Polémique Médine au Bataclan: Vous avez dit syndrome de Stockholm ? (Taqiyya master: How would you like the very jihadi scum that mowed down your family to sing their scum in the very place the killing was done ?)

30 juin, 2018

911mosquecartoon
Le mensonge est mal, excepté pour trois choses: le mensonge d’un homme à son épouse pour la satisfaire; un mensonge à un ennemi, parce que la guerre est dissimulation; ou un mensonge pour règler un différend entre des personnes. Mahomet
Le Jour du Jugement ne viendra pas jusqu’à ce que les Musulmans combattent les Juifs, les Juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, et les pierres et les arbres diront : Oh musulman, oh serviteur d’Allah, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens le tuer. Mahomet
De plus il ne faudrait pas oublier que la « taqiyya », la dissimulation de protection, est partie intégrante de l’islam chiite et rendue obligatoire (« Quiconque n’observe pas la taqiyyah n’a pas de foi: « man lâ taqiyyata lahu lâ dîna lahu »). Or, la taqiyyah est curieusement adoptée aussi par les musulmans sunnites, ce qui leur permet de nous «servir» un discours «light» pour mieux nous tromper sur la réalité de leur religion. Ils ne mentent pas vraiment, ils dissimulent pour faire avancer l’islam! L’avantage non négligeable c’est que des non musulmans pourront ainsi être attirés par cette religion abrahamique, présentée comme si proche du christianisme et du judaïsme et par le biais de ces conversions, l’islam progressera en Europe. Anne-Marie Delcambre
Les voleurs nous protègent contre la police. Otages du Crédit Suédois de Stockholm (le 23 août 1973)
Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers. L’expression « syndrome de Stockholm » a été inventée par le psychiatre Nils Bejerot en 1973. Ce comportement paradoxal des victimes de prise d’otage fut décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain Frank Ochberg, en relation avec un fait-divers qui eut lieu en cette même ville. Wikipedia
Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. G. K. Chesterton
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. Victor Klemperer
La République islamique sera fondée sur la liberté d’expression et luttera contre toute forme de censure. Khomeini (Entretien avec Reuters, le 26 octobre 1978.)
Tout ce que vous avez entendu concernant la condition féminine dans la République islamique n’est qu’une propagande hostile. (Dans le futur gouvernement), les femmes seront complètement libres, dans leur éducation et dans tout ce qu’elles feront, tout comme les hommes. Khomeini (Entretien accordé à un groupe de reporters allemands à Paris, le 12 novembre 1978)
La révolution iranienne fut en quelque sorte la version islamique et tiers-mondiste de la contre-culture occidentale. Il serait intéressant de mettre en exergue les analogies et les ressemblances que l’on retrouve dans le discours anti-consommateur, anti-technologique et anti-moderne des dirigeants islamiques de celui que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan (Les Illusions de l’identité, 1992)
L’islamisme tire son langage, ses objectifs et ses aspirations au moins autant des formes les plus grossières du marxisme que de la religion. Ses leaders sont aussi influencés par Lénine, Sartre, Staline et Fanon que par le prophète. Azar Nafisi
En 1978, Foucault trouva de telles forces transgressives dans le personnage révolutionnaire de l’ayatollah Khomeiny et des millions de gens qui risquaient la mort en le suivant dans sa Révolution. Il savait que des expériences aussi «limites» pouvaient conduire à de nouvelles formes de créativité et il lui donna son soutien avec ardeur. Janet Afary et Kevin B. Anderson
En tant que citoyen, en tant que président, je crois que les musulmans ont autant le droit de pratiquer leur religion que quiconque dans ce pays. Cela inclut le droit de construire un lieu de culte et un centre socio-culturel sur un terrain privé dans le lower Manhattan, en respect des lois et décrets locaux. Nous sommes en Amérique. Notre engagement en faveur de la liberté de religion doit être inébranlable. Barack Hussein Obama
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
En 1453, immédiatement après la prise de Constantinople, la basilique fut convertie en mosquée, conservant le même nom, Ayasofya, comme symbole de la conquête. À cette époque, le bâtiment était très délabré : plusieurs de ses portes ne tenaient plus. (…) Le sultan Mehmed II ordonna le nettoyage immédiat de l’église et sa conversion en une mosquée. Contrairement aux autres mosaïques et peintures murales des églises de la ville, la mosaïque de Marie dans l’abside de Sainte-Sophie ne fut pas, pour des raisons obscures, recouverte de lait de chaux par ordre de Mehmed II[. Pendant cent ans, elle fut couverte d’un voile puis eut le même traitement que les autres. Wikipedia
La Grande Mosquée des Omeyyades de Damas, construite entre 705 et 715, est un édifice religieux musulman édifié par le calife Omeyyade Al Walid Ier. Cette grande mosquée (…) se situe à l’emplacement de l’ancienne église Saint Jean le Baptiste (IVe siècle), qui elle-même avait été construite sur un ancien téménos romain dédié à Jupiter. On peut donc dire qu’elle a été bâtie sur l’endroit considéré comme le plus saint de la ville par ses habitants. Wikipedia
En 2004, la Commission islamique d’Espagne, soutenue par le parti socialiste espagnol, réclame officiellement au Vatican le droit pour les musulmans de prier au sein de la mosquée-cathédrale. Le Saint-Siège oppose un refus catégorique. En 2006, l’archevêque de Cordoue ne change pas de position. Il assure que «l’utilisation partagée de la cathédrale par les catholiques et par les musulmans ne contribuerait en rien à la coexistence pacifique des différentes confessions religieuses». En octobre 2007, c’est la Ligue arabe qui revendique ce droit à la conférence de l’OSCE, avant que la Commission Islamique d’Espagne n’appelle en novembre 2008, l’UNESCO à se prononcer, toujours sans succès. Le Figaro (29.04.10)
Des responsables de l’Eglise grecque orthodoxe qui essaient de reconstruire la seule église détruite dans les attentats du 11/9 ont exprimé leur consternation cette semaine en apprenant par Fox News que des officiels du gouvernement avait enterré un projet de reconstruire l’église un peu plus loin. Fox News
Personne n’a rien contre les centres culturels japonais, mais en construire un à Pearl Harbor serait une offense. (…) Le lieu choisi a son importance. (…) Pas de passerelle pour les touristes au-dessus de Gettysburg, pas de couvent à Auschwitz – et pas de mosquée à Ground Zero. Charles Krauthammer
Je n’arrive pas à imaginer que les musulmans veuillent réellement une mosquée à cet endroit particulier, parce que ce deviendra une arène pour les promoteurs de la haine et un monument à ceux qui ont commis ce crime. D’ailleurs, il n’y a pas de fidèles musulmans dans le quartier qui aient besoin d’un lieu de culte parce que c’est une zone commerciale. (…) Ce que les Américains n’arrivent pas à comprendre, c’est que la bataille contre les terroristes du 11/9 n’est pas leur bataille. C’est une bataille de musulmans – une bataille dont les flammes continuent à faire rage dans plus de 20 pays musulmans… Je ne pense pas que la majorité des musulmans veuillent bâtir un monument ou un lieu de culte qui demain peut devenir source de fierté pour les terroristes et leurs disciples musulmans, ni qu’ils veulent une mosquée qui deviendra un lieu de pèlerinage pour ceux qui haïssent l’islam… Ceci a déjà commencé à se produire: ils prétendent qu’une mosquée va être construite au-dessus des cadavres des 3 000 Américains qui furent enterrés vivants par des personnes criant Allah akbar’  – le même appel qu’on entendra dans la mosquée… Abd Al-Rahman Al-Rashed (PDG d’Al-Arabiya)
Au , la barbarie islamiste a coûté la vie à 90 de nos compatriotes. Moins de trois ans plus tard, s’y produira un individu ayant chanté « crucifions les laïcards » et se présentant comme une « islamo-caillera ». Sacrilège pour les victimes, déshonneur pour la France. Laurent Wauquiez
Les Blancs sont des démons, des cochons d’aucune moralité Lui était suffisamment black pour être décapité Ces incestueux nous ont barricadé Puis ils nous crèvent dans un tieks qu’ils ont fabriqué C’était un bon c’cousin, un fan de Black Panther Les Blancs des consanguins, lui lutte pour ses frères (Yeah) Ces porcs blancs vont loin Passe moi une arme de poing J’vais faire un pédophile de moins Impossible c’était un bon, un militant Quelques blancs préméditèrent comme le KK Klan Boitillant, une démarche arrogante Une manière de défier les autorités écrasantes Insolent, langage brute et brutal C’est le fantasme des pécheresses toubab Il incarnait l’image de tout ce que déteste la rue Un noir intelligent c’est un noir qu’on tue Voilà pourquoi des blancs l’auraient refroidi Lâchement, subitement, ces victimes, souvent.J’ai volontairement joué avec des représentations et des iconographies dans le but de tendre un piège à ceux qui s’arrêtent à une origine ou à une confession. Médine
« Dieu est mort selon Nietzsche “Nietzsche est mort” signé Dieu On parlera laïcité entre l’Aïd et la Saint-Matthieu Nous sommes les gens du Livre Face aux évangélistes d’Eve Angeli Un genre de diable pour les anges de la TV Reality Je porte la barbe j’suis de mauvais poil Porte le voile t’es dans de beaux draps Crucifions les laïcards comme à Golgotha. Médine
Je me revendique de cet esprit outrancier, satirique au nom de la liberté d’expression pour pouvoir blasphémer une valeur lorsqu’elle est dévoyée. C’est ce que j’ai fait avec le morceau Don’t Laïk. Médine
Crucifions les laïcards comme à Golgotha, c’est clairement un oxymore, dans ce qui est proposé comme image. On ne crucifiait pas les laïcards à Golgotha. Et d’ailleurs, il ne s’agit pas de crucifier à proprement dit les laïcards. (…) Parce qu’à la fin, je rappelle que la laïcité est possédée par un certain nombre de gargouilles de la République. Médine
Mon clip “Don’t Laïk” est un droit au blasphème de la laïcité dévoyée, donc je ne vais pas m’insurger face à un dessin quand moi-même, artistiquement, j’utilise les mêmes outils pour pouvoir dénoncer d’autres situations. Médine Zaouiche
Marianne, dix ans plus tard, dans un article intitulé “le marketing du Jihad”, a compris complètement à l’inverse le message de cet album. Alors qu’en réalité, (…) le but c’était redéfinir ce qu’était le djihad à destination de ceux qui pourraient mal le comprendre. Médine
Allons-nous laisser l’extrême droite dicter la programmation de nos salles de concerts, voire plus généralement limiter notre liberté d’expression ? Médine
Une salle qui brûle, c’est une époque qui meurt Quand l’Elysée-Montmartre est partie en feu J’crois que j’ai vécu mon World Trade Center La Mecque des rappeurs, 72, boulevard Rochechouart En moins d’un quart d’heure, tous les MCs ont dû voir rouge (…) Pourquoi appelle-t-on ça la fosse si je n’y ai vu que des vrais? (…)Tout ce que je voulais faire, c’était l’Bataclan. Médine
Tu te trouves aujourd’hui au cœur d’une polémique, causée par deux concerts que tu as prévu de donner en octobre au Bataclan. On te reproche les paroles de tes albums passés. Pour ma part je ne les commenterai pas. Que tu rêves de « crucifier les laïcards » ou de « jeter des fatwas sur la tête des cons » est ton droit. Que tu considères les « élites » comme des « propagandistes ultra laïcs » est une opinion qui t’appartient. Que tu refuses de te « laisser laïciser » est un privilège que tu mérites ; vivant précisément dans un pays laïque. Je n’appartiens pas à la « fachosphère », je ne suis pas d’extrême droite – et tu l’auras compris, je ne t’appellerai pas, comme on peut le lire sur Internet, le « salaf en Stan Smith ». Je ne suis pas non plus un partisan de la censure. Je souhaite que puisses écrire les paroles de ton choix sans te soucier d’une quelconque morale, contraire à l’idée de création. Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme. Non, si je t’écris aujourd’hui, c’est d’écrivain à écrivain, ou peut-être d’homme à homme, pour t’interroger sur une chanson. Pas Don’t laïk, certes amplement critiquée, mais celle que tu utilises comme excuse pour te dédouaner de toute complaisance envers le terrorisme islamiste : Bataclan – issue de Storyteller, ton dernier album en date. Que les choses soient claires : tu affirmais hier condamner « les abjects attentats du 13 novembre 2015 et toutes les attaques terroristes. » Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme, pour ne pas dire une sidération : comment peut-on, moins de trois ans après l’un des pires massacres perpétrés à Paris, écrire une chanson sur le Bataclan où il se produisit, sans en faire la moindre mention ? Tu me répondras que c’est un Bataclan rêvé que tu dépeins, détaché de l’actualité, qui remonte à ta jeunesse. Mais imaginerait-on tourner un remake de Coup de foudre à Notting Hill dans la jolie petite bourgade d’Auschwitz en 1948, qui fasse abstraction du camp nazi ? Raconter dans un poème une balade en amoureux dans Paris, le 17 octobre 1961, date de la répression sanglante par la police française contre les manifestants du FLN ? Concevoir une pièce de théâtre sur la beauté des locaux de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, où Mohammed Merah tua à bout portant quatre enfants juifs en 2012 ? Outré à raison, on appellerait cela du négationnisme. Car qui peut ignorer que certains lieux, que certaines dates – au-delà du symbole puisqu’on parle de sang –, sont porteurs d’une mémoire ? Tu ne l’ignores pas toi-même, puisque tu fais référence, dans cette même chanson, aux attentats du « World Trade Center », qui entraînèrent la mort de 2.977 personnes – pour les comparer toutefois à l’incendie accidentel de l’Élysée-Montmartre, qui ne fit aucune victime. Mais tu vas plus loin. Toujours dans Bataclan, tu t’interroges : « Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? Si je n’y ai vu que des vrais. Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? » Là non plus, deux ans après les assassinats de masse dont je parle, ne t’a-t-il pas paru opportun de t’interroger sur la portée de ces punchlines ? Car moi, ce que la fosse m’évoque, c’est la fosse commune réservée aux corps transpercés, égorgés, de 90 jeunes gens venus faire la fête, et voyant, en gisant dans leur sang, périr leurs amis au fil des balles. C’est sans doute le sens caché de ton image : «J’aime que les balcons grondent comme des rototos ? » (…) Depuis Charlie Hebdo, depuis le 13 novembre 2015, notre génération vit dans une autre France. On peut certes prendre ses distances avec le réel, mais comment le Bataclan a-t-il pu, déjà, devenir un lieu neutre à tes yeux ? Grâce à quel splendide aveuglement parviens-tu à écrire une chanson sur cette salle de concert-cimetière sans songer une seconde aux cadavres qu’elle charrie ? (…) Si tu es de bonne foi, ne serait-il pas temps de réfléchir à cette abstraction que tu fais des victimes dans un lieu si symbolique ? Est-ce l’islamisme ravageur que tu as peur de condamner ? En ce qui me concerne, je ne juge pas la validité d’une idée en fonction de Marine Le Pen, mais de mon propre idéal républicain. Et moi aussi, je doute, comme dans la si touchante chanson d’Anne Sylvestre, Les gens qui doutent. Chanson que Baptiste, le petit-fils de la chanteuse, ne peut plus fredonner : il fut assassiné le 13 novembre 2015 par trois garçons qui, s’il avait existé, auraient pu apprendre par cœur ton refrain tout-terrain : « Tout ce que je voulais faire, c’était le Bataclan. » Arthur Dreyfus
Jihad, le plus grand combat est contre soi-même est un projet paru en 2005 dans le contexte de l’après-guerre d’Irak. Le nom complet de l’album fait référence à la notion de « grand jihad » qui implique un effort de lutte intérieure pour chaque individu. 20 minutes
The song, which talks of « crucifying the secularists like at Golgotha, » happened to come out just a week before terrorists killed 12 people at the satirical weekly magazine Charlie Hebdo in 2015. NPR

A quand une mosquée au Bataclan ?

A l’heure où à la veille d’un concert annoncé …

D’un rappeur dénommé Médine et maitre ès taqiyya chantant le djihad (intérieur, s’il vous plait !) …

Dans la salle même où il y a à peine trois ans ledit djihad a fait plus d’une centaine de morts et de blessés …

Nos belles âmes se joignent à l’islamo-racaille auto-déclarée …

Pour accuser qui vous savez de vouloir « dicter la programmation de nos salles de concerts, voire plus généralement limiter notre liberté d’expression » …

Pendant qu’à Toulouse un imam se voit mis au pilori pour avoir cité, dans sa propre mosquée, une simple parole du Prophète

Comment ne pas repenser …

Ultime avatar du fameux syndrome de Stockholm

A ces autres belles âmes le président Obama en tête …

Qui neuf ans à peine après les attentats djihadistes du 11 septembre …

Défendaient le droit de construire une mosquée à Ground zero même ?

Non, le rappeur Médine n’a pas utilisé une affiche « Jihad » pour son concert au Bataclan

FAKE OFF Il s’agit du visuel d’un album sorti en 2005…

Samba Doucouré
20 minutes
11/06/18

Plusieurs responsables politiques ont relayé une affiche du concert du rappeur Médine au Bataclan mettant en avant un visuel de sabre et le mot «Jihad»

Il s’agit d’un montage composé avec le visuel d’un album daté de 2005

Le rappeur Médine est au cœur d’une polémique depuis vendredi 9 juin et le lancement d’une campagne pour l’annulation de ses concerts au Bataclan prévu les 19 et 20 octobre prochain dans ce lieu où un attentat le 13 novembre 2015 a fait 90 morts et des centaines de blessés.

Plusieurs personnalités politiques telles que Marine Le Pen (Rassemblement national), Laurent Wauquiez (LR) se sont fait l’écho de cette campagne.

Un visuel affichant le rappeur du Havre portant un pull « Jihad » où un sabre jaune est apparent, circule sur Twitter et est présenté comme l’affiche du concert. Ce visuel a été relayé par plusieurs comptes dont celui de Marine Le Pen.

« Aucun Français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le lieu même du carnage du #Bataclan. La complaisance ou pire, l’incitation au fondamentalisme islamiste, ça suffit ! MLP #PasDeMédineAuBataclan », affirme notamment Marine Le Pen.

FAKE OFF

La campagne « Pas de Médine au Bataclan » a été lancée par l’activiste identitaire Damien Rieu, membre du site Fdesouche. Il a tweeté cette image qui est en fait un montage, associant un visuel promotionnel d’un album de Médine datant de plusieurs années, et le visuel des prochains concerts de l’artiste au Bataclan. Jihad, le plus grand combat est contre soi-même est un projet paru en 2005 dans le contexte de l’après-guerre d’Irak. Le nom complet de l’album fait référence à la notion de « grand jihad » qui implique un effort de lutte intérieure pour chaque individu.

Le rappeur s’est déjà exprimé sur l’usage de ce terme. « J’ai volontairement joué avec des représentations et des iconographies dans le but de tendre un piège à ceux qui s’arrêtent à une origine ou à une confession » s’expliquait le Havrais lors d’une interview accordé à Clique en février 2017. Il ajoute que son message s’adressait alors « à ceux qui seraient tentés d’aller combattre et à ceux qui ont une connaissance complètement galvaudée de ce terme ». « Aujourd’hui, sortir un album avec ce titre-là serait impossible », confessait-il alors à Mouloud Achour.

Voir aussi:

Le rappeur Médine au Bataclan : la polémique en quatre questions

La venue du rappeur dans la célèbre salle parisienne en octobre déplaît à de nombreux élus de droite et d’extrême droite, qui réclament l’annulation des concerts.

 Gary Dagorn

Le Monde

Depuis samedi 9 juin, de nombreux élus de droite et d’extrême droite ont fait part de leur vif mécontentement concernant la programmation dans la célèbre salle parisienne du Bataclan du rappeur Médine, un auteur-interprète populaire, mais dont les textes engagés ont été critiqués par le passé.

  • Comment est née la polémique ?

Tout part du tweet d’un internaute daté du 7 juin, relayant un extrait des paroles d’une chanson du rappeur Médine, qui doit donner deux concerts les 19 et 20 octobre au Bataclan. La chanson en question, Don’t Laïk, sortie le 1er janvier 2015, six jours avant l’attentat contre Charlie Hebdo, et dans laquelle Médine dénonce l’instrumentalisation de la laïcité, comporte les paroles suivantes :

« Dieu est mort selon Nietzsche
“Nietzsche est mort” signé Dieu
On parlera laïcité entre l’Aïd et la Saint-Matthieu
Nous sommes les gens du Livre
Face aux évangélistes d’Eve Angeli
Un genre de diable pour les anges de la TV Reality
Je porte la barbe j’suis de mauvais poil
Porte le voile t’es dans de beaux draps
Crucifions les laïcards comme à Golgotha. »

Cette dernière phrase, qui fait référence au lieu où Jésus fut condamné à mort, selon les évangiles, est extraite et relayée les 7 et 8 juin dans quelques tweets critiquant la programmation de l’artiste au Bataclan, mais sans provoquer de réactions médiatiques, hormis un article de Russia Today le 8 juin au soir. Ce n’est que le lendemain que le sujet prend de l’ampleur, relayé dès le début d’après-midi par des élus et des cadres du Rassemblement national (dont Marine Le Pen). Ce sont ensuite des élus Les Républicains qui reprendront l’information (Isabelle Balkany, Valérie Boyer, Eric Ciotti, Laurent Wauquiez), suivis par des élus La République en marche (Aurore Bergé, Blandine Brocard).

Sur la base de cet extrait (« Crucifions les laïcards comme à Golgotha ») et d’une affiche datant de 2005 de son album Jihad, le plus grand combat est contre soi-même, ces élus de droite et d’extrême droite réclament avec vigueur l’annulation des deux concerts de l’artiste au Bataclan, estimant que ces représentations entachent la mémoire des quatre-vingt-dix personnes qui périrent dans la salle lors de l’attaque de trois djihadistes, le 13 novembre 2015. Ne répondant à aucun appel, le Bataclan a maintenu sa programmation.

Lundi 11 juin, l’avocate Samia Maktouf, qui défend une vingtaine de victimes, a écrit au préfet de police de Paris afin de demander l’interdiction des concerts de Médine.

Depuis, la page Facebook du Bataclan a été inondée de messages violents, et plusieurs survivants du 13 novembre 2015 ont été harcelés en ligne pour avoir défendu la liberté de programmation de la salle de concert, selon LCI. Sophie, une survivante blessée lors de l’attaque, témoigne des nombreux messages haineux qu’elle a reçus pour avoir critiqué la récupération politique par Laurent Wauquiez : « “Dommage que tu n’aies pas crevé”, “tu as le syndrome de Stockholm”, de la part des mêmes qui, il y a deux ans, nous appelaient des héros… »

  • Que dit la loi ?

La liberté de réunion est régie par la loi du 30 juin 1881, qui dispose que « les réunions publiques sont libres » et qu’« elles peuvent avoir lieu sans autorisation préalable ». Il incombe toutefois aux organisateurs d’« empêcher toute infraction aux lois, d’interdire tout discours contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs, ou contenant provocation à un acte qualifié crime ou délit ». En d’autres mots, les pouvoirs publics peuvent interdire un spectacle en invoquant un risque de « trouble à l’ordre public » ou dénoncer le contenu illégal dudit spectacle.

C’est ce premier motif que Me Maktouf a invoqué auprès du préfet de police de Paris. Mais selon Gilles Devers, avocat spécialiste des libertés fondamentales, qui s’exprimait dans le cadre des spectacles de Dieudonné M’Bala M’Bala, une telle interdiction ne pourrait avoir lieu « que si la police n’était pas capable d’assurer l’ordre public, ce qui ne saurait se justifier dans le cas d’une salle de spectacle fermée ». Le second motif invoqué par Me Maktouf, l’« atteinte à la mémoire des victimes », ne relève en revanche pas de la loi et ne peut être invoqué pour justifier une quelconque interdiction.

Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a rappelé ces principes, disant que « la seule réponse à apporter c’est (…) la réponse du droit et non pas répondre sous le coup de l’émotion ». « Les salles sont libres de programmer qui elles veulent » et « la liberté de l’artiste est totale sauf s’il y a incitation à la haine raciale, s’il y a trouble à l’ordre public et ça, c’est au droit de le dire », a-t-il dit sur CNews, ajoutant que le rappeur « n’a pas été à ce stade condamné, qu[’il le] sache ».

  • Médine a-t-il répondu aux critiques ?

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, Médine a tenu à renouveler ses « condamnations passées à l’égard des abjects attentats du 13 novembre 2015 et de toutes les attaques terroristes ». L’interprète a également dénoncé le « détournement » du sens de ses chansons par « l’extrême droite et ses sympathisants » ainsi que leur instrumentalisation de « la douleur des victimes et de leur famille ». « Allons-nous laisser l’extrême droite dicter la programmation de nos salles de concerts, voire plus généralement limiter notre liberté d’expression ? », a-t-il conclu.

En janvier 2015, il s’était déjà expliqué sur son titre Don’t Laïk (un jeu de mots avec le I Don’t Like du rappeur américain Chief Keef) : « Je me revendique de cet esprit outrancier, satirique au nom de la liberté d’expression pour pouvoir blasphémer une valeur lorsqu’elle est dévoyée. C’est ce que j’ai fait avec le morceau Don’t Laïk. »

Un an plus tard, le rappeur a eu l’occasion d’expliquer plus longuement son utilisation de la satire et de la provocation dans ces débats de société sur le plateau d’Arrêt sur images. « Crucifions les laïcards comme à Golgotha, c’est clairement un oxymore, dans ce qui est proposé comme image. On ne crucifiait pas les laïcards à Golgotha. Et d’ailleurs, il ne s’agit pas de crucifier à proprement dit les laïcards. (…) Parce qu’à la fin, je rappelle que la laïcité est possédée par un certain nombre de gargouilles de la République. »

Médine Zaouiche, de son vrai nom, n’a pas caché qu’il reconnaissait « le droit au blasphème » :

« Mon clip “Don’t Laïk” est un droit au blasphème de la laïcité dévoyée, donc je ne vais pas m’insurger face à un dessin quand moi-même, artistiquement, j’utilise les mêmes outils pour pouvoir dénoncer d’autres situations. »

Le rappeur est revenu à cette occasion sur les contresens frontaux sur son album Jihad. « Marianne, dix ans plus tard, dans un article intitulé “le marketing du Jihad”, a compris complètement à l’inverse le message de cet album. Alors qu’en réalité, (…) le but c’était redéfinir ce qu’était le djihad à destination de ceux qui pourraient mal le comprendre. »

En mars 2017, le rappeur a, cela dit, « eu la sensation d’être allé trop loin ». « La provocation n’a d’utilité que quand elle suscite un débat, pas quand elle déclenche un rideau de fer. Avec Don’t Laïk, c’était inaudible, et le clip a accentué la polémique », a déclaré le chanteur.

  • Quelle est la position des victimes du Bataclan ?

Lire aussi :   Le rappeur Médine accuse l’extrême droite de « limiter notre liberté d’expression »

Life for Paris, une association qui représente sept cents victimes des attentats du 13 novembre 2015, a dit que la salle « a[vait] aussi été victime des attentats » et qu’elle était « complètement libre de sa programmation », ajoutant qu’elle ne « laissera[it] personne instrumentaliser la mémoire des victimes ».

13onze15, une autre association de victimes d’environ trois cent cinquante adhérents, a une position plus nuancée. Le président de l’association, Philippe Duperron, a dit que les adhérents étaient divisés. « Certains défendent la liberté d’expression, d’autres contestent vigoureusement le personnage de Médine », a-t-il déclaré aux Inrocks. « Il s’agit pour nous, au minimum, d’une maladresse », a-t-il ajouté. Emmanuel Domenach, ancien vice-président de l’association, a quant à lui dénoncé à titre personnel l’« hypocrisie la plus pure » et une « polémique stérile ». « Ces élus n’ont que faire des victimes 99 % de l’année et là on monte une affaire en épingle pour apparaître dans les médias. Qu’on laisse les victimes là où elles sont. Elles n’ont rien demandé », a-t-il ajouté.

Voir également:

« Cher Médine, comment le Bataclan a-t-il pu, déjà, devenir un lieu neutre à tes yeux ? »

Présenté quelquefois comme une figure de la « génération Bataclan », l’écrivain Arthur Dreyfus, 32 ans, donne ici son point de vue sur la polémique mettant en cause le rappeur Médine.

Cher Médine,

Je te dis « tu » parce que nous appartenons, peu ou prou, à la même génération, et que nous sommes collègues. J’ai toujours considéré les auteurs-compositeurs comme des écrivains, en particulier les rappeurs, qui inventent, il me semble, une part importante de la poésie contemporaine. En tant qu’amateur de Trenet, de Queneau, de Gainsbourg, de raï – et bien sûr de jazz –, j’ai souvent du rap aux oreilles, entre deux titres de Juliette Armanet, de Barbara, ou avant le Quintette avec clarinette de Mozart.

Tu te trouves aujourd’hui au cœur d’une polémique, causée par deux concerts que tu as prévu de donner en octobre au Bataclan. On te reproche les paroles de tes albums passés. Pour ma part je ne les commenterai pas. Que tu rêves de « crucifier les laïcards » ou de « jeter des fatwas sur la tête des cons » est ton droit. Que tu considères les « élites » comme des « propagandistes ultra laïcs » est une opinion qui t’appartient. Que tu refuses de te « laisser laïciser » est un privilège que tu mérites ; vivant précisément dans un pays laïque. Je n’appartiens pas à la « fachosphère », je ne suis pas d’extrême droite – et tu l’auras compris, je ne t’appellerai pas, comme on peut le lire sur Internet, le « salaf en Stan Smith ». Je ne suis pas non plus un partisan de la censure. Je souhaite que puisses écrire les paroles de ton choix sans te soucier d’une quelconque morale, contraire à l’idée de création.

Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme.

Non, si je t’écris aujourd’hui, c’est d’écrivain à écrivain, ou peut-être d’homme à homme, pour t’interroger sur une chanson. Pas Don’t laïk, certes amplement critiquée, mais celle que tu utilises comme excuse pour te dédouaner de toute complaisance envers le terrorisme islamiste : Bataclan – issue de Storyteller, ton dernier album en date. Que les choses soient claires : tu affirmais hier condamner « les abjects attentats du 13 novembre 2015 et toutes les attaques terroristes. » Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme, pour ne pas dire une sidération : comment peut-on, moins de trois ans après l’un des pires massacres perpétrés à Paris, écrire une chanson sur le Bataclan où il se produisit, sans en faire la moindre mention ?

Tu me répondras que c’est un Bataclan rêvé que tu dépeins, détaché de l’actualité, qui remonte à ta jeunesse. Mais imaginerait-on tourner un remake de Coup de foudre à Notting Hill dans la jolie petite bourgade d’Auschwitz en 1948, qui fasse abstraction du camp nazi ? Raconter dans un poème une balade en amoureux dans Paris, le 17 octobre 1961, date de la répression sanglante par la police française contre les manifestants du FLN ? Concevoir une pièce de théâtre sur la beauté des locaux de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, où Mohammed Merah tua à bout portant quatre enfants juifs en 2012 ? Outré à raison, on appellerait cela du négationnisme. Car qui peut ignorer que certains lieux, que certaines dates – au-delà du symbole puisqu’on parle de sang –, sont porteurs d’une mémoire ? Tu ne l’ignores pas toi-même, puisque tu fais référence, dans cette même chanson, aux attentats du « World Trade Center », qui entraînèrent la mort de 2.977 personnes – pour les comparer toutefois à l’incendie accidentel de l’Élysée-Montmartre, qui ne fit aucune victime.

Ce que la fosse m’évoque, c’est la fosse commune réservée aux corps transpercés, égorgés, de 90 jeunes gens venus faire la fête, et voyant, en gisant dans leur sang, périr leurs amis au fil des balles.

Mais tu vas plus loin. Toujours dans Bataclan, tu t’interroges : « Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? Si je n’y ai vu que des vrais. Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? » Là non plus, deux ans après les assassinats de masse dont je parle, ne t’a-t-il pas paru opportun de t’interroger sur la portée de ces punchlines ? Car moi, ce que la fosse m’évoque, c’est la fosse commune réservée aux corps transpercés, égorgés, de 90 jeunes gens venus faire la fête, et voyant, en gisant dans leur sang, périr leurs amis au fil des balles. C’est sans doute le sens caché de ton image : « J’aime que les balcons grondent comme des rototos ? »

Pour ma part, le soir du Bataclan, je suis resté enfermé dans un restaurant voisin jusqu’à trois heures du matin, rideau baissé, partagé entre la panique et l’angoisse. Pardon : je n’ai pas pu m’empêcher de panik – pour une certaine idée de la liberté qui se résume, tout simplement, au droit d’aller écouter de la musique sans se faire exterminer. Depuis Charlie Hebdo, depuis le 13 novembre 2015, notre génération vit dans une autre France. On peut certes prendre ses distances avec le réel, mais comment le Bataclan a-t-il pu, déjà, devenir un lieu neutre à tes yeux ? Grâce à quel splendide aveuglement parviens-tu à écrire une chanson sur cette salle de concert-cimetière sans songer une seconde aux cadavres qu’elle charrie ?

Chacun a sa définition de ce que peut signifier « être un artiste », mais si je ne devais retenir qu’un mot, ce serait : le doute. L’artiste est celui qui doute, qui s’interroge en permanence, qui consent à s’amender. Si tu es de bonne foi, ne serait-il pas temps de réfléchir à cette abstraction que tu fais des victimes dans un lieu si symbolique ? Est-ce l’islamisme ravageur que tu as peur de condamner ? En ce qui me concerne, je ne juge pas la validité d’une idée en fonction de Marine Le Pen, mais de mon propre idéal républicain. Et moi aussi, je doute, comme dans la si touchante chanson d’Anne Sylvestre, Les gens qui doutent. Chanson que Baptiste, le petit-fils de la chanteuse, ne peut plus fredonner : il fut assassiné le 13 novembre 2015 par trois garçons qui, s’il avait existé, auraient pu apprendre par cœur ton refrain tout-terrain : « Tout ce que je voulais faire, c’était le Bataclan. »

Dernier ouvrage paru : Je ne sais rien de la Corée. Gallimard. 272 pages. 19,50 euros

A Paris concert that’s still months away is generating controversy. Muslim rapper Médine is scheduled to play at the Bataclan, the concert hall where 89 people were killed by Islamist extremists in a terrorist attack two and a half years ago.

The concert is stoking outrage among France’s right wing. Laurent Wauquiez, the head of the mainstream right party Les Republicans, tweeted that holding this concert would be sacrilege for the victims of the 2015 attack and a dishonor for France. Far right leader Marine Le Pen gathered thousands of signatures on a petition to ban the concert.

« Is it normal that a militant, fundamentalist, Islamist goes to the Bataclan to express his hatred and defend ideas that I believe are inciting crimes? » she asked a reporter during an appearance on France’s BFM TV.

But Médine says he’s always fought against radicalization in his music. And in a statement released by his record company he asked, « When did we start letting the far right manage the country’s concert halls? »

The 35-year-old rapper grew up in the working-class port town of Le Havre, France, the son of Algerian immigrants. Médine has described himself as an « Islamo-hooligan. » His lyrics talk mostly about the French Muslim experience — living in the ghetto, facing discrimination. His tone toward French society is often hostile.

Médine’s critics are focusing on a song he wrote in 2015 called « Don’t Laïk. » It is a double play on words: on the French word laïcité, which means secularism, and on the English « don’t like. » A lot of French Muslims feel the country’s official policy of secularism is used as an excuse to target their faith.

YouTube

« Your beard, my brother, it’s don’t laïk / Your veil, my sister in this country, it’s don’t laïk, » Médine raps in the song.

The song, which talks of « crucifying the secularists like at Golgotha, » happened to come out just a week before terrorists killed 12 people at the satirical weekly magazine Charlie Hebdo in 2015.

Detractors are also criticizing one of Médine’s albums, entitled Jihad. In a recent TV interview, Médine said people are twisting his lyrics and taking them out of context.

« First of all, the album had a subtitle, which was, ‘The biggest battle is against oneself’ — because jihad signifies the internal struggle above all, » Médine said. « And secondly, this album came out in 2005 in a completely different context. It would be impossible to title an album Jihad today. »

Médine has also worked to diffuse the French culture war over Islam. He co-wrote a book with a historian about racism in France. And his record label sells a line of T-shirts with the slogan, « I’m Muslim, Don’t Panik. »

Karim Amellal is working on a presidential commission to fight anti-Semitism and Islamophobia in France. He says this controversy has gotten so big because every Muslim identifies with the accusations against Médine.

« Muslims have the feeling they are not recognized for their accomplishments and they are always [associated] with terrorists and jihadists, » Amellal says.

Some of the survivors of the Bataclan terrorist attack have defended Médine. One tweeted that right-wing politicians should not exploit the victims of the attack for their bogus controversy.

« Marine Le Pen is even talking about ‘our deaths,’  » attack survivor Emmanuel Domenach wrote on Twitter. « It’s shameful. »

One victims’ association, Life for Paris, defended the Bataclan, saying it was against censorship, and the venue should be free to book who it wants. « We will not let anyone use the memory of the victims for political ends, as is the case here, » the association said in an official statement.

The theater itself has refused to get involved in the fray. But when reached on the phone, a Bataclan employee said that Médine has nothing to do with the terrorists.

Amellal says other rappers have much more offensive lyrics than Médine and that Médine never caused much controversy because he’s actually an intellectual rapper with very complicated lyrics. Amellal believes this debate has galvanized public opinion because it involves two groups that are victims.

« It’s like a showdown between two legitimate symbols, » he says. « The Bataclan, which is a very symbolic place because of the terrorist attack, and Médine and Islam. »

This spring, Médine released a new song, a sentimental ballad about the Bataclan. He raps, « All I ever wanted was to play the Bataclan. »

The lyrics don’t mention the attack. Writing in left-wing weekly magazine Marianne, novelist Arthur Dreyfus, who describes himself as being from the same generation as Médine, says the omission stuns him.

« That you dream of crucifying secularists, that’s your right and privilege living in this country. … I’m not in favor of censorship and I’m surely not a fascist, » Dreyfus writes. « But how can you, less than three years after one of the worst massacres ever perpetrated in Paris, write a song about the Bataclan, where it took place, without even mentioning it? »

Médine’s concert at the Bataclan is not until October. This debate is far from over.

Voir enfin:

Quand l’imam de la Grande Mosquée de Toulouse appelle au meurtre

Valeurs actuelles

28 juin 2018

Islamisation. Un prêche de décembre 2017 de l’imam Mohamed Tatai appelle les musulmans – en citant un hadith – à tuer des juifs. Il a été traduit et mis en ligne par l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient (MEMRI).

Le 26 juin, l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient (MEMRI) a mis en ligne la traduction d’un prêche de l’imam Mohamed Tatai tenu le 15 décembre 2017. Dans ce «discours» prononcé dans la mosquée Ennour à Toulouse, l’imam cite un «hadith» qui appelle tout simplement à tuer des juifs. Voilà le hadith en question cité par Mohamed Tatai :

«[Le Prophète Muhammad] nous a parlé de la bataille finale et décisive: ”Le Jour du Jugement ne viendra pas jusqu’à ce que les Musulmans combattent les Juifs, les Juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, et les pierres et les arbres diront : Oh musulman, oh serviteur d’Allah, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens le tuer.»

L’imam n’en est pas à son coup d’essai. Cela fait plus de trente ans –il est arrivé d’Algérie en 1987 – qu’il prêche uniquement en arabe. Un prêche du 4 février 2011 repéré et traduit par Islamineurope constitue une attaque directe contre notre régime politique : la démocratie est qualifiée de «religion bizarre» qui «sert à protéger les châteaux et à garder le dictateur». L’imam explique clairement attendre le retour du califat et défend la domination et la gouvernance des musulmans : «c’est la communauté à qui Allah a promis le retour du Califat, de la justice, de la victoire et de la gouvernance. C’est la communauté supérieure, Allah a dit : ‘Ne vous laissez pas battre, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants.’» Rappelons que le retour du califat signifie la mise en place d’un Etat islamique dont le système juridique équivaut à la charia… Et tout ceci est prôné en France !

Dans ce même prêche, l’imam s’emploie aussi à une victimisation des musulmans. L’Occident est accusé de «falsifier la géographie et l’histoire» de la ville de Jérusalem. «Vous cherchez à emprisonner l’Islam, à l’enterrer, à le tuer», lance-t-il à destination de l’Occident. Loin, bien loin de l’Islam de la tolérance et de la paix…

Une drôle de coïncidence quand on sait que l’imam est le président du Cercle de dialogue civilisationnel, l’association porteuse du projet de construction de la Grande Mosquée de Toulouse. Cette dernière a été inaugurée samedi 23 juin dans le quartier d’Empalot. Le discours de l’imam Mohamed Tatai invoquait la paix et jugeait que la mosquée devait être un rempart contre l’extrémisme. Un double discours préoccupant…

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Médias: Qui sème le vent (It’s not about us: Old Gray Lady gets public spanking for narcissism by former executive editor)

