside the U.S. Chamber of Commerce building across from Lafayette Square.

“We do not have any intelligence on planned activity to suggest the need to board up; however, we remain vigilant,” John Falcicchio, the deputy mayor for planning and economic development, said in a statement. “We understand the difficult position building owners and operating businesses are in, and we call upon all who participate in First Amendment activities to denounce violence and report it immediately should it occur.”

Officials say they are concerned that a politically polarized electorate coupled with divisive rhetoric and President Trump questioning the integrity of the election could create flash points in the District and elsewhere.

Newsham said several groups have applied for demonstration permits starting Sunday and for days after the election. The National Park Service is considering permit applications from several organizations with various views on the election.

Shutdown DC is planning weeks’ worth of demonstrations around the White House and Black Lives Plaza starting Tuesday. “After you vote, hit the streets,” the group posted on its website.

George Washington University sent students a message recommending they prepare for Election Day as they would for a snowstorm or hurricane and stockpile a week’s worth of food, supplies and medicine.

Federal and local authorities in and around the District are also taking pains to reassure the public they are working for a secure and safe election. Maryland Gov. Larry Hogan (R) joined state and federal officials to say a “confident public is more likely to vote” and trust the outcome. D.C. Attorney General Karl A. Racine (D) reminded residents that destroying election signs is illegal. And Baltimore State’s Attorney Marilyn J. Mosby is telling prosecutors to pay close attention to crimes that “occur in the context of the election.”

The acting U.S. attorney for the District, Michael R. Sherwin, announced that a federal prosecutor will oversee election-related complaints and allegations of election fraud in D.C.

The District endured months of sustained demonstrations after the death of George Floyd in police custody in Minneapolis, which targeted areas outside the White House but also impacted the downtown business district and neighborhoods such as Georgetown, Adams Morgan and Shaw.

The demonstrations were mostly peaceful, but outbreaks of violence — much of it attributed to agitators more intent on destruction than protest — resulted in hundreds of arrests after nights of fires, looted stores and clashes with police. D.C. police said that on May 30 and May 31, the two most volatile days, 204 businesses were burglarized and 216 properties were damaged.

In recent days, crowds gathered outside a police station in Northwest Washington to protest the death of a young man in a moped crash after police attempted to stop him because he was not wearing a helmet. Those protests resulted in clashes with police, broken windows and damaged police cars.

There also were store windows smashed in Georgetown on Wednesday night, casting some doubt on the city’s recommendations for business owners to maintain calm in advance of the election. It was unclear whether those causing the damage, which business leaders described as attempted looting, had any link to those demonstrating at the police station.

A handful of Georgetown businesses requested plywood after Wednesday night’s events. One boarded up overnight.

“It seems like we are sitting on a tinderbox, and there are so many different things that could potentially cause problems,” said Rachel Shank, executive director of Georgetown Main Street. “We saw some serious devastation back in May and June, and we are trying to avoid that, but we are also trying to avoid Georgetown looking like a ghost town.”

Business improvement district leaders across the city are working with contractors to implement what they describe as standard protocol in advance of any anticipated large gathering in the area, which includes tying up loose ends at construction sites to remove material that could easily be used for destruction.

Josh Turnbull, a general manager at Oxford Properties Group, oversees three buildings in downtown D.C., including one on the edge of Black Lives Matter Plaza. He never removed plywood from the property closest to the White House and said he planned to board up the other two this week in anticipation of unrest around the election.

“It’s really like an insurance policy,” he said. “The cost-benefit analysis here just makes sense.”

On Monday, security contractors were hard at work down 17th Street, fastening plywood to open glass. By Friday, businesses could be seen boarded up along K and L streets downtown.

Other business owners are planning to avoid fortification, putting faith in D.C. leadership to guide them through the next few weeks and hoping that keeping their windows open may contribute to a more peaceful November.

“It has been such a difficult year, so financially challenging, that the attitude right now is we will wait until the last possible moment or until we hear something definitive from the government,” said Alexander Padro, executive director of Shaw Main Streets, where more than three dozen businesses were damaged in late May and June.

In May, rioters smashed windows at Dan Simons’s downtown restaurant, Founding Farmers. When a member of his team emailed him asking whether he planned to reinstall plywood on his windows in advance of Election Day, he balked.

“Sometimes, by preparing for war, you create war,” he said recently, providing insight into his decision, at least for now, to avoid fortification. “And I am not that guy. Might that make me a fool? Yes. But that is probably a risk worth taking.”

A few blocks away, Michelle Brown stood in her downtown restaurant, Teaism, which was still charred and damaged from when rioters set it on fire one night in May. Four months later, on the last Monday in October, there was still no HVAC unit, no 20-year-old tea chest that greeted customers on the back wall and no stream of revenue to help her through the daily slog of pandemic-time entrepreneurship.

Brown supports the Black Lives Matter movement (a sentiment she shared in a series of viral tweets after the restaurant was damaged). Now, anticipating a month that could bring about even more unrest, she harbors the same steady focus on the importance of free expression.

“This is just part and parcel of being a neighbor to the White House,” she said.

Brown said the owner of her building added fencing to brace for Election Day. But like many of her neighbors near the White House, she is listening carefully for guidance from city officials and “rumorville on the street” to determine whether she should take additional precautions.

“It’s all just wait and see now,” Brown said, watching a truck full of red cones and plywood drive past her shuttered store.

Julie Zauzmer and Susan Svrluga contributed to this report.

Voir par ailleurs:

Majority of Young Americans View Trump as Illegitimate President: Poll

Jermaine Anderson keeps going back to the same memory of Donald Trump, then a candidate for president of the United States, referring to some Mexican immigrants as rapists and murderers.

« You can’t be saying that (if) you’re the president, » said Anderson, a 21-year-old student from Coconut Creek, Florida.

That Trump is undeniably the nation’s 45th president doesn’t sit easily with young Americans like Anderson who are the nation’s increasingly diverse electorate of the future, according to a new poll.

A majority of young adults — 57 percent — see Trump’s presidency as illegitimate, including about three-quarters of blacks and large majorities of Latinos and Asians, the GenForward poll found.

GenForward is a poll of adults age 18 to 30 conducted by the Black Youth Project at the University of Chicago with The Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research.

A slim majority of young whites in the poll, 53 percent, consider Trump a legitimate president, but even among that group 55 percent disapprove of the job he’s doing, according to the survey.

« That’s who we voted for. And obviously America wanted him more than Hillary Clinton, » said Rebecca Gallardo, a 30-year-old nursing student from Kansas City, Missouri, who voted for Trump.

Trump’s legitimacy as president was questioned earlier this year by Rep. John Lewis, D-Ga.: « I think the Russians participated in helping this man get elected. And they helped destroy the candidacy of Hillary Clinton. »

Trump routinely denies that and says he captured the presidency in large part by winning states such as Michigan and Wisconsin that Clinton may have taken for granted.

Overall, just 22 percent of young adults approve of the job Trump is doing as president, while 62 percent disapprove.

Trump’s rhetoric as a candidate and his presidential decisions have done much to keep the question of who belongs in America atop the news, though he’s struggling to accomplish some key goals. Powered by supporters chanting, « build the wall, » Trump has vowed to erect a barrier along the southern U.S. border and make Mexico pay for it — which Mexico refuses to do. Federal judges in three states have blocked Trump’s executive orders to ban travel to the U.S. from seven — then six — majority-Muslim nations.

In Honolulu, U.S. District Judge Derrick Watson this week cited « significant and unrebutted evidence of religious animus » behind the travel ban, citing Trump’s own words calling for « a complete shutdown of Muslims entering the United States. »

And yes, Trump did say in his campaign announcement speech on June 6, 2015: « When Mexico sends its people, they’re not sending their best…They’re bringing drugs. They’re bringing crime. They’re rapists. And some, I assume, are good people. » He went farther in subsequent statements, later telling CNN: « Some are good and some are rapists and some are killers. »

It’s extraordinary rhetoric for the leader of a country where by around 2020, half of the nation’s children will be part of a minority race or ethnic group, the Census Bureau projects. Non-Hispanic whites are expected to be a minority by 2044.

Of all of Trump’s tweets and rhetoric, the statements about Mexicans are the ones to which Anderson returns. He says Trump’s business background on paper is impressive enough to qualify him for the presidency. But he suggests that’s different than Trump earning legitimacy as president.

« I’m thinking, he’s saying that most of the people in the world who are raping and killing people are the immigrants. That’s not true, » said Anderson, whose parents are from Jamaica.

Megan Desrochers, a 21-year-old student from Lansing, Michigan, says her sense of Trump’s illegitimacy is more about why he was elected.

« I just think it was kind of a situation where he was voted in based on his celebrity status verses his ethics, » she said, adding that she is not necessarily against Trump’s immigration policies.

The poll participants said in interviews that they don’t necessarily vote for one party’s candidates over another’s, a prominent tendency among young Americans, experts say. And in the survey, neither party fares especially strongly.

Just a quarter of young Americans have a favorable view of the Republican Party, and 6 in 10 have an unfavorable view. Majorities of young people across racial and ethnic lines hold negative views of the GOP.

The Democratic Party performs better, but views aren’t overwhelmingly positive. Young people are more likely to have a favorable than an unfavorable view of the Democratic Party by a 47 percent to 36 percent margin. But just 14 percent say they have a strongly favorable view of the Democrats.

Views of the Democratic Party are most favorable among young people of color. Roughly 6 in 10 blacks, Asians and Latinos hold positive views of the party. Young whites are somewhat more likely to have unfavorable than favorable views, 47 percent to 39 percent.

As for Trump, 8 in 10 young people think he is doing poorly in terms of the policies he’s put forward and 7 in 10 have negative views of his presidential demeanor.

« I do not like him as a person, » says Gallardo of Trump. She nonetheless voted for Trump because she didn’t trust Clinton. « I felt like there wasn’t much choice. »

The poll of 1,833 adults age 18-30 was conducted Feb. 16 through March 6 using a sample drawn from the probability-based GenForward panel, which is designed to be representative of the U.S. young adult population. The margin of sampling error for all respondents is plus or minus 4 percentage points.

The survey was paid for by the Black Youth Project at the University of Chicago, using grants from the John D. and Catherine T. MacArthur Foundation and the Ford Foundation.

Respondents were first selected randomly using address-based sampling methods, and later interviewed online or by phone.

Voir enfin:

March 5, 2020

Senate Minority Leader Charles E. Schumer (D-N.Y.) is correctly under fire for threatening Supreme Court Justices Neil M. Gorsuch and Brett M. Kavanaugh. But what did Schumer really mean when, on Wednesday, he warned the justices “you won’t know what hit you” if they vote the wrong way on an abortion case?

Here is what Schumer said: “I want to tell you, Gorsuch; I want to tell you, Kavanaugh: You have released the whirlwind, and you will pay the price. You won’t know what hit you if you go forward with these awful decisions.” That drew a rare rebuke from Chief Justice John G. Roberts Jr., who issued a statement declaring that “threatening statements of this sort from the highest levels of government are not only inappropriate, they are dangerous.”

At first, Schumer refused to apologize but rather said through a spokesman that he was making “a reference to the political price Republicans will pay for putting them on the court.” No, he wasn’t. He didn’t say Republicans will “pay the price” or that Republicans “won’t know what hit you.” He directed those threats squarely at the two justices. On Thursday, Schumer said, “I shouldn’t have used the words I did, but in no way was I making a threat.” Of course he was.

So, what was he threatening — what “political price” did Schumer have in mind for the Supreme Court justices? He was almost certainly warning Gorsuch and Kavanaugh that if they did not vote as he saw fit, Senate Democrats, when they are in the majority, would follow through on their threats to “restructure” the court by packing it with liberal justices and eliminating its conservative majority.

It wouldn’t be the first time Senate Democrats have made such threats. Last August, Schumer’s second in command, Sen. Richard J. Durbin (D-Ill.), threatened to restructure the court if the justices took up a gun case. In a legal brief, Durbin, along with Democratic Sens. Sheldon Whitehouse (R.I.), Mazie Hirono (Hawaii), Richard Blumenthal (Conn.) and Kirsten Gillibrand (N.Y.), warned in an amicus brief: “The Supreme Court is not well. And the people know it. Perhaps the Court can heal itself before the public demands it be ‘restructured in order to reduce the influence of politics.’” As all 53 Senate Republicans wrote in a letter to the court, “the implication is as plain as day: Dismiss this case, or we’ll pack the Court.”

In other words, this is the second time in seven months that Senate Democratic leaders have tried to intimidate the court to rule their way on a case, issuing threats of political reprisal. These repeated threats should be taken seriously — because if Democrats win the White House and the Senate in November, they will have the power to follow through.

The election could be one of the most consequential in modern history when it comes to shaping the Supreme Court’s future. Those on the left are apoplectic because they know that if President Trump is reelected and Republicans keep control of the Senate, there is a strong possibility that they will have the chance to expand the court’s conservative majority. The left also knows that if Democrats win, their best hope is to replace liberal Justices Ruth Bader Ginsburg and Stephen G. Breyer — keeping those seats in the court’s liberal bloc.

From the left’s perspective, that isn’t good enough, because it wouldn’t change the court’s ideological makeup. Democrats know that they won’t be able to advance the battle for an activist liberal court unless they expand the court’s size.

Former vice president Joe Biden has said he opposes expanding the court. He also opposed taxpayer funding of abortion until last June, when he realized he could not win the Democratic nomination without changing his position. The judicial left will almost certainly demand that he similarly reverse his position on court-packing. As for Sen. Bernie Sanders (I-Vt.), he has declared his intention, if elected, to push for rotating justices off the Supreme Court and replacing them with lower-court judges. “A federal judge has a lifetime appointment,” Sanders told MSNBC last month, but the Constitution “doesn’t say that lifetime appointment has got to be on the Supreme Court — it’s got to be on a federal court.”

This much is certain. If Democrats win in November, their base will not be satisfied with simply replacing aging liberal justices with younger ones. They have watched with horror as Trump has transformed the federal judiciary. They will not accept the status quo and what they consider an illegitimate conservative majority on the Supreme Court. In other words, regardless of who the Democrats nominate, the future of the Supreme Court is on the ballot in November.

COMPLEMENT:
Molly Ball
Time
February 4, 2021

A weird thing happened right after the Nov. 3 election: nothing.

The nation was braced for chaos. Liberal groups had vowed to take to the streets, planning hundreds of protests across the country. Right-wing militias were girding for battle. In a poll before Election Day, 75% of Americans voiced concern about violence.

Instead, an eerie quiet descended. As President Trump refused to concede, the response was not mass action but crickets. When media organizations called the race for Joe Biden on Nov. 7, jubilation broke out instead, as people thronged cities across the U.S. to celebrate the democratic process that resulted in Trump’s ouster.

A second odd thing happened amid Trump’s attempts to reverse the result: corporate America turned on him. Hundreds of major business leaders, many of whom had backed Trump’s candidacy and supported his policies, called on him to concede. To the President, something felt amiss. “It was all very, very strange,” Trump said on Dec. 2. “Within days after the election, we witnessed an orchestrated effort to anoint the winner, even while many key states were still being counted.”

In a way, Trump was right.

There was a conspiracy unfolding behind the scenes, one that both curtailed the protests and coordinated the resistance from CEOs. Both surprises were the result of an informal alliance between left-wing activists and business titans. The pact was formalized in a terse, little-noticed joint statement of the U.S. Chamber of Commerce and AFL-CIO published on Election Day. Both sides would come to see it as a sort of implicit bargain–inspired by the summer’s massive, sometimes destructive racial-justice protests–in which the forces of labor came together with the forces of capital to keep the peace and oppose Trump’s assault on democracy.

The handshake between business and labor was just one component of a vast, cross-partisan campaign to protect the election–an extraordinary shadow effort dedicated not to winning the vote but to ensuring it would be free and fair, credible and uncorrupted. For more than a year, a loosely organized coalition of operatives scrambled to shore up America’s institutions as they came under simultaneous attack from a remorseless pandemic and an autocratically inclined President. Though much of this activity took place on the left, it was separate from the Biden campaign and crossed ideological lines, with crucial contributions by nonpartisan and conservative actors. The scenario the shadow campaigners were desperate to stop was not a Trump victory. It was an election so calamitous that no result could be discerned at all, a failure of the central act of democratic self-governance that has been a hallmark of America since its founding.

Their work touched every aspect of the election. They got states to change voting systems and laws and helped secure hundreds of millions in public and private funding. They fended off voter-suppression lawsuits, recruited armies of poll workers and got millions of people to vote by mail for the first time. They successfully pressured social media companies to take a harder line against disinformation and used data-driven strategies to fight viral smears. They executed national public-awareness campaigns that helped Americans understand how the vote count would unfold over days or weeks, preventing Trump’s conspiracy theories and false claims of victory from getting more traction. After Election Day, they monitored every pressure point to ensure that Trump could not overturn the result. “The untold story of the election is the thousands of people of both parties who accomplished the triumph of American democracy at its very foundation,” says Norm Eisen, a prominent lawyer and former Obama Administration official who recruited Republicans and Democrats to the board of the Voter Protection Program.

For Trump and his allies were running their own campaign to spoil the election. The President spent months insisting that mail ballots were a Democratic plot and the election would be “rigged.” His henchmen at the state level sought to block their use, while his lawyers brought dozens of spurious suits to make it more difficult to vote–an intensification of the GOP’s legacy of suppressive tactics. Before the election, Trump plotted to block a legitimate vote count. And he spent the months following Nov. 3 trying to steal the election he’d lost–with lawsuits and conspiracy theories, pressure on state and local officials, and finally summoning his army of supporters to the Jan. 6 rally that ended in deadly violence at the Capitol.

The democracy campaigners watched with alarm. “Every week, we felt like we were in a struggle to try to pull off this election without the country going through a real dangerous moment of unraveling,” says former GOP Representative Zach Wamp, a Trump supporter who helped coordinate a bipartisan election-protection council. “We can look back and say this thing went pretty well, but it was not at all clear in September and October that that was going to be the case.”

Biden fans in Philadelphia after the race was called on Nov. 7

Biden fans in Philadelphia after the race was called on Nov. 7
Michelle Gustafson for TIME

This is the inside story of the conspiracy to save the 2020 election, based on access to the group’s inner workings, never-before-seen documents and interviews with dozens of those involved from across the political spectrum. It is the story of an unprecedented, creative and determined campaign whose success also reveals how close the nation came to disaster. “Every attempt to interfere with the proper outcome of the election was defeated,” says Ian Bassin, co-founder of Protect Democracy, a nonpartisan rule-of-law advocacy group. “But it’s massively important for the country to understand that it didn’t happen accidentally. The system didn’t work magically. Democracy is not self-executing.”

That’s why the participants want the secret history of the 2020 election told, even though it sounds like a paranoid fever dream–a well-funded cabal of powerful people, ranging across industries and ideologies, working together behind the scenes to influence perceptions, change rules and laws, steer media coverage and control the flow of information. They were not rigging the election; they were fortifying it. And they believe the public needs to understand the system’s fragility in order to ensure that democracy in America endures.

THE ARCHITECT

Sometime in the fall of 2019, Mike Podhorzer became convinced the election was headed for disaster–and determined to protect it.

This was not his usual purview. For nearly a quarter-century, Podhorzer, senior adviser to the president of the AFL-CIO, the nation’s largest union federation, has marshaled the latest tactics and data to help its favored candidates win elections. Unassuming and professorial, he isn’t the sort of hair-gelled “political strategist” who shows up on cable news. Among Democratic insiders, he’s known as the wizard behind some of the biggest advances in political technology in recent decades. A group of liberal strategists he brought together in the early 2000s led to the creation of the Analyst Institute, a secretive firm that applies scientific methods to political campaigns. He was also involved in the founding of Catalist, the flagship progressive data company.

The endless chatter in Washington about “political strategy,” Podhorzer believes, has little to do with how change really gets made. “My basic take on politics is that it’s all pretty obvious if you don’t overthink it or swallow the prevailing frameworks whole,” he once wrote. “After that, just relentlessly identify your assumptions and challenge them.” Podhorzer applies that approach to everything: when he coached his now adult son’s Little League team in the D.C. suburbs, he trained the boys not to swing at most pitches–a tactic that infuriated both their and their opponents’ parents, but won the team a series of championships.

Trump’s election in 2016–credited in part to his unusual strength among the sort of blue collar white voters who once dominated the AFL-CIO–prompted Podhorzer to question his assumptions about voter behavior. He began circulating weekly number-crunching memos to a small circle of allies and hosting strategy sessions in D.C. But when he began to worry about the election itself, he didn’t want to seem paranoid. It was only after months of research that he introduced his concerns in his newsletter in October 2019. The usual tools of data, analytics and polling would not be sufficient in a situation where the President himself was trying to disrupt the election, he wrote. “Most of our planning takes us through Election Day,” he noted. “But, we are not prepared for the two most likely outcomes”–Trump losing and refusing to concede, and Trump winning the Electoral College (despite losing the popular vote) by corrupting the voting process in key states. “We desperately need to systematically ‘red-team’ this election so that we can anticipate and plan for the worst we know will be coming our way.”

It turned out Podhorzer wasn’t the only one thinking in these terms. He began to hear from others eager to join forces. The Fight Back Table, a coalition of “resistance” organizations, had begun scenario-planning around the potential for a contested election, gathering liberal activists at the local and national level into what they called the Democracy Defense Coalition. Voting-rights and civil rights organizations were raising alarms. A group of former elected officials was researching emergency powers they feared Trump might exploit. Protect Democracy was assembling a bipartisan election-crisis task force. “It turned out that once you said it out loud, people agreed,” Podhorzer says, “and it started building momentum.”

He spent months pondering scenarios and talking to experts. It wasn’t hard to find liberals who saw Trump as a dangerous dictator, but Podhorzer was careful to steer clear of hysteria. What he wanted to know was not how American democracy was dying but how it might be kept alive. The chief difference between the U.S. and countries that lost their grip on democracy, he concluded, was that America’s decentralized election system couldn’t be rigged in one fell swoop. That presented an opportunity to shore it up.

THE ALLIANCE

On March 3, Podhorzer drafted a three-page confidential memo titled “Threats to the 2020 Election.” “Trump has made it clear that this will not be a fair election, and that he will reject anything but his own re-election as ‘fake’ and rigged,” he wrote. “On Nov. 3, should the media report otherwise, he will use the right-wing information system to establish his narrative and incite his supporters to protest.” The memo laid out four categories of challenges: attacks on voters, attacks on election administration, attacks on Trump’s political opponents and “efforts to reverse the results of the election.”

Then COVID-19 erupted at the height of the primary-election season. Normal methods of voting were no longer safe for voters or the mostly elderly volunteers who normally staff polling places. But political disagreements, intensified by Trump’s crusade against mail voting, prevented some states from making it easier to vote absentee and for jurisdictions to count those votes in a timely manner. Chaos ensued. Ohio shut down in-person voting for its primary, leading to minuscule turnout. A poll-worker shortage in Milwaukee–where Wisconsin’s heavily Democratic Black population is concentrated–left just five open polling places, down from 182. In New York, vote counting took more than a month.

Suddenly, the potential for a November meltdown was obvious. In his apartment in the D.C. suburbs, Podhorzer began working from his laptop at his kitchen table, holding back-to-back Zoom meetings for hours a day with his network of contacts across the progressive universe: the labor movement; the institutional left, like Planned Parenthood and Greenpeace; resistance groups like Indivisible and MoveOn; progressive data geeks and strategists, representatives of donors and foundations, state-level grassroots organizers, racial-justice activists and others.

In April, Podhorzer began hosting a weekly 2½-hour Zoom. It was structured around a series of rapid-fire five-minute presentations on everything from which ads were working to messaging to legal strategy. The invitation-only gatherings soon attracted hundreds, creating a rare shared base of knowledge for the fractious progressive movement. “At the risk of talking trash about the left, there’s not a lot of good information sharing,” says Anat Shenker-Osorio, a close Podhorzer friend whose poll-tested messaging guidance shaped the group’s approach. “There’s a lot of not-invented-here syndrome, where people won’t consider a good idea if they didn’t come up with it.”

The meetings became the galactic center for a constellation of operatives across the left who shared overlapping goals but didn’t usually work in concert. The group had no name, no leaders and no hierarchy, but it kept the disparate actors in sync. “Pod played a critical behind-the-scenes role in keeping different pieces of the movement infrastructure in communication and aligned,” says Maurice Mitchell, national director of the Working Families Party. “You have the litigation space, the organizing space, the political people just focused on the W, and their strategies aren’t always aligned. He allowed this ecosystem to work together.”

Protecting the election would require an effort of unprecedented scale. As 2020 progressed, it stretched to Congress, Silicon Valley and the nation’s statehouses. It drew energy from the summer’s racial-justice protests, many of whose leaders were a key part of the liberal alliance. And eventually it reached across the aisle, into the world of Trump-skeptical Republicans appalled by his attacks on democracy.

SECURING THE VOTE

The first task was overhauling America’s balky election infrastructure–in the middle of a pandemic. For the thousands of local, mostly nonpartisan officials who administer elections, the most urgent need was money. They needed protective equipment like masks, gloves and hand sanitizer. They needed to pay for postcards letting people know they could vote absentee–or, in some states, to mail ballots to every voter. They needed additional staff and scanners to process ballots.

In March, activists appealed to Congress to steer COVID relief money to election administration. Led by the Leadership Conference on Civil and Human Rights, more than 150 organizations signed a letter to every member of Congress seeking $2 billion in election funding. It was somewhat successful: the CARES Act, passed later that month, contained $400 million in grants to state election administrators. But the next tranche of relief funding didn’t add to that number. It wasn’t going to be enough.

Private philanthropy stepped into the breach. An assortment of foundations contributed tens of millions in election-administration funding. The Chan Zuckerberg Initiative chipped in $300 million. “It was a failure at the federal level that 2,500 local election officials were forced to apply for philanthropic grants to fill their needs,” says Amber McReynolds, a former Denver election official who heads the nonpartisan National Vote at Home Institute.

McReynolds’ two-year-old organization became a clearinghouse for a nation struggling to adapt. The institute gave secretaries of state from both parties technical advice on everything from which vendors to use to how to locate drop boxes. Local officials are the most trusted sources of election information, but few can afford a press secretary, so the institute distributed communications tool kits. In a presentation to Podhorzer’s group, McReynolds detailed the importance of absentee ballots for shortening lines at polling places and preventing an election crisis.

The institute’s work helped 37 states and D.C. bolster mail voting. But it wouldn’t be worth much if people didn’t take advantage. Part of the challenge was logistical: each state has different rules for when and how ballots should be requested and returned. The Voter Participation Center, which in a normal year would have supported local groups deploying canvassers door-to-door to get out the vote, instead conducted focus groups in April and May to find out what would get people to vote by mail. In August and September, it sent ballot applications to 15 million people in key states, 4.6 million of whom returned them. In mailings and digital ads, the group urged people not to wait for Election Day. “All the work we have done for 17 years was built for this moment of bringing democracy to people’s doorsteps,” says Tom Lopach, the center’s CEO.

The effort had to overcome heightened skepticism in some communities. Many Black voters preferred to exercise their franchise in person or didn’t trust the mail. National civil rights groups worked with local organizations to get the word out that this was the best way to ensure one’s vote was counted. In Philadelphia, for example, advocates distributed “voting safety kits” containing masks, hand sanitizer and informational brochures. “We had to get the message out that this is safe, reliable, and you can trust it,” says Hannah Fried of All Voting Is Local.

At the same time, Democratic lawyers battled a historic tide of pre-election litigation. The pandemic intensified the parties’ usual tangling in the courts. But the lawyers noticed something else as well. “The litigation brought by the Trump campaign, of a piece with the broader campaign to sow doubt about mail voting, was making novel claims and using theories no court has ever accepted,” says Wendy Weiser, a voting-rights expert at the Brennan Center for Justice at NYU. “They read more like lawsuits designed to send a message rather than achieve a legal outcome.”

In the end, nearly half the electorate cast ballots by mail in 2020, practically a revolution in how people vote. About a quarter voted early in person. Only a quarter of voters cast their ballots the traditional way: in person on Election Day.

THE DISINFORMATION DEFENSE

Bad actors spreading false information is nothing new. For decades, campaigns have grappled with everything from anonymous calls claiming the election has been rescheduled to fliers spreading nasty smears about candidates’ families. But Trump’s lies and conspiracy theories, the viral force of social media and the involvement of foreign meddlers made disinformation a broader, deeper threat to the 2020 vote.

Laura Quinn, a veteran progressive operative who co-founded Catalist, began studying this problem a few years ago. She piloted a nameless, secret project, which she has never before publicly discussed, that tracked disinformation online and tried to figure out how to combat it. One component was tracking dangerous lies that might otherwise spread unnoticed. Researchers then provided information to campaigners or the media to track down the sources and expose them.

The most important takeaway from Quinn’s research, however, was that engaging with toxic content only made it worse. “When you get attacked, the instinct is to push back, call it out, say, ‘This isn’t true,’” Quinn says. “But the more engagement something gets, the more the platforms boost it. The algorithm reads that as, ‘Oh, this is popular; people want more of it.’”

The solution, she concluded, was to pressure platforms to enforce their rules, both by removing content or accounts that spread disinformation and by more aggressively policing it in the first place. “The platforms have policies against certain types of malign behavior, but they haven’t been enforcing them,” she says.

Quinn’s research gave ammunition to advocates pushing social media platforms to take a harder line. In November 2019, Mark Zuckerberg invited nine civil rights leaders to dinner at his home, where they warned him about the danger of the election-related falsehoods that were already spreading unchecked. “It took pushing, urging, conversations, brainstorming, all of that to get to a place where we ended up with more rigorous rules and enforcement,” says Vanita Gupta, president and CEO of the Leadership Conference on Civil and Human Rights, who attended the dinner and also met with Twitter CEO Jack Dorsey and others. (Gupta has been nominated for Associate Attorney General by President Biden.) “It was a struggle, but we got to the point where they understood the problem. Was it enough? Probably not. Was it later than we wanted? Yes. But it was really important, given the level of official disinformation, that they had those rules in place and were tagging things and taking them down.”

SPREADING THE WORD

Beyond battling bad information, there was a need to explain a rapidly changing election process. It was crucial for voters to understand that despite what Trump was saying, mail-in votes weren’t susceptible to fraud and that it would be normal if some states weren’t finished counting votes on election night.

Dick Gephardt, the Democratic former House leader turned high-powered lobbyist, spearheaded one coalition. “We wanted to get a really bipartisan group of former elected officials, Cabinet secretaries, military leaders and so on, aimed mainly at messaging to the public but also speaking to local officials–the secretaries of state, attorneys general, governors who would be in the eye of the storm–to let them know we wanted to help,” says Gephardt, who worked his contacts in the private sector to put $20 million behind the effort.

Wamp, the former GOP Congressman, worked through the nonpartisan reform group Issue One to rally Republicans to the effort. “We thought we should bring some bipartisan element of unity around what constitutes a free and fair election,” Wamp says. The 22 Democrats and 22 Republicans on the National Council on Election Integrity met on Zoom at least once a week. They ran ads in six states, made statements, wrote articles and alerted local officials to potential problems. “We had rabid Trump supporters who agreed to serve on the council based on the idea that this is honest,” Wamp says. This is going to be just as important, he told them, to convince the liberals when Trump wins. “Whichever way it cuts, we’re going to stick together.”

The Voting Rights Lab and IntoAction created state-specific memes and graphics, spread by email, text, Twitter, Facebook, Instagram and TikTok, urging that every vote be counted. Together, they were viewed more than 1 billion times. Protect Democracy’s election task force issued reports and held media briefings with high-profile experts across the political spectrum, resulting in widespread coverage of potential election issues and fact-checking of Trump’s false claims. The organization’s tracking polls found the message was being heard: the percentage of the public that didn’t expect to know the winner on election night gradually rose until by late October, it was over 70%. A majority also believed that a prolonged count wasn’t a sign of problems. “We knew exactly what Trump was going to do: he was going to try to use the fact that Democrats voted by mail and Republicans voted in person to make it look like he was ahead, claim victory, say the mail-in votes were fraudulent and try to get them thrown out,” says Protect Democracy’s Bassin. Setting public expectations ahead of time helped undercut those lies.

Amber McReynolds, Zach Wamp and Maurice Mitchell

Amber McReynolds, Zach Wamp and Maurice Mitchell
Rachel Woolf for TIME; Erik Schelzig—AP/Shutterstock; Holly Pickett—The New York Times/Redux

The alliance took a common set of themes from the research Shenker-Osorio presented at Podhorzer’s Zooms. Studies have shown that when people don’t think their vote will count or fear casting it will be a hassle, they’re far less likely to participate. Throughout election season, members of Podhorzer’s group minimized incidents of voter intimidation and tamped down rising liberal hysteria about Trump’s expected refusal to concede. They didn’t want to amplify false claims by engaging them, or put people off voting by suggesting a rigged game. “When you say, ‘These claims of fraud are spurious,’ what people hear is ‘fraud,’” Shenker-Osorio says. “What we saw in our pre-election research was that anything that reaffirmed Trump’s power or cast him as an authoritarian diminished people’s desire to vote.”

Podhorzer, meanwhile, was warning everyone he knew that polls were underestimating Trump’s support. The data he shared with media organizations who would be calling the election was “tremendously useful” to understand what was happening as the votes rolled in, according to a member of a major network’s political unit who spoke with Podhorzer before Election Day. Most analysts had recognized there would be a “blue shift” in key battlegrounds– the surge of votes breaking toward Democrats, driven by tallies of mail-in ballots– but they hadn’t comprehended how much better Trump was likely to do on Election Day. “Being able to document how big the absentee wave would be and the variance by state was essential,” the analyst says.

PEOPLE POWER

The racial-justice uprising sparked by George Floyd’s killing in May was not primarily a political movement. The organizers who helped lead it wanted to harness its momentum for the election without allowing it to be co-opted by politicians. Many of those organizers were part of Podhorzer’s network, from the activists in battleground states who partnered with the Democracy Defense Coalition to organizations with leading roles in the Movement for Black Lives.

The best way to ensure people’s voices were heard, they decided, was to protect their ability to vote. “We started thinking about a program that would complement the traditional election-protection area but also didn’t rely on calling the police,” says Nelini Stamp, the Working Families Party’s national organizing director. They created a force of “election defenders” who, unlike traditional poll watchers, were trained in de-escalation techniques. During early voting and on Election Day, they surrounded lines of voters in urban areas with a “joy to the polls” effort that turned the act of casting a ballot into a street party. Black organizers also recruited thousands of poll workers to ensure polling places would stay open in their communities.

The summer uprising had shown that people power could have a massive impact. Activists began preparing to reprise the demonstrations if Trump tried to steal the election. “Americans plan widespread protests if Trump interferes with election,” Reuters reported in October, one of many such stories. More than 150 liberal groups, from the Women’s March to the Sierra Club to Color of Change, from Democrats.com to the Democratic Socialists of America, joined the “Protect the Results” coalition. The group’s now defunct website had a map listing 400 planned postelection demonstrations, to be activated via text message as soon as Nov. 4. To stop the coup they feared, the left was ready to flood the streets.

STRANGE BEDFELLOWS

About a week before Election Day, Podhorzer received an unexpected message: the U.S. Chamber of Commerce wanted to talk.

The AFL-CIO and the Chamber have a long history of antagonism. Though neither organization is explicitly partisan, the influential business lobby has poured hundreds of millions of dollars into Republican campaigns, just as the nation’s unions funnel hundreds of millions to Democrats. On one side is labor, on the other management, locked in an eternal struggle for power and resources.

But behind the scenes, the business community was engaged in its own anxious discussions about how the election and its aftermath might unfold. The summer’s racial-justice protests had sent a signal to business owners too: the potential for economy-disrupting civil disorder. “With tensions running high, there was a lot of concern about unrest around the election, or a breakdown in our normal way we handle contentious elections,” says Neil Bradley, the Chamber’s executive vice president and chief policy officer. These worries had led the Chamber to release a pre-election statement with the Business Roundtable, a Washington-based CEOs’ group, as well as associations of manufacturers, wholesalers and retailers, calling for patience and confidence as votes were counted.

