Désinformation: Le Monde redécouvre l’enjuivement du monde (When in doubt, blame the Jews: 40 years after Entebbe, Le Monde rediscovers the good old blame-the-victim game)

6 décembre, 2016
Un soldat israélien, le 24 août, dans le village de Madama près de Naplouse.Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
D’abord ils sont venus (…) pour les Juifs, mais je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif … Martin Niemöller
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Certains trouvent encore intolérable d’admettre que le peuple juif se soit trouvé, à trois reprises, plus ou moins volontairement, un élément essentiel au patrimoine de l’humanité: le monothéisme, le marché et les lieux saints. Car il n’est pas faux de dire, même si c’est schématique, que les juifs ont été mis en situation d’avoir à prêter aux deux autres monothéismes, et à les partager avec eux, leur dieu, leur argent et leurs lieux saints. Et comme la meilleure façon de ne pas rembourser un créancier, c’est de le diaboliser et de l’éliminer, ceux qui, dans le christianisme et l’islam, n’acceptent toujours pas cette dette à l’égard du judaïsme, se sont, à intervalles réguliers, acharnés à le détruire, attendant pour recommencer que le souvenir de l’élimination précédente se soit estompé. Jacques Attali
Les pilotes français s’étaient liés d’amitié aux pilotes israéliens qui avaient appris en même temps qu’eux, dans les mêmes écoles, à piloter des Mirages. L’armée française a toujours éprouvé un sentiment d’hostilité envers les Arabes. Ce sentiment, qui survit encore aujourd’hui, est beaucoup plus ancien que la sanglante aventure de l’indépendance algérienne. Comme le souligne l’hebdomadaire parisien, le Nouvel Observateur : ‘L’armée française est unanimement et totalement pro-Israël, et il est évident que les souvenirs de Suez et d’Algérie ne sont pas étrangers à cet état de chose. Mais il y a plus que cela. Il y a une immense admiration pour la technologie avancée de ce pays, sa faculté d’adaptation, son efficacité et le niveau intellectuel de ses officiers. Il y a une grande admiration pour son courage et son esprit de sacrifice à la cause de la nation. L’armée française n’a jamais adhéré aux termes de l’embargo de 1967.’ « Le président de Gaulle sentit la vague d’hostilité qui se développait à tous les niveaux de ses forces armées. Il s’en plaignit amèrement lors du Conseil des ministres du 7 janvier 1969 : « Notre armée s’est enjuivée », déclara-t-il. Dennis Eisenberg, Uri Dan, Eli Landa (Mossad, Les services secrets israéliens, 1977)
Que feraient les Israéliens et Margaret Thatcher dans un pareil cas ? Jacques Chirac
[Comment saviez-vous que c’étaient les Israéliens qui venaient vous libérer ?] Et qui d’autre vouliez-vous que cela fût ?  Michel Bacos (commandant de l’Airbus d’Air France, Entebbe, 1976)
Championnat du terrorisme, Israël en tête  ! Libération
Israël attaque l’Ouganda L’Humanité
…Lorsque l’Occident développé applaudit, l’Afrique, elle, se réveille humiliée. Israël risque d’y perdre ses dernières amitiés africaines. Le « Blanc » a donné une gifle au tiers monde (…) Reste à savoir maintenant si l’action israélienne portera un coup d’arrêt aux prises d’otages internationales. Les optimistes le pensent. Les pessimistes craignent au contraire que, la prochaine fois, les pirates de l’air, instruits par l’expérience d’Entebbe, ne soient plus rapides et radicaux. Un journal du Koweït écrivait, dès mardi, que le commando de l’« Airbus » avait fait preuve d’une mollesse, qui lui avait retiré toute crédibilité. Les Israéliens, eux, estiment, comme les « chasseurs de pirates » du XIXe, qu’ils ont plus que jamais le droit de poursuite…Ils risquent de se retrouver plus seuls encore et d’être entraînés dans l’engrenage des « missions impossibles » – qu’ils réussiront jusqu’à quand ? » Hervé Chabalier (Le Nouvel Observateur, 12 juillet 1976)
…Les cris de joie, l’allégresse et l’hystérie collective des foules israéliennes ont peut-être permis provisoirement de colmater les profondes lézardes d’une classe dirigeante dont le désarroi était patent, mais ils sont, assurément, annonciateurs d’une violence accrue. Le recours désespéré aux détournements d’avion, condamné explicitement par l’O.L.P., ne saurait justifier, en dépit des problèmes politiques et humains angoissants qu’il pose, la légitimation pour les États, sous le couvert de la « lutte contre le terrorisme », d’un terrorisme « officiel » et de la politique du « coup de main ». En se plaçant sur le terrain même des détourneurs d’avions, mais avec des moyens incomparablement plus puissants, les « commandos » israéliens ont ainsi fait plusieurs dizaines de victimes qui auraient pu être épargnées mais ils ont surtout, ajouté un nouvel épisode à la liste des violations territoriales et des abus de puissance commis au nom de la « protection des ressortissants civils » et du « droit de suite ». Ces prétextes si souvent invoqués pour justifier les pires exactions coloniales. Afrique-Asie (France, 12 au 25 juillet 1976)
Mais pourquoi n’appelle-t-on pas ce mur, qui sépare les Gazaouites de leurs frères égyptiens « mur de la honte » ou « de l’apartheid »? Liliane Messika
After all, this barrier, although built by Mr. Sharon, was birthed by « shaheeds, » suicide bombers whom Palestinian leaders have glorified as martyrs. Qassam missiles can kill two or three people at a time. Suicide bombers lay waste to many more. Since the barrier went up, suicide attacks have plunged, which means innocent Arab lives have been spared along with Jewish ones. Does a concrete effort to save civilian lives justify the hardship posed by this structure? The humanitarian in me bristles, but ultimately answers yes. (…) I reflected on this question as I observed an Israeli Army jeep patrol the gap in Abu Dis. The vehicle was crammed with soldiers who, in turn, observed me filming the anti-Israel graffiti scrawled by Western activists — « Scotland hates the blood-sucking Zionists! » I turned my video camera on the soldiers. Nobody ordered me to shut it off or show the tape. My Arab taxi driver stood by, unprotected by a diplomatic license plate or press banner. Like all Muslims, I look forward to the day when neither the jeep nor the wall is in Abu Dis. So will we tell the self-appointed martyrs of Islam that the people — not just Arabs, but Arabs and Jews — « are one »? That before the barrier, there was the bomber? And that the barrier can be dismantled, but the bomber’s victims are gone forever? Irshad Manji
The leaders of Yemen and Saudi Arabia are due to meet today in an effort to settle a dispute over a security barrier the Saudis are building along their shared frontier. Saudi Arabia, which is battling against insurgents sympathetic to Osama bin Laden, says the barrier will stem the flow of militants and weapons from its southern neighbour. Yemeni opposition newspapers have likened it to the barrier that Israel is constructing in the West Bank – though in fact it is a simpler and even odder structure: a pipeline three metres (10ft) high, supported on posts and filled with concrete. The Guardian
What is being constructed inside our borders with Yemen is a sort of screen … which aims to prevent infiltration and smuggling, It does not resemble a wall in any way. Talal Anqawi (head of Saudi Arabia’s border guard)
Sauf que sans le « Judaïsme », le « Monde Occidental » n’aurait jamais existé ! J’explique : Le « Monde Occidental » avant l’arrivée du Christ, lui-même Juif, de sa mère Marie, mère juive par excellence, puisqu’elle a fait circoncire son fils dans la tradition. Elle lui a fait faire sa « Bar Mitzvah », … Ce « Monde » ne procédait d’aucune unité de cœur et de croyance. C’est l’avènement du Christianisme à Jérusalem, qui va produire le « Monde Occidental », celui dans lequel nous vivons actuellement, … Dans toute l’Europe, les deux Amériques, et sans oublier le continent Australien. Faire croire l’inverse, c’est-à-dire que le « Judaïsme » est venu se greffer sur et dans le « Monde Occidental » procède d’un formidable supercherie et d’un « Non sens historique ». Puisque le monothéisme date de 5777 ans, …Que le Christianisme n’a que 2016 ans. Il a même fallu attendre les années 1962, 1963, 1964 et 1965, … Avec la fin du Conseil oecuménique Vatican II, pour qu’enfin l’Eglise de Rome reconnaisse au Christianisme, le Judaïsme comme pilier principal de son essence. Il y a eu un AVANT et un APRES …. Vatican II Avant Vatican II, …. Existait un « Antisémitisme de religion » qu’entretenait l’Eglise à force de falsifications. Je passe sur la période qui a suivi la « Révolution Française » avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Puis sur la période Nazie avec l’antisémitisme de race. Pour en arriver au 8 Décembre 1965 (fin de Vatican II), à partir du quel on ne parle plus que de « Monde JUDÉO-CHRÉTIEN » pour désigner l’ensemble du monde Occidental. … En opposition au « Monde Arabo-Musulman » C. Hamon
« Attention, braves gens de l’Occident, ce n’est pas le terrorisme qui vous menace, c’est de devenir comme Israël. Se défendre comme le font les Israéliens quand on veut les tuer, c’est mal. Ils n’ont rien compris. Pensez donc: ils cherchent à prévenir les assassinats! Ils feraient mieux de changer de méthode. Bien entendu, le journaliste n’en propose aucune. » Jean-Claude Lafont
Il a grandi au Soudan, a vécu en Egypte, s’est passionné pour le sort des mineurs du Congo… Spécialiste du Moyen-Orient et arabophone , il connaît ces régions de l’intérieur et en fournit des analyses sans concession qui lui valent la reconnaissance de ses pairs et de ses lecteurs. Christophe Ayad aime les enquêtes au long cours, mais aussi les anecdotes: c’est ce goût pour les petites choses qui lui fait écrire un article sur le zoo de Gaza ou encore sur l’hypothétique gifle qui aurait déclenché la révolution égyptienne. Rencontre avec l’un des journalistes les plus brillants de sa génération. France Inter
Israël a subi la violence terroriste bien avant qu’elle ne frappe les pays occidentaux et c’est pour cela qu’il faut observer de près ce qui s’est passé dans ce pays ces deux dernières décennies (…) Tombant dans le piège tendu par Al-Qaida et l’organisation Etat islamique, comme naguère Israël est tombé dans celui du Hamas, l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques. Mais il n’y a pas que dans le domaine de la sécurité qu’Israël a été précurseur : ce fut aussi le cas sur la question des migrants. Dès 2011, le pays a commencé à élever un mur électronique à sa frontière avec l’Egypte pour empêcher les « infiltrations » de candidats africains à l’asile. De fait, Israël est devenu « l’avant-poste » d’un monde occidental qui se voit comme cerné, faible et en décadence face à un monde devenu hostile. (…) Si la droitisation extrême de la vie politique et de l’opinion israélienne a pu donner l’illusion, ces dernières années, d’un isolement croissant de l’Etat juif par rapport au reste du monde occidental, fatigué de l’impossible règlement du conflit israélo-palestinien, c’est, en réalité, le contraire qui s’est passé : c’est l’Occident qui a rejoint Israël, devenu le symptôme avant-coureur de ce qui l’attend. Christophe Ayad
Tout le monde juge le dictateur ougandais Amin Dada grotesque. Alors que le détournement sur Entebbe est le commencement du déclin d’Amin Dada dont on savait à l’époque qu’il était le bourreau de son peuple. Près de 300.000 personnes ont été tuées sous son règne. Or, après le raid israélien, le Secrétaire général de l’ONU, l’ancien SA Kurt Waldheim, condamne Israël en l’accusant de violer la souveraineté ougandaise. Ce qui est pitoyable, mais pas étonnant de la part d’un ancien nazi. (…) Le Quai d’Orsay regrette qu’il y ait eu des dégâts. Le président Giscard d’Estaing se félicite de la libération des otages, mais ne dit jamais qui les a libérés. Il ne remercie même pas les autorités israéliennes d’avoir sauvé un avion Air France avec un équipage français et des passagers français. Lorsque les journalistes demandent au commandant Bacos comment il a su que le commando qui les sauvait était israélien, il a répondu « qui voulez-vous que ce fut d’autre ? ». Suite à cette déclaration, l’état-major français se fend d’un communiqué dans lequel il affirme que l’armée française aurait pu le faire. Toujours est-il qu’elle n’a rien fait. Il y avait tout simplement un véto politique. Il est clair que les forces françaises étaient capables d’agir, d’autant plus qu’elles ont des bases à Djibouti ou ailleurs en Afrique. La distance est moins longue qu’entre Tel-Aviv et l’Ouganda. (…) Il faut aussi y inclure les commentaires médiatiques et politiques de l’époque. Ainsi, le 5 juillet 1976, Libération titre de cette manière : « Championnat du terrorisme, Israël en tête », avec un éditorial de Serge July dont le titre est « Le temps des hypocrites ». Il condamne sans appel ce qu’il considère comme une euphorie occidentale néo-colonialiste où les Israéliens ont attaqué un pays africain. En revanche, il ne dit pas un mot sur le terrorisme. L’Humanité ne fait pas mieux en titrant « Israël attaque l’Ouganda ». La victime, c’est donc l’Ouganda, et non pas les passagers pris en otage. L’Humanité en rajoute une couche en sous-titrant que Tsahal emmène les otages en Israël, comme si c’était l’armée israélienne le preneur d’otages. On voit donc que toutes les dérives anti-israéliennes dont nous sommes les témoins aujourd’hui sont déjà présentes en 1976. Jacques Tarnero
Dans Le Monde, Christophe Ayad parle de l’enjuivement de la société, les nazis parlaient comme lui (…) vouloir dénoncer la soit-disant « israélisation de l’Occident » nous renvoie aux années noires lorsque les nazis dénonçaient l’ « enjuivement » de la culture. Revenons à l’article lui-même. L’idiotie partisane y atteint son paroxysme lorsque le signataire de celui-ci,  au lieu de vilipender ceux qui sèment la mort parmi leurs semblables, dénigre tout au long de son texte un pays où deux mille innocents ont déjà été sacrifiés sur l’autel du terrorisme. Et il est indigne de s’en prendre aux moyens de secours contre les risques terroristes qui foisonnent partout. Il n’est pas étonnant qu’un tel article voit le jour dans un pays qui est toujours en proie à ses anciens démons. Cette France qui se dépêche à appliquer la discrimination des produits provenant de Judée-Samarie rappelle l’empressement dont le régime collaborationniste français de Vichy, a fait preuve pour étiqueter la mort des juifs. David Frankel
La vague d’attentats qui a frappé la France et le monde depuis le 11 septembre 2001, et depuis le Bataclan à Paris, a fini par faire comprendre, avec retard, à de nombreux observateurs occidentaux, ce qu’Israël répète depuis de nombreuses années. Le destin de l’Etat juif, en proie au terrorisme islamiste depuis sa création, préfigure celui de l’ensemble du monde libre face aux organisations terroristes (et aux Etats qui les soutiennent et les financent), qu’elles soient motivées par l’idéologie du djihad global, comme l’Etat islamique et Al-Qaida ou par sa variante islamo-nationaliste, comme le Hamas et le Fatah. Ce constat simple et aujourd’hui banal, a même fini par gagner un journal comme Le Monde, qui publiait ainsi, vendredi 2 décembre, une chronique signée Christophe Ayad en dernière page, intitulée “L’israélisation du monde (occidental)”. Encore faut-il tirer de ce constat les bonnes conclusions… Ayad explique ainsi, en renvoyant à un autre article du Monde paru quelques jours auparavant, que “les services de sécurité israéliens ont déjoué, en avril 2016, le projet d’attaque au couteau d’une jeune fille palestinienne de Jénine, avant qu’elle ne tente de passer à l’acte. (…) En croisant des renseignements humains avec les données de ses connexions Internet, analysées par de puissants algorithmes qui surveillent en permanence la quasi-totalité de la population palestinienne (2 millions sur 2,9 millions) de Cisjordanie”. Cette information a de quoi impressionner et réjouir ceux qui se soucient de la sécurité d’Israël et de la France, face aux attentats menés par des “loups solitaires”, qui sont par définition imprévisibles et difficiles à contrer. Mais pour le chroniqueur du Monde, ce n’est pas une bonne nouvelle! Il déplore en effet “la cybersurveillance poussée à son point de sophistication le plus élevé et le refus de se poser la seule question qui vaille : pourquoi une jeune fille pas encore majeure en vient à projeter de poignarder des soldats ou des civils au lieu d’aller en classe?” Cette question est certes légitime, et on peut se demander quelle éducation les jeunes Palestiniens reçoivent de leurs enseignants et dans leurs manuels scolaires, et quelle incitation subissent-ils des réseaux sociaux, des programmes télévisés glorifiant les “martyrs” du djihad, et de l’environnement général où ils grandissent, pour en venir à de telles abominations? Mais la réponse de Christophe Ayad est tout autre : “Israël n’a cessé de sophistiquer son arsenal technologique et ses moyens militaires dans sa lutte sans fin “contre la terreur” [guillemets de C. Ayad], avec un succès réel mais en adoptant une approche essentialiste des Palestiniens, qui chercheraient par nature à tuer les juifs, et au détriment de toute possibilité de règlement politique”. S’il observait la réalité israélienne de manière objective et sans la regarder à travers le prisme de l’idéologie, le chroniqueur du Monde écrirait plutôt que ce sont les Arabes qui adoptent une “approche essentialiste” des Juifs, approche qui apparaît déjà dans le Coran, où les Juifs sont dépeints comme “maudits” et comme des “singes et des porcs”. Mais sa lecture biaisée des événements ne concerne pas seulement Israël : pour étayer sa thèse, Ayad écrit aussi que “l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques”. (…) L’israélisation de l’Occident est ainsi, sous ses plumes, une marque d’infamie : en adoptant les techniques et le mode de pensée israéliens pour combattre le terrorisme, l’Occident deviendrait selon lui aussi criticable que l’Etat juif dans sa lutte contre le terrorisme! Cette description très tendancieuse de la réalité, tant israélienne que française, montre que certains observateurs n’ont rien appris des derniers attentats meurtriers qui ont frappé la France. Aux yeux du chroniqueur du Monde, de manière quasiment pathologique, c’est toujours la France, Israël et l’Occident qui sont coupables, même quand des terroristes islamistes tuent hommes, femmes et enfants dans les rues de Paris ou de Jérusalem… Mais il faut reconnaître que cette “culpabilité originelle” de l’Occident n’a pas été inventée par Christophe Ayad et par Le Monde. En réalité, comme je le montre dans mon livre La trahison des clercs d’Israël, ce sont des intellectuels juifs qui ont, parmi les premiers, développé l’idée d’une faute consubstantielle à la naissance de l’Etat d’Israël (le “péché originel du sionisme”), en accusant systématiquement les Juifs et le sionisme d’être responsables de chaque vague de violence arabe en Eretz-Israël, depuis les années 1920 (avant la création de l’Etat et bien avant la soi-disant ‘occupation des territoires’…). Nous vivons aujourd’hui encore dans le paradigme trompeur de la culpabilité des Juifs et de l’Occident. Pierre Lurçat

Enjuivez, enjuivez, il en restera toujours quelque chose !

A l’heure où, Bataclan oblige, la France et l’Occident commencent à (re)découvrir …

Bien longtemps après le pasteur allemand Niemöller ou le psychologue américain Eric Hoffer…

Notre sort commun préfiguré dans celui d’Israël et des juifs

Devinez ce qu’en tire Le Monde …

Ou en tout cas l’un de ses « militants déguisés en journalistes » …

Qui oubliant commmodément et entre autres les murs marocain, koweitien, saoudien ou égyptien

Y dénonce une dangereuse « israélisation du monde occidental » !

Et alors qu’on vient justement d’en fêter le 40e anniversaire l’été dernier …

Qui fustigeait déjà à l’instar de Libération, l’Humanité ou l’ONU de Kurt Waldheim …

Un certain monde occidental suite au fameux raid israélien d’Entebbe qui devait libérer plus de 250 passagers et membres d’équipage d’un avion français …

 

L’israélisation du monde vue par Le Monde

Pierre Lurçat *

Vu de Jérusalem

02/12/2016

La vague d’attentats qui a frappé la France et le monde depuis le 11 septembre 2001, et depuis le Bataclan à Paris, a fini par faire comprendre, avec retard, à de nombreux observateurs occidentaux, ce qu’Israël répète depuis de nombreuses années. Le destin de l’Etat juif, en proie au terrorisme islamiste depuis sa création, préfigure celui de l’ensemble du monde libre face aux organisations terroristes (et aux Etats qui les soutiennent et les financent), qu’elles soient motivées par l’idéologie du djihad global, comme l’Etat islamique et Al-Qaida ou par sa variante islamo-nationaliste, comme le Hamas et le Fatah.

Ce constat simple et aujourd’hui banal, a même fini par gagner un journal comme Le Monde, qui publiait ainsi, vendredi 2 décembre, une chronique signée Christophe Ayad en dernière page, intitulée “L’israélisation du monde (occidental)”. Encore faut-il tirer de ce constat les bonnes conclusions… Ayad explique ainsi, en renvoyant à un autre article du Monde paru quelques jours auparavant, que “les services de sécurité israéliens ont déjoué, en avril 2016, le projet d’attaque au couteau d’une jeune fille palestinienne de Jénine, avant qu’elle ne tente de passer à l’acte. Une attaque fomentée dans le secret de sa chambre d’adolescente, sans prendre d’ordre ni avertir personne, un projet parfait de “loup solitaire”. Comment ? En croisant des renseignements humains avec les données de ses connexions Internet, analysées par de puissants algorithmes qui surveillent en permanence la quasi-totalité de la population palestinienne (2 millions sur 2,9 millions) de Cisjordanie”.

Cette information a de quoi impressionner et réjouir ceux qui se soucient de la sécurité d’Israël et de la France, face aux attentats menés par des “loups solitaires”, qui sont par définition imprévisibles et difficiles à contrer. Mais pour le chroniqueur du Monde, ce n’est pas une bonne nouvelle! Il déplore en effet “la cybersurveillance poussée à son point de sophistication le plus élevé et le refus de se poser la seule question qui vaille : pourquoi une jeune fille pas encore majeure en vient à projeter de poignarder des soldats ou des civils au lieu d’aller en classe?”

Cette question est certes légitime, et on peut se demander quelle éducation les jeunes Palestiniens reçoivent de leurs enseignants et dans leurs manuels scolaires, et quelle incitation subissent-ils des réseaux sociaux, des programmes télévisés glorifiant les “martyrs” du djihad, et de l’environnement général où ils grandissent, pour en venir à de telles abominations? Mais la réponse de Christophe Ayad est tout autre : “Israël n’a cessé de sophistiquer son arsenal technologique et ses moyens militaires dans sa lutte sans fin “contre la terreur” [guillemets de C. Ayad], avec un succès réel mais en adoptant une approche essentialiste des Palestiniens, qui chercheraient par nature à tuer les juifs, et au détriment de toute possibilité de règlement politique”.

S’il observait la réalité israélienne de manière objective et sans la regarder à travers le prisme de l’idéologie, le chroniqueur du Monde écrirait plutôt que ce sont les Arabes qui adoptent une “approche essentialiste” des Juifs, approche qui apparaît déjà dans le Coran, où les Juifs sont dépeints comme “maudits” et comme des “singes et des porcs”. Mais sa lecture biaisée des événements ne concerne pas seulement Israël : pour étayer sa thèse, Ayad écrit aussi que “l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques”.

“Si la droitisation extrême de la vie politique et de l’opinion israéliennes a pu donner l’illusion d’un isolement croissant de l’Etat juif par rapport au reste du monde occidental… c’est en réalité le contraire qui s’est passé : c’est l’Occident qui a rejoint Israël, devenu le symptôme avant-coureur de ce qui l’attend”, conclut Christophe Ayad. L’israélisation de l’Occident est ainsi, sous ses plumes, une marque d’infamie : en adoptant les techniques et le mode de pensée israéliens pour combattre le terrorisme, l’Occident deviendrait selon lui aussi criticable que l’Etat juif dans sa lutte contre le terrorisme!

Cette description très tendancieuse de la réalité, tant israélienne que française, montre que certains observateurs n’ont rien appris des derniers attentats meurtriers qui ont frappé la France. Aux yeux du chroniqueur du Monde, de manière quasiment pathologique, c’est toujours la France, Israël et l’Occident qui sont coupables, même quand des terroristes islamistes tuent hommes, femmes et enfants dans les rues de Paris ou de Jérusalem… Mais il faut reconnaître que cette “culpabilité originelle” de l’Occident n’a pas été inventée par Christophe Ayad et par Le Monde.

En réalité, comme je le montre dans mon livre La trahison des clercs d’Israël, ce sont des intellectuels juifs qui ont, parmi les premiers, développé l’idée d’une faute consubstantielle à la naissance de l’Etat d’Israël (le “péché originel du sionisme”), en accusant systématiquement les Juifs et le sionisme d’être responsables de chaque vague de violence arabe en Eretz-Israël, depuis les années 1920 (avant la création de l’Etat et bien avant la soi-disant ‘occupation des territoires’…). Nous vivons aujourd’hui encore dans le paradigme trompeur de la culpabilité des Juifs et de l’Occident.

* Avocat et écrivain, vient de publier La trahison des clercs d’Israël, La Maison d’édition

Voir aussi:

Dans Le Monde, Christophe Ayad parle de l’enjuivement de la société, les nazis parlaient comme lui
Davvid Frankel

Dreuz Info

3 décembre 2016
Je fais de l’esclandre à Christophe Ayad pour son article intitulé « L’israélisation du monde (occidental) » qui a paru dans le journal Le Monde en date du 1er décembre 2016.
La langue française est suffisamment riche pour ne pas devoir user d’un néologisme lourd et de mauvais aloi.

« L’importation des méthodes israéliennes » aurait fort bien convenu pour titrer un propos empreint de partialité. En outre, vouloir dénoncer la soit-disant « israélisation de l’Occident » nous renvoie aux années noires lorsque les nazis dénonçaient l’ « enjuivement » de la culture.

Revenons à l’article lui-même.

L’idiotie partisane y atteint son paroxysme lorsque le signataire de celui-ci,  au lieu de vilipender ceux qui sèment la mort parmi leurs semblables, dénigre tout au long de son texte un pays où deux mille innocents ont déjà été sacrifiés sur l’autel du terrorisme. Et il est indigne de s’en prendre aux moyens de secours contre les risques terroristes qui foisonnent partout.

Il n’est pas étonnant qu’un tel article voit le jour dans un pays qui est toujours en proie à ses anciens démons. Cette France qui se dépêche à appliquer la discrimination des produits provenant de Judée-Samarie rappelle l’empressement dont le régime collaborationniste français de Vichy, a fait preuve pour étiqueter la mort des juifs.

Voir également:

L’israélisation du monde (occidental)

Chronique. Tombant dans le piège tendu par Al-Qaida et l’EI, l’Occident s’est mis à ressembler à Israël : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques.

Christophe Ayad

Le Monde

01.12.2016

C’est une information passée inaperçue dans le tumulte politique qui gagne l’Europe après avoir submergé les Etats-Unis. Une nouvelle recouverte par le fracas de la guerre qui traverse le Proche-Orient, d’Alep à Mossoul. Et pourtant, cette histoire aurait pu faire la « une » car elle augure de l’avenir de l’Occident, pour le meilleur comme pour le pire.

Comme le révélait Le Monde dans l’édition du 28 novembre, les services de sécurité israéliens ont déjoué, en avril 2016, le projet d’attaque au couteau d’une jeune fille palestinienne de Jénine, avant qu’elle ne tente de passer à l’acte. Une attaque fomentée dans le secret de sa chambre d’adolescente, sans prendre d’ordre ni avertir personne, un projet parfait de « loup solitaire ».

Comment ? En croisant des renseignements humains avec les données de ses connexions Internet, analysées par de puissants algorithmes qui surveillent en permanence la quasi-totalité de la population palestinienne (2 millions sur un total de 2,9 millions de personnes) de Cisjordanie.

C’est une nouvelle considérable et dérisoire à la fois. La cyber-surveillance poussée à son point de sophistication le plus élevé et le refus de se poser la seule question qui vaille : pourquoi une jeune fille pas encore majeure en vient à projeter de poignarder des soldats ou des civils au lieu d’aller en classe ?

Israël a subi la violence terroriste bien avant qu’elle ne frappe les pays occidentaux et c’est pour cela qu’il faut observer de près ce qui s’est passé dans ce pays ces deux dernières décennies – depuis la vague d’attentats-suicides du Hamas au milieu des années 1990, qui a fait dérailler le processus de paix d’Oslo, déjà moribond après l’assassinat du premier ministre Yitzhak Rabin par un extrémiste juif.

Forteresse assiégée

Depuis, Israël n’a eu de cesse de sophistiquer son arsenal technologique et ses moyens militaires dans sa lutte sans fin « contre la terreur », avec un succès réel mais en adoptant une approche essentialiste des Palestiniens, qui chercheraient par nature à tuer les juifs, et au détriment de toute possibilité de règlement politique.

Cette logique a entraîné un cercle vicieux, où chaque nouvelle mesure antiterroriste (le mur de séparation, les checkpoints, les permis de travail, etc.) a suscité la naissance de nouvelles formes de violence. Jusqu’aux plus rudimentaires comme les attaques au couteau.

Dopée par une opinion toujours plus sensible aux questions sécuritaires, la classe politique israélienne a fini par assimiler toute forme de violence à du terrorisme, prônant son éradication totale, dans une quête sans fin du « zéro faille ». Et c’est comme cela que les services de renseignement se retrouvent à surveiller les ordinateurs des adolescentes palestiniennes sans que jamais les politiques réfléchissent à une solution durable.

Tombant dans le piège tendu par Al-Qaida et l’organisation Etat islamique, comme naguère Israël est tombé dans celui du Hamas, l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques.

Mais il n’y a pas que dans le domaine de la sécurité qu’Israël a été précurseur : ce fut aussi le cas sur la question des migrants. Dès 2011, le pays a commencé à élever un mur électronique à sa frontière avec l’Egypte pour empêcher les « infiltrations » de candidats africains à l’asile. De fait, Israël est devenu « l’avant-poste » d’un monde occidental qui se voit comme cerné, faible et en décadence face à un monde devenu hostile.

L’éloge de la force plutôt que la force du droit

Le débat sur le « grand remplacement », en vogue dans les milieux de droite et d’extrême droite en Europe mais aussi aux Etats-Unis (où les Latinos tiennent le rôle des communautés arabo-musulmanes de ce côté-ci de l’Atlantique), fait écho à celui sur le caractère juif et/ou démocratique d’Israël : pour protéger la nature juive d’Israël, il faudrait renoncer à certains de ses aspects démocratiques, sous peine d’être englouti sous la masse des Palestiniens, qu’ils soient citoyens ou maintenus sous le joug de l’occupation.

Autrement traduit : pour préserver notre modèle, il faudrait renoncer à certains des aspects de l’Etat de droit, un débat qui a des échos en France depuis l’instauration de l’état d’urgence. L’éloge de la force plutôt que la force du droit. D’où les innombrables attaques contre la Cour suprême et les ONG accusées de « trahison » des intérêts nationaux.

C’est aussi au nom de cette prétendue menace démographique et culturelle, que le discours de la majorité « blanche » s’est tribalisé. La question identitaire a fini par se substituer à toutes les autres, pourtant bien réelles, à commencer par celle des inégalités sociales.

Se souvient-on du « printemps israélien », qui vit des centaines de milliers de manifestants se mobiliser pendant tout l’été 2011 contre la cherté des logements, et plus généralement contre l’érosion méthodique de l’Etat-providence depuis le milieu des années 1990 ? Pourtant, les élections de 2015 ont débouché sur le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël.

Boucs émissaires

Ici comme là-bas, les pauvres votent non pas pour ceux qui défendent leurs intérêts mais pour ceux qui leur jettent en pâture des boucs émissaires. Outre les Palestiniens, les anciennes élites – essentiellement ashkénazes –, qui ont fondé le pays et ses valeurs, sont devenues l’objet d’un fort ressentiment des « dominés » de la société israélienne : les séfarades, les immigrants russes, etc.

Si la droitisation extrême de la vie politique et de l’opinion israélienne a pu donner l’illusion, ces dernières années, d’un isolement croissant de l’Etat juif par rapport au reste du monde occidental, fatigué de l’impossible règlement du conflit israélo-palestinien, c’est, en réalité, le contraire qui s’est passé : c’est l’Occident qui a rejoint Israël, devenu le symptôme avant-coureur de ce qui l’attend.

C’est pour cela, que malgré son caractère de « basse intensité » et son passage au second plan face au chaos régional, il est essentiel de régler le conflit israélo-palestinien d’une manière réaliste et rationnelle.

Voir encore:

Jacques Tarnero

28 Juin 2016

« La liberté a un prix » / « Freedom is not free »
Un film racontant cette fabuleuse histoire est en cours de réalisation. Il a besoin de votre aide tant rapporter un exploit d’Israël ayant sauvé les passagers français d’un avion français, un équipage français, est quelque chose qui ne peut pas être dit ni montré selon les canons du politiquement correct.
Pourquoi faut-il se souvenir d’Entebbe 1976 ?
Il y a quarante ans, le 27 juin 1976 le vol 139 de la compagnie Air France était détourné de son trajet initial Tel Aviv – Paris vers l’aérodrome d’Entebbe en Ouganda par un commando terroriste allemand et palestinien. Une semaine plus tard dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, par un raid éclair, l’armée israélienne parvenait à libérer les otages et à les ramener libres en Israël.
Pourquoi faut-il se souvenir d’Entebbe ? Pourquoi faut il se souvenir de cette action terroriste en particulier et pourquoi faut-il se souvenir de l’opération menée par Israël ?
Parce que les germes du temps présent sont inscrits dans cette semaine de l’été 1976. Tout y est : la violence terroriste, l’alibi progressiste de cette violence, les gestes antisémites des terroristes, le courage de l’équipage, la solitude d’Israël, la couardise des nations, l’audace de l’attaque israélienne, les réactions à cette intervention, les masques de la bonne conscience .
Cette affaire d’Entebbe est exemplaire à plus d’un titre : bien sur il y a l’exploit militaire mais il y a surtout les autres parts réelles et symboliques de cette pièce : les terroristes : qui sont-ils, comment se sont-ils comportés ? Qui étaient les otages et en particulier l’équipage de l’Airbus et son commandant ? Qui composait la force israélienne ? Comment fut imaginée son action ? Quelle en était la part de risque ? Quelles furent les réactions du pouvoir en France ? Quels furent les discours des décideurs politiques, des diplomates ? Quels furent les réactions politiques et les commentaires médiatiques ?
Cette histoire représente à la fois une action politique, militaire et symbolique. Parce que ce fait d’armes mérite qu’on lui rende hommage d’une part pour son audace et sa performance et qu’il va rester comme l’une des actions les plus audacieuses de l’histoire militaire, d’autre part pour la leçon de choses qu’il donne. Cette action est emblématique d’un combat pour la liberté contre le fascisme contemporain fût-il grimé des oripeaux de la Révolution au service des déshérités.
Ceux qui ont la chance de vivre libres doivent rendre hommage à ceux qui ont permis cette liberté. L’hommage des vivants aux Résistants du Vercors, aux Justes des nations, à ceux qui sont venus de l’autre côté de l’Atlantique pour mourir à Omaha beach, au commando d’Entebbe qui est venu libérer des innocents retenus en otage. C’est une même histoire qui se raconte. Celle ci regroupe dans un temps réduit, limité, précis, tous les ingrédients des blessures, des impostures, des crimes du XXe siècle.
Quels sont les acteurs ?
Premier acteur: le commando terroriste 
Il est composé de deux palestiniens et  deux allemands de l’ex Fraction Armée Rouge. Que des palestiniens du FPLP détournent un avion civil, il n’y avait pas à l’époque matière à étonnement. Dès 1970, la piraterie aérienne et la prise d’otage révolutionnaire constituaient les moyens d’une fin mal définie. La cause palestinienne avait muté en mythe magnétique, attirant à elle tous les désirants planétaires de la radicalité anti impérialiste. Depuis le spectaculaire attentat aux jeux olympiques de Münich en 1972, la Palestine a envahi l’espace de l’imaginaire révolutionnaire. Après l’Algérie, Cuba et le Viet Nam, la cause des causes porte le keffieh. Arafat s’était substitué à Guevara pour une longue marche sanglante vers l’avenir radieux des masses opprimées. Peu importait si le massacre en 1974 d’écoliers israéliens à Maalot en était le prix : la fin justifiait des moyens auxquels les intellectuels gauchistes de l’époque trouvaient des vertus émancipatrices. Par la seule magie de son sigle, le FDPLP (qui avait donc ajouté le D de démocratique à ses initiales) trouvait grâce aux yeux de la LCR… C’est donc nourri de ces idéaux que ce commando transnational va opérer. La nouveauté réside dans le partage des tâches à l’intérieur même du groupe.
Ce sont les allemands et les palestiniens qui vont trier dans les passagers otages à Entebbe. Ils vont séparer ceux qui sont juifs ou israéliens de ceux qui ne le sont pas. Wilfried Boese et sa complice Brigitte Kuhlmann sont issus de la génération allemande née après guerre. Ils sont ou prétendent être anti fascistes, anti-impérialistes, anti nazis, mais ils vont symboliquement reconduire les gestes du nazisme, de la génération d’avant, de cette dont ils se veulent la rédemption. Pour de vieux otages juifs à l’avant bras tatoué, c’est un cauchemar déjà vécu qui refait surface.  La rédemption du geste nazi par son décalque révolutionnaire. C’est tout le rapport dévoyé à la mémoire du fascisme de la génération européenne de l’après guerre qui s’exprime dans ce geste. Les gauchismes nés de L’Allemagne post nazie, du Japon post impérial ou de l’Italie post fasciste prétendent se libérer de la faute de la génération d’avant, de leurs parents. Dans une dialectique folle, ils reconduisent symboliquement les mêmes gestes : ils vont tous avoir pour cible privilégiée les victimes du fascisme et du nazisme : à Lod, en 1972, à l’aérodrome de Tel Aviv, ce sont des japonais de l’Armée Rouge Japonaise qui ont massacré au nom de la Révolution mondiale. Ce sont groupes radicaux italiens qui vont prêter main forte à un attentat contre la grande synagogue de Rome. Le choix de l’Ouganda d’Amin Dada comme lieu refuge pour le commando palestino allemand ajoute à la confusion symbolique. Amin Dada est devenu un admirateur d’Hitler après avoir été un allié d’Israël. Sa brutalité inculte, son délire n’ont pas dégouté les gauchistes ni les commentateurs de l’époque déplorant qu’Israël soit intervenu comme un colonialiste humiliant un pauvre africain noir.
Ce renversement symbolique de la cible ne fait pas problème pur ces antifascistes. S’attaquer aux cibles juives labélisées « sionistes » est un geste progressiste dans les années 70, puisque les palestiniens sont considérés comme les nouveaux juifs et que le nouvel Hitler se nomme Israël. On pourra mesurer le succès ultérieur de cette mise en équivalence née dans les années rouges. Cette équation se déclinera avec le succès que l’on sait jusque dans les années 2000, de l’intifada  à la conférence de l’ONU de Durban (Aout 2001). C’est au nom des droits de l’homme et de l’antiracisme que s’exprime la haine des juifs. Elle trouve désormais sa légitimation au nom de l’émancipation du genre humain.
Deuxième acteur et élément de réflexion : les otages avec en particulier l’équipage de l’Airbus 
Le commandant Michel Bacos, ancien des Forces Françaises Libres fait le choix de rester avec ses passagers, avec les passagers juifs restants que le commando a gardés. Tout l’équipage partage la décision de son commandant qui veillera jusqu’au bout à ce que tous les otages soient bien embarqués dans les avions israéliens venus les secourir. Au cours de l’assaut israélien, Michel Bacos criera à ses passagers : « couchez vous, ce sont les israéliens … » Plus tard un journaliste lui posera cette question « comment aviez vous deviné que c’étaient des soldats israéliens ? » et Michel Bacos  eut cette réponse : « mais qui d’autre vouliez vous que ce soit ?» Cette parole lui sera reprochée. Cet équipage et son commandant sont des Justes au même titre que ces Justes qui ont protégé de leur vie des Juifs traqués sous Vichy ou le nazisme.
Tous les otages ne furent pas saufs. Trois furent tués pendant l’assaut et une otage âgée,  madame Dora Bloch, transportée à l’hopital de Kampala, fut assassinée par les sbires d’Amin Dada en vengeance de l’action israélienne.
Troisième acteur : la riposte israélienne
La décision de mener une action de force pour libérer les otages reste un choix politique d’une audace inouïe et d’une incroyable prise de risques. La complexité tactique de l’opération (la distance à parcourir, les risques sur place en Ouganda) donnait à sa réussite un pourcentage de chance réussite réduit. Cette action est exemplaire à plusieurs titres : celui du courage, celui de la solitude, celui de la solidarité d’un peuple qui ne compte que sur lui même. Loin d’être une action réduite à sa performance technique, l’opération est exemplaire pour les conditions psychologiques et culturelles qui lui ont permis de réussir. Elle est aussi humiliante pour ceux  qui ont fait la fine bouche sur son succès : la diplomatie française.
L’action militaire israélienne n’aura coûté qu’une seule vie aux soldats de Tsahal. Le chef opérationnel de la force d’intervention, le colonel Yonathan Netanyahu,  soldat d’élite et philosophe à la fois. La lecture de ses lettres met en valeur cette qualité particulière de ces hommes nourris d’un idéal spirituel éloigné de tout fanatisme. Cet intellectuel puise sa force dans autre chose que la force. On est bien loin des clichés militaristes. Jonathan Netanyahu est autant un soldat de l’An deux qu’un cadet de Saumur ou qu’un de ceux de l’Affiche rouge.
Mais qui peut entendre cela aujourd’hui ?
Quatrième acteur et élément : l’action diplomatique
Depuis novembre 1967, « la politique arabe de la France » constitue l’axiome de sa diplomatie proche orientale de la France. Même si les nostalgies de grandeur visant à damer le pion aux « anglo-saxons », même si les rêves d’un Levant chrétien inspiré par la France, se sont quelque peu estompés, une autre politique s’est bien mise en place : le temps du « Israël, notre ami, notre allié » (de De Gaulle à Ben Gourion) est bien révolu. Cette réorientation stratégique, apparaît désormais solidement établie au nom de ce qui est estimé correspondre à l’intérêt du pays : besoins en pétrole et des débouchés économiques de l’hexagone. Trois ans après le choc pétrolier de la guerre du Kippour (1973) il ne s’agit surtout pas d’alourdir la facture par des gestes inconsidérés. Ceci pourrait être éventuellement entendu au nom d’une politique à courte vue des intérêts supposés supérieurs du pays.
La diplomatie a besoin d’un supplément d’âme  qui va trouver chez Charles de Foucauld, Benoit Meschin ou Louis Massignon la source de son inspiration. Le Quai d’Orsay est en manque d’un Lawrence d’Arabie au petit pied. Des liens avec le futur « ami Saddam » se nouent. De Pompidou à Giscard  l’empathie pour Israël n’est pas de mise. Le Quai d’Orsay ne trouve rien à redire au boycott arabe et au mieux la France s’abstient pour le vote à nombre de résolutions d’organisations internationales de l’ONU, de l’UNESCO, de l’OMS accablant Israël, au pire elle y consent. Dans l’affaire d’Entebbe quelle va être l’attitude de la France ? Il s’agit d’un avion français, d’un équipage français, pour partie de passagers français. Le président de la République est Valery Giscard d’Estang, son Premier Ministre est Jacques Chirac, son Ministre des Affaires étrangères, Jean Sauvagnargues et son Ministre de l’Intérieur Michel Poniatovsky.
Si l’Elysée se réjouit de la libération des otages (sans nommer leur libérateur ni même le remercier) la seule réaction où le nom « Israël » est prononcé vient du Quai d’Orsay qui regrette que la souveraineté de l’Ouganda ait été malmenée par Israël. On ne peut que rétrospectivement prendre la mesure de ce passé diplomatique, de ces choix politiques hasardeux (équipement nucléaire de l’Irak de Saddam Hussein) et dans cette caution donnée à la part régressive du monde arabe sous couvert d’équilibre et de justice pour les faibles et les pauvres.
Le dernier élément de cette histoire réside dans son impact et les réactions qu’elle a provoquées
En Israël c’est l’euphorie d’un pays tout entier à la joie d’avoir vaincu l’adversité. Ce qui semblait impossible a été rendu possible grâce à l’audace et au courage. Israël est resté fidèle à sa formule matricielle : « ein brera », « il n’y a pas le choix ». En Occident, les réactions dépendent des inclinations idéologiques de chacun. Le 5 juillet Libération affiche ce titre : « championnat du terrorisme, Israël en tête » avec un éditorial de Serge July  dénonçant « le temps des hypocrites » et l’action néo coloniale contre un Ouganda souverain. L’Humanité n’est pas en reste et dénonce « l’attaque Israélienne contre l’Ouganda »…
L’histoire continue… mais la libération des otages à  Entebbe demeure comme un exemple d’énergie et de courage pour les nations, pour celles qui ne démissionnent pas devant le crime. Le 4 juillet 1976 le courage avait un nom : celui d’Israël. La liberté a un prix. Freedom is not free !
Un film racontant cette fabuleuse histoire est en cours de réalisation. Il a besoin de votre aide tant rapporter un exploit d’Israël ayant sauvé les passagers français d’un avion français, un équipage français, est quelque chose qui ne peut pas être dit ni montré selon les canons du politiquement correct.
 

Voir de même:

40 ans de l’Opération Yonathan
Jacques Tarnero : « A Entebbe, les salauds sont les terroristes, allemands et palestiniens »
Sandrine Szwarc

Actualité juive

30/06/2016

Si la liberté a un prix, l’exploit d’Israël à Entebbe en porte le témoignage. Pour le marteler, le sociologue, essayiste et documentariste Jacques Tarnero prépare un documentaire, “La liberté a un prix/Freedom is not free” dont la sortie est prévue au printemps 2017.

Actualité Juive : Vous travaillez actuellement sur un film documentaire concernant le raid d’Entebbe dont on célèbre ces jours-ci le quarantième anniversaire. Quelle en est l’origine ?
Jacques Tarnero : L’idée de faire un film sur Entebbe est née du souvenir que j’avais de cette affaire. Pour moi, il représente la plus parfaite illustration du code éthique de Tsahal à propos de la « pureté des armes ». Je ne connais pas beaucoup d’opérations militaires incarnant à ce point la lutte du Bien contre le Mal. Je pourrais intituler ce film : « Les salauds, les héros et les corniauds », tant chacun est dans un rôle exemplaire. Les salauds sont les terroristes, allemands et palestiniens. Ils vont trier entre les passagers, séparant les otages israéliens et juifs des autres otages non-juifs. Et ce sont des Allemands d’extrême gauche qui vont participer à ce tri ! Au nom de la libération des peuples et de la justice pour les Palestiniens ! Le salaud grotesque c’est Idi Amin Dada qui va héberger et protéger les terroristes. Les héros, ce sont les passagers otages, dignes jusqu’au bout. Ce sont les membres de l’équipage de l’Airbus d’Air France qui ont refusé d’abandonner leurs passagers. Ils méritent d’être nommés Justes parmi les Nations car ils ont protégé des Juifs au péril de leurs propres vies. Le commandant de l’Airbus d’Air France, Michel Bacos est un héros en Israël. Il a eu cette parole fabuleuse quand la télévision lui a demandé : « Comment saviez-vous que c’étaient les Israéliens qui venaient vous libérer ? ». Il a répondu : « Et qui d’autre vouliez-vous que cela fût ? ». Cette réponse a déplu à certains dans les hautes sphères françaises à l’époque. Les héros, ce sont enfin les soldats de ce commando de l’armée israélienne qui ont accompli cet invraisemblable exploit. Il faut nommer deux d’entre eux : Yoni Netanyahou qui commandait la force d’assaut et qui a été le seul soldat de Tsahal tué, et Sorin Hershko, qui est resté paralysé à vie après qu’une balle lui a sectionné la moelle épinière. Les pilotes des avions Hercule, sur qui reposait toute la réussite de cet exploit, sont aussi des personnages fabuleux de modestie. Ils ont réussi quelque chose d’invraisemblable. Les corniauds enfin ce sont tous ceux qui ont fait la fine bouche devant cet exploit : il s’agit d’un avion français, de passagers français, d’un équipage français et c’est Israël qui vient les libérer. La France de Giscard d’Estaing dit merci du bout des lèvres. La presse de gauche fait la grimace ou condamne : Libération titre « championnat du terrorisme, Israël en tête » !

A.J.: Le commando terroriste est-il une illustration du nazislamisme ?
J.T. : Le commando se définissait comme révolutionnaire d’extrême gauche. Il anticipe la conférence de l’ONU à Durban contre le racisme, en 2001 où l’on a crié des « mort aux Juifs » au nom de l’antiracisme. L’identité politique de ce commando est au contraire exemplaire du renversement du sens des mots. Il prétend agir pour la justice et il va trier entre les passagers, séparant juifs et non-juifs. Ainsi il va reconduire – au nom de la liberté – les gestes des bourreaux nazis de la génération d’avant. Personne n’a voulu comprendre à l’époque ce que symboliquement cela signifiait de la part de jeunes Allemands : la rédemption du crime nazi par le crime révolutionnaire. Joshka Fischer, gauchiste à l’époque (il deviendra ministre des Affaires étrangères du chancelier Shroeder) va dénoncer cette action. Elle constituera pour lui un révélateur et sa rupture avec l’extrême gauche. Ce n’est qu’au début des années 80, après la montée en puissance de l’islamisme que le gauchisme va virer à l’islamogauchisme.

« Le Quai d’Orsay est resté fidèle à lui-même »
A.J.: On ne le répète pas assez : en quoi l’action militaire israélienne pour libérer les otages a été exemplaire ?
J.T. : L’action militaire israélienne est exemplaire à plusieurs titres. D’abord la prise de décision. Celui qui décide est seul, et le Premier ministre Yitzhak Rabin a décidé. Tout repose sur lui, comme sur le pilote du premier avion Hercules qui va poser son appareil dans le noir. Cela aurait pu tourner à la catastrophe tant les risques étaient grands. Il a fallu une audace inouïe pour imaginer une telle opération. Il faut se remettre dans le contexte psychologique de l’époque. Il y a eu le traumatisme de la guerre de Kippour, celui de l’attentat des jeux olympiques de Munich, de Maalot, de Lod. Israël n’arrête pas de porter le deuil, et brusquement avec une énergie fabuleuse Israël renverse le cours de l’histoire et ceci grâce à une poignée d’hommes. Israël a utilisé la force armée pour combattre un terrorisme ignoble à tous points de vue qui avait pris des civils innocents en otage. Que l’Humanité et Libération à l’époque, aient condamné l’action d’Israël est aussi exemplaire de cette ignominie idéologique dont la gauche de la gauche est souvent friande.

A.J.: Et paradoxalement, le Quai d’Orsay a condamné les victimes. Entebbe serait-il une étape dans « la politique arabe de la France » ?
J.T. : Le Quai d’Orsay est resté fidèle à lui-même, c’est-à-dire un organe réactionnaire, perpétuant une vision absurde du rôle de la France au Proche-Orient, faisant les yeux doux à ses ennemis, alors qu’elle se prétend protectrice des Chrétiens d’Orient… Les locataires du Quai d’Orsay se rêvent en Lawrence d’Arabie illusoires. A l’époque le Quai qui est piloté par Jean Sauvagnargues, va déplorer l’action contre l’Ouganda tout en se félicitant de la libération des otages sans nommer leurs libérateurs. La « politique arabe » de Giscard d’Estaing a sans doute été la plus antipathique pour Israël, suivie de peu par celle de Chirac.

A.J.: En conclusion, quelles sont les leçons à retenir d’Entebbe que vous traiterez dans votre long-métrage ?
J.T. : Les leçons d’Entebbe se résument en une formule qui est celle gravée dans le monument à Washington, honorant les marines américains tombés à Omaha Beach : « freedom is not free ! », « la liberté n’est pas gratuite ». Elle a un prix, celui du courage, et Israël, cette nuit du 3 au 4 juillet 1976 était l’incarnation du courage, c’est-à-dire tout ce qui fait défaut à l’Europe aujourd’hui.

Voir enfin:
Raid sur EntebbeJacques Tarnero : « Un interdit de dire ou de montrer quelque chose de bien d’Israël »
Lundi 4 juillet 2016 par Nicolas ZomersztajnIl y a 40 ans, dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, un commando de l’armée israélienne lance un raid sur Entebbe (Ouganda) pour libérer les 103 passagers juifs du vol Air France Tel-Aviv-Paris détourné par un groupe de terroristes allemand et palestinien.Le film La liberté a un prix* du documentariste français Jacques Tarnero raconte cette histoire. Rencontre avec Jacques Tarnero qui revient sur cette opération exceptionnelle de Tsahal, ainsi que sur les difficultés d’en parler aujourd’hui en France.L’opération Entebbe menée par Tsahal fut-elle une véritable prouesse ?Jacques Tarnero : Bien-sûr. Les risques pris pour mener cette opération de sauvetage étaient immenses. Tout reposait sur les épaules du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et sur celles de l’officier pilote qui pose le premier Hercule C-130 à Entebbe dans le noir le plus total. Il aurait suffi qu’un pneu de l’avion éclate ou que les Ougandais ouvrent le feu pour que cela tourne au désastre. Il y a eu de la part des Israéliens une prise de risque d’une audace stupéfiante. Non seulement cette opération est une performance technique, mais il s’agit aussi d’une action éthique. Le chef du commando, Yoni Netanyahou, appartient à une classe de soldats israéliens pour qui la « pureté des armes » n’était pas un vain mot. J’ajoute qu’il faut aussi rendre hommage à l’équipage Air France du commandant Michel Bacos, pilote de l’Airbus A300 d’Air France reliant Tel-Aviv à Paris. L’attitude de cet équipage est digne de celui des Justes parmi les nations pendant la Guerre : ils ont protégé des Juifs menacés de mort au péril de leur propre vie, alors que les terroristes leur avaient proposé de partir.Qu’apporte votre film sur cet événement déjà largement documenté ? J.T. : Ce film va d’abord rappeler cette histoire aujourd’hui largement et délibérément occultée tant le politiquement correct ne peut admettre une image positive d’Israël. Les témoignages que j’ai recueillis posent des questions qui n’ont pas été traitées jusqu’à présent : que viennent faire deux terroristes allemands de l’extrême gauche, de l’ex-Fraction Armée Rouge (Brigitte Kuhlmann et Wilfried Böse), dans ce détournement d’avion ? On peut légitimement se poser la question. Bien qu’ils soient mercenarisés par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ils pensent être du bon côté en combattant pour la cause palestinienne. Ils vont néanmoins participer à ce geste symbolique de la sélection en séparant les passagers juifs des non-juifs. Les preneurs d’otages ont ainsi libéré dans un premier temps les passagers non israéliens, ne gardant que les Juifs, qui étaient menacés de mort au cas où Israël n’accéderait pas à leur demande. Une otage juive parlant allemand a demandé à Wilfried Böse s’il avait conscience de ce qu’il était en train de faire. Il ne lui a pas répondu. C’est ce geste qui conduira Joschka Fischer (ministre allemand des Affaires étrangères de 1998 à 2005 et militant gauchiste dans les années 1970) à rompre brutalement avec le gauchisme. Au nom de la Révolution, il estime que ses camarades reproduisent les gestes que leurs parents ont accomplis au nom du nazisme.Après la libération des otages par le comando de Tsahal, c’est pourtant Israël qui est condamné par la Communauté internationale. Comment l’expliquez-vous ? J.T. : Tout le monde juge le dictateur ougandais Amin Dada grotesque. Alors que le détournement sur Entebbe est le commencement du déclin d’Amin Dada dont on savait à l’époque qu’il était le bourreau de son peuple. Près de 300.000 personnes ont été tuées sous son règne. Or, après le raid israélien, le Secrétaire général de l’ONU, l’ancien SA Kurt Waldheim, condamne Israël en l’accusant de violer la souveraineté ougandaise. Ce qui est pitoyable, mais pas étonnant de la part d’un ancien nazi.La diplomatie française n’est pas très brillante non plus… J.T. : Le Quai d’Orsay regrette qu’il y ait eu des dégâts. Le président Giscard d’Estaing se félicite de la libération des otages, mais ne dit jamais qui les a libérés. Il ne remercie même pas les autorités israéliennes d’avoir sauvé un avion Air France avec un équipage français et des passagers français. Lorsque les journalistes demandent au commandant Bacos comment il a su que le commando qui les sauvait était israélien, il a répondu « qui voulez-vous que ce fut d’autre ? ». Suite à cette déclaration, l’état-major français se fend d’un communiqué dans lequel il affirme que l’armée française aurait pu le faire. Toujours est-il qu’elle n’a rien fait. Il y avait tout simplement un véto politique. Il est clair que les forces françaises étaient capables d’agir, d’autant plus qu’elles ont des bases à Djibouti ou ailleurs en Afrique. La distance est moins longue qu’entre Tel-Aviv et l’Ouganda.N’avez-vous pas le sentiment qu’il y avait déjà un climat hostile à Israël qui préfigure ce que nous voyons aujourd’hui en termes d’antisionisme et d’antisémitisme ? J.T. : Il y a un début et une fin. Cela commence le 27 juin et cela finit quelques jours plus tard le 4 juillet 1976. Il y a une unité de temps et tous les acteurs sont dans leur rôle respectif. J’aurais pu intituler ce film Les salauds, les héros et les corniauds. Les terroristes sont les salauds, l’équipage du vol Air France et les soldats israéliens les héros, et les diplomates sont les corniauds. Mais pas les seuls parmi les corniauds. Il faut aussi y inclure les commentaires médiatiques et politiques de l’époque. Ainsi, le 5 juillet 1976, Libération titre de cette manière : « Championnat du terrorisme, Israël en tête », avec un éditorial de Serge July dont le titre est « Le temps des hypocrites ». Il condamne sans appel ce qu’il considère comme une euphorie occidentale néo-colonialiste où les Israéliens ont attaqué un pays africain. En revanche, il ne dit pas un mot sur le terrorisme. L’Humanité ne fait pas mieux en titrant « Israël attaque l’Ouganda ». La victime, c’est donc l’Ouganda, et non pas les passagers pris en otage. L’Humanité en rajoute une couche en sous-titrant que Tsahal emmène les otages en Israël, comme si c’était l’armée israélienne le preneur d’otages. On voit donc que toutes les dérives anti-israéliennes dont nous sommes les témoins aujourd’hui sont déjà présentes en 1976.Avez-vous déjà un distributeur ? J.T. : Non. J’ai stocké des images, fait des interviews, mais le film n’est pas terminé, car il faut le pré-achat d’une chaine pour disposer des moyens financiers. Faire un film qui n’a d’autre prétention que de rappeler qu’Israël est allé sauver des passagers français d’un avion français oblige à faire des contorsions devant des comités de sélection pour intéresser des chaines de télévision françaises. La production est en train de prospecter, mais c’est très compliqué. Sortir un film sur une action héroïque et positive d’Israël qui sauve un avion, des passagers et un équipage français, ça ne peut pas être dit en France. Je suis confronté à une sorte de non-dit lorsqu’il s’agit de m’expliquer pourquoi on ne veut pas de ce film. Ainsi, j’avais introduit une demande de subvention auprès d’une région française. Elle m’a été refusée. J’ai donc demandé pourquoi. Il m’a été répondu que mon documentaire est « manichéen », de « parti-pris » et « unilatéral ». On me reproche de ne pas donner la parole à l’autre ! Mais qui est l’autre ? C’est hallucinant. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le point de vue démocratique. Comme s’il fallait donner la parole aux SS lorsqu’on parle de la Shoah. Le rapporteur de la commission de sélection des films m’a reproché de ne pas replacer les choses dans leur contexte. Mais je parle de Lod, Kiryat Shmona et de Maalot… Voilà le contexte. Et je sens aussi que les télévisions ont peur de diffuser un documentaire qui risque, dans leur esprit, de paraître comme islamophobe. Comme s’il y avait un interdit intériorisé de dire ou de montrer quelque chose de bien d’Israël et de démonter l’imposture du gauchisme. Si j’avais parlé de la Shoah, de Vichy ou du Front national, on m’aurait accueilli avec un tapis rouge.*Cliquez sur La liberté a un prix pour consulter la bande annonce du film de Jacques Tarnero

Voir par ailleurs (par un conspirationniste patenté du Réseau Voltaire)

Le Monde trouve de nouveaux mensonges et en recycle d’anciens
Louis Denghien

Info Syrie

20 juin 2012

Christophe Ayad, une figure de la désinformation bobo-atlantiste (parmi un certain nombre d’autres)
Le quotidien français naguère de « référence« , Le Monde, publie dans la rubrique Idées de son site un article récapitulatif de la situation actuelle en Syrie. C’est intéressant bien que largement mensonger, ou d’ailleurs intéressant car largement mensonger. En effet, l’auteur, Christophe Ayad, du service international du quotidien, donne à peu près l’état de l’analyse désormais faite par nos élites franco-mondialisée, au terme de 16 mois d’échecs diplomatique de l’Occident atlantisé, sur la crise.

S’abritant derrière une toute récente déclaration d’Hervé Ladsous, en charge à l’ONU des opérations de maintien de la paix, Ayad officialise en quelque sorte la guerre civile syrienne. Plus exactement, précise l’homme du Monde, il y a trois guerres civiles en une.

– d’abord une « guerre (du pouvoir) contre les civils« , ayant débuté en mars 2011. C’est l’occasion pour Christophe Ayad de recycler un des clichés favoris de la propagande anti-Bachar, auquel les journalistes français ne renoncent pas volontiers : celui des « manifestants à mains nues« . Ce cliché a certes correspondu à un réalité dans les tous premiers temps de la révolte, à Deraa notamment. Mais très vite, les manifestants ont été doublés par des extrémistes armés qui ont enclenché le cycle provocation-répression. Ayad dit que cette « révolution pacifique » se poursuit aujourd’hui dans tout le pays, et que la persistance de ces manifestations infirme la thèse du pouvoir syrien selon laquelle il n’est confronté qu’à des bandes armées. Car, écrit Ayad, « les Syriens ne veulent pas renoncer à ce qui fait l’essence même de leur révolution ».

Tiens donc ! On touche là à  ce que nous avons déjà appelé le « stalinisme bobo » : des milliers, voire, dans le meilleur des cas, des dizaines de milliers de manifestants aux slogans fleurant bon le sectarisme religieux – dont un grand nombre d’enfants en bas âge – représentent donc LES Syriens dans leur ensemble, qui sont tout de même la bagatelle de 23 millions ! Et dont des centaines  milliers ont à plusieurs reprises manifesté dans plusieurs villes leur soutien au gouvernement, sans que Christophe Ayad leur accorde la plus fugitive allusion. Si l’on est indulgent, on dira que le plumitif du Monde est tellement auto-formaté dan sa bonne conscience « citoyenne »qu’il ne se rend plus compte de ce qu’il écrit, ni des réalités du rapport de forces politique en Syrie !

-la deuxième guerre civile, il fallait bien qu’Ayad y vienne assez vite, c’est le « conflit inégal mais meurtrier » qui oppose depuis la fin de l’été l’ASL  à l’armée régulière. Réactivant le mythe biblique du David rebelle contre le Goliath gouvernemental, Christophe Ayad explique que si l’ASL n’est pas de taille à battre l’armée de Bachar, sa tactique de guérilla, son implantation et les armes « qu’elle commence à recevoir » inquiètent de plus en plus le régime…

Non, M. Ayed, l’ASL inquiète surtout – pour reprendre votre rhétorique – LES Syriens, qui perçoivent dans leur grande majorité les bandes rebelles comme des terroristes qui multiplient les attentats contre les personnes et les destructions des biens et infrastructures, et prennent des populations entières en otage comme à Homs. Quant aux (ex)actions des bandes armées elles ont commencé plus tôt que vous ne le dites : c’est le 6 juin 2011 qu’une troupe d’islamistes armés, qui ne se recommandaient pas encore de l’ASL, ont pris d’assaut un QG de la police à Jisr al-Choughour, massacrant au moins cent membres des forces de l’ordre. Et si la lutte est inégale entre les bandes et les militaires, c’est aussi que les premiers recourent souvent à la tactique de l’assassinat ciblé ou de l’embuscade contre le seconds.

Propagande invérifiable encore (et pour cause) que l’affirmation, empruntée prudemment à un service de l’ONU, selon laquelle les rebelles contrôlent « 40% » du territoire syrien : c’est l »habitude de l’OSDH de déclarer qu »une ville ou une région est sous contrôle de l’ASl, dès lors qu’une bande y a fait une apparition ponctuelle, avant de devoir s’éparpiller au premier retour offensif de l’armée. Au début de l’année, les médias français, Monde en tête, nous ont fait le coup, rappelez-vous, de l’ASL contrôlant toute la périphérie est de Damas, au point pratiquement d’assiéger Bachar dans son palais. Cette légende urbaine a duré 48 heures, mais manifestement elle fait encre rêver un Christophe Ayad !

Ce qui serait cruel, à cet égard, ce serait de se repasser le fil d’un an de dépêches OSDH/AFP, et d »articles du Monde : car on y lirait une suite ininterrompue de succès militaires de l’insurrection, transformant presque toutes les villes de Syrie en bastions, recrutant un flot continu de soldats dissidents, à se demander comment il subsiste un État et une armée syro-bachariste à l »heure actuelle !

-troisième conflit en cours en Syrie selon l’analyse ayadienne, « la guerre de tous contre tous » : là, le collaborateur du Monde vise les massacres de civils, commis d’un communauté à l’autre. Et là, bien sûr, Ayad sort de son chapeau la tuerie de Houla, en mai dernier, l’attribuant avec une tranquille assurance aux chabihas alaouites. Sait-il, ou feint-il d’ignorer, ce bourreur de crânes bobos, que pratiquement toutes les victimes de ce massacre appartiennent justement à des famille alaouites, et que même une famille était celle d’un député bachariste ? Que la télévision russe (qu’un Ayad, formé à la rude école gaucho-atlantiste de Libération, évidemment méprise statutairement) mais aussi un grand reporter de la Frankfurter Allgemeine Zeitung ont recueilli assez de témoignages et d’indices pour conclure à la responsabilité des miliciens islamistes, ASL ou pas, puisque même notre Ayad reconnait, avec ses mots de Tartuffe, « une grande autonomie des groupes » censés constituer cette ASL, et aussi une possible « infiltration » de celle-ci « par une composante djihadiste » (Que galamment ces choses-là sont dites !)

Bien-pensance géostratégique, déni de réalité, franc mensonges, mythes propagandistes, Le Monde sera toujours le Monde, et ses collaborateurs des collabos de l’OTAN ! Quand bien même ils auraient reçu, comme Christophe Ayad, le prix Albert Londres (décerné par le gratin du journalisme français mainstream) Mais, au fond, c’est la réalité et l’avenir qui devraient fournir le meilleur démenti aux assertions de ces militants déguisés en journalistes.

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Boucliers humains: A Alep comme à Gaza, la désinformation vaincra (After Beirut and Gaza, Aleppo: Will the West ever learn ?)

16 octobre, 2016
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Men and civil defence members look for survivors from under the rubble after an airstrike on the rebel held village of Taftanaz eastern countryside of Idlib, Syria, August 13, 2016. REUTERS/Ammar Abdullah

pallywoodeuropeQuelle est l’alternative (en Syrie)? L’alternative est-elle d’ajouter encore des milliers de morts aux 450.000 personnes qui ont déjà été tuées. Qu’Alep soit complètement envahie? Que les Russes et Assad bombardent partout indistinctement dans les jours à venir pendant que nous regardons cela impuissant? L’alternative, c’est essayer d’obtenir tout de même quelque chose puisque l’Amérique ne veut pas intervenir avec ses troupes. Or, l’Amérique a pris la décision de ne pas intervenir militairement en Syrie. Le Président a pris cette décision. John Kerry
Bachar el Assad ne mériterait pas d’être sur la terre. Laurent Fabius
Al Nosra fait du bon boulot. Laurent Fabius
La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes. Jean-Marc Ayrault
La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision. Jean-Marc Ayrault
Si le choix est entre Bachar et DAECH, il n’y a pas de choix. Jean-Marc Ayrault
Le régime syrien a confirmé avec une brutalité inouïe son objectif. Objectif qui n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme, l’objectif c’est la capitulation d’Alep. Nous avons tous en mémoire Guernica, Srebrenica, Grozny. Ce qui se déroule à Alep est la répétition de cette tragédie. Jean-Marc Ayrault
A propos de la situation humanitaire autour d’Alep. Pensez-vous que nous avons oublié comment les forces aériennes des États-Unis ont bombardé un hôpital en Afghanistan, au cours duquel ont péri des collaborateurs de l’organisation Médecins sans frontières? Ou bombardé des fêtes de mariages où jusqu’à 100 personnes ont péri en Afghanistan, puis maintenant au Yémen ce qui vient de se passer, lorsque, avec une seule bombe, 170 personnes ont été tuées, 500 blessées lors d’une cérémonie funéraire. Quoi qu’il en soit, partout où se déroulent des conflits armés, bien malheureusement meurent et souffrent des gens qui n’y sont pour rien. Mais nous ne pouvons permettre aux terroristes de se protéger derrière des civils qu’ils utilisent comme des boucliers humains, et nous ne pouvons permettre qu’ils fassent chanter le monde entier lorsqu’ils ont pris quelqu’un en otage, le tuent et le décapitent. Si nous voulons mener cette guerre à son terme avec les terroristes, il faut alors se battre contre eux, mais ne pas aller vers eux en s’inclinant, et se retirer à reculons. (…) À Alep la situation est contrôlée par une autre organisation terroriste qui s’appelle Jabhat al Nusra. Elle a toujours été considérée comme une aile d’Al-Qaïda et figure dans la liste des organisations terroristes établie par l’ONU. (…) Ce qui choque et nous étonne c’est le fait que nos partenaires, et plus précisément américains, d’une façon ou d’une autre tentent sans cesse de sortir le dialogue sur le terrorisme de ses limites propres. Et je vais vous dire pourquoi. Il me semble que nos partenaires systématiquement et constamment reviennent sur les mêmes travers, ils veulent utiliser le potentiel militaire de ces organisations terroristes et radicales pour accomplir leurs buts politiques ; et dans ce cas pour combattre le président Assad et son gouvernement, ne comprenant pas que plus tard ils ne réussiront pas à mettre ces terroristes de côté, dans un coin, et les contraindre à vivre selon les lois et le droit civilisés, s’ils arrivaient à vaincre quelqu’un. Vladimir Poutine (TF1)
Obama handling of Syria continues to become more incoherent and more damaging to American interests. Putin has not only, thanks to White House dithering and irresolution, managed to reinsert Russia into Middle East politics in a spoiler role and his gains have not just included a deepening and commercially beneficial relationship with Iran and the weakening of the European Union and Merkel’s leadership in it over the refugee issue; he has also, thanks to the incoherence of American policy, managed to drive a thick wedge into NATO by further alienating Turkey from the West and, especially Washington. As for what a naive and vainglorious President Obama once (back in those days when he collected Nobel Peace Prizes and was hailed as the second coming of Abraham Licoln by a clueless and infatuated press corps) identified as a central goal of his foreign policy—the reconciliation of America with the Muslim world—his callous abandonment of the Syrian Sunnis to their increasingly genocidal foes has done as much, if not more, to tarnish America’s reputation among Sunni Arabs than anything any of his predecessors managed to do going back to Harry Truman. The issues in Syria are difficult and the alternatives are few, but President Obama’s Syria policy is one of the shabbiest and sorriest displays of serial ineptitude that has unfolded in world politics in all these many years. That his emissaries and representatives attempt to cover the nakedness of their policy with grandiose rhetorical denunciation of the crimes that Obama’s incompetence has enabled merely underscores the horrifying moral and political emptiness of the President’s approach to world politics. Walter Russell Mead
Le report sine die de la visite du président russe à Paris, pourtant prévue de longue date, est un nouvel épisode du burlesque qui guide notre diplomatie depuis presque cinq ans. L’inauguration de la cathédrale orthodoxe du quai Branly était l’occasion pour la France de se replacer dans le jeu diplomatique alors que les relations américano-russes sont au plus bas. Mais François Hollande n’a pas eu le courage de préserver l’indépendance de la France. Il a préféré rallier in extremis les bons élèves du camp occidental. Dans une séquence improvisée, François Hollande a benoitement livré au micro de TMC ses hésitations. (…) Il laisse la décision à Vladimir Poutine. Et Vladimir Poutine de lui répondre moqueur :  “je viendrai quand François Hollande sera prêt”. Comme si Hollande n’était pas vraiment dans son assiette. Pas vraiment maître de lui même. Après tout, la France doit parler à Moscou pour exister sur la scène internationale. Mais la Russie n’a pas besoin de Paris pour compter dans le monde. Désireux de se ressaisir et de dissiper ce perpétuel sentiment de flou, François Hollande a tenté devant l’Assemblée du Conseil de l’Europe de prouver qu’il avait un cap, qu’il avait la carrure de Vladimir Poutine. Il a ainsi prétendu avoir reporté l’entrevue suite à ”un désaccord majeur entre la Russie et la France ». Mais c’est trop tard, le mal est fait. La France s’est humiliée. Drapé dans une logique humanitaire à sens unique, Jean-Marc Ayrault semble, de son côté, avoir enfilé les bottes de Laurent Fabius. Après le départ de ce dernier au Conseil Constitutionnel, la diplomatie française semblait pouvoir prendre une tournure un poil plus réaliste. En particulier dans ces deux grandes crises ukrainienne et syrienne mais depuis c’est la rechute. Le retour des grandes déclarations, des coups de menton et des doigts levés; cette parodie d’Aristide Briand à la SDN. La Russie a du mettre son véto à la résolution française de cessez le feu à Alep. Une gifle que le quai d’Orsay n’a pas digérée. Car Poutine est déterminé à terminer le siège des quartiers Est et à reprendre le contrôle de la Syrie septentrionale. Il s’agit pour Moscou, Téhéran et Damas d’infliger une cuisante défaite aux rebelles djihadistes alliés à la branche syrienne d’Al-Qaïda (leur « divorce blanc » n’a trompé personne pour reprendre l’expression de Fabrice Balanche). Moscou entend accélérer les choses avant les élections américaines. Les deux candidats promettent de replacer les Etats-Unis au rang de leader du monde libre mais ils ne prêteront serment que fin janvier. En attendant, Barack Obama n’a pas caché son souhait de reprendre Mossoul avant son départ de la Maison-Blanche. Sa priorité est la chute de Daech et il sait qu’il doit compter malgré tout sur Moscou pour atteindre son but. La course contre-la-montre est engagée. Tout doit être terminé pour l’hiver. A l’initiative de Moscou et Damas, plusieurs cessez-le-feu ont déjà été négociés ou proposés à Alep, sous l’égide de l’ONU, afin que la population alépine puisse sortir de ce piège. Malheureusement, les groupes djihadistes ont interdit à la population d’en profiter. La population civile est le bouclier humain et la caution morale des djihadistes et de leur famille. Les hôpitaux abritent des QG, ils permettent aux grands chefs de la rébellion de se protéger mais aussi d’exposer les blessés aux bombardements de l’aviation russe (comme à Kunduz avec l’aviation américaine). Le but est de jouer sur la corde humanitaire occidentale et de provoquer une intervention sinon une pression occidentale sur Poutine. La France se fait le porte-voix  de ses clients du Golfe. Lesquels relayent les cris des groupes djihadistes enfermés dans Alep. La France surjoue son rôle de patrie des droits de l’homme et de soldat de la paix. Mais en réalité, elle n’est plus maîtresse de son propre jeu. La France est entrée dans une confrontation avec la Russie qui la marginalise un peu plus. Plutôt que de réactiver une guerre froide inutile avec Moscou, et de multiplier les rebuffades, Paris ferait mieux d’assumer le dialogue. Pour combattre notre seul et vrai ennemi commun, les djihadistes. Hadrien Desuin
Make no mistake, the carnage taking place in Aleppo right now is a disgrace to the international community. The Syrian government and Russian-backed forces are reportedly using chemical weapons, barrel bombs and increasingly powerful explosives to target innocent men, women and children. While rebel fighters have undoubtedly embedded themselves in the city in fortified positions, it appears that the civilian population is bearing the brunt of the conflict. While there has been some condemnation from the UN, where are the protests on the streets of European capitals and where is the media frenzy about this disgrace? Had Israel been involved, or had the IDF aimed one solitary munition at Aleppo, I think the response would be much different. The international community’s condemnation of the Assad regime and Putin’s Russia is nothing compared to the vitriol leveled against Israel for its far more restrained (and completely justified) 2014 operation against Hamas in Gaza. Unfortunately for the 250,000 residents of Aleppo, the city is not being attacked by the IDF. There are no leaflets being dropped warning civilians to evacuate areas in the line of fire. There is no “roof knocking” — where non-explosive devices are dropped on the roofs of targeted buildings to give civilians time to flee. And judging by the number of civilian casualties and the extent of the destruction in Syria, there is very little to no concern for the well-being of innocent civilians. Aleppo is a testament to the double standards at play when it comes to the treatment of Israel’s military operations. There is, however, a caveat. The IDF should be held to higher standards than the militaries of both Syria and Russia. And that is why The Sunday Times of London caught my eye recently. One story was headlined “Putin’s gigantic firebombs torch Aleppo.” Next to it was an article entitled, “RAF drone crew divert missile to save ‘civilian’ seconds from death.” The dissonance between the two stories is striking. On one side, we have the alleged deployment by Russia of a weapon “capable of blasting a massive ball of flame across wide areas of Aleppo.” On the other, the release of a video by Britain’s Royal Air Force showing a drone missile aimed at ISIS terrorists being diverted at the last minute to avoid killing a civilian. One side was indiscriminately firebombing, while the other was deliberately acting to prevent civilian casualties. The RAF evidently felt that its tale was a positive story, which showed that its drone squadrons act both ethically and in accordance with international law. Why is this news? Israel released many videos from incidents where missiles targeting Hamas terrorists were diverted due to the presence of Palestinian civilians. So why then were Israel’s identical efforts not deemed newsworthy? Simon Plosker
Tous ceux qui comparent la situation en Syrie avec la guerre d’Espagne et les jihadistes aux brigades internationales bénéficient de l’engouement d’une partie des médias où l’émotion domine plus que la réflexion. Mais les choses sont bien plus complexes: le désastre humanitaire en Syrie est aussi la conséquence de cette irealpolitik. Cela dit, il est évident que ce qui se déroule à Alep-Est est horrible pour les populations civiles qui sont sous les bombes. Ce que décrit l’ONU sur la situation humanitaire est exact: hôpitaux détruits, population terrée dans des abris, femmes et enfants prisonniers des décombres, etc. Mais tous les observateurs un peu réalistes avaient anticipé ce qui allait se passer si les rebelles ne quittaient pas Alep-Est, comme cela leur avait été proposé par la Russie. (…) Les rebelles «modérés» ont refusé de se désolidariser du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda. Au contraire, deux des principaux groupes rebelles d’Alep dit «modérés», la brigade al-Zinki et Suqour es-Sham, se sont même officiellement affiliés à la coalition (Jaysh al Naser) dirigée par le Front al-Nosra durant la dernière trêve. Cela indique que le Front al-Nosra domine davantage les différentes factions rebelles, y compris celles considérées comme «modérées». Le Front al Nosra n’est pas membre de Fatah Halep, la coalition des rebelles d’Alep, mais c’est lui qui sur le terrain dirige les opérations militaires. Son emprise sur Alep-Est n’a fait qu’augmenter depuis le printemps 2016, date à laquelle il a envoyé 700 combattants en renfort alors que des combattants des brigades modérées commençaient à quitter la zone avant que la dernière sortie ne soit coupée. L’ouverture provisoire d’une brèche dans le siège d’Alep, en août 2016 (bataille de Ramousseh), a encore augmenté son prestige et son emprise sur les rebelles. (…) L’Arabie Saoudite et autres bailleurs arabes de la rébellion syrienne n’ont aucun intérêt à voir se concrétiser l’accord entre les États-Unis et la Russie. Ils veulent que le combat continue car sinon cet accord russo-américain signifie la victoire du camp Assad en Syrie et notamment celle de l’Iran. Les Saoudiens n’ont que faire des civils syriens, ils bombardent quotidiennement depuis deux ans le Yémen sans aucune considération pour la population civile. Nous sommes dans une guerre régionale et les considérations humanitaires sont instrumentalisées sans scrupules. L’objectif pour l’Arabie Saoudite est précisément d’obliger les États-Unis à intervenir davantage en Syrie pour bloquer l’Iran et la Russie. Pour cela il faut influencer l’opinion publique, c’est-à-dire les électeurs des membres du Congrès, en vue d’infléchir la politique américaine. Cela fonctionne puisqu’Alep est devenu un mot-clé de l’élection présidentielle américaine et il faudra beaucoup de détermination au successeur de Barak Obama pour résister aux pressions interventionnistes. (…) Depuis le printemps 2012, date de la militarisation à outrance de l’opposition syrienne, le régime syrien utilise une stratégie classique de contre-insurrection. Il s’agit moins de gagner les cœurs que de faire plus peur que l’adversaire et de prouver qu’il est le seul capable de ramener la paix en Syrie. Après cinq années de guerre, tout ce qui compte pour l’immense majorité des Syriens c’est précisément de vivre en paix, peu leur importe qui dirige le pays. Sur le plan psychologique, Bachar el Assad a donc gagné puisqu’il apparaît, au pire, comme le moindre mal. Il lui reste à éliminer les rebelles. Pour cela il faut les séparer de la population civile dans laquelle ils se dissimulent. La technique de contre-insurrection utilisée à Alep-Est consiste donc, depuis l’hiver 2013-2014, à bombarder sporadiquement pour faire fuir les civils, puis d’encercler le territoire rebelle. Résultat auquel l’armée syrienne est parvenue début septembre. La population d’Alep-Est est ainsi passée de plus d’un million d’habitants en 2011 à 200,000 aujourd’hui selon l’ONU, mais sans doute beaucoup moins. À titre de comparaison la partie occidentale d’Alep, sous contrôle gouvernemental, compte 800,000 habitants. (…) Après trois années de bombardement, le camp de Bashar el Assad considère que ceux qui restent dans Alep-Est soutiennent les rebelles, car les autres ont eu tout le temps de fuir. C’est en partie vrai, car il s’agit pour l’essentiel des familles des combattants, qui sont donc payées pour rester. Désormais, la seule solution envisagée par les militaires pour les convaincre de quitter Alep-Est est de frapper aveuglément et massivement. Dans quelques jours, une trêve sera sans doute proclamée pour permettre à ceux qui le souhaitent d’être évacués. Mais encore faut-il qu’ils le puissent, car les groupes radicaux empêchent les civils de partir pour les utiliser comme boucliers humains, comme ce fut le cas à Homs. Puis les bombardements reprendront jusqu’à la reconquête totale des quartiers rebelles d’Alep.(…) En tout état de cause, le Président russe considère que les États-Unis sont incapables de convaincre leurs alliés de cesser le combat, il a donc décidé de les mettre devant le fait accompli. L’exécutif américain est paralysé au moins jusqu’à la prise de fonction de la nouvelle administration en janvier 2017. Il s’agit donc de l’emporter à Alep d’ici trois mois. Recep Teyep Erdogan, a lui, anticipé ce qui allait se passer et il a trouvé plus judicieux de négocier avec Vladimir Poutine. Il a obtenu du maître du Kremlin la création d’une zone sous influence turque au Nord-Est d’Alep pour accueillir les futurs réfugiés, tout en bloquant l’avancée des Kurdes vers l’Ouest. En échange, le Président turc a dû s’engager à réduire son soutien aux rebelles syriens. Ce qui augure mal de l’avenir de la rébellion syrienne car la Turquie est indispensable pour son soutien logistique. Alexis Feertchak
Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu’elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l’on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l’Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame – à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l’ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l’arrêt des combats et des bombardements sur l’est de la ville (dont elle feint de croire qu’il n’est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l’acheminement de l’aide humanitaire et la reprise du processus de négociation. Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d’Alep-Est, à un moment où la tension russo-américaine monte dangereusement et peut faire craindre un dérapage militaire sur le terrain que certains, à Washington et à l’OTAN, appellent ouvertement de leurs vœux? S’agit-il d’une nouvelle salve d’irénisme aveugle et de «pensée magique», funeste version 2016 de «Boucle d’or au Pays des trois ours» découvrant une intrusion dans sa maisonnette idyllique? Ou d’une gesticulation habile mais dangereuse qui n’a pour but, en prétendant débloquer la situation, que de jouer les utilités au profit de Washington en fossilisant un peu plus les positions des deux camps qui s’affrontent désormais ouvertement sur le corps exsangue de la nation syrienne? Difficile de démêler la part de négation du réel de celle de l’alignement sur ce que l’on présente comme «le camp du Bien» …et de nos intérêts nationaux, si mal évalués pourtant. Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. «L’Occident» ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l’entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d’action sert d’épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste «respectable» l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’Etat islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme «légitimes» et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré. Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n’ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d’Asie centrale et du Caucase. Et l’a saisie. Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi – qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu’elle pratique admirablement le grand écart stratégique… aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad…tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? (…) L’impensé du discours français n’en reste pas moins le suivant: si Assad, «bourreau de son propre peuple» selon l’expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer? A qui sera livrée la Syrie, «utile» ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement «exfiltré» vers d’autres macabres «territoires de jeu», en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d’Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l’œil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom – Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n’attendent qu’un «go» pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, «par erreur» naturellement? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de «l’Armée de la Conquête» qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles – apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps? Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? Ne comprend-on pas qu’ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu’entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel? (…) Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets: action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s’emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire: les Syriens. (…) L’Etat Français a d’ailleurs été poursuivi – en vain à ce jour -pour ces déclarations ministérielles qui ont de facto encouragé le prosélytisme islamiste et le terrorisme en présentant le départ pour la Syrie à des apprentis djihadistes français comme une œuvre politique salutaire, avec les résultats que l’on connait sur le territoire national. (…) Mais le pire était à venir. Ce matin, nous avons franchi un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique. Au moment où il est d’une extrême urgence de se parler enfin à cœur ouvert, de dire la vérité, d’abandonner les poses et les anathèmes, de ne plus se tromper d’ennemi, de faire front commun – comme l’ont proposé les Russes depuis des lustres -, contre l’islamisme qui a décidé notre perte et s’esclaffe de notre ahurissante naïveté et de notre faiblesse, le président de la République française s’interroge publiquement, de bon matin, dans une émission de divertissement, devant l’animateur Yann Barthes sur TMC, sur l’opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris le 19 octobre prochain! «P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non …» La réponse de Moscou à cette insulte ne s’est pas fait attendre: le Président russe ne viendra pas. Nous sommes au fond du fond du fond de l’impuissance politique et l’on se laisse couler, saisis par l’ivresse des profondeurs en croyant surnager. (…) La confusion permanente entre l’Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C’est l’Etat qu’il faut aider à survivre à l’offensive islamiste au lieu d’encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d’Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir? Caroline Galactéros

Cachez ces boucliers humains que je ne saurai voir !