29 juin, 2018

RUSSIANS HUNGRY, BUT NOT STARVING Walter Duranty
The WSJ is edited for those who run the world; the WaPo is edited for those who think they run the world; the Old Gray Lady is edited for those who think they should run the world. Urban dictionary
An old joke in the newspaper world holds that The Wall Street Journal is read by the people who run the country, The New York Times by those who think they run the country, The Washington Post by those who think they ought to run the country and The Boston Globe by people whose parents used to run the country. ABC news
« Peut mieux faire », a en dit en substance le New York Times à l’élève McCain en lui renvoyant sa copie. La rubrique « Opinions » du journal américain a, en effet, rejeté une tribune sur l’Irak, rédigée par le candidat républicain à l’élection présidentielle, en réponse à celle de Barack Obama, publiée lundi 14 juillet. Cette décision a particulièrement irrité l’équipe de John McCain, comme en atteste le communiqué d’un de ses porte-parole : « John McCain croit que la victoire en Irak doit être fondée sur les conditions sur le terrain, et non pas sur des calendriers arbitraires. Contrairement à Barack Obama, sa position ne changera pas selon les demandes du New York Times. » D’après le New York Times, la tribune de M. McCain, qui a par ailleurs été reproduite intégralement sur le site conservateur Drudge report, n’a pas été refusée définitivement mais a été renvoyée à son auteur pour être améliorée. David Shipley, le rédacteur en chef de la rubrique « Opinions », a ainsi publié lundi 21 juillet, sur le blog du journal, l’e-mail envoyé à l’équipe de campagne du candidat républicain. Il s’y dit « très désireux de publier le sénateur » dans sa rubrique, mais « dans l’incapacité d’accepter cette tribune dans son état actuel ». Dans ce mail, M. Shipley explique les raisons pour lesquelles il a décidé de publier le point de vue sur l’Irak de Barack Obama. Si le candidat démocrate y contestait les positions de son adversaire républicain, il apportait également de nouveaux détails sur son propre plan en Irak. Le rédacteur en chef ajoute que son journal est prêt à accueillir un nouveau point de vue de John McCain si celui-ci y »définit concrètement ce qu’il considère être la victoire en Irak ». « L’article devra aussi proposer un plan clair pour atteindre la victoire, incluant le nombre de troupes, des calendriers », précise M. Shipley. Une demande qui risque d’être difficilement satisfaite ; M. McCain s’opposant à la mise en place d’un calendrier de retrait des troupes depuis le début de sa campagne. Devant les nombreuses protestations républicaines, le NYT a publié un communiqué précisant qu’il est habituel pour ses pages « Opinions », et pour celles d’autres publications, de procéder à un va-et-vient des tribunes entre les auteurs et la rédaction. Le communiqué rappelle également que le New York Times a publié au moins sept tribunes de John McCain depuis 1996, et que le sénateur a été le candidat officiellement soutenu par le quotidien lors des dernières primaires républicaines. L’équipe de campagne républicaine, qui dénonce régulièrement la couverture médiatique de Barack Obama, qu’elle juge trop favorable, a, elle, répliqué sur son site en mettant en ligne, mardi, une vidéo intitulée »Les médias sont amoureux de Barack Obama ». Sur un fond rose, le film compile des extraits d’émissions d’actualité avec en fond musical « You’re just too good to be true » de Frankie Valli. Le Monde
The long romance of Western leftists with some of the bloodiest regimes and political movements in history is a story not told often enough, and Jamie Glazov’s United in Hate tells it particularly well. (…) United in Hate begins with a brief survey of the many leftists who since 9/11 have rationalized jihadist terrorism and blamed the United States for the attacks: “From Noam Chomsky to Norman Mailer,” Glazov writes, “from Eric Foner to Susan Sontag, the Left used 9/11 to castigate America,” seeing the 3,000 dead in Manhattan as “merely collateral victims of the world’s well-founded rebellion against the evil American empire.” But similar attitudes are also found in the Democratic Party itself. From Jimmy Carter’s courtship of Hamas to the Democratic congressional leadership’s eagerness to declare the Iraq War a failure—even as millions of Iraqis voted in free elections—the presumably “moderate” Democratic leadership has regularly created obstacles to defeating a murderous jihadist ideology that opposes every ideal the liberal Left supposedly embraces. Before returning to the subject of Islam and the Left in greater detail, Glazov surveys the long history of the Left’s “useful idiocy.” Western political pilgrims to post-revolutionary Russia gushed like schoolgirls over Lenin and Stalin, even as torture, terror, and famine were inflicted on the Russian people. New York Times reporter Walter Duranty stands as perhaps the quintessential fellow-traveler, killing news reports of famine and writing that Ukrainians were “healthier and more cheerful” than he had expected, and that markets were overflowing with food—this at the height of Stalin’s slaughter of the kulaks. Today’s Times continues to list Duranty among the paper’s Pulitzer Prize winners. Other abettors of terror and famine, both famous and obscure, make their appearance in Glazov’s hall of dishonor. They include George Bernard Shaw and Bertholt Brecht, who, he writes, “excused and promoted Stalin’s crimes at every turn,” and American sociologist Jerome Davis, who said of Stalin, “everything he does reflects the desires and hopes of the masses.” The same delusions clouded the vision of Western fans of China’s Mao Tse-tung, whose butcher’s bill of dead, tortured, starved, and imprisoned eclipses Hitler’s and Stalin’s combined. The next generation of leftists in America, the so-called “New Left,” may have become disillusioned with the Soviet Union after Khrushchev validated every anti-Communist charge, but they still clung to the ideology that had justified and driven Communism’s crimes. They simply shopped around for new autocrats to worship. Castro’s Cuba became, and to some extent has remained, the Shangri-La for starry-eyed American leftists, despite its half-million political prisoners—“the highest incarceration rate per capita in the world,” Glazov points out—and its execution of 15,000 enemies of the state. Vietnam for a time inspired pilgrimages as well, lauded by intellectuals like Susan Sontag and Mary McCarthy despite the Viet Cong’s bloody record of torture, forced depopulation, and murder. The bloody dénouement of Saigon’s fall—the purges, executions, refugees, and a holocaust in neighboring Cambodia—soon diverted the Left’s adulation to the next revolution de jour, in Nicaragua. Fans of the thuggish Sandinistas, or the “sandalistas,” as critics dubbed these “political tourists,” did not seem to mind the regime’s 8,000 political executions, 20,000 political prisoners, forced population relocations, or regular use of torture on state enemies. Indeed, about 250,000 Americans went to Nicaragua to work for the Sandinista government. In 1990, the Sandinistas faced a reasonably fair election and were voted out of power. When China began easing toward greater economic freedom, the only full-blown Communist regime left besides Cuba’s was that of North Korea’s lunatic Kim Jong Il, whose mad dictatorship even American leftists struggled to idealize. However, some found in the resurgent Islamic jihad the next supposed victim of American imperialism and capitalism that, Glazov writes, “would fill the void left by communism’s collapse.” The first stirrings of this unholy alliance between leftists and jihadists were visible after the Iranian revolution of 1979. Again displaying a remarkable myopia about their new heroes’ crimes—the mullahs in Iran killed more people just in the span of two weeks in 1979 (about 20,000) than the hated Shah had in 38 years—Western radicals like French philosopher Michel Foucault indulged both their noble-savage idealization of the non-Western “other” and their usual adolescent worship of “revolution.” The Left’s flirtation with Islamists is particularly bizarre. Unlike Communist tyrannies, which at least paid lip service to the ideals of social justice and equality, the jihadists in word and deed continually displayed their contempt for feminism, human rights, cosmopolitan tolerance, and democratic freedom—everything the Left claims to stand for. Yet American feminists, who can become enraged over a single masculine pronoun, find all sorts of rationalizations for gender apartheid, honor killings, genital mutilations, wife-beating, polygamy, and other medieval sexist abuses sanctioned by Islam, Glazov shows. Duke professor Miriam Cooke, for example, asserts, “What is driving Islamist men is globalization,” and she praises female suicide bombers for manifesting “agency” against colonial powers. In response to the high incidence of Muslims raping Norwegian women, Professor Unni Wikan of the University of Oslo recommends that Norwegian women wear a veil. And Nation columnist Naomi Klein calls on leftists to join in solidarity with Muqtada al-Sadr, the Iraqi Shiite who has fomented violence against the American military and fellow Iraqis. The only villain in the leftist melodrama remains the capitalist, colonialist, imperialist, Christian West. Hence the surreal sight of American feminists marching against the Iraq War and George W. Bush, though the hated president had freed more women than all the activists and women’s studies professors combined. Bruce Thornton
Toute la newsroom s’est évidemment concentrée sur l’événement.» C’est-à-dire la centaine de journalistes chargés de «couvrir» New York, la trentaine de reporters du bureau de Washington, toute l’équipe d’éditorialistes et de billettistes qui, chaque jour dans les célèbres pages «Op-Ed» (opinions, éditoriaux), donnent le «la» de ce qu’il faut penser à l’élite américaine. Ce mardi-là, comme tous les soirs, aux alentours de 19 heures, les grands titres de la une du Times ont été envoyés par messagerie électronique à la plupart des grands quotidiens américains, qui ne manquent jamais de jeter un oeil sur les orientations de leur confrère avant d’en finir avec leurs propres éditions. Car c’est bien lui la référence. Le journal aux soixante-dix-neuf Pulitzer (ces oscars du journalisme), celui qui a osé publier, en 1971, les archives secrètes du Pentagone expliquant les raisons de l’entrée en guerre des Etats-Unis au Viêt-nam. Et dont l’aura dépasse largement New York, puisqu’il publie une édition nationale diffusée à partir d’une douzaine d’imprimeries réparties sur le sol américain. (…) Bien sûr, il y a la demande d’informations. Et là, le New York Times, qui s’est choisi pour slogan «Toutes les nouvelles qu’il convient d’imprimer», peut en remontrer à tous les journaux du monde. Intraitable devant ses propres erreurs, qu’il rectifie chaque jour dans un emplacement ad hoc, en page 2. Maniaquement sérieux dans tout ce qu’il traite. «La vieille dame grise» ­ son surnom ­ est sans doute le seul journal au monde à envoyer ses chroniqueurs gastronomiques trois fois de suite dans un même restaurant, avant de les autoriser à en faire une critique ! Ce faiseur d’opinion se flatte d’être «indépendant». Démocrate, en fait. Le New York Times n’est pas du style à faire des cadeaux à la présidence. Il n’a cessé, l’an passé, de mordre les mollets du candidat George W. Bush, fustigeant notamment le délabrement du système de santé publique au Texas, dont le républicain était gouverneur. A tel point que, en pleine campagne présidentielle, le futur président, apercevant un journaliste, s’est écrié (sans savoir que le micro était ouvert): «Tiens, voilà ce trou du cul de première classe (major league asshole) du New York Times»… (…) Et alors qu’il s’apprêtait à fêter son anniversaire, dans son édition du week-end dernier, 720 pages, épaisse comme Autant en emporte le vent, se vante-t-on ­, le New York Times a très symboliquement choisi d’imprimer sur sa dernière page un drapeau américain à découper. Sous le titre suivant: «Une nation panse ses plaies en rouge, blanc, bleu.». Libération
Bien qu’elle se targue de privilégier les faits, la presse des Etats-Unis traite souvent l’actualité internationale comme un conte moral illustrant les bienfaits du « modèle » américain et les « archaïsmes » de ceux qui refusent de le suivre. Cette fable idéologique réserve à la France un rôle de choix. La victoire électorale de la gauche, la défense de l’exception culturelle et le refus par Paris d’emboîter le pas aux élans guerriers de Washington dans le Golfe n’ont fait que conforter cette aigreur médiatique. Thomas Frank (Le Monde diplomatique, 1998)
Voilà huit ans que les Etats-Unis n’ont plus d’ennemi sur lequel compter, qu’il leur manque une nation à dépeindre comme l’incarnation de l’obstination et de la menace. Il y a bien sûr l’Irak, avec son dictateur caricatural, mais ce pays ne s’est jamais vraiment montré à la hauteur des espérances : trop circonscrit, trop outrancier, trop idéologiquement déroutant. Il fallait donc trouver un Etat aux choix économiques lisibles, et dont la politique pourrait être comprise – et stigmatisée – comme un rejet de la mondialisation cybernétique que chacun ou presque glorifie, des firmes informatiques au président William Clinton. L’année 1997 a enfin permis de trouver la cible cherchée. Où que l’on se tourne, experts, journalistes, porte-parole des industriels et magnats de la publicité de Madison Avenue s’allient pour persuader l’opinion de deux évidences : le triomphe de l’ordre industriel américain et l’archaïsme de la France, encore encombrée d’un Etat-providence presque intact. Correspondant à Paris du New York Times – et parfois invité par les chaînes de télévision françaises -, Roger Cohen a dressé, il y a un an, la longue liste des travers hexagonaux : les Français ne comprendraient rien à Internet, ils n’aiment pas les Etats-Unis, et ils s’accrochent à un système « socialiste » dans lequel des « technocrates » décident de tout, encore que les syndicats restent infiniment trop puissants. En octobre dernier, le journaliste américain pouvait enfin théoriser sa condamnation définitive : « La France a choisi, dans la dernière décennie du XXe siècle, de devenir ce qui ressemble peut-être le plus à un rival idéologique sérieux des Etats-Unis. » Le thème de la « récalcitrance française » vient épauler les arguments des partisans du nouvel ordre mondial. (…) Dans un éditorial de sa livraison d’automne 1997, le magazine littéraire Granta se charge d’édifier le lecteur cultivé. Qu’on en juge : le refus de la France de reconnaître que la « mondialisation est inévitable » ne serait qu’un nouvel effort fantasque de sa part « pour préserver l’idée qu’elle cultive de la “francité”». Ajoutez à cela quelques références prévisibles à l’ascension de M. Jean-Marie Le Pen, et l’article s’écrit tout seul. Puisqu’on confond désormais libre-échange et liberté, marché et démocratie, les Etats-Unis voient, dans chaque effort pour ne pas tout subordonner au marché, un acte d’une prétention impardonnable. Et, dans cette optique, les Français représentent l’ennemi idéal : ils résistent à la baisse des salaires et à la refonte du système de santé, leurs syndicats combattent les « réformes » dont nul manager américain n’ignore qu’elles sont un élément décisif de la « compétitivité mondiale ». Sans compter que les Français conservent dans l’imaginaire américain une image de snobs. Aux Etats-Unis, même le téléspectateur le plus indifférent ne peut en effet ignorer que la France est un pays qui contingenterait les films américains, qui tenterait d’éradiquer les termes anglais de son vocabulaire, et qui croirait devoir enseigner la cuisine française dès l’école maternelle. En somme, c’est un peuple têtu qui persisterait à nager à contre-courant de la culture et de l’économie ; un gouvernement intraitable qui interdirait à ses citoyens de surfer sur les gammes des plaisirs sensuels comme sur les ondes extatiques du commerce ; une nation de rabat-joie pincés, décidés à gâcher la douce musique américaine que le monde entier brûle d’entendre. Que l’on parle des sarcasmes du serveur parisien vous apportant le ketchup ou des travailleurs sociaux qui cherchent à adoucir les effets du capitalisme mondial, tout est dans tout : pour les combattants culturels du nouvel ordre, la possibilité de mélanger stéréotypes et croisade économique est décidément irrésistible. Il est donc logique qu’on ne puisse désormais actionner une télécommande sans entendre quelque ragot sur les Français. Une émission diffusée à la Radio publique nationale laisse entendre que ce sont des têtes de lard. Un éditorial du New Republic se moque des Gaulois, qui votent à tort et à travers. Mais le procureur le plus constant dans sa mise en accusation de la France est le New York Times, dont les correspondants en Europe et les éditorialistes martèlent une thématique presque immuable : pas une semaine sans quelque décision française hilarante ou image mémorable – par exemple, cet intellectuel parisien que l’on aurait surpris à écrire un livre sur l’impact d’Internet… avec un crayon noir ! Thomas Friedman, éditorialiste au New York Times et ancien correspondant de ce quotidien au Proche-Orient, posa les termes du conflit entre la démocratie globale et l’arrogance française dans son commentaire du 26 février 1997. Pour lui, comme pour les publicitaires d’American Express, partout dans le monde « la pression de la technologie et l’économie globale forcent les nations à transférer le pouvoir de la bureaucratie d’Etat et des monopoles autrefois dominants au secteur privé ». Mais les Français s’obstineraient à vouloir entraver le puissant flot de l’Histoire. Ils sont, tout simplement, « des gens qui sentent que le monde change et qui veulent l’en empêcher ». Business Week enfonce le clou : « Imaginez un pays où un patron risque la prison parce que les cadres de l’entreprise travaillent plus de trente-neuf heures sans être payés en heures supplémentaires. (…) Quel type de régime enverrait ainsi le patron en prison ? Mais c’est la France ! ». La clé de cette impulsion répressive et bornée ? Une culture que tout bon amateur de sitcoms a appris à abhorrer : « Le système français récompense ceux qui ont la capacité de suivre le chemin qu’on a tracé pour eux », explique à Thomas Friedman un « expert » amical ; le système américain inviterait au contraire les gens à « se rebeller ». C’est l’homme au costume gris contre James Dean. Le mal français, en d’autres termes, ne relèverait pas de l’obstination dans l’erreur économique : il serait plutôt caractérisé par la lutte des bureaucrates contre les rebelles, de l’Académie française contre Internet, des intellectuels contre le peuple. Dans ce mélodrame classique, l’éditorialiste prend évidemment place dans le camp des bons, et dépoussière une artillerie de propagande digne des premiers temps de la guerre froide. La France, écrit-il, ne fait rien de moins que « du pied aux ennemis de l’Amérique, qui sont souvent les ennemis de la modernité ». Mais Thomas Friedman ne fait que construire son discours sur les fondations posées par Roger Cohen, dont la correspondance de Paris reprend sans cesse comme mécanisme explicatif les stéréotypes américains sur l’arrogance française. Pour le journaliste du New York Times, le moindre choix économique fait à Paris s’explique par des traits culturels douteux. L’ « aspiration à la grandeur », les « prétentions excessives », le « sentiment d’occuper une position proche du centre du monde », ces facettes de la vanité nationale empêchent les Français d’embrasser l’exaltant avenir multiculturel ; leur besoin de nourrir l’« ego français » rend difficile la prédiction de leur prochaine lubie électorale. Toujours victime de l’illusion gaullienne d’ « une certaine idée de la France », selon Roger Cohen, ce pays, « aussi mobile qu’un bloc de ciment », serait en pleine « paralysie interne (…), menacé par l’innovation ». Les entrepreneurs y sont fortement découragés, ses « technocrates (…) semblent dépassés par l’économie globale », et ses syndicats, « qui arborent fièrement les haillons d’un rêve socialiste épuisé (…) , semblent également fossilisés ». Des bons points ? Le correspondant du New York Times en décerne quelques-uns, de préférence à d’exemplaires amis du peuple : le baron du logiciel Bernard Liautaud, fourmillant d’idées égalitaires ramassées à l’université Stanford comme la « promotion d’une culture de l’actionnaire » et le « penser marketing » ; ou Bernard Arnault, « entrepreneur infatigable », héros de la petite parabole du Château d’Yquem : pour identifier l’orgueilleux aristocrate à qui il dispute la propriété de ce domaine vinicole, Cohen le représente méditant de façon poignante sur une montre arrêtée. Aux antipodes de l’archaïsme, le journaliste évoque aussi avec une évidente délectation le glorieux (et irrésistible) progrès de la culture de masse américaine. Par les mécanismes magiques du marché, celle-ci exprime la volonté du peuple. Sous la photographie de patineurs effectuant sauts et cascades face à la tour Eiffel, un article acclame cette jeunesse de France qui embrasse le marché mondial avec allégresse, qui ne craint pas de consommer les produits de la culture jeunes en dépit des injonctions de ses aînés. « Casquette de base-ball à l’envers, baskets aux pieds, films et musique américains sont les figures de référence de la majorité des enfants français. L’anti-américanisme facile des intellectuels et des politiques rencontre fort peu d’écho auprès des Français ordinaires. » Bien entendu, il est un peu audacieux de prétendre que la culture de masse serait forcément l’expression des goûts du public. Mais, même quand un phénomène culturel est créé par l’industrie, les journalistes américains y décèlent le signe d’une victoire du peuple – et du marché – sur l’arrogance française. Un article sur l’importation de la fête de Halloween fit ainsi la « une » du New York Times et de l’ International Herald Tribune. L’auteur de l’article réussit toutefois à transformer la fête en expression d’un conflit : entre, d’une part, la volonté du peuple – un peuple d’acheteurs et de vendeurs dans les grands magasins, de fabricants de téléphones portables – et, d’autre part, l’anti-américanisme fatigué des mandarins culturels du pays. Le New York Times choisit d’illustrer l’article par une photographie juxtaposant à la fière tour Eiffel un millier de citrouilles placées là par l’un des parrains (commerciaux) de l’opération. Cependant, c’est en essayant de transposer à toute force cette idée fixe dans le domaine politique, en lisant l’information politique au travers de la lutte entre la liberté du marché et l’arrogance de l’Etat que la presse américaine à Paris se met à déraper pour de bon. Puisque refuser les mécanismes néolibéraux revient à mépriser le peuple, et que s’écarter du marché serait en définitive une des formes du racisme, un homme politique est naturellement mis en relief : M. Jean-Marie Le Pen, à qui « l’état d’esprit [français] offre un terrain parfait ». La description ainsi faite des événements politiques mène tout droit à ce personnage exutoire d’un pays qui regarde en arrière. Le Washington Post résume le propos avec brio : « Tous les responsables politiques, même Jean-Marie Le Pen à l’extrême droite, sont des sociaux-démocrates sous une forme ou sous une autre. » Toute personnalité politique se voit alors présentée comme un Le Pen sans le racisme, ou un Le Pen sans l’europhobie ; chaque élection est assimilée à une victoire du Front national. Une vision d’une cohérence interne et d’une force de conviction telles qu’elle pourrait surprendre des lecteurs américains découvrant que l’extrême droite française n’est pas au pouvoir et que M. Le Pen ne détient aucun mandat national. La confusion entretenue autour des projets de M. Lionel Jospin est encore plus étrange. Dès juin 1997, le Wall Street Journal expliquait : « Les protecteurs de la culture socialiste française étaient enthousiasmés par l’arrivée au pouvoir de M. Jospin, un homme qui n’est aucunement souillé par la moindre pensée moderne. » Reprenant la même antienne et assimilant le premier ministre à un pur produit du sentiment rétrograde et arrogant des Français, le New York Times n’eut d’autre souci que de prouver l’inconséquence de ses décisions. Le 11 octobre 1997, commentant le projet de loi sur la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, le quotidien new-yorkais rendit compte des réactions des représentants du patronat et établit la liste des pays européens qui connaissaient une véritable réussite – car eux, évidemment, ne cherchaient pas à imposer une telle contrainte aux marchés. Le tout, couronné par la citation d’un économiste de la firme de courtage Smith Barney : « Le problème de ces idées [socialistes] est qu’elles confortent un fantasme. » De fait, une telle relation des événements est conçue comme un conte moral. Les nouvelles de France s’apparentent alors à une fable des bienfaits du capitalisme mondial, aussi policée qu’une publicité pour un fabricant d’ordinateurs. Et la jeunesse « rebelle » devient aussi exaltante que les rêves éveillés imaginés par Nike, Reebok, Pepsi, Coke et Sprite… Thomas Frank (Le Monde diplomatique, 1998)
Entre le « New York Times » et le « Washington Post » c’est à qui sortira le plus de choses sur Donald Trump. Une telle concurrence n’était pas arrivée depuis le scandale du Watergate. C’est très bon pour notre démocratie. On a besoin d’enquêtes au sommet de l’Etat. C’est le genre d’époques que tous les journalistes rêvent de vivre. Un moment historique, à la fois pour l’Amérique et pour leur profession. David Remnick (New Yorker)
Vous parlez des mensonges de Donald Trump, mais il y a aussi beaucoup de mensonges dans la presse. Un journaliste de l’agence Bloomberg a affirmé que le nouveau président avait retiré le portrait de Martin Luther King du Bureau ovale. L’information était fausse mais a été reprise en boucle. Les journalistes ont évidemment droit à l’erreur. Mais je ne pense pas que cette erreur aurait été commise sous l’ère Obama. (…) Il faut arrêter de faire de la critique sélective, ciblée uniquement sur Trump. Il faut que notre incrédulité soit universelle. John Carney
Les analystes politiques, les sondeurs et les journalistes ont donné à penser que la victoire d’Hillary Clinton était assurée avant l’élection. En cela, c’est une surprise, car la sphère médiatique n’imaginait pas la victoire du candidat républicain. Elle a eu tort. Si elle avait su observer la société américaine et entendre son malaise, elle n’aurait jamais exclu la possibilité d’une élection de Trump. (…) Sans doute, ils ont rejeté Donald Trump car ils le trouvaient – et c’est le cas – démagogue, populiste et vulgaire. Je n’ai d’ailleurs jamais vu une élection américaine avec un tel parti pris médiatique. Même le très réputé hebdomadaire britannique « The Economist » a fait un clin d’oeil à Hillary Clinton. Je pense que la stigmatisation sans précédent de Donald Trump par les médias a favorisé chez les électeurs américains la dissimulation de leur intention de vote auprès des instituts de sondage. En clair, un certain nombre de votants n’a pas osé admettre qu’il soutenait le candidat américain. Ce phénomène est classique en politique. Souvenez-vous du 21 avril 2002 et de la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen, leader du Front national, au second tour de l’élection présidentielle française. (…) A travers l’élection de Trump, certains Américains ont exprimé leur colère. Une partie de l’Amérique ne trouve pas ses gains dans la globalisation. Cette Amérique-là ne parvient pas à retrouver son niveau de vie d’avant la crise des subprimes, elle a le sentiment d’être abandonnée. Ce sentiment était particulièrement perceptible chez les ouvriers, qui voient l’industrie s’effilocher. Ne se sentant pas assez considérés, ils ont davantage choisi Donald Trump qu’Hillary Clinton. (…) une partie des électeurs de Donald Trump ont voté contre Washington et ses élites (…) certains Américains souffrent d’un mépris de classe, en particulier dans l’Amérique profonde. Mais dire que le peuple s’est tourné vers Trump est inexact. Le candidat républicain et la candidate démocrate sont au coude à coude en termes de suffrages exprimés [à 15 heures, 47,5% pour Trump et 47,6% pour Clinton , NDLR]. Au passage, nous avons affaire à deux candidats richissimes. Si ma mémoire est bonne, Donald Trump, pseudo-candidat du peuple, n’est pas issu de la classe ouvrière… (…) L’arrivée au pouvoir de dirigeants populistes s’explique avant tout par des spécificités locales. Après, il y a des effets communs. De nouvelles puissances émergent. Les gens se sentent décentrés. Il y a une surabondance d’innovations technologiques et scientifiques. Une partie de la société se sent déclassée. L’immigration accélère les mécanismes de recomposition culturelle. Aux Etats-Unis, les Blancs anglo-saxons deviennent minoritaires. Ceci induit une réaction exprimée en votant pour un candidat populiste : Donald Trump. (…) Une chose est certaine : l’élection de Trump, mais aussi le Brexit, vont peser sur le langage et le lexique employés par une partie des prétendants à la présidentielle française. Des acteurs politiques, de droite comme de gauche, seront tentés de durcir leur discours. Mais ce climat chauffé à blanc devrait avant tout profiter à Marine Le Pen, la candidate du Front national. Personne ne fait mieux qu’elle dans ce registre. Dominique Reynié
L’objectif du New York Times est de donner de la vraie information, mais aussi de faire chuter Donald Trump. Ils seront ravis s’ils réussissent au moins à le fragiliser. (…) Le journal et Donald Trump se sont forcément côtoyés, et avaient peut-être voulu faire du business, comme de la publicité pour Trump Organization. Mais aujourd’hui pour Trump, le NY Times incarne “l’archétype du journal bobo gauchiste, avec des journalistes soupçonnés d’être méprisants. A contrario, Trump est perçu par une bonne partie de leurs lecteurs comme “un homme inculte, pas très malin, ni très instruit. (…) Le Washington Post a fait tomber Bill Clinton, eux n’ont pas cette gloire-là. Donald Trump craint les révélations du New York Times, mais “peut-être pas plus qu’un autre média, la menace peut venir de partout. (…) Il hésiterait encore plus à prendre le risque de sortir une fausse information. Je ne pense pas qu’il sera le premier à sortir celle qui le fera tomber. [néanmoins] Trump se méfie de lui, ce qui reste “le meilleur gage de qualité qu’un média puisse avoir. Arnaud Mercier (Institut Français de presse)
Le soleil n’est pas encore levé que les journalistes du « New York Times  » sont déjà en alerte. Réveillés à 5h30 du matin, ils guettent les premiers tweets que Donald Trump envoie généralement au saut du lit, peu après 6 heures. Les week-ends ne sont pas plus reposants. Basés à Washington, les rédacteurs rattachés à la présidence sont désormais sommés de passer leur week-end en Floride. Ils rôdent dans les parages de Mar-a-Lago -la « Maison-Blanche » d’hiver, comme on l’appelle désormais – sans garantie de croiser le milliardaire. « Nos journalistes sont épuisés. Ils n’ont jamais autant travaillé de leur vie », témoigne Elisabeth Bumiller, qui dirige le bureau de Washington du « New York Times ». Ceux qui couvrent la Maison-Blanche se comptent désormais au nombre de six – du jamais-vu dans l’histoire du journal. La direction a même rapatrié Peter Baker, qui venait de prendre la tête du bureau de Jérusalem. « Nous n’avions pas le choix : nous avons besoin des meilleurs « , poursuit Elisabeth Bumiller. En passant du Moyen-Orient à la Maison-Blanche, Peter Baker n’a finalement fait que troquer un conflit pour un autre. La presse est « l’ennemi du peuple américain « , a lancé Donald Trump le mois dernier. « La guerre avec la presse ne va faire qu’empirer « , a prévenu son très sulfureux conseiller Steve Bannon. Consternés par ces propos, une vingtaine de patrons de presse et de journalistes (Reuters, CNN, « New York Times « , « New Yorker », etc.) se sont réunis à l’Université de Columbia début mars pour partager leur émoi et comprendre comment faire évoluer leur métier. « Les dictatures commencent toujours par une ostracisation de la presse », a rappelé David Remnick, directeur de la rédaction du « New Yorker « . Le président des Etats-Unis n’est certes pas le premier à imposer des mesures de rétorsion aux journaux qui lui nuisent. Mais c’est le premier à leur barrer l’accès aux conférences de presse, comme le « New York Times », CNN et Politico en ont récemment fait l’expérience. C’est aussi le premier à attaquer les journalistes nommément sur les réseaux sociaux. « C’est totalement irresponsable  ! Je ne veux pas céder à l’hystérie mais nous recevons des menaces de mort « , lance Sabrina Siddiqui, une journaliste de religion musulmane qui suit la Maison-Blanche pour le quotidien britannique « The Guardian ». La tension est telle que certains patrons de presse recommandent à leurs journalistes le même sang-froid que dans les pays totalitaires (…) Et pourtant, Donald Trump adore les médias ! Il leur consacre plusieurs heures par jour et par nuit, ne s’accordant jamais plus de quatre heures de sommeil. Dès potron-minet, le voilà donc qui s’énerve en regardant l’émission « Morning Joe « , diffusé sur la chaîne à tendance démocrate MSNBC. Il se rassure en zappant sur « Fox & Friends », un « show » à sa gloire diffusé entre 6 et 9 heures du matin. Il fulmine en regardant « Saturday Night Live » _ un programme hilarant où l’acteur Alec Baldwin singe ses excès et son incompétence. Côté papier, il dévore le « New York Times » (tendance centre gauche) et le « New York Post » (tendance droite). Plus que la haine, son rapport aux médias relève de l’obsession. « C’est assez ironique, car nous n’avons jamais reçu autant de coups de fil de la Maison-Blanche. Certains ont pris l’habitude de nous appeler de manière anonyme – exactement ce que Trump réprouve publiquement !, raconte Sabrina Siddiqui du « Guardian « . La communication à outrance n’est malheureusement pas un gage de transparen « Les briefings qui sont organisés pour nous à la Maison-Blanche sont truffés de mensonges. Donald Trump est passé maître dans l’art de manipuler les médias. Il oriente la couverture médiatique avec des projets de réforme qui se révèlent totalement creux au final  » , poursuit Sabrina Siddiqui. Aucun interlocuteur ne semble totalement fiable : « C’est le chaos total quand nous cherchons à vérifier nos informations. Il n’est pas rare d’avoir deux personnalités de la Maison-Blanche qui nous donnent deux réponses diamétralement opposées », raconte Elisabeth Bumiller, du « New York Times ». Chroniqueur au « New Yorker », Jelani Cobb a fouillé dans l’histoire pour savoir si la presse américaine avait déjà été confrontée à de pareilles difficultés. Elle l’a été au moins une fois, à l’époque de Joseph McCarthy, tristement connu pour avoir lancé une chasse aux sorcières contre les communistes dans les années 1950. « Sa stratégie était de mentir de manière exponentielle, les journalistes ne pouvant vérifier ses dires que de manière linéaire. De ce point de vue-là, il constitue le grand mentor de Donald Trump « , estime-t-il. Cette difficulté a un avantage : celui de réveiller la presse d’investigation. « D’une certaine manière, Donald Trump nous libère : il oblige les journalistes à chercher l’information en dehors des cercles habituels du pouvoir. Il y avait une proximité avec les administrations Bush et Obama qu’on ne retrouve plus aujourd’hui, et c’est tant mieux », estime Brian Stelter, journaliste chez CNN. Le « New York Times  » a ainsi ouvert un bureau d’enquête à Washington, en plus de celui qui existait déjà à New York. Dirigé par Mark Mazzetti, il a beaucoup contribué aux récentes révélations sur les connexions entre Moscou et l’administration Trump. A période exceptionnelle, le quotidien new-yorkais a aussi répondu par des procédés exceptionnels : il a créé une messagerie Internet ultra-sécurisé pour que fonctionnaires, personnalités politiques et anonymes puissent dénoncer les dérives de l’administration Trump. « Nous recevons 52.000 alertes par jour », confie Elisabeth Bumiller. A voir les chiffres de diffusion, l’élection de Donald Trump est effectivement une chance pour la presse : le « New York Times » a augmenté le nombre de ses abonnés de plus de 250.000 au dernier trimestre, avec un pic tout particulier après l’élection, soit plus qu’au cours de 2013 et 2014 réunis. Le « Washington Post » a lui accru de 75 % le nombre de ses lecteurs l’an dernier. Derrière ces chiffres flatteurs se cache une réalité plus sombre : au-delà de l’élite qui feuillette le « New York Times » et le « Washington Post », la défiance à l’égard de la presse n’a jamais été aussi forte. « Certains Américains ont retrouvé le goût des journaux avec cette élection. D’autres s’en sont définitivement coupés », reconnaît Brian Stelter, chez CNN. Seuls 40 % des Américains font confiance aux médias pour rapporter des informations de manière « exhaustive, exacte et impartiale », soit le plus bas niveau depuis une quinzaine d’années, selon un sondage publié par l’institut Gallup. La presse est accusée d’être de gauche, anti-Trump, ce qui expliquerait pourquoi elle aurait si mal anticipé sa victoire. [John Carney] Cet ancien journaliste du « Wall Street Journal », débauché par le site nationaliste Breitbart News, est persuadé que les journalistes ont un point de vue pro-mondialisation et ne sont qu’une infime minorité à partager les idées de Donald Trump. Unis contre le populisme, ils représenteraient une population beaucoup moins diverse que l’électorat américain – qui a voté à 46 % pour Trump. Les Echos
Le New York Times s’est donné une mission : faire chuter Donald Trump. Mais depuis son élection les deux jouent au chat et à la souris, tant les affaires de l’un font le bonheur de l’autre. Depuis plusieurs mois, Donald Trump et le New York Times (NY Times) se font la guerre par tweets et articles interposés. Quand le président américain qualifie le journal de “honte pour les médias”, de “défaillant”, jusqu’à le surnommer “l’ennemi du peuple”, celui-ci réplique par des enquêtes pointilleuses qui écornent toujours plus l’image du président : le mystérieux limogeage du chef du FBI, les révélations sur une probable ingérence russe pendant l’élection présidentielle… Bref, entre le NY Times et Trump, c’est à celui qui fera tomber l’autre en premier, et peu importe le prix. Le journal a décidé de taper fort dès la victoire du républicain : il a investi 5 millions de dollars pour créer un bureau spécial d’investigation basé à Washington, en plus de celui qui existait déjà à New York. Jour et nuit, six de leurs meilleurs journalistes sont ainsi chargés de couvrir exclusivement la Maison Blanche. Du jamais vu dans l’histoire du journal (…) Ils distillent les moindres tweets, faits et gestes du président, surtout en off. Ils ont aussi mis en place une messagerie Internet ultra-sécurisée, qui permet à n’importe qui de dénoncer anonymement les dérives de l’administration Trump. Le déploiement de cette artillerie lourde s’inscrit dans un contexte général de crise de la presse américaine. Fragilisés pour avoir si mal anticipé sa victoire, les médias tentent de renforcer leurs rangs pour débusquer des fausses informations. Pour le New York Times, il en va de sa réputation du média le plus influent dans le monde. Le journal couvrait déjà l’actualité du milliardaire et celle de l’empire de son père, avant qu’il ne soit élu président. (…) Mais aujourd’hui pour Trump, le NY Times incarne “l’archétype du journal bobo gauchiste, avec des journalistes soupçonnés d’être méprisants”, décrit le spécialiste. A contrario, Trump est perçu par une bonne partie de leurs lecteurs comme “un homme inculte, pas très malin, ni très instruit”, poursuit-il. Pourtant, s’il critique très souvent le journal, le président lui accorde souvent des entretiens pour avoir la satisfaction de voir son nom cité dans les pages. Le 19 juillet, il accordait ainsi une longue interview sidérante de près d’une heure, où il enchaîne les punchlines, dont “[Macron] adore me tenir la main”. Ce genre d’entrevue permet de servir les deux camps : pour Trump, c’est l’occasion d’affirmer que le média est sans intérêt quand il y discerne des propos mal retranscrits ou des “fake news”, et pour le journal, de gagner des lecteurs et de l’argent. Il tire un intérêt direct de la victoire de Trump et de ses frasques quotidiennes : il a ainsi gagné 348 000 abonnés en ligne ses trois derniers mois, un record. La saga accordée à Trump a même renfloué ses caisses, avec un bénéfice net de 13,1 millions de dollars sur cette période. Il n’est pas le seul média a avoir profité de son élection pour se refaire une beauté. La radio NPR (l’équivalent de notre France Inter) ou le Washington Post en ont eux aussi profité et une vraie concurrence s’est installée (…) Le célèbre journal new-yorkais ressent de plus en plus la concurrence, et pour se différencier, sa seule chance est de sortir le “scoop” qui servira de coup de grâce à Trump. “Le Washington Post a fait tomber Bill Clinton, eux n’ont pas cette gloire-là”, souligne Arnaud Mercier. Le 21 janvier 1998, le Washington Post révélait en effet un scandale qui défrayera la chronique et le monde politique : l’affaire Monica Lewinsky, avec qui le président américain de l’époque a eu des relations sexuelles et a poussée au silence. Donald Trump craint les révélations du New York Times, mais “peut-être pas plus qu’un autre média, la menace peut venir de partout”, nuance Arnaud Mercier. Le NY Times a en effet un point de retard dans la chasse aux scoops : le journal se freine pour la course à la publication pour ne pas mettre en péril sa crédibilité. “Il hésiterait encore plus à prendre le risque de sortir une fausse information. Je ne pense pas qu’il sera le premier à sortir celle qui le fera tomber”, admet Arnaud Mercier. Ce conflit aura néanmoins permis une chose : redonner un élan au journalisme d’investigation. Les journalistes vont chercher les informations ailleurs, à tel point que le New York Times redevient le digne représentant du quatrième pouvoir et le fer de lance de l’investigation. Trump se méfie de lui, ce qui reste “le meilleur gage de qualité qu’un média puisse avoir”, ajoute le spécialiste. Les Inrocks
It is one of the finest — if not the finest — papers in the country. I am a big fan. I read it religiously. Every day I pick up the paper and find something that I didn’t expect, that surprises me, that I wouldn’t have known otherwise. They’re analytical. They have fun with the writing. It is one of the premier writing institutions in the country. (…) We’re so entertainment and celebrity crazed that we’re just not getting the kind information to make decisions about who we are as a country. So as we really do less and less on our news pages, it’s more important to have papers like The Wall Street Journal, The New York Times and The Washington Post that you can depend on to be there. Arlene Morgan (Columbia University)
The Journal is to Wall Street and capital markets what The New York Times is to the White House and the State Department and U.S. politics. It’s the most authoritative watchdog there is. It is the paper of record. The Journal has lost some of its luster in recent years. Part of that is a general decline in newspaper readership and part of it is because The Journal is now focusing on more hard business news — inside baseball-type of coverage. Still, it’s a great paper that does what few publications can. If you’re interested in the markets and business, Starkman said, The Journal is an « indispensable source. There’s no substitute. Over the last 20 years, at its height, it had an enormous staff. We had seven real estate reporters. (…) You want a large, powerful, sophisticated news organization keeping an eye on all of that. You want somebody looking over the shoulder of the Securities and Exchange Commission, the FCC and the FDA. Dean Starkman (Columbia Journalism Review)
The Journal is the first or second most important paper in the country. They are clearly the authority in so many things, particularly in business issues. And if for some reason they change or didn’t exist, who would discover Enron? Richard Roth (Northwestern University)
Many Tuesday night were asking, “who is Alexandria Ocasio-Cortez” after her stunning primary victory over the No. 4 House Democrat Joe Crowley in New York’s 14th District. The New York Times called her a “Democratic dragon slayer.” MSNBC’s Joy Reid admitted on Twitter to “doing an Ocasio-Cortez crash course.” She didn’t have a Wikipedia page until last night. A year ago, she was working as a bartender in Manhattan. She is young. She’s working class. She’s a New Yorker who has been immersed in community-based leadership, organizing, and service work. Ocasio-Cortez is one of the most progressive, uncompromising candidates to make it to the general election as a Democrat and the fact that she beat an entrenched machine politician has propelled her to instant national recognition. She’s also spoken out on Israel’s crimes against Palestinians, labeling a recent massacre for what it was, putting her at direct odds with much of the institutional Democratic leadership. After earning her degree from Boston University, Ocasio-Cortez moved back home to the Bronx, and was working long hours as a waitress to support her family in the aftermath of her father’s untimely death. Her dad, like many working-class people, died without a will, and so Ocasio-Cortez and her family found themselves fighting a nasty, cold bureaucracy that featured legal vultures who carved off parts of her father’s estate for profit as she and her family struggled to make ends meet. She said she never planned on running for office, but after traveling across the country — from Flint, Michigan, to Standing Rock, asking Americans about the issues they were facing in the aftermath of the Trump’s election — the progressive organization Brand New Congress got in touch asked if she’d be willing to run for Congress. Her defeated primary opponent, the powerful Democratic Rep. Joe Crowley, is current chair of the House Democratic caucus and he has been trying to position himself as the successor to Nancy Pelosi as the leader of the Democrats and the future speaker of the House. This district where Crowley is a congressman is one of the most racially and culturally diverse in the United States. It spans parts of Queens and the Bronx. The district also includes the notorious Rikers prison and is home to Trump Golf Links. Crowley has held that seat since 1999 and he had not faced a primary challenger since at least 2004. Clearly, he and his re-election campaign underestimated the often nameless “young progressive challenger.” Now everyone knows her name. The Intercept
Paper Shooting Suspect Reportedly Identified, Had Dispute with Paper Since 2012… …but Media Blame Trump… Breibart
As we have meticulously documented, Jeff Zucker’s CNN has spent the last five years inspiring, normalizing, encouraging, and outright calling for political violence. Zucker and his CNN puppets (most especially Chris Cuomo and Jake Tapper) see mob justice as a legitimate political tool, a way to boost Democrat turnout, to blame their own chaos on Trump, and to terrorize their targets, including innocent police officers. And if this media-inspired violence can intimidate a few weak-kneed Republicans into voting against Trump’s upcoming Supreme Court pick, all the better. Unfortunately for law-abiding Americans on the right and left, CNN is no longer alone. As we have witnessed during the past weeks, the rest of the establishment media have now joined CNN in its unholy crusade to justify and inspire left-wing hate mobs. The entire media, all of it, just spent two weeks manufacturing an intentionally volatile narrative that was nothing less than a hoax. President Trump’s humane policy of separating illegal alien adults from children is the same policy Barack Obama practiced for eight years. But to inflame hate against Trump and his supporters, the establishment media pretended a cruel president had invented this policy. We witnessed NBC News stars not only comparing Trump to Nazis, but everyday Trump supporters to Nazis; we watched as the media tried to fool people into believing Trump is caging small children; we saw Time magazine publish a fake cover; we have heard words like “Holocaust,” “internment,” and other hyperbolic lies hurled into a country where left wingers have already tried to murder a group of Republican lawmakers playing baseball. No rational person can interpret the media’s behavior during the past two weeks as anything other than a call for mob action. And the media got what they wanted: most of it was aimed at women. Press secretary Sarah Sanders, Department of Homeland Security (DHS) Secretary Kirstjen Nielsen, Florida Attorney General Pam Bondi, Transportation Secretary Elaine Chao — all variously menaced, harassed, bullied, blocked, and even spit at. A burnt animal carcass was left on the porch of a DHS staffer, Congresswoman Maxine Waters (D-CA) is publicly whipping up mobs to “push” Trump officials out of public spaces, and death threats against Republicans are on the rise. And the media are not only responsible for ginning up this climate of hate; the media are openly condoning, encouraging, downplaying, and justifying it. Here is what is truly scary: this is the level of thuggery we are seeing over a hoax, a lie, a fabricated narrative involving a child separation policy that is two decades old. The stakes involving the Supreme Court, however, are not a hoax. When CNN’s Jeffrey Toobin (who has very personal reasons to keep abortion legal) says the legalization of abortion is on the line, that is not hyperbole. When cable news anchors, on the verge of nervous collapse, say the court will be dominated by conservatives (meaning those who don’t rewrite the Constitution), that is not hyperbole. Think about it: if the media are willing to inspire and justify mob justice over a hoax, how far will they go when faced with losing the Supreme Court for two decades? Already the media rhetoric is amped. MSNBC’s Chris Matthews is using the term “civil war” approvingly and openly calling for “vengeance“; the disgraced Dan Rather is leading the charge hurling words like “coup“; CNN favorite Michael Avenatti is calling on the mob to “fight like hell” with the hashtag #WhateverItTakes; a Comedy Central writer openly wished for Anthony Kennedy’s assassination… John Nolte
I fear sounding like a jealous old-timer. I’ve resisted critiquing the place publicly, but this shit is bad. I’m feeling about the NYT now like I did when my son cheated on a test in 10th grade. I loved him to death, believed he was a thoroughly wonderful young man, but he needed a course correction. So I left my desk at The NYT, where I was DC [Bureau] Chief, met his school bus and read him the riot act. He needed a course correction. (…) From four years of teaching at Harvard, so many of my students are interested in journalism, but they mostly want to write first-person, highly personal narratives about themselves. That may reflect their age. But I think there’s too much of that in journalism. It’s not about us. It’s about the world, and covering the world. Jill Abramson

Qui sème le vent …

Faux historiques de Walter Duranty ou plus récemment de Jayson Blair, adulation sans limite du candidat démocrate Obama et rejet d’une tribune du candidat républicain John McCain, indulgence systématique envers le président démocrate Obama, démolition de sa journaliste Alice Watkins,  aveuglement total sur l’élection du candidat Trump comme tout récemment de la jeune candidate Alexandria Ocasio-Cortez aux primaires démocrates de New York, dénigrement systématique du président Trump,  …

Au lendemain du fiasco médiatique de la petite Yanela

Et à l’heure où avec la retraite du juge de la Cour suprême Anthony Kennedy …

L’ensemble des médias dits « progressistes » américains sont repartis pour un tour d’hystérie collective

Contre un président dont ils n’ont jamais vu venir l’élection

Mais qui aujourd’hui est devenu leur fonds de commerce

Alors qu’avec la concurrence des nouveaux médias numériques …

Les incitations à la violence qu’ils contribuent à diffuser

Pourraient bien finir par se retourner contre eux

Devinez qui vient tout quotidien de référence qu’il soit …

Et pour cause, série télé à la gloire de ses journalistes comprise, de « narcissisme » aggravé …

De se faire remonter les bretelles par l’une de ses anciennes rédactrices en chef ?

Ouch !
Jill Abramson, Ex-New York Times Editor: The ‘Narcissistic’ NYT Is Making ‘Horrible Mistakes,’ Needs a ‘Course Correction’
After her ‘pissed off’ tweet, the former editor slams the newspaper staff’s ‘narcissism,’ its ‘crucifying’ Ali Watkins profile, and ‘missing’ the rise of Alexandria Ocasio-Cortez.
Lloyd Grove
The Daily Beast
06.28.18

It may not have been the tweet heard ’round the world, but it was certainly heard—like a thunderclap—at The New York Times’ headquarters at 620 Eighth Avenue in Manhattan.

“Kind of pisses me off that @ nytimes is still asking Who Is Ocasio-Cortez? when it should have covered her campaign,” Jill Abramson erupted on Twitter on Wednesday morning—a biting reference to the newspaper’s original headline concerning the 28-year-old socialist’s shocking Democratic primary upset, a landslide actually, over incumbent Joe Crowley in New York’s 14th Congressional District.

Indeed, a quick review of the Times’ coverage of the primary race turned up mention of and quotes from Alexandria Ocasio-Cortez in two news stories prior to Election Night, and a few name-checks in editorials—one of which, published in the June 20 print edition, noted that she’s “a challenger [Crowley] is heavily favored to beat.”

“Missing her rise [is] akin to not seeing Trump’s win coming in 2016,” Abramson added in her tweet—an even more biting reference to the Timesself-acknowledged failings in the paper’s reporting of the presidential campaign.

In response to Abramson’s critique—which she elaborated in several emailed comments shared with the Times—Times spokeswoman Eileen Murphy told The Daily Beast: “We have enormous respect for Jill and deeply appreciate her passion. Criticism and feedback helps us do better work and we’re always open to it. On these specifics though, we just disagree with Jill.” A few hours after Abramson’s tweet, the headline phrase that pissed her off, “Who is Alexandria Ocasia-Cortez?” was changed online to “Alexandria Ocasio-Cortez: A 28-Year-Old Democratic Giant Slayer.”

The Times, of course, is used to reader complaints—but not to public spankings from former executive editors.

Abramson, 64, famously held that job for nearly three years—the first and only woman to do so—until she was summarily sacked amid an unseemly public-relations melee in May 2014.

Given all that history—which included then-Publisher Arthur Ochs Sulzberger Jr. talking publicly about her alleged newsroom management flaws—Abramson, these days a senior lecturer at Harvard, is something of a King Kong Kibitzer.

“I fear sounding like a jealous old-timer. I’ve resisted critiquing the place publicly, but this shit is bad,” Abramson wrote in an email to this reporter, in which she elaborated on her tweet.

“I’m feeling about the NYT now like I did when my son cheated on a test in 10th grade,” she wrote. “I loved him to death, believed he was a thoroughly wonderful young man, but he needed a course correction. So I left my desk at The NYT, where I was DC [Bureau] Chief, met his school bus and read him the riot act. He needed a course correction.

“So does the NYT… it’s making horrible mistakes left and right. Here are a few:

“Not covering the ‘stunning’ upset of Joe Crowley. It’s the NYT that was undeservedly stunned, letting down its readers.

“That horrible 3,000-word exposé on Ali Watkins [the Times reporter who’s caught up in a leak investigation involving her ex-boyfriend, a former top staffer on the Senate Intelligence Committee] that aired her sex life and conflicts while not probing why she was hired, responsibility of editors, or, most crucially, the value of her journalism (her Carter Page scoop in BuzzFeed actually helped lead to appt of Mueller).

“That story hung a 26-year-old young woman out to dry. It was unimaginable to me what the pain must be like for her.

“Readers, meanwhile, the most important NYT constituency, were left in a state of confusion.

“Decision by international and new TV show plan to focus on personal feelings and experiences of NYT journalists covering news.

“More narcissism: It’s always about us. Yikes. Distance is part of journalism’s discipline.

“They need a course correction.

“Am I wrong?”

In a subsequent phone interview, Abramson tried to soften the sting of her critiques, saying they come from “a place of pure love” for the newspaper, and adding that “Dean [Baquet] is doing a great job” as executive editor.

“I would describe my tweet as momentary disappointment, not deep dissatisfaction,” she said.

However, Abramson didn’t back away from her assessments.

The Ali Watkins profile, she said, “read like a steamy romance novel in parts,” adding that it amounted to “a front-page piece about ‘my love affair with someone.’ It’s just crucifying. How do you then show up for work? I don’t see a good resolution for that.”

Abramson, a frequent and vociferous critic of Barack Obama’s administration for its aggressive attempts to uncover reporters’ confidential sources, also faulted the story for placing more focus on Watkins’ personal life—and her admittedly questionable decision to withhold information about the government’s actions against her from her employer—than on the Trump Justice Department’s war on leaks.

“As journalists, we want to leap to the defense of anybody embroiled in this hideous leak investigation,” she said.

Abramson—who, as managing editor, pointedly declined to participate in Page One, the 2011 documentary about the Times—said she hasn’t watched the Showtime series The Fourth Estate.

And doesn’t intend to.

“From four years of teaching at Harvard, so many of my students are interested in journalism, but they mostly want to write first-person, highly personal narratives about themselves. That may reflect their age. But I  think there’s too much of that in journalism. It’s not about us. It’s about the world, and covering the world.”

The Times, she said, remains essential: “Now more than ever, it  stands at the pinnacle of the news food chain.”

Abramson—who left the Times under contentious circumstances—insisted she’s no longer angry (and indeed attended the recent retirement party for former publisher Sulzberger, the man who fired her four years ago.)

“Absolutely not,” she said. “Anyone who spends as much time as I do with a two-and-a-half-year old [a reference to her granddaughter Eloise] has zero rage.”

Voir aussi:

With ‘The Weekly,’ The New York Times Gets Serious About TV
The New York Times is going Hollywood
John Koblin
The New York Times
May 9, 2018

The cable channel FX announced on Wednesday that it would be making a new weekly documentary series centered on stories that appear in The Times and the journalists who report them. The show, which will be called “The Weekly,” builds on the success of the podcast “The Daily,” which began last year and generally examines a story a day from the Times newsroom.
FX has given “The Weekly” a 30-week commitment and a Sunday night time slot. The show, at 30 minutes per episode, is expected to debut later this year, possibly in time for the midterm elections. Hulu has the rights to stream the new series, giving the program a dedicated streaming platform the day after it premieres on cable.
Unlike “The Daily,” which is hosted by Michael Barbaro, the television version will not have a dedicated host, FX said. But in keeping with the podcast’s format, “The Weekly” will follow a reporter or team of journalists as a Times story makes its way toward publication.

For The Times, the FX show signals a turn toward the entertainment world. The company recently made a deal with Netflix to turn a feature from The New York Times Magazine into a documentary series called “The Diagnosis,” with Scott Rudin producing. Megan Ellison’s Annapurna Pictures and Plan B, a production company co-founded by Brad Pitt, have gobbled up the rights to make a movie about how The Times broke the Harvey Weinstein story. Later this month, “The Fourth Estate,” a four-episode series from the documentary filmmaker Liz Garbus chronicling the Times newsroom during the first year of the Trump administration, will premiere on Showtime.

Times leaders have been sending signals that this would be the year it would be aggressive in entering the crowded television space.

“We think this could be a way both of directly generating revenue but also again of getting Times journalism in front of new audiences and further building the reputation and the influence of The New York Times,” the Times Company chief executive, Mark Thompson, said on a quarterly earnings call last week.

The Times receives most of its revenue from subscriptions, and has said in recent years that it is making a concerted effort to get its product in front as many potential subscribers as possible.

In a statement, Meredith Kopit Levien, the chief operating officer of the Times Company, said: “Our ambition with ‘The Weekly’ is to bring the authority and excellence of New York Times journalism to the largest possible television audience. Partnering with FX and Hulu together for distribution represents an entirely new and uniquely powerful way do just that.”

In a memo to the staff, Dean Baquet, the executive editor of The Times, and Joseph Kahn, the newspaper’s managing editor, said that the show “represents one of our big bets of the year.”

“With it,” they added, “we expect to reach entirely new audiences, tap new revenue streams and gain entry into new parts of people’s lives beyond the time reserved for reading news — all of which should give our journalism even greater impact.”

The three Times people who worked on developing “The Weekly” and finding distribution partners for it were Sam Dolnick, an assistant managing editor; Jake Silverstein, the editor in chief of the Times Magazine; and Stephanie Preiss, the director of strategy and business development.

The planned series also breaks ground for FX, a cable network known for critically acclaimed scripted shows like “The Americans” and “Atlanta”: It is the network’s first foray into unscripted content in some time. Rivals like Showtime, Netflix and HBO have been making documentary series for years.

FX, like nearly every other cable channel in the streaming and cord-cutting era, has had declining ratings in recent years, but is still available in 90 million homes. Hulu announced last week that it now has more than 20 million subscribers.

Partnerships between publications and traditional cable players are nothing new. Buzzfeed has a dedicated studio division, and recently made a deal with Netflix to create a new series featuring its reporters following a story. Vice has a daily newscast on HBO, though that series has had trouble breaking through the din. And two cable channels built on journalism-based brands — Viceland and Esquire — premiered in recent years but fizzled.

Voir également:

Nolte: Supreme Court Fight Will Increase Violence from Media-Sanctioned Mobs
With nothing less than the fate of the Supreme Court at stake, America’s far-left radicals and their enablers in the establishment media are about to turn bullying, intimidation, menacing, and outright violence up to 11.
28 Jun 2018

As we have meticulously documented, Jeff Zucker’s CNN has spent the last five years inspiring, normalizing, encouraging, and outright calling for political violence.

Zucker and his CNN puppets (most especially Chris Cuomo and Jake Tapper) see mob justice as a legitimate political tool, a way to boost Democrat turnout, to blame their own chaos on Trump, and to terrorize their targets, including innocent police officers. And if this media-inspired violence can intimidate a few weak-kneed Republicans into voting against Trump’s upcoming Supreme Court pick, all the better.

Unfortunately for law-abiding Americans on the right and left, CNN is no longer alone. As we have witnessed during the past weeks, the rest of the establishment media have now joined CNN in its unholy crusade to justify and inspire left-wing hate mobs.

The entire media, all of it, just spent two weeks manufacturing an intentionally volatile narrative that was nothing less than a hoax. President Trump’s humane policy of separating illegal alien adults from children is the same policy Barack Obama practiced for eight years. But to inflame hate against Trump and his supporters, the establishment media pretended a cruel president had invented this policy.

We witnessed NBC News stars not only comparing Trump to Nazis, but everyday Trump supporters to Nazis; we watched as the media tried to fool people into believing Trump is caging small children; we saw Time magazine publish a fake cover; we have heard words like “Holocaust,” “internment,” and other hyperbolic lies hurled into a country where left wingers have already tried to murder a group of Republican lawmakers playing baseball.

No rational person can interpret the media’s behavior during the past two weeks as anything other than a call for mob action.

And the media got what they wanted: most of it was aimed at women.

Press secretary Sarah Sanders, Department of Homeland Security (DHS) Secretary Kirstjen Nielsen, Florida Attorney General Pam Bondi, Transportation Secretary Elaine Chao — all variously menaced, harassed, bullied, blocked, and even spit at.

A burnt animal carcass was left on the porch of a DHS staffer, Congresswoman Maxine Waters (D-CA) is publicly whipping up mobs to “push” Trump officials out of public spaces, and death threats against Republicans are on the rise.

And the media are not only responsible for ginning up this climate of hate; the media are openly condoning, encouraging, downplaying, and justifying it.

Here is what is truly scary: this is the level of thuggery we are seeing over a hoax, a lie, a fabricated narrative involving a child separation policy that is two decades old.

The stakes involving the Supreme Court, however, are not a hoax.

When CNN’s Jeffrey Toobin (who has very personal reasons to keep abortion legal) says the legalization of abortion is on the line, that is not hyperbole.

When cable news anchors, on the verge of nervous collapse, say the court will be dominated by conservatives (meaning those who don’t rewrite the Constitution), that is not hyperbole.

Think about it: if the media are willing to inspire and justify mob justice over a hoax, how far will they go when faced with losing the Supreme Court for two decades?

Already the media rhetoric is amped. MSNBC’s Chris Matthews is using the term “civil war” approvingly and openly calling for “vengeance“; the disgraced Dan Rather is leading the charge hurling words like “coup“; CNN favorite Michael Avenatti is calling on the mob to “fight like hell” with the hashtag #WhateverItTakes; a Comedy Central writer openly wished for Anthony Kennedy’s assassination…

And this is just the warm-up.

It pains me to say this, and I pray I am wrong,  but the coming media-approved mob violence will pale compared to last week, and even pale compared to what we saw from the gangsters in the Occupy Wall Street movement.

I fear we are headed back 50 years, to the violence Democrats practiced against black Americans to hold onto electoral power in the segregated South, as well as the terrorist violence practiced by the likes of the leftist Weather Underground.

And throughout this coming campaign of violence, the establishment media will be the ringleaders, the justifiers, the enablers, and the cheerleaders…

Any more question about why the media are so eager to disarm us?

Voir de même:

Culture
The Democrats Are Done Pretending to Be Moderate
Kyle Smith
National Review
June 28, 2018

They think they’re unpopular because they aren’t left-wing enough.The Democratic love of socialism was for many years the love that dared not speak its name. No more. Now the party is figuratively jumping on Oprah’s couch shouting its love of socialism. You’d have to plug your ears not to hear it.

Socialist Bernie Sanders is unquestionably the spiritual leader of the Democratic party, which is radicalizing itself in his image, and on the strength of her blowout Democratic-primary win over liberal incumbent Joe Crowley in the party-ruled NY-14 congressional district, soon-to-be-congresswoman Alexandria Ocasio-Cortez is now one of the most prominent faces in the Democratic party. A poll last fall put support for socialism at 44 percent among Millennials, and even more disturbingly, 23 percent of this group agreed that Joseph Stalin is a “hero.” Socialized medicine, i.e., Medicare for all, is the hottest issue on the Left (unless you count hating Trump as an “issue”).

In short, Democrats are who we thought they were. They’re just losing their inhibitions about it. As the woke-youth site Vox puts it, “Maybe Democrats should stop being afraid of the left” because “Ocasio-Cortez’s victory is a big sign that Democrats can run on socialist ideas and win.” Talk of revolution flows naturally. After Justice Kennedy announced his retirement, MSNBC’s Chris Matthews said, “I tell you, the Democratic base is wired now for a revolt.”

It’s become a cliché to compare Washington politics to Wag the Dog (1997) or Idiocracy (2006), perhaps the two most-cited political movies of this era. A forgotten political film from the 1990s, though, deserves more attention for its prescience: Warren Beatty’s Bulworth, which appeared in theaters 20 years ago this spring. (Spoilers follow. The movie is streaming on the Starz pay-TV service.)

After a full term of President Clinton’s triangulating leadership, Beatty was fed up with the state of the Democratic party. The California senator he portrayed, Jay Bulworth, was a typical cautious, house-trained, corporate-owned Democrat of the era who decided to abandon all restraint and not only say what he thought, but say so in rap. Yes, in case you were wondering, this is the movie in which Warren Beatty puts on shades and a beanie and goes full Eminem, to roars of approbation. It’s meant to be a comedy.

The premise of the story seemed ludicrous at the time: Clinton’s ventures to the left in 1993–94 had proved a debacle that turned control of Congress over to the Republican party for the first time since the 1952 elections. Chastened, he not only abandoned pushing for progressivism but began talking like a moderate Republican. The notion that the cure for what ailed the Democrats was to go hard left seemed suicidal. Indeed, for Bulworth, it was suicidal; in the movie, having lost all hope, he hires a hitman (who turns out to be Halle Berry) to assassinate him so that his daughter can collect the insurance payoff. But when he speaks his mind he is surprised by the strength of the response he gets from voters.

When he changes his mind about wanting to die, he gets murdered anyway, not by his designated assassin but by the health-insurance goon squad. (Beatty’s martyr complex is the through-line of his career: His character is also mowed down by malign forces at the end of Bonnie and Clyde, McCabe and Mrs. Miller, The Parallax View, Heaven Can Wait, Reds, and Bugsy.) In the meantime, while expecting to get killed at any moment, he is liberated to speak the truth as he sees it. And his truth is that blacks are suffering unimaginably, that institutions such as public education are broken, that health insurers and corporations are corrupt, and that America needs a single-payer health system.

This week proves that Beatty had something dead right about the soul of the Democratic party after Clinton. Facing a period of reflection following humiliating rejection by the voters, their reaction is: We lost because we were too much like our opponents. We must fight the urge to be moderate, temperate, and civil. We must stop mincing words and go full Bulworth. At a peak moment in the movie, Bulworth raps the words, “Socialism! Socialism!”

After the 2016 wipeout that put the Republican party in the best position it has enjoyed since the period following the election of 1928, the Democrats have made no effort to moderate their stances to appeal to swing voters. Instead the party derides the voters who rejected it and turns more and more to its base; it speaks only to and for the engaged and fired-up primary voter it thinks represents a typical American. But that base not only thinks Bill Clinton was too moderate, it thinks Barack Obama blew it by being accommodating instead of angry with Republicans.

Obama himself wanted to “go Bulworth” and referred to the movie when, according to David Axelrod, he told staffers, “Maybe I should go out there and just let it rip.” When he did so, it manifested in his ceasing to pretend he was against gay marriage, according to Axelrod, and in being openly hostile to Israeli premier Benjamin Netanyahu.

Bernie Sanders’s wacky candidacy essentially meant going full Bulworth. And now the Democrats who seek to lead the party want to be like him. Socialism! Socialism! We’ll be hearing that cry more and more.

Voir de plus:

Comment Trump est devenu le meilleur ennemi du New York Times
Le New York Times s’est donné une mission : faire chuter Donald Trump. Mais depuis son élection les deux jouent au chat et à la souris, tant les affaires de l’un font le bonheur de l’autre.
Les Inrocks
25/07/2017

Depuis plusieurs mois, Donald Trump et le New York Times (NY Times) se font la guerre par tweets et articles interposés. Quand le président américain qualifie le journal de “honte pour les médias”, de “défaillant”, jusqu’à le surnommer “l’ennemi du peuple”, celui-ci réplique par des enquêtes pointilleuses qui écornent toujours plus l’image du président : le mystérieux limogeage du chef du FBI, les révélations sur une probable ingérence russe pendant l’élection présidentielle… Bref, entre le NY Times et Trump, c’est à celui qui fera tomber l’autre en premier, et peu importe le prix.

Le journal a décidé de taper fort dès la victoire du républicain : il a investi 5 millions de dollars pour créer un bureau spécial d’investigation basé à Washington, en plus de celui qui existait déjà à New York. Jour et nuit, six de leurs meilleurs journalistes sont ainsi chargés de couvrir exclusivement la Maison Blanche. Du jamais vu dans l’histoire du journal : “Nous n’avions pas le choix : nous avons besoin des meilleurs”, indiquait alors Elisabeth Bumiller, responsable du bureau, dans Les Echos. Ils distillent les moindres tweets, faits et gestes du président, surtout en off. Ils ont aussi mis en place une messagerie Internet ultra-sécurisée, qui permet à n’importe qui de dénoncer anonymement les dérives de l’administration Trump.

Une longue relation qui ne date pas hier

Le déploiement de cette artillerie lourde s’inscrit dans un contexte général de crise de la presse américaine. Fragilisés pour avoir si mal anticipé sa victoire, les médias tentent de renforcer leurs rangs pour débusquer des fausses informations. Pour le New York Times, il en va de sa réputation du média le plus influent dans le monde.

“L’objectif du New York Times est de donner de la vraie information, mais aussi de faire chuter Donald Trump. Ils seront ravis s’ils réussissent au moins à le fragiliser”, analyse Arnaud Mercier, professeur spécialisé en communication politique à l’Institut Français de presse.

L’immeuble du New York Times à New York. (©Flickr/Florent Lamoureux)

Le journal couvrait déjà l’actualité du milliardaire et celle de l’empire de son père, avant qu’il ne soit élu président. “Le journal et Donald Trump se sont forcément côtoyés, et avaient peut-être voulu faire du business, comme de la publicité pour Trump Organization”, souligne Arnaud Mercier.

Mais aujourd’hui pour Trump, le NY Times incarne “l’archétype du journal bobo gauchiste, avec des journalistes soupçonnés d’être méprisants”, décrit le spécialiste. A contrario, Trump est perçu par une bonne partie de leurs lecteurs comme “un homme inculte, pas très malin, ni très instruit”, poursuit-il.

Trump , la poule aux œufs d’or du NYT

Pourtant, s’il critique très souvent le journal, le président lui accorde souvent des entretiens pour avoir la satisfaction de voir son nom cité dans les pages. Le 19 juillet, il accordait ainsi une longue interview sidérante de près d’une heure, où il enchaîne les punchlines, dont “[Macron] adore me tenir la main”.

Ce genre d’entrevue permet de servir les deux camps : pour Trump, c’est l’occasion d’affirmer que le média est sans intérêt quand il y discerne des propos mal retranscrits ou des “fake news”, et pour le journal, de gagner des lecteurs et de l’argent. Il tire un intérêt direct de la victoire de Trump et de ses frasques quotidiennes : il a ainsi gagné 348 000 abonnés en ligne ses trois derniers mois, un record. La saga accordée à Trump a même renfloué ses caisses, avec un bénéfice net de 13,1 millions de dollars sur cette période.

Le NYT veut son affaire “Lewinsky”

Il n’est pas le seul média a avoir profité de son élection pour se refaire une beauté. La radio NPR (l’équivalent de notre France Inter) ou le Washington Post en ont eux aussi profité et une vraie concurrence s’est installée :

Entre le New York Times et le Washington Post c’est à qui sortira le plus de choses sur Donald Trump. Une telle concurrence n’était pas arrivée depuis le scandale du Watergate”, observe pour Les Echos David Remnick, directeur de la rédaction du New Yorker.

Le célèbre journal new-yorkais ressent de plus en plus la concurrence, et pour se différencier, sa seule chance est de sortir le “scoop” qui servira de coup de grâce à Trump. “Le Washington Post a fait tomber Bill Clinton, eux n’ont pas cette gloire-là”, souligne Arnaud Mercier. Le 21 janvier 1998, le Washington Post révélait en effet un scandale qui défrayera la chronique et le monde politique : l’affaire Monica Lewinsky, avec qui le président américain de l’époque a eu des relations sexuelles et a poussée au silence.

Au cœur du conflit, la gloire du journalisme d’investigation

Donald Trump craint les révélations du New York Times, mais “peut-être pas plus qu’un autre média, la menace peut venir de partout”, nuance Arnaud Mercier. Le NY Times a en effet un point de retard dans la chasse aux scoops : le journal se freine pour la course à la publication pour ne pas mettre en péril sa crédibilité. “Il hésiterait encore plus à prendre le risque de sortir une fausse information. Je ne pense pas qu’il sera le premier à sortir celle qui le fera tomber”, admet Arnaud Mercier.

Ce conflit aura néanmoins permis une chose : redonner un élan au journalisme d’investigation. Les journalistes vont chercher les informations ailleurs, à tel point que le New York Times redevient le digne représentant du quatrième pouvoir et le fer de lance de l’investigation. Trump se méfie de lui, ce qui reste “le meilleur gage de qualité qu’un média puisse avoir”, ajoute le spécialiste.

Voir de même:

Dominique Reynié : «L’élection de Trump n’est pas une surprise»
Kevin Badeau
Les Echos
09/11/2016

LE CERCLE/INTERVIEW – Pour Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol, les médias n’ont pas su entendre le malaise de la population américaine.

Donald Trump a été élu Président des Etats-Unis, est-ce vraiment une surprise ?
Les analystes politiques, les sondeurs et les journalistes ont donné à penser que la victoire d’Hillary Clinton était assurée avant l’élection. En cela, c’est une surprise, car la sphère médiatique n’imaginait pas la victoire du candidat républicain. Elle a eu tort. Si elle avait su observer la société américaine et entendre son malaise, elle n’aurait jamais exclu la possibilité d’une élection de Trump. Pour cette raison, ce n’est pas une surprise.

Pourquoi les médias n’ont-ils rien vu venir ?
Sans doute, ils ont rejeté Donald Trump car ils le trouvaient – et c’est le cas – démagogue, populiste et vulgaire. Je n’ai d’ailleurs jamais vu une élection américaine avec un tel parti pris médiatique. Même le très réputé hebdomadaire britannique « The Economist » a fait un clin d’oeil à Hillary Clinton.

Je pense que la stigmatisation sans précédent de Donald Trump par les médias a favorisé chez les électeurs américains la dissimulation de leur intention de vote auprès des instituts de sondage. En clair, un certain nombre de votants n’a pas osé admettre qu’il soutenait le candidat américain. Ce phénomène est classique en politique. Souvenez-vous du 21 avril 2002 et de la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen, leader du Front national, au second tour de l’élection présidentielle française.

L’élection de Donald Trump traduit-elle le refus de la mondialisation par les Américains ?
A travers l’élection de Trump, certains Américains ont exprimé leur colère. Une partie de l’Amérique ne trouve pas ses gains dans la globalisation. Cette Amérique-là ne parvient pas à retrouver son niveau de vie d’avant la crise des subprimes, elle a le sentiment d’être abandonnée. Ce sentiment était particulièrement perceptible chez les ouvriers, qui voient l’industrie s’effilocher. Ne se sentant pas assez considérés, ils ont davantage choisi Donald Trump qu’Hillary Clinton.

Est-ce une victoire du peuple américain contre l’establishment, comme on l’entend parfois ?
Cette formule est très exagérée. Oui, une partie des électeurs de Donald Trump ont voté contre Washington et ses élites. Oui, certains Américains souffrent d’un mépris de classe, en particulier dans l’Amérique profonde. Mais dire que le peuple s’est tourné vers Trump est inexact. Le candidat républicain et la candidate démocrate sont au coude à coude en termes de suffrages exprimés [à 15 heures, 47,5% pour Trump et 47,6% pour Clinton , NDLR]. Au passage, nous avons affaire à deux candidats richissimes. Si ma mémoire est bonne, Donald Trump, pseudo-candidat du peuple, n’est pas issu de la classe ouvrière…

Victor Orban en Hongrie, Andrzej Duda en Pologne, Trump aux Etats-Unis, pourquoi une telle vague populiste dans le monde occidental ?

L’arrivée au pouvoir de dirigeants populistes s’explique avant tout par des spécificités locales. Après, il y a des effets communs. De nouvelles puissances émergent. Les gens se sentent décentrés. Il y a une surabondance d’innovations technologiques et scientifiques. Une partie de la société se sent déclassée. L’immigration accélère les mécanismes de recomposition culturelle. Aux Etats-Unis, les Blancs anglo-saxons deviennent minoritaires. Ceci induit une réaction exprimée en votant pour un candidat populiste : Donald Trump.

L’élection de Trump est-elle une excellente nouvelle pour Marine Le Pen ?
Une chose est certaine : l’élection de Trump, mais aussi le Brexit, vont peser sur le langage et le lexique employés par une partie des prétendants à la présidentielle française. Des acteurs politiques, de droite comme de gauche, seront tentés de durcir leur discours. Mais ce climat chauffé à blanc devrait avant tout profiter à Marine Le Pen, la candidate du Front national. Personne ne fait mieux qu’elle dans ce registre.

Propos recueillis par Kévin Badeau

Voir encore:

Trump et la presse, les meilleurs ennemis
Le président américain multiplie les mesures vexatoires à l’égard des journalistes. Son élection n’est pourtant pas une mauvaise chose pour la presse, qui s’est lancée dans un passionnant travail d’autocritique.
Lucie Robequain
Les Echos
20/03/17

Le soleil n’est pas encore levé que les journalistes du « New York Times  » sont déjà en alerte. Réveillés à 5h30 du matin, ils guettent les premiers tweets que Donald Trump envoie généralement au saut du lit, peu après 6 heures. Les week-ends ne sont pas plus reposants. Basés à Washington, les rédacteurs rattachés à la présidence sont désormais sommés de passer leur week-end en Floride.

Ils rôdent dans les parages de Mar-a-Lago -la « Maison-Blanche » d’hiver, comme on l’appelle désormais – sans garantie de croiser le milliardaire. « Nos journalistes sont épuisés. Ils n’ont jamais autant travaillé de leur vie », témoigne Elisabeth Bumiller, qui dirige le bureau de Washington du « New York Times ». Ceux qui couvrent la Maison-Blanche se comptent désormais au nombre de six – du jamais-vu dans l’histoire du journal. La direction a même rapatrié Peter Baker, qui venait de prendre la tête du bureau de Jérusalem. « Nous n’avions pas le choix : nous avons besoin des meilleurs « , poursuit Elisabeth Bumiller.

