Affaire Benalla: A Paris comme à Gaza, le théâtre de rue vaincra ! (Pallywood comes to Paris)

23 juillet, 2018

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Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Prévoyante, la ville d’Athènes entretenait à ses frais un certain nombre de malheureux […]. En cas de besoin, c’est-à-dire quand une calamité s’abattait ou menaçait de s’abattre sur la ville, épidémie, famine, invasion étrangère, dissensions intérieures, il y avait toujours un pharmakos à la disposition de la collectivité. […] On promenait le pharmakos un peu partout, afin de drainer les impuretés et de les rassembler sur sa tête ; après quoi on chassait ou on tuait le pharmakos dans une cérémonie à laquelle toute la populace prenait part. […] D’une part, on […] [voyait] en lui un personnage lamentable, méprisable et même coupable ; il […] [était] en butte à toutes sortes de moqueries, d’insultes et bien sûr de violences ; on […] [l’entourait], d’autre part, d’une vénération quasi-religieuse ; il […] [jouait] le rôle principal dans une espèce de culte.  René Girard
Il arrive que les victimes d’une foule soient tout à fait aléatoires ; il arrive aussi qu’elles ne le soient pas. Il arrive même que les crimes dont on les accuse soient réels, mais ce ne sont pas eux, même dans ce cas-là, qui joue le premier rôle dans le choix des persécuteurs, c’est l’appartenance des victimes à certaines catégories particulièrement exposées à la persécution. (…) il existe donc des traits universels de sélection victimaire (…) à côté des critères culturels et religieux, il y en a de purement physiques. La maladie, la folie, les difformités génétiques, les mutilations accidentelles et même les infirmités en général tendent à polariser les persécuteurs. (…) l’infirmité s’inscrit dans un ensemble indissociable du signe victimaire et dans certains groupes — à l’internat scolaire par exemple — tout individu qui éprouve des difficultés d’adaptation, l’étranger, le provincial, l’orphelin, le fils de famille, le fauché, ou, tout simplement, le dernier arrivé, est plus ou moins interchangeables avec l’infirme. (…) lorsqu’un groupe humain a pris l’habitude de choisir ses victimes dans une certaine catégorie sociale, ethnique, religieuse, il tend à lui attribuer les infirmités ou les difformités qui renforceraient la polarisation victimaire si elles étaient réelles. (…) à la marginalité des miséreux, ou marginalité  du dehors, il faut en ajouter une seconde, la marginalité du dedans, celle des riches et du dedans. Le monarque et sa cour font parfois songer à l’oeil d’un ouragan. Cette double marginalité suggère une organisation tourbillonnante. En temps normal, certes, les riches et les puissants jouissent de toutes sortes de protections et de privilèges qui font défaut aux déshérités. Mais ce ne sont pas les circonstances normales qui nous concernent ici, ce sont les périodes de crise. Le moindre regard sur l’histoire universelle révèle que les risques de mort violente aux mains d’une foule déchaînée sont statistiquement plus élevés pour les privilégiés que pour toute autre catégorie. A la limite ce sont toutes les qualités extrêmes qui attirent, de temps en temps, les foudres collectives, pas seulement les extrêmes de la richesse et de la pauvreté, mais également ceux du succès et de l’échec, de la beauté et de la laideur, du vice de la vertu, du pouvoir de séduire et du pouvoir de déplaire ; c’est la faiblesse des femmes, des enfants et des vieillards, mais c’est aussi la force des plus forts qui devient faiblesse devant le nombre. René Girard
La participation médiocre, les conditions de cette victoire dans le contexte du «Fillongate», puis face à un adversaire «repoussoir», dans sa fonction d’épouvantail traditionnel de la politique française, donnent à cette élection un goût d’inachevé. Les Français ont-ils jamais été en situation de «choisir»? Tandis que la France «d’en haut» célèbre son sauveur providentiel sur les plateaux de télévision, une vague de perplexité déferle sur la majorité silencieuse. Que va-t-il en sortir? Par-delà l’euphorie médiatique d’un jour, le personnage de M. Macron porte en lui un potentiel de rejet, de moquerie et de haine insoupçonnable. Son style «jeunesse dorée», son passé d’énarque, d’inspecteur des finances, de banquier, d’ancien conseiller de François Hollande, occultés le temps d’une élection, en font la cible potentielle d’un hallucinant lynchage collectif, une victime expiatoire en puissance des frustrations, souffrances et déceptions du pays. Quant à la «France d’en haut», médiatique, journalistique, chacun sait à quelle vitesse le vent tourne et sa propension à brûler ce qu’elle a adoré. Jamais une présidence n’a vu le jour sous des auspices aussi incertains. Cette élection, produit du chaos, de l’effondrement des partis, d’une vertigineuse crise de confiance, signe-t-elle le début d’une renaissance ou une étape supplémentaire dans la décomposition et la poussée de violence? En vérité, M. Macron n’a aucun intérêt à obtenir, avec «En marche», une majorité absolue à l’Assemblée qui ferait de lui un nouvel «hyperprésident» censé détenir la quintessence du pouvoir. Sa meilleure chance de réussir son mandat est de se garder des sirènes de «l’hyperprésidence» qui mène tout droit au statut de «coupable idéal» des malheurs du pays, à l’image de tous ses prédécesseurs. De la part du président Macron, la vraie nouveauté serait dans la redécouverte d’une présidence modeste, axée sur l’international, centrée sur l’essentiel et le partage des responsabilités avec un puissant gouvernement réformiste et une Assemblée souveraine, conformément à la lettre – jamais respectée – de la Constitution de 1958. Maxime Tandonnet (07.05.2017)
Dans la guerre moderne, une image vaut mille armes. Bob Simon
Pendant 24 mn à peu près on ne voit que de la mise en scène … C’est un envers du décor qu’on ne montre jamais … Mais oui tu sais bien que c’est toujours comme ça ! Entretien Jeambar-Leconte (RCJ)
Karsenty est donc si choqué que des images truquées soient utilisées et éditées à Gaza ? Mais cela a lieu partout à la télévision, et aucun journaliste de télévision de terrain, aucun monteur de film, ne seraient choqués. Clément Weill-Raynal (France 3)
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Représentants de France 2 (cités par Enderlin)
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
J’ai travaillé au Liban depuis que tout a commencé, et voir le comportement de beaucoup de photographes libanais travaillant pour les agences de presse m’a un peu troublé. Coupable ou pas, Adnan Hajj a été remarqué pour ses retouches d’images par ordinateur. Mais, pour ma part, j’ai été le témoin de pratique quotidienne de clichés posés, et même d’un cas où un groupe de photographes d’agences orchestraient le dégagement des cadavres, donnant des directives aux secouristes, leur demandant de disposer les corps dans certaines positions, et même de ressortir des corps déjà inhumés pour les photographier dans les bras de personnes alentour. Ces photographes ont fait moisson d’images chocs, sans manipulation informatique, mais au prix de manipulations humaines qui posent en elles-mêmes un problème éthique bien plus grave. Quelle que soit la cause de ces excès, inexpérience, désir de montrer de la façon la plus spectaculaire le drame vécu par votre pays, ou concurrence effrénée, je pense que la faute incombe aux agences de presse elles-mêmes, car ce sont elles qui emploient ces photographes. Il faut mettre en place des règles, faute de quoi toute la profession finira par en pâtir. Je ne dis pas cela contre les photographes locaux, mais après avoir vu ça se répéter sans arrêt depuis un mois, je pense qu’il faut s’attaquer au problème. Quand je m’écarte d’une scène de ce genre, un autre preneur de vue dresse le décor, et tous les autres suivent… Brian X (Journaliste occidental anonyme)
L’attaque a été menée en riposte aux tirs incessants de ces derniers jours sur des localités israéliennes à partir de la zone visée. Les habitants de tous les villages alentour, y compris Cana, ont été avertis de se tenir à l’écart des sites de lancement de roquettes contre Israël. Tsahal est intervenue cette nuit contre des objectifs terroristes dans le village de Cana. Ce village est utilisé depuis le début de ce conflit comme base arrière d’où ont été lancées en direction d’Israël environ 150 roquettes, en 30 salves, dont certaines ont atteint Haïfa et des sites dans le nord, a déclaré aujourd’hui le général de division Gadi Eizenkot, chef des opérations. Tsahal regrette tous les dommages subis par les civils innocents, même s’ils résultent directement de l’utilisation criminelle des civils libanais comme boucliers humains par l’organisation terroriste Hezbollah. (…) Le Hezbollah place les civils libanais comme bouclier entre eux et nous, alors que Tsahal se place comme bouclier entre les habitants d’Israël et les terroristes du Hezbollah. C’est la principale différence entre eux et nous. Rapport de l’Armée israélienne
Après trois semaines de travail intense, avec l’assistance active et la coopération de la communauté Internet, souvent appelée “blogosphère”, nous pensons avoir maintenant assez de preuves pour assurer avec certitude que beaucoup des faits rapportés en images par les médias sont en fait des mises en scène. Nous pensons même pouvoir aller plus loin. À notre avis, l’essentiel de l’activité des secours à Khuraybah [le vrai nom de l’endroit, alors que les médias, en accord avec le Hezbollah, ont utilisé le nom de Cana, pour sa connotation biblique et l’écho du drame de 1996] le 30 juillet a été détourné en exercice de propagande. Le site est devenu en fait un vaste plateau de tournage, où les gestes macabres ont été répétés avec la complaisance des médias, qui ont participé activement et largement utilisé le matériau récolté. La tactique des médias est prévisible et tristement habituelle. Au lieu de discuter le fond de nos arguments, ils se focalisent sur des détails, y relevant des inexactitudes et des fausses pistes, et affirment que ces erreurs vident notre dossier de toute valeur. D’autres nous étiquètent comme de droite, pro-israéliens ou parlent simplement de théories du complot, comme si cela pouvait suffire à éliminer les éléments concrets que nous avons rassemblés. Richard North (EU Referendum)
Lorsque les médias se prêtent au jeu des manipulations plutôt que de les dénoncer, non seulement ils sacrifient les Libanais innocents qui ne veulent pas que cette mafia religieuse prenne le pouvoir et les utilise comme boucliers, mais ils nuisent aussi à la société civile de par le monde. D’un côté ils nous dissimulent les actes et les motivations d’organisations comme le Hamas ou le Hezbollah, ce qui permet aux musulmans ennemis de la démocratie, en Occident, de nous (leurs alliés progressistes présumés) inviter à manifester avec eux sous des banderoles à la gloire du Hezbollah. De l’autre, ils encouragent les haines et les sentiments revanchards qui nourrissent l’appel au Jihad mondial. La température est montée de cinq degrés sur l’échelle du Jihad mondial quand les musulmans du monde entier ont vu avec horreur et indignation le spectacle de ces enfants morts que des médias avides et mal inspirés ont transmis et exploité. Richard Landes
S’il est trop tôt pour affirmer qu’une telle action de combat a pleinement rempli ses objectifs, une grande partie de ces objectifs ont sans nul doute été atteints. Le premier objectif atteint à ce stade est que ces marches ont rétabli le droit au retour dans la conscience palestinienne, arabe et internationale comme l’un des droits et principes importants du peuple palestinien. […] Un autre but atteint par ces marches est qu’elles ont remis la cause nationale palestinienne à l’ordre du jour international, alors que certains défaitistes prétendaient que l’agenda mondial était trop chargé et n’avait pas de place pour la cause nationale palestinienne. Ils ont essayé de l’utiliser pour promouvoir d’autres concessions. […] Je dois souligner un important objectif stratégique accompli le 14 mai. Notre peuple à Gaza a enregistré, aux yeux du monde entier, son témoignage sur le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et sur la déclaration de Jérusalem comme la capitale de l’entité d’occupation. Au nom du peuple arabe palestinien et de tous les peuples arabes et islamiques, notre peuple de Gaza a rejeté cette décision et cette démarche, par cette importante activité, en enregistrant son témoignage pour l’histoire, et en signant ce témoignage avec le sang des martyrs – notre peuple a sacrifié soixante martyrs le 14 mai, ainsi que trois mille blessés. Ils ont été utilisés pour signer le rejet de notre peuple de la décision imprudente de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. […] Notre peuple a imposé son ordre du jour au monde entier – les écrans de télévision du monde devaient présenter une image romantique de l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, mais notre peuple… a forcé le monde entier à diviser les écrans de télévision … Cette méthode [de combat] est appropriée pour cette étape, mais les circonstances peuvent changer, et nous devrons peut-être retourner à la lutte armée. Lorsque cela se produira, notre peuple, les factions et le Hamas n’hésiteront pas à utiliser tous les moyens requis par les circonstances. […] L’ennemi affirme que nous utilisons les gens comme boucliers humains et les poussons vers la clôture, mais nous disons que ces jeunes et ces hommes auraient pu choisir une autre option. Ils auraient pu faire pleuvoir des milliers de missiles sur les villes de l’occupation lorsque les États-Unis ont ouvert leur ambassade à Jérusalem. Mais ils n’ont pas choisi cette voie. Nombre d’entre eux ont quitté leurs uniformes militaires et mis leurs armes de côté. Ils ont temporairement abandonné les moyens de la lutte armée et se sont tournés vers cette merveilleuse méthode civilisée, respectée par le monde et adaptée aux circonstances actuelles. […] Notre peuple a imposé son ordre du jour au monde entier. Les écrans de télévision du monde devaient présenter une image romantique de l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, mais notre peuple, par sa conscience collective, a forcé le monde entier à diviser les écrans de télévision entre les images de fraude, de tromperie, de fausseté et d’oppression, manifestes dans la tentative d’imposer Jérusalem comme la capitale de l’Etat d’occupation, et les images d’injustice, d’oppression, d’héroïsme et de détermination, données par notre propre peuple dans ses sacrifices, le sacrifice de ses enfants comme une offrande pour Jérusalem et pour le droit au retour. […] Lorsque nous avons décidé de nous lancer dans ces marches, nous avons décidé de transformer ce qui nous est le plus cher – les corps de nos femmes et de nos enfants – en barrage pour stopper l’effondrement de la réalité arabe, un barrage qui empêche la course de nombreux Arabes vers la normalisation des liens avec l’entité spoliatrice, qui occupe notre Jérusalem, pille notre terre, souille nos lieux saints et opprime notre peuple jour et nuit. Yahya Sinwar
On Friday, the Palestinian terror group Hamas, which controls the Gaza Strip, is inaugurating what it is calling “The March of Return.” According to Hamas’s leadership, the “March of Return” is scheduled to run from March 30 – the eve of Passover — through May 15, the 70th anniversary of Israel’s establishment. According to Israeli media reports, Hamas has budgeted $10 million for the operation. Throughout the “March of Return,” Hamas intends to send thousands of civilians to the Israeli border. Hamas is planning to set up tent camps along the border fence and then, presumably, order participants to overrun it on May 15. The Palestinians refer to May 15 as “Nakba,” or Catastrophe Day. (…) what is it trying to accomplish by sending them into harm’s way? Why is the terror group telling Gaza residents to place themselves in front of the border fence and challenge Israeli security forces charged with defending Israel? The answer here is also obvious. Hamas intends to provoke Israel to shoot at the Palestinian civilians it is sending to the border. It is setting its people up to die because it expects their deaths to be captured live by the cameras of the Western media, which will be on hand to watch the spectacle. In other words, Hamas’s strategy of harming Israel by forcing its soldiers to kill Palestinians is predicated on its certainty that the Western media will act as its partner and ensure the success of its lethal propaganda stunt. Given widespread assessments that Iran is keen to start a new round of war between Israel and its terror proxies, Hamas in Gaza and Hezbollah in Lebanon, it is possible that Hamas intends for this lethal propaganda stunt to be the initial stage of a larger war. By this assessment, Hamas is using the border operation to cultivate and escalate Western hostility against Israel ahead of a larger shooting war. (…) The real issue revealed by Hamas’s planned operation — as it was revealed by the Mavi Marmara, as well as by Hamas’s military campaigns against Israel in 2014, 2011 and 2008-09 —  is not how Israel will deal with it. The real issue is that Hamas’s entire strategy is predicated on its faith that the Western media and indeed the Western left will side with it against Israel. Hamas is certain that both the media and leftist activists and politicians in Europe and the U.S. will blame Israel for Palestinian civilian casualties. And as past experience proves, Hamas is right to believe the media and leftist activists will play their assigned role. So long as the media and the left rush to indict Israel for its efforts to defend itself and its citizens against its terrorist foes, who turn the laws of war on their head as a matter of course, these attacks will continue and they will escalate. If this border assault does in fact serve as the opening act in a larger terror war against Israel, then a large portion of the blame for the bloodshed will rest on the shoulders of the Western media for empowering the terrorists of Hamas and Hezbollah to attack Israel. Caroline Glick
The video turned out to be from an art workshop which creates this health exercise annually in Gaza. The goal of the workshop is to recreate child injuries sustained in warzones so that doctors can get familiar with them and learn how to care for injured children, the owner of the workshop, Abd al-Baset al-Loulou said. Al Arabya
Dix-huit morts et au moins 1 400 blessés. La « grande marche du retour », appelée vendredi par la société civile palestinienne et encadrée par le Hamas, le long de la barrière frontalière séparant la bande de Gaza et Israël, a dégénéré lorsque l’armée israélienne a tiré à balles réelles sur des manifestants qui s’approchaient du point de passage. (…) Famille, enfants, musique, fête, puis débordements habituels de jeunes lançant des cailloux à l’armée. Lorsque les émeutiers sont arrivés à quelques centaines de mètres de la fameuse grille, les snipers israéliens sont entrés en action. L’un des garçons, « armé » d’un pneu, a été abattu d’une balle dans la nuque alors qu’il s’enfuyait. (…) Ce mouvement, qui exige le « droit au retour » et la fin du blocus de Gaza, doit encore durer six semaines. C’est long. Le gouvernement israélien compte peut-être sur l’usure des protestataires, la fatigue, le renoncement, persuadé que quelques balles en plus pourraient faire la différence. A-t-il la mémoire courte ? Selon la Torah, Moïse avait 80 ans lorsqu’a commencé la traversée du désert. Ces quarante années d’errance douloureuse sont au coeur de tous les Juifs. Espérer qu’après soixante-dix ans d’exil les Palestiniens oublient leur histoire à coups de fusil est aussi absurde que ne pas faire la différence entre une balle de 5,56 et une pierre calcaire … Le Canard enchainé (Balles perdues, 04.04.2018)
Pro-Israel organization StandWithUs has resorted to claiming Palestinians are faking injuries to garner international sympathy and supported their claims by posting videos showing « Palestinians practicing for the cameras. » The Palestinians in the video were actually practicing how to evacuate the wounded during the protest… Telesur
Oui ! Oui ! Je suis tellement heureux ! L’Afrique a gagné la Coupe du monde ! L’Afrique a gagné la Coupe du monde ! Je sais bien, je sais bien. Il faut dire que c’est l’équipe de France. Mais regardez ces gars, hein ? Regardez ces gars ! Vous n’avez pas ce bronzage en vous promenant dans le sud de la France, les mecs. La France est devenue l’équipe de rechange de l’Afrique, une fois que le Nigeria et le Sénégal ont été éliminés. Trevor Noah
Toutes les « personnes noires » du monde ont célébrité la victoire des joueurs français en raison de leur « identité africaine. (…) J’ai trouvé ces arguments bizarres de dire qu’ils ne sont pas Africains, ils sont Français. Pourquoi ne peuvent-ils pas être les deux ? Pourquoi cette réflexion binaire de devoir choisir un groupe de personnes ? Pourquoi ne peuvent-ils pas être africains ? Dans ce que je lis, pour être français, il faut effacer tout ce qui te lie à l’Afrique. Quand je dis qu’ils sont Africains, je ne le dis pas pour exclure leur identité française, mais je le fais pour les inclure et partager avec eux l’identité africaine qui est la mienne. Je leurs dis : je vous vois mes frères français d’origine africaine. Trevor Noah
I’ve lived a life where I’ve never really fitted in in any particular way. Even now, people still debate on what I am. People will say, “Oh you’re black,” And then someone will turn around and say, “No but he’s not black, he’s not black; he’s colored.” And then colored people will say “but you’re not colored.” And then when you get older it’s cool because you’ve lived everywhere and nowhere, you’ve been everyone and no one, so you can say everything and nothing, and that’s really what affects my comedy and everything that I say. And if ever this comedy thing doesn’t work out, I’ve got poverty to fall back on, and I’m pretty sure I’ll be cool there. Trevor Noah
On a beau résister à l’envie (la nécessité) de réagir aux identitaires de l’autre bord, ceux du Sud en échec qui l’affirment avec le sourire sale, on finit par y venir. Non pour verser dans le contre-argument (inutile face aux extrémistes du Net), mais parce que cela a des conséquences, consolide un déni spectaculaire au Sud et sert à habiller la joie de rancune. Car la victoire de l’équipe française à la Coupe du monde n’est pas une victoire de l’Afrique. C’est un échec de l’Afrique. L’échec des pays de ce continent à retenir leurs enfants, à les faire rêver d’autre chose que de fuir par mers et par déserts, les soutenir, les former et leur offrir la sécurité, la possibilité du succès et celle de l’hommage. Si la moitié de l’équipe algérienne de football avait été française et qu’elle avait réussi la prouesse de décrocher deux Coupes du monde, j’aurais conclu à l’échec de la France à aimer et retenir ses enfants, pas à la victoire de l’Algérie seulement. Proclamer que c’est une victoire africaine n’est pas seulement un contresens, mais aussi un déni. Cela sert à fermer les yeux sur l’état des pays au Sud, l’état de leurs démocraties. Terres des rêves chétifs, des injustices, des caricatures des régimes assassins de sens et de vies et des « pères de la nation », déshérence des élites et sécheresse des cœurs et des gazons. Où est la victoire de l’Afrique si pour réussir il faut la quitter ? Ces joueurs que l’on dit « africains » (…), que serait-il advenu d’eux chez nous au Sud, entre nous ? Répéter que c’est une victoire des immigrés et de leurs descendants est une belle chose : cela peut aider la France à voir dans l’Autre autre chose qu’une menace. Mais le répéter pour faire le procès de la France sans faire le procès des siens, de leur racisme chez nous, leur rejet de l’autre, leurs campagnes d’expulsions nocturnes dans les déserts, c’est une forme de rancune seulement. Faire la leçon de l’acceptation et de l’altérité heureuse et ses bénéfices, sans retourner contre soi ce jugement juste et sévère, est une lâcheté. Quel est l’état du migrant, son périple, ses douleurs, ses blessures et l’histoire de ses rejets entre les pays africains eux-mêmes ? Quel est l’état de nos frontières, entre nous, au Sud ? Entre le Maghreb et les pays subsahariens ? En France, ces joueurs que l’on dit « africains » ont pu finir champions du monde dans un pays qui a ses difficultés, ses peurs, ses xénophobes, ses justes et ses âmes magnifiques. Que serait-il advenu d’eux chez nous au Sud, entre nous ? « J’aurais voulu, par exemple, que l’Algérie gagne une Coupe du monde, au lieu de médire sur celle des autres et y trouver des consolations risibles à ses échecs » rajoute encore le journalMais il se trouve qu’il y avait aussi des raisons idiotes : des Italiens y voyaient, dans cette équipe, le rêve de la souche pure, l’équipe d’un pays « sans mélange », sans « races importées », sans couleurs, rêve des identitaires du vieux continent, au moment même où des Maghrébins ou d’autres y voyaient une revanche sur leur sort, une occasion de joie par l’aigreur, une vengeance presque, une leçon faite à la France. Tout le paradoxe malheureux de ceux qui n’assument pas le présent, son don et sa complexité pour rêver les uns de revanche, les autres de souche pure. La belle équipe croate se retrouva chargée d’incarner la pureté des extrêmes droites en Occident ou le contrepoids à nos défaites au Sud, nos jalousies. Autant que l’équipe de France se retrouva, pour certains, objet de fantasmes sur une Afrique où ils ne veulent pas vivre, qu’ils défendent en la quittant, qu’ils proclament glorieuse en fermant les yeux sur nos échecs. Voilà, c’est dit. Il le fallait. Il était si insupportable pour le chroniqueur de garder le silence sur cette foire des dénis et des hypocrisies. La France a gagné, elle en a été heureuse et j’aurais voulu vivre ce moment chez moi, moi aussi, grâce aux miens. Les voir réussir dans la diversité, être acclamés dans le festin des différences, sur les toits du monde, avoir un président capable de saluer les siens et de rire avec leur bonheur. J’aurais voulu, par exemple, que l’Algérie gagne une Coupe du monde, au lieu de médire sur celle des autres et y trouver des consolations risibles à ses échecs. Répéter que c’est une victoire de l’Afrique, c’est faire l’éloge de l’échec en croyant défendre la vertu, réelle et nécessaire cependant, de l’acceptation. Kamel Daoud
Dans le cas français spécialement, et européen plus largement, la colonisation a particulièrement concerné des populations de religion musulmane. Depuis la décolonisation d’une part et la fin des grands récits de l’émancipation nationaliste ou anti-impérialiste d’autre part, une forme de pensée post-coloniale s’est développée, accompagnée des désormais incontournables « études » qui vont avec dans le monde universitaire. Elle est appuyée sur une idée simple: l’homme « blanc », européen, occidental, chrétien (et juif aussi) est resté fondamentalement un colonisateur en raison de traits qui lui seraient propres, par essence en quelque sorte : raciste, impérialiste, dominateur, etc. Par conséquent, les anciens colonisés sont restés des dominés, des victimes de cet homme « blanc », européen, occidental, judéo-chrétien… À partir des années 1970, à l’occasion de la crise économique qui commence et de l’installation d’une immigration venue de ses anciennes colonies, cette manière de voir postcoloniale va peu à peu phagocyter la pensée de l’émancipation ouvrière classique et de la lutte des classes qui s’est développée depuis la Révolution industrielle et incarnée dans le socialisme notamment. La figure du « damné de la terre » va ainsi se replier sur celle de l’ancien colonisé, donc de l’immigré désormais, c’est-à-dire celui qui est différent, qui est « l’autre ». Non plus principalement à raison de sa position dans le processus de production économique ou de sa situation sociale mais de son pays d’origine, de la couleur de sa peau, de son origine ethnique puis, plus récemment, de sa religion. Et ce, précisément au moment même où de nouvelles lectures, radicalisées, de l’islam deviennent des outils de contestation des régimes en place dans le monde arabo-musulman. (…) Toute une partie de la gauche, politique, associative, syndicale, intellectuelle, orpheline du grand récit socialiste et communiste, va trouver dans le combat pour ces nouveaux damnés de la terre une nouvelle raison d’être alors qu’elle se convertit très largement aux différentes formes du libéralisme. Politique avec les droits de l’Homme et la démocratie libérale contre les résidus du totalitarisme communiste ; économique avec la loi du marché et le capitalisme financier contre l’étatisme et le keynésianisme ; culturel avec l’émancipation individuelle à raison de l’identité propre de chacun plutôt que collective. En France, la forme d’antiracisme qui se développe dans les années 1980 sous la gauche au pouvoir témoigne bien de cette évolution. À partir de là, on peut aisément dérouler l’histoire des trente ou quarante dernières années pour arriver à la situation actuelle. Être du côté des victimes et des dominés permet de se donner une contenance morale voire un but politique alors que l’on a renoncé, dans les faits sinon dans le discours, à toute idée d’émancipation collective et de transformation de la société autrement qu’au travers de l’attribution de droits individuels aux victimes et aux dominés précisément. À partir du moment où ces victimes et ces dominés sont incarnés dans la figure de « l’autre» que soi-même, ils ne peuvent en aucun cas avoir tort et tout ce qu’ils font, disent, revendiquent, devient un élément indissociable de leur identité de victime et de dominé. Dans un tel cadre, l’homme « blanc », européen, occidental, judéo-chrétien… ne peut donc jamais, par construction, avoir raison, quoi qu’il dise ou fasse. Il est toujours déjà coupable et dominateur. On retrouve là la dérive essentialiste dont on parlait plus haut. Pour toute une partie de la gauche, chez les intellectuels notamment, tout ceci est devenu une doxa. Tout questionnement, toute remise en question, toute critique étant instantanément considérée à la fois comme une mécompréhension tragique de la société, de l’Histoire et des véritables enjeux contemporains. Mais aussi comme une atteinte insupportable au Bien, à la seule et unique morale, et comme le signe d’une attitude profondément réactionnaire, raciste, « islamophobe », etc. C’est pour cette raison, me semble-t-il, que l’on retrouve aujourd’hui, dans le débat intellectuel et plus largement public, une violence que l’on avait oubliée depuis l’époque de la guerre froide. Tout désaccord, toute nuance, tout questionnement est y immédiatement disqualifié. (…) Ce qui est intéressant en l’espèce, chez ces « nouvelles » féministes – on pourrait plutôt parler de post-féminisme d’ailleurs -, c’est qu’elles enrobent leur discours de toute une rhétorique  dite « intersectionnelle » du nom du concept forgé par l’universitaire Kimberlé Crenshaw en 1993 (dans un article de la Stanford Law Review). Le but est de montrer que la lutte féministe et la lutte antiraciste peuvent se recouper pour défendre les minorités opprimées après les difficultés des mouvements identitaires des années 1970-80 à unir leurs forces (notamment après l’échec des « Rainbow Coalitions »1 et l’affaire Anita Hill/Clarence Thomas2) et à s’articuler ensuite aux revendications sociales. Or, ce qui pouvait être adapté aux Etats-Unis des années 1980-90 ne l’est pas à la France d’aujourd’hui, pour tout un ensemble de raisons qu’il serait long de détailler ici. Tout ce discours que l’on retrouve dans l’idée de convergence des luttes également ces derniers temps masque en réalité une forme de hiérarchisation implicite entre les différentes minorités à défendre. Et, comme on le constate à chaque fois, les exemples que vous citez sont très clairs : ce ne sont pas les femmes qui sont en haut de la liste, ni d’ailleurs les homosexuels. Ce qui prévaut systématiquement, y compris chez ces post-féministes, c’est l’attention à des critères identitaires de type ethno-raciaux ou religieux. Ce qui induit d’étranges alliances et de bien plus étranges contradictions encore puisque, par exemple, on retrouve des militants du progressisme des mœurs, favorables aux droits des femmes ou des homosexuels aux côtés de militants islamistes qui sont très conservateurs en matière de mœurs. Dans ce post-féminisme, on n’hésite plus désormais à parler d’émancipation de la femme à propos de jeunes filles portant le voile islamique, au prétexte qu’elles auraient librement choisi de se soumettre à des règles religieuses qui sont pourtant explicitement contraires à l’égalité entre hommes et femmes. La confusion est totale, sur le plan philosophique, entre liberté, consentement et choix. Mais aussi sur le plan politique puisque dans toute une partie de la gauche, ce genre de renversement idéologique apparaît désormais comme tout à fait normal. On en a eu récemment un exemple frappant avec l’affaire de la présidente de la section de l’Unef de Paris-Sorbonne, qui porte un voile islamique. (…) il y a un dévoiement d’une partie de la lutte antiraciste, devenue relativiste et essentialiste. Là encore, le fait que des organisations (associations, syndicats, partis) qui se réclament de la gauche, du projet progressiste, de l’émancipation collective… en viennent à adopter ou à justifier l’idée qu’on puisse se rassembler dans des réunions « non mixtes », entre « racisés », pour lutter contre le racisme, est d’une incohérence philosophique et politique totale. Si la gauche, c’est ça, alors il n’y a plus de gauche. C’est aussi simple que cela. Tout le combat historique pour l’universalisme, l’humanisme, contre le racisme, pour l’émancipation… perd son sens. Derrière de telles idées, on trouve finalement une forme de racisme brut et qui ne se cache même plus chez certains auteurs et certains militants de la mouvance dite « décoloniale » ou « indigéniste ». Je pense à Houria Bouteldja notamment dans son livre Les Blancs, les Juifs et nous paru en 2016. Ce racisme, venu du raisonnement sur la colonisation dont on parlait plus haut, conduit à rendre responsables et coupables de toutes les injustices, de toutes les discriminations et de tous les crimes… les « blancs », par un processus d’essentialisation pur et simple. De telles idées sont ultra-minoritaires, mais cela ne les rend pas moins dangereuses par le véritable terrorisme intellectuel qu’elles font peser sur toute cette gauche, sur nombre de médias notamment qui n’osent pas en révéler le caractère aussi fallacieux intellectuellement que destructeur politiquement et socialement. S’il y a un politiquement correct, c’est bien là qu’il se trouve : dans le refus non seulement de dire ce que l’on voit mais surtout de voir ce que l’on voit comme nous y incitait Péguy. Et gare à celui, surtout s’il est un « mâle blanc », qui ose ne serait-ce que constater cette dérive. Il sera immédiatement accusé d’être à son tour un « identitaire » et, évidemment, raciste, sexiste, islamophobe… Toute réalité, on n’ose même pas parler de vérité, est abolie au profit d’une vision purement idéologique qui ne fonctionne que par la terreur qu’elle fait régner. Laurent Bouvet
Aujourd’hui, ce jeune si ’brun’ auquel on demandait plus qu’au ’petit blond’ d’à côté est aux USA. Il m’a dit récemment : ’Je voudrais revoir mon prof de sixième. Celui-ci lui avait dit : ’Jamais tu n’iras au-delà de la cinquième’… Aujourd’hui, les Nations unies le sollicitent. Il a réussi sa vie, mais garde en tête ce prof ! Acteur de l’emploi
C’est toujours les mêmes métiers qui reviennent pour les filles et les mêmes métiers pour les garçons (garde d’enfants, vendeuse pour les filles, et mécanicien, plombier pour les garçons. Acteur de l’emploi
L’humoriste Yassine Belattar (…) est venu à Nantes, pour rencontrer les proches d’Aboubakar Fofana, tué le 3 juillet par un tir policier, parler aux animateurs du quartier du Breil où a eu lieu le drame, aux avocats de la famille… Sans mettre en avant sa nouvelle casquette de membre du Conseil présidentiel des villes. L’humoriste issu des banlieues franciliennes a une voix qui porte, quitte à faire grincer des dents, et il n’est pas du genre à la fermer quand un sujet lui tient à cœur. « Ça sert à quoi, sinon, d’être artiste ? » Jordan, 24 ans, habitant du Breil et  «meilleur ami» d’Aboubakar se tient à ses côtés. Ils partagent la même indignation.  « Pendant 48 heures, notre ami s’est fait traiter de voyou. Il a été insulté sur les réseaux sociaux. Des commentaires racistes se sont réjouis de sa mort ! Une double peine pour sa famille,  se désole le jeune Nantais.  « Tout ça parce que la police – via les médias- a laissé croire qu’il avait été tué dans un acte de légitime défense »,  renchérit Yassine. Ils racontent : «  Ce garçon de 22 ans vivait à Nantes depuis un an et neuf mois. Ok, il avait fait des conneries à Garges-lès-Gonesses, difficile d’y échapper quand on grandit dans l’une des banlieues les plus mal famées de France. Mais, fort d’une famille très unie, aimante, il était parti à Nantes pour se reconstruire, trouver du travail. Et il est victime d’un fait divers affreux. »  Yassine Belattar ajoute : « Je suis tombé de ma chaise quand je me suis rendu compte que le policier avait menti ! » Le drame a provoqué cinq nuits d’émeutes à Nantes : 175 voitures brûlées, une trentaine de bâtiments public et commerces dégradés ou ravagés par des incendies… Un choc pour la ville.  « En banlieue parisienne, ça aurait été bien pire, affirme Belattar.  Ici, les habitants espèrent encore dans la justice, les associations sont présentes dans des quartiers qui ne sont pas éloignés du centre-ville. Mais la violence n’est pas une solution. Ce n’est pas en brûlant une bibliothèque qu’on va faire revivre Aboubakar. Le problème des émeutes, c’est qu’au bout d’un moment, ça devient comme une espèce de jeu pour des très jeunes gens. Et dans cinq ans, à cause de ça, le gamin qui aura marqué Breil sur son CV ne va pas forcément se faire rappeler ». Ils ne veulent pas évoquer les suites judiciaires de cette affaire, pour laisser le champ aux avocats de la famille. Mais l’humoriste, confirmant que le CRS auteur du tir est d’origine maghrébine, balaie l’hypothèse d’un homicide raciste :  « Pour nous, ce n’est pas un Rebeu qui a tué un Noir. C’est un policier qui a tué un jeune. Voilà le problème. »  Jordan et lui espèrent que le « mensonge » initial du policier, provoquera un déclic,  « un renouveau »,  dans les relations devenues détestables entre les forces de l’ordre et les jeunes.  « C’est peut-être l’occasion d’ouvrir une nouvelle page. Il faut qu’ils se parlent. Qu’ils crèvent l’abcès pour de vrai. Oui, des policiers n’en peuvent plus de se faire insulter. Oui, certains peuvent friser le  burn-out . Oui, les gens des quartiers se font maltraiter, insultés eux aussi et ont peur de la police, contrairement aux gens des centres-villes, martèle l’humoriste. Ouest France
Dans les cas de crime flagrant ou de délit flagrant […], toute personne a qualité pour en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche. Code de procédure pénale (article 73)
Monsieur Alexandre BENALLA est abasourdi par l’utilisation médiatique et politique de son action du 1er mai 2018 sur deux fauteurs de trouble qui agressaient les policiers. Monsieur BENALLA, en sa qualité de chargé de mission, adjoint au chef de cabinet du Président de la République, a été invité par la DOPC de la Préfecture de police de Paris, à observer les opérations de maintien de l’ordre à l’occasion des manifestations du 1er mai, annoncées pour être particulièrement violentes. Il a été accueilli et équipé par les services de police qui lui ont assigné différentes positions. A l’occasion de cette observation, Monsieur BENALLA a pu compléter ses connaissances du maintien de l’ordre et n’avait pas vocation à intervenir personnellement sur ces opérations. Toutefois, témoin des agissements de deux individus particulièrement virulents et de l’apparent dépassement des capacités opérationnelles des policiers sur place, Monsieur BENALLA a pris l’initiative de prêter main forte au dispositif en aidant à la maîtrise de ces personnes. Cette action vigoureuse mais menée sans violence n’a causé aucune blessure. Les individus ont pu être interpellés, présentés à un officier de police judiciaire, et n’ont déposé plainte contre personne. Monsieur BENALLA a immédiatement rendu compte de de son intervention personnelle qui lui a été vivement reprochée. Il a fait l’objet d’une sanction administrative de la part de son employeur. Cette initiative personnelle de Monsieur BENALLA, qui s’inscrit dans le cadre des dispositions de l’article 73 du code de procédure pénale et n’a eu aucune conséquence pour les personnes interpellées, sert manifestement aujourd’hui à porter atteinte à la Présidence de la République dans des conditions qui défient l’entendement. Monsieur BENALLA est un serviteur de l’Etat et n’a jamais failli dans cet engagement. Il collabore pleinement avec l’institution judiciaire et appelle chacun à garder sa raison. Mes Laurent-Franck Lienard et Audrey Gadot (avocats d’Alexandre Benalla)
Ne relayer pas l’article de libération parlant de rétropédalage concernant tolbiac. Ce n’est que mensonges et calomnie. Après avoir voulu nous faire taire nous empêcher de parler, après nous avoir voulu nous intimider et nous faire peur, après nous avoir lâchés à la vindicte populaire et aux chiens fascistes, aujourd’hui ils mentent comme des arracheurs de dents pour nous discréditer. La journaliste en question a demander le contact avec les témoins ce qui lui a été refusé pour protéger les témoins qui ont rdv dans la semaine avec l’avocat. Elle a ensuite sollicité Leila qui lui a répondu qu’elle ne donnait aucune interview. Cet article est un torchon, et toute la machine politico-médiatique se met en marche contre des étudiants résistants. ON NE LÂCHERA RIEN !
hasta la victoria siempre ! Taha Bouhafs (24.04.2018)
C’est une rumeur qui a enflé depuis ce vendredi, jusqu’à prendre des proportions énormes et qui semble prendre de court aujourd’hui tous ses protagonistes. L’un d’eux, Taha Bouhafs, militant insoumis grenoblois âgé d’une vingtaine d’années est l’ex-candidat de la France insoumise aux dernières législatives en Isère. Le candidat malheureux aux élections de juin 2017 a participé au blocus de la faculté de Tolbiac et se retrouve depuis quelques jours pris sur les charbons ardents des réseaux sociaux. Le militant, qui a relayé certaines rumeurs de violence sans avoir vérifié leur véracité est aujourd’hui la cible d’une violente campagne de dénigrement. Le campus de Tolbiac, occupé par des étudiants qui militaient contre la loi ORE (qui instaure une sélection à l’entrée de l’université) depuis le 26 mars dernier, a été évacué par les CRS ce vendredi tôt dans la matinée. Si l’évacuation s’est fait dans un climat de tension, les confrontations violentes redoutées n’ont finalement pas eu lieu, malgré quelques accrochages. Pourtant, assez rapidement, une rumeur faisant état d’un blessé grave imputable à l’intervention des forces de l’ordre a été relayée sur les réseaux sociaux. Le magazine en ligne Reporterre a le premier relayé trois témoignages faisant état d’une chute grave. Des témoignages confus évoquaient tour à tour « une chute », « une flaque de sang », « un homme inanimé » gisant au sol, « un homme entre la vie et la mort », et même un décès. Problème, personne n’a réussi au bout de plusieurs jours, à mettre la main sur ce soi-disant blessé grave et la préfecture de police a démenti cette version dès ce vendredi. Face aux rumeurs de violences et au sous-entendus complotistes, Libération a finalement publié ce mardi une enquête fouillée qui démonte les rumeurs faisant état d’un blessé grave. Selon le quotidien, qui cite le magazine Reporterre, les témoins qui affirmaient avoir vu le blessé grave n’étaient pas des témoins directs et leur témoignage est infondé. Reporterre, qui a mené en interne une contre-enquête va dans le même sens et reconnaît que ces témoignages étaient « fallacieux ». Taha Bouhafs, qui était à Tolbiac au moment de l’évacuation persiste pourtant et remet en cause l’enquête de Libé. Le militant insoumis, dans un post Facebook aux accents victimaires, accuse le quotidien national de « mensonges et de calomnie ». Il assure que le contact des témoins a été « refusé » à la journaliste pour les « protéger » car ils ont « rendez-vous dans la semaine avec l’avocat ». Là aussi, Reporterre met à mal cette version et assure que l’un des prétendus témoins, qui devait rencontrer un avocat, a fait faux-bond deux fois au rendez-vous juridique… Taha Bouhafs est depuis ce mercredi ciblé sur les réseaux sociaux, par des internautes qui lui reprochent d’avoir relayé des accusations graves sans les avoir vérifiées. Il avait également affirmé dans un Tweet que « les CRS avaient épongé le sang des étudiants à l’intérieur de la Fac pour ne laisser aucune trace » (son compte Twitter est aujourd’hui protégé). (…)  le député FN Gilbert Collard a publié une vidéo de l’évacuation où on voit Taha Bouhafs face aux forces de l’ordre. Le jeune homme, visiblement à bout de nerfs, interpelle et insulte les CRS impassibles qui l’empêchent de franchir le cordon de sécurité. (…) Face au flot de critiques, le militant a publié un nouveau communiqué ce mercredi, il y assure que « l’évacuation ne s’est pas faite dans le calme » mais reconnaît ne pas avoir été « témoin direct de l’événement ». Contacté par la rédaction de France 3, Taha Bouhafs n’a pour le moment pas directement répondu à nos questions. France 3 régions
L’affaire Benalla évoque un climat nauséabond de basse police et de cabinet privé au cœur de l’Élysée. Cette privatisation de la sécurité présidentielle, avec ses dérives barbouzardes, dévoile la part d’ombre du monarchisme macronien. C’est une alerte sur la dérive de cette présidence vers un pouvoir encore plus sans partage du chef de l’État, dans une marche consulaire, avec coup de force permanent. Edwy Plenel (Mediapart)
Ce qui paraissait au départ n’être qu’une affaire subalterne de brutalité individuelle commise par un sous-fifre se change en affaire d’Etat. Pourquoi ? A cause du mensonge. Le gorille n’a pas été sanctionné, mais protégé. Sur ordre de qui, sinon du président lui-même ? Et pourquoi cette mansuétude ? On craint de comprendre : diverses sources corroborées par d’autres vidéos montre qu’Alexandre Benalla vivait en fait dans l’intimité du couple présidentiel, qu’il accompagnait le chef de l’Etat dans ses visites officielles mais aussi dans ses activités privées, au tennis, au ski ou pendant ses vacances. Pourquoi (…) s’en remettre à un affidé, alors même qu’il est sans réelle qualification et connu pour son impulsivité ? Parce que c’est un proche, qui a rendu tant de services, ou qui en sait trop ? Hypothèses redoutables… Laurent Joffrin (Libération)
Ces faits montrent « qu’il existe au ‘château’ des nervis au statut flou, chargés d’opaques sinon basses besognes. On se croirait revenu au sale temps des barbouzeries orchestrées par le SAC gaulliste. Cette découverte fissure l’image d’Emmanuel Macron, qui a toujours insisté sur l’exemplarité et l’intégrité nécessaire à sa fonction. La communication présidentielle, jusque-là parfaitement lissée, a volé en éclats. Et l’on constate que le vieux monde, rance, est toujours bien là. La tentative manifeste d’étouffer le scandale est explosive. Pourquoi ce président, qui dès son arrivée n’avait pas hésité à virer le chef d’état-major des armées pour quelques mots critiques sur le budget de la Défense, a-t-il été incapable de se défaire d’un collaborateur instable traînant déjà plusieurs casseroles ? Pourquoi l’Elysée avait-il besoin de cet homme, alors qu’il existe un service officiel pour cela, le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) ? Quelle était la relation exacte entre le candidat-puis-président Macron et cet homme qui le suivait comme son ombre ? En ne traitant pas cette affaire comme elle aurait dû l’être, l’Elysée a ouvert la boîte des mille questions légitimes, mais forcément embarrassantes. Pascal Riché (L’Obs)
Les égards et avantages dont il bénéficiait avant l’affaire témoignent tout à la fois de la grande confiance que lui accordait le chef de l’État que des tâches ambiguës dont il s’acquittait pour lui. Récent bénéficiaire d’un appartement de fonction quai Branly à Paris, Alexandre Benalla disposait également d’une voiture de fonction équipée de tous les attributs d’un véhicule de police haut de gamme. À la demande du directeur de cabinet du président de la République, il s’était également vu attribuer un badge lui donnant accès à l’ensemble des locaux de l’Assemblée nationale dont l’Hémicycle. De quoi s’interroger sur l’étendue de son champ d’action au service du président de la République. (…) Selon nos informations, c’est notamment lui qui aurait supervisé la sécurisation du Palais de l’Élysée, notamment l’installation des barrières de plots rétractables rue du Faubourg-Saint-Honoré, après avoir démontré au chef de l’État qu’un commando déterminé et aguerri pourrait mettre moins de cinq minutes à atteindre son bureau depuis la rue. De quoi mettre en porte-à-faux le commandement militaire de l’Élysée, officiellement en charge de la sécurisation du Palais. Au fil du temps, le poids et l’influence d’Alexandre Benalla à l’Élysée ont fini par agacer fortement. Notamment au sein de l’équipe officielle chargée de la protection du président, le GSPR, qui dépend du ministère de l’Intérieur. Avec Emmanuel Macron, il travaillait d’égal à égal avec l’équipe d’Alexandre Benalla. De quoi nourrir de solides inimitiés, et pas qu’avec le GSPR. Face à l’omniprésence du garde du corps du président sur le terrain et ses velléités de diriger l’ensemble des opérations, l’agacement des forces de l’ordre n’a fait que grandir. La semaine dernière encore, alors que l’équipe de France de football revenait victorieuse de sa campagne de Russie, un incident a opposé Alexandre Benalla et un gendarme sur le tarmac de l’aéroport. Décrit comme «agité et très autoritaire», il tente de prendre en main le dispositif de sécurité, jusqu’à ce qu’un gendarme lui demande qui il est. «Vous me manquez de respect», réplique-t-il alors en exhibant le pin qui atteste qu’il travaille à l’Élysée et en ajoutant: «Le préfet, je l’emmerde.» Selon plusieurs témoignages, Alexandre Benalla est coutumier de ces coups de sang. À la manière d’Emmanuel Macron, qu’il admire au-delà de tout pour avoir «disrupté» l’élection présidentielle, lui veut «disrupter» la sécurité présidentielle. Au total, ce sont quatre services différents qui s’occupent de la sécurité du président de la République. Lequel avait engagé une réflexion pour rationaliser l’ensemble. Il était notamment question de fusionner le GSPR et le commandement militaire pour former un organe de protection unique. Pour avoir participé à la réflexion et en avoir initié le chantier, Alexandre Benalla était suspecté de vouloir prendre la tête de cette sorte de secret service à la française. Une sorte de revanche pour lui, qui avait très mal vécu la fin de la campagne présidentielle en 2017. Approché par En marche! pour assurer la sécurité du candidat Macron, Alexandre Benalla recrute des gardes du corps et entre très vite dans les petits papiers du futur président. Il y a d’un côté l’équipe politique, le premier cercle de la macronie, de l’autre l’équipe sécurité, elle aussi au contact d’Emmanuel Macron quasiment 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. C’est dans cette période que se crée son lien d’amitié avec ce candidat qu’il adore. Comme beaucoup de ceux qui approchent Emmanuel Macron, il tombe en admiration devant lui. Au point d’éprouver un sentiment de dépossession lorsque l’État entre dans le jeu et dépêche des policiers du SPHP (service de protection des hautes personnalités) pour assurer sa protection. Il faut passer la main, les frictions sont nombreuses. Car les policiers observent d’un très mauvais œil les libertés que prend Emmanuel Macron avec sa sécurité personnelle. Les contraintes de l’État d’un côté, la liberté revendiquée d’un candidat de l’autre. Entre les deux, les gardes du corps privés d’Alexandre Benalla, qui cèdent tout au patron. Comme ce jour de mars 2017 à Mayotte lorsqu’Emmanuel Macron décide, malgré un retard important, de traverser une rue bondée pour tenir un meeting en plein air, alors que la nuit est déjà noire. «C’est de la folie», souffle alors un policier selon qui aucune des conditions élémentaires de sécurité n’était réunie ce soir-là. Mais pas pour les gardes du corps d’Emmanuel Macron. Ce sont d’ailleurs eux que l’on retrouve derrière le candidat, Alexandre Benalla en tête, dans l’entre-deux-tours de la campagne présidentielle lorsqu’il décide d’aller au contact des salariés de Whirlpool dont l’usine va fermer. Ils viennent de recevoir la visite de Marine Le Pen, le climat est survolté, le chaos indescriptible. Il a bien sûr été fortement recommandé à Emmanuel Macron de ne pas se rendre sur le site. «C’est pas les mecs de la sécurité qu’il faut écouter. […] Il faut prendre le risque. Il faut aller au cœur à chaque fois. Si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme Hollande. Peut-être que vous êtes en sécurité, mais vous êtes mort», lance-t-il alors à ses équipes. La prise de risque physique s’avérera payante. Ceux qui lui auront permis de le prendre en tireront profit et une solide réputation de «cow-boys». Une fois élu président de la République, Emmanuel Macron emmène Alexandre Benalla avec lui au Palais. C’est même lui qui l’accompagne le soir de son élection lors de sa grande marche à travers la cour du Louvre. Quelques jours plus tôt, c’est aussi lui qui avait joué le rôle d’Emmanuel Macron pour les repérages de la séquence. Pour ce président qui ne veut rien sacrifier de sa précieuse liberté, son garde du corps est celui qui lui permet de sortir du cadre extrêmement contraint qu’impose sa fonction. On retrouve d’ailleurs Benalla au côté du chef de l’État sur presque toutes les images disruptives qui façonnent l’image d’un président jeune et moderne, en balade à vélo au Touquet, en ski à La Mongie ou sur un terrain de foot à Marseille. Malgré la sanction disciplinaire infligée par le directeur de cabinet du président, Patrick Strzoda, après les événements du 1er Mai, Alexandre Benalla est resté jusqu’au bout dans le premier cercle. Il était notamment présent dans le bus des Bleus lors de leur descente des Champs-Élysées la semaine dernière. Le Figaro
Sous Emmanuel Macron, les deux équipes – celle du GSPR et celle d’Alexandre Benalla – travaillaient d’égal à égal, et ce dispositif a fait naître d’importantes rivalités. En théorie, les déplacements du chef de l’Etat sont protégés par les policiers et gendarmes d’élite du GSPR. Mais interrogé sur sa mission à l’Elysée, Alexandre Benalla, alors âgé de 25 ans, se vantait de gérer « toute la sécurité privée » autour du chef de l’Etat. D’après nos informations, le jeune gendarme réserviste travaillait d’ailleurs activement à une fusion des différents services en charge de la sécurité du chef de l’Etat: entre policiers et gendarmes, au sein et à l’extérieur de l’Elysée. Une sorte de « Secret Service », du nom de agents qui assurent la sécurité du président américain et la Maison-Blanche, à la française. Une idée qui devait permettre de corriger des « incohérences » dans les moyens de communication utilisés par les différents agents, et qui a été approuvé par Emmanuel Macron. Le projet a fait l’objet de plusieurs réunions au Palais, avec des annonces prévues pour le mois de septembre. Ce nouveau service cherchait par ailleurs un local, avec en tête l’actuelle salle de presse. Mais malgré l’aval présidentiel, il n’était pas du goût de tous. L’idée déplaisait notamment au ministère de l’Intérieur, croit savoir le JDD. Des éléments qui alimentent l’hypothèse selon laquelle la fuite de la vidéo, mais surtout l’identification de Benalla sur les images des violences du 1er mai, pourraient directement être liées à ces rivalités et tensions. Une question qui se pose légitimement, tant l’attitude du jeune protégé d’Emmanuel Macron semble avoir fait grincer des dents. BFMTV
Benalla voulait aller plus loin : avec d’autres, il faisait partie du comité de pilotage sur la création d’une direction de la sécurité de la présidence de la République (DSPR), destinée à chapeauter toute la protection du chef de l’État. « L’idée était de reprendre la main, de devenir autonome par rapport au GSPR, qui dépend de l’Intérieur, d’ouvrir le recrutement à des profils mieux adaptés, tout en ayant la main sur la formation. C’était un projet de la présidence, validé au plus haut niveau. » Macron en avait accepté le principe, ce qui ne plaisait guère à la Place Beauvau. « Ça ne se fera pas », avaient assuré des responsables policiers, refusant même de participer aux réunions budgétaires. De quoi attiser les rivalités. « Ce jeune de 26 ans qui recadre tout le monde ne pouvait que se créer des inimitiés dans la police », poursuit cet ami pour lequel, si les premières vidéos ont été diffusées par les réseaux de La France insoumise, l’identification ultérieure de Benalla semble signée : « Le coup vient de l’Intérieur. » Au-delà d’une sanction initiale (deux semaines de mise à pied avec suspension de salaire), de nouvelles révélations sur l’appartement de fonction qu’il s’était vu attribuer à Paris, quai Branly (là où résidait jadis Mazarine, la fille cachée de François Mitterand), sur sa Renault Talisman de fonction ou sur son confortable salaire de 7.113 euros brut mensuels posent question : pourquoi tant de faveurs? Volonté de préserver un proche qui connaît nombre de ses secrets? Dérive du système monarchique français, où le chef de l’État donne ses ordres au GSPR, à la différence du Secret service américain, qui impose ses exigences? JDD
« Sentant le vent tourner en recevant des appels de journalistes, il y a trois jours, à propos de la vidéo le mettant en cause», comme le raconte une source policière au Figaro, Alexandre Benalla, aux abois, aurait alors tenté d’allumer un contre-feu en cherchant d’autres séquences de la scène de la Contrescarpe, susceptibles, à ses yeux, de le dédouaner. Le «chargé de mission» aurait alors sollicité un contrôleur général affecté à l’état-major de la DOPC, réputé proche de lui. Ce haut fonctionnaire, dont le nom avait publiquement circulé l’hiver dernier pour le très prisé poste de directeur de la sécurité du PSG, aurait consenti à rendre ce précieux «service». Sans en avertir a priori son directeur, le contrôleur général aurait alors demandé à un jeune commissaire, lui aussi affecté à l’état-major de l’ordre public, de sélectionner la séquence. Il se trouve que ce dernier, considéré comme un fonctionnaire jusqu’ici irréprochable et très prometteur, était aussi place de la Contrescarpe ce fameux 1er Mai, avec un détachement de CRS, afin de libérer les lieux occupés par un reliquat de militants anarcho-autonomes. Sur place, il aurait même croisé Alexandre Benalla, avant de rédiger une fiche de «mise à disposition» de la personne maîtrisée. «C’est la preuve que ce commissaire n’a rien dissimulé», assure un de ses pairs dans la police, convaincu qu’«il s’est trouvé là à la mauvaise heure, au mauvais moment». «Connu comme le loup blanc des services d’ordre parisien, poursuit en off ce fonctionnaire, Benalla était aussi redouté sur le terrain en raison d’une proximité avec le chef de l’État dont il ne se cachait pas…» Le soir du 1er Mai, Alexandre Benalla s’était ainsi invité à la salle d’information et de commandement (SIC) de la DOPC, au moment où le ministre de l’Intérieur et le préfet de police étaient venus soutenir les forces après une éprouvante journée. Mais ce n’est qu’en voyant la vidéo le lendemain que le grand patron de la police parisienne a découvert qu’Alexandre Benalla avait été dans le dispositif. Après s’être exécuté, en faisant copie de la séquence de vidéoprotection demandée, le jeune commissaire l’a transmise à un officier. Lequel, au printemps dernier, est passé au grade de commandant. À la surprise de syndicats, dont l’un d’eux parle de «circonstances rocambolesques». Une promotion à laquelle s’en est ajoutée une autre, dans la foulée, puisqu’il a été bombardé «officier de liaison» à l’Élysée. Alors que le parquet de Paris a par ailleurs cosaisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, «police des polices»), les trois fonctionnaires ont été suspendus à titre conservatoire jusqu’à quatre mois, en l’absence de poursuite judiciaire. Samedi matin, ils ont cependant été placés en garde à vue pour «détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection» et «violation du secret professionnel». Face à la polémique qui enfle, Gérard Collomb a «condamné lourdement» des «agissements qui, s’ils devaient être confirmés, […] portent atteinte à l’image d’exemplarité […] de la police nationale». Depuis 48 heures, les investigations sont menées au pas de charge. Après l’audition en toute discrétion, et en qualité de témoin, jeudi, du directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, les policiers ont aussi placé en garde à vue Vincent Crase. Comme pour Alexandre Benalla, cette dernière a été prolongée de 24 heures samedi matin. Ce chef d’escadron de réserve de la gendarmerie, employé de LaREM et proche d’Alexandre Benalla, est lui aussi accusé d’avoir commis des violences sur la place de la Contrescarpe. Les enquêteurs pourraient aussi s’intéresser au «3e homme» présent à ses côtés sur les images. Il s’agit d’un major de la DOPC qui avait pour mission de l’accompagner toute la journée pendant sa «mission d’observation». De ces auditions, qui pourraient éclabousser d’autres protagonistes et les faire tomber comme dans un jeu de dominos, il ressort déjà les contours d’un curieux cercle de relations personnelles, risquant d’écorner l’image de «République exemplaire» promue au plus haut sommet de l’État. Le Figaro
« Alexandre » Benalla, 26 ans, en charge de la protection très rapprochée d’Emmanuel Macron est né en septembre 1991 dans cette ville, une arrière-cour de la banlieue parisienne. Originaire du Maroc, lui qui aurait modifié son prénom pour le franciser, n’a pas laissé le souvenir du solide gaillard aux épaules larges qu’on lui connaît après les images de l’agression commise sur un manifestant le 1er mai dernier à Paris sur la place de la Contrescarpe. (…) Mais « Ben » est ambitieux. « Il avait de l’ambition trop sans doute… Mais il lui manquait un peu d’éducation. Sans lui faire injure, il était lourdaud mais côté physique il en imposait. Même trop. C’était le robocop de l’équipe. Il fallait parfois le retenir », se souvient un réserviste qui a fait sa préparation militaire gendarmerie (PMG) avec lui. Une formation accélérée d’une centaine d’heures qui permet à des civils d’endosser l’uniforme dans la réserve opérationnelle. Il devient gendarme adjoint de réserve militaire du rang avant d’obtenir le grade de brigadier-chef et a pour responsable un certain Sébastien Lecornu, lieutenant de réserve de la gendarmerie et maire de Vernon (Eure), devenu depuis secrétaire d’État à la Transition écologique. (…) « Il ne cachait rien de ses ambitions. Il voulait briller. Il était attiré par le milieu politique, car il savait qu’il pouvait en tirer profit. Moi au bout de 8 ans, je suis toujours simple gendarme… », critique cet ancien qui a côtoyé Alexandre Benalla et qui juge « immorale » cette promotion « au grade de lieutenant-colonel ». Dans un communiqué interne, la gendarmerie indique qu’Alexandre Benalla « n’a plus été employé dans la réserve opérationnelle depuis 2015 et radié en 2017 à sa demande ». Curieusement, il a été intégré comme « spécialiste expert » de la gendarmerie et son grade de lieutenant-colonel lui a été été attribué en raison de son « niveau d’expertise ». Une promotion qui « ulcère » dans les rangs de la gendarmerie. C’est sur proposition de l’Élysée que le brigadier-chef de réserve a en effet été nommé en 2017 lieutenant-colonel de la réserve opérationnelle, la plus prestigieuse, au titre « de la sécurité des installations » sans aucune référence militaire ou universitaire reconnue ou même professionnelle. Une promotion vertigineuse surtout pour son âge. Nous on passe les concours de Saint-Cyr, d’autres l’École militaire inter-armes, ou de Polytechnique ! Au mieux on peut être colonel à 40 ans à quelques exceptions si on a réussi encore le concours de l’École de guerre. C’est plutôt vers 43/44 ans pour la plupart », s’étonne un patron de groupement de gendarmerie. Le Parisien
Ils avaient une attitude extrêmement pacifique, souriante et décontractée. Je ne suis pas certain que ces deux jeunes faisaient partie des manifestants, puis le garçon a pointé un doigt en direction des CRS, sans doute pour dire sa manière de penser sur cette charge. (…) le garçon, à mon sens, fait de la résistance passive et en même temps, il essaie de dialoguer. Naguib Michel Sidhom (photographe et ancien journaliste AFP et Monde)
Presque au contact de la ligne de CRS, on reconnaît sans difficulté les deux manifestants qui seront quelques instants plus tard interpellés par Alexandre Benalla et Vincent Crase. Ce couple, qui parle en grec et en français dans les vidéos et qui n’est pas réapparu depuis, jette alors violemment trois objets sur la ligne de CRS, qui est à quelques mètres d’eux. Juste avant que la jeune femme leur fasse un bras d’honneur. (…) Alors que le manifestant est maîtrisé et à terre, Alexandre Benalla le saisit, le relève, lui donne plusieurs coups, le jette à terre, et enfin lui adresse un violent coup de pied. Ismaël Halissat
Avec le report, à la rentrée, de la révision constitutionnelle, dont l’examen n’était que suspendu à l’Assemblée nationale, l’affaire Benalla a pris, lundi, une ampleur nouvelle car elle affecte, désormais, la mise en oeuvre des réformes voulues par le chef de l’Etat. Même si elle apparaît sage dans ce contexte d’hystérie estivale qui s’est emparée du monde politique, cette décision marque un tournant dans le quinquennat d’Emmanuel Macron. Ce n’est plus Jupiter omnipotent, mais Jupiter empêtré. Et, plus Janus que jamais, le peuple français, royaliste hier encore, se redécouvre des pulsions régicides. La verticalité du pouvoir, qu’était parvenu à rétablir le successeur de François Hollande, vacille, heurtée par les écarts de conduite d’un barbouzard. Mais ce qui doit inquiéter dans cette affaire, ce n’est pas tant ce qu’elle révélerait d’un fonctionnement – assurément perfectible – du pouvoir, c’est qu’elle relance la vieille mécanique du dénigrement. Elites et populistes, progressistes et conservateurs, tout ce que la transformation macronienne compte d’adversaires s’est coalisé en une conjuration des défaitistes, prompte à jeter le bébé avec l’eau du bain. A leurs yeux, le comportement condamnable d’un homme, et la liberté qui lui fut donnée d’agir ainsi, deviennent les symptômes d’un mal plus profond. Selon cette habitude bien française qui consiste à tirer des leçons de tout événement en toutes circonstances, l’affaire Benalla signerait la faillite d’un système et d’une politique. Il n’est qu’à écouter les sermons de Jean-Luc Mélenchon pour s’en convaincre. C’est la revanche de ceux qui ont perdu dans les urnes et dans les rues. Profiter de l’occasion pour instruire le procès du Président, de son équipe et de sa gouvernance, éreinter sa majorité certes maladroite et inexpérimentée, c’est affaiblir le redressement du pays. (…) Ce qui se joue, dans cette tempête de l’été 2018, ce n’est pas seulement une épreuve politique, dont dépendra en partie la capacité du Président à poursuivre avec autorité des réformes courageuses, c’est d’abord une bataille intellectuelle avec les forces de l’ultra-gauche. Laquelle n’hésite pas, il faut le rappeler, à user d’une grande violence dans les manifestations. C’est à cette inversion des valeurs que l’on reconnaît les glissements de l’histoire. Pour que ce triste épisode n’ouvre pas un chapitre aux populismes, les responsables politiques des formations de gouvernement feraient bien de ramener l’affaire Benalla à ce qu’elle est en réalité : un scandale d’été, pas un scandale d’Etat. Jean-François Pécresse
C’est en définitive la conséquence la plus grave de cette affaire, qui menace de ternir dans son ensemble l’action des forces de l’ordre chargées d’encadrer ces manifestations violentes. Or leur comportement lors de ces événements est, compte tenu de la situation, largement exemplaire. Seulement certains journalistes, on l’a vu avec Yann Moix à Calais, conçoivent effectivement la police comme un instrument d’État de nature essentiellement répressive et non comme une force de sécurité et de protection de la population. Dans cette mesure, ils voient dans toutes les bavures, qui sont statistiquement très rares, le signe d’une pratique générale ; ce qu’aucun élément concret ne confirme. (…) La manière dont communiquent les mouvements violents vise à présenter leurs membres comme des jeunes laissant exploser leur colère. Le phénomène serait donc spontané et passionnel. Cette violence est en réalité méthodique et renvoie à une longue tradition de pratiques dites subversives. Les partis ou groupes révolutionnaires veulent renverser l’ordre établi. Pour justifier leur propre violence il leur faut prouver que l’ordre qu’ils combattent est illégitime, qu’il est lui-même violent et injuste. Pour ce faire il leur faut exposer les forces de l’ordre à des situations où leurs concepts opérationnels deviennent inopérants et où elles sont donc amenées à commettre des erreurs et exercer la force de manière excessive ou sur des innocents. Le black block constitue un exemple typique de cette technique. Le public comprend que la police soit habilitée à faire un usage proportionnel de la force contre les manifestants violents. L’objectif du black block est donc d’attirer l’action de la police en dehors de ce cadre. Pour cela les militants ne vont pas créer une manifestation séparée mais au contraire s’immiscer au milieu des manifestants pacifiques. Les organisations ou individus non violents, mais favorables à la cause ou aux moyens d’action du black block, vont quant à eux tâcher d’empêcher l’identification des éléments violents. Par exemple en s’interposant entre le black block et la police ou encore en portant le même genre de vêtements noirs que ces derniers. Les forces de sécurité sont alors confrontées à une alternative. Soit elles agissent et prennent alors le risque de provoquer des victimes collatérales. Soit elles n’agissent pas et laissent faire les violences. En sachant que même lorsqu’elles interviennent, les techniques citées plus haut rendent impossible le rassemblement des preuves ou l’identification des auteurs. Le perfectionnement des téléphones portables a rendu possible une mise en scène de la violence policière qui consiste à capter les images des réactions policières en omettant le travail préalable de harcèlement et de provocation effectué par certains militants violents. Pour faire une guerre civile, il faut être deux. Étant donné la détermination de ces groupes violents à provoquer des incidents, on peut au contraire saluer le professionnalisme des forces de sécurité. Avec la prise vidéo systématique des interventions par les « journalistes indépendants », le petit nombre d’incidents justifiant des sanctions à l’égard des policiers montre que le portrait d’une institution violente et raciste est très éloigné de la réalité. Aussi navrante que soit l’affaire Benalla, elle ne doit pas servir de prétexte afin de discréditer le difficile travail des forces de l’ordre. Alexis Carré
Attention: un théâtre de rue peut en cacher un autre !

Au lendemain d’un couronnement ô combien fêté, saccages et pillages compris, de la diversité d’une équipe de France de football…

Présentée comme « victoire de l’Afrique » à la fois par les plus « réactionnaires » comme les plus « progressistes » …

Mais d’une Afrique que, comme le rappelle l’écrivain algérien Kamel Daoud, il faut quitter pour réussir …

Eclipsant totalement une vraie « bavure » cette fois et cinq nuits d’émeute suite à la mort apparemment accidentelle – mais à caractère non racial en ce pays où l’on vient de bouter le mot même hors de la constitution – il y a à peine trois semaines d’un délinquant multirécidiviste noir refusant une interpellation par un policier d’origine maghrébine
Les griefs n’en finissent pas de s’accumuler sur la tête, nouveau pharmakos, du garde du corps personnel de l’Elysée, pour avoir, comme le montre les images d’avant-interpellation, prêté main-forte à des policiers assaillis par des manifestants particulièrement récalcitrants et déchainés …
Et se voit même reprocher non seulement de s’être procuré, pour assurer sa défense, les images de la séquence complète de son intervention …
Mais d’avoir osé, contre l’assignation identitaire, pousser l’ambition et la volonté d’intégration lui ou sa famille jusqu’à franciser son propre prénom
Comment ne pas voir avec le chercheur Alexis Carré
La véritable banalisation, derrière tout cela, du discours anti-flics des groupuscules violents tentant non seulement d’imposer, à partir de « bavures » statistiquement très rares, le signe d’une pratique générale ?
Mais comment aussi ne pas reconnaitre …
A l’instar de la longue tradition du théâtre de rue palestinien connu sous le nom de Pallywood
Qui vient encore, selon les dires mêmes de leurs dirigeants, de « sacrifier 60 martyrs ainsi que 3 000 blessés dont « nombre d’entre eux avaient quitté leurs uniformes militaires et mis leurs armes de côté » pour « forcer le monde entier à diviser leurs écrans de télévision » …
Le véritable cas d’école que constitue cet épisode des tactiques de subversion de l’ordre établi de ces groupes …
Qui peuvent aller jusqu’à la fabrication desdites « bavures » en poussant les forces de l’ordre à la faute, y compris en se mêlant à des manifestants pacifiques plus ou moins consentants …
Pour, perfectionnement des téléphones portables aidant, finalement mettre en scène la violence policière dénoncée …
En omettant tout simplement des images desdites réactions policières tout le travail préalable de harcèlement et de provocation de la part des militants violents qui les ont motivées ?

Polémique
Affaire Benalla : bien plus qu’un fait divers, l’indicateur d’une décomposition française
Alors que la polémique médiatique se concentre sur les violences honteuses commises par Alexandre Benalla, le garde du corps d’Emmanuel Macron, Alexis Carré s’interroge sur l’identité de l’homme qui filme la scène. Taha Bouhafs, militant insoumis proche de Jean-Luc Mélenchon, est connu pour avoir déjà été présent lors de nombreuses scènes d’agitation similaire.
Atlantico
20 Juillet 2018

Atlantico.fr : L’ampleur que prend « l’affaire Benalla » vous surprend-elle ?

Alexis Carré : Les faits qui sont reprochés à ce chargé de mission de l’Élysée sont difficilement justifiables. C’est aussi le cas de la manière dont sa hiérarchie semble les avoir traités.
Il est toutefois difficile de suivre les nombreuses voix qui voudraient faire de cet incident l’illustration d’un appareil d’État globalement arbitraire, violent et inégalitaire.
Et c’est en définitive la conséquence la plus grave de cette affaire, qui menace de ternir dans son ensemble l’action des forces de l’ordre chargées d’encadrer ces manifestations violentes. Or leur comportement lors de ces événements est, compte tenu de la situation, largement exemplaire.
Seulement certains journalistes, on l’a vu avec Yann Moix à Calais, conçoivent effectivement la police comme un instrument d’État de nature essentiellement répressive et non comme une force de sécurité et de protection de la population. Dans cette mesure, ils voient dans toutes les bavures, qui sont statistiquement très rares, le signe d’une pratique générale ; ce qu’aucun élément concret ne confirme.

L’homme qui a filmé le garde du corps d’Emmanuel Macron en train de rouer de coups un manifestant est Taha Bouhafs, un militant de la France insoumise qui s’est fait déjà connaître pour de nombreuses violences lors de manifestations. Si cette vidéo est accablante pour le garde du corps d’Emmanuel Macron, ne l’est-elle pas au moins autant pour les militants insoumis qui ont provoqué les forces de l’ordre violemment ?

La manière dont communiquent les mouvements violents vise à présenter leurs membres comme des jeunes laissant exploser leur colère. Le phénomène serait donc spontané et passionnel. Cette violence est en réalité méthodique et renvoie à une longue tradition de pratiques dites subversives. Les partis ou groupes révolutionnaires veulent renverser l’ordre établi. Pour justifier leur propre violence il leur faut prouver que l’ordre qu’ils combattent est illégitime, qu’il est lui-même violent et injuste. Pour ce faire il leur faut exposer les forces de l’ordre à des situations où leurs concepts opérationnels deviennent inopérants et où elles sont donc amenées à commettre des erreurs et exercer la force de manière excessive ou sur des innocents. Le black block constitue un exemple typique de cette technique. Le public comprend que la police soit habilitée à faire un usage proportionnel de la force contre les manifestants violents. L’objectif du black block est donc d’attirer l’action de la police en dehors de ce cadre. Pour cela les militants ne vont pas créer une manifestation séparée mais au contraire s’immiscer au milieu des manifestants pacifiques. Les organisations ou individus non violents, mais favorables à la cause ou aux moyens d’action du black block, vont quant à eux tâcher d’empêcher l’identification des éléments violents. Par exemple en s’interposant entre le black block et la police ou encore en portant le même genre de vêtements noirs que ces derniers.
Les forces de sécurité sont alors confrontées à une alternative. Soit elles agissent et prennent alors le risque de provoquer des victimes collatérales. Soit elles n’agissent pas et laissent faire les violences. En sachant que même lorsqu’elles interviennent, les techniques citées plus haut rendent impossible le rassemblement des preuves ou l’identification des auteurs.

Comment se fait-il que les exactions des policiers soient si systématiquement filmées par les mêmes militants ? L’extrême gauche, d’une certaine manière, ne cherche-t-elle pas à susciter les violences pour mieux se victimiser ?

Le perfectionnement des téléphones portables a rendu possible une mise en scène de la violence policière qui consiste à capter les images des réactions policières en omettant le travail préalable de harcèlement et de provocation effectué par certains militants violents.

En somme, les insoumis ont adopté le 1er mai une stratégie proche de la guerre civile ?