Après la pantalonnade que l’on sait de la visite annulée du chef d’Etat français avec son homologue russe …

Pendant que sans la moindre mise en perspective et jusqu’à susciter les vocations les plus fourvoyées …

 Nos belles âmes nous matraquent avec les tragiques images des victimes civiles des bombardements syro-russes …

Comment ne pas repenser …

Sans compter l’évident deux poids deux mesures (imaginez les manifestations qu’aurait provoqué, venant des forces israéliennes, ne serait-ce que le centième des dégâts collatéraux des actuels bombardements d’Alep !) …

Aux tristement fameuses campagnes de désinformation qui, sur fond d’usage massif de boucliers humains achetés ou forcés, avaient marqué les guerres d’Israël contre les forces terroristes du Liban ou de Gaza ?

Et surtout ne pas voir avec la politologue Caroline Galactéros …

L’incroyable mélange d’aveuglement et d’hypocrisie qui sert actuellement de politique étrangère aux dirigeants occidentaux …

Qui après avoir précipité l’émergence des djihadistes de l’Etat islamique suite à l’abandon criminel de l’Irak et de la Syrie par l’Administaration Obama …

Les voit aujourd’hui soutenir …

Contre une Russie plus que jamais revanchiste et un Iran à qui l’on vient par ailleurs de reconnaitre le droit à l’arme ultime …

Et avec, entre deux bombardements de civils au Yemen ou ailleurs, les habituels fourriers saoudiens et qataris du djiadisme …

Rien de moins que la prochaine génération de djihadistes ?

Caroline Galactéros : « La décision de Vladimir Poutine humilie la diplomatie française »
Caroline Galactéros
Le Figaro
11/10/2016

FIGAROVOX/TRIBUNE – Vladimir Poutine a annoncé qu’il reportait sa visite à Paris où il devait rencontrer François Hollande. Pour Caroline Galactéros, cette décision n’est que la suite logique d’un amateurisme complet de la France en Syrie et ailleurs dans le monde.

Docteur en Science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d’intelligence stratégique «Planeting». Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre (Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (Nuvis, 2014).

Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu’elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l’on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l’Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame – à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l’ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l’arrêt des combats et des bombardements sur l’est de la ville (dont elle feint de croire qu’il n’est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l’acheminement de l’aide humanitaire et la reprise du processus de négociation.

Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d’Alep-Est, à un moment où la tension russo-américaine monte dangereusement et peut faire craindre un dérapage militaire sur le terrain que certains, à Washington et à l’OTAN, appellent ouvertement de leurs vœux? S’agit-il d’une nouvelle salve d’irénisme aveugle et de «pensée magique», funeste version 2016 de «Boucle d’or au Pays des trois ours» découvrant une intrusion dans sa maisonnette idyllique? Ou d’une gesticulation habile mais dangereuse qui n’a pour but, en prétendant débloquer la situation, que de jouer les utilités au profit de Washington en fossilisant un peu plus les positions des deux camps qui s’affrontent désormais ouvertement sur le corps exsangue de la nation syrienne? Difficile de démêler la part de négation du réel de celle de l’alignement sur ce que l’on présente comme «le camp du Bien» …et de nos intérêts nationaux, si mal évalués pourtant.

Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. «L’Occident» ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l’entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d’action sert d’épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste «respectable» l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’Etat islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme «légitimes» et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré.

Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n’ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d’Asie centrale et du Caucase. Et l’a saisie.

Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi – qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu’elle pratique admirablement le grand écart stratégique… aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad…tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? C’est de l’opportunisme à très courte vue, mais plus encore un hiatus stratégique béant et la manifestation d’une totale incompréhension du réel.

De telles contradictions ne peuvent s’expliquer que par notre entêtement à vouloir en finir avec le régime syrien actuel dont nul n’imaginait qu’il résisterait si longtemps aux feux croisés de l’Amérique et de ses alliés sunnites. L’exigence américaine – reprise à son compte par Paris – d’une cessation des bombardements aériens sur Alep-Est «pour raisons humanitaires» aurait permis en fait de laisser les islamistes de la ville (soit rien moins qu’Al Nosra et consorts) se refaire une santé militaire en se servant des civils comme de boucliers humains, de poursuivre leurs tirs d’obus sur la partie ouest de la ville et d’empêcher Damas et Moscou de faire basculer décisivement le rapport de force militaire en faveur de l’Etat syrien dans le cadre d’une négociation ultime. Qui a d’ailleurs fait échouer le cessez le feu signé le 9 septembre dernier à Genève? Les groupes terroristes qui n’en voulaient pas et les Etats-Unis qui ont bombardé les forces syriennes à Deir el Zor et ouvert la voie aux forces de l’Etat Islamique. Encore un accord de dupes.

Temps court versus temps long, individu versus groupe, froideur politique versus empathie médiatique (sélective): on se refuse à voir, dans nos démocraties molles, que la véritable action stratégique, pour être efficace, ne peut prendre en compte que des nombres, des masses, des ensembles, des mouvements, des processus, quand toute l’attention médiatique et la gestion politicienne des crises, elles, veulent faire croire que l’individu est central et se concentrent sur la souffrance et le sort des personnes, alors que celles-ci sont depuis toujours et sans doute pour encore longtemps sacrifiées à la confrontation globale et brutale entre Etats. Les images terrifiantes de la guerre au quotidien masquent la réalité d’un affrontement sans scrupules de part et d’autre, dont en l’espèce les malheureux Syriens ne sont même plus les enjeux mais de simples otages.

L’impensé du discours français n’en reste pas moins le suivant: si Assad, «bourreau de son propre peuple» selon l’expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer? A qui sera livrée la Syrie, «utile» ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement «exfiltré» vers d’autres macabres «territoires de jeu», en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d’Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l’œil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom – Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n’attendent qu’un «go» pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, «par erreur» naturellement? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de «l’Armée de la Conquête» qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles – apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps?

Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? Ne comprend-on pas qu’ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu’entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel? … «Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir? je ne vois que l’herbe qui verdoie et la terre qui poudroie» … Quelle naïveté, quelle ignorance, quelle indifférence en fait!

L’interview accordée le 5 octobre dernier par notre ministre des Affaires étrangères à la veille de son départ pour Moscou à Yves Calvi sur LCI est à cet égard, un morceau de bravoure édifiant, qui escamote la réalité et brosse un paysage surréaliste du conflit et de ce qu’il faudrait y comprendre et en attendre.

Florilège et exégèse….

«La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes»

Est-ce à dire qu’il faut les laisser faire, leur donner les clefs du pays et prier peut-être, pour qu’ils ne massacrent pas les minorités qui y demeurent encore et instaurent la démocratie? Faut-il ne plus agir en espérant qu’ils vont s’arrêter? De qui se moque-t-on? Adieu Boucle d’Or. Nous sommes au Pays des rêves bleus de Oui-Oui…

Les Russes, qui se disent satisfaits de l’efficacité de leurs frappes contre les terroristes d’Alep-Est «sont cyniques» … Qui est cynique ici? Celui qui déforme la réalité d’un affrontement pour ne pas avouer qu’il est (avec d’autres) à la manœuvre d’une déstabilisation d’Etat par des groupuscules terroristes liés à Al-Qaïda (matrice de Daech) sous couvert d’aspiration à la démocratie? Ou ceux qui cherchent à réduire l’emprise djihadiste et à renforcer des structures d’Etat laïques avec ou sans Bachar?

«La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision

Ah?! Laquelle? Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets: action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s’emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire: les Syriens.

En dépit de l’excellence de nos forces armées, de la présence du Charles de Gaulle sur zone et de nos missions aériennes soutenues, Paris n’est diplomatiquement et stratégiquement plus nulle part en Syrie, et depuis longtemps. Par dogmatisme, par moralisme, par notre parti pris immodéré pour les puissances sunnites de la région, nous nous sommes engouffrés dans un alignement crédule sur la politique américaine qui s’est en plus retourné contre nous dès l’été 2013, lorsque Barack Obama a dû renoncer à frapper directement Damas au prétexte d’un usage d’armes chimiques qui n’a d’ailleurs jamais été confirmé. Un camouflet d’autant plus lourd à porter que notre ancien ministre des affaires étrangères avait jugé bon, dès août 2012, de dire que «Bachar el Assad ne méritait pas d’être sur terre» et, en décembre 2012, «qu’Al Nosra faisait du bon boulot». L’Etat Français a d’ailleurs été poursuivi – en vain à ce jour -pour ces déclarations ministérielles qui ont de facto encouragé le prosélytisme islamiste et le terrorisme en présentant le départ pour la Syrie à des apprentis djihadistes français comme une œuvre politique salutaire, avec les résultats que l’on connait sur le territoire national. N’en déplaise à Monsieur Ayrault, la France n’est ni écoutée, ni considérée, ni attendue sur le dossier syrien. Elle en est réduite à servir de go between entre Washington et Moscou lorsque ceux-ci ne peuvent plus se parler et qu’il faut faire semblant, une fois encore, de rechercher un compromis et d’amener Moscou à lever le pied d’une implication trop efficace à notre goût.

«Si le choix est entre Bachar et Daech, il n’y a pas de choix

Mais c’est pourtant le cas, ne nous en déplaise. Nous combattons l’Etat islamique pour la galerie, sans grande conviction ni détermination politique, de très haut, par des frappes qui sans présence terrestre demeurent symboliques. Pour Moscou, au contraire, il n’existe pas «d’islamistes modérés» ; combattre le terrorisme revient à combattre l’EI mais aussi ses avatars locaux innombrables à tout prix, y compris au prix de pertes civiles importantes. Et c’est aujourd’hui la Russie qui, dans les airs mais aussi au sol, avec l’Iran et le régime syrien, «fait la guerre», se bat contre le terrorisme islamiste qui menace tout l’Occident, gangrène nos vieilles sociétés repues et pacifiques et nous prend pour cible. Ils «font le job». Un horrible job. Dans l’immédiat, il faut choisir entre le soutien à l’Etat syrien – que le régime d’Assad incarne-, et DAECH et Cie.

Le sommet est atteint à la fin de l’intervention ministérielle, lorsque l’on apprend que «la Syrie future devra être unitaire, avoir des structures étatiques stables, être protectrice de toutes ses minorités, mettre en place des institutions solides, contrôler son armée et ses Services…» (sic)! Les bras nous en tombent. Voici décrite…la Syrie d’avant la guerre! Ce terrifiant carnage n’aurait-il donc été qu’un coup d’épée dans l’eau?

Mais le pire était à venir. Ce matin, nous avons franchi un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique. Au moment où il est d’une extrême urgence de se parler enfin à cœur ouvert, de dire la vérité, d’abandonner les poses et les anathèmes, de ne plus se tromper d’ennemi, de faire front commun – comme l’ont proposé les Russes depuis des lustres -, contre l’islamisme qui a décidé notre perte et s’esclaffe de notre ahurissante naïveté et de notre faiblesse, le président de la République française s’interroge publiquement, de bon matin, dans une émission de divertissement, devant l’animateur Yann Barthes sur TMC, sur l’opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris le 19 octobre prochain! «P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non …» La réponse de Moscou à cette insulte ne s’est pas fait attendre: le Président russe ne viendra pas. Nous sommes au fond du fond du fond de l’impuissance politique et l’on se laisse couler, saisis par l’ivresse des profondeurs en croyant surnager.

Hauteur de vue et profondeur de champ, véritable souci pour la souffrance humaine: la realpolitik est la solution, pas le mal. La confusion permanente entre l’Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C’est l’Etat qu’il faut aider à survivre à l’offensive islamiste au lieu d’encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d’Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir?

Voir aussi:

Alep : pourquoi la tragédie humanitaire ne bouleverse pas la donne géopolitique
Alexis Feertchak
Le Figaro
29/09/2016

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Alors que la crise humanitaire s’aggrave, le régime syrien soutenu par les Russes et les Iraniens reprend du terrain. Pour Fabrice Balanche, les rebelles sont plus que jamais liés à Al-Qaïda et Moscou ne saurait être le seul responsable du chaos.

Agrégé et docteur en Géographie, Fabrice Balanche est maître de conférences à l’Université Lyon-2 et chercheur invité au Washington Institute. Spécialiste du Moyen-Orient, il a publié notamment La région alaouite et le pouvoir syrien(éd. Karthala, 2006) et Atlas du Proche-Orient arabe (éd. RFI & PUPS, 2010).

FIGAROVOX. – À propos d’Alep, le politologue libanais Ziad Majed a déclaré au journal Le Monde: «Si on parle d’un point de vue de droit international, et de la convention de Genève, ce qui se passe commence même à dépasser le cadre des crimes de guerre, ce sont presque des crimes contre l’humanité». Quelle est aujourd’hui la situation humanitaire dans l’ancienne capitale économique de la Syrie?

Tous ceux qui comparent la situation en Syrie avec la guerre d’Espagne et les jihadistes aux brigades internationales bénéficient de l’engouement d’une partie des médias où l’émotion domine plus que la réflexion. Mais les choses sont bien plus complexe: le désastre humanitaire en Syrie est aussi la conséquence de cette irealpolitik.

Cela dit, il est évident que ce qui se déroule à Alep-Est est horrible pour les populations civiles qui sont sous les bombes. Ce que décrit l’ONU sur la situation humanitaire est exact: hôpitaux détruits, population terrée dans des abris, femmes et enfants prisonniers des décombres, etc. Mais tous les observateurs un peu réalistes avaient anticipé ce qui allait se passer si les rebelles ne quittaient pas Alep-Est, comme cela leur avait été proposé par la Russie. Je citerais tout simplement John Kerry au micro de la NPR le 14 septembre dernier:

«Quelle est l’alternative (en Syrie)? L’alternative est-elle d’ajouter encore des milliers de morts aux 450.000 personnes qui ont déjà été tuées. Qu’Alep soit complètement envahie? Que les Russes et Assad bombardent partout indistinctement dans les jours à venir pendant que nous regardons cela impuissant? L’alternative c’est essayer d’obtenir tout de même quelque chose puisque l’Amérique ne veut pas intervenir avec ses troupes. Or, l’Amérique a pris la décision de ne pas intervenir militairement en Syrie. Le Président a pris cette décision».

L’Armée syrienne soutenue par l’aviation russe a repris un quartier de la zone d’Alep contrôlée par les rebelles. De quels rebelles s’agit-il?

Les rebelles «modérés» ont refusé de se désolidariser du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda. Au contraire, deux des principaux groupes rebelles d’Alep dit «modérés», la brigade al-Zinki et Suqour es-Sham, se sont même officiellement affiliés à la coalition (Jaysh al Naser) dirigée par le Front al-Nosra durant la dernière trêve. Cela indique que le Front al-Nosra domine davantage les différentes factions rebelles, y compris celles considérées comme «modérées». Le Front al Nosra n’est pas membre de Fatah Halep, la coalition des rebelles d’Alep, mais c’est lui qui sur le terrain dirige les opérations militaires. Son emprise sur Alep-Est n’a fait qu’augmenter depuis le printemps 2016, date à laquelle il a envoyé 700 combattants en renfort alors que des combattants des brigades modérées commençaient à quitter la zone avant que la dernière sortie ne soit coupée. L’ouverture provisoire d’une brèche dans le siège d’Alep, en août 2016 (bataille de Ramousseh), a encore augmenté son prestige et son emprise sur les rebelles.

L’accord de coopération militaire américano-russe, qui portait d’abord et avant tout sur Alep, semble avoir fait long feu. Comment expliquer cet échec?

L’Arabie Saoudite et autres bailleurs arabes de la rébellion syrienne n’ont aucun intérêt à voir se concrétiser l’accord entre les États-Unis et la Russie. Ils veulent que le combat continue car sinon cet accord russo-américain signifie la victoire du camp Assad en Syrie et notamment celle de l’Iran. Les Saoudiens n’ont que faire des civils syriens, ils bombardent quotidiennement depuis deux ans le Yémen sans aucune considération pour la population civile. Nous sommes dans une guerre régionale et les considérations humanitaires sont instrumentalisées sans scrupules. L’objectif pour l’Arabie Saoudite est précisément d’obliger les États-Unis à intervenir davantage en Syrie pour bloquer l’Iran et la Russie. Pour cela il faut influencer l’opinion publique, c’est-à-dire les électeurs des membres du Congrès, en vue d’infléchir la politique américaine. Cela fonctionne puisqu’Alep est devenu un mot-clé de l’élection présidentielle américaine et il faudra beaucoup de détermination au successeur de Barak Obama pour résister aux pressions interventionnistes.

Mais revenons aux faits. Depuis le printemps 2012, date de la militarisation à outrance de l’opposition syrienne, le régime syrien utilise une stratégie classique de contre-insurrection. Il s’agit moins de gagner les cœurs que de faire plus peur que l’adversaire et de prouver qu’il est le seul capable de ramener la paix en Syrie. Après cinq années de guerre, tout ce qui compte pour l’immense majorité des Syriens c’est précisément de vivre en paix, peu leur importe qui dirige le pays. Sur le plan psychologique, Bachar el Assad a donc gagné puisqu’il apparaît, au pire, comme le moindre mal. Il lui reste à éliminer les rebelles. Pour cela il faut les séparer de la population civile dans laquelle ils se dissimulent. La technique de contre-insurrection utilisée à Alep-Est consiste donc, depuis l’hiver 2013-2014, à bombarder sporadiquement pour faire fuir les civils, puis d’encercler le territoire rebelle. Résultat auquel l’armée syrienne est parvenue début septembre. La population d’Alep-Est est ainsi passée de plus d’un million d’habitants en 2011 à 200,000 aujourd’hui selon l’ONU, mais sans doute beaucoup moins. À titre de comparaison la partie occidentale d’Alep, sous contrôle gouvernemental, compte 800,000 habitants.

Quel semble être aujourd’hui l’objectif du Kremlin et de Damas?

Après trois années de bombardement, le camp de Bashar el Assad considère que ceux qui restent dans Alep-Est soutiennent les rebelles, car les autres ont eu tout le temps de fuir. C’est en partie vrai, car il s’agit pour l’essentiel des familles des combattants, qui sont donc payées pour rester. Désormais, la seule solution envisagée par les militaires pour les convaincre de quitter Alep-Est est de frapper aveuglément et massivement. Dans quelques jours, une trêve sera sans doute proclamée pour permettre à ceux qui le souhaitent d’être évacués. Mais encore faut-il qu’ils le puissent, car les groupes radicaux empêchent les civils de partir pour les utiliser comme boucliers humains, comme ce fut le cas à Homs. Puis les bombardements reprendront jusqu’à la reconquête totale des quartiers rebelles d’Alep. Il faut noter que c’est la première fois depuis l’été 2012, que l’infanterie est engagée pour reprendre du terrain comme le quartier de Farafirah au centre-ville, Sheikh Saïd au sud, ou l’ex camp palestinien de Handarat au nord.

Ce que j’ai décrit était annoncé. La seule façon de l’empêcher est d’entrer dans une confrontation militaire avec la Russie en abattant les avions russes et syriens. Je doute que l’Occident souhaite une escalade de ce type. Certains évoquent la distribution de missiles sol-air aux rebelles, au risque de les voir tomber dans les mains d’Al-Qaïda ou de Daesh. Par ailleurs, il n’est pas sûr que cela soit efficace, car les Russes bombarderaient de plus haut avec du plus lourd et feraient donc plus de dégâts. La Russie pourrait aussi frapper avec des missiles de croisière depuis la mer Caspienne.

Au-delà d’Alep, le rapport de force est-il en train de changer entre le régime et les rebelles? Que change sur ce point l’intervention turque qui se poursuit tout au Nord de la Syrie?

La Russie ne croit plus à la possibilité d’un accord de coopération militaire avec les États-Unis. Le bombardement de l’armée syrienne à Deir ez Zor par l’aviation de la coalition internationale, le 17 septembre dernier, fut le coup de grâce donné à ses longues et laborieuses négociations. S’agit-il d’une erreur comme le prétendent les États-Unis? Ou d’une mauvaise information donnée sciemment par un membre de la coalition qui aurait intérêt à voir échouer l’accord? Erreur ou non, cet épisode risquerait d’entamer la crédibilité de la Russie si Vladimir Poutine ne réagissait pas énergiquement. En tout état de cause, le Président russe considère que les États-Unis sont incapables de convaincre leurs alliés de cesser le combat, il a donc décidé de les mettre devant le fait accompli.

L’exécutif américain est paralysé au moins jusqu’à la prise de fonction de la nouvelle administration en janvier 2017. Il s’agit donc de l’emporter à Alep d’ici trois mois. Recep Teyep Erdogan, a lui, anticipé ce qui allait se passer et il a trouvé plus judicieux de négocier avec Vladimir Poutine. Il a obtenu du maître du Kremlin la création d’une zone sous influence turque au Nord-Est d’Alep pour accueillir les futurs réfugiés, tout en bloquant l’avancée des Kurdes vers l’Ouest. En échange, le Président turc a dû s’engager à réduire son soutien aux rebelles syriens. Ce qui augure mal de l’avenir de la rébellion syrienne car la Turquie est indispensable pour son soutien logistique.

Voir également:

Hollande déboussolé face à Poutine

La France plus isolée que jamais

Hadrien Desuin
Expert en géo-stratégie, sécurité et défense

Causeur

13 octobre 2016

Le report sine die de la visite du président russe à Paris, pourtant prévue de longue date, est un nouvel épisode du burlesque qui guide notre diplomatie depuis presque cinq ans. L’inauguration de la cathédrale orthodoxe du quai Branly était l’occasion pour la France de se replacer dans le jeu diplomatique alors que les relations américano-russes sont au plus bas. Mais François Hollande n’a pas eu le courage de préserver l’indépendance de la France. Il a préféré rallier in extremis les bons élèves du camp occidental.

Hollande improvise sur TMC

Dans une séquence improvisée, François Hollande a benoitement livré au micro de TMC ses hésitations. “Je me suis posé la question (…) Est-ce que c’est utile ? Est-ce que c’est nécessaire ? Est-ce que ça peut être une pression ?”  Il commence par confirmer au jeune journaliste qui se trouvait là qu’il va recevoir le président russe et il finit sa phrase en ânonnant “si je le reçois…” Il est tellement sincère, au fond, notre président. On le voit hésiter, trembler en direct. Comme une Léonarda diplomatique. Cet homme n’aime pas ce pour quoi il a été élu: décider et choisir. Il laisse la décision à Vladimir Poutine. Et Vladimir Poutine de lui répondre moqueur :  “je viendrai quand François Hollande sera prêt”. Comme si Hollande n’était pas vraiment dans son assiette. Pas vraiment maître de lui même. Après tout, la France doit parler à Moscou pour exister sur la scène internationale. Mais la Russie n’a pas besoin de Paris pour compter dans le monde.

Bluff présidentiel

Désireux de se ressaisir et de dissiper ce perpétuel sentiment de flou, François Hollande a tenté devant l’Assemblée du Conseil de l’Europe de prouver qu’il avait un cap, qu’il avait la carrure de Vladimir Poutine. Il a ainsi prétendu avoir reporté l’entrevue suite à ”un désaccord majeur entre la Russie et la France ». Mais c’est trop tard, le mal est fait. La France s’est humiliée.

Drapé dans une logique humanitaire à sens unique, Jean-Marc Ayrault semble, de son côté, avoir enfilé les bottes de Laurent Fabius. Après le départ de ce dernier au Conseil Constitutionnel, la diplomatie française semblait pouvoir prendre une tournure un poil plus réaliste. En particulier dans ces deux grandes crises ukrainienne et syrienne mais depuis c’est la rechute. Le retour des grandes déclarations, des coups de menton et des doigts levés; cette parodie d’Aristide Briand à la SDN.

La Russie a du mettre son véto à la résolution française de cessez le feu à Alep. Une gifle que le quai d’Orsay n’a pas digérée. Car Poutine est déterminé à terminer le siège des quartiers Est et à reprendre le contrôle de la Syrie septentrionale. Il s’agit pour Moscou, Téhéran et Damas d’infliger une cuisante défaite aux rebelles djihadistes alliés à la branche syrienne d’Al-Qaïda (leur « divorce blanc » n’a trompé personne pour reprendre l’expression de Fabrice Balanche).

Obama a besoin de Poutine

Moscou entend accélérer les choses avant les élections américaines. Les deux candidats promettent de replacer les Etats-Unis au rang de leader du monde libre mais ils ne prêteront serment que fin janvier. En attendant, Barack Obama n’a pas caché son souhait de reprendre Mossoul avant son départ de la Maison-Blanche. Sa priorité est la chute de Daech et il sait qu’il doit compter malgré tout sur Moscou pour atteindre son but. La course contre-la-montre est engagée. Tout doit être terminé pour l’hiver.

A l’initiative de Moscou et Damas, plusieurs cessez-le-feu ont déjà été négociés ou proposés à Alep, sous l’égide de l’ONU, afin que la population alépine puisse sortir de ce piège. Malheureusement, les groupes djihadistes ont interdit à la population d’en profiter. La population civile est le bouclier humain et la caution morale des djihadistes et de leur famille. Les hôpitaux abritent des QG, ils permettent aux grands chefs de la rébellion de se protéger mais aussi d’exposer les blessés aux bombardements de l’aviation russe (comme à Kunduz avec l’aviation américaine). Le but est de jouer sur la corde humanitaire occidentale et de provoquer une intervention sinon une pression occidentale sur Poutine.

La France se fait le porte-voix  de ses clients du Golfe. Lesquels relayent les cris des groupes djihadistes enfermés dans Alep. La France surjoue son rôle de patrie des droits de l’homme et de soldat de la paix. Mais en réalité, elle n’est plus maîtresse de son propre jeu. La France est entrée dans une confrontation avec la Russie qui la marginalise un peu plus. Plutôt que de réactiver une guerre froide inutile avec Moscou, et de multiplier les rebuffades, Paris ferait mieux d’assumer le dialogue. Pour combattre notre seul et vrai ennemi commun, les djihadistes.

Voir encore:

Interview intégrale du Président Poutine par TF1

Le 11 octobre, alors que le président Hollande, avec toute l’élégance de son rang et de son niveau, claironne alentour qu’il ne souhaite pas recevoir le Président Poutine, ce dernier accorde une interview à un journaliste de TF1. Cette interview bizarrement nous ne pouvons la trouver sur le site de la chaine française, ni à fortiori vérifier et préciser le nom de l’intervieweur. Il est vrai que ce n’est pas le moment pour les occidentaux de donner place aux points de vue russes…

Cette interview a évidemment eu une résonance minimale dans la presse française et plus largement européenne, alors que Poutine y précise des aspects très importants des évènements en cours. Et nous devons le souligner, avec un tact, une précision, et un vocabulaire extrêmement mesuré. Ceci alors que les hauts représentants du monde occidental ne renoncent ni aux excès de langage, ni à la grossièreté. Sans parler du non-respect des normes et convenances diplomatiques les plus élémentaires.

RI choisit ici de vous traduite le texte intégral de cette interview, sur base du texte officiel mis en ligne sur le site de la présidence russe http://www.kremlin.ru/events/president/news/53081

Mufasa

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Interview du Président Poutine par la chaîne de télévision française TF1 le 11 octobre 2016.

Président Poutine: Mais comment êtes-vous arrivé ici [i]? Nous nous trouvons dans une toute petite ville de province. Maintenant partout où nous venons en Russie, dans n’importe quel village nous trouvons des Français. Mais c’est très bien comme ça, cela nous fait bien plaisir.

Question TF1 : Monsieur le Président pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous n’avez pas fait ce voyage à Paris ?

Président Poutine : C’est très simple,  il était supposé que nous allions solennellement inaugurer un centre récemment construit à Paris, un centre culturel et une cathédrale russes, mais nous avons pu observer que ce n’était pas le moment opportun pour un évènement de ce type.  D’autant moins si l’on considère notre incompréhension mutuelle sur ce qui se passe en Syrie et plus précisément autour de la ville d’Alep. Mais sinon nous sommes évidemment toujours ouverts  à ce que nous puissions nous consulter et dialoguer sur ce thème.

Question TF1: mais c’est exactement ce que voulaient les Français, utiliser le contexte de votre visite pour discuter de la situation en Syrie. Tandis que vous c’est pour cette même raison que vous renoncez à la visite.

Président Poutine: Mais sachez que nous n’avons pas réellement refusé, on nous a fait savoir que  la cause principale,  à savoir l’ouverture de ce centre culturel et religieux, n’est pas appropriée. Mais si la raison principale de mon déplacement à Paris n’est pas appropriée, alors nous trouverons certainement une autre possibilité qui soit plus appropriée pour discuter de la situation en Syrie.  Nous n’avons aucune limite à ce sujet nous sommes ouverts au dialogue.

Simplement on nous a fait savoir que ce n’est pas le moment le plus confortable pour de telles manifestations et puis c’est tout. Quant à nous, nous n’avons rien refusé.

Question TF1: De nombreux représentants officiels occidentaux parmi lesquels John Kerry, Jean-Marc Ayrault, même François Hollande, utilisent une rhétorique dure envers la Russie à propos des bombardements à Alep, sous lesquels tombent des cibles civiles, telles que des hôpitaux. Certains même recourent à l’expression « crimes de guerre ». Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Président Poutine: Je dirais que c’est une rhétorique politique qui n’a pas grand sens ni ne tient compte de la réalité de ce qui se passe dans ce pays. Et je dirai maintenant pourquoi. Je suis intimement convaincu que dans la situation qui s’est instaurée dans la région dans son ensemble et en Syrie en particulier la responsabilité incombe à tous nos partenaires occidentaux, et en premier lieu évidemment les États-Unis d’Amérique et leurs alliés, dont évidemment les pays leaders de l’Europe.

Rappelons-nous avec quel engouement tous là-bas soutenaient la révolution arabe. Où est-il ce bel optimisme ? Par quoi cela s’est-il terminé ? Souvenons-nous ce que représentaient la Libye et l’Irak avant la destruction de leurs états, de leurs gouvernements. Qui ont été anéantis  par les diverses forces armées de nos partenaires occidentaux.

Ce n’étaient pas bien sûr des modèles de démocratie tels que cela se comprend aujourd’hui. Certainement on pouvait influer sur les structures de ces sociétés, les structures de ces gouvernements et de ces pouvoirs. Par les forces autochtones. Mais dans tous les cas il n’y avait précisément pas de signes avant-coureurs de terrorisme dans ces pays. De ces territoires ne partaient pas de menaces, ni pour Paris, ni pour la Côte-d’Azur en France, ni pour la Belgique, la Russie ou pour les États-Unis d’Amérique.

Actuellement ce sont des sources de terrorisme. Et notre but consiste exactement à éviter qu’en Syrie ne se développe une telle situation.

J’anticipe votre question à propos des réfugiés. Je suppose que vous voulez en parler ? Même si ce n’est pas le cas je vais aborder cette question. Souvenons-nous que les problèmes des réfugiés sont apparus bien avant que la Russie n’entreprenne ses actions pour la normalisation et la stabilisation de la situation en Syrie. L’exode massif de personnes de ces énormes territoires du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Afghanistan, a commencé bien avant notre intervention en Syrie. Aucun reproche à la Russie à propos de l’augmentation du problème des réfugiés n’est acceptable. Notre but justement est de restaurer les conditions pour le retour des réfugiés sur leur lieu d’existence antérieure.

Maintenant à propos de la situation humanitaire autour d’Alep. Pensez-vous que nous avons oublié comment les forces aériennes des États-Unis ont bombardé un hôpital en Afghanistan, au cours duquel ont péri des collaborateurs de l’organisation Médecins sans frontières? Ou bombardé des fêtes de mariages où jusqu’à 100 personnes ont péri en Afghanistan, puis maintenant au Yémen ce qui vient de se passer, lorsque, avec une seule bombe, 170 personnes ont été tuées, 500 blessées lors d’une cérémonie funéraire.

Quoi qu’il en soit, partout où se déroulent des conflits armés, bien malheureusement meurent et souffrent des gens qui n’y sont pour rien. Mais nous ne pouvons permettre aux terroristes de se protéger derrière des civils qu’ils utilisent comme des boucliers humains, et nous ne pouvons permettre qu’ils fassent chanter le monde entier lorsqu’ils ont pris quelqu’un en otage, le tuent et le décapitent. Si nous voulons mener cette guerre à son terme avec les terroristes, il faut alors se battre contre eux, mais ne pas aller vers eux en s’inclinant, et se retirer à reculons.

Question TF1 : Monsieur le Président le fait est que les Français ne comprennent pas pourquoi vous faites subir des bombardements à ceux que vous appelez des terroristes. Nous avons été attaqués par l’EI,  qui ne se trouve pas dans Alep. C’est cela que les Français ne comprennent pas.

Président Poutine: Je vais vous expliquer. À Alep la situation est contrôlée par une autre organisation terroriste qui s’appelle Jabhat al Nusra. Elle a toujours été considérée comme une aile d’Al-Qaïda et figure dans la liste des organisations terroristes établie par l’ONU.

Ce qui choque et nous étonne c’est le fait que nos partenaires, et plus précisément américains, d’une façon ou d’une autre tentent sans cesse de sortir le dialogue sur le terrorisme de ses limites propres. Et je vais vous dire pourquoi. Il me semble que nos partenaires systématiquement et constamment reviennent sur les mêmes travers, ils veulent utiliser le potentiel militaire de ces organisations terroristes et radicales pour accomplir leurs buts politiques ; et dans ce cas pour combattre le président Assad et son gouvernement, ne comprenant pas que plus tard ils ne réussiront pas à mettre ces terroristes de côté, dans un coin, et les contraindre à vivre selon les lois et le droit civilisés, s’ils arrivaient à vaincre quelqu’un.

Nous avons à de multiples reprises convenu avec les Américains qu’ils procéderont à la séparation de l’organisation Jabhat al Nosra et de ses semblables des autres organisations que l’on appelle modérées de l’opposition, dont celles qui sont à Alep. Et les Américains ont convenu avec nous  que cela doit être fait. Je dirais même plus, nous avons convenu  de certains délais, mais mois après mois, rien n’a été fait.

Nous avons tout récemment convenu de ce que nous annoncerions le jour du cessez-le-feu  – le jour J comme disent les Américains-.  J’avais insisté pour que, auparavant, ils résolvent le problème de la séparation de Jabhat al Nosra et des autres organisations terroristes de ce que l’on appelle l’opposition modérée. Et que, alors seulement, soit annoncé le cesser le feu.

Mais les Américains insistèrent au contraire pour que l’on annonce d’abord un cessez-le-feu et seulement ensuite soit accomplie cette séparation entre terroristes et non terroristes. Finalement nous avons été à leur rencontre et nous avons accepté cela. Et c’est ainsi que le 12 septembre fut  annoncé le cessez-le-feu  et la cessation des activités militaires.  Mais le 16 septembre l’aviation américaine a bombardé les forces syriennes[ii] occasionnant la mort de 80 militaires syriens.

Au même moment, immédiatement après les bombardements, l’État islamique -et ici on parle bien de l’État islamique-, a entrepris une attaque terrestre sur la zone qui venait d’être bombardée. Nos collègues américains nous ont dit que ce bombardement était une erreur. Mais cette erreur a conduit à la mort de 80 personnes. C’est la première chose. Et la deuxième chose, c’est que c’est peut-être aussi par hasard que Daech est passé à l’offensive tout de suite après ces frappes.

Alors, simultanément, à un niveau inférieur, opérationnel, un des responsables militaires américains annonce très directement qu’ils avaient préparé pendant plusieurs jours cette attaque aérienne. Comment pouvaient-ils se tromper s’ils ont consacré plusieurs jours à la préparation?

Ainsi furent rompus nos accord sur un cesser le feu. Qui les a rompus ? Nous ? Non.

Question TF1: on parle du retour possible à la guerre froide mais il y a d’autre part un américain auquel vous plaisez, c’est Donald Trump. Comment le considérer vous? Est-ce qu’il vous plaît ?

Président Poutine: Écoutez, tout le monde nous plaît, l’Amérique est un grand pays, les Américains un grand peuple, intéressant, sympathique et talentueux. C’est une grande nation. Qui ils vont élire nous verrons, et c’est avec celui-ci ou celle-là que nous travaillerons. Bien sûr il est plus commode de travailler avec ceux qui souhaitent travailler avec nous.  Si Trump veut travailler avec la Russie alors on peut  seulement le saluer, mais il faut seulement que cette collaboration soit sincèrement équitable et mutuelle.

Mais, voyez-vous,  revenons au problème de Alep. Nous parlons de ce qu’il est indispensable de mener des convois humanitaires.  Tout le monde tente de nous convaincre de la nécessité de le faire.  Mais il ne faut pas nous convaincre, nous sommes du même avis, nous pensons qu’il est nécessaire d’organiser des convois humanitaires. Mais comment le faire ? Il n’y a qu’une seule route, par laquelle doit passer le convoi, d’un côté de la route il y a les combattants  rebelles et de l’autre il y a des régiments de l’armée arabe syrienne.  Nous avons connaissance des provocations et de tirs sur l’une de ces colonnes, et nous savons  par quel groupe terroriste ces tirs ont été provoqués.

Nous disons: Convenons d’évacuer les troupes rebelles d’un côté de la route, et l’armée régulière syrienne de l’autre côté de la route. Et nous libérons ainsi le passage et sécurisons cette route pour les convois humanitaires.

Tout le monde est d’accord avec nous et même plus, cela est consigné dans certains documents. Et puis, plus rien ne se passe, personne n’agit du côté de nos partenaires. Soit ils ne veulent pas retirer les troupes rebelles soit ils ne peuvent pas le faire, je ne le sais pas.

Ensuite arrive une proposition exotique. Je vais maintenant vous étonner, vous et vos téléspectateurs. Il nous a été proposé de placer nos forces armées -de l’armée russe- de part et d’autre de cette route. Et d’en assurer la sécurité. Nos militaires, qui sont des gens courageux et déterminés, sont venus me voir et m’ont dit : bien, on peut le faire nous sommes prêts.

J’ai dit non. Si nous le faisons, nous ferons avec les Américains, proposez-le leur. Nous avons proposé et les Américains ont immédiatement refusé : monter au front, ils ne veulent pas. Retirer les troupes rebelles, ils ne veulent pas non plus. Que fait-on dans cette situation ?

Nous devons simplement relever le niveau de confiance mutuelle et comprendre que ces menaces nous sont communes Et ce n’est qu’en travaillant ensemble que l’on peut écarter et éloigner ces menaces.

Avec les services français nous avons d’excellentes relations, nous travaillons concrètement en phase. Ainsi en est-il pour nos spécialistes de lutte antiterroriste avec les spécialistes tant français qu’européens. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Par exemple nous communiquons à nos partenaires américains une information. Très souvent elle reste sans aucune réaction. Il y a quelques temps nous avions envoyé une information sur les frères Tsarnaev[iii]. Le premier document a été envoyé, résultat zéro. Puis un second document a été envoyé et nous recevons en réponse « ce n’est pas votre affaire car ils sont déjà citoyens américains nous nous débrouillerons seuls». Résultat il y a eu un acte terroriste aux États-Unis.

N’est-ce pas un exemple de ce qu’en négligeant la coopération dans cette sphère extrêmement sensible nous subissons des pertes ? Il faut s’occuper non de rhétorique politique mais chercher des issues à cette situation qui s’est installée entre autres en Syrie. Quelle issue et quelle solution ? Il n’y en a qu’une : il faut convaincre toutes les parties impliquées dans ce conflit de suivre la voie de solutions politiques.

Ainsi nous avons convenu avec le président Assad, et il l’a accepté, de privilégier la solution d’une nouvelle constitution, puis de mener des élections sur la base de cette constitution. Mais on ne parvient à convaincre absolument personne de cette solution. Si le peuple ne vote pas pour le président Assad, cela veut dire que démocratiquement il y aura un changement de pouvoir, non par le recours à la force depuis l’extérieur, mais par un strict contrôle international et un contrôle de l’ONU. Je ne comprends pas que l’on ne puisse pas s’accommoder avec cette forme démocratique de résolution d’un problème de pouvoir. Mais nous ne perdons pas notre optimisme, et espérons que d’une manière ou d’une autre nous réussirons à convaincre tous nos collègues et partenaires que c’est l’unique moyen de résoudre les problèmes.

Traduction MufasaRéseau International

Source : http://www.kremlin.ru/events/president/news/53081

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[i] Le contexte de cette interview est un forum dans la petit ville de KOVROV, dans l’oblast de Vladimir.

[ii] Le bombardement des troupes syriennes par l’aviation US à Deir el Zor, suivit immédiatement d’un assaut de Daesh, EI et autres mercenaires. Assaut victorieux qui permet à ces derniers d’emporter une position très favorable dans l’est de la Syrie

[iii] Selon les autorités US ils seraient les auteurs de l’attentat de Boston.

Voir encore:

Double Standards for Aleppo and Gaza

Simon Plosker

Algemeiner

September 29, 2016

Make no mistake, the carnage taking place in Aleppo right now is a disgrace to the international community.

The Syrian government and Russian-backed forces are reportedly using chemical weapons, barrel bombs and increasingly powerful explosives to target innocent men, women and children. While rebel fighters have undoubtedly embedded themselves in the city in fortified positions, it appears that the civilian population is bearing the brunt of the conflict.

While there has been some condemnation from the UN, where are the protests on the streets of European capitals and where is the media frenzy about this disgrace?

Had Israel been involved, or had the IDF aimed one solitary munition at Aleppo, I think the response would be much different.

The international community’s condemnation of the Assad regime and Putin’s Russia is nothing compared to the vitriol leveled against Israel for its far more restrained (and completely justified) 2014 operation against Hamas in Gaza.

Unfortunately for the 250,000 residents of Aleppo, the city is not being attacked by the IDF. There are no leaflets being dropped warning civilians to evacuate areas in the line of fire. There is no “roof knocking” — where non-explosive devices are dropped on the roofs of targeted buildings to give civilians time to flee. And judging by the number of civilian casualties and the extent of the destruction in Syria, there is very little to no concern for the well-being of innocent civilians.

Aleppo is a testament to the double standards at play when it comes to the treatment of Israel’s military operations. There is, however, a caveat. The IDF should be held to higher standards than the militaries of both Syria and Russia.

And that is why The Sunday Times of London caught my eye recently. One story was headlined “Putin’s gigantic firebombs torch Aleppo.” Next to it was an article entitled, “RAF drone crew divert missile to save ‘civilian’ seconds from death.”

The dissonance between the two stories is striking. On one side, we have the alleged deployment by Russia of a weapon “capable of blasting a massive ball of flame across wide areas of Aleppo.” On the other, the release of a video by Britain’s Royal Air Force showing a drone missile aimed at ISIS terrorists being diverted at the last minute to avoid killing a civilian.

One side was indiscriminately firebombing, while the other was deliberately acting to prevent civilian casualties.

The RAF evidently felt that its tale was a positive story, which showed that its drone squadrons act both ethically and in accordance with international law. Why is this news? Israel released many videos from incidents where missiles targeting Hamas terrorists were diverted due to the presence of Palestinian civilians. So why then were Israel’s identical efforts not deemed newsworthy?

Granted, the Sunday Times is a British newspaper covering the British military, but the UK press has never been shy about devoting many column inches to Israel and the Palestinians.

Israeli efforts to minimize civilian casualties go unreported or even ignored by the press, and Israel instead finds itself regularly judged in the court of public opinion, which is led by a lazy or hostile media.

So Israel is subjected not only to a different standard than the deplorable militaries of Syria and Russia, but even to a different standard than other Western militaries.

If and when the Syrian conflict comes to an end, will anyone be held to account for what certainly appear, at face value, to be genuine war crimes? Will there be a UN investigation and a Goldstone-style report? Will the International Criminal Court issue indictments? Given Russian involvement and the lack of American global power projection, it is unlikely that anyone will be held to account.

The next time open conflict between Israel and Hamas breaks out, will the parameters of judgment have changed as a result of the carnage in Aleppo and other parts of Syria? Or will Israel continue to be held to a standard of behavior unlike any other military in the world?

The likelihood is that nothing will have changed when it comes to how Israel is treated, and we will be left to conclude that, ultimately, the world will be outraged by Israel defending itself and its citizens irrespective of how ethically it behaves.

Simon Plosker is Managing Editor of HonestReporting

Voir de plus:

Syrie : des horreurs commises par des groupes armés

Amnesty international

[04/07/2016]

Les groupes armés implantés à Alep, Idlib et dans les environs, dans le nord de la Syrie, se livrent à des séries d’enlèvements, de tortures et d’exécutions sommaires.

Depuis cinq ans, nous avons recensé en détail les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis à grande échelle par les forces gouvernementales syriennes. Nous avons également rendu compte des graves violations, y compris des crimes de guerre, imputables à l’EI et à d’autres groupes armés.

Si certains civils dans les zones contrôlées par les groupes armés de l’opposition ont pu au départ saluer le fait d’échapper au joug du régime syrien, l’espoir que ces groupes respecteraient les droits s’estompe au fur et à mesure qu’ils s’emparent des lois et commettent de graves violations.

Notre rapport Torture was my punishment: Abductions, torture and summary killings under armed group rule in Aleppo and Idleb, Syria, (anglais) offre un rare aperçu de ce qu’est la vie dans les zones contrôlées par les groupes armés d’opposition.

Les groupes armés en cause

Nous avons recensé les violences commises par cinq groupes armés qui contrôlent des régions des gouvernorats d’Alep et d’Idlib depuis 2012 :

  • Le mouvement Nour al Dine Zinki, du Front al Shamia et de la brigade 16, qui ont rejoint la coalition de groupes armés Conquête d’Alep (Fatah Halab) en 2015
  • Le Front al Nosra et le Mouvement islamique Ahrar al Sham à Idlib, qui ont rejoint la coalition de l’Armée de la conquête, en 2015

Le rapport apporte aussi un éclairage sur les institutions administratives et quasi-judiciaires mises en place par les groupes armés pour gouverner ces régions.

Une dure réalité pour les civils

Beaucoup des civils sous contrôle des groupes armés d’opposition à Alep, à Idlib et dans les environs vivent dans la peur constante d’être enlevés s’ils critiquent le comportement des groupes armés en place ou ne respectent pas les règles strictes imposées par certains.

À Alep et Idlib aujourd’hui, les groupes armés ont les coudées franches pour commettre des crimes de guerre et bafouer le droit international humanitiare en toute impunité.

Un système judiciaire « sur mesure »

Des groupes armés non étatiques comme le Front al Nosra, le Front al Shamia et le Mouvement islamique Ahrar al Sham définissent leurs propres « systèmes judiciaires » fondés sur la charia (loi islamique) dans les zones qu’ils contrôlent.
Ils mettent sur pied des bureaux chargés des poursuites, des forces de police et des centres de détention non officiels.
Ils nomment également des juges, dont certains ne connaissent pas la charia.

Mauvais traitements et crimes de guerre

Le Front al Nosra et le Mouvement islamique Ahrar al Sham notamment appliquent une interprétation stricte de la charia et imposent des sanctions équivalant à des actes de torture ou à des mauvais traitements pour des infractions présumées.
Certains groupes bénéficieraient du soutien des gouvernements du Qatar, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et des États-Unis notamment, alors que des éléments prouvent qu’ils violent le droit international humanitaire (les lois de la guerre).

Militants des droits humains, minorités et mineurs pris pour cibles

Nous avons recensé 24 cas d’enlèvements par des groupes armés dans les gouvernorats d’Alep et d’Idlib entre 2012 et 2016.

Parmi les victimes figurent des militants pacifiques et même des mineurs, ainsi que des membres de minorités pris pour cibles uniquement en raison de leur religion. Des membres de la minorité kurde à Sheikh Maqsoud, quartier à majorité kurde de la ville d’Alep, figurent parmi les personnes enlevées, ainsi que des prêtres chrétiens ciblés en raison de leur religion.

Plusieurs journalistes et militants utilisant les réseaux sociaux qui rendent compte des violations des droits humains ont déclaré à nos chercheurs avoir été enlevés parce qu’ils avaient critiqué le comportement des groupes armés au pouvoir.
Beaucoup ont ensuite été libérés, sous la pression exercée par la population sur le groupe armé qui les avait enlevés.

Issa, 24 ans, militant utilisant les médias, a déclaré qu’il avait cessé de publier sur Facebook toute information susceptible de lui faire courir des risques après avoir reçu des menaces du Front al Nosra :

Ils contrôlent ce que nous pouvons et ne pouvons pas dire. Soit vous êtes d’accord avec leurs règles sociales et leurs politiques, soit vous disparaissez. Au cours des deux dernières années, j’ai été menacé à trois reprises par le Front al Nosra pour avoir critiqué sur Facebook leur manière de diriger.»

Bassel, avocat installé à Idlib, a été enlevé chez lui, à Marat al Numan, en novembre 2015, pour avoir critiqué le Front al Nosra :

J’étais content d’être enfin libéré du joug inique du gouvernement syrien, mais c’est bien pire aujourd’hui. J’ai critiqué publiquement le Front al Nosra sur Facebook… Le lendemain matin, ils sont venus chez moi me kidnapper.»

Ses ravisseurs l’ont retenu captif dans une maison abandonnée pendant 10 jours, puis l’ont finalement libéré après l’avoir contraint à renoncer à sa profession, le menaçant de ne jamais revoir sa famille s’il n’obtempérait pas.

Exécutions sommaires

Les informations recueillies établissent que des exécutions sommaires sont imputables au Front al Nosra, au Front al Shamia et à leurs « tribunaux » affiliés, ainsi qu’au Conseil judiciaire suprême, entité dans le gouvernorat d’Alep reconnue par plusieurs groupes armés comme l’unique autorité judiciaire de la région.

Parmi les victimes figurent des civils, dont un adolescent de 17 ans accusé d’être homosexuel et une femme accusée d’adultère, ainsi que des soldats capturés des forces gouvernementales syriennes, des membres des milices chabiha pro-gouvernementales, du groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI) et d’autres groupes rivaux.

Dans certains cas, les groupes armés ont procédé à des exécutions sommaires en place publique. Or, le droit international humanitaire interdit l’homicide délibéré de prisonniers, acte qui constitue un crime de guerre.

Lire aussi : Syrie: le gouvernement bombarde et affame ses citoyens« Saleh », capturé par le Front al Nosra en décembre 2014, a déclaré avoir vu cinq femmes qui, selon un gardien, étaient accusées d’adultère et ne seraient pardonnées « que dans la mort ». Par la suite, il a vu une vidéo montrant des combattants du Front al Nosra tuer l’une de ces femmes, en place publique, dans le cadre de ce qui s’apparentait à une exécution.

Faire pression sur les groupes armés


Les États-Unis, la France, le Qatar, la Turquie et l’Arabie saoudite
font partie des États membres du Groupe international de soutien à la Syrie, et participent à ce titre aux négociations sur la Syrie.
Ils doivent :
– faire pression sur les groupes armés pour qu’ils mettent fin aux violations et pour qu’ils respectent les lois de la guerre ;
– cesser tout transfert d’armes ou de soutien aux groupes qui se livrent à des crimes de guerre et à des violations flagrantes des droits fondamentaux.

La Russie et les États-Unis, ainsi que l’envoyé spécial des Nations unies en Syrie, doivent mettre l’accent, durant les pourparlers de paix de Genève, sur les détentions imputables aux forces gouvernementales et sur les enlèvements imputables aux groupes armés.

De son côté, le Conseil de sécurité de l’ONU doit imposer des sanctions ciblées aux dirigeants des groupes armés qui se livrent à des crimes de guerre.

Voir enfin:

Heckuva Job

What Erdogan’s Pivot to Putin Means


Gaza: Ne jamais rappeler son imbécilité à un imbécile (Lesson in cartooning: Israeli Foreign Ministry pulls cartoon that angered foreign press)

24 juin, 2015
La guerre des drones, privilégiée par le président des Etats-Unis, Barack Obama, pour éviter le déploiement au sol de troupes américaines dans la lutte contre des organisations terroristes, a-t-elle atteint ses limites ? Paradoxale en apparence au lendemain de l’élimination d’un haut responsable yéménite d’Al-Qaida pour la péninsule Arabique, Nasser Al-Wahishi, cette interrogation est étayée par la publication d’un article du New York Times, mercredi 17 juin, confirmant une information du site Defense One, le 18 mai, selon laquelle l’armée de l’air américaine aurait commencé à réduire le nombre quotidien de sorties de ces aéronefs sans personne à bord. Ce nombre serait passé progressivement de 65 à 60 en raison d’un « burn-out » des pilotes de drones, sous l’effet de l’augmentation constante des demandes et de la baisse continue des effectifs.(…) Une nouvelle enquête interne non publiée ferait apparaître l’importance du stress lié à la crainte des dommages collatéraux des frappes alors que, selon le responsable de la base, la juxtaposition des tâches de la vie quotidienne et des missions de combat produit déjà de nouvelles formes de tensions psychologiques. L’épuisement des équipes chargées de ces missions s’ajoute aux interrogations sur leur portée. S’exprimant, début juin, au cours d’une conférence à Washington, un ancien responsable de la CIA estimait que le recours massif aux drones permettait « au mieux de tondre la pelouse », c’est-à-dire décapiter régulièrement les organisations visées sans les désorganiser durablement. Si la légalité de ces assassinats extrajudiciaires ne fait plus l’objet de véritables débats depuis longtemps, c’est donc bien leur efficacité qui pose question même si la Maison Blanche met régulièrement en avant la menace permanente que constituent les drones pour les responsables de groupes terroristes, notamment au Yémen. Le Monde
What had seemed to be a benefit of the job, the novel way that the crews could fly Predator and Reaper drones via satellite links while living safely in the United States with their families, has created new types of stresses as they constantly shift back and forth between war and family activities and become, in effect, perpetually deployed. “Having our folks make that mental shift every day, driving into the gate and thinking, ‘All right, I’ve got my war face on, and I’m going to the fight,’ and then driving out of the gate and stopping at Walmart to pick up a carton of milk or going to the soccer game on the way home — and the fact that you can’t talk about most of what you do at home — all those stressors together are what is putting pressure on the family, putting pressure on the airman,” Colonel Cluff said. While most of the pilots and camera operators feel comfortable killing insurgents who are threatening American troops, interviews with about 100 pilots and sensor operators for an internal study that has not yet been released, he added, found that the fear of occasionally causing civilian casualties was another major cause of stress, even more than seeing the gory aftermath of the missile strikes in general. A Defense Department study in 2013, the first of its kind, found that drone pilots had experienced mental health problems like depression, anxiety and post-traumatic stress disorder at the same rate as pilots of manned aircraft who were deployed to Iraq or Afghanistan. Trevor Tasin, a pilot who retired as a major in 2014 after flying Predator drones and training new pilots, called the work “brutal, 24 hours a day, 365 days a year.” The exodus from the drone program might be caused in part by the lure of the private sector, Mr. Tasin said, noting that military drone operators can earn four times their salary working for private defense contractors. In January, in an attempt to retain drone operators, the Air Force doubled incentive pay to $18,000 per year. (…) The colonel said the stress on the operators belied a complaint by some critics that flying drones was like playing a video game or that pressing the missile fire button 7,000 miles from the battlefield made it psychologically easier for them to kill. He also said that the retention difficulties underscore that while the planes themselves are unmanned, they need hundreds of pilots, sensor operators, intelligence analysts and launch and recovery specialists in foreign countries to operate. Some of the crews still fly their missions in air-conditioned trailers here, while other cockpit setups have been created in new mission center buildings. The NYT
Les groupes armés palestiniens doivent mettre fin à l’ensemble des attaques directes visant les civils et des attaques menées sans discrimination. Ils doivent aussi prendre toutes les précautions possibles afin de protéger les civils de la bande de Gaza des conséquences de ces attaques. Cela suppose d’adopter toutes les mesures qui s’imposent pour éviter de placer combattants et armes dans des zones densément peuplées ou à proximité. (…) Les éléments selon lesquels il est possible qu’une roquette tirée par un groupe armé palestinien ait causé 13 morts civiles dans la bande de Gaza soulignent à quel point ces armes sont non discriminantes et les terribles conséquences de leur utilisation. (…) L’impact dévastateur des attaques israéliennes sur les civils palestiniens durant ce conflit est indéniable, mais les violations commises par un camp dans un conflit ne peuvent jamais justifier les violations perpétrées par leurs adversaires. (…) La communauté internationale doit aider à prévenir de nouvelles violations en luttant contre la banalisation de l’impunité, et en cessant de livrer aux groupes armés palestiniens et à Israël les armes et équipements militaires susceptibles d’être utilisés pour commettre de graves violations du droit international humanitaire. Philip Luther
Amnesty International demande à tous les États de soutenir la Commission d’enquête des Nations unies et la compétence de la Cour pénale internationale concernant les crimes commis par toutes les parties au conflit. Amnesty international
Des groupes armés palestiniens ont fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de civils, en lançant de nombreuses attaques aveugles à l’aide de roquettes et de mortiers en direction de zones civiles en Israël durant le conflit de juillet-août 2014, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public jeudi 26 mars. Ce document, intitulé Unlawful and deadly: Rocket and mortar attacks by Palestinian armed groups during the 2014 Gaza/Israel conflict (…), fournit des éléments tendant à prouver que plusieurs attaques lancées depuis la bande de Gaza constituaient des crimes de guerre. Six civils, dont un petit garçon de quatre ans, ont été tués en Israël dans le cadre d’attaques de ce type, au cours de ce conflit ayant duré 50 jours. Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile tiré depuis la bande de Gaza s’est écrasé dans le camp de réfugiés d’al Shati. (…) Toutes les roquettes utilisées par les groupes armés palestiniens sont des projectiles non guidés, avec lesquels on ne peut pas viser avec précision de cible spécifique et qui sont non discriminantes par nature ; recourir à ces armes est interdit par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre. Les mortiers sont eux aussi des munitions imprécises et ne doivent jamais être utilisés pour attaquer des cibles militaires situées dans des zones civiles ou à proximité. (…) Selon les données des Nations unies, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers ont été tirés depuis Gaza vers Israël au cours de ce conflit. Sur ces milliers de roquettes et mortiers, environ 224 auraient atteint des zones résidentielles israéliennes, tandis que le Dôme de fer, le système de défense anti-missile israélien, en a intercepté de nombreux autres. (…) Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien durant ce conflit, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile a explosé à côté d’un supermarché, dans le camp – surpeuplé – de réfugiés d’al Shati (bande de Gaza) le 28 juillet 2014, premier jour de l’Aïd al Fitr. Les enfants jouaient dans la rue et achetaient des chips et des boissons sucrées au supermarché au moment de l’attaque. Si les Palestiniens ont affirmé que l’armée israélienne était responsable de cette attaque, un expert indépendant, spécialiste des munitions, ayant examiné les éléments de preuve disponibles pour le compte d’Amnesty International, a conclu que le projectile utilisé dans le cadre de cette attaque était une roquette palestinienne. (…) Mahmoud Abu Shaqfa et son fils Khaled, âgé de cinq ans, ont été gravement blessés lors de cette attaque. Muhammad, son fils de huit ans, a été tué. (…) Il n’y pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte en place pour protéger les civils dans la bande de Gaza. Le rapport décrit en détail d’autres atteintes au droit international humanitaire commises par des groupes armés palestiniens durant le conflit, comme le fait de stocker des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, ainsi que des cas dans lesquels des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques ou stocké des munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés. Amnesty international
Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués. (…) Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press. (…) Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza. Association de la presse étrangère en Israël et dans les territoires palestiniens
Le porte-parole des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a défendu le film en expliquant qu’il tournait en dérision le fait que la presse étrangère n’avait selon lui rapporté que plusieurs semaines après la fin de la guerre les méfaits du Hamas, comme les tirs de roquettes depuis des zones résidentielles et l’utilisation, « de façon criante et répétée », de civils comme boucliers humains. Le Point

Attention: une bêtise peut en cacher une autre !

Au lendemain de la publication d’un énième rapport de l’ONU dénonçant comme d’habitude les prétendus crimes de guerre de l’Armée israélienne lors de la guerre de Gaza de l’été dernier …

Et le retrait, suite aux moqueries et protestations de la presse étrangère, d’un petit film d’animation du ministère israélien des Affaires étrangères moquant un peu trop gentiment l’incroyable myopie et partialité de leur couverture de ladite guerre …

Pendant qu’à la tête du Monde libre et jusqu’à épuiser ses pilotes, le plus rapide prix Nobel de l’histoire mutliplie tranquillement, entre deux parties de golf et deux bavures, les éliminations ciblées

Petite leçon avec le caricaturiste israélo-américain Yaakov Kirschen …

Montrant que bien choisir sa cible et son objectif ne suffit pas toujours …

Et surtout, comme le rappellent tant la Bible que le Talmoud, qu’il ne faut jamais rappeler à un imbécile sa propre imbécilité !

A Lesson in Cartooning

Basic principles of successful activist cartooning
1. Target: Pick your « Target » audience.
2. Goal: Your goal should be a way to change, if only for a moment, the beliefs of your « Target » by cleverly slipping under their « defensive radar »
3. The Secret Sentence: The sentence that your cartoon will cause your « Target » to involuntarily say in his/her head (thus reaching your goal).

How the Foreign Ministry Cartoon Fails
1. Target: The « Target » is the foreign press (as revealed by the punchline « open your eyes »)
2. Goal: To change the beliefs of foreign reporters by cleverly slipping under their « defensive radar »???
3. The Secret Sentence: The sentence created in the mind of the foreign journalist is « the Israeli Foreign Ministry says I’m Stupid and Blind! »

* * *
I assume that readers would want to see an example of how the topic is taught in the Academy:

The analysis:
1. Target: The foreign press
2. Goal: Use humor to change reporters’ beliefs that their reports are believed
3. The Secret Sentence: The sentence created in the mind of the foreign journalist is « The public doesn’t believe us anymore »

Voir aussi:

PROCHE-ORIENT Le dessin animé indigne l’association représentant la presse étrangère en Israël 

VIDEO. Gaza: Les journalistes étrangers cibles d’un film de la diplomatie israélienne

20 Minutes avec AFP

16.06.2015

L’association représentant la presse étrangère en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés s’est alarmée d’une animation produite par les Affaires étrangères israéliennes et ridiculisant la couverture par les journalistes internationaux de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014.

Le dessin animé, en anglais, de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère des Affaires étrangères met en scène un journaliste en direct, que ses commentaires naïfs tournent en ridicule. Il explique comment les Gazaouis «tentent de vivre des vies tranquilles» alors qu’un homme armé lance une roquette derrière lui.

Retrouvez la vidéo intégrale en cliquant ici.«Un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués»

Il rapporte que Gaza est en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entrent dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien. Il affirme qu’il n’y a «pas de doute que la société palestinienne ici est libérale et pluraliste», alors qu’en arrière-plan un homme armé et encagoulé kidnappe un vendeur de rue dont le stand est décoré du drapeau homosexuel.

Le film se conclut sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots «Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza», s’inscrivent à l’écran. L’animation coïncide avec la campagne engagée par le gouvernement pour défendre les agissements de l’armée israélienne lors de la guerre de l’été 2014, en prévision de la prochaine publication d’un rapport onusien dont Israël s’attend à ce qu’il lui soit très défavorable.

L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents, s’est dite «surprise» et «alarmée». «Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués», dit la FPA dans un communiqué.

17 journalistes sont morts en couvrant le conflit

Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press. «Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza», dit-elle.

Le porte-parole des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a défendu le film en expliquant qu’il tournait en dérision le fait que la presse étrangère n’avait selon lui rapporté que plusieurs semaines après la fin de la guerre les méfaits du Hamas, comme les tirs de roquettes depuis des zones résidentielles et l’utilisation, «de façon criante et répétée», de civils comme boucliers humains.

Israël présente sa version de la guerre à Gaza
Cyrille Louis
Le Figaro

17/06/2015

VIDÉO – L’État hébreu vient de publier un rapport qui rejette sur le Hamas la responsabilité des immenses destructions perpétrées l’été dernier lors de l’Opération bordure protectrice.
Correspondant à Jérusalem

Un rapport et un dessin animé. En l’espace de quarante-huit heures, les autorités israéliennes ont dévoilé leurs moyens de défense face aux accusations qui s’accumulent à l’horizon. La commission des droits de l’homme de l’ONU, chargée d’enquêter sur le déroulement de l’Opération bordure protectrice, en juillet-août 2014 dans la bande de Gaza, doit publier sous peu ses conclusions. Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, qui prête à cette instance un fort biais anti-israélien, a préféré tirer le premier. Sans surprise, il rejette sur le Hamas la responsabilité du déclenchement de la guerre ainsi que de son lourd bilan matériel et humain, non sans accuser au passage la presse internationale d’avoir dissimulé les exactions perpétrées par les factions palestiniennes.

Pièce maîtresse de ce système de défense, le rapport de 277 pages publié par le ministère israélien des Affaires étrangères revient tout d’abord sur le contexte dans lequel a éclaté ce nouvel épisode de violence. Un conflit armé, rappellent les auteurs, oppose depuis plus d’une décennie l’État hébreu aux groupes armés implantés dans la bande de Gaza. Plus de 1265 Israéliens ont été tués par des attaques du Hamas depuis l’an 2000 tandis que 15.200 roquettes ont été tirées depuis le territoire palestinien, y compris après le désengagement décidé en 2005 par Ariel Sharon.

« Je salue la publication de ce rapport, qui présente le vrai visage de l’opération Bordure protectrice »

Benyamin Nétanyahou, premier ministre israélien
Le 7 juillet 2014, l’armée israélienne a décidé de lancer une opération aérienne afin de faire cesser les tirs de projectiles qui, depuis l’arrestation récente de dizaines de cadres du Hamas en Cisjordanie, étaient en nette recrudescence. Plus de 4500 projectiles ont été tirés durant le conflit, rappellent les auteurs du rapport, si bien que 10.000 Israéliens ont été contraints de fuir la zone frontalière. Dix jours après le début des hostilités, Tsahal décidait de conduire une opération terrestre «limitée» dans l’enclave, afin de détruire les 32 tunnels offensifs percés par le mouvement islamiste pour conduire des infiltrations en territoire israélien. Cette confrontation, qui a duré 51 jours au total, s’est soldée par la mort d’environ 2200 palestiniens, ainsi que de 67 soldats israéliens et de six civils résidant près de la frontière.

Fidèles à l’argumentaire employé par Tsahal durant le conflit, les auteurs du rapport accusent le Hamas non seulement d’avoir visé de manière indiscriminée des civils israéliens, mais aussi d’avoir délibérément mis en danger la population palestinienne en dissimulant ses lance-roquettes et ses combattants au cœur de zones densément peuplées. 18.000 habitations ont été détruites par les bombardements israéliens, selon le décompte de l’ONU. «L’armée israélienne, plaident les rapporteurs, a été confrontée à des combattants déguisés en civils ou en soldats israéliens, à des habitations converties en postes de commandement militaire, à des immeubles de plusieurs étages employés comme points de surveillance, à des minarets utilisés par des snipers, à des écoles transformées en entrepôts d’armes, à des structures civiles piégées au moyen d’explosifs et à des ouvertures de tunnels situés au beau milieu de quartiers d’habitations.»

Les auteurs, qui accusent les factions palestiniennes d’avoir exploité avec cynisme l’émotion suscitée par les nombreuses victimes, citent des manuels du Hamas découverts par l’armée israélienne. Ces documents «démontrent que la stratégie était d’importer les hostilités en milieu urbain, et d’utiliser les zones bâties et la présence de population civile pour en tirer un avantage tactique et politique», précisent-ils, avant d’affirmer: «C’est dans ce contexte que les dommages infligés à la population et aux infrastructures civiles doivent être évalués».

S’appuyant sur les analyses conduites par l’armée israélienne, le rapport affirme que 44 % des tués palestiniens étaient des combattants affiliés au Hamas, au djihad islamique ou à d’autres factions. Cette estimation contredit de façon spectaculaire celle avancée par l’ONU, selon laquelle plus de 75 % des victimes étaient des civils non engagés dans les combats. «Je salue la publication de ce rapport, qui présente le vrai visage de l’opération Bordure protectrice, a déclaré Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien. Ce document prouve de manière incontestable que les opérations conduites par l’armée israélienne étaient conformes au droit international.»

Les autorités israéliennes, qui attendent avec une certaine inquiétude le rapport de la commission des droits de l’homme de l’ONU, estiment avoir allumé un efficace contre-feu. Elles espèrent par ailleurs couper l’herbe sous le pied de la Cour pénale internationale, qui s’interroge sur l’opportunité d’ouvrir une enquête sur d’éventuels crimes de guerre commis l’été dernier à Gaza.

« Il est déconcertant de constater que le ministère des Affaires étrangères perd son temps à produire une vidéo qui vise à ridiculiser le travail des journalistes en temps de guerre »

L’Association de la presse étrangère à Jérusalem
Pour faire bonne mesure, le ministère des Affaires étrangères a mis en ligne un dessin animé qui vise manifestement à discréditer la couverture du conflit par la presse internationale. Ce document d’une quarantaine de secondes met en scène un reporter de télévision présenté comme un doux imbécile, qui refuse de voir les exactions perpétrées par le Hamas. En l’absence de journalistes israéliens, qui ont interdiction d’entrer dans la bande de Gaza, le travail des journalistes étrangers durant le conflit a été régulièrement critiqué par les autorités israéliennes.

Ceux-ci se sont notamment vus reprocher de ne pas avoir diffusé d’images montrant les sites de lancements de roquettes ou les combattants du Hamas en milieu urbain. Mais des témoignages de militaires israéliens publiés par l’ONG Breaking the silence ont depuis lors confirmé que ceux-ci opéraient très largement à l’abri des regards. «Il est déconcertant de constater que le ministère des Affaires étrangères perd son temps à produire une vidéo qui vise à ridiculiser le travail des journalistes en temps de guerre», a regretté l’Association de la presse étrangère à Jérusalem.

Voir aussi:

Gaza : Israël retire un dessin animé qui ridiculisait la presse étrangère
la Presse

21/06/2015

Le ministère israélien des Affaires étrangères a retiré de son site internet une animation qui avait ému la presse étrangère, tournée en dérision dans la vidéo, a-t-il indiqué dimanche. « L’objet de cette vidéo était d’illustrer les crimes du Hamas » au pouvoir dans la bande de Gaza, a dit le porte-parole des Affaires étrangères, « nous l’avons retirée quand cela a prêté à malentendus ». Le dessin animé en anglais de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère ridiculisait la couverture de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014 par les journalistes étrangers. Un journaliste en direct expliquait comment les Gazaouis « tentent de vivre des vies tranquilles » alors qu’un homme lance une roquette derrière lui. Il rapportait que Gaza était en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entraient dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien. Le film se concluait sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots « Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza » ne s’inscrivent à l’écran. L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents en Israël et dans les Territoires palestiniens, avait exprimé son émotion devant cette vidéo.
Par : AFP

Voir également:

Israël retire une vidéo qui ridiculisait la presse étrangère
Le dessin animé tournait en dérision la couverture dans la bande de Gaza de l’opération Bordure protectrice

i24news avec AFP

Le ministère israélien des Affaires étrangères a retiré de son site internet une animation qui avait ému la presse étrangère, tournée en dérision dans la vidéo, a-t-il indiqué dimanche.

« L’objet de cette vidéo était d’illustrer les crimes du Hamas » au pouvoir dans la bande de Gaza, a dit le porte-parole des Affaires étrangères, « nous l’avons retirée quand cela a prêté à malentendus ».

Le dessin animé en anglais de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère ridiculisait la couverture de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014 par les journalistes étrangers.

Un journaliste en direct expliquait comment les Gazaouis « tentent de vivre des vies tranquilles » alors qu’un homme lance une roquette derrière lui. Il rapportait que Gaza était en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entraient dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien.

Le film se concluait sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots « Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza » ne s’inscrivent à l’écran.

L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents en Israël et dans les Territoires palestiniens, avait exprimé son émotion devant cette vidéo.

« Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués », a annoncé la FPA dans un communiqué.

« Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press ». a-t-elle souligné.

« Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza », pouvait-on encore lire dans le communiqué.

 Voir encore:

Gaza : les journalistes étrangers cibles d’un film de la diplomatie israélienne

Le Point

17/06/2015

VIDÉO. Un dessin animé dénonce l’extrême naïveté supposée de la couverture médiatique de la guerre, à l’été 2014, par les journalistes étrangers.

La diffusion du film intervient peu avant la publication d’un rapport de l’Onu attendu comme très défavorable à Israël.

L’association représentant la presse étrangère en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés s’est alarmée d’une animation produite par les Affaires étrangères israéliennes et ridiculisant la couverture par les journalistes internationaux de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014. Le dessin animé, en anglais, de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère des Affaires étrangères, met en scène un journaliste en direct, que ses commentaires naïfs tournent en ridicule.

Il explique comment les Gazaouis « tentent de vivre des vies tranquilles » alors qu’un homme armé lance une roquette derrière lui. Il rapporte que Gaza est en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entrent dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien. Il affirme qu’il n’y a « pas de doute que la société palestinienne ici est libérale et pluraliste », alors qu’en arrière-plan un homme armé et encagoulé kidnappe un vendeur de rues dont le stand est décoré du drapeau homosexuel. Le film se conclut sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots « Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza », s’inscrivent à l’écran.

17 journalistes morts

L’animation coïncide avec la campagne engagée par le gouvernement pour défendre les agissements de l’armée israélienne lors de la guerre de l’été 2014, en prévision de la prochaine publication d’un rapport onusien dont Israël s’attend à ce qu’il lui soit très défavorable.

L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents, s’est dite « surprise » et « alarmée ». « Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2 100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués », dit la FPA dans un communiqué. Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press. « Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza », dit-elle. Le porte-parole des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a défendu le film en expliquant qu’il tournait en dérision le fait que la presse étrangère n’avait selon lui rapporté que plusieurs semaines après la fin de la guerre les méfaits du Hamas, comme les tirs de roquettes depuis des zones résidentielles et l’utilisation, « de façon criante et répétée », de civils comme boucliers humains.

Voir encore:

Guerre à Gaza : la commission d’enquête de l’ONU accuse Israël et le Hamas
Cyrille Louis
Le Figaro

22/06/2015

Un rapport dénonce les exactions commises par l’armée israélienne et l’organisation palestinienne lors de l’Operation bordure protectrice à Gaza en 2014.
Correspondant à Jérusalem

La commission indépendante chargée par l’ONU d’enquêter sur le déroulement de l’Opération bordure protectrice, du 7 juillet au 26 août 2014 dans la bande de Gaza, indique avoir recueilli «des informations substantielles mettant en évidence de possibles crimes de guerre commis à la fois par Israël et par les groupes armés palestiniens». «L’étendue des dévastations et de la souffrance humaine provoquées à Gaza est sans précédent», a dénoncé lundi Mary McGowan Davis, la présidente de cette commission, au moment de publier son rapport. Ce document de 183 pages sera débattu le 29 juin devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

«L’étendue de dévastations et de la souffrance humaine provoquées à Gaza est sans précédent»

Les auteurs de l’enquête, qui n’ont été autorisés à se rendre ni à Gaza, ni en Israël, ni dans les territoires palestiniens occupés, ont néanmoins pu interroger plus de 280 victimes et témoins de cette guerre. Ils ont également exploité quelque 500 dépositions livrées par écrit. Le ministère israélien des Affaires étrangères a d’emblée rejeté leur rapport, jugeant qu’«il a été commandé par une institution notoirement partiale». «Il est regrettable que ce document ne tienne pas compte de la différence profonde entre le comportement moral d’Israël durant l’opération Bordure protectrice, et celui des organisations terroristes auquel nous avons été confrontées», dénonce un communiqué officiel du gouvernement.

Les auteurs du rapport d’enquête rappellent que les factions armées palestiniennes ont tiré de manière indiscriminée 4881 roquettes et 1753 obus de mortier en direction d’Israël durant les 51 jours de guerre, terrorisant la population, tuant six civils et en blessant plus de 1600. Ils dénoncent aussi l’utilisation de 14 tunnels offensifs creusés pour permettre des incursions militaires sur le sol israélien. «La présence de ces infrastructures a traumatisé les civils israéliens, qui ont eu peur de pouvoir être attaqués à tout moment par des hommes armés venus du sous-sol», précisent-ils.

Mais c’est incontestablement à l’armée et aux dirigeants israéliens que la commission d’enquête réserve ses flèches les plus acérées. Elle condamne notamment l’«usage intensif d’armes conçues pour tuer et blesser sur un large périmètre». «Bien qu’elles ne soient pas illégales, leur utilisation dans des zones densément peuplées a rendu hautement probable la mort indiscriminée de civils et de combattants», écrivent les auteurs. Ils soulignent que 142 familles ont perdu au moins trois de leurs membres dans ce type de frappes. Au total, la commission affirme que 1462 civils Palestiniens, dont 551 enfants, ont trouvé la mort durant ce conflit.

«Israël ne commet pas de crimes de guerre»

S’il ne lui appartient pas de caractériser d’éventuelles infractions au droit international, la commission d’enquête dénonce le manque d’empressement de l’Etat hébreu à sanctionner ces «violations». «Israël doit rompre avec son incapacité lamentable à poursuivre les auteurs d’infractions», insiste Mary McGowan Davis, qui dénonce un climat d’«impunité». «Nous avons été très déçus d’apprendre que l’enquête criminelle ouverte après la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014, avait été classée sans suite», a-t-elle notamment dénoncé, regrettant que les nombreux journalistes présents ce jour-là n’aient pas été interrogés par l’armée israélienne.

Sans surprise, les dirigeants israéliens ont repoussé ces accusations. «Israël ne commet pas de crimes de guerre», a déclaré lundi Benyamin Nétanyahou, qui a récemment invité les Israéliens à ne pas «perdre de temps» à lire ce rapport de l’ONU. Le premier ministre a mis en doute l’honnêteté de la commission d’enquête dès sa constitution, en septembre 2014. Son gouvernement a notamment pris pour cible et obtenu la démission de son président. William Schabas, un professeur de droit canadien, a été vilipendé pour d’anciennes prises de position anti-israéliennes. Les diplomates israéliens ont depuis lors continué de faire référence à la «commission Schabas», espérant ainsi discréditer un rapport dont ils redoutaient depuis plusieurs mois les conclusions.

Voir de plus:

Washington demande à l’ONU d’ignorer le rapport « partial » de la guerre de Gaza
Le porte-parole du Département d’Etat affirme qu’il n’est pas nécessaire que le Conseil de Sécurité débatte de ce rapport
Times of Israel Staff

24 juin 2015

Le rapport de l’ONU émis à propos des possibles crimes de guerre pendant le conflit de Gaza l’été dernier ne doit pas être présenté au Conseil de sécurité ou utilisé dans d’autres travaux des Nations unies, ont exhorté les Etats-Unis mardi contestant l’équité du Conseil des droits de l’Homme (CDH) à l’origine de l’enquête.

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Le porte-parole du département d’Etat, John Kirby, a déclaré que Washington considérait le CDH comme ayant un « parti pris évident » contre Israël, ce qui ternis le rapport publié lundi, qui a accusé Israël et les membres des groupes armés palestiniens de possibles crimes de guerre lors du conflit de 50 jours l’été dernier.

« [N] ous contestons le fondement même sur lequel ce rapport a été rédigé, et nous ne croyons pas qu’il y ait un appel ou une nécessité pour tout autre travail du Conseil de sécurité sur cette

», a déclaré Kirby lors d’une conférence de presse.

« [N] ous rejetons le fondement en vertu duquel cette commission particulière d’enquête a été établie en raison de sa partialité très nette contre Israël ».

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) devrait discuter du rapport le 29 juin et pourrait voter de l’envoyer au Conseil de sécurité qu’il poursuive l’action. Lundi, Kirby a déclaré que les Etats-Unis ne feraient pas partie de ce processus.

Lorsqu’on lui a demandé si le rapport devait être déférée à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye pour qu’elle d’enquête sur les deux parties pour crimes de guerre, Kirby a simplement répondu que les Etats-Unis ne « souten[aient] aucun autre travail de l’ONU sur ce rapport ».

La CPI a été créée par les Nations unies, mais pas directement sous son égide.

Kirby a également précisé que les États-Unis continuaient à évoquer avec Israël ses préoccupations sur la conduite de l’armée pendant la guerre de l’été dernier.

« Nous nous sommes montrés très clairs sur les problèmes que nous avions à l’époque avec l’usage de la force et nous nous sommes montrés très clairs auprès du gouvernement israélien sur nos préoccupations au sujet de ce qui se passait pendant ce conflit », a-t-il souligné.

« Nous avons un dialogue permanent avec le gouvernement d’Israël sur toutes ces sortes de choses ; le dialogue a continué et continue ».

Lundi, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a déclaré que l’administration étudiait le rapport.

Même si Israël a un « droit à l’auto-défense », les Etats-Unis « ont exprimé sa profonde préoccupation au sujet des civils dans la bande de Gaza qui étaient en danger [pendant la guerre].

« Et nous avons exhorté toutes les parties à faire tout leur possible pour protéger les civils innocents qui ont été essentiellement pris dans les échanges de tirs de ce conflit », a déclaré Earnest. « Nous attendons d’autres conclusions du gouvernement israélien sur cette question en particulier ».

Le rapport de l’ONU, qui a constaté que les frappes aériennes israéliennes sur les bâtiments résidentiels ont causé de nombreux morts parmi les civils et les a suggéré que les dirigeants israéliens les ont sciemment mis en danger, a été fermement rejeté par les responsables israéliens.

L’une des premières réponses au rapport étaient celle du ministère des Affaires étrangères qui a déclaré que le gouvernement israélien était en train d’examiner les conclusions, mais a rejeté le mandat « moralement vicié » donné à l’UNHRC pour enquêter sur la guerre.

« Il est regrettable que le rapport ne parvienne pas à reconnaître la profonde différence entre le comportement moral d’Israël lors de l’opération Bordure protectrice et les organisations terroristes auxquelles il s’est confronté », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Ce rapport a été commandé par une institution notoirement partiale, qui a donné un mandat évidemment partial, et a initialement été dirigé par un président grossièrement biaisé, William Schabas », a indiqué le communiqué, notant le traitement démesuré du CDH – par rapport aux principaux pays violant les droits de l’Homme comme l’Iran, la Corée du Nord et d’autres – des infractions alléguées d’Israël.

« Israël est une démocratie attachée à la primauté du droit, forcé de se défendre contre les terroristes palestiniens qui commettent un double crime de guerre : ils ciblent aveuglément des civils israéliens tout en mettant en danger de manière délibérée des civils palestiniens, dont des enfants, en les utilisant comme des boucliers humains », a conclu le communiqué israélien.

Le rapport a également constaté que des roquettes des « groupes armés palestiniens » avaient tiré aveuglément sur des civils israéliens, une constatation qui a été rejetée par le groupe terroriste du Hamas qui est de facto au pouvoir à Gaza.

Les responsables israéliens ont refusé de coopérer avec la commission d’enquête et l’ont rejetée depuis la formation du panel car ils l’ont considérée comme étant partiale et écrite à l’avance.

Schabas, le professeur juif canadien qui a d’abord dirigé la commission d’enquête du HRC, a démissionné en février en raison des accusations de partialité de la part d’Israël qui pesaient contre lui et a été remplacé par l’ancienne juge de New York Mary McGowan Davis.

AFP et Mitch Ginsburg ont contribué à cet article.

Voir par ailleurs:

Le « burn-out » des pilotes de drone de l’armée américaine
Gilles Paris (Washington, correspondant)

Le Monde

17.06.2015

La guerre des drones, privilégiée par le président des Etats-Unis, Barack Obama, pour éviter le déploiement au sol de troupes américaines dans la lutte contre des organisations terroristes, a-t-elle atteint ses limites ? Paradoxale en apparence au lendemain de l’élimination d’un haut responsable yéménite d’Al-Qaida pour la péninsule Arabique, Nasser Al-Wahishi, cette interrogation est étayée par la publication d’un article du New York Times, mercredi 17 juin, confirmant une information du site Defense One, le 18 mai, selon laquelle l’armée de l’air américaine aurait commencé à réduire le nombre quotidien de sorties de ces aéronefs sans personne à bord.

Ce nombre serait passé progressivement de 65 à 60 en raison d’un « burn-out » des pilotes de drones, sous l’effet de l’augmentation constante des demandes et de la baisse continue des effectifs. Le responsable de la base de Creech, dans le Nevada, où sont conduites les missions à distance, le colonel James Cluff, avait expliqué en mai que cette réduction visait à maintenir le groupe constitué par ces pilotes « en bon état ». Le nombre de missions (« Combat Air Patrol ») a quasiment doublé entre 2008 et 2014. Selon les chiffres donnés par le quotidien new-yorkais, les Predator et Reaper ont effectué 3 300 sorties et tiré 875 missiles depuis le mois d’août.

Alors que la base de Creech est visée régulièrement par des manifestations pacifistes, le New York Times rappelle qu’un rapport du Pentagone, en 2013, avait montré que les pilotes de drones subissaient les mêmes pressions psychologiques que les pilotes d’avions de guerre.

Stress lié à la crainte des dommages collatéraux

Une nouvelle enquête interne non publiée ferait apparaître l’importance du stress lié à la crainte des dommages collatéraux des frappes alors que, selon le responsable de la base, la juxtaposition des tâches de la vie quotidienne et des missions de combat produit déjà de nouvelles formes de tensions psychologiques.

L’épuisement des équipes chargées de ces missions s’ajoute aux interrogations sur leur portée. S’exprimant, début juin, au cours d’une conférence à Washington, un ancien responsable de la CIA estimait que le recours massif aux drones permettait « au mieux de tondre la pelouse », c’est-à-dire décapiter régulièrement les organisations visées sans les désorganiser durablement. Si la légalité de ces assassinats extrajudiciaires ne fait plus l’objet de véritables débats depuis longtemps, c’est donc bien leur efficacité qui pose question même si la Maison Blanche met régulièrement en avant la menace permanente que constituent les drones pour les responsables de groupes terroristes, notamment au Yémen.

