1917-2017: Au secours, Lénine revient ! (A la veille du premier tour d’une élection présidentielle décisive, un essayiste qui a connu la dictature de Ceausescu met en garde contre les conséquences potentiellement désastreuses de l’étrange obsession antilibérale française)

23 avril, 2017

« Mélenchon, Poutou et Arthaud ne me font pas rire : moi, le communisme, je l'ai vécu ! »

La consternation des Vénézuéliens de Paris face à MélenchonNo automatic alt text available.Image may contain: textFondé sous l’égide de Jean-Paul Sartre, le journal paraît pour la première fois le 18 avril 1973 et reprend le nom d’un titre de presse similaire créé en 1927 par le libertaire Jules Vignes, nom qui sera également celui d’un des journaux de la Résistance dirigé par Emmanuel d’Astier de La Vigerie. Situé à l’extrême gauche à ses débuts, Libération évolue vers la gauche sociale-démocrate à la fin des années 1970 après la démission de Jean-Paul Sartre en 1974. En 1978, le journal n’a déjà plus rien de maoïste : Serge July le décrit alors comme « libéral-libertaire ». Aujourd’hui, sa ligne éditoriale est toujours de centre gauche ou de gauche sociale-démocrate, selon l’échiquier politique français habituellement utilisé, et son lectorat est majoritairement de gauche. Wikipedia
Sale temps pour les sondages. Paniqués à l’idée de « rater » le premier tour de l’élection présidentielle, les voici challengés par de nouveaux venus : les spécialistes du big data, qui utilisent l’analyse des données à grande échelle pour établir une autre cartographie de l’opinion. Première mauvaise nouvelle pour les sondeurs, dont la méthodologie est ouvertement contestée : contrairement à eux, ces concurrents du big data ont su prédire la qualification de François Fillon au premier tour de la primaire à droite. Et aussi l’élection de Donald Trump et, pour Vigiglobe, la victoire du Brexit. Trois échecs cuisants pour les instituts de sondages. Deuxième mauvaise nouvelle : les prédictions de Filteris, de Vigiglobe et de l’algorithme Predict My President ne valident pas celles des sondages. Ceux-ci ne cessent d’annoncer un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au contraire, les trois initiatives misent sur la qualification de François Fillon. Ils diffèrent par contre sur le ou la candidate qui l’accompagnera au second tour. Une question de méthodologie qui révèle aussi les limites de l’exercice. [Filteris] Dans sa dernière mesure du vendredi 21 avril, François Fillon arrive en tête avec 22,09%. Il est suivi par Marine Le Pen, avec 21,75%, puis Jean-Luc Mélenchon (21,11%) et enfin Emmanuel Macron (19,92%). Les quatre candidats se tiennent à un peu plus de deux points. Autrement dit, dans un mouchoir de poche. C’est la 16è mesure d’opinion de Filteris depuis le 3 avril. Les 14 premières indiquaient que François Fillon et Marine Le Pen figureraient au second tour. Seule la 15è, du jeudi 20 avril, anticipait un second tour Fillon-Mélenchon. (…) Filteris a correctement prédit la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. L’entreprise n’a pas travaillé sur le Brexit. Contrairement aux sondages, Filteris a su prédire la première place de François Fillon à la primaire de la droite. Mais l’entreprise attendait Nicolas Sarkozy en deuxième position, alors que c’est Alain Juppé qui s’est qualifié. Elle s’est en outre trompée sur le premier tour de la primaire de la gauche : Benoît Hamon, qui est arrivé en première position, était donné troisième, derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg. (…) Contrairement à ses concurrents, Vigiglobe ne se risque pas au jeu des prédictions. En revanche, la startup estimait, jeudi 20 avril, que François Fillon a « de grandes chances de se qualifier pour le second tour ». Ses algorithmes d’analyse du sentiment voient se dégager un trio de tête dans un mouchoir de poche : François Fillon (qui dispose en plus du plus grand nombre de messages positifs), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Contrairement aux sondages et aux autres spécialistes du big data, Vigiglobe estime que Marine Le Pen est en sérieuse perte de vitesse, et qu’elle pourrait, par conséquent, ne pas se qualifier pour le second tour. Leendert de Voogd, le Pdg, précise toutefois que l’attaque des Champs-Elysées profitait vendredi 21 avril à François Fillon et à Marine Le Pen, en nette hausse par rapport aux jours précédents. (…) Vigiglobe a correctement identifié les dynamiques portant à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, à la victoire du Brexit au Royaume-Uni, de François Fillon à la primaire de la droite, et de Benoît Hamon à celle de la gauche. (…) Predict My President est un programme mené depuis plusieurs mois par cinq étudiants de l’école Télécom Paris tech pour l’hebdomadaire Le Point. L’objectif est de pallier les « failles » des sondages en remplaçant les enquêtes d’opinion par une analyse socio-économique des électeurs, couplée à une analyse de la popularité des candidats sur la Toile. (…) Le 19 avril, Predict My President voyait se profiler un duel entre Marine Le Pen (24,13%) et François Fillon (21,77%). Emmanuel Macron arriverait troisième avec 20,32%, suivi par Jean-Luc Mélenchon avec 18,66%. (…) les sondages (…) Dans la dernière ligne droite, tous notent une progression de François Fillon, confirmant ainsi la dynamique relevée par les spécialistes du big data, mais pas suffisamment pour atteindre le second tour. Tous les instituts le donnent troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen. La Tribune
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (2001)
La droite républicaine a besoin d’une colonne vertébrale. Villepin (2017)
Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres. Jean-Luc Mélenchon
Le Venezuela avait une politique sociale-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a jamais eu de nationalisation non plus. J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Et aujourd’hui le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien! Jean-Luc Mélenchon
[Chávez et Castro] sont morts tous les deux. Je les ai défendus dans des circonstances où ils étaient attaqués. Cuba a défendu tous les mouvements de libération nationale d’Amérique latine et dû subir l’embargo des États-Unis, pourtant condamné par l’Onu. Mais je n’ai jamais approuvé la façon dont était organisée politiquement Cuba. Je n’ai pas l’intention de faire Cuba en France. (…) Le Venezuela avait une politique de social-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a pas eu de nationalisations non plus. J’ai soutenu Chávez contre l’agression des Américains. Aujourd’hui, le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien. Je trouve que c’est un signe d’extrême désarroi intellectuel de m’affronter sur un terrain pareil avec une telle caricature. Jean-Luc Mélenchon
Il s’est passé à l’époque quelque chose qui m’intéressait beaucoup, qui était un gouvernement qui partageait la rente pétrolière avec le peuple et avec les pauvres, si bien que des millions de gens ont été sortis de la pauvreté. Mais je ne suis pas gouvernant du Venezuela. Je voyais un partage extrêmement intéressant et fécond entre le partage de la rente pétrolière au Venezuela, et l’accaparation de cette même richesse au Qatar ou en Arabie Saoudite où les pauvres gens n’ont accès à rien. (…) Et bien oui ce sont des manifestations d’opposition (…) Vous ne m’interrogez pas sur Bahreïn, sur le Yémen Monsieur Bourdin, vous avez vos prédilections… Vous avez vos massacres préférés. (…) Vous passez votre temps, vous et quelques autres, à essayer d’effrayer à mon sujet (…) Je ne fais pas campagne au Venezuela, je suis en train de faire campagne en France. Jean-Luc Mélenchon
Je n’ai pas regardé précisément ce point 62. (…) Ecoutez, je vais regarder dans le détail ce point-là. (…) Je ne sais pas exactement ce qui a conduit à ce point 62. (…) Ce qui compte, c’est la logique générale. Clémentine Autain
Monsieur Villepin ne déçoit jamais dans sa capacité à marquer des buts contre son camp. C’est l’homme de la dissolution qui a amené Lionel Jospin au pouvoir, c’est l’homme des coups bas contre Nicolas Sarkozy. Il poursuit aujourd’hui dans la collaboration avec Emmanuel Macron. Eric Ciotti
Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus. (…) Il ne s’agit pas de transposer les lois de l’atome à l’humain, mais plutôt d’aborder des questions sociales et politiques comme un physicien face à un problème complexe. Par exemple, comment des personnages aux convictions inflexibles peuvent influencer le comportement d’électeurs plus ouverts et donc changer le résultat d’une élection. (…) Exactement. Dans le cas de la peine de mort, par exemple, une majorité d’individus pense qu’il faut maintenir son abolition. Mais si on faisait un référendum, il y aurait de forts risques que par le débat les gens changent d’opinion. Alors qu’on aurait enrichi notre vision du problème, on aboutirait à une rationalité manipulée qui suivrait nos préjugés communs les plus archaïques. L’impact des préjugés est l’un des composants de mon modèle. L’impact des gens inflexibles en est un autre. (…) Les inflexibles sont ceux qui sont sûrs de leur vote. Par exemple, Marine Le Pen bénéficie d’un fort électorat d’inflexibles. Coûte que coûte, ils voteront pour elle. Mais il existe aussi une catégorie d’inflexibles anti-FN qui ne voteront jamais pour elle. Eux non plus ne changeront pas d’avis. Et ils sont plus de la moitié. Ce qui fait que, pour l’instant, elle ne peut pas gagner au second tour. [Mais] pour la première fois, des électeurs anti-FN ne sont pas prêts à aller voter pour le challenger. La pilule est trop difficile à avaler. La victoire de Le Pen est improbable mais n’est plus impossible. (…) C’est l’intensité de la campagne et des discussions avec les inflexibles qui peuvent faire basculer la distribution de votes. D’après mon modèle, Fillon détient le plus grand nombre d’inflexibles (ceux capables de convaincre les autres). Il suffit que ces influenceurs augmentent de 2-3 points pour que Fillon batte Macron (qui a moins d’inflexibles) au premier tour. Quant à la montée de Mélenchon, si elle se poursuit, elle pourrait contribuer à faire redémarrer Fillon. (…) Aujourd’hui, les discussions peuvent amener les macronistes (refroidis par les affaires de Fillon) à voter Mélenchon. Mais d’après mon modèle, dans un deuxième temps, si Mélenchon devient un candidat sérieux face à Marine Le Pen, ces ex-Macron pourraient, poussés par les inflexibles pro-Fillon, se tourner vers Fillon pour s’opposer à la politique économique de Mélenchon. Serge Galam
Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée. Serge Galam
Vous vous moquiez des codes. Vous étiez peu enclin aux règles du jeu politique traditionnel. Vous disiez que vous n’aimiez pas le microcosme. Vous étiez atypique dans ce milieu ». Vous disiez que vous aviez l’intention d’aller le plus loin possible. Vous vouliez renverser la table, changer la vie, faire la Révolution. Vous savez comment on vous surnomme (…) ? On vous surnomme « Monsieur ‘et en même temps’. Vous vouliez supprimer l’ISF et en même temps vous avez préféré le garder dans une version patrimoniale. Vous vouliez supprimer les 35 heures et en même temps vous vous êtes dit qu’il valait mieux rechercher des accords d’entreprises. Vous disiez vouloir préparer une réforme de la fonction publique et vous attaquer au statut des fonctionnaires et en même temps vous avez décidé de ne pas vous attaquer à ce statut mais de le moderniser ». (…) Sur Notre-Dame-des-Landes, vous avez dit qu’il y avait eu un référendum et qu’il fallait le respecter et en même temps vous avez proposé de nommer un médiateur. Sur la colonisation vous avez parlé de crimes contre l’humanité et en même temps, après avoir réfléchi vous avez déclaré qu’il s’agissait plutôt de crimes contre l’humain. Vous avez jugé que les anti-mariage pour tous ont été humiliés et en même temps vous avez estimé que l’humiliation avait été aussi du côté des pro-mariage. Et sur la peopolisation, vous avez déclaré que vous aviez fait une erreur de vous exposer avec votre épouse et en même temps vous avez continuez à vous prêter au jeu. (…) Sous vos airs polis, vous avez dit beaucoup de choses et leurs contraires. Alba Ventura
Son parti s’est effondré, le candidat PS Benoit Hamon est crédité de moins de 10% dans les sondages, le chômage est toujours au plus haut, les tensions identitaires et religieuses, notamment liées à l’islam politique, sont extrêmement vives. Mais le “Premier secrétaire de la République” se vante. “Je laisserai à mon successeur un pays en bien meilleur état que celui que j’ai trouvé”. Valeurs actuelles
Emmanuel Macron aime à dire qu’il bénéficie de soutiens de gauche, du centre, comme de droite. Ce n’est pas faux, même si ce n’est pas dans la même proportion : la très grande majorité de ses soutiens, comme des électeurs qui se prononceront pour lui dimanche prochain, vient d’un centre-gauche gestionnaire et responsable. Reste que les soutiens à la « macronie » venus de la droite existent bel et bien. Ces soutiens, cependant, sont loin d’être issus uniformément des différentes écoles qui composent la droite française. L’immense majorité d’entre eux vient d’un seul cercle : celui qui entourait l’ancien Président Jacques Chirac, chef de l’Etat entre 1995 et 2007, que l’âge et la maladie empêchent désormais de participer au débat politique. (…) Plus ambiguë est la position de deux anciens Premiers ministres de Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. Le premier, après avoir perdu contre François Fillon lors des primaires de la droite et du centre, a officiellement annoncé, après s’être fait prier, qu’il soutiendrait le candidat de son propre camp. Mais il multiplie les migraines de diva quand il s’agit de venir prouver ce soutien sur le terrain ou devant les caméras, et les mises en garde ronchonnent quand on lui en parle. Après avoir parlé des militants de son propre parti, soutiens de son propre candidat, comme d’un « noyau radicalisé » de militants (une expression généralement réservée aux soutiens de l’Etat islamique), Juppé, avant-hier, a déclaré qu’il se « retrouverait dans l’opposition » si un Président Fillon faisait entrer au gouvernement des représentants de la droite catholique conservatrice. (…) Quant à Villepin, Premier ministre de Chirac entre 2004 et 2007, sa politique semble être de tout faire pour indiquer son soutien à Macron, sauf de l’annoncer explicitement. Les deux hommes se déclarent réciproquement leur amitié à l’antenne, dans l’intimité de quelques millions d’auditeurs. Lundi dernier, BFM (surnommée « radio Macron » pour son engagement constant et caricatural en faveur du candidat) a suggéré que Villepin ferait un bon Premier ministre pour un Président Macron. Et Macron n’a pas dit le contraire. Ce ralliement massif, qu’il soit explicite ou implicite, de chiraquiens à Macron est-il l’indice d’une orientation idéologique particulière du candidat ? Probablement pas – ne serait-ce que parce qu’Emmanuel Macron, tout occupé qu’il est à mettre sa personne au centre de l’image, n’accorde pas la moindre importance à la cohérence idéologique. Il a annoncé successivement que la colonisation avait été un crime contre l’humanité, et qu’il fallait en assumer les aspects positifs. Qu’il n’y a pas de culture française et que la France ne serait jamais, sous son principat, un pays multiculturel. Que les opposants au mariage pour tous ont été injustement humiliés par le Président Hollande, et que l’idée même de donner à l’un d’entre eux un secrétariat d’Etat au Sport est le signe d’une insupportable radicalité. Qu’il renvoyait un de ses correspondants départementaux convaincu de sympathie islamiste, puis qu’il ne le renvoyait pas, puis qu’il l’écartait, ce qui, semble-t-il, est très différent et revient exactement au même, selon la personne à qui on s’adresse. Mais si Macron n’a aucune cohérence idéologique, aucune colonne vertébrale mentale, les chiraquiens, eux, en ont une. Leur entrée en masse dans les équipes Macron, avec la chasse aux postes qui en résulterait nécessairement s’il était élu, fera revenir au pouvoir des réflexes et des raisonnements caractéristiques de toute cette école de la droite française. Tout d’abord, les chiraquiens – à l’exemple de leur maître, lorsqu’il était encore lucide – sont des partisans résolus du multiculturalisme. S’il y a une chose sur laquelle Jacques Chirac n’a jamais varié, c’est sur l’idée que toutes les cultures se valent, que toutes doivent être également respectées, et que seule une arrogance raciste peut conduire les Occidentaux à préférer leur propre culture à celle des autres. Dans une déclaration restée fameuse, parce qu’aussi fausse en fait qu’elle était psychologiquement révélatrice, le président Chirac avait affirmé en 2003 à un homme politique catholique, Philippe de Villiers, que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Au nom de cette vision fantasmatique de l’histoire, la France de Chirac avait bloqué la tentative d’autres pays européens de faire figurer dans le préambule du projet de Constitution européenne une référence à ces « racines chrétiennes », historiquement exactes mais politiquement déplacées. Multiculturalistes de principe, les chiraquiens ont aussi une attitude, disons, sans sévérité excessive en matière de morale financière. Là encore, l’exemple vient du sommet. L’ancien président vit, depuis qu’il a quitté l’Elysée, dans un appartement parisien appartenant à l’actuel Premier ministre libanais Saad Hariri, qui le met gratuitement à sa disposition. De nombreux témoins, à Paris, rapportent en confidence que cette dépendance financière personnelle envers des intérêts étrangers était déjà en place lorsque Jacques Chirac et le père de Saad, Rafic Hariri, étaient tous deux aux affaires. (…) Les bonnes habitudes ne se perdant pas si facilement, Dominique de Villepin, depuis qu’il a pris sa retraite de la politique, vit une existence de millionnaire grâce à des missions d’avocat et de conseil. Parmi ses clients les plus généreux figure, en première place, l’Emirat du Qatar. On ne peut pas exclure que si Villepin, comme la macronie le laisse désormais entendre, devenait le Premier ministre ou le ministre des Affaires Etrangères d’un jeune président sans expérience internationale, les intérêts géopolitiques de ses bienveillants parrains auraient au moins autant d’influence sur son action que ceux de la France. Enfin, le mélange de multiculturalisme de principe et de vénalité à la bonne franquette des chiraquiens les conduit presque tous à ne pas avoir une vision particulièrement favorable de l’Etat d’Israël en particulier et des Juifs en général. Jacques Chirac a une rue à son nom à Ramallah – un hommage généralement réservé aux dictateurs sunnites ou aux auteurs d’attentats suicide. Une de nos sources régulières à Paris, qui travaillait alors à l’Elysée, a personnellement entendu Villepin, pendant la deuxième Intifada, expliquer – tout en regrettant les assassinats suicide – que ceux-ci étaient inévitables car « le Moyen-Orient a toujours rejeté les éléments étrangers ». En parfait accord avec cette vision fantasmagorique de l’histoire, la présidence de Chirac, surtout lorsque Villepin était son Premier ministre, a caractérisé le point le plus bas de toute l’histoire des relations franco-israéliennes. (…) S’il reste aujourd’hui des nostalgiques de cette époque, il y a pour eux une bonne nouvelle : presque tous ceux qui étaient aux commandes, en politique comme dans la presse, sont encore vaillants et prêts à reprendre du service. Et tous, en masse, se sont ralliés à la candidature Macron – un candidat trop profondément ignorant de ces questions pour pouvoir contrer leur influence s’il était élu. Amram Castellion
La France se rend aux urnes pour une élection plus incertaine que jamais, qui pourrait voir la gauche écartée du second tour laissant face à face droite réac et extrême droite. (…) Voter pour qui? Certainement pas pour les diviseurs des Français qui récupèrent le drame pour achalander leur douteuse boutique. Libération
Le monde entier a montré sa solidarité avec l’opposition vénézuélienne et condamné l’attitude du pouvoir chaviste. Et Mélenchon continue à défendre un régime coupable de multiples violations des droits de l’homme. Chaque fois qu’il en parle, Mélenchon décrit Chavez comme un grand humaniste. Tout le monde sait que c’est faux. Il ment quand il dit qu’il n’y a pas eu d’expropriations. Il doit le savoir! Il est venu si souvent dans mon pays. Avec un menteur comme lui, il n’y a pas de discussion possible. Aujourd’hui, au Venezuela, des gens fouillent dans les poubelles pour trouver à manger. Paula Osorio
Mélenchon est comme un mari trompé qui ne veut pas voir que sa femme lui est infidèle. Il nie la réalité alors qu’il la connaît. Il se ment à lui-même car il a trouvé dans son soutien à Chavez une part de romantisme qui le nourrit dans son combat politique. Mélenchon ne peut pas être un bon président s’il continue à vivre dans une utopie. Et pourtant de nombreux points de son programme me plaisent. Mais cet aveuglement sur mon pays est insultant pour tous les Vénézuéliens qui souffrent. Francisco Moreno (ancien cadre de la compagnie nationale pétrolière vénézuélienne PDVSA)
Mélenchon parle d’un Venezuela qui n’existe pas. Il nourrit ses fantasmes de révolution sud-américaine de l’histoire d’un pays où certains habitants n’ont même plus la possibilité de se soigner car il n’y a plus de médicaments dans les pharmacies et les hôpitaux depuis des mois. Manifestant vénézuélien à Paris
Alors que l’opposition vénézuélienne défile en masse dans les rues de Caracas pour demander l’organisation d’élections, de nombreux Vénézuéliens parisiens s’offusquent des déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur leur pays. Ils dénoncent les contre-vérités exprimées par le candidat à la présidentielle. (…) Par ailleurs, à une question sur France Info sur le point 62 du programme de Mélenchon qui prône l’adhésion de la France l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), Clémentine Autain a montré qu’elle ne connaissait pas ce point du programme du candidat dont elle est la porte-parole. L’Alba est une organisation fondée par Hugo Chavez qui visait à créer des solidarités avec les pays latino-américains et caraïbes adhérents aux préceptes du socialisme du XXIe siècle (Cuba, Bolivie, Nicaragua, République dominicaine, Équateur, notamment). Cette alliance est en train de péricliter. La rente pétrolière vénézuélienne ayant fondu, Caracas ne peut plus apporter son aide aux pays membres. La proposition d’adhésion de la France à cette alliance est pour le moins incongrue.  (…) Mercredi 19 avril, dans la cour de la reine dans le 8e arrondissement de Paris, les opposants au régime chaviste se sont réunis au pied de la statue de Simon Bolivar pour montrer leur solidarité avec leurs compatriotes qui défilaient dans les rues de Caracas au même moment. Au milieu des slogans demandant le respect des droits à manifester et de la constitution ainsi que la libération des prisonniers politiques, la colère contre Jean-Luc Mélenchon était présente. La plupart des participants exprimaient spontanément leur consternation face aux «contre-vérités» exprimées par le candidat de la France insoumise sur le Venezuela. Le Figaro
C’était par les yeux de la France que je commençais à voir. Rudyard Kipling
[Le maoïsme], c’était de la poésie. Philippe Solers
Suite à la tribune de 25 prix Nobel d’économie rappelant l’erreur que constituerait une sortie de l’UE, un recours au protectionnisme ou à la dévaluation, une centaine d’économistes a décidé de prendre la plume pour signer, à son tour, une tribune en faveur du programme de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute ont-ils ressenti le message des « Nobel » comme une menace pour leur champion. Que nous apprend cette démarche qui interpelle davantage par le nombre de signataires que par le fond de leur analyse ? Il faut d’abord noter le pathétique de cette décision. Lorsque 25 Nobel, ayant des opinions politiques diverses et des méthodologies très différentes, rappellent que certains faits économiques sont indiscutables, ils démontrent qu’il existe un consensus scientifique qui dépasse les croyances individuelles. En s’opposant frontalement à leurs conclusions, pour mieux soutenir leur candidat, ces « économistes » relèguent la science économique au rang de simple débat d’idées. Selon eux, l’économie serait affaire de goûts et relèverait davantage de discussion de cafés du commerce que de science. Cela en dit long sur l’estime qu’ils ont de leur profession. Mais il y a plus grave. Un tel comportement favorise le relativisme ambiant qui, en matière économique, empêche tout consensus et donc toute discussion rationnelle et dépassionnée sur la pertinence des programmes électoraux. Voilà déjà un point choquant. Pourtant, celui-ci n’est rien en regard de ce que cette tribune révèle sur le système universitaire français. Parmi ces signataires, plusieurs appartiennent au mouvement des Economistes Atterrés qui n’a jamais caché son penchant anticapitaliste, anti-marché et révolutionnaire. Ceux-là sont donc dans leur rôle (sic) lorsqu’ils soutiennent le candidat qui pleure Castro et appelle de ses vœux un rapprochement avec l’Alliance Bolivarienne. Ceux qui le sont moins sont les nombreux signataires membres du CNU – Conseil National des Universités. Le CNU est l’institution déterminante pour la carrière des jeunes universitaires. Il délivre les précieuses « qualifications » sans lesquelles un docteur ne peut intégrer l’université au titre de Maître de Conférences. Et depuis peu, il est aussi l’instance qui octroie le prestigieux statut de Professeur. Or, comme en témoigne la liste des signataires soutenant cette tribune, ce Conseil sensé évaluer la recherche scientifique est composé, pour partie, d’idéologues niant les conclusions des Nobels et considérant au moins implicitement, que l’économie serait un art au service d’un idéal politique plus vaste. Voilà pourquoi l’économie est de moins en moins bien enseignée à l’université. Et voilà pourquoi les Français sont si ignorants en matière économique. Ce qui devrait être le temple de l’excellence scientifique est devenu l’arrière-boutique d’une idéologie dépassée, où se décident les carrières des futurs professeurs, non selon la qualité de leurs travaux mais selon leurs opinions politiques. Devenue un instrument politique au sein d’une institution dépossédée de sa nature scientifique, l’économie perd inévitablement son statut et son importance dans le débat politique, interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité. On s’interroge souvent sur les causes du marasme économique français. L’inculture et le relativisme économiques en sont les principales. Pour comprendre l’économie, pour choisir un programme économique plutôt qu’un autre, il faut déjà accepter que l’économie est une science, avec ses règles et ses mécanismes. Or, cela même les membres des plus hautes instances universitaires semblent l’avoir oublié, en faisant passer leur idéologie avant la réalité des faits, telle qu’énoncée par 25 Nobels ! Tant que les gardiens du temple seront des idéologues, favorables à un système qui n’a jamais fonctionné qui plus est, il n’y aura aucun débat rationnel. Et la France ne s’en remettra pas. Pierre Bentata (Université Panthéon Assas)
Quand je suis arrivé en France au début des années 1990, je pensais avoir laissé derrière moi le cauchemar de l’idéologie communiste. Je pensais ne plus revivre l’atmosphère sombre et pesante de l’époque, la tension et la peur permanentes, les files interminables devant les magasins vides et les pénuries – de la boîte d’allumettes jusqu’au papier hygiénique – et cette sensation terrible qu’on ne s’en sortirait jamais. Je croyais que c’en était fini des deux heures de télé par jour sur la seule chaîne, deux heures consacrées en grande partie au «Conducator bien aimé», le dictateur Ceausescu. (…) Plus de 25 ans après la chute du communisme, je suis en train de vivre une expérience que je n’aurais jamais pensé retrouver: la France, mon pays de cœur et d’adoption, manifeste une sympathie incorrigible pour les idées communistes que je n’ai cessé de combattre depuis mon enfance! Quelle ironie du sort: en 2017, sur onze candidats à l’élection présidentielle, neuf affichent clairement leurs penchants léninistes et leurs programmes marxisants. Sommes-nous en 2017 ou en 1917? (…) Quel décalage avec la France d’aujourd’hui! Un pays qui fait la couverture des magazines pour son taux de chômage qui bat des records ou pour sa bureaucratie sans équivalent dans les grands pays riches et démocratiques. Un pays dont l’économie étouffe sous la pression d’un État omniprésent et qui voit ses jeunes partir en masse à l’étranger. Un pays qui a envoyé aux oubliettes les vraies valeurs de l’école et les a remplacées par le pédagogisme et la sociologie égalitariste de Pierre Bourdieu ; une école phagocytée par les syndicats de gauche qui n’acceptent aucune réforme et par des enseignants complètement éloignés du monde de l’entreprise. Un pays qui chasse les jeunes, les chefs d’entreprise, les riches et qui n’attire plus les élites. Un pays dirigé par une classe politique en très grande partie déconsidérée et biberonnée à l’étatisme. Un pays où un parti dit d’extrême droite puise son programme dans les idées marxistes et obtient des scores électoraux impressionnants, un pays où plusieurs autres partis et candidats, enfin, se déclarent ouvertement communistes. Quel est ce pays qui renie ses racines chrétiennes et ses valeurs historiques? Qui a transformé l’antilibéralisme et l’antiaméricanisme en repères moraux? Qui passe son temps à insulter l’Europe et les présidents américains, parfaits boucs émissaires, et dresse des lauriers à des criminels comme Mao, Castro ou Che Guevara? (…) En France, le socialisme a toujours baigné dans la bienveillance, alors que le libéralisme a toujours souffert d’une présomption d’injustice et de culpabilité. L’étatisme marxisant bénéficie de la clause de l’idéologie la plus favorisée et c’est ce qui tue la France encore aujourd’hui. D’autres pays s’en sont sortis, en saisissant toutes les bouées de sauvetage que nous, nous repoussons. Souffririons-nous du syndrome de Stockholm à l’échelle nationale? D’une inconscience infantile qui pourrait se révéler lourde de conséquences? Où est la France de mon enfance? Bogdan Calinescu

Attention: un retour vers le futur peut en cacher un autre !

A l’heure où après des mois d’une véritable machination juridico-médiatique contre le seul candidat de la véritable alternance

Pour avoir, avec une centaine de ses collègues députés, tiré parti d’un système effectivement douteux mais à l’époque légal …

Et profitant de son titre prestigieux (repris d’un journal de résistance certes fondé par des compagnons de route  du PCF et refondés par des maoïstes) …

Le principal journal de gauche français appelle à voter littéralement n’importe quoi

Pour contrer dans le plus éhonté des amalgames « droite réac » et extrême droite …
Pendant qu’au nom du relativisme le plus échevelé et au moment même où à Caracas les manifestants tombent sous les balles du chavisme …
Une centaine d’économistes apportent leur soutien à l’appel, par un candidat ouvertement castriste et chaviste, à un rapprochement de la France avec l’Alliance bolivarienne
Encourageant de fait, comme le rappelle le chercheur en économie  Pierre Bentata, non seulement la notoire inculture des Français en matière économique …
Mais « interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité » …
Et qu’au prétendu centre et sur fond de sondages largement relativisés par une masse inédite d’indécis, un Monsieur Et en même temps nous ressort les restes quasi-momifiés d’une Chiraquie que l’on croyait morte et enterrée …
Comment ne pas voir  …
Avec l’essayiste Nicolas Lecaussin qui a connu, lui, la dictature sous le Ceausescu de sa Roumanie natale …
L’étrange obsession antilibérale d’un pays qui, en ce triste centenaire de l’idéologie la plus meurtrière de l’histoire …
 Aligne à l’élection présidentielle et entre deux attentats ou menaces djihadistes …
Pas moins de neuf candidats sur onze « affichant clairement leurs penchants léninistes et programmes marxisants » ?

« Mélenchon, Poutou et Arthaud ne me font pas rire : moi, le communisme, je l’ai vécu ! »
Nicolas Lecaussin
Le Figaro
21/04/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE- A deux jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’essayiste Nicolas Lecaussin, qui a connu la dictature de Ceausescu en Roumanie, met en garde contre les candidats d’extrême gauche et l’état marxisant qu’ils souhaitent mettre en place.


Bogdan Calinescu publie en France sous le pseudonyme de Nicolas Lecaussin. Il est directeur de l’IREF et a écrit plusieurs essais dont Cet État qui tue la France, L’absolutisme efficace, Au secours, ils veulent la peau du capitalisme, L’obsession antilibérale française, et Échec de l’État (coauteur).


Quand je suis arrivé en France au début des années 1990, je pensais avoir laissé derrière moi le cauchemar de l’idéologie communiste. Je pensais ne plus revivre l’atmosphère sombre et pesante de l’époque, la tension et la peur permanentes, les files interminables devant les magasins vides et les pénuries – de la boîte d’allumettes jusqu’au papier hygiénique – et cette sensation terrible qu’on ne s’en sortirait jamais. Je croyais que c’en était fini des deux heures de télé par jour sur la seule chaîne, deux heures consacrées en grande partie au «Conducator bien aimé», le dictateur Ceausescu.

Enfant, je voyais mon père, intellectuel, enseignant la littérature française, prendre d’énormes risques en critiquant le régime et je me rappelle très bien comment, lors d’une perquisition de la police politique chez nous, à 6 heures du matin, il avait réussi à glisser dans mon cartable, avant que je ne parte à l’école, quelques documents «compromettants» qui auraient pu lui coûter cher… En les déposant chez un ami de la famille qui les a brûlés tout de suite, j’avais – déjà, à 13 ans – la satisfaction d’avoir accompli l’acte d’un véritable résistant au régime. Malgré l’ubuesque et l’impitoyable dictature de Ceausescu, j’ai eu la chance de grandir dans une atmosphère francophile, j’ai eu la chance de pouvoir déchiffrer le monde libre, sa littérature, son actualité.

Plus de 25 ans après la chute du communisme, je suis en train de vivre une expérience que je n’aurais jamais pensé retrouver: la France, mon pays de cœur et d’adoption, manifeste une sympathie incorrigible pour les idées communistes que je n’ai cessé de combattre depuis mon enfance! Quelle ironie du sort: en 2017, sur onze candidats à l’élection présidentielle, neuf affichent clairement leurs penchants léninistes et leurs programmes marxisants. Sommes-nous en 2017 ou en 1917?

Je me souviens très bien du moment où la France est devenue pour moi l’objectif à atteindre, l’endroit où je devais absolument vivre. Adolescent, je suis tombé sur ce texte de Rudyard Kipling qui, en 1878, à l’âge de 12 ans, visite Paris avec son père. Il a l’occasion de grimper dans la statue de la Liberté qui n’avait pas encore été envoyée à New York. En regardant de l’intérieur à travers ses yeux, il comprend: «C’était par les yeux de la France que je commençais à voir»… Des années plus tard, en 1922, lors d’un discours à la Royal Society of St. George, ce grand amoureux de la France affirmait: «Les Français représentent le seul autre (avec les Anglais) peuple dans le monde qui compte.» Néanmoins, l’Angleterre devrait suivre l’exemple de la France… Et Kipling d’énumérer les atouts de notre pays: l’éthique du travail, son économie, la simplicité, l’autodiscipline et la discipline extérieure ainsi que «la vie rude qui fortifie l’être moral». «La France est un exemple pour le monde entier»!

Quel décalage avec la France d’aujourd’hui! Un pays qui fait la couverture des magazines pour son taux de chômage qui bat des records ou pour sa bureaucratie sans équivalent dans les grands pays riches et démocratiques. Un pays dont l’économie étouffe sous la pression d’un État omniprésent et qui voit ses jeunes partir en masse à l’étranger. Un pays qui a envoyé aux oubliettes les vraies valeurs de l’école et les a remplacées par le pédagogisme et la sociologie égalitariste de Pierre Bourdieu ; une école phagocytée par les syndicats de gauche qui n’acceptent aucune réforme et par des enseignants complètement éloignés du monde de l’entreprise. Un pays qui chasse les jeunes, les chefs d’entreprise, les riches et qui n’attire plus les élites. Un pays dirigé par une classe politique en très grande partie déconsidérée et biberonnée à l’étatisme. Un pays où un parti dit d’extrême droite puise son programme dans les idées marxistes et obtient des scores électoraux impressionnants, un pays où plusieurs autres partis et candidats, enfin, se déclarent ouvertement communistes.

Quel est ce pays qui renie ses racines chrétiennes et ses valeurs historiques? Qui a transformé l’antilibéralisme et l’antiaméricanisme en repères moraux? Qui passe son temps à insulter l’Europe et les présidents américains, parfaits boucs émissaires, et dresse des lauriers à des criminels comme Mao, Castro ou Che Guevara? Je me souviendrai toujours de ce que m’avait dit l’intellectuel Philippe Sollers lorsque je lui avais demandé pourquoi il avait été maoïste: «C’était de la poésie», m’avait-il répondu en balayant d’un revers de main sa sympathie pour le plus grand criminel de l’Histoire. Alors, les admirateurs d’Hitler, c’était aussi de la poésie? En France, le socialisme a toujours baigné dans la bienveillance, alors que le libéralisme a toujours souffert d’une présomption d’injustice et de culpabilité.

L’étatisme marxisant bénéficie de la clause de l’idéologie la plus favorisée et c’est ce qui tue la France encore aujourd’hui. D’autres pays s’en sont sortis, en saisissant toutes les bouées de sauvetage que nous, nous repoussons. Souffririons-nous du syndrome de Stockholm à l’échelle nationale? D’une inconscience infantile qui pourrait se révéler lourde de conséquences? Où est la France de mon enfance?

Voir aussi:

MÉDIAS
« Tout sauf eux »: La Une engagée de Libération à la veille du premier tour de la présidentielle
Dans le viseur du quotidien, François Fillon et Marine Le Pen, « droite réac » et « extrême droite ».
Jade Toussay
Huffington post.fr
22/04/2017

PRÉSIDENTIELLE 2017 – « Tout sauf eux ». Eux, c’est-à-dire Marine Le Pen et François Fillon, qui s’affichent ce samedi 22 avril à la Une de l’édition week-end de Libération, dominée par le scrutin du premier tour de dimanche.

« La France se rend aux urnes pour une élection plus incertaine que jamais, qui pourrait voir la gauche écartée du second tour laissant face à face droite réac et extrême droite. » A la veille d’un scrutin décisif pour la France, le quotidien renoue avec l’une de ses grandes traditions éditorialistes et prend clairement position dans la campagne.

Sur la Une et dans l’éditorial « Voter c’est se battre » de Laurent Joffrin, le journal d’opinion appelle les électeurs français à voter. « Voter pour qui? Certainement pas pour les diviseurs des Français qui récupèrent le drame pour achalander leur douteuse boutique », assène le directeur de la rédaction, en faisant allusion aux réactions politiques qui ont suivi l’attentat sur les Champs-Elysées jeudi 20 avril.

Un avertissement, un cri du cœur, qui n’est sans rappeler la prise de position de certains autres quotidiens nationaux, qui ont, au cours de la campagne, pris plusieurs fois position contre la candidate frontiste et le candidat de la droite.

« Voilà deux possibles futurs présidents de la République »

Le 18 avril, Le Monde publiait un éditorial cinglant contre Marine Le Pen, accusée d’avoir franchi « la frontière de l’indécence ». En ligne de mire la déclaration polémique de la présidente du FN sur la sécurité nationale et le terrorisme: « Avec moi, il n’y aurait pas eu de Mohamed Merah, Français grâce au droit du sol, il n’y aurait pas eu les attentats du Bataclan et Stade de France. »

Sauf qu' »on ne récolte pas de voix sur le dos des morts », comme le martèle le texte publié le lendemain sur le site du Monde. « C’est une sorte de ligne rouge d’ordre moral – et qui préserve l’avenir. Cette ligne rouge, la chef du Front national, Marine Le Pen, vient de la franchir. »

Le quotidien n’épargne pas non plus François Fillon, englué dans des scandales politique, financier et surtout moral. « François Fillon, Marine Le Pen: même au mépris de la loi », s’intitule ainsi un autre éditorial, paru cette fois le 15 mars, au lendemain de la mise en examen du candidat de la droite, et alors que la candidate frontiste est elle aussi visée par des soupçons d’emplois fictifs au Parlement Européen.

« Voilà deux possibles futurs présidents de la République –et, à ce titre, gardiens des institutions– qui invoquent sans vergogne le verdict des électeurs pour mieux écarter le jugement des magistrats. Voilà une campagne définitivement empoisonnée et le débat présidentiel torpillé par ces affaires. Voilà enfin, c’est inévitable, les Français confortés dans leur défiance à l’égard de la parole publique et dans leur rejet, voire leur dégoût, des responsables politiques. De cela, en tout cas, François Fillon et Marine Le Pen sont dès à présent coupables », tranche ainsi le journal.

Voir également:

Un rappel aux économistes qui soutiennent Mélenchon
Pierre Bentata
La Tribune
20/04/2017

Les 100 économistes signataires de la tribune pro-Mélenchon sont le révélateur d’un malaise dans l’enseignement de l’économie en France. Par Pierre Bentata, chercheur en économie à l’Université Panthéon Assas

Suite à la tribune de 25 prix Nobel d’économie rappelant l’erreur que constituerait une sortie de l’UE, un recours au protectionnisme ou à la dévaluation, une centaine d’économistes a décidé de prendre la plume pour signer, à son tour, une tribune en faveur du programme de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute ont-ils ressenti le message des « Nobel » comme une menace pour leur champion.

Que nous apprend cette démarche qui interpelle davantage par le nombre de signataires que par le fond de leur analyse ?

Consensus scientifique

Il faut d’abord noter le pathétique de cette décision. Lorsque 25 Nobel, ayant des opinions politiques diverses et des méthodologies très différentes, rappellent que certains faits économiques sont indiscutables, ils démontrent qu’il existe un consensus scientifique qui dépasse les croyances individuelles. En s’opposant frontalement à leurs conclusions, pour mieux soutenir leur candidat, ces « économistes » relèguent la science économique au rang de simple débat d’idées. Selon eux, l’économie serait affaire de goûts et relèverait davantage de discussion de cafés du commerce que de science. Cela en dit long sur l’estime qu’ils ont de leur profession.

Mais il y a plus grave. Un tel comportement favorise le relativisme ambiant qui, en matière économique, empêche tout consensus et donc toute discussion rationnelle et dépassionnée sur la pertinence des programmes électoraux. Voilà déjà un point choquant. Pourtant, celui-ci n’est rien en regard de ce que cette tribune révèle sur le système universitaire français.

Parmi ces signataires, plusieurs appartiennent au mouvement des Economistes Atterrés qui n’a jamais caché son penchant anticapitaliste, anti-marché et révolutionnaire. Ceux-là sont donc dans leur rôle (sic) lorsqu’ils soutiennent le candidat qui pleure Castro et appelle de ses vœux un rapprochement avec l’Alliance Bolivarienne. Ceux qui le sont moins sont les nombreux signataires membres du CNU – Conseil National des Universités. Le CNU est l’institution déterminante pour la carrière des jeunes universitaires. Il délivre les précieuses « qualifications » sans lesquelles un docteur ne peut intégrer l’université au titre de Maître de Conférences. Et depuis peu, il est aussi l’instance qui octroie le prestigieux statut de Professeur. Or, comme en témoigne la liste des signataires soutenant cette tribune, ce Conseil sensé évaluer la recherche scientifique est composé, pour partie, d’idéologues niant les conclusions des Nobels et considérant au moins implicitement, que l’économie serait un art au service d’un idéal politique plus vaste.

L’arrière-boutique d’une idéologie dépassée

Voilà pourquoi l’économie est de moins en moins bien enseignée à l’université. Et voilà pourquoi les Français sont si ignorants en matière économique. Ce qui devrait être le temple de l’excellence scientifique est devenu l’arrière-boutique d’une idéologie dépassée, où se décident les carrières des futurs professeurs, non selon la qualité de leurs travaux mais selon leurs opinions politiques. Devenue un instrument politique au sein d’une institution dépossédée de sa nature scientifique, l’économie perd inévitablement son statut et son importance dans le débat politique, interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité.

On s’interroge souvent sur les causes du marasme économique français. L’inculture et le relativisme économiques en sont les principales. Pour comprendre l’économie, pour choisir un programme économique plutôt qu’un autre, il faut déjà accepter que l’économie est une science, avec ses règles et ses mécanismes. Or, cela même les membres des plus hautes instances universitaires semblent l’avoir oublié, en faisant passer leur idéologie avant la réalité des faits, telle qu’énoncée par 25 Nobels !

Tant que les gardiens du temple seront des idéologues, favorables à un système qui n’a jamais fonctionné qui plus est, il n’y aura aucun débat rationnel. Et la France ne s’en remettra pas.

Voir encore:

La consternation des Vénézuéliens de Paris face à Mélenchon
Le candidat de la France insoumise érige le régime chaviste en modèle et a inscrit l’adhésion de la France à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques dans son programme.
Patrick Bèle
Le Figaro
20/04/2017

Alors que l’opposition vénézuélienne défile en masse dans les rues de Caracas pour demander l’organisation d’élections, de nombreux Vénézuéliens parisiens s’offusquent des déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur leur pays. Ils dénoncent les contre-vérités exprimées par le candidat à la présidentielle. Dans un entretien accordé à Ouest France la semaine dernière, il déclarait: «Le Venezuela avait une politique sociale-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a jamais eu de nationalisation non plus. J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Et aujourd’hui le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien!» «Six affirmations et quatre purs mensonges», déplore Jose Ocariz, qui vit en France depuis une quinzaine d’années.

Une alliance en train de péricliter

Par ailleurs, à une question sur France Info sur le point 62 du programme de Mélenchon qui prône l’adhésion de la France l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), Clémentine Autain a montré qu’elle ne connaissait pas ce point du programme du candidat dont elle est la porte-parole. L’Alba est une organisation fondée par Hugo Chavez qui visait à créer des solidarités avec les pays latino-américains et caraïbes adhérents aux préceptes du socialisme du XXIe siècle (Cuba, Bolivie, Nicaragua, République dominicaine, Équateur, notamment).

Cette alliance est en train de péricliter. La rente pétrolière vénézuélienne ayant fondu, Caracas ne peut plus apporter son aide aux pays membres. La proposition d’adhésion de la France à cette alliance est pour le moins incongrue. «Le monde entier a montré sa solidarité avec l’opposition vénézuélienne et condamné l’attitude du pouvoir chaviste, explique Paula Osorio, en France depuis dix ans. Et Mélenchon continue à défendre un régime coupable de multiples violations des droits de l’homme. Chaque fois qu’il en parle, Mélenchon décrit Chavez comme un grand humaniste. Tout le monde sait que c’est faux. Il ment quand il dit qu’il n’y a pas eu d’expropriations. Il doit le savoir! Il est venu si souvent dans mon pays. Avec un menteur comme lui, il n’y a pas de discussion possible. Aujourd’hui, au Venezuela, des gens fouillent dans les poubelles pour trouver à manger.»

Consternation face aux «contre-vérités»

Pour Francisco Moreno, ancien cadre de PDVSA, le géant pétrolier appartenant à l’État vénézuélien, qui a quitté le pays au moment de la grande purge de la compagnie au début des années 2000, Mélenchon est «comme un mari trompé qui ne veut pas voir que sa femme lui est infidèle. Il nie la réalité alors qu’il la connaît. Il se ment à lui-même car il a trouvé dans son soutien à Chavez une part de romantisme qui le nourrit dans son combat politique. Mélenchon ne peut pas être un bon président s’il continue à vivre dans une utopie. Et pourtant de nombreux points de son programme me plaisent. Mais cet aveuglement sur mon pays est insultant pour tous les Vénézuéliens qui souffrent».

Jose Ocariz, qui se place plutôt à gauche, s’étonne lui aussi des «mensonges» de Jean-Luc Mélenchon. «Personne n’a été exproprié? Il suffit de taper «Expropiese» sur un moteur de recherche pour trouver de nombreux extraits des shows de télé réalité du colonel Chavez. Il s’agit d’humiliation publique, montrant des personnes réduites au silence à l’annonce en live de leur ruine car expropriés, suivie d’une salve d’applaudissements serviles.»

Mercredi 19 avril, dans la cour de la reine dans le 8e arrondissement de Paris, les opposants au régime chaviste se sont réunis au pied de la statue de Simon Bolivar pour montrer leur solidarité avec leurs compatriotes qui défilaient dans les rues de Caracas au même moment. Au milieu des slogans demandant le respect des droits à manifester et de la constitution ainsi que la libération des prisonniers politiques, la colère contre Jean-Luc Mélenchon était présente.

La plupart des participants exprimaient spontanément leur consternation face aux «contre-vérités» exprimées par le candidat de la France insoumise sur le Venezuela. «Mélenchon parle d’un Venezuela qui n’existe pas, s’insurgeait un participant qui préfère rester anonyme. Il nourrit ses fantasmes de révolution sud-américaine de l’histoire d’un pays où certains habitants n’ont même plus la possibilité de se soigner car il n’y a plus de médicaments dans les pharmacies et les hôpitaux depuis des mois.»

Voir par ailleurs:

Présidentielle 2017 : le big data donne Fillon au second tour, pas les sondages. Qui aura raison ?

Sylvain Rolland
La Tribune
21/04/2017
Filteris, Vigiglobe et Predict My President, trois initiatives différentes dans leur méthodologie de big data électoral, prédisent la qualification de François Fillon au second tour de l’élection présidentielle. Les derniers sondages, eux, continuent d’anticiper un duel Macron-Le Pen. Explications.

Sale temps pour les sondages. Paniqués à l’idée de « rater » le premier tour de l’élection présidentielle, les voici challengés par de nouveaux venus : les spécialistes du big data, qui utilisent l’analyse des données à grande échelle pour établir une autre cartographie de l’opinion.

Première mauvaise nouvelle pour les sondeurs, dont la méthodologie est ouvertement contestée : contrairement à eux, ces concurrents du big data ont su prédire la qualification de François Fillon au premier tour de la primaire à droite. Et aussi l’élection de Donald Trump et, pour Vigiglobe, la victoire du Brexit. Trois échecs cuisants pour les instituts de sondages.

Deuxième mauvaise nouvelle : les prédictions de Filteris, de Vigiglobe et de l’algorithme Predict My President ne valident pas celles des sondages. Ceux-ci ne cessent d’annoncer un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au contraire, les trois initiatives misent sur la qualification de François Fillon. Ils diffèrent par contre sur le ou la candidate qui l’accompagnera au second tour. Une question de méthodologie qui révèle aussi les limites de l’exercice.

Retour sur ces trois trublions de la campagne, leur méthodologie, leur crédibilité, leurs prédictions. Puis celles, très différentes, des tout derniers sondages.

Filteris : un second tour Fillon / Le Pen

Qu’est-ce que c’est ? Filteris est une société canadienne créée en 2002 par Jérôme Coutard et Isabelle Dornic, tous deux docteurs en sciences sociales. L’entreprise est spécialisée dans l’analyse d’image, la gestion et la sécurisation de l’identité numérique des entreprises, institutions et personnalités. Depuis 2007, Filteris a développé une expertise dans l’analyse du buzz généré sur le web et les réseaux sociaux dans des contextes électoraux, baptisée BuzzPol.

Quelle méthodologie ?  BuzzPol réalise, comme les sondages, des mesures régulières de l’opinion. Mais contrairement aux sondeurs, BuzzPol ne se base pas sur le recueil d’intentions de vote auprès d’un public représentatif, mais sur l’analyse à grande échelle des perceptions, avis et opinions exprimés sur le web et les réseaux sociaux. Son algorithme permet d’analyser ces points de vue de manière quantitative et qualitative, puis de générer un score sur 100, réparti entre les candidats.

Quel est son pronostic ? Dans sa dernière mesure du vendredi 21 avril, François Fillon arrive en tête avec 22,09%. Il est suivi par Marine Le Pen, avec 21,75%, puis Jean-Luc Mélenchon (21,11%) et enfin Emmanuel Macron (19,92%). Les quatre candidats se tiennent à un peu plus de deux points. Autrement dit, dans un mouchoir de poche.

C’est la 16è mesure d’opinion de Filteris depuis le 3 avril. Les 14 premières indiquaient que François Fillon et Marine Le Pen figureraient au second tour. Seule la 15è, du jeudi 20 avril, anticipait un second tour Fillon-Mélenchon.

Quelle crédibilité ? Filteris a correctement prédit la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. L’entreprise n’a pas travaillé sur le Brexit. Contrairement aux sondages, Filteris a su prédire la première place de François Fillon à la primaire de la droite. Mais l’entreprise attendait Nicolas Sarkozy en deuxième position, alors que c’est Alain Juppé qui s’est qualifié. Elle s’est en outre trompée sur le premier tour de la primaire de la gauche : Benoît Hamon, qui est arrivé en première position, était donné troisième, derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg.

Vigiblobe : Fillon probablement qualifié, Macron et Mélenchon en embuscade, Le Pen hors de l’équation

Qu’est-ce que c’est ? Vigiglobe est une startup française dirigée par Leendert de Voogd, un ancien directeur mondial de l’institut de sondage TNS. Son credo : l’analyse des réseaux sociaux Twitter et Facebook pour repérer les tendances émergentes afin d’orienter la communication de ses clients, les marques. La startup a aussi développé des outils d’analyse spécialement conçus pour les élections, afin de repérer les signaux faibles qui traduisent des dynamiques qui échappent aux sondeurs – ou que ces derniers perçoivent trop tard.