Pour faire une guerre civile, il faut être deux. Étant donné la détermination de ces groupes violents à provoquer des incidents, on peut au contraire saluer le professionnalisme des forces de sécurité. Avec la prise vidéo systématique des interventions par les « journalistes indépendants », le petit nombre d’incidents justifiant des sanctions à l’égard des policiers montre que le portrait d’une institution violente et raciste est très éloigné de la réalité. Aussi navrante que soit l’affaire Benalla, elle ne doit pas servir de prétexte afin de discréditer le difficile travail des forces de l’ordre.
Voir aussi:

L’affaire Benalla, un scandale d’été, pas un scandale d’Etat
Non, l’affaire Benalla ne signe pas la faillite d’un système ou d’une politique, comme le voudraient les populistes.
Jean-Francis Pecresse
Les Echos
23/07/2018

Avec le report, à la rentrée, de la révision constitutionnelle, dont l’examen n’était que suspendu à l’Assemblée nationale, l’affaire Benalla a pris, lundi, une ampleur nouvelle car elle affecte, désormais, la mise en oeuvre des réformes voulues par le chef de l’Etat. Même si elle apparaît sage dans ce contexte d’hystérie estivale qui s’est emparée du monde politique, cette décision marque un tournant dans le quinquennat d’Emmanuel Macron.

Ce n’est plus Jupiter omnipotent, mais Jupiter empêtré . Et, plus Janus que jamais, le peuple français, royaliste hier encore, se redécouvre des pulsions régicides. La verticalité du pouvoir, qu’était parvenu à rétablir le successeur de François Hollande, vacille, heurtée par les écarts de conduite d’un barbouzard.

Conjuration des défaitistes

Mais ce qui doit inquiéter dans cette affaire, ce n’est pas tant ce qu’elle révélerait d’un fonctionnement – assurément perfectible – du pouvoir, c’est qu’elle relance la vieille mécanique du dénigrement. Elites et populistes, progressistes et conservateurs, tout ce que la transformation macronienne compte d’adversaires s’est coalisé en une conjuration des défaitistes, prompte à jeter le bébé avec l’eau du bain.

A leurs yeux, le comportement condamnable d’un homme, et la liberté qui lui fut donnée d’agir ainsi, deviennent les symptômes d’un mal plus profond. Selon cette habitude bien française qui consiste à tirer des leçons de tout événement en toutes circonstances, l’affaire Benalla signerait la faillite d’un système et d’une politique. Il n’est qu’à écouter les sermons de Jean-Luc Mélenchon pour s’en convaincre.

Le procès du Président

C’est la revanche de ceux qui ont perdu dans les urnes et dans les rues. Profiter de l’occasion pour instruire le procès du Président , de son équipe et de sa gouvernance, éreinter sa majorité certes maladroite et inexpérimentée, c’est affaiblir le redressement du pays. Bien sûr, passées la suppression de l’ISF et la réforme du Code de Travail, le bilan est incomplet les projets parfois décevants. Une grosse année après l’élection, tout reste à faire pour réduire la sphère publique pour baisser les charges, déréguler l’économie pour doper la croissance, moderniser l’organisation et le financement de la santé pour soigner mieux et moins cher, rénover les banlieues pour relancer l’ascenseur social…

Inversion des valeurs

Mais, fût-elle isolée dans un monde qui se replie sur ses frontières, la direction empruntée est la bonne. A force d’exiger toujours le meilleur, le tempérament national finit par récolter le pire. Ce qui se joue, dans cette tempête de l’été 2018, ce n’est pas seulement une épreuve politique, dont dépendra en partie la capacité du Président à poursuivre avec autorité des réformes courageuses, c’est d’abord une bataille intellectuelle avec les forces de l’ultra-gauche. Laquelle n’hésite pas, il faut le rappeler, à user d’une grande violence dans les manifestations. C’est à cette inversion des valeurs que l’on reconnaît les glissements de l’histoire. Pour que ce triste épisode n’ouvre pas un chapitre aux populismes, les responsables politiques des formations de gouvernement feraient bien de ramener l’affaire Benalla à ce qu’elle est en réalité : un scandale d’été, pas un scandale d’Etat.

Voir également:

Alexandre Benalla, gloire et chute d’un garde du corps

RÉCIT – L’ancien membre du service d’ordre d’En marche! avait pris une importance grandissante à l’Élysée, où il s’était attiré de solides inimitiés.

C’est une série de paires de baffes qui ébranle les fondements du macronisme, menace le chef de l’État et fait vaciller la République. Au fil des révélations sur celui qui les a distribuées ce mardi 1er mai place de la Contrescarpe, à Paris, Alexandre Benalla, le mystère s’épaissit sur le rôle exact du garde du corps du président de la République.

Les égards et avantages dont il bénéficiait avant l’affaire témoignent tout à la fois de la grande confiance que lui accordait le chef de l’État que des tâches ambiguës dont il s’acquittait pour lui. Récent bénéficiaire d’un appartement de fonction quai Branly à Paris, Alexandre Benalla disposait également d’une voiture de fonction équipée de tous les attributs d’un véhicule de police haut de gamme.

À la demande du directeur de cabinet du président de la République, il s’était également vu attribuer un badge lui donnant accès à l’ensemble des locaux de l’Assemblée nationale dont l’Hémicycle. De quoi s’interroger sur l’étendue de son champ d’action au service du président de la République.

À l’Élysée, les mots sont d’ailleurs pesés au trébuchet pour décrire son poste. «Il était chargé de mission rattaché au pôle chefferie du cabinet, explique un conseiller d’Emmanuel Macron. Dans ce cadre, il était en charge de la logistique et de l’organisation des déplacements du président de la République. Il assurait également l’interface entre divers services chargés de la protection du président et du Palais: le GSPR (groupe de sécurité du président de la République), le commandement militaire et la Préfecture de police. Il n’avait aucune fonction, aucune activité et aucune mission au sein du GSPR.»

Voilà pour le cadre général. Dans le détail, Alexandre Benalla était tout de même extrêmement impliqué, et de très près, dans la gestion de la sécurité du chef de l’État.

Selon nos informations, c’est notamment lui qui aurait supervisé la sécurisation du Palais de l’Élysée, notamment l’installation des barrières de plots rétractables rue du Faubourg-Saint-Honoré, après avoir démontré au chef de l’État qu’un commando déterminé et aguerri pourrait mettre moins de cinq minutes à atteindre son bureau depuis la rue. De quoi mettre en porte-à-faux le commandement militaire de l’Élysée, officiellement en charge de la sécurisation du Palais.

Au fil du temps, le poids et l’influence d’Alexandre Benalla à l’Élysée ont fini par agacer fortement. Notamment au sein de l’équipe officielle chargée de la protection du président, le GSPR, qui dépend du ministère de l’Intérieur. Avec Emmanuel Macron, il travaillait d’égal à égal avec l’équipe d’Alexandre Benalla. De quoi nourrir de solides inimitiés, et pas qu’avec le GSPR.

«Le préfet, je l’emmerde»

Face à l’omniprésence du garde du corps du président sur le terrain et ses velléités de diriger l’ensemble des opérations, l’agacement des forces de l’ordre n’a fait que grandir. La semaine dernière encore, alors que l’équipe de France de football revenait victorieuse de sa campagne de Russie, un incident a opposé Alexandre Benalla et un gendarme sur le tarmac de l’aéroport. Décrit comme «agité et très autoritaire», il tente de prendre en main le dispositif de sécurité, jusqu’à ce qu’un gendarme lui demande qui il est. «Vous me manquez de respect», réplique-t-il alors en exhibant le pin’s qui atteste qu’il travaille à l’Élysée et en ajoutant: «Le préfet, je l’emmerde.»

Selon plusieurs témoignages, Alexandre Benalla est coutumier de ces coups de sang. À la manière d’Emmanuel Macron, qu’il admire au-delà de tout pour avoir «disrupté» l’élection présidentielle, lui veut «disrupter» la sécurité présidentielle.

Au total, ce sont quatre services différents qui s’occupent de la sécurité du président de la République. Lequel avait engagé une réflexion pour rationaliser l’ensemble. Il était notamment question de fusionner le GSPR et le commandement militaire pour former un organe de protection unique. Pour avoir participé à la réflexion et en avoir initié le chantier, Alexandre Benalla était suspecté de vouloir prendre la tête de cette sorte de secret service à la française. Une sorte de revanche pour lui, qui avait très mal vécu la fin de la campagne présidentielle en 2017.

Approché par En marche! pour assurer la sécurité du candidat Macron, Alexandre Benalla recrute des gardes du corps et entre très vite dans les petits papiers du futur président. Il y a d’un côté l’équipe politique, le premier cercle de la macronie, de l’autre l’équipe sécurité, elle aussi au contact d’Emmanuel Macron quasiment 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. C’est dans cette période que se crée son lien d’amitié avec ce candidat qu’il adore. Comme beaucoup de ceux qui approchent Emmanuel Macron, il tombe en admiration devant lui. Au point d’éprouver un sentiment de dépossession lorsque l’État entre dans le jeu et dépêche des policiers du SPHP (service de protection des hautes personnalités) pour assurer sa protection. Il faut passer la main, les frictions sont nombreuses.

Sur tous les fronts

Car les policiers observent d’un très mauvais œil les libertés que prend Emmanuel Macron avec sa sécurité personnelle. Les contraintes de l’État d’un côté, la liberté revendiquée d’un candidat de l’autre. Entre les deux, les gardes du corps privés d’Alexandre Benalla, qui cèdent tout au patron. Comme ce jour de mars 2017 à Mayotte lorsqu’Emmanuel Macron décide, malgré un retard important, de traverser une rue bondée pour tenir un meeting en plein air, alors que la nuit est déjà noire. «C’est de la folie», souffle alors un policier selon qui aucune des conditions élémentaires de sécurité n’était réunie ce soir-là. Mais pas pour les gardes du corps d’Emmanuel Macron.

Ce sont d’ailleurs eux que l’on retrouve derrière le candidat, Alexandre Benalla en tête, dans l’entre-deux-tours de la campagne présidentielle lorsqu’il décide d’aller au contact des salariés de Whirlpool dont l’usine va fermer. Ils viennent de recevoir la visite de Marine Le Pen, le climat est survolté, le chaos indescriptible. Il a bien sûr été fortement recommandé à Emmanuel Macron de ne pas se rendre sur le site. «C’est pas les mecs de la sécurité qu’il faut écouter. […] Il faut prendre le risque. Il faut aller au cœur à chaque fois. Si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme Hollande. Peut-être que vous êtes en sécurité, mais vous êtes mort», lance-t-il alors à ses équipes.

La prise de risque physique s’avérera payante. Ceux qui lui auront permis de le prendre en tireront profit et une solide réputation de «cow-boys».

Une fois élu président de la République, Emmanuel Macron emmène Alexandre Benalla avec lui au Palais. C’est même lui qui l’accompagne le soir de son élection lors de sa grande marche à travers la cour du Louvre. Quelques jours plus tôt, c’est aussi lui qui avait joué le rôle d’Emmanuel Macron pour les repérages de la séquence.

Pour ce président qui ne veut rien sacrifier de sa précieuse liberté, son garde du corps est celui qui lui permet de sortir du cadre extrêmement contraint qu’impose sa fonction. On retrouve d’ailleurs Benalla au côté du chef de l’État sur presque toutes les images disruptives qui façonnent l’image d’un président jeune et moderne, en balade à vélo au Touquet, en ski à La Mongie ou sur un terrain de foot à Marseille.

Malgré la sanction disciplinaire infligée par le directeur de cabinet du président, Patrick Strzoda, après les événements du 1er Mai, Alexandre Benalla est resté jusqu’au bout dans le premier cercle. Il était notamment présent dans le bus des Bleus lors de leur descente des Champs-Élysées la semaine dernière. Comme si le chef de l’État avait fait à ses troupes la même promesse que Didier Deschamps à ses joueurs pendant la Coupe du monde: «Je vous protégerai tous un par un.» Difficile, voire impossible désormais tant l’affaire a pris de l’ampleur et menace de se retourner contre le président de la République. Lequel a dû se résoudre à engager la procédure de licenciement de son collaborateur. Non sans l’avoir eu auparavant au téléphone. Selon le JDD, Emmanuel Macron et Alexandre Benalla se sont parlé dès les débuts de l’affaire.

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Émeutes à Nantes. Yassine Belattar : « Jeunes et police doivent se parler »
Recueilli par François Chrétien
Ouest France
10/07/2018

Venu à Nantes rencontrer les proches du jeune homme tué par un tir policier, l’humoriste Yassine Belattar espère que ce drame servira à enclencher un renouveau dans les relations entre Police et quartiers.

Il est venu à Nantes, pour rencontrer les proches d’Aboubakar Fofana, tué le 3 juillet par un tir policier, parler aux animateurs du quartier du Breil où a eu lieu le drame, aux avocats de la famille… Sans mettre en avant sa nouvelle casquette de membre du Conseil présidentiel des villes. L’humoriste issu des banlieues franciliennes a une voix qui porte, quitte à faire grincer des dents, et il n’est pas du genre à la fermer quand un sujet lui tient à cœur. « Ça sert à quoi, sinon, d’être artiste ? »

« Double peine pour la famille »
Jordan, 24 ans, habitant du Breil et  «meilleur ami» d’Aboubakar se tient à ses côtés. Ils partagent la même indignation.  « Pendant 48 heures, notre ami s’est fait traiter de voyou. Il a été insulté sur les réseaux sociaux. Des commentaires racistes se sont réjouis de sa mort ! Une double peine pour sa famille,  se désole le jeune Nantais.  « Tout ça parce que la police – via les médias- a laissé croire qu’il avait été tué dans un acte de légitime défense »,  renchérit Yassine. Ils racontent : «  Ce garçon de 22 ans vivait à Nantes depuis un an et neuf mois. Ok, il avait fait des conneries à Garges-lès-Gonesses, difficile d’y échapper quand on grandit dans l’une des banlieues les plus mal famées de France. Mais, fort d’une famille très unie, aimante, il était parti à Nantes pour se reconstruire, trouver du travail. Et il est victime d’un fait divers affreux. »  Yassine Belattar ajoute : « Je suis tombé de ma chaise quand je me suis rendu compte que le policier avait menti ! »

« En Ile-de-France, ça aurait été pire »
Le drame a provoqué cinq nuits d’émeutes à Nantes : 175 voitures brûlées, une trentaine de bâtiments public et commerces dégradés ou ravagés par des incendies… Un choc pour la ville.  « En banlieue parisienne, ça aurait été bien pire, affirme Belattar.  Ici, les habitants espèrent encore dans la justice, les associations sont présentes dans des quartiers qui ne sont pas éloignés du centre-ville. Mais la violence n’est pas une solution. Ce n’est pas en brûlant une bibliothèque qu’on va faire revivre Aboubakar. Le problème des émeutes, c’est qu’au bout d’un moment, ça devient comme une espèce de jeu pour des très jeunes gens. Et dans cinq ans, à cause de ça, le gamin qui aura marqué Breil sur son CV ne va pas forcément se faire rappeler ».

« Pas un homicide raciste »
Ils ne veulent pas évoquer les suites judiciaires de cette affaire, pour laisser le champ aux avocats de la famille. Mais l’humoriste, confirmant que le CRS auteur du tir est d’origine maghrébine, balaie l’hypothèse d’un homicide raciste :  « Pour nous, ce n’est pas un Rebeu qui a tué un Noir. C’est un policier qui a tué un jeune. Voilà le problème. »  Jordan et lui espèrent que le « mensonge » initial du policier, provoquera un déclic,  « un renouveau »,  dans les relations devenues détestables entre les forces de l’ordre et les jeunes.  « C’est peut-être l’occasion d’ouvrir une nouvelle page. Il faut qu’ils se parlent. Qu’ils crèvent l’abcès pour de vrai. Oui, des policiers n’en peuvent plus de se faire insulter. Oui, certains peuvent friser le  burn-out . Oui, les gens des quartiers se font maltraiter, insultés eux aussi et ont peur de la police, contrairement aux gens des centres-villes, martèle l’humoriste.  S’il faut faire des Assises, c’est le moment. Et je suis prêt à donner un coup de main pour animer des débats. »

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Rumeurs de violence à Tolbiac : un ex-candidat de la France Insoumise en Isère pris dans la tempête

Taha Bouhafs, ex-candidat de la France Insoumise aux législatives en Isère s’est retrouvé mêlé ces derniers jours aux événements de Tolbiac et aux rumeurs de violence policière. Le militant, qui a relayé des témoignages infondés est désormais la cible d’une violente campagne de dénigrement.

FT

C’est une rumeur qui a enflé depuis ce vendredi, jusqu’à prendre des proportions énormes et qui semble prendre de court aujourd’hui tous ses protagonistes. L’un d’eux, Taha Bouhafs, militant insoumis grenoblois âgé d’une vingtaine d’années est l’ex-candidat de la France insoumise aux dernières législatives en Isère.

Le candidat malheureux aux élections de juin 2017 a participé au blocus de la faculté de Tolbiac et se retrouve depuis quelques jours pris sur les charbons ardents des réseaux sociaux. Le militant, qui a relayé certaines rumeurs de violence sans avoir vérifié leur véracité est aujourd’hui la cible d’une violente campagne de dénigrement.

Une évacuation, des rumeurs confuses

Le campus de Tolbiac, occupé par des étudiants qui militaient contre la loi ORE (qui instaure une sélection à l’entrée de l’université) depuis le 26 mars dernier, a été évacué par les CRS ce vendredi tôt dans la matinée. Si l’évacuation s’est fait dans un climat de tension, les confrontations violentes redoutées n’ont finalement pas eu lieu, malgré quelques accrochages.

Pourtant, assez rapidement, une rumeur faisant état d’un blessé grave imputable à l’intervention des forces de l’ordre a été relayée sur les réseaux sociaux. Le magazine en ligne Reporterre a le premier relayé trois témoignages faisant état d’une chute grave.

Des témoignages confus évoquaient tour à tour « une chute », « une flaque de sang », « un homme inanimé » gisant au sol, « un homme entre la vie et la mort », et même un décès. Problème, personne n’a réussi au bout de plusieurs jours, à mettre la main sur ce soi-disant blessé grave et la préfecture de police a démenti cette version dès ce vendredi.

Des témoignages « fallacieux »

Face aux rumeurs de violences et au sous-entendus complotistes, Libération a finalement publié ce mardi une enquête fouillée qui démonte les rumeurs faisant état d’un blessé grave. Selon le quotidien, qui cite le magazine Reporterre, les témoins qui affirmaient avoir vu le blessé grave n’étaient pas des témoins directs et leur témoignage est infondé. Reporterre, qui a mené en interne une contre-enquête va dans le même sens et reconnaît que ces témoignages étaient « fallacieux« .

Taha Bouhafs, qui était à Tolbiac au moment de l’évacuation persiste pourtant et remet en cause l’enquête de Libé. Le militant insoumis, dans un post Facebook aux accents victimaires, accuse le quotidien national de « mensonges et de calomnie« . Il assure que le contact des témoins a été « refusé » à la journaliste pour les « protéger » car ils ont « rendez-vous dans la semaine avec l’avocat« .

Là aussi, Reporterre met à mal cette version et assure que l’un des prétendus témoins, qui devait rencontrer un avocat, a fait faux-bond deux fois au rendez-vous juridique…

Taha Bouhafs est depuis ce mercredi ciblé sur les réseaux sociaux, par des internautes qui lui reprochent d’avoir relayé des accusations graves sans les avoir vérifiées. Il avait également affirmé dans un Tweet que « les CRS avaient épongé le sang des étudiants à l’intérieur de la Fac pour ne laisser aucune trace » (son compte Twitter est aujourd’hui protégé).

Mais le jeune homme est également pris pour cible par des commentaires injurieux, dont certains aux relents clairement racistes, d’autres appelant à la violence.

Histoire d’ajouter de l’huile sur le feu, le député FN Gilbert Collard a publié une vidéo de l’évacuation où on voit Taha Bouhafs face aux forces de l’ordre.
Le jeune homme, visiblement à bout de nerf, interpelle et insulte les CRS impassibles qui l’empêchent de franchir le cordon de sécurité.

En légende de la vidéo, le député frontiste regrette que le jeune homme « n’ait pas pris de tarte avec ou sans crème »…

« Jamais je n’ai affirmé ou même laissé croire que j’aurais été témoin de la scène »

Face au flot de critiques, le militant a publié un nouveau communiqué ce mercredi, il y assure que « l’évacuation ne s’est pas faite dans le calme » mais reconnaît ne pas avoir été « témoin direct de l’événement« .

Contacté par la rédaction de France 3, Taha Bouhafs n’a pour le moment pas directement répondu à nos questions.

Voir encore:

Blessé grave à Tolbiac: un témoin avoue avoir menti, le site «Reporterre» rétropédale

«Libération» a enquêté sur la rumeur d’un blessé grave lors de l’évacuation du campus parisien. Aucun élément ne vient l’accréditer. Mercredi, «Reporterre», qui citait trois témoins directs du «drame», va publier une enquête pour revenir sur ses premiers articles
Pauline Moullot
Libération
24 avril 2018

La rumeur finit de se dégonfler. Elle courait depuis l’évacuation de Tolbiac: un étudiant aurait chuté et serait tombé dans le coma. Malgré les démentis (de la préfecture, des hôpitaux) ce week-end, l’affirmation a continué à circuler, se nourrissant même des démentis officiels pour instiller le soupçon d’un mensonge d’Etat… Libération a enquêté. Plusieurs riverains, dont les fenêtres donnent directement sur l’endroit de la chute supposée, confirment formellement n’avoir vu ni ambulance, ni pompiers, ni chute. Nous n’avons retrouvé aucun témoin direct ayant vu la scène. Au contraire, Leïla, l’une des trois témoins principaux cités par les médias ayant accrédité cette rumeur, nous a avoué avoir menti. Le magazine en ligne Reporterre, qui a le premier relayé des témoignages faisant état d’une chute grave, nous a confirmé «après enquête» que ces témoignages ne sont pas fiables. Ils révèlent à Libération qu’ils publieront un article (publié depuis) revenant sur leur premier article. Récit d’une rumeur.

Comme nous l’expliquions dans une réponse CheckNews, des rumeurs faisant état d’un étudiant mort, puis dans le coma et gravement blessé ont commencé à circuler vendredi après-midi. Plusieurs heures déjà après l’évacuation. Tout s’emballe en milieu d’après-midi, quand le journal en ligne Reporterre publie plusieurs témoignages affirmant qu’un étudiant aurait chuté en tentant de s’enfuir: «Un baqueux lui a chopé la cheville. Ça l’a déséquilibré, et le camarade est tombé du haut du toit, en plein sur le nez. On a voulu le réanimer. Il ne bougeait pas. Du sang sortait de ses oreilles…» Un deuxième témoin aurait assisté à la scène. Et un troisième aurait vu le corps et les flaques de sang. Car, selon les étudiants, des policiers ou équipes de nettoyage de la Ville de Paris (selon les versions) auraient nettoyé des traces de sang. Problème: on ignore l’identité de la victime présumée, son état, et l’hôpital où elle aurait été transférée.

Rumeur qui persiste

Plusieurs médias reprennent ces informations: Politis relaie les témoignages de deux témoins; le Média diffuse le témoignage d’une jeune fille, Leïla, qui raconte avoir vu du sang lui sortir par les oreilles; et Marianne reprend le récit d’une responsable de l’Unef affirmant qu’un étudiant est dans le coma, avant de se corriger pour écrire «gravement blessé», puis de finalement reprendre le démenti de la préfecture.

Car au fur et à mesure de la journée, la préfecture dément à deux reprises qu’un étudiant ait été gravement blessé. L’université dit se fier au communiqué de la préfecture et affirme que ses équipes de sécurité n’ont vu aucune scène de ce genre. Le ministère de l’Intérieur confirme le démenti, mais la rumeur continue de persister. Vendredi soir, en assemblée générale sur le site de Censier à Paris-III, des étudiants affirment que la victime serait un migrant, ce qui expliquerait notamment qu’aucun proche ne se soit manifesté…

Samedi matin, Reporterre maintient son information et publie trois témoignages. Il y aurait deux témoins directs et une troisième personne ayant vu le corps à terre. Dans la foulée, SUD Santé, qui a cherché sans succès où la personne blessée aurait pu être hospitalisée, s’interroge dans un communiqué sur une «rumeur ou [un] mensonge d’Etat». «Nous savons qu’un patient a été proposé à la grande garde de neurochirurgie mais refusé parce que ne relevant pas de la chirurgie et transféré dans un autre établissement, note le syndicat sans qu’aucun lien direct ne soit établi avec Tolbiac. Les faits sont pour pour le moins troublants», conclut-il en demandant à l’APHP de «lever le voile sur cette affaire».

Samedi après-midi, c’est au tour des hopitaux de Paris de communiquer… en démentant la rumeur.

Que ce soit vendredi ou samedi, Reporterre a mis à jour ses articles au fur et à mesure. Notamment en publiant des démentis contredisant leurs témoignages, dont celui de Mao Peninou, maire adjoint chargé de la propreté de la Ville de Paris: « Nous avons mené une enquête dans nos services. Qui conclut que n’avons ni nettoyé ni repéré de taches de sang ou quoi que ce soit de ressemblant à Tolbiac ou dans ses environs.» Une témoin citée par Reporterre confirme pourtant que des traces ont été nettoyées.

Reporterre de moins en moins affirmatif

Résumons la situation en fin de week-end: d’un côté, plusieurs témoins continuent d’être cités pour affirmer qu’une personne est grièvement blessée. De l’autre, les autorités dans leur ensemble démentent formellement. Lundi matin, quand on commence à revenir à froid sur l’enquête, les étudiants et SUD AP-HP renvoient vers l’article de Reporterre. Sauf que le site, de son côté, commence à être moins sûr…

Le fondateur du site et rédacteur en chef, Hervé Kempf, explique à Libération qu’un des témoignages évoqués brièvement dans l’article publié vendredi soir, s’est révélé faux. On y lisait: «Selon un.e membre de la « Commune libre de Tolbiac » et ami.e de l’étudiant blessé, contacté.e par Reporterre, son camarade a été transporté à l’hôpital Cochin, à Paris. Le personnel hospitalier lui a confirmé l’arrivée d’un étudiant de Tolbiac, inconscient. L’étudiant, inscrit à Tolbiac, est âgé d’une vingtaine d’années. Il est membre de la Commune libre.» Sauf que «l’ami», n’a plus jamais répondu aux sollicitations de Reporterre. «Peu après, on a eu le démenti de SUD Santé [disant n’avoir aucune confirmation d’une hospitalisation, ndlr] et on l’a publié à la suite.» Hervé Kempf explique avoir conservé l’article en l’état, sans le retirer et en publiant les démentis au fur et à mesure, dans un souci de transparence. «S’il s’avère que les témoignages ne sont pas fiables, on le dira», prévient-il alors.

Libération a cherché à entrer en contact avec les autres témoins cités. En vain. Il s’avère que le témoin clé, Désiré dans l’article de Reporterre, est injoignable: il protégerait son identité. Le deuxième témoin, selon la Commune libre de Tolbiac, serait beaucoup plus difficile à joindre, dit-on sur un ton un peu embarrassé. A mi-mots, on nous concède que sa fiabilité commence à être mise en doute. Quant au troisième témoin de Reporterre, celui qui a vu la flaque, les étudiants ignorent qui il est. On apprendra par la suite qu’il s’agit de Leïla, l’étudiante qui racontait au Média que «la première chose qu’on a vue […], c’est un gars devant les grilles, la tête complètement explosée, une flaque de sang énorme». Contactée par Libération, elle reconnaît pourtant avoir menti… tout en continuant d’affirmer qu’il y a bien eu un blessé grave. Mais elle ne l’a pas vu : «Je ne suis pas un témoin visuel. Les témoins ne veulent pas parler aux médias, c’est pourquoi nous relatons les faits.» 

Flaque de sang nettoyée ?

La rumeur s’appuie donc finalement sur deux témoins… introuvables. Un avocat aurait été contacté, mais n’aurait finalement pas pris le dossier. Impossible de le contacter aussi. Des riverains auraient-ils pu assister à la scène? On nous parle d’une passante qui, dans un bus, aurait aperçu un camion de pompiers… Les étudiants ont mis sur pied une équipe d’enquête, qui n’a en fait rien de plus que les témoignages. Ni vidéo, ni photos…

Une enquête de voisinage a été menée par Libération dans l’immeuble qui donne sur la rue Baudricourt (où auraient eu lieu les faits) et les fameux parapets de l’université. Six riverains, réveillés au moment de l’évacuation et qui l’ont regardée par leurs fenêtres, assurent formellement n’avoir ni vu, ni entendu aucune ambulance, camion de pompiers ou gyrophare. Personne non plus nettoyant d’éventuelles flaques de sang.

Contacté par Libération, mardi soir, Reporterre a affirmé avoir fini son enquête. Et en conclut donc que les témoignages cités dans leurs précédents articles n’étaient pas fiables. Les journalistes «n’arrivent pas à remettre la main» sur les témoins, et Désiré, «qui avait pourtant tout consigné dans un récit écrit très cohérent» (qui sera publié sur le site mercredi matin), a fait deux fois faux bond à l’avocat contacté par les étudiants. Le journal en ligne explique donc qu’il reviendra sur cette enquête, «en expliquant le contexte de l’intervention, avec des étudiants choqués, dans un état d’excitation, de peur et de colère», dans un article finalement publié mardi soir.

Vendredi, à l’aube, les CRS ont débarqué dans l’université occupée. Une opération «sans incident» pour les autorités, mais les étudiants parlent de matraques et de blessures.

Voir par ailleurs:

Incidents après la victoire des Bleus : deux morts, des heurts et 292 gardes à vue

V.F. avec AFP
Le Parisien
16 juillet 2018

La célébration de la victoire des Bleus a été endeuillée par deux accidents mortels et marquée par de nombreux incidents à Paris et en province.

La victoire des Bleus en finale de la Coupe du monde de football, dimanche, à Moscou, a été endeuillée par deux accidents mortels, dans l’Oise et en Haute-Savoie. Lors de cette soirée, des heurts opposant notamment forces de l’ordre et « casseurs » ont également éclaté dimanche à Paris et en régions, en marge des rassemblements festifs célébrant la victoire française.

Un total de 292 personnes ont été placées en garde à vue dans toute la France, selon le bilan établi lundi par le ministère de l’Intérieur. Quarante-cinq policiers et gendarmes ont été blessés au cours d’incidents mais aucun ne l’a été gravement, a précisé le porte-parole du ministère.

Quand les Champs-Elysées explosent de joie au coup de sifflet final Deux accidents mortels. La victoire des Bleus a été endeuillée par plusieurs accidents graves, dont deux mortels. A Annecy (Haute-Savoie), un quinquagénaire s’est tué en plongeant dans un canal, dans une trop faible profondeur d’eau. A Saint-Félix (Oise), un automobiliste qui faisait la fête tout en conduisant est mort après avoir encastré sa voiture dans un platane.

Trois enfants, âgés de 3 et 6 ans, ont été gravement blessés après avoir été percutés par une moto à Frouard (Meurthe-et-Moselle).

A Toul (Meurthe-et-Moselle), un policier a été blessé dans une échauffourée et un spectateur touché par l’explosion d’un pétard, selon L’Est Républicain.

A Aubenas (Ardèches), trois piétons marchant sur le trottoir ont été heurtés par un automobiliste, rapporte le Dauphiné. Très légèrement blessés, ils ont été transportés au centre hospitalier.

A La Flèche (Sarthe), une femme a été blessée et hospitalisée dimanche soir après avoir chuté de la plateforme d’un pick-up explique Ouest France.

Des blessés et 102 interpellations à Paris. 102 personnes ont été interpellées dimanche soir à Paris, et 90 d’entre elles placées en garde à vue, a annoncé lundi le préfet de police de Paris. De nombreux blessés sont à déplorer.

« Compte tenu de la foule présente et malgré des débordements inacceptables, on doit enregistrer un bilan mesuré », a souligné le préfet Michel Delpuech, lors d’une conférence de presse.

Ailleurs en Ile-de-France, 24 voitures ont brûlé dans le département de la Seine-Saint-Denis et la fête a été gâchée en Essonne (voitures de police caillassées, affrontements entre bandes et incendies en série). Des voitures ont également brûlé en Seine-et-Marne et dans le Val-de-Marne. Une cinquantaine de personnes ont été interpellées ce week-end dans le Val-d’Oise.

Trente interpellations après les violences à Lyon. Les forces de l’ordre ont interpellé 30 personnes dimanche soir à Lyon après les violences, vols et échauffourées.

Parmi elles, 18 ont été placées en garde à vue pour des « vols » par effraction après le saccage, notamment, d’une boutique de vêtements Lacoste et d’une vitrine du grand magasin Le Printemps au centre-ville.

Les 12 autres sont mises en cause pour des « violences » et « jets de projectiles » sur les forces de l’ordre, ces affrontements sur la presqu’île et dans le quartier de la Guillotière ayant fait 11 blessés légers parmi les 360 gendarmes et policiers mobilisés pour encadrer la soirée.

Le Drugstore des Champs-Elysées pillé par des casseurs. Dans la capitale, une trentaine de casseurs ont pénétré avant 22 heures dans le Drugstore Publicis des Champs-Elysées, pillant notamment bouteilles de vin ou de champagne, avant d’être dispersés par les forces de l’ordre qui se sont ensuite employées à protéger l’entrée du magasin. Au moins deux autres supérettes ont également fait l’objet de pillages.

Champs-Elysées : des casseurs pillent le Drugstore Publicis Des échauffourées ont éclaté sporadiquement sur la prestigieuse avenue entre forces de l’ordre et groupes de « casseurs », les gaz lacrymogènes répondant aux jets de bouteilles ou de chaises. L’avenue s’est progressivement vidée des centaines de milliers fêtards qui y ont célébré la victoire des Bleus dès le coup de sifflet final. Vers 23 h 30, les forces de l’ordre ont fait usage d’engins lanceurs d’eau pour disperser les derniers fauteurs de troubles.

Deux hommes grièvement blessés à Paris. Un homme a reçu un violent coup de casque lors d’une rixe survenue vers 21 h 10 à proximité des Champs-Elysées. Il a été hospitalisé dans un état grave, selon une source policière.

Un peu plus tard dans la soirée, vers 23 h 30, le conducteur d’un scooter, sans saque, s’est engagé à contresens de la circulation sur le boulevard périphérique extérieur au niveau de la porte de Champerret dans le 17e arrondissement rapporte Le Point. Le pilote a heurté de plein fouet une automobile puis un deux-roues. Il a été transporté dans un état critique vers l’hôpital du Kremlin-Bicêtre dans le Val-de-Marne.

Ailleurs en Ile-de-France, quelque 24 voitures ont brûlé en Seine-Saint-Denis et de nombreux incidents ont gâché la fête en Essonne (voitures de police caillassées, affrontements entre bandes, incendies en série). Des voitures ont également brûlé en Seine-et Marne et dans le Val-de-Marne. Une cinquantaine de personnes ont été interpellées ce week-end dans le Val-d’Oise.

Incidents à Marseille. Plusieurs incidents ont éclaté, notamment autour du Vieux-Port et de la fan zone. « ll y a eu de nombreux jets de projectiles, deux membres des forces de l’ordre ont été blessés, et 10 personnes ont été interpellées », a rapporté un porte-parole de la police. Peu avant 23 heures, la situation était redevenue calme.

A Nantes, sept personnes ont été interpellées dimanche soir pour notamment des jets de projectiles sur les forces de l’ordre quai de Turenne indique une journaliste de Presse Océan sur Twitter.

A Ajaccio, des échauffourées ont éclaté après le coup de sifflet final entre des supporteurs de l’équipe de France qui fêtaient la victoire et des personnes affirmant soutenir la Croatie, ont rapporté les pompiers et les services de la préfecture. Il n’y a pas eu de blessés.

A Strasbourg ou à Rouen, des heurts sporadiques ont opposé des jeunes aux forces de l’ordre, les gaz lacrymogènes répondant aux jets de projectiles. Sept personnes ont été interpellées à Rouen, a rapporté la préfecture.

Voir de plus:

« L’Afrique a gagné la Coupe du monde ! » : La blague raciste de Trevor Noah dans « The Daily Show »
Florian Guadalupe
Téléstar
17 Juillet 2018

Une blague très douteuse. Hier soir, dans « The Daily Show », un late show américain de la chaîne Comedy Central, l’animateur Trevor Noah a commenté la victoire de l’équipe de France à la Coupe du monde de football en Russie. Après avoir diffusé un zapping des réactions médiatiques au sacre des joueurs tricolores, le présentateur s’est amusé à assimiler les joueurs menés par Didier Deschamps à des Africains.

« Vous n’avez pas ce bronzage dans le sud de la France »

« Oui ! Oui ! Je suis tellement heureux ! L’Afrique a gagné la Coupe du monde ! L’Afrique a gagné la Coupe du monde !« , a chanté Trevor Noah, en croisant les bras, clin d’oeil au film « Black Panther », et geste notamment repris par la communauté afro-américaine. Il a ensuite poursuivi en montrant les joueurs tricolores titulaires lors de la finale contre la Croatie : « Je sais bien, je sais bien. Il faut dire que c’est l’équipe de France. Mais regardez ces gars, hein ? Regardez ces gars !« . Et d’enchaîner : « Vous n’avez pas ce bronzage en vous promenant dans le sud de la France, les mecs. La France est devenue l’équipe de rechange de l’Afrique, une fois que le Nigeria et le Sénégal ont été éliminés« . puremedias.com vous propose de visionner la séquence.

En Italie, les réseaux sociaux ont été le réceptacle de nombreux propos racistes envers l’équipe de France, victorieuse. « Ce n’est pas la France qui a gagné, c’est l’Afrique« , a par exemple titré « La Repubblica », citant un commentaire lu sur les réseaux sociaux, dans un article les dénonçant. Dans le journal le plus vendu du pays, le « Corriere della Sera », un journaliste a tenu pour sa part des propos douteux : « Une équipe pleine de champions africains mélangés à de très bons joueurs blancs face à une équipe seulement de blancs d’un pays au centre de trois grandes écoles de football, celle slave, allemande et italienne.« 

« C’est l’Afrique qui a gagné »

Auparavant, le président vénézuélien avait déjà dérapé après le sacre des Bleus, en déclarant : « L’équipe de France ressemblait à l’équipe d’Afrique, en vrai, c’est l’Afrique qui a gagné (…) L’Afrique a tellement été méprisée et dans ce mondial, la France gagne grâce aux joueurs africains ou fils d’Africains

Voir aussi:

« Honteux » : Nagui réagit au dérapage raciste de Trevor Noah sur l’Équipe de France
Clément Garin
Téléstar
19 juillet 2018

L’animateur de Tout le monde veut prendre sa place et N’oubliez pas les paroles a réagi à la blague douteuse faite par l’animateur américain Trevor Noah, affirmant que l’Afrique avait remporté la Coupe du monde.

Trevor Noah se croyait-il vraiment drôle en annonçant l’Afrique gagnante de la Coupe du monde ? En voulant faire une « blague », l’animateur américain a provoqué une vive polémique en France. Sur le plateau du Daily Show, Trevor Noah a félicité les joueurs de l’Équipe de France tout en les ramenant honteusement à leurs origines : « Je sais que ce sont les joueurs de l’équipe de France, mais regardez ces gars-là ».

Très vite, le sketch a fait le tour du monde, et l’animateur doit aujourd’hui faire face à une véritable volée de bois vert sur les réseaux sociaux. Accusé de racisme par des centaines de milliers d’internautes, Trevor Noah a même fait réagir Nagui. Très fan des Bleus, qu’il est allé supporté durant toute la Coupe du monde en Russie, l’animateur de N’oubliez pas les paroles et de Tout le monde veut prendre sa place a commenté ce dérapage sur Twitter : « Honteux et surtout pas drôle ».

Benjamin Mendy répond aux tweets racistes

Reste à savoir quelle suite va être donnée à ce dérapage aux États-Unis. L’animateur réagira-t-il de lui-même à la polémique ? La chaîne Comedy Central va-t-elle, de facto, s’en mêler ? Depuis plusieurs jours, les Bleus champions du monde font face à de nombreux commentaires racistes sur les réseaux sociaux, poussant même Benjamin Mendy à répondre à SPORF avec un tweet liké près de 150 000 fois.

Voir également:

Trevor Noah répond à la polémique qu’il a lancée sur la victoire des Bleus : « C’est le miroir du colonialisme de la France »
Clément Garin
Téléstar
19 juillet 2018

Il y a quelques jours, l’animateur américain Trevor Noah félicitait « les Africains » d’avoir remporté la Coupe du monde. Une blague douteuse qu’il a tenté d’expliquer ce mercredi sur le plateau du Daily Show.

La polémique ne désemplit pas. Lundi dernier, sur le plateau du Daily Show, l’animateur vedette Trevor Noah évoquait la victoire des Bleus à la Coupe du monde en félicitant les « Africains » champions du monde. Une supposée blague qui n’a pas été appréciée, et qui a provoqué un véritable tollé en France. Ce mercredi, l’animateur s’est expliqué, sans pour autant s’excuser.

Évoquant ce qui est pour lui « le miroir du colonialisme en France », Trevor Noah a estimé que les Bleus étaient les simples représentants de « la diversité » française : « Ils ont été éduqués en France, ils ont appris à joueur au football en France, ils sont des citoyens français. Ils sont fiers de leur pays, la France. Les origines riches et variées de ces joueurs sont le miroir de la diversité de la France. Maintenant, je ne veux pas passer pour un trou du cul, mais je pense que c’est plus le miroir du colonialisme de la France » a estimé l’animateur.

« Si vous tracez la lignée de ces joueurs, vous verrez comment ils sont devenus Français, comment leur famille a appris la langue française » a osé Trevor Noah, assumant les nombreuses critiques et insultes qu’il a reçues sur les réseaux sociaux, et s’en prenant aux « nazis de France qui utilisent le fait que ces joueurs ont des origines africaines pour chier sur leur identité française« . Trevor Noah a tenu à indiquer que toutes les « personnes noires » du monde ont célébrité la victoire des joueurs français en raison de leur « identité africaine ».

« Je partage avec eux l’identité africaine qui est la mienne »

« J’ai trouvé ces arguments bizarres de dire qu’ils ne sont pas Africains, ils sont Français. Pourquoi ne peuvent-ils pas être les deux ? Pourquoi cette réflexion binaire de devoir choisir un groupe de personne ? Pourquoi ne peuvent-ils pas être africains ? Dans ce que je lis, pour être français, il faut effacer tout ce qui te lie à l’Afrique. Quand je dis qu’ils sont Africains, je ne le dis pas pour exclure leur identité française, mais je le fais pour les inclure et partager avec eux l’identité africaine qui est la mienne. Je leurs dis : je vous vois mes frères français d’origine africaine » a conclu l’animateur. La boucle est bouclée.

Voir enfin:

Laurent Bouvet: « Si la gauche, c’est ça, alors il n’y a plus de gauche »

Entretien avec le fondateur du Printemps républicain (1/3)


Universitaire et républicain de gauche membre du Parti socialiste jusqu’en 2007, Laurent Bouvet a créé en 2016 le Printemps républicain, un mouvement en pointe dans la défense de la laïcité et le combat contre l’islamisme et l’antisémitisme. Entretien (1/3). 


Franck Crudo : Une interview entre deux mâles blancs de bientôt plus de 50 ans, ça craint un peu par les temps qui courent non ? Que vous inspire cette terminologie employée de plus en plus souvent, y compris au plus haut sommet de l’Etat ?

Laurent Bouvet : Ça m’inspire toujours la même chose, depuis que j’ai rencontré pour la première fois cette manière de désigner les gens à raison de tel ou tel critère de leur identité, dans les années 1990 sur les campus américains que j’ai fréquentés pour faire ma thèse de doctorat : un mouvement immédiat de répulsion à l’égard de tout identitarisme, donc de tout essentialisme. Il faut se tenir le plus loin possible de cette manière de parler, de faire, de penser. Elle est contraire à l’humanisme universaliste qui est pour moi le socle d’un monde et d’une société vivables.

Dans le même ordre d’idée, Alain Finkielkraut écrit : « Un Arabe qui brûle une école c’est une révolte. Un blanc qui brûle une école, c’est du fascisme… »

Ce que dénonce ici Alain Finkielkraut, et il a entièrement raison, c’est le deux poids deux mesures qui est pratiqué par une partie des médias notamment, ou encore par une partie du monde politique, et, bien sûr, par une partie du monde académique, dans les sciences sociales notamment. Or on devrait pouvoir se mettre d’accord, malgré nos divergences politiques, sur le fait que quelqu’un qui brûle une école doit être jugé en fonction de son acte, criminel, et non de tel ou tel critère de son identité. Ça vaut pour tout.

Comment expliquez-vous qu’une partie de nos élites républicaines soit autant dans le déni voire la compromission vis-à-vis de l’islam radical et abandonne les valeurs de la République et des Lumières (sur la laïcité, l’égalité homme-femme, la liberté d’expression, etc.) au nom de l’antiracisme ?

On ne peut que constater et regretter, d’abord, qu’il existe des raisons électoralistes et clientélistes, à l’attitude de certains élus ou candidats, dans certaines villes, dans certains quartiers, à l’égard de représentants ou supposés tels, de l’islam radical, dans ses différentes acceptions : salafiste, frériste… Ça n’est d’ailleurs pas propre à la politique, cela existe aussi dans le syndicalisme, dans l’entreprise, dans les services publics. Le raisonnement qui conduit à ce genre de considérations est en général assez sommaire : il s’agit de gagner des élections, d’acheter la paix sociale…

C’est surtout un raisonnement à court terme, car le résultat est toujours le renforcement de cet islam radical, de son image, de ses moyens, en particulier auprès des musulmans. Et le calcul (d’intérêt) conduit donc le plus souvent à un résultat inverse à celui qui était attendu. Le problème est que l’on est là dans un phénomène assez large qui fonctionne comme une échelle de perroquet : il est très difficile, voire impossible, dès lors que l’on a fait une concession ou accepté une demande de revenir en arrière.

Y a-t-il uniquement des raisons électoralistes ? 

Non, il n’y a pas que de l’électoralisme ou du calcul d’intérêts immédiats. Il y a aussi une explication plus large, de nature à la fois historique et idéologique, du fait que certains acteurs politiques et sociaux se montrent complaisants voire favorables vis-à-vis de l’islam radical. On peut essayer de résumer cette inclination à partir de ce que j’appellerai ici le complexe colonial.

Dans le cas français spécialement, et européen plus largement, la colonisation a particulièrement concerné des populations de religion musulmane. Depuis la décolonisation d’une part et la fin des grands récits de l’émancipation nationaliste ou anti-impérialiste d’autre part, une forme de pensée post-coloniale s’est développée, accompagnée des désormais incontournables « études » qui vont avec dans le monde universitaire. Elle est appuyée sur une idée simple: l’homme « blanc », européen, occidental, chrétien (et juif aussi) est resté fondamentalement un colonisateur en raison de traits qui lui seraient propres, par essence en quelque sorte : raciste, impérialiste, dominateur, etc. Par conséquent, les anciens colonisés sont restés des dominés, des victimes de cet homme « blanc », européen, occidental, judéo-chrétien…

À partir des années 1970, à l’occasion de la crise économique qui commence et de l’installation d’une immigration venue de ses anciennes colonies, cette manière de voir postcoloniale va peu à peu phagocyter la pensée de l’émancipation ouvrière classique et de la lutte des classes qui s’est développée depuis la Révolution industrielle et incarnée dans le socialisme notamment. La figure du « damné de la terre » va ainsi se replier sur celle de l’ancien colonisé, donc de l’immigré désormais, c’est-à-dire celui qui est différent, qui est « l’autre ». Non plus principalement à raison de sa position dans le processus de production économique ou de sa situation sociale mais de son pays d’origine, de la couleur de sa peau, de son origine ethnique puis, plus récemment, de sa religion. Et ce, précisément au moment même où de nouvelles lectures, radicalisées, de l’islam deviennent des outils de contestation des régimes en place dans le monde arabo-musulman.

Notre histoire et cette vision purement idéologique expliquent ainsi qu’une partie de la gauche fasse aujourd’hui de l’islam la religion des opprimés et des musulmans les nouveaux damnés de la terre… ?

Oui. Toute une partie de la gauche, politique, associative, syndicale, intellectuelle, orpheline du grand récit socialiste et communiste, va trouver dans le combat pour ces nouveaux damnés de la terre une nouvelle raison d’être alors qu’elle se convertit très largement aux différentes formes du libéralisme. Politique avec les droits de l’Homme et la démocratie libérale contre les résidus du totalitarisme communiste ; économique avec la loi du marché et le capitalisme financier contre l’étatisme et le keynésianisme ; culturel avec l’émancipation individuelle à raison de l’identité propre de chacun plutôt que collective. En France, la forme d’antiracisme qui se développe dans les années 1980 sous la gauche au pouvoir témoigne bien de cette évolution.

À partir de là, on peut aisément dérouler l’histoire des trente ou quarante dernières années pour arriver à la situation actuelle. Être du côté des victimes et des dominés permet de se donner une contenance morale voire un but politique alors que l’on a renoncé, dans les faits sinon dans le discours, à toute idée d’émancipation collective et de transformation de la société autrement qu’au travers de l’attribution de droits individuels aux victimes et aux dominés précisément. À partir du moment où ces victimes et ces dominés sont incarnés dans la figure de « l’autre» que soi-même, ils ne peuvent en aucun cas avoir tort et tout ce qu’ils font, disent, revendiquent, devient un élément indissociable de leur identité de victime et de dominé. Dans un tel cadre, l’homme « blanc », européen, occidental, judéo-chrétien… ne peut donc jamais, par construction, avoir raison, quoi qu’il dise ou fasse. Il est toujours déjà coupable et dominateur. On retrouve là la dérive essentialiste dont on parlait plus haut.

Pour toute une partie de la gauche, chez les intellectuels notamment, tout ceci est devenu une doxa. Tout questionnement, toute remise en question, toute critique étant instantanément considérée à la fois comme une mécompréhension tragique de la société, de l’Histoire et des véritables enjeux contemporains. Mais aussi comme une atteinte insupportable au Bien, à la seule et unique morale, et comme le signe d’une attitude profondément réactionnaire, raciste, « islamophobe », etc.

C’est pour cette raison, me semble-t-il, que l’on retrouve aujourd’hui, dans le débat intellectuel et plus largement public, une violence que l’on avait oubliée depuis l’époque de la guerre froide. Tout désaccord, toute nuance, tout questionnement est y immédiatement disqualifié.

L’un des exemples les plus frappants, ce sont ces féministes qui relèguent au second plan leur combat en tentant de minimiser une triste réalité, voire même une horreur (Caroline de Haas au sujet du harcèlement dans le quartier de la Chapelle, Clémentine Autain après les viols de Cologne, etc.). Comment expliquer qu’un antiracisme à ce point dévoyé écrase toutes les autres valeurs, y compris le féminisme chez certaines féministes ?

C’est la suite logique de ce que nous disions plus haut. Ce qui est intéressant en l’espèce, chez ces « nouvelles » féministes – on pourrait plutôt parler de post-féminisme d’ailleurs -, c’est qu’elles enrobent leur discours de toute une rhétorique  dite « intersectionnelle » du nom du concept forgé par l’universitaire Kimberlé Crenshaw en 1993 (dans un article de la Stanford Law Review). Le but est de montrer que la lutte féministe et la lutte antiraciste peuvent se recouper pour défendre les minorités opprimées après les difficultés des mouvements identitaires des années 1970-80 à unir leurs forces (notamment après l’échec des « Rainbow Coalitions »1 et l’affaire Anita Hill/Clarence Thomas2) et à s’articuler ensuite aux revendications sociales.

Or, ce qui pouvait être adapté aux Etats-Unis des années 1980-90 ne l’est pas à la France d’aujourd’hui, pour tout un ensemble de raisons qu’il serait long de détailler ici. Tout ce discours que l’on retrouve dans l’idée de convergence des luttes également ces derniers temps masque en réalité une forme de hiérarchisation implicite entre les différentes minorités à défendre. Et, comme on le constate à chaque fois, les exemples que vous citez sont très clairs : ce ne sont pas les femmes qui sont en haut de la liste, ni d’ailleurs les homosexuels. Ce qui prévaut systématiquement, y compris chez ces post-féministes, c’est l’attention à des critères identitaires de type ethno-raciaux ou religieux. Ce qui induit d’étranges alliances et de bien plus étranges contradictions encore puisque, par exemple, on retrouve des militants du progressisme des mœurs, favorables aux droits des femmes ou des homosexuels aux côtés de militants islamistes qui sont très conservateurs en matière de mœurs.

Dans ce post-féminisme, on n’hésite plus désormais à parler d’émancipation de la femme à propos de jeunes filles portant le voile islamique, au prétexte qu’elles auraient librement choisi de se soumettre à des règles religieuses qui sont pourtant explicitement contraires à l’égalité entre hommes et femmes. La confusion est totale, sur le plan philosophique, entre liberté, consentement et choix. Mais aussi sur le plan politique puisque dans toute une partie de la gauche, ce genre de renversement idéologique apparaît désormais comme tout à fait normal. On en a eu récemment un exemple frappant avec l’affaire de la présidente de la section de l’Unef de Paris-Sorbonne, qui porte un voile islamique.

Le racisme et l’antiracisme ne sont-ils pas au final l’avers et le revers de la même médaille ? Cette tendance à tout racialiser, à catégoriser les individus en fonction de la couleur de leur peau…

Oui, il y a un dévoiement d’une partie de la lutte antiraciste, devenue relativiste et essentialiste. Là encore, le fait que des organisations (associations, syndicats, partis) qui se réclament de la gauche, du projet progressiste, de l’émancipation collective… en viennent à adopter ou à justifier l’idée qu’on puisse se rassembler dans des réunions « non mixtes », entre « racisés », pour lutter contre le racisme, est d’une incohérence philosophique et politique totale. Si la gauche, c’est ça, alors il n’y a plus de gauche. C’est aussi simple que cela. Tout le combat historique pour l’universalisme, l’humanisme, contre le racisme, pour l’émancipation… perd son sens.

Derrière de telles idées, on trouve finalement une forme de racisme brut et qui ne se cache même plus chez certains auteurs et certains militants de la mouvance dite « décoloniale » ou « indigéniste ». Je pense à Houria Bouteldja notamment dans son livre Les Blancs, les Juifs et nous paru en 2016. Ce racisme, venu du raisonnement sur la colonisation dont on parlait plus haut, conduit à rendre responsables et coupables de toutes les injustices, de toutes les discriminations et de tous les crimes… les « blancs », par un processus d’essentialisation pur et simple.

De telles idées sont ultra-minoritaires, mais cela ne les rend pas moins dangereuses par le véritable terrorisme intellectuel qu’elles font peser sur toute cette gauche, sur nombre de médias notamment qui n’osent pas en révéler le caractère aussi fallacieux intellectuellement que destructeur politiquement et socialement. S’il y a un politiquement correct, c’est bien là qu’il se trouve : dans le refus non seulement de dire ce que l’on voit mais surtout de voir ce que l’on voit comme nous y incitait Péguy. Et gare à celui, surtout s’il est un « mâle blanc », qui ose ne serait-ce que constater cette dérive. Il sera immédiatement accusé d’être à son tour un « identitaire » et, évidemment, raciste, sexiste, islamophobe… Toute réalité, on n’ose même pas parler de vérité, est abolie au profit d’une vision purement idéologique qui ne fonctionne que par la terreur qu’elle fait régner.

Face à cela, il faut garder le calme des vieilles troupes, et continuer de se battre pour un antiracisme fondé sur l’universalisme et l’humanisme. En développant les mesures concrètes et les moyens des politiques publiques contre toutes les discriminations. En s’engageant, publiquement, avec détermination et rigueur pour défendre les principes qui, depuis deux cents ans, sont ceux qui ont permis l’émancipation de tous, sans distinction de sexe, de race, de religion, d’origine.

Voir par ailleurs:

Yahya Sinwar, chef du Hamas à Gaza : Nos hommes ont quitté leurs uniformes militaires pour rejoindre les marches ; nous avons décidé de créer un barrage avec les corps de nos femmes et enfants

MEMRI

27 mai 2018

Voir les extraits vidéo sur MEMRI TV

Yahya Al-Sinwar, chef du Hamas à Gaza, a souligné dans une interview accordée à Al-Jazira que même si le Hamas a choisi la méthode « merveilleuse et civilisée » des affrontements non armés, il n’hésiterait pas à recourir de nouveau à la lutte armée, le cas échéant. Selon lui, les membres du Hamas auraient pu « faire pleuvoir des milliers de missiles » sur les villes israéliennes, mais ont plutôt choisi de quitter leurs uniformes militaires et de rejoindre les marches. Il a ajouté que, face aux images de la nouvelle ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, les Palestiniens avaient donné une image d’héroïsme et de détermination avec leurs sacrifices, « le sacrifice de leurs enfants comme offrande pour Jérusalem et le droit au retour ».

« Lorsque nous avons décidé de nous lancer dans ces marches, nous avons décidé de transformer ce qui nous est le plus cher – les corps de nos femmes et de nos enfants – en un barrage empêchant l’effondrement de la réalité arabe », a-t-il déclaré. Extraits : 

Les objectifs de la « Marche du retour » : rétablir le droit au retour dans la conscience palestinienne, arabe et internationale ; remettre la cause nationale palestinienne à l’ordre du jour mondial 

Yahya Sinwar : S’il est trop tôt pour affirmer qu’une telle action de combat a pleinement rempli ses objectifs, une grande partie de ces objectifs ont sans nul doute été atteints. Le premier objectif atteint à ce stade est que ces marches ont rétabli le droit au retour dans la conscience palestinienne, arabe et internationale comme l’un des droits et principes importants du peuple palestinien. […]

Un autre but atteint par ces marches est qu’elles ont remis la cause nationale palestinienne à l’ordre du jour international, alors que certains défaitistes prétendaient que l’agenda mondial était trop chargé et n’avait pas de place pour la cause nationale palestinienne. Ils ont essayé de l’utiliser pour promouvoir d’autres concessions. […]

Je dois souligner un important objectif stratégique accompli le 14 mai. Notre peuple à Gaza a enregistré, aux yeux du monde entier, son témoignage sur le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et sur la déclaration de Jérusalem comme la capitale de l’entité d’occupation. Au nom du peuple arabe palestinien et de tous les peuples arabes et islamiques, notre peuple de Gaza a rejeté cette décision et cette démarche, par cette importante activité, en enregistrant son témoignage pour l’histoire, et en signant ce témoignage avec le sang des martyrs – notre peuple a sacrifié soixante martyrs le 14 mai, ainsi que trois mille blessés. Ils ont été utilisés pour signer le rejet de notre peuple de la décision imprudente de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. […] 

Notre peuple a imposé son ordre du jour au monde entier – les écrans de télévision du monde devaient présenter une image romantique de l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, mais notre peuple… a forcé le monde entier à diviser les écrans de télévision

Cette méthode [de combat] est appropriée pour cette étape, mais les circonstances peuvent changer, et nous devrons peut-être retourner à la lutte armée. Lorsque cela se produira, notre peuple, les factions et le Hamas n’hésiteront pas à utiliser tous les moyens requis par les circonstances. […]

L’ennemi affirme que nous utilisons les gens comme boucliers humains et les poussons vers la clôture, mais nous disons que ces jeunes et ces hommes auraient pu choisir une autre option. Ils auraient pu faire pleuvoir des milliers de missiles sur les villes de l’occupation lorsque les États-Unis ont ouvert leur ambassade à Jérusalem. Mais ils n’ont pas choisi cette voie. Nombre d’entre eux ont quitté leurs uniformes militaires et mis leurs armes de côté. Ils ont temporairement abandonné les moyens de la lutte armée et se sont tournés vers cette merveilleuse méthode civilisée, respectée par le monde et adaptée aux circonstances actuelles. […]

Notre peuple a imposé son ordre du jour au monde entier. Les écrans de télévision du monde devaient présenter une image romantique de l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, mais notre peuple, par sa conscience collective, a forcé le monde entier à diviser les écrans de télévision entre les images de fraude, de tromperie, de fausseté et d’oppression, manifestes dans la tentative d’imposer Jérusalem comme la capitale de l’Etat d’occupation, et les images d’injustice, d’oppression, d’héroïsme et de détermination, données par notre propre peuple dans ses sacrifices, le sacrifice de ses enfants comme une offrande pour Jérusalem et pour le droit au retour. […]

Lorsque nous avons décidé de nous lancer dans ces marches, nous avons décidé de transformer ce qui nous est le plus cher – les corps de nos femmes et de nos enfants – en barrage pour stopper l’effondrement de la réalité arabe, un barrage qui empêche la course de nombreux Arabes vers la normalisation des liens avec l’entité spoliatrice, qui occupe notre Jérusalem, pille notre terre, souille nos lieux saints et opprime notre peuple jour et nuit.

Journaliste : Vous parlez de « l’Accord du siècle »…

Yahya Sinwar : L’Accord du siècle et tout compromis visant à éliminer notre cause palestinienne nationale. […]


Affaire de la petite Yanela: C’est la formulation, imbécile ! (It’s not fake news, it’s misstated news, stupid !)

24 juin, 2018
https://i1.wp.com/www.theaugeanstables.com/wp-content/uploads/2011/11/ghetto-boy-2.jpg

Two children detained by the Border Patrol in a holding cell in Nogales, Ariz. This image has been widely shared on social media in recent days, offered as an example of the Trump administration’s cruel policies toward immigrants, but in fact the picture was taken in 2014.

« La version originale de cet article a donné une mauvaise formulation du sort de la petite fille après la photographie. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. »