But Bradley wanted to send a broader, more bipartisan message. He reached out to Podhorzer, through an intermediary both men declined to name. Agreeing that their unlikely alliance would be powerful, they began to discuss a joint statement pledging their organizations’ shared commitment to a fair and peaceful election. They chose their words carefully and scheduled the statement’s release for maximum impact. As it was being finalized, Christian leaders signaled their interest in joining, further broadening its reach.

The statement was released on Election Day, under the names of Chamber CEO Thomas Donohue, AFL-CIO president Richard Trumka, and the heads of the National Association of Evangelicals and the National African American Clergy Network. “It is imperative that election officials be given the space and time to count every vote in accordance with applicable laws,” it stated. “We call on the media, the candidates and the American people to exercise patience with the process and trust in our system, even if it requires more time than usual.” The groups added, “Although we may not always agree on desired outcomes up and down the ballot, we are united in our call for the American democratic process to proceed without violence, intimidation or any other tactic that makes us weaker as a nation.”

SHOWING UP, STANDING DOWN

Election night began with many Democrats despairing. Trump was running ahead of pre-election polling, winning Florida, Ohio and Texas easily and keeping Michigan, Wisconsin and Pennsylvania too close to call. But Podhorzer was unperturbed when I spoke to him that night: the returns were exactly in line with his modeling. He had been warning for weeks that Trump voters’ turnout was surging. As the numbers dribbled out, he could tell that as long as all the votes were counted, Trump would lose.

The liberal alliance gathered for an 11 p.m. Zoom call. Hundreds joined; many were freaking out. “It was really important for me and the team in that moment to help ground people in what we had already known was true,” says Angela Peoples, director for the Democracy Defense Coalition. Podhorzer presented data to show the group that victory was in hand.

While he was talking, Fox News surprised everyone by calling Arizona for Biden. The public-awareness campaign had worked: TV anchors were bending over backward to counsel caution and frame the vote count accurately. The question then became what to do next.

The conversation that followed was a difficult one, led by the activists charged with the protest strategy. “We wanted to be mindful of when was the right time to call for moving masses of people into the street,” Peoples says. As much as they were eager to mount a show of strength, mobilizing immediately could backfire and put people at risk. Protests that devolved into violent clashes would give Trump a pretext to send in federal agents or troops as he had over the summer. And rather than elevate Trump’s complaints by continuing to fight him, the alliance wanted to send the message that the people had spoken.

So the word went out: stand down. Protect the Results announced that it would “not be activating the entire national mobilization network today, but remains ready to activate if necessary.” On Twitter, outraged progressives wondered what was going on. Why wasn’t anyone trying to stop Trump’s coup? Where were all the protests?

Podhorzer credits the activists for their restraint. “They had spent so much time getting ready to hit the streets on Wednesday. But they did it,” he says. “Wednesday through Friday, there was not a single Antifa vs. Proud Boys incident like everyone was expecting. And when that didn’t materialize, I don’t think the Trump campaign had a backup plan.”

Activists reoriented the Protect the Results protests toward a weekend of celebration. “Counter their disinfo with our confidence & get ready to celebrate,” read the messaging guidance Shenker-Osorio presented to the liberal alliance on Friday, Nov. 6. “Declare and fortify our win. Vibe: confident, forward-looking, unified–NOT passive, anxious.” The voters, not the candidates, would be the protagonists of the story.

The planned day of celebration happened to coincide with the election being called on Nov. 7. Activists dancing in the streets of Philadelphia blasted Beyoncé over an attempted Trump campaign press conference; the Trumpers’ next confab was scheduled for Four Seasons Total Landscaping outside the city center, which activists believe was not a coincidence. “The people of Philadelphia owned the streets of Philadelphia,” crows the Working Families Party’s Mitchell. “We made them look ridiculous by contrasting our joyous celebration of democracy with their clown show.”

The votes had been counted. Trump had lost. But the battle wasn’t over.

THE FIVE STEPS TO VICTORY

In Podhorzer’s presentations, winning the vote was only the first step to winning the election. After that came winning the count, winning the certification, winning the Electoral College and winning the transition–steps that are normally formalities but that he knew Trump would see as opportunities for disruption. Nowhere would that be more evident than in Michigan, where Trump’s pressure on local Republicans came perilously close to working–and where liberal and conservative pro-democracy forces joined to counter it.

It was around 10 p.m. on election night in Detroit when a flurry of texts lit up the phone of Art Reyes III. A busload of Republican election observers had arrived at the TCF Center, where votes were being tallied. They were crowding the vote-counting tables, refusing to wear masks, heckling the mostly Black workers. Reyes, a Flint native who leads We the People Michigan, was expecting this. For months, conservative groups had been sowing suspicion about urban vote fraud. “The language was, ‘They’re going to steal the election; there will be fraud in Detroit,’ long before any vote was cast,” Reyes says.

Trump supporters seek to disrupt the vote count at Detroit’s TCF Center on Nov. 4

Trump supporters seek to disrupt the vote count at Detroit’s TCF Center on Nov. 4
Elaine Cromie—Getty Images

He made his way to the arena and sent word to his network. Within 45 minutes, dozens of reinforcements had arrived. As they entered the arena to provide a counterweight to the GOP observers inside, Reyes took down their cell-phone numbers and added them to a massive text chain. Racial-justice activists from Detroit Will Breathe worked alongside suburban women from Fems for Dems and local elected officials. Reyes left at 3 a.m., handing the text chain over to a disability activist.

As they mapped out the steps in the election-certification process, activists settled on a strategy of foregrounding the people’s right to decide, demanding their voices be heard and calling attention to the racial implications of disenfranchising Black Detroiters. They flooded the Wayne County canvassing board’s Nov. 17 certification meeting with on-message testimony; despite a Trump tweet, the Republican board members certified Detroit’s votes.

Election boards were one pressure point; another was GOP-controlled legislatures, who Trump believed could declare the election void and appoint their own electors. And so the President invited the GOP leaders of the Michigan legislature, House Speaker Lee Chatfield and Senate majority leader Mike Shirkey, to Washington on Nov. 20.

It was a perilous moment. If Chatfield and Shirkey agreed to do Trump’s bidding, Republicans in other states might be similarly bullied. “I was concerned things were going to get weird,” says Jeff Timmer, a former Michigan GOP executive director turned anti-Trump activist. Norm Eisen describes it as “the scariest moment” of the entire election.

The democracy defenders launched a full-court press. Protect Democracy’s local contacts researched the lawmakers’ personal and political motives. Issue One ran television ads in Lansing. The Chamber’s Bradley kept close tabs on the process. Wamp, the former Republican Congressman, called his former colleague Mike Rogers, who wrote an op-ed for the Detroit newspapers urging officials to honor the will of the voters. Three former Michigan governors–Republicans John Engler and Rick Snyder and Democrat Jennifer Granholm–jointly called for Michigan’s electoral votes to be cast free of pressure from the White House. Engler, a former head of the Business Roundtable, made phone calls to influential donors and fellow GOP elder statesmen who could press the lawmakers privately.

The pro-democracy forces were up against a Trumpified Michigan GOP controlled by allies of Ronna McDaniel, the Republican National Committee chair, and Betsy DeVos, the former Education Secretary and a member of a billionaire family of GOP donors. On a call with his team on Nov. 18, Bassin vented that his side’s pressure was no match for what Trump could offer. “Of course he’s going to try to offer them something,” Bassin recalls thinking. “Head of the Space Force! Ambassador to wherever! We can’t compete with that by offering carrots. We need a stick.”

If Trump were to offer something in exchange for a personal favor, that would likely constitute bribery, Bassin reasoned. He phoned Richard Primus, a law professor at the University of Michigan, to see if Primus agreed and would make the argument publicly. Primus said he thought the meeting itself was inappropriate, and got to work on an op-ed for Politico warning that the state attorney general–a Democrat–would have no choice but to investigate. When the piece posted on Nov. 19, the attorney general’s communications director tweeted it. Protect Democracy soon got word that the lawmakers planned to bring lawyers to the meeting with Trump the next day.

Reyes’ activists scanned flight schedules and flocked to the airports on both ends of Shirkey’s journey to D.C., to underscore that the lawmakers were being scrutinized. After the meeting, the pair announced they’d pressed the President to deliver COVID relief for their constituents and informed him they saw no role in the election process. Then they went for a drink at the Trump hotel on Pennsylvania Avenue. A street artist projected their images onto the outside of the building along with the words THE WORLD IS WATCHING.

That left one last step: the state canvassing board, made up of two Democrats and two Republicans. One Republican, a Trumper employed by the DeVos family’s political nonprofit, was not expected to vote for certification. The other Republican on the board was a little-known lawyer named Aaron Van Langevelde. He sent no signals about what he planned to do, leaving everyone on edge.

When the meeting began, Reyes’s activists flooded the livestream and filled Twitter with their hashtag, #alleyesonmi. A board accustomed to attendance in the single digits suddenly faced an audience of thousands. In hours of testimony, the activists emphasized their message of respecting voters’ wishes and affirming democracy rather than scolding the officials. Van Langevelde quickly signaled he would follow precedent. The vote was 3-0 to certify; the other Republican abstained.

After that, the dominoes fell. Pennsylvania, Wisconsin and the rest of the states certified their electors. Republican officials in Arizona and Georgia stood up to Trump’s bullying. And the Electoral College voted on schedule on Dec. 14.

HOW CLOSE WE CAME

There was one last milestone on Podhorzer’s mind: Jan. 6. On the day Congress would meet to tally the electoral count, Trump summoned his supporters to D.C. for a rally.

Much to their surprise, the thousands who answered his call were met by virtually no counterdemonstrators. To preserve safety and ensure they couldn’t be blamed for any mayhem, the activist left was “strenuously discouraging counter activity,” Podhorzer texted me the morning of Jan. 6, with a crossed-fingers emoji.

Trump addressed the crowd that afternoon, peddling the lie that lawmakers or Vice President Mike Pence could reject states’ electoral votes. He told them to go to the Capitol and “fight like hell.” Then he returned to the White House as they sacked the building. As lawmakers fled for their lives and his own supporters were shot and trampled, Trump praised the rioters as “very special.”

It was his final attack on democracy, and once again, it failed. By standing down, the democracy campaigners outfoxed their foes. “We won by the skin of our teeth, honestly, and that’s an important point for folks to sit with,” says the Democracy Defense Coalition’s Peoples. “There’s an impulse for some to say voters decided and democracy won. But it’s a mistake to think that this election cycle was a show of strength for democracy. It shows how vulnerable democracy is.”

The members of the alliance to protect the election have gone their separate ways. The Democracy Defense Coalition has been disbanded, though the Fight Back Table lives on. Protect Democracy and the good-government advocates have turned their attention to pressing reforms in Congress. Left-wing activists are pressuring the newly empowered Democrats to remember the voters who put them there, while civil rights groups are on guard against further attacks on voting. Business leaders denounced the Jan. 6 attack, and some say they will no longer donate to lawmakers who refused to certify Biden’s victory. Podhorzer and his allies are still holding their Zoom strategy sessions, gauging voters’ views and developing new messages. And Trump is in Florida, facing his second impeachment, deprived of the Twitter and Facebook accounts he used to push the nation to its breaking point.

As I was reporting this article in November and December, I heard different claims about who should get the credit for thwarting Trump’s plot. Liberals argued the role of bottom-up people power shouldn’t be overlooked, particularly the contributions of people of color and local grassroots activists. Others stressed the heroism of GOP officials like Van Langevelde and Georgia secretary of state Brad Raffensperger, who stood up to Trump at considerable cost. The truth is that neither likely could have succeeded without the other. “It’s astounding how close we came, how fragile all this really is,” says Timmer, the former Michigan GOP executive director. “It’s like when Wile E. Coyote runs off the cliff–if you don’t look down, you don’t fall. Our democracy only survives if we all believe and don’t look down.”

Democracy won in the end. The will of the people prevailed. But it’s crazy, in retrospect, that this is what it took to put on an election in the United States of America.

–With reporting by LESLIE DICKSTEIN, MARIAH ESPADA and SIMMONE SHAH

Voir par ailleurs:

The Washington Post
June 5, 2020

President Trump continues to use inflammatory language as many Americans protest the unlawful death of George Floyd and the unjust treatment of black Americans by our justice system. As the protests have grown, so has the intensity of the president’s rhetoric. He has gone so far as to make a shocking promise: to send active-duty members of the U.S. military to “dominate” protesters in cities throughout the country — with or without the consent of local mayors or state governors.

On Monday, the president previewed his approach on the streets of Washington. He had 1,600 troops from around the country transported to the D.C. area, and placed them on alert, as an unnamed Pentagon official put it, “to ensure faster employment if necessary.” As part of the show of force that Trump demanded, military helicopters made low-level passes over peaceful protesters — a military tactic sometimes used to disperse enemy combatants — scattering debris and broken glass among the crowd. He also had a force, including members of the National Guard and federal officers, that used flash-bang grenades, pepper spray and, according to eyewitness accounts, rubber bullets to drive lawful protesters, as well as members of the media and clergy, away from the historic St. John’s Episcopal Church. All so he could hold a politically motivated photo op there with members of his team, including, inappropriately, Defense Secretary Mark T. Esper and Gen. Mark A. Milley, the chairman of the Joint Chiefs of Staff.

Looting and violence are unacceptable acts, and perpetrators should be arrested and duly tried under the law. But as Monday’s actions near the White House demonstrated, those committing such acts are largely on the margins of the vast majority of predominantly peaceful protests. While several past presidents have called on our armed services to provide additional aid to law enforcement in times of national crisis — among them Ulysses S. Grant, Dwight D. Eisenhower, John F. Kennedy and Lyndon B. Johnson — these presidents used the military to protect the rights of Americans, not to violate them.

As former leaders in the Defense Department — civilian and military, Republican, Democrat and independent — we all took an oath upon assuming office “to support and defend the Constitution of the United States,” as did the president and all members of the military, a fact that Gen. Milley pointed out in a recent memorandum to members of the armed forces. We are alarmed at how the president is betraying this oath by threatening to order members of the U.S. military to violate the rights of their fellow Americans.

President Trump has given governors a stark choice: either end the protests that continue to demand equal justice under our laws, or expect that he will send active-duty military units into their states. While the Insurrection Act gives the president the legal authority to do so, this authority has been invoked only in the most extreme conditions when state or local authorities were overwhelmed and were unable to safeguard the rule of law. Historically, as Secretary Esper has pointed out, it has rightly been seen as a tool of last resort.

Beyond being unnecessary, using our military to quell protests across the country would also be unwise. This is not the mission our armed forces signed up for: They signed up to fight our nation’s enemies and to secure — not infringe upon — the rights and freedoms of their fellow Americans. In addition, putting our servicemen and women in the middle of politically charged domestic unrest risks undermining the apolitical nature of the military that is so essential to our democracy. It also risks diminishing Americans’ trust in our military — and thus America’s security — for years to come.

As defense leaders who share a deep commitment to the Constitution, to freedom and justice for all Americans, and to the extraordinary men and women who volunteer to serve and protect our nation, we call on the president to immediately end his plans to send active-duty military personnel into cities as agents of law enforcement, or to employ them or any another military or police forces in ways that undermine the constitutional rights of Americans. The members of our military are always ready to serve in our nation’s defense. But they must never be used to violate the rights of those they are sworn to protect.

Leon E. Panetta, former defense secretary

Chuck Hagel, former defense secretary

Ashton B. Carter, former defense secretary

William S. Cohen, former defense secretary

Sasha Baker, former deputy chief of staff to the defense secretary

Donna Barbisch, retired major general in the U.S. Army

Jeremy Bash, chief of staff to the defense secretary

Jeffrey P. Bialos, former deputy under secretary of defense for industrial affairs

Susanna V. Blume, former deputy chief of staff to the deputy defense secretary

Ian Brzezinski, former deputy assistant defense secretary for Europe and NATO

Gabe Camarillo, former assistant secretary of the Air Force

Kurt M. Campbell, former deputy assistant defense secretary for Asia and the Pacific

Michael Carpenter, former deputy assistant defense secretary for Russia, Ukraine and Eurasia

Rebecca Bill Chavez, former deputy assistant defense secretary for Western hemisphere affairs

Derek Chollet, former assistant defense secretary for international security affairs

Dan Christman, retired lieutenant general in the U.S. Army and former assistant to the chairman of the Joint Chiefs of Staff

James Clapper, former under secretary of defense for intelligence and director of national intelligence

Eliot A. Cohen, former member of planning staff for the defense department and former member of the Defense Policy Board

Erin Conaton, former under secretary of defense for personnel and readiness

John Conger, former principal deputy under secretary of defense

Peter S. Cooke, retired major general of the U.S. Army Reserve

Richard Danzig, former secretary of the U.S. Navy

Janine Davidson, former under secretary of the U.S. Navy

Robert L. Deitz, former general counsel at the National Security Agency

Abraham M. Denmark, former deputy assistant defense secretary for East Asia

Michael B. Donley, former secretary of the U.S. Air Force

John W. Douglass, retired brigadier general in the U.S. Air Force and former assistant secretary of the U.S. Navy

Raymond F. DuBois, former acting under secretary of the U.S. Army

Eric Edelman, former under secretary of defense for policy

Eric Fanning, former secretary of the U.S. Army

Evelyn N. Farkas, former deputy assistant defense secretary for Russia, Ukraine and Eurasia

Michèle A. Flournoy, former under secretary of defense for policy

Nelson M. Ford, former under secretary of the U.S. Army

Alice Friend, former principal director for African affairs in the office of the under defense secretary for policy

John A. Gans Jr., former speechwriter for the defense secretary

Sherri Goodman, former deputy under secretary of defense for environmental security

André Gudger, former deputy assistant defense secretary for manufacturing and industrial base policy

Robert Hale, former under secretary of defense and Defense Department comptroller

Michael V. Hayden, retired general in the U.S. Air Force and former director of the National Security Agency and CIA

Mark Hertling, retired lieutenant general in the U.S. Army and former commanding general of U.S. Army Europe

Kathleen H. Hicks, former principal deputy under secretary of defense for policy

Deborah Lee James, former secretary of the U.S. Air Force

John P. Jumper, retired general of the U.S. Air Force and former chief of staff of the Air Force

Colin H. Kahl, former deputy assistant defense secretary for Middle East policy

Mara E. Karlin, former deputy assistant defense secretary for strategy and force development

Frank Kendall, former under secretary of defense for acquisition, technology and logistics

Susan Koch, former deputy assistant defense secretary for threat-reduction policy

Ken Krieg, former under secretary of defense for acquisition, technology and logistics

J. William Leonard, former deputy assistant defense secretary for security and information operations

Steven J. Lepper, retired major general of the U.S. Air Force

George Little, former Pentagon press secretary

William J. Lynn III, former deputy defense secretary

Ray Mabus, former secretary of the U.S. Navy and former governor of Mississippi

Kelly Magsamen, former principal deputy assistant defense secretary for Asian and Pacific security affairs

Carlos E. Martinez, retired brigadier general of the U.S. Air Force Reserve

Michael McCord, former under secretary of defense and Defense Department comptroller

Chris Mellon, former deputy assistant defense secretary for intelligence

James N. Miller, former under secretary of defense for policy

Edward T. Morehouse Jr., former principal deputy assistant defense secretary and former acting assistant defense secretary for operational energy plans and programs

Jamie Morin, former director of cost assessment and program evaluation at the Defense Department and former acting under secretary of the U.S. Air Force

Jennifer M. O’Connor, former general counsel of the Defense Department

Sean O’Keefe, former secretary of the U.S. Navy

Dave Oliver, former principal deputy under secretary of defense for acquisition, technology and logistics

Robert B. Pirie, former under secretary of the U.S. Navy

John Plumb, former acting deputy assistant defense secretary for space policy

Eric Rosenbach, former assistant defense secretary for homeland defense and global security

Deborah Rosenblum, former acting deputy assistant defense secretary for counternarcotics

Todd Rosenblum, acting assistant defense secretary for homeland defense and Americas’ security affairs

Tommy Ross, former deputy assistant defense secretary for security cooperation

Henry J. Schweiter, former deputy assistant defense secretary

David B. Shear, former assistant defense secretary for Asian and Pacific security affairs

Amy E. Searight, former deputy assistant defense secretary for South and Southeast Asia

Vikram J. Singh, former deputy assistant defense secretary for South and Southeast Asia

Julianne Smith, former deputy national security adviser to the vice president and former principal director for Europe and NATO policy

Paula Thornhill, retired brigadier general of the Air Force and former principal director for Near Eastern and South Asian affairs

Jim Townsend, former deputy assistant defense secretary for Europe and NATO policy

Sandy Vershbow, former assistant defense secretary for international security affairs

Michael Vickers, former under secretary of defense for intelligence

Celeste Wallander, former deputy assistant defense secretary for Russia, Ukraine and Eurasia

Andrew Weber, former assistant defense secretary for nuclear, chemical and biological defense programs

William F. Wechsler, former deputy assistant defense secretary for special operations and combating terrorism

Doug Wilson, former assistant defense secretary for public affairs

Anne A. Witkowsky, former deputy assistant defense secretary for stability and humanitarian affairs

Douglas Wise, former deputy director of the Defense Intelligence Agency

Daniel P. Woodward, retired brigadier general of the U.S. Air Force

Margaret H. Woodward, retired major general of the U.S. Air Force

Carl Woog, former deputy assistant to the defense secretary for communications

Robert O. Work, former deputy defense secretary

Dov S. Zakheim, former under secretary of defense and Defense Department comptroller

Voir enfin:

The Strength of America’s Apolitical Military

Statement by Former U.S. Ambassadors, Military Officers, Senior Officials

First published on June 5, 2020. Updated: June 15, 2020.

Retired members of the U.S. diplomatic corps, many of whom had seen first-hand in non-democratic countries the use of the military as a tool to suppress public protest, were alarmed this week at what seemed steps in that direction on the streets of Washington. The following letter expresses their concern at such measures and their support for the U.S. military’s proud tradition of staying outside of politics. It is addressed to national, state, and local leaders, and has been endorsed by 612 former officials from the diplomatic, military, and other services, as listed below.

The Strength of America’s Apolitical Military

The United States is passing through a period unlike any our country has experienced before. Our population, our society, and our economy have been devastated by the pandemic and the resulting depression-level unemployment. We deplore the brutal killing of George Floyd by police officers in Minneapolis which has provoked more widespread protests than the United States has seen in decades.

As former American ambassadors, generals and admirals, and senior federal officials, we are alarmed by calls from the President and some political leaders for the use of U.S. military personnel to end legitimate protests in cities and towns across America.

Many of us served across the globe, including in war zones, diplomats and military officers working side by side to advance American interests and values. We called out violations of human rights and the authoritarian regimes that deployed their military against their own citizens. Our values define us as a nation and as a global leader.

The professionalism and political neutrality of the U.S. military have been examples for people around the world who aspire to greater freedom and democracy in their own societies. They are among our nation’s greatest assets in protecting Americans and asserting American interests across the globe.

Cities and neighborhoods in which Americans are assembling peacefully, speaking freely, and seeking redress of their grievances are not “battlespaces.” Federal, state, and local officials must never seek to “dominate” those exercising their First Amendment rights. Rather they have a responsibility to ensure that peaceful protest can take place safely as well as to protect those taking part. We condemn all criminal acts against persons and property, but cannot agree that responding to these acts is beyond the capabilities of local and state authorities.

Our military is composed of and represents all of America. Misuse of the military for political purposes would weaken the fabric of our democracy, denigrate those who serve in uniform to protect and defend the Constitution, and undermine our nation’s strength abroad. There is no role for the U.S. military in dealing with American citizens exercising their constitutional right to free speech, however uncomfortable that speech may be for some.

We are concerned about the use of U.S. military assets to intimidate and break up peaceful protestors in Washington, D.C. Using the rotor wash of helicopters flying at low altitude to disperse protestors is reckless and unnecessary. The stationing of D.C. Air National Guard troops in full battle armor on the steps of the Lincoln Memorial is inflammatory and risks sullying the reputation of our men and women in uniform in the eyes of their fellow Americans and of the world.

Declaring peaceful protestors “thugs” and “terrorists” and falsely seeking to divide Americans into those who support “law and order” and those who do not will not end the demonstrations. The deployment of military forces against American citizens exercising their constitutional rights will not heal the divides in our society.

We urge the President and state and local governments to focus their efforts on uniting the country and supporting reforms to ensure equal police treatment of all citizens, regardless of race or ethnicity.

Ultimately, the issues that have driven the protests cannot be addressed by our military. They must be resolved through political processes.

Anne H. Aarnes
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Gina Abercrombie-Winstanley
Ambassador (ret)

Edward Abington
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jonathan S. Addleton
Ambassador, USAID (ret)

Terry Adirim
Former Deputy Assistant Secretary of Defense

James A. Adkins
MG, US Army (ret)

Cynthia H. Akuetteh
Ambassador (ret)

Karl P. Albrecht
Senior Foreign Service Officer (ret)

Leslie Alexander
Ambassador (ret)

Javed Ali
Former Senior Director, National Security Council

Craig Allen
Ambassador (ret)

Jay Anania
Ambassador (ret)

Claudia E. Anyaso
Senior Foreign Service (ret)

Ricardo Aponte
Brigadier General, USAF (ret)

Richard H. Appleton
Senior Foreign Service Officer (ret)

Hilda Arellano
Senior Foreign Service Officer (ret)

Raymond Arnaudo
Senior State Department Official (ret)

Kirk Augustine
Senior Foreign Service Officer (ret)

Liliana Ayalde
Ambassador (ret)

Alyssa Ayres
Former Deputy Assistant Secretary of State

Daniel Baer
Ambassador (ret)

Gary G. Bagley
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jess L. Baily
Ambassador (ret)

Tom Baltazar
Senior Executive Service, USAID (ret)

Robert C. Barber
Ambassador (ret)

Donna Barbisch
Major General, USA (ret)

Denise Campbell Bauer
Ambassador (ret)

James A. Beaver
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Frederick Becker
Senior Foreign Service Officer (ret)

Robert Mason Beecroft
Ambassador (ret)

Rand Beers
Former Deputy Assistant to the President

Colleen Bell
Ambassador (ret)

William Bellamy
Ambassador (ret)

Daniel Benjamin
Ambassador (ret)

Eric D Benjaminson
Ambassador (ret)

John E. Bennett
United States Ambassador (ret)

Virginia L. Bennett
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jenna Ben-Yehuda
Former Senior Military Advisor, Department of State

Rob Berschinski
Former Deputy Assistant Secretary of State

James Bever
Senior Foreign Service Officer (ret)

John Beyrle
Ambassador (ret)

J.D. Bindenagel
Ambassador (ret)

Jack R. Binns
Ambassador (ret)

James Keogh Bishop
Ambassador (ret)

Rebecca Black
Senior Foreign Service Officer (ret)

Stephen J. Blake
Senior Foreign Service Officer (ret)

James J. Blanchard
Ambassador (ret)
Former Governor of Michigan

Ronald R. Blanck
Lieutenant General (ret)

Beryl Blecher
Senior Foreign Service Officer (ret)

Peter W. Bodde
Ambassador (ret)

Barbara Bodine
Ambassador (ret)

Michael A. Boorstein
Senior Foreign Service Officer (ret)

Michele Thoren Bond
Ambassador (ret)

Eric J. Boswell
Ambassador (ret)

Paul L. Boyd
Senior Foreign Service Officer (ret)

Spencer P. Boyer
Former Deputy Assistant Secretary of State

Aurelia E. Brazeal
Ambassador (ret)

Pamela Bridgewater
Ambassador (ret)

Ken Brill
Ambassador (ret)

Carol Moseley Braun
Ambassador (ret)

Philip J. Breeden, Jr.
Senior Foreign Service Officer (ret)

Peter S. Bridges
Ambassador (ret)

Dolores Marie Brown
Senior Foreign Service Officer (ret)

Gordon S. Brown
Ambassador (ret)

Sue K. Brown
Ambassador (ret)

Steven A. Browning
Ambassador (ret)

Lee Anthony Brudvig
Senior Foreign Service (ret)

Jennifer Brush
Ambassador (ret)

Judith L. Bryan
Senior Foreign Service Officer (ret)

Todd Buchwald
Ambassador (ret)

Craig Buck
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

David P. Burford
Major General, USA (ret)

Sandy M. Burkholder
Senior Foreign Service (ret)

Peter Burleigh
Ambassador (ret)

Nicholas Burns
Ambassador (ret)

William J. Burns
Ambassador (ret)
Former Deputy Secretary of State

Prudence Bushnell
Ambassador (ret)

Patricia A. Butenis
Ambassador (ret)

Michael A. Butler
Senior Foreign Service Officer (ret)

Anne Callaghan
Senior Foreign Service Officer (ret)

Robert J. Callahan
Ambassador (ret)

Beatrice Camp
Senior Foreign Service Officer (ret)

Donald M. Campbell, Jr.
Lieutenant General, US Army (ret)

Piper A. W. Campbell
Ambassador (ret)

Glenn L. Carle
Former Deputy National Intelligence Officer, CIA

Lisa M. Carle
Senior Foreign Service (ret)

George Carner
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

James Carouso
Senior Foreign Service Officer (ret)

Steven A. Cash
Former Intelligence Officer, CIA

Ronnie S. Catipon
Senior Foreign Service Special Agent (ret)

John Caulfied
Senior Foreign Service Officer, (ret)

Carey Cavanaugh
Ambassador (ret)

Judith B. Cefkin
Ambassador (ret)

Robert F. Cekuta
Ambassador (ret)

Jeffrey R Cellars
Senior Foreign Service (ret)

Wendy J. Chamberlin
Ambassador (ret)

Peter R Chaveas
Ambassador (ret)

Phil Chicola
Senior Foreign Service Officer (ret)

Karen L. Christensen
Senior Foreign Service Officer (ret)

Gene Christy
Ambassador (ret)

David A. Cohen
Senior Foreign Service, USAID (ret)

Herman J. Cohen
Ambassador (ret)

Maryruth Coleman
Senior Foreign Service Officer (ret)

Maura Connelly
Ambassador (ret)

Elinor Constable
Ambassador (ret)

Ellen M. Conway
Senior Foreign Service (ret)

Frances D. Cook
Ambassador (ret)

Frederick B. Cook
Ambassador ret)

Suzan Johnson Cook
Ambassador (ret)

Thomas Countryman
Senior Foreign Service Officer (ret)

Cindy Courville
Ambassador (ret)

Ertharin Cousin
Ambassador (ret)

Philip E. Coyle III
Former Associate Director, Office of Science and Technology Policy, White House

Gene A. Cretz
Ambassador (ret)

Daniel Thomas Crocker
Senior Foreign Service Officer (ret)

Christopher D. Crowley
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

James Dandridge II
Senior Foreign Service (ret)

John J. Danilovich
Ambassador (ret)

Glyn T. Davies
Ambassador (ret)

John W Davison
Senior Foreign Service Officer (ret)

Luis C. deBaca
Ambassador (ret)

Kimberley J. DeBlauw
Senior Foreign Service Officer (ret)

Carleene Dei
Senior Foreign Service (ret)

Jeffrey DeLaurentis
Ambassador (ret)

Greg Delawie
Ambassador (ret)

Christopher W. Dell
Ambassador (ret)

Anne E. Derse
Ambassador (ret)

Joseph M. DeThomas
Ambassador (ret)

Richard T. Devereaux
Major General, USAF (ret)

James Dickmeyer
Senior Foreign Service Officer (ret)

John Dickson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Elizabeth L. Dibble
Senior Foreign Service Officer (ret)

Dirk Willem Dijkerman
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Anne Chermak Dillen
Senior Foreign Service (ret)

Robert S. Dillon
Ambassador (ret)

John Dinger
Ambassador (ret)

Kathleen A. Doherty
Ambassador (ret)

Shaun Donnelly
Ambassador (ret)

John Douglass
Brigadier General, USAF (ret)
Former Assistant Secretary of the Navy

Mary Draper
Senior Foreign Service Officer (ret)

Audrey B. Dumentat
Senior Foreign Service Officer (ret.)