Quelle méthodologie ? Vigiglobe utilise des algorithmes, développés en interne, de machine learning (apprentissage par la machine à base d’intelligence artificielle), capables d’analyser à la fois quantitativement (qui suscite le plus de réactions ?) et qualitativement (quelle tonalité ?) les messages postés sur les réseaux sociaux. Grâce à des partenariats exclusifs avec Facebook et Twitter, la startup a accès à l’ensemble des contenus publiés. La moitié des Français est sur Facebook, et Twitter revendique 15 millions de comptes en France.

Quel est son pronostic ? Contrairement à ses concurrents, Vigiglobe ne se risque pas au jeu des prédictions. En revanche, la startup estimait, jeudi 20 avril, que François Fillon a « de grandes chances de se qualifier pour le second tour ». Ses algorithmes d’analyse du sentiment voient se dégager un trio de tête dans un mouchoir de poche : François Fillon (qui dispose en plus du plus grand nombre de messages positifs), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

Contrairement aux sondages et aux autres spécialistes du big data, Vigiglobe estime que Marine Le Pen est en sérieuse perte de vitesse, et qu’elle pourrait, par conséquent, ne pas se qualifier pour le second tour. Leendert de Voogd, le Pdg, précise toutefois que l’attaque des Champs-Elysées profitait vendredi 21 avril à François Fillon et à Marine Le Pen, en nette hausse par rapport aux jours précédents.

Quelle crédibilité ? Vigiglobe a correctement identifié les dynamiques portant à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, à la victoire du Brexit au Royaume-Uni, de François Fillon à la primaire de la droite, et de Benoît Hamon à celle de la gauche.

Predict My President : Le Pen et Fillon au second tour

Qu’est-ce que c’est ? Predict My President est un programme mené depuis plusieurs mois par cinq étudiants de l’école Télécom Paris tech pour l’hebdomadaire Le Point. L’objectif est de pallier les « failles » des sondages en remplaçant les enquêtes d’opinion par une analyse socio-économique des électeurs, couplée à une analyse de la popularité des candidats sur la Toile.

Quelle méthodologie ? Les élèves ont bâti un logiciel nourri à partir des données numériques issues du réseau social Twitter et des recherches des internautes sur Google, pour déceler la popularité des candidats et analyser le contenu des messages les concernant. Ces data sont croisées par des données socio-économiques remontant jusqu’à 1981 (taux de chômage par département, résultats des élections locales, etc.), issues des plateformes gouvernementales d’open data et de l’Insee. Un algorithme pondère les différentes analyses et aboutit à des prédictions de vote. Ou quand le big data et l’analyse socio-économique remplacent les sondages.

Quel est le pronostic ? Le 19 avril, Predict My President voyait se profiler un duel entre Marine Le Pen (24,13%) et François Fillon (21,77%). Emmanuel Macron arriverait troisième avec 20,32%, suivi par Jean-Luc Mélenchon avec 18,66%.

Quelle crédibilité ? Verdict dimanche.

Et les sondages ?

Dans la dernière ligne droite, tous notent une progression de François Fillon, confirmant ainsi la dynamique relevée par les spécialistes du big data, mais pas suffisamment pour atteindre le second tour. Tous les instituts le donnent troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Voici les résultats des derniers sondages publiés le vendredi 21 avril:

  • Odoxa pour Le Point

Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%.

  • BVA pour La Dépêche du Midi

Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%.

  • OpinionWay-ORPI pour Les Echos et Radio Classique

Emmanuel Macron (23%) vs Marine Le Pen (22%). François Fillon est troisième avec 21%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18%.

  • Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio

Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (22,5%). François Fillon est troisième avec 19,5%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18,5%.

  • Elabe pour BFMTV et L’Express

Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (21,5%). François Fillon est troisième avec 20%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 19,5%.

Voir enfin:

Il avait prédit la victoire de Trump, aujourd’hui il révèle qui pourrait être le président de la République

Serge Galam avait prédit la victoire de Donald Trump, le Brexit ou encore l’élimination d’Alain Juppé à la primaire. Aujourd’hui, il révèle qui pourrait devenir le chef d’État français

Le Soir
23 avril 2017

Serge Galam ne se base pas sur de simples spéculations lorsqu’il prédit des événements politiques. Ce professeur à Science-Po est l’initiateur de la sociophysique. Une science qui tient compte du comportement, du choix des électeurs, des influences auxquelles ils sont confrontés corrélant le tout avec des statistiques souvent récoltées dans des sondages officiels. Serge Galam cherche à mathématiser le cheminement de l’opinion. Mais ces sondages ne peuvent pas être pris en compte seuls. Explications.

Une victoire improbable

«  Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus  » relaye le magazine Grazia. Ainsi, il explique comment Marine LePen pourrait gagner les élections. Une victoire qu’il estime aujourd’hui «  improbable mais n’est plus impossible  ». Car, en effet, l’élection française se montre presque imprévisible et la distribution des votes pourrait encore basculer.

Tout peut basculer

«  Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée  », rapporte RCF Radio.

Ainsi, le rapport minorité-majorité pourrait être inversé par les inflexibles – ceux qui voteront coûte que coûte pour un candidat – capables d’influencer les plus « flexibles ».


Présidentielle 2017: Vous avez dit retour vers le futur ? (L’étrange béguin des Chiraquiens pour Macron)

21 avril, 2017
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Je suis le seul à avoir mené neuf réformes législatives. Quand on fera le bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien. Sauf de mes réformes. Je vais m’investir à fond dans l’UMP, préparer les échéances futures pour Nicolas Sarkozy en 2007. En me virant du gouvernement, ils ont fait de moi un directeur de campagne avant l’heure. François Fillon (2005)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (Paris, automne 2001)
Il y a à Gaza l’aboutissement d’un engrenage dont Israël est prisonnier, l’éternel engrenage de la force. (…) Cette logique mène à la surenchère, toujours plus d’usage de la force, toujours plus de transgression du droit, toujours plus d’acceptation de l’inacceptable. (…) Après le 11-Septembre, l’Amérique a été livrée, elle aussi, à la peur. Son aspiration à la sécurité était justifiée. Mais, en s’engageant dans l’aventure irakienne, les Etats-Unis ont fait primer la force sur le droit, s’enfermant dans un conflit qu’ils ne peuvent gagner. (…) On le voit en Cisjordanie, un autre avenir est possible. (…) Ce chemin passe par la création d’un Etat palestinien, car seule la reconnaissance d’un Etat palestinien souverain peut être le point de départ d’un nouvel élan pour la région. Dans ce processus, tout le monde le sait bien, il faudra impliquer le Hamas dans la dynamique de paix. Comme pour tout mouvement radical, chaque défaite devant la force est une victoire dans les esprits, par un effet de levier imparable. L’enjeu, c’est bien aujourd’hui d’avancer vers une unité palestinienne qui offre un interlocuteur crédible pour la paix. (…) C’est un enjeu pour la stabilité du Moyen-Orient. Car ceux qui veulent œuvrer à la stabilité du Moyen-Orient sont affaiblis par la logique de force. La spirale sert de justification à d’autres spirales, comme celle de la prolifération nucléaire en Iran. Villepin
Dans l’immédiat, notre attention doit se porter en priorité sur les domaines biologique et chimique. C’est là que nos présomptions vis-à-vis de l’Iraq sont les plus significatives : sur le chimique, nous avons des indices d’une capacité de production de VX et d’ypérite ; sur le biologique, nos indices portent sur la détention possible de stocks significatifs de bacille du charbon et de toxine botulique, et une éventuelle capacité de production.  Dominique De Villepin (05.02.03)
Les visées militaires du programme nucléaire iranien ne font plus de doute mais les possibilités de négociations avec le régime de Téhéran n’ont pas été épuisées. (…) De l’avis des experts, d’ici deux à trois ans, l’Iran pourrait être en possession d’une arme nucléaire. Rapport parlementaire français (17 décembre 2008)
La droite républicaine a besoin d’une colonne vertébrale. Villepin
Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres. Jean-Luc Mélenchon
C’est un Corrézien qui avait succédé en 1995 à François Mitterrand. Je veux croire qu’en 2012, ce sera aussi un autre Corrézien qui reprendra le fil du changement. François Hollande
Je laisserai à mon successeur un pays en bien meilleur état que celui que j’ai trouvé. François Hollande
When I turn over the keys to the next occupant, one thing I’m confident about, and maybe why I don’t feel obliged to yearn for a third term, is I’m very confident I’ll be able to say that things are a lot better now than they were when I came into office. And, you know, that’s a pretty good eight years’ worth of work. Barack Hussein Obama
Il s’est passé à l’époque quelque chose qui m’intéressait beaucoup, qui était un gouvernement qui partageait la rente pétrolière avec le peuple et avec les pauvres, si bien que des millions de gens ont été sortis de la pauvreté. Mais je ne suis pas gouvernant du Venezuela. Je voyais un partage extrêmement intéressant et fécond entre le partage de la rente pétrolière au Venezuela, et l’accaparation de cette même richesse au Qatar ou en Arabie Saoudite où les pauvres gens n’ont accès à rien. (…) «Et bien oui ce sont des manifestations d’opposition»(…)«Vous ne m’interrogez pas sur Bahreïn, sur le Yémen Monsieur Bourdin, vous avez vos prédilections… Vous avez vos massacres préférés.» «Vous passez votre temps, vous et quelques autres, à essayer d’effrayer à mon sujet» (…) «Je ne fais pas campagne au Venezuela, je suis en train de faire campagne en France. Jean-Luc Mélenchon

Monsieur Villepin ne déçoit jamais dans sa capacité à marquer des buts contre son camp. C’est l’homme de la dissolution qui a amené Lionel Jospin au pouvoir, c’est l’homme des coups bas contre Nicolas Sarkozy. Il poursuit aujourd’hui dans la collaboration avec Emmanuel Macron. Eric Ciotti
Son parti s’est effondré, le candidat PS Benoit Hamon est crédité de moins de 10% dans les sondages, le chômage est toujours au plus haut, les tensions identitaires et religieuses, notamment liées à l’islam politique, sont extrêmement vives. Mais le “Premier secrétaire de la République” se vante. “Je laisserai à mon successeur un pays en bien meilleur état que celui que j’ai trouvé”. Valeurs actuelles
L’ancien président américain Barack Obama s’est entretenu aujourd’hui avec Emmanuel Macron pour évoquer « l’importante élection présidentielle à venir en France », a indiqué son porte-parole, précisant que l’objet de cet appel n’était pas d’apporter un soutien au candidat centriste du mouvement « En Marche ». Le candidat de 39 ans, qui est l’un des favoris du scrutin présidentiel, a « chaleureusement remercié Barack Obama pour son appel amical », selon son équipe de campagne. Barack Obama, qui s’est montré très discret depuis son départ de la Maison Blanche le 20 janvier, a « apprécié l’occasion d’entendre Macron évoquer sa campagne et l’importante élection présidentielle en France », a indiqué son porte-parole, Kevin Lewis. Ce dernier a souligné l’importance que l’ex-président démocrate accordait à la France, « en tant que proche allié des Etats-Unis » et en raison de son rôle dans la défense « des valeurs progressistes en Europe et à travers le monde ». Lewis a précisé que Obama n’apporterait son « soutien officiel » à aucun candidat avant le premier tour de l’élection, prévu dimanche. Le Figaro
Le président américain Barack Obama a écrit une lettre à Jacques Chirac, confirme à nouvelobs.com le cabinet de l’ancien président français, vendredi 20 mars. La nouvelle avait d’abord été annoncée par Le Figaro. « Je suis certain que nous pourrons au cours des quatre années à venir collaborer ensemble dans un esprit de paix et d’amitié afin de construire un monde plus sûr », a écrit le successeur de George W. Bush. Jacques Chirac a qualifié ce courrier de « très sympathique », selon Le Figaro. « L’échange de courrier date de la mi-mars », précise le cabinet de Jacques Chirac, qui confirme également à nouvelobs.com le contenu de l’échange. L’ancien président français avait d’abord écrit à Barack Obama après son élection. Cette relation épistolaire peut-elle déboucher sur des projets communs? Pour l’instant, aucune rencontre n’est prévue entre les deux hommes, qui ne se connaissent pas personnellement. Mais les objectifs de la Fondation Chirac – développement durable et dialogue entre les civilisations – rejoignent les préoccupations du président américain. Les deux hommes ont également en commun de s’être opposés à la guerre en Irak, qui a débuté il y a tout juste 5 ans, le 20 mars 2003. Le Nouvel Obs (mars 2009)
Sarko a fait passer des messages à l’équipe Macron : il appellera à voter Macron dès dimanche, 20h15 », en cas de second tour Macron-Le Pen à l’élection présidentielle, affirme au JDD un proche du candidat d’En Marche!. En cas d’élimination de François Fillon dès le premier tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy s’exprimera « dès dimanche soir », confirment de leur côté plusieurs sources sarkozystes. Le JDD
Je n’ai pas regardé précisément ce point 62. (…) Ecoutez, je vais regarder dans le détail ce point-là. (…) Je ne sais pas exactement ce qui a conduit à ce point 62. (…) Ce qui compte, c’est la logique générale. Clémentine Autain
L’élection présidentielle de 2012 se jouait sur des clivages droite/gauche traditionnels. Nicolas Sarkozy portait les valeurs classiques de la droite (autorité, identité, mérite valeur travail) et François Hollande incarnait quant à lui les symboles de la gauche traditionnelle, à savoir: l’égalité et le travail comme moyen d’émancipation sociale. On était dans un débat frontal qui se jouait sur des visions quasi antagonistes. Aujourd’hui, on observe trois candidats -Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon- qui ont chacun des discours transversaux par rapport au clivage traditionnel entre la droite et la gauche. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon opposent ainsi davantage le peuple aux élites, la souveraineté populaire à l’union européenne ou bien encore les classes populaires aux classes dirigeantes. Emmanuel Macron, le candidat de la conciliation, brouille pour sa part les clivages par son discours qui fait la synthèse entre la droite et la gauche. (…) Tous les candidats ont des points aveugles. Chez Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon, par exemple, on ne retrouve pas les mots «islamisme» ou «immigration». Le candidat de La France insoumise préférera utiliser les termes «les violents» ou «les criminels» au terme «les terroristes». À droite ou à l’extrême droite, on note par contre un grand silence autour des mots «environnement» («pesticide» ou «réchauffement climatique» sont quasi absents). (…) Le mot «liberté» est surreprésenté chez le candidat des Républicains. Un concept qu’il emploie presque uniquement dans son sens économique. Il n’est pas question ici des libertés individuelles ou sociétales, mais de la liberté d’entreprendre. On observe aussi la fréquence du mot sécurité dans ses discours depuis la réorientation de sa campagne de ces derniers mois. (…) Le candidat du parti En Marche! procède par couplage de mots. Il accole par exemple les termes «liberté» et «protection». «La liberté» reprend un mot-valeur de la droite (la liberté d’entreprendre et économique) tandis que «la protection» renvoie pour sa part à des marqueurs de gauche. Emmanuel Macron est le candidat de la synthèse, il cherche toujours à mettre en couple des concepts qui sont traditionnellement opposés. C’est son credo. Il veut montrer qu’il est à la fois de droite et de gauche. Et cette volonté se manifeste très clairement dans ses discours. S’il dit par exemple qu’«il faut être extrêmement ferme sur la laïcité» il ajoutera immédiatement «et respectueux de la liberté religieuse des uns et des autres». Emmanuel Macron a un vocabulaire émotionnel très développé et use d’un registre très positif. Il est dans le coaching de ses électeurs, dans l’émotion et la bienveillance. Il a parfois même un vocabulaire à la Johnny, intimant à ses supporters d’avoir «l’envie». On peut d’ailleurs comparer ses discours à ceux d‘un Obama et de son slogan de campagne Yes We Can. Macron semble nous dire avec son énergie: «Oui, on peut y arriver». Mais comme ses mots sont extrêmement abstraits et vagues, on a parfois l’impression d’un discours qui tourne à vide. (…) Celui qui utilisait par le passé un vocabulaire issu de la sphère trotskiste, socialiste et d’extrême gauche est aujourd’hui dans un discours populiste. Ce concept de science politique signifie que son discours n’utilise plus le vocabulaire et les symboles de la gauche radicale (drapeau rouge, «prolétariat», «classes») mais une rhétorique fondée sur l’opposition entre un «peuple souverain» qui serait spolié de son pouvoir et «l’oligarchie», représentée par les «puissances d’argent» et «l’union européenne». Jean-Luc Mélenchon ne parle plus beaucoup de capitalisme, ni des travailleurs. Il parle aujourd’hui de «peuple», un concept plus attrayant car plus beaucoup plus vague. (…) Presque tous les candidats ont conscience aujourd’hui qu’un mot de trop pourrait leur coûter énormément politiquement. Ils savent aussi que s’ils parviennent à imposer leur formulation des problèmes contemporains, le gain politique sera assuré. Imposer sa grille de lecture du monde ou son vocabulaire à l’opinion publique, c’est imposer aussi ses propres solutions comme naturelles donc in fine gagner sa voix. Cécile Alduy
Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus. (…) Il ne s’agit pas de transposer les lois de l’atome à l’humain, mais plutôt d’aborder des questions sociales et politiques comme un physicien face à un problème complexe. Par exemple, comment des personnages aux convictions inflexibles peuvent influencer le comportement d’électeurs plus ouverts et donc changer le résultat d’une élection. (…) Exactement. Dans le cas de la peine de mort, par exemple, une majorité d’individus pense qu’il faut maintenir son abolition. Mais si on faisait un référendum, il y aurait de forts risques que par le débat les gens changent d’opinion. Alors qu’on aurait enrichi notre vision du problème, on aboutirait à une rationalité manipulée qui suivrait nos préjugés communs les plus archaïques. L’impact des préjugés est l’un des composants de mon modèle. L’impact des gens inflexibles en est un autre. (…) Les inflexibles sont ceux qui sont sûrs de leur vote. Par exemple, Marine Le Pen bénéficie d’un fort électorat d’inflexibles. Coûte que coûte, ils voteront pour elle. Mais il existe aussi une catégorie d’inflexibles anti-FN qui ne voteront jamais pour elle. Eux non plus ne changeront pas d’avis. Et ils sont plus de la moitié. Ce qui fait que, pour l’instant, elle ne peut pas gagner au second tour. [Mais] pour la première fois, des électeurs anti-FN ne sont pas prêts à aller voter pour le challenger. La pilule est trop difficile à avaler. La victoire de Le Pen est improbable mais n’est plus impossible. (…) C’est l’intensité de la campagne et des discussions avec les inflexibles qui peuvent faire basculer la distribution de votes. D’après mon modèle, Fillon détient le plus grand nombre d’inflexibles (ceux capables de convaincre les autres). Il suffit que ces influenceurs augmentent de 2-3 points pour que Fillon batte Macron (qui a moins d’inflexibles) au premier tour. Quant à la montée de Mélenchon, si elle se poursuit, elle pourrait contribuer à faire redémarrer Fillon. (…) Aujourd’hui, les discussions peuvent amener les macronistes (refroidis par les affaires de Fillon) à voter Mélenchon. Mais d’après mon modèle, dans un deuxième temps, si Mélenchon devient un candidat sérieux face à Marine Le Pen, ces ex-Macron pourraient, poussés par les inflexibles pro-Fillon, se tourner vers Fillon pour s’opposer à la politique économique de Mélenchon. Serge Galam
Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée. (…) Cette abstention inavouée va générer une abstention différenciée qui peut inverser le rapport minorité-majorité donné par les intentions de vote. (…) Une situation bien différente que celle de 2002, où voter Chirac ne représentait pas un coût inavouable pour certains électeurs. Aujourd’hui, il y a une pilule très amère à avaler. Serge Galam
« D’expérience, ce ne sont pas nos indicateurs publiés juste avant une élection qui sont les plus précis mais plutôt ceux datant de cinq jours avant le jour du scrutin », prévient Jérôme Coutard. Celui en date du 18 avril prévoit un quarté François Fillon-Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon-Emmanuel Macron. Verdict dimanche soir. Les Echos
Emmanuel Macron aime à dire qu’il bénéficie de soutiens de gauche, du centre, comme de droite. Ce n’est pas faux, même si ce n’est pas dans la même proportion : la très grande majorité de ses soutiens, comme des électeurs qui se prononceront pour lui dimanche prochain, vient d’un centre-gauche gestionnaire et responsable. Reste que les soutiens à la « macronie » venus de la droite existent bel et bien. Ces soutiens, cependant, sont loin d’être issus uniformément des différentes écoles qui composent la droite française. L’immense majorité d’entre eux vient d’un seul cercle : celui qui entourait l’ancien Président Jacques Chirac, chef de l’Etat entre 1995 et 2007, que l’âge et la maladie empêchent désormais de participer au débat politique. (…) Plus ambiguë est la position de deux anciens Premiers ministres de Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. Le premier, après avoir perdu contre François Fillon lors des primaires de la droite et du centre, a officiellement annoncé, après s’être fait prier, qu’il soutiendrait le candidat de son propre camp. Mais il multiplie les migraines de diva quand il s’agit de venir prouver ce soutien sur le terrain ou devant les caméras, et les mises en garde ronchonnent quand on lui en parle. Après avoir parlé des militants de son propre parti, soutiens de son propre candidat, comme d’un « noyau radicalisé » de militants (une expression généralement réservée aux soutiens de l’Etat islamique), Juppé, avant-hier, a déclaré qu’il se « retrouverait dans l’opposition » si un Président Fillon faisait entrer au gouvernement des représentants de la droite catholique conservatrice. (…) Quant à Villepin, Premier ministre de Chirac entre 2004 et 2007, sa politique semble être de tout faire pour indiquer son soutien à Macron, sauf de l’annoncer explicitement. Les deux hommes se déclarent réciproquement leur amitié à l’antenne, dans l’intimité de quelques millions d’auditeurs. Lundi dernier, BFM (surnommée « radio Macron » pour son engagement constant et caricatural en faveur du candidat) a suggéré que Villepin ferait un bon Premier ministre pour un Président Macron. Et Macron n’a pas dit le contraire. Ce ralliement massif, qu’il soit explicite ou implicite, de chiraquiens à Macron est-il l’indice d’une orientation idéologique particulière du candidat ? Probablement pas – ne serait-ce que parce qu’Emmanuel Macron, tout occupé qu’il est à mettre sa personne au centre de l’image, n’accorde pas la moindre importance à la cohérence idéologique. Il a annoncé successivement que la colonisation avait été un crime contre l’humanité, et qu’il fallait en assumer les aspects positifs. Qu’il n’y a pas de culture française et que la France ne serait jamais, sous son principat, un pays multiculturel. Que les opposants au mariage pour tous ont été injustement humiliés par le Président Hollande, et que l’idée même de donner à l’un d’entre eux un secrétariat d’Etat au Sport est le signe d’une insupportable radicalité. Qu’il renvoyait un de ses correspondants départementaux convaincu de sympathie islamiste, puis qu’il ne le renvoyait pas, puis qu’il l’écartait, ce qui, semble-t-il, est très différent et revient exactement au même, selon la personne à qui on s’adresse. Mais si Macron n’a aucune cohérence idéologique, aucune colonne vertébrale mentale, les chiraquiens, eux, en ont une. Leur entrée en masse dans les équipes Macron, avec la chasse aux postes qui en résulterait nécessairement s’il était élu, fera revenir au pouvoir des réflexes et des raisonnements caractéristiques de toute cette école de la droite française. Tout d’abord, les chiraquiens – à l’exemple de leur maître, lorsqu’il était encore lucide – sont des partisans résolus du multiculturalisme. S’il y a une chose sur laquelle Jacques Chirac n’a jamais varié, c’est sur l’idée que toutes les cultures se valent, que toutes doivent être également respectées, et que seule une arrogance raciste peut conduire les Occidentaux à préférer leur propre culture à celle des autres. Dans une déclaration restée fameuse, parce qu’aussi fausse en fait qu’elle était psychologiquement révélatrice, le président Chirac avait affirmé en 2003 à un homme politique catholique, Philippe de Villiers, que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Au nom de cette vision fantasmatique de l’histoire, la France de Chirac avait bloqué la tentative d’autres pays européens de faire figurer dans le préambule du projet de Constitution européenne une référence à ces « racines chrétiennes », historiquement exactes mais politiquement déplacées. Multiculturalistes de principe, les chiraquiens ont aussi une attitude, disons, sans sévérité excessive en matière de morale financière. Là encore, l’exemple vient du sommet. L’ancien président vit, depuis qu’il a quitté l’Elysée, dans un appartement parisien appartenant à l’actuel Premier ministre libanais Saad Hariri, qui le met gratuitement à sa disposition. De nombreux témoins, à Paris, rapportent en confidence que cette dépendance financière personnelle envers des intérêts étrangers était déjà en place lorsque Jacques Chirac et le père de Saad, Rafic Hariri, étaient tous deux aux affaires. (…) Les bonnes habitudes ne se perdant pas si facilement, Dominique de Villepin, depuis qu’il a pris sa retraite de la politique, vit une existence de millionnaire grâce à des missions d’avocat et de conseil. Parmi ses clients les plus généreux figure, en première place, l’Emirat du Qatar. On ne peut pas exclure que si Villepin, comme la macronie le laisse désormais entendre, devenait le Premier ministre ou le ministre des Affaires Etrangères d’un jeune président sans expérience internationale, les intérêts géopolitiques de ses bienveillants parrains auraient au moins autant d’influence sur son action que ceux de la France. Enfin, le mélange de multiculturalisme de principe et de vénalité à la bonne franquette des chiraquiens les conduit presque tous à ne pas avoir une vision particulièrement favorable de l’Etat d’Israël en particulier et des Juifs en général. Jacques Chirac a une rue à son nom à Ramallah – un hommage généralement réservé aux dictateurs sunnites ou aux auteurs d’attentats suicide. Une de nos sources régulières à Paris, qui travaillait alors à l’Elysée, a personnellement entendu Villepin, pendant la deuxième Intifada, expliquer – tout en regrettant les assassinats suicide – que ceux-ci étaient inévitables car « le Moyen-Orient a toujours rejeté les éléments étrangers ». En parfait accord avec cette vision fantasmagorique de l’histoire, la présidence de Chirac, surtout lorsque Villepin était son Premier ministre, a caractérisé le point le plus bas de toute l’histoire des relations franco-israéliennes. (…) S’il reste aujourd’hui des nostalgiques de cette époque, il y a pour eux une bonne nouvelle : presque tous ceux qui étaient aux commandes, en politique comme dans la presse, sont encore vaillants et prêts à reprendre du service. Et tous, en masse, se sont ralliés à la candidature Macron – un candidat trop profondément ignorant de ces questions pour pouvoir contrer leur influence s’il était élu. Amram Castellion

Au secours ! La Chiraquie revient !

Dissolution imposant la cohabitation à Chirac, coups tordus de l’affaire Clearstream contre Sarkozy, trahison des alliés historiques israéliens et américains de la France, fricotage de haut vol et contre espèces sonnantes et trébuchantes pour le compte de nos amis et fourriers notoires du djihadisme qataris, saoudiens ou iraniens …

Alors qu’à trois jours à peine du premier tour d’une élection présidentielle …

Aussi inédite que décisive entre deux attaques ou menaces terroristes …

Et après les cinq années d’immobilisme de la présidence Hollande …

Devinez qui nous sort de son chapeau …

Pour corriger son statut désormais un peu trop voyant de dauphin de François Hollande …

Et contrer le seul candidat d’une véritable alternance

Le champion supposé d’un renouveau depuis si longtemps espéré ?

L’étrange béguin des Chiraquiens pour Macron
Amram Castellion
Metullah press Agency

20 avril 2017

Emmanuel Macron aime à dire qu’il bénéficie de soutiens de gauche, du centre, comme de droite. Ce n’est pas faux, même si ce n’est pas dans la même proportion : la très grande majorité de ses soutiens, comme des électeurs qui se prononceront pour lui dimanche prochain, vient d’un centre-gauche gestionnaire et responsable.

Reste que les soutiens à la « macronie » venus de la droite existent bel et bien. Ces soutiens, cependant, sont loin d’être issus uniformément des différentes écoles qui composent la droite française. L’immense majorité d’entre eux vient d’un seul cercle : celui qui entourait l’ancien Président Jacques Chirac, chef de l’Etat entre 1995 et 2007, que l’âge et la maladie empêchent désormais de participer au débat politique.

Plusieurs de ces soutiens sont explicites et officiels. Jean-Paul Delevoye, ancien ministre de la Fonction Publique de Chirac, est chargé de la sélection des futurs candidats du parti macroniste aux législatives de juin prochain. Un ancien ministre des Affaires Etrangères de Chirac, Philippe Douste-Blazy, et un ancien ministre de l’Economie, Jean Arthuis, se sont également prononcés pour le candidat du « ni droite ni gauche ». D’autres anciens ministres macronisés incluent Jean-Jacques Aillagon, Anne-Marie Idrac, Dominique Perben et Noëlle Lenoir.

En plus de ces ralliements ministériels, d’autres membres du cercle de proches de l’ancien président se sont engagés pour le jeune candidat. C’est le cas dans sa famille ; son petit-fils, Martin Chirac, a rejoint le parti macroniste. Sa fille, Claude Chirac, et son gendre, Frédéric Salat-Baroux, n’ont pas franchi le pas, mais ne cachent pas, dans les dîners en ville, le bien qu’ils pensent de l’impétrant. La famille de l’ancien maire de Paris, Jacques Tibéri, qui avait succédé à Chirac avec sa bénédiction à la mairie de la capitale, s’est elle aussi macronifiée.

Plus ambiguë est la position de deux anciens Premiers ministres de Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. Le premier, après avoir perdu contre François Fillon lors des primaires de la droite et du centre, a officiellement annoncé, après s’être fait prier, qu’il soutiendrait le candidat de son propre camp. Mais il multiplie les migraines de diva quand il s’agit de venir prouver ce soutien sur le terrain ou devant les caméras, et les mises en garde ronchonnent quand on lui en parle.

Après avoir parlé des militants de son propre parti, soutiens de son propre candidat, comme d’un « noyau radicalisé » de militants (une expression généralement réservée aux soutiens de l’Etat islamique), Juppé, avant-hier, a déclaré qu’il se « retrouverait dans l’opposition » si un Président Fillon faisait entrer au gouvernement des représentants de la droite catholique conservatrice. Comme par exemple Christine Boutin, qui fut déjà ministre du Logement pendant deux ans, entre 2007 et 2009, sans que la France subisse exactement les affres d’une terreur blanche.

Quant à Villepin, Premier ministre de Chirac entre 2004 et 2007, sa politique semble être de tout faire pour indiquer son soutien à Macron, sauf de l’annoncer explicitement. Les deux hommes se déclarent réciproquement leur amitié à l’antenne, dans l’intimité de quelques millions d’auditeurs.

Lundi dernier, BFM (surnommée « radio Macron » pour son engagement constant et caricatural en faveur du candidat) a suggéré que Villepin ferait un bon Premier ministre pour un Président Macron. Et Macron n’a pas dit le contraire.

Ce ralliement massif, qu’il soit explicite ou implicite, de chiraquiens à Macron est-il l’indice d’une orientation idéologique particulière du candidat ? Probablement pas – ne serait-ce que parce qu’Emmanuel Macron, tout occupé qu’il est à mettre sa personne au centre de l’image, n’accorde pas la moindre importance à la cohérence idéologique. Il a annoncé successivement que la colonisation avait été un crime contre l’humanité, et qu’il fallait en assumer les aspects positifs. Qu’il n’y a pas de culture française et que la France ne serait jamais, sous son principat, un pays multiculturel. Que les opposants au mariage pour tous ont été injustement humiliés par le Président Hollande, et que l’idée même de donner à l’un d’entre eux un secrétariat d’Etat au Sport est le signe d’une insupportable radicalité. Qu’il renvoyait un de ses correspondants départementaux convaincu de sympathie islamiste, puis qu’il ne le renvoyait pas, puis qu’il l’écartait, ce qui, semble-t-il, est très différent et revient exactement au même, selon la personne à qui on s’adresse.

Mais si Macron n’a aucune cohérence idéologique, aucune colonne vertébrale mentale, les chiraquiens, eux, en ont une. Leur entrée en masse dans les équipes Macron, avec la chasse aux postes qui en résulterait nécessairement s’il était élu, fera revenir au pouvoir des réflexes et des raisonnements caractéristiques de toute cette école de la droite française.

Tout d’abord, les chiraquiens – à l’exemple de leur maître, lorsqu’il était encore lucide – sont des partisans résolus du multiculturalisme. S’il y a une chose sur laquelle Jacques Chirac n’a jamais varié, c’est sur l’idée que toutes les cultures se valent, que toutes doivent être également respectées, et que seule une arrogance raciste peut conduire les Occidentaux à préférer leur propre culture à celle des autres.

Dans une déclaration restée fameuse, parce qu’aussi fausse en fait qu’elle était psychologiquement révélatrice, le président Chirac avait affirmé en 2003 à un homme politique catholique, Philippe de Villiers, que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Au nom de cette vision fantasmatique de l’histoire, la France de Chirac avait bloqué la tentative d’autres pays européens de faire figurer dans le préambule du projet de Constitution européenne une référence à ces « racines chrétiennes », historiquement exactes mais politiquement déplacées.

Multiculturalistes de principe, les chiraquiens ont aussi une attitude, disons, sans sévérité excessive en matière de morale financière. Là encore, l’exemple vient du sommet. L’ancien président vit, depuis qu’il a quitté l’Elysée, dans un appartement parisien appartenant à l’actuel Premier ministre libanais Saad Hariri, qui le met gratuitement à sa disposition. De nombreux témoins, à Paris, rapportent en confidence que cette dépendance financière personnelle envers des intérêts étrangers était déjà en place lorsque Jacques Chirac et le père de Saad, Rafic Hariri, étaient tous deux aux affaires.

Si cela est exact, cela signifie que la politique extérieure de la France a été définie en fonction de paiements personnels d’un dirigeant à l’autre. On ne peut que constater, qu’au Moyen-Orient, la politique française sous Chirac a suivi les virages des intérêts de la famille Hariri : fortement pro-syrienne jusqu’à 2004, puis en première ligne contre la république baathiste après la rupture entre Bachar Assad et Rafiq Hariri la même année et l’assassinat du second sur l’ordre du premier en 2005.

Les bonnes habitudes ne se perdant pas si facilement, Dominique de Villepin, depuis qu’il a pris sa retraite de la politique, vit une existence de millionnaire grâce à des missions d’avocat et de conseil. Parmi ses clients les plus généreux figure, en première place, l’Emirat du Qatar. On ne peut pas exclure que si Villepin, comme la macronie le laisse désormais entendre, devenait le Premier ministre ou le ministre des Affaires Etrangères d’un jeune président sans expérience internationale, les intérêts géopolitiques de ses bienveillants parrains auraient au moins autant d’influence sur son action que ceux de la France.

Enfin, le mélange de multiculturalisme de principe et de vénalité à la bonne franquette des chiraquiens les conduit presque tous à ne pas avoir une vision particulièrement favorable de l’Etat d’Israël en particulier et des Juifs en général. Jacques Chirac a une rue à son nom à Ramallah – un hommage généralement réservé aux dictateurs sunnites ou aux auteurs d’attentats suicide. Une de nos sources régulières à Paris, qui travaillait alors à l’Elysée, a personnellement entendu Villepin, pendant la deuxième Intifada, expliquer – tout en regrettant les assassinats suicide – que ceux-ci étaient inévitables car « le Moyen-Orient a toujours rejeté les éléments étrangers ».

En parfait accord avec cette vision fantasmagorique de l’histoire, la présidence de Chirac, surtout lorsque Villepin était son Premier ministre, a caractérisé le point le plus bas de toute l’histoire des relations franco-israéliennes. La France a condamné en 2002 l’opération Rempart – la vaste opération de sécurisation des territoires palestiniens qui a permis de mettre fin à la seconde Intifada. Elle a condamné l’attaque du Hezbollah par Israël en 2006, considérant sans doute que la violation de la frontière par le Hezb et l’assassinat spontané de huit soldats en territoire israélien constituaient un fait sans importance. Chirac s’était même permis, dans un premier temps, de critiquer le retrait de Gaza en 2005 pour son « unilatéralisme », avant de changer d’avis et de féliciter Sharon.

En France même, si les chiraquiens ont toujours maintenu un soutien sans faille des forces de l’ordre à la protection physique de la communauté juive, la période Chirac a été marquée par une intimidation intellectuelle systématique des pro-israéliens. C’est l’époque où la télévision d’Etat passait en boucle et à répétition des images falsifiées de « cruauté israélienne » dans les territoires, refusait de donner la moindre voix aux sceptiques, et présentait trois fois par jour la cause palestinienne comme l’accomplissement de la moralité universelle.

S’il reste aujourd’hui des nostalgiques de cette époque, il y a pour eux une bonne nouvelle : presque tous ceux qui étaient aux commandes, en politique comme dans la presse, sont encore vaillants et prêts à reprendre du service. Et tous, en masse, se sont ralliés à la candidature Macron – un candidat trop profondément ignorant de ces questions pour pouvoir contrer leur influence s’il était élu. Il appartiendra à tous les Français d’en tenir compte, dimanche, dans la solitude solennelle de l’isoloir.

Voir aussi:

Pour ses discours, Macron s’inspire d’Obama et de Johnny HallydayAlice Develey
Le Figaro
20/04/2017

INTERVIEW – Cécile Alduy, auteur et professeur à l’université de Stanford, a passé au crible les éléments de langage des cinq principaux candidats à la présidentielle.

Les candidats à la présidence de la République ont rivalisé ces derniers mois de mots percutants pour marquer les esprits. L’auteur de Ce qu’ils disent vraiment (Seuil), Cécile Alduy, a passé au scanner ces éléments de langage qui parsèment les discours des politiques. «Immigration», «liberté», «sécurité»… Elle revient pour Le Figaro sur leurs tactiques lexicales.

LE FIGARO. – Pour réaliser votre livre, Ce qu’ils disent vraiment, publié aux éditions Seuil, vous avez étudié plus de 1300 discours de nos hommes et femmes politiques français ces dernières années. Avez-vous constaté des changements de lexique entre la présidentielle de 2012 et celle de 2017?

Cécile ALDUY. – L’élection présidentielle de 2012 se jouait sur des clivages droite/gauche traditionnels. Nicolas Sarkozy portait les valeurs classiques de la droite (autorité, identité, mérite valeur travail) et François Hollande incarnait quant à lui les symboles de la gauche traditionnelle, à savoir: l’égalité et le travail comme moyen d’émancipation sociale . On était dans un débat frontal qui se jouait sur des visions quasi antagonistes.

Aujourd’hui, on observe trois candidats -Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon- qui ont chacun des discours transversaux par rapport au clivage traditionnel entre la droite et la gauche. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon opposent ainsi davantage le peuple aux élites, la souveraineté populaire à l’union européenne ou bien encore les classes populaires aux classes dirigeantes. Emmanuel Macron, le candidat de la conciliation, brouille pour sa part les clivages par son discours qui fait la synthèse entre la droite et la gauche.

Y a-t-il des mots tabous dans cette campagne présidentielle? Et si oui, quels sont-ils?

Tous les candidats ont des points aveugles. Chez Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon, par exemple, on ne retrouve pas les mots «islamisme» ou «immigration». Le candidat de La France insoumise préférera utiliser les termes «les violents» ou «les criminels» au terme «les terroristes». À droite ou à l’extrême droite, on note par contre un grand silence autour des mots «environnement» («pesticide» ou «réchauffement climatique» sont quasi absents).

Quels sont mots qui reviennent le plus souvent dans le discours de nos candidats?

● Marine Le Pen

On retrouve très nettement le mot «immigration». C’est un concept largement surutilisé chez elle. On note son retour toutes les minutes dans ses discours. Une récurrence sans commune mesure comparée aux discours des autres candidats.

● François Fillon

Le mot «liberté» est surreprésenté chez le candidat des Républicains. Un concept qu’il emploie presque uniquement dans son sens économique. Il n’est pas question ici des libertés individuelles ou sociétales, mais de la liberté d’entreprendre. On observe aussi la fréquence du mot sécurité dans ses discours depuis la réorientation de sa campagne de ces derniers mois.

● Emmanuel Macron

Le candidat du parti En Marche! procède par couplage de mots. Il accole par exemple les termes «liberté» et «protection». «La liberté» reprend un mot-valeur de la droite (la liberté d’entreprendre et économique) tandis que «la protection» renvoie pour sa part à des marqueurs de gauche. Emmanuel Macron est le candidat de la synthèse, il cherche toujours à mettre en couple des concepts qui sont traditionnellement opposés. C’est son credo. Il veut montrer qu’il est à la fois de droite et de gauche. Et cette volonté se manifeste très clairement dans ses discours. S’il dit par exemple qu’«il faut être extrêmement ferme sur la laïcité» il ajoutera immédiatement «et respectueux de la liberté religieuse des uns et des autres».

Emmanuel Macron a un vocabulaire émotionnel très développé et use d’un registre très positif. Il est dans le coaching de ses électeurs, dans l’émotion et la bienveillance. Il a parfois même un vocabulaire à la Johnny, intimant à ses supporters d’avoir «l’envie». On peut d’ailleurs comparer ses discours à ceux d‘un Obama et de son slogan de campagne Yes We Can. Macron semble nous dire avec son énergie: «Oui, on peut y arriver». Mais comme ses mots sont extrêmement abstraits et vagues, on a parfois l’impression d’un discours qui tourne à vide.

● Benoît Hamon

Le candidat du PS a repris un vocabulaire plus traditionnel à gauche, fondé sur des valeurs fondamentales de son camp politique: l’égalité et les luttes contre les discriminations. On retrouve notamment de façon récurrente dans son vocable les mots «social», «écologique», «démocratie» et «égalité». Son corpus fait le lien entre les discours du PS des années 1990 et l’écologie politique d’aujourd’hui.

● Jean-Luc Mélenchon

Celui qui utilisait par le passé un vocabulaire issu de la sphère trotskiste, socialiste et d’extrême gauche est aujourd’hui dans un discours populiste. Ce concept de science politique signifie que son discours n’utilise plus le vocabulaire et les symboles de la gauche radicale (drapeau rouge, «prolétariat», «classes») mais une rhétorique fondée sur l’opposition entre un «peuple souverain» qui serait spolié de son pouvoir et «l’oligarchie», représentée par les «puissances d’argent» et «l’union européenne». Jean-Luc Mélenchon ne parle plus beaucoup de capitalisme, ni des travailleurs. Il parle aujourd’hui de «peuple», un concept plus attrayant car plus beaucoup plus vague.

En quoi ces éléments de langage jouent-ils un rôle majeur dans la campagne présidentielle?

Presque tous les candidats ont conscience aujourd’hui qu’un mot de trop pourrait leur coûter énormément politiquement. Ils savent aussi que s’ils parviennent à imposer leur formulation des problèmes contemporains, le gain politique sera assuré. Imposer sa grille de lecture du monde ou son vocabulaire à l’opinion publique, c’est imposer aussi ses propres solutions comme naturelles donc in fine gagner sa voix.

Voir encore:

Le pro-BDS Mélenchon, les Juifs de France et Israël
Son accession à l’Elysée paraît moins improbable : retour sur ses positions radicalement anti-israéliennes, ses propos controversés – et ses amours
Olivier Chalautre
The Times of Israel
20 avril 2017

A quelques jours du premier tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon progresse dans les sondages avec 18 à 20 % des intentions de vote, à telle enseigne que sa présence au second tour semble possible. Il pourrait être opposé à Marine Le Pen.

L’éventualité d’un match entre la candidate d’extrême droite et le leader de la gauche radicale affole la classe politique modérée… et la plupart des Juifs de France. Du côté des institutions communautaires, on considère que l’élection de Jean-Luc Mélenchon à la magistrature suprême – probable s’il fait face à la patronne du Front national – serait une catastrophe et provoquerait une vague d’alyah massive.

Francis Kalifat, président du CRIF, a refusé de les inviter au dîner annuel de l’organisation, en février dernier, arguant « qu’ils trainaient dans la haine ». Tout comme le Consistoire, qui représente le culte juif dans l’Hexagone, le CRIF appelle au « rejet des extrêmes » lors des scrutins des 23 avril et 7 mai.

Soutien au BDS

L’inquiétude porte sur l’attitude hostile de Jean-Luc Mélenchon à l’encontre d’Israël et, au-delà, sur son soutien aux « islamo-gauchistes » dont les motivations antisémites, réelles ou supposées, sont inlassablement dénoncées par des intellectuels juifs aussi médiatisés qu’Alain Finkielkraut ou Bernard-Henri Lévy.

Melenchon, 65 ans, ancien ministre socialiste, est né de parents espagnols dans ce qu’est aujourd’hui le Maroc. Il soutient un boycott général contre Israël. Fidèle à son style oratoire populiste, il a déclaré que permettre à Israël de conserver même quelques implantations en Cisjordanie « est comme laisser les voleurs de banque garder l’argent ».

Le programme diplomatique du chef du Front de gauche pour Israël : création d’un état palestinien avec Jérusalem Est pour capitale, droit au retour des réfugiés de 1948.

Il préconise également l’abolition de la circulaire de 2010 interdisant tout appel au boycott d’Israël dans l’Hexagone et la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Etat juif.

Le Front de gauche milite officiellement pour le boycott depuis novembre 2013, aux côtés du mouvement BDS, « en réponse à la politique d’oppression » d’Israël.

A la même époque, le mouvement a condamné la « rigidité » du Quai d’Orsay dans les négociations internationales en vue d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, tout en réclamant la « dénucléarisation » de l’Etat hébreu.

Non au « peuple supérieur »

Pour le noyau dur du judaïsme français, l’un des plus mauvais souvenirs, concernant le candidat Mélenchon, date de fin août 2014. Peu après la guerre entre Israël et le Hamas, il a pourfendu « l’ennemi » israélien à l’occasion de l’université d’été de son parti.

À Grenoble, moins d’un mois après que neuf synagogues ont été attaquées en pleine vague de manifestations violentes et non autorisées contre Israël pendant et après la guerre contre le Hamas à Gaza pendant l’été 2014, Melenchon a salué les manifestants. Il a également condamné les Juifs français qui ont exprimé leur solidarité avec Israël lors d’un rassemblement de soutien devant l’ambassade d’Israël.

« Fidèles à la mémoire des meurtres de masse commis dans le passé, nous nous sommes portés aux avant-postes du soutien à la malheureuse population de Gaza », a-t-il dit avant de fustiger la frange militante de la communauté juive en ces termes : « Si nous avons quelque chose à dénoncer, ce sont nos compatriotes qui ont cru être bien inspirés en allant manifester devant l’ambassade d’un pays étranger [Israël, ndlr] ou servir sous ses couleurs les armes à la main ».

Et d’enfoncer le clou en lançant cette diatribe au sous-entendu nauséabond : « nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres ».

A propos des rassemblements pro-palestiniens de cette période tendue, où des injures antisémites ont fusé, Jean-Luc Mélenchon a carrément loué « une jeunesse ayant su se mobiliser dans la discipline et incarner dignement les valeurs de la République […]. La République, c’est le contraire des communautés agressives qui font la leçon au reste du pays », a-t-il conclu en référence à l’attitude du CRIF.

Il a également accusé le CRIF d’avoir essayé de l’étiqueter comme un antisémite afin de discréditer ses critiques d’Israël.

« Nous en avons assez du CRIF », s’est écrié Melenchon.

Melenchon n’a pas mentionné les attaques de la synagogue et la vague d’agressions antisémites qui ont suivi les manifestations. Mais il a continué à critiquer les milliers de Juifs français qui soutiennent Israël.

Evoquant ces remarques et d’autres encore, François Heilbronn, un enseignant en science politique, a écrit récemment dans un article qu’il ne voterait ni pour Le Pen, qu’il considère comme l’héritière de ceux qui ont collaboré avec les nazis, « ni pour ceux qui ont encouragé les progromistes et les antisémites »en 2014, une référence claire à Melenchon. « Votez pour empêcher l’accession au pouvoir ces deux candidats qui haïssent les démocrates, la modernité et la liberté ».

Récemment, le candidat de la gauche radicale a critiqué Valérie Pécresse, présidente de Les Républicains de la région Ile-de-France, pour son « engagement communautariste » consistant à combattre les tentatives de boycott des produits provenant des implantations juives de Cisjordanie et du plateau du Golan.

« Islamo-gauchisme »

Dès 2010, l’égérie du mélenchonisme, la journaliste et élue de Sevran (Seine-Saint-Denis) Clémentine Autain co-signait une tribune dans Le Monde en faveur du boycott total d’Israël, y compris de ses structures académiques et sportives.

Le texte prenait exemple sur la campagne « noble et efficace » menée autrefois contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Ce type d’amalgame, comme les accusations récurrentes de « fascisme » à l’endroit du gouvernement israélien ou la défense jugée inconditionnelle des musulmans français, ont provoqué des polémiques.

En 2015, le Premier ministre socialiste Manuel Valls et son secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, ont dénoncé l’ « islamo-gauchisme » de Clémentine Autain et de ses amis, les accusant de complicité avec Tariq Ramadan, le fameux islamologue suisse qui se fend régulièrement de déclarations ambiguës sur le « lobby sioniste » et dont le frère, Hani, a récemment été expulsé de France.

Par ailleurs, certaines municipalités dirigées par le Parti communiste, composante du Front de gauche, ont élevé le leader palestinien Marwan Barghouthi au rang de « citoyen d’honneur ». Ce dernier est incarcéré en Israël pour avoir fomenté des attentats ayant causé la mort de dizaines de civils israéliens.

Ce genre d’initiative est source d’invectives et de procès à répétition entre les mélenchonistes et les associations juives communautaires, dont le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA).

Dérapages douteux

Il est vrai que la frontière entre critique radicale d’Israël et antisémitisme est parfois poreuse. De même, il est difficile de distinguer ce qui relève de l’anti-capitalisme et d’une forme de paranoïa « chaviste » (Jean-Luc Mélenchon soutient la « révolution vénézuélienne » d’Hugo Chavez) où les préjugés anti-juifs tiennent une place inquiétante.

En mars 2013, le candidat à la présidentielle de ce printemps 2017 fustigeait ainsi Pierre Moscovici, alors ministre socialiste de l’Economie : « Ce petit intelligent […] ne pense plus en français mais dans la langue de la finance internationale ».

Le PS a demandé immédiatement à Jean-Luc Mélenchon de « retirer ce vocabulaire des années 30 ». Pierre Moscovici a répliqué : « mes quatre grands-parents étaient étrangers. Mon père a été déporté. Et cette famille a choisi la France. Je suis français par tous mes pores ».

Le leader du Front de gauche n’a pas regretté sa sortie et a même prétendu qu’il « ignorait » la religion du ministre, pourtant connue. Cette excuse a été jugée hypocrite et inacceptable par les représentants de la communauté juive.

Bernard-Henri Levy, un intellectuel juif français de gauche, a établi des parallèles entre Le Pen et Melenchon. Ils ont « malheureusement souvent [le même] radicalisme anti-démocratique, antisioniste, [avec] des attitudes pro-Assad et pro-Poutine », a-t-il écrit dimanche sur Twitter.

Levy soutient Emmanuel Macron, un candidat centriste et un ancien banquier de la prestigieuse banque d’investissement Rothschild. Macron est en tête dans les sondages avant le premier tour avec environ 23 % d’intentions de vote et est légèrement en avance sur Le Pen. Le candidat Les Républicains Francois Fillon, dont la campagne a souffert en raison de l’affaire du Penelope Gate et sa mise en examen pour corruption, et Melenchon sont chacun crédités de 18 et 20 % d’intention de vote dans les sondages.

Étonnamment, ce ne sont pas seulement les Juifs qui trouvent qu’il y a une ressemblance entre les programmes de Melenchon et Le Pen. Le comédien Dieudonne M’bala M’bala, qui a été reconnu coupable de nombreuses fois de négationnisme et l’incitation à la haine des Juifs, pense que les politiciens d’extrême droite et d’extrême gauche se battent tous deux contre l’influence juive et extérieure.

« Certains disent que c’est une confrontation entre la vraie droite et la vraie gauche », a déclaré Dieudonne à propos de Le Pen et Melenchon dans une vidéo qu’il a publiée mardi et qui a été vue plus de 160 000 fois. « Je dis que c’est la vraie France qui combattra la France de Rothschild et du Qatar qui finance le terrorisme et la guerre dans le monde ».

Le Pen et Melenchon, a-t-il ajouté, « sont les candidats de la paix ».