Devrai-je sacrifier mon enfant premier-né pour payer pour mon crime, le fils, chair de ma chair, pour expier ma faute? On te l’a enseigné, ô homme, ce qui est bien et ce que l’Eternel attend de toi: c’est que tu te conduises avec droiture, que tu prennes plaisir à témoigner de la bonté et qu’avec vigilance tu vives pour ton Dieu. Michée 6: 7-8
Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. Jésus (Matthieu 19: 14)
Quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. Jésus (Matthieu 18: 5-6)
Une civilisation est testée sur la manière dont elle traite ses membres les plus faibles. Pearl Buck
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
J’espère offrir mon fils unique en martyr, comme son père. Dalal Mouazzi (jeune veuve d’un commandant du Hezbollah mort en 2006 pendant la guerre du Liban, à propos de son gamin de 10 ans)
Nous n’aurons la paix avec les Arabes que lorsqu’ils aimeront leurs enfants plus qu’ils ne nous détestent. Golda Meir
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Représentants de France 2 (cités par Enderlin)
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Il y a lieu de décider que Patrick Karsenty a exercé de bonne foi son droit à la libre critique (…) En répondant à Denis Jeambar et à Daniel Leconte dans le Figaro du 23 janvier 2005 que « l’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie », alors que la diffusion d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles Enderlin a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entrainant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné. Laurence Trébucq (Présidente de la Cour d’appel de Paris, 21.05.08)
Voilà sept ans qu’une campagne obstinée et haineuse s’efforce de salir la dignité professionnelle de notre confrère Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jerusalem. Voilà sept ans que les mêmes individus tentent de présenter comme une « supercherie » et une « série de scènes jouées » , son reportage montrant la mort de Mohammed al-Doura, 12 ans, tué par des tirs venus de la position israélienne, le 30 septembre 2000, dans la bande de Gaza, lors d’un affrontement entre l’armée israélienne et des éléments armés palestiniens. Appel du Nouvel observateur (27 mai 2008)
This is not staging, it’s playing for the camera. When they threw stones and Molotov cocktails, it was in part for the camera. That doesn’t mean it’s not true. They wanted to be filmed throwing stones and being hit by rubber bullets. All of us — the ARD too — did reports on kids confronting the Israeli army, in order to be filmed in Ramallah, in Gaza. That’s not staging, that’s reality. Enderlin
Dans le numéro 1931 du Nouvel Observateur, daté du 8 novembre 2001, Sara Daniel a publié un reportage sur le « crime d’honneur » en Jordanie. Dans son texte, elle révélait qu’à Gaza et dans les territoires occupés, les crimes dits d’honneur qui consistent pour des pères ou des frères à abattre les femmes jugées légères représentaient une part importante des homicides. Le texte publié, en raison d’un défaut de guillemets et de la suppression de deux phrases dans la transmission, laissait penser que son auteur faisait sienne l’accusation selon laquelle il arrivait à des soldats israéliens de commettre un viol en sachant, de plus, que les femmes violées allaient être tuées. Il n’en était évidemment rien et Sara Daniel, actuellement en reportage en Afghanistan, fait savoir qu’elle déplore très vivement cette erreur qui a gravement dénaturé sa pensée. Une mise au point de Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 15 novembre 2001)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Les pays européens qui ont transformé la Méditerranée en un cimetière de migrants partagent la responsabilité de chaque réfugié mort. Erdogan
Mr. Kurdi brought his family to Turkey three years ago after fleeing fighting first in Damascus, where he worked as a barber, then in Aleppo, then Kobani. His Facebook page shows pictures of the family in Istanbul crossing the Bosporus and feeding pigeons next to the famous Yeni Cami, or new mosque. From his hospital bed on Wednesday, Mr. Kurdi told a Syrian radio station that he had worked on construction sites for 50 Turkish lira (roughly $17) a day, but it wasn’t enough to live on. He said they depended on his sister, Tima Kurdi, who lived in Canada, for help paying the rent. Ms. Kurdi, speaking Thursday in a Vancouver suburb, said that their father, still in Syria, had suggested Abdullah go to Europe to get his damaged teeth fixed and find a way to help his family leave Turkey. She said she began wiring her brother money three weeks ago, in €1,000 ($1,100) amounts, to help pay for the trip. Shortly after, she said her brother called her and said he wanted to bring his whole family to Europe, as his wife wasn’t able to support their two boys alone in Istanbul. “If we go, we go all of us,” Ms. Kurdi recounted him telling her. She said she spoke to his wife last week, who told her she was scared of the water and couldn’t swim. “I said to her, ‘I cannot push you to go. If you don’t want to go, don’t go,’” she said. “But I guess they all decided they wanted to do it all together.” At the morgue, Mr. Kurdi described what happened after they set off from the deserted beach, under cover of darkness. “We went into the sea for four minutes and then the captain saw that the waves are so high, so he steered the boat and we were hit immediately. He panicked and dived into the sea and fled. I took over and started steering, the waves were so high the boat flipped. I took my wife in my arms and I realized they were all dead.” Mr. Kurdi gave different accounts of what happened next. In one interview, he said he swam ashore and walked to the hospital. In another, he said he was rescued by the coast guard. In Canada, Ms. Kurdi said her brother had sent her a text message around 3 a.m. Turkish time Wednesday confirming they had set off. (…) “He said, ‘I did everything in my power to save them, but I couldn’t,’” she said. “My brother said to me, ‘My kids have to be the wake-up call for the whole world.’” WSJ
Personne ne dit que ce n’est pas raisonnable de partir de Turquie avec deux enfants en bas âge sur une mer agitée dans un frêle esquife. Arno Klarsfeld
La justice israélienne a dit disposer d’une déposition selon laquelle la famille d’un bébé palestinien mort dans des circonstances contestées dans la bande de Gaza avait été payée par le Hamas pour accuser Israël, ce que les parents ont nié. Vif émoi après la mort de l’enfant. Leïla al-Ghandour, âgée de huit mois, est morte mi-mai alors que l’enclave palestinienne était depuis des semaines le théâtre d’une mobilisation massive et d’affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens le long de la frontière avec Gaza. Son décès a suscité un vif émoi. Sa famille accuse l’armée israélienne d’avoir provoqué sa mort en employant des lacrymogènes contre les protestataires, parmi lesquels se trouvait la fillette. La fillette souffrait-elle d’un problème cardiaque ? L’armée israélienne, se fondant sur les informations d’un médecin palestinien resté anonyme mais qui selon elle connaissait l’enfant et sa famille, dit que l’enfant souffrait d’un problème cardiaque. Le ministère israélien de la Justice a rendu public jeudi l’acte d’inculpation d’un Gazaoui de 20 ans, présenté comme le cousin de la fillette. Selon le ministère, il a déclaré au cours de ses interrogatoires par les forces israéliennes que les parents de Leila avaient touché 8.000 shekels (1.800 euros) de la part de Yahya Sinouar, le chef du Hamas dans la bande de Gaza, pour dire que leur fille était morte des inhalations de gaz. Une « fabrication » du Hamas dénoncée par Israël. Les parents ont nié ces déclarations, réaffirmé que leur fille était bien morte des inhalations, et ont contesté qu’elle était malade. Selon la famille, Leïla al-Ghandour avait été emmenée près de la frontière par un oncle âgé de 11 ans et avait été prise dans les tirs de lacrymogènes. Europe 1
Donald Trump aurait (…) menti en affirmant que la criminalité augmentait en Allemagne, en raison de l’entrée dans le pays de 1,1 million de clandestins en 2015. (…) Les articles se sont immédiatement multipliés pour dénoncer « le mensonge » du président américain. Pourquoi ? Parce que les autorités allemandes se sont félicitées d’une baisse des agressions violentes en 2017. C’est vrai, elles ont chuté de 5,1% par rapport à 2016. Est-il possible, cependant, de feindre à ce point l’incompréhension ? Car les détracteurs zélés du président omettent de préciser que la criminalité a bien augmenté en Allemagne à la suite de cette vague migratoire exceptionnelle : 10% de crimes violents en plus, sur les années 2015 et 2016. L’étude réalisée par le gouvernement allemand et publiée en janvier dernier concluait même que 90% de cette augmentation était due aux jeunes hommes clandestins fraîchement accueillis, âgés de 14 à 30 ans. L’augmentation de la criminalité fut donc indiscutablement liée à l’accueil de 1,1 millions de clandestins pendant l’année 2015. C’est évidement ce qu’entend démontrer Donald Trump. Et ce n’est pas tout. Les chiffres du ministère allemand de l’Intérieur pour 2016 révèlent également une implication des étrangers et des clandestins supérieure à celle des Allemands dans le domaine de la criminalité. Et en hausse. La proportion d’étrangers parmi les personnes suspectées d’actes criminels était de 28,7% en 2014, elle est passée à 40,4% en 2016, avant de chuter à 35% en 2017 (ce qui reste plus important qu’en 2014). En 2016, les étrangers étaient 3,5 fois plus impliqués dans des crimes que les Allemands, les clandestins 7 fois plus. Des chiffres encore plus élevés dans le domaine des crimes violents (5 fois plus élevés chez les étrangers, 15 fois chez les clandestins) ou dans celui des viols en réunion (10 fois plus chez les étrangers, 42 fois chez les clandestins !). Factuellement, la criminalité n’augmente pas aujourd’hui en Allemagne. Mais l’exceptionnelle vague migratoire voulue par Angela Merkel en 2015 a bien eu pour conséquence l’augmentation de la criminalité en Allemagne. Les Allemands, eux, semblent l’avoir très bien compris. Valeurs actuelles
Je vous demande de ne rien céder, dans ces temps troublés que nous vivons, de votre amour pour l’Europe. Je vous le dis avec beaucoup de gravité. Beaucoup la détestent, mais ils la détestent depuis longtemps et vous les voyez monter, comme une lèpre, un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c’était impossible de la voir réapparaître. Et des amis voisins, ils disent le pire et nous nous y habituons. Emmanuel Macron
Il y a des choses insoutenables. Mais pourquoi on en est arrivé là ? Parce que justement il y a des gens comme Emmanuel Macron qui venaient donner des leçons de morale aux autres. Il y a une inquiétude identitaire » en Europe, « c’est une réalité politique. Tous les donneurs de leçon ont tué l’Europe, il y a une angoisse chez les Européens d’être dilués, pas une angoisse raciste, mais une angoisse de ne plus pouvoir être eux, chez eux. Jean-Sébastien Ferjou
Our message absolutely is don’t send your children unaccompanied, on trains or through a bunch of smugglers. We don’t even know how many of these kids don’t make it, and may have been waylaid into sex trafficking or killed because they fell off a train. Do not send your children to the borders. If they do make it, they’ll get sent back. More importantly, they may not make it. Obama (2014)
I also think that we have to understand the difficulty that President Obama finds himself in because there are laws that impose certain obligations on him. And it was my understanding that the numbers have been moderating in part as the Department of Homeland Security and other law enforcement officials understood that separating children from families — I mean, the horror of a father or a mother going to work and being picked up and immediately whisked away and children coming home from school to an empty house and nobody can say where their mother or father is, that is just not who we are as Americans. And so, I do think that while we continue to make the case which you know is very controversial in some corridors, that we have to reform our immigration system and we needed to do it yesterday. That’s why I approved of the bill that was passed in the Senate. We need to show humanity with respect to people to people who are working, contributing right now. And deporting them, leaving their children alone or deporting an adolescent, doing anything that is so contrary to our core values, just makes no sense. So I would be very open to trying to figure out ways to change the law, even if we don’t get to comprehensive immigration reform to provide more leeway and more discretion for the executive branch. (…) the numbers are increasing dramatically. And the main reason I believe why that’s happening is that the violence in certain of those Central American countries is increasing dramatically. And there is not sufficient law enforcement or will on the part of the governments of those countries to try to deal with this exponential increase in violence, drug trafficking, the drug cartels, and many children are fleeing from that violence. (…) first of all, we have to provide the best emergency care we can provide. We have children 5 and 6 years old who have come up from Central America. We need to do more to provide border security in southern Mexico. (…) they should be sent back as soon as it can be determined who responsible adults in their families are, because there are concerns whether all of them should be sent back. But I think all of them who can be should be reunited with their families. (…) But we have so to send a clear message, just because your child gets across the border, that doesn’t mean the child gets to stay. So, we don’t want to send a message that is contrary to our laws or will encourage more children to make that dangerous journey. Hillary Clinton (2014)
Over the past six years, President Obama has tried to make children the centerpiece of his efforts to put a gentler face on U.S. immigration policy. Even as his administration has deported a record number of unauthorized immigrants, surpassing two million deportations last year, it has pushed for greater leniency toward undocumented children. After trying and failing to pass the Dream Act legislation, which would offer a path to permanent residency for immigrants who arrived before the age of 16, the president announced an executive action in 2012 to block their deportation. Last November, Obama added another executive action to extend similar protections to undocumented parents. “We’re going to keep focusing enforcement resources on actual threats to our security,” he said in a speech on Nov. 20. “Felons, not families. Criminals, not children. Gang members, not a mom who’s working hard to provide for her kids.” But the president’s new policies apply only to immigrants who have been in the United States for more than five years; they do nothing to address the emerging crisis on the border today. Since the economic collapse of 2008, the number of undocumented immigrants coming from Mexico has plunged, while a surge of violence in Central America has brought a wave of migrants from Honduras, El Salvador and Guatemala. According to recent statistics from the Department of Homeland Security, the number of refugees fleeing Central America has doubled in the past year alone — with more than 61,000 “family units” crossing the U.S. border, as well as 51,000 unaccompanied children. For the first time, more people are coming to the United States from those countries than from Mexico, and they are coming not just for opportunity but for survival. The explosion of violence in Central America is often described in the language of war, cartels, extortion and gangs, but none of these capture the chaos overwhelming the region. Four of the five highest murder rates in the world are in Central American nations. The collapse of these countries is among the greatest humanitarian disasters of our time. While criminal organizations like the 18th Street Gang and Mara Salvatrucha exist as street gangs in the United States, in large parts of Honduras, Guatemala and El Salvador they are so powerful and pervasive that they have supplanted the government altogether. People who run afoul of these gangs — which routinely demand money on threat of death and sometimes kidnap young boys to serve as soldiers and young girls as sexual slaves — may have no recourse to the law and no better option than to flee. The American immigration system defines a special pathway for refugees. To qualify, most applicants must present themselves to federal authorities, pass a “credible fear interview” to demonstrate a possible basis for asylum and proceed through a “merits hearing” before an immigration judge. Traditionally, those who have completed the first two stages are permitted to live with family and friends in the United States while they await their final hearing, which can be months or years later. If authorities believe an applicant may not appear for that court date, they can require a bond payment as guarantee or place the refugee in a monitoring system that may include a tracking bracelet. In the most extreme cases, a judge may deny bond and keep the refugee in a detention facility until the merits hearing. The rules are somewhat different when children are involved. Under the terms of a 1997 settlement in the case of Flores v. Meese, children who enter the country without their parents must be granted a “general policy favoring release” to the custody of relatives or a foster program. When there is cause to detain a child, he or she must be housed in the least restrictive environment possible, kept away from unrelated adults and provided access to medical care, exercise and adequate education. Whether these protections apply to children traveling with their parents has been a matter of dispute. The Flores settlement refers to “all minors who are detained” by the Immigration and Naturalization Service and its “agents, employees, contractors and/or successors in office.” When the I.N.S. dissolved into the Department of Homeland Security in 2003, its detention program shifted to the U.S. Immigration and Customs Enforcement agency. Federal judges have ruled that ICE is required to honor the Flores protections for all children in its custody. Even so, in 2005, the administration of George W. Bush decided to deny the Flores protections to refugee children traveling with their parents. Instead of a “general policy favoring release,” the administration began to incarcerate hundreds of those families for months at a time. To house them, officials opened the T. Don Hutto Family Detention Center near Austin, Tex. Within a year, the administration faced a lawsuit over the facility’s conditions. Legal filings describe young children forced to wear prison jumpsuits, to live in dormitory housing, to use toilets exposed to public view and to sleep with the lights on, even while being denied access to appropriate schooling. In a pretrial hearing, a federal judge in Texas blasted the administration for denying these children the protections of the Flores settlement. “The court finds it inexplicable that defendants have spent untold amounts of time, effort and taxpayer dollars to establish the Hutto family-detention program, knowing all the while that Flores is still in effect,” the judge wrote. The Bush administration settled the suit with a promise to improve the conditions at Hutto but continued to deny that children in family detention were entitled to the Flores protections. In 2009, the Obama administration reversed course, abolishing family detention at Hutto and leaving only a small facility in Pennsylvania to house refugee families in exceptional circumstances. For all other refugee families, the administration returned to a policy of release to await trial. Studies have shown that nearly all detainees who are released from custody with some form of monitoring will appear for their court date. But when the number of refugees from Central America spiked last summer, the administration abruptly announced plans to resume family detention. (…) From the beginning, officials were clear that the purpose of the new facility in Artesia was not so much to review asylum petitions as to process deportation orders. “We have already added resources to expedite the removal, without a hearing before an immigration judge, of adults who come from these three countries without children,” the secretary of Homeland Security, Jeh Johnson, told a Senate committee in July. “Then there are adults who brought their children with them. Again, our message to this group is simple: We will send you back.” Elected officials in Artesia say that Johnson made a similar pledge during a visit to the detention camp in July. “He said, ‘As soon as we get them, we’ll ship them back,’ ” a city councilor from Artesia named Jose Luis Aguilar recalled. The mayor of the city, Phillip Burch, added, “His comment to us was that this would be a ‘rapid deportation process.’ Those were his exact words.” (…) “I arrived on July 5 and turned myself in at 2 a.m.,” a 28-year-old mother of two named Ana recalled. In Honduras, Ana ran a small business selling trinkets and served on the P.T.A. of her daughter’s school. “I lived well,” she said — until the gangs began to pound on her door, demanding extortion payments. Within days, they had escalated their threats, approaching Ana brazenly on the street. “One day, coming home from my daughter’s school, they walked up to me and put a gun to my head,” she said. “They told me that if I didn’t give them the money in less than 24 hours, they would kill me.” Ana had already seen friends raped and murdered by the gang, so she packed her belongings that night and began the 1,800-mile journey to the U.S. border with her 7-year-old daughter. Four weeks later, in McAllen, Tex., they surrendered as refugees. Ana and her daughter entered Artesia in mid-July. In October they were still there. Ana’s daughter was sick and losing weight rapidly under the strain of incarceration. Their lawyer, a leader in Chicago’s Mormon Church named Rebecca van Uitert, said that Ana’s daughter became so weak and emaciated that doctors threatened drastic measures. “They were like, ‘You’ve got to force her to eat, and if you don’t, we’re going to put a PICC line in her and force-feed her,’ ” van Uitert said. Ana said that when her daughter heard the doctor say this, “She started to cry and cry.” (…) Many of the volunteers in Artesia tell similar stories about the misery of life in the facility. “I thought I was pretty tough,” said Allegra Love, who spent the previous summer working on the border between Mexico and Guatemala. “I mean, I had seen kids in all manner of suffering, but this was a really different thing. It’s a jail, and the women and children are being led around by guards. There’s this look that the kids have in their eyes. This lackadaisical look. They’re just sitting there, staring off, and they’re wasting away. That was what shocked me most.” The detainees reported sleeping eight to a room, in violation of the Flores settlement, with little exercise or stimulation for the children. Many were under the age of 6 and had been raised on a diet of tortillas, rice and chicken bits. In Artesia, the institutional cafeteria foods were as unfamiliar as the penal atmosphere, and to their parents’ horror, many of the children refused to eat. “Gaunt kids, moms crying, they’re losing hair, up all night,” an attorney named Maria Andrade recalled. Another, Lisa Johnson-Firth, said: “I saw children who were malnourished and were not adapting. One 7-year-old just lay in his mother’s arms while she bottle-fed him.” Mary O’Leary, who made three trips to Artesia last fall, said: “I was trying to talk to one client about her case, and just a few feet away at another table there was this lady with a toddler between 2 and 4 years old, just lying limp. This was a sick kid, and just with this horrible racking cough.” (…) Attorneys for the Obama administration have argued in court, like the Bush administration previously, that the protections guaranteed by the Flores settlement do not apply to children in family detention. “The Flores settlement comes into play with unaccompanied minors,” a lawyer for the Department of Homeland Security named Karen Donoso Stevens insisted to a judge on Aug. 4. “That argument is moot here, because the juvenile is detained — is accompanied and detained — with his mother.” Federal judges have consistently rejected this position. Just as the judge reviewing family detention in 2007 called the denial of Flores protections “inexplicable,” the judge presiding over the Aug. 4 hearing issued a ruling in September that Homeland Security officials in Artesia must honor the Flores Settlement Agreement. “The language of the F.S.A. is unambiguous,” Judge Roxanne Hladylowycz wrote. “The F.S.A. was designed to create a nationwide policy for the detention of all minors, not only those who are unaccompanied.” Olavarria said she was not aware of that ruling and would not comment on whether the Department of Homeland Security believes that the Flores ruling applies to children in family detention today. (…) As the pro bono project in Artesia continued into fall, its attorneys continued to win in court. By mid-November, more than 400 of the detained women and children were free on bond. Then on Nov. 20, the administration suddenly announced plans to transfer the Artesia detainees to the ICE detention camp in Karnes, Tex., where they would fall under a new immigration court district with a new slate of judges. That announcement came at the very moment the president was delivering a live address on the new protections available to established immigrant families. In an email to notify Artesia volunteers about the transfer, an organizer for AILA named Stephen Manning wrote, “The disconnect from the compassionate-ish words of the president and his crushing policies toward these refugees is shocking.” Brown was listening to the speech in her car, while driving to Denver for a rare weekend at home, when her cellphone buzzed with the news that 20 of her clients would be transferred to Texas the next morning. Many of them were close to a bond release; in San Antonio, they might be detained for weeks or months longer. Brown pulled her car to the side of the highway and spent three hours arguing to delay the transfer. Over the next two weeks, officials moved forward with the plan. By mid-December, most of the Artesia detainees were in Karnes (…) One of McPhaul’s colleagues, Judge Gary Burkholder, was averaging a 91.6 percent denial rate for the asylum claims. Some Karnes detainees had been in the facility for nearly six months and could remain there another six. (…) “I agree,” Sischo said. “We should not be spending resources on detaining these families. They should be released. But people don’t understand the law. They think they should be deported because they’re ‘illegals.’ So they’re missing a very big part of the story, which is that they aren’t breaking the law. They’re trying to go through the process that’s laid out in our laws.” Wil S. Hylton (NYT magazine, 2015)
It was the kind of story destined to take a dark turn through the conservative news media and grab President Trump’s attention: A vast horde of migrants was making its way through Mexico toward the United States, and no one was stopping them. “Mysterious group deploys ‘caravan’ of illegal aliens headed for U.S. border,” warned Frontpage Mag, a site run by David Horowitz, a conservative commentator. The Gateway Pundit, a website that was most recently in the news for spreading conspiracies about the school shooting in Parkland, Fla., suggested the real reason the migrants were trying to enter the United States was to collect social welfare benefits. And as the president often does when immigration is at issue, he saw a reason for Americans to be afraid. “Getting more dangerous. ‘Caravans’ coming,” a Twitter post from Mr. Trump read. The story of “the caravan” followed an arc similar to many events — whether real, embellished or entirely imagined — involving refugees and migrants that have roused intense suspicion and outrage on the right. The coverage tends to play on the fears that hiding among mass groups of immigrants are many criminals, vectors of disease and agents of terror. And often the president, who announced his candidacy by blaming Mexico for sending rapists and drug dealers into the United States, acts as an accelerant to the hysteria. The sensationalization of this story and others like it seems to serve a common purpose for Mr. Trump and other immigration hard-liners: to highlight the twin dangers of freely roving migrants — especially those from Muslim countries — and lax immigration laws that grant them easy entry into Western nations. The narrative on the right this week, for example, mostly omitted that many people in the caravan planned to resettle in Mexico, not the United States. And it ignored how many of those who did intend to come here would probably go through the legal process of requesting asylum at a border checkpoint — something miles of new wall and battalions of additional border patrol would not have stopped. (…) The story of the caravan has been similarly exaggerated. And the emotional outpouring from the right has been raw — that was the case on Fox this week when the TV host Tucker Carlson shouted “You hate America!” at an immigrants rights activist after he defended the people marching through Mexico. The facts of the caravan are not as straightforward as Mr. Trump or many conservative pundits have portrayed them. The story initially gained widespread attention after BuzzFeed News reported last week that more than 1,000 Central American migrants, mostly from Honduras, were making their way north toward the United States border. Yet the BuzzFeed article and other coverage pointed out that many in the group were planning to stay in Mexico. That did not stop Mr. Trump from expressing dismay on Tuesday with a situation “where you have thousands of people that decide to just walk into our country, and we don’t have any laws that can protect it.” The use of disinformation in immigration debates is hardly unique to the United States. Misleading crime statistics, speculation about sinister plots to undermine national sovereignty and Russian propaganda have all played a role in stirring up anti-immigrant sentiment in places like Britain, Germany and Hungary. Some of the more fantastical theories have involved a socialist conspiracy to import left-leaning voters and a scheme by the Hungarian-born Jewish philanthropist George Soros to create a borderless Europe. NYT
With the help of a humanitarian group called “Pueblo Sin Fronteras” (people without borders), the 1,000 plus migrants will reach the U.S. border with a list of demands to several governments in Central America, the United States, and Mexico. Here’s what they demanded of Mexico and the United States in a Facebook post:  -That they respect our rights as refugees and our right to dignified work to be able to support our families -That they open the borders to us because we are as much citizens as the people of the countries where we are and/or travel -That deportations, which destroy families, come to an end -No more abuses against us as migrants -Dignity and justice -That the US government not end TPS for those who need it -That the US government stop massive funding for the Mexican government to detain Central American migrants and refugees and to deport them -That these governments respect our rights under international law, including the right to free expression -That the conventions on refugee rights not be empty rhetoric. The Blaze
Au moins 150 migrants centraméricains sont arrivés à Tijuana au Mexique, à la frontière avec les États-Unis. Ils sont décidés à demander l’asile à Washington. Plusieurs centaines de migrants originaires d’Amérique centrale se sont rassemblés dimanche 30 avril à la frontière mexico-américaine au terme d’un mois de traversée du Mexique. Nombre d’entre eux ont décidé de se présenter aux autorités américaines pour déposer des demandes d’asile et devraient être placés en centres de rétention. « Nous espérons que le gouvernement des États-Unis nous ouvrira les portes », a déclaré Reyna Isabel Rodríguez, 52 ans, venu du Salvador avec ses deux petits-enfants. L’ONG Peuple Sans Frontières organise ce type de caravane depuis 2010 pour dénoncer le sort de celles et ceux qui traversent le Mexique en proie à de nombreux dangers, entre des cartels de la drogue qui les kidnappent ou les tuent, et des autorités qui les rançonnent. « Nous voulons dire au président des États-Unis que nous ne sommes pas des criminels, nous ne sommes pas des terroristes, qu’il nous donne la chance de vivre sans peur. Je sais que Dieu va toucher son cœur », a déclaré l’une des organisatrices de la caravane, Irineo Mujica. L’ONG, composée de volontaires, permet notamment aux migrants de rester groupés – lors d’un périple qui se fait à pied, en bus ou en train – afin de se prémunir de tous les dangers qui jalonnent leur chemin. En espagnol, ces caravanes sont d’ailleurs appelées « Via Crucis Migrantes » ou le « Chemin de croix des migrants », en référence aux processions catholiques, particulièrement appréciées en Amérique du Sud, qui mettent en scène la Passion du Christ, ou les derniers événements qui ont précédé et accompagné la mort de Jésus de Nazareth. Cette année, le groupe est parti le 25 mars de Tapachula, à la frontière du Guatemala, avec un groupe de près de 1 200 personnes, à 80 % originaires du Honduras, les autres venant du Guatemala, du Salvador et du Nicaragua, selon Rodrigo Abeja. Dans le groupe, près de 300 enfants âgés de 1 mois à 11 ans, une vingtaine de jeunes homosexuels et environ 400 femmes. Certains se sont ensuite dispersés, préférant rester au Mexique, d’autres choisissant de voyager par leurs propres moyens. En avril, les images de la caravane de migrants se dirigeant vers les États-Unis avaient suscité la colère de Donald Trump et une forte tension entre Washington et Mexico. Le président américain, dont l’un des principaux thèmes de campagne était la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration clandestine, avait ordonné le déploiement sur la frontière de troupes de la Garde nationale. Il avait aussi soumis la conclusion d’un nouvel accord de libre-échange en Amérique du Nord à un renforcement des contrôles migratoires par le Mexique, une condition rejetée par le président mexicain Enrique Pena Nieto. France 24 
Il faut noter que les migrants qui veulent demander l’asile se rendent facilement aux agents de patrouille aux frontières. Ce ne sont pas des migrants sans papiers classiques, ils viennent avec autant de documents que possible pour obtenir l’asile politique. Dans ce groupe se trouvaient une vingtaine de femmes et d’enfants. La plupart venaient du Honduras.  (…) J’avais remarqué une mère qui tenait un enfant. Elle m’a dit que sa fille et elle voyageaient depuis un mois, au départ du Honduras. Elle m’a dit que sa fille avait 2 ans, et j’ai pu voir dans ses yeux qu’elle était sur ses gardes, exténuée et qu’elle avait probablement vécu un voyage très difficile. C’est l’une des dernières familles à avoir été embarquée dans le véhicule. Un des officiers a demandé à la mère de déposer son enfant à terre pendant qu’elle était fouillée. Juste à ce moment-là, la petite fille a commencé à pleurer, très fort. J’ai trois enfants moi-même, dont un tout petit, et c’était très difficile à voir, mais j’avais une fenêtre de tir très réduite pour photographier la scène. Dès que la fouille s’est terminée, elle a pu reprendre son enfant dans ses bras et ses pleurs se sont éteints. Moi, j’ai dû m’arrêter, reprendre mes esprits et respirer profondément. J’avais déjà photographié des scènes comme ça à de nombreuses reprises. Mais celle-ci était unique, d’une part à cause des pleurs de cette enfant, mais aussi parce que cette fois, je savais qu’à la prochaine étape de leur voyage, dans ce centre de rétention, elles allaient être séparées. Je doute que ces familles aient eu la moindre idée de ce qui allait leur arriver. Tous voyageaient depuis des semaines, ils ne regardaient pas la télévision et n’avaient aucun moyen d’être au courant de la nouvelle mesure de tolérance zéro et de séparation des familles mise en place par Trump. (…) Cela fait dix ans que je photographie l’immigration à la frontière américaine, toujours avec l’objectif d’humaniser des histoires complexes. Souvent, on parle de l’immigration avec des statistiques, arides et froides. Et je crois que la seule manière que les personnes dans ce pays trouvent des solutions humaines est qu’elles voient les gens comme des êtres humains. Je n’avais jamais imaginé que j’allais un jour mettre un visage sur une politique de séparation des familles, mais c’est le cas aujourd’hui. John Moore
Pourquoi aurait-elle fait subir ça à notre petite fille ? (….) Je pense que c’était irresponsable de sa part de partir avec le bébé dans les bras parce qu’on ne sait pas ce qui aurait pu arriver. Denis Hernandez
Interrogé par le Daily Mail, Denis Varela a indiqué que sa femme voulait expérimenter le rêve américain et trouver un travail au pays de l’Oncle Sam, mais qu’il était opposé à l’idée qu’elle parte avec sa fille : « Elle est partie sans prévenir. Je n’ai pas pu dire « Au revoir » à ma fille et maintenant la seule chose que je peux faire, c’est attendre. » Le couple a aussi trois autres enfants, un fils de 14 ans, et deux filles de 11 et 6 ans. « Les enfants comprennent ce qu’il se passe. Ils sont un peu inquiets mais j’essaye de ne pas trop aborder le sujet. Ils savent que leur mère et leur sœur sont en sécurité. » Il a ajouté qu’il espère que « les droits de sa femme et de sa fille sont respectés, parce qu’elles sont des reines […] Nous avons tous des droits. » Ouest France
Protecting children at the border is complicated because there have, indeed, been instances of fraud. Tens of thousands of migrants arrive there every year, and those with children in tow are often released into the United States more quickly than adults who come alone, because of restrictions on the amount of time that minors can be held in custody. Some migrants have admitted they brought their children not only to remove them from danger in such places as Central America and Africa, but because they believed it would cause the authorities to release them from custody sooner. Others have admitted to posing falsely with children who are not their own, and Border Patrol officials say that such instances of fraud are increasing. (…) [Jessica M. Vaughan, the director of policy studies for the Center for Immigration Studies] said that some migrants were using children as “human shields” in order to get out of immigration custody faster. “It makes no sense at all for the government to just accept these attempts at fraud,” Ms. Vaughan said. “If it appears that the child is being used in this way, it is in the best interest of the child to be kept separately from the parent, for the parent to be prosecuted, because it’s a crime and it’s one that has to be deterred and prosecuted.” NYT
Over the weekend, you may have seen a horrifying story: Almost 1,500 migrant children were missing, and feared to be in the hands of human traffickers. The Trump administration lost track of the children, the story went, after separating them from their parents at the border. The news spread across liberal social media — with the hashtag #Wherearethechildren trending on Twitter — as people demanded immediate action. But it wasn’t true, or at least not the way that many thought. The narrative had combined parts of two real events and wound up with a horror story that was at least partly a myth. The fact that so many Americans readily believed this myth offers a lesson in how partisan polarization colors people’s views on a gut emotional level without many even realizing it. As other articles have explained, the missing children and the Trump administration’s separation of families who are apprehended at the border are two different matters. (…) These “missing” children had actually come to the United States without their parents, been picked up by the Border Patrol and then released to the custody of a parent or guardian. Many probably are not really missing. The figure represents the number of children whose households didn’t answer the phone when the Department of Health and Human Services called to check on them. The unanswered phone calls may warrant further welfare checks, but are not themselves a sign that something nefarious has happened. The Obama administration also detained immigrant families and children, as did other recent administrations. This past weekend, some social media users circulated a photo they said showed children detained as a result of President Trump’s policies, but the image was actually from 2014. (…) Long-running social science surveys have found that since the 1980s, Republicans’ opinions of Democrats and Democrats’ opinions of Republicans have been increasingly negative. At the same time, as Lilliana Mason, a political scientist at the University of Maryland, writes in a new book, partisan identity has become an umbrella for other important identities, including those involving race, religion, geography and even educational background. It has become a tribal identity itself, not merely a matter of policy preferences. So it’s not that liberals didn’t care about immigrant children until Mr. Trump became president, or that they’re only pretending to care now so as to score political points. Rather, with the Trump administration’s making opposition to immigrants a signature issue, the topic has become salient to partisan conflict in a way it wasn’t before. Mr. Trump’s treatment of immigrant families and children, when refracted through the lens of partisan bias, affirms liberals’ perception of being engaged in a broader moral struggle with the right, making it feel like an urgent threat. Mr. Obama’s detaining of immigrant children, by contrast, felt like a matter of abstract moral concern. Identity polarization means “you want to show that you’re a good member of your tribe,” Sean Westwood, a political scientist at Dartmouth College who studies partisan polarization, said in an interview early last year. “You want to show others that Republicans are bad or Democrats are bad, and your tribe is good.” Sharing stories on social media “provides a unique opportunity to publicly declare to the world what your beliefs are and how willing you are to denigrate the opposition and reinforce your own political candidates,” he said. Accurate news can serve that purpose. But fake news has an advantage. It can perfectly capture one side’s villainous archetypes of the other, without regard for pesky facts that might not fit the story line. The narrative that President Trump’s team lost hundreds of children after tearing them away from their parents combines some of the main liberal critiques of the administration: that it is racist, that it is authoritarian and that it is incompetent. The administration’s very real policy of separating families already plays to the first two archetypes. By adding in the missing children, the story manages to incorporate an incompetence angle as well. NYT
Nous ne voulons pas séparer les familles, mais nous ne voulons pas que des familles viennent illégalement. Si vous faites passer un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme la loi le requiert. Jeff Sessions
Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile. Donald Trump
La version originale de cet article a donné une représentation inexacte de ce qui est arrivé à la petite fille après la photo. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. Time
Time has not responded to a request for comment from The Post, but in a statement sent to media outlets, the magazine said it’s standing by its cover. Washington Post
La photographie du 12 juin de la petite Hondurienne de 2 ans est devenue le symbole le plus visible du débat sur l’immigration en cours aux États-Unis et il y a une raison pour cela. Dans le cadre de la politique appliquée par l’administration, avant son revirement de cette semaine, ceux qui traversaient la frontière illégalement étaient l’objet de poursuites criminelles, qui entraînaient à leur tour la séparation des enfants et des parents. Notre couverture et notre reportage saisissent les enjeux de ce moment. Edward Felsenthal (rédacteur en chef de Time).
The Time cover is an illustration that interprets a wider issue being reported on within the magazine. The photograph I took is a straightforward and an honest image; it shows a brief moment in time of a distressed little girl, whose mother is being searched as they are both taken into custody. I believe this image has raised awareness of the zero tolerance policy of the current administration. Having covered immigration for Getty Images for 10 years, this photograph for me is part of a much larger story. John Moore
Obviously this child never met the president, it’s not misleading at all in that sense. I think that the power of it is in the juxtaposition of the two figures, of the child who quickly came to represent all of the children that we’re talking about, and the president who was making the decisions about their fate. Nancy Gibbs (former editor of Time)
It was well within the parameters of editorial license. This is a caustic, sharp-edged cover. But it’s a caustic, sharp-edged cover about an issue that is deeply emotional that has divided America. Moore’s photos are « iconic » and will be remembered alongside historic images of Emmett Till and the photo of a naked little girl running from a Naplam attack in Vietnam. Bruce Shapiro (Columbia University)
Il existe aux Etats-Unis un grave problème d’immigration illégale. Trump a commencé à prendre des décisions pour le régler. Les entrées clandestines dans le pays par la frontière Sud ont diminué de 70 pour cent. Elles sont encore trop nombreuses. Les immigrants illégaux présents dans le pays ne sont pas tous criminels, mais ils représentent une proportion importante des criminels incarcérés et des membres de gangs violents impliqués, entre autres, dans le trafic de drogue. Jeff Sessions, ministre de la justice inefficace dans d’autres secteurs, est très efficace dans ce secteur. Les Démocrates veulent que l’immigration illégale se poursuive, et s’intensifie, car ils ont besoin d’un électorat constitué d’illégaux fraîchement légalisés pour maintenir à flot la coalition électorale sur laquelle ils s’appuient et garder des chances de victoire ultérieure (minorités ethniques, femmes célibataires, étudiants, professeurs). La diminution de l’immigration clandestine leur pose problème. Les actions de la police de l’immigration (ICE; Immigration Control Enforcement) suscitent leur hostilité, d’où l’existence de villes sanctuaires démocrates et, en Californie, d’un Etat sanctuaire(démocrate, bien sûr). Ce qui se passe depuis quelques jours à la frontière Sud du pays est un coup monté auquel participent le parti démocrate, les grands médias américains, des organisations gauchistes, et le but est de faire pression sur Trump en diabolisant son action. La plupart des photos utilisées datent des années Obama, au cours desquelles le traitement des enfants entrant clandestinement dans le pays était exactement similaire à ce qu’il est aujourd’hui, sans qu’à l’époque les Démocrates disent un seul mot. Les enfants qui pleurent sur des vidéos ont été préparés à être filmés à des fins de propagande et ont appris à dire “daddy”, “mummy”. Le but est effectivement de faire céder Trump. Quelques Républicains à veste réversible ont joint leur voix au chœur. Trump, comme il sait le faire, a agi pour désamorcer le coup monté. On lui reproche de faire ce qui se fait depuis des années (séparer les enfants de leurs parents dès lors que les parents doivent être incarcérés) ? Il vient de décider que les enfants ne seront plus séparés des parents, et qu’ils seront placés ensemble dans des lieux de rétention.  Cela signifie-t-il un recul ? Non. La lutte contre l’immigration clandestine va se poursuivre selon exactement la même ligne. Les parents qui ont violé la loi seront traités comme ils l’étaient auparavant. Les enfants seront-ils dans de meilleures conditions ? Non. Ils ne seront pas dans des conditions plus mauvaises non plus. Décrire les lieux où ils étaient placés jusque là comme des camps de concentration est une honte et une insulte à ceux qui ont été placés dans de réels camps de concentration (certains Démocrates un peu plus répugnants que d’autres sont allés jusqu’à faire des comparaisons avec Auschwitz !) : les enfants sont placés dans ce qui est comparable à des auberges pour colonies de vacances. Un enfant clandestin coûte au contribuable américain à ce jour 35.000 dollars en moyenne annuelle. Désamorcer le coup monté ne réglera pas le problème d’ensemble. Des femmes viennent accoucher aux Etats-Unis pour que le bébé ait la nationalité américaine et puisse demander deux décennies plus tard un rapprochement de famille. Des gens font passer leurs enfants par des passeurs en espérant que l’enfant sera régularisé et pourra lui aussi demander un rapprochement de famille. Des parents paient leur passage aux Etats Unis en transportant de la drogue et doivent être jugés pour cela (le tarif des passeurs si on veut passer sans drogue est  de 10.000 dollars par personne). S’ils sont envoyés en prison, ils n’y seront pas envoyés avec leurs enfants.  Quand des trafiquants de drogue sont envoyés en prison, aux Etats-Unis ou ailleurs, ils ne vont pas en prison en famille, et si quelqu’un suggérait que leur famille devait les suivre en prison, parce que ce serait plus “humain”, les Démocrates seraient les premiers à hurler. Les Etats-Unis, comme tout pays développé, ne peuvent laisser entrer tous ceux qui veulent entrer en laissant leurs frontières ouvertes. Un pays a le droit de gérer l’immigration comme il l’entend et comme l’entend sa population, et il le doit, s’il ne veut pas être submergé par une population qui ne s’intègre pas et peut le faire glisser vers le chaos. Les pays européens sont confrontés au même problème que les Etats-Unis, d’une manière plus aiguë puisqu’en Europe s’ajoute le paramètre “islam”. La haine de la civilisation occidentale imprègne la gauche européenne, qui veut la dissolution des peuples européens. Une même haine imprègne la gauche américaine, qui veut la dissolution du peuple américain. Les grandes villes de l’Etat sanctuaire de Californie sont déjà méconnaissables, submergées par des sans abris étrangers (pas un seul pont de Los Angeles qui n’abrite désormais un petit bidonville, et un quart du centre ville est une véritable cour des miracles, à San Francisco ce n’est pas mieux). Il n’est pas du tout certain que le coup monte servira les Démocrates lors des élections de mi mandat. Nombre d’Américains ne veulent pas la dissolution du peuple américain. Guy Millière
Sur le plateau de la NBCNews, l’ancien président du Comité national du parti Républicain, Michael Steele, vient de comparer les centres dans lesquels sont accueillis les enfants de clandestins aux Etats-Unis à des camps de concentration. Il s’adresse alors aux Américains : « Demain, ce pourrait être vos enfants ». La scène résume à elle seule la folie qui s’est emparée de la sphère politico-médiatique après que Donald Trump a ordonné aux autorités gardant la frontière mexicaine d’appliquer la loi et de séparer les parents de leurs enfants entrés illégalement aux Etats-Unis. Passons sur la comparaison. Aussi indécente que manipulatrice : ces enfants ne sont pas enfermés en attendant la mort. Quant à la mise en garde, elle est grotesque. Aucun Américain ne se verra subitement séparé de ses enfants. A moins d’avoir commis un crime ou un délit puni de prison. Quand un citoyen lambda est condamné à une peine de prison, personne ne s’offusque jamais de cette séparation … Jusqu’à ce que cela touche des clandestins. Leur particularité étant de n’avoir aucun logement dans le pays dont ils viennent de violer la frontière, leurs enfants sont donc pris en charge dans des camps, en attendant que la situation des adultes soit examinée. Aux frais des Américains. (…) Reste que les parents, prévenus de la loi que nul n’est censé ignorer, sont les premiers responsables du sort qui menace leurs enfants, en choisissant de la violer. Ce sont eux qui font payer leur délit à leur propre progéniture. Les clandestins sont des adultes tout aussi responsables que n’importe quel autre adulte : leur retirer leur capacité de décision, leur liberté et donc leur responsabilité n’est pas exactement les respecter. Mais (…) remontons à 2014, époque bénie du président Barack Obama. Cette année-là, 47.017 mineurs sont appréhendés, alors qu’ils traversent la frontière… seuls. Des enfants, envoyés par leurs parents qui n’ont apparemment pas eu peur de s’en séparer pour leur faire prendre des risques inconsidérés. Comment est-ce possible ? L’administration américaine d’alors avait affirmé que les étrangers envoyaient leurs enfants seuls, persuadés qu’ils seraient ainsi mieux traités que des adultes. Le New York Times avait donné raison à l’administration : « alors que l’administration Obama a évolué vers une attitude plus agressive d’expulsion des adultes, elle a, dans les faits, expulsé beaucoup moins d’enfants que par le passé. » Les clandestins le savent, tout comme ils connaissent aujourd’hui les risques qui pèsent sur leurs propres enfants. On apprend également qu’à l’époque, les enfants mexicains sont directement reconduits de l’autre côté de la frontière et que les autres sont « pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d’expulsion soit lancé. » En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Et ce, dans les mêmes conditions aujourd’hui dénoncées. Si similaires d’ailleurs que certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014 ! Rien n’a changé. A un détail près. Les enfants dont on parle en ce mois de juin 2018 sont parfois accompagnés d’adultes. Comme sous l’administration Obama, les enfants sont séparés de ces adultes lorsqu’il y a un doute sur le lien réel de parenté, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou par manque de place dans les centres de rétention pour les familles. Restent les enfants effectivement accompagnés de leurs parents et malgré tout séparés de ces derniers qui partent en prison. Chaque mois, 50.000 clandestins entrent aux Etats-Unis, parmi lesquels 15% de familles. Une fois arrêtés, les clandestins sont pénalement poursuivis avant toute demande d’asile. (…) Mais il a suffi de quelques images, publiées en même temps que la sortie du très attendu rapport sur la possible partialité du FBI lors des dernières élections présidentielles américaines, pour que l’opinion politico-médiatique hurle au scandale. Jusqu’à la première dame du pays, Mélania Trump, qui a confié « détester » voir les clandestins séparés de leurs enfants. Le Président lui-même a fini par douter publiquement : «Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile.» Donald Trump a subi l’indignation générale (à moins d’en profiter), au point de montrer au monde que même lui avait du cœur en annonçant la signature d’un décret mettant fin à cette séparation forcée. Tout le monde s’est félicité du résultat de la mobilisation : enfin, les enfants vont pouvoir rejoindre leurs parents en prison ! Quelle victoire… Charlotte d’Ornellas

Attention: une manipulation peut en cacher beaucoup d’autres !

Au lendemain de la révélation que la petite Hondurienne de deux ans dont les larmes avaient fait le tour du monde comme symbole de la séparation des familles de migrants aux Etats-Unis …

N’avait en fait jamais été séparée de sa mère, comme a bien dû le reconnaitre – problème de « mauvaise formulation », s’il vous plait  ! – le célèbre « Time magazine » lui-même qui en avait fait sa couverture

Ayant même, selon les dires du père resté seul avec leurs trois autres enfants, été emmenée à son insu par sa mère après une première tentative il y a cinq ans non de fuir la violence de son Honduras natal comme il avait été dit mais de « réaliser son rêve américain »…

Et sans compter la fausse attribution à l’Administration Trump de photos d’enfants détenus datant de 2014 et donc, comme d’ailleurs la pratique elle-même (mesure de protection des enfants – faut-il le rappeler ? – que, sauf en Corée du nord, l’on n’emprisonne normalement pas avec leur parents délinquants), de l’Administration Obama qui l’avait précédée …

Comment ne pas repenser …

Au-delà de la véritable situation de chaos, y compris par le simple effet de leur nombre dans les centres de rétention, que fuient et subissent depuis au moins dix ans nombre de demandeurs d’asile …

Des enfants boucliers humains du Hamas au petit Mohammed ou au petit Aylan ou même tout dernièrement à la petite Leila de Gaza …

A non seulement, dévoyant et détournant ce singulier souci des plus faibles qui fait la singularité de l’Occident judéo-chrétien, l’irresponsabilité voire de l‘intention clairement criminelle de tous ces parents, appuyés par militants et ONG sansfrontieristes, qui exploitent ainsi la misère de leurs enfants …

Mais aussi à la lourde responsabilité de médias qui, entre deux « mauvaises formulations » ou manipulations, leur servent de caisse de résonance ou même les encouragent …

Et qui aujourd’hui n’ont que le mot « fake news » à la bouche quand il s’agit de qualifier les dires du président Trump ou des rares médias qui le défendent encore ?

Charlotte d’Ornellas

Valeurs actuelles

21 juin 2018

Immigration. Pendant plusieurs jours, les médias du monde entier ont fait tourner en boucle des images d’enfants clandestins séparés de leurs parents à la frontière mexicano-américaine. Au point d’empêcher toute possibilité de réflexion.

Sur le plateau de la NBCNews, l’ancien président du Comité national du parti Républicain, Michael Steele, vient de comparer les centres dans lesquels sont accueillis les enfants de clandestins aux Etats-Unis à des camps de concentration. Il s’adresse alors aux Américains : « Demain, ce pourrait être vos enfants ».

La scène résume à elle seule la folie qui s’est emparée de la sphère politico-médiatique après que Donald Trump a ordonné aux autorités gardant la frontière mexicaine d’appliquer la loi et de séparer les parents de leurs enfants entrés illégalement aux Etats-Unis. Passons sur la comparaison. Aussi indécente que manipulatrice : ces enfants ne sont pas enfermés en attendant la mort. Quant à la mise en garde, elle est grotesque. Aucun américain ne se verra subitement séparé de ses enfants. A moins d’avoir commis un crime ou un délit puni de prison.

Quand un citoyen lambda est condamné à une peine de prison, personne ne s’offusque jamais de cette séparation … Jusqu’à ce que cela touche des clandestins. Leur particularité étant de n’avoir aucun logement dans le pays dont ils viennent de violer la frontière, leurs enfants sont donc pris en charge dans des camps, en attendant que la situation des adultes soit examinée. Aux frais des Américains.

Parce qu’un rappel n’est pas inutile dans le débat : franchir illégalement la frontière d’un pays est une violation de la loi. Un délit, puni d’emprisonnement aux Etats-Unis. Avec sa raison et non ses bons sentiments irrationnels, l’homme politique interrogé aurait donc pu être plus juste : si vous commettez un crime ou un délit passible de prison, vous aussi pourriez être séparés de vos enfants.

Reste que les parents, prévenus de la loi que nul n’est censé ignorer, sont les premiers responsables du sort qui menace leurs enfants, en choisissant de la violer. Ce sont eux qui font payer leur délit à leur propre progéniture. Les clandestins sont des adultes tout aussi responsables que n’importe quel autre adulte : leur retirer leur capacité de décision, leur liberté et donc leur responsabilité n’est pas exactement les respecter.

Certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014

Mais penchons-nous plus précisément sur ce qui se passe à la frontière mexico-américaine. Et plutôt que de regarder la situation actuelle, qui ne saurait être analysée de manière raisonnable maintenant que Trump préside les Etats-Unis, remontons à 2014, époque bénie du président Barack Obama. Cette année-là, 47.017 mineurs sont appréhendés, alors qu’ils traversent la frontière… seuls.

Des enfants, envoyés par leurs parents qui n’ont apparemment pas eu peur de s’en séparer pour leur faire prendre des risques inconsidérés. Comment est-ce possible ? L’administration américaine d’alors avait affirmé que les étrangers envoyaient leurs enfants seuls, persuadés qu’ils seraient ainsi mieux traités que des adultes. Le New York Times avait donné raison à l’administration : « alors que l’administration Obama a évolué vers une attitude plus agressive d’expulsion des adultes, elle a, dans les faits, expulsé beaucoup moins d’enfants que par le passé. » 

Les clandestins le savent, tout comme ils connaissent aujourd’hui les risques qui pèsent sur leurs propres enfants. On apprend également qu’à l’époque, les enfants mexicains sont directement reconduits de l’autre côté de la frontière et que les autres sont « pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d’expulsion soit lancé. » En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Et ce, dans les mêmes conditions aujourd’hui dénoncées. Si similaires d’ailleurs que certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014 !

Rien n’a changé. A un détail près. Les enfants dont on parle en ce mois de juin 2018 sont parfois accompagnés d’adultes. Comme sous l’administration Obama, les enfants sont séparés de ces adultes lorsqu’il y a un doute sur le lien réel de parenté, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou par manque de place dans les centres de rétention pour les familles.

Restent les enfants effectivement accompagnés de leurs parents et malgré tout séparés de ces derniers qui partent en prison. Chaque mois, 50.000 clandestins entrent aux Etats-Unis, parmi lesquels 15% de familles. Une fois arrêtés, les clandestins sont pénalement poursuivis avant toute demande d’asile. Or Trump a été élu pour une tolérance zéro : la loi est donc strictement appliquée. Cette même loi américaine ne permet pas que les enfants puissent suivre leurs parents lorsque ces derniers sont poursuivis pénalement. La séparation était donc une conséquence logique, même très pénible, du choix des Américains.

«Le dilemme est si vous êtes mou, le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur» 

C’est d’ailleurs ce qu’a immédiatement répondu le ministre américain de la justice Jeff Session : « Nous ne voulons pas séparer les familles, mais nous ne voulons pas que des familles viennent illégalement. Si vous faites passer un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme la loi le requiert ». 

Mais il a suffi de quelques images, publiées en même temps que la sortie du très attendu rapport sur la possible partialité du FBI lors des dernières élections présidentielles américaines, pour que l’opinion politico-médiatique hurle au scandale. Jusqu’à la première dame du pays, Mélania Trump, qui a confié « détester » voir les clandestins séparés de leurs enfants.
Le Président lui-même a fini  par douter publiquement : «Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile.»

Donald Trump a subi l’indignation générale (à moins d’en profiter), au point de montrer au monde que même lui avait du cœur en annonçant la signature d’un décret mettant fin à cette séparation forcée. Tout le monde s’est félicité du résultat de la mobilisation : enfin, les enfants vont pouvoir rejoindre leurs parents en prison ! Quelle victoire… Mais Donald Trump a insisté sur sa détermination à stopper l’immigration illégale en même temps, appelant de ses vœux un vote du Congrès pour « changer les lois ». Depuis son accession à la présidence, notamment due à un discours extrêmement ferme sur l’immigration, Donald Trump est empêché par les démocrates, comme par son administration : ils bloquent son projet de mur à la frontière, l’immigration fondée sur le mérite ainsi que tous les ajustements proposés pour les forces de l’ordre.

La situation finit par le servir, et il ne pouvait l’ignorer : il vient de faire une concession, il appelle maintenant le Congrès à voter contre les « anciennes lois horribles » en adoptant la sienne. Nul ne connaît la suite. Mais pour Donald Trump, le défi est immense. S’il n’a pas été élu sur la seule promesse d’une tolérance zéro vis-à-vis de l’immigration illégale, le sujet reste l’une des préoccupations majeures de ses électeurs.

Voir aussi:

Yanela, symbole des enfants séparés dans « Time magazine »… tout n’était pas tout à fait vrai

DÉCRYPTAGE – Son visage, en larmes, s’affiche en une du célèbre « Time Magazine » face au président Donald Trump dans un photomontage saisissant. Symbole de la politique migratoire qui a éloigné des milliers d’enfants de leurs parents, la petite Yanela Hernandez n’aurait en réalité jamais été séparée de sa mère. Le sort de la maman et de la fille, originaires du Honduras, reste néanmoins inconnu. Explications.

C’est une image qui a fait le tour du monde en quelques heures. Pour illustrer sa dernière Une, consacrée à la polémique autour de la politique migratoire de Donald Trump, le célèbre « Time Magazine » a réalisé un photomontage sur fond rouge qui met en scène une fillette en pleurs, sous les yeux du président, un sourire en coin. Le titre ? « Welcome to America » (Bienvenue en Amérique).

Sur le site de l’hebdomadaire, le photographe de l’agence Getty John Moore expliquait mercredi les coulisses du cliché, pris le 11 juin dernier à la frontière entre le Texas et le Mexique. Il a été réalisé au moment où les policiers étaient en train de fouiller la mère de la petite fille, âgée de 2 ans. « Dès qu’ils ont eu terminé, elles ont été mises dans un camion (…) Tout ce que je voulais, c’est la prendre avec moi. Mais je ne pouvais pas. »

Le photographe laisse également entendre que la mère et l’enfant, originaires du Honduras, ont pu être séparées par la suite, comme l’ont été au moins 23.000 enfants sans papiers depuis avril dernier, dans le cadre de politique de tolérance zéro menée par l’administration en matière migratoire. Face au tollé international, le président américain a annoncé mettre fin à ces séparations, expliquant également avoir été influencé par son épouse Melania.

Quid de la petite fille en une de « Time » ? Depuis la parution du magazine, de nombreux internautes ont relayé un appel pour aider à la retrouver, soutenus par de nombreuses personnalités comme les écrivains Don Winslow et Stephen King. Interrogé mercredi par le site américain Buzzfeed, un porte-parole de la police des frontière affirmait toutefois que mère et fille n’avait pas été séparées, sans donner plus de précision.

C’est finalement le père de la fillette qui a donné de ses nouvelles, ce vendredi. Dans un entretien téléphonique accordé au Daily Mail depuis le Honduras, Denis Javier Valera Hernandez, 32 ans, révèle que l’enfant s’appelle Yanela et qu’elle n’aurait pas été séparée de sa mère, Sandra. « Vous imaginez ce que j’ai ressenti lorsque j’ai vu la photo de ma fille. J’en ai eu le coeur brisé. C’est difficile pour un père de voir ça. Mais je sais maintenant qu’elles sont hors de danger. Elles sont plus en sécurité que lorsqu’elles ont fait le voyage vers la frontière. »

Denis Hernandez explique que sa femme et sa fille ont quitté leur pays en bateau, le 3 juin dernier, depuis le port de Puerto Cortes, sans le prévenir, afin de rejoindre des membres de sa famille déjà installés aux Etats-Unis. Pour effectuer le voyage, la mère aurait payé 6.000 dollars à un passeur. Depuis leur arrestation, Il affirme qu’elles sont détenues ensemble dans la ville frontalière de McAllen, au Texas, dans l’attente de l’examen d’un dossier de demande d’asile que la mère a déposé. S’il est refusé, elles seront contraintes de rentrer au Honduras.

« J’attends de voir ce qui va leur arriver »,  réagit le père dans un autre entretien accordé à l’agence de Reuters, qui a eu confirmation des faits par Nelly Jerez, la ministre des Affaires étrangères du Honduras. Ni les autorités américaines, ni « Time Magazine », n’ont commenté ces informations pour le moment. Et certains internautes continuent de les mettre en doute, tant que Yanela et sa mère n’auront pas été filmées par les caméras de télévision…

Quoi qu’il en soit, cet imbroglio vient mettre en lumière la difficulté de réunir les familles, dans la foulée de la décision  spectaculaire de la Maison Blanche. D’après Jodi Goodwin, avocate spécialisée dans l’immigration au Texas,  l’organisme ayant pris en charge les enfants ne dispose pas d’un système pour se synchroniser avec les autorités migratoires qui détiennent les parents et assurer ainsi une fluidité des informations.

« Lorsque je parle avec les parents, ils ont le regard fixé dans le vide parce qu’ils ne peuvent tout simplement pas comprendre, ils ne peuvent accepter, ils ne peuvent croire qu’ils ignorent où se trouvent leurs enfants et que le gouvernement américain les leur a retirés », a-t-elle expliqué à l’AFP. Un discours partagé dans les médias par de nombreuses ONG pour qui le revirement de Donald Trump n’est qu’une étape.

Rappelons que le décret, signé par le président américain devant les caméras, stipule que des poursuites pénales continueront à être engagées contre ceux qui traversent la frontière illégalement. Mais que parents et enfants seront détenus ensemble dans l’attente de l’examen de leur dossier. La petite Yanela et sa mère bénéficieront-elles de la clémence de la Maison Blanche ?

Voir de même:

La fillette en larmes sur la couverture du « Time » n’avait pas été séparée de sa mère
La petite fille éplorée lors de l’arrestation de sa mère hondurienne à la frontière n’a pas été séparée d’elle.
Delphine Bernard-Bruls
Le Monde
22.06.2018

Sur sa dernière couverture, le magazine américain Time a réutilisé une photographie déjà célèbre montrant une fillette en larmes alors que sa mère est arrêtée par la police à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Placée face au président américain, Donald Trump, et à l’expression « Bienvenue en Amérique », la photo devait illustrer la politique migratoire de « tolérance zéro » qui a mené à plus de 2 000 séparations entre parents et enfants clandestins. Sauf que, contrairement à ce que de nombreux observateurs ont laissé penser, la mère et la fille n’ont pas été séparées à leur arrivée à McAllen, au Texas.

Le photographe de Getty Images, John Moore, savait que la fillette au gilet rose et sa mère arrivaient du Honduras, rien de plus. S’il ignorait que son cliché illustrerait le mouvement d’indignation contre la politique migratoire de M. Trump – contre laquelle ce dernier a finalement signé un décret le 20 juin – il ne savait pas plus que mère et fille n’avaient pas été séparées mais internées ensemble. Dans le Time, M. Moore a expliqué avoir photographié la mère et la fille dans la nuit du 12 au 13 juin alors qu’elles achevaient un mois de marche en direction des Etats-Unis.
Mise à jour tardive

Interrogé sur CNN, le photographe a souligné en début de semaine ne pas avoir été témoin d’une quelconque séparation, mais a rapporté que mère et fille « ont été envoyées vers un centre où elles ont peut-être été séparées », comme quelque 2 000 familles au cours de ces deux derniers mois. Le Time a lui-même fait l’erreur : après avoir d’abord affirmé le 19 juin que mère et fille avaient été séparées, le magazine a ajouté une mise à jour au bas de son article.

« La version originale de cet article a fait une fausse affirmation quant au sort de la petite fille après la photographie. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. »

A des milliers de kilomètres de là, au Honduras, Denis Javier Varela Hernandez a reconnu la bambine en larmes figurant sur la photo devenue virale, et assuré qu’il s’agissait de sa fille, qu’il n’avait pas vue depuis plusieurs semaines. Il a d’abord affirmé cela, mardi sur la chaîne de télévision hispanophone Univision : « Cette photo… dès que je l’ai vue j’ai su que c’était ma fille. » Il a répété cette affirmation au quotidien britannique Daily Mail, précisant que sa compagne ne l’avait pas mis au courant de ses projets de migration vers les Etats-Unis. Sans nouvelles d’elle depuis son départ, il a appris la semaine dernière qu’elle avait été interpellée à son arrivée au Texas, mais internée avec sa fille.

D’autres sources sont venues corroborer les propos du père, resté au Honduras : « La mère et la fille n’ont pas été séparées », a déclaré une porte-parole des autorités douanières et frontalières au Daily Beast. Côté hondurien, la ministre adjointe des relations internationales, Nelly Jerez, a confirmé le récit du père auprès de l’agence de presse Reuters. Optimiste, ce dernier a estimé que « si elles sont déportées, ça ne fait rien, tant qu’ils ne laissent pas l’enfant sans sa mère ».

Voir de plus:

Que devient la fillette qui a ému l’Amérique ?

Valentin Davodeau

Ouest France

22 juin 2018

La photo de cette enfant de 2 ans en pleurs, arrêtée à la frontière entre le Mexique et les États-Unis avec sa mère, avait fait le tour des médias américains et internationaux. Selon le père de la fillette, elles seraient toutes les deux détenues actuellement dans un centre au Texas.

« Elles sont détenues dans un établissement du Texas mais elles vont bien », a déclaré Denis Javier Varela Hernandez, père de la petite Yanela, 2 ans, et mari de Sandra Sanchez, 32 ans. Interrogé par différents médias, cet homme de 32 ans vivant à Puerto Cortes au Honduras dit avoir reconnu sa fille sur cette photo qui a fait le tour du monde. « Mon cœur était en miette quand j’ai vu ma petite fille sur cette image », a-t-il expliqué à Univision,

La mère et sa fille n’ont pas été séparées

Denis Varela a précisé que sa femme et sa fille n’ont pas été séparées quand elles ont été interceptées le 12 juin par la patrouille des frontières, à proximité de la ville d’Hidalgo, au Texas. Depuis le 5 mai, plus de 2 300 enfants ont été écartés de leurs parents alors que ces familles tentaient de passer la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Yanela et sa mère se trouveraient actuellement dans un centre de rétention à Dilley, au sud du « Lone Star State ». Parties du Honduras le 3 juin, Sandra Sanchez et Yanela ont parcouru près de 2 900 kilomètres pour arriver jusqu’aux États-Unis.

Le rêve américain

Interrogé par le Daily Mail, Denis Varela a indiqué que sa femme voulait expérimenter le rêve américain et trouver un travail au pays de l’Oncle Sam, mais qu’il était opposé à l’idée qu’elle parte avec sa fille : « Elle est partie sans prévenir. Je n’ai pas pu dire « Au revoir » à ma fille et maintenant la seule chose que je peux faire, c’est attendre. »

Le couple a aussi trois autres enfants, un fils de 14 ans, et deux filles de 11 et 6 ans. « Les enfants comprennent ce qu’il se passe. Ils sont un peu inquiets mais j’essaye de ne pas trop aborder le sujet. Ils savent que leur mère et leur sœur sont en sécurité. » Il a ajouté qu’il espère que « les droits de sa femme et de sa fille sont respectés, parce qu’elles sont des reines […] Nous avons tous des droits. »

Voir encore:

Cette photo bouleverse le monde entier et illustre les effets de la politique de « tolérance zéro » revendiquée par Donald Trump sur la politique de séparation des familles pour lutter contre l’immigration illégale.

Une petite fille en pleurs, vêtue d’un tee-shirt rose et de chaussures assorties. Du haut de ses 2 ans, elle regarde avec effroi un garde-frontière qui vient d’arrêter sa mère, une immigrée hondurienne qui tentait de passer la frontière entre les États-Unis et le Mexique. La photo a été prise le 12 juin et a, depuis, fait le tour du monde. Elle donne un visage aux 2 000 enfants séparés de leurs parents depuis que l’administration de Donald Trump a abruptement décrété début mai une politique de « tolérance zéro », sous la houlette de l’ultraconservateur ministre de la Justice, Jeff Sessions.

L’auteur de cette image, John Moore, s’efforce depuis dix ans d’illustrer l’immigration et ses souffrances. Mais cette photo restera unique à ses yeux. Ce correspondant spécial de Getty Images, titulaire du prix Pulitzer et auteur du livre de photos Undocumented (« Clandestin » en français), répond aux questions de franceinfo et nous raconte l’émotion de cette scène.

Franceinfo : Dans quelles circonstances avez-vous photographié cette famille ? 

John Moore : J’étais à McAllen, dans la vallée du Rio Grande, dans le sud du Texas, près de la frontière avec le Mexique. Je suivais les patrouilles aux frontières pendant leurs opérations. Cette nuit-là, un groupe de migrants a atteint les États-Unis. Ils ont été arrêtés et réunis au bord d’une route en terre par les patrouilles. Il faut noter que les migrants qui veulent demander l’asile se rendent facilement aux agents de patrouille aux frontières. Ce ne sont pas des migrants sans papiers classiques, ils viennent avec autant de documents que possible pour obtenir l’asile politique. Dans ce groupe se trouvaient une vingtaine de femmes et d’enfants. La plupart venaient du Honduras. Tous ces migrants ont dû se débarrasser de leurs effets personnels, ils ont dû se défaire de leurs sacs, de leurs bijoux et même des lacets de leurs chaussures. Il ne leur restait plus que leurs vêtements. Ils ont ensuite été fouillés avant d’être embarqués dans un van qui allait les emmener dans un centre de rétention.

Pourquoi la petite fille pleure-t-elle sur votre photo ? 

J’avais remarqué une mère qui tenait un enfant. Elle m’a dit que sa fille et elle voyageaient depuis un mois, au départ du Honduras. Elle m’a dit que sa fille avait 2 ans, et j’ai pu voir dans ses yeux qu’elle était sur ses gardes, exténuée et qu’elle avait probablement vécu un voyage très difficile. C’est l’une des dernières familles à avoir été embarquée dans le véhicule. Un des officiers a demandé à la mère de déposer son enfant à terre pendant qu’elle était fouillée.

Juste à ce moment-là, la petite fille a commencé à pleurer, très fort. J’ai trois enfants moi-même, dont un tout petit, et c’était très difficile à voir, mais j’avais une fenêtre de tir très réduite pour photographier la scène. Dès que la fouille s’est terminée, elle a pu reprendre son enfant dans ses bras et ses pleurs se sont éteints. Moi, j’ai dû m’arrêter, reprendre mes esprits et respirer profondément.

Comment avez-vous vécu la scène ? 

J’avais déjà photographié des scènes comme ça à de nombreuses reprises. Mais celle-ci était unique, d’une part à cause des pleurs de cette enfant, mais aussi parce que cette fois, je savais qu’à la prochaine étape de leur voyage, dans ce centre de rétention, elles allaient être séparées. Je doute que ces familles aient eu la moindre idée de ce qui allait leur arriver. Tous voyageaient depuis des semaines, ils ne regardaient pas la télévision et n’avaient aucun moyen d’être au courant de la nouvelle mesure de tolérance zéro et de séparation des familles mise en place par Trump.

Même maintenant, quand je regarde ces photos, cela m’attriste toujours, alors que je les ai maintenant vues de nombreuses fois. Cela fait dix ans que je photographie l’immigration à la frontière américaine, toujours avec l’objectif d’humaniser des histoires complexes. Souvent, on parle de l’immigration avec des statistiques, arides et froides. Et je crois que la seule manière que les personnes dans ce pays trouvent des solutions humaines est qu’elles voient les gens comme des êtres humains. Je n’avais jamais imaginé que j’allais un jour mettre un visage sur une politique de séparation des familles, mais c’est le cas aujourd’hui.

Je suis actuellement de retour chez moi, dans le Connecticut. Je suis très heureux d’être à la maison, avec mes enfants, pendant un moment. Ma dernière semaine de reportage m’a rappelé que nous ne pouvons jamais prendre la présence de nos êtres aimés pour acquise.

Voir aussi:

The crying Honduran girl on the cover of Time was not separated from her mother

The widely shared photo of the little girl crying as a U.S. Border Patrol agent patted down her mother became a symbol of the families pulled apart by the Trump administration’s “zero tolerance” policy at the border, even landing on the new cover of Time magazine.

But the girl’s father told The Washington Post on Thursday night that his child and her mother were not separated, and a U.S. Customs and Border Protection spokesman confirmed that the family was not separated while in the agency’s custody. In an interview with CBS News, Border Patrol agent Carlos Ruiz, who was among the first to encounter the mother and her daughter at the border in Texas, said the image had been used to symbolize a policy but “that was not the case in this picture.”

Ruiz, who was not available for an interview Friday, said agents asked the mother, Sandra Sanchez, to put down her daughter, nearly 2-year-old Yanela, so they could search her. Agents patted down the mother for less than two minutes, and she immediately picked up her daughter, who then stopped crying.

“I personally went up to the mother and asked her, ‘Are you doing okay? Is the kid okay?’ and she said, ‘Yes. She’s tired and thirsty. It’s 11 o’clock at night,” Ruiz told CBS News.

The revelation has prompted a round of media criticism from the White House and other conservatives.

“It’s shameful that dems and the media exploited this photo of a little girl to push their agenda,” White House spokeswoman Sarah Huckabee Sanders tweeted Friday. “She was not separated from her mom. The separation here is from the facts.”

The heart-wrenching image, captured by award-winning Getty Images photographer John Moore, was spread across the front pages of international newspapers. It was used to promote a Facebook fundraiser that has collected more than $18 million to help reunite separated families.

And on Thursday, hours before the little girl’s father spoke out, Time magazine released its July 2 cover using the child’s image — without the mother — in a photo illustration that shows her looking up at President Trump, who is seen towering above her.

“Welcome to America,” the cover reads.

Time has not responded to a request for comment from The Post, but in a statement sent to media outlets, the magazine said it’s standing by its cover.

Time also has added a correction to an online article and gallery that ran Tuesday, before the cover was released: “The original version of this story misstated what happened to the girl in the photo after she [was] taken from the scene. The girl was not carried away screaming by U.S. Border Patrol agents; her mother picked her up and the two were taken away together.”

Moore, the photographer, told The Post in an email that Time corrected the story after he made a request minutes after it was published. He said that the picture “is a straightforward and honest image” showing a “distressed little girl” whose mother was being searched by border officials.

“I believe this image has raised awareness to the zero-tolerance policy of this administration. Having covered immigration for Getty Images for 10 years, this photograph for me is part of a much larger story,” Moore said, adding later: “The image showed a moment in time at the border, but the emotion in the little girl’s distress has ignited a response. As a photojournalist, my job is to inform and report what is happening, but I also think it is important to humanize an issue that is often reported in statistics.”

Moore told The Post’s Avi Selk that he ran into the mother and toddler in McAllen, Tex., on the night of June 12. He knew only that they were from Honduras and had been on the road for about a month. “I can only imagine what dangers she’d passed through, alone with the girl,” he said.

Moore photographed the girl crying as the border agent patted down the mother.

Moore said the woman picked up her daughter, they walked into the van, and the van drove away. When he took the picture, he said he did not know whether the mother and her daughter would be separated, “but it was a very real possibility,” given the slew of family separations carried out by the Trump administration.

He said he’s glad that although the two were detained, “they are together.”

In Honduras, Denis Javier Varela Hernandez recognized his daughter in the photo and also feared that she was separated from her mother, he told The Post.

But he said he learned this week that his 32-year-old wife and daughter were, in fact, detained together at a facility in McAllen. Honduran Deputy Foreign Minister Nelly Jerez confirmed Varela’s account to Reuters.

An Immigration and Customs Enforcement spokesman said in a statement to The Post that Sanchez was arrested by the U.S. Border Patrol near Hidalgo, Tex., on June 12 while traveling with a family member. She was transferred to ICE custody on June 17 and is being housed at the South Texas Family Residential Center in Dilley, Tex., according to ICE.

ICE said Sanchez was previously deported to Honduras in July 2013.

Sanchez and her daughter left for the United States from Puerto Cortes, north of the Honduran capital of Tegucigalpa, on June 3, Varela said. Sanchez had told her husband that she hoped to go to the United States to seek a better life for her children, away from the dangers of their home country. But she left without telling him that she was taking their youngest daughter with her. Varela, who has three other children with Sanchez, feared for the little girl’s safety, he said. Yanela is turning 2 years old in July.

After Sanchez left, Varela had no way to contact her or learn of her whereabouts. Then, on the news, he saw the photo of the girl in the pink shirt.

“The first second I saw it, I knew it was my daughter,” Varela told The Post. “Immediately, I recognized her.”

He heard that U.S. officials were separating families at the border, before Trump reversed the policy Wednesday. Varela felt helpless and distressed “imagining my daughter in that situation,” he said.

This week, Varela received a phone call from an official with Honduras’s foreign ministry, letting him know his wife and daughter were detained together. While he doesn’t know anything about the conditions of the facility or what is next for Sanchez and Yanela, he was relieved to hear they were in the same place.

As news emerged late Thursday that the mother and child were not separated, conservative media jumped on the story, portraying it as evidence of “fake news” surrounding the Trump administration’s immigration policies.

It was the most prominent story on the home page of the conservative news outlet Breitbart, which called it a “fake news photo.” Infowars, owned by conspiracy theorist Alex Jones, singled out Time and CNN for using the “completely misleading” image to push “open border propaganda.”

Donald Trump Jr. has been talking about the photo on Twitter on Friday.

“No one is shocked anymore. There is a no low they won’t go to for their narrative,” the president’s eldest son tweeted.

Varela pushed back against the portrayals of his daughter’s story, saying it should not cast doubt on the “human-rights violations” taking place at the border.

“This is the case for my daughter, but it is not the case for 2,000 children that were separated from their parents,” Varela said.

At least 2,500 migrant children have been separated from their parents at the border since May 5.

Varela said he felt “proud” that his daughter has “represented the subject of immigration” and helped propel changes in policy. But he asked that Trump “put his hand on his heart.”

He hopes that U.S. officials will grant asylum to his wife and daughter, he said.

Asked whether he would also like to come to the United States, he said, “Of course, someday.”

Voir de même:

EXCLUSIVE: ‘They’re together and safe’: Father of Honduran two-year-old who became the face of family separation crisis reveals daughter was never separated from her mother, but the image of her in tears at U.S. border control ‘broke his heart’

  • Denis Javier Varela Hernandez spoke out about the status of his wife Sandra, 32, and daughter, Yanela, 2
  • Yanela became the face of the immigration crisis after a Getty photographer snapped a photo of her in tears
  • Speaking to DailyMail.com Hernandez said he has still not been in direct contact with his wife Sandra because he does not have a way of communicating
  • Denis said a Honduran official in the US told him that his wife and daughter are together and are doing ‘fine’
  • Sandra was part of a group that were caught by Border Patrol agents after making their way across the Rio Grande river on a raft
  • She set out on her journey from Puerto Cortes, Honduras to the U.S. at 6am on June 3 and allegedly paid $6,000 for a coyote
  • Hernandez  said he did not support his wife’s decision to make the journey with their young daughter in her arms and never got to properly say goodbye

The father of the Honduran girl who became the face of the family separation crisis has revealed that he still has not been in touch with his wife or daughter but was happy to learn they are safe.

Denis Javier Varela Hernandez, 32, said that he had not heard from his wife Sandra, 32, who was with his two-year-old daughter Yanela Denise, for nearly three weeks until he saw the image of them being apprehended in Texas.

In an exclusive interview with DailyMail.com, Hernandez, who lives in Puerto Cortes, Honduras, says that he was told on Wednesday by a Honduran official in the US that his wife and child are being detained at a family residential center in Texas but are together and are doing ‘fine.’

‘You can imagine how I felt when I saw that photo of my daughter. It broke my heart. It’s difficult as a father to see that, but I know now that they are not in danger. They are safer now than when they were making that journey to the border,’ he said.

A spokeswoman for Immigration and Customs Enforcement (ICE) has told DailyMail.com that Sandra had been previously been deported from the US in 2013.

The spokeswoman said that she was ‘encountered by immigration officials in Hebbronville, Texas’ in and sent back to Honduras 15 days later under ‘expedited removal.’

Sandra current immigration proceedings are ‘ongoing’ and she is being housed at a family detention center in Texas.

Denis said that his wife had previously mentioned her wish to go to the United States for a ‘better future’ but did not tell him nor any of their family members that she was planning to make the trek.

‘I didn’t support it. I asked her, why? Why would she want to put our little girl through that? But it was her decision at the end of the day.’

He said that Sandra had always wanted to experience ‘the American dream’ and hoped to find a good job in the States.

Denis, who works as a captain at a port on the coast of Puerto Cortes, explained that things back home were fine but not great, and that his wife was seeking political asylum.

He said that Sandra set out on the 1,800-mile journey with the baby girl on June 3, at 6am, and he has not heard from her since.

‘I never got the chance to say goodbye to my daughter and now all I can do is wait’, he said, adding that he hopes they are either granted political asylum or are sent back home.

‘I don’t have any resentment for my wife, but I do think it was irresponsible of her to take the baby with her in her arms because we don’t know what could happen.’

The couple has three other children, son Wesly, 14, and daughters Cindy, 11, and Brianna, six.

‘The kids see what’s happening. They’re a little worried but I don’t try to bring it up that much. They know their mother and sister are safe now.’

Denis said that he believes the journey across the border is only worth it to some degree, and admits that it’s not something he would ever consider.

He said he heard from friends that his wife paid $6,000 for a coyote – a term for someone who smuggles people across the border.

‘I wouldn’t risk my life for it. It’s hard to find a good job here and that’s why many people choose to leave. But I thank God that I have a good job here. And I would never risk my life making that journey.’

The heart-breaking photo was taken by Getty photographer John Moore close to midnight on the night of June 12 near McAllen, Texas, as the row over Donald Trump’s separation of migrant parents and children escalated.

Denis said that he hopes to use the photo and his family’s situation to help him reunite with his daughter.

‘I don’t want money, what I want is someone to tell me that my daughter is going to be OK.’

When asked about his views on Trump’s border policy, Denis said: ‘I’ve never seen it in a positive light the way others do. It violates human rights and children’s rights. Separating children from their parents is just wrong. They are suffering and are traumatized.

‘The laws need to be modified and we need to have a conversation. It’s just not right.

‘[Illegal] Immigration and drug smuggling across the United States border is never gonna stop. They can build a wall and it’s never going to stop,’ he said.

Sandra was part of a group that were caught by Border Patrol agents after making their way across the Rio Grande river on a raft.

Moore’s photo showed Yanela crying on a dirt track as her mother is patted down by a Border Patrol agent.

For many the photo summed up the cruelty of Trump’s ‘zero tolerance’ policy towards migrants which has caused 2,300 children to be separated from their mothers and fathers.

A photo of Yanela was used on the front cover of TIME magazine to show the devastating effect of the policy, which was brought in in April.

But actually Yanela remained with her mother after she arrived in the US after making the perilous 1,800 mile journey North through Central America and Mexico,

TIME magazine later issued a clarification saying that the original version of its story accompanying the cover was wrong because Yanela ‘was not carried away screaming by Border Patrol Agents’.

TIME’s editor in chief Edward Felsenthal said in a statement that it stood behind the wider point which is that Yanela was ‘the most visible symbol of the ongoing immigration debate’

Among those who have Tweeted DailyMail.com’s story have been White House press secretary Sarah Huckabee Sanders.

She wrote: ‘It’s shameful that dems and the media exploited this photo of a little girl to push their agenda. She was not separated from her mom. The separation here is from the facts’.

Moore, who has worked on the border with Mexico for years and has won a Pulitzer for his photography, has said the the image of Yanela was the last one he took that night.

Speaking to People magazine he said that the girl’s mother was the last to be searched and a female agent asked her to put Yanela down so she could pat her down

Moore said: ‘The mother hesitated and then set down the little girl and the child immediately started crying.

‘As a father, it was very emotional for me just to hear those cries. When I saw this little girl break down in tears I wanted to comfort this child.

‘But as a photojournalist we sometimes have to keep photographing when things are hard. And tell a story that people would never see.’

Moore crouched 6ft from the girl as she looked up at her mother and took seven shots, Yanela’s mother’s hands spread out on the Border Patrol truck.

The image was a major factor in pressuring Trump to do a U-turn on his immigration policy and sign an executive order allowing families to stay together.

The President said that he wanted to look strong but admitted that the ‘zero tolerance’ policy made him look like he had ‘no heart’.

Trump’s climb down came after worldwide outrage including British Prime Minister Theresa May who called his policy ‘deeply disturbing’ while Pope Francis said it was ‘immoral’.

The climb down was a rare one from Trump, who almost never apologizes and rarely backs down.

But he had not choice when his policy created a wall of opposition between him and others, including his own wife Melania, Democrats, Republicans, every living former First Lady, Amnesty International and the United Nations.

Voir encore:

‘All I Wanted to Do Was Pick Her Up.’ How a Photographer at the U.S.-Mexico Border Made an Image America Could Not Ignore

« This one was tough for me. As soon as it was over, they were put into a van. I had to stop and take deep breaths, » Getty photographer John Moore said
June 19, 2018

John Moore has been photographing immigrants and the hardship and heartbreak of crossing the U.S.-Mexico border for years — but this time, he said, something is different.

The Pulitzer Prize-winning photographer for Getty Images said the Trump administration’s policy of separating children from their parents — part of its “zero tolerance” stance toward people who illegally cross into the U.S. — has changed everything about enforcement at the U.S.-Mexico border and resulted in a level of despair for immigrants that Americans can no longer ignore.

“It’s a very different scene now,” he said. “I’m almost positive these families last week had no idea they’d be separated from their children.”

Moore’s image last week of a 2-year-old Honduran girl crying as a U.S. Border Patrol agent patted down her mother has become a symbol of the human cost — and many critics say cruelty — of President Donald Trump’s hard line on immigration. The crying girl has become the face of the family separation policy, which has been criticized by Democrats and Republicans alike.

“When the officer told the mother to put her child down for the body search, I could see this look in the little girl’s eyes,” Moore told TIME. “As soon as her feet touched the ground she began to scream.”

Moore said the girl’s mother had a weariness in her eyes as she was stopped by Border Patrol agents. The father of three said his years of experience did not inoculate him from feeling intense emotions as he watched agents allowed the mother to pick up her child and loaded them both into a van. But, he said, he knew he had to keep photographing the scene.

“This one was tough for me. As soon as it was over, they were put into a van. I had to stop and take deep breaths,” he said. “All I wanted to do was pick her up. But I couldn’t.”

More than 2,000 children have been taken away from their parents since April, when Attorney General Jeff Sessions announced at “zero tolerance” policy that refers all cases of illegal entry at the border for prosecution. The Trump administration has said Border Patrol agents separate children from parents because children cannot be locked up for the crimes of their mothers and fathers.

A Honduran mother holds her two-year-old as U.S. Border Patrol as agents review their papers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018. The asylum seekers had rafted across the Rio Grande from Mexico and were detained by U.S. Border Patrol agents before being sent to a processing center for possible separation.
A Honduran mother holds her two-year-old as U.S. Border Patrol as agents review their papers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018. The asylum seekers had rafted across the Rio Grande from Mexico and were detained by U.S. Border Patrol agents before being sent to a processing center for possible separation.
John Moore—Getty Images
A U.S. Border Patrol spotlight shines on a terrified mother and son from Honduras as they are found in the dark near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
A U.S. Border Patrol spotlight shines on a terrified mother and son from Honduras as they are found in the dark near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
John Moore—Getty Images
U.S. Border Patrol agents detain a group of Central American asylum seekers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
U.S. Border Patrol agents detain a group of Central American asylum seekers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
John Moore—Getty Images

Moore has followed immigrant families and enforcement efforts since 2014 and recently published a book of some of his most stirring photographs, Undocumented: Immigration and the Militarization of the United States-Mexico Border. He said despite the tough new policy, immigrants are not likely to lose the determination that drives them to make the dangerous journey to the United States.

“It’s been very easy for Americans to ignore over the years the desperation that people have to have a better life,” Moore said. “They often leave with their children with their shirts on their backs.”

A boy from Honduras watches a movie at a detention facility run by the U.S. Border Patrol in McAllen, Tex. on Sept. 8, 2014.
A boy from Honduras watches a movie at a detention facility run by the U.S. Border Patrol in McAllen, Tex. on Sept. 8, 2014.
John Moore—Getty Images

Footage released Monday of a detention facility where families arrested at the border and children taken from their parents are held echo a photo Moore took in 2014 of a Honduran child watching Casper in the same facility, alone except for a guard keeping watch. That photo, taken at the same detention center in McCallen, Texas where children are now being grouped inside cages, has stayed with Moore over the years.

While he is not sure if that boy was an unaccompanied minor or what happened to him, he said many of the other children at the facility were without their parents. “That picture is still haunting for me.”

Most of the photos below come from Moore’s 2018 book, published by powerHouse Books.