David Dunford
Ambassador (ret)

Polly Dunford
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Morton R Dworken
Senior Foreign Service (ret)

Renee M. Earle
Senior Foreign Service Officer (ret)

Paul D. Eaton
Major General, USA (ret)

William A. Eaton
Ambassador (ret)

Alan W Eastham
Ambassador (ret)

Luigi Einaudi
Ambassador (ret)

Harriet L. Elam-Thomas
Ambassador (ret)

Susan M. Elliott
Ambassador (ret)

Nancy H. Ely-Raphel
Ambassador (ret)

Larry Emery
Senior Executive Service (ret)

Ellen Connor Engels
Senior Foreign Service Officer (ret)

Tom Engle
Senior Foreign Service Officer (ret)

Andrew Erickson
Senior Foreign Service Officer (ret)

John M. Evans
Ambassador (ret)

John Ewers
Major General, US Marine Corps (ret)

Kenneth Fairfax
Ambassador (ret)

John Feeley
Ambassador (ret)

Gerald M. Feierstein
Ambassador (ret)

Lee Feinstein
Ambassador (ret)

Robert J. Felderman
Brigadier General, USA (ret)

Dan Feldman
Former Special Representative for Afghanistan/Pakistan

Jeffrey Feltman
Senior Foreign Service Officer (ret)

Judith R. Fergin
Ambassador (ret)

Jose W. Fernandez
Former Assistant Secretary of State for Economic, Energy and Business Affairs

Susan F. Fine
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jon Finer
Former Chief of Staff, Department of State

Thomas Fingar
Former Assistant Secretary of State

Mark Fitzpatrick
former Deputy Assistant Secretary of State

Lauri Fitz-Pegado
Former Director General, Foreign Commercial Service

Stephen J. Flanagan
Former Senior Director, National Security Council

Paul Folmsbee
Ambassador (ret)

Jim Foster
Senior Foreign Service Officer (ret)

Stephenie Foster
Former Counselor, Office of Global Women’s Issues)

Anita Friedt
Senior Executive Service (ret)

Laurie S. Fulton
Ambassador (ret)

Julie Furuta-Toy
Ambassador (ret)

James I. Gadsden
Ambassador (ret)

Larry Garber
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Janet E. Garvey
Ambassador (ret)

O.P. Garza
Ambassador (ret)

Walter E. Gaskin
Lieutenant General, USMC (ret)

Mary Ellen T. Gilroy
Senior Foreign Service Officer (ret)

Mark Gitenstein
Ambassador (ret)

Robert A. Glacel
Brigadier General, US Army (ret)

Fred S. Glass
Rear Admiral, JAGC, USN (ret)

Edward W. Gnehm
Ambassador (ret)

Robert Goldberg
Senior Foreign Service Officer (ret)

Christopher E. Goldthwait
Ambassador (ret)

Rose Gottemoeller
former Undersecretary of State

Colleen Graffy
Former Deputy Assistant Secretary of State

Gary A. Grappo
Ambassador (ret)

Thomas P. Gratto
Senior Foreign Service Officer (ret)

Gordon Gray
Ambassador (ret)

Mary A. Gray
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas F. Gray, Jr
Senior Foreign Service Officer (ret)

Ronald Greenberg
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Douglas C. Greene
Senior Foreign Service Officer (ret)

Kevin P. Green
Vice Admiral, USN (ret)

Theresa Grencik
Senior Foreign Service Officer (ret)

Ken Gross
Ambassador (ret)

Charles H. Grover
Senior Foreign Service Officer (ret)

Michael Guest
Ambassador (ret)

Sheila Gwaltney
Ambassador (ret)

Nina Hachigian
Ambassador (ret)

Anne Hall
Ambassador (ret)

Danny Hall
Senior Foreign Service Officer (ret)

Suneta L. Halliburton
Senior Foreign Service Officer (ret)

Pamela Hamamoto
Ambassador (ret)

John R. Hamilton
Ambassador (ret)

William P. Hammink
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

David Harden
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Robert A. Harding
Major General, USA (ret)

Keith M. Harper
Ambassador (ret)

Grant T. Harris
former senior director, National Security Council

Douglas A. Hartwick
Ambassador, (ret)

Jennifer C. Haskell
Senior Foreign Service Officer (ret)

Patricia M. Haslach
Ambassador (ret)

William J. Haugh
Senior Foreign Service Officer (ret)

Patricia M. Hawkins
Ambassador (ret)

John Heffern
Ambassador (ret)

Samuel D. Heins
Ambassador (ret)

Douglas Hengel
Senior Foreign Service Officer (ret)

Christopher R. Hill
Ambassador (ret)

William H. Hill
Ambassador (ret)

Catherine Hill-Herndon
Senior Foreign Service (ret)

Joseph Hilliard
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jim E. Hinds
Former Deputy Assistant Secretary of Defense

John L Hirsch
Ambassador (ret)

Eric L. Hirschhorn
Former Undersecretary of Commerce

Richard E. Hoagland
Ambassador (ret)

Heather Hodges
Ambassador (ret)

Karl Hoffmann
Ambassador (ret)

Christopher J. Hoh
Senior Foreign Service Officer (ret)

Laura S. H. Holgate
Ambassador (ret)

J. Anthony Holmes
Ambassador (ret)

James H. Holmes
Ambassador (ret)

Jim Hooper
Senior Foreign Service Officer (ret)

Samuel M. Hoskinson
Former Vice Chairman, National Intelligence Council

Thomas C. Hubbard
Ambassador (ret)

Franklin Huddle
Ambassador (ret)

Vicki J. Huddleston
Ambassador (ret)

William J. Hudson
Ambassador (ret)

Arthur H. Hughes
Ambassador (ret)

Marie T. Huhtala
Ambassador (ret)

Thomas N. Hull
Ambassador (ret)

Cameron R. Hume
Ambassador (ret)

Ravi R. Huso
Ambassador (ret)

Dorothy Senger Imwold
Senior Foreign Service Officer (ret)

Karl F. Inderfurth
Former Assistant Secretary of State for South Asian Affairs
Ambassador (ret)

David R. Irvine
Brigadier General, USA (ret)

Susan S. Jacobs
Ambassador (ret)

Tracey Jacobson
Ambassador (ret)

Jeanine Jackson
Ambassador (ret)

Jeffrey A. Jacobs
MG, US Army (ret)

Morris E. “Bud” Jacobs
Senior Foreign Service Officer (ret)

Les Janka
Former Deputy Assistant Secretary of Defense

Bonnie Jenkins
Ambassador (ret)

Charles J. Jess
Senior Foreign Service Officer (ret)

Dennis Jett
Ambassador (ret)

David T. Johnson
Ambassador (ret)

Karen E. Johnson
Senior Foreign Service (ret)

Kathy A. Johnson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Susan R. Johnson
Senior Foreign Service Officer (ret)

L. Craig Johnstone
Ambassador (ret)

Elizabeth (Beth) Jones
Ambassador (ret)

Deborah K. Jones
Ambassador (ret)

James R. Jones
Ambassador (ret)

Mosina H. Jordan
Ambassador (ret)

Robert W. Jordan
Ambassador (ret)

Carol Kalin
Senior Foreign Service Officer (ret)

Sid Kaplan
Deputy Assistant Secretary of State (ret)

Ale Karagiannis
Senior Foreign Service Officer (ret)

Steven Kashkett
Senior Foreign Service (ret)

Theodore Kattouf
Ambassador (ret)

Allan J. Katz
Ambassador (ret)

Richard D. Kauzlarich
Ambassador (ret)

David J. Keegan
Senior Foreign Service (ret)

Craig Kelly
Ambassador (ret)

Ian Kelly
Ambassador (ret)

Stephen R. Kelly
Senior Foreign Service Officer (ret)

Barbara Kennedy
Senior Foreign Service (ret)

Laura Kennedy
Ambassador (ret)

Susan Keogh
Senior Foreign Service Officer (ret)

David Killion
Ambassador (ret)

Scott Kilner
Senior Foreign Service Officer (ret)

Lawrence J. Klassen
Senior Foreign Service (ret)

Elise Kleinwaks
Senior Foreign Service Officer (ret)

Hans Klemm
Ambassador (ret)

Michael Klosson
Ambassador (ret)

John Koenig
Ambassador (ret)

Mary Ellen Noonan Koenig
Senior Foreign Service (ret)

Donald W. Koran
Ambassador (ret)

Ann K. Korky
Senior Foreign Service Officer (ret)

Eleni Kounalakis
Ambassador (ret)
Lt. Governor of California

Roland Kuchel
Ambassador (ret)

Eric A. Kunsman
Senior Foreign Service Officer (ret)

June H. Kunsman
Senior Foreign Service Officer (ret)

Daniel C. Kurtzer
Ambassador (ret)

Harold Hongju Koh
Former Legal Advisor, Department of State

Christopher Kojm
Former Chairman, National Intelligence Council

Jimmy Kolker
Ambassador (ret)

Karen Kornbluh
Ambassador (ret)

John C. Kornblum
Ambassador (ret)

Thomas C. Krajeski
Ambassador (ret)

David J. Kramer
Former Assistant Secretary of State for Democracy, Human Rights and Labor

Mary A. Kruger
Senior Foreign Service Officer (ret)

Lisa Kubiske
Ambassador (ret)

Elisabeth Kvitashvili
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Mark P. Lagon
Ambassador (ret)

Joseph E. Lake
Ambassador (ret)

David Lambertson
Ambassador (ret.)

David J. Lane
Ambassador (ret)

Joyce Leader
Ambassador (ret)

Barbara A. Leaf
Ambassador (ret)

Richard LeBaron
Ambassador (ret)

Michael R Lehnert
MG, USMC (ret)

Michael C. Lemmon
Ambassador (ret)

Christopher J. Le Mon
Former Senior Advisor, National Security Council

Steven J. Lepper
Major General, USAF (ret)

Barry Levin
Senior Foreign Service Officer (ret)

Suzi G. LeVine
Ambassador (ret)

Jeffrey D.  Levine
Ambassador (ret)

Melvin Levitsky
Ambassador (ret)

Dawn Liberi
Ambassador (ret)

David C. Litt
Ambassador (ret)

Hugo Llorens
Ambassador (ret)

Carmen Lomellin
Ambassador (ret)

Edward Loo
Senior Foreign Service Officer (ret)

Lewis Lukens
Ambassador (ret)

Douglas Lute
Lieutenant General, USA (ret)
Ambassador (ret)

Buff Mackenzie
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

John F. Maisto
Ambassador (ret)

Deborah R. Malac
Ambassador (ret)

Eileen A. Malloy
Ambassador (ret)

Steven R. Mann
Ambassador (ret)

Randy Manner
Major General, USA (ret)

Nicholas J. Manring
Senior Foreign Service Officer (ret)

Edward Marks
Ambassador (ret)

Niels Marquardt
Ambassador (ret)

Dana Marshall
Senior Foreign Service (ret)

Frederick H. Martin
Major General, USAF (ret)

Carlos E. Martinez
Brigadier General, USAF (ret)

Vilma S. Martinez
Ambassador (ret)

Dennise Mathieu
Ambassador (ret)

Jack F. Matlock, Jr.
Ambassador (ret)

R. McBrian
Senior Executive Service (ret)

Deborah McCarthy
Ambassador (ret)

Jackson McDonald
Ambassador (ret)

Nancy McEldowney
Ambassador (ret)

Stephen G. McFarland
Ambassador (ret)

Kevin J. McGuire
Ambassador (ret)

James F. McIlmail
Senior Executive Service, Defense Intelligence Agency (ret)

John F. McNamara
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas E. McNamara
Ambassador (ret)

John Medeiros
Senior Foreign Service Officer (ret)

Joseph V. Medina
Brigadier General, USMC (ret)

Thomas O. Melia
former Assistant Administrator, USAID

James D. Melville
Ambassador (ret)

James Michel
Ambassador (ret)

Leo Michel
Senior Executive Service, Department of Defense (ret)

Kevin Milas
Senior Foreign Service Officer (ret)

Richard Miles
Ambassador (ret)

Katherine J.M. Millard
Senior Foreign Service Officer (ret)

Henry Miller-Jones
Senior Foreign Service Officer (ret)

Gillian Milovanovic
Ambassador (ret)

David B. Monk
Senior Foreign Service (ret)

William Monroe
Ambassador (ret)

Alberto Mora
Former Navy General Counsel

David A. Morris
Major General, USA (ret)

William J. Mozdzierz
Senior Foreign Service Officer (ret)

Kevin J. Mullaly
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Peter F. Mulrean
Ambassador (ret)

Cameron Munter
Ambassador (ret)

Allan Mustard
Ambassador (ret)

Desaix Myers
Senior Foreign Service Officer (ret)

Larry C. Napper
Ambassador (ret)

James D. Nealon
Ambassador (ret)

Richard W. Nelson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Susan B. Niblock
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas M. T. Niles
Ambassador (ret)

Brian H. Nilsson
Former Deputy Assistant Secretary of State

Crystal Nix-Hines
Ambassador (ret)

Edwin R. Nolan
Ambassador (ret)

Walter North
Ambassador (ret)

Suzanne Nossel
Former Deputy Assistant Secretary of State

Gary Oba
Senior Foreign Service (ret)

Karen Ogle
Senior Foreign Service Officer (ret)

Eric T. Olson
MG, US Army (ret)

Richard G. Olson
Ambassador (ret)

Adrienne S. O’Neal
Ambassador (ret)

Robert M. Orr
Ambassador (ret)

Ted Osius
Ambassador (ret)

Susan D. Page
Ambassador (ret)

Beth S. Paige
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Larry L. Palmer
Ambassador (ret)

Alexi Panehal
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Maurice Parker
Ambassador (ret)

Norma Parker
Senior Foreign Service (ret)

Michael Parmly
Senior Foreign Service Officer (ret)

Lynn Pascoe
Ambassador (ret)

David Passage
Ambassador (ret)

Margaret C. Pearson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Robert Pearson
Ambassador (ret)

Willard J. Pearson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Edward L. Peck
Ambassador (ret)

Eric Pelofsky
former Senior Director, National Security Council

June Carter Perry
Ambassador (ret)

William Perry
Former Secretary of Defense

Pete Peterson
Ambassador (ret)

James D. Pettit
Ambassador (ret)

Nancy Bikoff Pettit
Ambassador (ret)

Laurence M Pfeiffer
Former Chief of Staff, CIA

Walter N.S. Pflaumer
Senior Foreign Service Officer (ret)

Annie Pforzheimer
Senior Foreign Service Officer (ret)

John R. Phillips
Ambassador (ret)

William M. Phillips III
Senior Intelligence Officer (ret)

Daniel W Piccuta
Senior Foreign Service (ret)

Thomas R. Pickering
Ambassador (ret)

Stephen Pifer
Ambassador (ret)

H. Dean Pittman
Ambassador (ret)

Joan Plaisted
Ambassador (ret)

Lynne Platt
Senior Foreign Service (ret)

Gale S. Pollock
Major General, USA, CRNA, FACHE, FAAN (ret)

Michael C. Polt
Ambassador (ret)

Marc Polymeropoulos
Senior Intelligence Service, CIA (ret)

Karyn Posner-Mullen
Senior Foreign Service Officer (ret)

Eric G Postel
Former Associate Administrator, USAID

Phyllis M. Powers
Ambassador (ret)

E. Candace Putnam
Senior Foreign Service Officer (ret)

Monique Quesada
Senior Foreign Service Officer (ret)

Azita Raji
Ambassador (ret)

William C. Ramsay
Ambassador (ret)

David Rank
Senior Foreign Service Officer (ret)

Stephen J. Rapp
Ambassador (ret)

Scott Rauland
Retired SFS officer

Charles Ray
Ambassador (ret)

Evan Reade
Consul General (ret)

Frankie A. Reed
Ambassador (ret)

Helen Reed-Rowe
Ambassador (ret)

Susan Reichle
Senior Foreign Service Officer (ret)

Arlene Render
Ambassador (ret)

Markham K. Rich
Rear Admiral, US Navy (ret)

Kathleen A. Riley
Senior Foreign Service Officer (ret)

Gary D. Robbins
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas B. Robertson
Ambassador (ret)

Brooks A. Robinson
Senior Foreign Service (ret)

Harold L. Robinson
Rear Admiral, CHC USN (ret)

Terri Robl
Senior Foreign Service Officer (ret)

Donna G. Roginski
Senior Foreign Service (ret)

Peter F. Romero
Ambassador (ret)

Fernando E. Rondon
Ambassador (ret)

John V. Roos
Ambassador (ret)

Frank Rose
Former Assistant Secretary of State

Gerald S. Rose
Senior Foreign Service Officer (ret)

Doria Rosen
Ambassador (ret)

Sara Rosenberry
Senior Foreign Service (ret)

Christopher W.S. Ross
Ambassador (ret)

Richard Allan Roth
Ambassador (ret)

Leslie V. Rowe
Ambassador (ret)

Stapleton Roy
Ambassador (ret)

Nancy Rubin
Ambassador (ret)

Daniel Rubinstein
Ambassador (ret)

William A. Rugh
Ambassador (ret)

Theodore E. Russell
Ambassador (ret)

Melinda D. Sallyards
Senior Foreign Service Officer (ret)

John F. Sammis
Senior Foreign Service Officer (ret)

Robin Renee Sanders
Ambassador (ret)

Janet A. Sanderson
Ambassador (ret)

Andrew H. Schapiro
Ambassador (ret)

David J. Scheffer
Ambassador (ret)

Richard J. Schmierer
Ambassador (ret)

James Schumacher
Senior Foreign Service Officer (ret)

John M. Schuster
Brigadier General, USA (ret)

Teresita C. Schaffer
Ambassador (ret)

Thomas Schieffer
Ambassador (ret)

Brenda Brown Schoonover
Ambassador (ret)

Jill Schuker
Former Special Assistant to the President for National Security Affairs

Deborah Schwartz
Senior Foreign Service Officer (ret)

Eric P. Schwartz
Former Assistant Secretary of State

Stephen Schwartz
Ambassador (ret)

John F Scott
Senior Foreign Service (ret)

Kyle Scott
Ambassador (ret)

Rick Scott
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Stephen A. Seche
Ambassador (ret)

Theodore Sedgwick
Ambassador (ret)

Mark Seibel
Senior Foreign Service Officer (ret)

Raymond G.H. Seitz
Ambassador (ret)

Mike Senko
Ambassador (ret)

Daniel Serwer
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas A. Shannon, Jr.
Ambassador (ret)

Daniel Shapiro
Ambassador (ret)

Mattie R. Sharpless
Ambassador (ret)

John Shattuck
Ambassador (ret)

David B. Shear
Ambassador (ret)

William F. Sheehan
Former General Counsel, Department of Defense

Sally Shelton-Colby
Ambassador (ret)

Wendy R. Sherman
Former Undersecretary of State for Political Affairs

A. Ellen Shippy
Ambassador (ret)

Sandra Shipshock
Senior Foreign Service Officer (ret)

Douglas A. Silliman
Ambassador (ret)

Lawrence R. Silverman
Ambassador (ret)

Mark Silverman
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Paul Simons
Ambassador (ret)

John Sipher
CIA Senior Intelligence Service (ret)

Kristen B. Skipper
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas F. Skipper
Senior Foreign Service Officer (ret)

Emil Skodon
Ambassador (ret)

Kenneth N Skoug Jr.
Senior Foreign Service (ret)

Walter Slocombe
Former Undersecretary of Defense

Dana Shell Smith
Ambassador (ret)

Paul R. Smith
Senior Foreign Service Officer (ret)

Alan Solomont
Ambassador (ret)

Tara D. Sonenshine
Former U.S. Under Secretary of State for Public Diplomacy and Public Affairs

Daniel Speckhard
Ambassador (ret)

John Spilsbury
Senior Foreign Service Officer (ret)

Madelyn E. Spirnak
Senior Foreign Service Officer (ret)

Thomas H. Staal
Senior Foreign Service Officer (ret)

Derwood K. Staeben
Senior Foreign Service (ret)

Sylvia G. Stanfield
Ambassador (ret)

Karin Clark Stanton
Ambassador (ret)

Donald K. Steinberg
Ambassador, USAID (ret)

Monica Stein-Olson
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Andrew Steinfeld
Senior Foreign Service Officer (ret)

Barbara Stephenson
Ambassador (ret)

Kathleen Stephens
Ambassador (ret)

Richard W. Stites
Senior Foreign Service (ret)

Cynthia Stroum
Ambassador (ret)

Arsalan Suleman
Former Special Envoy to the Islamic Conference

Joseph G. Sullivan
Ambassador (ret)

Howard J.K. Sumka
Senior Foreign Service Officer (ret)

Paul R. Sutphin
Senior Foreign Service Officer (ret)

William L. Swing
Ambassador (ret)

Christopher J. Szymanski
Senior Foreign Service Officer (ret)

Strobe Talbott
Former Deputy Secretary of State

Mary Tarnowka
Senior Foreign Service Officer (ret)

Francis Taylor
Brigadier General, USAF (ret)
Former DHS Under Secretary

Paul D. Taylor
Ambassador (ret)

Richard W. Teare
Ambassador (ret)

Mary Jane Teirlynck
Senior Foreign Service Officer (ret)

Mark Tesone
Senior Foreign Service Officer (ret)

Patrick H. Theros
Ambassador (ret)

Harry Thomas
Ambassador (ret)

Daphne Michelle Titus
Senior Foreign Service Officer (ret)

Mark Tokola
Senior Foreign Service Officer (ret)

Kurt W. Tong
Ambassador (ret)

Gregory F. Treverton
Former Chair, National Intelligence Council

Michael S. Tulley
Senior Foreign Service Officer (ret)

Andrew Turley
Major General, USAF (ret)

Robert H. Tuttle
Ambassador (ret)

Michael H. Van Dusen
Senior Congressional Committee Staff Member (ret)

Alan Van Egmond
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Elizabeth Verville
Former Deputy Assistant Secretary of State

Alexander Vershbow
Ambassador (ret)

Melanne Verveer
Ambassador (ret)

Philip L. Verveer
Former Deputy Assistant Secretary of State

Shari Villarosa
Ambassador (ret)

David G. Wagner
Senior Foreign Service Officer (ret)

Marcelle M. Wahba
Ambassador (ret)

Edward S. Walker
Ambassador (ret)

Howard K. Walker
Ambassador (ret)

Jenonne Walker
Ambassador (ret)

Jake Walles
Ambassador (ret)

Mark S. Ward
Senior Foreign Service Officer (ret)

Mary Burce Warlick
Ambassador (ret)

John Warner
Senior Foreign Service (ret)

Thomas S. Warrick
Former Deputy Assistant Secretary, Department of Homeland Security

Alexander F. Watson
Ambassador (ret)

Linda E. Watt
Ambassador (ret)

Earl Anthony Wayne
Ambassador (ret)

Janice M. Weber
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

William Weinstein
Senior Foreign Service Officer (ret)

Alice G. Wells
Ambassador (ret)

Melissa Wells
Ambassador (ret)

Mark Wentworth
Senior Foreign Service (ret)

Joseph W. Westphal
Ambassador (ret)
Former Under Secretary of the Army

Bruce Wharton
United States Ambassador (ret)

Pamela White
Ambassador (ret)

Thomas J White
Senior Foreign Service (ret)

Jon A. Wiant
Senior Executive Service (ret)

Bisa Williams
Ambassador (ret)

Molly Williamson
Senior Foreign Service (ret)

Ashley Wills
Ambassador (ret)

Jonathan M. Winer
former Deputy Assistant Secretary of State

Timothy E. Wirth
Former Undersecretary of State

Frank G. Wisner
Ambassador (ret)

John L. Withers II
Ambassador (ret)

Tamara Cofman Wittes
Former Deputy Assistant Secretary of State

John S. Wolf
Ambassador (ret)

Kevin Wolf
Former Assistant Secretary of Commerce

David T. Wolfson
Senior Foreign Service Officer (ret)

Burke M. Wong
Attorney-Advisor, Department of Justice (ret)

Mark F. Wong
Senior Foreign Service Officer (ret)

Brooks Wrampelmeier
Senior Foreign Service (ret)

Kenneth Yalowitz
Ambassador (ret)

Susumu Ken Yamashita
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

John Yates
Ambassador (ret)

Mary Carlin Yates
Ambassador (ret)

Frank Young
Senior Foreign Service Officer, USAID (ret)

Johnny Young
Ambassador (ret)

Thomas M. Young
Senior Foreign Service Officer (ret)

Marie L. Yovanovitch
Ambassador (ret)

Alan Yu
Senior Foreign Service Officer (ret)

Joseph Y. Yun
Ambassador (ret)

Uzra Zeya
Senior Foreign Service Officer (ret)

Jane Zimmerman
Senior Foreign Service Officer (ret)

Peter D. Zimmerman
Senior Executive Service (ret)

James Zumwalt
Ambassador (ret)

Peter B. Zwack
Brigadier General, US Army (ret)

David Zweifel
Ambassador (ret)

Voir par ailleurs:

Peter Navarro Immaculate Deception Report Press Conference

White House Advisor Peter Navarro released his own 36-page report alleging election fraud called “The Immaculate Deception.” He presented the contents of the report in a press conference on December 17, 2020. Read the full transcript here.

Peter Navarro: (00:00)
The big takeaways for me is there appears to be a coordinated strategy effectively to stuff the ballot box with Biden votes, and at least some evidence of the destruction of Trump ballots. That’s number one. Number two, when you go across the six battleground states: Arizona, Georgia, Michigan, Nevada, Pennsylvania, and Wisconsin, you can see that the number of votes that are being contested, the arguably illegal votes, dwarf the relatively thin Biden victory margins in five of the six states. So, that’s number two.

Peter Navarro: (00:54)
And this is something I think that’s been missing from the discussion. This is death by a thousand cuts, but more precisely deaths by the six dimensions of election [inaudible 00:01:10] a smoking gun. And to that point, number four, the famous Tolstoy quote about happy families being all alike, but unhappy families are unhappy in their own way. We have a similar situation here where each of the six battleground states is different in its own way in terms of this election irregularities. Georgia has consent decree issues. Wisconsin has definitely confined voter issues. Michigan has the observer issues and so on.

Peter Navarro: (01:57)
And then the last thing which is very troublesome to me is that there seems to be a tremendous effort on the part of many of what should be our pillar institutions in this country to basically self-censor anybody who challenges the results of the election, and it effectively mounts to a coverup. And obviously we’ve got issues with the anti-Trump media, which has hammered him for four years and predicted a landslide win for Biden that never came. We’ve got corporate America. We got surprisingly some of the Republican establishment, and then finally we have state legislatures and the courts themselves.

Peter Navarro: (02:51)
And then the other two things I’ll say before working through this whole thing is that you can’t, as a reporter, at this point responsibly say there’s no evidence. There’s a ton of evidence. There’s a mound of it. And you can’t say that just because the courts have ruled against Trump in a number of cases that there’s no evidence of fraud. Most of these cases have been decided on procedure and process rather than the evidence itself.

Peter Navarro: (03:27)
All right, well that is the big picture. Let me explain what I did and why I did it. I think he started at midnight on election night when the Trump red tide effectively showed an insurmountable lead, what seemed to be insurmountable leads in Georgia, Pennsylvania, Michigan, and Wisconsin. Georgia was over 350,000 votes, Pennsylvania over half a million, Michigan almost 300,000 and Wisconsin over 100,000. And what you saw beginning kind of in the dead of night, these votes counts that started to come in that over time turned the Trump red tide into Biden blue. And what’s striking about what happened is the narrowness, the razor thin margins by which Biden appears to have won those four battle ground states.

Peter Navarro: (04:46)
It’s also true, and I don’t know if this is out in the public record that even though the president was behind in both Arizona and Nevada by small margins, there was great confidence within the Trump campaign itself based on internal polling, that the president would close both of those gaps, at least Arizona. And it looked like at midnight that this was going to be a landslide victory in the electoral college, contrary to everything we had been subjected to for months before the election, in terms of the pollsters. So what happened? That’s the question in the wake of this astonishing reversal of Trump fortune. What we’ve had is basically a national firestorm erupt over a country which [inaudible 00:05:48] one another. It’s a 50/50 country right now. It’s just sharply divided on partisan grounds, on ideological grounds. It’s the Democrats versus the Republicans, the nationalists versus the globalists, the working class versus the progressive elites and so on. And so we’ve been fighting about this. There’s court cases and things like that. And at this point, I mean, there’s evidence that the American public has a great suspicion as yourself.

Peter Navarro: (06:22)
So, why did I come in as a private citizen and kind of do my scholar thing, which I had done for 25 years? For me, what’s been missing in this whole debate is kind of a chess board look out of a 30,000 foot view of what exactly was going on across the entire terrain. I just simply got tired of hearing people talk about anecdotes and individual things without kind of connecting all of the dots. So I wanted to get to the bottom of all this. I think it’s important for the future of this country that we do this and we do this before Inauguration Day.

Peter Navarro: (07:15)
And so here’s what I did. I started with the available evidence and that evidence consists essentially of thousands of affidavits and declarations, which I had access to. Many of those are not in the public record. I also looked at the testimony that had been presented in a variety of state venues. There’s published reports and analysis by think tanks and legal centers. There’s videos, for example, of the famous suitcase in the Atlanta arena. Photos, public comments, press publish and the like.

Peter Navarro: (08:02)
And from that, from the study of that evidence, I was able to tease out what I see as six major dimensions of these election irregularities. And these include, if you start with the outright fraud, okay? In the report, there’s close to 10 categories of these things. So for example, the worst kind of offense is this large scale fake ballot manufacturing. And we have the story of the tractor trailer that got missing in Pennsylvania that may have had 100,000 votes in it. We saw what happened in the State Farm Arena in Georgia. There’s allegations as well in Arizona. We have indefinitely confined voter abuses where people who claim that they’re indefinitely confined are skiing in Aspen and voting without appropriate ID. Bribery, like what happened in Nevada on the Indian reservations. Ineligible voters, legal aliens, for example, or under-aged voters. There’s maybe tens of thousands of those. The dead voters. There seems to be a persistent problem of dead voters popping up across a number of the battleground states. Ghost voters are those that voted from an address they no longer reside in and so on.

Peter Navarro: (09:51)
So, there’s a whole bunch of outright fraud that’s possible. Right? And if you look at the report, you find that a check-mark in the matrices we have indicates substantial evidence and the star indicates some evidence. So there’s plenty of that across the six battlegrounds. If you look at ballot mishandling, you have again, a variety of things there. And this is the granularity that I hope all of the reporters will kind of focus on. There’s the broken chain of custody, for example. You have all these drop box abuses where they were placed in places like Wisconsin without any supervision. We don’t know whether the ballot that was maybe cast by a voter and wound up in one of those drop boxes was anyway interfered with.

Peter Navarro: (10:53)
There’s the naked ballot problem, which I mean, that was huge because there was just a lot of ballots that came in without outer envelopes. So there’s no way you can do the signature match, yet a lot of these were entered into the tabulation. Pennsylvania kind of jumps out at you at that. Ballots accepted without postmarks and so on.

Peter Navarro: (11:19)
And then if you go to the third dimension of these regularities, you have what I call contestable process fouls. These are examples of where you have effectively, in a lot of cases, the Democrats pushing the envelope of existing in ways where they just blew right over the edges of that envelope. For example, mail-in extensions contrary to law, voters not properly registered, allowed to vote.

Peter Navarro: (12:05)
A big one here, and this is kind of like the pillar of a fair election. This is like letting poll watchers and observers come in and see whether the ballots that are being brought in are proper. That they have a proper signature match, they’re not naked ballots, and that they’re not counted more than once when they go through the machines. And we just saw there’s just a lot of affidavits talking about these kinds of things. Michigan was arguably the worst in Detroit and Wayne County and that was pure thuggery what appeared to happen there. And other things like absentee ballots requested and accepted too early or taken too late.

Peter Navarro: (12:58)
The next dimension really addresses the 14th Amendment Equal Protection Clause issue. I mean, this is a sea of check marks across all six states, across three dimensions of violations. I mean, the Democrats basically used the absentee ballot, mail-in ballot process to flood the zone. And one of the big problems with that, for example, as an equal protection issue is that you had much higher standards of ID verification for people who actually went to the polls, the in-person voters versus the mail-ins. And it’s an equal protection issue because you had many more Democrats voting as a mail-in or absentee ballot-

Peter Navarro: (14:03)
… voting as a mail-in or absentee ballot person. So you had much less stringent voter ID checks for Democrats. And if you combine that with all the other attempts at abuses dealing with the chain of custody issues, it’s a real issue. You have different standards of ballot curing across jurisdictions. I don’t know. I never assumed that Republicans were more polite than Democrats, but the patterns in the battleground states indicated pretty clearly that if you were a Republican observer or poll watcher in these six battleground states, you were subject to significant harassment, intimidation, and other kinds of things. And then you go to the category of election statistical anomalies, there’s just some weird stuff happened there. You had some cases where the turnout was over 100%. You’ve got evidence of votes switching. You’ve got a case where statistically improbable vote totals based on party registration and historical patterns, and things like that.

Peter Navarro: (15:22)
And then lastly, you’ve got these voting machine irregularities. And those are associated with the Dominion machine, but there was two other things going on in Nevada. There’s this thing called the Agilis, which was used for doing ID checks, essentially. And you can’t use that machine, because Nevada law says you have to do these things with humans, not machines. So strike one, there. But it’s also true these machines had an incredibly poor accuracy rate. So effectively in Nevada, where you also had these corresponding problems of people who probably weren’t residents of the state actually voting, weren’t really able to check that properly. And then in Arizona, you had this Novus software, which was used to cure damaged ballots, and that was a train wreck as well. I mean, again, that’s a tremendous amount of granularity. And if you go through each of these six dimensions and then in the various 3 to 10 sub-dimensions, there’s just a lot going on there that should give people pause.

Peter Navarro: (16:58)
And that’s the essence of the report. And you can go through… It’s 31 pages with 150, almost, footnotes. And I would ask everybody to kind of just go through it carefully and make up your minds based on that and in some further investigation. As reporters, I think the ask here is that you don’t dismiss this out of hand, and you also use this as a motivation to do some further investigation. So I’ll stop there, and I’ll turn it over to the moderator to handle questions. I have the one question per, and it will be questions that will be limited simply to the report itself. Otherwise, we’ll move on to the next question. So turn it back to Rebecca and [crosstalk 00:18:12].

Rebecca: (18:16)
We thank everybody for coming on, people who in the media or not in the media, but this is first and foremost geared towards the media for dialogue and question availability. I want to call in [Will Steakin 00:18:28] From ABC News. Will, if you just unmute yourself, be delighted to have a question for Dr. Navarro from your vantage point.

Will Steakin: (18:43)
Thanks for doing this, Dr. Navarro, appreciate [inaudible 00:00:18:50]. So you said at the top of this call that there’s mounds of evidence, and obviously you say you were laying that out in this brief, this document, but the courts have almost unanimously rejected the president’s team, allies. Almost over 50 cases have been thrown out, and you said that that was mostly because of process, but that’s not necessarily true. A lot of the courts have said specifically, “These claims are speculation, it’s conjecture.” That’s a quote from a judge in Pennsylvania has thrown this out. The DOJ has said there’s been no evidence of widespread voter fraud. So I guess my question is, if there’s this much evidence, is it just the president has a bad legal team? Why is it floundered [crosstalk 00:05:35]-

Peter Navarro: (19:43)
Yeah. I think there’s a couple of things going on. I think that that Bill Barr had no business making the statement he did. I thought that was premature, particularly in light of the fact we have what appears to be an FBI and Department of Justice that’s reticent about making any kinds of investigations. I mean, I’m still waiting for the Durham Report. I’m still waiting for there to be a clean accounting to the American people of what Brennan, Clapper, [Comey 00:00:20:19], [Page 00:00:20:20], and Strzok did in terms of trying to manipulate the 2016 election. I mean, I don’t put any stock in what the Department of Justice had to say, number one. Number two, look. I think that going forward, one of the lessons I think the Republicans need to learn is that, and both parties should have learned this with Bush V. Gore, is that a political campaign needs to have a legal component to it.

Peter Navarro: (21:10)
And there was plenty of warning signs over a year in advance of this election that the Democrats were going to implement this coordinated strategy which I discussed. Because you saw that consent decree going to place. I’m not sure people understood the full implication of what destroying the signature verification would be, but that should have and could have been challenged. Digression… I mean, in the report, please look at my calculation carefully, because that consent decree, we went from a 6% rejection rate down to virtually nothing, and a massive increase in absentee ballots. And the delta on that is more than sufficient for a Biden win with ballots which would likely have been otherwise thrown out. So we saw the consent decree coming. We saw the machinations that were going on in Wisconsin, in Pennsylvania.

Peter Navarro: (22:24)
And certainly if you’re Monday morning quarterback, then you could say that we should have been on this as a party earlier, and with more forces. Okay. But having said that, let’s be clear. If in fact what has happened is as I have described it, that doesn’t take away the fact that something damaging has been done. So you asked, I think, a really important question. And I do think that… Look, I’m a pragmatist here. When I look at judicial branch, it’s as political as legislative and administrative branches. So there is that to deal with. I think it’s criminal that the Republicans holding majorities in state legislatures in both parties have not had the courage to use their power and authority to conduct the appropriate investigations, and I say that in the report.

Peter Navarro: (23:55)
So I hear you, but what I’m asking you to do with this report is just go through it carefully and parse it and come to your own conclusions. I think it’s probably the most comprehensive chessboard look at what’s happened of anything that’s out there. So [inaudible 00:24:21] the next question.

Rebecca: (24:22)
Okay, great. Sam Stein. Sam, if you just unmute yourself… From The Daily Beast.

Sam Stein: (24:32)
Hey guys, thanks so much for doing this. [crosstalk 00:24:34]. Yes.

Rebecca: (24:33)
Thank you for [inaudible 00:24:37], Sam.

Sam Stein: (24:37)
Yeah, I appreciate it. Dr. Navarro, so you’ve laid out a fairly comprehensive [crosstalk 00:00:24:42]-

Peter Navarro: (24:45)
Okay. Yeah, sure.

Sam Stein: (24:47)
Yes. No, the press briefing refers to you as Dr. Navarro. You’ve put out-

Peter Navarro: (24:51)
I know. You were doing your Daily Beast thing with your emphasis there. So I had to laugh, but go ahead.

Sam Stein: (25:00)
This report, it lays out a comprehensive case for these dimensions of irregularities and fraud. There are very few, I guess, tension points left in the electoral process by which to do these investigations that you’re calling for. So I’m wondering, in your personal capacity, do you believe that Republicans in Congress should object to the validation of the election when it comes to a vote on January 6? And secondarily, you’ve made the case that Republicans statewide have not stepped up to the plate, so to speak, in how they’ve handled the electoral irregularities in their own states. I’m wondering, do you feel like, for instance, Governor Brian Kemp deserves to be challenged in a primary over what’s happened in the 2020 elections? Is this the type of thing that should haunt their political futures?

Peter Navarro: (26:01)
Well, I think it’s [inaudible 00:26:02] that you’d haunt this country. I’m telling you that we have a situation now where the… I call it the anti-Trump media, and it’s the New York Times, the Washington Post, CNN, MSNBC, a little bit of The Daily Beast in there, probably. I mean, there’s a tremendous attempt right now to suppress anybody or anything that calls these results into question, and I think that’s a very dangerous thing. I mean, this is like supposed to be the greatest democracy in history, and if you can’t have what people in this country believe is a fair election, all hope is lost. And there’s sufficient skepticism and doubt right now, and the reason is, Sam, is because we haven’t really done the full investigation. The initial line from the anti-Trump media was, “There’s no evidence.”