Les dictatures commencent toujours par une ostracisation de la presse

En passant du Moyen-Orient à la Maison-Blanche, Peter Baker n’a finalement fait que troquer un conflit pour un autre. La presse est « l’ennemi du peuple américain « , a lancé Donald Trump le mois dernier. « La guerre avec la presse ne va faire qu’empirer « , a prévenu son très sulfureux conseiller Steve Bannon.

Dernier tweet de Donald Trump lundi 20 janvier attaquant CNN  :

Consternés par ces propos, une vingtaine de patrons de presse et de journalistes (Reuters, CNN, « New York Times « , « New Yorker », etc.) se sont réunis à l’Université de Columbia début mars pour partager leur émoi et comprendre comment faire évoluer leur métier. « Les dictatures commencent toujours par une ostracisation de la presse », a rappelé David Remnick, directeur de la rédaction du « New Yorker « .

Le président des Etats-Unis n’est certes pas le premier à imposer des mesures de rétorsion aux journaux qui lui nuisent. Mais c’est le premier à leur barrer l’accès aux conférences de presse, comme le « New York Times », CNN et Politico en ont récemment fait l’expérience.

Conférence de presse de Donald Trump du 11 janvier dernier à New York

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01946947/src/8vkrpp/zone/35/showtitle/1/C’est aussi le premier à attaquer les journalistes nommément sur les réseaux sociaux. « C’est totalement irresponsable  ! Je ne veux pas céder à l’hystérie mais nous recevons des menaces de mort « , lance Sabrina Siddiqui, une journaliste de religion musulmane qui suit la Maison-Blanche pour le quotidien britannique « The Guardian ».

La tension est telle que certains patrons de presse recommandent à leurs journalistes le même sang-froid que dans les pays totalitaires : le chef de l’agence Reuters, Steve Adler, a ainsi envoyé une note à l’ensemble de la rédaction fin janvier, dans laquelle il cite en exemple le travail effectué en Turquie, en Irak, au Yémen, en Chine, au Zimbabwe et en Russie, des pays où nous affrontons une combinaison de censure, de procès, de refus de visas et de menaces physiques « .

Plus de l’obsession que de la haine

Et pourtant, Donald Trump adore les médias ! Il leur consacre plusieurs heures par jour et par nuit, ne s’accordant jamais plus de quatre heures de sommeil. Dès potron-minet, le voilà donc qui s’énerve en regardant l’émission « Morning Joe « , diffusé sur la chaîne à tendance démocrate MSNBC.

Il se rassure en zappant sur « Fox & Friends », un « show » à sa gloire diffusé entre 6 et 9 heures du matin. Il fulmine en regardant « Saturday Night Live » _ un programme hilarant où l’acteur Alec Baldwin singe ses excès et son incompétence. Côté papier, il dévore le « New York Times » (tendance centre gauche) et le « New York Post » (tendance droite).

Plus que la haine, son rapport aux médias relève de l’obsession. « C’est assez ironique, car nous n’avons jamais reçu autant de coups de fil de la Maison-Blanche. Certains ont pris l’habitude de nous appeler de manière anonyme – exactement ce que Trump réprouve publiquement !, raconte Sabrina Siddiqui du « Guardian « . La communication à outrance n’est malheureusement pas un gage de transparence.

Les briefings qui sont organisés pour nous à la Maison-Blanche sont truffés de mensonges. Donald Trump est passé maître dans l’art de manipuler les médias

« Les briefings qui sont organisés pour nous à la Maison-Blanche sont truffés de mensonges. Donald Trump est passé maître dans l’art de manipuler les médias. Il oriente la couverture médiatique avec des projets de réforme qui se révèlent totalement creux au final «  , poursuit Sabrina Siddiqui.

Aucun interlocuteur ne semble totalement fiable : « C’est le chaos total quand nous cherchons à vérifier nos informations. Il n’est pas rare d’avoir deux personnalités de la Maison-Blanche qui nous donnent deux réponses diamétralement opposées », raconte Elisabeth Bumiller, du « New York Times ».

Chroniqueur au « New Yorker », Jelani Cobb a fouillé dans l’histoire pour savoir si la presse américaine avait déjà été confrontée à de pareilles difficultés. Elle l’a été au moins une fois, à l’époque de Joseph McCarthy, tristement connu pour avoir lancé une chasse aux sorcières contre les communistes dans les années 1950. « Sa stratégie était de mentir de manière exponentielle, les journalistes ne pouvant vérifier ses dires que de manière linéaire. De ce point de vue-là, il constitue le grand mentor de Donald Trump « , estime-t-il.

Révélations en cascades

Cette difficulté a un avantage : celui de réveiller la presse d’investigation. « D’une certaine manière, Donald Trump nous libère : il oblige les journalistes à chercher l’information en dehors des cercles habituels du pouvoir. Il y avait une proximité avec les administrations Bush et Obama qu’on ne retrouve plus aujourd’hui, et c’est tant mieux », estime Brian Stelter, journaliste chez CNN.

Le « New York Times  » a ainsi ouvert un bureau d’enquête à Washington, en plus de celui qui existait déjà à New York. Dirigé par Mark Mazzetti, il a beaucoup contribué aux récentes révélations sur les connexions entre Moscou et l’administration Trump.

Entre le « New York Times » et le « Washington Post  » c’est à qui sortira le plus de choses sur Donald Trump. Une telle concurrence n’était pas arrivée depuis le scandale du Watergate

A période exceptionnelle, le quotidien new-yorkais a aussi répondu par des procédés exceptionnels : il a créé une messagerie Internet ultra-sécurisé pour que fonctionnaires, personnalités politiques et anonymes puissent dénoncer les dérives de l’administration Trump. « Nous recevons 52.000 alertes par jour », confie Elisabeth Bumiller.

Le « Washington Post  » n’est pas en reste, qui a recruté une soixantaine de personnes pour renforcer, entre autres, son pôle « investigations « . « Entre le « New York Times » et le « Washington Post » c’est à qui sortira le plus de choses sur Donald Trump. Une telle concurrence n’était pas arrivée depuis le scandale du Watergate » , salue David Remnick, directeur de la rédaction du « New Yorker « .

Boum des abonnés

« C’est très bon pour notre démocratie. On a besoin d’enquêtes au sommet de l’Etat « . Le « quatrième pouvoir » ne semble ainsi jamais aussi puissant que dans l’adversité. « C’est le genre d’époques que tous les journalistes rêvent de vivre. Un moment historique, à la fois pour l’Amérique et pour leur profession », s’enthousiasme David Remnick.

A voir les chiffres de diffusion, l’élection de Donald Trump est effectivement une chance pour la presse : le « New York Times » a augmenté le nombre de ses abonnés de plus de 250.000 au dernier trimestre, avec un pic tout particulier après l’élection, soit plus qu’au cours de 2013 et 2014 réunis. Le « Washington Post » a lui accru de 75 % le nombre de ses lecteurs l’an dernier.

Derrière ces chiffres flatteurs se cache une réalité plus sombre : au-delà de l’élite qui feuillette le « New York Times » et le « Washington Post », la défiance à l’égard de la presse n’a jamais été aussi forte. « Certains Américains ont retrouvé le goût des journaux avec cette élection. D’autres s’en sont définitivement coupés », reconnaît Brian Stelter, chez CNN. Seuls 40 % des Américains font confiance aux médias pour rapporter des informations de manière « exhaustive, exacte et impartiale », soit le plus bas niveau depuis une quinzaine d’années, selon un sondage publié par l’institut Gallup.

La presse est accusée d’être de gauche, anti-Trump, ce qui expliquerait pourquoi elle aurait si mal anticipé sa victoire. « Vous parlez des mensonges de Donald Trump, mais il y a aussi beaucoup de mensonges dans la presse. Un journaliste de l’agence Bloomberg a affirmé que le nouveau président avait retiré le portrait de Martin Luther King du Bureau ovale. L’information était fausse mais a été reprise en boucle. Les journalistes ont évidemment droit à l’erreur. Mais je ne pense pas que cette erreur aurait été commise sous l’ère Obama « , pense John Carney.

Il faut arrêter de faire de la critique sélective, ciblée uniquement sur Trump. Il faut que notre incrédulité soit universelle

Cet ancien journaliste du « Wall Street Journal », débauché par le site nationaliste Breitbart News, est persuadé que les journalistes ont un point de vue pro-mondialisation et ne sont qu’une infime minorité à partager les idées de Donald Trump. Unis contre le populisme, ils représenteraient une population beaucoup moins diverse que l’électorat américain – qui a voté à 46 % pour Trump. « Il faut arrêter de faire de la critique sélective, ciblée uniquement sur Trump. Il faut que notre incrédulité soit universelle », insiste John Carney.

Regagner la confiance

Certains patrons de presse ne disent pas autre chose : le directeur de la rédaction de l’agence Reuters, Steve Adler, recommande à ses journalistes de dépassionner le débat et de taire leurs opinions personnelles. « Plus le comportement des journalistes sera éthique, plus nous regagnerons la confiance des lecteurs. Nous devons reconnaître quand nous avons merdé. Nous devons rappeler les gens qui critiquent nos articles « , fait-il valoir.

L’agence a par ailleurs développé un nouvel algorithme, baptisé « News Tracer », qui permet de vérifier la véracité des informations circulant sur les réseaux sociaux. « Ça marche tellement bien qu’on envisage de le vendre à d’autres médias », indique-t-il.

Il plaide aussi pour plus de transparence dans les salles de rédaction : « pendant longtemps, les journalistes ont entretenu un certain culte du secret. Je pense qu’il faut ouvrir les portes et raconter comment nous travaillons. C’est comme ça que nous regagnerons la confiance « , estime-t-il. Un beau défi pour la prochaine élection !

Voir par ailleurs:

Les 150 ans sans fête de «la Vieille Dame grise»
Le «New York Times» annule ses célébrations.
Catherine Mallaval
Libération
19 septembre 2001

Les célébrations ont été annulées. Actualité oblige, décence exige. Le vénérable New York Times a eu 150 ans, hier, en toute discrétion. Soucieux de la «récente tragédie» qui, voilà huit jours, a frappé le World Trade Center, à plus de soixante blocs au sud de son siège. «Nous sommes à Times Square. D’ici, nous n’avons rien vu. Dès que l’on a su, tout le monde s’est efforcé de se comporter de façon responsable, malgré la très vive émotion», raconte un porte-parole du journal. «La direction a proposé aux employés qui le souhaitaient de rentrer chez eux.» Mais elle leur a surtout conseillé, faute de transports en commun, de ne pas quitter l’immeuble. Et même d’inviter familles et amis à venir s’y réfugier en cas de besoin. «Et puis, bien sûr, nous avons fait le journal.»

Opinion

Combien de journalistes ont-ils été immédiatement réquisitionnés? «Impossible de répondre. Toute la newsroom s’est évidemment concentrée sur l’événement.» C’est-à-dire la centaine de journalistes chargés de «couvrir» New York, la trentaine de reporters du bureau de Washington, toute l’équipe d’éditorialistes et de billettistes qui, chaque jour dans les célèbres pages «Op-Ed» (opinions, éditoriaux), donnent le «la» de ce qu’il faut penser à l’élite américaine.

Référence

Ce mardi-là, comme tous les soirs, aux alentours de 19 heures, les grands titres de la une du Times ont été envoyés par messagerie électronique à la plupart des grands quotidiens américains, qui ne manquent jamais de jeter un oeil sur les orientations de leur confrère avant d’en finir avec leurs propres éditions. Car c’est bien lui la référence. Le journal aux soixante-dix-neuf Pulitzer (ces oscars du journalisme), celui qui a osé publier, en 1971, les archives secrètes du Pentagone expliquant les raisons de l’entrée en guerre des Etats-Unis au Viêt-nam. Et dont l’aura dépasse largement New York, puisqu’il publie une édition nationale diffusée à partir d’une douzaine d’imprimeries réparties sur le sol américain.

Dans son édition du mercredi 12 septembre, toute la première «section» du journal, dévolue à l’information internationale et nationale, est consacrée à la tragédie: vingt-huit pages grand format. Et d’autres articles, encore, disséminés dans les suppléments (pas moins de sept, chaque mercredi !). Comme son confrère le Los Angeles Times, il titre: «U.S. Attacked» [L’Amérique attaquée]. Mais, prudence, le quotidien évoque déjà des «Représailles difficiles» et, dans un commentaire intitulé «Un monde différent», invite George W. Bush à «adopter une position reconnaissant que l’Amérique ne peut seule assurer la sécurité» de la planète.

Ce jour-là, le quotidien voit ses ventes grimper à 1,65 million, contre 1,2 million en moyenne. Tout au long de la semaine, 450 000 exemplaires supplémentaires sont imprimés tous les jours.

Intraitable

Bien sûr, il y a la demande d’informations. Et là, le New York Times, qui s’est choisi pour slogan «Toutes les nouvelles qu’il convient d’imprimer», peut en remontrer à tous les journaux du monde. Intraitable devant ses propres erreurs, qu’il rectifie chaque jour dans un emplacement ad hoc, en page 2. Maniaquement sérieux dans tout ce qu’il traite. «La vieille dame grise» ­ son surnom ­ est sans doute le seul journal au monde à envoyer ses chroniqueurs gastronomiques trois fois de suite dans un même restaurant, avant de les autoriser à en faire une critique !

Ce faiseur d’opinion se flatte d’être «indépendant». Démocrate, en fait. Le New York Times n’est pas du style à faire des cadeaux à la présidence. Il n’a cessé, l’an passé, de mordre les mollets du candidat George W. Bush, fustigeant notamment le délabrement du système de santé publique au Texas, dont le républicain était gouverneur. A tel point que, en pleine campagne présidentielle, le futur président, apercevant un journaliste, s’est écrié (sans savoir que le micro était ouvert): «Tiens, voilà ce trou du cul de première classe (major league asshole) du New York Times»…

Symbole

L’anecdote, soudain, semble lointaine. Et alors qu’il s’apprêtait à fêter son anniversaire, dans son édition du week-end dernier ­ 720 pages, épaisse comme Autant en emporte le vent, se vante-t-on ­, le New York Times a très symboliquement choisi d’imprimer sur sa dernière page un drapeau américain à découper. Sous le titre suivant: «Une nation panse ses plaies en rouge, blanc, bleu.».

Voir aussi:

Le « New York Times » refuse de publier en l’état une tribune de John McCain
Le quotidien a demandé au candidat républicain de modifier une tribune qu’il lui avait envoyée, en y « définissant concrètement ce qu’il considère être la victoire en Irak ».
Cécile Dehesdin
Le Monde
22.07.2008

« Peut mieux faire », a en dit en substance le New York Times à l’élève McCain en lui renvoyant sa copie. La rubrique « Opinions » du journal américain a, en effet, rejeté une tribune sur l’Irak, rédigée par le candidat républicain à l’élection présidentielle, en réponse à celle de Barack Obama, publiée lundi 14 juillet.

Cette décision a particulièrement irrité l’équipe de John McCain, comme en atteste le communiqué d’un de ses porte-parole : « John McCain croit que la victoire en Irak doit être fondée sur les conditions sur le terrain, et non pas sur des calendriers arbitraires. Contrairement à Barack Obama, sa position ne changera pas selon les demandes du New York Times.« 

D’après le New York Times, la tribune de M. McCain, qui a par ailleurs été reproduite intégralement sur le site conservateur Drudge report, n’a pas été refusée définitivement mais a été renvoyée à son auteur pour être améliorée. David Shipley, le rédacteur en chef de la rubrique « Opinions », a ainsi publié lundi 21 juillet, sur le blog du journal, l’e-mail envoyé à l’équipe de campagne du candidat républicain. Il s’y dit « très désireux de publier le sénateur » dans sa rubrique, mais « dans l’incapacité d’accepter cette tribune dans son état actuel ».

PLUS DE DÉTAILS

Dans ce mail, M. Shipley explique les raisons pour lesquelles il a décidé de publier le point de vue sur l’Irak de Barack Obama. Si le candidat démocrate y contestait les positions de son adversaire républicain, il apportait également de nouveaux détails sur son propre plan en Irak. Le rédacteur en chef ajoute que son journal est prêt à accueillir un nouveau point de vue de John McCain si celui-ci y« définit concrètement ce qu’il considère être la victoire en Irak ». « L’article devra aussi proposer un plan clair pour atteindre la victoire, incluant le nombre de troupes, des calendriers », précise M. Shipley. Une demande qui risque d’être difficilement satisfaite ; M. McCain s’opposant à la mise en place d’un calendrier de retrait des troupes depuis le début de sa campagne.

Devant les nombreuses protestations républicaines, le NYT a publié un communiqué précisant qu’il est habituel pour ses pages « Opinions », et pour celles d’autres publications, de procéder à un va-et-vient des tribunes entre les auteurs et la rédaction. Le communiqué rappelle également que le New York Times a publié au moins sept tribunes de John McCain depuis 1996, et que le sénateur a été le candidat officiellement soutenu par le quotidien lors des dernières primaires républicaines.L’équipe de campagne républicaine, qui dénonce régulièrement la couverture médiatique de Barack Obama, qu’elle juge trop favorable, a, elle, répliqué sur son site en mettant en ligne, mardi, une vidéo intitulée »Les médias sont amoureux de Barack Obama ». Sur un fond rose, le film compile des extraits d’émissions d’actualité avec en fond musical « You’re just too good to be true » de Frankie Valli.

Voir également:

Vue des Etats-Unis

Cette impardonnable exception française
Bien qu’elle se targue de privilégier les faits, la presse des Etats-Unis traite souvent l’actualité internationale comme un conte moral illustrant les bienfaits du « modèle » américain et les « archaïsmes » de ceux qui refusent de le suivre. Cette fable idéologique réserve à la France un rôle de choix. La victoire électorale de la gauche, la défense de l’exception culturelle et le refus par Paris d’emboîter le pas aux élans guerriers de Washington dans le Golfe n’ont fait que conforter cette aigreur médiatique.
Thomas Frank
Le Monde diplomatique
avril 1998

Voilà huit ans que les Etats-Unis n’ont plus d’ennemi sur lequel compter, qu’il leur manque une nation à dépeindre comme l’incarnation de l’obstination et de la menace. Il y a bien sûr l’Irak, avec son dictateur caricatural, mais ce pays ne s’est jamais vraiment montré à la hauteur des espérances : trop circonscrit, trop outrancier, trop idéologiquement déroutant. Il fallait donc trouver un Etat aux choix économiques lisibles, et dont la politique pourrait être comprise – et stigmatisée – comme un rejet de la mondialisation cybernétique que chacun ou presque glorifie, des firmes informatiques au président William Clinton.

L’année 1997 a enfin permis de trouver la cible cherchée. Où que l’on se tourne, experts, journalistes, porte-parole des industriels et magnats de la publicité de Madison Avenue s’allient pour persuader l’opinion de deux évidences : le triomphe de l’ordre industriel américain et l’archaïsme de la France, encore encombrée d’un Etat-providence presque intact.

Correspondant à Paris du New York Times – et parfois invité par les chaînes de télévision françaises -, Roger Cohen a dressé, il y a un an, la longue liste des travers hexagonaux : les Français ne comprendraient rien à Internet, ils n’aiment pas les Etats-Unis, et ils s’accrochent à un système « socialiste » dans lequel des « technocrates » décident de tout, encore que les syndicats restent infiniment trop puissants. En octobre dernier, le journaliste américain pouvait enfin théoriser sa condamnation définitive : « La France a choisi, dans la dernière décennie du XXe siècle, de devenir ce qui ressemble peut-être le plus à un rival idéologique sérieux des Etats-Unis (1). »

Le thème de la « récalcitrance française » vient épauler les arguments des partisans du nouvel ordre mondial. Une campagne de publicité pour American Express a ainsi présenté, par exemple, la success-story sans surprise d’un dénommé Jake Burton, entrepreneur en surf des neiges. Sur fond de musique rock, le spot publicitaire montre d’abord une succession de sauts et de cascades athlétiques censée illustrer les capacités « extrêmes » de l’entrepreneur. Puis il juxtapose au héros et à ses disciples, ouverts et internationalistes, quelques plans courts consacrés à l’Autre, l’esprit anti-entrepreneurial : de vieux grabataires soucieux, puis une troupe de skieurs aux vêtements coûteux mais démodés, qui observent, narquois, nos sportifs à la page. Bien que les skieurs sceptiques ne figurent que quelques secondes à l’écran, les concepteurs de cette publicité ont fait en sorte qu’on ne s’y trompe pas : leur identité est dévoilée par leur accent. Un accent français.

Dans un éditorial de sa livraison d’automne 1997, le magazine littéraire Granta se charge d’édifier le lecteur cultivé. Qu’on en juge : le refus de la France de reconnaître que la « mondialisation est inévitable » ne serait qu’un nouvel effort fantasque de sa part « pour préserver l’idée qu’elle cultive de la “francité” (2) ». Ajoutez à cela quelques références prévisibles à l’ascension de M. Jean-Marie Le Pen, et l’article s’écrit tout seul.

Puisqu’on confond désormais libre-échange et liberté, marché et démocratie, les Etats-Unis voient, dans chaque effort pour ne pas tout subordonner au marché, un acte d’une prétention impardonnable. Et, dans cette optique, les Français représentent l’ennemi idéal : ils résistent à la baisse des salaires et à la refonte du système de santé, leurs syndicats combattent les « réformes » dont nul manager américain n’ignore qu’elles sont un élément décisif de la « compétitivité mondiale ». Sans compter que les Français conservent dans l’imaginaire américain une image de snobs.

Aux Etats-Unis, même le téléspectateur le plus indifférent ne peut en effet ignorer que la France est un pays qui contingenterait les films américains, qui tenterait d’éradiquer les termes anglais de son vocabulaire, et qui croirait devoir enseigner la cuisine française dès l’école maternelle. En somme, c’est un peuple têtu qui persisterait à nager à contre-courant de la culture et de l’économie ; un gouvernement intraitable qui interdirait à ses citoyens de surfer sur les gammes des plaisirs sensuels comme sur les ondes extatiques du commerce ; une nation de rabat-joie pincés, décidés à gâcher la douce musique américaine que le monde entier brûle d’entendre.

Que l’on parle des sarcasmes du serveur parisien vous apportant le ketchup ou des travailleurs sociaux qui cherchent à adoucir les effets du capitalisme mondial, tout est dans tout : pour les combattants culturels du nouvel ordre, la possibilité de mélanger stéréotypes et croisade économique est décidément irrésistible.

Il est donc logique qu’on ne puisse désormais actionner une télécommande sans entendre quelque ragot sur les Français. Une émission diffusée à la Radio publique nationale laisse entendre que ce sont des têtes de lard. Un éditorial du New Republic se moque des Gaulois, qui votent à tort et à travers. Mais le procureur le plus constant dans sa mise en accusation de la France est le New York Times, dont les correspondants en Europe et les éditorialistes martèlent une thématique presque immuable : pas une semaine sans quelque décision française hilarante ou image mémorable – par exemple, cet intellectuel parisien que l’on aurait surpris à écrire un livre sur l’impact d’Internet… avec un crayon noir !

Thomas Friedman, éditorialiste au New York Times et ancien correspondant de ce quotidien au Proche-Orient, posa les termes du conflit entre la démocratie globale et l’arrogance française dans son commentaire du 26 février 1997. Pour lui, comme pour les publicitaires d’American Express, partout dans le monde « la pression de la technologie et l’économie globale forcent les nations à transférer le pouvoir de la bureaucratie d’Etat et des monopoles autrefois dominants au secteur privé ».

Mais les Français s’obstineraient à vouloir entraver le puissant flot de l’Histoire. Ils sont, tout simplement, « des gens qui sentent que le monde change et qui veulent l’en empêcher ». Business Week enfonce le clou : « Imaginez un pays où un patron risque la prison parce que les cadres de l’entreprise travaillent plus de trente-neuf heures sans être payés en heures supplémentaires. (…) Quel type de régime enverrait ainsi le patron en prison ? Mais c’est la France !  (3) ». La clé de cette impulsion répressive et bornée ? Une culture que tout bon amateur de sitcoms a appris à abhorrer : « Le système français récompense ceux qui ont la capacité de suivre le chemin qu’on a tracé pour eux », explique à Thomas Friedman un « expert » amical ; le système américain inviterait au contraire les gens à « se rebeller ». C’est l’homme au costume gris contre James Dean.

Le mal français, en d’autres termes, ne relèverait pas de l’obstination dans l’erreur économique : il serait plutôt caractérisé par la lutte des bureaucrates contre les rebelles, de l’Académie française contre Internet, des intellectuels contre le peuple. Dans ce mélodrame classique, l’éditorialiste prend évidemment place dans le camp des bons, et dépoussière une artillerie de propagande digne des premiers temps de la guerre froide. La France, écrit-il, ne fait rien de moins que « du pied aux ennemis de l’Amérique, qui sont souvent les ennemis de la modernité ».

Mais Thomas Friedman ne fait que construire son discours sur les fondations posées par Roger Cohen, dont la correspondance de Paris reprend sans cesse comme mécanisme explicatif les stéréotypes américains sur l’arrogance française. Pour le journaliste du New York Times, le moindre choix économique fait à Paris s’explique par des traits culturels douteux. L’ « aspiration à la grandeur », les « prétentions excessives », le « sentiment d’occuper une position proche du centre du monde », ces facettes de la vanité nationale empêchent les Français d’embrasser l’exaltant avenir multiculturel ; leur besoin de nourrir l’« ego français » rend difficile la prédiction de leur prochaine lubie électorale.

Toujours victime de l’illusion gaullienne d’ « une certaine idée de la France », selon Roger Cohen, ce pays, « aussi mobile qu’un bloc de ciment », serait en pleine « paralysie interne (…), menacé par l’innovation ». Les entrepreneurs y sont fortement découragés, ses « technocrates (…) semblent dépassés par l’économie globale », et ses syndicats, « qui arborent fièrement les haillons d’un rêve socialiste épuisé (…) , semblent également fossilisés ».

Seuls héros : les barons du logiciel
Des bons points ? Le correspondant du New York Times en décerne quelques-uns, de préférence à d’exemplaires amis du peuple : le baron du logiciel Bernard Liautaud, fourmillant d’idées égalitaires ramassées à l’université Stanford comme la « promotion d’une culture de l’actionnaire » et le « penser marketing » ; ou Bernard Arnault, « entrepreneur infatigable », héros de la petite parabole du Château d’Yquem : pour identifier l’orgueilleux aristocrate à qui il dispute la propriété de ce domaine vinicole, Cohen le représente méditant de façon poignante sur une montre arrêtée (4).

Aux antipodes de l’archaïsme, le journaliste évoque aussi avec une évidente délectation le glorieux (et irrésistible) progrès de la culture de masse américaine. Par les mécanismes magiques du marché, celle-ci exprime la volonté du peuple. Sous la photographie de patineurs effectuant sauts et cascades face à la tour Eiffel, un article acclame cette jeunesse de France qui embrasse le marché mondial avec allégresse, qui ne craint pas de consommer les produits de la culture jeunes en dépit des injonctions de ses aînés. « Casquette de base-ball à l’envers, baskets aux pieds, films et musique américains sont les figures de référence de la majorité des enfants français. L’anti-américanisme facile des intellectuels et des politiques rencontre fort peu d’écho auprès des Français ordinaires. »

Bien entendu, il est un peu audacieux de prétendre que la culture de masse serait forcément l’expression des goûts du public. Mais, même quand un phénomène culturel est créé par l’industrie, les journalistes américains y décèlent le signe d’une victoire du peuple – et du marché – sur l’arrogance française. Un article sur l’importation de la fête de Halloween fit ainsi la « une » du New York Times et de l’ International Herald Tribune. L’auteur de l’article réussit toutefois à transformer la fête en expression d’un conflit : entre, d’une part, la volonté du peuple – un peuple d’acheteurs et de vendeurs dans les grands magasins, de fabricants de téléphones portables – et, d’autre part, l’anti-américanisme fatigué des mandarins culturels du pays. Le New York Times choisit d’illustrer l’article par une photographie juxtaposant à la fière tour Eiffel un millier de citrouilles placées là par l’un des parrains (commerciaux) de l’opération (5).

Cependant, c’est en essayant de transposer à toute force cette idée fixe dans le domaine politique, en lisant l’information politique au travers de la lutte entre la liberté du marché et l’arrogance de l’Etat que la presse américaine à Paris se met à déraper pour de bon.

Puisque refuser les mécanismes néolibéraux revient à mépriser le peuple, et que s’écarter du marché serait en définitive une des formes du racisme, un homme politique est naturellement mis en relief : M. Jean-Marie Le Pen, à qui « l’état d’esprit [français] offre un terrain parfait ». La description ainsi faite des événements politiques mène tout droit à ce personnage exutoire d’un pays qui regarde en arrière. Le Washington Post résume le propos avec brio : « Tous les responsables politiques, même Jean-Marie Le Pen à l’extrême droite, sont des sociaux-démocrates sous une forme ou sous une autre (6). » Toute personnalité politique se voit alors présentée comme un Le Pen sans le racisme, ou un Le Pen sans l’europhobie ; chaque élection est assimilée à une victoire du Front national. Une vision d’une cohérence interne et d’une force de conviction telles qu’elle pourrait surprendre des lecteurs américains découvrant que l’extrême droite française n’est pas au pouvoir et que M. Le Pen ne détient aucun mandat national.

La confusion entretenue autour des projets de M. Lionel Jospin est encore plus étrange. Dès juin 1997, le Wall Street Journal expliquait : « Les protecteurs de la culture socialiste française étaient enthousiasmés par l’arrivée au pouvoir de M. Jospin, un homme qui n’est aucunement souillé par la moindre pensée moderne (7). » Reprenant la même antienne et assimilant le premier ministre à un pur produit du sentiment rétrograde et arrogant des Français, le New York Times n’eut d’autre souci que de prouver l’inconséquence de ses décisions. Le 11 octobre 1997, commentant le projet de loi sur la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, le quotidien new-yorkais rendit compte des réactions des représentants du patronat et établit la liste des pays européens qui connaissaient une véritable réussite – car eux, évidemment, ne cherchaient pas à imposer une telle contrainte aux marchés. Le tout, couronné par la citation d’un économiste de la firme de courtage Smith Barney : « Le problème de ces idées [socialistes] est qu’elles confortent un fantasme. »

De fait, une telle relation des événements est conçue comme un conte moral. Les nouvelles de France s’apparentent alors à une fable des bienfaits du capitalisme mondial, aussi policée qu’une publicité pour un fabricant d’ordinateurs. Et la jeunesse « rebelle » devient aussi exaltante que les rêves éveillés imaginés par Nike, Reebok, Pepsi, Coke et Sprite…
Thomas Frank

Auteur de The Conquest of Cool (The University of Chicago Press, Chicago, 1997) et de One Market Under God : Extreme Capitalism, Market Populism and the end of Economic Democracy (Doubleday, New York, 2000).
(1)  The New York Times, 20 octobre 1997.
(2)  Granta, Londres, automne 1997.
(3) Gail Edmondson, « I’m shocked ! There are People Working in Here », Business Week, 8 mars 1998. La dernière phrase est en français dans le texte.
(4)  The New York Times, 12 juillet 1997.
(5)  The New York Times et International Herald Tribune, 31 octobre 1997.
(6) Charles Truehart, « Resisting Global Currents, France Sticks to Being French », The Washington Post National Weekly Edition, 15 juillet 1997.
(7) George Melloan, « Europe Faces a familiar Problem : Satisfying France », The Wall Street Journal Europe, Paris, 17 juin 1997.

Voir par ailleurs:

An Interview With Alexandria Ocasio-Cortez, the Young Democratic Socialist Who Just Shocked the Establishment
Jeremy Scahill
The Intercept
June 27 2018

Many Tuesday night were asking, “who is Alexandria Ocasio-Cortez” after her stunning primary victory over the No. 4 House Democrat Joe Crowley in New York’s 14th District. The New York Times called her a “Democratic dragon slayer.” MSNBC’s Joy Reid admitted on Twitter to “doing an Ocasio-Cortez crash course.” She didn’t have a Wikipedia page until last night. A year ago, she was working as a bartender in Manhattan. She is young. She’s working class. She’s a New Yorker who has been immersed in community-based leadership, organizing, and service work.

Ocasio-Cortez is one of the most progressive, uncompromising candidates to make it to the general election as a Democrat and the fact that she beat an entrenched machine politician has propelled her to instant national recognition. She’s also spoken out on Israel’s crimes against Palestinians, labeling a recent massacre for what it was, putting her at direct odds with much of the institutional Democratic leadership.

After earning her degree from Boston University, Ocasio-Cortez moved back home to the Bronx, and was working long hours as a waitress to support her family in the aftermath of her father’s untimely death. Her dad, like many working-class people, died without a will, and so Ocasio-Cortez and her family found themselves fighting a nasty, cold bureaucracy that featured legal vultures who carved off parts of her father’s estate for profit as she and her family struggled to make ends meet.

She said she never planned on running for office, but after traveling across the country — from Flint, Michigan, to Standing Rock, asking Americans about the issues they were facing in the aftermath of the Trump’s election — the progressive organization Brand New Congress got in touch asked if she’d be willing to run for Congress. Her defeated primary opponent, the powerful Democratic Rep. Joe Crowley, is current chair of the House Democratic caucus and he has been trying to position himself as the successor to Nancy Pelosi as the leader of the Democrats and the future speaker of the House.

This district where Crowley is a congressman is one of the most racially and culturally diverse in the United States. It spans parts of Queens and the Bronx. The district also includes the notorious Rikers prison and is home to Trump Golf Links. Crowley has held that seat since 1999 and he had not faced a primary challenger since at least 2004. Clearly, he and his re-election campaign underestimated the often nameless “young progressive challenger.” Now everyone knows her name.

We spoke with Alexandria Ocasio-Cortez last month about her campaign’s grassroots start, immigration, the #MeToo movement, and foreign policy on the Intercepted podcast. What follows is the audio of our conversation as aired on Intercepted and the full transcript of the unedited interview.

The interview begins at 15:10

JS: I want to start by talking about the way that ICE has evolved since its creation. You’ve been tweeting a lot in response to this ACLU report that came out, with 30,000 pages or so of documentation of how families, children, civilians are treated under the ICE program.

How has ICE’s actions changed from Obama to Trump? Is there anything that’s markedly different?

AOC: There are things that are markedly different. I would say that the basic infrastructure of ICE, its legal structures are the same, but the latitude and rather the extent to which the Trump administration is really bending these rules is at an absolutely new level. This idea of, most recently, separating children from their parents in order to kind of force the state to take over their custody is just an extremely different and draconian level to which ICE enforcement is now being taken.

The Trump Administration is changing these policies at a breakneck pace. So even the most prolific immigration lawyers in the country can barely keep up with the changes that they’re making here, and we’re seeing things that started in the Obama Administration — you know, ICE showing up at courtrooms and things like that — are just starting to become much more regular and commonplace.

JS: What’s your understanding of this policy that ends up separating parents from children? Like, where was that born?

AOC: So, basically the United States had a standing policy for minors who showed up at the border. And what that was originally designed for was occasionally you would have teenagers, mostly — people who were 14, 15, under 18, but old enough to kind of navigate the world on their own — and they would show up at our borders, and we kind of previously saw this hit a crisis when we had this wave of young people and children showing up at the borders of South Texas after the regime change in Honduras. And so we had a standing policy for when a minor showed up at the border unaccompanied — the U.S. government would intervene, there would be child custody services and things like that to help that child navigate that system. That is what we were initially dealing with.

Now what’s happening is parents who show up with their children at the border are getting separated from their children, and that has never happened before. Before, those families would be processed together. And now we are seeing things — I believe it was on MSNBC — where we’re actually seeing cases of a 53-week-old infant in court on their own separated from their mothers.

And many of these children, you know, have yet to see their parents ever again. And some of these children don’t even have legal defense. So this is beyond the pale. This is just totally beyond the pale.

JS: Jeff Sessions — at least for now — the attorney general, in defending this policy, said the following in a series of speeches in Arizona, which is known for its really harsh, draconian position on immigration, as well as in San Diego, California, which is in Southern California, this is Sessions.

”It’s an offense to enter the country unlawfully. If you smuggle an illegal alien across the border, then will prosecute you for smuggling. If you’re smuggling a child, then we’re going to prosecute you. And that child will be separated from you, probably, as required by law. If you don’t want your child to be separated, then don’t bring him across the border illegally. It’s not our fault that somebody does that.

JS: Your response?

AOC: Well, first of all, we are seeing people showing up claiming refugee status. You know, we have this very clear case of this Congolese woman who showed up, refugee status, and if you are fleeing persecution in your home country, the United States refugee policy is that you can show up to our borders, claim refugee status, say, “I’m a refugee” and be classified as such.

We’ve had generations of Americans that have come from things like the Rwandan genocide and regime changes in Latin America show up and claim refugee status and we are doing this to those people too, so that’s the first thing.

But then the second thing is that when you have undocumented people show up in our border, usually what you do is turn them away, you know? That has been the historic policy of the United States — people who show up undocumented without a visa, we turn them away at our borders. But the idea of prosecuting anybody who just shows up at a checkpoint is an expansion of what we are doing in this country and in fact we are taking these people in and we’re putting them into this black-box detention system that we have allowed ICE to create.

And I think what a lot of people don’t realize is that ICE is now the second largest criminal investigative agency in the United States, second only to the FBI. And the fact that they operate without the accountability of the Department of Justice is extremely concerning to us all. There are threads here that stretch all the way to warrantless wiretapping and other forms of overreach. This is squarely in the category of civil rights abuses.

JS: When you say there’s no oversight from the Justice Department, what do you mean?

AOC: So basically, ICE operates under the Department of Homeland Security. And, in my opinion, to have a criminal investigative agency that is not housed under the Department of Justice is so backwards, especially when we see that the Department of Homeland Security was just created in 2003. And so this is not an agency with the institutional knowledge or support or structures to handle such a large operation. And it’s very clear that we see, you know, while the Department of Justice, at least towards the end of the Obama administration started winding down its systems of for-profit detention, for example, for-profit prisons, ICE has just had an expansion. As a matter of fact, ICE is the only criminal investigative agency, the only enforcement agency in the United States that has a bed quota. So ICE is required to fill 34,000 beds with detainees every single night and that number has only been increasing since 2009.

There is the acknowledgment that these things did start with the Obama administration, but, again, that is always the danger of creating governmental structures without accountability under the premise of: Just trust us, this guy, this one President is fine, we can trust this one president. Because when we do have draconian administrations like the one we have now, we see exactly what happens.

JS: Well, and you know people, a lot of times say, “Well, why do you criticize the Democrats? The only game in town right now is opposing Trump.” And I’m certainly sympathetic if you’re looking at what are the greatest risks to democratic society, civil liberties, global peace — yeah, this is a very dangerous administration.

On the other hand whether it’s drone strikes or borderless wars or immigration policy, I feel like you would be omitting an essential part of the context if you don’t talk about how Obama, in his eight years, created systems that were dependent on trusting in him rather than, hey, here’s the rules for how this is done.

AOC: Right.

JS: And, you know, I think a lot of people that didn’t pay any attention to these issues, particularly immigration under Obama are now waking up because it’s Trump, but like when are we going to break that cycle where we — you’re confronting the Democratic Party establishment in your race for Congress.

AOC: Yes.

JS: You’re going up against a long-time member of Congress who there’s discussion he may one day be the Speaker of the House or the leader of the Democrats in the Congress. But the role that the institutional elite or the mainstream of Democratic Party politicians play in creating the ground for Trump to do something like this.

AOC: First of all, the idea of immigration as a partisan issue, the idea of war as a partisan issue, the idea of certain issues that should be galvanizing around social, economic and racial justice, that all of us should be agreeing on are now becoming partisan. And so what’s concerning to me about saying, “Trump! Trump! Trump!” or “GOP! GOP! GOP!” is that in the history of the United States, particularly the modern history of the United States, immigration has never been a partisan issue. In fact, George W. Bush and Ronald Reagan, not to defend or evangelize their administrations, but they were actually known to be quite liberal on immigration. You know, Reagan had his amnesty policy. You have George W. Bush that was actually very welcoming in both his rhetoric and many of his policies towards immigrants, despite the creation of ICE.

And so, historically, immigration has not been a partisan issue until the rising racial resentments of the Trump administration and what we have recently seen in perhaps the last five years. Issues that are just morally right and wrong are now starting to be hijacked by both parties as partisan issues, which should be very, very concerning to all of us as American citizen.

Moreover, the fact that the Democratic Party has not been the party of immigrants.

And 10 years ago I had worked in Ted Kennedy’s immigration office and he, to his credit, he had one of the best immigration constituent service offices in the country. And I would be handling some of these cases, and women and families would call me in a total panic because their husbands were scooped off the street in the middle of the day or they came home and there are literally stories of people coming home to their front doors open, and you know their stove flames are still on and their families are missing. And our incumbents created that system. Everyone who voted for it is responsible. Period. And they need to be held accountable and if they’re not actively calling for the abolition of ICE, then I don’t want to hear it. This idea that we’re going to fight Trump without taking hard committed stances is just a farce and it’s a media play and I do think that our Democratic establishment has to take ownership over the mistakes that they have made in the past — and they either, they should either acknowledge their past actions as mistakes and commit to a course correction or, if they don’t acknowledge that their actions were a mistake, frankly, they need to go.

JS: You dropped a little mini-bomb in there that I want to rewind and examine. You said that you’re calling for abolishing ICE.

AOC: Mhmm.

JS: I think, maybe not people who listen to this show or are supporting you on your campaign, but a lot of people in America I think would listen to that and think: “So what does she want? She just wants people to pour in here?”

You’re running for Congress, so explain from a policy perspective how you can have that position, “Let’s abolish ICE” and be running for Congress in the United States.

AOC: Yeah. For sure.

Well and a little bit of context to the community that I’m running in. My community, New York 14, it’s half in Queens, half in the Bronx, it’s half immigrant. So our communities are very, very familiar with U.S. immigration policy. If you are not an immigrant or naturalized U.S. citizen yourself, you either are part of an immigrant family or you are very close to immigrants. And so I do think that if any seat should be calling for the abolishment of ICE, it should be New York 14 — among others, there are several others.

And yeah, that’s always the question. Like, what do you expect? Are you an open borders fanatic? Like, all of these things. And people forget that ICE was established in 2003, in the post 9/11, frankly, authoritarian crackdown, where we saw the Patriot Act, the Iraq War, the AUMF, and then, of course, you have the establishment of the Homeland Security which included the establishment of ICE. And that’s when we first started seeing, again, this enforcement agency that does not answer to the Department of Justice.

Before ICE we had the INS. So we had the Immigration and Naturalization Services. There are very intense operations that we do need to monitor. We have to keep tabs on human trafficking, child sex trafficking, child pornography and, of course, just standard immigration in and out. And so the INS had handled that before. And so criminal investigations will get forwarded to the Department of Justice which had the infrastructure to kind of handle those proceedings, and then there are other investigatory arms, either within the FBI or within Health and Human Services that would handle those different pockets.

Now when the Department of Homeland Security was established, it concentrated and centralized all of those things into one. And those operations in and of themselves can continue. You know, you can have Border and Customs do the things that they have always done.

The one line that I do want to draw is that when I started talking about this over the weekend it kind of recently blew up, and I’m starting to see, particularly, other congressional candidates say: “Let’s return to the INS.” And that I want to make sure is not correct either.

This is not about going back to the INS. This is really about, in some ways, we need to go all the way back to the root of our immigration policy to begin with, which the very first immigration policy law passed in the United States was the Chinese Exclusion Act in the 1800s, and so the very bedrock of U.S. immigration policy, the very beginning of it was a policy based on racial exclusion. And I think that we need to really reimagine our immigration policy based around two things like I had said before, foreign policy and criminal justice and additionally our economic goals as well. And we really kind of need I think to reimagine our immigration services as part of an economic engine, as part of an accommodation to our own foreign policy aims and, where necessary, enforcement of serious crimes like human trafficking and so on.

So abolishing ICE doesn’t mean get rid of our immigration policy, but what it does mean is to get rid of the draconian enforcement that has happened since 2003 that routinely violates our civil rights, because, frankly, it was designed with that structure in mind.

JS: Just to change gears for a moment, Joe Crowley, who is sort of the self-declared King of Queens, is obviously from Queens, represents Queens. Trump is from Queens. The governor of New York, Cuomo, is from Queens. Talk about the sort of men of Queens and not just the political machine that you’re fighting in the Democratic Party, but the sort of culture of politics in the part of the area where you would represent.

AOC: Yeah. I mean, it’s a trip. It’s a trip, because, excluding Trump for a moment, all of these guys really love to engage in performative solidarity.

I’m going, maybe get in trouble with this, but like you know Cuomo recently had this whole speech where he literally stands up on the stage and he says, “I am a black woman. I am undocumented.” And I think that the real mistake here is just that there’s a lot of talking about these communities, but, at the end of the day, their grip on power causes them to refuse to actually give these communities a true seat at the table. And when these communities want to run for office or when these communities want to have real teeth in our legislative and political processes, they only allow those whom they give permission.

And so it’s a real systemic problem. People think of New York as a liberal state. People think of New York City as liberal politics. And it’s not. New York state is responsible for some of the worst voter suppression in the United States. You have for example, folks like Cuomo and Crowley where they will call for voter reform, but they don’t fund it. They don’t fund it. And so it’s just a press release. So what they’ll say is, “We have stood with immigrants forever. We have stood with women. We have co-sponsored this bill.” But then you have someone like Joe Crowley who loves to talk about how he’s the third most powerful member of Congress — who is putting all of these articles about how he’s the heir apparent to Nancy Pelosi. And the only transformative and impactful legislation that he’s passed in the last five years was FIRPTA which was the deregulation of foreign real estate developers in the United States, which has created this epidemic of shady LLCs, many of which are tied to campaign finance issues. So they co-sponsored these bills to high heaven, but when you actually see the bills that they’re passing, they are just to empower Wall Street. And these communities themselves, the furthest they’ll go is endorse someone with a Hispanic last name but there is very little beyond that getting done. It’s a real problem. There’s a personality thing going on here.

And then also you look at New York State, New York City, one of the most diverse cities in the United States where 56 percent people of color were majority female. And in that city, our governor, our mayor, our city council speaker, the chairman of our state party, and Crowley himself, who’s the chairman of the Queens Democratic Party are all one gender and one race. They are all white men. And that is statistically almost impossible.

So that is not done by chance. That is the systemic concentration of power. And the systemic concentration of power that falls along historical lines, falls along the empowerment and the concentration of power that that tends to be along men, that tends to be along, you know, white Americans and that is how, you know, if the most diverse city in America can’t get a person of color or someone that’s not a man to have high office then how can we have that hope for any other place in the United States.

JS: One of the things I noticed on your Twitter feed is you’ve been intimating, and at times, describing directly the sexism and misogyny that you’ve experienced as you’ve run your campaign for Congress against a white man who’s been around for a long time. Talk about being you and being in this campaign and what it means to be a young woman of color challenging an establishment Democrat.

AOC: Yeah. I think it’s amusing because they start, a lot of people start losing their minds when I talk about this. “Oh, she’s making this about identity — this term — identity politics.” And it’s really funny because when I just talk about who our community is, when I just say, “Hey, New York 14 is 70 percent people of color, we’re 60 percent Hispanic, we’re 40 percent primarily Spanish speaking. We’re also overwhelmingly working class. We have a lot of white brothers and sisters out here, too, right in the same boat as us, making $47,000 a year on average in New York. In New York City.” People really start losing their minds.

You know, people in the opposite camp have been saying, “She’s making this about race.” And, you know what? It is about race. And it is about education. And it is about our incomes. And it is about wealth inequality. Because this campaign is about our issues. And what is infuriating I think a lot of people in New York’s political establishment is that I haven’t asked anyone for permission.

And there’s always this go back to, “Who is she?” And, I mean, when I look upwards, and even when I try, like if I hypothetically wanted to “do it the right way” and ask for this permission and work through these channels, there’s no people up there that would help me. There are no women in power in New York City, in like, an authentic — you know, we’ve got some borough presidents, we got some folks out here, but we don’t have, we have no people of color that are a city council speaker right now. We have none of that. We have very few working class Americans as well.

And so what you see as well is that this machine has been overwhelmingly male for so long that the misogyny becomes the political culture of New York City politics. The emails I get — like I will have never spoken to someone before in my whole life — and I’ll get a message that’s like “you have failed to contact me.” I think it’s just a reflection of how off base it is. No one wants to talk about how painful it was to have someone like Eric Shneiderman have the explosive allegations that he did. For a lot of people — it hurt me, that hit very close to me, because you see some of these folks, and you’re like, “that guy is fighting for us” and in many ways he was, legislatively —

JS: Just to clarify for people who aren’t from New York, Eric Schneiderman, until very recently, was the attorney general of New York and was, I think, generally thought of as being aggressive, and a fairly progressive guy. I mean, he certainly came into office pledging to be a social justice oriented AG and now has gone down under allegations that he was extremely physically and sexually abusive to a number of women.

AOC: Yeah and so, there are a lot of folks who are in the camp of saying, “Ignore his private life, look at what he did with his lawsuits,” which he did! His lawsuits were very much focused on social justice and the idea that we should kind of just ignore all of this other stuff — but when you think about: those guys are mini-kingmakers in their own right. And you think about how they protect each other and how they elevate their protégées, which for many of them, are just people who remind them of younger versions of themselves so they’ll amplify those folks. You think about how many, for example, future female AGs have been cast aside with people like that at the helm. So you look at New York City Council — record low number of women sitting on New York City’s council. You have the Queens Democratic Party, which is overwhelmingly male as well. So we have to look at who’s actually in power in New York City and not just what press statements they’re releasing or what bills they’re co-sponsoring. 

JS: Harvey Weinstein recently was quote-unquote arrested and they put on this show — it was like a Weinstein film where he looks completely disheveled and hollowed out and he was briefly filmed in handcuffs. But the reality is that the whole thing was a negotiated, prearranged show and he was in and out almost instantly. I have a friend who is a lawyer that works with very, very poor people that was actually in the court room and he chronicled how Weinstein was basically in and out and then the person that came after him was someone who could not afford their bail, didn’t have cash, and was totally unable to pay, and then goes away and is going to be held in prison just because they don’t have resources. But someone like Harvey Weinstein, who was accused of raping and abusing many, many women, can pop in and out and just have a little mini-perp walk as part of the negotiations.

AOC: Yeah, absolutely. And then you have someone like Manafort who is literally accused of treasonous acts and that guy gets to walk around with an ankle bracelet. And then you get a kid in the South Bronx that jumps a turnstile because he doesn’t have $2.75 for a MetroCard and that guy gets thrown into Rikers prison because he can’t afford the $400 bail to get out.

JS: In fact, your district encompasses Rikers. What has Joe Crowley, given that he’s a powerful Democrat, done on Rikers and the issues of abuse there, the conditions, women being assaulted?

AOC: I wish I could say something. He’s co-sponsored some bills, but as the third most powerful Democrat in the House of Representatives of the United States of America, nothing’s been passed. I could understand the argument of, “Oh, I’ve co-sponsored this I’ve co-sponsored that” if you’re just a normal rank-and-file member — but the heir apparent to Nancy Pelosi can’t deliver on Rikers? I mean he stands out for the “close Rikers” campaign, but mostly that advocacy came out after the mayor already agreed to shut it down in 10 years. Now the fight is to shut it down closer than that but also he accepts money from folks like Bloomberg who created stop and frisk that stuffed those jails up to the brim. Again, it’s more about the actions and what this power is being used for, because we should just support the powerful because they already have power I think is a farce. We need to support those who use their power to really transform our structures of racial and economic and social justice. 

JS: You’ve been endorsed by Black Lives Matter as well as the Democratic Socialists of America. And you mentioned earlier, stop and frisk. Bloomberg, the former mayor of New York — who is a Republican but transformed himself into an independent because he was flirting with the idea of a presidential run — he has been hosting fundraisers for your opponent. One fundraiser that he hosted at his home in Manhattan on May 2 suggested contributions of a $1,000, $2,700, and $5,400 dollars. Why is Michael Bloomberg backing your opponent in the Democratic primary?

AOC: Because Joe Crowley creates and advances policies both in his capacity as a congressman and also in his capacity as the chairman of the Queens Democratic Party to pad the pockets of luxury real estate developers and private equity groups of which Michael Bloomberg is the king. It’s total quid-pro-quo. The idea that special interests give money to candidates as a form of charity is laughable. Or the idea that you can maintain independence while you depend on those same lobbies to get re-elected is also laughable.

JS: That was one of the things I loved about Trump’s sort of schtick on the campaign trail is he was openly talking about how he would bribe politicians. 

AOC: Yeah.

JS: “Even Hillary Clinton — I was bribing her!” He really spoke openly about it — it was actually one of the refreshing things in a sea of horrifying, terrifying, neo-Nazi , white nationalism, nativism, horrible stuff. Trump actually told the truth occasionally and this issue was one of them where he basically said, “This is legalized bribery and I’m all for it.”

AOC: Yeah, and OK, here’s an ultimate irony: Trump Links is in our district. In that same scene overlooking Rikers, you’ve got Trump Links as you’re crossing over the bridge. 

JS: What is Trump Links?

AOC: It’s a golf course out there in Queens. The day that Trump Links opened, there’s a quote right there from Crowley singing the praises of the opening of this phenomenal development. I think it just goes to show: We really need to take a magnifying glass to some of these folks to see if they’re the real deal or if they’re performative. It’s important for us to follow that money.

JS: What do you think just going back a moment to the broader movement that’s been identified as #MeToo. What’s your analysis of this? You’re running for Congress in New York City, which many consider the kind of cultural capital of New York. And many powerful men who are residents of this city stand accused of pretty horrifying, despicable, disgusting crimes against women. But as you’ve run for office — what’s your position on these issues? How should we as a society respond to this?

AOC: Well, I think that when someone stands accused of very serious instances of sexual assault — first of all, I think we need to kind of shift our culture to giving these folks a fair hearing. There are some grey areas. There’s some aspects to #MeToo where it’s like, when one person makes an accusation, on one hand, we have to have to maintain the spirit of due process. I do believe that. But then when you have cases like, for example, Schneiderman, or cases like Weinstein, the fact that we have a culture that has to wait until a person is accused by 80 women, 50 women, 10 women —

JS: One of them is the president.

AOC: — for us to do anything about it is also equally very concerning. I think that we probably have some legal structures in place that are not particularly conducive to victims of sexual assault and sex crimes. And this is done sometimes in child cases as well — having to testify publicly in front of a court which opens people up to all sort of forms of intimidation. I think there are some legal ways we can look into this as well. But then culturally, we do need to measure — where we need to have a culture where we believe people when they say these very serious things, but we also need to make sure that due process is held. That’s a tough road that we’re all navigating right now. But I do think that having women at the table is very important in that process. You look at New York state? Oh my goodness. New York state — our state law, we just recently went through in the state legislature kind of a spate of more sexual harassment claims, and the folks who are generating the state sexual harassment policy were literally four men in a room. There wasn’t a single women at the table drafting the consequences for sexual harassment claims in Albany. And it is the biggest open secret in New York state politics that Albany is a toxic, toxic place of sexual harassment and the victimization of women as well as political corruption. We know that. In January, there were six public officials up for trial on corruption charges. I think for a long time we just take it as fact. We’ve taken for granted for so long how backwards and corrupt Albany is that we’re just like, “Oh, that’s the way it is.” We take this defeatist or fatalist approach saying, “That’s the way our government is.” I think we need to take a moment, especially in 2018: It’s not just about red to blue. This is about transforming our system into a system of justice overall. It’s not just about red to blue, it’s about cleaning up our backyard. It’s about making that crooked path straight.

JS: What is your relationship with the institutional Democratic Party like, you know, DCCC, the DNC?

AOC: My opponent is the institutional Democratic Party. So my relationship to them, in a formal sense, is pretty much non-existent. He gives the D-trip about a million bucks a year on average, some years and stuff.

JS: This is the Democratic campaign fundraising mechanism that’s used by the institutional party.

AOC: Right. Moreover, our community has been ignored by the national party — New York 14. So the Bronx and Queens. We talk about communities like Jackson Heights. We talk about communities like East Elmshearst and Corona, Woodside, Sunnyside. The national Democratic Party does not really have a footprint here.

JS: For people who are not from New York, these are some of the most diverse neighborhoods anywhere on the planet. If you go into parts of Queens, that are also included in your district, you can walk from one block to the next and it’s like you’re traveling through eight, 10 different countries.

AOC: What I think is unfortunate about that is I think it’s a lost opportunity because this district is 85 percent Democrat, then it’s like another 10 percent independent and unaffiliated, then you have a small sliver of Republican voters. So this seat is the opportunity to really champion some of the most ambitious and progressive legislation in the United States. Instead, we’ve been having middle of the road corporate policies coming out of the most diverse and working class district arguably in New York City, if not in the country. 

JS: Has the Democratic Party tried to stop you from challenging Crowley?

AOC: No one has tried to dissuade me from running, and I think it’s because when I started this race I was so small potatoes. You know, my background, for those who may not know, I’m an educator, I’m an organizer — I have an academic background in economics international policy but I’m also very working class. I’m a first-generation college graduate and during the financial crisis, which like, eviscerated my family, I was bartending and waitressing while doing community work.

JS: Explain what happened with your family after your father passed away.

AOC: So, as the markets were crashing in 2008, my father died of lung cancer, a very rare form of lung cancer — he was not a smoker or anything like that — in the state of New York. So my father passed away without a will like many working class and poor families do. We entered something known as the surrogates court. Otherwise casually known as the “widows and orphans court.” What many people don’t realize is that machine appointments to the lawyers of the surrogates court is one of the most lucrative positions you can have. While we were in a different county, essentially the lawyers that Crowley appoints to the surrogates court are his friends and they’re the lawyers who politically protect him. So in exchange for that, they’ve made over $30 million off the New York surrogates court. 

JS: How do they make that money?

AOC: Being appointed as a lawyer to the surrogates court, you then rake in the legal fees for all of these families that come through ,whether they enter foreclosure, whether their family members die without an estate or a will. So, my father pretty much died with nothing. He left us almost nothing except we had a house and small things here and there. So when you sell that home and all that stuff happens, every time you go through that court, you get these legal fees kind of shaved off. And so there are standing lawyers in that court and those legal fees go to those folks.

JS: In the case of your family they were chiseling away at a family home’s value.

AOC: Right, or whatever was left that we had. So when you do that — obviously this is New York City — unfortunately, many people find themselves in this situation. It’s just kind of a piggy bank for this kind of stuff. Anyways, with my family we sold my childhood home. My mother was forced to move to Florida because she could no longer afford to live in New York City, remain in New York City. And I found myself, you know, while we were kind of on that brink, I started working a second job. And so when I first started this campaign, I started it out of a grocery bag, going to work, and I put my palm cards and my campaign banner in a grocery bag, and I put my change of clothes for the end of that day, and I would take it to a bar and I would hide it behind the counter. I would work my shift for that day. I would get out. I would change my clothes. I would go to community events. I would go to people’s living rooms and say, “Hey, we need to change our politics in America.”

