Livres: Harry Potter confirme Girard (Dumbledore’s outing confirms Girard’s theory of homosexuality as the escalation of rivalry)

Dumbledore falls for GrindwalddumbledoreD’autant plus que Lisa est très désireuse de vous voir. Je lui ai promis…
— Lisa ? répéta Pavel Pavlovitch, Lisa ? Savez-vous ce qu’elle a été pour moi, Lisa, ce qu’elle a été et ce qu’elle est ? (Et il criait, comme transporté.) Mais tout cela… tout cela, c’est pour plus tard… Pour le moment, ce n’est pas assez que vous ayez bu avec moi, Alexis Ivanovitch, me faut absolument une autre satisfaction…
Il posa son chapeau sur une chaise, et de nouveau, comme tout à l’heure, un peu haletant, il regarda Veltchaninov bien en face.
— Embrassez-moi, Alexis Ivanovitch, dit-il brusquement.
— Vous êtes ivre ! cria l’autre qui recula.
— Ivre ! mon Dieu oui, mais ce n’est pas la question : embrassez-moi, Alexis Ivanovitch… Ah ! il faut que vous m’embrassiez ! je vous ai bien baisé la main, moi, à l’instant !
Veltchaninov resta un moment silencieux, comme s’il eût reçu un coup de trique sur la tête. Puis, d’un geste brusque, il se pencha vers Pavel Pavlovitch, qui était là, tout contre lui, et l’embrassa sur les lèvres, qui sentaient horriblement le vin. Tout cela fut si rapide, si étrange, qu’il ne sut jamais si vraiment il l’avait embrassé.
— Ah ! maintenant… maintenant !… —s’écria Pavel Pavlovitch dans un transport d’ivrogne, les yeux brillants ; — ah ! voyez-vous, c’est que je me disais : « Comment ! alors lui aussi ? Mais alors, si c’est vrai, à qui donc croire ? »
Et il fondit en larmes.
— Alors, vous comprenez quel ami vous êtes à présent pour moi !…
Fédor Dostoïevski (L’Eternel mari, le mari et l’amant s’embrassent)
Il nous arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer (…) ce contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goùt pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il faut la protéger chaque jour. Proust (La Prisonnière)
And what can I tell you my brother, my killer What can I possibly say? I guess that I miss you, I guess I forgive you I’m glad you stood in my way.If you ever come by here, for Jane or for me Well your enemy is sleeping, and his woman is free.  Yes, and thanks, for the trouble you took from her eyes I thought it was there for good so I never tried. Leonard Cohen
The problem with that song is that I’ve forgotten the actual triangle. Whether it was my own – of course, I always felt that there was an invisible male seducing the woman I was with, now whether this one was incarnate or merely imaginary I don’t remember, I’ve always had the sense that either I’ve been that figure in relation to another couple or there’d been a figure like that in relation to my marriage. I don’t quite remember but I did have this feeling that there was always a third party, sometimes me, sometimes another man, sometimes another woman. It was a song I’ve never been satisfied with. It’s not that I’ve resisted an impressionistic approach to songwriting, but I’ve never felt that this one, that I really nailed the lyric. I’m ready to concede something to the mystery, but secretly I’ve always felt that there was something about the song that was unclear. So I’ve been very happy with some of the imagery, but a lot of the imagery. Leonard Cohen
Chez certains singes, quand un mâle se reconnaît battu par un rival et renonce à la femelle qu’il lui disputait, il se met, vis à vis de ce vainqueur, en position, nous dit-on, d’ « offre homosexuelle ». René Girard
On est tous des enfants: il n’y a que les prix des jouets qui changent. Anonyme
Vous ne pouvez pas imaginer combien cette idée m’a étreint, m’a enflammé, Harry. Dumbledore
Ni Dumbledore ni Grindelwald semblent jamais n’avoir évoqué cette amitié de jeunesse dans leur vie ultérieure. N’importe comment, il n’y a pas de doute que par émoi, fatalisme et ses disparitions occasionnelles, Dumbledore a retardé de cinq années son offensive contre Gellert Grindelwald. Est-ce un reste d’affection pour l’homme ou la crainte que soit révélé que celui-ci a été son meilleur ami qui l’a fait hésiter ? (…) Tomber amoureux peut nous aveugler. Rowling
La désignation d’un personnage d’Harry Potter comme homosexuel devrait beaucoup faire en faveur de la tolérance envers l’homosexualité. En présentant quelqu’un d’aussi respecté, talentueux et humain comme quelqu’un qui se trouve être gay par ailleurs, elle accrédite l’idée que l’homosexualité d’une personne n’est pas quelque chose dont il faut avoir honte. Melissa Anelli (webmaster du site de fans « the leaky cauldron »)
« Dumbledore est gay » est un peu le genre de gros titre qui vous chamboule un vendredi soir, et ce n’est certainement pas ce à quoi je m’attendais. [Mais] un personnage gay dans la série la plus populaire au monde est un grand pas en avant pour Jo Rowling et pour les droits des gays. Patrick Ross (fan de Harry Potter, Rutherford, New Jersey)
La multiplication de personnages homosexuels dans des oeuvres grand public est un élément fondamental dans la banalisation de l’homosexualité et la lutte contre l’homophobie, ce que les homophobes ont bien compris au demeurant. Je pense aussi que si les homos font partie du paysage pour les enfants, l’école ne sera plus, à terme, ce lieu d’ostracisme et de mise au placard pour les garçons et les filles qui se découvrent éprouvant ce genre de sentiments. Quand à douze, quatorze ou dix ans, on dispose de modèles positifs dans la vie comme dans la fiction, ça aide à se construire… Joannic Arnoi