Peter Navarro: (27:12)
Then it was, “There’s some evidence, but not enough to overturn the election.” And now the line is, “Well, the Electoral College has ruled and it’s over, so let’s move on.” But let’s remember that the election was stolen from Nixon in 1960, stolen, flat out. It took decades for anybody to fully acknowledge that, and it had a great effect on our history, including probably a great impact on how the Vietnam War might’ve even unfolded. So these elections have consequences. My concern is that if we don’t deal with this before Inauguration Day in a comprehensive way-

Peter Navarro: (28:02)
… before Inauguration Day in a comprehensive way, that it will undermine the integrity of our process, and now [crosstalk 00:28:13]. Yeah, I’m going to give you your answer. First of all, first thing you have to do is you cannot hold that election for Senate in Georgia on January 5th. You have to at least push that until February to clean up Georgia’s act. Georgia is a frigging cesspool of election irregularities, and there’s no sign of any cleanup prior to January 5th. They’re going to double down. The Democrats are going to double down in every trick they pull in Georgia to try to take that election through these election irregularities. So I think we need to do that. I think that what Ron Johnson did yesterday in the hearing was healthy. I think that every state legislature needs to get their butts back into session and hold an investigation. And should people be held accountable for this, regardless of party? Yeah. I mean, this is like-

Sam: (29:22)
There’s a big vote coming up on January 6th. Big vote coming up on January 6th. Congress needs to validate the election. There has been some talk among some members-

Peter Navarro: (29:31)
But you’re looking for a headline now. I mean, look, my role here is to say that the emperor in the election has no clothes, all right? Your job as reporters, I believe, is to dig deeper into the granularity that I’ve put before you, okay? There’s something rotten here in Denmark, right? And as to what we do about it, as every day goes by, it becomes more complicated and you’re absolutely right that our options narrow. But the last thing this country needs is an Inauguration Day where we have what is perceived to be an illegal and illegitimate president inaugurated. I’m going to move to the next question, but thank you, Sam. I appreciate your thoughts. Yeah. All right, what else?

Alexandra: (30:24)
Thank you, Sam. Next question is Penny Starr from Breitbart. Just unmute yourself. Willem might mute you and just we’ll have you unmute yourself, Penny. We’ll be delighted to take your question.

Alexandra: (30:36)
Penny?

Peter Navarro: (30:36)
We lost Penny. All right, move on to the next person. We’ll come back to Penny.

Alexandra: (30:54)
Next one is Simone Gao. Simone? We’ve unmuted you and Penny.

Peter Navarro: (30:59)
From where?

Alexandra: (31:00)
Pardon me, from the Epoch Times and NTD, Japanese television.

Peter Navarro: (31:05)
Okay.

Simone Gao: (31:06)
Hello? Can you hear me?

Alexandra: (31:08)
Yes.

Simone Gao: (31:11)
Dr. Navarro, in your report, you listed six categories of irregularities. And in them, there’s no foreign interference. So I was wondering, have you done research in this area or you have done research, but you haven’t found anything?

Peter Navarro: (31:32)
Option three. I’ve done research, but I didn’t want to put that into the report because it’s a whole nother issue. And I think it would have detracted from everything else that’s in the report. But I do strongly urge our heads of state to look into possibilities. And it may be as we dig deeper into, for example, the dominion issue and possibly get access to analyzing the ballots in Maricopa County, it’ll be able to track some of that back. All right. Next question.

Alexandra: (32:17)
Okay. Penny does have a question. Penny, if you can unmute your line. If not, we can ask the question for you. All right. Seems she’s not able to do it. We’re going to go to John Zmirak from The Stream. John, we’re unmuting your line. Please make sure you unmute yourself as well. John?

Peter Navarro: (32:51)
What’s going on there?

John Zmirak: (32:51)
Sorry, can you hear me?

Alexandra: (32:53)
Yes, we can. Doctor-

John Zmirak: (32:55)
I’m sorry. I’m not used to this interface. Okay. Thank you for this report. I will try to publicize as much as possible as soon as I have a written form of it. I would ask why? Why are so many in the legacy conservative media, particularly, and why are so many Republican lawmakers such as Mr. McConnell eager to shut this down without an examination of the merits? Can you speculate as to what’s going on? Do they simply want to get the Trump phenomenon out of the way so they can return the Republican party to what it was before? Or is this a desperate attachment to respectability, to pretending we live in a 1946 textbook? I’m baffled why you see nationally all these people lining up to silence and mock the people who are raising these serious questions after four years of the Russia collusion hoax.

Peter Navarro: (33:58)
Well, I think what part of your question indicated, I think you understand exactly what’s going on here. If you look at Donald Trump, Donald Trump ran in 2016 as an economic nationalist. And two of the key pillars of economic nationalism are fair trade rather than free trade. And secure borders. Okay? The fair trade issue is basically stop sending our jobs off shore in pursuit of slave labor and cheap supply chains, to protect American workers, and secure borders is basically, at an economic nationalist level, a way of restricting the supply of cheap labor to protect primarily lower income minorities in our urban areas, Blacks and Hispanics. American Blacks and Hispanics are really the ones who get punished the most by illegal immigration. Right?

Peter Navarro: (35:20)
So that economic nationalism was very contrary to traditional Republicanism which supports free trade, as they define it, which basically means cheap labor, environmental pollution havens, government subsidies, and all of that. And open borders in order to basically attract cheap labor for American corporations. Right? So Trump basically beat 16 of these economic globalists that he ran against, beat them handily, and governed for the last four years accordingly. And national review think tanks like Heritage, much of the Republican universe, which is, at the think tank level, is funded by corporate America, has never embraced the President. Ever. Ever. And the same problem you have in the Congress, particularly in the Senate, where you have the poster child for that are people like Toomey.

Peter Navarro: (36:52)
So no one should be surprised by Toomey and Romney and the rhinos deserting the president. What is more puzzling, my friend, is the lack of intestinal fortitude at the state legislature level. I mean, it really is truly remarkable. You have Democrat governors in some of these states, the Republicans have a lock on the state legislatures. And those state legislators have the full power, basically, to overrule the electoral college vote total in those states. I mean, they could’ve stopped this and they could’ve put that baby in its crib just simply by investigating these charges. So that’s what’s going on here. This is, again, you have a case where close to 80 million Americans, the president’s deplorables, the people who are just, they’re just middle America working class folks that joined the Trump Republican party who were being, simultaneously in a pincer movement, harmed by a Democrat party, which is effectively, strategically gamed the electoral process. And traditional Republicans who want to go back to the status quo and forget all about Trump.

Peter Navarro: (38:32)
Now, the danger here is two fold. It’s like we can’t live in a country where we can’t have fair elections. And I think there’s too much thinking in the media itself in the Democrat party that somehow, in this special case, Trump is so bad that somehow the ends justify the means. And that’s just wrong. And at the same time, if any of these traditional Republicans think that the Trump revolution is over just because they won’t stand up for the president, they got another thing coming, number one. And number two, hell hath no fury like a deplorable scorned, and that’s what’s happening here. So anyway, next question.

John Zmirak: (39:27)
Thank you.

Alexandra: (39:29)
Okay. We have several more questions. Thanks, everybody, for being so patient here. Next one, Penny Starr has asked a question. And then we’re going to go to Jeremy Peters. Penny Starr at Breitbart says, “Will the report changed the outcome of the election? And if so, how would that unfold?”

Peter Navarro: (39:52)
My aspiration with this report is that it’ll be a catalyst for a full investigation of all of these alleged election irregularities on a fast track and done before Inauguration Day. And my view is that let the truth come forward. And if Biden won fair and square, then I’ll be the first to congratulate him. But if there are sufficient election irregularities and illegal votes to overturn the thin Biden margins in those battleground states, then America deserves a different outcome. So let’s see what happens, as the president likes to say. Next question.

Alexandra: (40:47)
Okay, great. We’re going to go to Jeremy Peters from the New York Times. You’re unmuted. Thank you so much, Jeremy.

Jeremy Peters: (40:55)
Hi there. Thanks for doing this, everyone. I know you said only one question, but my first question is very short, yes or no. And it’s have you shared this with the president, what you’ve laid out here, this report? And two, describe this kind of ever widening effort by people to undermine the integrity of the election that’s grown from the Democrats to Republicans and state legislatures, many of whom supported and voted for Trump, to Trump’s own justice department and his own attorney general and his own three Supreme Court justices, which he has hand picked. So I guess isn’t it more likely that rather than there being this kind of conspiracy to undermine Trump, that these folks are all looking at at your evidence and saying, “It’s just not there?”

Peter Navarro: (41:51)
So, no. That’s not possible at all because they haven’t seen all everything I looked at. They haven’t done their homework. I mean, I’ve literally read thousands of affidavits. I’ve read every-

Peter Navarro: (42:03)
I’ve literally read thousands of affidavits, I’ve read every single court case, I’ve looked at all the testimony that was done at the state legislature level and I can count on one hand the number of people who’ve done that in this country. So, no, I think what needs to happen is folks need to look at this.

Peter Navarro: (42:25)
The Supreme Court, the ruling of The Supreme Court, was not on facts or evidence. It was on standing. Let’s be clear about that, right? You can draw no conclusion from the legitimacy of the illegitimacy of this election, from what The Supreme Court rules, okay, so let’s be clear about that. Again, a previous caller talks about whether it was Mitch McConnell or Mitt Romney or whoever in the Republican party and these people are not aligned and never have been with the Trump agenda so it’s not surprising that they have pardoned company on this issue.

Peter Navarro: (43:21)
What I’d urge you, Jeremy, is like, look, I would say this. The New York Times has the most power of any news organization in the world to do effectively a hard investigation of all of this. It simply has not done that. It simply has not done that. The knee jerk reaction these days is to- if you’re on the left it’s like something that comes out that doesn’t fit your narrative, it’s like you knock it down. You kind of like- skeptics, this that and the other thing, give it no credence and if you’re on the right maybe you do the same thing but gray lady, love to see you guys do your job on this and there’s more at stake than you know.

Speaker 1: (44:32)
[crosstalk 00:44:32] Did you hear this one?

Peter Navarro: (44:35)
He hasn’t queued up any of his inbox. I don’t know if he’s read it yet.

Alexandra: (44:44)
Okay, next we’re going to go to Alexa Corse from The Wall Street Journal. Alexa, I’m muting your line if you want to unmute yourself.

Alexa Corse: (44:54)
Hi Dr. Navarro thanks for doing this. I wanted to return to what you said about Georgia because that was the first time I heard about the idea of postponing it. Have you talked to Governor Kemp or other Republicans in Georgia? What do you think the Governor should do about the situation there?

Peter Navarro: (45:20)
I think that there’s a court filing filed by Lynn Wood that has put that option on the table. It’s not my job to call Brian Kemp, but if he were to read this report I would not be unhappy about that. He really needs to step up, Ducey needs to step up, the state legislatures in these states need to step up. I mean these- in the presentation I didn’t go through kind of the individual states but this whole idea of each state and the toll story idea has it’s own- it’s kind of compromised in it’s own ways and yeah part of the problem in Georgia is Kemp was directly involved in that consent degree. So it’s kind of hard for him to admit that it’s illegal and basically gave the Democrats the weapon to destroy the Republicans. So that’s a little bit tough.

Peter Navarro: (46:40)
In Arizona, again, let’s be frank here the McCain factor is operative in Arizona politics there and there might be something going on in terms of the Arizona Republicans doing a little payback here but I mean, again, Alexa I get back to what I’m seeing here. I mean it’s like if you look very, very carefully at all of the evidence it’s frightening the scope of this and there’s plenty there and you can’t say that there’s no there there. There’s just plenty there and I mean, look, why don’t we know where that tractor trailer is that allegedly went from New York to a polling place in Pennsylvania? Where is Bill Barr and the justice department and Chris Wray on that? I mean why aren’t we seeing that?

Peter Navarro: (47:48)
By the way, somebody asked me earlier about the FBI and the justice department. Let’s think about this, it’s like prior to the election when Joe Biden was saying that the Hunter Biden laptop from hell showed nothing on it and the FBI had evidence to the contrary and was already conducting investigations yet they let that stand. I mean what’s going to happen here after the inauguration day and Joe Biden gets in and then they’ll tell us all this stuff happened? So, anyway it’s a dangerous game that the media is playing, that the political establishment is playing and that our justice branch of government is playing and I think we can do better.

Peter Navarro: (48:46)
So I urge The Wall Street Journal, who never liked our fair trade policies either, to investigate this a little bit more fully. Anyways, next question.

Alexa Corse: (49:00)
I just wanted to clarify, it was a little muffled, you said that Governor Ducey of Arizona also needs to step up?

Peter Navarro: (49:09)
Yeah of course. I mean Arizona is … Look, there’s, again, if you look at the report there’s a lot of things going on there in terms of ballot mishandling, there’s weird statistical anomalies and machine irregularities. Yeah, I mean let’s get to the bottom of it and remember here’s the tell in the [inaudible 00:49:34] game. This is the [inaudible 00:49:35]. We went to huge Trump leads in four of the battleground states and all we got across six battlegrounds was razor, razor thin margins. Razor thin margins and the ballots in question are five and 10 times those margins. So, yeah I mean we should get to the bottom of this because I think if we got to the bottom of it … Look, if we get to the bottom of it and there’s nothing there hey, again, I’ll be the first to congratulate the Biden/Harris ticket and America can breathe a sigh of relief that they had a fair election.

Peter Navarro: (50:21)
But up until then, no. The public smells something is wrong, Republicans don’t trust this election any more than they trust The New York Times and The Washington Post. Next question.

Alexandra: (50:41)
Thanks Alexa for the question and thanks to all the media on the call and the patients and Dr. Navarro for your time. We have tons of questions from people who are not reporters and I just want to sprinkle some of those in. Charles Gray, we’re going to unmute your line and just unmute yourselves.

Peter Navarro: (51:09)
Let’s do this. If the reporter questions are done let’s take two more questions from the audience and then it’s two o’clock.

Alexandra: (51:19)
Yes, thank you everybody for staying on so long.

Peter Navarro: (51:25)
Yeah.

Alexandra: (51:27)
All right we do have another reporter question we missed. Jeff Earl from The Daily Mail if you could unmute your line.

Jeff Earl: (51:44)
Can you hear me now Dr. Navarro?

Alexandra: (51:46)
Yes, sorry. Sorry I missed it. I missed you on asking a question, I apologize.

Jeff Earl: (51:51)
No problem. Thanks so much guys. Listen, I just wanted to ask since you mentioned at the top that you’re nearing your personal capacity. There is this issue of the Office of Special Council I think sent a letter from some of your past meetings-

Peter Navarro: (52:06)
Yeah, we’re not going there dude. Next question. Mute this guy.

Jeff Earl: (52:11)
Well, but hang on.

Peter Navarro: (52:12)
No, no. Mute that guy. Mute the guy. Mute the guy.

Jeff Earl: (52:17)
I’m not just a guy-

Peter Navarro: (52:19)
We’re talking about the … Hey, Alexandra? Okay.

Alexandra: (52:29)
Yes?

Peter Navarro: (52:29)
Next question.

Alexandra: (52:33)
We’re going to ask a question. Charles’ line is unmuted. Charles? If you just unmute your line there. Okay. Doesn’t seem to be working.

Peter Navarro: (52:56)
Why don’t we do this, why don’t we do this, hey, this has been great a full hour of Q&A here and we’ll leave it at that and I urge all you good reporters including the guy from The Daily Mail to write a good story about the report itself, and let’s see what happens as the President said. All right, thank you.


Décapitation de Conflans: Après la Révolution, l’immigration permanente dévore ses propres enfants ! (When immigration like Saturn devours its own children)

