Rwanda: La question du génocide finit presque par être occultée (Painting itself into a corner: How France’s political and legal dirty tricks finally backfired)

31 octobre, 2008
la France au Rwanda (Patrick de St Exupéry)Paradoxalement, dans cette surenchère, la question du génocide finit presque par être occultée. Patrick de Saint-Exupéry
La situation est évidemment bloquée, puisque nous ne pouvons rien contre les mandats d’arrêt de la justice internationale. M. Kouchner
Ce que je savais moi -et que j’étais seul à savoir, je ne pouvais pas le dire aux autres délégations parce qu’il ne fallait pas que le secret sorte- c’est qu’il y avait aussi des officiers français… enfin, au moins un et peut-être un sous-officier, on ne sait pas très bien… A la fin de l’épisode de la grotte d’Ouvea, il y a eu des blessés kanaks et deux de ces blessés ont été achevés à coups de bottes par des militaires français, dont un officier. Michel Rocard
Mandats contre mandats, procès contre procès, rapports contre rapports, génocide contre génocide …

Quatorze ans après le génocide que François Mitterrand avait un moment qualifié de « sans importance » …

Trois mois après le rapport du gouvernement rwandais impliquant, suite à un mandat international contre le président Kagamé par le juge Bruguière pour complicité dans l’attentat contre l’avion des anciens présidents rwandais et burundais ayant servi de déclencheur au génocide, la France dans le génocide de 1994 et menaçant de poursuites internationales 33 personnalités françaises membres du gouvernement Mitterrand de l’époque (dont Balladur, Juppé, Védrine) …

Un mois après une infructueuse rencontre Sarkozy-Kagamé à l’ONU …

Et à la veille, au moment où les restes des génocidaires de 94 dont la France avait protégé la fuite font encore tristement parler d’eux au Congo, de la publication des résultats de l’enquête rwandaise sur ledit attentat …

La situation entre la France et le Rwanda est on ne peut plus trouble et on ne peut plus bloquée.

Et essentiellement apparemment du fait d’une France qui, derrière les accusations ridicules de double génocide de ses anciens responsables ou thuriféraires (de Védrine, alors secrétaire général de l’Elysée, à Péan, lui-même poursuivi à son tour en justice pour incitation au racisme pour des passages de son livre de commande défendant le gouvernement français), les contre-procès et les refus d’extraditions n’arrive toujours pas à admettre sa responsabilité indirecte dans le génocide des toutsis par les houtous.

A savoir, comme le rappelle l’ancien journaliste du Figaro Patrick de Saint-Exupéry qui a longuement enquêté sur place y compris durant les faits, par un indéfectible soutien, avant, pendant et après la tragédie, du gouvernement rwandais et des « milices qui ont été le fer de lance du génocide ».

Soutien qui, au nom de la défense de sa sphère d’influence en Afrique et dans le contexte d’une invasion militaire des toutsis venus d’Ouganda, inclura l’armement et la formation puis l’appui politique et diplomatique avant, sous couvert de l’opération humanitaire Turquoise, l’exfiltration des génocidaires.

Mais qui n’exclura pas, si l’on en croit les nombreux témoins cités par le rapport rwandais, les coups tordus que les récentes révélations d’un ancien-premier ministre sur des comportements de l’armée française particulièrement douteux et brutaux (comme l’achèvement de deux prisonniers kanaks « à coups de bottes », lors de l’attaque de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie en 1988) ne rendent hélas pas totalement implausibles (contrôles d’identité, viols, largages par hélicoptères, pillages, représailles, menaces ?) …

France-Rwanda : oeil pour oeil
Patrick de Saint-Exupéry, rédacteur en chef de la revue XXI

Après le réquisitoire du juge Bruguière, qui fit porter la responsabilité du génocide des Tutsis du Rwanda en 1994 sur les actuelles autorités de Kigali, voici venu le temps de la réplique. Dans un rapport rendu public le 5 août, une commission rwandaise chargée, voici près de deux ans, de «rassembler les preuves montrant l’implication de l’Etat français dans le génocide» conclut à la «responsabilité» de la France dans «la préparation et l’exécution du génocide».

Les deux thèses sont aujourd’hui sur la table. Elles sont bien sûr inconciliables. Et témoignent de la profondeur d’un différend vieux de dix-huit ans qui ne cesse de se creuser pour atteindre des extrêmes. Que deux Etats s’affrontent en se portant mutuellement des accusations aussi graves – il est question de 800 000 morts – tient de l’inédit.

Paradoxalement, dans cette surenchère, la question du génocide finit presque par être occultée. Quoi qu’il en soit des possibles responsabilités connexes, ni la France, ni l’actuel régime de Kigali ne peuvent être soupçonnés d’avoir commis le génocide. Ses responsables, ceux qui l’ont directement mis en oeuvre, ont été ou sont en voie d’être jugés. Désigné par l’accusation comme «le cerveau du génocide», le colonel Théoneste Bagosora, dont le procès au tribunal international d’Arusha est clos, attend le prononcé du verdict. Tenu comme le «financier du génocide», Félicien Kabuga est en fuite et recherché. Des condamnations ont été prononcées visant d’autres responsables de premier rang du génocide.

Ce n’est donc pas du génocide en lui-même qu’il est question. Ce qui est aujourd’hui en débat, ce qui justifie un tel déballage, ressort de la responsabilité politique.

L’instruction menée par le juge Bruguière en est le symptôme éclatant. Loin de l’habituel travail d’enquête factuel, les attendus des conclusions du magistrat instructeur se lisent comme une charge politique lancée au canon contre le régime de Kigali. Accusées par le magistrat français d’avoir commandité l’attentat du 6 avril 1994 qui servit de déclencheur au génocide, les actuelles autorités rwandaises devraient endosser, selon le juge, la responsabilité de l’entière tragédie.

Simple et efficace, l’accusation a porté malgré ses nombreuses faiblesses, ses raccourcis et ses partis pris. Que le régime de Kigali ait pu mettre en oeuvre l’attentat du 6 avril 1994 fait partie du champ du possible, comme d’autres hypothèses. Mais réduire l’explication d’un génocide qui fit 800 000 morts en cent jours à un seul attentat paraît pour le moins léger et inconséquent.

La réaction de Kigali était donc prévisible et attendue. Tenues pour responsable du génocide par la justice française, les autorités ne pouvaient pas ne pas réagir : se taire aurait été avaliser.

Le rapport tout juste rendu public sur «l’implication de l’Etat français dans le génocide» intervient dans ce cadre. Il s’agit d’une réponse du berger à la bergère. Et cette réponse est redoutable. Elle se décompose en deux parties. La première est grave, la seconde insupportable.

Dans leur rapport, les sept membres de la commission rwandaise, juristes et historiens, reprennent d’abord l’historique de l’engagement de la France – politique militaire et diplomatique – au Rwanda tout au long des années 90. Cette remise en perspective mêle des témoignages à de nombreux documents. Le travail de la mission d’information parlementaire créée en 1998 à Paris est souvent cité. Tout comme les archives de François Mitterrand et nombre de télégrammes diplomatiques.

La politique française est globalement mise en cause pour avoir «contribué à la radicalisation ethnique du conflit». La France est accusée «d’avoir formé les milices interahamwé qui ont été le fer de lance du génocide». Dès 1992, Paris aurait engagé au Rwanda des programmes de «défense civile» alliant «l’apprentissage des différentes méthodes d’assassinat» et «un endoctrinement des miliciens à la haine ethnique». Des gendarmes français, poursuit le document, «ont contribué en toute connaissance de cause au fichage informatisé des suspects politiques et ethniques qui devaient être massacrés durant le génocide». Des soldats français auraient participé aux contrôles d’identité.

Loin de s’arrêter à ces points accablants, le rapport déroule tout au long de ses plus de trois cents pages les différentes étapes d’un inaltérable engagement français auprès de ceux qui réaliseront le génocide. En 1993, alors que de nombreux massacres se sont déjà produits comme en prélude au génocide, les «exactions des extrémistes hutus» sont qualifiées au plus haut niveau à Paris d’un adjectif : elles sont «malheureuses».

Durant le génocide, Paris persévère: livraisons d’armes, recommandations diplomatiques, soutien politique. L’engagement reste entier. L’opération Turquoise est lancée en juin 1994, après trois mois de tueries ininterrompues. Elle permet, assure péremptoirement la commission rwandaise, la «prise en charge du projet génocidaire par les décideurs français».

Le rapport bascule alors dans l’insoutenable. Des troupes ayant participé à Turquoise sont accusées d’avoir commis de nombreuses exactions: viols, largages par hélicoptères, pillages, représailles, menaces. Des dizaines de témoignages – de rescapés comme de repentis – se succèdent. Les mises en cause sont circonstanciées et précises, elles se recoupent parfois, ne peuvent être ignorées.

Dans l’ensemble, la charge est violente et nourrie. Plusieurs points peuvent porter à discussion, mais la lecture du rapport laisse un sentiment amer où l’effarement se mêle au dégoût.

Réplique au réquisitoire du juge Bruguière, le travail de la commission rwandaise place Paris au pied du mur. Le simple démenti – tant les éléments sont nombreux à défaut d’être avérés – ne peut suffire. Quant à ne pas répondre, comme cela fut le cas pour Kigali mis en cause par le rapport Bruguière, ce serait courir le risque d’avaliser.

Quatorze ans après le génocide, l’épreuve de force politique est portée à son paroxysme. Ce génocide, que François Mitterrand avait un jour qualifié de «sans importance», n’a pas fini de tarauder les consciences.

Dernier ouvrage paru : l’Inavouable, la France au Rwanda (Les arènes), 2004.

Voir aussi:

Pierre Péan en flagrant délit

Racisme . Le procès du livre du journaliste « pour incitation à la discrimination » contre les Tutsi du Rwanda paraît bien loin de tourner en sa faveur. Jugement en délibéré.
L’Humanité
le 29 septembre 2008

À la fin de la semaine dernière s’est tenu devant le tribunal correctionnel de Paris le procès faisant suite à la plainte « pour diffamation raciale et incitation à la discrimination raciale » déposée en octobre 2006 par SOS Racisme – en liaison avec Ibuka (Souviens-toi, association fondée par des rescapés du génocide rwandais de 1994) – à l’encontre du livre de Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs.

Lancé à grands sons de trompe, fin 2005, cet ouvrage se voulait le point d’orgue dans la campagne négationniste relancée par Paris après que Kigali eut annoncé la création d’une commission d’enquête sur les agissements des militaires français de l’opération Turquoise (juin-juillet 1994). Pour faire contre-feu, tous les arguments furent et restent de mise. Y compris ceux issus du vieux langage sur l’inégalité des races au temps de la colonisation triomphante, de Gobineau à Jules Ferry. En témoignent les quelques citations sélectionnées dans la plainte. Vous y apprenez que la « culture du mensonge et de la dissimulation » caractérise les Tutsi, faisant de « cette race l’une des plus menteuses qui soit sous le soleil ». Changez le mot Tutsi par le terme juif et vous reconnaîtrez facilement le style de la littérature antisémite diffusée avant-guerre comme sous Pétain par l’extrême droite française. Quitte, au passage, à reprendre la propagande « ethniste » véhiculée par les pires organes du Hutu Power, idéologie qui faisait florès début des années quatre-vingt-dix sous le régime Habyarimana. Le plus célèbre, Kangura, définissait les femmes tutsi comme des prostituées espionnes de vocation et multipliait les dessins obscènes montrant le général des Casques bleus, Roméo Dallaire, en compagnie d’un nombre variable de ces dernières. Pierre Péan ne recule pas devant le procédé, assurant à son tour que l’officier canadien n’était pas insensible à leurs charmes, ce qui lui permet le rejet en bloc d’un témoignage pourtant de première main…

« Cette plainte revêt pour nous une portée symbolique importante, déclarait en octobre 2006 le président d’Ibuka, François Ngarambe. Nous savons à quel point l’idéologie peut tuer et disons que le racisme ayant inspiré le livre de Péan est celui-là même qui a conduit au génocide. » Comme dans le cas de la Shoah ou des Tsiganes exterminés par le nazisme et son relais pétainiste, la négation du génocide des Tutsi « est un moment du génocide lui-même ».

« J’ai perdu toute ma famille, comme résultat de fantasmes pareils », témoigne Esther Mujawayo devant le tribunal. Si tous les Tutsi sont des menteurs, « cela veut dire que je suis là occupée à vous mentir », ajoute-t-elle, contestant au prévenu le « droit de juger un peuple ». Péan « joue avec des mots qui tuent. Et les mots nous ont déjà tués assez ». Tout un chacun peut écrire sur tout sujet qu’il souhaite, conclut la procureure, Anne de Fontette, mais « on ne peut pas dire n’importe quoi n’importe comment »… Jugement mis en délibéré.

Jean Chatain

Voir également:

Discrète rencontre Sarkozy-Kagamé à New York
Laurent d’Ersu
La Croix
le 26-9-08

Alors que les relations diplomatiques sont rompues entre les deux pays depuis bientôt un an, Kigali menace de poursuivre de hauts responsables français si la France ne lève pas ses propres mandats d’arrêt visant l’entourage du président rwandais

Nicolas Sarkozy a rencontré son homologue rwandais Paul Kagamé en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, a appris La Croix. Au cours de cette rencontre à laquelle participaient aussi Bernard Kouchner et le secrétaire d’Etat à la coopération Alain Joyandet, les deux présidents se sont expliqués sur le contentieux politico-judiciaire qui oppose les deux pays. Selon une source proche du dossier, l’échange a été «franc», ce qui est généralement synonyme d’«orageux» en langue diplomatique.

À l’Elysée, on confirme que les deux chefs d’Etat ont fait « un point de la situation ». « Le président a dit à son homologue qu’il n’acceptait pas la qualification de « génocide » s’agissant du rôle de la France au Rwanda, a déclaré à La Croix un porte-parole de la présidence. La France considère que de mauvaises relations entre les deux pays ne sont dans l’intérêt de personne. »

Le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France le 24 novembre 2006, après que le magistrat antiterroriste Jean-Louis Bruguière a lancé des mandats d’arrêt contre neuf proches du président Paul Kagamé, dont le chef d’état-major et le chef de l’armée de terre. Dans son ordonnance, le juge exprimait aussi le souhait que le Tribunal pénal international pour le Rwanda poursuive Paul Kagamé, protégé en France par l’immunité présidentielle.

Jean-Louis Bruguière accusait les dix hommes d’avoir planifié l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, qui marqua le déclenchement du génocide des Tutsis. Les poursuites par la justice française tiennent au fait qu’outre Juvénal Habyarimana, son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, et leurs suites, les trois membres d’équipage français de l’appareil mis à la disposition par la France avaient trouvé la mort.

Les Rwandais évoquaient des mandats d’arrêt internationaux
Le contentieux s’est envenimé avec la création par le gouvernement rwandais d’une commission « chargée de rassembler les preuves montrant l’implication de l’État français » dans le génocide, selon son intitulé officiel. Longtemps brandi comme une épée de Damoclès, finalement rendu public en août dernier, ce rapport accumule les accusations contre les militaires et les responsables politiques français pour leur rôle présumé dans la préparation et la mise en oeuvre du génocide.

Après un temps de pause, le pouvoir rwandais a fait savoir au début du mois qu’il comptait demander à la France la mise en place d’une commission rogatoire visant à enquêter sur treize personnalités françaises citées dans le rapport, parmi lesquelles Edouard Balladur, Alain Juppé, Hubert Védrine et plusieurs officiers supérieurs.

Doutant de la possibilité d’une coopération judiciaire, les responsables rwandais évoquaient déjà l’idée d’émettre des mandats d’arrêt internationaux, en demandant la collaboration d’Interpol. «Sur le plan judiciaire, les Français ont établi un précédent, notait Paul Kagamé. Si eux l’ont fait, – lancer des mandats d’arrêt contre des dirigeants rwandais – nous pouvons le faire aussi à leur égard.» Entre la France et le Rwanda, «les choses sont allées trop loin, ajoutait le président rwandais. En fait, ce sont les Français eux-mêmes, par leur attitude, qui ont rendu tout cela beaucoup plus difficile.»

Nicolas Sarkozy serait resté «ferme»
Sous l’impulsion notamment de Bernard Kouchner, qui s’est rendu à Kigali le 26 janvier, Paris s’est pourtant efforcé de désamorcer les tensions, notamment en relançant les poursuites contre des génocidaires présumés réfugiés en France.

En marge du sommet Europe-Afrique de décembre 2007, Nicolas Sarkozy avait évoqué le Rwanda et « son génocide qui nous oblige à réfléchir, France comprise, à nos faiblesses ou nos erreurs ». Cette première reconnaissance d’une possible responsabilité française n’était pas allée jusqu’à la « repentance » et ne s’était pas assortie d’une levée des mandats d’arrêt, ce qui avait déçu Kigali.

Lors de l’entretien tenu mardi à New York, Nicolas Sarkozy serait resté «ferme» sur l’impossibilité d’une intervention politique dans le dossier bouclé par le juge Bruguière. Et l’on réfléchit déjà dans les milieux diplomatiques aux moyens légaux de contrer l’émission par le Rwanda de mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs anciens premiers ministres français.

Voir de même:

Quand les bourreaux réclament justice
5 novembre 2008, palais de Justice de Paris, 24ème chambre

PLAIGNANT : HUBERT VEDRINE, COMPLICE DANS LE GENOCIDE DES TUTSI AU RWANDA
DANS LE BOX DES ACCUSES : LE COLLECTIF GENOCIDE MADE IN FRANCE

Xavier Renou et Mariama Keïta sont jugés et risquent tous deux une peine de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende.

Génocide Made in France diffuse à cette occasion un documentaire citoyen qui résume le rôle de la France au Rwanda, et appelle chacun à le faire connaître le plus largement possible.