Families attend a memorial service for two boys who were kidnapped and killed in San Juan Sacatepequez, Guatemala on Feb. 14, 2017. More than 2,000 people walked in a funeral procession for Oscar Armando Top Cotzajay, 11, and Carlos Daniel Xiqin, 10 who were abducted walking to school Friday morning when they were abducted.
Families attend a memorial service for two boys who were kidnapped and killed in San Juan Sacatepequez, Guatemala on Feb. 14, 2017. More than 2,000 people walked in a funeral procession for Oscar Armando Top Cotzajay, 11, and Carlos Daniel Xiqin, 10 who were abducted walking to school Friday morning when they were abducted.
John Moore—Getty Images
Sonia Morales massages the back of her son Jose Issac Morales, 11, at the door of their one-room home in San Pedro Sula, Honduras on Aug. 20, 2017. The mother of three said that her son's spinal deformation began at age four, but has never been able to afford the $6,000 surgery to correct his spinal condition. The boy's father, Issac Morales, 30, said he tried to immigrate to the U.S. in 2016 to work and send money home but was picked up by U.S. Border Patrol officers in the Arizona desert and deported back to Honduras.
Sonia Morales massages the back of her son Jose Issac Morales, 11, at the door of their one-room home in San Pedro Sula, Honduras on Aug. 20, 2017. The mother of three said that her son’s spinal deformation began at age four, but has never been able to afford the $6,000 surgery to correct his spinal condition. The boy’s father, Issac Morales, 30, said he tried to immigrate to the U.S. in 2016 to work and send money home but was picked up by U.S. Border Patrol officers in the Arizona desert and deported back to Honduras.
John Moore—Getty Images
An Indigenous family walks from Guatemala into Mexico after illegally crossing the border at the Suchiate River in Talisman, Mexico on Aug. 1, 2013.
An Indigenous family walks from Guatemala into Mexico after illegally crossing the border at the Suchiate River in Talisman, Mexico on Aug. 1, 2013.
John Moore—Getty Images
Undocumented immigrant families walk before being taken into custody by Border Patrol agents near McAllen, Texas on July 21, 2014.
Undocumented immigrant families walk before being taken into custody by Border Patrol agents near McAllen, Texas on July 21, 2014.
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Families of Central American immigrants, including Lorena Arriaga, 27, and her son Jason Ramirez, 7, from El Salvador, turn themselves in to U.S. Border Patrol agents after crossing the Rio Grande River from Mexico to Mission, Texas on Sept. 8, 2014.
Families of Central American immigrants, including Lorena Arriaga, 27, and her son Jason Ramirez, 7, from El Salvador, turn themselves in to U.S. Border Patrol agents after crossing the Rio Grande River from Mexico to Mission, Texas on Sept. 8, 2014.
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Immigrants from Central America wait to be taken into custody by U.S. Border Patrol agents in Roma, Texas on August 17, 2016.
Immigrants from Central America wait to be taken into custody by U.S. Border Patrol agents in Roma, Texas on August 17, 2016.
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U.S. Border Patrol agents take undocumented immigrants into custody after capturing them after they crossed Rio Grande from Mexico into Texas near Sullivan City, Texas on Aug. 18, 2016.
U.S. Border Patrol agents take undocumented immigrants into custody after capturing them after they crossed Rio Grande from Mexico into Texas near Sullivan City, Texas on Aug. 18, 2016.
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Undocumented immigrants are led after being caught and handcuffed by Border Patrol agents near the U.S.-Mexico border in Weslaco, Texas on April 13, 2016.
Undocumented immigrants are led after being caught and handcuffed by Border Patrol agents near the U.S.-Mexico border in Weslaco, Texas on April 13, 2016.
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Women and children sit in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
Women and children sit in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
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Women and children wait in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
Women and children wait in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
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A girl from Central America rests on thermal blankets at a detention facility run by the U.S. Border Patro in McAllen, Texasl on Sept. 8, 2014.
A girl from Central America rests on thermal blankets at a detention facility run by the U.S. Border Patro in McAllen, Texasl on Sept. 8, 2014.
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Donated clothing await immigrants at the Catholic Sacred Heart Church Immigrant Respite Center from McAllen, Texas on Aug. 15, 2016.
Donated clothing await immigrants at the Catholic Sacred Heart Church Immigrant Respite Center from McAllen, Texas on Aug. 15, 2016.
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A detained Mexican immigrant (L) visits with his wife and children at the U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) detention facility in Florence, Ariz on July 30, 2010.
A detained Mexican immigrant (L) visits with his wife and children at the U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) detention facility in Florence, Ariz on July 30, 2010.
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Immigrants from Central America await transport from the U.S. Border Patrol in Roma, Texas on Aug. 17, 2016.
Immigrants from Central America await transport from the U.S. Border Patrol in Roma, Texas on Aug. 17, 2016.
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Central American immigrant families depart ICE custody, pending future immigration court hearings in McAllen, Texas on June 11, 2018.
Central American immigrant families depart ICE custody, pending future immigration court hearings in McAllen, Texas on June 11, 2018.
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Correction (Posted June 19): The original version of this story misstated what happened to the girl in the photo after she was taken from the scene. The girl was not carried away screaming by U.S. Border Patrol agents; her mother picked her up and the two were taken away together.

Voir par ailleurs:

Smuggler abandons 6-year-old in blazing desert heat

– A 6-year-old Costa Rican boy was rescued by U.S. Border Patrol agents after he was abandoned on a border road in Arizona on Tuesday evening.

The agents discovered the boy just north of the border west of Lukeville in temperatures over 100 degrees.

The child claimed that he was dropped off by « his uncle » and that Border Patrol would pick him up. Agents say the boy said he was on his way to see his mother in the U.S.

They say that the child was found in good condition.  He was taken to Tucson to be checked out and processed.  It was unclear what would happen to him next.

The Border Patrol says the incident highlights the dangers faced by migrants at the hands of smugglers. Children in particular are extremely vulnerable, not only to exploitation, but also to the elements in the environment.

They added that Arizona’s desert « is a merciless environment for those unprepared for its remote, harsh terrain and unpredictable weather. »

Voir aussi:

Guy Millière
Dreuz
21 juin 2018

Les titres des journaux européens et de bon nombre de journaux américains ces derniers jours prêtent à sourire une fois de plus. Trump, dit-on, aurait “reculé” en matière d’immigration.

Ceux qui disent cela ajoutent qu’il se conduit de manière infâme vis-à-vis des enfants à la frontière Sud des Etats-Unis. Des photos sont fournies à l’appui, montrant des enfants dans des lieux décrits comme des “camps de concentration”. Des vidéos ont été montrées où on voit des enfants pleurer de manière déchirante en appelant leurs parents, dont un agent de l’immigration vient de les séparer, et ils utilisent des mots anglais (ce qui est normal puisqu’ils viennent de pays où on parle espagnol et puisqu’ils ne parlent pas un mot d’anglais).

Ceux qui disent cela ajoutent aussi que “sous une large pression”, Trump vient de signer un executive order permettant d’éviter que les enfants soient séparés de leur famille et a donc dû se conduire de manière un peu moins infâme.

Ceux qui disent cela ne disent pas un seul mot de ce qui est en train de se passer par ailleurs aux Etats-Unis. L’Etat profond anti-Trump est en train de s’effondrer. Il résiste, certes, mais il est désormais très mal en point, comme c’était prévisible.

Disons ici ce qui doit l’être, car ce ne sera pas fait ailleurs, j’en suis, hélas, certain.

1. Il existe aux Etats-Unis un grave problème d’immigration illégale. Trump a commencé à prendre des décisions pour le régler. Les entrées clandestines dans le pays par la frontière Sud ont diminué de 70 pour cent. Elles sont encore trop nombreuses. Les immigrants illégaux présents dans le pays ne sont pas tous criminels, mais ils représentent une proportion importante des criminels incarcérés et des membres de gangs violents impliqués, entre autres, dans le trafic de drogue. Jeff Sessions, ministre de la justice inefficace dans d’autres secteurs, est très efficace dans ce secteur.

2. Les Démocrates veulent que l’immigration illégale se poursuive, et s’intensifie, car ils ont besoin d’un électorat constitué d’illégaux fraîchement légalisés pour maintenir à flot la coalition électorale sur laquelle ils s’appuient et garder des chances de victoire ultérieure (minorités ethniques, femmes célibataires, étudiants, professeurs). La diminution de l’immigration clandestine leur pose problème. Les actions de la police de l’immigration (ICE; Immigration Control Enforcement) suscitent leur hostilité, d’où l’existence de villes sanctuaires démocrates et, en Californie, d’un Etat sanctuaire(démocrate, bien sûr).

3. Ce qui se passe depuis quelques jours à la frontière Sud du pays est un coup monté auquel participent le parti démocrate, les grands médias américains, des organisations gauchistes, et le but est de faire pression sur Trump en diabolisant son action. La plupart des photos utilisées datent des années Obama, au cours desquelles le traitement des enfants entrant clandestinement dans le pays était exactement similaire à ce qu’il est aujourd’hui, sans qu’à l’époque les Démocrates disent un seul mot. Les enfants qui pleurent sur des vidéos ont été préparés à être filmés à des fins de propagande et ont appris à dire “daddy”, “mummy”. Le but est effectivement de faire céder Trump. Quelques Républicains à veste réversible ont joint leur voix au chœur.

4. Trump, comme il sait le faire, a agi pour désamorcer le coup monté. On lui reproche de faire ce qui se fait depuis des années (séparer les enfants de leurs parents dès lors que les parents doivent être incarcérés) ? Il vient de décider que les enfants ne seront plus séparés des parents, et qu’ils seront placés ensemble dans des lieux de rétention.  Cela signifie-t-il un recul ? Non. La lutte contre l’immigration clandestine va se poursuivre selon exactement la même ligne. Les parents qui ont violé la loi seront traités comme ils l’étaient auparavant. Les enfants seront-ils dans de meilleures conditions ? Non. Ils ne seront pas dans des conditions plus mauvaises non plus. Décrire les lieux où ils étaient placés jusque là comme des camps de concentration est une honte et une insulte à ceux qui ont été placés dans de réels camps de concentration (certains Démocrates un peu plus répugnants que d’autres sont allés jusqu’à faire des comparaisons avec Auschwitz !) : les enfants sont placés dans ce qui est comparable à des auberges pour colonies de vacances. Un enfant clandestin coûte au contribuable américain à ce jour 35.000 dollars en moyenne annuelle.

5. Désamorcer le coup monté ne réglera pas le problème d’ensemble. Des femmes viennent accoucher aux Etats-Unis pour que le bébé ait la nationalité américaine et puisse demander deux décennies plus tard un rapprochement de famille. Des gens font passer leurs enfants par des passeurs en espérant que l’enfant sera régularisé et pourra lui aussi demander un rapprochement de famille. Des parents paient leur passage aux Etats Unis en transportant de la drogue et doivent être jugés pour cela (le tarif des passeurs si on veut passer sans drogue est  de 10.000 dollars par personne). S’ils sont envoyés en prison, ils n’y seront pas envoyés avec leurs enfants.  Quand des trafiquants de drogue sont envoyés en prison, aux Etats-Unis ou ailleurs, ils ne vont pas en prison en famille, et si quelqu’un suggérait que leur famille devait les suivre en prison, parce que ce serait plus “humain”, les Démocrates seraient les premiers à hurler.

6. Les Etats-Unis, comme tout pays développé, ne peuvent laisser entrer tous ceux qui veulent entrer en laissant leurs frontières ouvertes. Un pays a le droit de gérer l’immigration comme il l’entend et comme l’entend sa population, et il le doit, s’il ne veut pas être submergé par une population qui ne s’intègre pas et peut le faire glisser vers le chaos. Les pays européens sont confrontés au même problème que les Etats-Unis, d’une manière plus aiguë puisqu’en Europe s’ajoute le paramètre “islam”. La haine de la civilisation occidentale imprègne la gauche européenne, qui veut la dissolution des peuples européens. Une même haine imprègne la gauche américaine, qui veut la dissolution du peuple américain. Les grandes villes de l’Etat sanctuaire de Californie sont déjà méconnaissables, submergées par des sans abris étrangers (pas un seul pont de Los Angeles qui n’abrite désormais un petit bidonville, et un quart du centre ville est une véritable cour des miracles, à San Francisco ce n’est pas mieux). Il n’est pas du tout certain que le coup monte servira les Démocrates lors des élections de mi mandat. Nombre d’Américains ne veulent pas la dissolution du peuple américain.

7. Le coup monté m’est pas arrive par hasard, à ce moment précisément. Le rapport de l’inspecteur général Michael Horowitz, même s’il est édulcoré, contient des éléments accablants pour James Comey, John Mc Cabe, l’enquêteur appelé Peter Strzoc. Le Congres procède à des auditions très révélatrices. Ce n’est que le début. L’Etat profond anti-Trump est en train de s’effondrer, disais-je. La monstruosité totalitaire que fut l’administration Obama finissante et le caractère criminel des activités d’Hillary Clinton commencent tout juste à être mis au jour. Des peines de prison suivront. L’équipe sinistre conduite par Robert Mueller avance dans le vide : tout ce qui lui sert de prétexte se révèle être une gigantesque imposture. La complicité des grands médias américains et mondiaux ne pourra pas être cachée indéfiniment. Un écran de fumée devait monter dans l’atmosphère pour détourner l’attention et éviter qu’on parle de l’effondrement de l’Etat profond. Le coup monte a servi d’écran de fumée. Que nul ne soit dupe. La révolution Trump ne fait que commencer.

Voir de plus:

Selon les déclarations d’un homme présenté comme le cousin de l’enfant, rendues publiques par Israël, les parents de la fillette morte mi-mai auraient touché 8.000 shekels (1.800 euros).

La justice israélienne a dit disposer d’une déposition selon laquelle la famille d’un bébé palestinien mort dans des circonstances contestées dans la bande de Gaza avait été payée par le Hamas pour accuser Israël, ce que les parents ont nié.

Vif émoi après la mort de l’enfant. Leïla al-Ghandour, âgée de huit mois, est morte mi-mai alors que l’enclave palestinienne était depuis des semaines le théâtre d’une mobilisation massive et d’affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens le long de la frontière avec Gaza. Son décès a suscité un vif émoi. Sa famille accuse l’armée israélienne d’avoir provoqué sa mort en employant des lacrymogènes contre les protestataires, parmi lesquels se trouvait la fillette.

La fillette souffrait-elle d’un problème cardiaque ? L’armée israélienne, se fondant sur les informations d’un médecin palestinien resté anonyme mais qui selon elle connaissait l’enfant et sa famille, dit que l’enfant souffrait d’un problème cardiaque. Le ministère israélien de la Justice a rendu public jeudi l’acte d’inculpation d’un Gazaoui de 20 ans, présenté comme le cousin de la fillette. Selon le ministère, il a déclaré au cours de ses interrogatoires par les forces israéliennes que les parents de Leila avaient touché 8.000 shekels (1.800 euros) de la part de Yahya Sinouar, le chef du Hamas dans la bande de Gaza, pour dire que leur fille était morte des inhalations de gaz.

Une « fabrication » du Hamas dénoncée par Israël. Les parents ont nié ces déclarations, réaffirmé que leur fille était bien morte des inhalations, et ont contesté qu’elle était malade. Selon la famille, Leïla al-Ghandour avait été emmenée près de la frontière par un oncle âgé de 11 ans et avait été prise dans les tirs de lacrymogènes. L’armée israélienne, en butte aux accusations d’usage disproportionné de la force, a dénoncé ce cas comme une « fabrication » de la part du Hamas, le mouvement islamiste qui dirige la bande de Gaza et contrôle les autorités sanitaires, et auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008.

Voir également:

Valeurs actuelles

19 juin 2018

Fake News. Donald Trump aurait donc menti en affirmant que la criminalité augmentait en Allemagne, en raison de l’entrée dans le pays de 1,1 million de clandestins en 2015. Pas si simple…

Nouveau tweet, nouvelle agitation médiatique. Les commentateurs n’ont pas tardé à s’armer de leur indéboulonnable mépris pour le président des États-Unis pour dénoncer un « mensonge », au lieu d’user d’une saine distance permettant de décrypter sereinement l’affirmation de Donald Trump.

« Le peuple allemand se rebelle contre ses gouvernants alors que l’immigration secoue une coalition déjà fragile », a donc entamé le président des États-Unis dans un tweet publié le 18 juin, alors que le gouvernement allemand se déchirait sur fond de crise migratoire. Propos factuel si l’on en croit un récent sondage allemand qui révèle que 90% des allemands désirent plus d’expulsions des personnes déboutées du droit d’asile.

Le chiffre ne laisse aucune place au doute : la population allemande penche du côté du ministre de l’Intérieur qui s’applique, depuis quelques jours, à contraindre Angela Merkel à la fermeté.

Et Donald Trump de poursuivre avec la phrase qui occupe nombre de journalistes depuis sa publication : « la criminalité augmente en Allemagne. Une grosse erreur a été commise partout en Europe : laisser rentrer des millions de personnes qui ont fortement et violemment changé sa culture. » Que n’avait-il pas dit. Les articles se sont immédiatement multipliés pour dénoncer « le mensonge » du président américain.

Pourquoi ? Parce que les autorités allemandes se sont félicitées d’une baisse des agressions violentes en 2017. C’est vrai, elles ont chuté de 5,1% par rapport à 2016.

Est-il possible, cependant, de feindre à ce point l’incompréhension ? Car les détracteurs zélés du président omettent de préciser que la criminalité a bien augmenté en Allemagne à la suite de cette vague migratoire exceptionnelle : 10% de crimes violents en plus, sur les années 2015 et 2016. L’étude réalisée par le gouvernement allemand et publiée en janvier dernier concluait même que 90% de cette augmentation était due aux jeunes hommes clandestins fraîchement accueillis, âgés de 14 à 30 ans.

En 2016, les étrangers étaient 3,5 fois plus impliqués dans des crimes que les Allemands, les clandestins 7 fois plus

L’augmentation de la criminalité fut donc indiscutablement liée à l’accueil de 1,1 millions de clandestins pendant l’année 2015. C’est évidement ce qu’entend démontrer Donald Trump.

Et ce n’est pas tout. Les chiffres du ministère allemand de l’Intérieur pour 2016 révèlent également une implication des étrangers et des clandestins supérieure à celle des Allemands dans le domaine de la criminalité. Et en hausse. La proportion d’étrangers parmi les personnes suspectées d’actes criminels était de 28,7% en 2014, elle est passée à 40,4% en 2016, avant de chuter à 35% en 2017 (ce qui reste plus important qu’en 2014).

En 2016, les étrangers étaient 3,5 fois plus impliqués dans des crimes que les Allemands, les clandestins 7 fois plus. Des chiffres encore plus élevés dans le domaine des crimes violents (5 fois plus élevés chez les étrangers, 15 fois chez les clandestins) ou dans celui des viols en réunion (10 fois plus chez les étrangers, 42 fois chez les clandestins !).

Factuellement, la criminalité n’augmente pas aujourd’hui en Allemagne. Mais l’exceptionnelle vague migratoire voulue par Angela Merkel en 2015 a bien eu pour conséquence l’augmentation de la criminalité en Allemagne. Les Allemands, eux, semblent l’avoir très bien compris.

Voir par ailleurs:

La caravane des migrants a atteint la frontière avec la Californie

 FRANCE 24

30/04/2018

Au moins 150 migrants centraméricains sont arrivés à Tijuana au Mexique, à la frontière avec les États-Unis. Ils sont décidés à demander l’asile à Washington.

Plusieurs centaines de migrants originaires d’Amérique centrale se sont rassemblés dimanche 30 avril à la frontière mexico-américaine au terme d’un mois de traversée du Mexique.

Nombre d’entre eux ont décidé de se présenter aux autorités américaines pour déposer des demandes d’asile et devraient être placés en centres de rétention. « Nous espérons que le gouvernement des États-Unis nous ouvrira les portes », a déclaré Reyna Isabel Rodríguez, 52 ans, venu du Salvador avec ses deux petits-enfants.

« Nous ne sommes pas des criminels »

L’ONG Peuple Sans Frontières organise ce type de caravane depuis 2010 pour dénoncer le sort de celles et ceux qui traversent le Mexique en proie à de nombreux dangers, entre des cartels de la drogue qui les kidnappent ou les tuent, et des autorités qui les rançonnent. « Nous voulons dire au président des États-Unis que nous ne sommes pas des criminels, nous ne sommes pas des terroristes, qu’il nous donne la chance de vivre sans peur. Je sais que Dieu va toucher son cœur », a déclaré l’une des organisatrices de la caravane, Irineo Mujica.

L’ONG, composée de volontaires, permet notamment aux migrants de rester groupés – lors d’un périple qui se fait à pied, en bus ou en train – afin de se prémunir de tous les dangers qui jalonnent leur chemin. En espagnol, ces caravanes sont d’ailleurs appelées « Via Crucis Migrantes » ou le « Chemin de croix des migrants », en référence aux processions catholiques, particulièrement appréciées en Amérique du Sud, qui mettent en scène la Passion du Christ, ou les derniers événements qui ont précédé et accompagné la mort de Jésus de Nazareth.

Cette année, le groupe est parti le 25 mars de Tapachula, à la frontière du Guatemala, avec un groupe de près de 1 200 personnes, à 80 % originaires du Honduras, les autres venant du Guatemala, du Salvador et du Nicaragua, selon Rodrigo Abeja. Dans le groupe, près de 300 enfants âgés de 1 mois à 11 ans, une vingtaine de jeunes homosexuels et environ 400 femmes. Certains se sont ensuite dispersés, préférant rester au Mexique, d’autres choisissant de voyager par leurs propres moyens.

La colère de Donald Trump

En avril, les images de la caravane de migrants se dirigeant vers les États-Unis avaient suscité la colère de Donald Trump et une forte tension entre Washington et Mexico. Le président américain, dont l’un des principaux thèmes de campagne était la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration clandestine, avait ordonné le déploiement sur la frontière de troupes de la Garde nationale.

Il avait aussi soumis la conclusion d’un nouvel accord de libre-échange en Amérique du Nord à un renforcement des contrôles migratoires par le Mexique, une condition rejetée par le président mexicain Enrique Pena Nieto.

Avec AFP et Reuters

Voir aussi:

WASHINGTON — It was the kind of story destined to take a dark turn through the conservative news media and grab President Trump’s attention: A vast horde of migrants was making its way through Mexico toward the United States, and no one was stopping them.

“Mysterious group deploys ‘caravan’ of illegal aliens headed for U.S. border,” warned Frontpage Mag, a site run by David Horowitz, a conservative commentator.

The Gateway Pundit, a website that was most recently in the news for spreading conspiracies about the school shooting in Parkland, Fla., suggested the real reason the migrants were trying to enter the United States was to collect social welfare benefits.

And as the president often does when immigration is at issue, he saw a reason for Americans to be afraid. “Getting more dangerous. ‘Caravans’ coming,” a Twitter post from Mr. Trump read.

The story of “the caravan” followed an arc similar to many events — whether real, embellished or entirely imagined — involving refugees and migrants that have roused intense suspicion and outrage on the right. The coverage tends to play on the fears that hiding among mass groups of immigrants are many criminals, vectors of disease and agents of terror. And often the president, who announced his candidacy by blaming Mexico for sending rapists and drug dealers into the United States, acts as an accelerant to the hysteria.

The sensationalization of this story and others like it seems to serve a common purpose for Mr. Trump and other immigration hard-liners: to highlight the twin dangers of freely roving migrants — especially those from Muslim countries — and lax immigration laws that grant them easy entry into Western nations.

The narrative on the right this week, for example, mostly omitted that many people in the caravan planned to resettle in Mexico, not the United States. And it ignored how many of those who did intend to come here would probably go through the legal process of requesting asylum at a border checkpoint — something miles of new wall and battalions of additional border patrol would not have stopped.

“They end up in schools on Long Island, some of which are MS-13!” declared Brian Kilmeade on the president’s preferred morning news program, “Fox & Friends,” referring to the predominantly Central American gang.

The coverage became so distorted that it prompted a reporter for Breitbart News who covers border migration, Brandon Darby, to push back. “I’m seeing a lot of right media cover this as ‘people coming illegally’ or as ‘illegal aliens.’ That is incorrect,” he wrote on Twitter. “They are coming to a port of entry and requesting refugee status. That is legal.”

In an interview, Mr. Darby said it was regrettable that the relatively routine occurrence of migrant caravans — which organizers rely on as a safety-in-numbers precaution against the violence that can happen along the trek — was being politicized. “The caravan isn’t something that’s a unique event,” he said. “And I think people are looking at it wrong. If you’re upset at the situation, it’s easier to be mad at the migrant than it is to be mad at the political leaders on both sides who won’t change the laws.”

As tends to be the case in these stories, the humanitarian aspects get glossed over as migrants are collapsed into one maligned category: hostile foreign invaders.

In November, Mr. Trump touched off an international furor when he posted a series of videos on Twitter that purported to show the effects of mass Muslim migration in Europe. Initially circulated by a fringe ultranationalist in Britain who has railed against Islam, the videos included titles like “Muslim migrant beats up Dutch boy on crutches!” “Muslim Destroys a Statue of Virgin Mary!” and “Islamist mob pushes teenage boy off roof and beats him to death!”

The assailant in one video the president shared, however, was not a “Muslim migrant.” And the other two videos depicted four-year-old events with no explanation.

These items tend to metastasize irrespective of the facts, but contain powerful visual elements to which Mr. Trump is known to viscerally respond.

Last February, Mr. Trump insinuated that some kind of terror-related episode involving Muslim immigrants had taken place in Sweden. “Who would believe this? Sweden,” he said at a rally in Florida, leaving Swedes and Americans baffled because nothing out of the ordinary had happened at all. “They took in large numbers. They’re having problems like they never thought possible.”

Like the caravan story, which apparently came to Mr. Trump’s attention as he watched “Fox & Friends,” the president was referring to something he had seen on cable news. And he later had to clarify that he was referring to a Fox News segment on issues Sweden was having with migrants generally, not any particular event.

The conservative National Review later called the piece in question “sensationalistic” and pointed out that a lack of government data made it virtually impossible to determine whether crime rates in the country were related to immigration.

When the president himself has not spread stories about immigration that were either misleading or turned out to be false, his White House aides have. Last year, the White House joined a pile-on by the conservative news media after it called attention to the account of a high school student in Montgomery County, Md., who said she was raped at school by two classmates, one of whom is an undocumented immigrant. The case became a national rallying cry on the right against permissive border policies and so-called sanctuary cities that treat undocumented immigrants more leniently. Fox News broadcast live outside the high school for days.

Prosecutors later dropped the charges after they said the evidence did not substantiate the girl’s claims.

The story of the caravan has been similarly exaggerated. And the emotional outpouring from the right has been raw — that was the case on Fox this week when the TV host Tucker Carlson shouted “You hate America!” at an immigrants rights activist after he defended the people marching through Mexico.

The facts of the caravan are not as straightforward as Mr. Trump or many conservative pundits have portrayed them. The story initially gained widespread attention after BuzzFeed News reported last week that more than 1,000 Central American migrants, mostly from Honduras, were making their way north toward the United States border. Yet the BuzzFeed article and other coverage pointed out that many in the group were planning to stay in Mexico.

That did not stop Mr. Trump from expressing dismay on Tuesday with a situation “where you have thousands of people that decide to just walk into our country, and we don’t have any laws that can protect it.”

The use of disinformation in immigration debates is hardly unique to the United States. Misleading crime statistics, speculation about sinister plots to undermine national sovereignty and Russian propaganda have all played a role in stirring up anti-immigrant sentiment in places like Britain, Germany and Hungary. Some of the more fantastical theories have involved a socialist conspiracy to import left-leaning voters and a scheme by the Hungarian-born Jewish philanthropist George Soros to create a borderless Europe.

Anyone watching Fox News this week would have heard about similar forces at work inside “the caravan.”

“This was an organized plan and deliberate attack on the sovereignty of the United States by a special interest group,” said David Ward, whom the network identified as a former agent for Immigration and Customs Enforcement. “They rallied a bunch of foreign nationals to come north into the United States to test our resolve.”

Voir aussi:

Humanitarian group that organized migrant ‘caravan’ headed to US issues list of demands for refugees

 

One thousand Central American migrants are headed to the United States border. Adolfo Flores, a BuzzFeed News reporter, has been traveling with the group of migrants and wrote that “no one in Mexico dares to stop them.” President Donald Trump reacted to the report and called off all negotiations with Democrats over the Deferred Action for Childhood Arrivals program (DACA) if the migrants arrive.

With the help of a humanitarian group called “Pueblo Sin Fronteras” (people without borders), the 1,000 plus migrants will reach the U.S. border with a list of demands to several governments in Central America, the United States, and Mexico.

Here’s what they demanded of Mexico and the United States in a Facebook post: 

-That they respect our rights as refugees and our right to dignified work to be able to support our families
-That they open the borders to us because we are as much citizens as the people of the countries where we are and/or travel
-That deportations, which destroy families, come to an end
-No more abuses against us as migrants
-Dignity and justice
-That the US government not end TPS for those who need it
-That the US government stop massive funding for the Mexican government to detain Central American migrants and refugees and to deport them
-That these governments respect our rights under international law, including the right to free expression
-That the conventions on refugee rights not be empty rhetoric

“The border is stained red!”
“Because there they kill the working class!”
“Why do they kill us? Why do they murder us…”
“If we are the hope of Latin America?”

Sincerely,

2018 Refugee Caravan “Migrantes en la Lucha”
Pueblo Sin Fronteras

Voir enfin:

American Nightmare
The shame of America’s refugee camps
Wil S. Hylton
The NYT magazine
February 2015

CHRISTINA BROWN pulled into the refugee camp after an eight-hour drive across the desert. It was late July of last year, and Brown was a 30-year-old immigration lawyer. She had spent a few years after college working on political campaigns, but her law degree was barely a year old, and she had only two clients in her private practice in Denver. When other lawyers told her that the federal government was opening a massive detention center for immigrants in southeastern New Mexico, where hundreds of women and children would be housed in metal trailers surrounded by barbed wire, Brown decided to volunteer legal services to the detainees. She wasn’t sure exactly what rights they might have, but she wanted to make sure they got them. She packed enough clothes to last a week, stopped by Target to pick up coloring books and toys and started driving south.Brown spent the night at a motel, then drove to the detention camp in the morning. She stood in the wind-swept parking lot with the other lawyers, overlooking the barren plains of the eastern plateau. After a few minutes, a transport van emerged from the facility to pick them up. It swung to a stop in the parking lot, and the attorneys filed on. They sat on the cold metal benches and stared through the caged windows as the bus rolled back into the compound and across the bleak brown landscape. It came to a stop by a small trailer, and the lawyers shuffled out.As they opened the door to the trailer, Brown felt a blast of cold air. The front room was empty except for two small desks arranged near the center. A door in the back opened to reveal dozens of young women and children huddled together. Many were gaunt and malnourished, with dark circles under their eyes. “The kids were really sick,” Brown told me later. “A lot of the moms were holding them in their arms, even the older kids — holding them like babies, and they’re screaming and crying, and some of them are lying there listlessly.”Brown took a seat at a desk, and a guard brought a woman to meet her. Brown asked the woman in Spanish how she ended up in detention. The woman explained that she had to escape from her home in El Salvador when gangs targeted her family. “Her husband had just been murdered, and she and her kids found his body,” Brown recalls. “After he was murdered, the gang started coming after her and threatening to kill her.” Brown agreed to help the woman apply for political asylum in the United States, explaining that it might be possible to pay a small bond and then live with friends or relatives while she waited for an asylum hearing. When the woman returned to the back room, Brown met with another, who was fleeing gangs in Guatemala. Then she met another young woman, who fled violence in Honduras. “They were all just breaking down,” Brown said. “They were telling us that they were afraid to go home. They were crying, saying they were scared for themselves and their children. It was a constant refrain: ‘I’ll die if I go back.’ ”As Brown emerged from the trailer that evening, she already knew it would be difficult to leave at the end of the week. The women she met were just a fraction of those inside the camp, and the government was making plans to open a second facility of nearly the same size in Karnes County, Tex., near San Antonio. “I remember thinking to myself that this was an impossible situation,” she said. “I was overwhelmed and sad and angry. I think the anger is what kept me going.”***OVER THE PAST six years, President Obama has tried to make children the centerpiece of his efforts to put a gentler face on U.S. immigration policy. Even as his administration has deported a record number of unauthorized immigrants, surpassing two million deportations last year, it has pushed for greater leniency toward undocumented children. After trying and failing to pass the Dream Act legislation, which would offer a path to permanent residency for immigrants who arrived before the age of 16, the president announced an executive action in 2012 to block their deportation. Last November, Obama added another executive action to extend similar protections to undocumented parents. “We’re going to keep focusing enforcement resources on actual threats to our security,” he said in a speech on Nov. 20. “Felons, not families. Criminals, not children. Gang members, not a mom who’s working hard to provide for her kids.” But the president’s new policies apply only to immigrants who have been in the United States for more than five years; they do nothing to address the emerging crisis on the border today.Since the economic collapse of 2008, the number of undocumented immigrants coming from Mexico has plunged, while a surge of violence in Central America has brought a wave of migrants from Honduras, El Salvador and Guatemala. According to recent statistics from the Department of Homeland Security, the number of refugees fleeing Central America has doubled in the past year alone — with more than 61,000 “family units” crossing the U.S. border, as well as 51,000 unaccompanied children. For the first time, more people are coming to the United States from those countries than from Mexico, and they are coming not just for opportunity but for survival.The explosion of violence in Central America is often described in the language of war, cartels, extortion and gangs, but none of these capture the chaos overwhelming the region. Four of the five highest murder rates in the world are in Central American nations. The collapse of these countries is among the greatest humanitarian disasters of our time. While criminal organizations like the 18th Street Gang and Mara Salvatrucha exist as street gangs in the United States, in large parts of Honduras, Guatemala and El Salvador they are so powerful and pervasive that they have supplanted the government altogether. People who run afoul of these gangs — which routinely demand money on threat of death and sometimes kidnap young boys to serve as soldiers and young girls as sexual slaves — may have no recourse to the law and no better option than to flee.The American immigration system defines a special pathway for refugees. To qualify, most applicants must present themselves to federal authorities, pass a “credible fear interview” to demonstrate a possible basis for asylum and proceed through a “merits hearing” before an immigration judge. Traditionally, those who have completed the first two stages are permitted to live with family and friends in the United States while they await their final hearing, which can be months or years later. If authorities believe an applicant may not appear for that court date, they can require a bond payment as guarantee or place the refugee in a monitoring system that may include a tracking bracelet. In the most extreme cases, a judge may deny bond and keep the refugee in a detention facility until the merits hearing.The rules are somewhat different when children are involved. Under the terms of a 1997 settlement in the case of Flores v. Meese, children who enter the country without their parents must be granted a “general policy favoring release” to the custody of relatives or a foster program. When there is cause to detain a child, he or she must be housed in the least restrictive environment possible, kept away from unrelated adults and provided access to medical care, exercise and adequate education. Whether these protections apply to children traveling with their parents has been a matter of dispute. The Flores settlement refers to “all minors who are detained” by the Immigration and Naturalization Service and its “agents, employees, contractors and/or successors in office.” When the I.N.S. dissolved into the Department of Homeland Security in 2003, its detention program shifted to the U.S. Immigration and Customs Enforcement agency. Federal judges have ruled that ICE is required to honor the Flores protections for all children in its custody.Even so, in 2005, the administration of George W. Bush decided to deny the Flores protections to refugee children traveling with their parents. Instead of a “general policy favoring release,” the administration began to incarcerate hundreds of those families for months at a time. To house them, officials opened the T. Don Hutto Family Detention Center near Austin, Tex. Within a year, the administration faced a lawsuit over the facility’s conditions. Legal filings describe young children forced to wear prison jumpsuits, to live in dormitory housing, to use toilets exposed to public view and to sleep with the lights on, even while being denied access to appropriate schooling. In a pretrial hearing, a federal judge in Texas blasted the administration for denying these children the protections of the Flores settlement. “The court finds it inexplicable that defendants have spent untold amounts of time, effort and taxpayer dollars to establish the Hutto family-detention program, knowing all the while that Flores is still in effect,” the judge wrote. The Bush administration settled the suit with a promise to improve the conditions at Hutto but continued to deny that children in family detention were entitled to the Flores protections.In 2009, the Obama administration reversed course, abolishing family detention at Hutto and leaving only a small facility in Pennsylvania to house refugee families in exceptional circumstances. For all other refugee families, the administration returned to a policy of release to await trial. Studies have shown that nearly all detainees who are released from custody with some form of monitoring will appear for their court date. But when the number of refugees from Central America spiked last summer, the administration abruptly announced plans to resume family detention.From the beginning, officials were clear that the purpose of the new facility in Artesia was not so much to review asylum petitions as to process deportation orders. “We have already added resources to expedite the removal, without a hearing before an immigration judge, of adults who come from these three countries without children,” the secretary of Homeland Security, Jeh Johnson, told a Senate committee in July. “Then there are adults who brought their children with them. Again, our message to this group is simple: We will send you back.” Elected officials in Artesia say that Johnson made a similar pledge during a visit to the detention camp in July. “He said, ‘As soon as we get them, we’ll ship them back,’ ” a city councilor from Artesia named Jose Luis Aguilar recalled. The mayor of the city, Phillip Burch, added, “His comment to us was that this would be a ‘rapid deportation process.’ Those were his exact words.”***DURING THE FIRST five weeks that the Artesia facility was open, officials deported more than 200 refugees to Central America. But as word of the detention camp began to spread, volunteers like Christina Brown trickled into town. Their goal was to stop the deportations, schedule asylum hearings for the detainees and, whenever possible, release the women and children on bond. Many of the lawyers who came to Artesia were young mothers, and they saw in the detained children a resemblance to their own. By last fall, roughly 200 volunteers were rotating through town in shifts: renting rooms in local motels, working 12-hour days to interview detainees and file asylum paperwork, then staying awake into the night to consult one another. Some volunteers returned to Artesia multiple times. A few spent more than a month there. Brown never moved back to Denver. She rented a little yellow house by the detention facility, took up office space in a local church and, with help from a nonprofit group called the American Immigration Lawyers Association, or AILA, she began to organize the volunteers pouring in.As Brown got to know detainees in Artesia, grim patterns emerged from their stories. One was the constant threat of gangs in their lives; another was the prevalence of sexual violence. A detainee in Artesia named Sofia explained that a gang murdered her brother, shot her husband and then kidnapped and raped her 14-year-old stepdaughter. A Guatemalan woman named Kira said that she fled when a gang targeted her family over their involvement in a nonviolence movement at church; when Kira’s husband went into hiding, the gang subjected her to repeated sexual assaults and threatened to cut her unborn baby from her womb. An inmate named Marisol said she crossed the U.S. border in June after a gang in Honduras murdered the father of her 3-year-old twins, then turned its attention to her.Less than a week after her arrival in Artesia, Brown represented the young Salvadoran mother she met on her first day. It was a preliminary hearing to see whether the woman met the basic preconditions for asylum. A frequent consideration in the refugee process is whether an applicant is being targeted as a member of a “particular social group.” Judges have interpreted the phrase to include a refugee’s victimhood on the basis of sex or sexual orientation. At the hearing, Brown planned to invoke the pervasiveness of gang violence and sexual assault, but she says the immigration judge refused to let her speak.“I wasn’t allowed to play any role,” Brown said. Speaking to the judge, her client described her husband’s murder and the threats she faced from gangs. “She testified very well,” Brown said. But when the judge asked whether she felt targeted as a member of a “social group,” the woman said no. “Because that is a legal term of art,” Brown said. “She had no idea what the heck it means.” Brown tried to interject, but the judge wouldn’t allow it. He denied the woman’s request for an asylum hearing and slated her for deportation. Afterward, Brown said, “I went behind one of the cubicles, and I started sobbing uncontrollably.”

Detainees who passed their initial hearings often found themselves stranded in Artesia without bond. Lawyers for Homeland Security have adopted a policy they call “no bond or high bond” for the women and children in detention. In court filings, they insist that prolonged detention is necessary to “further screen the detainees and have a better chance of identifying any that present threats to our public safety and national security.” Allowing these young mothers and children to be free on bond, they claim, “would have indirect yet significant adverse national-security consequences.”

As the months ticked by in Artesia, many detainees began to wonder if they would ever be free again. “I arrived on July 5 and turned myself in at 2 a.m.,” a 28-year-old mother of two named Ana recalled. In Honduras, Ana ran a small business selling trinkets and served on the P.T.A. of her daughter’s school. “I lived well,” she said — until the gangs began to pound on her door, demanding extortion payments. Within days, they had escalated their threats, approaching Ana brazenly on the street. “One day, coming home from my daughter’s school, they walked up to me and put a gun to my head,” she said. “They told me that if I didn’t give them the money in less than 24 hours, they would kill me.” Ana had already seen friends raped and murdered by the gang, so she packed her belongings that night and began the 1,800-mile journey to the U.S. border with her 7-year-old daughter. Four weeks later, in McAllen, Tex., they surrendered as refugees.

Ana and her daughter entered Artesia in mid-July. In October they were still there. Ana’s daughter was sick and losing weight rapidly under the strain of incarceration. Their lawyer, a leader in Chicago’s Mormon Church named Rebecca van Uitert, said that Ana’s daughter became so weak and emaciated that doctors threatened drastic measures. “They were like, ‘You’ve got to force her to eat, and if you don’t, we’re going to put a PICC line in her and force-feed her,’ ” van Uitert said. Ana said that when her daughter heard the doctor say this, “She started to cry and cry.”

In October, as van Uitert presented Ana’s case to an immigration judge, the lawyer broke down in the courtroom. “I’m starting to make these arguments before the judge, and I just couldn’t,” she said. “I sounded like a barking seal, just sucking and gasping, and because I was crying, a lot of people started crying. The attorney next to me was crying, Ana was crying, her little girl started crying. I looked over at the bailiff, who actually ended up being my friend when I went back another time. He had tears in his eyes.” The judge granted Ana’s release on bond; she is currently waiting for an asylum hearing in North Carolina.

Many of the volunteers in Artesia tell similar stories about the misery of life in the facility. “I thought I was pretty tough,” said Allegra Love, who spent the previous summer working on the border between Mexico and Guatemala. “I mean, I had seen kids in all manner of suffering, but this was a really different thing. It’s a jail, and the women and children are being led around by guards. There’s this look that the kids have in their eyes. This lackadaisical look. They’re just sitting there, staring off, and they’re wasting away. That was what shocked me most.”

The detainees reported sleeping eight to a room, in violation of the Flores settlement, with little exercise or stimulation for the children. Many were under the age of 6 and had been raised on a diet of tortillas, rice and chicken bits. In Artesia, the institutional cafeteria foods were as unfamiliar as the penal atmosphere, and to their parents’ horror, many of the children refused to eat. “Gaunt kids, moms crying, they’re losing hair, up all night,” an attorney named Maria Andrade recalled. Another, Lisa Johnson-Firth, said: “I saw children who were malnourished and were not adapting. One 7-year-old just lay in his mother’s arms while she bottle-fed him.” Mary O’Leary, who made three trips to Artesia last fall, said: “I was trying to talk to one client about her case, and just a few feet away at another table there was this lady with a toddler between 2 and 4 years old, just lying limp. This was a sick kid, and just with this horrible racking cough.”

***

IN EARLY AUGUST, a paralegal from Oregon named Vanessa Sischo arrived at the camp. Raised in a small town near Mount Hood, Sischo did not realize until high school that her parents brought her into the United States from Mexico as an infant without documentation. She gained protection from deportation under the president’s Deferred Action for Childhood Arrivals program in 2012. When Sischo learned that children arriving from Central America were being incarcerated in Artesia, she volunteered immediately. She arrived a week after Christina Brown, and like Brown, she stayed. After about a month, AILA and another nonprofit, the American Immigration Council, hired Brown as the pro bono project’s lead attorney. Brown recommended Sischo for the job of project coordinator. The two women began rooming together in the small yellow house near Main Street.

Brown and Sischo make an unlikely pair. Brown, who has a sturdy build and dark brown hair, has an inborn skepticism and a piercing wit. Sischo is six years younger and preternaturally easygoing. Until she discovered her own immigration background, she had little interest in political affairs and spent much of her time in Oregon as a competitive snowboarder. For both, Artesia was a jarring shift from life at home. As they sat together one evening in December, they described a typical week. “The new volunteers come in on Sunday, go through orientation, and by Wednesday night, everyone is crying,” Brown said. “A lot of the attorneys come in and say: ‘I’ve been doing this for 20 years. I’ve seen all of this before. I’ll be fine.’ ”

“I remember the first time I went in,” Sischo said. “I just stopped, and all I could hear was a symphony of coughing and sneezing and crying and wailing.”

“Kids vomiting all over the place,” Brown said.

“There was a big outbreak of fevers,” Sischo said. “It sent an infant into convulsions.”

“Pneumonia, scabies, lice,” Brown said.

Officials for ICE say these accounts are exaggerated. But they declined multiple requests to visit the Artesia facility and took weeks to answer questions about its facilities. Brown, who oversaw more than 500 detainee cases as lead attorney, was also unable to gain access to the camp’s housing, dining, medical and educational facilities. “I requested three times to be taken on a tour,” she said. “I sent it through the appropriate channels. No one ever responded, to date, to my request.”

Visitors who did gain access to the facility have raised troubling questions about the ethics — and legality — of how it handled children. The Flores settlement requires the government to provide regular schooling for juveniles in detention, but the mayor of Artesia, Phillip Burch, said that on several visits to the compound, the classrooms were always empty. “I was told that children were attending classes,” he recalled. “Did I personally witness it? No. And none of the tours that I made did I see the children actually in class.” Members of the New Mexico Faith Coalition for Immigrant Justice, who toured the facility in October, say that officials also showed them the empty school. When one member asked why the building was empty, an ICE official replied that school was temporarily closed. Detainees have consistently told their lawyers that the school was never reliably open. They recall a few weeks in October when classes were in session for an hour or two per day, then several weeks of closure through November, followed by another brief period of classes in December.

In response to questions about the school, ICE officials would say only that “regular school instruction began Oct. 13, 2014, and ended Dec. 17.” Asked whether the school was open consistently, and for how many hours, ICE officials declined to respond. The senior counselor for immigration issues at the Department of Homeland Security, Esther Olavarria, said that she was aware “there were challenges” at the Artesia school, but couldn’t say exactly when it was open or for how long. Olavarria has a distinguished record as advocate for refugees and previously served as a top immigration adviser for Senator Edward M. Kennedy. She said that she was under the impression that attorneys in Artesia were granted access to the facility, and she could not explain why Brown was not. She also believed that the meal service in Artesia was adapted to reflect the dietary norms of Central America and that medical care was adequate and available. After hearing what detainees, attorneys, faith advocates and elected officials described in Artesia, Olavarria promised to look into these issues and provide further documentation. Despite several attempts to elicit that documentation, she provided none. In a statement, the Department of Homeland Security said: “The regular school instruction began Oct. 13, 2014, but was suspended shortly thereafter in order to ensure appropriate vetting of all teachers.” Officials say that school resumed on Oct. 24 and continued through Dec. 17.

Attorneys for the Obama administration have argued in court, like the Bush administration previously, that the protections guaranteed by the Flores settlement do not apply to children in family detention. “The Flores settlement comes into play with unaccompanied minors,” a lawyer for the Department of Homeland Security named Karen Donoso Stevens insisted to a judge on Aug. 4. “That argument is moot here, because the juvenile is detained — is accompanied and detained — with his mother.”

Federal judges have consistently rejected this position. Just as the judge reviewing family detention in 2007 called the denial of Flores protections “inexplicable,” the judge presiding over the Aug. 4 hearing issued a ruling in September that Homeland Security officials in Artesia must honor the Flores Settlement Agreement. “The language of the F.S.A. is unambiguous,” Judge Roxanne Hladylowycz wrote. “The F.S.A. was designed to create a nationwide policy for the detention of all minors, not only those who are unaccompanied.” Olavarria said she was not aware of that ruling and would not comment on whether the Department of Homeland Security believes that the Flores ruling applies to children in family detention today.

***

AS THE PRO BONO project in Artesia continued into fall, its attorneys continued to win in court. By mid-November, more than 400 of the detained women and children were free on bond. Then on Nov. 20, the administration suddenly announced plans to transfer the Artesia detainees to the ICE detention camp in Karnes, Tex., where they would fall under a new immigration court district with a new slate of judges.

That announcement came at the very moment the president was delivering a live address on the new protections available to established immigrant families. In an email to notify Artesia volunteers about the transfer, an organizer for AILA named Stephen Manning wrote, “The disconnect from the compassionate-ish words of the president and his crushing policies toward these refugees is shocking.” Brown was listening to the speech in her car, while driving to Denver for a rare weekend at home, when her cellphone buzzed with the news that 20 of her clients would be transferred to Texas the next morning. Many of them were close to a bond release; in San Antonio, they might be detained for weeks or months longer. Brown pulled her car to the side of the highway and spent three hours arguing to delay the transfer. Over the next two weeks, officials moved forward with the plan.

By mid-December, most of the Artesia detainees were in Karnes, and Brown and Sischo were scrambling to pack the contents of their home and office. On the afternoon of Dec. 16, they threw their final bags into a U-Haul, its cargo area crammed with laundry baskets, suitcases, file boxes and hiking backpacks, all wedged precariously in place, then set out for the eight-hour drive across the desert to central Texas.

The next morning, a law professor named Barbara Hines was also speeding into San Antonio. Hines is a wiry woman in her 60s with a burst of black curls and an aspect of bristling intensity. In the battle over refugee detention, she is something of a seminal figure for advocates like Brown and Sischo. As co-director of the Immigration Law Clinic at the University of Texas, Hines helped lead the 2007 lawsuit against the Hutto facility, which brought about its closure in 2009 and the abolition of widespread family detention until last summer. When the Obama administration announced plans to resume the practice in Artesia, Hines was outraged; when officials opened the second facility in Karnes, just two hours from her home in Austin, Hines began to organize a pro bono project of her own. Although she’d never met Brown or Sischo, she had been running a parallel operation for months. Now that they were in Texas, Hines was eager to meet them.

But first, she had a client to represent. Hines pulled into a parking lot behind the immigration court in downtown San Antonio and rushed inside, up a clattering elevator to the third floor and down a long hallway to a cramped courtroom. At the front, behind a vast wooden desk, sat Judge Glenn McPhaul, a tidy man with slicked hair and a pencil mustache. He presided from an elevated platform, with a clerk to his right, an interpreter to his left, and a large television monitor in the corner. On screen was the pale and grainy image of a dozen exhausted Central American women.

These were just a few of the Karnes detainees, linked by video feed to the courtroom. Another 500 women and children were in the compound with them. There was no legal distinction between their cases and those of the women in Artesia; they had simply been sent to a different facility, weeks or months earlier. Each of them, like the women in Artesia, had already been through the early stages of the asylum process — presenting herself to immigration authorities, asking for refugee status and passing the “credible-fear interview” to confirm a basis for her claim. But the odds of release in Karnes were worse. One of McPhaul’s colleagues, Judge Gary Burkholder, was averaging a 91.6 percent denial rate for the asylum claims. Some Karnes detainees had been in the facility for nearly six months and could remain there another six.

***

THE SITTING AREA of the courtroom was nearly empty, save for half a dozen attorneys. Many of the volunteers at Karnes are friends and former students of Hines, who has been drafting every licensed lawyer she can find. As she slid down the long bench to a seat, she nodded to some of the attorneys in the room and stopped to whisper with another. Then she spent a few minutes fidgeting with her phone until the clerk called her client’s name, and Hines sprang forward, slipping past the bar rail to a table facing the judge. On the television screen, her client, Juana, was stepping toward the camera at Karnes. She was a young woman with a narrow face and deep eyes. Her hair was pulled back to reveal high cheekbones and a somber expression.

McPhaul asked the stenographer to begin transcription, then he commenced with the ritualized exchange of detention proceedings, recording the names of the attorneys, the detainee and everyone on the bench. He noted the introduction of a series of legal documents and confirmed that Juana was still happy to be represented by Hines. There was a stream of legal jargon and a few perfunctory remarks about the status of the case, all of it in clipped judicial vernacular and a flat, indifferent tone. Then McPhaul set a date for the next hearing, at which Hines could begin to present an argument for Juana’s release on bond.

For now, Juana’s turn was over; the whole affair took less than 10 minutes, without any meaningful discussion of her case or its merits. As Hines stepped out of the courtroom, Juana was turning away from the camera to return to her children in Karnes. It was impossible to say how much of the hearing she understood, since none of the proceedings were translated into Spanish. The courtroom interpreter was there only to translate the judge’s questions and the detainees’ responses; everything else was said exclusively in English, including the outcome. For all that Juana knew, she might have been granted reprieve or confined for another six months.

Over the next two hours, the scene would repeat a dozen times. Each time McPhaul called a name, a new lawyer would step forward, taking a seat before the bench and proceeding through the verbal Kabuki. In a few cases, McPhaul offered the detainee the opportunity to post bond — usually around $3,000. But the courtroom interpreter was not allowed to convey this news to the detainee, either. If the pro bono attorney spoke Spanish fluently, there might be a few minutes at the end of the session to explain what happened. If not, the detainee would return to custody and might not discover that she had been granted bond until, or unless, someone paid it.

These, of course, were the lucky women with an attorney to represent them at all. Although the families in Artesia and Karnes have been detained in an environment that closely resembles incarceration, there is no requirement in American law to provide them with the sort of legal representation afforded to other defendants. Unlike the Artesia project, where the involvement of AILA brought in hundreds of volunteers from across the country, Hines could scrape together only so many friends and compatriots to lend their time. She formed a partnership with the Refugee and Immigrant Center for Education and Legal Services, or Raices, in San Antonio, and the law firm Akin Gump assigned a young lawyer named Lauren Connell to help organize the Karnes project. But there still weren’t enough lawyers to represent the detainees, and Hines and Connell were forced to evaluate which cases were most likely to win. The remaining refugees would proceed to court alone. They would understand little of what happened, and most would be deported.

It was difficult for Hines to think about what might happen to those women next. The refugees who are returned to Central America can be subject to even greater harassment by gangs for having fled. Hector Hernandez, a morgue operator in Honduras, has said that children who come back from U.S. detention “return just to die.” Jose Luis Aguilar, the city councilor for Artesia, recalled a group deportation on the day in July when Secretary Jeh Johnson visited the facility. “He came in the morning, and that same night, they took 79 people and shipped them to El Salvador on the ICE plane,” Aguilar said. “We got reports later that 10 kids had been killed. The church group confirmed that with four of the mortuaries where they went.”

***

HINES WAS HOPING the attorneys from Artesia would help represent the women in Karnes, but she had no idea whether they would be willing to do so. This was her agenda for the first meeting with Christina Brown, which took place that afternoon in a sunlit conference room in the downtown offices of Akin Gump. Hines sat at the head of a long table, with Lauren Connell to her left and an attorney from Raices named Steven Walden to her right. After a few minutes, Brown appeared in the doorway. She was wearing the same green T-shirt and black leggings she had been wearing the day before in Artesia, and she smiled sheepishly, offering a handshake to Hines.

“I’m really sorry,” Brown said with a small laugh. “I want to let you know that I believe very strongly in first impressions — but I am living out of a U-Haul right now.”

Hines smiled sympathetically as they sat down. “So,” she said. “What are you all going to do here?”

Brown paused. “Well, we know we’re going to be continuing our cases,” she said.

“Mmm-hmm,” Hines said.

“And I’m working on cleaning up our spreadsheet and figuring out who’s here,” Brown said. “Many of our clients who were transferred here had already been granted bond.”

“Wait,” Connell said. “They transferred them here to have them bond out?”

Brown sighed. “Yes,” she said.

“That’s ridiculous,” Connell said.

“We’ve had numerous fights on this issue,” Brown said. “We’ve had family members go to pay, and they can’t because the client is already in transit to Karnes.”

Hines shook her head in disbelief.

“It’s been kind of a nightmare,” Brown said.

“Do you have people who have been detained more than 90 days?” Hines asked.

“Every one we’re going forward with on merits has been detained more than 90 days,” Brown said. “So I want to see how you all are moving forward, so I can see what resources are here for Artesia clients.”

Hines laughed. “We can barely staff our cases,” she said. “My hope was that people who were at Artesia, after they’re finished your cases, are going to help with ours.”

“If she says that enough, maybe it will come true,” Connell said.

Brown shook her head. “At the moment, I can commit to nothing,” she said. “Right now, I’m the only attorney, and there’s no guarantee that other volunteers are coming.”

Hines and Connell exchanged a look. Even if the Artesia lawyers could double or triple their workload, the number of detainees would soon overwhelm them. The day before, officials in Karnes had approved a plan to expand the detention facility from about 500 beds to roughly 1,100. At the same time, two hours west of Karnes, in the little town of Dilley, the Department of Homeland Security was about to open another refugee camp for women and children. It would be the largest detention facility in the country, with up to 2,400 beds. If Hines and Brown had trouble finding lawyers to represent a few hundred women and children, there was little chance of generating support for more than 3,000.

***

AFTER THE MEETING, Brown returned to her motel and spent the afternoon searching for an apartment, but the options were limited, and by late afternoon, she and Sischo still had nowhere to live. They decided to spend their first evening in Texas at a vegetarian restaurant downtown. As they settled into a booth at the back of the cafe, they talked about the situation they’d left behind in Artesia, where much of the town opposed the detention facility and the lawyers with equal measure. Town-hall meetings in Artesia became so heated that city officials asked the police to stand guard.

“For people there, it’s a resource issue,” Brown said. “They blame the immigrant community for coming in and being jailed, and for us having to educate their children, when they would like more resources put into their own schools.”

Sischo nodded. “That’s what a guy at the electronics store said: ‘Oh, you’re helping the illegals?’ That’s how they view it. I remember a sign that a protester was holding that was like, ‘What about our children?’ ”

“It’s a legitimate question,” Brown said. “They don’t have a lot of resources in that town, and they should have more.”

“I agree,” Sischo said. “We should not be spending resources on detaining these families. They should be released. But people don’t understand the law. They think they should be deported because they’re ‘illegals.’ So they’re missing a very big part of the story, which is that they aren’t breaking the law. They’re trying to go through the process that’s laid out in our laws.”

For Sischo, seeing the families struggle — families much like her own — was almost more than she could stand. On visits to her parents in Oregon, she struggled to maintain composure. “Every time I’ve gone home, I’ve just cried pretty much nonstop,” she said. “It’s grief and anger and hopelessness and confusion as to how this could happen and whether we’re making a difference.”

For Brown, by contrast, the same experiences seemed to have amplified her energy and commitment. “I haven’t had time to go home and cry yet,” she said. “Maybe I’ll get a job at Dilley, because then I won’t have to process anything!” Brown laughed, but she acknowledged that some part of her was ready to commit to the nomadic life of a legal activist, parachuting into crises for a few months at a time. “That appeals to me,” she said. “It’s nice to be where people need you.”

As dinner came to an end, Brown and Sischo stepped outside into the night. They had parked the U-Haul in a nearby lot, and it had just been towed.

***

IN THE COMING YEAR, most of the families who are currently in detention will wend their way through the refugee system. Some will be released on bond to await their asylum hearing; others will remain in custody until their hearings are complete. Those without an attorney will most likely fail to articulate a reason for their claim in the appropriate jargon of the immigration courts and will be deported to face whatever horror they hoped to flee. Of the 15 families who have been shepherded through the process by the volunteer lawyers so far, 14 have received asylum — “Which should be all you need to know about the validity of their claims,” Brown said.

By late spring, the construction of the new facility at Dilley should be complete. It already represents a drastic departure from the refugee camp in Artesia. Managed by the Corrections Corporation of America, the largest private prison company in the country, the South Texas Family Residential Center has its own promotional website with promissory images of the spacious classrooms, libraries, play areas and lounges that will eventually be available to refugees in long-term detention. Architectural drawings for the site show eight distinct neighborhoods on the campus, with dormitory housing, outdoor pavilions, a chapel and several playgrounds. How much of this will ultimately materialize remains to be seen. Last week, C.C.A. listed job openings for child care workers, library aides and mailroom clerks at the site.

Esther Olavarria, the senior counselor for immigration issues at the Department of Homeland Security, acknowledged that there had been shortcomings in Artesia but described the Dilley facility as a correction. “We stood up Artesia very, very quickly and did the best that we could under the circumstances,” Olavarria said. “As concerns were brought to our attention by advocates, we worked with them to try to address the concerns as quickly as possible.”

Many advocates have expressed concerns about the Dilley facility as well. Its management company, C.C.A., is the same firm that ran the Hutto detention center, and it has been at the center of other significant controversies in recent years. In 2006, federal investigators reported that conditions at a C.C.A. immigration jail in Eloy, Ariz., were so lacking that “detainee welfare is in jeopardy.” Last March, the F.B.I. started an investigation of C.C.A. over a facility the company ran in Idaho, known by inmates as the “Gladiator School” because of unchecked fighting; in 2010, a video surfaced of guards watching one inmate beat another into a coma. Two years ago, C.C.A. executives admitted that employees falsified 4,800 hours of business records. The state has now taken control of the facility.

The management contract at Dilley was also created with unusual terms. In their hurry to open the new facility, officials for the Obama administration bypassed normal bidding procedures and established Dilley under an existing contract for the troubled C.C.A. jail in Eloy. Although the Dilley camp is nearly 1,000 miles away from Eloy, all federal funding for the new camp in Texas will flow through the small town in Arizona, which will keep $438,000 of the annual operating budget as compensation. Eloy city officials say they do not expect to monitor, or even visit, the Dilley facility.

Any new refugees who surrender this spring may spend more than a year in Dilley before their asylum hearings can be scheduled. Olavarria said that officials hope the process will move more quickly, but it will depend on the immigration courts in San Antonio, which fall under the Department of Justice. “From what I’ve heard from the Justice Department, generally it’s not taking 18 months,” Olavarria said. “We’re hearing that cases are being completed in a shorter time. But it’s a case-by-case situation that depends on the complexity, it depends on continuances that are provided to seek counsel, to prepare for cases, all those kinds of things.” The cost to house each detainee at Dilley is about $108,000 per year. A study funded by the Immigration and Naturalization Service, of more than 500 detainees between 1997 and 2000, found that 93 percent will appear in court when placed in a monitoring program. The savings of such a program for the 2,400 detainees at Dilley would be about $250 million per year.

Officials from the Department of Homeland Security say the facilities in Karnes and Dilley are still insufficient to house the detainees they expect to process in the coming year. “Last year, we saw 60,000 families come in,” Olavarria said. “We’re hoping we don’t see those kinds of numbers this year, but even if we see half, those two facilities would hold a fraction of those numbers.” Olavarria said the department was not yet considering additional facilities. “We are in the middle of a battle with the Congress on our funding, so there’s very little discussion about long-term planning,” she said.

For now, the Artesia facility is closed, its bunk beds and hallways empty. Brown and Sischo remain in Texas; they rescued their U-Haul from an impound lot and found an apartment soon thereafter. That same week, an email from the mayor of Artesia, Phillip Burch, was circulating among city residents. “The pro bono attorneys have left our community,” he wrote. “Hopefully not to return.”


Wil S. Hylton is a contributing writer at The New York Times Magazine and the author of Vanished. His complete archive is available on Longform.


« Marche du retour »: The show must go on (From Gaza to Iran, it’s all smoke and mirrors, stupid !)

9 mai, 2018

 

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)
Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge. Le futur de l’Iran appartient à son peuple et les Iraniens méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire. (…) Nous n’allons pas laisser un régime qui scande « Mort à l’Amérique » avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre. Donald Trump
La paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée. Donald Trump
Un écran de fumée désigne, dans le domaine militaire, une tactique utilisée afin de masquer la position exacte d’unités à l’ennemi, par l’émission d’une fumée dense. Cette dernière peut-être naturelle mais est le plus souvent produite artificiellement à partir de grenades fumigènes (composées notamment d’acide chlorosulfurique). Certains véhicules blindés, en général des chars, disposent de lance-grenades spécifiquement conçus à cet effet, mais utilisent surtout l’injection de carburant Diesel dans l’échappement de leur moteur pour produire des écrans de fumée pouvant atteindre 400 m de long et persister plusieurs minutes. Par exemple, le T-72 soviétique injecte dix litres de carburant à la minute pour créer ses écrans de fumée. Dans les temps anciens, des simples feux de broussailles bien nourris suffisaient parfois à faire l’affaire.Wikipedia
More ink equals more blood, newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey and Dominic Rohner
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour. Mahmoud Abbas
 Récemment, un certain nombre de rabbins en Israël ont tenu des propos clairs, demandant à leur gouvernement d’empoisonner l’eau pour tuer les Palestiniens. Mahmoud Abbas
Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde. Communiqué Autorité palestinienne
Du XIe siècle jusqu’à l’Holocauste qui s’est produit en Allemagne, les juifs vivant en Europe de l’ouest et de l’est ont été la cible de massacres tous les 10 ou 15 ans. Mais pourquoi est-ce arrivé ? Ils disent: « parce que nous sommes juifs » (…) L’hostilité contre les juifs n’est pas due à leur religion, mais plutôt à leur fonction sociale, leurs fonctions sociales liées aux banques et intérêts. Mahmoud Abbas
Si mes propos devant le Conseil national palestinien ont offensé des gens, en particulier des gens de confession juive, je leur présente mes excuses. Je voudrais assurer à tous que telle n’était pas mon intention et réaffirmer mon respect total pour la religion juive, ainsi que pour toutes les religions monothéistes. Je voudrais renouveler notre condamnation de longue date de l’Holocauste, le crime le plus odieux de l’histoire, et exprimer notre compassion envers ses victimes. Mahmoud Abbas
J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie. Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte. Sylvan Adams
Amer anniversaire. Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures. Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque. (…) Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré. La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe. Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie. Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine. Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne. La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque. (…) Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel. Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain. S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine. L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi. Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël. Libération
Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine. Libération
Le monde a basculé ce 8 mai 2018. Rien n’y a fait. Ni les câlins d’Emmanuel Macron. Ni les menaces du président iranien. Ni les assurances des patrons de la CIA et de l’AIEA. Donald Trump a tranché : sous le prétexte non prouvé que l’Iran ne le respecte pas, i l retire les Etats-Unis de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015. Une folle décision aux conséquences considérables. Après la dénonciation de celui de Paris sur le climat, voici l’abandon unilatéral d’un autre accord qui a été négocié par les grandes puissances pendant plus de dix ans. L’Amérique devient donc, à l’évidence, un « rogue state » – un Etat voyou qui ne respecte pas ses engagements internationaux et ment une fois encore ouvertement au monde. L’invasion de l’Irak n’était donc pas une exception malheureuse : Washington n’incarne plus l’ordre international mais le désordre.  Si l’on en doutait encore, le monde dit libre n’a plus de leader crédible ni même de grand frère. Ce qui va troubler un peu plus encore les opinions publiques et les classes dirigeantes occidentales. Puisque l’Iran en est l’un des plus gros producteurs et qu’il va être empêché d’en vendre, le prix du pétrole, déjà à 70 dollars le baril, va probablement exploser, ce qui risque de ralentir voire de stopper la croissance mondiale – et donc celle de la France.
D’ailleurs, de tous les pays occidentaux, la France est celui qui a le plus à perdre d’un retour des sanctions américaines – directes et indirectes. L’Iran a, en effet, passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et a signé un gigantesque contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. Or Trump a choisi la version la plus dure : interdire de nouveau à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. Pour continuer à commercer sur le marché américain, Airbus et Total devront donc renoncer à ces deals juteux. L’Obs
Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it. The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition. “The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015 (…) In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior. But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen. The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding? Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts. Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning. (…) Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sunday reported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston. The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied. (…) Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through. Bret Stephens
Hello ! Welcome to the show ! Al Jazeera
It was supposed to be a peaceful day. But as then. Unarmed protesters marched towards the border fence, Israeli soldiers opened fire. Al Jazeera journalist
We will continue to sacrifice the blood of our children. Hamas leader
All impure Jews are dogs. They should be burned. They are dirty. Palestinian woman
Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. Ahmed Abou Irtema
Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban. Moïn Abou Okal (ministère de l’intérieur de Gaza et membre du comité de pilotage de la marche)
 Les gens sont plein de fureur et de colère, dit  On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. Ghazi Hamad (responsable des relations internationales du Hamas)
Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza. Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. (…) En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre. Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression. L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais. Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. (…) Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités. (…) Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation. (…) de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage (…) affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. Le Monde
Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés». (…) Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme. Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies. À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas. Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé.Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable? Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué? En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler. Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux. Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa. Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens. L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement! Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants. Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars. Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent. Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas. Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables. Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition. Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin. Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place. Pierre Rehov
Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation. Pierre Rehov
I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts. Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. Pierre Rehov
Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations. The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty. It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people. It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers. Jerusalem Post
Pour ceux qui croyaient encore que les écrans ou rideaux de fumée étaient une tactique militaire
Infiltration de terroristes armés, sabotage de la barrière de sécurité, destruction de champs israéliens via l’envoi de cerf-volants enflammés, torture et incinération d’animaux, boucliers humains de femmes et d’enfants, miroirs, écran de fumée …
A l’heure où après avoir le mensonge de 70 ans du refus des ambassades étrangères à Jérusalem …
Et l’imposture entre une accusation d’empoisonnement de puits sous les ovations du Parlement européen et une justification de l’antisémitisme européen sous celles de son propre parlement …
D’un président d’une Autorité palestinienne et auteur enfin reconnu d’une thèse négationniste sur le génocide juif …
Le va-t-en-guerre de la Maison blanche vient, entre – excusez du peu – le retour nord-coréen à la table des négociations, la libération de trois otages américains et avec 57% le plus haut taux d’optimisme national depuis 13 ans, d’éventer la supercherie de 40 ans du programme prétendument pacifique …
D’un régime qui, sous couvert d’un accord jamais avalisé par le Congrès américain mais soutenu par les quislings et gros intérêts économiques européens et entre deux « Mort à l’Amérique ! » et menaces de rayement de la carte d’Israël, multiplie les essais balistiques et du Yemen au Liban met le Moyen-Orient à feu et à sang …
Pendant qu’entre dénonciation de son 70e anniversaire et médisance sur la première venue d’un grand évènement sportif dans la seule démocratie du Moyen-Orient …
Nos médias rivalisent dans la mauvaise foi et la désinformation
Bienvenue au grand barnum de la « Marche du retour » !
Cet incroyable de mélange de fête de l’Huma et kermesse bon enfant …
Qui monopolise depuis six semaines nos écrans et les unes de nos journaux …
Et qui comme le montre l’excellent petit documentaire du réalisateur franco-israélien Pierre Rehov
Se révèle être un petit joyau de propagande et de prestidigitation …
Miroirs et écrans de fumée compris …
Des maitres-illusionistes du Hamas et de nos médias !

WATCH: Exclusive footage from inside Gaza reveals true face of protests

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already. »

Juliane Helmhold
The Jerusalem Post
May 7, 2018 13:13

The short movie Behind the Smoke Screen by filmmaker Pierre Rehov shows exclusive images from inside the Gaza Strip, aimed at changing the international perception of the ongoing six-week protests dubbed the « Great March of Return » by Hamas.

« I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts, » the French filmmaker told The Jerusalem Post.

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. »

Rehov, who also writes regularly for the French daily Le Figaro, has been producing documentaries about the Arab-Israeli conflict for 18 years, many of which have aired on Israeli media outlets, including The Road to Jenin, debunking Mohammad Bakri’s claim of a massacre in Jenin, War Crimes in Gaza, demonstrating Hamas’ use of civilians as human shields and Beyond Deception Strategy, exploring the plight of minorities inside Israel and how BDS is hurting Palestinians.

Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations.Behind The Smoke Screen (Pierre Rehov/Youtube)

« Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation, » the video introduces the subject matter in the opening remarks.

The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty.

It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people.

It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »

It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers.

« I want to present facts, and one image is worth 1000 words, » the filmmaker emphasized.

Voir aussi:

Pierre Rehov : un autre regard sur Gaza

Pierre Rehov
Le Figaro
20/04/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le reporter Pierre Rehov s’attaque, dans une tribune, à la grille de lecture dominante dans les médias français des événements actuels à Gaza. Selon lui, la réponse d’Israël est proportionnée à la menace terroriste que représentent les agissements du Hamas.

Pierre Rehov est reporter, écrivain et réalisateur de documentaires, dont le dernier, «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte.

Les organisations islamistes qui s’attaquent à Israël ont toujours eu le sens du vocabulaire dans leur communication avec l’Occident. Convaincus à juste titre que peu parmi nous sont capables, ou même intéressés, de décrypter leurs discours d’origine révélateur de leurs véritables intentions, ils nous arrosent depuis des décennies de concepts erronés, tout en puisant à la source de notre propre histoire les termes qui nous feront réagir dans le sens qui leur sera favorable. C’est ainsi que sont nés, au fil des ans, des terminologies acceptées par tous, y compris, il faut le dire, en Israël même.

Prenons par exemple le mot «occupation». Le Hamas, organisation terroriste qui règne sur la bande de Gaza depuis qu’Israël a retiré ses troupes et déraciné plus de 10 000 Juifs tout en laissant les infrastructures qui auraient permis aux Gazaouites de développer une véritable économie indépendante, continue à se lamenter du «fait» que l’État Juif occupe des terres appartenant «de toute éternité au Peuple Palestinien». Il s’agit là, évidemment, d’un faux car les droits éventuels des Palestiniens ne sauraient être réalisés en niant ceux des Juifs sur leur terre ancestrale.

Le terme «occupation» étant associé de triste mémoire à l’Histoire européenne, lorsqu’un lecteur, mal informé, se le voit asséner à longueur d’année par les médias les ONG et les politiciens, la première image qui lui vient est évidemment celle de la botte allemande martelant au pas de l’oie le pavé parisien ou bruxellois.

Cette répétition infligée tout autant qu’acceptée d’un terme erroné a pour but d’occulter un fait essentiel, gravé dans l’Histoire: selon la loi internationale, ces territoires dits «occupés» ne sont que «disputés». Car, afin d’occuper une terre, encore eût-il fallu qu’elle appartînt à un pays reconnu au moment de sa conquête. La «Palestine», renommée ainsi par l’Empereur Hadrien en 127 pour humilier les Juifs après leur seconde révolte contre l’empire romain, n’était qu’une région de l’empire Ottoman jusqu’à la défaite des Turcs en 1917. Ce sont les pays Arabes dans leur globalité qui, en rejetant le plan de partition de l’ONU en 1947, ont empêché la naissance d’une «nation palestinienne» dont on ne retrouve aucune trace dans l’histoire jusqu’à sa mise au goût du jour, en 1964, par Nasser et le KGB.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire « pacifiste ».

Lorsqu’à l’issue d’une guerre défensive, Israël a «pris» la Cisjordanie et Gaza en 1967, ces deux territoires avaient déjà été conquis par la Jordanie et l’Égypte. Ce qui nous conduit à remettre en question une autre révision sémantique. Pourquoi des terres qui, pendant des siècles, se sont appelées Judée-Samarie deviendraient-elles, tout à coup, Cisjordanie ou Rive Occidentale, de par la seule volonté du pays qui les a envahies en 1948 avant d’en expulser tous les Juifs dans l’indifférence générale? Serait-ce pour effacer le simple fait que la Judée… est le berceau du judaïsme?

Mais revenons à Gaza.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés».

J’ai déjà abondamment écrit, y compris dans ces pages, sur cette aberration tragique perpétuée au profit de l’UNWRA, une agence onusienne empêchant, dans sa forme actuelle, l’établissement et le développement des Arabes de Palestine sur leurs terres d’accueil. Je n’y reviendrai que par une phrase. Pourquoi un enfant, né à côté de Ramallah ou à Gaza, de parents nés au même endroit, ou pire encore, né à Brooklyn ou à Stockholm de parents immigrés, serait-il considéré comme «réfugié» – comme c’est le cas dans les statistiques de l’UNRWA – si un enfant Juif né à Tel Aviv, de parents nés à Bagdad, Damas ou Tripoli, et chassés entre 1948 et 1974 n’a jamais bénéficié du même statut?

Mais voici que des bus affrétés par le Hamas et la Jihad Islamique, et décorés de clés géantes et de noms enluminés de villages disparus censés symboliser ce «droit au retour» au sein d’un pays honni, viennent cueillir chaque vendredi devant les mosquées et les écoles de Gaza une population manipulée, prête aux derniers sacrifices afin de répondre à des mots d’ordre cyniques ou désuets.

Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme.

Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies.

À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas.

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire.

Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé .

Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable?

Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué?

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler.

Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux.

Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa.

Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens.

L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.

Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement!

Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants.

Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars.

Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent.

Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.

C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin.

Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place.

J’en veux, pour exemple, une anecdote affligeante.

En septembre 2017, une organisation regroupant des femmes arabes et israéliennes a organisé une marche en Cisjordanie (Judée-Samarie). Aucun parent n’aurait pu être indifférent aux images de ces mères juives et arabes qui avouent leur quête d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Durant la marche, aucun pneu brûlé, pas de lancement de pierres ou de cocktails Molotov, aucune tentative d’envahir Israël, aucun propos haineux. Tout le contraire. C’était une authentique manifestation pacifique.

Seulement, le Hamas a immédiatement condamné la marche en déclarant que «la normalisation est une arme israélienne».

L’ONU, de son côté, n’a pas cru bon promouvoir l’initiative. Pourquoi l’aurait-elle fait?