19 octobre, 2020

RD0657139: February 2008EM youth bulge: a demographic dividend or time bomb? | Financial TimesImage
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Le facteur clé, c’est la démographie. En règle générale, les êtres humains qui se mettent à en tuer d’autres sont en gros des mâles âgés de 16 à 30 ans. [et] dans les années 1960, 1970 et 1980, le monde musulman a connu un fort taux de natalité, d’où un fort surplus de jeunes. Samuel Huntington (2001)
Comment voulez-vous intégrer des enfants dans ma commune puisqu’ils sont 95% alors que les Français sont 5% ? Pierre Bernard (maire de Montfermeil, 1989)
En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Georges Marchais (6 janvier 1981)
Nous pensons que tous les travailleurs sont frères, indépendamment du pays où ils sont nés (…) Mais dans la crise actuelle, elle [l’immigration] constitue pour les patrons et le gouvernement un moyen d’aggraver le chômage, les bas salaires, les mauvaises conditions de travail, la répression contre tous les travailleurs, aussi bien immigrés que français. C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Georges Marchais
Il faut résoudre d’importants problèmes posés dans la vie locale française par l’immigration […] se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français. Quand la concentration devient très importante […], la crise du logement s’aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d’aide sociale nécessaire pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes peuplées d’ouvriers et d’employés. L’enseignement est incapable de faire face… Georges Marchais (lettre au recteur de la Mosquée de Paris, 7 juin 1981)
La France ne peut plus être un pays d’immigration, elle n’est pas en mesure d’accueillir de nouveaux immigrants (…) Le regroupement familial pose par son ampleur des problèmes très réels de logement, de scolarisation et d’encadrement so­cial. (…) On ne peut tolérer que des clandestins puissent rester en France. (…) Il faut tout mettre en œuvre pour que les décisions de reconduite à la frontière soient effectives (…) La très grande majorité des dossiers déposés à l’Ofpra s’avère injustifiée (de l’ordre de 90 %), ces demandes n’étant qu’un prétexte pour bénéficier des avantages sociaux français (…) Les élus peuvent intervenir efficacement et les collectivités locales […] doivent avoir leur mot à dire quant au nombre d’immigrés qu’elles accueillent sur leur territoire », afin de « tenir compte du seuil de tolérance qui existe dans chaque immeuble (…) Les cours de “langues et cultures des pays d’origine” doivent être facultatifs et déplacés en dehors des horaires scolaires. (….) l’islam n’apparaît pas conforme à nos fondements sociaux et semble incompatible avec le droit français (…) Il y a bien incompatibilité entre l’islam et nos lois. C’est à l’islam et à lui seul de [s’adapter] afin d’être compatible avec nos règles. (…) ce n’est pas aux pouvoirs publics d’organiser l’islam. On n’intègre pas des communautés mais des individus (…) Il convient de s’opposer (…) à toute tentative communautaire qui viserait à instaurer sur le sol français des statuts personnels propres à certaines communautés. (…) Les activités cultuelles doivent être exclues de la compétence des associations relevant de la loi de 1901. (…) la mainmise de l’étranger sur certaines de ces associations est tout à fait inacceptable. (…) la création de lieux de culte doit se faire dans le respect (…) du patrimoine architectural de la France. Etats généraux RPR-UDF (1er avril 1990)
Notre problème, ce n’est pas les étrangers, c’est qu’il y a overdose. C’est peut-être vrai qu’il n’y a pas plus d’étrangers qu’avant la guerre, mais ce n’est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des Noirs […] Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler… si vous ajoutez le bruit et l’odeur, hé bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et ce n’est pas être raciste que de dire cela… Jacques Chirac (19.06.1991)
Quand madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 70 – parce que c’est ça en réalité, en pensant qu’on peut fermer les frontières, qu’on peut nationaliser les industries, qu’on peut sortir un certain nombre de capitaux de notre pays sans qu’il y ait de risques. Quand elle parle comme le Parti communiste, ça parle dans cette région-là [le Nord- Pas-de-Calais, ndlr] parce que ça a été, encore aujourd’hui, une région influencée par le Parti communiste. (…) Sauf que le Parti communiste, il ne demandait pas qu’on chasse les étrangers, qu’on fasse la chasse aux pauvres… Il avait des valeurs.. (…) Marine Le Pen parle comme le Parti communiste des années 70 « avec les mêmes références que son propre père quand il s’agit de montrer que c’est l’étranger, que c’est l’Europe, que c’est le monde ». François Hollande (19.04.2015)
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, la philo, les philosophies. Et puis, c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Nous accueillons déjà une centaine de mineurs non accompagnés par jour en moyenne depuis le 1er janvier, ce qui laisse à penser que les nouveaux entrants seront, pour la seule année 2020, environ 40.000. À ce stade, les 40.000 mineurs non accompagnés dont s’occupent les départements coûtent déjà 2 milliards d’euros par an. À raison de 50.000 euros de prise en charge annuelle par enfant en moyenne, je vous laisse imaginer le poids pour les finances publiques quand, à la fin de l’année, le stock de dossiers validés avoisinera les 60.000. C’est une charge beaucoup trop lourde pour de nombreux exécutifs départementaux, d’autant que cette situation relève de choix de politique migratoire qui incombent essentiellement au gouvernement. Directeur à l’Association des Départements de France
Parmi les moments terribles qu’a connus le procès encore en cours, je retiendrai deux instants forts, l’un concernant Charlie, l’autre concernant l’hyper qui nous laisse entrevoir à travers le témoignage de deux victimes le pourquoi de la tragédie française. Le journaliste de Charlie hebdo, Fabrice Nicolino, l’a expliqué sans faux-semblants. (…) À la barre, le journaliste ne craint pas de mettre en cause le pape de l’islamo-gauchisme Edwy Plenel: «Plenel ose écrire que Charlie mène une guerre aux musulmans. Il faut savoir ce qu’on écrit, si vraiment Charlie mène une guerre, alors tout est permis en retour! Comment un homme comme lui a mené une infamie pareille». La France est «malade» de cette génération d’intellectuels biberonnés au stalinisme, qui se sont mentis à eux-mêmes sur la nature de cette idéologie-là, qui aujourd’hui «refusent leur responsabilité et nous regardent crever dans notre coin sans broncher». La France est «malade» de cette génération d’intellectuels biberonnés au stalinisme, qui se sont mentis à eux-mêmes sur la nature de cette idéologie-là, qui aujourd’hui «refusent leur responsabilité et nous regardent crever dans notre coin sans broncher». Pour Fabrice Nicolino ces gens-là ont «préparé» le terrain du terreau terroriste. (…) Le second témoignage édifiant a été rapporté par la jeune caissière de l’Hyper Casher Zarie Sibony. Amedy Coulibaly s’adresse ainsi à elle: «vous êtes juifs et français, les deux choses que je déteste le plus». Rapprochez les témoignages et vous comprendrez la responsabilité islamo-gauchiste anti-occidentale, anti- française, antisémite et antisioniste dans la fabrication de la haine en milieu immigrée islamique. Les journalistes de Charlie hebdo luttaient contre l’islam radical, ils étaient aussi français. Les clients de l’Hyper mangeaient casher, ils étaient tout aussi français. Si vous pensez que les grands massacres ont calmé l’islamo-gauchisme français, vous vous trompez lourdement. Celui-ci s’est enrichi de la névrose américaine. Aujourd’hui, ce n’est plus seulement le français, le chrétien, le juif qui est détesté, c’est aussi, mais de manière cette fois construite et assumée le blanc, raciste systématique. Il paye tous les jours comptant dans les banlieues comme dans les cités périphériques, à coups de couteau reçus. Cela s’appelle pourtant la violence gratuite. Le dernier drame de la tragédie française est survenu vendredi, on l’a dit. Son auteur est donc ce très jeune migrant islamiste, fanatisé et isolé. Il faisait partie il y a quelques semaines encore de cette cohorte grandissante de mineurs supposés, évalués aujourd’hui à 40 000 individus qui causeraient 60 % des crimes et délits en région parisienne. Sur les réseaux sociaux populaires, la chose est dite, mais la plupart du temps, hors drame où les plumes se délient, les médias convenus n’interviennent que pour stigmatiser la France de ne pas savoir traiter convenablement ces gens qu’elle n’a pas invités et dont elle ne sait que faire. Bien entendu, des ONG politisées et que ne renieraient pas les organisations islamo-gauchistes sauce Mélenchon font tout pour que le drame ne cesse. Quant à l’Europe, elle qui hier encore chantait béatement l’air immigrationniste du pacte de Marrakech (ce traité onusien qui rappelez-vous n’existait que dans l’esprit complotiste de la fâcheuse sphère) la voilà qui reconnaît la nécessité de tenter de résister à ce qu’elle ne peut faire autrement que décrire que comme une invasion difficilement résistible. Gageons sans grand risque que derrière les slogans elle demeurera impuissante. Seuls les États-nations le peuvent, encore faut-il que leur gouvernement le veulent, sans craindre de déplaire à l’église cathodique universaliste. La tragédie française, celle de son peuple détesté, à la voix étouffée et à la volonté méprisée, continue. Gilles William Goldnadel (28.09.2020)
Pour rien au monde, je n’aurais mis un bout de mon pied place de la République. Je ne supporte plus le symbolique. République, mot galvaudé, transformé en mantra que l’on utilise en gargarismes. Pour ne pas dire État et encore moins nation. Je ne supporte plus la vue des bougies et le bruit des incantations. Vingt ans à prendre des coups par les petits marquis de la gauche morale sentencieuse qui aurait encore l’indécence de vouloir prendre en charge l’organisation d’une manifestation dont elle a effectivement une grande part de responsabilité morale dans sa survenance. Vous auriez voulu que je marche à côté des cadres sans militants de SOS-Racisme qui auront passé leur temps à traiter de racistes ceux qui il y a dix ans alertaient des dangers de l’islam politique ou radical? Vous auriez voulu que je mêle mes pas avec ces antiracistes de carnaval qui, il y a encore peu, considéraient comme haineux ou injurieux d’évoquer l’antisémitisme islamique et qui ont vainement traîné devant les tribunaux mon ami Georges Bensoussan. C’était évidemment avant les grands massacres. Vous auriez voulu que je me commette avec l’UNEF qui organise des camps racisés? Avec la LDH qui n’avait d’yeux que pour Ramadan et les jeunes filles voilées? Vous auriez voulu sans doute que je défile derrière ces syndicats d’enseignants qui il y a encore peu niaient la difficulté d’enseigner dans les classes la Shoah. Vous avez oublié sans doute qu’il n’y a pas 20 ans certains d’eux expliquaient doctement qu’il ne fallait pas prendre au pied de la lettre les enfants qui en traitaient d’autres de «juifs». À moins que vous ayez imaginé que je puisse faire un petit bout de chemin, au nom de l’union nationale, avec à ma gauche M. Coquerel et Mme Obono. Le premier qui, il n’y a pas encore longtemps, accompagnait une centaine de sans-papiers occuper la basilique Saint-Denis dont il ignorait sans doute qui elle abrite. La seconde qui décernait hier encore des brevets d’antiracisme à la très antisémite Bouteldja, mutique avec ses indigénistes depuis vendredi soir. J’aurais pu également aller bras dessus- bras dessous avec leur lider maximo ou avec la sénatrice Benbassa. Ils m’auraient raconté , yeux embués, l’ambiance qu’il y avait à la grande manifestation constellée d’étoiles jaunes contre cette redoutable islamophobie qui ensanglante la France. Cet évènement organisé par le sieur Majid Messaoudene, élu de Seine-Saint-Denis, boute-en-train irrésistible lorsqu’il s’agit de blaguer sur les massacres de Mohamed Merah. Mais désolé, je ne chemine pas aux côtés des fabricants de cigarettes lorsque je marche contre le cancer. Seulement m’intéressent les actes, et les incantations du type «ils ne passeront pas!», puisées au demeurant inconsciemment dans la geste révolutionnaire marxiste, servent de faux-semblants. Je constate que le dernier angle mort d’une vision du réel qui s’améliore même du côté de chez les myopes demeure la mise en cause de l’immigration illégale, massive et donc invasive. Une réalité tellement éclatante qu’elle en est aveuglante. En quinze jours, un migrant pakistanais et un migrant tchétchène qui n’auraient pas dû se trouver sur le territoire national, l’un avec un hachoir, l’autre avec un couteau à décapiter une tête bien faite, ont voulu venger leur prophète. Fort peu de responsables politiques et médiatiques ont osé incriminer la réalité de la dangerosité de l’immigration islamique massive et illégale. Non pas évidemment que tous les migrants musulmans soient dangereux. Il s’en faut de beaucoup. Mais compte tenu de la dangerosité statistique d’une partie de ceux déjà installés sur le territoire français et qui fait que les services de renseignements antiterroristes sont d’ores et déjà saturés, toute arrivée nouvelle accroît le danger déjà infernal. Le fait que la France officielle demeure hermétique à ce raisonnement purement arithmétique, exclusif de tout essentialisme, prouve à quel point cette fermeture psychologique au réel est de nature suicidaire. Le combat intellectuel et culturel contre l’immigration illégale imposée de force au peuple français est un combat existentiel. Tout le reste n’est que bruit, esquive, hypocrisie, frime et jactance. Vous verrez que dans quinze jours, quand le nom de Paty commencera à être moins sur les lèvres françaises, que cet homme courageux reposera dedans la terre froide, il se trouvera de belles âmes ou des forts en gueule qui nous expliqueront avec hauteur que nous sommes abusés par nos sens, que l’immigration est une aubaine pour la France et que celle-ci n’est pas un coupe-gorge. Pardonne-leur Samuel de leur lâche bêtise, mais moi je ne marche plus. Pierre William Goldnadel
Democratic nominee Joe Biden is attracting more support than Hillary Clinton did among white voters as a whole — especially white women, older white voters and those without a four-year college degree — which has helped him build a substantial lead of around 10 points, according to FiveThirtyEight’s national polling average. However, Trump is performing slightly better than last time among college-educated white voters, and he has gained among voters of color, especially Hispanic voters and younger Black voters. FiveThirtyEight
La police française abat un homme après une attaque mortelle au couteau dans la rue.  New York Times
C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie, et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes. Emmanuel Macron (2017)
Pour le Mali, je vais prier, implorer les bénédictions et la miséricorde d’Allah, parce que je suis musulmane. Vous dites Sophie, mais c’est Mariam que vous avez devant vous. J’ai fait de la détention une retraite spirituelle. Sophie Pétronin
Il faut avoir le courage de se regarder en face pour comprendre le chemin que prend la France et la perception que certaines minorités peuvent avoir de la situation. Certes, le procès d’un terroriste islamiste capturé vivant peut être sulfureux, créer transitoirement des troubles à l’ordre publique et attiser certaines tensions. Mais on ne peut pas s’indigner de la barbarie terroriste et souscrire dans le même temps à la barbarie policière sans être en contradiction avec soi-même ou tourner le dos, sciemment, à la République Française. Ce jeune de 18 ans n’est, au moment précis de sa mort, qu’un suspect armé d’un jouet et d’un canif. Applaudir une police qui tue de façon aussi sommaire et systématique les individus suspectés de terrorisme, c’est applaudir une barbarie, c’est encourager la spirale mortifère des violences policières et c’est embrasser ce choc des civilisations qui se trouve — depuis plus 30 ans — en haut de l’agenda de toutes les extrêmes-droites du monde. Mediapart
Arnaud Beltrame n’est pas « victime de son héroïsme » mais du terrorisme et des impies qui se prennent pour Dieu. Les auteurs de cette expression, qui célèbre la victime en cachant le bourreau, sont soit des lâches, soit des fourbes, soit des imbéciles, soit des socialistes. Raphaël Enthoven
A l’évidence, Oussama Ben Laden veut provoquer un choc des civilisations entre l’Islam et l’Occident. La priorité pour notre gouvernement est d’empêcher que le conflit n’évolue ainsi. Mais le danger existe bel et bien. L’administration Bush a agi exactement comme il le fallait en s’efforçant de rassembler derrière elle les gouvernements et les peuples musulmans. Aux Etats-Unis même, beaucoup font pression pour que l’on s’attaque à d’autres groupes terroristes et aux Etats qui les soutiennent. Ce qui, à mon sens, pourrait transformer cette crise en un choc des civilisations. (…) Les gens impliqués dans les mouvements fondamentalistes, qu’ils soient islamiques ou autres, sont souvent d’un haut niveau de formation. Bien sûr, la plupart ne deviennent pas des terroristes. Mais ce sont des jeunes gens intelligents, ambitieux, qui veulent profiter de leur éducation dans une économie moderne et développée, et ils finissent par être exaspérés par le chômage et par le manque de possibilités qu’offre la société. Ils sont victimes de pressions contraires, entre les forces de la mondialisation et ce qu’ils considèrent comme l’impérialisme et la domination culturelle de l’Occident. Visiblement, ils sont attirés par la culture occidentale en même temps qu’elle les rebute. (…) Si vous étudiez les frontières du monde musulman, vous vous apercevez qu’il y a toute une série de conflits localisés impliquant musulmans et non-musulmans : la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la région du Caucase, la Tchétchénie, le Tadjikistan, le Cachemire, l’Inde, l’Indonésie, les Philippines, le nord de l’Afrique, le conflit israélo-palestinien. Les musulmans affrontent également d’autres musulmans, bien plus d’ailleurs que ne s’affrontent les représentants d’autres civilisations. (…) Je ne pense pas que l’islam soit plus violent qu’une autre religion, et je me demande si, au bout du compte, les chrétiens n’ont pas massacré plus de gens au fil des siècles que les musulmans. Mais le facteur clé, c’est la démographie. En règle générale, les êtres humains qui se mettent à en tuer d’autres sont en gros des mâles âgés de 16 à 30 ans. Dans les années 1960, 1970 et 1980, le monde musulman a connu un fort taux de natalité, d’où l’importance de la population jeune. Cette importance va décroître. Le taux de natalité des musulmans est en baisse. En fait, il a accusé une baisse considérable dans certains pays. A l’origine, l’islam s’est effectivement répandu par l’épée, mais je ne crois pas que la violence soit inhérente à la théologie islamique. Comme toutes les grandes religions, on peut interpréter l’islam de diverses façons. Les gens comme Ben Laden peuvent se servir d’éléments du Coran comme d’autant de commandements appelant à tuer les infidèles. Mais les papes ont fait exactement la même chose quand ils ont lancé les croisades. (…) [faire plus pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme au Moyen-Orient] est certes souhaitable, mais aussi difficile. Le monde musulman a naturellement tendance à résister à tout ce qui est occidental, ce qui est compréhensible si l’on tient compte de la longue tradition historique des conflits entre l’Islam et la civilisation occidentale. A l’évidence, il y a dans la plupart des sociétés musulmanes des groupes qui penchent en faveur de la démocratie et des droits de l’homme, et nous devrions selon moi les soutenir. Mais c’est là que nous nous heurtons à un paradoxe : beaucoup des groupes qui protestent contre la répression au sein de ces sociétés sont également fondamentalistes et antiaméricains. Nous l’avons vu en Algérie. La défense de la démocratie et des droits de l’homme est un objectif essentiel pour les Etats-Unis, mais nous avons aussi d’autres intérêts. Le président Carter était totalement engagé dans la défense des droits de l’homme et, quand j’ai fait partie de son Conseil de sécurité nationale, nous avons eu d’innombrables débats à ce sujet. Mais, autant que je m’en souvienne, personne n’a jamais évoqué l’idée de favoriser les droits de l’homme en Arabie Saoudite, et ce pour une raison des plus évidentes. (…) La Russie se tourne vers l’Occident dans les circonstances actuelles pour des raisons pragmatiques. Les Russes ont le sentiment d’être gravement menacés par le terrorisme et estiment qu’il est de leur intérêt de s’aligner sur l’Occident et d’acquérir un certain crédit auprès des Etats-Unis, dans l’espoir que nous freinions notre désir d’expansion de l’OTAN dans les Etats baltes et notre programme de défense antimissile. C’est une coïncidence d’intérêts, mais je ne crois pas qu’il faille y voir un réalignement majeur. Je pense néanmoins que les Russes s’inquiètent de l’ascension de la Chine, ce qui les poussera vers l’Ouest. (…) Les musulmans se battent contre les Occidentaux, les orthodoxes, les juifs, les hindouistes, les bouddhistes. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a un milliard de musulmans dans le monde, qui s’étendent sur tout l’hémisphère Est, depuis l’Afrique de l’Ouest jusqu’à l’est de l’Indonésie, et ils sont en interaction avec des dizaines de populations différentes. On peut par conséquent en déduire qu’ils ont davantage de possibilités d’entrer en conflit avec d’autres. (…)  La partie essentielle que je consacre à l’Islam dans mon livre est intitulée Conscience sans cohésion, et j’y aborde les divisions du monde islamique, les conflits entre musulmans. Même dans la crise que nous traversons, ils sont divisés. Ce milliard d’êtres humains constitue une foule de sous-cultures, de tribus. Il n’y a pas de civilisation moins unie que celle de l’Islam. Ce problème, Henry Kissinger l’a exprimé il y a trente ans à propos de l’Europe : “Si je veux appeler l’Europe, quel numéro dois-je composer ?” Si on veut appeler le monde musulman, quel numéro doit-on composer ? Si l’Islam pose des problèmes, c’est du fait de son manque de cohésion. S’il existait un pouvoir dominant au sein du monde musulman, on pourrait traiter avec lui. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est à une compétition entre les différents groupes islamiques. Samuel Huntington (2001)
L’erreur était que personne n’a fait attention à l’explosion de la population palestinienne. La population palestinienne a été multipliée par presque 6 dans les 50 dernières années. (…) au Liban, en Tunisie et en Algérie une femme a moins de deux enfants en moyenne. même si le Hamas devrait décider de tout signer tout, leurs jeunes hommes vont déchirer ces accords en morceaux. (…) La Palestine est un cas particulier. Ils n’ont jamais eu aucune chance de développement parce qu’ils ont toujours été sous soutien international. Gunnar Heinsohn
Une femme tunisienne a 1,7 enfant en moyenne. En France, elle en a bien souvent 6, parce que le gouvernement français la paie pour ça. Bien entendu, l’argent n’a jamais été destiné aux Tunisiennes en particulier, mais les Françaises ne sont pas intéressées par cet argent, tandis que les Tunisiennes ne sont que trop heureuses de le recevoir. (…) Dans les pays occidentaux, nous avons partout ce système d’allocations sociales qui est à peine utilisé par la population locale. D’un autre côté, il y a cette population immigrante dont les femmes ne peuvent être compétitives sur le marché du travail local. Pour les Danoises et les Allemandes, les allocations sont trop faibles pour être attractives. Pas pour les immigrants. Ce que l’on voit donc en Angleterre, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, ce sont des femmes issues de l’immigration qui complètent leur éventuel petit salaire par les deniers publics. Ce n’est pas un revenu extraordinaire, mais ça leur suffit. Et cela crée un genre de « carrière » réservé aux femmes, un modèle que leurs filles suivront. (…) Mais les fils n’ont pas ce choix. Ils ont grandi dans les basses couches de la société, sans les compétences intellectuelles nécessaires pour améliorer leur position. Ce sont ces garçons qui mettent le feu à Paris, ou dans des quartiers de Brême. Certains d’entre eux parviennent jusqu’à l’université et deviennent des leaders pour les autres – pas des pauvres, mais de jeunes hommes de rang social peu élevé, qui croient être opprimés à cause de leur confession musulmane, alors qu’en réalité c’est le système social qui a créé cette classe de perdants. (…) Par contre, au Canada, où je passe une partie de l’année depuis vingt ans, on trouve une politique complètement différente. Ils disent : notre politique d’immigration se fait sur une base simple. Tout nouveau Canadien, né ici ou venu de l’étranger, doit être plus doué que ceux qui l’ont précédé ; parce que seule l’innovation nous permettra de conserver notre position dans la compétition mondiale. Je veux donc que mon fils soit plus intelligent que moi. Et croyez-le ou non : 98% des immigrants canadiens ont de meilleures qualifications professionnelles que la moyenne des Canadiens. En Allemagne et en France, le chiffre est de 10%. Là où nous jouons la quantité, ils jouent la qualité. (…) Et pourquoi ? En Allemagne, parce que les gens avaient peur d’être traités de racistes ; et il semblerait que tous les pays européens souffrent de cette peur de faire des choix. (…) Il n’est pas étonnant que de jeunes gens travailleurs et motivés, de France et d’Allemagne, choisissent d’émigrer. Ainsi, ils n’ont pas seulement à subvenir aux besoins de leur propre population vieillissante. Sur 100 jeunes de 20 ans, les 70 Français et Allemands doivent soutenir aussi 30 immigrants de leur âge ainsi que leur progéniture. Cela est la cause de découragement dans la population locale, en particulier en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Alors, ils s’enfuient. (…) Le monde anglo-saxon a besoin de 50 millions d’immigrants qualifiés dans les 30-40 ans à venir, les jeunes gens qualifiés d’Europe occidentale seront donc incités à s’y installer au lieu de rester et de se battre. (…) La Californie, qui a fait demi-tour dans les années 1990, ce qui signifie que même la population blanche – à l’exception des Latinos, qui ont un taux de fertilité plus élevé – a pu passer de 1,3 à 1,8 enfant par femme. Ce n’est pas encore le taux de remplacement des générations, mais c’est néanmoins un changement notable. Et c’est énorme parce que la Californie est la région la plus avancée du monde. Vers la fin des années 1980, on pronostiquait que le taux de fertilité continuerait de baisser, mais au début des années 1990 de nouvelles études ont montré que les femmes ne voulaient plus se contenter de leur travail, et peu de temps après on a vu le taux de fertilité progresser. (…) En Europe, on a balayé ça du revers de la main, en l’expliquant par le fait que les Américains sont « tellement conservateurs », mais ce n’est pas vrai en Californie, qui de bien des façons a été la pionnière de l’Occident. Cependant, je ne vois rien de similaire en Europe. Bien sûr, la France a deux enfants par femme, mais sur cinq nouveaux-nés, deux sont déjà arabes ou africains. En Allemagne, 35% de tous les nouveaux-nés sont déjà d’origine non allemande, et les non-Allemands y commettent près de 90% des crimes violents. Comme je l’ai déjà dit – les mères sont payées pour mettre des enfants au monde, ainsi que leurs filles, et les hommes se mettent à la criminalité. Gunnar Heinsohn
Pour Amélie Blom, l’attaque récente relève d' »une forme de violence très différente du terrorisme jihadiste, que ce soit d’Al-Qaïda ou de l’Etat islamique ». La politiste n’y voit pas une « volonté de terroriser la population pour atteindre le gouvernement français ». Il s’agit plutôt, selon elle, « d’une volonté personnelle de faire justice soi-même et de punir au nom de convictions morales ou idéologiques », sans injonction, a priori, d’une organisation quelconque. La démarche relèverait « d’une sorte de vigilantisme que l’on pourrait comparer aux assassinats de médecins pratiquant l’IVG par des militants ultraconservateurs aux Etats-Unis, par exemple ».  « Cela n’a rien à voir avec Al-Qaïda ou les talibans, acquiesce Paul Rollier. Il ne faut pas voir derrière la Dawat-e-Islami une organisation cohérente qui aurait un agenda islamiste. » Selon cet anthropologue, l’agression de vendredi était sans doute « un acte adressé avant tout à une audience pakistanaise, et plus particulièrement à la province du Pendjab, dont la culture populaire considère le fait de venger l’honneur du prophète comme un acte héroïque ». Le chercheur avance l’hypothèse qu’un tel geste pourrait représenter une tentative pour l’assaillant de « retrouver une certaine dignité auprès de sa famille, peut-être après une émigration en France jugée décevante ». Contacté par l’AFP, un homme présenté comme le père du suspect s’est dit « très fier » de l’acte de son fils. Dans un entretien à un média local (vidéo en ourdou), il a appelé, en larmes, le gouvernement pakistanais à rapatrier son fils, qui a, selon lui, « rendu service à la cause de l’islam ». Franceinfo
[Le profil du terroriste] n’est pas le plus fréquent en effet, d’autant que les Tchétchènes sont plutôt sur des actions communautaires qu’individualistes. On a eu, ces dernières années, les frères Tsarnaïev au marathon de Boston en 2013, la prise d’otages du Théâtre de Moscou en 2002 et de l’école de Beslan en 2004, qui a fait 333 morts. Les filières tchétchènes jugées en France en 2006 avaient des projets d’attentat en groupe. Là, c’est un désoeuvré qui a voulu incarner la nécessité de défendre idéologiquement le prophète. Il est alors sous une double emprise : sa fidélité vis-à-vis de l’islam et sa loyauté aux musulmans fondamentalistes. Les ressortissants tchétchènes, prisonniers de leur image de guerriers absolutistes, se sentent dans l’obligation d’être des combattants. On l’a vu lors de l’immense rassemblement à Dijon, ils avaient dit aux forces de l’ordre de ne pas venir. Les plus fragiles sont dans la tranche d’âge 18-25 ans. Eux ont tout à prouver. Jeunes, ils sont protégés par le groupe. Lorsqu’arrive l’émancipation, ils sentent une obligation de se montrer à la hauteur. Même quand on est mince, pas costaud, il est difficile de se dissocier de cette ultraviolence véhiculée par toutes les filmographies, des Tchétchènes guerriers et absolutistes, n’ayant peur de rien. (…) Il est fier d’être un combattant. Jusque-là, il n’était connu que pour des faits de petite délinquance. C’est en somme un suiveur qui devient leader. Et il est dans une démarche mortifère : il s’en va affronter les forces de l’ordre en leur tirant dessus avec un pistolet d’Airsoft. Il se jette sur eux, poignard à la main, sachant très bien qu’il va mourir. Il est dans une impasse cognitive, il n’y a pas d’autre issue que la mort. C’est un « suicide by cop » (suicide par la police, NDLR). Quand j’étais commandant et patron des négociateurs au Raid, j’ai vu plusieurs de ces individus venir affronter l’unité d’intervention, pour se faire tuer. Ils savent que tout est perdu. La mission de tuer est supérieure à sa propre vie. (…) Il a tout sur lui pour aller au bout de son acte, même de quoi provoquer la police. Son arme d’Airsoft n’allait pas l’aider à tuer le professeur. L’impréparation est totale, mais la préméditation est indiscutable. (…) Le couteau de 35 cm fait partie de l’arsenal imaginaire et fantasmatique du personnage. C’est le sabre de Saladin. Il n’avait pas besoin de ça, il faut juste un couteau tranchant pour procéder à une décollation. Peut-être s’est-il motivé en allant voir des vidéos de décapitation de Daesh qui abondent sur le Dark Net. Ce mode opératoire est le meilleur moyen d’effrayer le monde. Quelle image laisse-t-il ? Celle d’un acte horrible, celle de la justice de l’Etat islamique dans son califat, d’une justice moyen-âgeuse. On tranche la tête, on sort l’âme du corps : pour arriver à une telle transgression des freins moraux, il faut déshumaniser sa cible. Dès lors que l’Autre n’est plus humain, il est permis de faire n’importe quoi. Nous, nous avons des freins moraux, mais ce garçon se dit qu’il ne sera pas jugé par la justice des hommes, mais divine. Seul Dieu lui dira si ce qu’il a fait est bien ou non. Dès lors qu’il prépare son acte, il n’appartient plus à la communauté des hommes, c’est fini. (…) Il a suffi que des mentors, des gens malins lui laissent entendre : « Si tu veux faire, fais ». Ces idéologues, qui se sentent une nécessité de faire du prosélytisme partout, sèment. Et à un moment donné, cela pousse quelque part. Là, ça a poussé dans la tête de ce garçon. Car le passage à l’acte seul, isolé, décorrélé de tout contact, est rare. Deux facteurs sont aggravants pour le fonctionnement psychique. Le premier, c’est la famille, qui peut tellement se révolter face à une offense faite à Dieu, que l’enfant se sent obligé d’incarner celui qui va rétablir l’ordre. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas ici. Le second, ce sont les relais immédiats, communautaires ou relationnels, pas nécessairement tchétchènes. Des islamistes influents qui, en tant que mentors, créent une obligation morale à ceux qui les écoutent. Là il est possible que ce garçon ait été révolté par ce qu’on lui racontait, des choses inexactes, partielles… En toute vraisemblance, Anzorov, qui utilisait Twitter, a en effet visionné des vidéos relayées en ligne, qui ont popularisé la polémique liée à la diffusion des caricatures du prophète, au collège de Bois-d’Aulne. Celle du parent d’élève Brahim C., suivie de celles du prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui qui parle d’un professeur « voyou » dont il réclame la « suspension immédiate » parce qu’il aurait « agressé, humilié devant leurs camarades » des « enfants de 12-13 ans, musulmans »… Il a pu se radicaliser tout seul par le visionnage de ces vidéos — celles-ci et d’autres — mais indiscutablement, cette polémique, lancée par Sefrioui, a forcément eu un impact. A partir du moment où on un mentor se positionne, qu’il paraît sincère, l’offense se partage émotionnellement. Pour certains membres de communautés étrangères, qui ne sont pas dans les repères de la communauté nationale classique, offenser Dieu paraît inepte, incompréhensible. Le logiciel est binaire : gentils d’un côté, méchants de l’autre. Il y a les respectueux et les offenseurs, ce qui permet de donner du sens à cette situation. Dans leur concept moral, la laïcité n’existe pas… Christophe Caupenne (ancien négociateur du Raid)
Rien n’est jamais inéluctable. Mais nous sommes en train de perdre la bataille contre l’islamisme. Dans un premier temps, j’ai été sidéré, puis la révolte a succédé à la sidération. J’ai entendu le président de la République parler d’un acte terroriste. Ce terme-là ne définit pas la réalité de cette décapitation, de cette barbarie. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une volonté d’appliquer la charia sur le sol français. C’est un acte de violence mais c’est aussi un acte qui a un sens : la terre de France doit se soumettre. Et c’est la mort pour ceux touchent au prophète ou au dogme. Quant à ceux qui prétendent que c’était inéluctable, ils oublient que l’alerte avait été donnée depuis des jours. Qu’a fait l’institution, l’Éducation nationale, pour protéger ce professeur ? (…) Souvenez-vous de l’attentat dans le cœur du cœur du service anti-terroriste de la préfecture de police de Paris. Il y a eu deux enquêtes administratives. Avez-vous eu connaissance de sanctions ? Non, bien sûr ! Si nous ne l’avions pas encore compris, nous sommes confrontés à un combat global. Bien sûr, nos services ont fait d’énormes progrès. Mais nous perdons la bataille par lâcheté, par renoncement. Il y a des espaces physiques, des enclaves territoriales dans lesquelles l’islam politique peut soumettre les esprits et les territoires à la loi religieuse qui, dans ces endroits, est supérieure à la loi civile. Il y a aussi une colonisation intellectuelle, par exemple le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui utilise le concept d’islamophobie pour faire avancer la cause islamique sous couvert de défense des libertés. Et nous, nous ne luttons pas ! Nous ne nous rendons pas compte qu’aujourd’hui, si ce professeur n’a pas bénéficié d’une protection malgré les alertes, c’est parce que nous avons préféré le silence. Le même silence qu’à la préfecture de police de Paris. Ces silences coupables sont des silences criminels. (…) Le problème ne date pas de ce quinquennat. Mais la faute politique personnelle d’Emmanuel Macron est de ne pas avoir mis tout de suite la priorité sur la lutte contre l’islam politique. Pourtant, il avait été secrétaire général adjoint de l’Elysée, et ministre : il savait ! Par ailleurs, du discours aux actes, il y a encore beaucoup de chemin à franchir. Il semble vouloir faire, mais je crains qu’il fasse semblant. Les mesures qu’il envisage sont des demi-mesures : il n’a pas prévu de traiter la question de l’immigration. Or, c’est un angle mort qui devient un angle mortel. Quand un jeune Pakistanais, soi-disant mineur non accompagné, s’en prend à deux personnes devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, c’est la question de l’immigration qui est posée. Ici, on a affaire à un jeune Russe qui a un statut de réfugié, c’est encore une question d’immigration. Souvenez-vous de ce qu’avait dit Emmanuel Macron au lendemain des rixes des deux bandes à Dijon : il nous avait promis des expulsions. Pouvez-vous me dire combien il y a eu d’expulsions ? Zéro ! Emmanuel Macron lance : « Ils ne passeront pas » Mais ils sont déjà là ! Dans nos quartiers, dans nos institutions, et même dans nos bureaux de vote avec des listes communautaires. Le président de la République grimpe sur une ligne Maginot qui a déjà été enfoncée. Il peut faire les meilleurs discours du monde, mais les mots sans les actes, c’est le mensonge, c’est la faiblesse.(…) Il y a trois niveaux de lutte, trois combats simultanés à mener. Le premier, c’est l’éradication djihadiste. Il faut commencer par refuser les revenants sur le sol français. Ceux qui sont en Irak ou en Syrie doivent rester en Irak ou en Syrie. Et s’il y a des binationaux, on doit les déchoir de la nationalité française. Il faut aussi se pencher sur les prisonniers qui sont en France. Plus de 150 coupables, condamnés pour des faits en relation avec le terrorisme, vont être libérés. Le Sénat avait formulé une proposition pour prolonger les mesures de sécurité, de rétention. Le Conseil constitutionnel a censuré ce texte. C’est un scandale : neuf juges n’ont pas le droit désarmer un peuple. Sur ces questions-là, lorsque la sécurité même des Français est engagée, nous devons recourir au référendum. (…) pour que par exemple les mesures de sureté qui s’appliquent aux délinquants sexuels s’appliquent aussi aux djihadistes. (…) L’erreur à ne pas faire est de raisonner cas par cas. Vous avez un combat qui est global. C’est bien pour cela que j’ai parlé aussi d’immigration. Il faut accueillir moins et expulser plus. Quelqu’un qui est accueilli sur notre territoire et ne respecte pas nos lois doit être expulsé automatiquement, avec sa famille. Il faut remettre à plat le droit des étrangers, limiter au maximum le regroupement familial. Nous sommes le seul pays d’Europe qui n’a pas revu à la hausse ses exigences en matière d’immigration. C’est ce genre de question qui devra être soumise à référendum, sinon la volonté générale sera entravée. Sinon, un jour, les Français se révolteront à ce sujet. On n’aura alors plus que nos yeux pour pleurer. (…) Il faut lutter contre les enclaves territoriales. Créer une task force pour reconquérir les quartiers les uns après les autres, avec des forces de sécurité, mais aussi des magistrats, des services douaniers. Pour organiser le retour massif de l’État pendant une période donnée sur ces territoires qui sont des territoires perdus de la République. Avec Philippe Bas, nous avons proposé d’ajouter à l’article premier de la Constitution cette phrase : « Nul individu, nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour se soustraire à la règle commune. » C’est la définition de la laïcité telle qu’elle devrait s’imposer à toute personne, le pendant de la loi de 1905, pour régler un certain nombre de questions qui vont du règlement intérieur d’une association, ou d’une entreprise, mais aussi à la question des piscines, des hôpitaux… Enfin, il faut s’intéresser aux lieux de culte. Vous avez vu que la mosquée de Pantin a relayé un appel contre le professeur assassiné. Je demande que cette mosquée soit fermée, comme le permettait le régime de l’état d’urgence de façon plus aisée. Des articles de la loi de 1905 permettent de fermer des lieux de culte dès lors qu’il y a des incitations à la haine ou que l’on tient des discours politiques. Il faut également interdire le financement des mosquées dès lors que l’argent provient de pays ou de groupes qui ne reconnaissent pas la liberté de conscience. Mais le plus dur, c’est la reconquête des esprits, il faut nommer les choses, refuser le piège de l’islamophobie. Interdire le voile à l’université ou dans les sorties scolaires. Il y a un espace symbolique que la République doit réinvestir. Ce qui est en jeu, c’est la défense de notre civilisation qui est attaquée dans ses fondements. Nos libertés et notre sécurité ne sont pas négociables et aucune religion n’est intouchable. Bruno Retailleau
Durant deux semaines, Samuel Paty a été l’objet d’une cabale méthodiquement ourdie, soigneusement organisée. Des militants islamistes l’ont ciblé, persécuté, calomnié. Parmi eux, un «parent d’élève», mais aussi un activiste islamiste, fiché S, membre d’un «conseil des imams de France». Les membres de cette petite bande l’ont dénoncé à sa hiérarchie. Ils l’ont signalé à la police. Ils ont jeté son nom en pâture sur les réseaux sociaux. Ils ont affiché des vidéos injurieuses sur le site internet d’une mosquée. Ils sont allés jusqu’à saisir les autorités académiques! S’ils n’ont pas armé directement la main du tueur (cela, il appartiendra à l’enquête de le dire), ces harceleurs ont indubitablement inspiré son geste. Leur acharnement criminel en dit autant sur l’époque que nous traversons que les circonstances particulièrement atroces de l’assassinat. Aujourd’hui, les fameux «loups solitaires» ne le sont jamais vraiment: ils s’enracinent dans un écosystème islamiste qui les protège et les nourrit. (…) « Ils ne passeront pas!» Ces rodomontades seraient à rire si elles n’étaient à pleurer. La triste vérité, chacun le sait, c’est que, depuis longtemps, ils sont déjà passés. L’influence islamiste pèse de tout son poids sur l’école, où l’inspecteur général Jean-Pierre Obin mesure depuis vingt ans la montée inexorable des «accommodements» concédés à cette funeste idéologie: d’après un récent sondage, 40% des enseignants (50% en ZEP) reconnaissent «s’autocensurer» sur certains sujets (on imagine aisément lesquels) face à leurs élèves pour ne pas créer d’incident. Cette influence, elle pèse (et ô combien!) sur l’université et la recherche. Elle gangrène les services publics comme les entreprises privées. Prisons, police, armée… elle n’épargne quasiment plus aucun service de l’État ni aucun secteur de la société. La vérité, c’est que les islamistes, dans notre pays, ont pignon sur rue. Ils ont, avec le CCIF, leur vitrine officielle ; ils ont aussi leurs boutiques officieuses et leurs officines clandestines. Ils ont leurs représentants légaux, leurs brillants avocats qui ont accès aux plus hautes sphères de l’administration, leurs entrepreneurs qui financent la cause, leurs activistes qui déversent la haine sur les réseaux sociaux, leurs prêcheurs qui remplissent les mosquées, leurs soldats réguliers qui noyautent les cités et leurs sicaires, désavouables à merci, qui prospèrent sur ce terreau. La vérité, c’est aussi que les islamistes peuvent compter, dans l’appareil d’État, les partis politiques et les médias, sur des compagnons de route (ou des idiots utiles) qui soutiennent efficacement la cause. C’est Jean-Louis Bianco et son Observatoire de la laïcité, qui semble avoir été ainsi baptisé par antiphrase. C’est Jean-Luc Mélenchon, qui, toute honte bue, prétend aujourd’hui combattre les amis de ceux avec qui il défilait hier. C’est Edwy Plenel, dont nul n’a oublié qu’il a accusé Charlie d’avoir «déclaré la guerre aux musulmans»! Et, derrière eux, toute une nébuleuse islamo-gauchiste rompue à la rhétorique victimaire (indigénistes, décoloniaux, Unef, SOS-Racisme, LDH…) qui devine du «racisme d’État» chaque fois qu’il est question d’appliquer la loi, dénonce des «violences policières» chaque fois qu’il s’agit de maintenir l’ordre et hurle à l’«islamophobie» chaque fois que l’on fait mine de résister aux diktats des barbus… Que certains de ceux-là se soient retrouvés hier, place de la République ou ailleurs, avec des citoyens sincèrement révoltés par les menées islamistes est une insulte à la décence autant qu’au souvenir des victimes. Et maintenant? Et demain? Après les larmes et les hommages, après les grands discours et les rassemblements, après les hashtags et les bougies, que va-t-il se passer? Allons-nous, face à la menace islamiste, revenir comme si de rien n’était à ces tractations sans gloire, ces compromissions obliques, ces concessions sournoises et ces fermetés équivoques qui nous tiennent lieu de politique depuis si longtemps? Allons-nous nous réveiller, enfin, et opposer à la guerre qui nous a été déclarée une autre guerre, impitoyable et sans merci? C’est en vérité la seule question – mais cette question est vitale – que nous devrions nous poser. (…) Il faudra aussi cesser de tourner autour du pot des fichés S: expulser les radicalisés étrangers (il semble que Gérald Darmanin veuille s’y mettre: bravo!) et interdire de tout emploi sensible (aujourd’hui ils peuvent travailler comme enseignants ou comme éducateurs!) les fichés français. Ce qui suppose là encore de passer outre l’opposition de tous ceux qui estiment qu’on ne peut rien faire au motif qu’«ils n’ont encore commis aucun crime»… Il faudra enfin se décider à aborder sans se voiler la face la question de l’immigration sans contrôle et de ses conséquences pour le pays. Un Tchétchène de 18 ans à qui la justice avait reconnu le statut de réfugié vient de décapiter un enseignant français. Quelques jours plus tôt, un jeune Pakistanais, à qui la justice – toujours elle – avait accordé la protection reconnue aux «mineurs isolés», avait perpétré une attaque au hachoir contre l’ancien immeuble de Charlie. Peut-être cette coïncidence mériterait-elle que l’on s’y arrête un instant: si la France continue d’accueillir chaque année sur son sol près d’un demi-million d’étrangers, dont la grande majorité, de confession musulmane, estime que la charia est supérieure à tout, il est peu probable que l’islamisme recule… Alexis Brézet
On n’a pas de logements en nombre suffisant pour les Réunionnais, et vous voudriez qu’on loge et soigne gratuitement des étrangers ? On n’en a pas les moyens. Joseph Rivière (secrétaire départemental du RN réunionnais)
Deux mois après la tournée de Marine Le Pen, le RN obtient à La Réunion un score historique, 31,2% des suffrages loin devant La France insoumise (19%) et La République en marche (10,4%). (…) le RN arrive en tête en Guyane (27,4%) et en Guadeloupe (23,7%), une première là aussi (…) A Saint-Martin et Saint-Barthélémy, le RN termine également premier avec 28% des suffrages. Dans la petite île de Mayotte, département français au cœur de l’archipel des Comores fragilisé par une crise migratoire, le RN fait encore mieux, recueillant 45,56% des voix. La majorité présidentielle n’arrive en tête qu’en Polynésie (43%) et en Martinique (18,2%) où elle est talonnée par le RN (16%). Libération (27.05.2019)
La Corse est un territoire assez emblématique de la France périphérique. Son organisation économique est caractéristique de cette France-là. Il n’y a pas de grande métropole mondialisée sur l’île, mais uniquement des villes moyennes ou petites et des zones rurales. Le dynamisme économique est donc très faible, mis à part dans le tourisme ou le BTP, qui sont des industries dépendantes de l’extérieur. Cela se traduit par une importante insécurité sociale : précarité, taux de pauvreté gigantesque, chômage des jeunes, surreprésentation des retraités modestes. L’insécurité culturelle est également très forte. Avant de tomber dans le préjugé qui voudrait que « les Corses soient racistes », il convient de dire qu’il s’agit d’une des régions (avec la PACA et après l’Ile-de-France) où le taux de population immigrée est le plus élevé. Il ne faut pas l’oublier. La sensibilité des Corses à la question identitaire est liée à leur histoire et leur culture, mais aussi à des fondamentaux démographiques. D’un côté, un hiver démographique, c’est-à-dire un taux de natalité des autochtones très bas, et, de l’autre, une poussée de l’immigration notamment maghrébine depuis trente ans conjuguée à une natalité plus forte des nouveaux arrivants. Cette instabilité démographique est le principal générateur de l’insécurité culturelle sur l’île. La question qui obsède les Corses aujourd’hui est la question qui hante toute la France périphérique et toutes les classes moyennes et populaires occidentales au XXIe siècle : « Vais-je devenir minoritaire dans mon île, mon village, mon quartier ? » C’est à la lumière de cette angoisse existentielle qu’il faut comprendre l’affaire du burkini sur la plage de Sisco, en juillet 2016, ou encore les tensions dans le quartier des Jardins de l’Empereur, à Ajaccio, en décembre 2015. C’est aussi à l’aune de cette interrogation qu’il faut évaluer le vote « populiste » lors de la présidentielle ou nationaliste aujourd’hui. En Corse, il y a encore une culture très forte et des solidarités profondes. À travers ce vote, les Corses disent : « Nous allons préserver ce que nous sommes. » Il faut ajouter à cela l’achat par les continentaux de résidences secondaires qui participe de l’insécurité économique en faisant augmenter les prix de l’immobilier. Cette question se pose dans de nombreuses zones touristiques en France : littoral atlantique ou méditerranéen, Bretagne, beaux villages du Sud-Est et même dans les DOM-TOM. En Martinique aussi, les jeunes locaux ont de plus en plus de difficultés à se loger à cause de l’arrivée des métropolitains. La question du « jeune prolo » qui ne peut plus vivre là où il est né est fondamentale. Tous les jeunes prolos qui sont nés hier dans les grandes métropoles ont dû se délocaliser. Ils sont les pots cassés du rouleau compresseur de la mondialisation. La violence du marché de l’immobilier est toujours traitée par le petit bout de la lorgnette comme une question comptable. C’est aussi une question existentielle ! En Corse, elle est exacerbée par le contexte insulaire. Cela explique que, lorsqu’ils proposent la corsisation des emplois, les nationalistes font carton plein chez les jeunes. C’est leur préférence nationale à eux. (…) La condition de ce vote, comme de tous les votes populistes, est la réunion de l’insécurité sociale et culturelle. Les électeurs de Fillon, qui se sont majoritairement reportés sur Macron au second tour, étaient sensibles à la question de l’insécurité culturelle, mais étaient épargnés par l’insécurité sociale. À l’inverse, les électeurs de Mélenchon étaient sensibles à la question sociale, mais pas touchés par l’insécurité culturelle. C’est pourquoi le débat sur la ligne que doit tenir le FN, sociale ou identitaire, est stérile. De même, à droite, sur la ligne dite Buisson. L’insécurité culturelle de la bourgeoisie de droite, bien que très forte sur la question de l’islam et de l’immigration, ne débouchera jamais sur un vote « populiste » car cette bourgeoisie estime que sa meilleure protection reste son capital social et patrimonial et ne prendra pas le risque de l’entamer dans une aventure incertaine. Le ressort du vote populiste est double et mêlé. Il est à la fois social et identitaire. De ce point de vue, la Corse est un laboratoire. L’offre politique des nationalistes est pertinente car elle n’est pas seulement identitaire. Elle prend en compte la condition des plus modestes et leur propose des solutions pour rester au pays et y vivre. Au-delà de l’effacement du clivage droite/gauche et d’un rejet du clanisme historique, leur force vient du fait qu’ils représentent une élite et qu’ils prennent en charge cette double insécurité. Cette offre politique n’a jamais existé sur le continent car le FN n’a pas intégré une fraction de l’élite. C’est même tout le contraire. Ce parti n’est jamais parvenu à faire le lien entre l’électorat populaire et le monde intellectuel, médiatique ou économique. Une société, c’est une élite et un peuple, un monde d’en bas et un monde d’en haut, qui prend en charge le bien commun. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le vote nationaliste et/ou populiste arrive à un moment où la classe politique traditionnelle a déserté, aussi bien en Corse que sur le continent. L’erreur de la plupart des observateurs est de présenter Trump comme un outsider. Ce n’est pas vrai. S’il a pu gagner, c’est justement parce qu’il vient de l’élite. C’est un membre de la haute bourgeoisie new-yorkaise. Il fait partie du monde économique, médiatique et culturel depuis toujours, et il avait un pied dans le monde politique depuis des années. Il a gagné car il faisait le lien entre l’Amérique d’en haut et l’Amérique périphérique. Pour sortir de la crise, les sociétés occidentales auront besoin d’élites économiques et politiques qui voudront prendre en charge la double insécurité de ce qu’était hier la classe moyenne. C’est ce qui s’est passé en Angleterre après le Brexit, ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec Trump, ce qui se passe en Corse avec les nationalistes. Il y a aujourd’hui, partout dans le monde occidental, un problème de représentation politique. Les électeurs se servent des indépendantismes, comme de Trump ou du Brexit, pour dire autre chose. En Corse, le vote nationaliste ne dit pas l’envie d’être indépendant par rapport à la France. C’est une lecture beaucoup trop simpliste. Si, demain, il y a un référendum, les nationalistes le perdront nettement. D’ailleurs, c’est simple, ils ne le demandent pas.  Christophe Guilluy
Je ne parle plus des « invisibles » et des « oubliés », puisqu’ils sont devenus très visibles – trop, aux yeux de certains. Un seuil a été franchi et c’est pour cela que je suis plutôt optimiste sur la suite des opérations. Une bataille culturelle a été gagnée. On peut observer l’émergence dans les médias, mais aussi dans la recherche ou dans le monde de la culture, de ces catégories dont on ne parlait absolument plus ces vingt dernières années. L’utilisation du concept de « gens ordinaires » permet d’élargir, de dépasser la seule question de la lutte des classes, même si celle-ci est encore très présente. Les gens ordinaires, c’est à peu près tout le monde. Cela suggère qu’il s’agit du groupe majoritaire. Et cette majorité de la population, on ne la découpe plus en classes sociologiques : classes moyennes supérieures, classes moyennes inférieures, classes populaires, etc. Car la bataille politique qui reste à mener est, d’abord et avant tout, une bataille de la représentation. On l’a vu avec les « gilets jaunes » et l’ensemble des derniers mouvements sociaux. Chaque fois qu’émerge politiquement ou socialement ce groupe majoritaire, on va très vite vous expliquer que, en fait, non, ce sont plutôt des marges qui s’expriment, des catégories minoritaires. Les « gens ordinaires » ont désormais émergé et, en utilisant cette expression, il s’agit de dire qu’on ne reviendra pas en arrière. (…) Vous pouvez mettre la poussière sous le tapis, nier la réalité, instrumentaliser les médias, il n’empêche : une majorité existe. Il faut donc prendre cette guerre de représentation pour ce qu’elle est : une guerre politique. La société libérale ne peut perdurer que si elle morcelle. D’où la réussite médiatique de concepts portant sur le morcellement de la société, son « archipellisation », sa complexité. Tout cela vise à imposer une seule idée : le peuple n’existe pas. Et s’il n’existe pas, alors les choses peuvent être gérées de façon segmentée, catégorielle. Ce qui ne pose en fait aucun problème au pouvoir. Mais cette stratégie n’a qu’un temps. Au Royaume-Uni, la working class était totalement invisible jusqu’au Brexit. Pourtant, ses membres, ces « déplorables » – pour reprendre le mot de Hillary Clinton lors de la présidentielle américaine de 2016 – ont utilisé le référendum sur le Brexit pour dire : « Nous existons. » D’un coup, la working class britannique n’est plus à la marge, en voie de disparition. Elle apparaît même plus forte que l’ancienne classe ouvrière. Elle a, de par son poids, la possibilité de renverser la table. Est-ce que Boris Johnson sera la bonne personne pour accomplir cette volonté des électeurs britanniques ? Est-ce qu’il ira jusqu’au bout ? Est-ce qu’il mettra en place une véritable politique de réindustrialisation du pays ? Toutes ces questions restent posées. Mais voilà une majorité capable, quand elle utilise de « bonnes marionnettes », de changer la donne. Idem avec les « gilets jaunes ». Certes, vous n’aviez pas toute la population française dans la rue, mais étaient là des représentants de l’ensemble des catégories modestes : des ouvriers, des employés, des retraités, des jeunes, des vieux, des gens issus de l’immigration. On avait la France dans toute sa diversité : des Blancs, des Noirs, des Maghrébins. Que s’est-il passé ? Majoritairement, la population s’est reconnue dans ce mouvement. Je veux bien que l’on me dise qu’à la fin ce mouvement est devenu autre chose, avec une forte récupération politique. Mais il n’empêche : pourquoi a-t-il autant inquiété nos élites ? Parce que ces dernières ont parfaitement compris que se jouait sur les ronds-points ce qu’ils cherchent à déconstruire depuis trente ans. À savoir : une réunion des catégories modestes qui, depuis toujours, portent l’économie. La période de confinement nous l’a d’ailleurs prouvé : la société repose beaucoup sur ces catégories-là. Face à ce mouvement majoritaire de facto, tout a été fait pour segmenter, morceler à nouveau. C’était le sens même de l’opération « grand débat » avec ces mille thématiques, tous les sujets étant traités les uns après les autres. (…) Des réponses à tout et pour tous, pour chaque segment de la population. Avec, en toile de fond, l’idée que les gens ne demandent que de l’argent. Logiquement, la fin de partie a été sifflée avec un chèque. Ce genre de situation est parfaitement gérable pour les libéraux. Finalement, pour eux, ce n’est pas un gros problème de faire des chèques. Car, dans leur esprit, ce qu’il faut, c’est ne surtout rien changer au système et faire perdurer l’idée que la société est morcelée, « archipellisée ». Il s’est pourtant passé quelque chose sur ces ronds-points, une vraie recomposition sociologique et politique. Les médias n’y ont vu que de la « radicalisation ». Vous savez, ce discours consistant à dire : « Ces gens-là n’écoutent pas, ils sont incapables de réaliser des diagnostics clairs. » Les journalistes interrogeaient des quidams et leur demandaient : « Quel est votre programme économique ? » Il y a là toute la perversité et toute la responsabilité des médias. (…) Pour le moment, l’idée pour le pouvoir, qu’il soit médiatique, politique ou économique, est de préserver l’essentiel. Pour eux, « jusqu’ici tout va bien », comme on dit. Sauf qu’une société n’est durable que si le modèle proposé bénéficie au plus grand nombre. Or, dans la France périphérique et dans beaucoup de territoires, précarisation sociale et désaffiliation politique vont de pair. Vous avez un lien évident entre le processus de désindustrialisation du pays et le fait que les gens n’adhèrent plus au discours politique. L’idée pour le pouvoir est donc de maintenir ce morcellement des Français car il est plus simple et préférable pour lui de gérer par segments la société plutôt que d’avoir à remettre en cause le système dans son ensemble. [Mais] bien sûr (…) si, politiquement, rien ne se passe, on va à la catastrophe. Elle sera économique, culturelle, identitaire. Il est complètement fou d’imaginer que nos représentants politiques n’aient pas comme priorité de répondre aux attentes des gens ordinaires. Cela s’appelle la démocratie. Mais, aujourd’hui, dire : « Répondez aux demandes de la majorité », c’est être immédiatement soupçonné en retour d’être contre les minorités ! En travaillant, comme je l’ai fait, dans le logement social, les quartiers dits sensibles, on se rend compte que toutes les demandes des gens ordinaires ne sont pas clivées ethniquement. En banlieue, tout le monde veut plus de sécurité. Tous : Blancs, Noirs, Maghrébins, etc. D’ailleurs, tous les « petits » – Blancs, Noirs, Maghrébins, catholiques, juifs… – ont un immense problème avec les représentants de leurs communautés respectives. Le clivage petit/gros, haut/bas marche aussi à cette échelle. Aucun ne se sent convenablement représenté. (…) Cette décélération est en train de se faire. Mais pas joyeusement. Ce que l’on voit arriver, c’est une crise sociale, qui sera évidemment plus violente dans la France périphérique que dans les grandes métropoles. Les gens ordinaires ont certes gagné la bataille culturelle, mais économiquement et socialement on est encore loin du compte. Ce qui se prépare, et qui est déjà à l’œuvre, ce sont partout des plans sociaux. Bravo, les technocrates français, d’avoir tout misé sur l’aéronautique, le tourisme, etc. ! Si Jean-Pierre Chevènement se présentait aujourd’hui, il serait élu à 60 %. Son diagnostic est absolument pertinent. Mais il est arrivé trop tôt… À un moment où tout le monde pensait que seule la classe ouvrière allait souffrir. Une classe ouvrière que la gauche avait déjà abandonnée. C’est pourquoi je commence mon livre avec la phrase de Pierre Mauroy qui constate que le mot « ouvrier » a disparu du discours des socialistes. Sauf que, après que les ouvriers ont été touchés, il y a eu les employés, puis les paysans, ensuite les indépendants, les petits retraités… C’était une fusée à plusieurs étages. De sorte que le discours de Chevènement a été perçu initialement comme une sorte d’attachement désuet à un monde industriel appartenant au passé. Tous ces gens, ce bloc qu’ils forment, iraient aujourd’hui à lui. Politiquement, il y a donc un décalage entre la prise de conscience de la population et le seul choix qui leur est proposé aujourd’hui, à savoir départager Macron et l’extrême droite… (…) [Mais] D’abord, il s’agit de ne pas sombrer dans le pessimisme. Tout est fait pour dire aux gens qu’ils ne sont rien. Par ailleurs, nous ne sommes pas dans une période de révolution, mais dans une sorte de guérilla culturelle. C’est long, la guérilla, mais les choses progressent. Même chez ceux qui dénonçaient le concept de France périphérique et qui maintenant utilisent l’expression. Même chez un Macron : il nomme un Premier ministre dont on nous vante l’accent ! Et puis, le totalitarisme, même « adouci », n’est pas durable. Quand la masse n’y croit plus, ça ne tient pas. Et là, déjà, ça craque. Le modèle économique n’est plus durable. Il ne peut perdurer longtemps grâce à ses derniers bastions que sont les métropoles et quelques secteurs d’activité. Prenons le revenu universel : donner aux gens de l’argent pour remplir leur Caddie chez Lidl, ce n’est pas répondre à leurs aspirations. Réindustrialiser, c’est évidemment faire du protectionnisme – un gros mot. Ça prendra du temps, mais ça se fera. La question de l’Europe, c’est pareil. Les choses sont en train de s’écrouler. Plus personne n’y croit. On fait porter aux catégories populaires la défiance de l’Europe. Mais c’est faux. Ils ont joué le jeu. Comme ils ont joué le jeu de la mondialisation. On pourrait même dire qu’ils ont joué le jeu du néolibéralisme, inconsciemment. Et puis, ils font le bilan : le compte n’y est pas, ça ne marche pas. Toutes les croyances anciennes ne fonctionnent plus. On peut aller plus loin : l’instrumentalisation de l’écologie, le diversity washing, les gens voient bien que ça ne repose sur rien. On est donc à la veille d’un renversement culturel. (…) Je connais les techniques de délégitimation. J’en ai été la victime avec le concept de France périphérique. Ça non plus, ça ne fonctionne plus. Les catégories populaires ont fait confiance à leurs élites, elles ont cru aux médias. Les gens sont d’ailleurs prêts à aller vers leurs élites. Il n’y a pas intrinsèquement d’anti-intellectualisme ou d’anti-élitisme, pas de rejet a priori. Il y a juste des gens qui font le constat que les élites d’aujourd’hui n’ont plus le bien commun chevillé au corps. Christophe Guilluy
Pour éviter d’autres Aquarius, la désagrégation des relations coopératives entre Européens, mettre fin à cette infernale partie de mistigri et réduire la pression sur nos sociétés fragiles, il faut prendre le problème à la racine et adopter un plan d’ensemble et des mesures d’urgence. Le sentiment que l’Europe est une passoire, alors même que l’islamisme progresse partout chez les musulmans sunnites et que le terrorisme islamiste sévit sur plusieurs continents, y compris en Europe, est peut-être exagéré ou injuste mais il est obsédant. Il nourrit le « populisme » et alimente les insurrections électorales. Les efforts réels accomplis ces dernières années ou en cours à l’initiative du président français sont occultés par des événements scandaleux ou tragiques et par les pugilats européens. Ceux qui espéraient paralyser les réactions de rejet des migrations de masse à coup d’eau bénite ou de condamnations morales ont dû déchanter. Ceux qui n’ont vu dans l’immigration qu’une nécessité économique (importer de la main-d’œuvre) ou une opportunité démographique (combler des déficits) ont nourri les angoisses des populations européennes. L’état des opinions est maintenant si grave qu’aucun progrès européen dans d’autres domaines, comme les annonces obtenues par la France au château de Meseberg, près de Berlin, sur l’euro, ne suffira à inverser ce mouvement. Croire que le plus dur est passé parce que les flux ont diminué depuis le pic de 2015 est illusoire quand on connaît les prévisions démographiques africaines ; 1,2 milliard d’êtres humains aujourd’hui, 2,5 milliards en 2050 sauf si le planning familial était mis en œuvre partout. Et comment être sûr que d’autres drames atroces ne jetteront pas à nouveau demain sur les routes des familles entières à la recherche d’asiles ? Pour casser cet engrenage dévastateur, il faut donc, dans un cadre et par des mécanismes durables, contrôler ces flux. Dans le cadre d’un Schengen consolidé et renforcé, il faut d’abord vérifier que chacun des vingt-six Etats membres, et nouveaux candidats, en particulier les Etats physiquement frontaliers, sans oublier tous les aéroports, seront capables administrativement, politiquement et géographiquement d’assumer des engagements renforcés grâce à une agence Frontex [l’agence européenne de surveillance des frontières] mieux équipée et transformée en vraie police des frontières parfaitement connectée aux polices nationales. Le droit d’asile pour les gens en danger doit absolument être préservé. Au-delà même des préambules des Constitutions de 1946 et de 1958, il est l’âme même de l’Europe. Mais cela suppose qu’il ne soit pas détourné de son objet ; sans distinction claire d’avec les mouvements migratoires, il finira par être balayé. La distinction, qui n’aurait jamais dû être perdue de vue, entre les demandeurs d’asile, dont certains seront admis en tant que réfugiés, et les migrants économiques, dont certains seront admis comme immigrants légaux, est cruciale. (…) Bien sûr, les critères d’attribution de l’asile dans Schengen devront être complètement harmonisés, et les demandeurs d’asile acceptés devront être beaucoup mieux accueillis et intégrés. Quant aux déboutés, ils devront être pris en charge et reconduits par Frontex en dehors de Schengen, dans leur pays d’origine où ils pourront postuler comme immigrants légaux. On ne peut pas fixer a priori de quotas de réfugiés : étant donné que le nombre des futurs demandeurs d’asile dépend des tragédies futures, il ne peut pas être plafonné artificiellement à l’avance. L’Europe devra rester généreuse, vis-à-vis des personnes persécutées ou menacées, tout en aidant plus les pays voisins qui les accueillent en premier lieu, comme la Turquie, la Jordanie, le Liban. (…) Des quotas d’immigration légale par pays, et par métiers, devront être fixés chaque année au cours d’un sommet entre pays de Schengen, pays de départ et pays de transit. Ces derniers demanderont des compensations et des aides, ce qui conduira à reconsidérer de proche en proche toutes les politiques de codéveloppement. Cette cogestion est indispensable car il est impossible de détruire sans ces pays les réseaux de passeurs et leurs complices qui ont reconstitué une économie de la traite en Afrique ; gérer avec eux, avec l’aide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dans des centres d’accueil au sein de plates-formes régionales, aussi bien les demandes d’asile que les demandes d’immigration en Europe ; lutter contre le trafic de faux papiers dans le Sahel ; et mieux contrôler les frontières entre ces pays. Il ne faudrait pas en être réduit, tout cela ayant échoué, et les garde-côtes libyens étant impuissants, à être obligés de bloquer les ports de Libye ! En même temps, cette gestion plus rigoureuse des flux migratoires permettra de favoriser, comme promis dans le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou, la circulation pour les non-candidats à l’immigration (étudiants, hommes d’affaires, artistes). En attendant, et en urgence, il faut gérer l’héritage du passé et remplacer Dublin, que les ministères de l’intérieur avaient espéré pouvoir garder, par de nouvelles règles. Les pays de Schengen qui ne voudront pas accueillir de réfugiés au titre de la solidarité et de la répartition devront fournir une contribution financière accrue pour la protection des frontières communes ou pour l’accueil et l’intégration des réfugiés dans d’autres pays. Des décisions difficiles devront être prises concernant ceux qui sont déjà en Europe, illégalement, depuis un certain temps : les reconduire dans des centres de retour à l’extérieur, d’où ils pourront tenter leur chance comme immigrants légaux auprès des centres d’accueil, ou essayer de travailler dans leur propre pays (les migrants, pas les demandeurs d’asile) ; ou les régulariser, pour des raisons d’humanité ou autres, mais alors les intégrer vraiment. (…) Il est urgent que les opinions européennes constatent un vrai changement. La répartition des réfugiés, le montant des compensations, la fixation du nombre de migrants légaux, la dénomination et l’organisation du réseau de centres à l’extérieur ou aux frontières, et leur fonction, donneront lieu à des négociations permanentes et difficiles. Mais une partie de l’opinion européenne changera quand elle réalisera que ces flux seront désormais mieux « gérés », que la partie de mistigri sur les réfugiés est finie et qu’il y a une politique claire, à court et long terme. Et même si des flux d’immigration illégaux se poursuivent, ils deviendront quand même moins importants. Néanmoins, il ne faut pas se cacher que plusieurs secteurs de l’opinion, minoritaires mais très actifs et « audibles », continueront à opposer un tir de barrage à la mise en œuvre de cette indispensable politique, pour des raisons opposées – il faut aider tous ceux qui souffrent ; il faut repousser tous les envahisseurs. S’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème ! Les arguments de l’extrême droite (pour tout fermer) doivent être combattus sans ménagement comme étant inhumains, économiquement absurdes et, de toute façon, inapplicables. Il en va de même pour l’extrême gauche qui mise sur les populations issues de l’immigration par calcul militant, activiste ou électoral. En revanche, il faudrait convaincre beaucoup de gens généreux et de bonne foi de réfléchir à leur responsabilité et de modifier leurs positions ne serait-ce que pour sauver l’asile. Ceux que la repentance aveugle ou paralyse. Ceux qui ne voient le problème des migrations qu’en termes de valeurs et de principes généraux. Or, c’est aussi une question de nombre : s’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème ! Ceux qu’un universalisme abstrait et un mépris affiché pour les besoins élémentaires d’identité et de sécurité culturelle des peuples européens ont rendu inaudibles. Ceux qui ne réalisent pas que ce n’est pas être « généreux » que de priver les pays d’Afrique de leurs meilleurs éléments, les émigrants jeunes, dynamiques et entreprenants, en alimentant la nouvelle économie de la traite. Il faudrait même oser questionner le bilan des grandes institutions judiciaires françaises ou européennes chargées d’appliquer des grands textes comme la Convention européenne des droits de l’homme et qui, par effets de cliquet et avec une totale bonne conscience, peuvent donner à la longue aux citoyens le sentiment qu’elles se substituent à la souveraineté et à la démocratie. Alors que le problème numéro un de l’Europe est le fossé élites/peuples ! (…) Quid des pays de Visegrad [un groupe informel composé de la Hongrie, de la Pologne, de la République tchèque et de la Slovaquie] ? De l’Italie ? De l’Espagne à Ceuta et Melilla [enclaves espagnoles au Maroc], etc. ? Mais aussi quid des partenaires extérieurs de l’Est et du Sud ? Vraies questions. Mais il y a le feu ! Paradoxalement, malgré les apparences récentes, il ne devrait pas y avoir d’opposition insurmontable entre les pays européens de l’Ouest et de l’Est. Qui conteste la nécessité absolue d’une meilleure maîtrise des flux vers l’Europe ? Enfin, n’oublions pas l’éléphant dans la pièce : une alliance plus déterminée et plus assumée partout des démocrates et des musulmans modérés contre l’islamisme aiderait à enrayer le glissement des opinions européennes. Tout cela va s’imposer. Faisons-le plutôt ensemble, vite, et en bon ordre. Hubert Védrine
Ceci révèle l’arrière-plan idéologique : qui dit ghettos de banlieue, sous-entend ghettos noirs, relégation, et conclut à l’échec de la République, remettant en cause les fondamentaux de la République. L’Ecole a échoué, les services publics ont échoué et « l’Etat est absent » (dit-on souvent à tort). Il est facile de démentir ce discours en considérant l’investissement public par habitant. On ne voit pas que ces quartiers, en France, ont une fonction de sas entre le Nord et le Sud. Dans les quartiers sensibles se joue la dynamique de la transformation de la société française, ce qui n’est pas la problématique des ghettos noirs américains. Aux États-Unis, les Noirs représentent environ 12% de la population. Ce pourcentage n’a pas évolué depuis plus d’un siècle, on ne peut donc pas parler d’une dynamique. Dans les banlieues françaises, au contraire, on est dans une logique de transformation, ce dont témoigne le taux de mobilité. On nous parle de « relégation », d’« assignation à résidence ». Ce vocabulaire évoque à dessein un univers quasi-concentrationnaire. Or, sur la durée, les populations des territoires de la politique de la ville sont les plus mobiles de France. Hier l’observatoire des ZUS, dans un nouveau rapport, a publié des résultats catastrophiques. Ils le seront encore demain, la photographie d’aujourd’hui est évidemment calquée sur celle d’hier et sur celle de demain et si on ne pense pas ces quartiers en termes de flux, on a l’impression que les taux de chômage s’incrustent, affectant durablement des populations stables. La réalité de ces quartiers n’est pas celle-là. Les chômeurs d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier et ne seront pas ceux de demain. La négation de cette mobilité amène à conclure à l’échec de la République. En revanche, si on analyse ces quartiers en termes de dynamique, on réalise que la République y est restée vaillante, non, certes, sans difficultés. Le nombre de jeunes diplômés a explosé dans ces quartiers et beaucoup d’entre eux partent. Evidemment, les nouveaux arrivants, qui viennent souvent des pays du Sud, sont plus pauvres et moins formés que ceux qui partent. Les maires des communes concernées – c’est le cas de Sarcelles – n’arrivent pas à retenir les habitants qui veulent partir. Ces quartiers doivent être pensés comme des espaces dynamiques en flux où des gens arrivent tandis que d’autres partent. Mais la République est là, les écoles sont présentes, des diplômés sortent de ces quartiers, certes trop peu, certes avec d’infinies difficultés, la délinquance. Il n’empêche que le bilan de la République est moins désastreux que ce qu’on imagine si on arrête un peu d’analyser à partir d’indicateurs sociaux en stock. Il est donc important de répéter que la problématique des quartiers sensibles n’est pas celle des ghettos mais celle de la transformation de la société française. Je citerai quelques chiffres qui rendent compte de l’évolution de la population dans ces communes. Des études ont été réalisées par l’INED sur les jeunes d’origine étrangère qui ont montré qu’entre 1968 et 2005, on était passé par exemple de 19 % à 57 % de jeunes d’origine étrangère en Seine-Saint-Denis, de 22 à 76 % à Clichy-sous-Bois, de 20 % à 66 % à Sarcelles ou de 41 à 61 % à Vaulx-en-Velin. Ces chiffres expriment bien les flux permanents et la transformation très forte de la population dans ces quartiers. Ils ne parlent pas d’assignation à résidence mais, au contraire, de transformation de la société française. Les gens qui parlent de ghettos nient cette transformation. Nous sommes donc dans des logiques de flux et surtout cette évolution dit que nous sommes passés au temps des minorités et des majorités relatives. On parle beaucoup des minorités dites « visibles » (toujours le background américain !) mais nous ne sommes plus dans cette situation en France. L’évolution de la population se fait selon une logique de transformation en profondeur, faisant émerger des minorités et des majorités relatives en constante et forte évolution. Christophe Guilluy
Partout en Europe, dans un contexte de flux migratoire intensifié, ce ciblage des politiques publiques vers les plus pauvres – mais qui est le plus pauvre justement, si ce n’est celui qui vient d’arriver d’un territoire dix fois moins riche ? – provoque inexorablement un rejet de ce qui reste encore du modèle social redistributif par ceux qui en ont le plus besoin et pour le plus grand intérêt de la classe dominante. C’est là que se noue la double insécurité économique et culturelle. Face au démantèlement de l’Etat-providence, à la volonté de privatiser, les classes populaires mettent en avant leur demande de préserver le bien commun comme les services publics. Face à la dérégulation, la dénationalisation, elles réclament un cadre national, plus sûr moyen de défendre le bien commun. Face à l’injonction de l’hypermobilité, à laquelle elles n’ont de toute façon pas accès, elles ont inventé un monde populaire sédentaire, ce qui se traduit également par une économie plus durable. Face à la constitution d’un monde où s’impose l’indistinction culturelle, elles aspirent à la préservation d’un capital culturel protecteur. Souverainisme, protectionnisme, préservation des services publics, sensibilité aux inégalités, régulation des flux migratoires, sont autant de thématiques qui, de Tel-Aviv à Alger, de Detroit à Milan, dessinent un commun des classes populaires dans le monde. Ce soft power des classes populaires fait parfois sortir de leurs gonds les parangons de la mondialisation heureuse. Hillary Clinton en sait quelque chose. Elle n’a non seulement pas compris la demande de protection des classes populaires de la Rust Belt, mais, en plus, elle les a traités de « déplorables ». Qui veut être traité de déplorable ou, de ce côté-ci de l’Atlantique, de Dupont Lajoie ? L’appartenance à la classe moyenne n’est pas seulement définie par un seuil de revenus ou un travail d’entomologiste des populations de l’Insee. C’est aussi et avant tout un sentiment de porter les valeurs majoritaires et d’être dans la roue des classes dominantes du point de vue culturel et économique. Placées au centre de l’échiquier, ces catégories étaient des références culturelles pour les classes dominantes, comme pour les nouveaux arrivants, les classes populaires immigrées. En trente ans, les classes moyennes sont passées du modèle à suivre, l’American ou l’European way of life, au statut de losers. Il y a mieux comme référents pour servir de modèle d’assimilation. Qui veut ressembler à un plouc, un déplorable… ? Personne. Pas même les nouveaux arrivants. L’ostracisation des classes populaires par la classe dominante occidentale, pensée pour discréditer toute contestation du modèle économique mondialisé – être contre, c’est ne pas être sérieux – a, en outre, largement participé à l’effondrement des modèles d’intégration et in fine à la paranoïa identitaire. L’asociété s’est ainsi imposée partout : crise de la représentation politique, citadéllisation de la bourgeoisie, communautarisation. Qui peut dès lors s’étonner que nos systèmes d’organisation politique, la démocratie, soient en danger ? Christophe Guilluy
Présentée comme illusoire ou anachronique, la demande de régulation des flux migratoires est, sur tous les continents, une demande banale des classes populaires quelles que soient leurs origines. (…) Décrite comme l’illustration d’une dérive xénophobe des « petits blancs », on constate qu’elle concerne en réalité tous les “petits”, quelles que soient leurs origines ethniques ou religieuses. (…) comme les gens ordinaires ne peuvent ériger des frontières invisibles avec l’Autre (comme le font les classes supérieures), ils craignent évidemment plus de devenir minoritaires dans leur immeuble, leur village ou leur quartier. Car être ou devenir minoritaire, c’est dépendre de la bienveillance de la majorité. (…) C’est en cassant le rythme d’une immigration perpétuelle que les pouvoirs publics pourraient agir sur le contexte social (la réduction des arrivées de ménages précaires stopperait la spirale de la paupérisation) mais aussi sécuritaire (la stabilisation puis la baisse du nombre de jeunes assécherait le vivier dans lequel recrutent les milieux délinquants). En reprenant la main sur cet « exercice de souveraineté qui a en partie été délégué à l’échelon européen », les politiques pourraient ainsi jouer sur les flux permanents qui, comme l’explique laurent Chalard, empêche l’assimilation. Cette politique répondrait enfin aux attentes de la population de ces quartiers qui demandent  depuis des décennies une plus grande fermeté de l’Etat à l’égard de l’immigration clandestine mais aussi des dealers qui pourrissent la vie de ces territoires. Christophe Guilluy
Pour un certain nombre d’analystes, le relatif échec de l’assimilation des populations d’origine maghrébine en France par rapport aux vagues migratoires précédentes, se traduisant, entre autres, par le maintien de prénoms spécifiques au sein des deuxième et troisième générations, est relié à un facteur culturel essentiellement considéré sous sa forme religieuse, la pratique de l’islam, qui rendrait impossible à ses membres de devenir complètement des Français comme les autres. Or, si le rôle de ce facteur ne peut être totalement nié, il en existe cependant un autre, d’ordre démographique, renforçant considérablement le phénomène, qui est le non-tarissement des flux. En effet, les immigrés à l’assimilation réussie, que sont les Italiens, les Polonais, les Espagnols ou les Vietnamiens se sont totalement fondus dans la population française parce que, suite aux vagues migratoires très importantes, les flux d’arrivée se sont taris, coupant définitivement les nouveaux arrivants des évolutions récentes de leur culture d’origine. (…) En conséquence, il s’est produit une adaptation rapide à la culture du pays d’accueil puisque ces nouveaux arrivants n’avaient aucun intérêt à maintenir leur culture d’origine. Leurs enfants scolarisés avec les autres petits français, à une époque où l’école était inclusive et le niveau d’enseignement satisfaisant, s’intégraient pleinement conduisant dès la première génération à de nombreux mariages avec la population locale, puisqu’ils n’allaient pas chercher leur conjoint dans le pays de naissance de leurs parents, et à l’adoption de comportements de fécondité semblables aux « autochtones », conduisant à une stabilisation des effectifs. Pour montrer l’influence primordiale de ce facteur, il convient de citer le cas des immigrés vietnamiens et cambodgiens arrivés en une seule vague à la fin des années 1970, sans espoir de retour à l’époque, dont l’intégration dans la société française est particulièrement exemplaire, bien qu’ils ne soient pas de culture européenne, qu’ils pratiquent, en règle générale, une religion différente (le bouddhisme) et que leur apparence physique en fasse une minorité visible! Or, pour les Maghrébins, la situation apparaît différente car les flux migratoires ne se sont jamais arrêtés depuis le début des Trente Glorieuses, soit depuis 70 ans. Il n’y a jamais réellement eu de pause permettant à la population de s’assimiler, la fin de l’immigration de travail sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing laissant place à la politique de regroupement familial, qui va à la fois maintenir un niveau non négligeable du flux d’entrées chaque année et stimuler la natalité de ces populations du fait de la féminisation de l’immigration. En conséquence, pour une large part des Maghrébins, le cordon ombilical n’a pas été coupé avec le pays d’origine, ce qui sous-entend le maintien et la transmission des traditions culturelles d’une génération à l’autre, en particulier sur le plan religieux, et une politique matrimoniale non assimilationniste, privilégiant une certaine endogamie, que ce soit à travers des mariages au sein de la communauté en France ou avec des congénères du pays d’origine, un des principaux moteurs du regroupement familial à l’heure actuelle. Il convient donc de s’interroger sur ce sujet, quitte à poser une question taboue, qui risque de faire débat: l’immigration perpétuelle empêche-t-elle l’assimilation? En effet, il est légitime de se poser la question. Les Français d’origine maghrébine se seraient peut-être plus facilement assimilés et auraient probablement une situation économique meilleure, si les flux d’arrivées s’étaient taris au milieu des années 1990, leur permettant de se tourner complètement vers leur nouveau pays. Dans ce contexte, le fondamentalisme religieux aurait probablement plus difficilement pénétré notre société, puisqu’il est d’abord arrivé en France par l’Algérie. Parallèlement, la natalité serait plus basse, permettant une meilleure réussite scolaire des enfants et les quartiers d’accueil seraient moins homogènes ethniquement, favorisant l’assimilation, car les flux migratoires auraient été moins nombreux. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les jeunes Maghrébins nés en France sont peut-être les premières victimes de l’immigration continue, d’autant plus que les nouveaux arrivants viennent les concurrencer sur le marché du travail. Laurent Chalard