Vidéo Rwanda, un génocide made in France (en flash)

Les faits

Le 28 novembre 2007, Hubert Védrine est recouvert d’un colorant alimentaire rouge. La presse, avertie, ne relaie pas l’information. Les images filmées par une équipe de M6 ce jour-là sont détruites, et le reportage annulé par la chaîne. Hubert Védrine porte plainte pour « agression avec violence », « dégradation » et « diffamation ». Estimant les tâches, pourtant délébiles, faites sur son « costume Lanvin, et son manteau en cachemire, d’une valeur de 2900 Euros » plus essentielles que les accusations publiques de complicité de génocide portées contre lui, il abandonne la diffamation au profit d’une simple « atteinte à l’honneur », moins susceptible d’entraîner un débat fâcheux sur son rôle dans le génocide.

La chasse aux images

Le même jour, les images de l’action sont diffusées sur Internet. Les conseils d’Hubert Védrine invoquent alors la législation happy slapping, adoptée pour réprimer des violences juvéniles, réelles et gratuites, pour faire censurer ces images et donc les informations qui s’y rapportent ! C’est logique : la défense des réputations mal assises a toujours nécessité beaucoup de contorsions. Toutefois, le collectif a produit depuis un documentaire de 15 minutes sur le rôle de la France au Rwanda qui reprend ces images et explique pourquoi le collectif a voulu sensibiliser ses concitoyens, Hubert Védrine compris. Génocide made in France invite donc tous ceux qui n’acceptent pas l’impunité à regarder le film, à le diffuser très largement et à le mettre en lien sur le plus de sites Internet et blogs possible avant son éventuelle interdiction. « En abandonnant sa plainte pour diffamation, Hubert Védrine cherche à éviter que la Justice ne se penche sur son rôle dans le génocide des Tutsi au Rwanda, relève Xavier Renou porte-parole du collectif Génocide Made in France. Mais nous n’avons pas l’intention de cesser notre combat contre l’impunité tant que les complices français du génocide n’auront pas tous été jugés ! »

Contacts :
Yvette, porte-parole, au 01 40 35 03 03 puis tapez 4
Xavier Renou, porte-parole, 06 64 18 34 21.
contact@genocidemadeinfrance.com
http://www.genocidemadeinfrance.com

Génocide Made in France dénonce l’impunité dont bénéficient les complices français – politiques, militaires de haut rang, ambassadeurs – du génocide des Tutsi de 1994. Après une première action au Louvre, dont les bassins avaient été teintés de faux sang, des actions furent menées au Trocadéro où fut reconstitué un charnier symbolisant ceux du Rwanda, à la Cité de l’immigration avec l’inauguration en grande pompe d’une aile dédiée aux crimes de la « Françafrique », ou encore à la vente des effets personnels de François Mitterrand pendant laquelle furent proposés aux admirateurs de l’ancien président de la république des machettes, crânes et autres souvenirs de la politique qu’il mena au Rwanda.

Voir enfin:

Rwanda: Quilès (PS) veut une nouvelle commission pour des conclusions « incontestables »
AFP
12 sept. 2008

PARIS (AFP) — Paul Quilès, ancien président (PS) de la mission parlementaire d’information sur le génocide du Rwanda, demande la création « d’une commission de personnalités indépendantes » pour établir « de manière incontestable » les responsabilités dans le génocide au Rwanda en 1994.

L’ex-député et ministre de la Défense a rendu publique vendredi une lettre en ce sens, adressée la veille au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.

Selon M. Quilès, « la multiplicité des travaux publiés » sur le sujet « risque de donner une image éclatée, peu cohérente des évènements et ce d’autant plus que leurs conclusions sont souvent dissemblables, voire contradictoires ».

Il cite, outre le rapport de 1998 de la mission qu’il présida, ceux de la commission d’enquête du Sénat de Belgique (1997), de la commission d’enquête indépendante instituée par Kofi Annan (1999), de la commission nationale indépendante rwandaise (2007), ainsi que « des travaux conduits souvent avec beaucoup de rigueur par des organisations non gouvernementales et des chercheurs ».

M. Quilès fait aussi valoir que « des faits mis au jour dans le cadre des procédures judiciaires consécutives au génocide sont susceptibles de remettre en cause certaines conclusions des enquêtes menées jusqu’à présent ».

« Je vous propose donc de soumettre l’ensemble des travaux conduits jusqu’à présent sur les causes, le déroulement et les conséquences du génocide du Rwanda à l’examen d’une commission constituée de personnalités indépendantes à l’expertise reconnue », écrit-il à M. Ban.

« Ainsi pourrait être établie, à l’intention des gouvernements et des opinions, une analyse impartiale et incontestable, qui apporterait, à mon sens, une contribution essentielle aux efforts de réconciliation et de reconstruction dans la région des Grands Lacs », ajoute M. Quilès.

Le génocide au Rwanda a fait selon l’ONU 800.000 morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés.

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Présidentielle américaine: Une inquiétante politique de la foule (Obama and the Politics of Crowds)

31 octobre, 2008
Obama politics of crowdsC’est pour ce moment béni, quand personne n’est plus grand ou meilleur que les autres, que les gens deviennent une foule. Elias Canetti
Alors que la planète entière, du moins dans la vision aussi tronquée qu’intéressée que nous imposent nos médias, semble se réjouir à l’avance de la victoire annoncée du messie de Chicago …

Et qu’emportée par ses parti-pris, ladite presse se félicite jour après jour de la ferveur comme de l’ampleur de rassemblements de masse censés légitimer son choix…

Petite remise des pendules à l’heure du politologue libano-américain Fouad Ajami sur cet inquiétant appel aux foules de la part de celui qui, profitant de sa biographie multiculturelle (« père kenyan musulman, mère texane agnostique, passé partagé entre Hawaï, Chicago, l’Indonésie ») et de sa petite expérience de travailleur social dans les quartiers défavorisés de sa ville, se révèle être en fait le maitre du brouillage de pistes.

Créature des secteurs protégés universitaires, religieux et associatifs comme de “la machine politique la plus corrompue des États-Unis” et n’ayant jamais géré la moindre institution publique ou entreprise privée ni produit la moindre thèse ou recherche hormis trois livres consacrés à la seule promotion de sa propre personne, « le sénateur le plus à gauche du Congrès » et « le plus inexpérimenté de tous les candidats à la présidence depuis cent ans” apparaît en fait comme l’instrument de la revanche d’un parti démocrate qui n’a toujours pas digéré les deux défaites successives que lui a infligé le président Bush.

Qui en outre pour ce faire coalise sur sa personne l’improbable mariage de la carpe et du lapin de la minorité noire et de la gauche blanche fortunée, pour un programme essentiellement redistributif où une culture de la compétition, du risque et de l’effort individuels serait censée subventionner des masses déjà largement victimes d’une culture d’assistanat et de revendication de droits à sens unique.

Et n’hésite pas au passage à rejeter dans le mépris et la diabolisation la large part des résidents des petites et moyennes villes censés « s’accrocher aux armes, à la religion et à l’hostilité envers ceux qui ne sont pas comme eux » alors qu’ils ne font que manifester une bien compréhensible inquiétude devant le formidable saut dans le vide que constituerait son élection.

Sans compter, la fin justifiant très symptomatiquement les moyens, son inquiétant empressement à revenir sur son engagement à moraliser le financement électoral et à aggraver de ce fait, et dans des proportions et des conditions d’opacité tout à fait inouïes, les dépenses de campagne (l’équivalent, pour lui seul, des campagnes réunies de Bush et Kerry !) …

Extraits:

The coalition that has propelled his quest — African-Americans and affluent white liberals — has no economic coherence. But for the moment, there is the illusion of a common undertaking — Canetti’s feeling of equality within the crowd. The day after, the crowd will of course discover its own fissures. The affluent will have to pay for the programs promised the poor. The redistribution agenda that runs through Mr. Obama’s vision is anathema to the Silicon Valley entrepreneurs and the hedge-fund managers now smitten with him. Their ethos is one of competition and the justice of the rewards that come with risk and effort. All this is shelved, as the devotees sustain the candidacy of a man whose public career has been a steady advocacy of reining in the market and organizing those who believe in entitlement and redistribution.

This election is the rematch that John Kerry had not delivered on. In the fashion of the crowd that seeks and sees the justice of retribution, Mr. Obama’s supporters have been willing to overlook his means. So a candidate pledged to good government and to ending the role of money in our political life opts out of public financing of presidential campaigns. What of it? The end justifies the means.

Obama and the Politics of Crowds
The masses greeting the candidate on the trail are a sign of great unease.
Fouad Ajami
The WSJ
October 30, 2008

There is something odd — and dare I say novel — in American politics about the crowds that have been greeting Barack Obama on his campaign trail. Hitherto, crowds have not been a prominent feature of American politics. We associate them with the temper of Third World societies. We think of places like Argentina and Egypt and Iran, of multitudes brought together by their zeal for a Peron or a Nasser or a Khomeini. In these kinds of societies, the crowd comes forth to affirm its faith in a redeemer: a man who would set the world right.

As the late Nobel laureate Elias Canetti observes in his great book, « Crowds and Power » (first published in 1960), the crowd is based on an illusion of equality: Its quest is for that moment when « distinctions are thrown off and all become equal. It is for the sake of this blessed moment, when no one is greater or better than another, that people become a crowd. » These crowds, in the tens of thousands, who have been turning out for the Democratic standard-bearer in St. Louis and Denver and Portland, are a measure of American distress.

On the face of it, there is nothing overwhelmingly stirring about Sen. Obama. There is a cerebral quality to him, and an air of detachment. He has eloquence, but within bounds. After nearly two years on the trail, the audience can pretty much anticipate and recite his lines. The political genius of the man is that he is a blank slate. The devotees can project onto him what they wish. The coalition that has propelled his quest — African-Americans and affluent white liberals — has no economic coherence. But for the moment, there is the illusion of a common undertaking — Canetti’s feeling of equality within the crowd. The day after, the crowd will of course discover its own fissures. The affluent will have to pay for the programs promised the poor. The redistribution agenda that runs through Mr. Obama’s vision is anathema to the Silicon Valley entrepreneurs and the hedge-fund managers now smitten with him. Their ethos is one of competition and the justice of the rewards that come with risk and effort. All this is shelved, as the devotees sustain the candidacy of a man whose public career has been a steady advocacy of reining in the market and organizing those who believe in entitlement and redistribution.

A creature of universities and churches and nonprofit institutions, the Illinois senator, with the blessing and acquiescence of his upscale supporters, has glided past these hard distinctions. On the face of it, it must be surmised that his affluent devotees are ready to foot the bill for the new order, or are convinced that after victory the old ways will endure, and that Mr. Obama will govern from the center. Ambiguity has been a powerful weapon of this gifted candidate: He has been different things to different people, and he was under no obligation to tell this coalition of a thousand discontents, and a thousand visions, the details of his political programs: redistribution for the poor, postracial absolution and « modernity » for the upper end of the scale.

It was no accident that the white working class was the last segment of the population to sign up for the Obama journey. Their hesitancy was not about race. They were men and women of practicality; they distrusted oratory, they could see through the falseness of the solidarity offered by this campaign. They did not have much, but believed in the legitimacy of what little they had acquired. They valued work and its rewards. They knew and heard of staggering wealth made by the Masters of the Universe, but held onto their faith in the outcomes that economic life decreed. The economic hurricane that struck America some weeks ago shook them to the core. They now seek protection, the shelter of the state, and the promise of social repair. The bonuses of the wizards who ran the great corporate entities had not bothered them. It was the spectacle of the work of the wizards melting before our eyes that unsettled them.

Daniel Patrick Moynihan, the late Democratic senator from New York, once set the difference between American capitalism and the older European version by observing that America was the party of liberty, whereas Europe was the party of equality. Just in the nick of time for the Obama candidacy, the American faith in liberty began to crack. The preachers of America’s decline in the global pecking order had added to the panic. Our best days were behind us, the declinists prophesied. The sun was setting on our imperium, and rising in other lands.

A younger man, « cool » and collected, carrying within his own biography the strands of the world beyond America’s shores, was put forth as a herald of the change upon us. The crowd would risk the experiment. There was grudge and a desire for retribution in the crowd to begin with. Akin to the passions that have shaped and driven highly polarized societies, this election has at its core a desire to settle the unfinished account of the presidential election eight years ago. George W. Bush’s presidency remained, for his countless critics and detractors, a tale of usurpation. He had gotten what was not his due; more galling still, he had been bold and unabashed, and taken his time at the helm as an opportunity to assert an ambitious doctrine of American power abroad. He had waged a war of choice in Iraq.

This election is the rematch that John Kerry had not delivered on. In the fashion of the crowd that seeks and sees the justice of retribution, Mr. Obama’s supporters have been willing to overlook his means. So a candidate pledged to good government and to ending the role of money in our political life opts out of public financing of presidential campaigns. What of it? The end justifies the means.

Save in times of national peril, Americans have been sober, really minimalist, in what they expected out of national elections, out of politics itself. The outcomes that mattered were decided in the push and pull of daily life, by the inventors and the entrepreneurs, and the captains of industry and finance. To be sure, there was a measure of willfulness in this national vision, for politics and wars guided the destiny of this republic. But that American sobriety and skepticism about politics — and leaders — set this republic apart from political cultures that saw redemption lurking around every corner.

My boyhood, and the Arab political culture I have been chronicling for well over three decades, are anchored in the Arab world. And the tragedy of Arab political culture has been the unending expectation of the crowd — the street, we call it — in the redeemer who will put an end to the decline, who will restore faded splendor and greatness. When I came into my own, in the late 1950s and ’60s, those hopes were invested in the Egyptian Gamal Abdul Nasser. He faltered, and broke the hearts of generations of Arabs. But the faith in the Awaited One lives on, and it would forever circle the Arab world looking for the next redeemer.

America is a different land, for me exceptional in all the ways that matter. In recent days, those vast Obama crowds, though, have recalled for me the politics of charisma that wrecked Arab and Muslim societies. A leader does not have to say much, or be much. The crowd is left to its most powerful possession — its imagination.

From Elias Canetti again: « But the crowd, as such, disintegrates. It has a presentiment of this and fears it. . . . Only the growth of the crowd prevents those who belong to it from creeping back under their private burdens. »

The morning after the election, the disappointment will begin to settle upon the Obama crowd. Defeat — by now unthinkable to the devotees — will bring heartbreak. Victory will steadily deliver the sobering verdict that our troubles won’t be solved by a leader’s magic.

Mr. Ajami is professor of Middle Eastern Studies at the School of Advanced International Studies, Johns Hopkins University, and an adjunct research fellow at Stanford University’s Hoover Institution.


Football et islam: En Algérie, tout le monde connaît « Bilal » Ribery (Spate of conversions to Islam in French football and beyond)

30 octobre, 2008
French football magazine (Apr. 2004)Etre musulman, pour moi, c’est choisir mon camp. Vincent Monteil (alias Mansour)
 
A l’inverse de nombre de Français, qui n’en savent rien, tout le monde sait en Algérie que celui qui porte le prénom du premier muezzin de l’islam n’est autre que Frank Ribéry. Backchich

Comment? Vous ne connaissez pas Bilal Ribery?

Bilal Anelka? Bilal Abidal?

Omar Troussier? Abdoul Karim Metsu? Tariq Abdul-Wahad? …

Suite à notre dernier billet sur les siffleurs d’hymne nationaux pendant les matches de football …

Retour sur un phénomène peu souligné par nos médias mais qui éclaire d’un nouveau jour lesdits sifflets, la récente floraison, saluée il y a deux ans par le magazine de fooball So Foot, de conversions dans les rangs du football français, mais aussi d’autres sports comme le basketball (Olivier Saint Jean) ou la musique populaire (le rappeur marseillais Akhenaton).

Et ultime preuve, avec leurs quelque 50 000 autres compatriotes en dix ans, qu’après les Massignon, Bucaille, Béjart, Garaudy, Vergès ou Carlos, la conversion à l’islam n’est décidément plus l’apanage des élites intellectuelles ou des repris de justice.

Joueurs de football de haut niveau et notamment de l’équipe de France, ce sont souvent des jeunes issus des quartiers populaires en mal d’identité (notamment antillais) ou d’anciens entraineurs ayant beaucoup roulé leur bosse en pays musulmans.

Et c’est souvent par le mariage à des jeunes femmes d’origine maghrébine et/ou suite à des séjours plus ou moins prolongés dans des équipes de pays musulmans (comme les équipes turques pour Ribéry et Anelka, ou les équipes du Sénégal et du Maroc pour les entraineurs Troussier et Metsu) que la chose s’est faite, le changement nominatif se limitant souvent au simple prénom et uniquement en contexte musulman.

En revanche, l’influence noire-américaine semble plus probable du côté des basketteurs (avec, à l’instar des Lew Alcindor-Kareem Abdul-Jabbar, eux-mêmes inspirés des Cassius Clay-Muhammed Ali et Malcom X, changement complet du nom) comme le premier Français à rejoindre la N.B.A. d’origine guyanaise Olivier Saint Jean alias Tariq Abdul-Wahad …

Morceaux choisis trouvés sur un site consacré aux convertis à l’islam:

– Le Docteur Maurice Bucaille (père de la « science islamique« ): Ayant mesuré la marge qui séparait la réalité de l’Islam de l’image qu’on s’en faisait dans nos pays occidentaux, je ressentis le vif besoin d’apprendre l’arabe que je ne connaissais pas, pour être en mesure de progresser dans l’étude d’une religion si méconnue. Mon premier objectif résida dans la lecture du Coran et dans l’examen de son texte phrase par phrase, avec l’aide des commentaires divers indispensables à une étude critique. Je l’abordai en prêtant une attention toute particulière à la description qu’il donne d’une multitude de phénomènes naturels : la précision de certains détails du livre les concernant, seulement perceptible dans le texte original, me frappa en raison de sa conformité avec les conceptions qu’on peut en avoir à notre époque, mais dont un homme de l’époque de Mahomet ne pouvait avoir la moindre idée. Je lus par la suite plusieurs ouvrages consacrés par des auteurs musulmans aux aspects scientifiques du texte coranique: ils m’ont apporté de très utiles éléments d’appréciation, mais je n’ai pas encore découvert une étude d’ensemble effectuée en Occident sur ce sujet.