JTA a contribué à cet article.

Voir par ailleurs:

Rebondissements, ruptures, candidats électrons libres, raisons et sentiments… Pour Serge Galam, professeur à Sciences-Po et précurseur de la sociophysique, le choix d’un bulletin serait soumis au résultat d’interactions humaines répondant à des lois physiques complexes. Qu’il tente d’élaborer et qui semblent se vérifier. Y compris pour cette élection présidentielle ?

Cette campagne est riche en inattendus, en désordres. Peut-on les prévoir et les modéliser ? Aucun modèle ne peut présager l’affaire Fillon, ce type d’événement n’est scientifiquement pas prévisible. En revanche, la sociophysique pourrait anticiper l’impact qu’il va avoir, les interactions entre individus qu’il va provoquer et comment elles peuvent se traduire dans les sondages.

« Le vote est régi par les interactions entre les individus »

N’est-ce pas ce que font les sondages ? 

Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus.

Les lois physiques s’appliquent à la politique ? 

Il ne s’agit pas de transposer les lois de l’atome à l’humain, mais plutôt d’aborder des questions sociales et politiques comme un physicien face à un problème complexe. Par exemple, comment des personnages aux convictions inflexibles peuvent influencer le comportement d’électeurs plus ouverts et donc changer le résultat d’une élection.

Une sorte de phénomène inconscient de groupe ? 

Exactement. Dans le cas de la peine de mort, par exemple, une majorité d’individus pense qu’il faut maintenir son abolition. Mais si on faisait un référendum, il y aurait de forts risques que par le débat les gens changent d’opinion. Alors qu’on aurait enrichi notre vision du problème, on aboutirait à une rationalité manipulée qui suivrait nos préjugés communs les plus archaïques. L’impact des préjugés est l’un des composants de mon modèle. L’impact des gens inflexibles en est un autre.

« Pour l’instant, elle ne peut pas gagner au second tour »

Qui sont-ils ? 

Les inflexibles sont ceux qui sont sûrs de leur vote. Par exemple, Marine Le Pen bénéficie d’un fort électorat d’inflexibles. Coûte que coûte, ils voteront pour elle. Mais il existe aussi une catégorie d’inflexibles anti-FN qui ne voteront jamais pour elle. Eux non plus ne changeront pas d’avis. Et ils sont plus de la moitié. Ce qui fait que, pour l’instant, elle ne peut pas gagner au second tour.

Sauf que cette élection est très désordonnée… 

Oui, pour la première fois, des électeurs anti-FN ne sont pas prêts à aller voter pour le challenger. La pilule est trop difficile à avaler. La victoire de Le Pen est improbable mais n’est plus impossible.

Quels sont vos pronostics ? 

C’est l’intensité de la campagne et des discussions avec les inflexibles qui peuvent faire basculer la distribution de votes. D’après mon modèle, Fillon détient le plus grand nombre d’inflexibles (ceux capables de convaincre les autres). Il suffit que ces influenceurs augmentent de 2-3 points pour que Fillon batte Macron (qui a moins d’inflexibles) au premier tour. Quant à la montée de Mélenchon, si elle se poursuit, elle pourrait contribuer à faire redémarrer Fillon.

Comment ? 

Aujourd’hui, les discussions peuvent amener les macronistes (refroidis par les affaires de Fillon) à voter Mélenchon. Mais d’après mon modèle, dans un deuxième temps, si Mélenchon devient un candidat sérieux face à Marine Le Pen, ces ex-Macron pourraient, poussés par les inflexibles pro-Fillon, se tourner vers Fillon pour s’opposer à la politique économique de Mélenchon.

Voir encore:

La faille qui peut faire gagner Marine Le Pen

Présentée par Jean-Baptiste Labeur

RCF radio

jeudi 20 avril

​Et si Marine Le Pen l’emportait le 7 mai prochain ? Une hypothèse prise très au sérieux par Serge Galam, chercheur au Cevipof.

Pour ce physicien et fondateur de la sociophysique, il est possible que Marine Le Pen deviennent présidente même avec moins de 50 % des intentions de votes au second tour. Pour faire mentir les instituts de sondage ce scientifique s’appuie sur une formule de calcul mais surtout sur un point faible, la motivation des électeurs, et ce qu’il nomme « l’abstention différentiée ».

« Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée » explique Serge Galam.

« Cette abstention inavouée va générer une abstention différenciée qui peut inverser le rapport minorité-majorité donné par les intentions de vote » ajoute-t-il. Une situation bien différente que celle de 2002, où voter Chirac ne représentait pas un coût inavouable pour certains électeurs. Aujourd’hui, conclut Serge Galam, il y a une pilule très amère à avaler.

Voir enfin:

Présidentielle : le scrutin donnera-t-il raison aux pronostics décriés de Filteris ?
Nicolas Richaud
Les Echos
21/04/17

Depuis quelques semaines, cette société canadienne fait le buzz avec sa méthode de prévision atypique. C’est une partie de sa réputation qui se joue au premier tour de l’élection présidentielle.

« Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on parle de moi. » Cette maxime, Filteris semble l’avoir faite sienne. Installée au Canada, cette société est sous le feu des projecteurs et des critiques depuis plusieurs semaines, en raison de la publication, plusieurs fois par semaine, du « poids numérique » de chacun des candidats à la présidentielle, qu’elle convertit en pronostic concernant le résultat de chacun lors du premier tour de dimanche soir.

Ce vendredi matin, Filteris a publié ses dernières anticipations qui donnent François Fillon en tête devant Marine Le Pen, Jean-Luc-Mélenchon et Emmanuel Macron.

Pourquoi ce groupe, qui décrit son coeur d’activité comme étant « l’analyse d’image, la surveillance, la gestion et la sécurisation de l’identité numérique », consacre-t-il autant d’énergie et de temps à l’élaboration de ces mesures ?  » Ces contextes électoraux permettent de tester nos indicateurs, puis de les mettre à jour et les faire évoluer si besoin« , répond Jérôme Coutard, président de Filteris, qu’il a fondé en 2002.

« Poids numérique des candidats »

« Depuis quelques semaines, tout le monde parle de nous, mais nous faisons cela depuis 2006 et les élections fédérales canadiennes de l’époque « , rembobine ce Français qui a fait ses valises pour le Canada il y a près de 25 ans.

En 2006, Facebook n’a que deux ans et Twitter éclot à peine. Axée sur l’analyse de données, la société va alors puiser celles-ci sur les forums et les blogs, ainsi que les commentaires publiés sous les articles des sites d’informations.

Aujourd’hui, elle absorbe de la data en provenance de Twitter, mais aussi de Facebook (quand les publications sont publiques) et toujours du côté des commentaires publiés sur les sites d’info. Voilà pour le traitement quantitatif des données.

Filteris utilise ensuite des algorithmes ayant pour finalité de classer la nature des contenus en valeur « positive » ou « négative », en vue de déterminer si cela dessert ou sert le candidat mentionné dans la publication. Elle repasse ensuite ses données à la moulinette pour déterminer le « poids numérique » des prétendants à l’élection, puis fait une hypothèse de corrélation avec les résultats à venir.

C’est de la charlatanerie moderne pure et simple

Pour quels résultats ? En 2012, Filteris avait visé relativement juste en ce qui concerne le résultat du premier tour de la présidentielle française. Un peu moins lors des Primaires des Républicains où la société plaçait certes François Fillon en tête, mais avec 22,1% des voix (contre 44,1% au final) avec Nicolas Sarkozy en deuxième position et pas Alain Juppé. Et pas du tout lors des Primaires de la gauche puisque la société avait fortement sous-estimé le score de Benoît Hamon.

« C’est de la charlatanerie moderne pure et simple. Hamon, c’était pourtant clair comme de l’eau de roche qu’il allait être en tête au premier tour, tout le monde l’avait vu venir« , tacle Nicolas Vanderbiest, assistant et doctorant à l’Université Catholique de Louvain, et dont le sujet de thèse est « les crises de réputation des organisations sur les médias sociaux ».

« Près de 90% de leurs données viennent de Twitter car c’est la seule plate-forme de masse à être totalement ouverte et publique. Et c’est un échantillon non représentatif de la population, dominé par les CSP+, le citoyen lambda n’est jamais compris dedans« .

Les limites des algorithmes

« Ils se servent d’algorithmes de tonalité permettant de classer la nature des publications. Or, par rapport à un être humain, on estime que ces algorithmes ont une marge d’erreur de 30% quant à l’évaluation de ces contenus. L’intelligence artificielle interprète encore mal l’ironie ou l’humour par exemple« , poursuit-il.

Même des géants de la tech comme Facebook ou Google (propriétaire de YouTube) qui misent sur cette technologie pour juguler la publication de « fake news » et surtout de contenus à caractère extrémiste et terroriste sur leurs plate-formes respectives, peinent encore à la rendre véritablement efficace.

La prolifération des bots

Autre biais : la prolifération des bots (un programme informatique automatisé) qui pourraient altérer fortement la précision des analyses de Filteris. D’après une étude menée par l’université de Southern California, près de 50 millions de comptes Twitter seraient des bots (sur 319 millions d’utilisateurs actifs mensuels).

« On a hésité à les exclure de nos analyses. Mais en même temps, 1.000 tweets identiques publiés instantanément, cela augmente tout de même la visibilité de la personne concernée par ce contenu et cela peut atteindre des gens qui ne connaissent pas le phénomène, quand bien même il s’agit dans ce cas précis d’une activité de pure propagande politique« , fait valoir Jérôme Coutard.

« Plus globalement, on est beaucoup attaqué sur des données publiées sur une journée en particulier. Mais ce qui est important, c’est la tendance. Je rappelle aussi que nous ne calculons pas des intentions de vote mais un « poids numérique » à travers lequel on tente de faire une corrélation avec le résultat à venir« , précise-t-il. « Notre société n’est pas spécialisée dans la politique. Ce n’est pas notre marché, nous ne gagnons pas d’argent avec ça. Nous ne sommes affiliés à aucun parti politique et pas en guerre contre les sondeurs. ».

Ce sont les soutiens de Jean-Luc Mélenchon qui relaient le plus nos contenus, en termes de volumes

Ce sont pourtant les revers successifs des instituts de sondages n’ayant su prévoir ni le Brexit, ni la victoire de Trump, ou encore l’écrasante victoire de François Fillon lors de la Primaire des Républicains qui peuvent expliquer la visibilité inédite dont bénéficie Filteris depuis quelques semaines.

Mais ce n’est pas la seule explication. A rebours des sondages justement, Filteris anticipe, depuis plusieurs semaines, la présence de François Fillon au second tour de l’élection. Des publications partagées en masse par ses soutiens et militants et repris aussi, à chaque fois, sur le site de « Valeurs Actuelles ».

« On est beaucoup critiqué par rapport à ça. Pourtant, ce sont les soutiens de Jean-Luc Mélenchon qui relaient le plus nos contenus, en termes de volumes« , avance Jérôme Coutard dont la société positionnait, ce jeudi, le candidat de la France Insoumise en deuxième position de son indicateur.

La non-divulgation de leur méthode est aussi passablement dénigrée. « Il serait temps que vous soyez transparent sur votre méthodologie« , a ainsi tweeté lundi, Laurence Parisot, l’ancienne présidente du Medef.

« Je comprends la question. Mais c’est le savoir-faire de notre entreprise et nous n’avons pas à divulguer nos recettes comme ça« , répond Jérôme Coutard. Autre critique : la présence au capital de Daniel Quéro, qui a été un administrateur de l’Automobile Club de l’Ouest pendant près de 20 ans. Or, cette entité, qui organise la course des 24 Heures du Mans, est présidée depuis plus de cinq ans par Pierre Fillon, le frère du candidat des Républicains.

Après un article de LCP.fr sur le sujet, son nom a été retiré de l’organigramme de Filteris, disponible sur le site où il était auparavant décrit comme étant le vice-président à la coordination des affaires en Europe. « Il est associé minoritaire de la société et n’intervient en rien dans nos analyses et l’élaboration de nos indicateurs pour la présidentielle actuelle« , assure Jérôme Coutard.

Un bon coup marketing

Au final, la société Filteris ne prend-elle pas plus de risque qu’autre chose en produisant et publiant ses indicateurs ? « Comme à chaque fois, ça nous inquiète car on ne saura que dimanche si nos analyses ont été les bonnes. Tout cela nous permet de nous faire connaître, mais on n’avait pas du tout prévu qu’on aurait autant de buzz. En s’exposant ainsi, on prend un risque mais nous sommes des entrepreneurs, cela fait partie du jeu« , relativise Jérôme Coutard.

« C’est le coup marketing de l’année« , estime, lui, Nicolas Vanderbiest. « Ils sont seulement une poignée à travailler dans cette société et ils prétendent faire mieux qu’un groupe comme Linkdinfluence, où ils sont 150 salariés« .

Depuis 15 ans, Filteris vend ses services à des PME, grands groupes et institutions publiques. « Pour chaque mandat, nous travaillons avec une quinzaine de consultants externes et cela peut monter jusqu’à une cinquantaine en fonction de la taille de notre client.« 

Lancement d’une application payante

La société propose notamment de dresser un audit sur la web-réputation d’une personne morale comme physique. « Les tarifs vont de 15.000 euros pour une PME à 100.000 euros pour un grand groupe sur ce volet-là. Nous proposons aussi de formuler des recommandations et conseils si jamais notre client n’est pas satisfait de son image« , détaille Jérôme Coutard.

Filteris dit générer 45% de son chiffre d’affaires au Canada, 30% en France et 25% dans d’autres pays européens. La société prévoit aussi de lancer, dans quelques mois, une application payante permettant à tout un chacun d’analyser son image sur le web. « Beaucoup de gens s’inquiètent de leur web-réputation« , note Jérôme Coutard.

En attendant, la société pourrait subir une nouvelle avalanche de critiques si ses indicateurs sont loin du résultat du premier tour. « D’expérience, ce ne sont pas nos indicateurs publiés juste avant une élection qui sont les plus précis mais plutôt ceux datant de cinq jours avant le jour du scrutin« , prévient Jérôme Coutard. Celui en date du 18 avril prévoit un quarté François Fillon-Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon-Emmanuel Macron. Verdict dimanche soir.


Syrie: Obama a menti, des gens sont morts (With Syria and Iran, we’re coming to grips with the human and strategic price of the Obama administration’s mendacity)

13 avril, 2017

Bush a menti, des gens sont morts. Slogan bien connu (2003)
Il est 3 heures du matin, le téléphone sonne à la Maison Blanche. Qui voulez-vous voir au bout du fil ? Hillary Clinton
Chemical and biological weapons which Saddam is endeavoring to conceal have been moved from Iraq to Syria. Ariel Sharon (Israel’s Channel 2, Dec. 23, 2002)
Dans l’immédiat, notre attention doit se porter en priorité sur les domaines biologique et chimique. C’est là que nos présomptions vis-à-vis de l’Iraq sont les plus significatives : sur le chimique, nous avons des indices d’une capacité de production de VX et d’ypérite ; sur le biologique, nos indices portent sur la détention possible de stocks significatifs de bacille du charbon et de toxine botulique, et une éventuelle capacité de production.  Dominique De Villepin (05.02.2003)
Damascus has an active CW development and testing program that relies on foreign suppliers for key controlled chemicals suitable for producing CW. George Tenet (CIA, March 2004)
Saddam transferred the chemical agents from Iraq to Syria. No one went to Syria to find it. Lieutenant General Moshe Yaalon
There are weapons of mass destruction gone out from Iraq to Syria, and they must be found and returned to safe hands. I am confident they were taken over. (…) Saddam realized, this time, the Americans are coming. They handed over the weapons of mass destruction to the Syrians. General Georges Sada (2006)
Comme l’exemple d’usage chimique contre les populations kurdes de 1987-1988 en avait apporté la preuve, ces armes avaient aussi un usage interne. Thérèse Delpech (mars 2003)
Les inspecteurs n’ont jamais pu vérifier ce qu’il était advenu de 3,9 tonnes de VX (…) dont la production entre 1988 et 1990 a été reconnue par l’Irak. Bagdad a déclaré que les destructions avaient eu lieu en 1990 mais n’en a pas fourni de preuves. En février 2003 (…) un document a été fourni [par Bagdad] à l’Unmovic pour tenter d’expliquer le devenir d’environ 63 % du VX manquant. Auparavant, les Irakiens prétendaient ne pas détenir un tel document. » Idem pour l’anthrax, dont l’Irak affirmait avoir détruit le stock en 1991. Mais, « en mars 2003, l’Unmovic concluait qu’il existait toujours, très probablement, 10 000 litres d’anthrax non détruits par l’Irak... Comme pour le VX, l’Irak a fourni à l’ONU, en février 2003, un document sur ce sujet qui ne pouvait permettre de conclure quelles quantités avaient été détruites … Thérèse Delpech (2004)
While Western governments were able to pressure Moscow to alter its weapons shipments, Bashar al-Assad may not have limited himself to over-the-counter weapons purchases. The Syrian military’s unconventional weapons arsenal already has a significant stockpile of sarin. The Syrian regime has also attempted to produce other toxic agents in order to advance its inventory of biological weapons. Several different intelligence sources raised red flags about suspicious truck convoys from Iraq to Syria in the days, weeks, and months prior to the March 2003 invasion of Iraq. These concerns first became public when, on December 23, 2002, Ariel Sharon stated on Israeli television, « Chemical and biological weapons which Saddam is endeavoring to conceal have been moved from Iraq to Syria. » About three weeks later, Israel’s foreign minister repeated the accusation. The U.S., British, and Australian governments issued similar statements. The Syrian foreign minister dismissed such charges as a U.S. attempt to divert attention from its problems in Iraq. But even if the Syrian regime were sincere, Bashar al-Assad’s previous statement— »I don’t do everything in this country, »—suggested that Iraqi chemical or biological weapons could cross the Syrian frontier without regime consent. Rather than exculpate the Syrian regime, such a scenario makes the presence of Iraqi weapons in Syria more worrisome, for it suggests that Assad might either eschew responsibility for their ultimate custody or may not actually be able to prevent their transfer to terrorist groups that enjoy close relations with officials in his regime. Two former United Nations weapon inspectors in Iraq reinforced concerns about illicit transfer of weapon components into Syria in the wake of Saddam Hussein’s fall. Richard Butler viewed overhead imagery and other intelligence suggesting that Iraqis transported some weapons components into Syria. Butler did not think « the Iraqis wanted to give them to Syria, but … just wanted to get them out of the territory, out of the range of our inspections. Syria was prepared to be the custodian of them. » Former Iraq Survey Group head David Kay obtained corroborating information from the interrogation of former Iraqi officials. He said that the missing components were small in quantity, but he, nevertheless, felt that U.S. intelligence officials needed to determine what reached Syria. Baghdad and Damascus may have long been rivals, but there was precedent for such Iraqi cooperation with regional competitors when faced with an outside threat. In the run-up to the 1991 Operation Desert Storm and the liberation of Kuwait, the Iraqi regime flew many of its jets to Iran, with which, just three years previous, it had been engaged in bitter trench warfare. Subsequent reports by the Iraq Survey Group at first glance threw cold water on some speculation about the fate of missing Iraqi weapons, but a closer read suggests that questions about a possible transfer to Syria remain open. The September 30, 2004 Duelfer report, while inconclusive, left open such a possibility. While Duelfer dismissed reports of official transfer of weapons material from Iraq into Syria, the Iraq Survey Group was not able to discount the unofficial movement of limited material. Duelfer described weapons smuggling between both countries prior to Saddam’s ouster. In one incident detailed by a leading British newspaper, intelligence sources assigned to monitor Baghdad’s air traffic raised suspicions that Iraqi authorities had smuggled centrifuge components out of Syria in June 2002. The parts were initially stored in the Syrian port of Tartus before being transported to Damascus International Airport. The transfer allegedly occurred when Iraqi authorities sent twenty-four planes with humanitarian assistance into Syria after a dam collapsed in June 2002, killing twenty people and leaving some 30,000 others homeless. Intelligence officials do not believe these planes returned to Iraq empty. Regardless of the merits of this one particular episode, it is well documented that Syria became the main conduit in Saddam Hussein’s attempt to rebuild his military under the 1990-2003 United Nations sanctions, and so the necessary contacts between regimes and along the border would already have been in place. Indeed, according to U.S. Defense Department sources, the weapons smuggling held such importance for the Syrian regime that the trade included Assad’s older sister and his brother-in-law, Assaf Shawqat, deputy chief of Syria’s military intelligence organization. Numerous reports also implicate Shawqat’s two brothers who participated in the Syrian-Iraqi trade during the two years before Saddam’s ouster. While the Duelfer report was inconclusive, part of its failure to tie up all loose ends was due to declining security conditions in Iraq, which forced the Iraq Survey Group to curtail its operations. The cloud of suspicion over the Syrian regime’s role in smuggling Iraq’s weapons—and speculation as to the nature of those weapons—will not dissipate until Damascus reveals the contents of truck convoys spotted entering Syria from Iraq in the run-up to the March 2003 U.S.-led invasion of Iraq. U.S. intelligence officials and policymakers also will not be able to end speculation until Bashar al-Assad completely and unconditionally allows international inspectors to search suspected depots and interview key participants in the Syrian-Iraqi weapons trade. Four repositories in Syria remain under suspicion. Anonymous U.S. sources have suggested that some components may have been kept in an ammunition facility adjacent to a military base close to Khan Abu Shamat, 30 miles (50 kilometers) west of Damascus. In addition, three sites in the western part of central Syria, an area where support for the Assad regime is strong, are reputed to house suspicious weapons components. These sites include an air force factory in the village of Tall as-Sinan; a mountainous tunnel near Al-Baydah, less than five miles from Al-Masyaf (Masyaf); and another location near Shanshar. While the Western media often focus on the fate of Iraqi weapons components, just as important to Syrian proliferation efforts has been the influx of Iraqi weapons scientists. The Daily Telegraph reported prior to the 2003 Iraq war that Iraq’s former special security organization and Shawqat arranged for the transfer into Syria of twelve mid-level Iraqi weapons specialists, along with their families and compact disks full of research material on their country’s nuclear initiatives. According to unnamed Western intelligence officials cited in the report, Assad turned around and offered to relocate the scientists to Iran, on the condition that Tehran would share the fruits of their research with Damascus. The Middle East Quarterly (Fall 2005)
Syria’s President Bashir al-Asad is in secret negotiations with Iran to secure a safe haven for a group of Iraqi nuclear scientists who were sent to Damascus before last year’s war to overthrow Saddam Hussein. Western intelligence officials believe that President Asad is desperate to get the Iraqi scientists out of his country before their presence prompts America to target Syria as part of the war on terrorism.The issue of moving the Iraqi scientists to Iran was raised when President Asad made a visit to Teheran in July. Intelligence officials understand that the Iranians have still to respond to the Syrian leader’s request.  A group of about 12 middle-ranking Iraqi nuclear technicians and their families were transported to Syria before the collapse of Saddam’s regime. The transfer was arranged under a combined operation by Saddam’s now defunct Special Security Organisation and Syrian Military Security, which is headed by Arif Shawqat, the Syrian president’s brother-in-law. The Iraqis, who brought with them CDs crammed with research data on Saddam’s nuclear programme, were given new identities, including Syrian citizenship papers and falsified birth, education and health certificates. Since then they have been hidden away at a secret Syrian military installation where they have been conducting research on behalf of their hosts. Growing political concern in Washington about Syria’s undeclared weapons of mass destruction programmes, however, has prompted President Asad to reconsider harbouring the Iraqis. American intelligence officials are concerned that Syria is secretly working on a number of WMD programmes. They have also uncovered evidence that Damascus has acquired a number of gas centrifuges – probably from North Korea – that can be used to enrich uranium for a nuclear bomb. Relations between Washington and Damascus have been strained since last year’s war in Iraq, with American commanders accusing the Syrians of allowing foreign fighters to cross the border into Iraq, where they carry out terrorist attacks against coalition forces. (…) Under the terms of the deal President Asad offered the Iranians, the Iraqi scientists and their families would be transferred to Teheran together with a small amount of essential materials. The Iraqi team would then assist Iranian scientists to develop a nuclear weapon. Apart from paying the relocation expenses, President Asad also wants the Iranians to agree to share the results of their atomic weapons research with Damascus. The Syrian offer comes at a time when Iran is under close scrutiny from the International Atomic Energy Agency (IAEA) which is investigating claims that Iran is maintaining a secret nuclear bomb programme.  The Daily Telegraph
The pilots told Mr. Sada that two Iraqi Airways Boeings were converted to cargo planes by removing the seats, Mr. Sada said. Then Special Republican Guard brigades loaded materials onto the planes, he said, including « yellow barrels with skull and crossbones on each barrel. » The pilots said there was also a ground convoy of trucks. The flights – 56 in total, Mr. Sada said – attracted little notice because they were thought to be civilian flights providing relief from Iraq to Syria, which had suffered a flood after a dam collapse in June of 2002. (…) Mr. Sada said that the Iraqi official responsible for transferring the weapons was a cousin of Saddam Hussein named Ali Hussein al-Majid, known as « Chemical Ali. » The Syrian official responsible for receiving them was a cousin of Bashar Assad who is known variously as General Abu Ali, Abu Himma, or Zulhimawe. (…) Syria is one of only eight countries that has not signed the Chemical Weapons Convention, a treaty that obligates nations not to stockpile or use chemical weapons. Syria’s chemical warfare program, apart from any weapons that may have been received from Iraq, has long been the source of concern to America, Israel, and Lebanon. The NY Sun
Even when viewed through a post-war lens, documentary evidence of messages are consistent with the Iraqi Survey Group’s conclusion that Saddam was at least keeping a WMD program primed for a quick re-start the moment the UN Security Council lifted sanctions. Iraqi Perpectives Project (March 2006)
By late 2003, even the Bush White House’s staunchest defenders were starting to give up on the idea that there were weapons of mass destruction in Iraq. But WikiLeaks’ newly-released Iraq war documents reveal that for years afterward, U.S. troops continued to find chemical weapons labs, encounter insurgent specialists in toxins and uncover weapons of mass destruction. Wired magazine (2010)
It’s more than a little ironic that, with its newest document dump from the Iraq campaign, WikiLeaks may have just bolstered one of the Bush administration’s most controversial claims about the Iraq war: that Iran supplied many of the Iraq insurgency’s deadliest weapons and worked hand-in-glove with some of its most lethal militias. The documents indicate that Iran was a major combatant in the Iraq war, as its elite Quds Force trained Iraqi Shiite insurgents and imported deadly weapons like the shape-charged Explosively Formed Projectile bombs into Iraq for use against civilians, Sunni militants and U.S. troops. A report from 2006 claims “neuroparalytic” chemical weapons from Iran were smuggled into Iraq. (It’s one of many, many documents recounting WMD efforts in Iraq.) Others indicate that Iran flooded Iraq with guns and rockets, including the Misagh-1 surface-to-air missile, .50 caliber rifles, rockets and much more. As the New York Times observes, Iranian agents plotted to kidnap U.S. troops from out of their Humvees — something that occurred in Karbala in 2007, leaving five U.S. troops dead. (It’s still not totally clear if the Iranians were responsible.) Wired (2010)
Les lamentations sur ce qui est advenu de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient passent à côté de l’essentiel. Le plus remarquable concernant la diplomatie du président Obama dans la région, c’est qu’elle est revenue au point de départ – jusqu’au début de sa présidence. La promesse d’ « ouverture » vers l’Iran, l’indulgence envers la tyrannie de Bashar Assad en Syrie, l’abandon des gains américains en Irak et le malaise systématique à l’égard d’Israël — tels étaient les traits distinctifs de l’approche du nouveau président en politique étrangère. A présent, nous ne faisons qu’assister aux conséquences alarmantes d’une perspective aussi malavisée que naïve. Fouad Ajami (oct. 2013)
The policy of “leading from behind” and the crudity of “We came, we saw, he [Qaddafi] died” have left a human tragedy in Libya. Backing the Muslim Brotherhood in Egypt was an inexplicable choice, and it almost ruined the country. The United States did not need to hound and jail an innocent video maker in order to concoct a myth to cover up the culpable lax security in Benghazi. Yemen was strangely declared a model of our anti-terrorism efforts — just weeks before it ignited into another Somalia or Congo. ISIS was airily written off as a jayvee bunch as it spread beyond Syria and Iraq. There is little need to do a detailed comparison of Iraq now and Iraq in February 2009 (when it was soon to be the administration’s “greatest achievement,” a “stable” and “self-reliant” nation); the mess in between is attributable to Obama’s use of the aftermath of the Iraq War for pre-election positioning. Ordering Assad to flee while ignoring the violence in Syria and proclaiming a faux red line has now tragically led to a million refugees in Europe (and another 4 million in the neighborhood) and more than 200,000 dead. Israel is now considered not an ally, not even a neutral, but apparently a hostile state worthy of more presidential invective than is Iran. We have few if any reliable friends any more in the Gulf. Iran will become a nuclear power. The only mystery over how that will happen is whether Obama was inept or whether he deliberately sought to make the theocracy some sort of a strategic power and U.S. ally. The Middle East over the next decade may see three or four additional new nuclear powers. The Russia of kleptocrat Vladimir Putin is seen in the region as a better friend than is the U.S. — and certainly a far more dangerous enemy to provoke. There is no easy cure for all this; it will take years just to sort out the mess. Victor Davis Hanson
Ce que les Rosenberg avaient fait pour Staline, Obama le fait aujourd’hui pour l’ayatollah Khamenei. Le méprisable accord nucléaire d’Obama avec l’Iran a déjà précipité l’agression iranienne dans la région. En réponse aux concessions faites par Obama, Hillary Clinton et John Kerry, l’Iran raidissait son attitude et devenait plus agressif. À l’heure actuelle, l’Iran est impliqué dans des guerres dans la région, entrainant déjà les États-Unis dans leur sillage. Si l’Iran se dote de l’arme nucléaire, ces guerres s’aggraveront et deviendront beaucoup plus dévastatrices. Ce n’est pas seulement Chamberlain. C’est Quisling et Philippe Pétain. Il ne s’agit nullement d’un mauvais jugement. Il s’agit d’une trahison. (…) En ouvrant à l’Iran la voie vers la bombe nucléaire, Obama a transformé les conflits lents du terrorisme classique en crise de civilisations catastrophique. Une bombe nucléaire iranienne ne se faufilera pas discrètement comme le fait la crise démographique de la migration musulmane avec son complément de terrorisme. Ce ne sera pas un problème progressif. Une course aux armes nucléaires entre sunnites et chiites impliquant des terroristes des deux côtés qui emploient des armes nucléaires rendra insoutenable toute la structure de la civilisation occidentale. L’attaque du 11/9 a vu l’usage de quelques jets pour dévaster une ville. La prochaine vague d’armes pourrait tuer des millions, pas des milliers. Les traîtres qui ont fait de l’URSS une puissance capable de détruire le monde étaient motivés par le même agenda caché des partisans à l’accord nucléaire iranien. Ils croyaient que le monopole nucléaire américain conduirait à l’arrogance et au bellicisme. Ils étaient convaincus que la puissance américaine devrait être surveillée en s’assurant que l’union soviétique puisse égaler l’oncle Sam, nucléaire pour nucléaire. Ceux qui ont ouvert les portes du nucléaire à Téhéran aujourd’hui croient qu’un Iran nucléaire aura un effet dissuasif contre l’impérialisme américain dans la région. Leur nombre inclut Barack Obama.(…) Obama a trahi l’Amérique. Il a trahi les victimes américaines du terrorisme iranien. Il a trahi les soldats américains qui ont été assassinés, mutilés et torturés par les armées terroristes iraniennes. Il a trahi des centaines de millions d’Américains dans leur patrie, et qui seront contraints d’élever leurs enfants sous l’égide de la terreur nucléaire iranienne. Sa trahison nucléaire est non seulement une trahison de l’Amérique. Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, elle ouvre les portes de l’assassinat en masse de millions d’américains par un ennemi vicieux. Obama a appauvri des millions d’Américains, il a le sang des soldats et des policiers sur ses mains, mais son héritage final peut être la collaboration dans un acte d’assassinat en masse qui pourrait rivaliser avec Adolf Hitler. Daniel Greenfield
Pour nous, la ligne rouge, c’est l’utilisation d’armes chimiques  ; ça changerait ma vision des choses. Barack Hussein Obama
Je suis convaincu que si cet accord-cadre mène à un accord total et définitif, notre pays, nos alliés et le monde seront plus en sécurité. L’Iran sera « plus inspecté que n’importe quel autre pays dans le monde. Si l’Iran triche, le monde le saura. Si nous voyons quelque chose de louche, nous mènerons des inspections.  Cet accord n’est pas basé sur la confiance, il est basé sur des vérifications sans précédent. Barack Hussein Obama (2015)
Il y a un manuel de stratégie à Washington que les présidents sont censés utiliser. (…) Et le manuel de stratégie prescrit des réponses aux différents événements, et ces réponses ont tendance à être des réponses militarisées. (…) Au milieu d’un défi international comme la Syrie, vous êtes jugé sévèrement si vous ne suivez pas le manuel de stratégie, même s’il y a de bonnes raisons. (…) Je suis très fier de ce moment.  Le poids écrasant de la sagesse conventionnelle et la machinerie de notre appareil de sécurité nationale était allés assez loin. La perception était que ma crédibilité était en jeu, que la crédibilité de l’Amérique était en jeu. Et donc pour moi d’appuyer sur le bouton arrêt à ce moment-là, je le savais, me coûterait cher politiquement. Le fait que je pouvais me débarrasser des pressions immédiates et réfléchir sur ce qui  était dans l’intérêt de l’Amérique, non seulement à l’égard de la Syrie, mais aussi à l’égard de notre démocratie, a été une décision très difficile – et je crois que finalement, ce fut la bonne décision à prendre. (…) Je suppose que vous pourriez me qualifier de réaliste qui croit que nous ne pouvons pas soulager toute la misère du monde. Barack Hussein Obama (2016)
Je ne regrette pas du tout d’avoir dit que si je voyais Bachar al-Assad utiliser des armes chimiques contre son peuple, cela changerait mon évaluation sur ce que nous étions prêts à faire ou pas en Syrie. J’aurais fait une plus grande erreur si j’avais dit ‘Eh, des armes chimiques. Ça ne change pas vraiment mes calculs’. Je pense qu’il était important pour moi en tant que président des États-Unis d’envoyer le message qu’il y a bien quelque chose de différent sur les armes chimiques. Et malgré la façon dont ça s’est fini (…) ce qui est vrai c’est qu’Assad s’est débarrassé de ses armes chimiques. Barack Hussein Obama (15.01.2017)
Nous avons réussi à faire en sorte que le gouvernement syrien abandonne volontairement et de manière évidente son stock d’armes chimiques. Susan Rice (16.01.2017)
Cette interrogation n’en finit pas de tourmenter  Barack Obama. A-t-il pris, ce jour-là, la bonne décision  ? De cette décision il a affirmé être  « fier », mais il a aussi assuré, dans une même interview, que  le dossier syrien est  «  son plus grand regret  ».  Par prudence, mieux vaut dire tout et son contraire, car il  sait ce qu’on en pense  : sa décision a changé la face  du monde. La plus grave attaque chimique depuis  la Seconde Guerre mondiale demeurée impunie  ? La  victoire de Bachar el-Assad  ? L’ascension des djihadistes  ? La montée en puissance des Russes au Moyen- Orient, en Europe et au-delà  ? L’effacement de l’Occident  ? Peut-être même la victoire de Donald Trump  ?  Tout partirait de son choix, de cette journée-là. Le 30 août 2013 (…) Le matin même,  il a annoncé publiquement réfléchir à  «  une action limitée contre Bachar  ».  Ses alliés français, la Ligue arabe,  l’Australie fourbissent leurs armes. Kerry a quasiment  annoncé la réplique américaine  :  « La crédibilité du président comme celle des Etats-Unis sont engagées.  »  Et même  :  « L’Histoire nous jugerait sévèrement si on ne faisait rien » … A  vrai  dire,  il  n’aurait  jamais  pensé  se  retrouver  dans cette situation. Autour de la table, chacun a en  tête  sa  conférence  de  presse  donnée  un  an  auparavant, presque jour pour jour, le 20 août 2012, et une  phrase. Un journaliste lui avait demandé ce qui pourrait infléchir sa position, pour le moins prudente, sur  le conflit syrien, lui qui refuse d’armer les rebelles.  «  Pour nous, la ligne rouge, c’est l’utilisation d’armes chimiques  ; ça changerait ma vision des choses  »,  avait-il  répondu. A question imprévue réponse non préparée. Ses  conseillers avaient été interloqués. Certes, El-Assad  avait été mis en garde par des canaux discrets, mais  rendre  publique  une  ligne  rouge  n’est  jamais  une   bonne chose. On s’était promptement rassuré  ; le régime  syrien  semblait  tellement  affaibli  qu’il  n’oserait pas s’attirer les foudres du président des Etats-Unis. Il a pourtant osé, comme en témoignent les schémas et les photos satellites qu’on diffuse dans la salle  de crise. Il y a eu d’abord de petites attaques chimiques  au printemps. Puis, devant l’absence de réactions, le  21 août 2013, cette attaque d’ampleur dans la banlieue  de Damas, plus tard contestée  (…).  Bachar  a-t-il voulu tester les Etats-Unis  ? Ou, simplement, son  armée n’avait-elle pas d’autres moyens de terrifier sa  population insurgée  ? On ne sait pas. Auprès de Philip Gordon, Obama a insisté  :  «  Il nous faut des preuves.  »  «  Le président était hanté par l’Irak et ne voulait pas entrer  en  guerre  sur  la  base  de  simples  suspicions» ,  témoigne   Gordon. Mais les preuves sont là. Les obus au gaz sarin tirés par le camp loyaliste ont tué environ 1  400  personnes, dont beaucoup d’enfants, selon une note de  la CIA dont chacun, dans la pièce, a reçu une copie.  Plus  contraignantes  que  les  preuves,  les  images.   Atroces, elles ont fait le tour du monde. Ce père qui  tient sa fillette morte dans les bras et qui l’interpelle,  lui, le président des Etats-Unis  :  «  Je vous en prie  ! Ce  ne sont que des enfants  ! Ils n’ont encore rien vu de la vie.  Du chimique ! »  Il est contraint de répondre. Un tabou,  depuis la Seconde Guerre mondiale, a été transgressé,  les traités internationaux ont été violés, l’ordre du  monde menacé, l’Amérique défiée. (….) Tout le pousse à intervenir… Mais… Le Parlement  britannique  a  mis  son  veto  la  veille.  C’est  une  première alerte. (…) Il converse  pendant trois quarts d’heure avec son plus proche allié,  le  Français  François  Hollande,  dont  les  Rafale   chargent leurs missiles de croisière Scalp. Il l’assure  que rien n’est changé. L’après-midi s’achève. (…) Il n’aime guère  les  choix  tranchés,  préférant  le  consensus. (…) Il propose à un homme  de confiance d’aller se promener dans le jardin de la  Maison-Blanche. Cet homme, c’est son chef de l’ad ministration, Denis McDonough  : ni un militaire ni  un diplomate, mais son collaborateur le plus loyal.  Pendant une heure, il lui livre ses doutes. Tout cela  est trop incertain. Ne va-t-il pas engager son pays dans  une nouvelle guerre alors qu’il a été élu pour se dé sengager de conflits coûteux  ? Et puis, cela ne risque- t-il pas de mettre en péril son grand œuvre, l’accord  nucléaire avec l’Iran  ? Trop de risques. Il teste une idée  auprès de McDonough  : demander une autorisation  préalable au Congrès. Une manière de reculer, car chacun sait qu’un soutien du Congrès est plus qu’incertain. (…) En  début  de  soirée,  il  convoque  à  nouveau  ses   conseillers dans son bureau. L’ambiance est décontractée. Il leur annonce la nouvelle. Ils n’en reviennent  pas. Ils insistent  :  «  Ce sera dévastateur pour votre autorité politique »,  le préviennent-ils. Il tient bon. Gordon  nous avoue avoir été estomaqué. Devant lui, Obama  raisonne en politique  :  «  Si ça ne dissuade pas Assad de  recommencer, si des inspecteurs de l’Onu sont pris comme  boucliers humains, si on perd un pilote, j’aurai l’opinion,  le Congrès sur le dos. On me reprochera tout et son contraire,  d’être intervenu, de ne pas être intervenu plus fortement,  de ne pas être intervenu plus légèrement.  »  Gordon se souvient  d’un  autre  argument  du  président   :  le  risque   d’engrenage.  Si  Assad  ou  ses  parrains  russes  et  iraniens  décidaient  d’une  nouvelle  attaque  chimique   «  trois semaines plus tard  »,  alors  «  on devrait frapper de nouveau, et plus fort, et ainsi de suite  ».  Il ne serait plus  maître du processus, craint-il, alors qu’Assad le serait.  Cela, cet homme qui veut tout contrôler ne peut l’accepter. Et rien n’est moins contrôlable qu’une guerre. (…) Il prévient Kerry, qui est furieux.  «  L’Histoire nous jugera  avec une sévérité extrême  »,  lâche ce dernier à ses collaborateurs et à certains de ses homologues étrangers.  Le lendemain, à 18 heures, quelques heures avant l’attaque, il contacte aussi Hollande, qui tombe de haut.  (…) Puis (…) sur le perron de la Maison-Blanche, Barack Obama tient une conférence de presse  : « J’ai décidé d’intervenir,  proclame-t-il, avant d’ajouter  :  mais je demanderai que cet usage de la force soit approuvé par le Congrès.  »  Il s’est donné du temps. C’est fini. Il vient de changer l’ordre du monde sans pouvoir, à cet instant, le  deviner.  Certains  comprennent  en  revanche  que  rien ne sera plus comme avant. Sur les hauteurs de Damas, Bachar el-Assad comprend qu’il n’a plus rien à craindre des Occidentaux.  Il se paiera même le luxe d’utiliser de nouveau des  armes  chimiques  deux  ans  plus  tard.  L’opposition   «  modérée  », autour de l’Armée syrienne libre, sent  que l’Occident l’abandonne. Les djihadistes, mieux  armés, recrutent les déçus et montent en puissance,  scellant le piège qui permettra au président syrien de se présenter comme rempart contre le chaos. Au Kremlin, Vladimir Poutine se jette sur l’occasion. Aux Américains il offre de convaincre El-Assad  de  détruire  ses  armes  chimiques  contre  l’abandon  de tout projet d’intervention. Comment refuser, après  avoir reculé le 30 août  ? La Russie prend la main en  Syrie.  Plus  tard,  Poutine  estimera  ne  rien  redouter  du  président  américain  et  envahira  la  Crimée.  Les   Républicains et un certain Donald Trump, admirateur  de  Poutine,  ne  cesseront  de  dénoncer  ce  nouveau  Munich  et  ce  président  qui  a  affaibli  une   Amérique qu’il faudrait rendre  « great  again ». Il ne lui reste que des questions sans réponses. Que  se serait-il passé s’il avait frappé  ? Ce 30 août 2013 est-il  le jour où Obama a mis fin au règne des Etats-Unis  comme seule superpuissance mondiale  ? Le jour où  le  camp  des  démocraties  a  dû  renoncer  à  se  battre  pour ses valeurs  ? Antoine Vatkine
This is the president’s mendacity continuing to a degree that is really quite remarkable. « There are people on both sides and beyond » – so he means Republicans at home and Israelis – « who are against the diplomatic resolution ». That’s a lie. They are against this diplomatic resolution, the deal he’s doing, that any observer will tell you paves the road to an Iranian nuclear weapon that is legitimate and accepted by the international community. It is a disaster. That’s why it is opposed. People are not opposed to diplomacy, they are opposed to a specific deal. And to address this to Iranians as if Iran is a democracy when it’s a dictatorship that put down a democratic revolution in 2009 of which he turned his face and never supported is disgraceful. Charles Krauthammer
The disgusting aspect of the last eight years is that Obama mistook the sidelines for the moral high ground. So he would use all this lofty rhetoric about red lines and he would stand there would be people killing each other, slaughtering each other, dead babies and he’d stand there with his hand on his hip giving a speech. And he stripped words of their meaning. And Trump isn’t as articulate. He isn’t as polished but his words have meaning. And to do that while is he having dinner with the Chinese. You said did he tell him over the salad bowl, as I understand it, he told him over the creme brulee or the tiramisu. How cool is that to actually make the Chinese politburo sit through a night of American targeted bombing? I think he’s accomplished certain things. He sent a message to the Chinese as they are sitting across the dinner table from him. He sent a message to Putin, and, thereby, incidentally also made all these stupid investigations of investigations of investigations that the Senate and the House are chasing their tails and look absolutely ridiculous. You know, he has picked a fight with Putin at a when Congress has spent and Susan Rice has spent a year investigating whether he is Putin stooge. How stupid do they look? I think they understand this is really — last night was inauguration day. That America is back in the world. Mark Steyn
L’actualité de ces dernières semaines a mené certains à douter de la maîtrise de Trump sur son personnel et sur sa politique intérieure, tandis que d’autres le disaient carrément indifférent aux affaires étrangères. D’abord le fiasco Ryancare. Fidèle à ses promesses, Trump a voulu abroger l’Obamacare, mais mal lui en a pris de faire confiance au si peu fiable Speaker de la Chambre, Paul Ryan, et de s’engager à ses côtés, croyant pouvoir ainsi gagner des votes démocrates. Le « plan en 3 phases » du technocrate Ryan, trop compliqué et n’abrogeant pas les pires mesures de la loi d’Obama, ne pouvait que rencontrer l’opposition ferme du Freedom Caucus, la trentaine de représentants les plus conservateurs de la base électorale de Trump. L’échec est pour Ryan. Trump s’en sort plutôt bien, même si le poids fiscal d’Obamacare perdure et va donc le gêner dans sa réforme fiscale d’envergure. Au moins a-t-il appris, sur le tas, qu’il ne servait à rien de courtiser des démocrates obtus et qu’il valait mieux pour lui s’impliquer le moins possible dans les jeux du Congrès. Puis, font désordre les disputes de personnel au sein des divers ministères et le fait que Trump, soi-disant complètement ballotté entre des avis divergents, tarderait à débarrasser son administration « des restes d’Obama », même à des postes élevés, parce que, en gros, il subirait l’influence de Tillerson, Mattis, McMaster et Kushner (le « Premier Gendre »), tous des centristes-interventionnistes, en opposition radicale au nationaliste-isolationniste Bannon… Tout cela sur fond de l’exécrable Russiagate, servi tous les jours par les démocrates dans l’espoir de délégitimer Trump et de l’empêcher de gouverner. Lassant, le feuilleton se retourne contre ses auteurs avec le scandale des écoutes de l’équipe de transition de Trump : ex-ambassadeur à l’ONU et ex-Conseiller à la Sécurité nationale, l’incroyable Susan Rice, après avoir nié (ce n’était jamais que la 4e fois qu’elle mentait pour protéger Obama), reconnaît avoir « dévoilé » l’identité de plusieurs personnes et autorisé des fuites à la presse… Rappelons que les démocrates ne s’émouvaient pas des ingérences russes lorsque celles-ci semblaient favoriser leur candidate et que ce sont eux qui ont un long passé de connivence avec la Russie : de Roosevelt et Staline aux espions à la solde de l’URSS sous Truman, jusqu’à la « flexibilité » promise par Obama en 2012 à Medvedev, concrétisée en 2013 par l’abandon pur et simple de ses responsabilités au Moyen-Orient à Poutine… La réalité est que Trump peuple ses agences de gens d’avis opposés, exprès, afin d’appréhender toutes les possibilités pour trancher par lui-même. Pragmatique, mais n’hésitant pas à prendre des risques, il vient de prouver qu’il était bien maître à bord. Tous les pourparlers à l’amiable ayant échoué, Trump riposte à l’intolérable par les frappes de 59 missiles Tomahawk sur la base syrienne de Shayrat, chargée du largage de gaz sarin. Fait remarquable : sans toucher aux 5 autres bases aériennes de l’armée syrienne et sans causer le moindre dommage aux installations russes. Simple avertissement, parfaitement ciblé et mesuré, destiné à protéger les quelque mille militaires américains présents sur le théâtre d’opérations et à montrer que l’Amérique est de retour et qu’il faut désormais compter avec sa détermination. La Syrie et l’État islamique, mais aussi la Chine, la Russie, l’Iran, la Corée du Nord peuvent en prendre note, tandis que les alliés traditionnels au Moyen-Orient et en Asie se rassurent, comme devraient se rassurer les Européens s’il leur restait quelque bon sens. Et c’est tout ! Il n’y a pas d’escalade, ni d’intention de régler les affaires de la Syrie, ni (hélas !) de reprendre le bâton de policier du monde. Seulement l’intention de ne plus rester passif face aux agressions… Evelyne Joslain
Syria is weird for reasons that transcend even the bizarre situation of bombing an abhorrent Bashar al-Assad who was bombing an abhorrent ISIS — as we de facto ally with Iran, the greater strategic threat, to defeat the more odious, but less long-term strategic threat, ISIS. Trump apparently hit a Syrian airfield to express Western outrage over the likely Syrian use of chemical weapons. Just as likely, he also sought to remind China, Russia, Iran, and North Korea that he is unpredictable and not restrained by self-imposed cultural, political, and ethical bridles that seemed to ensure that Obama would never do much over Chinese and Russian cyber-warfare, or Iranian interception of a U.S. warship or the ISIS terror campaign in the West or North Korea’s increasingly creepy and dangerous behavior. But the strike also raised as many questions as it may have answered. (…) Trump campaigned on not getting involved in Syria, deriding the Iraq War, and questioning the Afghan effort. Does his sudden strike signal a Jacksonian effort to hit back enemies if the mood comes upon us — and therefore acceptable to his base as a sort of one-off, don’t-tread-on-me hiss and rattle? Or does the strike that was so welcomed by the foreign-policy establishment worry his supporters that Trump is now putting his suddenly neocon nose in someone’s else’s business? And doing so without congressional authorizations or much exegesis? Does the Left trash Trump for using force or keep quiet, given the ostensible humanitarian basis for the strike, and the embarrassing contrast with Obama, whose reset with Russia led to inviting Putin into the Middle East to solve the WMD problem that we could not, and which Obama and Susan Rice not long ago assured us was indeed solved by our de facto friend at the time Putin? These dilemmas, apart from Obama’s prior confusion about Syria and Russia, arise in part because Trump never thought it wise or necessary to resolve contradictions in Trumpism — especially at what point the long overdue need to restore U.S. respect and deterrence to end “lead from behind” appeasement becomes overseas entanglements not commensurate with Trump’s “America First” assurances. Victor Davis Hanson
Now we’re coming to grips with the human and strategic price of the Obama administration’s mendacity. The sham agreement gave Assad confidence that he could continue to murder his opponents indefinitely without fear of Western reprisal. It fostered the view that his regime was preferable to its opponents. It showed Tehran that it could drive a hard diplomatic bargain over its nuclear file, given that the administration was so plainly desperate for face-saving excuses for inaction. And it left Mr. Obama’s successor with a lousy set of options. Rex Tillerson and Nikki Haley erred badly by announcing, just days before last week’s sarin attack, that the Trump administration had no plans to depose Assad. They gave the dictator reason to believe he had as little to fear from this U.S. president as he did from the last one. But, unlike their predecessors, the secretary of state and U.N. ambassador deserve credit for learning from that mistake—as does the president they serve. The core of the problem in Syria isn’t Islamic State, dreadful as it is. It’s a regime whose appetite for unlimited violence is one of the main reasons ISIS has thrived. To say there is no easy cure for Syria should not obscure the fact that there won’t be any possibility of a cure until Assad falls. Mr. Obama and his advisers will never run out of self-justifications for their policy in Syria. They can’t outrun responsibility for the consequences of their lies. Bret Stephens

Attention: un mensonge peut en cacher un autre !

Au terme d’une semaine à donner le tournis …

Où l’on redécouvre non seulement en Syrie les armes chimiques soi-disant inexistantes de Saddam Hussein

Mais où après avoir tant critiqué les guerres d’Irak – prétendus mensonges sur les ADM compris – et d’Afghanistan ou appelé à la retenue sur la Syrie …

Le champion de l’Amérique d’abord et de la non-ingérence surprend tout son monde …

Avec le bombardement d’une base aérienne syrienne d’où aurait été lancé une attaque chimique de populations civiles …

Comment au-delà des nombreuses questions que soulève le revirement du président Trump …

Ne pas voir l’incroyable propension au mensonge d’une Administration …

Qui sans compter la mise sur écoutes et l’autorisation de fuites à la presse concernant l’équipe de son futur successeur …

Se vantait jusqu’il y a trois mois de son accord d’élimination des ADM syriennes ?