Il est davantage dans sa tradition, et certainement plus politiquement correct de condamner Israël pour ses «excès» en matière défensive tandis que le Moyen Orient, faute d’une vision honnête, bascule progressivement dans un conflit généralisé.

Voir encore:

Protestations sous haute tension prévues le long de la bande de Gaza

Vendredi, cinq zones, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande.

Piotr Smolar (Bande de Gaza, envoyé spécial)

Le Monde

Le décor est planté. Le vent puissant éparpille les émanations de gaz lacrymogène. Les sardines empêchent les tentes de s’envoler. On est à la veille du grand jour à Gaza, celui craint par Israël depuis des semaines.

En ce jeudi 29 mars, deux cents jeunes viennent faire leurs repérages près du poste frontière fermé de Karni, en claquettes ou pieds nus. Perchés sur des monticules de sable, ou bien s’avançant vers les soldats israéliens qui veillent à quelques centaines de mètres derrière la clôture, ils semblent leur lancer un avertissement muet.

Le 30 mars est coché de longue date dans le calendrier palestinien : c’est le jour de la Terre, en mémoire de la confiscation de terres arabes en Galilée, en 1976, et des six manifestants tués à l’époque. Mais cette année, il marque surtout le début d’un mouvement à la force et aux développements imprévisibles, intitulé la « marche du retour ».

« Un tournant »

Cette marche doit culminer le 15 mai, jour de la Nakba (la grande « catastrophe » que fut l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d’Israël). Il s’agit d’un appel à des manifestations pacifiques massives pour réclamer le retour vers les terres perdues. Et ce alors que l’Etat hébreu, soutenu par Washington, souhaite une restriction drastique de la définition du réfugié palestinien.

Vendredi, cinq zones ouvertes, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande, de Jabaliya jusqu’à Rafah. Des mariages seront célébrés, des concerts et des danses organisés. On y parlera aussi politique, blessures familiales, droits historiques. Pour Bassem Naïm, haut responsable du Hamas :

« Ce rassemblement est un tournant. Malgré les divisions entre factions, malgré la politique américaine, nous pouvons être une nouvelle fois créatifs pour relancer la question palestinienne. Israël peut facilement s’en tirer dans un conflit militaire, contre les Palestiniens ou au niveau régional. Mais c’est un tigre de papier. Il est acculé face à la perspective d’une foule pacifique réclamant le respect de ses droits. »

Mélange de fébrilité et d’intoxication

« Acculé », le mot est excessif. Mais, depuis le début de la semaine, dans un mélange de fébrilité et d’intoxication, les autorités israéliennes n’ont cessé de dramatiser les enjeux de cette journée. Les compagnies de bus à Gaza ont reçu des coups de fil intimidants pour qu’elles ne transportent pas les manifestants. Le ministère des affaires étrangères a diffusé à ses ambassades des éléments de langage pour décrédibiliser l’événement. Il s’agirait d’une « campagne dangereuse et préméditée » par le Hamas, qui y consacrerait « plus de dix millions de dollars [plus de 8 millions d’euros] », notamment pour rémunérer les manifestants.

Du côté militaire, le chef d’état-major, Gadi Eizenkot, a averti dans la presse que « plus de cent snipers » seraient déployés le long de la clôture de sécurité frontalière, en plus des unités supplémentaires mobilisées pour l’occasion.

Il s’agit de justifier par avance l’usage possible de la violence, allant de moyens de dispersion classiques jusqu’aux balles réelles. Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza.

Plusieurs alertes sérieuses

Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. Quant aux soldats, ils n’hésiteront pas à tirer à balles réelles si des Palestiniens se rapprochent. Huit personnes ont été ainsi tuées en décembre 2017.

En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre.

Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression.

L’idée d’un vaste rassemblement pacifique

L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais.

Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. « Il y a eu énormément de réactions, les associations se sont emparées de la proposition, puis les factions. Un comité de pilotage a vu le jour. »

Ahmed Abou Irtema a une vision, celle d’une foule marchant un jour – pas vendredi – vers ses anciennes terres :

« Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. »

Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités.

« Les gens sont plein de fureur et de colère »

Qu’ils aient peu de chance d’obtenir gain de cause ne les interroge pas. Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation.

« Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban », explique de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage.

Ce dernier affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. La vérité est que rien n’est écrit. Tout dépendra de la force de la mobilisation et de l’ampleur de la réaction israélienne. « Les gens sont plein de fureur et de colère, dit Ghazi Hamad, responsable des relations internationales du Hamas. On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. »

A l’aube du vendredi 30 mars, un Palestinien a été tué par une frappe israélienne avant le rassemblement prévu à Gaza.

Voir également:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

Le président américain a promis de « graves » conséquences à l’Iran s’il se dote de la bombe nucléaire ; l’Iran mérite un « meilleur gouvernement »

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’il a qualifié de « désastreux », et le rétablissement des sanctions contre Téhéran.

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche.

Trump a démarré son discours par ces mots :

« Aujourd’hui, je veux informer les Américains de nos efforts afin d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur. Il exporte de dangereux missiles, alimente les conflits à travers le Moyen-Orient et soutient des groupes terroristes alliés et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les Talibans et Al-Qaïda. Au fil des années, l’Iran et ses mandataires ont bombardé des militaires et des installations américaines [et ont commis une série d’autres attaques contre les Américains et les intérêts américains]. »

« Le régime iranien a financé son long règne de chaos et de terreur en pillant la richesse de son peuple. Aucune mesure prise par le régime n’a été plus dangereuse que sa poursuite vers le nucléaire et ses efforts pour l’obtenir. »

Dans son discours, Trump a déclaré :

« En théorie, le soi-disant accord concernant l’Iran était censé protéger les Etats-Unis et leurs alliés de la folie d’une bombe nucléaire iranienne – une arme qui ne ferait que mettre en péril la survie du régime iranien.

« En fait, l’accord a permis à l’Iran de continuer à enrichir de l’uranium et, au fil du temps, d’atteindre un point de rupture en terme de nucléaire. Il a bénéficié de la levée de sanctions paralysantes en échange de très faibles efforts sur son activité nucléaire. Aucune autre limite n’a été fixé concernant ses autres activités malfaisantes.

« En d’autres termes, au moment où les Etats-Unis disposaient d’un maximum de pouvoir, cet accord désastreux a apporté à ce régime – et c’est un régime de terreur – plusieurs milliards de dollars, dont une partie en espèces, ce qui représente un grand embarras pour moi en tant que citoyen et pour tous les citoyens des Etats-Unis. Un accord plus constructif aurait facilement pu être conclu à ce moment-là. »

Voici les principaux extraits de sa déclaration à la Maison Blanche.

Retrait

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien ».

« Le fait est que c’est un accord horrible et partial qui n’aurait jamais dû être conclu. Il n’a pas apporté le calme. Il n’a pas apporté la paix. Et il ne le fera jamais ».

Sanctions

« Dans quelques instants, je vais signer un ordre présidentiel pour commencer à rétablir les sanctions américaines liées au programme nucléaire du régime iranien. Nous allons instituer le plus haut niveau de sanctions économiques ».

Et « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».

Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a de son côté indiqué que le rétablissement des sanctions américaines était effectif immédiatement pour les nouveaux contrats et que les entreprises étrangères auraient quelques mois pour « sortir » d’Iran.

Le Trésor américain a lui fait savoir que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours.

« Vraie solution »

« Alors que nous sortons de l’accord iranien, nous travaillerons avec nos alliés pour trouver une vraie solution complète et durable à la menace nucléaire iranienne. Cela comprendra des efforts pour éliminer la menace du programme de missiles balistiques (de l’Iran), pour stopper ses activités terroristes à travers le monde et pour bloquer ses activités menaçantes à travers le Moyen-Orient ».

« Nous n’allons pas laisser un régime qui scande +Mort à l’Amérique+ avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre ».

« Mais le fait est qu’ils vont vouloir conclure un accord nouveau et durable, un accord qui bénéficierait à tout l’Iran et au peuple iranien. Quand ils (seront prêts), je serai prêt et bien disposé. De belles choses peuvent arriver à l’Iran ».

« Preuve »

« Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge ».

Régime contre peuple

« Le futur de l’Iran appartient à son peuple » et les Iraniens « méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire ».

« Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur ». « Il soutient des terroristes et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les talibans et Al-Qaïda ».

L’ancien président américain Barack Obama a qualifié mardi de « grave erreur » la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, jugeant que ce dernier « fonctionne » et est dans l’intérêt de Washington.

« Je pense que la décision de mettre le JCPOA en danger sans aucune violation de l’accord de la part des Iraniens est une grave erreur, » a indiqué l’ex-président américain, très discret depuis son départ de la Maison Blanche, dans un communiqué au ton particulièrement ferme.

Voir de même:

Donald Trump furieux contre Mahmoud Abbas suite à un « mensonge »

 
Des sources palestiniennes ont réfuté cette publication

Le président américain Donald Trump aurait fustigé le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors de leur réunion à Bethléem, rapporte dimanche Channel 2.

Selon la chaîne, citant des sources israéliennes, Trump aurait « crié » sur Abbas, car ce dernier lui aurait « menti ».

« Vous m’avez menti à Washington lorsque vous avez parlé de l’engagement pour la paix, mais les Israéliens m’ont montré que vous étiez personnellement responsable de l’incitation », aurait déclaré Trump.

Les sources palestiniennes ont cependant contredit la publication de Channel 2, affirmant que la rencontre entre les deux dirigeants avait été calme.

Dans son discours après la réunion avec Abbas, Trump a insisté sur le fait que « la paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée ». Une déclaration considérée comme une critique du financement de l’Autorité palestinienne destiné aux familles de terroristes emprisonnés ou tués.

Ce rapport intervient alors que le président américain a affirmé hier que les deux parties sont prêtes à « parvenir à la paix ».

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, « m’a assuré qu’il est prêt à faire la paix avec Israël, et je le crois », a déclaré Trump ajoutant que Benyamin Netanyahou a de son coté « assuré qu’il était prêt à parvenir à la paix ».

Voir encore:

Territoires palestiniens: Abbas s’excuse après ses propos jugés antisémites

Ses propos ont fait l’objet de vives critiques dans le monde entier ces derniers jours. En début de semaine, dans un discours prononcé devant des représentants de l’Organisation de libération de la Palestine, Mahmoud Abbas avait estimé que les massacres dont les juifs avaient été victimes en Europe, et notamment l’Holocauste, étaient dus au « comportement social » des juifs et non à leur religion. Il évoquait notamment leurs activités bancaires. Des propos largement condamnés sur la scène internationale par les dirigeants israéliens, par les Etats-Unis, l’Union européenne, l’ONU et la France notamment.

De notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil

Finalement, ce vendredi, le président de l’Autorité palestinienne a décidé de présenter ses excuses. Depuis mardi soir, les critiques se succédaient et les mots employés étaient parfois très forts. Le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix avait condamné des propos « inacceptables ». Il s’agissait pour lui de « certaines des insultes antisémites les plus méprisantes ». Quant au Premier ministre israélien, il estimait pour sa part que « un négationniste reste un négationniste » et il disait souhaiter voir « disparaître » Mahmoud Abbas.

Face à ce tollé, le président de l’Autorité palestinienne n’a d’abord rien dit. Puis après deux jours de silence, ce vendredi, il a choisi de s’excuser. « Si des gens ont été offensés par ma déclaration (…), spécialement des personnes de confession juive, je leur présente mes excuses », écrit Mahmoud Abbas dans un communiqué. « Je réitère mon entier respect pour la foi juive et les autres religions monothéistes », poursuit-il.

Le président de l’Autorité palestinienne se défend de tout antisémitisme. « Nous le condamnons sous toutes ses formes » assure-t-il. Il tient également à « réitérer », dit-il, sa « condamnation de longue date de l’Holocauste » qu’il qualifie de « crime le plus odieux de l’Histoire ».

Voir de même:

Abbas revient sur ses propos relatifs aux rabbins voulant “empoisonner” les puits palestiniens

Après avoir été accusé de diffamation, le dirigeant de l’AP rétracte son affirmation “sans fondement”, et ajoute ne pas avoir voulu “offenser le peuple juif”

Le président du parlement européen Martin Schulz (à droite) avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au parlement de l’Union européenne à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a retiré samedi ses propos concernant des rabbins ayant appelé à empoisonné l’eau des Palestiniens, disant qu’il n’avait pas eu l’intention d’offenser les juifs, après qu’Israël et des organisations juives ont affirmé qu’il faisait la promotion de tropes diffamatoires et antisémites.

« Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde », a déclaré son bureau dans un communiqué.

Pendant un discours prononcé devant le Parlement de l’Union européenne à Bruxelles jeudi, Abbas avait affirmé que les accusations d’incitations [à la violence] palestiniennes étaient injustes puisque « les Israéliens le font aussi… Certains rabbins en Israël ont dit très clairement à leur gouvernement que notre eau devait être empoisonnée afin de tuer des Palestiniens. »

Un article publié en juin dans la presse turque affirmait qu’un rabbin avait fait un tel appel, mais l’histoire s’était rapidement révélée fausse.

Son bureau a déclaré qu’il « rejetait toutes les accusations formulées à son encontre et à celle du peuple palestinien d’offense au judaïsme. [Il] a également condamné toutes les accusations d’antisémitisme. »

En revanche, Abbas n’a pas retiré son affirmation, également prononcée pendant son discours devant le Parlement européen, que le terrorisme mondial serait éradiqué si Israël se retirait de Cisjordanie et de Jérusalem Est.

Israël a dénoncé jeudi Abbas, le qualifiant de colporteur de mensonges, le bureau du Premier ministre déclarant qu’il « a montré son vrai visage », et qu’il « ment quand il affirme que ses mains sont tendues vers la paix. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait accusé jeudi Abbas de « propager des diffamations au parlement européen ».

« Israël attend le jour où Abbas cessera de colporter des mensonges et d’inciter [à la haine contre Israël]. D’ici là, Israël continuera à se défendre contre les incitations palestiniennes, qui alimentent le terrorisme », pouvait-on lire dans le communiqué du bureau du Premier ministre.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), vitrine politique de la première communauté juive d’Europe, avait accusé vendredi Abbas de « propager les caricatures anti juives d’autrefois […] dont on sait qu’elles nourrissent la haine antisémite ».

Voir de plus:

« Jusqu’à son dernier jour », Abbas payera les « familles des martyrs prisonniers »

 Le président de l’Autorité palestinienne a rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré jeudi qu’il ne renoncera pas aux salaires reversés aux terroristes et aux familles des terroristes ayant été emprisonnés en Israël pour avoir mené des attentats, ou ayant tenté de tuer des Israéliens.

« Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour », a déclaré M. Abbas, d’après les médias israéliens.

Le financement par l’Autorité palestinienne de subventions pour les familles des terroristes est un point de discorde entre les Palestiniens et l’administration Trump. Pendant sa visite dans la région plus tôt cette année, le président des Etats-Unis avait souligné que son pays ne tolérerait pas ces rétributions.

Cette déclaration du président de l’AP survient alors que des émissaires américains conduits par Jared Kushner, proche conseiller du président américain, ont rencontré à nouveau cette semaine les dirigeants israéliens et palestiniens.

Après avoir rencontré des responsables saoudiens, émiratis, qataris, jordaniens et égyptiens, la délégation américaine a été reçue jeudi par Benyamin Netanyahou et a rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah.

M. Trump « est déterminé à parvenir à une solution qui apportera la prospérité et la paix à tout le monde dans cette zone », a déclaré Jared Kushner, au début de ses entretiens avec le Premier ministre israélien à Tel-Aviv, selon une vidéo diffusée par l’ambassade américaine.

Le bureau de Benyamin Netanyahou a qualifié les discussions de « constructives et de substantielles » sans autre détail, indiquant qu’elles allaient se poursuivre « dans les prochaines semaines » et remerciant le président américain « pour son ferme soutien à Israël ».

Le président Abbas a pour sa part rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump et a affirmé que « cette délégation (américaine) œuvre pour la paix ». « Nous savons que c’est difficile et compliqué mais ce n’est pas impossible », a-t-il fait savoir.

(Avec agence)

Voir par ailleurs:

Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures.

Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque.

Lors d’une cérémonie à Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué ce qu’il a appelé les «vrais germes de la paix» qui selon lui commençaient à pousser parmi certains pays arabes.

Il n’a pas donné plus de détails mais des signes de réchauffement, tout particulièrement avec Ryad, ont été récemment enregistrés, alors qu’Israël comme le royaume saoudien voit en l’Iran une grave menace.

Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré.

La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe.

Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis que cette attaque ne resterait «pas sans réponse».

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, des dizaines de frappes à distance dans ce pays sont attribuées à Israël, qui se garde communément de les confirmer ou démentir. Elles visent des positions syriennes et des convois d’armes au Hezbollah libanais, qui comme l’Iran et la Russie, aide militairement le régime Assad.

– Les «conseils» de Lieberman –

Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie.

Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine.

Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne.

La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque.

L’armée a décidé par précaution de renoncer à envoyer des chasseurs F-15 à des manœuvres prévues en mai aux Etats-Unis, a rapporté la radio militaire.

Sans évoquer une menace iranienne immédiate, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a prévenu: «Nous ne cherchons pas l’aventure», mais «je conseille à nos voisins au nord (Liban et Syrie) et au sud (bande de Gaza) de tenir sérieusement compte» de la détermination à défendre Israël.

– «Forteresse» –

Le 70e anniversaire est l’occasion pour Israël de célébrer le «miracle» de son existence, sa force militaire, la prospérité de la «nation start-up» et son modèle démocratique.

Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel.

Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain.

S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine.

L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi.

Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël.

«Israël a été établi pour que le peuple juif, qui ne s’est presque jamais senti chez soi nulle part au monde, ait enfin un foyer», a déclaré l’écrivain David Grossman lors d’une cérémonie mardi soir à Tel-Aviv troublée par des militants de droite protestant contre la présence de familles palestiniennes.

«Aujourd’hui, après 70 ans de réussites étonnantes dans tant de domaines, Israël, avec toute sa force, est peut-être une forteresse. Mais ce n’est toujours pas un foyer. Les Israéliens n’auront pas de foyer tant que les Palestiniens n’auront pas le leur».

Cyclisme

Giro : Israël, braquet à l’italienne

Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine.

Pierre Carrey et Guillaume Gendron, correspondant à Tel-Aviv

Plus de doute, avec Benyamin Nétanyahou qui fait des acrobaties à vélo, le départ du Tour d’Italie (Giro d’Italia) de Jérusalem ce vendredi est bien une affaire politique. «Il faut que je m’entraîne», plaisante le Premier ministre dans une vidéo diffusée fin avril sur les réseaux sociaux où on le voit enfourcher un VTT bleu avec casque et costume-cravate. Etonnamment agile pour ses 68 ans, «Bibi» (en réalité, sa doublure) accomplit le tour d’un rond-point sur la roue arrière… Et exhorte l’équipe d’Israel Cycling Academy, dont deux coureurs sur les huit engagés sont israéliens : «Je vais vous aider à gagner !»

Le big start («grand départ») du Giro à Jérusalem est un big deal pour Israël. Trois jours de course : un contre-la-montre de 9,7 km dans les quartiers ouest de la ville «trois fois sainte», une étape de 167 km reliant le port de Haïfa, au nord, avec les plages de Tel-Aviv et enfin 226 km de canyons désertiques entre Beer Sheva et la station balnéaire d’Eilat, au bord de la mer Rouge, à la pointe sud du pays. Le tracé s’arrête à la «ligne verte» et évite soigneusement les Territoires palestiniens ainsi que la Vieille Ville de Jérusalem (mais longera cependant ses murs) et sa partie Est, dont l’annexion par Israël en 1980 n’a jamais été acceptée par la communauté internationale. En principe donc, pas de plans d’hélico des toits rouges des colonies de Cisjordanie ou du mur de séparation…

Cet événement d’envergure (évalué à 120 millions de shekels, soit 27 millions d’euros, l’équivalent de la somme dépensée mi-avril par l’Etat hébreu pour fêter ses 70 ans) est tout à la fois le premier départ d’un grand tour cycliste hors d’Europe, l’une des plus grandes manifestations sportives ou culturelles jamais organisées en Israël et potentiellement l’événement le plus sécurisé de son histoire (protégé par 6 000 policiers et agents privés). Plus encore que les funérailles d’Yitzhak Rabin, le Premier ministre assassiné en 1995. Question retombées, le gouvernement espère une hausse du tourisme grâce à une audience de la course complètement fantasmée, évaluée à un milliard de téléspectateurs.

De son côté, la société italienne RCS Sport, organisatrice de l’épreuve, entend tenir le Giro, simple «événement sportif», «à l’écart de toute discussion politique». Le consul général d’Italie à Tel-Aviv appuyait ces propos lundi, tout en répétant son attachement à l’antienne de la communauté internationale, soit la solution à deux Etats. A l’inverse, le milliardaire Sylvan Adams, qui a attiré le Giro à Jérusalem, envoie valser cette supposée neutralité et annonce la couleur : «On va contourner les médias traditionnels en s’adressant directement aux fans de sport qui n’en ont rien à faire du conflit et veulent juste admirer nos beaux paysages.»

«Un pays normal»

Ce riche héritier canadien de 59 ans s’est installé en Israël en 2016. Une alyah autant motivée par une fibre sioniste proclamée à tout instant que par une certaine affinité avec la fiscalité israélienne : le magnat de l’immobilier a fait sa valise en s’acquittant d’un redressement de 64 millions d’euros auprès du Trésor québécois. Depuis son arrivée, Adams, six fois champion cycliste canadien chez les vétérans, a décidé de financer une école de vélo, une équipe de deuxième division mondiale – celle que rencontre Nétanyahou dans la vidéo -, la construction d’un vélodrome olympique à Tel-Aviv et, point d’orgue, une grande partie du départ du Giro. Un programme supposé transformer Israël en nation de vélo, ce qu’elle n’était pas jusque-là, mais aussi destiné à soutenir l’effort de communication national, soit une version cycliste de l’hasbara (terme hébraïque signifiant «explication» et «propagande»).

Face à la presse, à Tel-Aviv, Sylvan Adams a dicté fin avril les éléments de langage : «J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie.» Normal, il faut le dire vite. Lors de la présentation du tracé à Milan, fin 2017, l’emploi de l’appellation «Jérusalem-Ouest» avait suscité la fureur d’Israël, qui avait obtenu gain de cause (suscitant, en retour, l’indignation des Palestiniens). Désormais, sur les documents officiels, la distinction n’est plus faite. «Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest, s’agace Adams. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte.» Représentant de RCS en Israël, Daniel Benaim va dans le même sens : «Quand les hélicoptères vont filmer Jérusalem, ils vont filmer la beauté du tout, on ne va pas diviser la ville !»

Le mouvement propalestinien BDS («Boycott, désinvestissement, sanctions») accuse l’épreuve de «normaliser l’occupation» israélienne, en utilisant des images du Dôme du Rocher ou de la porte de Damas, symboles palestiniens de la Vieille Ville. Haussement d’épaules côté organisateurs. Benaim : «Le BDS a essayé de faire du bruit en Italie, mais ça ne prend pas. Nous sommes heureux de dire qu’il y a une participation totale des équipes.» Deux groupes sportifs ont néanmoins hésité à s’engager, Bahrain-Merida et le Team UAE (Emirats arabes unis), tous deux dirigés par des managers italiens mais financés par des pétromonarchies du Golfe, qui ne reconnaissent pas officiellement Israël. Elles seront finalement au départ. «Les équipes n’ont pas le choix, rappelle le patron d’une formation concurrente. Quand nous avons appris que le Tour d’Italie partait de Jérusalem [peu après les remous causés par la reconnaissance de la ville comme capitale israélienne par Donald Trump, ndlr], nous nous sommes demandé comment on osait envoyer nos coureurs dans cette zone instable. Hélas, les équipes WorldTour [première division mondiale] sont tenues de participer à toutes les épreuves du calendrier. C’est une règle à changer dans un futur proche pour éviter de subir ces parcours absurdes.»

En façade, le milieu du vélo s’attache à éteindre les controverses. Fabio Aru, coureur originaire de Sardaigne, membre du Team UAE qui aurait pu déclarer forfait, sur Sportfair.it : «On m’a demandé si j’avais peur. Au contraire, je suis enthousiaste […]. Le sport peut aider à réconcilier les peuples.» Le Néerlandais Tom Dumoulin (Team Sunweb), vainqueur sortant du Giro, sur Cyclingnews.com : «Je ne suis pas du genre à me mêler de politique ; je suis cycliste. Si une course démarre d’Israël, on doit être au départ.»

Prime secrète

En off, plusieurs concurrents expriment leurs craintes. Pas tant d’être pris pour cible (d’ailleurs, le dispositif de sécurité était en apparence allégé aux abords de leurs hôtels jeudi) mais inquiets de l’effort physique supplémentaire à consentir. Entre les quatre heures de vol retour qui vont entamer leur récupération lundi (direction la Sicile) et la chaleur attendue dimanche dans le désert. Daniel Benaim rejette : «Je les ai vu monter des cols en Sardaigne sous 36 degrés…» Le silence gêné du peloton s’explique peut-être par la récurrence des courses dans des environnements climatiques et politiques discutables. En particulier à Dubaï et Abou Dhabi, où RCS Sport met sur pied des épreuves, ou encore au Qatar qui fut de 2002 à 2016 le terrain de jeu d’Amaury Sport Organisation, propriétaire du Tour de France. Mais il est aussi possible que cette discrétion soit tenue par des arrangements financiers.

La tête d’affiche de l’épreuve, le Britannique Chris Froome (Team Sky, lire ci-contre) aurait ainsi empoché de 1,4 à 2 millions d’euros de prime de participation selon plusieurs médias spécialisés. Menacé de sanctions pour un contrôle positif, le quadruple vainqueur de la Grande Boucle est accueilli à bras ouverts par des organisateurs misant sur sa notoriété. Théoriquement interdite par l’Union cycliste internationale (les coureurs étant rémunérés par leur équipe et non par les patrons d’épreuves), la pratique s’est banalisée. RCS est ainsi soupçonné d’avoir versé, en 2009, de 1 à 3 millions d’euros à Lance Armstrong, directement ou par l’intermédiaire de sa fondation contre le cancer. Par ailleurs, Libération a appris que l’organisateur italien gonfle depuis des années les frais de participation des équipes pour les inciter à aligner leurs stars sur le Giro.

RCS nie toute prime secrète. Ce qui pourrait laisser penser que, si chèque il y a, il a été signé par les Israéliens. Très excité, Sylvan Adams annonçait : «On espère avoir Froome, même si ça coûte cher. C’est comme faire jouer Messi dans sa ville, sauf que là on l’a pour trois jours avec notre beau pays en toile de fond et pas juste un stade anonyme.» Les images doivent être belles à tout prix. Même celles affichant un optimisme forcé (ou naïf), peu raccord avec l’enlisement actuel du processus de paix. Interrogé par le site Insidethegames.biz, le président de l’UCI, le Français David Lappartient veut y croire : «Espérons que le cyclisme permette de promouvoir la paix, comme les JO l’ont fait en Corée.»


Chris Froome, favori des soupçons

«Je n’ai rien fait de mal.» Christopher Froome va bouffer toujours les mêmes questions et répandre toujours la même odeur de petit scandale au long des 3 600 km du Tour d’Italie qui s’élance de Jérusalem ce vendredi. Le Britannique s’attaque à un exploit jamais vu, hors Eddy Merckx et Bernard Hinault : remporter trois grands tours d’affilée. S’il enlève l’épreuve italienne fin mai, Froome signerait un triplé après le Tour de France (en juillet) et celui d’Espagne (en septembre). A moins qu’il perde tout : le leader de l’équipe Sky est accusé d’abus médicamenteux – pour ne pas dire de dopage -, depuis que des doses élevées de salbutamol ont été retrouvées dans ses urines le 7 septembre. Il avance la prise de ventoline pour soigner son asthme et réussit pour le moment à gagner du temps avec ses avocats. Mais Froome devrait tôt ou tard être sanctionné. Donc certainement, si on s’en réfère au cas d’Alberto Contador en 2012, perdre le bénéfice de sa victoire au Tour d’Espagne. Et celle, peut-être à venir, au Tour d’Italie. Dès lors, pourquoi courir le Giro ? Froome le sait : le public retient les victoires acquises sur le terrain et oublie lorsqu’elles sont effacées a posteriori. Et puis, il y a cette histoire de prime de participation secrète que Froome aurait perçue de la part des organisateurs, pour lesquels le scandale constitue manifestement un argument marketing. P.C.

Voir aussi:

A Courageous Trump Call on a Lousy Iran Deal

Bret Stephens
New York Times

May 8, 2018

Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it.

“Our”?

The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition.

“The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015, referring to the deal by its formal name. It’s questionable whether the deal has any legal force at all.

Build on political sand; get washed away by the next electoral wave. Such was the fate of the ill-judged and ill-founded J.C.P.O.A., which Donald Trump killed on Tuesday by refusing to again waive sanctions on the Islamic Republic. He was absolutely right to do so — assuming, that is, serious thought has been given to what comes next.

In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior.

But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen.

The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding?

Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts.

Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning.

Why? Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sundayreported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston.

The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied.

All this means the administration is in a strong position to negotiate a viable deal. But it missed an opportunity last month when it failed to deliver a crippling blow to Bashar al-Assad, Iran’s puppet in Syria, for his use of chemical weapons. Trump’s appeals in his speech to the Iranian people also sounded hollow from a president who isn’t exactly a tribune of liberalism and has disdained human rights as a tool of U.S. diplomacy. And the U.S. will need to mend fences with its European partners to pursue a coordinated diplomatic approach.

The goal is to put Iran’s rulers to a fundamental choice. They can opt to have a functioning economy, free of sanctions and open to investment, at the price of permanently, verifiably and irreversibly forgoing a nuclear option and abandoning their support for terrorists. Or they can pursue their nuclear ambitions at the cost of economic ruin and possible war. But they are no longer entitled to Barack Obama’s sweetheart deal of getting sanctions lifted first, retaining their nuclear options for later, and sponsoring terrorism throughout.

Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through.

Voir également:

Trump now needs to bring Iran’s economy to its knees

President Trump’s declaration Tuesday that he would exit the 2015 Iran nuclear deal was more than just a fulfillment of a campaign promise; it was a much-needed shift in US foreign policy. The message to the world: The era of appeasement is over.

The Joint Comprehensive Plan of Action was among the worst deals negotiated in modern times. In exchange for the suspension of America’s toughest economic sanctions, Iran needed only freeze its nuclear program for a limited amount of time — keeping its nuclear capabilities on standby while perfecting its missile arsenal, increasing support to terrorism and expanding its military footprint throughout the Middle East.By withdrawing from the agreement, Trump unshackled America’s most powerful economic weapons and restored US leverage to push back on the entire range of Iran’s malign activities. Trump must now implement a new strategy that forces Iran to withdraw from Syria and Yemen, verifiably and irreversibly dismantle its nuclear and missile programs, end its sponsorship of terrorism and improve its human-rights record.

Sustained political warfare, robust military deterrence and maximum economic pressure will all be necessary. Pressure will build steadily as our re-imposed sanctions take hold.

Under the laws passed by Congress before the nuclear deal, banks throughout the world risk losing their access to the US financial system if they do business with the Central Bank of Iran or in connection with Iran’s energy, shipping, shipbuilding and port sectors. Companies providing insurance and re-insurance for Iran-connected projects face US sanctions as well, as do gold and silver dealers to Iran.

Iran will see its oil-export revenue decline as importers are forced to significantly reduce their purchases. Worse than anything for the regime, Iran’s foreign-held reserves will be on lock-down. Money paid by its oil customers must sit in foreign escrow accounts. Banks that allow Iran to repatriate, transfer or convert these payments to other currencies face the full measure of US financial sanctions.

What happens to a country that is cut off from hard currency and faces declining export revenues? In 2013, we saw the result: a balance-of-payments crisis. What happens, however, when these sanctions are imposed amid a raging liquidity crisis while the Iranian currency is in free-fall and the regime is drawing down its foreign-exchange reserves? The Trump administration is hoping for a situation that makes the mullahs choose between economic collapse and wide-ranging behavioral change.

The strategy just might work, but it’ll take a lot more than just re-imposing sanctions to succeed. Sanctions are only effective if they are enforced. The sooner the Trump administration identifies a sanctions-evading bank and cuts it off from the international financial system, the sooner a global chilling effect will amplify the impact of American sanctions. The same goes for underwriters and gold-traders.

Beyond enforcement, the Trump administration will need key allies to fully implement this pressure campaign. The Saudis, under attack by Iranian missiles from Yemen, should be a willing partner in the effort to drive down Iran’s oil exports — ensuring Saudi production increases to replace Iranian contracts and stabilize the market. Saudi Arabia, the UAE and Bahrain should also combine their market leverage to force European and Asian investors to choose between doing business in their countries or doing business in Iran.Trump will also need Europeans to act on one key issue which, given their opposition to his withdrawal from the deal, may present a diplomatic challenge. Under US law, the president may impose sanctions on secure financial messaging services — like the Brussels-based SWIFT service — if they provide access to the Central Bank of Iran or other blacklisted Iranian banks.

In 2012, when Congress first proposed the idea, the European Union ordered SWIFT to disconnect Iranian banks, which closed a major loophole in US sanctions. Now that Trump has left the deal, SWIFT must once again disconnect Iran’s central bank. If SWIFT refuses, Trump should consider imposing sanctions on the group’s board of directors.

Trump’s Iran pivot from appeasement to pressure offers America the best chance to fundamentally change Iranian behavior and improve our national security. If his administration implements the strategy effectively, the Iranian regime will have a choice: meet America’s demands or face economic collapse.

Richard Goldberg, an architect of congressionally enacted sanctions against Iran, is a senior adviser at the Foundation for Defense of Democracies.

Voir encore:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

OLJ/Agences
08/05/2018

Donald Trump a annoncé mardi soir  le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien au risque d’ouvrir une période de vives tensions avec ses alliés européens et d’incertitudes quant aux ambitions atomiques de Téhéran.

Quinze mois après son arrivée au pouvoir, le 45e président des Etats-Unis a décidé, comme il l’avait promis en campagne, de sortir de cet accord emblématique conclu en 2015 par son prédécesseur démocrate Barack Obama après 21 mois de négociations acharnées. « J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche, annonçant le rétablissement des sanctions contre la République islamique qui avaient été levées en contrepartie de l’engagement pris par l’Iran de ne pas se doter de l’arme nucléaire. Le locataire de la Maison Blanche n’a donné aucune précision sur la nature des sanctions qui seraient rétablies et à quelle échéance mais il a mis en garde: « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».
Dénonçant avec force cet accord « désastreux », il a assuré avoir la « preuve » que le régime iranien avait menti sur ses activités nucléaires.

Un peu plus tard, le département du Trésor américain a précisé que les Etats-Unis allaient rétablir une large palette de sanctions concernant l’Iran à l’issue de périodes transitoires de 90 et 180 jours, qui viseront notamment le secteur pétrolier iranien ainsi que les transactions en dollar avec la banque centrale du pays. Dans un communiqué et un document publiés sur son site internet, le Trésor précise que le rétablissement des sanctions concerne également les exportations aéronautiques vers l’Iran, le commerce de métaux avec ce pays ainsi que toute tentative de Téhéran d’obtenir des dollars US.

(Lire aussi : Derrière l’accord nucléaire, l’influence de l’Iran en question)

Son allocution était très attendue au Moyen-Orient où beaucoup redoutent une escalade avec la République islamique mais aussi de l’autre côté de planète, en Corée du Nord, à l’approche du sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la péninsule. A ce sujet, le chef de la Maison Blanche a également indiqué que le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo arrivera en Corée du Nord d’ici « une heure » pour préparer le sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un. « En ce moment même, le secrétaire Pompeo est en route vers la Corée du Nord pour préparer ma future rencontre avec Kim Jong Un », a-t-il déclaré. « On en saura bientôt plus » sur le sort des trois prisonniers américains, a-t-il ajouté.

Réactions

L’Iran souhaite continuer à respecter l’accord de 2015 sur son programme nucléaire, après l’annonce de la décision de Donald Trump, a réagi le président iranien, Hassan Rohani. « Si nous atteignons les objectifs de l’accord en coopération avec les autres parties prenantes de cet accord, il restera en vigueur  (…). En sortant de l’accord, l’Amérique a officiellement sabordé son engagement concernant un traité international », a dit le président iranien dans une allocution télévisée. »J’ai donn é pour consigne au ministère des Affaires étrangères de négocier avec les pays européens, la Chine et la Russie dans les semaines à venir. Si, au bout de cette courte période, nous concluons que nous pouvons pleinement bénéficier de l’accord avec la coopération de tous les pays, l’accord restera en vigueur », a-t-il continué.
M. Rohani a ajouté que Téhéran était prêt à reprendre ses activités nucléaires si les intérêts iraniens n’étaient pas garantis par un nouvel accord après des consultations avec les autres parties signataires du « Plan d’action global conjoint » (JCPOA) de 2015.

La Syrie a également « condamné avec force » l’annonce du retrait des Etats-Unis, affirmant sa « totale solidarité » avec Téhéran et sa confiance dans la capacité de l’Iran à surmonter l’impact de la « position agressive » de Washington.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, pour sa part, dit « soutenir totalement » la décision « courageuse » du président américain. « Israël soutient totalement la décision courageuse prise aujourd’hui par le président Trump de rejeter le désastreux accord nucléaire » avec la République islamique, a dit M. Netanyahu en direct sur la télévision publique dans la foulée de la déclaration de M. Trump.

L’Arabie saoudite a également salué mardi soir la décision de Donald Trump de rétablir les sanctions contre l’Iran et de dénoncer l’accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran, a fait savoir la télévision saoudienne. Les Emirats arabes unis et Bahreïn, alliés de l’Arabie saoudite dans le Golfe, ont emboîté le pas à Riyad en saluant par la voix de leur ministère des Affaires étrangères la décision de M. Trump. Bahreïn accueille la 5e flotte américaine.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni « regrettent » la décision américaine de se retirer de l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015, a, de son côté, réagi Emmanuel Macron sur Twitter, évoquant sa volonté de travailler collectivement à un « cadre plus large » sur ce dossier. « Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu », a estimé le chef de l’Etat français, qui s’était entretenu au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May à 19h30 heure de Paris, peu avant la prise de parole de Donald Trump. « Nous travaillerons collectivement à un cadre plus large, couvrant l’activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak », a-t-il ajouté, toujours sur Twitter.

Un peu plus tard, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déclaré, depuis Rome, que l’UE est « déterminée à préserver » l’accord nucléaire iranien. L’accord de Vienne de 2015 « répond à son objectif qui est de garantir que l’Iran ne développe pas des armes nucléaires, l’Union européenne est déterminée à le préserver », a insisté Mme Mogherini, lors d’une brève déclaration à la représentation de la Commission européenne à Rome, en se disant « particulièrement inquiète » de l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre Téhéran..

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a, quant à lui, appelé les six autres signataires de l’accord sur le nucléaire iranien « à respecter pleinement leurs engagements », après le retrait des Etats-Unis. « Je suis profondément préoccupé par l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord JCPOA (en référence à l’acronyme en anglais ndlr) et de la reprise de sanctions américaines », a aussi souligné le patron des Nations unies dans un communiqué.

Le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin a, de son côté, estimé que « le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire est une décision qui va causer de l’instabilité et de nouveaux conflits ». « La Turquie va continuer de s’opposer avec détermination à tous types d’armes nucléaires », a ajouté le porte-parole de Recep Tayyip Erdogan.

Le ministère russe des Affaires étrangères a, pour sa part, déclaré que la Russie est « profondément déçue » par la décision du président américain.
« Nous sommes extrêmement inquiets que les Etats-Unis agissent contre l’avis de la plupart des Etats (…) en violant grossièrement les normes du droit international », selon le texte.  Selon Moscou, cette décision de Donald Trump « est une nouvelle preuve de l’incapacité de Washington de négocier » et les « griefs américains concernant l’activité nucléaire légitime de l’Iran ne servent qu’à régler les comptes politiques » avec Téhéran.

Quelles répercussions?

A l’exception des Etats-Unis, tous les signataires ont défendu jusqu’au bout ce compromis qu’ils jugent « historique », soulignant que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a régulièrement certifié le respect par Téhéran des termes du texte censé garantir le caractère non militaire de son programme nucléaire. En contrepartie des engagements pris par Téhéran, Washington a suspendu ses sanctions liées au programme nucléaire iranien. Mais la loi américaine impose au président de se prononcer sur le renouvellement de cette suspension tous les 120 ou 180 jours, selon le type de mesures punitives. Certaines suspensions arrivent à échéance samedi, mais le gros d’entre elles restent en théorie en vigueur jusqu’à mi-juillet.

Dès mardi soir, le nouvel ambassadeur américain en Allemagne a écrit, sur Twitter, que les entreprises allemandes devraient immédiatement cesser leurs activités en Iran. Le président américain Donald Trump « a dit que les sanctions allaient viser des secteurs critiques de l’économie de l’Iran. Les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement », a commenté Richard Grenell qui a pris ses fonctions hier.

Airbus a, de son côté, annoncé qu’il allait examiner la décision prise par Donald Trump avant de réagir. « Nous analysons attentivement cette annonce et évaluerons les prochaines étapes en cohérence avec nos politiques internes et dans le respect complet des sanctions et des règles de contrôle des exportations », a dit le responsable de la communication d’Airbus, Rainer Ohler. « Cela prendra du temps », a-t-il ajouté. Un peu plus tard, le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, annonçait que les Etats-Unis allaient retirer à Airbus et à Boeing les autorisations de vendre des avions de ligne à l’Iran.

En janvier, l’ancien magnat de l’immobilier avait lancé un ultimatum aux Européens, leur donnant jusqu’au 12 mai pour « durcir » sur plusieurs points ce texte signé par Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne). En ligne de mire: les inspections de l’AIEA; la levée progressive, à partir de 2025, de certaines restrictions aux activités nucléaires iraniennes, qui en font selon lui une sorte de bombe à retardement; mais aussi le fait qu’il ne s’attaque pas directement au programme de missiles balistiques de Téhéran ni à son rôle jugé « déstabilisateur » dans plusieurs pays du Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Liban…).

L’annonce de mardi va avoir des répercussions encore difficiles à prédire. Les Européens ont fait savoir qu’ils comptent rester dans l’accord quoi qu’il advienne. Mais que vont faire les Iraniens?
Pour l’instant, Téhéran, où cohabitent des ultraconservateurs autour du guide suprême Ali Khamenei et des dirigeants plus modérés autour du président Hassan Rohani, ont soufflé le chaud et le froid.
La République islamique a menacé de quitter à son tour l’accord de 2015, de relancer et accélérer le programme nucléaire, mais a aussi laissé entendre qu’elle pourrait y rester si les Européens pallient l’absence américaine.

Voir de plus:

Accord sur le nucléaire iranien : 10 conséquences de la (folle) décision de Trump

Le monde a basculé le 8 mai 2018, avec la sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Voici ce qui risque de se passer maintenant.

Vincent Jauvert

Le monde a basculé ce 8 mai 2018.

Rien n’y a fait. Ni les câlins d’Emmanuel Macron. Ni les menaces du président iranien. Ni les assurances des patrons de la CIA et de l’AIEA. Donald Trump a tranché : sous le prétexte non prouvé que l’Iran ne le respecte pas, il retire les Etats-Unis de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015. Une folle décision aux conséquences considérables.

  1. Après la dénonciation de celui de Paris sur le climat, voici l’abandon unilatéral d’un autre accord qui a été négocié par les grandes puissances pendant plus de dix ans. L’Amérique devient donc, à l’évidence, un « rogue state » – un Etat voyou qui ne respecte pas ses engagements internationaux et ment une fois encore ouvertement au monde. L’invasion de l’Irak n’était donc pas une exception malheureuse : Washington n’incarne plus l’ordre international mais le désordre.
  2. Si l’on en doutait encore, le monde dit libre n’a plus de leader crédible ni même de grand frère. Ce qui va troubler un peu plus encore les opinions publiques et les classes dirigeantes occidentales.
  3. Puisque l’Iran en est l’un des plus gros producteurs et qu’il va être empêché d’en vendre, le prix du pétrole, déjà à 70 dollars le baril, va probablement exploser, ce qui risque de ralentir voire de stopper la croissance mondiale – et donc celle de la France.
  4. D’ailleurs, de tous les pays occidentaux, la France est celui qui a le plus à perdre d’un retour des sanctions américaines – directes et indirectes. L’Iran a, en effet, passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et a signé un gigantesque contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. Or Trump a choisi la version la plus dure : interdire de nouveau à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. Pour continuer à commercer sur le marché américain, Airbus et Total devront donc renoncer à ces deals juteux.
  5. En Iran, le président « réformateur » Rohani, qui avait défendu bec et ongles l’accord en promettant des retombées économiques mirifiques pour son pays et accepté, par cet accord, que son pays démonte les deux tiers de ses centrifugeuses et se sépare de 98% de son uranium enrichi, est humilié. Tandis que le clan des « durs » pavoise.
  6. L’accord dénoncé, l’Iran va donc probablement relancer au plus vite son programme nucléaire militaire en commençant par réassembler les centrifugeuses et les faire tourner dans un bunker enterré très profondément.
  7. Ce qui devrait être le déclencheur d’une course folle à l’armement atomique dans tout le Moyen-Orient. L’Arabie saoudite, grâce au Pakistan, et la Turquie, grâce à son développement économique, ne voudront pas être dépassées par l’Iran et voudront, donc, devenir elles aussi des puissances nucléaires. Si bien qu’Emmanuel Macron a eu raison d’évoquer « un risque de guerre » (dans le « Spiegel » samedi dernier) si les Etats-Unis se retiraient de l’accord. De fait, le risque est grand que cette dénonciation unilatérale, alliée à un retour en force des « conservateurs » à Téhéran, ne précipite un affrontement militaire de grande envergure entre Israël et l’Iran – affrontement qui a déjà commencé à bas bruit, ces dernières semaines, par les frappes de Tsahal contre des bases du Hezbollah en Syrie.
  8. La milice chiite pro-iranienne qui vient de remporter les élections législatives au Liban pourrait profiter de cette victoire électorale inattendue et du retrait unilatéral américain – gros de menaces militaires – pour attaquer le nord d’Israël.
  9. Et, ainsi soutenu politiquement par le président américain, le gouvernement israélien pourrait décider de frapper ce qui reste des installations nucléaires iraniennes, ainsi qu’il l’avait sérieusement envisagé plusieurs fois avant l’accord de 2015. Autrement dit, la seule question est peut-être désormais de savoir lequel des deux pays, l’Iran ou Israël, va lancer la vaste offensive en premier. A moins que les Etats-Unis ne décident de frapper eux-mêmes « préventivement » la République islamique, avec les conséquences géopolitiques que l’on n’ose imaginer. Vous croyez cela impossible ? N’oubliez pas que Donald Trump vient de se choisir un nouveau conseiller à la sécurité. Il s’agit d’un certain John Bolton, un néoconservateur qui milite depuis le 11-Septembre pour que les Etats-Unis renversent le « régime des mollahs »…
  10. Evidemment, cette décision de Trump éloigne un peu plus encore l’espoir d’un règlement politique du conflit syrien. Et augmente les risques sur le terrain d’affrontements militaires entre milices iraniennes et soldats occidentaux – dont les forces spéciales françaises.

     Voir enfin:

    Remarks by President Trump on the Joint Comprehensive Plan of Action

    My fellow Americans: Today, I want to update the world on our efforts to prevent Iran from acquiring a nuclear weapon.

    The Iranian regime is the leading state sponsor of terror. It exports dangerous missiles, fuels conflicts across the Middle East, and supports terrorist proxies and militias such as Hezbollah, Hamas, the Taliban, and al Qaeda.

    Over the years, Iran and its proxies have bombed American embassies and military installations, murdered hundreds of American servicemembers, and kidnapped, imprisoned, and tortured American citizens. The Iranian regime has funded its long reign of chaos and terror by plundering the wealth of its own people.

    No action taken by the regime has been more dangerous than its pursuit of nuclear weapons and the means of delivering them.

    In 2015, the previous administration joined with other nations in a deal regarding Iran’s nuclear program. This agreement was known as the Joint Comprehensive Plan of Action, or JCPOA.

    In theory, the so-called “Iran deal” was supposed to protect the United States and our allies from the lunacy of an Iranian nuclear bomb, a weapon that will only endanger the survival of the Iranian regime. In fact, the deal allowed Iran to continue enriching uranium and, over time, reach the brink of a nuclear breakout.

    The deal lifted crippling economic sanctions on Iran in exchange for very weak limits on the regime’s nuclear activity, and no limits at all on its other malign behavior, including its sinister activities in Syria, Yemen, and other places all around the world.

    In other words, at the point when the United States had maximum leverage, this disastrous deal gave this regime — and it’s a regime of great terror — many billions of dollars, some of it in actual cash — a great embarrassment to me as a citizen and to all citizens of the United States.

    A constructive deal could easily have been struck at the time, but it wasn’t. At the heart of the Iran deal was a giant fiction that a murderous regime desired only a peaceful nuclear energy program.

    Today, we have definitive proof that this Iranian promise was a lie. Last week, Israel published intelligence documents long concealed by Iran, conclusively showing the Iranian regime and its history of pursuing nuclear weapons.

    The fact is this was a horrible, one-sided deal that should have never, ever been made. It didn’t bring calm, it didn’t bring peace, and it never will.

    In the years since the deal was reached, Iran’s military budget has grown by almost 40 percent, while its economy is doing very badly. After the sanctions were lifted, the dictatorship used its new funds to build nuclear-capable missiles, support terrorism, and cause havoc throughout the Middle East and beyond.

    The agreement was so poorly negotiated that even if Iran fully complies, the regime can still be on the verge of a nuclear breakout in just a short period of time. The deal’s sunset provisions are totally unacceptable. If I allowed this deal to stand, there would soon be a nuclear arms race in the Middle East. Everyone would want their weapons ready by the time Iran had theirs.

    Making matters worse, the deal’s inspection provisions lack adequate mechanisms to prevent, detect, and punish cheating, and don’t even have the unqualified right to inspect many important locations, including military facilities.

    Not only does the deal fail to halt Iran’s nuclear ambitions, but it also fails to address the regime’s development of ballistic missiles that could deliver nuclear warheads.

    Finally, the deal does nothing to constrain Iran’s destabilizing activities, including its support for terrorism. Since the agreement, Iran’s bloody ambitions have grown only more brazen.

    In light of these glaring flaws, I announced last October that the Iran deal must either be renegotiated or terminated.

    Three months later, on January 12th, I repeated these conditions. I made clear that if the deal could not be fixed, the United States would no longer be a party to the agreement.

    Over the past few months, we have engaged extensively with our allies and partners around the world, including France, Germany, and the United Kingdom. We have also consulted with our friends from across the Middle East. We are unified in our understanding of the threat and in our conviction that Iran must never acquire a nuclear weapon.

    After these consultations, it is clear to me that we cannot prevent an Iranian nuclear bomb under the decaying and rotten structure of the current agreement.

    The Iran deal is defective at its core. If we do nothing, we know exactly what will happen. In just a short period of time, the world’s leading state sponsor of terror will be on the cusp of acquiring the world’s most dangerous weapons.

    Therefore, I am announcing today that the United States will withdraw from the Iran nuclear deal.

    In a few moments, I will sign a presidential memorandum to begin reinstating U.S. nuclear sanctions on the Iranian regime. We will be instituting the highest level of economic sanction. Any nation that helps Iran in its quest for nuclear weapons could also be strongly sanctioned by the United States.

    America will not be held hostage to nuclear blackmail. We will not allow American cities to be threatened with destruction. And we will not allow a regime that chants “Death to America” to gain access to the most deadly weapons on Earth.

    Today’s action sends a critical message: The United States no longer makes empty threats. When I make promises, I keep them. In fact, at this very moment, Secretary Pompeo is on his way to North Korea in preparation for my upcoming meeting with Kim Jong-un. Plans are being made. Relationships are building. Hopefully, a deal will happen and, with the help of China, South Korea, and Japan, a future of great prosperity and security can be achieved for everyone.

    As we exit the Iran deal, we will be working with our allies to find a real, comprehensive, and lasting solution to the Iranian nuclear threat. This will include efforts to eliminate the threat of Iran’s ballistic missile program; to stop its terrorist activities worldwide; and to block its menacing activity across the Middle East. In the meantime, powerful sanctions will go into full effect. If the regime continues its nuclear aspirations, it will have bigger problems than it has ever had before.

    Finally, I want to deliver a message to the long-suffering people of Iran: The people of America stand with you. It has now been almost 40 years since this dictatorship seized power and took a proud nation hostage. Most of Iran’s 80 million citizens have sadly never known an Iran that prospered in peace with its neighbors and commanded the admiration of the world.

    But the future of Iran belongs to its people. They are the rightful heirs to a rich culture and an ancient land. And they deserve a nation that does justice to their dreams, honor to their history, and glory to God.

    Iran’s leaders will naturally say that they refuse to negotiate a new deal; they refuse. And that’s fine. I’d probably say the same thing if I was in their position. But the fact is they are going to want to make a new and lasting deal, one that benefits all of Iran and the Iranian people. When they do, I am ready, willing, and able.

    Great things can happen for Iran, and great things can happen for the peace and stability that we all want in the Middle East.

    There has been enough suffering, death, and destruction. Let it end now.

    Thank you. God bless you. Thank you.


Cinéma: Pallywood tous les jours sur un écran chez vous (It’s just standard evacuation practice, stupid ! – complete with shouts of pain and Allahu akbar)

7 avril, 2018

 

Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (préface des « Damnés de la terre » de Franz Fanon, 1961)
L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage. Edwy Plenel (alias Joseph Krasny)
Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël. Edwy Plenel
Pendant 24 mn à peu près on ne voit que de la mise en scène … C’est un envers du décor qu’on ne montre jamais … Mais oui tu sais bien que c’est toujours comme ça ! Entretien Jeambar-Leconte (RCJ)
Au début (…) l’AP accueillait les reporters à bras ouverts. Ils voulaient que nous montrions des enfants de 12 ans se faisant tuer. Mais après le lynchage, quand des agents de l’AP firent leur possible pour détruire et confisquer l’enregistrement de ce macabre événement et que les Forces de Défense Israéliennes utilisèrent les images pour repérer et arrêter les auteurs du crime, les Palestiniens donnèrent libre cours à leur hostilité envers les Etats-Unis en harcelant et en intimidant les correspondants occidentaux. Après Ramallah, où toute bonne volonté prit fin, je suis beaucoup plus prudent dans mes déplacements. Chris Roberts (Sky TV)
La tâche sacrée des journalistes musulmans est, d’une part, de protéger la Umma des “dangers imminents”, et donc, à cette fin, de “censurer tous les matériaux” et, d’autre part, “de combattre le sionisme et sa politique colonialiste de création d’implantations, ainsi que son anéantissement impitoyable du peuple palestinien”. Charte des médias islamiques de grande diffusion (Jakarta, 1980)
Il s’agit de formes d’expression artistique, mais tout cela sert à exprimer la vérité… Nous n’oublions jamais nos principes journalistiques les plus élevés auxquels nous nous sommes engagés, de dire la vérité et rien que la vérité. Haut responsable de la Télévision de l’Autorité palestinienne
Je suis venu au journalisme afin de poursuivre la lutte en faveur de mon peuple. Talal Abu Rahma (lors de la réception d’un prix, au Maroc, en 2001, pour sa vidéo sur al-Dura)
Karsenty est donc si choqué que des images truquées soient utilisées et éditées à Gaza ? Mais cela a lieu partout à la télévision, et aucun journaliste de télévision de terrain, aucun monteur de film, ne seraient choqués. Clément Weill-Raynal (France 3)
Nous avons toujours respecté (et continuerons à respecter) les procédures journalistiques de l’Autorité palestinienne en matière d’exercice de la profession de journaliste en Palestine… Roberto Cristiano (représentant de la “chaîne de télévision officielle RAI, Lettre à l’Autorité palestinienne)
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Dans la guerre moderne, une image vaut mille armes. Bob Simon
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Représentants de France 2 (cités par Enderlin)
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
J’ai travaillé au Liban depuis que tout a commencé, et voir le comportement de beaucoup de photographes libanais travaillant pour les agences de presse m’a un peu troublé. Coupable ou pas, Adnan Hajj a été remarqué pour ses retouches d’images par ordinateur. Mais, pour ma part, j’ai été le témoin de pratique quotidienne de clichés posés, et même d’un cas où un groupe de photographes d’agences orchestraient le dégagement des cadavres, donnant des directives aux secouristes, leur demandant de disposer les corps dans certaines positions, et même de ressortir des corps déjà inhumés pour les photographier dans les bras de personnes alentour. Ces photographes ont fait moisson d’images chocs, sans manipulation informatique, mais au prix de manipulations humaines qui posent en elles-mêmes un problème éthique bien plus grave. Quelle que soit la cause de ces excès, inexpérience, désir de montrer de la façon la plus spectaculaire le drame vécu par votre pays, ou concurrence effrénée, je pense que la faute incombe aux agences de presse elles-mêmes, car ce sont elles qui emploient ces photographes. Il faut mettre en place des règles, faute de quoi toute la profession finira par en pâtir. Je ne dis pas cela contre les photographes locaux, mais après avoir vu ça se répéter sans arrêt depuis un mois, je pense qu’il faut s’attaquer au problème. Quand je m’écarte d’une scène de ce genre, un autre preneur de vue dresse le décor, et tous les autres suivent… Brian X (Journaliste occidental anonyme)
Pour qui nous prenez-vous ? Nous savons qui vous êtes, nous lisons tout ce que vous écrivez et nous savons où vous habitez. Hussein (attaché de presse du Hezbollah au journaliste Michael Totten)
L’attaque a été menée en riposte aux tirs incessants de ces derniers jours sur des localités israéliennes à partir de la zone visée. Les habitants de tous les villages alentour, y compris Cana, ont été avertis de se tenir à l’écart des sites de lancement de roquettes contre Israël. Tsahal est intervenue cette nuit contre des objectifs terroristes dans le village de Cana. Ce village est utilisé depuis le début de ce conflit comme base arrière d’où ont été lancées en direction d’Israël environ 150 roquettes, en 30 salves, dont certaines ont atteint Haïfa et des sites dans le nord, a déclaré aujourd’hui le général de division Gadi Eizenkot, chef des opérations. Tsahal regrette tous les dommages subis par les civils innocents, même s’ils résultent directement de l’utilisation criminelle des civils libanais comme boucliers humains par l’organisation terroriste Hezbollah. (…) Le Hezbollah place les civils libanais comme bouclier entre eux et nous, alors que Tsahal se place comme bouclier entre les habitants d’Israël et les terroristes du Hezbollah. C’est la principale différence entre eux et nous. Rapport de l’Armée israélienne
Après trois semaines de travail intense, avec l’assistance active et la coopération de la communauté Internet, souvent appelée “blogosphère”, nous pensons avoir maintenant assez de preuves pour assurer avec certitude que beaucoup des faits rapportés en images par les médias sont en fait des mises en scène. Nous pensons même pouvoir aller plus loin. À notre avis, l’essentiel de l’activité des secours à Khuraybah [le vrai nom de l’endroit, alors que les médias, en accord avec le Hezbollah, ont utilisé le nom de Cana, pour sa connotation biblique et l’écho du drame de 1996] le 30 juillet a été détourné en exercice de propagande. Le site est devenu en fait un vaste plateau de tournage, où les gestes macabres ont été répétés avec la complaisance des médias, qui ont participé activement et largement utilisé le matériau récolté. La tactique des médias est prévisible et tristement habituelle. Au lieu de discuter le fond de nos arguments, ils se focalisent sur des détails, y relevant des inexactitudes et des fausses pistes, et affirment que ces erreurs vident notre dossier de toute valeur. D’autres nous étiquètent comme de droite, pro-israéliens ou parlent simplement de théories du complot, comme si cela pouvait suffire à éliminer les éléments concrets que nous avons rassemblés. Richard North (EU Referendum)
Lorsque les médias se prêtent au jeu des manipulations plutôt que de les dénoncer, non seulement ils sacrifient les Libanais innocents qui ne veulent pas que cette mafia religieuse prenne le pouvoir et les utilise comme boucliers, mais ils nuisent aussi à la société civile de par le monde. D’un côté ils nous dissimulent les actes et les motivations d’organisations comme le Hamas ou le Hezbollah, ce qui permet aux musulmans ennemis de la démocratie, en Occident, de nous (leurs alliés progressistes présumés) inviter à manifester avec eux sous des banderoles à la gloire du Hezbollah. De l’autre, ils encouragent les haines et les sentiments revanchards qui nourrissent l’appel au Jihad mondial. La température est montée de cinq degrés sur l’échelle du Jihad mondial quand les musulmans du monde entier ont vu avec horreur et indignation le spectacle de ces enfants morts que des médias avides et mal inspirés ont transmis et exploité. Richard Landes
Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande. C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée. C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage. A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises. Eric Mettout (L’Express)
Comment expliquer qu’une légende en anglais qui dit clairement qu’il s’agit d’une mise en scène (la légende, en anglais, de la photo fournie par l’AFP: « LEBANON, AIN EL-HELWEH: Palestinian refugees pose as Israeli soldiers arresting and beating a Palestinian activist during celebrations of Prisoners’ Day at the refugee camp of Ain el-Helweh near the coastal Lebanese city of Sidon on April 17, 2012 in solidarity with the 4,700 Palestinian inmates of Israeli jails. Some 1,200 Palestinian prisoners held in Israeli jails have begun a hunger strike and another 2,300 are refusing food for one day, a spokeswoman for the Israel Prisons Service (IPS) said. »), soit devenue chez vous « Prisonnier palestinien 18/04/2012. Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention », étonnant non ? David Goldstein
Que ce soient des attaques au couteau, des opérations de martyrs (c’est à dire des attentats-suicides à la bombe), des jets de pierres, tout le monde doit agir pour que nous puissions ainsi nous unir et permettre de faire passer notre message comme il convient, et atteindre l’objectif qui est la libération de la Palestine, si Allah le veut. Ahed Tamimi
Nous le soutenons tous et sommes fiers de lui. Ahed Tamimi (parlant du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui partage avec elle l’objectif de détruire Israël)
Le monde doit reconnaître la cause palestinienne. L’occupation n’est pas seulement le vol de terres. Nous nous opposons au racisme, au sionisme, à tout le système d’occupation et pas seulement aux colonies. Ahed Tamimi
Israël est une grande colonie. Bassem Tamimi
On Friday, the Palestinian terror group Hamas, which controls the Gaza Strip, is inaugurating what it is calling “The March of Return.” According to Hamas’s leadership, the “March of Return” is scheduled to run from March 30 – the eve of Passover — through May 15, the 70th anniversary of Israel’s establishment. According to Israeli media reports, Hamas has budgeted $10 million for the operation. Throughout the “March of Return,” Hamas intends to send thousands of civilians to the Israeli border. Hamas is planning to set up tent camps along the border fence and then, presumably, order participants to overrun it on May 15. The Palestinians refer to May 15 as “Nakba,” or Catastrophe Day. (…) what is it trying to accomplish by sending them into harm’s way? Why is the terror group telling Gaza residents to place themselves in front of the border fence and challenge Israeli security forces charged with defending Israel? The answer here is also obvious. Hamas intends to provoke Israel to shoot at the Palestinian civilians it is sending to the border. It is setting its people up to die because it expects their deaths to be captured live by the cameras of the Western media, which will be on hand to watch the spectacle. In other words, Hamas’s strategy of harming Israel by forcing its soldiers to kill Palestinians is predicated on its certainty that the Western media will act as its partner and ensure the success of its lethal propaganda stunt. Given widespread assessments that Iran is keen to start a new round of war between Israel and its terror proxies, Hamas in Gaza and Hezbollah in Lebanon, it is possible that Hamas intends for this lethal propaganda stunt to be the initial stage of a larger war. By this assessment, Hamas is using the border operation to cultivate and escalate Western hostility against Israel ahead of a larger shooting war. (…) The real issue revealed by Hamas’s planned operation — as it was revealed by the Mavi Marmara, as well as by Hamas’s military campaigns against Israel in 2014, 2011 and 2008-09 —  is not how Israel will deal with it. The real issue is that Hamas’s entire strategy is predicated on its faith that the Western media and indeed the Western left will side with it against Israel. Hamas is certain that both the media and leftist activists and politicians in Europe and the U.S. will blame Israel for Palestinian civilian casualties. And as past experience proves, Hamas is right to believe the media and leftist activists will play their assigned role. So long as the media and the left rush to indict Israel for its efforts to defend itself and its citizens against its terrorist foes, who turn the laws of war on their head as a matter of course, these attacks will continue and they will escalate. If this border assault does in fact serve as the opening act in a larger terror war against Israel, then a large portion of the blame for the bloodshed will rest on the shoulders of the Western media for empowering the terrorists of Hamas and Hezbollah to attack Israel. Caroline Glick
Je pense que les Palestiniens et les Israéliens ont droit à leur propre terre. Mais nous devons obtenir un accord de paix pour garantir la stabilité de chacun et entretenir des relations normales. Prince héritier Mohammed ben Salmane
A set of photos, below, has been spreading all over social media in the past week. Sometimes, the photos are reposted individually. However, they all send the same message: Israel is supposedly deceiving the world into thinking their soldiers are getting wounded in Gaza by using special effects makeup. Closer analysis of these photos, however, shows that none of them are recent, most were not even taken in Israel, and all of them are taken out of context. France 24
The video turned out to be from an art workshop which creates this health exercise annually in Gaza. The goal of the workshop is to recreate child injuries sustained in warzones so that doctors can get familiar with them and learn how to care for injured children, the owner of the workshop, Abd al-Baset al-Loulou said. Al Arabya
Dix-huit morts et au moins 1 400 blessés. La « grande marche du retour », appelée vendredi par la société civile palestinienne et encadrée par le Hamas, le long de la barrière frontalière séparant la bande de Gaza et Israël, a dégénéré lorsque l’armée israélienne a tiré à balles réelles sur des manifestants qui s’approchaient du point de passage. (…) Famille, enfants, musique, fête, puis débordements habituels de jeunes lançant des cailloux à l’armée. Lorsque les émeutiers sont arrivés à quelques centaines de mètres de la fameuse grille, les snipers israéliens sont entrés en action. L’un des garçons, « armé » d’un pneu, a été abattu d’une balle dans la nuque alors qu’il s’enfuyait. (…) Ce mouvement, qui exige le « droit au retour » et la fin du blocus de Gaza, doit encore durer six semaines. C’est long. Le gouvernement israélien compte peut-être sur l’usure des protestataires, la fatigue, le renoncement, persuadé que quelques balles en plus pourraient faire la différence. A-t-il la mémoire courte ? Selon la Torah, Moïse avait 80 ans lorsqu’a commencé la traversée du désert. Ces quarante années d’errance douloureuse sont au coeur de tous les Juifs. Espérer qu’après soixante-dix ans d’exil les Palestiniens oublient leur histoire à coups de fusil est aussi absurde que ne pas faire la différence entre une balle de 5,56 et une pierre calcaire … Le Canard enchainé (Balles perdues, 04.04.2018)
Pro-Israel organization StandWithUs has resorted to claiming Palestinians are faking injuries to garner international sympathy and supported their claims by posting videos showing « Palestinians practicing for the cameras. » The Palestinians in the video were actually practicing how to evacuate the wounded during the protest… Telesur
On the living-room wall was a “Free Bassem Tamimi” poster, left over from his last imprisonment for helping to organize the village’s weekly protests against the Israeli occupation, which he has done since 2009. He was gone for 13 months that time, then home for 5 before he was arrested again in October. (…) It took the people of Nabi Saleh more than a year to get themselves organized. In December 2009 they held their first march, protesting not just the loss of the spring but also the entire complex system of control — of permits, checkpoints, walls, prisons — through which Israel maintains its hold on the region. Nabi Saleh quickly became the most spirited of the dozen or so West Bank villages that hold weekly demonstrations against the Israeli occupation. Since the demonstrations began, more than 100 people in the village have been jailed. Nariman told me that by her count, as of February, clashes with the army have caused 432 injuries, more than half to minors. The momentum has been hard to maintain — the weeks go by, and nothing changes for the better — but still, despite the arrests, the injuries and the deaths, every Friday after the midday prayer, the villagers, joined at times by equal numbers of journalists and Israeli and foreign activists, try to march from the center of town to the spring, a distance of perhaps half a mile. And every Friday, Israeli soldiers stop them with some combination of tear gas, rubber-coated bullets, water-cannon blasts of a noxious liquid known as “skunk” and occasionally live fire. (…) In March 2011, Israeli soldiers raided the house to arrest him. Among lesser charges, he had been accused in a military court of “incitement,” organizing “unauthorized processions” and soliciting the village youth to throw stones. (In 2010, 99.74 percent of the Palestinians tried in military courts were convicted.) The terms of Bassem’s release forbade him to take part in demonstrations, which are all effectively illegal under Israeli military law, so on the first Friday after I arrived, just after the midday call to prayer, he walked with me only as far as the square, where about 50 villagers had gathered in the shade of an old mulberry tree. They were joined by a handful of Palestinian activists from Ramallah and East Jerusalem, mainly young women; perhaps a dozen college-age European and American activists; a half-dozen Israelis, also mainly women — young anarchists in black boots and jeans, variously pierced. Together they headed down the road, clapping and chanting in Arabic and English. Bassem’s son Abu Yazan, licking a Popsicle, marched at the back of the crowd. Then there were the journalists, scurrying up hillsides in search of better vantage points. In the early days of the protests, the village teemed with reporters from across the globe, there to document the tiny village’s struggle against the occupation. “Sometimes they come and sometimes they don’t,” Mohammad Tamimi, who is 24 and coordinates the village’s social-media campaign, would tell me later. Events in the Middle East — the revolution in Egypt and civil war in Syria — and the unchanging routine of the weekly marches have made it that much harder to hold the world’s attention. That Friday there was just one Palestinian television crew and a few Israeli and European photographers, the regulars among them in steel helmets. In the protests’ first year, to make sure that the demonstrations — and the fate of Palestinians living under Israeli occupation — didn’t remain hidden behind the walls and fences that surround the West Bank, Mohammad began posting news to a blog and later a Facebook page (now approaching 4,000 followers) under the name Tamimi Press. Soon Tamimi Press morphed into a homegrown media team: Bilal Tamimi shooting video and uploading protest highlights to his YouTube channel; Helme taking photographs; and Mohammad e-mailing news releases to 500-odd reporters and activists. Manal, who is married to Bilal, supplements the effort with a steady outpouring of tweets (@screamingtamimi). News of the protests moves swiftly around the globe, bouncing among blogs on the left and right. Left-leaning papers like Britain’s Guardian and Israel’s Haaretz still cover major events in the village — deaths and funerals, Bassem’s arrests and releases — but a right-wing Israeli news site has for the last year begun to recycle the same headline week after week: “Arabs, Leftists Riot in Nabi Saleh.” Meanwhile, a pilgrimage to Nabi Saleh has achieved a measure of cachet among young European activists, the way a stint with the Zapatistas did in Mexico in the 1990s. For a time, Nariman regularly prepared a vegan feast for the exhausted outsiders who lingered after the protests. (Among the first things she asked me when I arrived was whether I was a vegan. Her face brightened when I said no.) Whatever success they have had in the press, the people of Nabi Saleh are intensely conscious of everything they have not achieved. The occupation, of course, persists. When I arrived in June, the demonstrators had not once made it to the spring. Usually they didn’t get much past the main road, where they would turn and find the soldiers waiting around the bend. That week though, they decided to cut straight down the hillside toward the spring. Bashir led the procession, waving a flag. As usual, Israeli Army jeeps were waiting below the spring. The four soldiers standing outside them looked confused — it seemed they hadn’t expected the protesters to make it so far. The villagers marched past them to the spring, where they surprised three settlers eating lunch in the shade, still wet from a dip in one of the pools. One wore only soggy briefs and a rifle slung over his chest. (…) Bassem is employed by the Palestinian Authority’s Interior Ministry in a department charged with approving entrance visas for Palestinians living abroad. In practice, he said, P.A. officials “have no authority” — the real decisions are made in Israel and passed to the P.A. for rubber-stamping. Among other things, this meant that Bassem rarely had to report to his office in Ramallah, leaving his days free to care for his ailing mother — she died several weeks after I left the village last summer — and strategizing on the phone, meeting international visitors and talking to me over many cups of strong, unsweetened coffee. We would talk in the living room, over the hum of an Al Jazeera newscast. A framed image of Jerusalem’s Al Aqsa Mosque hung above the television (more out of nationalist pride than piety: Bassem’s outlook was thoroughly secular). Though many people in Nabi Saleh have been jailed, only Bassem was declared a “prisoner of conscience” by Amnesty International. Foreign diplomats attended his court hearings in 2011. Bassem’s charisma surely has something to do with the attention. A strange, radiant calm seemed to hover around him. He rarely smiled, and tended to drop weighty pronouncements (“Our destiny is to resist”) in ordinary speech, but I saw his reserve crumble whenever one of his children climbed into his lap. When Israeli forces occupied the West Bank in 1967, Bassem was 10 weeks old. His mother hid with him in a cave until the fighting ended. He remembers playing in the abandoned British police outpost that is now the center of the I.D.F. base next to Halamish, and accompanying the older kids who took their sheep to pasture on the hilltop where the settlement now stands. His mother went to the spring for water every day. The settlers arrived when he was 9. (…) When the first intifada broke out in late 1987, Nabi Saleh was, as it is now, a flash point. The road that passes between the village and the settlement connects the central West Bank to Tel Aviv: a simple barricade could halt the flow of Palestinian laborers into Israel. Bassem was one of the main Fatah youth activists for the region, organizing the strikes, boycotts and demonstrations that characterized that uprising. (Nabi Saleh is solidly loyal to Fatah, the secular nationalist party that rules the West Bank; Hamas, the militant Islamist movement that governs Gaza, has its supporters elsewhere in the West Bank but has never had a foothold in the village.) He would be jailed seven times during the intifada and, he says, was never charged with a crime. Before his most recent arrest, I asked him how much time he had spent in prison. He added up the months: “Around four years.” After one arrest in 1993, Bassem told me, an Israeli interrogator shook him with such force that he fell into a coma for eight days. He has a nickel-size scar on his temple from emergency brain surgery during that time. His sister died while he was in prison. She was struck by a soldier and fell down a flight of courthouse stairs, according to her son Mahmoud, who was with her to attend the trial of his brother. (The I.D.F. did not comment on this allegation.) Bassem nonetheless speaks of those years, as many Palestinians his age do, with something like nostalgia. The first intifada broke out spontaneously — it started in Gaza with a car accident, when an Israeli tank transporter killed four Palestinian laborers. The uprising was, initially, an experience of solidarity on a national scale. Its primary weapons were the sort that transform weakness into strength: the stone, the barricade, the boycott, the strike. The Israeli response to the revolt — in 1988, Defense Minister Yitzhak Rabin reportedly authorized soldiers to break the limbs of unarmed demonstrators — began tilting international public opinion toward the Palestinian cause for the first time in decades. By the uprising’s third year, however, power had shifted to the P.L.O. hierarchy. The first Bush administration pushed Israel to negotiate, leading eventually to the 1993 Oslo Accord, which created the Palestinian Authority as an interim body pending a “final status” agreement.  But little was resolved in Oslo. A second intifada erupted in 2000, at first mostly following the model set by the earlier uprising. Palestinians blocked roads and threw stones. The I.D.F. took over a house in Nabi Saleh. Children tossed snakes, scorpions and what Bassem euphemistically called “wastewater” through the windows. The soldiers withdrew. Then came the heavy wave of suicide bombings, which Bassem termed “the big mistake.” An overwhelming majority of Israeli casualties during the uprising occurred in about 100 suicide attacks, most against civilians. A bombing at one Tel Aviv disco in 2001 killed 21 teenagers. “Politically, we went backward,” Bassem said. Much of the international good will gained over the previous decade was squandered. Taking up arms wasn’t, for Bassem, a moral error so much as a strategic one. He and everyone else I spoke with in the village insisted they had the right to armed resistance; they just don’t think it works. Bassem could reel off a list of Nabi Saleh’s accomplishments. Of some — Nabi Saleh, he said, had more advanced degrees than any village — he was simply proud. Others — one of the first military actions after Oslo, the first woman to participate in a suicide attack — involved more complicated emotions. In 1993, Bassem told me, his cousin Said Tamimi killed a settler near Ramallah. Eight years later, another villager, Ahlam Tamimi escorted a bomber to a Sbarro pizzeria in Jerusalem. Fifteen people were killed, eight of them minors. Ahlam, who now lives in exile in Jordan, and Said, who is in prison in Israel, remain much-loved in Nabi Saleh. Though everyone I spoke with in the village appeared keenly aware of the corrosive effects of violence — “This will kill the children,” Manal said, “to think about hatred and revenge” — they resented being asked to forswear bloodshed when it was so routinely visited upon them. Said, Manal told me, “lost his father, uncle, aunt, sister — they were all killed. How can you blame him?” The losses of the second intifada were enormous. Nearly 5,000 Palestinians and more than 1,000 Israelis died. Israeli assassination campaigns and the I.D.F.’s siege of West Bank cities left the Palestinian leadership decimated and discouraged. By the end of 2005, Yasir Arafat was dead, Israel had pulled its troops and settlers out of Gaza and the Palestinian Authority president, Mahmoud Abbas, had reached a truce with Prime Minister Ariel Sharon. The uprising sputtered out. The economy was ruined, Gaza and the West Bank were more isolated from each other than ever, and Palestinians were divided, defeated and exhausted. But in 2003, while the intifada was still raging, Bassem and others from Nabi Saleh began attending demonstrations in Budrus, 20 minutes away. Budrus was in danger of being cut off from the rest of the West Bank by Israel’s planned separation barrier, the concrete and chain-link divide that snakes along the border and in many places juts deeply into Palestinian territory. Residents began demonstrating. Foreign and Israeli activists joined the protests. Fatah and Hamas loyalists marched side by side. The Israeli Army responded aggressively: at times with tear gas, beatings and arrests; at times with live ammunition. Palestinians elsewhere were fighting with Kalashnikovs, but the people of Budrus decided, said Ayed Morrar, an old friend of Bassem’s who organized the movement there, that unarmed resistance “would stress the occupation more.” The strategy appeared to work. After 55 demonstrations, the Israeli government agreed to shift the route of the barrier to the so-called 1967 green line. The tactic spread to other villages: Biddu, Ni’lin, Al Ma’asara and in 2009, Nabi Saleh. Together they formed what is known as the “popular resistance,” a loosely coordinated effort that has maintained what has arguably been the only form of active and organized resistance to the Israeli presence in the West Bank since the end of the second intifada in 2005. Nabi Saleh, Bassem hoped, could model a form of resistance for the rest of the West Bank. The goal was to demonstrate that it was still possible to struggle and to do so without taking up arms, so that when the spark came, if it came, resistance might spread as it had during the first intifada. “If there is a third intifada,” he said, “we want to be the ones who started it.” (…) Eytan Buchman, a spokesman for the I.D.F., took issue with the idea that the weekly protests were a form of nonviolent resistance. In an e-mail he described the protests as “violent and illegal rioting that take place around Judea and Samaria, and where large rocks, Molotov cocktails, improvised grenades and burning tires are used against security forces. Dubbing these simply demonstrations is an understatement — more than 200 security-force personnel have been injured in recent years at these riots.” (Molotov cocktails are sometimes thrown at protests at the checkpoints of Beitunia and Kalandia but never, Bassem said, in Nabi Saleh.) Buchman said that the I.D.F. “employs an array of tactics as part of an overall strategy intended to curb these riots and the ensuing acts of violence.” He added that “every attempt is made to minimize physical friction and risk of casualties” among both the I.D.F. and the “rioters.” (…) In the 1980s, youth organizers like Bassem focused on volunteer work: helping farmers in the fields, educating their children. They built trust and established the social networks that would later allow the resistance to coordinate its actions without waiting for orders from above. Those networks no longer exist. Instead there’s the Palestinian Authority. Immediately after the first Oslo Accord in 1993, the scholar Edward Said predicted that “the P.L.O. will . . . become Israel’s enforcer.” Oslo gave birth to a phantom state, an extensive but largely impotent administrative apparatus, with Israel remaining in effective control of the Palestine Authority’s finances, its borders, its water resources — of every major and many minor aspects of Palestinian life. More gallingly to many, Oslo, in Said’s words, gave “official Palestinian consent to continued occupation,” creating a local elite whose privilege depends on the perpetuation of the status quo. That elite lives comfortably within the so-called “Ramallah bubble”: the bright and relatively carefree world of cafes, NGO salaries and imported goods that characterize life in the West Bank’s provisional capital. During the day, the clothing shops and fast-food franchises are filled. New high-rises are going up everywhere. “I didn’t lose my sister and my cousin and part of my life,” Bassem said, “for the sons of the ministers” to drive expensive cars. The NYT
A compter de 2009, les villageois ont décidé de s’investir collectivement. Au point qu’une sorte de rituel du vendredi s’est imposé, sous l’attention grandissante des médias. D’abord, une courte marche dans les rues ; les soldats se tiennent à l’entrée du village, à pied ou en véhicule blindé ; ils décident d’interrompre ce rassemblement, tirent des grenades lacrymogènes ou assourdissantes ; des jeunes, le visage masqué, essaient de les viser avec des pierres, provoquant une réponse plus forte, des arrestations, des blessures. Mais la famille Tamimi ne s’est pas contentée de ce rituel local. En utilisant les réseaux sociaux, elle en a fait une sorte de série sans fin. Une page Facebook, une chaîne sur YouTube, des comptes Twitter, des listes d’envoi par courriel : le visage d’Ahed n’est pas devenu viral par magie. La famille Tamimi a appliqué au village les recettes qui ont marché partout dans le monde, hors des cadres partisans traditionnels, des partis ou des syndicats. Les manifestations ont simplement cessé d’être hebdomadaires, car elles banalisaient la mobilisation et la privaient de tout effet de surprise. « On était conscients de l’importance de ces réseaux sociaux pour toucher la jeunesse, pour planter des graines en eux et susciter un questionnement, explique Manal, 43 ans, tante d’Ahed. Les vidéos changent le regard des gens. Ils ont vu grandir Ahed ainsi. » A l’entrée de la maison de Manal, il y a une sorte de galerie des canettes de gaz lacrymogène, récupérées au fil des ans. Sur sa terrasse, de vieux canapés ont été installés. D’ici, on voit la silhouette des soldats se dessiner sur la colline, en début d’après-midi, le vendredi, à l’heure des confrontations. On peut alors prévenir les gamins qui traînent dans la rue. Le Monde
Imposante crinière blonde, regard azur déterminé, mains désarmées: du haut de ses 16 ans, la jeune Ahed Tamimi est devenue le symbole de la révolte palestinienne contre l’occupation en Cisjordanie. Une vidéo où on la voit en train de frapper deux soldats israéliens à l’entrée de sa maison a fait exploser sa notoriété le 15 décembre dernier. Elle l’a aussi envoyée en prison où la jeune femme doit répondre de douze chefs d’inculpation. Courageuse résistante pour les uns, figure instrumentalisée pour les autres: Ahed Tamimi divise au Proche-Orient et au-delà. Originaire du petit village de Nabi Saleh, jouxtant la colonie de Halamish, la jeune fille est issue d’une famille de militants. Son père, Bassem Tamimi, 50 ans, est l’un des leaders du mouvement de contestation non violent qui a vu le jour dans cette bourgade arabe, privée de sa source d’eau depuis 2009. Marches pacifistes, confrontations avec l’armée: la famille multiplie les actions avec la population locale, caméra au poing. Les images sont ensuite diffusées par Tamimi Press International, un blog créé par l’oncle d’Ahed. «La caméra fait partie de notre lutte, elle rétablit la vérité, explique Bassem Tamimi au Monde. La diffusion de nos films sur les réseaux sociaux permet de contrer les médias conventionnels qui fournissent une image biaisée de la situation.» Les premières traces d’Ahed Tamimi remontent à 2010. Alors âgée de 9 ans, la petite fille vêtue d’une robe taillée dans un keffieh tient tête à un soldat armé. Rebelote en 2012, où elle est filmée brandissant un poing menaçant sous le nez de soldats israéliens. Avec ses jeunes frères et cousins, Ahed est systématiquement placée en tête des cortèges. Une présence jugée «cruciale pour les aider à prendre confiance et leur apprendre à faire face aux problèmes», détaille Bassem Tamimi au Figaro. De quoi alimenter les soupçons de manipulation pour les détracteurs. Quoi qu’il en soit, la notoriété de la jeune militante est lancée. En 2012, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan la reçoit pour la féliciter. En mars 2013, le New York Times Magazine consacre sa une au village de Nabi Saleh et immortalise le visage d’Ahed Tamimi au côté de onze autres Palestiniens. Le titre en dit long sur la détermination prêtée aux villageois: «S’il y a une troisième intifada, nous voulons être ceux qui l’ont lancée». Dans la vidéo du 15 décembre visionnée plusieurs milliers de fois, Ahed et sa cousine interpellent et molestent physiquement deux soldats israéliens qui demeurent immobiles. Coups de poing, coups de pied, gifles: les deux jeunes femmes rejointes par d’autres habitants finissent par former une chaîne humaine pour bloquer l’entrée du domicile. La veille, son cousin, Mohammed al-Tamimi, avait été touché à la tête par une balle en caoutchouc. Symbole du courage palestinien et d’une jeunesse qui se révolte sans armes, Ahed Tamimi bénéficie d’un large soutien. Sur Twitter, le hashtag #FreeAhedTamimi est devenu viral. Selon la psychiatre Samah Jabr, interrogée par Le Monde, ce mouvement de solidarité n’est pas dû au hasard. «Si Ahed avait été brune et voilée, elle n’aurait pas reçu la même empathie de la part des médias internationaux. Un tel profil [brune et voilée] est plus facilement associé à l’islamisme et donc au terrorisme. Son attitude aurait alors été aussitôt liée à de la violence plus qu’à de l’héroïsme, comme c’est le cas aujourd’hui.» Du côté israélien en revanche, Ahed Tamimi est vue comme une «provocatrice qui sait médiatiser ses actes», elle-même manipulée par sa famille. Face aux méthodes de la jeune activiste, le quotidien Times of Israel souligne la réaction «professionnelle» des soldats de Tsahal qui restent impassibles, malgré l’humiliation. Le Temps

C’est juste un entrainement à l’évacuation, imbécile !