Un célèbre acteur qui déclare: “Un tableau, c’est comme une femme. Il me plaît, je le veux” …

Un certain ex-maire de Neuilly qui tombe amoureux de la 3e femme d’un célébrissime animateur de télé qu’il est en train de marier …

Et à présent un maitre sorcier (certes de fiction) dont on apprend la passion cachée pour son ancien maitre et futur rival …

Comment ne pas reconnaitre tant de nos propres fonctionnements dans les comportements de nos “happy few” (la différence, c’est qu’avec eux les “jouets” coûtent plus cher)?

Et, dans le dernier cas, la confirmation par l’auteure de la série Harry Potter, à New York vendredi dernier, de l’hypothèse de René Girard du caractère structurellement homosexuel de toute rivalité sexuelle?

Et partant de la genèse de l’homosexualité par la rivalité, c’est-à-dire du détachement, par surenchère de rivalité mimétique, de l’objet que l’on se dispute pour se fixer sur le rival qui nous le dispute?

Ainsi, ce serait à l’occasion d’une bataille entre bons et mauvais sorciers qu’Albus Dumbledore, grand sorcier et directeur de l’école de sorcellerie Hogwarts (Poudlard en français), tombe amoureux de son rival malheureux Gellert Grindelwald …

Harry Potter: J.K. Rowling révèle l’homosexualité de Dumbledore

NEW YORK – Avis aux fans d’Harry Potter: les rumeurs étaient fondées. Albus Dumbledore, grand sorcier et directeur de l’école de sorcellerie Poudlard, est homosexuel.

J.K. Rowling, auteur de la saga dont le 7ème et dernier tome est paru cet été, a fait cette révélation vendredi alors qu’elle se trouvait au Carnegie Hall à New York. Après avoir fait une brève lecture publique de passages de son dernier livre, « Harry Potter et les reliques de la mort », elle a répondu aux questions.

Un jeune fan lui a demandé si Dumbledore avait trouvé l’amour. « Dumbledore est homosexuel », a répondu l’auteur, provoquant des applaudissements et des réactions d’étonnement.

Elle a ensuite expliqué que Dumbledore était tombé amoureux de Gellert Grindelwald, qu’il avait battu lors d’une bataille entre bons et mauvais sorciers. « L’amour peut rendre aveugle », a-t-elle expliqué au sujet des sentiments de Dumbledore, ajoutant que ce dernier avait été « horriblement, terriblement déçu ». L’amour de Dumbledore, a-t-elle observé, c’était sa « grande tragédie ».

Voir aussi :

In the last novel, Dumbledore’s embittered brother Aberforth reveals how the young Dumbledore was drawn to the charismatic and mysterious Grindelwald. Dumbledore is convinced he has finally found his intellectual equal and the pair plot to set up a benign dictatorship for the benefit of muggles.

However, Dumbledore ends up killing the object of his affection when he realises he has been a secret practitioner of the dark arts.

