Mai 68/50e: Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es (1968 all over again or peaking leftism ? – After the silly and shallow “inequality” talk of the Obama years, the signs of progressivism in decadence are everywhere)

29 octobre, 2017
CRSS = SS
 
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need. A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country. Chuck Coughlin (Republican political consultant)
Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity. The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there. (…) Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest. But when many other Americans see it, and Americans of all races, they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem. there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans. Jay Heiler (lawyer)
The Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it … Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans). An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth. Roger Cohen
 Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. (…) Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech (« L’Ensauvagement: le retour de la barbarie au XXIe siècle », 2005)
L’URSS a connu en 1932-1933 une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement, pas une famine et en tout cas pas une famine à « six millions de morts… Annie Lacroix-Riz
“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity. » I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.” How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents? Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts? These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia. (…) they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan. (…) intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan. But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects. One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight. (…) It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are. Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.” A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt. Bret Stephens
A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. (…) We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation. If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. (…) With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be. It feels like time is running out. So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline. Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence. So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church.  (…) Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. (…) It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery. The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth. (…) What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. Kevin D. Williamson (24.06. 2015)
The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968 Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart. The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority. The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001. It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil. After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between. Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve. All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries. Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture. The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities. The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s. As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart. The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms. The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them. Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq. Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? (…) Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it? Victor Davis Hanson
I had to vote for Obama. I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president. Republican
The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism. All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. (…) America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us. White guilt (…) is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. (…) It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is. (…) Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.” For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist. Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. (…) Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. (…) Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. (…) Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption. Shelby Steele
For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens. But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance. The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice. The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored. First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. (…) in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades. So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline. As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits. Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.” The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. (…) The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons. Bruce Thornton
I think one of the healthy things about the United States is precisely this: there’s very little respect for intellectuals as such. And there shouldn’t be. What’s there to respect? I mean, in France if you’re part of the intellectual elite and you cough, there’s a front-page story in Le Monde. That’s one of the reasons why French intellectual culture is so farcical — it’s like Hollywood. You’re in front of the television cameras all the time, and you’ve got to keep doing something new so they’ll keep focusing on you and not on the guy at the next table, and people don’t have ideas that are that good, so they have to come up with crazy stuff, and the intellectuals get all pompous and self-important. Noam Chomsky
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Éveillées à des ambitions neuves, les générations qui étudient et qui naguère étaient étudiées, n’écoutent pas sans sarcasme ces discours flatteurs où ils croient reconnaître l’accent attendri des riches, quand ils expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur. Roger Caillois
Il ne manque pas, parmi nous, de gens à qui ce Bourdieu-là ne manque pas (…) Des gens qui n’ont pas la mémoire courte – ou l’inculture profonde – au point d’avoir oublié que « la pensée au service de l’espace public », ça a donné, entre autres, l’aveuglement stupide de Sartre et de Beauvoir – parangons de l’« intellectuel engagé » – envers l’horreur des camps, nazis ou soviétiques. (…) De cet esprit-là, auquel le grand sociologue que fut, un temps, Pierre Bourdieu, a malheureusement ouvert un boulevard, nous sommes aujourd’hui saturés. Nathalie Heinich
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. (…) Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ? C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne.(…) C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau. Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président. Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. (…) Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses. Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre ! L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. (…) Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme. (…) Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou. Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire. Laurent Murawiec
L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait, même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allaient pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Et certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés dans les sites de son ancienne grandeur, n’en viennent à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis 19 siècles : « l’an prochain à Jérusalem ». En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était formé en leur faveur et surtout il faut bien le dire dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique valeur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la deuxième guerre mondiale et grossi depuis qu’il avait retrouvé une patrie, par les travaux, leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande que les Israéliens recevaient des milieux juifs, d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, que lui avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’ils parviennent en usant d’un peu de modestie à trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet, un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir, et ensuite l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs, la cinquième république s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet Etat et la cinquième république s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et même lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter mais en même temps nous lui prodiguions des avis de modération. Notamment à propos des litiges qui concernait les eaux du Jourdain, des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval, à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient, la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux arabes que pour nous l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pourrait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement, à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à la déchirer. Hélas ! le drame est venu, il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ce qui rêvait d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances, d’interdire conjointement avec elle, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier, l’action des armes. Et c’est ce qu’il répétait en toute clarté à tous les Etats en cause. C’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai déclaré à Monsieur Ebban, Ministre des affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les arabes, je ne doute pas que le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays. Si bien que c’est à vous, devenu des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion et s’il manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme (…) Pour qu’un règlement quelconque, et notamment celui là, puisse voir le jour, règlement auquel du reste, suivant la France, devrait s’ajouter un statut international pour Jérusalem. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faut naturellement, il faudrait qu’il eut l’accord des grandes puissances qui entraînerait ipso facto, celui des Nations Unies. Et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître tant que l’un des plus grand des quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. Charles De Gaulle (nov. 67)
La société est devenue d’abord plus tolérante vis-à-vis des déviances mineures. Nous sommes de plus en plus individualistes; le contrôle social s’est affaibli, on ne vit plus sous le regard d’une seule communauté comme autrefois. Et puis, l’opinion des parents sur la conduite de leurs enfants est devenue plus indulgente. Ils sont plus laxistes sur la morale quotidienne, et ce dans tous les milieux. (…) Pour être efficace, la réparation doit être immédiate. Or, dans les lycées, la norme veut que l’on ne répare les casiers abîmés qu’au troisième. Au prétexte que le coût unitaire est trop élevé. De même, tous les offices d’HLM ne sont pas convaincus de l’utilité des poubelles ignifugées ou des produits antitags. Sébastian Roché
N’est-on pas allé jusqu’à interpréter les tags qui maculaient les trains de banlieue comme « une revendication de vie », voire comme « une agression carnavalesque contre l’ordre établi »? Le Point
Avec l’appui de la télévision, les événements ont été instrumentalisés par les ennemis politiques du ministre de l’Intérieur, qui ont ressassé les termes de « racaille » et de « karcher », sans jamais les replacer dans leur contexte (le décès d’un enfant victime d’un règlement de comptes entre bandes à La Courneuve), ni préciser qu’ils ne désignaient qu’une infime minorité de délinquants et non toute une population respectable. Ainsi caricaturés, ces mots sont devenus un cri de ralliement pour des casseurs potentiels déjà fascinés par des images de violences. Le discours de l’excuse s’est alors trouvé survalorisé, les prises de position normatives ont été rejetées comme politiquement incorrectes et les policiers ont fait office de boucs émissaires. Lucienne Bui Trong (mars 2006)
La situation a évolué dans le mauvais sens. Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. Il n’y a pas d’efficacité car il y a une mécompréhension du problème. Au-delà des clivages, la question des banlieues a toujours été vécue comme: ‘Ce sont des quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans les quartiers’. Or, l’aspect économique n’est pas le coeur du problème, qui est beaucoup plus vaste. Malek Boutih (député socialiste des Essones, ancien président de SOS-Racisme)
Toute notre action est un cri de guerre contre l’impérialisme et un appel vibrant à l’unité des peuples contre le grand ennemi du genre humain : les États-Unis d’Amérique du Nord. Che Guevara
La Corée du Nord est un modèle dont Cuba devrait s’inspirer. Che Guevara (Pyongyang, 1965)
Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. Che Guevara (ONU, 1964)
Il faut mener la guerre jusqu’où l’ennemi la mène : chez lui, dans ses lieux d’amusement; il faut la faire totalement. (avril 1967) Ernesto Guevara
Phnom Penh libéré par les Khmers Rouges Titre du Monde
Le drapeau de la Résistance flotte sur Phnom Penh Titre de Libération
Enfin le communisme peut être un matériau pour l’art. Antoine Vitez (sur l’opera maoiste de Badiou, Le foulard rouge, ecrit en 1972 et joue en 1984)
Les Khmers rouges s’emparent de Phnom Penh : une séquence historique s’achève parce qu’une contradiction est résolue (…). La résolution d’une contradiction exige que quelque chose disparaisse (…). Il n’est de pensée révolutionnaire véritable que celle qui mène la reconnaissance du nouveau jusqu’à son incontournable envers : de l’ancien doit mourir (…). La dialectique matérialiste affronte la perte et la disparition sans retour. Il y a des nouveautés radicales parce qu’il y a des cadavres qu’aucune trompette du Jugement ne viendra jamais réveiller. Au plus fort de la Révolution culturelle, on disait en Chine : l’essence du révisionnisme, c’est la peur de la mort. Alain Badiou
Kampuchea vaincra! Alain Badiou (Le Monde, 17/1/79)
Du temps de Staline, il faut bien dire que les organisations politiques ouvrières et populaires se portaient infiniment mieux, et que le capitalisme était moins arrogant. Il n’y a même pas de comparaison. Alain Badiou
La réalité (souvent déplorable) de la Terreur révolutionnaire doit-elle nous conduire à rejeter l’idée même de la Terreur? Ou existe-t-il un moyen de la répéter (…), de sauver son contenu virtuel de sa réalisation? Slavoj Zizek
Le communisme est une idée, au sens platonicien, indestructible. Le fait même de renoncer à l’utopie d’une société égalitaire, collective, débarrassée de l’Etat, est impensable, sauf à se faire complice des violences inégalitaires du système capitaliste. Alain Badiou
Faire vivre l’Idée communiste est une tâche de caractère idéologique (donc aussi philosophique), et non pas immédiatement une tâche politique. Il s’agit en effet que les individus puissent être préparés à accepter, si possible dans l’enthousiasme, qu’une autre vision du monde, radicalement opposée au capitalo-parlementarisme actuellement hégémonique (notamment sous le nom falsifié de « démocratie ») est non seulement souhaitable, mais possible. (…) Même des mouvements aussi confus que les immenses manifestations de décembre 1995 contre le plan Juppé, avec comme unique mot d’ordre « ensemble ! », portaient cette compatibilité. Il en va de même pour les actions organisées pour le droit des ouvriers sans-papiers, ou pour les manifestations, dans toute l’Europe, soit contre la guerre en Irak, soit contre la guerre à Gaza. Et bien d’autres choses. Je ne dis pas qu’il s’agit de politiques cohérentes inscrites dans l’horizon de l’Idée. Je dis seulement que l’existence de ces processus, prolongés ou sporadiques, atteste que l’Idée communiste n’est pas coupée de tout réel. Le retour actuel de la violence de classe (séquestrations de patrons, bagarres de rue, émeutes de la jeunesse populaire…) est lui aussi tout à fait confus, et parfois même a-politique. Il n’en est pas moins inscrit sous le signe potentiel de l’Idée, parce qu’il rompt avec le consensus parlementaire, et rend de nouveau acceptable qu’on puisse courir des risques au nom de ses convictions, au lieu de toujours s’en remettre à la médiation de l’Etat, lequel, aujourd’hui, est clairement anti-populaire, voire guerrier, tous partis politiques confondus. Alain Badiou
Le mot « communisme » a été durant environ deux siècles (depuis la « Communauté des Égaux » de Babeuf jusqu’aux années quatrevingt du dernier siècle) le nom le plus important d’une Idée située dans le champ des politiques d’émancipation, ou politiques révolutionnaires.
Il faut d’abord dire que ces leçons sur le siècle sont une réaction contre toute une série d’opinions dominantes et de campagnes menées sur la signification du XXe siècle. En France, cette question a été, dans son bilan officiel, dominée par l’idée du totalitarisme, des grands massacres, du communisme comme crime, du communisme identifié au fascisme. Le siècle a été désigné comme celui de l’horreur et du crime de masse. Ces leçons sur le XXe siècle veulent proposer un autre bilan. Différent, mais pas forcément contraire en ce qui concerne les faits. Il ne s’agit pas d’opposer des faits à d’autres faits. Il s’agit de trouver un chemin de pensée pour aborder le siècle. (…) A mon sens, une grande partie de la violence du siècle – l’extrême cruauté politique qui a dominé ses deux premiers tiers – s’enracine dans la conviction que, somme toute, un commencement absolu n’a pas de prix. Si réellement il s’agit de fonder un nouveau monde, alors le prix payé par l’ancien monde, fût-ce en nombre de morts ou en quantité de souffrance, est une question relativement secondaire. Alain Badiou
Le Nouvel Observateur’ et ‘Le Monde’ exercent une influence considérable sur les intellectuels du tiers monde. En prenant position comme collaborateur du Monde, je ne pense pas avoir poussé beaucoup de paysans cambodgiens à la révolte, mais j’ai pu lancer des intellectuels khmers sur une piste sanglante. Si j’ai écrit ce livre, ce n’est pas pour me faire pardonner mais pour appliquer un contre-poison à ce peuple empoisonné et lui faire prendre une tasse de lait après l’arsenic que j’ai contribué à lui administrer (…). Pour le Vietnam, je plaide coupable. Je m’accuse d’avoir pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime nord-vietnamien (…) Je subissais l’influence écrasante de Sartre qui voyait dans toute critique de fond de la Russie soviétique une arme offerte aux réactionnaires et aux Américains. “Il ne fallait pas désespérer Billancourt”. Pendant vingt ans, j’ai participé à cette scandaleuse timidité à l’égard de la Russie communiste, que je considérais comme la capitale de la gauche et de la révolution mondiale. Jean Lacouture (novembre 1978)
Nous avons en Europe de l’Ouest, et particulièrement en France, une mémoire du communisme qui est souvent glorieuse, incontestable, indiscutable. C’est une légende, un véritable mythe, qui confine parfois à l’invraisemblable… (…) Il existe, en effet, chez nous une espèce de gauchisme culturel, très répandu, très bon chic bon genre. Il n’est pas tant le fait des bobos que des «bobobos» – bourgeois, bohèmes, bolchos – qu’on rencontre un petit peu tous les jours, dans l’Université, dans les médias, dans la politique, etc. On est confronté en permanence à ce politiquement correct. Alors le nazisme, c’est abominable, on est d’accord; Le Pen, c’est horrible, on est d’accord. Mais, dès qu’on parle d’autres problèmes, qui sont tout aussi importants, c’est un tollé! Cela tient au fait que la France a eu des expériences très différentes du communisme et du nazisme. Du nazisme, les Français ont conservé, et à juste titre, la mémoire tragique de la défaite de 40 et de l´occupation (fusillades, pillages, déportations etc.). Par contre, depuis 1936, et surtout depuis 1944-1945, les Français ont assez largement conservé une mémoire glorieuse qui repose sur la participation du PCF au front populaire, sur la participation des communistes à la Résistance et à la Libération du pays, et aussi au rôle de l´URSS dans l´écrasement du nazisme. Cette opposition entre mémoire tragique de l´un et mémoire glorieuse de l´autre explique cette « différence de méfiance ». (…) C´est d´ailleurs un des gros problèmes de la réunification européenne : la France, l´Italie, l´Espagne en particulier où l´on entretient une mémoire glorieuse du communisme, et les ex-démocraties populaires qui entretiennent une mémoire tragique (dont témoignent les remarquables films récents en Allemagne avec La vie des autres, ou en Roumanie avec la dernière palme d´or du festival de Cannes). Cela a mené devant le conseil de l´Europe en janvier 2006 à une véritable scission entre socialistes et communistes d´Europe de l´Ouest alliés aux nostalgiques communistes de l´Est pour s´opposer à l´adoption d´une résolution condamnant les crimes des régimes communistes. Stephane Courtois
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux. Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Nous crions d’un bout à l’autre de l’Afrique : Attention, l’Amérique a la rage. Tranchons tous les liens qui nous rattachent à elle, sinons nous serons à notre tour mordus et enragés. Sartre (1953)
La liberté de critique est totale en URSS et le citoyen soviétique améliore sans cesse sa condition au sein d’une société en progression continuelle. Sartre (1954)
Un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais. Sartre (1961)
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (1961)
Les Vietnamiens se battent pour tous les hommes, et les forces américaines contre tous. Sartre (1971)
On dit souvent que les définitions du gouvernement islamique sont imprécises. Elles m’ont paru au contraire d’une limpidité très familière, mais, je dois dire, assez peu rassurante. « Ce sont les formules de base de la démocratie, bourgeoise ou révolutionnaire, ai-je dit ; nous n’avons pas cessé de les répéter depuis le XVIIIe siècle, et vous savez à quoi elles ont mené. » Mais on m’a répondu aussitôt : « Le Coran les avait énoncées bien avant vos philosophes et si l’Occident chrétien et industriel en a perdu le sens, l’islam, lui, saura en préserver la valeur et l’efficacité ». Michel Foucault (1978)
A l’aurore de l’histoire, la Perse a inventé l’Etat et elle en a confié les recettes à l’Islam : ses administrateurs ont servi de cadres au Calife. Mais de ce même Islam, elle a fait dériver une religion qui a donné à son peuple des ressources indéfinies pour résister au pouvoir de l’Etat. Dans cette volonté d’un gouvernement islamique, faut-il voir une réconciliation, une contradiction, ou le seuil d’une nouveauté ? (…) J’entends déjà les Français qui rient. Mais je sais qu’ils ont tort. Michel Foucault (1978)
Impossible, disent aujourd’hui certains qui estiment en savoir long sur les sociétés islamiques ou sur la nature de toute religion. Je serai beaucoup plus modeste qu’eux, ne voyant pas au nom de quelle universalité on empêcherait les musulmans de chercher leur avenir dans un Islam dont ils auront à former, de leurs mains, le visage nouveau. Dans l’expression ‘gouvernement islamique’, pourquoi jeter d’emblée la suspicion sur l’adjectif ‘islamique’ ? Le mot ‘gouvernement’ suffit, à lui seul, à éveiller la vigilance. Michel Foucault (1978)
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans. Kadhafi (10.04.06) 
Et si Raspail, avec « Le Camp des Saints », n’était ni un prophète ni un romancier visionnaire, mais simplement un implacable historien de notre futur? Jean Cau
[Et tu penses qu’en France le Mossad pourrait attaquer les synagogues …?] Je ne sais pas si c’est le cas. Simplement, ce que je dis, c’est qu’il faut savoir à qui peut profiter le crime. José Bové à Karl Zéro, Canal plus, avril 2002
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières.Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
A la limite, c’est eux qui l’ont fait, mais c’est nous qui l’avons voulu. Jean Baudrillard
La plus grande oeuvre d’art jamais réalisée … Karlheinz Stockhausen
 J’aurais été bien plus content si, le 11 septembre, le Pentagone avait été mis à terre et s’ils n’avaient pas manqué la Maison Blanche – au lieu de voir s’effondrer les Twin Towers remplies de milliers de travailleurs américains, parmi lesquels, paraît-il, se trouvaient presqu’un millier de clandestins. Toni Negri
Aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone. Thierry Meyssan
[Est-ce que tu penses que Bush peut être à l’origine de ces attentats (les attentats du 11-Septembre) ?] Je pense que c’est possible. Je sais que les sites qui parlent de ce problème sont des sites qui ont les plus gros taux de visites. (…) Et donc je me dis, moi qui suis très sensibilisée au problème des nouvelles techniques de l’information et de la communication, que cette expression de la masse et du peuple ne peut pas être sans aucune vérité. (…) Je ne te dis pas que j’adhère à cette posture, mais disons que je m’interroge quand même un petit peu sur cette question.(…) C’est la responsabilité de chaque blogueur de se faire son idée. Christine Boutin (Entretien avec Karl Zéro, Canal plus, nov. 2006)
« Je suis allée voir l’ambassadeur iranien à l’époque et il a dit que bien sûr c’était vrai. » (…) Elle affirme donc que la CIA et d’autres agences étaient au courant qu’il y aurait quelque chose le 11 septembre? « Absolument ». Doit-on comprendre qu’il s’agit d’un complot interne US ou que al-Qaïda est le responsable? « Tout le monde est responsable. Si seulement vous en saviez plus, c’est encore plus déprimant. » Juliette Binoche (Entretien pour the Telegraph, sept. 2007, après sa fameuse manifestation pro-palestinienne du 23/03/02 contre la « Juiverie internationale »)
Moi j’ai tendance à être plutôt souvent de l’avis de la théorie du complot.(…) Parce que  je pense qu’on nous ment sur énormément de choses: Coluche, le 11-Septembre. (…) c’était bourré d’or les tours du 11-Septembre, et puis c’était un gouffre à thunes parce ce que ça a été terminé, il me semble, en 73 et pour recâbler tout ça, pour mettre à l’heure de toute la technologie et tout, c’était beaucoup plus cher de faire les travaux que de les détruire. Marion Cotillard
We are stardust We are golden And we’ve got to get ourselves Back to the garden Joni Mitchell (Woodstock, 1970)
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre.Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)
It was actually the first time in the history of movies that it wasn’t safe to be in the movie theatre, and when I walked out into Times Square at noon I felt I had been raped. Peter Bogdanovich
Les femmes occupaient le haut de l’affiche au cours des années 1920 et 1930. Cela s’est évaporé au cours des années 1940, ce qui nous a menés aux années 1950 où les femmes étaient reléguées au second plan. Et c’est ce que le cinéma fait, au fond : il tue les femmes. Peter Bogdanovich
Hitchcock s’est battu pour tourner ce meurtre séparément du reste du film, ce qui veut dire d’une certaine manière que dorénavant, le meurtre allait devenir un élément acceptable au sein d’un divertissement. Il y avait déjà de la violence dans le cinéma américain, mais rien ressemblant à Psycho ; rien d’aussi intime, rien d’aussi soigneusement conçu, rien d’aussi sans remords. Bret Easton Ellis
C’est, je crois, la première expression moderne du corps féminin agressé. Et à certains égards c’en est l’expression la plus pure, parce que c’est dévastateur. Karyn Kusama
DSK, dont tous les médias connaissent le goût pour une sexualité débridée, risquait des ennuis dans un pays qui ne plaisante pas avec la morale, en général, et le harcèlement sexuel en particulier. (…) Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). (…) Or, à la différence de ce qui se passe en France, aux Etats-Unis -où se trouve le siège du FMI – le moindre « comportement inapproprié » peut coûter son poste au titulaire d’un mandat public. Les Américains ne plaisantent pas avec ce genre de chose même si cela nous fait ricaner. Si dans six mois, il y a un scandale (selon les normes US), les médias français vont-ils encore écrire: on le redoutait, mais on ne vous a rien dit ? Notre crédibilité n’en sortirait pas renforcée. (…) Pour bien connaître DSK, je sais qu’il est en séduction permanente, même s’il n’a jamais eu de gestes déplacés. Et que cela choque et a choqué, surtout hors des frontières hexagonales. Tous les journalistes qui ont couvert ses activités publiques –y compris à Marianne- le savent et les anecdotes sont nombreuses. Mais être «pressant» n’est pas un délit pénal, que cela soit clair. En revanche, aux Etats-Unis, c’est tout comme. C’est tout ce que je voulais dire : une fois à la tête du FMI, il faudra que DSK ravale son côté « French Lover » lourdingue. Jean Quatremer (correspondant de Libération à Bruxelles, juillet 2007)
On le baptise « cinq minutes douche comprise », parfois trois, parfois dix, l’expression est presque entrée dans le langage courant. « Lorsqu’il avait un rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près. Nous le déposions, il nous donnait un horaire en sortant de la voiture et il revenait à l’horaire exact, il ne fallait surtout pas être en retard », raconte son ancien chauffeur. Des femmes qu’il chevauche, sans plus de préliminaires, parce que le temps presse, parce que la quantité a pris l’ascendant sur la qualité. « Je me souviens d’un voyage à La Réunion, au début de son septennat. Une femme l’aborde et lui demande une dédicace sur l’un de ses livres qu’elle tient à la main. Le président s’approche et lui dit, avec un culot incroyable : “Montez dans ma chambre si vous voulez ?” Et la femme de suivre Jacques Chirac, tout sourire », se souvient l’un de ses gardes du corps à la mairie de Paris. Les anecdotes se succèdent, les témoignages plus ou moins vrais le voient courir, à l’heure du laitier, dans un couloir sombre d’un immeuble du quartier Montparnasse pour rejoindre une femme qui le guette derrière la porte. Un autre jour, on l’aperçoit rue de la Convention dans les bras d’une autre, à qui il rend visite chaque semaine. Il utilise aussi régulièrement une garçonnière dans l’immeuble du 241, boulevard Saint-Germain (dont le premier étage abrite le siège départemental du RPR) pour satisfaire ses plaisirs avec une collaboratrice du RPR ou une jeune ambitieuse qui cherche la chaleur fugace du pouvoir. Il y a les régulières, les coups de cœur, les « amuse-bouches » qui réussissent à franchir les cordons de sécurité pour approcher le président, d’autres qui partagent le même avion que le président et qui attendent, nues, dans son espace privé, brûlantes de désir. Elles sont députées, ministres, conseillères, bourgeoises provinciales, des inconnues qu’on lui apporte sur un plateau, et puis il y a celles avec qui il aura une histoire parallèle, tout cela vécu simultanément, réclamant de grandes qualités d’organisation. […] La nuit où la princesse Diana trouve la mort dans un terrible accident de la circulation sous le pont de l’Alma, le président de la République est introuvable. Nous sommes le 31 août 1997. Toute la République est debout. En désespoir de cause, Jean-Pierre Chevènement, le ministre de l’Intérieur, tente un appel à Bernadette Chirac qui, désappointée, lui répond qu’elle ne sait pas où est son mari. Ce soir-là, on le dit dans les bras d’une autre femme. Jean-Claude Laumond, son inséparable chauffeur, est réveillé alors qu’il dort dans sa voiture au pied de l’immeuble où se trouve le président. Arnaud Ardoin
Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. John Reed
2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. (…) Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste. Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes (…) C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ». Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal. Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968. Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos. L’Humanité (19.06.2017)
A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque. (…) La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite. Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur… (…) C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti… Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ». (…) C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait. Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles. (…) On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques. (…) Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! » (…) La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden! Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une. (…) Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde. (…) Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde. Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte. (…) Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »). L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes. (…) Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal. (…) Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles). Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents. (…) Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler. (…) Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu. (…) Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude. Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski. (…) L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir. Pascal Bruckner
Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968. Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. (…) Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer? Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté? Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe. Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail. On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages». Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement. Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu. La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968. Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun. Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles. Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes. On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence. (…) Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Attention: un cinquantenaire peut en cacher un autre !