Et surtout ne pas s’inquiéter de l’autre grand motif de fierté de ladite administration Obama …

A savoir l’accord prétendument sans faille sur le nucléaire iranien ?

The Price of Obama’s Mendacity
The consequences of his administration’s lies about Syria are becoming clear
Bret Stephens
The Wall Street Journal
April 10, 2017

Last week’s cruise-missile strike against a Syrian air base in response to Bashar Assad’s use of chemical weapons has reopened debate about the wisdom of Barack Obama’s decision to forgo a similar strike, under similar circumstances, in 2013.

But the real issue isn’t about wisdom. It’s about honesty.

On Sept. 10, 2013, President Obama delivered a televised address in which he warned of the dangers of not acting against Assad’s use of sarin gas, which had killed some 1,400 civilians in the Damascus suburb of Ghouta the previous month.

“If we fail to act, the Assad regime will see no reason to stop using chemical weapons,” Mr. Obama said. “As the ban against these weapons erodes, other tyrants will have no reason to think twice about acquiring poison gas, and using them. Over time, our troops would again face the prospect of chemical weapons on the battlefield. And it could be easier for terrorist organizations to obtain these weapons, and use them to attack civilians.”

It was a high-minded case for action that the president immediately disavowed for the least high-minded reason: It was politically unpopular. The administration punted a vote to an unwilling Congress. It punted a fix to the all-too-willing Russians. And it spent the rest of its time in office crowing about its success.

In July 2014 Secretary of State John Kerry claimed “we got 100% of the chemical weapons out.” In May 2015 Mr. Obama boasted that “Assad gave up his chemical weapons. That’s not speculation on our part. That, in fact, has been confirmed by the organization internationally that is charged with eliminating chemical weapons.” This January, then-National Security Adviser Susan Rice said “we were able to get the Syrian government to voluntarily and verifiably give up its chemical weapons stockpile.”

Today we know all this was untrue. Or, rather, now all of us know it. Anyone paying even slight attention has known it for years.

In June 2014 U.N. Ambassador Samantha Power noted “discrepancies and omissions related to the Syrian government’s declaration of its chemical weapons program.” But that hint of unease didn’t prevent her from celebrating the removal “of the final 8% of chemical weapons materials in Syria’s declaration” of its overall stockpile.

The following summer, The Wall Street Journal’s Adam Entous and Naftali Bendavid reported “U.S. intelligence agencies have concluded that the [Assad] regime didn’t give up all of the chemical weapons it was supposed to.” In February 2016, Director of National Intelligence James Clapper confirmed the Journal’s story, telling Congress “Syria has not declared all the elements of its chemical weapons program.”

Why did Mr. Obama and his senior officials stick to a script that they knew was untethered from the facts? Let’s speculate. They thought the gap between Assad’s “declared” and actual stockpile was close enough for government work. They figured a credulous press wouldn’t work up a sweat pointing out the difference. They didn’t imagine Assad would use what was left of his chemical arsenal for fear of provoking the U.S.

And they didn’t want to disturb the public narrative that multilateral diplomacy was a surer way than military action to disarm rogue Middle Eastern regimes of their illicit weapons. Two months after Mr. Obama’s climb-down with Syria, he signed on to the interim nuclear deal with Iran. The remainder of his term was spent trying not to upset the fragile beauty of his nuclear diplomacy.

Now we’re coming to grips with the human and strategic price of the Obama administration’s mendacity. The sham agreement gave Assad confidence that he could continue to murder his opponents indefinitely without fear of Western reprisal. It fostered the view that his regime was preferable to its opponents. It showed Tehran that it could drive a hard diplomatic bargain over its nuclear file, given that the administration was so plainly desperate for face-saving excuses for inaction.

And it left Mr. Obama’s successor with a lousy set of options.

Rex Tillerson and Nikki Haley erred badly by announcing, just days before last week’s sarin attack, that the Trump administration had no plans to depose Assad. They gave the dictator reason to believe he had as little to fear from this U.S. president as he did from the last one.

But, unlike their predecessors, the secretary of state and U.N. ambassador deserve credit for learning from that mistake—as does the president they serve. The core of the problem in Syria isn’t Islamic State, dreadful as it is. It’s a regime whose appetite for unlimited violence is one of the main reasons ISIS has thrived. To say there is no easy cure for Syria should not obscure the fact that there won’t be any possibility of a cure until Assad falls.

Mr. Obama and his advisers will never run out of self-justifications for their policy in Syria. They can’t outrun responsibility for the consequences of their lies.

Voir aussi:

Hall of Mirrors in Syria
Victor Davis Hanson
The National Review Corner
April 10, 2017

Syria is weird for reasons that transcend even the bizarre situation of bombing an abhorrent Bashar al-Assad who was bombing an abhorrent ISIS — as we de facto ally with Iran, the greater strategic threat, to defeat the more odious, but less long-term strategic threat, ISIS.

Trump apparently hit a Syrian airfield to express Western outrage over the likely Syrian use of chemical weapons. Just as likely, he also sought to remind China, Russia, Iran, and North Korea that he is unpredictable and not restrained by self-imposed cultural, political, and ethical bridles that seemed to ensure that Obama would never do much over Chinese and Russian cyber-warfare, or Iranian interception of a U.S. warship or the ISIS terror campaign in the West or North Korea’s increasingly creepy and dangerous behavior.

But the strike also raised as many questions as it may have answered.

Is Trump saying that he can send off a few missiles anywhere and anytime rogues go too far? If so, does that willingness to use force enhance deterrence? (probably); does it also risk further escalation to be effective? (perhaps); and does it solve the problem of an Assad or someone similar committing more atrocities? (no).

Was the reason we hit Assad, then, because he is an especially odious dictator and kills his own, or that the manner in which he did so was cruel and barbaric (after all, ISIS burns, drowns, and cuts apart its victims without much Western reprisals until recently)? Or is the reason instead that he used WMD, and since 1918 with a few exceptions (largely in the Middle East), “poison” gas has been a taboo weapon among the international community? (Had Assad publicly beheaded the same number who were gassed, would we have intervened?)

Do we continue to sort of allow ISIS to fight it out with Syria/Iran/Hezbollah in the manner of our shrug during the Iran-Iraq War and in the fashion until Pearl Harbor that we were okay with the Wehrmacht and the Red Army killing each other en masse for over five months in Russia? Or do we say to do so cynically dooms innocents in a fashion that they are not quite as doomed elsewhere, or at least not doomed without chance of help as is true in North Korea?

Trump campaigned on not getting involved in Syria, deriding the Iraq War, and questioning the Afghan effort. Does his sudden strike signal a Jacksonian effort to hit back enemies if the mood comes upon us — and therefore acceptable to his base as a sort of one-off, don’t-tread-on-me hiss and rattle?

Or does the strike that was so welcomed by the foreign-policy establishment worry his supporters that Trump is now putting his suddenly neocon nose in someone’s else’s business? And doing so without congressional authorizations or much exegesis?

Does the Left trash Trump for using force or keep quiet, given the ostensible humanitarian basis for the strike, and the embarrassing contrast with Obama, whose reset with Russia led to inviting Putin into the Middle East to solve the WMD problem that we could not, and which Obama and Susan Rice not long ago assured us was indeed solved by our de facto friend at the time Putin?

These dilemmas, apart from Obama’s prior confusion about Syria and Russia, arise in part because Trump never thought it wise or necessary to resolve contradictions in Trumpism — especially at what point the long overdue need to restore U.S. respect and deterrence to end “lead from behind” appeasement becomes overseas entanglements not commensurate with Trump’s “America First” assurances. At some point, does talking and tweeting toughly (“bomb the sh** out of ISIS”) require a Tomahawk missile to retain credibility? And does “Jacksonianism” still allow blowing some stuff up, but not doing so at great cost and for the ideals of consensual government rather than immediate U.S. security?

Most likely for now, Trump’s strike resembles Reagan’s 1986 Libyan bombing that expressed U.S. outrage over Libyan support for then recent attacks on Americans in Berlin. But Reagan’s dramatic act (in pursuit of U.S. interests, not international norms) did not really stop Moammar Qaddafi’s support for terrorists (cf. the 1988 likely Libyan-inspired retaliatory Lockerbie bombing) or do much else to muzzle Qaddafi.

About all we can say, then, about Trump’s action was that he felt like it was overdue — or like a high-school friend once put to me after unexpectedly unloading on a school bully who daily picked on weaklings, “It seemed a good idea at the time.”

Voir également:

La semaine de Trump.Virage à 180 degrés sur la Syrie
Gabriel Hassan
Courrier international
07/04/2017

Attaque à l’arme chimique en Syrie, rencontres avec les présidents égyptien et chinois : la semaine de Donald Trump a été très chargée sur le front diplomatique. Avec des déclarations à donner le tournis.

Le départ de Bachar El-Assad de Syrie ne faisait pas partie jusqu’ici des priorités du président Trump. L’attaque chimique qui a eu lieu dans la région d’Idlib pourrait changer les choses.

  • Les États-Unis attaquent Bachar El-Assad

Donald Trump change de cap. Trois jours après l’attaque chimique à Khan Cheikhoun, dans la région d’Idlib (nord-ouest de la Syrie), le président américain a ordonné le bombardement d’une base aérienne syrienne.

Dans la nuit de jeudi à vendredi – vers 20 h 40 heure de Washington – 59 missiles Tomahawk ont été tirés par la marine américaine. Il s’agit de “la première attaque américaine contre le régime de Bachar El-Assad depuis le début de la guerre en Syrie”, il y a six ans, souligne The Washington Post. Et de la première intervention militaire de la présidence Trump.

Le président américain a déclaré cette nuit qu’“il [était] dans l’intérêt national et vital des États-Unis de prévenir et de décourager la propagation et le recours aux armes chimiques mortelles”, rapporte The New York Times.

Réuni en urgence à l’Organisation des Nations unies mercredi soir, le Conseil de sécurité avait, à l’exception de la Russie, fermement condamné le régime de Bachar El-Assad. Brandissant des photos de victimes, l’ambassadrice américaine Nikki Haley avait assuré que les États-Unis étaient prêts à agir unilatéralement en cas de mésentente.

L’opération militaire de la nuit dernière constitue un revirement important. Il y a une semaine, Nikki Haley avait laissé entendre que Washington s’accommoderait de Bachar El-Assad, mais l’attaque à l’arme chimique perpétrée près d’Idlib, qui a fait des dizaines de victimes, semble avoir tout remis en question. Le 5 avril, Trump a déclaré que le président syrien avait franchi “beaucoup, beaucoup de lignes”, laissant ainsi entendre qu’il devrait peut-être partir.

  • Deux hommes forts en visite

Le président égyptien Abdelfattah Al-Sissi en début de semaine à la Maison-Blanche, le président chinois Xi Jinping jeudi 6 et vendredi 7 avril à Mar-a-Lago, en Floride : Trump aura reçu en quelques jours deux présidents très autoritaires.

Le dirigeant américain a fait un véritable éloge du leader égyptien, saluant son “boulot fantastique, dans une situation très difficile”. Pour une large partie de la presse américaine, ce soutien affiché à un régime brutal est une erreur, qui ne sert qu’en apparence les intérêts américains.

Les discussions s’annonçaient plus difficiles avec le président chinois, accueilli dans la résidence personnelle de Donald Trump en Floride. Sur Twitter, avant leur rencontre, le locataire de la Maison-Blanche avait mis la pression, car il a besoin de la coopération de Pékin en matière commerciale, et surtout concernant le brûlant dossier nord-coréen. Xi Jinping avait donc beaucoup de cartes en main. Et Trump ne pouvait pas cette fois pratiquer la “diplomatie du golf”, un sport mal vu chez les officiels chinois.

  • Lutte de clans à la Maison-Blanche

L’influence de Steve Bannon, l’éminence grise de Trump, n’est apparemment plus sans limite. Le stratège en chef de Donald Trump a été évincé le 5 avril du Conseil de sécurité nationale, où sa nomination avait fait polémique. Une victoire pour le conseiller de Trump pour la sécurité nationale, le lieutenant général H. R. McMaster.

À travers lui, c’est le clan des “nationalistes économiques”, tenants d’une ligne populiste, qui essuie un revers.

À l’inverse, Jared Kushner, gendre de Trump et membre, selon un chroniqueur du Washington Post, du clan des “New-Yorkais” ou “démocrates”, n’en finit plus d’accumuler les missions. À son programme : réformer l’État fédéral, instaurer la paix au Proche-Orient, servir d’intermédiaire avec la Chine ou le Mexique. Rien que cela… En visite en Irak en début de semaine, l’époux d’Ivanka Trump a même devancé le secrétaire d’État américain sur ce terrain hautement stratégique dans la lutte contre Daech.

  • Encore des accusations

Rares sont les semaines où Trump ne fait pas de déclaration polémique. Le président a encore émis des accusations sans preuve, visant cette fois Susan Rice, conseillère de Barack Obama pour la sécurité nationale. D’après lui, cette dernière pourrait avoir commis un crime en demandant à ce que soient dévoilés les noms de collaborateurs de Trump mentionnés de manière incidente dans des communications interceptées lors de la présidence d’Obama. Reprenant à son compte des accusations lancées par des médias conservateurs, Trump a déclaré au New York Times :

C’est une affaire tellement importante pour notre pays et pour le monde. C’est une des grandes affaires de notre temps.”

Pour ses détracteurs, cette assertion n’est que la dernière tentative en date pour détourner l’attention des questions au sujet des liens de son entourage avec la Russie. En mars, Trump avait accusé Obama de l’avoir “mis sur écoute” à la Trump Tower durant la campagne présidentielle.

  • Neil Gorsuch élu à la Cour suprême

C’était une promesse du candidat républicain Donald Trump : “Neil Gorsuch est devenu, vendredi 7 avril, le neuvième juge de la Cour suprême”, annonce le NewYork Times.

Depuis plus d’un an, démocrates et républicains s’opposaient sur le remplacement du juge Antonin Scalia, décédé soudainement en février 2016. Quelques jours après son investiture, le président américain avait annoncé la nomination de M. Gorsuch à laquelle s’opposaient farouchement les démocrates.

Minoritaires au Sénat – composé de 52 démocrates et 48 républicains – les partisans de Donald Trump avaient prévenu qu’ils passeraient en force. Chose faite ce vendredi : les républicains ont abaissé la majorité requise pour permettre ce scrutin, un changement historique des règles, explique le quotidien américain.

Favorables aux armes à feu et fermement opposé à l’avortement, Neil Gorsuch siégera donc dans la chambre haute du Congrès à partir de la mi-avril. Il a été nommé à vie.

  • Twitter poursuit Washington en justice

Le bras de fer se poursuit entre la Maison-Blanche et Twitter. Il y a quelques semaines, le président américain demandait au réseau social de lui fournir les données et l’identité des personnes qui se cachaient derrière les comptes hostiles à sa politique.

Mais, jeudi 6 avril, Twitter, refusant de fournir une quelconque information, a saisi la justice. La plateforme, citée par The Washington Post, rappelle que “les droits à la liberté d’expression accordés aux utilisateurs de Twitter et à Twitter lui-même en vertu du premier amendement de la Constitution incluent un droit à diffuser des propos politiques anonymes ou sous pseudonyme”. Donald Trump n’a, pour l’heure, pas rétorqué.

 Voir encore:

Trump peut-il gouverner ?
Evelyne Joslain
Les 4 vérités
10 avril, 2017

L’actualité de ces dernières semaines a mené certains à douter de la maîtrise de Trump sur son personnel et sur sa politique intérieure, tandis que d’autres le disaient carrément indifférent aux affaires étrangères.

D’abord le fiasco Ryancare. Fidèle à ses promesses, Trump a voulu abroger l’Obamacare, mais mal lui en a pris de faire confiance au si peu fiable Speaker de la Chambre, Paul Ryan, et de s’engager à ses côtés, croyant pouvoir ainsi gagner des votes démocrates.

Le « plan en 3 phases » du technocrate Ryan, trop compliqué et n’abrogeant pas les pires mesures de la loi d’Obama, ne pouvait que rencontrer l’opposition ferme du Freedom Caucus, la trentaine de représentants les plus conservateurs de la base électorale de Trump.

L’échec est pour Ryan. Trump s’en sort plutôt bien, même si le poids fiscal d’Obamacare perdure et va donc le gêner dans sa réforme fiscale d’envergure.

Au moins a-t-il appris, sur le tas, qu’il ne servait à rien de courtiser des démocrates obtus et qu’il valait mieux pour lui s’impliquer le moins possible dans les jeux du Congrès.

Puis, font désordre les disputes de personnel au sein des divers ministères et le fait que Trump, soi-disant complètement ballotté entre des avis divergents, tarderait à débarrasser son administration « des restes d’Obama », même à des postes élevés, parce que, en gros, il subirait l’influence de Tillerson, Mattis, McMaster et Kushner (le « Premier Gendre »), tous des centristes-interventionnistes, en opposition radicale au nationaliste-isolationniste Bannon…

Tout cela sur fond de l’exécrable Russiagate, servi tous les jours par les démocrates dans l’espoir de délégitimer Trump et de l’empêcher de gouverner. Lassant, le feuilleton se retourne contre ses auteurs avec le scandale des écoutes de l’équipe de transition de Trump : ex-ambassadeur à l’ONU et ex-Conseiller à la Sécurité nationale, l’incroyable Susan Rice, après avoir nié (ce n’était jamais que la 4e fois qu’elle mentait pour protéger Obama), reconnaît avoir « dévoilé » l’identité de plusieurs personnes et autorisé des fuites à la presse… Rappelons que les démocrates ne s’émouvaient pas des ingérences russes lorsque celles-ci semblaient favoriser leur candidate et que ce sont eux qui ont un long passé de connivence avec la Russie : de Roosevelt et Staline aux espions à la solde de l’URSS sous Truman, jusqu’à la « flexibilité » promise par Obama en 2012 à Medvedev, concrétisée en 2013 par l’abandon pur et simple de ses responsabilités au Moyen-Orient à Poutine…

La réalité est que Trump peuple ses agences de gens d’avis opposés, exprès, afin d’appréhender toutes les possibilités pour trancher par lui-même.

Pragmatique, mais n’hésitant pas à prendre des risques, il vient de prouver qu’il était bien maître à bord. Tous les pourparlers à l’amiable ayant échoué, Trump riposte à l’intolérable par les frappes de 59 missiles Tomahawk sur la base syrienne de Shayrat, chargée du largage de gaz sarin. Fait remarquable : sans toucher aux 5 autres bases aériennes de l’armée syrienne et sans causer le moindre dommage aux installations russes.

Simple avertissement, parfaitement ciblé et mesuré, destiné à protéger les quelque mille militaires américains présents sur le théâtre d’opérations et à montrer que l’Amérique est de retour et qu’il faut désormais compter avec sa détermination.

La Syrie et l’État islamique, mais aussi la Chine, la Russie, l’Iran, la Corée du Nord peuvent en prendre note, tandis que les alliés traditionnels au Moyen-Orient et en Asie se rassurent, comme devraient se rassurer les Européens s’il leur restait quelque bon sens.

Et c’est tout ! Il n’y a pas d’escalade, ni d’intention de régler les affaires de la Syrie, ni (hélas !) de reprendre le bâton de policier du monde. Seulement l’intention de ne plus rester passif face aux agressions…

Et Trump gouverne bel et bien, malgré les obstacles et les commentaires malveillants.

La liste de ses accomplissements est déjà longue. Signe de confiance, les indices boursiers sont bons. Les emplois reviennent grâce aux dérégulations signées par décret exécutif. Les syndicats du privé sont apaisés et le climat est redevenu favorable aux petites entreprises, tandis que sont mis en œuvre des moyens nouveaux pour réduire le poids de l’État fédéral. Des milliers de récidivistes illégaux ont été déportés, 1 500 hackers pédophiles arrêtés…

En fait, les bonnes nouvelles n’arrêtent pas !

Voir par ailleurs:

Le jour où Obama a flanché
Exclusif.  En 2013, l’ex-président américain renonçait, au dernier  moment et malgré sa promesse, à frapper El-Assad. Le documentariste  Antoine Vitkine nous révèle les coulisses de cette volte-face
Antoine Vitkine
Le Point
13 avril 2017

Cette interrogation n’en finit pas de tourmenter  Barack Obama. A-t-il pris, ce jour-là, la bonne décision  ? De cette décision il a affirmé être  « fier », mais il a aussi assuré, dans une même interview, que  le dossier syrien est  «  son plus grand regret  ».  Par prudence, mieux vaut dire tout et son contraire, car il  sait ce qu’on en pense  : sa décision a changé la face  du monde. La plus grave attaque chimique depuis  la Seconde Guerre mondiale demeurée impunie  ? La  victoire de Bachar el-Assad  ? L’ascension des djihadistes  ? La montée en puissance des Russes au Moyen- Orient, en Europe et au-delà  ? L’effacement de l’Occident  ? Peut-être même la victoire de Donald Trump  ?  Tout partirait de son choix, de cette journée-là.

Le 30 août 2013, l’été s’achève à Washington dans  une épuisante touffeur. Tout juste rentré de quelques  jours de vacances sur l’île de Martha’s Vineyard, où il  a fait du VTT avec Michelle, il lui faut de nouveau assumer une charge harassante. A quoi bon cette réunion  ? Le sort n’en est-il pas jeté  ? Ce vendredi, en début  d’après-midi, dans la salle de crise de la Maison-Blanche,  il participe à une ultime réunion du Conseil de sécurité consacrée à l’intervention militaire contre le régime syrien. Autour de lui, ses conseillers, dont Philip   Gordon, qui s’occupe du Moyen-Orient,  les dirigeants de l’armée, ses ministres les plus importants, dont John Kerry, son secrétaire d’Etat. Pour tous,  l’intervention ne fait aucun doute. Le matin même,  il a annoncé publiquement réfléchir à  «  une action limitée contre Bachar  ».  Ses alliés français, la Ligue arabe,  l’Australie fourbissent leurs armes. Kerry a quasiment  annoncé la réplique américaine  :  « La crédibilité du président comme celle des Etats-Unis sont engagées.  »  Et même  :  « L’Histoire nous jugerait sévèrement si on ne faisait rien » …

A  vrai  dire,  il  n’aurait  jamais  pensé  se  retrouver   dans cette situation. Autour de la table, chacun a en  tête  sa  conférence  de  presse  donnée  un  an  auparavant, presque jour pour jour, le 20 août 2012, et une  phrase. Un journaliste lui avait demandé ce qui pourrait infléchir sa position, pour le moins prudente, sur  le conflit syrien, lui qui refuse d’armer les rebelles.  «  Pour nous, la ligne rouge, c’est l’utilisation d’armes chimiques  ; ça changerait ma vision des choses  »,  avait-il  répondu. A question imprévue réponse non préparée. Ses  conseillers avaient été interloqués. Certes, El-Assad  avait été mis en garde par des canaux discrets, mais  rendre  publique  une  ligne  rouge  n’est  jamais  une   bonne chose. On s’était promptement rassuré  ; le régime  syrien  semblait  tellement  affaibli  qu’il  n’oserait pas s’attirer les foudres du président des Etats-Unis.

Il a pourtant osé, comme en témoignent les schémas et les photos satellites qu’on diffuse dans la salle  de crise. Il y a eu d’abord de petites attaques chimiques  au printemps. Puis, devant l’absence de réactions, le  21 août 2013, cette attaque d’ampleur dans la banlieue  de Damas, plus tard contestée  (voir ci-contre).  Bachar  a-t-il voulu tester les Etats-Unis  ? Ou, simplement, son  armée n’avait-elle pas d’autres moyens de terrifier sa  population insurgée  ? On ne sait pas. Auprès de Philip Gordon, Obama a insisté  :  «  Il nous faut des preuves.  »  «  Le président était hanté par l’Irak et ne voulait pas entrer  en  guerre  sur  la  base  de  simples  suspicions» ,  témoigne   Gordon. Mais les preuves sont là. Les obus au gaz sarin tirés par le camp loyaliste ont tué environ 1  400  personnes, dont beaucoup d’enfants, selon une note de  la CIA dont chacun, dans la pièce, a reçu une copie.  Plus  contraignantes  que  les  preuves,  les  images.   Atroces, elles ont fait le tour du monde. Ce père qui  tient sa fillette morte dans les bras et qui l’interpelle,  lui, le président des Etats-Unis  :  «  Je vous en prie  ! Ce  ne sont que des enfants  ! Ils n’ont encore rien vu de la vie.  Du chimique ! »  Il est contraint de répondre. Un tabou,  depuis la Seconde Guerre mondiale, a été transgressé,  les traités internationaux ont été violés, l’ordre du  monde menacé, l’Amérique défiée.

Devant ses conseillers, il assume sa phrase.  «  Il nous  a dit  : “Quand j’ai parlé d’une ligne rouge, c’est vraiment  ce  que  je  voulais  dire”   »,   se  souvient  Gordon.  Tous  le   poussent à agir, et d’abord les plus proches, les plus réalistes, Gordon, justement, ou l’avisé Antony Blinken, qui lâche  :  «  Une superpuissance ne bluffe pas.  » « La  frappe doit servir d’avertissement à l’Iran, au Hezbollah  ou à la Corée du Nord si un jour ils songeaient à recourir  à des armes de destruction massive  » , déclare pour sa part  Kerry. Ils lui présentent les différentes options. Le général Flynn, alors chef du renseignement militaire, a  participé à la sélection des cibles  : aéroports, centres  de commandement, bases militaires, dépôts d’armes.  «  Cela aurait été dévastateur et aurait considérablement  atténué la capacité du régime à frapper des non-combattants »,   nous  déclare-t-il.  Autour  de  la  table,  Martin   Dempsey, chef d’état-major, fait savoir  :  «  On a le doigt  sur la détente.  »  Faut-il une journée de frappes ou plusieurs  ? Les militaires prônent plusieurs jours d’intervention.  Il  suit  leur  avis.  Des  frappes  aériennes  en   Syrie seront déclenchées le lendemain dans la nuit, à  3  heures GMT. La réunion s’achève : les derniers choix  militaires  sont  arrêtés.  Les  conseillers  quittent  les   lieux. Remarquent-ils qu’il n’a pas donné d’ordre, qu’il  n’a pas dit  « allez-y »  et n’a pas encore signé d’ordre  ? Il  a laissé la décision se prendre toute seule, portée par  sa propre logique, se contentant de suivre l’avis géné ral. Il n’a rien dit des doutes qui l’assaillent.

Tout le pousse à intervenir… Mais… Le Parlement  britannique  a  mis  son  veto  la  veille.  C’est  une  première alerte. Et si le régime s’effondrait à la suite des  frappes  ? L’Amérique deviendrait responsable du chaos  qui pourrait en résulter, après l’Irak, après la Libye. Il  a entre les mains des rapports indiquant que le régime  syrien est plus fébrile que jamais. Des officiers expédient leurs familles hors de Damas. Les opposants se  disent prêts à fondre sur la capitale si le pouvoir, déjà  affaibli, flanchait. Quelle est l’alternative politique au  régime  ? Depuis plusieurs jours, les partisans du soutien à la rébellion ne ménagent pas leurs efforts pour  le rallier à leurs vues, comme Robert Ford, ex-ambassadeur américain à Damas  :  «  Au sein de l’administration,  certains  craignaient  que  les  djihadistes  prennent  le   pouvoir à Damas. Je n’y croyais pas. Les modérés étaient,  à ce moment-là, les plus forts  »,  explique-t-il. Quelques  jours plus tôt, il a rencontré Obama pour le persuader que  «  frapper convaincra le régime de négocier vraiment  à  Genève   ».   Ford  a  l’impression  d’avoir  réussi…   Gordon,  lui  aussi,  s’est  voulu  rassurant   :   « Quelques  jours de frappes ne suffiront pas à décapiter un régime qui  s’accroche au pouvoir.  »  Mais comment en être sûr  ?

L’agenda se rappelle à Barack Obama. Il converse  pendant trois quarts d’heure avec son plus proche allié,  le  Français  François  Hollande,  dont  les  Rafale   chargent leurs missiles de croisière Scalp. Il l’assure  que rien n’est changé. L’après-midi s’achève. Son emploi du temps lui laisse enfin un répit. Il n’aime guère  les  choix  tranchés,  préférant  le  consensus.  Mais  la   machine est lancée. Il est président, il peut encore faire marche arrière, mais il faut aller vite  et, cette fois, se décider.  «  J’ai dit  : “Pause. On réfléchit.  J’ai voulu m’extraire des pressions”  »,  confiera-t-il en 2016  au  journaliste  Jeffrey  Goldberg.  Il  a  besoin  de  marcher pour avoir les idées claires. Il propose à un homme  de confiance d’aller se promener dans le jardin de la  Maison-Blanche. Cet homme, c’est son chef de l’ad ministration, Denis McDonough  : ni un militaire ni  un diplomate, mais son collaborateur le plus loyal.  Pendant une heure, il lui livre ses doutes. Tout cela  est trop incertain. Ne va-t-il pas engager son pays dans  une nouvelle guerre alors qu’il a été élu pour se dé sengager de conflits coûteux  ? Et puis, cela ne risque- t-il pas de mettre en péril son grand œuvre, l’accord  nucléaire avec l’Iran  ? Trop de risques. Il teste une idée  auprès de McDonough  : demander une autorisation  préalable au Congrès. Une manière de reculer, car chacun sait qu’un soutien du Congrès est plus qu’incertain. McDonough approuve la prudence de son boss.

En  début  de  soirée,  il  convoque  à  nouveau  ses   conseillers dans son bureau. L’ambiance est décontractée. Il leur annonce la nouvelle. Ils n’en reviennent  pas. Ils insistent  :  «  Ce sera dévastateur pour votre autorité politique »,  le préviennent-ils. Il tient bon. Gordon  nous avoue avoir été estomaqué. Devant lui, Obama  raisonne en politique  :  «  Si ça ne dissuade pas Assad de  recommencer, si des inspecteurs de l’Onu sont pris comme  boucliers humains, si on perd un pilote, j’aurai l’opinion,  le Congrès sur le dos. On me reprochera tout et son contraire,  d’être intervenu, de ne pas être intervenu plus fortement,  de ne pas être intervenu plus légèrement.  »  Gordon se souvient  d’un  autre  argument  du  président   :  le  risque   d’engrenage.  Si  Assad  ou  ses  parrains  russes  et  iraniens  décidaient  d’une  nouvelle  attaque  chimique   «  trois semaines plus tard  »,  alors  «  on devrait frapper de nouveau, et plus fort, et ainsi de suite  ».  Il ne serait plus  maître du processus, craint-il, alors qu’Assad le serait.  Cela, cet homme qui veut tout contrôler ne peut l’accepter. Et rien n’est moins contrôlable qu’une guerre.

Il a désormais quelques annonces délicates à faire.  Il prévient Kerry, qui est furieux.  «  L’Histoire nous jugera  avec une sévérité extrême  »,  lâche ce dernier à ses collaborateurs et à certains de ses homologues étrangers.  Le lendemain, à 18 heures, quelques heures avant l’attaque, il contacte aussi Hollande, qui tombe de haut.  Présent, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, nous résume le contenu de la conversation  :  « Il  nous a dit  : c’est plus difficile que prévu, il faut que je consulte…  Bref, plus de ligne rouge. Il n’était pas question pour la  France d’agir seule. Le château de cartes s’est effondré.  » Puis, dans la fournaise d’une fin de journée d’été,  sur le perron de la Maison-Blanche, Barack Obama  tient une conférence de presse  : « J’ai décidé d’intervenir,  proclame-t-il, avant d’ajouter  :  mais je demanderai que cet usage de la force soit approuvé par le Congrès.  »  Il s’est donné du temps. C’est fini. Il vient de changer l’ordre du monde sans pouvoir, à cet instant, le  deviner.  Certains  comprennent  en  revanche  que  rien ne sera plus comme avant.

Sur les hauteurs de Damas, Bachar el-Assad comprend qu’il n’a plus rien à craindre des Occidentaux.  Il se paiera même le luxe d’utiliser de nouveau des  armes  chimiques  deux  ans  plus  tard.  L’opposition   «  modérée  », autour de l’Armée syrienne libre, sent  que l’Occident l’abandonne. Les djihadistes, mieux  armés, recrutent les déçus et montent en puissance,  scellant le piège qui permettra au président syrien de se présenter comme rempart contre le chaos.

Au Kremlin, Vladimir Poutine se jette sur l’occasion. Aux Américains il offre de convaincre El-Assad  de  détruire  ses  armes  chimiques  contre  l’abandon  de tout projet d’intervention. Comment refuser, après  avoir reculé le 30 août  ? La Russie prend la main en  Syrie.  Plus  tard,  Poutine  estimera  ne  rien  redouter  du  président  américain  et  envahira  la  Crimée.  Les   Républicains et un certain Donald Trump, admirateur  de  Poutine,  ne  cesseront  de  dénoncer  ce  nouveau  Munich  et  ce  président  qui  a  affaibli  une   Amérique qu’il faudrait rendre  « great  again ».

Il ne lui reste que des questions sans réponses. Que  se serait-il passé s’il avait frappé  ? Ce 30 août 2013 est-il  le jour où Obama a mis fin au règne des Etats-Unis  comme seule superpuissance mondiale  ? Le jour où  le  camp  des  démocraties  a  dû  renoncer  à  se  battre  pour ses valeurs  ? A-t-il été trop raisonnable dans une  période troublée où un homme d’Etat ne devrait pas  l’être  ? Ou bien est-ce le jour où lui, un sage président,  a évité au Moyen-Orient de vivre un chaos supplémentaire et à l’Amérique de s’y trouver empêtrée  ?

* Ecrivain, documentariste, a réalisé «  Bachar, moi ou le chaos. »


Présidentielle 2017: Attention, un racisme peut en cacher un autre ! (After Brexit and Trump, will France’s supposed progressives finally realize you can’t put the Trumpian genie back in its bottle ?)

4 avril, 2017
https://pbs.twimg.com/media/C8hiR22XkAEYqDF.pnghttps://pbs.twimg.com/media/C8hic2nXkAAS-zW.pngCe ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
Ne serait-il plus simple de dissoudre le peuple et d’en élire un autre? Bertold Brecht
Toutes les stratégies que les intellectuels et les artistes produisent contre les « bourgeois » tendent inévitablement, en dehors de toute intention expresse et en vertu même de la structure de l’espace dans lequel elles s’engendrent, à être à double effet et dirigées indistinctement contre toutes les formes de soumission aux intérêts matériels, populaires aussi bien que bourgeoises.  Bourdieu
En présence de la diversité, nous nous replions sur nous-mêmes. Nous agissons comme des tortues. L’effet de la diversité est pire que ce qui avait été imaginé. Et ce n’est pas seulement que nous ne faisons plus confiance à ceux qui ne sont pas comme nous. Dans les communautés diverses, nous ne faisons plus confiance à ceux qui nous ressemblent. Robert Putnam
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, la philo, les philosophies. Et puis, c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Force est de constater qu’on a trop souvent dans le passé joué avec le Front national. À gauche, en l’instrumentalisant. À droite, en pratiquant le déni. Passez-moi le mot : il faut « reprioriser » les choses. Il y a aura toujours une droite et une gauche, des différences entre elles et aussi, bien sûr, des confrontations. Mais aujourd’hui, la priorité commune, c’est le combat contre le FN. La droite doit en finir avec les facilités qui ont été trop longtemps les siennes et ce degré de porosité avec le FN imputable aux « buissonneries » d’hier. La gauche, elle, doit cesser d’être naïve ou idéaliste. Quant à la gauche de la gauche, se rend-elle compte que ses outrances anti-économiques, sa haine de l’Europe et du capitalisme ont comme seul résultat de saper les fondements de la République? Je suis effrayé quand je lis dans Le Point sous la plume de Michel Onfray que mieux vaut Alain de Benoist plutôt que Bernard-Henri Lévy. Mais où va-t-on? Toutes ces dérives creusent le sillon de Marine Le Pen. Je dis à tous : ne soyez ni naïfs, ni opportunistes, ni sectaires. Reprenez-vous! Et je pourrais dire la même chose au patronat, aux syndicats, aux autorités religieuses et à beaucoup d’intellectuels. Jean-Marie Le Guen
Quand Manuel Valls, dimanche, « revendique la stigmatisation de Marine Le Pen », il érige en martyr du Système celle qui ne cesse de se présenter comme telle avec un succès croissant. Alors que la diabolisation du FN est une stratégie d’appareil qui perd de plus en plus ses effets d’intimidation auprès d’électeurs excédés, c’est pourtant vers cette solution contre-productive que se précipite à nouveau le premier ministre. Il explique : « Mon angoisse (…) : j’ai peur pour mon pays qu’il se fracasse sur le Front national ». Mais la France n’a pas eu besoin du FN pour s’être déjà fracassée sur le chômage, l’endettement, le matraquage fiscal, la paupérisation, l’insécurité, la déculturation, l’immigration de peuplement, etc. C’est parce que ces sujets ne cessent de s’amplifier, faute de réformes adéquates, que Marine Le Pen est passée en tête dans les sondages. Quand Valls s’alarme de la voir « gagner l’élection présidentielle de 2017 », il ferait mieux de se demander pourquoi, au lieu de sortir les gourdins. Un chef du gouvernement qui, en s’attaquant au FN, prend une conséquence pour une cause tient un raisonnement bancal qui annonce l’échec. (…) Illustration avec le diagnostic du premier ministre, établi le 20 janvier, sur « l’apartheid territorial, social, ethnique qui s’est imposé à notre pays ». Rien n’est plus faux que ce constat d’une politique voulue de séparation raciale, même si le communautarisme ethnique est bien une réalité. Or c’est sur cette assise idéologique, irréaliste dès le départ, que le gouvernement entend construire sa « politique de peuplement », dont les termes laissent poindre l’autoritarisme déplacé. Cette politique vise à imposer partout la « mixité sociale » (entendre : mixité ethnique) dans le cadre, explique Valls, d’un « projet de société répondant aux exigences des Français exprimées le 11 janvier », c’est-à-dire lors de la grande manifestation en solidarité aux victimes des attentats. Or non seulement cette instrumentalisation partisane du 11 janvier est choquante, mais il est irresponsable de déplorer les ghettos et de ne rien faire pour interrompre l’immigration du tiers-monde qui ne cesse de les consolider. Ivan Rioufol
[Yves Bertrand, le patron des RG] explique que au départ, les gens du CRIF (…) ne voulaient pas en faire une grande manifestation et que c’est Mitterrand lui-même qui a imposé la grande manifestation publique, qui a imposé l’itinéraire classique de gauche c’est-à-dire République-Bastille-Nation. Pour bien mettre ce combat dans les combats de la gauche et qui a ainsi manipulé tout le monde. Tout ça, pour empêcher évidemment une alliance entre  la droite – Chirac pour parler vite – et le Front national évidemment parce que si le Front national devenait une espèce de monstre nazi, évidemment on pouvait plus s’allier à lui. Et c’est la grande stratégie de Mitterrand sur quinze ans qui a permis à la gauche de rester au pouvoir pendant toutes ces années. Eric Zemmour
C’est l’histoire d’une pièce de théâtre qui connut jadis un immense succès, mais dont le texte a vieilli. Les ficelles dramatiques paraissent convenues et désormais surjouées par un acteur grandiloquent devant une salle aux trois-quarts vides. C’est la République en danger, le fachisme ne passera pas ou, pour faire plaisir à l’acteur, « no pasaran ». Manuel Valls peut tout jouer, mal mais tout. Alors qu’il est en campagne pour des élections locales, il a déjà déclenché le programme spécial 21 avril 2002. Les loups sont entrés dans Paris. C’est trop tôt ou trop tard. A l’époque, le candidat vaincu Lionel Jospin n’avait pas tardé à reconnaître que tout cela était du théâtre, qu’aucun danger fasciste ne menaçait la République. En 2002, Manuel Valls était conseiller en communication du Premier ministre, et François Hollande, premier secrétaire du PS. Ah, ce n’est pas que les deux hommes ne désirent pas revivre un pareil séisme, mais ils veulent seulement que ce soit à leur profit. Car la seule chance de réélection de Hollande est de se retrouver au second tour face à Marine Le Pen. Le Président fait donc tout pour en faire la seule opposition, à la fois en majesté et diabolisée. Valls met son énergie et son sens de la démesure au service de cette tactique exclusive. Les deux hommes achèvent ainsi le travail commencé il y a trente ans par François Mitterrand: l’ancien président avait alors réussi à casser la droite en trois morceaux irréconciliables.  (…) La manoeuvre est limpide et poursuit trois objectifs successifs. 1) « réveiller et rameuter un peuple de gauche chauffé artificiellement au feu antifasciste ». 2) culpabiliser la gauche de la gauche, de Mélenchon à Duflot ». 3) préparer le troisième tour des départementales lors de l’élection des présidents des conseils généraux pour casser l’UMP entre ceux qui pactiseraient avec le diable. Eric Zemmour
Les « beaufs » vous remercient pour vos commentaires. Ces donneurs de leçon, sûrement lecteurs de Télérama, aiment les films hongrois, sous-titrés polonais et dont la scène essentielle du film est un plan fixe sur un pot de fleur rouge… Réaction à un commentaire de Bienvenue chez les cht’is (site FNAC)
Si la classe moyenne supérieure critique le succès des ch’tis avec tant de passion, c’est aussi que le film peut être interprété comme une satire sociale faite au nom de ces valeurs populaires contre les valeurs de la classe moyenne. (…) La satire sociale est un genre littéraire fréquent en France mais en général elle se fait au détriment de la classe populaire, du Roman de Renard aux Deschiens : il a fallu deux acteurs, certes intégrés à la classe moyenne puisqu’ils sont acteurs, mais suffisamment distants du fait de leur origine algérienne pour Kad Merad et kabyle par son père pour Dany Boom, pour assumer de se moquer de cette classe moyenne qui est devenue la leur. Quant à la classe moyenne, elle a dû trouver une explication au succès populaire du film par le biais du battage médiatique, sans comprendre cet aspect de revanche sociale. Philippe Cibois
[L’imagerie par résonance magnétique (IRM)] nous a permis de confirmer que les jugements moraux proviennent bien de phénomènes qui se produisent dans le cerveau. Mais, le plus intéressant, c’est de voir quelles parties du cerveau sont particulièrement actives quand nous formons ces jugements. D’après l’étude initiale de Joshua Greene, et celle d’António Damásio avant lui dans les années 1990, les régions du cerveau associées aux émotions jouent un rôle prépondérant, alors que celles dédiées au raisonnement mettent parfois du temps à se manifester. Un des grands sujets du débat aujourd’hui est de savoir quelle part associer au raisonnement logique et quelle part associer aux émotions. Le cortex insulaire antérieur [ou insula frontale] enregistre un pic d’activité quand une chose nous répugne : je suis de ceux qui pensent que les réactions émotionnelles ont tendance à guider le raisonnement et je crois que la plupart des ouvrages de neurologie s’inscrivent aussi dans cette lignée. (…) Nous jugeons d’emblée. C’est une des grandes découvertes de la psychologie sociale ; on parle parfois de “révolution de l’automaticité”. Cela remonte à Wilhelm Wundt [psychologue et philosophe allemand], il y a cent vingt ans. En un quart de seconde, nous réagissons au visage des gens, aux mots, aux propositions. Le raisonnement n’intervient qu’ensuite, il est beaucoup plus lent. Robert Zajonc, le célèbre psychologue social, affirmait dans les années 1980 que “les préférences se passent de logique”. Par exemple, notre esprit réagit à la nouveauté, comme devant une œuvre d’art, et cette réaction contraint ensuite la nature de notre raisonnement. Nous avons du mal à cerner le tableau d’ensemble et à voir ce qu’il montre. En revanche, nous n’avons aucun mal à nous dire : “Voilà l’hypothèse à laquelle je veux croire ; voyons maintenant si je peux trouver des informations pour l’étayer. Et si je n’en trouve pas, tant pis, je la laisserai tomber…” Mais, comme vous le savez, nous parvenons généralement à trouver des éléments pour l’étayer. (…) Notre morale est contrainte par une multitude de facteurs, l’un des principaux étant notre appartenance à un camp. Tout le monde sait que les personnes politisées sont insensibles aux arguments du camp adverse. C’est ce qui conduit ce camp d’en face à penser que nous ne sommes pas sincères, que nous ne sommes pas “rationnels” ; et chaque camp pense la même chose de l’autre. Ce que vous pensez de l’avortement, des droits des homosexuels, de l’aptitude des mères célibataires à élever leurs enfants aussi bien que les couples mariés : toutes ces opinions vous rattachent à un camp et, si vous avez le malheur de changer d’avis, vous devenez un traître, vous ne serez plus invité aux soirées et vous risquez même de vous faire traiter de tous les noms. (…) ce que l’on constate, c’est que les gens ne sont pas spontanément utilitaristes. (…) les gens ont beaucoup d’intuitions morales et (…) les expériences menées sur la persuasion montrent qu’il est très difficile de convaincre les gens. (…) Ce qui m’a frappé en lisant tous ces livres d’ethnographie et en travaillant en Inde, où j’ai fait des recherches pendant trois mois, c’est à quel point certains schémas se retrouvaient partout dans le monde, alors que l’expression finale de la morale est souvent unique et extrêmement variable d’une culture à l’autre. Quels schémas fondamentaux l’évolution peut-elle expliquer ? On pense tout de suite à la réciprocité. [Le sociobiologiste] Robert Trivers a écrit [en 1971] un article resté célèbre sur l’“altruisme réciproque”. Certains affirment que le sens de l’équité et la réciprocité sont des constructions 100 % sociales, entièrement apprises de nos parents, mais cela ne tient pas. Même chose pour les attentions dont nous entourons notre vulnérable progéniture. Nous sommes des mammifères et nous avons les tendances des mammifères. Si vous considérez ces deux caractéristiques, la réciprocité et l’attention à la progéniture, vous constatez que le nativisme [théorie selon laquelle certaines facultés seraient présentes dans le cerveau à la naissance] a raison dans les deux cas. Mes confrères et moi-même y avons ajouté les catégories suivantes : la fidélité au groupe (nous sommes doués pour les alliances), le respect de l’autorité, et le sacré ou la pureté (l’idée que le corps est un temple). Ces catégories sont uniquement descriptives et non normatives. Ce sont les cinq dont nous sommes convaincus, mais il en existe beaucoup d’autres. Aujourd’hui, nous estimons que la liberté est à part. Je pense que, à l’avenir, nous verrons dans la propriété ou la possession un fondement moral : on le constate dans l’ensemble du règne animal avec la notion de territorialité, et plusieurs laboratoires ont montré récemment que les enfants de deux ou trois ans avaient conscience de la possession (ce qui est dans la main de l’autre et pas dans la leur) et la prenaient en compte. Ce que j’ai découvert dans mes premiers travaux, c’est que la classe sociale était un facteur qui comptait parfois plus que la nationalité. J’ai commencé à travailler sur la question, et c’est comme cela que mes confrères et moi sommes arrivés à cette liste de fondements moraux. J’étais en train de faire ces recherches sur la morale quand les démocrates ont perdu l’élection [présidentielle] de 2000 aux États-Unis, puis ont reperdu en 2004 [Al Gore puis John Kerry ont perdu face au républicain George Bush]. (…) À l’époque, j’étais un progressiste convaincu : je ne pouvais pas voir George Bush en peinture. Je voulais me servir de mes travaux pour aider les démocrates à comprendre la morale des Américains, parce que Bush la comprenait, mais pas Al Gore. (…) s’ils avaient perdu, ce n’était pas à cause de Karl Rove [le conseiller politique de George Bush], de subterfuges ou de sorts qu’on leur aurait jetés, mais parce que les démocrates (ou les progressistes) avaient un éventail de fondements moraux plus étriqué – ils se focalisent sur l’égalité et la protection sociale, mais ne comprennent pas ­ou ne communiquent pas sur les valeurs viscérales, patriotiques, religieuses, hiérarchiques, basées sur l’appartenance au groupe, qu’ont la plupart des Américains. (…) Je faisais un travail de terrain ethnographique : je lisais les journaux conservateurs, je m’étais abonné au câble pour pouvoir regarder Fox News [une chaîne américaine d’information en continu réputée pour ses positions conservatrices] et, au début, j’ai été choqué. (…) Et puis, quand j’ai commencé à comprendre, à voir qu’il y a une cohérence dans leurs points de vue, que si vous vous souciez vraiment de la responsabilité de chacun et que vous êtes vraiment indignés par les parasites, les assistés, les gens qui font n’importe quoi, vous n’avez pas envie que la société leur vienne en aide. En découvrant ces valeurs, j’ai compris pourquoi certains considéraient l’État providence comme une des inventions les plus scandaleuses qui soient. J’ai donc commencé à identifier les sujets sur lesquels chaque camp voyait juste, certaines menaces, certains problèmes. Une fois que vous faites partie d’un clan moral qui vous assujettit, vous ne voyez plus les autres réalités. Cela vous empêche de voir les faits qui ne cadrent pas avec votre réalité. J’étais en train d’écrire le chapitre 8 de The Righteous Mind, dans lequel j’essayais d’expliquer la vision qu’ont les conservateurs de l’équité et de la liberté. Je l’ai confié à ma femme pour qu’elle le relise en lui disant que je ne pouvais plus me considérer comme un progressiste, étant donné que, à mes yeux, chaque camp voyait juste sur certains sujets. (…) Étudier la morale revient à étudier le système d’exploitation de votre vie sociale. Comme le système d’exploitation du monde universitaire est très progressiste, ou disons de gauche, j’étais prisonnier du camp progressiste. (…) Une fois que vous faites partie d’un camp, le raisonnement militant et le “biais de confirmation” [biais cognitif consistant à privilégier les informations confirmant nos idées préconçues ou nos hypothèses] pèsent si lourd que vous trouvez des éléments pour étayer tout ce que vous avez envie de croire. (…) si vous êtes partisan, vous n’allez pas proposer une analyse équitable de la réalité. Une démarche scientifique rigoureuse n’implique pas nécessairement que nous soyons tous neutres et impartiaux. Si la science fonctionne aussi bien, ce n’est pas parce que les scientifiques sont rationnels, c’est parce que la science en tant qu’institution garantit que tout ce qui sera dit sera remis en cause. Tant que ce marché intellectuel fonctionne, tant qu’il y aura des gens pour prendre le contre-pied, des spécialistes de votre discipline pour réfuter ce que vous dites, la science pourra regorger d’opinions partisanes, ce ne sera pas gênant. Le problème, c’est quand tout le monde a les mêmes partis pris, il n’y a plus personne en face. Il y a alors des risques que le groupe parvienne à des conclusions qui sont tout bonnement erronées. C’est ce qui s’est produit, non pas sur tous les sujets, mais sur certains sujets sensibles, comme l’origine ethnique, le genre, et la politique. Jonathan Haidt
J’ai constaté que la France était victime d’une multitude de trahisons. Il en va de nombreux politiciens qui, durant ces dernières décennies, ont cohabité avec la « bête » (l’islam radical, ndlr) à des fins électoralistes, mais aussi d’intellectuels à la vision et à la pensée tronquée par le « tiers-mondisme » et le « droit-de-l’hommisme » ; tous des collaborateurs par inaction qui sacrifient leur pays sur l’autel d’un combat d’arrière-garde. (…) En refusant d’affronter l’islamisation, de peur d’être taxée d’islamophobe, en tolérant les violations de la laïcité, la société française est complice de l’essor du terrorisme en France. La classe politique, à la recherche du vote islamique, est également complice. (…) C’est à se demander qui est raciste. Celui qui veut défendre sa société et ses valeurs ou celui qui veut imposer ses valeurs ?  Waleed Al-Husseini
Les dirigeants du PS français et de la social-démocratie européenne, en effet, sont en général des personnages que je considère comme des poulets élevés en batterie. Ils sortent des grandes écoles, sans aucun passé militant dans les luttes populaires, et encore moins dans l’internationalisme politique. Ils montent les marches du pouvoir politique en croyant que leur discours de gestionnaires, c’est du socialisme. Et ils font croire que ça se résume à ça. Ces dirigeants n’ont jamais compris ce qui se passe en Amérique latine parce qu’ils ne se sentent pas concernés. Dans le meilleur des cas, ils se contentent de reproduire le discours de la propagande étasunienne, repris par la majorité des médias. (…) Le président Hugo Chavez note, comme moi : « Les gens ne veulent pas comprendre que pour redistribuer les richesses auprès des pauvres, il faut changer les institutions ». Et Chavez nous interpelle : « Parce qu’il existerait une alternative ? Et où se trouvent donc vos magnifiques modèles, vous les Européens, que l’on devrait prétendument imiter ? ». (…) C’est donc pour cela que j’ai demandé à ces dirigeants qu’ils se taisent, et qu’ils observent avec respect le chemin montré par Chavez, Evo Morales en Bolivie, Rafael Correa en Équateur ou José Mujica en Uruguay. Non pas pour les imiter, mais pour apprendre d’euxJean-Luc Mélenchon
Soljenitsyne était une baderne passéiste absurde et pontifiante, machiste, homophobe, et confis en bigoteries nostalgiques de la grande Russie féodale et croyante.(…) C’était un perroquet utile de la propagande « occidentale ». Utile car au contraire de tous ceux qui avaient dénoncé avant lui le goulag et les camps staliniens, Soljenitsyne était une voix de droite parmi les plus réactionnaire. Jean-Luc Mélenchon (sénateur membre du bureau national du PS, 04/08/08)
Dans son dernier discours sur la culture, Marine Le Pen appelle de ses vœux une France qui retrouve sa grandeur. Mais l’art n’est pas fait pour servir la grandeur de la France, et c’est d’ailleurs bien ainsi qu’il la sert. Le Front national ne cesse de tirer à boulets rouges sur l’art contemporain, c’est-à-dire sur les formes de l’art sans précédent. C’est pourtant là que réside l’éminente fonction de l’art qu’est la subversion – qui va du léger déplacement au renversement scandaleux. La liberté de penser et de créer, la liberté d’inventer et d’affirmer, la liberté d’interpréter et de critiquer le monde comme il va ou ne va pas, sont choses précieuses, ô combien ! L’art comme fruit de ces libertés et des moyens qui lui sont offerts en France, c’est cela que le monde entier nous envie. Marine Le Pen présidente y mettrait un point d’arrêt. Comment s’en étonner quand le Front national promeut, quoi qu’il tâche de le faire oublier jusqu’à l’effacement, des idées racistes, antisémites, xénophobes et nationalistes ?Le Front national est aux portes du pouvoir. Nous appelons à faire barrage à Marine Le Pen lors de la prochaine élection présidentielle, puis aux législatives qui lui succéderont. Signataires : Archie Shepp, Léa Seydoux, André Wilms, Jean-Pierre et Luc Dardenne, Renaud, Jeanne Moreau, Matthieu Chedid, Annette Messager, Akhenaton, Shurik’n, Kheops, Imhotep et Kephren du groupe IAM, Vincent Elbaz, Valeria Bruni Tedeschi, Christian Boltanski, Cécile de France, Zazie, Abdellah Taïa, Anaïs Demoustier, Vincent Delerm, Anna Mouglalis, Vincent Macaigne, Kaoutar Harchi, Jérôme Ferrari, Mathilde Monnier, Karin Viard, Zabou Breitman, Laura Smet, Alexandre Chemetoff, Lolita Chammah, Marie Darrieussecq, Tahar Rahim, Emma de Caunes, Alysson Paradis, Denis Podalydès, Amos Gitaï, Georges Didi-Huberman, Romane Bohringer, Pascal Dusapin, Pascal Convert, Valérie Donzelli, Vincent Perez, Alain Françon, Théo Mercier, Charles Berling, Amira Casar, Jean-Michel Ribes, Alexis Jenni, Judith Chemla, Charles Fréger, Félix Moati, Albin de la Simone, Florence Loiret Caille, Laurent Bayle, La Grande Sophie, Magyd Cherfi, Ariane Ascaride, Jonathan Zaccaï, Antoine de Galbert, Béatrice Dalle, Jean-Pierre Vincent, Samir Guesmi, Olivier Py, Laurence Equilbey, Jules Sitruk, Paula Aisemberg, Jean-Noël Pancrazi, Renan Luce, Stéphane Foenkinos, Emmanuel Demarcy-Mota, Camélia Jordana, Brigitte Jaques-Wajeman, Zita Hanrot, François Regnault, Babx, Sofi Jeannin, Jérôme Kircher, Pauline Bastard, Francis Boespflug, André Markowicz, Claude Perron, Olivier Mantéi, Karen Vourc’h, Dominique Blanc, Olivier Rolin, Jeanne Cherhal, Gérard Wajcman, Jacky Ohayon, Rachel Arditi, Carine Tardieu, Stéphane Braunschweig, Marie Collin, Pascal Elbé, Farid Bentoumi, Laure Marsac, Émilie Brisavoine, Alexandre Tharaud, Irène Jacob, Yann Rabanier, Arthur Nauzyciel, Mathieu Chatenet, Brigitte Lefèvre, Sébastien Pouderoux, Élie Wajeman, Guillaume Gouix, Jean de Loisy, Laurent Gaudé, Philippe Quesne, Iván Argote, Arièle Butaux, Dominique Valadié, Elsa Lepoivre, André Engel, Corinne Bacharach, Anne Alvaro, Olivier Babinet, Yann Apperry, Thomas de Pourquery, Judith Henry, Sébastien Betbeder, Brigitte Sy, Gérard Lefort, Nicolas Bouchaud, Pierrick Sorin, Natalie Seroussi, Rodrigo Garcia, Anne-Lise Heimburger, Sylvie Ballul, Jean-François Sivadier, Anaëlle Lebovits-Quenehen, Isabelle Renauld, Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel, Yanowski, Vincent Winterhalter, Mathieu Bauer, Lise Wajeman, Marion Rampal, Cyril Descours, Olivier Cadiot, Stéphanie Murat, Daniel Jeanneteau, Océanerosemarie, Thomas Blanchard, Éric Génovèse, Richard Brunel, Françoise Lebrun, Rodolphe Dana, Sarah Petit, Emmanuel Noblet, Daniel Mesguich, Florence Thomassin, Olivier Gluzman, Ismaël Margain, Anne Marivin, Jean-Philippe Amar, Sigrid Bouaziz, Evelyne Didi, Guillaume Vincent, Caroline Deruas, Peter von Poehl, Jean-Luc Gaget, Cecile MacLorin Salvant, Thomas Enhco, Zaza Fournier, David Lescot, Micha Lescot, Marcel Bozonnet, Valérie Dréville, Laurent Poitrenaux, Michel Deutsch, Julia Piaton, Valérie Stroh, Yves-Noël Genod, Anne Paceo, Jean-Loup Rivière, Françoise Morvan, Odile Heimburger, Ludovic Lagarde, Samuel Achache, Jeanne Candel, Kyrie Kristmanson, Sarah Le Picard, Éric Génovèse, Julien Féret, Céline Gaudier, Mikaël Serre, Simon Jacquet, Bastien Lallemant, Charlotte Testu, Delphine Gleize, Fanny de Chaillé, Roxane Arnold, Raphaël Quenehen, Samuel Churin, Aram Kebabdjian, Jannick Thiroux, Marie Payen, Lola Gans, Raphaël Imbert, Servane Ducorps, Franck Krawczyk, Joëlle Petrasek, Yaron Herman, Marie Modiano, Zina Modiano, Lolita Sechan, Mona Achache, Caroline Guiela-Nguyen, Julie-Anne Roth, Sylvain George, Jean-Pierre Sarrazac, Natalie Beder, Alexis Pivot, Sarah Stern, Charlotte des Georges, Michèle Foucher, Maissiat, Catherine Frot, Yann Moix.
37% des Français estiment que les chaines de télévision n’ont aucun candidat préféré. Le premier candidat évoqué est Emmanuel Macron, par 35% des Français, nettement devant les autres candidats. Sondage Harris-Téléstar
Il n’y a pas de culture française, il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
Non, il n’y a pas de culture française, il n’y a pas de littérature française ou de rock français. François Bayrou
Les élites sont affligeantes mais le peuple est décevant. Les gens du Midi de la France n’ont aucune excuse pour voter FN parce qu’ils ne vivent pas dans le naufrage industriel. Les gens du Midi qui votent Front national doivent être jugés pour ce qu’ils sont : de purs racistes anti- Arabes. Quant aux ouvriers du Nord, ils pourraient lutter pour l’égalité en succès, pour mener à bien un changement aussi drastique, ce serait la solidarité nationale et la fraternité. L’épreuve est à aborder en commun, par tous les Français. Or, parmi les Français, il y a ceux qui sont d’origine arabe ou musulmane. Avant même l’épreuve, le Front national divise la société. À quelle condition pourrions-nous le prendre au sérieux ? Soyons réalistes, laissons-lui son fond de commerce anti-immigrés ; il ne faut pas rêver. On pourrait toutefois prendre Marine Le Pen au sérieux si, à la suite d’une crise spirituelle, elle traçait une ligne claire entre les Français d’origine maghrébine, qui sont des Français pleins et entiers, et l’immigration actuelle et à venir. Le FN ne serait toujours pas gentil, mais il révélerait au moins une envie sérieuse de gouverner. Emmanuel Todd
Un  récent  sondage  OpinionWay  montre  que 83 % des Français jugent la campagne  de  mauvaise  qualité.  Elle  est  vue  comme   un  spectacle  soit  désolant  (les  affaires),   soit  attrayant  (les  débats).  La  percée  de   popularité de Mélenchon se fait dans tous  les  électorats, comme  si  les  Français  saluaient l’artiste indépendamment du choix politique qui leur est proposé.  (…) L’indécision  touche  40  %  des  électeurs  là   où  d’habitude  à  ce  stade  de  la  campagne   elle  oscille  entre  25  et  30  %.  (…) L’abstention  est  évaluée  15  points  au- dessus de ce qu’elle était au même  moment  en  2012.  C’est  énorme.  Cela représente entre 6 et 7 millions  d’électeurs  supplémentaires  qui  ne   sont  pas  encore  mobilisés.  Ce  qui   prouve une extraordinaire  difficulté  des  Français  à   entrer  dans  l’élection  et   un   accroissement   de    leur   distance   vis-à- vis de la politique et  des  partis.  Parallèlement,  il  y  a   une   plus   forte    indécision   chez    les    votants    qui     déclarent  plus  volontiers pouvoir changer  d’avis,   ce   qui   traduit  une  distance vis-à-vis des  candidats.  C’est  le  poids  de  l’affaire   Fillon,  le  positionnement  volontairement   confus de Macron, la crise profonde des socialistes.  (…) Il  y  a  une  forte  indécision  à  gauche  qui   touche  en  particulier  les  électorats  Hamon  et  Macron.  Pour  deux  raisons  différentes. Pour le premier, il y a un doute sur  l’utilité de son vote en faveur du candidat  socialiste. Pour les électeurs Macron, il y a  un doute sur le sens de leur choix : qui est  réellement Macron, quelle est la nature de  son programme, avec qui va-t-il gouverner ? À droite, le problème est celui de la  dispersion.  (…) L’électorat  Sarkozy   2012  est  complètement  dispersé  !  (…) on  a  une  élection  hors  du  commun  avec un risque d’écroulement du PS qui dominait  la  gauche  depuis  quarante ans, la dispersion des électeurs  de  la  droite  qui  pourrait conduire  à  sa  défaite et paradoxalement la victoire possible d’un candidat du centre alors même  que  le  pays  se  droitise. Il est même possible que le scrutin dé- cisif cette année pour connaître l’orientation politique du pays soit les  législatives, pas  la  présidentielle. Jérome Jaffré
The fact that Trump is no ideologue does not mean he cannot be a conduit for a new ideology. The British political establishment learned this lesson the hard way. For years, conservatives and liberals alike underestimated Thatcherism. They failed to see that behind Margaret Thatcher’s blonde hair and shrill voice was a revolutionary politics that reflected and accelerated fundamental social and economic changes. Thatcher, like Trump, was no philosopher. But she didn’t have to be. She merely had to attract people capable of refining the ideology and policy program that would eventually bear her name. And that is precisely what she did. Apart from those ideologues, the first to grasp the significance of Thatcher’s political project were on the far left: the magazine Marxism Today coined the term “Thatcherism” in 1979. These left-wing figures saw what those in the mainstream didn’t: Thatcher’s fundamental challenge to the economic and social structures that had been widely accepted since World War II. (…) There are powerful parallels between the late 1970s and the present. Just as Thatcher recognized growing dissatisfaction with the old order and gave voice to ideas that had been languishing on the margins, Trump has acknowledged and, to some extent, vindicated the anguish and anger of a large segment of the working class who are fed up with long-established systems. Also like Thatcher, Trump has attracted ideologues ready and willing to define Trumpism for him. Front and center is Stephen Bannon, the former executive chairman of Breitbart News, the ultra-nationalist home of the racist alt-right, who now serves as Trump’s chief strategist. Speaking at the Conservative Political Action Conference, Bannon defined Trumpism in terms of national security and sovereignty, economic nationalism, and the “deconstruction of the administrative state.” As he put it, “[W]e’re a nation with an economy. Not an economy just in some global marketplace with open borders.” This reflects a fundamental conflict between Thatcherism and Trumpism: the latter aims to sweep away the neoliberal consensus of unregulated markets, privatization, free trade, and immigration that comprised the former. But, even if the ideas are different, the tactics are the same. To consolidate support, Thatcher would go head-to-head with carefully selected enemies – from British miners to Argentina’s president, General Leopoldo Galtieri, to the bureaucrats in Brussels. Similarly, as the Hudson Institute’s Craig Kennedy recently told me, “Bannon wants to radicalize the anti-Trump liberals into fighting for causes which alienate them from mainstream America.” Every time Trump’s opponents march for women, Muslims, or sexual minorities, they fortify Trump’s core support base. Jacques argues that the British Labour Party’s failure fully to come to terms with Thatcherism is the main reason it spent almost two decades in the political wilderness. He believes that Prime Minister Tony Blair was the first leader to recognize Thatcherism for what it was: a new ideology that upended long-held rules and assumptions. But, Jacques asserts, Blair merely adjusted to the new ideology, rather than attempting to change it. None of this bodes well for Trump’s opponents, who are still a long way from recognizing the ideological implications of his presidency. Indeed, they remain so distracted by Trump’s apparent lack of leadership skill and even mental capacity – which, to be sure, cannot compare to that displayed by Thatcher – that they have yet to grasp the depth of the divisions and neuroses that Trump has exposed. It might be cathartic to call Trump an idiot, to laugh at his misspelled tweets and taped-up tie, but the implications of his presidency are serious. If Trump’s progressive opponents fail to engage seriously with the forces that Trump’s victory reflected and reinforced – in particular, the backlash against neoliberalism – not even impeachment will be enough to put the Trumpian genie back in its bottle. Mark Leonard (European Council on Foreign Relations)