Le recours massif aux frappes de drones avait été développé initialement par l’armée israélienne au cours de la seconde intifada. Il avait permis la mise hors combat de dizaines de miliciens et de responsables politiques, notamment à Gaza, sans pour autant parvenir à affaiblir durablement leurs organisations. La première frappe de drone répertoriée au Yémen avait été conduite le 3 novembre 2002. Elles se sont multipliées depuis sans contrecarrer l’implantation des djihadistes.

 Voir enfin:

CREECH AIR FORCE BASE, Nev. — After a decade of waging long-distance war through their video screens, America’s drone operators are burning out, and the Air Force is being forced to cut back on the flights even as military and intelligence officials are demanding more of them over intensifying combat zones in Iraq, Syria and Yemen.

The Air Force plans to trim the flights by the armed surveillance drones to 60 a day by October from a recent peak of 65 as it deals with the first serious exodus of the crew members who helped usher in the era of war by remote control.

Air Force officials said that this year they would lose more drone pilots, who are worn down by the unique stresses of their work, than they can train.

“We’re at an inflection point right now,” said Col. James Cluff, the commander of the Air Force’s 432nd Wing, which runs the drone operations from this desert outpost about 45 miles northwest of Las Vegas.

The reduction could also create problems for the C.I.A., which has used Air Force pilots to conduct drone missile attacks on terrorism suspects in Pakistan and Yemen, government officials said. And the slowdown comes just as military advances by the Islamic State have placed a new premium on aerial surveillance and counterattacks.

Some top Pentagon officials had hoped to continue increasing the number of daily drone flights to more than 70. But Defense Secretary Ashton B. Carter recently signed off on the cuts after it became apparent that the system was at the breaking point, Air Force officials said.

The biggest problem is that a significant number of the 1,200 pilots are completing their obligation to the Air Force and are opting to leave. In a recent interview, Colonel Cluff said that many feel “undermanned and overworked,” sapped by alternating day and night shifts with little chance for academic breaks or promotion.

At the same time, a training program is producing only about half of the new pilots that the service needs because the Air Force had to reassign instructors to the flight line to expand the number of flights over the past few years.

Colonel Cluff said top Pentagon officials thought last year that the Air Force could safely reduce the number of daily flights as military operations in Afghanistan wound down. But, he said, “the world situation changed,” with the rapid emergence of the Islamic State, and the demand for the drones shot up again.

Officials say that since August, Predator and Reaper drones have conducted 3,300 sorties and 875 missile and bomb strikes in Iraq against the Islamic State.

What had seemed to be a benefit of the job, the novel way that the crews could fly Predator and Reaper drones via satellite links while living safely in the United States with their families, has created new types of stresses as they constantly shift back and forth between war and family activities and become, in effect, perpetually deployed.

“Having our folks make that mental shift every day, driving into the gate and thinking, ‘All right, I’ve got my war face on, and I’m going to the fight,’ and then driving out of the gate and stopping at Walmart to pick up a carton of milk or going to the soccer game on the way home — and the fact that you can’t talk about most of what you do at home — all those stressors together are what is putting pressure on the family, putting pressure on the airman,” Colonel Cluff said.

While most of the pilots and camera operators feel comfortable killing insurgents who are threatening American troops, interviews with about 100 pilots and sensor operators for an internal study that has not yet been released, he added, found that the fear of occasionally causing civilian casualties was another major cause of stress, even more than seeing the gory aftermath of the missile strikes in general.

A Defense Department study in 2013, the first of its kind, found that drone pilots had experienced mental health problems like depression, anxiety and post-traumatic stress disorder at the same rate as pilots of manned aircraft who were deployed to Iraq or Afghanistan.

Trevor Tasin, a pilot who retired as a major in 2014 after flying Predator drones and training new pilots, called the work “brutal, 24 hours a day, 365 days a year.”

The exodus from the drone program might be caused in part by the lure of the private sector, Mr. Tasin said, noting that military drone operators can earn four times their salary working for private defense contractors. In January, in an attempt to retain drone operators, the Air Force doubled incentive pay to $18,000 per year.

Another former pilot, Bruce Black, was part of a team that watched Abu Musab al-Zarqawi, the founder of Al Qaeda in Iraq, for 600 hours before he was killed by a bomb from a manned aircraft.

“After something like that, you come home and have to make all the little choices about the kids’ clothes or if I parked in the right place,” said Mr. Black, who retired as a lieutenant colonel in 2013. “And after making life and death decisions all day, it doesn’t matter. It’s hard to care.”

Colonel Cluff said the idea behind the reduction in flights was “to come back a little bit off of 65 to allow some breathing room” to replenish the pool of instructors and recruits.

The Air Force also has tried to ease the stress by creating a human performance team, led by a psychologist and including doctors and chaplains who have been granted top-secret clearances so they can meet with pilots and camera operators anywhere in the facility if they are troubled.

Colonel Cluff invited a number of reporters to the Creech base on Tuesday to discuss some of these issues. It was the first time in several years that the Air Force had allowed reporters onto the base, which has been considered the heart of the drone operations since 2005.

The colonel said the stress on the operators belied a complaint by some critics that flying drones was like playing a video game or that pressing the missile fire button 7,000 miles from the battlefield made it psychologically easier for them to kill. He also said that the retention difficulties underscore that while the planes themselves are unmanned, they need hundreds of pilots, sensor operators, intelligence analysts and launch and recovery specialists in foreign countries to operate.

Some of the crews still fly their missions in air-conditioned trailers here, while other cockpit setups have been created in new mission center buildings. Anti-drone protesters are periodically arrested as they try to block pilots from entering the base, where signs using the drone wing’s nickname say, “Home of the Hunters.”


Obama: Quand la légende devient réalité (Symptomatic of a culture in which truth has become relativized: It’s compression, stupid !)

14 février, 2015
 https://commonreads.files.wordpress.com/2010/08/dreams-from-my-father.jpg?w=450&h=698
https://i0.wp.com/www.americanthinker.com/legacy_assets/articles/assets/Tome%20Cover%20Obama%20Next%20President.jpg
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https://i2.wp.com/www.thebureauinvestigates.com/wp-content/uploads/2012/07/All-Totals-Dash54.jpg
C’est ça, l’Ouest, monsieur le sénateur:  quand la légende devient réalité, c’est la légende qu’il faut publier. Maxwell Scott  (journaliste dans ‘L’Homme qui tua Liberty Valance’, John Ford, 1962)
Le grand ennemi de la vérité n’est très souvent pas le mensonge – délibéré, artificiel et malhonnête – mais le mythe – persistant, persuasif et irréaliste. John Kennedy
If your whole candidacy is about words, they should be your words.  Hillary Clinton
To avoid being mistaken as a sellout, I chose my friends carefully. The more politically active black students. The foreign students. The Chicanos. The Marxist professors and structural feminists and punk-rock performance poets. We smoked cigarettes and wore leather jackets. At night, in the dorms, we discussed neocolonialism, Franz Fanon, Eurocentrism, and patriarchy. (…) I watched Marcus as he spoke, lean and dark and straight-backed, his long legs braced apart, comfortable in a white T-shirt and blue denim overalls. Marcus was the most conscious of brothers. He could tell you about his grandfather the Garveyite; about his mother in St. Louis who had raised her kids alone while working as a nurse; about his older sister who had been a founding member of the local Panther party; about his friends in the joint. His lineage was pure, his loyalties clear, and for that reason he always made me feel a little off-balance, like a younger brother who, no matter what he does, will always be one step behind. Barry Obama
I think the President’s speech yesterday was the reason we Americans elected him. It was grand. It was positive. Hopeful…But what I liked about the President’s speech in Cairo was that it showed a complete humility…The question now is whether the President we elected and spoke for us so grandly yesterday can carry out the great vision he gave us and to the world. Chris Matthews
I mean in a way Obama’s standing above the country, above – above the world, he’s sort of God.(…) : « He’s going to bring all different sides together…Obama is trying to sort of tamper everything down. He doesn’t even use the word terror. He uses extremism. He’s all about let us reason together…He’s the teacher. He is going to say, ‘now, children, stop fighting and quarreling with each other.’ And he has a kind of a moral authority that he – he can – he can do that. Evan Thomas
Pour moi, la morale consiste à faire ce qui est le mieux pour le maximum de gens. Saul Alinsky
Un problème plus sérieux pour notre nation aujourd’hui est que nous avons un président dont la bénigne – et donc désirable – couleur l’a exempté du processus politique d’individuation qui produit des dirigeants forts et lucides. Il n’a pas eu à risquer sa popularité pour ses principes, expérience sans laquelle nul ne peut connaître ses véritables convictions. A l’avenir il peut lui arriver à l’occasion de prendre la bonne décision, mais il n’y a aucun centre durement gagné en lui à partir duquel il pourrait se montrer un réel leader. Shelby Steele
Pourquoi cette apparence anticipée de triomphe pour le candidat dont le bilan des votes au Sénat est le plus à gauche de tout le parti Démocrate? L´électorat américain a-t-il vraiment basculé? Comment expliquer la marge énorme de différence entre les instituts de sondage à 3% et ceux à 12%? L´explication, me semble-t-il, réside dans la détermination sans faille du «peuple médiatique»; comme Mitterrand parlait du «peuple de gauche», les uns, français, habitaient la Gauche, les autres, américains, habitent les media, comme les souris le fromage. Le peuple médiatique, l´élite politico-intellectuelle, le «paysage audiovisuel», comme on dit avec complaisance, ont décidé que rien n´empêcherait l´apothéose de leur candidat. Tout ce qui pouvait nuire à Obama serait donc omis et caché; tout ce qui pouvait nuire à McCain serait monté en épingle et martelé à la tambourinade. On censurerait ce qui gênerait l´un, on amplifierait ce qui affaiblirait l´autre. Le bombardement serait intense, les haut-parleurs répandraient sans répit le faux, le biaisé, le trompeur et l´insidieux. C´est ainsi que toute assertion émise par Obama serait tenue pour parole d´Evangile. Le terroriste mal blanchi Bill Ayers? – «Un type qui vit dans ma rue», avait menti impudemment Obama, qui lui devait le lancement de sa carrière politique, et le côtoyait à la direction d´une fondation importante. Il semble même qu´Ayers ait été, si l´on ose oser, le nègre du best-seller autobiographique (!) d´Obama. Qu´importe! Nulle enquête, nulle révélation, nulle curiosité. «Je ne l´ai jamais entendu parler ainsi » -, mentait Obama, parlant de son pasteur de vingt ans, Jeremiah Wright, fasciste noir, raciste à rebours, mégalomane délirant des théories conspirationnistes – en vingt ans de prêches et de sermons. Circulez, vous dis-je, y´a rien à voir – et les media, pieusement, de n´aller rien chercher. ACORN, organisation d´activistes d´extrême-gauche, aujourd´hui accusée d´une énorme fraude électorale, dont Obama fut l´avocat – et qui se mobilise pour lui, et avec laquelle il travaillait à Chicago? Oh, ils ne font pas partie de la campagne Obama, expliquent benoîtement les media. Et, ajoute-t-on, sans crainte du ridicule, «la fraude aux inscriptions électorales ne se traduit pas forcément en votes frauduleux». Laurent Murawiec
Nous étions en formation avec plusieurs hélicoptères. Deux ont été abattus par des tirs, dont celui à bord duquel je me trouvais. Brian Williams (NBC, 2015)
J’étais dans un appareil qui suivait. J’ai fait une erreur en rapportant cet événement intervenu il y a douze ans. Brian Williams (NBC, 2015)
Only Malcolm X’s autobiography seemed to offer something different. His repeated acts of self-creation spoke to me; the blunt poetry of his words, his unadorned insistence on respect, promised a new and uncompromising order, martial in its discipline, forged through sheer force of will. All the other stuff, the talk of blue-eyed devils and apocalypse, was incidental to that program, I decided, religious baggage that Malcolm himself seemed to have safely abandoned toward the end of his life. And yet, even as I imagined myself following Malcolm’s call, one line in the book stayed me. He spoke of a wish he’d once had, the wish that the white blood that tan through him, there by an act of violence, might somehow be expunged. I knew that, for Malcolm, that wish would never be incidental. I knew as well that traveling down the road to self-respect my own white blood would never recede into mere abstraction. I was left to wonder what else I would be severing if and when I left my mother and my grandparents at some uncharted border. Barack Hussein Obama (Dreams of my father)
Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris. Barack Hussein Obama
Nous sommes devant toi des étrangers et des habitants, comme tous nos pères … I Chroniques 29: 15 (exorde de Rêves de mon père, 1995)
Même si ce livre repose principalement sur des journaux intimes ou sur des histoires orales de ma famille, les dialogues sont forcément approximatifs. Pour éviter les longueurs, certains personnages sont des condensés de personnes que j’ai connues et certains événements sont sans contexte chronologique précis. A l’exception de ma famille et certains personnages publics, les noms des protagonistes ont été changés par souci de respecter leur vie privée. Barack Hussein Obama jr. (préface des Rêves de mon père, 1995)
Je connais, je les ai vus, le désespoir et le désordre qui sont le quotidien des laissés-pour-compte, avec leurs conséquences désastreuses sur les enfants de Djakarta ou de Nairobi, comparables en bien des points à celles qui affectent les enfants du South Side de Chicago. Je sais combien est ténue pour eux la frontière entre humiliation et la fureur dévastatrice, je sais avec quelle facilité ils glissent dans la violence et le désespoir. Barack Hussein Obama jr. (préface de Rêves de mon père, l’histoire d’un héritage en noir et blanc, 2004)
He told the story in brilliant, painful detail in his first book, Dreams from My Father, which may be the best-written memoir ever produced by an American politician. Joe Klein (Time, October 23, 2006)
Given what I do for a living, I suppose it’s only natural that I have a high degree of respect for those who write well. Good writing very often signals a strong intellect and in many cases a deep vision. It also shows its author to be a person of some discipline, in that even those who are born with a great deal of talent in this area still usually have to work hard and make sacrifices to develop their abilities. All of which is making me giddy at the prospect of Barack Obama’s coming presidency. Like many politicians Barack Obama is also an author. What makes him different is he’s also a good writer. Most books by today’s policies are glossy, self-serving, sometimes ghost-written puffery, which are designed to be sold as throwaway literature. Obama has written a couple of these books, and the best that can be said about them is that they’re a cut above the usual tripe politicians slap between two covers. Earlier, however, way back in 1995, Barack Obama penned another book, Dreams from My Father: A Story of Race and Inheritance, which is easily the most honest, daring, and ambitious volume put out by a major US politician in the last 50 years. Rob Woodard (The Guardian)
Much has been made of Mr. Obama’s eloquence — his ability to use words in his speeches to persuade and uplift and inspire. But his appreciation of the magic of language and his ardent love of reading have not only endowed him with a rare ability to communicate his ideas to millions of Americans while contextualizing complex ideas about race and religion, they have also shaped his sense of who he is and his apprehension of the world. Mr. Obama’s first book, “Dreams From My Father” (which surely stands as the most evocative, lyrical and candid autobiography written by a future president), suggests that throughout his life he has turned to books as a way of acquiring insights and information from others — as a means of breaking out of the bubble of self-hood and, more recently, the bubble of power and fame. He recalls that he read James Baldwin, Ralph Ellison, Langston Hughes, Richard Wright and W. E. B. Du Bois when he was an adolescent in an effort to come to terms with his racial identity and that later, during an ascetic phase in college, he immersed himself in the works of thinkers like Nietzsche and St. Augustine in a spiritual-intellectual search to figure out what he truly believed. Michiko Kakutani (The New York Times)
I was interested really in him because of his book, « Song of Solomon. » It was quite extraordinary. I mean, he’s a real writer type. (…) Yeah, well, we said a few little things about « Song of Solomon, » and I sort of acknowledged that he was a writer, also, in my high esteem. (…) He’s very different. I mean, his ability to reflect on this extraordinary mesh of experiences that he has had, some familiar and some not, and to really meditate on that the way he does and to set up scenes in a narrative structure type of conversation, all of these things that you don’t often see, obviously, in the routine political memoir biography. But I think this was when he was much younger, like in his 30s or something. So that was impressive to me. But it’s unique. It’s his. There are no other ones like that. Toni Morrison
That’s a good book. Dreams of My Father, is that what it’s called? I read it with great interest, in part because it’d been written by this guy who was running for president, but I found it well done and very persuasive and memorable too. Philip Roth
Qu’est-ce que cela fait d’avoir un nouveau président des Etats-Unis qui sait lire ? Du bien. Cela fait du bien d’apprendre qu’il a toujours un livre à portée de la main. On a tellement flatté ses qualités d’orateur et ses dons de communicant qu’on a oublié l’essentiel de ce qui fait la richesse de son verbe : son côté lecteur compulsif. A croire que lorsqu’il sera las de lire des livres, il dirigera l’Amérique pour se détendre. Michiko Kakutani, la redoutée critique du New York Times, d’ordinaire si dure avec la majorité des écrivains, est tout miel avec ce non-écrivain auteur de trois livres : deux textes autobiographiques et un discours sur la race en Amérique. Elle vient de dresser l’inventaire de sa « bibliothèque idéale », autrement dit les livres qui ont fait ce qu’il est devenu, si l’on croise ce qu’il en dit dans ses Mémoires, ce qu’il en confesse dans les interviews et ce qu’on en sait. Adolescent, il lut avidement les grands auteurs noirs James Baldwin, Langston Hugues, Ralph Ellison, Richard Wright, W.E.B. Du Bois avant de s’immerger dans Nietzsche et Saint-Augustin en marge de ses études de droit, puis d’avaler la biographie de Martin Luther King en plusieurs volumes par Taylor Branch. Autant de livres dans lesquels il a piqué idées, pistes et intuitions susceptibles de nourrir sa vision du monde. Ce qui ne l’a pas empêché de se nourrir en permanence des tragédies de Shakespeare, de Moby Dick, des écrits de Lincoln, des essais du transcendantaliste Ralph Waldo Emerson, du Chant de Salomon de la nobélisée Toni Morrison, du Carnet d’or de Doris Lessing, des poèmes d’un autre nobélisé Derek Walcott, des mémoires de Gandhi, des textes du théologien protestant Reinhold Niebuhr qui exercèrent une forte influence sur Martin Luther King, et, plus récemment de Gilead (2004) le roman à succès de Marylinne Robinson ou de Team of rivals que l’historienne Doris Kearns Goodwin a consacré au génie politique d’Abraham Lincoln, « la » référence du nouveau président. Pardon, on allait oublier, le principal, le livre des livres : la Bible, of course. Pierre Assouline
Apart from other unprecedented aspects of his rise, it is a geographical truth that no politician in American history has traveled farther than Barack Obama to be within reach of the White House. He was born and spent most of his formative years on Oahu, in distance the most removed population center on the planet, some 2,390 miles from California, farther from a major landmass than anywhere but Easter Island. In the westward impulse of American settlement, his birthplace was the last frontier, an outpost with its own time zone, the 50th of the United States, admitted to the union only two years before Obama came along. Those who come from islands are inevitably shaped by the experience. For Obama, the experience was all contradiction and contrast. As the son of a white woman and a black man, he grew up as a multiracial kid, a « hapa, » « half-and-half » in the local lexicon, in one of the most multiracial places in the world, with no majority group. There were native Hawaiians, Japanese, Filipinos, Samoans, Okinawans, Chinese and Portuguese, along with Anglos, commonly known as haole (pronounced howl-lee), and a smaller population of blacks, traditionally centered at the U.S. military installations. But diversity does not automatically translate into social comfort: Hawaii has its own difficult history of racial and cultural stratification, and young Obama struggled to find his place even in that many-hued milieu. He had to leave the island to find himself as a black man, eventually rooting in Chicago, the antipode of remote Honolulu, deep in the fold of the mainland, and there setting out on the path that led toward politics. Yet life circles back in strange ways, and in essence it is the promise of the place he left behind — the notion if not the reality of Hawaii, what some call the spirit of aloha, the transracial if not post-racial message — that has made his rise possible. Hawaii and Chicago are the two main threads weaving through the cloth of Barack Obama’s life. Each involves more than geography. Hawaii is about the forces that shaped him, and Chicago is about how he reshaped himself. Chicago is about the critical choices he made as an adult: how he learned to survive in the rough-and-tumble of law and politics, how he figured out the secrets of power in a world defined by it, and how he resolved his inner conflicts and refined the subtle, coolly ambitious persona now on view in the presidential election. Hawaii comes first. It is what lies beneath, what makes Chicago possible and understandable. (…) « Dreams From My Father » is as imprecise as it is insightful about Obama’s early life. Obama offers unusually perceptive and subtle observations of himself and the people around him. Yet, as he readily acknowledged, he rearranged the chronology for his literary purposes and presented a cast of characters made up of composites and pseudonyms. This was to protect people’s privacy, he said. Only a select few were not granted that protection, for the obvious reason that he could not blur their identities — his relatives. (…) Keith and Tony Peterson (…) wondered why Obama focused so much on a friend he called Ray, who in fact was Keith Kukagawa. Kukagawa was black and Japanese, and the Petersons did not even think of him as black. Yet in the book, Obama used him as the voice of black anger and angst, the provocateur of hip, vulgar, get-real dialogues. (…) Sixteen years later, Barry was no more, replaced by Barack, who had not only left the island but had gone to two Ivy League schools, Columbia undergrad and Harvard Law, and written a book about his life. He was into his Chicago phase, reshaping himself for his political future … David Maraniss
Dans sa biographie du président, le journaliste David Maraniss décrit lui aussi un jeune homme qui se cherche, et qui, lorsqu’il devient politicien, cisèle sa biographie, Dreams from my Father, pour la rendre plus signifiante politiquement et romanesque littérairement qu’elle ne l’est en réalité. Non, son gran-père kenyan Hussein Onyango Obama n’a pas été torturé et emprisonné par les Britanniques; non, le père de son beau-père indonésien n’a pas été tué dans la lutte contre le colonisateur hollandais; non, il ne semble pas avoir sérieusement consommé de drogues lorsqu’il était au lycée puis à Occidental College avant de trouver la rédemption; non, l’assurance santé de sa mère n’a pas refusé de lui payer le traitement de base de son cancer. Tous ces détails ne sont pas des inventions ou des mensonges: ce sont des embellissements, souvent repris de mythes familiaux, qui donnent du sens à son parcours. Justin Vaïsse
It has recently been discovered by Washington Post editor and Obama biographer David Maraniss that Obama’s memoir likely went much farther than just the character « compression » and chronology rearrangement that Obama admitted to in his memoir’s introduction. Maraniss reveals in his new book that, much like Frey’s memoir, Dreams contains fabrications of material aspects of Obama’s life narrative. (…) Ultimately, what Maraniss did discover is that Obama’s actual upbringing was simply too comfortable and boring to lend itself to a compelling memoir. So he did what Frey did and turned an otherwise mundane life story into a more meaningful and interesting one. Mendy Finkel
Not only did he grow up in Indonesia and Hawaii, but he also grew up amid diversity in both places, which brought him into casual, daily contact with Africans, Asians, Natives and Caucasians, people of all kinds of ethnic variations and political and social differences. What he did not experience in his early life is mainland, American-style racism. Growing up in places that were diverse, he never had to confront his identity as a black man until his college years. There are no slaves in the Obama family tree, and he missed most of the tumultuous civil rights struggle because of his youth and the physical distance from the mainland. There is an amusing section on the future president’s more than casual acquaintance with marijuana as a high school student in Hawaii. I won’t ruin the fun, but if you get the e-book, search for « Choom Gang, » « Total Absorption » (the opposite of not inhaling) and « Roof Hits. » Enough said. Even when Barry, which is how he was known, finally made it to the mainland as a college freshman, he chose elite Occidental College in Los Angeles, a diverse environment in a sheltered section of the city that gave him virtually no taste of the typical experience of blacks in America. In fact, one of his Oxy college friends said that Barry, who was starting to refer to himself as Barack in part to reconnect to his black roots, decided to transfer after his sophomore year to Columbia in New York so that he could « discover blackness in America. » What hits home in Maraniss’ book is how race was, for Barack Obama, primarily an intellectual journey of study and self-discovery. He had to discover his blackness. This sets him apart from the dominant African American experience, and it accounts for some of the reluctance on the part of veteran civil rights advocates like Jesse Jackson to embrace his candidacy early on. Dave Cieslewicz 
It almost seemed too good to be true. When President Barack Obama’s 1995 memoir, « Dreams From My Father, » was re-published soon after the young politican catapulted onto the national stage with a charismatic speech at the 2004 Democratic National Convention, his amazing life story captured the hearts and minds of millions of Americans. But like many memoirs, which tend to be self-serving, it now appears that Obama shaped the book less as a factual history of his life than as a great story. A new biography, « Barack Obama: The Story, » by David Maraniss, raises questions about the accuracy of the president’s account and delivers fresh revelations about his pot-smoking in high school and college and his girlfriends in New York City. In his memoir, Obama describes how his grandfather, Hussein Onyango, was imprisoned and tortured by British troops during the fight for Kenyan independence. But that did not happen, according to five associates of Onyango interviewed by Maraniss. Another heroic tale from the memoir about Obama’s Indonesian stepfather, Soewarno Martodihardjo, being killed by Dutch soldiers during Indonesia’s fight for independence also is inaccurate, according to Maraniss. The president explains in his memoir that some of the characters in his book have been combined or compressed. Maraniss provides more details about the extent of that alteration. One of Obama’s « African American » classmates was based on Caroline Boss, a white student whose Swiss grandmother was named Regina, according to Maraniss, a Washington Post editor and author who has won a Pulitzer Prize. The president also described breaking up with a white girlfriend due to a « racial chasm that unavoidably separated him from the woman, » writes Maraniss. But Obama’s next girlfriend in Chicago, an anthropologist, also was white. The young Obama’s lack of playing time on the high school basketball team was due more to his ability than the coach’s preference for white players, Maraniss writes. And Obama’s mother likely left his father — not the other way around — after domestic abuse, note reviews of the book in the Los Angeles Times and Buzzfeed. The Huffington Post
In his 1995 memoir, [Mr. Obama] mentioned smoking “reefer” in “the dorm room of some brother” and talked about “getting high.” Before Occidental, he indulged in marijuana, alcohol and sometimes cocaine as a high school student in Hawaii, according to the book. He made “some bad decisions” as a teenager involving drugs and drinking, Senator Obama, now a presidential candidate, told high school students in New Hampshire last November. Mr. Obama’s admissions are rare for a politician (his book, “Dreams From My Father,” was written before he ran for office.) They briefly became a campaign issue in December when an adviser to Senator Hillary Rodham Clinton, Mr. Obama’s chief Democratic rival, suggested that his history with drugs would make him vulnerable to Republican attacks if he became his party’s nominee. Mr. Obama, of Illinois, has never quantified his illicit drug use or provided many details. He wrote about his two years at Occidental, a predominantly white liberal arts college, as a gradual but profound awakening from a slumber of indifference that gave rise to his activism there and his fears that drugs could lead him to addiction or apathy, as they had for many other black men. Mr. Obama’s account of his younger self and drugs, though, significantly differs from the recollections of others who do not recall his drug use. That could suggest he was so private about his usage that few people were aware of it, that the memories of those who knew him decades ago are fuzzy or rosier out of a desire to protect him, or that he added some writerly touches in his memoir to make the challenges he overcame seem more dramatic. In more than three dozen interviews, friends, classmates and mentors from his high school and Occidental recalled Mr. Obama as being grounded, motivated and poised, someone who did not appear to be grappling with any drug problems and seemed to dabble only with marijuana. Serge F. Kovaleski
Maraniss’s Barack Obama: The Story punctures two sets of falsehoods: The family tales Obama passed on, unknowing; and the stories Obama made up. The 672-page book closes before Obama enters law school, and Maraniss has promised another volume, but by its conclusion I counted 38 instances in which the biographer convincingly disputes significant elements of Obama’s own story of his life and his family history. The two strands of falsehood run together, in that they often serve the same narrative goal: To tell a familiar, simple, and ultimately optimistic story about race and identity in the 20th Century. The false notes in Obama’s family lore include his mother’s claimed experience of racism in Kansas, and incidents of colonial brutality toward his Kenyan grandfather and Indonesian step-grandfather. Obama’s deliberate distortions more clearly serve a single narrative: Race. Obama presents himself through the book as “blacker and more disaffected” than he really was, Maraniss writes, and the narrative “accentuates characters drawn from black acquaintances who played lesser roles his real life but could be used to advance a line of thought, while leaving out or distorting the actions of friends who happened to be white.” (…) Maraniss’s deep and entertaining biography will serve as a corrective both to Obama’s mythmaking and his enemies’. Maraniss finds that Obama’s young life was basically conventional, his personal struggles prosaic and later exaggerated. He finds that race, central to Obama’s later thought and included in the subtitle of his memoir, wasn’t a central factor in his Hawaii youth or the existential struggles of his young adulthood. And he concludes that attempts, which Obama encouraged in his memoir, to view him through the prism of race “can lead to a misinterpretation” of the sense of “outsiderness” that Maraniss puts at the core of Obama’s identity and ambition. (…) In Dreams, for instance, Obama writes of a friend named “Regina,” a symbol of the authentic African-American experience that Obama hungers for (and which he would later find in Michelle Robinson). Maraniss discovers, however, that Regina was based on a student leader at Occidental College, Caroline Boss, who was white. Regina was the name of her working-class Swiss grandmother, who also seems to make a cameo in Dreams. Maraniss also notices that Obama also entirely cut two white roommates, in Los Angeles and New York, from the narrative, and projected a racial incident onto a New York girlfriend that he later told Maraniss had happened in Chicago. (…) Across the ocean, the family story that Hussein Onyango, Obama’s paternal grandfather, had been whipped and tortured by the British is “unlikely”: “five people who had close connections to Hussein Onyango said they doubted the story or were certain that it did not happen,” Maraniss writes. The memory that the father of his Indonesian stepfather, Soewarno Martodihardjo, was killed by Dutch soldiers in the fight for independence is “a concocted myth in almost all respects.” In fact, Martodihardjo “fell off a chair at his home while trying to hang drapes, presumably suffering a heart attack.” (…) Maraniss corrects a central element of Obama’s own biography, debunking a story that Obama’s mother may well have invented: That she and her son were abandoned in Hawaii in 1963. “It was his mother who left Hawaii first, a year earlier than his father,” Maraniss writes, confirming a story that had first surfaced in the conservative blogosphere. He suggests that “spousal abuse” prompted her flight back to Seattle. Obama’s own fairy-tales, meanwhile, run toward Amercan racial cliché. “Ray,” who is in the book “a symbol of young blackness,” is based on a character whose complex racial identity — half Japanese, part native American, and part black — was more like Obama’s, and who wasn’t a close friend. “In the memoir Barry and Ray, could be heard complaining about how rich white haole girls would never date them,” Maraniss writes, referring to Hawaii’s upper class, and to a composite character whose blackness is. “In fact, neither had much trouble in that regard.” Ben Smith
Ce qui rendait Obama unique, c’est qu’il était le politicien charismatique par excellence – le plus total inconnu à jamais accéder à la présidence aux Etats-Unis. Personne ne savait qui il était, il sortait de nulle part, il avait cette figure incroyable qui l’a catapulté au-dessus de la mêlée, il a annihilé Hillary, pris le contrôle du parti Démocrate et est devenu président. C’est vraiment sans précédent : un jeune inconnu sans histoire, dossiers, associés bien connus, auto-créé. Il y avait une bonne volonté énorme, même moi j’étais aux anges le jour de l’élection, quoique j’aie voté contre lui et me sois opposé à son élection. C’était rédempteur pour un pays qui a commencé dans le péché de l’esclavage de voir le jour, je ne croyais pas personnellement le voir jamais de mon vivant, quand un président noir serait élu. Certes, il n’était pas mon candidat. J’aurais préféré que le premier président noir soit quelqu’un d’idéologiquement plus à mon goût, comme par exemple Colin Powell (que j’ai encouragé à se présenter en 2000) ou Condoleezza Rice. Mais j’étais vraiment fier d’être Américain à la prestation de serment. Je reste fier de ce succès historique. (…) il s’avère qu’il est de gauche, non du centre-droit à la manière de Bill Clinton. L’analogie que je donne est qu’en Amérique nous jouons le jeu entre les lignes des 40 yards, en Europe vous jouez tout le terrain d’une ligne de but à l’autre. Vous avez les partis communistes, vous avez les partis fascistes, nous, on n’a pas ça, on a des partis très centristes. Alors qu’ Obama veut nous pousser aux 30 yards, ce qui pour l’Amérique est vraiment loin. Juste après son élection, il s’est adressé au Congrès et a promis en gros de refaire les piliers de la société américaine — éducation, énergie et soins de santé. Tout ceci déplacerait l’Amérique vers un Etat de type social-démocrate européen, ce qui est en dehors de la norme pour l’Amérique. (…) Obama a mal interprété son mandat. Il a été élu six semaines après un effondrement financier comme il n’y en avait jamais eu en 60 ans ; après huit ans d’une présidence qui avait fatigué le pays; au milieu de deux guerres qui ont fait que le pays s’est opposé au gouvernement républicain qui nous avait lancé dans ces guerres; et contre un adversaire complètement inepte, John McCain. Et pourtant, Obama n’a gagné que par 7 points. Mais il a cru que c’était un grand mandat général et qu’il pourrait mettre en application son ordre du jour social-démocrate. (…) sa vision du monde me semble si naïve que je ne suis même pas sûr qu’il est capable de développer une doctrine. Il a la vision d’un monde régulé par des normes internationales auto-suffisantes, où la paix est gardée par un certain genre de consensus international vague, quelque chose appelé la communauté internationale, qui pour moi est une fiction, via des agences internationales évidemment insatisfaisantes et sans valeur. Je n’éleverais pas ce genre de pensée au niveau d’ une doctrine parce que j’ai trop de respect pour le mot de doctrine. (…) Peut-être que quand il aboutira à rien sur l’Iran, rien sur la Corée du Nord, quand il n’obtiendra rien des Russes en échange de ce qu’il a fait aux Polonais et aux Tchèques, rien dans les négociations de paix au Moyen-Orient – peut-être qu’à ce moment-là, il commencera à se demander si le monde fonctionne vraiment selon des normes internationales, le consensus et la douceur et la lumière ou s’il repose sur la base de la puissance américaine et occidentale qui, au bout du compte, garantit la paix. (…) Henry Kissinger a dit une fois que la paix peut être réalisée seulement de deux manières : l’hégémonie ou l’équilibre des forces. Ca, c’est du vrai réalisme. Ce que l’administration Obama prétend être du réalisme est du non-sens naïf. Charles Krauthammer (oct. 2009)
The errant Obama biography in the Acton & Dystel booklet does not contradict the authenticity of Obama’s birth certificate. Moreover, several contemporaneous accounts of Obama’s background describe Obama as having been born in Hawaii. The biography does, however, fit a pattern in which Obama–or the people representing and supporting him–manipulate his public persona. David Maraniss’s forthcoming biography of Obama has reportedly confirmed, for example, that a girlfriend Obama described in Dreams from My Father was, in fact, an amalgam of several separate individuals. In addition, Obama and his handlers have a history of redefining his identity when expedient. In March 2008, for example, he famously declared: “I can no more disown [Jeremiah Wright] than I can disown the black community. I can no more disown him than I can my white grandmother.”  Several weeks later, Obama left Wright’s church–and, according to Edward Klein’s new biography, The Amateur: Barack Obama in the White House, allegedly attempted to persuade Wright not to “do any more public speaking until after the November [2008] election” (51). Obama has been known frequently to fictionalize aspects of his own life. During his 2008 campaign, for instance, Obama claimed that his dying mother had fought with insurance companies over coverage for her cancer treatments.  That turned out to be untrue, but Obama has repeated the story–which even the Washington Post called “misleading”–in a campaign video for the 2012 election. The Acton & Dystel biography could also reflect how Obama was seen by his associates, or transitions in his own identity. He is said, for instance, to have cultivated an “international” identity until well into his adulthood, according to Maraniss. Regardless of the reason for Obama’s odd biography, the Acton & Dystel booklet raises new questions as part of ongoing efforts to understand Barack Obama–who, despite four years in office remains a mystery to many Americans, thanks to the mainstream media. Joel B. Pollak
The Obama memoir is revealed not really to be a memoir at all. Most of his intimate friends and past dalliances that we read about in Dreams From My Father were, we learn, just made up (“composites”); the problem, we also discover, with the president’s autobiography is not what is actually false, but whether anything much at all is really true in it. If a writer will fabricate the details about his own mother’s terminal illness and quest for insurance, then he will probably fudge on anything. For months the president fought the Birthers who insist that he was born in Kenya, only to have it revealed that he himself for over a decade wrote just that fact in his own literary biography. Is Barack Obama then a birther? Has any major public figure (57 states, Austrian language, corpse-men, Maldives for Falklands, private sector “doing fine,” etc.) been a more underwhelming advertisement for the quality of a Harvard education or a Chicago Law School part-time billet? Has any presidential candidate or president set a partisan crowd to laughing by rubbing his chin with his middle finger as he derides an opponent, or made a joke about killing potential suitors of his daughters with deadly Predator drones, or recited a double entendre “go-down” joke about a sex act? Victor Davis Hanson
NBC Nightly News anchorman Brian Williams frequently fabricated a dramatic story that he was under enemy attack while reporting from Iraq. NBC is now investigating whether Williams also embellished events in New Orleans during his reporting on Hurricane Katrina. (…) Former CBS anchorman Dan Rather tried to pass off fake memos as authentic evidence about former President George W. Bush’s supposedly checkered National Guard record. CNN news host Fareed Zakaria, who recently interviewed President Obama, was caught using the written work of others as if it were his own. He joins a distinguished array of accused plagiarists, from historian Doris Kearns Goodwin to columnist Maureen Dowd. Usually, plagiarism is excused. Research assistants are blamed or clerical slips are cited — and little happens. In lieu of admitting deliberate dishonesty, our celebrities when caught prefer using the wishy-washy prefix “mis-” to downplay a supposed accident — as in misremembering, misstating, or misconstruing. Politicians are often the worst offenders. Vice President Joe Biden withdrew from the presidential race of 1988 once it was revealed that he had been caught plagiarizing in law school. In that campaign, he gave a speech lifted from British Labor party candidate Neil Kinnock. Hillary Clinton fantasized when she melodramatically claimed she had been under sniper fire when landing in Bosnia. Her husband, former president Bill Clinton, was more overt in lying under oath in the Monica Lewinsky debacle. Former senator John Walsh (D., Mont.) was caught plagiarizing elements of his master’s thesis. President Obama has explained that some of the characters in his autobiography, Dreams from My Father, were “composites” or “compressed,” which suggests that in some instances what he described did not exactly happen. What are the consequences of lying about or exaggerating one’s past or stealing the written work of others? It depends. Punishment is calibrated by the stature of the perpetrator. If the offender is powerful, then misremembering, misstating, and misconstruing are considered minor and aberrant transgressions. If not, the sins are called lying and plagiarizing, and deemed a window into a bad soul. Thus a career can be derailed. Young, upcoming lying reporters like onetime New York Times fabulist Jayson Blair and The New Republic’s past stable of fantasy writers — Stephen Glass, Scott Beauchamp, and Ruth Shalit — had their work finally disowned by their publications. Former Washington Post reporter Janet Cooke got her Pulitzer Prize revoked for fabricating a story. Obscure senator Walsh was forced out of his re-election race. Biden, on the other hand, became vice president. It did not matter much that the Obama biography by Pulitzer Prize–winning author David Maraniss contradicted many of the details from Obama’s autobiography. Hillary Clinton may well follow her husband’s trajectory and become president. The Reverend Al Sharpton helped perpetuate the Tawana Brawley hoax; he is now a frequent guest at the White House. Why do so many of our elites cut corners and embellish their past or steal the work of others? For them, such deception may be a small gamble worth taking, with mild consequences if caught. Plagiarism is a shortcut to publishing without all the work of creating new ideas or doing laborious research. Padding a resume or mixing truth with half-truths and composites creates more dramatic personal histories that enhance careers. Our culture itself has redefined the truth into a relative idea without fault. Some academics suggested that Brian Williams may have lied because of “memory distortion” rather than a character defect. Contemporary postmodern thought sees the “truth” as a construct. The social aim of these fantasy narratives is what counts. If they serve progressive race, class, and gender issues, then why follow the quaint rules of evidence that were established by an ossified and reactionary establishment? (…) Our lies become accepted as true, but only depending on how powerful and influential we are — or how supposedly noble the cause for which we lie. Victor Davis Hanson

Attention: un mensonge peut en cacher un autre !

Emprisonnement et torture de son grand-père kenyan par les Britanniques, assassinat du père de son beau-père indonésien par les colons hollandais, exagération de son expérience du racisme ou de la drogue, passage sous silence ou colorisation de ses amis blancs, racialisation – entre deux relations avec des étudiantes blanches – d’une rupture sentimentale avec une autre copine blanche ou de son évincement de l’équipe de basket-ball de son lycée, rupture de sa mère avec un père violent présentée comme abandon dudit père, refus de traitement du cancer de sa mère …

Alors qu’après son abandon de l’Irak et bientôt de l’Afghanistan comme sa lâcheté face à l’Iran

Et suite à ses absences tant à Paris qu’à Auschwitz, avoir contre toute évidence mis en doute les mobiles antisémites du massacre de l’Hyper cacher

Le Tergiverseur en chef et « premier président musulman » dénonce à présent comme raciste le meurtre, suite apparemment à une querelle de voisinage par un homme se revendiquant comme athée et homophile militant, de trois étudiants musulmans de l’Université de Caroline du nord …

Pendant que de Moïse à Turing et de Solomon Northup à Martin Luther King, Hollywood réécrit sytématiquement l’histoire …

Comment s’étonner qu’après nos Dan Rather et nos Charles Enderlin et concernant ses états de service en Irak ou l’ouragan Katrina, un journaliste-vedette de la chaine NBC ait à son tour enjolivé la réalité ?

Et comment être surpris sans compter les notoires dénégations de sa longue fréquentation tant de l’ancien weatherman Bill Ayers que du pasteur suprémaciste noir Jeremiah Wright

Que le prix Nobel de la paix aux Grandes oreilles et aux bientôt 2 500 éliminations ciblées …

Et accessoirement notoire disciple d’Alinsky et auteur des « meilleurs mémoires jamais publiés par un homme politique américain » …

Ait pu accumuler sans être jamais contesté (« pour éviter les longueurs » et « donner du sens à son parcours ») comme le révélait son biographe David Maraniss il y a trois ans …

Pas moins de 38 contre-vérités dans une seule autobiographie ?

Brian Williams’s Truth Problem, and Ours
The NBC anchor’s lies are symptomatic of a culture in which truth has become relativized.
Victor Davis Hanson
National Review Online
February 12, 2015

NBC Nightly News anchorman Brian Williams frequently fabricated a dramatic story that he was under enemy attack while reporting from Iraq. NBC is now investigating whether Williams also embellished events in New Orleans during his reporting on Hurricane Katrina.

Williams always plays the hero in his yarns, braving natural and hostile human enemies to deliver us the truth on the evening news.

Former CBS anchorman Dan Rather tried to pass off fake memos as authentic evidence about former President George W. Bush’s supposedly checkered National Guard record.

CNN news host Fareed Zakaria, who recently interviewed President Obama, was caught using the written work of others as if it were his own. He joins a distinguished array of accused plagiarists, from historian Doris Kearns Goodwin to columnist Maureen Dowd.

Usually, plagiarism is excused. Research assistants are blamed or clerical slips are cited — and little happens. In lieu of admitting deliberate dishonesty, our celebrities when caught prefer using the wishy-washy prefix “mis-” to downplay a supposed accident — as in misremembering, misstating, or misconstruing.

Politicians are often the worst offenders. Vice President Joe Biden withdrew from the presidential race of 1988 once it was revealed that he had been caught plagiarizing in law school. In that campaign, he gave a speech lifted from British Labor party candidate Neil Kinnock.

Hillary Clinton fantasized when she melodramatically claimed she had been under sniper fire when landing in Bosnia. Her husband, former president Bill Clinton, was more overt in lying under oath in the Monica Lewinsky debacle. Former senator John Walsh (D., Mont.) was caught plagiarizing elements of his master’s thesis.

President Obama has explained that some of the characters in his autobiography, Dreams from My Father, were “composites” or “compressed,” which suggests that in some instances what he described did not exactly happen.

What are the consequences of lying about or exaggerating one’s past or stealing the written work of others?

It depends.

Punishment is calibrated by the stature of the perpetrator. If the offender is powerful, then misremembering, misstating, and misconstruing are considered minor and aberrant transgressions. If not, the sins are called lying and plagiarizing, and deemed a window into a bad soul. Thus a career can be derailed.

Young, upcoming lying reporters like onetime New York Times fabulist Jayson Blair and The New Republic’s past stable of fantasy writers — Stephen Glass, Scott Beauchamp, and Ruth Shalit — had their work finally disowned by their publications. Former Washington Post reporter Janet Cooke got her Pulitzer Prize revoked for fabricating a story.

Obscure senator Walsh was forced out of his re-election race. Biden, on the other hand, became vice president. It did not matter much that the Obama biography by Pulitzer Prize–winning author David Maraniss contradicted many of the details from Obama’s autobiography.

Hillary Clinton may well follow her husband’s trajectory and become president. The Reverend Al Sharpton helped perpetuate the Tawana Brawley hoax; he is now a frequent guest at the White House.

Why do so many of our elites cut corners and embellish their past or steal the work of others?

For them, such deception may be a small gamble worth taking, with mild consequences if caught. Plagiarism is a shortcut to publishing without all the work of creating new ideas or doing laborious research. Padding a resume or mixing truth with half-truths and composites creates more dramatic personal histories that enhance careers.

Our culture itself has redefined the truth into a relative idea without fault. Some academics suggested that Brian Williams may have lied because of “memory distortion” rather than a character defect.

Contemporary postmodern thought sees the “truth” as a construct. The social aim of these fantasy narratives is what counts. If they serve progressive race, class, and gender issues, then why follow the quaint rules of evidence that were established by an ossified and reactionary establishment?

Feminist actress and screenwriter Lena Dunham in her memoir described her alleged rapist as a campus conservative named Barry. After suspicion was cast on one particular man fitting Dunham’s book description, Dunham clarified that she meant to refer to someone else as the perpetrator.

Surely the exonerated Duke University men’s lacrosse players who were accused of sexual assault or the University of Virginia frat boys accused of rape in a magazine article in theory could have been guilty — even if they were proven not to be.

Michael Brown was suspected of committing a strong-arm robbery right before his death. He then walked down the middle of a street, blocking traffic, and rushed a policeman. Autopsy and toxicology reports of gunpowder residuals and the presence of THC suggest that Brown had marijuana in his system and was in close contact to the officer who fired. Do those details matter, if a “gentle giant” can become emblematic of an alleged epidemic of racist, trigger-happy cops who recklessly shoot unarmed youth?

The Greek word for truth was aletheia – literally “not forgetting.” Yet that ancient idea of eternal differences between truth and myth is now lost in the modern age.

Our lies become accepted as true, but only depending on how powerful and influential we are — or how supposedly noble the cause for which we lie.

Voir aussi:

Is the Country Unraveling?

Can there be good news in this era of Obama’s managed decline?

Victor Davis Hanson

PJ Media
June 25, 2012

The Thrill Is Gone

The last thirty days have made it clear that Barack Obama is not going to win the 2012 election by a substantial margin. The polls still show the race near dead even with over five months, and all sorts of unforeseen events, to come. But after the Obama meltdown of April and May, I don’t think he in any way resembles the mysterious Pied Piper figure of 2008, who mesmerized and then marched the American people over the cliff. Polls change daily; gaffes and wars may come aplenty. But Barack Obama has lost the American center and now he is reduced to the argument that Mitt Romney would be even worse than he has been, as he tries to cobble together an us-versus-them 51% majority from identity groups through cancelling the Keystone Pipeline, granting blanket amnesty, ginning up the “war on women,” and flipping on gay marriage.

Mythographer in Chief

The Obama memoir is revealed not really to be a memoir at all. Most of his intimate friends and past dalliances that we read about in Dreams From My Father were, we learn, just made up (“composites”); the problem, we also discover, with the president’s autobiography is not what is actually false, but whether anything much at all is really true in it. If a writer will fabricate the details about his own mother’s terminal illness and quest for insurance, then he will probably fudge on anything. For months the president fought the Birthers who insist that he was born in Kenya, only to have it revealed that he himself for over a decade wrote just that fact in his own literary biography. Is Barack Obama then a birther?

Has any major public figure (57 states, Austrian language, corpse-men, Maldives for Falklands, private sector “doing fine,” etc.) been a more underwhelming advertisement for the quality of a Harvard education or a Chicago Law School part-time billet? Has any presidential candidate or president set a partisan crowd to laughing by rubbing his chin with his middle finger as he derides an opponent, or made a joke about killing potential suitors of his daughters with deadly Predator drones, or recited a double entendre “go-down” joke about a sex act?

From Recession to Recovery to Stasis

As we see in New Jersey, Ohio, Texas, and Wisconsin, the cure for the present economic malaise is not rocket science — a curbing of the size of government, a revision of the tax code, a modest rollback of regulation, reform of public employment, and holding the line on new taxes. Do that and public confidence returns, businesses start hiring, and finances settle down. Do the opposite — as we see in Mediterranean Europe, California, or Illinois over the last decade — and chaos ensues.

Obama took a budding recovery in June 2009, and through massive borrowing, the federal takeover of health care, new expansions of food stamps and unemployment insurance, the curtailing of oil and gas leasing on public lands, new regulations, and non-stop demagoguery of the private sector slowed the economy to a crawl. His goal seems not to restore economic growth per se but to seek an equality of result, even if that means higher unemployment and less net wealth for the poor and middle classes. Obama hinted at that in 2008 when he said he would raise capital gains taxes even if it meant less revenue, given the need for “fairness.” Indeed, equality is best achieved by bringing the top down rather than the bottom up. Nowhere is the Obama model of massive borrowing, vast increases in the size of the state, more regulations, and class warfare successful — not in California or Illinois, not in Greece, Spain, or Italy, not anywhere.

To Be or Not to Be a Fat Cat?

Culturally, Obama might at least have played the Jimmy Carter populist and eschewed the elite world that had so mesmerized Bill Clinton. Instead, Obama proved a counterfeit populist and became enthralled with the high life of rich friends, celebrities, high-priced fundraisers, and family getaways to Martha’s Vineyard or Costa del Sol. He somehow has set records both in the number of meet-and-greet campaign fundraisers and the number of golf rounds played. As Obama damned the fat cats and corporate jet owners, he courted them in preparation to joining them post-officium. It simply is unsustainable for a Hawaii prep-schooled president to talk down to black audiences in a fake black patois in warning about “them,” only to put on his polo shirt, shades and golf garb to court “them” on the links.

The Great Divide

Race? We live in a world where either the president or the attorney general will too often weigh in, and clumsily and in polarizing fashion, on any high-profile white/black legal matter. By now we got the message that we are all cowards, are not nice to Mr. Holder’s “people,” are racists in wanting audits of his performance, and are the sort of enemies the president wants punished.

We live in an age of a daily dose of the provocateur Al Sharpton and the nearly daily shrill accusations of the Black Caucus. No president ever entered office with more racial goodwill and no president has so racially polarized the country. Anyone who read the racially obsessed Dreams From My Father or reviewed the race-baiting sermons of the demented Rev. Wright could have predicted the ongoing deterioration in racial relations. We live in an age in which criticism of the president is alleged racism, creating an impossible situation: the country is redeemed only if it elects Obama, and stays redeemed only if he is reelected. How strange to read columnists one week alleging racism, and on the next warning us about the Mormon Church.

The most recent de facto amnesty is not just politically cynical, but unworkable. Consider that Obama himself warned on two earlier occasions that it would be legally impossible to do what he just did, and so he did not do it — even when he had Democratic majorities in both houses of Congress — until he was at 50/50 in the polls in a reelection fight. If we are to extend to roughly one million illegal aliens blanket amnesty on the premise that they are in or have graduated from high school and have not been convicted of a crime, then are we to deport now those who dropped out of high school (the Hispanic drop out rate in general in California is over 50%) or who have been arrested and convicted? Will this loud and public effort by the Hispanic elite to achieve amnesty for over 11 million illegal aliens moderate the MEChA/La Raza university writ that the United States is a culpable place — for how can they desire so what they so criticize? Given that Asians are now the largest immigrant group (almost all arriving legally, with either education, skills, or capital), will yet another group adopt lobbying efforts as well to increase the numbers of kindred arrivals, given that immigration policy is now predicated on ethnic and identity politics?

The Age of Transparency?

Solyndra, the reversals of the Chrysler creditors, the GSA mess, the Secret Service embarrassments, and Fast and Furious were not the new transparency. But Securitygate proved a scandal like none other in recent memory, trumping both Watergate and Iran-Contra — albeit ignored by the press. Usually administrations fight leaks from self-proclaimed whistleblowers, but do not themselves aid and abet violators of government confidentiality to promote a pathetic (reading Thomas Aquinas while selecting drone targets?) narrative of heroic wartime leadership.

Usually liberal reporters convince themselves into thinking they publish leaks as a way of speaking “truth to power,” not as near accomplices in promoting a partisan agenda. Usually leaks happen after events, not in the middle of an ongoing war against terrorists. How odd that the Obama administration has done more harm to the country than did Wikileaks. Why would the president not release subpoenaed documents to the U.S. Congress while he leaked national security secrets to the world?

Appointments? Where does one find the like of an Anita Dunn (her hero was Mao), the truther Van Jones, or Al “Crucify” Armendariz?  Do we remember guests to the Bush White House being photographed flipping off portraits of Bill Clinton? Usually Treasury secretaries are models of tax probity, not tax violators themselves. Why is the secretary of Labor issuing videos inviting illegal aliens to contact her office when lodging complaints against employers? Even John Mitchell did not violate so many ethical standards as has Eric Holder, who sees nothing wrong in appointing an Obama appointee and Obama campaign donor to investigate possible Obama administration legal violations. Why was grilling Alberto Gonzalez not racism, but doing the same to Eric Holder supposedly is? From where did “Shut the f— up” National Security Advisor Thomas Donilon appear? Fannie Mae and K Street? Do Commerce secretaries usually drive Lexuses as they promote U.S. industry?

A Patch of Blue

Can there be good news in this era of Obama’s managed decline? In fact, we have two good reasons to rejoice. One, never has the hard Left had such an ideal megaphone as Barack Hussein Obama: his identity was constructed as multicultural to the core. He put liberals at ease through his comportment and chameleon voice (ask either Harry Reid or Joe Biden). He ran hard left of Hillary Clinton and promised everything from shutting down Guantanamo to ending renditions, bringing aboard the likes of a Harold Koh from Yale and Cass Sunstein from Chicago. He was young, hip, self-described as cool, and was hailed as the best emissary of the radical liberal vision of any in decades. Historians hailed Obama as the smartest president who ever held office, disagreeing only whether he was JFK or FDR reincarnate.

And what happened? In less than 40 months, Obama destroyed the greatest bipartisan good will that any recent president has enjoyed, and has done more to discredit Keynesian neo-socialist politics than have all of talk radio, Fox News, and the internet combined. In just two years, he took a Democratic Congress and lost the House in the largest midterm setback since 1938. In other words, the people — fifty percent of whom either do not pay federal income taxes or receive some sort of state or federal entitlement or both — saw the best face of modern neo-socialism imaginable, and they were not quite sold on it.

Second, it is hard to screw up America in just four years. Look at it this way: gas and oil production has soared despite, not because of, the federal government. The rest of the world — the unraveling European Union, the Arab Spring, Putin’s Russia, aging Japan, authoritarian China, the recrudescent Marxism in Latin America — reminds us of American exceptionalism. The verdict from Wisconsin is that the statist model is over. The public union, big pension, non-fireable employee model is left only with an après nous, le déluge sigh. The private sector is not doing fine, but shortly will be when it is assured taxes won’t soar, energy will be cheaper, and Obamacare will cease. The irony is that the last four years have reminded us of what we still can be, and how we differ from most other places in the world.

Voir également:

The Real Story Of Barack Obama
A new biography finally challenges Obama’s famous memoir. And the truth might not be quite as interesting as the president, and his enemies, have imagined.
Ben Smith
BuzzFeed Editor-in-Chief
June 17, 2012

David Maraniss’s new biography of Barack Obama is the first sustained challenge to Obama’s control over his own story, a firm and occasionally brutal debunking of Obama’s bestselling 1995 memoir, Dreams from My Father.

Maraniss’s Barack Obama: The Story punctures two sets of falsehoods: The family tales Obama passed on, unknowing; and the stories Obama made up. The 672-page book closes before Obama enters law school, and Maraniss has promised another volume, but by its conclusion I counted 38 instances in which the biographer convincingly disputes significant elements of Obama’s own story of his life and his family history.

The two strands of falsehood run together, in that they often serve the same narrative goal: To tell a familiar, simple, and ultimately optimistic story about race and identity in the 20th Century. The false notes in Obama’s family lore include his mother’s claimed experience of racism in Kansas, and incidents of colonial brutality toward his Kenyan grandfather and Indonesian step-grandfather. Obama’s deliberate distortions more clearly serve a single narrative: Race. Obama presents himself through the book as “blacker and more disaffected” than he really was, Maraniss writes, and the narrative “accentuates characters drawn from black acquaintances who played lesser roles his real life but could be used to advance a line of thought, while leaving out or distorting the actions of friends who happened to be white.”

That the core narrative of Dreams could have survived this long into Obama’s public life is the product in part of an inadvertent conspiracy between the president and his enemies. His memoir evokes an angry, misspent youth; a deep and lifelong obsession with race; foreign and strongly Muslim heritage; and roots in the 20th Century’s self-consciously leftist anti-colonial struggle. Obama’s conservative critics have, since the beginnings of his time on the national scene, taken the self-portrait at face value, and sought to deepen it to portray him as a leftist and a foreigner.

Reporters who have sought to chase some of the memoir’s tantalizing yarns have, however, long suspected that Obama might not be as interesting as his fictional doppelganger. “Mr. Obama’s account of his younger self and drugs…significantly differs from the recollections of others who do not recall his drug use,” the New York Times’s Serge Kovaleski reported dryly in February of 2008, speculating that Obama had “added some writerly touches in his memoir to make the challenges he overcame seem more dramatic.” (In one of the stranger entries in the annals of political spin, Obama’s spokesman defended his boss’s claim to have sampled cocaine, calling the book “candid.”)

Maraniss’s deep and entertaining biography will serve as a corrective both to Obama’s mythmaking and his enemies’. Maraniss finds that Obama’s young life was basically conventional, his personal struggles prosaic and later exaggerated. He finds that race, central to Obama’s later thought and included in the subtitle of his memoir, wasn’t a central factor in his Hawaii youth or the existential struggles of his young adulthood. And he concludes that attempts, which Obama encouraged in his memoir, to view him through the prism of race “can lead to a misinterpretation” of the sense of “outsiderness” that Maraniss puts at the core of Obama’s identity and ambition.

Maraniss opens with a warning: Among the falsehoods in Dreams is the caveat in the preface that “for the sake of compression, some of the characters that appear are composites of people I’ve known, and some events appear out of precise chronology.”

“The character creations and rearrangements of the book are not merely a matter of style, devices of compression, but are also substantive,” Maraniss responds in his own introduction. The book belongs in the category of “literature and memoir, not history and autobiography,” he writes, and “the themes of the book control character and chronology.”

Maraniss, a veteran Washington Post reporter whose biography of Bill Clinton, First in His Class, helped explain one complicated president to America, dove deep and missed deadlines for this biography. And the book’s many fact-checks are rich and, at times, comical.

In Dreams, for instance, Obama writes of a friend named “Regina,” a symbol of the authentic African-American experience that Obama hungers for (and which he would later find in Michelle Robinson). Maraniss discovers, however, that Regina was based on a student leader at Occidental College, Caroline Boss, who was white. Regina was the name of her working-class Swiss grandmother, who also seems to make a cameo in Dreams.

Maraniss also notices that Obama also entirely cut two white roommates, in Los Angeles and New York, from the narrative, and projected a racial incident onto a New York girlfriend that he later told Maraniss had happened in Chicago.

Some of Maraniss’s most surprising debunking, though, comes in the area of family lore, where he disputes a long string of stories on three continents, though perhaps no more than most of us have picked up from garrulous grandparents and great uncles. And his corrections are, at times, a bit harsh.

Obama grandfather “Stanley [Dunham]’s two defining stories were that he found his mother after her suicide and that he punched his principal and got expelled from El Dorado High. That second story seems to be in the same fictitious realm as the first,” Maraniss writes. As for Dunham’s tale of a 1935 car ride with Herbert Hoover, it’s a “preposterous…fabrication.”

As for a legacy of racism in his mother’s Kansas childhood, “Stanley was a teller of tales, and it appears that his grandson got these stories mostly from him,” Maraniss writes.

Across the ocean, the family story that Hussein Onyango, Obama’s paternal grandfather, had been whipped and tortured by the British is “unlikely”: “five people who had close connections to Hussein Onyango said they doubted the story or were certain that it did not happen,” Maraniss writes. The memory that the father of his Indonesian stepfather, Soewarno Martodihardjo, was killed by Dutch soldiers in the fight for independence is “a concocted myth in almost all respects.” In fact, Martodihardjo “fell off a chair at his home while trying to hang drapes, presumably suffering a heart attack.”

Most families exaggerate ancestors’ deeds. A more difficult category of correction comes in Maraniss’s treatment of Obama’s father and namesake. Barack Obama Sr., in this telling, quickly sheds whatever sympathy his intelligence and squandered promise should carry. He’s the son of a man, one relative told Maraniss, who is required to pay an extra dowry for one wife “because he was a bad person.”

He was also a domestic abuser.

“His father Hussein Onyango, was a man who hit women, and it turned out that Obama was no different,” Maraniss writes. “I thought he would kill me,” one ex-wife tells him; he also gave her sexually-transmitted diseases from extramarital relationships.

It’s in that context that Maraniss corrects a central element of Obama’s own biography, debunking a story that Obama’s mother may well have invented: That she and her son were abandoned in Hawaii in 1963.

“It was his mother who left Hawaii first, a year earlier than his father,” Maraniss writes, confirming a story that had first surfaced in the conservative blogosphere. He suggests that “spousal abuse” prompted her flight back to Seattle.

Obama’s own fairy-tales, meanwhile, run toward Amercan racial cliché. “Ray,” who is in the book “a symbol of young blackness,” is based on a character whose complex racial identity — half Japanese, part native American, and part black — was more like Obama’s, and who wasn’t a close friend.

“In the memoir Barry and Ray, could be heard complaining about how rich white haole girls would never date them,” Maraniss writes, referring to Hawaii’s upper class, and to a composite character whose blackness is. “In fact, neither had much trouble in that regard.”

As Obama’s Chicago mentor Jerry Kellman tells Maraniss in a different context, “Everything didn’t revolve around race.”

Those are just a few examples in biography whose insistence on accuracy will not be mistaken for pedantry. Maraniss is a master storyteller, and his interest in revising Obama’s history is in part an interest in why and how stories are told, a theme that recurs in the memoir. Obama himself, he notes, saw affectionately through his grandfather Stanley’s fabulizing,” describing the older man’s tendency to rewrite “history to conform with the image he wished for himself.” Indeed, Obama comes from a long line of storytellers, and at times fabulists, on both sides.

Dick Opar, a distant Obama relative who served as a senior Kenyan police official, and who was among the sources dismissing legends of anti-colonial heroism, put it more bluntly.

“People make up stories,” he told Maraniss.

David Maraniss Obama Biography Questions Accuracy Of President’s Memoir
Huffington post
06/20/2012

It almost seemed too good to be true. When President Barack Obama’s 1995 memoir, « Dreams From My Father, » was re-published soon after the young politican catapulted onto the national stage with a charismatic speech at the 2004 Democratic National Convention, his amazing life story captured the hearts and minds of millions of Americans.

But like many memoirs, which tend to be self-serving, it now appears that Obama shaped the book less as a factual history of his life than as a great story. A new biography, « Barack Obama: The Story, » by David Maraniss, raises questions about the accuracy of the president’s account and delivers fresh revelations about his pot-smoking in high school and college and his girlfriends in New York City.

In his memoir, Obama describes how his grandfather, Hussein Onyango, was imprisoned and tortured by British troops during the fight for Kenyan independence. But that did not happen, according to five associates of Onyango interviewed by Maraniss. Another heroic tale from the memoir about Obama’s Indonesian stepfather, Soewarno Martodihardjo, being killed by Dutch soldiers during Indonesia’s fight for independence also is inaccurate, according to Maraniss.

The president explains in his memoir that some of the characters in his book have been combined or compressed. Maraniss provides more details about the extent of that alteration. One of Obama’s « African American » classmates was based on Caroline Boss, a white student whose Swiss grandmother was named Regina, according to Maraniss, a Washington Post editor and author who has won a Pulitzer Prize. The president also described breaking up with a white girlfriend due to a « racial chasm that unavoidably separated him from the woman, » writes Maraniss. But Obama’s next girlfriend in Chicago, an anthropologist, also was white.

The young Obama’s lack of playing time on the high school basketball team was due more to his ability than the coach’s preference for white players, Maraniss writes. And Obama’s mother likely left his father — not the other way around — after domestic abuse, note reviews of the book in the Los Angeles Times and Buzzfeed.

Here is a slideshow of the new biography’s major revelations:

Voir encore:

Though Obama Had to Leave to Find Himself, It Is Hawaii That Made His Rise Possible
David Maraniss
Washington Post
August 22, 2008

On weekday mornings as a teenager, Barry Obama left his grandparents’ apartment on the 10th floor of the 12-story high-rise at 1617 South Beretania, a mile and half above Waikiki Beach, and walked up Punahou Street in the shadows of capacious banyan trees and date palms. Before crossing the overpass above the H1 freeway, where traffic zoomed east to body-surfing beaches or west to the airport and Pearl Harbor, he passed Kapiolani Medical Center, walking below the hospital room where he was born on Aug. 4, 1961. Two blocks further along, at the intersection with Wilder, he could look left toward the small apartment on Poki where he had spent a few years with his little sister, Maya, and his mother, Ann, back when she was getting her master’s degree at the University of Hawaii before she left again for Indonesia. Soon enough he was at the lower edge of Punahou School, the gracefully sloping private campus where he studied some and played basketball more.

An adolescent life told in five Honolulu blocks, confined and compact, but far, far away. Apart from other unprecedented aspects of his rise, it is a geographical truth that no politician in American history has traveled farther than Barack Obama to be within reach of the White House. He was born and spent most of his formative years on Oahu, in distance the most removed population center on the planet, some 2,390 miles from California, farther from a major landmass than anywhere but Easter Island. In the westward impulse of American settlement, his birthplace was the last frontier, an outpost with its own time zone, the 50th of the United States, admitted to the union only two years before Obama came along.

Those who come from islands are inevitably shaped by the experience. For Obama, the experience was all contradiction and contrast.

As the son of a white woman and a black man, he grew up as a multiracial kid, a « hapa, » « half-and-half » in the local lexicon, in one of the most multiracial places in the world, with no majority group. There were native Hawaiians, Japanese, Filipinos, Samoans, Okinawans, Chinese and Portuguese, along with Anglos, commonly known as haole (pronounced howl-lee), and a smaller population of blacks, traditionally centered at the U.S. military installations. But diversity does not automatically translate into social comfort: Hawaii has its own difficult history of racial and cultural stratification, and young Obama struggled to find his place even in that many-hued milieu.

He had to leave the island to find himself as a black man, eventually rooting in Chicago, the antipode of remote Honolulu, deep in the fold of the mainland, and there setting out on the path that led toward politics. Yet life circles back in strange ways, and in essence it is the promise of the place he left behind — the notion if not the reality of Hawaii, what some call the spirit of aloha, the transracial if not post-racial message — that has made his rise possible. Hawaii and Chicago are the two main threads weaving through the cloth of Barack Obama’s life. Each involves more than geography.

Hawaii is about the forces that shaped him, and Chicago is about how he reshaped himself. Chicago is about the critical choices he made as an adult: how he learned to survive in the rough-and-tumble of law and politics, how he figured out the secrets of power in a world defined by it, and how he resolved his inner conflicts and refined the subtle, coolly ambitious persona now on view in the presidential election. Hawaii comes first. It is what lies beneath, what makes Chicago possible and understandable.

Hawaii involves the struggles of a teenage hapa at Punahou School who wanted nothing more than to be a professional basketball player. It is about his extraordinary mother, Stanley Ann Dunham, deeply loving if frequently absent. While politicians burnish their histories by laying claim to early years of community work and lives of public service, she was the real deal, devoting her career, unsung and underpaid, to helping poor women make their way in the modern world.

It is about his mysterious father, Barack Hussein Obama, an imperious if alluring voice gone distant and then missing. It is about his grandparents, Madelyn and Stan Dunham, Toot and Gramps, the white couple with whom he lived for most of his teenage years, she practical and determined, he impulsive, hokey, well-intentioned and, by his grandson’s account, burdened with the desperate lost hopes of a Willy Loman-style salesman. It is about their family’s incessant migration away from the heartland, from the Great Plains to the West Coast to Hawaii.

And that was not far enough for their daughter, who followed the Pacific farther to Indonesia and traveled the world until, at the too-early age of 52, she made her way back to Honolulu, taking an apartment next to her parents’ in the high-rise on the corner of Beretania and Punahou, to die there of cancer. It was the same year, 1995, that her son made his debut on the national stage with a book about himself that searched for the missing, the void — his dad, Kenya, Africa — and paid less attention to the people and things that had shaped his life, especially his mother.

The simple fact is that he would not exist as a human being, let alone as a politician, without his mother’s sensibility, naive or adventurous or both. Of all the relationships in Obama’s life, none has been deeper, more complex or more important. They lived under the same roof for only perhaps 12 years and were frequently apart during his adolescence, but her lessons and judgments were always with him. In some sense, because they were just 18 years apart, they grew up together, each following a singular path toward maturity.

Like many presidential aspirants before him, and perhaps most like Bill Clinton, Obama grew up surrounded by strong women, the male figures either weak or absent. Once, during the heat of the primary race between Obama and Hillary Rodham Clinton, a claim came from Bill Clinton that he « understood » Obama. As different as their backgrounds and families were, it was no doubt this strong-female-weak-male similarity that he had in mind.

* * *

Who was Obama’s mother? The shorthand version of the story has a woman from Kansas marrying a man from Kenya, but while Stanley Ann Dunham was born in Wichita in the fall of 1942, it is a stretch to call her a Jayhawk. After leaving Kansas when she was a youngster, she and her parents lived in Berkeley, Calif., for two years, Ponca City, Okla., for two years, and Wichita Falls, Tex., for three years before they ventured to the Seattle area.

They arrived in time for her to enter ninth grade at the new high school on Mercer Island, a hilly slab of land in Lake Washington that was popping with tract developments during the western boom of the postwar 1950s. The island is not much more isolated than Staten Island on the other side of the country. Just east of Seattle, it is connected to the city by what was then called the floating bridge.

The population explosion, along with a nomadic propensity, brought the Dunhams to Mercer Island. Stan was in the furniture trade, a salesman always looking for the next best deal, and the middle-class suburbs of Seattle offered fertile territory: All the new houses going up would need new living room and dining room sets. He took a job in a furniture store in Seattle.

Madelyn, who brought home a paycheck most of her life, found a job in a banking real estate escrow office, and the family settled into a two-bedroom place in a quiet corner of the Shorewood Apartments, nestled near the lakeshore in view of the Cascade Mountains. Many islanders lived there temporarily as they waited for new houses to be finished nearby. But the Dunhams never looked for another home, and they filled their high-ceilinged apartment with the Danish modern furniture of that era.

Stanley Ann was an only child, and in those days she dealt head-on with her uncommon first name. No sense trying to hide it, even though she hated it. « My name is Stanley, » she would say. « My father wanted a boy, and that’s that. » Her mother softened it, calling her Stanny or Stanny Ann, but at school she was Stanley, straight up. « She owned the name, » recalled Susan Botkin, one of her first pals on Mercer Island. « Only once or twice was she teased. She had a sharp tongue, a deep wit, and she could kill. We all called her Stanley. »

In a high school culture of brawn and beauty, Stanley was one of the brains. Often struggling with her weight, and wearing braces her junior year, she had the normal teenage anxieties, according to her friends, though she seemed less concerned with superficial appearances than many of her peers. Her protective armor included a prolific vocabulary, free from the trite and cliched; a quick take on people and events; and biting sarcasm.

John W. Hunt said those traits allowed Stanley to become accepted by the predominantly male intellectual crowd, even though she had a soft voice. « She wasn’t a shouter, but sat and thought awhile before she put forth her ideas. She was one of the most intelligent girls in our class, but unusual in that she thought things through more than anyone else, » Hunt said.

Stanley would not use her wit to bully people, her classmates recalled, but rather to slice up prejudice or pomposity. Her signature expression of disdain was an exaggerated rolling of her big brown eyes.

Susan Botkin thought back to late afternoons when she and Stanley would go downtown to the Seattle library and then hitch a ride home with Stan and Madelyn. « We would climb into the car, and immediately he would start into his routine, » she recalled. In the back seat, the daughter would be rolling her eyes, while in the front, Madelyn — « a porcelain doll kind of woman, with pale, wonderful skin, red hair, carefully coiffed, and lacquered nails » — would try to temper her husband with occasional interjections of « Now, Stan . . . »

Another high school friend, Maxine Box, remembered that they enjoyed getting rides in the old man’s white convertible and that he was always ready and willing to drive them anywhere, wanting to be the life of the party. « Stanley would gladly take the transportation from him, » Box said, but would « just as soon that he go away. They had locked horns a lot of times. » The mother, she sensed, was « a buffer between Stan and Stanley. »

Stanley and her friends would escape across the bridge into Seattle, where they hung out at a small espresso cafe near the University of Washington. Anything, Hunt said, to « get away from the suburban view. We would go to this cafe and talk and talk and talk » — about world events, French cinema, the meaning of life, the existence of God.

Their curiosity was encouraged by the teachers at Mercer Island High, especially Jim Wichterman and Val Foubert, who taught advanced humanities courses open to the top 25 students. The assigned reading included not only Plato and Aristotle, Kierkegaard and Sartre, but also late-1950s critiques of societal conventions, such as « The Organization Man » by William H. Whyte, « The Lonely Crowd » by David Riesman and « The Hidden Persuaders » by Vance Packard, as well as the political theories of Hegel and Mill and Marx. « The Communist Manifesto » was also on the reading list, and it drew protests from some parents, prompting what Wichterman later called « Mothers Marches » on the school — a phrase that conjures up a larger backlash than really occurred but conveys some of the tension of the times. « They would come up in ones and twos and threes and berate the teacher or complain to the principal, » Hunt recalled.

Wichterman and Foubert, noted Chip Wall, were « instrumental in getting us to think, and anybody who tries to do that, particularly in high school, has trouble. ‘Make my kid a thinker, but make sure he thinks like I do.’  » In tracking the Obama story this year, some conservative Web sites have seized on the high school curriculum of his mother as evidence of an early leftist indoctrination. Wall, who has spent his life challenging dogma from any ideology, and whose take on the world often veers from the politically correct, answered this interpretation with a two-word dismissal: « Oh, crap. »

Stanley was decidedly liberal. She challenged the existence of God and championed Adlai Stevenson. But while some of her friends turned toward cynicism, she did not. « She was intrigued by what was happening in the world and embraced change, » Susan Botkin recalled. « During our senior year, the Doomsday Clock seemed as close as it had ever been to boom. And the thought affected people in our class. There was a sense of malaise that permeated the group: Why bother? The boom is going to happen. But Stanley was better able to laugh it off, to look beyond it. Come out of that bomb shelter and do something. »

Their senior class graduated in June 1960, at the dawn of the new decade. A few days after commencement, Stanley left for Honolulu with her parents. Decades later she told her son that she had wanted to go to the University of Chicago, where she had been accepted, but that her father would not let her be that far from them, since she was barely 17. Her friends from Mercer Island recalled that, like many of them, she intended to stay in Seattle and go to « U-Dub, » the University of Washington, but that again her father insisted that she was too young even for that and had to accompany them to Hawaii.

That was nearly a half-century ago. Time compresses, and the high school classmates of Stanley Ann Dunham now have an unusual vantage point from which to witness the presidential campaign of her son. « You see so much of her in his face, » Maxine Box said. « And he has his grandfather’s long chin. » In watching Obama speak and answer questions, Chip Wall could « instantly go back and recognize the person » he knew decades ago. Stanley is there, he said, in the workings of the son’s mind, « especially in his wry sense of speech pattern. » The fact that her son is black was surprising but not out of character; she was attracted to the different and untouched by racial prejudice.

The hardest thing for them to grasp was that Barack Obama Jr. came into being only a little more than a year after Stanley left Mercer Island. She seemed like such an unlikely candidate for teenage motherhood, not just because of her scholarly ways and lack of boyfriends, but because she appeared to have zero interest in babies. Botkin had two little brothers and was always babysitting, she recalled, but « Stanley never even babysat. She would come over to the house and just stand back, and her eyes would blink and her head would spin like, ‘Oh, my God, what’s going on here?’ « 

In the fall of 1960, as Botkin worried about whether she had the proper clothes to go through sorority rush at U-Dub, where they pinched the young women to make sure they were wearing girdles and where nylons were part of the uniform, she received her first letter from her friend in Hawaii. Stanley was enjoying newfound freedoms. She had ditched her first name and was now going by Ann. And no more nylons and perfect outfits, either. « I’m wearing shorts and muu muus to class, » she wrote.

In the next letter, she said she was dating an African student she had met in Russian class. Botkin was more interested in the fact that her friend was studying Russian than in whom she was dating. But soon enough came a card revealing that Ann was in love, and then another that said she was married and expecting a baby in the summer.

* * *

The first African student at the University of Hawaii, Barack Hussein Obama, reached Honolulu 11 months before Stanley Ann Dunham and her parents got there from Seattle. He was on the first airlift of Kenyan students brought to study at U.S. universities as part of a program organized by Kenyan nationalist Tom Mboya and funded primarily by hundreds of American supporters. At the time, there were no colleges in Kenya, which was in the last throes of British colonialism. His arrival in Honolulu was announced in an article in a local newspaper, the Star-Bulletin, under the headline: « Young Men from Kenya, Jordan and Iran Here to Study at U.H. »

Obama told the journalist, Shurei Hirozawa, that he grew up on the shores of Lake Victoria in Kenya, in east Africa, and was a member of the Luo tribe. He said he had worked as an office clerk in Nairobi for several years to save money for college and settled on the University of Hawaii « when he read in an American magazine about its racial tolerance. »

Other accounts have said he went to Hawaii because it was the only U.S. university to offer him a scholarship, but that appears unlikely, based on this contemporaneous report. Obama told Hirozawa that he had enough money to stay in Hawaii only for two semesters unless he applied for a scholarship. He said he would study business administration and wanted to return to Kenya to help with its transition from tribal customs to a modern economy. He was concerned, he said, about his generation’s disorientation as Kenyans rejected old ways yet struggled with westernization.

Taking a room at the Charles H. Atherton branch of the YMCA, not far from campus, Obama quickly adapted to the rhythms of student life. One of his frequent hangouts was the snack bar in an old Army barracks-style building near his business classes. It was there that he met the Abercrombie brothers, first Neil and then Hal, who had escaped the darkness of Buffalo to attend graduate school in Honolulu, and their friends Peter Gilpin, Chet Gorman and Pake Zane. They were antiestablishment intellectuals, experimenters, outsiders, somewhere between beatniks and hippies, and they loved to talk and drink coffee and beer. They were immediately taken by the one and only African student in their midst.

« He was very black, probably the blackest person I’ve ever met, » recalled Zane, a Chinese Hawaiian, who now runs an antiques shop a few miles from the university. « Handsome in his own way. But the most impressive thing was his voice. His voice and his inflection — he had this Oxford accent. You heard a little Kenyan English, but more this British accent with this really deep, mellow voice that just resounded. If he said something in the room and the room was not real noisy, everybody stopped and turned around. I mean he just had this wonderful, wonderful voice. He was charismatic as a speaker. »

It was not just the voice, said Neil Abercrombie, who went on to become a congressman from Honolulu, but Obama’s entire outsize persona — the lanky 6-foot-1 frame, the horn-rimmed glasses, the booming laugh, the pipe and an « incredibly vital personality. He was brilliant and opinionated and avuncular and opinionated. Always opinionated. If you didn’t know him, you might be put off by him. He never hesitated to tell you what he thought, whether the moment was politic or not. Even to the point sometimes where he might seem a bit discourteous. But his view was, well, if you’re not smart enough to know what you’re talking about and you’re talking about it, then you don’t deserve much in the way of mercy. He enjoyed the company of people who were equally as opinionated as he was. »

An interesting note about the snack bar crowd is that, even decades later, they all pronounce the first name of their Kenyan friend « Bear-ick » — with the accent on the first syllable. That is how he referred to himself, they said. In Hawaii at least, they never heard him call himself « Buh-rock, » with the accent on the second syllable, the pronunciation his son would adopt in his adult life. Perhaps it was a minor accommodation to westernization.

In late November, a few months into Obama’s first semester, the Honolulu paper wrote another story about him, this time focusing on his positive conclusions about racial attitudes on the island. « No one seems to be conscious of color, » he said. But there were stereotypes to shatter on both sides — his of Hawaii and Hawaii’s of Africa. « When I first came here, I expected to find a lot of Hawaiians all dressed in native clothing and I expected native dancing and that sort of thing, but I was surprised to find such a mixture of races, » he acknowledged.

When asked if people questioned him about Kenya, he laughed and said: « Oh, yes. People are very interested in the Mau Mau rebellion [a long-standing uprising against the British] and they ask about race relations in Kenya. I tell them they’ve improved since the rebellion but are not perfect. They also ask if Kenya is ready for self-government. Some others ask me such questions as how many wives each man has back home, what we eat, how I dress at home, how we live, whether we have cars. »

He did not answer those questions in the story. Nor, on one matter, was he forthcoming with his friends at the university. Neither newspaper readers nor his fellow students knew that he had left a son and a pregnant wife back in Kenya.

The events in Africa intrigued Obama’s fellow students and were inevitably part of the movable discussion, which often went from the university snack bar over to the Stardust Lounge or George’s Inn, where beer pitchers cost two bucks, and then on to Peter Gilpin’s apartment nearby. As they listened to Sonny Terry and Brownie McGhee on the hi-fi, Obama pontificated on Kenya and nationalism and colonialism and his fears about what might happen. « He was very concerned that tribalism would trump nationalism, » Neil Abercrombie said. « And that people like himself would not be properly recognized, would not be fully utilized, and there would be discrimination and prejudice. Jomo Kenyatta [Kenya’s first postcolonial leader] was a Kikuyu, and Barack and Mboya were Luo, and Kikuyu were going to run things. We’d get into it that deeply. »

Late in the summer of 1960, at the start of his second year and the beginning of her first, Obama and Stanley Ann Dunham met in a beginning Russian class. He was 25; she was not yet 18. She called him « Bear-ick, » too. He called her Anna. Decades later, Ann would tell her son a story about their first date that he then depicted in his memoir, « Dreams From My Father. » « He asked me to meet him in front of the university library at one. I got there and he hadn’t arrived, but I figured I’d give him a few minutes. It was a nice day, so I laid out on one of the benches, and before I knew it I had fallen asleep. An hour later he showed up with a couple of friends. I woke up and three of them were standing over me and I heard him saying, serious as can be . . . ‘You see gentlemen, I told you she was a fine girl, and that she would wait for me.’ « 

Recounting the scene long after the fact, knowing how the relationship would end, the son was at his most lyrical. « My mother was that girl with the movie of beautiful black people in her head, flattered by my father’s attention, confused and alone, trying to break out of the grip of her own parents’ lives. The innocence she carried that day, waiting for my father, had been tinged with misconceptions, her own needs, but it was a guileless need, one without self-consciousness, and perhaps that’s how any love begins. »

This was the prelude to the beginning of the second Barack Obama, the hapa, and in the narrative he creates about his mother, here, as always after, he writes with the sensibility not so much of a son as of an acute if sympathetic psychologist, approaching condescension but not quite crossing that line.

During his time in Hawaii, the elder Obama seemed adept at walling off various aspects of his life. He eventually told Ann about a former marriage in Kenya but said he was divorced, which she would discover years later was a lie. While the scene in the book includes two friends who were with him when he arrived late for a first date with Ann, few members of the snack bar crowd remember the Obama-Dunham relationship. Hal Abercrombie said he never saw them together. Pake Zane, who left the island for a spell in 1961, could not recall Ann from those days but had precise memories of Obama.

Neil Abercrombie did remember her appearing at some of the weekend gatherings. Obama was such a strong personality, he said, that he could see how the young woman was awed and overwhelmed by him. « She was a girl, and what I mean by that is she was only 17 and 18, just out of high school. And he brought her at different times. She mostly observed because she was a kid. Everybody there was pretty high-powered grad-student types. »

Before the end of her first semester, Ann learned she was pregnant. The jolt that most parents might feel at such news from a teenage daughter was intensified for the Dunhams by the fact that the father was Obama. Madelyn Dunham has steadfastly declined requests for interviews this year, but a few years ago she talked to the Chicago Tribune’s David Mendell, who was researching his biography, « Obama: From Promise to Power. » Dunham, known for her practicality and skepticism in a family of dreamers, told Mendell that Stanley Ann had always been stubborn and nonconformist, and often did startling things, but none were more stubborn or surprising than her relationship with Obama.

When Mendell pressed her about Obama, she said she did not trust the stories the Kenyan told. Prodding further, the interviewer noted that Obama had « a great deal of charm » and that his father had been a medicine man. « She raised her eyebrows and nodded to herself, » Mendell wrote of Madelyn.  » ‘He was . . .’ she said with a long pause, ‘strange.’ She lingered on the a to emphasize ‘straaaaaange.’ « 

On Feb. 2, 1961, against Madelyn’s hopes, and against the desires of Obama’s father back in Kenya, Ann and Obama hopped a plane to Maui and got married. No guests, not even family members, were there. Barack Hussein Obama Jr. was born six months later in Honolulu.

Ann, the earnest student, dropped out of school to take care of him. Her husband finished his degree, graduating in June 1962, after three years in Hawaii, as a Phi Beta Kappa straight-A student. Then, before the month was out, he took off, leaving behind his still-teenage wife and namesake child. He did not return for 10 years, and then only briefly. A story in the Star-Bulletin on the day he left, June 22, said Obama planned a several-weeks grand tour of mainland universities before he arrived at Harvard to study economics on a graduate faculty fellowship. The story did not mention that he had a wife and an infant son.