And that’s how this campaign started. And it was such a joke, I think, to the establishment and it was so small potatoes that nobody paid attention and nobody thought of us as a threat, which I think is a fabulous place to be.

JS: Was it the personal experience that drove you to challenge Joe Crowley? The family experience that you’re describing?

AOC: The family experience that I just told gave me the strength and the resolve to do it. One of the big decisions though was that I was at Standing Rock in December 2016 and when I saw how corporations had literally militarized themselves to do physical harm to American citizens, in particularly Native peoples. And I saw what the Lakota Sioux and Native peoples were doing — putting everything on the line not just to protect their land but to protect the entire water supply of the Midwest United States, I really just felt like we had to have a turning point and that it wasn’t going to come from the Democratic establishment, that it had to be people. It had to be everyday people who were aware enough to know what was going on. The day after I got off camp, I was contacted by a progressive organization, Brand New Congress ,which was seeking to mount noncorporate candidates in the 2018 midterm. They said, “Would you be interested in running this race?” So, with the confidence of not doing this alone, paired with my own pained personal experiences on the local and national level — I think that I really felt like this was something that had to be done. We haven’t had a primary in 14 years in New York 14, so it was very clear that nobody else was going to do this. And so, in a way, in New York City to challenge a kingmaker, you have to do it from the outside, because everyone else is too scared.

JS: If you win the primary, it seems pretty clear then you would win the general election given the demographics of the district. So you walk into Washington, it’s not just going to be the issues that you are fluent on that you’re going to have to deal with. You’re also going to have to talk about and develop positions on things that you maybe have never considered before. I want to ask you a few foreign policy questions. To you right now, what is the single greatest threat that the people of the United States face in the world on a foreign policy level?

AOC: I think we’ve got two fronts. One, we have a reordering of global power right now. Because of that, its powered by economic developments and also geopolitical developments, as well. So you have two really big hotspots. You have the role of this multipolar power with China, Russia, and the United States as well as what you’ve got going on in Europe and the Middle East. You look at what’s going on in global trade, and first of all, the global concentration of power is destabilizing countries across the world. It’s not just happening in the United States, it’s happening in Europe, it’s happening in Latin America. That is the consequence of extreme global inequality. The consequence is basically mass social destabilization. 

So when people say you have to choose globally, internationally, or domestically, between issues of race and social justice, or issues of class, that’s why I reject that outright. So, we have the destabilization of countries around the world due to wealth inequality that has been historically powered by global trade deals that concentrate the gains of trade into multinational corporations as opposed to the workers who create that wealth. First of all I think that’s one huge one thematically.

So when you kind of drill down — one, we need to figure out how to approach trade in a way that creates more stable economic outcomes for families across the world. But then secondly, I think you have some of these geopolitical realities of — we now have Russia playing a very aggressive role in other nations. We have what we saw in Europe ahead of the French elections where, thankfully, they had planned for a cyberattack, but we have a lot of the destabilization of our political institutions as well. We see the role that Russia is playing in that. We see that, for example, because of the domestic role that the Trump administration is playing in this protectionist ante up ,we see China — this has been happening before Trump — but now especially during this administration, they are now starting to fill that vacuum of power that the United States formerly held. So I think that from our vantage point, within the United States we have to address those two things. Of course we have continuing developments in the Middle East. We have what just happened in Palestine, and so on. I think at the end of the day, a lot of this has to do with what’s going on with the global concentration of wealth. All of these things tie back to that. You look at what’s happening in these FBI investigations and the things we’re finding and lo and behold, it’s this petrol Russian oligarch is tied directly financially to what happened in the 2016 U.S. elections.

JS: Is there any U.S. military action since 9/11 that you would have supported if you were in Congress? Let’s go from September 11th, 2001, to today, as we speak. Bombing a country, drone strikes, snatching people off the streets, invading countries, surging as Obama did in Afghanistan —

AOC: In terms of aggressive military actions, no. I’m proud to have the endorsement of Common Defense which is a group of military veterans and their families that are trying to fight for social justice and economic justice and peace in the world abroad. So when I had these conversations — I think it’s important to echo that not all military actions are what you’re discussing. In terms of what you’re discussing, probably not. The only one that, I mean, even with the surge, with Obama’s surge, I think what he was trying to do was deal with this mess of going into Afghanistan in the first place. In a sense, there are some tough spots that you’re in where when you have boots on the ground, and you have those soldiers that are there, pulling out immediately sometimes isn’t the most stabilizing course of action. So I think there, maybe. But I don’t think that these drone strikes were just. I don’t think that essentially this blank check on wars that the AUMF provided that allowed us to go into places like Yemen and, so on, to essentially wage war that Americans don’t even know about — I think all of those actions are pretty reprehensible and they don’t serve to further stabilize communities and, in fact, we’ve pumped arms into a lot of these areas. We arm one rebel group and then that eventually becomes a destabilizing force five years on from that.

JS: Do you happen to know how many members of the House of Representatives voted against the AUMF?

AOC: It was a terribly low number —

JS: One. Rep. Barbara Lee of California. We had her on this show and she described how she and her family were recipients of many death threats. I always say, particularly to high school students, “Every single one of you should watch that speech that Barbara Lee gave on the floor just days after 9/11.” Do you think you would have the temerity to be the only one voting against an issue in the aftermath of 9/11 or some catastrophic thing because there were some really good lawmakers there who are generally on the right side of history, more or less, who did not have the spine that Barbara Lee did. It’s tough to make those decisions. 

AOC: Of course, and 9/11 was right here in New York City — I want to say yes. But more than just saying, “I want to say yes,” what I actually try to do in my campaign is prevent those decisions by just being made by me. My campaign so intensely relies on the communities that are issue focused that are anti-war, that are anti-criminal justice, that are anti-imperialism, and so on, that because I rely on them to organize our campaign to knock on doors, to win re-election, I would like to think that in the same way that many democratic establishment incumbents rely on their donors and make legislative decisions based on what their lobbyists tell them: that I try to rely on these movements to inform a lot of those policies as well. I also think again, my district is very different. My district has many people from Middle Eastern countries, from South Asian counties, many people from Latin America. We have very high populations from Venezuela, from Bangladesh, and so on, that I think our community is just a natural check to what tends to be mainstream public opinion. I would like say yes, not only because I think I’m a good person, whatever that may be, but because I think that is in line with our community as well. 

JS: Alexandria, thank you so much for joining us.

AOC: Thank you so much for having me.

Assistant Producer Elise Swain contributed to this story.

Voir enfin:

What Do the Rich and Powerful Read?
Scott Mayerowitz
ABC News
July 28, 2007

An old joke in the newspaper world holds that The Wall Street Journal is read by the people who run the country, The New York Times by those who think they run the country, The Washington Post by those who think they ought to run the country and The Boston Globe by people whose parents used to run the country.Whether or not that is true, The Wall Street Journal does hold tremendous sway. It reaches one of the largest audiences and has some of the richest and most-powerful readers of any newspaper.So as the Bancroft family mulls whether to sell The Journal and its parent company, Dow Jones, to Rupert Murdoch’s News Corp., many people are paying particularly close attention to what is otherwise a fairly routine business deal.While newspaper’s influence is waning as readers and advertisers migrate to the Internet, the newspaper still provides an important public service. »It is one of the finest — if not the finest — papers in the country, » said Arlene Morgan, associate dean of the Columbia University Graduate School of Journalism and a former assistant managing editor at The Philadelphia Inquirer. « I am a big fan. I read it religiously. »Every day I pick up the paper and find something that I didn’t expect, that surprises me, that I wouldn’t have known otherwise, » she said. « They’re analytical. They have fun with the writing. It is one of the premier writing institutions in the country. »Each day more than 2 million people pick up a copy of The Wall Street Journal or read it online, more than any other newspaper in the country, except USA Today, according to the Audit Bureau of Circulations.

More than three-fourths of them have a college degree, and their average household income is $234,909. The readers of USA Today and The New York Times tend to earn less.

The Journal has a strong grasp on a group of readers who have the disposable income to spend on big-ticket items. A full-page color ad in the paper costs $168,500 to $234,000.

Private Jets, Ranches

Friday’s paper has ads for private jets, expensive watches, a $12.5 million house in Vail, Colo., and a ranch in Montana for $13.5 million.

(The Wall Street Journal holds added value for Murdoch because News Corp. is launching its own cable business channel, which is expected to compete head to head with CNBC.)

« The Journal is to Wall Street and capital markets what The New York Times is to the White House and the State Department and U.S. politics, » said Dean Starkman, who spent eight years as a reporter at The Journal and is now assistant managing editor of the Columbia Journalism Review. « It’s the most authoritative watchdog there is. It is the paper of record. »

Starkman said The Journal has lost some of its luster in recent years. Part of that is a general decline in newspaper readership and part of it is because The Journal is now focusing on more hard business news — inside baseball-type of coverage.

Still, he said, it’s a great paper that does what few publications can.

If you’re interested in the markets and business, Starkman said, The Journal is an « indispensable source. There’s no substitute. »

Part of that is because of the large staff that digs deeply into topics. « Over the last 20 years, at its height, it had an enormous staff, » said Starkman, who used to cover real estate. « We had seven real estate reporters. »

Today, The Journal has a news staff of more than 750 worldwide, according to Robert H. Christie, spokesman for the paper.

Many media watchers fear that Murdoch will interfere with the independence The Journal’s editors and reporters now have. Such meddling could diminish the paper’s stature and influence.

Business Newspaper of Record

So why should those outside the media and business worlds care?

Starkman said The Journal covers everything — from credit cards to banks to cars to the food supply.

« You want a large, powerful, sophisticated news organization keeping an eye on all of that, » he said. « You want somebody looking over the shoulder of the Securities and Exchange Commission, the FCC and the FDA. »

Richard Roth, senior associate dean and faculty member at Northwestern University’s Medill School of Journalism, said The Journal is the « first or second most important paper in the country. »

« They are clearly the authority in so many things, particularly in business issues, » he said.

And if for some reason they change or didn’t exist, Roth said: « Who would discover Enron? » referring to problems at the Texas The Journal was among the first to uncover.

The paper has a wide range of knowledge, Columbia’s Morgan points out. Not only does the paper cover business, but it also reviews wines, and is a leading voice on technology.

The paper has won 33 Pulitzer Prizes, including one awarded in 2005 to Joe Morgenstern for his film reviews.

« We’re so entertainment and celebrity crazed that we’re just not getting the kind information to make decisions about who we are as a country, » Morgan said. « So as we really do less and less on our news pages, it’s more important to have papers like The Wall Street Journal, The New York Times and The Washington Post that you can depend on to be there. »

Who Reads the Newspapers

  • The Wall Street Journal is read by the people who run the country.
  • The Washington Post is read by people who think they run the country.
  • The New York Times is read by people who think they should run the country.
  • USA Today is read by people who think they ought to run the country but don’t really understand the Washington Post. They do, however, like their statistics shown in pie chart format.
  • The Los Angeles Times is read by people who wouldn’t mind running the country, if they could spare the time, and if they didn’t have to leave LA to do it.
  • The Boston Globe is read by people whose parents used to run the country and they did a far superior job of it, thank you very much.
  • The New York Daily News is read by people who aren’t too sure who’s running the country, and don’t really care as long as they can get a seat on the train.
  • The New York Post is read by people who don’t care who’s running the country, as long as they do something really scandalous, preferably while intoxicated.
  • The San Francisco Chronicle is read by people who aren’t sure there is a country or that anyone is running it; but whoever it is, they oppose all that they stand for. There are occasional exceptions if the leaders are handicapped minority feminist atheist dwarfs, who also happen to be illegal aliens from ANY country or galaxy as long as they are Democrats.
  • The Miami Herald is read by people who are running another country but need the baseball scores.
  • The National Enquirer is read by people trapped in line at the grocery store.

This was passed along to me by my wife’e late friend, Gary Curtis. God knows where it came from originally.

In response to this page, Gary O’Brien sent this British version of the list, whose provenance he identifies as from a December 1987 episode of the BBC series « Yes, Prime Minister. » Link below.

Unfortunately, I understand that the Sun has now discontinued its traditional topless « Page Three » girls. I don’t know what the world is coming to.

      1. The Daily Mirror is read by people who think they run the country.
      2. The Guardian is read by people who think they ought to run the country.
      3. The Times is read by people who actually do run the country.
      4. The Daily Mail is read by the wives of the people who run the country.
      5. The Financial Times is read by people who own the country.
      6. The Morning Star is read by people who think the country ought to be run by another country.
      7. The Daily Telegraph is read by people who think it is run by another country.
      8. The Sun readers don’t care who runs the country, as long as she’s got big tits.

Gaza: Quand la condamnation tourne à l’incitation (Behind the smoke and mirrors, guess who’s abetting Hamas’s carefully planned and orchestrated military operation to break through the border of a sovereign state and commit mass murder in the communities beyond using their own civilians as cover ?)

19 mai, 2018
Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, qui changent l’amertume en douceur, et la douceur en amertume! Esaïe 5: 20
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. […] Mais il n’est pas question que le national-socialisme se mette un jour à singer la religion en établissant une forme de culte. Sa seule ambition doit être de construire scientifiquement une doctrine qui ne soit rien de plus qu’un hommage à la raison […] Il n’est donc pas opportun de nous lancer maintenant dans un combat avec les Églises. Le mieux est de laisser le christianisme mourir de mort naturelle. Une mort lente a quelque chose d’apaisant. Le dogme du christianisme s’effrite devant les progrès de la science. La religion devra faire de plus en plus de concessions. Les mythes se délabrent peu à peu. Il ne reste plus qu’à prouver que dans la nature il n’existe aucune frontière entre l’organique et l’inorganique. Quand la connaissance de l’univers se sera largement répandue, quand la plupart des hommes sauront que les étoiles ne sont pas des sources de lumière mais des mondes, peut-être des mondes habités comme le nôtre, alors la doctrine chrétienne sera convaincue d’absurdité […] Tout bien considéré, nous n’avons aucune raison de souhaiter que les Italiens et les Espagnols se libèrent de la drogue du christianisme. Soyons les seuls à être immunisés contre cette maladie. Adolf Hitler
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey et Dominic Rohner
Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk. History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years. (…) Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos. While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch. At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models. Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic. As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades. James Alan Fox (Northeastern University)
Hélas les morts ne sont que d’un seul côté. Benoit Hamon
A Gaza et dans les territoires occupés, ils ont [les meurtres de violées] représenté deux tiers des homicides » (…) Les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause. Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 8 novembre 2001)
Dans le numéro 1931 du Nouvel Observateur, daté du 8 novembre 2001, Sara Daniel a publié un reportage sur le « crime d’honneur » en Jordanie. Dans son texte, elle révélait qu’à Gaza et dans les territoires occupés, les crimes dits d’honneur qui consistent pour des pères ou des frères à abattre les femmes jugées légères représentaient une part importante des homicides. Le texte publié, en raison d’un défaut de guillemets et de la suppression de deux phrases dans la transmission, laissait penser que son auteur faisait sienne l’accusation selon laquelle il arrivait à des soldats israéliens de commettre un viol en sachant, de plus, que les femmes violées allaient être tuées. Il n’en était évidemment rien et Sara Daniel, actuellement en reportage en Afghanistan, fait savoir qu’elle déplore très vivement cette erreur qui a gravement dénaturé sa pensée. Une mise au point de Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 15 novembre 2001)
Pendant qu’une petite fille palestinienne mourait d’avoir inhalé des gaz lacrymogènes à Gaza, à Jérusalem, à moins d’une heure et demie de là par la route, on sablait le champagne, lundi, pour fêter le déménagement de l’ambassade américaine. Malgré les snipers israéliens, les Gazaouis auront donc continué à se presser devant la clôture de séparation de cette prison maudite et à ciel ouvert que représente l’enclave de Gaza, honte d’Israël et de la communauté internationale, pour achever la « Marche du grand retour », entamée le 30 mars et censée se conclure ce 15 mai. Une marche pour réclamer les terres perdues au moment de la création d’Israël, il y a soixante-dix ans, mais surtout la fin du blocus israélo-égyptien qui étouffe Gaza. Au cours de ce lundi noir, 59 personnes ont été tuées, et plus de 2.400 ont été blessées par balles. Encore une fois le conflit israélo-palestinien a joué la guerre des images, au cours de ce jour si symbolique. Les Israéliens fêtaient les 70 ans de la naissance de leur Etat, le miracle de son existence, l’incroyable longévité de ce confetti minuscule entouré de nations hostiles. Les Palestiniens commémoraient, eux, leur « catastrophe », leur Nakba, qui les a poussés sur les routes de l’exil, dans l’indifférence d’une communauté internationale lassée par un conflit interminable, happée par d’autres hécatombes plus pressantes. C’est avec cette Marche que les Gazaouis ont tenté de revenir sur la carte des préoccupations mondiales et de rappeler leur agonie à un monde qui les oublie. Pendant ce temps, Israéliens, Américains, Saoudiens et Egyptiens célèbrent leur alliance sur le dos de ces vaincus de l’histoire, les pressant d’accepter un accord, ce que Donald Trump a appelé le « deal ultime », dont les contours sont encore flous mais dont on peut être certain qu’il entérinerait leur déroute. Mais pourquoi les Israéliens ont-ils cédé à cette violence inouïe et inutile alors que, de leur aveu même, le vrai sujet de leurs inquiétudes était le front du Nord avec le Hezbollah et l’Iran ? Est-ce l’hubris des vainqueurs ? En tout cas, Israël n’a pas entendu l’avertissement de Houda Naim, députée du Hamas. (…) Alors, les manifestants ont-ils été manipulés par leurs organisations politiques ? La question est obscène lorsque que la marche, commencée il y a six semaines, a déjà fait plus de 100 morts. Bien sûr, le Hamas, débordé par cette manifestation civile et pacifique, a rejoint le mouvement. A-t-il encouragé les Gazaouis à provoquer les soldats israéliens, les conduisant à une mort certaine ? Peut-être, et le gouvernement israélien l’affirmera. Mais cela ne suffirait pas à expliquer la détermination d’une population excédée, désespérée par ses conditions d’existence. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné ce peuple palestinien à la brutalité israélienne, à l’incurie de ses dirigeants engagés dans une guerre fratricide, à ses alliés arabes historiquement défaillants, à son sort dont nous portons tous la responsabilité. Sara Daniel
En novembre 2004, des civils ivoiriens et des soldats français de la Force Licorne se sont opposés durant quatre jours à Abidjan dans des affrontements qui ont fait des dizaines de morts et de blessés. À la suite d’une mission d’enquête sur le terrain, Amnesty International a recueilli des informations indiquant que les forces françaises ont, à certaines occasions, fait un usage excessif et disproportionné de la force alors qu’elles se trouvaient face à des manifestants qui ne représentaient pas une menace directe pour leurs vies ou la vie de tiers. Amnesty international (26.10.05)
Des tirs sont partis sur nos forces depuis les derniers étages de l’hôtel ivoire de la grande tour que nous n’occupions pas et depuis la foule. Dans ces conditions nos unités ont été amenées à faire des tirs de sommation et à forcer le passage en évitant bien évidemment de faire des morts et des blessés parmi les manifestants. Mais je répète encore une fois les premiers tirs n’ont pas été de notre fait. Général Poncet (Canal Plus 90 minutes 14.02.05)
Nous avons effectivement été amenés à tirer, des tirs en légitime défense et en riposte par rapport aux tireurs qui nous tiraient dessus. Colonel Gérard Dubois (porte-parole de l’état-major français, le 15 novembre 2004)
On n’arrivait pas à éloigner cette foule qui, de plus en plus était débordante. Sur ma gauche, trois de nos véhicules étaient déjà immergés dans la foule. Un manifestant grimpe sur un de mes chars et arme la mitrailleuse 7-62. Un de mes hommes fait un tir d’intimidation dans sa direction ; l’individu redescend aussitôt du blindé. Le coup de feu déclenche une fusillade. L’ensemble de mes hommes fait des tirs uniquement d’intimidation ». (…) seuls les COS auraient visé certains manifestants avec leurs armes non létales. (…) Mes hommes n’ont pu faire cela. Nous n’avions pas les armes pour infliger de telles blessures. Si nous avions tiré au canon dans la foule, ça aurait été le massacre. Colonel Destremau (Libération, 10.12.04)
In a surreal split-screen moment, the Israeli prime minister, Binyamin Netanyahu, was exulting over the opening of America’s embassy in Jerusalem, calling it a “great day for peace”. It is surely right to hold Israel, the strong side, to high standards. But Palestinian parties, though weak, are also to blame. Every state has a right to defend its borders. To judge by the numbers, Israel’s army may well have used excessive force. But any firm conclusion requires an independent assessment of what happened, where and when. The Israelis sometimes used non-lethal means, such as tear-gas dropped from drones. But then snipers went to work with bullets. What changed? Mixed in with protesters, it seems, were an unknown number of Hamas attackers seeking to breach the fence. What threat did they pose? Any fair judgment depends on the details. Just as important is the broader political question. The fence between Gaza and Israel is no ordinary border. Gaza is a prison, not a state. Measuring 365 square kilometres and home to 2m people, it is one of the most crowded and miserable places on Earth. It is short of medicine, power and other essentials. The tap water is undrinkable; untreated sewage is pumped into the sea. Gaza already has one of the world’s highest jobless rates, at 44%. The scene of three wars between Hamas and Israel since 2007, it is always on the point of eruption. Many hands are guilty for this tragedy. Israel insists that the strip is not its problem, having withdrawn its forces in 2005. But it still controls Gaza from land, sea and air. Any Palestinian, even a farmer, coming within 300 metres of the fence is liable to be shot. Israel restricts the goods that get in. Only a tiny number of Palestinians can get out for, say, medical treatment. Israeli generals have long warned against letting the economy collapse. Mr Netanyahu usually ignores them. Egypt also contributes to the misery. The Rafah crossing to Sinai, another escape valve, was open to goods and people for just 17 days in the first four months of this year. And Fatah, which administers the PA and parts of the West Bank, has withheld salaries for civil servants working for the PA in Gaza, limited shipments of necessities, such as drugs and baby milk, and cut payments to Israel for Gaza’s electricity. Hamas bears much of the blame, too. It all but destroyed the Oslo peace accords through its campaign of suicide-bombings in the 1990s and 2000s. Having driven the Israelis out of Gaza, it won a general election in 2006 and, after a brief civil war, expelled Fatah from the strip in 2007. It has misruled Gaza ever since, proving corrupt, oppressive and incompetent. It stores its weapons in civilian sites, including mosques and schools, making them targets. Cement that might be used for reconstruction is diverted to build underground tunnels to attack Israel. Hamas all but admitted it was not up to governing when it agreed to hand many administrative tasks to the PA last year as part of a reconciliation deal with Fatah. But the pact collapsed because Hamas is not prepared to give up its weapons. Israel, Egypt and the PA cannot just lock away the Palestinians in Gaza in the hope that Hamas will be overthrown. Only when Gazans live more freely might they think of getting rid of their rulers. Much more can be done to ease Gazans’ plight without endangering Israel’s security. But no lasting solution is possible until the question of Palestine is solved, too. Mr Netanyahu has long resisted the idea of a Palestinian state—and has kept building settlements on occupied land. It is hard to convince Israelis to change. As Israel marks its 70th birthday, the economy is booming. By “managing” the conflict, rather than trying to end it, Mr Netanyahu has kept Palestinian violence in check while giving nothing away. When violence flares Israel’s image suffers, but not much. The Trump administration supports it. And Arab states seeking an ally against a rising Iran have never had better relations with it. Israel is wrong to stop seeking a deal. And Mr Trump is wrong to prejudge the status of Jerusalem. But Palestinians have made it easy for Israel to claim that there is “no partner for peace”, divided as they are between a tired nationalist Fatah that cannot deliver peace, and an Islamist Hamas that refuses to do so. Palestinians desperately need new leaders. Fatah must renew itself through long-overdue elections. And Hamas must realise that its rockets damage Palestinian dreams of statehood more than they hurt Israel. For all their talk of non-violence, Hamas’s leaders have not abandoned the idea of “armed struggle” to destroy Israel. They refuse to give up their guns, or fully embrace a two-state solution; they speak vaguely of a long-term “truce”. With this week’s protests, Hamas’s leaders boasted of freeing a “wild tiger”. They found that Israel can be even more ferocious. If Hamas gave up its weapons, it would open the way for a rapprochement with Fatah. If it accepted Israel’s right to exist, it would expose Israel’s current unwillingness to allow a Palestinian state. If Palestinians marched peacefully, without guns and explosives, they would take the moral high ground. In short, if Palestinians want Israel to stop throttling them, they must first convince Israelis it is safe to let go. The Economist
Salah al-Bardaouil, haut responsable du Hamas, a déclaré à une télévision palestinienne que 50 des 62 Palestiniens tués lundi mais aussi mardi appartenaient au mouvement islamiste. « Cinquante des martyrs (des morts) étaient du Hamas, et 12 faisaient partie du reste de la population », a-t-il dit, interrogé sur les critiques selon lesquelles le Hamas tirait profit de la mobilisation. « Comment le Hamas pourrait-il récolter les fruits (du mouvement) alors qu’il a payé un prix aussi élevé », a-t-il demandé. Il n’a pas fourni de détails sur l’appartenance de ces Palestiniens à la branche armée ou politique du Hamas, ni sur les circonstances dans lesquelles ils avaient été tués. Salah al-Bardaouil « dévoile la vérité », a tweeté un porte-parole du gouvernement israélien, Ofir Gendelman, « ce n’était pas une manifestation pacifique, mais une opération du Hamas ». « Nous avons les mêmes chiffres », a lancé de son côté le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avertissant que son pays continuerait « à se défendre par tous les moyens nécessaires ». Un porte-parole du Hamas, Fawzy Barhoum, et un autre haut responsable, Bassem Naim, se sont gardés de confirmer les informations de M. Bardaouil. Le Hamas paie les funérailles de tous, « qu’ils soient membres ou supporters du Hamas, ou pas », a dit M. Barhoum. Il est « naturel de voir de nombreux membres ou supporters du Hamas » à une telle manifestation, a dit M. Naim, en faisant référence à la forte présence du Hamas dans toutes les couches de la société. Ceux qui ont été tués « participaient pacifiquement » au mouvement, a-t-il assuré. Sur la chaîne de télévision Al-Jazeera, l’homme fort du Hamas, Yahya Sinouar, a prévenu: « si le blocus (israélien à Gaza) continue, nous n’hésiterons pas à recourir à la résistance militaire ». La Libre Belgique
The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis. But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk? Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical. The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind? Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven? That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations. No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation. Bret Stephens
The protests on Monday were not about President Donald Trump moving the U.S. Embassy to Jerusalem, and have in fact been occurring weekly on the Gaza border since March. They are part of what the demonstrators have dubbed “The Great March of Return”—return, that is, to what is now Israel. (The Monday demonstration was scheduled months ago to coincide with Nakba Day, an annual occasion of protest; it was later moved up 24 hours to grab some of the media attention devoted to the embassy.) The fact that these long-standing Palestinian protests were mischaracterized by many in the media as simply a response to Trump obscured two disquieting realities: First, that the world has largely dismissed the genuine plight of Palestinians in Gaza, only bothering to pay attention to it when it could be tenuously connected to Trump. Second, that many Palestinians do not simply desire their own state and an end to the occupation and settlements that began in 1967, but an end to the Jewish state that began in 1948. (…) Hamas, which controls the Gaza Strip, is an authoritarian, theocratic regime that has called for Jewish genocide in its charter, murdered scores of Israeli civilians, repressed Palestinian women, and harshly persecuted religious and sexual minorities. It is a designated terrorist group by the United States, Canada, and the European Union. (…) Whether it has been spending its manpower and millions of dollars on subterranean attack tunnels into Israel—including under United Nations schools for Gaza’s children—or launching repeated messianic military operations against Israel, the terrorist group has consistently prioritized the deaths of Israelis over the lives of its Palestinian brethren. (…) Hamas manipulated many of these demonstrators into unwittingly rushing the Israeli border fence under false pretenses in order to produce injuries and fatalities. As the New York Times reported, “After midday prayers, clerics and leaders of militant factions in Gaza, led by Hamas, urged thousands of worshipers to join the protests. The fence had already been breached, they said falsely, claiming Palestinians were flooding into Israel.” Similarly, the Washington Post recounted how “organizers urged protesters over loudspeakers to burst through the fence, telling them Israeli soldiers were fleeing their positions, even as they were reinforcing them.” Hamas has also publicly acknowledged deliberately using peaceful civilians at the protests as cover and cannon fodder for their military operations. “When we talk about ‘peaceful resistance,’ we are deceiving the public,” Hamas co-founder Mahmoud al-Zahar told an interviewer. “This is peaceful resistance bolstered by a military force and by security agencies.” (…) Widely circulated Arabic instructions on Facebook directed protesters to “bring a knife, dagger, or gun if available” and to breach the Israeli border and kidnap civilians. (The posts have now been removed by Facebook for inciting violence but a cached copy can be viewed here.) Hamas further incentivized violence by providing payments to those injured and the families of those killed. Both Hamas and the Islamic Jihad terror group have since claimed many of those killed as their own operatives and posted photos of them in uniform. On Wednesday, Hamas Political Bureau member Salah Al-Bardawil announced that 50 of the 62 fatalities were Hamas members. (…) as the BBC’s Julia MacFarlane recalled from her time covering Gaza, any public dissent against Hamas is perilous: “A boy I met in Gaza during the 2014 war was dragged from his bed at midnight, had his kneecaps shot off in a square and was told next time it would be axes—for an anti-Hamas Facebook post.” The group has publicly executed those it deems “collaborators” and broken up rare protests with gunfire. Likewise, Gazans cannot “vote Hamas out” because Hamas has not permitted elections since it won them and took power in 2006. The group fares poorly in the polls today, but Gazans have no recourse for expressing their dissatisfaction. Protesting Israel, however, is an outlet for frustration encouraged by Hamas. (…) In that regard, Hamas has worked to increase chaos and casualties stemming from the protests by allowing rioters to repeatedly set fire to the Kerem Shalom crossing, Gaza’s main avenue for international and humanitarian aid, and by turning back trucks of needed food and supplies from Israel. (…) despite the claims of viral tweets and the Hamas-run Gaza Health Ministry that were initially parroted by some in the media, Israel did not actually kill an 8-month old baby with tear gas. The Gazan doctor who treated her told the Associated Press that she died from a preexisting heart condition, a fact belatedly picked up by the New York Times and Los Angeles Times. Yair Rosenberg
On the night of May 14, … headlines suggested a causation: The U.S. opens an embassy and hence people get killed. But the causation is faulty: Gazans were killed last week, when the United States had not yet opened its embassy. Gazans were killed for a simple reason: Ignoring warnings, thousands of them decided to get too close to the Israeli border.one must begin with the obvious: The Israel Defense Forces (IDF) has no interest in having more Gazans killed, yet its mission is not to save Gazans’ lives. Its mission — remember, the IDF is a military serving a country — is to defeat an enemy. And in the case of Gaza this past week, the meaning of this was preventing unauthorized, possibly dangerous people from crossing the fence separating Israel from the Gaza Strip. Of course, any bloodshed is regretful. Yet to achieve its objectives, the IDF had to use lethal force. Circumstances on the ground dictate using such measures. The winds made tear gas ineffective. The proximity of the border made it essential to stop Gazan demonstrators from getting too close, lest thousands of them flood the fence, thus forcing the IDF to use even more lethal means. Leaflets warned them not to go near the fence. Media outlets were used to clarify that consequences could be dire. Hence, an unbiased, sincere newspaper headline should have said, “More than 50 killed in Gaza while Hamas leaders ignored warnings.” So, yes, Jerusalem celebrated while Gaza burned. Not because Gaza burned. And, yes, the U.S. moved its embassy while Gaza burned. But this is not what made Gaza burn. It all comes down to legitimacy. Having embassies move to Jerusalem, Israel’s capital, is about legitimacy. Letting Israel keep the integrity of its borders is about legitimacy. President Donald Trump gained the respect and appreciation of Israelis because of his no-nonsense acceptance of a reality, and because of his no-nonsense rejection of delegitimization masqueraded as policy differences. A legitimate country is allowed to defend its border. A legitimate country is allowed to choose its capital. Shmuel Rosner
Hamas understood early that the civilian death toll was driving international outrage at Israel, and that this, not I.E.D.s or ambushes, was the most important weapon in its arsenal. Early in that war, I complied with Hamas censorship in the form of a threat to one of our Gaza reporters and cut a key detail from an article: that Hamas fighters were disguised as civilians and were being counted as civilians in the death toll. The bureau chief later wrote that printing the truth after the threat to the reporter would have meant “jeopardizing his life.” Nonetheless, we used that same casualty toll throughout the conflict and never mentioned the manipulation. (…) Hamas understood that Western news outlets wanted a simple story about villains and victims and would stick to that script, whether because of ideological sympathy, coercion or ignorance. The press could be trusted to present dead human beings not as victims of the terrorist group that controls their lives, or of a tragic confluence of events, but of an unwarranted Israeli slaughter. The willingness of reporters to cooperate with that script gave Hamas the incentive to keep using it. (…) The next step in the evolution of this tactic was visible in Monday’s awful events. If the most effective weapon in a military campaign is pictures of civilian casualties, Hamas seems to have concluded, there’s no need for a campaign at all. All you need to do is get people killed on camera. The way to do this in Gaza, in the absence of any Israeli soldiers inside the territory, is to try to cross the Israeli border, which everyone understands is defended with lethal force and is easy to film. (…) About 40,000 people answered a call to show up. Many of them, some armed, rushed the border fence. Many Israelis, myself included, were horrified to see the number of fatalities reach 60. (…) Most Western viewers experienced these events through a visual storytelling tool: a split screen. On one side was the opening of the American embassy in Jerusalem in the presence of Ivanka Trump, evangelical Christian allies of the White House and Israel’s current political leadership — an event many here found curious and distant from our national life. On the other side was the terrible violence in the desperately poor and isolated territory. The juxtaposition was disturbing. (…) The attempts to breach the Gaza fence, which Palestinians call the March of Return, began in March and have the stated goal of erasing the border as a step toward erasing Israel. A central organizer, the Hamas leader Yehya Sinwar, exhorted participants on camera in Arabic to “tear out the hearts” of Israelis. But on Monday the enterprise was rebranded as a protest against the embassy opening, with which it was meticulously timed to coincide. The split screen, and the idea that people were dying in Gaza because of Donald Trump, was what Hamas was looking for. (…) The press coverage on Monday was a major Hamas success in a war whose battlefield isn’t really Gaza, but the brains of foreign audiences (…) Israeli soldiers facing Gaza have no good choices. They can warn people off with tear gas or rubber bullets, which are often inaccurate and ineffective, and if that doesn’t work, they can use live fire. Or they can hold their fire to spare lives and allow a breach, in which case thousands of people will surge into Israel, some of whom — the soldiers won’t know which — will be armed fighters. (On Wednesday a Hamas leader, Salah Bardawil, told a Hamas TV station that 50 of the dead were Hamas members. The militant group Islamic Jihad claimed three others.) If such a breach occurs, the death toll will be higher. And Hamas’s tactic, having proved itself, would likely be repeated by Israel’s enemies on its borders with Syria and Lebanon. (…) Knowledgeable people can debate the best way to deal with this threat. Could a different response have reduced the death toll? Or would a more aggressive response deter further actions of this kind and save lives in the long run? What are the open-fire orders on the India-Pakistan border, for example? Is there something Israel could have done to defuse things beforehand? These are good questions. But anyone following the response abroad saw that this wasn’t what was being discussed. As is often the case where Israel is concerned, things quickly became hysterical and divorced from the events themselves. Turkey’s president called it “genocide.” A writer for The New Yorker took the opportunity to tweet some of her thoughts about “whiteness and Zionism,” part of an odd trend that reads America’s racial and social problems into a Middle Eastern society 6,000 miles away. The sicknesses of the social media age — the disdain for expertise and the idea that other people are not just wrong but villainous — have crept into the worldview of people who should know better. For someone looking out from here, that’s the real split-screen effect: On one side, a complicated human tragedy in a corner of a region spinning out of control. On the other, a venomous and simplistic story, a symptom of these venomous and simplistic times. Matti Friedman
Depuis le 30 mars, le Hamas organise des violences à grande échelle à la frontière de Gaza et d’Israël. Ces embrasements majeurs ont généralement lieu le vendredi à la fin des prières dans les mosquées ; des actions concertées mobilisant des foules de 40 000 personnes ont été constatées dans cinq zones séparées le long de la frontière. Des violences et diverses actions agressives, y compris des actes de nature terroristes avec explosifs et armes à feu, ont également eu lieu à d’autres moments au cours de cette période. Le Hamas avait prévu une culmination de la violence le 14 ou le 15 mai 2018. Le 15 est la date à laquelle ils commémorent le 70ème anniversaire de la « Nakba » (« Catastrophe ») qui a eu lieu au lendemain de la création de l’Etat d’Israël. Mais une recrudescence de violence a été constatée le 14, jour de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. La violence a donc culminé les 14 et 15, deux jours qui coïncident avec la Nakba et l’inauguration de l’ambassade américaine, mais qui marquent aussi le début du mois de Ramadan, une période où la violence augmente au Moyen-Orient et ailleurs. Le Hamas avait prévu de mobiliser jusqu’à 200 000 personnes à la frontière de Gaza, soit un doublement et plus du nombre de manifestants constatés les années précédentes. Le Hamas semblait également déterminé à inciter à un niveau de violence jamais atteint auparavant, avec des pénétrations significatives de la barrière frontalière. Face à de tels projets, il est étonnant que les chiffres en pertes humaines ne soient pas plus élevés parmi les Palestiniens. (…) La violence à Gaza a été orchestrée sous la bannière prétexte de la « Grande marche du retour », une façon d’attirer l’attention sur ce droit au retour dans leurs foyers d’origine que les dirigeants palestiniens promettent à leur peuple. L’intention affichée n’était pas de manifester, mais de franchir en masse la frontière et de cheminer par milliers à travers l’État d’Israël. L’affirmation du « droit de retour » ne vise pas à l’exercice d’un tel « droit », lequel est fortement contesté et doit faire l’objet de négociations sur le statut définitif. Il s’inscrit dans une politique arabe de longue date destinée à éliminer l’Etat d’Israël, un projet à l’encontre duquel le gouvernement israélien s’inscrit de manière non moins systématique. Le véritable objectif de la violence du Hamas est de poursuivre sa stratégie de longue date de création et d’intensification de l’indignation internationale, de la diffamation, de l’isolement et de la criminalisation de l’État d’Israël et de ses fonctionnaires. Cette stratégie passe par la mise en scène de situations qui obligent Tsahal à réagir avec une force meurtrière qui les place aussitôt en position de tortionnaires qui tuent et blessent des civils palestiniens « innocents ». (…) Toutes ces tactiques ont pour particularité d’utiliser des boucliers humains palestiniens – des civils, des femmes et des enfants de préférence, forcés ou volontaires, présents toutes les fois que des attaques sont lancées ou commandées ; des civils présents au côté des combattants, à proximité des dépôts d’armes et de munitions. Toute riposte militaire israélienne engendre des dommages collatéraux chez les civils. Dans certains cas, notamment à l’occasion de la vague de violence actuelle, le Hamas présente ses combattants comme des civils innocents ; de nombreux faux incidents ont été mis en scène et filmés pour faire état de civils tués et blessés par les forces israéliennes ; des scènes de violence filmées ailleurs, notamment en Syrie, ont été présentés comme des violences commises contre les Palestiniens. (…) Les cibles visées – dirigeants politiques de pays tiers, organisations internationales (ONU, UE), groupes de défense des droits de l’homme et médias – n’admettent pas que l’on réponde par la force à des manifestations faussement pacifiques qu’ils sont tentés d’assimiler aux manifestations réellement pacifiques qui ont lieu dans leurs propres villes. (…) Ces manifestations sont en réalité des opérations militaires soigneusement planifiées et orchestrées. Des foules de civils auxquelles se mêlent des groupes de combattants sont rassemblées aux frontières. Combattants et civils ont pour mission de s’approcher de la clôture et de la briser. Des milliers de pneus ont été incendiés pour créer des écrans de fumée afin de dissimuler leurs mouvements en direction de la clôture (et sans grande efficacité, ils ont utilisé des miroirs pour aveugler les observateurs de la FDI et les tireurs d’élite). Les pneus enflammés et les cocktails Molotov ont également été utilisés pour briser la clôture dont certains éléments, à divers endroits, sont en en bois. Le vendredi 4 mai, environ 10 000 Palestiniens ont participé à des manifestations violentes le long de la frontière et des centaines d’émeutiers ont vandalisé et incendié la partie palestinienne de Kerem Shalom, point de passage des convois humanitaires. Ils ont endommagé des canalisations de gaz et de carburant qui partent d’Israël en direction de la bande de Gaza. Ce raid contre Kerem Shalom a eu lieu à deux reprises le 4 mai. Le même jour, deux tentatives d’infiltration ont été déjouées par les troupes de Tsahal à deux endroits différents. Trois des infiltrés ont été tués par les soldats des FDI qui défendaient la frontière. Dans certains cas, les infiltrés ont été arrêtés. Le Hamas et ses miliciens ont utilisé des grappins, des cordes, des pinces coupantes et d’autres outils pour briser la clôture. Ils ont utilisé des drones, de puissants lance-pierres capables de tuer et blesser gravement des soldats, des armes à feu, des grenades à main et des engins explosifs improvisés, à la fois pour tuer des soldats israéliens et pour passer à travers la clôture. Des cerfs-volants ont été lâchés par-dessus la frontière de Gaza afin d’incendier les cultures et l’herbe du côté israélien dans le but de causer des dommages économiques mais aussi pour tuer et mutiler. Cela peut sembler une arme primitive et même risible, mais le 4 mai, les Palestiniens avaient préparé des centaines de bombes incendiaires volantes pour les déployer en essaim en Israël, afin d’exploiter au mieux une vague de chaleur intense. (…) Jusqu’à présent, le Hamas n’a pas réussi de percée significative à travers la clôture. S’ils y arrivaient, il faut s’attendre à ce que des milliers de Gazaouis se déversent par ces brèches parmi lesquels des terroristes armés tenteraient d’atteindre les villages israéliens pour y commettre des assassinats de masse et des enlèvements. Le Hamas a tenté d’ouvrir une brèche au point-frontière le plus proche du kibboutz Nahal Oz, objectif qui pourrait être atteint en 5 minutes ou moins par des hommes armés prêts à tuer. Dans ce scénario, ou des terroristes armés sont indiscernables de civils non armés, qui eux-mêmes représentent une menace physique, il est difficile de voir comment les FDI pourraient éviter d’infliger de lourdes pertes pour défendre leur territoire et de leur population. (…) Compte tenu de leur expérience des violences passées, les FDI ont adopté une réponse graduée. Ils ont largué des milliers de tracts et ont utilisé les SMS, les médias sociaux, les appels téléphoniques et les émissions de radio pour informer les habitants de Gaza et leur demander de ne pas se rassembler à la frontière ni de s’approcher de la barrière. Ils ont contacté les propriétaires de compagnies de bus de Gaza et leur ont demandé de ne transporter personne à la frontière. La coercition exercée par le Hamas à l’encontre de la population civile a rendu ces tentatives de dissuasion inutiles. Les FDI ont alors utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les foules qui approchaient de trop près la clôture. Dans un effort innovant pour atteindre à plus de précision et d’efficacité, des drones ont parfois été utilisés pour disperser les gaz lacrymogènes. Mais, les gaz lacrymogènes ont une efficacité limitée dans le temps, sont sensibles aux sautes de vent, et leur impact est également réduit quand la population ciblée sait comment en atténuer les effets les plus graves. Ensuite, les forces de Tsahal ont utilisé des coups de semonce, des balles tirées au-dessus des têtes. Enfin, seulement lorsque c’était absolument nécessaire (selon leurs règles d’engagement), des munitions à balles ont été tirées dans le but de neutraliser plutôt que de tuer. Bien que tirer pour tuer eut pu passer pour une riposte légale dans certains cas, les FDI soutiennent que même dans ce cas, ils n’ont tiré que pour encapaciter (sauf dans les cas où ils avaient affaire à une attaque de type militaire, comme des tirs contre les forces de Tsahal). (…) Israël estime que 80% des personnes tuées étaient des terroristes ou des sympathisants actifs. Le prix – en vies humaines, en souffrance et réprobation de l’opinion publique internationale – a sans aucun doute été élevé ; mais la barrière n’a pas été pénétrée de manière significative et un prix encore plus élevé a donc été évité. (…) Aujourd’hui, le droit international admet l’usage de munitions réelles face à une menace sérieuse de mort ou de blessure, et quand aucun autre moyen ne permet d’y faire face. Il n’y a aucune exigence que la menace soit « immédiate » – une telle force peut être utilisée quand elle apparait « imminente »; c’est-à-dire au moment où une action agressive doit être empêchée avant qu’elle ne mute en menace immédiate. La réalité est que, dans les conditions créées délibérément par le Hamas, il n’existait aucune étape intermédiaire efficace pour éviter de tirer sur les manifestants les plus menaçants. Si ces personnes (qu’on peut difficilement appeler de simples « manifestants ») avaient été autorisées à atteindre la barrière, le risque vital serait passé d’imminent à immédiat ; il n’aurait pu être évité qu’en infligeant des pertes beaucoup plus grandes, comme il a été mentionné précédemment. Ceux qui soutiennent que Tsahal n’aurait pas dû tirer à des balles réelles, exigent en fait que des dizaines de milliers d’émeutiers violents (et parmi eux, des terroristes) soient laissés libres de faire irruption en territoire israélien. Il aurait fallu attendre avant d’agir que des civils, des forces de sécurité et des biens matériels soient en danger, alors qu’une riposte précise et ciblée contre les individus les plus menaçants a permis d’éviter à ce scénario catastrophique de devenir réalité. Certains ont également soutenu qu’ils n’existe aucune preuve de « manifestant » porteur d’une arme à feu. Ils ne comprennent pas que ce type de conflit n’oppose pas des soldats en uniforme qui s’affrontent ouvertement et en armes sur un champ de bataille. Dans ce contexte, les armes à feu ne sont pas nécessaires pour présenter une menace. En fait, c’est même le contraire compte tenu des objectifs et du mode de fonctionnement. Leurs armes sont des pinces coupantes, des grappins, des cordes, des écrans de fumée, du feu et des explosifs cachés. (…) – les armes ne surgissant qu’une fois l’objectif de pénétration massive atteint. Un soldat qui attendrait de voir une arme à feu pour tirer signerait son propre arrêt de mort, et celui des civils qu’il ou elle a pour mission de protéger. (…) Quand le chef d’état-major dit qu’il positionne « 100 tireurs d’élite à la frontière », il ne fait que verbaliser son devoir légal de défendre son pays ; il ne faut y voir aucun aveu d’une intention d’outrepasser l’usage légal de la force. Certains groupes de défense des droits de l’homme (y compris à nouveau HRW) et nombre de journalistes ont critiqué l’usage de la force par l’armée israélienne au motif qu’aucun soldat n’a été blessé. Ils en ont publiquement conclu que la riposte de Tsahal avait été « disproportionnée ». Comme cela arrive souvent quand de soi-disant experts commentent les opérations militaires occidentales, les réalités des opérations de sécurité et les impératifs légaux sont mal compris – quand ils ne sont pas déformés -. En effet, il n’est pas nécessaire d’afficher une blessure pour démontrer l’existence d’une menace réelle. Le fait que les soldats de Tsahal n’aient pas été grièvement blessés démontre seulement leur professionnalisme militaire, et non l’absence de menace. Il a également été affirmé qu’en l’absence de conflit armé, l’usage de la force à Gaza est régi par la charte internationale des droits de l’homme et non par les lois régissant les conflits militaires. Il s’agit là d’une interprétation erronée : toute la bande de Gaza est une zone de guerre définie comme telle par l’agression armée de longue date du Hamas contre l’Etat d’Israël. Par conséquent, dans cette situation, les deux types de loi sont applicables, en fonction des circonstances précises. Il est licite pour Tsahal de combattre et de tuer tout combattant ennemi identifié comme tel, n’importe où dans la bande de Gaza conformément aux lois de la guerre, que cet ennemi soit en uniforme ou non, armé ou non, représentant ou non une menace imminente, attaquant ou fuyant. Dans la pratique cependant, il apparait que face à des émeutes violentes, les FDI ont agi en supposant que tous les acteurs sur le terrain étaient des civils (contre lesquels il n’est pas nécessaire de recourir à la force létale au premier recours) à moins que l’évidence démontre le contraire. (…) Toutes ces fausses critiques de l’action israélienne, ainsi que les menaces d’enquêtes internationales, de renvoi d’Israël devant la CPI et de recours à une juridiction universelle contre les responsables israéliens impliqués dans cette situation, font le jeu du Hamas. Ils valident l’utilisation de boucliers humains et la stratégie du Hamas d’obliger au meurtre de leurs propres civils. Les implications débordent largement ce conflit. Comme l’ont démontré de précédents épisodes de violence, les réactions internationales de ce type, y compris une condamnation injuste, généralisent ces tactiques et augmentent le nombre de morts parmi les civils innocents dans le monde entier. (…) La nouvelle tactique du Hamas a eu beaucoup de succès en dressant contre Israël des personnalités de la communauté internationale et en endommageant sa réputation. Il est probable que les effets continueront à se faire sentir longtemps après la fin de cette vague de violence. Richard Kemp

Attention: une effroyable imposture peut en cacher une autre !

En ces temps étranges où l’on voit des manipulations et des complots partout …

Et où à coup d’images juxtaposées nos médiasfaussaires notoires compris – et nos belles âmes rivalisent d’ingéniosité …

Pour noircir – jusqu’à regretter qu’il n’ait pas de morts de son côté – le seul pays que vous savez et son actuel et rare défenseur à la Maison Blanche …

Pendant que dans l’enthousiasme d’un « succès » médiatique aussi inespéré mais aussi la menace directe de frappes directes sur leurs bunkers dissimulés sous les hôpitaux de Gaza …

Les cyniques tireurs de ficelle du Hamas peuvent se payer le luxe de lever temporairement la mobilisation de leur chair à canon …

Et de révéler – en arabe pour motiver les troupes et ne pas trop effrayer leurs nombreux idiots utiles occidentaux – une partie même de la réalité de leur prétendues manifestations pacifiques …

Comment ne pas s’étonner …

Avec le colonel à la retraite britannique Richard Kemp …

Et l’un des rares militaires occidentaux à oser mettre, contrairement à tous les autres qui se taisent ou laissent dire n’importe quoi, ses compétences de professionnel au service de la vérité …

Du peu d’intérêt que semble soulever chez nos apprentis conspirationnistes …

L’effroyable – et bien réelle – imposture à laquelle se prêtent contre le seul Etat israélien nos médias et autres bonnes âmes des organisations internationales …

Mais aussi, sans compter l’effet directement incitatif, qui n’est pas sans rappeler tant d’autres phénomènes de nature mimétique comme les fusillades scolaires, de l’intérêt médiatique et de la présence des caméras elles-mêmes …

La proprement criminelle incitation, augmentant d’autant à chaque fois le nombre des victimes collatérales, …

Qu’une telle unanimité d’injustes condamnations ne peut que générer ?

Fumée et miroirs : six semaines de violence à la frontière de Gaza
Richard Kemp
Gatestone institute
14 mai 2018
Traduction du texte original: Smoke & Mirrors: Six Weeks of Violence on the Gaza Border

Depuis le 30 mars, le Hamas organise des violences à grande échelle à la frontière de Gaza et d’Israël. Ces embrasements majeurs ont généralement lieu le vendredi à la fin des prières dans les mosquées ; des actions concertées mobilisant des foules de 40 000 personnes ont été constatées dans cinq zones séparées le long de la frontière. Des violences et diverses actions agressives, y compris des actes de nature terroristes avec explosifs et armes à feu, ont également eu lieu à d’autres moments au cours de cette période.

Une tempête parfaite

Le Hamas avait prévu une culmination de la violence le 14 ou le 15 mai 2018. Le 15 est la date à laquelle ils commémorent le 70ème anniversaire de la « Nakba » (« Catastrophe ») qui a eu lieu au lendemain de la création de l’Etat d’Israël. Mais une recrudescence de violence a été constatée le 14, jour de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. La violence a donc culminé les 14 et 15, deux jours qui coïncident avec la Nakba et l’inauguration de l’ambassade américaine, mais qui marquent aussi le début du mois de Ramadan, une période où la violence augmente au Moyen-Orient et ailleurs.

Le Hamas avait prévu de mobiliser jusqu’à 200 000 personnes à la frontière de Gaza, soit un doublement et plus du nombre de manifestants constatés les années précédentes. Le Hamas semblait également déterminé à inciter à un niveau de violence jamais atteint auparavant, avec des pénétrations significatives de la barrière frontalière. Face à de tels projets, il est étonnant que les chiffres en pertes humaines ne soient pas plus élevés parmi les Palestiniens.

Outre la zone frontalière, les Palestiniens ont prévu de mener des actions violentes à la même période, à Jérusalem et en Cisjordanie. Bien que le 15 mai soit considéré comme le point culminant de six semaines de violence à la frontière de Gaza, les Palestiniens ont fait savoir qu’ils entendaient maintenir un niveau de violence frontalière élevé tout au long du mois de Ramadan.

Prétexte et réalité

La violence à Gaza a été orchestrée sous la bannière prétexte de la « Grande marche du retour », une façon d’attirer l’attention sur ce droit au retour dans leurs foyers d’origine que les dirigeants palestiniens promettent à leur peuple. L’intention affichée n’était pas de manifester, mais de franchir en masse la frontière et de cheminer par milliers à travers l’État d’Israël.

L’affirmation du « droit de retour » ne vise pas à l’exercice d’un tel « droit », lequel est fortement contesté et doit faire l’objet de négociations sur le statut définitif. Il s’inscrit dans une politique arabe de longue date destinée à éliminer l’Etat d’Israël, un projet à l’encontre duquel le gouvernement israélien s’inscrit de manière non moins systématique.

Le véritable objectif de la violence du Hamas est de poursuivre sa stratégie de longue date de création et d’intensification de l’indignation internationale, de la diffamation, de l’isolement et de la criminalisation de l’État d’Israël et de ses fonctionnaires. Cette stratégie passe par la mise en scène de situations qui obligent Tsahal à réagir avec une force meurtrière qui les place aussitôt en position de tortionnaires qui tuent et blessent des civils palestiniens « innocents ».

Les tactiques terroristes du Hamas

Dans le cadre de cette stratégie, le Hamas a mis au point différentes tactiques, qui passent par des tirs de roquettes depuis Gaza sur les villes israéliennes et la construction de tunnels d’attaque sophistiqués qui débouchent au-delà de la frontière, à proximité de villages israéliens voisins. Toutes ces tactiques ont pour particularité d’utiliser des boucliers humains palestiniens – des civils, des femmes et des enfants de préférence, forcés ou volontaires, présents toutes les fois que des attaques sont lancées ou commandées ; des civils présents au côté des combattants, à proximité des dépôts d’armes et de munitions. Toute riposte militaire israélienne engendre des dommages collatéraux chez les civils.

Dans certains cas, notamment à l’occasion de la vague de violence actuelle, le Hamas présente ses combattants comme des civils innocents ; de nombreux faux incidents ont été mis en scène et filmés pour faire état de civils tués et blessés par les forces israéliennes ; des scènes de violence filmées ailleurs, notamment en Syrie, ont été présentés comme des violences commises contre les Palestiniens.

Même stratégie, nouvelles tactiques

Après les roquettes et les tunnels d’attaque utilisés dans trois conflits majeurs (2008-2009, 2012 et 2014), sans oublier plusieurs incidents mineurs, de nouvelles tactiques ont été mises au point qui ont toutes le même objectif fondamental. Les « manifestations » à grande échelle combinées à des actions agressives sont destinées à provoquer une réaction israélienne qui conduit à tuer et à blesser les civils de Gaza, malgré les efforts énergiques des FDI (Forces de défense d’Israël) pour réduire les pertes civiles.

Cette nouvelle tactique s’avère plus efficace que les roquettes et les tunnels d’attaque. Les cibles visées – dirigeants politiques de pays tiers, organisations internationales (ONU, UE), groupes de défense des droits de l’homme et médias – n’admettent pas que l’on réponde par la force à des manifestations faussement pacifiques qu’ils sont tentés d’assimiler aux manifestations réellement pacifiques qui ont lieu dans leurs propres villes.

Comme à leur habitude, ces cibles-là se montrent toujours disposées à se laisser leurrer par ce stratagème. Depuis le début de cette vague de violence, des condamnations véhémentes ont été émises par l’ONU, l’UE et la CPI ; mais aussi plusieurs gouvernements et organisations des droits de l’homme, notamment Amnesty International et Human Rights Watch ; sans parler de nombreux journaux et stations de radio. Leurs protestations incluent des demandes d’enquête internationale sur les allégations de meurtres illégaux ainsi que des accusations de violation du droit humanitaire international et des droits de l’homme par les FDI.

Les tactiques du Hamas sur le terrain

Ces manifestations sont en réalité des opérations militaires soigneusement planifiées et orchestrées. Des foules de civils auxquelles se mêlent des groupes de combattants sont rassemblées aux frontières. Combattants et civils ont pour mission de s’approcher de la clôture et de la briser. Des milliers de pneus ont été incendiés pour créer des écrans de fumée afin de dissimuler leurs mouvements en direction de la clôture (et sans grande efficacité, ils ont utilisé des miroirs pour aveugler les observateurs de la FDI et les tireurs d’élite). Les pneus enflammés et les cocktails Molotov ont également été utilisés pour briser la clôture dont certains éléments, à divers endroits, sont en en bois.

Le vendredi 4 mai, environ 10 000 Palestiniens ont participé à des manifestations violentes le long de la frontière et des centaines d’émeutiers ont vandalisé et incendié la partie palestinienne de Kerem Shalom, point de passage des convois humanitaires. Ils ont endommagé des canalisations de gaz et de carburant qui partent d’Israël en direction de la bande de Gaza. Ce raid contre Kerem Shalom a eu lieu à deux reprises le 4 mai. Le même jour, deux tentatives d’infiltration ont été déjoues par les troupes de Tsahal à deux endroits différents. Trois des infiltrés ont été tués par les soldats des FDI qui défendaient la frontière. Dans certains cas, les infiltrés ont été arrêtés.

Le Hamas et ses miliciens ont utilisé des grappins, des cordes, des pinces coupantes et d’autres outils pour briser la clôture. Ils ont utilisé des drones, de puissants lance-pierres capables de tuer et blesser gravement des soldats, des armes à feu, des grenades à main et des engins explosifs improvisés, à la fois pour tuer des soldats israéliens et pour passer à travers la clôture.