A l’heure où entre le Brexit, l’élection de Donald Trump et de ses émules à travers l’Europe …

Mais aussi – énième épisode d’hystérie collective ou grande purge cinquantenaire ? – le dévoilement en cours de l’hypocrisie de nos donneurs de leçons professionnels de l’Obamamanie et d’Hollywood ou de Silicon Valley

Le lourd héritage des années 60 commence, entre perte des repères, déficits abyssaux et menaces terroristes et migratoires, à apparaitre pour ce qu’il est vraiment …

Devinez quelle énième commémoration qui était déjà elle-même cinquantenaire à un an près d’une des pires catastrophes de l’humanité …

Et dont s’apprêtent à fêter le centenaire nos habituels thuriféraires de la Révolution

L’auteur du hold up électoral du siècle veut ajouter …

A une année pourtant déjà bien chargée entre fin de la Première guerre mondiale, Déclaration universelle des droits de l’Homme et constitution de la Ve république …

Mais aussi lâche abandon de tant de peuples, de la Tchécoslovaquie au Vietnam et au Cambodge et avant la Chine, Cuba ou la Pologne  aux griffes de l’idéologie aux 100 millions de victimes

Sans compter, par leurs successeurs islamistes et chocs pétroliers obligent, le début du long processus de nettoyage ethnico-religieux des juifs et des chrétiens dans le Monde dit musulman, Iran compris ?

Commémorer mai 68 ? Épargnons-nous cette comédie

Le Figaro

FIGAROVOX/TRIBUNE – Emmanuel Macron envisage de commémorer les 50 ans de mai 68. Pour le candidat à la présidence des Républicains Maël de Calan la célébration officielle d’un événement aussi controversé serait ridicule et inappropriée.


Maël de Calan est conseiller départemental du Finistère et candidat à la présidence des Républicains.


Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968.

Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. De quoi parlons-nous en l’espèce?

Si l’on s’en tient aux stricts événements, mai 1968 est une contestation étudiante et sociale ayant conduit, comme souvent dans notre histoire, à une paralysie généralisée.

Ce mois fut émaillé de grèves, de manifestations, de barricades et de violences, avant de se conclure par la paix sociale des accords de Grenelle, et le triomphe électoral de la droite aux législatives.

Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer?

Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté?

Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe.

Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail.

On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages».

Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement.

Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu.

La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968.

Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun.

Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles.

Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes.

On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence.

Le moins que l’on puisse dire, donc, c’est que le bilan de Mai 68 est tout sauf consensuel.

Que le Président qui a construit son identité politique sur le renouvellement et le dépassement du clivage gauche / droite, le réactive à travers mai 1968 est une contradiction majeure.

Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Voir aussi:

It’s 1968 All Over Again

Victor Davis Hanson

National Review

October 16, 2017

The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968.

Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart.

The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority.

The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001.

It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil.

After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between.

Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve.

All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries.

Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture.

The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities.

The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s.

As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart.

The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms.

The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them.

Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq.

Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? Will the bedlam within the United States descend into more nihilism or offer a remedy to the status quo that had divided and nearly bankrupted the country?

Is the problem too much democracy, as the volatile and fickle mob runs roughshod over establishment experts and experienced bureaucrats? Or is the crisis too little democracy, as populists strive to dethrone a scandal-plagued, anti-democratic, incompetent, and overrated entrenched elite?

Neither traditional political party has any answers. Democrats are being overwhelmed by the identity politics and socialism of progressives. Republicans are torn asunder between upstart populist nationalists and the calcified establishment status quo.

Yet for all the social instability and media hysteria, life in the United States quietly seems to be getting better. The economy is growing. Unemployment and inflation remain low. The stock market and middle-class incomes are up. Business and consumer confidence are high. Corporate profits are up. Energy production has expanded. The border with Mexico is being enforced.

Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it?

In the past, any crisis that did not destroy the United States ended up making it stronger. But for now, the fight grows over which is more toxic — the chronic statist malady that was eating away the country, or the new populist medicine deemed necessary to cure it.

Voir également:

The Exhaustion of American Liberalism
Shelby Steele

The Wall Street Journal

March 5, 2017

The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism.

All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. What is ending?

America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us.

White guilt is not actual guilt. Surely most whites are not assailed in the night by feelings of responsibility for America’s historical mistreatment of minorities. Moreover, all the actual guilt in the world would never be enough to support the hegemonic power that the mere pretense of guilt has exercised in American life for the last half-century.

White guilt is not angst over injustices suffered by others; it is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. White guilt is a mock guilt, a pretense of real guilt, a shallow etiquette of empathy, pity and regret.

It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is.

When America became stigmatized in the ’60s as racist, sexist and militaristic, it wanted moral authority above all else. Subsequently the American left reconstituted itself as the keeper of America’s moral legitimacy. (Conservatism, focused on freedom and wealth, had little moral clout.) From that followed today’s markers of white guilt—political correctness, identity politics, environmental orthodoxy, the diversity cult and so on.

This was the circumstance in which innocence of America’s bigotries and dissociation from the American past became a currency of hardcore political power. Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.”
For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist.

Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. There are so many public moments now in which liberalism’s old weapon of stigmatization shoots blanks—Elizabeth Warren in the Senate reading a 30-year-old letter by Coretta Scott King, hoping to stop Jeff Sessions’s appointment as attorney general. There it was with deadly predictability: a white liberal stealing moral authority from a black heroine in order to stigmatize a white male as racist. When Ms. Warren was finally told to sit, there was real mortification behind her glaring eyes.

This liberalism evolved within a society shamed by its past. But that shame has weakened now. Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. I grew up black in segregated America, where it was hard to find an open door. It’s harder now for young blacks to find a closed one.

This is the reality that made Ms. Warren’s attack on Mr. Sessions so tiresome. And it is what caused so many Democrats at President Trump’s address to Congress to look a little mortified, defiantly proud but dark with doubt. The sight of them was a profound moment in American political history.

Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. It has no grip whatever on what American exceptionalism is and what it means at home and especially abroad. Instead it remains defined by an America of 1965—an America newly opening itself to its sins, an America of genuine goodwill, yet lacking in self-knowledge.

This liberalism came into being not as an ideology but as an identity. It offered Americans moral esteem against the specter of American shame. This made for a liberalism devoted to the idea of American shamefulness. Without an ugly America to loathe, there is no automatic esteem to receive. Thus liberalism’s unrelenting current of anti-Americanism.

Let’s stipulate that, given our history, this liberalism is understandable. But American liberalism never acknowledged that it was about white esteem rather than minority accomplishment. Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption.

Mr. Steele, a senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution, is author of “Shame: How America’s Past Sins Have Polarized Our Country” (Basic Books, 2015).

Voir encore:

The Beginning of the End of Progressive Domination?
The overreach of the Left’s response to Trump’s victory — and its consequences.
Bruce Thornton
October 16, 2017
Bruce Thornton is a Shillman Journalism Fellow at the David Horowitz Freedom Center.

For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens.

But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance.

The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice.

The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored.

First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date

Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. The bathos and ridiculous hyperbole of their whining exposed for all to see their rank egotism and lack of discernment and judgment.

This childish behavior came hard on the whole “snowflake” and “microagression” phenomenon in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades.

So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline.

As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits.

Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.”

The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. Just as ultrasounds, Planned Parenthood’s dismemberment of babies to harvest and sell their organs, and murderous ghouls like Kermit Gosnell have turned people against abortion, perhaps the lies, cover-ups, and rationalizations of Weinstein’s creepy assaults on more than 30 women will discredit Hollywood’s pompous posing and smug virtue-signaling on the part of self-proclaimed champions of women’s rights. The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons.

So do these signs portend at last the end of the leftist “fundamental transformation” of America? Will we begin to see even more pushback, and more reforms of our cultural and social institutions?

Other signs suggest we shouldn’t start celebrating. The lefts’ demolition of the American social and political order has reached deep into our schools, popular culture, and political policies. There are 66 million Millennials, the worst-educated cohort in American history, steeped in the progressive world-view since kindergarten. The shibboleths, clichés, mythemes, and transparent lies of that world view are second nature to them, signs of intellectual sophistication and class superiority. Their favorite oracles, Facebook, Google, Twitter, and YouTube, are morphing into Big Brother censors and manipulators of information on behalf of progressives. And these Millennials are going to be around for a long time, unlike the aging Boomers, among whom are most of the last remnants of the old America.

More ominous, the progressive redistributionist entitlement state and the habits of dependence it fosters are unlikely to be reformed, even as the increasing debt to finance this “kinder, gentler” Leviathan continues to drive us toward bankruptcy. The vast wealth and physical comfort we Americans enjoy fool us into thinking that all these cultural and political pathologies are affordable, nothing to worry about as long as the shelves of Costco are full, the cat videos keep coming on Facebook and YouTube, the new CGI superhero cartoons are showing at the Cineplex, and new Silicon Valley toys continue to be available. We can keep on enjoying our bread and circuses and not think about the Goths and Vandals gathering on the horizon.

So, beginning of the end of the leftist cultural regime, or a transient, doomed resistance? One thing for sure, we have a couple of national elections coming in 2018 and 2020 that will answer that question.

Voir de même:

We Have Officially Reached Peak Leftism

Kevin D. Williamson

The National Review

June 24, 2015

A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. We may have gone from being up to our knees in welfare-statism to being up to our hips in it, and from having a bushel of banana-republic corruption and incompetence to having a bushel and a peck of it, but the United States of America remains, to the Left’s dismay, plainly recognizable as herself beneath the muck.

Ergo, madness and rage.

We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation.

If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. The Democrats won two resounding White House victories but can hardly win a majority in a state legislature (seven out of ten today are Republican-controlled) or a governorship (the Democrats are down to 18) to save their lives, while Republicans are holding their strongest position in Congress since the days of Herbert Hoover. The Democrats have calculated that their best bet in 2016 is Hillary Rodham Clinton, that tragic bag of appetites who couldn’t close the deal in the primary last time around. “Vote for me, I’m a lady” isn’t what they thought it was: Wendy Davis, running for governor of Texas, made all the proper ceremonial incantations and appeared in heroic postures on all the right magazine covers, but finished in the 30s on Election Day. With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be.

For the Left, it feels like time is running out.

So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline.

Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence.

So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church. For about 30 seconds, the political ghouls of the Left were looking to pick another gun-control fight, swooping in, in their habitually indecent fashion, before the bodies had even grown cold. But that turned out to be a dead end, since the killer acquired his gun after passing precisely the sort of background check that the Left generally hawks after a high-profile crime, regardless of whether it is relevant to the crime. We might have spent some time thinking about whether law enforcement was too lax in the matter of the murderer’s earlier encounters with them — the South Carolina killer had a drug arrest on his record but was able to buy a gun because he had been charged only with a misdemeanor. But the Left isn’t in any mood to talk about whether the cops aren’t being hard-assed enough. So, instead, we had a fight over a completely unrelated issue: the Confederate flag flying at the state capitol in Columbia.

You have to credit the Left: Its strategy is deft. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis. Never mind that the underlying argument — “Something bad has happened to somebody else, and so you must give us something we want!” — is entirely specious; it is effective. In the wake of the financial crisis, we got all manner of “reform,” from student-lending practices to the mandates of Elizabeth Warren’s new pet bureaucracy, involving things that had nothing at all to do with the financial crisis. Democrats argued that decency compelled us to pass a tax increase in the wake of the crisis, though tax rates had nothing to do with it. A crisis is a crisis is a crisis, and if a meteor hits Ypsilanti tomorrow you can be sure that Debbie Stabenow will be calling for a $15 national minimum wage because of the plight of meteor victims. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis.

I bear no brief for the peckerwood-trash cultural tendencies that led Fritz Hollings, then governor, and the rest of the loyal Democrats who ran segregation-era South Carolina to hoist the Confederate flag in 1962. My sympathies are more with John Brown than with John Calhoun. Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. About every third Western of the era had as its hero a conflicted Confederate veteran, his wounded honor and stoicism in defeat compelling him to roam westward in search of a new beginning. That story lives on into our own time: Who are Mal Reynolds and the Browncoats if not another remnant of the Lost Cause relocated from Virginia to the frontier in space?

Of course the Confederate flag is a symbol of Southern racism. It is a good many other things, too, none of which was the cause of the massacre at Emanuel AME. It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery.

The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth.

This is a fraud, and some scales are starting to fall from some eyes. Americans believe broadly in sexual equality, but only a vanishing minority of us describe ourselves as “feminists.” “Social-justice warrior” is a term of derision. The Bernie Sanders movement, like the draft-Warren movement of which it is an offshoot, is rooted in disgust at the opportunistic politics of the Clinton claque. Young people who have heard all their lives that the Republican party and the conservative movement are for old white men — young people who may be not be quite old enough to remember Democrats’ boasting of their “double-Bubba” ticket in 1992, pairing the protégé of one Southern segregationist with the son of another — see before them Nikki Haley, Bobby Jindal, Susana Martinez, Carly Fiorina, Tim Scott, Mia Love, Marco Rubio, Ben Carson, Elise Stefanik. None of those men and women is bawling about “microaggressions” or dreaming up new sexless pronouns. None belongs to the party that hoisted Dixie over the capitol in South Carolina either. Governor Haley may be sensitive to the history of her state, but she is a member of the party of Lincoln with family roots in Punjab — it isn’t her flag.

What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. That’s excellent news if you’re Ted Cruz, Scott Walker, Marco Rubio, or Carly Fiorina. It’s less good news if you live in Baltimore or Philadelphia. —

Kevin D. Williamson is roving correspondent at National Review.

Voir encore:

PHOENIX — There are now two definitions of truth in the United States. The first is that a truthful statement is one that conforms to facts or reality. By this standard, President Trump is a serial liar.

The second is that truth is “telling it like it is,” or speaking in a direct, unvarnished way without regard to political correctness or the offense it may give. By this measure, for millions of supporters, Trump is the most honest president ever.

The United States has already become a post-truth society. Telling it like it isn’t has become a form of truth. That’s a nation in which chaos is more plausible because the ability to make rational decisions is diminished. Signal and noise can no longer be distinguished.

The center, where it was long held that elections are won, evaporates. Violence becomes more likely because incomprehension grows across hardening lines of fracture. It may well be that elections, as with the last presidential race, are now won at the extremes.

In Arizona, where Trump’s presidential campaign went from joke to winning proposition in July 2015 with a speech in which Trump said Mexicans were “taking our money” and “killing us,” the honest-man Trump view resonates. Trump was always about language. It didn’t matter that he was a loose cannon. He connected with the widespread disgust at the political class and the media. This was his winning intuition: that he could triumph as the subversive plain-speaking outsider.

Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity,” said Jay Heiler, a lawyer considering a run against Senator Jeff Flake of Arizona, a rare Republican critic of Trump. “The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there.”

Those nerves still tingle. Nine months into the presidency, the support of Trump’s base remains fervid. I am often asked whether I believe that Trump will be impeached. I’ve taken to responding that it’s more likely he’ll be a two-term president. I’d put the chances of impeachment at under 10 percent and of his re-election at about 25 percent.