Vous avez dit racisme de classe ?

A l’heure où à la veille du deuxième débat d’une élection …

Qui a vu l’assassinat juridico-médiatique en direct du seul candidat de l’alternance

Mais où 37% des Français veulent encore croire que les médias n’ont aucun candidat préféré …

Nos dits médias et nos sondeurs ventriloques font mine de s’étonner …
Que plus de 40% des électeurs potentiels soient encore indécis à moins de trois semaines du premier tour …
Où qu’ils saluent les prestations d’un chantre de tout ce que la planète peut contenir de dictatures, Castro, Chavez et Chine compris …

Alors qu’enfermée dans ses privilèges et sa suffisance toute une classe de belles âmes de la politique et des médias…

Qui a non seulement imposé à tous des décennies entières de mesures dont elle n’a jamais eu à subir les conséquences …

Mais condamné à l’éternelle difficulté électorale par sa diabolisation de sa faction la plus populaire une droite de plus en plus majoritaire dans le pays …

S’apprête à nous refaire pour imposer leur nouveau candidat des bons sentiments le coup du front républicain contre le prétendu racisme du parti des bonnes questions …

Jusqu’à, pour nos « grands intellectuels » (sic) et malgré l’éléphant de la pièce toujours plus envahissant de l’islamisme, appeler au changement brechtien de peuple pour cause de malpensance raciste …

Comment ne pas voir …

Après les exemples coup sur coup du Brexit et de l’élection de Donald Trump …

Le véritable racisme de classe auquel on a en fait affaire …

Et partant si la voix dudit peuple était à nouveau ignorée …

Le retour de bâton encore plus massif auquel il faudrait alors se préparer ?

Trump the Ideologue?
Mark Leonard
Project syndicate
Mar 29, 2017

LONDON – Historians may come to see the American actor Alec Baldwin as US President Donald Trump’s most useful ally. Baldwin’s frequent and widely viewed impersonations of Trump on the comedy show “Saturday Night Live” turn Trumpism into a farce, blinding the president’s political opponents to the seriousness of his ideology.

Of course, politicians are parodied all the time. But with Trump, there is already a tendency not to take his politics seriously. The form of those politics – unhinged tweet-storms, bald-faced lies, racist and misogynistic pronouncements, and blatant nepotism – is so bizarre and repugnant to the bureaucratic class that it can overshadow the substance.

Even those who seem to take Trump seriously are failing to get to the root of Trumpism. Democrats are so infuriated by his misogyny and xenophobia that they fail to understand how he connects with many of their former supporters. As for establishment Republicans, they are so keen to have a “Republican” in office implementing traditional conservative policies – such as deregulation and tax cuts – that they overlook the elements of his agenda that upend their orthodoxies.

Part of the problem may be that Trump has come out on both sides of most major debates, championing a brand of politics that privileges intensity over consistency. This may cause Trump-watchers to dismiss attempts to establish an ideological foundation for Trumpism – such as Julius Krein’s new journal American Affairs – as hopelessly oxymoronic. But the fact that Trump is no ideologue does not mean he cannot be a conduit for a new ideology.

The British political establishment learned this lesson the hard way. For years, conservatives and liberals alike underestimated Thatcherism. They failed to see that behind Margaret Thatcher’s blonde hair and shrill voice was a revolutionary politics that reflected and accelerated fundamental social and economic changes.

Thatcher, like Trump, was no philosopher. But she didn’t have to be. She merely had to attract people capable of refining the ideology and policy program that would eventually bear her name. And that is precisely what she did.

Apart from those ideologues, the first to grasp the significance of Thatcher’s political project were on the far left: the magazine Marxism Today coined the term “Thatcherism” in 1979. These left-wing figures saw what those in the mainstream didn’t: Thatcher’s fundamental challenge to the economic and social structures that had been widely accepted since World War II.

An editor of that magazine, Martin Jacques, who did as much as anyone at the time to provide a theoretical understanding of Thatcherism, recently explained to me why its significance was so often overlooked. “Political analysis at that time was very psephological and institutional,” he said. With its focus on “the performance of political parties,” he explained, it missed “the deeper changes across society.”

There are powerful parallels between the late 1970s and the present. Just as Thatcher recognized growing dissatisfaction with the old order and gave voice to ideas that had been languishing on the margins, Trump has acknowledged and, to some extent, vindicated the anguish and anger of a large segment of the working class who are fed up with long-established systems.

Also like Thatcher, Trump has attracted ideologues ready and willing to define Trumpism for him. Front and center is Stephen Bannon, the former executive chairman of Breitbart News, the ultra-nationalist home of the racist alt-right, who now serves as Trump’s chief strategist.

Speaking at the Conservative Political Action Conference, Bannon defined Trumpism in terms of national security and sovereignty, economic nationalism, and the “deconstruction of the administrative state.” As he put it, “[W]e’re a nation with an economy. Not an economy just in some global marketplace with open borders.”

This reflects a fundamental conflict between Thatcherism and Trumpism: the latter aims to sweep away the neoliberal consensus of unregulated markets, privatization, free trade, and immigration that comprised the former. But, even if the ideas are different, the tactics are the same.

To consolidate support, Thatcher would go head-to-head with carefully selected enemies – from British miners to Argentina’s president, General Leopoldo Galtieri, to the bureaucrats in Brussels. Similarly, as the Hudson Institute’s Craig Kennedy recently told me, “Bannon wants to radicalize the anti-Trump liberals into fighting for causes which alienate them from mainstream America.” Every time Trump’s opponents march for women, Muslims, or sexual minorities, they fortify Trump’s core support base.

Jacques argues that the British Labour Party’s failure fully to come to terms with Thatcherism is the main reason it spent almost two decades in the political wilderness. He believes that Prime Minister Tony Blair was the first leader to recognize Thatcherism for what it was: a new ideology that upended long-held rules and assumptions. But, Jacques asserts, Blair merely adjusted to the new ideology, rather than attempting to change it.

None of this bodes well for Trump’s opponents, who are still a long way from recognizing the ideological implications of his presidency. Indeed, they remain so distracted by Trump’s apparent lack of leadership skill and even mental capacity – which, to be sure, cannot compare to that displayed by Thatcher – that they have yet to grasp the depth of the divisions and neuroses that Trump has exposed.

It might be cathartic to call Trump an idiot, to laugh at his misspelled tweets and taped-up tie, but the implications of his presidency are serious. If Trump’s progressive opponents fail to engage seriously with the forces that Trump’s victory reflected and reinforced – in particular, the backlash against neoliberalism – not even impeachment will be enough to put the Trumpian genie back in its bottle.

Voir aussi:

Entretien. “Notre morale est limitée par notre appartenance à un groupe”
Pacific- Santa-Barbara

Courrier international
09/12/2016
Lire l’article original

Ce sont des systèmes de valeurs différents qui opposent libéraux et conservateurs, assujettissent notre sens moral et empêchent chacun des clans de percevoir d’autres réalités, assure le psychologue américain Jonathan Haidt.

Jonathan Haidt est l’auteur de L’Hypothèse du bonheur : la redécouverte de la sagesse ancienne dans la science contemporaine [Mardaga, 2010] et du best-seller The Righteous Mind [“L’Esprit vertueux”, inédit en français]. Il travaille actuellement à l’écriture d’un ouvrage sur le capitalisme et la morale.

Le domaine qui nous intéresse aujourd’hui est la psychologie morale. On étudie généralement la morale dans les facultés de philosophie et non de psychologie. Qu’est-ce que la psychologie morale ?

Jonathan Haidt : Il ne fait aucun doute que les philosophes peuvent nous aider à méditer sur ce que nous devrions faire, mais ce que nous faisons réellement est du ressort des psychologues. Nous étudions des aspects très divers de la nature humaine, dont la morale, le jugement moral, l’attitude morale, l’hypocrisie et la vertu. Autant de grands thèmes qui sont au cœur de la vie politique et de notre vie quotidienne.

Pour un psychologue, cela implique sans doute de mener des expériences, ou tout au moins des observations ?

Tout à fait. Cela fait intervenir des méthodes scientifiques qui ne sont d’ailleurs pas nécessairement expérimentales. Comme tout domaine dont l’étude est ardue, il convient d’utiliser un éventail de différentes méthodes : le travail de terrain, la lecture d’ouvrages variés, les entretiens avec des personnes qui ont des conceptions du monde différentes sur le plan moral, et ainsi de suite. En ce sens, cela se rapproche un peu de l’anthropologie.

Ces dernières années, on a assisté à certaines évolutions intéressantes, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) nous donnant désormais une idée de ce qui se passe sur le plan physiologique quand une personne prend une décision.

Oui. On peut noter deux choses. D’abord, cela nous a permis de confirmer que les jugements moraux proviennent bien de phénomènes qui se produisent dans le cerveau. Mais, le plus intéressant, c’est de voir quelles parties du cerveau sont particulièrement actives quand nous formons ces jugements. D’après l’étude initiale de Joshua Greene, et celle d’António Damásio avant lui dans les années 1990, les régions du cerveau associées aux émotions jouent un rôle prépondérant, alors que celles dédiées au raisonnement mettent parfois du temps à se manifester. Un des grands sujets du débat aujourd’hui est de savoir quelle part associer au raisonnement logique et quelle part associer aux émotions. Le cortex insulaire antérieur [ou insula frontale] enregistre un pic d’activité quand une chose nous répugne : je suis de ceux qui pensent que les réactions émotionnelles ont tendance à guider le raisonnement et je crois que la plupart des ouvrages de neurologie s’inscrivent aussi dans cette lignée.

Nous avons généralement tendance à nous dire que, lorsque nous prenons une décision d’ordre moral, il s’agit quelque part d’une décision rationnelle, qui ne relève donc pas uniquement de l’intuition viscérale. Êtes-vous en train de nous dire que c’est une forme d’aveuglement ?

Oui, exactement. Nous jugeons d’emblée. C’est une des grandes découvertes de la psychologie sociale ; on parle parfois de “révolution de l’automaticité”. Cela remonte à Wilhelm Wundt [psychologue et philosophe allemand], il y a cent vingt ans. En un quart de seconde, nous réagissons au visage des gens, aux mots, aux propositions. Le raisonnement n’intervient qu’ensuite, il est beaucoup plus lent. Robert Zajonc, le célèbre psychologue social, affirmait dans les années 1980 que “les préférences se passent de logique”.

Par exemple, notre esprit réagit à la nouveauté, comme devant une œuvre d’art, et cette réaction contraint ensuite la nature de notre raisonnement. Nous avons du mal à cerner le tableau d’ensemble et à voir ce qu’il montre. En revanche, nous n’avons aucun mal à nous dire : “Voilà l’hypothèse à laquelle je veux croire ; voyons maintenant si je peux trouver des informations pour l’étayer. Et si je n’en trouve pas, tant pis, je la laisserai tomber…” Mais, comme vous le savez, nous parvenons généralement à trouver des éléments pour l’étayer.

Donc vous êtes en train de dire que le raisonnement moral n’est qu’une forme de rationalisation ?

En grande partie, oui, quand nous concevons un raisonnement moral sur une chose qui nous concerne de près ou de loin. Certains prétendent que je nie l’existence de la rationalité, mais rien n’est plus faux. Nous sommes capables de raisonner sur toutes sortes de choses. Si je veux me rendre d’un point A à un point B, je vais chercher une solution, et si quelqu’un me contredit et m’affirme qu’il est plus rapide de passer par C, je le croirai.

Notre morale est contrainte par une multitude de facteurs, l’un des principaux étant notre appartenance à un camp. Tout le monde sait que les personnes politisées sont insensibles aux arguments du camp adverse. C’est ce qui conduit ce camp d’en face à penser que nous ne sommes pas sincères, que nous ne sommes pas “rationnels” ; et chaque camp pense la même chose de l’autre. Ce que vous pensez de l’avortement, des droits des homosexuels, de l’aptitude des mères célibataires à élever leurs enfants aussi bien que les couples mariés : toutes ces opinions vous rattachent à un camp et, si vous avez le malheur de changer d’avis, vous devenez un traître, vous ne serez plus invité aux soirées et vous risquez même de vous faire traiter de tous les noms.

Quelle preuve avez-vous que les jugements moraux ne sont pas rationnels ?

J’ai commencé à me pencher sur ces questions quand j’étais en troisième cycle universitaire. Je lisais des tas de livres d’ethnographie sur la façon dont la notion de morale varie d’une culture à l’autre. Toutes les cultures avaient des codes moraux – sur le corps, les menstruations, les tabous alimentaires – je lisais aussi l’Ancien Testament et le Coran, tous ces écrits. La morale qu’on y trouve y semblait en grande partie viscérale et difficilement justifiable si l’on en compare les coûts et les avantages. Les utilitaristes nous disent : “En fait, ces gens ont tout bonnement tort ; la morale est une question de bien-être, et tout ce que nous avons à faire, c’est d’optimiser ce bien-être.”

Si la plupart des gens étaient utilitaristes par intuition, je pense que nous pourrions en effet tenir ce raisonnement. Mais ce que l’on constate, c’est que les gens ne sont pas spontanément utilitaristes. Encore une fois, je ne veux pas dire que l’utilitarisme est dans l’erreur. Je dis simplement que les gens ont beaucoup d’intuitions morales et que les expériences menées sur la persuasion montrent qu’il est très difficile de convaincre les gens.

Dans le cadre de mes recherches, j’ai proposé aux gens des scénarios dont les personnages commettaient des actes rebutants ou peu respectueux, mais ne faisaient de mal à personne. Exemple : une famille mange son chien après que celui-ci s’est fait écraser devant la maison. Face à un tel scénario, les étudiants de l’Ivy League [qui regroupe les universités les plus prestigieuses des États-Unis] jugeaient généralement que c’était acceptable – du moment que la famille l’avait choisi. Nous étions donc en présence d’un groupe qui était rationnel et utilitaire ou, pourrait-on dire, attaché à la notion de droit.
Mais la grande majorité des gens, en particulier ceux appartenant à la classe ouvrière, au Brésil comme aux États-Unis, disaient : “Non, c’est mal, c’est irrespectueux, ce n’est pas moral.” Donc, sur un plan purement descriptif, la plupart des gens ont des intuitions morales qui vont à l’encontre de l’utilitarisme. Quand vous les interrogez sur leurs intuitions, ou si vous réalisez des expériences dans lesquelles vous les manipulez, vous pouvez guider leur raisonnement pour révéler ces intuitions.

Vous divisez ces intuitions en cinq catégories. Pourriez-vous les récapituler ici ?

Ce qui m’a frappé en lisant tous ces livres d’ethnographie et en travaillant en Inde, où j’ai fait des recherches pendant trois mois, c’est à quel point certains schémas se retrouvaient partout dans le monde, alors que l’expression finale de la morale est souvent unique et extrêmement variable d’une culture à l’autre.

Quels schémas fondamentaux l’évolution peut-elle expliquer ? On pense tout de suite à la réciprocité. [Le sociobiologiste] Robert Trivers a écrit [en 1971] un article resté célèbre sur l’“altruisme réciproque”. Certains affirment que le sens de l’équité et la réciprocité sont des constructions 100 % sociales, entièrement apprises de nos parents, mais cela ne tient pas. Même chose pour les attentions dont nous entourons notre vulnérable progéniture. Nous sommes des mammifères et nous avons les tendances des mammifères. Si vous considérez ces deux caractéristiques, la réciprocité et l’attention à la progéniture, vous constatez que le nativisme [théorie selon laquelle certaines facultés seraient présentes dans le cerveau à la naissance] a raison dans les deux cas.

Mes confrères et moi-même y avons ajouté les catégories suivantes : la fidélité au groupe (nous sommes doués pour les alliances), le respect de l’autorité, et le sacré ou la pureté (l’idée que le corps est un temple). Ces catégories sont uniquement descriptives et non normatives. Ce sont les cinq dont nous sommes convaincus, mais il en existe beaucoup d’autres. Aujourd’hui, nous estimons que la liberté est à part. Je pense que, à l’avenir, nous verrons dans la propriété ou la possession un fondement moral : on le constate dans l’ensemble du règne animal avec la notion de territorialité, et plusieurs laboratoires ont montré récemment que les enfants de deux ou trois ans avaient conscience de la possession (ce qui est dans la main de l’autre et pas dans la leur) et la prenaient en compte.

Une des observations intéressantes de vos travaux est que progressistes et conservateurs sont liés à des systèmes de valeurs différents.

Ce n’était pas l’objectif de départ. Je m’intéressais à la façon dont la culture variait d’un pays à l’autre, notamment au contraste entre l’Inde et les États-Unis. Ce que j’ai découvert dans mes premiers travaux, c’est que la classe sociale était un facteur qui comptait parfois plus que la nationalité. J’ai commencé à travailler sur la question, et c’est comme cela que mes confrères et moi sommes arrivés à cette liste de fondements moraux. J’étais en train de faire ces recherches sur la morale quand les démocrates ont perdu l’élection [présidentielle] de 2000 aux États-Unis, puis ont reperdu en 2004 [Al Gore puis John Kerry ont perdu face au républicain George Bush].

À l’époque, j’étais un progressiste convaincu : je ne pouvais pas voir George Bush en peinture. Je voulais me servir de mes travaux pour aider les démocrates à comprendre la morale des Américains, parce que Bush la comprenait, mais pas Al Gore. Donc, quand on m’a invité à prononcer un discours devant les démocrates de Charlottesville en 2004, juste après l’élection, j’ai pris ma théorie transculturelle et je l’ai appliquée à la gauche et à la droite, comme s’il s’agissait de cultures différentes.

Cela a bien fonctionné. Je m’attendais à me faire manger tout cru : en gros, j’étais en train de dire à une salle remplie de démocrates que, s’ils avaient perdu, ce n’était pas à cause de Karl Rove [le conseiller politique de George Bush], de subterfuges ou de sorts qu’on leur aurait jetés, mais parce que les démocrates (ou les progressistes) avaient un éventail de fondements moraux plus étriqué – ils se focalisent sur l’égalité et la protection sociale, mais ne comprennent pas ­ou ne communiquent pas sur les valeurs viscérales, patriotiques, religieuses, hiérarchiques, basées sur l’appartenance au groupe, qu’ont la plupart des Américains.

Cela sous-entend que vous avez aidé les démocrates à reprendre à leur compte des vertus ou des raisonnements moraux qui ne leur sont pas naturels. C’est un peu comme si vous leur suggériez de faire preuve d’hypocrisie dans la transmission de leurs idées.

Au départ, je voulais simplement faire gagner les démocrates. Fallait-il leur conseiller d’exploiter une vertu (qu’ils la possèdent ou non) ? La question était posée. Ce qui est sûr, c’est que mon opinion évoluait à mesure que j’avançais. Je faisais un travail de terrain ethnographique : je lisais les journaux conservateurs, je m’étais abonné au câble pour pouvoir regarder Fox News [une chaîne américaine d’information en continu réputée pour ses positions conservatrices] et, au début, j’ai été choqué.

Et puis, quand j’ai commencé à comprendre, à voir qu’il y a une cohérence dans leurs points de vue, que si vous vous souciez vraiment de la responsabilité de chacun et que vous êtes vraiment indignés par les parasites, les assistés, les gens qui font n’importe quoi, vous n’avez pas envie que la société leur vienne en aide. En découvrant ces valeurs, j’ai compris pourquoi certains considéraient l’État providence comme une des inventions les plus scandaleuses qui soient. J’ai donc commencé à identifier les sujets sur lesquels chaque camp voyait juste, certaines menaces, certains problèmes.

Une fois que vous faites partie d’un clan moral qui vous assujettit, vous ne voyez plus les autres réalités. Cela vous empêche de voir les faits qui ne cadrent pas avec votre réalité. J’étais en train d’écrire le chapitre 8 de The Righteous Mind, dans lequel j’essayais d’expliquer la vision qu’ont les conservateurs de l’équité et de la liberté. Je l’ai confié à ma femme pour qu’elle le relise en lui disant que je ne pouvais plus me considérer comme un progressiste, étant donné que, à mes yeux, chaque camp voyait juste sur certains sujets.

Le lien de cause à effet entre vos recherches empiriques et votre revirement politique a donc été assez direct ?

Absolument. Étudier la morale revient à étudier le système d’exploitation de votre vie sociale. Comme le système d’exploitation du monde universitaire est très progressiste, ou disons de gauche, j’étais prisonnier du camp progressiste. J’essayais d’aider mon camp à gagner, comme l’aurait fait un militant. Nous débattons beaucoup en psychologie sociale de la question de savoir s’il est acceptable de militer, parce que beaucoup de psychologues sociaux le font, notamment sur les questions relatives à l’origine ethnique et au genre, et la plupart des gens pensent que cela ne pose pas de problème. Mais j’ai fini par me dire que c’en était un.

Une fois que vous faites partie d’un camp, le raisonnement militant et le “biais de confirmation” [biais cognitif consistant à privilégier les informations confirmant nos idées préconçues ou nos hypothèses] pèsent si lourd que vous trouvez des éléments pour étayer tout ce que vous avez envie de croire. J’aimerais me dire que mes travaux, au bout du compte, m’auront aidé à quitter le camp auquel j’appartenais pour devenir un électron libre.

Tirez-vous une généralité de votre propre expérience ? Ou bien êtes-vous en train de dire que les sociologues devraient se tenir à l’écart de la vie politique ?

Ce que je suis en train de dire, c’est que, si vous êtes partisan, vous n’allez pas proposer une analyse équitable de la réalité. Une démarche scientifique rigoureuse n’implique pas nécessairement que nous soyons tous neutres et impartiaux. Si la science fonctionne aussi bien, ce n’est pas parce que les scientifiques sont rationnels, c’est parce que la science en tant qu’institution garantit que tout ce qui sera dit sera remis en cause.

Tant que ce marché intellectuel fonctionne, tant qu’il y aura des gens pour prendre le contre-pied, des spécialistes de votre discipline pour réfuter ce que vous dites, la science pourra regorger d’opinions partisanes, ce ne sera pas gênant. Le problème, c’est quand tout le monde a les mêmes partis pris, il n’y a plus personne en face. Il y a alors des risques que le groupe parvienne à des conclusions qui sont tout bonnement erronées. C’est ce qui s’est produit, non pas sur tous les sujets, mais sur certains sujets sensibles, comme l’origine ethnique, le genre, et la politique.

Vous êtes psychologue de formation et la psychologie est généralement considérée comme une science sociale. Vous voyez-vous comme un sociologue ?

Oui, j’étudie la morale et, à ce titre, je suis sociopsychologue. Mais comme j’étudie un sujet précis sous une multitude d’angles différents, certains de mes écrits préférés sont l’œuvre d’historiens, d’économistes, d’anthropologues et de philosophes, notamment de philosophes qui lisent de la littérature empirique. Je me considère presque autant sociologue que psychologue social.

Y a-t-il un trait distinctif du sociologue que l’on ne retrouve pas chez le scientifique ou chez le philosophe ?

Les sciences naturelles sont le prototype de ce que nous pensons qu’est la science. Si vous étudiez les roches ou les quarks [des particules élémentaires de la matière], et qu’il existe une expérience définitive à réaliser, que vous préparez l’expérience en question, que vous obtenez des résultats, les choses sont claires, faciles à comprendre. Les roches et les quarks font exactement ce que les lois de la physique leur disent de faire. Les sciences sociales sont nécessaires parce que nos sujets d’étude ont une conscience et des intentions. Ce sont des “propriétés émergentes” que les roches et les quarks ne possèdent pas. L’étude des gens et des systèmes sociaux nécessite une boîte à outils différente et des modes de pensée différents, et vous ne pouvez pas éviter la question du sens. Si la notion de sens n’est pas pertinente en sciences naturelles, elle est incontournable en sciences sociales.

David Edmonds et Nigel Warburton

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Le cavalier et l’éléphant

Dans son ouvrage The Happiness Hypothesis (L’Hypothèse du bonheur : la redécouverte de la sagesse ancienne dans la science contemporaine, paru au éditions Mardaga en 2010) , Jonathan Haidt explique que, selon lui, l’esprit est divisé en plusieurs parties. Ce qu’il exprime à l’aide d’une métaphore devenue célèbre, où notre cerveau serait comme un cavalier juché sur un éléphant. Le cavalier représente la partie rationnelle, la part de nous qui planifie, résout des problèmes, décide d’aller dans telle direction, mais c’est l’éléphant, représentant le système émotionnel, qui fournit l’énergie nécessaire au voyage. Ce déséquilibre entre le petit cavalier et l’énorme éléphant souligne la prépondérance du rôle de nos émotions dans les processus de prise de décision.

2,5 millions

C’est le nombre de fois qu’a été vue la vidéo dans laquelle Jonathan Haidt évoque les racines morales des libéraux et des conservateurs. Il s’agit d’une conférence de 18 minutes filmée en 2008 dans le cadre de ce que propose depuis 1984 l’organisation à but non lucratif TED. Dans la vidéo mise en ligne le 8 novembre 2016 sur la plateforme TED, à la veille de l’élection de Donald Trump aux États-Unis, le psychologue social s’interroge sur la façon dont le pays pourra se remettre d’une élection présidentielle particulièrement “négative et partisane”. Deux semaines plus tard, cette vidéo comptait déjà plus de 900 000 vues.

 Voir également:
Jérôme Jaffré : « Le sens du vote a perdu en clarté »
PROPOS RECUEILLIS PAR ALBERT ZENNOU
LE FIGARO.- Dans cette présidentielle  totalement atypique, le nombre d’indécis  à 20 jours du scrutin n’a jamais été aussi  élevé. Comment l’expliquez-vous ?
Jérôme  JAFFRÉ.   –  Beaucoup de Français  ne reconnaissent plus l’élection présidentielle telle qu’elle est fixée par la Ve République, c’est-à-dire le moment d’un choix décisif  et  clair  sur  l’orientation  du  pays.   Un  récent  sondage  OpinionWay  montre  que 83 % des Français jugent la campagne  de  mauvaise  qualité.  Elle  est  vue  comme   un  spectacle  soit  désolant  (les  affaires),   soit  attrayant  (les  débats).  La  percée  de   popularité de Mélenchon se fait dans tous  les  électorats, comme  si  les  Français  saluaient l’artiste indépendamment du choix politique qui leur est proposé.
Que traduit cette indécision ? 
L’indécision  touche  40  %  des  électeurs  là   où  d’habitude  à  ce  stade  de  la  campagne   elle  oscille  entre  25  et  30  %.  Le  poids  des   partis a diminué avec à la clé des électorats  beaucoup plus flottants. Au surplus, le sens  du vote dans cette élection a perdu en clarté. Deux repères habituels sont émoussés :  le   vote-sanction,   qui   avait   poussé   par    exemple beaucoup d’électeurs à se mobiliser contre Sarkozy en 2012. Or, le retrait de François  Hollande  a  amoindri  cette  dimension. Il n’y a pas non plus de vote-espoir.  Les  sondages  montrent  que  quel  que   soit l’élu, les Français ont le sentiment que  la situation du pays ne s’améliorera pas.
Peut-on faire le lien entre indécision  et abstention ?
Il existe un lien entre les deux. L’abstention  est  évaluée  15  points  au- dessus de ce qu’elle était au même  moment  en  2012.  C’est  énorme.  Cela représente entre 6 et 7 millions  d’électeurs  supplémentaires  qui  ne   sont  pas  encore  mobilisés.  Ce  qui   prouve une extraordinaire  difficulté  des  Français  à   entrer  dans  l’élection  et   un   accroissement   de    leur   distance   vis-à- vis de la politique et  des  partis.  Paral- lèlement,  il  y  a   une   plus   forte    indécision   chez    les    votants    qui     déclarent  plus  volontiers pouvoir changer  d’avis,   ce   qui   traduit  une  distance vis-à-vis des  candidats.  C’est  le  poids  de  l’affaire   Fillon,  le  positionnement  volontairement   confus de Macron, la crise profonde des socialistes.   Mais   une   distinction   doit   être    opérée.  Ainsi  Marine  Le  Pen,  dont  on  sait   qu’elle  possède  l’électorat  le  plus  solide,  a   un  concurrent  naturel  :  l’abstention.  Elle   s’appuie  en  effet  beaucoup  sur  les  catégories populaires qui sont plus abstentionnistes. A contrario, les électeurs les plus éduqués et appartenant aux catégories sociales  les  plus  élevées  sont  aujourd’hui  plus  mobilisés mais aussi plus indécis. Selon Ipsos,  41  %  des  cadres  le  sont  contre  seulement   27 % des ouvriers.
Y a-t-il aujourd’hui une indécision  de droite et une indécision de gauche ?
Il  y  a  une  forte  indécision  à  gauche  qui   touche  en  particulier  les  électorats  Hamon  et  Macron.  Pour  deux  raisons  différentes. Pour le premier, il y a un doute sur  l’utilité de son vote en faveur du candidat  socialiste. Pour les électeurs Macron, il y a  un doute sur le sens de leur choix : qui est  réellement Macron, quelle est la nature de  son programme, avec qui va-t-il gouverner ? À droite, le problème est celui de la  dispersion.  Analyser  le  devenir  des  électeurs  Sarkozy  du  1 er   tour  de  2012  est  instructif.  Sur  les  27  %  obtenus  par  l’ancien   président, 15 points se portent sur Fillon,  6 sur Macron, 4 sur Marine Le Pen et 2 sur  les  autres  candidats.  L’électorat  Sarkozy   2012  est  complètement  dispersé  !  Fillon  a   un  électorat  très  solide  mais  installé  sur   une base trop étroite. L’urgence pour lui,  c’est  moins  de  rechercher  un  supposé   vote  caché  que  de  faire  revenir  derrière  lui les électeurs de droite.
Le favori des sondages est rarement élu…
C’est assez vrai mais surtout à six mois du  scrutin,  pas  à  trois  semaines  !  Mais  on  a  une  élection  hors  du  commun  avec un risque d’écroulement du PS qui dominait  la  gauche  depuis  quarante ans, la dispersion des électeurs  de  la  droite  qui  pourrait conduire  à  sa  défaite et paradoxalement la victoire possible d’un candidat du centre alors même  que  le  pays  se  droitise. Il est même possible que le scrutin dé- cisif cette année pour connaître l’orientation politique du pays soit les  législatives, pas  la  présidentielle. De  quoi  faire  se  retourner dans sa tombe le général de Gaulle !

Voir encore:

«Une trahison française», le brûlot de Waleed Al-Husseini face à l’islamisme

Waleed Al-Husseini, Palestinien réfugié en France, sort son deuxième ouvrage. Dans Une trahison française, il dénonce avec véhémence cette France qui s’accommode, voire s’acoquine, avec l’islamisme. Au risque de mettre en péril les valeurs de cette République qui l’a tant fait rêver.

Le jeune Waleed Al-Husseini a mûri. Peut-être est-ce grâce, ou à cause, de son quotidien pour le moins laborieux sur le sol français. Dans son premier ouvrage, Blasphémateur ! Les prisons d’Allah, le jeune palestinien racontait son histoire de blogueur incarcéré puis torturé en Cisjordanie pour avoir osé critiquer l’islam. Le jeune homme évoquait sa joie d’être arrivé, grâce aux autorités françaises, dans la patrie des Lumières en 2012.

Quel ne fut pas son désenchantement. La tristesse de Waleed Al-Husseini devenu réfugié politique s’est convertie en colère pour ne pas dire en rage. Pour l’auteur, l’islamisme qu’il a quitté en s’exilant de Palestine imprègne de manière croissante la France de Voltaire, non pas parce qu’il est supérieur, mais parce que la société française et ses politiques se taisent, s’y habituent, voire l’utilisent à des fins électoralistes. Dans Une trahison française, sous-titrée « Les collaborationnistes de l’islam radical dévoilés », Waleed Al-Husseini a décidé de tirer la sonnette d’alarme face à cette dangereuse complaisance. Il pousse un cri pour que les Français « sauvegardent leur liberté d’expression et de foi ».

« Tous des collaborateurs par inaction »

En 280 pages, le jeune Palestinien dresse un état des lieux de son pays d’accueil, il s’interroge, analyse – et il sait de quoi il parle puisqu’il était musulman avant de devenir athée – et supplie les dirigeants de son pays d’adoption d’ouvrir les yeux. « J’ai constaté que la France était victime d’une multitude de trahisons. Il en va de nombreux politiciens qui, durant ces dernières décennies, ont cohabité avec la « bête » (l’islam radical, ndlr) à des fins électoralistes, mais aussi d’intellectuels à la vision et à la pensée tronquée par le « tiers-mondisme » et le « droit-de-l’hommisme » ; tous des collaborateurs par inaction qui sacrifient leur pays sur l’autel d’un combat d’arrière-garde. »

Préserver la paix civile et pratiquer la politique de l’autruche en évitant la confrontation politique, intellectuelle et spirituelle est loin d’être la solution, elle ne peut que mener à la perte de la liberté d’expression. Et le jeune réfugié politique de dénoncer tour à tour le halal que les islamistes veulent imposer dans les cantines scolaires, les horaires de piscine aménagés pour les femmes, etc.

Waleed Al-Husseini décortique avec virulence la situation : la laïcité est en péril et l’islamisme s’immisce dans la société française. Parce que l’islam en France n’est plus une simple religion, une « affaire personnelle », mais tente de faire de la politique et du social. Et cet islam politique vise à faire passer la charia au-dessus des lois de la République.

« Islamophobie », un mot dont usent les islamistes

Et l’auteur d’évoquer l’utilisation croissante du terme « islamophobie », un mot qui « fait le jeu des islamistes » qui se posent alors en victimes. « Pourquoi ne pas avoir de haine envers ceux qui propagent la haine ? », s’interroge le réfugié politique. Dès lors, comment oser parler de « vivre ensemble » alors que l’islamisme, qui entend l’application de la charia dans tous les domaines, ne peut respecter la République et ses lois ? « En refusant d’affronter l’islamisation, de peur d’être taxée d’islamophobe, en tolérant les violations de la laïcité, la société française est complice de l’essor du terrorisme en France. La classe politique, à la recherche du vote islamique, est également complice. »

Dernier exemple en date, évoqué avec Waleed Al-Husseini, le spectacle tiré du texte posthume de Charb – l’une des nombreuses victimes de Charlie Hebdo – qui a été annulé à Lille sur demande de la Ligue des droits de l’homme. Lettres aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes, qui répond à ceux qui accusaient le journal satirique de provocations envers les musulmans, est pourtant lue depuis plus d’un an en milieu scolaire. En cause ? Une « crainte de débordements » du côté de Lille. Une pierre de plus à l’édifice du réfugié palestinien pour démontrer que la liberté d’expression a bel et bien du plomb dans l’aile en République française. Et de citer en exemple la polémique sur le voile, un thème sur lequel plusieurs politiques ont été pour le moins flous, voulant « adapter » le port du voile à la France : « Comment peut-on imaginer que cet anéantissement de l’individualité puisse relever du choix ? »

Ouvrir les yeux

Pour Waleed Al-Husseini, ce n’est ni la pauvreté ni la marginalisation qui transforme des citoyens en terroristes, c’est l’islamisation. Et les politiques de tous bords ne doivent pas « adapter » la loi de 1905 à l’islam, mais la faire respecter dans son intégralité. S’ils ne le font pas, s’ils continuent de fermer les yeux, l’auteur est convaincu que le pire est à venir, en matière de terrorisme principalement.

L’autre problème majeur constaté par le jeune essayiste est que la majorité des musulmans de France se sentent d’abord musulmans avant de se sentir français, et cela parce que nombre d’imams incontrôlés et incontrôlables prêchent cette doctrine-là. La charte de l’imam adoptée ce 29 mars en témoigne.

Fustigeant à tout-va la gauche française, et dans une moindre mesure la droite (Benoît Hamon, Nicolas Sarkozy, entre autres), on se demande si Waleed Al-Husseini ne fait pas le jeu des extrêmes et n’est pas raciste. Il se défend : « C’est à se demander qui est raciste. Celui qui veut défendre sa société et ses valeurs ou celui qui veut imposer ses valeurs ? » Et le jeune écrivain d’arguer qu’au contraire, l’expansion de l’islamisme fait aussi le jeu de l’extrême-droite qui l’utilise à des fins électoralistes.

Waleed Al-Husseini fait une prière : que tous les musulmans qui souhaitent la modernité réclament le droit élémentaire à la liberté d’expression, s’insurgent contre leurs institutions rétrogrades et adhèrent pleinement aux valeurs de la République.

Aujourd’hui, Waleed Al-Husseini est menacé, oralement et physiquement. Il vit sous protection policière. Il regrette amèrement que la vie d’athée/ex-musulman en France soit de plus en plus difficile à vivre pour certains de ses compatriotes. Une trahison française risque d’accroître sa liste de pourfendeurs et il en est conscient. « Cette entreprise dressera contre moi une grande partie de la communauté musulmane et l’ensemble des organisations islamiques, religieuses et politiques », écrit-il. Mais rien ne l’arrête et le jeune polémiste entend bien continuer son combat pour, dit-il, agir avant qu’il ne soit trop tard.

♦ Une trahison française, Ring Editions, sortie le 30 mars 2017. 18 euros.


Immigration: Attention, une xénophobie peut en cacher une autre (It’s not just a Western thing, stupid !)

29 mars, 2017
Police fired tear gas, water cannon and rubber bullets to disperse marches by hundreds of protesters in Tshwane on Friday, after mobs looted stores believed to belong to immigrants. (Reuters)

Un policier disperse une manifestation contre l’immigration clandestine à Pretoria, le 24 février 2017, en Afrique du Sud.