Cerfs-volants et ballons incendiaires

Des cerfs-volants ont été lâchés par-dessus la frontière de Gaza afin d’incendier les cultures et l’herbe du côté israélien dans le but de causer des dommages économiques mais aussi pour tuer et mutiler. Cela peut sembler une arme primitive et même risible, mais le 4 mai, les Palestiniens avaient préparé des centaines de bombes incendiaires volantes pour les déployer en essaim en Israël, afin d’exploiter au mieux une vague de chaleur intense. Seules des conditions de vent défavorables ont empêché le déploiement de ces cerfs-volants empêchant ainsi des dommages sérieux potentiels.

Dans plusieurs cas, les cerfs-volants en feu ont provoqué des incendies. Ainsi, le 16 avril, un champ de blé a été incendié côté israélien. Le 2 mai, un cerf-volant incendiaire parti de Gaza a provoqué un incendie majeur dans la forêt de Be’eri dévastant de vastes zones boisées. Dix équipes de pompiers ont été nécessaires pour juguler l’incendie. Des ballons incendiaires ont également été utilisés par le Hamas, notamment le 7 mai, l’un d’eux a réussi à incendier un champ de blé près de la forêt de Be’eri. Israël évalue à plusieurs millions de shekels, les dommages économiques résultants des incendies causés par les cerfs-volants et les ballons.

Si le Hamas a traversé

Jusqu’à présent, le Hamas n’a pas réussi de percée significative à travers la clôture. S’ils y arrivaient, il faut s’attendre à ce que des milliers de Gazaouis se déversent par ces brèches parmi lesquels des terroristes armés tenteraient d’atteindre les villages israéliens pour y commettre des assassinats de masse et des enlèvements.

Le Hamas a tenté d’ouvrir une brèche au point-frontière le plus proche du kibboutz Nahal Oz, objectif qui pourrait être atteint en 5 minutes ou moins par des hommes armés prêts à tuer.

Dans ce scénario, ou des terroristes armés sont indiscernables de civils non armés, qui eux-mêmes représentent une menace physique, il est difficile de voir comment les FDI pourraient éviter d’infliger de lourdes pertes pour défendre leur territoire et de leur population.

Forces de défense d’Israel (IDF) : une risposte graduée

Les FDI ont été obligées d’agir avec une grande fermeté – pour empêcher toute pénétration – y compris à l’aide de tirs réels (qui ont parfois été meurtriers) et malgré une condamnation internationale lourde et inévitable.

Compte tenu de leur expérience des violences passées, les FDI ont adopté une réponse graduée. Ils ont largué des milliers de tracts et ont utilisé les SMS, les médias sociaux, les appels téléphoniques et les émissions de radio pour informer les habitants de Gaza et leur demander de ne pas se rassembler à la frontière ni de s’approcher de la barrière. Ils ont contacté les propriétaires de compagnies de bus de Gaza et leur ont demandé de ne transporter personne à la frontière.

La coercition exercée par le Hamas à l’encontre de la population civile a rendu ces tentatives de dissuasion inutiles. Les FDI ont alors utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les foules qui approchaient de trop près la clôture. Dans un effort innovant pour atteindre à plus de précision et d’efficacité, des drones ont parfois été utilisés pour disperser les gaz lacrymogènes. Mais, les gaz lacrymogènes ont une efficacité limitée dans le temps, sont sensibles aux sautes de vent, et leur impact est également réduit quand la population ciblée sait comment en atténuer les effets les plus graves.

Ensuite, les forces de Tsahal ont utilisé des coups de semonce, des balles tirées au-dessus des têtes. Enfin, seulement lorsque c’était absolument nécessaire (selon leurs règles d’engagement), des munitions à balles ont été tirées dans le but de neutraliser plutôt que de tuer. Bien que tirer pour tuer eut pu passer pour une riposte légale dans certains cas, les FDI soutiennent que même dans ce cas, ils n’ont tiré que pour encapaciter (sauf dans les cas où ils avaient affaire à une attaque de type militaire, comme des tirs contre les forces de Tsahal). Dans tous les cas, les forces de Tsahal fonctionnent selon des procédures opérationnelles standard, rédigées en fonction des circonstances et compilées en collaboration avec diverses autorités des FDI.

Néanmoins, ces échanges de tirs ont généré des morts et de nombreux blessés. Les autorités palestiniennes affirment qu’une cinquantaine de personnes ont été tuées jusqu’à présent et que plusieurs centaines d’autres ont été blessées. Israël estime que 80% des personnes tuées étaient des terroristes ou des sympathisants actifs. Le prix – en vies humaines, en souffrance et réprobation de l’opinion publique internationale – a sans aucun doute été élevé ; mais la barrière n’a pas été pénétrée de manière significative et un prix encore plus élevé a donc été évité.

Condamnation internationale, aucune solution

Beaucoup ont estimé qu’Israël n’aurait pas dû répondre comme il l’a fait à la menace. Mladenov, envoyé des Nations Unies au Moyen-Orient, a jugé la riposte d’Israël « scandaleuse ». Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al-Hussein, a condamné l’usage d’une « force excessive ». Le Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a affirmé que « la violence contre les civils – dans une situation comme celle qui prévaut à Gaza – pourrait constituer un crime au regard du Statut de Rome de la CPI ».

Pourtant, en dépit de leurs condamnations, aucun de ces fonctionnaires et experts, n’a été en mesure de proposer une riposte adaptée viable pour empêcher le franchissement violent des frontières israéliennes.

Certains affirment que les troupes israéliennes ont fait un usage de la force disproportionné en tirant à balles réelles sur des manifestants qui ne menaçaient personne. L’UE a ainsi exprimé son inquiétude sur l’utilisation de balles réelles par les forces de sécurité israéliennes. Mais les soi-disant « manifestants » représentaient une menace vitale réelle.

Aujourd’hui, le droit international admet l’usage de munitions réelles face à une menace sérieuse de mort ou de blessure, et quand aucun autre moyen ne permet d’y faire face. Il n’y a aucune exigence que la menace soit « immédiate » – une telle force peut être utilisée quand elle apparait « imminente »; c’est-à-dire au moment où une action agressive doit être empêchée avant qu’elle ne mute en menace immédiate.

La réalité est que, dans les conditions créées délibérément par le Hamas, il n’existait aucune étape intermédiaire efficace pour éviter de tirer sur les manifestants les plus menaçants. Si ces personnes (qu’on peut difficilement appeler de simples « manifestants ») avaient été autorisées à atteindre la barrière, le risque vital serait passé d’imminent à immédiat ; il n’aurait pu être évité qu’en infligeant des pertes beaucoup plus grandes, comme il a été mentionné précédemment.

Échec de la compréhension par la communauté internationale

Ceux qui soutiennent que Tsahal n’aurait pas dû tirer à des balles réelles, exigent en fait que des dizaines de milliers d’émeutiers violents (et parmi eux, des terroristes) soient laissés libres de faire irruption en territoire israélien. Il aurait fallu attendre avant d’agir que des civils, des forces de sécurité et des biens matériels soient en danger, alors qu’une riposte précise et ciblée contre les individus les plus menaçants a permis d’éviter à ce scénario catastrophique de devenir réalité.

Certains ont également soutenu qu’ils n’existe aucune preuve de « manifestant » porteur d’une arme à feu. Ils ne comprennent pas que ce type de conflit n’oppose pas des soldats en uniforme qui s’affrontent ouvertement et en armes sur un champ de bataille. Dans ce contexte, les armes à feu ne sont pas nécessaires pour présenter une menace. En fait, c’est même le contraire compte tenu des objectifs et du mode de fonctionnement. Leurs armes sont des pinces coupantes, des grappins, des cordes, des écrans de fumée, du feu et des explosifs cachés.

Le Hamas a passé des années et dépensé des millions de dollars à creuser des tunnels d’attaque souterrains pour tenter d’entrer en Israël – une menace sérieuse qui implique des pelles, pas des armes à feu. Tout en continuant à creuser des tunnels, ils ont agi au grand jour mais fondus au sein d’une population civile utilisée couverture – les armes ne surgissant qu’une fois l’objectif de pénétration massive atteint. Un soldat qui attendrait de voir une arme à feu pour tirer signerait son propre arrêt de mort, et celui des civils qu’il ou elle a pour mission de protéger.

Des critiques ont été formulées (en particulier par Human Rights Watch) à l’encontre de responsables israéliens qui auraient sciemment accordé leur feu vert aux agissements illégaux des soldats. Par exemple, HRW cite comme preuve certains commentaires publics du chef d’état-major de Tsahal, du porte-parole du Premier ministre et du ministre de la Défense.

Il ne leur est sans doute pas venu à l’esprit que ces fonctionnaires exercent leur autorité par des canaux de communication privés et non à travers des médias publics. Par ailleurs, leurs commentaires ne sont pas des instructions aux troupes mais des avertissements lancés aux civils de Gaza pour réduire le niveau de violence et apaiser les craintes légitimes des Israéliens vivant en zone frontalière. Quand le chef d’état-major dit qu’il positionne « 100 tireurs d’élite à la frontière », il ne fait que verbaliser son devoir légal de défendre son pays ; il ne faut y voir aucun aveu d’une intention d’outrepasser l’usage légal de la force.

Certains groupes de défense des droits de l’homme (y compris à nouveau HRW) et nombre de journalistes ont critiqué l’usage de la force par l’armée israélienne au motif qu’aucun soldat n’a été blessé. Ils en ont publiquement conclu que la riposte de Tsahal avait été « disproportionnée ». Comme cela arrive souvent quand de soi-disant experts commentent les opérations militaires occidentales, les réalités des opérations de sécurité et les impératifs légaux sont mal compris – quand ils ne sont pas déformés -. En effet, il n’est pas nécessaire d’afficher une blessure pour démontrer l’existence d’une menace réelle. Le fait que les soldats de Tsahal n’aient pas été grièvement blessés démontre seulement leur professionnalisme militaire, et non l’absence de menace.

Il a également été affirmé qu’en l’absence de conflit armé, l’usage de la force à Gaza est régi par la charte internationale des droits de l’homme et non par les lois régissant les conflits militaires. Il s’agit là d’une interprétation erronée : toute la bande de Gaza est une zone de guerre définie comme telle par l’agression armée de longue date du Hamas contre l’Etat d’Israël. Par conséquent, dans cette situation, les deux types de loi sont applicables, en fonction des circonstances précises.

Il est licite pour Tsahal de combattre et de tuer tout combattant ennemi identifié comme tel, n’importe où dans la bande de Gaza conformément aux lois de la guerre, que cet ennemi soit en uniforme ou non, armé ou non, représentant ou non une menace imminente, attaquant ou fuyant. Dans la pratique cependant, il apparait que face à des émeutes violentes, les FDI ont agi en supposant que tous les acteurs sur le terrain étaient des civils (contre lesquels il n’est pas nécessaire de recourir à la force létale au premier recours) à moins que l’évidence démontre le contraire.

Faire le jeu du Hamas

Nombreux aussi ont été ceux qui ont affirmé que le gouvernement israélien a refusé de mener une enquête officielle sur les décès survenus. Encore une fois l’assertion est complètement fausse. Les Israéliens ont déclaré qu’ils examineraient les incidents sur la base de leur système juridique, lequel jouit d’un respect unanime au plan international. En revanche, le gouvernement israélien a explicitement refusé une enquête internationale, tout comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou toute autre démocratie occidentale l’aurait fait dans la même situation.

Toutes ces fausses critiques de l’action israélienne, ainsi que les menaces d’enquêtes internationales, de renvoi d’Israël devant la CPI et de recours à une juridiction universelle contre les responsables israéliens impliqués dans cette situation, font le jeu du Hamas. Ils valident l’utilisation de boucliers humains et la stratégie du Hamas d’obliger au meurtre de leurs propres civils. Les implications débordent largement ce conflit. Comme l’ont démontré de précédents épisodes de violence, les réactions internationales de ce type, y compris une condamnation injuste, généralisent ces tactiques et augmentent le nombre de morts parmi les civils innocents dans le monde entier.

Plus de violence à venir ?

Cette campagne du Hamas peut entraîner des pertes massives dans la population palestinienne. Il est non moins probable que la condamnation des médias, des organisations internationales et des groupes de défense des droits de l’homme va se généraliser. Ceux qui ont un agenda anti-américain et anti-israélien lieront inévitablement cette violence à la décision du président Trump d’ouvrir l’ambassade américaine à Jérusalem.

Action future

La nouvelle tactique du Hamas a eu beaucoup de succès en dressant contre Israël des personnalités de la communauté internationale et en endommageant sa réputation. Il est probable que les effets continueront à se faire sentir longtemps après la fin de cette vague de violence.

Il faut s’attendre à des condamnations supplémentaires de la part d’acteurs internationaux, tels que les divers organismes des Nations Unies, ainsi que des rapports spécifiques produits par des rapporteurs spéciaux des Nations Unies. Des tentatives d’inciter le Procureur de la CPI à examiner ces incidents auront lieu, ainsi que des initiatives de procédures judiciaires lancées par différents États (en utilisant la « compétence universelle ») pour tenter de diffamer et même d’arrêter des responsables militaires et des politiciens israéliens.

Inévitablement, le Hamas et d’autres groupes palestiniens vont renouveler cette tactique à l’avenir. Pour atténuer cela, Israël se prépare à renforcer la frontière de Gaza pour rendre toute tentative de pénétration plus difficile sans recourir à la force létale. (Ils travaillent déjà sur une barrière souterraine pour empêcher la pénétration par effet tunnel.) Cependant, il s’agit d’un projet à long terme et la possibilité d’étanchéifier la frontière au point de la rendre impénétrable demande à être clarifiée.

En outre, Tsahal porte aujourd’hui une attention accrue aux armes non létales. Mais en dépit d’importantes recherches menées au plan international, aucun système viable et efficace ne peut fonctionner dans de telles circonstances.

Les amis et alliés d’Israël peuvent agir pour contrer la propagande anti-israélienne du Hamas, et faire pression sur les dirigeants politiques, les groupes de défense des droits de l’homme, les organisations internationales et les médias pour éviter une fausse condamnation d’Israël ; il faut également lutter contre les réclamations d’une action internationale comme d’une enquête unilatérale des Nations Unies et ses résolutions. Un tel rejet, de préférence accompagné d’une forte condamnation de la tactique violente du Hamas, pourrait contribuer à décourager l’utilisation de tels plans d’action. Bien entendu, face à un agenda anti-israélien aussi profondément enraciné, de telles recommandations sont plus faciles à formuler qu’à mettre en pratique.

Le colonel Richard Kemp commandait les forces britanniques en Irlande du Nord, en Afghanistan, en Irak et dans les Balkans. Cette analyse a été publiée à l’origine sur le site Web de HIGH LEVEL MILITARY GROUP. Elle est reproduite ici avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Voir aussi:

Falling for Hamas’s Split-Screen Fallacy

Matti Friedman

Mr. Friedman, a journalist, is the author of the memoir “Pumpkinflowers: A Soldier’s Story of a Forgotten War.”

JERUSALEM — During my years in the international press here in Israel, long before the bloody events of this week, I came to respect Hamas for its keen ability to tell a story.

At the end of 2008 I was a desk editor, a local hire in The Associated Press’s Jerusalem bureau, during the first serious round of violence in Gaza after Hamas took it over the year before. That conflict was grimly similar to the American campaign in Iraq, in which a modern military fought in crowded urban confines against fighters concealed among civilians. Hamas understood early that the civilian death toll was driving international outrage at Israel, and that this, not I.E.D.s or ambushes, was the most important weapon in its arsenal.

Early in that war, I complied with Hamas censorship in the form of a threat to one of our Gaza reporters and cut a key detail from an article: that Hamas fighters were disguised as civilians and were being counted as civilians in the death toll. The bureau chief later wrote that printing the truth after the threat to the reporter would have meant “jeopardizing his life.” Nonetheless, we used that same casualty toll throughout the conflict and never mentioned the manipulation.

Hamas understood that Western news outlets wanted a simple story about villains and victims and would stick to that script, whether because of ideological sympathy, coercion or ignorance. The press could be trusted to present dead human beings not as victims of the terrorist group that controls their lives, or of a tragic confluence of events, but of an unwarranted Israeli slaughter. The willingness of reporters to cooperate with that script gave Hamas the incentive to keep using it.

The next step in the evolution of this tactic was visible in Monday’s awful events. If the most effective weapon in a military campaign is pictures of civilian casualties, Hamas seems to have concluded, there’s no need for a campaign at all. All you need to do is get people killed on camera. The way to do this in Gaza, in the absence of any Israeli soldiers inside the territory, is to try to cross the Israeli border, which everyone understands is defended with lethal force and is easy to film.

About 40,000 people answered a call to show up. Many of them, some armed, rushed the border fence. Many Israelis, myself included, were horrified to see the number of fatalities reach 60.

Most Western viewers experienced these events through a visual storytelling tool: a split screen. On one side was the opening of the American embassy in Jerusalem in the presence of Ivanka Trump, evangelical Christian allies of the White House and Israel’s current political leadership — an event many here found curious and distant from our national life. On the other side was the terrible violence in the desperately poor and isolated territory. The juxtaposition was disturbing.

The attempts to breach the Gaza fence, which Palestinians call the March of Return, began in March and have the stated goal of erasing the border as a step toward erasing Israel. A central organizer, the Hamas leader Yehya Sinwar, exhorted participants on camera in Arabic to “tear out the hearts” of Israelis. But on Monday the enterprise was rebranded as a protest against the embassy opening, with which it was meticulously timed to coincide. The split screen, and the idea that people were dying in Gaza because of Donald Trump, was what Hamas was looking for.

The press coverage on Monday was a major Hamas success in a war whose battlefield isn’t really Gaza, but the brains of foreign audiences.

Israeli soldiers facing Gaza have no good choices. They can warn people off with tear gas or rubber bullets, which are often inaccurate and ineffective, and if that doesn’t work, they can use live fire. Or they can hold their fire to spare lives and allow a breach, in which case thousands of people will surge into Israel, some of whom — the soldiers won’t know which — will be armed fighters. (On Wednesday a Hamas leader, Salah Bardawil, told a Hamas TV station that 50 of the dead were Hamas members. The militant group Islamic Jihad claimed three others.) If such a breach occurs, the death toll will be higher. And Hamas’s tactic, having proved itself, would likely be repeated by Israel’s enemies on its borders with Syria and Lebanon.

Knowledgeable people can debate the best way to deal with this threat. Could a different response have reduced the death toll? Or would a more aggressive response deter further actions of this kind and save lives in the long run? What are the open-fire orders on the India-Pakistan border, for example? Is there something Israel could have done to defuse things beforehand?

These are good questions. But anyone following the response abroad saw that this wasn’t what was being discussed. As is often the case where Israel is concerned, things quickly became hysterical and divorced from the events themselves. Turkey’s president called it “genocide.” A writer for The New Yorker took the opportunity to tweet some of her thoughts about “whiteness and Zionism,” part of an odd trend that reads America’s racial and social problems into a Middle Eastern society 6,000 miles away. The sicknesses of the social media age — the disdain for expertise and the idea that other people are not just wrong but villainous — have crept into the worldview of people who should know better.

For someone looking out from here, that’s the real split-screen effect: On one side, a complicated human tragedy in a corner of a region spinning out of control. On the other, a venomous and simplistic story, a symptom of these venomous and simplistic times.

Voir encore:

The cacophony that accompanies every upsurge in the Israeli-Palestinian conflict can make it seem impossible for outsiders to sort out the facts. Recent events in Gaza are no exception. The shrillest voices on each side are already offering their own mutually exclusive narratives that acknowledge some realities while scrupulously avoiding others.

But while certain facts about Gaza may be inconvenient for the loudest partisans on either side, they should not be inconvenient to the rest of us.

To that end, here are 13 complicated, messy, true things about what has been happening in Gaza. They do not conform to one political narrative or another, and they do not attempt to conclusively apportion all blame. Try, as best you can, to hold them all in your mind at the same time.

1. The protests on Monday were not about President Donald Trump moving the U.S. Embassy to Jerusalem, and have in fact been occurring weekly on the Gaza border since March. They are part of what the demonstrators have dubbed “The Great March of Return”—return, that is, to what is now Israel. (The Monday demonstration was scheduled months ago to coincide with Nakba Day, an annual occasion of protest; it was later moved up 24 hours to grab some of the media attention devoted to the embassy.) The fact that these long-standing Palestinian protests were mischaracterized by many in the media as simply a response to Trump obscured two disquieting realities: First, that the world has largely dismissed the genuine plight of Palestinians in Gaza, only bothering to pay attention to it when it could be tenuously connected to Trump. Second, that many Palestinians do not simply desire their own state and an end to the occupation and settlements that began in 1967, but an end to the Jewish state that began in 1948.

2. The Israeli blockade of Gaza goes well beyond what is necessary for Israel’s security, and in many cases can be capricious and self-defeating. Import and export restrictions on food and produce have seesawed over the years, with what is permitted one year forbidden the next, making it difficult for Gazan farmers to plan for the future. Restrictions on movement between Gaza, the West Bank, and beyond can be similarly overbroad, preventing not simply potential terrorist operatives from traveling, but families and students. In one of the more infamous instances, the U.S. State Department was forced to withdraw all Fulbright awards to students in Gaza after Israel did not grant them permission to leave. Today, official policy bars Gazans from traveling abroad unless they commit to not returning for a full year. It is past time that these issues be addressed, as outlined in part in a new letter from several prominent senators, including Bernie Sanders and Elizabeth Warren.

3. Hamas, which controls the Gaza Strip, is an authoritarian, theocratic regime that has called for Jewish genocide in its charter, murdered scores of Israeli civilians, repressed Palestinian women, and harshly persecuted religious and sexual minorities. It is a designated terrorist group by the United States, Canada, and the European Union.

4. The overbearing Israeli blockade has helped impoverish Gaza. So has Hamas’s utter failure to govern and provide for the basic needs of the enclave’s people. Whether it has been spending its manpower and millions of dollars on subterranean attack tunnels into Israel—including under United Nations schools for Gaza’s children—or launching repeated messianic military operations against Israel, the terrorist group has consistently prioritized the deaths of Israelis over the lives of its Palestinian brethren.

5. Many of the thousands of protesters on the Gaza border, both on Monday and in weeks previous, were peaceful and unarmed, as anyone looking at the photos and videos of the gatherings can see.

6. Hamas manipulated many of these demonstrators into unwittingly rushing the Israeli border fence under false pretenses in order to produce injuries and fatalities. As the New York Times reported, “After midday prayers, clerics and leaders of militant factions in Gaza, led by Hamas, urged thousands of worshipers to join the protests. The fence had already been breached, they said falsely, claiming Palestinians were flooding into Israel.” Similarly, the Washington Post recounted how “organizers urged protesters over loudspeakers to burst through the fence, telling them Israeli soldiers were fleeing their positions, even as they were reinforcing them.” Hamas has also publicly acknowledged deliberately using peaceful civilians at the protests as cover and cannon fodder for their military operations. “When we talk about ‘peaceful resistance,’ we are deceiving the public,” Hamas co-founder Mahmoud al-Zahar told an interviewer. “This is peaceful resistance bolstered by a military force and by security agencies.”

7. A significant number of the protesters were armed, which is how they did things like this:

Widely circulated Arabic instructions on Facebook directed protesters to “bring a knife, dagger, or gun if available” and to breach the Israeli border and kidnap civilians. (The posts have now been removed by Facebook for inciting violence but a cached copy can be viewed here.) Hamas further incentivized violence by providing payments to those injured and the families of those killed. Both Hamas and the Islamic Jihad terror group have since claimed many of those killed as their own operatives and posted photos of them in uniform. On Wednesday, Hamas Political Bureau member Salah Al-Bardawil announced that 50 of the 62 fatalities were Hamas members.

Contrary to certain Israeli talking points, however, these facts do not automatically justify any particular Israeli response or every Palestinian casualty or injury. They simply establish the reality of the threat.

8. It is facile to argue that Gazans should be protesting Hamas and its misrule instead of Israel. One, it is not a binary choice, as both actors have contributed to Gaza’s misery. Two, as the BBC’s Julia MacFarlane recalled from her time covering Gaza, any public dissent against Hamas is perilous: “A boy I met in Gaza during the 2014 war was dragged from his bed at midnight, had his kneecaps shot off in a square and was told next time it would be axes—for an anti-Hamas Facebook post.” The group has publicly executed those it deems “collaborators” and broken up rare protests with gunfire. Likewise, Gazans cannot “vote Hamas out” because Hamas has not permitted elections since it won them and took power in 2006. The group fares poorly in the polls today, but Gazans have no recourse for expressing their dissatisfaction. Protesting Israel, however, is an outlet for frustration encouraged by Hamas.

9. In that regard, Hamas has worked to increase chaos and casualties stemming from the protests by allowing rioters to repeatedly set fire to the Kerem Shalom crossing, Gaza’s main avenue for international and humanitarian aid, and by turning back trucks of needed food and supplies from Israel.

10. A lot of what you’re seeing on social media about what is transpiring in Gaza isn’t actually true. For instance, a video of a Palestinian “martyr” allegedly moving under his shroud that is circulating in pro-Israel circles is actually a 4-year old clip from Egypt. Likewise, despite the claims of viral tweets and the Hamas-run Gaza Health Ministry that were initially parroted by some in the media, Israel did not actually kill an 8-month old baby with tear gas. The Gazan doctor who treated her told the Associated Press that she died from a preexisting heart condition, a fact belatedly picked up by the New York Times and Los Angeles Times. In the era of fake news, readers should be especially vigilant about resharing unconfirmed content simply because it confirms their biases.

11. There are constructive solutions to Gaza’s problems that would alleviate the plight of its Palestinian population while assuaging the security concerns of Israelis. However, these useful proposals do not go viral like angry tweets ranting about how Palestinians are all de facto terrorists or Israelis are the new Nazis, which is one reason why you probably have never heard of them.

12. A truly independent, respected inquiry into Israel’s tactics and rules of engagement in Gaza is necessary to ensure any abuses are punished and create internationally recognized guidelines for how Israel and other state actors should deal with these situations on their borders. The United Nations, which annually condemns Israel in its General Assembly and Human Rights Council more than all other countries combined, and whose notorious bias against Israel was famously condemned by Obama ambassador to the U.N., Samantha Power, clearly lacks the credibility to administer such an inquiry. Between America, Canada, and Europe, however, it should be possible to create one.

13. But because the entire debate around Israel’s conduct has been framed by absolutists who insist either that Israel is utterly blameless or that Israel is wantonly massacring random Palestinians for sport, a reasonable inquiry into what it did correctly and what it did not is unlikely to happen.

***

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Voir également:

Jerusalem Celebrates, Gaza Burns

On the night of May 14, the leading headline of The Washington Post said, “More than 50 killed in Gaza protests as U.S. opens its new embassy in Jerusalem.” Headlines of other newspapers were not much different.

There is no doubt the headlines were factually accurate. But so would a headline saying, “More than 50 killed in Gaza as the moon was a waning crescent,” or “More than 50 killed in Gaza as Arambulo named co-anchor of NBC4’s ‘Today in LA.’ ” Were they unbiased? Not quite. They suggested a causation: The U.S. opens an embassy and hence people get killed. But the causation is faulty: Gazans were killed last week, when the United States had not yet opened its embassy. Gazans were killed for a simple reason: Ignoring warnings, thousands of them decided to get too close to the Israeli border.

There are arguments one could make against President Donald Trump’s decision to move the American embassy to Jerusalem. People in Gaza getting killed is not one of them. A country such as the United States, a country such as Israel, cannot curb strategic decisions because of inconveniences such as demonstrations. Small things can be postponed to prevent anger. Small decisions can be altered to avoid violent incidents. But not important, historic moves.

At the end of this week, no matter the final tally of Gazans getting hurt, only one event will be counted as “historic.” The opening of a U.S. embassy in Jerusalem is a historic decision of great symbolic significance. Lives lost for no good reason in Gaza — as saddening as it is — is routine. Eleven years ago, on  May 16, 2007, I wrote this about Gaza: “The Gaza Strip is burning, drifting into chaos, turning into hell — and nobody seems to have a way out of this mess. Dozens of people were killed in Gaza in the last couple of weeks, the victims of lawlessness and power struggles between clans and families, gangsters and militias.” Sounds familiar? I assume it does. This is what routine looks like. This is what disregard for human life feels like. And that was 11 years to the week before a U.S. embassy was moved to Jerusalem.

Why were so many lives lost in Gaza? To give a straight answer, one must begin with the obvious: The Israel Defense Forces (IDF) has no interest in having more Gazans killed, yet its mission is not to save Gazans’ lives. Its mission — remember, the IDF is a military serving a country — is to defeat an enemy. And in the case of Gaza this past week, the meaning of this was preventing unauthorized, possibly dangerous people from crossing the fence separating Israel from the Gaza Strip.

As this column was written, the afternoon of May 15, the IDF had achieved its objective: No one was able to cross the border into Israel. The price was high. It was high for the Palestinians. Israel will get its unfair share of criticism from people who have nothing to offer but words of condemnation. This was also to be expected. And also to be ignored. Again, not because criticism means nothing, but rather because there are things of higher importance to worry about. Such as not letting unauthorized hostile people cross into Israel.

Of course, any bloodshed is regretful. Yet to achieve its objectives, the IDF had to use lethal force. Circumstances on the ground dictate using such measures. The winds made tear gas ineffective. The proximity of the border made it essential to stop Gazan demonstrators from getting too close, lest thousands of them flood the fence, thus forcing the IDF to use even more lethal means. Leaflets warned them not to go near the fence. Media outlets were used to clarify that consequences could be dire. Hence, an unbiased, sincere newspaper headline should have said, “More than 50 killed in Gaza while Hamas leaders ignored warnings.”

So, yes, Jerusalem celebrated while Gaza burned. Not because Gaza burned. And, yes, the U.S. moved its embassy while Gaza burned. But this is not what made Gaza burn.

It all comes down to legitimacy. Having embassies move to Jerusalem, Israel’s capital, is about legitimacy. Letting Israel keep the integrity of its borders is about legitimacy. President Donald Trump gained the respect and appreciation of Israelis because of his no-nonsense acceptance of a reality, and because of his no-nonsense rejection of delegitimization masqueraded as policy differences. A legitimate country is allowed to defend its border. A legitimate country is allowed to choose its capital.

Gaza’s Miseries Have Palestinian Authors
Bret Stephens

The New York Times
May 16, 2018

For the third time in two weeks, Palestinians in the Gaza Strip have set fire to the Kerem Shalom border crossing, through which they get medicine, fuel and other humanitarian essentials from Israel. Soon we’ll surely hear a great deal about the misery of Gaza. Try not to forget that the authors of that misery are also the presumptive victims.

There’s a pattern here — harm yourself, blame the other — and it deserves to be highlighted amid the torrent of morally blind, historically illiterate criticism to which Israelis are subjected every time they defend themselves against violent Palestinian attack.

In 1970, Israel set up an industrial zone along the border with Gaza to promote economic cooperation and provide Palestinians with jobs. It had to be shut down in 2004 amid multiple terrorist attacks that left 11 Israelis dead.

In 2005, Jewish-American donors forked over $14 million dollars to pay for greenhouses that had been used by Israeli settlers until the government of Ariel Sharon withdrew from the Strip. Palestinians looted dozens of the greenhouses almost immediately upon Israel’s exit.

In 2007, Hamas took control of Gaza in a bloody coup against its rivals in the Fatah faction. Since then, Hamas, Islamic Jihad and other terrorist groups in the Strip have fired nearly 10,000 rockets and mortars from Gaza into Israel — all the while denouncing an economic “blockade” that is Israel’s refusal to feed the mouth that bites it. (Egypt and the Palestinian Authority also participate in the same blockade, to zero international censure.)

In 2014 Israel discovered that Hamas had built 32 tunnels under the Gaza border to kidnap or kill Israelis. “The average tunnel requires 350 truckloads of construction supplies,” The Wall Street Journal reported, “enough to build 86 homes, seven mosques, six schools or 19 medical clinics.” Estimated cost of tunnels: $90 million.

Want to understand why Gaza is so poor? See above.

Which brings us to the grotesque spectacle along Gaza’s border over the past several weeks, in which thousands of Palestinians have tried to breach the fence and force their way into Israel, often at the cost of their lives. What is the ostensible purpose of what Palestinians call “the Great Return March”?

That’s no mystery. This week, The Times published an op-ed by Ahmed Abu Artema, one of the organizers of the march. “We are intent on continuing our struggle until Israel recognizes our right to return to our homes and land from which we were expelled,” he writes, referring to homes and land within Israel’s original borders.

His objection isn’t to the “occupation” as usually defined by Western liberals, namely Israel’s acquisition of territories following the 1967 Six Day War. It’s to the existence of Israel itself. Sympathize with him all you like, but at least notice that his politics demand the elimination of the Jewish state.

Notice, also, the old pattern at work: Avow and pursue Israel’s destruction, then plead for pity and aid when your plans lead to ruin.

The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis.

But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk?

Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical.

The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind?

Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven?

That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations.

No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation.

If Palestinians want to build a worthy, proud and prosperous nation, they could do worse than try to learn from the one next door. That begins by forswearing forever their attempts to destroy it.

For the third time in two weeks, Palestinians in the Gaza Strip have set fire to the Kerem Shalom border crossing, through which they get medicine, fuel and other humanitarian essentials from Israel. Soon we’ll surely hear a great deal about the misery of Gaza. Try not to forget that the authors of that misery are also the presumptive victims.

There’s a pattern here — harm yourself, blame the other — and it deserves to be highlighted amid the torrent of morally blind, historically illiterate criticism to which Israelis are subjected every time they defend themselves against violent Palestinian attack.

In 1970, Israel set up an industrial zone along the border with Gaza to promote economic cooperation and provide Palestinians with jobs. It had to be shut down in 2004 amid multiple terrorist attacks that left 11 Israelis dead.

In 2005, Jewish-American donors forked over $14 million dollars to pay for greenhouses that had been used by Israeli settlers until the government of Ariel Sharon withdrew from the Strip. Palestinians looted dozens of the greenhouses almost immediately upon Israel’s exit.

Notice, also, the old pattern at work: Avow and pursue Israel’s destruction, then plead for pity and aid when your plans lead to ruin.

The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis.

But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk?

Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical.

The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind?

Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven?

That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations.

No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation.

If Palestinians want to build a worthy, proud and prosperous nation, they could do worse than try to learn from the one next door. That begins by forswearing forever their attempts to destroy it.

Voir par ailleurs:

Un haut responsable du Hamas a affirmé mercredi que la très grande majorité des Palestiniens tués cette semaine lors de manifestations et heurts avec l’armée israélienne dans la bande de Gaza appartenaient au mouvement islamiste, qui dirige l’enclave.

L’armée et le gouvernement israéliens, confrontés à une vague de réprobation après la mort de 59 Palestiniens sous des tirs israéliens lundi, se sont saisis de ces propos pour contester le caractère pacifique des évènements et maintenir que ceux-ci étaient orchestrés par le Hamas.

Des milliers de Palestiniens ont débuté le 30 mars dans la bande de Gaza un mouvement de plus de six semaines contre le blocus israélien et pour le droit des Palestiniens à revenir sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948.

Les violences de lundi ont coïncidé avec l’inauguration controversée à Jérusalem de la nouvelle ambassade américaine, démarche qui a rompu avec des décennies de consensus international.

Le Guatemala a également inauguré mercredi à Jérusalem sa nouvelle ambassade en Israël, s’attirant la colère de la direction palestinienne qui a accusé le gouvernement guatémaltèque de se placer du côté des « crimes de guerre israéliens ».

« Agression israélienne »

Les violences à Gaza lundi, journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis 2014, ont continué à susciter l’inquiétude ou la colère à l’étranger.

Le pape François s’est dit « très préoccupé par l’escalade des tensions en Terre Sainte » et le président russe Vladimir Poutine a appelé à « renoncer à la violence ». Les ministres arabes des Affaires étrangères devaient tenir jeudi au Caire une réunion extraordinaire sur « l’agression israélienne contre le peuple palestinien ».

La tension est retombée dans la bande de Gaza à la veille du ramadan, le mois de jeûne musulman, mais la situation demeure hautement volatile.

Des chars israéliens ont frappé plusieurs positions du Hamas dans la bande de Gaza, en réponse à des tirs d’armes à feu, a dit notamment l’armée.

Le Hamas a dit soutenir la mobilisation, tout en assurant qu’elle émanait de la société civile et qu’elle était pacifique.

L’armée israélienne accuse de son côté le Hamas, qu’il considère comme « terroriste », de s’être servi du mouvement pour mêler à la foule des hommes armés ou disposer des engins explosifs le long de frontière.

Elle assure n’avoir fait que défendre les frontières, ses soldats et les civils contre une éventuelle infiltration de Palestiniens susceptibles de s’attaquer aux populations riveraines de l’enclave ou de prendre un otage.

Après la mort par balles des Palestiniens, Israël s’est retrouvé en butte aux condamnations et aux appels à une enquête indépendante.

Dans ce contexte, Salah al-Bardaouil, haut responsable du Hamas, a déclaré à une télévision palestinienne que 50 des 62 Palestiniens tués lundi mais aussi mardi appartenaient au mouvement islamiste.

La vérité « dévoilée »

« Cinquante des martyrs (des morts) étaient du Hamas, et 12 faisaient partie du reste de la population », a-t-il dit, interrogé sur les critiques selon lesquelles le Hamas tirait profit de la mobilisation. « Comment le Hamas pourrait-il récolter les fruits (du mouvement) alors qu’il a payé un prix aussi élevé », a-t-il demandé.

Il n’a pas fourni de détails sur l’appartenance de ces Palestiniens à la branche armée ou politique du Hamas, ni sur les circonstances dans lesquelles ils avaient été tués.

Salah al-Bardaouil « dévoile la vérité », a tweeté un porte-parole du gouvernement israélien, Ofir Gendelman, « ce n’était pas une manifestation pacifique, mais une opération du Hamas ».

« Nous avons les mêmes chiffres », a lancé de son côté le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avertissant que son pays continuerait « à se défendre par tous les moyens nécessaires ».

Un porte-parole du Hamas, Fawzy Barhoum, et un autre haut responsable, Bassem Naim, se sont gardés de confirmer les informations de M. Bardaouil. Le Hamas paie les funérailles de tous, « qu’ils soient membres ou supporters du Hamas, ou pas », a dit M. Barhoum.

Il est « naturel de voir de nombreux membres ou supporters du Hamas » à une telle manifestation, a dit M. Naim, en faisant référence à la forte présence du Hamas dans toutes les couches de la société. Ceux qui ont été tués « participaient pacifiquement » au mouvement, a-t-il assuré.

Sur la chaîne de télévision Al-Jazeera, l’homme fort du Hamas, Yahya Sinouar, a prévenu: « si le blocus (israélien à Gaza) continue, nous n’hésiterons pas à recourir à la résistance militaire ».

Voir de même:

Gaza, le massacre des oubliés

EDITO. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné le peuple palestinien.

Sara Daniel

Pendant qu’une petite fille palestinienne mourait d’avoir inhalé des gaz lacrymogènes à Gaza, à Jérusalem, à moins d’une heure et demie de là par la route, on sablait le champagne, lundi, pour fêter le déménagement de l’ambassade américaine.

Malgré les snipers israéliens, les Gazaouis auront donc continué à se presser devant la clôture de séparation de cette prison maudite et à ciel ouvert que représente l’enclave de Gaza, honte d’Israël et de la communauté internationale, pour achever la « Marche du grand retour », entamée le 30 mars et censée se conclure ce 15 mai. Une marche pour réclamer les terres perdues au moment de la création d’Israël, il y a soixante-dix ans, mais surtout la fin du blocus israélo-égyptien qui étouffe Gaza.

Au cours de ce lundi noir, 59 personnes ont été tuées, et plus de 2.400 ont été blessées par balles.

Une violence inouïe et inutile

Encore une fois le conflit israélo-palestinien a joué la guerre des images, au cours de ce jour si symbolique. Les Israéliens fêtaient les 70 ans de la naissance de leur Etat, le miracle de son existence, l’incroyable longévité de ce confetti minuscule entouré de nations hostiles. Les Palestiniens commémoraient, eux, leur « catastrophe », leur Nakba, qui les a poussés sur les routes de l’exil, dans l’indifférence d’une communauté internationale lassée par un conflit interminable, happée par d’autres hécatombes plus pressantes.

C’est avec cette Marche que les Gazaouis ont tenté de revenir sur la carte des préoccupations mondiales et de rappeler leur agonie à un monde qui les oublie. Pendant ce temps, Israéliens, Américains, Saoudiens et Egyptiens célèbrent leur alliance sur le dos de ces vaincus de l’histoire, les pressant d’accepter un accord, ce que Donald Trump a appelé le « deal ultime », dont les contours sont encore flous mais dont on peut être certain qu’il entérinerait leur déroute.

Mais pourquoi les Israéliens ont-ils cédé à cette violence inouïe et inutile alors que, de leur aveu même, le vrai sujet de leurs inquiétudes était le front du Nord avec le Hezbollah et l’Iran ? Est-ce l’hubris des vainqueurs ? En tout cas, Israël n’a pas entendu l’avertissement de Houda Naim, députée du Hamas.

« Nous considérons que ces marches pacifiques sont aujourd’hui le meilleur moyen d’atteindre les points faibles de notre ennemi », disait-elle au début du mouvement.

Une population excédée, désespérée

Dans le même esprit que les campagnes BDS qui prônent le boycott de produits israéliens, la nouvelle génération de militants a pensé que c’était par cette approche non violente dans la filiation de Gandhi que la cause palestinienne aurait une chance de revenir sur le devant de la scène internationale.

Alors, les manifestants ont-ils été manipulés par leurs organisations politiques ? La question est obscène lorsque que la marche, commencée il y a six semaines, a déjà fait plus de 100 morts. Bien sûr, le Hamas, débordé par cette manifestation civile et pacifique, a rejoint le mouvement. A-t-il encouragé les Gazaouis à provoquer les soldats israéliens, les conduisant à une mort certaine ? Peut-être, et le gouvernement israélien l’affirmera. Mais cela ne suffirait pas à expliquer la détermination d’une population excédée, désespérée par ses conditions d’existence. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné ce peuple palestinien à la brutalité israélienne, à l’incurie de ses dirigeants engagés dans une guerre fratricide, à ses alliés arabes historiquement défaillants, à son sort dont nous portons tous la responsabilité.

Voir enfin:

Danger in overreacting to Santa Fe school shooting

School shootings, however horrific, are not the new normal. Santa Fe killings are part of a bloody contagion that will pass.

James Alan Fox

USA Today

May 18, 2018

Today’s ghastly shooting at a high school in Santa Fe, Texas, claiming the lives of at least 10 victims, has many Americans, including President Trump, wondering when and how the carnage will cease. Coming on the heels of two other multiple fatality school massacres earlier this year, it is no wonder that many are seeing this type of random gun violence as the “new normal.”

Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk.

History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years.

Following the March 2001 massacre at a high school in Santee, California, the venerable Dan Rather declared school shootings an “epidemic.” Then, after the September 11, 2001 terrorist attack on America, the nation turned its attention to a very different kind of threat, and the school shooting “epidemic” disappeared.

Summertime will soon bring a natural break to the heightened concern over school shootings. Hopefully, come September, we can deal with the underlying issues facing alienated adolescents who seek to follow in the bloody footsteps of their undeserving heroes, without inadvertently fueling the contagion of bloodshed.

Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos.

While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch.

At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models.

Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic.

As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades.

James Alan Fox is the Lipman Professor of Criminology, Law and Public Policy at Northeastern University, a member of USA TODAY’s Board of Contributors and co-author of Extreme Killing: Understanding Serial and Mass Murder.


« Marche du retour »: The show must go on (From Gaza to Iran, it’s all smoke and mirrors, stupid !)

9 mai, 2018

 

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)
Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge. Le futur de l’Iran appartient à son peuple et les Iraniens méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire. (…) Nous n’allons pas laisser un régime qui scande « Mort à l’Amérique » avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre. Donald Trump
La paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée. Donald Trump
Un écran de fumée désigne, dans le domaine militaire, une tactique utilisée afin de masquer la position exacte d’unités à l’ennemi, par l’émission d’une fumée dense. Cette dernière peut-être naturelle mais est le plus souvent produite artificiellement à partir de grenades fumigènes (composées notamment d’acide chlorosulfurique). Certains véhicules blindés, en général des chars, disposent de lance-grenades spécifiquement conçus à cet effet, mais utilisent surtout l’injection de carburant Diesel dans l’échappement de leur moteur pour produire des écrans de fumée pouvant atteindre 400 m de long et persister plusieurs minutes. Par exemple, le T-72 soviétique injecte dix litres de carburant à la minute pour créer ses écrans de fumée. Dans les temps anciens, des simples feux de broussailles bien nourris suffisaient parfois à faire l’affaire.Wikipedia
More ink equals more blood, newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey and Dominic Rohner
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour. Mahmoud Abbas
 Récemment, un certain nombre de rabbins en Israël ont tenu des propos clairs, demandant à leur gouvernement d’empoisonner l’eau pour tuer les Palestiniens. Mahmoud Abbas
Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde. Communiqué Autorité palestinienne
Du XIe siècle jusqu’à l’Holocauste qui s’est produit en Allemagne, les juifs vivant en Europe de l’ouest et de l’est ont été la cible de massacres tous les 10 ou 15 ans. Mais pourquoi est-ce arrivé ? Ils disent: « parce que nous sommes juifs » (…) L’hostilité contre les juifs n’est pas due à leur religion, mais plutôt à leur fonction sociale, leurs fonctions sociales liées aux banques et intérêts. Mahmoud Abbas
Si mes propos devant le Conseil national palestinien ont offensé des gens, en particulier des gens de confession juive, je leur présente mes excuses. Je voudrais assurer à tous que telle n’était pas mon intention et réaffirmer mon respect total pour la religion juive, ainsi que pour toutes les religions monothéistes. Je voudrais renouveler notre condamnation de longue date de l’Holocauste, le crime le plus odieux de l’histoire, et exprimer notre compassion envers ses victimes. Mahmoud Abbas
J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie. Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte. Sylvan Adams
Amer anniversaire. Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures. Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque. (…) Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré. La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe. Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie. Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine. Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne. La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque. (…) Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel. Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain. S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine. L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi. Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël. Libération
Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine. Libération
Le monde a basculé ce 8 mai 2018. Rien n’y a fait. Ni les câlins d’Emmanuel Macron. Ni les menaces du président iranien. Ni les assurances des patrons de la CIA et de l’AIEA. Donald Trump a tranché : sous le prétexte non prouvé que l’Iran ne le respecte pas, i l retire les Etats-Unis de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015. Une folle décision aux conséquences considérables. Après la dénonciation de celui de Paris sur le climat, voici l’abandon unilatéral d’un autre accord qui a été négocié par les grandes puissances pendant plus de dix ans. L’Amérique devient donc, à l’évidence, un « rogue state » – un Etat voyou qui ne respecte pas ses engagements internationaux et ment une fois encore ouvertement au monde. L’invasion de l’Irak n’était donc pas une exception malheureuse : Washington n’incarne plus l’ordre international mais le désordre.  Si l’on en doutait encore, le monde dit libre n’a plus de leader crédible ni même de grand frère. Ce qui va troubler un peu plus encore les opinions publiques et les classes dirigeantes occidentales. Puisque l’Iran en est l’un des plus gros producteurs et qu’il va être empêché d’en vendre, le prix du pétrole, déjà à 70 dollars le baril, va probablement exploser, ce qui risque de ralentir voire de stopper la croissance mondiale – et donc celle de la France.
D’ailleurs, de tous les pays occidentaux, la France est celui qui a le plus à perdre d’un retour des sanctions américaines – directes et indirectes. L’Iran a, en effet, passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et a signé un gigantesque contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. Or Trump a choisi la version la plus dure : interdire de nouveau à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. Pour continuer à commercer sur le marché américain, Airbus et Total devront donc renoncer à ces deals juteux. L’Obs
Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it. The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition. “The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015 (…) In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior. But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen. The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding? Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts. Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning. (…) Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sunday reported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston. The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied. (…) Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through. Bret Stephens
Hello ! Welcome to the show ! Al Jazeera
It was supposed to be a peaceful day. But as then. Unarmed protesters marched towards the border fence, Israeli soldiers opened fire. Al Jazeera journalist
We will continue to sacrifice the blood of our children. Hamas leader
All impure Jews are dogs. They should be burned. They are dirty. Palestinian woman
Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. Ahmed Abou Irtema
Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban. Moïn Abou Okal (ministère de l’intérieur de Gaza et membre du comité de pilotage de la marche)
 Les gens sont plein de fureur et de colère, dit  On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. Ghazi Hamad (responsable des relations internationales du Hamas)
Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza. Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. (…) En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre. Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression. L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais. Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. (…) Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités. (…) Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation. (…) de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage (…) affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. Le Monde
Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés». (…) Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme. Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies. À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas. Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé.Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable? Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué? En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler. Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux. Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa. Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens. L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement! Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants. Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars. Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent. Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas. Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables. Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition. Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin. Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place. Pierre Rehov
Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation. Pierre Rehov
I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts. Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. Pierre Rehov
Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations. The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty. It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people. It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers. Jerusalem Post
Pour ceux qui croyaient encore que les écrans ou rideaux de fumée étaient une tactique militaire
Infiltration de terroristes armés, sabotage de la barrière de sécurité, destruction de champs israéliens via l’envoi de cerf-volants enflammés, torture et incinération d’animaux, boucliers humains de femmes et d’enfants, miroirs, écran de fumée …
A l’heure où après avoir le mensonge de 70 ans du refus des ambassades étrangères à Jérusalem …
Et l’imposture entre une accusation d’empoisonnement de puits sous les ovations du Parlement européen et une justification de l’antisémitisme européen sous celles de son propre parlement …
D’un président d’une Autorité palestinienne et auteur enfin reconnu d’une thèse négationniste sur le génocide juif …
Le va-t-en-guerre de la Maison blanche vient, entre – excusez du peu – le retour nord-coréen à la table des négociations, la libération de trois otages américains et avec 57% le plus haut taux d’optimisme national depuis 13 ans, d’éventer la supercherie de 40 ans du programme prétendument pacifique …
D’un régime qui, sous couvert d’un accord jamais avalisé par le Congrès américain mais soutenu par les quislings et gros intérêts économiques européens et entre deux « Mort à l’Amérique ! » et menaces de rayement de la carte d’Israël, multiplie les essais balistiques et du Yemen au Liban met le Moyen-Orient à feu et à sang …
Pendant qu’entre dénonciation de son 70e anniversaire et médisance sur la première venue d’un grand évènement sportif dans la seule démocratie du Moyen-Orient …
Nos médias rivalisent dans la mauvaise foi et la désinformation
Bienvenue au grand barnum de la « Marche du retour » !
Cet incroyable de mélange de fête de l’Huma et kermesse bon enfant …
Qui monopolise depuis six semaines nos écrans et les unes de nos journaux …
Et qui comme le montre l’excellent petit documentaire du réalisateur franco-israélien Pierre Rehov
Se révèle être un petit joyau de propagande et de prestidigitation …
Miroirs et écrans de fumée compris …
Des maitres-illusionistes du Hamas et de nos médias !

WATCH: Exclusive footage from inside Gaza reveals true face of protests

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already. »

Juliane Helmhold
The Jerusalem Post
May 7, 2018 13:13

The short movie Behind the Smoke Screen by filmmaker Pierre Rehov shows exclusive images from inside the Gaza Strip, aimed at changing the international perception of the ongoing six-week protests dubbed the « Great March of Return » by Hamas.

« I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts, » the French filmmaker told The Jerusalem Post.

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. »

Rehov, who also writes regularly for the French daily Le Figaro, has been producing documentaries about the Arab-Israeli conflict for 18 years, many of which have aired on Israeli media outlets, including The Road to Jenin, debunking Mohammad Bakri’s claim of a massacre in Jenin, War Crimes in Gaza, demonstrating Hamas’ use of civilians as human shields and Beyond Deception Strategy, exploring the plight of minorities inside Israel and how BDS is hurting Palestinians.

Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations.Behind The Smoke Screen (Pierre Rehov/Youtube)

« Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation, » the video introduces the subject matter in the opening remarks.

The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty.

It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people.

It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »

It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers.

« I want to present facts, and one image is worth 1000 words, » the filmmaker emphasized.

Voir aussi:

Pierre Rehov : un autre regard sur Gaza

Pierre Rehov
Le Figaro
20/04/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le reporter Pierre Rehov s’attaque, dans une tribune, à la grille de lecture dominante dans les médias français des événements actuels à Gaza. Selon lui, la réponse d’Israël est proportionnée à la menace terroriste que représentent les agissements du Hamas.

Pierre Rehov est reporter, écrivain et réalisateur de documentaires, dont le dernier, «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte.

Les organisations islamistes qui s’attaquent à Israël ont toujours eu le sens du vocabulaire dans leur communication avec l’Occident. Convaincus à juste titre que peu parmi nous sont capables, ou même intéressés, de décrypter leurs discours d’origine révélateur de leurs véritables intentions, ils nous arrosent depuis des décennies de concepts erronés, tout en puisant à la source de notre propre histoire les termes qui nous feront réagir dans le sens qui leur sera favorable. C’est ainsi que sont nés, au fil des ans, des terminologies acceptées par tous, y compris, il faut le dire, en Israël même.

Prenons par exemple le mot «occupation». Le Hamas, organisation terroriste qui règne sur la bande de Gaza depuis qu’Israël a retiré ses troupes et déraciné plus de 10 000 Juifs tout en laissant les infrastructures qui auraient permis aux Gazaouites de développer une véritable économie indépendante, continue à se lamenter du «fait» que l’État Juif occupe des terres appartenant «de toute éternité au Peuple Palestinien». Il s’agit là, évidemment, d’un faux car les droits éventuels des Palestiniens ne sauraient être réalisés en niant ceux des Juifs sur leur terre ancestrale.

Le terme «occupation» étant associé de triste mémoire à l’Histoire européenne, lorsqu’un lecteur, mal informé, se le voit asséner à longueur d’année par les médias les ONG et les politiciens, la première image qui lui vient est évidemment celle de la botte allemande martelant au pas de l’oie le pavé parisien ou bruxellois.

Cette répétition infligée tout autant qu’acceptée d’un terme erroné a pour but d’occulter un fait essentiel, gravé dans l’Histoire: selon la loi internationale, ces territoires dits «occupés» ne sont que «disputés». Car, afin d’occuper une terre, encore eût-il fallu qu’elle appartînt à un pays reconnu au moment de sa conquête. La «Palestine», renommée ainsi par l’Empereur Hadrien en 127 pour humilier les Juifs après leur seconde révolte contre l’empire romain, n’était qu’une région de l’empire Ottoman jusqu’à la défaite des Turcs en 1917. Ce sont les pays Arabes dans leur globalité qui, en rejetant le plan de partition de l’ONU en 1947, ont empêché la naissance d’une «nation palestinienne» dont on ne retrouve aucune trace dans l’histoire jusqu’à sa mise au goût du jour, en 1964, par Nasser et le KGB.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire « pacifiste ».

Lorsqu’à l’issue d’une guerre défensive, Israël a «pris» la Cisjordanie et Gaza en 1967, ces deux territoires avaient déjà été conquis par la Jordanie et l’Égypte. Ce qui nous conduit à remettre en question une autre révision sémantique. Pourquoi des terres qui, pendant des siècles, se sont appelées Judée-Samarie deviendraient-elles, tout à coup, Cisjordanie ou Rive Occidentale, de par la seule volonté du pays qui les a envahies en 1948 avant d’en expulser tous les Juifs dans l’indifférence générale? Serait-ce pour effacer le simple fait que la Judée… est le berceau du judaïsme?

Mais revenons à Gaza.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés».

J’ai déjà abondamment écrit, y compris dans ces pages, sur cette aberration tragique perpétuée au profit de l’UNWRA, une agence onusienne empêchant, dans sa forme actuelle, l’établissement et le développement des Arabes de Palestine sur leurs terres d’accueil. Je n’y reviendrai que par une phrase. Pourquoi un enfant, né à côté de Ramallah ou à Gaza, de parents nés au même endroit, ou pire encore, né à Brooklyn ou à Stockholm de parents immigrés, serait-il considéré comme «réfugié» – comme c’est le cas dans les statistiques de l’UNRWA – si un enfant Juif né à Tel Aviv, de parents nés à Bagdad, Damas ou Tripoli, et chassés entre 1948 et 1974 n’a jamais bénéficié du même statut?

Mais voici que des bus affrétés par le Hamas et la Jihad Islamique, et décorés de clés géantes et de noms enluminés de villages disparus censés symboliser ce «droit au retour» au sein d’un pays honni, viennent cueillir chaque vendredi devant les mosquées et les écoles de Gaza une population manipulée, prête aux derniers sacrifices afin de répondre à des mots d’ordre cyniques ou désuets.

Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme.

Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies.

À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas.

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire.

Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé .

Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable?

Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué?

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler.

Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux.

Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa.

Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens.

L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.

Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement!

Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants.

Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars.

Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent.

Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.

C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin.

Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place.

J’en veux, pour exemple, une anecdote affligeante.

En septembre 2017, une organisation regroupant des femmes arabes et israéliennes a organisé une marche en Cisjordanie (Judée-Samarie). Aucun parent n’aurait pu être indifférent aux images de ces mères juives et arabes qui avouent leur quête d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Durant la marche, aucun pneu brûlé, pas de lancement de pierres ou de cocktails Molotov, aucune tentative d’envahir Israël, aucun propos haineux. Tout le contraire. C’était une authentique manifestation pacifique.

Seulement, le Hamas a immédiatement condamné la marche en déclarant que «la normalisation est une arme israélienne».

L’ONU, de son côté, n’a pas cru bon promouvoir l’initiative. Pourquoi l’aurait-elle fait?

Il est davantage dans sa tradition, et certainement plus politiquement correct de condamner Israël pour ses «excès» en matière défensive tandis que le Moyen Orient, faute d’une vision honnête, bascule progressivement dans un conflit généralisé.

Voir encore:

Protestations sous haute tension prévues le long de la bande de Gaza

Vendredi, cinq zones, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande.

Piotr Smolar (Bande de Gaza, envoyé spécial)

Le Monde

Le décor est planté. Le vent puissant éparpille les émanations de gaz lacrymogène. Les sardines empêchent les tentes de s’envoler. On est à la veille du grand jour à Gaza, celui craint par Israël depuis des semaines.

En ce jeudi 29 mars, deux cents jeunes viennent faire leurs repérages près du poste frontière fermé de Karni, en claquettes ou pieds nus. Perchés sur des monticules de sable, ou bien s’avançant vers les soldats israéliens qui veillent à quelques centaines de mètres derrière la clôture, ils semblent leur lancer un avertissement muet.

Le 30 mars est coché de longue date dans le calendrier palestinien : c’est le jour de la Terre, en mémoire de la confiscation de terres arabes en Galilée, en 1976, et des six manifestants tués à l’époque. Mais cette année, il marque surtout le début d’un mouvement à la force et aux développements imprévisibles, intitulé la « marche du retour ».