A l’heure où devant le désintérêt croissant du Monde arabe ….

Le Hamas tente par une ultime mise en scène de faire oublier le fiasco toujours plus criant de leur régime  terroriste …

Et qu’entre deux leçons de théologie, nos belles âmes et médias en mal de contenu nous resservent le scénario réchauffé de la riposte disproportionnée d’Israël …

Alors que l’on redécouvre que nos anciens faussaires – certains ayant toujours pignon sur rue – n’avaient rien à envier à nos actuels Charles Enderlin

Retour via notamment l’une de ses plus célèbres praticiennes, récemment prise en flagrant délit de provocation musclée contre un soldtat israélien et arrêtée, Ahed Tamimi alias « Shirley Temper » …

Sur la florissante industrie de fausses images palestinienne plus connue sous le nom de Pallywood …

Ahed Tamimi, icône ou marionnette de la résistance palestinienne?
Issue d’une famille de militants contre l’occupation, la jeune fille de 16 ans s’est récemment filmée en train de molester des soldats israéliens. Son incarcération fait polémique
Sylvia Revello
Le Temps
3 janvier 2018

Imposante crinière blonde, regard azur déterminé, mains désarmées: du haut de ses 16 ans, la jeune Ahed Tamimi est devenue le symbole de la révolte palestinienne contre l’occupation en Cisjordanie. Une vidéo où on la voit en train de frapper deux soldats israéliens à l’entrée de sa maison a fait exploser sa notoriété le 15 décembre dernier. Elle l’a aussi envoyée en prison où la jeune femme doit répondre de douze chefs d’inculpation. Courageuse résistante pour les uns, figure instrumentalisée pour les autres: Ahed Tamimi divise au Proche-Orient et au-delà.

Originaire du petit village de Nabi Saleh, jouxtant la colonie de Halamish, la jeune fille est issue d’une famille de militants. Son père, Bassem Tamimi, 50 ans, est l’un des leaders du mouvement de contestation non violent qui a vu le jour dans cette bourgade arabe, privée de sa source d’eau depuis 2009. Marches pacifistes, confrontations avec l’armée: la famille multiplie les actions avec la population locale, caméra au poing. Les images sont ensuite diffusées par Tamimi Press International, un blog créé par l’oncle d’Ahed. «La caméra fait partie de notre lutte, elle rétablit la vérité, explique Bassem Tamimi au Monde. La diffusion de nos films sur les réseaux sociaux permet de contrer les médias conventionnels qui fournissent une image biaisée de la situation.»

Jeunes en tête de cortège

Les premières traces d’Ahed Tamimi remontent à 2010. Alors âgée de 9 ans, la petite fille vêtue d’une robe taillée dans un keffieh tient tête à un soldat armé. Rebelote en 2012, où elle est filmée brandissant un poing menaçant sous le nez de soldats israéliens.

Avec ses jeunes frères et cousins, Ahed est systématiquement placée en tête des cortèges. Une présence jugée «cruciale pour les aider à prendre confiance et leur apprendre à faire face aux problèmes», détaille Bassem Tamimi au Figaro. De quoi alimenter les soupçons de manipulation pour les détracteurs.

Rencontre avec Recep Tayyip Erdogan

Quoi qu’il en soit, la notoriété de la jeune militante est lancée. En 2012, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan la reçoit pour la féliciter. En mars 2013, le New York Times Magazine consacre sa une au village de Nabi Saleh et immortalise le visage d’Ahed Tamimi au côté de onze autres Palestiniens. Le titre en dit long sur la détermination prêtée aux villageois: «S’il y a une troisième intifada, nous voulons être ceux qui l’ont lancée».

#FreeAhedTamimi

Dans la vidéo du 15 décembre visionnée plusieurs milliers de fois, Ahed et sa cousine interpellent et molestent physiquement deux soldats israéliens qui demeurent immobiles. Coups de poing, coups de pied, gifles: les deux jeunes femmes rejointes par d’autres habitants finissent par former une chaîne humaine pour bloquer l’entrée du domicile. La veille, son cousin, Mohammed al-Tamimi, avait été touché à la tête par une balle en caoutchouc. Symbole du courage palestinien et d’une jeunesse qui se révolte sans armes, Ahed Tamimi bénéficie d’un large soutien. Sur Twitter, le hashtag #FreeAhedTamimi est devenu viral.

Apparence et empathie

Selon la psychiatre Samah Jabr, interrogée par Le Monde, ce mouvement de solidarité n’est pas dû au hasard. «Si Ahed avait été brune et voilée, elle n’aurait pas reçu la même empathie de la part des médias internationaux. Un tel profil [brune et voilée] est plus facilement associé à l’islamisme et donc au terrorisme. Son attitude aurait alors été aussitôt liée à de la violence plus qu’à de l’héroïsme, comme c’est le cas aujourd’hui.»

«Provocatrice qui médiatise ses actes»

Du côté israélien en revanche, Ahed Tamimi est vue comme une «provocatrice qui sait médiatiser ses actes», elle-même manipulée par sa famille. Face aux méthodes de la jeune activiste, le quotidien Times of Israel souligne la réaction «professionnelle» des soldats de Tsahal qui restent impassibles, malgré l’humiliation.

Voir aussi:

Ahed Tamimi, le nouveau visage de la révolte palestinienne

Julien Licourt

Le Figaro

PORTRAIT – Deux yeux bleus sous un amas de cheveux blonds et bouclés. En quelques années, la jeune fille est devenue un symbole. Âgée de 16 ans, elle jugée aujourd’hui pour avoir frappé des soldats israéliens. Elle risque 7 ans de prison.

Elle rêvait de devenir footballeuse au FC Barcelone. Le sport n’aura pas fait d’elle une icône, l’activisme politique, oui. Ahed Tamimi, 16 ans seulement, est devenue en quelques années, et autant d’images choc, le nouveau visage de la révolte palestinienne face à l’occupation israélienne de la Cisjordanie. La jeune femme, placée en détention fin décembre suite à la diffusion d’une vidéo, devenue virale, où on la voit frapper deux soldats israéliens, est jugée aujourd’hui par un tribunal militaire. Mardi, à l’ouverture de l’audience, la juge a demandé aux journalistes et aux diplomates présents de sortir, autorisant seulement la famille à rester. Retour sur le parcours éclair d’une militante tombée dans l’activisme dès son plus jeune âge.

L’histoire d’Ahed Tamimi est intrinsèquement liée à Nabi Saleh, petit village de Cisjordanie, situé entre Tel Aviv et Jérusalem. Cette bourgade arabe de quelques centaines d’habitants fait face à la colonie israélienne de Halamish, qui s’est appropriée des terres et une source d’eau appartenant au village. Un acte qui révolte les habitants de Nabi Saleh. Dès 2009, une marche hebdomadaire de protestation est organisée et tourne régulièrement à la confrontation avec les forces israéliennes. La famille Tamimi est en pointe de la contestation.

Ahed Tamimi, ici en 2010. Elle est âgée de seulement 9 ans.
Ahed Tamimi, ici en 2010. Elle est âgée de seulement 9 ans. – Crédits photo : ABBAS MOMANI/AFP

Arrêté de nombreuses fois, le père d’Ahed, Bassem Tamimi, 50 ans, en est un des leaders. Bassem rêve de créer «un modèle de résistance civile, qui prouverait que nous ne sommes pas des terroristes et que nous sommes les propriétaires de ces terres, explique-t-il au journal israélien Haaretz, en 2010. Nous voulons envoyer aux Palestiniens et Israéliens le message qu’il existe cet autre modèle de résistance, non-violent.» En 2012, son activisme le conduit une nouvelle fois en prison, Amnesty international mènera une campagne pour faire libérer celui que l’ONG qualifie de «prisonnier de conscience».

L’arme, c’est l’image

Lors des manifestations de Nabi Saleh, les pierres volent. Mais ce ne sont pas les projectiles principaux. La véritable arme ici, c’est l’image. L’oncle d’Ahed, Bilal Tamimi a lancé son «agence de presse citoyenne», «Tamimi press international». En réalité un blog diffusant quelques nouvelles de la lutte locale. La mère d’Ahed, Nariman Tamimi, tout aussi engagée que son mari, se retrouve souvent derrière la caméra, à filmer les confrontations.

Ahed Tamimi, en 2012. C'est l'image qui la fait connaître à l'international.
Ahed Tamimi, en 2012. C’est l’image qui la fait connaître à l’international. – Crédits photo : ABBAS MOMANI/AFP

Et pour parvenir à ses fins, la famille Tamimi ne craint pas non plus de mettre en avant ses enfants. Bassem Tamimi estime même que leur présence est «cruciale pour les aider à prendre confiance et leur apprendre à faire face aux problèmes». C’est ainsi qu’en 2010, Ahed Tamimi se retrouve sur la première photo diffusée à l’international par l’Agence France presse (voir ci-dessus). Âgée de 9 ans, la petite fille est alors vêtue d’une robe taillée dans un keffieh palestinien. Devant elle s’avance un soldat israélien, dont le fusil d’assaut semble presque aussi grand qu’elle.

Deux ans plus tard sera prise la photo qui fera d’elle une icône. La fillette a un peu grandi. Elle est cette fois vêtue d’un débardeur où l’on voit distinctement le mot Love (amour) et le symbole de la paix popularisé par les hippies. Ahed Tamimi, poursuit des militaires, lève un poing menaçant, bien que totalement dérisoire face aux grands soldats qui l’entourent et que cette rébellion infantile fait sourire. «Je suis plus forte que n’importe lequel de tes soldats», hurle-t-elle. Un reportage de France 2 montre qu’Ahed sait déjà comment jouer avec les caméras. De quoi s’attirer les premières critiques de manipulation.

«L’image est la seule arme dont ils disposent, explique au Figaro Bertrand Heilbronn, le président de l’association France Palestine solidarité, qui a pu rencontrer plusieurs fois certains membres de la famille. Bien sûr, ils cherchent à se faire photographier. Mais c’est également la seule façon qu’ils ont de se protéger face à des soldats. Cela fait partie de la lutte non-violente.»

Le New York Times magazine du 17 mars 2013. Ahed Tamimi est située en bas, la deuxième en partant de la droite.
Le New York Times magazine du 17 mars 2013. Ahed Tamimi est située en bas, la deuxième en partant de la droite. – Crédits photo : Capture d’écran.

Notoriété internationale

Qu’importe, sa notoriété est faite. Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, l’invite pour la féliciter. Un honneur dont l’adolescente n’a que faire. «N’importe quel Palestinien vaut deux Erdogan, car on se bat pour notre terre», dira-t-elle en retour. Le New York Times magazine consacre sa une de mars 2013 à Nabi Saleh, avec pour titre «S’il y a une troisième intifada, nous voulons être ceux qui l’ont lancée.» Ahed Tamimi est l’un des douze portraits mis en valeur par la publication américaine.

En 2015, une nouvelle image fait le tour du monde. On y voit un soldat israélien plaquer au sol un jeune enfant, le frère d’Ahed, le bras dans le plâtre, mais accusé d’avoir lancé des pierres sur les militaires. Un groupe de femmes l’agrippent, dont Ahed Tamimi, qui mord la main de l’homme.

Ahed Tamimi tente de faire lâcher prise en mordant le soldat israélien qui tente d'arrêter son petit frère.
Ahed Tamimi tente de faire lâcher prise en mordant le soldat israélien qui tente d’arrêter son petit frère. – Crédits photo : ABBAS MOMANI/AFP

À l’été 2017, Ahed Tamimi réapparait en Afrique du Sud. À 16 ans, elle est maintenant une jeune fille à la grande chevelure blonde et bouclée. Elle porte toujours le keffieh palestinien. La visite est hautement symbolique: accompagnés de deux autres jeunes activistes, elle dépose une gerbe de fleurs au mémorial de Hector Pieterson, jeune Sud-Africain tué lors d’une manifestation de la population noire à Soweto dans les années 1960. Elle expliquait alors lors d’une rencontre avec les habitants qu’elle ne voulait pas être soutenue «à cause de quelques larmes photogéniques, mais parce que nous avons fait le choix d’une juste lutte. C’est la seule façon d’arrêter de pleurer un jour.»

La jeune fille est de toutes les luttes. Aussi, lorsque le président américain Donald Trump décide de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem, elle se joint aux manifestations de Palestiniens. Avec sa cousine Nour, elles s’en prennent à deux soldats israéliens, comme elles l’ont fait si souvent. Elles les frappent, les giflent. Les deux hommes restent impassibles.

Relayée par les médias, la vidéo est vue des millions de fois. Sauf que l’image d’Ahed Tamimi n’est pas du tout la même, côté israélien. On n’y voit pas la résistante, mais une «provocatrice qui sait médiatiser ses actes», selon certains journaux, qui soulignent l’humiliation dont sont victimes les soldats de Tsahal et, à travers eux, de tout le pays. Dans la nuit du 18 au 19 décembre, l’adolescente est arrêtée. Les images de la jeune femme sont à nouveau publiées dans tous les médias.

Ahed Tamimi, lors de sa comparution devant le tribunal militaire, le 1er janvier.
Ahed Tamimi, lors de sa comparution devant le tribunal militaire, le 1er janvier. – Crédits photo : AMMAR AWAD/REUTERS

Le 1er janvier, le tribunal décide de retenir 12 chefs d’inculpation contre elle, portant notamment sur 5 autres faits de l’année précédente (agression des forces de sécurité, lancé de pierres ou encore pour avoir participé à des émeutes). La jeune femme risque 7 ans de prison.

Voir aussi:

L’adolescente palestinienne Ahed Tamimi plaide coupable devant la justice militaire israélienne

L’adolescente, devenue un symbole de la lutte contre l’occupation pour une vidéo la montrant giflant un soldat en Cisjordanie, a été condamnée à huit mois de prison.

Piotr Smolar (Nabi Saleh, Cisjordanie, envoyé spécial)

Le Monde

Ahed Tamimi sortira de prison d’ici à l’été. La jeune Palestinienne, arrêtée pour avoir giflé et bousculé un soldat israélien dans son village de Nabi Saleh, en Cisjordanie, a accepté de plaider coupable, mercredi 21 mars. Détenue depuis décembre 2017, elle a été condamnée à huit mois de prison. Le parquet militaire a abandonné huit des douze charges retenues à l’origine contre cette adolescente, devenue une figure iconique sur les réseaux sociaux, dans les territoires occupés et à l’étranger.

Ahed Tamimi, 17 ans, a fait comme les centaines d’autres mineurs palestiniens arrêtés chaque année : elle a plaidé coupable car elle ne pouvait se défendre conformément aux normes du droit.

En 2013, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) parlait de mauvais traitements « institutionnalisés » sur les mineurs par la justice militaire israélienne. Dans un rapport publié le 20 mars, l’ONG israélienne B’Tselem s’est également penchée sur ce système. Elle souligne la continuité des abus depuis que cette justice des mineurs est apparue en 2009 : arrestations de nuit, isolement, menaces, abus verbaux et parfois physiques…

Selon le rapport, dans « l’écrasante majorité des cas », le tribunal pour mineurs se contente d’entériner la pratique du « plaider coupable ». Une issue acceptée par le clan Tamimi, dès lors que le tribunal avait refusé la publicité des débats. « Cela signifiait qu’il n’y aurait aucun procès équitable, devant témoins, explique Me Gaby Lasky, l’avocate d’Ahed. C’était une façon de la faire taire. » Mais faire taire les Tamimi n’est pas une affaire aisée.

Débat national

L’obstination est le trait de caractère partagé dans le clan, contaminant l’ensemble du village de Nabi Saleh. Depuis tant d’années, la cuisine familiale est le quartier général de la lutte locale. Là où les résidents affluent, où les militants passent, où les journalistes se succèdent, posant la même question : « Pourquoi ici ? » Qu’est-ce qui rend cette commune spéciale, sur la carte des mobilisations palestiniennes ?

Cette interrogation a redoublé de vigueur, le 15 décembre 2017, lorsque Ahed Tamimi a pris à partie un soldat israélien qui s’était présenté, une millième fois, devant la maison familiale. Peu avant, son cousin Mohammed avait eu la boîte crânienne fracassée par une balle en caoutchouc. Il est à présent défiguré. Ahed s’est avancée avec sa cousine. Sa mère Nariman filmait, ce qui lui vaudra la même peine de prison que l’adolescente. Les deux Israéliens en uniforme ont fait preuve de retenue : il s’agissait là d’un épisode banal dans le quotidien de l’occupation. Mais la diffusion virale de la vidéo va changer la donne.

Un débat national s’installe sur la fermeté à adopter en pareilles circonstances. « La société israélienne est malade, affirme Bassem Tamimi. Ils ne supportent pas que leurs soldats soient stoppés. Ils voulaient punir Ahed. » Quatre jours après les faits, elle est placée en détention, comme plus de 300 autres mineurs palestiniens actuellement. La différence est que son procès a éveillé une attention sans égal. Selon un sondage publié le 20 mars par le Palestinian Center for Policy and Survey (PSR), 92 % des personnes interrogées disent connaître l’adolescente. Parmi eux, 64 % l’érigent en modèle.

Résistance

Il faut oublier les boucles d’or d’Ahed, expliquant en partie l’empathie qu’elle suscite à l’étranger. Elle est photogénique, certes, mais surtout elle vient de loin, sans légèreté. « Ahed n’a pas eu d’enfance, murmure son père. Ce n’est pas à elle et à sa génération de gifler ce soldat. Je me sens coupable, mais j’espère qu’ils réussiront. Ahed n’a pas giflé un individu mais un uniforme. Je hais ce régime, ce système, la colonisation. »

Bassem Tamimi est un vétéran de la lutte contre l’occupation, qui a intégré l’échec des négociations de paix dans la foulée des accords d’Oslo (1993). Longtemps favorable à la solution à deux Etats, il a changé d’avis pendant la seconde Intifada.

« Les Israéliens gagnent du temps. Leur plan, c’est le grand Israël, de la mer au Jourdain. »

Les dirigeants palestiniens sont à ses yeux déconsidérés. Pourtant, il a accepté d’être reçu par le président Mahmoud Abbas, le 5 février. « On a besoin de tout le monde », lâche-t-il.

Bassem Tamimi a passé une semaine dans le coma en 1993 après avoir été frappé lors d’un interrogatoire. Sa sœur a été tuée, d’autres membres du clan aussi. Emprisonné à neuf reprises, pour une période totale d’environ quatre ans, le père d’Ahed a confronté ses vues à celles d’autres prisonniers. La lutte armée lui paraissait être une voie sans issue.

Il décida alors de transformer Nabi Saleh en laboratoire de la résistance populaire. Consécration en 2013 : le village fait la « une » du New York Times Magazine. Autant dire que Nabi Saleh exaspère les Israéliens. En 2016, une sous-commission à la Knesset (Parlement) a même demandé des vérifications confidentielles, pour établir si les Tamimi constituaient une vraie famille.

Nabi Saleh est situé à environ vingt kilomètres au nord-ouest de Ramallah. Tout le monde se connaît parmi les 600 habitants. On y dit qu’ils sont déjà 260 à être allés en prison, dont 44 mineurs. On partage les deuils et les mariages, les colères et les joies.

Le village dispose d’une source d’eau naturelle qui fait l’objet d’un conflit intense avec les habitants de Halamish, la colonie israélienne qui occupe un flanc de colline en face. Les colons, installés ici depuis 1977, ont rogné les terres privées palestiniennes, au fil des ans, sous la protection de l’armée.

Viral

A compter de 2009, les villageois ont décidé de s’investir collectivement. Au point qu’une sorte de rituel du vendredi s’est imposé, sous l’attention grandissante des médias. D’abord, une courte marche dans les rues ; les soldats se tiennent à l’entrée du village, à pied ou en véhicule blindé ; ils décident d’interrompre ce rassemblement, tirent des grenades lacrymogènes ou assourdissantes ; des jeunes, le visage masqué, essaient de les viser avec des pierres, provoquant une réponse plus forte, des arrestations, des blessures.

Mais la famille Tamimi ne s’est pas contentée de ce rituel local. En utilisant les réseaux sociaux, elle en a fait une sorte de série sans fin. Une page Facebook, une chaîne sur YouTube, des comptes Twitter, des listes d’envoi par courriel : le visage d’Ahed n’est pas devenu viral par magie.

La famille Tamimi a appliqué au village les recettes qui ont marché partout dans le monde, hors des cadres partisans traditionnels, des partis ou des syndicats. Les manifestations ont simplement cessé d’être hebdomadaires, car elles banalisaient la mobilisation et la privaient de tout effet de surprise.

« On était conscients de l’importance de ces réseaux sociaux pour toucher la jeunesse, pour planter des graines en eux et susciter un questionnement, explique Manal, 43 ans, tante d’Ahed. Les vidéos changent le regard des gens. Ils ont vu grandir Ahed ainsi. »

A l’entrée de la maison de Manal, il y a une sorte de galerie des canettes de gaz lacrymogène, récupérées au fil des ans. Sur sa terrasse, de vieux canapés ont été installés. D’ici, on voit la silhouette des soldats se dessiner sur la colline, en début d’après-midi, le vendredi, à l’heure des confrontations. On peut alors prévenir les gamins qui traînent dans la rue.

Voir également:

Particularly violent pictures from a West Bank rally, featuring a young girl biting an IDF soldier, have received international attention.

Distinctively violent images have emerged from an almost typical protest in the West Bank on Friday and have made their way to major media networks around the world.The pictures, taken during a protest in the village of Nebi Salah, show a young girl and two other women struggling with an IDF soldier, who is holding a Palestinian boy by his arm, preventing the boy from moving.

Video purporting to show the violent incident

The IDF said in response that the boy was throwing stones, and as such a decision was made to arrest him.

The Daily Mail featured the image and wrote, « With terror etched on his face, the boy is powerless to move as the gunman towers over him, with the muzzle of his weapon just inches from his cheek. »

Photo: AFP

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Photo:Reuters

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Photo:Reuters

Photo:Reuters

Photo:Reuters

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The British daily further added, « But as he pins the boy to a rock, the soldier suddenly finds himself ambushed by a young girl who forces the weapon from his grasp and bites his hand. Meanwhile, two women claw at his balaclava-clad face and drag him off the youngster. Eventually, the gunman flees the scene, leaving the young girl to cradle the terrified boy in her arms. »

Photo:Reuters

Photo:Reuters

Photo:AFP

Photo:AFP

The Daily Mail mentioned that the circumstances of the incident were unclear, and they were unaware of what caused the soldier to « take such drastic actions. »

However, they do mention that these protests often involve Palestinian youths and children throwing stones at security forces.

The IDF spokesperson has confirmed that the events occurred during a violent protest in which Palestinians threw stones at an IDF force that was set up in the area.

Photo:Reuters

Photo:Reuters

« The youth in the picture was seen throwing rocks, and as such a decision was made to arrest him. During the arrest, a violent provocation began which included a number of Palestinian women and children. As a result of the violent clash, a decision was made by the regional commander to cease the arrest, » the IDF said in a statement.

Army officials added that: « Two additional Palestinian youths were arrested for throwing stones during the violent clashes. The soldier pictured was lightly wounded as a result of the violent actions against him. »

Palestinians also threw stones at an IDF bulldozer during clashes on Friday in the village of Kadum, near Nablus.

The protests occurred a mere day after the outgoing EU envoy to the Palestinian Territories announced that 28 EU member states were advancing measures against the settlements. According to the envoy, John Gatt-Rutter, « there is support within the union to go on with the measures ». Rutter added that, « There are more tools » which the Union could use against the settlements. »

Voir de même:

Israellycool And Readers Get Shirley Temper’s Name Splashed Across Daily Mail (Updated)


Ostensibly, it looks like every Israel hater’s wet dream: images of an armed IDF soldier trying to detain a young boy wearing a sling, while having women and children trying to stop him, armed with nothing but their hands.

Of course, there was context.

“The youth in the picture was seen throwing rocks, and as such a decision was made to arrest him. During the arrest, a violent provocation began which included a number of Palestinian women and children. As a result of the violent clash, a decision was made by the regional commander to cease the arrest,” the IDF said in a statement.

Army officials added that: “Two additional Palestinian youths were arrested for throwing stones during the violent clashes. The soldier pictured was lightly wounded as a result of the violent actions against him.”

But the initial Daily Mail report very much reflected the “simple” narrative

And then something amazing happened.

Israellycool readers recognized the biting girl as the Pallywood star “Shirley Temper”, whose exploits I have documented comprehensively on this blog. Exploits which involve deliberately trying to provoke IDF soldiers under the watchful and encouraging eye of her parents, in order to produce great images for propaganda.

And they might have gotten away with it too, had it not been for those meddling yids!

Readers inundated the Daily Mail with links to this blog showing what Shirley Temper and her family have been up to. And Brian of London also contacted an editor over at the paper.

And the Daily Mail responded – by changing the tone of the story entirely, providing context to it and revealing Shirley Temper’s history.

Questions raised over shocking West Bank image of boy with a broken arm being held at gunpoint by an Israeli soldier after girl, 13, seen biting attacker is revealed as prolific ‘Pallywood star’

Questions have been raised over the authenticity of shocking images of a boy with a broken arm being held at gunpoint by an Israeli soldier after a 13-year-old girl seen biting his attacker is said to be a prolific ‘Pallywood star’.

The remarkable images which surfaced online on Friday appeared to show an IDF soldier armed with a machine gun grappling with the little boy as two women make desperate attempts to pull him off following protests in the West Bank.

A young girl is seen ambushing the balaclava-clad soldier by forcing the weapon from his hands and biting him before he flees the scene.

But it is thought the young girl in the photographs is Ahed Tamimi, whose parents Bassem and Nariman – also pictured – are well-known Palestinian activists in their village of Nabi Saleh.

The teenager has appeared in a string of similar videos where she challenges Israeli security forces and rose to prominence after she was filmed confronting one who arrested her brother, which resulted in her being presented with a bravery award.

She was handed the ‘Handala Award for Courage’ by the president of Turkey, Recep Tayyip Erdo?an, in Istanbul, where she reportedly expressed she would like to live.

Online blogs have dubbed her ‘Shirley Temper’ and accused her of being a ‘Pallywood’ star – a term coined by author Richard Landes, describing the alleged media manipulation by Palestinians to win public relations war against Israel.

Her father, Bassem al-Tamimi, was convicted by an Israeli military court in 2011 for ‘sending people to throw stones, and holding a march without a permit’ – a charge his lawyers deny.

He has been jailed eight times, while his wife has been detained five times. Other family members, including their son Waed, has also been arrested.

Bassem organises weekly protests and it was reportedly at one of these demonstrations that the shocking images are said to have been taken.

An Israeli army spokesman said that Palestinians had been throwing stones at an IDF force which was set up in the area.

An image has emerged on the internet of a boy, said to be the youth that was held at gunpoint, throwing rocks with one arm, while his other remained in plaster and in a sling.

The spokesman added that a decision was made to arrest the boy and it was during the detention that a ‘violent provocation’ began, including a number of Palestinian women and children.

He told Haaretz that there was ‘a violent disturbance of the peace in Nabi Saleh, in which Palestinians threw stones at IDF forces that were in the place.

‘The youth who was photographed was identified by the lookout force as a stone-thrower, and because of this it was decided to detain him.

At the time of the arrest, a violent provocation by a number of Palestinians developed, including women and children. In light of the violent altercation, the commander decided to not to go ahead with the detention.’

He added: ‘Two additional Palestinian youths were arrested for throwing stones during the violent clashes. The soldier pictured was lightly wounded as a result of the violent actions against him.’

Notice the oblique reference to Israellycool as “online blogs” (for the record, I invented the label Shirley Temper).

But I’ll take this as a win. Allowed to go unchecked, this would have been an unmitigated PR disaster for Israel. As it is, I am sure some damage has been done, but not as much as would have been the case had the Daily Mail not been alerted to the Tamimi family’s background in Pallywood productions. Now, Daily Mail readers will see the images, read the article, and might ask “What kind of parents would allow their child – already in a sling – to be placed in harm’s way?”

So thank you dear readers. We really can make a difference.

Update: Ahed Tamimi, Shirley Temper herself, shared on her Facebook page a link to the original Daily Mail story.

She’s in for a rude shock when she discovers it now points to the updated version, which exposes her family’s antics to a larger audience.

Update: It looks like The Telegraph had covered the confrontation, but has now pulled the story.

Update: This photo confirms the IDF account – Shirley Temper’s brother was throwing rocks before his Oscar-winning performance (hat tip: Johnny and other readers).

Update (Brian): The photo of the brother throwing rocks may have been doctored. We have taken it down pending more investigation.

Voir de plus:

Questions raised over shocking West Bank image of boy with a broken arm being held at gunpoint by an Israeli soldier after girl, 13, seen biting attacker is revealed as prolific ‘Pallywood star’

  • Israeli soldier was pictured pinning boy to the floor with machine gun held up near his cheek in the West Bank
  • But the gunman is ambushed by young girl who forces weapon from his hand and two women who claw at his face 
  • Girl in pictures is believed to be Ahed Tamimi, whose parents Bassem and Nariman are Palestinian activists
  • She has appeared in a string of similar videos where she confronts Israeli soldiers and once won a bravery award 
  • Clash happened during demonstrations against Palestinian land confiscation to expand nearby Jewish settlement 

The Daily Mail

Questions have been raised over the authenticity of shocking images of a boy with a broken arm being held at gunpoint by an Israeli soldier after a 13-year-old girl seen biting his attacker is said to be a prolific ‘Pallywood star’.

The remarkable images which surfaced online on Friday appeared to show an IDF soldier armed with a machine gun grappling with the little boy as two women make desperate attempts to pull him off following protests in the West Bank.

A young girl is seen ambushing the balaclava-clad soldier by forcing the weapon from his hands and biting him before he flees the scene.

Scroll down for video 

This shocking image which appears to show Palestinians fighting to free a little boy held by an Israeli soldier appeared online on Friday

This shocking image which appears to show Palestinians fighting to free a little boy held by an Israeli soldier appeared online on Friday

But it is thought the young girl in the photographs is Ahed Tamimi, whose parents Bassem and Nariman – also pictured – are well-known Palestinian activists in their village of Nabi Saleh.

The teenager has appeared in a string of similar videos where she challenges Israeli security forces and rose to prominence after she was filmed confronting one who arrested her brother, which resulted in her being presented with a bravery award.

She was handed the ‘Handala Award for Courage’ by the president of Turkey, Recep Tayyip Erdoğan, in Istanbul, where she reportedly expressed she would like to live.

Online blogs have dubbed her ‘Shirley Temper’ and accused her of being a ‘Pallywood’ star – a term coined by author Richard Landes, describing the alleged media manipulation by Palestinians to win public relations war against Israel.

The Israeli soldier is said to have put the young boy in a headlock at gunpoint following a march against Palestinian land confiscation to expand the Jewish Hallamish settlement in the West Bank village of Nabi Saleh

The Israeli soldier is said to have put the young boy in a headlock at gunpoint following a march against Palestinian land confiscation to expand the Jewish Hallamish settlement in the West Bank village of Nabi Saleh

According to an Israeli army spokesperson, the boy in the pictures was accused of throwing stones at IDF soldiers and was arrested

According to an Israeli army spokesperson, the boy in the pictures was accused of throwing stones at IDF soldiers and was arrested

It was then that the soldier was ambushed by a girl, who forces the weapon from his grasp, while two other women desperately fight to free the little boy

It was then that the soldier was ambushed by a girl, who forces the weapon from his grasp, while two other women desperately fight to free the little boy

Her father, Bassem al-Tamimi, was convicted by an Israeli military court in 2011 for ‘sending people to throw stones, and holding a march without a permit’ – a charge his lawyers deny.

He has been jailed eight times, while his wife has been detained five times. Other family members, including their son Waed, has also been arrested.

Bassem organises weekly protests and it was reportedly at one of these demonstrations that the shocking images are said to have been taken.

An Israeli army spokesman said that Palestinians had been throwing stones at an IDF force which was set up in the area.

An image has emerged on the internet of a boy, said to be the youth that was held at gunpoint, throwing rocks with one arm, while his other remained in plaster and in a sling.

The spokesman added that a decision was made to arrest the boy and it was during the detention that a ‘violent provocation’ began, including a number of Palestinian women and children.

He told Haaretz that there was ‘a violent disturbance of the peace in Nabi Saleh, in which Palestinians threw stones at IDF forces that were in the place.

It has emerged that the girl in the pictures (far left) is believed to be Ahed Tamimi, who has appeared in similar videos online where she confronts Israeli soldiers

It has emerged that the girl in the pictures (far left) is believed to be Ahed Tamimi, who has appeared in similar videos online where she confronts Israeli soldiers

She rose to prominence after she was filmed confronting a soldier who arrested her brother, which resulted in her being presented with a bravery award

She rose to prominence after she was filmed confronting a soldier who arrested her brother, which resulted in her being presented with a bravery award

Online blogs have dubbed her 'Shirley Temper' and accused her of being a 'Pallywood' star - a term coined by author Richard Landes, describing the alleged media manipulation by Palestinians to win public relations war against Israel 

Online blogs have dubbed her ‘Shirley Temper’ and accused her of being a ‘Pallywood’ star – a term coined by author Richard Landes, describing the alleged media manipulation by Palestinians to win public relations war against Israel

‘The youth who was photographed was identified by the lookout force as a stone-thrower, and because of this it was decided to detain him. At the time of the arrest, a violent provocation by a number of Palestinians developed, including women and children. In light of the violent altercation, the commander decided to not to go ahead with the detention.’

He added: ‘Two additional Palestinian youths were arrested for throwing stones during the violent clashes. The soldier pictured was lightly wounded as a result of the violent actions against him.’ 

The clash happened in the village of Nabi Saleh, near Ramallah, during protests against Palestinian land confiscation to expand the nearby Jewish Hallamish settlement.

In another flashpoint, Palestinian protester hurled stones at Israeli army bulldozer during clashes which following a protest against Israeli settlements in Qadomem, Kofr Qadom village, near the the West Bank city of Nablus.

They come a day after the European Union’s outgoing envoy to the Palestinian territories said the 28-nation bloc was moving forward with measures against Jewish West Bank settlements.

The envoy, John Gatt-Rutter, did not provide a timeframe. But his remarks to reporters underline European discontent with Israel’s continued expansion of settlements in territory that Palestinians want for a future state.

A Palestinian protester, with a petrol bomb in his pocket, hurls rocks towards Israeli security forces during clashes following a demonstration against the expropriation of Palestinian land by Israel on August 28, 2015 in the village of Kafr Qaddum, near Nablus in the occupied West Bank

A Palestinian protester throws stones towards a vehicle of Israeli security forces firing tear gas canisters during clashes following a demonstration against the expropriation of Palestinian land by Israel on August 28, 2015 in the village of Kafr Qaddum, near Nablus in the occupied West Bank

Violent: A Palestinian protester (left), with a petrol bomb in his pocket, hurls rocks towards Israeli security forces during clashes after a demonstration against the expropriation of Palestinian land by Israel in the village of Kafr Qaddum, near Nablus in the occupied West Bank

Palestinian protester hurls stones at Israeli army bulldozer during clashes which following a protest against Israeli settlements in Qadomem

Palestinian protester hurls stones at Israeli army bulldozer during clashes which following a protest against Israeli settlements in Qadomem

Gatt-Rutter said ‘there is support within the union to go on’, adding that there are ‘more tools’ the EU can use.

The EU, Israel’s biggest trading partner, is exploring guidelines that would require Israel to label settlement products.

It already bars goods produced in settlements from receiving customs exemptions given to Israeli goods.

Gatt-Rutter’s remarks come as a grassroots movement promoting boycotts, divestment and sanctions against Israel is gaining steam.

Members of Israeli security forces aims their weapons towards Palestinian stone throwers during clashes following a demonstration against the expropriation of Palestinian land by Israel in the village of Kafr Qaddum, near Nablus in the occupied West Bank

Members of Israeli security forces aims their weapons towards Palestinian stone throwers during clashes following a demonstration against the expropriation of Palestinian land by Israel in the village of Kafr Qaddum, near Nablus in the occupied West Bank

Voir encore:

After at least 20 were killed last Friday by Israeli forces, protesters ignited tires to create black smoke hoping to block visibility
Telesur
6 April 2018

At least four Palestinian protesters were killed, and over 200 have been wounded after Israeli troops opened fire on protesters along the Israel-Gaza border Friday. Five of the persons injured as thousands participated in the March of Return are said to be in critical condition according to medical officials.

The deaths in Friday’s protest follow 24 others, which took place in the first round of demonstrations last week, and add to the trend of severe violence from Israeli troops that led to over 1000 injuries over the same period. Thousands converged on Gaza’s border with Israel and set fire to mounds of tires, which were supposed to block the visibility of Israeli snipers and avoid more deaths, in the second week of demonstrations.

Israel’s violent response to peaceful protests has been heavily criticized over the last week. The United Nations High Commissioner for Human Rights has urged troops to exercise restraint, these calls, however, haven’t been heeded.

Israeli officials have attempted to portray the use of deadly force and firearms as a necessary measure to prevent “terrorists” from infiltrating into Israel and to « protect its border. »

An Israeli military spokesman said Friday they “will not allow any breach of the security infrastructure and fence, which protects Israeli civilians.”

However, the U.N. has reminded the Israeli government that an attempt to cross the border fence does not amount to “threat to life or serious injury that would justify the use of live ammunition.”

The U.N. has also stressed Israel remains the occupying force in Gaza and has the « obligations to ensure that excessive force is not employed against protestors and that in the context of a military occupation, as in the case in Gaza, the unjustified and unlawful recourse to firearms by law enforcement resulting in death may amount to willful killing. »

Israeli Defence Minister Avigdor Lieberman told Israeli public radio Thursday that « if there are provocations, there will be a reaction of the harshest kind like last week, » showing no sign that his government would reconsider their strategy when responding to unarmed protesters.

Pro-Israel organization StandWithUs has resorted to claiming Palestinians are faking injuries to garner international sympathy and supported their claims by posting videos showing « Palestinians practicing for the cameras. » The Palestinians in the video were actually practicing how to evacuate the wounded during the protest.

Other claims advanced by Israeli authorities include accusing the political party Hamas, which Israel considers a terrorist organization, of being, behind the protests.

Asad Abu Sharekh, the spokesperson of the march, has countered the claim saying « the march is organized by refugees, doctors, lawyers, university students, Palestinian intellectuals, academics, civil society organizations and Palestinian families. »

Since March 30th, which marks Palestinian Land Day, thousands have set up several tent encampments within Gaza, some 65 kilometers away from the border.

The symbolic move is part of the Great March of Return which aims to demand the right of over 5 million Palestinian refugees to return to the lands from which they were expelled from after the formation of the state of Israel.

More than half of the 2 million Palestinians who live in Gaza under an over 10-year-long blockade are refugees.

Israel has denied Palestinian refugees this right because of what they call a “demographic threat.”

Voir enfin:

En 1972, dans la revue « Rouge », Edwy Plenel a-t-il vraiment déclaré être solidaire des terroristes des Jeux olympiques de Munich ?

Aerimnos
Checknews
Libération
02/04/2018

Bonjour,

Dans un texte écrit en 1972, publié dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Edwy Plenel a, en effet, appelé à «défendre inconditionnellement» les militants de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui venait alors d’assassiner onze membres de l’équipe olympique israélienne lors d’une prise d’otage pendant les Jeux Olympiques de Munich, qui ont eu lieu cette année-là. En ces termes :

« L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël (…) Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation (…) A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage ».

Voilà plusieurs années que ces mots, signés Joseph Krasny, nom de plume de Plenel dans Rouge, sont connus. C’est en 2008 dans Enquête sur Edwy Plenel, écrit par le journaliste Laurent Huberson, qu’ils sont pour la première fois exhumés. Quasiment un chapitre est consacré à l’anticolonialisme, l’antiracisme, et l’antisionisme radical du jeune militant Plenel. C’est dans ces pages que sont retranscrites ces lignes.

Aujourd’hui, elles figurent en bonne place sur la page Wikipedia du journaliste.

Depuis plusieurs jours, ils refont pourtant surface sur Twitter, partagés la plupart du temps par des comptes proches de l’extrême droite. Ce 3 avril, Gilles-William Goldnadel, avocat, longtemps chroniqueur à Valeurs Actuelles, qui officie aujourd’hui sur C8 dans l’émission de Thierry Ardisson Les Terriens du Dimanche, a interpellé le co-fondateur de Mediapart sur Twitter : «Bonsoir Edwy Plenel, c’est pour une enquête de la France Libre [la webtélé de droite lancée par l’avocat début 2018]. Pourriez-vous s’il vous plaît confirmer ou infirmer les infos qui circulent selon lesquelles vous auriez sous l’alias de Krasny féliciter dans Rouge Septembre Noir ?».

« Ce texte exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui »

Plenel n’a pas répondu à Goldnadel sur Twitter. Mais contacté par CheckNews, il a accepté de revenir, par ce mail, sur ce texte écrit en 1972.  En nous demandant de reproduire intégralement sa réponse, «car évidemment, cette campagne n’est pas dénuée d’arrière-pensées partisanes». Que pense donc le Plenel de 2018 des écrits de Krasny en 1972 ?

« Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël ».

On résume : le co-fondateur de Mediapart, sous le pseudo Joseph Krasny, a bien soutenu en 1972 l’action de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui venait alors d’assassiner onze athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich. Cette chronique, exhumée en 2008 dans un livre critique sur Plenel, a refait surface ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Contacté par CheckNews, Edwy Plenel, récuse fermement ce texte aujourd’hui qui, selon lui, n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque.

Bien cordialement,

Robin A.

Voir par ailleurs:

On the evening of Feb. 10, the living room of Bassem Tamimi’s house in the West Bank village of Nabi Saleh was filled with friends and relatives smoking and sipping coffee, waiting for Bassem to return from prison. His oldest son, Waed, 16, was curled on the couch with his 6-year-old brother, Salam, playing video games on the iPhone that the prime minister of Turkey had given their sister, Ahed. She had been flown to Istanbul to receive an award after photos of her shaking her fist at an armed Israeli soldier won her, at 11, a brief but startling international celebrity. Their brother Abu Yazan, who is 9, was on a tear in the yard, wrestling with an Israeli activist friend of Bassem’s. Nariman, the children’s mother, crouched in a side room, making the final preparations for her husband’s homecoming meal, laughing at the two photographers competing for shots from the narrow doorway as she spread onions onto oiled flatbreads.

On the living-room wall was a “Free Bassem Tamimi” poster, left over from his last imprisonment for helping to organize the village’s weekly protests against the Israeli occupation, which he has done since 2009. He was gone for 13 months that time, then home for 5 before he was arrested again in October. A lot happened during this latest stint: another brief war in Gaza, a vote in the United Nations granting observer statehood to Palestine, the announcement of plans to build 3,400 homes for settlers, an election in Israel. Protests were spreading around the West Bank.

That night, the call came at about 7:30. Twenty people squeezed into three small cars and headed to the village square. More neighbors and cousins arrived on foot. (All of Nabi Saleh’s 550 residents are related by blood or marriage, and nearly all share the surname Tamimi.) Then a dark Ford pulled slowly into the square, and everyone fell silent.

Bassem, who is 45, stepped out of the car, straight-spined, his blue eyes glowing in the lamplight. He seemed a little thinner and grayer than the last time I saw him, in July. He hugged and kissed his eldest son. Ahed was next, then one by one, in silence, Bassem embraced family and friends, Palestinian activists from Ramallah and Jerusalem, Israeli leftists from Tel Aviv. When he had greeted everyone, he walked to the cemetery and stopped in front of the still-unmarked grave of his brother-in-law Rushdie, who was shot by Israeli soldiers in November while Bassem was in prison. He closed his eyes and said a quick prayer before moving on to the tomb of Mustafa Tamimi, who died after being hit in the face by a tear-gas canister in December 2011.

Back at home, Bassem looked dazed. Nariman broke down in his arms and rushed outside to hide her tears. The village was still mourning Rushdie’s death, but the young men couldn’t keep up the solemnity for long. They started with little Hamoudi, the son of Bassem’s cousin, tossing him higher and higher in the air above the yard. They set him down and took turns tossing one another up into the night sky, laughing and shouting as if they never had anything to grieve.

From most south-facing windows in Nabi Saleh, you can see the red roofs of Halamish, the Israeli settlement on the hilltop across the valley. It has been there since 1977, founded by members of the messianic nationalist group Gush Emunim, and growing steadily since on land that once belonged to residents of Nabi Saleh and another Palestinian village. Next to Halamish is an Israeli military base, and in the valley between Nabi Saleh and the settlement, across the highway and up a dirt path, a small freshwater spring, which Palestinians had long called Ein al-Qaws, bubbles out of a low stone cliff. In the summer of 2008, although the land surrounding the spring has for generations belonged to the family of Bashir Tamimi, who is 57, the youth of Halamish began building the first of a series of low pools that collect its waters. Later they added a bench and an arbor for shade. (Years after, the settlers retroactively applied for a building permit, which Israeli authorities refused to issue, ruling that “the applicants did not prove their rights to the relevant land.” Recently, several of the structures have been removed.) When Palestinians came to tend to their crops in the fields beside it, the settlers, villagers said, threatened and threw stones at them.

It took the people of Nabi Saleh more than a year to get themselves organized. In December 2009 they held their first march, protesting not just the loss of the spring but also the entire complex system of control — of permits, checkpoints, walls, prisons — through which Israel maintains its hold on the region. Nabi Saleh quickly became the most spirited of the dozen or so West Bank villages that hold weekly demonstrations against the Israeli occupation. Since the demonstrations began, more than 100 people in the village have been jailed. Nariman told me that by her count, as of February, clashes with the army have caused 432 injuries, more than half to minors. The momentum has been hard to maintain — the weeks go by, and nothing changes for the better — but still, despite the arrests, the injuries and the deaths, every Friday after the midday prayer, the villagers, joined at times by equal numbers of journalists and Israeli and foreign activists, try to march from the center of town to the spring, a distance of perhaps half a mile. And every Friday, Israeli soldiers stop them with some combination of tear gas, rubber-coated bullets, water-cannon blasts of a noxious liquid known as “skunk” and occasionally live fire.

Last summer, I spent three weeks in Nabi Saleh, staying in Bassem and Nariman’s home. When I arrived in June, Bassem had just been released from prison. In March 2011, Israeli soldiers raided the house to arrest him. Among lesser charges, he had been accused in a military court of “incitement,” organizing “unauthorized processions” and soliciting the village youth to throw stones. (In 2010, 99.74 percent of the Palestinians tried in military courts were convicted.) The terms of Bassem’s release forbade him to take part in demonstrations, which are all effectively illegal under Israeli military law, so on the first Friday after I arrived, just after the midday call to prayer, he walked with me only as far as the square, where about 50 villagers had gathered in the shade of an old mulberry tree. They were joined by a handful of Palestinian activists from Ramallah and East Jerusalem, mainly young women; perhaps a dozen college-age European and American activists; a half-dozen Israelis, also mainly women — young anarchists in black boots and jeans, variously pierced. Together they headed down the road, clapping and chanting in Arabic and English. Bassem’s son Abu Yazan, licking a Popsicle, marched at the back of the crowd.

Then there were the journalists, scurrying up hillsides in search of better vantage points. In the early days of the protests, the village teemed with reporters from across the globe, there to document the tiny village’s struggle against the occupation. “Sometimes they come and sometimes they don’t,” Mohammad Tamimi, who is 24 and coordinates the village’s social-media campaign, would tell me later. Events in the Middle East — the revolution in Egypt and civil war in Syria — and the unchanging routine of the weekly marches have made it that much harder to hold the world’s attention. That Friday there was just one Palestinian television crew and a few Israeli and European photographers, the regulars among them in steel helmets.

In the protests’ first year, to make sure that the demonstrations — and the fate of Palestinians living under Israeli occupation — didn’t remain hidden behind the walls and fences that surround the West Bank, Mohammad began posting news to a blog and later a Facebook page (now approaching 4,000 followers) under the name Tamimi Press. Soon Tamimi Press morphed into a homegrown media team: Bilal Tamimi shooting video and uploading protest highlights to his YouTube channel; Helme taking photographs; and Mohammad e-mailing news releases to 500-odd reporters and activists. Manal, who is married to Bilal, supplements the effort with a steady outpouring of tweets (@screamingtamimi).

News of the protests moves swiftly around the globe, bouncing among blogs on the left and right. Left-leaning papers like Britain’s Guardian and Israel’s Haaretz still cover major events in the village — deaths and funerals, Bassem’s arrests and releases — but a right-wing Israeli news site has for the last year begun to recycle the same headline week after week: “Arabs, Leftists Riot in Nabi Saleh.” Meanwhile, a pilgrimage to Nabi Saleh has achieved a measure of cachet among young European activists, the way a stint with the Zapatistas did in Mexico in the 1990s. For a time, Nariman regularly prepared a vegan feast for the exhausted outsiders who lingered after the protests. (Among the first things she asked me when I arrived was whether I was a vegan. Her face brightened when I said no.)

Whatever success they have had in the press, the people of Nabi Saleh are intensely conscious of everything they have not achieved. The occupation, of course, persists. When I arrived in June, the demonstrators had not once made it to the spring. Usually they didn’t get much past the main road, where they would turn and find the soldiers waiting around the bend. That week though, they decided to cut straight down the hillside toward the spring. Bashir led the procession, waving a flag. As usual, Israeli Army jeeps were waiting below the spring. The four soldiers standing outside them looked confused — it seemed they hadn’t expected the protesters to make it so far. The villagers marched past them to the spring, where they surprised three settlers eating lunch in the shade, still wet from a dip in one of the pools. One wore only soggy briefs and a rifle slung over his chest.

The kids raced past. The grown-ups filed in, chatting and smoking. More soldiers arrived in body armor, carrying rifles and grenade launchers. Waed and Abu Yazan kicked a soccer ball until a boy spotted a bright orange carp in one of the pools and Abu Yazan and others tried to catch it with their bare hands, splashing until the water went cloudy and the carp disappeared.

Four settlers appeared on the ledge above the spring, young men in sunglasses and jeans, one of them carrying an automatic rifle. Beside me, a sturdy, bald officer from the Israel Defense Forces argued with an Israeli protester. “I let you come,” the officer insisted. “Now you have to go.”

The children piled onto the swing the settlers had built and swung furiously, singing. A young settler argued with the I.D.F. officer, insisting that he clear the protesters away.

“What difference does 10 minutes make?” the officer said.

“Every 10 seconds makes a difference,” the settler answered.

But before their 10 minutes were up, one hour after they arrived, the villagers gathered the children and left as they had come, clapping and chanting, their defiance buoyed by joy. For the first time in two and a half years, they had made it to the spring.

They headed back along the highway, which meant they would have to pass the road leading to Halamish. Ahed, her blond hair in a long braid, clutched a cousin at the front of the procession. As they approached the road, a border-police officer tossed a stun grenade — a device that makes a loud bang and a flash but theoretically, at least, causes no bodily harm — at Ahed’s feet, and then another, and another. Within a few seconds, the marchers were racing up the hill back toward their village, tear-gas grenades streaking through the sky above their heads.

On warm summer evenings, life in Nabi Saleh could feel almost idyllic. Everyone knows everyone. Children run in laughing swarms from house to house. One night, Bassem and Nariman sat outside sharing a water pipe as Nariman read a translated Dan Brown novel and little Salam pranced gleefully about, announcing, “I am Salam, and life is beautiful!”

Bassem is employed by the Palestinian Authority’s Interior Ministry in a department charged with approving entrance visas for Palestinians living abroad. In practice, he said, P.A. officials “have no authority” — the real decisions are made in Israel and passed to the P.A. for rubber-stamping. Among other things, this meant that Bassem rarely had to report to his office in Ramallah, leaving his days free to care for his ailing mother — she died several weeks after I left the village last summer — and strategizing on the phone, meeting international visitors and talking to me over many cups of strong, unsweetened coffee. We would talk in the living room, over the hum of an Al Jazeera newscast. A framed image of Jerusalem’s Al Aqsa Mosque hung above the television (more out of nationalist pride than piety: Bassem’s outlook was thoroughly secular).

Though many people in Nabi Saleh have been jailed, only Bassem was declared a “prisoner of conscience” by Amnesty International. Foreign diplomats attended his court hearings in 2011. Bassem’s charisma surely has something to do with the attention. A strange, radiant calm seemed to hover around him. He rarely smiled, and tended to drop weighty pronouncements (“Our destiny is to resist”) in ordinary speech, but I saw his reserve crumble whenever one of his children climbed into his lap.

When Israeli forces occupied the West Bank in 1967, Bassem was 10 weeks old. His mother hid with him in a cave until the fighting ended. He remembers playing in the abandoned British police outpost that is now the center of the I.D.F. base next to Halamish, and accompanying the older kids who took their sheep to pasture on the hilltop where the settlement now stands. His mother went to the spring for water every day. The settlers arrived when he was 9.

Halamish is now fully established and cozier than most gated communities in the United States. Behind the razor wire and chain-link perimeter fence, past the gate and the armed guard, there are playgrounds, a covered pool, a community center and amphitheater, a clinic, a library, a school and several synagogues. The roads are well paved and lined with flowers, the yards lush with lemon trees. Halamish now functions as a commuter suburb; many of the residents work in white-collar jobs in Tel Aviv or Modi’in. The settlement’s population has grown to more than double that of Nabi Saleh.

I first met Shifra Blass, the spokeswoman for Halamish, in 2010. She talked about how empty the West Bank — she used the biblical name, Judea and Samaria — was when she and her husband emigrated from the U.S. in the early 1970s, intent on establishing a Jewish presence in a land they believed had been promised to them. Relations with the surrounding villages, she told me, had remained cordial, friendly even, until the first intifada. (When I asked people in Nabi Saleh about this, no one remembered it that way.) During the second intifada, three residents of the settlement, Blass said, were killed by gunfire on nearby roads. They weren’t near the village, but attitudes hardened.

When I visited her again last month, she was not eager to talk to me about the conflict over the spring and the lands surrounding it. “We want to live our lives and not spend time on it,” Blass said. She dismissed the weekly demonstrations as the creation of “outside agitators who come here and stir the pot — internationalists, anarchists, whatever.” It was all a show, she said, theater for a gullible news media. “I’ll tell you something: it’s unpleasant.” On Fridays, she said, the wind sometimes carries the tear gas across the valley into the settlement. “We have some grown children who say they cannot come home from university for Shabbat because of the tear gas. They call and say, ‘Tell me how bad it is, because if it’s really bad, I’m not coming.’ ”

When the first intifada broke out in late 1987, Nabi Saleh was, as it is now, a flash point. The road that passes between the village and the settlement connects the central West Bank to Tel Aviv: a simple barricade could halt the flow of Palestinian laborers into Israel. Bassem was one of the main Fatah youth activists for the region, organizing the strikes, boycotts and demonstrations that characterized that uprising. (Nabi Saleh is solidly loyal to Fatah, the secular nationalist party that rules the West Bank; Hamas, the militant Islamist movement that governs Gaza, has its supporters elsewhere in the West Bank but has never had a foothold in the village.) He would be jailed seven times during the intifada and, he says, was never charged with a crime. Before his most recent arrest, I asked him how much time he had spent in prison. He added up the months: “Around four years.”

After one arrest in 1993, Bassem told me, an Israeli interrogator shook him with such force that he fell into a coma for eight days. He has a nickel-size scar on his temple from emergency brain surgery during that time. His sister died while he was in prison. She was struck by a soldier and fell down a flight of courthouse stairs, according to her son Mahmoud, who was with her to attend the trial of his brother. (The I.D.F. did not comment on this allegation.)

Bassem nonetheless speaks of those years, as many Palestinians his age do, with something like nostalgia. The first intifada broke out spontaneously — it started in Gaza with a car accident, when an Israeli tank transporter killed four Palestinian laborers. The uprising was, initially, an experience of solidarity on a national scale. Its primary weapons were the sort that transform weakness into strength: the stone, the barricade, the boycott, the strike. The Israeli response to the revolt — in 1988, Defense Minister Yitzhak Rabin reportedly authorized soldiers to break the limbs of unarmed demonstrators — began tilting international public opinion toward the Palestinian cause for the first time in decades. By the uprising’s third year, however, power had shifted to the P.L.O. hierarchy. The first Bush administration pushed Israel to negotiate, leading eventually to the 1993 Oslo Accord, which created the Palestinian Authority as an interim body pending a “final status” agreement.

But little was resolved in Oslo. A second intifada erupted in 2000, at first mostly following the model set by the earlier uprising. Palestinians blocked roads and threw stones. The I.D.F. took over a house in Nabi Saleh. Children tossed snakes, scorpions and what Bassem euphemistically called “wastewater” through the windows. The soldiers withdrew. Then came the heavy wave of suicide bombings, which Bassem termed “the big mistake.” An overwhelming majority of Israeli casualties during the uprising occurred in about 100 suicide attacks, most against civilians. A bombing at one Tel Aviv disco in 2001 killed 21 teenagers. “Politically, we went backward,” Bassem said. Much of the international good will gained over the previous decade was squandered. Taking up arms wasn’t, for Bassem, a moral error so much as a strategic one. He and everyone else I spoke with in the village insisted they had the right to armed resistance; they just don’t think it works. Bassem could reel off a list of Nabi Saleh’s accomplishments. Of some — Nabi Saleh, he said, had more advanced degrees than any village — he was simply proud. Others — one of the first military actions after Oslo, the first woman to participate in a suicide attack — involved more complicated emotions.

In 1993, Bassem told me, his cousin Said Tamimi killed a settler near Ramallah. Eight years later, another villager, Ahlam Tamimi escorted a bomber to a Sbarro pizzeria in Jerusalem. Fifteen people were killed, eight of them minors. Ahlam, who now lives in exile in Jordan, and Said, who is in prison in Israel, remain much-loved in Nabi Saleh. Though everyone I spoke with in the village appeared keenly aware of the corrosive effects of violence — “This will kill the children,” Manal said, “to think about hatred and revenge” — they resented being asked to forswear bloodshed when it was so routinely visited upon them. Said, Manal told me, “lost his father, uncle, aunt, sister — they were all killed. How can you blame him?”

The losses of the second intifada were enormous. Nearly 5,000 Palestinians and more than 1,000 Israelis died. Israeli assassination campaigns and the I.D.F.’s siege of West Bank cities left the Palestinian leadership decimated and discouraged. By the end of 2005, Yasir Arafat was dead, Israel had pulled its troops and settlers out of Gaza and the Palestinian Authority president, Mahmoud Abbas, had reached a truce with Prime Minister Ariel Sharon. The uprising sputtered out. The economy was ruined, Gaza and the West Bank were more isolated from each other than ever, and Palestinians were divided, defeated and exhausted.

But in 2003, while the intifada was still raging, Bassem and others from Nabi Saleh began attending demonstrations in Budrus, 20 minutes away. Budrus was in danger of being cut off from the rest of the West Bank by Israel’s planned separation barrier, the concrete and chain-link divide that snakes along the border and in many places juts deeply into Palestinian territory. Residents began demonstrating. Foreign and Israeli activists joined the protests. Fatah and Hamas loyalists marched side by side. The Israeli Army responded aggressively: at times with tear gas, beatings and arrests; at times with live ammunition. Palestinians elsewhere were fighting with Kalashnikovs, but the people of Budrus decided, said Ayed Morrar, an old friend of Bassem’s who organized the movement there, that unarmed resistance “would stress the occupation more.”

The strategy appeared to work. After 55 demonstrations, the Israeli government agreed to shift the route of the barrier to the so-called 1967 green line. The tactic spread to other villages: Biddu, Ni’lin, Al Ma’asara and in 2009, Nabi Saleh. Together they formed what is known as the “popular resistance,” a loosely coordinated effort that has maintained what has arguably been the only form of active and organized resistance to the Israeli presence in the West Bank since the end of the second intifada in 2005. Nabi Saleh, Bassem hoped, could model a form of resistance for the rest of the West Bank. The goal was to demonstrate that it was still possible to struggle and to do so without taking up arms, so that when the spark came, if it came, resistance might spread as it had during the first intifada. “If there is a third intifada,” he said, “we want to be the ones who started it.”

Bassem saw three options. “To be silent is to accept the situation,” he said, “and we don’t accept the situation.” Fighting with guns and bombs could only bring catastrophe. Israel was vastly more powerful, he said. “But by popular resistance, we can push its power aside.”

As small as the demonstrations were, they appeared to create considerable anxiety in Israel. Paul Hirschson, a spokesman for the Ministry of Foreign Affairs, told me that while the West Bank demonstrations do not pose an “existential threat” to Israel, they “certainly could be more problematic in the short term” than a conventional armed revolt. Eytan Buchman, a spokesman for the I.D.F., took issue with the idea that the weekly protests were a form of nonviolent resistance. In an e-mail he described the protests as “violent and illegal rioting that take place around Judea and Samaria, and where large rocks, Molotov cocktails, improvised grenades and burning tires are used against security forces. Dubbing these simply demonstrations is an understatement — more than 200 security-force personnel have been injured in recent years at these riots.” (Molotov cocktails are sometimes thrown at protests at the checkpoints of Beitunia and Kalandia but never, Bassem said, in Nabi Saleh.) Buchman said that the I.D.F. “employs an array of tactics as part of an overall strategy intended to curb these riots and the ensuing acts of violence.” He added that “every attempt is made to minimize physical friction and risk of casualties” among both the I.D.F. and the “rioters.”

One senior military commander, who would agree to be interviewed only on the condition that his name not be used, told me: “When the second intifada broke out, it was very difficult, but it was very easy to understand what we had to do. You have the enemy, he shoots at you, you have to kill him.” Facing down demonstrators armed with slings and stones or with nothing at all is less clear-cut. “As an Israeli citizen,” the commander said, “I prefer stones. As a professional military officer, I prefer to meet tanks and troops.”

But armies, by their nature, have one default response to opposition: force. One soldier who served in Nabi Saleh testified to the Israeli veterans’ group Breaking the Silence about preparing for Friday protests. “It’s like some kind of game,” he said. “Everyone wants to arm themselves with as much ammo as possible. . . . You have lots of stun grenades . . . so they’re thrown for the sake of throwing, at people who are not suspected of anything. And in the end, you tell your friend at the Friday-night dinner table: ‘Wow! I fired this much.’ ”

According to a leaked 2010 U.S. State Department memo, Maj. Gen. Avi Mizrahi of Israel “expressed frustration” with the West Bank protests to American diplomats, and “warned that the I.D.F. will start to be more assertive in how it deals with these demonstrations, even demonstrations that appear peaceful.” The memo concluded that “less-violent demonstrations are likely to stymie the I.D.F.,” citing the Israeli Defense Ministry policy chief Amos Gilad’s admission to U.S. officials, “We don’t do Gandhi very well.”

Sagi Tal, a former I.D.F. soldier, who was stationed near the villages of Bil’in and Ni’lin, which also held weekly demonstrations, explained to me that his unit sometimes conducted night raids to gather intelligence or make arrests and sometimes simply so “that they should feel that we are here and we are watching them.”

After dinner one Sunday, Nariman put on a DVD shot both by her and Bilal, the village videographer. (“From the beginning,” Bilal told me at the march on the previous Friday, filming calmly as tear-gas grenades landed all around us, “we decided that the media is the most important thing in the popular resistance.”) We watched a clip shot in the house in which we sat: soldiers banged on the door late at night; they rifled through the boys’ room as Salam and Abu Yazan cowered beneath the covers and Nariman yelled in Arabic: “What manliness this is! What a proud army you’re part of!” The soldiers confiscated a gas mask, two computers, Waed’s camera and two of his schoolbooks — geography and Palestinian history. (In an e-mail, an I.D.F. spokesman described such night raids as “pre-emptive measures, taken in order to assure the security and stability in the area.”)

We watched footage of Nariman being arrested with Bilal’s wife, Manal, early in 2010. Soldiers had fired tear gas into Manal’s house, Nariman explained. Manal ran in to fetch her children, and when she came out, a soldier ordered her back in. She refused, so they arrested her. Nariman tried to intervene, and they arrested her too. They spent 10 days in prisons where, they say, they were beaten repeatedly, strip-searched and held for two days without food before each was dumped at the side of a road. (The I.D.F.’s Buchman said, “No exceptional incidents were recorded during these arrests.” He added that no complaints were filed with military authorities.)