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Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
En présence de la diversité, nous nous replions sur nous-mêmes. Nous agissons comme des tortues. L’effet de la diversité est pire que ce qui avait été imaginé. Et ce n’est pas seulement que nous ne faisons plus confiance à ceux qui ne sont pas comme nous. Dans les communautés diverses, nous ne faisons plus confiance à ceux qui nous ressemblent. Robert Putnam
Un ancien conseiller d’Hillary Clinton était à Paris la semaine dernière, John Podesta. Il racontait que la plupart, une grande partie, des électeurs américains se sont décidés dans la dernière semaine de campagne. Ce qui peut aussi se produire en France parce que (…) il y a beaucoup de gens qui sont indécis. Et sur la majeure partie de ces gens qui se sont décidés la dernière semaine, une grande partie d’entre eux ont voté pour Donald Trump. Que vont faire aujourd’hui les Français dont on dit aujourd’hui qu’ils vont s’abstenir? L’enquête Ipsos qui avait été publiée dans Le Monde début mars disait qu’il y  avait à peu près (…) 32% d’abstentions. Et sur ces 32%, vous en avez 45% de gens qui s’autopositionnent à droite. C’est énorme ! Si ces gens-là décident, la dernière semaine, après le dernier débat le 20 avril de se dire: ‘Finalement, Fillon, oui, c’est mon candidat.  » Ca change tout. Ca peut faire basculer.  Carl  Meeus (Figaro magazine)
De ce point de vue une récente étude qualitative parue dans le Journal du Dimanche a souligné que pour une majorité de français (52%) Emmanuel Macron ne rassure pas. L’inquiétude qu’il suscite influe fort logiquement sur l’appréhension de son aptitude à habiter la fonction qui ne remporte pas non plus l’adhésion des sondés. Quand bien même le candidat pourrait toujours certes se rassurer en observant que ses concitoyens lui accordent majoritairement une proximité vis-à-vis de leurs préoccupations ainsi qu’une capacité à réformer le pays, sa personnalité interroge. Cette interrogation ouvre aussi une explication à la cristallisation relative, quoiqu’en progrès, des intentions de vote les plus fermes et les plus déterminées en sa faveur. Il existe à vrai dire un mystère Macron, un «je-ne-sais-quoi et presque rien» d’instable, d’inachevé qui entretient comme «l’ombre d’un doute»… Les Français, peuple d’épargnants, peuvent aimer l’aventure mais instruits par leur propre histoire ils la préfèrent très généralement dans la fiction, dans les romans d’Alexandre Dumas ou de Jules Verne , plus rarement quand il s’agit de s’y adonner eux-mêmes. À plusieurs reprises ces derniers jours, le leader d’En Marche! est venu corroborer malgré lui le voile de scepticisme qui enveloppe son comportement, son positionnement et son projet. Alors que des sondages instantanés le consacraient comme le «vainqueur» du premier débat présidentiel , une partie de la presse étrangère estimait que sa prestation l’avait plutôt desservi. Les réseaux, quant à eux, ne manquaient pas de bruisser avec ironie sur ses accords explicites et répétitifs avec François Fillon tout en moquant des agacements trahissant pour nombre de «twittos» une fébrilité et une nervosité peu maîtrisée. Très vite sur le sismographe ultrasensible de la campagne s’évanouissaient les premières appréciations positives postdébats, lesquelles se modéraient au fur et à mesure du retour à la campagne de terrain. Coup sur coup l’échec patent du meeting réunionnais et la gaffe géographique relative à une Guyane soudainement devenue insulaire dans la bouche de l’ancien ministre de François Hollande, alimentaient cette impression de trou d’air que les ralliements de quelques figures socialistes essentiellement, plus rarement à droite (et encore le plus souvent retirées de la politique active pour ces dernières) ne sauraient combler. Par-delà sa personnalité, c’est bien la stratégie de Macron qui interpelle. Trop de com’ finissant par tuer la com’, cette dernière, hypervisible, apparaît crûment pour ce qu’elle est: la seule cohérence d’un homme dont la ligne brisée sur les marches de la droite et de la gauche ne parvient pas à stabiliser un projet, encore moins à offrir un contenu autre que… «communicant». À La Réunion dans une île socialement souffrante, le télé évangélisme souriant et artificiellement participatif a fini par vider les rares travées occupées par un public clairsemé. Images terribles, peu reprises en boucle par les chaînes info mais «viralisées» par les médias sociaux, et qui renvoient implicitement à ce soupçon de vide qui lancinant accompagne la démarche du jeune postulant à l’Elysée. Le lapsus guyanais, quant à lui, au moment où la région s’enflamme relèverait de l’insignifiance s’il ne contribuait à entretenir des réserves sur la dimension «présidentiable» de l’impétrant à l’heure où la digitalisation subvertit toujours plus l’assurance des hommes publics en les exposant en temps réel à leurs contradictions, leurs oublis, leurs imprécisions et parfois leurs lacunes. Au fond ce sont les limites de la com’ qu’éprouve soudainement Emmanuel Macron: confronté à l’extrême visibilité il en subit tous les risques ; s’efforçant de toujours plus contrôler et scénariser ses apparitions, son comportement en est d’autant plus disséqué et scanné, laissant peu de places désormais à l’indulgence et à l’inattention des observateurs ; s’adressant prioritairement aux médias, il en oublie le peuple. À trop vouloir embrasser tous les codes de la com’ du médiatiquement lisse et correct, il en oublie aussi la politique… Ce qu’a contrario le vieil animal des tréteaux électoraux, Jean-Luc Mélenchon réintroduit non sans gourmandise: le peuple et la politique, ces deux grandes figures de la mythologie nationale, égrènent de toute part la narration du héraut de l’insoumission. Les mobilisations physiques réussies de sa manifestation pour une mythique VIe République et son meeting de Rennes viennent aussi rappeler, par contraste avec les démonstrations formatées et un tantinet kitchissimes du jeune favori des sondages et des médias, que la politique se fait aussi avec des gens, des foules, de la sueur et des cris, des colères et des sentiments, tout ce que la com’ aseptisée du jeune Macron tend à tenir à distance, voire à exfiltrer, pour ne pas dire évacuer… Là où le communicant paraît s’essouffler, si ce n’est stagner, le politique regagne du terrain, relance sa campagne, redonne à entendre ce qu’est la rhétorique tribunitienne, incarne une histoire de chair et d’os ; il fait en quelque sorte ce qu’on attend de lui: de la politique! Et tout laisse à penser que cette élection sera politique ou ne sera pas. Arnaud Benedetti
Englué dans des affaires qui le discréditent toujours un peu plus, le candidat de la droite a décidé de se maintenir et à continuer sa campagne. Pour cela, il a choisi une stratégie suicidaire pour son camp politique, celui de la dénonciation d’un complot contre lui. Dès le départ, la droite a cherché à mettre en cause la gauche dans la responsabilité des révélations faites au Canard enchaîné. Une accusation guère crédible, car quand on regarde vers le passé, ce genre de barbouzerie vient toujours du bord de la victime. Les « amis » politiques de la personne atteinte sont à la fois les premiers bénéficiaires de sa chute, mais aussi ceux qui sont les plus à même d’avoir les éléments pour le faire tomber. On regarderait du coté des sarkozystes, on serait sans doute plus proche de la réalité qu’en pointant François Hollande… Autheuil
Il faut dire qu’avec quatre fois plus d’homicides qu’à Marseille et une dégradation des conditions de sécurité, la Guyane se rapproche de ses voisins brésiliens et guyaniens et dépasse le Surinane en termes de taux d’homicides par habitant. Pourtant, ce mouvement, comme celui de 2009, a le mérite de mettre en lumière le profond malaise des sociétés ultramarines lié à l‘échec de 70 années de départementalisation. Le soutien populaire rappelle les différentes révolutions comme celles en Ukraine ou en Géorgie où les peuples réclamaient la considération et une plus grande justice sociale. Et se posent d’abord, le besoin d’un mieux d’Etat dans la question sociale. Les ultramarins ne veulent plus être marginalisés dans la République et ils posent la question de la présence et de l’efficience de l’Etat. Ils revendiquent aussi l’égalité. Les ultramarins se sentent d’abord Français mais la France les considère-t-elle comme des Français faute de véritables plans de rattrapage comme cela a été fait pour la Corse. Sur ce malaise, surfent des groupuscules qui s’interrogent sur l’appartenance à l’ensemble français. «Ne vaudrait-il pas mieux être indépendant? N’irions-nous pas mieux?» C’est une arrière-pensée par laquelle on voudrait montrer la faillite de l’Etat, donc de sa politique d’intégration de la Guyane dans la République. Il est grand temps pour le gouvernement d’assumer ses responsabilités. D’abord à court terme avec des ministres responsables qui répondent à la demande unanime des acteurs guyanais et se rendent sur place pour trouver une sortie honorable avant qu’ils ne soient contraints à le faire avec un prix politique plus lourd en raison d’une situation détériorée par les débordements violents et le risque d’embrasement généralisée en cas de bavures des forces de l’ordre. Il faut ensuite considérer la légitimité des demandes de remise à plat du système car depuis soixante dix ans et la départementalisation, malgré les progrès, on est loin du compte. Les DOM souffrent de chômage, de vie chère et de pauvreté, et d’injustice aussi. La seule comparaison de l’effort total net de la nation pour les outre-mer en 2013, 22,5 Mds d’euros, soit 2,2% des 1000 milliards de dépenses de l’Etat et de la sécurité sociale, pour 4% de la population, démontre le fantasme de l’assistanat. Certains territoires reçoivent d’ailleurs moins de crédits publics que la moyenne nationale par habitant, comme La Réunion qui perçoit 5% de moins et qui a vu ses transferts régresser de 17% en 5 ans. S’agissant des emplois publics, 8,16% de la population, ils sont plus élevés d’un point que la moyenne nationale, mais c’est le cas aussi pour d’autres régions hexagonales comme le Limousin (8,19%). Les outre-mer se situent toujours en queue de peloton des territoires nationaux. La situation économique et sociale demeure précaire: en 2009-2012, le PIB/habitant dans les DOM représentait, en moyenne, 62 % du niveau de l’hexagone, soit 83,2 % de la région métropolitaine la plus pauvre (Picardie) en 2012. Il s’échelonnait dans les quatre DOM «historiques», entre la moitié (Guyane) et les deux tiers (Martinique: 68,5 %) de la moyenne hexagonale et seulement 25,7 % de ce niveau à Mayotte (2011). Le chômage intolérable touche plus d’un actif sur cinq dans chaque département, avec un record à La Réunion (29 %). Les taux de chômage des jeunes (enquête emploi 2013) se situent entre 37,4% à Mayotte, 60,6% à La Réunion et 68,2 % en Martinique, contre 24,6% dans l’hexagone. Les quatre DOM «historiques» concentrent 6,7 % du total des chômeurs inscrits depuis plus d’un an, pour 2,9 % de la population. Le taux de pauvreté est trois et quatre fois plus élevés que dans l’hexagone: il s’établit par exemple à 42 % en 2010 à La Réunion, contre par exemple 24,8 en Seine-Saint-Denis en 2011. Les retards sont considérables en matière de santé (retard de 23 ans à La Réunion en terme de baisse de la mortalité infantile en 2011 ; retard de 27 ans en Martinique ; de 39 ans à Mayotte!). Cette exigence d’égalité réelle, la France la doit à l’Outre-Mer. C’est aussi son intérêt. Il ne saurait y avoir de territoires durablement délaissés. On ne peut plus accepter au XXIème siècle une situation d’inégalité collective qui différencie, discrimine et condamne selon que soit né en outre-mer ou dans l’Hexagone. Patrick Karam
South African musician Steve Hofmeyr has claimed that the number of white South Africans killed by blacks would fill a soccer stadium, that white Afrikaners are being killed “like flies” and that a white farmer is murdered every five days. But the claims are incorrect and grossly exaggerated. In fact, whites are less likely to be murdered than any other race group. (…) A 2004 report published in the SA Crime Quarterly compares homicide rates across all races from 1937 to 2003. Based on this, it is clear that homicide rates for all races increased over this period  (although they fell somewhat from 2003 onward). However, the increase in the white homicide rate began in the late 1970s and has remained markedly less than the increase in murder rates for all other race groups. (…) The “murder gap” between Interpol and SAPS numbers is easier to explain. Altbeker told Africa Check that Interpol combined both murder and attempted murder figures for South Africa, resulting in inflated numbers. This is confirmed by the 1999 Global Report on Crime and Justice published by the United Nations Office for Drug Control and Crime Prevention. Altbeker wrote extensively about the challenges with international crime data collection and comparison in a separate paper. (…) Whites are far less likely to be murdered than their black or coloured counterparts,” Lizette Lancaster, who manages the Institute for Security Studies crime and justice hub, told Africa Check. This is supported by an analysis of a national sample of 1,378 murder dockets conducted by police in 2009.  In 86.9% of the cases, the victims were Africans. Whites accounted for 1.8% of the cases (although whites make up 8.85% of the population). According to Lancaster official police statistics show that between April 1994 and March 2012 a total of 361 015 people were murdered in South Africa. Applying the 1.8% figure, it would mean that roughly 6,498 whites have been murdered since April 1994. Even if there were some variation on the 1.8% figure, the number of white murder victims would still fail to come anywhere close to filling a soccer stadium. The fact is that whites are less likely to be murdered than any other race in South Africa. The current murder rate of white South Africans is also equivalent to, or lower than, murder rates for whites recorded between 1979 and 1991. According to the 2011/12 SAPS annual report, Lancaster said,“only about 16% of murders occurred during the commission of another crime, mainly aggravated robbery. About 65% of murders started off as assaults due to interpersonal arguments and fuelled by alcohol and/or drugs, result[ing] in a murder”. The vast majority of murders are, she said,“social fabric crimes often perpetrated by friends or loved ones”. The 2012 Victims of Crime Survey confirmed this assertion, stating that 16.1% of victims were “murdered by unknown people from outside their residential area” with an additional 10.9% of “murders … committed by known perpetrators outside [the victims’] residential area”, and the balance of homicides committed by community members, spouses and friends or acquaintances. (…) The interpretation of data on “farm attacks” is problematic as it relies on old police data and current, self-reported data collected and submitted by the Transvaal Agricultural Union of South Africa (TAUSA). TAUSA figures for the 22 years between 1990 and 2012 state that 1,544 people were killed in farm attacks, an average of about 70 a year or one every 5.2 days. A report by trade union Solidarity, issued in 2012, found that 88 farmers were murdered in the 2006 to 2007 financial year. (…) According to a 2003 police committee of inquiry into farm attacks, cited by Solidarity, 38.4% of farm attack victims were described as being black, coloured or Asian. TAUSA’s figures suggest that 208 (or 13.5%) of those murdered in farm attacks between 1990 and 2012 were black. Hofmeyr’s statement that a white farmer is murdered every five days is therefore also incorrect. The claim would only be true if he included all farm attack victims of all races. (…) Steve Hofmeyr issued a written response to both this report and an article confirming Africa Check’s findings which was published by the Afrikaans newspaper, Rapport. The numerous claims Hofmeyr made and the “statistics” he presented do not add up. Since it was published, his post has had to be updated several times, removing, among other things, data that he claimed related to South Africa which actually came from another continent (and was also misconstrued). Hofmeyr’s strongest argument boiled down to this: “Far more than facts, it is people’s emotions and experiences that matter … So ‘our people die like flies’ is still applicable, emotionally – and does not need to be supported by facts.” Africa Check understands that perceptions do of course matter. As stated in our report, South Africa has one of the highest crime rates in the world and all murders are to be abhorred. Crime data, like all data everywhere, could and should be improved. This is something Africa Check is campaigning for. However, this is not a reason to dismiss inconvenient facts as Mr Hofmeyr does. Africa check
Je me suis rendu compte qu’il y avait des Camerounais qui ne savaient pas qu’au Cameroun on rapatrie les sans-papiers. Qu’ils sont arrêtés, placés en cellule, frappés quotidiennement, jusqu’à ce qu’ils trouvent un moyen de rentrer chez eux ! Ce fut le cas d’un Béninois qui me racontait son calvaire camerounais. Le visa pour le Ghana est l’un des plus exorbitants en Afrique. En plus, les policiers frappent les sans-papiers avant de les rapatrier. En Côte d’Ivoire, on rapatrie les sans-papiers, c’est un fait ! Le Gabon, l’Angola et la Guinée équatoriale sont les champions d’Afrique centrale en matière de rapatriement ! Très souvent, ils entassent les gens dans des bateaux avant de les renvoyer. Etc. Michel Tagne Foko

Ce n’est pas juste une affaire occidentale, imbécile !

A l’heure où, comme avec Trump aux élections américaines, le nombre incroyable d’indécis aux présidentielles françaises semble augurer un vote massif de dernière minute dans l’isoloir pour l’alternance …

Et où, incapables de voir qu’au-delà du système mis en place pour Sarkozy par le gouvernement Hollande et parfaitement décrit dans le livre de deux journalistes du Canard enchainé et sans exclure bien sûr la part éventuelle de rivaux de Fillon à droite, ce sont les même juges nommés par le même gouvernement Hollande qui depuis deux mois avec leurs relais dans les médias mais aussi probablement Bercy qui s’acharnent contre le seul Fillon et sa famille …

Les rats quittent le navire dans le camp même de la droite …

Pendant que sur fond d’attentats ou de projets d’attentats islamiques quasi-hebdomadaires, nos belles âmes n’ont pas de mots assez durs pour fustiger le seul président Trump de vouloir remettre de l’ordre dans une politique d’immigration devenue folle …

Ou de mots assez doux en France pour un Obama blanc qui ne connait pas de culture française et prend pour une île une Guyane …
Comment ne pas voir …
Derrière la résurgence ces derniers jours en Afrique du sud du plus virulent du racisme intra-africain …
Ou ces murs ou projets de murs, Mexique compris avec le Guatémala, qui s’érigent désormais sur l’ensemble de la planète …
Cette xénophobie dénoncée chez nous à longueur de journée par ceux qui sont les plus protégés des effets de leur politique …
Chez ceux-là même que sans limite aucune nous sommes sommés accueillir ?

Xénophobie en Afrique : « Il faut arrêter de croire que seule l’Europe expulse des gens ! »

L’auteur camerounais Michel Tagne Foko raconte une soirée entre Africains à Bruxelles. Chacun dénonce la situation en Afrique du Sud, oubliant que son propre pays pratique aussi les expulsions.

On m’a dit : « Michel, s’il te plaît, viens prendre un pot avec nous. » Sans hésitation, j’ai rejoint le groupe. C’était à Schaerbeek, à Bruxelles, non loin de la gare du Nord, vers 21 heures, dans un lieu où certains Africains se retrouvent pour refaire le monde autour de quelques bières et des prompts pas de danse. Entre deux bonnes bières belges s’introduit le sujet de l’immigration.

Tout a commencé par ce jeune Equato-Guinéen. Il a dit : « Vous avez vu les attaques contre les étrangers en Afrique du Sud ? C’est inadmissible ! Chez moi, ce n’est pas comme ça ! » Vient ensuite un Gabonais : « C’est horrible, c’est scandaleux ! » Un Centrafricain a enchaîné : « Mandela, il n’est pas gentil. » Tout le monde s’est tourné. On lui a dit : « Il est mort, Mandela. » Il a continué en disant : « Je voulais dire Thabo Mbeki ». Quelqu’un a dit : « C’est qui ça ? » Une autre personne a répondu : « C’est le président de l’Afrique du Sud. » Un Camerounais a dit : « Tu ne comprends pas le nom ? Il y a que ces gens-là pour s’appeler Béquille”. » Un Togolais a dit en riant : « En plus, on s’étonne qu’il rapatrie les gens. » Un autre : « Ce n’est pas Zuma machin là ? »« Zuma quoi ? », reprit un Congolais. « Je dis Zuma quelque chose », continua l’autre. Un Ivoirien dit : « Ah oui, sur Internet, on dit que c’est Jacob Zuma. » Le Centrafricain reprit la parole, il dit : « Il n’est quand même pas gentil »

Ça parlait. Ça riait. Ça discutait. Ça s’insurgeait. Ça buvait aussi. Ça s’abreuvait sans limites. Il y avait des professeurs. Il y avait des étudiants. Des docteurs en je-ne-sais-plus-quoi. Des vrais docteurs aussi. Il y avait un mélange fou. Des diplômés aux non-diplômés. Tout le monde avait la parole. Tout le monde s’insurgeait.

Et là, il y a ce Camerounais qui a dit : « Jacob Zuma est fou. » Quelqu’un a dit : « Tu savais qu’il est polygame, le mec ? » Un autre : « Oui polygame, il n’est africain que quand il veut la femme. Après, il devient européen et rapatrié. » Un Béninois : « Heureusement que [Patrice] Talon est là pour épargner ce genre d’humiliation à d’autres Africains. » Une personne ressemblant à un Burkinabé dit : « Il faut en finir avec cette histoire de visa entre Africains. » Un Camerounais : « Contrairement à certains pays, au Cameroun, tout le monde est le bienvenu. »

Pendant ce temps, assis tranquillement, je buvais mes bières. Eh oui, pour une fois, j’avais décidé de ne pas parler et d’observer les gens. Ça ne servait à rien de militer. Ils étaient tous contents d’être enfin d’accord. Chacun condamnait fermement ces gens d’Afrique du Sud qui chassent les étrangers. Ce qui m’intriguait était de voir comment chacun parlait de son pays comme d’un lieu où ce genre de chose n’existe pas. Chacun évitait de mal parler de son pays d’origine. Ils confondaient l’orgueil et la réalité. Ils étaient tous humanistes et les politiques de leurs pays aussi. Le monde semblait beau chez eux. J’étais estomaqué par cet abrutissement, cette ignorance.

Je m’explique :

— Je me suis rendu compte qu’il y avait des Camerounais qui ne savaient pas qu’au Cameroun on rapatrie les sans-papiers. Qu’ils sont arrêtés, placés en cellule, frappés quotidiennement, jusqu’à ce qu’ils trouvent un moyen de rentrer chez eux ! Ce fut le cas d’un Béninois qui me racontait son calvaire camerounais.

— Le visa pour le Ghana est l’un des plus exorbitants en Afrique. En plus, les policiers frappent les sans-papiers avant de les rapatrier.

— En Côte d’Ivoire, on rapatrie les sans-papiers, c’est un fait !

— Le Gabon, l’Angola et la Guinée équatoriale sont les champions d’Afrique centrale en matière de rapatriement ! Très souvent, ils entassent les gens dans des bateaux avant de les renvoyer.

— Etc.

Alors, que certains arrêtent de croire qu’il n’y a que chez les Européens que l’on rapatrie les gens. Les Africains aussi sont champions en la matière. L’Afrique du Sud n’est pas l’exception. Après avoir dit cela, je précise quand même, bien sûr, que je suis contre les rapatriements.

Michel Tagne Foko est chroniqueur, écrivain, éditeur d’origine camerounaise, membre de la Société des auteurs du Poitou-Charentes. Dernier ouvrage paru : De l’autre côté de l’Atlantique, éditions du Mérite (2015).

Voir aussi:

L’Afrique du Sud malade de la xénophobie

Analyse. Le pays apparaît désormais rongé par un sentiment anti-étranger aveugle qui s’étend maintenant au-delà des quartiers déshérités.

Le sentiment anti-étranger en Afrique du Sud est le signe d’un mal qui devrait épouvanter le pays. Cette maladie insidieuse a déjà pris tous les visages de la haine, à commencer par l’insulte qui fuse (makwerekwere veut dire « sale étranger ») dans la rue, dans les taxis collectifs, où, comme l’explique, atterrée, une dame originaire de la République démocratique du Congo (Congo Kinshasa), « on n’ose plus décrocher quand le portable sonne, de peur que les gens assis à côté entendent une langue étrangère ».

Ce mal, c’est une foule qui s’amasse dans un township, encourage les hommes à forcer le rideau de fer de la boutique voisine, avant de se livrer à une orgie de pillage, tandis qu’on passe à tabac, si on ne le tue pas, le propriétaire, cet étranger, ce makwerekwere. Il n’y aura aucune sanction, ou si peu. Il est interdit de toucher les quartiers riches, les banlieues cossues, les centres commerciaux. Les forces de sécurité y veillent. Le message est d’un cynisme net : défoulez-vous dans vos quartiers, mais pas touche aux îlots de prospérité et à ceux qui les peuplent.

Qui est visé ? Jusqu’à nouvel ordre, les ressortissants de pays d’Afrique ou d’Asie du Sud, qui ont en commun l’envie de vivre et de travailler dans le petit commerce, dans les quartiers les plus modestes. Ils y ont anéanti, il est vrai, la concurrence des échoppes sud-africaines. Or, derrière ces magasins, se dessinent des intérêts locaux, parfois liés à des responsables politiques. Lesquels, à l’occasion, montent les foules contre les étrangers, sûrs de leur impunité.

Un terrain de désespoir fertileAbdourazak Ali Osman, secrétaire général de l’Association des Somaliens d’Afrique du Sud, en sait quelque chose : son propre magasin a été ravagé. Autour de lui, on comptabilise les victimes : soixante-huit Somaliens tués dans le pays en 2016. « Chaque manifestation dans le pays dégénère désormais en pillage et en ­violence contre les étrangers », explique-t-il. A Diepsloot, un grand township près de Johannesburg, les Somaliens s’en vont. En 2015, ils y tenaient encore près de cinq cents commerces. Ailleurs, ils s’arment parfois, tentent de s’organiser en groupes d’autodéfense.

Voir également:

SA faces continent’s wrath as xenophobia rears its head again

Mike Cohen, Andre Janse van Vuuren
Mail & Guardian
28 Feb 2017

A resurgence of anti-immigrant violence has sparked outrage in other African countries and spurred calls for more to be done to stamp out xenophobia.

Residents of Mamelodi and Atteridgeville took to the streets last week to protest against the presence of undocumented Nigerians, Pakistanis and Zimbabweans, who they accuse of perpetuating crime and taking jobs away from locals. Police fired tear gas and rubber bullets to disperse the crowds, who stoned cars and used rocks to block off streets. At least 136 people were arrested.

Protesters in Abuja, Nigeria’s capital, vandalised the offices of South African company MTN in protest over xenophobic attacks. The Nigerian government summoned South Africa’s high commissioner to register its concerns about the threat to its nationals, Agence France-Presse reported, citing junior foreign minister Bukar Ibrahim. On Monday, Ghanaian lawmaker Okudzeto Ablakwa called on the African Union to take action.

“The government has to do more,” Ablakwa, who sits on the foreign affairs committee in Ghana’s parliament, told Accra-based Class FM. “Sometimes you don’t get very clear signals from authorities. Their comments sometimes exacerbate the situation and that really is worrying.”

Burning houses
Herman Mashaba, the major of Johannesburg, has labelled some undocumented migrants criminals. Residents of the city’s southern Rosettenville suburb this month set fire to at least a dozen houses that they said were used as drug dens or brothels and were mostly occupied by foreigners.

Anti-immigrant violence also claimed seven lives in 2015 before the army and police restored calm, and in 2008 about 60 people died and 50 000 were forced to flee their homes. Attacks have mostly taken place in poor townships, where some residents see migrants as competitors for jobs, business opportunities and scarce housing.

President Jacob Zuma has appealed for calm and condemned the violence.

“We are not a xenophobic country,” Zuma said in a February 24 statement. “At the same time, we cannot close our eyes to the concerns of the communities that most of the crimes such as drug dealing, prostitution and human trafficking are allegedly perpetuated by foreign nationals.”

Ablakwa said the South African government’s failure to create sufficient jobs and economic opportunities for its citizens has sparked a backlash against foreigners.

“We saw these xenophobic attacks in 2008, we saw it in 2015 and this latest one, it is becoming one too many,” he said. “If you are not careful, citizens who are in their home countries feel that citizens living elsewhere are not given the needed protection. What that will lead to is reprisal attacks.” – Bloomberg

Voir encore:

We like to tell ourselves we are better. We pride ourselves on being survivors of the fires of history. We are told we live in a country of believers. We have prayers at many occasions of state. But we also tell ourselves we are different, special, « not like other Africans, generally ». Such stories we tell of ourselves, sometimes believing the tales, sometimes telling them compulsively because we have to hide from harsher, less palatable truths about ourselves.

It has been a decade since the ugly, toxic waves of violent attacks across South Africa against people thought to be from elsewhere in Africa: 2008. It has been two years since a spectacular and similarly ugly wave repeated itself: 2015. In-between we marked twenty years of post-apartheid democracy, in the same year that Rwanda marked twenty years since the genocide which ripped its people apart.

It is 2017. We are travelling further in time from those early days of hope, of aspiring to better than we were before. The violence and violations of colonialism and apartheid were seemingly fresher, then. But memory is unreliable. We forget, or misremember, the past, and our own lives in that past. The eternal present, the forgetting of history, has painful consequences.

Given the painful history of division and dehumanisation, we like to think of ourselves, sometimes, some of us, as people attuned to injustice, and programmed to oppose it. But we are also living in one of the most unequal societies in the world. The signs and divisions are no longer as crudely racist. We signal differences by other means, and the markers of class have similar consequences for the full realisation of the humanity of those who benefit from the inequality, as well as those who are oppressed by it. If we would only connect.

South Africa’s fraught relationship with the rest of the continent is not a new phenomenon, or even a unique component of the post-apartheid settlement. The colonial authorities had similar anxieties about the special status of South Africa as a space of separation, different from the rest of the array of colonies.

Their apartheid heirs sharpened the division and thoroughly opposed to the rest of the continent.  Remnants of the latter, a certain de-historicised, if not historically ignorant reading of Africa, is rendered as « Afro-pessimism ». Nothing good has ever happened in Africa. Anything that works in Africa has come from elsewhere. Africa the eternal disaster, without history, without change.

But even apartheid’s gestures of separation were ambivalent. The apartheid white supremacist view of Africa was the obverse of the white nationalist Afrikaner view which posited the Herrenvolk as divine possessors of the land, overlords of those who dwelt in it, but also, myths about an empty landscape into which early pioneers moved, encountering black others migrating either at the same time or later. By such stories dehumanisation was justified, papered over, and learned as truth.

The legacy of ignorance about the rest of the continent which blighted apartheid South Africa lingers on into post-millennial post-apartheid South Africa. At the turn of the millennium, a senior political commentator and academic could confront two of Africa’s leading academics in a public seminar about the history and status of African studies in South Africa with the question: « What do you Africans bring here? » Amina Mama, one of the continent’s major intellectuals responded with an outline of the food, craft, trade, labour, and intellectual endeavour Africans have contributed throughout South Africa’s colonial, apartheid, and post-apartheid incarnations.

In 2008, a public meeting was held at the University of the Witwatersrand, Johannesburg, to respond to the waves of xenophobic attacks targeting people thought to be from elsewhere in Africa. One speaker after another reminded the audience of how the events in South Africa mirrored events elsewhere in Africa, earlier in the second half of the twentieth century. The « Ghana must go » events in Nigeria in the early 1980s.

The ugly underside of nationalism anywhere, of course, is xenophobia. If there are insiders who belong to the nation, that imagined community with a shared history, whether cultural or political, there must be outsiders, who do not share whatever culture or history or politics draws citizens into the circle. It is a small step thence to what Bessie Head outlined in Maru (1971): « They all have their monster. You just have to look different from them … then seemingly anything can be said or done to you as your outer appearance reduces you to the status of a non-human being. »

And of course you don’t hack or stab a human being to death. You do not set a live human being alight.  You don’t chase human beings and the children from their homes. First, you have to dehumanise them.  They have to be rendered as inhabitants of another category, where things resemble the human form, but do not have human status. It is the anti-Samaritan gesture; it distances, in order to destroy. That some of this stems from the dehumanisation of the destroyer does not excuse the destruction.

But there are actors who are less visibly involved. People like us do not invade other people’s homes, to threaten and harass them or to destroy their property. We have less crude ways of distancing ourselves from people we imagine to be foreign. We are too middle class, too formally educated, too smartly dressed to ever do such. We simply use the administrative tools at our behest to effect the same gesture: violence with grace, violation with gentility. We in the middle classes will object to the style of the violence and violation without necessarily see in them the reflection of our own attitudes and conduct.

We certainly do not march against immigrants. And what such a march signifies should strike any thinking observer as a march against modernity itself. To oppose migration is not only to want to undo the long march of history, from the deepest past, through the present, to the remote and precarious future. Opposition to immigration requires erasure of the traces of one’s own biography, one’s own ancestry, one’s own place in the present as a consequence of the past. It is an erasure of oneself, and therefore, an erasure of one’s humanity.

Yet, there is the parable of the Samaritan, that embodiment of the altruistic impulse. There are people like Paul Verryn, and many less well-known other religious people, who embrace, who shelter, who embody the best of their religious beliefs. And then there are those who are tasked with managing our communities, but who look on, perhaps waiting for the right moment to act, so that they may maximise whatever dubious benefits may be had from the tragedy and horror we face.

To conflate criminality and non-citizenship as some politicians have is not just dangerous, it is obscene.  What have our politicians done since the last wave of violence directed at non-South African Africans in 2015? What processes of healing and conciliation have they effected? What have the civil servants paid to manage our communities done to work towards undoing the painful fissures from our last encounter with and enactment of xenophobic violence in South Africa? The word « last » is deceptive, of course, because while these spectacular waves of violence peak in certain moments, the attitudes and violations happen every day,  degrading of the human beings they are directed at, and of the human beings who participate in them.

We like to tell ourselves we are better. We like to tell ourselves and the world we are not xenophobic.  We invent all sorts of reasons to explain away the violence. We blame the drug dealing. We blame the prostitution of « our daughterabrasive ands ». We blame the corruption of the police and their collusion with criminals.  We justify our violence. Or we distance ourselves from other people’s violence. What we do can be justified. We are not those people. Except … people have to flee their homes, live in uncertainty, and if we keep denying what is happening, worse.

What will we tell our children about what we said, what we did, how we acted to stop this, or what we failed to do?

The golden rule: do unto others … We are all in this together. I am an African.

Voir de plus:

Now Mexico wants to build a border wall with Central America to keep out illegal immigrants from El Salvador, Honduras and Guatemala

It seems Mexico agrees with Donald Trump’s plans to build a wall to keep out illegal immigrants – but only on its southern border with Central America.

Mexicans are calling for the border wall to keep out Guatemalans, Salvadorans and Hondurans fleeing violence in their own countries.

They complain ‘hordes’ of immigrants pass through on their way to the United States -who are then simply deported back to Mexico rather than their home countries by the US.

Central American migrants are left stuck in border cities with Mexican officials unable to afford to send them back to their own countries, according to an article by one of the largest newspapers in the border state of Tamaulipas, El Mañana, titled: ‘Yes to the Border Wall … but in Mexico’s South.’

Mexicans are calling for the border wall to keep out Guatemalans, Salvadorans and Hondurans fleeing violence in their own countries (Immigrants from Central America await transport from the U.S. Border Patrol on August 17, 2016 in Roma, Texas)

The real estate mogul sparked international outrage last year when he unveiled his idea for a giant wall on the US border with Mexico – which he claimed Mexico would pay for.

But while Mexican President Enrique Peña Nieto has mocked Trump’s plans, many Mexicans praised the concept of a border wall.

‘Trump’s idea of a border wall is a good one but it should be on the southern border with Central America in order to stop the flow of Central Americans from entering both countries,’ the El Mañana board wrote in July.

The paper also called for proper immigration checkpoints on the southern border.

El Mañana even criticized Hillary Clinton for failing to raise the issue of border security.

The newspaper says that many illegal immigrants turn to crime as shelters can often only provide a few days of food and bedding.

‘Many of these migrants when they are unable to find an honest way of life turn to robberies, kidnappings, extortion, and in the worst cases join the ranks of organized crime,’ El Mañana’s piece claimed.

A Mexican newspaper complains of ‘hordes’ of immigrants passing through on their way to the United States – who are then simply deported back to Mexico rather than their home countries by the US

As many as half are fleeing violence and gangs in their home countries yet most immigrants are eventually deported back home. Mexico deported 175,000 Central Americans last year – a 68 per cent increase from 2014.

That was the same year that the Central American refugee crisis hit headlines when thousands of migrant children arrived without their families at the US border.

The US has sent $75million for equipment and training to Mexico to help with the crackdown on immigrants, according to the Times.

One Honduran migrant, Rosa – whose husband, mother, sister, brother-in-law and two nephews were murdered in her homeland – fled with her two teenage sons earlier this year, Financial Times reports.

‘Mexico has become a wall for migrants,’ said Sister Magdalena Silva, co-ordinator of Cafemin- a privately run shelter for refugees in Mexico City. ‘The current policy is to arrest migrants to stop them from getting to the US border.’

Mexicans agree with Donald Trump’s concept of a border wall to keep out immigrants – but want it in the south of their country

She left Tegucigalpa, the Honduran capital, with her teenage sons in January 2016 after gangs tried to recruit her 14-year-old.

‘We know when a gang targets someone, they don’t leave them alone and they follow through on their threats,’ she said.

Rosa and her sons turned themselves over to authorities when they arrived in Mexico and were channeled into asylum procedures.

The family were shipped to a detention center in Mexico City where they were held in custody, in separate cell blocks for three months, before receiving the devastating news that their application for for asylum had been turned down.

Eventually they were allowed out of the detention center and sent to a refugee center.

But after their application was rejected, and her sons witnessed a woman lying in her own blood just a few blocks from the center, she decided to go north to the US.

The family turned themselves in once again a the US border to ask for asylum and Rosa and the 14-year-old have been released to live with a family in Baltimore to await the decision. Her 19-year-old son is still in detention.

Voir par ailleurs:

La fuite en avant de Fillon

Englué dans des affaires qui le discréditent toujours un peu plus, le candidat de la droite a décidé de se maintenir et à continuer sa campagne. Pour cela, il a choisi une stratégie suicidaire pour son camp politique, celui de la dénonciation d’un complot contre lui. Dès le départ, la droite a cherché à mettre en cause la gauche dans la responsabilité des révélations faites au Canard enchaîné. Une accusation guère crédible, car quand on regarde vers le passé, ce genre de barbouzerie vient toujours du bord de la victime. Les « amis » politiques de la personne atteinte sont à la fois les premiers bénéficiaires de sa chute, mais aussi ceux qui sont les plus à même d’avoir les éléments pour le faire tomber. On regarderait du coté des sarkozystes, on serait sans doute plus proche de la réalité qu’en pointant François Hollande.

Ce choix tactique, celui de l’homme qui se noie, brasse beaucoup d’eau, et s’accroche à la moindre planche, est désastreux pour la droite française.

Jamais, dans son histoire, la droite de gouvernement n’a sorti des arguments et une rhétorique qui s’apparente à celle l’extrême droite. Cela révèle une radicalisation, sur le fond et la forme. Jamais un parti qui se veut respectable ne devrait ainsi s’avancer dans les marécages du complotisme, qui rassemble des faits réels, créé des rapprochements surprenants et sans réels fondements, pour affirmer ensuite « qu’il ne s’agit peut-être pas d’une coïncidence » sans jamais apporter la moindre preuve. La voracité avec laquelle la droite se jette sur un ouvrage de journaliste, fort opportunément paru en période de campagne électorale (ça se vend mieux à ce moment là) « Bienvenue Place Beauvau », cristallise cette orientation. La principale thèse en est l’existence d’un « cabinet noir » du président de la République, qui a tout téléguidé, y compris la chute de proches comme Manuel Valls. Un poncif des mythes politiques et complotistes. Il est surprenant que François Hollande, qui s’est planté dans à peu près toutes ses manœuvres tactiques en cinq ans, au point d’être contraint à se retirer, ait réussi un tel coup. Encore plus étonnant, personne n’en a eu vent, pas même les journalistes qui ont passé un nombre incalculable d’heures à l’Elysée. Tout cela n’est pas sérieux, et François Fillon est même obligé de le reconnaitre, à demi-mot.

Cette campagne, relayée par les soutiens de Fillon, radicalise la base électorale de la droite conservatrice. Des gens que je connais, que sais être intelligents, tombent dans le panneau, et me disent vouloir croire à cette histoire à dormir debout. Ils veulent tellement que leur camp revienne au pouvoir, qu’ils sont prêts à tout pardonner à Fillon, et à soutenir les positions les plus farfelues. Leur angoisse est à la hauteur des espérances qu’ils avaient, il y a encore quelques mois : cette élection était imperdable pour la Droite, Fillon allait l’emporter haut la main. Le 24 avril au matin, lorsqu’ils constateront que leur champion a été éliminé dès le premier tour, ils seront hystériques, et leur colère mettra longtemps à retomber. Leur premier réflexe sera de contester la légitimité des urnes, et de refuser de reconnaitre le vainqueur comme légitime. Les députés et sénateurs LR, contraints par leur base à suivre le mouvement, refuseront toute alliance, même ponctuelle, avec le pouvoir en place. Entre 2012 et 2017, le groupe LR a été dans une position d’opposition frontale au pouvoir socialiste, refusant de lui faire le moindre cadeau, quand bien même certaines réformes auraient pu, sur le fond, emporter leur assentiment, comme par exemple la réforme constitutionnelle du conseil supérieur de la magistrature. Après 2017, cela risque d’être pire encore.

Cette hystérie fait, ou va faire partir les éléments les plus modérés. A l’UDI, il n’y a plus guère que les candidats aux législatives qui restent accrochés à Fillon, pour cause d’investiture. Tous les autres sont déjà chez Macron, où s’apprêtent à y aller. Une scission à droite est possible, avec une reconstitution de l’ancienne UDF, qui entrera dans la coalition gouvernementale de Macron, et un ancien RPR, rassemblant la droite conservatrice. Dans une telle configuration, le risque est grand d’avoir un parti LR qui se lance dans la compétition avec le FN, et vire encore plus dans le populisme et l’opposition frontale. Une pente encore plus accentuée avec cette affaire du « cabinet noir » qui radicalise la base militante et la déporte vers la droite. Si on ajoute à cela, les dégâts que ne manquera pas de causer la guerre de succession qui va s’ouvrir à droite, on se rend compte que la fracture à droite risque de s’accentuer au point de devenir difficile à recoudre. Alors que je pensais, il y a quelques mois, que le PS risquait l’éclatement, en fait, c’est maintenant le cas aussi à droite, ce qui est assez inédit.

Ce désastre de la droite vient avant tout d’une erreur d’analyse, qui s’est traduite par une erreur de casting. La clé de cette élection présidentielle est la volonté profonde de changement de la part des électeurs, avec un rejet très fort de la classe politique. Les français en veulent profondément à leur classe politique pour leurs échecs de fond : les quinquennats Sarkozy et Hollande ont été des échecs, sur le plan économique et social. La colère porte aussi sur la forme, sur l’attitude des élus, complètement coupés de leurs électeurs, au point de répondre « et alors ? » quand on reproche à l’un d’eux de s’être fait offrir des costumes à 6500 euros par un intermédiaire naviguant dans les réseaux de la Françafrique. Je ne suis pas certain que les responsables de la droite aient complètement compris cela. En tout cas, ils ne sont absolument pas en mesure d’y répondre.

Voir enfin:

Emmanuel Macron, le début de la fin ?
Arnaud Benedetti
Le Figaro
28/03/2017
FIGAROVOX/TRIBUNE- Emmanuel Macron a tenu à La Réunion un meeting en demi-teinte, avant de déclarer que la Guyane était une île. Pour Arnaud Benedetti, la stratégie de communication du candidat est en train de se fissurer.

Arnaud Benedetti est professeur associé à l’Université Paris-Sorbonne et coauteur de Communiquer, c’est vivre (entretiens avec Dominique Wolton, éd. Cherche-Midi, 2016), et de La fin de la Com (éditions du Cerf, 2017)

Macron est-il en passe de perdre la main? Nonobstant sondages favorables, commentaires médiatiques flatteurs et ralliements prometteurs, tout se passe comme si la séquence que traversait le jeune inspecteur des finances laissait entrevoir des failles qui révèlent tant les fragilités d’une personnalité que les limites d’une stratégie. La personnalité tout d’abord: celle-ci est la clef de voûte d’une élection qui se joue aussi sur la perception d’une psychologie, le test d’un caractère , la certification de qualités présupposées. Les opinions, ces variantes mesurables et «sociologisées» des peuples, agissent comme autant de tamis qui en viennent à profiler les candidats…

De ce point de vue une récente étude qualitative parue dans le Journal du Dimanche a souligné que pour une majorité de français (52%) Emmanuel Macron ne rassure pas. L’inquiétude qu’il suscite influe fort logiquement sur l’appréhension de son aptitude à habiter la fonction qui ne remporte pas non plus l’adhésion des sondés. Quand bien même le candidat pourrait toujours certes se rassurer en observant que ses concitoyens lui accordent majoritairement une proximité vis-à-vis de leurs préoccupations ainsi qu’une capacité à réformer le pays, sa personnalité interroge. Cette interrogation ouvre aussi une explication à la cristallisation relative, quoiqu’en progrès, des intentions de vote les plus fermes et les plus déterminées en sa faveur. Il existe à vrai dire un mystère Macron, un «je-ne-sais-quoi et presque rien» d’instable, d’inachevé qui entretient comme «l’ombre d’un doute»… Les Français, peuple d’épargnants, peuvent aimer l’aventure mais instruits par leur propre histoire ils la préfèrent très généralement dans la fiction, dans les romans d’Alexandre Dumas ou de Jules Verne , plus rarement quand il s’agit de s’y adonner eux-mêmes.

À plusieurs reprises ces derniers jours, le leader d’En Marche! est venu corroborer malgré lui le voile de scepticisme qui enveloppe son comportement, son positionnement et son projet. Alors que des sondages instantanés le consacraient comme le «vainqueur» du premier débat présidentiel , une partie de la presse étrangère estimait que sa prestation l’avait plutôt desservi. Les réseaux, quant à eux, ne manquaient pas de bruisser avec ironie sur ses accords explicites et répétitifs avec François Fillon tout en moquant des agacements trahissant pour nombre de «twittos» une fébrilité et une nervosité peu maîtrisée. Très vite sur le sismographe ultrasensible de la campagne s’évanouissaient les premières appréciations positives postdébats, lesquelles se modéraient au fur et à mesure du retour à la campagne de terrain.

Coup sur coup l’échec patent du meeting réunionnais et la gaffe géographique relative à une Guyane soudainement devenue insulaire dans la bouche de l’ancien ministre de François Hollande, alimentaient cette impression de trou d’air que les ralliements de quelques figures socialistes essentiellement, plus rarement à droite (et encore le plus souvent retirées de la politique active pour ces dernières) ne sauraient combler. Par-delà sa personnalité, c’est bien la stratégie de Macron qui interpelle. Trop de com’ finissant par tuer la com’, cette dernière, hypervisible, apparaît crûment pour ce qu’elle est: la seule cohérence d’un homme dont la ligne brisée sur les marches de la droite et de la gauche ne parvient pas à stabiliser un projet, encore moins à offrir un contenu autre que… «communicant». À La Réunion dans une île socialement souffrante, le télé évangélisme souriant et artificiellement participatif a fini par vider les rares travées occupées par un public clairsemé. Images terribles, peu reprises en boucle par les chaînes info mais «viralisées» par les médias sociaux, et qui renvoient implicitement à ce soupçon de vide qui lancinant accompagne la démarche du jeune postulant à l’Elysée. Le lapsus guyanais, quant à lui, au moment où la région s’enflamme relèverait de l’insignifiance s’il ne contribuait à entretenir des réserves sur la dimension «présidentiable» de l’impétrant à l’heure où la digitalisation subvertit toujours plus l’assurance des hommes publics en les exposant en temps réel à leurs contradictions, leurs oublis, leurs imprécisions et parfois leurs lacunes.

Au fond ce sont les limites de la com’ qu’éprouve soudainement Emmanuel Macron: confronté à l’extrême visibilité il en subit tous les risques ; s’efforçant de toujours plus contrôler et scénariser ses apparitions, son comportement en est d’autant plus disséqué et scanné, laissant peu de places désormais à l’indulgence et à l’inattention des observateurs ; s’adressant prioritairement aux médias, il en oublie le peuple. À trop vouloir embrasser tous les codes de la com’ du médiatiquement lisse et correct, il en oublie aussi la politique… Ce qu’a contrario le vieil animal des tréteaux électoraux, Jean-Luc Mélenchon réintroduit non sans gourmandise: le peuple et la politique, ces deux grandes figures de la mythologie nationale, égrènent de toute part la narration du héraut de l’insoumission. Les mobilisations physiques réussies de sa manifestation pour une mythique VIe République et son meeting de Rennes viennent aussi rappeler, par contraste avec les démonstrations formatées et un tantinet kitchissimes du jeune favori des sondages et des médias, que la politique se fait aussi avec des gens, des foules, de la sueur et des cris, des colères et des sentiments, tout ce que la com’ aseptisée du jeune Macron tend à tenir à distance, voire à exfiltrer, pour ne pas dire évacuer… Là où le communicant paraît s’essouffler, si ce n’est stagner, le politique regagne du terrain, relance sa campagne, redonne à entendre ce qu’est la rhétorique tribunitienne, incarne une histoire de chair et d’os ; il fait en quelque sorte ce qu’on attend de lui: de la politique! Et tout laisse à penser que cette élection sera politique ou ne sera pas…

Voir par ailleurs:

Are SA whites really being killed ‘like flies’? Why Steve Hofmeyr is wrong

Afrika check

24 June 2013

South African musician Steve Hofmeyr has claimed that the number of white South Africans killed by blacks would fill a soccer stadium, that white Afrikaners are being killed “like flies” and that a white farmer is murdered every five days. But the claims are incorrect and grossly exaggerated. In fact, whites are less likely to be murdered than any other race group.

Researched by Nechama Brodie

Are white Afrikaners really being killed “like flies”? Is a white South African farmer being “slaughtered every five days?” Would the number of whites “killed in SA in black on white violence” fill one of the country’s largest football stadiums?

These are some of the claims made recently by Steve Hofmeyr, one of South Africa’s most popular, and controversial, Afrikaans singers and performers. In a post on his blog and Facebook page titled “My tribe is dying”, Hofmeyr made several sweeping statements about South Africa’s murder rate and the quality of life of white Afrikaans-speaking South Africans.

Within a day of it being posted, Hofmeyr’s blog entry and a pie chart that he used to support some of his claims were “liked” by  more than 2,000 Facebook users. A similar number also shared the post on their Facebook pages.

The Facebook entry was subsequently removed but later reposted without the pie chart. By way of explanation Hofmeyr stated: “The facts are good but they shouldnt  be in a pie-chart. Im removing the pic. It will be replaced with the real PIE.” On his Facebook page Hofmeyr explained the issue with the pie chart was not with the statistics, rather: “It should be separate charts (pre&post Apartheid).”

At the same time, Hofmeyr posted an image of the interior of a “World Cup soccer stadium”  – which appears to be Johannesburg’s Soccer City – together with a statement that the “amount of whites killed in SA in black on white violence” would produce a body count capable of filling the stadium’s seats.

‘A lot of bodies to lose in stats’

Hofmeyr then went on to make the following statements on Twitter:

  • Old SA averaged 7039 murders/year from 1950. New SA averaged 24206 (SAP) or 47882 (Interpol). Sorry Columbia (sic). We still champs.”
  • When SAP claimed 26000 murders in 96, Interpol counted 54000. A lot of bodies to lose in stats.”
  • There is a discrepancy of 10 000 murders per year between government and MRC figures!”

Several readers asked Africa Check to investigate the accuracy of Hofmeyr’s various claims, among them that:

  • Whites are being murdered at a rate faster than any previous period in South Africa’s history.
  • A white farmer is murdered every five days.
  • During apartheid, black-on-black violence was responsible for the majority of black homicides, with only a fractional percentage of black murders due to government forces.
  • “Whites killed by blacks since apartheid 77.3%”.  This is unclear as Hofmeyr has not indicated what factor the percentage is of however Africa Check assumes Hofmeyr is stating 77.3% of all white homicides (since 1994) have been perpetrated by blacks.
  • The number of whites killed by blacks in South Africa is equivalent to, or more than, the number of seats at Soccer City stadium, which has a maximum seating capacity of 94,736.
  • There are significant discrepancies between murders reported by the South African Police Service and other agencies and that these discrepancies have been used to hide or obscure the “truth” about murder in South Africa.

Where does Hofmeyr get his information?

Hofmeyr declined to reveal his sources to Africa Check but later stated on Twitter: “Our unpopular pie-chart is from a book by Vusi Tshabalala and merely highlites the lie of white on black genocide during Apartheid”. Africa Check has not been able to establish whether Vusi Tshabalala really exists or which publication Hofmeyr was referring to.

On various white right-wing sites, reference is made to a “Vusile Tshabalala” who supposedly wrote an article in 2001 about the “killing fields” of post-apartheid South Africa. Invariably the sites describe Tshabalala as a “journalist” and then, for emphasis, as a “black journalist”. No indication is given of where Tshabalala worked, nor does he appear to have written any other articles.