Ce qui frappe d’abord l’esprit de qui est confronté avec un tel texte pour la première fois est l’abondance des sujets traités: la création, l’astronomie, l’exposé de certains sujets concernant la terre, le règne animal et le règne végétal, la reproduction humaine. Alors que l’on trouve dans la Bible de monumentales erreurs scientifiques, ici je n’en découvrais aucune. Ce qui m’obligeait à m’interroger: si un homme était l’auteur du Coran, comment aurait-il pu, au VIIe (septième) siècle de l’ère chrétienne, écrire ce qui s’avère aujourd’hui conforme aux connaissances scientifiques modernes? Or, aucun doute n’était possible: le texte que nous possédons aujourd’hui du Coran est bien le texte d’époque, si j’ose dire (…) Quelle explication humaine donner à cette constatation? A mon avis, il n’en est aucune, car il n’y a pas de raison particulière de penser qu’un habitant de la péninsule Arabique pût, au temps où, en France, régnait le roi Dagobert, posséder une culture scientifique qui aurait dû, pour certains sujets, être en avance d’une dizaine de siècles sur la nôtre ».

– Maurice Béjart:

…assimiler l’Islam à Khomeiny revient à réduire le catholicisme à Philippe II, ce si sectaire roi d’Espagne. C’est d’autant plus absurde que ‘Islam est sans doute l’une des religions les plus tolérantes qui soient…

– Roger Garaudy: L’Islam, dans le Coran, n’est pas une religion nouvelle mais le rappel de la religion fondamentale et première depuis que Dieu a insufflé son esprit dans le premier homme. Cette religion des origines a été interprétée différemment selon les lieux et selon les cultures […]. Les grands soufis musulmans affirment qu’un chrétien qui devient musulman ne change pas de religion. Pour Ibn Arabi, Jésus est le sceau de la sainteté [soufi]; ce qui est commun aux deux religions est plus important que ce qui les sépare. L’islam n’est pas plus la propriété des Arabes que le christianisme n’est l’apanage des Européens.

– Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos):

Je suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique.

Nicolas Anelka alias Bilal Anelka:

L’Islam me paraît être, pour moi, la vérité. (…) Depuis, je suis beaucoup plus serein, beaucoup plus calme. Cela me fait plus réfléchir. J’aurais pu changer de nom comme l’on fait avant moi certains sportifs comme Tariq Abdul-Wahad (Olivier Saint-Jean) ou le plus grand de tous, Mohamed Ali (Cassius Clay), mais je n’en ai pas vu l’utilité.

– Bilal Ribéry:

Cette religion, l’Islam, c’est moi qui l’ai choisie et c’est aussi elle qui me donne la force, sur le terrain et en dehors. (Paris Match, juin 2006)

Eric Bilal Abidal: Lyonnais d’origine martiniquaise Omar (et Amina) Troussier:

L’ancien entraîneur de l’Olympique de Marseille, Philippe Troussier, et son épouse se sont convertis à l’Islam à Rabat (Maroc). « Troussier n’est plus Philippe, il a adopté le prénom de Omar et son épouse n’est plus Dominique mais Amina », a indiqué la presse marocaine. DHJ-foot (mars 2006)

– Bruno Metsu alias Abdoul Karim Metsu: Entraîneur français de l’équipe sénégalaise lors de la coupe du monde 2002. Converti à l’islam en 2002.

Olivier Saint Jean alias Tariq Abdul-Wahad

Mon destin, c’était l’Islam! (…) quelqu’un que je ne connais pas et qui m’appelle volontairement Olivier, je considère cela comme une provocation. Le Prophète (sas) lorsqu’il entendait quelque chose qui ne lui plaisait pas, ne répondait pas tout simplement. Telle est mon attitude !

Akhenaton alias Abd El-Hakim: ….J’ai découvert que les religions étaient enchevêtrés et que de l’une découlait l’autre, mais l’Islam au niveau des écritures m’a beaucoup plus convaincue notamment avec son rapport avec la science et beaucoup de passages du Coran qui font allusion par exemple à la formation des galaxies, à la création de l’être humain, je parle de génétique là, c’est carrément écrit dans le Coran… » …Je l’étais tant que je ne connaissais ni dogme ni religion, tant que je ne croyais pas en Dieu. J’ai embrassé l’islam – la seule croyance qui ne juge pas les autres – et choisi un nom qui marque la soumission – Abd el-Hakim – parce que, étant donné ce qu’est l’être humain, il gagne toujours à se placer en serviteur de quelque chose ou de quelqu’un. J’entretiens une histoire personnelle avec l’islam qui me pousse à la tolérance, me donne sa lumière et m’incite au calme…

Voir aussi:

Islam converts change face of Europe
Etgar Lefkovits
The Jerusalem Post
Jan. 23, 2007

As many as 100,000 French and British citizens have converted to Islam over the last decade, according to a new book by an Israeli historian.

The figures cited by Hebrew University Prof. Raphael Israeli in his upcoming book The Third Islamic Invasion of Europe are representative of the fast-changing face of Europe, which the Islamic history professor says is in danger of becoming « Eurabia » within half a century.

He noted that about 30 million Muslims currently live in Europe, out of a total population of 380 million., adding that with a high Muslim birthrate in Europe, the number of Muslims living in the continent is likely to double within 25 years.

Israeli also cited massive immigration and Turkey’s future inclusion in the EU as the primary reasons why the face of Europe will be indelibly changed within a generation.

European concerns over a fast-growing Muslim population is at the center of opposition to Turkey’s entry into the EU, he said, as the inclusion of Turkey into the EU will catapult the number of Muslims to 100 million out of a total population of 450 million.

« The sheer weight of demography will produce a situation where no Frenchman or Dutchman could be elected to parliament without the support of the Muslim minority, » he said Monday in an interview with The Jerusalem Post.

« Muslims will have a more and more decisive voice in the makeup of European governments. »

« With Turkey as a member of the EU, the process will be accelerated, without [Turkey] it will be slower but it will still happen, » he added. Turkey has strong relations with Israel.

The historian, who has authored 19 previous books, said that Muslim political power in Europe would directly impact domestic politics, including Europe’s immigration policy, with millions of additional Muslims waiting at the door to gain entry to the EU as part of « family reunification » programs.

« Every European with a right mind has every reason to be frightened, » Israeli said.

The 50,000 French and 50,000 British who have converted to Islam over the last decade, including many from mixed marriages, did so for personal convictions, romanticized notions of Islam, as well as for business reasons, while others see Islam as the wave of the future at a time when Christianity is on the wane, Israeli said.

He said that Muslims converting to Christianity existed but their numbers were significantly smaller.

Israeli noted that conversions in mixed marriages worked only in one direction since a Muslim woman who marries a Christian is considered an apostate in her community, and faces physical danger.

« It is time one should wake up and realize what is happening in Europe, » he concluded.



Présidentielle américaine: Pourquoi je voterai McCain (Former speechwriter for Obama explains why she’s jumping ship)

29 octobre, 2008
Obama's 57 statesSénateur Obama, je ne suis pas le président Bush. Si vous vouliez vous présenter contre le président Bush, il aurait fallu faire campagne il y a quatre ans. John McCain

A la veille d’une soirée à 5 millions de dollars (le prix d’un spot de 30 minutes sur les cinq plus grandes chaines américaines juste avant la sacro-sainte finale de baseball) …

Pour une campagne qui, revenant sur sa promesse de s’en tenir au financement fédéral, a collecté, plus ou moins régulièrement, autant d’argent que les campagnes réunies de Bush et Kerry en 2004 (la bagatelle de 3/4 de milliard de dollars!) …

Après le parti des milliardaires et des super-riches (moins de 10 millions de dollars par an s’abstenir!), voici… le parti des snobs!

Dégoutée par la condescendance de la campagne Obama envers les femmes (Hillary Clinton puis Sarah Palin, attaquées sur leur garde-robe ou maquillage).
.
Comme pour les membres de la classe ouvrière (Sarah Palin à nouveau et Joe le plombier).
.
Ou la mauvaise foi ou l’hypocrisie sur le dossier irakien (l’évident succès des renforts ou la fausse promesse du retrait de toutes les troupes – seulement les « combattantes », laissant à demeure un reste incompressible de 55 000).

Une ancienne plume d’Obama (mais aussi de Clinton et Edwards) explique pourquoi elle votera finalement MC Cain.

Mais elle aurait pu ajouter aussi, comme le rappelle Victor Davis Hanson, la manière dont le “plus inexpérimenté de tous les candidats à la présidence depuis cent ans” a été élu à Chicago grâce à “la machine politique la plus corrompue des États-Unis”.

Que ce soit en 1996 comme sénateur d’état (en faisant éliminer ses rivaux par voie de justice) ou en 2004 comme sénateur national (en faisant fuiter les papiers de divorce de ses adversaires) …

Extraits:

The final straw came the other week when Samuel Joseph Wurzelbacher (a.k.a Joe the Plumber) asked a question about higher taxes for small businesses. Instead of celebrating his aspirations, they were mocked. He wasn’t “a real plumber,” and “They’re fighting for Joe the Hedge-Fund manager,” and the patronizing, “I’ve got nothing but love for Joe the Plumber.”

(…)

The party I believed in wouldn’t look down on working people under any circumstance. And Joe the Plumber is right. This is the absolutely worst time to raise taxes on anyone: the rich, the middle class, the poor, small businesses and corporations.

Our economy is in the tank for many complicated reasons, especially because people don’t have enough money. So let them keep it. Let businesses keep it so they can create jobs and stay here and weather this storm. And yet, the Democratic ideology remains the same. Our approach to problems—big government solutions paid for by taxing the rich and big and smaller companies—is just as tired and out of date as trickle down economics. How about a novel approach that simply finds a sane way to stop the bleeding?

That’s not exactly the philosophy of a Democrat. Not only has this party belittled working people in this campaign from Joe the Plumber to the bitter comments, it has also been part of tearing down two female candidates. At first, certain Democrats and the press called Senator Clinton “dishonest.” They went after her cleavage. They said her experience as First Lady consisted of having tea parties. There was no outrage over “Bros before Hoes” or “Iron My Shirt.” Did Senator Clinton make mistakes? Of course. She’s human.

But here we are about a week out and it’s déjà vu all over again. Really, front-page news is how the Republican National Committee paid for Governor Sarah Palin’s wardrobe? Where’s the op-ed about how Obama tucks in his shirt when he plays basketball or how Senator Biden buttons the top button on his golf shirt?

Everyone knows that when it comes to appearance, there’s a double standard for women politicians. Remember the speech Speaker Pelosi gave on the floor the day of the bailout vote? Check out how many stories commented on her hair that day and how many mentioned Congressman Barney Frank’s.

Here we are discussing Governor Palin’s clothes—oh wait, now we’re on to the make-up—not what either man is going to do to save our economy. This isn’t an accident. It is part of a manufactured narrative that she is stupid.

Governor Palin and I don’t agree on a lot of things, mostly social issues. But I have grown to appreciate the Governor. I was one of those initial skeptics and would laugh at the pictures. Not anymore. When someone takes on a corrupt political machine and a sitting governor, that is not done by someone with a low I.Q. or a moral core made of tissue paper. When someone fights her way to get scholarships and work her way through college even in a jagged line, that shows determination and humility you can’t learn from reading Reinhold Niebuhr. When a mother brings her son with special needs onto the national stage with love, honesty, and pride, that gives hope to families like mine as my older brother lives with a mental disability. And when someone can sit on a stage during the Sarah Palin rap on Saturday Night Live, put her hands in the air and watch someone in a moose costume get shot—that’s a sign of both humor and humanity.

Has she made mistakes? Of course, she’s human too. But the attention paid to her mistakes has been unprecedented compared to Senator Obama’s “57 states” remarks or Senator Biden using a version of the Samuel Johnson quote, “There’s nothing like a hanging in the morning to focus a man’s thoughts.”

But thank God for election 2008. We can talk about the wardrobe and make-up even though most people don’t understand the details about Senator Obama’s plan with Iraq. When he says, “all combat troops,” he’s not talking about all troops—it leaves a residual force of as large as 55,000 indefinitely. That’s not ending the war; that’s half a war.

I was dead wrong about the surge and thought it would be a disaster. Senator John McCain led when many of us were ready to quit. Yet we march on as if nothing has changed, wedded to an old plan, and that too is a long way from the Democratic Party.

I can no longer justify what this party has done and can’t dismiss the treatment of women and working people as just part of the new kind of politics. It’s wrong and someone has to say that. And also say that the Democratic Party’s talking points—that Senator John McCain is just four more years of the same and that he’s President Bush—are now just hooker lines that fit a very effective and perhaps wave-winning political argument…doesn’t mean they’re true. After all, he is the only one who’s worked in a bipartisan way on big challenges.

So Long, Democrats
Wendy Button
The Daily Beast

Wendy Button is a writer in Washington, DC. She has written for Senators John Edwards, Hillary Clinton, John Kerry, Barack Obama, and Mayor Tom Menino of Boston as well as other national and international leaders. She received her MFA in writing from Bennington College and is currently writing the CNN Heroes Award Show to air Thanksgiving night.

A speechwriter for Obama, Edwards, and Clinton on why she’s voting McCain.

Since I started writing speeches more than ten years ago, I have always believed in the Democratic Party. Not anymore. Not after the election of 2008. This transformation has been swift and complete and since I’m a woman writing in the election of 2008, “very emotional.”

When I entered this campaign, it was at the 2006 Edwards staff Christmas party. My nametag read “Millie Worker.” When former Senator John Edwards read it, he laughed and said, “That makes you like my parent.” He went on to say, “Would you please come down to Chapel Hill so we can talk about what’s coming up.” I sat in John and Elizabeth’s living room for two and half hours. I left North Carolina, energized about politics for the first time in months.

Not only has this party belittled working people in this campaign, it has also been part of tearing down two female candidates.

I didn’t hear from anyone for three weeks.

When I finally received the official offer, it was the kind of political offer that said, “Go away.” That happens. It’s their campaign and I just assumed that I had been pushed out. The problem was that I had canceled a number of freelance writing jobs because I had assumed that when John said, “Start right away” I would. I needed a job right away and so I took the one in front of me with Senator Barack Obama.

When we first met, Obama and I had a nice conversation about speeches and writing, and at the end of the meeting I handed him a pocket-sized bottle of Grey Poupon mustard so he wouldn’t have to ask staff if it was okay to put it on his hamburger. At the bottom of the bottle was the logo for “The South Beach Diet” and he snapped, “Oh so you read People magazine.” He seemed to think that I was commenting on his bathing suit picture.

I helped with his announcement speech and others. I worked in the Senate when he was in D.C. One day after a hearing on Darfur, we were walking back to the office. I was still hobbling from a very bad ankle injury and in a very kind and gentle way he offered his arm when we approached the stairs. But later in debate preps and phone conversations and meetings, I realized that I had made a mistake. I didn’t belong. No matter how hard I tried, my heart wasn’t in it anymore.

See campaigns get complicated when you’ve written for so many Democrats. Not only had I written for Senator Edwards, but I had also been Senator Hillary Clinton’s speechwriter. Senator Joe Biden is a “good looking” man and his care after my father almost died from an aneurysm is the kind of kindness you never forget. When I saw Edwards at a traffic light in D.C. about a year after our meeting, he asked for help and I did and it was an honor to help him with his concession speech. And when the primary ended, it was a privilege to help Michelle Obama with a stump speech, be considered as a speechwriter for the V.P. nominee again, and send friends in Chicago ideas until the financial crisis hit. This is what the Democratic Party has been for me; it’s family. Now, it doesn’t even feel like a distant cousin.

This drift started on a personal level with the fall of former Senator John Edwards. It got stronger during the Democratic National Convention when I counted the substantive mentions of poverty on one hand and a whole bunch of bad canned partisan lines against Senator John McCain. Some faith was lifted after Senator Hillary Clinton’s grace during a difficult hour. But that faith was dashed when I saw that someone had raided the Caligula set and planted the old columns at Invesco Field.

The final straw came the other week when Samuel Joseph Wurzelbacher (a.k.a Joe the Plumber) asked a question about higher taxes for small businesses. Instead of celebrating his aspirations, they were mocked. He wasn’t “a real plumber,” and “They’re fighting for Joe the Hedge-Fund manager,” and the patronizing, “I’ve got nothing but love for Joe the Plumber.”

Having worked in politics, I know that absolutely none of this is on the level. This back and forth is posturing, a charade, and a political game. These lines are what I refer to as “hooker lines”—a sure thing to get applause and the press to scribble as if they’re reporting meaningful news.

As the nation slouches toward disaster, the level of political discourse is unworthy of this moment in history. We have Republicans raising Ayers and Democrats fostering ageism with “erratic” and jokes about Depends. Sexism. Racism. Ageism and maybe some Socialism have all made their ugly cameos in election 2008. It’s not inspiring. Perhaps this is why I found the initial mocking of Joe so offensive and I realized an old line applied: “I didn’t leave the Democratic Party; the Democratic Party left me.”

The party I believed in wouldn’t look down on working people under any circumstance. And Joe the Plumber is right. This is the absolutely worst time to raise taxes on anyone: the rich, the middle class, the poor, small businesses and corporations.

Our economy is in the tank for many complicated reasons, especially because people don’t have enough money. So let them keep it. Let businesses keep it so they can create jobs and stay here and weather this storm. And yet, the Democratic ideology remains the same. Our approach to problems—big government solutions paid for by taxing the rich and big and smaller companies—is just as tired and out of date as trickle down economics. How about a novel approach that simply finds a sane way to stop the bleeding?

That’s not exactly the philosophy of a Democrat. Not only has this party belittled working people in this campaign from Joe the Plumber to the bitter comments, it has also been part of tearing down two female candidates. At first, certain Democrats and the press called Senator Clinton “dishonest.” They went after her cleavage. They said her experience as First Lady consisted of having tea parties. There was no outrage over “Bros before Hoes” or “Iron My Shirt.” Did Senator Clinton make mistakes? Of course. She’s human.

But here we are about a week out and it’s déjà vu all over again. Really, front-page news is how the Republican National Committee paid for Governor Sarah Palin’s wardrobe? Where’s the op-ed about how Obama tucks in his shirt when he plays basketball or how Senator Biden buttons the top button on his golf shirt?