Harry Potter and the secret of Albus
The Telegraph
21/10/2007

JK Rowling has shocked fans by outing the Hogwarts headmaster, reports Chris Hastings, Arts and Media Editor

It was the secret he took to the grave: Albus Dumbledore, the benign and beloved headmaster of Hogwarts school of wizardry, was gay.

JK Rowling revealed that the object of Dumbledore’s affections was Grindelwald, a fellow wizard

JK Rowling, the author of the Harry Potter books, has revealed that the boy wizard’s mentor and substitute father had a grand passion for another man in his youth.
The outing of the elderly Dumbledore, who is Potter’s confidant and moral compass, must count as the most unlikely in literary history.

Within minutes of Rowling’s announcement in front of a group of young fans in New York on Friday the internet with awash with the news.

Rowling, 42, made her revelation after a 19-year-old fan asked her if the Dumbledore, the most important adult in Potter’s life, had ever enjoyed a real passion in his life.

She replied: « My truthful answer to you is that I have always thought of Dumbledore as gay. »

The author revealed that the object of Dumbledore’s affections was Gellert Grindelwald, a fellow wizard who is briefly mentioned in the books.

In the last novel, Dumbledore’s embittered brother Aberforth reveals how the young Dumbledore was drawn to the charismatic and mysterious Grindelwald. Dumbledore is convinced he has finally found his intellectual equal and the pair plot to set up a benign dictatorship for the benefit of muggles.

However, Dumbledore ends up killing the object of his affection when he realises he has been a secret practitioner of the dark arts.

Rowling said: « Dumbledore fell in love with Grindelwald, and that added to his horror when Grindelwald showed himself to be what he was.

« To an extent, do we say it excused Dumbledore a little more because falling in love can blind us to an extent… he was very drawn to this brilliant person, and horribly, terribly let down by him. »

Rowling said she recently had to share the secret of Dumbledore’s sexuality with scriptwriters working on the sixth Harry Potter film. « I was in a script read-through for the sixth film, and they had Dumbledore saying ‘I knew a girl once, whose hair…’ I had to write a little note in the margin and slide it along to the scriptwriter: ‘Dumbledore’s gay!’? »

Rowling told her cheering audience of fans: « If I’d known it would make you so happy, I would have announced it years ago. »

Some fans, however, have attacked the decision on religious grounds and have posted passages from scripture on Potter fan internet sites.

Melissa Anelli, the webmaster of the Leaky Cauldron, one of the most respected sites, said: « I would say about 70 per cent of the people contacting us are delighted. I think it is great that she has just presented it as a matter of fact. She is not saying it’s a reason to level judgment against him. It’s just something else about the character, like the fact that he is a teacher. »

Peter Tatchell, the gay rights campaigner, welcomed the « outing » as a victory for « tolerance and understanding ». He said: « My only disappointment is that the author didn’t make Dumbledore’s homosexuality more explicit in the books. It would have been a much more powerful message. »

Mary Bousted, the general secretary of the Association of Teachers and Lecturers, who has read all the books, disagreed. She said: « I find it unsurprising. I always had my suspicions. I am also glad that she didn’t write his sexuality into the stories. Dumbledore’s sexuality has absolutely nothing to do with the fact that he is a headmaster at Hogwarts.

Voir également:

J’ai acheté mes premiers dessins dans les années 1960. Je passais mon temps avec deux amis, qui m’ont beaucoup appris. L’un était un galeriste, qui maintenant a pris sa retraite, Claude Aubry. L’autre, c’est Pierre Cornette de Saint-Cyr. C’est ainsi que j’ai acheté un Dürer, Le Scarabée ! Un des derniers dessins existants sur le marché. Au nez et à la barbe de Malle. Pas Louis, son frère, le banquier.

Alain Delon : « Un tableau, c’est comme une femme. Il me plaît, je le veux »
Le Monde
Le 03.10.07

Alain Delon va vendre aux enchères une partie de sa collection, dont beaucoup de tableaux des années 1950, qui sera dispersée à Drouot-Montaigne le 15 octobre. Rencontre avec l’acteur, 71 ans, dans son appartement parisien, aux murs désormais presque vides.

Quand avez-vous commencé à collectionner ?