That’s partly because the Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it. As Chuck Coughlin, a Republican political consultant who once worked for Senator John McCain, put it to me, “Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need.” I’m not sure who that person is, but I am pretty sure she or he does not reside in New York, Massachusetts or California.

Coughlin went on: “A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country.”

American fracture is the nation’s overriding condition. It keeps widening. Jeff DeWit, the Republican state treasurer of Arizona, picked up Trump at the airport for that 2015 Phoenix rally; he remains an ardent fan of Trump’s “movement of people dying for something different.”

His deputy, Mark Swenson, told me: “America was formed by a bunch of people who just wanted to be left alone.”

For that, guns help. “Bad guys have guns, so good guys should have guns, too,” DeWit said, rejecting my suggestion that the recent American carnage in Las Vegas showed the need for stricter gun laws.

Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans).

Heiler, the pro-Trump lawyer considering a Senate run, turned to the president’s campaign against football players, most of them black, who refuse to stand for the national anthem. “Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest,” Heiler said. “But when many other Americans see it, and Americans of all races,” they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem.”

Heiler said he wouldn’t condemn the protesting players’ choice, even if he disagreed, but “there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans.”

Now the vague particular “circumstances” alluded to by Heiler includes gross police brutality against black kids and the history of oppression of African-Americans. Players who protest are exercising a fundamental American right. But yes, they are “going to alienate a lot of Americans.” Trump, at some level, is going to win this argument.

An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth.

 Voir encore:

Le sexe pendant Mai 68: « On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! »
propos recueillis par Dominique Simonnet
L’Express
28/08/2016 à 11:02

Avec la Révolution sexuelle, la sexualité est portée aux nues. Mais, au-delà de la libération, le sexe est alors, pour le romancier et essayiste Pascal Bruckner, une obligation. « On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte », analyse-t-il. Entretien.

Et soudain, l’explosion! Le lourd couvercle que des siècles de répression avaient posé sur la sexualité éclate sous la pression de Mai 68. Il est interdit d’interdire! Jouissons sans entraves! Du passé puritain faisons table rase! C’est le paradis sur Terre. Voire… La mystique du sexe a son revers. Priorité absolue au plaisir. Orgasme obligatoire. « T’es pas libérée! » oppose- t-on à celles qui se rebellent.

Le sentiment amoureux est nié, le mariage ridiculisé. Osons le dire: certains gentils révolutionnaires étaient de vrais Robespierre. L’écrivain Pascal Bruckner le reconnaît avec une nostalgie émue: de cet épisode angélique et pervers on n’a pas fini de ressentir les effets.
On parle des années 1960 et 1970 comme d’une « parenthèse enchantée » entre la pilule et le sida, un moment de grâce et de liberté sexuelle où tout était possible, tout était permis, comme si l’amour était enfin débarrassé de ses chaînes. La vision est un peu idyllique, non?

Elle est malgré tout assez exacte. A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque.

C’était, comme nous le disait Anne-Marie Sohn concernant le sexe à la Belle époque, l’aboutissement d’un mouvement d’émancipation qui avait couvé pendant plusieurs décennies.

La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite.

Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur…

Des tabous qui sont tombés en Mai 68.

C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti…

Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ».

Que recouvrait vraiment ce terme de « révolution sexuelle »?

C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait.
« On reconnaissait le désir des femmes »

Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles.

Tout cela était enveloppé dans un discours intellectuel assez fumeux. On théorisait beaucoup la sexualité.

On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques.

Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! »

L’amour libre s’est alors constitué en véritable idéologie, et même en mystique. Le Graal du sexe allait apporter le bonheur…

… et la paix sur Terre. La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden!

Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une.

Cette folie n’était-elle pas le fait d’une minorité d’intellectuels et de babas cool passablement enfumés?

Il est difficile de le dire aujourd’hui. Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde.

Mais cette drôle de révolution avait une face cachée: le discours normatif, la pression du groupe, les culpabilisations perverses… Il fallait adhérer au dogme, donner son corps sans rechigner, ou alors s’analyser, faire son autocritique, s’amender. En fait de libération, c’était aussi un terrorisme.

Absolument. Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde.

Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte.

Oublié le mariage, méprisé le sentiment! Deleuze et Guattari parlent même de « l’ignoble désir d’être aimé ».

Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »).

« L’amour devient obscène »

L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes.

Quant au couple, c’est l’abomination de la désolation.

Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal.

Même la sexualité des enfants est exaltée, jusqu’à, parfois, tolérer la pédophilie.

Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles).

Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents.

Les premières victimes, c’étaient les femmes.

Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler.

Et puis, on a osé… Certains, tels Roland Barthes (Fragments d’un discours amoureux), Michel Foucault (Histoire de la sexualité), Alain Finkielkraut et vous-même (Le Nouveau Désordre amoureux), ont commencé à dénoncer cette grande illusion.

Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu.

Quel bilan tirez-vous de cet épisode pour le moins mouvementé?

Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude.

Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski.

L’innocence des années 1970 est perdue?

Elle l’est. L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir.

Voir de même:

Communism Through Rose-Colored Glasses
Bret Stephens
NYT
Oct. 27, 2017

“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity.”

I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.”

How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents?

Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts?

These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia.

No, they are not true-believing Communists. No, they are not unaware of the toll of the Great Leap Forward or the Killing Fields. No, they are not plotting to undermine democracy.

But they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan.

Progressive intelligentsia “is moralist against one half of the world, but accords to the revolutionary movement an indulgence that is realist in the extreme,” the French scholar Raymond Aron wrote in “The Opium of the Intellectuals” in 1955. “How many intellectuals have come to the revolutionary party via the path of moral indignation, only to connive ultimately at terror and autocracy?”

On Thursday, I noted that intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan.

But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects.

One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight.

Bernie Sanders captured the heart, if not yet the brain, of the Democratic Party last year by portraying “democratic socialism” as nothing more than an extension of New Deal liberalism. But the Vermont senator also insists that “the business model of Wall Street is fraud.” Efforts to criminalize capitalism and financial services also have predictable results.

It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are.

Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.”

A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt.

Voir enfin:

Jean-Paul Piérot
19 Juin, 2017
L’Humanité

2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. Cette publication de 108 pages est disponible chez votre marchand de journaux ou sur commande directement à l’Humanité, au prix de 9 euros.

Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste.

Interroger le sens des révolutions d’aujourd’hui

Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes : « Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. »

C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.

« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ».

Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal.

Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968.

Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos.

ils Ont contribué à ce numéro exceptionnel

Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences-Po Paris, Alain Badiou, philosophe, Bernard Chambaz, écrivain, Maud Chirio, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Sophie Cœuré, historienne, professeur à l’université Paris-VII Denis-Diderot, Alexandre Courban, historien, Pierre Dardot, philosophe, Jean-Numa Ducange, maître de conférences à l’université de Rouen, Jean-François Fayet, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Fribourg (Suisse), Marc Ferro, historien, spécialiste de la Russie, Frédérick Genevée, historien, responsable des archives du PCF, Andreï Gratchev, écrivain, ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, Florian Gulli, professeur de philosophie, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Christian Laval, professeur de sociologie, Olga Lipovskaïa, militante féministe russe, Patrick Kamenka, journaliste, spécialiste de la Russie, Naum Kleiman, historien, ancien directeur du musée du Cinéma de Moscou, Marco Di Maggio, historien, professeur à l’université La Sapienza de Rome, Jean-Jacques Marie, historien spécialiste de l’URSS, Roger Martelli, historien, codirecteur du mensuel Regards, Edgar Morin, sociologue et philosophe, Bernard Pudal, professeur de sciences politiques à l’université Paris-VI Nanterre, Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII Saint-Denis, Pierre Serna, historien, Institut d’histoire de la Révolution française, Bernard Stiegler, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation, Alexandre Sumpf, maître de conférences à l’université de Strasbourg, Françoise Vergès, politologue et éditrice, Jean Vigreux, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, Nicolas Werth, historien, directeur de recherche à l’Institut du temps présent, affilié au CNRS, Serge Wolikow, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne.

U FIL DES PAGES…

Nicolas Werth : « Ce coup d’État a pour toile de fond une vaste révolution sociale, multiforme, autonome ; celle-ci s’exprime sous des formes très diverses : une grande jacquerie, une décomposition de l’armée, un mouvement revendicatif ouvrier, une émancipation des nationalités et des peuples allogènes de l’ex-Empire russe. »

Olga Lipovskaïa : « Sous l’influence d’Alexandra Kollontaï et d’Inès Armand, la Russie se dote d’un ensemble de lois qui est le plus avancé en matière de droits de la femme : garantie de conserver son emploi pendant sa grossesse, égalité absolue des conjoints, congés de maternité. En 1920, le droit à l’avortement gratuit est voté. »

Marc Ferro : « Le drame, c’est que les paysans qui avaient des terres se sont vu confisquer leurs récoltes pour nourrir les villes, la classe ouvrière qui était privilégiée car elle devait construire le socialisme. Ce qui a satisfait la classe ouvrière et l’a ralliée au régime, c’est qu’il n’y avait plus de dominants, plus de patrons. »

Alexandre Sumpf : « Opposants politiques, militants révolutionnaires et soldats ont uni leurs forces lors des quelques jours qui ont suffi à faire chuter les Romanov en février. (…) Les grandes crises de 1917 sont toutes liées au conflit mondial. »

Edgar Morin : « La notion de métamorphose est plus riche que celle de révolution. Elle en garde la radicalité novatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, des cultures, des legs de pensées et de sagesse de l’humanité). »

Jean-Numa Ducange : « Les dirigeants bolcheviks sont persuadés que la première révolution socialiste du XXe siècle aura la même portée que la Révolution française au XVIIIe siècle. »

Alain Badiou : « Je voudrais insister sur un point qui aujourd’hui, depuis l’apparent triomphe du capitalisme à l’échelle mondiale, semble oublié : la révolution russe de 1917 est un événement sans précédent dans l’histoire de l’espèce humaine. »

Pierre Laurent : « La nouvelle révolution qui s’avance, ce n’est pas la renaissance d’un héritage glorieux, c’est surtout la conscience que notre monde change ­radicalement sous nos yeux. »

Bernard Pudal : « Ces militants (communistes français) sont profondément internationalistes. Ils le sont en pratique comme en témoignent les mariages blancs contractés avec des militantes immigrées souvent juives afin de les protéger d’une extradition pour cause de militantisme. »

Michèle Riot-Sarcey : « Les échecs révolutionnaires accumulés depuis 1917 ont rendu les militants sceptiques. Le mot même de communisme a perdu sa force émancipatrice telle qu’elle avait été forgée dès 1840. »

Françoise Vergès : « La révolution éclate dans un monde où les puissances européennes se sont enrichies après avoir mené des guerres meurtrières et dévastatrices, mis en place des politiques de dépossession massives, des codes juridiques qui légalisent les discriminations raciales, le travail forcé et la suprématie blanche. »

Roger Martelli : « Ce siècle est clos et, s’il est un modèle dont il faut s’abstraire, peut-être est-ce du bolchevisme, quelle qu’ait été sa grandeur. Non pas se débarrasser du communisme, mais de la forme que le XXe siècle lui donna. »

Andreï Gratchev : « La tentative de Lénine, à la fin de la guerre civile, de réformer le projet initial, à l’aide de la NEP, esquisse de la future perestroïka, a échoué après avoir été sabotée et rejetée par Staline et son entourage. »

 
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GAFA: C’est des salauds, mais des salauds tellement cool ! (Will Silicon Valley finally lose its most-favored robber baronism clause ?)