Oh right, this story goes to the sincerity of her Hockey Mom persona. What planet am I living on? Everyone knows that when it comes to appearance, there’s a double standard for women politicians. Remember the speech Speaker Pelosi gave on the floor the day of the bailout vote? Check out how many stories commented on her hair that day and how many mentioned Congressman Barney Frank’s.

Here we are discussing Governor Palin’s clothes—oh wait, now we’re on to the make-up—not what either man is going to do to save our economy. This isn’t an accident. It is part of a manufactured narrative that she is stupid.

Governor Palin and I don’t agree on a lot of things, mostly social issues. But I have grown to appreciate the Governor. I was one of those initial skeptics and would laugh at the pictures. Not anymore. When someone takes on a corrupt political machine and a sitting governor, that is not done by someone with a low I.Q. or a moral core made of tissue paper. When someone fights her way to get scholarships and work her way through college even in a jagged line, that shows determination and humility you can’t learn from reading Reinhold Niebuhr. When a mother brings her son with special needs onto the national stage with love, honesty, and pride, that gives hope to families like mine as my older brother lives with a mental disability. And when someone can sit on a stage during the Sarah Palin rap on Saturday Night Live, put her hands in the air and watch someone in a moose costume get shot—that’s a sign of both humor and humanity.

Has she made mistakes? Of course, she’s human too. But the attention paid to her mistakes has been unprecedented compared to Senator Obama’s “57 states” remarks or Senator Biden using a version of the Samuel Johnson quote, “There’s nothing like a hanging in the morning to focus a man’s thoughts.”

But thank God for election 2008. We can talk about the wardrobe and make-up even though most people don’t understand the details about Senator Obama’s plan with Iraq. When he says, “all combat troops,” he’s not talking about all troops—it leaves a residual force of as large as 55,000 indefinitely. That’s not ending the war; that’s half a war.

I was dead wrong about the surge and thought it would be a disaster. Senator John McCain led when many of us were ready to quit. Yet we march on as if nothing has changed, wedded to an old plan, and that too is a long way from the Democratic Party.

I can no longer justify what this party has done and can’t dismiss the treatment of women and working people as just part of the new kind of politics. It’s wrong and someone has to say that. And also say that the Democratic Party’s talking points—that Senator John McCain is just four more years of the same and that he’s President Bush—are now just hooker lines that fit a very effective and perhaps wave-winning political argument…doesn’t mean they’re true. After all, he is the only one who’s worked in a bipartisan way on big challenges.

Before I cast my vote, I will correct my party affiliation and change it to No Party or Independent. Then, in the spirit of election 2008, I’ll get a manicure, pedicure, and my hair done. Might as well look pretty when I am unemployed in a city swimming with “D’s.”

Whatever inspiration I had in Chapel Hill two years ago is gone. When people say how excited they are about this election, I can now say, “Maybe for you. But I lost my home.”


Société: Attention, un groupe de siffleurs peut en cacher un autre (We’re at war with this country)

29 octobre, 2008

france-algerie-2001tunisie-public

 

French riots map (Nov. 2005)

La seule chose que le pauvre blanc comprend, c’est la violence. « Shabazz » (membre du New Black Panther Party de Philadelphie)
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (avril 2003)
On est en guerre contre ce pays (…) Ce pays, on le quittera quand il nous rendra ce qu’on nous doit. (…) On n’est pas là parce qu’on aime la Tour Eiffel. Tribu Ka
 Il y a trente ans, quand je jouais avec l’équipe de France, la Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l’époque, les politiques ne s’intéressaient pas au football et ça ne choquait personne. Aujourd’hui, c’est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n’a rien à voir avec le sport. […] Je ne vois pas dans les sifflets qu’on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d’un soir, en l’occurrence l’équipe de France, que l’on veut battre.  Michel Platini (Le Monde, 2008)
Tout le monde a en mémoire les sifflets qui ont ponctué le match France-Algérie […] Que pensent-ils de la France ? On a l’impression que l’identité imaginaire est algérienne et que la France c’est au mieux une compagnie d’assurance, au pire un objet d’exécration. Et c’est la raison pour laquelle […] la campagne pour l’identité française a un succès en France. Certains nous disent qu’une telle affirmation identitaire est excluante. Non ! On invite tous les citoyens français à partager cette identité et il y en a un certain nombre qui refusent fermement et agressivement. Alain Finkielkraut
Le football était une composante essentielle de ce qu’un sociologue, Nobert Elias, a appelé le ’’processus de civilisation’’. […] Là, nous le voyons depuis un certain temps, un processus de décivilisation est à l’œuvre, et le football, le sport, est l’un de ses théâtres, comme aussi l’école. Et il y a dans tous ces événements une sorte de grand dévoilement qui se produit. On ne peut plus se mentir : on voit l’esprit de la Cité se laisser dévorer par l’esprit des cités. Alain Finkielkraut
Il n’y a que dans notre pays que l’agressivité du discours islamique contre la laïcité est relayée par un discours haineux contre la France et la République, véhiculé par des franges gauchistes. C’est le mélange de ces deux genres, à savoir la fameuse alliance islamogauchiste, qui a créé les conditions des sifflets du Stade de France.
Il est désormais urgent d’en finir avec les propos lénifiants des compassionnels en tout genre, des sociologues bobos à la Mucchielli, des ethnologues ou autres anthropologues qui consacrent leur énergie à nier le réel par des discours fumeux, et de toute une extrême gauche qui continue à réclamer toujours plus d’immigration, qui se traduit, dans le contexte actuel, par plus d’islam. Riposte laïque
Attention: un groupe de siffleurs peut en cacher un autre!
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Embuscades et attaques de commissariats, agressions quasi-quotidiennes de représentants de l’Etat (pompiers, conducteurs de bus, médecins, facteurs, enseignants), émeutes régulières avec destructions de commerces et d’écoles, vandalisme systématique des lieux publics …
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Rappeurs qui appellent au meurtre des policiers et au viol des femmes blanches, discours ouvertement antisémite de groupuscules néo-tribalistes noirs, propos lénifiants des professionnels de la compassion et de la dénégation
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Après le 3e match de la honte en 7 ans (4 si l’on compte une certaine finale Lorient-Bastia de 2002) et alors qu’une France à nouveau unanime attend l’élection annoncée du messie Obama
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Retour sur le dernier édito du site Riposte laïque, qui a le mérite
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(en ces temps de démission collective politiquement correcte et au-delà de la dimension manifestement festive et ludique de nombre desdits sifflets comme d’ailleurs de nombre d’incendies de voiture ou des provocations verbales de nos petits Farrakhan et Jeremy Wright de banlieue qui, profitant de l’interminable repentance coloniale ambiante, se refusent à admettre que les premiers négriers, c’était les Africains eux-mêmes!),
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de bien repérer, comme Alain Finkielkraut avant lui, « la fameuse alliance islamogauchiste, qui a créé les conditions des sifflets du Stade de France ».

Sauf qu’emporté par son zèle laïciste, il oublie, très symptomatiquement, l’enfer presque quotidien qu’est devenu la vie de nombre de juifs de certains de nos quartiers comme dans le XIXe arrondissement de Paris.

Ou les tristement mémorables manifestations anti-guerre d’Irak d’il y a quelques années et qui, malgré leurs cris de « mort aux juifs », avaient alors tant réjoui nos responsables politiques.

Comme la démagogie et de la complaisance ouvertes de médias en mal d’audimat à l’instar de la chaine d’Etat qui tous les soirs attise la haine en direct contre Israël (avec notamment les reportages du faussaire Charles Enderlin) et qui s’empressait de récompenser nos siffleurs en accordant, dès le lendemain du match, leur quart d’heure de gloire à deux d’entre eux.

Mais aussi les régulières manifestations anti-CPE ou anti-réformes du système éducatif qui, plus ou moins téléguidées elles aussi par l’extrême-gauche (sous le prétexte de l’anti-libéralisme, comme on appelle aujourd’hui l’antiaméricanisme), font le lit du chômage chronique et enfoncent chaque fois un peu plus lesdits jeunes dans l’exclusion et le refus de leur pays (d’accueil).

Ou la longue tradition nationale, jusqu’au sommet de l’Etat, de valorisation romantique de la violence, comme vient de le confirmer le récent refus d’extradition d’une terroriste italienne notoire …

L’EDITO DE CYRANO
La France en a plus qu’assez qu’on lui crache au visage!
Riposte laïque
21 octobre 2008

Après le mémorable match de 2001 contre l’Algérie et celui de 2007 contre le Maroc, c’est sans surprise que l’on a constaté, lors du match amical de football contre la Tunisie, la haine que peuvent susciter la France et ses symboles aux yeux d’une partie de la jeunesse née dans ce pays. Indignée, notre collaboratrice Lucette Jeanpierre a réagi dès la fin de ce nouveau match de la honte (1), sur le site « Médias Libres ».

Il se trouve que, cette fois, le gouvernement a choisi de hausser le ton, et que les médias n’ont pas minimisé la gravité de l’événement. Même si certains ministres et responsables UMP ont versé dans la surenchère, nous préférons leur réaction au pitoyable silence gouvernemental de la gauche plurielle et des médias, qui avait ponctué, en 2001, le scandaleux France-Algérie.

Au-delà des indignations d’un jour, une question s’impose : comment a-t-on pu en arriver là ?

Pourquoi la France est-elle le seul pays au monde où l’on peut impunément railler l’hymne national dans certains stades ? (2)

Pourquoi la France fournit-elle l’exemple unique d’un pays dont l’équipe de football est régulièrement sifflée et brocardée pendant tout le match sitôt qu’elle joue contre un pays du Maghreb ?

Pourquoi n’y a-t-il que chez nous qu’on insulte les policiers, qu’on leur tende des embuscades, ou qu’on attaque des commissariats pour délivrer un « frère d’armes » ?

Pourquoi n’y a-t-il que chez nous que la mort d’un voyou au volant d’une voiture volée déclenche systématiquement plusieurs nuits d’émeute, avec leur lot inévitable de commerces et d’écoles incendiés ?

Pourquoi n’y a-t-il que chez nous qu’on brûle en moyenne 150 véhicules par jour ?

Pourquoi n’y a-t-il que chez nous que des pompiers se retrouvent caillassés, des conducteurs de bus attaqués, des médecins tabassés, des facteurs agressés ?

Pourquoi n’y a-t-il que chez nous qu’on puisse traiter les habitants de « sales Français », de « sales blancs », de « fils de pute », sans que jamais l’auteur de ces injures racistes – du moins pour les deux premières – ne soit traduit en justice ? (3)

Pourquoi n’y a-t-il qu’en France qu’on puisse, en toute tranquillité, et de surcroît sur un plateau de télévision, qualifier les blancs de « souchiens » ? (4)

Pourquoi n’y a-t-il qu’en France que des enseignants soient régulièrement injuriés, parfois frappés, voire poignardés par des élèves ?

Que ces questions, comme d’autres, qui reposent sur des faits indiscutables, soient clairement posées, et vous verrez tout ce que la gauche compte de curés et de bonnes sœurs tenir des discours compassionnels au terme desquels les bourreaux deviennent des victimes et les vraies victimes des coupables !

Disons-le sans ambages : quand on pose de telles questions, on se doit d’y répondre.

Il a fallu, au journaliste Christian Jelen, un courage hors du commun pour oser écrire, en 1998, dans son livre « La guerre des rues », que la majorité des coupables de violences urbaines étaient issus de l’immigration post-coloniale. Encore aujourd’hui, affirmer cela vous désigne à la vindicte de la bienpensance, qui vous qualifie aussitôt de raciste et de xénophobe.

Pourtant, la France peut s’honorer, par sa seule histoire, d’être un pays d’immigration : un Français sur trois a un grand-père non français. Le creuset républicain, la conception égalitaire de la Nation, le refus de toute conception basée sur l’ethnie ou l’origine, ont fait de ces citoyens-là des Français à part entière, à égalité de devoirs et de droits.

Ils étaient fiers de devenir français, ces Polonais, Italiens, Espagnols, Portugais, Algériens, Marocains, Tunisiens, Arméniens, etc. parce que nous étions fiers de notre pays, de notre histoire, fiers d’être des descendants des Lumières, de la Révolution française, de la loi de 1905, du Front Populaire et de tant d’événements qui ont forgé l’identité de notre pays.

Mais dans les années 1980 émergent de mauvais discours. On a voulu substituer à l’intégration républicaine le communautarisme, les particularismes, et le droit à la différence a commencé à devenir la différence des droits.

Des discours sur la repentance de la France, forcément coupable de colonialisme, forcément coupable d’esclavagisme, apparaissent (5) (pour contrer ces discours, il est bon de lire l’ouvrage remarquable de Tidiane N’Diaye, intitulé « Le Génocide voilé »). Toute une élite culturelle, symbolisée par les années « Libé », frustrée d’avoir raté sa révolution de mai 68, méprise le monde du travail, et crache sur la France. Les républicains sont ringardisés – voire lepénisés ! – par la puissance médiatique du journal « Le Monde ».

L’échec de la gauche au pouvoir engendre d’importantes frustrations sociales, qu’une politique irresponsable sur l’immigration ne fait qu’aggraver.

Les violences urbaines commencent à voir le jour, pendant que le Front national progresse à chaque élection. L’anti-fascisme d’une bonne partie de la gauche consiste alors à nier une réalité que chaque Français constate : une partie de la jeunesse des quartiers hait la France !

La victoire de l’équipe de France de football, en 1998, permet, pour la première fois depuis longtemps, de ressortir, sans rougir, le drapeau tricolore, alors que toute une partie de la gauche et de l’extrême gauche ont abandonné la Nation, son hymne et ce même drapeau au Front national.

La catastrophe du 21 avril 2002 ne suffit pourtant pas à alerter la gauche. Quant à la droite, elle surfe sur l’insécurité, pour apparaître plus déterminée – en paroles seulement ! – à combattre un fléau qui corrompt la vie des Français les plus démunis. Au-delà des mots, évidemment, les résultats ne suivent pas.

Les violences urbaines se succèdent ponctuellement, suivies de discours lénifiants et de « plans banlieue » à répétition, qui ne servent qu’à dilapider l’argent public, puisque la République se montre impuissante face au pouvoir des petits caïds de quartiers, dont les trafics souterrains fleurissent toujours davantage.

Et puis, soudain, 2005 nous offre, durant trois semaines, le spectacle invraisemblable d’écoles incendiées, d’entreprises dévastées, de policiers sur qui on tire à balles réelles alors qu’ils ont consigne de ne pas riposter, et de Français battus à mort, en plein jour, pour avoir été là au mauvais moment. Pourtant, les seules manifestations et les seules protestations seront pour la mort de deux jeunes qui se sont enfuis à la vue de la police, cette dernière étant, bien entendu, accusée d’avoir mis le feu aux poudres !

Quelques semaines auparavant, le 8 mars 2005, au cours d’une manifestation contre le projet de loi de François Fillon, on aura vu ce spectacle révoltant de jeunes lycéens agressés au faciès, dépouillés de leur portable, humiliés et roués de coups par des voyous de banlieue.

En 2006, lors des gigantesques manifestations contre le CPE, les services d’ordre syndicaux et la police devront collaborer pour protéger les manifestants des exactions de ces mêmes délinquants. Dans le métro, des bandes de cinquante à cent jeunes banlieusards, entre 13 à 15 ans, terroriseront les voyageurs, laissant derrière eux un profond sentiment de malaise et de peur.

Certains gauchistes en déficit d’intelligence politique croiront déceler dans ces exactions l’avant-garde d’une révolte sociale, alors que ces voyous rappelaient davantage, par leurs pratiques, les fascistes attaquant les cortèges ouvriers dans les années 30. Ayant bien compris les règles du capitalisme, ces « jeunes » veulent de l’argent facile, sans passer par la case travail, et ne connaissent, de ce fait, que la loi du plus fort.

Que l’on ajoute à cela l’offensive de l’islam contre la laïcité, et l’on détient tous les ingrédients de la catastrophe future.

Certes, il n’y a pas qu’en France que cette offensive se déroule : nous la constatons également dans nombre de pays européens.

Il n’y a pas qu’en France que des enclaves sous emprise musulmane se multiplient, et entendent substituer la charia aux lois de la République. Il n’y a pas qu’en France qu’on construit des mosquées, ouvrant ainsi l’espace public à cette nouvelle religion. Il n’y a pas qu’en France que le voile et la burqa agressent les hommes et les femmes attachés à l’égalité des sexes.

Il n’y a pas qu’en France que des prédicateurs islamistes prônent ouvertement la violence contre tout ce qui n’est pas musulman.

Il n’y a pas qu’en France que des jeunes de plus en plus jeunes apprennent l’arabe dans des écoles coraniques, ce qui ne facilite guère l’intégration !

Mais il n’y a que dans notre pays que l’agressivité du discours islamique contre la laïcité est relayée par un discours haineux contre la France et la République, véhiculé par des franges gauchistes. C’est le mélange de ces deux genres, à savoir la fameuse alliance islamogauchiste, qui a créé les conditions des sifflets du Stade de France.

Au-delà des gesticulations médiatiques d’une journée, qu’est prêt à faire notre gouvernement pour inverser la tendance ? Que peut valoir la fameuse « immigration choisie », qui tire les salaires vers le bas, alors que le chômage de masse progresse, que la crise va, à coup sûr, provoquer de terribles dégâts, et que 150.000 jeunes sortent annuellement sans diplôme de l’école publique ?

Quel est ce gouvernement osant accorder la nationalité française à des femmes qui viennent, voilées, chercher leur carte d’identité ?

Ce gouvernement s’est couché, sur ce sujet, suite à une injonction de la Halde ! Cette même officine, qui nous coûte quelque 11 millions d’euros par an, s’est une fois de plus distinguée en menaçant, à Montpellier, un responsable d’université parce qu’un enseignant a demandé à deux élèves de bien vouloir retirer leur voile en cours ? Quand envoie-t-on enfin des signaux forts pour réinstaller l’autorité de l’Etat ?