Attention, une victimisation peut en cacher une autre !

A l’heure où trois semaines après l’égorgement, pour « retrouver sa dignité » nous dit-on, de deux journalistes français par un réfugié pakistanais au pied de l’ancienne adresse de Charlie hebdo …

C’est la sauvage décapitation d’un professeur de collège, par fidélité à sa foi et loyauté à sa communauté cette fois, par un autre réfugié tchétchène celui-là …

Qui vient nous rappeler après les douze de Charlie hebdo et les quatre otages d’un supermarché juif abattus à la kalachnikov ou au fusil d’assaut par des enfants d’immigrés algériens et maliens  il y a cinq ans …

Sans compter, sur près de 500 victimes pour les 20 premières années de notre siècle, 11 mois plus tard les 129 morts et 354 blessés du Bataclan et des cafés alentour

Le lourd prix à payer pour avoir offensé Mahomet ou ses soldats par la caricature ou les forces armées …

Et où du New York Times à Mediapart, l’hystérisation du souci de la victime continue ses ravages …

Alors que loin de les rassurer aux Etats-Unis, l’avance de Biden inquiète de plus en plus, mauvais souvenirs de 2016 obligent, les Démocrates …

Et que contre toutes leurs prédictions, c’est à présent les minorités qui semblent de plus en plus se reconnaitre en le prétendu Trump raciste …

Tandis qu’un reportage de France 2 sur l’hommage des collègues et élèves du professeur sauvagement assassiné et décapité  …

Coupe pudiquement le chant de notre hymne national juste avant les mots trop objectivement descriptifs  (« Ils viennent juste que dans nos bras égorger nos fils, nos compagnes ») …

Et que c’est de son « héroïsme » que se retrouve étrangement victime un autre martyr de la même barbarie …

Alors que libérée avec d’autres au prix fort de quelque 200 djihadistes et une dizaine de millions, une otage française transforme sa détention en retraite spirituelle

Pendant qu’après s’être enfin résolu, trois ans après son élection, à mentionner le problème du « séparatisme islamique »

Un président qui à l’instar de son évocation, lors de sa campagne, des crimes contre l’humanité de la France en Algérie …

Est vite revenu à une terminologie beaucoup plus ‘soft » de « projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains »

Et que, sur fond d’incessants procès d’intention ou procès tout cours des lanceurs d’alerte Marine Le Pen ou Zemmour

C’est à nouveau, entre deux « marches des marchands de tabac contre le cancer »,  à l’unique départage entre Macron et l’extrême droite que les électeurs français se voient à nouveau préparés pour la prochaine présidentielle dans 18 mois …

Qui, sauf rares exceptions et après tant de trahisons des clercs répétées, pose la question qui fâche …

Contre les nouveaux racistes de l’antiracisme qui voient tout en noir et blanc

Et ne font en fait qu’enfermer dans leur sacrosainte différence et leurs quartiers et écoles commodément excentrés …

La piétaille bien utile de nounous et livreurs sous-payés …

A savoir celle des flux continus d’immigration régulière et irrégulière …

Qui à l’instar de la révolution, selon le fameux mot du polémiste suisse Jacques Mallet du Plan, finit par dévorer ses propre enfants …

Ou pour prendre une image bien au coeur de la polémique actuelle …

Comme cette interminable noria de terroristes qu’évoque le Mahomet désemparé par son manque de vierges d’une des caricatures danoises …

Empêchent tout simplement toute véritable assimilation …

Au sein de populations majoritairement d’origine musulmane …

Qui contrairement à leurs prédécesseurs n’ont jamais coupé le cordon avec leurs cultures d’origine …

Tout en les maintenant artificiellement, à l’image de ces prétendus mineurs isolés – dont l’égorgeur au hachoir du 28 septembre –  toujours plus nombreux et coûteux, dans un état de jeunesse éternelle …

Le fameux « surplus de jeunes » dont on sait depuis au moins Huntington et pour le plus grand bonheur des caïds de la drogue ou du terrorisme …

La plus grande propension à la violence et à la délinquance …

Mais les vouant aussi, comme l’avait rappelé Georges Marchais avant les Le Pen et aujourd’hui un Trump, à la spirale de la précarisation et du chômage …

Via la pression constante qu’ils exercent au grand bonheur des chefs d’entreprise …

Sur les salaires et les emplois …

Sans compter par l’insécurité physique et culturelle induite …

La disqualification et la fuite de modèles positifs qui entre Français de souche et immigrés intégrés …

Et sans parler de la démobilisation des instances publiques d’éducation et de sociabilisation …

Assuraient autrefois ce travail d’assimilation des nouveaux arrivants …

L’immigration se retournant ainsi paradoxalement au bout du compte …

Contre ceux-là même qu’elle était censée servir ?

L’immigration perpétuelle empêche-t-elle l’assimilation?
FIGAROVOX/TRIBUNE – Les députés débattent de l’immigration ce lundi 7 octobre à l’Assemblée nationale. Pour le géographe Laurent Chalard, les élus doivent comprendre que tant que les flux migratoires ne se tarissent pas, l’assimilation est rendue plus difficile.

Laurent Chalard
Le Figaro
7 octobre 2019

Laurent Chalard est géographe et travaille au European Centre for International Affairs. Retrouvez-le sur son blog personnel.


Pour un certain nombre d’analystes, le relatif échec de l’assimilation des populations d’origine maghrébine en France par rapport aux vagues migratoires précédentes, se traduisant, entre autres, par le maintien de prénoms spécifiques au sein des deuxième et troisième générations, est relié à un facteur culturel essentiellement considéré sous sa forme religieuse, la pratique de l’islam, qui rendrait impossible à ses membres de devenir complètement des Français comme les autres. Or, si le rôle de ce facteur ne peut être totalement nié, il en existe cependant un autre, d’ordre démographique, renforçant considérablement le phénomène, qui est le non-tarissement des flux.

Les flux migratoires de Maghrébins ne se sont jamais arrêtés depuis le début des Trente Glorieuses, soit depuis 70 ans.

En effet, les immigrés à l’assimilation réussie, que sont les Italiens, les Polonais, les Espagnols ou les Vietnamiens se sont totalement fondus dans la population française parce que, suite aux vagues migratoires très importantes, les flux d’arrivée se sont taris, coupant définitivement les nouveaux arrivants des évolutions récentes de leur culture d’origine. Pour les Polonais, la Seconde Guerre mondiale puis la Guerre froide ont radicalement rompu le lien de cette population avec la Pologne, située au-delà du rideau de fer, facilitant mécaniquement leur assimilation. Pour les Italiens, suite au décollage économique de l’Italie après 1945, les flux se tarissent progressivement pendant les Trente Glorieuses. Pour les Espagnols, le ralentissement des arrivées apparaît plus tardif, datant de la fin des années 1970, suite à la chute de la dictature de Franco et à une croissance économique soutenue de l’Espagne. En conséquence, il s’est produit une adaptation rapide à la culture du pays d’accueil puisque ces nouveaux arrivants n’avaient aucun intérêt à maintenir leur culture d’origine. Leurs enfants scolarisés avec les autres petits français, à une époque où l’école était inclusive et le niveau d’enseignement satisfaisant, s’intégraient pleinement conduisant dès la première génération à de nombreux mariages avec la population locale, puisqu’ils n’allaient pas chercher leur conjoint dans le pays de naissance de leurs parents, et à l’adoption de comportements de fécondité semblables aux «autochtones», conduisant à une stabilisation des effectifs. Pour montrer l’influence primordiale de ce facteur, il convient de citer le cas des immigrés vietnamiens et cambodgiens arrivés en une seule vague à la fin des années 1970, sans espoir de retour à l’époque, dont l’intégration dans la société française est particulièrement exemplaire, bien qu’ils ne soient pas de culture européenne, qu’ils pratiquent, en règle générale, une religion différente (le bouddhisme) et que leur apparence physique en fasse une minorité visible!