29 septembre, 2017

C’est un salaud, mais c’est notre salaud. John Foster Dulles (?)
J’appelle stratégies de condescendance ces transgressions symboliques de la limite qui permettent d’avoir à la fois les profits de la conformité à la définition et les profits de la transgression : c’est le cas de l’aristocrate qui tape sur la croupe du palefrenier et dont on dira «II est simple», sous-entendu, pour un aristocrate, c’est-à-dire un homme d’essence supérieure, dont l’essence ne comporte pas en principe une telle conduite. En fait ce n’est pas si simple et il faudrait introduire une distinction : Schopenhauer parle quelque part du «comique pédant», c’est-à-dire du rire que provoque un personnage lorsqu’il produit une action qui n’est pas inscrite dans les limites de son concept, à la façon, dit-il, d’un cheval de théâtre qui se mettrait à faire du crottin, et il pense aux professeurs, aux professeurs allemands, du style du Professor Unrat de V Ange bleu, dont le concept est si fortement et si étroitement défini, que la transgression des limites se voit clairement. A la différence du professeur Unrat qui, emporté par la passion, perd tout sens du ridicule ou, ce qui revient au même, de la dignité, le consacré condescendant choisit délibérément de passer la ligne ; il a le privilège des privilèges, celui qui consiste à prendre des libertés avec son privilège. C’est ainsi qu’en matière d’usage de la langue, les bourgeois et surtout les intellectuels peuvent se permettre des formes d’hypocorrection, de relâchement, qui sont interdites aux petits-bourgeois, condamnés à l’hypercorrection. Bref, un des privilèges de la consécration réside dans le fait qu’en conférant aux consacrés une essence indiscutable et indélébile, elle autorise des transgressions autrement interdites : celui qui est sûr de son identité culturelle peut jouer avec la règle du jeu culturel, il peut jouer avec le feu, il peut dire qu’il aime Tchaikovsky ou Gershwin, ou même, question de «culot», Aznavour ou les films de série B. Pierre Bourdieu
Bourdieu chose to make it his life’s work to debunk the powerful classes’ pretensions that they were more deserving of authority or wealth than those below. He aimed his critiques first at his own class of elites — professors and intellectuals — then at the media, the political class and the propertied class. “Distinction,” published in 1979, was an undisputed masterwork. In it, Bourdieu set out to show the social logic of taste: how admiration for art, appreciation of music, even taste in food, came about for different groups, and how “superior” taste was not the result of an enchanted superiority in scattered individuals. This may seem a long way from Wellington-booted and trucker-hatted American youth in gentrifying neighborhoods. But Bourdieu’s innovation, applicable here, was to look beyond the traditional trappings of rich or poor to see battles of symbols (like those boots and hats) traversing all society, reinforcing the class structure just as money did. (…) The power of Bourdieu’s statistics was to show how rigid and arbitrary the local conformities were. In American terms, he was like an updater of Thorstein Veblen, who gave us the idea of “conspicuous consumption.” College teachers and artists, unusual in believing that a beautiful photo could be made from a car crash, began to look conditioned to that taste, rather than sophisticated or deep. White-collar workers who defined themselves by their proclivity to eat only light foods — as opposed to farmworkers, who weren’t ashamed to treat themselves to “both cheese and a dessert” — seemed not more refined, but merely more conventional. Taste is not stable and peaceful, but a means of strategy and competition. Those superior in wealth use it to pretend they are superior in spirit. Groups closer in social class who yet draw their status from different sources use taste and its attainments to disdain one another and get a leg up. These conflicts for social dominance through culture are exactly what drive the dynamics within communities whose members are regarded as hipsters. Once you take the Bourdieuian view, you can see how hipster neighborhoods are crossroads where young people from different origins, all crammed together, jockey for social gain. One hipster subgroup’s strategy is to disparage others as “liberal arts college grads with too much time on their hands”; the attack is leveled at the children of the upper middle class who move to cities after college with hopes of working in the “creative professions.” These hipsters are instantly declassed, reservoired in abject internships and ignored in the urban hierarchy — but able to use college-taught skills of classification, collection and appreciation to generate a superior body of cultural “cool.” They, in turn, may malign the “trust fund hipsters.” This challenges the philistine wealthy who, possessed of money but not the nose for culture, convert real capital into “cultural capital” (Bourdieu’s most famous coinage), acquiring subculture as if it were ready-to-wear. (Think of Paris Hilton in her trucker hat.) Both groups, meanwhile, look down on the couch-­surfing, old-clothes-wearing hipsters who seem most authentic but are also often the most socially precarious — the lower-middle-class young, moving up through style, but with no backstop of parental culture or family capital. They are the bartenders and boutique clerks who wait on their well-to-do peers and wealthy tourists. Only on the basis of their cool clothes can they be “superior”: hipster knowledge compensates for economic immobility. All hipsters play at being the inventors or first adopters of novelties: pride comes from knowing, and deciding, what’s cool in advance of the rest of the world. Yet the habits of hatred and accusation are endemic to hipsters because they feel the weakness of everyone’s position — including their own. Proving that someone is trying desperately to boost himself instantly undoes him as an opponent. He’s a fake, while you are a natural aristocrat of taste. That’s why “He’s not for real, he’s just a hipster” is a potent insult among all the people identifiable as hipsters themselves. The attempt to analyze the hipster provokes such universal anxiety because it calls everyone’s bluff. And hipsters aren’t the only ones unnerved. Many of us try to justify our privileges by pretending that our superb tastes and intellect prove we deserve them, reflecting our inner superiority. Those below us economically, the reasoning goes, don’t appreciate what we do; similarly, they couldn’t fill our jobs, handle our wealth or survive our difficulties. Of course this is a terrible lie. And Bourdieu devoted his life to exposing it. Those who read him in effect become responsible to him — forced to admit a failure to examine our own lives, down to the seeming trivialities of clothes and distinction that, as Bourdieu revealed, also structure our world. Mark Greif
L’aura de cool absolu qui entoure Barack Obama doit en effet beaucoup –voire tout– à Pete Souza. Le photographe officiel canarde le président américain partout –dans son bureau, dans ses voyages, quand il va embrasser des bébés et manger des hot-dogs– et fournit en instantané sa légende iconographique. Les photos sont mises à disposition du public et des médias par la Maison Blanche, sous une license Creative Commons, pour qu’elles soient mieux partagées. Grâce à Pete Souza, on a l’impression d’être dans la vraie vie de Barack Obama, alors que rien n’est plus construit que ses photos. Slate
The aesthetics of cool developed mainly as a behavioral attitude practiced by black men in the United States at the time of slavery. Slavery made necessary the cultivation of special defense mechanisms which employed emotional detachment and irony. A cool attitude helped slaves and former slaves to cope with exploitation or simply made it possible to walk the streets at night. During slavery, and long afterwards, overt aggression by blacks was punishable by death. Provocation had to remain relatively inoffensive, and any level of serious intent had to be disguised or suppressed. So cool represents a paradoxical fusion of submission and subversion. It’s a classic case of resistance to authority through creativity and innovation. Today the aesthetics of cool represents the most important phenomenon in youth culture. The aesthetic is spread by Hip Hop culture for example, which has become “the center of a mega music and fashion industry around the world” (…). Black aesthetics, whose stylistic, cognitive, and behavioural tropes are largely based on cool-mindedness, has arguably become “the only distinctive American artistic creation” (…). The African American philosopher Cornel West sees the “black-based Hip Hop culture of youth around the world” as a grand example of the “shattering of male, WASP cultural homogeneity” (…). While several recent studies have shown that American brand names have dramatically slipped in their cool quotients worldwide, symbols of black coolness such as Hip Hop remain exportable. However, ‘cool’ does not only refer to a respected aspect of masculine display, it’s also a symptom of anomie, confusion, anxiety, self-gratification and escapism, since being cool can push individuals towards passivity more than towards an active fulfillment of life’s potential. Often “it is more important to be ‘cool and down’ with the peer group than to demonstrate academic achievement,” write White & Cones (…). On the one hand, the message produced by a cool pose fascinates the world because of its inherent mysteriousness. The stylized way of offering resistance that insists more on appearance than on substance can turn cool people into untouchable objects of desire. On the other hand, to be cool can be seen as a decadent attitude leading to individual passivity and social decay. The ambiguity residing in this constellation lends the cool scheme its dynamics, but it also makes its evaluation very difficult. (…) A president is uncool if he clings to absolute power, but becomes cooler as soon as he voluntarily concedes power in order to maintain democratic values. Thorsten Botz-Bornstein
Cool est généralement associé au sang-froid et au contrôle de soi et il est utilisé dans ce sens comme une expression d’approbation ou d’admiration. Cette notion peut aussi être associée à une forme de nonchalance. Wikipedia
There is no single concept of cool. One of the essential characteristics of cool is its mutability—what is considered cool changes over time and varies among cultures and generations. One consistent aspect however, is that cool is wildly seen as positive and desirable. Although there is no single concept of cool, its definitions fall into a few broad categories. The sum and substance of cool is a self-conscious aplomb in overall behavior, which entails a set of specific behavioral characteristics that is firmly anchored in symbology, a set of discernible bodily movements, postures, facial expressions and voice modulations that are acquired and take on strategic social value within the peer context. Cool was once an attitude fostered by rebels and underdogs, such as slaves, prisoners, bikers and political dissidents, etc., for whom open rebellion invited punishment, so it hid defiance behind a wall of ironic detachment, distancing itself from the source of authority rather than directly confronting it. In general, coolness is a positive trait based on the inference that a cultural object (e.g., a person or brand) is autonomous in an appropriate way. That is the person or brand is not constrained by the norms, expectation of beliefs of others. (…) Cool is also an attitude widely adopted by artists and intellectuals, who thereby aided its infiltration into popular culture. Sought by product marketing firms, idealized by teenagers, a shield against racial oppression or political persecution and source of constant cultural innovation, cool has become a global phenomenon that has spread to every corner of the earth. Concepts of cool have existed for centuries in several cultures. In terms of fashion, the concept of “cool” has transformed from the 1960s to the 1990s by becoming integrated in the dominant fabric of culture. America’s mass-production of “ready-to-wear” fashion in the 1940s and ‘50s, established specific conventional outfits as markers of ones fixed social role in society. Subcultures such as the Hippies, felt repressed by the dominating conservative ideology of the 1940s and ‘50s towards conformity and rebelled. (…) Starting in the 1990s and continuing into the 21st century, the concept of dressing cool went out of the minority and into the mainstream culture, making dressing “cool” a dominant ideology. Cool entered the mainstream because those Hippie “rebels” of the late 1960s were now senior executives of business sectors and of the fashion industry. Since they grew up with “cool” and maintained the same values, they knew its rules and thus knew how to accurately market and produce such clothing. However, once “cool” became the dominant ideology in the 21st century its definition changed to not one of rebellion but of one attempting to hide their insecurities in a confident manner. The “fashion-grunge” style of the 1990s and 21st century allowed people who felt financially insecure about their lifestyle to pretend to “fit in” by wearing a unique piece of clothing, but one that was polished beautiful. For example, unlike the Hippie style that clearly diverges from the norm, through Marc Jacobs’ combined “fashion-grunge” style of “a little preppie, a little grunge and a little couture,” he produces not a bold statement one that is mysterious and awkward creating an ambiguous perception of what the wearer’s internal feelings are. While slang terms are usually short-lived coinages and figures of speech, cool is an especially ubiquitous slang word, most notably among young people. As well as being understood throughout the English-speaking world, the word has even entered the vocabulary of several languages other than English. In this sense, cool is used as a general positive epithet or interjection, which can have a range of related adjectival meanings. Wikipedia
Ronald Perry writes that many words and expressions have passed from African-American Vernacular English into Standard English slang including the contemporary meaning of the word « cool. » The definition, as something fashionable, is said to have been popularized in jazz circles by tenor saxophonist Lester Young. This predominantly black jazz scene in the U.S. and among expatriate musicians in Paris helped popularize notions of cool in the U.S. in the 1940s, giving birth to « Bohemian », or beatnik, culture. Shortly thereafter, a style of jazz called cool jazz appeared on the music scene, emphasizing a restrained, laid-back solo style. Notions of cool as an expression of centeredness in a Taoist sense, equilibrium and self-possession, of an absence of conflict are commonly understood in both African and African-American contexts well. Expressions such as, « Don’t let it blow your cool, » later, chill out, and the use of chill as a characterization of inner contentment or restful repose all have their origins in African-American Vernacular English. (…) Among black men in America, coolness, which may have its roots in slavery as an ironic submission and concealed subversion, at times is enacted in order to create a powerful appearance, a type of performance frequently maintained for the sake of a social audience. (…) « Cool pose » may be a factor in discrimination in education contributing to the achievement gaps in test scores. In a 2004 study, researchers found that teachers perceived students with African-American culture-related movement styles, referred to as the « cool pose, » as lower in achievement, higher in aggression, and more likely to need special education services than students with standard movement styles, irrespective of race or other academic indicators. The issue of stereotyping and discrimination with respect to « cool pose » raises complex questions of assimilation and accommodation of different cultural values. Jason W. Osborne identifies « cool pose » as one of the factors in black underachievement. Robin D. G. Kelley criticizes calls for assimilation and sublimation of black culture, including « cool pose. » He argues that media and academics have unfairly demonized these aspects of black culture while, at the same time, through their sustained fascination with blacks as exotic others, appropriated aspects of « cool pose » into the broader popular culture. George Elliott Clarke writes that Malcolm X, like Miles Davis, embodies essential elements of cool. As an icon, Malcolm X inspires a complex mixture of both fear and fascination in broader American culture, much like « cool pose » itself. Wikipedia
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
J’entends les voix apeurées qui nous appellent à construire des murs. Plutôt que des murs, nous voulons aider les gens à construire des ponts. Mark Zuckerberg
Mes arrière-grands-parents sont venus d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne. Les parents de [mon épouse] Priscilla étaient des réfugiés venant de Chine et du Vietnam. Les Etats-Unis sont une nation d’immigrants, et nous devrions en être fiers. Comme beaucoup d’entre vous, je suis inquiet de l’impact des récents décrets signés par le président Trump. Nous devons faire en sorte que ce pays reste en sécurité, mais pour y parvenir, nous devrions nous concentrer sur les personnes qui représentent vraiment une menace. Etendre l’attention des forces de l’ordre au-delà des personnes qui représentent de vraies menaces va nuire à la sécurité des Américains, en dispersant les ressources, tandis que des millions de sans-papiers qui ne représentent aucune menace vivront dans la peur d’être expulsés. Mark Zuckerberg
Ces idées ont un nom : nationalisme, identitarisme, protectionnisme, souverainisme de repli. Ces idées qui, tant de fois, ont allumé les brasiers où l’Europe aurait pu périr, les revoici sous des habits neufs encore ces derniers jours. Elles se disent légitimes parce qu’elles exploitent avec cynisme la peur des peuples. (…) Je ne laisserai rien, rien à toutes celles et ceux qui promettent la haine, la division ou le repli national. Je ne leur laisserai aucune proposition. C’est à l’Europe de les faire, c’est à nous de les porter, aujourd’hui et maintenant (…) Et nous n’avons qu’un choix, qu’une alternative : le repli sur nous frontières, qui serait à la fois illusoire et inefficace, ou la construction d’un espace commun des frontières, de l’asile et de (…) faire une place aux réfugiés qui ont risqué leur vie, chez eux et sur leur chemin, c’est notre devoir commun d’Européen et nous ne devons pas le perdre de vue. (…) C’est pourquoi j’ai engagé en France un vaste travail de réforme pour mieux accueillir les réfugiés, augmenter les relocalisations dans notre pays, accélérer les procédures d’asile en nous inspirant du modèle allemand, être plus efficaces dans les reconduites indispensables. Ce que je souhaite pour l’Europe, la France commence dès à présent à le faire elle-même. Emmanuel Macron
Emmanuel Macron, qui vomit le populisme, fait tout pour l’alimenter. Il en a apporté la démonstration, mardi à la Sorbonne, en se faisant le défenseur exalté de l’Union européenne, sans vouloir entendre les réticences des peuples. Sa prétendue ‘refondation’ européenne n’est autre que la perpétuation d’une institution technocratique et éloignée de la vie des gens. Son choix d’une ‘Europe souveraine » est celui d’une supranationalité qui méconnait les nations et leur désir de maîtriser leur destin. L’entendre affirmer que l’Europe doit « faire une place aux réfugiés » car « c’est notre devoir commun » révèle son indifférence aux inquiétudes qui partout se manifestent. En Allemagne, la percée de l’afD, ce week-end, a été motivée par la folle politique migratoire d’Angela Merkel et son incapacité à mesurer le danger islamiste. (…) D’islam politique, il n’en a évidemment pas été question dans le discours fleuve du chef de l’Etat. Il ne veut ‘conduire la bataille’ que pour donner plus de pouvoirs encore à une Union de plus en plus soviétoïde. Il n’a réservé ses coups, comme à son habitude, qu’à ceux qui ne pensent pas comme lui. (…) non content de s’aveugler sur une Union européenne vécue comme une violence ou une menace par beaucoup de citoyens abandonnés, le président s’est une fois de plus laissé aller au manichéisme en usage chez les esprits sectaires. Pour lui, ceux qui critiquent l’UE laisseraient voir un ‘nationalisme’, un ‘identitarisme’, un ‘souverainisme de repli’ et autres « passions tristes ». Il dit de ceux-là qu’ils « mentent aux peuples ». Et de menacer, d’ailleurs peu clairement : « Je ne laisserai rien, rien, à ceux qui promettent la haine, la division ou le repli national ». Mais où est la haine, en l’occurrence, sinon dans ces propos présidentiels qui cherchent à discréditer des contradicteurs. Ivan Rioufol
Barons voleurs est un terme péjoratif, qu’on trouve dans la critique sociale et la littérature économique pour caractériser certains hommes d’affaires riches et puissants des États-Unis au XIXe siècle. Dans l’histoire des États-Unis d’Amérique, l’âge doré voit l’éclosion de ces capitaines d’industrie qui façonnent le rêve américain mais sont aussi accusés, à cette période de capitalisme sauvage, d’exploiter et éventuellement réprimer la main-d’œuvre, ainsi que de pratiquer la corruption. L’expression apparaît dans la presse américaine, en août 1870, dans le magazine The Atlantic Monthly, pour désigner les entrepreneurs pratiquant l’exploitation pour accumuler leurs richesses. Leurs pratiques incluent le contrôle des ressources nationales, l’influence sur les hauts fonctionnaires, le paiement de salaires extrêmement bas, l’écrasement de leurs concurrents par leur acquisition en vue de créer des monopoles et de pousser les prix à la hausse, ainsi que la manipulation des cours des actions vers des prix artificiellement hauts, actions vendues à des investisseurs voués à l’appauvrissement dès le cours retombé, aboutissant à la disparition de la société cotée. L’expression, forgée par les muckrakers, allie le sens de criminel (« voleur ») et celui de noblesse douteuse (un « baron » est un titre illégitime dans une république). Le président Theodore Roosevelt est intervenu contre les monopoles en obtenant du gouvernement conservateur qu’il mette au pas ces capitaines d’industrie, qu’il appelle des « malfaiteurs de grande fortune » et des « royalistes de l’économie ». Wikipedia
In the US, Google, Apple, Facebook, and Amazon are generally praised as examples of innovation. In the French press, and for much of the rest of Europe, their innovation is often seen in a less positive light—the ugly Americans coming over with innovative approaches to invading personal privacy or new ways to avoid paying their fair share. Take Google: its tax affairs in France are being challenged (paywall)—which comes soon after it has been forced to institute a “right to be forgotten” and threatened with being broken up. But the spread of the term “GAFA” may be as much to do with cultural resentment as taxes. “I think it’s more about distribution of power in the online world than tax avoidance,” Liam Boogar, founder of the French start-up site, Rude Baguette, tells Quartz. France, after all, is a country with a long history of resisting US cultural hegemony. Remember José Bové, the sheep farmer who destroyed a McDonald’s in 1999 and was a symbol for the anti-globalization movement? Times have changed; McDonald’s most profitable country in Europe is now France. Having lost that battle, the French have instead turned their ire to Silicon Valley. There is also a loss of public sympathy in the wake of the massive American government spying revelations. Jérémie Zimmermann, one of the founders of La Quadrature, a tech-oriented public policy non-profit, tells Quartz he dislikes the term “GAFA” and prefers to refer to the big US firms as the “PRISM” companies (after the US National Security Agency program revealed by Edward Snowden) or the “Bullrun” firms (another NSA program), which he uses to refer to “more or less every US-based company in which trust is broken”—citing examples that include Intel, Motorola, and Cisco. Even if the term has a negative connotation, it’s worth noting which companies didn’t make the acronym. Microsoft, most notably. Samsung is another. No Yahoo. Google, Apple, Facebook, and Amazon pretty much dominate every facet of our lives—from email from friends and family to what’s in your pocket to how you get everything in your house to how you pay. As far as acronyms of global power go, it works. Quartz
GAFA is an acronym for Google, Apple, Facebook, and Amazon — the 4 most powerful American technology companies. Usage of the term “GAFA” is increasingly common in Europe. The acronym, originally from France, is used by the media to identify the 4 companies as a group – often in the context of legal investigations. The EU is (…) generally quite hostile to the unfettered ambitions of corporations. Any company that seeks to acquire a monopoly, engage in anti-competitive practices, dodge taxes, or invade EU citizens’ privacy is likely to find themselves under investigation, and potentially facing a hefty fine. Every GAFA company is currently under investigation by the EU for something. Google knows a lot about you, although there are some steps you can take to minimise it. The company uses the information they pull from your browsing habits, emails, Google Drive files, and anything else they can get their hands on to serve you ever more targeted ads. In the past this has led to the EU criticising Google’s use of personal data. More recently, the EU has been investigating Google for antitrust violations. Microsoft has been fined €2.2 billion for abusing its dominant market position and pushing its own services over the years, and the EU is concerned that Google is doing the same with search and Android. If they’re found to be abusing their position, they’ll face billions of euro worth of fines and be required to change their business practices. Google has already been forced, by the EU, to change how it operates. After a landmark ruling last year, citizens of the EU have the “right to be forgotten” on the Internet. People can request that search engines remove links to web pages that contain information about them — although MakeUseOf readers don’t seem too fussed about it. Apple Music was only unveiled this month but, according to Reuters, the deals they’ve inked with record companies are already under investigation. The EU, however, is more interested in Apple’s tax practices. The Union already shut down some tax loopholes, such as the Double Irish, that Apple used to minimize their tax burden, both in Europe and the US. The Union is continuing to investigate whether other practices they engaged in were legal. A ruling was due this month but has been pushed back. The EU isn’t keen on Facebook for the same reason most people aren’t — its questionable privacy record. Facebook knows a surprising amount about us – information we willingly volunteer. From that information you can be slotted into a demographic, your « likes » recorded and relationships monitored. There are several investigations, and a class action law suit, looking into whether or not Facebook’s privacy policy is legal. So far things are looking bad for Facebook. Despite frequent updates, a Belgian report released earlier this year “found that Facebook is acting in violation of European law“. Just like the other companies, Facebook could face heavy fines if they don’t fall into line with the EU’s policies. The EU’s issue with Amazon is a little different. The EU wants a Digital Single Market where every citizen would be able to purchase the same products at the same price as any other, regardless of where the products were being sold from. They are, according to VentureBeat, concerned that Amazon, and other e-commerce companies like Netflix, “have policies that restrict the ability of merchants and consumers to buy and sell goods and services across Europe’s borders.” For example: videos offered by the company’s streaming aren’t available in every country, which is at odds with the EU’s aim to treat every member nation and citizen equally. A year-long investigation launched this year so, at least for now, Amazon is free to continue as they are. The EU is clearly not going to let the GAFA companies operate unchecked, nor let them have the same level of independence they enjoy in the US. The EU takes a much more hands on approach to consumer protection and anti-competition laws than the Obama administration. Make us of.com
Les chiffres sont vertigineux. Apple est l’entreprise la plus capitalisée en bourse, avec une valeur qui a dépassé les 800 milliards de dollars. Celle d’Alphabet, la maison mère de Google, atteint près de 650 milliards de dollars. Google représente 88% du marché de la recherche sur Internet aux Etats-Unis et Facebook vient de franchir la barre des deux milliards d’utilisateurs actifs. Amazon? Le géant de la vente en ligne, qui s’apprête à ouvrir un deuxième siège en Amérique du Nord – plusieurs villes sont en lice –, est en train de tuer le petit commerce. Cette toute-puissance inquiète. (…) Un sondage publié le 25 septembre par le quotidien US Today révèle que 76% des Américains sont désormais d’avis que les GAFA, les Big Four de la tech et leurs petits frères, ont trop de poids dans leur vie. Pas moins de 52% d’entre eux jugent cette influence «mauvaise». Certains de ces géants ont dû faire face à des scandales, ce qui entache leur déontologie et leur crédibilité. Le 6 septembre, Facebook a admis que près de 500 faux profils liés à la Russie avaient acheté pour plus de 100 000 dollars de publicité, entre juin 2015 et mai 2017, pour influencer l’élection présidentielle américaine en véhiculant des messages censés nuire à Hillary Clinton. «Je ne veux pas que qui que ce soit utilise nos instruments pour nuire à la démocratie», a proclamé son cofondateur et patron Mark Zuckerberg dans une vidéo, en présentant ses excuses. C’est la première fois que le groupe admet avoir été manipulé ainsi, offrant à la Russie une plateforme de choix pour sa propagande. De quoi intéresser le procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur les possibles collusions entre l’équipe de Donald Trump et Moscou. Facebook va devoir rendre des comptes devant le Sénat. Le Congrès entendra également Twitter et Google dans le cadre de l’affaire russe. Une audience publique est prévue le 1er novembre. Facebook avait déjà été critiqué pour avoir diffusé des vidéos de meurtres et de suicides en direct. Et facilité, grâce à ses algorithmes, des messages racistes et antisémites ciblés. Le New York Times s’est moqué des excuses tardives du groupe, en trouvant une analogie avec Frankenstein, qui a échappé à son créateur. Faut-il réguler le secteur? S’achemine-t-on vers une législation antitrust contre les géants de la tech? Le controversé Stephen Bannon, que Donald Trump a limogé cet été de son poste de conseiller stratégique à la Maison-Blanche, l’avait appelée de ses vœux. Tout comme la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, à l’autre bout de l’échiquier politique. La News Media Alliance, qui regroupe plus de 2000 titres américains et canadiens, donne également de la voix en ce sens, les médias d’information souffrant de la rude concurrence des géants d’Internet. (…) Comme le rappelle le New York Times, Facebook et Google bataillent ferme depuis le mois dernier contre un projet qui veut les rendre responsables s’ils hébergent du trafic sexuel sur leurs sites. L’enjeu est majeur: une loi vieille de vingt ans protège pour l’instant les compagnies internet de poursuites en justice en raison de contenus postés par des internautes. Sentant le vent tourner, les géants de la tech commencent à renforcer leurs équipes d’avocats et de lobbyistes. Le Temps
For the last two decades, Apple, Google, Amazon and other West Coast tech corporations have been untouchable icons. They piled up astronomical profits while hypnotizing both left-wing and right-wing politicians. (…) If the left feared that the tech billionaires were becoming robber barons, they also delighted in the fact that they were at least left-wing robber barons. Unlike the steel, oil and coal monopolies of the 19th century that out of grime and smoke created the sinews of a growing America, Silicon Valley gave us shiny, clean, green and fun pods, pads and phones. As a result, social media, internet searches, texts, email and other computer communications were exempt from interstate regulatory oversight. Big Tech certainly was not subject to the rules that governed railroads, power companies, trucking industries, Wall Street, and television and radio. But attitudes about hip high-tech corporations have now changed on both the left and right. Liberals are under pressure from their progressive base to make Silicon Valley hire more minorities and women. Progressives wonder why West Coast techies cannot unionize and sit down for tough bargaining with their progressive billionaire bosses. Local community groups resent the tech giants driving up housing prices and zoning out the poor from cities such as Seattle and San Francisco. Behind the veneer of a cool Apple logo or multicolored Google trademark are scores of multimillionaires who live one-percenter lifestyles quite at odds with the soft socialism espoused by their corporate megaphones. (…) Instead of acting like laissez-faire capitalists, the entrenched captains of high-tech industry seem more like government colluders and manipulators. Regarding the high-tech leaders’ efforts to rig their industries and strangle dissent, think of conniving Jay Gould or Jim Fisk rather than the wizard Thomas Edison. (…) The public so far has welcomed the unregulated freedom of Silicon Valley — as long as it was truly free. But now computer users are discovering that social media and web searches seem highly controlled and manipulated — by the whims of billionaires rather than federal regulators. (…) For years, high-tech grandees dressed all in hip black while prancing around the stage, enthralling stockholders as if they were rock stars performing with wireless mics. Some wore jeans, sneakers, and T-shirts, making it seem like being worth $50 billion was hipster cool. But the billionaire-as-everyman shtick has lost his groove, especially when such zillionaires lavish their pet political candidates with huge donations, seed lobbying groups and demand regulatory loopholes. Ten years ago, a carefree Mark Zuckerberg seemed cool. Now, his T-shirt get-up seems phony and incongruous with his walled estates and unregulated profiteering. (…) Why are high-tech profits hidden in offshore accounts? Why is production outsourced to impoverished countries, sometimes in workplaces that are deplorable and cruel? Why does texting while driving not earn a product liability suit? Victor Davis Hanson

Attention: des barons voleurs peuvent en cacher d’autres !