Many years later, Barack Jr., then in high school, found a clipping of the article in a family stash of birth certificates and old vaccination forms. Why wasn’t his name there, or his mother’s? He wondered, he later wrote, « whether the omission caused a fight between my parents. »

On his way east, Obama stopped in San Francisco and went to dinner at the Blue Fox in the financial district with Hal Abercrombie, who had moved to the city with his wife, Shirley. Abercrombie would never forget that dinner; he thought it showed the worst side of his old friend, a combination of anger and arrogance that frightened him. Shirley was a blonde with a high bouffant hairdo, and when she showed up at the side of Hal and Barack, the maitre d’ took them to the most obscure table in the restaurant. Obama interpreted this as a racial slight. When the waiter arrived, Obama tore into him, shouting that he was an important person on his way to Harvard and would not tolerate such treatment, Abercrombie recalled. « He was berating the guy and condescending every time the waiter came to our table. There was a superiority and an arrogance about it that I didn’t like. »

In the family lore, Obama was accepted into graduate school at the New School in New York and at Harvard, and if he had chosen the New School there would have been enough scholarship money for his wife and son to come along. However, the story goes, he opted for Harvard because of the world-class academic credentials a Crimson degree would bring. But there is an unresolved part of the story: Did Ann try to follow him to Cambridge? Her friends from Mercer Island were left with that impression. Susan Botkin, Maxine Box and John W. Hunt all remember Ann showing up in Seattle late that summer with little Barry, as her son was called.

« She was on her way from her mother’s house to Boston to be with her husband, » Botkin recalled. « [She said] he had transferred to grad school and she was going to join him. And I was intrigued with who she was and what she was doing. Stanley was an intense person . . . but I remember that afternoon, sitting in my mother’s living room, drinking iced tea and eating sugar cookies. She had her baby and was talking about her husband, and what life held in store for her. She seemed so confident and self-assured and relaxed. She was leaving the next day to fly on to Boston. »

But as Botkin and others later remembered it, something happened in Cambridge, and Stanley Ann returned to Seattle. They saw her a few more times, and they thought she even tried to enroll in classes at the University of Washington, before she packed up and returned to Hawaii.

* * *

By the time he was 6, Barry Obama was a hyper-aware boy with much to think about. His mother had returned to school at the University of Hawaii and had received a degree in what her family considered an unlikely major — math. She had divorced Barack Obama Sr., who had finished his graduate work at Harvard and was back in Kenya, now living with a third woman. Ann had moved on and was soon to wed another international student, Lolo Soetoro, and follow him back to his home country, Indonesia, bringing Barry along. Her brief first marriage was in the past, Seattle in the remote distance, and Kansas farther still.

It was at this point that Barry developed a way of looking at his mother that essentially would last until her death three decades later. His take on her — both the ways he wanted to be like her and how he reacted against her — shaped him permanently and is central to understanding his political persona today, the contrast of an embracing, inclusive sensibility accompanied by an inner toughness and wariness. Starting at an early age, he noticed how his mother was curious and open, eager to find the best in people and situations, intent on softening the edges of the difficult world for her hapa son. There were many times when this made him think that she was naive, sometimes heartbreakingly so, and that he had to be the realist in the family. To some degree, especially as he tried to explain himself later in « Dreams From My Father, » he seemed to use his mother as a foil, setting her up as the quintessential well-intentioned white liberal idealist as a contrast to his own coming of age as a modern black man.

Whether this perception reflected objective reality is open to question. In her dealings later as a community worker and anthropologist in Indonesia and around the world, Ann showed a keen appreciation of the power structure and how to work with it or around it, and her doctoral thesis and other writings reveal a complex understanding of people and their motivations, free of dreamy idealism and wishful thinking. But she certainly tried to present the world in the most hopeful, unthreatening light to her children, first Barry and then his little sister, Maya, the daughter she bore with Soetoro.

As Maya explained recently, looking back on the way she and her brother were raised: « [She wanted to] make sure that nothing ever became acrimonious and that everything was pretty and everything was sacred and everything was properly maintained and respected — all the cultural artifacts and ways of being and living and thinking. We didn’t need to make choices. We didn’t need to discard anything. We could just have it all and keep it all. It was this sense of bounty and beauty. »

The son’s notion of his loving mother’s naivete began in Indonesia, when they arrived in the capital city, Jakarta, in 1967, joining Soetoro, who had returned to his home country several months earlier. The place was a fantasia of the unfamiliar and grotesque to young Barry, with the exotic scent of danger. Monkeys, chickens and even crocodiles in the back yard. A land of floods, exorcisms, cockfights. Lolo was off working for Union Oil, Ann taught English at the U.S. Embassy, and Barry was overwhelmed in this strange new world. He recalled those days in his memoir with more acuity than he possibly could have had as a 6-year-old, but the words reflect his perceptions nonetheless.

His mother taught him history, math, reading and social studies, waking him at 4 each morning to give him special tutoring, pouring her knowledge into his agile brain. But it was left to his stepfather to orient him in the cruel ways of the world. Soetoro taught him how to fight and defend himself, how not to give money to beggars, how to deal strictly with servants, how to interact with the world on its own unforgiving terms, not defining everything as good or bad but merely as it is.  » ‘Your mother has a soft heart,’ he told me after she tried to take the blame for knocking a radio off the dresser, » Obama quoted Soetoro in his memoir.  » ‘That’s good in a woman, but you will be a man someday, and a man needs to have more sense.’  » Men, Soetoro explained, take advantage of weakness in other men.  » ‘They’re like countries that way.’ « 

All of this, as Obama later interpreted it, related to the exercise of power, hidden and real. It was power that forced Soetoro to return to Indonesia in the first place. He had been summoned back to his country from Hawaii in 1966 and sent to work in New Guinea for a year because the ruling regime, after a widespread, bloody purge of communists and leftists, was leery of students who had gone abroad and wanted them back and under control. To his mother, power was ugly, Obama determined: « It fixed in her mind like a curse. » But to his stepfather, power was reality — and he « made his peace » with it.

Which response to the world had a deeper effect on the person Barry Obama would become? Without doubt it was his mother’s. Soetoro, described later by his daughter Maya as a sweet and quiet man, resigned himself to his situation and did not grow or change. He became a nondescript oilman, befriending slick operators from Texas and Louisiana who probably regarded him with racial condescension. He went to their parties and played golf at the country club and became western and anonymous, slipping as far away as possible from the dangers of the purge and the freedom of his student days.

Ann certainly had more options, but the one she eventually chose was unusual. She decided to deepen her connection to this alien land and to confront power in her own way, by devoting herself to understanding the people at the core of Indonesian culture, artisans and craftsmen, and working to help them survive.

Here was an early paradox that helped shape Obama’s life, one he would confront again and again as he matured and remade himself: A certain strain of realism can lead to inaction. A certain form of naivete can lead to action.

By the time Maya was born in 1970, Ann’s second marriage was coming apart. This time, there was no sudden and jarring disappearance. The relationship lingered off and on for another 10 years, and Lolo remained part of Maya’s life in a way that Barack Obama did not for Barry.

As Maya analyzed her parents’ relationship decades later, she concluded that she came along just as her mother was starting to find herself. « She started feeling competent, perhaps. She acquired numerous languages after that. Not just Indonesian, but her professional language and her feminist language. And I think she really got a voice. So it’s perfectly natural that she started to demand more of those who were near her, including my father. And suddenly his sweetness wasn’t enough to satisfy her needs. »

* * *

« Dreams From My Father » is as imprecise as it is insightful about Obama’s early life. Obama offers unusually perceptive and subtle observations of himself and the people around him. Yet, as he readily acknowledged, he rearranged the chronology for his literary purposes and presented a cast of characters made up of composites and pseudonyms. This was to protect people’s privacy, he said. Only a select few were not granted that protection, for the obvious reason that he could not blur their identities — his relatives. And so it is that of all the people in the book, the one who takes it on the chin the most is his maternal grandfather, Stan Dunham.

It is obvious from the memoir, and from interviews with many people who knew the family in Hawaii, that Dunham loved his grandson and did everything he could to support him physically and emotionally. But in the memoir, Gramps comes straight out of the plays of Arthur Miller or Eugene O’Neill, a once-proud soul lost in self-delusion, struggling against the days.

When Barry was 10, his mother made the difficult decision to send him back to Honolulu to live with her parents so he could get better schooling. He had been accepted into the prestigious Punahou School, and Madelyn and Stan had moved from a large house on Kamehameha Avenue to the apartment on Beretania, only five blocks from the campus.

Gramps now seemed as colorful and odd as those monkeys in the back yard in Jakarta. He cleaned his teeth with the red cellophane string from his cigarette packs. He told off-color jokes to waitresses. A copy of Dale Carnegie’s « How to Win Friends and Influence People » was always near at hand — and only those who lived with him knew the vast distance between his public bonhomie and his private despair. The most powerful scene in the memoir, as devastating as it is lovingly rendered, described how Stan, by then out of the furniture business and trying his hand as a John Hancock Mutual Life Insurance salesman, prepared on Sunday night for the week ahead.

« Sometimes I would tiptoe into the kitchen for a soda, and I could hear the desperation creeping out of his voice, the stretch of silence that followed when the people on the other end explained why Thursday wasn’t good and Tuesday not much better, and then Gramps’s heavy sigh after he had hung up the phone, his hands fumbling through the files in his lap like those of a card player who’s deep in the hole. »

By the time Barry returned to Hawaii, Toot had become the stable financial source in the family, well known in the local lending community. In the library of the Honolulu Advertiser, no clippings mention Stan Dunham, but Madelyn Dunham crops up frequently in the business pages. A few months before Barry arrived from Indonesia, his grandmother had been promoted to vice president at the Bank of Hawaii along with Dorothy K. Yamamoto — the first two female vice presidents in the bank’s history.

It was during Barry’s first year at Punahou School that his long-lost father stepped briefly into his life, and just as quickly disappeared again. He came for the month of December, and his mother returned from Indonesia beforehand to prepare Barry for the visit. She taught him more about Kenya and stories of the Luo people, but all of that knowledge dissolved at the first sight of the old man. He seemed far skinnier than Barry had imagined him, and more fragile, with his spectacles and blue blazer and ascot and yellowish eyes.

It was not an easy month, and what stuck in the boy’s memory were the basketball that his dad gave him as a present and two dramatic events: when his father ordered him, in front of his mother and grandparents, to turn off the TV and study instead of watching « How the Grinch Stole Christmas, » and when his father came to Miss Mabel Hefty’s fifth-grade class at Punahou’s Castle Hall to talk about Kenya. The first moment angered Barry; the second made him proud. But nothing much lingered after his father was gone.

That visit to Honolulu was bracketed by two trips that Obama’s old snack bar friends from the University of Hawaii made to see him in Kenya. Late in 1968, Neil Abercrombie and Pake Zane traveled through Nairobi on a year-long backpacking trip around the world and stayed with Obama for several days before they made their way on to the port city of Mombasa and to India. No mention was made of Ann or the boy, but it was clear to Abercrombie that his old friend’s life was not turning out as he had planned. « He seemed very frustrated, and his worst fears in his mind were coming true — that he was being underutilized, » Abercrombie said. « Everybody’s virtue is his vice, and his brilliance and his assertiveness was obviously working against him as well. »

Five years later, in 1973, Zane returned during another trip around the world.

« This time when I met Barack [Bear-ick, he said], he was a shell of what he was prior to that, » Zane recalled. « Even from what he was in 1968. . . . He was drinking very heavily, and he was very depressed and as you might imagine had an amount of rage. He felt totally vulnerable. »

Meanwhile, Barry’s circumstances had changed somewhat. His mother, separated from Lolo, was back in Hawaii with little Maya. Barry joined them in an apartment at Poki and Wilder, even closer to Punahou School. Ann was now fully engaged in the artisan culture of Indonesia and was beginning her master’s degree work in anthropology. They had no money beyond her graduate school grants.

Maya’s earliest memories go back to those years. Thirty-five years later, she can remember a filing cabinet and a rocking chair, and how she and her big brother would sit in the chair and keep rocking harder until it flipped over, which is what they wanted it to do. There was a television across from the rocker, and she would purposely stand in front of it during basketball games to irritate him. There were picnics at Puu Ualakaa State Park with Kentucky Fried Chicken and Madelyn’s homemade baked beans and coleslaw and potato salad with the skins still on. And there was Big Sandwich Night, when Gramps would haul out all the meats and cheeses and vegetables.

After three years in Hawaii, Ann had to go back to Indonesia to conduct her fieldwork. Barry had absolutely no interest in returning to that strange place, so he stayed behind with his grandparents.

* * *

Keith and Tony Peterson were rummaging through the discount bin at a bookstore in Boulder, Colo., one afternoon and came across a copy of « Dreams From My Father » several years after it was first published. « We’ve got to buy this, » Keith said to his brother. « Look who wrote it. » Barry Obama. Their friend from Punahou School. They both bought copies and raced through the memoir, absorbed by the story and especially by the sections on their high school years. They did not recognize any of the names, since they were all pseudonyms, but they recognized the smells and sounds and sensibility of the chapters and the feelings Obama expressed as he came of age as a black teenager.

This was their story, too. They wondered why Obama focused so much on a friend he called Ray, who in fact was Keith Kukagawa. Kukagawa was black and Japanese, and the Petersons did not even think of him as black. Yet in the book, Obama used him as the voice of black anger and angst, the provocateur of hip, vulgar, get-real dialogues.

But what interested the Petersons more was Obama’s interior dialogue with himself, his sense of dislocation at the private school, a feeling that no matter what he did, he was defined and confined by the expectations and definitions of white people. Keith Peterson had felt the same way, without being fully able to articulate his unease. « Now keep in mind I am reading this before [Obama] came on the national scene, » he said later. « So I am reading this still person to person, not person to candidate, and it meant a lot more for that reason. It was a connection. It was amazing as I read this book, so many decades later, at last I was feeling a certain amount of closure, having felt so isolated for so long. I wasn’t alone. I spent a good portion of my life thinking I had experienced something few others had. It was surprisingly satisfying to know I wasn’t crazy. I was not the only one struggling with some of these issues. »

But his brother Tony, who reached Punahou first, said he had regular discussions with Obama about many issues, including race. Tony was a senior when Obama was a freshman. The Petersons lived miles away, out in Pearl City, having grown up in a military family that was first based at Schofield Barracks. While Obama walked only five blocks to school, Tony had to ride city buses for an hour and a half each morning to get there.

As he remembered it, he was one of a handful of black students at Punahou then, a group that included Obama, Lewis Anthony, Rik Smith and Angie Jones. Peterson, Smith and Obama would meet on the steps outside Cooke Hall for what, with tongue in cheek, they called the Ethnic Corner. Obama and Smith were biracial, one black and white, the other black and Indian. Both of Peterson’s parents were black, but he felt uneasy because he was an academically inclined young man whom people thought « sounded white. »

« Barry had no personal reference for his blackness. All three of us were dealing with it in different ways, » Peterson recalled. « How do we explore these things? That is one thing we talked about. We talked about time. We talked about our classes. We talked about girls. We talked specifically about whether girls would date us because we were black. We talked about social issues. . . . But our little chats were not agonizing. They were just sort of fun. We were helping each other find out who we were. We talked about what we were going to be. I was going to be a lawyer. Rick was going to be a lawyer. And Barry was going to be a basketball player. »

Obama’s interest in basketball had come a long way since his absent father showed up and gave him his first ball. Now it was his obsession. He was always dribbling, always playing, either on the outdoor courts at Punahou or down at the playground on King Street across from the Baskin-Robbins where he worked part-time. He was a flashy passer with good moves to the basket but an uneven and unorthodox jump shot, pulling the ball back behind his head so far that it almost disappeared behind him. Basketball dominated his time so much that his mother worried about him. In ninth grade, at least, he was the naive one, believing he could make a life in the game.

In Tony Peterson’s senior yearbook, Obama wrote: « Tony, man, I sure am glad I got to know you before you left. All those Ethnic Corner trips to the snack bar and playing ball made the year a lot more enjoyable, even though the snack bar trips cost me a fortune. Anyway, great knowing you and I hope we keep in touch. Good luck in everything you do, and get that law degree. Some day when I am a pro basketballer, and I want to sue my team for more money, I’ll call on you. »

Barry’s mother, who had a wry sense of humor, once joked to friends that she was a pale-skinned Kansan who married a Kenyan and an Indonesian so she could have brown children who would not have to worry about sunburn. Her understanding of race was far deeper than that joke; she was always sensitive to issues of identity and made a point of inculcating her children in the cultures of their fathers. Still, there were some problems she could not resolve for them. Maya later said that her mother’s overriding desire that her children not suffer perhaps got in the way.

« She didn’t want us to suffer with respect to identity. She wanted us to think of it as a gift that we were multilayered and multidimensional and multiracial. This meant that she was perhaps unprepared when we did struggle with issues of identity. She was not really able to help us grapple with that in any nuanced way. Maybe it would make her feel like she hadn’t succeeded in surrounding us with enough love. I remember Mom wanting it not to be an issue. »

In an apparent effort to show a lifelong plot to power, some opponents last year pushed a story about Obama in which he predicted in kindergarten that one day he would be president. The conspiracy certainly seemed to go off the rails by the time he reached high school. Unlike Bill Clinton, who was the most political animal at Hot Springs High in Arkansas — organizing the marching band as though it was his own political machine, giving speeches at the local Rotary, maneuvering his way into a Senate seat at the American Legion-sponsored Boys Nation — Obama stayed away from student leadership roles at Punahou and gave his friends no clues that a few decades later he would emerge as a national political figure.

« When I look back, one of the things that stood out was that he didn’t stand out, » said Keith Peterson, who was a year younger than Obama. « There was absolutely nothing that made me think this is the road he would take. » His friends remember him as being kind and protective, a prolific reader, keenly aware of the world around him, able to talk about foreign affairs in a way that none of the rest of them could, and yet they did not think of him as politically or academically ambitious. In a school of high achievers, he coasted as a B student. He dabbled a little in the arts, singing in the chorus for a few years and writing poetry for the literary magazine, Ka Wai Ola.

The group he ran with was white, black, brown and not identified with any of the traditional social sets at the school: the rich girls from the Outrigger Canoe Club, the football players, the math guys, the drama crew, the volleyball guys. Among Obama’s friends, « there were some basketball players in there, but it was kind of eclectic, » recalled Mike Ramos, also a hapa, his mother Anglo and his father Filipino. « Was there a leader? Did we defer to Barry? I don’t think so. It was a very egalitarian kind of thing, also come as you are. »

They body-surfed at Sandy Beach Park on the south shore, played basketball day and night, went camping in the hills above the school, sneaked into parties at the university and out at Schofield Barracks, and listened to Stevie Wonder, Fleetwood Mac, Miles Davis and Grover Washington at Greg and Mike Ramos’s place across from the school or in Barry’s room at his grandparents’ apartment. (« You listen to Grover? I listen to Grover, » Mike Ramos still remembers Barry saying as a means of introducing himself during a conversation at a party.)

And they smoked dope. Obama’s drug use is right there in the memoir, with no attempt to make him look better than he was. He acknowledged smoking marijuana and using cocaine but said he stopped short of heroin. Some have suggested that he exaggerated his drug use in the book to hype the idea that he was on the brink of becoming a junkie; dysfunction and dissolution always sell in memoirs.

But his friends quickly dismissed that notion. « I wouldn’t call it an exaggeration, » Greg Ramos said. Keith Peterson said: « Did I ever party with Barack? Yes, I did. Do I remember specifically? If I did, then I didn’t party with him. Part of the nature of getting high is you don’t remember it 30 minutes later. Punahou was a wealthy school with a lot of kids with disposable income. The drinking age in Hawaii then was 18, so a lot of seniors could buy it legally, which means the parent dynamic was not big. And the other partying materials were prevalent, being in Hawaii. There was a lot of partying that went on. And Barack has been very open about that. Coming from Hawaii, that would have been so easy to expose. If he hadn’t written about it, it would have been a disaster. »

If basketball was Obama’s obsession during those years, it also served as a means for him to work out some of his frustrations about race. In the book and elsewhere, he has emphasized that he played a « black » brand of ball, freelancing his way on the court, looking to drive to the hoop rather than wait around for a pick and an open shot. His signature move was a double-pump in the lane. This did not serve him well on the Punahou varsity team. His coach, Chris McLachlin, was a stickler for precisely where each player was supposed to be on the court and once at practice ordered his team to pass the ball at least five times before anyone took a shot. This was not Obama’s style, and he had several disagreements with the coach. He never won the arguments, and the team did well enough anyway. Adhering to McLachlin’s deliberate offense, the Buffanblu won the state championship, defeating Moanalua 60-28. Obama came off the bench to score two points. So much for the dream of becoming a rich NBA star.

His senior year, his mother was back home from Indonesia and concerned that her son had not sent in his college applications. In their tensest confrontation in the memoir, he eggs her on by saying it that was no big deal, that he might goof off and stay in Hawaii and go to school part-time, because life was just one big crapshoot anyway.

Ann exploded. She had rebelled herself once, at his very age, reacting against her own parents — and perhaps against luck and fate — by ignoring their advice and getting pregnant and marrying a man she did not know the way she thought she did. Now she was telling her son to shape up, that he could do anything he wanted if he put in the effort. « Remember what that’s like? Effort? Damn it, Bar, you can’t just sit around like some good-time Charlie, waiting for luck to see you through. »

* * *

Sixteen years later, Barry was no more, replaced by Barack, who had not only left the island but had gone to two Ivy League schools, Columbia undergrad and Harvard Law, and written a book about his life. He was into his Chicago phase, reshaping himself for his political future, but now was drawn back to Hawaii to say goodbye to his mother. Too late, as it turned out. She died on Nov. 7, 1995, before he could get there.

Ann had returned to Honolulu early that year, a few months before « Dreams From My Father » was published. She was weakened from a cancer that had been misdiagnosed in Indonesia as indigestion. American doctors first thought it was ovarian cancer, but an examination at the Memorial Sloan-Kettering Cancer Center in New York determined that it was uterine cancer that had spread to her ovaries. Stan had died a few years earlier, and Madelyn still lived in the apartment on Beretania. Ann took an apartment on the same floor, and underwent chemotherapy treatments while keeping up with her work as best she could. « She took it in stride, » said Alice Dewey, chair of the University of Hawaii anthropology department, where Ann did her doctoral dissertation. « She never complained. Never said, ‘Why me?’ « 

Ann’s career had reached full bloom. Her dissertation, published in 1992, was a masterwork of anthropological insight, delineating in 1,000 pages the intricate world of peasant metalworking industries in Indonesia, especially traditional blacksmithing, tracing the evolution of the crafts from Dutch colonialism through the regime of General Suharto, the Indonesian military strongman. Her deepest work was done in Kajar, a blacksmithing village near Yogyakarta. In clear, precise language, she described the geography, sociology, architecture, agriculture, diet, class structure, politics, business and craftsmanship of the village, rendering an arcane subject in vivid, human terms.

It was a long time coming, the product of work that had begun in 1979, but Dewey said it was worth the wait: Each chapter as she turned it in was a polished jewel.

Her anthropology in Indonesia was only part of Ann’s focus. She had also worked in Lahore, Pakistan; New Delhi; and New York, helping to develop microfinancing networks that provided credit to female artisans in rural communities around the world. This was something she had begun in Jakarta for the Ford Foundation in the early 1980s, when she helped refine Bank Rakyat, set up to provide loans to farmers and other rural entrepreneurs in textiles and metalwork, the fields she knew best. David McCauley, who worked with her then, said she had earned a worldwide reputation in the development community. She had a global perspective from the ground up, he said, and she passed it along to her children, Barack and Maya.

Maya was in New York, about to start graduate school at New York University, when her mother got sick. She and her brother were equally slow to realize that the disease was advancing so rapidly. Maya had seen Ann during that visit to Sloan-Kettering, and « she didn’t look well. She was in a wheelchair . . . but I guess I thought that was the treatment. I knew that someday she would die, but it never occurred to me that it would be in November. I think children are capable of stretching out the boundaries of denial. » School always came first with Ann, and she had urged Maya to stay at NYU until the December break.

But by November her condition had worsened. She was put on morphine to ease the pain and moved from her apartment to the Straub Clinic. One night she called Maya and said she was scared. « And my last words to her, where she was able to respond, were that I was coming. I arrived on the seventh. My grandmother was there and had been there for some time, so I sent her home and talked to Mom and touched her and hugged her, and she was not able to respond. I read her a story — a book of Creole folk tales that I had with me about renewal and rebirth — and I said it was okay with me if she decided to go ahead, that I couldn’t really bear to see her like that. And she died. It was about 11 that night. »

Barack came the next day. He had just finished a book about his missing father, but now it was more clear to him than ever that his mother had been the most significant force in shaping his life. Even when they were apart, she constantly wrote him letters, softly urging him to believe in himself and to see the best in everyone else.

A small memorial service was held in the Japanese Garden behind the East-West Center conference building on the University of Hawaii campus. Photographs from her life were mounted on a board: Stanley Ann in Kansas and Seattle, Ann in Hawaii and Indonesia. Barack and Maya « talked story, » a Hawaiian phrase that means exactly what it sounds like, remembering their uncommon mother. They recalled her spirit, her exuberance and her generosity, a worldliness that was somehow very fresh and naive, maybe deliberately naive, sweet and unadulterated. And her deep laugh, her Midwestern sayings, the way she loved to collect batiks and wear vibrant colors and talk and talk and talk.

About 20 people made it to the service. When it was over, they formed a caravan and drove to the south shore, past Hanauma Bay, stopping just before they reached Sandy Beach, Barry’s favorite old haunt for body surfing. They gathered at a lookout point with a parking lot, and down below, past the rail and at the water’s edge, a stone outcropping jutting over the ocean in the shape of a massive ironing board. This was where Ann wanted them to toss her ashes. She felt connected to Hawaii, its geography, its sense of aloha, the fact that it made her two children possible — but the woman who also loved to travel wanted her ashes to float across the ocean. Barack and Maya stood together, scattering the remains. The others tossed flower petals into the water.

Suddenly, a massive wave broke over the ironing board and engulfed them all. A sign at the parking lot had warned visitors of the dangers of being washed to sea. « But we felt steady, » Maya said. « And it was this very slippery place, and the wave came out of nowhere, and it was as though she was saying goodbye. »

Barack Obama left Hawaii soon after and returned to his Chicago life.

Self-Made Man
Barack Obama’s autobiographical fictions
Andrew Ferguson
June 18, 2012

There’s a DVD that’s been sitting in its jewel box on my desk for a few years (I’ve been busy—no time to tidy up), and the other day, after reading through two brand-new books about Barack Obama, one admiring, the other ferociously disapproving, I snapped the cellophane at last and slid the disk into my computer drive.

I bought the video on a visit to Occidental College in Los Angeles, not long after Obama took office. He attended Oxy from 1979 to 1981, then lit out after his sophomore year and never returned. It must be a tricky business for a college publicist, marketing your school as the place that one of the world’s most famous men couldn’t wait to get away from, but these are highly competitive times in the liberal arts college racket, and a flack will work with what he’s got. During my visit the campus was transforming itself into a three-dimensional tribute to its most famous dropout.

In the common room of the library a shrine of sorts had been set up in a glass display case, under the famous Shepard Fairey Hope poster. The display promised to document “Barack Obama’s Occidental College Days,” but the pickings were slim. Every item on display was derivative and indirect in its relation to the man being honored. There were photos of three of his professors, a copy each of his two memoirs, an invitation that someone had received to his inauguration, and an issue of Time magazine showing a recently discovered cache of posed pictures taken of Obama by a classmate in 1980. Obama’s Occidental years have the same waterbug quality that so many periods of his life seem to have in retrospect: You see a figure traveling lightly and swiftly over the surface of things, darting away before he could leave an impression that might last. Archivists have combed college records and come up empty, mostly. Barry Obama, as he then was known, published two poems in the campus literary magazine his sophomore year. The testimony of the handful of professors who remembered him, four by my count, is hazy. He was never mentioned in the student newspaper, never wrote a letter to the editor or appeared in a photo; he failed to have his picture taken for the yearbook, so his likeness isn’t there either. A photo from 1981 celebrating Oxy’s 94th anniversary was in the display case, labeled, with eager insouciance: “An all-campus photo .  .  . included students, faculty, staff, and administrators. Perhaps Obama is included?” We can hope.

I found my DVD, called “Barack Obama’s Occidental College Days,” in the student bookstore, where shelves groaned under stacks of Obama merchandise—paperweights, caps, pennants, T-shirts, pencils, shot glasses—in which the “O” from Obama was graphically entwined with the “O” from Occidental. (You work with what you’ve got.) The film, with a cover showing a rare photo of Obama on campus, lasts no more than 15 minutes and seems padded even so. Our host is a large and enthusiastic man named Huell Howser. He sports a Hawaiian shirt and a crewcut. With an Oxy flack as guide and a cameraman in tow, he strides the sun-drenched campus and pauses here and there as if simply overwhelmed.

“This place is full of history,” he says.

“There’s a lot of history to be marked here,” the flack agrees.

On the steps of the school administration building they are almost struck dumb. Almost.

“On this spot,” our host says, Obama may have given his first political speech—a two-minute blast at the college for investing in South Africa’s apartheid regime. But we can’t be sure.

“There are no photographs,” says Howser, “but then there are very few photographs of Barack Obama at Occidental.”

“That’s right,” the flack says glumly.

Howser’s passion burns undiminished. His every glance, this way and that, says, Isn’t this something? He finds a professor who taught Obama political science. The professor says he remembers Obama, but only because of his Afro hairstyle and his improbable name. A chinwag with a former dorm-mate from freshman year—Obama moved to an apartment several miles off campus his second year, removing himself even further from the school’s day-to-day life—isn’t much help either. Howser’s imperturbable smile shows no sign of desperation even when he collars the head of alumni affairs, who boasts that his alumni association is one of only 25 in the world that could claim attachment to a U.S. president.

The host is beside himself.

“Is that right? How involved has he been in the alumni association?”

“Well, I have to admit he hasn’t been to any alumni events .  .  . ”

“Has he been a big contributor?”

The man gives one of those nods that are more headshake than nod. “He—he is on our mailing list.”

“Uh huh!”

“We have big plans to ask Mr. Obama back to campus to speak.”

Howser beams. History has that effect on people.

And there we are. You can’t help but sympathize with our host, with the flack, with the curators at the college library. They faced a challenge known to anyone who tries to account for Barack Obama: How do you turn him into a man as interesting and significant as the world-historical figure that so many people, admirers and detractors alike, presume him to be? There’s not a lot of material here. Obama had an unusual though hardly Dickensian childhood complicated by divorce, and at age 33 he wrote an extremely good book about it, the memoir Dreams from My Father. He followed it with an uneventful and weirdly passive career in politics, and he wrote an extremely not-very-good book about it, The Audacity of Hope. Then, lacking any original ideas or platform to speak of, he ran as the first half-black, half-white candidate for president and, miraculously, won. It’s a boffo finish without any wind-up—teeth-shattering climax, but no foreplay.

There are two ways to aggrandize Obama, to inflate the reality so that it meets the expectation: through derogation or reverence. The facts warrant neither approach, but they don’t deter the Obama fabulists, two of whom have just published those brand-new books I mentioned.

The Amateur, by a former New York Times magazine editor named Edward Klein, takes the first approach. Pure Obama-hatred was enough to shoot the book to the top of the Times bestseller list for the first three weeks after its release. Klein is best known as a Kennedy-watcher, author of such panting chronicles as All Too Human: The Love Story of Jack and Jackie Kennedy and Farewell, Jackie: A Portrait of Her Final Days; among the many info-bits he has tossed onto the sprawling slagheap of Kennedy lore is the news that Jackie lost her virginity in an elevator (the elevator was in Paris, where else). More recently Klein has honed his hatchet with books on Hillary Clinton and Katie Couric. Now The Amateur proves that he has mastered the techniques of such anti-Obama pioneers as Dinesh (The Roots of Obama’s Rage) D’Souza and David (The Great Destroyer) Limbaugh. He knows how to swing the sledgehammer prose, combine a leap of logic with a baseless inference, pad the paragraphs with secondary material plucked from magazine articles you’ve already read, and render the most mundane details in the most scandalized tones.

Sure, “Michelle now likes to pretend that she plays no part in personnel decisions or in formulating policy.” We’ve all heard that. And you believe it? “The facts tell quite a different story.” Facts are stubborn things! In truth, “Michelle’s aides meet regularly with the president’s senior communications team and select public events that will maximize and reinforce the Obamas’ joint message.” Wait. It gets worse. Klein has made a source of “one of Barack’s closest confidants.” And here’s what this confidant reveals: “Barack has always listened to what she has to say.” A direct quote, from source’s mouth to author’s ear. I wonder if they met in a darkened garage.

Klein has a problem with his sources—or rather, the reader should have a problem with Klein’s use of his sources, whoever they are. Blind quotes appear on nearly every page; there are blind quotes within blind quotes. The book cost him a year to research and write, he says proudly—“an exhilarating experience that took me to more than a half-dozen cities, either in person or by telephone or email.” (I visited several cities by email just this morning.) And it’s clear that all this dialing, emailing, dialing, emailing, bore little fruit. “I was at a dinner where Valerie [Jarrett] sat at our table for nearly 10 minutes,” another anonymous source divulges. “And I wasn’t particularly impressed.” Now it can be told. The book’s big revelation comes from the Rev. Jeremiah Wright. He claims, in an on-the-record interview with Klein, that in 2008 an unnamed friend of an unnamed friend of Obama sent Wright an email offering him $150,000 “not to preach at all until the November presidential election.” Republicans may seethe, but it’s odd that they would suddenly take the word of Jeremiah Wright, a publicity-seeking narcissist who says AIDS was invented by the government.

With such thin material, the only way to keep a book like The Amateur chugging along is with gallons of high-octane contempt. Yet because Klein provides so little to provoke fresh outrage—or to support the theme that Obama is “something new in American politics,” a historically unprecedented threat to the Republic—readers will have to come to the book well-stocked with outrage of their own. They will be satisfied with sentences that begin with an appeal to phony-baloney authority (“According to those who know him best”) and continue with assertions that no Obama intimate would make to Edward Klein, on or off the record: “inept in the arts of management .  .  . make[s] our economy less robust and our nation less safe .  .  .” and so on. And they’ll admire his ability to fit his theme of Obama’s villainy to any set of facts. After his election, for example, Obama didn’t take a wise man’s advice to disregard his old Chicago friends—a sign of Obama’s weakness and amateurism, Klein says. A few pages later Obama and Valerie Jarrett are accused of ignoring their old Chicago friends—a sign of coldness and amateurism. Klein gets him  coming and going.

If Klein makes Obama something he’s not by hating him more than he should, David Maraniss, a reporter for the Washington Post and a biographer of Bill Clinton and Vince Lombardi, takes the opposite approach. Klein is an Obama despiser, Maraniss is a big fan—big fan. Klein assumes the worst of his subject at every turn, Maraniss gives Obama every benefit of the doubt, sometimes with heroic effort. Klein writes hastily and crudely, Maraniss writes with great care, veering now and then into those pastures of purple prose that Obama frequently trod in his own memoir. Klein’s book aims for a limited but sizable audience of readers who already despise Obama as much as he does, and therefore don’t require footnotes or any other apparatus of verification; Maraniss, with 30 pages of notes, has grander ambitions to satisfy anyone curious about Obama’s upbringing and family life. Klein’s book is a squalid little thing, Maraniss’s is not.

It is not, however, the book that Obama lovers will hope for—maybe not the book that Maraniss thinks it is. Prepublication, his splashiest piece of news has been the extent of the future president’s love for, and consumption of, marijuana. Through high school—he apparently lost the taste for pot sometime in college—Obama’s ardor reached Cheech and Chong levels. His circle of dopers called themselves the “Choom Gang,” after a Hawaiian word for inhaling pot, and the phrase is already threatening to enter the common language, ironically or otherwise. (I Googled it today and got 560,000 hits, pardon the expression.)

Obama politically indemnified himself against charges of youthful drug use by admitting them in his memoir, though he was smart enough to avoid the words “Choom Gang.” Even at 33, when he wrote his book, he had his eye on a political landscape that would require acknowledgment if not full disclosure of youthful “experimentation,” as the charming euphemism went. In Dreams, he treats the drug use as another symptom of his singular youthful confusion. Maraniss’s explanation is less complicated: Obama really, really liked to get high. Maraniss offers similarly unblinkered portraits of Obama’s appalling father, a vain, wife-beating bigamist and drunk, and of Obama’s maternal grandfather, who comes off in Dreams as a latter-day Micawber, innocent and luckless. Maraniss hints at a darker, even slightly menacing figure. And he discovers some sharp edges beneath the flowing muumuu of Obama’s mother, more often depicted as an idealistic flower-child-turned-scholar (or, in the Klein-reading camp, a Communist agitator).

Maraniss’s book is most interesting for the light it casts on Obama’s self-invention, which is of course the theme of Dreams from My Father: a sensitive and self-aware young man’s zig-zagging search for a personal identity in a world barely held together by fraying family ties, without a cultural inheritance, confused and tormented by the subject of race. Dreams is a cascade of epiphanies, touched off one by one in high school, at Oxy, in New York and Chicago, and, at book’s end, before his father’s grave in Africa. Years before Obama haters could inflate him into an America-destroying devil or Obama worshippers spied those rolling swells of greatness that have yet to surface, Barack Obama was carefully fashioning from his own life something grander than what was there. He was the first Obama fabulist.

Obama himself drops hints of this in Dreams. He writes in his introduction that the dialogue in the book is only an “approximation” of real conversations. Some of the characters, “for the sake of compression,” are “composites”; the names of others have been changed. All of this is offered to the reader as acceptable literary license, and it is, certainly by the standards of the early 1990s, back in the day when publishers flooded bookstores with memoirs of angst-ridden youth and there were still bookstores to flood. Yet the epiphany-per-page ratio in Obama’s memoir is very high. The book derives its power from the reader’s understanding that the events described were factual at least in the essentials. Maraniss demonstrates something else: The writer who would later use the power of his life story to become a plausible public man was making it up, to an alarming extent.

At least it should be alarming to admirers of Dreams. Early on Obama signals that his book will be more self-aware, more detached and ironical, than most youthful memoirs, especially those involving the humid subject of race. Thus we meet Ray, a classmate at Punahou School in Hawaii. Ray is black and radicalized, and given to racially charged rants about “white folks,” a term the narrator comes to despise.

 “Sometimes, after one of his performances,” Obama writes, “I would question his judgment, if not his sincerity. We weren’t living in the Jim Crow South, I would remind him. We weren’t consigned to some heatless housing project in Harlem or the Bronx. We were in goddamned Hawaii.”

Still Ray’s rants continue, and Obama continues to listen. Ray complains the football coach won’t start him, despite his superior skill, because he’s black; Obama is clearly being passed up by the basketball coach on account of his race, too. The white girls refuse to go out with them—for the same reason.

“Tell me we wouldn’t be treated different if we was white. Or Japanese.”

Racial resentment is the key to Ray. In Maraniss’s words, he’s “a symbol of young blackness, a mix of hot anger and cool detachment,” racially authentic in a way none of Obama’s other friends were. He provides a crucial example of the resentment that Obama is tempted by but at last outgrows.

But Ray wasn’t really there—didn’t exist, in fact. Ray is a “reinvention” of one of Obama’s friends, Maraniss tells us. His mother was half-black and half-American Indian; his father was .  .  . Japanese. His name was Keith Kakugawa, and he had no trouble dating white girls; his girlfriend at the time was the base admiral’s daughter. Maraniss discovered that Obama’s luck with girls, whatever their melanin count, was just as robust as Keith’s. With a Japanese name, Kakugawa would have trouble—more trouble than half-black Barry Obama—identifying himself as an African American and speaking as one. If Kakugawa was Ray, then the rants and the attitudes they represent are in this instance made up, and the story line of Dreams—the story of Obama’s life as we have learned it—loses an essential foil.

“Somewhere between pseudonymous and fictitious,” Maraniss writes, gently as always, “Ray was the first of several distorted or composite characters employed in Dreams for similar purposes.” But it’s the purposes themselves that are worrisome. Maraniss cuts Obama much more slack than he would, say, if he were an editor at the Washington Post magazine fact-checking a memoir he hoped to publish. He’s right to accept some invention from a memoirist who insists on telling his story through precise rendering of scenes and dialogue. But a memoir is just realist fiction unless the “composite” says and does things that were done and said by someone. In Dreams many of the crucial epiphanies, the moments that advance the narrator’s life and understanding to its closing semi-resolution, didn’t happen.

That first year at Oxy, Obama writes, he was “living one long lie,” crippled by self-consciousness and insecurity. (Many freshmen have known the feeling.) But then Barry Obama meets Regina.

“Regina .  .  . made me feel like I didn’t have to lie,” he writes. The two are introduced by a mutual friend, Marcus, in the campus coffee shop. She asks him about the name Barry—and becomes, in a liberating moment, one of the first to call him by his given name, Barack. More important, “she told me about her childhood in Chicago.” It was an authentic black American experience, he learns: “the absent father and struggling mother,” the rundown six-flat on the South Side, along with the compensations of an extended family—“uncles and cousins and grandparents, the stew of voices bubbling up in laughter.”

“Her voice evoked a vision of black life in all its possibility, a vision that filled me with longing—a longing for place, and a fixed and definite history.”

The afternoon with Regina transforms Barack. “Strange how a single conversation can change you,” he writes, setting up the ol’ epiphany.

“I had felt my voice returning to me that afternoon with Regina .  .  . [and] entering sophomore year I could feel it growing stronger, sturdier, that constant, honest portion of myself, a bridge between my future and my past.”

And the rest is history.

Except .  .  . there is layer upon layer of confusion here. When Maraniss inquired, Obama’s closest black friend at Occidental couldn’t recognize any real-life counterparts to the characters of Regina and Marcus, and in fact neither of them existed. Regina, Maraniss thinks, was the combination of a wealthy white girl (there were lots of them at Oxy, then and now, none overly familiar with the authentic black American experience) and a female black upperclassman who grew up middle class. Which part of Regina belonged to which real person isn’t mentioned and probably not discoverable. But that crucial background that Regina recounts to the narrator—the upbringing that inspired Obama to discover his voice and set in motion a train of events that led him to leave Occidental and the West for New York City and Columbia University—belonged to neither of Obama’s friends. The background, Maraniss says, may have been drawn from Michelle Robinson (later Obama), whom Obama would not meet for another 10 years. It’s like an epiphany in a time warp. And even then the facts are obscured: Michelle’s father never left his family, as Regina’s did.

Going back to Dreams after several years, and after reading Maraniss’s impressive book, you can get a bad case of the jumps. Take this spat between Regina and Barry, occurring the evening after his big antiapartheid speech, given on those steps that years later would wow Huell Howser:

    Regina came up to me and offered her congratulations. I asked her what for.

“For that wonderful speech you gave.”

.  .  . “It was short anyway.”
Regina continues:

“That’s what made it so effective. .  .  . You spoke from the heart, Barack. It made people want to hear more. .  .  .”

“Listen, Regina,” I said, cutting her off, “you are a very sweet lady. And I’m happy you enjoyed my little performance today. But that’s the last time you will ever hear another speech out of me. .  .  . I’m going to leave the preaching to you.” .  .  .

“And why is that?”

I sipped my beer, my eyes wandering over the dancers in front of us.

“Because I’ve got nothing to say, Regina .  .  .”

Knowing what we know now—that this intelligent, socially aware, fatherless girl from the South Side didn’t exist, by whatever name—we can only hope that there was some “very sweet lady” at Occidental who actually did flatter Barack Obama in this way, at that moment. If it’s pure invention it reads like a testy exchange between Norman Bates and his mother.

What’s dispiriting is that throughout Dreams, the moments that Obama has invented are precisely the occasions of his epiphanies—precisely those periodic aha! moments that carry the book and bring its author closer to self-discovery. Without them not much is left: a lot of lovely writing, some unoriginal social observations, a handful of precocious literary turns. Obama wasn’t just inventing himself; he was inventing himself inventing himself. It made for a story, anyway.

We can see the dilemma he faced. Obama signed a contract to write a racial memoir. They were all the rage in those days, but in fact their moment had passed. Even with the distant father and absent mother, the schooling in Indonesia and the remote stepfather, Obama lived a life of relative ease. He moved, however uncomfortably, into one elite institution after another, protected by civil rights laws, surrounded by a popular culture in which the African-American experience has embedded itself ineradicably. As Obama’s best biographer, David Remnick, observed, this wasn’t the stuff of Manchild in the Promised Land; you couldn’t use it to make the Narrative of the Life of Frederick Douglass or the Auto-biography of Malcolm X. So Obama moved the drama inside himself, and said he’d found there an experience both singular and universal, and he brought nonexistent friends like Regina and Ray to goose the story along.

He did in effect what so many of us have done with him. He created a fable about an Obama far bigger and more consequential than the unremarkable man at its center. He joins us, haters and idolaters, as we join Huell Howser, looking this way and that, desperately trying to see what isn’t there. Isn’t that something?

Andrew Ferguson is a senior editor at The Weekly Standard.  A graduate of Occidental College, he reviewed Dreams from My Father and The Audacity of Hope in our February 12, 2007, issue.

The shaping of a president: David Maraniss chronicles Obama’s early years
Dave Cieslewicz

Isthmus

07/19/2012

This is a story about a girl named Stan.

David Maraniss’ Barack Obama: The Story (Simon & Schuster, $33) might have been better titled Stanley Ann Dunham: Her Story.

Stanley Ann Dunham was the president’s mother, and she is the central character in Madison native Maraniss’ 600-page epic, which ends long before her son enters politics, much less the Oval Office.

If you’re disappointed by this, don’t be. Read the book. Stanley Ann Dunham’s unlikely, uneven, unconventional weaving together of a life is fascinating in itself. But it is significant in history because along for much of that weaving was a little boy and young man who was shaped by following her through her world, and now that man shapes our world as the leader of its most powerful nation.

Barack Obama’s namesake, his father, appears, but relatively briefly, probably playing more of a role in the book than he did in his son’s life. The senior Obama is portrayed as brilliant (stopping just short of earning a doctorate in economics from Harvard in three years), driven, charismatic, but also arrogant and abusive both psychologically and physically. And, as he grew older, all of his less endearing traits were magnified by a deepening relationship with alcohol. Maraniss suggests it was lucky for his son that Barack Obama Sr. stayed out his life.

The real story is Stanley Ann, named, some say, after her father Stanley Dunham, though Maraniss advances a more or less convincing theory that it was really her mother, Madelyn, who named her after a character in a B movie played by Bette Davis. Madelyn Payne Dunham of small-town Kansas longed for sophistication. Bette Davis personified it, and the film in which Davis played a woman named Stanley seemed to embody the bold breaking loose of convention that Madelyn wanted and that was passed along to her daughter.

Parenthetically, Madelyn Payne Dunham played a small role in Madison’s connection to the historic 2008 campaign of her grandson. Near the end of the campaign, Barack Obama canceled what would have been a massive Madison rally so he could return to Hawaii and be at her side in her final days.

In Maraniss’ book, Madelyn’s grandson does not even make an appearance until chapter six, and then he’s mostly tagging along as his mother marries and divorces his father, moves from Seattle to Hawaii and back to Seattle, and then goes to Jakarta, where she marries an Indonesian man and has with him a daughter, Barack’s half-sister. Along the way, Dunham acquires a college degree and works a series of academic odd jobs on her way to a Ph.D. in anthropology.

The senior Barack Obama is eventually killed in a car accident fueled by alcohol, but by that point it hardly matters. His contribution to history is his genes, all nature, no nurture. The nurturing role belonged mostly to Stanley Ann.

Maraniss shows us in intricate detail how the personality of the president was shaped. How a young boy of high intelligence and good humor adapted to his constantly changing and sometimes odd surroundings, learning, absorbing, finding a way to get along and to blend in, but also staying apart, since he never knew what was around the next corner with his footloose mom.

He acquired a lifelong habit of holding some of himself back, watching what played out in front of him and, to use Maraniss’ central theme, « avoiding the traps » of life.

Barack Obama may be one of the least qualified men ever to occupy his office. His experience on the national stage amounts to four years as a junior U.S. senator. And yet, thanks to his mother, there were few who understood the world better.

His face is a map of the world. Maraniss reports that Obama’s heritage is 50% Lou (an African tribe), 37.4% English, 4.4% German, 3.125% Irish, 3.125% Scottish, 1.56% Welsh, 0.195% Swiss, and 0.097% French. Maraniss proves conclusively that the president is not a Muslim, but reveals he is French. For Rush Limbaugh conservatives, which is worse?

More important than Obama’s genetic makeup is his life experience. Not only did he grow up in Indonesia and Hawaii, but he also grew up amid diversity in both places, which brought him into casual, daily contact with Africans, Asians, Natives and Caucasians, people of all kinds of ethnic variations and political and social differences.

What he did not experience in his early life is mainland, American-style racism. Growing up in places that were diverse, he never had to confront his identity as a black man until his college years. There are no slaves in the Obama family tree, and he missed most of the tumultuous civil rights struggle because of his youth and the physical distance from the mainland.

There is an amusing section on the future president’s more than casual acquaintance with marijuana as a high school student in Hawaii. I won’t ruin the fun, but if you get the e-book, search for « Choom Gang, » « Total Absorption » (the opposite of not inhaling) and « Roof Hits. » Enough said.

Even when Barry, which is how he was known, finally made it to the mainland as a college freshman, he chose elite Occidental College in Los Angeles, a diverse environment in a sheltered section of the city that gave him virtually no taste of the typical experience of blacks in America.

In fact, one of his Oxy college friends said that Barry, who was starting to refer to himself as Barack in part to reconnect to his black roots, decided to transfer after his sophomore year to Columbia in New York so that he could « discover blackness in America. »

What hits home in Maraniss’ book is how race was, for Barack Obama, primarily an intellectual journey of study and self-discovery. He had to discover his blackness.

This sets him apart from the dominant African American experience, and it accounts for some of the reluctance on the part of veteran civil rights advocates like Jesse Jackson to embrace his candidacy early on. The feeling was apparently mutual. As a student at Columbia, Obama saw Jackson speak at a rally and came back unimpressed.

The argument can be made that Barack Obama, raised by a white mother and white grandparents, is half white genetically and more than that culturally. But the reality of race in America is that skin color trumps everything. It is not, still and sadly, the content of your character that shapes how you are perceived, at least initially.

This is a central theme of Obama’s memoir, Dreams From My Father, which Maraniss dissects in his own book. In what is probably the memoir’s most memorable scene, one Obama referred to often in the 2008 campaign, his white, Kansas-bred grandmother expresses fear of a black man she encounters at a bus stop simply because he is black.

That incident happened while the most important person in his life, his mother, was off doing her graduate research in Indonesia. During this period and for the rest of Obama’s life, Stanley Ann Dunham makes only cameo appearances in Maraniss’ book, but he leaves little doubt that the choices she made in her life, and for her son, set him on a trajectory that made him the man he became.

And even in death in 1995, at the age of 52, she had an impact on her son. Her struggle with cancer was a theme he used often as he argued for a health care overhaul.

Most of the press about Maraniss’ book has focused on the discrepancies between what he found and what Obama wrote in Dreams From My Father, or on the revelations of college girlfriends. Neither strikes me as all that important compared to the narrative surrounding Stanley Ann. Maraniss forgives most of the discrepancies as poetic license that Obama admits to at the start of his memoir. He was trying to write literature as much as a factual account of his life, and he didn’t try to deceive.

As for the girlfriends’ accounts of a charismatic but ultimately distant lover, they make for interesting reading. But his character had already been shaped by his experiences with his mother and grandparents. By the time we meet the girlfriends, they are reporting on what we already know.

If the book has a flaw, it’s that there is too much of it. For example, did I really need to learn that Obama’s grandmother’s high school Latin class met on the second floor of the southeast corner of the school? Or what Obama’s phone number was when he was a student at Columbia in 1981? (It was 401-2857.)

The book also wanders into countless narrative cul de sacs, detailing the lives, and sometimes the deaths, of people who have only a tangential relationship to Obama. We get pages of detail on the funeral of Tom Mboya, a Kenyan political operative and an important figure in Obama’s father’s life, but a man the younger Obama never met.

But in the end, when a reader is in the hands of a skilled writer it’s a small complaint to say that there’s too much good writing.

Maraniss is a reporter and editor for The Washington Post. He grew up in Madison and spends his summers here, where he wrote much of the book.

Whatever else you’ve got going this summer, it’s worth your time to read Barack Obama: The Story, if only to marvel at the twists and spellbinding turns in the life of the girl named Stanley who shaped – almost entirely for the better – the personality of the most powerful human being on the planet.

As Obama wrote, « It was my mother’s fundamental faith – in the goodness of people and in the ultimate value of this brief life we’ve been given – that channeled [my] ambitions. »

Dave Cieslewicz is the former mayor of Madison. He blogs as Citizen Dave at TheDailyPage.com.

Will Oprah Give Our President the James Frey Treatment?
Mendy Finkel

American thinker

June 27, 2012

Back in 2006, Oprah Winfrey admitted to feeling embarrassed after learning that James Frey, whose memoir she had praised and promoted, fabricated many of his life stories. And as we would expect from a woman who rose from poverty to build a powerful media empire, Oprah did not take this sitting down. She invited Frey back on her show to confront him face-to-face.

The interview, for anyone who missed it, was not for the faint of heart. Throughout the interview, Oprah supplied a healthy serving of indignation and anger to a hapless Mr. Frey. In describing the interview, TIME magazine noted that a « public flogging » would have been civil in comparison. Indeed, Oprah told Frey that her feelings of disgust towards him were so strong that it was « difficult for her to talk to [him]. »

Most of the media applauded Oprah’s performance. The Washington Post’s Richard Cohen labeled Oprah the « Mensch of the year. » And Maureen Dowd thought « [i]t was a huge relief, after our long national slide into untruth and no consequences, into Swift boating and swift bucks, to see the Empress of Empathy icily hold someone accountable for lying. » In other words, many members of the media agreed with Oprah that fabricating stories in a memoir is no small matter.

So if Oprah and much of the media had this strong a reaction to misrepresentations made by a previously unknown man who was just trying to make his life story sound a little exciting, one can only imagine how strong her reaction would be to a politician who was misrepresenting his life story to further his political career.

Which brings us to our president. After watching Obama’s speech at the Democratic National Convention in 2004, Oprah became Obama’s most prominent supporter. And much as with Frey, Oprah’s initial support for Obama was based largely on his life story. Not only did she invite Obama on her show to discuss his memoir, Dreams from My Father, but in 2006, even before he officially entered the presidential race, Oprah publicly endorsed Obama for president. Oprah’s endorsement received tremendous media attention, prompting TIME magazine to put Obama on the cover with the caption « Why Barack Obama could be the next president. »

According to a CBS poll, more than a third of all American’s said that most people they knew were more inclined to vote for Obama as a result of Oprah’s endorsement. It would no exaggeration to say that Oprah’s endorsement played a significant role in Obama becoming president.

So what could possibly undermine Oprah’s admiration of our president? Well, it has recently been discovered by Washington Post editor and Obama biographer David Maraniss that Obama’s memoir likely went much farther than just the character « compression » and chronology rearrangement that Obama admitted to in his memoir’s introduction. Maraniss reveals in his new book that, much like Frey’s memoir, Dreams contains fabrications of material aspects of Obama’s life narrative.

In his review of Maraniss’ book, Andrew Ferguson of the Weekly Standard details the extent to which Obama’s memoirs depart from Obama’s actual life story. Ferguson writes:

[W]hat’s dispiriting is that throughout Dreams, the moments that Obama has invented are precisely the occasions of his epiphanies- — precisely those periodic aha! moments that carry the book and bring its author closer to self-discovery. Without them not much is left[.]

He explains that all the episodes in Dreams where Obama faced any character defining struggle were simply made up; the conversations never happened, and the characters never existed. This wasn’t a case of Obama combining several events, which together lead him to the same place anyway; it’s Obama inventing events that perfectly suited the narrative he was trying create for himself.

To be sure, Maraniss is not the first person to discover fabrications in Obama’s memoir. In fact, conservative writers and bloggers have been noting many of these inconsistencies and misstatements for the past couple of years. The only difference is that as an editor of the Washington Post, Maraniss is too prominent a liberal for the media to ignore. Indeed, many of these fabrications have been covered by news media outlets such as the New York Times, the Los Angeles Times, and Buzzfeed since his book was published.

Ultimately, what Maraniss did discover is that Obama’s actual upbringing was simply too comfortable and boring to lend itself to a compelling memoir. So he did what Frey did and turned an otherwise mundane life story into a more meaningful and interesting one.

At this point, it would hardly be surprising if Oprah felt embarrassed, having endorsed Obama’s presidency and praised his memoir. Ever since she did so, her career has been in a steep decline. With enough encouragement from the media, perhaps she’ll even try to arrange another interview to confront Obama on these charges. That is, if she could even stand to talk to him at this point.

The Obama-Ayers Connection
Dick Morris
Real Clear politics
October 8, 2008

In the best tradition of Bill Clinton’s famous declaration that the answer to the question of whether or not he was having an affair with Monica depended on « what the definition of ‘is’ is, » Barack Obama was clearly splitting hairs and concealing the truth when he said that William Ayers was « just a guy who lives in my neighborhood. »

The records of the administration of the Chicago Annenberg Challenge (CAC), released last week by the University of Illinois, show that the Ayers-Obama connection was, in fact, an intimate collaboration and that it led to the only executive or administrative experience in Obama’s life.

After Walter Annenberg’s foundation offered several hundred million dollars to American public schools in the mid-’90s, William Ayers applied for $50 million for Chicago. The purpose of his application was to secure funds to « raise political consciousness » in Chicago’s public schools. After he won the grant, Ayers’s group chose Barack Obama to distribute the money. Between 1995 and 1999, Obama distributed the $50 million and raised another $60 million from other civic groups to augment it. In doing so, he was following Ayers’s admonition to grant the funds to « external » organizations, like American Community Organizations for Reform Now (ACORN) to pair with schools and conduct programs to radicalize the students and politicize them.

Reading, math and science achievement tests counted for little in the CAC grants, but the school’s success in preaching a radical political agenda determined how much money they got.

Barack Obama should have run screaming at the sight of William Ayers and his wife, Bernadette Dohrn. Ayers has admitted bombing the U.S. Capitol building and the Pentagon, and his wife was sent to prison for failing to cooperate in solving the robbery of a Brink’s armored car in which two police officers were killed. Far from remorse, Ayers told The New York Times in September 2001 that he « wished he could have done more. »

Ayers only avoided conviction when the evidence against him turned out to be contained in illegally obtained wiretaps by the FBI. He was, in fact, guilty as sin.

That Obama should ally himself with Ayers is almost beyond understanding. The former terrorist had not repented of his views and the education grants he got were expressly designed to further them.

So let’s sum up Obama’s Chicago connections. His chief financial supporter was Tony Rezko, now on his way to federal prison. His spiritual adviser and mentor was the Rev. Jeremiah Wright, of « God damn America » fame. And the guy who got him his only administrative job and put him in charge of doling out $50 million is William Ayers, a terrorist who was a domestic Osama bin Laden in his youth.

Even apart from the details of the Obama/Ayers connection, two key points emerge:

a) Obama lied and misled the American people in his description of his relationship with Ayers as casual and arm’s-length; and

b) Obama was consciously guided by Ayers’s radical philosophy, rooted in the teachings of leftist Saul Alinksy, in his distribution of CAC grant funds.

Since Obama is asking us to let him direct education spending by the federal government and wants us to trust his veracity, these are difficulties he will have to explain in order to get the votes to win.

Now that Obama is comfortably ahead in the polls, attention will understandably shift to him. We will want to know what kind of president he would make. The fact that, within the past 10 years, he participated in a radical program of political education conceptualized by an admitted radical terrorist offers no reassurance.

Why did Obama put up with Ayers? Because he got a big job and $50 million of patronage to distribute to his friends and supporters in Chicago. Why did he hang out with Jeremiah Wright? Because he was new in town, having grown up in Hawaii and Indonesia and having been educated at Columbia and Harvard, and needed all the local introductions he could get to jump-start his political career. Why was he so close to Rezko?

Because he funded Obama’s campaigns and helped him buy a house for $300,000 less than he otherwise would have had to pay.

Not a good recommendation for a president.
//Morris, a former political adviser to Sen. Trent Lott (R-Miss.) and President Bill Clinton, is the author of « Outrage. » To get all of Dick Morris’s and Eileen McGann’s columns for free by email, go to http://www.dickmorris.com.

Exclusive – The Vetting – Senator Barack Obama Attended Bill Ayers Barbecue, July 4, 2005
Joel B. Pollak
Breitbart
4 Jun 2012

As a presidential candidate in 2008, Barack Obama disavowed any connection with former domestic terrorist Bill Ayers, the Weather Underground radical who was one of Obama’s early backers and his colleague on the board of the Woods Fund in Chicago. We now have proof that Obama’s association with Ayers continued even after Obama had been elected to represent Illinois in the U.S. Senate–in the form of a now-scrubbed blog post placing Obama at the home of Ayers and his wife, fellow radical Bernardine Dohrn, on July 4, 2005.
Dr. Tom Perrin, Assistant Professor of English at Huntingdon College in Montgomery, Alabama, was a graduate student at the University of Chicago at the time, and maintained a blog called “Rambling Thomas.” He lived next door to Ayers and Dohrn in Hyde Park. He wrote at 8:44 a.m. on July 6, 2005:

Guess what? I spent the 4th of July evening with star Democrat Barack Obama! Actually, that’s a lie. Obama was at a barbecue at the house next door (given by a law professor who is a former member of the Weather Underground) and we saw him over the fence at our barbecue. Well, the others did. It had started raining and he had gone inside be the time I got there. Nevertheless.
Dohrn is a Clinical Associate Professor of Law at Northwestern University, and Chicago did, in fact, record rainfall on the Fourth of July holiday in 2005.

Breitbart News attempted to contact Dr. Perrin for further comment:

Dear Dr. Perrin,

My name is Joel Pollak, and I am the Editor-in-Chief of Breitbart News.

We came across your blog entry from July 2005 in which you mentioned that then-Senator Obama had been a guest at the Ayers/Dohrn house next door.

http://ramblingthomas.blogspot.com/2005_07_01_archive.html

I was wondering if you could provide more detail.

Many thanks,

Joel Pollak
Dr. Perrin did not respond. He did, however, delete his entire blog from the Internet.

Of course, Breitbart News had saved a screen grab of the blog beforehand:

Obama’s presence–as a U.S. Senator–at the Ayers barbecue has been confirmed by another source, who told Breitbart News: “I too saw Obama at a picnic table in the Ayers/Dohrn backyard, munching away–on the 4th of July.”

The fact that Obama socialized with Ayers and Dorn contradicts the statement that Obama campaign spokesman Ben LaBolt gave the New York Times in 2008:

Mr. LaBolt said the men first met in 1995 through the education project, the Chicago Annenberg Challenge, and have encountered each other occasionally in public life or in the neighborhood. He said they have not spoken by phone or exchanged e-mail messages since Mr. Obama began serving in the United States Senate in January 2005 and last met more than a year ago when they bumped into each other on the street in Hyde Park.
That statement now appears to be “Clintonian” in its dance around the truth. Obama and Ayers may not have emailed or spoken by phone, but they had, we now know, spoken face to face–at least on July 4, 2005, and perhaps at other times as well.

The continued connection between Obama and his radical, domestic terrorist associates until mere months before he launched his presidential campaign is sharply at odds with the way Obama minimized the relationship, as well as the way the media largely sought to portray it as an insignificant part of Obama’s past.

Whatever differences may have emerged between Obama and Ayers–and other far-left fellow travelers–since Obama took office and grappled with the realities of governing, Obama’s migration towards the mainstream of American politics is very recent, and likely opportunistic. His intellectual and political roots remain extreme.

Obama’s Third-Party History
New documents shed new light on his ties to a leftist party in the 1990s.
Stanley Kurtz
National Review
June 7, 2012

On the evening of January 11, 1996, while Mitt Romney was in the final years of his run as the head of Bain Capital, Barack Obama formally joined the New Party, which was deeply hostile to the mainstream of the Democratic party and even to American capitalism. In 2008, candidate Obama deceived the American public about his potentially damaging tie to this third party. The issue remains as fresh as today’s headlines, as Romney argues that Obama is trying to move the United States toward European-style social democracy, which was precisely the New Party’s goal.

In late October 2008, when I wrote here at National Review Online that Obama had been a member of the New Party, his campaign sharply denied it, calling my claim a “crackpot smear.” Fight the Smears, an official Obama-campaign website, staunchly maintained that “Barack has been a member of only one political party, the Democratic Party.” I rebutted this, but the debate was never taken up by the mainstream press.

Recently obtained evidence from the updated records of Illinois ACORN at the Wisconsin Historical Society now definitively establishes that Obama was a member of the New Party. He also signed a “contract” promising to publicly support and associate himself with the New Party while in office.

Minutes of the meeting on January 11, 1996, of the New Party’s Chicago chapter read as follows:

Barack Obama, candidate for State Senate in the 13th Legislative District, gave a statement to the membership and answered questions. He signed the New Party “Candidate Contract” and requested an endorsement from the New Party. He also joined the New Party.
Consistent with this, a roster of the Chicago chapter of the New Party from early 1997 lists Obama as a member, with January 11, 1996, indicated as the date he joined.

Knowing that Obama disguised his New Party membership helps make sense of his questionable handling of the 2008 controversy over his ties to ACORN (Association of Community Organizations for Reform Now). During his third debate with John McCain, Obama said that the “only” involvement he’d had with ACORN was to represent the group in a lawsuit seeking to compel Illinois to implement the National Voter Registration Act, or motor-voter law. The records of Illinois ACORN and its associated union clearly contradict that assertion, as I show in my political biography of the president, Radical-in-Chief: Barack Obama and the Untold Story of American Socialism.

Why did Obama deny his ties to ACORN? The group was notorious in 2008 for thug tactics, fraudulent voter registrations, and its role in popularizing risky subprime lending. Admitting that he had helped to fund ACORN’s voter-registration efforts and train some of their organizers would doubtless have been an embarrassment but not likely a crippling blow to his campaign. So why not simply confess the tie and make light of it? The problem for Obama was ACORN’s political arm, the New Party.

The revelation in 2008 that Obama had joined an ACORN-controlled, leftist third party could have been damaging indeed, and coming clean about his broader work with ACORN might easily have exposed these New Party ties. Because the work of ACORN and the New Party often intersected with Obama’s other alliances, honesty about his ties to either could have laid bare the entire network of his leftist political partnerships.

Although Obama is ultimately responsible for deceiving the American people in 2008 about his political background, he got help from his old associates. Each of the two former political allies who helped him to deny his New Party membership during campaign ’08 was in a position to know better.

The Fight the Smears website quoted Carol Harwell, who managed Obama’s 1996 campaign for the Illinois senate: “Barack did not solicit or seek the New Party endorsement for state senator in 1995.” Drawing on her testimony, Fight the Smears conceded that the New Party did support Obama in 1996 but denied that Obama had ever joined, adding that “he was the only candidate on the ballot in his race and never solicited the endorsement.”

We’ve seen that this is false. Obama formally requested New Party endorsement, signed the candidate contract, and joined the party. Is it conceivable that Obama’s own campaign manager could have been unaware of this? The notion is implausible. And the documents make Harwell’s assertion more remarkable still.

The Long Run
Old Friends Say Drugs Played Bit Part in Obama’s Young Life
Serge F. Kovaleski
The New York Times
February 9, 2008

Nearly three decades ago, Barack Obama stood out on the small campus of Occidental College in Los Angeles for his eloquence, intellect and activism against apartheid in South Africa. But Mr. Obama, then known as Barry, also joined in the party scene.

Years later in his 1995 memoir, he mentioned smoking “reefer” in “the dorm room of some brother” and talked about “getting high.” Before Occidental, he indulged in marijuana, alcohol and sometimes cocaine as a high school student in Hawaii, according to the book. He made “some bad decisions” as a teenager involving drugs and drinking, Senator Obama, now a presidential candidate, told high school students in New Hampshire last November.

Mr. Obama’s admissions are rare for a politician (his book, “Dreams From My Father,” was written before he ran for office.) They briefly became a campaign issue in December when an adviser to Senator Hillary Rodham Clinton, Mr. Obama’s chief Democratic rival, suggested that his history with drugs would make him vulnerable to Republican attacks if he became his party’s nominee.

Mr. Obama, of Illinois, has never quantified his illicit drug use or provided many details. He wrote about his two years at Occidental, a predominantly white liberal arts college, as a gradual but profound awakening from a slumber of indifference that gave rise to his activism there and his fears that drugs could lead him to addiction or apathy, as they had for many other black men.

Mr. Obama’s account of his younger self and drugs, though, significantly differs from the recollections of others who do not recall his drug use. That could suggest he was so private about his usage that few people were aware of it, that the memories of those who knew him decades ago are fuzzy or rosier out of a desire to protect him, or that he added some writerly touches in his memoir to make the challenges he overcame seem more dramatic.

In more than three dozen interviews, friends, classmates and mentors from his high school and Occidental recalled Mr. Obama as being grounded, motivated and poised, someone who did not appear to be grappling with any drug problems and seemed to dabble only with marijuana.

Vinai Thummalapally, a former California State University student who became friendly with Mr. Obama in college, remembered him as a model of moderation — jogging in the morning, playing pickup basketball at the gym, hitting the books and socializing.

“If someone passed him a joint, he would take a drag. We’d smoke or have one extra beer, but he would not even do as much as other people on campus,” recounted Mr. Thummalapally, an Obama fund-raiser. “He was not even close to being a party animal.”

Mr. Obama declined to be interviewed for this article. A campaign spokesman, Tommy Vietor, said in an e-mail message that the memoir “is a candid and personal account of what Senator Obama was experiencing and thinking at the time.”

“It’s not surprising that his friends from high school and college wouldn’t recall personal experiences and struggles that happened more than twenty years ago in the same way, and to the same extent, that he does,” he wrote.

What seems clear is that Mr. Obama’s time at Occidental from 1979 to 1981 — where he describes himself arriving as “alienated” — would ultimately set him on a course to public service. He developed a sturdier sense of self and came to life politically, particularly in his sophomore year, growing increasingly aware of harsh inequities like apartheid and poverty in the third world.

He also discovered that he wanted to be in a larger arena; one professor described Occidental back then as feeling small and provincial. Mr. Obama wrote in his memoir that he needed “a community that cut deeper than the common despair that black friends and I shared when reading the latest crime statistics, or the high fives I might exchange on a basketball court. A place where I could put down stakes and test my commitments.”

Mr. Obama wrote that he learned of a transfer program that Occidental had with Columbia and applied. “He was so bright and wanted a wider urban experience,” recalled Anne Howells, a former English professor at Occidental who taught Mr. Obama and wrote him a recommendation for Columbia.

Mr. Obama’s half-sister, Maya Soetoro-Ng, said her brother focused more on his future at Occidental. “I think he felt it was time to do some heavy thinking and assessing and time to start making a more meaningful contribution,” Ms. Soetoro-Ng said. “He felt New York was an interesting place to be in terms of the exchange of ideas, overlapping cultures and rigorous academics.”

As for Mr. Obama’s use of marijuana and, occasionally, cocaine, she said, “He wasn’t a drug addict or dealer. He was a kid searching for answers and a place who had made some mistakes.” After arriving in New York, Mr. Obama wrote in his memoir, he stopped getting high.

In the 442-page book, published when he was 33, Mr. Obama’s references to drug use are limited to the equivalent of about a page and a half. He got the book contract after becoming the first black president of the Harvard Law Review. At first, he considered writing a more scholarly book about the law, race and society, but scrapped that in favor of writing about his search for identity.

The son of a white American mother and a black Kenyan father, Mr. Obama wrote that he would get high to help numb the confusion he felt about himself. “Junkie. Pothead. That’s where I’d been headed: the final, fatal role of the young would-be black man,” he penned in the memoir. “Except the highs hadn’t been about that, me trying to prove what a down brother I was.”

“I got high for just the opposite effect, something that could push questions of who I was out of my mind.”

At Punahou, a preparatory school that had few black students, Keith Kakugawa and Mr. Obama were close friends. They met when Mr. Obama was a freshman and Mr. Kakugawa, who is Japanese-Hawaiian, was a junior.

Mr. Kakugawa remembered that the two often discussed wealth and class and that their disaffection would surface. He said race would come up in the conversations, usually when talking about white girls they thought about dating.

“We were dealing with acceptance and adaptation, and both had to do with the fact that we were not part of the moneyed elite,” Mr. Kakugawa said.

Mr. Kakugawa, who spent seven years in and out of prison for drug offenses beginning in 1996, said he pressured Mr. Obama into drinking beer.

But Mr. Obama did not smoke marijuana during the two years they spent time together even though it was readily available, Mr. Kakugawa said, adding that he never knew Mr. Obama to have done cocaine. “As far as pot, booze or coke being a prevalent part of his life, I doubt it,” Mr. Kakugawa said. He had graduated, however, by the time Mr. Obama was in his junior and senior years, when he wrote that he most frequently used marijuana and cocaine “when you could afford it.”

Mr. Obama describes a scene in that period where, in the meat freezer of a deli, he watched someone named Micky — “my potential initiator” — pull out “the needle and the tubing,” apparently to shoot up heroin. Alarmed, Mr. Obama wrote that he imagined how an air bubble could kill him. Neither Mr. Kakugawa or the others interviewed for this article who knew Mr. Obama at Punahou recalled hearing that story from him.

In his freshman year at Occidental, Mr. Obama and his dormitory mates would gather around a couch in the hallway of their floor while stereos blasted songs by bands like the Rolling Stones, Led Zeppelin, the B-52’s and the Flying Lizards. The conversations revolved around topics like the Soviet Union’s invasion of Afghanistan, President Jimmy Carter’s proposed revival of draft registration and the energy crisis.

Mr. Obama displayed a deft but unobtrusive manner of debating.“When he talked, it was an E. F. Hutton moment: people listened,” said John Boyer, who lived across the hall from Mr. Obama. “He would point out the negatives of a policy and its consequences and illuminate the complexities of an issue the way others could not.” He added, “He has a great sense of humor and could defuse an argument.”

Mr. Obama seemed interested in thinkers like Friedrich Nietzsche, Sigmund Freud and Jean-Paul Sartre, whom he studied in a political thought class in his sophomore year.

The professor, Roger Boesche, has memories of him at a popular burger joint on campus.

“He was always sitting there with students who were some of the most articulate and those concerned with issues like violence in Central America and having businesses divest from South Africa,” he said. “These were the kids most concerned with issues of social justice and who took classes and books seriously.”

Mr. Obama was involved in the Black Students’ Association and in the divestment campaign to pressure the college to pull its money out of companies doing business in South Africa. To make a point, students camped out in makeshift shantytowns on campus.

In his book, Mr. Obama said that his role in the divestment push started as kind of a lark, “part of the radical pose my friends and I sought to maintain.” But then he became more engaged, contacting members of the African National Congress to have them speak at the college and writing letters to the faculty.

He was one of a few students who spoke at a campus divestment rally. Rebecca Rivera, then a member of a similar Hispanic students’ group, said: “He clearly understood our social responsibility and the way the college’s money was impacting the lives of black people in South Africa and preventing the country from progressing.” She added, “There was passion, absolutely, but not incoherent fieriness.”

While he would sometimes attend parties held by black students and Latinos, Amiekoleh Usafi, a classmate who also spoke at the rally, recalled seeing him at parties put together by the political and artistic set.

Ms. Usafi, whose name at Occidental was Kim Kimbrew, said the most she saw Mr. Obama indulging in were cigarettes and beer.

“I would never say that he was a druggie, and there were plenty there,” she said. “He was too cool for all that.”

Voir encore:

Les livres qui ont fait Obama

Pierre Assouline

20 janvier 2009

Qu’est-ce que cela fait d’avoir un nouveau président des Etats-Unis qui sait lire ? Du bien. Cela fait du bien d’apprendre qu’il a toujours un livre à portée de la main. On a tellement flatté ses qualités d’orateur et ses dons de communicant qu’on a oublié l’essentiel de ce qui fait la richesse de son verbe : son côté lecteur compulsif. A croire que lorsqu’il sera las de lire des livres, il dirigera l’Amérique pour se détendre. Michiko Kakutani, la redoutée critique du New York Times, d’ordinaire si dure avec la majorité des écrivains, est tout miel avec ce non-écrivain auteur de trois livres : deux textes autobiographiques et un discours sur la race en Amérique. Elle vient de dresser l’inventaire de sa « bibliothèque idéale », autrement dit les livres qui ont fait ce qu’il est devenu, si l’on croise ce qu’il en dit dans ses Mémoires, ce qu’il en confesse dans les interviews et ce qu’on en sait.

    Adolescent, il lut avidement les grands auteurs noirs James Baldwin, Langston Hugues, Ralph Ellison, Richard Wright, W.E.B. Du Bois avant de s’immerger dans Nietzsche et Saint-Augustin en marge de ses études de droit, puis d’avaler la biographie de Martin Luther King en plusieurs volumes par Taylor Branch. Autant de livres dans lesquels il a piqué idées, pistes et intuitions susceptibles de nourrir sa vision du monde. Ce qui ne l’a pas empêché de se nourrir en permanence des tragédies de Shakespeare, de Moby Dick, des écrits de Lincoln, des essais du transcendantaliste Ralph Waldo Emerson, du Chant de Salomon de la nobélisée Toni Morrison, du Carnet d’or de Doris Lessing, des poèmes d’un autre nobélisé Derek Walcott, des mémoires de Gandhi, des textes du théologien protestant Reinhold Niebuhr qui exercèrent une forte influence sur Martin Luther King, et, plus récemment de Gilead (2004) le roman à succès de Marylinne Robinson ou de Team of rivals que l’historienne Doris Kearns Goodwin a consacré au génie politique d’Abraham Lincoln, « la » référence du nouveau président.

   Pardon, on allait oublier, le principal, le livre des livres : la Bible, of course.

Voir aussi:

La star de NBC, Brian Williams est suspendu pour six mois
Accusé d’avoir menti lors de reportages en Irak, Brian Williams, l’un des présentateurs les plus célèbres des Etats-Unis, est suspendu pour six mois sans salaire
Brian Williams (AFP)
Nebia Bendjebbour
Le Nouvel Obs
09-02-2015

C’est un énorme scandale aux Etats-Unis. Brian Williams, 55 ans, présentateur vedette du journal de NBC, depuis 2004, quitte l’antenne après avoir été pris en flagrant délit de mensonges sur ses souvenirs de reportage en Irak en 2003. Il vient d’être suspendu pour six mois sans salaire.

« Brian a déformé des événements qui s’étaient produits lorsqu’il couvrait la guerre en Irak en 2003. Il est ensuite devenu clair que, dans d’autres occasions, Brian avait fait la même chose en racontant cette histoire. Il a eu tort, c’était complètement inapproprié pour quelqu’un dans la position de Brian », a écrit Deborah Turness, la présidente de NBC News.

Alors qu’il couvrait la guerre pour la chaîne, comme reporter de guerre, il avait toujours affirmé que l’hélicoptère à bord duquel il était embarqué avec des militaires avait été attaqué au lance-roquettes. En fait, l’hélicoptère attaqué est celui qui se trouvait devant lui. Ses mensonges ont fini par en agacer plus d’un, en particulier les soldats qui ont réagi en reprochant au journaliste de s’attribuer un acte de courage qu’il ne méritait pas.

Sur le site Stars and Stripes, spécialisé dans les forces armées, ils donnent leur version. Selon Joe Summerlin, le pilote de l’hélicoptère qui transportait Brian Williams et son équipe se trouvait à plus d’une demi-heure de l’attaque. Cité par le New York Times Summerlin fait donc voler en éclat la thèse du journaliste héroïque, car non seulement son appareil n’a pas été visé mais n’était pas proche. Il avait dû en revanche se poser en raison d’une tempête de sable et ne s’est pas fait tirer dessus.

J’ai commis une erreur en rapportant cet événement datant d’il y a douze ans».

Pris dans la tourmente, Brian Williams, a présenté ses regrets lors de son journal de mercredi soir. Il a confessé avoir fait une « erreur » sur ses déclarations « Je veux m’excuser. J’ai dit que je me trouvais à bord d’un hélicoptère qui a essuyé des tirs, alors que j’étais dans un appareil qui suivait. J’ai commis une erreur en rapportant cet événement datant d’il y a douze ans».

Ses excuses n’ont pas suffi à redorer son blason. Son image en a été écornée. D’autres affirmations qu’il a faites sont mises en doute. Lors de l’ouragan Katrina, il avait ainsi dit avoir vu flotter un cadavre depuis sa chambre d’hôtel à la Nouvelle Orléans. L’ancien directeur des services de santé de la ville, le Dr Lutz a déclaré que le quartier français n’avait pas subi les mêmes dégâts que le reste de la ville.

Brian Williams se retire provisoirement de l’antenne
Samedi, Brian Williams a déclaré dans un communiqué de NBC « J’ai décidé de me retirer de la présentation quotidienne pour les prochains jours. Dans une carrière passée à couvrir et consommer l’information, j’ai compris avec douleur que je suis actuellement trop devenu une partie de cette information, en raison de mes actions », a-il ajouté.
Il est remplacé provisoirement par Lester Holt, présentateur des journaux du week-end.

La chaîne a lancé une enquête en interne, pour étudier les suites à donner aux déclarations de son présentateur vedette, qui en décembre avait renouvelé son contrat pour cinq ans, d’un montant de 10 millions de dollars par an. NBC va-t-elle céder aux critiques très virulentes des médias et d’Internet pour se séparer de sa vedette regardée par 9 millions d’américains ?

Voir encore:

Exclusif : les confidences de Barack Obama
Le Figaro
15/03/2008

Le Figaro publie en avant-première les meilleurs extraits des Mémoires du candidat à l’investiture démocrate. Dans Les Rêves de mon père (éditions Presse de la Cité), qui paraît jeudi 20 mars en France, Barack Obama raconte l’histoire de sa famille et celle de son ascension. Jusqu’à la Maison-Blanche ?

La promesse du rêve américain
J’appris que mon père était africain, kényan, de la tribu des Luos, né sur les rives du lac Victoria dans une localité appelée Alego. Il gardait les chèvres de son père et fréquentait l’école construite par l’administration coloniale britannique, où il se révéla très doué. Il obtint une bourse pour aller étudier à Nairobi. C’est là que, à la veille de l’indépendance du Kenya, il fut sélectionné par des chefs kényans et des sponsors américains pour aller étudier dans une université américaine, rejoignant la première grande vague d’Africains envoyés à l’étranger pour y apprendre la technologie occidentale et la rapporter dans leur pays afin de forger une nouvelle Afrique moderne.

En 1959, à l’âge de vingt-trois ans, il arriva à l’université de Hawaii. C’était le premier étudiant africain accueilli dans cette institution. […] À un cours de russe, il rencontra une jeune Américaine timide, modeste, âgée seulement de dix-huit ans, et ils tombèrent amoureux. Les deux jeunes gens se marièrent et eurent un fils, auquel Barack transmit son prénom. Il obtint une nouvelle bourse, cette fois pour poursuivre son Ph.D., son doctorat, à Harvard, mais non les fonds nécessaires pour emmener sa nouvelle famille avec lui. Il y eut donc séparation, à la suite de laquelle il retourna en Afrique pour tenir sa promesse vis-à-vis du continent. Il laissa derrière lui sa femme et son enfant, mais le lien d’amour perdura malgré la distance… […]

Mon père ne ressemblait en rien aux gens qui m’entouraient, il était noir comme le goudron alors que ma mère était blanche comme le lait, mais cela me traversait à peine l’esprit.

De fait, je ne me souviens que d’une seule histoire traitant explicitement du problème racial. Cette histoire racontait qu’un soir, après avoir passé de longues heures à travailler, mon père avait rejoint mon grand-père et plusieurs autres amis dans un bar de Waikiki. L’ambiance était joyeuse, on mangeait et on buvait au son d’une guitare hawaïenne, lorsqu’un Blanc, à haute et intelligible voix, se plaignit tout à coup au propriétaire d’être obligé de boire du bon alcool «à côté d’un nègre». Le silence s’installa dans la salle et les gens se tournèrent vers mon père, en s’attendant à une bagarre. Mais mon père se leva, se dirigea vers l’homme, lui sourit et entreprit de lui administrer un sermon sur la folie de l’intolérance, sur la promesse du rêve américain et sur la déclaration universelle des droits de l’homme.

«Quand Barack s’est tu, le gars s’est senti tellement mal à l’aise qu’il lui a filé aussi sec un billet de cent dollars, racontait Gramps. Ça nous a payé toutes nos consommations pour le reste de la soirée… et le loyer de ton père jusqu’à la fin du mois !»

Il s’était fait passer pour un Blanc
Ma mère m’installa dans la bibliothèque pendant qu’elle retournait à son travail. Je finis mes bandes dessinées et les devoirs qu’elle m’avait fait apporter, puis je me levai pour aller flâner à travers les rayons. Dans un coin, je découvris une collection de Life, tous soigneusement présentés dans des classeurs de plastique clair. Je parcourus les publicités accrocheuses et me sentis vaguement rassuré. Plus loin, je tombai sur une photo qui illustrait un article, et j’essayai de deviner le sujet avant de lire la légende. Une photo de petits Français qui couraient dans des rues pavées : c’était une scène joyeuse, un jeu de cache-cache après une journée de classe et de corvées, et leurs rires évoquaient la liberté. La photo d’une Japonaise tenant délicatement une petite fille nue dans une baignoire à peine remplie : ça, c’était triste. La petite fille était malade, ses jambes étaient tordues, sa tête tombait en arrière contre la poitrine de sa mère, la figure de la mère était crispée de chagrin, peut-être se faisait-elle des reproches…

Puis j’en arrivai à la photo d’un homme âgé qui portait des lunettes noires et un imperméable. Il marchait le long d’une route déserte. Je ne parvins pas à deviner de quoi parlait cette photo ; le sujet n’avait rien d’extraordinaire. Sur la page suivante, il y en avait une autre : c’était un gros plan sur les mains du même homme. Elles montraient une étrange pâleur, une pâleur qui n’était pas naturelle, comme si la peau avait été vidée de son sang. Je retournai à la première photo, et je remarquai les cheveux crépus de l’homme, ses lèvres épaisses et larges, son nez charnu, et le tout avait cette même teinte irrégulière, spectrale.