We watched a clip of crying children being passed from a gas-filled room out a second-story window, down a human ladder to the street. Early on, the villagers took all the children to one house during demonstrations, but when the soldiers began firing gas grenades into homes, the villagers decided it was safer to let them join the protests. We watched footage of a soldier dragging a 9-year-old boy in the street, of another soldier striking Manal’s 70-year-old mother. Finally, Nariman shook her head and turned off the disc player. “Glee” was on.

One Friday, shortly after the marchers had barricaded the road with boulders and burning tires in order to keep the army out of the village center, a white truck sped around the bend, a jet of liquid arcing from the water cannon mounted on its cab. Someone yelled, “Skunk!” and everyone bolted. Skunk water smells like many things, but mainly it smells like feces. Nariman wasn’t fast enough. A blast of skunk knocked her off her feet. Moments later, she was standing defiantly, letting the cannon soak her and waving a Palestinian flag at the truck’s grated windshield. An hour or so later, smelling of skunk and shampoo, she was serving tea to a dozen protesters.

Every Friday was a little different. Some demonstrations were short and others almost endless. Some were comic, others not at all. Some days the I.D.F. entered the village, and others they stuck to the hills. Sometimes they made arrests. The basic structure, though, varied little week to week: a few minutes of marching, tear gas fired, then hours of the village youth — the shebab, they’re called — throwing stones while dodging tear-gas canisters and rubber-coated bullets until the sun set and everyone went home. Or failed to make it home.

It was strange, asymmetric combat: a few dozen masked shebab ranging in age from 8 to 38, armed with slings and stones, against 20 or more soldiers in armored vehicles and on foot, dressed in helmets and body armor, toting radios and automatic weapons. The shebab put a great deal of thought into tactics, trying to flank and surprise the soldiers. But even when their plans were perfectly executed, they could not do much more than irritate their enemies. The soldiers, though, would inevitably respond with more sophisticated weaponry, which would motivate the shebab to gather more stones Friday after Friday despite — and because of — the fact that nothing ever seemed to change, for the better at least.

I asked one of the boys why he threw stones, knowing how futile it was. “I want to help my country and my village, and I can’t,” he said. “I can just throw stones.”

“We see our stones as our message,” Bassem explained. The message they carried, he said, was “We don’t accept you.” While Bassem spoke admiringly of Mahatma Gandhi, he didn’t worry over whether stone-throwing counted as violence. The question annoyed him: Israel uses far greater and more lethal force on a regular basis, he pointed out, without being asked to clarify its attitude toward violence. If the loincloth functioned as the sign of Gandhi’s resistance, of India’s nakedness in front of British colonial might, Bassem said, “Our sign is the stone.” The weekly clashes with the I.D.F. were hence in part symbolic. The stones were not just flinty yellow rocks, but symbols of defiance, of a refusal to submit to occupation, regardless of the odds. The army’s weapons bore messages of their own: of economic and technological power, of international support. More than one resident of Nabi Saleh reminded me that the tear gas used there is made by a company based in Pennsylvania.

One afternoon, I visited the family of Mustafa Tamimi, who was 28 when he died in December 2011 after being shot at close range with a tear-gas canister from the back of an Israeli Army jeep. (An I.D.F. investigation concluded, according to Buchman, that when the soldier fired the canister “his field of vision was obscured.”) The walls were covered with framed photos: an action shot of Mustafa in profile, his face behind a red Spider-Man mask as he slung a stone at soldiers outside the frame.

In the weeks before her son’s death, Ekhlas, his mother, told me that soldiers had twice come to the house looking for him. When she got a call that Friday asking her to bring Mustafa’s ID to the watchtower, she thought he’d been arrested, “like all the other times.” Beside me, Bahaa, a tall young man who was Mustafa’s best friend, scrolled through photos on a laptop, switching back and forth between a shot of Mustafa falling to the ground a few feet behind an I.D.F. jeep, and another, taken moments later, of his crushed and bloody face.

Ekhlas told me about a dream she’d had. Mustafa was standing on the roof, wearing his red mask. There were soldiers in the distance. She called to him: “Mustafa, come down! Everyone thinks you are dead — it’s better that they don’t see you.”

He turned to her, she said, and told her: “No. I’m standing here so that they will see me.”

“This is the worst time for us,” Bassem confided to me last summer. He meant not just that the villagers have less to show for their sacrifices each week, but that things felt grim outside the village too. Everyone I spoke with who was old enough to remember agreed that conditions for Palestinians are far worse now than they were before the first intifada. The checkpoints, the raids, the permit system, add up to more daily humiliation than Palestinians have ever faced. The number of Israeli settlers living in the West Bank has more than tripled since the Oslo Accords. Assaults on Palestinians by settlers are so common that they rarely made the news. The resistance, though, remained limited to a few scattered villages like Nabi Saleh and a small urban youth movement.

I sat down one afternoon in Ramallah with Samir Shehadeh, a former literature professor from Nabi Saleh who was one of the intellectual architects of the first intifada and whom I met several times at Bassem’s house. I reminded him of the car accident that ignited the first uprising and asked what kind of spark it would take to mobilize Palestinians to fight again. “The situation is 1,000 times worse,” he said. “There are thousands of possible sparks,” and still nothing has happened.

In the 1980s, youth organizers like Bassem focused on volunteer work: helping farmers in the fields, educating their children. They built trust and established the social networks that would later allow the resistance to coordinate its actions without waiting for orders from above. Those networks no longer exist. Instead there’s the Palestinian Authority. Immediately after the first Oslo Accord in 1993, the scholar Edward Said predicted that “the P.L.O. will . . . become Israel’s enforcer.” Oslo gave birth to a phantom state, an extensive but largely impotent administrative apparatus, with Israel remaining in effective control of the Palestine Authority’s finances, its borders, its water resources — of every major and many minor aspects of Palestinian life. More gallingly to many, Oslo, in Said’s words, gave “official Palestinian consent to continued occupation,” creating a local elite whose privilege depends on the perpetuation of the status quo.

That elite lives comfortably within the so-called “Ramallah bubble”: the bright and relatively carefree world of cafes, NGO salaries and imported goods that characterize life in the West Bank’s provisional capital. During the day, the clothing shops and fast-food franchises are filled. New high-rises are going up everywhere. “I didn’t lose my sister and my cousin and part of my life,” Bassem said, “for the sons of the ministers” to drive expensive cars.

Worse than any corruption, though, was the apparent normalcy. Settlements are visible on the neighboring hilltops, but there are no checkpoints inside Ramallah. The I.D.F. only occasionally enters the city, and usually only at night. Few Palestinians still work inside Israel, and not many can scrape a living from the fields. For the thousands of waiters, clerks, engineers, warehouse workers, mechanics and bureaucrats who spend their days in the city and return to their villages every evening, Ramallah — which has a full-time population of less than 100,000 — holds out the possibility of forgetting the occupation and pursuing a career, saving up for a car, sending the children to college.

But the checkpoints, the settlements and the soldiers are waiting just outside town, and the illusion of normalcy made Nabi Saleh’s task more difficult. If Palestinians believed they could live better by playing along, who would bother to fight? When Bassem was jailed in decades past, he said, prisoners were impatient to get out and resume their struggles. This time, he ran into old friends who couldn’t understand why he was still fighting instead of making money off the spoils of the occupation. “They said to me: ‘You’re smart — why are you doing this? Don’t you learn?’ ”

At times the Palestinian Authority acts as a more immediate obstacle to resistance. Shortly after the protests began in Nabi Saleh, Bassem was contacted by P.A. security officials. The demonstrations were O.K., he said they told him, as long as they didn’t cross into areas in which the P.A. has jurisdiction — as long, that is, as they did not force the P.A. to take a side, to either directly challenge the Israelis or repress their own people. (A spokesman for the Palestinian security forces, Gen. Adnan Damiri, denied this and said that the Palestinian Authority fully supports all peaceful demonstrations.) In Hebron, P.A. forces have stopped protesters from marching into the Israeli-controlled sector of the city. “This isn’t collaboration,” an I.D.F. spokesman, who would only talk to me on the condition that he not be named, assured me.“Israel has a set of interests, the P.A. has a set of interests and those interests happen to overlap.”

Bassem saw no easy way to break the torpor and ignite a more widespread popular resistance. “They have the power,” he said of the P.A., “more than the Israelis, to stop us.” The Palestinian Authority employs 160,000 Palestinians, which means it controls the livelihoods of about a quarter of West Bank households. One night I asked Bassem and Bilal, who works for the Ministry of Public Health, how many people in Nabi Saleh depend on P.A. salaries. It took them a few minutes to add up the names. “Let’s say two-thirds of the village,” Bilal concluded.

Last summer, my final Friday in Nabi Saleh was supposed to be a short day. One of the shebab was getting engaged to a girl from a neighboring village, and everyone planned to attend the betrothal ceremony. The demonstration would end at 3.

Four armored cars waited at the bend in the road, the skunk truck idling behind them. Manal pointed to the civilian policemen accompanying the soldiers. “There is a new policy that they can arrest internationals,” she explained. Earlier that month, as part of the effort to combat what Israelis call the “internationalization” of the conflict, the defense forces issued an order authorizing Israeli immigration police to arrest foreigners in the West Bank.

About half the marchers headed down the hillside. Soldiers waiting below arrested four Israelis and detained Bashir, the owner of the land around the spring. Everyone cheered as Mohammad raced uphill, outrunning the soldiers. (Three months later they would catch up to him in a night raid on his father’s house. He was imprisoned until late December.) I saw Nariman standing in the road with a Scottish woman. I walked over. Two soldiers grabbed the Scottish protester. Two more took me by the arms, pulled me to a jeep and shoved me in. I showed my press card to the driver. His expression didn’t change. Two frightened young women, both British, were already locked inside. After almost an hour, the soldiers brought a Swede and an Italian who had been hiding in the convenience-store bathroom. More soldiers piled in. I showed one my press card and asked if he understood that I was a journalist. He nodded. Finally, the driver pulled onto the road. As we passed the gas station, the shebab ran after us.

“They were so beautiful a few minutes ago, right?” the soldier beside me said as the shebab’s stones clanged against the jeep. “They were so cute.”

They drove us to the old British police station in the I.D.F. base in Halamish. While I was sitting on a bench, an I.D.F. spokesman called my cellphone to inform me that no journalists with press cards had been detained in Nabi Saleh. I disagreed. (The next day, according to Agence France-Presse, the I.D.F. denied I had been arrested.) A half-hour later, an officer escorted me to the gate.

As I walked back to Nabi Saleh, the road was empty, but the air was still peppery with tear gas. I made it back in time for the engagement party and flew home the next day. The five activists detained with me were deported. Two nights after I left, soldiers raided Bassem’s house. The following week, they raided the village five days in a row.

This past October, the popular resistance movement began to shift tactics, trying to break the routine of weekly demonstrations. They blocked a settler road west of Ramallah, and the following week staged a protest inside an Israeli-owned supermarket in the settlement industrial zone of Shaar Binyamin. Bassem was arrested outside the market — soldiers grabbed at Nariman and dragged Bassem off when he stepped forward to put his arms around her. Less than two weeks later, Waed was arrested at a Friday demonstration. Soldiers beat him, he said, “with their fists and their rifles.” When he appeared in court, Waed was still bruised. The judge threw out the charges. But while he was detained, he was in the same prison as his father and saw him briefly there. “When I said goodbye to him,” Waed told me with obvious pride, “he had tears in his eyes. I was stronger than him.”

On the day of Waed’s arrest, a camera caught Ahed shaking her fist, demanding that soldiers tell her where they were taking her brother. The Internet took over: video of the tiny, bare-armed blond girl facing down a soldier went viral. She and Nariman were invited to Istanbul, where, to their surprise, Nariman said, they were greeted at the airport by dozens of children wearing T-shirts printed with Ahed’s photo. They drove past billboards displaying Ahed’s image. Reporters followed them everywhere. Crowds gathered when they walked in the streets. They were taken to Prime Minister Recep Tayyip Erdogan in the southeastern city of Urfa, Nariman said, and flew back with him to Istanbul on his plane.

Not everyone reacted so enthusiastically. One right-wing blogger dubbed Ahed “Shirley Temper.” The Israeli news site Ynet took the images as evidence that “Palestinian protesters use children to needle I.D.F. soldiers in the hope of provoking a violent response.”

In mid-November, Israeli rockets began falling on Gaza. Protests spread throughout the West Bank. “We thought it was the start of the third intifada,” Manal told me. The demonstrations in Nabi Saleh stretched beyond their usual Friday-evening terminus. One Saturday in November, Nariman’s brother Rushdie — who worked as a policeman near Ramallah and was rarely home on Fridays — joined the shebab on the hill. He was standing beside Waed when he was hit by a rubber-coated bullet. Then the soldiers began shooting live ammunition, but Rushdie was hurt and couldn’t run. As he lay on the ground, a soldier shot him in the back from a few meters away. Nariman ran to the hillside with her video camera and found her brother lying wounded. “I wanted to attack the soldier and die with Rushdie right there, but I knew I had to be stronger than that,” Nariman said. “Why is it required of me to be more humane than they are?” Rushdie, who was 31, died two days later. An I.D.F. investigation found that soldiers fired 80 shots of live ammunition and neglected to “control the fire.” The unit’s commander was reportedly relieved of his command.

When the fighting stopped in Gaza, the protests in the West Bank ceased. I went back to Nabi Saleh in January, three weeks before Bassem was expected home. The village seemed listless and depressed, as if everyone were convinced of the futility of continuing. On my first Friday back, the demonstration ended early: the shebab had a soccer match in another village. It rained the next week, and everyone went home after an hour. “We are still living the shock of Rushdie’s killing,” Mohammad told me.

Elsewhere in the West Bank, though, momentum was building. In late November, Netanyahu announced plans to build 3,400 settlement units in an area known as E1, effectively cutting off Jerusalem from the West Bank. Just before I arrived in January, popular-resistance activists tried something new, erecting a tent “village” called Bab al-Shams in E1, symbolically appropriating the methods of land confiscation employed by settlers. “The time has come now to change the rules of the game,” the organizers wrote in a news release, “for us to establish facts on the ground — our own land.” The numbers were relatively small — about 250 people took part, including Nariman and a few others from Nabi Saleh — and, on direct orders from Netanyahu, soldiers evicted everyone two days later, but the movement was once again making headlines around the globe. Copycat encampments went up all over the West Bank — some in areas where the popular resistance had not previously been active.

The day after his release, Bassem told me that even sitting in prison he had felt “a sense of joy” when he learned about Bab al-Shams. The popular resistance was finally spreading beyond the village demonstrations. “We have to create a sense of renewal,” he said, “not only in Nabi Saleh but on a larger scale.” The village’s losses — and his own — he acknowledged, were daunting. “The price is now higher,” he said, but “if we don’t continue, it would mean that the occupation has succeeded.” It would take constant creativity, he said, to hold onto the momentum. He didn’t know what it would look like yet, but just talking about it seemed to add inches to his height.

Within days, thousands of Palestinians would protest around the West Bank, first in solidarity with prisoners on hunger strikes to demand an end to the indefinite detention of Palestinians without trial, later in outrage at the death of a 30-year-old prisoner named Arafat Jaradat. Once again, the words “third intifada” were buzzing through the press. Avi Dichter, the head of Israeli domestic security during the second intifada and the current minister of Home Front Defense, cautioned in a radio interview that an “incorrect response by the security forces” might push the protests into full-out revolt.

When I saw Bassem in February, I asked him whether he was worried that the uprising might finally arrive at Nabi Saleh’s moment of greatest self-doubt, that it might catch the village drowsing. “It doesn’t matter who is resisting,” he said. “What’s important is that they are resisting.”

On the last Friday I was there, the wind was against the demonstrators. Nearly every grenade the soldiers fired, regardless of how far away it landed, blew a cloud of gas up the road right at them. A dozen or so villagers watched the clashes from the relative safety of the hillside. Bassem’s cousin Naji was sitting on a couch cushion. Mahmoud, Bassem’s nephew, poured coffee into clear plastic cups. Bright red poppies dotted the hill between the rocks. The way was clear, but no one tried to walk down to the spring.

When the demonstration seemed over, I trekked back to the village with a young Israeli in a black “Anarchy Is for Lovers” T-shirt. He told me about his childhood on a kibbutz bordering the Gaza Strip. His parents were “right-wing Zionists,” he said, “hard-core.” They didn’t talk to him anymore. A group of soldiers appeared behind us, and we ducked into Nariman’s yard as they tossed a few stun grenades over the wall. Later that evening, at Naji’s house, I watched Bilal’s video of the same soldiers as they strolled down the drive, lobbing tear-gas grenades until they reached their jeeps. They piled in and closed the armored doors. One door opened a crack. A hand emerged. It tossed one last grenade toward the camera. Gas streamed out, the door closed and the jeep sped off down the road.


Désinformation: Le Monde redécouvre l’enjuivement du monde (When in doubt, blame the Jews: 40 years after Entebbe, Le Monde rediscovers the good old blame-the-victim game)

6 décembre, 2016
Un soldat israélien, le 24 août, dans le village de Madama près de Naplouse.Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
D’abord ils sont venus (…) pour les Juifs, mais je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif … Martin Niemöller
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Certains trouvent encore intolérable d’admettre que le peuple juif se soit trouvé, à trois reprises, plus ou moins volontairement, un élément essentiel au patrimoine de l’humanité: le monothéisme, le marché et les lieux saints. Car il n’est pas faux de dire, même si c’est schématique, que les juifs ont été mis en situation d’avoir à prêter aux deux autres monothéismes, et à les partager avec eux, leur dieu, leur argent et leurs lieux saints. Et comme la meilleure façon de ne pas rembourser un créancier, c’est de le diaboliser et de l’éliminer, ceux qui, dans le christianisme et l’islam, n’acceptent toujours pas cette dette à l’égard du judaïsme, se sont, à intervalles réguliers, acharnés à le détruire, attendant pour recommencer que le souvenir de l’élimination précédente se soit estompé. Jacques Attali
Les pilotes français s’étaient liés d’amitié aux pilotes israéliens qui avaient appris en même temps qu’eux, dans les mêmes écoles, à piloter des Mirages. L’armée française a toujours éprouvé un sentiment d’hostilité envers les Arabes. Ce sentiment, qui survit encore aujourd’hui, est beaucoup plus ancien que la sanglante aventure de l’indépendance algérienne. Comme le souligne l’hebdomadaire parisien, le Nouvel Observateur : ‘L’armée française est unanimement et totalement pro-Israël, et il est évident que les souvenirs de Suez et d’Algérie ne sont pas étrangers à cet état de chose. Mais il y a plus que cela. Il y a une immense admiration pour la technologie avancée de ce pays, sa faculté d’adaptation, son efficacité et le niveau intellectuel de ses officiers. Il y a une grande admiration pour son courage et son esprit de sacrifice à la cause de la nation. L’armée française n’a jamais adhéré aux termes de l’embargo de 1967.’ « Le président de Gaulle sentit la vague d’hostilité qui se développait à tous les niveaux de ses forces armées. Il s’en plaignit amèrement lors du Conseil des ministres du 7 janvier 1969 : « Notre armée s’est enjuivée », déclara-t-il. Dennis Eisenberg, Uri Dan, Eli Landa (Mossad, Les services secrets israéliens, 1977)
Que feraient les Israéliens et Margaret Thatcher dans un pareil cas ? Jacques Chirac
[Comment saviez-vous que c’étaient les Israéliens qui venaient vous libérer ?] Et qui d’autre vouliez-vous que cela fût ?  Michel Bacos (commandant de l’Airbus d’Air France, Entebbe, 1976)
Championnat du terrorisme, Israël en tête  ! Libération
Israël attaque l’Ouganda L’Humanité
…Lorsque l’Occident développé applaudit, l’Afrique, elle, se réveille humiliée. Israël risque d’y perdre ses dernières amitiés africaines. Le « Blanc » a donné une gifle au tiers monde (…) Reste à savoir maintenant si l’action israélienne portera un coup d’arrêt aux prises d’otages internationales. Les optimistes le pensent. Les pessimistes craignent au contraire que, la prochaine fois, les pirates de l’air, instruits par l’expérience d’Entebbe, ne soient plus rapides et radicaux. Un journal du Koweït écrivait, dès mardi, que le commando de l’« Airbus » avait fait preuve d’une mollesse, qui lui avait retiré toute crédibilité. Les Israéliens, eux, estiment, comme les « chasseurs de pirates » du XIXe, qu’ils ont plus que jamais le droit de poursuite…Ils risquent de se retrouver plus seuls encore et d’être entraînés dans l’engrenage des « missions impossibles » – qu’ils réussiront jusqu’à quand ? » Hervé Chabalier (Le Nouvel Observateur, 12 juillet 1976)
…Les cris de joie, l’allégresse et l’hystérie collective des foules israéliennes ont peut-être permis provisoirement de colmater les profondes lézardes d’une classe dirigeante dont le désarroi était patent, mais ils sont, assurément, annonciateurs d’une violence accrue. Le recours désespéré aux détournements d’avion, condamné explicitement par l’O.L.P., ne saurait justifier, en dépit des problèmes politiques et humains angoissants qu’il pose, la légitimation pour les États, sous le couvert de la « lutte contre le terrorisme », d’un terrorisme « officiel » et de la politique du « coup de main ». En se plaçant sur le terrain même des détourneurs d’avions, mais avec des moyens incomparablement plus puissants, les « commandos » israéliens ont ainsi fait plusieurs dizaines de victimes qui auraient pu être épargnées mais ils ont surtout, ajouté un nouvel épisode à la liste des violations territoriales et des abus de puissance commis au nom de la « protection des ressortissants civils » et du « droit de suite ». Ces prétextes si souvent invoqués pour justifier les pires exactions coloniales. Afrique-Asie (France, 12 au 25 juillet 1976)
Mais pourquoi n’appelle-t-on pas ce mur, qui sépare les Gazaouites de leurs frères égyptiens « mur de la honte » ou « de l’apartheid »? Liliane Messika
After all, this barrier, although built by Mr. Sharon, was birthed by « shaheeds, » suicide bombers whom Palestinian leaders have glorified as martyrs. Qassam missiles can kill two or three people at a time. Suicide bombers lay waste to many more. Since the barrier went up, suicide attacks have plunged, which means innocent Arab lives have been spared along with Jewish ones. Does a concrete effort to save civilian lives justify the hardship posed by this structure? The humanitarian in me bristles, but ultimately answers yes. (…) I reflected on this question as I observed an Israeli Army jeep patrol the gap in Abu Dis. The vehicle was crammed with soldiers who, in turn, observed me filming the anti-Israel graffiti scrawled by Western activists — « Scotland hates the blood-sucking Zionists! » I turned my video camera on the soldiers. Nobody ordered me to shut it off or show the tape. My Arab taxi driver stood by, unprotected by a diplomatic license plate or press banner. Like all Muslims, I look forward to the day when neither the jeep nor the wall is in Abu Dis. So will we tell the self-appointed martyrs of Islam that the people — not just Arabs, but Arabs and Jews — « are one »? That before the barrier, there was the bomber? And that the barrier can be dismantled, but the bomber’s victims are gone forever? Irshad Manji
The leaders of Yemen and Saudi Arabia are due to meet today in an effort to settle a dispute over a security barrier the Saudis are building along their shared frontier. Saudi Arabia, which is battling against insurgents sympathetic to Osama bin Laden, says the barrier will stem the flow of militants and weapons from its southern neighbour. Yemeni opposition newspapers have likened it to the barrier that Israel is constructing in the West Bank – though in fact it is a simpler and even odder structure: a pipeline three metres (10ft) high, supported on posts and filled with concrete. The Guardian
What is being constructed inside our borders with Yemen is a sort of screen … which aims to prevent infiltration and smuggling, It does not resemble a wall in any way. Talal Anqawi (head of Saudi Arabia’s border guard)
Sauf que sans le « Judaïsme », le « Monde Occidental » n’aurait jamais existé ! J’explique : Le « Monde Occidental » avant l’arrivée du Christ, lui-même Juif, de sa mère Marie, mère juive par excellence, puisqu’elle a fait circoncire son fils dans la tradition. Elle lui a fait faire sa « Bar Mitzvah », … Ce « Monde » ne procédait d’aucune unité de cœur et de croyance. C’est l’avènement du Christianisme à Jérusalem, qui va produire le « Monde Occidental », celui dans lequel nous vivons actuellement, … Dans toute l’Europe, les deux Amériques, et sans oublier le continent Australien. Faire croire l’inverse, c’est-à-dire que le « Judaïsme » est venu se greffer sur et dans le « Monde Occidental » procède d’un formidable supercherie et d’un « Non sens historique ». Puisque le monothéisme date de 5777 ans, …Que le Christianisme n’a que 2016 ans. Il a même fallu attendre les années 1962, 1963, 1964 et 1965, … Avec la fin du Conseil oecuménique Vatican II, pour qu’enfin l’Eglise de Rome reconnaisse au Christianisme, le Judaïsme comme pilier principal de son essence. Il y a eu un AVANT et un APRES …. Vatican II Avant Vatican II, …. Existait un « Antisémitisme de religion » qu’entretenait l’Eglise à force de falsifications. Je passe sur la période qui a suivi la « Révolution Française » avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Puis sur la période Nazie avec l’antisémitisme de race. Pour en arriver au 8 Décembre 1965 (fin de Vatican II), à partir du quel on ne parle plus que de « Monde JUDÉO-CHRÉTIEN » pour désigner l’ensemble du monde Occidental. … En opposition au « Monde Arabo-Musulman » C. Hamon
« Attention, braves gens de l’Occident, ce n’est pas le terrorisme qui vous menace, c’est de devenir comme Israël. Se défendre comme le font les Israéliens quand on veut les tuer, c’est mal. Ils n’ont rien compris. Pensez donc: ils cherchent à prévenir les assassinats! Ils feraient mieux de changer de méthode. Bien entendu, le journaliste n’en propose aucune. » Jean-Claude Lafont
Il a grandi au Soudan, a vécu en Egypte, s’est passionné pour le sort des mineurs du Congo… Spécialiste du Moyen-Orient et arabophone , il connaît ces régions de l’intérieur et en fournit des analyses sans concession qui lui valent la reconnaissance de ses pairs et de ses lecteurs. Christophe Ayad aime les enquêtes au long cours, mais aussi les anecdotes: c’est ce goût pour les petites choses qui lui fait écrire un article sur le zoo de Gaza ou encore sur l’hypothétique gifle qui aurait déclenché la révolution égyptienne. Rencontre avec l’un des journalistes les plus brillants de sa génération. France Inter
Israël a subi la violence terroriste bien avant qu’elle ne frappe les pays occidentaux et c’est pour cela qu’il faut observer de près ce qui s’est passé dans ce pays ces deux dernières décennies (…) Tombant dans le piège tendu par Al-Qaida et l’organisation Etat islamique, comme naguère Israël est tombé dans celui du Hamas, l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques. Mais il n’y a pas que dans le domaine de la sécurité qu’Israël a été précurseur : ce fut aussi le cas sur la question des migrants. Dès 2011, le pays a commencé à élever un mur électronique à sa frontière avec l’Egypte pour empêcher les « infiltrations » de candidats africains à l’asile. De fait, Israël est devenu « l’avant-poste » d’un monde occidental qui se voit comme cerné, faible et en décadence face à un monde devenu hostile. (…) Si la droitisation extrême de la vie politique et de l’opinion israélienne a pu donner l’illusion, ces dernières années, d’un isolement croissant de l’Etat juif par rapport au reste du monde occidental, fatigué de l’impossible règlement du conflit israélo-palestinien, c’est, en réalité, le contraire qui s’est passé : c’est l’Occident qui a rejoint Israël, devenu le symptôme avant-coureur de ce qui l’attend. Christophe Ayad
Tout le monde juge le dictateur ougandais Amin Dada grotesque. Alors que le détournement sur Entebbe est le commencement du déclin d’Amin Dada dont on savait à l’époque qu’il était le bourreau de son peuple. Près de 300.000 personnes ont été tuées sous son règne. Or, après le raid israélien, le Secrétaire général de l’ONU, l’ancien SA Kurt Waldheim, condamne Israël en l’accusant de violer la souveraineté ougandaise. Ce qui est pitoyable, mais pas étonnant de la part d’un ancien nazi. (…) Le Quai d’Orsay regrette qu’il y ait eu des dégâts. Le président Giscard d’Estaing se félicite de la libération des otages, mais ne dit jamais qui les a libérés. Il ne remercie même pas les autorités israéliennes d’avoir sauvé un avion Air France avec un équipage français et des passagers français. Lorsque les journalistes demandent au commandant Bacos comment il a su que le commando qui les sauvait était israélien, il a répondu « qui voulez-vous que ce fut d’autre ? ». Suite à cette déclaration, l’état-major français se fend d’un communiqué dans lequel il affirme que l’armée française aurait pu le faire. Toujours est-il qu’elle n’a rien fait. Il y avait tout simplement un véto politique. Il est clair que les forces françaises étaient capables d’agir, d’autant plus qu’elles ont des bases à Djibouti ou ailleurs en Afrique. La distance est moins longue qu’entre Tel-Aviv et l’Ouganda. (…) Il faut aussi y inclure les commentaires médiatiques et politiques de l’époque. Ainsi, le 5 juillet 1976, Libération titre de cette manière : « Championnat du terrorisme, Israël en tête », avec un éditorial de Serge July dont le titre est « Le temps des hypocrites ». Il condamne sans appel ce qu’il considère comme une euphorie occidentale néo-colonialiste où les Israéliens ont attaqué un pays africain. En revanche, il ne dit pas un mot sur le terrorisme. L’Humanité ne fait pas mieux en titrant « Israël attaque l’Ouganda ». La victime, c’est donc l’Ouganda, et non pas les passagers pris en otage. L’Humanité en rajoute une couche en sous-titrant que Tsahal emmène les otages en Israël, comme si c’était l’armée israélienne le preneur d’otages. On voit donc que toutes les dérives anti-israéliennes dont nous sommes les témoins aujourd’hui sont déjà présentes en 1976. Jacques Tarnero
Dans Le Monde, Christophe Ayad parle de l’enjuivement de la société, les nazis parlaient comme lui (…) vouloir dénoncer la soit-disant « israélisation de l’Occident » nous renvoie aux années noires lorsque les nazis dénonçaient l’ « enjuivement » de la culture. Revenons à l’article lui-même. L’idiotie partisane y atteint son paroxysme lorsque le signataire de celui-ci,  au lieu de vilipender ceux qui sèment la mort parmi leurs semblables, dénigre tout au long de son texte un pays où deux mille innocents ont déjà été sacrifiés sur l’autel du terrorisme. Et il est indigne de s’en prendre aux moyens de secours contre les risques terroristes qui foisonnent partout. Il n’est pas étonnant qu’un tel article voit le jour dans un pays qui est toujours en proie à ses anciens démons. Cette France qui se dépêche à appliquer la discrimination des produits provenant de Judée-Samarie rappelle l’empressement dont le régime collaborationniste français de Vichy, a fait preuve pour étiqueter la mort des juifs. David Frankel
La vague d’attentats qui a frappé la France et le monde depuis le 11 septembre 2001, et depuis le Bataclan à Paris, a fini par faire comprendre, avec retard, à de nombreux observateurs occidentaux, ce qu’Israël répète depuis de nombreuses années. Le destin de l’Etat juif, en proie au terrorisme islamiste depuis sa création, préfigure celui de l’ensemble du monde libre face aux organisations terroristes (et aux Etats qui les soutiennent et les financent), qu’elles soient motivées par l’idéologie du djihad global, comme l’Etat islamique et Al-Qaida ou par sa variante islamo-nationaliste, comme le Hamas et le Fatah. Ce constat simple et aujourd’hui banal, a même fini par gagner un journal comme Le Monde, qui publiait ainsi, vendredi 2 décembre, une chronique signée Christophe Ayad en dernière page, intitulée “L’israélisation du monde (occidental)”. Encore faut-il tirer de ce constat les bonnes conclusions… Ayad explique ainsi, en renvoyant à un autre article du Monde paru quelques jours auparavant, que “les services de sécurité israéliens ont déjoué, en avril 2016, le projet d’attaque au couteau d’une jeune fille palestinienne de Jénine, avant qu’elle ne tente de passer à l’acte. (…) En croisant des renseignements humains avec les données de ses connexions Internet, analysées par de puissants algorithmes qui surveillent en permanence la quasi-totalité de la population palestinienne (2 millions sur 2,9 millions) de Cisjordanie”. Cette information a de quoi impressionner et réjouir ceux qui se soucient de la sécurité d’Israël et de la France, face aux attentats menés par des “loups solitaires”, qui sont par définition imprévisibles et difficiles à contrer. Mais pour le chroniqueur du Monde, ce n’est pas une bonne nouvelle! Il déplore en effet “la cybersurveillance poussée à son point de sophistication le plus élevé et le refus de se poser la seule question qui vaille : pourquoi une jeune fille pas encore majeure en vient à projeter de poignarder des soldats ou des civils au lieu d’aller en classe?” Cette question est certes légitime, et on peut se demander quelle éducation les jeunes Palestiniens reçoivent de leurs enseignants et dans leurs manuels scolaires, et quelle incitation subissent-ils des réseaux sociaux, des programmes télévisés glorifiant les “martyrs” du djihad, et de l’environnement général où ils grandissent, pour en venir à de telles abominations? Mais la réponse de Christophe Ayad est tout autre : “Israël n’a cessé de sophistiquer son arsenal technologique et ses moyens militaires dans sa lutte sans fin “contre la terreur” [guillemets de C. Ayad], avec un succès réel mais en adoptant une approche essentialiste des Palestiniens, qui chercheraient par nature à tuer les juifs, et au détriment de toute possibilité de règlement politique”. S’il observait la réalité israélienne de manière objective et sans la regarder à travers le prisme de l’idéologie, le chroniqueur du Monde écrirait plutôt que ce sont les Arabes qui adoptent une “approche essentialiste” des Juifs, approche qui apparaît déjà dans le Coran, où les Juifs sont dépeints comme “maudits” et comme des “singes et des porcs”. Mais sa lecture biaisée des événements ne concerne pas seulement Israël : pour étayer sa thèse, Ayad écrit aussi que “l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques”. (…) L’israélisation de l’Occident est ainsi, sous ses plumes, une marque d’infamie : en adoptant les techniques et le mode de pensée israéliens pour combattre le terrorisme, l’Occident deviendrait selon lui aussi criticable que l’Etat juif dans sa lutte contre le terrorisme! Cette description très tendancieuse de la réalité, tant israélienne que française, montre que certains observateurs n’ont rien appris des derniers attentats meurtriers qui ont frappé la France. Aux yeux du chroniqueur du Monde, de manière quasiment pathologique, c’est toujours la France, Israël et l’Occident qui sont coupables, même quand des terroristes islamistes tuent hommes, femmes et enfants dans les rues de Paris ou de Jérusalem… Mais il faut reconnaître que cette “culpabilité originelle” de l’Occident n’a pas été inventée par Christophe Ayad et par Le Monde. En réalité, comme je le montre dans mon livre La trahison des clercs d’Israël, ce sont des intellectuels juifs qui ont, parmi les premiers, développé l’idée d’une faute consubstantielle à la naissance de l’Etat d’Israël (le “péché originel du sionisme”), en accusant systématiquement les Juifs et le sionisme d’être responsables de chaque vague de violence arabe en Eretz-Israël, depuis les années 1920 (avant la création de l’Etat et bien avant la soi-disant ‘occupation des territoires’…). Nous vivons aujourd’hui encore dans le paradigme trompeur de la culpabilité des Juifs et de l’Occident. Pierre Lurçat

Enjuivez, enjuivez, il en restera toujours quelque chose !

A l’heure où, Bataclan oblige, la France et l’Occident commencent à (re)découvrir …

Bien longtemps après le pasteur allemand Niemöller ou le psychologue américain Eric Hoffer…

Notre sort commun préfiguré dans celui d’Israël et des juifs

Devinez ce qu’en tire Le Monde …

Ou en tout cas l’un de ses « militants déguisés en journalistes » …

Qui oubliant commmodément et entre autres les murs marocain, koweitien, saoudien ou égyptien

Y dénonce une dangereuse « israélisation du monde occidental » !

Et alors qu’on vient justement d’en fêter le 40e anniversaire l’été dernier …

Qui fustigeait déjà à l’instar de Libération, l’Humanité ou l’ONU de Kurt Waldheim …

Un certain monde occidental suite au fameux raid israélien d’Entebbe qui devait libérer plus de 250 passagers et membres d’équipage d’un avion français …

 

L’israélisation du monde vue par Le Monde

Pierre Lurçat *

Vu de Jérusalem

02/12/2016

La vague d’attentats qui a frappé la France et le monde depuis le 11 septembre 2001, et depuis le Bataclan à Paris, a fini par faire comprendre, avec retard, à de nombreux observateurs occidentaux, ce qu’Israël répète depuis de nombreuses années. Le destin de l’Etat juif, en proie au terrorisme islamiste depuis sa création, préfigure celui de l’ensemble du monde libre face aux organisations terroristes (et aux Etats qui les soutiennent et les financent), qu’elles soient motivées par l’idéologie du djihad global, comme l’Etat islamique et Al-Qaida ou par sa variante islamo-nationaliste, comme le Hamas et le Fatah.

Ce constat simple et aujourd’hui banal, a même fini par gagner un journal comme Le Monde, qui publiait ainsi, vendredi 2 décembre, une chronique signée Christophe Ayad en dernière page, intitulée “L’israélisation du monde (occidental)”. Encore faut-il tirer de ce constat les bonnes conclusions… Ayad explique ainsi, en renvoyant à un autre article du Monde paru quelques jours auparavant, que “les services de sécurité israéliens ont déjoué, en avril 2016, le projet d’attaque au couteau d’une jeune fille palestinienne de Jénine, avant qu’elle ne tente de passer à l’acte. Une attaque fomentée dans le secret de sa chambre d’adolescente, sans prendre d’ordre ni avertir personne, un projet parfait de “loup solitaire”. Comment ? En croisant des renseignements humains avec les données de ses connexions Internet, analysées par de puissants algorithmes qui surveillent en permanence la quasi-totalité de la population palestinienne (2 millions sur 2,9 millions) de Cisjordanie”.

Cette information a de quoi impressionner et réjouir ceux qui se soucient de la sécurité d’Israël et de la France, face aux attentats menés par des “loups solitaires”, qui sont par définition imprévisibles et difficiles à contrer. Mais pour le chroniqueur du Monde, ce n’est pas une bonne nouvelle! Il déplore en effet “la cybersurveillance poussée à son point de sophistication le plus élevé et le refus de se poser la seule question qui vaille : pourquoi une jeune fille pas encore majeure en vient à projeter de poignarder des soldats ou des civils au lieu d’aller en classe?”

Cette question est certes légitime, et on peut se demander quelle éducation les jeunes Palestiniens reçoivent de leurs enseignants et dans leurs manuels scolaires, et quelle incitation subissent-ils des réseaux sociaux, des programmes télévisés glorifiant les “martyrs” du djihad, et de l’environnement général où ils grandissent, pour en venir à de telles abominations? Mais la réponse de Christophe Ayad est tout autre : “Israël n’a cessé de sophistiquer son arsenal technologique et ses moyens militaires dans sa lutte sans fin “contre la terreur” [guillemets de C. Ayad], avec un succès réel mais en adoptant une approche essentialiste des Palestiniens, qui chercheraient par nature à tuer les juifs, et au détriment de toute possibilité de règlement politique”.

S’il observait la réalité israélienne de manière objective et sans la regarder à travers le prisme de l’idéologie, le chroniqueur du Monde écrirait plutôt que ce sont les Arabes qui adoptent une “approche essentialiste” des Juifs, approche qui apparaît déjà dans le Coran, où les Juifs sont dépeints comme “maudits” et comme des “singes et des porcs”. Mais sa lecture biaisée des événements ne concerne pas seulement Israël : pour étayer sa thèse, Ayad écrit aussi que “l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques”.

“Si la droitisation extrême de la vie politique et de l’opinion israéliennes a pu donner l’illusion d’un isolement croissant de l’Etat juif par rapport au reste du monde occidental… c’est en réalité le contraire qui s’est passé : c’est l’Occident qui a rejoint Israël, devenu le symptôme avant-coureur de ce qui l’attend”, conclut Christophe Ayad. L’israélisation de l’Occident est ainsi, sous ses plumes, une marque d’infamie : en adoptant les techniques et le mode de pensée israéliens pour combattre le terrorisme, l’Occident deviendrait selon lui aussi criticable que l’Etat juif dans sa lutte contre le terrorisme!

Cette description très tendancieuse de la réalité, tant israélienne que française, montre que certains observateurs n’ont rien appris des derniers attentats meurtriers qui ont frappé la France. Aux yeux du chroniqueur du Monde, de manière quasiment pathologique, c’est toujours la France, Israël et l’Occident qui sont coupables, même quand des terroristes islamistes tuent hommes, femmes et enfants dans les rues de Paris ou de Jérusalem… Mais il faut reconnaître que cette “culpabilité originelle” de l’Occident n’a pas été inventée par Christophe Ayad et par Le Monde.

En réalité, comme je le montre dans mon livre La trahison des clercs d’Israël, ce sont des intellectuels juifs qui ont, parmi les premiers, développé l’idée d’une faute consubstantielle à la naissance de l’Etat d’Israël (le “péché originel du sionisme”), en accusant systématiquement les Juifs et le sionisme d’être responsables de chaque vague de violence arabe en Eretz-Israël, depuis les années 1920 (avant la création de l’Etat et bien avant la soi-disant ‘occupation des territoires’…). Nous vivons aujourd’hui encore dans le paradigme trompeur de la culpabilité des Juifs et de l’Occident.

* Avocat et écrivain, vient de publier La trahison des clercs d’Israël, La Maison d’édition

Voir aussi:

Dans Le Monde, Christophe Ayad parle de l’enjuivement de la société, les nazis parlaient comme lui
Davvid Frankel

Dreuz Info

3 décembre 2016
Je fais de l’esclandre à Christophe Ayad pour son article intitulé « L’israélisation du monde (occidental) » qui a paru dans le journal Le Monde en date du 1er décembre 2016.
La langue française est suffisamment riche pour ne pas devoir user d’un néologisme lourd et de mauvais aloi.

« L’importation des méthodes israéliennes » aurait fort bien convenu pour titrer un propos empreint de partialité. En outre, vouloir dénoncer la soit-disant « israélisation de l’Occident » nous renvoie aux années noires lorsque les nazis dénonçaient l’ « enjuivement » de la culture.

Revenons à l’article lui-même.

L’idiotie partisane y atteint son paroxysme lorsque le signataire de celui-ci,  au lieu de vilipender ceux qui sèment la mort parmi leurs semblables, dénigre tout au long de son texte un pays où deux mille innocents ont déjà été sacrifiés sur l’autel du terrorisme. Et il est indigne de s’en prendre aux moyens de secours contre les risques terroristes qui foisonnent partout.

Il n’est pas étonnant qu’un tel article voit le jour dans un pays qui est toujours en proie à ses anciens démons. Cette France qui se dépêche à appliquer la discrimination des produits provenant de Judée-Samarie rappelle l’empressement dont le régime collaborationniste français de Vichy, a fait preuve pour étiqueter la mort des juifs.

Voir également:

L’israélisation du monde (occidental)

Chronique. Tombant dans le piège tendu par Al-Qaida et l’EI, l’Occident s’est mis à ressembler à Israël : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques.

Christophe Ayad

Le Monde

01.12.2016

C’est une information passée inaperçue dans le tumulte politique qui gagne l’Europe après avoir submergé les Etats-Unis. Une nouvelle recouverte par le fracas de la guerre qui traverse le Proche-Orient, d’Alep à Mossoul. Et pourtant, cette histoire aurait pu faire la « une » car elle augure de l’avenir de l’Occident, pour le meilleur comme pour le pire.

Comme le révélait Le Monde dans l’édition du 28 novembre, les services de sécurité israéliens ont déjoué, en avril 2016, le projet d’attaque au couteau d’une jeune fille palestinienne de Jénine, avant qu’elle ne tente de passer à l’acte. Une attaque fomentée dans le secret de sa chambre d’adolescente, sans prendre d’ordre ni avertir personne, un projet parfait de « loup solitaire ».

Comment ? En croisant des renseignements humains avec les données de ses connexions Internet, analysées par de puissants algorithmes qui surveillent en permanence la quasi-totalité de la population palestinienne (2 millions sur un total de 2,9 millions de personnes) de Cisjordanie.

C’est une nouvelle considérable et dérisoire à la fois. La cyber-surveillance poussée à son point de sophistication le plus élevé et le refus de se poser la seule question qui vaille : pourquoi une jeune fille pas encore majeure en vient à projeter de poignarder des soldats ou des civils au lieu d’aller en classe ?

Israël a subi la violence terroriste bien avant qu’elle ne frappe les pays occidentaux et c’est pour cela qu’il faut observer de près ce qui s’est passé dans ce pays ces deux dernières décennies – depuis la vague d’attentats-suicides du Hamas au milieu des années 1990, qui a fait dérailler le processus de paix d’Oslo, déjà moribond après l’assassinat du premier ministre Yitzhak Rabin par un extrémiste juif.

Forteresse assiégée

Depuis, Israël n’a eu de cesse de sophistiquer son arsenal technologique et ses moyens militaires dans sa lutte sans fin « contre la terreur », avec un succès réel mais en adoptant une approche essentialiste des Palestiniens, qui chercheraient par nature à tuer les juifs, et au détriment de toute possibilité de règlement politique.

Cette logique a entraîné un cercle vicieux, où chaque nouvelle mesure antiterroriste (le mur de séparation, les checkpoints, les permis de travail, etc.) a suscité la naissance de nouvelles formes de violence. Jusqu’aux plus rudimentaires comme les attaques au couteau.

Dopée par une opinion toujours plus sensible aux questions sécuritaires, la classe politique israélienne a fini par assimiler toute forme de violence à du terrorisme, prônant son éradication totale, dans une quête sans fin du « zéro faille ». Et c’est comme cela que les services de renseignement se retrouvent à surveiller les ordinateurs des adolescentes palestiniennes sans que jamais les politiques réfléchissent à une solution durable.

Tombant dans le piège tendu par Al-Qaida et l’organisation Etat islamique, comme naguère Israël est tombé dans celui du Hamas, l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques.

Mais il n’y a pas que dans le domaine de la sécurité qu’Israël a été précurseur : ce fut aussi le cas sur la question des migrants. Dès 2011, le pays a commencé à élever un mur électronique à sa frontière avec l’Egypte pour empêcher les « infiltrations » de candidats africains à l’asile. De fait, Israël est devenu « l’avant-poste » d’un monde occidental qui se voit comme cerné, faible et en décadence face à un monde devenu hostile.

L’éloge de la force plutôt que la force du droit

Le débat sur le « grand remplacement », en vogue dans les milieux de droite et d’extrême droite en Europe mais aussi aux Etats-Unis (où les Latinos tiennent le rôle des communautés arabo-musulmanes de ce côté-ci de l’Atlantique), fait écho à celui sur le caractère juif et/ou démocratique d’Israël : pour protéger la nature juive d’Israël, il faudrait renoncer à certains de ses aspects démocratiques, sous peine d’être englouti sous la masse des Palestiniens, qu’ils soient citoyens ou maintenus sous le joug de l’occupation.

Autrement traduit : pour préserver notre modèle, il faudrait renoncer à certains des aspects de l’Etat de droit, un débat qui a des échos en France depuis l’instauration de l’état d’urgence. L’éloge de la force plutôt que la force du droit. D’où les innombrables attaques contre la Cour suprême et les ONG accusées de « trahison » des intérêts nationaux.

C’est aussi au nom de cette prétendue menace démographique et culturelle, que le discours de la majorité « blanche » s’est tribalisé. La question identitaire a fini par se substituer à toutes les autres, pourtant bien réelles, à commencer par celle des inégalités sociales.

Se souvient-on du « printemps israélien », qui vit des centaines de milliers de manifestants se mobiliser pendant tout l’été 2011 contre la cherté des logements, et plus généralement contre l’érosion méthodique de l’Etat-providence depuis le milieu des années 1990 ? Pourtant, les élections de 2015 ont débouché sur le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël.

Boucs émissaires

Ici comme là-bas, les pauvres votent non pas pour ceux qui défendent leurs intérêts mais pour ceux qui leur jettent en pâture des boucs émissaires. Outre les Palestiniens, les anciennes élites – essentiellement ashkénazes –, qui ont fondé le pays et ses valeurs, sont devenues l’objet d’un fort ressentiment des « dominés » de la société israélienne : les séfarades, les immigrants russes, etc.

Si la droitisation extrême de la vie politique et de l’opinion israélienne a pu donner l’illusion, ces dernières années, d’un isolement croissant de l’Etat juif par rapport au reste du monde occidental, fatigué de l’impossible règlement du conflit israélo-palestinien, c’est, en réalité, le contraire qui s’est passé : c’est l’Occident qui a rejoint Israël, devenu le symptôme avant-coureur de ce qui l’attend.

C’est pour cela, que malgré son caractère de « basse intensité » et son passage au second plan face au chaos régional, il est essentiel de régler le conflit israélo-palestinien d’une manière réaliste et rationnelle.

Voir encore:

Jacques Tarnero

28 Juin 2016

« La liberté a un prix » / « Freedom is not free »
Un film racontant cette fabuleuse histoire est en cours de réalisation. Il a besoin de votre aide tant rapporter un exploit d’Israël ayant sauvé les passagers français d’un avion français, un équipage français, est quelque chose qui ne peut pas être dit ni montré selon les canons du politiquement correct.
Pourquoi faut-il se souvenir d’Entebbe 1976 ?
Il y a quarante ans, le 27 juin 1976 le vol 139 de la compagnie Air France était détourné de son trajet initial Tel Aviv – Paris vers l’aérodrome d’Entebbe en Ouganda par un commando terroriste allemand et palestinien. Une semaine plus tard dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, par un raid éclair, l’armée israélienne parvenait à libérer les otages et à les ramener libres en Israël.
Pourquoi faut-il se souvenir d’Entebbe ? Pourquoi faut il se souvenir de cette action terroriste en particulier et pourquoi faut-il se souvenir de l’opération menée par Israël ?
Parce que les germes du temps présent sont inscrits dans cette semaine de l’été 1976. Tout y est : la violence terroriste, l’alibi progressiste de cette violence, les gestes antisémites des terroristes, le courage de l’équipage, la solitude d’Israël, la couardise des nations, l’audace de l’attaque israélienne, les réactions à cette intervention, les masques de la bonne conscience .
Cette affaire d’Entebbe est exemplaire à plus d’un titre : bien sur il y a l’exploit militaire mais il y a surtout les autres parts réelles et symboliques de cette pièce : les terroristes : qui sont-ils, comment se sont-ils comportés ? Qui étaient les otages et en particulier l’équipage de l’Airbus et son commandant ? Qui composait la force israélienne ? Comment fut imaginée son action ? Quelle en était la part de risque ? Quelles furent les réactions du pouvoir en France ? Quels furent les discours des décideurs politiques, des diplomates ? Quels furent les réactions politiques et les commentaires médiatiques ?
Cette histoire représente à la fois une action politique, militaire et symbolique. Parce que ce fait d’armes mérite qu’on lui rende hommage d’une part pour son audace et sa performance et qu’il va rester comme l’une des actions les plus audacieuses de l’histoire militaire, d’autre part pour la leçon de choses qu’il donne. Cette action est emblématique d’un combat pour la liberté contre le fascisme contemporain fût-il grimé des oripeaux de la Révolution au service des déshérités.
Ceux qui ont la chance de vivre libres doivent rendre hommage à ceux qui ont permis cette liberté. L’hommage des vivants aux Résistants du Vercors, aux Justes des nations, à ceux qui sont venus de l’autre côté de l’Atlantique pour mourir à Omaha beach, au commando d’Entebbe qui est venu libérer des innocents retenus en otage. C’est une même histoire qui se raconte. Celle ci regroupe dans un temps réduit, limité, précis, tous les ingrédients des blessures, des impostures, des crimes du XXe siècle.
Quels sont les acteurs ?
Premier acteur: le commando terroriste 
Il est composé de deux palestiniens et  deux allemands de l’ex Fraction Armée Rouge. Que des palestiniens du FPLP détournent un avion civil, il n’y avait pas à l’époque matière à étonnement. Dès 1970, la piraterie aérienne et la prise d’otage révolutionnaire constituaient les moyens d’une fin mal définie. La cause palestinienne avait muté en mythe magnétique, attirant à elle tous les désirants planétaires de la radicalité anti impérialiste. Depuis le spectaculaire attentat aux jeux olympiques de Münich en 1972, la Palestine a envahi l’espace de l’imaginaire révolutionnaire. Après l’Algérie, Cuba et le Viet Nam, la cause des causes porte le keffieh. Arafat s’était substitué à Guevara pour une longue marche sanglante vers l’avenir radieux des masses opprimées. Peu importait si le massacre en 1974 d’écoliers israéliens à Maalot en était le prix : la fin justifiait des moyens auxquels les intellectuels gauchistes de l’époque trouvaient des vertus émancipatrices. Par la seule magie de son sigle, le FDPLP (qui avait donc ajouté le D de démocratique à ses initiales) trouvait grâce aux yeux de la LCR… C’est donc nourri de ces idéaux que ce commando transnational va opérer. La nouveauté réside dans le partage des tâches à l’intérieur même du groupe.
Ce sont les allemands et les palestiniens qui vont trier dans les passagers otages à Entebbe. Ils vont séparer ceux qui sont juifs ou israéliens de ceux qui ne le sont pas. Wilfried Boese et sa complice Brigitte Kuhlmann sont issus de la génération allemande née après guerre. Ils sont ou prétendent être anti fascistes, anti-impérialistes, anti nazis, mais ils vont symboliquement reconduire les gestes du nazisme, de la génération d’avant, de cette dont ils se veulent la rédemption. Pour de vieux otages juifs à l’avant bras tatoué, c’est un cauchemar déjà vécu qui refait surface.  La rédemption du geste nazi par son décalque révolutionnaire. C’est tout le rapport dévoyé à la mémoire du fascisme de la génération européenne de l’après guerre qui s’exprime dans ce geste. Les gauchismes nés de L’Allemagne post nazie, du Japon post impérial ou de l’Italie post fasciste prétendent se libérer de la faute de la génération d’avant, de leurs parents. Dans une dialectique folle, ils reconduisent symboliquement les mêmes gestes : ils vont tous avoir pour cible privilégiée les victimes du fascisme et du nazisme : à Lod, en 1972, à l’aérodrome de Tel Aviv, ce sont des japonais de l’Armée Rouge Japonaise qui ont massacré au nom de la Révolution mondiale. Ce sont groupes radicaux italiens qui vont prêter main forte à un attentat contre la grande synagogue de Rome. Le choix de l’Ouganda d’Amin Dada comme lieu refuge pour le commando palestino allemand ajoute à la confusion symbolique. Amin Dada est devenu un admirateur d’Hitler après avoir été un allié d’Israël. Sa brutalité inculte, son délire n’ont pas dégouté les gauchistes ni les commentateurs de l’époque déplorant qu’Israël soit intervenu comme un colonialiste humiliant un pauvre africain noir.
Ce renversement symbolique de la cible ne fait pas problème pur ces antifascistes. S’attaquer aux cibles juives labélisées « sionistes » est un geste progressiste dans les années 70, puisque les palestiniens sont considérés comme les nouveaux juifs et que le nouvel Hitler se nomme Israël. On pourra mesurer le succès ultérieur de cette mise en équivalence née dans les années rouges. Cette équation se déclinera avec le succès que l’on sait jusque dans les années 2000, de l’intifada  à la conférence de l’ONU de Durban (Aout 2001). C’est au nom des droits de l’homme et de l’antiracisme que s’exprime la haine des juifs. Elle trouve désormais sa légitimation au nom de l’émancipation du genre humain.
Deuxième acteur et élément de réflexion : les otages avec en particulier l’équipage de l’Airbus 
Le commandant Michel Bacos, ancien des Forces Françaises Libres fait le choix de rester avec ses passagers, avec les passagers juifs restants que le commando a gardés. Tout l’équipage partage la décision de son commandant qui veillera jusqu’au bout à ce que tous les otages soient bien embarqués dans les avions israéliens venus les secourir. Au cours de l’assaut israélien, Michel Bacos criera à ses passagers : « couchez vous, ce sont les israéliens … » Plus tard un journaliste lui posera cette question « comment aviez vous deviné que c’étaient des soldats israéliens ? » et Michel Bacos  eut cette réponse : « mais qui d’autre vouliez vous que ce soit ?» Cette parole lui sera reprochée. Cet équipage et son commandant sont des Justes au même titre que ces Justes qui ont protégé de leur vie des Juifs traqués sous Vichy ou le nazisme.
Tous les otages ne furent pas saufs. Trois furent tués pendant l’assaut et une otage âgée,  madame Dora Bloch, transportée à l’hopital de Kampala, fut assassinée par les sbires d’Amin Dada en vengeance de l’action israélienne.
Troisième acteur : la riposte israélienne
La décision de mener une action de force pour libérer les otages reste un choix politique d’une audace inouïe et d’une incroyable prise de risques. La complexité tactique de l’opération (la distance à parcourir, les risques sur place en Ouganda) donnait à sa réussite un pourcentage de chance réussite réduit. Cette action est exemplaire à plusieurs titres : celui du courage, celui de la solitude, celui de la solidarité d’un peuple qui ne compte que sur lui même. Loin d’être une action réduite à sa performance technique, l’opération est exemplaire pour les conditions psychologiques et culturelles qui lui ont permis de réussir. Elle est aussi humiliante pour ceux  qui ont fait la fine bouche sur son succès : la diplomatie française.
L’action militaire israélienne n’aura coûté qu’une seule vie aux soldats de Tsahal. Le chef opérationnel de la force d’intervention, le colonel Yonathan Netanyahu,  soldat d’élite et philosophe à la fois. La lecture de ses lettres met en valeur cette qualité particulière de ces hommes nourris d’un idéal spirituel éloigné de tout fanatisme. Cet intellectuel puise sa force dans autre chose que la force. On est bien loin des clichés militaristes. Jonathan Netanyahu est autant un soldat de l’An deux qu’un cadet de Saumur ou qu’un de ceux de l’Affiche rouge.
Mais qui peut entendre cela aujourd’hui ?
Quatrième acteur et élément : l’action diplomatique
Depuis novembre 1967, « la politique arabe de la France » constitue l’axiome de sa diplomatie proche orientale de la France. Même si les nostalgies de grandeur visant à damer le pion aux « anglo-saxons », même si les rêves d’un Levant chrétien inspiré par la France, se sont quelque peu estompés, une autre politique s’est bien mise en place : le temps du « Israël, notre ami, notre allié » (de De Gaulle à Ben Gourion) est bien révolu. Cette réorientation stratégique, apparaît désormais solidement établie au nom de ce qui est estimé correspondre à l’intérêt du pays : besoins en pétrole et des débouchés économiques de l’hexagone. Trois ans après le choc pétrolier de la guerre du Kippour (1973) il ne s’agit surtout pas d’alourdir la facture par des gestes inconsidérés. Ceci pourrait être éventuellement entendu au nom d’une politique à courte vue des intérêts supposés supérieurs du pays.
La diplomatie a besoin d’un supplément d’âme  qui va trouver chez Charles de Foucauld, Benoit Meschin ou Louis Massignon la source de son inspiration. Le Quai d’Orsay est en manque d’un Lawrence d’Arabie au petit pied. Des liens avec le futur « ami Saddam » se nouent. De Pompidou à Giscard  l’empathie pour Israël n’est pas de mise. Le Quai d’Orsay ne trouve rien à redire au boycott arabe et au mieux la France s’abstient pour le vote à nombre de résolutions d’organisations internationales de l’ONU, de l’UNESCO, de l’OMS accablant Israël, au pire elle y consent. Dans l’affaire d’Entebbe quelle va être l’attitude de la France ? Il s’agit d’un avion français, d’un équipage français, pour partie de passagers français. Le président de la République est Valery Giscard d’Estang, son Premier Ministre est Jacques Chirac, son Ministre des Affaires étrangères, Jean Sauvagnargues et son Ministre de l’Intérieur Michel Poniatovsky.
Si l’Elysée se réjouit de la libération des otages (sans nommer leur libérateur ni même le remercier) la seule réaction où le nom « Israël » est prononcé vient du Quai d’Orsay qui regrette que la souveraineté de l’Ouganda ait été malmenée par Israël. On ne peut que rétrospectivement prendre la mesure de ce passé diplomatique, de ces choix politiques hasardeux (équipement nucléaire de l’Irak de Saddam Hussein) et dans cette caution donnée à la part régressive du monde arabe sous couvert d’équilibre et de justice pour les faibles et les pauvres.
Le dernier élément de cette histoire réside dans son impact et les réactions qu’elle a provoquées
En Israël c’est l’euphorie d’un pays tout entier à la joie d’avoir vaincu l’adversité. Ce qui semblait impossible a été rendu possible grâce à l’audace et au courage. Israël est resté fidèle à sa formule matricielle : « ein brera », « il n’y a pas le choix ». En Occident, les réactions dépendent des inclinations idéologiques de chacun. Le 5 juillet Libération affiche ce titre : « championnat du terrorisme, Israël en tête » avec un éditorial de Serge July  dénonçant « le temps des hypocrites » et l’action néo coloniale contre un Ouganda souverain. L’Humanité n’est pas en reste et dénonce « l’attaque Israélienne contre l’Ouganda »…
L’histoire continue… mais la libération des otages à  Entebbe demeure comme un exemple d’énergie et de courage pour les nations, pour celles qui ne démissionnent pas devant le crime. Le 4 juillet 1976 le courage avait un nom : celui d’Israël. La liberté a un prix. Freedom is not free !
Un film racontant cette fabuleuse histoire est en cours de réalisation. Il a besoin de votre aide tant rapporter un exploit d’Israël ayant sauvé les passagers français d’un avion français, un équipage français, est quelque chose qui ne peut pas être dit ni montré selon les canons du politiquement correct.
 

Voir de même:

40 ans de l’Opération Yonathan
Jacques Tarnero : « A Entebbe, les salauds sont les terroristes, allemands et palestiniens »
Sandrine Szwarc

Actualité juive

30/06/2016

Si la liberté a un prix, l’exploit d’Israël à Entebbe en porte le témoignage. Pour le marteler, le sociologue, essayiste et documentariste Jacques Tarnero prépare un documentaire, “La liberté a un prix/Freedom is not free” dont la sortie est prévue au printemps 2017.

Actualité Juive : Vous travaillez actuellement sur un film documentaire concernant le raid d’Entebbe dont on célèbre ces jours-ci le quarantième anniversaire. Quelle en est l’origine ?
Jacques Tarnero : L’idée de faire un film sur Entebbe est née du souvenir que j’avais de cette affaire. Pour moi, il représente la plus parfaite illustration du code éthique de Tsahal à propos de la « pureté des armes ». Je ne connais pas beaucoup d’opérations militaires incarnant à ce point la lutte du Bien contre le Mal. Je pourrais intituler ce film : « Les salauds, les héros et les corniauds », tant chacun est dans un rôle exemplaire. Les salauds sont les terroristes, allemands et palestiniens. Ils vont trier entre les passagers, séparant les otages israéliens et juifs des autres otages non-juifs. Et ce sont des Allemands d’extrême gauche qui vont participer à ce tri ! Au nom de la libération des peuples et de la justice pour les Palestiniens ! Le salaud grotesque c’est Idi Amin Dada qui va héberger et protéger les terroristes. Les héros, ce sont les passagers otages, dignes jusqu’au bout. Ce sont les membres de l’équipage de l’Airbus d’Air France qui ont refusé d’abandonner leurs passagers. Ils méritent d’être nommés Justes parmi les Nations car ils ont protégé des Juifs au péril de leurs propres vies. Le commandant de l’Airbus d’Air France, Michel Bacos est un héros en Israël. Il a eu cette parole fabuleuse quand la télévision lui a demandé : « Comment saviez-vous que c’étaient les Israéliens qui venaient vous libérer ? ». Il a répondu : « Et qui d’autre vouliez-vous que cela fût ? ». Cette réponse a déplu à certains dans les hautes sphères françaises à l’époque. Les héros, ce sont enfin les soldats de ce commando de l’armée israélienne qui ont accompli cet invraisemblable exploit. Il faut nommer deux d’entre eux : Yoni Netanyahou qui commandait la force d’assaut et qui a été le seul soldat de Tsahal tué, et Sorin Hershko, qui est resté paralysé à vie après qu’une balle lui a sectionné la moelle épinière. Les pilotes des avions Hercule, sur qui reposait toute la réussite de cet exploit, sont aussi des personnages fabuleux de modestie. Ils ont réussi quelque chose d’invraisemblable. Les corniauds enfin ce sont tous ceux qui ont fait la fine bouche devant cet exploit : il s’agit d’un avion français, de passagers français, d’un équipage français et c’est Israël qui vient les libérer. La France de Giscard d’Estaing dit merci du bout des lèvres. La presse de gauche fait la grimace ou condamne : Libération titre « championnat du terrorisme, Israël en tête » !

A.J.: Le commando terroriste est-il une illustration du nazislamisme ?
J.T. : Le commando se définissait comme révolutionnaire d’extrême gauche. Il anticipe la conférence de l’ONU à Durban contre le racisme, en 2001 où l’on a crié des « mort aux Juifs » au nom de l’antiracisme. L’identité politique de ce commando est au contraire exemplaire du renversement du sens des mots. Il prétend agir pour la justice et il va trier entre les passagers, séparant juifs et non-juifs. Ainsi il va reconduire – au nom de la liberté – les gestes des bourreaux nazis de la génération d’avant. Personne n’a voulu comprendre à l’époque ce que symboliquement cela signifiait de la part de jeunes Allemands : la rédemption du crime nazi par le crime révolutionnaire. Joshka Fischer, gauchiste à l’époque (il deviendra ministre des Affaires étrangères du chancelier Shroeder) va dénoncer cette action. Elle constituera pour lui un révélateur et sa rupture avec l’extrême gauche. Ce n’est qu’au début des années 80, après la montée en puissance de l’islamisme que le gauchisme va virer à l’islamogauchisme.

« Le Quai d’Orsay est resté fidèle à lui-même »
A.J.: On ne le répète pas assez : en quoi l’action militaire israélienne pour libérer les otages a été exemplaire ?
J.T. : L’action militaire israélienne est exemplaire à plusieurs titres. D’abord la prise de décision. Celui qui décide est seul, et le Premier ministre Yitzhak Rabin a décidé. Tout repose sur lui, comme sur le pilote du premier avion Hercules qui va poser son appareil dans le noir. Cela aurait pu tourner à la catastrophe tant les risques étaient grands. Il a fallu une audace inouïe pour imaginer une telle opération. Il faut se remettre dans le contexte psychologique de l’époque. Il y a eu le traumatisme de la guerre de Kippour, celui de l’attentat des jeux olympiques de Munich, de Maalot, de Lod. Israël n’arrête pas de porter le deuil, et brusquement avec une énergie fabuleuse Israël renverse le cours de l’histoire et ceci grâce à une poignée d’hommes. Israël a utilisé la force armée pour combattre un terrorisme ignoble à tous points de vue qui avait pris des civils innocents en otage. Que l’Humanité et Libération à l’époque, aient condamné l’action d’Israël est aussi exemplaire de cette ignominie idéologique dont la gauche de la gauche est souvent friande.

A.J.: Et paradoxalement, le Quai d’Orsay a condamné les victimes. Entebbe serait-il une étape dans « la politique arabe de la France » ?
J.T. : Le Quai d’Orsay est resté fidèle à lui-même, c’est-à-dire un organe réactionnaire, perpétuant une vision absurde du rôle de la France au Proche-Orient, faisant les yeux doux à ses ennemis, alors qu’elle se prétend protectrice des Chrétiens d’Orient… Les locataires du Quai d’Orsay se rêvent en Lawrence d’Arabie illusoires. A l’époque le Quai qui est piloté par Jean Sauvagnargues, va déplorer l’action contre l’Ouganda tout en se félicitant de la libération des otages sans nommer leurs libérateurs. La « politique arabe » de Giscard d’Estaing a sans doute été la plus antipathique pour Israël, suivie de peu par celle de Chirac.

A.J.: En conclusion, quelles sont les leçons à retenir d’Entebbe que vous traiterez dans votre long-métrage ?
J.T. : Les leçons d’Entebbe se résument en une formule qui est celle gravée dans le monument à Washington, honorant les marines américains tombés à Omaha Beach : « freedom is not free ! », « la liberté n’est pas gratuite ». Elle a un prix, celui du courage, et Israël, cette nuit du 3 au 4 juillet 1976 était l’incarnation du courage, c’est-à-dire tout ce qui fait défaut à l’Europe aujourd’hui.

Voir enfin:
Raid sur EntebbeJacques Tarnero : « Un interdit de dire ou de montrer quelque chose de bien d’Israël »
Lundi 4 juillet 2016 par Nicolas ZomersztajnIl y a 40 ans, dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, un commando de l’armée israélienne lance un raid sur Entebbe (Ouganda) pour libérer les 103 passagers juifs du vol Air France Tel-Aviv-Paris détourné par un groupe de terroristes allemand et palestinien.Le film La liberté a un prix* du documentariste français Jacques Tarnero raconte cette histoire. Rencontre avec Jacques Tarnero qui revient sur cette opération exceptionnelle de Tsahal, ainsi que sur les difficultés d’en parler aujourd’hui en France.L’opération Entebbe menée par Tsahal fut-elle une véritable prouesse ?Jacques Tarnero : Bien-sûr. Les risques pris pour mener cette opération de sauvetage étaient immenses. Tout reposait sur les épaules du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et sur celles de l’officier pilote qui pose le premier Hercule C-130 à Entebbe dans le noir le plus total. Il aurait suffi qu’un pneu de l’avion éclate ou que les Ougandais ouvrent le feu pour que cela tourne au désastre. Il y a eu de la part des Israéliens une prise de risque d’une audace stupéfiante. Non seulement cette opération est une performance technique, mais il s’agit aussi d’une action éthique. Le chef du commando, Yoni Netanyahou, appartient à une classe de soldats israéliens pour qui la « pureté des armes » n’était pas un vain mot. J’ajoute qu’il faut aussi rendre hommage à l’équipage Air France du commandant Michel Bacos, pilote de l’Airbus A300 d’Air France reliant Tel-Aviv à Paris. L’attitude de cet équipage est digne de celui des Justes parmi les nations pendant la Guerre : ils ont protégé des Juifs menacés de mort au péril de leur propre vie, alors que les terroristes leur avaient proposé de partir.Qu’apporte votre film sur cet événement déjà largement documenté ? J.T. : Ce film va d’abord rappeler cette histoire aujourd’hui largement et délibérément occultée tant le politiquement correct ne peut admettre une image positive d’Israël. Les témoignages que j’ai recueillis posent des questions qui n’ont pas été traitées jusqu’à présent : que viennent faire deux terroristes allemands de l’extrême gauche, de l’ex-Fraction Armée Rouge (Brigitte Kuhlmann et Wilfried Böse), dans ce détournement d’avion ? On peut légitimement se poser la question. Bien qu’ils soient mercenarisés par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ils pensent être du bon côté en combattant pour la cause palestinienne. Ils vont néanmoins participer à ce geste symbolique de la sélection en séparant les passagers juifs des non-juifs. Les preneurs d’otages ont ainsi libéré dans un premier temps les passagers non israéliens, ne gardant que les Juifs, qui étaient menacés de mort au cas où Israël n’accéderait pas à leur demande. Une otage juive parlant allemand a demandé à Wilfried Böse s’il avait conscience de ce qu’il était en train de faire. Il ne lui a pas répondu. C’est ce geste qui conduira Joschka Fischer (ministre allemand des Affaires étrangères de 1998 à 2005 et militant gauchiste dans les années 1970) à rompre brutalement avec le gauchisme. Au nom de la Révolution, il estime que ses camarades reproduisent les gestes que leurs parents ont accomplis au nom du nazisme.Après la libération des otages par le comando de Tsahal, c’est pourtant Israël qui est condamné par la Communauté internationale. Comment l’expliquez-vous ? J.T. : Tout le monde juge le dictateur ougandais Amin Dada grotesque. Alors que le détournement sur Entebbe est le commencement du déclin d’Amin Dada dont on savait à l’époque qu’il était le bourreau de son peuple. Près de 300.000 personnes ont été tuées sous son règne. Or, après le raid israélien, le Secrétaire général de l’ONU, l’ancien SA Kurt Waldheim, condamne Israël en l’accusant de violer la souveraineté ougandaise. Ce qui est pitoyable, mais pas étonnant de la part d’un ancien nazi.La diplomatie française n’est pas très brillante non plus… J.T. : Le Quai d’Orsay regrette qu’il y ait eu des dégâts. Le président Giscard d’Estaing se félicite de la libération des otages, mais ne dit jamais qui les a libérés. Il ne remercie même pas les autorités israéliennes d’avoir sauvé un avion Air France avec un équipage français et des passagers français. Lorsque les journalistes demandent au commandant Bacos comment il a su que le commando qui les sauvait était israélien, il a répondu « qui voulez-vous que ce fut d’autre ? ». Suite à cette déclaration, l’état-major français se fend d’un communiqué dans lequel il affirme que l’armée française aurait pu le faire. Toujours est-il qu’elle n’a rien fait. Il y avait tout simplement un véto politique. Il est clair que les forces françaises étaient capables d’agir, d’autant plus qu’elles ont des bases à Djibouti ou ailleurs en Afrique. La distance est moins longue qu’entre Tel-Aviv et l’Ouganda.N’avez-vous pas le sentiment qu’il y avait déjà un climat hostile à Israël qui préfigure ce que nous voyons aujourd’hui en termes d’antisionisme et d’antisémitisme ? J.T. : Il y a un début et une fin. Cela commence le 27 juin et cela finit quelques jours plus tard le 4 juillet 1976. Il y a une unité de temps et tous les acteurs sont dans leur rôle respectif. J’aurais pu intituler ce film Les salauds, les héros et les corniauds. Les terroristes sont les salauds, l’équipage du vol Air France et les soldats israéliens les héros, et les diplomates sont les corniauds. Mais pas les seuls parmi les corniauds. Il faut aussi y inclure les commentaires médiatiques et politiques de l’époque. Ainsi, le 5 juillet 1976, Libération titre de cette manière : « Championnat du terrorisme, Israël en tête », avec un éditorial de Serge July dont le titre est « Le temps des hypocrites ». Il condamne sans appel ce qu’il considère comme une euphorie occidentale néo-colonialiste où les Israéliens ont attaqué un pays africain. En revanche, il ne dit pas un mot sur le terrorisme. L’Humanité ne fait pas mieux en titrant « Israël attaque l’Ouganda ». La victime, c’est donc l’Ouganda, et non pas les passagers pris en otage. L’Humanité en rajoute une couche en sous-titrant que Tsahal emmène les otages en Israël, comme si c’était l’armée israélienne le preneur d’otages. On voit donc que toutes les dérives anti-israéliennes dont nous sommes les témoins aujourd’hui sont déjà présentes en 1976.Avez-vous déjà un distributeur ? J.T. : Non. J’ai stocké des images, fait des interviews, mais le film n’est pas terminé, car il faut le pré-achat d’une chaine pour disposer des moyens financiers. Faire un film qui n’a d’autre prétention que de rappeler qu’Israël est allé sauver des passagers français d’un avion français oblige à faire des contorsions devant des comités de sélection pour intéresser des chaines de télévision françaises. La production est en train de prospecter, mais c’est très compliqué. Sortir un film sur une action héroïque et positive d’Israël qui sauve un avion, des passagers et un équipage français, ça ne peut pas être dit en France. Je suis confronté à une sorte de non-dit lorsqu’il s’agit de m’expliquer pourquoi on ne veut pas de ce film. Ainsi, j’avais introduit une demande de subvention auprès d’une région française. Elle m’a été refusée. J’ai donc demandé pourquoi. Il m’a été répondu que mon documentaire est « manichéen », de « parti-pris » et « unilatéral ». On me reproche de ne pas donner la parole à l’autre ! Mais qui est l’autre ? C’est hallucinant. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le point de vue démocratique. Comme s’il fallait donner la parole aux SS lorsqu’on parle de la Shoah. Le rapporteur de la commission de sélection des films m’a reproché de ne pas replacer les choses dans leur contexte. Mais je parle de Lod, Kiryat Shmona et de Maalot… Voilà le contexte. Et je sens aussi que les télévisions ont peur de diffuser un documentaire qui risque, dans leur esprit, de paraître comme islamophobe. Comme s’il y avait un interdit intériorisé de dire ou de montrer quelque chose de bien d’Israël et de démonter l’imposture du gauchisme. Si j’avais parlé de la Shoah, de Vichy ou du Front national, on m’aurait accueilli avec un tapis rouge.*Cliquez sur La liberté a un prix pour consulter la bande annonce du film de Jacques Tarnero

Voir par ailleurs (par un conspirationniste patenté du Réseau Voltaire)

Le Monde trouve de nouveaux mensonges et en recycle d’anciens
Louis Denghien

Info Syrie

20 juin 2012

Christophe Ayad, une figure de la désinformation bobo-atlantiste (parmi un certain nombre d’autres)
Le quotidien français naguère de « référence« , Le Monde, publie dans la rubrique Idées de son site un article récapitulatif de la situation actuelle en Syrie. C’est intéressant bien que largement mensonger, ou d’ailleurs intéressant car largement mensonger. En effet, l’auteur, Christophe Ayad, du service international du quotidien, donne à peu près l’état de l’analyse désormais faite par nos élites franco-mondialisée, au terme de 16 mois d’échecs diplomatique de l’Occident atlantisé, sur la crise.