J’ai acheté mes premiers dessins dans les années 1960. Je passais mon temps avec deux amis, qui m’ont beaucoup appris. L’un était un galeriste, qui maintenant a pris sa retraite, Claude Aubry. L’autre, c’est Pierre Cornette de Saint-Cyr. C’est ainsi que j’ai acheté un Dürer, Le Scarabée ! Un des derniers dessins existants sur le marché. Au nez et à la barbe de Malle. Pas Louis, son frère, le banquier. C’était un peu comme dans L’Homme pressé : la différence entre les professionnels et moi, c’est qu’eux ont une limite. Moi, je n’en ai pas. Ils ont plus d’argent que moi, mais au-delà d’une certaine estimation, ils s’arrêtent.

Moi, j’étais tellement fou à l’époque que j’ai eu le dernier dessin de Dürer passé en vente publique… Cela devait être en 1969. Souvent je me retrouvais sans un rond. Mais comme je travaillais beaucoup, tout mon argent passait dans les dessins anciens. Il y en a qui s’achètent des voitures, d’autres qui vont aux putes, moi je préfère les tableaux.

Pourquoi le dessin ?

Parce que le dessin, c’est le premier jet, la première pensée de l’artiste. Quelque temps après, j’ai pu acquérir des tableaux, dont j’avais eu auparavant les dessins préparatoires. Mais j’étais vraiment amoureux des dessins du XVIe, du XVIIe, pas du XVIIIe et du XIXe siècle.

Pas le XVIIIe ?

Pas assez fort. Pas assez incisif ou intensif. Avant oui. Après aussi. Mes premiers dessins ont été des Lagneau . Mais ma passion, c’est Millet, mon dieu dans le dessin. Quelque chose m’attire, me fascine, alors je le veux. J’ai acheté par passion, jamais par investissement. D’abord parce que j’ai toujours trop – tout – surpayé.

Pourquoi ?

Ça n’a rien à voir, mais c’est comme une femme. Je la vois, elle me plaît, je la veux. J’achète ces dessins sur coup de cœur.

Vous avez le temps de courir les salles des ventes ?

Je n’achète pratiquement plus. Je me passionne pour les bronzes animaliers. Pour Guyot, que les gens ne connaissent pas très bien, dont j’ai sûrement la plus belle collection. J’espère bien un jour le faire connaître. Aujourd’hui, le moindre Bugatti vaut 300 000 euros. Avant, on les achetait pour rien, 1 million – je parle en anciens francs…

Je me souviens d’être allé chez Alain Lesieutre, qui faisait une partie de poker avec des copains dans sa galerie. Il y avait une panthère de Bugatti – je l’ai toujours – et je lui dis : « Dis donc ta panthère… Je passe, deux cartes… Ta panthère, tu en veux quoi? Trois millions, elle est à toi . »

Je suis parti avec. Il n’a pas arrêté de jouer pour autant. Il y avait peut-être une autre ambiance, plus de passionnés, moins d’investisseurs, plus de puristes, d’amoureux de l’art.

Vous avez collectionné avec Visconti ?

Non. Visconti n’était pas ce qu’on appelle un collectionneur. Il était amoureux de Bronzino, il avait quelques œuvres, quelques tableaux, mais pas une collection. Dans le cinéma, je ne connais pas de collectionneur. Il y a Claude Berri, qui a une très, très belle collection. Je ne vois personne d’autre. Je n’ai jamais vu chez les metteurs en scène, et encore moins chez des partenaires acteurs ou actrices, des gens qui s’intéressaient à l’art. J’ai l’impression que pour eux, il y avait autre chose à faire de son argent.

A part le dessin ?

Après le dessin, je suis venu à la peinture. Le XIXe. Avec mes maîtres : Géricault, Delacroix, Millet et Corot. Longtemps après, je suis arrivé aux fauves. En 1989-1990, j’avais vendu quarante bronzes de Bugatti pour acheter des fauves. Et c’est seulement après que je suis tombé sur l’abstraction des années 1950. Riopelle, Nicolas de Staël, Manessier ou d’autres.

Pourquoi vous en séparez-vous ?