A l’heure où avec leur formidable force de frappe financière et trésors de guerre accumulés …

Les multinationales géantes du numérique semblent à la manière des « barons voleurs« du 19e siècle américain …

Concentrer tous les pouvoirs et écraser toute concurrence sur leur passage …

Face à des gouvernants dont ils partagent clairement le ton volontiers moralisateur et méprisant

Et des masses rejetées dans les passions désormais déclarées rétrogrades des questions d’identité et de souveraineté nationales …

Comment ne pas s’étonner de l’étrange indulgence dont…

Sous prétexte de leur coolitude …

Leurs pourtant  dirigeants continuent jusqu’ici à bénéficier ?

How Silicon Valley Turned Off the Left and Right
Victor Davis Hanson
Townhall
Sep 28, 2017

When left and right finally agree on something, watch out: The unthinkable becomes normal.So it is with changing attitudes toward Silicon Valley. For the last two decades, Apple, Google, Amazon and other West Coast tech corporations have been untouchable icons. They piled up astronomical profits while hypnotizing both left-wing and right-wing politicians.

Conservative administrations praised them as modern versions of 19th-century risk-takers such as Andrew Carnegie and John D. Rockefeller. Bill Gates, the late Steve Jobs and other tech giants were seen as supposedly creating national wealth in an unregulated, laissez-faire landscape that they had invented from nothing.

At a time when American companies were increasingly unable to compete in the rough-and-tumble world arena, Apple, Microsoft, and Facebook bulldozed their international competition. Indeed, they turned high-tech and social media into American brands.

The left was even more enthralled. It dropped its customary regulatory zeal, despite Silicon Valley’s monopolizing, outsourcing, offshoring, censoring, and destroying of startup competition. After all, Big Tech was left-wing and generous. High-tech interests gave hundreds of millions of dollars to left-wing candidates, think tanks and causes.

Companies such as Facebook and Google were able to warp their own social media protocols and Internet searches to insidiously favor progressive agendas and messaging.

If the left feared that the tech billionaires were becoming robber barons, they also delighted in the fact that they were at least left-wing robber barons.

Unlike the steel, oil and coal monopolies of the 19th century that out of grime and smoke created the sinews of a growing America, Silicon Valley gave us shiny, clean, green and fun pods, pads and phones.

As a result, social media, internet searches, texts, email and other computer communications were exempt from interstate regulatory oversight. Big Tech certainly was not subject to the rules that governed railroads, power companies, trucking industries, Wall Street, and television and radio.

But attitudes about hip high-tech corporations have now changed on both the left and right.Liberals are under pressure from their progressive base to make Silicon Valley hire more minorities and women.

Progressives wonder why West Coast techies cannot unionize and sit down for tough bargaining with their progressive billionaire bosses.

Local community groups resent the tech giants driving up housing prices and zoning out the poor from cities such as Seattle and San Francisco.

Behind the veneer of a cool Apple logo or multicolored Google trademark are scores of multimillionaires who live one-percenter lifestyles quite at odds with the soft socialism espoused by their corporate megaphones.Conservatives got sick of Silicon Valley, too.

Instead of acting like laissez-faire capitalists, the entrenched captains of high-tech industry seem more like government colluders and manipulators. Regarding the high-tech leaders’ efforts to rig their industries and strangle dissent, think of conniving Jay Gould or Jim Fisk rather than the wizard Thomas Edison.

With the election of populist Donald Trump, the Republican Party seems less wedded to the doctrines of economic libertarian Milton Friedman and more to the trust-busting zeal of Teddy Roosevelt.

The public so far has welcomed the unregulated freedom of Silicon Valley — as long as it was truly free. But now computer users are discovering that social media and web searches seem highly controlled and manipulated — by the whims of billionaires rather than federal regulators.

The public faces put on by West Coast tech leaders have not helped.

For years, high-tech grandees dressed all in hip black while prancing around the stage, enthralling stockholders as if they were rock stars performing with wireless mics. Some wore jeans, sneakers, and T-shirts, making it seem like being worth $50 billion was hipster cool.

But the billionaire-as-everyman shtick has lost his groove, especially when such zillionaires lavish their pet political candidates with huge donations, seed lobbying groups and demand regulatory loopholes.

Ten years ago, a carefree Mark Zuckerberg seemed cool. Now, his T-shirt get-up seems phony and incongruous with his walled estates and unregulated profiteering.

Of course, Silicon Valley’s critics should be wary. They wonder whether the golden tech goose can be caged without being killed.

Both liberals and conservatives are just beginning to ask why internet communications cannot be subject to the same rules applied to radio and television.

Why can’t Silicon Valley monopolies be busted up in the same manner as the Bell Telephone octopus or the old Standard Oil trust?

Why are high-tech profits hidden in offshore accounts?

Why is production outsourced to impoverished countries, sometimes in workplaces that are deplorable and cruel?

Why does texting while driving not earn a product liability suit?

Just because Silicon Valley is cool does not mean it could never become just another monopoly that got too greedy and turned off the left wing, the right wing and everybody in between.

Voir aussi:

Internet
Vents contraires contre les géants de la tech aux Etats-Unis
Critiquées pour leur situation de monopole et leur rôle joué pendant l’élection présidentielle américaine, les multinationales de la Silicon Valley doivent affronter des oppositions toujours plus fortes
Valérie de Graffenried
Le Temps
28 septembre 2017

Le vent est en train de tourner. L’appétit vorace et la toute-puissance financière des géants technologiques américains GAFA – acronyme pour Google, Apple, Facebook et Amazon – provoquent des remous aux Etats-Unis. Donald Trump n’en est pas le plus grand fan, et il ne s’en cache pas. Contrairement à son prédécesseur, il est plutôt hostile à la Silicon Valley, bastion progressiste par excellence. Des grands patrons de la tech se sont frontalement opposés à lui sur des dossiers clés comme le décret anti-immigration, le réchauffement climatique ou les émeutes de Charlottesville.

Alors quand les GAFA sont montrés du doigt en raison de leur situation de monopole et critiqués pour avoir véhiculé de la désinformation pendant l’élection présidentielle américaine, ce n’est pas Donald Trump qui monte au créneau pour les défendre. En Europe aussi, le débat est vif. A la fin de juin, la Commission européenne a sanctionné Google pour abus de position dominante en lui infligeant une amende record de 2,4 milliards de dollars (2,33 milliards de francs). Surtout, elle veut taxer davantage les GAFA, accusés de faire de l’optimisation fiscale. Elle a présenté ses premières pistes jeudi. Mais pour que les choses bougent sur ce plan, une position unanime des 28 Etats membres est nécessaire, ce qui est loin d’être acquis.

Danger pour la démocratie

Les chiffres sont vertigineux. Apple est l’entreprise la plus capitalisée en bourse, avec une valeur qui a dépassé les 800 milliards de dollars. Celle d’Alphabet, la maison mère de Google, atteint près de 650 milliards de dollars. Google représente 88% du marché de la recherche sur Internet aux Etats-Unis et Facebook vient de franchir la barre des deux milliards d’utilisateurs actifs. Amazon? Le géant de la vente en ligne, qui s’apprête à ouvrir un deuxième siège en Amérique du Nord – plusieurs villes sont en lice –, est en train de tuer le petit commerce. Cette toute-puissance inquiète. Cité par l’AFP, Bill Galston, un ex-conseiller du président Bill Clinton, cofondateur du think tank «The New Center», dénonce ces «moyens quasi illimités, qu’ils peuvent utiliser pour faire du lobbying». Et s’interroge sur le danger que cela peut représenter pour la démocratie.

Un sondage publié le 25 septembre par le quotidien US Today révèle que 76% des Américains sont désormais d’avis que les GAFA, les Big Four de la tech et leurs petits frères, ont trop de poids dans leur vie. Pas moins de 52% d’entre eux jugent cette influence «mauvaise». Certains de ces géants ont dû faire face à des scandales, ce qui entache leur déontologie et leur crédibilité. Le 6 septembre, Facebook a admis que près de 500 faux profils liés à la Russie avaient acheté pour plus de 100 000 dollars de publicité, entre juin 2015 et mai 2017, pour influencer l’élection présidentielle américaine en véhiculant des messages censés nuire à Hillary Clinton. «Je ne veux pas que qui que ce soit utilise nos instruments pour nuire à la démocratie», a proclamé son cofondateur et patron Mark Zuckerberg dans une vidéo, en présentant ses excuses.

Le syndrome Frankenstein

C’est la première fois que le groupe admet avoir été manipulé ainsi, offrant à la Russie une plateforme de choix pour sa propagande. De quoi intéresser le procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur les possibles collusions entre l’équipe de Donald Trump et Moscou. Facebook va devoir rendre des comptes devant le Sénat. Le Congrès entendra également Twitter et Google dans le cadre de l’affaire russe. Une audience publique est prévue le 1er novembre. Facebook avait déjà été critiqué pour avoir diffusé des vidéos de meurtres et de suicides en direct. Et facilité, grâce à ses algorithmes, des messages racistes et antisémites ciblés. Le New York Times s’est moqué des excuses tardives du groupe, en trouvant une analogie avec Frankenstein, qui a échappé à son créateur.

Faut-il réguler le secteur? S’achemine-t-on vers une législation antitrust contre les géants de la tech? Le controversé Stephen Bannon, que Donald Trump a limogé cet été de son poste de conseiller stratégique à la Maison-Blanche, l’avait appelée de ses vœux. Tout comme la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, à l’autre bout de l’échiquier politique. La News Media Alliance, qui regroupe plus de 2000 titres américains et canadiens, donne également de la voix en ce sens, les médias d’information souffrant de la rude concurrence des géants d’Internet.

Le Congrès est en plein chantier sur la fiscalité des entreprises, mais pour l’instant aucun projet majeur n’est prévu pour limiter l’influence et l’expansion des GAFA. Les bénéfices de l’innovation technologique pour le consommateur semblent encore primer. Le climat politique a toutefois bien changé à Washington. Les législateurs du Congrès ont les GAFA sérieusement à l’œil. Le corset qui commence à les gainer promet de se resserrer.

Comme le rappelle le New York Times, Facebook et Google bataillent ferme depuis le mois dernier contre un projet qui veut les rendre responsables s’ils hébergent du trafic sexuel sur leurs sites. L’enjeu est majeur: une loi vieille de vingt ans protège pour l’instant les compagnies internet de poursuites en justice en raison de contenus postés par des internautes. Sentant le vent tourner, les géants de la tech commencent à renforcer leurs équipes d’avocats et de lobbyistes.

Voir également:

Mark Zuckerberg sort de sa réserve pour critiquer la politique d’immigration de Donald Trump

Le patron de Facebook a ouvertement critiqué les récentes décisions du président américain sur l’immigration. Sheryl Sandberg, numéro deux de Facebook, a quant à elle exprimé son désaccord sur la question de l’avortement.

Le Monde.fr avec AFP et Reuters

« Mes arrière-grands-parents sont venus d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne. Les parents de [mon épouse] Priscilla étaient des réfugiés venant de Chine et du Vietnam. Les Etats-Unis sont une nation d’immigrants, et nous devrions en être fiers. » Vendredi 27 janvier, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a publié un message sur le réseau social pour critiquer les récentes décisions de Donald Trump concernant l’immigration.

Un fait rare : Mark Zuckerberg avait pris soin, jusqu’ici, de ne pas afficher trop ouvertement ses opinions politiques – malgré des soupçons d’ambitions électorales, qu’il a démentis – et s’était abstenu de soutenir un candidat pendant la campagne présidentielle américaine. Il avait toutefois laissé entendre, dans un discours en avril dernier, son aversion pour certaines idées de Donald Trump, sans pour autant le nommer : « J’entends les voix apeurées qui nous appellent à construire des murs. Plutôt que des murs, nous voulons aider les gens à construire des ponts. »

Depuis, Donald Trump l’a emporté, et a durci dès ses premiers jours de mandat la politique d’immigration pour « protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers », rapporte un décret publié vendredi soir. Il interdit notamment l’arrivée de ressortissants de sept pays musulmans pendant trois mois : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. Deux jours plus tôt, il avait signé un autre décret ordonnant la construction d’un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

« Comme beaucoup d’entre vous, je suis inquiet de l’impact des récents décrets signés par le président Trump », explique Mark Zuckerberg, avant de développer :

« Nous devons faire en sorte que ce pays reste en sécurité, mais pour y parvenir, nous devrions nous concentrer sur les personnes qui représentent vraiment une menace. Etendre l’attention des forces de l’ordre au-delà des personnes qui représentent de vraies menaces va nuire à la sécurité des Américains, en dispersant les ressources, tandis que des millions de sans-papiers qui ne représentent aucune menace vivront dans la peur d’être expulsés. »

Les poids lourds américains inquiets

Comme beaucoup d’employeurs de la Silicon Valley, M. Zuckerberg plaide depuis longtemps pour un assouplissement des règles d’immigration aux Etats-Unis. Notamment parce que ces entreprises recrutent beaucoup de personnes étrangères et que les lois américaines compliquent leur arrivée.

Le patron de Facebook n’est d’ailleurs pas le seul à s’être montré inquiet après le décret signé vendredi par le nouveau président américain. Dans une note interne qu’a pu consulter le Wall Street Journal, Sundar Pichai, qui dirige Google, a expliqué que ce décret pouvait affecter 187 salariés de l’entreprise. « Nous sommes inquiets de l’impact de ce décret et de toutes les propositions qui pourraient imposer des restrictions aux Googlers [les employés de Google] et leurs familles, ou qui pourraient créer des obstacles pour apporter de grands talents aux Etats-Unis. »

D’autres poids lourds de la Silicon Valley comme Apple, Netflix et Tesla ont exprimé leur consternation au sujet de ce décret.

Alphabet, maison mère de Google, a rappelé d’urgence les membres de son personnel qui se trouvaient à l’étranger et a invité ceux qui pourraient être concernés par le décret à ne pas quitter les Etats-Unis.

« Ce n’est pas une politique que nous soutenons », écrit quant à lui Tim Cook, le patron d’Apple, dans une lettre adressée à ses employés. « Nous avons pris contact avec la Maison blanche pour expliquer ses effets néfastes pour nos collaborateurs et notre entreprise », poursuit-il, promettant d’aider les victimes du décret.

Selon Brad Smith, président et directeur juridique de Microsoft, 76 employés de la firme viennent des sept pays concernés par le décret. « En tant qu’entreprise, Microsoft croit à une immigration équilibrée et hautement qualifiée (…) Nous croyons à l’importance de protéger les réfugiés reconnus comme tels et respectueux de la loi dont les vies peuvent être menacées par les procédures d’immigration », ajoute-t-il dans un courriel.

Quant au fondateur de SpaceX, Elon Musk, qui a récemment semblé cultiver une relation avec Trump, il a tweeté que « beaucoup de gens qui sont affectés par cette politique sont de solides partisans des États-Unis » qui ne « méritent pas d’être rejetés ».

Fait étonnant, le réseau social Twitter a aussi réagi, affichant son soutien aux personnes concernées par ce décret : « Twitter est construit par les immigrants de toute religion. Nous serons toujours pour eux et avec eux ».

« Ne pas autoriser (les ressortissants) de certains pays ou les réfugiés à venir en Amérique n’est pas correct et nous devons épauler ceux qui sont affectés », a pour sa part déclaré Brian Chesky, cofondateur et directeur général d’Airbnb, qui a promis d’héberger gratuitement les étrangers refoulés.

Sheryl Sandberg attaque Trump sur l’avortement

La numéro deux de Facebook, Sheryl Sandberg, a elle aussi critiqué publiquement Donald Trump jeudi, cette fois sur le terrain de l’avortement. Parmi les nombreux décrets signés par le nouveau président dès son entrée en fonctions, l’un interdit le financement d’ONG internationales soutenant l’avortement. Une décision « qui pourrait avoir de terribles conséquences pour les femmes et les familles partout dans le monde », a déploré Mme Sandberg sur Facebook.

La directrice opérationnelle de Facebook avait rencontré M. Trump en novembre, lors de la réunion qu’il avait organisée à la Trump Tower avec plusieurs dirigeants de la Silicon Valley, ce qui avait déclenché un certain nombre de critiques. Contrairement à Mark Zuckerberg, Sheryl Sanberg, par ailleurs fondatrice d’une ONG consacrée aux femmes, avait affiché son soutien dès juin 2016 à Hillary Clinton, mais s’était montrée très discrète à ce sujet depuis.

Voir encore:

Taxation des GAFA : l’Union européenne désunie
Si la France a réussi à imposer son ordre du jour sur cette question, ses propositions ne font pas l’unanimité.
Le Monde économie
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)
21.09.2017

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a réussi un beau coup médiatique ces derniers jours en imposant à l’ordre du jour européen le sujet de la taxation des géants du numérique (les « GAFA », pour Google, Amazon, Facebook et Apple). Pour autant, la solution inédite avancée par Bercy ne fait pas l’unanimité dans l’Union. Le ministère français suggère que, pour obliger ces multinationales championnes de l’optimisation fiscale à payer les impôts correspondant à leur activité effective dans un pays, on impose, non pas leurs bénéfices, mais leur chiffre d’affaires, au motif qu’il serait plus facile à matérialiser.

Après avoir obtenu le ralliement, début septembre, de trois autres poids lourds européens (ses homologues allemand, italien et espagnol), M. Le Maire est également parvenu à convaincre six autres ministres (l’autrichien, le grec, le slovène, le bulgare, le portugais et le roumain), à l’Ecofin, la réunion des grands argentiers européens du 16 septembre à Tallinn (Estonie). Pour ne pas être en reste, la Commission européenne, jusqu’alors très prudente à l’idée d’une « taxe GAFA » spécifique, a rendu publique, jeudi 21 septembre, une « communication » sur le sujet.

Pour autant, l’institution s’est gardée de tout enthousiasme. Si elle salue l’activisme hexagonal, et assure qu’elle va l’explorer plus avant, elle reste convaincue que la bonne solution, à terme, pour éviter que les géants du Net continuent d’échapper massivement à l’impôt en profitant d’une fiscalité datant du XXe siècle, peu adaptée à la dématérialisation accélérée des échanges, c’est une remise à plat complète de la taxe sur le profit.

« Il n’est plus question de tolérer une situation où des sociétés échappent pratiquement à l’impôt malgré des bénéfices considérables. C’est une question de justice sociale et de pragmatisme. Nous estimons que le manque à gagner pour les fiscs européens est supérieur à 5 milliards d’euros par an », explique au Monde Pierre Moscovici, le commissaire à l’économie. Pour autant, estime l’ex-ministre de l’économie du gouvernement Ayrault, « il vaut mieux, pour adapter notre fiscalité à l’ère du numérique, changer la roue qu’ajouter une rustine aux règles existantes ».

Travail de conviction

La Commission tente, depuis fin 2016, de relancer un projet jugé très ambitieux d’harmonisation au niveau européen du calcul de l’impôt sur le revenu. Baptisée « Accis » à Bruxelles, pour « assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés », cette ébauche de directive est censée définir les règles d’établissement de la base fiscale pays par pays, et celles de la consolidation des profits au niveau des sociétés mères.

La Commission préférerait largement poursuivre son travail de conviction auprès des pays membres, plutôt que de l’abandonner pour la proposition française, plus rapide à mettre en œuvre à court terme, jure M. Le Maire.

« Nous n’excluons aucune option, et l’initiative française réunissant désormais dix pays est la bienvenue. Mais nous tenons à rappeler que la taxation du numérique est une question politique, qui appelle des réponses globales et exige un temps de réflexion. Les options les plus simples à énoncer ne sont pas forcément les plus simples à mettre en œuvre », insiste M. Moscovici.

La taxation du chiffre d’affaires inquiète à Bruxelles : comment éviter de taxer doublement les sociétés du Net (par le chiffre d’affaires et par le profit), alors que cette pratique va à l’encontre de toutes les règles en matière fiscale ? Quel seuil de revenus « numériques » choisir pour cibler les « grosses » plates-formes sans pénaliser tout l’écosystème des start-up européennes ? En 2010, une première tentative de taxe Google hexagonale avait été rapidement abandonnée pour cette dernière raison. Elle visait la publicité en ligne, principale source de revenus de la plupart des acteurs du Net, à commencer par les plus petits…

Doutes sur le fond

Par ailleurs, au-delà de ces doutes sur le fond, huit pays membres ont fait part, selon nos informations, de leurs fortes réserves concernant la proposition française, lors de l’Ecofin (la Suède, Malte, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Irlande, Chypre, la Belgique et le Royaume-Uni). Or, rien ne peut avancer au niveau européen en matière fiscale sans l’unanimité des pays membres. Certains, comme l’Irlande, le Luxembourg ou les Pays-Bas pratiquent des fiscalités notoirement accommodantes pour les GAFA, et sont parmi les moins enthousiastes à Bruxelles dès lors qu’il s’agit de lutter contre la fraude et l’évasion fiscale, même si leur position s’est un peu assouplie après le scandale « LuxLeaks », fin 2015.