Quand dissout-on la Halde ? Quand cesse-t-on de financer le Mrap et la LDH, qui ne voient le racisme qu’à sens unique, se servant de nos deniers pour faire condamner des Fanny Truchelut et encourager les islamistes dans leurs provocations ?

Quand change-t-on du tout au tout pour faire face à la gravité de la situation ?

Quand interdit-on de territoire les frères Ramadan et tous les prêcheurs de haine ?

Quand interdit-on la burqa et le voile dans la rue ?

Faut-il vraiment continuer à couvrir la France de mosquées, sans un vrai débat national sur ce point ?

Pourquoi accepte-t-on l’UOIF qui, avec 400 associations européennes, a signé une charte encourageant les musulmans d’Europe à imposer la charia contre les lois du pays d’accueil (6) ?

Quand traduit-on devant les tribunaux ceux qui offensent notre pays en toute liberté depuis vingt ans ?

Quand met-on hors d’état de nuire certains rappeurs qui appellent au meurtre des policiers et au viol des femmes blanches ?

Quand en finit-on avec le discours antisémite de Kemi Seba, qui devrait rejoindre Dieudonné parmi les amis de Le Pen (7) ?

Quand trouve-t-on des solutions pour éloigner durablement de leur quartier ceux qui le rendent invivable, même s’ils sont nés en France ?

Quand exige-t-on l’assimilation pour ceux qui entendent s’installer définitivement chez nous, et renvoie-t-on chez eux ceux qui la refusent en nous imposant, dans les foyers ou ailleurs, leurs pratiques communautaristes ?

Ces questions sont aujourd’hui incontournables. Les laisser de côté, c’est contribuer à en faire de véritables bombes à retardement, qui ne préviendront pas quand elles exploseront !

Dans quel monde vivent donc nos dirigeants ? Sont-ils aveugles… ou peureux ? Ne savent-ils pas qu’à l’école, de plus en plus de jeunes, nés en France, exigent que la viande soit halal, autrement dit refusent la viande « impure », et contestent par ailleurs la mixité ? Ignorent-ils que dans certains quartiers les enseignants assurent leur service sous les insultes quotidiennes de gamins arrogants parce qu’impunis ? Ne voient-ils pas, dans les rues de certaines cités, des gamins d’à peine 10 ans livrés à eux-mêmes, et glissant, de ce fait, vers la délinquance ?

Ne leur a-t-on jamais dit qu’il est de plus en plus difficile, dans les écoles de la République, de ne pas faire le ramadan lorsqu’on s’appelle Rachida ou Mustapha ? A quoi a servi d’avoir souligné la progression du communautarisme et de la violence à l’école, comme l’a fait, en son temps, le rapport Obin ?

Nos responsables politiques ne sentent-ils pas monter, dans leur propre pays, les prémisses des affrontements ethniques que risquent de provoquer les replis communautaristes et l’envolée du religieux ? Dans un tel contexte, quid de la paix civile ?

C’est tout cela qu’il y a derrière les sifflets de La Marseillaise. C’est cela qu’on cherche à minimiser. C’est pourquoi cela scandalise autant les Français (80 %).

Il est désormais urgent d’en finir avec les propos lénifiants des compassionnels en tout genre, des sociologues bobos à la Mucchielli, des ethnologues ou autres anthropologues qui consacrent leur énergie à nier le réel par des discours fumeux, et de toute une extrême gauche qui continue à réclamer toujours plus d’immigration, qui se traduit, dans le contexte actuel, par plus d’islam.

Si l’on veut réussir l’intégration de tous les immigrés qui se disent attachés aux valeurs de la République (8), il faut être – comme le dit magnifiquement Fadela Amara – « sans pitié » pour ceux qui sifflent la Marseillaise et crachent au visage de la France, car c’est ainsi que l’on permettra le rayonnement d’une République respectable parce qu’enfin respectée

Faute de quoi, il y a vraiment de quoi être inquiet pour la France de demain, celle de nos enfants et petits-enfants.

(1) http://www.mediaslibres.com/tribune/index.php/2008/10/15/736-la-marseillaise-huee-par-les-cons

(2) http://fr.youtube.com/watch ?v=2gtBbtWn1To

(3) http://fr.youtube.com/watch ?v=iZw1uvq7k70

(4) http://fr.youtube.com/watch ?v=fkXXe6_qw0s

(5) http://luette.free.fr/spip/spip.php ?article206

(6) http://www.ripostelaique.com/Face-a-une-charte-islamique.html

(7) http://fr.youtube.com/watch ?v=XIy6B5NTvYU&feature=related

(8) http://fr.youtube.com/watch ?v=45vHaW3seUE&feature=related

Voir encore:

France – Tunisie. Vive polémique autour des sifflets

La Dépêche16/10/2008

France – Après les huées du Stade de France.

Cette fois-ci ça ne passera pas ! Nicolas Sarkozy a tapé du poing sur la table hier pour réagir au sifflement de la Marseillaise à l’occasion du match France-Tunisie de mardi soir au Stade de France. L’incident qualifié de « scandaleux » par le Président de la République a provoqué une véritable tempête politique. Et c’est une mesure choc que l’élysée a annoncée à l’issue de la convocation du président de la Fédération Française de football (FFF), Jean-Pierre Escalettes.

Désormais, en cas de sifflet contre l’hymne national tricolore, le match sera immédiatement arrêté, les spectateurs évacués, les matches amicaux suspendus. Bernard Laporte, le secrétaire d’état aux Sports, est même allé plus loin en réclamant de ne plus jouer de matches avec les ex-colonies ou protectorats français du Maghreb au Stade de France, mais « chez eux, ou alors en province ».

Difficile à appliquer

Spectaculaire, la mesure n’en demeure pas moins difficile à appliquer. Le patron de la FFF a relevé qu’annuler des matches avec des dizaines de milliers de spectateurs poserait des questions de sécurité. Ce à quoi Nicolas Sarkozy a répondu que « l’état assumera ».

Dans la foulée, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, a demandé au Préfet de saisir la Justice pour identifier, grâce aux vidéos, tout ceux qui se sont rendus coupables d’outrage à l’hymne national. Le Parquet de Bobigny a ouvert dès hier une enquête. In fine, le but est de mettre un terme à une série noire d’atteintes à la Marseillaise. Elle avait en effet déjà été sifflée en 2001 lors d’un match France-Algérie (lire ci-dessous) et en 2007 contre le Maroc. De la gauche à la droite, ces débordements ont été unanimement condamnés par la classe politique.

[QFORUM] Avez-vous été choqué par les sifflets durant la Marseillaise mardi soir ?


Quelle solution ?

Il est à souhaiter que les mesures préconisées par le gouvernement, mesures prises dans l’urgence, sous le coup d’une émotion unanime, soient avant tout dissuasives… Car leur mise en application sera bien compliquée et très risquée. A commencer par l’arrêt des matches et l’évacuation des stades. La frustration peut là déboucher sur de véritables scènes de violence, entre spectateurs qui se rejetteraient la responsabilité des incidents, entre forces de l’ordre et supporters…

Et à partir de combien de décibels va-t-on décider de l’arrêt d’une rencontre, questionne opportunément William Gaillard, directeur de la communication de l’UEFA.

La solution la plus sage est peut-être finalement celle préconisée par le député PS, Claude Bartolone, qui propose tout simplement de ne plus jouer les hymnes nationaux… Ce serait en effet moins compliqué et éviterait de susciter les provocations, de cristalliser les excitations.


« Des réactions de souffrance »

Michel Fize, sociologue au CNRS est l’auteur du « Livre noir de la jeunesse » (éditions de la Renaissance, 2007). Il a conseillé Marie-George Buffet au ministère de la Jeunesse et des Sports.

« J’étais au Stade de France. Je m’attendais aux sifflets, mais leur ampleur m’a surpris. Dans le contexte actuel, il n’était pas opportun d’organiser un match contre un pays du Maghreb. Certes, il est inacceptable de siffler les hymnes nationaux et je suis de ceux qui préconisent d’apprendre la Marseillaise à l’école.

Ne pas jouer le match n’était pas la solution. Mais le reporter et le disputer à huis clos, pourquoi pas ? Mardi, j’étais dans une tribune populaire, justement avec des familles d’origine tunisienne. Une jeune fille disait qu’elle comprenait mais qu’elle était partagée ; par contre sa petite sœur était très excitée et fanatiquement pro-tunisienne.

Cette violence traduit une souffrance de plus en plus insupportable dans un contexte social de plus en plus chargé. Ces jeunes s’interrogent dramatiquement sur leur avenir. Il y a beaucoup d’exaltation mais ce n’est pas une exaltation méchante. Ce ne sont pas des monstres : la société se montre incapable de leur donner une identité sociale, ils se sentent abandonnés. Il y a derrière ces réactions le problème de l’avenir de ces jeunes dans les banlieues. Face à ce mépris éprouvé, ils cherchent une identité de substitution qui s’appuie sur les origines. C’est une manière pour eux de dire qu’ils ne sont pas rien du tout. C’est cela que traduit la pratique du Ramadan qui se développe chez les jeunes. ça ne veut pas dire qu’ils ne se sentent pas Français : il y a le pays où l’on vit et le pays des racines. Attention aux analyses au premier degré. »

Recueilli par Jean Savaric

Michel Fize présentera son dernier livre, «Père et fils», à la Fnac-Toulouse, jeudi 23 octobre, à 17h30.


Les précédents algérien et corse

Le 6 octobre 2001, soit moins d’un mois après les attentats du World Trade Center, le France-Algérie qui se joue en amical au Stade de France tourne au fiasco : « La Marseillaise » est jouée sous de terribles huées et le match est interrompu après 75 minutes de jeu, alors que la France mène 4-1, quand une proche du président Bouteflika traverse tout le terrain en brandissant un drapeau algérien.

La tribune présidentielle est alors bombardée, plusieurs ministres du gouvernement Jospin sont touchés par des projectiles, dont Marie-George Buffet et Elisabeth Guigou. Le match ne reprendra jamais, le stade est évacué mais une rame de RER est bientôt saccagée. Quelques mois plus tard, le 5 mai 2002, Jean-Marie Le Pen est au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Puis, le 11 mai, le président Jacques Chirac, présent au Stade de France, exige des excuses de la FFF quand les supporters corses de Bastia, en finale de la coupe de France, sifflent à leur tour « La Marseillaise »…


Réactions. Du côté des joueurs

Jamel El Khallouki : « Deux poids, deux mesures »

Capitaine des Fontaines (CFA2), issu d’une famille d’origine marocaine de grands sportifs toulousains, Jamel El Khallouki n’a pas la langue dans sa poche.

« Encore une fois, il y a deux poids, deux mesures. Quel que soit l’hymne sifflé, c’est navrant. Et je ne comprends pas les jeunes d’ici qui ne comprennent pas que la France est notre pays et que c’est une vraie richesse que d’avoir deux cultures. Mais je n’apprécie pas que, quand c’est un public espagnol, sur le tennis, italien ou irlandais sur le football comme ça s’est déjà passé, on n’en parle pratiquement pas. Ce qui s’est passé, ce n’est pas une bonne chose, c’est souvent des jeunes de 16-17 ans, des idiots, qui veulent se rendre intéressants, qui n’ont pas de cerveau ».


Fahid Ben Khalfallah : « C’est honteux »

Fahid Ben Khalfallah, le milieu international tunisien, qui connaît bien la Ligue 1 puisqu’il évolue avec le Stade Malherbe de Caen, jouait mercredi soir au Stade de France contre les Bleus. Il n’a pas mâché ses mots à l’évocation des incidents qui ont flétri cette soirée de fête

« C’est honteux de siffler la Marseillaise ! Les gens qui ont fait cela vivent en France et ils doivent respecter ce pays. Ils n’avaient qu’à pas venir. C’est chiant et ridicule, ces trois minutes gâchent tout ».

De son côté, Hatem Ben Arfa, d’origine tunisienne s’est demandé « si ces sifflets signifiaient réellement quelque chose », ajoutant « mais je ne leur en veux pas, on s’y attendait ».


Anouar Ayed : « Un manque de respect »

L’international tunisien, capitaine du Toulouse Handball (D1), se dit « déçu des sifflets du public. Il ne faut pas faire ça, c’est un manque de respect, c’est honteux. » Et d’ajouter : « C’est vrai que chez nous, en Tunisie, il y a une certaine mauvaise habitude de se siffler entre nous. Mais je vous promets que si l’équipe de France venait jouer à Tunis, elle ne serait pas sifflée, ni La Marseillaise d’ailleurs. » Anouar Ayed qui estime « qu’arrêter le match n’aurait rien changé » souhaite que cette affaire « ne prenne pas des proportions trop grandes. Il ne faut pas en faire une affaire politique. Il faut faire évoluer les mentalités. »

Platini:  » le football est pris en otage par le monde politique « 

Michel Platini, président de l’Union européenne de football (UEFA) et ancien capitaine de l’équipe de France, estime dans un entretien au Monde que les sifflets qui ont accompagné La Marseillaise avant le match France-Tunisie ne sont « pas une insulte à la France ».

Le Monde

17 octobre 2008

Que pensez-vous du tollé politique qui a suivi les sifflets de La Marseillaise, mardi 14 octobre, au Stade de France ?

Il y a trente ans, quand je jouais avec l’équipe de France, La Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l’époque, les politiques ne s’intéressaient pas au football et ça ne choquait personne. Aujourd’hui, c’est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n’a rien à voir avec le sport.

Je ne vois pas dans les sifflets qu’on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d’un soir, en l’occurrence l’équipe de France, que l’on veut battre. Dans d’autres occasions, je suis certain que les mêmes jeunes qui ont sifflé La Marseillaise, mardi soir, chantent l’hymne national quand l’équipe de France dispute un match de l’Euro ou de la Coupe du monde.

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a annoncé que les matches seraient arrêtés en cas de sifflets pendant les hymnes nationaux. Cette initiative vous semble-t-elle judicieuse ?

La France perdra 3-0 sur tapis vert! Cela veut dire que si l’équipe de France joue en Azerbaïdjan et que La Marseillaise est sifflée, le président fait arrêter le match? Lors du Mondial 1982, en Espagne, le Cheikh Fahd [président de la fédération du Koweït] était rentré sur le terrain pour faire annuler un but : l’arbitre qui avait accédé à sa demande a été suspendu à vie. Il y a des règles qui régissent le football et elles sont édictées par la FIFA [Fédération internationale de football] et l’UEFA. Le règlement prévoit qu’un match peut être arrêté, et j’y suis favorable, en cas d’acte de racisme par exemple. Mais ce n’est pas à une autorité politique de décider : la responsabilité incombe à l’arbitre et au délégué du match.

Ce n’est pas ce que semble entendre le gouvernement français…

Si on commence à arrêter un match parce qu’il y a des sifflets, dans ce cas-là on arrête aussi dès qu’un joueur se fait siffler ou quand le gardien se fait conspuer après un dégagement. C’est absurde. Et pourquoi pas aussi un policier derrière chaque spectateur. Il faudrait plutôt éduquer les supporters car dans certains pays, les hymnes ne sont jamais sifflés. A l’Euro, on avait fait de la pédagogie avant les matches et les hymnes n’ont pas été sifflés.

Ne pensez-vous pas, comme certains députés, qu’il serait plus simple de ne plus jouer les hymnes nationaux avant les matches pour éviter ce type de débordement ?

Je ne crois pas. Si on suit ce raisonnement, il faudrait aussi jouer sans arbitre pour éviter qu’ils se fassent siffler. L’hymne national, c’est l’histoire d’un pays. Lorsqu’on joue en équipe nationale, on joue pour son pays. Moi, quand l’hymne était sifflé, cela me donnait plus de caractère, plus d’orgueil vis-à-vis de mon pays. Ça n’a jamais vexé ni fait peur aux joueurs d’entendre leur hymne sifflé. Au contraire, ça nous galvanisait, c’était une motivation supplémentaire.

Mais quand vous jouiez, il y a 30 ans, l’hymne n’était pas sifflé par des spectateurs français ?

Il y a 10 ans, quand la France a gagné la Coupe du monde et que tout le monde chantait La Marseillaise et brandissait le drapeau bleu-blanc-rouge dans les rues, on célébrait la France « Black-Blanc-Beur ». Aujourd’hui, on explique le contraire. A mon époque, déjà, il y avait des immigrés italiens et polonais. La différence, c’est que maintenant, il y a une récupération politique.

La Fédération française de football (FFF) a décidé d’apprendre aux joueurs les paroles de La Marseillaise depuis qu’une enquête d’opinion a mis en avant que les supporters de l’équipe de France reprochaient aux Bleus de ne pas chanter leur hymne national. Quand vous étiez joueur, le chantiez-vous avant les rencontres ?

Non, je n’ai jamais chanté La Marseillaise. Même si je trouvais que c’était le plus bel hymne du monde, et que je le fredonnais de temps en temps, je n’ai jamais pu me résoudre à le chanter avant un match car c’est un chant guerrier et que pour moi, un match de foot, c’est un jeu et pas la guerre. « Aux armes, citoyens! » : je n’arrivais pas à chanter ces paroles avant une rencontre. Mais ça ne veut pas dire pour autant que je n’étais pas fier d’entendre La Marseillaise. Ce n’est pas parce qu’un joueur ne chante pas l’hymne national qu’il n’aime pas son pays. Mais aujourd’hui, nous sommes dans un monde du tout-communication : si un joueur a le malheur de ne pas chanter La Marseillaise, il est aussitôt stigmatisé comme quelqu’un qui n’aime pas la patrie française.

COMPLEMENT:

Coupe du Monde : Alain Finkielkraut moralise le football

Ugo Palheta
Acrimed
24 juin 2010

On reconnaît les intellectuels médiatiques à leur capacité, ou plutôt à leur disposition, à distiller leurs lumières sur presque tous les sujets qui saturent – momentanément – l’espace journalistique, y compris lorsque leurs compétences en la matière sont à peu près inexistantes. Alain Finkielkraut est de ces intellectuels qui prodiguent leurs lumières avec une générosité défiant les lois du genre et, dès que l’occasion se présente, c’est le football qui est l’objet de ses prédications.