Des raisons personnelles. Je pense plus à l’avenir de mes enfants qu’au mien. Et j’exècre ce qu’on appelle la vente dite « de succession ». Je ne peux pas envisager une vente de succession, « la vente Alain Delon »… Je ne peux pas. Pas plus que je ne pourrais penser que mes enfants se déchirent pour des choses qui leur passent au-dessus de la tête. Je préfère régler ça maintenant, c’est plus net, plus propre. Mais surtout je déteste les ventes posthumes. J’ai vu tant d’exemples… J’ai moi-même racheté des choses à des amis morts.

Pierre Cornette espère vous intéresser à l’art contemporain…

Non. Je ne crois pas. D’abord parce que ce n’est pas dans mes entrailles, mais surtout parce que je n’ai plus le temps. Et je n’en éprouve pas le besoin ni la raison. Je ne vois pas pourquoi aujourd’hui, à mon âge – même si je ne le parais pas! –, je vais me mettre à faire une collection d’un art que je n’aime pas vraiment. Quand je vois Rauschenberg ou tous ces trucs-là, ça m’emmerde.

Que vous prépariez votre succession, certes, mais imaginez qu’après la vente, on vous propose un beau Géricault ?

Je me connais. J’ai peur de craquer. Géricault, avant toutes choses, par sa peinture, qui me correspond, par sa vie, par sa mort aussi. Le dernier que j’ai acheté c’était un Cuirassier à cheval. J’ai aussi un tableau unique, un couple uni dans la mort. Peint à la morgue, sur la planche de bois qu’on tire, le buste d’un homme et une femme. Sublime. C’est à crever. Alors c’est vrai, si demain on m’amène un truc comme ça…

Propos recueillis par Harry Bellet

COMPLEMENT:

« Dumbledore est gay » (une traduction maison)

Traduction d’une dépêche parue ce soir dans The Advocate. Le commentaire est ici.

 23 octobre 2007

« Après que l’auteur J.K. Rowling a révélé que le maître sorcier Albus Dumbledore était gay, certains aspects de la relation entre celui-ci et son rival Gellert Grindelwald apparaissent sous un jour nouveau.

L’auteur britannique a stupéfié ses fans au Carnegie Hall de New-York, lorsqu’à la question d’un jeune lecteur sur les amours de Dumbledore elle a répondu qu’il était gay et qu’il était amoureux de Grindlewald, qu’il avait vaincu des années auparavant lors d’un amer combat.

« Vous ne pouvez pas imaginer combien cette idée m’a étreint, m’a enflammé, Harry » dit Dumbledore dans Harry Potter et les reliques de la mort, le septième et dernier volume de la série fantastique au succès sans précédent.

La nouvelle a suscité un choc puis des applaudissements dans le Carnegie Hall, dernière étape de la brève tournée de Rowlings aux Etats-Unis, avant de générer des millers d’e-mails sur les sites de fans d’Harry Potter à travers le monde. Quelques uns manifestaient de la déception ou de l’indifférence, mais la majorité étaient favorables.

Melissa Anelli, webmaster du site de fans « the leaky cauldron » a émis auprès d’Associated Press l’opinion que « la désignation d’un personnage d’Harry Potter comme homosexuel devrait beaucoup faire en faveur de la tolérance envers l’homosexualité ». Et d’ajouter : « En présentant quelqu’un d’aussi respecté, talentueux et humain comme quelqu’un [sic] qui se trouve être gay par ailleurs, elle accrédite l’idée que l’homosexualité d’une personne n’est pas quelque chose dont il faut avoir honte »

« « Dumbledore est gay » est un peu le genre de gros titre qui vous chamboule un vendredi soir, et ce n’est certainement pas ce à quoi je m’attendais » a renchéri Patrick Ross, un fan de Harry Potter basé à Rutherford (New Jersey), avant d’ajouter « [Mais] un personnage gay dans la série la plus populaire au monde est un grand pas en avant pour Jo Rowling et pour les droits des gays. »

Dumbledore pourrait devenir le plus célèbre personnage homosexuel de la littérature pour enfant, mais il n’est certainement pas le premier. And Tango Makes Three de Justin Richardson et Peter Parnell, qui raconte comment deux pingouins mâles élèvent un bébé pingouin, a décroché un record de plaintes de parents et d’éducateurs auprès de l’Association des bibliothèques américaines.