Il est sans doute gravement malade, me dis-je. Victime d’une irradiation, peut-être, ou albinos. J’avais vu un albinos dans la rue quelques jours auparavant, et ma mère m’avait donné des explications. Mais lorsque je lus les mots qui accompagnaient la photo, je vis que ce n’était pas cela du tout. L’homme avait reçu un traitement chimique pour éclaircir sa peau, disait l’article. Il l’avait payé de ses propres deniers. Il disait regretter d’avoir essayé de se faire passer pour un Blanc, se désolait de la manière catastrophique dont l’expérience avait tourné. Mais les résultats étaient irréversibles. Il existait des milliers de gens comme lui en Amérique, des Noirs, hommes et femmes, qui s’étaient soumis au même traitement à la suite de publicités qui leur avaient promis le bonheur, une fois devenus blancs.

Je sentis la chaleur envahir mon visage et mon cou. Mon estomac se serra ; les caractères devinrent flous. Ma mère était-elle au courant ? Et son patron ? Pourquoi était-il si calme, à lire ses rapports, quelques mètres plus loin, au bout du couloir ? Je ressentis le besoin urgent de sauter à bas de mon siège, de leur montrer ce que je venais d’apprendre, de leur demander de m’expliquer, ou de me rassurer. Mais quelque chose me retint. Comme dans les rêves, j’étais privé de voix, incapable d’articuler les mots traduisant cette peur nouvelle pour moi.

Lorsque ma mère vint me chercher pour me ramener à la maison, mon visage était souriant, et les magazines avaient retrouvé leur place. La pièce, l’atmosphère étaient aussi tranquilles qu’avant.

Si tu veux devenir un être humain
Ma mère avait toujours favorisé mon intégration rapide dans la culture indonésienne (Sa mère et son second mari se sont installés à Djakarta en 1968, NDLR). Cela m’avait appris à devenir relativement autonome, à ne pas me montrer exigeant quand le budget était serré. J’étais extrêmement bien élevé comparé aux autres enfants américains, et grâce à son éducation je considérais avec dédain le mélange d’ignorance et d’arrogance qui caractérise trop souvent les Américains à l’étranger. Dès le début, elle avait concentré ses efforts sur mon instruction. N’ayant pas les revenus nécessaires pour m’envoyer à l’école internationale que fréquentait la majorité des enfants étrangers de Djakarta, elle s’était arrangée dès notre arrivée pour compléter ma scolarité par des cours par correspondance envoyés des États-Unis.

Désormais, elle redoublait d’efforts. Cinq jours par semaine, elle venait dans ma chambre à quatre heures du matin, me forçait à prendre un petit déjeuner copieux, puis me faisait travailler mon anglais pendant trois heures, avant mon départ pour l’école et le sien pour son travail. J’opposais une rude résistance à ce régime, mais à toutes mes stratégies, les moins convaincantes («J’ai mal à l’estomac») comme les plus véridiques (mes yeux se fermaient toutes les cinq minutes), elle exposait patiemment sa défense :

«Et moi, mon petit gars, tu crois que ça m’amuse ?

»[…] Si tu veux devenir un être humain, me disait-elle, il te faudra avoir certaines valeurs. L’honnêteté : Lolo n’aurait pas dû cacher le réfrigérateur dans la remise quand les inspecteurs des impôts sont venus, même si tout le monde, les inspecteurs y compris, s’attendait à cela. La justice : les parents des élèves plus riches ne devraient pas offrir des postes de télévision aux professeurs pendant le ramadan, et leurs enfants n’ont pas à être fiers des bonnes notes qu’ils reçoivent en remerciement. La franchise : si la chemise que je t’ai offerte pour ton anniversaire ne t’a pas plu, tu aurais dû le dire au lieu de la garder roulée en boule au fond de ton placard. L’indépendance de jugement : ce n’est pas parce que les autres enfants se moquent d’un pauvre garçon à cause de sa coupe de cheveux que tu dois faire la même chose.

Elle n’avait qu’un seul allié en tout cela, c’était l’autorité lointaine de mon père. De plus en plus souvent, elle me rappelait son histoire, son enfance pauvre, dans un pays pauvre, dans un continent pauvre ; la dureté de sa vie. J’allais suivre son exemple, ainsi en décida ma mère. Je n’avais pas le choix. C’était dans les gènes.

Vous devez être en colère quelque part
En 1983, je décidai de devenir organisateur de communautés.

Quand mes amis, à l’université, me demandaient quel était le rôle d’un organisateur de communautés, je n’étais pas capable de leur répondre directement : je discourais sur la nécessité du changement. Du changement à la Maison-Blanche, où Reagan et ses sous-fifres se livraient à leur sale besogne. Du changement au Congrès, qui était complaisant et corrompu. Du changement dans l’état d’esprit du pays, obsessionnel et centré sur lui-même. Le changement ne viendra pas d’en haut, disais-je. Le changement ne viendra que de la base, c’est pourquoi il faut la mobiliser.

Voilà ce que je vais faire. Je vais travailler à organiser les Noirs. La base. Pour le changement.

Et mes amis, blancs et noirs, me félicitaient chaudement de mon idéal, avant de mettre le cap sur le bureau de poste pour envoyer leurs demandes d’admission dans les grandes écoles. […]

Finalement, une société de conseil financier pour multinationales accepta de m’embaucher comme assistant de recherche. J’arrivais tous les jours dans mon bureau au cœur de Manhattan. J’étais le seul homme noir de la société. Ike, l’agent de sécurité noir bourru qui officiait dans le hall, n’y alla pas par quatre chemins et me dit tout net que je commettais une erreur.

«Organisateur ? C’est un genre de politique, c’est ça ? Pourquoi vous voulez faire un truc comme ça ?

» J’essayai de lui expliquer mes idées politiques, combien il était important de mobiliser les pauvres et de redistribuer les richesses à la communauté. Ike secoua la tête.

«Monsieur Barack, me dit-il, j’espère que vous ne le prendrez pas mal si je vous donne un petit conseil. Oubliez ces histoires d’organisation et faites quelque chose qui pourra vous rapporter du blé.» […]

J’avais pratiquement renoncé à devenir organisateur lorsque je reçus un appel d’un certain Marty Kaufman. Celui-ci m’expliqua qu’il avait monté une organisation à Chicago et qu’il souhaitait engager un stagiaire. Son aspect ne m’inspira pas grande confiance. Un Blanc grassouillet, de taille moyenne, portant un costume fripé. Son visage était mangé par une barbe de trois jours ; derrière d’épaisses lunettes cerclées de fer, ses yeux restaient plissés en permanence. Quand il se leva pour me serrer la main, il renversa un peu de thé sur sa chemise.

«Eh bien, dit-il en épongeant la tache avec une serviette en papier, pourquoi veut-on devenir organisateur quand on vient de Hawaii?»

Je m’assis et lui parlai un peu de moi.

«Hum, fit-il en hochant la tête, tout en prenant quelques notes sur un calepin. Vous devez être en colère, quelque part.

Que voulez-vous dire ?

Il haussa les épaules.

Je ne sais pas exactement. Mais il y a sûrement quelque chose. Ne le prenez pas mal : la colère, c’est obligatoire pour faire ce boulot. C’est la seule raison qui pousse quelqu’un à s’engager là-dedans. Les gens bien dans leur peau trouvent un boulot plus calme.»

La meilleure part de notre histoire
J’entrai à la Harvard Law School, où je passai la plus grande partie de mon temps, durant trois années, dans des bibliothèques faiblement éclairées, plongé dans les études de cas et les textes de lois. Les études de droit peuvent être parfois décevantes, car il s’agit d’apprendre à appliquer des règles rigides et des procédures obscures à une réalité qui n’est pas. Mais le droit n’est pas que cela. Le droit est aussi la mémoire ; le droit note aussi le déroulement d’une longue conversation, celle d’une nation qui discute avec sa conscience.

«Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes…»

Dans ces mots, j’entends l’esprit de Douglass et de Delany, celui de Jefferson et de Lincoln, les luttes de Martin et de Malcolm et de ceux qui manifestèrent pour que ces mots deviennent réalité. J’entends les voix des familles japonaises enfermées derrière des barbelés, des jeunes Juifs russes exploités dans les fabriques de confection du Lower East Side de Chicago, des fermiers anéantis par la sécheresse qui chargent sur leurs camions ce qui reste de leurs vies brisées. J’entends les voix des habitants des Altgeld Gardens, et les voix de ceux qui restent de l’autre côté des frontières de ce pays, les cohortes affaiblies, affamées, qui traversent le Rio Grande. J’entends toutes ces voix réclamer la reconnaissance, et toutes elles posent exactement les questions qui en sont venues à déterminer ma vie, les questions que parfois, tard dans la nuit, je me surprends à poser au Vieil Homme. Quelle est notre communauté, et comment cette communauté peut-elle être conciliée avec notre liberté ? Jusqu’où vont nos obligations ? Comment transformons-nous un pur pouvoir en justice, un simple sentiment en amour ? À mon retour à Chicago, je découvris une accélération des signes de détérioration dans tout le South Side : les quartiers étaient devenus plus délabrés, les enfants plus agressifs, les familles moyennes déménageaient de plus en plus dans les banlieues, les prisons étaient remplies à craquer de jeunes à l’œil sombre, mes frères sans perspectives.

J’essaie d’apporter ma modeste participation au renversement de cette tendance. Dans mon cabinet d’avocat, je travaille principalement avec des églises et des groupes communautaires, des hommes et des femmes qui construisent tranquillement des épiceries et des cliniques dans les quartiers déshérités, et des logements pour les pauvres. De temps en temps, je travaille sur une affaire de discrimination, pour défendre des clients qui viennent dans mon cabinet avec des histoires dont nous aimons nous dire qu’elles ne devraient plus exister. La plupart de ces clients sont un peu embarrassés de ce qui leur arrive, tout comme les collègues blancs qui acceptent de témoigner en leur faveur ; car personne n’a envie de passer pour quelqu’un qui sème la zizanie. Et pourtant, il arrive un moment où les plaignants aussi bien que les témoins se disent que c’est une question de principe, que malgré tout ce qui s’est passé, ces mots posés sur le papier il y a deux cents ans ont sûrement une importance. Noirs et Blancs, ils se réclament de cette communauté que nous appelons l’Amérique. Ils choisissent la meilleure partie de notre histoire.

Voir par ailleurs:

Obama Administration: Our Goal is Not to Eliminate Iran’s Nuke Program
Senators grill officials for capitulating to Tehran
Adam Kredo
January 21, 2015

A senior official in the State Department admitted on Wednesday that the Obama administration’s goal during negotiations with Iran is delaying the regime’s development of nuclear weapons rather than shutting down the Islamic Republic’s contested nuclear program.

Deputy Secretary of State Tony Blinken acknowledged during a tense exchange with senators on Capitol Hill a deal being sought by the Obama administration that would constrain its nuclear breakout capability without eliminating its nuclear program.

Blinken also floated the possibility of extending nuclear talks past the June deadline should additional time be needed to finalize details of a possible deal with Iran.

Leading senators on both sides of the aisle grilled Blinken and other officials in the administration over Iran’s nuclear program, which has continued despite restrictions imposed under an interim nuclear agreement made in November 2013.

Many believe that the interim deal has done little to halt the program and allows the regime to continue some of its most controversial nuclear operations, including the construction of new reactors and work on ballistic missiles.

“Let me ask you this, isn’t it true that even the deal that you are striving towards is not to eliminate any Iranian [nuclear] breakout capability, but to constrain the time in which you’ll get the notice of such breakout capability?” Sen. Robert Menendez (D., N.J.), a vocal critic of the White House’s dealings with Iran, asked Blinken during Wednesday’s Senate Foreign Relations Committee hearing. “Is that a fair statement, yes or no?”

“Yes, it is,” Blinken responded.

This admission appeared to frustrate and anger Menendez, who accused the administration of issuing “talking points that come straight out of Tehran.”

“We’re not eliminating Iran’s ability to break out,” Menendez said. “We’re just getting alarm bells, and the question is how long are we going to get those alarm bells for?”

Asked at a later point in the hearing if the administration would consider prolonging talks yet again, Blinken said that this is a possibility.

“We might want a little more time,” he said. “That’s possible. I wouldn’t want to rule it out.”

Under the terms of the interim agreement, which the administration claims has “halted” Iran’s progress, Tehran can still enrich uranium up to a point, pursue unlimited construction of plutonium light water reactors, and advance its ballistic missile program.

Iran has enriched enough uranium to fuel two nuclear bombs in the past year, according to experts.

Menendez expressed particular frustration with the administration’s attempts to appease Iran, even as it blatantly continues nuclear work during the talks.

“The bottom line is, they get to cheat in a series of ways—and I’ll call it ‘cheat,’ you won’t—but they get to cheat in a series of ways and we get to worry about their perceptions,” Menendez said.

Despite the pressure from Menendez and others, Blinken was adamant that the administration opposes any new sanctions on Iran, even if they were scheduled to take effect only if negotiations fail.

Bliken also made clear his opposition to Congress holding an up or down vote on any possible deal that the administration may agree to.

“Why would you oppose Congress weighing in on an issue of this importance?” asked Sen. Bob Corker (R., Tenn.), the committee’s chairman, who has championed legislation that would give Congress a final say over the deal.

Corker described a White House that “continues to stiff arm every effort” and “push away Congress, who represents more fully this nation than the negotiators.”

Blinken said that the administration is apprehensive about a possible congressional role in the process.

“In terms of the negotiations themselves, the knowledge that there would be very early on this kind of vote, in our judgment, could actually undermine the credibility of the commitments we would make [to Iran] in the context of negotiations,” Blinken said.

“There’s a concern that if a judgment is reached immediately [by Congress], yea or nay on this, it may be too soon to see if Iran has complied with its agreements,” Blinken added.

Corker seemed to find these explanations wanting.

“I’m very disappointed that in essence what the administration is saying is, ‘We really don’t want, even though Congress put us in this place, we really don’t want Congress to play a role in one of the most important geopolitical agreements that may take place during this administration,’” he said.

Sen. Tim Kaine (D., Vir.) expressed fear during the hearing that the United States is ignoring Iran’s pattern of deception on the nuclear front.

“Iran has made it plain in the course of this negotiation [that] this is not a negotiation about Iran dismantling a nuclear weapons program,” Kaine said. “It’s a negotiation about trying to buy a year of time to have an alarm bell ring and act.”

The administration is giving up too much, particularly on the issue of uranium-enriching centrifuges, he said.

“The kinds of things I’ve been hearing about the number of centrifuges contemplated in this deal, this is not consistent with a purely civilian program,” Kaine said.

Voir de plus:

Mainstreaming Jew hatred in America
Caroline Glick
The Jerusalem Post

13 February 2015

Barack Obama is mainstreaming anti-Semitism in America.

Last week (2/09), apropos of seemingly nothing, in an interview with Mathew Yglesias from the Vox.com website, Obama was asked about terrorism. In his answer the president said the terrorism threat is overrated. And that was far from the most disturbing statement he made.

Moving from the general to the specific, Obama referred to the jihadists who committed last month’s massacres in Paris as « a bunch of violent vicious zealots, » who « randomly shot a bunch of folks in a deli in Paris. »

In other words, Ahmedy Coulibaly, the Moslem terrorist at Hyper Cacher, the kosher supermarket he targeted, was just some zealot. The Jews he murdered while they were shopping for Shabbat were just « a bunch of folks in a deli, » presumably shot down while ordering their turkey and cheese sandwiches.

No matter that Coulibaly called a French TV station from the kosher supermarket and said he was an al-Qaida terrorist and that he chose the kosher supermarket because he wanted to kill Jews.

As far as the leader of the free world is concerned, his massacre of four Jews at the market can teach us nothing about anything other than that some random people are mean and some random people are unlucky.

And anyway, Obama explained, we’re only talking about this random act of senseless violence because as he said, « If it bleeds, it leads. » The media, desperate for an audience, inflates the significance of these acts of random violence, for ratings.

Obama’s statement about the massacre of Jews in Paris is notable first and foremost for what it reveals about his comfort level with anti-Semitism.

By de-judaizing the victims, who were targets only because they were Jews, Obama denied the uniqueness of the threat jihadist Islam and its adherents pose to Jews. By pretending that Jews are not specifically targeted for murder simply because they are Jews, he dismissed the legitimate concerns Jews harbor for their safety, whether in Diaspora communities or in Israel.

If nothing distinguished Coulibaly’s massacre at Hyper Cacher from a mugging or an armed robbery gone bad, then Jews have no right to receive unique consideration – whether for their community’s security in London or Paris, or San Francisco – or for Israel’s security.

As subsequent statements from administration spokespeople made clear, Obama’s statement was not a gaffe. When questioned about his remarks, both White House spokesman Josh Earnest and State Department spokeswoman Jen Psaki doubled down on Obama’s denial of the anti-Semitic nature of the massacre at Hyper Cacher. Earnest said that the Jews who were murdered were people who just « randomly happened to be » at the supermarket.

Psaki said that the victims didn’t share a common background or nationality, pretending away the bothersome fact that they were all Jews.

Just as bad as their denials of the anti-Jewish nature of the attack on Hyper Cacher, were Psaki’s and Earnest’s belated revisions of their remarks. After coming under a storm of criticism from American Jews and from the conservative media, both Psaki and Earnest turned to their Twitter accounts to walk back their remarks and admit that indeed, the massacre at Hyper Cacher was an anti-Semitic assault.

Their walk back was no better than their initial denial of the anti-Jewish nature of the Islamist attack, because it amplified the very anti-Semitism they previously promoted.

As many Obama supporters no doubt interpreted their behavior, first Obama and his flaks stood strong in their conviction that Jews are not specifically targeted. Then after they were excoriated for their statements by Jews and conservatives, they changed their tune.

The subtext is clear. The same Jews who are targeted no more than anyone else, are so powerful and all controlling that they forced the poor Obama administration to bow to their will and parrot their false and self-serving narrative of victimization.

The administration’s denial of the unique threat Jews face from jihadists is not limited to its anti-Semitic characterizations of the attack at Hyper Cacher.

It runs as well through Obama’s treatment of Israel and its actions to defend itself against its jihadist enemies from Hamas to Hezbollah to Iran.

Today, the most outstanding example of Obama’s exploitation of anti-Semitic tropes to diminish US support for Israel is his campaign to delegitimize Prime Minister Binyamin Netanyahu ahead of his scheduled speech before the joint houses of Congress on March 3.

As we belatedly learned from a small correction at the bottom of a New York Times article on January 30, contrary to the White House’s claim, Netanyahu did not blindside Obama when he accepted Speaker of the House John Boehner’s invitation to address the Congress. He informed the White House of his intention to accept Boehner’s offer before he accepted it.

Netanyahu did not breach White House protocol.

He did not behave rudely or disrespectfully toward Obama.

The only one that behaved disrespectfully and rudely was Obama in his shabby and slanderous treatment of Netanyahu.

It was Obama who peddled the lie that Netanyahu was using the speech not to legitimately present Israel’s concerns regarding the prospect of a nuclear armed Iran, but to selfishly advance his political fortunes on the back of America’s national security interests and the independence of its foreign policy.

It was Obama and Vice President Joe Biden who spearheaded efforts to coerce Democrat lawmakers to boycott Netanyahu’s speech by announcing that they would refuse to meet with the leader of the US’s closest ally in the Middle East during his stay in Washington.

So far only 15 members of the House and three Senators have announced their intention to boycott Netanyahu’s speech. But even if all the other Democrats do attend his speech, the impact of Obama’s campaign to defame Netanyahu will long be felt.

First of all, if all goes as he hopes, the media and his party members will use his demonization of Netanyahu’s character as a means to dismiss the warnings that Netanyahu will clearly sound in his address.

Second, by boycotting Netanyahu and encouraging Democrats to do the same, Obama is mainstreaming the anti-Semitic boycott, divestment and sanctions movement to isolate Israel.

Moreover, he is mobilizing Democrat pressure groups like J Street and MoveOn.org to make it costly for Democrat politicians to continue to support Israel.

There is another aspect of the Hyper Cacher massacre, which was similarly ignored by the White House and that bears a direct relationship to Obama’s attempt to destroy the credibility of Netanyahu’s warnings about his Iran policy.

Whereas the journalists murdered at Charlie Hebdo magazine were killed because their illustrations of Mohammed offended Moslem fascists, the Jews murdered at Hyper Cacher were targeted for murder because they were Jews. In other words, the Islamist hatred of Jews is inherently genocidal, not situational.

If Islamists have the capacity to annihilate the Jews, they will do so. And this brings us back to Obama’s statement to Vox.com. As is his habit, Obama refused to use the term Islamic to describe the « violent, vicious zealots » who randomly targeted Jews at the Hyper Cacher.

Since the outset of his presidency, Obama has vigilantly denied the connection between Islamism and terrorism and has mischaracterized jihad as peaceful self-reflection, along the lines of psychotherapy.

His denial of the Islamist nature of jihadist assaults worldwide rose to new heights when in his remarks at the National Prayer Breakfast he compared today’s jihadists to the Crusaders from a thousand years ago. And whereas he identified the Crusaders as Christians, he refused to acknowledge that today’s mass murdering zealots act in the name of Islam.

Obama’s stubborn, absurd and dangerous refusal to mention the word Islam in connection with the war being waged worldwide by millions in its name, coupled with his eagerness to always compare this unnamed scourge to the past evils of Western societies, indicates that his defense of Islamic supremacism is not merely a policy preference but rather reflects a deeper ideological commitment.

The perception that Obama either does not oppose or embraces Islamic extremism is strengthened when coupled with his appalling attempts to ignore the fact of Islamic Jew-hatred and its genocidal nature and his moves to demonize Netanyahu for daring to oppose his policy toward Iran.

It is in this policy and in Obama’s wider Middle East strategy that we find the real world consequences of Obama’s denial of the unique victimization and targeting of Jews and the Jewish state by Islamic terrorists and Islamist regimes.

Loopholes in Obama’s interim nuclear framework deal with Iran from November 2013 have allowed Iran to make significant advances in its nuclear weapons program while still formally abiding by its commitments under the agreement.

Iran has stopped enriching uranium to 20 percent purity levels, and sufficed with enriching uranium to 3.5% purity. But at the same time it has developed and begun using advanced centrifuges that enrich so quickly that the distinction between 3.5% and 20% enrichment levels becomes irrelevant.

Iran has made significant advances in its ballistic missile program, including in its development of intercontinental ballistic missiles designed to carry nuclear warheads. It has continued its development of nuclear bombs, and it has enriched sufficient quantities of uranium to produce one to two nuclear bombs.

According to leaked reports, the permanent nuclear deal that Obama seeks to convince Iran to sign would further facilitate Iran’s ascension to the nuclear club. Among other things, the deal will place a time limit on the already ineffective inspections regime, thus blinding the world entirely to Iran’s nuclear activities.

At the same time that Obama is facilitating Iran’s emergence as a nuclear power, he is doing nothing to stop its regional empowerment.

Today Iran controls Syria, Iraq and Yemen and holds sway over Lebanon and Gaza. It threatens Saudi Arabia, and its Moslem Brotherhood allies threaten Egypt and Jordan.

As for Obama’s allied campaign against Islamic State in Syria and Iraq, the largest beneficiary to date of the US-led campaign has been Iran. Since the US-led campaign began last fall, Iran has achieved all but public US support for its control over the Iraqi military and for the survival of the Assad regime in Syria.

The trajectory of Obama’s policies is obvious. He is clearing the path for a nuclear armed Iran that controls large swathes of the Arab world through its proxies.

It is also clear that Iran intends to use its nuclear arsenal in the same way that Coulibaly used his Kalashnikov – to kill Jews, as many Jews as possible.

Perhaps Obama is acting out of anti-Semitism, perhaps he acts out of sympathy for Islamic fascism. Or both.

Whatever the case may be, what is required from Israel, and from Netanyahu, is clear. Speaking to Congress may be a necessary precondition for that action, but it is not the action itself.

Caroline Glick is Deputy Managing Editor of the Jerusalem Post. She is the author of The Israeli Solution: A One State Plan for Peace in the Middle East.

Voir par ailleurs:

The Vetting – Exclusive – Obama’s Literary Agent in 1991 Booklet: ‘Born in Kenya and raised in Indonesia and Hawaii’

The Vetting – Exclusive – Obama’s Literary Agent in 1991 Booklet: ‘Born in Kenya and raised in Indonesia and Hawaii’

Note from Senior Management:

Andrew Breitbart was never a “Birther,” and Breitbart News is a site that has never advocated the narrative of “Birtherism.” In fact, Andrew believed, as we do, that President Barack Obama was born in Honolulu, Hawaii, on August 4, 1961.

Yet Andrew also believed that the complicit mainstream media had refused to examine President Obama’s ideological past, or the carefully crafted persona he and his advisers had constructed for him.

It is for that reason that we launched “The Vetting,” an ongoing series in which we explore the ideological background of President Obama (and other presidential candidates)–not to re-litigate 2008, but because ideas and actions have consequences.

It is also in that spirit that we discovered, and now present, the booklet described below–one that includes a marketing pitch for a forthcoming book by a then-young, otherwise unknown former president of the Harvard Law Review

It is evidence–not of the President’s foreign origin, but that Barack Obama’s public persona has perhaps been presented differently at different times.

***

Breitbart News has obtained a promotional booklet produced in 1991 by Barack Obama’s then-literary agency, Acton & Dystel, which touts Obama as “born in Kenya and raised in Indonesia and Hawaii.”

The booklet, which was distributed to “business colleagues” in the publishing industry, includes a brief biography of Obama among the biographies of eighty-nine other authors represented by Acton & Dystel.

It also promotes Obama’s anticipated first book, Journeys in Black and White–which Obama abandoned, later publishing Dreams from My Father instead.

Obama’s biography in the booklet is as follows (image and text below):

Barack Obama, the first African-American president of the Harvard Law Review, was born in Kenya and raised in Indonesia and Hawaii.  The son of an American anthropologist and a Kenyan finance minister, he attended Columbia University and worked as a financial journalist and editor for Business International Corporation.   He served as project coordinator in Harlem for the New York Public Interest Research Group, and was Executive Director of the Developing Communities Project in Chicago’s South Side. His commitment to social and racial issues will be evident in his first book, Journeys in Black and White.

The booklet, which is thirty-six pages long, is printed in blue ink (and, on the cover, silver/grey ink), using offset lithography. It purports to celebrate the fifteenth anniversary of Acton & Dystel, which was founded in 1976.

Front cover (outside) – note Barack Obama listed in alphabetical order


Front cover (inside)

Jay Acton no longer represents Obama. However, Jane Dystel still lists Obama as a client on her agency’s website.

According to the booklet itself, the text was edited by Miriam Goderich, who has since become Dystel’s partner at Dystel & Goderich, an agency founded in 1994. Breitbart News attempted to reach Goderich by telephone several times over several days. Her calls are screened by an automated service that requires callers to state their name and company, which we did. She never answered.

The design of the booklet was undertaken by Richard Bellsey, who has since closed his business. Bellsey, reached by telephone, could not recall the exact details of the booklet, but told Breitbart News that it “sounds like one of our jobs, like I did for [Acton & Dystel] twenty years ago or more.”

The parade of authors alongside Obama in the booklet includes politicians, such as former Speaker of the House Tip O’Neill; sports legends, such as Joe Montana and Kareem Abdul-Jabbar; and numerous Hollywood celebrities.

The reverse side of the page that features Barack Obama includes former Green Party presidential candidate Ralph Nader and early-1990s “boy band” pop sensation New Kids On the Block.

Acton, who spoke to Breitbart News by telephone, confirmed precise details of the booklet and said that it cost the agency tens of thousands of dollars to produce.

He indicated that while “almost nobody” wrote his or her own biography, the non-athletes in the booklet, whom “the agents deal[t] with on a daily basis,” were “probably” approached to approve the text as presented.

Dystel did not respond to numerous requests for comment, via email and telephone. Her assistant told Breitbart News that Dystel “does not answer questions about Obama.”

The errant Obama biography in the Acton & Dystel booklet does not contradict the authenticity of Obama’s birth certificate. Moreover, several contemporaneous accounts of Obama’s background describe Obama as having been born in Hawaii.

The biography does, however, fit a pattern in which Obama–or the people representing and supporting him–manipulate his public persona.

David Maraniss’s forthcoming biography of Obama has reportedly confirmed, for example, that a girlfriend Obama described in Dreams from My Father was, in fact, an amalgam of several separate individuals.

In addition, Obama and his handlers have a history of redefining his identity when expedient. In March 2008, for example, he famously declared: “I can no more disown [Jeremiah Wright] than I can disown the black community. I can no more disown him than I can my white grandmother.”

Several weeks later, Obama left Wright’s church–and, according to Edward Klein’s new biography, The Amateur: Barack Obama in the White House, allegedly attempted to persuade Wright not to “do any more public speaking until after the November [2008] election” (51).

Obama has been known frequently to fictionalize aspects of his own life. During his 2008 campaign, for instance, Obama claimed that his dying mother had fought with insurance companies over coverage for her cancer treatments.

That turned out to be untrue, but Obama has repeated the story–which even the Washington Post called “misleading”–in a campaign video for the 2012 election.

The Acton & Dystel biography could also reflect how Obama was seen by his associates, or transitions in his own identity. He is said, for instance, to have cultivated an “international” identity until well into his adulthood, according to Maraniss.

Regardless of the reason for Obama’s odd biography, the Acton & Dystel booklet raises new questions as part of ongoing efforts to understand Barack Obama–who, despite four years in office remains a mystery to many Americans, thanks to the mainstream media.

Larry O’Connor contributed to this report.

Voir encore:

The Gospel According To Wright
How much of Pastor Jeremiah Wright’s race-based « theology » does Barack Obama really share?

The American Spectator

Charles C. Johnson

December 2011 – January 2012

In 2008 America elected a president whose pastor for 20 years preached anti-Semitic conspiracy theories, advocated bizarre pseudo-scientific racial ideas, opposed interracial marriage, praised communist dictatorships, denounced black « assimilation, » and taught Afrocentric feel-good nonsense to schoolchildren. When Americans discovered the Rev. Jeremiah Wright’s views during the 2008 campaign, they rightly wondered if Barack Obama, like his pastor, really believed that HIV/AIDS was created by the American government to kill black people. Even to this day, no one knows for sure whether Obama shares the views of Wright, whom the Chicago Sun-Times once described as Obama’s « close confidant. »

Candidate Obama tried to dismiss his support for Wright, telling Charlie Gibson of ABC News, « It’s as if we took the five dumbest things that I ever said or you ever said…in our lives and compressed them, and put them out there, you know, I think that people’s reaction, would be understandably upset. » And rightly so. In sermon after sermon, Wright’s radical black nationalist ideas were clearly and emphatically stated. They were not an aberration, but the focal point of Pastor Wright’s Trinity United Church of Christ in Chicago, where Obama was an active member for 20 years.

Nor has Wright renounced any of his anti-Americanism. In a sermon last September 16 marking the 10th anniversary of 9/11 entitled, « The Day of Jerusalem’s Fall, » Wright seemed to celebrate white America’s comeuppance. « We bombed Hiroshima. We bombed Nagasaki. And we nuked far more than the thousands in New York and the Pentagon–and we never batted an eye! » Wright preached. « We supported state terrorism against the Palestinians and black south Africans and now we are indignant because the stuff we have done overseas is now brought right back into our own front yards. » He closed, invoking Malcolm X’s statement about the assassination of J.F.K, « America’s chickens! Coming home! To roost! » White America, he was saying, had gotten its just deserts.

Candidate Obama tried to distance himself from Wright’s more damning comments. But, crucially, he didn’t disown the pastor himself. In fact, in his rise to political fame, he had made Wright’s sermons his own, drawing on Wright’s « Audacity to Hope » sermon and appropriating its theme for his political coming-out speech at the Democratic National Convention in Boston in 2004. He even borrowed the sermon’s title for his second autobiography, The Audacity of Hope, in a bid to get Wright and other black churches to support his candidacy.

The question is why Barack Obama, raised without any faith at all, chose one of the most incendiary preachers in Black America to preach the word of God to him. Wright became, in Obama’s words, « like family to me. [Wright] strengthened my faith, officiated my wedding, and baptized my children. » Obama told a group of ministers in June 2007 that Wright helped « introduce me to my Christian faith. » But what, exactly, is Barack Obama’s faith? Just as important, what is Jeremiah Wright’s?

JEREMIAH WRIGHT WAS BORN on September 22, 1941, in Germantown, a racially mixed, middle-class Philadelphia suburb. His father, Jeremiah Wright, Sr., became the minister of the local Grace Baptist Church in 1938 and served there for 42 years. His mother, Mary Elizabeth Henderson Wright, was a schoolteacher who eventually became the first black vice-principal at the Philadelphia High School for Girls, one of the city’s top-performing magnet schools.

Education mattered deeply to the Wrights. They helped their son with his homework while they bettered themselves with part-time courses. They enrolled him at Central High School, an all-male magnet establishment considered among the nation’s best public schools at the time. It was 90 percent white. The class yearbook announced, « Always ready with a kind word, Jerry is one of the most congenial members [of his class]. » But Wright himself dismissed that period of congeniality in a later sermon. « I used to let my behavior be determined by the white world’s expectations, » he recalled ruefully.

The young Jeremiah was off to a promising start, but at age 15 was arrested for grand larceny auto theft. His parents sent him to the all-black Virginia Union University. But Wright quit after two years and joined the Marines. Wright later said he hated being educated at « black schools founded by white missionaries. » Still, during his short time at VUU he met fellow students who made a lasting impression: a young PhD student named John Kinney who had studied under both Martin Luther King, Jr., and James Cone, the founder of black liberation theology; and Samuel DeWitt Proctor, a longtime friend and mentor of King.

After quitting the Marines, Wright joined the Navy, where he served for four years. He was stationed mostly in Washington D.C., and was there to help operate on President Lyndon B. Johnson as a cardiopulmonary technician before enrolling in college again at Howard University, earning a bachelor’s degree in 1968 and a master’s in English in 1969. At Howard, Wright heard firebrand Stokely Carmichael, a.k.a. Kwame Ture, lecture on black power. He was further influenced by Cheikh Anta Diop’s racialist tomes advancing Afrocentrism, the theory that Africa was the cradle of modern civilization. After that, it was off to the University of Chicago Divinity School for six years. Then Wright, 31, joined Trinity United Church of Christ as pastor on March 1, 1972. In his provocative words, « the fun began. »

Trinity, on its last legs when Wright joined it, was an odd choice. After all, as Bill Moyers of PBS recalls in his new book, Bill Moyers Journal: The Conversation Continues, Wright « could have had his pick of large, prosperous congregations, but instead chose one with only 87 members in a largely black neighborhood » of Chicago. Wright often compared Chicago to apartheid-era South Africa: « Just as Blacks could not be caught inside the city of Johannesburg after dark…the same held true for Blacks on the Southside of Chicago. » Breaking with his parents’ Baptist denomination, Wright recognized that at Trinity he could have complete authority to implement his vision.

There were, of course, impediments to that goal, not least his white colleagues. Many couldn’t understand his love of black-style worship or emphasis on the role of Africans in biblical history. Wright recalls nearly coming to blows in 1978 with a white associate minister who called his church a « cult » and derided him for having a « big ego. »

TWENTY-TWO BLACK church members who did not like the direction in which Wright was taking Trinity lodged a complaint with the UCC, then left the church. Wright attacked them as Uncle Toms « running to ‘massa’ to tell a white man what they thought was happening to their Negro church. » He had nothing but contempt for these middle-class blacks. They were, he noted, « bourgeois Negroes who wanted to be white. » Wright considered himself a « new Black who is not ashamed of his Blackness. »

Wright had come under the sway of the writings of James Cone, a professor of divinity, father of the black theology movement and author of the seminal Black Theology and Black Power (1969). Cone taught that Christianity needed to be freed from « whiteness. » He and Wright conceived of a Christianity in which black rage and the black power ideology fused with Marxist thought. According to Cone, « black people must find ways of affirming black dignity which do not include relating to whites on white terms. » Integration was impossible because it was brought about by « black naïveté » and « white guilt. » Cone approvingly quoted Malcolm X: « The worst crime the white man has committed has been to teach us to hate ourselves. » Freeing blacks would require getting them to love their inner African and Wright would do just that–Trinity’s longtime parishioners be damned.

Trinity gave Wright a chance to introduce ordinary blacks to these writings. During the initial media dustup over Wright’s views in 2007, the media couldn’t understand Wright’s, or Obama’s, Christianity because they couldn’t understand the underlying phenomenon of black liberation theology.

It didn’t help that the mainstream media had decided to take the issue of Obama’s faith off the table. The New York Times ludicrously editorialized in 2008 that Obama’s « religious connection » with Wright « should be none of the voters’ business. » Unlike George W. Bush, Obama wouldn’t « carry religion into government, » the Times promised. In fact, Obama often invokes religion in areas–health care and economics–where it isn’t normally mentioned. An analysis by Politico found that Obama invoked Jesus far more than George W. Bush did, and cited the Sermon on the Mount to make the case for his economic policies.

Wright was Obama’s missionary in a sense, so it is worth looking at how he educated his parishioners. « I had as my goal in starting a weekly Bible class the idea of connecting the study of God’s Word to where it is we lived as Black people in Chicago in 1972, » he recalled. It would be the Gospel according to Wright. Trinity’s slogan would be « Unapologetically Black and Unapologetically Christian. » It was to be black first and Christian second. Preaching black theology, Wright made his dashiki-wearing flock the largest–and blackest–church in the largely white UCC.

In his church-associated Kwame Nkrumah Academy, the congregation’s children learned such canards as the claim that « [h]istorically, Europeans tried to build themselves up by tearing down all that Africans had done. » Obama biographer David Remnick notes that Obama approved of this « African-centered » grade school, where Wright’s God loves all people, but black people especially. And why shouldn’t he? Jesus, Wright taught, was « an African Jew, » as were most of the figures of the Bible. As Wright said in Africans Who Shaped Our Faith (1995), « evidence exists within and outside of the Bible to support the notion that the people of Israel…were of African descent! »

It is in this context that Wright’s comments on Zionism should be seen. Attacking Israel’s right to exist, Wright held that « [t]he Israelis have illegally occupied Palestinian territories for more than 40 years now. » America, by defending Zionism and its apartheid-like regime, had too long practiced « unquestioning » support of Zionism. Given his hostility to Zionism and non-« African » Jews, it wasn’t surprising that Wright’s anti-Semitism reared its ugly head in June 2009. « Them Jews ain’t going to let him talk to me, » he told the Daily Press of Hampton Roads, Virginia. They were « controlling » Obama and therefore preventing the United States from sending a delegation to an anti-racism United Nations conference. (America boycotted it on the grounds that it would descend into an anti-Jew hate fest as it had in previous years.)

Wright remained loyal to Malcolm X (Trinity United Church celebrates his birthday) and to Louis Farrakhan.

Wright even joined Farrakhan on a trip to meet with the latter’s benefactor, Muammar Gaddafi, in 1984. (Wright has also routinely bragged about his trips to Castro’s Cuba and Ortega’s Nicaragua. He predicted that his trip to Libya would cause trouble for Obama in 2008: « When [Obama’s] enemies find out that in 1984 I went to Tripoli to visit [Gaddafi] with Farrakhan, a lot of his Jewish support will dry up quicker than a snowball in hell, » he said.)

To further his claim that the white man was an active enemy of the black man, Wright has often recommended a favorite book of the Nation of Islam, Emerging Viruses: AIDS and Ebola: Nature, Accident, or Intentional? (1996), a self-published screed by Leonard G. Horowitz, a conspiracy theorist and former dentist, who argues that HIV began as a biological weapons project. « Based on this Tuskegee syphilis experiment and based on what has happened to Africans in this country, I believe our government is capable of doing anything. » As white people were responsible for the makeup of its government, white America bore a collective guilt, Wright said. It could not accept a black man as president of « this racist United States of America, » « the United States of White America, » and « the U.S. of KKK-A. »

WRIGHT GOT ON OBAMA’S BUS early, in the mid-1980s, when he supported Obama’s efforts to organize blacks for « social change » (i.e., to increase government welfare), and only left in 2008 when there was an increasingly serious chance of his winning the Democratic nomination and becoming president. It was, after all, Hillary Clinton–not John McCain–who used Wright as a campaign issue against Obama.

Wright had remained on the bus for so long because his friendship gave Obama an authenticity on the South Side that he otherwise lacked as a highly educated black man who grew up in white and multiracial environments. Had Obama not successfully defined himself as an ordinary African American, had he not worked the streets on poverty wages, his political career probably would have gone nowhere.

Obama came to join Wright’s church in a roundabout way, as Stanley Kurtz argues in his well-researched Radical-in-Chief (2010). We don’t know if he encountered Wright before he moved to Chicago, but it seems safe to assume he had. David Remnick recounts a significant meeting between the young Obama and Pastor Alvin Love of Lilydale First Baptist Church in Chicago. Obama and Love had organized blacks through the churches starting in 1985, so « [Obama] knew it was inconsistent to be a church-based organizer without being a member of any church, and he was feeling that pressure, » according to Love. « He said, ‘I believe, but…I want to be serious and be comfortable wherever I join.' » A pastor whom Love recommended–Pastor L. K. Curry–suggested that Obama meet Jeremiah Wright. Obama apparently liked what he saw at their meeting and he began to attend Trinity in 1988.

Obama’s decision to join Trinity was very much one of convenience. Even though he plotted his every move, we’re supposed to believe that he just happened to join the largest black church in America, whose pastor had a record for getting blacks elected to higher office. (In 1983, Wright led a coalition of black churches to help elect Harold Washington as the first black mayor of Chicago.) Obama liked to try out his ideas on Wright. « What I value most about Pastor Wright is not his day-to-day political advice, » he told the Chicago Tribune in January 2007. « He’s much more of a sounding board for me to make sure that I am speaking as truthfully about what I believe as possible and that I’m not losing myself in some of the hype and hoopla and stress that’s involved in national politics. » Wright was a means to an end.

Steeped in Marxist thought and the community organizing tactics of the radical Saul Alinsky, Obama was probably comfortable with the view that religion was the opiate of the masses and black liberation theology the opiate of blacks. Trinity Church is a place where black movers and shakers congregate. « My commitment is to the church, not to a pastor, » Obama said in May 2008. But left unsaid was just what the members of that church believed.

According to Wright, leading members have included Jawanza Kunjufu (author of Countering the Conspiracy to Destroy Black Boys, which blames, among other things, interracial marriage), Iva Carruthers (who coined the term « Afrocentric » and whose work at the Jew-hating Durban Conference on Racism Wright enthusiastically endorses), and Bobby Wright, psychologist and author of The Psychopathic Racial Personality, which argues that white attitudes toward blacks are psychopathic. Other influential members include the black entertainment elite, like the rapper Common and Oprah Winfrey.

Winfrey, who joined the church in the mid-’80s, eventually left in the early ’90s. An article entitled « Something Wasn’t Wright » in the May 12, 2008, issue of Newsweek explains that she knew Wright’s rants were too radical for her fans. Interestingly, though Oprah endorsed Obama and helped catapult his books to the top of the bestseller lists, she has declined to endorse him for 2012.

Common frequented Wright’s pews, occasionally rapping for its congregants. With Wright’s approval, Common even « free-styled sermons » against interracial marriage in 2005 when the Obamas were attending Trinity nearly every Sunday. (Perhaps that’s why Michelle Obama invited Common to perform at the White House in May 2011.)

Growing up in a heavily « segregated » Chicago, Common noted, you had to « enforce » black culture.

Ironically, Wright’s Afrocentrism, implicit segregationism, and explicit reverse racism didn’t prevent him from retiring to a $1.6 million home his church built for him in the lily-white Tinley Park neighborhood in 2008. The luxurious four-bedroom house features an elevator, a butler’s pantry, exercise room, four-car garage, master bedroom with a whirlpool, and spare room for a future theater or swimming pool. It abuts the Odyssey Country Club and golf course. (Its mortgage was paid for by the corrupt ShoreBank, with which Wright, along with most of the Chicago black elite, always had a cozy relationship before it went bust in 2010.)

WHERE DID OBAMA FIT in all of this? It seems he too rejected assimilation in favor of Wright’s separate-but-equal-yet-superior status for black Americans. A December 1995 article, « What Makes Obama Run, » by Hank De Zutter in the Chicago Reader, a local black newspaper, suggests as much in its profile of Obama’s first bid for the Illinois Senate. Obama, thanks to Reverend Wright’s Trinity Church, « learned that integration was a one-way street, with blacks expected to assimilate into a white world that never gave ground. » Obama bristled at the « unrealistic politics of integrationist assimilation which helps a few upwardly mobile blacks ‘move up, get rich, and move out.' »

Obama was merely following the teachings of Wright when he railed at Trinity against corporations that, Wright explains in his history of Trinity, « discriminated against women, corporations that discriminated against Blacks and Browns, corporations that supported sweatshops in Third World countries and corporations which stood in direct opposition to the Gospel of Jesus Christ. » Capitalism was part of what led to slavery, Wright had argued. He often mentioned the black sociologist Chancellor Williams’s jeremiad, The Destruction of Black Civilization, which argues that African civilization was destroyed by the acquisitiveness–the capitalist nature–of white European civilization.

But when Wright became too embarrassing, it was time for Obama to distance himself from him. That was the not so subtle message behind Obama’s « More Perfect Union » speech in March 2008 in which he rejected Wright, not because he disagreed with him, but he had to protect himself from the charge that Wright and Trinity disliked white people. « Not once in my conversations with him have I heard him talk about any ethnic group in derogatory terms, or treat whites with whom he interacted with anything but courtesy and respect, » Obama improbably claimed. The speech, much celebrated and quickly forgotten, did what it had to do: it derailed the whiteness issue as a campaign issue.

And yet Obama never explicitly rejected the black power, anti-capitalist core of Wright’s teachings. That includes beliefs like Wright’s credo that « White folks’ greed runs the world in need. » For all Obama’s talk, he can’t claim to never have heard Wright say it. Obama titled his second book, The Audacity of Hope, after the very sermon where that line appears. Candidate Obama’s declared intention to « spread the wealth around » echoed what he had absorbed at those Trinity sermons. Now President Obama’s thinking clearly shows the same imprint, as when he preaches that « at a certain point you’ve made enough money. »

« Rev. Jeremiah A. Wright, Jr., took me on another journey, » Obama once said. He merrily went along, every step of the way.

Voir enfin:

Becoming Obama
When Barack Obama met Genevieve Cook in 1983 at a Christmas party in New York’s East Village, it was the start of his most serious romance yet. But as the 22-year-old Columbia grad began to shape his future, he was also struggling with his identity: American or international? Black or white? Drawing on conversations with both Cook and the president, David Maraniss, in an adaptation from his new Obama biography, has the untold story of the couple’s time together.

David Maraniss

Vanity Fair

May 2, 2012

Adapted fromBarack Obama: The Story,by David Maraniss, to be published this month by Simon & Schuster; © 2012 by the author.

Barack Obama transferred from Occidental College to Columbia University in 1981, his junior year. Although he left Los Angeles with enough ambitious propulsion to carry him into a more active period, he instead receded into the most existentialist stretch of his life. As he put it himself dec­ades later during an interview in the Oval Office, “I was leading a very ascetic existence, way too serious for my own good.” In most outward ways, compared with what had come before, his life in New York was a minimalist one, without the sprawling cast of characters that had surrounded him at Oxy and in Hawaii and Indonesia. He felt no attachment to Columbia or to the first jobs he landed after graduation. But it would be a misreading to say that he was tamping down his ambitions during that period. Just the opposite, in fact. If anything, his sense of destiny deepened. He was conducting an intense debate with himself over his past, pres­ent, and future, an internal struggle that he shared with only a few close friends, including his girlfriends, Alex McNear and Genevieve Cook, who kept a lasting rec­ord, one in letters, the other in her journal.

“Where Am I Going?”

It is exponentially easier to look back at a life than to live it forward. In retrospect it becomes apparent that New York was crucial to Obama. If he had not quite found his place yet, he was learning in which directions not to go and how to avoid turns that would lead him off the path and into traps from which it would be hard to escape. Even when he was uncertain about much else, Obama seemed hyper-alert to avoiding a future he did not want.

At age 20, Obama was a man of the world. He had never been to south-central Kansas or western Kenya, the homelands of his ancestors, yet his divided heritage from Africa and the American heartland had defined him from the beginning. He could not be of one place, rooted and provincial. From his years living in Indonesia, where he was fully immersed in Javanese schools and culture; from his adolescence in Hawaii, where he was in the polyglot sea of hapa and haole, Asians and islanders; from his mother’s long-term commitment to development work overseas; from his friendship with Pakistani students at Occidental and his extended visit to their country—from all of these he had experienced far more global diversity than the average college junior. He knew the ways of different cultures better than he knew himself.
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Obama’s first apartment in New York, which he shared with Phil Boerner, a friend from Oxy, was at 142 West 109th Street. Heat and hot water were scarce commodities. When the nights turned colder, the roommates took to sleeping bags for warmth and spent as little waking time in the apartment as possible, holing up in Butler Library, at 114th, parts of which were open all night. Some mornings, eager to flee their quarters, they walked to the corner of Broadway and 112th to eat at Tom’s Restaurant, the place immortalized later as the fictional Monk’s, a familiar meeting place for the characters on Seinfeld. A full breakfast went for $1.99.

The loneliness of Obama’s New York existence emerged in his letters to Alex McNear, a young woman from Occidental who had enchanted Obama when she was co-editing the literary magazine Feast, and with whom he reconnected when she spent the summer of 1982 in New York. Alex had always been fond of Barry, as she called him, and “thought he was interesting in a very particular way. He really worked his way through an idea or question, turned it over, looked at it from all sides, and then he came to a precise and elegant conclusion.” When Alex came to New York, she gave Obama a call. They met at an Italian restaurant on Lexington Avenue, and, as she remembered the night, “we sat and talked and ate and drank wine. Or at least I drank wine. I think he drank something stronger. It was one of those dark, old Italian restaurants that don’t exist in New York anymore. It was the kind of place where they leave you alone. I remember thinking how happy I felt just talking to him, that I could talk to him for hours. We walked slowly back to my apartment, on 90th, and said good-bye. After that we started spending much more time together.”

Alex remembered it as a summer of walking miles through the city, lingering over meals at restaurants, hanging out at their apartments, visiting art museums, and talking about life. She recalled one intense conversation in particular as they stood outside the Metropolitan Museum of Art. Obama was obsessed with the concept of choice, she said. Did he have real choices in his life? Did he have free will? How much were his choices circumscribed by his background, his childhood, his socio-economic situation, the color of his skin, the expectations that others had of him? How did choice influence his pres­ent and future? Later, referring back to that discussion, he told Alex in a letter that he had used the word “choice” “as a convenient shorthand for the way my past resolves itself. Not just my past, but the past of my ancestors, the planet, the universe.” His obsession with the concept of choice, he said in a later interview at the White House, “was a deliberate effort on my part to press the pause button, essentially, and try to orient myself and say, ‘Okay, which way, where am I going?’ ”

The long-distance relationship with Alex McNear after that summer—they would drift apart as time wore on—was conducted mostly through a series of passionate letters sent between his apartment (he was then living at 339 East 94th, in Manhattan) and hers, at 2210 Ridgeview Avenue, in Eagle Rock, California. By her account, the passion was as much about ideas and words as about their romance—what she later called “that dance of closeness through language.” Alex was interested in postmodern literary criticism, and her arguments brimmed with the deconstructionist ideas of Jacques Derrida, the French philosopher. In one letter she told Obama that she was writing a paper in her modern-poetry class at Occidental about T. S. Eliot’s “The Waste Land.” His reply wove its way through literature, politics, and personal philosophy:

I haven’t read “The Waste Land” for a year, and I never did bother to check all the footnotes. But I will hazard these statements—Eliot contains the same ecstatic vision which runs from Münzer to Yeats. However, he retains a grounding in the social reality/order of his time. Facing what he perceives as a choice between ecstatic chaos and lifeless mechanistic order, he accedes to maintaining a separation of asexual purity and brutal sexual reality. And he wears a stoical face before this. Read his essay on Tradition and the Individual Talent, as well as Four Quartets, when he’s less concerned with depicting moribund Europe, to catch a sense of what I speak. Remember how I said there’s a certain kind of conservatism which I respect more than bourgeois liberalism—Eliot is of this type. Of course, the dichotomy he maintains is reactionary, but it’s due to a deep fatalism, not ignorance. (Counter him with Yeats or Pound, who, arising from the same milieu, opted to support Hitler and Mussolini.) And this fatalism is born out of the relation between fertility and death, which I touched on in my last letter—life feeds on itself. A fatalism I share with the western tradition at times. You seem surprised at Eliot’s irreconcilable ambivalence; don’t you share this ambivalence yourself, Alex?

He was trying to find his place in the whirl of humanity, while at the same time refining the literary riffs that filled up page after page of his journals. Here’s a passage from another section of that same letter:

Moments trip gently along over here. Snow caps the bushes in unexpected ways, birds shoot and spin like balls of sound. My feet hum over the dry walks. A storm smoothes the sky, impounding the city lights, returning to us a dull yellow glow. I run every other day at the small indoor track [at Columbia] which slants slightly upward like a plate; I stretch long and slow, twist and shake, the fatigue, the inertia finding home in different parts of the body. I check the time and growl—aargh!—and tumble onto the wheel. And bodies crowd and give off heat, some people are in front and you can hear the patter or plod of the steps behind. You look down to watch your feet, neat unified steps, and you throw back your arms and run after people, and run from them and with them, and sometimes someone will shadow your pace, step for step, and you can hear the person puffing, a different puff than yours, and on a good day they’ll come up alongside and thank you for a good run, for keeping a good pace, and you nod and keep going on your way, but you’re pretty pleased, and your stride gets lighter, the slumber slipping off behind you, into the wake of the past.

Obama was the central character in his letters, in a self-conscious way, with variations on the theme of his search for purpose and self-identity. In one letter, he told Alex that it seemed as if many of his Pakistani friends were headed toward the business world, and his old high-school buddies were “moving toward the mainstream.” Where did that leave him? “I must admit large dollops of envy for both groups,” he wrote. “Caught without a class, a structure, or tradition to support me, in a sense the choice to take a different path is made for me The only way to assuage my feelings of isolation are to absorb all the traditions [and] classes; make them mine, me theirs.”

Here, when he was 22, emerged an idea that would become a key to understanding Obama the politician and public figure. “Without a class” meant that he was entering his adult life without financial security. Without a “structure” meant he had grown up lacking a solid family foundation, his father gone from the start, his mother often elsewhere, his grandparents doing the best they could, but all leading to a sense of being a rootless outsider. Without a “tradition” was a reference to his lack of religious grounding and his hapa status, white and black, feeling completely at home in neither race. Eventually, he would make a few essential choices in terms of how he would live out his personal life, moving inexorably toward the black world. But in a larger sense, in terms of his ambitions beyond family, he did not want to be constricted by narrow choices. The different path he saw for himself was to rise above the divisions of culture and society, politics and economics, and embrace something larger—embrace it all. To make a particular choice would be to limit him, he wrote in the letter to Alex, because “taken separately, they are unacceptable and untenable.”

Looking back on that period from the distance of the White House, Obama recalled that he was then “deep inside my own head … in a way that in retrospect I don’t think was real healthy.” But the realization that he had to “absorb all the traditions” would become the rationale for everything that followed. “There is no doubt that what I retained in my politics is a sense that the only way I could have a sturdy sense of identity of who I was depended on digging beneath the surface differences of people,” Obama said during an interview. “The only way my life makes sense is if, regardless of culture, race, religion, tribe, there is this commonality, these essential human truths and passions and hopes and moral precepts that are universal. And that we can reach out beyond our differences. If that is not the case, then it is pretty hard for me to make sense of my life. So that is at the core of who I am.”

Enthralled

December 1983. A Christmas party down in the East Village, at 240 East 13th Street. It was B.Y.O.B., and Genevieve Cook brought a bottle of Baileys Irish Cream. The host was a young man employed as a typist at Chanticleer Press, a small Manhattan publishing company that specialized in coffee-table books. Genevieve had worked there briefly but had left to attend graduate school at Bank Street College, up near Columbia, and was now an assistant teacher for second and third graders at Brooklyn Friends School. She was living temporarily at her mother and stepfather’s place on the Upper East Side.

The party in the sixth-floor apartment was well under way when Genevieve arrived: lights dim, Ella Fitzgerald playing on the stereo, chattering people, arty types, recent college grads, some in the publishing world, none of whom she knew except the host. She went into the kitchen, to the right of the front entrance corridor, looking for a glass, then decided it would be less fussy to drink straight from the bottle. That was her style. She fancied smoking non-filter Camels and Lucky Strikes. She liked drinking Baileys and Punt e Mes, an Italian vermouth. Standing in the kitchen was a guy named Barack, wearing blue jeans, T-shirt, dark leather jacket. They spoke briefly, then moved on. Hours later, after midnight, she was about to leave when Barack Obama approached and asked her to wait. They plopped down on an orange beanbag chair at the end of the hall, and this time the conversation clicked.

He noticed her accent. Australian, she said. He knew many Aussies, friends of his mother’s, because he had lived in Indonesia when he was a boy. So had she, before her parents divorced, and again briefly in high school. As it turned out, their stays in Jakarta had overlapped for a few years, starting in 1967. They talked nonstop, moving from one subject to another, sharing an intense and immediate affinity, enthralled by the randomness of their meeting and how much they had in common. They had lived many places but never felt at home.

At night’s end, as Genevieve recalled that first encounter when I spoke with her decades later, they exchanged phone numbers on scraps of paper. “I’m pretty sure we had dinner maybe the Wednesday after. I think maybe he cooked me dinner. Then we went and talked in his bedroom. And then I spent the night. It all felt very inevitable.”

Obama was six months out of Columbia when Genevieve Cook came along and engaged him in the deepest romantic relationship of his young life. She called him Bahr-ruck, with the accent on the first syllable, and a trill of the r’s. Not Bear-ick, as the Anglophile Kenyans pronounced it, and not Buh-rock, as he would later be called, but Bahr-ruck. She said that is how he pronounced it himself, at least when talking to her. He was living on the Upper West Side and working in Midtown, at a job that paid the rent but did not inspire him. He was still in a cocoon phase, wondering about his place, keeping mostly to himself, occasionally hanging out with his Pakistani friends, who partied too much and too hard, he thought, but were warm and generous and buoyant intellectual company. Genevieve offered something more. She was 25, three years older than he was, born in 1958. She kept a journal, as he did, and thought of herself as an observer, as he did, and brooded about her identity, as he did, and had an energetic, independent, and at times exasperating mother, as he did, and burned with an idealism to right the wrongs of the world, as he did.

A few weeks into January 1984 they were seeing each other regularly on Thursday nights (when she would be up in his neighborhood, finishing one of her Bank Street classes) and on weekends. He was living then as a boarder in a fourth-floor walkup at 622 West 114th Street. It was a rent-controlled three-bedroom apartment. She remembered how on Sundays Obama would lounge around, drinking coffee and solving the New York Times crossword puzzle, bare-chested, wearing a blue and white sarong. His bedroom was closest to the front door, offering a sense of privacy and coziness. Genevieve described it in her journal this way: “I open the door, that Barack keeps closed, to his room, and enter into a warm, private space pervaded by a mixture of smells that so strongly speak of his presence, his liveliness, his habits—running sweat, Brut spray deodorant, smoking, eating raisins, sleeping, breathing.”

Genevieve’s journal-keeping started in 1975 during her final year at Emma Willard School, an academically rigorous prep school for young women in Troy, New York, and continued through her undergraduate years at Swarthmore and on into adulthood. As the relationship began, Genevieve was taken by Barack’s mind and the vibrancy of their discussions. Day by day, week by week, her perceptions of him became more complicated.

Sunday, January 22, 1984

What a startling person Barack is—so strange to voice intimations of my own perceptions—have them heard, responded to so on the sleeve. A sadness, in a way, that we are both so questioning that original bliss is dissipated—but feels really good not to be faltering behind some façade—to not feel that doubt must be silenced and transmuted into distance. Thursday, January 26

How is he so old already, at the age of 22? I have to recognize (despite play of wry and mocking smile on lips) that I find his thereness very threatening…. Distance, distance, distance, and wariness. Sunday, February 19

Despite Barack’s having talked of drawing a circle around the tender in him—protecting the ability to feel innocence and springborn—I think he also fights against showing it to others, to me. I really like him more and more—he may worry about posturing and void inside but he is a brimming and integrated character.

Today, for the first time, Barack sat on the edge of the bed—dressed—blue jeans and luscious ladies on his chest [a comfy T-shirt depicting buxom women], the end of the front section of the Sunday Times in his hand, looking out the window, and the quality of light reflected from his eyes, windows of the soul, heart, and mind, was so clear, so unmasked, his eyes narrower than he usually holds them looking out the window, usually too aware of me.

Saturday, February 25

The sexual warmth is definitely there—but the rest of it has sharp edges and I’m finding it all unsettling and finding myself wanting to withdraw from it all. I have to admit that I am feeling anger at him for some reason, multi-stranded reasons. His warmth can be deceptive. Tho he speaks sweet words and can be open and trusting, there is also that coolness—and I begin to have an inkling of some things about him that could get to me.

Blueblood

Much later, after the publication of his book Dreams from My Father, and after Barack Obama became famous, a curiosity arose about the mystery woman of his New York years. “There was a woman in New York that I loved,” he wrote. “She was white. She had dark hair, and specks of green in her eyes. Her voice sounded like a wind chime. We saw each other for almost a year. On the weekends, mostly. Sometimes in her apartment, sometimes in mine. You know how you can fall into your own private world? Just two people, hidden and warm. Your own language. Your own customs. That’s how it was.”

Obama did not name this old girlfriend even with a pseu­donym—­she was just “a woman” or “my friend.” That she remained publicly unidentified throughout his rise to national prominence became part of the intrigue of his New York period’s “dark years” narrative. His physical description was imprecise but close. Genevieve is five-seven, lithe and graceful, with auburn-tinged brown hair and flecks of brown, not green, in her hazel eyes. Her voice was confident and soothing. Like many characters in the memoir, he introduced her to advance a theme, another thread of thought in his musings about race. To that end, he distorted her attitudes and some of their experiences, emphasizing his sense that they came from different worlds. Decades later, during an interview in the Oval Office, Obama acknowledged that, while Genevieve was his New York girlfriend, the description in his memoir was a “compression” of girlfriends, including one who followed Genevieve when he lived in Chicago.

Genevieve Cook came from not one but several distinguished families. Her father, Michael J. Cook, was a prominent Australian diplomat. Genevieve’s mother, born Helen Ibbitson, came from a banking family in Melbourne and was an art historian. Michael and Helen divorced when Genevieve was 10. Helen soon remarried into a well-known American family, the Jessups. With homes in Georgetown and on Park Avenue at various times, Philip C. Jessup Jr. served as general counsel for the National Gallery of Art, in Washington. The Jessups were establishment Democrats. Philip’s father had been a major figure in American postwar diplomacy.

In Genevieve’s conversations with Bar­ack, her family was seldom a topic. Barack provided an escape from all that, a sanctuary. She felt that she had far more in common with him than with her relatives. “That wasn’t my world,” she said of the social circles of her mother and stepfather and father. “I was through and through infused with the sense of being an outsider, like Barack was.”

In Barack Obama she had found a kindred soul, dislocated, caught in between. But she could see that this also led to distance and caution, a sensibility in Barack that she described with a particular metaphor: the veil.

Friday, March 9, 1984

It’s not a question of my wanting to probe ancient pools of emotional trauma … but more a sense of you [Barack] biding your time and drawing others’ cards out of their hands for careful inspection—without giving too much of your own away—played with a good poker face. And as you say, it’s not a question of intent on your part—or deliberate withholding—you feel accessible, and you are, in disarming ways. But I feel that you carefully filter everything in your mind and heart—legitimate, admirable, really—a strength, a necessity in terms of some kind of integrity. But there’s something also there of smoothed veneer, of guardedness … but I’m still left with this feeling of … a bit of a wall—the veil. Thursday, March 22

Barack—still intrigues me, but so much going on beneath the surface, out of reach. Guarded, controlled. Tuesday, April 3

He talked quite a lot about discontent in a quiet sort of way—balancing the tendency to be always the observer, how to effect change, wanting to get past his antipathy to working at B.I.

“A Superhero Life”

The initials “B.I.” in that journal entry stood for Obama’s employer, Business International, located at 1 Dag Hammarskjöld Plaza, on Second Avenue between 47th and 48th Streets. Business International had been operating for nearly 30 years by the time Obama went to work there. Established in 1954, its stated goal was “to advance profitable corporate and economic growth in socially desirable ways.” What that entailed, for the most part, was compiling and constantly updating newsletters and reference materials for corporations that did business around the world. Obama was a very junior employee, doing research and writing reports.

By early 1984, Obama was absorbed with Genevieve and with figuring out his place in the world. Whatever and wherever that would be, it would certainly not involve Business International or anything like it. He had turned away from the rhetoric of the left, dubious of its practicality and turned off by radical remnants of the 1960s, but was also leery of succumbing to the allure of the business world. Genevieve knew that he harbored faintly articulated notions of future greatness, of gaining power in order to change things. Once, when they were in Prospect Park, in Brooklyn, they saw a young boy in costume, playing out a superhero role. They started to talk about superheroes, the comics he enjoyed as an adolescent in Honolulu, and intimations of “playing out a superhero life.” She considered it “a very strong archetype in his personality.” But he was not to be drawn out—he shut down “and didn’t want to talk about it further.”

Wednesday, May 9, 1984

But he is so wary, wary. Has visions of his life, but in a hiatus as to their implementation—wants to fly, and hasn’t yet started to take off, so resents extra weight. Saturday, May 26

Dreamt last night for what I’m sure was an hour of waiting to meet him at midnight, with a ticket in my hand. Told me the other night of having pushed his mother away over past 2 years in an effort to extract himself from the role of supporting man in her life—she feels rejected and has withdrawn somewhat. Made me see that he may fear his own dependency on me, but also mine on him, whereas I only fear mine on him He wants to preserve our relationship but either felt or wanted it to be well protected from some sense of immediate involvement.

Genevieve was out of her mother’s Upper East Side apartment by then. Earlier that spring she had moved and was sharing the top floor of a brownstone at 640 Second Street in Park Slope. The routine with Barack was now back and forth, mostly his place, sometimes hers. When she told him that she loved him, his response was not “I love you, too” but “thank you”—as though he appreciated that someone loved him. The relationship still existed in its own little private world. They spent time cooking. Barack loved to make a ginger beef dish that he had picked up from his friend Sohale Siddiqi. He was also big on tuna-fish sandwiches made the way his grandfather had taught him, with finely chopped dill pickles. For a present, Genevieve bought him an early edition of The Joy of Cooking. They read books together and talked about what they had read. For a time they concentrated on black literature, the writers Maya Angelou, Toni Morrison, Toni Cade Bambara, and Ntozake Shange.

If Barack and Genevieve were in social occasions as a couple, it was almost always with the Pakistanis. Hasan Chandoo had moved back from London and taken a place in a converted warehouse on the waterfront below Brooklyn Heights. Wahid Hamid, starting a rise up the corporate ladder that would take him to the top of PepsiCo, lived on Long Island with his wife. Sohale Siddiqi was part of the crowd, along with Beenu Mahmood. It was a movable feast, and invariably a matter of bounty and excess, friends losing themselves in food and conversation. Barack for the most part declined alcohol and drugs. “He was quite abstemious,” Genevieve said. She enjoyed the warmth of the gatherings, but was usually ready to go home before him. He was pushing away from the Pakistanis, too, politely, for a different reason, she thought. He wanted something more.

Beenu Mahmood saw a shift in Obama that corresponded to Genevieve’s perceptions. He could see Obama slowly but carefully distancing himself as a necessary step in establishing his political identity as an American. For years when Barack was around them, he seemed to share their attitudes as sophisticated outsiders who looked at politics from an international perspective. He was one of them, in that sense. But to get to where he wanted to go he had to change.

Mahmood remembered that “for a period of two or three months” Obama “carried and at every opportunity read and reread a fraying copy of Ralph Ellison’s Invisible Man. It was a period during which Barack was struggling deeply within himself to attain his own racial identity, and Invisible Man became a prism for his self-reflection.” There was a riff in that book that Mahmood thought struck close to the bone with Obama. The narrator, an intelligent black man whose skills were invisible to white society, wrote: “America is woven of many strands; I would recognize them and let it so remain. It’s ‘winner take nothing’ that is the great truth of our country or of any country. Life is to be lived, not controlled; and humanity is won by continuing to play in the face of certain defeat.” His friend Barack, Mahmood thought, “was the most deliberate person I ever met in terms of constructing his own identity, and his achievement was really an achievement of identity in the modern world. [That] was an important period for him, first the shift from not international but American, number one, and then not white, but black.”

Obama disciplined himself in two activities—writing and running. When he was on the Upper West Side, he would run in Riverside Park. When he was in Brooklyn, he would run in Prospect Park. He was what Genevieve called “a virtuous daily jogger,” and that was one of the differences between them. For weeks that summer, Genevieve challenged Barack to a footrace. Not long-distance but a sprint. If they sprinted, she insisted, she would beat him. Barack kept putting it off. “His response was merry disbelief,” Genevieve recalled. “By merry I don’t mean he laughed at me, though he was amused. He had this way … where he inhabits a mocking space—it’s sort of a loving mocking—as if to imply ‘Ah, the frailties and tendencies we all have to be delusional, self-deceiving, preposterous even, but you are cute, and I like you better for it.’ ” Finally, he relented. They picked a day, went to the park, and chose a walkway lined by lampposts for the dash. Her journal entry:

On Sunday Barack and I raced, and I won. I ran so fast my body transformed itself onto another plane. We ran, he started off behind me and I just said to myself stay ahead, stay ahead and my body became a flat thin box w/ my arms and legs coming each precisely from a corner. And I didn’t know how long I could keep it up, but I was going to try—my whole sight concentrated on the lamp post when I felt him slow and yell you beat me, at first I thought he was giving up, but then I realized he’d meant the lamp post on the left and I’d really won! The feel of the race was exhilarating, but I didn’t feel very victorious. Barack couldn’t really believe it and continued to feel a bit unsettled by it all weekend, I think. He was more startled to discover that I had expected to win than anything else. Anyway, later in the shower (before leaving to see The Bostonians) I told him I didn’t feel that good about winning, and he promptly replied probably cos of feelings of guilt about beating a man. In which case, no doubt, he’d already discovered the obverse feelings about being beaten by a woman. Nevertheless, it was a good metaphor for me, despite, as I confessed to Barack, that in some ways it would have appeased some aspect of my self-image to have tried and lost. But I didn’t; I won.

The Dream

Kenya had been weighing on Obama’s mind since the death of his father, and he talked to Genevieve about wanting to visit his family in Kenya. On one occasion he had a vivid dream about his father. It was a dream of a distant place and the lost figure brought back to life, a vision that later inspired his memoir’s title. In this dream, as he recounted it in Dreams from My Father, Barack rode a bus across a landscape of “deep fields of grass and hills that bucked against an orange sky” until he reached a jail cell and found his father before him “cloth wrapped around his waist.” The father, slender, with hairless arms, saw his son and said, “Look at you, so tall—and so thin. Gray hairs, even,” and Obama approached him and hugged him and wept as Barack Hus­sein Obama Sr. said the words Barack Hussein Obama II would never hear in real life—“Barack, I always wanted to tell you how much I love you.”

Genevieve recalled the morning he awoke from that dream. “I remember him being just so overwhelmed, and I so badly wanted to fix him, help him fix that pain. He woke up from that dream and started talking about it. I think he was haunted.”

Genevieve and Barack talked about race quite often, as part of his inner need to find a sense of belonging. She sympathized and encouraged his search for identity. If she felt like an outsider, he was a double outsider, racial and cross-cultural. He looked black, but was he? He confessed to her that at times “he felt like an imposter. Because he was so white. There was hardly a black bone in his body.” At some point that summer she realized that, “in his own quest to resolve his ambivalence about black and white, it became very, very clear to me that he needed to go black.”

Early in Barack’s relationship with Genevieve, he had told her about “his adolescent image of the perfect ideal woman” and how he had searched for her “at the expense of hooking up with available girls.” Who was this ideal woman? Genevieve conjured her in her mind, and it was someone other than herself. She wrote, “I can’t help thinking that what he would really want, be powerfully drawn to, was a woman, very strong, very upright, a fighter, a laugher, well-­experienced—a black woman I keep seeing her as.”

In Dreams from My Father, Obama chose to emphasize a racial chasm that unavoidably separated him from the woman he described as his New York girlfriend.

One night I took her to see a new play by a black playwright. It was a very angry play, but very funny. Typical black American humor. The audience was mostly black, and everybody was laughing and clapping and hollering like they were in church. After the play was over, my friend started talking about why black people were so angry all the time. I said it was a matter of remembering—nobody asks why Jews remember the Holocaust, I think I said—and she said that’s different, and I said it wasn’t, and she said that anger was just a dead end. We had a big fight, right in front of the theater. When we got back to the car she started crying. She couldn’t be black, she said. She would if she could, but she couldn’t. She could only be herself, and wasn’t that enough.

None of this happened with Genevieve. She remembered going to the theater only once with Barack, and it was not to see a work by a black playwright. When asked about this decades later, during a White House interview, Obama acknowledged that the scene did not happen with Genevieve. “It is an incident that happened,” he said. But not with her. He would not be more specific, but the likelihood is that it happened later, when he lived in Chicago. “That was not her,” he said. “That was an example of compression I was very sensitive in my book not to write about my girlfriends, partly out of respect for them. So that was a consideration. I thought that [the anecdote involving the reaction of a white girlfriend to the angry black play] was a useful theme to make about sort of the interactions that I had in the relationships with white girlfriends. And so, that occupies, what, two paragraphs in the book? My attitude was it would be dishonest for me not to touch on that at all … so that was an example of sort of editorially how do I figure that out?”

Obama wrote another scene into his memoir to serve a dual purpose, exposing what he saw as a cultural gap with Genevieve. He described how his New York girlfriend finally persuaded him to go with her to the family’s country estate in Norfolk, in northwestern Connecticut, for a weekend.

The parents were there, and they were very nice, very gracious. It was autumn, beautiful, with woods all around us, and we paddled a canoe across this round, icy lake full of small gold leaves that collected along the shore. The family knew every inch of the land. They knew how the hills had formed, how the glacial drifts had created the lake, the names of the earliest white settlers—their ancestors—and before that, the names of the Indians who’d once hunted the land. The house was very old, her grandfather’s house. He had inherited it from his grandfather. The library was filled with old books and pictures of the grandfather with famous people he had known—presidents, diplomats, industrialists. There was this tremendous gravity to the room. Standing in that room, I realized that our two worlds, my friend’s and mine, were as distant from each other as Ken­ya is from Germany. And I knew that if we stayed together I’d eventually live in hers. After all, I’d been doing it most of my life. Between the two of us, I was the one who knew how to live as an outsider.

The differences in this case between Barack’s portrayal and Genevieve’s recollections are understandable matters of perspective. It was her stepfather’s place. They rode the Bonanza bus up from New York and got off at the drugstore in Norfolk. It was indeed a beautiful autumn weekend, though colder than expected, and Obama complained about it. He did not bring warm enough clothes, so he had to borrow a woolen shirt from Genevieve. The Jessup property was 14 acres, with woods, brook, and pond. The library was exactly as he described it, cluttered with photographs and memorabilia of the grandfather’s distinguished career. The family mostly watched the evening news in there, and played charades.

From the distance of decades, in reading the memoir, what struck Genevieve most was Obama’s description of the gravity of that library, and the vast distance between their worlds, and his conviction that he alone was the one who knew how to live as an outsider. She felt as estranged from that milieu as he did, and he knew it, and over the ensuing decades it was Barack, not Genevieve, who would move closer to presidents, diplomats, and industrialists, the world of an insider. “The ironic thing,” she noted, “is he moved through the corridors of power in a far more comfortable way than I ever would have.”

“I Pushed Her Away”

Genevieve had started teaching at P.S. 133, on Butler Street in Park Slope, that fall of 1984. She had fretted about it all of the previous summer, and now that she was in the classroom it proved even more difficult than she had anticipated. She confided to Barack one day that she had mentioned the idea of leaving to a colleague, who told her that if she stayed she would end up with a nice pension. “That was the only time he raised his voice and got really, really upset with me,” she recalled. “He went berserk about the trade-offs he saw his grandparents make for some supposed safety net at the ex­pense of something He meant at the expense of their souls.”

That was something Obama, in his own self-assessment, deeply wanted to avoid. He said he would never keep a job just for security. In early December, after one year at Business International, he quit. He also left the apartment on 114th Street and moved in with Genevieve. It was to be a temporary arrangement until he left for Hawaii over the Christmas holidays. When he returned, he would find another place of his own, he said. Their time living together did not go well.

Monday, December 10

After a week of Barack and I adjusting to each others constant presence and his displacement, I expect that this week will make it hard to be alone again when he has gone [to Hawaii for Christmas]. We got very irritated w/ each other Fri. night and Saturday, talked about it. Thursday, December 13

Induced a flare-up yesterday between Barack and me over a suddenly felt irritation at doing the breakfast dishes. Then I was less than honest when I broached my irritation w/ Barack in the vein of, I’m going to tell you I’m irritated, but only because I don’t want to be, and expected him to just let it roll off his back … living w/ someone, you inevitably turn your private frustrations out on that person, because that kind of projection is such a basic and pervasively influencing ego defense mechanism. And too, as one is so unaware of the other person’s living reality, I had not taken into account Barack’s feeling of being displaced and in the way. In the end he said I know it’s irritating to have me here, and I wanted to say and mean, no of course it isn’t, but I couldn’t. That has been the biggest surprise, that rather than enjoying his extended presence like a very long weekend, as I think I thought I would, and reveling in the comfort of reliably having someone to eat dinner with, and talk to and go to sleep with, I’ve been …resentful I suppose—no—as he said, impatient and domineering How beneath the surface things are after all.

Before Obama left for Hawaii, she bought him an expensive Aran-wool cable-knit white sweater at Saks Fifth Avenue to replace an old one he had inherited, likely from his grandfather, that had holes in it and that Genevieve liked to wear. He was embarrassed that she had spent so much money on it.

When he returned from his western travels in mid-January, he was still without a place of his own and back in her apartment in Park Slope. He had landed his first or­ganizing job for the New York Public Interest Research Group, a nonprofit founded in the state in 1973 and inspired by the national organization created by citizen activist Ralph Nader. Obama had focused his ambitions on organizing since his last year at Columbia, while acknowledging that he was not entirely certain what it meant. He was hired at a salary that was barely more than half what he had earned at B.I., and his job was to organize students up on the Harlem campus of the City University of New York, focusing on environmental and student-­aid issues.

He succeeded at the job, by most standards, bringing more students into the organization and rejuvenating the chapter. But the issues seemed secondary to him, and he went to work every day with that same sense of remove and distance that he had carried with him at Columbia. Looking back on it decades later, he said that that first organizing job “had always felt sort of like a tryout of organizing as opposed to plunging into it in a serious way.” When he talked about the job with Genevieve, he mostly just said that it was depressing, which captured his mood much of that winter and early spring of 1985.

In his memoir, explaining his relationship with Genevieve to his Kenyan sister, Auma, he wrote: “I pushed her away. We started to fight. We started thinking about the future, and it pressed in on our warm little world.” All in the perspective, again. From Genevieve: “My take on it had always been that I pushed him away, found him not to be ‘enough,’ had chafed at his withheld-ness, his lack of spontaneity, which, eventually, I imagined might be assuaged, or certain elements of it might be, by living together. Because it felt so intrinsically to be part of his character, though, this careful consideration of everything he does, I saw it, then, as a sort of wound, one which ultimately I decided I was not the person he would ‘fix’ it with.”

At the end of March, Genevieve moved from Second Street to another apartment, on Warren Street, in Brooklyn. Barack helped her move, then found a place for himself in the 30s, off Eighth Avenue, in Hell’s Kitchen. He and Genevieve continued their earlier routine of seeing each other on weekends, but things had changed. By the middle of May, their relationship was over.

Thursday, May 23, 1985

Barack leaving my life—at least as far as being lovers goes. In the same way that the relationship was founded on calculated boundaries and carefully, rationally considered developments, it seems to be ending along coolly considered lines. I read back over the past year in my journals, and see and feel several themes in it all … how from the beginning what I have been most concerned with has been my sense of Barack’s withholding the kind of emotional involvement I was seeking. I guess I hoped time would change things and he’d let go and “fall in love” with me. Now, at this point, I’m left wondering if Barack’s reserve, etc. is not just the time in his life, but, after all, emotional scarring that will make it difficult for him to get involved even after he’s sorted his life through with age and experience.

Hard to say, as obviously I was not the person that brought infatuation. (That lithe, bubbly, strong black lady is waiting somewhere!)

A Direction

Obama had been thinking about Chicago since April 29, 1983, when Harold Washington made history, sworn in as the city’s first black mayor. Obama’s hope initially had been that he could land a job in the Washington administration after he graduated, which only showed how unschooled and naïve he was. Not until a decade later, when he was fully immersed in the give-and-take world of Illinois politics, would he learn how crucial it was to have a patron, or “Chinaman,” as it was called in that inimitable legislative milieu. In the spring of 1985—from the remove of New York City, having visited Chicago only once in his life, on a summer tour of the mainland with his family when he was 12 years old—Obama had no Chinaman, but he did have something. He had a telephone call from Jerry Kellman.

The connection began when Obama was at the New York Public Library and came across the latest copy of Community Jobs, a publication of six to eight pages that listed employment opportunities in the social-­justice and social-services fields. One listing was for a group called the Developing Communities Project, which needed a community organizer to work in the Roseland neighborhood on the South Side of Chicago. Right city. Right line of work. Obama sent in his résumé and cover letter, something he had done many times before with no luck. Two matters left unstated in the ad were that Kellman, who oversaw the project, specifically wanted an African-American for the job, and that he was getting desperate.

Obama’s application seemed intriguing, though it gave no indication of his race. The ré­sumé noted his Hawaiian childhood. The sur­name sounded Japanese. Kellman’s wife was Japanese. He knew that Obama could be a Jap­anese name and that Japanese-­Americans were common in Hawaii. It would take a conversation to find out more, so he reached Obama in New York and they talked on the phone for about an hour. At some point, without asking directly, Kellman came to the realization that Obama was black. It was even more apparent to him that this applicant was smart and engaging and interested in social issues. Definitely worth a deeper look. Kellman told Obama that he would be in Manhattan soon to visit his father, a theatrical-­copyright attorney who lived at 92nd and Broadway, and suggested they get together then. The meeting took place across town and down in Midtown, at a coffee shop on Lexington Avenue.

Kellman challenged Obama, throwing questions in his path as obstacles, one after another. Why did he want this line of work, with its low pay, long hours, and endless frustration? How did he feel about living and working in the black community for the first time in his life? “I asked him, ‘Why do you want to do this? Why do you want to organize? You graduated from Columbia. You are an African-American when corporations are looking for people like you. Why don’t you do something else?’ But first, Why? Where does this come from? What place and how deep does it come from? And what I got from him was that the people in the civil-rights movement were his heroes. And I also got from him that his mom was a social activist, an academic social activist, but a social activist.”

As the coffee-shop conversation progressed, Obama turned the tables and started interviewing Kellman. He wanted to make sure that the Developing Communities Project was legitimate and serious. This wasn’t some far-left enterprise, was it? He had moved beyond that, he said. Obama turned his questioning to Chicago and what this disheveled white man could teach him. Kellman wondered what Obama knew about Chicago. Not much. Hog butcher for the world, Obama said, reciting the famous Carl Sandburg line. Not anymore—the stockyards had closed, Kellman responded. Obama mentioned the Cubs, perennial losers, and Harold Washington, the town’s new winner. He pressed Kellman for more observations about the city and the South Side neighborhoods, what was happening with the steel mills, the decline of factory work, the fraying of families and communities. The more they talked, the more it became obvious to Kellman that Obama was his man.

Before leaving New York, Barack spent $2,000 on a blue Honda Civic that he would drive into the heartland to start his new life. He also took along the white cable-­knit sweater that Genevieve had given him for Christmas. It would comfort him in the cold Chicago winter.


Complotisme: Attention, un complot peut en cacher un autre (From al-Dura to Charlie hebdo: Guess who the conspiracy theorists’s usual suspects are ?)