« Un tournant »

Cette marche doit culminer le 15 mai, jour de la Nakba (la grande « catastrophe » que fut l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d’Israël). Il s’agit d’un appel à des manifestations pacifiques massives pour réclamer le retour vers les terres perdues. Et ce alors que l’Etat hébreu, soutenu par Washington, souhaite une restriction drastique de la définition du réfugié palestinien.

Vendredi, cinq zones ouvertes, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande, de Jabaliya jusqu’à Rafah. Des mariages seront célébrés, des concerts et des danses organisés. On y parlera aussi politique, blessures familiales, droits historiques. Pour Bassem Naïm, haut responsable du Hamas :

« Ce rassemblement est un tournant. Malgré les divisions entre factions, malgré la politique américaine, nous pouvons être une nouvelle fois créatifs pour relancer la question palestinienne. Israël peut facilement s’en tirer dans un conflit militaire, contre les Palestiniens ou au niveau régional. Mais c’est un tigre de papier. Il est acculé face à la perspective d’une foule pacifique réclamant le respect de ses droits. »

Mélange de fébrilité et d’intoxication

« Acculé », le mot est excessif. Mais, depuis le début de la semaine, dans un mélange de fébrilité et d’intoxication, les autorités israéliennes n’ont cessé de dramatiser les enjeux de cette journée. Les compagnies de bus à Gaza ont reçu des coups de fil intimidants pour qu’elles ne transportent pas les manifestants. Le ministère des affaires étrangères a diffusé à ses ambassades des éléments de langage pour décrédibiliser l’événement. Il s’agirait d’une « campagne dangereuse et préméditée » par le Hamas, qui y consacrerait « plus de dix millions de dollars [plus de 8 millions d’euros] », notamment pour rémunérer les manifestants.

Du côté militaire, le chef d’état-major, Gadi Eizenkot, a averti dans la presse que « plus de cent snipers » seraient déployés le long de la clôture de sécurité frontalière, en plus des unités supplémentaires mobilisées pour l’occasion.

Il s’agit de justifier par avance l’usage possible de la violence, allant de moyens de dispersion classiques jusqu’aux balles réelles. Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza.

Plusieurs alertes sérieuses

Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. Quant aux soldats, ils n’hésiteront pas à tirer à balles réelles si des Palestiniens se rapprochent. Huit personnes ont été ainsi tuées en décembre 2017.

En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre.

Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression.

L’idée d’un vaste rassemblement pacifique

L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais.

Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. « Il y a eu énormément de réactions, les associations se sont emparées de la proposition, puis les factions. Un comité de pilotage a vu le jour. »

Ahmed Abou Irtema a une vision, celle d’une foule marchant un jour – pas vendredi – vers ses anciennes terres :

« Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. »

Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités.

« Les gens sont plein de fureur et de colère »

Qu’ils aient peu de chance d’obtenir gain de cause ne les interroge pas. Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation.

« Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban », explique de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage.

Ce dernier affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. La vérité est que rien n’est écrit. Tout dépendra de la force de la mobilisation et de l’ampleur de la réaction israélienne. « Les gens sont plein de fureur et de colère, dit Ghazi Hamad, responsable des relations internationales du Hamas. On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. »

A l’aube du vendredi 30 mars, un Palestinien a été tué par une frappe israélienne avant le rassemblement prévu à Gaza.

Voir également:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

Le président américain a promis de « graves » conséquences à l’Iran s’il se dote de la bombe nucléaire ; l’Iran mérite un « meilleur gouvernement »

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’il a qualifié de « désastreux », et le rétablissement des sanctions contre Téhéran.

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche.

Trump a démarré son discours par ces mots :

« Aujourd’hui, je veux informer les Américains de nos efforts afin d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur. Il exporte de dangereux missiles, alimente les conflits à travers le Moyen-Orient et soutient des groupes terroristes alliés et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les Talibans et Al-Qaïda. Au fil des années, l’Iran et ses mandataires ont bombardé des militaires et des installations américaines [et ont commis une série d’autres attaques contre les Américains et les intérêts américains]. »

« Le régime iranien a financé son long règne de chaos et de terreur en pillant la richesse de son peuple. Aucune mesure prise par le régime n’a été plus dangereuse que sa poursuite vers le nucléaire et ses efforts pour l’obtenir. »

Dans son discours, Trump a déclaré :

« En théorie, le soi-disant accord concernant l’Iran était censé protéger les Etats-Unis et leurs alliés de la folie d’une bombe nucléaire iranienne – une arme qui ne ferait que mettre en péril la survie du régime iranien.

« En fait, l’accord a permis à l’Iran de continuer à enrichir de l’uranium et, au fil du temps, d’atteindre un point de rupture en terme de nucléaire. Il a bénéficié de la levée de sanctions paralysantes en échange de très faibles efforts sur son activité nucléaire. Aucune autre limite n’a été fixé concernant ses autres activités malfaisantes.

« En d’autres termes, au moment où les Etats-Unis disposaient d’un maximum de pouvoir, cet accord désastreux a apporté à ce régime – et c’est un régime de terreur – plusieurs milliards de dollars, dont une partie en espèces, ce qui représente un grand embarras pour moi en tant que citoyen et pour tous les citoyens des Etats-Unis. Un accord plus constructif aurait facilement pu être conclu à ce moment-là. »

Voici les principaux extraits de sa déclaration à la Maison Blanche.

Retrait

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien ».

« Le fait est que c’est un accord horrible et partial qui n’aurait jamais dû être conclu. Il n’a pas apporté le calme. Il n’a pas apporté la paix. Et il ne le fera jamais ».

Sanctions

« Dans quelques instants, je vais signer un ordre présidentiel pour commencer à rétablir les sanctions américaines liées au programme nucléaire du régime iranien. Nous allons instituer le plus haut niveau de sanctions économiques ».

Et « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».

Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a de son côté indiqué que le rétablissement des sanctions américaines était effectif immédiatement pour les nouveaux contrats et que les entreprises étrangères auraient quelques mois pour « sortir » d’Iran.

Le Trésor américain a lui fait savoir que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours.

« Vraie solution »

« Alors que nous sortons de l’accord iranien, nous travaillerons avec nos alliés pour trouver une vraie solution complète et durable à la menace nucléaire iranienne. Cela comprendra des efforts pour éliminer la menace du programme de missiles balistiques (de l’Iran), pour stopper ses activités terroristes à travers le monde et pour bloquer ses activités menaçantes à travers le Moyen-Orient ».

« Nous n’allons pas laisser un régime qui scande +Mort à l’Amérique+ avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre ».

« Mais le fait est qu’ils vont vouloir conclure un accord nouveau et durable, un accord qui bénéficierait à tout l’Iran et au peuple iranien. Quand ils (seront prêts), je serai prêt et bien disposé. De belles choses peuvent arriver à l’Iran ».

« Preuve »

« Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge ».

Régime contre peuple

« Le futur de l’Iran appartient à son peuple » et les Iraniens « méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire ».

« Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur ». « Il soutient des terroristes et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les talibans et Al-Qaïda ».

L’ancien président américain Barack Obama a qualifié mardi de « grave erreur » la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, jugeant que ce dernier « fonctionne » et est dans l’intérêt de Washington.

« Je pense que la décision de mettre le JCPOA en danger sans aucune violation de l’accord de la part des Iraniens est une grave erreur, » a indiqué l’ex-président américain, très discret depuis son départ de la Maison Blanche, dans un communiqué au ton particulièrement ferme.

Voir de même:

Donald Trump furieux contre Mahmoud Abbas suite à un « mensonge »

 
Des sources palestiniennes ont réfuté cette publication

Le président américain Donald Trump aurait fustigé le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors de leur réunion à Bethléem, rapporte dimanche Channel 2.

Selon la chaîne, citant des sources israéliennes, Trump aurait « crié » sur Abbas, car ce dernier lui aurait « menti ».

« Vous m’avez menti à Washington lorsque vous avez parlé de l’engagement pour la paix, mais les Israéliens m’ont montré que vous étiez personnellement responsable de l’incitation », aurait déclaré Trump.

Les sources palestiniennes ont cependant contredit la publication de Channel 2, affirmant que la rencontre entre les deux dirigeants avait été calme.

Dans son discours après la réunion avec Abbas, Trump a insisté sur le fait que « la paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée ». Une déclaration considérée comme une critique du financement de l’Autorité palestinienne destiné aux familles de terroristes emprisonnés ou tués.

Ce rapport intervient alors que le président américain a affirmé hier que les deux parties sont prêtes à « parvenir à la paix ».

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, « m’a assuré qu’il est prêt à faire la paix avec Israël, et je le crois », a déclaré Trump ajoutant que Benyamin Netanyahou a de son coté « assuré qu’il était prêt à parvenir à la paix ».

Voir encore:

Territoires palestiniens: Abbas s’excuse après ses propos jugés antisémites

Ses propos ont fait l’objet de vives critiques dans le monde entier ces derniers jours. En début de semaine, dans un discours prononcé devant des représentants de l’Organisation de libération de la Palestine, Mahmoud Abbas avait estimé que les massacres dont les juifs avaient été victimes en Europe, et notamment l’Holocauste, étaient dus au « comportement social » des juifs et non à leur religion. Il évoquait notamment leurs activités bancaires. Des propos largement condamnés sur la scène internationale par les dirigeants israéliens, par les Etats-Unis, l’Union européenne, l’ONU et la France notamment.

De notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil

Finalement, ce vendredi, le président de l’Autorité palestinienne a décidé de présenter ses excuses. Depuis mardi soir, les critiques se succédaient et les mots employés étaient parfois très forts. Le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix avait condamné des propos « inacceptables ». Il s’agissait pour lui de « certaines des insultes antisémites les plus méprisantes ». Quant au Premier ministre israélien, il estimait pour sa part que « un négationniste reste un négationniste » et il disait souhaiter voir « disparaître » Mahmoud Abbas.

Face à ce tollé, le président de l’Autorité palestinienne n’a d’abord rien dit. Puis après deux jours de silence, ce vendredi, il a choisi de s’excuser. « Si des gens ont été offensés par ma déclaration (…), spécialement des personnes de confession juive, je leur présente mes excuses », écrit Mahmoud Abbas dans un communiqué. « Je réitère mon entier respect pour la foi juive et les autres religions monothéistes », poursuit-il.

Le président de l’Autorité palestinienne se défend de tout antisémitisme. « Nous le condamnons sous toutes ses formes » assure-t-il. Il tient également à « réitérer », dit-il, sa « condamnation de longue date de l’Holocauste » qu’il qualifie de « crime le plus odieux de l’Histoire ».

Voir de même:

Abbas revient sur ses propos relatifs aux rabbins voulant “empoisonner” les puits palestiniens

Après avoir été accusé de diffamation, le dirigeant de l’AP rétracte son affirmation “sans fondement”, et ajoute ne pas avoir voulu “offenser le peuple juif”

Le président du parlement européen Martin Schulz (à droite) avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au parlement de l’Union européenne à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a retiré samedi ses propos concernant des rabbins ayant appelé à empoisonné l’eau des Palestiniens, disant qu’il n’avait pas eu l’intention d’offenser les juifs, après qu’Israël et des organisations juives ont affirmé qu’il faisait la promotion de tropes diffamatoires et antisémites.

« Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde », a déclaré son bureau dans un communiqué.

Pendant un discours prononcé devant le Parlement de l’Union européenne à Bruxelles jeudi, Abbas avait affirmé que les accusations d’incitations [à la violence] palestiniennes étaient injustes puisque « les Israéliens le font aussi… Certains rabbins en Israël ont dit très clairement à leur gouvernement que notre eau devait être empoisonnée afin de tuer des Palestiniens. »

Un article publié en juin dans la presse turque affirmait qu’un rabbin avait fait un tel appel, mais l’histoire s’était rapidement révélée fausse.

Son bureau a déclaré qu’il « rejetait toutes les accusations formulées à son encontre et à celle du peuple palestinien d’offense au judaïsme. [Il] a également condamné toutes les accusations d’antisémitisme. »

En revanche, Abbas n’a pas retiré son affirmation, également prononcée pendant son discours devant le Parlement européen, que le terrorisme mondial serait éradiqué si Israël se retirait de Cisjordanie et de Jérusalem Est.

Israël a dénoncé jeudi Abbas, le qualifiant de colporteur de mensonges, le bureau du Premier ministre déclarant qu’il « a montré son vrai visage », et qu’il « ment quand il affirme que ses mains sont tendues vers la paix. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait accusé jeudi Abbas de « propager des diffamations au parlement européen ».

« Israël attend le jour où Abbas cessera de colporter des mensonges et d’inciter [à la haine contre Israël]. D’ici là, Israël continuera à se défendre contre les incitations palestiniennes, qui alimentent le terrorisme », pouvait-on lire dans le communiqué du bureau du Premier ministre.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), vitrine politique de la première communauté juive d’Europe, avait accusé vendredi Abbas de « propager les caricatures anti juives d’autrefois […] dont on sait qu’elles nourrissent la haine antisémite ».

Voir de plus:

« Jusqu’à son dernier jour », Abbas payera les « familles des martyrs prisonniers »

 Le président de l’Autorité palestinienne a rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré jeudi qu’il ne renoncera pas aux salaires reversés aux terroristes et aux familles des terroristes ayant été emprisonnés en Israël pour avoir mené des attentats, ou ayant tenté de tuer des Israéliens.

« Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour », a déclaré M. Abbas, d’après les médias israéliens.

Le financement par l’Autorité palestinienne de subventions pour les familles des terroristes est un point de discorde entre les Palestiniens et l’administration Trump. Pendant sa visite dans la région plus tôt cette année, le président des Etats-Unis avait souligné que son pays ne tolérerait pas ces rétributions.

Cette déclaration du président de l’AP survient alors que des émissaires américains conduits par Jared Kushner, proche conseiller du président américain, ont rencontré à nouveau cette semaine les dirigeants israéliens et palestiniens.

Après avoir rencontré des responsables saoudiens, émiratis, qataris, jordaniens et égyptiens, la délégation américaine a été reçue jeudi par Benyamin Netanyahou et a rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah.

M. Trump « est déterminé à parvenir à une solution qui apportera la prospérité et la paix à tout le monde dans cette zone », a déclaré Jared Kushner, au début de ses entretiens avec le Premier ministre israélien à Tel-Aviv, selon une vidéo diffusée par l’ambassade américaine.

Le bureau de Benyamin Netanyahou a qualifié les discussions de « constructives et de substantielles » sans autre détail, indiquant qu’elles allaient se poursuivre « dans les prochaines semaines » et remerciant le président américain « pour son ferme soutien à Israël ».

Le président Abbas a pour sa part rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump et a affirmé que « cette délégation (américaine) œuvre pour la paix ». « Nous savons que c’est difficile et compliqué mais ce n’est pas impossible », a-t-il fait savoir.

(Avec agence)

Voir par ailleurs:

Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures.

Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque.

Lors d’une cérémonie à Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué ce qu’il a appelé les «vrais germes de la paix» qui selon lui commençaient à pousser parmi certains pays arabes.

Il n’a pas donné plus de détails mais des signes de réchauffement, tout particulièrement avec Ryad, ont été récemment enregistrés, alors qu’Israël comme le royaume saoudien voit en l’Iran une grave menace.

Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré.

La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe.

Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis que cette attaque ne resterait «pas sans réponse».

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, des dizaines de frappes à distance dans ce pays sont attribuées à Israël, qui se garde communément de les confirmer ou démentir. Elles visent des positions syriennes et des convois d’armes au Hezbollah libanais, qui comme l’Iran et la Russie, aide militairement le régime Assad.

– Les «conseils» de Lieberman –

Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie.

Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine.

Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne.

La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque.

L’armée a décidé par précaution de renoncer à envoyer des chasseurs F-15 à des manœuvres prévues en mai aux Etats-Unis, a rapporté la radio militaire.

Sans évoquer une menace iranienne immédiate, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a prévenu: «Nous ne cherchons pas l’aventure», mais «je conseille à nos voisins au nord (Liban et Syrie) et au sud (bande de Gaza) de tenir sérieusement compte» de la détermination à défendre Israël.

– «Forteresse» –

Le 70e anniversaire est l’occasion pour Israël de célébrer le «miracle» de son existence, sa force militaire, la prospérité de la «nation start-up» et son modèle démocratique.

Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel.

Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain.

S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine.

L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi.

Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël.

«Israël a été établi pour que le peuple juif, qui ne s’est presque jamais senti chez soi nulle part au monde, ait enfin un foyer», a déclaré l’écrivain David Grossman lors d’une cérémonie mardi soir à Tel-Aviv troublée par des militants de droite protestant contre la présence de familles palestiniennes.

«Aujourd’hui, après 70 ans de réussites étonnantes dans tant de domaines, Israël, avec toute sa force, est peut-être une forteresse. Mais ce n’est toujours pas un foyer. Les Israéliens n’auront pas de foyer tant que les Palestiniens n’auront pas le leur».

Cyclisme

Giro : Israël, braquet à l’italienne

Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine.

Pierre Carrey et Guillaume Gendron, correspondant à Tel-Aviv

Plus de doute, avec Benyamin Nétanyahou qui fait des acrobaties à vélo, le départ du Tour d’Italie (Giro d’Italia) de Jérusalem ce vendredi est bien une affaire politique. «Il faut que je m’entraîne», plaisante le Premier ministre dans une vidéo diffusée fin avril sur les réseaux sociaux où on le voit enfourcher un VTT bleu avec casque et costume-cravate. Etonnamment agile pour ses 68 ans, «Bibi» (en réalité, sa doublure) accomplit le tour d’un rond-point sur la roue arrière… Et exhorte l’équipe d’Israel Cycling Academy, dont deux coureurs sur les huit engagés sont israéliens : «Je vais vous aider à gagner !»

Le big start («grand départ») du Giro à Jérusalem est un big deal pour Israël. Trois jours de course : un contre-la-montre de 9,7 km dans les quartiers ouest de la ville «trois fois sainte», une étape de 167 km reliant le port de Haïfa, au nord, avec les plages de Tel-Aviv et enfin 226 km de canyons désertiques entre Beer Sheva et la station balnéaire d’Eilat, au bord de la mer Rouge, à la pointe sud du pays. Le tracé s’arrête à la «ligne verte» et évite soigneusement les Territoires palestiniens ainsi que la Vieille Ville de Jérusalem (mais longera cependant ses murs) et sa partie Est, dont l’annexion par Israël en 1980 n’a jamais été acceptée par la communauté internationale. En principe donc, pas de plans d’hélico des toits rouges des colonies de Cisjordanie ou du mur de séparation…

Cet événement d’envergure (évalué à 120 millions de shekels, soit 27 millions d’euros, l’équivalent de la somme dépensée mi-avril par l’Etat hébreu pour fêter ses 70 ans) est tout à la fois le premier départ d’un grand tour cycliste hors d’Europe, l’une des plus grandes manifestations sportives ou culturelles jamais organisées en Israël et potentiellement l’événement le plus sécurisé de son histoire (protégé par 6 000 policiers et agents privés). Plus encore que les funérailles d’Yitzhak Rabin, le Premier ministre assassiné en 1995. Question retombées, le gouvernement espère une hausse du tourisme grâce à une audience de la course complètement fantasmée, évaluée à un milliard de téléspectateurs.

De son côté, la société italienne RCS Sport, organisatrice de l’épreuve, entend tenir le Giro, simple «événement sportif», «à l’écart de toute discussion politique». Le consul général d’Italie à Tel-Aviv appuyait ces propos lundi, tout en répétant son attachement à l’antienne de la communauté internationale, soit la solution à deux Etats. A l’inverse, le milliardaire Sylvan Adams, qui a attiré le Giro à Jérusalem, envoie valser cette supposée neutralité et annonce la couleur : «On va contourner les médias traditionnels en s’adressant directement aux fans de sport qui n’en ont rien à faire du conflit et veulent juste admirer nos beaux paysages.»

«Un pays normal»

Ce riche héritier canadien de 59 ans s’est installé en Israël en 2016. Une alyah autant motivée par une fibre sioniste proclamée à tout instant que par une certaine affinité avec la fiscalité israélienne : le magnat de l’immobilier a fait sa valise en s’acquittant d’un redressement de 64 millions d’euros auprès du Trésor québécois. Depuis son arrivée, Adams, six fois champion cycliste canadien chez les vétérans, a décidé de financer une école de vélo, une équipe de deuxième division mondiale – celle que rencontre Nétanyahou dans la vidéo -, la construction d’un vélodrome olympique à Tel-Aviv et, point d’orgue, une grande partie du départ du Giro. Un programme supposé transformer Israël en nation de vélo, ce qu’elle n’était pas jusque-là, mais aussi destiné à soutenir l’effort de communication national, soit une version cycliste de l’hasbara (terme hébraïque signifiant «explication» et «propagande»).

Face à la presse, à Tel-Aviv, Sylvan Adams a dicté fin avril les éléments de langage : «J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie.» Normal, il faut le dire vite. Lors de la présentation du tracé à Milan, fin 2017, l’emploi de l’appellation «Jérusalem-Ouest» avait suscité la fureur d’Israël, qui avait obtenu gain de cause (suscitant, en retour, l’indignation des Palestiniens). Désormais, sur les documents officiels, la distinction n’est plus faite. «Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest, s’agace Adams. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte.» Représentant de RCS en Israël, Daniel Benaim va dans le même sens : «Quand les hélicoptères vont filmer Jérusalem, ils vont filmer la beauté du tout, on ne va pas diviser la ville !»

Le mouvement propalestinien BDS («Boycott, désinvestissement, sanctions») accuse l’épreuve de «normaliser l’occupation» israélienne, en utilisant des images du Dôme du Rocher ou de la porte de Damas, symboles palestiniens de la Vieille Ville. Haussement d’épaules côté organisateurs. Benaim : «Le BDS a essayé de faire du bruit en Italie, mais ça ne prend pas. Nous sommes heureux de dire qu’il y a une participation totale des équipes.» Deux groupes sportifs ont néanmoins hésité à s’engager, Bahrain-Merida et le Team UAE (Emirats arabes unis), tous deux dirigés par des managers italiens mais financés par des pétromonarchies du Golfe, qui ne reconnaissent pas officiellement Israël. Elles seront finalement au départ. «Les équipes n’ont pas le choix, rappelle le patron d’une formation concurrente. Quand nous avons appris que le Tour d’Italie partait de Jérusalem [peu après les remous causés par la reconnaissance de la ville comme capitale israélienne par Donald Trump, ndlr], nous nous sommes demandé comment on osait envoyer nos coureurs dans cette zone instable. Hélas, les équipes WorldTour [première division mondiale] sont tenues de participer à toutes les épreuves du calendrier. C’est une règle à changer dans un futur proche pour éviter de subir ces parcours absurdes.»

En façade, le milieu du vélo s’attache à éteindre les controverses. Fabio Aru, coureur originaire de Sardaigne, membre du Team UAE qui aurait pu déclarer forfait, sur Sportfair.it : «On m’a demandé si j’avais peur. Au contraire, je suis enthousiaste […]. Le sport peut aider à réconcilier les peuples.» Le Néerlandais Tom Dumoulin (Team Sunweb), vainqueur sortant du Giro, sur Cyclingnews.com : «Je ne suis pas du genre à me mêler de politique ; je suis cycliste. Si une course démarre d’Israël, on doit être au départ.»

Prime secrète

En off, plusieurs concurrents expriment leurs craintes. Pas tant d’être pris pour cible (d’ailleurs, le dispositif de sécurité était en apparence allégé aux abords de leurs hôtels jeudi) mais inquiets de l’effort physique supplémentaire à consentir. Entre les quatre heures de vol retour qui vont entamer leur récupération lundi (direction la Sicile) et la chaleur attendue dimanche dans le désert. Daniel Benaim rejette : «Je les ai vu monter des cols en Sardaigne sous 36 degrés…» Le silence gêné du peloton s’explique peut-être par la récurrence des courses dans des environnements climatiques et politiques discutables. En particulier à Dubaï et Abou Dhabi, où RCS Sport met sur pied des épreuves, ou encore au Qatar qui fut de 2002 à 2016 le terrain de jeu d’Amaury Sport Organisation, propriétaire du Tour de France. Mais il est aussi possible que cette discrétion soit tenue par des arrangements financiers.

La tête d’affiche de l’épreuve, le Britannique Chris Froome (Team Sky, lire ci-contre) aurait ainsi empoché de 1,4 à 2 millions d’euros de prime de participation selon plusieurs médias spécialisés. Menacé de sanctions pour un contrôle positif, le quadruple vainqueur de la Grande Boucle est accueilli à bras ouverts par des organisateurs misant sur sa notoriété. Théoriquement interdite par l’Union cycliste internationale (les coureurs étant rémunérés par leur équipe et non par les patrons d’épreuves), la pratique s’est banalisée. RCS est ainsi soupçonné d’avoir versé, en 2009, de 1 à 3 millions d’euros à Lance Armstrong, directement ou par l’intermédiaire de sa fondation contre le cancer. Par ailleurs, Libération a appris que l’organisateur italien gonfle depuis des années les frais de participation des équipes pour les inciter à aligner leurs stars sur le Giro.

RCS nie toute prime secrète. Ce qui pourrait laisser penser que, si chèque il y a, il a été signé par les Israéliens. Très excité, Sylvan Adams annonçait : «On espère avoir Froome, même si ça coûte cher. C’est comme faire jouer Messi dans sa ville, sauf que là on l’a pour trois jours avec notre beau pays en toile de fond et pas juste un stade anonyme.» Les images doivent être belles à tout prix. Même celles affichant un optimisme forcé (ou naïf), peu raccord avec l’enlisement actuel du processus de paix. Interrogé par le site Insidethegames.biz, le président de l’UCI, le Français David Lappartient veut y croire : «Espérons que le cyclisme permette de promouvoir la paix, comme les JO l’ont fait en Corée.»


Chris Froome, favori des soupçons

«Je n’ai rien fait de mal.» Christopher Froome va bouffer toujours les mêmes questions et répandre toujours la même odeur de petit scandale au long des 3 600 km du Tour d’Italie qui s’élance de Jérusalem ce vendredi. Le Britannique s’attaque à un exploit jamais vu, hors Eddy Merckx et Bernard Hinault : remporter trois grands tours d’affilée. S’il enlève l’épreuve italienne fin mai, Froome signerait un triplé après le Tour de France (en juillet) et celui d’Espagne (en septembre). A moins qu’il perde tout : le leader de l’équipe Sky est accusé d’abus médicamenteux – pour ne pas dire de dopage -, depuis que des doses élevées de salbutamol ont été retrouvées dans ses urines le 7 septembre. Il avance la prise de ventoline pour soigner son asthme et réussit pour le moment à gagner du temps avec ses avocats. Mais Froome devrait tôt ou tard être sanctionné. Donc certainement, si on s’en réfère au cas d’Alberto Contador en 2012, perdre le bénéfice de sa victoire au Tour d’Espagne. Et celle, peut-être à venir, au Tour d’Italie. Dès lors, pourquoi courir le Giro ? Froome le sait : le public retient les victoires acquises sur le terrain et oublie lorsqu’elles sont effacées a posteriori. Et puis, il y a cette histoire de prime de participation secrète que Froome aurait perçue de la part des organisateurs, pour lesquels le scandale constitue manifestement un argument marketing. P.C.

Voir aussi:

A Courageous Trump Call on a Lousy Iran Deal

Bret Stephens
New York Times

May 8, 2018

Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it.

“Our”?

The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition.

“The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015, referring to the deal by its formal name. It’s questionable whether the deal has any legal force at all.

Build on political sand; get washed away by the next electoral wave. Such was the fate of the ill-judged and ill-founded J.C.P.O.A., which Donald Trump killed on Tuesday by refusing to again waive sanctions on the Islamic Republic. He was absolutely right to do so — assuming, that is, serious thought has been given to what comes next.

In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior.

But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen.

The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding?

Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts.

Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning.

Why? Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sundayreported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston.

The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied.

All this means the administration is in a strong position to negotiate a viable deal. But it missed an opportunity last month when it failed to deliver a crippling blow to Bashar al-Assad, Iran’s puppet in Syria, for his use of chemical weapons. Trump’s appeals in his speech to the Iranian people also sounded hollow from a president who isn’t exactly a tribune of liberalism and has disdained human rights as a tool of U.S. diplomacy. And the U.S. will need to mend fences with its European partners to pursue a coordinated diplomatic approach.

The goal is to put Iran’s rulers to a fundamental choice. They can opt to have a functioning economy, free of sanctions and open to investment, at the price of permanently, verifiably and irreversibly forgoing a nuclear option and abandoning their support for terrorists. Or they can pursue their nuclear ambitions at the cost of economic ruin and possible war. But they are no longer entitled to Barack Obama’s sweetheart deal of getting sanctions lifted first, retaining their nuclear options for later, and sponsoring terrorism throughout.

Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through.

Voir également:

Trump now needs to bring Iran’s economy to its knees

President Trump’s declaration Tuesday that he would exit the 2015 Iran nuclear deal was more than just a fulfillment of a campaign promise; it was a much-needed shift in US foreign policy. The message to the world: The era of appeasement is over.

The Joint Comprehensive Plan of Action was among the worst deals negotiated in modern times. In exchange for the suspension of America’s toughest economic sanctions, Iran needed only freeze its nuclear program for a limited amount of time — keeping its nuclear capabilities on standby while perfecting its missile arsenal, increasing support to terrorism and expanding its military footprint throughout the Middle East.By withdrawing from the agreement, Trump unshackled America’s most powerful economic weapons and restored US leverage to push back on the entire range of Iran’s malign activities. Trump must now implement a new strategy that forces Iran to withdraw from Syria and Yemen, verifiably and irreversibly dismantle its nuclear and missile programs, end its sponsorship of terrorism and improve its human-rights record.

Sustained political warfare, robust military deterrence and maximum economic pressure will all be necessary. Pressure will build steadily as our re-imposed sanctions take hold.

Under the laws passed by Congress before the nuclear deal, banks throughout the world risk losing their access to the US financial system if they do business with the Central Bank of Iran or in connection with Iran’s energy, shipping, shipbuilding and port sectors. Companies providing insurance and re-insurance for Iran-connected projects face US sanctions as well, as do gold and silver dealers to Iran.

Iran will see its oil-export revenue decline as importers are forced to significantly reduce their purchases. Worse than anything for the regime, Iran’s foreign-held reserves will be on lock-down. Money paid by its oil customers must sit in foreign escrow accounts. Banks that allow Iran to repatriate, transfer or convert these payments to other currencies face the full measure of US financial sanctions.

What happens to a country that is cut off from hard currency and faces declining export revenues? In 2013, we saw the result: a balance-of-payments crisis. What happens, however, when these sanctions are imposed amid a raging liquidity crisis while the Iranian currency is in free-fall and the regime is drawing down its foreign-exchange reserves? The Trump administration is hoping for a situation that makes the mullahs choose between economic collapse and wide-ranging behavioral change.

The strategy just might work, but it’ll take a lot more than just re-imposing sanctions to succeed. Sanctions are only effective if they are enforced. The sooner the Trump administration identifies a sanctions-evading bank and cuts it off from the international financial system, the sooner a global chilling effect will amplify the impact of American sanctions. The same goes for underwriters and gold-traders.

Beyond enforcement, the Trump administration will need key allies to fully implement this pressure campaign. The Saudis, under attack by Iranian missiles from Yemen, should be a willing partner in the effort to drive down Iran’s oil exports — ensuring Saudi production increases to replace Iranian contracts and stabilize the market. Saudi Arabia, the UAE and Bahrain should also combine their market leverage to force European and Asian investors to choose between doing business in their countries or doing business in Iran.Trump will also need Europeans to act on one key issue which, given their opposition to his withdrawal from the deal, may present a diplomatic challenge. Under US law, the president may impose sanctions on secure financial messaging services — like the Brussels-based SWIFT service — if they provide access to the Central Bank of Iran or other blacklisted Iranian banks.

In 2012, when Congress first proposed the idea, the European Union ordered SWIFT to disconnect Iranian banks, which closed a major loophole in US sanctions. Now that Trump has left the deal, SWIFT must once again disconnect Iran’s central bank. If SWIFT refuses, Trump should consider imposing sanctions on the group’s board of directors.

Trump’s Iran pivot from appeasement to pressure offers America the best chance to fundamentally change Iranian behavior and improve our national security. If his administration implements the strategy effectively, the Iranian regime will have a choice: meet America’s demands or face economic collapse.

Richard Goldberg, an architect of congressionally enacted sanctions against Iran, is a senior adviser at the Foundation for Defense of Democracies.

Voir encore:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

OLJ/Agences
08/05/2018

Donald Trump a annoncé mardi soir  le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien au risque d’ouvrir une période de vives tensions avec ses alliés européens et d’incertitudes quant aux ambitions atomiques de Téhéran.

Quinze mois après son arrivée au pouvoir, le 45e président des Etats-Unis a décidé, comme il l’avait promis en campagne, de sortir de cet accord emblématique conclu en 2015 par son prédécesseur démocrate Barack Obama après 21 mois de négociations acharnées. « J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche, annonçant le rétablissement des sanctions contre la République islamique qui avaient été levées en contrepartie de l’engagement pris par l’Iran de ne pas se doter de l’arme nucléaire. Le locataire de la Maison Blanche n’a donné aucune précision sur la nature des sanctions qui seraient rétablies et à quelle échéance mais il a mis en garde: « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».
Dénonçant avec force cet accord « désastreux », il a assuré avoir la « preuve » que le régime iranien avait menti sur ses activités nucléaires.

Un peu plus tard, le département du Trésor américain a précisé que les Etats-Unis allaient rétablir une large palette de sanctions concernant l’Iran à l’issue de périodes transitoires de 90 et 180 jours, qui viseront notamment le secteur pétrolier iranien ainsi que les transactions en dollar avec la banque centrale du pays. Dans un communiqué et un document publiés sur son site internet, le Trésor précise que le rétablissement des sanctions concerne également les exportations aéronautiques vers l’Iran, le commerce de métaux avec ce pays ainsi que toute tentative de Téhéran d’obtenir des dollars US.

(Lire aussi : Derrière l’accord nucléaire, l’influence de l’Iran en question)

Son allocution était très attendue au Moyen-Orient où beaucoup redoutent une escalade avec la République islamique mais aussi de l’autre côté de planète, en Corée du Nord, à l’approche du sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la péninsule. A ce sujet, le chef de la Maison Blanche a également indiqué que le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo arrivera en Corée du Nord d’ici « une heure » pour préparer le sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un. « En ce moment même, le secrétaire Pompeo est en route vers la Corée du Nord pour préparer ma future rencontre avec Kim Jong Un », a-t-il déclaré. « On en saura bientôt plus » sur le sort des trois prisonniers américains, a-t-il ajouté.

Réactions

L’Iran souhaite continuer à respecter l’accord de 2015 sur son programme nucléaire, après l’annonce de la décision de Donald Trump, a réagi le président iranien, Hassan Rohani. « Si nous atteignons les objectifs de l’accord en coopération avec les autres parties prenantes de cet accord, il restera en vigueur  (…). En sortant de l’accord, l’Amérique a officiellement sabordé son engagement concernant un traité international », a dit le président iranien dans une allocution télévisée. »J’ai donn é pour consigne au ministère des Affaires étrangères de négocier avec les pays européens, la Chine et la Russie dans les semaines à venir. Si, au bout de cette courte période, nous concluons que nous pouvons pleinement bénéficier de l’accord avec la coopération de tous les pays, l’accord restera en vigueur », a-t-il continué.
M. Rohani a ajouté que Téhéran était prêt à reprendre ses activités nucléaires si les intérêts iraniens n’étaient pas garantis par un nouvel accord après des consultations avec les autres parties signataires du « Plan d’action global conjoint » (JCPOA) de 2015.

La Syrie a également « condamné avec force » l’annonce du retrait des Etats-Unis, affirmant sa « totale solidarité » avec Téhéran et sa confiance dans la capacité de l’Iran à surmonter l’impact de la « position agressive » de Washington.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, pour sa part, dit « soutenir totalement » la décision « courageuse » du président américain. « Israël soutient totalement la décision courageuse prise aujourd’hui par le président Trump de rejeter le désastreux accord nucléaire » avec la République islamique, a dit M. Netanyahu en direct sur la télévision publique dans la foulée de la déclaration de M. Trump.

L’Arabie saoudite a également salué mardi soir la décision de Donald Trump de rétablir les sanctions contre l’Iran et de dénoncer l’accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran, a fait savoir la télévision saoudienne. Les Emirats arabes unis et Bahreïn, alliés de l’Arabie saoudite dans le Golfe, ont emboîté le pas à Riyad en saluant par la voix de leur ministère des Affaires étrangères la décision de M. Trump. Bahreïn accueille la 5e flotte américaine.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni « regrettent » la décision américaine de se retirer de l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015, a, de son côté, réagi Emmanuel Macron sur Twitter, évoquant sa volonté de travailler collectivement à un « cadre plus large » sur ce dossier. « Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu », a estimé le chef de l’Etat français, qui s’était entretenu au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May à 19h30 heure de Paris, peu avant la prise de parole de Donald Trump. « Nous travaillerons collectivement à un cadre plus large, couvrant l’activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak », a-t-il ajouté, toujours sur Twitter.

Un peu plus tard, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déclaré, depuis Rome, que l’UE est « déterminée à préserver » l’accord nucléaire iranien. L’accord de Vienne de 2015 « répond à son objectif qui est de garantir que l’Iran ne développe pas des armes nucléaires, l’Union européenne est déterminée à le préserver », a insisté Mme Mogherini, lors d’une brève déclaration à la représentation de la Commission européenne à Rome, en se disant « particulièrement inquiète » de l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre Téhéran..

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a, quant à lui, appelé les six autres signataires de l’accord sur le nucléaire iranien « à respecter pleinement leurs engagements », après le retrait des Etats-Unis. « Je suis profondément préoccupé par l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord JCPOA (en référence à l’acronyme en anglais ndlr) et de la reprise de sanctions américaines », a aussi souligné le patron des Nations unies dans un communiqué.

Le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin a, de son côté, estimé que « le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire est une décision qui va causer de l’instabilité et de nouveaux conflits ». « La Turquie va continuer de s’opposer avec détermination à tous types d’armes nucléaires », a ajouté le porte-parole de Recep Tayyip Erdogan.

Le ministère russe des Affaires étrangères a, pour sa part, déclaré que la Russie est « profondément déçue » par la décision du président américain.
« Nous sommes extrêmement inquiets que les Etats-Unis agissent contre l’avis de la plupart des Etats (…) en violant grossièrement les normes du droit international », selon le texte.  Selon Moscou, cette décision de Donald Trump « est une nouvelle preuve de l’incapacité de Washington de négocier » et les « griefs américains concernant l’activité nucléaire légitime de l’Iran ne servent qu’à régler les comptes politiques » avec Téhéran.

Quelles répercussions?

A l’exception des Etats-Unis, tous les signataires ont défendu jusqu’au bout ce compromis qu’ils jugent « historique », soulignant que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a régulièrement certifié le respect par Téhéran des termes du texte censé garantir le caractère non militaire de son programme nucléaire. En contrepartie des engagements pris par Téhéran, Washington a suspendu ses sanctions liées au programme nucléaire iranien. Mais la loi américaine impose au président de se prononcer sur le renouvellement de cette suspension tous les 120 ou 180 jours, selon le type de mesures punitives. Certaines suspensions arrivent à échéance samedi, mais le gros d’entre elles restent en théorie en vigueur jusqu’à mi-juillet.

Dès mardi soir, le nouvel ambassadeur américain en Allemagne a écrit, sur Twitter, que les entreprises allemandes devraient immédiatement cesser leurs activités en Iran. Le président américain Donald Trump « a dit que les sanctions allaient viser des secteurs critiques de l’économie de l’Iran. Les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement », a commenté Richard Grenell qui a pris ses fonctions hier.

Airbus a, de son côté, annoncé qu’il allait examiner la décision prise par Donald Trump avant de réagir. « Nous analysons attentivement cette annonce et évaluerons les prochaines étapes en cohérence avec nos politiques internes et dans le respect complet des sanctions et des règles de contrôle des exportations », a dit le responsable de la communication d’Airbus, Rainer Ohler. « Cela prendra du temps », a-t-il ajouté. Un peu plus tard, le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, annonçait que les Etats-Unis allaient retirer à Airbus et à Boeing les autorisations de vendre des avions de ligne à l’Iran.

En janvier, l’ancien magnat de l’immobilier avait lancé un ultimatum aux Européens, leur donnant jusqu’au 12 mai pour « durcir » sur plusieurs points ce texte signé par Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne). En ligne de mire: les inspections de l’AIEA; la levée progressive, à partir de 2025, de certaines restrictions aux activités nucléaires iraniennes, qui en font selon lui une sorte de bombe à retardement; mais aussi le fait qu’il ne s’attaque pas directement au programme de missiles balistiques de Téhéran ni à son rôle jugé « déstabilisateur » dans plusieurs pays du Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Liban…).

L’annonce de mardi va avoir des répercussions encore difficiles à prédire. Les Européens ont fait savoir qu’ils comptent rester dans l’accord quoi qu’il advienne. Mais que vont faire les Iraniens?
Pour l’instant, Téhéran, où cohabitent des ultraconservateurs autour du guide suprême Ali Khamenei et des dirigeants plus modérés autour du président Hassan Rohani, ont soufflé le chaud et le froid.
La République islamique a menacé de quitter à son tour l’accord de 2015, de relancer et accélérer le programme nucléaire, mais a aussi laissé entendre qu’elle pourrait y rester si les Européens pallient l’absence américaine.

Voir de plus:

Accord sur le nucléaire iranien : 10 conséquences de la (folle) décision de Trump

Le monde a basculé le 8 mai 2018, avec la sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Voici ce qui risque de se passer maintenant.

Vincent Jauvert

Le monde a basculé ce 8 mai 2018.

Rien n’y a fait. Ni les câlins d’Emmanuel Macron. Ni les menaces du président iranien. Ni les assurances des patrons de la CIA et de l’AIEA. Donald Trump a tranché : sous le prétexte non prouvé que l’Iran ne le respecte pas, il retire les Etats-Unis de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015. Une folle décision aux conséquences considérables.

  1. Après la dénonciation de celui de Paris sur le climat, voici l’abandon unilatéral d’un autre accord qui a été négocié par les grandes puissances pendant plus de dix ans. L’Amérique devient donc, à l’évidence, un « rogue state » – un Etat voyou qui ne respecte pas ses engagements internationaux et ment une fois encore ouvertement au monde. L’invasion de l’Irak n’était donc pas une exception malheureuse : Washington n’incarne plus l’ordre international mais le désordre.
  2. Si l’on en doutait encore, le monde dit libre n’a plus de leader crédible ni même de grand frère. Ce qui va troubler un peu plus encore les opinions publiques et les classes dirigeantes occidentales.
  3. Puisque l’Iran en est l’un des plus gros producteurs et qu’il va être empêché d’en vendre, le prix du pétrole, déjà à 70 dollars le baril, va probablement exploser, ce qui risque de ralentir voire de stopper la croissance mondiale – et donc celle de la France.
  4. D’ailleurs, de tous les pays occidentaux, la France est celui qui a le plus à perdre d’un retour des sanctions américaines – directes et indirectes. L’Iran a, en effet, passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et a signé un gigantesque contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. Or Trump a choisi la version la plus dure : interdire de nouveau à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. Pour continuer à commercer sur le marché américain, Airbus et Total devront donc renoncer à ces deals juteux.
  5. En Iran, le président « réformateur » Rohani, qui avait défendu bec et ongles l’accord en promettant des retombées économiques mirifiques pour son pays et accepté, par cet accord, que son pays démonte les deux tiers de ses centrifugeuses et se sépare de 98% de son uranium enrichi, est humilié. Tandis que le clan des « durs » pavoise.
  6. L’accord dénoncé, l’Iran va donc probablement relancer au plus vite son programme nucléaire militaire en commençant par réassembler les centrifugeuses et les faire tourner dans un bunker enterré très profondément.
  7. Ce qui devrait être le déclencheur d’une course folle à l’armement atomique dans tout le Moyen-Orient. L’Arabie saoudite, grâce au Pakistan, et la Turquie, grâce à son développement économique, ne voudront pas être dépassées par l’Iran et voudront, donc, devenir elles aussi des puissances nucléaires. Si bien qu’Emmanuel Macron a eu raison d’évoquer « un risque de guerre » (dans le « Spiegel » samedi dernier) si les Etats-Unis se retiraient de l’accord. De fait, le risque est grand que cette dénonciation unilatérale, alliée à un retour en force des « conservateurs » à Téhéran, ne précipite un affrontement militaire de grande envergure entre Israël et l’Iran – affrontement qui a déjà commencé à bas bruit, ces dernières semaines, par les frappes de Tsahal contre des bases du Hezbollah en Syrie.
  8. La milice chiite pro-iranienne qui vient de remporter les élections législatives au Liban pourrait profiter de cette victoire électorale inattendue et du retrait unilatéral américain – gros de menaces militaires – pour attaquer le nord d’Israël.
  9. Et, ainsi soutenu politiquement par le président américain, le gouvernement israélien pourrait décider de frapper ce qui reste des installations nucléaires iraniennes, ainsi qu’il l’avait sérieusement envisagé plusieurs fois avant l’accord de 2015. Autrement dit, la seule question est peut-être désormais de savoir lequel des deux pays, l’Iran ou Israël, va lancer la vaste offensive en premier. A moins que les Etats-Unis ne décident de frapper eux-mêmes « préventivement » la République islamique, avec les conséquences géopolitiques que l’on n’ose imaginer. Vous croyez cela impossible ? N’oubliez pas que Donald Trump vient de se choisir un nouveau conseiller à la sécurité. Il s’agit d’un certain John Bolton, un néoconservateur qui milite depuis le 11-Septembre pour que les Etats-Unis renversent le « régime des mollahs »…
  10. Evidemment, cette décision de Trump éloigne un peu plus encore l’espoir d’un règlement politique du conflit syrien. Et augmente les risques sur le terrain d’affrontements militaires entre milices iraniennes et soldats occidentaux – dont les forces spéciales françaises.

     Voir enfin:

    Remarks by President Trump on the Joint Comprehensive Plan of Action

    My fellow Americans: Today, I want to update the world on our efforts to prevent Iran from acquiring a nuclear weapon.

    The Iranian regime is the leading state sponsor of terror. It exports dangerous missiles, fuels conflicts across the Middle East, and supports terrorist proxies and militias such as Hezbollah, Hamas, the Taliban, and al Qaeda.

    Over the years, Iran and its proxies have bombed American embassies and military installations, murdered hundreds of American servicemembers, and kidnapped, imprisoned, and tortured American citizens. The Iranian regime has funded its long reign of chaos and terror by plundering the wealth of its own people.

    No action taken by the regime has been more dangerous than its pursuit of nuclear weapons and the means of delivering them.

    In 2015, the previous administration joined with other nations in a deal regarding Iran’s nuclear program. This agreement was known as the Joint Comprehensive Plan of Action, or JCPOA.

    In theory, the so-called “Iran deal” was supposed to protect the United States and our allies from the lunacy of an Iranian nuclear bomb, a weapon that will only endanger the survival of the Iranian regime. In fact, the deal allowed Iran to continue enriching uranium and, over time, reach the brink of a nuclear breakout.

    The deal lifted crippling economic sanctions on Iran in exchange for very weak limits on the regime’s nuclear activity, and no limits at all on its other malign behavior, including its sinister activities in Syria, Yemen, and other places all around the world.

    In other words, at the point when the United States had maximum leverage, this disastrous deal gave this regime — and it’s a regime of great terror — many billions of dollars, some of it in actual cash — a great embarrassment to me as a citizen and to all citizens of the United States.

    A constructive deal could easily have been struck at the time, but it wasn’t. At the heart of the Iran deal was a giant fiction that a murderous regime desired only a peaceful nuclear energy program.

    Today, we have definitive proof that this Iranian promise was a lie. Last week, Israel published intelligence documents long concealed by Iran, conclusively showing the Iranian regime and its history of pursuing nuclear weapons.

    The fact is this was a horrible, one-sided deal that should have never, ever been made. It didn’t bring calm, it didn’t bring peace, and it never will.

    In the years since the deal was reached, Iran’s military budget has grown by almost 40 percent, while its economy is doing very badly. After the sanctions were lifted, the dictatorship used its new funds to build nuclear-capable missiles, support terrorism, and cause havoc throughout the Middle East and beyond.

    The agreement was so poorly negotiated that even if Iran fully complies, the regime can still be on the verge of a nuclear breakout in just a short period of time. The deal’s sunset provisions are totally unacceptable. If I allowed this deal to stand, there would soon be a nuclear arms race in the Middle East. Everyone would want their weapons ready by the time Iran had theirs.

    Making matters worse, the deal’s inspection provisions lack adequate mechanisms to prevent, detect, and punish cheating, and don’t even have the unqualified right to inspect many important locations, including military facilities.

    Not only does the deal fail to halt Iran’s nuclear ambitions, but it also fails to address the regime’s development of ballistic missiles that could deliver nuclear warheads.

    Finally, the deal does nothing to constrain Iran’s destabilizing activities, including its support for terrorism. Since the agreement, Iran’s bloody ambitions have grown only more brazen.

    In light of these glaring flaws, I announced last October that the Iran deal must either be renegotiated or terminated.

    Three months later, on January 12th, I repeated these conditions. I made clear that if the deal could not be fixed, the United States would no longer be a party to the agreement.

    Over the past few months, we have engaged extensively with our allies and partners around the world, including France, Germany, and the United Kingdom. We have also consulted with our friends from across the Middle East. We are unified in our understanding of the threat and in our conviction that Iran must never acquire a nuclear weapon.

    After these consultations, it is clear to me that we cannot prevent an Iranian nuclear bomb under the decaying and rotten structure of the current agreement.

    The Iran deal is defective at its core. If we do nothing, we know exactly what will happen. In just a short period of time, the world’s leading state sponsor of terror will be on the cusp of acquiring the world’s most dangerous weapons.

    Therefore, I am announcing today that the United States will withdraw from the Iran nuclear deal.

    In a few moments, I will sign a presidential memorandum to begin reinstating U.S. nuclear sanctions on the Iranian regime. We will be instituting the highest level of economic sanction. Any nation that helps Iran in its quest for nuclear weapons could also be strongly sanctioned by the United States.

    America will not be held hostage to nuclear blackmail. We will not allow American cities to be threatened with destruction. And we will not allow a regime that chants “Death to America” to gain access to the most deadly weapons on Earth.

    Today’s action sends a critical message: The United States no longer makes empty threats. When I make promises, I keep them. In fact, at this very moment, Secretary Pompeo is on his way to North Korea in preparation for my upcoming meeting with Kim Jong-un. Plans are being made. Relationships are building. Hopefully, a deal will happen and, with the help of China, South Korea, and Japan, a future of great prosperity and security can be achieved for everyone.

    As we exit the Iran deal, we will be working with our allies to find a real, comprehensive, and lasting solution to the Iranian nuclear threat. This will include efforts to eliminate the threat of Iran’s ballistic missile program; to stop its terrorist activities worldwide; and to block its menacing activity across the Middle East. In the meantime, powerful sanctions will go into full effect. If the regime continues its nuclear aspirations, it will have bigger problems than it has ever had before.

    Finally, I want to deliver a message to the long-suffering people of Iran: The people of America stand with you. It has now been almost 40 years since this dictatorship seized power and took a proud nation hostage. Most of Iran’s 80 million citizens have sadly never known an Iran that prospered in peace with its neighbors and commanded the admiration of the world.

    But the future of Iran belongs to its people. They are the rightful heirs to a rich culture and an ancient land. And they deserve a nation that does justice to their dreams, honor to their history, and glory to God.

    Iran’s leaders will naturally say that they refuse to negotiate a new deal; they refuse. And that’s fine. I’d probably say the same thing if I was in their position. But the fact is they are going to want to make a new and lasting deal, one that benefits all of Iran and the Iranian people. When they do, I am ready, willing, and able.

    Great things can happen for Iran, and great things can happen for the peace and stability that we all want in the Middle East.

    There has been enough suffering, death, and destruction. Let it end now.

    Thank you. God bless you. Thank you.


Edwy Plenel: C’est la logique du bouc émissaire, imbécile ! (It’s scapegoating, stupid !)