En 2005, la chaîne PBS avait décidé de ne pas diffuser un épisode de Postcards From Buster (Cartes-postales de mon pote) qui avait été critiqué par la secrétaire d’Etat à l’éducation Margaret Spellings parce qu’il présentait un personnage de lesbienne. Les livres de la série Harry Potter ont eux aussi subi des retraits des rayonnages des écoles et des bibliothèques, car des groupes chrétiens affirmaient qu’ils faisaient la promotion de la sorcellerie.

Dans la série de Joan Rowling, Gellert Grindelwald est un mauvais sorcier qui a terrorisé les gens une génération avant Lord Voldemort. Les lecteurs avaient entendu parler de lui dans le premier ouvrage, Harry Potter à l’école des sorciers, comme ayant été vaincu par Dumbledore. Dans Harry Potter et les reliques de la mort, les lecteurs apprennent qu’ils ont été auparavant amis.

« Ni Dumbledore ni Grindelwald semblent jamais n’avoir évoqué cette amitié de jeunesse dans leur vie ultérieure. » écrit Rowling « N’importe comment, il n’y a pas de doute que par émoi, fatalisme et ses disparitions occasionnelles, Dumbledore a retardé de cinq années son offensive contre Gellert Grindelwald. Est-ce un reste d’affection pour l’homme ou la crainte que soit révélé que celui-ci a été son meilleur ami qui l’a fait hésiter ? »

Jeune homme, le brillant et puissant Dumbledore a été contraint de retourner au domicile familial pour veiller sur sa petite soeur malade mentale et sur son jeune frère. Comme il le reconnaît auprès d’Harry, c’est un fardeau qui l’a contrarié, parce qu’il a entravé le brillant avenir auquel il se destinait.

Ultérieurement, Grindelwald, décrit par Rowling comme « aux cheveux blonds dorés, au visage enjoué », apparaît après avoir été renvoyé de sa propre école. Sa tante, Bathilda Bagshot, évoque leur rencontre : « Les garçons se sont trouvés d’emblée. » Dans une lettre à Grindelwald, Dumbledore évoque leurs plans pour prendre l’ascendant sur le monde des sorciers : « Si tu n’avais pas été renvoyé, nous ne nous serions jamais rencontrés. » Les lecteurs de la série avaient déjà spéculé à propos de Dumbledore, ayant remarqué qu’il n’avait aucune relation étroite avec des femmes et un passé trouble et mystérieux.

« Tomber amoureux peut nous aveugler » a dit Rowling vendredi à propos des sentiments de Dumbledore pour Grindelwald, ajoutant que Dumbledore avait été « horriblement, terriblement déçu. »

« Son amour, a-t-elle fait observer, a été une grande tragédie »

Hillel Italie, Associated Press

Outing Gives New Meaning to Passages About Harry Potter Wizard Dumbledore

 The Advocate

October 23, 2007

With author J.K. Rowling’s revelation that master wizard Albus Dumbledore is gay, some passages about the Hogwarts headmaster and rival wizard Gellert Grindelwald have taken on a new and clearer meaning. The British author stunned her fans at Carnegie Hall on Friday night when she answered one young reader’s question about Dumbledore by saying that he was gay and had been in love with Grindelwald, whom he had defeated years ago in a bitter fight.  »You cannot imagine how his ideas caught me, Harry, inflamed me, » Dumbledore says in Harry Potter and the Deathly Hallows, the seventh and final book in Rowling’s record-breaking fantasy series.

With author J.K. Rowling’s revelation that master wizard Albus Dumbledore is gay, some passages about the Hogwarts headmaster and rival wizard Gellert Grindelwald have taken on a new and clearer meaning.

The British author stunned her fans at Carnegie Hall in New York City on Friday night when she answered one young reader’s question about Dumbledore by saying that he was gay and had been in love with Grindelwald, whom he had defeated years ago in a bitter fight.

 »You cannot imagine how his ideas caught me, Harry, inflamed me, » Dumbledore says in Harry Potter and the Deathly Hallows, the seventh and final book in Rowling’s record-breaking fantasy series.

The news brought gasps, then applause at Carnegie Hall, the last stop on Rowling’s brief U.S. tour, and set off thousands of e-mails on Potter fan Web sites around the world. Some were dismayed, others indifferent, but most were supportive.