4 février, 2015
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La carte des théories révisionnistes épouse parfaitement celle de l’antiaméricanisme dans le monde. Claude Moniquet
Il existe – et c’est éclairant – une thèse opposée, que j’appellerai la thèse du complot, selon laquelle il suffirait, pour expliquer un phénomène social, de découvrir ceux qui ont intérêt à ce qu’il se produise. Elle part de l’idée erronée que tout ce qui se passe dans une société, guerre, chômage, pénurie, pauvreté, etc., résulte directement des desseins d’individus ou de groupes puissants. Idée très répandue et fort ancienne, dont découle l’historicisme ; c’est, sous sa forme moderne, la sécularisation des superstitions religieuses. Les dieux d’Homère, dont les complots expliquent la guerre de Troie, y sont remplacés par les monopoles, les capitalistes ou les impérialistes. Je ne nie évidemment pas l’existence de complots. Ceux-ci se multiplient même chaque fois que des gens croyant à leur efficacité accèdent au pouvoir. Cependant, il est rare que ces complots réussissent à atteindre le but recherché, car la vie sociale n’est pas une simple épreuve de force entre groupes opposés, mais une action qui se déroule dans le cadre plus ou moins rigide d’institutions et de coutumes, et qui produit maintes réactions inattendues. (…) Or, selon la théorie de la conspiration, tout ce qui arrive a été voulu par ceux à qui cela profite. Karl Popper
Vigipirate, en lui-même, c’est une énorme blague. (…) Les règles d’engagement de vigipirate ne nous permettent pas d’avoir de réelles possibilités d’action en cas d’attaque terroriste (…) parce que si on est attaqué avec un couteau, on doit avoir une réponse proportionnée, donc on peut pas utiliser nos armes. (…) Les munitions sont sous cadenas. Et si jamais quelqu’un tire, donc il faut qu’on demande l’autorisation au lieutenant pour ouvrir le feu. Et il faut qu’on déplombe nos armes. (…) parce que les armes sont plombées. Et qu’on charge l’arme. (…) Parce qu’il n’y a que le chef de patrouille qui a le droit d’avoir l’arme chargée. (…) Il n’y en a qu’un qui a son arme chargée. Et ça dépend du niveau d’alerte. Et on n’a pas les armes chargées. (…) Donc le temps qu’on charge, qu’on arme notre arme, nous, on est mort. (…) C’est juste pour un effet de presse, un coup de pub. (… ) On se faisait insulter, on se faisait cracher dessus, on n’avait pas le droit de bouger le petit doigt.  Nicolas (ancien militaire)
The heavily armed soldiers who protect Jewish institutions (…) are soldiers, not police, and so not trained to be alert to street problems. They tend to get distracted by their smartphones or pretty girls passing by. They clutch their assault rifles across their bodies, which leaves them vulnerable to someone driving by and shooting at them. As confirmed by today’s attack, the ostensible protection they offer actually provokes Islamists and other antisemites. They are only posted temporarily to the Jewish institutions in the aftermath of the Hyper Cacher attack a month ago and before long will leave. They protect only the institutions themselves, not the people who come and go to them, who remain as vulnerable as ever. In short, the soldiers are sitting ducks whose deployment does little to protect the Jewish community or solve the larger problem of Islamist violence. But it does offer another instance of emotionally satisfying « security theater » which temporarily gives everyone a constructive sense of doing something. Daniel Pipes
Just a few hours after the massacre at the offices of satirical French paper Charlie Hebdo, members of the far-right and far-left in Europe and America quickly decided who was responsible: the Mossad. Writing on her Facebook page, Greta Berlin, organizer of the 2010 Gaza flotilla and co-founder of the Free Gaza movement, argued that the attack was Israeli retribution for France’s recognition of a Palestinian state (…)  The idea that Israel carried out the massacre became so widespread that it was picked up by a more reputable publication, the International Business Times, which gave a respectful airing to the possibility in a piece titled “Charlie Hebdo Attack and Mossad Link: Is Israel Venting Its Fury For France’s Recognition of Palestine State?” After public outcry from readers and journalists, the article was taken down and replaced with a forthright apology deeming the piece “beneath our standards” and a “basic lapse in judgement.” Tablet
En ce qui nous concerne, nous autres Arabes, nous pouvons dire : « Bienvenue au club ! » Car les théories du complot sont presque une marque de fabrique de nos cultures nationales. Bienvenue dans un monde où à peu près tous les régimes et à peu près tous les acteurs politiques en ont usé pour assurer leur longévité. Ce qui a engendré la tyrannie. Le principal intérêt de cette façon de présenter le monde est que, finalement, personne n’est jamais responsable de ce qui arrive, si ce n’est une « cinquième colonne » ou les « mains du sionisme et de l’impérialisme » ou encore des « Croisés ». Bref, nous n’exportons pas seulement notre terrorisme mais aussi la théorie qui va avec ! Dala Al-Bizri
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande. C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée. C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage. A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises. Eric Mettout (L’Express)
Comment expliquer qu’une légende en anglais qui dit clairement qu’il s’agit d’une mise en scène (la légende, en anglais, de la photo fournie par l’AFP: « LEBANON, AIN EL-HELWEH: Palestinian refugees pose as Israeli soldiers arresting and beating a Palestinian activist during celebrations of Prisoners’ Day at the refugee camp of Ain el-Helweh near the coastal Lebanese city of Sidon on April 17, 2012 in solidarity with the 4,700 Palestinian inmates of Israeli jails. Some 1,200 Palestinian prisoners held in Israeli jails have begun a hunger strike and another 2,300 are refusing food for one day, a spokeswoman for the Israel Prisons Service (IPS) said. »), soit devenue chez vous « Prisonnier palestinien 18/04/2012. Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention », étonnant non ? David Goldstein
Ce sont les récents événements de la Guerre de Gaza, ou plutôt leur réfraction dans l’opinion publiée, dans les médias, chez les hommes politiques, les diplomates, les universitaires et les classes bavardeuses, qui suscitent cette réflexion : la guimauve sentimentaliste dégouline de tous côtés pour décrire la « souffrance des Palestiniens ». A la bourse victimologique, le « Palestinien » vaut bien plus que le Darfourien massacré par les Arabes du Nord-Soudan, l’Iranien lapidé ou pendu par les mollahs, la fillette pakistanaise ou afghane décapitée ou défigurée à l’acide par les Talibans, l’Indien de Bombay ou du Cachemire assassiné par les moudjahidines islamistes. Divisez le nombre de palestiniens par les centimètres de journal (ou les minutes télévisées) qui leur sont consacrés, vous obtiendrez un ratio qui défie toute concurrence, une proportion disproportionnée. Ce demi-monde de trop volubiles discoureurs sélectionne soigneusement ce qu’il « voit », à l’exclusion du reste. (…)  Chacun devrait le savoir et y penser : dans la mesure où la photo n’est pas purement et simplement truquée ou le fruit d’un montage ou d’une mise en scène, qu’y a-t-il avant la photo, en amont pour ainsi dire ? Y a-t-il un Hamas qui a de propos délibéré rompu la trêve ? Un Hamas qui vole l’aide internationale pour la revendre au prix fort et faire dire par ses perroquets préférés du Monde et de Reuters qu’Israël a monté un blocus qui cause une crise humanitaire ? Un Hamas qui a lancé des attaques de terreur sans nombre contre les points de transit où passait le commerce entre Israel et Gaza, forçant Israel à les fermer ou à les restreindre ? Un Hamas qui a balancé plusieurs milliers de roquettes sur les villes du sud d’Israël ? Un Hamas, dont la Charte exige inconditionnellement la destruction d’Israël et le massacre des Juifs ? Un Hamas qui place ses lanceurs de projectiles dans les hôpitaux, les écoles, les mosquées – sachant que les Israéliens hésiteront à les frapper, que les médias se jetteront comme des prédateurs sur les morts éventuelles de boucliers humains ? Un Hamas qui préfère sacrifier la population (« martyre »), chair à canon, parce que les chairs sanguinolentes valent cher sur la BBC, France 2 et autres professionnels du trompe-l’œil ? Le Hamas promeut ce Grand-Guignol parce que le théâtre vivant permet à ses propagandistes de stigmatiser le Satan, en occultant le contexte, l’amont, l’histoire et le contenu, pour ne présenter que les horreurs de la guerre. Il n’y a pas de cause – hormis Satan – il n’y a que des effets ! Tel est l’effet d’une acceptation inconditionnelle du fabliau-fiction arabo-palestinien, qui est devenu, qu’on me pardonne l’expression, vérité d’Evangile pour la victimophilie pro-palestinienne d’esprits dérangés, quoique nombreux. J’y vois la confluence de deux phénomènes : d’un côté, l’effacement progressif de la honte postérieure à la Shoah. « Y’en a marre de ces histoires de génocide. On ne va pas passer l’éternité là-dessus, quand même ! ». Les arbitres des élégances du politiquement correct répètent, sans le savoir, à la virgule près, ce que l’extrême-droite négationniste martelait dans les années soixante et soixante-dix (elle imite également le monde stalinien qui niait en bloc que le Nazisme ait visé les Juifs en tant que tels). D’un autre côté, l’époque contemporaine est caractérisée par ce que le philosophe allemand Friedrich Nietzsche avait appelé « l’inversion de toutes les valeurs». Expliquons-nous : Comment peut-il se faire qu’une organisation-filiale des Frères musulmans, qui prêche la haine et la destruction de l’Occident, la soumission manu militari des dhimmi, l’instauration universelle de la charia, crucifixion, lapidation, amputation comprises ; qui, à de nombreuses reprises, a procédé à des massacres à grande échelle d’opposants palestiniens (sans parler des Israéliens, on s’en fiche, voir plus haut), qui terrorise sa propre société, bannissant, interdisant, fulminant ; qu’une organisation qui démontre sans cesse qu’elle se contrefiche du bien-être de ses compatriotes, que seul compte le djihad ; qu’un Palestinien ne vaut que « martyr » mort : comment se fait-il donc que le Hamas ait recruté comme valets de plume et d’image, qui cachent soigneusement ce qui ne peut être montré ni avoué, qui opèrent comme les appendices médiatiques de la propagande du Hamas, qui acceptent d’opérer sous son contrôle et sa censure, une grande partie des médias occidentaux ? On ne s’étonne pas de l’abjection des goebbelsiades qui font l’ordinaire d’Al-Jazeera, dans le lointain Qatar. On a la faiblesse de s’interroger sur celle des radios, télévisions et journaux occidentaux. Comment expliquer leur inversion des valeurs ? Souvenez-vous, ce que je décris à propos de Gaza valut également, en Août 2006 au Liban, quand il ne fut pas d’énorme mensonge proféré par les metteurs en scène du Hezbollah, qui ne fut avalé et resservi par cette trop docile presse occidentale. Toujours consentante à écrire sous la dictée des barbus de l’Islam, tant qu’elle peut publier des photos (truquées) qui accablent les ennemis israéliens des tueurs chiites. La pratique devenue normale et habituelle des médias occidentaux, à quelques exceptions près, c’est de titrer : « Pearl Harbour : attaque des Américains contre des avions japonais » en ne mentionnant qu’en petit et à la fin l’attaque nippone. Cette inversion du réel aura été permanente au cours du XXème siècle. Le putsch bolchévique d’Octobre 1917, nervis et bas-fonds lancés à l’assaut des bâtiments publics de Saint Petersburg par un doctrinaire cherchant l’occasion de mettre en application ses utopies sanglantes ouvrit le bal. Les appels hypocrites de Lénine à donner « la terre aux paysans » et «tout le pouvoir aux Soviets » – avant de confisquer l’une et l’autre –donnèrent l’impression, avec ses exhortations à l’Apocalypse révolutionnaire universelle, que le Soleil s’était levé pour la première fois, que la Fin de l’Histoire, prédite par Marx et tous les Utopistes, étaient proche. Chez les peuples européens, secoués par les horreurs du premier conflit mondial, l’écho fut retentissant : on voulait que cela fût vrai afin que prenne fin l’épouvante et que commence l’Ere nouvelle. Pour les intellectuels, l’Homme nouveau ferait table rase de la «société bourgeoisie ». La « bourgeoisie », cette fiction idiote, réunissait le mépris aristocratique des classes moyennes et la détestation bohème d’une société réglée et ordonnée. Elle idéalisait l’héroïsme aux dépens des vertus qui furent baptisées « victoriennes ». Elle appelait de ses vœux l’Apocalypse où le Héros renverserait la « société marchande », et nommait le Prolétariat Rédempteur messianique de substitution. L’inversion du réel est fondée sur une inversion des valeurs. Le rejet des valeurs « bourgeoises » (alors que l’Europe de 1914 n’est qu’au sens le plus minime du terme « capitaliste » et était, en vérité, très largement soumise aux forces littéralement féodales, (comme l’Empire allemand de Guillaume II) exigeait que l’on idolâtre ses ennemis. Tout ce qui s’opposait, ou prétendait s’opposer, à la société «bourgeoise » devint bon ; tout ce qui voulait la renforcer devint mauvais (d’où les intéressants va-et-vient entre nazis et communistes). Moscou, où affluaient les escrocs et les fanatiques, les charlatans et les aventuriers, les idéologues et les désaxés, devint le centre de redistribution intellectuel de ces valeurs inverties qui exaltaient la destruction radicale de l’Occident : Musulmans devenus « rouges », anarchistes communisés, officiers reconvertis de l’Armée et de la police secrète du Tsar, démagogues assoiffés de pouvoir, mystiques et pornographes-tueurs à la Raspoutine. Cela s’appelait l’Internationale communiste. C’est elle, et c’est eux, qui donnèrent le « la » aux versions délirantes de la politique du XXème siècle, qui, par la grâce des positions importantes occupées par l’intelligentsia politico-ambitieuse, enivrée de son propre romantisme, devinrent souvent les versions acceptées, à l’école et à l’université, dans la presse et la littérature. (…) Pour que réussissent les aventuriers de l’horreur, Il fallait que les intelligentsias et les diplomates, les journalistes et les professeurs les bénissent et prononcent avec génuflexions admiratives leurs messes et leurs sermons approbateurs. C’est ainsi que Michel Foucault se fit le chantre de l’Ayatollah Khomeiny et de la révolution islamique iranienne ! Il n’est pas de tyran de gauche ou d’extrême-gauche, de national-socialiste du tiers-monde, qui n’ait trouvé pour l’encenser quelques intellectuels de la Rive Gauche, de Bloomsbury, de Harvard Square, de Kreutzberg ou de l’Università statale. (…)  L’inversion des valeurs conduit à l’essor d’un faux réel où, répété indéfiniment, le mensonge devient officiel, obligatoire, universel. Je propose donc de comprendre l’étrange lubie qui possède une partie si importante de l’Occident comme le résultat de la grande inversion des valeurs qui plaça la destruction de l’Occident « bourgeois » en tête de ses priorités, et fit de tout ce qui se parait de l’étiquette de « révolutionnaire » le fin du fin. Que cette lubie ait retrouvé le plus familier des Satan de son histoire, et s’allie en ceci avec un monde islamique si violemment porté à l’espérance du génocide, n’est malheureusement pas très étonnant. Laurent Murawiec
C’est un mystère pourquoi tant de médias acceptent comme parole d’évangile les chiffres du Hamas sur le nombre de civils tués dans la récente guerre. Le Hamas proclame que 90% des 1800 Palestiniens tués sont des civils. Israël dit que la moitié des tués sont des combattants. Les faits objectifs sont plus proches de ce que dit Israël que du Hamas. Même des organisations de droits de l’homme anti-israéliennes reconnaissent, selon le New York Times, que le Hamas compte probablement parmi ces « civils tués par Israël », les groupes suivants : les Palestiniens tués comme collaborateurs, ceux tués de violences domestiques (crimes d’honneur), les Palestiniens tués par des roquettes ou obus de mortier du Hamas et les Palestiniens qui sont morts de mort naturelle durant le conflit. Je me demande si le Hamas compte aussi les 162 enfants qui sont morts en travaillant comme esclaves pour construire les tunnels. Le Hamas ne comptabilise pas comme combattants, ceux qui construisent les tunnels, ni ceux qui permettent à leurs maisons d’être utilisées comme cache d’armes et lancement de roquettes, ni les policiers du Hamas, ni les membres de la branche politique et ni les autres qui travaillent main dans la main avec les terroristes armés. Il y a plusieurs années, j’ai forgé un concept pour essayer de montrer que la distance entre un civil et un combattant n’est souvent qu’une question de degré, je l’ai appelé « continuum of civilianality ». Il est clair qu’un enfant dont l’âge ne lui permet pas encore d’aider les combattants du Hamas est un civil et qu’un combattant du Hamas qui tire des roquettes, porte des armes ou opère dans les tunnels est un combattant. Entre ces deux extrêmes, se trouve une grande variété de gens, dont certains sont plus proches des civils et certains sont plus proches des combattants. La loi de la guerre n’a pas établi de distinction claire entre combattants et civils, en particulier dans un contexte de guerre urbaine où des gens peuvent transporter des armes la nuit et être boulangers durant la journée, ou tirer des roquettes durant la journée et aller dormir avec leurs familles la nuit. (…) Les données publiées par le New York Times suggèrent fortement qu’un très grand nombre, peut-être la majorité des gens tués sont plus proches du combattant de l’extrêmité de l’échelle que du civil de l’extrémité de l’échelle. Premièrement, la vaste majorité des tués sont plutôt des hommes que des femmes, deuxièmement la majorité ont entre 15 et 40 ans, le nombre de personnes âgés de plus de 60 ans sont rarissimes, le nombre d’enfants en dessous de 15 ans est aussi relativement petit, bien que leurs images aient été prépondérantes ! En d’autres termes, les genres et âges des tués ne sont pas représentatifs de la population générale de Gaza mais plus représentatifs du genre et de l’âge des combattants. Ces données suggèrent qu’un très grand pourcentage de Palestiniens tués sont du coté des combattants de l’échelle (continuum). Elles prouvent également, comme si des preuves étaient nécessaires à des yeux impartiaux, qu’Israël n’a pas ciblé des civils au hasard. Si cela était le cas, les tués seraient représentatifs de la population générale de Gaza plutôt que de sous-groupes étroitement associées à des combattants. Les médias devraient cesser immédiatement d’utiliser les statistiques approuvées par le Hamas qui déjà dans le passé se sont révélés être très peu fiables (…) Les médias font preuve de paresse en s’appuyant sur les chiffres de la propagande du Hamas et mettent en danger la profession. Lorsque l’infâme rapport Goldstone a faussement affirmé que la grande majorité des personnes tuées dans l’Opération Plomb Durci étaient des civils et non des combattants du Hamas, beaucoup d’habitants de Gaza se sont plaints, ils ont accusé le Hamas de lâcheté puisque tant de civils avaient été tués alors que les combattants avaient été épargnés. À la suite de ces plaintes, le Hamas a été forcé de dire la vérité : il a reconnu le nombre de combattants et policiers armés tués. Il est probable que le Hamas fera une « correction » similaire à l’égard de ce conflit. Mais cette correction ne sera pas diffusée dans les médias, comme la correction précédente ne l’avait pas été. Les gros titres du genre « La plupart des personnes tuées par Israël sont des enfants, des femmes et des personnes âgées » vont continuer à être diffusés malgré la fausseté des faits. Tant que les médias ne démentiront pas, le Hamas poursuivra sa « stratégie de bébés morts » et plus de gens des deux côtés vont mourir. Alan Dershowitz
Le Hamas a lancé une guerre sophistiquée et même brillante de propagande médiatique. « Toute personne tuée ou morte en martyr doit être appelée un civil de Gaza ou de Palestine », a annoncé le mouvement aux Gazaouis dans une annonce publique, « avant même que l’on parle de son statut dans le djihad ou de son rang militaire ». Le Hamas a enjoint la population à utiliser l’élément de langage « civils innocents » autant que possible lorsqu’ils s’adressent aux journalistes. Le Hamas lance des roquettes depuis les zones les plus densément peuplées de la Bande de Gaza – soit la ville de Gaza, Beit Hanoun dans le Nord et Khan Younis dans le Sud – et dit aux combattants de tirer depuis des sites sensibles comme les écoles, les églises, les mosquées, les infrastructures des Nations-Unies et les hôpitaux. C’est une stratégie gagnant-gagnant : si Israël est dissuadé, les infrastructures et les soldats du Hamas sont préservés ; si Israël tire malgré tout, les pertes civiles seront une victoire pour la propagande du Hamas. La stratégie médiatique du Hamas a été illustrée par son utilisation de l’hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza. Là, au vu et su de tous, les chefs ont commandité leur offensive depuis un bunker souterrain caché sous l’hôpital. Les reporters étaient interdits d’accès au bunker et étaient invités à la place à un point presse dans la cour de l’hôpital. Ici, les journalistes qui cherchaient à interviewer le Hamas devaient faire la queue, un poste idéal pour prendre des photos de civils et de combattants blessés (ces derniers étant inévitablement habillés en civils) qui étaient amenés à toute vitesse à l’intérieur de l’hôpital. Oren Kessler
Si vous n’avez pas d’arme, nos frères vous ont montré le chemin (…)  Tuez donc à l’aide d’un couteau un policier. Prenez son pistolet. Avec ce pistolet, tuez un militaire. Prenez son fusil et lancez vous dans le chemin de votre seigneur. Ce n’est qu’un paradis qui vous attend et la chaada est sans douleur. Vidéo de propagande de l’Etat islamique
Nous sommes face à un phénomène nouveau, le terrorisme en libre-accès. Cela implique la mobilisation de moyens exceptionnels. 1.200 ressortissants Français sont allés en Irak et en Syrie, 580 y sont allés et en sont revenus, 200 veulent y aller. Et 185 sont quelque part en Europe sur le chemin pour y aller. Bernard Cazeneuve
L’image et la vidéo de l’exécution du policier ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux. Et régulièrement, la question de l’absence de sang revient. Selon certains internautes, ce serait une nouvelle preuve d’un coup monté et l’agent ne serait peut-être même pas mort. Les réponses n’ont pas tardé à venir d’elles-mêmes. Plusieurs dizaines de témoignages d’habitants et de secouristes vont dans le même sens. Ahmed Merabet a bel et bien été tué, dans l’exercice de ses fonctions, par des tirs d’arme automatique. Le sang a bel et bien coulé sur ce trottoir du boulevard Richard-Lenoir. [La carte d’identité oubliée] Un oubli qui avait effectivement de quoi intriguer les internautes, quand les terroristes font preuve d’une importante maîtrise des armes sur les différentes vidéo. Pourtant, les enquêteurs le rappellent : plusieurs éléments de leur action semblent avoir été mal préparés. L’entrée au mauvais numéro de la rue, l’abandon de la première voiture après en avoir perdu le contrôle et avoir percuté des poteaux, la fuite sans nourriture… Reste la piste d’un abandon volontaire de la carte d’identité pour brouiller les pistes. Mais les prélèvements génétiques réalisés dans la voiture ont confirmé cette même identité, selont FTVI. Libération évoque également des chargeurs de kalachnikovs « oubliés dans la Citroën » qui permettent là aussi de remonter la même piste. Enfin, il ne faut pas écarter la possibilité d’un acte volontaire. Les frères Kouachi aurait pu, avec cet acte, revendiquer clairement leur attaque. France bleu
Des examens ont prouvé que les tirs d’armes qui sont censés avoir tué le petit Mohammed ne pouvaient pas provenir du côté israélien. Dans ce cas, de quel côté provenaient-ils ? L’enfant – après avoir été déclaré mort – semble avoir bougé tout seul de place à plusieurs reprises. Comment cela fut-il possible ? Des images tournées quelques secondes après le drame ne montrent aucune trace de sang à l’endroit où l’enfant aurait été tué. Plus tard, lorsque les journalistes furent invités pour filmer les lieux, on aperçoit une grosse flaque de sang. D’où venait-elle ? Que signifient les différentes scènes dans lesquelles on voit des Palestiniens soit-disant blessés, mais qui selon toutes probabilités semblent avoir joué la comédie ? Que faisaient tous les spectateurs que l’on aperçoit sur les lieux et qui n’ont manifestement pas l’attitude de personnes en situation de danger – prises sous le feu israélien – mais plutôt celle d’individu qui assistent à un tournage de film ? Que signifie le signe « deux » que fait avec une main le caméraman palestinien et qui semble indiquer qu’il s’agit de la deuxième prise de vue, comme le font les caméramen lors d’un tournage d’un film ? Lucas Martin

Et si la carte des théories conspirationnistes épousait tout simplement, comme le rappelait récemment Claude Moniquet pour le révisionnisme antiaméricain, celle de l’antisémitisme dans le monde ?

Au lendemain d’une nouvelle attaque au couteau contre des militaires …

Au moment même où sortait une nouvelle vidéo de l’Etat islamique appelant les musulmans français à « faire exploser la France » en prenant les armes des forces de l’ordre …

Pendant que, tant sur les réseaux sociaux que dans les cerveaux de nombre de nos concitoyens, continuent à fleurir les théories du complot sur les attentats de Charlie hebdo et de l’Hypercacher …

Comment ne pas repenser à ces appelés qui expliquaient il y a quelques temps sur RMC que la plupart des armes des appelés du Plan vigipirate étaient en fait non chargées ?

Et comment aussi ne pas s’émerveiller, entre deux manifestations anti-israéliennes y compris avec le drapeau noir dudit Etat islamique, de l’incroyable esprit critique et sagacité de nos nouveaux maitres du soupçon

Quant à toutes ces images bidonnées, dont nous abreuvent nos médias depuis des années, sur les femmes et les enfants de Gaza

Et notamment concernant cette autre victime dont, il y a bientôt quinze ans, on n’a pas non plus vu le sang …

Mais dont on a si vite et si catégoriquement attribué la mort délibérée …

Aux prétendus tueurs d’enfants de l’Armée israélienne …

A savoir le petit Mohammed ?

L’affaire Mohammed Al Dura
Lucas Martin
Mediapart
14 février 2013

Au mois de septembre 2000, lors d’un échange de feu entre l’armée israélienne et des palestiniens, des images difficiles ont été filmées à propos du jeune Mohammed Al Dura et de son père. Sous les balles, le père demandait un arrêt des tirs, tandis que son enfant tentait de se protéger sur ses genoux.

Quelques instants plus tard, on aperçoit le jeune Mohammed et une voix qui crie : « L’enfant et mort ! L’enfant est mort ! » Que s’est-il passé exactement ce jour-là ?

Pour le journaliste d’Antenne 2 – Charles Enderlin – le doute n’existe pas : ce sont les tirs de l’armée israélienne qui ont tué l’enfant. Selon Philippe Karsenty, il s’agit plutôt d’une imposture : l’enfant n’a jamais été tué, les tirs provenaient des Palestiniens et le tout devait servir à démontrer l’agression israélienne. Ni Charles Enderlin, ni Philippe Karsenty n’étaient sur les lieux de l’incident. Comment savoir ce qui s’est passé réellement ?

Le documentaire (en deux parties) présenté ci-dessous dresse le tableau des points obscurs de cette affaire. Sans prendre position, ses auteurs relèvent les contradictions que nous pouvons apprécier à leur juste valeur. Il est important de regarder ce documentaire afin de se faire une idée précise de l’affaire.

En résumé, les questions les plus importantes à se poser sont les suivantes :

Des examens ont prouvé que les tirs d’armes qui sont censés avoir tué le petit Mohammed ne pouvaient pas provenir du côté israélien. Dans ce cas, de quel côté provenaient-ils ?
L’enfant – après avoir été déclaré mort – semble avoir bougé tout seul de place à plusieurs reprises. Comment cela fut-il possible ?
Des images tournée quelques secondes après le drame ne montrent aucune trace de sang à l’endroit où l’enfant aurait été tué. Plus tard, lorsque les journalistes furent invités pour filmer les lieux, on aperçoit une grosse flaque de sang. D’où venait-elle ?
Que signifient les différentes scènes dans lesquelles on voit des Palestiniens soit-disant blessés, mais qui selon toutes probabilités semblent avoir joué la comédie ?
Que faisaient tous les spectateurs que l’on aperçoit sur les lieux et qui n’ont manifestement pas l’attitude de personnes en situation de danger – prises sous le feu israélien – mais plutôt celle d’individu qui assistent à un tournage de film ?
Que signifie le signe « deux » que fait avec une main le caméraman palestinien et qui semble indiquer qu’il s’agit de la deuxième prise de vue, comme le font les caméramen lors d’un tournage d’un film ?

Nous n’avons pas les réponses à ces questions. De nombreux journalistes (danois, allemands, israéliens…) doutent sérieusement de la véracité de la version palestinienne. Le caméraman palestinien lui-même affirme que l’enfant n’a pas été tué. Alors ?

(On pourra consulter avec intérêt le résumé de l’affaire sur Wikipedia.)

 Mohamed al-Dura : un rapport israélien dénonce un montage
Le Point
20/05/2013

Le gouvernement affirme que l’enfant palestinien n’est pas mort en 2000 dans les bras de son père sur la base d’images non montées dans le reportage.

Le gouvernement israélien a affirmé dimanche dans un rapport qu’un reportage de France 2 sur la mort d’un enfant palestinien dans les bras de son père en 2000 était « infondé », affirmant s’appuyer sur des images non montées du reportage. Ce document, qui réitère des positions de dirigeants politiques et militaires israéliens, est publié à quelques jours d’une décision de justice à Paris sur une affaire de diffamation entre l’auteur du reportage datant du 30 septembre 2000, le journaliste Charles Enderlin, contre Philippe Karsenty, directeur d’un site d’analyse des médias.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a lui-même salué la conclusion du rapport d’une quarantaine de pages qu’il avait commandité en septembre. « La version répandue par le reportage a servi d’inspiration et de justification au terrorisme, à l’antisémitisme et à la délégitimation d’Israël », a-t-il estimé. « Il n’y a qu’une seule façon de contrer les mensonges, c’est par la vérité », a insisté Benyamin Netanyahou, cité dans un communiqué accompagnant la publication du rapport.

« On voit l’enfant vivant »

« Les accusations et affirmations centrales du reportage de France 2 sont infondées dans le matériau que la chaîne de télévision avait en sa possession au moment du reportage », assure ce rapport. « Contrairement à l’affirmation du reportage selon lequel l’enfant a été tué, le visionnage par la commission (gouvernementale) des images non montées montre que dans les scènes finales, qui n’ont pas été diffusées par France 2, on voit l’enfant vivant », selon le texte. La chaîne a refusé de fournir les images non montées du reportage aux autorités israéliennes, a indiqué l’auteur du rapport, Yossi Kuperwasser, directeur général du ministère des Relations internationales, sans préciser comment la commission israélienne s’était néanmoins procuré les images sur lesquelles elle fonde ses conclusions.

Le reportage montrait un Palestinien de 12 ans, Mohammad al-Dura, protégé par son père Jamal alors que tous deux sont pris sous les tirs croisés entre l’armée israélienne et des combattants palestiniens, au tout début de la deuxième Intifada (2000-2005). Selon le rapport israélien, il n’y a pas de « preuve que Jamal ou l’enfant aient été blessés de la manière présentée par le reportage (…). Au contraire, il y a de nombreuses indications selon lesquelles aucun des deux n’a été touché. » Selon le document, l’examen balistique des impacts de balles à proximité du père et de l’enfant « montre qu’il est extrêmement douteux que les balles puissent avoir été tirées depuis la position israélienne comme l’implique le reportage de France 2 ».

Rapport « fabriqué de toutes pièces »

« Nous avons toujours dit, y compris à la Cour suprême israélienne, que nous étions prêts à une enquête publique indépendante selon les standards internationaux », a répondu Charles Enderlin. « Nous n’avons jamais été contactés pour une enquête israélienne quelconque. Kuperwasser n’a jamais contacté France 2. S’il l’avait fait, nous aurions demandé de quelle enquête il s’agissait et s’il était question d’une commission indépendante », a-t-il souligné. « Nous avions aussi annoncé que nous étions prêts à aider Jamal, le père de l’enfant, pour un test ADN du corps de son fils si nécessaire », a ajouté le journaliste.

Sur twitter le journaliste s’étonne des conclusions du rapport
Rapport israélien : Jamal al dura n’a pas été blessé les chirurgiens qui l’ont opéré à Amman jouaient ils la comédie?

– Charles Enderlin (@Charles1045) 19 mai 2013
selon le rapport israélien Jamal al Dura n’a pas été blessé. le roi de Jordanie le savait-il en lui rendant visite à l’hôpital à Amman?

– Charles Enderlin (@Charles1045) 19 mai 2013

À Gaza, le père de Mohammad, Jamal al-Dura, a quant à lui déclaré que le rapport était « fabriqué de toutes pièces ». « Les Israéliens mentent et tentent de couvrir la vérité », a-t-il ajouté, précisant qu’il avait réclamé une commission d’enquête internationale avec la participation de sa famille et des autorités israéliennes. Les images de l’agonie de Mohammad al-Dura dans les bras de son père à un carrefour près de la ville de Gaza avaient fait le tour du monde et constituent un épisode marquant de la guerre médiatique entre Israël et les Palestiniens. En France, la cour d’appel de Paris doit se prononcer le 22 mai sur la plainte en diffamation déposée par Charles Enderlin contre Philippe Karsenty, qui avait affirmé que le reportage était truqué.

Voir aussi:

Conspiracy Theorists Blame Paris Attack on Israel
Online, many were quick to pin Charlie Hebdo massacre on the Jews

Yair Rosenberg

Tablet

January 12, 2015

Just a few hours after the massacre at the offices of satirical French paper Charlie Hebdo, members of the far-right and far-left in Europe and America quickly decided who was responsible: the Mossad. Writing on her Facebook page, Greta Berlin, organizer of the 2010 Gaza flotilla and co-founder of the Free Gaza movement, argued that the attack was Israeli retribution for France’s recognition of a Palestinian state:

Berlin has a long record of promoting Holocaust denial and other anti-Semitic conspiracy theories about the Jews, to the extent that she has been ostracized even by some in the Palestinian solidarity movement that she once captained. But she wasn’t the only flotilla leader and Free Gaza founder to attempt to pin the Paris murders on the Jews. Mary Hughes-Thompson, an activist who remains in good standing, used her Twitter feed to cast suspicion on the Jewish state, using the hashtag #JSIL, an epithet coined to liken Israel to the Islamic State:

“Bibi is furious over French vote for Palestinian state. What better way to get even?” a later Hughes-Thompson tweet read.

The Free Gaza movement of Berlin and Hughes-Thompson boasts endorsements from Archbishop Desmond Tutu and MIT professor Noam Chomsky, even as prominent commentators have called for Tutu in particular to disassociate himself from the movement since Berlin’s anti-Semitism came to light.

Meanwhile, the same conspiracy theories about the Charlie Hebdo killings began circulating in other popular radical forums. Anonymous Kollektiv, a German spin-off of the online hacking group, told its more than 660,000 Facebook followers that “The precision with which the perpetrators acted brings to mind Mossad hit squads from the recent past,” and offered evidence of a joint CIA-Mossad “false flag” operation. In case this wasn’t clear enough, Anonymous then posted a picture of a smiling Benjamin Netanyahu, alongside a quotation of him criticizing France’s recognition of Palestine.

The idea that Israel carried out the massacre became so widespread that it was picked up by a more reputable publication, the International Business Times, which gave a respectful airing to the possibility in a piece titled “Charlie Hebdo Attack and Mossad Link: Is Israel Venting Its Fury For France’s Recognition of Palestine State?” After public outcry from readers and journalists, the article was taken down and replaced with a forthright apology deeming the piece “beneath our standards” and a “basic lapse in judgement.”

But although serious publications are unlikely to promulgate the story in the future, such anti-Semitic conspiracy theories are unlikely to die down anytime soon. Indeed, even after the deadly Friday attack on the kosher supermarket in Paris, none of the sources mentioned above retracted their accusations against the Jewish state. In the end, for the bigot, the point is not to plausibly explain events, but to impugn the object of one’s hateful obsession.

Complotisme : « plus de la moitié de mes élèves croit aux Illuminati »
Medias, école : comment enseigner Internet après Charlie

Arrêt sur images

30/01/2015

La couleur des rétroviseurs d’une voiture, l’absence de taches de sang à côté du corps d’un policier assassiné, des images de journaliste en gilet pare-balles : après les tueries de Charlie Hebdo et de l’hypermarché casher, les doutes sur les versions policières et médiatiques sur les événements ont surgi sur les réseaux sociaux avec une rapidité et une vigueur inattendues. Comment internet et les réseaux sociaux ont-ils changé le mode de propagation et peut-être le contenu de ce qu’on appelle les théories du complot et comment identifier ces sources d’information sur internet pour essayer de trier le vraisemblable du peu probable ?

Nous avons invité Martine Sanz, professeure de Lettres-Histoire à Créteil, qui s’est trouvée confrontée en classe, à la propagation des théories du complot ; Guillaume Brossard, fondateur du site Hoaxbuster.com qui démonte toutes les rumeurs du web ; Pascal Froissart, spécialiste en Sciences de l’information et de la communication et plus particulièrement des rumeurs. Enfin, par Skype, Emmanuelle Danblon, linguiste et professeure à l’Université libre de Bruxelles, nous expliquera pourquoi ces théories circulent aussi vite.

L’émission est présentée par Daniel Schneidermann, préparée par Adèle Bellot, Robin Andraca et Sébastien Rochat
et déco-réalisée par Axel Everarts de Velp et François Rose.

La vidéo dure 1 heure et 36 minutes.

Si la lecture des vidéos est saccadée, reportez-vous à nos conseils.

Le making of, par Sébastien Rochat
Comme par hasard… Pour préparer notre émission sur le complotisme de l’après Charlie, nous n’étions pas trop de deux pour recueillir les justifications de tous ceux qui ont décliné notre invitation. Et ils étaient nombreux. Avec toujours de bonnes excuses : « Pas disponible, mais on peut en parler », « Je ne suis pas libre vendredi », « Je suis dans le Sud », « J’ai un colloque sur le sujet », « Je suis débordé ». Comme par hasard…

Avec Robin Andraca, nous avons notamment contacté le sociologue Gérald Bronner (déjà invité lors d’une précédente émission), Bruno Fay (auteur d’un livre sur la « complocratie »), Pierre-Henri Tavoillot (philosophe), Rudy Reichstadt (fondateur de Conspiracy Watch), Guilhem Fouetillou (fondateur d’une start up qui analyse, entre autres, les réseaux sociaux). Tous ont décliné notre invitation. Même le journaliste de Rue89, auteur d’un observatoire des sites complotistes, a refusé de venir. Il n’a d’ailleurs pas signé son article. Comme par…

Comment expliquer la rapidité avec laquelle les thèses complotistes ont circulé sur les réseaux sociaux après les attentats contre Charlie Hebdo et le magasin Hyper Casher de Vincennes ? Comment répondre à ces thèses complotistes ? Les médias mainstream sont-ils complices de la diffusion de ces théories en les décryptant ? Les enseignants sont-ils armés pour répondre aux doutes de leurs élèves ? L’humour peut-il être un moyen de déconstruire ces thèses ?

Quatre invités ont bien voulu débattre de tous ces sujets. Martine Sanz, enseignante en Lettres-Histoire dans un lycée professionnel de Créteil, nous raconte comment ses élèves avaient, dès le lendemain, mis en doute le récit de l’attaque contre Charlie Hebdo, après avoir vu « passer l’info » sur les réseaux sociaux. Et ce n’est pas un petit phénomène : elle estime que plus de la moitié de ses élèves croient aux théories du complot. En classe, elle a par exemple été confrontée aux Illumaniti de Bavière, une théorie relayée par ses élèves et selon laquelle cette société secrète du XVIIIe existerait encore et souhaiterait gouverner le monde. Des thèses qui circulent sur le web, et notamment sur des sites que les élèves n’ont pas appris à identifier. Le travail sur les sources est une des pistes de réflexion pour apprendre aux élèves à utiliser les réseaux sociaux.

Mais pourquoi ces théories complotistes peuvent-elles paraître si séduisantes pour certains ? Comment expliquer leur succès ? Emmanuelle Danblon, linguiste et professeure à l’Université libre de Bruxelles, nous explique, par Skype, tous les ressorts de ces théories. Selon elle, il y a « un besoin vital de donner du sens à des événements qui provoquent des brèches dans la compréhension que l’on a du monde ». D’où la nécessité de rechercher des indices et de construire un récit. Et ces théories circulent d’autant plus vite « qu’avec l’image, l’indice fait tout de suite preuve », explique-t-elle.

Pour notre troisième invité, le sociologue Pascal Froissart, il ne faut pas forcément s’alarmer. Il est même bon de voir que les élèves s’interrogent et exercent leur esprit critique. Car pour lui, il ne faut pas confondre les faits et les informations, le constat et l’interprétation. Exemple ? Oui, il y a un triangle sur un billet de 1 dollar. Et alors ? C’est avec ce « et alors » que peut commencer la déconstruction des thèses complotistes.

Mais il n’y a pas de recettes miracles pour répondre aux théories conspirationnistes ou aux rumeurs. Et notre dernier invité, Guillaume Brossard, en sait quelque chose : depuis près de quinze ans, il déconstruit toutes les rumeurs du web sur son site Hoaxbuster.com. Certaines reviennent même tous les ans : une éclipse de soleil de trois jours en France ? Cela fait des années que cette rumeur circule. En décembre dernier, elle est même arrivée aux oreilles des élèves de Martine Sanz, qui étaient vraiment persuadés qu’une éclipse allait avoir lieu. Et elle n’a pas eu lieu. Comme chaque année. Une rumeur pas bien difficile à déconstruire donc. Mais comment faire avec les autres rumeurs ? Les médias traditionnels doivent-ils s’en emparer, pour démontrer qu’elles sont infondées, quitte à leur donner une audience qu’elle n’auraient pas ? Sur le plateau, les avis divergent.

Mise à jour du 2 février par Adèle Bellot (la documentaliste) : Un tweet de Zouhair, sur l’absence de sang près du policier, est présenté au début de l’émission comme complotiste. Il s’agit d’une erreur, ce tweet renvoyant en fait vers un post Facebook visant à démonter les théories du complot à propos de la tuerie de Charlie Hebdo.
Vous pouvez aussi utiliser le découpage en actes.

Si la lecture des vidéos est saccadée, reportez-vous à nos conseils.

Acte 1

Une carte d’identité oubliée, des images d’un policier abattu mais qui ne saigne pas : les rumeurs ont circulé sur Facebook le jour-même de l’attentat contre Charlie Hebdo. Et dès le lendemain, des élèves de Martine Sanz croyaient à la théorie du complot. Ce n’est pas une nouveauté : ces élèves ont déjà relayé des théories conspirationnistes en classe. Exemple ? les Illumaniti de Bavière. Ou le triangle sur le billet de 1 dollar.

Acte 2

Qui véhicule toutes les rumeurs ? Après les attentats contre Charlie, un certain Karim a publié plusieurs vidéos sur Youtube pour exprimer ses doutes sur les versions policières. « C’est pas un peu bizarre ? », répète-t-il sans cesse. Comment expliquer le succès de ces vidéos ? Pour Emmanuelle Danblon, c’est la nécessité de donner du sens à des événements qui explique la propagation de ces théories. Car dans la rhétorique du complot, il n’existe pas de coïncidences.

Acte 3

Entre parents et enfants, ou enseignants et élèves, il y a souvent un décalage : les uns s’informent sur les réseaux sociaux, quand les autres consultent la presse. Faut-il mieux former les enseignants à l’usage des réseaux sociaux ? Un enseignant a-t-il les moyens et le temps d’apprendre aux élèves de prendre du recul face aux contenus qui circulent sur Facebook ? Quel réflexe doit-on avoir pour identifier les sources ou déterminer le profil d’un blog anonyme ? Exemple avec le site Stopmensonges.com et Medias-presse.info

Acte 4

Faut-il démentir les rumeurs, au risque de leur donner de l’importance ? Froissart estime que les médias mainstream ont une responsabilité dans la diffusion des rumeurs. Même pour les démentir ? Martine Sanz assure que les articles de décryptage, même sur des détails comme les rétroviseurs des Kouachi, l’aident en classe pour répondre à ses élèves. Peut-être. Mais Brossard considère qu’il faudrait surtout insister sur les idéologues qui récupèrent et/ou propagent ces rumeurs comme Thierry Meyssan, Dieudonné et Alain Soral. Et pour les déconstruire ? L’humour peut être une solution.

Voir aussi:

Faites exploser la France : j’ai vu l’épisode 2
Daniel Schneidermann

Arrêt sur images

le 04/02/2015

Au programme du matinaute, au réveil, trois vidéos. Version grand spectacle, le crash d’un avion taiwanais dans une rivière, filmé comme si on y était depuis une voiture. Version insoutenable, le pilote jordanien brûlé vif dans une cage par l’Etat islamique. Celle-là, toute ma time line de Twitter m’exhorte, avec des cris d’épouvante, de ne pas la regarder. Elle a été effacée de YouTube, ce qui n’empêche qu’il est possible, en quelques clics, de la trouver. Mais sur sa chaîne pour CSP+, l’Etat Islamique nous propose sa nouvelle production, à destination exclusive des francophones : elle est explicitement titrée « Faites exploser la France. »

C’est le deuxième épisode. L’éditocrate de l’EI qui s’y exprime se réjouit de l’impact du premier (Joué-lès-Tours, Dijon, Charlie, joli résultat), mais y témoigne aussi d’une fine connaissance du débat français, allant chercher par exemple, comme signe flagrant de l’hypocrisie française sur la liberté d’expression, le licenciement de Siné par Charlie Hebdo, en 2008 (tout notre dossier est ici). Autrement dit -effet collatéral des recrutements en France-, l’EI nous écoute, nous regarde, s’immisce dans nos discussions de cour de récré, de machine à café. L’EI écoute en direct notre débat national, tel qu’il se déroule dans des forums comme les nôtres, par exemple. L’EI lira peut-être cette chronique, dès sa mise en ligne. Cette immixtion est évidemment d’une grande efficacité.

Si vous voulez regarder « Faites exploser la France », épisode 2, la vidéo est . Je vous donne le lien intentionnellement : je suis peut-être un koufar hypocrite, mais je me soigne. Regardez la. Commentez la. Regarder ailleurs n’est pas, n’est plus une solution. Que vous le vouliez ou non, ces vidéos seront vues par ceux qu’elles doivent atteindre. Supprimez-les, elles réapparaîtront aussitôt. Pas d’autre choix, donc, que de les regarder en face. Koufars ministres qui me lisez, regardez la vidéo. Koufars profs, regardez-la aussi, comme tous ces contenus complotistes que nous évoquions dans notre dernière émission, pour savoir répondre aux élèves qui les auront vues. Les journalistes doivent les regarder en face. Les détourneurs du Web, les Guignols, les gagmen de Canal+, doivent la regarder en face et s’en emparer. Il faut les critiquer, les démonter, les remonter, les détourner, les moquer, les incorporer à la production médiatique et intellectuelle nationale. Comme le gouvernement a commencé de le faire, dans sa fameuse vidéo Stop Djihad, et si possible plus adroitement que lui. Rien de tout cela ne sera évidemment suffisant, mais rien ne serait plus inefficace que de regarder ailleurs.

Voir également:

Attaque de Nice : le suspect connu depuis plus de dix ans par la police
Soren Seelow

Le Monde

04.02.2015
Le profil de l’agresseur de trois militaires en faction devant un centre communautaire juif de Nice, mardi 3 février, illustre la nouvelle menace à laquelle sont confrontés les services de renseignement. Un petit délinquant comme il y en a tant, au parcours erratique sans être inquiétant, sans connexion connue avec les cercles djihadistes, qui décide un jour de brandir un couteau de cuisine.

Peu après 14 heures, mardi, un jeune homme s’est approché d’un trio de soldats positionné place Massena dans le cadre du plan Vigipirate. Il a sorti une lame de son sac et a blessé légèrement deux militaires à la joue, à la main et au bras. Aussitôt interpellé, l’agresseur a été identifié par sa carte d’identité comme étant Moussa Coulibaly, 30 ans, originaire de Mantes-la-Jolie (Yvelines). La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête, confiée à la sous-direction antiterroriste et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Moussa Coulibaly est connu depuis plus de dix ans des services de police pour des faits de petite délinquance : vol, usage de stupéfiants, outrage à agents… Rien de bien méchant. Il a été condamné à six reprises entre 2003 et 2012 à des peines d’amende ou de prison avec sursis, la plupart du temps à Mulhouse, où il a vécu quelques années, selon une source judiciaire.

TENTATIVE DE VOYAGE VERS LA TURQUIE

Il y a peu, le jeune homme est apparu dans le viseur des services de renseignement pour des signes de radicalisation. Remarqué pour son « prosélytisme agressif » dans la salle de sport qu’il fréquente à Mantes-la-Jolie, il était devenu peu aimable avec les femmes, explique une source policière. Il aurait par ailleurs eu une altercation dans les douches avec un homme au motif que ce dernier se lavait nu. Le 18 décembre, le service du renseignement territorial (SDRT) le signale à la DGSI. Pas de quoi mettre le jeune homme sur écoutes, estime la sécurité intérieure, qui laisse tout de même le soin au SDRT de garder un œil sur lui.

Lire aussi : Quels sont les moyens de l’antiterrorisme en France ?

Au début de 2014, Moussa Coulibaly disparaît brièvement des radars. Il réapparaît le 27 janvier à Ajaccio, en Corse, dans une agence de voyages. Il demande un aller simple pour Ankara, en Turquie. L’employé lui explique qu’il serait plus économique de prendre un aller-retour pour Istanbul. Le jeune homme en convient. Il prend donc un billet pour cette destination, le lendemain à 13 h 40, et fixe sans grande conviction une date de retour au 21 février. Mais il insiste pour que son vol comprenne de brèves escales à Nice et Rome.

Intrigué par ses exigences, sa destination et quelques aspects douteux de son passeport, l’employé appelle Air France, qui prévient la police aux frontières, laquelle alerte la DGSI. Le renseignement intérieur ressort de ses dossiers le signalement de Mantes-la-Jolie et fait le lien avec l’épisode de la douche. Faute de pouvoir l’empêcher légalement de prendre son vol, la DGSI prévient les Turcs de le renvoyer en France dès réception. Une surveillance physique est mise en place pour sa seule nuit à Ajaccio avant l’embarquement : l’homme a pris une chambre avec vue sur le golfe à l’hôtel Dauphin, ne voit personne, lave son linge, fait sa prière, puis prend l’avion.

A peine arrivé à l’aéroport d’Istanbul le 29, il est réexpédié à Nice, où les enquêteurs de la direction régionale de la sécurité intérieure l’interrogent sur ses motivations. Le jeune homme assure qu’il entendait faire du tourisme en Turquie, et demande qu’on le laisse rentrer à Ajaccio pour y retrouver sa petite amie, dont il n’est pas capable de fournir le nom ni l’adresse. Faute d’éléments suffisants pour ouvrir une procédure judiciaire, les policiers le relâchent, et mettent en place une surveillance à Ajaccio.

Mais le jeune Mantais ne retourne pas en Corse. Il prend une chambre dans un hôtel niçois. Intrigués par son soudain intérêt pour la Côte d’Azur, les services de renseignement mettent en place un dispositif de « surveillance d’environnement », afin de déterminer s’il a des relations dans la région. Peine perdue : le jeune homme erre pendant quelques jours, « picole un peu, tape des clopes dans la rue, discute avec des SDF », explique une source proche du dossier. Intrigant, mais toujours rien d’alarmant.

UNE AGRESSION « RÉVÉLATRICE D’UN CLIMAT »

Mardi, place Massena, Moussa Coulibaly a fait tomber un sac devant un militaire, qui s’est empressé de le ramasser. Ce dernier a eu la joue transpercée. Le jeune homme n’a pas crié « Allah Akbar ». Il n’a rien dit. Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’enquête en raison de ses cibles et de sa volonté de rejoindre la Turquie. Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, s’est gardé d’évoquer une attaque « terroriste », préférant parler d’« acte criminel ».

« C’est une agression d’une gravité relative, mais elle est révélatrice d’un climat, explique une source proche des services de renseignement. Un type un peu paumé, difficile à détecter, qui passe subitement à l’acte. On s’attend à ce que ce phénomène se répète. » La question se posera peut-être du suivi de ces velléitaires du djihad qui, frustrés de n’avoir pu rejoindre la Syrie, se lancent dans des opérations désespérées sur le sol français.

L’agression de Moussa Coulibaly n’est pas sans rappeler celle commise le 20 décembre par Bertrand Nzohabonayo, qui avait attaqué trois policiers au couteau de cuisine au commissariat de Joué-lès-Tours. Il s’agissait déjà d’un profil « signalé » à la DGSI pour des signes de radicalisation religieuse, mais pas assez inquiétant pour justifier la mise en place d’une surveillance physique.

Le jour de l’attaque de Nice, l’Etat islamique a diffusé une vidéo intitulée « Faites exploser la France (2) ». Un homme masqué, armé d’une kalachnikov et entouré de ses « frères » d’armes, exhorte en français ceux qui sont « dans l’incapacité » de partir pour la Syrie à « passer à l’action ». « Tuez à l’aide d’un couteau un policier (…) ou un militaire », lance-t-il. Le premier épisode de ce film avait été mis en ligne la veille de l’attaque de Joué-lès-Tours.

Voir encore:

Nice : le profil de Moussa Coulibaly repose les questions des moyens de l’anti-terrorisme
Les Echos

04/02/ 15

L’agresseur des trois militaires en faction devant un centre juif à Nice était connu de la DGSI. La France est confrontée à un « terrorisme libre-accès », s’inquiète Bernard Cazeneuve.

Plutôt inquiétant, si l’on en croit les première déclarations de Bernard Cazeneuve. Le ministre de l’Intérieur a expliqué mardi que la France était confrontée « à un phénomène nouveau, le terrorisme libre-accès », impliquant des moyens exceptionnels.

Auditionné par la DGSi
«  Nous sommes face à un phénomène nouveau, le terrorisme en libre-accès. Cela implique la mobilisation de moyens exceptionnels », a-t-il commenté devant la presse. « 1.200 ressortissants Français sont allés en Irak et en Syrie, 580 y sont allés et en sont revenus, 200 veulent y aller. Et 185 sont quelque part en Europe sur le chemin pour y aller », a-t-il estimé.

« Ce personnage avait donné des signes de radicalisation, le renseignement territorial l’avait détecté, ses déplacements vers le Turquie avaient été suivis et nous avions demandé son retour en France. À son retour en France il a été auditionné par la DGSI mais il n’avait montré aucun signe de passage à l’acte. Cependant la surveillance de son environnement se poursuivait pour comprendre ce qu’il faisait à Nice, alors qu’il y était ici sans racines et sans contacts », a précisé le ministre de l’Intérieur.

La question des moyens est donc immédiatement posée, mais aussi de l’appréhension d’une forme nouvelle de terrorisme, qui laisse pour l’instant les services spécialisés relativement démunis : le passage inopiné de la délinquance, voire de la petite délinquance dans le cas de Moussa Couilibaly, à la radicalisation puis au passage à l’acte terroriste. Glissement progressif dans le cas d’ Amedy Coulibaly, le tueur de la porte de Vincennes et de Montrouge . Dérive peut-être plus brutale dans le cas de l’affaire de Moussa Coulibaly, à Nice ? L’enquête le dira.

Une cellule de contre-propagande sur le Net d’une cinquantaine de spécialistes militaires
Le gouvernement a réagi, depuis les attentats parisiens, en actionnant les leviers dont il dispose : augmenter d’un cran le plan Vigipirate. Mais aussi en tentant un travail en amont, avec la mise en place d’une contre-propagande anti-jihad . Le gouvernement a d’abord mis en ligne stop-djihadisme.gouv.fr, un site spécialisé destiné à lutter contre la propagande jihadiste sur Internet. C’est le Centre interarmées d’actions dans l’environnement (CIAE), créé en 2012 à Lyon, qui abriterait cette nouvelle arme.

La question des moyens globaux affectés à la lutte contre le terrorisme sur le territoire français reste néanmoins posée. On ne peut pas, avec les effectifs actuels, suivre 24H sur 24 les quelque 3.000 personnes soupçonnées de près ou de loin de présenter un danger, avait avoué Manuel Valls lors de son discours solennel après les attentats à Charlie Hebdo…

Voir enfin:

3 French Soldiers, 3 Sitting Ducks
Daniel Pipes
Israel Hayom
February 4, 2015

Comes the news that another Islamist immigrant from Mali named Coulibaly has attacked another Jewish institution in France. The first one, Amedy Coulibaly, murdered four Jews at a kosher store in Paris on Jan. 9; this second one injured three soldiers yesterday as they protected a Jewish community center in Nice.

Two soldiers on Jan. 20 stand outside the Jewish museum in Brussels where an Islamist killed four people in May 2014.

Police say Moussa Coulibaly, about 30 years old, with a record of theft and violence, and apparently not related to Amedy, pulled a knife about 8 inches long out of a bag, injuring one soldier in the chin, one in the cheek, and one in the forearm.

Coincidentally, I left Nice about four hours before this attack and had passed by that Jewish center a few days earlier, in the course of a tour of Muslim-majority areas in ten cities across France and Belgium. Those travels brought me repeatedly in proximity to the heavily armed soldiers who protect Jewish institutions and prompted several skeptical conclusions on my part about their presence:

They are soldiers, not police, and so not trained to be alert to street problems.
They tend to get distracted by their smartphones or pretty girls passing by.
They clutch their assault rifles across their bodies, which leaves them vulnerable to someone driving by and shooting at them.
As confirmed by today’s attack, the ostensible protection they offer actually provokes Islamists and other antisemites.
They are only posted temporarily to the Jewish institutions in the aftermath of the Hyper Cacher attack a month ago and before long will leave.
They protect only the institutions themselves, not the people who come and go to them, who remain as vulnerable as ever.

In short, the soldiers are sitting ducks whose deployment does little to protect the Jewish community or solve the larger problem of Islamist violence. But it does offer another instance of emotionally satisfying « security theater » which temporarily gives everyone a constructive sense of doing something.

In contrast, the Kabbalah Center in Montpellier, France, did not have visible protection on Feb. 1.

A real solution will require much deeper and longer-range steps that concern national identity, immigration policy, integration efforts, and effective policing.


Djihad sans frontières: Attention, une bible du djihad peut en cacher une autre (Who needs a terror magazine when you’ve got Al Jazeera ?)

21 janvier, 2015
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https://i2.wp.com/www.ffi.no/no/PublishingImages/osama2-680.jpgLes Arabes vivent chez nous, mais le soir ils rentrent chez eux. Les paraboles les relient à Dieu, les pays frères ou la voix de leurs maîtres. Plus la parabole absorbe de signaux lointains venus d’Orient, plus la France devient inutile. Jean de Boishue (ancien secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, 1995)
Il faut ajouter (…) un apartheid territorial, social, ethnique qui s’est imposé à notre pays (…) Auquel s’additionnent les discriminations quotidiennes parce qu’on n’a pas le bon nom de famille, la bonne couleur de peau, ou bien parce qu’on est une femme. Manuel Vals
Par deux fois, les projections de son film L’Apôtre, qui raconte la conversion d’un musulman au christianisme, ont été annulées. À Nantes donc, mais aussi à Neuilly (Hauts-de-Seine) (…) Des mesures de précaution compréhensibles dans le contexte qui est le nôtre, mais qui entrent en contradiction avec le discours sur la liberté d’expression entendu ces jours-ci. Pourquoi, en effet, interdire à une salle de cinéma ce qu’on autorise à un journal ? (…) Timbuktu, le film d’Abderrahmane Sissako, sélectionné au Festival de Cannes et en lice pour les Oscars, a vu ses projections suspendues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). (…) Timbuktu est pourtant justement un vibrant plaidoyer contre l’islamisme des djihadistes, dont il montre l’horreur. (…) Qu’Allah bénisse la France (également très bon), qui raconte la conversion d’un jeune de banlieue à l’islam (…) lui, n’a pas souffert d’annulation. Le Point
Les attentats de Paris ont eu des conséquences dans le monde de la musique et du cinéma mais également dans celui du théâtre. Suite aux attaques du début du mois de janvier, la pièce Lapidée ne sera finalement jouée que trois fois sur les trente séances prévues a révélé mercredi l’AFP. (…) « La préfecture de police, contactée par un membre de la production, nous a dit que dans les circonstances, l’affichage pourrait être considéré comme une provocation ». (…) Il n’était pas possible pour la troupe d’être protégée plus longtemps. «Comme il ne s’agit pas d’un lieu public, nous ne pouvions pas être protégés dans le cadre de vigipirate, et nous devions recourir à une société de sécurité privée: c’est possible pour trois représentations mais pas pour trente» explique Claude Telliez. Le prix de chaque soirée surveillée est estimé à 360 euros par soir. La pièce sera tout de même rejouée en 2016 à Paris selon la presse suisse. «Il ne s’agit pas d’autocensure, il s’agit de responsabilité», affirme Claude Telliez. La pièce raconte l’histoire d’une jeune femme hollandaise, accusée d’adultère par son époux yéménite qui finit par être lapidée au Yémen. Elle a été écrite par le pasteur suisse Jean Chollet-Naguel et crée en 2013 lors du festival d’Avignon. A sa création, elle avait déjà sucité des réactions virulentes de groupes islamistes. Le Figaro
Le Coran, qui est véritablement «la parole de Dieu» pour les musulmans, délivre aux croyants de cette religion des messages que, nous, citoyens de pays démocratiques, considérons être indubitablement des incitations à la haine. En sorte que normalement la diffusion de ces messages devrait tomber sous le coup de la loi. Citons quelques sourates pour illustrer notre propos: L’attitude vis-à-vis des incroyants: «Ô vous qui croyez, combattez ceux de vos voisins qui sont infidèles» (9,123) ; ou encore: «Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez» (9,25) ; et aussi: «Ô Prophète, incite les croyants à combattre: vingt braves d’entre eux terrasseront 200 infidèles» (8,65), etc. Avec, pour déculpabiliser les croyants qui en viendraient à tuer des infidèles et qui s’en émouvraient, cette sourate qui leur dit: «Ce n’est pas vous qui les avez tués, c’est Dieu» (8,17). L’attitude vis-à-vis des juifs: «Ô croyants, ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens» (5,51). D’une façon générale, il faut avoir en mémoire cette sourate où il est dit: «Mahomet est l’envoyé de Dieu. Ses compagnons sont durs envers les infidèles, et miséricordieux entre eux». Dans une société telle que la conçoit l’islam, il faut savoir qu’il n’y a de place que pour des croyants. Les uns sont dans la bonne voie (les musulmans), les autres, «les gens du Livre» qui tiennent à rester dans l’erreur, sont admis: ils ont le mérite de croire en Dieu, et on les tolérera donc, mais en en faisant des citoyens de second rang, dits des «dhimmis». Ces citoyens de second rang se trouveront en permanence brimés dans leur vie de tous les jours, et la situation leur deviendra finalement insupportable. Les incroyants, quant à eux, seront persécutés: ils devront soit se convertir à l’islam soit être éliminés. (…) Certes, on trouve dans la Bible des passages violents. Mais la distinction fondamentale qui est à faire entre la Bible et le Coran se trouve dans le fait que la Bible a été rédigée par des hommes, alors que le Coran est par nature la parole de Dieu. Il faut rappeler que les musulmans nous disent que le message de Dieu délivré aux hommes a depuis la nuit des temps toujours été le même: les prophètes qui ont précédé Mahomet ont été des hommes «inspirés par Dieu» (Moise et Jésus étant les deux principaux d’entre eux). Du fait qu’ils étaient des hommes, le message qu’ils ont délivré était imparfait, mal compris, tronqué… Le message de Dieu a finalement été recueilli dans son intégralité par Mahomet a qui Dieu a dicté son message: c’est donc le message auquel on doit se conformer, car c’est le message parfait, et il n’y en aura plus d’autre. Quand on lit dans le Coran des passages qui prônent la violence, il s’agit donc bien d’injonctions délivrées par le Tout-Puissant, des messages que l’on ne peut donc qu’exécuter si l’on est un croyant sincère et soucieux de son devenir après la mort. (…) la distinction entre «islam radical» et «islam soft» est sans fondement. Elle est l’effet des arrangements que nos sociétés occidentales tentent de trouver pour ne pas condamner les musulmans dans leur refus d’adopter nos valeurs et de se conformer à la manière que nous avons, nous Occidentaux, de concevoir l’organisation de nos sociétés. La démocratie, et les valeurs sur lesquelles elle est fondée, est le système politique inventé par les «chrétiens», un système que les Occidentaux se croient fondés à imposer aujourd’hui aux autres civilisations. (…) Avec la diffusion d’ouvrages qui prônent le djihad et la mort des hérétiques on banalise donc l’islam radical et on barre la voie aux musulmans réformateurs que l’Occident aurait le plus grand intérêt à soutenir dans leur combat. (…) Les musulmans appartiennent à une autre civilisation que la civilisation occidentale. Ils savent que leur civilisation a été plus forte que la nôtre dans le passé, au Moyen Âge, et on ne manque pas de le leur rappeler d’ailleurs. Par la suite, c’est notre civilisation, avec ses avancées extraordinaires aux plans scientifique et technique qui a pris le dessus. Ils nous rappellent que nous sommes allés les dominer pendant plusieurs siècles avec nos techniques et nos armes. Mais tout récemment ils sont parvenus à nous chasser des territoires que nous leur avions pris, et avec le pétrole ils disposent à présent d’une arme redoutable contre nous. Ces peuples qui considèrent que nous les avons soumis, humiliés, pillés en exploitant à notre compte leurs richesses, ont le sentiment que nous les méprisons: ils ont commencé dans la seconde moitié du XXe siècle à prendre leur revanche, et leur ressentiment à l’égard de l’Occident est très fort. Comment veut-on donc que ces musulmans qui viennent s’installer en Europe pour des raisons de commodité et de confort aient envie de quitter sentimentalement leur monde, c’est-à-dire leur civilisation, à un moment où celle-ci prend précisément sa revanche sur la civilisation occidentale, pour devenir «traîtreusement» des «Occidentaux»? (…) On pourrait dire de façon provocatrice que pour qu’un musulman devienne un vrai Occidental, il faut en fait qu’il se convertisse au christianisme. Certes, les Européens sont en majorité agnostiques, mais même cet agnosticisme s’est construit avec une culture et une tradition judéo-chrétienne. Il faut appréhender les problèmes d’intégration avec les approches des anthropologues, et ne pas rester sur des idées simplistes. Le Coran dit aux chrétiens qu’ils sont dans l’erreur: comment donc des musulmans adopteraient-ils les thèses de ces gens que le Prophète a ordonné de combattre? Le message antichrétien est dans le livre saint de l’islam: il ne facilite pas l’intégration des musulmans dans nos sociétés occidentales, des sociétés fondées, il ne faut pas le négliger, sur les valeurs et les traditions chrétiennes. Claude Sicard
La meilleure chose que vous puissiez faire est de vous efforcer de tuer tout infidèle, qu’il soit Français, Américain ou d’un de leurs pays alliés. Si vous ne pouvez pas trouver d’engin explosif ou de munition, alors isolez l’Américain infidèle, le Français infidèle, ou n’importe lequel de ses alliés. Ecrasez-lui la tête à coup de pierre, tuez-le avec un couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le vide, étouffez-le ou empoisonnez-le.  Abou Mohamed al Adnani (porte-parole du groupe de l’Etat islamique)
It appears that all the labors that had been made by the Taliban government prior to the outbreak of the war to repair the roads have scattered to the wind. Tayseer Allouni (Al-Jazeera)
C’est donc de cette boîte d’allumettes que vient tout ce vacarme. Hosni Moubarak (Octobre 2001)
Al-Jazira a mis le feu en Tunisie, au Liban et dans divers pays arabes. Saëb Erakat (principal négociateur palestinien, 2011)
Without TV coverage, the revolutions would never have assumed such proportions. When people followed the revolutions, to what extent did they use the Internet, versus the extent to which they watched them on the TV channels, which gave them continuous coverage? Clearly, there is no comparison…The best proof [of the impact of] the TV channels is that any popular activity that they do not cover, in any country, will die before it can get off the ground. Some Arab countries are currently seeing… protests and the beginnings of a revolution, but these [events] are not getting the necessary TV coverage, because of the focus on the escalating revolution in Libya. As a result, [these protests] will not gain much momentum… but will fade away and be forgotten. Some might argue that the images broadcast on the satellite channels were often taken from the Internet. That is true, but had the [channels] not repeatedly aired these images, their impact would have remained limited. I have yet to hear any [protesters]… complain of insufficient coverage of their activity on the Internet or on Facebook. But [some protesters are] very angry at the satellite channels, which, they claim, are not giving their activity the necessary media coverage… It is [the satellite channels] that truly fuel the revolutions – with image and sound, which remain more powerful than any other weapon… It is no exaggeration to say that one TV report on a certain country has an impact equal to that of all the websites visited by all the Arabs put together – so much so that [activists] have sometimes said, ‘Let’s postpone our protest, because some satellite channel is busy covering another revolution’… Al-Sharq (Qatar,  March 13, 2011)
J’ai été très impressionnée par l’ouverture de ce pays. Par l’accueil, aussi, sans a priori. J’ai été frappée par l’ouverture, encore une fois, j’insiste, du Qatar. Ségolène Royal
Al Jazeera fait kiffer les cités populaires de la région. Et les cités le lui rendent bien : son audience ne cesse de croître alors même que la version francophone de la chaîne du Qatar reste encore un projet. Elle catalyse les émotions et les frustrations. Est-elle un danger ? Quel point commun entre ces jeunes d’un quartier populaire d’Avignon, les chibanis d’une résidence sociale de Toulon ou les militantes d’une association de femmes de Marseille ? Ils sont férus d’Al Jazeera. Quatorze ans après son lancement, la chaîne arabe a réussi à se faire un nom. Créée au Qatar, elle est née aux yeux du monde avec un scoop : la première vidéo de Ben Laden. Fondée en 1996, elle a, depuis 2006, une petite sœur en langue anglaise. Pour l’heure, en France, la chaîne se regarde un peu du coin de l’œil. Et pour cause ! Très peu de gens la comprennent. Les programmes sur Al Jazeera, sont diffusés en arabe littéraire. Les populations issues de l’immigration maghrébine parlent l’arabe dialectal. Mais son audience, déjà significative, devrait augmenter. Les autorités du Qatar ont l’ambition de lancer, à l’horizon 2011, Al Jazeera en français. Même si rien n’est encore acté, Doha veut récupérer ainsi le marché de la population française d’origine maghrébine et, en Afrique, pénétrer les pays francophones. Sans attendre, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les toits et les balcons des banlieues fleurissent de paraboles. Al Jazeera, après avoir été la chaîne des parents, est-elle en voie de devenir la chaîne des enfants du bitume, ceux des grandes barres de Marseille, Nice, Avignon et Toulon ? Le sociologue Saïd Bouamama, spécialiste de l’immigration, initiateur de l’appel des Indigènes de la République, a son idée sur la question. « Il y a un réel divorce avec les chaînes nationales qui passent les mêmes images stigmatisantes et dégradantes des banlieues, souligne-t-il. En 2005 lors des émeutes, elles n’ont quasiment pas donné la parole aux jeunes. Les gens de ces quartiers ont soif d’une autre information, plus objective moins réductrice. » (…)  « Pour des gens qui ont le sentiment de vivre dans une société où ils ne sont ni valorisés ni reconnus, Al Jazeera est en quelque sorte un catalyseur, précise Mohamed Adraoui, enseignant à Sciences-Po Paris. Les quartiers ont le sentiment de ne pas être acteurs de leur propre discours, mais d’être des éternels sujets. Le fait que la chaîne existe est important, en terme de symbole et de fierté. » Une sorte de « Renaissance mémorielle » selon la formule de l’intellectuel suisse Jean Ziegler… Ne court-on pas, à terme, le risque de voir une partie de la communauté nationale s’enfermer dans un ghetto cathodique ? C’est la question que s’est posé, à sa manière, Jean de Boishue, conseiller de François Fillon, ancien secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, qui, dans un livre brûlot intitulé « Banlieue, mon amour » (1) paru en 1995, s’interroge ouvertement : « Les Arabes vivent chez nous, mais le soir ils rentrent chez eux. Les paraboles les relient à Dieu, les pays frères ou la voix de leurs maîtres. Plus la parabole absorbe de signaux lointains venus d’Orient, plus la France devient inutile. » Faut-il sonner le tocsin ? « Pas du tout ! », rassure Claire Talon, doctorante à Sciences-Po Paris, auteure de nombreux travaux sur les médias arabes. Elle publiera en mars un livre sur la chaîne du Qatar. « Al-Jazeera n’a, pour l’heure, pas de programme adapté, pas de discours spécifique à l’attention des Français issus de l’immigration, explique-t-elle. L’impact immédiat est très limité, à cause de la barrière de la langue. Les gens sont comblés, pas forcément par l’offre informative, mais de manière symbolique par les images. » Sauf que les écrans de la chaîne, sont justement ripolinés à coup d’images chocs qui impriment la rétine. En janvier 2009, l’armée israélienne refait la géographie de Gaza à coup de bombes et de missiles. Les reportages sur les réfugiés palestiniens, hagards dans une ville muée en décor sépulcral ont déclenché un immense choc émotionnel dans l’opinion et, accessoirement, converti de nouveaux téléspectateurs. « Avant 2009, les seuls qui choisissaient de regarder les chaînes arabes, c’étaient les parents, constate Fouzia professeur à Toulon. Aujourd’hui, même les « beurs » de la deuxième ou troisième génération regardent Al Jazeera. A la longue, cette chaîne vous fout des cailloux dans la tête. Il n’y a que stigmatisation et violence. Après une journée de problème, si vous regardez ça, ça vous bouffe littéralement. » Elle, résiste encore. Pas Farid, qui vient de fêter ses 30 printemps : « La journée, la société me fait comprendre que je suis différent, pourquoi voulez-vous que le soir je me reconnaisse dans ces chaînes de télé trop blanches où des politiques blancs s’adressent à des blancs ? Et puis faut se rendre compte du traitement de l‘actualité. Quand je voyais, pendant la guerre de Gaza, ce que montrait TF1 ou France 2 et ce que montrait Al Jazeera ! Les chaînes nationales ont présenté une guerre sans victime, avec Al Jazeera, on a vu ce que faisait réellement l’armée israélienne. » ‘Al Jazeera a indiscutablement gagné en notoriété après le conflit de Gaza en 2009, confirme Alain Gresh, directeur adjoint du Monde Diplomatique. La question palestinienne mobilise énormément dans les quartiers. Et la chaîne a su donner un autre récit, en se montrant sur le terrain et en accordant une place centrale aux victimes. L’histoire du monde, depuis des siècles est montrée par des occidentaux, là ce n’est plus le cas. » Tout oppose partisans et détracteurs d’Al Jazeera. Tout, sauf un point essentiel, sur lequel ils s’accordent : l’importance de son auditoire futur si elle devient francophone. Pour la sénatrice, d’Europe-Ecologie, Alima Boumediene-Thiery, cela ne fait aucun doute : « ce sera assurément la chaîne des banlieues ! » Pour d’autres, sans aller jusqu’à « l’odieux visuel » on en est pas loin. « J’ai une certaine inquiétude de voir le conflit israélo-palestinien importé ici, même si Al Jazeera n‘est pas Al Manar je reste vigilant », avoue Clément Yana, ancien président du CRIF Paca, le Conseil représentatif des institutions juives de France. « Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, tranche Alain Gresh. Les pressions du gouvernement sont très fortes pour que cette chaîne francophone ne voit jamais le jour. Le gouvernement français a une vision sécuritaire de l’offre télévisuelle arabe, et il et il a peur qu’en cas de nouvelle Intifada, le conflit soit amplifié et importé. » Rafi Hamal
Après l’arabe et l’anglais, les autorités du Qatar ont l’ambition de lancer Al Jazeera en français. Grâce à cette chaîne d’informations en continu, Doha veut récupérer le marché de la francophonie en Afrique, où le minuscule, mais richissime émirat gazier, investit déjà massivement. Le Qatar, et son dynamique ambassadeur en France, Mohammed al-Qouwari, s’intéresse également de près à la population française d’origine maghrébine. Al Jazeera est l’outil de la très active diplomatie du Qatar, qui se veut « ami avec tout le monde », c’est-à-dire des Américains et des Iraniens, des Israéliens et du Hamas, de l’Occident et des islamistes. Une politique qui confine cependant parfois au grand écart. Par ailleurs, selon nos informations, une radio émettant en langue française devrait également voir le jour bientôt à Doha. Partenaire privilégié de la France, le Qatar entretient de bonnes relations avec la Paris. Nicolas Sarkozy y a fait un saut de puce en novembre à son retour d’Arabie, afin d’y récupérer Carla, qui était allée s’entretenir avec la cheikha Moza, la très dynamique deuxième épouse de l’émir. Une visite éclair qui n’a pas fait que des heureux ! Georges Malbrunot (Bientôt Al Jazeera en français, 24 mars 2010)
The remarkable truth is that few in the Middle East would be shocked. From Hamas in the Gaza Strip to radical armed movements in Syria, Qatar’s status as a prime sponsor of violent Islamists, including groups linked to al-Qaeda, is clear to diplomats and experts. Qatar’s promotion of extremism has so infuriated its neighbours that Saudi Arabia, Bahrain and the United Arab Emirates all chose to withdraw their ambassadors from the country in March. Take Syria, where Qatar has been sponsoring the rebellion against Bashar al-Assad’s regime. In itself, that policy places Qatar alongside the leading Western powers and much of the Arab world. But Qatar has deliberately channelled guns and cash towards Islamist rebels, notably a group styling itself Ahrar al-Sham, or « Free Men of Syria ». Only last week, Khalid al-Attiyah, the Qatari foreign minister, praised this movement as « purely » Syrian. He added that its fighters had suffered heavy losses while combating the Islamic State of Iraq and the Levant (Isil), the group behind the murder of David Haines, the British aid worker, and which is holding John Cantlie and Alan Henning hostage. Far from being a force for moderation, Ahrar al-Sham played a key role in transforming the anti-Assad revolt into an Islamist uprising. Its men fought alongside Jabhat al-Nusra, an al-Qaeda affiliate, during the battle for Aleppo and they were accused of at least one sectarian massacre. Instead of fighting Isil, Ahrar al-Sham helped the jihadists to run Raqqa, the town in eastern Syria that is now the capital of the self-proclaimed « Caliphate ». This cooperation with Isil happened for some months until the two groups fell out last year. Last December, the US Treasury designated a Qatari academic and businessman, Abdul Rahman al-Nuaimi, as a « global terrorist ». The US accused him of sending nearly £366,000 to « al-Qaeda’s representative in Syria », named as Abu Khalid al-Suri. Suri has also been a senior commander of Ahrar al-Sham. If America was right to describe him as « al-Qaeda’s representative », then there was an overlap between the leadership of the two groups. Mr Nuaimi is also accused by the US treasury of transferring as much as $2 million per month to « al-Qaeda in Iraq » and $250,000 to al-Shabaab, the movement’s affiliate in Somalia. Mr Nuaimi denies the allegations, saying they are motivated by his own criticism of US policy. But critics question why Qatar has failed to act against him. « It’s deeply concerning that these individuals, where sufficient evidence is in place to justify their inclusion on the US sanctions list, continue to be free to undertake their business dealings, » said Stephen Barclay, the Conservative MP for North East Cambridgeshire. Qatar’s investment in Britain is so extensive, and the Foreign Office is so anxious to win its favour, that some question whether UK diplomats will have the resolve to ask robust questions. « If diplomats are focused on winning commercial contracts, there is a danger they will be reluctant to ask tough questions on the funding of unsavoury groups, » said Mr Barclay.(…) Four branches of the Qatari government handle relations with armed groups in Syria and Libya: the foreign ministry, the defence ministry, the country’s intelligence agency, and the personal office of the ruler, Emir Tamim bin Hamad al-Thani. In the case of Syria, Qatar’s chosen method for supporting its favoured insurgents is to pass large sums to middlemen in Turkey. These figures then use the money to buy weapons from third countries, notably Croatia, and arrange for their onward transfer to rebels in Syria. (…) Last month, Gerd Müller, the German international development minister, implicated Qatar in the rise of Isil. « You have to ask who is arming, who is financing Isil troops. The keyword there is Qatar, » he said. Yet a state endowed with large reserves of gas and oil and one of the world’s biggest sovereign wealth funds can wield immense influence, even over Berlin. Qatar was duly able to secure a formal withdrawal of this charge from the German government. On Wednesday, the 34-year-old Emir of Qatar, who was educated at Harrow and Sandhurst, took pains to deny the accusation while standing alongside Angela Merkel, the German Chancellor. « What is happening in Iraq and Syria is extremism and such organisations are partly financed from abroad, but Qatar has never supported and will never support terrorist organisations, » he said. The credibility of that denial depends partly on how you define a « terrorist organisation ». Qatar has let Hamas, the armed Palestinian movement, base its political leadership in Doha since 2012. Qatar’s government has funded Hamas and the previous Emir paid an official visit to the Hamas-ruled Gaza Strip in 2012. As a small country with relatively weak armed forces and 250,000 citizens, Qatar is trying to guarantee its security by reaching in every direction. As well as providing an office for Hamas, Qatar also hosts the forward headquarters of US Central Command and the al-Udeid military airbase, serving as the hub for all American air operations in the region. Qatar has not completely ignored the concerns of its Western allies. When it transferred surplus arms from Libya to rebels in Syria, Qatari officials weeded out any surface-to-air missiles, in obedience to America’s demand to prevent the supply of this particular category of weapon. But Qatar’s willingness to support extremists has caused private dismay. « It’s a puzzle and, to be honest, it’s a distasteful one, » said a former Western official who has dealt with Qatar.  The Telegraph
Le Qatar constitue un environnement permissif pour le financement du terrorisme  [et refuse d’agir contre] plus de vingt individus sanctionnés par Washington pour financement du terrorisme. Rapport de la Fondation pour la Défense de la Démocratie (Washington)
It was a scoop of truly global proportions. Just a few weeks after al-Qaida redefined the world news agenda for a generation of journalists by attacking New York and Washington on September 11 2001, television reporter Taysir Alouni interviewed the planet’s most wanted man, Osama bin Laden. (…) Alouni’s relationship with al-Qaida, however, started well before he began working with al-Jazeera, according to the judgment. A trained economist, he moved to Spain in the 80s, teaching Arabic and doing various other jobs before ending up as a translator for Spain’s EFE news agency. While there he met some of the people who, many years later in Madrid, would be his co-defendants in Europe’s biggest-ever al-Qaida trial. He also met the senior al-Qaida figures who would not just influence his future career as a journalist, but also be his eventual nemesis. In 2000 his career leapt forward when he was appointed to open and then run a Kabul bureau for al-Jazeera, while Afghanistan was governed by the Taliban regime.(…) In Kabul, apart from interviewing Bin Laden, he was the first to show damage caused to civilian targets by American bombs. « He was able to capture images of civilian victims in the destitute villages of Afghanistan and the miserable streets of Kabul, » the al-Jazeera website that campaigns for his release says. « His coverage triggered international outrage over the US action in Afghanistan. » Shortly after he fled the city, as the Northern Alliance entered Kabul, a US bomb destroyed his bureau. He himself was set upon by unknown attackers as he witnessed things he refuses to talk about. « Scenes that, I’m sorry, I could not describe to anybody, » he once said. Al-Jazeera was impressed. When war broke out in Iraq, he was sent to cover it. Authorities on both sides disliked him.(…) A vast network of al-Jazeera helpers around the country allowed him to stay ahead of others in reporting the war. (…) Crucial to Alouni’s early successes, however, were the names he already had in his contact book when he arrived in Kabul. While living in Spain, he had befriended fellow Syrian Imad Eddin Barakat Yarkas. Barakat was last week sentenced to 27 years after being found guilty of holding a command role in al-Qaida and collaborating with the September 11 plotters. Alouni claimed he had cultivated Barakat for professional reasons. (…) In Spain he had also got to know Mustapha Setmarian and Mohammed Bahaiah, two al-Qaida leaders who would be his key Kabul contacts. Alouni helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey. When he went to Kabul, Alouni also took $4,000 to Bahaiah. This, he told the court, was done as a favour to a friend who owed Bahaiah money. Alouni said his regular Kabul encounters with Bahaiah and Setmarian had a single aim – to gain intimate knowledge of one of the most secretive and unstructured organisations in the world, al-Qaida, and to make contacts within the Taliban regime. Guardian
The head of the Al Nusrah Front, Abu Muhammad al Julani, finally granted a television interview earlier this month. (…) Al Jazeera’s Tayseer Allouni conducted the interview from inside Syria with the reclusive Julani. It was the latest exclusive for Allouni, who has garnered high-profile interviews with senior al Qaeda leaders before. Allouni was the first to air an interview with Osama bin Laden after the Sept. 11, 2001 terrorist attacks. In the years that followed his interview with bin Laden, Allouni was at the center of a high-profile trial. Spanish authorities accused Allouni of being more than just an enterprising journalist. In 2005, a Spanish court convicted Allouni of supporting al Qaeda and sentenced him to seven years in prison. Allouni spent time in prison and then house arrest. Allouni was released in 2012 and resumed his work for Al Jazeera. After his return to Doha, Allouni denounced his conviction as « political. (…) Among Allouni’s contacts was Imad Yarkas, the accused head of al Qaeda’s network in Spain. (…) The Spanish court focused, in particular, on Allouni’s relationship with two of Yarkas’ associates: Mohammed Bahaiah (a.k.a. Abu Khalid al Suri) and Mustafa Setmariam Nasar (a.k.a. Abu Musab al Suri). (…) Today, Bahaiah is Ayman al Zawahiri’s representative in Syria and throughout the Levant. He is also a founding leader of Ahrar al Sham, a Syrian extremist group that fights alongside al Qaeda’s branches in Syria. (…) Years ago, Allouni « helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey, » the Guardian reported. And when Allouni traveled to Kabul in March 2000, Allouni « took $4,000 to Bahaiah, » which Allouni claimed he did as a favor « to a friend who owed Bahaiah money. » (…) The Spanish government also claimed that Allouni received assistance from Nasar in setting up Al Jazeera’s presence in Kabul. (…) Allouni « admitted meeting » both Bahaiah and Nasar in Kabul, describing the pair as a « source of information about al Qaeda’s activities, its followers, and the world of radical Islam. » (…) Spanish court records indicate that while Nasar was living in London prior to 2001, Allouni made « frequent phone contacts » with Nasar. And when the media reported in 2000 that Nasar was part of a schism within al Qaeda, Nasar turned to Allouni to publicly deny the charge, via Al Jazeera. After the 9/11 attacks, according to the US government, Nasar swore bayat (an oath of allegiance) to bin Laden. (…) Allouni’s interview with Julani is just the latest example of his work reporting from the post-9/11 battlefields. Allouni has previously reported from both Afghanistan and Iraq. On Oct. 10, 2001, The Washington Post described some of Al Jazeera’s reporters as having « links with the Muslim Brotherhood, a radical Islamic organization with ties to a member of the al-Jazeera board. » Allouni, according to the Post, was the « most prominent such reporter » and « was known in the past for his pro-Taliban views. » In the weeks following the Sept. 11, 2001 terrorist attacks, Allouni became « one of the primary outlets for Taliban statements and denunciations of the United States. » The following day, on Oct. 11, 2001, The New York Times noted that Allouni was « the only reporter » in Taliban-controlled Kandahar. Allouni, the Times reported, had provided a « major exclusive » for Al Jazeera’s coverage – a video of American warplanes bombing Taliban positions that was also aired on CNN. Thomas Joscelyn
Théoricien du jihadisme global, il s’est distingué par sa critique argumentée de la stratégie de l’ex-chef d’Al-Qaïda. Et il passe même, aux yeux des Américains, pour être son possible successeur. (…) Né en 1958 dans une famille de la petite bourgeoisie alépine, Souri, de son vrai nom Mustafa Setmariam Nasar, est un routard du jihadisme global. Étudiant ingénieur en mécanique de l’université d’Alep, il rejoint en 1980 un groupe militant émanant des Frères musulmans. Avec ses camarades, il assiste, impuissant, à la répression féroce du soulèvement armé de Hama, en 1982. Souri rumine depuis les leçons de cette défaite infligée par les troupes de Rifaat al-Assad, le frère du président syrien de l’époque. Dans ses écrits, le militant sans frontières naît à ce moment-là. Il part s’entraîner dans des camps secrets en Jordanie puis en Égypte. Ceinture noire de judo, cet homme charpenté détonne avec sa barbe et ses cheveux roux, ses yeux verts. Pratique pour se fondre dans la foule à Londres, où il a vécu au mitan des années 1990. Auparavant, Souri était en Andalousie, terre mythique des conquérants musulmans, où il est arrivé en 1985. Il épouse Elena Moreno, une ancienne gauchiste qui se convertit à l’islam et avec qui il a quatre enfants. Dans un milieu plutôt macho, Souri cultive les attentions galantes. Un ami barbu s’en étonne. Il répond : « Nous, les Syriens, savons y faire. » Sur place, il entre en contact avec d’autres jeunes islamistes. Il rencontre le « chef d’Al-Qaïda en Espagne », Abou Dahdah, et un certain Tayssir Allouni, futur journaliste à Al-Jazira. Naturalisé espagnol, Souri est désormais libre de ses mouvements. En 1994, il s’installe à Londres, s’impose comme l’un des leaders de la diaspora islamiste et devient l’un des responsables de la revue Al-Ansar, dirigée par le Jordanien Abou Qatada. Mais déjà, Souri lorgne l’Asie centrale. Il a déjà voyagé au Pakistan et en Afghanistan dès 1987. Il aide à organiser des camps d’entraînement pour les moudjahidine lancés contre l’occupation soviétique, notamment ceux du Palestinien Abdallah Azzam, l’un des idéologues qui influencèrent Ben Laden. Véritable « architecte du jihad global », selon l’ouvrage de référence que lui a consacré le chercheur norvégien Brynjar Lia, il est un « dissident, un esprit critique, un intellectuel au sein d’un courant idéologique où l’on s’attendrait à trouver plutôt de l’obéissance ». Le livre où il expose sa doctrine, Appel à la résistance islamique mondiale, publié sur internet en décembre 2004, peut être lu comme une critique argumentée de la stratégie de Ben Laden. Cette bible du jihadiste (1 600 pages) peut sembler répétitive. C’est en réalité un redoutable manuel d’endoctrinement dont se seraient inspirés des personnages aussi divers que le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, le Français Mohamed Merah ou les frères Tsarnaev, Américains d’origine tchétchène auteurs présumés de l’attentat de Boston en avril 2013, et même le Norvégien Anders Behring Breivik. Souri expose une théorie à rebours de celle d’Al-Qaïda, dont il prédisait la logique suicidaire. Dès son retour en Afghanistan en 1998, il s’était opposé à la stratégie du terrorisme spectaculaire. Dans un courriel au chef d’Al-Qaïda en 1999, retrouvé à Kaboul fin 2001 par des journalistes américains, il moque le goût affiché par Ben Laden pour les médias : « Notre frère a été contaminé par la maladie des écrans, des flashs, des fans et des applaudissements. » Piquant, quand on sait que Souri a monté plusieurs interviews du Saoudien, dont celle avec Peter Bergen, de CNN, en 1997. Instruite par la débâcle en Afghanistan, la stratégie de Souri s’appuie, elle, sur des individus ou de petites cellules qui pourraient se former et s’armer tout en restant indépendants. Seul moyen d’échapper à la surveillance et à la lutte antiterroriste. Pas d’organisation, pas de filière, pas de capture. Jeune Afrique
Fin 2004, à partir d’une critique de l’hypercentralisme d’Al-Qaeda et surtout de la stratégie du 11 Septembre, qu’il estime politiquement néfaste car elle a permis aux Etats-Unis de détruire en réaction l’infrastructure afghane de Ben Laden, Al-Souri a construit les bases de ce qui deviendra ultérieurement le soi-disant Etat islamique, la dawla [«Etat» en arabe], comme on dit dans la jihadosphère. Il prônait la multiplication d’actes terroristes de vie quotidienne à des fins de provocations récurrentes dans les sociétés européennes, perpétrés par des musulmans européens visant juifs, intellectuels «impies», musulmans «apostats» et manifestations sportives pour affoler les sociétés occidentales et les faire surréagir – c’est la vieille rengaine gauchiste «provocation-répression-solidarité». A quoi s’ajoute l’idée que les Etats ne seront pas capables d’y faire face, que ça fera monter l’extrême droite qui va brûler les mosquées… et que l’Europe s’effondrera, avant de passer sous domination islamiste. C’est le primat du «rhizome» de Deleuze sur le centralisme léniniste – Al-Souri a vécu et étudié en France dans les années 80 -, projeté à l’ère de YouTube et décliné dans la grammaire du jihad. Il n’y a plus de «donneur d’ordre» et «d’exécutants», comme à l’époque de Ben Laden. Tout est endoctrinement, entraînement militaire et mise en œuvre, avec une assez large marge d’initiative pour de petites cellules fortement idéologisées par «l’inspiration» – d’où le titre du magazine en ligne anglophone d’Al-Qaeda dans la péninsule arabique, Inspire. Quand l’Américano-Yéménite Aulaqi l’a créé, Al-Qaeda était encore le brand le plus célèbre du monde avec Coca. Aujourd’hui, c’est – plus ou moins – Daech. Mais ils ont un problème de label, entre Daech, Isis, Isil et Dawla, qui finira par nuire à leur recherche de notoriété. (…) L’Etat islamique a un territoire, à la différence d’Al-Qaeda. En Irak, il s’est greffé sur la revendication arabo-sunnite de créer un «Sunnistan», à cheval aussi sur la Syrie, et, en ce sens, il aspire des sunnites du monde entier qui viennent l’aider dans sa guerre tribale contre les chiites, les Kurdes, les alaouites, les chrétiens – avant d’être réinjectés, une fois aguerris, pour mener le jihad dans leur pays de départ. Il y a articulation entre les divers territoires du jihad, unifiés par le miroir du monde virtuel : le dialogue ahurissant des frères Kouachi, traqués dans l’imprimerie de Dammartin-en-Goële [Seine-et-Marne], en direct avec BFM TV est en ligne et sous-titré en arabe, à des fins d’édification et de prosélytisme, sur de nombreux sites islamistes du Moyen-Orient. (…) C’est un bricolage sophistiqué qui s’attaque à un symbole très fort : aux valeurs et à la culture de l’adversaire, avec pour message basique : «On a su vous détruire là où vous nous aviez offensés.» Dans la jihadosphère, de même que Merah a eu des milliers de «likes», il y a un certain nombre de gens qui rendent gloire aux trois «héros». Du reste, à la fin de sa vidéo, Coulibaly raconte qu’il est allé faire la tournée des mosquées pleines d’Ile-de-France, qu’il y a vu des milliers de jeunes gens en bonne santé et qu’ils doivent suivre son exemple. L’objectif est l’émulation. Mais est-ce que les terroristes potentiels vont bénéficier d’un effet «poisson dans l’eau» ou, au contraire, seront-ils identifiés, marginalisés et dénoncés comme ce fut le cas dans l’Hexagone lorsque la guerre civile algérienne y a débordé ? La réponse politique doit certainement recréer ces conditions. Dans la communication des autorités, il est fondamental de rappeler à l’ensemble de notre société que, parmi les victimes de prédilection des jihadistes, il y a aussi les musulmans désignés par eux comme «apostats», comme c’est le cas du brigadier Ahmed Merabet qui a été délibérément abattu à terre boulevard Richard-Lenoir. Et que la plupart des victimes de Daech sont des musulmans…(…) Comment retisser un lien social plus prégnant aujourd’hui, c’est toute la question. A la guerre que Daech tente de mener en Europe, il ne faut pas répondre par la guerre mais par des opérations de police efficientes et par l’éducation. Les retours mitigés sur la réaction de certains élèves à la minute de silence en mémoire des victimes en rappellent la nécessité. Se pose aussi en urgence absolue la question du monde carcéral, qui est aujourd’hui l’école supérieure du jihadisme en France, comme l’ont démontré les itinéraires de Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly, devenus ce que nous avons vu à cause de leur fréquentation de l’idéologue jihadiste Djamel Beghal en prison, puis lorsqu’il était assigné à résidence au cœur de notre France rurale. Gilles Kepel
En décembre dernier, deux Somaliens ont été arrêtés à Bonn par les Allemands. Ils préparaient un attentat avec une bombe qui était parfaitement comparable à celles décrites dans Inspire. Inspire est la bible en matière de propagande djihadiste. Surtout, elle est conçue comme une vraie revue et on y trouve absolument tout: des conseils opérationnels, de la réflexion idéologique, des témoignages, des reportages… Inspire diffuse du savoir-faire à grande échelle, comme autant de bouteilles lancées à la mer. (…) Dans les années 1990, le GIA a revendiqué des “incivilités”, jusque dans l’est de la France. Yves Trotignon (Risk&Co)
Il y a plusieurs profils. Certains lecteurs s’intéressent surtout à l’aspect technique. Ils commentent les innovations et les astuces qui sont proposées dans la revue. D’autres se penchent plutôt sur l’aspect politique, idéologique. Les derniers enfin, les “théologistes”, étudient comment Inspire justifie par la religion l’action terroriste. Tout cela donne lieu, sur les forums, à de longs débats et les francophones suivent tout cela de près, malgré leur déception de ne pas voir développer une version dans leur langue, qui serait moins concentrée sur les Etats-Unis et plus sur la France. Mathieu Guidère
Interprétation religieuse, témoignages de djihadistes, conseils opérationnels et recettes de bombes faites maison, Inspire vous donne toutes les astuces pour devenir un bon terroriste. La revue, éditée par Aqpa, est téléchargeable tranquillement sur Internet… désignant désormais la France pour cible. Fabriquer une bombe dans la cuisine de maman, incendier une voiture sur un parking en dix étapes, accéder à des forums djihadistes en toute sécurité ou encore «tondre» les «mécréants» avec un pick-up Ford en guise d’engin de mort… ce sont quelques-unes des idées proposées par la revue Inspire pour semer la terreur en toute autonomie. Inspire est un magazine distribué sur Internet, éditée par al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) depuis l’été 2010. La revue, dont la maquette ferait pâlir certains canards français, est alors accueillie de manière partagée par la communauté djihadiste comme sécuritaire. Les uns et les autres accusent diverses organisations d’Etat d’avoir organisé un «hoax», une arnaque, pour repérer les internautes soutenant le djihad ou pour décrédibiliser la cause. Rapidement pourtant, l’authenticité de ce document sera admise par tous. Derrière, l’élite d’Aqpa est aux commandes d’un bel outil de propagande dont l’objectif principal est la radicalisation de potentiels terroristes occidentaux, qui pourraient organiser seuls leur propre projet d’attentat. Inspire a été lancé par Anwar al-Awlaki, surnommé le «Ben Laden d’Internet». L’homme est impliqué dans plusieurs grosses affaires d’attentats en Occident, de la radicalisation du major Nidal Malik Hasan, l’auteur de la tuerie sur la base militaire américaine de Fort Hood en novembre 2009; à celle d’Umar Farouk Abdulmutallab, l’auteur d’une tentative échouée d’attentat à coups de slip piégé sur le vol Amsterdam Detroit de Noël 2009. A ses côtés et à la plume dans Inspire, on trouve Adam Yahiye Gadahn, dit Adam l’Américain; Yahya Ibrahim, un prédicateur ayant séjourné au Canada; ou encore Samir Khan, un Américain qui a longtemps entretenu un blog appelant au djihad, depuis sa banlieue new-yorkaise. Beaucoup de ces propagandistes, dont al-Awlaki lui-même, ont été capturés ou tués par des tirs de drones ces dernières années. De plus jeunes, à la tête desquels Adam l’Américain, ont depuis pris le relais. Dans un anglais parfait, ils continuent d’offrir à un public anglophone toutes les cartes pour devenir un djihadiste convaincu et déterminé. Des conseils de fabrication de bombes, dans la rubrique «open source djihad», mais aussi toute l’interprétation idéologique et religieuse nécessaire à la justification des actes les plus graves, nourrissant une auto-radicalisation indispensable au passage à l’acte. Ce qui faisait rire dans un premier temps, n’amuse plus personne au sein de la communauté du renseignement. (…) Pour Aqpa, Inspire est en effet un modeste investissement. Si de telles revues existaient déjà en langue arabe, c’est la première fois qu’un magazine est intégralement écrit en anglais. Entre les différents articles, des affiches sur le modèle des publicités que l’on trouve dans nos revues appellent les musulmans vivant en Occident à soutenir et participer au djihad. Avec Inspire, kalachnikov et autres images épiques parlent à l’imaginaire d’un jeune qui aurait grandi dans un pays riche: le djihad est «cool». Sur Internet, chaque publication de la revue est largement commentée par les scientifiques et les analystes. Les candidats au djihad lisent-ils Inspire et y trouvent-ils des idées? Des exemplaires ont été retrouvés chez des suspects aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède ou encore au Pakistan. En France (…) c’est sur les forums djihadistes que l’on trouve des éléments sur la place que peut jouer Inspire dans la radicalisation de certains Français. Lors de la sortie de chaque numéro, les contenus d’Inspire y sont largement débattus. Les internautes les plus motivés s’appliquent même à traduire certains articles en français pour faciliter la lecture à ceux qui auraient été moins attentifs aux cours d’anglais au collège. (…) Inspire est téléchargé principalement en Grande-Bretagne, puis aux Etats-Unis, suivis ensuite par les pays nordiques (Suède, Danemark, Finlande) et l’Australie. Le contenu lui-même fait très largement référence à l’Amérique et à Obama, systématiquement désignés comme l’ennemi à abattre. Une ligne éditoriale qui pourrait cependant évoluer: dans le dernier numéro, paru fin février, la France devient une cible (…) menacée en vertu de son intervention au Mali (…) En conclusion de son article, il appelle «des dizaines de Mohammed Merah» à attaquer Paris. (dans)  la dernière livrée d’Inspire, il (…) est question de faire le djihad en s’attaquant aux voitures. Les auteurs proposent de repérer des parkings discrets pour y brûler des voitures. Ils suggèrent encore de poser des pièges sur les routes pour causer des accidents. L’objectif: semer la terreur… chez les compagnies d’assurance occidentales. Là aussi, la démarche peut paraître invraisemblable. Elle n’est pourtant pas nouvelle, nous explique Yves Trotignon:«Dans les années 1990, le GIA a revendiqué des “incivilités”, jusque dans l’est de la France. » (…) En octobre 2010, Aqpa va envoyer plusieurs imprimantes piégées via de simples colis UPS et FeDex, à destination des Etats-Unis. L’information arrive jusqu’aux services de renseignements qui vont fouiller tous les appareils passant par Dubaï, où un premier engin explosif est neutralisé. Le second sera retrouvé en Grande-Bretagne. Aqpa se fera un malin plaisir de présenter la facture détaillée de ce qu’ont coûté ces bombes dans un numéro spécial de sa revue qui titre en gros caractères, avec un avion UPS en fond: 4.200$. Le document explique intégralement la méthode et incite à la reproduire, causant pour cette modique somme des dépenses de sécurité modérées dans les pays visés. Cette recette aurait même inspiré d’autres apprentis terroristes… chez les anarchistes grecs. Alors que les fidèles d’al-Qaida testaient grandeur nature leurs imprimantes explosives, les Grecs de «Conspiration des cellules de feu» recyclaient la recette avec quelques paquets similaires, envoyés à Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Silvio Berluscioni à la fin 2010. Faut-il y voir un lien? Pour Mathieu Guidère, pas d’hésitation, «les djihadistes et les anarchistes sont les deux publics qui lisent Inspire pour y trouver des idées». Quant à empêcher la lecture d’Inspire, il semble difficile d’enrayer le mal. Après chaque publication, elle circule sur Internet très rapidement et reste facile à télécharger. Les services britanniques seraient à l’origine d’un bug qui avait empêché la lecture du tout premier numéro… mais celui-ci avait été immédiatement rediffusé par les auteurs. Des exemplaires d’Inspire ont même été retrouvés dans la prison de haute sécurité de Guantanamo. Les autorités américaines ont toujours refusé de dire dans quelle cellule. Mais l’information n’est pas rassurante, d’autant plus que l’un des chroniqueurs du magazine revendique d’écrire depuis ces geôles, symbole de la guerre de l’Amérique contre le terrorisme. Romain Mielcarek
A fiercely opinionated group, most are either pan-Arabists — nationalists of a leftist bent committed to the idea of a single nation across the many frontiers of the Arab world — or Islamists who draw their inspiration from the primacy of the Muslim faith in political life. Since their primary allegiance is to fellow Muslims, not Muslim states, Al Jazeera’s reporters and editors have no qualms about challenging the wisdom of today’s Arab rulers. Indeed, Al Jazeera has been rebuked by the governments of Libya and Tunisia for giving opposition leaders from those countries significant air time. Kuwait and Saudi Arabia, for their part, have complained about Al Jazeera’s extensive reporting on the misery of Iraqis living under sanctions. But the five-year-old station has refused to be reined in. The channel openly scorns the sycophantic tone of the state-run Arab media and the quiescence of the mainstream Arab press, both of which play down controversy and dissent. Compared with other Arab media outlets, Al Jazeera may be more independent — but it is also more inflammatory. For the dark side of the pan-Arab worldview is an aggressive mix of anti-Americanism and anti-Zionism, and these hostilities drive the station’s coverage, whether it is reporting on the upheaval in the West Bank or on the American raids on Kandahar. Although Al Jazeera has sometimes been hailed in the West for being an autonomous Arabic news outlet, it would be a mistake to call it a fair or responsible one. Day in and day out, Al Jazeera deliberately fans the flames of Muslim outrage. (…) What’s more, Al Jazeera is a crafty operation. In covering the intifada, its broadcasters perfected a sly game — namely, mimicking Western norms of journalistic fairness while pandering to pan-Arab sentiments. In a seemingly open-minded act, Al Jazeera broke with a widespread taboo of the Arab news media and interviewed Israeli journalists and officials, including Ehud Barak and Shimon Peres. Yet at the same time, it pressed on with unrelenting anti-Zionist reportage that contributed to further alienation between Israelis and Palestinians. What this means is that no matter how many Americans show up on Al Jazeera, the station will pursue its own oppositional agenda. Al Jazeera’s reporters see themselves as « anti-imperialists. » These men and women are convinced that the rulers of the Arab world have given in to American might; these are broadcasters who play to an Arab gallery whose political bitterness they share — and feed. In their eyes, it is an unjust, aggressive war they are covering in Afghanistan. Watching Al Jazeera makes all of this distressingly clear. Al Jazeera is on the ground in Afghanistan and reports the news up close. It is the only television news outlet with a bureau in Kabul. Alas, there is no skyline in the Afghan capital, no bright city lights that can illuminate America’s nighttime raids. What worked so well for CNN in Baghdad has been impossible for Al Jazeera in Kabul and Kandahar. Instead, Al Jazeera’s Afghanistan coverage supplies a pointed contrast between the high-tech foreign power, with its stealth planes and Tomahawk missiles, and the Taliban warriors, with their pickup trucks racing through stark, rubble-strewn landscapes. In its rough outlines, the message of Al Jazeera is similar to that of the Taliban: there is a huge technological imbalance between the antagonists, but the foreign power will nonetheless come to grief. (The channel’s slant is also apparent in tiny modulations of language. Its reporters in Kabul always note that they are reporting from the Islamic Emirate of Afghanistan — the Taliban’s official name for the country. Conversely, Washington’s campaign is being waged not against terror, but against « what it calls terror. » (…) Al Jazeera began broadcasting in October 1996. The preceding year, Sheik Hamad bin Khalifa al-Thani, the crown prince of Qatar, did a most un-Arab thing: he pulled off a palace coup, taking over the government from his father (who was vacationing in Europe at the time). The young ruler promptly announced a new order of things and set out to challenge Saudi primacy in the Gulf region. He hoped to underline his independence and give his small principality a voice in the world. The young emir had good timing. Soon after he ascended the throne, an Arabic television joint venture between the BBC and a Saudi concern, Orbit Communications, foundered over the BBC’s insistence on editorial independence. The Arab reporters and editors who worked on this failed venture were eager for a new opportunity. Qatar’s new emir gave them a new lease on life. With his fortune footing the bill, Al Jazeera was born. The emir’s child has grown quickly. Although it is by no means the biggest Arabic television channel, its reach is expanding. Al Jazeera now reaches viewers in more than 20 Arab countries, mostly through private satellite dishes, which have become tremendously popular in the Middle East. Dishes can be purchased there for less than $100, and tens of millions of Arab families now own them. They are as common in Cairo slums as they are in Dubai mansions. Al Jazeera beams its signal free of charge to most countries. Outside the Arab world, in countries like Great Britain, it is offered as part of a subscription service. In the United States, around 150,000 subscribers pay the Dish Network between $22.99 and $29.99 a month to receive Al Jazeera as part of a multichannel Arabic « package. » (…) Al Jazeera is the only Arab television station to have achieved global fame, but its status is inflated. The truth is, other Arab channels reach much wider audiences. The oldest, most successful of the pan-Arab satellite stations is the London-based Middle East Broadcasting Centre. The station is controlled by an in-law of King Fahd of Saudi Arabia. In addition to broadcasting the region’s most popular program, « Who Wants to Be a Millionaire » MBC has five news broadcasts of its own. MBC’s news programs come across as blandly professional. Compared to Al Jazeera, its reporters are staid, careful not to incur the wrath of Arab rulers or to challenge the established order. There is also the hugely popular Lebanese Broadcasting Corporation International. LBCI is loaded with entertainment programming, but it also regularly presents news. The news on LBCI, a privately owned station, also has a tepid feel. Syria dominates the Lebanese world, and its news broadcasts avoid broadcasting anything that would offend. Despite its comparatively small audience, Al Jazeera has received almost all of the Bush administration’s attention so far. The doors in official Washington have now opened before Al Jazeera’s reporters. Since Sept. 11, there have been interviews with Secretary of State Colin L. Powell, Secretary of Defense Donald Rumsfeld and National Security Adviser Condoleezza Rice. Surely, the emir of Qatar never imagined that the bet he took five years ago would be so amply rewarded. Al Jazeera still requires the emir’s subsidies, but the station’s heightened profile has brought it closer to solvency. Al Jazeera’s footage from Afghanistan, for example, has been sold to news outlets around the world, with individual clips selling for as much as $250,000. And earlier this fall, CNN and ABC made arrangements with Al Jazeera to broadcast the Arabic station’s exclusive video from Afghanistan. Al Jazeera’s defenders tend to applaud its independence from the censors who control state-sponsored outlets in the Arab world. For the Egyptian novelist Ahdaf Soueif, there is the pleasure of channel-hopping at 2 in the morning and hearing a television station breaking with the widespread censorship and silence of the Arab news media. « It provides the one window through which we breathe, » Soueif recently wrote of Al Jazeera. In one sense, Soueif is right: the Arab world needed to be challenged. This was a region where the official media, in August 1990, withheld news of Iraq’s conquest of Kuwait for three days. The pompous, sycophantic press in Arab countries — whose main function has been to report the comings and goings and utterances of the ruler of the land — has been dealt a major blow. For the first time, Arabs with a satellite dish now have access to uncensored news. Al Jazeera’s viewers see things that people of the region are clearly not meant to see. On Oct. 21, Al Jazeera offered silent footage of Bright Star, a joint Egyptian-American military exercise, off the coast of Egypt. It was a potent commentary on the stealth cooperation of the Egyptian military with the Pentagon. And despite the fact that its coverage of the intifada was horribly slanted, Al Jazeera should get some credit for being one of the few Arab TV stations to interview Israelis. That said, Al Jazeera’s virulent anti-American bias undercuts all of its virtues. It is, in the final analysis, a dangerous force. And it should treated as such by Washington. (…) Americans must accept that they are strangers in the Arab world. We can barely understand, let alone control, what Al Jazeera’s flak-jacketed reporters in Kabul and smooth anchorwomen in Doha are saying about us. An American leader being interviewed on Al Jazeera will hardly be able to grasp the insinuations, the hidden meanings, suggested by its hostile reporters. No matter how hard we try, we cannot beat Al Jazeera at its own game. But one thing is sure: there is no need to reward a channel that has made a name for itself through stridency and anti-Americanism. There is a war on the battlefield, and that is America’s to win. But the repair of the Arab political condition — and the weaning of the Arab world away from radicalism — is a burden, and a task, for the Arabs themselves. The only thing America can do is make sure that it never gives this radicalism — and its satellite channel — a helping hand. Fouad Ajami