S’abritant derrière une toute récente déclaration d’Hervé Ladsous, en charge à l’ONU des opérations de maintien de la paix, Ayad officialise en quelque sorte la guerre civile syrienne. Plus exactement, précise l’homme du Monde, il y a trois guerres civiles en une.

– d’abord une « guerre (du pouvoir) contre les civils« , ayant débuté en mars 2011. C’est l’occasion pour Christophe Ayad de recycler un des clichés favoris de la propagande anti-Bachar, auquel les journalistes français ne renoncent pas volontiers : celui des « manifestants à mains nues« . Ce cliché a certes correspondu à un réalité dans les tous premiers temps de la révolte, à Deraa notamment. Mais très vite, les manifestants ont été doublés par des extrémistes armés qui ont enclenché le cycle provocation-répression. Ayad dit que cette « révolution pacifique » se poursuit aujourd’hui dans tout le pays, et que la persistance de ces manifestations infirme la thèse du pouvoir syrien selon laquelle il n’est confronté qu’à des bandes armées. Car, écrit Ayad, « les Syriens ne veulent pas renoncer à ce qui fait l’essence même de leur révolution ».

Tiens donc ! On touche là à  ce que nous avons déjà appelé le « stalinisme bobo » : des milliers, voire, dans le meilleur des cas, des dizaines de milliers de manifestants aux slogans fleurant bon le sectarisme religieux – dont un grand nombre d’enfants en bas âge – représentent donc LES Syriens dans leur ensemble, qui sont tout de même la bagatelle de 23 millions ! Et dont des centaines  milliers ont à plusieurs reprises manifesté dans plusieurs villes leur soutien au gouvernement, sans que Christophe Ayad leur accorde la plus fugitive allusion. Si l’on est indulgent, on dira que le plumitif du Monde est tellement auto-formaté dan sa bonne conscience « citoyenne »qu’il ne se rend plus compte de ce qu’il écrit, ni des réalités du rapport de forces politique en Syrie !

-la deuxième guerre civile, il fallait bien qu’Ayad y vienne assez vite, c’est le « conflit inégal mais meurtrier » qui oppose depuis la fin de l’été l’ASL  à l’armée régulière. Réactivant le mythe biblique du David rebelle contre le Goliath gouvernemental, Christophe Ayad explique que si l’ASL n’est pas de taille à battre l’armée de Bachar, sa tactique de guérilla, son implantation et les armes « qu’elle commence à recevoir » inquiètent de plus en plus le régime…

Non, M. Ayed, l’ASL inquiète surtout – pour reprendre votre rhétorique – LES Syriens, qui perçoivent dans leur grande majorité les bandes rebelles comme des terroristes qui multiplient les attentats contre les personnes et les destructions des biens et infrastructures, et prennent des populations entières en otage comme à Homs. Quant aux (ex)actions des bandes armées elles ont commencé plus tôt que vous ne le dites : c’est le 6 juin 2011 qu’une troupe d’islamistes armés, qui ne se recommandaient pas encore de l’ASL, ont pris d’assaut un QG de la police à Jisr al-Choughour, massacrant au moins cent membres des forces de l’ordre. Et si la lutte est inégale entre les bandes et les militaires, c’est aussi que les premiers recourent souvent à la tactique de l’assassinat ciblé ou de l’embuscade contre le seconds.

Propagande invérifiable encore (et pour cause) que l’affirmation, empruntée prudemment à un service de l’ONU, selon laquelle les rebelles contrôlent « 40% » du territoire syrien : c’est l »habitude de l’OSDH de déclarer qu »une ville ou une région est sous contrôle de l’ASl, dès lors qu’une bande y a fait une apparition ponctuelle, avant de devoir s’éparpiller au premier retour offensif de l’armée. Au début de l’année, les médias français, Monde en tête, nous ont fait le coup, rappelez-vous, de l’ASL contrôlant toute la périphérie est de Damas, au point pratiquement d’assiéger Bachar dans son palais. Cette légende urbaine a duré 48 heures, mais manifestement elle fait encre rêver un Christophe Ayad !

Ce qui serait cruel, à cet égard, ce serait de se repasser le fil d’un an de dépêches OSDH/AFP, et d »articles du Monde : car on y lirait une suite ininterrompue de succès militaires de l’insurrection, transformant presque toutes les villes de Syrie en bastions, recrutant un flot continu de soldats dissidents, à se demander comment il subsiste un État et une armée syro-bachariste à l »heure actuelle !

-troisième conflit en cours en Syrie selon l’analyse ayadienne, « la guerre de tous contre tous » : là, le collaborateur du Monde vise les massacres de civils, commis d’un communauté à l’autre. Et là, bien sûr, Ayad sort de son chapeau la tuerie de Houla, en mai dernier, l’attribuant avec une tranquille assurance aux chabihas alaouites. Sait-il, ou feint-il d’ignorer, ce bourreur de crânes bobos, que pratiquement toutes les victimes de ce massacre appartiennent justement à des famille alaouites, et que même une famille était celle d’un député bachariste ? Que la télévision russe (qu’un Ayad, formé à la rude école gaucho-atlantiste de Libération, évidemment méprise statutairement) mais aussi un grand reporter de la Frankfurter Allgemeine Zeitung ont recueilli assez de témoignages et d’indices pour conclure à la responsabilité des miliciens islamistes, ASL ou pas, puisque même notre Ayad reconnait, avec ses mots de Tartuffe, « une grande autonomie des groupes » censés constituer cette ASL, et aussi une possible « infiltration » de celle-ci « par une composante djihadiste » (Que galamment ces choses-là sont dites !)

Bien-pensance géostratégique, déni de réalité, franc mensonges, mythes propagandistes, Le Monde sera toujours le Monde, et ses collaborateurs des collabos de l’OTAN ! Quand bien même ils auraient reçu, comme Christophe Ayad, le prix Albert Londres (décerné par le gratin du journalisme français mainstream) Mais, au fond, c’est la réalité et l’avenir qui devraient fournir le meilleur démenti aux assertions de ces militants déguisés en journalistes.


Boucliers humains: A Alep comme à Gaza, la désinformation vaincra (After Beirut and Gaza, Aleppo: Will the West ever learn ?)

16 octobre, 2016
beyrouthhumanshields hamashumanshields

Men and civil defence members look for survivors from under the rubble after an airstrike on the rebel held village of Taftanaz eastern countryside of Idlib, Syria, August 13, 2016. REUTERS/Ammar Abdullah

pallywoodeuropeQuelle est l’alternative (en Syrie)? L’alternative est-elle d’ajouter encore des milliers de morts aux 450.000 personnes qui ont déjà été tuées. Qu’Alep soit complètement envahie? Que les Russes et Assad bombardent partout indistinctement dans les jours à venir pendant que nous regardons cela impuissant? L’alternative, c’est essayer d’obtenir tout de même quelque chose puisque l’Amérique ne veut pas intervenir avec ses troupes. Or, l’Amérique a pris la décision de ne pas intervenir militairement en Syrie. Le Président a pris cette décision. John Kerry
Bachar el Assad ne mériterait pas d’être sur la terre. Laurent Fabius
Al Nosra fait du bon boulot. Laurent Fabius
La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes. Jean-Marc Ayrault
La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision. Jean-Marc Ayrault
Si le choix est entre Bachar et DAECH, il n’y a pas de choix. Jean-Marc Ayrault
Le régime syrien a confirmé avec une brutalité inouïe son objectif. Objectif qui n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme, l’objectif c’est la capitulation d’Alep. Nous avons tous en mémoire Guernica, Srebrenica, Grozny. Ce qui se déroule à Alep est la répétition de cette tragédie. Jean-Marc Ayrault
A propos de la situation humanitaire autour d’Alep. Pensez-vous que nous avons oublié comment les forces aériennes des États-Unis ont bombardé un hôpital en Afghanistan, au cours duquel ont péri des collaborateurs de l’organisation Médecins sans frontières? Ou bombardé des fêtes de mariages où jusqu’à 100 personnes ont péri en Afghanistan, puis maintenant au Yémen ce qui vient de se passer, lorsque, avec une seule bombe, 170 personnes ont été tuées, 500 blessées lors d’une cérémonie funéraire. Quoi qu’il en soit, partout où se déroulent des conflits armés, bien malheureusement meurent et souffrent des gens qui n’y sont pour rien. Mais nous ne pouvons permettre aux terroristes de se protéger derrière des civils qu’ils utilisent comme des boucliers humains, et nous ne pouvons permettre qu’ils fassent chanter le monde entier lorsqu’ils ont pris quelqu’un en otage, le tuent et le décapitent. Si nous voulons mener cette guerre à son terme avec les terroristes, il faut alors se battre contre eux, mais ne pas aller vers eux en s’inclinant, et se retirer à reculons. (…) À Alep la situation est contrôlée par une autre organisation terroriste qui s’appelle Jabhat al Nusra. Elle a toujours été considérée comme une aile d’Al-Qaïda et figure dans la liste des organisations terroristes établie par l’ONU. (…) Ce qui choque et nous étonne c’est le fait que nos partenaires, et plus précisément américains, d’une façon ou d’une autre tentent sans cesse de sortir le dialogue sur le terrorisme de ses limites propres. Et je vais vous dire pourquoi. Il me semble que nos partenaires systématiquement et constamment reviennent sur les mêmes travers, ils veulent utiliser le potentiel militaire de ces organisations terroristes et radicales pour accomplir leurs buts politiques ; et dans ce cas pour combattre le président Assad et son gouvernement, ne comprenant pas que plus tard ils ne réussiront pas à mettre ces terroristes de côté, dans un coin, et les contraindre à vivre selon les lois et le droit civilisés, s’ils arrivaient à vaincre quelqu’un. Vladimir Poutine (TF1)
Obama handling of Syria continues to become more incoherent and more damaging to American interests. Putin has not only, thanks to White House dithering and irresolution, managed to reinsert Russia into Middle East politics in a spoiler role and his gains have not just included a deepening and commercially beneficial relationship with Iran and the weakening of the European Union and Merkel’s leadership in it over the refugee issue; he has also, thanks to the incoherence of American policy, managed to drive a thick wedge into NATO by further alienating Turkey from the West and, especially Washington. As for what a naive and vainglorious President Obama once (back in those days when he collected Nobel Peace Prizes and was hailed as the second coming of Abraham Licoln by a clueless and infatuated press corps) identified as a central goal of his foreign policy—the reconciliation of America with the Muslim world—his callous abandonment of the Syrian Sunnis to their increasingly genocidal foes has done as much, if not more, to tarnish America’s reputation among Sunni Arabs than anything any of his predecessors managed to do going back to Harry Truman. The issues in Syria are difficult and the alternatives are few, but President Obama’s Syria policy is one of the shabbiest and sorriest displays of serial ineptitude that has unfolded in world politics in all these many years. That his emissaries and representatives attempt to cover the nakedness of their policy with grandiose rhetorical denunciation of the crimes that Obama’s incompetence has enabled merely underscores the horrifying moral and political emptiness of the President’s approach to world politics. Walter Russell Mead
Le report sine die de la visite du président russe à Paris, pourtant prévue de longue date, est un nouvel épisode du burlesque qui guide notre diplomatie depuis presque cinq ans. L’inauguration de la cathédrale orthodoxe du quai Branly était l’occasion pour la France de se replacer dans le jeu diplomatique alors que les relations américano-russes sont au plus bas. Mais François Hollande n’a pas eu le courage de préserver l’indépendance de la France. Il a préféré rallier in extremis les bons élèves du camp occidental. Dans une séquence improvisée, François Hollande a benoitement livré au micro de TMC ses hésitations. (…) Il laisse la décision à Vladimir Poutine. Et Vladimir Poutine de lui répondre moqueur :  “je viendrai quand François Hollande sera prêt”. Comme si Hollande n’était pas vraiment dans son assiette. Pas vraiment maître de lui même. Après tout, la France doit parler à Moscou pour exister sur la scène internationale. Mais la Russie n’a pas besoin de Paris pour compter dans le monde. Désireux de se ressaisir et de dissiper ce perpétuel sentiment de flou, François Hollande a tenté devant l’Assemblée du Conseil de l’Europe de prouver qu’il avait un cap, qu’il avait la carrure de Vladimir Poutine. Il a ainsi prétendu avoir reporté l’entrevue suite à ”un désaccord majeur entre la Russie et la France ». Mais c’est trop tard, le mal est fait. La France s’est humiliée. Drapé dans une logique humanitaire à sens unique, Jean-Marc Ayrault semble, de son côté, avoir enfilé les bottes de Laurent Fabius. Après le départ de ce dernier au Conseil Constitutionnel, la diplomatie française semblait pouvoir prendre une tournure un poil plus réaliste. En particulier dans ces deux grandes crises ukrainienne et syrienne mais depuis c’est la rechute. Le retour des grandes déclarations, des coups de menton et des doigts levés; cette parodie d’Aristide Briand à la SDN. La Russie a du mettre son véto à la résolution française de cessez le feu à Alep. Une gifle que le quai d’Orsay n’a pas digérée. Car Poutine est déterminé à terminer le siège des quartiers Est et à reprendre le contrôle de la Syrie septentrionale. Il s’agit pour Moscou, Téhéran et Damas d’infliger une cuisante défaite aux rebelles djihadistes alliés à la branche syrienne d’Al-Qaïda (leur « divorce blanc » n’a trompé personne pour reprendre l’expression de Fabrice Balanche). Moscou entend accélérer les choses avant les élections américaines. Les deux candidats promettent de replacer les Etats-Unis au rang de leader du monde libre mais ils ne prêteront serment que fin janvier. En attendant, Barack Obama n’a pas caché son souhait de reprendre Mossoul avant son départ de la Maison-Blanche. Sa priorité est la chute de Daech et il sait qu’il doit compter malgré tout sur Moscou pour atteindre son but. La course contre-la-montre est engagée. Tout doit être terminé pour l’hiver. A l’initiative de Moscou et Damas, plusieurs cessez-le-feu ont déjà été négociés ou proposés à Alep, sous l’égide de l’ONU, afin que la population alépine puisse sortir de ce piège. Malheureusement, les groupes djihadistes ont interdit à la population d’en profiter. La population civile est le bouclier humain et la caution morale des djihadistes et de leur famille. Les hôpitaux abritent des QG, ils permettent aux grands chefs de la rébellion de se protéger mais aussi d’exposer les blessés aux bombardements de l’aviation russe (comme à Kunduz avec l’aviation américaine). Le but est de jouer sur la corde humanitaire occidentale et de provoquer une intervention sinon une pression occidentale sur Poutine. La France se fait le porte-voix  de ses clients du Golfe. Lesquels relayent les cris des groupes djihadistes enfermés dans Alep. La France surjoue son rôle de patrie des droits de l’homme et de soldat de la paix. Mais en réalité, elle n’est plus maîtresse de son propre jeu. La France est entrée dans une confrontation avec la Russie qui la marginalise un peu plus. Plutôt que de réactiver une guerre froide inutile avec Moscou, et de multiplier les rebuffades, Paris ferait mieux d’assumer le dialogue. Pour combattre notre seul et vrai ennemi commun, les djihadistes. Hadrien Desuin
Make no mistake, the carnage taking place in Aleppo right now is a disgrace to the international community. The Syrian government and Russian-backed forces are reportedly using chemical weapons, barrel bombs and increasingly powerful explosives to target innocent men, women and children. While rebel fighters have undoubtedly embedded themselves in the city in fortified positions, it appears that the civilian population is bearing the brunt of the conflict. While there has been some condemnation from the UN, where are the protests on the streets of European capitals and where is the media frenzy about this disgrace? Had Israel been involved, or had the IDF aimed one solitary munition at Aleppo, I think the response would be much different. The international community’s condemnation of the Assad regime and Putin’s Russia is nothing compared to the vitriol leveled against Israel for its far more restrained (and completely justified) 2014 operation against Hamas in Gaza. Unfortunately for the 250,000 residents of Aleppo, the city is not being attacked by the IDF. There are no leaflets being dropped warning civilians to evacuate areas in the line of fire. There is no “roof knocking” — where non-explosive devices are dropped on the roofs of targeted buildings to give civilians time to flee. And judging by the number of civilian casualties and the extent of the destruction in Syria, there is very little to no concern for the well-being of innocent civilians. Aleppo is a testament to the double standards at play when it comes to the treatment of Israel’s military operations. There is, however, a caveat. The IDF should be held to higher standards than the militaries of both Syria and Russia. And that is why The Sunday Times of London caught my eye recently. One story was headlined “Putin’s gigantic firebombs torch Aleppo.” Next to it was an article entitled, “RAF drone crew divert missile to save ‘civilian’ seconds from death.” The dissonance between the two stories is striking. On one side, we have the alleged deployment by Russia of a weapon “capable of blasting a massive ball of flame across wide areas of Aleppo.” On the other, the release of a video by Britain’s Royal Air Force showing a drone missile aimed at ISIS terrorists being diverted at the last minute to avoid killing a civilian. One side was indiscriminately firebombing, while the other was deliberately acting to prevent civilian casualties. The RAF evidently felt that its tale was a positive story, which showed that its drone squadrons act both ethically and in accordance with international law. Why is this news? Israel released many videos from incidents where missiles targeting Hamas terrorists were diverted due to the presence of Palestinian civilians. So why then were Israel’s identical efforts not deemed newsworthy? Simon Plosker
Tous ceux qui comparent la situation en Syrie avec la guerre d’Espagne et les jihadistes aux brigades internationales bénéficient de l’engouement d’une partie des médias où l’émotion domine plus que la réflexion. Mais les choses sont bien plus complexes: le désastre humanitaire en Syrie est aussi la conséquence de cette irealpolitik. Cela dit, il est évident que ce qui se déroule à Alep-Est est horrible pour les populations civiles qui sont sous les bombes. Ce que décrit l’ONU sur la situation humanitaire est exact: hôpitaux détruits, population terrée dans des abris, femmes et enfants prisonniers des décombres, etc. Mais tous les observateurs un peu réalistes avaient anticipé ce qui allait se passer si les rebelles ne quittaient pas Alep-Est, comme cela leur avait été proposé par la Russie. (…) Les rebelles «modérés» ont refusé de se désolidariser du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda. Au contraire, deux des principaux groupes rebelles d’Alep dit «modérés», la brigade al-Zinki et Suqour es-Sham, se sont même officiellement affiliés à la coalition (Jaysh al Naser) dirigée par le Front al-Nosra durant la dernière trêve. Cela indique que le Front al-Nosra domine davantage les différentes factions rebelles, y compris celles considérées comme «modérées». Le Front al Nosra n’est pas membre de Fatah Halep, la coalition des rebelles d’Alep, mais c’est lui qui sur le terrain dirige les opérations militaires. Son emprise sur Alep-Est n’a fait qu’augmenter depuis le printemps 2016, date à laquelle il a envoyé 700 combattants en renfort alors que des combattants des brigades modérées commençaient à quitter la zone avant que la dernière sortie ne soit coupée. L’ouverture provisoire d’une brèche dans le siège d’Alep, en août 2016 (bataille de Ramousseh), a encore augmenté son prestige et son emprise sur les rebelles. (…) L’Arabie Saoudite et autres bailleurs arabes de la rébellion syrienne n’ont aucun intérêt à voir se concrétiser l’accord entre les États-Unis et la Russie. Ils veulent que le combat continue car sinon cet accord russo-américain signifie la victoire du camp Assad en Syrie et notamment celle de l’Iran. Les Saoudiens n’ont que faire des civils syriens, ils bombardent quotidiennement depuis deux ans le Yémen sans aucune considération pour la population civile. Nous sommes dans une guerre régionale et les considérations humanitaires sont instrumentalisées sans scrupules. L’objectif pour l’Arabie Saoudite est précisément d’obliger les États-Unis à intervenir davantage en Syrie pour bloquer l’Iran et la Russie. Pour cela il faut influencer l’opinion publique, c’est-à-dire les électeurs des membres du Congrès, en vue d’infléchir la politique américaine. Cela fonctionne puisqu’Alep est devenu un mot-clé de l’élection présidentielle américaine et il faudra beaucoup de détermination au successeur de Barak Obama pour résister aux pressions interventionnistes. (…) Depuis le printemps 2012, date de la militarisation à outrance de l’opposition syrienne, le régime syrien utilise une stratégie classique de contre-insurrection. Il s’agit moins de gagner les cœurs que de faire plus peur que l’adversaire et de prouver qu’il est le seul capable de ramener la paix en Syrie. Après cinq années de guerre, tout ce qui compte pour l’immense majorité des Syriens c’est précisément de vivre en paix, peu leur importe qui dirige le pays. Sur le plan psychologique, Bachar el Assad a donc gagné puisqu’il apparaît, au pire, comme le moindre mal. Il lui reste à éliminer les rebelles. Pour cela il faut les séparer de la population civile dans laquelle ils se dissimulent. La technique de contre-insurrection utilisée à Alep-Est consiste donc, depuis l’hiver 2013-2014, à bombarder sporadiquement pour faire fuir les civils, puis d’encercler le territoire rebelle. Résultat auquel l’armée syrienne est parvenue début septembre. La population d’Alep-Est est ainsi passée de plus d’un million d’habitants en 2011 à 200,000 aujourd’hui selon l’ONU, mais sans doute beaucoup moins. À titre de comparaison la partie occidentale d’Alep, sous contrôle gouvernemental, compte 800,000 habitants. (…) Après trois années de bombardement, le camp de Bashar el Assad considère que ceux qui restent dans Alep-Est soutiennent les rebelles, car les autres ont eu tout le temps de fuir. C’est en partie vrai, car il s’agit pour l’essentiel des familles des combattants, qui sont donc payées pour rester. Désormais, la seule solution envisagée par les militaires pour les convaincre de quitter Alep-Est est de frapper aveuglément et massivement. Dans quelques jours, une trêve sera sans doute proclamée pour permettre à ceux qui le souhaitent d’être évacués. Mais encore faut-il qu’ils le puissent, car les groupes radicaux empêchent les civils de partir pour les utiliser comme boucliers humains, comme ce fut le cas à Homs. Puis les bombardements reprendront jusqu’à la reconquête totale des quartiers rebelles d’Alep.(…) En tout état de cause, le Président russe considère que les États-Unis sont incapables de convaincre leurs alliés de cesser le combat, il a donc décidé de les mettre devant le fait accompli. L’exécutif américain est paralysé au moins jusqu’à la prise de fonction de la nouvelle administration en janvier 2017. Il s’agit donc de l’emporter à Alep d’ici trois mois. Recep Teyep Erdogan, a lui, anticipé ce qui allait se passer et il a trouvé plus judicieux de négocier avec Vladimir Poutine. Il a obtenu du maître du Kremlin la création d’une zone sous influence turque au Nord-Est d’Alep pour accueillir les futurs réfugiés, tout en bloquant l’avancée des Kurdes vers l’Ouest. En échange, le Président turc a dû s’engager à réduire son soutien aux rebelles syriens. Ce qui augure mal de l’avenir de la rébellion syrienne car la Turquie est indispensable pour son soutien logistique. Alexis Feertchak
Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu’elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l’on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l’Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame – à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l’ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l’arrêt des combats et des bombardements sur l’est de la ville (dont elle feint de croire qu’il n’est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l’acheminement de l’aide humanitaire et la reprise du processus de négociation. Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d’Alep-Est, à un moment où la tension russo-américaine monte dangereusement et peut faire craindre un dérapage militaire sur le terrain que certains, à Washington et à l’OTAN, appellent ouvertement de leurs vœux? S’agit-il d’une nouvelle salve d’irénisme aveugle et de «pensée magique», funeste version 2016 de «Boucle d’or au Pays des trois ours» découvrant une intrusion dans sa maisonnette idyllique? Ou d’une gesticulation habile mais dangereuse qui n’a pour but, en prétendant débloquer la situation, que de jouer les utilités au profit de Washington en fossilisant un peu plus les positions des deux camps qui s’affrontent désormais ouvertement sur le corps exsangue de la nation syrienne? Difficile de démêler la part de négation du réel de celle de l’alignement sur ce que l’on présente comme «le camp du Bien» …et de nos intérêts nationaux, si mal évalués pourtant. Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. «L’Occident» ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l’entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d’action sert d’épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste «respectable» l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’Etat islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme «légitimes» et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré. Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n’ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d’Asie centrale et du Caucase. Et l’a saisie. Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi – qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu’elle pratique admirablement le grand écart stratégique… aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad…tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? (…) L’impensé du discours français n’en reste pas moins le suivant: si Assad, «bourreau de son propre peuple» selon l’expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer? A qui sera livrée la Syrie, «utile» ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement «exfiltré» vers d’autres macabres «territoires de jeu», en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d’Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l’œil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom – Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n’attendent qu’un «go» pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, «par erreur» naturellement? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de «l’Armée de la Conquête» qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles – apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps? Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? Ne comprend-on pas qu’ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu’entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel? (…) Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets: action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s’emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire: les Syriens. (…) L’Etat Français a d’ailleurs été poursuivi – en vain à ce jour -pour ces déclarations ministérielles qui ont de facto encouragé le prosélytisme islamiste et le terrorisme en présentant le départ pour la Syrie à des apprentis djihadistes français comme une œuvre politique salutaire, avec les résultats que l’on connait sur le territoire national. (…) Mais le pire était à venir. Ce matin, nous avons franchi un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique. Au moment où il est d’une extrême urgence de se parler enfin à cœur ouvert, de dire la vérité, d’abandonner les poses et les anathèmes, de ne plus se tromper d’ennemi, de faire front commun – comme l’ont proposé les Russes depuis des lustres -, contre l’islamisme qui a décidé notre perte et s’esclaffe de notre ahurissante naïveté et de notre faiblesse, le président de la République française s’interroge publiquement, de bon matin, dans une émission de divertissement, devant l’animateur Yann Barthes sur TMC, sur l’opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris le 19 octobre prochain! «P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non …» La réponse de Moscou à cette insulte ne s’est pas fait attendre: le Président russe ne viendra pas. Nous sommes au fond du fond du fond de l’impuissance politique et l’on se laisse couler, saisis par l’ivresse des profondeurs en croyant surnager. (…) La confusion permanente entre l’Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C’est l’Etat qu’il faut aider à survivre à l’offensive islamiste au lieu d’encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d’Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir? Caroline Galactéros

Cachez ces boucliers humains que je ne saurai voir !

Après la pantalonnade que l’on sait de la visite annulée du chef d’Etat français avec son homologue russe …

Pendant que sans la moindre mise en perspective et jusqu’à susciter les vocations les plus fourvoyées …

 Nos belles âmes nous matraquent avec les tragiques images des victimes civiles des bombardements syro-russes …

Comment ne pas repenser …

Sans compter l’évident deux poids deux mesures (imaginez les manifestations qu’aurait provoqué, venant des forces israéliennes, ne serait-ce que le centième des dégâts collatéraux des actuels bombardements d’Alep !) …

Aux tristement fameuses campagnes de désinformation qui, sur fond d’usage massif de boucliers humains achetés ou forcés, avaient marqué les guerres d’Israël contre les forces terroristes du Liban ou de Gaza ?

Et surtout ne pas voir avec la certes très poutinomane et ayatollaphile politologue Caroline Galactéros …

L’incroyable mélange d’aveuglement et d’hypocrisie qui sert actuellement de politique étrangère aux dirigeants occidentaux …

Qui après avoir précipité l’émergence des djihadistes de l’Etat islamique suite à l’abandon criminel de l’Irak et de la Syrie par l’Administaration Obama …

Les voit aujourd’hui soutenir …

Contre une Russie plus que jamais revanchiste et un Iran à qui l’on vient par ailleurs de reconnaitre le droit à l’arme ultime …

Et avec, entre deux bombardements de civils au Yemen ou ailleurs, les habituels fourriers saoudiens et qataris du djiadisme …

Rien de moins que la prochaine génération de djihadistes ?

Caroline Galactéros : « La décision de Vladimir Poutine humilie la diplomatie française »
Caroline Galactéros
Le Figaro
11/10/2016

FIGAROVOX/TRIBUNE – Vladimir Poutine a annoncé qu’il reportait sa visite à Paris où il devait rencontrer François Hollande. Pour Caroline Galactéros, cette décision n’est que la suite logique d’un amateurisme complet de la France en Syrie et ailleurs dans le monde.

Docteur en Science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d’intelligence stratégique «Planeting». Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre (Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (Nuvis, 2014).

Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu’elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l’on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l’Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame – à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l’ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l’arrêt des combats et des bombardements sur l’est de la ville (dont elle feint de croire qu’il n’est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l’acheminement de l’aide humanitaire et la reprise du processus de négociation.

Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d’Alep-Est, à un moment où la tension russo-américaine monte dangereusement et peut faire craindre un dérapage militaire sur le terrain que certains, à Washington et à l’OTAN, appellent ouvertement de leurs vœux? S’agit-il d’une nouvelle salve d’irénisme aveugle et de «pensée magique», funeste version 2016 de «Boucle d’or au Pays des trois ours» découvrant une intrusion dans sa maisonnette idyllique? Ou d’une gesticulation habile mais dangereuse qui n’a pour but, en prétendant débloquer la situation, que de jouer les utilités au profit de Washington en fossilisant un peu plus les positions des deux camps qui s’affrontent désormais ouvertement sur le corps exsangue de la nation syrienne? Difficile de démêler la part de négation du réel de celle de l’alignement sur ce que l’on présente comme «le camp du Bien» …et de nos intérêts nationaux, si mal évalués pourtant.

Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. «L’Occident» ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l’entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d’action sert d’épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste «respectable» l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’Etat islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme «légitimes» et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré.

Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n’ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d’Asie centrale et du Caucase. Et l’a saisie.

Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi – qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu’elle pratique admirablement le grand écart stratégique… aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad…tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? C’est de l’opportunisme à très courte vue, mais plus encore un hiatus stratégique béant et la manifestation d’une totale incompréhension du réel.

De telles contradictions ne peuvent s’expliquer que par notre entêtement à vouloir en finir avec le régime syrien actuel dont nul n’imaginait qu’il résisterait si longtemps aux feux croisés de l’Amérique et de ses alliés sunnites. L’exigence américaine – reprise à son compte par Paris – d’une cessation des bombardements aériens sur Alep-Est «pour raisons humanitaires» aurait permis en fait de laisser les islamistes de la ville (soit rien moins qu’Al Nosra et consorts) se refaire une santé militaire en se servant des civils comme de boucliers humains, de poursuivre leurs tirs d’obus sur la partie ouest de la ville et d’empêcher Damas et Moscou de faire basculer décisivement le rapport de force militaire en faveur de l’Etat syrien dans le cadre d’une négociation ultime. Qui a d’ailleurs fait échouer le cessez le feu signé le 9 septembre dernier à Genève? Les groupes terroristes qui n’en voulaient pas et les Etats-Unis qui ont bombardé les forces syriennes à Deir el Zor et ouvert la voie aux forces de l’Etat Islamique. Encore un accord de dupes.

Temps court versus temps long, individu versus groupe, froideur politique versus empathie médiatique (sélective): on se refuse à voir, dans nos démocraties molles, que la véritable action stratégique, pour être efficace, ne peut prendre en compte que des nombres, des masses, des ensembles, des mouvements, des processus, quand toute l’attention médiatique et la gestion politicienne des crises, elles, veulent faire croire que l’individu est central et se concentrent sur la souffrance et le sort des personnes, alors que celles-ci sont depuis toujours et sans doute pour encore longtemps sacrifiées à la confrontation globale et brutale entre Etats. Les images terrifiantes de la guerre au quotidien masquent la réalité d’un affrontement sans scrupules de part et d’autre, dont en l’espèce les malheureux Syriens ne sont même plus les enjeux mais de simples otages.

L’impensé du discours français n’en reste pas moins le suivant: si Assad, «bourreau de son propre peuple» selon l’expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer? A qui sera livrée la Syrie, «utile» ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement «exfiltré» vers d’autres macabres «territoires de jeu», en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d’Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l’œil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom – Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n’attendent qu’un «go» pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, «par erreur» naturellement? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de «l’Armée de la Conquête» qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles – apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps?

Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? Ne comprend-on pas qu’ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu’entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel? … «Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir? je ne vois que l’herbe qui verdoie et la terre qui poudroie» … Quelle naïveté, quelle ignorance, quelle indifférence en fait!

L’interview accordée le 5 octobre dernier par notre ministre des Affaires étrangères à la veille de son départ pour Moscou à Yves Calvi sur LCI est à cet égard, un morceau de bravoure édifiant, qui escamote la réalité et brosse un paysage surréaliste du conflit et de ce qu’il faudrait y comprendre et en attendre.

Florilège et exégèse….

«La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes»

Est-ce à dire qu’il faut les laisser faire, leur donner les clefs du pays et prier peut-être, pour qu’ils ne massacrent pas les minorités qui y demeurent encore et instaurent la démocratie? Faut-il ne plus agir en espérant qu’ils vont s’arrêter? De qui se moque-t-on? Adieu Boucle d’Or. Nous sommes au Pays des rêves bleus de Oui-Oui…

Les Russes, qui se disent satisfaits de l’efficacité de leurs frappes contre les terroristes d’Alep-Est «sont cyniques» … Qui est cynique ici? Celui qui déforme la réalité d’un affrontement pour ne pas avouer qu’il est (avec d’autres) à la manœuvre d’une déstabilisation d’Etat par des groupuscules terroristes liés à Al-Qaïda (matrice de Daech) sous couvert d’aspiration à la démocratie? Ou ceux qui cherchent à réduire l’emprise djihadiste et à renforcer des structures d’Etat laïques avec ou sans Bachar?

«La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision

Ah?! Laquelle? Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets: action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s’emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire: les Syriens.

En dépit de l’excellence de nos forces armées, de la présence du Charles de Gaulle sur zone et de nos missions aériennes soutenues, Paris n’est diplomatiquement et stratégiquement plus nulle part en Syrie, et depuis longtemps. Par dogmatisme, par moralisme, par notre parti pris immodéré pour les puissances sunnites de la région, nous nous sommes engouffrés dans un alignement crédule sur la politique américaine qui s’est en plus retourné contre nous dès l’été 2013, lorsque Barack Obama a dû renoncer à frapper directement Damas au prétexte d’un usage d’armes chimiques qui n’a d’ailleurs jamais été confirmé. Un camouflet d’autant plus lourd à porter que notre ancien ministre des affaires étrangères avait jugé bon, dès août 2012, de dire que «Bachar el Assad ne méritait pas d’être sur terre» et, en décembre 2012, «qu’Al Nosra faisait du bon boulot». L’Etat Français a d’ailleurs été poursuivi – en vain à ce jour -pour ces déclarations ministérielles qui ont de facto encouragé le prosélytisme islamiste et le terrorisme en présentant le départ pour la Syrie à des apprentis djihadistes français comme une œuvre politique salutaire, avec les résultats que l’on connait sur le territoire national. N’en déplaise à Monsieur Ayrault, la France n’est ni écoutée, ni considérée, ni attendue sur le dossier syrien. Elle en est réduite à servir de go between entre Washington et Moscou lorsque ceux-ci ne peuvent plus se parler et qu’il faut faire semblant, une fois encore, de rechercher un compromis et d’amener Moscou à lever le pied d’une implication trop efficace à notre goût.

«Si le choix est entre Bachar et Daech, il n’y a pas de choix

Mais c’est pourtant le cas, ne nous en déplaise. Nous combattons l’Etat islamique pour la galerie, sans grande conviction ni détermination politique, de très haut, par des frappes qui sans présence terrestre demeurent symboliques. Pour Moscou, au contraire, il n’existe pas «d’islamistes modérés» ; combattre le terrorisme revient à combattre l’EI mais aussi ses avatars locaux innombrables à tout prix, y compris au prix de pertes civiles importantes. Et c’est aujourd’hui la Russie qui, dans les airs mais aussi au sol, avec l’Iran et le régime syrien, «fait la guerre», se bat contre le terrorisme islamiste qui menace tout l’Occident, gangrène nos vieilles sociétés repues et pacifiques et nous prend pour cible. Ils «font le job». Un horrible job. Dans l’immédiat, il faut choisir entre le soutien à l’Etat syrien – que le régime d’Assad incarne-, et DAECH et Cie.

Le sommet est atteint à la fin de l’intervention ministérielle, lorsque l’on apprend que «la Syrie future devra être unitaire, avoir des structures étatiques stables, être protectrice de toutes ses minorités, mettre en place des institutions solides, contrôler son armée et ses Services…» (sic)! Les bras nous en tombent. Voici décrite…la Syrie d’avant la guerre! Ce terrifiant carnage n’aurait-il donc été qu’un coup d’épée dans l’eau?

Mais le pire était à venir. Ce matin, nous avons franchi un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique. Au moment où il est d’une extrême urgence de se parler enfin à cœur ouvert, de dire la vérité, d’abandonner les poses et les anathèmes, de ne plus se tromper d’ennemi, de faire front commun – comme l’ont proposé les Russes depuis des lustres -, contre l’islamisme qui a décidé notre perte et s’esclaffe de notre ahurissante naïveté et de notre faiblesse, le président de la République française s’interroge publiquement, de bon matin, dans une émission de divertissement, devant l’animateur Yann Barthes sur TMC, sur l’opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris le 19 octobre prochain! «P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non …» La réponse de Moscou à cette insulte ne s’est pas fait attendre: le Président russe ne viendra pas. Nous sommes au fond du fond du fond de l’impuissance politique et l’on se laisse couler, saisis par l’ivresse des profondeurs en croyant surnager.

Hauteur de vue et profondeur de champ, véritable souci pour la souffrance humaine: la realpolitik est la solution, pas le mal. La confusion permanente entre l’Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C’est l’Etat qu’il faut aider à survivre à l’offensive islamiste au lieu d’encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d’Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir?

Voir aussi:

Alep : pourquoi la tragédie humanitaire ne bouleverse pas la donne géopolitique
Alexis Feertchak
Le Figaro
29/09/2016

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Alors que la crise humanitaire s’aggrave, le régime syrien soutenu par les Russes et les Iraniens reprend du terrain. Pour Fabrice Balanche, les rebelles sont plus que jamais liés à Al-Qaïda et Moscou ne saurait être le seul responsable du chaos.

Agrégé et docteur en Géographie, Fabrice Balanche est maître de conférences à l’Université Lyon-2 et chercheur invité au Washington Institute. Spécialiste du Moyen-Orient, il a publié notamment La région alaouite et le pouvoir syrien(éd. Karthala, 2006) et Atlas du Proche-Orient arabe (éd. RFI & PUPS, 2010).

FIGAROVOX. – À propos d’Alep, le politologue libanais Ziad Majed a déclaré au journal Le Monde: «Si on parle d’un point de vue de droit international, et de la convention de Genève, ce qui se passe commence même à dépasser le cadre des crimes de guerre, ce sont presque des crimes contre l’humanité». Quelle est aujourd’hui la situation humanitaire dans l’ancienne capitale économique de la Syrie?

Tous ceux qui comparent la situation en Syrie avec la guerre d’Espagne et les jihadistes aux brigades internationales bénéficient de l’engouement d’une partie des médias où l’émotion domine plus que la réflexion. Mais les choses sont bien plus complexe: le désastre humanitaire en Syrie est aussi la conséquence de cette irealpolitik.

Cela dit, il est évident que ce qui se déroule à Alep-Est est horrible pour les populations civiles qui sont sous les bombes. Ce que décrit l’ONU sur la situation humanitaire est exact: hôpitaux détruits, population terrée dans des abris, femmes et enfants prisonniers des décombres, etc. Mais tous les observateurs un peu réalistes avaient anticipé ce qui allait se passer si les rebelles ne quittaient pas Alep-Est, comme cela leur avait été proposé par la Russie. Je citerais tout simplement John Kerry au micro de la NPR le 14 septembre dernier:

«Quelle est l’alternative (en Syrie)? L’alternative est-elle d’ajouter encore des milliers de morts aux 450.000 personnes qui ont déjà été tuées. Qu’Alep soit complètement envahie? Que les Russes et Assad bombardent partout indistinctement dans les jours à venir pendant que nous regardons cela impuissant? L’alternative c’est essayer d’obtenir tout de même quelque chose puisque l’Amérique ne veut pas intervenir avec ses troupes. Or, l’Amérique a pris la décision de ne pas intervenir militairement en Syrie. Le Président a pris cette décision».

L’Armée syrienne soutenue par l’aviation russe a repris un quartier de la zone d’Alep contrôlée par les rebelles. De quels rebelles s’agit-il?

Les rebelles «modérés» ont refusé de se désolidariser du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda. Au contraire, deux des principaux groupes rebelles d’Alep dit «modérés», la brigade al-Zinki et Suqour es-Sham, se sont même officiellement affiliés à la coalition (Jaysh al Naser) dirigée par le Front al-Nosra durant la dernière trêve. Cela indique que le Front al-Nosra domine davantage les différentes factions rebelles, y compris celles considérées comme «modérées». Le Front al Nosra n’est pas membre de Fatah Halep, la coalition des rebelles d’Alep, mais c’est lui qui sur le terrain dirige les opérations militaires. Son emprise sur Alep-Est n’a fait qu’augmenter depuis le printemps 2016, date à laquelle il a envoyé 700 combattants en renfort alors que des combattants des brigades modérées commençaient à quitter la zone avant que la dernière sortie ne soit coupée. L’ouverture provisoire d’une brèche dans le siège d’Alep, en août 2016 (bataille de Ramousseh), a encore augmenté son prestige et son emprise sur les rebelles.

L’accord de coopération militaire américano-russe, qui portait d’abord et avant tout sur Alep, semble avoir fait long feu. Comment expliquer cet échec?

L’Arabie Saoudite et autres bailleurs arabes de la rébellion syrienne n’ont aucun intérêt à voir se concrétiser l’accord entre les États-Unis et la Russie. Ils veulent que le combat continue car sinon cet accord russo-américain signifie la victoire du camp Assad en Syrie et notamment celle de l’Iran. Les Saoudiens n’ont que faire des civils syriens, ils bombardent quotidiennement depuis deux ans le Yémen sans aucune considération pour la population civile. Nous sommes dans une guerre régionale et les considérations humanitaires sont instrumentalisées sans scrupules. L’objectif pour l’Arabie Saoudite est précisément d’obliger les États-Unis à intervenir davantage en Syrie pour bloquer l’Iran et la Russie. Pour cela il faut influencer l’opinion publique, c’est-à-dire les électeurs des membres du Congrès, en vue d’infléchir la politique américaine. Cela fonctionne puisqu’Alep est devenu un mot-clé de l’élection présidentielle américaine et il faudra beaucoup de détermination au successeur de Barak Obama pour résister aux pressions interventionnistes.

Mais revenons aux faits. Depuis le printemps 2012, date de la militarisation à outrance de l’opposition syrienne, le régime syrien utilise une stratégie classique de contre-insurrection. Il s’agit moins de gagner les cœurs que de faire plus peur que l’adversaire et de prouver qu’il est le seul capable de ramener la paix en Syrie. Après cinq années de guerre, tout ce qui compte pour l’immense majorité des Syriens c’est précisément de vivre en paix, peu leur importe qui dirige le pays. Sur le plan psychologique, Bachar el Assad a donc gagné puisqu’il apparaît, au pire, comme le moindre mal. Il lui reste à éliminer les rebelles. Pour cela il faut les séparer de la population civile dans laquelle ils se dissimulent. La technique de contre-insurrection utilisée à Alep-Est consiste donc, depuis l’hiver 2013-2014, à bombarder sporadiquement pour faire fuir les civils, puis d’encercler le territoire rebelle. Résultat auquel l’armée syrienne est parvenue début septembre. La population d’Alep-Est est ainsi passée de plus d’un million d’habitants en 2011 à 200,000 aujourd’hui selon l’ONU, mais sans doute beaucoup moins. À titre de comparaison la partie occidentale d’Alep, sous contrôle gouvernemental, compte 800,000 habitants.

Quel semble être aujourd’hui l’objectif du Kremlin et de Damas?

Après trois années de bombardement, le camp de Bashar el Assad considère que ceux qui restent dans Alep-Est soutiennent les rebelles, car les autres ont eu tout le temps de fuir. C’est en partie vrai, car il s’agit pour l’essentiel des familles des combattants, qui sont donc payées pour rester. Désormais, la seule solution envisagée par les militaires pour les convaincre de quitter Alep-Est est de frapper aveuglément et massivement. Dans quelques jours, une trêve sera sans doute proclamée pour permettre à ceux qui le souhaitent d’être évacués. Mais encore faut-il qu’ils le puissent, car les groupes radicaux empêchent les civils de partir pour les utiliser comme boucliers humains, comme ce fut le cas à Homs. Puis les bombardements reprendront jusqu’à la reconquête totale des quartiers rebelles d’Alep. Il faut noter que c’est la première fois depuis l’été 2012, que l’infanterie est engagée pour reprendre du terrain comme le quartier de Farafirah au centre-ville, Sheikh Saïd au sud, ou l’ex camp palestinien de Handarat au nord.

Ce que j’ai décrit était annoncé. La seule façon de l’empêcher est d’entrer dans une confrontation militaire avec la Russie en abattant les avions russes et syriens. Je doute que l’Occident souhaite une escalade de ce type. Certains évoquent la distribution de missiles sol-air aux rebelles, au risque de les voir tomber dans les mains d’Al-Qaïda ou de Daesh. Par ailleurs, il n’est pas sûr que cela soit efficace, car les Russes bombarderaient de plus haut avec du plus lourd et feraient donc plus de dégâts. La Russie pourrait aussi frapper avec des missiles de croisière depuis la mer Caspienne.

Au-delà d’Alep, le rapport de force est-il en train de changer entre le régime et les rebelles? Que change sur ce point l’intervention turque qui se poursuit tout au Nord de la Syrie?

La Russie ne croit plus à la possibilité d’un accord de coopération militaire avec les États-Unis. Le bombardement de l’armée syrienne à Deir ez Zor par l’aviation de la coalition internationale, le 17 septembre dernier, fut le coup de grâce donné à ses longues et laborieuses négociations. S’agit-il d’une erreur comme le prétendent les États-Unis? Ou d’une mauvaise information donnée sciemment par un membre de la coalition qui aurait intérêt à voir échouer l’accord? Erreur ou non, cet épisode risquerait d’entamer la crédibilité de la Russie si Vladimir Poutine ne réagissait pas énergiquement. En tout état de cause, le Président russe considère que les États-Unis sont incapables de convaincre leurs alliés de cesser le combat, il a donc décidé de les mettre devant le fait accompli.

L’exécutif américain est paralysé au moins jusqu’à la prise de fonction de la nouvelle administration en janvier 2017. Il s’agit donc de l’emporter à Alep d’ici trois mois. Recep Teyep Erdogan, a lui, anticipé ce qui allait se passer et il a trouvé plus judicieux de négocier avec Vladimir Poutine. Il a obtenu du maître du Kremlin la création d’une zone sous influence turque au Nord-Est d’Alep pour accueillir les futurs réfugiés, tout en bloquant l’avancée des Kurdes vers l’Ouest. En échange, le Président turc a dû s’engager à réduire son soutien aux rebelles syriens. Ce qui augure mal de l’avenir de la rébellion syrienne car la Turquie est indispensable pour son soutien logistique.

Voir également:

Hollande déboussolé face à Poutine

La France plus isolée que jamais

Hadrien Desuin
Expert en géo-stratégie, sécurité et défense

Causeur

13 octobre 2016

Le report sine die de la visite du président russe à Paris, pourtant prévue de longue date, est un nouvel épisode du burlesque qui guide notre diplomatie depuis presque cinq ans. L’inauguration de la cathédrale orthodoxe du quai Branly était l’occasion pour la France de se replacer dans le jeu diplomatique alors que les relations américano-russes sont au plus bas. Mais François Hollande n’a pas eu le courage de préserver l’indépendance de la France. Il a préféré rallier in extremis les bons élèves du camp occidental.

Hollande improvise sur TMC

Dans une séquence improvisée, François Hollande a benoitement livré au micro de TMC ses hésitations. “Je me suis posé la question (…) Est-ce que c’est utile ? Est-ce que c’est nécessaire ? Est-ce que ça peut être une pression ?”  Il commence par confirmer au jeune journaliste qui se trouvait là qu’il va recevoir le président russe et il finit sa phrase en ânonnant “si je le reçois…” Il est tellement sincère, au fond, notre président. On le voit hésiter, trembler en direct. Comme une Léonarda diplomatique. Cet homme n’aime pas ce pour quoi il a été élu: décider et choisir. Il laisse la décision à Vladimir Poutine. Et Vladimir Poutine de lui répondre moqueur :  “je viendrai quand François Hollande sera prêt”. Comme si Hollande n’était pas vraiment dans son assiette. Pas vraiment maître de lui même. Après tout, la France doit parler à Moscou pour exister sur la scène internationale. Mais la Russie n’a pas besoin de Paris pour compter dans le monde.

Bluff présidentiel

Désireux de se ressaisir et de dissiper ce perpétuel sentiment de flou, François Hollande a tenté devant l’Assemblée du Conseil de l’Europe de prouver qu’il avait un cap, qu’il avait la carrure de Vladimir Poutine. Il a ainsi prétendu avoir reporté l’entrevue suite à ”un désaccord majeur entre la Russie et la France ». Mais c’est trop tard, le mal est fait. La France s’est humiliée.

Drapé dans une logique humanitaire à sens unique, Jean-Marc Ayrault semble, de son côté, avoir enfilé les bottes de Laurent Fabius. Après le départ de ce dernier au Conseil Constitutionnel, la diplomatie française semblait pouvoir prendre une tournure un poil plus réaliste. En particulier dans ces deux grandes crises ukrainienne et syrienne mais depuis c’est la rechute. Le retour des grandes déclarations, des coups de menton et des doigts levés; cette parodie d’Aristide Briand à la SDN.

La Russie a du mettre son véto à la résolution française de cessez le feu à Alep. Une gifle que le quai d’Orsay n’a pas digérée. Car Poutine est déterminé à terminer le siège des quartiers Est et à reprendre le contrôle de la Syrie septentrionale. Il s’agit pour Moscou, Téhéran et Damas d’infliger une cuisante défaite aux rebelles djihadistes alliés à la branche syrienne d’Al-Qaïda (leur « divorce blanc » n’a trompé personne pour reprendre l’expression de Fabrice Balanche).

Obama a besoin de Poutine

Moscou entend accélérer les choses avant les élections américaines. Les deux candidats promettent de replacer les Etats-Unis au rang de leader du monde libre mais ils ne prêteront serment que fin janvier. En attendant, Barack Obama n’a pas caché son souhait de reprendre Mossoul avant son départ de la Maison-Blanche. Sa priorité est la chute de Daech et il sait qu’il doit compter malgré tout sur Moscou pour atteindre son but. La course contre-la-montre est engagée. Tout doit être terminé pour l’hiver.

A l’initiative de Moscou et Damas, plusieurs cessez-le-feu ont déjà été négociés ou proposés à Alep, sous l’égide de l’ONU, afin que la population alépine puisse sortir de ce piège. Malheureusement, les groupes djihadistes ont interdit à la population d’en profiter. La population civile est le bouclier humain et la caution morale des djihadistes et de leur famille. Les hôpitaux abritent des QG, ils permettent aux grands chefs de la rébellion de se protéger mais aussi d’exposer les blessés aux bombardements de l’aviation russe (comme à Kunduz avec l’aviation américaine). Le but est de jouer sur la corde humanitaire occidentale et de provoquer une intervention sinon une pression occidentale sur Poutine.

La France se fait le porte-voix  de ses clients du Golfe. Lesquels relayent les cris des groupes djihadistes enfermés dans Alep. La France surjoue son rôle de patrie des droits de l’homme et de soldat de la paix. Mais en réalité, elle n’est plus maîtresse de son propre jeu. La France est entrée dans une confrontation avec la Russie qui la marginalise un peu plus. Plutôt que de réactiver une guerre froide inutile avec Moscou, et de multiplier les rebuffades, Paris ferait mieux d’assumer le dialogue. Pour combattre notre seul et vrai ennemi commun, les djihadistes.

Voir encore:

Interview intégrale du Président Poutine par TF1

Le 11 octobre, alors que le président Hollande, avec toute l’élégance de son rang et de son niveau, claironne alentour qu’il ne souhaite pas recevoir le Président Poutine, ce dernier accorde une interview à un journaliste de TF1. Cette interview bizarrement nous ne pouvons la trouver sur le site de la chaine française, ni à fortiori vérifier et préciser le nom de l’intervieweur. Il est vrai que ce n’est pas le moment pour les occidentaux de donner place aux points de vue russes…

Cette interview a évidemment eu une résonance minimale dans la presse française et plus largement européenne, alors que Poutine y précise des aspects très importants des évènements en cours. Et nous devons le souligner, avec un tact, une précision, et un vocabulaire extrêmement mesuré. Ceci alors que les hauts représentants du monde occidental ne renoncent ni aux excès de langage, ni à la grossièreté. Sans parler du non-respect des normes et convenances diplomatiques les plus élémentaires.

RI choisit ici de vous traduite le texte intégral de cette interview, sur base du texte officiel mis en ligne sur le site de la présidence russe http://www.kremlin.ru/events/president/news/53081

Mufasa

***

Interview du Président Poutine par la chaîne de télévision française TF1 le 11 octobre 2016.

Président Poutine: Mais comment êtes-vous arrivé ici [i]? Nous nous trouvons dans une toute petite ville de province. Maintenant partout où nous venons en Russie, dans n’importe quel village nous trouvons des Français. Mais c’est très bien comme ça, cela nous fait bien plaisir.

Question TF1 : Monsieur le Président pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous n’avez pas fait ce voyage à Paris ?

Président Poutine : C’est très simple,  il était supposé que nous allions solennellement inaugurer un centre récemment construit à Paris, un centre culturel et une cathédrale russes, mais nous avons pu observer que ce n’était pas le moment opportun pour un évènement de ce type.  D’autant moins si l’on considère notre incompréhension mutuelle sur ce qui se passe en Syrie et plus précisément autour de la ville d’Alep. Mais sinon nous sommes évidemment toujours ouverts  à ce que nous puissions nous consulter et dialoguer sur ce thème.

Question TF1: mais c’est exactement ce que voulaient les Français, utiliser le contexte de votre visite pour discuter de la situation en Syrie. Tandis que vous c’est pour cette même raison que vous renoncez à la visite.

Président Poutine: Mais sachez que nous n’avons pas réellement refusé, on nous a fait savoir que  la cause principale,  à savoir l’ouverture de ce centre culturel et religieux, n’est pas appropriée. Mais si la raison principale de mon déplacement à Paris n’est pas appropriée, alors nous trouverons certainement une autre possibilité qui soit plus appropriée pour discuter de la situation en Syrie.  Nous n’avons aucune limite à ce sujet nous sommes ouverts au dialogue.

Simplement on nous a fait savoir que ce n’est pas le moment le plus confortable pour de telles manifestations et puis c’est tout. Quant à nous, nous n’avons rien refusé.

Question TF1: De nombreux représentants officiels occidentaux parmi lesquels John Kerry, Jean-Marc Ayrault, même François Hollande, utilisent une rhétorique dure envers la Russie à propos des bombardements à Alep, sous lesquels tombent des cibles civiles, telles que des hôpitaux. Certains même recourent à l’expression « crimes de guerre ». Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Président Poutine: Je dirais que c’est une rhétorique politique qui n’a pas grand sens ni ne tient compte de la réalité de ce qui se passe dans ce pays. Et je dirai maintenant pourquoi. Je suis intimement convaincu que dans la situation qui s’est instaurée dans la région dans son ensemble et en Syrie en particulier la responsabilité incombe à tous nos partenaires occidentaux, et en premier lieu évidemment les États-Unis d’Amérique et leurs alliés, dont évidemment les pays leaders de l’Europe.

Rappelons-nous avec quel engouement tous là-bas soutenaient la révolution arabe. Où est-il ce bel optimisme ? Par quoi cela s’est-il terminé ? Souvenons-nous ce que représentaient la Libye et l’Irak avant la destruction de leurs états, de leurs gouvernements. Qui ont été anéantis  par les diverses forces armées de nos partenaires occidentaux.

Ce n’étaient pas bien sûr des modèles de démocratie tels que cela se comprend aujourd’hui. Certainement on pouvait influer sur les structures de ces sociétés, les structures de ces gouvernements et de ces pouvoirs. Par les forces autochtones. Mais dans tous les cas il n’y avait précisément pas de signes avant-coureurs de terrorisme dans ces pays. De ces territoires ne partaient pas de menaces, ni pour Paris, ni pour la Côte-d’Azur en France, ni pour la Belgique, la Russie ou pour les États-Unis d’Amérique.

Actuellement ce sont des sources de terrorisme. Et notre but consiste exactement à éviter qu’en Syrie ne se développe une telle situation.

J’anticipe votre question à propos des réfugiés. Je suppose que vous voulez en parler ? Même si ce n’est pas le cas je vais aborder cette question. Souvenons-nous que les problèmes des réfugiés sont apparus bien avant que la Russie n’entreprenne ses actions pour la normalisation et la stabilisation de la situation en Syrie. L’exode massif de personnes de ces énormes territoires du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Afghanistan, a commencé bien avant notre intervention en Syrie. Aucun reproche à la Russie à propos de l’augmentation du problème des réfugiés n’est acceptable. Notre but justement est de restaurer les conditions pour le retour des réfugiés sur leur lieu d’existence antérieure.

Maintenant à propos de la situation humanitaire autour d’Alep. Pensez-vous que nous avons oublié comment les forces aériennes des États-Unis ont bombardé un hôpital en Afghanistan, au cours duquel ont péri des collaborateurs de l’organisation Médecins sans frontières? Ou bombardé des fêtes de mariages où jusqu’à 100 personnes ont péri en Afghanistan, puis maintenant au Yémen ce qui vient de se passer, lorsque, avec une seule bombe, 170 personnes ont été tuées, 500 blessées lors d’une cérémonie funéraire.

Quoi qu’il en soit, partout où se déroulent des conflits armés, bien malheureusement meurent et souffrent des gens qui n’y sont pour rien. Mais nous ne pouvons permettre aux terroristes de se protéger derrière des civils qu’ils utilisent comme des boucliers humains, et nous ne pouvons permettre qu’ils fassent chanter le monde entier lorsqu’ils ont pris quelqu’un en otage, le tuent et le décapitent. Si nous voulons mener cette guerre à son terme avec les terroristes, il faut alors se battre contre eux, mais ne pas aller vers eux en s’inclinant, et se retirer à reculons.

Question TF1 : Monsieur le Président le fait est que les Français ne comprennent pas pourquoi vous faites subir des bombardements à ceux que vous appelez des terroristes. Nous avons été attaqués par l’EI,  qui ne se trouve pas dans Alep. C’est cela que les Français ne comprennent pas.

Président Poutine: Je vais vous expliquer. À Alep la situation est contrôlée par une autre organisation terroriste qui s’appelle Jabhat al Nusra. Elle a toujours été considérée comme une aile d’Al-Qaïda et figure dans la liste des organisations terroristes établie par l’ONU.

Ce qui choque et nous étonne c’est le fait que nos partenaires, et plus précisément américains, d’une façon ou d’une autre tentent sans cesse de sortir le dialogue sur le terrorisme de ses limites propres. Et je vais vous dire pourquoi. Il me semble que nos partenaires systématiquement et constamment reviennent sur les mêmes travers, ils veulent utiliser le potentiel militaire de ces organisations terroristes et radicales pour accomplir leurs buts politiques ; et dans ce cas pour combattre le président Assad et son gouvernement, ne comprenant pas que plus tard ils ne réussiront pas à mettre ces terroristes de côté, dans un coin, et les contraindre à vivre selon les lois et le droit civilisés, s’ils arrivaient à vaincre quelqu’un.

Nous avons à de multiples reprises convenu avec les Américains qu’ils procéderont à la séparation de l’organisation Jabhat al Nosra et de ses semblables des autres organisations que l’on appelle modérées de l’opposition, dont celles qui sont à Alep. Et les Américains ont convenu avec nous  que cela doit être fait. Je dirais même plus, nous avons convenu  de certains délais, mais mois après mois, rien n’a été fait.

Nous avons tout récemment convenu de ce que nous annoncerions le jour du cessez-le-feu  – le jour J comme disent les Américains-.  J’avais insisté pour que, auparavant, ils résolvent le problème de la séparation de Jabhat al Nosra et des autres organisations terroristes de ce que l’on appelle l’opposition modérée. Et que, alors seulement, soit annoncé le cesser le feu.

Mais les Américains insistèrent au contraire pour que l’on annonce d’abord un cessez-le-feu et seulement ensuite soit accomplie cette séparation entre terroristes et non terroristes. Finalement nous avons été à leur rencontre et nous avons accepté cela. Et c’est ainsi que le 12 septembre fut  annoncé le cessez-le-feu  et la cessation des activités militaires.  Mais le 16 septembre l’aviation américaine a bombardé les forces syriennes[ii] occasionnant la mort de 80 militaires syriens.

Au même moment, immédiatement après les bombardements, l’État islamique -et ici on parle bien de l’État islamique-, a entrepris une attaque terrestre sur la zone qui venait d’être bombardée. Nos collègues américains nous ont dit que ce bombardement était une erreur. Mais cette erreur a conduit à la mort de 80 personnes. C’est la première chose. Et la deuxième chose, c’est que c’est peut-être aussi par hasard que Daech est passé à l’offensive tout de suite après ces frappes.

Alors, simultanément, à un niveau inférieur, opérationnel, un des responsables militaires américains annonce très directement qu’ils avaient préparé pendant plusieurs jours cette attaque aérienne. Comment pouvaient-ils se tromper s’ils ont consacré plusieurs jours à la préparation?

Ainsi furent rompus nos accord sur un cesser le feu. Qui les a rompus ? Nous ? Non.

Question TF1: on parle du retour possible à la guerre froide mais il y a d’autre part un américain auquel vous plaisez, c’est Donald Trump. Comment le considérer vous? Est-ce qu’il vous plaît ?

Président Poutine: Écoutez, tout le monde nous plaît, l’Amérique est un grand pays, les Américains un grand peuple, intéressant, sympathique et talentueux. C’est une grande nation. Qui ils vont élire nous verrons, et c’est avec celui-ci ou celle-là que nous travaillerons. Bien sûr il est plus commode de travailler avec ceux qui souhaitent travailler avec nous.  Si Trump veut travailler avec la Russie alors on peut  seulement le saluer, mais il faut seulement que cette collaboration soit sincèrement équitable et mutuelle.

Mais, voyez-vous,  revenons au problème de Alep. Nous parlons de ce qu’il est indispensable de mener des convois humanitaires.  Tout le monde tente de nous convaincre de la nécessité de le faire.  Mais il ne faut pas nous convaincre, nous sommes du même avis, nous pensons qu’il est nécessaire d’organiser des convois humanitaires. Mais comment le faire ? Il n’y a qu’une seule route, par laquelle doit passer le convoi, d’un côté de la route il y a les combattants  rebelles et de l’autre il y a des régiments de l’armée arabe syrienne.  Nous avons connaissance des provocations et de tirs sur l’une de ces colonnes, et nous savons  par quel groupe terroriste ces tirs ont été provoqués.

Nous disons: Convenons d’évacuer les troupes rebelles d’un côté de la route, et l’armée régulière syrienne de l’autre côté de la route. Et nous libérons ainsi le passage et sécurisons cette route pour les convois humanitaires.

Tout le monde est d’accord avec nous et même plus, cela est consigné dans certains documents. Et puis, plus rien ne se passe, personne n’agit du côté de nos partenaires. Soit ils ne veulent pas retirer les troupes rebelles soit ils ne peuvent pas le faire, je ne le sais pas.

Ensuite arrive une proposition exotique. Je vais maintenant vous étonner, vous et vos téléspectateurs. Il nous a été proposé de placer nos forces armées -de l’armée russe- de part et d’autre de cette route. Et d’en assurer la sécurité. Nos militaires, qui sont des gens courageux et déterminés, sont venus me voir et m’ont dit : bien, on peut le faire nous sommes prêts.

J’ai dit non. Si nous le faisons, nous ferons avec les Américains, proposez-le leur. Nous avons proposé et les Américains ont immédiatement refusé : monter au front, ils ne veulent pas. Retirer les troupes rebelles, ils ne veulent pas non plus. Que fait-on dans cette situation ?

Nous devons simplement relever le niveau de confiance mutuelle et comprendre que ces menaces nous sont communes Et ce n’est qu’en travaillant ensemble que l’on peut écarter et éloigner ces menaces.

Avec les services français nous avons d’excellentes relations, nous travaillons concrètement en phase. Ainsi en est-il pour nos spécialistes de lutte antiterroriste avec les spécialistes tant français qu’européens. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Par exemple nous communiquons à nos partenaires américains une information. Très souvent elle reste sans aucune réaction. Il y a quelques temps nous avions envoyé une information sur les frères Tsarnaev[iii]. Le premier document a été envoyé, résultat zéro. Puis un second document a été envoyé et nous recevons en réponse « ce n’est pas votre affaire car ils sont déjà citoyens américains nous nous débrouillerons seuls». Résultat il y a eu un acte terroriste aux États-Unis.

N’est-ce pas un exemple de ce qu’en négligeant la coopération dans cette sphère extrêmement sensible nous subissons des pertes ? Il faut s’occuper non de rhétorique politique mais chercher des issues à cette situation qui s’est installée entre autres en Syrie. Quelle issue et quelle solution ? Il n’y en a qu’une : il faut convaincre toutes les parties impliquées dans ce conflit de suivre la voie de solutions politiques.

Ainsi nous avons convenu avec le président Assad, et il l’a accepté, de privilégier la solution d’une nouvelle constitution, puis de mener des élections sur la base de cette constitution. Mais on ne parvient à convaincre absolument personne de cette solution. Si le peuple ne vote pas pour le président Assad, cela veut dire que démocratiquement il y aura un changement de pouvoir, non par le recours à la force depuis l’extérieur, mais par un strict contrôle international et un contrôle de l’ONU. Je ne comprends pas que l’on ne puisse pas s’accommoder avec cette forme démocratique de résolution d’un problème de pouvoir. Mais nous ne perdons pas notre optimisme, et espérons que d’une manière ou d’une autre nous réussirons à convaincre tous nos collègues et partenaires que c’est l’unique moyen de résoudre les problèmes.

Traduction MufasaRéseau International

Source : http://www.kremlin.ru/events/president/news/53081

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[i] Le contexte de cette interview est un forum dans la petit ville de KOVROV, dans l’oblast de Vladimir.

[ii] Le bombardement des troupes syriennes par l’aviation US à Deir el Zor, suivit immédiatement d’un assaut de Daesh, EI et autres mercenaires. Assaut victorieux qui permet à ces derniers d’emporter une position très favorable dans l’est de la Syrie

[iii] Selon les autorités US ils seraient les auteurs de l’attentat de Boston.

Voir encore:

Double Standards for Aleppo and Gaza

Simon Plosker

Algemeiner

September 29, 2016

Make no mistake, the carnage taking place in Aleppo right now is a disgrace to the international community.

The Syrian government and Russian-backed forces are reportedly using chemical weapons, barrel bombs and increasingly powerful explosives to target innocent men, women and children. While rebel fighters have undoubtedly embedded themselves in the city in fortified positions, it appears that the civilian population is bearing the brunt of the conflict.

While there has been some condemnation from the UN, where are the protests on the streets of European capitals and where is the media frenzy about this disgrace?

Had Israel been involved, or had the IDF aimed one solitary munition at Aleppo, I think the response would be much different.

The international community’s condemnation of the Assad regime and Putin’s Russia is nothing compared to the vitriol leveled against Israel for its far more restrained (and completely justified) 2014 operation against Hamas in Gaza.

Unfortunately for the 250,000 residents of Aleppo, the city is not being attacked by the IDF. There are no leaflets being dropped warning civilians to evacuate areas in the line of fire. There is no “roof knocking” — where non-explosive devices are dropped on the roofs of targeted buildings to give civilians time to flee. And judging by the number of civilian casualties and the extent of the destruction in Syria, there is very little to no concern for the well-being of innocent civilians.

Aleppo is a testament to the double standards at play when it comes to the treatment of Israel’s military operations. There is, however, a caveat. The IDF should be held to higher standards than the militaries of both Syria and Russia.

And that is why The Sunday Times of London caught my eye recently. One story was headlined “Putin’s gigantic firebombs torch Aleppo.” Next to it was an article entitled, “RAF drone crew divert missile to save ‘civilian’ seconds from death.”

The dissonance between the two stories is striking. On one side, we have the alleged deployment by Russia of a weapon “capable of blasting a massive ball of flame across wide areas of Aleppo.” On the other, the release of a video by Britain’s Royal Air Force showing a drone missile aimed at ISIS terrorists being diverted at the last minute to avoid killing a civilian.

One side was indiscriminately firebombing, while the other was deliberately acting to prevent civilian casualties.

The RAF evidently felt that its tale was a positive story, which showed that its drone squadrons act both ethically and in accordance with international law. Why is this news? Israel released many videos from incidents where missiles targeting Hamas terrorists were diverted due to the presence of Palestinian civilians. So why then were Israel’s identical efforts not deemed newsworthy?

Granted, the Sunday Times is a British newspaper covering the British military, but the UK press has never been shy about devoting many column inches to Israel and the Palestinians.

Israeli efforts to minimize civilian casualties go unreported or even ignored by the press, and Israel instead finds itself regularly judged in the court of public opinion, which is led by a lazy or hostile media.

So Israel is subjected not only to a different standard than the deplorable militaries of Syria and Russia, but even to a different standard than other Western militaries.

If and when the Syrian conflict comes to an end, will anyone be held to account for what certainly appear, at face value, to be genuine war crimes? Will there be a UN investigation and a Goldstone-style report? Will the International Criminal Court issue indictments? Given Russian involvement and the lack of American global power projection, it is unlikely that anyone will be held to account.

The next time open conflict between Israel and Hamas breaks out, will the parameters of judgment have changed as a result of the carnage in Aleppo and other parts of Syria? Or will Israel continue to be held to a standard of behavior unlike any other military in the world?

The likelihood is that nothing will have changed when it comes to how Israel is treated, and we will be left to conclude that, ultimately, the world will be outraged by Israel defending itself and its citizens irrespective of how ethically it behaves.

Simon Plosker is Managing Editor of HonestReporting

Voir de plus:

Syrie : des horreurs commises par des groupes armés

Amnesty international

[04/07/2016]

Les groupes armés implantés à Alep, Idlib et dans les environs, dans le nord de la Syrie, se livrent à des séries d’enlèvements, de tortures et d’exécutions sommaires.

Depuis cinq ans, nous avons recensé en détail les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis à grande échelle par les forces gouvernementales syriennes. Nous avons également rendu compte des graves violations, y compris des crimes de guerre, imputables à l’EI et à d’autres groupes armés.

Si certains civils dans les zones contrôlées par les groupes armés de l’opposition ont pu au départ saluer le fait d’échapper au joug du régime syrien, l’espoir que ces groupes respecteraient les droits s’estompe au fur et à mesure qu’ils s’emparent des lois et commettent de graves violations.

Notre rapport Torture was my punishment: Abductions, torture and summary killings under armed group rule in Aleppo and Idleb, Syria, (anglais) offre un rare aperçu de ce qu’est la vie dans les zones contrôlées par les groupes armés d’opposition.

Les groupes armés en cause

Nous avons recensé les violences commises par cinq groupes armés qui contrôlent des régions des gouvernorats d’Alep et d’Idlib depuis 2012 :

  • Le mouvement Nour al Dine Zinki, du Front al Shamia et de la brigade 16, qui ont rejoint la coalition de groupes armés Conquête d’Alep (Fatah Halab) en 2015
  • Le Front al Nosra et le Mouvement islamique Ahrar al Sham à Idlib, qui ont rejoint la coalition de l’Armée de la conquête, en 2015

Le rapport apporte aussi un éclairage sur les institutions administratives et quasi-judiciaires mises en place par les groupes armés pour gouverner ces régions.

Une dure réalité pour les civils

Beaucoup des civils sous contrôle des groupes armés d’opposition à Alep, à Idlib et dans les environs vivent dans la peur constante d’être enlevés s’ils critiquent le comportement des groupes armés en place ou ne respectent pas les règles strictes imposées par certains.

À Alep et Idlib aujourd’hui, les groupes armés ont les coudées franches pour commettre des crimes de guerre et bafouer le droit international humanitiare en toute impunité.

Un système judiciaire « sur mesure »

Des groupes armés non étatiques comme le Front al Nosra, le Front al Shamia et le Mouvement islamique Ahrar al Sham définissent leurs propres « systèmes judiciaires » fondés sur la charia (loi islamique) dans les zones qu’ils contrôlent.
Ils mettent sur pied des bureaux chargés des poursuites, des forces de police et des centres de détention non officiels.
Ils nomment également des juges, dont certains ne connaissent pas la charia.

Mauvais traitements et crimes de guerre

Le Front al Nosra et le Mouvement islamique Ahrar al Sham notamment appliquent une interprétation stricte de la charia et imposent des sanctions équivalant à des actes de torture ou à des mauvais traitements pour des infractions présumées.
Certains groupes bénéficieraient du soutien des gouvernements du Qatar, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et des États-Unis notamment, alors que des éléments prouvent qu’ils violent le droit international humanitaire