D’autres, comme la Suède, réclament généralement que les travaux européens se calent sur les discussions internationales dans le cadre de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), afin que les Etats-Unis y soient associés.

Chargés de la présidence tournante de l’Union et obligés, du fait de cette responsabilité temporaire, à une certaine neutralité, les Estoniens se sont prudemment tenus en retrait du débat à l’Ecofin. Plutôt en faveur de la poursuite des négociations autour d’Accis, ils vont tenter de rapprocher les points de vue européens avant le conseil des dirigeants de l’Union, fin décembre.

Leur but ? Sur un sujet identifié désormais comme prioritaire, ils veulent que l’Europe contribue à influencer le travail de l’OCDE, qui travaille aussi sur la taxation du numérique et doit rendre son rapport en avril 2018. Si une proposition législative de la Commission émerge de toutes ces tractations, ce ne sera logiquement pas avant cette échéance internationale, soit au plus tôt dans le courant du deuxième trimestre 2018.

Voir de plus:

Comment Macron alimente le populisme

Emmanuel Macron, qui vomit le populisme, fait tout pour l’alimenter. Il en a apporté la démonstration, mardi à la Sorbonne, en se faisant le défenseur exalté de l’Union européenne, sans vouloir entendre les réticences des peuples. Sa prétendue ‘refondation’ européenne n’est autre que la perpétuation d’une institution technocratique et éloignée de la vie des gens. Son choix d’une ‘Europe souveraine » est celui d’une supranationalité qui méconnait les nations et leur désir de maîtriser leur destin. L’entendre affirmer que l’Europe doit « faire une place aux réfugiés » car « c’est notre devoir commun » révèle son indifférence aux inquiétudes qui partout se manifestent. En Allemagne, la percée de l’afD, ce week-end, a été motivée par la folle politique migratoire d’Angela Merkel et son incapacité à mesurer le danger islamiste. C’est Alice Schwarzer, grande figure du féminisme en Allemagne, qui déclarait l’autre jour dans Le Figaro, parlant de la chancelière : « Elle n’a pas perçu la différence entre l’islam et l’islamisme, entre la religion et l’idéologie politique (…) De cette fausse perception sur la politisation de l’islam ont découlé de nombreuses erreurs ». D’islam politique, il n’en a évidemment pas été question dans le discours fleuve du chef de l’Etat. Il ne veut ‘conduire la bataille’ que pour donner plus de pouvoirs encore à une Union de plus en plus soviétoïde. Il n’a réservé ses coups, comme à son habitude, qu’à ceux qui ne pensent pas comme lui.

Ce mercredi, dans Le Figaro, l’universitaire Jean-Claude Pacitto alerte sur l’intolérance qui s’est installée dans l’Université, aux prises avec des moeurs mafieuses donnant au conformisme sa place de choix, lors des procédures de cooptation. Pacitto s’interroge : ‘La France n’est-elle jamais sortie de cette tentation toute soviétique qui consiste à envisager le débat qu’en termes d’élimination des adversaires ?’. En tout cas, à entendre Macron hier à la Sorbonne, la réponse est non. En effet, non content de s’aveugler sur une Union européenne vécue comme une violence ou une menace par beaucoup de citoyens abandonnés, le président s’est une fois de plus laissé aller au manichéisme en usage chez les esprits sectaires. Pour lui, ceux qui critiquent l’UE laisseraient voir un ‘nationalisme’, un ‘identitarisme’, un ‘souverainisme de repli’ et autres « passions tristes ». Il dit de ceux-là qu’ils « mentent aux peuples ». Et de menacer, d’ailleurs peu clairement : « Je ne laisserai rien, rien, à ceux qui promettent la haine, la division ou le repli national ». Mais où est la haine, en l’occurrence, sinon dans ces propos présidentiels qui cherchent à discréditer des contradicteurs. Je ne sais pas si la méthode est spécifiquement soviétique. Reste qu’elle vient compléter un autoritarisme qui se retrouve généralement chez les faibles. Le macronisme devient, de plus en plus, un despotisme éructant.

Voir par ailleurs:

The Hipster in the Mirror
Mark Greif
The New York Times
November 12, 2010

A  year ago, my colleagues and I started to investigate the contemporary hipster. What was the “hipster,” and what did it mean to be one? It was a puzzle. No one, it seemed, thought of himself as a hipster, and when someone called you a hipster, the term was an insult. Paradoxically, those who used the insult were themselves often said to resemble hipsters — they wore the skinny jeans and big eyeglasses, gathered in tiny enclaves in big cities, and looked down on mainstream fashions and “tourists.” Most puzzling was how rattled sensible, down-to-earth people became when we posed hipster-themed questions. When we announced a public debate on hipsterism, I received e-mail messages both furious and plaintive. Normally inquisitive people protested that there could be no answer and no definition. Maybe hipsters didn’t exist! The responses were more impassioned than those we’d had in our discussions on health care, young conservatives and feminism. And perfectly blameless individuals began flagellating themselves: “Am I a hipster?”

I wondered if I could guess the root of their pain. It’s a superficial topic, yet it seemed that so much was at stake. Why? Because struggles over taste (and “taste” is the hipster’s primary currency) are never only about taste. I began to wish that everyone I talked to had read just one book to give these fraught debates a frame: “Distinction: A Social Critique of the Judgement of Taste,” by Pierre Bourdieu.

A French sociologist who died in 2002 at age 71, Bourdieu is sometimes wrongly associated with postmodern philosophers. But he did share with other post-1968 French thinkers a wish to show that lofty philosophical ideals couldn’t be separated from the conflicts of everyday life. Subculture had not been his area, precisely, but neither would hipsters have been beneath his notice.

He came from a family of peasants in the foothills of the Pyrenees. His father was elevated by a job in the village post office — although he always emphasized that he had attained his position by being neither better nor different. Pierre, as a child, was elevated yet more drastically by the school system. He so distinguished himself in the classroom that he was carried to studies at the École Normale Supérieure in Paris. This was the pinnacle of French intellect, the path of Sartre and Maurice Merleau-Ponty.

Yet Bourdieu chose to make it his life’s work to debunk the powerful classes’ pretensions that they were more deserving of authority or wealth than those below. He aimed his critiques first at his own class of elites — professors and intellectuals — then at the media, the political class and the propertied class.

“Distinction,” published in 1979, was an undisputed masterwork. In it, Bourdieu set out to show the social logic of taste: how admiration for art, appreciation of music, even taste in food, came about for different groups, and how “superior” taste was not the result of an enchanted superiority in scattered individuals.

This may seem a long way from Wellington-booted and trucker-hatted American youth in gentrifying neighborhoods. But Bourdieu’s innovation, applicable here, was to look beyond the traditional trappings of rich or poor to see battles of symbols (like those boots and hats) traversing all society, reinforcing the class structure just as money did.

Over several years in the 1960s, Bourdieu and his researchers surveyed 1,200 people of all classes and mined government data on aspects of French domestic life. They asked, for instance, Which of the following subjects would be most likely to make a beautiful photograph? and offered such choices as a sunset, a girl with a cat or a car crash. From government dietary research, they took data on the classic question: Do you think French people eat too much? The statistical results were striking. The things you prefer — tastes that you like to think of as personal, unique, justified only by sensibility — correspond tightly to defining measures of social class: your profession, your highest degree and your father’s profession.

The power of Bourdieu’s statistics was to show how rigid and arbitrary the local conformities were. In American terms, he was like an updater of Thorstein Veblen, who gave us the idea of “conspicuous consumption.” College teachers and artists, unusual in believing that a beautiful photo could be made from a car crash, began to look conditioned to that taste, rather than sophisticated or deep. White-collar workers who defined themselves by their proclivity to eat only light foods — as opposed to farmworkers, who weren’t ashamed to treat themselves to “both cheese and a dessert” — seemed not more refined, but merely more conventional.

Taste is not stable and peaceful, but a means of strategy and competition. Those superior in wealth use it to pretend they are superior in spirit. Groups closer in social class who yet draw their status from different sources use taste and its attainments to disdain one another and get a leg up. These conflicts for social dominance through culture are exactly what drive the dynamics within communities whose members are regarded as hipsters.

Once you take the Bourdieuian view, you can see how hipster neighborhoods are crossroads where young people from different origins, all crammed together, jockey for social gain. One hipster subgroup’s strategy is to disparage others as “liberal arts college grads with too much time on their hands”; the attack is leveled at the children of the upper middle class who move to cities after college with hopes of working in the “creative professions.” These hipsters are instantly declassed, reservoired in abject internships and ignored in the urban hierarchy — but able to use college-taught skills of classification, collection and appreciation to generate a superior body of cultural “cool.”

They, in turn, may malign the “trust fund hipsters.” This challenges the philistine wealthy who, possessed of money but not the nose for culture, convert real capital into “cultural capital” (Bourdieu’s most famous coinage), acquiring subculture as if it were ready-to-wear. (Think of Paris Hilton in her trucker hat.)

Both groups, meanwhile, look down on the couch-­surfing, old-clothes-wearing hipsters who seem most authentic but are also often the most socially precarious — the lower-middle-class young, moving up through style, but with no backstop of parental culture or family capital. They are the bartenders and boutique clerks who wait on their well-to-do peers and wealthy tourists. Only on the basis of their cool clothes can they be “superior”: hipster knowledge compensates for economic immobility.

All hipsters play at being the inventors or first adopters of novelties: pride comes from knowing, and deciding, what’s cool in advance of the rest of the world. Yet the habits of hatred and accusation are endemic to hipsters because they feel the weakness of everyone’s position — including their own. Proving that someone is trying desperately to boost himself instantly undoes him as an opponent. He’s a fake, while you are a natural aristocrat of taste. That’s why “He’s not for real, he’s just a hipster” is a potent insult among all the people identifiable as hipsters themselves.

The attempt to analyze the hipster provokes such universal anxiety because it calls everyone’s bluff. And hipsters aren’t the only ones unnerved. Many of us try to justify our privileges by pretending that our superb tastes and intellect prove we deserve them, reflecting our inner superiority. Those below us economically, the reasoning goes, don’t appreciate what we do; similarly, they couldn’t fill our jobs, handle our wealth or survive our difficulties. Of course this is a terrible lie. And Bourdieu devoted his life to exposing it. Those who read him in effect become responsible to him — forced to admit a failure to examine our own lives, down to the seeming trivialities of clothes and distinction that, as Bourdieu revealed, also structure our world.

Mark Greif, a founder of n+1 and an assistant professor at the New School, is the editor, with Kathleen Ross and Dayna Tortorici, of “What Was the Hipster? A Sociological Investigation,” published last month.

Voir encore:

Si vous souhaitez être crédibles, arrêtez de dire « Les GAFA »
Julien Cadot
Numerama
27 janvier 2017

Les GAFA n’existent pas. Essayons de comprendre pourquoi cette expression n’a pas de sens en 2017.

Si l’on regarde du côté de Wikipédia, on s’aperçoit que l’acronyme GAFA se rapporte à deux choses. Premièrement, il peut signifier Geometric And Functional Analysis, bimensuel anglophone dédié à la recherche en mathématiques. Il peut aussi signifier Google Apple Facebook Amazon, quatre entreprises qu’on nommerait également « Géants du web ». Si votre passion pour les chiffres vous a conduit à cet article, nous avons le regret de vous informer qu’il ne sera pas question du périodique dans ces paragraphes, mais bien de nos amis américains.

Car il est rare, en France, qu’une journée se passe sans que le terme GAFA (le plus souvent « Les GAFA ») ne soit employé. On le trouve dans la presse web et papier, à la radio, à la télé, mais aussi dans la bouche de candidats à la présidentielle, sous la plume d’économistes ou dans les rapports des associations et organismes qui s’intéressent à la vie du web. Et pourtant, en 2017, plusieurs raisons nous conduisent à penser que ce terme est à bannir. Nous allons essayer de les expliquer.

Commençons par une rapide autocritique. Si vous faites une recherche sur GAFA Google, vous vous apercevrez bien vite que l’acronyme se trouve sur nos pages. Et c’est vrai : notre première volonté étant de nous faire comprendre le plus immédiatement possible, nous avons pu l’utiliser. Pourtant, depuis un an à peu près, il faut savoir que nos journalistes ont la consigne de ne jamais l’employer au premier degré. Il peut être utilisé dans des propos rapportés et quand il s’agit, nous allons le voir, de souligner par ironie une conception trop simpliste des acteurs du web.

GAFA : 4 entreprises qui n’ont rien à voir

Et c’est précisément le premier point qui nous turlupine : dire « Les GAFA », c’est faire un rassemblement qui n’a, au fond, pas beaucoup de sens. Les Géants du Web ? Apple est loin d’être né du web et encore aujourd’hui, l’entreprise de Cupertino est plus connue pour son matériel que pour ses logiciels (qui ne sont pas forcément des parties du « web »). Google est une agence de publicité, un moteur de recherche, un créateur de robot, un fournisseur d’accès à Internet, un fonds d’investissement, un chercheur en santé et en intelligence artificielle… et Google ne s’appelle plus Google, mais Alphabet.

Amazon est un e-commerçant. Tout ce que fait Amazon n’a qu’un but : vendre toujours plus de choses sur Amazon. Kindle, 1-Click, Dash, Alexa, Premium, Prime Now et autres services se regroupent autour de l’activité principale du géant de Seattle : c’est une boutique qui veut vendre des choses matérielles ou immatérielles. Une grosse boutique internationale, mais une boutique quand même. Facebook, enfin, est un réseau social, une régie publicitaire, une plateforme de contenu, un kiosque pour les médias (voire un média), un autre réseau social (Instagram) ou un explorateur de tendances technologiques. C’est, dans un sens, celui qui s’approche le plus de Google / Alphabet. Mais effectivement, (GF)+A+A, ça sonne moins bien.

(GF)+A+A, ça sonne moins bien

Ces quelques définitions fort simples et non exhaustives de ces sociétés montrent bien que les mettre sous une même bannière n’est presque jamais justifié, sans compter qu’en plus d’être différentes, ces entreprises sont concurrentes et pas une bande de copains américains. Ou alors, le regroupement se justifie par des choses beaucoup trop vagues (multinationale, richesse, optimisation fiscale, communication…) qui sont aussi des caractéristiques de milliers d’entreprises qui n’ont rien à voir avec la tech ou le web. Et le premier défaut de cet acronyme est particulièrement problématique quand il se mêle par exemple à la politique, quel que soit le bord.

Emmanuel Macron a par exemple employé le terme le 27 janvier 2017 pour dire que « Les GAFA » participeraient au financement de son pass jeunesse pour la culture. La « culture » a un rapport avec l’activité d’un Amazon, par exemple, ou celle d’un Google en tant que moteur de recherche. Mais pourquoi diable faire payer Apple et Facebook pour un pass culture ? Pourquoi ne pas impliquer Twitter et Microsoft ? Et surtout, pourquoi éviter des acteurs qui ont, eux, tout à voir avec la culture, comme Netflix ?

GAFA : et les autres ?

Cette dernière interrogation nous mène à un deuxième point : le terme « GAFA » est désuet. Il sonne comme une sorte de locution creuse et un brin moqueuse, souvent utilisée pour parler en mal de ces entreprises qui sont autant des mastodontes que des dinosaures de notre web. Quand on entend le mot, on a l’impression de se trouver en 2010 et d’entendre parler du tout puissant IBM.

Aujourd’hui, le web et les nouvelles technologies se sont redessinés très largement et évoquer par exemple l’impact d’une entreprise sur la société, positif ou négatif, sans parler d’Uber ou de Tesla est un non sens. Tout comme parler d’un grand réseau social et oublier Snapchat. Ou parler de Google et d’Apple sans évoquer les colosses de l’autre côté du globe que sont Baidu, Alibaba, LeEco ou Samsung et dont la croissance est loin d’être stoppée. C’est comme si la locution donnait un éclairage bien trop important à quatre entreprises, qui sont certes énormes, mais qui ne sont pas l’alpha et l’oméga de l’innovation, de la nouveauté ou de l’économie moderne.

À ce sujet, employer le terme « NATU » (Netflix, Airbnb, Tesla, Uber) qui cherche à s’imposer pour remplacer « GAFA » est tout aussi problématique : il oublie, lui aussi, les puissants asiatiques et fait un plan serré maladroit sur quatre autres entreprises qui n’ont, elles non plus, rien en commun.

GAFA : effacer les problèmes derrière un acronyme

Dès lors, un candidat à une élection présidentielle (tous ou presque le font) qui emploie « GAFA », « NATU » ou même « Géants californiens » (ils sont loin d’être tous californiens), n’a pas vraiment d’idée de qui il parle et de comment il souhaite impliquer tel ou tel acteur dans tel ou tel plan. Et ce point est peut-être le plus important de tous : résumer un groupe informe a une conséquence bien réelle sur la manière dont les gouvernements, états, organisations, économistes et même les militants agissent.

Si l’on prend le problème réel de la fiscalité on comprend très vite qu’on ne traite pas de la même manière avec Apple (Irlande) qu’avec Netflix (Luxembourg) Google (bureaux internationaux, présents à Paris et à Londres) ou qu’avec des sociétés moins exposées et donc moins souvent pointées du doigt (Samsung, Huawei…) et qui pratiquent très probablement des « optimisations » sur lesquelles il y aurait à enquêter.

Arnaud Montebourg évoquait « quatre entreprises californiennes »

Sans parler de tout ce qui n’entre pas dans la fiscalité. Par exemple, quand on est une collectivité ou une ville, ce n’est pas du tout la même chose de monter un projet avec Google (plusieurs centaines d’employés à Paris, allant de la communication à la recherche) qu’avec un Facebook (petits bureaux, compétences très orientées business) ou un Amazon qui a à la fois des bureaux mais aussi des entrepôts et des livreurs et qui opère donc à plusieurs niveaux avec des tas de problématiques et d’interlocuteurs différents.

Traiter avec les GAFA, faire plier les GAFA, faire financer X ou Y choses avec les GAFA, organiser un plan avec les GAFA, impliquer les GAFA sont autant de propositions qui n’ont aucune signification pratique et aucune portée réelle : tout au plus s’agit-il de vaines promesses ou de faux espoirs.

GAFA : créer une mythologie technologique

Le dernier point que nous souhaitons relever est peut-être tout à la fois le moins grave et le plus remarquable. En effet, à force d’être mal utilisé, à tort et à travers, le terme a remplacé l’objet qu’il désigne. Le signifiant « Les GAFA » est une sorte de chimère sans signifié, qui résonne comme une menace toute puissante, l’épure d’une techno-divinité. Les GAFA nous espionnent. Les GAFA nous contrôlent. Les GAFA nous privent de telle ou telle liberté.

Si on estime que « Les GAFA » n’ont aucun sens réel, alors toutes ces phrases sonnent creux — en plus de perdre en crédibilité. En effet, si l’on prend par exemple la collecte des données personnelles, il est on ne peut plus faux de mettre Google, Amazon, Facebook et Apple dans le même panier. Les quatre compagnies n’ont pas du tout la même politique sur le sujet et une critique ou un éloge qui s’applique à l’un ne s’appliquera pas forcément à l’autre.

« Les GAFA » n’existant pas, ils ne peuvent ni être une cible crédible, ni un allié de confiance. En revanche, le terme entretient un flou artistique qui n’aboutit, concrètement, à rien.

Les GAFA n’existant pas en tant qu’entité, il est très difficile de mettre autre chose que de l’irrationnel derrière cette expression, même si elle a pu avoir du sens au moment où elle a été employées la première fois. Et l’irrationnel, surtout dans des cas économiques, sociaux ou politiques très concrets que nous venons d’esquisser, n’a rien d’une route à emprunter pour avancer.

Voir de plus:

American cultural imperialism has a new name: GAFA
Quarz
December 01, 2014

In France, there’s a new word: GAFA. It’s an acronym, and it has become a shorthand term for some of the most powerful companies in the world—all American, all tech giants. GAFA stands for Google, Apple, Facebook, and Amazon.

The phrase is used by newspapers, blogs, and talking heads on TV—see here and here and here (all links in French). It even appears in the local version of “The Internet for Dummies.” Le Monde’s economics editor, Alexis Delcambre, tells Quartz that GAFA first appeared in his newspaper in December 2012. “GAFA is not used very often, but when used, it is almost always on critical topics, including taxes or personal data,” he says.

In the US, Google, Apple, Facebook, and Amazon are generally praised as examples of innovation. In the French press, and for much of the rest of Europe, their innovation is often seen in a less positive light—the ugly Americans coming over with innovative approaches to invading personal privacy or new ways to avoid paying their fair share. Take Google: its tax affairs in France are being challenged (paywall)—which comes soon after it has been forced to institute a “right to be forgotten” and threatened with being broken up.