Un scoop médiatique, une affaire d’État

Après le coup de tête de Zidane en finale de la Coupe du monde (2006), la Marseillaise sifflée lors d’un France-Algérie [1], la main de Thierry Henry qualifiant l’équipe de France pour la Coupe du monde (2010), la dernière tempête médiatique dans un verre d’eau footballistique a pour objet les propos d’Anelka à la mi-temps du récent match contre le Mexique.

Ces propos dont on ne discutera pas l’élégance auraient été tenus dans le huis clos d’un vestiaire. Mais, scoop sensationnel oblige, ils ont été complaisamment rapportés, sans que les grands moralistes des médias s’en offusquent, en « une » de L’Équipe. On sait que le quotidien sportif choisit avec soin les scandales qu’il jette en pâture à ses lecteurs et à l’ « opinion publique », omettant par exemple les turpitudes de la FIFA [2].

Depuis, la sortie d’Anelka a donné lieu à une abondance d’articles et de commentaires politiques qui n’a d’égale que l’insignifiance des faits rapportés [3], mais lorsque les grands médias s’emparent d’un tel sujet, on voit poindre l’affaire d’État. La suite – exclusion d’Anelka, grève de l’entraînement par les joueurs, etc. – confirma, jusqu’à l’overdose médiatique, que tel était bien le cas et qu’on tenait là une grande cause nationale, une grave question de société et… de morale. La promptitude avec laquelle nombre des responsables politiques se sont jetés sur l’ « affaire » illustre le bénéfice que peuvent escompter les gardiens de l’ordre établi de cette circulation circulaire d’une indignation. Celle-ci serait seulement ridicule si elle ne dissimulait pas, en ces temps de réforme des retraites, des colères mieux fondées.

En ces circonstances dramatiques, Alain Finkielkraut ne s’est pas dérobé devant ses responsabilités.

Enfin Alain Finkiekraut vint…

Ce dernier fait partie de ces intellectuels qui savent faire preuve de mesure lorsqu’ils s’expriment dans les médias. Mais quand il s’agit de football, il est parfait. Pour ceux qui auraient perdu la mémoire nous avons recueilli en annexe ses précédentes prestations.

Toutes les occasions sont bonnes – y compris donc un match de football – pour asséner le « constat » qui fait son fond de commerce depuis une vingtaine d’années. Si c’est le cas, c’est que celui-ci cherche (et forcément trouve) partout les signes confirmant une lecture de la réalité sociale en termes communautaires, religieux ou ethniques. Cette obsession intellectuelle l’amène à interpréter des phénomènes aussi différents que les émeutes de novembre 2005, les sifflets contre la Marseillaise, les violences en milieu scolaire ou encore la récente défaite de l’équipe de France contre le Mexique, comme les évidents symptômes de « divisions ethniques ou religieuses » menaçant l’unité de la France. Et toutes les occasions sont bonnes pour que les médias accueillent comme un « bon client » un « penseur » si bien ajusté aux débats qui « font polémique ».

Le 20 juin 2010, le Journal du Dimanche publiait le premier les pensées de l’omniprésent. Dans une tribune intitulée « Des sales gosses boudeurs », il proclamait notamment que les joueurs de l’équipe de France « à la différence des autres équipes nationales, […] refusent, en sales gosses boudeurs et trop riches, d’incarner leur nation. […] Mais – car il y a un « mais » – si cette équipe ne représente pas la France, hélas, elle la reflète : avec ses clans, ses divisions ethniques, sa persécution du premier de la classe, Yoann Gourcuff. Elle nous tend un miroir terrible. Ce qui est arrivé à Domenech est le lot quotidien de nombreux éducateurs et de professeurs dans les cités dites sensibles. Cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence. » Et de fournir aussitôt un contre-exemple : « Jean-Alain Boumsong, l’un des grands joueurs qui n’ont pas été retenus pour cette Coupe du monde, en appelle à l’humilité. Il s’exprimait dans une langue irréprochable. On a voulu confier l’équipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents, il faudra maintenant sélectionner des gentlemen ». Voire des joueurs de golf, auditeurs de France Culture si possible [4].

Le même jour, l’incontournable recyclait sa prédication, presque mot à mot, sur l’antenne d’Europe 1 [5] : « On a le sentiment que la France est invitée à se regarder dans ce miroir, un miroir absolument terrible. Elle y contemple le spectacle de sa désunion, de sa possible, et non plus « implacable »…, déliquescence, et peut-être que tout cela va créer un sursaut et que ce sursaut sera salutaire. […] Il faut prendre acte des divisions qui minent cette équipe, des clans, de ces divisions ethniques, de ces divisions religieuses, de ce joueur exclu parce qu’il est le premier de la classe, des insultes envers un entraîneur au demeurant fort peu compétent, mais qui rappellent trop les agressions dont sont victimes les médiateurs et les professeurs dans les quartiers dits paradoxalement sensibles. Tout ça doit nous amener à une prise de conscience ».

Une défaite de l’équipe de France en Coupe du monde face au Mexique, une engueulade entre un joueur et son entraîneur, et voilà la France « invitée » par l’intellectuel médiatique à s’interroger sur sa « possible déliquescence », et même sur son « implacable déliquescence » (pour reprendre les mots employés dans le JDD) [6].

Évidemment, le « philosophe » prompt à « blaguer » en 2005 sur la couleur des joueurs de l’équipe de France (voir notre annexe) n’a pas de mots assez durs en 2010 à l’égard de ceux qu’ils nomment des « voyous » : « Nous avons la preuve effarante que l’équipe de France n’est pas une équipe, que c’est une bande de voyous qui ne connaît qu’une seule morale, celle de la mafia […] Il est temps de ne plus confier le destin de l’équipe à des voyous arrogants et inintelligents et de sélectionner des gentlemen ».

L’auteur d’Un cœur intelligent, lui, sélectionne courageusement ses indignations : non pas le président de la République et son délicieux « casse-toi pauvre con », ni même ces patrons qui licencient et laissent sur le carreau des milliers d’ouvriers (et leurs familles), mais Anelka et les joueurs de l’équipe de France. La boulimie des tenanciers des médias et la frénésie du penseur à grande vitesse sont si bien ajustées qu’elles contribuent ensemble à transformer une péripétie insignifiante en événement médiatique, à amener les auditeurs ou les téléspectateurs à prendre position sur cet événement plutôt qu’à s’interroger sur la nécessité de prendre position. Divertir et faire diversion, s’indigner et produire l’indignation.

Et Nicolas Demorand l’accueillit

BHL étant sans doute en vacances, Nicolas Demorand ne pouvait laisser passer cette occasion pour tendre un micro à ce grand spécialiste du football qu’est devenu en quelques semaines Alain Finkielkraut. Après le Journal du Dimanche et Europe 1 le dimanche 20 juin, c’est donc France Inter qui invitait dès le lendemain le prédicateur à exposer ses profondes pensées sur « la crise du football français » (titre de l’émission).

La nuit lui ayant permis d’affûter ses banderilles, le professeur de culture générale part à l’assaut avec l’entrain et la bravoure intellectuelle qu’on lui connaît : « J’hésite devant ce grand naufrage entre le rire et les larmes. Ces joueurs ne sont pas seulement odieux, ils sont parfaitement grotesques. […] Personnellement je ne ferai pas cadeau du beau mot de mutinerie pour qualifier le putsch débile de voyous milliardaires qui s’est déroulé hier sous nos yeux ébahis. […] Ils doivent être exclus, la France doit déclarer forfait. Une bande de 11 petites frappes ça ne fait pas une équipe et ça ne fait pas une équipe qui nous représente. […] On n’est plus dans l’univers mental du football ; on est dans l’univers mental des Soprano, de la mafia, de l’omerta ». Devant une telle ignominie, le penseur engagé en appelle courageusement aux pouvoirs publics : « s’ils doivent jouer, si les instances fédérales et le gouvernement français continuent à abdiquer devant ce genre d’attitudes, alors en tant que citoyen, que philosophe, que supporter, que patriote français, j’espère que l’Afrique du sud va leur infliger une leçon de football ».

Peut-être touché par la foudre, le journaliste Nicolas Demorand sert alors une question apparemment perfide au citoyen-philosophe-supporter-patriote français : « Est-ce un sujet si important tout ça, Alain Finkielkraut ? » Si la question se pose, et c’est bien la seule question que l’on devrait poser au « philosophe », pourquoi donc lui avoir consacré une émission sur France Inter ? Et pourquoi avoir invité Alain Finkielkraut ? S’il est « si important » pour Demorand d’adopter un ton critique tout au long de l’interview, c’est qu’il lui faut faire oublier qu’en donnant la parole sur ce sujet à Alain Finkielkraut, durant une bonne demi-heure et à une heure de grand écoute, il contribue activement à la production médiatique de l’ « événement » [7].

La réponse de l’intéressé fuse, évidemment bien préparée : « Oui, c’est un sujet très important ! Le football était une composante essentielle de ce qu’un sociologue, Nobert Elias, a appelé le ’’processus de civilisation’’. […] Là, nous le voyons depuis un certain temps, un processus de décivilisation est à l’œuvre, et le football, le sport, est l’un de ses théâtres, comme aussi l’école. Et il y a dans tous ces événements une sorte de grand dévoilement qui se produit. On ne peut plus se mentir : on voit l’esprit de la Cité se laisser dévorer par l’esprit des cités ». Comme tous les sophistes ou autres « doxosophes » dont parlait Bourdieu, Alain Finkielkraut procède toujours par identifications tape-à-l’œil (« comme aussi l’école »), allusions voilées et arguments d’autorité, plutôt que de tenter de démontrer ce qu’il avance. Ainsi invoque-t-il « un journal aussi impeccable, aussi moralement irréprochable que Le Monde » pour affirmer que le problème de cette équipe symbolise, révèle et dérive d’ « une division en clans, en ethnies, d’une division religieuse de l’équipe […] Donc ça a effectivement tout à voir avec l’esprit des cités. » Les quartiers populaires – les « cités » – sont ainsi renvoyés, sans autre forme de procès, non seulement au choc des civilisations mais à un « processus de décivilisation », c’est-à-dire en quelque sorte à la sauvagerie.

Malicieux ou affectant de l’être, Demorand tente alors de mettre l’intellectuel pour médias devant ses possibles contradictions : « Vous qui vous battez vigoureusement contre la tyrannie de la transparence, vous voulez savoir ce qui se passe dans les vestiaires ? ». La réponse est symptomatique des automatismes de la pensée-Finkielkraut :

– « Oui je veux aussi savoir ce qui se passe dans les écoles, absolument. C’est pareil !
– Ils n’ont pas le droit d’être seuls dans leur vestiaire ?
– Oui, c’est ce qu’ils ont osé dire dans leur communiqué totalement imbécile.
[…] Je veux savoir qu’aujourd’hui l’insulte au sélectionneur, l’agression verbale, est inhérente à une équipe de haut niveau. Je veux le savoir. Je pense qu’il est très important que nous le sachions, parce que c’est seulement si nous regardons la réalité en face qu’un sursaut est possible ».

La « réalité », mais laquelle ? Celle de joueurs frustrés se prenant le bec avec leur entraîneur dans un vestiaire ? Est-ce vraiment cela la « réalité » ? N’y a-t-il pas suffisamment de motifs d’indignation actuellement (réforme des retraites, agression israélienne contre une flottille humanitaire, répression des chemises rouges en Thaïlande, etc.) pour réserver son temps de parole médiatique et ses grands sentiments à d’autres causes que celle d’une déroute footballistique ? En faisant passer sa vertueuse colère pour une réaction naturelle face à la « réalité », Finkielkraut passe sous silence le fait que cette « réalité » est toujours le produit d’un travail de représentation. Or, c’est précisément un attribut des médias dominants que de parvenir à imposer, au moins partiellement, une certaine représentation de la « réalité » ou plutôt de ce qui – dans cette « réalité » – fait problème et doit être l’objet de discours, de polémiques et d’indignations. Chez eux, Alain Finkielkraut est bien chez lui [8].

Mais c’est surtout à la consécration médiatique de l’insignifiant que contribuent ses bavardages, prisés par ceux-là même qui l’interrogent (même lorsqu’ils paraissent les désavouer). Rehaussés de citations leur donnant un air vaguement « philosophique », ils métamorphosent en affaire d’État une vulgaire engueulade de vestiaire et les péripéties qui l’ont suivie. Bien entendu, Alain Finkielkraut n’y parvient pas par la seule grâce de son intellect mais avec tout l’appui et toute l’autorité que lui confèrent les grands médias. Ces derniers n’aiment en effet rien tant que ces polémiques de pacotille, oubliées presque instantanément après leur éclatement mais vouées à faire oublier – au moins pendant quelques jours ou le temps d’un été – les questions qui fâchent.

Ugo Palheta

Annexe : Alain Finkielkraut, supporter impénitent

Pour mémoire, rappelons qu’Alain Finkielkraut avait déclaré en 2005 dans une interview au journal israélien Haaretz : « Les gens disent que l’équipe nationale française est admirée par tous parce qu’elle est black-blanc-beur. En fait, l’équipe de France est aujourd’hui black-black-black, ce qui provoque des ricanements dans toute l’Europe ». Faisant face aux critiques (polies) proférées dans l’espace médiatique, l’auteur de la Défaite de la pensée s’était défendu en assimilant ses propos à une « blague » qui n’aurait pas dû être rapportée par le journaliste. Blague ou non, cela n’avait guère terni l’aura médiatique d’un penseur qui – comme l’affirmait Nicolas Sarkozy il y a quelques années – « fait honneur à l’intelligence française » et a été promu en 2009 au rang d’officier de la Légion d’honneur. Alain Finkielkraut, par ailleurs animateur de l’émission « Répliques » sur France Culture, continue d’être invité sur tous les plateaux de télévision ou de radio pour donner son avis, évidemment éclairé et éclairant, sur les sujets que les grands médias désignent à son « intelligence française ».

En bon professionnel de l’indignation sur commande, Alain Finkielkraut sait qu’il ne faut pas ménager ses mots pour convaincre l’auditeur de l’importance de son propos (car c’est là tout l’enjeu de tels discours) ; aussi recourt-il frénétiquement ou à des locutions latines, ou à des citations ou, à défaut, à des expressions hyperboliques. Lorsque Thierry Henry a offert la qualification à la France en contrôlant la balle avec sa main, voici comment le « philosophe » a réagi dès le lendemain (19 novembre 2009) sur l’antenne d’Europe 1 [9] : « comme tout le monde, j’avais échafaudé deux scénarios : je me préparais à chanter victoire ou à pleurer ’’cum grano salis’’ en cas de défaite. […] Et me voici embarrassé par une victoire déplorable. […] Le jeu c’est les règles, il y a eu triche, une main visible, une main volontaire. Fort heureusement aucun joueur français n’a pu parler comme Maradona de la ’’main de dieu’’. La France ne s’est pas tiers-mondisé à la faveur de cet événement mais, effectivement, on est là devant un véritable cas de conscience. Est-ce qu’il y a une morale dans le sport, puisque je suis un spécialiste de la morale ? ». On ne peut que se réjouir d’avoir échappé à un tel risque de tiers-mondisation.

Mais Alain Finkielkraut n’en était pas resté là. Après son interview du matin sur Europe 1, il était invité (une nouvelle fois) dans l’émission de Frédéric Taddéi le soir même [10]. Voyant dans cette main de Henry le signe et l’effet d’une inexorable perte « du respect des normes, des règles et des formes », il pontifiait à propos du « débat capital » que constituerait l’introduction de la vidéo dans l’arbitrage des matchs de football. Cette introduction permettrait de « résorber l’inégalité, qui est en train de se creuser entre l’homme au sifflet et le public », et même cette « dissymétrie terrifiante » qui « enseigne le mépris des médiateurs ». De la part d’un « penseur » qui n’a jamais dépensé sa salive pour dénoncer les inégalités économiques et sociales ou la « dissymétrie terrifiante » entre actionnaires et salariés, on se demande s’il faut rire ou pleurer, d’autant plus quand on entend la conclusion de ce bavardage : « Ce n’est pas une question sportive, c’est une question de salut public ».

Au passage, l’interview sur l’antenne d’Europe 1 avait été l’occasion pour notre « spécialiste de la morale » de revenir doctement sur sa hantise du communautarisme triomphant. Ainsi, à propos de la qualification de l’Algérie pour la Coupe du monde (la troisième de son histoire) et du déferlement dans les rues de milliers de supporters réjouis, Alain Finkielkraut se montrait catégorique : « Des manifestations en France qui doivent encore aggraver notre malaise. Marc Bloch disait ’’c’est un pauvre cœur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d’une tendresse’’. Alors pourquoi pas deux amours ? Le problème c’est que, pour de très nombreux supporters de l’Algérie, il n’y en a pas deux il n’y en a qu’un. Tout le monde a en mémoire les sifflets qui ont ponctué le match France-Algérie […] Que pensent-ils de la France ? On a l’impression que l’identité imaginaire est algérienne et que la France c’est au mieux une compagnie d’assurance, au pire un objet d’exécration. Et c’est la raison pour laquelle […] la campagne pour l’identité française a un succès en France. Certains nous disent qu’une telle affirmation identitaire est excluante. Non ! On invite tous les citoyens français à partager cette identité et il y en a un certain nombre qui refusent fermement et agressivement ». La citation de Marc Bloch n’a évidemment ici qu’une fonction d’intimidation intellectuelle, visant à faire oublier que ces affirmations ne reposent sur aucun argument empirique. Une dure leçon pour les journalistes qui l’accueillent en se montrant si attachés aux faits ! Sans doute conscient qu’une sottise plusieurs fois répétée dans les médias devient une demi-vérité, Finkielkraut resservit le soir même dans l’émission de France 3 exactement la même argumentation, appuyée sur la même citation de M. Bloch et procédant aux mêmes amalgames sans fondement. Malheureusement pour lui, l’animateur de l’émission avait préparé un extrait du journal télévisé durant lequel un supporter de l’Algérie affirmait : « Comme on a fait la fête en 98 pour la France, hé ben là on fait la fête pour l’Algérie ».