Devinez qui avait aidé le théoricien du djihad à s’installer en Espagne ?

Après le dernier cas en date (attaque au couteau, travailleur clandestin de Transjordanie, dans un bus de Tel Aviv ce matin, avec les félicitations d’usage du régime terroriste du Hamas) de la stratégie djiahdiste de multiplication des attaques individuelles …

Et, suite aux massacres de Paris il y a deux semaines et aux révélations, dans le Canard enchainé de ce matin du contrôle routier raté de Coulibaly (voiture de location, permis non définitif, inscription au fichier terrorisme islamiste, quartier des Buttes Chaumont) …

Pendant qu’entre le véto annoncé d’un président américain pour toute sanction contre un pays ayant appelé explicitement au rayage de la carte d’un de ses voisins et l’auto-flagellation d’un premier ministre français accusant son propre pays d’apartheid contre les nouveaux damnés de la terre ou l’hallalisation, après les manuels de nos enfants, de nos cinémas et théâtres

Et qu’un magazine djiahdiste en ligne et en anglais, au titre on ne peut plus explicite (Inspire) mais pourtant pris à l’origine comme une parodie ou une manipulation de la CIA, appelle « des dizaines de Mohammed Merah » à attaquer Paris ….

Comment ne pas voir la véritable stratégie, fondée sur la simple émulation et le modèle gauchiste « provocation-répression-solidarité qu’évoquait récemment Gilles Kepel dans Libération, de « multiplication d’actes terroristes de vie quotidienne à des fins de provocations » pour « affoler les sociétés occidentales et les faire surréagir » ?

Mais aussi, bien plus subtilement et subversivement (y compris bientôt en français, s’il vous plait !) comme le rappelait dès le lendemain des attentats du 11 septembre l’islamologue libano-américain Fouad Ajami et sans parler de nos Charles Enderlin à nous, la véritable bible du djihad mondial …

A savoir, des financiers avérés même du PSG et du terrorisme qui continuent à avoir leurs entrées tant à Washington qu’à Londres ou Paris, la chaine satellitaire qatarie Al-Jazeera ?

What the Muslim World Is Watching

Fouad Ajami

The New York Times

November 18, 2001

Al Jazeera is not subtle television. Recently, during a lull in its nonstop coverage of the raids on Kabul and the street battles of Bethlehem, the Arabic-language satellite news station showed an odd but telling episode of its documentary program « Biography and Secrets. » The show’s subject was Ernesto (Che) Guevara. Presenting Che as a romantic, doomed hero, the documentary recounted the Marxist rebel’s last stand in the remote mountains of Bolivia, lingering mournfully over the details of his capture and execution. Even Che’s corpse received a lot of airtime; Al Jazeera loves grisly footage and is never shy about presenting graphic imagery.

The episode’s subject matter was, of course, allegorical. Before bin Laden, there was Guevara. Before Afghanistan, there was Bolivia. As for the show’s focus on C.I.A. operatives chasing Guevara into the mountains, this, too, was clearly meant to evoke the contemporary hunt for Osama, the Islamic rebel.

Al Jazeera, which claims a global audience of 35 million Arabic-speaking viewers, may not officially be the Osama bin Laden Channel — but he is clearly its star, as I learned during an extended viewing of the station’s programming in October. The channel’s graphics assign him a lead role: there is bin Laden seated on a mat, his submachine gun on his lap; there is bin Laden on horseback in Afghanistan, the brave knight of the Arab world. A huge, glamorous poster of bin Laden’s silhouette hangs in the background of the main studio set at Al Jazeera’s headquarters in Doha, the capital city of Qatar.

On Al Jazeera (which means « the Peninsula »), the Hollywoodization of news is indulged with an abandon that would make the Fox News Channel blush. The channel’s promos are particularly shameless. One clip juxtaposes a scowling George Bush with a poised, almost dreamy bin Laden; between them is an image of the World Trade Center engulfed in flames. Another promo opens with a glittering shot of the Dome of the Rock. What follows is a feverish montage: a crowd of Israeli settlers dance with unfurled flags; an Israeli soldier fires his rifle; a group of Palestinians display Israeli bullet shells; a Palestinian woman wails; a wounded Arab child lies on a bed. In the climactic image, Palestinian boys carry a banner decrying the shame of the Arab world’s silence.

Al Jazeera’s reporters are similarly adept at riling up the viewer. A fiercely opinionated group, most are either pan-Arabists — nationalists of a leftist bent committed to the idea of a single nation across the many frontiers of the Arab world — or Islamists who draw their inspiration from the primacy of the Muslim faith in political life. Since their primary allegiance is to fellow Muslims, not Muslim states, Al Jazeera’s reporters and editors have no qualms about challenging the wisdom of today’s Arab rulers. Indeed, Al Jazeera has been rebuked by the governments of Libya and Tunisia for giving opposition leaders from those countries significant air time. Kuwait and Saudi Arabia, for their part, have complained about Al Jazeera’s extensive reporting on the misery of Iraqis living under sanctions. But the five-year-old station has refused to be reined in. The channel openly scorns the sycophantic tone of the state-run Arab media and the quiescence of the mainstream Arab press, both of which play down controversy and dissent.

Compared with other Arab media outlets, Al Jazeera may be more independent — but it is also more inflammatory. For the dark side of the pan-Arab worldview is an aggressive mix of anti-Americanism and anti-Zionism, and these hostilities drive the station’s coverage, whether it is reporting on the upheaval in the West Bank or on the American raids on Kandahar. Although Al Jazeera has sometimes been hailed in the West for being an autonomous Arabic news outlet, it would be a mistake to call it a fair or responsible one. Day in and day out, Al Jazeera deliberately fans the flames of Muslim outrage.

Consider how Al Jazeera covered the second intifada, which erupted in September 2000. The story was a godsend for the station; masked Palestinian boys aiming slingshots and stones at Israeli soldiers made for constantly compelling television. The station’s coverage of the crisis barely feigned neutrality. The men and women who reported from Israel and Gaza kept careful count of the « martyrs. » The channel’s policy was firm: Palestinians who fell to Israeli gunfire were martyrs; Israelis killed by Palestinians were Israelis killed by Palestinians. Al Jazeera’s reporters exalted the « children of the stones, » giving them the same amount of coverage that MSNBC gave to Monica Lewinsky. The station played and replayed the heart-rending footage of 12-year-old Muhammed al-Durra, who was shot in Gaza and died in his father’s arms. The images’ ceaseless repetition signaled the arrival of a new, sensational breed of Arab journalism. Even some Palestinians questioned the opportunistic way Al Jazeera handled the tragic incident. But the channel savored the publicity and the controversy all the same.

Since Sept. 11, I discovered, Al Jazeera has become only more incendiary. The channel’s seething dispatches from the « streets of Kabul » or the « streets of Baghdad » emphasize anti-American feeling. The channel’s numerous call-in shows welcome viewers to express opinions that in the United States would be considered hate speech. And, of course, there is the matter of Al Jazeera’s « exclusive » bin Laden videotapes. On Oct. 7, Al Jazeera broadcast a chilling message from bin Laden that Al Qaeda had delivered to its Kabul bureau. Dressed in a camouflage jacket over a traditional thoub, bin Laden spoke in ornate Arabic, claiming that the terror attacks of Sept. 11 should be applauded by Muslims. It was a riveting performance — one that was repeated on Nov. 3, when another bin Laden speech aired in full on the station. And just over a week ago, Al Jazeera broadcast a third Al Qaeda tape, this one showcasing the military skills of four young men who were said to be bin Laden’s own sons.

The problem of Al Jazeera’s role in the current crisis is one that the White House has been trying to solve. Indeed, the Bush administration has lately been expressing its desire to win the « war of ideas, » to capture the Muslim world’s intellectual sympathy and make it see the war against bin Laden as a just cause. There has been talk of showing American-government-sponsored commercials on Al Jazeera. And top American officials have begun appearing on the station’s talk shows. But my viewing suggests that it won’t be easy to dampen the fiery tone of Al Jazeera. The enmity runs too deep.

Indeed, the truth is that a foreign power can’t easily win a « war of ideas » in the Muslim world. Sure, we can establish « coalition information centers » — as the administration has in Washington, London and Islamabad — and dispatch our diplomats on « listening tours. » We can give Al Jazeera extended access to the highest American officials and hope that these leaders will make an impression on Arab viewers. But anti-Americanism is a potent force that cannot be readily dissolved.

What’s more, Al Jazeera is a crafty operation. In covering the intifada, its broadcasters perfected a sly game — namely, mimicking Western norms of journalistic fairness while pandering to pan-Arab sentiments. In a seemingly open-minded act, Al Jazeera broke with a widespread taboo of the Arab news media and interviewed Israeli journalists and officials, including Ehud Barak and Shimon Peres. Yet at the same time, it pressed on with unrelenting anti-Zionist reportage that contributed to further alienation between Israelis and Palestinians.

What this means is that no matter how many Americans show up on Al Jazeera, the station will pursue its own oppositional agenda. Al Jazeera’s reporters see themselves as « anti-imperialists. » These men and women are convinced that the rulers of the Arab world have given in to American might; these are broadcasters who play to an Arab gallery whose political bitterness they share — and feed. In their eyes, it is an unjust, aggressive war they are covering in Afghanistan. Watching Al Jazeera makes all of this distressingly clear.

l Jazeera is on the ground in Afghanistan and reports the news up close. It is the only television news outlet with a bureau in Kabul. Alas, there is no skyline in the Afghan capital, no bright city lights that can illuminate America’s nighttime raids. What worked so well for CNN in Baghdad has been impossible for Al Jazeera in Kabul and Kandahar. Instead, Al Jazeera’s Afghanistan coverage supplies a pointed contrast between the high-tech foreign power, with its stealth planes and Tomahawk missiles, and the Taliban warriors, with their pickup trucks racing through stark, rubble-strewn landscapes.

In its rough outlines, the message of Al Jazeera is similar to that of the Taliban: there is a huge technological imbalance between the antagonists, but the foreign power will nonetheless come to grief.

In some videotape shown on Oct. 22, a band of Taliban warriors displayed what they claimed to be the wreckage of the second American helicopter they said they had downed. There was twisted steel with American markings shown in close-up. In an interview, a Taliban soldier said triumphantly that after the first helicopter had been hit, the second came in for support and rescue, and the Taliban soldiers downed it as well. There was blood, he said, at the scene of the wreckage — and added that a search was under way for the « remains » of the American crews. A stylish warrior of the Taliban with a bright blue turban, the soldier spoke to the camera with great confidence and defiance. America’s cruise missiles and bombs would not defeat the Taliban, he promised: « If these Americans were men, they would come here and fight on the ground. We would do to them what we did to the British and the Russians. » Another warrior spoke with similar certainty. « God Almighty will grant us victory, » he promised.

Al Jazeera’s report was presented entirely from the Taliban’s point of view. No doubts were expressed about the validity of the Taliban’s military boasts — including one soldier’s claim that the steel from the American helicopters would immediately be sold off as scrap metal. The Western news media presented the same story rather differently. In addition to presenting the Taliban’s claims, CNN noted a strong American denial. In the case of one helicopter, the Pentagon claimed that only the landing gear of a CH-47 had been sheared off, after its pilot flew too close to a ground barrier. And a helicopter that did crash, the Pentagon claimed, did so because of a mechanical malfunction — not Taliban gunfire.

A report on Oct. 30 by Al Jazeera’s main man in Kabul, Tayseer Allouni, similarly underscored the ideological preference of the station’s reporters. « The American planes have resumed their heavy bombing of Kabul, causing massive destruction of the infrastructure of the country, » Allouni reported as his camera surveyed unrelieved scenes of wreckage and waste. Although Al Jazeera’s images revealed a few craters in the street, much of the devastation appeared to be unrelated to American bombs — potholes, a junkyard with discarded shells of cars. Noting that Kabul’s notoriously decayed « roads had not been spared, » Allouni then offered a wistful tribute to the Taliban’s public-works efforts. « It appears that all the labors that had been made by the Taliban government prior to the outbreak of the war to repair the roads, » he said sadly, « have scattered to the wind. »

As Allouni presented it, there appeared to be nobody in Kabul who supported America’s campaign to unseat the Taliban. A man in a telephone booth, wearing a traditional white cap, offered a scripted-sounding lament that even Kabul’s telephone lines had been destroyed. « We have lost so much, » he said, « because of the American bombing. » Allouni then closed his survey with gruesome images of wounded Afghans. The camera zoomed in on an old man lying on his back, his beard crusted with blood; this was followed by the image of a heavily bandaged child who looked propped up, as if to face the camera. The parting shot was an awful close-up of a wounded child’s face.

The channel’s slant is also apparent in tiny modulations of language. Its reporters in Kabul always note that they are reporting from the Islamic Emirate of Afghanistan — the Taliban’s official name for the country. Conversely, Washington’s campaign is being waged not against terror, but against « what it calls terror. »

Al Jazeera has a regular feature in which it briefly replays historical scenes and events that took place on that calendar day. On Oct. 23, the choice was an event that had taken place 18 years earlier. On that very day in 1983, a young man in a Mercedes truck loaded with TNT struck the Marine barracks in Beirut, killing 241 Americans. The segment revisited the horror of that day — the wailing of the wounded, the soot and ruin everywhere. The images were far more horrible than any I had ever seen of the tragedy. There was no sympathy in the narration, and a feeling of indifference, even menace, hung over this dark moment of remembrance. The message was clear: the Middle East was, and is, a region of heartbreak for the foreign power.

Al Jazeera loves the « Pakistani street » as much as it loves the « Afghan street. » In its telling, the Pakistani street is forever on the boil, with « huge throngs » in Rawalpindi and Peshawar and Islamabad. One crowd in Rawalpindi was said to be particularly frenzied. Protesters angrily waved signs, some of them in English: « Afghanistan is in need of reconstruction not destruction. » Anti-American demonstrations are, of course, eagerly covered by the Western news media as well. But by television standards, the Al Jazeera video was notably extended — close to a minute long. In the clip, Islamist leaders prophesied calamity for the military ruler Pervez Musharraf. The crowd was dressed in South Asian white against the glare of the sun, and its rage seemed overwhelming. Looking at all those angry faces, it was easy to forget that General Musharraf, the ruler of Pakistan, was holding back the tide of anger in his country. The clip reached its maximum intensity when the crowd displayed an effigy of George Bush with a cardboard photo of his face. The protesters spat at the cutout, went at it with shoes. They pounded the American president to a pulp. It was a spectacle tailor-made for Al Jazeera.

l Jazeera began broadcasting in October 1996. The preceding year, Sheik Hamad bin Khalifa al-Thani, the crown prince of Qatar, did a most un-Arab thing: he pulled off a palace coup, taking over the government from his father (who was vacationing in Europe at the time). The young ruler promptly announced a new order of things and set out to challenge Saudi primacy in the Gulf region. He hoped to underline his independence and give his small principality a voice in the world.

The young emir had good timing. Soon after he ascended the throne, an Arabic television joint venture between the BBC and a Saudi concern, Orbit Communications, foundered over the BBC’s insistence on editorial independence. The Arab reporters and editors who worked on this failed venture were eager for a new opportunity. Qatar’s new emir gave them a new lease on life. With his fortune footing the bill, Al Jazeera was born.

The emir’s child has grown quickly. Although it is by no means the biggest Arabic television channel, its reach is expanding. Al Jazeera now reaches viewers in more than 20 Arab countries, mostly through private satellite dishes, which have become tremendously popular in the Middle East. Dishes can be purchased there for less than $100, and tens of millions of Arab families now own them. They are as common in Cairo slums as they are in Dubai mansions. Al Jazeera beams its signal free of charge to most countries. Outside the Arab world, in countries like Great Britain, it is offered as part of a subscription service. In the United States, around 150,000 subscribers pay the Dish Network between $22.99 and $29.99 a month to receive Al Jazeera as part of a multichannel Arabic « package. »

Like America’s own 24-hour news outlets, Al Jazeera is a repetitive affair. As with CNN, it is easy to see its luster withering away in a time of peace and normalcy. There are steady news updates throughout the day. (It is always daytime on Al Jazeera, which announces its coming schedule in Mecca time, Greenwich Mean Time and New York time.) There is a financial broadcast of the standard variety — filmed out of London, with a source checking in from the floor of the New York Stock Exchange. Sports (soccer for the most part) gets its own regular report. There is a survey of the world press and a show dedicated to the secrets of the cinema. Oddly for a passionately pan-Arab channel, the station broadcasts dubbed programs bought from old American libraries: a wildlife documentary, a history of French art.

There is little coherence to Al Jazeera’s scheduling — segments about the American bombs in Kabul and the Israeli tanks in the streets of the West Bank alternate with quaint reports on life in Silicon Valley and the patterns of energy consumption in American cities. The end result has a hectic yet anonymous feel. Al Jazeera is not a star-driven channel; no particular anchor dominates it. It’s the BBC pattern, reporter driven, with a succession of reporters and anchors drawn from different Arab lands.

The pride of Al Jazeera lies, without a doubt, in its heavily promoted talk shows, like « Without Borders, » « Opinion and the Other Opinion » and « The Opposite Direction. » One enormously popular program in this genre is « Al-Sharia wa al-Hayat, » or « Islamic Law and Life. » The program, which is full of belligerent piety and religious zeal, appears every Sunday evening at 9:05, Mecca time. It is structured somewhat like « Larry King Live »; an interview with a guest is followed by questions and comments from viewers.

One recent evening, the guest of the program was Sheik Muhammad Ibrahim Hassan, a young Islamic preacher. A large man with a bushy jet-black beard, he was dressed in a white thoub and a loose white kaffiyeh without a headband — an exaggerated Islamist fantasy of what Muslims in seventh-century Arabia looked like. Hassan was interviewed by Hasib Maher, a young, polite Al Jazeera anchorman in suit and tie.

Hassan was fierce; it was easy to imagine him inciting a crowd. He had the verbal skills and eloquence of his homeland. (Egyptians are the people of the spoken and written word in the Arab world; the Gulfies are its silent types.) Hassan knew the sacred scripture by heart: he knew the Sira — the life and the example — of the Prophet Muhammad; he knew the Hadith, the sayings attributed to the Prophet. He tackled the questions thrown at him with gusto.

Al Jazeera’s anchorman asked Hassan about a fatwa issued by a number of religious scholars that ruled that American Muslims were bound to fight under the flag of their country, even if this meant going to war against fellow Muslims. Hassan would have none of this fatwa. « This puzzles the believer, » he said. « I say that the Prophet, peace be upon him, said that the Muslim is the brother of every other Muslim. He can’t oppress his brother Muslim or bring about his surrender or abandon him to non-Muslims. Come to your brother’s aid whether he be oppressor or oppressed, the Prophet taught us. No one can deny that our brothers in Afghanistan are among the oppressed. »

Hassan really knew how to milk the medium. In an extended monologue, he declared that the Islamic community, the pan-national umma, was threatened everywhere — in Palestine, Iraq, Chechnya, Kashmir, Afghanistan, the Philippines. The umma, he said forcefully, should know its pain and heal its wounds. Then he did something you never see on « Hardball »: he broke into free-flowing verse. There was no shred of paper in front of him; this was rote learning and memorization:
Oh Muslims, we have been dying for centuries
What are we in this world? . . .
We are bloodied corpses,
And our blood is being shed.
Oh the honor of Islam,
How that honor is being violated. . . .
We strayed from the faith,
And the world darkened for us.
If the root dies,
The branches and the leaves will die.

Hassan now owned his airwave pulpit. He was in full flight. A look of awe stole upon the anchorman’s face. The anchorman queried Hassan about the attacks of Sept. 11: Did they implicate Islam and Muslims in any way? The preacher answered in his own way. « Oppression always leads to an explosion! » he said angrily. « Under the cover of the new world order, Muslims in Chechnya and Iraq have been brutalized. . . . Any Muslim on the face of the earth who bears faith in God and his Prophet feels oppression today. If a believer feels oppression and thinks that no one listens to him and that power respects only the mighty, that believer could be provoked to violent deeds. We saw things — horrors — in Bosnia that would make young people turn old. . . . Where were the big powers and the coalitions and the international organizations then? Where are they now, given what is going on in Palestine? The satellite channels have spread everywhere a knowledge of this oppression. »

Hassan then answered an e-mail message from a viewer. « Should we turn the other cheek, as Christ advised? » the viewer asked. « No, I say, » Hassan replied. « The Islamic umma must come to the rescue of the oppressed! »

This was soon followed by a call from a Palestinian viewer, Shaker Abdulaziz. He greeted Hassan and the host, wished them God’s peace and mercy, then delivered an angry prose poem. « The wolf, » he said, « should not be blamed if the shepherd is an enemy of his own flock! I saw the people, evildoers living next to evildoers, befriending the wolf and weeping with the shepherd. » Abdulaziz was speaking in code, but Al Jazeera’s viewers would understand his message: the false, treacherous shepherds were, of course, those Arab rulers who had betrayed their peoples and befriended the wolves of the West.

« I greet you from the Dome of the Rock, » Abdulaziz said. « A people are being slaughtered, liquidated and trampled upon. Where are the Arab rulers and armies? They do nothing! » Abdulaziz’s wrath grew stronger. He challenged the show’s guest preacher directly. « Is it not time for Sheik Hassan to call from this pulpit upon the Arab peoples to rebel, trample their rulers and replace them with a just ruler and the rule of the Islamic state? »

Maher, the smooth anchorman, did not challenge his guest’s assertions. He did not mention, for instance, that the West had come to the defense of Muslims in Kosovo. He simply moved on.

Next, a viewer named Hazem Shami — from Denmark, of all places — came on the line. « Peace be upon you, » he began. « The insistence of the colonizing nations, with America as their leader, on tying Islam to terrorism is merely due to the fact that America considers Islam as the sole obstacle to its hegemony over the Islamic world. Even though Islam is a message of peace and mercy, it still refuses the hegemony of the kuffar (infidels) over the Muslims in all matters — cultural, economic, military. Muslims should unite their countries in one Islamic state. Islam is the only challenge to world capitalism, the only hope after a black capitalist century. »

The man in Denmark had posed no question, but Hassan nonetheless took his bait. « The Jews are the ones responsible for spreading this hostile view of Islam, » the preacher explained. « The Jews dominate the Western media, and they feed the decision-makers this distorted view of Islam. No sooner did the attacks in America take place, the Jews came forth accusing the Muslims, without evidence, without proof. »

It was strange hearing this unyielding view of the faith and this talk of « infidels » coming from a man in Denmark. Islam, once a religion of Africa and Asia, had migrated across the globe; it had become part of Western European and North American life. But in bilad al-Kufr (« the lands of unbelief »), it had grown anxious. The caller lived in Western Europe, but the tranquil Danish world had not seeped into him. He had come to this satellite program, to this preacher, like some emissary of war. In close proximity to modern liberties, he had drawn back and, through Al Jazeera, sought the simplifications and certainties of extreme faith.

ne of Al Jazeera’s most heavily promoted talk shows right now is called « The First of the Century’s Wars, » in homage to the battle in Afghanistan. A recent episode featured three guests — one in Washington, one in London and one in the Doha studio. Demure at first glance, Montaha al Ramhi, the anchorwoman who led the discussion, is a woman of will and political preference. She was dressed on this day in the Hillary Clinton style: an orange blouse under a black suit-jacket. I could not make out her exact nationality in the Arab world; her accent didn’t give her away.

Ramhi’s subject for the evening was Osama bin Laden, and the responses of the Arab world to his message. Does bin Laden represent the sentiments of the Arabs, she asked, or is he a « legend » that the West has exaggerated? There would be her guest panelists, she announced, and there would be reports from the field, from the « streets » of the Arab world. The guest in Doha was a Palestinian writer and analyst by the name of Fayez Rashid; the guest in London was Hafez Karmi, director of the Mayfair Islamic Center; the third pundit was Shafeeq Ghabra, a liberal Kuwaiti political scientist who currently lives in Washington.

Karmi, a large man with a close-cropped beard, was dressed in a shiny silk suit, matched by a shiny tie. He had the exile’s emphatic politics, and he had the faith. Ghabra had his work cut out for him. Indeed, as soon as Rashid launched his first salvo, it became clear that Ghabra was to be a mere foil for an evening of boisterous anti-Americanism.

« He is a celebrated resister, » Rashid said of bin Laden. « The U.S. was looking for an enemy, and bin Laden had supplied it with the enemy it needed. He is an Arab symbol of the fight against American oppression, against Israeli oppression. . . . The U.S. had exaggerated Osama bin Laden’s threat. This is the American way: it was done earlier in the case of Iraq when the power of the Iraqi Army was exaggerated before it was destroyed. . . . Now the Americans want to kill bin Laden to defeat this newest Arab symbol. »

When Ghabra spoke, he offered a cautionary refrain. A new international order, he said, was emerging out of the wreckage of Sept. 11. « The world is being reshaped, » he said. He warned against allowing the « Arab street » to dictate policy. Surely, he said, one wanted leadership and judgment from the Arab world, lest it be further marginalized and left out of the order of nations.

For Karmi, however, Osama bin Laden was a « struggler in the path of God. » There was no proof, he added, that Osama bin Laden was responsible for the events of Sept. 11; he was merely a man who cared about the rights of Muslims. He asked and answered his own question: Why did the « Arab Afghans » — by which he meant the Arab volunteers who had gone to Afghanistan in the 1980’s to fight the Soviet Union — turn their wrath against the United States? « They have been made angry that the enemies are inside the Arab world, » he said, echoing bin Laden’s Oct. 7 videotape. « By its presence in the Arabian Peninsula, or in Palestine through its unlimited support for the killing of Palestinians, America has brought this anger on itself! »

Rashid, the guest in Doha, offered further absolution for bin Laden. The man, he argued, was just « part of the Arab anger in the face of American arrogance. »

The show paused for a commercial break. One ad offered a striking counterpoint to the furious anti-Westernism of the call-in program. It was for Hugo Boss « Deep Red » perfume. A willowy Western woman in leather pants strode toward a half-naked young man sprawled on a bed. « Your fragrance, your rules, Hugo Deep Red, » the Arabic voiceover intoned. I imagined the young men in Arab-Muslim cities watching this. In the culture where the commercial was made, it was nothing unusual. But on those other shores, this ad threw into the air insinuations about the liberties of the West — the kind of liberties that can never be had by the thwarted youths of the Islamic world.

Back on the air, Shafeeq Ghabra made his sharpest intervention of the program: There was a « democratic deficit » in the Arab world, he argued. « But if a Saudi citizen had to choose between bin Laden and King Fahd, he should choose King Fahd. Bin Laden has not come forth bearing a democratic project, or a new project to improve the condition of women, or to repair our educational system. What he proposes is a Talibanist project, which would be a calamity for the Arab people. »

Ramhi, the anchorwoman, interrupted him, talking over his voice. « Someone has to say to the United States, this is a red line! » she shouted. « Here and no more, in Palestine and Iraq, in other Arab realms! »

Ramhi soon cut off the discussion and segued to a taped segment from Egypt. The report, a Cairo street scene, was full of anti-Americanism. « Any young Muslim would be proud to be Osama bin Laden, » one young man said. « America is the maker of terrorism, » another asserted, « and it is now tasting its own medicine. » There was authenticity in this rage; it was unrehearsed and unprompted. The segment went on at some length.

Afterward, Ramhi admitted that there was a « minority opinion » to be found in Egypt. She cut to the brief comments of a quiet man, in a white shirt and tie, in the midst of a crowd. He was eager to exonerate his faith. « I am a good Muslim, » he said, « and Islam does not permit the killing of noncombatants. Islam could never countenance the killing of civilians. »

This dissent was immediately followed, however, by more belligerence. Men clamored for the « evidence, » insisting there was no proof of bin Laden’s guilt. And there was the unsettling verdict of the sole « woman on the street » interviewed. The young woman had a certain fundamentalist chic — a colored head scarf arranged with flair and a confident way about her. She spoke of bin Laden with unadorned admiration. « Bin Laden is the only personality who is doing the right thing at this time, » she said. « He is trying to awaken them from their slumber! »

Al Jazeera is the only Arab television station to have achieved global fame, but its status is inflated. The truth is, other Arab channels reach much wider audiences. The oldest, most successful of the pan-Arab satellite stations is the London-based Middle East Broadcasting Centre. The station is controlled by an in-law of King Fahd of Saudi Arabia. In addition to broadcasting the region’s most popular program, « Who Wants to Be a Millionaire » MBC has five news broadcasts of its own. MBC’s news programs come across as blandly professional. Compared to Al Jazeera, its reporters are staid, careful not to incur the wrath of Arab rulers or to challenge the established order. There is also the hugely popular Lebanese Broadcasting Corporation International. LBCI is loaded with entertainment programming, but it also regularly presents news. The news on LBCI, a privately owned station, also has a tepid feel. Syria dominates the Lebanese world, and its news broadcasts avoid broadcasting anything that would offend.

Despite its comparatively small audience, Al Jazeera has received almost all of the Bush administration’s attention so far. The doors in official Washington have now opened before Al Jazeera’s reporters. Since Sept. 11, there have been interviews with Secretary of State Colin L. Powell, Secretary of Defense Donald Rumsfeld and National Security Adviser Condoleezza Rice.

Surely, the emir of Qatar never imagined that the bet he took five years ago would be so amply rewarded. Al Jazeera still requires the emir’s subsidies, but the station’s heightened profile has brought it closer to solvency. Al Jazeera’s footage from Afghanistan, for example, has been sold to news outlets around the world, with individual clips selling for as much as $250,000. And earlier this fall, CNN and ABC made arrangements with Al Jazeera to broadcast the Arabic station’s exclusive video from Afghanistan.

Al Jazeera’s defenders tend to applaud its independence from the censors who control state-sponsored outlets in the Arab world. For the Egyptian novelist Ahdaf Soueif, there is the pleasure of channel-hopping at 2 in the morning and hearing a television station breaking with the widespread censorship and silence of the Arab news media. « It provides the one window through which we breathe, » Soueif recently wrote of Al Jazeera.

In one sense, Soueif is right: the Arab world needed to be challenged. This was a region where the official media, in August 1990, withheld news of Iraq’s conquest of Kuwait for three days. The pompous, sycophantic press in Arab countries — whose main function has been to report the comings and goings and utterances of the ruler of the land — has been dealt a major blow. For the first time, Arabs with a satellite dish now have access to uncensored news.

Al Jazeera’s viewers see things that people of the region are clearly not meant to see. On Oct. 21, Al Jazeera offered silent footage of Bright Star, a joint Egyptian-American military exercise, off the coast of Egypt. It was a potent commentary on the stealth cooperation of the Egyptian military with the Pentagon. And despite the fact that its coverage of the intifada was horribly slanted, Al Jazeera should get some credit for being one of the few Arab TV stations to interview Israelis.

That said, Al Jazeera’s virulent anti-American bias undercuts all of its virtues. It is, in the final analysis, a dangerous force. And it should treated as such by Washington.

A Madison Avenue advertising executive, Charlotte Beers, has been newly designated the under secretary of state for public diplomacy and public affairs. The aim is to win the propaganda war, or the battle of public diplomacy in the Muslim world. She has her work cut out for her. The Bush administration is eager to explain America’s war, eager for the Arabs and the Pakistanis to accept the justness of its military actions. But how can it possibly expect to persuade the reporters at Al Jazeera to change their deep-seated view of this conflict? It would therefore be folly for America’s leaders to spend too much energy trying to moderate Al Jazeera. It would be counterproductive to give Al Jazeera’s editors and reporters a special claim on the time of senior American officials.

There is a better strategy available to Washington. Instead of focusing on Al Jazeera, the White House could grant « pool interviews » to a large number of Arab stations. It could give the less inflammatory satellite stations, like MBC and LBCI, as much attention as Al Jazeera. Or, indeed, it could give them more. After all, MBC has a bigger audience; shouldn’t it have a bigger influence, too? Why not give MBC the scoop of an interview with President Bush? Why not give LBCI some exclusive access to White House officials?

Americans must accept that they are strangers in the Arab world. We can barely understand, let alone control, what Al Jazeera’s flak-jacketed reporters in Kabul and smooth anchorwomen in Doha are saying about us. An American leader being interviewed on Al Jazeera will hardly be able to grasp the insinuations, the hidden meanings, suggested by its hostile reporters. No matter how hard we try, we cannot beat Al Jazeera at its own game. But one thing is sure: there is no need to reward a channel that has made a name for itself through stridency and anti-Americanism.

There is a war on the battlefield, and that is America’s to win. But the repair of the Arab political condition — and the weaning of the Arab world away from radicalism — is a burden, and a task, for the Arabs themselves. The only thing America can do is make sure that it never gives this radicalism — and its satellite channel — a helping hand.

Fouad Ajami, professor of Middle Eastern studies at the School of Advanced International Studies at Johns Hopkins University, is the author most recently of  »The Dream Palace of the Arabs. »

Voir aussi:

When a reporter got too close to the story
Al-Jazeera journalist Taysir Alouni was jailed by a Spanish court last week after being found guilty of collaborating with al-Qaida. Is he a terrorist sympathiser or just very good at his job?

Giles Tremlett in Madrid

The Guardian

3 October 2005

It was a scoop of truly global proportions. Just a few weeks after al-Qaida redefined the world news agenda for a generation of journalists by attacking New York and Washington on September 11 2001, television reporter Taysir Alouni interviewed the planet’s most wanted man, Osama bin Laden.

« The battle has moved to inside America. We will continue this battle, God permitting, until victory or until we meet God, » Bin Laden warned him during an hour-long, recorded chat inside a tent.

Last week, however, it was looking like a scoop too far. Former al-Jazeera television correspondent Alouni was sent to jail for seven years by a Spanish court that deemed he had not just cultivated al-Qaida contacts as he pursued Bin Laden, but had actively collaborated with them.

His meteoric career as a star war correspondent for what has fast become one of the world’s most famous television news stations has been cut short.

« He was found guilty of doing his job. It was because of that Bin Laden interview, » his wife Fatima al-Zahra said after the verdict. She will now appeal on behalf of the 50-year-old Syrian-born reporter, while facing several years looking after their five children on her own.

The Bin Laden interview was not, in fact, the direct reason for the court’s verdict. But it was mentioned in a judgment that contained what was, according to whom you speak, either a frontal assault on journalism or a warning that not everything goes when it comes to chasing a world exclusive.

« Journalistic truth, like all other truths, cannot be obtained at any price, » the 450-page judgment read. « Taysir Alouni committed the wrongdoing of collaborating with a terrorist group and, for that, he must now pay. »

« This whole trial was, from the very beginning, politically motivated, » al-Jazeera chief editor Ahmed Sheikh says. « It is a precedent that is very negative for all of us in the media. It makes our lives much more difficult. If these charges had been brought in an English court, the judge would have surely thrown them in the dustbin. The court violated a legal principle in interpreting the principle of doubt not as in favour of the defendant but against him. »

Alouni’s relationship with al-Qaida, however, started well before he began working with al-Jazeera, according to the judgment. A trained economist, he moved to Spain in the 80s, teaching Arabic and doing various other jobs before ending up as a translator for Spain’s EFE news agency.

While there he met some of the people who, many years later in Madrid, would be his co-defendants in Europe’s biggest-ever al-Qaida trial. He also met the senior al-Qaida figures who would not just influence his future career as a journalist, but also be his eventual nemesis.

In 2000 his career leapt forward when he was appointed to open and then run a Kabul bureau for al-Jazeera, while Afghanistan was governed by the Taliban regime. It was a big step for Alouni.

« I still remember when I went with him to Kabul to open the bureau. It was his first appearance in television journalism. I was there helping show him how to do it in front of a camera, how to edit a story, to cut it and deliver it, » Sheikh says. « He just mastered the whole thing very quickly. He was a very good journalist – dedicated, balanced, with integrity and honour. »

In Kabul, apart from interviewing Bin Laden, he was the first to show damage caused to civilian targets by American bombs. « He was able to capture images of civilian victims in the destitute villages of Afghanistan and the miserable streets of Kabul, » the al-Jazeera website that campaigns for his release says. « His coverage triggered international outrage over the US action in Afghanistan. »

Shortly after he fled the city, as the Northern Alliance entered Kabul, a US bomb destroyed his bureau. He himself was set upon by unknown attackers as he witnessed things he refuses to talk about. « Scenes that, I’m sorry, I could not describe to anybody, » he once said.

Al-Jazeera was impressed. When war broke out in Iraq, he was sent to cover it. Authorities on both sides disliked him. Saddam Hussein ordered his expulsion. Then the Americans again attacked the al-Jazeera bureau, killing a staffer. A vast network of al-Jazeera helpers around the country allowed him to stay ahead of others in reporting the war. « The American troops didn’t like us because we contradicted through images and words what the Americans said, » he explained afterwards.

Crucial to Alouni’s early successes, however, were the names he already had in his contact book when he arrived in Kabul. While living in Spain, he had befriended fellow Syrian Imad Eddin Barakat Yarkas. Barakat was last week sentenced to 27 years after being found guilty of holding a command role in al-Qaida and collaborating with the September 11 plotters. Alouni claimed he had cultivated Barakat for professional reasons. « I was hoovering up professional information, » he said.

The court disagreed, saying things went much further. « Taysir Alouni did not belong to the group led by Barakat. He possibly felt superior to it … but he collaborated with it, » the judgment reads.

In Spain he had also got to know Mustapha Setmarian and Mohammed Bahaiah, two al-Qaida leaders who would be his key Kabul contacts. Alouni helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey. When he went to Kabul, Alouni also took $4,000 to Bahaiah. This, he told the court, was done as a favour to a friend who owed Bahaiah money.

Alouni said his regular Kabul encounters with Bahaiah and Setmarian had a single aim – to gain intimate knowledge of one of the most secretive and unstructured organisations in the world, al-Qaida, and to make contacts within the Taliban regime. « I took advantage of the situation to extract information from them on what the Taliban were, on what al-Qaida was and on other organisations, » he explained.

The court, once again, disagreed. The reporter, they claimed, traded ethics for access. « Taysir helped them, not out of that sense of helping which forms part of the favours that all good Muslims should do for their fellows, but in order to obtain … exclusive information on al-Qaida and the Taliban regime, » the judges said.

Alouni denied knowing that Setmarian and Bahaiah were al-Qaida members. The court, yet again, did not believe him. He argued that carrying money was an act of Muslim good manners. « I took it, and that is not a bad thing … If you refuse you are looked upon badly. What is more, I was interested in these people because of the information that I needed, » Alouni said.

His boss at al-Jazeera agrees. « This is part of our culture. Taysir did it on a personal, individual basis, » says Sheikh. The broadcaster is backing Alouni’s appeal. In the meantime, it wants him bailed because of a heart condition.

The channel is not the only organisation worried by the sentence. « It sets a dangerous precedent, particularly for anyone who seeks to interview Bin Laden in the future, » says Jean-Francois Julliard of the watchdog Reporters Without Borders. « Journalists have always investigated terrorist groups. It’s part of our job. »

Alouni may now be wondering whether that first major scoop was worth it. Al-Jazeera – already facing US criticism – did not even screen it. Some of it was eventually shown, however, by CNN.

The court insists that too high a price was paid for the scoop. « Supposing that what he did in Afghanistan was done in order to get an interview with Bin Laden (which the defendant claims). If that aim had been achieved using methods that did not require punishment, it would merit recognition as a sign of his great worth; but when this achievement is the result of previous wrongdoings, the professional (journalist) must face up to the consequences of the law, » the judges said.

« We are convinced that he is innocent, » says Sheikh. « He will never lose his job. »

Voir également:

QATAR Le Club Med des terroristes
Alors que le Qatar affirme combattre l’extrémisme et a rejoint la coalition contre l’Etat islamique, différents rapports sur le terrorisme du département d’Etat américain montrent que des Qataris financent, avec l’aval de l’émirat, le mouvement djihadiste en Irak et en Syrie.
The Daily Telegraph/traduction Courrier international
Andrew Gilligan
30 Septembre 2014

Alors que le Royaume-Uni va intervenir en Irak, Alastair Campbell, le grand manitou de la communication de la précédente guerre en Irak [et ancien directeur de la communication de Tony Blair], s’est trouvé un nouveau boulot. Lui et son fils Rory écrivent désormais pour un blog sur le football, The Pressing Game, qui se targue d’être « vraiment indépendant » mais qui passe la majeure partie de son temps à réfuter les critiques concernant l’organisation par le Qatar de la prochaine Coupe du monde.

Malheureusement, comme Channel 4 l’a révélé le 26 septembre, The Pressing Game est un fait financé en secret par des lobbys qui travaillent pour le gouvernement qatari. Ce n’est pas la première fois que le minuscule royaume du Golf fait preuve d’un tel manque de transparence.

La semaine dernière par exemple, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, émir du Qatar, a donné sa première interview depuis son accession au trône en 2013. « Nous ne finançons pas les extrémistes, a-t-il déclaré sur CNN. « Si vous voulez parler de certains mouvements, notamment en Syrie et en Irak, sachez que nous les considérons tous comme des mouvements terroristes. » Le Qatar, qui accueille une importante base aérienne américaine, a d’ailleurs rejoint la coalition internationale contre l’Etat islamique (EI).

Les preuves de l’action du Qatar

La vérité est que, sans les financements importants que l’EI a reçus de certains individus au Qatar, il n’y aurait pas eu de guerre au départ. Au Royaume-Uni, Djihad John, l’homme avec un fort accent britannique présent sur les trois vidéos où sont assassinés les otages, incarne désormais aux yeux de l’opinion publique britannique la menace de l’EI.

La semaine dernière, alors même que l’émir du Qatar jurait ses grands dieux que le pays n’avait jamais financé l’EI, le Trésor américain a apporté la première preuve que l’argent du Qatar avait bien permis à Djihad John et à d’autres Britanniques de rejoindre la Syrie.

Dans ce document est ainsi révélé l’identité d’un terroriste du nom de Tariq Al-Harzi, se décrivant comme « l’émir pour la région frontalière entre la Syrie et la Turquie, chargé par l’EI d’accueillir les nouveaux combattants étrangers et de les équiper d’armes légères avant de les envoyer en Syrie ».
Il était d’ailleurs « responsable des combattants étrangers venus du Royaume-Uni ».

La vigilance du Qatar est « inexistante »

En septembre, selon le Trésor américain, Tariq  Al-Harzi « a permis à l’EI de recevoir 2 millions de dollars d’un intermédiaire financier de l’EI basé au Qatar, à condition que cet argent soit affecté uniquement à des opérations militaires. L’intermédiaire financier basé au Qatar avait également recruté Al-Harzi pour lever des fonds au Qatar. »

Doha rétorquera qu’il s’agit d’individus privés et non du gouvernement. Mais tout Etat, et encore plus une autocratie du Golfe, a les moyens d’empêcher ce genre de chose, à condition de le vouloir.

Or, à en croire les derniers rapports sur le terrorisme du département d’Etat américain, la vigilance du Qatar à ce sujet est « inexistante ». Certes, il existe des lois réprimant le blanchiment d’argent et le financement des organisations terroristes mais leur mise en application est « aléatoire » et marquée par de « graves carences ».

Par ailleurs, les preuves des liens du gouvernement qatari avec les extrémistes (dont certains ont réussi à lever des fonds alloués par la suite à l’EI) sont irréfutables. « Entre huit et douze personnalités éminentes au Qatar ont récolté des millions de dollars pour les djihadistes, a déclaré un diplomate occidental local. Et ils ne s’en cachaient guère. »

Des juteuses fusions

La plupart de ces personnalités récoltaient au départ de l’argent pour le Front Al-Nosra, une filiale d’Al-Qaida en Syrie. L’argent a coulé à flots l’année dernière quand Al-Nosra et l’EI ont officiellement fusionné et mis en commun leurs combattants et leur matériel. Mais ce partenariat fut de courte durée et a pris fin en début d’année. Une partie du financement et des armes envoyés par le Qatar à Al-Nosra entre avril 2013 et févier 2014 a alors échu à l’EI.

Le Qatar : « valet des Américains » ou « club Med des terroristes » ?
Arnaud Caldichoury

Challenges
15-01-2015

INTERVIEW Après les attentats djihadistes de Paris, une question revient souvent: Le Qatar finance-t-il l’Etat Islamique? Fabrice Balanche, spécialiste du Moyen-Orient, y répond.

« Le Club Med des terroristes ». Cette périphrase, employée par le journal Courrier International pour désigner le Qatar, en dit long sur les doutes qui pèsent sur ce pays au sujet du financement du terrorisme.

Ce sentiment de défiance envers Doha s’est d’ailleurs accentué depuis la divulgation de rapports du département d’Etat américain, qui s’interroge sur le financement de l’Etat islamique (EI) et d’Al-Qaïda par des fortunes du Qatar. Et les récents attentats qui ont frappé de plein fouet Charlie Hebdo et plus généralement la France, ne font qu’enflammer le débat. Le Qatar serait-il le bailleur de fonds des organisations djihadistes ?

Dans le même temps, le Qatar est en plein essor économique et plusieurs partenaires commerciaux (les Etats-Unis et la France au premier chef) cherchent à profiter de ce marché florissant. Alors qu’Airbus a d’ores et déjà réalisé sa première livraison de l’A350 à la compagnie aérienne Qatar Airways, la France cherche à vendre son Rafale et se veut la plus attractive possible afin d’attirer les investissements qataris, au risque d’enfreindre la loi à travers l’octroi aux Qataris d’avantages fiscaux trop juteux.

Les puissances occidentales fermeraient-elles les yeux sur certains agissements du Qatar, afin de ne pas se mettre à dos un partenaire économique primordial ?

Fabrice Balanche, maître de conférences à l’Université Lyon 2 et directeur du Groupe de Recherches et d’Etudes sur la Méditerranée et le Moyen-Orient  à la Maison de l’Orient, revient sur la question des financements et analyse la situation géopolitique du Qatar au Moyen-Orient.

1) Selon vous, le Qatar finance-t-il l’Etat Islamique ?

Avant toute chose, il faut remettre la question du financement de ces organisations terroristes dans un contexte de rivalité entre l’Arabie Saoudite et le Qatar. En effet, depuis longtemps, l’Arabie Saoudite veut mettre le Qatar et le Koweït sous sa domination. Mais le Qatar ne se laisse pas faire. La compétition entre les deux chaînes télévisées Al-Jazeera (qatarienne) et Al-Arabiya (saoudienne) symbolise cette confrontation âpre entre les deux pays du Golfe.

Au-delà de la sphère médiatique, le Qatar prend très fréquemment le contre-pied de la politique saoudienne. Alors que l’Arabie Saoudite se méfie des Frères musulmans, le Qatar se montre très accueillant à leur égard. Et depuis que l’Arabie Saoudite soutient les groupes salafistes de l’opposition syrienne, le Qatar cherche à faire de même pour limiter l’influence saoudienne dans la région. On a affaire à une véritable lutte d’influence entre le Qatar et l’Arabie Saoudite pour dominer l’opposition syrienne.

Ainsi, le Qatar a financé le Front Al-Nosra (ou Nosra) jusqu’à la scission intervenue en avril 2013. L’organisation, rattachée à Al-Qaïda, est pourtant inscrite sur la liste terroriste des Etats-Unis depuis le 20 novembre 2012 et la déclaration d’Hillary Clinton.

Après la scission en avril 2013 – autrement dit la séparation entre Nosra dirigé par le syrien Al-Joulani et l’Etat islamique (EI) conduit par l’irakien al-Baghdadi – le Qatar a choisi de soutenir l’EI contrairement à l’Arabie Saoudite qui continue de financer Nosra.

Néanmoins, la réalité est bien plus complexe encore. Si l’EI est une organisation soudée et structurée, les groupes de Nosra, bien qu’ils prêtent tous allégeance, semblent bien plus autonomes. Ainsi, le Qatar peut être également amené à financer un groupe de combattants se revendiquant de Nosra pour un intérêt particulier. De même, il existe différents clans en Arabie Saoudite, qui est loin d’être un royaume monolithique. Ces familles soutiennent aussi bien Nosra que l’EI.

Plus largement encore, ce qu’il faut comprendre, c’est que les véritables rivaux de l’Arabie Saoudite et du Qatar, ce sont toutes les entités qui constituent le « croissant chiite » (l’Iran, la Syrie des Alaouites, l’Irak chiite pro-irannienne et le Hezbollah). Dans cette optique, l’EI et Nosra sont en fait des alliés stratégiques, dans le sens où ces organisations peuvent briser cet axe pro-iranien !

Il n’y aura jamais de preuve papier sur ce financement qatari et saoudien des organisations terroristes, mais celui-ci est tout de même probable.

2) Pourtant, le Qatar est également considéré comme un « sous-fifre » des Etats-Unis. Pour preuve, la plus grande base militaire américaine se situe au Qatar, et le Qatar sous-traite la gestion de sa défense nationale aux Etats-Unis. Comment se fait-il que les Etats-Unis cautionne ce genre de financements ?

Les Etats-Unis ont probablement dû taper sur les doigts du Qatar à ce sujet. Mais ils ne contrôlent pas tout ce qui se passe dans la région. Ils ferment parfois les yeux (ou participent même) aux financements de groupes terroristes.

Il est utile de rappeler qu’il y a deux axes principaux dans la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient :

Tout d’abord, il faut savoir que les Etats-Unis sont les principaux bénéficiaires de l’essor économique du Qatar. Ils se taillent la part du lion sur le marché qatari et leur objectif principal consiste donc à préserver leur position.
La deuxième priorité des Américains concerne la sécurité d’Israël. Le lobbying israélien aux Etats-Unis est puissant, et cet enjeu sécuritaire est souvent à l’ordre du jour en période électorale.
Afin de remplir ces obligations, les Etats-Unis se doivent de trouver des points d’ancrage dans la région. A cet égard, leur  influence sur l’Arabie Saoudite et le Qatar est considérable. Les Américains jouent d’ailleurs sur la rivalité entre les deux pays en misant sur une stratégie bien connue : « Diviser pour mieux régner ».

Néanmoins, les Etats-Unis ne contrôlent pas tout, et ils se sont même laissés entrainer par le Qatar lors du Printemps arabe. A ce moment-là, le Qatar défendait les mouvements révolutionnaires, et soutenait plus particulièrement la prise de pouvoir des Frères musulmans. Le Qatar se servait du modèle de la Turquie islamo-démocrate d’Erdogan (dont le Parti de la justice et du développement est très proche des Frères musulmans)  pour défendre les Frères musulmans et gagner la confiance de l’administration d’Obama.

 La carte des révoltes du Printemps arabe – Crédit : Le Monde

Les Etats-Unis ont donc laissé faire, en pensant que tout cela allait aboutir à une démocratisation du monde arabe. Il ne fallait, selon eux, pas s’opposer au sens de l’histoire. Ainsi, le Qatar a pu acheter les élections, notamment en Tunisie et en Egypte, qui ont abouti respectivement à la prise de pouvoir du parti Ennahdha et de Mohamed Morsi.

Cependant, les masques sont rapidement tombés : Morsi, surnommé très tôt « le pharaon », s’accordait les pleins pouvoirs en novembre 2012 après cinq mois à la tête de l’Egypte. Et la Turquie d’Erdogan, première prison au monde pour les journalistes, n’est pas exempt de tout reproche non plus.

Les Etats-Unis se sont faits berner en laissant les Frères musulmans prendre le pouvoir. Présentés comme l’alternative idéale, ceux-ci font preuve d’autoritarisme, et c’est le moins que l’on puisse dire!  En 1981, Sadate est assassiné par d’ex-membres de la confrérie des Frères musulmans passés à l’extrémisme. Al-Zawahiri lui-même, le chef du réseau terroriste Al-Qaida, était un frère musulman.

Les Frères musulmans sont-ils des terroristes ? La question se pose. Ils sont en tout cas considérés comme tels par le gouvernement égyptien, la Russie et l’Arabie saoudite. Si on part de cette hypothèse, les Etats-Unis auraient donc comme le Qatar financé des terroristes.

Par ailleurs, les Etats-Unis financent parfois involontairement des djihadistes. Lorsque Al-Nosra a été considéré par les Etats-Unis comme une organisation terroriste, le front a crée de nouveaux groupuscules avec des fausses dénominations afin de capter les financements américains. Le groupe Jaysh al-Islam (Armée de l’Islam) a par exemple été financé par les Etats-Unis avant que son affiliation avec Al-Qaïda ne soit démontrée.

Enfin, lors de la libération d’otages, les pays occidentaux demandent souvent au Qatar de faire la médiation et de payer une rançon aux organisations terroristes.  Cela peut être également considéré comme du financement aux djihadistes.

3) Au-délà de ses investissements dans le sport et les médias, quelle est la stratégie diplomatique du Qatar depuis l’échec des Frères musulmans ?

Les échecs d’Ennahdha en Tunisie et des Frères musulmans en Syrie (le nouveau chef à la tête de la CNS est pro-saoudien), ainsi que le coup d’Etat en Egypte ont considérablement affaibli le Qatar.

Le Qatar utilise dorénavant la cause palestinienne afin de défendre ces intérêts dans la région et de revenir dans le jeu diplomatique international. Doha s’est servi de la guerre de Gaza à l’été 2014  pour s’affirmer comme le médiateur incontournable dans la péninsule arabique. Le pays met en avant son influence considérable sur le Hamas (qu’il finance) et prétend pouvoir négocier un cessez-le-feu ou même résoudre le conflit israélo-palestinien.

4) Al-Qaïda affirme avoir financé l’opération de Charlie Hebdo et recruté les frères Kouachi qui ont assassiné douze personnes. Amedy Coulibaly prétend, lui, avoir été envoyé par l’EI. Comment ces organisations djihadistes manipulent-ils ces jeunes terroristes ?

En France, la situation s’est dégradée de façon continue dans les banlieues, comme à Roubaix ou au nord de Marseille. Les imams radicaux ont prospéré dans ces zones et manipulent des jeunes faibles psychologiquement et complètement perdus socialement.

La mystique djihadiste est simple : le but final est de ré-islamiser la société dans le monde arabe. Selon le Hamas, Dieu les a punis avec la création d’Israël, parce qu’ils n’étaient pas de bons musulmans. Il faut donc s’unir afin de reprendre Jérusalem.

Grâce au développement d’Internet et des chaînes satellitaires, les idéologues montrent à ces populations musulmanes les bombardements incessants d’Israël, soutenu par l’Occident, sur les Palestiniens. Ils les manipulent et les dressent contre l’Occident.  La prise d’otages dans l’hyper casher n’est que la résultante de cet endoctrinement.

La situation en Syrie est également exploitée par les idéologues islamistes. Ils accusent l’Occident de laisser les musulmans rebelles en Syrie se faire tuer. Ils veulent convaincre les jeunes djihadistes que Bachar el-Assad soutient en fait Israël et l’Occident, et que ceux-ci cherchent à affaiblir les musulmans à travers la guerre civile syrienne.

Les récents bombardements de la coalition internationale sur l’EI font d’ailleurs  le jeu des prédicateurs islamistes, qui crient au complot : les Etats-Unis et Bachar el-Assad se seraient alliés pour défendre Israël.

Mohamed Merah, les frères Kouachi, Amedy Coulibaly … ils sont tous manipulés par ces théories djihadistes.

How Qatar is funding the rise of Islamist extremists
The fabulously wealthy Gulf state, which owns an array of London landmarks and claims to be one of our best friends in the Middle East, is a prime sponsor of violent Islamists
David Blair and Richard Spencer
20 Sep 2014

Few outsiders have noticed, but radical Islamists now control Libya’s capital. These militias stormed Tripoli last month, forcing the official government to flee and hastening the country’s collapse into a failed state.
Moreover, the new overlords of Tripoli are allies of Ansar al-Sharia, a brutal jihadist movement suspected of killing America’s then ambassador to Libya, Christopher Stevens, and of trying to murder his British counterpart, Sir Dominic Asquith.
Barely three years after Britain helped to free Libya from Col Gaddafi’s tyranny, anti-Western radicals hold sway. How could Britain’s goal of a stable and friendly Libya have been thwarted so completely?
Step forward a fabulously wealthy Gulf state that owns an array of London landmarks and claims to be one of our best friends in the Middle East.
Qatar, the owner of Harrods, has dispatched cargo planes laden with weapons to the victorious Islamist coalition, styling itself « Libya Dawn ».

Western officials have tracked the Qatari arms flights as they land in the city of Misrata, about 100 miles east of Tripoli, where the Islamist militias have their stronghold. Even after the fall of the capital and the removal of Libya’s government, Qatar is « still flying in weapons straight to Misrata airport », said a senior Western official.

So it is that Qatar buys London property while working against British interests in Libya and arming friends of the jihadists who tried to kill one of our ambassadors. A state that partly owns 1 Hyde Park, London’s most expensive apartment block, and the Shard, the city’s tallest building, is working with people who would gladly destroy Western society.

A view of the Shard and the city

The remarkable truth is that few in the Middle East would be shocked. From Hamas in the Gaza Strip to radical armed movements in Syria, Qatar’s status as a prime sponsor of violent Islamists, including groups linked to al-Qaeda, is clear to diplomats and experts.

Qatar’s promotion of extremism has so infuriated its neighbours that Saudi Arabia, Bahrain and the United Arab Emirates all chose to withdraw their ambassadors from the country in March.

Take Syria, where Qatar has been sponsoring the rebellion against Bashar al-Assad’s regime. In itself, that policy places Qatar alongside the leading Western powers and much of the Arab world.

But Qatar has deliberately channelled guns and cash towards Islamist rebels, notably a group styling itself Ahrar al-Sham, or « Free Men of Syria ». Only last week, Khalid al-Attiyah, the Qatari foreign minister, praised this movement as « purely » Syrian.

He added that its fighters had suffered heavy losses while combating the Islamic State of Iraq and the Levant (Isil), the group behind the murder of David Haines, the British aid worker, and which is holding John Cantlie and Alan Henning hostage.

Far from being a force for moderation, Ahrar al-Sham played a key role in transforming the anti-Assad revolt into an Islamist uprising. Its men fought alongside Jabhat al-Nusra, an al-Qaeda affiliate, during the battle for Aleppo and they were accused of at least one sectarian massacre.

Instead of fighting Isil, Ahrar al-Sham helped the jihadists to run Raqqa, the town in eastern Syria that is now the capital of the self-proclaimed « Caliphate ». This cooperation with Isil happened for some months until the two groups fell out last year.

Last December, the US Treasury designated a Qatari academic and businessman, Abdul Rahman al-Nuaimi, as a « global terrorist ». The US accused him of sending nearly £366,000 to « al-Qaeda’s representative in Syria », named as Abu Khalid al-Suri.

Suri has also been a senior commander of Ahrar al-Sham. If America was right to describe him as « al-Qaeda’s representative », then there was an overlap between the leadership of the two groups.

Mr Nuaimi is also accused by the US treasury of transferring as much as $2 million per month to « al-Qaeda in Iraq » and $250,000 to al-Shabaab, the movement’s affiliate in Somalia. Mr Nuaimi denies the allegations, saying they are motivated by his own criticism of US policy.

Abdul Rahman al-Nuaimi

But critics question why Qatar has failed to act against him. « It’s deeply concerning that these individuals, where sufficient evidence is in place to justify their inclusion on the US sanctions list, continue to be free to undertake their business dealings, » said Stephen Barclay, the Conservative MP for North East Cambridgeshire.

Qatar’s investment in Britain is so extensive, and the Foreign Office is so anxious to win its favour, that some question whether UK diplomats will have the resolve to ask robust questions. « If diplomats are focused on winning commercial contracts, there is a danger they will be reluctant to ask tough questions on the funding of unsavoury groups, » said Mr Barclay.

A Foreign Office spokesman insisted there was no such risk, saying: « We encourage further progress to prevent terrorist financing from individuals in the [Gulf] region. We have honest and robust conversations with all our Gulf partners on these issues, including Qatar. »

One diplomat from a country in the Middle East said Jabhat al-Nusra had been a beneficiary of Qatar’s help for a period last year. « They are partly responsible for Jabhat al-Nusra having money and weapons and everything they need, » said the diplomat.

There was no evidence of Qatar’s largesse going directly to Isil, he added, but this could have taken place by accident rather than design. « I don’t think they have any intention to support Isil, but it’s a fact they did support Jabhat al-Nusra. And some people moved from Jabhat al-Nusra and went over to Isil and they took their weaponry with them, » added the diplomat.

Four branches of the Qatari government handle relations with armed groups in Syria and Libya: the foreign ministry, the defence ministry, the country’s intelligence agency, and the personal office of the ruler, Emir Tamim bin Hamad al-Thani.

In the case of Syria, Qatar’s chosen method for supporting its favoured insurgents is to pass large sums to middlemen in Turkey. These figures then use the money to buy weapons from third countries, notably Croatia, and arrange for their onward transfer to rebels in Syria.

Experts question how much control Qatar has over this process and whether the middlemen might be pursuing their own aims and pocketing much of the money.

« Qatar was handling weapons and supplies for Syria, but they were never really keeping a full grip on the nature of the conflict, » said Michael Stephens, the deputy director of the Royal United Services Institute’s office in Qatar. Others believe that Qatar was acting very deliberately.

Last month, Gerd Müller, the German international development minister, implicated Qatar in the rise of Isil. « You have to ask who is arming, who is financing Isil troops. The keyword there is Qatar, » he said.

Yet a state endowed with large reserves of gas and oil and one of the world’s biggest sovereign wealth funds can wield immense influence, even over Berlin. Qatar was duly able to secure a formal withdrawal of this charge from the German government.

On Wednesday, the 34-year-old Emir of Qatar, who was educated at Harrow and Sandhurst, took pains to deny the accusation while standing alongside Angela Merkel, the German Chancellor. « What is happening in Iraq and Syria is extremism and such organisations are partly financed from abroad, but Qatar has never supported and will never support terrorist organisations, » he said.

The credibility of that denial depends partly on how you define a « terrorist organisation ». Qatar has let Hamas, the armed Palestinian movement, base its political leadership in Doha since 2012. Qatar’s government has funded Hamas and the previous Emir paid an official visit to the Hamas-ruled Gaza Strip in 2012.

As a small country with relatively weak armed forces and 250,000 citizens, Qatar is trying to guarantee its security by reaching in every direction. As well as providing an office for Hamas, Qatar also hosts the forward headquarters of US Central Command and the al-Udeid military airbase, serving as the hub for all American air operations in the region.

Qatar has not completely ignored the concerns of its Western allies. When it transferred surplus arms from Libya to rebels in Syria, Qatari officials weeded out any surface-to-air missiles, in obedience to America’s demand to prevent the supply of this particular category of weapon.

But Qatar’s willingness to support extremists has caused private dismay. « It’s a puzzle and, to be honest, it’s a distasteful one, » said a former Western official who has dealt with Qatar.

« There are people around the Gulf who are supporting people who are grotesque in their values and seem incapable of translating it into their minds how grotesque it is. »

Voir aussi:

Le Qatar pris pour cible
Yves Bourdillon

Les Echos

12/01/15

La France défend la réputation du Qatar. De riches qataris sont soupçonnés d’avoir financé des organisations terroristes.