Or, pour les Maghrébins, la situation apparaît différente car les flux migratoires ne se sont jamais arrêtés depuis le début des Trente Glorieuses, soit depuis 70 ans. Il n’y a jamais réellement eu de pause permettant à la population de s’assimiler, la fin de l’immigration de travail sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing laissant place à la politique de regroupement familial, qui va à la fois maintenir un niveau non négligeable du flux d’entrées chaque année et stimuler la natalité de ces populations du fait de la féminisation de l’immigration. En conséquence, pour une large part des Maghrébins, le cordon ombilical n’a pas été coupé avec le pays d’origine, ce qui sous-entend le maintien et la transmission des traditions culturelles d’une génération à l’autre, en particulier sur le plan religieux, et une politique matrimoniale non assimilationniste, privilégiant une certaine endogamie, que ce soit à travers des mariages au sein de la communauté en France ou avec des congénères du pays d’origine, un des principaux moteurs du regroupement familial à l’heure actuelle.

Les jeunes Maghrébins nés en France sont peut-être les premières victimes de l’immigration continue.

Il convient donc de s’interroger sur ce sujet, quitte à poser une question taboue, qui risque de faire débat: l’immigration perpétuelle empêche-t-elle l’assimilation? En effet, il est légitime de se poser la question. Les Français d’origine maghrébine se seraient peut-être plus facilement assimilés et auraient probablement une situation économique meilleure, si les flux d’arrivées s’étaient taris au milieu des années 1990, leur permettant de se tourner complètement vers leur nouveau pays. Dans ce contexte, le fondamentalisme religieux aurait probablement plus difficilement pénétré notre société, puisqu’il est d’abord arrivé en France par l’Algérie. Parallèlement, la natalité serait plus basse, permettant une meilleure réussite scolaire des enfants et les quartiers d’accueil seraient moins homogènes ethniquement, favorisant l’assimilation, car les flux migratoires auraient été moins nombreux. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les jeunes Maghrébins nés en France sont peut-être les premières victimes de l’immigration continue, d’autant plus que les nouveaux arrivants viennent les concurrencer sur le marché du travail.

Alors que le président Emmanuel Macron lance un grand débat sur l’immigration, il semble indispensable que nos dirigeants prennent en compte le facteur du «tarissement des flux» dans leur réflexion. Souhaite-t-on tenter de pérenniser un modèle assimilationniste fortement mis à mal ces derniers temps (pour certains experts, comme le géographe Christophe Guilluy, il est déjà mort), ce qui passerait par une limitation temporaire des flux migratoires pour permettre l’absorption des populations issues de l’immigration maghrébine, ou alors souhaite-t-on basculer définitivement vers un modèle multiculturaliste à la française, où les flux ayant vocation à se poursuivre, la société s’organise d’une autre manière? Dans ce dernier cas, qui correspond à la tendance actuelle, il ne s’agirait point de singer bêtement ce qui se fait (mal) dans les pays anglo-saxons, où, au nom d’un relativisme culturel exacerbé, toutes les traditions se valent, mais d’inventer une société multiculturelle, actant le caractère pluriethnique du peuplement hexagonal, dans laquelle prédomineraient les normes de la société autochtone majoritaire, que se devraient de respecter les cultures minoritaires.

Voir aussi:

Même Christophe Guilluy, c’était mieux avant…
Le dernier essai du géographe, « Le Temps des gens ordinaires », n’est pas à la hauteur de ses premiers livres. Trop de répétitions et d’idéologie…
Saïd Mahrane
Le Point
12/10/2020

Un livre de Christophe Guilluy est toujours un événement, qui plus est quand celui-ci paraît au moment de la plus grande crise sociale de ces dernières décennies. On doit au géographe d’avoir très tôt compris que la fracture sociale était aussi une fracture territoriale, que la situation géographique d’un individu conditionne, comme jamais depuis l’après-guerre, sa vie et celle de ses enfants. Il a théorisé l’existence d’une France périphérique, éloignée des bassins d’emploi et des bonnes écoles, dépourvue d’infrastructures et d’offre culturelle, tandis qu’une France des métropoles jouissait des services publics et du meilleur de la mondialisation.

Depuis, Guilluy a acquis une aura particulière. À ce titre, il n’est pas qu’un travailleur obsédé par l’intra et l’extra muros des grandes villes, il est aussi une sorte d’éducateur. Il a fait école en France, et même ailleurs. Soit pour le meilleur : la prise de conscience généralisée d’une France fracturée. Soit pour le pire : nombre de commentateurs politiques et médiatiques, par paresse ou par facilité, s’emploient désormais à voir de la périphérie et de la « centralité » dans tous les conflits sociaux et font de cette dichotomie la tranchée depuis laquelle ils canardent les bourgeois, les élites, les néolibéraux, les macronistes…

C’est pourquoi on attendait beaucoup du dernier essai de Guilluy, intitulé Le Temps des gens ordinaires (Flammarion), avec l’espoir que ses recherches mettraient davantage de lumière sur nos complexités sociales et géographiques. Mais il semblerait que le géographe ait fait le choix de parler à la deuxième catégorie de ses lecteurs, les plus idéologues. L’auteur clairvoyant des Fractures françaises emprunte – plus qu’avant – un ton pamphlétaire. Il est dans la bagarre. Pourquoi pas ? Mais dans ce nouvel essai, hormis celles dédiées au « green washing », à « la chute des citadelles » (la fin des métropoles) et au « monde d’après », les analyses ont déjà été formulées par l’auteur en d’autres textes et en d’autres termes : métropole-périphérie, remplacement d’un socle électoral populaire par un autre, composé de minorités, tartufferie des winners, effacement de la conscience de classe, peuple désaffilié de la politique – il ne parle plus de « marronnage » –, volonté des élites « cool » de diaboliser le peuple « raciste », emprise du néolibéralisme, sédentarisation versus mobilité… On passe de Hollywood à la France macroniste et à la Grande-Bretagne du Remain avec la mise à nu de mécanismes supposément identiques. Toute analyse catégorielle du mouvement des Gilets jaunes est perçue par Guilluy comme une volonté, bien sûr non-dite, de fragmenter un bloc dont la force est précisément l’unité. Aux propos détestables d’une élite progressiste méprisant le peuple, Guilluy répond par une idéalisation de ces « gens ordinaires » – d’habitude le propre de ceux qui méconnaissent ledit peuple, mais lui, Guilluy, le connaît. Or, il n’est pas besoin, par exemple, d’être un bourgeois des villes pour voir dans la common decency (une morale commune) forgée par Orwell et reprise par Guilluy un concept séduisant mais fantasmé. «  Reprendre le concept de common decency d’Orwell et de tant d’autres, c’est oublier qu’entre les prolétaires d’autrefois et les ouvriers d’aujourd’hui il y a eu le développement de la consommation de masse, avec salles de bains, Frigidaires automobiles et enfants gâtés », écrit Emmanuel Todd dans Les Luttes de classes en France au XXIe siècle (Seuil). Pierre Sansot, l’auteur du magistral Les Gens de peu, aborde la question différemment : «  Existent-ils bien ces instants magiques et ces êtres hors du commun ? Nous découvrons en eux les mêmes petits calculs, faiblesses, ambitions, que chez les autres individus avec en prime un certain charisme et un sens très poussé de la théâtralité. » Michelet, dans Le Peuple, ose même comparer certains des siens à de «  grossiers personnages », ce qui ne l’a pas empêché d’écrire le plus beau livre qui soit sur le sujet.

Lubies bourgeoises

Le géographe déconstruit, en outre, la thèse du sociologue Zygmunt Bauman, selon lequel nous vivrions dans une « société liquide » marquée par l’individualisme et la consommation. Pour Guilluy, la France d’en bas, si elle baigne en effet dans cette société liquide, est plus qu’ailleurs attachée à la préservation «  d’un capital social et culturel protecteur ». L’Archipel français, de Jérôme Fourquet, a pourtant montré combien ces classes populaires prisaient la World Culture, jusqu’à prénommer ses enfants Dylan ou Jennifer. Sansot notait lui aussi l’admiration des gens de peu pour «  les stars de Hollywood, leurs caprices et leurs baignoires aux robinets d’or » au point de vouloir leur ressembler.

« Small is beaufitul  », nous dit également Guilluy, citant Ernst Friedrich Schumacher. Comme l’économiste anglais, le géographe plaide pour une forme de décroissance alliée à des circuits courts ainsi que pour une «  gouvernance locale ». «  Les gens ordinaires ne sont pas moins sensibles à la question environnementale, aux produits bio ou à la voiture électrique, mais ils n’ont pas les moyens de la révolution verte », affirme-t-il. Est-ce seulement une question de moyens ? La non-adhésion des classes populaires à une forme de décroissance et à un localisme économique, souvent perçus par elles comme des lubies bourgeoises, notamment en raison du coût des produits, est précisément le défi majeur des écologistes politiques. Philippe Moati, auteur d’une récente enquête sur le rapport des Français aux « utopies écologiques », considère que «  les préoccupations quant à la qualité des produits consommés et une consommation responsable concernent principalement les classes dites supérieures ou moyennes supérieures. Dans les classes dites populaires, il y a toujours un élan réel en faveur de la consommation de masse ». Une analyse qui se vérifie également dans l’enquête « La France des valeurs », réalisée tous les dix ans depuis 1981, qui montre que les ménages aux revenus inférieurs sont les moins disposés à s’engager pour l’environnement (17 % contre 35 % pour les hauts revenus).

« Promenades au zoo »

À lire le géographe, tout ce qui s’éloigne des analyses binaires est suspect de vouloir maintenir l’ordre social. Même quand des journalistes et des chercheurs vont à la rencontre de cette France qu’il décrit, il y voit quelque chose de semblable à «  une promenade au zoo ». Pourtant, là aussi, dans la quantité de livres et d’articles parus sur les Gilets jaunes, on peut constater davantage d’empathie que de mépris vis-à-vis de ceux qui seraient vus comme des «  sous-hommes ». Guilluy voit dans les enquêtes sur les modes de vie signifiants (goûts musicaux des Gilets jaunes, préférence pour Le Bon Coin, utilisation de la voiture…) par des sociologues ou des sondeurs une volonté de rabaisser. Comme, peut-être, les sociologues Pinçon-Charlot, qui rabaisseraient les riches par le menu détail de leur train de vie… Où l’on voit que l’analyse est impossible pour peu qu’on mette de la distance avec son sujet et qu’on bride les affects. Après le passage sur les « promenades au zoo », il écrit : «  Si la bourgeoisie “universaliste” fabrique des sous-hommes, elle est par ailleurs fascinée par le mythe du surhomme. On observe ainsi un intérêt croissant des catégories supérieures pour le transhumanisme et pour l’homme augmenté qui n’aurait plus rien en commun avec les gens ordinaires. » Précisément le genre de rapprochement dont étaient exempts ses premiers livres…

Le géographe acte, à raison, le déclin des métropoles, « réinvention de la cité médiévale », asphyxiées par la pollution et sclérosées « par leur manque de diversité sociale ». En matière d’immigration, il défend une plus grande maîtrise des flux. «  C’est en cassant le rythme d’une immigration perpétuelle que les pouvoirs publics pourraient agir sur le contexte social (la réduction des arrivées de ménages précaires stopperait la spirale de la paupérisation) mais aussi sécuritaire (la stabilisation puis la baisse du nombre de jeunes assécherait le vivier dans lequel recrutent les milieux délinquants). » Une demande de contrôle, précise-t-il, qui concerne «  tous les “petits”, quelles que soient leurs origines ethniques ou religieuses ».

Il y a quelque chose de « fixiste » chez Guilluy, qui postule que « les gens ordinaires » veulent désormais préserver l’essentiel et non plus, malgré les difficultés qu’il décrit, se hisser socialement. Cette France périphérique ne se reconnaîtrait pas toujours dans ce portrait qu’il fait d’elle tant on la découvre immobile, sauf lorsqu’elle manifeste, réduite à ses empêchements et sans cesse ramenée à ceux qui la relèguent et l’humilient. Faire la promotion de la mobilité sociale, casser les déterminations, rejoindre le salon, comme il dit, citant Jack London, et mettre les pieds sur la table, serait peut-être déjà, pour Guilluy, parler comme Emmanuel Macron et les dominants…

Le Temps des gens ordinaires, de Christophe Guilluy (Flammarion, 208 p., 19 €).

Voir également:

Christophe Guilluy : « L’idée pour le pouvoir est de maintenir le morcellement des Français »
Entretien exclusif
Emmanuel Lévy et Natacha Polony
Marianne
08/10/2020

Dans son nouveau livre, “le Temps des gens ordinaires” (Flammarion), Christophe Guilluy continue à creuser son sillon. Après avoir réussi à imposer le concept de “France périphérique”, le géographe estime qu’il existe un bloc majoritaire dans le pays et que l’heure est venue pour ses membres de reprendre en main leur destin. Et de mettre fin au séparatisme des élites d’avec le peuple.

Marianne : Vous consacrez votre livre aux « gens ordinaires » ? Qu’entendez-vous montrer avec cette expression ? 

Christophe Guilluy : Je ne parle plus des « invisibles » et des « oubliés », puisqu’ils sont devenus très visibles – trop, aux yeux de certains. Un seuil a été franchi et c’est pour cela que je suis plutôt optimiste sur la suite des opérations. Une bataille culturelle a été gagnée. On peut observer l’émergence dans les médias, mais aussi dans la recherche ou dans le monde de la culture, de ces catégories dont on ne parlait absolument plus ces vingt dernières années. L’utilisation du concept de « gens ordinaires » permet d’élargir, de dépasser la seule question de la lutte des classes, même si celle-ci est encore très présente. Les gens ordinaires, c’est à peu près tout le monde.

Cela suggère qu’il s’agit du groupe majoritaire. Et cette majorité de la population, on ne la découpe plus en classes sociologiques : classes moyennes supérieures, classes moyennes inférieures, classes populaires, etc. Car la bataille politique qui reste à mener est, d’abord et avant tout, une bataille de la représentation. On l’a vu avec les « gilets jaunes » et l’ensemble des derniers mouvements sociaux. Chaque fois qu’émerge politiquement ou socialement ce groupe majoritaire, on va très vite vous expliquer que, en fait, non, ce sont plutôt des marges qui s’expriment, des catégories minoritaires. Les « gens ordinaires » ont désormais émergé et, en utilisant cette expression, il s’agit de dire qu’on ne reviendra pas en arrière.

Vous parlez de « groupe majoritaire » alors même que le morcellement, l’« archipellisation » de la société française fait quasiment consensus dans le débat public…

Vous pouvez mettre la poussière sous le tapis, nier la réalité, instrumentaliser les médias, il n’empêche : une majorité existe. Il faut donc prendre cette guerre de représentation pour ce qu’elle est : une guerre politique. La société libérale ne peut perdurer que si elle morcelle. D’où la réussite médiatique de concepts portant sur le morcellement de la société, son « archipellisation », sa complexité. Tout cela vise à imposer une seule idée : le peuple n’existe pas. Et s’il n’existe pas, alors les choses peuvent être gérées de façon segmentée, catégorielle. Ce qui ne pose en fait aucun problème au pouvoir. Mais cette stratégie n’a qu’un temps. Au Royaume-Uni, la working class était totalement invisible jusqu’au Brexit.

Pourtant, ses membres, ces « déplorables » – pour reprendre le mot de Hillary Clinton lors de la présidentielle américaine de 2016 – ont utilisé le référendum sur le Brexit pour dire : « Nous existons. » D’un coup, la working class britannique n’est plus à la marge, en voie de disparition. Elle apparaît même plus forte que l’ancienne classe ouvrière. Elle a, de par son poids, la possibilité de renverser la table. Est-ce que Boris Johnson sera la bonne personne pour accomplir cette volonté des électeurs britanniques ? Est-ce qu’il ira jusqu’au bout ? Est-ce qu’il mettra en place une véritable politique de réindustrialisation du pays ? Toutes ces questions restent posées. Mais voilà une majorité capable, quand elle utilise de « bonnes marionnettes », de changer la donne.

Idem avec les « gilets jaunes ». Certes, vous n’aviez pas toute la population française dans la rue, mais étaient là des représentants de l’ensemble des catégories modestes : des ouvriers, des employés, des retraités, des jeunes, des vieux, des gens issus de l’immigration. On avait la France dans toute sa diversité : des Blancs, des Noirs, des Maghrébins. Que s’est-il passé ? Majoritairement, la population s’est reconnue dans ce mouvement. Je veux bien que l’on me dise qu’à la fin ce mouvement est devenu autre chose, avec une forte récupération politique.

Mais il n’empêche : pourquoi a-t-il autant inquiété nos élites ? Parce que ces dernières ont parfaitement compris que se jouait sur les ronds-points ce qu’ils cherchent à déconstruire depuis trente ans. À savoir : une réunion des catégories modestes qui, depuis toujours, portent l’économie. La période de confinement nous l’a d’ailleurs prouvé : la société repose beaucoup sur ces catégories-là. Face à ce mouvement majoritaire de facto, tout a été fait pour segmenter, morceler à nouveau. C’était le sens même de l’opération « grand débat » avec ces mille thématiques, tous les sujets étant traités les uns après les autres.

Jusqu’à la réfection du toit de l’église du village…

Des réponses à tout et pour tous, pour chaque segment de la population. Avec, en toile de fond, l’idée que les gens ne demandent que de l’argent. Logiquement, la fin de partie a été sifflée avec un chèque. Ce genre de situation est parfaitement gérable pour les libéraux. Finalement, pour eux, ce n’est pas un gros problème de faire des chèques. Car, dans leur esprit, ce qu’il faut, c’est ne surtout rien changer au système et faire perdurer l’idée que la société est morcelée, « archipellisée ». Il s’est pourtant passé quelque chose sur ces ronds-points, une vraie recomposition sociologique et politique. Les médias n’y ont vu que de la « radicalisation ». Vous savez, ce discours consistant à dire : « Ces gens-là n’écoutent pas, ils sont incapables de réaliser des diagnostics clairs. » Les journalistes interrogeaient des quidams et leur demandaient : « Quel est votre programme économique ? » Il y a là toute la perversité et toute la responsabilité des médias.

On comprend bien votre idée de « bataille culturelle », de « bataille de la représentation » de ces « gens ordinaires ». Vous pointez la responsabilité des médias. Mais à qui profite le crime ?

Pour le moment, l’idée pour le pouvoir, qu’il soit médiatique, politique ou économique, est de préserver l’essentiel. Pour eux, « jusqu’ici tout va bien », comme on dit. Sauf qu’une société n’est durable que si le modèle proposé bénéficie au plus grand nombre. Or, dans la France périphérique et dans beaucoup de territoires, précarisation sociale et désaffiliation politique vont de pair. Vous avez un lien évident entre le processus de désindustrialisation du pays et le fait que les gens n’adhèrent plus au discours politique. L’idée pour le pouvoir est donc de maintenir ce morcellement des Français car il est plus simple et préférable pour lui de gérer par segments la société plutôt que d’avoir à remettre en cause le système dans son ensemble.

La prise de conscience par les classes populaires de leur caractère majoritaire n’est pas évidente, loin de là. Il y a d’ailleurs à l’œuvre dans notre pays des séparatismes qui feraient presque désormais de la France un pays américain comme les autres…

Bien sûr. Et si, politiquement, rien ne se passe, on va à la catastrophe. Elle sera économique, culturelle, identitaire. Il est complètement fou d’imaginer que nos représentants politiques n’aient pas comme priorité de répondre aux attentes des gens ordinaires. Cela s’appelle la démocratie. Mais, aujourd’hui, dire : « Répondez aux demandes de la majorité », c’est être immédiatement soupçonné en retour d’être contre les minorités ! En travaillant, comme je l’ai fait, dans le logement social, les quartiers dits sensibles, on se rend compte que toutes les demandes des gens ordinaires ne sont pas clivées ethniquement. En banlieue, tout le monde veut plus de sécurité. Tous : Blancs, Noirs, Maghrébins, etc. D’ailleurs, tous les « petits » – Blancs, Noirs, Maghrébins, catholiques, juifs… – ont un immense problème avec les représentants de leurs communautés respectives. Le clivage petit/gros, haut/bas marche aussi à cette échelle. Aucun ne se sent convenablement représenté.

Une autre question se pose aux classes populaires. On leur demande désormais de décélérer, de ralentir, de moins consommer. Mais comment ces responsables politiques, qui promeuvent l’adaptabilité permanente et la connectivité généralisée, peuvent-ils être ceux qui organisent et imposent cela ?

Cette décélération est en train de se faire. Mais pas joyeusement. Ce que l’on voit arriver, c’est une crise sociale, qui sera évidemment plus violente dans la France périphérique que dans les grandes métropoles. Les gens ordinaires ont certes gagné la bataille culturelle, mais économiquement et socialement on est encore loin du compte. Ce qui se prépare, et qui est déjà à l’œuvre, ce sont partout des plans sociaux. Bravo, les technocrates français, d’avoir tout misé sur l’aéronautique, le tourisme, etc. ! Si Jean-Pierre Chevènement se présentait aujourd’hui, il serait élu à 60 %. Son diagnostic est absolument pertinent. Mais il est arrivé trop tôt… À un moment où tout le monde pensait que seule la classe ouvrière allait souffrir. Une classe ouvrière que la gauche avait déjà abandonnée.

C’est pourquoi je commence mon livre avec la phrase de Pierre Mauroy qui constate que le mot « ouvrier » a disparu du discours des socialistes. Sauf que, après que les ouvriers ont été touchés, il y a eu les employés, puis les paysans, ensuite les indépendants, les petits retraités… C’était une fusée à plusieurs étages. De sorte que le discours de Chevènement a été perçu initialement comme une sorte d’attachement désuet à un monde industriel appartenant au passé. Tous ces gens, ce bloc qu’ils forment, iraient aujourd’hui à lui. Politiquement, il y a donc un décalage entre la prise de conscience de la population et le seul choix qui leur est proposé aujourd’hui, à savoir départager Macron et l’extrême droite…

Comment changer le cours des choses sans passer par la case violence ?

D’abord, il s’agit de ne pas sombrer dans le pessimisme. Tout est fait pour dire aux gens qu’ils ne sont rien. Par ailleurs, nous ne sommes pas dans une période de révolution, mais dans une sorte de guérilla culturelle. C’est long, la guérilla, mais les choses progressent. Même chez ceux qui dénonçaient le concept de France périphérique et qui maintenant utilisent l’expression. Même chez un Macron : il nomme un Premier ministre dont on nous vante l’accent ! Et puis, le totalitarisme, même « adouci », n’est pas durable. Quand la masse n’y croit plus, ça ne tient pas. Et là, déjà, ça craque. Le modèle économique n’est plus durable. Il ne peut perdurer longtemps grâce à ses derniers bastions que sont les métropoles et quelques secteurs d’activité. Prenons le revenu universel : donner aux gens de l’argent pour remplir leur Caddie chez Lidl, ce n’est pas répondre à leurs aspirations.
Au contraire, les changements attendus sont gigantesques.

Réindustrialiser, c’est évidemment faire du protectionnisme – un gros mot. Ça prendra du temps, mais ça se fera. La question de l’Europe, c’est pareil. Les choses sont en train de s’écrouler. Plus personne n’y croit. On fait porter aux catégories populaires la défiance de l’Europe. Mais c’est faux. Ils ont joué le jeu. Comme ils ont joué le jeu de la mondialisation. On pourrait même dire qu’ils ont joué le jeu du néolibéralisme, inconsciemment. Et puis ils font le bilan : le compte n’y est pas, ça ne marche pas. Toutes les croyances anciennes ne fonctionnent plus. On peut aller plus loin : l’instrumentalisation de l’écologie, le diversity washing, les gens voient bien que ça ne repose sur rien. On est donc à la veille d’un renversement culturel.

On en revient à votre idée de démontrer l’existence d’un bloc populaire majoritaire face à un bloc minoritaire. On va encore vous qualifier de populiste.

Je connais les techniques de délégitimation. J’en ai été la victime avec le concept de France périphérique. Ça non plus, ça ne fonctionne plus. Les catégories populaires ont fait confiance à leurs élites, elles ont cru aux médias. Les gens sont d’ailleurs prêts à aller vers leurs élites. Il n’y a pas intrinsèquement d’anti-intellectualisme ou d’anti-élitisme, pas de rejet a priori. Il y a juste des gens qui font le constat que les élites d’aujourd’hui n’ont plus le bien commun chevillé au corps.

Voir de même:

Goldnadel: « Pourquoi je ne suis pas allé au rassemblement place de la République »

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Selon l’avocat, le rassemblement en mémoire de Samuel Paty était organisé par des responsables politiques hypocrites qui ont laissé prospérer l’islamisme faute d’avoir pris au sérieux cette menace.

Gilles William Goldnadel

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Son dernier ouvrage Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée est paru chez Plon.


Pour rien au monde, je n’aurais mis un bout de mon pied place de la République. Je ne supporte plus le symbolique. République, mot galvaudé, transformé en mantra que l’on utilise en gargarismes. Pour ne pas dire État et encore moins nation.

Je ne supporte plus la vue des bougies et le bruit des incantations. Vingt ans à prendre des coups par les petits marquis de la gauche morale sentencieuse qui aurait encore l’indécence de vouloir prendre en charge l’organisation d’une manifestation dont elle a effectivement une grande part de responsabilité morale dans sa survenance.

Vous auriez voulu que je marche à côté des cadres sans militants de SOS-Racisme qui auront passé leur temps à traiter de racistes ceux qui il y a dix ans alertaient des dangers de l’islam politique ou radical? Vous auriez voulu que je mêle mes pas avec ces antiracistes de carnaval qui, il y a encore peu, considéraient comme haineux ou injurieux d’évoquer l’antisémitisme islamique et qui ont vainement traîné devant les tribunaux mon ami Georges Bensoussan. C’était évidemment avant les grands massacres.

Vous auriez voulu que je me commette avec l’UNEF qui organise des camps racisés? Avec la LDH qui n’avait d’yeux que pour Ramadan et les jeunes filles voilées? Vous auriez voulu sans doute que je défile derrière ces syndicats d’enseignants qui il y a encore peu niaient la difficulté d’enseigner dans les classes la Shoah. Vous avez oublié sans doute qu’il n’y a pas 20 ans certains d’eux expliquaient doctement qu’il ne fallait pas prendre au pied de la lettre les enfants qui en traitaient d’autres de «juifs».

Vous auriez voulu que je mêle mes pas avec ces antiracistes de carnaval

À moins que vous ayez imaginé que je puisse faire un petit bout de chemin, au nom de l’union nationale, avec à ma gauche M. Coquerel et Mme Obono. Le premier qui, il n’y a pas encore longtemps, accompagnait une centaine de sans-papiers occuper la basilique Saint-Denis dont il ignorait sans doute qui elle abrite. La seconde qui décernait hier encore des brevets d’antiracisme à la très antisémite Bouteldja, mutique avec ses indigénistes depuis vendredi soir.

J’aurais pu également aller bras dessus- bras dessous avec leur lider maximo ou avec la sénatrice Benbassa. Ils m’auraient raconté , yeux embués ,l’ambiance qu’il y avait à la grande manifestation constellée d’étoiles jaunes contre cette redoutable islamophobie qui ensanglante la France. Cet évènement organisé par le sieur Majid Messaoudene, élu de Seine-Saint-Denis, boute-en-train irrésistible lorsqu’il s’agit de blaguer sur les massacres de Mohamed Merah.

Mais désolé, je ne chemine pas aux côtés des fabricants de cigarettes lorsque je marche contre le cancer. Seulement m’intéressent les actes, et les incantations du type «ils ne passeront pas!», puisées au demeurant inconsciemment dans la geste révolutionnaire marxiste, servent de faux-semblants. Je constate que le dernier angle mort d’une vision du réel qui s’améliore même du côté de chez les myopes demeure la mise en cause de l’immigration illégale, massive et donc invasive.

Une réalité tellement éclatante qu’elle en est aveuglante. En quinze jours, un migrant pakistanais et un migrant tchétchène qui n’auraient pas dû se trouver sur le territoire national, l’un avec un hachoir, l’autre avec un couteau à décapiter une tête bien faite, ont voulu venger leur prophète. Fort peu de responsables politiques et médiatiques ont osé incriminer la réalité de la dangerosité de l’immigration islamique massive et illégale.

Je ne chemine pas aux côtés des fabricants de cigarettes lorsque je marche contre le cancer

Non pas évidemment que tous les migrants musulmans soient dangereux. Il s’en faut de beaucoup. Mais compte tenu de la dangerosité statistique d’une partie de ceux déjà installés sur le territoire français et qui fait que les services de renseignements antiterroristes sont d’ores et déjà saturés, toute arrivée nouvelle accroît le danger déjà infernal. Le fait que la France officielle demeure hermétique à ce raisonnement purement arithmétique, exclusif de tout essentialisme, prouve à quel point cette fermeture psychologique au réel est de nature suicidaire.

Le combat intellectuel et culturel contre l’immigration illégale imposée de force au peuple français est un combat existentiel. Tout le reste n’est que bruit, esquive, hypocrisie, frime et jactance. Vous verrez que dans quinze jours, quand le nom de Paty commencera à être moins sur les lèvres françaises, que cet homme courageux reposera dedans la guerre froide, il se trouvera de belles âmes ou des forts en gueule qui nous expliqueront avec hauteur que nous sommes abusés par nos sens, que l’immigration est une aubaine pour la France et que celle-ci n’est pas un coupe-gorge.

Pardonne-leur Samuel de leur lâche bêtise, mais moi je ne marche plus.

Voir de plus:

Malika Sorel: «La non-assimilation aboutira à la mise en minorité des idéaux français sur notre propre sol»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Malika Sorel s’inscrit en faux contre les propos de Nicole Belloubet, qui a affirmé que «la France s’est toujours constituée, agrégée, autour d’un multiculturalisme séculaire». Elle rappelle la tradition assimilatrice de notre pays.
Alexandre Devecchio
Le Figaro
5 avril 2019

Ingénieur de l’École polytechnique d’Alger, major du MBA de Sciences Po Paris, Malika Sorel est ancien membre du Haut Conseil à l’intégration, institution rattachée au Premier ministre. Elle est l’auteur de Décomposition française (éditions Fayard, 2015) qui a reçu le prix «Honneur et Patrie» des Membres de la Société de la Légion d’honneur.


FIGAROVOX.- “La France s’est toujours constituée, agrégée, autour d’un multiculturalisme séculaire, le nier ce n’est pas comprendre notre histoire”, a déclaré Nicole Belloubet à l’Assemblée nationale. Que vous inspirent ces propos?

Malika SOREL.- Ce qui est énoncé ici, c’est le baratin servi aux foules depuis déjà un certain temps. En réalité, depuis que les élites politiques ne peuvent plus cacher l’ampleur du désastre dont elles sont à l’origine. Madame Belloubet étant nouvelle dans ce milieu, je ne la rends pas co-responsable bien sûr, mais ce qu’elle professe est faux.

Tout d’abord, son «toujours» interroge. À quelle période remonte-t-elle au juste? Comme l’a très bien mis en évidence l’historienne Marie-Claude Blanc-Chaléard, la France, à la fin de l’époque moderne, est un monde plein dont la population a augmenté sur place, et l’immigration naît avec l’arrivée de paysans italiens du Nord à partir des années1860-1870. Au regard de la longue histoire de la France, ce «toujours» de la ministre est donc plus que déplacé.

Ensuite sur le multiculturalisme: en dehors de cas précis hérités de l’histoire et circonscrits à des îles françaises lointaines et peu peuplées, le multiculturalisme n’a jamais été une politique française, et encore moins un objectif. C’est même tout le contraire, comme en atteste le Code civil selon lequel «nul ne peut être naturalisé s’il ne justifie de son assimilation à la communauté française». Et c’est sur ce point précis du respect du Code civil que les élites de commandement – monde politique et haute administration – ont, pour les uns fauté, et pour les autres trahi.

Le multiculturalisme n’a jamais été une politique française

Pour bien comprendre la complexité de l’assimilation, qui demeure la condition nécessaire pour former un même peuple, il faut inlassablement rappeler que seul un Italien sur trois a fait souche en France, et que 42% des Polonais du flux 1920 1939 sont repartis, alors même qu’aucune amélioration économique substantielle ne pouvait justifier, à première vue, ce retour dans leurs pays. S’imaginer que des flux migratoires de cultures bien plus éloignées puissent faire mieux, cela sort des limites du bon sens.

L’assimilation doit être un choix librement consenti. De toute façon, elle ne peut pas être imposée car elle se joue entièrement sur le registre moral et affectif. Il faut simplement veiller à ne pas la rendre impossible. Lorsque l’on évoque l’immigration et l’intégration culturelle, ce qui est systématiquement passé sous silence, c’est l’épreuve que constitue l’exil et les souffrances qu’il peut causer. Incompréhensible! Quant à l’octroi des papiers d’identité, cela doit correspondre à une assimilation réelle et à rien d’autre.

Que révèlent-ils sur la vision de la France de la majorité? Le président de la République est-il favorable au multiculturalisme sans le dire?

La majorité étant une auberge espagnole, il m’est difficile de porter un jugement global, mais ce que j’en vois m’amène à dire que nous ne sommes pas sortis de l’auberge.

En ce qui concerne le Président, j’ai eu l’occasion de dire, lors de la campagne présidentielle, que nous n’étions pas sur la même longueur d’onde. Je persiste à penser qu’Emmanuel Macron ne maîtrise pas ces problématiques. J’observe qu’il cherche, tâtonne, prend des positions, les assène puis rétropédale quelques mois plus tard… J’estime toutefois que cela est moins désespérant que bien des politiques qui campent sur leurs erreurs et s’enfoncent dans leur ignorance.

Ce qui se joue au travers de cette question du multiculturalisme est capital pour le destin du peuple français, de sa civilisation, car c’est notre projet de société qui est en jeu, et que tout projet de société est le reflet de l’identité d’un peuple. Il s’agit de discuter des principes fondamentaux qui structurent l’identité. Que faire de la devise de la République française lorsque l’on se trouve en présence de cultures dans lesquelles l’individu n’a pas droit de cité et n’existe pas pour lui-même? Que faire de l’égalité homme-femme si elle est considérée comme une hérésie? À la poubelle? Quid de la fraternité, si elle est subordonnée aux convictions religieuses?

La non-intégration culturelle ou non-assimilation aboutira tôt ou tard à la mise en minorité sur le sol français des idéaux politiques portés par l’identité française.

La non-intégration culturelle ou non-assimilation, si elle affecte ne serait-ce qu’une faible proportion de flux migratoires par ailleurs conséquents, aboutira tôt ou tard à la mise en minorité sur le sol français des idéaux politiques portés par l’identité française.

Continuez-vous à défendre un modèle d’intégration? En réalité, est-il toujours vraiment applicable dans un contexte d’immigration de masse et de regroupement de communauté dans des quartiers de plus en plus homogènes?

À ce niveau de notre discussion, il convient d’évoquer l’insertion, qui est le simple respect des règles et normes du pays où l’on vit, même si on ne les partage pas en son for intérieur car on adhère soi-même à un autre référentiel culturel. C’est ce à quoi se soumet tout Français lorsqu’il s’expatrie. Ce respect élémentaire est un impératif sur lequel notre société n’aurait jamais dû transiger ; or elle a été entraînée sur le dangereux chemin des accommodements déraisonnables par des politiques dont une part étaient ignorants de la réalité des enjeux, et les autres indifférents.

Pour ce qui est du modèle français d’intégration, qui est en réalité un long processus jalonné de questionnements parfois douloureux, il convient plus que jamais de le réhabiliter, pour peu que l’on soit attaché à œuvrer à un vivre-ensemble harmonieux dans la durée.

Vous me posez également la question de l’immigration de masse. Oui, elle a rendu l’assimilation extrêmement difficile, pour la raison simple que les flux ont persisté à très haut niveau alors même que les pays d’origine amorçaient un retour à des fondamentaux religieux qui heurtent de plein fouet les principes de notre devise républicaine, principes que l’on retrouve au demeurant aussi dans les autres pays européens. Désormais, il est possible d’évoluer sur un territoire sans pour autant vivre à la même heure que son voisin de palier ou les habitants de sa commune. Dans de telles conditions, l’intégration culturelle devient mission quasi-impossible, et ce n’est pas l’école qui pourra, seule, y remédier.