Election américaine: L’Amérique de Pascal Boniface (More received ideas about America by France’s top antiAmerican)

28 octobre, 2008
Je ne crois guère au développement d’un terrorisme de masse. (…) Je ne pense donc pas, contrairement à certains, que nous verrons des actes terroristes entraînant des milliers de victimes. Pascal Boniface (« Les guerres qui menacent le monde », Béatrice Bouvet et Patrick Dernaud, Kiron – Editions du Félin, mai 2001)
Je ne vois pas de pays qui soit, par nature, hostile aux États-Unis. Pascal Boniface (octobre 2008)
Tout en se déclarant prête à faire le nécessaire pour limiter les transits, la Syrie a toujours dit qu’elle ne disposait pas des moyens suffisants pour empêcher les combattants de se rendre en Irak. En vérité, Damas a plutôt favorisé la circulation des réseaux djihadistes. (…) Et le régime syrien craint aujourd’hui un développement du salafisme prôné par Al-Qaida sur son territoire. Les Syriens sont en train de vivre à leurs dépens ce que beaucoup d’autres régimes arabes ont vécu lors du retour des combattants partis accomplir le djihad en Afghanistan pendant la guerre contre les Soviétiques. Joseph Bahout

Au moment où , après avoir largement goûté à sa propre médecine

(déjà 3 attentats en moins de 8 mois sur son territoire : l’archi-terroriste en résidence Mugnieh en février, le chef des services de sécurité et beau-frère d’Assad pendant le voyage de celui-ci en Iran en août et un dernier attentat à la voiture piégée en plein Damas il y a exactement un mois),

la Syrie tente une dernière fois de soulever l’indignation du monde contre l’équipe Bush pour l’élimination ciblée d’un ponte d’Al Qaeda à son frontière irakienne ce weekend…

Retour sur les commentaires édifiants, dans le Figaro d’hier à l’occasion de la sortie de son dernier recueil d’idées reçues sur l’Amérique, du maitre es dhimmitude et antiaméricanisme lui-même, notre Pascal Boniface national (qui avait quand même réussi l’exploit d’annoncer, quatre mois avant le 11/9,… la fin du terrorisme de masse!).

Concernant l’élection annoncée du « plus inexpérimenté de tous les candidats à la présidence depuis cent ans » devant son élection au Sénat à « la machine politique la plus corrompue des États-Unis » et en étant réduit, à à peine huit jours de la présidentielle, à cacher ses amitiés un peu douteuses …

Morceaux choisis:

La messe est dite (…) Et si le score devait être inversé, cela créerait un choc violent ; on se poserait des questions sur la validité des sondages. La défaite d’Obama aurait des conséquences négatives sur la perception des États-Unis, notamment à l’étranger.

Sarah Palin est une erreur de casting. Ses gaffes à répétition et son inexpérience ont fini par se retourner contre elle. (…) En outre, en cas de défection de McCain, qui est très âgé, la perspective de voir Sarah Palin à la tête de l’arsenal nucléaire a quelque chose d’effrayant

Je reste frappé par le fait que lorsqu’on accuse Obama d’être arabe et musulman, il nie sans dire «et alors» ? (…)

Son point fort, c’est qu’il incarne l’Amérique qu’on aime, Américains et étrangers confondus. Par son charisme, il est l’anti-Bush. (…) En s’opposant dès 2002 à la guerre d’Irak, il a aussi fait preuve de courage, car les démocrates en vue comme John Kerry ou Hillary Clinton ont voté en faveur de la guerre. Il a été capable d’aller contre un vent dominant. C’est rassurant, à une époque où l’on reproche aux politiques de suivre le courant.

Si 93 % des Français souhaitent sa victoire, c’est satisfaisant sur le niveau intellectuel de la France… Mais je ne crois pas que l’hostilité de certains pays à l’égard des États-Unis soit dans leurs gènes. La nouvelle hostilité russe s’explique par le désir d’affirmation de ce pays. Le fait de dénoncer l’Iran comme faisant partie de l’« axe du Mal » est venu casser un mouvement de rapprochement irano-américain qui s’était amorcé sous le deuxième mandat de Clinton. La stratégie d’Obama pourrait avoir pour effet d’affaiblir les durs du régime en Iran et de permettre un dialogue. À part peut-être la Corée du Nord, je ne vois pas de pays qui soit, par nature, hostile aux États-Unis. (…)

Obama était au départ le candidat que les Israéliens craignaient dans le camp démocrate. Mais il a créé la surprise le jour de son investiture devant l’Aipac (American Israel Political Action Committee) et a fait une déclaration de soutien total à Israël. Il est allé au-delà de ses convictions pour des raisons électorales.

Ce que pourrait être l’Amérique d’Obama
Propos recueillis par Paul-François Paoli
Le Figaro
27/10/2008
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À huit jours des élections présidentielles américaines, Armand Laferrère, auteur de «L’Amérique est-elle une menace pour le monde ?» (1), et Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), coauteur de «50 idées reçues sur les États-Unis» (2), débattent de la nouvelle donne que pourrait représenter une victoire d’Obama à la fonction suprême.

LE FIGARO. La victoire d’Obama est-elle acquise ?
Armand LAFERRÈRE. Je ne vois pas comment autant d’écart de popularité pourrait être inversé. Mais je pense qu’Obama gagnera avec moins d’avance que prévu. Ce que l’on appelle l’effet Bradley certains électeurs n’osent pas dire qu’ils ne veulent pas voter pour le candidat noir pourrait réduire son avance, mais, même dans ce cas, je crois qu’Obama est à peu près sûr d’être élu.

Pascal BONIFACE. Avec un écart compris entre 7 et 13 points dans les sondages et même en tenant compte du facteur Bradley, la messe est dite, même si on ne peut pas exclure de surprise. La crise financière est venue au secours d’Obama, car elle jette un opprobre supplémentaire sur la présidence Bush, à laquelle McCain est lié, à son corps défendant. Sauf un coup de Trafalgar, je ne vois pas comment il pourrait être vaincu. Et si le score devait être inversé, cela créerait un choc violent ; on se poserait des questions sur la validité des sondages. La défaite d’Obama aurait des conséquences négatives sur la perception des États-Unis, notamment à l’étranger.

L’effet Sarah Palin a-t-il été moins décisif que prévu ?
A. L. Cela n’a pas suffi, même si elle a consolidé l’électorat conservateur que McCain n’a jamais réussi à rassembler, s’étant positionné en personnage atypique. À certains égards, cela l’a rendu populaire. Mais son attitude n’a guère donné envie de se déplacer à d’autres. Il a choisi une colistière en phase avec cet électorat traditionnel, notamment sur la référence à Dieu ou le droit de porter des armes. Ce n’est pas elle qui perd l’élection, c’est McCain, qui est loin d’avoir le talent politique de Bush…

P. B. Sarah Palin est une erreur de casting. Ses gaffes à répétition et son inexpérience ont fini par se retourner contre elle. Pour l’électorat féminin et urbain, c’est un vrai repoussoir. Le calcul qui consistait à dire que les déçus de ne pas voir Hillary Clinton désignée par les démocrates allaient se reporter sur elle était erroné. En outre, en cas de défection de McCain, qui est très âgé, la perspective de voir Sarah Palin à la tête de l’arsenal nucléaire a quelque chose d’effrayant.

A. L. Je ne partage pas votre analyse. Sarah Palin n’a pas suffi, mais elle n’a pas démérité. Quand elle a été désignée, les sondages sont montés. C’est McCain qui a perdu les trois débats, il n’a pas trouvé de thème mobilisateur. McCain est un personnage très admirable, mais qui s’est positionné comme le Maverick, un peu à l’écart. Quand on a un électorat qu’on doit essayer de rassembler, ce n’est pas commode. Il a peut-être cru que sa personnalité suffirait, d’autant que les côtés négatifs d’Obama sont aujourd’hui patents.

C’est-à-dire ?
A. L. Il est le plus inexpérimenté de tous les candidats à la présidence depuis cent ans. Mais il est aussi très intelligent, et de nombreux électeurs font le pari qu’il apprendra vite.

P. B. De nombreux présidents américains inexpérimentés ont fait des mandats honorables. Aux États-Unis, l’argument de l’expérience compte moins. Dès le départ, la mission de McCain était très difficile, parce qu’il ne pouvait pas « taper » sur Bush, alors même que Bush est rejeté. Comment faire quand on appartient au parti d’un président sortant dont le bilan est jugé négativement par la majorité des Américains ? N’être ni traître ni suiveur ? Les sondages sont devenus définitifs en faveur d’Obama, au moment où la crise financière a accentué le rejet des solutions fiscales que McCain proposait.

Une éventuelle victoire d’Obama signifierait-elle une mutation des États-Unis ?
P. B. Oui, même s’il y a longtemps que des Noirs sont élus à de hautes fonctions, ou nommés à des postes importants, comme c’est le cas avec Colin Powell ou Condoleezza Rice. Quels que soient les problèmes interraciaux qui subsistent, cette extraordinaire capacité d’intégration des États-Unis est une leçon pour tous les Occidentaux.

A. L. C’est le résultat d’un long processus et l’effet d’un travail que les États-Unis ont fait sur eux-mêmes depuis quarante ans. Il y a eu un rejet du racisme et de la ségrégation qui s’est focalisé en 1964, après une longue crise. Il a fallu quarante ans pour qu’un pays dont la moitié des États étaient ségrégationnistes élise un noir. Quarante ans seulement ! Ce n’est pas mal, peu de sociétés pourraient en dire autant…

P. B. Cette évolution est patente pour les Noirs. Mais ce n’est pas vrai pour toutes les minorités. Je reste frappé par le fait que lorsqu’on accuse Obama d’être arabe et musulman, il nie sans dire «et alors» ?

A. L. L’arabophobie des Américains n’anime pas leur politique étrangère. Mais il y a dans la société américaine une incompréhension des sociétés musulmanes et vice versa. L’hostilité est partagée et je n’aime pas que l’on reproche aux Américains de ne pas aimer les musulmans, tout en suggérant qu’il est bien normal que ceux-ci n’aiment pas les Américains. Les deux sont regrettables.

Comment situez-vous Obama sur un plan idéologique ?
A. L. Il appartient clairement à la gauche du Parti démocrate, tout en étant un chrétien pratiquant, ce qui n’a rien d’exceptionnel aux États-Unis. Même si on ne peut trouver de correspondance avec la France, c’est indubitablement un homme de gauche, notamment par ses ambitions redistributrices sur le plan social.

P. B. Obama appartient à l’aile gauche du Parti démocrate, mais on sait bien que les clivages droite-gauche n’ont pas le même sens chez eux que chez nous. Pour l’échiquier politique américain, il est relativement à gauche, en tout cas plus que Clinton.

A. L. Cela dit, il a fait une campagne prudente idéologiquement. Il a très bien compris qu’une présidentielle se gagne au centre et même à la droite du centre. C’est ce qu’il a fait. Il a moins insisté sur ses projets redistributeurs que sur la diminution des impôts ou la fermeté en Afghanistan.

Quels sont ses points forts et ses points faibles ?
A. L. Il est vraiment très brillant. Capable d’une souplesse très supérieure à ce que pourrait indiquer son curriculum idéologique. Il est jeune et dynamique, et les Américains imaginent qu’il va donner une bonne image de leur pays. On peut dire qu’il est une espèce de Kennedy, l’héritage grand-bourgeois et collaborationniste en moins. On lui donne la stature présidentielle sans hésiter. Ses points faibles sont ses liens avec la machine politique de Chicago, qui n’est pas ce qu’il y a de mieux ; car c’est la machine la plus corrompue des États-Unis, ce qui n’est pas peu dire. Et puis son inexpérience. Il n’a jamais rien dirigé et on va lui donner le poste de pouvoir le plus puissant de toute la planète.

P. B. Son point fort, c’est qu’il incarne l’Amérique qu’on aime, Américains et étrangers confondus. Par son charisme, il est l’anti-Bush. Il est aussi une machine intellectuelle et politique. On l’a comparé à Kennedy, mais il est aussi comparable, par certains traits, à Bill Clinton. Son inexpérience est évidemment une faiblesse, mais ce qu’on demande au président ce n’est pas de connaître par cœur les dossiers, c’est d’avoir du discernement. En s’opposant dès 2002 à la guerre d’Irak, il a aussi fait preuve de courage, car les démocrates en vue comme John Kerry ou Hillary Clinton ont voté en faveur de la guerre. Il a été capable d’aller contre un vent dominant. C’est rassurant, à une époque où l’on reproche aux politiques de suivre le courant.Si 93 % des Français souhaitent sa victoire, c’est satisfaisant sur le niveau intellectuel de la France… Mais je ne crois pas que l’hostilité de certains pays à l’égard des États-Unis soit dans leurs gènes. La nouvelle hostilité russe s’explique par le désir d’affirmation de ce pays. Le fait de dénoncer l’Iran comme faisant partie de l’« axe du Mal » est venu casser un mouvement de rapprochement irano-américain qui s’était amorcé sous le deuxième mandat de Clinton. La stratégie d’Obama pourrait avoir pour effet d’affaiblir les durs du régime en Iran et de permettre un dialogue. À part peut-être la Corée du Nord, je ne vois pas de pays qui soit, par nature, hostile aux États-Unis.

Qu’est-ce qui pourrait changer dans la politique étrangère ?
A. L. Pas grand-chose. En Irak, il est trop tard pour perdre une guerre que Bush a gagnée à force d’obstination. Obama retirera l’armée, comme l’aurait fait McCain, une fois l’Irak apaisé. L’Iran va continuer à crier « Mort à l’Amérique », et en Afghanistan Obama devrait renforcer l’effort de guerre. Quant à l’Alliance atlantique, elle restera ce qu’elle est. Au Proche-Orient, les États-Unis continueront d’inciter Israël au compromis. Et cela ne deviendra pas plus facile avec Obama. Ce qui peut changer, c’est que la crise ait comme effet une réduction du budget de l’armée. Cela n’empêchera pas ce pays de rester la principale puissance mondiale.

P. B. Ceux qui pensent que la politique américaine va changer du tout au tout se trompent. Les vraies révolutions en politique étrangère sont rares. Il y aura une continuité sur l’Irak et l’Afghanistan. Mais Obama peut faire la différence sur l’Iran et au Proche-Orient, en s’impliquant personnellement dans le dossier palestinien. Réintégrer l’Iran dans la communauté internationale représenterait une grande réussite. Obama était au départ le candidat que les Israéliens craignaient dans le camp démocrate. Mais il a créé la surprise le jour de son investiture devant l’Aipac (American Israel Political Action Committee) et a fait une déclaration de soutien total à Israël. Il est allé au-delà de ses convictions pour des raisons électorales.

Et en politique intérieure ?
A. L. Il a beaucoup promis en matière de réforme du système de santé. Hillary Clinton a essayé de le réformer au début des années 1990 et elle n’a pas réussi. Le système de santé américain est très cher pour des résultats assez moyens, et il y a beaucoup à faire. Je ne suis pas antibushiste, mais du point de vue de la politique financière, les dix dernières années ont aggravé la situation, et Obama va, contrairement à ce qu’il dit, devoir augmenter les impôts.

P. B. C’est une tâche de Titan qui attend le nouveau président, et ce d’autant plus que les déficits sociaux et budgétaires énormes mettent en cause le modèle social américain. Ce qui se traduit par l’affaiblissement de la classe moyenne, comme l’a montré l’économiste Paul Krugman. Pour tenter d’influer sur cette situation, Obama va avoir un immense capital de sympathie, il va bénéficier d’un état de grâce qui va conforter l’image des États-Unis. Ce que je crains, c’est une déception liée à une attente trop forte. On va attendre de lui qu’il ait une baguette magique. Il pourra modifier les choses dans la durée mais n’aura pas le pouvoir de tout changer.

1) Jean-Claude Lattès

2) Hachette Littératures
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Présidentielle américaine: Les Européens ne peuvent admettre que Bush puisse faire quelque chose de bien (Europeans can never admit that Bush is doing something right)

28 octobre, 2008
Vacationing from historyVous ne pouvez reconnaitre nos succès en Irak parce que les Européens ne peuvent admettre que Bush puisse faire quelque chose de bien. Robert Kagan
On comprend, en le voyant grandir et évoluer jusqu’au sommet, que W. n’est pas le semi-débile que l’on vanne depuis huit ans: cette “faiblesse mentale”a été froidement pensée et mise en scène par ses conseillers. Karl Zéro
J’observe une très grande ambiguïté dans son positionnement. Obama, c’est un mélange d’incertitudes et de références idéologiques très marquées à gauche. (…) McCain, à l’inverse, incarne un républicanisme de bon aloi avec ce qu’il y a d’histoire des idées et en même temps d’adaptation au moment actuel, avec un pragmatisme solide. (…) Je trouve dommage qu’on prenne tant de pincettes pour parler avec les républicains. C’est le rappel d’une espèce de complexe de gauche que l’UMP n’a en réalité toujours pas abandonné. Nous dominons certes ce complexe sur les sujets nationaux, car depuis quelques années, nous avons gagné la bataille des idées. Mais quand on regarde à l’étranger – et ça ne vaut pas que pour les Etats-Unis -, il semble toujours plus chic de favoriser la gauche. Hervé Mariton

Quand on pense qu’il faut aller chercher un villepeniste!

(pour avoir un commentaire d’un responsable politique français sur la campagne américaine qui dépasse les âneries du genre Bush est non seulement débile mais sa “débilité” est “froidement pensée” et “mise en scène” – dixit Kal Zéro, le Thierry Meyssan du pauvre à qui Arte sert ce soir la soupe!)