But the spread of the term “GAFA” may be as much to do with cultural resentment as taxes. “I think it’s more about distribution of power in the online world than tax avoidance,” Liam Boogar, founder of the French start-up site, Rude Baguette, tells Quartz. France, after all, is a country with a long history of resisting US cultural hegemony.

Remember José Bové, the sheep farmer who destroyed a McDonald’s in 1999 and was a symbol for the anti-globalization movement? Times have changed; McDonald’s most profitable country in Europe is now France. Having lost that battle, the French have instead turned their ire to Silicon Valley.

There is also a loss of public sympathy in the wake of the massive American government spying revelations. Jérémie Zimmermann, one of the founders of La Quadrature, a tech-oriented public policy non-profit, tells Quartz he dislikes the term “GAFA” and prefers to refer to the big US firms as the “PRISM” companies (after the US National Security Agency program revealed by Edward Snowden) or the “Bullrun” firms (another NSA program), which he uses to refer to “more or less every US-based company in which trust is broken”—citing examples that include Intel, Motorola, and Cisco.

Even if the term has a negative connotation, it’s worth noting which companies didn’t make the acronym. Microsoft, most notably. Samsung is another. No Yahoo.

Google, Apple, Facebook, and Amazon pretty much dominate every facet of our lives—from email from friends and family to what’s in your pocket to how you get everything in your house to how you pay. As far as acronyms of global power go, it works.

What Is GAFA? Why The EU Doesn’t Love Large Harry Guinness
Make us of.com
June 18, 2015

GAFA is an acronym for Google, Apple, Facebook, and Amazon — the 4 most powerful American technology companies. Usage of the term “GAFA” is increasingly common in Europe. The acronym, originally from France, is used by the media to identify the 4 companies as a group – often in the context of legal investigations.

The EU has been butting heads with large companies for years. Let’s take a look at why it doesn’t like Google, Apple, Facebook, and Amazon.What’s Different About Europe?

The Europe Union, or EU, is composed of 28 countries. The major European powers, like France, Germany and (for the time being) the United Kingdom, are all members. The EU creates laws that cover all member states and treat every citizen equally. It is because of the EU that I, as an Irish person, am free to travel, work and live in almost any other European country.

The EU is based on the idea that nation states operating together are more powerful than those standing alone. It’s also generally quite hostile to the unfettered ambitions of corporations. Any company that seeks to acquire a monopoly, engage in anti-competitive practices, dodge taxes, or invade EU citizens’ privacy is likely to find themselves under investigation, and potentially facing a hefty fine.

Every GAFA company is currently under investigation by the EU for something.

Why the EU Doesn’t Like Google

Google knows a lot about you, although there are some steps you can take to minimise it. The company uses the information they pull from your browsing habits, emails, Google Drive files, and anything else they can get their hands on to serve you ever more targeted ads. In the past this has led to the EU criticising Google’s use of personal data. How Much Does Google Really Know About You? How Much Does Google Really Know About You? Read More 

More recently, the EU has been investigating Google for antitrust violations. Microsoft has been fined €2.2 billion for abusing it’s dominant market position and pushing it’s own services over the years, and the EU is concerned that Google is doing the same with search and Android. If they’re found to be abusing their position, they’ll face billions of euro worth of fines and be required to change their business practices.

Google has already been forced, by the EU, to change how it operates. After a landmark ruling last year, citizens of the EU have the “right to be forgotten” on the Internet. People can request that search engines remove links to web pages that contain information about them — although MakeUseOf readers don’t seem too fussed about it.

Why the EU Doesn’t Like Apple

Apple Music was only unveiled this month but, according to Reuters, the deals they’ve inked with record companies are already under investigation. Apple Unveils Apple Music at WWDC, U.S. Army Website Hacked, & More… [Tech News Digest] Apple Unveils Apple Music at WWDC, U.S. Army Website Hacked, & More… [Tech News Digest] Apple Music arrives at last, the United States Army gets hacked, Uwe Boll’s Kickstarter rage, Pizza Hut Blockbuster Box movies, and Grand Theft Auto V in real life. Read More

The EU, however, is more interested in Apple’s tax practices. The Union already shut down some tax loopholes, such as the Double Irish, that Apple used to minimize their tax burden, both in Europe and the US. The Union is continuing to investigate whether other practices they engaged in were legal. A ruling was due this month but has been pushed back.

Why the EU Doesn’t Like Facebook

The EU isn’t keen on Facebook for the same reason most people aren’t — it’s questionable privacy record. Facebook Privacy: 25 Things The Social Network Knows About You Facebook Privacy: 25 Things The Social Network Knows About You Facebook knows a surprising amount about us – information we willingly volunteer. From that information you can be slotted into a demographic, your « likes » recorded and relationships monitored. Here are 25 things Facebook knows about… Read More

There are several investigations, and a class action law suit, looking into whether or not Facebook’s privacy policy is legal. So far things are looking bad for Facebook. Despite frequent updates, a Belgian report released earlier this year “found that Facebook is acting in violation of European law“.

Just like the other companies, Facebook could face heavy fines if they don’t fall into line with the EU’s policies.

Why the EU Doesn’t Like Amazon

The EU’s issue with Amazon is a little different.

The EU wants a Digital Single Market where every citizen would be able to purchase the same products at the same price as any other, regardless of where the products were being sold from. They are, according to VentureBeat, concerned that Amazon, and other e-commerce companies like Netflix, “have policies that restrict the ability of merchants and consumers to buy and sell goods and services across Europe’s borders.” For example: videos offered by the company’s streaming aren’t available in every country, which is at odds with the EU’s aim to treat every member nation and citizen equally.

A year-long investigation launched this year so, at least for now, Amazon is free to continue as they are.

What Do You Think?

The EU is clearly not going to let the GAFA companies operate unchecked, nor let them have the same level of independence they enjoy in the US. The EU takes a much more hands on approach to consumer protection and anti-competition laws than the Obama administration.

So tell me, what do you think? Is the EU overreaching in its regulation of the GAFA companies or is it right to limit the tech giants’ ambitions?


Hillbilly elegy: Attention, une relégation sociale peut en cacher une autre ! (It’s the culture, stupid !)