16 avril, 2018
Chaillot
 
macron eveques islam laicite
N’allez pas croire que je suis venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre. Je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et à la bru à sa belle-mère : on aura pour ennemi les gens de sa famille. Jésus (Matthieu 10, 34-36)
Alors le roi dira (…) j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli; j’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire? Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et t’avons-nous vêtu? Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi?Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Matthieu 25: 34-40)
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
A cause de l’influence judaïque et chrétienne, le phénomène ne se produit plus à notre époque que de façon honteuse, furtive, clandestine. (…) Entre les phénomènes d’expulsion atténuée que nous observons tous les jours dans notre monde et le rite antique du bouc émissaire aussi bien que mille autres rites du même genre, les analogies sont trop parfaites pour  ne pas être réelles. Lorsque nous soupçonnons nos voisins de céder à la tentation du bouc émissaire, nous les dénonçons avec indignation. Nous stigmatisons férocement les phénomènes de bouc émissaire dont nos voisins se rendent coupable, sans  parvenir à  nous passer nous-mêmes de victimes de rechange. Nous essayons tous de croire que nous n’avons que des rancunes légitimes et des haines justifiées mais nos certitudes en ce domaine sont plus fragiles que celles de nos ancêtres. Nous pourrions utiliser avec délicatesse la perspicacité dont nous faisons preuve à l’égard de nos voisins, sans trop humilier ceux que nous prenons en flagrant délit de chasse au bouc émissaire mais, le plus souvent, nous faisons de notre savoir une arme, un moyen non seulement de perpétuer les vieux conflits mais de les élever au niveau supérieur de subtilité exigé par l’existence même de ce savoir, et par sa diffusion dans toute la société. Nous intégrons à nos système de défense, en somme, la problématique judéo-chrétienne. Au lieu de nous critiquer nous-mêmes, nous faisons un mauvais usage de notre savoir, nous le retournons contre autrui et nous pratiquons une chasse du bouc émissaire au second degré, une chasse aux chasseurs de bouc émissaire. La compassion obligatoire dans notre société autorise de nouvelles formes de cruauté. (…) La perspicacité au sujet des boucs émissaires est une vraie supériorité de notre société sur toutes les sociétés antérieures, mais, comme tous les progrès du savoir, c’est aussi une occasion de mal aggravé. Moi qui dénonce les boucs émissaires de mes voisins avec une satisfaction mauvaise, je continue à tenir les miens pour objectivement coupables. Mes voisins, bien entendu, ne se font pas faute de dénoncer chez moi la perspicacité sélective que je dénonce chez eux. Les phénomènes de bouc émissaire ne peuvent survivre dans bien des cas qu’en se faisant plus subtils, en égarant dans des méandres toujours plus complexes la réflexion morale qui les suit comme leur ombre. Nous ne pourrions plus recourir à un malheureux bouc pour nous débarrasser de nos ressentiments, nous avons besoin de procédures moins comiquement évidentes. C’est la privation des mécanismes victimaires et à ses conséquences terribles que Jésus fait allusion, je pense, quand il présente l’avenir du monde christianisé en termes de conflits entre les êtres les plus proches. Dans un univers privé de protections sacrificielles, les rivalités mimétiques se font souvent moins violentes mais s’insinuent jusque dans les rapports les plus intimes. (…) Loin de diminuer à mesure que le christianisme s’éloigne, son intensité augmente. (…) Nous avons désormais nos rites victimaires, antisacrificiels, et ils se déroulent dans un ordre aussi immuable que les rites proprement religieux. On se lamente d’abord sur les victimes qu’on s’accuse mutuellement de faire ou de laisser faire. On se lamente ensuite sur l’hypocrisie  de toute lamentation; on se lamente enfin sur le christianisme, indispensable bouc émissaire car il n’est pas de rit sans victime et, de nos jours, la victime, c’est toujours lui: il est the scapegoast of last resort (…) Le souci des victimes est devenu un enjeu paradoxal des rivalités mimétiques, des surenchères concurrentielles. Il y a les victimes en général mais les plus intéressantes sont toujours celles qui nous permettent de condamner nos voisins. (…) Dans notre univers, en somme, tout le monde se jette des victimes à la tête. (…) La surenchère permanente transforme le souci des victimes en une injonction totalitaire, une inquisition permanente. (…)  L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le triomphe du souci des victimes, ce n’est pourtant pas le christianisme qui en profite dans notre monde, c’est ce qu’il faut appeler l’autre totalitarisme, le plus malin des deux, le plus riche d’avenir, de toute évidence, ausi bien que de présent, celui qui, au lieu de s’opposer ouvertement aux aspirations judéo-chrétiennes, les revendique, comme sa chose à lui, et conteste l’authenticité du souci des victimes chez les chrétiens (non sans sans une certaine apparence de raison au niveau de l’action concrète, de l’incarnation historique du christianisme réel au cours de l’histoire). Au lieu de s’opposer franchement au christianisme, l’autre christianisme le déborde sur sa gauche. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Dans le langage symbolique du Nouveau Testament, on peut dire que que, pour essayer de se rétablir et de triompher à nouveau, Satan dans notre monde emprunte le langage des victimes. Satan  imite de mieux en mieux le Christ et prétend le dépasser. (…) C’est le processus que le Nouveau Testament évoque dans le langage de l’Antéchrist. (…) L’Antéchrist se flatte d’apporter  aux hommes la paix et la tolérance que le christianisme leur promet mais ne leur apporte pas. En réalité, ce que le radicalisation de la victimologie contemporaine apporte, c’est un retour très effectif à toutes sortes d’habitudes païennes, l’avortement, l’euthanasie, l’indifférenciation sexuelle, les jeux de cirque à gogo, mais sans victimes réelles, grâce aux simulations electroniques, etc. Le néo-paganisme veut faire du Décalogue et de toute la morale judéo-chrétienne une violence intolérable  et leur abolition complète  est le premier de ses objectifs. L’observance fidèle de la loi morale est perçue comme une complicité avec les forces de persécution qui seraient essentiellement religieuses. Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. Ce néo-paganisme situe le bonheur dans l’assouvissement des désirs et, par conséquent, dans la suppression de tous les interdits. L’idée acquiert un semblant de vraisemblance dans le domaine limité des biens de consommation dont la multiplication prodigieuse, grâce au progrès technique, atténue certaines rivalités mimétiques, conférant une apparence de plausibilité à la thèse qui fait de toute loi morale un pur instrument de répression et de persécution. René Girard (Je vois Satan tomber comme l’éclair, pp. 241-279, 1999)
Depuis deux ans, selon notre sondage, la croyance en Dieu a progressé chez les jeunes Français âgés de 18 à 30 ans. Les croyants sont même devenus légèrement majoritaires, à 52 %, alors qu’ils n’étaient que 46 % en 2016. Et moins d’un jeune sur cinq (19 %) considère l’existence de Dieu comme totalement exclue (contre 23 % en 2016). Cette évolution s’accompagne d’une hausse importante du nombre de jeunes qui jugent importante la dimension spirituelle dans leur vie personnelle (39 %, + 9 % depuis juillet 2016). L’intérêt pour la foi de cette génération contraste aussi avec l’étude européenne réalisée par l’Institut catholique de Paris et l’université londonienne St Mary’s qui faisait apparaître une jeunesse éloignée des appartenances religieuses mais ne posait pas la question du rapport à Dieu. (…) Le sentiment d’appartenance à une religion est lui aussi en hausse : 57 % des Français de 18 à 30 ans déclarent avoir une religion. Ils étaient 53 % en 2016, et seulement 34 % il y a dix ans. Mais, en ce début de XXIe siècle, croire en Dieu ne signifie pas forcément se reconnaître dans une religion… Ainsi, près du quart des sondés se déclarant « sans religion » tiennent l’existence de Dieu pour « certaine ou probable ». (…) La deuxième vague de ce sondage montre également des jeunes très à l’aise avec le pluralisme religieux. En effet 63 % des personnes interrogées jugent « facile » d’échanger avec des personnes d’autres religions, et 56 % d’assumer son statut de croyant dans la société française (ils ne sont toutefois que 9 % à trouver cela « très facile »). Ces résultats en hausse par rapport au sondage de juillet 2016 montrent que, contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, les diverses controverses sur la laïcité qui ont émaillé l’actualité – crèches de Noël dans les mairies, menus sans porc dans les cantines, débat sur le « burkini » ou sur la statue de Jean-Paul II à Ploërmel – n’atteignent pas du tout les jeunes. (…) Le ressenti des jeunes concernant la facilité d’assumer sa croyance en France est toutefois à nuancer selon les religions. En effet, la majorité (57 %) des croyants non chrétiens – c’est-à-dire, pour l’essentiel, des musulmans – trouve difficile d’être croyant en France. Une différence significative apparaît aussi entre hommes et femmes, ces dernières n’étant que 48 % à assumer facilement leur croyance, contre 63 % des hommes. Quant au dialogue avec des personnes d’autres convictions religieuses que les siennes, il faut également noter qu’il apparaît plus difficile aux non-croyants (43 %) qu’aux croyants (29 %). La France, qui fut parmi les premiers pays en matière de sécularisation, connaît-elle désormais avant les autres un retour du religieux ? La Croix
Cette génération est plus pragmatique et moins idéologue que les précédentes. Pour eux, la prière et les rassemblements ont aussi une dimension esthétique. Des non-croyants vont aimer aller à la messe pour vivre une expérience culturelle un peu étrange, le silence par exemple. (…) Ils ne comprennent pas comment on peut avoir ce genre de débats aujourd’hui. Pour eux, ces polémiques sur la laïcité sont d’un autre âge. Ils n’associent pas l’Église au prosélytisme. (…) « Même s’il y a moins de préjugés qu’avant, le fait de n’avoir aucun contact avec les religions peut entretenir une peur, confirme Mgr Bordeyne. Ma génération a grandi avec des professeurs très laïques pour lesquels les religions étaient clivantes. Cette enquête, au contraire, montre que la religion ouvre davantage aux autres que l’absence de foi. C’est cela aussi qui fait que les jeunes s’y intéressent : ils voient bien que l’absence de religion ne favorise pas spécialement le dialogue. Mgr Philippe Bordeyne (Institut catholique de Paris)
Le Nord-Pas-de-Calais, certaines banlieues parisiennes, et les quartiers Nord de Marseille sont les lieux où nous avons mesuré la plus grande radicalité. Dans certains établissements, la proportion «d’absolutistes» monte à plus de 40 %. On note aussi un effet «ségrégation» : quand le taux d’élèves musulmans est très important dans un lycée, ceux-ci sont plus radicaux qu’ailleurs. Mais partout, les élèves musulmans sont plus radicaux religieusement que les autres. (…) L’«effet islam» explique bien mieux la radicalité que des facteurs socio-économiques. C’est un résultat important. Le niveau social de la famille, l’optimisme ou le pessimisme du lycéen face à l’emploi ou à ses résultats scolaires n’ont aucun effet sur le degré d’adhésion à des idées religieuses radicales. (…) le sentiment de discrimination (…) a tendance à augmenter, chez les jeunes musulmans, le niveau de radicalité religieuse et la tolérance à la violence religieuse. Nous avons aussi tenté d’explorer la piste de ce que certains chercheurs nomment «le malaise identitaire» : un groupe minoritaire peut se sentir l’objet de l’hostilité du groupe majoritaire, sans pour autant subir de discrimination. Nous avons ainsi demandé aux jeunes s’ils se sentaient français, s’ils étaient solidaires avec le peuple palestinien, quel était leur regard sur les tensions interreligieuses… Ces variables jouent, preuve qu’il y a donc bien un effet identitaire. Mais celui-ci n’efface pas la question religieuse. In fine, l’effet islam reste très marqué. Il faudrait maintenant mener des recherches complémentaires auprès des jeunes musulmans pour explorer de manière plus approfondie la façon dont ils investissent la religion.(…) Un effet religion existe bien puisque 8 % des chrétiens répondent qu’il est acceptable de combattre les armes à la main pour sa religion, ce n’est pas négligeable. On monte à 20 % des musulmans. Mais le facteur qui détermine le plus fortement le soutien à la violence religieuse est la tolérance à la violence et aux déviances en général : voler un scooter, tricher lors d’un examen, participer à une action violente pour défendre ses idées, affronter la police… C’est un résultat important, qui conduit à constater un indéniable «effet ZUS» [zone urbaine sensible, ndlr]. Dans certaines zones du territoire, on devine qu’une socialisation à la déviance et à la violence explique sans doute la perméabilité à la violence religieuse. On y observe une «culture déviante». (…) en France, les manifestations de radicalité religieuse concernent essentiellement le monde musulman, les autres sont très circonscrites.(…) je pense qu’une partie de la sociologie est aveugle, sous prétexte de ne pas stigmatiser. La discrimination existe, c’est prouvé scientifiquement. Mais il ne faut pas non plus envisager ces jeunes-là uniquement d’un point de vue victimaire. Sinon, on ne peut pas les considérer comme les acteurs sociaux qu’ils sont. Cette sociologie-là est trop idéologique, elle s’est appuyée trop exclusivement sur l’analyse des discriminations. La neutralité axiologique est importante, elle est trop souvent oubliée aujourd’hui. Olivier Galland
The general feeling shared by Jews, as individuals and as a community, is that anti-Semitism has entered a new phase, and is widespread in most parts of the world. In many parts of Europe, Jewish communities and institutions can only operate under strict security measures. Fences, surveillance and police and military protection have become part of our daily lives. In parallel, as our institutions become bunkers, helpless individuals become more vulnerable to isolated attacks. What evil can compel someone to commit some gruesome, despicable crimes? The answer is very clear, anti-Semitism de-humanizes Jews. And when people, Jews, we are de-humanized, anything goes. Dr. Moshe Kantor (European Jewish Congress)
Inciter les membres d’une religion à s’engager politiquement, dans un contexte d’entrisme politique de l’islam radical, est à la fois irresponsable et dangereux : le Président ne pouvait ignorer la résonance particulière de ces mots dans un contexte où l’église catholique est en plein recul sur fond de crise des vocations, quand le prosélytisme islamique, lui, ne cesse de s’étendre. Ce ne sont pas les luthériens ni les bouddhistes qui vont soudain vouloir s’emparer de cet appel à l’engagement politique des religieux, et l’équité entre les cultes que commande justement le principe de laïcité obligera le Président à prononcer les mêmes paroles et accorder les mêmes objectifs aux membres de toutes les religions. Le problème … réside dans la volonté de certains d’imposer leur vision de la spiritualité dans l’espace public : vêtements, comportements, intolérances, interdictions, évictions des femmes de certains espaces, violences contre les membres d’autres religions, mais aussi interventions dans le champ bio-éthique etc. La spiritualité ne dispense jamais mieux ses effets positifs sur la société que lorsqu’elle s’exerce dans le cadre privé. Paradoxalement, après un siècle de relations en effet très douloureuses entre les Eglises et l’Etat, c’est désormais la laïcité qui est le meilleur rempart protecteur pour les chrétiens, tout comme elle l’est également pour les juifs de France mais aussi pour les musulmans modérés : ne pas comprendre cette inversion historique du paradigme laïque engendré par l’entrisme islamiste c’est au mieux faire un contresens majeur sur la situation actuelle, et au pire donner les clés de la maison à la religion qui sera la plus véhémente dans son action politique. Anne-Marie Chazaud
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (préface des « Damnés de la terre » de Franz Fanon, 1961)
L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage. Edwy Plenel (alias Joseph Krasny)
Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël. Edwy Plenel
C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe, comme nous sommes la fille aînée de l’Eglise catholique, le pilier de l’édit de Nantes pour les protestants, comme nous avons la plus importante communauté juive d’Europe rescapée du génocide. La France est la terre de la laïcité républicaine. (…) Réduire plusieurs millions de personnes aux actes odieux d’une minorité est un mécanisme de temps de crise. C’est la ruse des pouvoirs économico-politiques pour échapper à la catastrophe et à l’échec des politiques qu’ils mènent. C’est la logique du bouc émissaire. Cette façon d’agiter la querelle religieuse, de stigmatiser l’islam, de s’en prendre à ses symboles : le vêtement, le voile, le halal, les mosquées, est contraire au véritable esprit de la loi sur la laïcité, qui reconnaît les cultures minoritaires. C’est une façon de dissoudre la question sociale, d’humilier les opprimés. D’obtenir une paix pour les dominants et de faire diversion par rapport aux enjeux essentiels que sont l’emploi et le logement. Aucune famille politique n’est épargnée dans cet aveuglement, pas même la gauche. Ce «laïcisme» est le cheval de Troie de l’islamophobie, il est à la laïcité ce que l’intégrisme est à la religion. Il a une similitude avec l’antisémitisme : sous prétexte de ce sectarisme laïc, on installe l’habitude d’une discrimination et d’une stigmatisation. C’est le point de départ de mon livre dont le titre reprend en écho l’article d’Emile Zola «Pour les juifs», rédigé quelques mois avant son «J’accuse», de l’affaire Dreyfus. Edwy Plenel
Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l’islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation (…) De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d’une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes (…) Aujourd’hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction – il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France – . Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes qui sont au coeur de ce qu’est notre peuple. (…) Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n’y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés. Edwy Plenel
Sur ces questions Mandela a été très ferme (…) En 2001, aux Etats-Unis, lors d’une conversation avec Thomas Friedman, un journaliste américain spécialisé dans le Proche-Orient, il lui dira: « C’est peut-être étrange pour vous d’observer la situation en Palestine ou, plus exactement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d’apartheid » car, dit-il, « les Palestiniens ne luttent pas pour un « Etat » mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud. » En revanche, il soulignait, sur les questions de la justice, de la terre, de l’occupation: « Israël a montré qu’il n’était pas encore prêt à rendre ce qu’il avait occupé en 1967, que les colonies restent, que Jérusalem est toujours sous souveraineté exclusivement israélienne et les Palestiniens n’ont pas d’Etat indépendant mais sont sous domination économique israélienne, avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l’air, de l’eau, de la mer. (…) Israël, c’était  la conclusion de Mandela, ne pense pas à un « Etat » mais à une « séparation » avec des guillemets qui renvoient à l’apartheid. Je voudrais rappeler cela pour un peu déranger et montrer l’actualité de ces combats. Edwy Plenel
Il ne s’agit pas ici de transformer Mandela en héraut du combat pour les droits nationaux des Palestiniens, même s’il n’a jamais fait mystère de son soutien à la lutte contre l’occupation israélienne. Mandela a toujours été, sur ce terrain, beaucoup plus en retrait que l’archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient la campagne internationale de boycott de l’État d’Israël, qu’il qualifie, à l’instar d’autres dirigeants sud-africains, d’État d’apartheid. Tel n’est pas le cas de Mandela, contrairement à ce que croient ceux qui ont pris pour argent comptant un “Mémo de Nelson Mandela à Thomas Friedman” dénonçant “l’apartheid israélien”, qui est en réalité un exercice de style rédigé par Arjan el-Fassed. Julien Salingue
The main purpose of the Mandela-memo was to respond in a satirical way to Thomas Friedman using the exact same style and even phrases he uses in his columns. Obviously, the ‘mock memo’ had been forwarded to several e-mail lists containing the memo, which originally included the title “Mandela’s First Memo to Thomas Friedman” and a byline “by Arjan El Fassed”, but eventually was forwarded without my name and sometimes without title. I posted the ‘mock memo’ myself on 30 March on an mailinglist of Al-Awda. Despite this, I’ve seen it several times being posted on the same list, something that gives you an idea of the lack of attention many people give to material they forward. In various posts I read, the subject title was changed for example, “Mandela supports…”, “must read”, etc. Perhaps it was wishful thinking. If Nelson Mandela would seriously have written to the New York Times, wouldn’t the New York Times just publish it? Moreover, I believe Nelson Mandela has better things to do then responding to columns written by Thomas Friedman. Arjan El Fassed
En adoubant Plenel, [Emmanuel Macron] intronise un homme qui, il y  quelques mois, quand les menaces de mort pleuvaient sur le journal de Charb pour cause de lèse-Ramadan (Tariq), a cru bon d’en rajouter en écrivant que Charlie menait « une guerre contre les musulmans ». Le patron de Mediapart ne voulait sans doute pas délivrer un blanc-seing aux assassins. Vexé comme un pou d’avoir été épinglé par Charlie avec l’ex-idole des jeunes musulmans, il avait réagi par un pétage de plomb ridicule et pathétique, invoquant, entre autres balivernes,  l’Affiche rouge des nazis sur le réseau Manouchian. Cet incident aurait dû, au minimum entamer son crédit. Mais, étrangement pour un homme qui a fait du « pas de pardon » le cœur de son éthique journalistique, Plenel survit à tous ses ratages – pour être polie. (…) Au moins sera-t-on d’accord avec lui sur un point, le patron de Mediapart n’est pas n’importe quel journaliste. Il est doublement idéologue, animé par une vision robespierriste du monde et de son métier. On suppose qu’il sera poli et se gardera de rappeler à son partenaire d’un soir, Jean-Jacques Bourdin, sa condition de salarié de Patrick Drahi. Convaincu d’incarner le seul et vrai journalisme, Plenel adore faire la leçon au reste de la profession et citer Mediapart comme l’étalon de la vertu. Mais on dirait que ce qu’il aime par-dessus tout, c’est faire peur. C’est bien sûr un hasard si, sur certaines photos, il présente une ressemblance frappante avec Staline. Reste qu’au nom de l’intérêt supérieur de la démocratie dont il estime avoir la charge, il pratique un journalisme policier et redresseur de torts dont la réussite se mesure au nombre de têtes qu’il fait tomber. Il aimerait bien, en guise d’apothéose, faire rouler celle de Sarkozy, mais en dépit d’un acharnement qui a stimulé le zèle des juges, son affaire de financement libyen ne semble guère inquiéter l’entourage de l’ex-président. Plenel défend en outre une conception particulière de la France et du monde, qu’il a lui-même définie comme une forme de trotskisme culturel et qui est à la croisée du nuitdeboutisme et de l’indigénisme, le tout noyé dans un fond de sauce anticapitaliste et tiers-mondiste. Ainsi, depuis le 7 janvier 2015, s’évertue-t-il à nous expliquer que le principal danger qui menace la France, c’est l’islamophobie, tandis qu’une représentante de sa rédaction affirme candidement sur un plateau de télévision que « l’islam radical n’est pas un gros problème ». Toujours prompt à dénoncer le « racisme d’Etat » et la résurgence d’un pétainisme qu’il ne craint pas de déceler chez Alain Finkielkraut, Edwy Plenel prétend œuvrer « pour les musulmans », titre de l’un de ses ouvrages, mais il a choisi les fondamentalistes contre tous ceux et plus encore toutes celles qui, dans les quartiers islamisés, se battent contre la pesante domination des barbus. J’ignore quels sombres calculs de communicants ont présidé au choix de l’Elysée. On n’ose penser qu’il vise à neutraliser le pouvoir de nuisance plenélien. S’agit-il, pour Emmanuel Macron, d’apparaître comme le porte-parole de la gauche raisonnable ? De montrer qu’il ne craint pas d’affronter un adversaire dont les frisottis de moustache et les plissements d’yeux  en ont terrassé plus d’un ? Alors que la question de la laïcité et de la capacité de l’islam à s’y conformer organise un clivage bien plus existentiel que le clivage droite/gauche, alors que le séparatisme islamiste, et l’antisémitisme qui va avec, continuent à progresser, choisir comme interlocuteur un homme qui refuse de les nommer, c’est adresser un signal déplorable à l’ensemble du camp laïque. Et c’est une insulte à la mémoire de Charb, Cabu et de tous les morts de Charlie Hebdo. Elisabeth Lévy
Hier soir, en direct, nous avons pu tout à loisir observer un trio infernal : le Président aux dents de lait, l’Ami des Frères musulmans et le Défenseur des petites gens. Spectacle hallucinant d’acteurs visiblement satisfaits d’avoir endossé un rôle qu’ils convoitaient depuis longtemps. Persuadés en outre de servir des justes causes, un peu comme chez Nagui le vendredi soir, les chansons en moins. Et sans le moindre humour. Le Défenseur des petites gens cita Ricœur, le Président aux petites dents fit la leçon à l’Ami des Frères Musulmans. Tous donnaient l’impression d’être brouillés avec les chiffres, mais fidèles aux grands principes de la République. Le Président aux dents de lait annonça qu’il se battrait pour une Europe souveraine qui serait à l’opposé de celle de cet abominable Viktor Orban. Le Défenseur des petites gens était obsédé par l’idée que les retraités perdraient de dix à trente euros par mois. Il en faisait une affaire personnelle. Quant à l’Ami des Frères musulmans et de tous les opprimés de la Terre, il fustigea des mesures permettant de renvoyer des enfants – pensez-donc : des enfants ! – dans leur pays d’origine. Un cœur gros comme ça, cet Ami des Frères Musulmans : un exemple pour tous les Français ! Le pompon fut atteint quand le Président aux dents de lait avec une fougue et une détermination sans faille déclara que la Cause des Femmes était pour lui la priorité des priorités : chacun fut soulagé que de si nobles intentions soient portées par un homme décidé à faire de la France un pays de rêve. Seul moment troublant : celui où le Défenseur des petites gens lut un passage du livre de François Hollande accusant le Président aux dents de lait de duplicité. Ce dernier, mal à l’aise, se défendit comme un beau diable. L’Ami des Frères musulmans, expert en la matière, savoura à juste titre ce moment inattendu. Quant au Défenseur des petites gens, il avait jeté un pavé dans la mare aux hypocrisies. Cela lui suffisait. À nous aussi. Roland Jaccard
Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême. Alors que faire ? Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la VRépublique, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? En toute transparence, nous partageons avec vous le cheminement qui a conduit l’équipe de Mediapart à accepter la proposition élyséenne. Nous en avons longuement discuté collectivement. Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons décidé de faire confiance à notre savoir-faire collectif pour faire surgir du sens par-delà ce cadre. Notre métier est de poser des questions, et si possible de bonnes questions, a fortiori au président de la République en exercice. Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle. Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société (…). Et puis, comment rester en retrait, alors qu’Emmanuel Macron a des comptes à rendre aux citoyens ? Nous avons mille et une questions à lui poser sur la politique qu’il mène, ses déclarations, ses non-dits. Nous sommes à un moment crucial de ce quinquennat. Après de longs mois sous hypnose, notre société se réveille (voir notre article Le roi Soleil, la France sommeille). Des cheminots aux étudiants en passant par les salariés de Carrefour, le mouvement social prend de l’ampleur. Le projet de loi sur l’asile et l’immigration provoque la colère du monde associatif et de collectifs de citoyens. Les initiatives locales pour éviter la catastrophe environnementale se multiplient. Bref, nous ne pouvons pas laisser passer une occasion de faire tout simplement notre métier. Poser des questions, chercher des réponses, placer l’exécutif face à ses contradictions, le faire réagir aux indignations que suscite sa politique. On ne peut pas se plaindre de se heurter à des silences quand on interroge les cabinets ministériels, et laisser la chaise vide face au chef de l’État. Nous avons posé, en accord avec Jean-Jacques Bourdin, une ligne rouge, et celle-ci sera respectée : refuser que l’entretien se déroule à l’Élysée. On ne se rend pas au palais présidentiel à un moment où les journalistes en sont écartés (…). Le choix définitif du lieu sera connu dans les jours à venir. Nous comptons en premier lieu sur nos questions, qui auront été préparées en amont par la rédaction. Au fil de la semaine précédente, et au cours de celle qui suivra, nous publierons une série d’articles, de reportages et d’analyses dressant un premier bilan de la présidence Macron. Lors de notre émission MediapartLive du mercredi 11 avril, nous reviendrons sur les raisons qui nous ont incités à accepter cet entretien. Puis nous consacrerons notre soirée à la diversité du mouvement social en cours en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent. Rendez-vous donc dimanche 15 avril dès 19 heures pour notre émission en direct et en accès libre sur Mediapart. Médiapart
 Attention: un bouc émissaire peut en cacher un autre !
En ces temps étranges où le religieux semble faire son retour …
A Hollywood et dans le cinéma français
Comme, sondages à l’appui mais avec une sur-radicalité du côté musulman, dans la jeunesse française …
Et où après une première allocution où il  avait appelé, ouvrant la voie à d’autres communautés religieuses, à une plus grande mobilisation politique des catholiques …
Le président vient de nous  octroyer un entretien télévisé …
Présenté,  dans toute la simplicité art-déco du théâtre de Chaillot avec vue, s’il vous plait, sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars …

Comme en totale rupture avec « six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle »…

Sous le feu roulant notamment des questions d’un journaliste qui il y a 40 ans appelait au soutien inconditionnel des terroristes des Jeux de Münich …
Ou, plus récemment, encensait un théologien islamiste actuellement en prison pour violences sexuelles présumées …
Comment ne pas repenser …
A la relecture de l’interview que ce dernier avait accordé à 20 minutes il y a quatre ans à l’occasion de son
J’accuse pour les musulmans …
Dans laquelle il dénonçait la bouc-émissarisation de ceux-ci par la société française …
A l’avertissement du regretté René Girard …
Sur la double face du savoir tout particulier que les textes judéo-chrétiens ont mis à la disposition de l’Occident et de proche en proche à la planète entière …
A savoir ce souci singulier et cette sensibilité proprement inouïe aux victimes …
Mais aussi la tentation d’utiliser un tel savoir comme arme …
Pour une sorte de « chasse au bouc émissaire au second degré » ?

Edwy Plenel: «C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe»

INTERVIEW Le cofondateur de Mediapart signe un pamphlet contre le silence sur la stigmatisation des musulmans de France…

Propos recueillis par Anissa Boumediene

20 minutes

Il lance un cri d’alarme contre ceux qui voudraient importer en France un choc des civilisations. Dans Pour les musulmans (éd. La Découverte), Edwy Plenel dénonce une «guerre des mondes qui désigne nos compatriotes musulmans comme les responsables indistincts des crimes et violences indûment commis au nom de l’islam» par des fanatiques ultra-minoritaires. Le journaliste revient pour «20 Minutes» sur l’objet de son indignation.

Pourquoi ce livre, et pourquoi maintenant ?

Pour se poser contre la banalisation dans les médias et dans le monde intellectuel d’une forme d’islamophobie bienséante, qui n’hésite pas à stigmatiser nos compatriotes musulmans. Il y a mille façons  d’être musulman, comme il y a mille façons d’être juif, chrétien ou non croyant.

C’est un geste de solidarité. Face à tout ce que l’on connaît, la montée de ces opinions xénophobes, que montre la Commission consultative des droits de l’homme, les agressions qui visent les musulmans de France, j’ai été choqué par le très grand silence et la trop grande indifférence qui fait qu’on les laisse seuls subir tout cela, sans se dresser pour dire que c’est inadmissible de construire « un problème musulman » aujourd’hui en France. C’est comme cela que commencent les pires perditions.

Comment expliquez-vous ce silence autour de l’islamophobie en général et par exemple autour de l’agression cette semaine de Maghrébins?

Je ne l’explique pas, je le constate. Il y a derrière cela un verrou que l’on n’a pas encore fait sauter, cet inconscient colonial qui fait qu’il y a un regard de supériorité posé sur cette partie de notre peuple qui est issue de notre relation à l’Afrique, à la Méditerranée. Une communauté envers laquelle nos dirigeants n’ont pas cette sensibilité spontanée de solidarité et d’égalité. Ils devraient réclamer pour ces compatriotes le droit de pouvoir se dire musulman et Français, l’un en même temps que l’autre, se réclamer d’un imaginaire français qui nous permette de penser dans l’égalité de chacun la richesse de notre diversité. C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe, comme nous sommes la fille aînée de l’Eglise catholique, le pilier de l’édit de Nantes pour les protestants, comme nous avons la plus importante communauté juive d’Europe rescapée du génocide. La France est la terre de la laïcité républicaine.

Pourquoi l’opinion dominante oppose-t-elle l’islam à la laïcité?

C’est un moyen de légitimer cette islamophobie. Réduire plusieurs millions de personnes aux actes odieux d’une minorité est un mécanisme de temps de crise. C’est la ruse des pouvoirs économico-politiques pour échapper à la catastrophe et à l’échec des politiques qu’ils mènent. C’est la logique du bouc émissaire.

Cette façon d’agiter la querelle religieuse, de stigmatiser l’islam, de s’en prendre à ses symboles : le vêtement, le voile, le halal, les mosquées, est contraire au véritable esprit de la loi sur la laïcité, qui reconnaît les cultures minoritaires. C’est une façon de dissoudre la question sociale, d’humilier les opprimés. D’obtenir une paix pour les dominants et de faire diversion par rapport aux enjeux essentiels que sont l’emploi et le logement.  Aucune famille politique n’est épargnée dans cet aveuglement, pas même la gauche. Ce «laïcisme» est le cheval de Troie de l’islamophobie, il est à la laïcité ce que l’intégrisme est à la religion. Il  a une similitude avec l’antisémitisme : sous prétexte de ce sectarisme laïc, on installe l’habitude d’une discrimination et d’une stigmatisation. C’est le point de départ de mon livre dont le titre reprend en écho l’article d’Emile Zola «Pour les juifs», rédigé quelques mois avant son «J’accuse», de l’affaire Dreyfus.

La communauté musulmane peut-elle se sortir de ce malaise malgré ce contexte?

Je l’espère bien ! Elle compte parmi les forces vives de ce pays, crée des richesses et est au cœur de la vitalité populaire de la France. l faut cesser d’être indifférents à sa solitude, c’est un engrenage qui embarquera tout le monde : les Noirs, les juifs, les Roms et les musulmans. Et qui risque d’engendrer le repli. La stigmatisation crée en retour une quête de fierté, en réponse à l’humiliation, et engendre des radicalisations qui peuvent amener à des chemins de perdition. Il faut faire notre chemin ensemble, assumer la réalité de la France de la diversité et libérer la solidarité.

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Valeurs actuelles

5 avril 2018 

Histoire. CheckNews de Libération revient sur la chronique du co-fondateur de Mediapart publiée dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), en 1972. A l’époque, l’organisation palestinienne, Septembre Noir, avait tué 11 athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich.

Cette révélation a été faite en 2008 dans l’ouvrage Enquête sur Edwy Plenel, du journaliste Laurent Huberson. Mais elle refait surface ces derniers jours sur les réseaux sociaux. En 1972, Edwy Plenel, le co-fondateur de Mediapart, était chroniqueur dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il avait alors appelé à « défendre inconditionnellement » les militants de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui avait assassiné 11 membres de l’équipe olympique israélienne lors d’une prise d’otage pendant les Jeux Olympiques de Munich, cette même année.

« Nous devons défendre les militants de cette organisation »

« L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage », avait écrit à l’époque Edwy Plenel, sous le pseudonyme de Joseph Krasny.

Contacté par CheckNews de Libération, Edwy Plenel est revenu sur cette chronique. « Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui », a-t-il indiqué dans un mail. « Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël », a-t-il conclu.

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Valeurs actuelles

6 novembre 2017

 Complicité. Le patron de Mediapart regrette “la diabolisation” du prédicateur islamiste, accusé de viol et de harcèlement sexuel.

“Je dénonce depuis des années la duplicité de Tariq Ramadan. Il aura fallu du temps, finalement, la triste vérité, celle-là”, a réagi Manuel Valls, invité ce dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1/Les Échos/CNews. “À la justice, maintenant, de l’établir mais enfin, les faits semblent très concordants”, a ajouté l’ancien Premier ministre socialiste, en réaction aux accusations de viol et de harcèlement sexuel portées contre l’islamologue suisse controversé.

“Il faut que la vérité éclate sur ce soi-disant intellectuel, promoteur de la charia, prédicateur islamique, qui a fait un mal terrible dans notre jeunesse avec ses cassettes, ses prêches dans nos mosquées, ses invitations sur tous les plateaux, ses amitiés, ses complicités – je pense à Edwy Plenel. Il y a un moment où il faut dire : ça suffit !”, a encore martelé le député de l’Essonne, également interrogé sur la une de Charlie Hebdo, dont les journalistes sont menacés de mort.

“C’est un intellectuel très respectable”, déclarait ainsi le patron de Mediapart sur le plateau du Petit Journal de Canal Plus (vidéo ci-dessous, à partir de 3:30), en janvier 2015, rappelle Europe 1. “Il y a quelque chose de très détestable à l’égard de Tariq Ramadan. Moi je lis, j’écoute tout ce qu’il a dit. On a parlé pendant trois heures et demi, nous n’avions aucun désaccord sur le fond. Il a été très ferme dans la solidarité, sur la liberté d’expression, dans la condamnation des attentats.”

“Je le lis et je l’écoute et je ne vois pas d’ambiguïté”

Edwy Plenel accusait même les détracteurs du théologien suisse d’user d’islamophobie. “Et qu’est-ce qu’on dit ? ‘Ah, il n’est pas clair. Ah, il a un double langage’. Encore une fois, je le lis et je l’écoute et je ne vois pas d’ambiguïté. Et il a fait plein de livres. Qu’est-ce que ça dit ce truc ‘il est ambigu ? Ah l’arabe, il est un peu fourbe. Ah l’arabe, il a double langage”, poursuivait-il. “Il ne faut pas diaboliser quelqu’un parce que c’est un intellectuel musulman.”

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Parmi les “complices” de Tariq Ramadan, Manuel Valls n’a pas oublié dimanche les médias de gauche qui ont promu ses idées radicales ces dernières années. “On est complice quand il y a de la complaisance par rapport à des individus, à des organisations comme les Frères musulmans, comme les Indigènes de la République”, a ajouté l’ancien Premier ministre.

“Quand une partie de la presse progressiste, une presse de qualité, je pense aux Inrockuptibles, au Bondy Blog, quand on reçoit et quand on a reçu Tariq Ramadan, y compris sur Europe 1 et c’est toujours le même journaliste Frédéric Taddeï qui le reçoit depuis des années comme avant il avait reçu des personnalités comme Dieudonné ou Soral, alors on abdique”, a-t-il conclu.

Mediapart et “l’épouvantail” Tariq Ramadan

Sur BFM TV, Edwy Plenel a, de son côté, réagi à l’affaire judiciaire et à la polémique. “Dans le cas de Tariq Ramadan, où il y a des témoignages consistants, où il y a des plaintes, où la justice va enquêter, si les faits sont totalement établis par la justice, (…) c’est très grave pour l’individu qui est Tariq Ramadan et qui devra en rendre compte”, a-t-il déclaré. “Il y a une gravité plus forte encore, et pour le dire tout net, qui ressemble au cas des prêtres pédophiles.”

Le patron de Mediapart s’est par ailleurs défendu d’avoir été au courant de rumeurs sur des agressions sexuelles ou des faits de harcèlement. “Personne d’entre nous à Mediapart ne savait quand nous avons fait cette enquête”, a assuré le cofondateur du média, en référence à une enquête en cinq volets sur “l’épouvantail” Tariq Ramadan, publiée par le site en 2016 et qui revenait notamment sur “les fantasmes qui entourent l’islamologue” (sic).

Plenel regrette la “diabolisation” de Tariq Ramadan

“Je n’ai croisé M. Ramadan dans ma vie que deux fois”, a enfin rétorqué Edwy Plenel, en réaction aux propos de Manuel Valls. “De cela est fait un amalgame qui relève pour moi d’une chasse aux sorcières, comme du temps du McCarthysme ou de l’inquisition”, a-t-il critiqué, regrettant même sa “diabolisation” à la suite des propos de l’ex-Premier ministre. “J’ai toujours été contre sa diabolisation, comme je suis contre, au prétexte du terrorisme, de diaboliser nos compatriotes musulmans quels qu’ils soient”, a-t-il déclaré.

Pour défendre le théologien islamiste, le journaliste militant et ancien trotskiste avait même souligné, en 2015, que le livre “Déviances et incohérences chez les penseurs de la décadence”, qui contredit les thèses de Ramadan, avait été retrouvé chez le terroriste Amedy Coulibaly, un des auteurs des attentats de janvier 2015. Aujourd’hui, l’islamologue est visé par deux plaintes pour viol et accusé par quatre anciennes élèves d’avoir eu des relations sexuelles avec elles alors qu’elles étaient mineures.

Voir de même:

Macron, Bourdin, Plenel: le petit théâtre de bavards

L’interview présidentielle a viré au ridicule

Hier soir, en direct, nous avons pu tout à loisir observer un trio infernal : le Président aux dents de lait, l’Ami des Frères musulmans et le Défenseur des petites gens. Spectacle hallucinant d’acteurs visiblement satisfaits d’avoir endossé un rôle qu’ils convoitaient depuis longtemps. Persuadés en outre de servir des justes causes, un peu comme chez Nagui le vendredi soir, les chansons en moins. Et sans le moindre humour. Le Défenseur des petites gens cita Ricœur, le Président aux petites dents fit la leçon à l’Ami des Frères Musulmans.

Tous donnaient l’impression d’être brouillés avec les chiffres, mais fidèles aux grands principes de la République.

Tout le monde il est beau, tout le monde il est…

Le Président aux dents de lait annonça qu’il se battrait pour une Europe souveraine qui serait à l’opposé de celle de cet abominable Viktor Orban. Le Défenseur des petites gens était obsédé par l’idée que les retraités perdraient de dix à trente euros par mois. Il en faisait une affaire personnelle. Quant à l’Ami des Frères musulmans et de tous les opprimés de la Terre, il fustigea des mesures permettant de renvoyer des enfants – pensez-donc : des enfants ! – dans leur pays d’origine. Un cœur gros comme ça, cet Ami des Frères Musulmans : un exemple pour tous les Français !

A lire aussi: Emmanuel Macron peut remercier Bourdin et Plenel

Le pompon fut atteint quand le Président aux dents de lait avec une fougue et une détermination sans faille déclara que la Cause des Femmes était pour lui la priorité des priorités : chacun fut soulagé que de si nobles intentions soient portées par un homme décidé à faire de la France un pays de rêve. Seul moment troublant : celui où le Défenseur des petites gens lut un passage du livre de François Hollande accusant le Président aux dents de lait de duplicité. Ce dernier, mal à l’aise, se défendit comme un beau diable. L’Ami des Frères musulmans, expert en la matière, savoura à juste titre ce moment inattendu. Quant au Défenseur des petites gens, il avait jeté un pavé dans la mare aux hypocrisies. Cela lui suffisait. À nous aussi.

Voir de plus:

Macron face à Bourdin et Plenel : ce qu’il faut retenir de l’interview

C.Si.
Le Parisien
15 avril 2018

Près de trois heures d’entretien. Un ton parfois virulent, et beaucoup de dossiers traités, dont la Syrie et les multiples conflits sociaux. Notre résumé de l’entretien d’Emmanuel Macron avec Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin.

De la Syrie aux différents mouvements sociaux en passant par le port du voile, Emmanuel Macron a répondu dans une ambiance souvent électrique aux questions de Jean-Jacques Bourdin (BFMTV et RMC) et Edwy Plenel (Mediapart).

LIRE AUSSI >Le fil de l’entretien minute par minute

Voici ce qu’il faut retenir de cette soirée au théâtre de Chaillot, thématique par thématique.

Les frappes sur la Syrie. Emmanuel Macron a défendu la « légitimité » de « l’action multilatérale » des troupes françaises, américaines et britanniques dans la nuit de vendredi à samedi sur trois sites liés au programme d’armement chimique syrien. Alors que certains lui reprochaient d’être intervenu hors du cadre de Nations Unies, « c’est la communauté internationale qui est intervenue », a rétorqué le chef des armées. « La France n’a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad », a-t-il rappelé dans la lignée de ses alliés.

S’il pousse la voie de la « solution politique », il a aussi accusé explicitement Vladimir Poutine et la Russie d’être «complices » des crimes en Syrie. Le président français s’est par ailleurs enorgueilli d’avoir « convaincu » Donald Trump de rester engagé « dans la durée » dans ce conflit, aux airs de bourbier, ayant déjà fait plus de 350 000 morts.

Mécontentements sociaux. C’est durant cette thématique que le ton s’est fait le plus offensif entre Emmanuel Macron comme d’Edwy Plenel. « Je conteste l’orientation de votre question qui viserait à voir une logique ou à vouloir créer une coagulation dans ces mécontentements », a lâché le président français. Pas de convergence des luttes donc. « Le mécontentement des cheminots a peu à voir avec le mal-être profondément légitime à l’hôpital qui dure depuis des années… ».

Comme jeudi midi sur TF1, il a également rappelé qu’il comptait mener à son terme la réforme abrasive de la SNCF, excluant au passage toute privatisation. « C’est une colère que je comprends, que je respecte mais qui est liée à une décision que nous prenons, que j’assume, une réforme que nous mènerons jusqu’au bout », a-t-il développé. « A partir du 1er janvier 2020, l’Etat reprendra une partie de la dette », a également déclaré le chef d’Etat, comme il l’avait laissé entendre sur TF1.

Autre secteur en difficulté, le monde hospitalier ne fera pas l’objet d’économies « durant son quinquennat », a-t-il expliqué, promettant des « décisions précises » fin mai.

Une deuxième journée de solidarité ? « Je ne suis pas contre, je pense que c’est une piste intéressante, il faut le regarder », a assuré Emmanuel Macron. L’idée a déjà été évoquée jeudi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, afin de financer l’accompagnement des personnes âgées et des handicapés. La première journée avait été instaurée après la canicule de 2003.

Le débat « président des riches ». Une nouvelle fois, Emmanuel Macron a dit assumer ses réformes et la théorie des « premiers de cordée ». Sur la réforme de l’ISF : « Les choix qui ont été faits, quels sont leurs objectifs ? Garder les talents et les attirer, et leur permettre de réinvestir dans l’économie. Je veux que les chefs d’entreprise avec leurs salariés soient en position de se décider. Il faut donc des règles qui favorisent les entrepreneurs et les investisseurs ». Sur la CSG : Macron « sait l’effort » qu’il a demandé aux retraités.

Il a également promis que la fiscalité n’augmenterait pas en France durant son quinquennat et qu’aucun nouvel impôt, ni local ni national, ne serait créé.

La colère des zadistes et des étudiants. « L’ordre républicain » et rien d’autre. Il a répété l’expression à l’envi au moment d’évoquer la contestation « illégitime » des zadistes expulsés à Notre-Dame-des-Landes et l’occupation de plusieurs universités françaises. Celles-ci seraient aux mains de « professionnels du désordre », les étudiants étant selon lui « souvent minoritaires ». Quant à Notre-Dame-des-Landes, « tout ce qui doit être évacué, le sera » à l’issue du nouveau délai d’expulsion.

Laïcité. Cette thématique a rapidement débordé sur celle de l’islam. Macron déclarant que le port du voile « n’était pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays ». « Je ne veux pas de loi qui l’interdise dans la rue, ce serait contre-productif, a-t-il poursuivi. La société n’est pas laïque et doit leur permettre de porter leur voile. Ce que je veux c’est qu’aucune femme ne soit obligée de le porter le voile ».

Interrogé sur des propos du ministre de l’Education, qui estime qu’un parent accompagnant ne devrait « normalement » pas porter de signe religieux, par exemple le voile pour une mère, M. Macron a qualifié cette position de « conviction personnelle » de Jean-Michel Blanquer.

Loi Asile et immigration. Comme depuis des semaines, Emmanuel Macron s’est appuyé sur tandem « humanisme » pour les personnes éligibles à l’asile et « efficacité » dans le renvoi des autres. Il a aussi indiqué vouloir « adapter » mais pas « supprimer » le délit de solidarité, distinguant ceux qui « aident consciemment ou inconsciemment les passeurs » des autres « qui sauvent des vies ».

Alors que le projet de loi doit être examinée par les députés à partir de lundi, le chef de file des élus macronistes a eu le droit aux félicitations du président. « Richard Ferrand fait son rôle de chef de groupe et il le fait très bien », a-t-il déclaré. Il y a quelques jours, M. Ferrand a menacé d’exclusion ceux qui voteraient contre ce texte.

L’instant Hollande. Emmanuel Macron a récusé dimanche toute « duplicité » lorsqu’il était conseiller puis ministre de François Hollande. Tout en considérant qu’être membre d’un gouvernement, ce n’est pas « être un obligé ». Il a précisé qu’il lirait « sans doute » le livre polémique de François Hollande. Un livre qui a « sa part de vérité » et un homme pour lequel il a « du respect ».

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Macron face à Bourdin et Plenel : un drame en cinq actes

Au Théâtre national de Chaillot ce soir, le président de la République affronte deux journalistes qui ont juré sa perte. Un grand spectacle ?

Sylvain Courage

Trois comédiens, une table et deux heures de spectacle. Ô magie des tréteaux ! Le public du théâtre subventionné, rompu aux mises en scène exigeantes, ne sera pas surpris par l’unique représentation de « l’Interview », ce dimanche, à 20h35, au foyer du Théâtre national de Chaillot. Dans un décor art-déco grandiose avec vue sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars, Emmanuel Macron, l’étoile de l’Elysée, tiendra le rôle du jeune prince. Jean-Jacques Bourdin, héraut des matinées de BFMTV, incarnera le  tribun du peuple. Et Edwy Plenel, le tragédien de Mediapart, jouera le grand prêtre moustachu.

Une distribution exceptionnelle ! « On avait fait des propositions à l’Elysée depuis plusieurs mois, à l’occasion du premier anniversaire du quinquennat d’Emmanuel Macron. Et, il y a environ un mois maintenant, l’Elysée est revenu vers nous en nous faisant une proposition d’une émission avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel », a expliqué Hervé Béroud, directeur général de BFMTV et metteur en scène de la soirée événement.

Huit caméras à l’intérieur, deux à l’extérieur permettront de cerner le jeu des acteurs. « Le décor est fort mais l’interview très simple : un homme face à deux intervieweurs pendant deux heures. Il n’y aura ni sujets vidéos, ni interpellation des Français », a précisé Céline Pigalle, directrice de l’information de BFMTV. Des mots, rien que des mots !

Drame hyper-contemporain

Création originale et éphémère, « l’Interview » repose entièrement sur les capacités d’improvisation des acteurs. Pas de texte établi, pas de répétitions mais une série de problématiques dont s’empareront les acteurs et qui formeront la trame d’un drame hyper-contemporain. Mécontentement social, politique économique, laïcité, sécurité, terrorisme, questions migratoires, frappes en Syrie… La scénographie se veut en totale rupture avec « six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle ». « Chacun doit être soi-même », insiste Hervé Béroud :

« On connaît Jean-Jacques Bourdin accrocheur et Edwy Plenel est quelqu’un de très engagé, qui aura envie de demander des comptes au président de la République. »Tandis que Bourdin et Plenel ont travaillé leur questionnement et leur placement en effectuant des exercices de respiration ventrale, Emmanuel Macron a opté pour la « construction du personnage » développée par Constantin Stanislavski. « Peu importe que le jeu soit bon ou mauvais, l’important c’est qu’il soit vrai », disait l’immense dramaturge russe.

Quelle est la routine du président pour puiser dans son subconscient ? « Il s’enferme dans son bureau avec ses fiches et il bachote comme un étudiant », explique son entourage. Le chef de l’Etat a aussi « beaucoup consulté » et « déjeuné avec François Bayrou et Marielle de Sarnez mercredi à l’Elysée pour avoir leurs remontées de terrain ». Ne laissant rien au hasard, l’artiste du Palais s’est aussi « renseigné sur les sujets phares des deux présentateurs, leurs marottes, histoire d’avoir quelques repères d’ici dimanche soir ».

Attelage fragile

Artiste militant, Edwy Plenel a dénoncé, par le passé, cet « exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ». Mais il dit avoir accepté le défi pour ne pas se « dérober » et « relayer le questionnement sans concession de la société » dans la grande tradition du Théâtre national populaire. Pas question d’oublier le peuple ! Dès 19 heures, la rédaction de Mediapart dressera le bilan de cette présidence « et de droite et de droite » en donnant la parole aux mouvements sociaux. Et l’entretien présidentiel sera suivi d’un plateau de commentatrices réservé aux femmes pour compenser le choix de deux intervieweurs « mâles de plus de 60 ans ». Qui dit mieux ?

Jean-Jacques Bourdin, lui, n’a pas ce genre de préventions. Viril et dominant, il a simplement promis de « cogner » le président et croit tenir enfin l’occasion de laver l’affront fait à sa profession par Laurent Delahousse, auteur en décembre dernier d’une interview de Macron qu’il a publiquement critiquée pour sa complaisance… « Michel Drucker l’aurait mieux fait ! », avait alors grincé Bourdin.

« Quand on fait du journalisme, qu’est-ce qu’on fait ? On pose des questions précises. Et celui qui est en face, qu’est-ce qu’il doit faire ? Il doit répondre à des questions précises. C’est comme ça que cela se passe. Sinon c’est pas la peine. » Ce Figaro parle comme la plèbe. Mais il se fait autant la voix des usagers de la SNCF pris en otage que des cheminots en lutte. Son théâtre populaire s’accordera-t-il avec celui de Plenel ? L’alliance des deux bêtes de scène est improbable. S’ils font cause commune, ils surjoueront. S’ils s’écharpent, ils passeront pour des cabots. C’est le dilemme dont Emmanuel Macron compte bien profiter. Les spadassins lancés à sa poursuite pourraient s’entretuer. Au cinquième acte, le jeune prince, qui les a manipulés, espère bien être couronné. Shakespearien !

Voir de même:

Entretien avec Emmanuel Macron, dimanche 15 avril: rendez-vous dès 19h sur Mediapart

Mediapart

6 avr. 2018

Emmanuel Macron répondra aux questions d’Edwy Plenel et de Jean-Jacques Bourdin dimanche soir 15 avril. Un rendez-vous exceptionnel à suivre dès 19h en direct sur Mediapart. Et qui sera précédé, le mercredi 11 avril, d’un MediapartLive entièrement consacré aux mouvements sociaux qui s’opposent à sa politique.

L’heure du premier bilan a sonné. Voilà presque un an qu’Emmanuel Macron a été élu président de la République. À l’avant-veille de sa victoire, celui qui n’était encore que candidat était venu à Mediapart répondre aux questions de la rédaction. Dimanche 15 avril, à 20 h 35, il sera interrogé à Paris pendant deux heures par Edwy Plenel, aux côtés de Jean-Jacques Bourdin. Cet événement sera retransmis en direct sur notre site, BFM-TV et RMC. En amont, mercredi 11 avril, nous recevrons le mouvement social dans sa diversité. Explications à nos lecteurs.

Tout a commencé le 5 mai 2017, à deux jours du second tour de l’élection présidentielle qui l’opposait à Marine Le Pen. Emmanuel Macron répond longuement aux journalistes de Mediapart (à lire ici et à voir ) : il déploie son argumentaire électoral tout en donnant des indications détaillées sur le type de chef de l’État qu’il entend être. Les jalons qu’il pose alors de sa « start-up nation » permettent aujourd’hui à chacun d’évaluer l’écart entre les promesses et les actes. À l’issue de l’entretien, notre hôte s’engage à revenir à Mediapart s’il est élu.

Un an plus tard, nous lui avons rappelé son « chiche ! ». Il ne nous a pas répondu « non », ce « non » qui nous est opposé par la plupart des ministres (à l’exception du premier d’entre eux, c’est à revoir ici), peu soucieux des règles d’une démocratie équilibrée supposant que les interrogations des citoyens, relayées par les journalistes, soient entendues. L’Élysée recourt à son traditionnel « en même temps », se disant prêt à l’exercice, mais dans un tout autre cadre.

Oui à un entretien avec Mediapart mais dans une formule différente, et en association avec un autre média, BFM-TV/RMC. Deux intervieweurs, donc : Edwy Plenel (président et directeur de la publication de Mediapart) et Jean-Jacques Bourdin (rédacteur en chef de RMC et animateur de « Bourdin Direct » sur BFM-TV). Et pas dans nos locaux, mais à l’Élysée ou dans un lieu culturel. Autrement dit, Mediapart n’est plus la puissance invitante, et la rédaction n’est pas conviée à la table de l’entretien. Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême.

Alors que faire ? Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la VRépublique, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? En toute transparence, nous partageons avec vous le cheminement qui a conduit l’équipe de Mediapart à accepter la proposition élyséenne.

Nous en avons longuement discuté collectivement. Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons décidé de faire confiance à notre savoir-faire collectif pour faire surgir du sens par-delà ce cadre. Notre métier est de poser des questions, et si possible de bonnes questions, a fortiori au président de la République en exercice.

Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle.

Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société (revoir ici les rencontres de cet anniversaire et  notre colloque sur le droit de savoir).

Et puis, comment rester en retrait, alors qu’Emmanuel Macron a des comptes à rendre aux citoyens ? Nous avons mille et une questions à lui poser sur la politique qu’il mène, ses déclarations, ses non-dits. Nous sommes à un moment crucial de ce quinquennat. Après de longs mois sous hypnose, notre société se réveille (voir notre article Le roi Soleil, la France sommeille). Des cheminots aux étudiants en passant par les salariés de Carrefour, le mouvement social prend de l’ampleur. Le projet de loi sur l’asile et l’immigration provoque la colère du monde associatif et de collectifs de citoyens. Les initiatives locales pour éviter la catastrophe environnementale se multiplient.

Bref, nous ne pouvons pas laisser passer une occasion de faire tout simplement notre métier. Poser des questions, chercher des réponses, placer l’exécutif face à ses contradictions, le faire réagir aux indignations que suscite sa politique. On ne peut pas se plaindre de se heurter à des silences quand on interroge les cabinets ministériels, et laisser la chaise vide face au chef de l’État.

Nous avons posé, en accord avec Jean-Jacques Bourdin, une ligne rouge, et celle-ci sera respectée : refuser que l’entretien se déroule à l’Élysée. On ne se rend pas au palais présidentiel à un moment où les journalistes en sont écartés (lire ici). Le choix définitif du lieu sera connu dans les jours à venir.

Nous comptons en premier lieu sur nos questions, qui auront été préparées en amont par la rédaction. Au fil de la semaine précédente, et au cours de celle qui suivra, nous publierons une série d’articles, de reportages et d’analyses dressant un premier bilan de la présidence Macron. Lors de notre émission MediapartLive du mercredi 11 avril, nous reviendrons sur les raisons qui nous ont incités à accepter cet entretien. Puis nous consacrerons notre soirée à la diversité du mouvement social en cours en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent.

Rendez-vous donc dimanche 15 avril dès 19 heures pour notre émission en direct et en accès libre sur Mediapart. Une heure et demie avant la diffusion de l’entretien, l’équipe de Mediapart sera en direct depuis la rédaction pour présenter l’inventaire de la présidence Macron. À l’issue de l’interview du chef de l’État, qui commencera peu après 20 h 30, nous donnerons la parole à des acteurs engagés de la société civile et intellectuelle, qui nous aideront à décrypter ses réponses.

Pendant toute cette période, nous comptons sur nos abonnés : le Club de Mediapart est plus que jamais ouvert à toutes vos idées, remarques et suggestions.

Voir de plus:

Discours de Macron aux Évêques de France: la courte échelle aux islamistes


Cinéma: Pallywood tous les jours sur un écran chez vous (It’s just standard evacuation practice, stupid ! – complete with shouts of pain and Allahu akbar)

7 avril, 2018
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (préface des « Damnés de la terre » de Franz Fanon, 1961)
L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage. Edwy Plenel (alias Joseph Krasny)
Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël. Edwy Plenel
Pendant 24 mn à peu près on ne voit que de la mise en scène … C’est un envers du décor qu’on ne montre jamais … Mais oui tu sais bien que c’est toujours comme ça ! Entretien Jeambar-Leconte (RCJ)
Au début (…) l’AP accueillait les reporters à bras ouverts. Ils voulaient que nous montrions des enfants de 12 ans se faisant tuer. Mais après le lynchage, quand des agents de l’AP firent leur possible pour détruire et confisquer l’enregistrement de ce macabre événement et que les Forces de Défense Israéliennes utilisèrent les images pour repérer et arrêter les auteurs du crime, les Palestiniens donnèrent libre cours à leur hostilité envers les Etats-Unis en harcelant et en intimidant les correspondants occidentaux. Après Ramallah, où toute bonne volonté prit fin, je suis beaucoup plus prudent dans mes déplacements. Chris Roberts (Sky TV)
La tâche sacrée des journalistes musulmans est, d’une part, de protéger la Umma des “dangers imminents”, et donc, à cette fin, de “censurer tous les matériaux” et, d’autre part, “de combattre le sionisme et sa politique colonialiste de création d’implantations, ainsi que son anéantissement impitoyable du peuple palestinien”. Charte des médias islamiques de grande diffusion (Jakarta, 1980)
Il s’agit de formes d’expression artistique, mais tout cela sert à exprimer la vérité… Nous n’oublions jamais nos principes journalistiques les plus élevés auxquels nous nous sommes engagés, de dire la vérité et rien que la vérité. Haut responsable de la Télévision de l’Autorité palestinienne
Je suis venu au journalisme afin de poursuivre la lutte en faveur de mon peuple. Talal Abu Rahma (lors de la réception d’un prix, au Maroc, en 2001, pour sa vidéo sur al-Dura)
Karsenty est donc si choqué que des images truquées soient utilisées et éditées à Gaza ? Mais cela a lieu partout à la télévision, et aucun journaliste de télévision de terrain, aucun monteur de film, ne seraient choqués. Clément Weill-Raynal (France 3)
Nous avons toujours respecté (et continuerons à respecter) les procédures journalistiques de l’Autorité palestinienne en matière d’exercice de la profession de journaliste en Palestine… Roberto Cristiano (représentant de la “chaîne de télévision officielle RAI, Lettre à l’Autorité palestinienne)
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Dans la guerre moderne, une image vaut mille armes. Bob Simon
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Représentants de France 2 (cités par Enderlin)
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
J’ai travaillé au Liban depuis que tout a commencé, et voir le comportement de beaucoup de photographes libanais travaillant pour les agences de presse m’a un peu troublé. Coupable ou pas, Adnan Hajj a été remarqué pour ses retouches d’images par ordinateur. Mais, pour ma part, j’ai été le témoin de pratique quotidienne de clichés posés, et même d’un cas où un groupe de photographes d’agences orchestraient le dégagement des cadavres, donnant des directives aux secouristes, leur demandant de disposer les corps dans certaines positions, et même de ressortir des corps déjà inhumés pour les photographier dans les bras de personnes alentour. Ces photographes ont fait moisson d’images chocs, sans manipulation informatique, mais au prix de manipulations humaines qui posent en elles-mêmes un problème éthique bien plus grave. Quelle que soit la cause de ces excès, inexpérience, désir de montrer de la façon la plus spectaculaire le drame vécu par votre pays, ou concurrence effrénée, je pense que la faute incombe aux agences de presse elles-mêmes, car ce sont elles qui emploient ces photographes. Il faut mettre en place des règles, faute de quoi toute la profession finira par en pâtir. Je ne dis pas cela contre les photographes locaux, mais après avoir vu ça se répéter sans arrêt depuis un mois, je pense qu’il faut s’attaquer au problème. Quand je m’écarte d’une scène de ce genre, un autre preneur de vue dresse le décor, et tous les autres suivent… Brian X (Journaliste occidental anonyme)
Pour qui nous prenez-vous ? Nous savons qui vous êtes, nous lisons tout ce que vous écrivez et nous savons où vous habitez. Hussein (attaché de presse du Hezbollah au journaliste Michael Totten)
L’attaque a été menée en riposte aux tirs incessants de ces derniers jours sur des localités israéliennes à partir de la zone visée. Les habitants de tous les villages alentour, y compris Cana, ont été avertis de se tenir à l’écart des sites de lancement de roquettes contre Israël. Tsahal est intervenue cette nuit contre des objectifs terroristes dans le village de Cana. Ce village est utilisé depuis le début de ce conflit comme base arrière d’où ont été lancées en direction d’Israël environ 150 roquettes, en 30 salves, dont certaines ont atteint Haïfa et des sites dans le nord, a déclaré aujourd’hui le général de division Gadi Eizenkot, chef des opérations. Tsahal regrette tous les dommages subis par les civils innocents, même s’ils résultent directement de l’utilisation criminelle des civils libanais comme boucliers humains par l’organisation terroriste Hezbollah. (…) Le Hezbollah place les civils libanais comme bouclier entre eux et nous, alors que Tsahal se place comme bouclier entre les habitants d’Israël et les terroristes du Hezbollah. C’est la principale différence entre eux et nous. Rapport de l’Armée israélienne
Après trois semaines de travail intense, avec l’assistance active et la coopération de la communauté Internet, souvent appelée “blogosphère”, nous pensons avoir maintenant assez de preuves pour assurer avec certitude que beaucoup des faits rapportés en images par les médias sont en fait des mises en scène. Nous pensons même pouvoir aller plus loin. À notre avis, l’essentiel de l’activité des secours à Khuraybah [le vrai nom de l’endroit, alors que les médias, en accord avec le Hezbollah, ont utilisé le nom de Cana, pour sa connotation biblique et l’écho du drame de 1996] le 30 juillet a été détourné en exercice de propagande. Le site est devenu en fait un vaste plateau de tournage, où les gestes macabres ont été répétés avec la complaisance des médias, qui ont participé activement et largement utilisé le matériau récolté. La tactique des médias est prévisible et tristement habituelle. Au lieu de discuter le fond de nos arguments, ils se focalisent sur des détails, y relevant des inexactitudes et des fausses pistes, et affirment que ces erreurs vident notre dossier de toute valeur. D’autres nous étiquètent comme de droite, pro-israéliens ou parlent simplement de théories du complot, comme si cela pouvait suffire à éliminer les éléments concrets que nous avons rassemblés. Richard North (EU Referendum)
Lorsque les médias se prêtent au jeu des manipulations plutôt que de les dénoncer, non seulement ils sacrifient les Libanais innocents qui ne veulent pas que cette mafia religieuse prenne le pouvoir et les utilise comme boucliers, mais ils nuisent aussi à la société civile de par le monde. D’un côté ils nous dissimulent les actes et les motivations d’organisations comme le Hamas ou le Hezbollah, ce qui permet aux musulmans ennemis de la démocratie, en Occident, de nous (leurs alliés progressistes présumés) inviter à manifester avec eux sous des banderoles à la gloire du Hezbollah. De l’autre, ils encouragent les haines et les sentiments revanchards qui nourrissent l’appel au Jihad mondial. La température est montée de cinq degrés sur l’échelle du Jihad mondial quand les musulmans du monde entier ont vu avec horreur et indignation le spectacle de ces enfants morts que des médias avides et mal inspirés ont transmis et exploité. Richard Landes
Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande. C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée. C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage. A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises. Eric Mettout (L’Express)
Comment expliquer qu’une légende en anglais qui dit clairement qu’il s’agit d’une mise en scène (la légende, en anglais, de la photo fournie par l’AFP: « LEBANON, AIN EL-HELWEH: Palestinian refugees pose as Israeli soldiers arresting and beating a Palestinian activist during celebrations of Prisoners’ Day at the refugee camp of Ain el-Helweh near the coastal Lebanese city of Sidon on April 17, 2012 in solidarity with the 4,700 Palestinian inmates of Israeli jails. Some 1,200 Palestinian prisoners held in Israeli jails have begun a hunger strike and another 2,300 are refusing food for one day, a spokeswoman for the Israel Prisons Service (IPS) said. »), soit devenue chez vous « Prisonnier palestinien 18/04/2012. Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention », étonnant non ? David Goldstein
On Friday, the Palestinian terror group Hamas, which controls the Gaza Strip, is inaugurating what it is calling “The March of Return.” According to Hamas’s leadership, the “March of Return” is scheduled to run from March 30 – the eve of Passover — through May 15, the 70th anniversary of Israel’s establishment. According to Israeli media reports, Hamas has budgeted $10 million for the operation. Throughout the “March of Return,” Hamas intends to send thousands of civilians to the Israeli border. Hamas is planning to set up tent camps along the border fence and then, presumably, order participants to overrun it on May 15. The Palestinians refer to May 15 as “Nakba,” or Catastrophe Day. (…) what is it trying to accomplish by sending them into harm’s way? Why is the terror group telling Gaza residents to place themselves in front of the border fence and challenge Israeli security forces charged with defending Israel? The answer here is also obvious. Hamas intends to provoke Israel to shoot at the Palestinian civilians it is sending to the border. It is setting its people up to die because it expects their deaths to be captured live by the cameras of the Western media, which will be on hand to watch the spectacle. In other words, Hamas’s strategy of harming Israel by forcing its soldiers to kill Palestinians is predicated on its certainty that the Western media will act as its partner and ensure the success of its lethal propaganda stunt. Given widespread assessments that Iran is keen to start a new round of war between Israel and its terror proxies, Hamas in Gaza and Hezbollah in Lebanon, it is possible that Hamas intends for this lethal propaganda stunt to be the initial stage of a larger war. By this assessment, Hamas is using the border operation to cultivate and escalate Western hostility against Israel ahead of a larger shooting war. (…) The real issue revealed by Hamas’s planned operation — as it was revealed by the Mavi Marmara, as well as by Hamas’s military campaigns against Israel in 2014, 2011 and 2008-09 —  is not how Israel will deal with it. The real issue is that Hamas’s entire strategy is predicated on its faith that the Western media and indeed the Western left will side with it against Israel. Hamas is certain that both the media and leftist activists and politicians in Europe and the U.S. will blame Israel for Palestinian civilian casualties. And as past experience proves, Hamas is right to believe the media and leftist activists will play their assigned role. So long as the media and the left rush to indict Israel for its efforts to defend itself and its citizens against its terrorist foes, who turn the laws of war on their head as a matter of course, these attacks will continue and they will escalate. If this border assault does in fact serve as the opening act in a larger terror war against Israel, then a large portion of the blame for the bloodshed will rest on the shoulders of the Western media for empowering the terrorists of Hamas and Hezbollah to attack Israel. Caroline Glick
Je pense que les Palestiniens et les Israéliens ont droit à leur propre terre. Mais nous devons obtenir un accord de paix pour garantir la stabilité de chacun et entretenir des relations normales. Prince héritier Mohammed ben Salmane
A set of photos, below, has been spreading all over social media in the past week. Sometimes, the photos are reposted individually. However, they all send the same message: Israel is supposedly deceiving the world into thinking their soldiers are getting wounded in Gaza by using special effects makeup. Closer analysis of these photos, however, shows that none of them are recent, most were not even taken in Israel, and all of them are taken out of context. France 24
The video turned out to be from an art workshop which creates this health exercise annually in Gaza. The goal of the workshop is to recreate child injuries sustained in warzones so that doctors can get familiar with them and learn how to care for injured children, the owner of the workshop, Abd al-Baset al-Loulou said. Al Arabya
Dix-huit morts et au moins 1 400 blessés. La « grande marche du retour », appelée vendredi par la société civile palestinienne et encadrée par le Hamas, le long de la barrière frontalière séparant la bande de Gaza et Israël, a dégénéré lorsque l’armée israélienne a tiré à balles réelles sur des manifestants qui s’approchaient du point de passage. (…) Famille, enfants, musique, fête, puis débordements habituels de jeunes lançant des cailloux à l’armée. Lorsque les émeutiers sont arrivés à quelques centaines de mètres de la fameuse grille, les snipers israéliens sont entrés en action. L’un des garçons, « armé » d’un pneu, a été abattu d’une balle dans la nuque alors qu’il s’enfuyait. (…) Ce mouvement, qui exige le « droit au retour » et la fin du blocus de Gaza, doit encore durer six semaines. C’est long. Le gouvernement israélien compte peut-être sur l’usure des protestataires, la fatigue, le renoncement, persuadé que quelques balles en plus pourraient faire la différence. A-t-il la mémoire courte ? Selon la Torah, Moïse avait 80 ans lorsqu’a commencé la traversée du désert. Ces quarante années d’errance douloureuse sont au coeur de tous les Juifs. Espérer qu’après soixante-dix ans d’exil les Palestiniens oublient leur histoire à coups de fusil est aussi absurde que ne pas faire la différence entre une balle de 5,56 et une pierre calcaire … Le Canard enchainé (Balles perdues, 04.04.2018)
Pro-Israel organization StandWithUs has resorted to claiming Palestinians are faking injuries to garner international sympathy and supported their claims by posting videos showing « Palestinians practicing for the cameras. » The Palestinians in the video were actually practicing how to evacuate the wounded during the protest… Telesur

C’est juste un entrainement à l’évacuation, imbécile !