J’ai toujours dit et écrit que la laïcité était la digue qui protégeait la France. Je persiste et signe.

En ce qui concerne la répartition à travers le territoire défendue aussi bien par la gauche que la droite ces dernières décennies, même un élève de CM2 comprendrait au vu des chiffres que cela n’est désormais plus une solution.

Pour mémoire, dès 1981, Georges Marchais, alors Secrétaire général du Parti Communiste Français, demandait à «stopper l’immigration officielle et clandestine». Quand ce sujet sortira-t-il des clivages partisans?

Nicole Belloubet répondait à une question de l’opposition sur la laïcité. La loi de 1905 doit-elle être intouchable? La volonté qu’on prête à Emmanuel Macron de revenir dessus vous inquiète-t-elle? Pourquoi?

J’ai toujours dit et écrit que la laïcité était la digue qui protégeait la France. Je persiste et signe. Chacun sait le sort qui attend les terres lorsqu’une digue vient à rompre. Qu’elles recourent ou non au concept de laïcité, toutes les sociétés occidentales vivent à l’heure de la loi des hommes. Les hommes y exercent le droit de se doter des lois qui vont régir leur cité sans que ces lois soient la transcription de commandements divins, et il y existe par ailleurs une hiérarchie entre le politique et le religieux.

Les coups de boutoir contre la digue sont nombreux, ne sont pas récents et se sont intensifiés avec les années. Je me souviens très bien d’un haut responsable politique que les médias présentaient comme laïque, et qui expliquait au micro de Jean-Jacques Bourdin comment les élus, sur le terrain, pouvaient contourner la laïcité pour financer les lieux de culte par le biais de baux amphytéotiques ainsi que le financement d’associations culturelles. Posez-vous la question: pourquoi des lieux de culte et non pas des écoles, alors même que les enquêtes PISA sont là pour montrer, chiffres à l’appui, de quelle manière la France plonge dans les classements année après année?

La laïcité est-elle aujourd’hui suffisante pour répondre au défi culturel que pose l’islam? À la laïcité juridique doit-on associer une affirmation de notre culture et de notre histoire?

Nombre de situations qui préoccupent notre société ne relèvent pas de la laïcité, mais du principe de l’égalité et de la dignité partagées entre les sexes, pour reprendre l’expression de l’islamologue Abdelwahab Meddeb. Il faut donc cesser d’invoquer la laïcité pour pouvoir mieux la démolir ou la faire démolir. La question, encore et toujours, nous ramène au projet politique collectif, donc au respect de l’identité du peuple français. Lorsque le Président Macron, en avril 2018, s’interroge face à deux journalistes: “Pourquoi le voile nous insécurise? Cela n’est pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays”, il s’apporte lui-même la réponse que la société attend de lui. Pour mémoire, selon le Larousse: civilité = observation des convenances en usage chez les gens qui vivent en société.

Il faut donc cesser d’invoquer la laïcité pour pouvoir mieux la démolir ou la faire démolir.

En Occident, beaucoup de ceux qui s’affirment «progressistes» ne le sont en rien, et ont même participé à entraîner la France dans une approche ethno-raciale des individus ; donc, n’ayons pas peur des mots, dans une approche raciste, alors que le projet français d’intégration républicaine est profondément humaniste. On ne devrait juger l’homme que sur la base de ses seules actions. J’ai connu l’époque bénie où, en France, nul ne s’interrogeait sur l’origine de l’autre, ni n’épiait le contenu de son assiette, ni ne le condamnait sur la base de son seul prénom, prénom que ses parents lui avaient donné. Afin d’éviter toute méprise, je rappellerai ce que j’ai déjà eu l’occasion d’écrire au sujet des prénoms. On ne peut juger une personne sur la base du prénom qu’elle a reçu à sa naissance. Simplement, le prénom qu’elle donne elle-même à ses enfants renseignera sur la trajectoire dans laquelle elle souhaite inscrire sa descendance. Mais encore faudrait-il que les choses aient été clairement exposées! La querelle des prénoms déclenchée par Éric Zemmour illustre à la perfection la crispation croissante et inquiétante de notre société. Pour votre information, beaucoup des élites que j’ai pu croiser dans les allées du pouvoir portaient des prénoms chrétiens. Et alors que je défendais l’identité française, beaucoup la foulaient aux pieds! Nous vivons dans une société qui a versé dans l’hypocrisie. Il est donc naturel qu’une part des descendants de migrants qui ont fait le choix de l’assimilation ne comprennent pas ce qui leur est reproché, et puissent parfois ressentir une intense souffrance.

Très récemment, j’ai assisté à l’hôtel de ville de Paris à la projection du remarquable documentaire L’incroyable histoire du plateau des Glières de Bernard de la Villardière et Géraud Burin des Roziers. Le sens de l’honneur a joué un rôle de première importance pour faire se lever tous ces hommes. Ce sens de l’honneur que résument à la perfection le “We shall never surrender” de Winston Churchill ou le “Vivre libre ou mourir” de Tom Morel. C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé Gérard Métral, Président de l’association des Glières, lors des commémorations du 31 mars. Tous ceux des Glières, a-t-il dit, relevèrent la France dans son honneur et sa fierté.

En France, on aurait tort de sous-estimer la portée et la signification du mouvement des Gilets jaunes. La souffrance est réelle et profonde.

Cela doit-il passer par le peuple ou par les classes dirigeantes?

Les deux, mon capitaine. Ce que j’ai vu et entendu m’amène à vous dire qu’il ne faut pas signer de chèque en blanc à nos dirigeants. Voilà maintenant quarante ans que les élites occidentales racontent les mêmes balivernes à leurs peuples. Au départ, il s’agissait d’accueillir des populations pour des raisons humanitaires. À présent, partout, elles leur demandent de faire preuve de tolérance en abandonnant des pans entiers de leur histoire politique et culturelle. Ce n’est pas un jeu car tout cela pourrait fort mal finir, y compris pour les élites qui ont participé à influencer les opinions publiques – donc pas seulement les élites politiques -, et vis-à-vis desquelles la défiance atteint des sommets inédits. On ne bouscule jamais impunément un peuple sur son territoire, et comme l’avait fort bien écrit Victor Hugo: le plus excellent symbole du peuple c’est le pavé, on lui marche dessus jusqu’à ce qu’il vous tombe sur la tête.

En France, on aurait tort de sous-estimer la portée et la signification du mouvement des Gilets jaunes. La souffrance est réelle et profonde. Comme l’avaient relevé des journalistes présents sur les ronds-points dès le début du mouvement, le sujet de l’immigration surgissait très vite dans les discussions. Et pour cause! Beaucoup de citoyens se sentent abandonnés au profit de nouveaux entrants qui se trouvent être plus pauvres, à un moment où l’école peine à remplir la promesse républicaine d’ascension sociale. Le déclassement comme seul horizon pour leurs enfants! Ce qui menace, c’est le non-consentement à l’impôt et la décomposition française, baptisée partition par le Président Hollande.

Certes, Emmanuel Macron hérite de cette situation, mais aujourd’hui c’est lui qui tient le gouvernail. Aussi doit-il se former en accéléré, entendre, comprendre et répondre avec empathie.

Du fait de l’évolution de la composition du corps électoral, nombre d’élus, pour être reconduits, sont contraints – ou se croient contraints – d’adapter leur comportement. D’où un clientélisme ouvert ou larvé. J’ai été aux premières loges pour observer depuis l’intérieur à quel point les hommes et femmes du monde politique sont obsédés, et même terrorisés par la «diversité». Les sommes considérables injectées n’ont pas eu le retour escompté. Pire, elles ont suscité le ressentiment des uns envers les autres. Au lieu de créer de la cohésion, les politiques ont créé de la division.

C’est à l’aune de cette évolution démographique majeure que les Français doivent lire beaucoup des actions politiques qui ont été déployées ces quarante dernières années.

C’est à l’aune de cette évolution démographique majeure que les Français doivent lire beaucoup des actions politiques qui ont été déployées ces quarante dernières années. Les politiques se sont lié les pieds et les poings. C’est pourquoi je n’attends pas grand-chose du Parlement qui nous ressort, à intervalles réguliers, l’idée du vote de quotas annuels d’immigration alors même que la France peine à garantir un avenir décent à tous ses enfants.

Ce dossier doit être directement rattaché au Président de la République, qui en répondra devant les Français et devant l’Histoire. Les petits présidents travailleront pour être réélus, quand les grands, en œuvrant pour l’intérêt général, auront pour ambition d’inscrire leur nom en lettres capitales dans l’Histoire de France et celle de l’Europe.

Le nombre de mineurs isolés étrangers explose en France
Le pays accueille pour la seule année 2020 près de 40.000 mineurs non accompagnés. En 2014, ils étaient à peine 4000 à être pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.
Jean-Marc Leclerc
Le Figaro
22 septembre 2020

Plus que jamais, la France marche aux côtés de l’Allemagne pour venir au secours des mineurs isolés étrangers. Depuis l’incendie du camp de Moria, sur l’île de Lesbos, en Grèce, considéré jusqu’alors comme la plus grande structure d’accueil de migrants de toute l’Europe, Berlin a annoncé vouloir mettre à l’abri sur son sol environ 1500 sinistrés. Parmi eux: environ 150 mineurs isolés. Une centaine d’autres seraient accueillis par Paris, même si le ministère de l’Intérieur ne livre, à ce jour, aucun chiffre précis. «Tout est encore en discussion», assure un conseiller de Gérald Darmanin à Beauvau.

Le pays des droits de l’homme s’était de toute façon déjà engagé, avant l’été, à accueillir 350 mineurs isolés étrangers de Grèce, mais aussi plusieurs familles. En août dernier, 49 d’entre eux sont arrivés dans l’Hexagone. Par ailleurs, d’ici à la fin du mois, 175 personnes vulnérables, ou issues de familles déracinées, sont censées avoir rejoint la France.

«Il s’agit bien d’une opération spécifique, liée à l’urgence de la situation dans les camps des îles grecques», explique un préfet très au fait du dossier. Selon lui, «ce contingent vient ainsi en complément du flux habituel et il a un peu valeur de test car, au-delà du contexte émotionnel de l’incendie de Moria, les autorités ne peuvent exclure que, dans d’autres camps, des migrants mettent également le feu aux installations qui les abritent, dans l’espoir que ces événements accélèrent leur prise en charge par les pays d’accueil.»

Pour l’heure, la centaine de mineurs isolés du camp de Moria auxquels la France veut accorder sa protection n’est qu’une goutte d’eau dans le flux des arrivées. «Nous accueillons déjà une centaine de mineurs non accompagnés par jour en moyenne depuis le 1er janvier, ce qui laisse à penser que les nouveaux entrants seront, pour la seule année 2020, environ 40.000», explique un cadre de l’Assemblée des départements de France (ADF), présidée par Dominique Bussereau. De fait, ce sont les exécutifs départementaux qui ont la responsabilité de l’aide sociale à l’enfance (ASE).

Sur le flux de 40.000 mineurs isolés étrangers, la moitié environ aura pu, d’ici à la fin de l’année, intégrer les dispositifs d’aide à la charge des départements, les autres étant considérés comme des majeurs. Ceux qui seront reconnus comme ayant moins de 18 ans (au besoin au moyen d’un test osseux) seront donc environ 20.000. Ils viendront étoffer le «stock» des 40.000 mineurs déjà pris en compte par l’aide sociale à l’enfance les années précédentes.

«À ce stade, les 40.000 mineurs non accompagnés dont s’occupent les départements coûtent déjà 2 milliards d’euros par an. À raison de 50.000 euros de prise en charge annuelle par enfant en moyenne, je vous laisse imaginer le poids pour les finances publiques quand, à la fin de l’année, le stock de dossiers validés avoisinera les 60.000», souligne l’un des meilleurs connaisseurs du sujet à l’ADF. À l’entendre, le seuil des 2,5 à 3 milliards d’euros par an de charge financière se profile, pour ces seuls mineurs. «C’est une charge beaucoup trop lourde pour de nombreux exécutifs départementaux, d’autant que cette situation relève de choix de politique migratoire qui incombent essentiellement au gouvernement», fait remarquer un directeur à l’ADF.

Pierre Henry, le directeur général de l’association France terre d’asile, rappelait récemment que, en 2014, à peine 4000 mineurs non accompagnés étaient pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. Ils étaient même seulement un millier en 2012.

Il y a deux ans, Matignon et l’Assemblée des départements de France étaient parvenus à un accord pour rehausser la participation financière de l’État dans l’accueil des nouveaux arrivants. Ce ne sont pas les 100 % de prise en charge promis par le président de la République, Emmanuel Macron, au début de son quinquennat, mais l’effort consenti est tout de même jugé encourageant dans les départements.

Ainsi, outre les 500 euros apportés par l’État lors de la phase d’évaluation du cas de chaque jeune étranger se disant mineur, le gouvernement accorde une participation de 6000 euros par enfant pour les trois quarts du flux des entrants supplémentaires acceptés au titre de l’aide sociale à l’enfance. En clair, si un département protégeait 1000 mineurs isolés en 2018 et qu’il doit en gérer au total 1800 aujourd’hui, l’État s’engage à verser annuellement 6000 euros par mineur pour 600 mineurs.

Les deux tiers des nouveaux arrivants en 2020 viennent d’Afrique subsaharienne. Sur le tiers restant, la plupart des mineurs arrivent du Proche et du Moyen-Orient. Jamais la France n’a eu à traiter autant de cas.

Voir aussi:

« Un coupable presque parfait » : Pascal Bruckner et la tyrannie des identités
Jacques Julliard
Marianne
17/10/2020

La dernière fois que les Français ont été invités à faire pénitence, c’était en juin 1940, au lendemain de l’ar-mistice, par la bouche de Philippe Pétain, le maréchal traître : « Vous souffrez et vous souffrirez longtemps encore, car nous n’avons pas fini de payer toutes nos fautes. » La France avait péché, elle devait expier. Et la plupart des autorités du pays – généraux, évêques, écrivains – de faire chorus, tant la lâcheté est chose communicative. Or voici qu’aujourd’hui, par la voix des principales autorités – homo-sexuelles, indigénistes, décolonialistes – du pays, nous sommes de nouveau requis, et avec quelle véhémence ! , de nous couvrir la tête de cendres. La raison ? Ne sommes-nous pas, pour la majorité mâle d’entre nous, des hétérosexuels, c’est-à-dire des violeurs ? En outre, ne sommes-nous pas, comme héritiers de l’histoire de France, coresponsables d’un long cortège d’usurpations, de violences et de meurtres, dont les peuples coloniaux ont été et restent les principales victimes ? Il ne nous reste qu’à filer doux et à faire repentance.

Voilà, résumé à la hussarde, mais fidèlement, le sens du dernier essai de Pascal Bruckner, Un coupable presque parfait (Grasset), dont le sujet est la construction et la criminalisation de l’homme blanc dans la France d’aujourd’hui. Pascal Bruckner n’est pas seulement l’un de nos meilleurs essayistes. Grâce à la qualité de l’information, la clarté de l’exposition et l’élégance du style qui sont les siennes, il est aussi celui qui, à la faveur de son don pour lire l’événement à l’état naissant, a attiré le premier l’attention sur quelques-uns des traits majeurs de notre modernité, tels que la « mélancolie démocratique », l’obsession du bonheur, les paradoxes de l’amour, la place de l’argent, le nouveau statut de la vieillesse… Il est donc ce que l’on appelait jadis un moraliste, c’est-à-dire un dénonciateur impitoyable de toutes les impostures de la morale appliquée aux autres, quand elle vise à intimider, à stigmatiser, à tyranniser, dans le dessein d’asseoir son pouvoir.

Or le fait est qu’il faut remonter bien haut dans notre histoire nationale pour retrouver à l’œuvre, sous prétexte de bien-pensance, pareille collection d’hypocrites, de donneurs de leçons, de tartuffes et de faux-culs, comme celle qui occupe aujourd’hui le devant de la scène. À gauche, notamment, hélas ! Comme si d’avoir été abandonné par tout le peuple donnait le droit de faire la morale à tout le monde…Je ne puis malheureusement entrer ici dans les détails de cette première partie du livre, qui montre le cheminement de la doxa contemporaine. Sous couvert de lutte contre le viol, on voit, par glissements successifs, cette lutte nécessaire se transformer en une remise en cause de la relation homme-femme, symbolisée par la pénétration sexuelle : même s’il y a consentement, elle est par essence invasive et violente. Rien ni personne n’échappe à ce néopuritanisme, qui fait tomber le soupçon sur tout le processus amoureux, depuis la séduction, la « cour », jusqu’au dénouement érotique. Tous coupables ! Tous violeurs !

Je répondrai par une anecdote. Je me trouvai, il y a bien long-temps, en Kabylie, durant cette affreuse guerre d’Algérie, qui m’a marqué à jamais. Cette guerre qui déposait son empreinte sur tous les actes de la vie courante. Jusqu’au mess des officiers, milieu unisexe, où régnait un certain relâchement viril. Un beau jour y parut une femme, jeune et belle, venue comme assistante sociale. Du jour au lendemain, les mœurs se policèrent. Les officiers, avant de passer à table, se donnaient un rapide coup de peigne. La courtoisie, la correction du langage, les manières de table réapparurent comme par enchantement. Ce jour-là, je compris que le commerce des deux sexes n’était pas, comme le prétendent aujourd’hui nos nouvelles précieuses, une forme dissimulée, voire symbolique de la violence, mais au contraire le fondement incontournable de la civilisation.

La seconde partie du livre est consacrée à cet « antiracisme exterminateur » qui, sous le couvert de la lutte contre toutes les formes du racisme qui sont censées survivre dans le monde occidental blanc, vise à une véritable éradication de la « blanchéité » ; formidable régression culturelle qui fait, en dernière analyse, de la pigmentation de la peau un critère moral et civilisationnel. Cela va du plus pathétique au plus burlesque, témoin cette initiative, en juin 2020, du New York Times, qui a décidé d’écrire le mot Noir avec une majuscule et le mot blanc avec une minuscule pour réparer une injustice historique… Le plus comique, c’est que cette « guerre de sécession » d’un genre nouveau est menée sur le territoire des Blancs eux-mêmes, pas par des intellectuels de couleur sortis du peuple et bien décidés à n’y plus jamais rentrer.

Il n’y a pas aujourd’hui de situation plus confortable ni plus ambiguë que celle d’héritier autoproclamé des esclaves sur les terres repentantes de leurs anciens maîtres. Toute cette agitation peut paraître dérisoire et ne serait en effet que cela si elle ne contribuait au retour d’une certaine vision raciste du monde, aux antipodes de l’universalisme du christianisme et des Lumières, qui demeure la seule solution au problème On connaît la fameuse phrase de Marx selon laquelle tout événement a tendance à se reproduire deux fois, la seconde sous la forme de la parodie. Il y a désormais un certain fémi-nisme, un certain antiracisme qui traduisent essentiellement le regret de toute une génération de n’avoir pas été là pour mener les combats de la précédente. C’est pourquoi Bruckner a raison de conclure : « Ne cédons pas au chantage ! »

P.-S. : Au moment de terminer cet article, je reçois le dernier livre de Douglas Murray, la Grande Déraison. Race, genre, identité (L’Artilleur), qui traite à sa manière le même sujet que Bruckner. Il faudra y revenir.

Voir également:

Hubert Védrine : « Contrôler davantage les flux migratoires »
Ancien ministre des affaires étrangères, 1997-2002
Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre des affaires étrangères (1997-2002) explique qu’il faut instaurer des quotas d’immigration légale par pays.
Le Monde
28 juin 2018

Pour éviter d’autres Aquarius, la désagrégation des relations coopératives entre Européens, mettre fin à cette infernale partie de mistigri et réduire la pression sur nos sociétés fragiles, il faut prendre le problème à la racine et adopter un plan d’ensemble et des mesures d’urgence.

Le sentiment que l’Europe est une passoire, alors même que l’islamisme progresse partout chez les musulmans sunnites et que le terrorisme islamiste sévit sur plusieurs continents, y compris en Europe, est peut-être exagéré ou injuste mais il est obsédant. Il nourrit le « populisme » et alimente les insurrections électorales. Les efforts réels accomplis ces dernières années ou en cours à l’initiative du président français sont occultés par des événements scandaleux ou tragiques et par les pugilats européens.

Le sentiment que l’Europe est une passoire (…) nourrit le « populisme » et alimente les insurrections électorales
Ceux qui espéraient paralyser les réactions de rejet des migrations de masse à coup d’eau bénite ou de condamnations morales ont dû déchanter. Ceux qui n’ont vu dans l’immigration qu’une nécessité économique (importer de la main-d’œuvre) ou une opportunité démographique (combler des déficits) ont nourri les angoisses des populations européennes. L’état des opinions est maintenant si grave qu’aucun progrès européen dans d’autres domaines, comme les annonces obtenues par la France au château de Meseberg, près de Berlin, sur l’euro, ne suffira à inverser ce mouvement.

Casser l’engrenage dévastateur
Croire que le plus dur est passé parce que les flux ont diminué depuis le pic de 2015 est illusoire quand on connaît les prévisions démographiques africaines ; 1,2 milliard d’êtres humains aujourd’hui, 2,5 milliards en 2050 sauf si le planning familial était mis en œuvre partout. Et comment être sûr que d’autres drames atroces ne jetteront pas à nouveau demain sur les routes des familles entières à la recherche d’asiles ? Pour casser cet engrenage dévastateur, il faut donc, dans un cadre et par des mécanismes durables, contrôler ces flux.

La distinction, qui n’aurait jamais dû être perdue de vue, entre les demandeurs d’asile et les migrants économiques, dont certains seront admis comme immigrants légaux, est cruciale
Dans le cadre d’un Schengen consolidé et renforcé, il faut d’abord vérifier que chacun des vingt-six Etats membres, et nouveaux candidats, en particulier les Etats physiquement frontaliers, sans oublier tous les aéroports, seront capables administrativement, politiquement et géographiquement d’assumer des engagements renforcés grâce à une agence Frontex [l’agence européenne de surveillance des frontières] mieux équipée et transformée en vraie police des frontières parfaitement connectée aux polices nationales.

Le droit d’asile pour les gens en danger doit absolument être préservé. Au-delà même des préambules des Constitutions de 1946 et de 1958, il est l’âme même de l’Europe.

Mais cela suppose qu’il ne soit pas détourné de son objet ; sans distinction claire d’avec les mouvements migratoires, il finira par être balayé. La distinction, qui n’aurait jamais dû être perdue de vue, entre les demandeurs d’asile, dont certains seront admis en tant que réfugiés, et les migrants économiques, dont certains seront admis comme immigrants légaux, est cruciale.

Réseau de centres d’accueil
Le traitement, aussi rapide que possible, des demandes d’asile au sein de Schengen, devra se faire dans un véritable réseau de centres d’accueil à créer, sous un nom ou sous un autre, dans les pays extérieurs au plus près des zones de conflits ou de départ, partout où c’est possible (c’est déjà le cas au Niger, mais c’est impossible en Libye).

Mais il faut aussi, comme l’a proposé le président Emmanuel Macron, installer sur le territoire européen, aux frontières extérieures de Schengen, des centres fermés et sécurisés où l’on examinera qui relève ou non du droit d’asile, ce qui relativisera la notion de pays d’arrivée qui est la base de l’accord de Dublin et des controverses qui en découlent.

Bien sûr, les critères d’attribution de l’asile dans Schengen devront être complètement harmonisés, et les demandeurs d’asile acceptés devront être beaucoup mieux accueillis et intégrés. Quant aux déboutés, ils devront être pris en charge et reconduits par Frontex en dehors de Schengen, dans leur pays d’origine où ils pourront postuler comme immigrants légaux.

On ne peut pas fixer a priori de quotas de réfugiés : étant donné que le nombre des futurs demandeurs d’asile dépend des tragédies futures, il ne peut pas être plafonné artificiellement à l’avance. L’Europe devra rester généreuse, vis-à-vis des personnes persécutées ou menacées, tout en aidant plus les pays voisins qui les accueillent en premier lieu, comme la Turquie, la Jordanie, le Liban.

Cogestion indispensable
La question des migrations est différente. Les mouvements de migration économiques vers les pays riches d’Europe, le Canada, les Etats-Unis, l’Australie, mais aussi la Côte d’Ivoire, le Maroc, l’Afrique du Sud, ou d’autres émergents, ne cesseront pas, raison de plus pour s’organiser.

Des quotas d’immigration légale par pays, et par métiers, devront être fixés chaque année au cours d’un sommet entre pays de Schengen, pays de départ et pays de transit. Ces derniers demanderont des compensations et des aides, ce qui conduira à reconsidérer de proche en proche toutes les politiques de codéveloppement.

Cette cogestion est indispensable car il est impossible de détruire sans ces pays les réseaux de passeurs et leurs complices qui ont reconstitué une économie de la traite en Afrique ; gérer avec eux, avec l’aide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dans des centres d’accueil au sein de plates-formes régionales, aussi bien les demandes d’asile que les demandes d’immigration en Europe ; lutter contre le trafic de faux papiers dans le Sahel ; et mieux contrôler les frontières entre ces pays.

Il ne faudrait pas en être réduit, tout cela ayant échoué, et les garde-côtes libyens étant impuissants, à être obligés de bloquer les ports de Libye ! En même temps, cette gestion plus rigoureuse des flux migratoires permettra de favoriser, comme promis dans le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou, la circulation pour les non-candidats à l’immigration (étudiants, hommes d’affaires, artistes).

Des quotas d’immigration légale par pays, et par métiers, devront être fixés chaque année au cours d’un sommet entre pays de Schengen, pays de départ et pays de transit
En attendant, et en urgence, il faut gérer l’héritage du passé et remplacer Dublin, que les ministères de l’intérieur avaient espéré pouvoir garder, par de nouvelles règles. Les pays de Schengen qui ne voudront pas accueillir de réfugiés au titre de la solidarité et de la répartition devront fournir une contribution financière accrue pour la protection des frontières communes ou pour l’accueil et l’intégration des réfugiés dans d’autres pays.

Des décisions difficiles devront être prises concernant ceux qui sont déjà en Europe, illégalement, depuis un certain temps : les reconduire dans des centres de retour à l’extérieur, d’où ils pourront tenter leur chance comme immigrants légaux auprès des centres d’accueil, ou essayer de travailler dans leur propre pays (les migrants, pas les demandeurs d’asile) ; ou les régulariser, pour des raisons d’humanité ou autres, mais alors les intégrer vraiment.

Un premier sommet Schengen-Sahel devrait permettre de commencer à aborder tout cela courageusement et franchement. Si tous les pays de Schengen, ou de départ et de transit, ne sont pas prêts à s’y engager, il faudra commencer avec une coalition de volontaires comme cela a été esquissé dans quelques pays.

Ceux que la repentance aveugle ou paralyse
Il est urgent que les opinions européennes constatent un vrai changement. La répartition des réfugiés, le montant des compensations, la fixation du nombre de migrants légaux, la dénomination et l’organisation du réseau de centres à l’extérieur ou aux frontières, et leur fonction, donneront lieu à des négociations permanentes et difficiles.

Mais une partie de l’opinion européenne changera quand elle réalisera que ces flux seront désormais mieux « gérés », que la partie de mistigri sur les réfugiés est finie et qu’il y a une politique claire, à court et long terme. Et même si des flux d’immigration illégaux se poursuivent, ils deviendront quand même moins importants.

Néanmoins, il ne faut pas se cacher que plusieurs secteurs de l’opinion, minoritaires mais très actifs et « audibles », continueront à opposer un tir de barrage à la mise en œuvre de cette indispensable politique, pour des raisons opposées – il faut aider tous ceux qui souffrent ; il faut repousser tous les envahisseurs.

S’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème !
Les arguments de l’extrême droite (pour tout fermer) doivent être combattus sans ménagement comme étant inhumains, économiquement absurdes et, de toute façon, inapplicables. Il en va de même pour l’extrême gauche qui mise sur les populations issues de l’immigration par calcul militant, activiste ou électoral.

En revanche, il faudrait convaincre beaucoup de gens généreux et de bonne foi de réfléchir à leur responsabilité et de modifier leurs positions ne serait-ce que pour sauver l’asile. Ceux que la repentance aveugle ou paralyse. Ceux qui ne voient le problème des migrations qu’en termes de valeurs et de principes généraux. Or, c’est aussi une question de nombre : s’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème ! Ceux qu’un universalisme abstrait et un mépris affiché pour les besoins élémentaires d’identité et de sécurité culturelle des peuples européens ont rendu inaudibles. Ceux qui ne réalisent pas que ce n’est pas être « généreux » que de priver les pays d’Afrique de leurs meilleurs éléments, les émigrants jeunes, dynamiques et entreprenants, en alimentant la nouvelle économie de la traite.

Fossé élites/peuples
Il faudrait même oser questionner le bilan des grandes institutions judiciaires françaises ou européennes chargées d’appliquer des grands textes comme la Convention européenne des droits de l’homme et qui, par effets de cliquet et avec une totale bonne conscience, peuvent donner à la longue aux citoyens le sentiment qu’elles se substituent à la souveraineté et à la démocratie. Alors que le problème numéro un de l’Europe est le fossé élites/peuples !

Le plan paraît irréaliste ? Une telle politique n’est viable que si tous les pays de ce Schengen confirmé et renforcé, une fois l’accord trouvé, s’engagent à être des partenaires responsables et solides sur l’asile comme sur les migrations.

Quid des pays de Visegrad [un groupe informel composé de la Hongrie, de la Pologne, de la République tchèque et de la Slovaquie] ? De l’Italie ? De l’Espagne à Ceuta et Melilla [enclaves espagnoles au Maroc], etc. ? Mais aussi quid des partenaires extérieurs de l’Est et du Sud ? Vraies questions. Mais il y a le feu !

Paradoxalement, malgré les apparences récentes, il ne devrait pas y avoir d’opposition insurmontable entre les pays européens de l’Ouest et de l’Est. Qui conteste la nécessité absolue d’une meilleure maîtrise des flux vers l’Europe ? Enfin, n’oublions pas l’éléphant dans la pièce : une alliance plus déterminée et plus assumée partout des démocrates et des musulmans modérés contre l’islamisme aiderait à enrayer le glissement des opinions européennes. Tout cela va s’imposer. Faisons-le plutôt ensemble, vite, et en bon ordre.

Hubert Védrine a été ministre des affaires étrangères dans le gouvernement Jospin de 1997 à 2002. Il a publié « Le Monde au défi » (Fayard, 2016) et « Sauver l’Europe ! » (Liana Levi, 2016)

Voir de même:

L’éditorial du Figaro: « Les larmes, les hommages, et après?
Alexis Brézet, directeur des rédactions du Figaro
Le Figaro
18 octobre 2020

Il s’appelait Samuel Paty, et son nom ne doit pas être oublié. Il mérite de rester dans les mémoires parmi les figures de l’école républicaine, entre Louis Germain, le maître d’Albert Camus, et ces hussards noirs «d’un dévouement sans mesure à l’intérêt commun» chantés par Charles Péguy.

Samuel Paty, d’après tous les témoignages, était chaleureux, bienveillant, délicat jusqu’au scrupule, adoré de ses élèves… Le contraire d’un provocateur ou d’un boutefeu. Il est mort – et dans quelles atroces circonstances! – d’avoir voulu appliquer le programme d’éducation morale et civique en classe de quatrième. Mort d’avoir montré à ses élèves deux représentations satiriques de Mahomet. Assassiné pour avoir enseigné la liberté.

Et l’on ne viendra pas nous dire, cette fois, qu’il est tombé par hasard, sans raison, sous les coups d’un «déséquilibré»! Au contraire: tout, dans les jours qui précèdent le crime, semble conduire à cette tragédie. Durant deux semaines, Samuel Paty a été l’objet d’une cabale méthodiquement ourdie, soigneusement organisée. Des militants islamistes l’ont ciblé, persécuté, calomnié. Parmi eux, un «parent d’élève», mais aussi un activiste islamiste, fiché S, membre d’un «conseil des imams de France». Les membres de cette petite bande l’ont dénoncé à sa hiérarchie. Ils l’ont signalé à la police. Ils ont jeté son nom en pâture sur les réseaux sociaux. Ils ont affiché des vidéos injurieuses sur le site internet d’une mosquée. Ils sont allés jusqu’à saisir les autorités académiques! S’ils n’ont pas armé directement la main du tueur (cela, il appartiendra à l’enquête de le dire), ces harceleurs ont indubitablement inspiré son geste. Leur acharnement criminel en dit autant sur l’époque que nous traversons que les circonstances particulièrement atroces de l’assassinat. Aujourd’hui, les fameux «loups solitaires» ne le sont jamais vraiment: ils s’enracinent dans un écosystème islamiste qui les protège et les nourrit.

Allons-nous nous réveiller, enfin, et répliquer à la guerre qui nous a été déclarée?

«Ils ne passeront pas!» Ces rodomontades seraient à rire si elles n’étaient à pleurer. La triste vérité, chacun le sait, c’est que, depuis longtemps, ils sont déjà passés. L’influence islamiste pèse de tout son poids sur l’école, où l’inspecteur général Jean-Pierre Obin mesure depuis vingt ans la montée inexorable des «accommodements» concédés à cette funeste idéologie: d’après un récent sondage, 40% des enseignants (50% en ZEP) reconnaissent «s’autocensurer» sur certains sujets (on imagine aisément lesquels) face à leurs élèves pour ne pas créer d’incident. Cette influence, elle pèse (et ô combien!) sur l’université et la recherche. Elle gangrène les services publics comme les entreprises privées. Prisons, police, armée… elle n’épargne quasiment plus aucun service de l’État ni aucun secteur de la société.

La vérité, c’est que les islamistes, dans notre pays, ont pignon sur rue. Ils ont, avec le CCIF, leur vitrine officielle ; ils ont aussi leurs boutiques officieuses et leurs officines clandestines. Ils ont leurs représentants légaux, leurs brillants avocats qui ont accès aux plus hautes sphères de l’administration, leurs entrepreneurs qui financent la cause, leurs activistes qui déversent la haine sur les réseaux sociaux, leurs prêcheurs qui remplissent les mosquées, leurs soldats réguliers qui noyautent les cités et leurs sicaires, désavouables à merci, qui prospèrent sur ce terreau.

La vérité, c’est aussi que les islamistes peuvent compter, dans l’appareil d’État, les partis politiques et les médias, sur des compagnons de route (ou des idiots utiles) qui soutiennent efficacement la cause. C’est Jean-Louis Bianco et son Observatoire de la laïcité, qui semble avoir été ainsi baptisé par antiphrase. C’est Jean-Luc Mélenchon, qui, toute honte bue, prétend aujourd’hui combattre les amis de ceux avec qui il défilait hier. C’est Edwy Plenel, dont nul n’a oublié qu’il a accusé Charlie d’avoir «déclaré la guerre aux musulmans»! Et, derrière eux, toute une nébuleuse islamo-gauchiste rompue à la rhétorique victimaire (indigénistes, décoloniaux, Unef, SOS-Racisme, LDH…) qui devine du «racisme d’État» chaque fois qu’il est question d’appliquer la loi, dénonce des «violences policières» chaque fois qu’il s’agit de maintenir l’ordre et hurle à l’«islamophobie» chaque fois que l’on fait mine de résister aux diktats des barbus… Que certains de ceux-là se soient retrouvés hier, place de la République ou ailleurs, avec des citoyens sincèrement révoltés par les menées islamistes est une insulte à la décence autant qu’au souvenir des victimes.

Et maintenant? Et demain? Après les larmes et les hommages, après les grands discours et les rassemblements, après les hashtags et les bougies, que va-t-il se passer? Allons-nous, face à la menace islamiste, revenir comme si de rien n’était à ces tractations sans gloire, ces compromissions obliques, ces concessions