 »Jo Rowling calling any Harry Potter character gay would make wonderful strides in tolerance toward homosexuality, » Melissa Anelli, Webmaster of the fan site http://www.the-leaky-cauldron.org, told the Associated Press.  »By dubbing someone so respected, so talented, and so kind as someone who just happens to be also homosexual, she’s reinforcing the idea that a person’s gayness is not something of which they should be ashamed. »

 »’Dumbledore Is Gay’ is quite a headline to stumble upon on a Friday evening, and it’s certainly not what I expected, » added Potter fan Patrick Ross of Rutherford, N.J.  »[But] a gay character in the most popular series in the world is a big step for Jo Rowling and for gay rights. »

Dumbledore may now be the world’s most famous gay children’s character, but he’s hardly the first. And Tango Makes Three, a story by Justin Richardson and Peter Parnell that features two male penguins raising a baby penguin, topped the American Library Association’s latest list of books attracting the most complaints from parents and educators.

In 2005, PBS decided not to distribute an episode of Postcards From Buster that had been criticized by Secretary of Education Margaret Spellings for including lesbian characters. The Potter books themselves have long been threatened with removal from school and library shelves, with some Christians alleging that the series promotes witchcraft.

In Rowling’s fantasy series Gellert Grindelwald was a dark wizard of great power who terrorized people much in the same way Harry’s nemesis, Lord Voldemort, was to do a generation later. Readers hear of him in the first book, Harry Potter and the Sorcerer’s Stone, in a reference to how Dumbledore defeated him. In Deathly Hallows, readers learn they once had been best friends.

 »Neither Dumbledore nor Grindelwald ever seems to have referred to this brief boyhood friendship in later life, » Rowling writes.  »However, there can be no doubt that Dumbledore delayed, for some five years of turmoil, fatalities, and disappearances, his attack upon Gellert Grindelwald. Was it lingering affection for the man or fear of exposure as his once best friend that caused Dumbledore to hesitate? »

As a young man, Dumbledore, brilliant and powerful, had been forced to return home to look after his mentally ill younger sister and younger brother. It was a task he admits to Harry that he resented, because it derailed the bright future he had been looking forward to.

Then Grindelwald, described by Rowling as  »golden-haired, merry-faced, » arrived after having been expelled from his own school. Grindelwald’s aunt, Bathilda Bagshot, says of their meeting:  »The boys took to each other at once. » In a letter to Grindelwald, Dumbledore discusses their plans for gaining wizard dominance:  »If you had not been expelled we would never have met. »

Potter readers had speculated about Dumbledore, noting that he has no close relationship with women and a mysterious, troubled past.

 »Falling in love can blind us to an extent, » Rowling said Friday of Dumbledore’s feelings about Grindelwald, adding that Dumbledore was  »horribly, terribly let down. »

Dumbledore’s love, she observed, was his  »great tragedy. » (Hillel Italie, AP)

10 commentaires pour Livres: Harry Potter confirme Girard (Dumbledore’s outing confirms Girard’s theory of homosexuality as the escalation of rivalry)

  1. […] Il arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer, bien que nous souffrions jusqu’à mourir d’avoir à les leur disputer ; le contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple douloureux et préventif dans cette prédilection des hommes pour les femmes qui, avant de les connaître, ont commis des fautes, pour ces femmes qu’ils sentent enlisées dans le danger et qu’il leur faut, pendant toute la durée de leur amour, reconquérir ; un exemple postérieur au contraire, et nullement dramatique celui-là, dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goût pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il lui faut la protéger chaque jour. (Le contraire des hommes qui exigent qu’une femme renonce au théâtre, bien que, d’ailleurs, ce soit parce qu’elle avait été au théâtre qu’ils l’ont aimée.) Proust […]

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  2. […] sacrées, chasses aux sorcières, tontes, syndrome des vestiaires, vols de pénis, anorexie, homosexualité, bâtiments malades, hystéries collectives, théories du complot, “fièvre acheteuse”, […]

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  3. […] Chez certains singes, quand un mâle se reconnaît battu par un rival et renonce à la femelle qu’il lui disputait, il se met, vis à vis de ce vainqueur, en position, nous dit-on, d’ « offre homosexuelle ». René Girard […]

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  4. […] et à notre ministre de l’Ecologie et sans parler du contre-sionisme palestinien et de nos homosexuels en mal d’un mariage dont plus personne ne voulait, chacun revendique la place de la victime […]