A l’heure où devant le désintérêt croissant du Monde arabe ….

Le Hamas tente par une ultime mise en scène de faire oublier le fiasco toujours plus criant de leur régime  terroriste …

Et qu’entre deux leçons de théologie, nos belles âmes et médias en mal de contenu nous resservent le scénario réchauffé de la riposte disproportionnée d’Israël …

Alors que l’on redécouvre que nos anciens faussaires – certains ayant toujours pignon sur rue – n’avaient rien à envier à nos actuels Charles Enderlin

Retour sur la florissante industrie de fausses images palestinienne plus connue sous le nom de Pallywood …

After at least 20 were killed last Friday by Israeli forces, protesters ignited tires to create black smoke hoping to block visibility
Telesur
6 April 2018

At least four Palestinian protesters were killed, and over 200 have been wounded after Israeli troops opened fire on protesters along the Israel-Gaza border Friday. Five of the persons injured as thousands participated in the March of Return are said to be in critical condition according to medical officials.

The deaths in Friday’s protest follow 24 others, which took place in the first round of demonstrations last week, and add to the trend of severe violence from Israeli troops that led to over 1000 injuries over the same period. Thousands converged on Gaza’s border with Israel and set fire to mounds of tires, which were supposed to block the visibility of Israeli snipers and avoid more deaths, in the second week of demonstrations.

Israel’s violent response to peaceful protests has been heavily criticized over the last week. The United Nations High Commissioner for Human Rights has urged troops to exercise restraint, these calls, however, haven’t been heeded.

Israeli officials have attempted to portray the use of deadly force and firearms as a necessary measure to prevent “terrorists” from infiltrating into Israel and to « protect its border. »

An Israeli military spokesman said Friday they “will not allow any breach of the security infrastructure and fence, which protects Israeli civilians.”

However, the U.N. has reminded the Israeli government that an attempt to cross the border fence does not amount to “threat to life or serious injury that would justify the use of live ammunition.”

The U.N. has also stressed Israel remains the occupying force in Gaza and has the « obligations to ensure that excessive force is not employed against protestors and that in the context of a military occupation, as in the case in Gaza, the unjustified and unlawful recourse to firearms by law enforcement resulting in death may amount to willful killing. »

Israeli Defence Minister Avigdor Lieberman told Israeli public radio Thursday that « if there are provocations, there will be a reaction of the harshest kind like last week, » showing no sign that his government would reconsider their strategy when responding to unarmed protesters.

Pro-Israel organization StandWithUs has resorted to claiming Palestinians are faking injuries to garner international sympathy and supported their claims by posting videos showing « Palestinians practicing for the cameras. » The Palestinians in the video were actually practicing how to evacuate the wounded during the protest.

Other claims advanced by Israeli authorities include accusing the political party Hamas, which Israel considers a terrorist organization, of being, behind the protests.

Asad Abu Sharekh, the spokesperson of the march, has countered the claim saying « the march is organized by refugees, doctors, lawyers, university students, Palestinian intellectuals, academics, civil society organizations and Palestinian families. »

Since March 30th, which marks Palestinian Land Day, thousands have set up several tent encampments within Gaza, some 65 kilometers away from the border.

The symbolic move is part of the Great March of Return which aims to demand the right of over 5 million Palestinian refugees to return to the lands from which they were expelled from after the formation of the state of Israel.

More than half of the 2 million Palestinians who live in Gaza under an over 10-year-long blockade are refugees.

Israel has denied Palestinian refugees this right because of what they call a “demographic threat.”

Voir aussi:

 

Voir par ailleurs:

Votre question

Checknews
Libération

Bonjour,

Dans un texte écrit en 1972, publié dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Edwy Plenel a, en effet, appelé à «défendre inconditionnellement» les militants de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui venait alors d’assassiner onze membres de l’équipe olympique israélienne lors d’une prise d’otage pendant les Jeux Olympiques de Munich, qui ont eu lieu cette année-là. En ces termes :

« L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël (…) Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation (…) A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage ».

Voilà plusieurs années que ces mots, signés Joseph Krasny, nom de plume de Plenel dans Rouge, sont connus. C’est en 2008 dans Enquête sur Edwy Plenel, écrit par le journaliste Laurent Huberson, qu’ils sont pour la première fois exhumés. Quasiment un chapitre est consacré à l’anticolonialisme, l’antiracisme, et l’antisionisme radical du jeune militant Plenel. C’est dans ces pages que sont retranscrites ces lignes.

 

Aujourd’hui, elles figurent en bonne place sur la page Wikipedia du journaliste.

Depuis plusieurs jours, ils refont pourtant surface sur Twitter, partagés la plupart du temps par des comptes proches de l’extrême droite. Ce 3 avril, Gilles-William Goldnadel, avocat, longtemps chroniqueur à Valeurs Actuelles, qui officie aujourd’hui sur C8 dans l’émission de Thierry Ardisson Les Terriens du Dimanche, a interpellé le co-fondateur de Mediapart sur Twitter : «Bonsoir Edwy Plenel, c’est pour une enquête de la France Libre [la webtélé de droite lancée par l’avocat début 2018]. Pourriez-vous s’il vous plaît confirmer ou infirmer les infos qui circulent selon lesquelles vous auriez sous l’alias de Krasny féliciter dans Rouge Septembre Noir ?».

« Ce texte exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui »

Plenel n’a pas répondu à Goldnadel sur Twitter. Mais contacté par CheckNews, il a accepté de revenir, par ce mail, sur ce texte écrit en 1972.  En nous demandant de reproduire intégralement sa réponse, «car évidemment, cette campagne n’est pas dénuée d’arrière-pensées partisanes». Que pense donc le Plenel de 2018 des écrits de Krasny en 1972 ?

« Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël ».

On résume : le co-fondateur de Mediapart, sous le pseudo Joseph Krasny, a bien soutenu en 1972 l’action de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui venait alors d’assassiner onze athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich. Cette chronique, exhumée en 2008 dans un livre critique sur Plenel, a refait surface ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Contacté par CheckNews, Edwy Plenel, récuse fermement ce texte aujourd’hui qui, selon lui, n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque.

Bien cordialement,

Robin A.


La Rose blanche/75e: Après la tragédie, la farce (75 years after the WWII anti-nazi student group, Hollywood’s joke of an anti-sexual harassment movement picks up the white rose symbol)

26 février, 2018
Hans et Sophie Scholl et leur ami Christoph ProbstHegel fait remarquer quelque part que, dans l’histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce. Marx
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
La Rose blanche (en allemand Die Weiße Rose) est le nom d’un groupe de résistants allemands, fondé en juin 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, et composé de quelques étudiants et de leurs proches. Ce nom aurait été choisi par Hans Scholl en référence à la romance de Clemens Brentano (Les Romances du Rosaire, 1852), ou au roman de B. Traven La Rose blanche (1929). Ce groupe a été arrêté en février 1943 par la Gestapo et ses membres ont été exécutés. Wikipedia
We choose the white rose because historically it stands for hope, peace, sympathy and resistance. Voices in Entertainment
 The colour white, of course, represents peace, but it is also has history in the women’s movement. White was one of the trio of colours adopted by the suffragette movement, along with green and purple; white stood for purity. Hillary Clinton’s white pantsuit, which she wore to accept the nomination as Democratic candidate for the 2016 election, was seen making a feminist statement. The Guardian
When he landed in New Delhi last Saturday, Trudeau was greeted on the tarmac, not by the Prime Minister or Foreign Minister but by the junior minister for agriculture and farmers’ welfare. Other world leaders, including Barack Obama and Benjamin Netanyahu, have been given a personal welcome by Narendra Modi. Prime Minister Modi, a savvy social media user, failed even to note Trudeau’s arrival on Twitter, though on the same day he found time to tweet about plans to unveil a new shipping container terminal. He did not acknowledge Trudeau until five days later and only met him the day before the Canadian PM and his family were to return home. Why were the Indians so frosty in their reception? They suspect Trudeau’s government of private sympathy for the Khalistani separatist movement, which wants to form a breakaway Sikh state in Punjab. Thankfully, Trudeau didn’t do anything to inflame those suspicions. Well, unless you count inviting a notorious Khalistani separatist to a reception. And then to dinner. With the Prime Minister. Not just any separatist, either. Jaspal Atwal is a former member of the International Sikh Youth Federation, proscribed as a terror group in both India and Canada, and was convicted of the attempted assassination of Indian cabinet minister Malkiat Singh Sidhu. Best of all, he even got a photo taken with Trudeau’s wife Sophie. But there were still a few Indians unoffended by the image-obsessed Canadian PM and he quickly remedied that. He turned up for one event in a gaudy golden kurta, churidars and chappals. At another, he broke into the traditional Bhaṅgṛā dance only to stop midway through when no one else joined in. Only after the local press pointed out that this was a little condescending and a lot tacky was Justin-ji finally photographed wearing a suit. It was less like a state visit and more like a weeklong audition for the next Sanjay Leela Bhansali movie. Here was Justin Trudeau, the progressive’s progressive, up to his pagṛi in cultural appropriation. At least he achieved his goal of bringing Indians and Canadians closer together: both have spent the past week cringing at this spectacle of well-meaning minstrelsy. I want to like Justin Trudeau. I really do. He’s a centrist liberal in an age where neither the adjective nor the noun is doing very well. Trump to his south, Brexit and Corbyn across the water, Putin beyond that: Trudeau should be a hero for liberal democrats. Instead, from his Eid Mubarak socks at Toronto Pride to his preference for ‘peoplekind’ over ‘mankind’, Trudeau presents like an alt-right parody of liberalism. He’s gender-neutral pronouns. He’s avocado toast and flaxseed soy smoothies. He’s safe spaces and checked privileges. Trudeau is a cuck. And all that would be fine. In fact, it would be a hoot to have a liberal standard-bearer who could troll the 4chan pale males in their overvaped, undersexed basements. But far from an icon for the middle ground, Trudeau is the sort of right-on relativist who gives liberals a bad name. He has spoken of his ‘admiration’ for China’s dictatorship for ‘allowing them to turn their economy around on a dime’. He called Fidel Castro ‘larger than life’ and ‘a remarkable leader’ who showed ‘tremendous dedication and love for the Cuban people’. Trudeau’s government refused to accept the Islamic State’s ethnic cleansing of the Yazidis was a genocide until the UN formally recognised it as such. In 2016 he issued a statement on Holocaust Remembrance Day that neglected to mention Jewish victims of the Shoah and the following year unveiled a memorial plaque with the same omission. Trudeau’s problem is that he always agrees with the last good intention he encountered. He seems to have picked up his political philosophy from Saturday morning cartoons: by your powers combined, I am Captain Snowflake. There is no spine of policy, no political compass, no vision beyond the next group hug or national apology. The centre ground needs a champion and instead it got an inspirational quote calendar with abs. Trudeau’s not a Grit, he’s pure mush. The Spectator
On y voit comment pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts. Comme toute idéologie, le racisme allemand, lui aussi, avait évolué, et, à l’origine, il ne s’en était pris qu’aux droits de l’homme et du citoyen des juifs. Il est possible que sans la seconde guerre mondiale, le « problème juif » se serait soldé par une émigration « volontaire » des juifs des territoires sous contrôle allemand. Après tout, pratiquement tous les juifs d’Allemagne et d’Autriche ont pu sortir à temps. Il n’est pas exclu que pour certains à droite, le même sort puisse être réservé aux Palestiniens. Il faudrait seulement qu’une occasion se présente, une bonne guerre par exemple, accompagnée d’une révolution en Jordanie, qui permettrait de refouler vers l’Est une majeure partie des habitants de la Cisjordanie occupée. Les Smotrich et les Zohar, disons-le bien, n’entendent pas s’attaquer physiquement aux Palestiniens, à condition, bien entendu, que ces derniers acceptent sans résistance l’hégémonie juive. Ils refusent simplement de reconnaître leurs droits de l’homme, leur droit à la liberté et à l’indépendance. Dans le même ordre d’idées, d’ores et déjà, en cas d’annexion officielle des territoires occupés, eux et leurs partis politiques annoncent sans complexe qu’ils refuseront aux Palestiniens la nationalité israélienne, y compris, évidemment, le droit de vote. En ce qui concerne la majorité au pouvoir, les Palestiniens sont condamnés pour l’éternité au statut de population occupée. La raison en est simple et clairement énoncée : les Arabes ne sont pas juifs, c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de prétendre à la propriété d’une partie quelconque de la terre promise au peuple juif. Pour Smotrich, Shaked et Zohar, un juif de Brooklyn, qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre, en est le propriétaire légitime, mais l’Arabe, qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la bonne volonté des juifs et leur humanité. Le Palestinien, nous dit Zohar, « n’a pas le droit à l’autodétermination car il n’est pas le propriétaire du sol. Je le veux comme résident et ceci du fait de mon honnêteté, il est né ici, il vit ici, je ne lui dirai pas de s’en aller. Je regrette de le dire mais [les Palestiniens] souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs ». Ce qui signifie que même si les Palestiniens décidaient de se convertir, commençaient à se faire pousser des papillotes et à étudier la Torah et le Talmud, cela ne leur servirait à rien. Pas plus qu’aux Soudanais et Erythréens et leurs enfants, qui sont israéliens à tous égards – langue, culture, socialisation. Il en était de même chez les nazis. Ensuite vient l’apartheid, qui, selon la plupart des « penseurs » de la droite, pourrait, sous certaines conditions, s’appliquer également aux Arabes citoyens israéliens depuis la fondation de l’Etat. Pour notre malheur, beaucoup d’Israéliens, qui ont honte de tant de leurs élus et honnissent leurs idées, pour toutes sortes de raisons, continuent à voter pour la droite. Zeev Sternhell
The central complaint of Netanyahu’s critics is that he has failed to make good on the promise of his 2009 speech at Bar-Ilan University, where he claimed to accept the principle of a Palestinian state. Subsidiary charges include his refusal to halt settlement construction or give former Palestinian Prime Minister Salam Fayyad a sufficient political boost. It should go without saying that a Palestinian state is a terrific idea in principle — assuming, that is, that it resembles the United Arab Emirates. But Israelis have no reason to believe that it will look like anything except the way Gaza does today: militant, despotic, desperate and aggressive. Netanyahu’s foreign critics are demanding that he replicate on a large scale what has failed catastrophically on a smaller scale. It’s an absurd ask. It’s also strange that the same people who insist that Israel help create a Palestinian state in order to remain a democracy seem so indifferent to the views of that democracy. Israel’s political left was not destroyed by Netanyahu. It was obliterated one Palestinian suicide bombing, rocket salvo, tunnel attack and rejected statehood offer at a time. Bibi’s long tenure of office is the consequence, not the cause, of this. Specifically, it is the consequence of Israel’s internalization of the two great lessons of the past 30 years. First, that separation from the Palestinians is essential — in the long term. Second, that peace with the Palestinians is impossible — in the short term. The result is a policy that amounts to a type of indefinite holding pattern, with Israel circling a runway it knows it cannot yet land on even as it fears running out of gas. The risks here are obvious. But it’s hard to imagine any other sort of approach, which is why any successor to Netanyahu will have to pursue essentially identical policies — policies whose chief art will consist in fending off false promises of salvation. There’s a long Jewish history of this. For all of his flaws, few have done it as well as Bibi, which is why he has endured, and will probably continue to do so. Bret Stephens
Un Israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts », voilà qui ne peut qu’enchanter, du Monde à France Inter, de Mediapart au Muslim Post. D’autant plus que Zeev Sternhell a l’avantage de conférer une pseudo-scientificité à deux grandes causes, la détestation de la France et la haine d’Israël – quel autre sentiment peut inspirer un pays en voie de nazification ? En effet, avant de devenir le savant utile de l’antisionisme extrême gauchiste européen, Sternhell s’est rendu célèbre avec Ni droite, ni gauche, publié en 1983, une analyse du fascisme français qui est à peu près partout et toujours prête à resurgir, thèse assez proche de celle de L’idéologie française de BHL, paru deux ans plus tôt, et recyclée depuis en mépris du populo et de ses idées nauséabondes. Bref, avec Shlomo Sand, l’historien qui considère que le peuple juif est un mythe, et quelques autres, Sternhell fait partie des Israéliens fréquentables. Et pour les sites islamistes il est le « bon juif » idéal. Ce qui est marrant, c’est que, même concernant le fascisme français, Shlomo Sand lui conteste la qualité d’historien. De fait, outre qu’elle est abjecte, sa comparaison est idiote car elle oublie un léger détail : il n’y avait pas, en 1930, de conflit entre les Juifs et l’Allemagne, ni de Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes. Le plus écœurant, c’est la gourmandise avec laquelle notre radio publique s’est jetée sur cette bonne feuille. En dépit d’une actualité chargée, sur France Culture, on lui a accordé l’honneur des titres, honneur inédit pour un texte de cette nature. Emportée par son élan – ou son inconscient-, la journaliste a annoncé : « Un intellectuel israélien compare Israël au nazisme des années 1940. » Sternhell, et c’est déjà dingue, parle du nazisme des débuts. Celui des années 1940, c’est celui de la fin – de l’extermination. Peu importent ces distinctions, nombre de journalistes, imbus de leurs grands sentiments et de leur méconnaissance totale du dossier, étaient trop heureux de trouver, sous une plume israélienne, cette confirmation de tous les poncifs qu’ils ont en tête. (…) Surtout, tout occupé qu’il est à déceler les germes de nazisme chez ses concitoyens, Sternhell oublie de porter son regard un peu plus loin. S’il l’avait fait, il aurait pu entendre et voir des expressions beaucoup plus inquiétantes du nationalisme trempé dans l’antisémitisme le plus crasse, expressions qui vont jusqu’au poignard, à la roquette, sans oublier la volonté de destruction tranquillement assumée dans des mosquées ou des salles de classe. Ajoutons qu’en Israël, Sternhell et les autres ont pignon sur rue et c’est très bien. S’il y a des partisans de la paix avec Israël dans le monde arabe, ils rasent les murs, ou sont menacés de mort. Et dans les pays arabes, il n’y a pas de question juive. S’il avait vu tout cela, Sternhell aurait compris que la volonté de conserver une majorité juive ne révèle nullement une haine raciale. La plupart des Israéliens le savent, sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif. Fin du sionisme, chapitre clos. C’est d’ailleurs ce souci qui devrait conduire le gouvernement israélien à rechercher une séparation négociée avec les Palestiniens, qu’ils soient ou pas (et ils ne le sont pas) les partenaires idéaux. Oui, l’occupation qui pourrit la vie des Palestiniens opère un travail de sape souterrain dans la société israélienne. Mais le danger, pour Israël, n’est pas de sombrer dans le nazisme. Il est de perdre le sens de la pluralité – et de finir par ressembler à ses voisins. Elisabeth Lévy
 Attention: une rose blanche peut en cacher une autre !

Au lendemain du 75e anniversaire de la décapitation du groupe de résistance d’étudiants antinazis dit de la Rose blanche

Et la reprise du même symbole par Hollywood et le monde de la chanson pour symboliser sa lutte contre le harcèlement sexuel …
Pendant que déguisé en acteur de Bollywood, la véritable caricature de progressisme qui sert actuellement de premier ministre à nos pauvres amis canadiens achevait de ridiculiser son pays sur la scène internationale …
Et qu’oubliant qu’il n’y avait pas dans les années 30 de « Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes », un historien israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts » se voit gratifié d’une tribune du Monde
Comment ne pas repenser …
Pour qualifier cette étrange époque que nous vivons entre « Génération Flocon de neige » et « idées chrétiennes devenues folles » …
Au fameux mot de Marx sur la répétition tragi-comique, par son premier président et dernier monarque de la nation française de neveu, du coup d’État du 18 brumaire par Napoléon un demi-siècle après ?

Zeev Sternhell, savant utile de l’antisionisme
L’historien israélien a comparé l’Etat hébreu au « nazisme à ses débuts »…
Elisabeth Lévy
Causeur
20 février 2018

Un Israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts », voilà qui ne peut qu’enchanter, du Monde à France Inter, de Mediapart au Muslim Post. D’autant plus que Zeev Sternhell a l’avantage de conférer une  pseudo-scientificité à deux grandes causes, la détestation de la France et la haine d’Israël – quel autre sentiment peut inspirer un pays en voie de nazification ? En effet, avant de devenir le savant utile de l’antisionisme extrême gauchiste européen, Sternhell s’est rendu célèbre avec Ni droite, ni gauche, publié en 1983, une analyse du fascisme français qui est à peu près partout et toujours prête à resurgir, thèse assez proche de celle de L’idéologie française de BHL, paru deux ans plus tôt, et recyclée depuis en mépris du populo et de ses idées nauséabondes.

Sternhell, leur « bon juif » idéal

Bref, avec Shlomo Sand, l’historien qui considère que le peuple juif est un mythe, et quelques autres, Sternhell fait partie des Israéliens fréquentables. Et pour les sites islamistes il est le « bon juif » idéal. Ce qui est marrant, c’est que, même concernant le fascisme français, Shlomo Sand lui conteste la qualité d’historien. De fait, outre qu’elle est abjecte, sa comparaison est idiote car elle oublie un léger détail : il n’y avait pas, en 1930, de conflit entre les Juifs et l’Allemagne, ni de Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes.

Le plus écœurant, c’est la gourmandise avec laquelle notre radio publique s’est jetée sur cette bonne feuille. En dépit d’une actualité chargée, sur France Culture, on lui a accordé l’honneur des titres, honneur inédit pour un texte de cette nature. Emportée par son élan – ou son inconscient-, la journaliste a annoncé : « Un intellectuel israélien compare Israël au nazisme des années 1940. » Sternhell, et c’est déjà dingue, parle du nazisme des débuts. Celui des années 1940, c’est celui de la fin – de l’extermination. Peu importent ces distinctions, nombre de journalistes, imbus de leurs grands sentiments et de leur méconnaissance totale du dossier, étaient trop heureux de trouver, sous une plume israélienne, cette confirmation de tous les poncifs qu’ils ont en tête. Saluons donc Bernard Guetta qui, ce mardi matin, a remis les pendules à l’heure.

Tout n’est pas faux, bien sûr, dans le libelle publié, lundi 19 février, par Le Monde sous le titre accrocheur : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts ». Sternhell s’appuie sur des projets du gouvernement de geler par la loi et pour toujours le statut de Jérusalem, ainsi que sur des signes réels de la montée d’un nationalisme raciste. Mais, faute de regard historique (ou, dit plus simplement, de la prise en compte du contexte), il sort subrepticement de la route de l’argumentation pour dérouler un scénario qui conduit au mieux à l’apartheid et au pire suivez mon regard.

La hallalisation des esprits fait son chemin

Il y a en effet en Israël des rabbins qui ont appelé à l’assassinat d’Yitzhak Rabin, ou des élus qui réclament des salles d’accouchement séparées pour les Arabes et pour les Juives. Le nationalisme extrémiste, volontiers raciste sur les bords, progresse, y compris dans l’armée. En tout cas, la hallalisation des esprits (c’est-à-dire la propension à diviser le monde entre pur et impur) fait son chemin chez pas mal de juifs.

Mais il y a aussi des juifs pour la Palestine, des soldats militant pour la paix, une presse déchaînée, des ONG brailleuses et une intelligentsia raffinée, sans oublier une justice, une police et tout le reste, pour défendre l’Etat de droit s’il est menacé. Bref, toute une cacophonie judéo-israélienne dans laquelle on souhaite bonne chance à un dictateur.

Surtout, tout occupé qu’il est à déceler les germes de nazisme chez ses concitoyens, Sternhell oublie de porter son regard un peu plus loin. S’il l’avait fait, il aurait pu entendre et voir des expressions beaucoup plus inquiétantes du nationalisme trempé dans l’antisémitisme le plus crasse, expressions qui vont jusqu’au poignard, à la roquette, sans oublier la volonté de destruction tranquillement assumée dans des mosquées ou des salles de classe. Ajoutons qu’en Israël, Sternhell et les autres ont pignon sur rue et c’est très bien. S’il y a des partisans de la paix avec Israël dans le monde arabe, ils rasent les murs, ou sont menacés de mort. Et dans les pays arabes, il n’y a pas de question juive.

Sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif

S’il avait vu tout cela, Sternhell aurait compris que la volonté de conserver une majorité juive ne révèle nullement une haine raciale. La plupart des Israéliens le savent, sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif. Fin du sionisme, chapitre clos. C’est d’ailleurs ce souci qui devrait conduire le gouvernement israélien à rechercher une séparation négociée avec les Palestiniens, qu’ils soient ou pas (et ils ne le sont pas) les partenaires idéaux.

Oui, l’occupation qui pourrit la vie des Palestiniens opère un travail de sape souterrain  dans la société israélienne. Mais le danger, pour Israël, n’est pas de sombrer dans le nazisme. Il est de perdre le sens de la pluralité – et de finir par ressembler à ses voisins.

Voir aussi:

Zeev Sternhell : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts »
Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du fascisme, se lance dans une comparaison entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.
Zeev Sternhell (Historien, membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialiste de l’histoire du fascisme)
Le Monde
18.02.2018

[L’annonce est autant symbolique que contestée à l’international : le 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. L’ambassade américaine, actuellement établie à Tel-Aviv, ouvrira ses portes avant fin 2019. L’initiative a rapidement été saluée par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Depuis, à la Knesset, le Parlement, la droite mène une offensive sur plusieurs fronts. Le 2 janvier, les députés ont voté un amendement à la loi fondamentale, c’est-à-dire constitutionnelle, rendant impossible toute cession d’une partie de Jérusalem sans un vote emporté à la majorité des deux-tiers. Plusieurs députés ont aussi avancé des projets de loi visant à redéfinir le périmètre de la ville, en rejetant des quartiers arabes entiers se trouvant au-delà du mur de séparation, ou bien en intégrant de vastes colonies. Pour l’historien Zeev Sternhell, ces décisions visent à imposer aux Palestiniens d’accepter sans résistance l’hégémonie juive sur le territoire, les condamnant pour l’éternité au statut de population occupée.]

Tribune. Je tente parfois d’imaginer comment essaiera d’expliquer notre époque l’historien qui vivra dans cinquante ou cent ans. A quel moment a-t-on commencé, se demandera-t-il sans doute, à comprendre en Israël que ce pays, devenu Etat constitué lors de la guerre d’indépendance de 1948, fondé sur les ruines du judaïsme européen et au prix du sang de 1 % de sa population, dont des milliers de combattants survivants de la Shoah, était devenu pour les non-juifs, sous sa domination, un monstre ? Quand, exactement, les Israéliens, au moins en partie, ont-ils compris que leur cruauté envers les non-juifs sous leur emprise en territoires occupés, leur détermination à briser les espoirs de liberté et d’indépendance des Palestiniens ou leur refus d’accorder l’asile aux réfugiés africains commençaient à saper la légitimité morale de leur existence nationale ?

La réponse, dira peut-être l’historien, se trouve en microcosme dans les idées et les activités de deux importants députés de la majorité, Miki Zohar (Likoud) et Bezalel Smotrich (Le Foyer juif), fidèles représentants de la politique gouvernementale, récemment propulsés sur le devant de la scène. Mais ce qui est plus important encore, c’est le fait que cette même idéologie se trouve à la base des propositions de loi dites « fondamentales », c’est-à-dire constitutionnelles, que la ministre de la justice, Ayelet Shaked, avec l’assentiment empressé du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, se propose de faire adopter rapidement par la Knesset.

Shaked, numéro deux du parti de la droite religieuse nationaliste, en plus de son nationalisme extrême, représente à la perfection une idéologie politique selon laquelle une victoire électorale justifie la mainmise sur tous les organes de l’Etat et de la vie sociale, depuis l’administration jusqu’à la justice, en passant par la culture. Dans l’esprit de cette droite, la démocratie libérale n’est rien qu’un infantilisme. On conçoit facilement la signification d’une telle démarche pour un pays de tradition britannique qui ne possède pas de Constitution écrite, seulement des règles de comportement et une armature législative qu’une majorité simple suffit pour changer.

« Il s’agit d’un acte constitutionnel nationaliste dur, que Mme Le Pen n’oserait pas proposer »

L’élément le plus important de cette nouvelle jurisprudence est une législation dite « loi sur l’Etat-nation » : il s’agit d’un acte constitutionnel nationaliste dur, que le nationalisme intégral maurrassien d’antan n’aurait pas renié, que Mme Le Pen, aujourd’hui, n’oserait pas proposer, et que le nationalisme autoritaire et xénophobe polonais et hongrois accueillera avec satisfaction. Voilà donc les juifs qui oublient que leur sort, depuis la Révolution française, est lié à celui du libéralisme et des droits de l’homme, et qui produisent à leur tour un nationalisme où se reconnaissent facilement les plus durs des chauvinistes en Europe.

L’impuissance de la gauche

En effet, cette loi a pour objectif ouvertement déclaré de soumettre les valeurs universelles des Lumières, du libéralisme et des droits de l’homme aux valeurs particularistes du nationalisme juif. Elle obligera la Cour suprême, dont Shaked, de toute façon, s’emploie à réduire les prérogatives et à casser le caractère libéral traditionnel (en remplaçant autant que possible tous les juges qui partent à la retraite par des juristes proches d’elle), à rendre des verdicts toujours conformes à la lettre et à l’esprit de la nouvelle législation.

Mais la ministre va plus loin encore : elle vient juste de déclarer que les droits de l’homme devront s’incliner devant la nécessité d’assurer une majorité juive. Mais puisque aucun danger ne guette cette majorité en Israël, où 80 % de la population est juive, il s’agit de préparer l’opinion publique à la situation nouvelle, qui se produira en cas de l’annexion des territoires palestiniens occupés souhaitée par le parti de la ministre : la population non-juive restera dépourvue du droit de vote.

Grâce à l’impuissance de la gauche, cette législation servira de premier clou dans le cercueil de l’ancien Israël, celui dont il ne restera que la déclaration d’indépendance, comme une pièce de musée qui rappellera aux générations futures ce que notre pays aurait pu être si notre société ne s’était moralement décomposée en un demi-siècle d’occupation, de colonisation et d’apartheid dans les territoires conquis en 1967, et désormais occupés par quelque 300 000 colons.

Aujourd’hui, la gauche n’est plus capable de faire front face à un nationalisme qui, dans sa version européenne, bien plus extrême que la nôtre, avait presque réussi à anéantir les juifs d’Europe. C’est pourquoi il convient de faire lire partout en Israël et dans le monde juif les deux entretiens faits par Ravit Hecht pour Haaretz (3 décembre 2016 et 28 octobre 2017) avec Smotrich et Zohar. On y voit comment pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts.

Comme toute idéologie, le racisme allemand, lui aussi, avait évolué, et, à l’origine, il ne s’en était pris qu’aux droits de l’homme et du citoyen des juifs. Il est possible que sans la seconde guerre mondiale, le « problème juif » se serait soldé par une émigration « volontaire » des juifs des territoires sous contrôle allemand. Après tout, pratiquement tous les juifs d’Allemagne et d’Autriche ont pu sortir à temps. Il n’est pas exclu que pour certains à droite, le même sort puisse être réservé aux Palestiniens. Il faudrait seulement qu’une occasion se présente, une bonne guerre par exemple, accompagnée d’une révolution en Jordanie, qui permettrait de refouler vers l’Est une majeure partie des habitants de la Cisjordanie occupée.

Le spectre de l’apartheid

Les Smotrich et les Zohar, disons-le bien, n’entendent pas s’attaquer physiquement aux Palestiniens, à condition, bien entendu, que ces derniers acceptent sans résistance l’hégémonie juive. Ils refusent simplement de reconnaître leurs droits de l’homme, leur droit à la liberté et à l’indépendance. Dans le même ordre d’idées, d’ores et déjà, en cas d’annexion officielle des territoires occupés, eux et leurs partis politiques annoncent sans complexe qu’ils refuseront aux Palestiniens la nationalité israélienne, y compris, évidemment, le droit de vote. En ce qui concerne la majorité au pouvoir, les Palestiniens sont condamnés pour l’éternité au statut de population occupée.

Pour Miki Zohar, les Palestiniens “souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs”

La raison en est simple et clairement énoncée : les Arabes ne sont pas juifs, c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de prétendre à la propriété d’une partie quelconque de la terre promise au peuple juif. Pour Smotrich, Shaked et Zohar, un juif de Brooklyn, qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre, en est le propriétaire légitime, mais l’Arabe, qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la bonne volonté des juifs et leur humanité. Le Palestinien, nous dit Zohar, « n’a pas le droit à l’autodétermination car il n’est pas le propriétaire du sol. Je le veux comme résident et ceci du fait de mon honnêteté, il est né ici, il vit ici, je ne lui dirai pas de s’en aller. Je regrette de le dire mais [les Palestiniens] souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs ».

Ce qui signifie que même si les Palestiniens décidaient de se convertir, commençaient à se faire pousser des papillotes et à étudier la Torah et le Talmud, cela ne leur servirait à rien. Pas plus qu’aux Soudanais et Erythréens et leurs enfants, qui sont israéliens à tous égards – langue, culture, socialisation. Il en était de même chez les nazis. Ensuite vient l’apartheid, qui, selon la plupart des « penseurs » de la droite, pourrait, sous certaines conditions, s’appliquer également aux Arabes citoyens israéliens depuis la fondation de l’Etat. Pour notre malheur, beaucoup d’Israéliens, qui ont honte de tant de leurs élus et honnissent leurs idées, pour toutes sortes de raisons, continuent à voter pour la droite.

Voir de même:
Don’t Count Bibi Out — Yet
Bret Stephens
The NYT
Feb. 23, 2018

If you follow the news from Israel, you might surmise that Benjamin Netanyahu’s days as prime minister are numbered. The police recommend that he be charged on multiple counts of bribery, fraud and breach of trust. Fresh charges may yet be brought in additional investigations. A former top aide to Netanyahu agreed this week to serve as a witness against him. Press reports suggest a man clinging to power.

Don’t be so sure. If an election were held tomorrow, Bibi — as Netanyahu is universally known in Israel — and his Likud party would likely win, according to recent polls. Roughly half of Israelis think the prime minister should quit, but that’s down from 60 percent in December. Netanyahu has no intention of resigning, even if the attorney general chooses to indict him. The Likud rank-and-file remain loyal to their leader. His coalition partners may detest him, but for now they see greater political advantage in a wounded prime minister than in a fresh one.

Besides, Bibi has been, for Israelis, a pretty good prime minister. Some indicators:

Economy: Since Netanyahu returned to power in 2009, the economy has grown by nearly 30 percent in constant dollars — nearly twice the growth rate of Germany or the United States. Some 3.6 million tourists visited Israel in 2017, a record for the Jewish state. On Monday, Israel announced a $15 billion dollar deal to export natural gas to Egypt from its huge offshore fields.

Diplomacy: Netanyahu’s personal ties to Indian Prime Minister Narendra Modi are exceptionally close, as they are with Japan’s Shinzo Abe. Israel’s relations with African countries and the Arab world are the best they’ve been in decades; reaction in Riyadh and Cairo to the Trump administration’s decision to move the U.S. embassy to Jerusalem amounted to a shrug. Netanyahu’s 2015 speech to Congress opposing the Iran deal, billed as an affront to the Obama administration, turned out to be an inspiration for Israel’s neighbors. And Netanyahu’s arguments against the deal now prevail in the current White House.

Security: In 2002, at the height of the second intifada, Israelis suffered more than 400 terrorism fatalities. In 2017 there were fewer than two dozen. Two wars in and around Gaza, both initiated by Hamas, were devastating for Palestinians but resulted in relatively few Israeli casualties. The Israeli Air Force lost an F-16 after coming under heavy Syrian antiaircraft fire, but that seems to have been a fluke. For the most part, Israel has been able to strike Syrian, Iranian and Hezbollah targets at will.

None of this makes much of an impression on non-Israelis. Diaspora Jews were infuriated last year by the government’s backtracking on a plan to let men and women pray together at the Western Wall. Israel’s bad decision to forcibly deport African migrants has stirred additional, and warranted, indignation.

And then there are the Palestinians. The central complaint of Netanyahu’s critics is that he has failed to make good on the promise of his 2009 speech at Bar-Ilan University, where he claimed to accept the principle of a Palestinian state. Subsidiary charges include his refusal to halt settlement construction or give former Palestinian Prime Minister Salam Fayyad a sufficient political boost.

It should go without saying that a Palestinian state is a terrific idea in principle — assuming, that is, that it resembles the United Arab Emirates. But Israelis have no reason to believe that it will look like anything except the way Gaza does today: militant, despotic, desperate and aggressive. Netanyahu’s foreign critics are demanding that he replicate on a large scale what has failed catastrophically on a smaller scale. It’s an absurd ask.

It’s also strange that the same people who insist that Israel help create a Palestinian state in order to remain a democracy seem so indifferent to the views of that democracy. Israel’s political left was not destroyed by Netanyahu. It was obliterated one Palestinian suicide bombing, rocket salvo, tunnel attack and rejected statehood offer at a time. Bibi’s long tenure of office is the consequence, not the cause, of this.

Specifically, it is the consequence of Israel’s internalization of the two great lessons of the past 30 years. First, that separation from the Palestinians is essential — in the long term. Second, that peace with the Palestinians is impossible — in the short term. The result is a policy that amounts to a type of indefinite holding pattern, with Israel circling a runway it knows it cannot yet land on even as it fears running out of gas.

The risks here are obvious. But it’s hard to imagine any other sort of approach, which is why any successor to Netanyahu will have to pursue essentially identical policies — policies whose chief art will consist in fending off false promises of salvation.

There’s a long Jewish history of this. For all of his flaws, few have done it as well as Bibi, which is why he has endured, and will probably continue to do so. ☐

Voir également:

Justin Trudeau takes his Captain Snowflake act to India
Stephen Daisley
The Spectator
24 February 2018

If your week was less than fun, spare a thought for Justin Trudeau. The Canadian Prime Minister’s seven-day visit to India went down like an undercooked biriyani on the subcontinent.

When he landed in New Delhi last Saturday, Trudeau was greeted on the tarmac, not by the Prime Minister or Foreign Minister but by the junior minister for agriculture and farmers’ welfare. Other world leaders, including Barack Obama and Benjamin Netanyahu, have been given a personal welcome by Narendra Modi. Prime Minister Modi, a savvy social media user, failed even to note Trudeau’s arrival on Twitter, though on the same day he found time to tweet about plans to unveil a new shipping container terminal. He did not acknowledge Trudeau until five days later and only met him the day before the Canadian PM and his family were to return home.

Why were the Indians so frosty in their reception? They suspect Trudeau’s government of private sympathy for the Khalistani separatist movement, which wants to form a breakaway Sikh state in Punjab. Thankfully, Trudeau didn’t do anything to inflame those suspicions. Well, unless you count inviting a notorious Khalistani separatist to a reception. And then to dinner. With the Prime Minister. Not just any separatist, either. Jaspal Atwal is a former member of the International Sikh Youth Federation, proscribed as a terror group in both India and Canada, and was convicted of the attempted assassination of Indian cabinet minister Malkiat Singh Sidhu. Best of all, he even got a photo taken with Trudeau’s wife Sophie.

But there were still a few Indians unoffended by the image-obsessed Canadian PM and he quickly remedied that. He turned up for one event in a gaudy golden kurta, churidars and chappals. At another, he broke into the traditional Bhaṅgṛā dance only to stop midway through when no one else joined in. Only after the local press pointed out that this was a little condescending and a lot tacky was Justin-ji finally photographed wearing a suit.

It was less like a state visit and more like a weeklong audition for the next Sanjay Leela Bhansali movie. Here was Justin Trudeau, the progressive’s progressive, up to his pagṛi in cultural appropriation. At least he achieved his goal of bringing Indians and Canadians closer together: both have spent the past week cringing at this spectacle of well-meaning minstrelsy.

I want to like Justin Trudeau. I really do. He’s a centrist liberal in an age where neither the adjective nor the noun is doing very well. Trump to his south, Brexit and Corbyn across the water, Putin beyond that: Trudeau should be a hero for liberal democrats. Instead, from his Eid Mubarak socks at Toronto Pride to his preference for ‘peoplekind’ over ‘mankind’, Trudeau presents like an alt-right parody of liberalism. He’s gender-neutral pronouns. He’s avocado toast and flaxseed soy smoothies. He’s safe spaces and checked privileges. Trudeau is a cuck.

And all that would be fine. In fact, it would be a hoot to have a liberal standard-bearer who could troll the 4chan pale males in their overvaped, undersexed basements. But far from an icon for the middle ground, Trudeau is the sort of right-on relativist who gives liberals a bad name. He has spoken of his ‘admiration’ for China’s dictatorship for ‘allowing them to turn their economy around on a dime’. He called Fidel Castro ‘larger than life’ and ‘a remarkable leader’ who showed ‘tremendous dedication and love for the Cuban people’. Trudeau’s government refused to accept the Islamic State’s ethnic cleansing of the Yazidis was a genocide until the UN formally recognised it as such. In 2016 he issued a statement on Holocaust Remembrance Day that neglected to mention Jewish victims of the Shoah and the following year unveiled a memorial plaque with the same omission.

Trudeau’s problem is that he always agrees with the last good intention he encountered. He seems to have picked up his political philosophy from Saturday morning cartoons: by your powers combined, I am Captain Snowflake. There is no spine of policy, no political compass, no vision beyond the next group hug or national apology. The centre ground needs a champion and instead it got an inspirational quote calendar with abs. Trudeau’s not a Grit, he’s pure mush.

Voir encore:

White roses and black velvet: the Grammys red carpet
Monochrome dominated the award ceremony last night, as politics remained fashionable for celebrities
Lauren Cochrane
The Guardian
29 Jan 2018

On the Grammys red carpet on Sunday, celebrities spelt out messages in black and white. While the Golden Globes earlier this month saw black dominate as a protest in line with the Times Up campaign, music’s biggest award ceremony switched to monochrome as default setting.

Some stuck to the black dress code, such as Miley Cyrus, Beyoncé, Lady Gaga and Sarah Silverman.

Others went for the impact of white. SZA, Cardi B and Childish Gambino were in this camp, while Lana Del Rey took the angelic angle further. She wore a gown embroidered with silver stars, accessorised with a halo.

Some celebrities carried white roses with them, with men including Kendrick Lamar and Trevor Noah pinning them to their lapels, and Cyrus licking hers with that famous tongue.

This was a campaign in support of the Times Up initiative. The rose idea was pushed by Meg Harkins, senior vice president of marketing at Roc Nation, Karen Rait, head of rhythm promotions at Interscope Geffen A&M Records, and other high-profile women in the music industry. “We all agreed it was really necessary,” Harkins said. “We’ve all felt the political and cultural change in the last couple of months.” In an email sent to attendees of the Grammys, the collective explained their choice of the flower. “We choose the white rose because historically it stands for hope, peace, sympathy and resistance,” it read.

The colour white, of course, represents peace, but it is also has history in the women’s movement. White was one of the trio of colours adopted by the suffragette movement, along with green and purple; white stood for purity. Hillary Clinton’s white pantsuit, which she wore to accept the nomination as Democratic candidate for the 2016 election, was seen making a feminist statement.

Beyoncé, never one to miss an opportunity to win at visual statements, skipped the red carpet and the white rose, but her six-year-old daughter, Blue Ivy, was dressed in head-to-toe white. Kesha – an artist who has firsthand experience of sexual misconduct – performed all in white, with a supporting cast including Cyndi Lauper and Camilla Cabelo also in the colour.

Other microtrends were noted too – there was an upswing of trousers for women, with Janelle Monae, Anna Kendrick and Kesha wearing them. This in itself is a protest against the pageant-y end of the red carpet. Burgundy seemed to be a sleeper colour, worn by both multiple winner Bruno Mars and Hillary Clinton during an onscreen cameo. Rihanna saw the opportunity to wear three outfits – a brown PVC wrap dress, pink slipdress and black and gold metallic co-ords.

White roses might be more discreet, and politics might have been less in the foreground for fashion at the Grammys, but the 2018 red carpet remains a place where protest can be signposted. These visual statements arguably stand with the signs on the Women’s March last weekend. As images that will be broadcast around the world, the optics are undeniable. This award season, a political issue remains the best accessory.

Voir enfin:

22 février 1943
Décapitation de la « Rose blanche »

Le 22 février 1943, trois étudiants allemands d’une vingtaine d’années sont guillotinés dans la prison de Stadelheim, près de Munich. Leur crime est d’avoir dénoncé le nazisme dans le cadre d’un mouvement clandestin, « La Rose blanche » (Die Weiße Rose en allemand).

Comment, de juin 1942 à février 1943 une poignée de jeunes étudiants chrétiens ont-ils pu défendre les valeurs démocratiques au prix de leur vie ? Comment ont-ils pu diffuser six tracts incendiaires tout en écrivant le soir des slogans pacifistes et antinazis sur les murs de Munich ?

Pierre Le Blavec de Crac’h
Hérodote
2018-02-18

Les prémices de la résistance

Résidant à Ulm et âgé de 14 ans en 1933, le lycéen Hans Scholl n’est pas au début insensible aux discours de Hitler. Comme tous les jeunes Allemands de son âge, il s’engage avec sa soeur Sophie (12 ans) dans les Jeunesses Hitlériennes mais prend assez vite ses distances.

Aidé par ses parents et encouragé par l’éditeur Carl Muth du mensuel catholique Hochland, il rompt avec le national-socialisme et se consacre à ses études de médecine. Il lit les penseurs chrétiens (Saint Augustin, Pascal) et l’écriture sainte. Mais il est arrêté et emprisonné en 1938 pour sa participation à un groupe de militants catholiques.

Quatre ans plus tard, sa décision est prise. Il décide d’entrer en résistance par l’écrit après avoir lu des sermons de l’évêque de Münster Mgr von Galen dénonçant  la politique du gouvernement à l’égard des handicapés.

Un noyau dur se constitue autour de Hans et Sophie Scholl (protestants) et de trois étudiants en médecine que lie une solide amitié : Alexander Schmorell (25 ans, orthodoxe et fils d’un médecin de Munich) ; Christoph Probst (23 ans marié et père de trois jeunes enfants), et Willi Graf (24 ans, catholique). Il est bientôt rejoint par Traute Lafrenz, une amie de Hans.

En juin 1942, alors que Hitler est au sommet de sa puissance, le petit groupe décide d’appeler les étudiants de Munich à la résistance contre le régime nazi, qualifié de « dictature du mal ». Sophie se garde d’informer de ses actions son fiancé, un soldat engagé sur le front de l’Est.

La rose s’épanouit

En moins de quinze jours, les jeunes gens rédigent et diffusent 4 tracts, signés « La Rose blanche » (Die Weiße Rose). Imprimés dans l’atelier de Munich mis à leur disposition par l’écrivain catholique Théodore Haecker, ils sont diffusés de la main à la main, déposés chez des restaurateurs de la ville ou adressés par la poste à des intellectuels non-engagés, des écrivains, des professeurs d’université, des directeurs d’établissements scolaires, des libraires ou des médecins soigneusement choisis.

Les tracts font référence à d’éminents penseurs (Schiller, Goethe, Novalis, Lao Tseu, Aristote) et citent parfois la Bible. Leurs lecteurs sont invités à participer à une « chaîne de résistance de la pensée » en les reproduisant et en les envoyant à leur tour au plus grand nombre possible de gens.

Willi Graf est enrôlé dans l’armée en juillet 1942 et découvre à cette occasion nombre d’atrocités. Quant à Hans Scholl et Alexander Schmorell, incorporés comme maréchal des logis dans la Wehrmacht en tant qu’étudiants en médecine, ils passent trois mois sur le front russe et constatent avec effroi l’horreur des traitements infligés aux juifs, aux populations locales et aux prisonniers soviétiques.

À partir de novembre 1942, les résistants de La Rose Blanche bénéficient du soutien de leur professeur Kurt Huber (49 ans, catholique convaincu) de l’université de Munich, qui devient leur mentor. Ils impriment et diffusent leurs tracts à des milliers d’exemplaires dans les universités allemandes et autrichiennes d’Augsbourg, Francfort, Graz, Hambourg, Linz, Salzburg, Sarrebruck, Stuttgart, Vienne et même de Berlin !

Le petit groupe collecte en même temps du pain pour les détenus de camps de concentration et s’occupe de leurs familles. Il est toutefois déçu par le peu d’écho de ses initiatives au sein de la population étudiante.

Un cinquième tract intitulé « Tract du mouvement de résistance en Allemagne » est distribué à plusieurs milliers d’exemplaires dans les rues, sur les voitures en stationnement et les bancs de la gare centrale de Munich ! Plus fort encore, en février 1943, Hans Scholl et Alexander Schmorell écrivent la nuit des slogans sur les murs du quartier universitaire : « Liberté ! Hitler massacreur des masses ! A bas Hitler !… »

Imprimé à plus de 2.000 exemplaires, distribué et envoyé par la poste, le sixième et dernier tract commente la défaite de Stalingrad, condamne les méthodes nazies et invite la jeunesse du pays à se mobiliser. Comme quelques centaines de ces tracts n’ont pu être expédiés, Hans Scholl décide de les diffuser dans l’Université de médecine.

Malheureusement, le matin du 18 février 1943, Hans et sa soeur Sophie sont aperçus par le concierge de l’université en train de jeter un dernier paquet de tracts du haut du deuxième étage donnant sur le hall. Ils sont aussitôt arrêtés avec leurs amis, livrés à la Gestapo (la police politique) et emprisonnés à Stadelheim.

Un procès expéditif

Le 22 février 1943, après une rapide instruction, le Tribunal du peuple (Volksgerichtshof) chargé des « crimes politiques » se réunit pour un procès expéditif de trois heures.

Il est présidé par Roland Freisler, venu exprès de Berlin. Cet ancien communiste est l’un des chefs nazis les plus brutaux qui soient. Sophie Scholl, qui a eu une jambe brisée au cours de son « interrogatoire » par la Gestapo et comparaît sur des béquilles, lui fait face avec un courage inébranlable.

Freisler prononce lui-même la condamnation à mort pour trahison de Hans Scholl, de sa soeur et de leur ami Christoph Probst – baptisé quelques heures avant son exécution par un prêtre de la prison.

Sophie et Hans sont exécutés par les fonctionnaires de la prison de Stadelheim après avoir revu une dernière fois leurs parents, Robert et Magdalene Scholl. Hans Scholl s’écrie « Vive la Liberté ! » avant de mourir sur la guillotine (cet instrument a été importé de France en Bavière au XIXe siècle, à la suite des guerres napoléoniennes). Depuis, les trois jeunes martyrs reposent les uns à côté des autres dans le cimetière voisin de la forêt de Perlach.

Quelques mois plus tard, un second procès frappe quatorze accusés pris dans la même vague d’arrestations : le professeur Kurt Huber, Alexander Schmorell et son camarade Willi Graf sont condamnés à mort. À l’automne 1943, le réseau de Hambourg est lui aussi démantelé par la Gestapo.

Dix autres membres de la Rose Blanche – amis des Scholl, jeunes étudiants des universités d’Ulm et de Sarrebruck, ou sympathisants actifs comme Eugen Grimminger qui les avait aidés financièrement – sont envoyés en camp de concentration où ils paieront aussi de leur vie leur participation aux activités du mouvement.

Malgré son caractère confidentiel, la Rose Blanche bénéficie d’une notoriété nationale et même mondiale. Le 27 juin 1943, parlant de « la naissance d’une foi nouvelle, celle de l’honneur et de la liberté », l’écrivain allemand en exil Thomas Mann lui rend hommage sur les ondes de la BBC tandis que durant l’été 1943, l’aviation anglaise jette sur le pays un million d’exemplaires du dernier tract rédigé par le professeur Huber.

L’ami de coeur de Sophie, qui était sur le front de l’Est, obtient une permission sitôt qu’il apprend son arrestation mais il arrive à Munich deux heures après son exécution. Il va entrer dès lors dans la résistance au péril de sa vie…

La Rose Blanche a vécu à peine un an mais la mémoire d’une lutte héroïque – contre la résignation et pour la défense de la liberté d’opinion lorsqu’elle est menacée -, elle, ne s’éteindra jamais.

Un film émouvant et vrai

Sophie Scholl, le dernier jourLe cinéaste allemand Marc Rothemund a réalisé en 2005 un film émouvant et rigoureux, Sophie Scholl, les derniers jours (en allemand Sophie Scholl, die letzten Tage). Il relate l’arrestation du groupe de jeunes gens, l’instruction de leur procès et leur exécution.

Son film suit fidèlement la réalité historique telle que relatée dans le livre de souvenirs publié en 1953 par la soeur de Hans et Sophie Scholl : Die weisse Rose (mal traduit, l’ouvrage a répandu dans le public français quelques erreurs factuelles, notamment en traduisant le mot allemand Fallbeil par hache au lieu de guillotine).


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