Hofmeyr’s other claims appear to stem from a 2003 paper titled, “Murder in South Africa: a comparison of past and present”. It was written by Rob McCafferty, then a communications director for the conservative Cape Town-based lobby group, United Christian Action.

McCafferty’s paper, published at the peak of crime levels in South Africa, appeared to offer a comprehensive survey of crime literature and subsequent analysis of crime data and trends over a period of more than five decades. There are, however, several significant flaws in the presentation and interpretation of data, some of which McCafferty acknowledged himself.

There are no ‘average’ murders

McCafferty’s paper presented a graph based on figures sourced directly from “annual police reports and CSS: Statistics of Offence annual reports” showing the total number of murders reported to the police between 1950 and 2000.

McCafferty conceded in his paper that “factors such as population growth and differentials in time periods…would make it unfair to compare this data” and pointed out that it was “not logically sound to do such comparisons”.

But McCafferty proceeded to do just that and aggregated 44 years of murder numbers (309,583 recorded murders from 1950 to 1993) to reach an “average” of 7,036 murders a year under apartheid.

He then contrasted that figure with his own aggregation of post-1994 Interpol statistics, from which he determined an annual average of 47,882 murders.

This appears to make a case for a shocking increase in homicides in the post-apartheid era. But, as we explain below, the Interpol murder statistics McCafferty used are widely regarded as inaccurate.  And McCafferty’s “average” murder numbers show a very different picture when plotted against South Africa’s population figures.

Murder and other crime statistics are commonly expressed by statisticians, crime analysts and researchers as a ratio per 100,000 of the population rather than in raw numbers. McCafferty’s failure to have done so indicates exactly why this is preferred practise.

According to McCafferty’s graph, less than 2,500 murders were reported to the police in 1951. The census results of that year indicate that the total population of South Africa at the time was 12,671,452. The “murder ratio” therefore works out at 19.73 murders for every 100,000 people.

By 1970, the total number of reported murders appeared to be approaching 7,000. With a population of  about 21,7-million, this would equate to a murder ratio of 32.12 per 100,000.

McCafferty’s graph showed that the number of homicides increased steadily from 1950. What McCafferty had not taken into account was that South Africa’s population had also steadily increased.

By 1994, SA’s murder numbers, according to McCafferty, had reached 25,000 a year. With a population of just under 40-million, this translated to a murder ratio of a 62.5. South Africa’s murder rate for all races peaked in the period during and following the transition to democracy.

However, in a paper published by the Medical Research Council, crime analyst and author Antony Altbeker found that by 2003/4 the rate had fallen to less than 43 murders per 100,000. The murder rate has continued to decline since then, dropping to 30.9 for 2011/12 according to the South African Police Service Crime Statistics Overview. Significantly, given Hofmeyr’s claims, it is lower than the murder rate documented in 1970 under apartheid.

All the independent security and research experts we consulted for this report agreed that current murder figures provided by the South Africa Police Service (SAPS) should be considered accurate.

The trouble with apartheid-era data

Both Altbeker and Mark Shaw, a senior researcher at the Institute for Security Studies who has worked extensively with apartheid-era crime data, told Africa Check that official police figures during apartheid were not an accurate representation of national homicide rates.

Crime reports from the Bantustans – the nominally independent black “homelands“ established under the auspices of the apartheid state – were not included in South Africa’s national figures. In addition, according to Shaw, “a proportion of homicide cases among Africans were not reported or recorded” owing to the absence or lower levels of policing in the townships and rural areas.

Therefore it is probable that while white homicides during apartheid were accurately documented by the state, the number of black homicides was understated in official reports. For this reason, the “blacks killed” portions of Hofmeyr’s chart must be discounted; the data is simply not reliable enough to make any accurate findings – and the role of apartheid in creating or contributing to violence and murder in black communities is difficult to isolate.

Since 1990, race has not been listed as a category in official death records. This deliberate omission may have been intended to avoid exactly the kind of issue raised by Hofmeyr’s claims; the interpretation of raw data by non-experts to support some form of race-based conspiracy theory. In reality, however, the absence of such information has effectively perpetuated a race-crime mythology in South Africa.

It is, however, possible to gauge trends in white homicide based on older data. A 2004 report published in the SA Crime Quarterly compares homicide rates across all races from 1937 to 2003. Based on this, it is clear that homicide rates for all races increased over this period  (although they fell somewhat from 2003 onward). However, the increase in the white homicide rate began in the late 1970s and has remained markedly less than the increase in murder rates for all other race groups.

Murder by numbers

A central thread of Hofmeyr’s claims relates to apparent discrepancies in South African murder statistics.  Hofmeyr cites figures that appeared in McCafferty’s report which stated that “[w]hile police crime statistics show there were 21,683 murders in 2000, the [Medical Research Council] puts the figure at 32,482″.  McCaffrey also stated that ”while the SAPS claims there were 26,883 murders in 1995/96, Interpol claims there were 54,298”.

In its report at the time, the MRC said it “notes discrepancies in the statistics concerning road traffic accident deaths and homicides which needs further investigation”.  A revision of the 2000 data was published in 2006, in which the total number of deaths was revised downwards, from 550,000 to 520,000, and the “number of injury deaths” [which include homicide and traffic accidents] was “revised down by about 10,000”.

Based on this updated information, it was stated that “[o]f the estimated 59,935 injury deaths in 2000, 46% (27,563) were homicides”.  That still leaves a discrepancy of nearly 6,000 deaths.

Altbeker dealt with this specific issue in great detail in his report on murder and robbery in South Africa, in which he argued that “the MRC’s figures cannot be reliably used to refute the numbers presented by SAPS”. In short, he found that the data used to compile the MRC’s estimates had been incomplete or flawed and had yielded an inaccurate and overstated picture.

The “murder gap” between Interpol and SAPS numbers is easier to explain. Altbeker told Africa Check that Interpol combined both murder and attempted murder figures for South Africa, resulting in inflated numbers. This is confirmed by the 1999 Global Report on Crime and Justice published by the United Nations Office for Drug Control and Crime Prevention. Altbeker wrote extensively about the challenges with international crime data collection and comparison in a separate paper.

Both McCafferty and Hofmeyr’s claims about murder number discrepancies must therefore be dismissed.

White death in a time of democracy

Whites are far less likely to be murdered than their black or coloured counterparts,” Lizette Lancaster, who manages the Institute for Security Studies crime and justice hub, told Africa Check. This is supported by an analysis of a national sample of 1,378 murder dockets conducted by police in 2009.  In 86.9% of the cases, the victims were Africans. Whites accounted for 1.8% of the cases (although whites make up 8.85% of the population).

According to Lancaster official police statistics show that between April 1994 and March 2012 a total of 361 015 people were murdered in South Africa. Applying the 1.8% figure, it would mean that roughly 6,498 whites have been murdered since April 1994.

Even if there were some variation on the 1.8% figure, the number of white murder victims would still fail to come anywhere close to filling a soccer stadium. The fact is that whites are less likely to be murdered than any other race in South Africa. The current murder rate of white South Africans is also equivalent to, or lower than, murder rates for whites recorded between 1979 and 1991.

According to the 2011/12 SAPS annual report, Lancaster said,“only about 16% of murders occurred during the commission of another crime, mainly aggravated robbery. About 65% of murders started off as assaults due to interpersonal arguments and fuelled by alcohol and/or drugs, result[ing] in a murder”. The vast majority of murders are, she said,“social fabric crimes often perpetrated by friends or loved ones”.

The 2012 Victims of Crime Survey confirmed this assertion, stating that 16.1% of victims were “murdered by unknown people from outside their residential area” with an additional 10.9% of “murders … committed by known perpetrators outside [the victims’] residential area”, and the balance of homicides committed by community members, spouses and friends or acquaintances.

Even if the proportion of “outsider” crime was doubled for white homicide victims, this would still fall drastically short of the “77.3%” of white murders that Hofmeyr appears to claim are at the hands of black perpetrators.

Farm attacks

The interpretation of data on “farm attacks” is problematic as it relies on old police data and current, self-reported data collected and submitted by the Transvaal Agricultural Union of South Africa (TAUSA).

TAUSA figures for the 22 years between 1990 and 2012 state that 1,544 people were killed in farm attacks, an average of about 70 a year or one every 5.2 days. A report by trade union Solidarity, issued in 2012, found that 88 farmers were murdered in the 2006 to 2007 financial year.

So was Hofmeyr correct in claiming that “a white farmer is slaughtered every five days”?

According to a 2003 police committee of inquiry into farm attacks, cited by Solidarity, 38.4% of farm attack victims were described as being black, coloured or Asian. TAUSA’s figures suggest that 208 (or 13.5%) of those murdered in farm attacks between 1990 and 2012 were black.

Hofmeyr’s statement that a white farmer is murdered every five days is therefore also incorrect. The claim would only be true if he included all farm attack victims of all races.

Conclusion: Hofmeyr’s claims are grossly incorrect

Hofmeyr’s claims are incorrect and grossly exaggerated the level of killings.

South Africa certainly has one of the highest crime rates in the world and one that is characterised by a particularly high rate of violent crime. This is not an area where degrees of comparison offer any form of comfort. South Africans are affected daily by crime.

South Africa remains gripped by its fear of crime. In the 2012 Victims of Crime Survey, about 35% of households believed that crime had increased since the previous period.

Public figures like Hofmeyr, who disseminate grossly misleading information about crime patterns, only serve to contribute to this underlying fear. In addition, such misinformation creates or entrenches existing racial divisions and perpetuates an unfounded fear and hatred of other races.

Edited by Julian Rademeyer

Additional reading:

Where murder happens in South Africa

Farm murders: A national priority? (PowerPoint)

BLOG: Why it is more dangerous to be a farmer than a policeman in South Africa

FACTSHEET: South Africa’s official crime statistics for 2012/13

FACTSHEET: South Africa’s official crime statistics for 2013/14

A guide to crime statistics in South Africa

The politics of crime statistics

On 1 July Steve Hofmeyr issued a written response to both this report and an article confirming Africa Check’s findings which was published by the Afrikaans newspaper, Rapport.

The numerous claims Hofmeyr made and the “statistics” he presented do not add up. Since it was published, his post has had to be updated several times, removing, among other things, data that he claimed related to South Africa which actually came from another continent (and was also misconstrued).

Hofmeyr’s strongest argument boiled down to this: “Far more than facts, it is people’s emotions and experiences that matter … So ‘our people die like flies’ is still applicable, emotionally – and does not need to be supported by facts.”

Africa Check understands that perceptions do of course matter. As stated in our report, South Africa has one of the highest crime rates in the world and all murders are to be abhorred. Crime data, like all data everywhere, could and should be improved. This is something Africa Check is campaigning for. However, this is not a reason to dismiss inconvenient facts as Mr Hofmeyr does.

The sooner we all understand the reality of crime as it affects all individuals, the better that those living in South Africa will be able to engage with, participate in or lobby for initiatives aimed at addressing the very real problems that do exist, and that affect individuals from every community. Crime touches all of us, irrespective of race.

2 July 2013


Terrorisme: C’est l’islam, imbécile ! (It’s islam, stupid !)

23 mars, 2017
https://i1.wp.com/cdn.static-economist.com/sites/default/files/images/2017/03/articles/body/20170325_brc928.pngJ’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Minimanuel de guerilla urbaine », 1969)
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Cette fois, c’est un nouveau symbole qui est visé, le berceau idéologique et religieux du mouvement des implantations. Charles Enderlin (France 2, le 7 mars 2008)
Israël est confronté à une nouvelle forme d’attaques, un terrorisme « low cost » impossible à prévenir, dont l’impact psychologique est redoutable : la voiture bélier. (…) Il s’agit de la seconde attaque de ce genre de la journée et la troisième en deux semaines, qui confirment les craintes d’une spirale de violences dans la Ville sainte. (…) L’attaque est « une conséquence directe de l’incitation d’Abbas et de sa collaboration avec le Hamas », a déclaré le chef du gouvernement, lors d’une cérémonie à la mémoire d’Yitzhak Rabin, assassiné il y a dix-neuf ans. Coutumier des déclarations à l’emporte-pièce, le ministre de l’économie Naftali Benett a qualifié Mahmoud Abbas de « conducteur de la voiture de la mort à Jérusalem, tandis que les terroristes sont simplement ses passagers ». (…) M. Nétanyahou avait déjà mis en cause M. Abbas, en raison de ses appels à défendre « par tous les moyens » la mosquée Al-Aqsa contre la volonté de la droite dure israélienne d’y obtenir le droit de prier pour les juifs. « Le gouvernement maintiendra scrupuleusement le status quo sur le mont du Temple », a déclaré dimanche Mark Regev, le porte-parole de M. Nétanyahou. Des propos qui n’ont guère apaisé la colère palestinienne. (…) La nouvelle attaque à la voiture bélier, survenue mercredi dans la Ville sainte, a eu lieu sur une artère symbolique, entre le quartier ultraorthodoxe de Mea Shearim et Jérusalem-Est. Elle confirme la dégradation constante de la situation à Jérusalem depuis le début du mois de juillet, juste avant le début de l’opération « Bordure protectrice » dans la bande de Gaza. Dans certains quartiers arabes de l’est et du nord de la ville, les émeutes se sont multipliées. Le gouvernement a considérablement renforcé les effectifs dans la ville. Au total, depuis le début de juillet, plus de 900 personnes ont été arrêtées, dont 300 condamnées. Ces dix derniers jours, plus de 110 personnes impliquées dans des troubles ont été interpellées. La hiérarchie policière promet le rétablissement de l’ordre et rejette toute idée d’embrasement. Des blocs de béton ont commencé à être installés, dans la soirée, le long du parcours du tramway, pour empêcher des véhicules de s’engager sur les rails. Mais ces nouvelles attaques démontrent l’inefficacité de l’approche purement sécuritaire choisie par le gouvernement israélien. Ce dernier entend par ailleurs poursuivre la politique du fait accompli, en ce qui concerne le développement des colonies en Cisjordanie et dans la périphérie de Jérusalem. Isolés, discriminés, les Palestiniens vivant à Jérusalem grondent. « Il s’agit d’un rejet populaire de l’autorité israélienne, non organisé, jeune et sans leaders, explique Menachem Klien, professeur au département d’études politiques à l’université Bar-Ilan. On peut la qualifier d’intifada locale. » Sur les réseaux sociaux, certains Palestiniens s’interrogeaient déjà, dans les heures qui ont suivi l’attaque : le gouvernement israélien va-t-il aussi leur interdire la voiture ? Le Monde
Cela consiste à donner de la respectabilité aux comportements répréhensibles et à réduire la responsabilité personnelle en s’y référant en termes impersonnels. C’est ainsi, par exemple, qu’Al-Qaïda parle toujours des événements du 11 septembre comme étant des attaques contre les symboles de la puissance et du consumérisme américains, en passant sous silence l’assassinat de quelque 3.000 hommes, femmes et enfants. Gabriel Weimann
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey et Dominic Rohner
Les attaques terroristes font partie de la vie dans les grandes villes.  Sadiq Khan (maire de Londres)
Osons la tendresse. Philippe de Belgique
Il n’y a pas de culture française. Emmanuel Macron
L’art français, je ne l’ai jamais vu. Emmanuel Macron
La “démagogie d’Emmanuel Macron confine désormais à l’irresponsabilité politique. Christophe Billan
Cette évocation met en lumière deux points fondamentaux : l’irresponsabilité politique de Macron et ses véritables motivations. Irresponsabilité car l’outrance de ses propos entretient des fantasmes qui contribuent d’une part à fragiliser l’unité du pays d’autre part à mettre en danger nos ressortissants et nos intérêts. Irresponsabilité également car les perpétuelles contorsions démagogiques du leader « d’en marche » atteignent aujourd’hui un paroxysme en alimentant une propagande djihadiste qui menace la France mais aussi la stabilité des pays arabes. Irresponsabilité enfin parce que l’histoire est une discipline sérieuse. La colonisation est un processus complexe qui recouvre des réalités non homogènes. J’espère que les Français ouvriront les yeux avant le premier tour des élections présidentielles. (…) ses récentes déclarations sont très peu commentées alors même qu’elles mettent en lumière son véritable profil et les contours de son projet. Lors de son discours à Berlin, Emmanuel Macron a félicité Mme Merkel pour son courage. Il estimait en effet que l’accueil d’un million de migrants était une véritable « aubaine économique ». Ce déni de réalité au profit de considérations économiques étroites, parfaitement résumées par Christophe Guilluy, pose un vrai problème pour l’avenir. On voit apparaitre progressivement le libéralisme hors sol de Macron qui repose sur l’émergence d’un marché global toujours plus dérégulé. Cette vision considère les Etats, les peuples et la politique comme des vestiges encombrants. Ceux qui sont fascinés par ses discours creux déchanteront très vite. Je les exhorte à ouvrir les yeux avant qu’il ne soit trop tard. Seul Francois Fillon est en capacité de redresser notre pays car son programme équilibre autorité de l’Etat et économie ouverte, prise en compte d’un héritage et volonté de modernisation, souveraineté nationale et relance d’une Europe à bout de souffle. Il ne s’agit pas de la jeter à terre mais de lui redonner un sens.sa tribune dans le Figaro met en lumières les contours d’une société qui fait froid dans le dos. (…) La nation parvient, au terme d’un processus historique de plusieurs siècles, à fédérer des singularités autour de principes assumés et d’une vision commune. Le multiculturalisme qu’Emmanuel Macron appelle de ses vœux est une déconstruction de notre héritage et un véritable danger pour l’avenir puisque l’unité dans la diversité devient impossible. Le repli d’une communauté sur ses avantages la conduit inexorablement à considérer les autres groupes comme un concurrent voire comme un adversaire. L’Etat s’épuise alors à réguler des intérêts toujours plus contradictoires. Voilà à la fois la réalité et l’impasse du multiculturalisme vanté par certains. J’observe d’ailleurs que Thierry Tuot, le conseiller d’Etat à l’origine du rapport sur une nouvelle intégration, qui assume pleinement les contours d’une société bâtie sur le communautarisme, évolue dans le premier cercle d’Emmanuel Macron. En 2012, Terra Nova conseillait à la gauche de remplacer son socle électoral populaire par le vote communautaire. Son directeur est également un proche d’Emmanuel Macron. Nous sommes loin de la rupture annoncée mais bien dans une continuité délétère avec le quinquennat en cours. (…) Nous devons sortir de cette torpeur. Une fois encore, les Français doivent prendre la mesure du danger posé par la vacuité et l’incohérence du programme d’Emmanuel Macron. Nous ne sommes pas dans le renouvellement mais l’accélération du hollandisme. Ces promesses vides et contradictoires rappellent la campagne de 2012. Elles produiront exactement le même effet : une immense déception et l’affaissement grandissant de notre pays. Seul le logiciel de communication a changé. Sens Commun, à la veille de cette échéance primordiale pour l’avenir, répète son message : nous pouvons encore faire obstacle à la tentation du chaos ou à celle du pourrissement en faisant le choix de voter Fillon. Nous ne nous déroberons pas. Christophe Billan
Emmanuel Macron veut nous convaincre que la notion d’identité française est archaïque, et qu’il n’y a pas lieu de s’y accrocher. Dans son article il explique que les cultures évoluent en intégrant sans cesse de nouveaux apports étrangers, et il cite un certain nombre d’exemples: Joseph Kessel, Marie N’Diaye, Leila Slimani… pour ce qui est de la littérature française. Et il en est de même dans les arts. La culture française, nous dit il, «n’a cessé de se réinventer». Il ne faut pas s’en étonner, d’après lui, puisque «le fondement de la culture française c’est de prétendre à l’universel».Toute sa démonstration a pour but de railler les tenants de l’invariance (de l’identité française) qu’il affuble de différents noms d’oiseaux: des «réactionnaires», des «aigris», des «rétrogrades». Bref des gens qui ne connaissent pas l’évolution du monde. Sa démonstration, extrêmement habile, comme toujours, peut en piéger plus d’un: elle a pour objectif de plaider pour un monde ouvert où les nations disparaîtraient en se dissolvant dans le mondialisme. Le tour de passe-passe que nous joue Emanuel Macron dans cet article est monté comme tous les tours de prestidigitation où un habile manipulateur fait aux yeux de tous disparaître mystérieusement un objet pour en faire jaillir subitement un autre, au grand étonnement d’un public ébahi. Comment donc notre candidat à l’élection présidentielle procède-t-il dans son article? Il fait disparaître sous nos yeux sans que nous nous en apercevions la notion de «civilisation» pour lui substituer subrepticement celle de «peuple» .Et personne n’y voit rien: il s’agit tout simplement de mots, dont le public ne sait pas très bien d’ailleurs ce qu’ils signifient, et hop, le tour est joué. En avant donc pour cesser de défendre notre identité et nous fondre dans le magma d’une culture universelle. Pour percevoir où se situe le piège, et le déjouer, il faut nous en référer à quelques notions simples d’anthropologie, cette branche passionnante des sciences humaines qui étudie comment l’homme vit en société. Le concept de civilisation est fondamental en anthropologie, alors que celui de «peuple» inventé par Emmanuel Macron, n’existe pas. Les anthropologues nous disent que l’histoire des hommes est celle des civilisations. Il faut donc bien comprendre ce qu’est une «civilisation.» L’anthropologue Rodolfo Stevenhagen nous dit: «C’est l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérise une société» Et Spengler, de son coté expliquait dans son fameux ouvrage sur le déclin de l’Occident: «Chaque civilisation est une expérience unique, un art, une science une façon de penser, qui sont incompréhensibles en dehors de l’esprit qui l’anime» . Il faut bien voir qu’à l’intérieur de chaque civilisation il existe des cultures différentes: par exemple la culture en Europe des pays latins n’est pas la même que celle des pays du Nord, car les uns sont catholiques et les autres protestants: mais tous sont des chrétiens, et ces peuples relèvent de la même civilisation. Il ne faut donc pas confondre, ce que l’on fait très souvent, les concepts de «civilisation» et de «culture ». Chaque civilisation, nous disent unanimement les anthropologues, est fondée sur une religion: et ce constat est fondamental. Le christianisme, pour ce qui est de notre civilisation occidentale, l’islam, pour ce qui est de la civilisation musulmane, etc…. Notre civilisation, comme toutes les autres a, bien sûr, au cours du temps, évolué. Parmi les événements les plus marquants il y eut avec la Révolution française de 1789 ce que le philosophe Marcel Gauchet a appelé une «sortie de religion». Ce fut un virage très important, mais il n’a rien changé aux fondements de notre civilisation: les valeurs chrétiennes se sont simplement laïcisées, par réaction contre les pouvoirs abusifs que s’étaient arrogés sous l’ancien régime les membres du clergé catholique. Ces valeurs continuent à constituer la colonne vertébrale de notre civilisation. On a inscrit dans le marbre les trois valeurs fondamentales dans lesquelles se retrouvent tous les citoyens du pays: liberté, égalité, fraternité. Ce sont des valeurs chrétiennes, et la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 est fondée, elle aussi, sur les valeurs amenées au monde par le christianisme. Ce qui explique que dans l’évolution de toute civilisation il existe un certain nombre d’invariants, c’est le fait que chaque civilisation est, par définition, fondée sur une religion. Chaque fois les croyances religieuses ont instillé des valeurs et des manières de voir le monde, ainsi que de vivre ensemble qui sont spécifiques. Si l’on change ces valeurs qui ont été créatrices, on change de civilisation. Avec le remplacement que fait Emmanuel Macron du concept de «civilisation» par celui de «peuple», l’auteur de l’article se dégage des enseignements que nous donnent les anthropologues sur les racines des civilisations et sur l’évolution de celles-ci. Emmanuel Macron nous plonge ainsi dans le doute, et cela lui permet de plaider pou un univers mouvant où rien ne se perpétue. L’auteur veut nous accoutumer à l’idée que l’on s’achemine inéluctablement vers une civilisation mondiale où les peuples perdront leur identité et seront indifférenciés. Soyons donc prudents pour ne pas tomber dans le piège ainsi tendu. Le philosophe Guy Coq, fondateur de la revue Esprit a expliqué qu’une civilisation devait avant tout «veiller aux causes internes de sa propre destruction». La thèse défendue par Emmanuel Macron dans son article est pernicieuse: elle relève de ces courants qui conduisent à la destruction d’une civilisation. Souvenons nous de cet avertissement lancé au XVIIIème siècle par le philosophe italien Giambatista Vico: «L’adhésion aveugle à des convictions fausses présentées sous le couvert de vérités est la principale cause du déclin d’une civilisation». Puisse cet avertissement être entendu par les princes qui, demain, nous gouverneront. Claude Sicard
Si l’on suit les travaux du sociologue Farhad Khosrokhavar cependant, le terrorisme islamiste témoigne d’une conjonction entre ces deux formes de radicalité : une conception fondamentaliste de la religion d’une part, une légitimation de l’usage de la violence d’autre part ; lorsque ces deux facteurs sont réunis, le risque de radicalisation serait élevé. (…) Si l’on schématise, trois grandes théories sont présentes dans le champ sociologique. La première, centrée sur la radicalité religieuse, et plus précisément sur la lecture radicale de l’islam proposée par certains courants, cherche la genèse de la radicalité au cœur de l’interprétation religieuse elle-même : la dynamique « salafiste » dont parle Gilles Kepel. La seconde est une interprétation en termes de frustration et de victimisation. C’est l’idée que des individus victimes de formes d’exclusion et de discrimination, n’ayant pas les moyens de se réaliser socialement et de s’exprimer politiquement, seraient davantage tentés par des formes de radicalité politique ou religieuse. Farhad Khosrokhavar envisage en ce sens que la délinquance pourrait être une porte d’entrée vers le terrorisme. La troisième explication valorise la dimension identitaire et psychologique. Dans ce cas, les mécanismes économiques et sociaux seraient secondaires ; le principal facteur d’entrée serait un malaise identitaire rendant un individu propice aux identifications radicales ou manichéennes. Les travaux du politologue Olivier Roy ou du psychanalyste Fethi Benslama ont ainsi insisté sur l’identification des jeunes djihadistes à l’Oumma musulmane, pour résoudre des conflits liés à la fragilité de leur sentiment d’appartenance à la communauté nationale. Ces trois types d’interprétation ne sont d’ailleurs pas exclusifs les uns des autres. (…) lorsque nous nous sommes intéressés à la question de la radicalité religieuse, nous avons défini celle-ci comme un ensemble d’options pouvant déboucher sur le fondamentalisme, soit une conception littérale et absolue de la religion, devant s’imposer à l’ensemble de la société et marquée notamment par un clair refus d’une séparation entre le religieux et le politique. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’un jeune pense plus ou moins cela qu’il recourt systématiquement à la violence. On peut être fondamentaliste ou avoir une conception absolutiste de la religion tout en refusant de partir en guerre contre les autres religions, ou toutes formes culturelles, sociales ou économiques s’opposant à l’instauration d’un régime politique fondé sur les préceptes religieux. Si l’on suit les travaux du sociologue Farhad Khosrokhavar cependant, le terrorisme islamiste témoigne d’une conjonction entre ces deux formes de radicalité : une conception fondamentaliste de la religion d’une part, une légitimation de l’usage de la violence d’autre part ; lorsque ces deux facteurs sont réunis, le risque de radicalisation serait élevé. Cela fait partie des hypothèses que nous avons voulu explorer même si nous n’avions pas les moyens de mesurer le fondamentalisme stricto sensu, puisque notre enquête porte sur l’ensemble de la jeunesse lycéenne. Nous avons néanmoins une mesure de l’absolutisme religieux et de la tolérance à la violence et à la déviance. (…) Si l’on schématise, trois grandes théories sont présentes dans le champ sociologique. La première, centrée sur la radicalité religieuse, et plus précisément sur la lecture radicale de l’islam proposée par certains courants, cherche la genèse de la radicalité au cœur de l’interprétation religieuse elle-même : la dynamique « salafiste » dont parle Gilles Kepel. La seconde est une interprétation en termes de frustration et de victimisation. C’est l’idée que des individus victimes de formes d’exclusion et de discrimination, n’ayant pas les moyens de se réaliser socialement et de s’exprimer politiquement, seraient davantage tentés par des formes de radicalité politique ou religieuse. Farhad Khosrokhavar envisage en ce sens que la délinquance pourrait être une porte d’entrée vers le terrorisme. La troisième explication valorise la dimension identitaire et psychologique. Dans ce cas, les mécanismes économiques et sociaux seraient secondaires ; le principal facteur d’entrée serait un malaise identitaire rendant un individu propice aux identifications radicales ou manichéennes. Les travaux du politologue Olivier Roy ou du psychanalyste Fethi Benslama ont ainsi insisté sur l’identification des jeunes djihadistes à l’Oumma musulmane, pour résoudre des conflits liés à la fragilité de leur sentiment d’appartenance à la communauté nationale. Ces trois types d’interprétation ne sont d’ailleurs pas exclusifs les uns des autres. (…) si nous avions enquêté sur l’ensemble de la jeunesse française, notre échantillon aurait comporté 6 à 7 % % de jeunes issus de zones urbaines sensibles et peut-être 3 % de musulmans, ce qui n’aurait pas permis de faire des traitements statistiques fins sur des segments spécifiques de la population jeune. Notre échantillon comporte environ 16 % de jeunes en ZUS et 25 % – soit 1 750 jeunes – de confession musulmane. (…) Les jeunes de notre échantillon font preuve d’une tolérance plus forte à l’égard des comportements déviants comme « conduire sans permis » par exemple, ou le fait de « dealer un peu de haschich ». D’autre part, ces élèves témoignent globalement d’une adhésion plus forte à la radicalité. Participer à des actions violentes pour ses idées ou même se sacrifier pour une cause est davantage admis, et une plus grande proportion d’entre eux déclare être éventuellement prête à affronter les forces de l’ordre ou d’autres manifestants. Enfin, et ça n’est pas négligeable, les principes de la laïcité sont en moyenne rejetés par deux fois plus d’élèves que dans l’ensemble de la jeunesse. (…) Nous avons constaté dans notre étude un effet religieux qui est, on ne peut le nier, présent chez les jeunes musulmans de notre échantillon. D’une part, ils sont trois fois plus nombreux que les autres à défendre une vision absolutiste de la religion – en considérant à la fois qu’il y a « une seule vraie religion » et que la religion explique mieux la création du monde que la science. 11 % des jeunes de notre échantillon sont sur cette ligne, un chiffre qui triple pour ceux de confession musulmane. D’autre part, quand on combine le degré d’adhésion à cet absolutisme religieux et la tolérance à l’égard de la déviance ou de la violence, on retrouve le même facteur multiplicatif : 4 % des jeunes de toutes confessions défendent une vision absolutiste de la religion tout en adhérant à des idées radicales, alors que ce chiffre est de 12 % chez les jeunes musulmans de notre échantillon. On notera qu’il s’agit d’une très petite proportion en définitive, l’absolutisme radical est très loin d’être majoritaire chez les musulmans ! Néanmoins, cette tendance est de fait plus marquée dans ce segment de notre échantillon. Lorsque l’on fait varier d’autres facteurs, comme la situation socio-économique ou la filière d’étude, cela ne change quasiment pas le résultat. Notons cependant que les garçons sont plus concernés que les filles (deux fois plus environ). (…)Une explication purement économique ne nous paraît pas validée. L’idée d’une « génération sacrifiée » qui serait du même coup tentée par la radicalité se heurte au sentiment de relative bonne intégration de ces populations. Lorsqu’on les compare avec l’enquête témoin réalisée par Opinion Way, ils ne paraissent ni plus ni moins confiants en l’avenir que l’ensemble de la jeunesse française, et croient tout autant en leurs capacités de poursuivre des études après le bac et de trouver un emploi satisfaisant. En revanche, le sentiment d’être discriminé est deux fois plus marqué dans notre échantillon, notamment chez les jeunes de confession musulmane ou d’origine étrangère. Nous devons envisager que les facteurs religieux se conjuguent avec des questions identitaires, mêlées à des sentiments de victimisation et de discrimination, pour expliquer l’adhésion à la radicalité. Notre constat est donc nuancé, et nous sommes loin d’avoir épuisé les leçons que nous pouvons tirer de cette enquête. Les entretiens individuels nous permettront de mieux discerner ce qui relève de la religion stricto sensu et ce qui relève d’un sentiment de victimisation ou d’un malaise identitaire. (…) Nous avons tenté d’évaluer leur sensibilité aux attentats de Charlie Hebdo et à ceux du Bataclan, en leur demandant notamment s’ils comprenaient qu’on se livre à des tels actes et s’ils les condamnaient. Là encore, nous sommes obligés de constater de fortes disparités en fonction de la religion : les jeunes musulmans de notre échantillon sont moins enclins à condamner les auteurs et plus nombreux à se déclarer « peu sensibles » à ces événements. Par ailleurs, nous avons pu constater que cet état d’esprit était beaucoup plus marqué chez les jeunes témoignant d’un haut degré d’adhésion à l’absolutisme religieux, quelle que soit la confession, mais il est vrai que, dans notre échantillon, le degré d’absolutisme est nettement plus élevé chez les jeunes musulmans. Nos données ne nous permettent pas, néanmoins, de faire un lien direct entre le fondamentalisme musulman et le fait de comprendre les attentats ou d’y être indifférent, car cela nous aurait obligés à poser des questions plus spécifiques sur l’islamisme. Il était important que notre questionnaire reste perçu comme une enquête générale sur les valeurs, la religion et la citoyenneté, sans que nous ne fassions de différences évidentes entre les élèves selon leur confession. Sur tous ces points, nous attendons beaucoup de l’exploitation des entretiens qualitatifs et des « focus groups » menés avec les lycées pour avancer dans l’interprétation. Olivier Galland
Pour nous, la radicalité suppose un ensemble d’attitudes ou d’actes marquant la volonté d’une rupture avec le système politique, social, économique, et plus largement avec les normes et les mœurs en vigueur dans la société. Elle atteint son point le plus extrême lorsqu’elle s’accompagne d’une justification de l’usage de la violence. Nos questions allaient donc de la simple tolérance à l’égard de la triche lors d’un examen jusqu’au fait de prendre les armes pour faire triompher ses idées. Encore une fois, il faut garder à l’esprit que c’est une approche en termes de degrés. Dans le domaine politique par exemple, nous interprétons comme radical le fait de voter pour des partis hors système ou extrémistes, de participer à des actions protestataires comme les grèves ou les manifestations, ou encore de vouloir changer radicalement la société par une action révolutionnaire. Cela ne signifie pas qu’un jeune soit prêt à passer à l’acte, à affronter lui-même directement les forces de l’ordre, à porter atteinte aux biens ou personnes, dans le cadre d’une contestation globale ou d’une stratégie politique de renversement du système. (…) Ce qui nous a également frappés, c’est l’importance de la socialisation religieuse dans le cercle familial parmi les jeunes musulmans. L’hypothèse d’une rupture avec un milieu athée ou mécréant, ou celle d’une religion qui serait un prétexte lorsqu’on se radicalise pour d’autres raisons, ne sont pas probantes. Ces jeunes ont au contraire bénéficié d’une éducation religieuse importante, occupant une place quotidienne dans leur vie et dans leur foyer. La phase qualitative qui est en cours nous permettra d’affiner les interprétations des liens possibles entre un fort engagement dans l’islam et le degré d’adhésion à des idées plus ou moins radicales. Notre enquête montre que ce lien existe, mais il reste à en produire une interprétation solide. Si l’on voulait être complet sur la question de la radicalité religieuse, l’idéal aurait été d’enquêter aussi dans des lycées privés juifs ou catholiques. Mais nous n’en avions pas les moyens. D’autre part, ces formes de radicalité, qui existent certainement, n’ont ni l’ampleur ni les conséquences de celle qui est liée à l’islam. (…) Néanmoins, le fait est que la prise en compte des sentiments de discrimination ne diminue qu’à la marge l’effet religieux. Dans notre échantillon, les jeunes musulmans qui se sentent discriminés adhèrent certes plus souvent à des idées radicales que ceux qui ne se sentent pas discriminés. Or, qu’ils soient discriminés ou non, ils sont toujours plus nombreux que les autres jeunes à adhérer à ces idées. Mais ces constats restent effectivement à affiner et à nuancer, d’autant que nous nous heurtons à plusieurs paradoxes. Par exemple, le degré de pratique religieuse est certes plus marqué chez les jeunes musulmans, y compris ceux adhérant à des idées absolutistes ou radicales, mais plus de la moitié de ces derniers ont une pratique religieuse plutôt épisodique et peu structurée. Leur rapport aux normes sociales et au libéralisme culturel est également ambivalent. D’un côté, le rejet de la laïcité ou de l’homosexualité est beaucoup plus marqué chez les musulmans que dans les autres religions. En revanche, l’égalité homme-femme n’est pas loin de faire consensus pour les jeunes de toutes confessions. Les variables que nous avons ciblées grâce à cette enquête restent pour une large part à interpreter. Anne Muxel

C’est l’islam, imbécile !

Au lendemain, entre Paris, Bruxelles, Londres ou Anvers, d’une nouvelle série d’attaques terroristes …

Perpétrés, entre voiture-bélier et couteau de boucher contre des civils innocents, conformément aux conseils explicites de l’Etat islamique

Et comme par hasard par des individus musulmans …

Pendant que nos belles âmes nous appellent à la dissolution de notre identité ou à la tendresse

Et que, pris dans une une véritable “spirale de mort mutuellement bénéfique” entre deux assassinats politiques, nos médias nous inoculent jour après jour le venin teroriste …

Devinez ce que vient de confirmer une nouvelle enquête de sociologues du CNRS …

Contre les interprétations habituelles de l’excuse de l’économie ou du racisme …

Et que nos amis israéliens savent et vivent depuis – et même bien avant – l’existence même de leur Etat ?

Face au terrorisme, la recherche en action
Le 18 novembre 2015, le président du CNRS a lancé à la communauté scientifique un appel à propositions « sur tous les sujets pouvant relever des questions posées à nos sociétés par les attentats et leurs conséquences, et ouvrant la voie à des solutions nouvelles – sociales, techniques, numériques. » Plus de 60 projets de recherche ont été retenus (lire à ce sujet l’éditorial de Sandra Laugier). Ce blog a pour objectif de présenter certains de ces travaux en cours.
Une vaste enquête sur la radicalité chez les lycéens
Les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland ont dévoilé ce matin les premiers résultats d’une étude qu’ils coordonnent auprès de plus de 7 000 lycéens pour mieux comprendre les facteurs d’adhésion des jeunes à la radicalité politique et religieuse.
Fabien Trécourt
CNRS
20.03.2017

Vous avez présenté ce matin à la presse les premiers résultats de votre étude sur les jeunes et la radicalité, dont vous aviez déjà donné un aperçu pour la radio du CNRS. En quoi consiste-t-elle ?
Olivier Galland1 : Notre travail s’inscrit dans le cadre de l’appel à projets du président du CNRS sur le terrorisme et les attentats, pour aider les pouvoirs publics à mieux comprendre un ensemble de phénomènes associés à ces événements. Plusieurs travaux se sont penchés sur le processus de radicalisation individuelle : des chercheurs comme Gilles Kepel, Farhad Khosrokhavar ou encore Olivier Roy ont mené des entretiens avec des jeunes radicalisés et analysé leurs parcours. Ces recherches sont passionnantes, mais ne portent que sur des échantillons très limités. Nous avons souhaité développer une approche quantitative, ciblant la jeunesse lycéenne scolarisée en classe de seconde, en diffusant un questionnaire auprès de 7 000 élèves issus de quatre académies – Lille, Créteil, Dijon et Aix-Marseille – et 21 lycées. Il s’agit d’une enquête exploratoire sur la thématique de la radicalité en matière de politique et de religion, jusqu’alors peu couverte par les enquêtes sociologiques classiques sur la jeunesse.

Anne Muxel2 : Étant donné l’importance et le caractère relativement inédit du sujet, notre dispositif d’enquête est rigoureux et diversifié. Trois types d’enquêtes ont été réalisés sur une période de six mois (octobre 2016 – mars 2017) : une enquête quantitative auto-administrée par questionnaire auprès d’un large échantillon de classes de seconde (7 000 lycéens interrogés), une enquête quantitative « témoin » réalisée en ligne par l’institut Opinion Way auprès d’un échantillon représentatif de jeunes âgés de 14 à 16 ans (1 800 jeunes ont été interrogés), et une enquête qualitative comportant des entretiens individuels et des entretiens collectifs réalisés avec des jeunes lycéens des classes de seconde. Mais il ne s’agit pas d’une étude sur le processus de radicalisation. C’est très important de le souligner. Elle ne permet pas de repérer des jeunes radicalisés ou en voie de l’être, mais elle cherche à mesurer le degré d’adhésion à la radicalité au sein de la jeunesse. Cette mesure ne peut aboutir à une lecture binaire de la radicalité car elle fait apparaître toute une gamme d’attitudes allant du rejet de toute forme d’extrémisme, de déviance ou de violence à l’acceptabilité de la violence terroriste. Certains jeunes peuvent comprendre ce type d’action violente et radicale sans y adhérer, d’autres peuvent être séduits par des idées radicales sans jamais passer à l’acte, etc. Il est important d’analyser ces résultats en termes de degrés, et non de façon dichotomique.

Comment définissez-vous la radicalité ?
A. M.  : Pour nous, la radicalité suppose un ensemble d’attitudes ou d’actes marquant la volonté d’une rupture avec le système politique, social, économique, et plus largement avec les normes et les mœurs en vigueur dans la société. Elle atteint son point le plus extrême lorsqu’elle s’accompagne d’une justification de l’usage de la violence. Nos questions allaient donc de la simple tolérance à l’égard de la triche lors d’un examen jusqu’au fait de prendre les armes pour faire triompher ses idées. Encore une fois, il faut garder à l’esprit que c’est une approche en termes de degrés. Dans le domaine politique par exemple, nous interprétons comme radical le fait de voter pour des partis hors système ou extrémistes, de participer à des actions protestataires comme les grèves ou les manifestations, ou encore de vouloir changer radicalement la société par une action révolutionnaire. Cela ne signifie pas qu’un jeune soit prêt à passer à l’acte, à affronter lui-même directement les forces de l’ordre, à porter atteinte aux biens ou personnes, dans le cadre d’une contestation globale ou d’une stratégie politique de renversement du système.

O. G. : De la même façon, lorsque nous nous sommes intéressés à la question de la radicalité religieuse, nous avons défini celle-ci comme un ensemble d’options pouvant déboucher sur le fondamentalisme, soit une conception littérale et absolue de la religion, devant s’imposer à l’ensemble de la société et marquée notamment par un clair refus d’une séparation entre le religieux et le politique. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’un jeune pense plus ou moins cela qu’il recourt systématiquement à la violence. On peut être fondamentaliste ou avoir une conception absolutiste de la religion tout en refusant de partir en guerre contre les autres religions, ou toutes formes culturelles, sociales ou économiques s’opposant à l’instauration d’un régime politique fondé sur les préceptes religieux. Si l’on suit les travaux du sociologue Farhad Khosrokhavar cependant, le terrorisme islamiste témoigne d’une conjonction entre ces deux formes de radicalité : une conception fondamentaliste de la religion d’une part, une légitimation de l’usage de la violence d’autre part ; lorsque ces deux facteurs sont réunis, le risque de radicalisation serait élevé. Cela fait partie des hypothèses que nous avons voulu explorer même si nous n’avions pas les moyens de mesurer le fondamentalisme stricto sensu, puisque notre enquête porte sur l’ensemble de la jeunesse lycéenne. Nous avons néanmoins une mesure de l’absolutisme religieux et de la tolérance à la violence et à la déviance.

Quelles hypothèses avez-vous voulu vérifier pour expliquer l’entrée dans la radicalité ?
O. G. : Si l’on schématise, trois grandes théories sont présentes dans le champ sociologique. La première, centrée sur la radicalité religieuse, et plus précisément sur la lecture radicale de l’islam proposée par certains courants, cherche la genèse de la radicalité au cœur de l’interprétation religieuse elle-même : la dynamique « salafiste » dont parle Gilles Kepel. La seconde est une interprétation en termes de frustration et de victimisation. C’est l’idée que des individus victimes de formes d’exclusion et de discrimination, n’ayant pas les moyens de se réaliser socialement et de s’exprimer politiquement, seraient davantage tentés par des formes de radicalité politique ou religieuse. Farhad Khosrokhavar envisage en ce sens que la délinquance pourrait être une porte d’entrée vers le terrorisme. La troisième explication valorise la dimension identitaire et psychologique. Dans ce cas, les mécanismes économiques et sociaux seraient secondaires ; le principal facteur d’entrée serait un malaise identitaire rendant un individu propice aux identifications radicales ou manichéennes. Les travaux du politologue Olivier Roy ou du psychanalyste Fethi Benslama ont ainsi insisté sur l’identification des jeunes djihadistes à l’Oumma musulmane, pour résoudre des conflits liés à la fragilité de leur sentiment d’appartenance à la communauté nationale. Ces trois types d’interprétation ne sont d’ailleurs pas exclusifs les uns des autres.

A. M.  : Les travaux sur les engagements politiques extrémistes, ainsi que plusieurs études sur l’attrait du Front national dans la jeunesse, ont établi des mécanismes psychologiques similaires. Disposant d’un large échantillon, nous pouvons travailler sur des segments spécifiques de la jeunesse. C’est le grand intérêt de cette étude. Nous pouvons mener des analyses fines au sein de notre population lycéenne permettant d’identifier les facteurs contextuels, sociaux, culturels, économiques, scolaires mais aussi personnels, qui peuvent être associés aux différents degrés d’adhésion à la radicalité. Par exemple, en explorant les effets du genre : les garçons sont-ils davantage séduits que les filles par la radicalité, ou l’inverse ? Notre échantillon nous permet également de comparer les jeunes qui éprouvent des conflits au sein de leur cercle familial et ceux qui n’en ont aucun, ceux qui se sentent exclus de la société et ceux qui s’y trouvent plutôt bien intégrés, etc. Ces informations sont d’autant plus intéressantes que l’hypothèse d’une rupture avec un environnement jugé anxiogène – familial, scolaire, social… – est régulièrement avancée pour expliquer l’adhésion d’un jeune à des idées ou des comportements radicaux. De la même façon, l’idée que le décrochage scolaire ou que l’angoisse face à l’avenir est un facteur explicatif peut être vérifiée, en comparant le degré d’adhésion des jeunes selon qu’ils sont ou non dans ce cas de figure.

Cette enquête est-elle représentative de la jeunesse française ?
A. M.  : Non, car pour répondre à l’objet de cette recherche, dans le cadre particulier de l’appel à projets du CNRS « Attentats-recherche », et pour répondre aux conditions d’une enquête nécessairement exploratoire à ce stade, nous avons choisi de surreprésenter certaines catégories dans notre échantillon en introduisant des critères de sélection des établissements scolaires : lycées situés en ZUS, où sont scolarisés une plus forte proportion de jeunes issus des catégories populaires ou issus de l’immigration, et où l’on compte en plus grand nombre des jeunes de confession musulmane. Il nous paraissait essentiel d’avoir une information plus riche sur ces segments de la population, dans la mesure où plusieurs interprétations – socio-économique, culturelle ou religieuse – s’opposent pour expliquer la radicalisation qui, lorsqu’elle est extrême, peut conduire au terrorisme que l’on a connu en 2015. Ces biais rendent notre panel très différent de la jeunesse française en général, mais sa diversité et sa taille permettent de vérifier à notre échelle si des variables économiques, culturelles, religieuses sont associées à une adhésion plus ou moins grande à des idées radicales.

O. G. : Nous avons pris des précautions pour conserver une certaine diversité de profil : lycées de centre-ville, de banlieues, et proches de zones rurales, filières générales et professionnelles, mixité de filles et de garçons, etc. Néanmoins, si nous avions enquêté sur l’ensemble de la jeunesse française, notre échantillon aurait comporté 6 à 7 % % de jeunes issus de zones urbaines sensibles et peut-être 3 % de musulmans, ce qui n’aurait pas permis de faire des traitements statistiques fins sur des segments spécifiques de la population jeune. Notre échantillon comporte environ 16 % de jeunes en ZUS et 25 % – soit 1 750 jeunes – de confession musulmane.

Avez-vous constaté des particularités de votre échantillon par rapport à l’ensemble de la jeunesse française ?
O. G. : C’est une jeunesse très particulière, et pas forcément là où on l’attend, lorsqu’on la compare à l’enquête-témoin réalisée par Opinion Way. Si l’on ne note pas de différences flagrantes en ce qui concerne leur perception de l’école, celle de leur avenir professionnel, leurs attitudes et leur proximité vis-à-vis de leurs familles, en revanche sur le plan de la tolérance à la déviance et à la violence, il existe des écarts significatifs. Les jeunes de notre échantillon font preuve d’une tolérance plus forte à l’égard des comportements déviants comme « conduire sans permis » par exemple, ou le fait de « dealer un peu de haschich ». D’autre part, ces élèves témoignent globalement d’une adhésion plus forte à la radicalité. Participer à des actions violentes pour ses idées ou même se sacrifier pour une cause est davantage admis, et une plus grande proportion d’entre eux déclare être éventuellement prête à affronter les forces de l’ordre ou d’autres manifestants. Enfin, et ça n’est pas négligeable, les principes de la laïcité sont en moyenne rejetés par deux fois plus d’élèves que dans l’ensemble de la jeunesse.

Quels principaux facteurs de radicalité avez-vous pu identifier ?
O. G. : Nous avons constaté dans notre étude un effet religieux qui est, on ne peut le nier, présent chez les jeunes musulmans de notre échantillon. D’une part, ils sont trois fois plus nombreux que les autres à défendre une vision absolutiste de la religion – en considérant à la fois qu’il y a « une seule vraie religion » et que la religion explique mieux la création du monde que la science. 11 % des jeunes de notre échantillon sont sur cette ligne, un chiffre qui triple pour ceux de confession musulmane. D’autre part, quand on combine le degré d’adhésion à cet absolutisme religieux et la tolérance à l’égard de la déviance ou de la violence, on retrouve le même facteur multiplicatif : 4 % des jeunes de toutes confessions défendent une vision absolutiste de la religion tout en adhérant à des idées radicales, alors que ce chiffre est de 12 % chez les jeunes musulmans de notre échantillon. On notera qu’il s’agit d’une très petite proportion en définitive, l’absolutisme radical est très loin d’être majoritaire chez les musulmans ! Néanmoins, cette tendance est de fait plus marquée dans ce segment de notre échantillon. Lorsque l’on fait varier d’autres facteurs, comme la situation socio-économique ou la filière d’étude, cela ne change quasiment pas le résultat. Notons cependant que les garçons sont plus concernés que les filles (deux fois plus environ).

A. M.  : Ce qui nous a également frappés, c’est l’importance de la socialisation religieuse dans le cercle familial parmi les jeunes musulmans. L’hypothèse d’une rupture avec un milieu athée ou mécréant, ou celle d’une religion qui serait un prétexte lorsqu’on se radicalise pour d’autres raisons, ne sont pas probantes. Ces jeunes ont au contraire bénéficié d’une éducation religieuse importante, occupant une place quotidienne dans leur vie et dans leur foyer. La phase qualitative qui est en cours nous permettra d’affiner les interprétations des liens possibles entre un fort engagement dans l’islam et le degré d’adhésion à des idées plus ou moins radicales. Notre enquête montre que ce lien existe, mais il reste à en produire une interprétation solide. Si l’on voulait être complet sur la question de la radicalité religieuse, l’idéal aurait été d’enquêter aussi dans des lycées privés juifs ou catholiques. Mais nous n’en avions pas les moyens. D’autre part, ces formes de radicalité, qui existent certainement, n’ont ni l’ampleur ni les conséquences de celle qui est liée à l’islam.

Quel est l’impact des facteurs économiques ou sociaux ?
O. G. : Une explication purement économique ne nous paraît pas validée. L’idée d’une « génération sacrifiée » qui serait du même coup tentée par la radicalité se heurte au sentiment de relative bonne intégration de ces populations. Lorsqu’on les compare avec l’enquête témoin réalisée par Opinion Way, ils ne paraissent ni plus ni moins confiants en l’avenir que l’ensemble de la jeunesse française, et croient tout autant en leurs capacités de poursuivre des études après le bac et de trouver un emploi satisfaisant. En revanche, le sentiment d’être discriminé est deux fois plus marqué dans notre échantillon, notamment chez les jeunes de confession musulmane ou d’origine étrangère. Nous devons envisager que les facteurs religieux se conjuguent avec des questions identitaires, mêlées à des sentiments de victimisation et de discrimination, pour expliquer l’adhésion à la radicalité. Notre constat est donc nuancé, et nous sommes loin d’avoir épuisé les leçons que nous pouvons tirer de cette enquête. Les entretiens individuels nous permettront de mieux discerner ce qui relève de la religion stricto sensu et ce qui relève d’un sentiment de victimisation ou d’un malaise identitaire.