« Le Qatar finance le PSG… et le terrorisme ». La bannière des supporters bastiais avant le match de football de samedi a choqué (elle a été rapidement retirée). Et poussé Nicolas Sarkozy comme Laurent Fabius à monter au créneau lundi pour défendre la réputation du petit émirat, aux considérables intérêts financiers en France et allié de Paris au Proche-Orient et en Libye. Le ministre français des Affaires étrangères a récusé cette accusation, soulignant qu’ont été « effectuées les vérifications nécessaires, par tous les services. »

Le Qatar, pays de seulement 280.000 citoyens (pour une population totale de 2 millions) mais disposant des troisièmes réserves mondiales de gaz n’est en effet pas seulement propriétaire du PSG. Via notamment son fonds d’investissement, le troisième le plus riche du monde, il est aussi un actionnaire minoritaire, de 1 à 5 %, d’EADS, Vinci, Veolia, Total, Vivendi et LVMH. Il est l’actionnaire principal de Lagardère et possède Le Printemps, l’hôtel Royal Monceau, la chaîne TV beIn Sports.

Sa chaîne à diffusion mondiale, Al Jazeera est aussi la source d’information de référence d’une large partie des musulmans en France. C’est là que le bat blesse car Al Jazeera suit une ligne éditoriale nettement anti-occidentale, relayant notamment les prêches haineux de Youssef Al Qaradawi. Sa direction, selon la fuite d’un mail interne, a critiqué la campagne mondiale de soutien à « Charlie Hebdo », dont les dessins étaient « offensants ».

Ambiguïté
Une ligne éditoriale qui ne suffit pas pour autant à faire du Qatar un sponsor du terrorisme. C’est plutôt sur le plan financier que Doha est critiqué. Le Qatar a joué la carte islamiste durant le printemps arabe, au risque de se fâcher avec ses voisins saoudiens ou du Koweït. Il clame qu’il n’a jamais eu aucun lien avec des terroristes. De fait, ce n’est pas l’Etat qatari qui aurait financé les djihadistes mais de riches qataris, au début de la guerre civile en Syrie.

David Cohen, le sous-secrétaire du Trésor américain, avait affirmé en novembre que deux hommes d’affaires, ayant pignon sur rue à Doha, Khalifa Muhammad Turki Al Subaiy et Abd Al Rahman bin Umayr Al Nuaymi, sont des financiers avérés de l’Etat islamique ou d’Al Qaida. Al Nuaymi, un ancien président de la Fédération qatari de football, fournirait 2 millions de dollars par mois aux djihadistes en Syrie.

« Le Qatar constitue un environnement permissif pour le financement du terrorisme  », résume un rapport de la Fondation pour la Défense de la Démocratie, une ONG à Washington. Qui ajoute que Doha refuse d’agir contre « plus de vingt individus sanctionnés par Washington pour financement du terrorisme ».

Voir également:

 Al Jazeera, le nouveau muezzin des quartiers
Rafi hamal

Le Ravi

le 26/09/2011

Al Jazeera fait kiffer les cités populaires de la région. Et les cités le lui rendent bien : son audience ne cesse de croître alors même que la version francophone de la chaîne du Qatar reste encore un projet. Elle catalyse les émotions et les frustrations. Est-elle un danger ?

Quel point commun entre ces jeunes d’un quartier populaire d’Avignon, les chibanis d’une résidence sociale de Toulon ou les militantes d’une association de femmes de Marseille ? Ils sont férus d’Al Jazeera. Quatorze ans après son lancement, la chaîne arabe a réussi à se faire un nom. Créée au Qatar, elle est née aux yeux du monde avec un scoop : la première vidéo de Ben Laden. Fondée en 1996, elle a, depuis 2006, une petite sœur en langue anglaise. Pour l’heure, en France, la chaîne se regarde un peu du coin de l’œil. Et pour cause ! Très peu de gens la comprennent. Les programmes sur Al Jazeera, sont diffusés en arabe littéraire. Les populations issues de l’immigration maghrébine parlent l’arabe dialectal. Mais son audience, déjà significative, devrait augmenter. Les autorités du Qatar ont l’ambition de lancer, à l’horizon 2011, Al Jazeera en français. Même si rien n’est encore acté, Doha veut récupérer ainsi le marché de la population française d’origine maghrébine et, en Afrique, pénétrer les pays francophones.

Renaissance mémorielle

Sans attendre, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les toits et les balcons des banlieues fleurissent de paraboles. Al Jazeera, après avoir été la chaîne des parents, est-elle en voie de devenir la chaîne des enfants du bitume, ceux des grandes barres de Marseille, Nice, Avignon et Toulon ? Le sociologue Saïd Bouamama, spécialiste de l’immigration, initiateur de l’appel des Indigènes de la République, a son idée sur la question. « Il y a un réel divorce avec les chaînes nationales qui passent les mêmes images stigmatisantes et dégradantes des banlieues, souligne-t-il. En 2005 lors des émeutes, elles n’ont quasiment pas donné la parole aux jeunes. Les gens de ces quartiers ont soif d’une autre information, plus objective moins réductrice. »

Il est impossible de quantifier avec rigueur l’étendue de l’audimat. Mais incontestablement, la chaîne qatarie s’est ouverte sur ce terreau de nouveaux espaces. Des lieux géographiques, mais aussi des couches sociales, où l’on affirme ouvertement « son ras-le-bol et son mal-être ». Une phrase qui se répète dans toutes les cités de la région chez les chômeurs, les Rmistes comme chez les jeunes militants-intellos déclassés. « Pour des gens qui ont le sentiment de vivre dans une société où ils ne sont ni valorisés ni reconnus, Al Jazeera est en quelque sorte un catalyseur, précise Mohamed Adraoui, enseignant à Sciences-Po Paris. Les quartiers ont le sentiment de ne pas être acteurs de leur propre discours, mais d’être des éternels sujets. Le fait que la chaîne existe est important, en terme de symbole et de fierté. » Une sorte de « Renaissance mémorielle » selon la formule de l’intellectuel suisse Jean Ziegler…

Images chocs

Ne court-on pas, à terme, le risque de voir une partie de la communauté nationale s’enfermer dans un ghetto cathodique ? C’est la question que s’est posé, à sa manière, Jean de Boishue, conseiller de François Fillon, ancien secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, qui, dans un livre brûlot intitulé « Banlieue, mon amour » (1) paru en 1995, s’interroge ouvertement : « Les Arabes vivent chez nous, mais le soir ils rentrent chez eux. Les paraboles les relient à Dieu, les pays frères ou la voix de leurs maîtres. Plus la parabole absorbe de signaux lointains venus d’Orient, plus la France devient inutile. » Faut-il sonner le tocsin ?

« Pas du tout ! », rassure Claire Talon, doctorante à Sciences-Po Paris, auteure de nombreux travaux sur les médias arabes. Elle publiera en mars un livre sur la chaîne du Qatar. « Al-Jazeera n’a, pour l’heure, pas de programme adapté, pas de discours spécifique à l’attention des Français issus de l’immigration, explique-t-elle. L’impact immédiat est très limité, à cause de la barrière de la langue. Les gens sont comblés, pas forcément par l’offre informative, mais de manière symbolique par les images. » Sauf que les écrans de la chaîne, sont justement ripolinés à coup d’images chocs qui impriment la rétine. En janvier 2009, l’armée israélienne refait la géographie de Gaza à coup de bombes et de missiles. Les reportages sur les réfugiés palestiniens, hagards dans une ville muée en décor sépulcral ont déclenché un immense choc émotionnel dans l’opinion et, accessoirement, converti de nouveaux téléspectateurs.

La chaîne des banlieues ?

« Avant 2009, les seuls qui choisissaient de regarder les chaînes arabes, c’étaient les parents, constate Fouzia professeur à Toulon. Aujourd’hui, même les « beurs » de la deuxième ou troisième génération regardent Al Jazeera. A la longue, cette chaîne vous fout des cailloux dans la tête. Il n’y a que stigmatisation et violence. Après une journée de problème, si vous regardez ça, ça vous bouffe littéralement. » Elle, résiste encore. Pas Farid, qui vient de fêter ses 30 printemps : « La journée, la société me fait comprendre que je suis différent, pourquoi voulez-vous que le soir je me reconnaisse dans ces chaînes de télé trop blanches où des politiques blancs s’adressent à des blancs ? Et puis faut se rendre compte du traitement de l‘actualité. Quand je voyais, pendant la guerre de Gaza, ce que montrait TF1 ou France 2 et ce que montrait Al Jazeera ! Les chaînes nationales ont présenté une guerre sans victime, avec Al Jazeera, on a vu ce que faisait réellement l’armée israélienne. »

« Al Jazeera a indiscutablement gagné en notoriété après le conflit de Gaza en 2009, confirme Alain Gresh, directeur adjoint du Monde Diplomatique. La question palestinienne mobilise énormément dans les quartiers. Et la chaîne a su donner un autre récit, en se montrant sur le terrain et en accordant une place centrale aux victimes. L’histoire du monde, depuis des siècles est montrée par des occidentaux, là ce n’est plus le cas. » Tout oppose partisans et détracteurs d’Al Jazeera. Tout, sauf un point essentiel, sur lequel ils s’accordent : l’importance de son auditoire futur si elle devient francophone.

Pour la sénatrice, d’Europe-Ecologie, Alima Boumediene-Thiery, cela ne fait aucun doute : « ce sera assurément la chaîne des banlieues ! » Pour d’autres, sans aller jusqu’à « l’odieux visuel » on en est pas loin. « J’ai une certaine inquiétude de voir le conflit israélo-palestinien importé ici, même si Al Jazeera n‘est pas Al Manar (2) je reste vigilant », avoue Clément Yana, ancien président du CRIF Paca, le Conseil représentatif des institutions juives de France. « Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, tranche Alain Gresh. Les pressions du gouvernement sont très fortes pour que cette chaîne francophone ne voit jamais le jour. Le gouvernement français a une vision sécuritaire de l’offre télévisuelle arabe, et il a peur qu’en cas de nouvelle Intifada, le conflit soit amplifié et importé. » Mais déjà, dans nos villes, des jeunes en mal de repères, cohabitent dans un rapport de totale indifférence avec le reste de la population…

Voir de plus:

Attaques au Canada: le manuel du parfait petit djihadiste appliqué au pied de la lettre
L’Express avec AFP

24/10/2014

En moins d’une semaine, le Canada a été la cible de deux attaques terroristes, l’une dans la région de Montréal, l’autre à Ottawa. Deux soldats ont trouvé la mort. Dans les deux cas, les auteurs semblent avoir agi en dehors de tout réseau organisé.
Abattre un soldat en faction, s’attaquer aux symboles du pouvoir, renverser en voiture un militaire… Si les deux attaques terroristes commises cette semaine au Canada ne sont, selon les services de renseignements, pas liées, elles ont néanmoins un point commun. Michael Zehaf-Bibeau à Ottawa et Martin Rouleau-Couture dans la région de Montréal ont appliqué à la lettre les consignes des organisations terroristes.

Depuis plusieurs années Al-Qaïda exhorte, à longueur d’articles ou de vidéos sur Internet, ses recrues et ses volontaires à passer à l’action sans ordre précis, sans organisation pour les entraîner ou les soutenir, glorifiant à l’avance ces « héros du djihad individuel ». Un leitmotiv repris en septembre par l’organisation Etat islamique (EI). « Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien (…) alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière », a déclaré Abou Mohammed al-Adnani, le porte-parole de l’EI.

« Comment faire une bombe dans la cuisine de votre mère »

Dès l’automne 2010, dans le magazine djihadiste en anglais « Inspire », le converti américain Adam Gadahn (dit « Azzam l’Américain ») évoquait « les devoirs du djihad individuel ». Un peu plus tard, dans une vidéo intitulée « Vous n’êtes responsables que de vous-mêmes », il lançait: « Les Musulmans en Occident doivent savoir qu’ils sont parfaitement positionnés pour jouer un rôle décisif dans le djihad contre les sionistes et les croisés. Alors, qu’attendez-vous? »

Les magazines djihadistes en ligne ont multiplié les recettes de fabrication artisanale de bombes (« Comment en faire une dans la cuisine de votre mère ») et les listes de cibles, au premier rang desquelles figurent systématiquement les militaires occidentaux, suivis des hommes politiques et des lieux de pouvoir symboliques aux Etats-Unis et chez leurs alliés. Contre elles, tout est bon: leur tirer dessus à l’arme de guerre ou de chasse, les poignarder, poser des bombes artisanales, répandre du poison, utiliser voiture ou camion comme arme. « Le moujhahid doit pratiquer le djihad individuel là où il vit et réside, sans avoir à affronter les épreuves du voyage vers les terres où le djihad est possible », expliquait en 2012 la revue. « L’ennemi est partout. »

Des loups solitaires difficiles à neutraliser

Les experts ont depuis longtemps mis en garde contre le danger que représentent des individus isolés qui, s’ils ne sont pas en mesure de monter des attaques de grande envergure, sont, en restant prudents et discrets avant de bouger, quasiment impossibles à repérer. « Comment les neutraliser? C’est très difficile. Il faut une législation adaptée, des moyens préventifs », explique Louis Caprioli, sous-directeur chargé de la lutte anti-terroriste de 1998 à 2004 à la Direction de la surveillance du territoire. « Les deux Canadiens avaient été repérés, les passeports avaient été confisqués, mais la législation canadienne ne permettait pas d’aller au-delà. Dans des cas comme ceux-ci, la seule solution est de les arrêter et de les emprisonner préventivement. C’est ce qui va être possible avec la nouvelle loi antiterroriste qui va être adoptée en France ».

Voir encore:

Inspire, la revue d’al-Qaida veut faire école en France
Romain Mielcarek

Slate

17.04.2013

Interprétation religieuse, témoignages de djihadistes, conseils opérationnels et recettes de bombes faites maison, Inspire vous donne toutes les astuces pour devenir un bon terroriste. La revue, éditée par Aqpa, est téléchargeable tranquillement sur Internet… désignant désormais la France pour cible.

Fabriquer une bombe dans la cuisine de maman, incendier une voiture sur un parking en dix étapes, accéder à des forums djihadistes en toute sécurité ou encore «tondre» les «mécréants» avec un pick-up Ford en guise d’engin de mort… ce sont quelques-unes des idées proposées par la revue Inspire pour semer la terreur en toute autonomie.

Inspire est un magazine distribué sur Internet, éditée par al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) depuis l’été 2010. La revue, dont la maquette ferait pâlir certains canards français, est alors accueillie de manière partagée par la communauté djihadiste comme sécuritaire. Les uns et les autres accusent diverses organisations d’Etat d’avoir organisé un «hoax», une arnaque, pour repérer les internautes soutenant le djihad ou pour décrédibiliser la cause.

Rapidement pourtant, l’authenticité de ce document sera admise par tous. Derrière, l’élite d’Aqpa est aux commandes d’un bel outil de propagande dont l’objectif principal est la radicalisation de potentiels terroristes occidentaux, qui pourraient organiser seuls leur propre projet d’attentat.

Inspire a été lancé par Anwar al-Awlaki, surnommé le «Ben Laden d’Internet». L’homme est impliqué dans plusieurs grosses affaires d’attentats en Occident, de la radicalisation du major Nidal Malik Hasan, l’auteur de la tuerie sur la base militaire américaine de Fort Hood en novembre 2009; à celle d’Umar Farouk Abdulmutallab, l’auteur d’une tentative échouée d’attentat à coups de slip piégé sur le vol Amsterdam Detroit de Noël 2009.

A ses côtés et à la plume dans Inspire, on trouve Adam Yahiye Gadahn, dit Adam l’Américain; Yahya Ibrahim, un prédicateur ayant séjourné au Canada; ou encore Samir Khan, un Américain qui a longtemps entretenu un blog appelant au djihad, depuis sa banlieue new-yorkaise.

Beaucoup de ces propagandistes, dont al-Awlaki lui-même, ont été capturés ou tués par des tirs de drones ces dernières années. De plus jeunes, à la tête desquels Adam l’Américain, ont depuis pris le relais.

Dans un anglais parfait, ils continuent d’offrir à un public anglophone toutes les cartes pour devenir un djihadiste convaincu et déterminé. Des conseils de fabrication de bombes, dans la rubrique «open source djihad», mais aussi toute l’interprétation idéologique et religieuse nécessaire à la justification des actes les plus graves, nourrissant une auto-radicalisation indispensable au passage à l’acte.

Un djihad «cool»

Ce qui faisait rire dans un premier temps, n’amuse plus personne au sein de la communauté du renseignement. Yves Trotignon, analyste chargé des questions de terrorisme au sein du cabinet Risk&Co, nous confirme la réalité de cette menace:

«En décembre dernier, deux Somaliens ont été arrêtés à Bonn par les Allemands. Ils préparaient un attentat avec une bombe qui était parfaitement comparable à celles décrites dans Inspire. Inspire est la bible en matière de propagande djihadiste. Surtout, elle est conçue comme une vraie revue et on y trouve absolument tout: des conseils opérationnels, de la réflexion idéologique, des témoignages, des reportages… Inspire diffuse du savoir-faire à grande échelle, comme autant de bouteilles lancées à la mer.»

Pour Aqpa, Inspire est en effet un modeste investissement. Si de telles revues existaient déjà en langue arabe, c’est la première fois qu’un magazine est intégralement écrit en anglais. Entre les différents articles, des affiches sur le modèle des publicités que l’on trouve dans nos revues appellent les musulmans vivant en Occident à soutenir et participer au djihad. Avec Inspire, kalachnikov et autres images épiques parlent à l’imaginaire d’un jeune qui aurait grandi dans un pays riche: le djihad est «cool».

Sur Internet, chaque publication de la revue est largement commentée par les scientifiques et les analystes. Les candidats au djihad lisent-ils Inspire et y trouvent-ils des idées? Des exemplaires ont été retrouvés chez des suspects aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède ou encore au Pakistan. «Cela devient malheureusement courant», remarque Yves Trotignon.

En France, les services de renseignement ne communiquent pas sur ce qu’ils trouvent dans les chambres des terroristes suspectés. Ils annoncent sobrement, en général, avoir retrouvé de la «propagande djihadiste», sans donner le détail. Il peut s’agir aussi bien de vidéos de décapitation que de la revue d’Aqpa.

C’est sur les forums djihadistes que l’on trouve des éléments sur la place que peut jouer Inspire dans la radicalisation de certains Français. Lors de la sortie de chaque numéro, les contenus d’Inspire y sont largement débattus. Les internautes les plus motivés s’appliquent même à traduire certains articles en français pour faciliter la lecture à ceux qui auraient été moins attentifs aux cours d’anglais au collège. Mathieu Guidère, spécialiste de la veille multilingue et de la menace djihadiste, a passé beaucoup de temps à analyser ces discussions:

«Il y a plusieurs profils. Certains lecteurs s’intéressent surtout à l’aspect technique. Ils commentent les innovations et les astuces qui sont proposées dans la revue. D’autres se penchent plutôt sur l’aspect politique, idéologique. Les derniers enfin, les “théologistes”, étudient comment Inspire justifie par la religion l’action terroriste. Tout cela donne lieu, sur les forums, à de longs débats et les francophones suivent tout cela de près, malgré leur déception de ne pas voir développer une version dans leur langue, qui serait moins concentrée sur les Etats-Unis et plus sur la France.»
Et effectivement, même en anglais, la barrière de la langue fait son travail. Inspire est téléchargé principalement en Grande-Bretagne, puis aux Etats-Unis, suivis ensuite par les pays nordiques (Suède, Danemark, Finlande) et l’Australie. Le contenu lui-même fait très largement référence à l’Amérique et à Obama, systématiquement désignés comme l’ennemi à abattre. Une ligne éditoriale qui pourrait cependant évoluer: dans le dernier numéro, paru fin février, la France devient une cible. Menacée en vertu de son intervention au Mali, l’auteur s’inspire de la mythologie médiévale et s’amuse des difficultés économiques occidentales. En conclusion de son article, il appelle «des dizaines de Mohammed Merah» à attaquer Paris.

Le «petit chimiste» du terroriste en herbe
Reste à savoir si ces débats et cette propagande amènent à passer à l’acte. Pour reprendre l’exemple de la dernière livrée d’Inspire, il y est question de faire le djihad en s’attaquant aux voitures. Les auteurs proposent de repérer des parkings discrets pour y brûler des voitures. Ils suggèrent encore de poser des pièges sur les routes pour causer des accidents. L’objectif: semer la terreur… chez les compagnies d’assurance occidentales. Là aussi, la démarche peut paraître invraisemblable. Elle n’est pourtant pas nouvelle, nous explique Yves Trotignon:

«Dans les années 1990, le GIA a revendiqué des “incivilités”, jusque dans l’est de la France.»
Difficile dès lors d’évaluer lesquelles, parmi ces incivilités, sont le fait d’une forme de terrorisme ou non. Tout un casse-tête pour les agences de renseignement.

Un autre exemple est évoqué par ce spécialiste de la menace terroriste. En octobre 2010, Aqpa va envoyer plusieurs imprimantes piégées via de simples colis UPS et FeDex, à destination des Etats-Unis. L’information arrive jusqu’aux services de renseignements qui vont fouiller tous les appareils passant par Dubaï, où un premier engin explosif est neutralisé. Le second sera retrouvé en Grande-Bretagne. Aqpa se fera un malin plaisir de présenter la facture détaillée de ce qu’ont coûté ces bombes dans un numéro spécial de sa revue qui titre en gros caractères, avec un avion UPS en fond: 4.200$. Le document explique intégralement la méthode et incite à la reproduire, causant pour cette modique somme des dépenses de sécurité modérées dans les pays visés.

Cette recette aurait même inspiré d’autres apprentis terroristes… chez les anarchistes grecs. Alors que les fidèles d’al-Qaida testaient grandeur nature leurs imprimantes explosives, les Grecs de «Conspiration des cellules de feu» recyclaient la recette avec quelques paquets similaires, envoyés à Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Silvio Berluscioni à la fin 2010. Faut-il y voir un lien? Pour Mathieu Guidère, pas d’hésitation, «les djihadistes et les anarchistes sont les deux publics qui lisent Inspire pour y trouver des idées».

Quant à empêcher la lecture d’Inspire, il semble difficile d’enrayer le mal. Après chaque publication, elle circule sur Internet très rapidement et reste facile à télécharger. Les services britanniques seraient à l’origine d’un bug qui avait empêché la lecture du tout premier numéro… mais celui-ci avait été immédiatement rediffusé par les auteurs. Des exemplaires d’Inspire ont même été retrouvés dans la prison de haute sécurité de Guantanamo. Les autorités américaines ont toujours refusé de dire dans quelle cellule. Mais l’information n’est pas rassurante, d’autant plus que l’un des chroniqueurs du magazine revendique d’écrire depuis ces geôles, symbole de la guerre de l’Amérique contre le terrorisme.

Voir encore:

Al-Souri, le cerveau du djihad des pauvres
Gilles Kepel (Politologue et spécialiste de l’islam, professeur à Sciences Po)

Le Monde

28.04.2013

Moustapha Sitt Mariam Nassar, plus connu sous le pseudonyme d’Abou Moussab Al-Souri (le Syrien), né à Alep en 1958, a été de tous les combats du djihad depuis qu’il a rejoint en 1976 les rangs de l’Avant-Garde combattante, la branche paramilitaire des Frères musulmans syriens. Etudiant en ingénierie, il assiste au massacre des Frères musulmans par le régime lors du soulèvement de Hama en 1982.

Réfugié en France, il se familiarise avec la production tiers-mondiste. En 1985, il se fixe en Espagne, où il épouse une gauchiste athée qui se convertira à l’islam et lui donnera le précieux passeport européen facilitant ses déplacements. Rejoignant le front afghan sur fond de retraite de l’Armée rouge et proche de l’idéologue du djihad « du premier âge », le Palestinien Abdallah Azzam, assassiné en 1989 à Peshawar, il commence à coucher sur le papier ses réflexions en plein conflit civil afghan, puis revient dans son Andalousie en 1992 – où il soutient le djihad du Groupe islamique armé algérien, dont il se fera le relais depuis le « Londonistan » en Angleterre. Il y publie le journal ronéoté Al Ansar, qui exalte faits d’armes et autres massacres d' »impies ».

En 1996, après la victoire des talibans, il revient en Afghanistan, où il organise les rendez-vous de Ben Laden et des doctrinaires du « deuxième âge du djihad », dont Zawahiri, avec la presse internationale. Il est dubitatif envers les actions spectaculaires montées par Al-Qaida et commence à écrire un premier jet de son opus, Appel à la résistance islamique mondiale. Le déluge de feu qui s’abat sur Al-Qaida après le 11-Septembre, l’invasion de l’Afghanistan et la chute des talibans le renforcent dans ses convictions : errant au Pakistan, il achève son livre, rédigé au format d’un e-book, où les conseils de « manuel du djihad » sont téléchargés par les adeptes.

Capturé en octobre 2005 à Quetta, il est remis aux Américains et, selon ses avocats, livré par ceux-ci aux Syriens autour de 2007 – à une époque où Bachar Al-Assad est en cour en Occident. Selon des sites islamistes « fiables », il est remis en liberté fin 2011, alors que la révolution syrienne a débuté et que le régime s’emploie à inoculer à celle-ci le virus djihadiste pour lui aliéner le soutien occidental. Des rumeurs invérifiables font état de son retour dans sa ville natale d’Alep, place forte de l’insurrection, où les milices djihadistes du Jabhat Al-Nousra ont pignon sur rue – sans que l’on puisse mesurer son rôle exact.

Voir de même:

Terrorisme
Abou Moussab al-Souri, le nouveau Ben Laden ?
Youssef Aït Akdim

Jeune Afrique

09/12/2013

Théoricien du jihadisme global, il s’est distingué par sa critique argumentée de la stratégie de l’ex-chef d’Al-Qaïda. Et il passe même, aux yeux des Américains, pour être son possible successeur.

Personne ne sait où il se trouve. Mais deux ans et demi après la mort d’Oussama Ben Laden, il dispose de nombreux atouts pour devenir le vrai patron du terrorisme post-Al-Qaïda. Libéré, dit-on, en décembre 2011 par Bachar al-Assad, Abou Moussab al-Souri aurait quitté la Syrie. Mais pour quelle destination ? On évoque le Yémen, repaire d’Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (Aqpa). À moins qu’il ne soit resté dans son pays, nouveau ventre mou de la région. Incroyable cynisme du pouvoir de Damas qui aurait libéré à dessein un jihadiste confirmé en pleine guerre civile ? Voire.

Né en 1958 dans une famille de la petite bourgeoisie alépine, Souri, de son vrai nom Mustafa Setmariam Nasar, est un routard du jihadisme global. Étudiant ingénieur en mécanique de l’université d’Alep, il rejoint en 1980 un groupe militant émanant des Frères musulmans. Avec ses camarades, il assiste, impuissant, à la répression féroce du soulèvement armé de Hama, en 1982. Souri rumine depuis les leçons de cette défaite infligée par les troupes de Rifaat al-Assad, le frère du président syrien de l’époque. Dans ses écrits, le militant sans frontières naît à ce moment-là. Il part s’entraîner dans des camps secrets en Jordanie puis en Égypte. Ceinture noire de judo, cet homme charpenté détonne avec sa barbe et ses cheveux roux, ses yeux verts. Pratique pour se fondre dans la foule à Londres, où il a vécu au mitan des années 1990.

Auparavant, Souri était en Andalousie, terre mythique des conquérants musulmans, où il est arrivé en 1985. Il épouse Elena Moreno, une ancienne gauchiste qui se convertit à l’islam et avec qui il a quatre enfants. Dans un milieu plutôt macho, Souri cultive les attentions galantes. Un ami barbu s’en étonne. Il répond : « Nous, les Syriens, savons y faire. » Sur place, il entre en contact avec d’autres jeunes islamistes. Il rencontre le « chef d’Al-Qaïda en Espagne », Abou Dahdah, et un certain Tayssir Allouni, futur journaliste à Al-Jazira. Naturalisé espagnol, Souri est désormais libre de ses mouvements. En 1994, il s’installe à Londres, s’impose comme l’un des leaders de la diaspora islamiste et devient l’un des responsables de la revue Al-Ansar, dirigée par le Jordanien Abou Qatada.

Mais déjà, Souri lorgne l’Asie centrale. Il a déjà voyagé au Pakistan et en Afghanistan dès 1987. Il aide à organiser des camps d’entraînement pour les moudjahidine lancés contre l’occupation soviétique, notamment ceux du Palestinien Abdallah Azzam, l’un des idéologues qui influencèrent Ben Laden. Véritable « architecte du jihad global », selon l’ouvrage de référence que lui a consacré le chercheur norvégien Brynjar Lia, il est un « dissident, un esprit critique, un intellectuel au sein d’un courant idéologique où l’on s’attendrait à trouver plutôt de l’obéissance ». Le livre où il expose sa doctrine, Appel à la résistance islamique mondiale, publié sur internet en décembre 2004, peut être lu comme une critique argumentée de la stratégie de Ben Laden.

Une bible de jihadisme

Cette bible du jihadiste (1 600 pages) peut sembler répétitive. C’est en réalité un redoutable manuel d’endoctrinement dont se seraient inspirés des personnages aussi divers que le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, le Français Mohamed Merah ou les frères Tsarnaev, Américains d’origine tchétchène auteurs présumés de l’attentat de Boston en avril 2013, et même le Norvégien Anders Behring Breivik. Souri expose une théorie à rebours de celle d’Al-Qaïda, dont il prédisait la logique suicidaire. Dès son retour en Afghanistan en 1998, il s’était opposé à la stratégie du terrorisme spectaculaire. Dans un courriel au chef d’Al-Qaïda en 1999, retrouvé à Kaboul fin 2001 par des journalistes américains, il moque le goût affiché par Ben Laden pour les médias : « Notre frère a été contaminé par la maladie des écrans, des flashs, des fans et des applaudissements. » Piquant, quand on sait que Souri a monté plusieurs interviews du Saoudien, dont celle avec Peter Bergen, de CNN, en 1997.

Instruite par la débâcle en Afghanistan, la stratégie de Souri s’appuie, elle, sur des individus ou de petites cellules qui pourraient se former et s’armer tout en restant indépendants. Seul moyen d’échapper à la surveillance et à la lutte antiterroriste. Pas d’organisation, pas de filière, pas de capture. « L’ennemi est fort et puissant, nous sommes faibles et pauvres. La guerre sera longue. Notre seule voie est celle d’un jihad révolutionnaire au nom d’Allah », écrit-il. Cette lutte culminant, dans ses fantasmes les plus fous, avec une guerre chimique ou des bombes à composants radioactifs sur le sol américain. « Une bombe sale pour un pays sale », s’amusait-il.

Abou Moussab al-Souri disparaît des radars

Au même moment, les États-Unis en font l’un des terroristes les plus recherchés, offrant une récompense de 5 millions de dollars (3,7 millions d’euros) pour sa capture. Réponse de Souri : « Je prie Dieu pour que l’Amérique regrette amèrement de m’avoir provoqué et poussé à la combattre par la plume et par l’épée. » Mais c’est un homme aux abois qui écrit ces lignes. En novembre 2005, la sinistre ISI – l’agence pakistanaise de renseignements – le capture à Quetta, capitale du Baloutchistan. Emprisonné à Rawalpindi, il est rapidement livré aux Américains. Souri disparaît des radars. Son nom n’apparaît pas dans les listes des prisonniers de Guantánamo. Comme d’autres « détenus de haute valeur », il est trimbalé entre les prisons noires de la CIA, comme la base secrète de Diego Garcia, perdue au milieu de l’océan Indien, avant d’être remis aux Syriens.

Le retour en force de ses anciens enregistrements vidéo et audio sur les forums jihadistes laisse à penser, selon les spécialistes du terrorisme, qu’il ne va pas tarder à réapparaître. Mais d’autres pensent au contraire que, après avoir passé plus de six ans entre les mains des services secrets les plus brutaux de la planète, Souri a perdu toute crédibilité aux yeux de ses anciens compagnons.

Voir par ailleurs:

Head of Al Nusrah Front interviewed by journalist convicted in Spain on controversial terror charges
Thomas Joscelyn

The long War

December 27, 2013

The head of the Al Nusrah Front, Abu Muhammad al Julani, finally granted a television interview earlier this month. Al Nusrah has long had a prolific media shop. But in a world in which al Qaeda’s jihadists use and manipulate various media channels to get their message out, Julani has pursued a different course. The Al Nusrah head is so secretive that until recently little was known about the man, even as he oversaw one of al Qaeda’s fastest growing branches in Syria.

Al Jazeera’s Tayseer Allouni conducted the interview from inside Syria with the reclusive Julani. It was the latest exclusive for Allouni, who has garnered high-profile interviews with senior al Qaeda leaders before. Allouni was the first to air an interview with Osama bin Laden after the Sept. 11, 2001 terrorist attacks.

In the years that followed his interview with bin Laden, Allouni was at the center of a high-profile trial. Spanish authorities accused Allouni of being more than just an enterprising journalist. In 2005, a Spanish court convicted Allouni of supporting al Qaeda and sentenced him to seven years in prison. Allouni spent time in prison and then house arrest.

Allouni was released in 2012 and resumed his work for Al Jazeera. After his return to Doha, Allouni denounced his conviction as « political. »

Allouni’s conviction was controversial. For Allouni and his advocates, the Spanish courts had trampled on the rights of a proactive journalist who simply used his networking skills to get the story. « I was hoovering up professional information, » Allouni explained, according to an account in the Guardian.

Among Allouni’s contacts was Imad Yarkas, the accused head of al Qaeda’s network in Spain. Yarkas was also convicted on terrorism charges.

The court rejected Allouni’s explanation of his relationship with Yarkas. Tayseer Allouni « did not belong to the group led by [Imad Yarkas]. He possibly felt superior to it … but he collaborated with it, » the Spanish court’s judgment reads. « Journalistic truth, like all other truths, cannot be obtained at any price, » the judgment continued. « Taysir Alouni committed the wrongdoing of collaborating with a terrorist group and, for that, he must now pay. »

Allouni denied providing any real assistance to al Qaeda’s network in Europe or elsewhere.

The Spanish court focused, in particular, on Allouni’s relationship with two of Yarkas’ associates: Mohammed Bahaiah (a.k.a. Abu Khalid al Suri) and Mustafa Setmariam Nasar (a.k.a. Abu Musab al Suri).

Both Bahaiah and Nasar had been imprisoned by Bashar al Assad’s regime. Before joining al Qaeda’s ranks, they were members of the Syrian Muslim Brotherhood, which opposed Assad. Various accounts suggest that Allouni himself was a member of the Syrian Muslim Brotherhood, but he reportedly denied that allegation.

Today, Bahaiah is Ayman al Zawahiri’s representative in Syria and throughout the Levant. He is also a founding leader of Ahrar al Sham, a Syrian extremist group that fights alongside al Qaeda’s branches in Syria. [See LWJ report, Syrian rebel leader was bin Laden’s courier, now Zawahiri’s representative.]

Nasar was also reportedly freed in the wake of the Syrian uprising, but his current status is unknown.

Alleged ties to Bahaiah, Nasar

Spain’s allegations tying Allouni to Bahaiah and Nasar have been previously summarized by the Guardian and by Brynjar Lia in his biography of Nasar, Architect of Global Jihad: The Life of Al Qaeda Strategist Abu Musab al Suri.

Years ago, Allouni « helped Bahaiah obtain Spanish residency papers by allowing him to say he was living at his Granada home – when he was actually in Turkey, » the Guardian reported. And when Allouni traveled to Kabul in March 2000, Allouni « took $4,000 to Bahaiah, » which Allouni claimed he did as a favor « to a friend who owed Bahaiah money. »

According to Spanish court documents, cited by Lia, Allouni described his relationship with Nasar in the following terms:

We exchanged opinions. We are from the same community. I hope that you understand the peculiarity of relations within the Arab community. Thus, it is normal that an Arab and his family, who wishes to spend the night in my house, ask me. … So I invited him [Nasar] – it is not possible to deny that – and hence, relations developed.
The Spanish government also claimed that Allouni received assistance from Nasar in setting up Al Jazeera’s presence in Kabul. « [I]f you wish to come here, I can facilitate things for you and present you to some of the Taliban figures, » court documents quote Nasar as saying to Allouni.

Allouni did not deny knowing the two Syrian al Qaeda operatives, but claimed that his contacts with them were innocuous and that they were not really al Qaeda. During Allouni’s trial in 2005, Lia writes, Allouni « admitted meeting » both Bahaiah and Nasar in Kabul, describing the pair as a « source of information about al Qaeda’s activities, its followers, and the world of radical Islam. »

« I took advantage of the situation to extract information from them on what the Taliban were, on what al Qaeda was and on other organizations, » Allouni said, according to the Guardian.

Spanish court records indicate that while Nasar was living in London prior to 2001, Allouni made « frequent phone contacts » with Nasar. And when the media reported in 2000 that Nasar was part of a schism within al Qaeda, Nasar turned to Allouni to publicly deny the charge, via Al Jazeera. After the 9/11 attacks, according to the US government, Nasar swore bayat (an oath of allegiance) to bin Laden.

Reporting from the post-9/11 battlefields

Allouni’s interview with Julani is just the latest example of his work reporting from the post-9/11 battlefields. Allouni has previously reported from both Afghanistan and Iraq.

On Oct. 10, 2001, The Washington Post described some of Al Jazeera’s reporters as having « links with the Muslim Brotherhood, a radical Islamic organization with ties to a member of the al-Jazeera board. » Allouni, according to the Post, was the « most prominent such reporter » and « was known in the past for his pro-Taliban views. » In the weeks following the Sept. 11, 2001 terrorist attacks, Allouni became « one of the primary outlets for Taliban statements and denunciations of the United States. »

The following day, on Oct. 11, 2001, The New York Times noted that Allouni was « the only reporter » in Taliban-controlled Kandahar. Allouni, the Times reported, had provided a « major exclusive » for Al Jazeera’s coverage – a video of American warplanes bombing Taliban positions that was also aired on CNN.

Writing for the Times in November 2001, Fouad Ajami said Allouni’s coverage of the war in Afghanistan included a « wistful tribute to the Taliban’s public-works efforts. » Allouni portrayed the American bombing campaign as undoing the Taliban’s good work. « It appears that all the labors that had been made by the Taliban government prior to the outbreak of the war to repair the roads have scattered to the wind, » Allouni said during one video shown to Al Jazeera’s viewers.

It is no surprise that as the war in Syria rages on, Tayseer Allouni has received exclusive access once again.

Voir aussi:

5 Reasons to Doubt Al-Qaeda Magazine’s Authenticity
Max Fisher

The Atlantic

Jul 1 2010

Late Wednesday evening, The Atlantic’s Marc Ambinder reported that the first-ever English-language propaganda magazine purportedly written by al-Qaeda officials had surfaced on websites in the vibrant online jihadi community. The publication, « Inspire, » carries the emblem of al-Qaeda’s Yemen-based spin-off, al-Qaeda in the Arabian Peninsula (AQAP). The magazine, which was uploaded in PDF format, carries the bylines of such super-star jihadists as al-Qaeda founders Osama bin Laden and Ayman al-Zawahiri as well as U.S.-born radical cleric Anwar al-Awlaki, who now lives in Yemen. Ambinder’s report cited a U.S. official confirming that the PDF has appear on jihadi web forums, which independent analysts have confirmed to CNN. Still, wrote Ambinder, « It is possible, although not likely, that the magazine is a fabrication. » Indeed, here are some reasons to question the authenticity of this document:

(1) Bin Laden and Zawahiri are extremely secretive and issue statements rarely and directly to the media. It would be unusual for them to write for a third-party publication, especially one put out by the Yemen-based AQAP, with which they have little or no direct ties. However, it is possible that the magazine’s producers simply copied old statements they had made.

(2) The language of the magazine, such as « Make a bomb in the kitchen of your mom, » reflects either a poor command of English or a light-hearted sense of self-parody. AQAP is not known for either. Awlaki, whose location in Yemen makes his participation very plausible, is a native, fluent, and very articulate English speaker. His fiery English-language sermons are not funny.

(3) The magazine includes an essay by Abu Mu’sab al-Suri. But Suri, whose connection to al-Qaeda is uncertain, has been locked up in Guantanamo–and possibly a CIA black site–since 2005. However, as with bin Laden, it is possible the magazine simply copied old statements.

(4) Analysts tell me that the magazine PDF file either does not load properly or carries a trojan virus. This is unusual because al-Qaeda and AQAP have produced and disseminated such PDF publications many times without such problems. If the report was produced by U.S. counterintelligence, or if the U.S. operatives attached the virus to the original file, would the trojan really be so easily detectable by simple, consumer-grade virus scanners? Surely U.S. counterintelligence has less detectable viruses at their disposal.

(5) The web-based « jihadi » community itself seems suspicious. The report has received little attention on web forums, especially given its apparent importance. A publication including such high-profile figures would normally receive far more attention than it has so far.

There are also reasons to doubt that the report was produced by U.S. counterintelligence, as CI officials would likely know enough to edit out these red flags. It’s unclear who that leaves, but the most likely culprit could simply be mischievous, if knowledgeable, pranksters in the U.S. who wanted to disseminate a trojan virus among jihadi forum visitors. That would also explain why the document was written in English.

Of course, none of these doubts are definitive and it remains a significant possibility that the publication is authentic. Leah Farrall, an AQAP expert and former Australian counterterrorism official, expressed doubt about the publication but disputed some of the cases against its authenticity.

« The make a bomb in the kitchen of your mum is not by Awlaki. It may be an effort to play on an old series of manuals released a few years back on how to build IED’s from materials in your home. Many readers would be familiar with these manuals since some sections have been translated into English before. So that by itself is not really enough to bring into question the authenticity of the document, » she wrote in an email. « The addition of an al-Suri excerpt is curious, but not unexpected. AQAP ideologues have mentioned his book before. So, this is also not enough to bring into question the authenticity of the document. »

It’s not clear who produced this PDF and why. But there are some compelling reasons to doubt that it was produced by al-Qaeda in the Arabian Peninsula for the purpose of spreading the group’s message to English speakers.

Voir encore:

Al Qaeda’s chief representative in Syria killed in suicide attack
Thomas Joscelyn

The Long war

February 23, 2014

Abu Khalid al Suri, whose real name is Mohamed Bahaiah, has been reportedly killed in a suicide attack in Aleppo. Al Suri’s death has been confirmed on several Twitter feeds managed by Ahrar al Sham and the Islamic Front.

Al Suri, a longtime al Qaeda operative, was a founding member of Ahrar al Sham and a senior leader in the organization at the time of his death. Ahrar al Sham is arguably the most powerful rebel organization within the Islamic Front, a coalition of rebel groups that was formed late last year.

Hassan Abboud, a top official in Ahrar al Sham and the Islamic Front, confirmed al Suri’s « martyrdom » in a Tweet early this morning. The official Twitter feeds for the Islamic Front and Ahrar al Sham say that al Suri was killed along with his « comrades » in a suicide attack at one the Front’s headquarters in Aleppo. And a hashtag commemorating al Suri’s death is already being used on jihadist Twitter pages.

As of this writing, there has been no official claim of responsibility for al Suri’s death. Some reports on social media implicate the Islamic State of Iraq and the Sham (ISIS), which was recently disowned by al Qaeda’s general command, as the group responsible for the attack.

Al Suri was a key figure in the dispute between ISIS and other jihadist groups inside Syria, including Ahrar al Sham and the Al Nusrah Front, which is an official branch of al Qaeda.

In a May 2013 letter, al Qaeda emir Ayman al Zawahiri named al Suri as his intermediary in a leadership disagreement between ISIS and the Al Nusrah Front. The dispute became public the previous month when ISIS emir Abu Bakr al Baghdadi attempted to subsume control of the Al Nusrah Front. Abu Muhammad al Julani, the emir of Al Nusrah, rejected al Baghdadi’s order and directly reaffirmed his allegiance to Zawahiri instead.

Al Suri’s mediation efforts failed and the dispute between the groups grew more vehement in the months that followed as Ahrar al Sham, Al Nusrah, and other jihadists rejected ISIS’ power grab.

One last attempt at mediation in January, spearheaded by a popular pro-al Qaeda Saudi cleric named Abdallah Muhammad al Muhaysini, failed after ISIS rejected the initiative. All of the other major rebel groups, including Ahrar al Sham and the Al Nusrah Front, endorsed Muhaysini’s proposal, which was released just hours after a similar appeal by Zawahiri. [See LWJ report, Saudi cleric’s reconciliation initiative for jihadists draws wide support, then a rejection.]

Al Qaeda’s general command, or senior leadership, officially disowned ISIS after it rejected Muhaysini’s proposal. The decision was apparently prepared beforehand in the event that ISIS failed to accept the reconciliation initiative.

The Long War Journal reported on Dec. 17, 2013 that al Suri was a senior leader in Ahrar al Sham in addition to being Zawahiri’s main representative in Syria. US intelligence officials told The Long War Journal that al Suri’s placement within Ahrar al Sham, alongside other senior al Qaeda operatives in the group, revealed that al Qaeda has influence in organizations that are not officially recognized as affiliates or branches of the group.

Al Suri’s al Qaeda role was long known in counterterrorism circles. The Spanish government accused him of serving as Osama bin Laden’s chief courier in Europe prior to the Sept. 11, 2001 terrorist attacks. Spanish officials found that he carried surveillance tapes of the World Trade Center and other American landmarks from the operative who made the videos to al Qaeda’s senior leadership in Afghanistan. [See LWJ report, Syrian rebel leader was bin Laden’s courier, now Zawahiri’s representative.]

Shortly after The Long War Journal reported on al Suri’s dual-hatted role in Ahrar al Sham and al Qaeda in December 2013, the US Treasury Department described al Suri as « al Qaeda’s representative in Syria. » Treasury revealed that an al Qaeda supporter in Qatar had transferred nearly « $600,000 to al Qaeda via » al Suri in 2013 and was preparing to transfer an additional $50,000.

Abu Khaled al Suri’s death, therefore, is a major development in the history of the Syrian war and al Qaeda’s role in it. However, al Qaeda retains the loyalty of numerous other senior jihadists on the Syrian battlefield.

Voir de plus:

Le chef d’al-Qaïda perd son représentant en Syrie, tué à Alep
RFI

24-02-2014

Abou Khaled al-Souri, compagnon de route du chef d’al-Qaïda Ayman al-Zawahiri et d’Oussama ben Laden, a été tué dimanche dans un attentat-suicide à Alep, en Syrie. Il jouait le rôle de médiateur entre deux organisations de combattants se réclamant d’al-Qaïda dans le pays, le Front al-Nosra et l’Etat islamique en Irak et au Levant.
Avec notre correspondant à Beyrouth,  Paul Khalifeh

Abou Khaled al-Souri était le représentant personnel en Syrie du chef d’al-Qaïda. En juin dernier, Ayman al-Zawahiri l’avait chargé de trancher tout différend entre les deux branches se réclamant de l’organisation extrémiste : le Front al-Nosra et l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Ayman al-Zawahiri avait pris fait et cause pour al-Nosra, désigné comme le seul représentant légitime d’al-Qaïda en Syrie.

Présenté comme un compagnon de route d’Oussama ben Laden et de son successeur Ayman al-Zawahiri, le Syrien Abou Khaled n’était pas pour autant membre du Front al-Nosra. Il était l’un des chefs d’un troisième groupe, Ahrar al-Cham, également très proche d’al-Qaïda, bien qu’il n’affiche pas ouvertement ses affinités.

Sur ce dernier point, comment pourrait-il en être autrement puisque ce groupe est l’une des principales composantes du Front islamique, avec qui les Etats-Unis ont exprimé le souhait d’établir un dialogue ? Assumer publiquement ses sympathies pour al-Qaïda serait – c’est le moins que l’on puisse dire – embarrassant aussi bien pour Washington que pour Ahrar al-Cham.

La mort d’Abou Khaled al-Souri et de six autres combattants d’Ahrar al-Cham, dans un attentat-suicide attribué à l’Etat islamique, met fin à la trêve précaire entre les deux organisations dans le Nord syrien, après des semaines de combats qui ont fait plus de 2 000 morts. Les deux frères ennemis se livrent désormais une guerre sans merci.

Voir également:

Zawahiri eulogizes al Qaeda’s slain Syrian representative
Thomas Joscelyn

The Long War

April 4, 2014
The video accompanying Zawahiri’s message shows a clip of Abu Khalid al Suri walking alongside Osama bin Laden and Zawahiri at the Al Farouq camp in Afghanistan in 2000.
Ayman al Zawahiri, the head of al Qaeda, has released an audio message eulogizing Abu Khalid al Suri, who served as Zawahiri’s representative in Syria until he was killed by a suicide bomber on Feb. 23. Al Suri was also a founding member and senior leader in Ahrar al Sham, a powerful militant organization that helps lead the Islamic Front, which is a coalition of several rebel groups.

Al Qaeda has released a video accompanying Zawahiri’s verbal message. The video contains images of other al Qaeda actors, but Zawahiri himself is not shown. Zawahiri’s message and the accompanying video were translated by the SITE Intelligence Group.

Although the Islamic State of Iraq and the Sham (ISIS) is not mentioned in the production, the video and Zawahiri’s message are clearly aimed at the group, which was disowned by al Qaeda’s general command in early February.

Top jihadists have accused ISIS of killing al Suri, and the group remains the most likely culprit in the slaying.

The video opens with a clip of Atiyah Abd al Rahman, who served as al Qaeda’s general manager before he was killed in a US drone strike in August 2011. Rahman discusses the sanctity of Muslim blood and the importance of avoiding Muslim casualties while waging jihad.

Rahman’s message, recorded long before ISIS became a player in the Syrian war, reflects al Qaeda’s sensitivity to the criticisms the group has faced within the Islamic world. Al Qaeda has killed far more Muslims than non-Muslims in its campaign of terror. Here, however, Rahman’s words are intended as a rebuke of ISIS.

The video then cuts to footage of Abu Khalid al Suri walking alongside Osama bin Laden and Zawahiri at the Al Farouq training camp in Afghanistan in 2000. Al Qaeda’s propagandists zoom in on footage of al Suri at the camp.

A longtime al Qaeda operative

Zawahiri says he knew Abu Khalid al Suri « from the days of the jihad against the Russians » and he knew al Suri « until his capture in Pakistan » approximately a decade ago. Abu Khalid al Suri « was a colleague of the professor of the mujahideen, Sheikh Abu Musab al Suri, may Allah release him very soon, Allah willing. »

Abu Musab al Suri is a major jihadist ideologue whose teachings continue to influence al Qaeda’s thinking. The Al Nusrah Front, al Qaeda’s official branch in Syria, openly follows Abu Musab al Suri’s teachings. There are conflicting reports concerning his status in Syria, with some accounts saying he has been freed from Assad’s prisons.

However, Zawahiri’s message is the third instance in which senior al Qaeda leaders have used the phrase « may Allah release him » in reference to Abu Musab al Suri. This is a strong indication that he remains imprisoned.

Zawahiri re-established contact with Abu Khalid al Suri after the Syrian revolution. Zawahiri says the « last message » he received from Abu Khalid al Suri, prior to his capture in Pakistan, « was nearly ten years ago … stating that he supported a speech I gave, where I said that victory is but the patience of an hour. » After al Suri was captured « [c]ommunication was cut off between us, until the outbreak of the blessed Syrian revolution. »

According to Zawahiri, Allah then « facilitated the communication between us after Allah relieved him and spared him from being captured by » Assad’s forces. « He was to me and my brothers such a great advisor, » Zawahiri says.

Abu Khalid warned Zawahiri that he sees in Syria « the seeds of sedition, which he experienced in Peshawar » — a reference to jihadist infighting in the past, which al Qaeda ties to ISIS’ actions in the present. Indeed, al Suri was a strong critic of ISIS and did not hide his rejection of the group’s practices.

« This sedition that Abu Khalid saw and was warning about, Allah willed that it make him a martyr, » Zawahiri says.

Without naming ISIS, Zawahiri calls on Muslims to reject any group that behaves like the former al Qaeda affiliate. « Every Muslim and mujahid must disavow all those who refuse arbitration » by an « independent » sharia court, Zawahiri says. Al Qaeda and other jihadist groups have repeatedly called on ISIS to submit itself to arbitration in a common sharia court, but ISIS has refused to abide.

« Every Muslim and mujahid must not be involved in the blood of the mujahideen, » Zawahiri says, according to SITE’s translation. « And for this, he must refuse to blow up their headquarters or kill their sheikhs. » In addition, « [a]ll Muslims must not help whoever blows up the headquarters of the mujahideen and sends to them car bombs and human bombs, and stop supporting them in any form. »

This is precisely how al Suri was killed.

Jihadist infighting in Syria reminiscent of the past

Zawahiri says that the infighting inside Syria reminds him of Algeria in the 1990s. Veteran jihadists within the Armed Islamic Group (commonly known by its French acronym, GIA) turned on one another and also indiscriminately slaughtered Muslims. Zawahiri says the GIA’s infighting led first to the « spiritual death of that group, followed by [its] physical death. »

In an effort to rectify the GIA’s excess, in the late 1990s al Qaeda helped form the Salafist Group for Preaching and Combat (known as the GSPC) as an offshoot of the GIA. The GSPC then evolved into al Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM), a branch of al Qaeda. Zawahiri personally oversaw AQIM’s official merger with al Qaeda in 2006.

Zawahiri references a meeting he had years ago in Peshawar with Sheikh Abu Muhammad al Maqdisi, an influential jihadist ideologue now imprisoned in Jordan who has issued criticisms of ISIS’ actions from his prison cell. According to the story, which the al Qaeda emir calls « funny yet sad, » Zawahiri said that some had labeled him a disbeliever because he refused to « brand the Afghan mujahideen as disbelievers. » To this Maqdisi allegedly replied, « You do not know that they [this same group] branded me a disbeliever because I did not brand you a disbeliever. »

ISIS today labels everyone who does not agree with the group a disbeliever, including Abu Khalid al Suri.

Voir encore:

Islam : ce que révèlent les livres prônant le djihad en supermarché
Alexandre Devecchio
Le Figaro

29/07/2014 à 17:13

FIGAROVOX/ANALYSE – Pour son «Opération Ramadan», l’éditeur libanais Albouraq met en vente dans 1000 magasins de France des livres prônant le djihad et la mort des «hérétiques». Le décryptage de l’islamologue Claude Sicard.

Claude Sicard est agronome, docteur en économie, spécialiste du développement. Il est l’auteur de deux livres sur l’islam, L’Islam au risque de la démocratie et Le face-à-face islam chrétienté. Quel destin pour l’Europe?
«La Voie du musulman» ou «les jardins des Saints» qui prônent le djihad et la mort des «hérétiques» sont en vente libre dans les grandes surfaces. Ces livres sont-ils fidèles au Coran ou donnent-ils une interprétation dévoyée de l’islam? La violence et le djihad sont-ils intrinsèques à l’islam?

Claude SICARD. – Le Coran, qui est véritablement «la parole de Dieu» pour les musulmans, délivre aux croyants de cette religion des messages que, nous, citoyens de pays démocratiques, considérons être indubitablement des incitations à la haine. En sorte que normalement la diffusion de ces messages devrait tomber sous le coup de la loi. Citons quelques sourates pour illustrer notre propos:

L’attitude vis-à-vis des incroyants: «Ô vous qui croyez, combattez ceux de vos voisins qui sont infidèles» (9,123) ; ou encore: «Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez» (9,25) ; et aussi: «Ô Prophète, incite les croyants à combattre: vingt braves d’entre eux terrasseront 200 infidèles» (8,65), etc. Avec, pour déculpabiliser les croyants qui en viendraient à tuer des infidèles et qui s’en émouvraient, cette sourate qui leur dit: «Ce n’est pas vous qui les avez tués, c’est Dieu» (8,17).

L’attitude vis-à-vis des juifs: «Ô croyants, ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens» (5,51).

D’une façon générale, il faut avoir en mémoire cette sourate où il est dit: «Mahomet est l’envoyé de Dieu. Ses compagnons sont durs envers les infidèles, et miséricordieux entre eux». Dans une société telle que la conçoit l’islam, il faut savoir qu’il n’y a de place que pour des croyants. Les uns sont dans la bonne voie (les musulmans), les autres, «les gens du Livre» qui tiennent à rester dans l’erreur, sont admis: ils ont le mérite de croire en Dieu, et on les tolérera donc, mais en en faisant des citoyens de second rang, dits des «dhimmis». Ces citoyens de second rang se trouveront en permanence brimés dans leur vie de tous les jours, et la situation leur deviendra finalement insupportable. Les incroyants, quant à eux, seront persécutés: ils devront soit se convertir à l’islam soit être éliminés. Et il y aura effectivement beaucoup de fraternité entre les musulmans, mais seulement entre eux, une sourate disant: «Ô croyants, ne vous liez d’amitié qu’entre vous «(3,118). Rappelons aussi la sourate 3,28 qui précise: «Que les croyants ne prennent pas leurs amis parmi les infidèles, au lieu des croyants. Ceux qui feraient ainsi n’auraient rien à attendre de Dieu.»

L’éditeur se défend en arguant que le contenu de la Bible peut lui aussi être choquant. Lorsqu’ils sont lus de manière littérale, tous les livres sacrés ne sont-ils pas sujets à mauvaise interprétation?

Certes, on trouve dans la Bible des passages violents. Mais la distinction fondamentale qui est à faire entre la Bible et le Coran se trouve dans le fait que la Bible a été rédigée par des hommes, alors que le Coran est par nature la parole de Dieu. Il faut rappeler que les musulmans nous disent que le message de Dieu délivré aux hommes a depuis la nuit des temps toujours été le même: les prophètes qui ont précédé Mahomet ont été des hommes «inspirés par Dieu» (Moise et Jésus étant les deux principaux d’entre eux). Du fait qu’ils étaient des hommes, le message qu’ils ont délivré était imparfait, mal compris, tronqué… Le message de Dieu a finalement été recueilli dans son intégralité par Mahomet a qui Dieu a dicté son message: c’est donc le message auquel on doit se conformer, car c’est le message parfait, et il n’y en aura plus d’autre. Quand on lit dans le Coran des passages qui prônent la violence, il s’agit donc bien d’injonctions délivrées par le Tout-Puissant, des messages que l’on ne peut donc qu’exécuter si l’on est un croyant sincère et soucieux de son devenir après la mort.

La distinction entre « islam radical » et « islam soft » est sans fondement. Elle est l’effet des arrangements que nos sociétés occidentales tentent de trouver pour ne pas condamner les musulmans dans leur refus d’adopter nos valeurs et de se conformer à la manière que nous avons, nous Occidentaux, de concevoir l’organisation de nos sociétés.

Le succès de ce type de livre, notamment en période de ramadan, témoigne-t-il, malgré tout, d’une banalisation de l’islam radical? Faut-il s’en inquiéter?

La réponse à cette question est «oui». En effet, la distinction entre «islam radical» et «islam soft» est sans fondement. Elle est l’effet des arrangements que nos sociétés occidentales tentent de trouver pour ne pas condamner les musulmans dans leur refus d’adopter nos valeurs et de se conformer à la manière que nous avons, nous Occidentaux, de concevoir l’organisation de nos sociétés. La démocratie, et les valeurs sur lesquelles elle est fondée, est le système politique inventé par les «chrétiens», un système que les Occidentaux se croient fondés à imposer aujourd’hui aux autres civilisations.

L’islam orthodoxe est bien celui qui est conforme au Coran: mais les intellectuels musulmans modernes sont des réformateurs. Ils refusent de faire du Livre saint de l’islam une lecture «littérale», disant qu’il faut «contextualiser» le Coran» pour le dégager du contexte particulier dans lequel la parole de Dieu a été délivrée: il s’agissait d’une Arabie du septième siècle de notre ère, et le message qui a alors été délivré est à moderniser aujourd’hui en en gardant l’esprit. C’est la position par exemple d’un intellectuel comme Malek Chebel avec son ouvrage à grand succès: «Manifeste pour un islam des Lumières» où cet islamologue propose quelque vingt-sept réformes importantes. Et c’est aussi la position de Tariq Ramadan, ce brillant intellectuel si fortement médiatisé, et inutilement diabolisé, qui s’oppose à une lecture littérale du Coran. Ce prédicateur si écouté des jeunes musulmans européens écrit par exemple dans son ouvrage «L’Islam et le réveil arabe»: «l »islam est en passe à une mutation profonde imposée par l’évolution historique et le nouvel environnement politique, économique culturel et plus largement géopolitique» (page 165).

Tous les intellectuels musulmans vivant en Occident sont donc pour une réforme de l’islam tel qu’il ressort de la lecture du livre saint, mais malheureusement les foules sont et restent sous la tutelle des imams des mosquées qui s’en tiennent à cet islam rigoureux prôné par les wahhabites et les salafistes. Les réformateurs vivant en Occident sont des intellectuels et leur discours n’est pas écouté des religieux. Avec la diffusion d’ouvrages qui prônent le djihad et la mort des hérétiques on banalise donc l’islam radical et on barre la voie aux musulmans réformateurs que l’Occident aurait le plus grand intérêt à soutenir dans leur combat.

Intégrer des musulmans dans une société occidentale qui a pour fondement le christianisme est une utopie. Les musulmans tiennent à conserver leur identité, et on ne peut pas le leur reprocher.
S’agit-il d’un réflexe communautaire lié à l’échec de l’intégration ou d’un réel basculement dans l’intégrisme de toute une partie de la population?

Les musulmans appartiennent à une autre civilisation que la civilisation occidentale. Ils savent que leur civilisation a été plus forte que la nôtre dans le passé, au Moyen Âge, et on ne manque pas de le leur rappeler d’ailleurs. Par la suite, c’est notre civilisation, avec ses avancées extraordinaires aux plans scientifique et technique qui a pris le dessus. Ils nous rappellent que nous sommes allés les dominer pendant plusieurs siècles avec nos techniques et nos armes. Mais tout récemment ils sont parvenus à nous chasser des territoires que nous leur avions pris, et avec le pétrole ils disposent à présent d’une arme redoutable contre nous. Ces peuples qui considèrent que nous les avons soumis, humiliés, pillés en exploitant à notre compte leurs richesses, ont le sentiment que nous les méprisons: ils ont commencé dans la seconde moitié du XXe siècle à prendre leur revanche, et leur ressentiment à l’égard de l’Occident est très fort.

Comment veut-on donc que ces musulmans qui viennent s’installer en Europe pour des raisons de commodité et de confort aient envie de quitter sentimentalement leur monde, c’est-à-dire leur civilisation, à un moment où celle-ci prend précisément sa revanche sur la civilisation occidentale, pour devenir «traîtreusement» des «Occidentaux»? Les musulmans ont le sens de l’honneur et ils trahiraient les leurs s’ils devenaient de bons Occidentaux.

Intégrer des musulmans dans une société occidentale qui a pour fondement le christianisme est une utopie. Les musulmans tiennent à conserver leur identité, et on ne peut pas le leur reprocher. C’est bien ce que leur recommande de faire un prédicateur comme Tariq Ramadan, un prédicateur qui a le succès que l’on sait. Il ne s’agit pas tant d’une affaire de religion que d’une affaire d’identité, et tout individu est prêt à lutter très fort pour défendre son identité. Y compris en y laissant sa vie s’il le faut..

On pourrait dire de façon provocatrice que pour qu’un musulman devienne un vrai Occidental, il faut en fait qu’il se convertisse au christianisme. Certes, les Européens sont en majorité agnostiques, mais même cet agnosticisme s’est construit avec une culture et une tradition judéo-chrétienne. Il faut appréhender les problèmes d’intégration avec les approches des anthropologues, et ne pas rester sur des idées simplistes. Le Coran dit aux chrétiens qu’ils sont dans l’erreur: comment donc des musulmans adopteraient-ils les thèses de ces gens que le Prophète a ordonné de combattre? Le message antichrétien est dans le livre saint de l’islam: il ne facilite pas l’intégration des musulmans dans nos sociétés occidentales, des sociétés fondées, il ne faut pas le négliger, sur les valeurs et les traditions chrétiennes.

Voir par ailleurs:

« Timbuktu » et « L’Apôtre » plus dangereux que « Charlie » ?

VIDÉOS. L’un dénonce le djihadisme, le second décrit la conversion d’un musulman au christianisme. Certaines projections ont été annulées « par précaution ».
« L’Apôtre » raconte l’histoire d’un jeune musulman qui se convertit au christianisme. © Carron Distribution

Phalène de La Valette

Le Point

20/01/2015

« Bonsoir madame, la DGSI nous a vivement conseillé d’annuler notre soirée débat du 23 janvier autour de la projection du film L’Apôtre, devant les risques d’attentats, cette projection pouvant être vue comme une provocation pour la communauté musulmane. » Voilà le message envoyé par la salle municipale de Nantes à la réalisatrice française Cheyenne Carron, quatre jours après la marche républicaine qui avait vu des millions de Français affirmer leur attachement à la liberté d’expression au cri de « Je suis Charlie ».

Par deux fois, les projections de son film L’Apôtre, qui raconte la conversion d’un musulman au christianisme, ont été annulées. À Nantes donc, mais aussi à Neuilly (Hauts-de-Seine), où le cinéma Le Village s’est abstenu à la suite de la demande de la préfecture de police. Des mesures de précaution compréhensibles dans le contexte qui est le nôtre, mais qui entrent en contradiction avec le discours sur la liberté d’expression entendu ces jours-ci. Pourquoi, en effet, interdire à une salle de cinéma ce qu’on autorise à un journal ?

« Pour ouvrir le dialogue »

Cette différence de traitement est d’autant plus frappante que L’Apôtre est une oeuvre dont la diffusion est assez confidentielle (faute de moyens, il n’a pu être projeté que dans une poignée de salles) et beaucoup moins provocante que la plupart des dessins de Charlie Hebdo. En fait, excepté son sujet, susceptible en lui-même de faire frémir certains musulmans, le film est même foncièrement pacifiste. On y suit l’itinéraire d’Akim, jeune Français destiné à devenir imam mais interpellé un jour par le baptême du fils d’un ami chrétien. Sa conversion provoque à l’évidence des remous dans sa communauté et dans sa famille, en particulier chez son frère aîné qui ne s’explique pas ce choix vécu comme une trahison. Mais frères et soeur, père et mère, chacun chemine doucement vers une compréhension mutuelle. Tout cela est filmé tout en nuances et justesse par Cheyenne Carron, dont le travail a été salué par la presse (Le Monde, Le Figaro et même Le Canard enchaîné…).

« L’Apôtre est un film qui parle d’amour. Au lieu de l’interdire, on devrait le projeter à des chrétiens et à des musulmans », a regretté la réalisatrice, elle-même catholique. « J’ai essayé de faire un film qui permette une vraie ouverture vers l’autre et vers la différence. Il est interdit par peur, et je le comprends parfaitement parce que ce qui s’est produit chez Charlie Hebdo, c’est terrifiant. Mais on ne gagne pas des guerres par le silence et en se censurant. Même s’il y a une part de danger, il ne faut pas se priver des outils que nous avons pour ouvrir le dialogue. »

Regardez un extrait du film L’Apôtre

Nommé au césar du meilleur jeune espoir masculin, l’acteur principal, Fayçal Safi, confie quant à lui soutenir la démarche de Cheyenne Carron face à certaines critiques qui l’accusent de mettre de l’huile sur le feu : « Moi, en tant qu’acteur principal de ce film et de culture arabo-musulmane, je suis ouvert et heureux qu’on traite de sujets sensibles au cinéma. Et si cela peut faire progresser les choses, alors, tant mieux. »

Oscars

L’Apôtre n’est pas le seul film à avoir été déprogrammé à la suite des attentats. Timbuktu, le film d’Abderrahmane Sissako, sélectionné au Festival de Cannes et en lice pour les Oscars, a vu ses projections suspendues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). « Je n’ai pas reçu de menace, mais j’ai peur que ce film ne fasse l’apologie du terrorisme », avait justifié le maire de la ville Jacques-Alain Bénisti (il est revenu depuis sur sa décision et annonce une reprogrammation dans une quinzaine de jours). Coup de coeur du Point, Timbuktu est pourtant justement un vibrant plaidoyer contre l’islamisme des djihadistes, dont il montre l’horreur.

Ces micro-polémiques peuvent paraître dérisoires au regard des enjeux sécuritaires et politiques actuels. Mais elles alimentent le sentiment d’un « deux poids deux mesures » et font le miel des réseaux sociaux qui font le parallèle avec un autre film, Qu’Allah bénisse la France (également très bon), qui raconte la conversion d’un jeune de banlieue à l’islam et qui, lui, n’a pas souffert d’annulation.

Voir enfin:

La pièce Lapidée reportée après les attentats djihadistes
Claire Courbet, AFP agence
Le Figaro
21/01/2015

THÉÂTRE – Aigle Noir Productions, la société de production du drame écrit par le pasteur suisse Jean Chollet-Naguel a dû annuler sa campagne d’affichage et supprimer 27 représentations.

Les attentats de Paris ont eu des conséquences dans le monde de la musique et du cinéma mais également dans celui du théâtre. Suite aux attaques du début du mois de janvier, la pièce Lapidée ne sera finalement jouée que trois fois sur les trente séances prévues a révélé mercredi l’AFP. La campagne d’affichage qui devait débuter le 12 janvier a elle-aussi été ajournée.

Ces choix ont été faits au moment des drames. «Nous avons pris unanimement cette décision le vendredi 9 janvier, au moment de l’assaut des forces de police dans l’Aisne et à Paris contre les preneurs d’otages», a expliqué à l’AFP Claude Telliez, de la société Aigle Noir Productions.

Il explique que sa société a préféré la prudence: «La préfecture de police, contactée par un membre de la production, nous a dit que dans les circonstances, l’affichage pourrait être considéré comme une provocation».

Réactions virulentes de groupes islamistes
Les trois représentations ont eu lieu du 14 au 16 janvier au théâtre parisien le Ciné XIII. Il n’était pas possible pour la troupe d’être protégée plus longtemps. «Comme il ne s’agit pas d’un lieu public, nous ne pouvions pas être protégés dans le cadre de vigipirate, et nous devions recourir à une société de sécurité privée: c’est possible pour trois représentations mais pas pour trente» explique Claude Telliez. Le prix de chaque soirée surveillée est estimé à 360 euros par soir.

La pièce sera tout de même rejouée en 2016 à Paris selon la presse suisse. «Il ne s’agit pas d’autocensure, il s’agit de responsabilité», affirme Claude Telliez.

La pièce raconte l’histoire d’une jeune femme hollandaise, accusée d’adultère par son époux yéménite qui finit par être lapidée au Yémen. Elle a été écrite par le pasteur suisse Jean Chollet-Naguel et crée en 2013 lors du festival d’Avignon. A sa création, elle avait déjà sucité des réactions virulentes de groupes islamistes.


Je suis Charlie: Attention, un slogan peut en cacher bien d’autres ! (Who needs terrorism when you’ve got PC ?)

10 janvier, 2015
https://i1.wp.com/www.allmystery.de/dateien/rs5862,1291189852,stop_we_have_run_out_of_virgins.gifhttps://i1.wp.com/resources3.news.com.au/images/2015/01/09/1227180/194155-51b90552-97e8-11e4-a48c-65589599f0ae.jpg
http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/styles/wysiwyg_635/public/asset/images/2014/07/manifgaza3.jpg?itok=yeR4GP-xhttp://www.lemondejuif.info/wp-content/uploads/2014/07/DSCN1348.jpg
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Guevara in de rigueur keffiehFashion victims in de rigueur keffieh
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Les hommes trébuchent parfois sur la vérité, mais la plupart se redressent et passent leur chemin comme si rien ne s’était passé. Winston Churchill
Et immédiatement, le centre sacrificiel se mit à générer des réactions habituelles : un sentiment d’unanimité et de deuil. […] Des phrases ont commencé à se dire comme « Nous sommes tous Américains » – un sentiment purement fictif pour la plupart d’entre nous. Ce fut étonnant de voir l’unité se former autour du centre sacré, rapidement nommé Ground Zero, une unité qui se concrétisera ensuite par un drapeau, une grande participation aux cérémonies religieuses, les chefs religieux soudainement pris au sérieux, des bougies, des lieux saints, des prières, tous les signes de la religion de la mort. […] Et puis il y avait le deuil. Comme nous aimons le deuil ! Cela nous donne bonne conscience, nous rend innocents. Voilà ce qu’Aristote voulait dire par katharsis, et qui a des échos profonds dans les racines sacrificielles de la tragédie dramatique. Autour du centre sacrificiel, les personnes présentes se sentent justifiées et moralement bonnes. Une fausse bonté qui soudainement les sort de leurs petites trahisons, leurs lâchetés, leur mauvaise conscience. James Alison
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
A Paris comme à Falluja la guérilla vaincra! Slogan des manifestations contre la guerre en Irak (2005)
Pendant cinq ans, des musulmans français irrités ont ingurgité un régime régulier de violence ô combien “romantique” – le jihad-Intifada en Israel, le jihad-insurrection en Irak, le jihad-insurrection en Afghanistan. Quand ils ont commencé à brûler des synagogues et à molester des juifs à l’automne 2000, les médias ont dûment signalé que ces voyous étaient les produits de la “frustration” ressentie du fait des traitements des musulmans du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Leur propre gouvernement ne multipliait-il pas au même moment les imprécations contre les Américains? Les protestataires étaient on ne peut plus dans le ton. (…) Au sein des élites françaises, l’ennemi était clairement identifié: non l’slamisme ou l’slamofascisme, non les foules déchainées des banlieues parisiennes, non Saddam Hussein, non Al-Qaeda, mais les troupes britanniques et américaines en Irak. Les voitures et les bâtiments brûlés dont sont pleins les rues françaises sont le résidu intérieur du culte du jihad dont ces musulmans français ont été “drogués” par Al-Jazeera, et qui a été légitimé par une classe intellectuelle française qui a toujours eu une vision si “romantique” de la résistance sous toutes ses formes. (…) Peut-être que certains de ces journalistes, chercheurs, intellectuels et hauts fonctionnaires qui colportaient ces choses pensaient qu’elles resteraient une diversion idéologique abstraite. La France est loin de l’Irak, après tout. Mais maintenant que le militantisme s’est retourné contre l’Etat français lui-même, ils sont brusquement choqués de ce qu’ils ont semé. Nidra Poller (2005)
Nous exprimerons notre appréciation profonde de la foi musulmane qui a tant fait au long des siècles pour améliorer le monde, y compris mon propre pays. Barack Hussein Obama (Ankara, avril 2009)
Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l’islam. D’ailleurs, si l’on compte le nombre d’Américains musulmans, on voit que les Etats-Unis sont l’un des plus grands pays musulmans de la planète. Barack Hussein Obama (entretien pour Canal +, le 2 juin 2009)
Féru d’histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l’islam. Barack Hussein Obama
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (président américain, issu d’une minorité opprimée, siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
Je n’ai aucune estime pour monsieur Rushdie. J’ai lu ce qui a été publié dans la presse (des chapitres des Versets sataniques ont été publiés quelques jours plus tôt par Libération, le Nouvel Observateur et l’Evénement du jeudi, ndlr). C’est misérable. Et en règle générale, je n’ai aucune estime pour ceux qui utilisent le blasphème pour faire de l’argent. Jacques Chirac (maire de Paris, 26.02.89)
Dans le cadre du dialogue des civilisations et des cultures, il faut éviter tout ce qui anime les tensions et l’amalgame entre l’islam, qui est une grande religion respectée et respectable, et l’islamisme radical. Jacques Chirac
Suite à la parution de cette tribune, M. Redeker a fait l’objet de menaces de mort. Le MRAP les condamne avec autant de force et d’indignation qu’il a condamné les déclarations irresponsables d’un philosophe amateur de polémiques dont il croyait sans doute sortir à jamais indemne. C’est d’abord à ses propres limites que vient de se heurter Monsieur REDEKER. Preuve, s’il en était besoin, que toute forme de violence en appelle hélas d’autres en retour, parfois plus extrémistes encore. Le MRAP réclame d’une même voix la condamnation des propos provocants de M. REDEKER, sa protection contre toute atteinte physique et le châtiment des auteurs de ces inadmissibles intimidations et menaces de mort. MRAP (29.09.06)
Au printemps, le keffieh se portera en étendard : en version classique noir et blanc, en bleu indigo ou de toutes les couleurs… Magazine féminin  
La police, t’es foutue le Hamas est dans la rue! Slogan de manifestation pro-Hamas (Paris, 2009)
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, avril 2003)
Charlie Hebdo ce n’est pas mes copains. Qu’ils crèvent ! Ils ont pris des risques sur la peau des autres. En plus ils ne sont pas drôles. C’était nul l’histoire de Mahomet. Guy Bedos (2012)
 Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers. Benoit Hamon
Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l’islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation (…) De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d’une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes (…) Aujourd’hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction – il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France – . Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes qui sont au coeur de ce qu’est notre peuple. (…) Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n’y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés. Edwy Plenel (2014)
The greatest threat to liberty in France has come not from the terrorists who committed such horrific acts this past week but from the French themselves, who have been leading the Western world in a crackdown on free speech. Indeed, if the French want to memorialize those killed at Charlie Hebdo, they could start by rescinding their laws criminalizing speech that insults, defames or incites hatred, discrimination or violence on the basis of religion, race, ethnicity, nationality, disability, sex or sexual orientation. These laws have been used to harass the satirical newspaper and threaten its staff for years. Speech has been conditioned on being used “responsibly” in France, suggesting that it is more of a privilege than a right for those who hold controversial views.(…) The French, of course, have not been alone in rolling back protections on free speech. Britain, Canada and other nations have joined them. We have similar rumblings here in the United States. In 2009, the Obama administration shockingly supported Muslim allies trying to establish a new international blasphemy standard. And as secretary of state, Hillary Clinton invited delegations to Washington to work on implementing that standard and “to build those muscles” needed “to avoid a return to the old patterns of division.” Likewise, in 2012, President Obama went to the United Nations and declared that “the future must not belong to those who slander the prophet of Islam.” The future once belonged to free speech. It was the very touchstone of Western civilization and civil liberties. A person cannot really defame a religion or religious figures (indeed, you cannot defame the dead in the United States). The effort to redefine criticism of religion as hate speech or defamation is precisely what Charbonnier fought to resist. He once said that by lampooning Islam, he hoped to make it “as banal as Catholicism” for the purposes of social commentary and debate. Charbonnier died, as he pledged, standing up rather than yielding. The question is how many of those rallying in the Place de la Republique are truly willing to stand with him. They need only to look more closely at those three statues. In the name of equality and fraternity, liberty has been curtailed in France. The terrible truth is that it takes only a single gunman to kill a journalist, but it takes a nation to kill a right. Jonathan Turley
A group of core al Qaeda terrorists in Syria is planning mass casualty attacks against the West. We face a very serious level of threat that is complex to combat and unlikely to abate significantly for some time. (…) How to respond? One necessity is to accelerate and intensify the campaign against Islamic State and its 30,000 recruits. Jihad is more attractive when it is succeeding, and Islamic State has infused militant Islam with a new charisma. All the more so after President Obama announced a campaign to destroy it, began bombing, and then—very little. The desultory offensive so far may be winning more recruits for Islamic State than it is inflicting casualties. (…) The West also needs to cease its political campaign against the most effective antiterror tools. This means surveillance in particular. The same left-libertarian media who have canonized Edward Snowden and Glenn Greenwald now claim solidarity with Charlie Hebdo. Sorry. You cannot favor antiterror disarmament and then claim shock at terror successes.(…) My sharpest concern as director general of MI5 is the growing gap between the increasingly challenging threat and the decreasing availability of capabilities to address it. The dark places from where those who wish us harm can plot and plan are increasing and we need to be able to access communications and obtain relevant data on those people when we have good reason. Andrew Parker (MI5)
The incredible thing about the ongoing Kristallnacht against Denmark (and in some places, against the embassies and citizens of any Scandinavian or even European Union nation) is that it has resulted in, not opprobrium for the religion that perpetrates and excuses it, but increased respectability! A small democratic country with an open society, a system of confessional pluralism, and a free press has been subjected to a fantastic, incredible, organized campaign of lies and hatred and violence, extending to one of the gravest imaginable breaches of international law and civility: the violation of diplomatic immunity. And nobody in authority can be found to state the obvious and the necessary—that we stand with the Danes against this defamation and blackmail and sabotage. Instead, all compassion and concern is apparently to be expended upon those who lit the powder trail, and who yell and scream for joy as the embassies of democracies are put to the torch in the capital cities of miserable, fly-blown dictatorships. Let’s be sure we haven’t hurt the vandals’ feelings. You wish to say that it was instead a small newspaper in Copenhagen that lit the trail? What abject masochism and nonsense. Christopher Hitchens
Il nous faut réfléchir à ce à quoi nous sommes confrontés, et j’ai en effet déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises. C’est incroyable que la pensée que nous tenons pour sainte pousse la communauté musulmane à être une source d’inquiétude, de peur, de danger, d’assassinats et de destruction dans le monde entier. (…) Est-il possible que 1,6 milliards de personnes aient envie de tuer le reste de la population mondiale — c’est-à-dire 7 milliards – pour qu’ils puissent vivre ? Impossible ! (…) Nous avons besoin d’une révolution religieuse. Imams, vous êtes responsable devant Allah. Le monde entier, je le répète, tout le monde attend votre réaction car cette oumma est ravagée, elle est détruite, elle est perdue, et elle est perdue par nos propres mains. Abdel Fattah al-Sissi (président égyptien)
Qu’a donc fait l’Etat Islamique que Mahomet n’a-t-il pas fait lui-même ? Ahmed Harqan (talk-show de télévision populaire)
Les islamistes n’ont fait qu’appliquer la charia élémentaire. Aldo Sterone
Look at what’s happened in Mosul now – it was attacked for the last 11 years, people were murdered just because they had the wrong name and were persecuted for a long time. Since the Islamic State took over, it has become the most peaceful city in the world. Yes there are other things going wrong there… they are murdering people, I agree, but you can go from east to west of the city without fear. My family is living there at the moment and that’s what they are telling me. Dr Raied Al-Wazzan (Belfast Islamic Centre)
Je réclame un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo. Nekfeu (rappeur français, 2013)
Je ne connais pas ce rappeur. Je ne connais pas sa réputation. Mais je suis effaré qu’on appelle à brûler un journal. Surtout que cela s’est déjà passé. Ce qui me choque vraiment c’est l’opposition entre ces propos de haine et la marche de 1983. Il n’y a pas grand rapport entre le film sur la marche de 1983 et des rappeurs qui visiblement cherchent à instrumentaliser le film. Je suis stupéfait que la production du film laisse passer ça. Certains de ces rappeurs mélangent des sujets différents : ils se servent de l’anti-racisme pour défendre des thèses religieuses réactionnaires. (…) il n’y a pas que cette phrase. Quand un rappeur dit par exemple qu’il préfère une copine voilée que des filles maquillées… La marche de 1983 n’était pas une marche de filles voilées ! Et puis un autodafé, c’est littéralement un acte de foi [le terme autodafé provient du portugais « acto da fé », traduction du latin « actus fidei », « acte de foi », NDLR]. Par ailleurs, lorsqu’on nous appelle des « chiens », c’est clairement « chiens d’infidèles » que l’on veut dire. Charb
J’aimerais simplement que la production m’explique le rapport entre une marche antiraciste et fraternelle en 1983 et un chant religieux communautariste qui appelle à brûler un journal satirique antiraciste en 2013. Charb (directeur de Charlie Hebdo)
Je n’avais pas à valider les paroles. Je suis pour la liberté d’expression de tous, celles des rappeurs comme celle de Charlie Hebdo. Hugo Sélignac (producteur du film « La Marche »)
Je tiens à présenter mes sincères condoléances aux familles et proches des victimes de la tuerie sauvage qui a eu lieu aujourd’hui au siège de Charlie Hebdo. Certaines personnes malveillantes ont cru pertinent d’associer mon nom à cette horreur, en rappelant une pseudo-polémique dont j’ai fait l’objet il y a plus d’un an  (…) mes intentions de l’époque n’étaient évidemment pas de m’attaquer aux personnes sous quelque forme que ce soit, mais de me positionner en utilisant la liberté d’expression à égale provocation de celle revendiquée par le journal et ses auteurs. (…) Je dois avouer qu’en ce jour de deuil effroyable la formule en question résonne dans mon coeur avec regret, que je suis choqué et que je tiens fermement à soutenir la liberté d’expression qui m’est chère (‘§et la cohésion entre toutes les communautés qui forment notre pays. Paix et Amour. Pour de vrai. Nekfeu
Les musulmans doivent installer toutes sortes d’usines d’armement pour fabriquer tout genre d’armes en usage dans le monde ou toute invention nouvelle, même au détriment du bien-être de la nation. Cheikh Abu Bakr al-Jazairi (La Voie du musulman, avril 2014)
Le djihad a pour but de comprendre et de contenir les mécréants, ennemis de l’Islam et de la communauté musulmane. C’est un devoir pour tout musulman que tous les croyants sont appelés à accomplir (…) Par conséquent, les musulmans doivent installer toutes sortes d’usines d’armement pour fabriquer tout genre d’armes en usage dans le monde (…) les musulmans doivent aussi se perfectionner et s’améliorer dans l’art militaire défensif et offensif pour se défendre ou attaquer au moment opportun pour que le verbe de Dieu triomphe. L’hérétique : c’est le musulman qui renie sa religion, devient juif, chrétien ou athée, de son propre gré. On le somme dans un délai de trois jours pour revenir à l’Islam, s’il refuse, il sera passible de la peine de mort.  Cheikh Abu Bakr al-Jazairi (La Voie du musulman, avril 2014)
Dans le contexte actuel – des manifestations dans le monde musulman contre un film anti-islam, une ambassade américaine incendiée et des diplomates tués –, « Charlie Hebdo » fait de la pure provocation. Il joue à la fois sur la peur des Français non musulmans et sur celle des musulmans, qui craignent la stigmatisation et la prise à partie. Il est important de préciser que les récentes manifestations violentes ne concernent que quelques centaines d’individus et sont condamnées par les gouvernements, y compris ceux issus des Frères musulmans. Elles sont le fruit d’une minorité d’excités, qui ne représentent en rien l’ensemble des musulmans. Il faut se garder de tout amalgame entre cette image minoritaire et déformée de l’islam et la réalité. Or le numéro de « Charlie Hebdo » de cette semaine fait tout l’inverse et participe à l’amalgame. Le moment me semble donc particulièrement mal choisi, « Charlie Hebdo » aurait pu faire ce type de numéro dans une période plus calme. Tout ça ne v