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  5. […] Il nous arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer (…) ce contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goùt pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il faut la protéger chaque jour. Proust […]

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  6. […] Il arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer, bien que nous souffrions jusqu’à mourir d’avoir à les leur disputer ; le contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple douloureux et préventif dans cette prédilection des hommes pour les femmes qui, avant de les connaître, ont commis des fautes, pour ces femmes qu’ils sentent enlisées dans le danger et qu’il leur faut, pendant toute la durée de leur amour, reconquérir ; un exemple postérieur au contraire, et nullement dramatique celui-là, dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goût pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il lui faut la protéger chaque jour. (Le contraire des hommes qui exigent qu’une femme renonce au théâtre, bien que, d’ailleurs, ce soit parce qu’elle avait été au théâtre qu’ils l’ont aimée. Proust […]

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  7. […] Il arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer, bien que nous souffrions jusqu’à mourir d’avoir à les leur disputer ; le contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple douloureux et préventif dans cette prédilection des hommes pour les femmes qui, avant de les connaître, ont commis des fautes, pour ces femmes qu’ils sentent enlisées dans le danger et qu’il leur faut, pendant toute la durée de leur amour, reconquérir ; un exemple postérieur au contraire, et nullement dramatique celui-là, dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goût pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il lui faut la protéger chaque jour. (Le contraire des hommes qui exigent qu’une femme renonce au théâtre, bien que, d’ailleurs, ce soit parce qu’elle avait été au théâtre qu’ils l’ont aimée. Proust […]

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  8. […] Il arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer, bien que nous souffrions jusqu’à mourir d’avoir à les leur disputer ; le contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple douloureux et préventif dans cette prédilection des hommes pour les femmes qui, avant de les connaître, ont commis des fautes, pour ces femmes qu’ils sentent enlisées dans le danger et qu’il leur faut, pendant toute la durée de leur amour, reconquérir ; un exemple postérieur au contraire, et nullement dramatique celui-là, dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goût pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il lui faut la protéger chaque jour. (Le contraire des hommes qui exigent qu’une femme renonce au théâtre, bien que, d’ailleurs, ce soit parce qu’elle avait été au théâtre qu’ils l’ont aimée. Proust […]

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  9. […] Il arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer, bien que nous souffrions jusqu’à mourir d’avoir à les leur disputer ; le contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple douloureux et préventif dans cette prédilection des hommes pour les femmes qui, avant de les connaître, ont commis des fautes, pour ces femmes qu’ils sentent enlisées dans le danger et qu’il leur faut, pendant toute la durée de leur amour, reconquérir ; un exemple postérieur au contraire, et nullement dramatique celui-là, dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goût pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il lui faut la protéger chaque jour. (Le contraire des hommes qui exigent qu’une femme renonce au théâtre, bien que, d’ailleurs, ce soit parce qu’elle avait été au théâtre qu’ils l’ont aimée. Proust […]

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  10. jcdurbant dit :

    IS HOMOSEXUALITY A GENETIC DISORDER ? (What do you call a lifestyle choice that is supposedly linked to gene alterations ?)

    “It is very hard to assess this work from an abstract and press release, and these claims need careful scrutiny. From the abstract, it is unclear whether the scientists have looked carefully at confounding factors, ie, other things which associate with sexual orientation and might be the cause of this correlation.”

    Dr Ewan Birney, Co-Director, European Bioinformatics Institute

    “Without validation of the result in an independent data set it is not really possible to know whether there is any substance in this claim.”

    Professor Gil McVean, Professor of Statistical Genetics, University of Oxford

    “To claim a 70% predictive value of something as complex as homosexuality is bold indeed. I wait with baited breath for a full peer-reviewed article.”

    Professor Darren Griffin, Professor of Genetics, University of Kent

    “Epigenetics is still a young science and although there is great potential very little is known about the mechanisms that shape the epigenetic landscapes of an individual. Simple correlations – if significant – of epigenetic marks of an individual with anything from favourite football player to disease risk does not imply a causal relationship or understanding.”

    Dr Eric Miska, Gurdon Institute and Department of Genetics, University of Cambridge

    http://www.mercatornet.com/conjugality/view/once-again-a-cloud-over-the-gay-gene/16984#sthash.pg2hbVht.dpuf

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