A. M.  : Néanmoins, le fait est que la prise en compte des sentiments de discrimination ne diminue qu’à la marge l’effet religieux. Dans notre échantillon, les jeunes musulmans qui se sentent discriminés adhèrent certes plus souvent à des idées radicales que ceux qui ne se sentent pas discriminés. Or, qu’ils soient discriminés ou non, ils sont toujours plus nombreux que les autres jeunes à adhérer à ces idées. Mais ces constats restent effectivement à affiner et à nuancer, d’autant que nous nous heurtons à plusieurs paradoxes. Par exemple, le degré de pratique religieuse est certes plus marqué chez les jeunes musulmans, y compris ceux adhérant à des idées absolutistes ou radicales, mais plus de la moitié de ces derniers ont une pratique religieuse plutôt épisodique et peu structurée. Leur rapport aux normes sociales et au libéralisme culturel est également ambivalent. D’un côté, le rejet de la laïcité ou de l’homosexualité est beaucoup plus marqué chez les musulmans que dans les autres religions. En revanche, l’égalité homme-femme n’est pas loin de faire consensus pour les jeunes de toutes confessions. Les variables que nous avons ciblées grâce à cette enquête restent pour une large part à interpréter.

Quelle est leur perception de l’extrémisme politique et du terrorisme ?
O. G. : Nous avons tenté d’évaluer leur sensibilité aux attentats de Charlie Hebdo et à ceux du Bataclan, en leur demandant notamment s’ils comprenaient qu’on se livre à des tels actes et s’ils les condamnaient. Là encore, nous sommes obligés de constater de fortes disparités en fonction de la religion : les jeunes musulmans de notre échantillon sont moins enclins à condamner les auteurs et plus nombreux à se déclarer « peu sensibles » à ces événements. Par ailleurs, nous avons pu constater que cet état d’esprit était beaucoup plus marqué chez les jeunes témoignant d’un haut degré d’adhésion à l’absolutisme religieux, quelle que soit la confession, mais il est vrai que, dans notre échantillon, le degré d’absolutisme est nettement plus élevé chez les jeunes musulmans. Nos données ne nous permettent pas, néanmoins, de faire un lien direct entre le fondamentalisme musulman et le fait de comprendre les attentats ou d’y être indifférent, car cela nous aurait obligés à poser des questions plus spécifiques sur l’islamisme. Il était important que notre questionnaire reste perçu comme une enquête générale sur les valeurs, la religion et la citoyenneté, sans que nous ne fassions de différences évidentes entre les élèves selon leur confession. Sur tous ces points, nous attendons beaucoup de l’exploitation des entretiens qualitatifs et des « focus groups » menés avec les lycées pour avancer dans l’interprétation.

A. M.  : Notre échantillon est marqué par une plus forte radicalité politique que dans l’enquête-témoin d’Opinion Way : affronter les forces de l’ordre, d’autres manifestants ou dégrader des biens matériels est mieux accepté que dans l’ensemble de la jeunesse. En revanche, le degré de politisation des jeunes lycéens interrogés est assez similaire : la majorité des jeunes de cet âge témoigne d’un faible intérêt pour la politique, d’une posture de défiance généralisée vis-à-vis du « système », qui se traduit souvent par un positionnement « ni droite ni gauche ». À cet âge, on peut observer une réelle distance vis-à-vis de la politique institutionnelle. Mais on retrouve dans notre enquête des phénomènes bien connus qui caractérisent la socialisation politique des jeunes générations : une défiance politique qui se combine à une certaine propension à la protestation. En tant que tel, l’extrémisme politique ne concerne qu’une minorité de jeunes. Mais l’on repère bien dans cette génération un certain nombre de dispositions à la contestation de la société et de ses institutions. Celle-ci peut se porter dans les urnes comme dans des formes de mobilisation collective. La radicalité politique est une composante de la politisation actuelle des jeunes, mais elle ne débouche pas nécessairement sur une acceptation de la violence politique.

Quelle suite allez-vous donner à ces travaux ?
A. M.  : Nous envisageons certaines pistes d’analyse comme la pénétration des discours complotistes, la confiance dans les médias, les relations intrafamiliales, les relations avec les forces de police, ou encore la question des jeunes convertis. Le questionnaire de notre étude est riche et nous disposons d’un corpus de données nous permettant de mener des analyses fines sur plusieurs aspects de la vie des jeunes, de leurs attitudes comme de leurs comportements, en lien avec la question de la radicalité. L’ensemble des résultats sera publié dans un ouvrage collectif sur lequel nous sommes en train de travailler.

O. G. : Par ailleurs, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises dans cet entretien, nous attendons beaucoup de l’exploitation de la phase qualitative de notre enquête. Mettre en lumière des relations entre variables est un pas important dans la compréhension de l’adhésion à la radicalité politique et religieuse – et cette exploration quantitative est un travail inédit dans le champ des sciences sociales en France aujourd’hui. C’est là un point fort de notre démarche. Mais ce n’est pas toujours suffisant, car les liens mis en évidence restent à interpréter au sein d’un ensemble d’hypothèses et de cadres explicatifs complexes et parfois concurrents. Les entretiens et les « focus groups » fourniront un matériau précieux pour les vérifier, les infirmer ou les départager.

Voir aussi:

Valeurs actuelles

22 mars 2017

Polémique. Dans le numéro 41 de sa revue de propagande Al Masra, Al-Qaïda dans la péninsule arabique évoque la prise de position d’Emmanuel Macron sur la colonisation, “crime contre l’humanité”. Selon Christophe Billan, le président de Sens commun, qui a vivement réagi à cette information dans un tweet, cette utilisation par les djihadistes des propos du leader d’En marche est la conséquence directe de son “irresponsabilité” et de ses “perpétuelles contorsions démagogiques”.

Valeurs actuelles. Vous avez affirmé cet après-midi sur Twitter, au sujet de la reprise des propos d’Emmanuel Macron par l’organe de propagande d’Al-Qaïda, que la démagogie d’Emmanuel Macron confine désormais à l’irresponsabilité politique”. Que vouliez-vous dire ?

Christophe Billan. Cet organe de propagande se contente de rapporter les faits évoquant le profil et les propos d’Emmanuel Macron ainsi que ceux de François Fillon du reste. Toutefois, cette évocation met en lumière deux points fondamentaux : l’irresponsabilité politique de Macron et ses véritables motivations. Irresponsabilité car l’outrance de ses propos entretient des fantasmes qui contribuent d’une part à fragiliser l’unité du pays d’autre part à mettre en danger nos ressortissants et nos intérêts. Irresponsabilité également car les perpétuelles contorsions démagogiques du leader « d’en marche » atteignent aujourd’hui un paroxysme en alimentant une propagande djihadiste qui menace la France mais aussi la stabilité des pays arabes. Irresponsabilité enfin parce que l’histoire est une discipline sérieuse. La colonisation est un processus complexe qui recouvre des réalités non homogènes. J’espère que les Français ouvriront les yeux avant le premier tour des élections présidentielles.

Que voulez-vous dire ?

J’observe que ses récentes déclarations sont très peu commentées alors même qu’elles mettent en lumière son véritable profil et les contours de son projet. Lors de son discours à Berlin, Emmanuel Macron a félicité Mme Merkel pour son courage. Il estimait en effet que l’accueil d’un million de migrants était une véritable « aubaine économique ». Ce déni de réalité au profit de considérations économiques étroites, parfaitement résumées par Christophe Guilluy, pose un vrai problème pour l’avenir. On voit apparaitre progressivement le libéralisme hors sol de Macron qui repose sur l’émergence d’un marché global toujours plus dérégulé. Cette vision considère les Etats, les peuples et la politique comme des vestiges encombrants.

Ceux qui sont fascinés par ses discours creux déchanteront très vite. Je les exhorte à ouvrir les yeux avant qu’il ne soit trop tard. Seul Francois Fillon est en capacité de redresser notre pays car son programme équilibre autorité de l’Etat et économie ouverte, prise en compte d’un héritage et volonté de modernisation, souveraineté nationale et relance d’une Europe à bout de souffle. Il ne s’agit pas de la jeter à terre mais de lui redonner un sens.

Vous évoquiez d’autres prises de position récentes susceptibles de fragiliser notre pays ?

Oui en effet sa tribune dans le Figaro met en lumières les contours d’une société qui fait froid dans le dos.

La nation parvient, au terme d’un processus historique de plusieurs siècles, à fédérer des singularités autour de principes assumés et d’une vision commune. Le multiculturalisme qu’Emmanuel Macron appelle de ses vœux est une déconstruction de notre héritage et un véritable danger pour l’avenir puisque l’unité dans la diversité devient impossible.

Le repli d’une communauté sur ses avantages la conduit inexorablement à considérer les autres groupes comme un concurrent voire comme un adversaire. L’Etat s’épuise alors à réguler des intérêts toujours plus contradictoires. Voilà à la fois la réalité et l’impasse du multiculturalisme vanté par certains. J’observe d’ailleurs que Thierry Tuot, le conseiller d’Etat à l’origine du rapport sur une nouvelle intégration, qui assume pleinement les contours d’une société bâtie sur le communautarisme, évolue dans le premier cercle d’Emmanuel Macron. En 2012, Terra Nova conseillait à la gauche de remplacer son socle électoral populaire par le vote communautaire. Son directeur est également un proche d’Emmanuel Macron. Nous sommes loin de la rupture annoncée mais bien dans une continuité délétère avec le quinquennat en cours.

Pourtant, le discours d’Emmanuel Macron semble séduire une large partie de l’opinion…

Nous devons sortir de cette torpeur. Une fois encore, les Français doivent prendre la mesure du danger posé par la vacuité et l’incohérence du programme d’Emmanuel Macron. Nous ne sommes pas dans le renouvellement mais l’accélération du hollandisme. Ces promesses vides et contradictoires rappellent la campagne de 2012. Elles produiront exactement le même effet : une immense déception et l’affaissement grandissant de notre pays. Seul le logiciel de communication a changé. Sens Commun, à la veille de cette échéance primordiale pour l’avenir, répète son message : nous pouvons encore faire obstacle à la tentation du chaos ou à celle du pourrissement en faisant le choix de voter Fillon. Nous ne nous déroberons pas.

Voir également:

Quand Macron confond peuple et civilisation
Claude Sicard
Le Figaro
22/03/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE- Emmanuel Macron avait publié dans Le Figaro une tribune en réponse aux critiques suite à ses déclarations sur la culture française. Pour Claude Sicard, le candidat souhaite que les Français cessent de défendre leur culture.


Consultant international, expert des problèmes de développement, Claude Sicard est l’auteur de Le face à face islam chrétienté: quel destin pour l’Europe? et L’islam au risque de la démocratie, aux éditions F.X de Guibert.


Dans le Figaro du 17 Mars, Emmanuel Macron a publié un article en réponse aux indignations qu’a soulevé sa déclaration dans un meeting à Lyon par laquelle d’une manière tout a fait surprenante il affirma: «Il n’y a pas de culture française». Quelque temps après, dans une réunion avec la colonie française de Londres, il aggrava son cas en formulant une nouvelle ineptie: «L’art français, je ne l’ai jamais vu». De telles affirmations sont quelque peu inattendues dans la bouche d’un candidat qui brigue l’accès à la plus haute fonction dans notre pays, et il faut tenter de comprendre la réelle signification de son message.

Emmanuel Macron veut nous convaincre que la notion d’identité française est archaïque, et qu’il n’y a pas lieu de s’y accrocher. Dans son article il explique que les cultures évoluent en intégrant sans cesse de nouveaux apports étrangers, et il cite un certain nombre d’exemples: Joseph Kessel, Marie N’Diaye, Leila Slimani… pour ce qui est de la littérature française. Et il en est de même dans les arts. La culture française, nous dit il, «n’a cessé de se réinventer». Il ne faut pas s’en étonner, d’après lui, puisque «le fondement de la culture française c’est de prétendre à l’universel».Toute sa démonstration a pour but de railler les tenants de l’invariance (de l’identité française) qu’il affuble de différents noms d’oiseaux: des «réactionnaires», des «aigris», des «rétrogrades». Bref des gens qui ne connaissent pas l’évolution du monde. Sa démonstration, extrêmement habile, comme toujours, peut en piéger plus d’un: elle a pour objectif de plaider pour un monde ouvert où les nations disparaîtraient en se dissolvant dans le mondialisme.

Le tour de passe-passe que nous joue Emanuel Macron dans cet article est monté comme tous les tours de prestidigitation où un habile manipulateur fait aux yeux de tous disparaître mystérieusement un objet pour en faire jaillir subitement un autre, au grand étonnement d’un public ébahi. Comment donc notre candidat à l’élection présidentielle procède-t-il dans son article? Il fait disparaître sous nos yeux sans que nous nous en apercevions la notion de «civilisation» pour lui substituer subrepticement celle de «peuple» .Et personne n’y voit rien: il s’agit tout simplement de mots, dont le public ne sait pas très bien d’ailleurs ce qu’ils signifient, et hop, le tour est joué. En avant donc pour cesser de défendre notre identité et nous fondre dans le magma d’une culture universelle..

Pour percevoir où se situe le piège, et le déjouer, il faut nous en référer à quelques notions simples d’anthropologie, cette branche passionnante des sciences humaines qui étudie comment l’homme vit en société. Le concept de civilisation est fondamental en anthropologie, alors que celui de «peuple» inventé par Emmanuel Macron, n’existe pas. Les anthropologues nous disent que l’histoire des hommes est celle des civilisations. Il faut donc bien comprendre ce qu’est une «civilisation.».L’anthropologue Rodolfo Stevenhagen nous dit: «C’est l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérise une société» Et Spengler, de son coté expliquait dans son fameux ouvrage sur le déclin de l’Occident: «Chaque civilisation est une expérience unique, un art, une science une façon de penser, qui sont incompréhensibles en dehors de l’esprit qui l’anime» . Il faut bien voir qu’à l’intérieur de chaque civilisation il existe des cultures différentes: par exemple la culture en Europe des pays latins n’est pas la même que celle des pays du Nord, car les uns sont catholiques et les autres protestants: mais tous sont des chrétiens, et ces peuples relèvent de la même civilisation. Il ne faut donc pas confondre, ce que l’on fait très souvent, les concepts de «civilisation» et de «culture».

Dans le monde actuel il existe sur notre planète plusieurs civilisations: cinq civilisations différentes, selon les uns, sept, selon d’autres, et notre civilisation, la civilisation occidentale, est l’une d’elles, et sans doute la plus importante. Elle existe depuis le début de l’ère chrétienne. Dans le passé, il y eut diverses autres civilisations qui ont eu chacune leur heure de gloire, puis, un jour, ont décliné puis disparu.

Chaque civilisation, nous disent unanimement les anthropologues, est fondée sur une religion: et ce constat est fondamental. Le christianisme, pour ce qui est de notre civilisation occidentale, l’islam, pour ce qui est de la civilisation musulmane, etc…. Notre civilisation, comme toutes les autres a, bien sûr, au cours du temps, évolué. Parmi les événements les plus marquants il y eut avec la Révolution française de 1789 ce que le philosophe Marcel Gauchet a appelé une «sortie de religion». Ce fut un virage très important, mais il n’a rien changé aux fondements de notre civilisation: les valeurs chrétiennes se sont simplement laïcisées, par réaction contre les pouvoirs abusifs que s’étaient arrogés sous l’ancien régime les membres du clergé catholique. Ces valeurs continuent à constituer la colonne vertébrale de notre civilisation. On a inscrit dans le marbre les trois valeurs fondamentales dans lesquelles se retrouvent tous les citoyens du pays: liberté, égalité, fraternité. Ce sont des valeurs chrétiennes, et la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 est fondée, elle aussi, sur les valeurs amenées au monde par le christianisme.

Ce qui explique que dans l’évolution de toute civilisation il existe un certain nombre d’invariants, c’est le fait que chaque civilisation est, par définition, fondée sur une religion. Chaque fois les croyances religieuses ont instillé des valeurs et des manières de voir le monde, ainsi que de vivre ensemble qui sont spécifiques. Si l’on change ces valeurs qui ont été créatrices, on change de civilisation. Avec le remplacement que fait Emmanuel Macron du concept de «civilisation» par celui de «peuple», l’auteur de l’article se dégage des enseignements que nous donnent les anthropologues sur les racines des civilisations et sur l’évolution de celles-ci. Emmanuel Macron nous plonge ainsi dans le doute, et cela lui permet de plaider pou un univers mouvant où rien ne se perpétue. L’auteur veut nous accoutumer à l’idée que l’on s’achemine inéluctablement vers une civilisation mondiale où les peuples perdront leur identité et seront indifférenciés.

Soyons donc prudents pour ne pas tomber dans le piège ainsi tendu. Le philosophe Guy Coq, fondateur de la revue Esprit a expliqué qu’une civilisation devait avant tout «veiller aux causes internes de sa propre destruction». La thèse défendue par Emmanuel Macron dans son article est pernicieuse: elle relève de ces courants qui conduisent à la destruction d’une civilisation. Souvenons nous de cet avertissement lancé au XVIIIème siècle par le philosophe italien Giambatista Vico: «L’adhésion aveugle à des convictions fausses présentées sous le couvert de vérités est la principale cause du déclin d’une civilisation».

Puisse cet avertissement être entendu par les princes qui, demain, nous gouverneront.

Voir encore:

Attentats de Bruxelles : un an après, la Belgique veut « oser la tendresse »

Il y a un an, le pays connaissait les pires attentats de son histoire. Des commémorations sont organisées toute la journée dans la capitale.

Le Point/AFP

22/03/2017

Présidentielle 2017: Attention, un Trump peut en cacher un autre (Gazing through the wrong end of the telescope: Europe’s future is still being decided in Washington)

16 mars, 2017
Emmanuel Macron et François Hollande à Paris, le 24 mai 2016.https://i0.wp.com/img.20mn.fr/rJaLiuaXS5K8DPSyyjfPPg/648x415_deja-195-elus-socialistes-rallies-emmanuel-macron.jpgImage may contain: textNo automatic alt text available.No automatic alt text available.Emmanuel Macron, c’est moi! François Hollande
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
L’urgence est de libérer notre force économique qui étouffe sous les normes et les charges. Cette libération sera le tremplin de l’emploi. (…) C’est un changement de culture que je propose, qui allie fermeté et justice : le respect des forces de sécurité, concentrées sur leurs missions et déchargées de la bureaucratie ; la fin du laxisme et de l’excuse pénale pour que chacun assume la responsabilité de ses actes ; la lutte sans pitié contre le totalitarisme islamique. (…) La France unie commande de limiter l’immigration à son strict minimum afin que nos capacités d’intégration ne soient plus débordées. Il faut retrouver la fierté nationale. La France doit raffermir son identité et rayonner au-delà de ses frontières. Nous avons trop souvent douté de nous-mêmes alors que peu de nations sont assises sur un socle aussi riche et aussi ancien que le nôtre. Le relativisme culturel et la culpabilisation ont réussi à insinuer le doute sur nos valeurs et sur notre histoire. Nous devons au contraire être une nation rassemblée et sûre d’elle-même. Il ne faut rien renier de notre héritage et de nos racines. Nous sommes un pays avec une histoire, avec des traditions, avec une culture française. François Fillon
Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important. Jean-Pierre Mignard
Le changement – de visage – c’est maintenant ! », est suivi du sous-titre : « Et si Macron était le vrai successeur de la gauche de François Hollande ? Socialistes avec Macron
Le 29 janvier, environ 58% des plus de 2 millions d’électeurs qui ont pris part au scrutin ont désigné un socialiste comme candidat à l’élection présidentielle prochaine. (…) Et vous choisissez non seulement de ne pas soutenir sa candidature, mais encore de faire campagne pour un autre qui a refusé de se soumettre au suffrage des militants et de nos électeurs. (…)  Nous ne comprenons pas que vous ne respectiez pas le choix des militants et des électeurs ayant accepté de prendre part au vote de désignation de notre candidat.  Sylvie Levesque (militante PS)
Interrogé par L’Opinion, le hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard a affirmé que le chef de l’État «jouera évidemment un rôle important dans la future majorité». Il a immédiatement été recadré par Benjamin Griveaux, le porte-parole d’En Marche !. Le très porteur «ni droite ni gauche» a-t-il du plomb dans l’aile? À l’heure où Emmanuel Macron apparaît comme le grand favori de l’élection présidentielle, nombre de ses adversaires tentent de le discréditer en le faisant apparaître comme «l’hologramme de François Hollande en plus jeune». Un héritage dont le leader d’En Marche! tente tant bien que mal de se défaire, assurant qu’il n’est «pas un élément de continuité» du hollandisme… Mais qui lui colle à la peau malgré tous ses efforts. Car en plus d’être alimentée par les contacts qu’il entretient avec de très nombreux ministres – actuels ou passés – du quinquennat, cette proximité entre le chef de l’État et son ancien protégé est nourrie par plusieurs de leurs proches, qui se répandent dans la presse pour s’en féliciter. C’est notamment le cas de l’avocat hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard, qui a déclaré ce mercredi dans L’Opinion: «Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important». Le Figaro
It’s the presidential election in France next month that Americans really should be watching. With the coming and going of candidates and near-candidates, the French race has suddenly shaken out in a remarkably auspicious way. In the confrontation between Emmanuel Macron and Marine Le Pen, we basically have a confrontation of the two sides of Trumpism: pro-growth Donald Trump versus protectionist Donald Trump. While it remains uncertain which way the actual Mr. Trump will jump (or tumble) along this fundamental fault line in his administration, just possibly the French outcome could be more immediately decisive for the U.S. than for France. Mr. Trump himself likes to associate with whatever side is winning. He practically took credit for Brexit last spring. He occasionally likes to see himself as the progenitor of a global swing toward economic nationalism. If Mr. Macron, with his pro-euro, pro-reform, pro-openness policies, squashes Ms. Le Pen, with her National Front agenda of Frexit, it would amount to a psychological blow against the protectionist duo Steve Bannon and Peter Navarro. (…) Thus, more than any foreign election in a long time, the French presidential race lands at what might be a crucial moment in the internal White House debate over the future of trade and economic policy. Turned on its head here is much feverish reporting that suggests Europe’s future instead is being decided in Washington. It’s not. A Politico cover story, running at 5,000 words, claims that the European togetherness project is at the mercy of the Trump White House. “Europeans are starting to worry that Steve Bannon has the EU in his cross hairs,” the report says. Talk about gazing through the wrong end of the telescope. (…) OK, a metamorphosis into adulthood is unlikely to happen. It would require a Thatcherite, even Milton Friedmanesque, revolution in how Europeans run their domestic economies. (…) Europeans have long sold themselves a bill of goods. They tell themselves that the European Union and euro somehow have been the creators and keepers of the peace after World War II. Such flummery is irresistible for those trying to hold the rickety structure together but it has always been nonsense. It was the East-West divide, the NATO alliance and, more fundamentally, the invention of nuclear weapons that imposed peace on Europe. A Le Pen victory is deemed unlikely by pollsters, for whatever that’s worth. A decisive Le Pen defeat, however, might be the truly consequential outcome if it arrives in time to tilt the White House debate against the Bannonites in favor of the Goldmanites. That is, against an anti-internationalism that reflects a passing if understandable neuralgia, in favor of a grown-up view of our problems. Western electorates naturally resist an inconvenient truth. Foreigners are not the cause of their problems. Those problems have a lot more to do with the natural limits of the regulatory and welfare states that we in the West have let blossom over the past 70 years. Holman W. Jenkins jr.

Attention: un petit bout de la lorgnette peut en cacher un autre !

François Bayrou, Delanoë, Jacques Attali, Robert Hue, Patrick Braouzec …

A l’heure où derrière les costumes de Fillon mais pas les robes de luxe de Brigitte …

Et avec déjà plus de 400 élus socialistes, cinq communistes et dix écologistes au compteur

Commence à pointer l’évidence qu’avait si bien décrite la fameuse formule bovarienne de François Hollande pour son ancien protégé et ministre de l’économie et des finances …

Et qu’assassinat juridico-médiatique de François Fillon oblige,  nos médias nationaux comme internationaux ne se disputent plus désormais que sur l’ampleur de la victoire de Macron …

Pendant qu’entre l’activisme combiné des juges, des services secrets ou des médias et le politiquement correct des campus, la voix du peuple et de la liberté semble toujours menacée aux Etats-Unis …

Comment ne pas voir l’ironie …

D’un Wall Street Journal moquant chez ses confrères la dénonciation de la menace que serait censé représenter Trump pour la cohésion de l’Europe …

Alors qu’obnubilé par la seule question du protectionnisme économique et oubliant le fiasco de novembre dernier de l’ensemble de leur profession, il ne voit pas lui-même le rôle que pourrait bien jouer aussi en Europe …, il ne voit pas lui-même le rôle que pourrait bien jouer aussi en Europe …

La menace de dilution culturelle qui avait tant contribué à la victoire que personne n’attendait de Trump aux Etats-Unis …

Et qui, après les coups de semonce  autrichien ou néerlandais et peut-être bientôt allemand, pourrait bien justement au dernier moment …

Faire celle du seul candidat, à la fois réformateur économiquement et ferme culturellement, de la véritable alternance en France ?

Two Trumps on the French Ballot
How France might influence the White House’s own debate of protection vs. growth.
Holman W. Jenkins jr.
The Wall Street Journal

March 14, 2017

Delayed by a blizzard, Angela Merkel arrives this week in Washington, an emissary of a worried Europe. But it’s the presidential election in France next month that Americans really should be watching.

With the coming and going of candidates and near-candidates, the French race has suddenly shaken out in a remarkably auspicious way. In the confrontation between Emmanuel Macron and Marine Le Pen, we basically have a confrontation of the two sides of Trumpism: pro-growth Donald Trump versus protectionist Donald Trump.

While it remains uncertain which way the actual Mr. Trump will jump (or tumble) along this fundamental fault line in his administration, just possibly the French outcome could be more immediately decisive for the U.S. than for France.

Mr. Trump himself likes to associate with whatever side is winning. He practically took credit for Brexit last spring. He occasionally likes to see himself as the progenitor of a global swing toward economic nationalism. If Mr. Macron, with his pro-euro, pro-reform, pro-openness policies, squashes Ms. Le Pen, with her National Front agenda of Frexit, it would amount to a psychological blow against the protectionist duo Steve Bannon and Peter Navarro.

If not Mr. Bannon’s banishment, it might at least result in Mr. Trump doubting whether the disheveled one really inhabits the global zeitgeist.

Wall Street likes pro-growth Trump. It doesn’t like protectionist Trump. And as multiple reports tell us, the White House is riven by a “civil war,” with the internationalists, led by Goldman Sachs alums Gary Cohn and Steven Mnuchin, lately gaining influence with everybody except Mr. Trump himself.

Mr. Trump is not a man of deeply held ideological convictions, even on trade, about which he has ranted for 30 years. He’s a deal maker, an opportunist (in the nondefamatory sense), a man who understands the flow of events and works within it. And it matters in this case, because a president has powers over trade that Congress and the courts are not necessarily well-positioned to counter.

Thus, more than any foreign election in a long time, the French presidential race lands at what might be a crucial moment in the internal White House debate over the future of trade and economic policy.

Turned on its head here is much feverish reporting that suggests Europe’s future instead is being decided in Washington. It’s not.

A Politico cover story, running at 5,000 words, claims that the European togetherness project is at the mercy of the Trump White House. “Europeans are starting to worry that Steve Bannon has the EU in his cross hairs,” the report says.

Talk about gazing through the wrong end of the telescope. Mr. Bannon is a nationalist opponent of globalization, all right. But if Europeans think he’s their major problem, consider it a symptom of their real trouble. The EU’s problems are massive and self-made, beginning with its inability to reconcile the euro with a crying need for economic growth.

No, the European Union need not fail. It can survive as a common organization of European states, serving the interests of its members without imposing so much regulatory overreach from Brussels.

The euro itself can survive without the politically impractical, and likely impossible, dream of member states ceding control of taxes and spending to Brussels-based Eurocrats. To survive, the eurozone would only have to become a currency zone in which members fully and truly accept the discipline of the markets over their borrowing, including the possibility of national default.

OK, a metamorphosis into adulthood is unlikely to happen. It would require a Thatcherite, even Milton Friedmanesque, revolution in how Europeans run their domestic economies. But the end of the euro in its present form would only be a bow to reality, strengthening the EU by helping prosperity to return to its weaker members.

Europeans have long sold themselves a bill of goods. They tell themselves that the European Union and euro somehow have been the creators and keepers of the peace after World War II.

Such flummery is irresistible for those trying to hold the rickety structure together but it has always been nonsense. It was the East-West divide, the NATO alliance and, more fundamentally, the invention of nuclear weapons that imposed peace on Europe.

A Le Pen victory is deemed unlikely by pollsters, for whatever that’s worth. A decisive Le Pen defeat, however, might be the truly consequential outcome if it arrives in time to tilt the White House debate against the Bannonites in favor of the Goldmanites. That is, against an anti-internationalism that reflects a passing if understandable neuralgia, in favor of a grown-up view of our problems.

Western electorates naturally resist an inconvenient truth. Foreigners are not the cause of their problems. Those problems have a lot more to do with the natural limits of the regulatory and welfare states that we in the West have let blossom over the past 70 years.

Recomposition

Jean-Pierre Mignard: «Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important »

« Ce n’est pas l’économie qui est en crise mais le système politique. Quand la crise politique sera résolue, la France repartira », estime Jean-Pierre Mignard, qui retrace la longue tentative d’une partie du PS de se rapprocher du centre. L’avocat, soutien d’Emmanuel Macron, explique qu’au lendemain de la présidentielle, le chantier sera la construction d’« un grand parti démocrate et progressiste »

Jean-Pierre Mignard est avocat et… franc tireur politique. Après avoir été membre de la direction du PSU, il rejoint le Parti socialiste en 1984. Avec François Hollande, auquel le lie une profonde amitié, il fonde les « transcourants » au sein du PS, puis les clubs Témoin, derrière Jacques Delors. En décembre 2016, il quitte le PS et rejoint le mouvement d’Emmanuel Macron En Marche !.

Le renouveau politique souhaité par Emmanuel Macron est-il le signe d’une crise profonde du système ?

Le système politique français à bout de souffle. La Ve République s’est construite en 1958 sur une menace de coup d’État. Il ne faut pas oublier que les parlementaires s’étaient réfugiés à l’Assemblée nationale et que l’on racontait que des listes étaient dressées. Le Général de Gaulle n’est pas un dictateur mais un républicain d’ordre. Il installe au départ une majorité qui ressemblera un peu à ce que devra faire Emmanuel Macron. C’est-à-dire qu’il labellise une majorité présidentielle, au sein de laquelle il y a le parti qu’il a créé, l’UNR, le MRP, la démocratie chrétienne, mais aussi la SFIO, dont la grande majorité des socialistes, derrière Guy Mollet, vont participer au gouvernement du Général de Gaulle jusqu’en 1960.

Mais l’objectif du Général de Gaulle n’était-il pas au contraire d’en finir avec des majorités fluctuantes et ponctuelles ?

L’objectif premier du Général, c’est de casser les centres. Sous la Ve République, le scrutin uninominal et les ralliements que cela suppose entre les deux tours vont interdire aux centristes d’exister. Les centristes étaient dominants sous la IVe République, un système politique très décrié mais qui a produit beaucoup de choses : la Communauté européenne du charbon et de l’acier, le marché commun, le Conseil de l’Europe, la politique industrielle, le redressement économique, l’utilisation à bon escient des fonds du plan Marshall. De Gaulle estime qu’il faut des majorités claires, qu’elles ne peuvent provenir d’accords parlementaires qu’il voyait comme des combinaisons de partis. Le système politique binaire, bi partisan, induit par le mode de scrutin, provoque une partition du pays. Mais aujourd’hui, nonobstant l’esprit de la Ve République et le mode de scrutin, nous retrouvons une situation qui n’est pas loin de 1958. L’extrême droite était alors menaçante, elle est de nouveau aux portes du pouvoir, avec les mêmes ou les enfants des mêmes. L’échec du système est là.

Les primaires ne sont-elles pas le signe d’un sursaut démocratique ?

Le système est tellement à bout de souffle que les partis ne sont même plus capables de faire la démonstration de leur probité à l’intérieur de leur propre rang. On l’a vu pour le PS en 2008 lors du Congrès de Reims ou pour la présidence de l’UMP à l’automne 2012. D’où le système des primaires qui sont les seuls cataplasmes démocratiques que ces deux partis ont trouvés compte tenu de leur division interne pour fonctionner. Au PS, Manuel Valls a raison, il y a bien deux gauches irréconciliables. LR est divisé de son côté entre Alain Juppé et François Fillon. Quand je vois les caricatures odieuses contre Emmanuel Macron, je me rappelle la campagne « Ali Juppé ». Ce n’est pas un hasard. Il y a déjà dans les rangs de ce parti pourtant républicain de dénomination et qui en appelle aux mannes du Général, ce qui est un comble, des éléments tout droit issus de la pensée de Charles Maurras.

C’est trop tardif, mal fait, bricolé mais c’est Ségolène Royal qui installe l’idée qu’un centriste peut travailler avec un socialiste à la tête de l’exécutif

En 2007, Ségolène Royal fut la première socialiste à tenter de se rapprocher de François Bayrou…

La grande transgressive, c’est Ségolène Royal. Sans avoir construit sur le plan théorique ce qu’elle faisait, car c’est plus une intuitive pragmatique qu’une théoricienne, elle comprend qu’il faut sortir du cadre politique. C’est pourquoi elle commence à casser le système du PS en demandant des adhésions à 20 euros. Et surtout, après avoir été désignée comme candidate, elle a l’idée de demander à François Bayrou d’être son Premier ministre si elle était élue. C’est trop tardif, mal fait, bricolé mais c’est elle qui installe l’idée qu’un centriste peut travailler avec un socialiste à la tête de l’exécutif. En 2007, Ségolène Royal est perçue par les socialistes comme Emmanuel Macron l’est aujourd’hui. Elle n’était pas prévue, pas dans l’héritage et à l’époque si les dirigeants du PS avaient pu voter une loi salique, ils l’auraient fait. François Hollande ne soutient pas son initiative car à l’époque il reste dans l’étiage de la gauche plurielle, cette alliance qui avait pourtant fait la preuve de son échec : Lionel Jospin, un homme consciencieux, sérieux, intègre et bon Premier ministre, termine par un score lamentable. De surcroît, François Hollande est favorable à toutes les ouvertures à condition que le PS soit hégémonique au sein de la nouvelle alliance. Le PS peut ouvrir, mais à condition que les socialistes gardent les clefs. Une idée qu’Emmanuel Macron est en train de dynamiter.

Pourquoi en 2012 François Hollande n’a-t-il pas réalisé cette ouverture que vous appelez de vos vœux ?

Ne pas réaliser l’ouverture avec François Bayrou, c’est sa première erreur et sa plus grande erreur. En fait, le Président refuse de choisir car il pense qu’accepter la main tendue de François Bayrou, c’est acter une déclaration de guerre contre l’aile gauche du PS, l’extrême gauche et les Verts, qui ont appelé à voter pour lui. C’est pourquoi il prend Jean-Marc Ayrault comme Premier ministre. Un homme sympathique et gentil, qui doit distribuer la somme d’antalgique nécessaire à une majorité en lien avec la direction du PS, c’est-à-dire Martine Aubry. De surcroît, alors que c’est dans son programme, François Hollande ne veut pas de la proportionnelle que demande François Bayrou. Le Président est donc contraint de mener une politique économique en contrebande. Comme la droite auparavant. Une politique sans clarté, sans explication, qui mécontente tout le monde parce que personne ne comprend de quoi il s’agit. Si François Hollande avait été plus attentif en 1988, il se serait rappelé que François Mitterrand avait dit qu’il ne souhaitait pas que la majorité soit si forte que ça. A un moment, on ne peut plus faire de modernisation économique compte tenu des alliances induites par le système. C’est pourquoi la crise française est d’abord politique. Quand on aura résolu la crise politique, le pays repartira.

Depuis 1971, le PS a changé. Peut-il accompagner la rénovation du système ?

Dans un monde de plus en plus libéral, le PS a été contraint de reculer en bon ordre. C’est la construction européenne : on transfère à l’Europe une subsidiarité, un pouvoir que nous ne sommes plus en mesure d’exercer en tant que nation seule. Mitterrand va aller très loin avec Helmut Kohl. Il fonde la grande alliance de la social-démocratie et de la démocratie chrétienne. La France a vécu une grande schizophrénie. Elle a vécu au plan intérieur dans un affrontement droite-gauche, d’autant plus furieux que les marges de manœuvre des deux camps étaient faibles. Il y a la vie des socialistes en France, avec le Parti communiste, des meetings où l’on chante l’Internationale, et la vie en Europe, où l’on travaille avec les démocrates chrétiens. C’est pathologique. Mais progressivement, la gauche se divise, comme la droite, sur la question européenne. Voilà pourquoi le système est en crise. Ce n’est pas l’économie ou le social, même s’il y a d’immenses efforts à faire, qui sont en crise. C’est la politique qui tient le reste.

Avec François Hollande, dans les années quatre-vingt, vous aviez fondé au sein du PS, les « transcourants ». Était-ce la genèse du mouvement En Marche ! ?

Les transcourants avec Jean-Pierre Jouyet, Jean-Yves Le Drian et François Hollande, que j’ai présenté l’un à l’autre à l’époque, furent fondés sur le constat que l’idéologie ne fonctionne plus. Nous étions très transgressifs. Nous estimions que le cadre du travail était si rigide qu’il commençait à fabriquer du chômage. Dans un texte qui s’appelait « La gauche bouge », on imaginait même que les petits boulots pouvaient être un substitut au chômage. Nos réflexions se nouaient aussi autour du rapport Crozier, Huntington et Watanuki, qui avait fait le constat de l’épuisement de l’État providence et de la nécessité de trouver de nouvelles formes de redistribution. Plus tard, lorsque l’on préparait la candidature de Jacques Delors à l’élection présidentielle de 1995, on faisait des réunions avec Michèle Barzach, François Léotard, Patrick Devedjian ou Jean-Pierre Delalande, pour envisager comment des personnalités de la droite proeuropéenne pourraient converger avec nous. Nous étions pour des majorités de larges convergences. L’obsession de Jacques Delors était de ne pas être prisonnier de l’appareil socialiste.

Si des Français vont vers Marine Le Pen, ce n’est pas à cause de l’UMPS, mais parce l’UMPS, c’est la paralysie

Pourquoi Emmanuel Macron refuse-t-il des ralliements collectifs ?

Il ne veut pas négocier son programme avec des partis. Beaucoup de socialistes ne sont pas clairs et restent très attachés au Parti socialiste, ce que je peux comprendre. Se rallier en groupe, mais pourquoi ? Jusqu’où ? Pour faire quoi ? Il faut en dire beaucoup plus. Un ralliement ne peut simplement acter un désaccord avec Benoît Hamon ou avec François Fillon. Au deuxième tour, si un parti appelle à voter pour Emmanuel Macron, de gauche ou de droite, pour bloquer Marine Le Pen, il faudra trouver des formules de pacte, des formules transpartisanes. On ne fera pas comme Jacques Chirac qui en 2002 a demandé poliment à tout le monde de rentrer chez lui. Ces accords transpartisans pourront concerner 60 % de l’électorat sauf l’extrême gauche antieuropéenne et l’extrême droite antieuropéenne. Si des Français vont vers Marine Le Pen, ce n’est pas à cause de l’UMPS, mais parce l’UMPS, c’est la paralysie. En revanche, l’UMPS convergent c’eut été la force et l’efficacité. Après la présidentielle, il y a un autre chantier qui va s’ouvrir : créer un grand parti démocrate et progressiste qui sera au-delà d’En Marche !. Les socialistes, au sein du PS, devront se poser la question de savoir s’ils veulent continuer à vivre ensemble.

Le renoncement de François Hollande à se présenter à l’élection présidentielle n’est-il pas la preuve ultime que le système politique est à bout de souffle ?

Non… J’y verrais le fait que François Hollande a fait la preuve qu’il est plus attaché à un dépassement du système qu’à son propre avenir. C’est un acte civique de belle importance. Il avait le sentiment qu’il était lui-même porteur du renouveau et qu’il pouvait conduire la recomposition politique. C’est donc son renoncement qui la permet… Dans la future majorité, le Président jouera évidemment un rôle important.

Vous vous parlez toujours régulièrement ?

Oui.

Voir également:

Le spectre de Hollande hante la campagne de Macron

Interrogé par L’Opinion, le hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard a affirmé que le chef de l’État «jouera évidemment un rôle important dans la future majorité». Il a immédiatement été recadré par Benjamin Griveaux, le porte-parole d’En Marche !.

Le très porteur «ni droite ni gauche» a-t-il du plomb dans l’aile? À l’heure où Emmanuel Macron apparaît comme le grand favori de l’élection présidentielle, nombre de ses adversaires tentent de le discréditer en le faisant apparaître comme «l’hologramme de François Hollande en plus jeune». Un héritage dont le leader d’En Marche! tente tant bien que mal de se défaire, assurant qu’il n’est «pas un élément de continuité» du hollandisme… Mais qui lui colle à la peau malgré tous ses efforts.

Car en plus d’être alimentée par les contacts qu’il entretient avec de très nombreux ministres – actuels ou passés – du quinquennat, cette proximité entre le chef de l’État et son ancien protégé est nourrie par plusieurs de leurs proches, qui se répandent dans la presse pour s’en féliciter. C’est notamment le cas de l’avocat hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard, qui a déclaré ce mercredi dans L’Opinion: «Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important».

«L’amitié a pris le pas sur tout le reste…»

Une phrase qui n’a pas manqué de faire réagir les détracteurs d’Emmanuel Macron, qui s’en sont immédiatement saisis pour l’accuser de vouloir prolonger la politique actuelle. Cette sortie a également eu du mal à passer au sein d’En Marche!, à tel point que le porte-parole du mouvement, Benjamin Griveaux, a été contraint de se rendre sur BFMTV pour éteindre l’incendie. «Évidemment, François Hollande ne jouera pas de rôle important dans la future majorité d’Emmanuel Macron», a-t-il assuré.

«Nous contestons ces propos-là», a-t-il encore ajouté. «Nous disons simplement que François Hollande ne jouera pas de rôle, ni dans l’élection présidentielle ni dans la campagne. Chacun est libre d’apporter son soutien», a enfin conclu l’ex-élu de Saône-et-Loire. Un «recadrage» jugé nécessaire par l’entourage d’Emmanuel Macron, selon qui «l’amitié qui lie Jean-Pierre Mignard à François Hollande a pris le pas sur tous le reste…» «Il fallait réaffirmer la ligne, c’est désormais chose faite», conclut-on. Femez le ban?

Voir encore:

Tribune

Lettre ouverte aux élus socialistes

Sylvie Levesque, militante PS dans la section de Cachan (94)
Libération
7 mars 2017 

A ceux qui ont souhaité ou ont choisi de soutenir la candidature d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, rendez votre carte !

Nous, militantes et militants socialistes sans responsabilité au sein du parti ni mandat électif, vous demandons de rendre votre carte d’adhérent au Parti socialiste, au nom de notre engagement sur lequel s’est appuyée votre élection.

Par cette lettre ouverte, nous souhaitons vous rappeler que sans nous, qui vous avons d’abord investis au nom de notre parti pour représenter le peuple au niveau local ou national, sans nous, qui avons contribué aux réflexions dans nos sections, sans nous qui avons soutenu vos candidatures et fait campagne pour vous, sans nous, sans nos tractages, nos boîtages, nos actions sur les réseaux sociaux, il est fort peu probable que vous auriez été élus. Un jour, un mentor vous a peut-être repéré et a facilité votre carrière dans l’appareil du parti, mais un mentor sans la base, cela ne permet pas d’être un élu du peuple.

L’article 5.3.1 des statuts du Parti socialiste stipule que le candidat à la présidence de la République est désigné au travers de primaires ouvertes à l’ensemble des citoyens adhérant aux valeurs de la gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire. Les règles sont claires et vous les connaissez. Règles qui peuvent d’ailleurs amener à la désignation d’une candidate ou d’un candidat n’appartenant pas à notre formation politique.

Ni loyal ni respectueux

Or le 29 janvier, environ 58% des plus de 2 millions d’électeurs qui ont pris part au scrutin ont désigné un socialiste comme candidat à l’élection présidentielle prochaine. Benoît Hamon est membre de notre parti depuis trente et un ans, membre du bureau national depuis vingt-quatre ans, élu de la République sous les couleurs du PS depuis treize ans. Et vous choisissez non seulement de ne pas soutenir sa candidature, mais encore de faire campagne pour un autre qui a refusé de se soumettre au suffrage des militants et de nos électeurs, et qui n’a pas d’autre étiquette que celle du mouvement qu’il a créé ex nihilo.

Emmanuel Macron n’a adhéré au Parti socialiste que pendant trois ans ; il n’a jamais été investi par les militants pour être candidat à un mandat républicain et n’a jamais été élu par le peuple, a fortiori sous les couleurs de notre parti. Devons-nous vous rappeler que si M. Macron a été membre d’un gouvernement mené par un socialiste, son passage à l’exécutif ne dura que deux ans et quatre jours. Qu’est-ce que deux ans et quatre jours dans une vie de militant ? Qu’est-ce que deux ans et quatre jours dans l’histoire centenaire du parti ? Pas grand-chose. Et lorsqu’on l’entend admettre sur France Culture qu’en 2016, il a dépensé en huit mois 80% des crédits annuels de fonctionnement de son ministère, on est porté à croire qu’en acceptant sa fonction de ministre de l’Economie, il avait sans doute déjà le projet de mettre un terme à sa mission avant la fin du quinquennat, ce qui ne nous semble ni loyal vis-à-vis de qui l’a nommé ni respectueux de la République.

«Ecolo-gauchistes»

Vous invoquez vos convictions pour justifier votre choix, mais avez-vous une idée du nombre d’entre nous qui, ayant voté pour une motion, une candidate ou un candidat mis en minorité, ont cependant milité activement pour celle ou celui qui avait été désigné par un vote interne ou lors de primaires ouvertes ?

Nous ne comprenons pas que vous ne respectiez pas les statuts de notre parti. Nous ne comprenons pas que vous ne respectiez pas le choix des militants et des électeurs ayant accepté de prendre part au vote de désignation de notre candidat.

Nous ne voyons pas comment vous pourriez rester adhérents au Parti socialiste et vous demandons de rendre votre carte du parti avant de vous engager auprès d’un autre candidat que celui désigné par les primaires citoyennes. A savoir : Benoît Hamon.

Une dernière chose : nous ne nous reconnaissons pas dans l’étiquette d’«écolo-gauchistes» que certains d’entre vous nous accolent. Nous sommes tout simplement socialistes et n’avons pas oublié ce que cela signifie.

Les signataires des sections : Levesque Sylvie, Cachan (94); Rutili Yan, Guénange (57); Lajournade Jeanne, Saint-Lizier (09); Yoann Jacquet, Ussel (19); Jeanjeau Lionel, Saint-Avertin (37); Nguene Étienne, Les Mureaux (78); Mascarin Manu, Vence (06); Aguilera Michel, Nîmes-Nord (30); Le Sellin Benoît, Brest (29); Ekim Melek, Villeneuve-la-Garenne (92); Dolo Pascal, Lille-Moulins (59); Musard Clarisse, Nancy (54); Peschet Denise, Joué-lès-Tours (37); Peschet Jean-Claude, Joué-lès-Tours (37); Saimbault Françoise, Ballan-Miré (37); Ferrisse Denise, Joué-lès-Tours (37); Seguin Dominique, Saint Avertin (37); Paris Jean-Christophe, Val de l’Indre (37); Paris Jacky, Val de l’Indre (37); Lajournade-Bosc Francine, Commune de Paris – Paris 20e (75); Marty Anne-Marie, Champigny-sur-Marne (94); Schweig William, Fédération 37; Boutet Françoise, Fédération 37; Vu Pascal, Nogent-sur-Marne (94); Antras Gérard, Saint-Lizier (09); Sauvion Julien, Saint-Pierre-des-Corps (37); Lacotte Christian, Bléré (37); Bouakouir Samir, Villeneuve Le-Roi-Ablon (94); Dhenaux Sophie, L’Haÿ-les-Roses (94); Houx Christine, Fédération 37; Millo Nicole, Nice (06); Paumerelle de Lormel Chantal, Maisons-Alfort (94); Lescastreyres Gérard, Bléré (37); Metais Jean-Pierre, Val de l’Indre (37); Cheron Patrice, Cachan (94); Milleret Jean-Philippe, Cachan (94); Berger Alain, Cachan (94); Archambaud Jacques, Saint-Mandé (94); Vogler Jean, Saint-Mandé (94); Di Franco Jocelyne, Pont Saint Esprit (30); Roger Judicaël, Nîmes centre (30); Pronesti Joseph, Villeneuve-lèz-Avignon (30), Piret Sarah, Nîmes 4 (30), Oukrate Françoise, Lédignan (30); Cuozzo Vincent, Uzès (30); Bergougnoux Josiane, Pézenas (34); Lajournade Hervé, Pézenas (34); Chevalley Anne, Le Vigan (30); Richard Philippe, Cachan (94); Meysen Félix, Nîmes-Nord (30); Kobbi Sarah, Villeneuve-la-Garenne (92); Brunier-Zsigray Philippe, Villeneuve-la-Garenne (92); Werb Ethan, Montrouge (92); Bourgeois Michel, Nancy (54); Tricard Perrine, Colombes (92); Crocicchia Clément, Neuilly-sur-Seine (92); Laprévote Gabrielle, Meudon (92); Fadallalah Haoua, Saint-Ouen (93); Breil Thierry, Pays de Romans (26); Lajournade Jean, Saint-Lizier (09); Mansouri Mina, Colombes (92); Youssef Ihsen, Colombes (92); Tchangodeï Anna, Claude Estier – Paris 18e (75); Geneix Christophe, Nîmes (30); Mouillard Arnaud, Pavilly (76); Jacquet Alain, Cachan (94); Macquoy Christian, Duclair-Saint Pierre de Varengeville, Val de seine (76); Dembele Fatimata, Ivry-sur-Seine (94); Corblin Jannick, Charleville-Mézières (08); Naït Abdelaziz Mezhoura, Charleville-Mézières (08); Alquier Jean-Philippe, Colombes (92); Quezada Victor, Colombes (92); Danquigny Jean-Marc, Levallois-Perret (92); Guerard Marie-Françoise, Les Clayes Sous Bois (78); Bouchikhi Sheer, Paris 11e (75); Chehab Stéphanie, Paris 12e (75); Rosel Rosine, Commune de Paris 20e (75); Caullier Gérard, Beauvais (60); Jidal Aurélie, Jean Jaurès (80); Verkin Lucile, Jean Jaurès (80); Tekiner Meryem, Mulhouse (68); Treviso Catherine, Troyes (10); Nizar Ayad, Metz Nord (54).

Voir par ailleurs:

The Middlebury Aftermath
Robert George and Cornel West issue a defense of free speech.
The Wall Street Journal

March 14, 2017

Amid the icy Nor’easter that hit the east coast Tuesday, a clear ray of intellectual sunshine emerged: Professors Robert George of Princeton University and Cornel West of Harvard University posted online, for national signatures, a petition in defense of freedom of speech. You may find it at http://jmp.princeton.edu/statement.

Their statement—“Truth Seeking, Democracy, and Freedom of Thought and Expression”—follows on the heels of last week’s remarkable free-speech statement by professors at Middlebury College, which now has more than 100 signatures at that small Vermont institution.

Both efforts come in the aftermath of a protest at Middlebury against scholar Charles Murray of the American Enterprise Institute. That protest turned into a mob action, including an assault on Middlebury professor Allison Stanger, who had questioned Mr. Murray on stage.

For years, Professors George and West, the former a conservative and the latter a socialist, together taught a class at Princeton on how to listen to contrary points of view. Middlebury’s violence drove home what many in academia have come to see more clearly now—that the most basic tenets of free inquiry and exchange are under unprecedented pressure in the U.S., not least at universities.

The George-West statement stands as a forceful rebuttal to the all-too-frequent attempt to stigmatize opponents into silence. We hope it gains the national support it deserves.


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