Bluff de Saddam et unanimité des renseignements occidentaux sur ses ADM, succès de l’intervention en Irak et de la guerre contre le terrorisme, questions toujours non résolues du traitement de combattants déterrritorialisés ne respectant aucune loi de la guerre, importance de l’Amérique dans le monde contr le autocraties émergeantes russe et chinoise, inexpérience et impréparation d’Obama …

Tandis que, médias et Hollywood en tête, le monde entier profite de ses derniers jours de communion contre la tête de turc universelle qu’a été pendant toutes ces années l’Administration Bush …

Et que, sous l’intense pression médiatique, les premiers rats ont commencé à quitter le navire pour se ranger du côté du munichois préféré de ces dames …

Petite remise des pendules à l’heure avec l’entretien, sur le site du Spiegel, d’un des rares résistants (avec Victor Davis Hanson) à l’obamamanie ambiante (même notre Sarkozy national garde ses doutes pour lui tout en se disant « vivement préoccupé » suite à l’élimination ciblée d’un ponte d’Al Qaeda à la frontière syrienne), le politologue néoconservateur et conseiller de John McCain Robert Kagan …

The Bush administration’s intelligence on Iraq was the same as the Clinton administration’s, the German government’s and the French government’s before the war. We now know that Saddam wanted the world to believe he had weapons of mass destruction — and the world did.

The Bush administration has managed to largely protect America against another terrorist attack like that of Sept. 11, 2001. This is a fact that may not be of great interest in Europe, but it is of central importance to us. And this absence of terror was by no means expected because many experts predicted — after the attacks on the Twin Towers and the Pentagon — more attacks within six months. But now we have already had six terror-free years. As much as I want this to continue into the next administration, I am just as uncertain that it will happen that way. Perhaps America will look back one day and say: It was the positive legacy of the Bush-Cheney administration that they protected us against a major attack.

these questions remain unresolved: What should we do with terrorists who do not consider themselves part of any country and who commit acts of violence across international borders? Where should they be taken? Do these lawless fighters deserve the full protections of the Geneva Convention?

the crisis, as bad as it is, cannot hide the fact that we have a global divide ideologically, a divide between the club of autocrats and the liberal democracies. This competition will dominate the 21st century. We are facing an increasingly self-confident Russia, which is defending its traditional sphere of influence with all the means at its disposal — look at Georgia –, and that is keeping Western Europe in energy dependence. And we see China, which is pursuing its own national interests with growing self-confidence and tremendous economic success.

I believe the United States and Europe are going to become more dependent on one another in this new era. But I also worry that Europe is poorly equipped for an equally unexpected and unwanted geopolitical competitive situation. The EU has little to counter Russia’s new politics of power, neither militarily nor institutionally nor mentally. Russia’s current rulers do not long for integration into the West but for a return to their old national prominence, and they are prepared to manipulate the Europeans with their energy shipments.

I believe that the idea of radical Islam is gradually losing its appeal. But, unfortunately, the risks of terrorism remain very grave.

[An overwhelming majority of Europeans want to see Barack Obama become president…] of the United States, although they would never elect someone like that in their own countries.

INTERVIEW WITH NEOCONSERVATIVE SCHOLAR ROBERT KAGAN
‘America Remains Number One’
SPIEGEL ONLINE
10/27/2008

In an interview with SPIEGEL, American neoconservative scholar and McCain adviser Robert Kagan speaks about the legacy of the Bush-Cheney years, America’s future position atop a « League of Democracies » and how China and Russia will push Europe back into America’s arms.

SPIEGEL: Dr. Kagan, many intellectual forerunners and former friends of the president are now distancing themselves from him, and some are even attacking him as a failure. You are missing from the list of neoconservatives performing a mea culpa. Have you never given George W. Bush advice that you regret?

Kagan: « America remains number one, even though other, new players are increasingly challenging it in that role. »
AP

Kagan: « America remains number one, even though other, new players are increasingly challenging it in that role. »
Robert Kagan: Well, I mostly regret the advice not taken, not advice that I have given. But I can already tell what’s next: the Iraq war…

SPIEGEL: …and you were undoubtedly one of its intellectual fathers. You spoke of « regime change » early on and of the need to forcefully remove Saddam Hussein from power.

Kagan: I was hardly alone. So did the Clinton administration and a majority of the US Senate. I believe that military intervention to bring down a foreign government should be the exception. But, in the case of Saddam, who was pursuing an aggressive foreign policy and was threatening his neighbors, even the rest of the world, I thought it was necessary. I can’t believe that people think that we would be better off if that inhuman dictator were still in power.

SPIEGEL: More than 4,000 of your fellow Americans have been killed in Iraq; more than 100,000 Iraqis are estimated to have died; and 4.5 million men, women and children have been forced to flee. Would you consider that a positive outcome?

Kagan: Of course not. The costs have been high for everyone — and especially for the Iraqi people. I deplore the way the Bush administration has conducted this war. Mistakes were made. I don’t want to make a big deal out of it now, but I was one of the few people who recommended a troop buildup only a few weeks after the invasion. It was clear to me that there were far too few American troops to confront a problem that was much too big for them.

SPIEGEL: Isn’t it true that Bush, Cheney and Rumsfeld took advantage of the outrage over the 9/11 terrorist attacks to strike Iraq? Is it even possible anymore to deny that the war was based on manipulation, exaggeration and flat-out lies?

Kagan: That’s absurd.

SPIEGEL: It’s a commonly held view…

Kagan: The Bush administration’s intelligence on Iraq was the same as the Clinton administration’s, the German government’s and the French government’s before the war. We now know that Saddam wanted the world to believe he had weapons of mass destruction — and the world did.

SPIEGEL: But, unlike Washington, both Paris and Berlin did not want to go to war without UN approval. And the International Atomic Energy Agency (IAEA) in Vienna asked the United States — unsuccessfully — for a few more months to complete its investigation in Iraq. But the US wanted this war for strategic reasons.

Kagan: In retrospect, we have to admit that Washington could have waited a while longer. That’s a different question. But I think it’s about time we moved beyond this silly conversation and these absurd conspiracy theories. There is a real debate as to whether we should have gone to war in Iraq. And now we should have an intelligent discussion about the new challenges we face in Iraq and elsewhere.

SPIEGEL: Sure, why not? But you cannot seriously dispute that the Iraq war — its justification, its execution and its costs — have also been playing an important role in the US election campaign.

Kagan: Yes, but as far as the troop withdrawal is concerned, Obama and McCain’s proposals have become more similar. That’s because Obama has changed his absolute positions. He no longer supports the irresponsible plan of withdrawing the troops too hastily. By the way, even the Europeans, despite all past differences, have recognized how important a stable Iraq is for the future. The French, in particular, apparently want to become involved in reintegrating the country into the international system.

‘You Cannot Ackowledge Our Successes in Iraq’

SPIEGEL: What contribution should the Europeans make in Iraq, and what do you specifically expect from the Germans?

Kagan: No more troops. They’re already having enough trouble with that in Afghanistan. But the new American president will undoubtedly ask the government of Chancellor Angela Merkel to contribute more to economic reconstruction and to invest more in Iraq.

SPIEGEL: That requires a stable security situation.

Kagan: Correct. And, in that respect, ever since the surge, the additional troops we sent, there have been great successes…

SPIEGEL: …which are undeniable, though not necessarily sustainable. And this results primarily from the fact that the US government is paying bribes to tens of thousands of Sunni fighters to turn their backs on al-Qaida and no longer attack US troops.

Kagan: The money is really not the main issue. The issue is the entire new US military strategy, which establishes security and dramatically improves the lives of people. The New York Times recently reported that the overwhelming majority of al-Qaida terrorists have abandoned Iraq as a safe haven and that they are joining their fellow insurgents in Afghanistan.

SPIEGEL: The terrorists are undoubtedly concentrated in Afghanistan and in the border region with Pakistan, and some are certainly going to those places from Iraq. But this is not an entirely new development. The war against terrorism should have been waged in Afghanistan rather than Iraq, as Obama has said.

Kagan: You cannot acknowledge our successes in Iraq because Europeans can never admit that Bush is doing something right.

SPIEGEL: We would certainly be pleased to see George W. Bush « doing something right, » as you put it. Why don’t you tell us about the successes of his presidency?

Kagan: The Bush administration has managed to largely protect America against another terrorist attack like that of Sept. 11, 2001. This is a fact that may not be of great interest in Europe, but it is of central importance to us. And this absence of terror was by no means expected because many experts predicted — after the attacks on the Twin Towers and the Pentagon — more attacks within six months. But now we have already had six terror-free years. As much as I want this to continue into the next administration, I am just as uncertain that it will happen that way. Perhaps America will look back one day and say: It was the positive legacy of the Bush-Cheney administration that they protected us against a major attack.

SPIEGEL: Anything else positive?

Kagan: You won’t believe it: cooperation with the Europeans. Contrary to popular opinion, the Bush administration worked very closely with the Europeans, including the Germans, in its second term — in the area of intelligence, but also in other areas. Washington made a very serious attempt to improve tense relations. And they have, indeed, improved.

The Legacy of Torture

SPIEGEL: And the negative aspects of the Bush era?

Kagan: We’ve already discussed the conduct of the Iraq war. And I believe that the all-encompassing war on terror limited the Bush administration’s worldview excessively. For instance, too little attention was paid to the changes in Russia. The government also failed to take the rise of new powers, such as China, sufficiently into account.

SPIEGEL: Don’t words like Guantanamo and Abu Ghraib mean something to you when you think about the negative aspects of the Bush legacy?

Kagan: Of course they do. But I don’t believe that they have damaged the reputation of the United States as consistently or even irreparably as many believe. Damage was done, clearly; but it can be repaired. Nor can anyone believe that our image in the past was always so wonderful. We Americans were never the angels sent from heaven that some in the world claim today.

SPIEGEL: But, in the minds of many Americans, the United States is God’s own country…

Kagan: Yes, that’s what they say, « God’s own country. » But one can find actions in American history — in times of war, for example, or when there was a perceived threat to national security — that are worse than Guantanamo.

SPIEGEL: But that doesn’t excuse the human rights violations at Guantanamo.

Kagan: Of course it doesn’t. But take the Second World War, for example. That was when our widely revered president, Franklin D. Roosevelt, locked thousands of Americans of Japanese descent into camps because they were supposedly not to be trusted — and all of that merely because of their racial origins. There were also offences during the presidency of Woodrow Wilson, another highly respected president. And, in the same breath, we should deplore the excesses during the witch hunt against communists in the McCarthy era. In difficult times, the American Constitution comes under fire. The good news is that, as the threat diminishes, things quickly go back to normal.

SPIEGEL: As far as the camp in Guantanamo, this means….

Kagan: …that it will be closed. It will happen in the first days of the new president’s term, whether his name is Barack Obama or John McCain. I don’t want to excuse Guantanamo; it was a bad response to difficult questions. But these questions remain unresolved: What should we do with terrorists who do not consider themselves part of any country and who commit acts of violence across international borders? Where should they be taken? Do these lawless fighters deserve the full protections of the Geneva Convention? McCain has proposed holding an international conference to address this issue. I think that’s a good idea.

SPIEGEL: How do you explain the torture and acts of humiliation at the Abu Ghraib prison in Baghdad?

Kagan: A disgrace. In my view, it was a consequence of a failed American military strategy. The Pentagon kept thousands of people imprisoned under horrible conditions.

SPIEGEL: On such a central issue, can the responsibility be limited to lower- and mid-level personnel? Shouldn’t former Defense Secretary Donald Rumsfeld be brought to account?

Kagan: I don’t know enough about who was responsible and at what level. Rumsfeld certainly didn’t create Abu Ghraib, but he did create a situation that made something like Abu Ghraib possible.

SPIEGEL: Isn’t the underlying offence the fact that the Bush administration made torture practices, such as waterboarding, acceptable?

Kagan: In my view, a red line was crossed there — but out of fear, not malice. I do know that it is important to upholding America’s image that we do not practice torture. For that reason, and after carefully considering all aspects, I support strict rules that prohibit this sort of thing.

Re-aligning in Response to Russia and China

SPIEGEL: Are you sure that your friend McCain shares this view? There are indications that he would be willing to relax his strict opposition to torture under certain conditions.

Kagan: No, I don’t believe that; that’s not the way I have understood him. He experienced firsthand what torture means. It’s easy for Obama to be against any form of coercive treatment; few in his party have disagreed with him. But McCain has faced real opposition to this position within the Republican Party. It didn’t help McCain with the party base.

SPIEGEL: He also plays up his outsider status in other ways and sees himself as an independent « maverick » — as if he were not the candidate of the Republican Party, which is currently in power. Don’t you — who have intensively supported George W. Bush — feel that the candidate’s anti-Bush rhetoric is a bit over the top?

Kagan: You are wrong. I have not intensively supported President Bush at all. I have criticized his administration time and again on many issues. As to Senator McCain, there is no doubt that the president is not very popular at the moment. It makes sense — in terms of campaign tactics — to create distance from Bush. But McCain doesn’t have to fake this distance. It’s real.

SPIEGEL: The next leader in the White House will face a host of extremely difficult problems — from the US-led wars in Iraq and Afghanistan to the international financial crisis and a recession at home. And then there is the decline in America’s standing worldwide. You are John McCain’s key foreign policy adviser. Do you see the United States as a world power in decline?

Kagan: No. Many tend to glorify the role the United States played in the past. They talk about the days when America could do as it pleased. When were those days? I’m not familiar with them. Based on all criteria — military power, economic influence, cultural dominance — America remains number one, even though other, new players are increasingly challenging it in that role.

SPIEGEL: You mean the rising powers China, Russia, India…

Kagan: … and the competition with them. The years immediately following the end of the Cold War and the collapse of the Soviet empire led some to believe that the struggle between systems had ended. To use Francis Fukuyama’s famous words: « At the end of history, there are no serious ideological competitors left to liberal democracy. » But history didn’t end. Almost everywhere, the nation-state is stronger than ever, and international competition among major powers has returned. The world has returned to normal.

SPIEGEL: Normal? In these days of globalized purgatory?

Kagan: Normal in the sense that great powers today behave as they always have behaved throughout history. The financial crisis doesn’t change this. There are no winners in the international financial crisis — aside from those who bet on falling prices in the markets. But the crisis, as bad as it is, cannot hide the fact that we have a global divide ideologically, a divide between the club of autocrats and the liberal democracies. This competition will dominate the 21st century. We are facing an increasingly self-confident Russia, which is defending its traditional sphere of influence with all the means at its disposal — look at Georgia –, and that is keeping Western Europe in energy dependence. And we see China, which is pursuing its own national interests with growing self-confidence and tremendous economic success.

SPIEGEL: Europe doesn’t count because we Europeans, as you once wrote, are from Venus. Does that mean, in other words, that we are naïve pacifists, while America lives on Mars and is prepared to take military action, if necessary?

Kagan: Of course Europe counts. In fact, I believe the United States and Europe are going to become more dependent on one another in this new era. But I also worry that Europe is poorly equipped for an equally unexpected and unwanted geopolitical competitive situation. The EU has little to counter Russia’s new politics of power, neither militarily nor institutionally nor mentally. Russia’s current rulers do not long for integration into the West but for a return to their old national prominence, and they are prepared to manipulate the Europeans with their energy shipments.

‘Europeans Ought to Be Happy to See McCain Win’

SPIEGEL: You want to form a « League of Democracies » to oppose the power of the world’s autocrats, something that McCain has included in his proposed government program. What exactly does this mean?

Kagan: The two rising powers, China and Russia, are autocracies. They are undoubtedly becoming more aggressive and nationalistic. They will shape the entire international system to suit their purposes, unless democratically minded nations join forces and demonstrate their own collective will to shape the world order.

SPIEGEL: McCain has indicated that he would like to expel Russia from the G-8 club of leading industrialized nations.

Kagan: Actually, in a way, this is already happening. After Georgia, and now in this economic crisis, the leading nations have been conferring with one another, largely without Russia. The League of Democracies would not replace the United Nations but, rather, complement it in an important way. I would be very much in favor of expanding the UN Security Council to include Japan, Indian, Brazil and Germany. But we have already seen that this sort of thing is bound to fail because the Russians and Chinese veto it.

SPIEGEL: Do you no longer consider Islamic fundamentalism to be an acute risk?

Kagan: I believe that the idea of radical Islam is gradually losing its appeal. But, unfortunately, the risks of terrorism remain very grave.

SPIEGEL: In your book « The Return of History and the End of Dreams, » you evoke the return of 19th-century-style, nationally influenced power struggles. But isn’t one of the big differences the fact that the world’s powers today are so extremely interconnected economically that they can no longer extricate themselves from these dependencies?

Kagan: Despite the current global economic crisis, I believe it is still true that conflicts among major powers usually stem from geopolitical rivalries but rarely from economic competition.

SPIEGEL: One of the biggest problems for the next US president will be figuring out how to prevent Iran from becoming a nuclear power. Would you advise McCain to approach the leaders in Tehran with a comprehensive offer to negotiate? Or to bomb the nuclear facilities if the Iranians do not stop their uranium enrichment?

Kagan: I believe that the military option must remain on the table. But an attack is extremely risky. I do not believe that the Iranians will respond to an offer to negotiate, no matter how generous. That’s why I see sharper sanctions — with the threat of more serious action — as the only alternative.

SPIEGEL: Obama, at least, wants to try to offer the Iranians a great bargain. In the wake of the preventive-war era of George W. Bush, haven’t we reached the age of negotiated solutions?

Kagan: You can be sure that Obama will combine his offer of negotiations with tough sanctions. He will call upon the Germans, in particular, to make painful cuts to trade relations.

SPIEGEL: An overwhelming majority of Europeans want to see Barack Obama become president…

Kagan: Yes, of the United States, although they would never elect someone like that in their own countries. But I understand the Europeans. I too believe that Obama would be an exciting choice, given America’s history. But also a risky one. He has no foreign policy experience compared with McCain, who has been to Europe dozens of times and is intimately familiar with world problems.

SPIEGEL: Speaking of experience, isn’t McCain’s choice of a vice-presidential candidate with no understanding of international issues a sign of an excessive willingness to take risks and a lack of judgment?

Kagan: Don’t worry too much about Sarah Palin. And, believe me, the Europeans, in particular, ought to be happy to see McCain win. He will approach them, and he will be a positive surprise on questions ranging from global warming to the US’s integration into international organizations. So, go ahead and let your heart beat for Obama; but use your head to choose McCain.

SPIEGEL: Dr. Kagan, thank you for this interview.

Interview conducted by Erich Follath in Washington, D.C.


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