17 septembre, 2017

Aux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Alexis de Tocqueville
Toutes les stratégies que les intellectuels et les artistes produisent contre les « bourgeois » tendent inévitablement, en dehors de toute intention expresse et en vertu même de la structure de l’espace dans lequel elles s’engendrent, à être à double effet et dirigées indistinctement contre toutes les formes de soumission aux intérêts matériels, populaires aussi bien que bourgeoises.  Bourdieu
If you’re not working, over time you’re much more likely to develop attitudes and orientations and behavior patterns that are associated with casual or infrequent work. And then when you open up opportunities for people, you notice that these attitudes, orientations, habits and styles also change. William Julius Wilson
Crime, family dissolution, welfare, and low levels of social organization are fundamentally a consequence of the disappearance of work. William Julius Wilson
Racism should be viewed as an intervening variable. You give me a set of conditions and I can produce racism in any society. You give me a different set of conditions and I can reduce racism. You give me a situation where there are a sufficient number of social resources so people don’t have to compete for those resources, and I will show you a society where racism is held in check. If we could create the conditions that make racism difficult, or discourage it, then there would be less stress and less need for affirmative action programs. One of those conditions would be an economic policy that would create tight labor markets over long periods of time. Now does that mean that affirmative action is here only temporarily? I think the ultimate goal should be to remove it. William Julius Wilson
On brode beaucoup sur la non intégration des jeunes de banlieue. En réalité, ils sont totalement intégrés culturellement. Leur culture, comme le rap, sert de référence à toute la jeunesse. Ils sont bien sûr confrontés à de nombreux problèmes mais sont dans une logique d’intégration culturelle à la société monde. Les jeunes ruraux, dont les loisirs se résument souvent à la bagnole, le foot et l’alcool, vivent dans une marginalité culturelle. En feignant de croire que l’immigration ne participe pas à la déstructuration des plus modestes (Français ou immigrés), la gauche accentue la fracture qui la sépare des catégories populaires. Fracture d’autant plus forte qu’une partie de la gauche continue d’associer cette France précarisée qui demande à être protégée de la mondialisation et de l’immigration à la « France raciste ». Dans le même temps, presque malgré elle, la gauche est de plus en plus plébiscitée par une « autre France », celle des grands centres urbains les plus actifs, les plus riches et les mieux intégrés à l’économie-monde ; sur ces territoires où se retrouvent les extrêmes de l’éventail social (du bobo à l’immigré), la mondialisation est une bénédiction. Christophe Guilluy
La focalisation sur le « problème des banlieues » fait oublier un fait majeur : 61 % de la population française vit aujourd’hui hors des grandes agglomérations. Les classes populaires se concentrent dorénavant dans les espaces périphériques : villes petites et moyennes, certains espaces périurbains et la France rurale. En outre, les banlieues sensibles ne sont nullement « abandonnées » par l’État. Comme l’a établi le sociologue Dominique Lorrain, les investissements publics dans le quartier des Hautes Noues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) sont mille fois supérieurs à ceux consentis en faveur d’un quartier modeste de la périphérie de Verdun (Meuse), qui n’a jamais attiré l’attention des médias. Pourtant, le revenu moyen par habitant de ce quartier de Villiers-sur-Marne est de 20 % supérieur à celui de Verdun. Bien sûr, c’est un exemple extrême. Il reste que, à l’échelle de la France, 85 % des ménages pauvres (qui gagnent moins de 993 € par mois, soit moins de 60 % du salaire médian, NDLR) ne vivent pas dans les quartiers « sensibles ». Si l’on retient le critère du PIB, la Seine-Saint-Denis est plus aisée que la Meuse ou l’Ariège. Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne. (…)  En se désindustrialisant, les grandes villes ont besoin de beaucoup moins d’employés et d’ouvriers mais de davantage de cadres. C’est ce qu’on appelle la gentrification des grandes villes, symbolisée par la figure du fameux « bobo », partisan de l’ouverture dans tous les domaines. Confrontées à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires, pour leur part, cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. En outre, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de ces métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales pour accéder à la propriété et acquérir un pavillon. On assiste ainsi à l’émergence de « villes monde » très inégalitaires où se concentrent à la fois cadres et catégories populaires issues de l’immigration récente. Ce phénomène n’est pas limité à Paris. Il se constate dans toutes les agglomérations de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Grenoble), hormis Marseille. (…) On a du mal à formuler certains faits en France. Dans le vocabulaire de la politique de la ville, « classes moyennes » signifie en réalité « population d’origine européenne ». Or les HLM ne font plus coexister ces deux populations. L’immigration récente, pour l’essentiel familiale, s’est concentrée dans les quartiers de logements sociaux des grandes agglomérations, notamment les moins valorisés. Les derniers rapports de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) montrent qu’aujourd’hui 52 % des habitants des ZUS sont immigrés, chiffre qui atteint 64 % en Île-de-France. Cette spécialisation tend à se renforcer. La fin de la mixité dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux, qui font souvent beaucoup d’efforts. Mais on ne peut pas forcer des personnes qui ne le souhaitent pas à vivre ensemble. L’étalement urbain se poursuit parce que les habitants veulent se séparer, même si ça les fragilise économiquement. Par ailleurs, dans les territoires où se côtoient populations d’origine européenne et populations d’immigration extra-européenne, la fin du modèle assimilationniste suscite beaucoup d’inquiétudes. L’autre ne devient plus soi. Une société multiculturelle émerge. Minorités et majorités sont désormais relatives. (…)  ces personnes habitent là où on produit les deux tiers du PIB du pays et où se crée l’essentiel des emplois, c’est-à-dire dans les métropoles. Une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine est ainsi apparue. Dans les ZUS, il existe une vraie mobilité géographique et sociale : les gens arrivent et partent. Ces quartiers servent de sas entre le Nord et le Sud. Ce constat ruine l’image misérabiliste d’une banlieue ghetto où seraient parqués des habitants condamnés à la pauvreté. À bien des égards, la politique de la ville est donc un grand succès. Les seuls phénomènes actuels d’ascension sociale dans les milieux populaires se constatent dans les catégories immigrées des métropoles. Cadres ou immigrés, tous les habitants des grandes agglomérations tirent bénéfice d’y vivre – chacun à leur échelle. En Grande-Bretagne, en 2013, le secrétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts, s’est même déclaré favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’est effondré et est inférieur à celui des enfants d’immigrés. (…) Le problème social et politique majeur de la France, c’est que, pour la première fois depuis la révolution industrielle, la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, on a fait venir les paysans dans les grandes villes pour travailler en usine. Aujourd’hui, on les fait repartir à la « campagne ». C’est un retour en arrière de deux siècles. Le projet économique du pays, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. (…) L’absence d’intégration économique des catégories modestes explique le paradoxe français : un pays qui redistribue beaucoup de ses richesses mais dont une majorité d’habitants considèrent à juste titre qu’ils sont de plus en plus fragiles et déclassés. (…) Les catégories populaires qui vivent dans ces territoires sont d’autant plus attachées à leur environnement local qu’elles sont, en quelque sorte, assignées à résidence. Elles réagissent en portant une grande attention à ce que j’appelle le «village» : sa maison, son quartier, son territoire, son identité culturelle, qui représentent un capital social. La contre-société s’affirme aussi dans le domaine des valeurs. La France périphérique est attachée à l’ordre républicain, réservée envers les réformes de société et critique sur l’assistanat. L’accusation de «populisme» ne l’émeut guère. Elle ne supporte plus aucune forme de tutorat – ni politique, ni intellectuel – de la part de ceux qui se croient «éclairés». (…) Il devient très difficile de fédérer et de satisfaire tous les électorats à la fois. Dans un monde parfait, il faudrait pouvoir combiner le libéralisme économique et culturel dans les agglomérations et le protectionnisme, le refus du multiculturalisme et l’attachement aux valeurs traditionnelles dans la France périphérique. Mais c’est utopique. C’est pourquoi ces deux France décrivent les nouvelles fractures politiques, présentes et à venir. Christophe Guilluy
Parler de relégation sociale n’a pas grand sens quand on est à dix minutes du métro et au coeur d’un marché de l’emploi gigantesque. Christophe Guilluy
J’ai suivi cette campagne avec un sentiment de malaise franchement (…) qui s’est peu à peu transformé en honte.  (…) Malaise parce que la deuxième France, dont vous parlez, la France qui est périphérique, qui hésite entre Marine Le Pen et rien,  je me suis rendu compte que je ne la comprenais pas, que je ne la voyais pas, que j’avais perdu le contact. Et ça, quand on veut écrire des romans, je trouve que c’est une faute professionnelle assez lourde.  (….) Parce que je ne la vois plus, je fais partie de l’élite mondialisée, maintenant. (…) Et pourtant, je viens de cette France. (…) Elle habite pas dans les mêmes quartiers que moi. Elle habite pas à Paris. A Paris, Le Pen n’existe pas. Elle habite dans des zones périphériques décrites par Christophe Guilluy. Des zones mal connues. (…) Mais le fait est que j’ai perdu le contact. (…) Non, je la comprends pas suffisamment, je veux dire, je pourrais pas écrire dessus. C’est ça qui me gêne, c’est pour ça que suis mal à l’aise. (…) Non, je suis pas dans la même situation. Moi, je ne crois pas au vote idéologique, je crois au vote de classe. Bien que le mot est démodé. Il y a une classe qui vote Le Pen, une classe qui vote Macron, une classe qui vote Fillon. Facilement identifiables et on le voit tout de suite. Et que je le veuille ou non, je fais partie de la France qui vote Macron. Parce que je suis trop riche pour voter Le Pen ou Mélenchon. Et parce que je suis pas un hériter, donc je suis pas la classe qui vote Fillon. (…) Ce qui est apparu et qui est très surprenant – alors, ça, c’est vraiment un phénomène imprévu – c’est un véritable parti confessionnel, précisément catholique. Dans tout ce que j’ai suivi – et, je vous dis, j’ai tout suivi  – Jean-Frédéric Poisson était quand même le plus étonnant. (…) Une espèce d’impavidité et une défense des valeurs catholiques qui est inhabituelle pour un parti politique. (….) Ca m’a interloqué parce que je croyais le catholicisme mourant. (…) [Macron] L’axe de sa  campagne, j’ai l’impression que c’est une espèce de thérapie de groupe pour convertir les Français à l’optimisme. Michel Houellebecq
Marine Le Pen aurait pu être la porte-parole du parti de l’inquiétude, elle aurait pu faire venir sur le plateau l’humeur de cette partie du pays qui voit sa disparition programmée et s’en désole. Elle aurait pu évoquer le séparatisme islamiste et l’immense tâche qui nous attend consistant à convaincre des dizaines, peut-être des centaines, de milliers de jeunes Français de l’excellence de leur pays, de ses arts, ses armes et ses lois. Or, du début à la fin, elle a paru retourner à son adversaire le procès en légitimité dont elle est sans cesse l’objet. Incapable de lui concéder le moindre point, autant que de lui opposer une véritable vision, elle a ânonné des mots-clefs comme « UOIF » et « banquier », croyant sans doute que cela suffirait à faire pleuvoir les votes, ce qui laisse penser qu’elle tient ses électeurs en piètre estime. Les insinuations sur l’argent de son adversaire, sa façon de dire à demi-mot au téléspectateur « si vous êtes dans la mouise, c’est parce que lui et ses amis se goinfrent », m’ont rappelé les heures sombres de l’affaire Fillon, quand des journalistes répétaient en boucle le même appel au ressentiment. L’autre France, celle qui n’a pas envie de l’avenir mondialisé et multiculti qu’on lui promet, mérite mieux que ce populisme ras des pâquerettes. (…) On n’est pas obligé, cependant, de hurler avec les bisounours. Quoi que répètent fiévreusement ceux qui adorent voler au secours des victoires, un faux pas, même de taille, ne suffit pas à faire de Marine Le Pen quelqu’un d’infréquentable. À la différence de l’intégralité de mes confrères qui se frottent les mains sur l’air de « je vous l’avais bien dit ! », je ne suis pas sûre qu’elle ait « montré son vrai visage ». L’ayant interviewée à plusieurs reprises, nous avons eu avec elles des engueulades homériques : jamais je ne l’ai vue, dans ces circonstances, faire preuve de la mauvaise foi fielleuse qu’elle a opposée à son adversaire – et je ne lui avais jamais vu, même sur un plateau, ce masque sarcastique. Avait-elle en quelque sorte intégré sa propre illégitimité, a-t-elle été mal conseillée par son cher Florian Philippot ou était-elle décidément très mal préparée à la fonction qu’elle briguait ? Toujours est-il qu’elle a raté son rendez-vous avec le peuple français. (…) Il faudra bien résoudre un jour ce petit problème de logique : il existe chez nous un parti que les tribunaux ne peuvent pas interdire, qui a le droit de se présenter aux élections, mais les électeurs n’ont pas le droit de voter pour lui et ses dirigeants n’ont pas le droit de gagner. Ce qui, on en conviendra, est assez pratique pour ceux qui l’affrontent en duel. On me dit qu’il respecte le cadre de la République, mais pas ses fameuses valeurs. Sauf que, pardon, qui est arbitre des valeurs, Le Monde, les Inrocks, Jacques Attali ? N’est-ce pas une façon bien commode d’exclure de la compétition ceux qui vous déplaisent ? Je ne me résous pas à vivre dans un monde où il y a une seule politique possible, un seul vote raisonnable et un seul point de vue acceptable. (…) Post Scriptum : je viens d’entendre un bout de la chronique de François Morel, l’un des papes du comico-conformisme sur France Inter. Il comparait – ou assimilait je ne sais – Marine Le Pen à une primate: Taubira, c’était dégueulasse; mais pour une Le Pen, c’est normal. Digne conclusion de la quinzaine de la haine (et de l’antifascisme nigaud) que nous a offerte la radio publique. Elisabeth Lévy
The paradox of France is that it is desperate for reform — and desperate not to be reformed. It wants the benefits of a job-producing competitive economy but fears relinquishing a job-protecting uncompetitive one. A Macron presidency will have to devote its intellectual and rhetorical energies to explaining that it can be one or the other, but not both. I don’t want to close this column without allowing for the awful chance that Le Pen might win. That would be a moral tragedy for France and a probable disaster for Europe. But it would also be a reminder that chronic economic stagnation inevitably begets nationalist furies. In the United States, a complacent left acquits itself too easily of its role in paving the way to the Trump presidency. Many of Le Pen’s supporters might be bigots, but their case against the self-satisfaction, self-dealing, moral preening and economic incompetence of the French ruling classes is nearly impeccable. Bret Stephens
Nous qui vivons dans les régions côtières des villes bleues, nous lisons plus de livres et nous allons plus souvent au théâtre que ceux qui vivent au fin fond du pays. Nous sommes à la fois plus sophistiqués et plus cosmopolites – parlez-nous de nos voyages scolaires en Chine et en Provence ou, par exemple, de notre intérêt pour le bouddhisme. Mais par pitié, ne nous demandez pas à quoi ressemble la vie dans l’Amérique rouge. Nous n’en savons rien. Nous ne savons pas qui sont Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins. […] Nous ne savons pas ce que peut bien dire James Dobson dans son émission de radio écoutée par des millions d’auditeurs. Nous ne savons rien de Reba et Travis. […] Nous sommes très peu nombreux à savoir ce qu’il se passe à Branson dans le Missouri, même si cette ville reçoit quelque sept millions de touristes par an; pas plus que nous ne pouvons nommer ne serait-ce que cinq pilotes de stock-car. […] Nous ne savons pas tirer au fusil ni même en nettoyer un, ni reconnaître le grade d’un officier rien qu’à son insigne. Quant à savoir à quoi ressemble une graine de soja poussée dans un champ… David Brooks
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
America is coming apart. For most of our nation’s history, whatever the inequality in wealth between the richest and poorest citizens, we maintained a cultural equality known nowhere else in the world—for whites, anyway. (…) But t’s not true anymore, and it has been progressively less true since the 1960s. People are starting to notice the great divide. The tea party sees the aloofness in a political elite that thinks it knows best and orders the rest of America to fall in line. The Occupy movement sees it in an economic elite that lives in mansions and flies on private jets. Each is right about an aspect of the problem, but that problem is more pervasive than either political or economic inequality. What we now face is a problem of cultural inequality. When Americans used to brag about « the American way of life »—a phrase still in common use in 1960—they were talking about a civic culture that swept an extremely large proportion of Americans of all classes into its embrace. It was a culture encompassing shared experiences of daily life and shared assumptions about central American values involving marriage, honesty, hard work and religiosity. Over the past 50 years, that common civic culture has unraveled. We have developed a new upper class with advanced educations, often obtained at elite schools, sharing tastes and preferences that set them apart from mainstream America. At the same time, we have developed a new lower class, characterized not by poverty but by withdrawal from America’s core cultural institutions. (…) Why have these new lower and upper classes emerged? For explaining the formation of the new lower class, the easy explanations from the left don’t withstand scrutiny. It’s not that white working class males can no longer make a « family wage » that enables them to marry. The average male employed in a working-class occupation earned as much in 2010 as he did in 1960. It’s not that a bad job market led discouraged men to drop out of the labor force. Labor-force dropout increased just as fast during the boom years of the 1980s, 1990s and 2000s as it did during bad years. (…) As I’ve argued in much of my previous work, I think that the reforms of the 1960s jump-started the deterioration. Changes in social policy during the 1960s made it economically more feasible to have a child without having a husband if you were a woman or to get along without a job if you were a man; safer to commit crimes without suffering consequences; and easier to let the government deal with problems in your community that you and your neighbors formerly had to take care of. But, for practical purposes, understanding why the new lower class got started isn’t especially important. Once the deterioration was under way, a self-reinforcing loop took hold as traditionally powerful social norms broke down. Because the process has become self-reinforcing, repealing the reforms of the 1960s (something that’s not going to happen) would change the trends slowly at best. Meanwhile, the formation of the new upper class has been driven by forces that are nobody’s fault and resist manipulation. The economic value of brains in the marketplace will continue to increase no matter what, and the most successful of each generation will tend to marry each other no matter what. As a result, the most successful Americans will continue to trend toward consolidation and isolation as a class. Changes in marginal tax rates on the wealthy won’t make a difference. Increasing scholarships for working-class children won’t make a difference. The only thing that can make a difference is the recognition among Americans of all classes that a problem of cultural inequality exists and that something has to be done about it. That « something » has nothing to do with new government programs or regulations. Public policy has certainly affected the culture, unfortunately, but unintended consequences have been as grimly inevitable for conservative social engineering as for liberal social engineering. The « something » that I have in mind has to be defined in terms of individual American families acting in their own interests and the interests of their children. Doing that in Fishtown requires support from outside. There remains a core of civic virtue and involvement in working-class America that could make headway against its problems if the people who are trying to do the right things get the reinforcement they need—not in the form of government assistance, but in validation of the values and standards they continue to uphold. The best thing that the new upper class can do to provide that reinforcement is to drop its condescending « nonjudgmentalism. » Married, educated people who work hard and conscientiously raise their kids shouldn’t hesitate to voice their disapproval of those who defy these norms. When it comes to marriage and the work ethic, the new upper class must start preaching what it practices. Charles Murray
Murray, the W.H. Brady Scholar at the American Enterprise Institute, contends that before the 1960s, Americans of all classes participated in a traditional common culture of civic and social engagement that valued marriage, industriousness, honesty and religiosity — credited as « American exceptionalism » by Alexis de Tocqueville in his 19th century classic « Democracy in America. » Today, that culture persists among highly educated elites, winners in globalization’s economic redistribution, but those vigorous virtues are dissolving among globalization’s losers, the 21st century working class. Increased demographic segregation means that the elites who run the nation know little about the ominous cultural breakdown creeping up the socioeconomic ladder. Murray describes a new, highly educated upper class of the most successful 5% of professionals and managers who direct the nation’s major institutions. Most reside in high-income, socially homogeneous « super ZIP Codes » near urban power centers. Exclusivity is self-reinforcing: Elites socialize primarily with and marry one another (« homogamy »), ensuring their children’s future dominance based on genetic intelligence, other inherited talents and a high-achievement culture nourished by access to elite educational institutions. To emphasize that the new cultural divide is largely based on class, not race/ethnicity, Murray confines core sections of « Coming Apart » to comparing socio-cultural differences among middle-aged whites (age 30-49) in two communities: upper-middle-class Belmont, Mass., and working-class Fishtown, Pa. (Murray builds somewhat « fictionalized » versions of these communities through statistically adjusted models that control for age, race, income and occupation to heighten the contrasts between them.) Belmont represents perhaps 20% of the total U.S. population; Fishtown, about 30%. Murray reveals alarming levels of social isolation and disengagement among Fishtown’s working-class whites. By the early 2000s, only 48% were married, down from 84% in 1960; children living in households with both biological parents fell from 96% to 37%; the number of disabled quintupled from 2% to 10%; arrest rates for violent crime quadrupled from 125 to 592 per 100,000 people; and the percent attending church only once a year nearly doubled from 35% to 59%. In 2008, almost 12% of prime-age males with a high school diploma were « not in the labor force » — quadruple the percentage from the all-time low of 3% in 1968. The well-educated, upper-middle-class whites in Murray’s Belmont model fare far better: 83% are married; 84% of children reside in two-biological-parent homes; less than 1% are on disability, though nearly 40% attend church only once a year. Nearly all adult males are in the workforce. The primary problem with « Coming Apart » is that Murray’s focus on a cultural divide among whites obscures something else: The destruction of values, economic sectors and entire occupational classes by automation and outsourcing. And don’t forget the massive movements of cheap legal and illegal immigrant labor: This factor sets up a classic conflict, the ethnically split labor market, in which you find unionized working-class whites pitted against minority newcomers who are willing to work for less (sometimes « off the books » and under abysmal conditions). Frederick Lynch
Experts have warned for years now that our rates of geographic mobility have fallen to troubling lows. Given that some areas have unemployment rates around 2 percent and others many times that, this lack of movement may mean joblessness for those who could otherwise work. But from the community’s perspective, mobility can be a problem. The economist Matthew Kahn has shown that in Appalachia, for instance, the highly skilled are much likelier to leave not just their hometowns but also the region as a whole. This is the classic “brain drain” problem: Those who are able to leave very often do. The brain drain also encourages a uniquely modern form of cultural detachment. Eventually, the young people who’ve moved out marry — typically to partners with similar economic prospects. They raise children in increasingly segregated neighborhoods, giving rise to something the conservative scholar Charles Murray calls “super ZIPs.” These super ZIPs are veritable bastions of opportunity and optimism, places where divorce and joblessness are rare. As one of my college professors recently told me about higher education, “The sociological role we play is to suck talent out of small towns and redistribute it to big cities.” There have always been regional and class inequalities in our society, but the data tells us that we’re living through a unique period of segregation. This has consequences beyond the purely material. Jesse Sussell and James A. Thomson of the RAND Corporation argue that this geographic sorting has heightened the polarization that now animates politics. This polarization reflects itself not just in our voting patterns, but also in our political culture: Not long before the election, a friend forwarded me a conspiracy theory about Bill and Hillary Clinton’s involvement in a pedophilia ring and asked me whether it was true. It’s easy to dismiss these questions as the ramblings of “fake news” consumers. But the more difficult truth is that people naturally trust the people they know — their friend sharing a story on Facebook — more than strangers who work for faraway institutions. And when we’re surrounded by polarized, ideologically homogeneous crowds, whether online or off, it becomes easier to believe bizarre things about them. This problem runs in both directions: I’ve heard ugly words uttered about “flyover country” and some of its inhabitants from well-educated, generally well-meaning people. I’ve long worried whether I’ve become a part of this problem. For two years, I’d lived in Silicon Valley, surrounded by other highly educated transplants with seemingly perfect lives. It’s jarring to live in a world where every person feels his life will only get better when you came from a world where many rightfully believe that things have become worse. And I’ve suspected that this optimism blinds many in Silicon Valley to the real struggles in other parts of the country. So I decided to move home, to Ohio. (…) we often frame civic responsibility in terms of government taxes and transfer payments, so that our society’s least fortunate families are able to provide basic necessities. But this focus can miss something important: that what many communities need most is not just financial support, but talent and energy and committed citizens to build viable businesses and other civic institutions. Of course, not every town can or should be saved. Many people should leave struggling places in search of economic opportunity, and many of them won’t be able to return. Some people will move back to their hometowns; others, like me, will move back to their home state. The calculation will undoubtedly differ for each person, as it should. But those of us who are lucky enough to choose where we live would do well to ask ourselves, as part of that calculation, whether the choices we make for ourselves are necessarily the best for our home communities — and for the country. J. D. Vance
“ Hillbilly Elegy ” is a very important book and it also resonated with me in a very personal way because I also experienced the problems of rural poverty. I grew up in a small town in Western Pennsylvania. My father was a coal miner. He worked in these coal mines of Western Pennsylvania and occasionally he worked in steel mills in Western Pennsylvania. He died at the age of 39, with a lung disease. Left my mother with six kids and I was the oldest at 12 years of age. My father had a 10th grade education, my mother had a 10th grade education. My mother who lived to the ripe old age of 94, raised us by cleaning house occasionally. Initially we were on relief. We call it welfare now. She got off welfare and supported us by cleaning house; and what I distinctly remember about growing up in rural poverty is hunger. (…) Now, given my family background, black person, black family in rural poverty; as one of my colleagues at Harvard told me, the odds that I would end up at Harvard as a University professor and capital U on University, are very nearly zero. Like J.D. I’m an outlier. An outlier in — Malcolm Gladwell says in his book “ Outlier, The Study of Success. ” We are both outliers; but it’s interesting that J.D. never talks about holding himself up by his own bootstraps, and that’s something that I reject. I don’t refer to myself that way, because both J.D. and I, were in the right places at the right times, and we had significant individuals who were there to rescue us from poverty and enabled us to escape. We are the outliers being at the right place at the right time, and when I think about your question, that’s one thing I think about; how lucky I was. I had some significant individuals who helped me escape poverty. (…) ointing out some differences that I have with J.D. It’s really kind of a matter of emphasis. Not that we differ, it’s just a matter of emphasis. First of all, we both agree that too many liberal social scientists focus on social structure and ignore cultural conditions. You know, they talk about poverty, joblessness and discrimination, but they also don’t talk about some of the cultural conditions, that grow out of these situations, in response to these situations. Too many conservatives focus on cultural forces and ignore structural factors. Now J.D. has made the same point in “ Hillbilly Elegy ” and you also have made the same point in some subsequent interviews talking about the book. Now where we disagree and this relates back to your question, Camille, is in the interpretation of these cultural factors. J.D. places a lot of emphasis on agency. That people even in the most impoverished circumstances have choices that can either improve or exacerbate their situation, their predicaments. And I also think that a gency is important and should not be ignored, even in situations where individuals confront overwhelming structural impediments. But what J.D., and I’d like to hear your response to this J.D., wha t you don’t make explicit or emphasize enough from my point of view, is that agency is also constrained by these structural factors, even among people who you know, make positive choices to improve their lives, there are still constraints and I maintain th at the part of your book where you talking about agency, really cries out for a deeper interrogation. A deeper interrogation of how personal a gency is expanded or inhibited by the circumstance that the poor or working classes confront, including you know, their interactions and families, social networks , and institutions, in these distressed communities. In other words, what I’m trying to suggest is that personal agency is recursively associated with the structural forces within which it operates. And here you know, it’s sort of insightful to talk about intermediaries and insightful to talk about people who aid, who help you in making choices, and you do that well in the book. But here’s the point, given the American belief system on poverty and welfare in which Americans as you point out Camille, place far greater emphasis on personal shortcomings as opposed to structural barriers and especially when you’re talking about the behavior of African Americans. I believe that explanations that focus — don’t get me wrong, you don’t even talk about African Americans in the sense, I’m talking about people out there in the general public. Given this focus on personal shortcomings as opposed to structural barriers in a common for outcomes, I believe that explanations that focus on agency are likely to overshadow explanations that focus on structural impediments. Some people read a book, but they’re not that sophisticated, the take away will be those personal factors and you know, I would have liked to have seen you sort of try to put things in context you know. Talk about the constraints that people have. Now this relates to the second point I want to make. In addition, to feeling that they have little control over themselves, that is lack of agency. You point out that the individuals in these hillbilly communities tend to blame themselves — I’m sorry, blame everyone but themselves, and the term you used to explain this phenomenon is cognitive dissonance, when our beliefs are not consistent with our behaviors. And I agree, and many people often do tend to blame others and not themselves, but I think that when we talk about cognitive dissonance, we also have to recognize that individuals in these communities do indeed have some complaints, some justifiable complaints, including complaints about industries that have pulled off stakes and relocated to cheaper labor areas overseas and in the process, have devastated communities like Middletown, Ohio. Including complaints about automation replacing the jobs of cashiers and parking lot attendants. Including the complaints that government and corporate actions have undermined unions and therefore led to a decrease in the wages or workers in Middletown. (…) And let me also point out, here’s where we really do agree. We both agree that there are cultural practices within families and so on and in communities that reinforce problems created by the structural barriers. (…) Practiced behaviors that perpetuate poverty and disadvantage. So, this we agree. Too often liberals ignore the role of these cultural forces in perpetuating or reinforcing conditions associated with poverty or concentrated (inaudible). (…) even in extreme property, my mother kept telling me, you’re going to college. And my Aunt Janice also reinforced — my Aunt Janice was the first person in my extended family who got a college education, and I used to go to New York to visit her during the summer months, and I said you know, I want to be like Aunt Janice, you know? (…) you really see this when you look at neighborhoods. Neighborhoods in which an overwhelming majority of the population are poor, but employed are entirely different from neighborhoods in which people are poor but jobless. Jobless neighborhoods trigger all kinds of problems. Crime, drug addiction, gang behavior, violence. And one of the things that I had focused on when I wrote my book, When Work Disappears is what happens to intercity neighborhoods that experience increasing levels of joblessness. And we did some research in Chicago and it was really you know, sad, talking to some of the mothers who were just fearful about allowing their children to go outside because the neighborhood was so incredibly dangerous. And I remember talking with one woman and she says — who was obese and she says you know, I went to the doctor he said that I should go out and exercise. Can you imagine jogging in this neighborhood? Because the joblessness had created problems among young people who were trying to make ends meet and they’re involved in crime and drugs and so on. So, I would say that if you want to focus on improving neighborhoods, the first thing that I would do would try to increase or enhance employment opportunities. (…) I don’t know if the conditions have changed that much, since I wrote The Truly Disadvantaged. The one big difference is that I think there’s increasing technology and automation that has created problems for a lot of low skilled workers. You know, I mentioned automation replacing jobs that cashiers held, and parking lot attendants held. So, you have a combination not only of the relocation of industries overseas, that I talked about in The Truly Disadvantaged; but now you have increasing automation and technology replacing jobs, and this worries me because I think that people who have poor education are going to be in difficult situations increasingly down the road. You look at intercity schools, not only schools in intercities, but in many other neighborhoods, and kids are not being properly educated. So, they’re not being prepared for the changes that are occurring in the economy. I remember one social scientist saying that it’s as if — talking about the black population. It’s as if racism and racial discrimination put black people in their place only to watch increasing technology and automation destroy that place. So, the one significant difference from the time I wrote The Truly Disadvantaged in 1987, is the growing problems created by increasing technology for the poor.(…) it seems that poor whites right now are more pessimistic than any group, and the question is why. I was sort of impressed with your analysis of the white working class in the age of Trump. You know, you pointed out that when Barack Obama became president there were a lot of people in your community who were really struggling and who believe that the modern American meritocracy did not seem to apply to them. These people were not doing well, and then you have this black president who’s a successful product of meritocracy who has raised the hope of African Americans and he represented every positive thing that these working-class folks that you write about did not possess or lacked. And Trump emerged as candidate who sort of spoke to these people. What is interesting is that if you look at the Pew Research polls, recent Pew Research polls, I think you pointed this out in your book, the working-class whites right now are more pessimistic than any other group about their economic future and their children’s future. Now is that pessimism justified? I think they’re overly pessimistic. I still maintain that to be black, poor and jobless is worse than being white, poor and jobless, okay? But, for some reason, the white poor is more pessimistic. Now I think with respect to the black poor and working class has kind of an Obama effect you know. I think that may wear off and then blacks will become even more equally as pessimistic as whites in a few years. (this reminds me of your points J.D., reminds me of a paper that Robert Sampson, a colleague at Harvard and I wrote in 1995 entitled Toward a Theory of Race, Crime and Urban Inequality. A paper that has become a classic actually in the field of criminology because it’s generated dozens of research studies. Our basic thesis we were addressing you know, race and violent crime, is that racial disparities and violent crime are attributable in large part to the persistent structural disadvantages that are disproportionately concentrated in African American urban communities. Nonetheless, we argue that the ultimate cause of crime were similar for both whites and blacks, and we pose a central question. In American cities, it is possible to reproduce in white communities the structural circumstances under which many blacks live. You know, the whites haven’t fully experienced the structural reality that blacks have experienced does not negate the power of our theory because we argue had whites been exposed to the same structural conditions as blacks then white communities would behave – – the crime rate would be in the predicted direction. And then we had an epiphany. What about the rural white communities that you talk about. Where you’re not only talking about joblessness, you’re not only talking about poverty, but you’re also talking about family structure. So, here in Appalachia, you could reproduce some of the conditions that exist in intercity neighborhoods and therefore it would be good to test our theory in these areas because we’d be looking at the family structure. The rates of single parent families. We’d be looking at joblessness, we’d be loo king at poverty. So, we need to move beyond the urban areas and see if we can look at communities that come close to approximating or even worse in some cases, and some intercity neighborhoods. (…) Mark Lilla and a number of other post-election analysts observed that as you point out that the Democrats should not make the same mistake that they made in the last election, namely an attempt to mobilize people of color, women, immigrants and the LGBT community with identity politics. They tended to ignore the problems of poor white Americans. I was watching the Democratic convention with my wife on a cruise to Alaska, and one concern I had was there did not seem to be any representatives on the stage representing poor white America. I could just see some of these poor whites saying they don’t care about us. They’ve got all these blacks, they’ve got immigrants, they’ve got (inaudible), but you don’t have any of us on the stage. Maybe I’m overstating the point, but I was concerned about that. Now one notable exception, critics like Mark Lilla point out was Bernie Sanders. Bernie Sanders had a progressive and unifying populous economic message in the Democratic primaries. A message that resonated with a significant segment of the white lower-class population. Lower class, working class populations. Bernie Sanders was not the Democratic nominee and Donald Trump was able to, as we all know, capture notable support from these populations with a divisive not unifying populous message. I agree with Mark Lilla that we don’t want to make the same mistake again. We’ve go to reach out to all groups. We’ve got to start to focus on coalition politics. We have to develop a sense of interdependence where groups come to recognize that they can’t accomplish goals without the support of other groups. We have to frame issues differently. We can’t go the same route. We can’t give up on the white working class. (…) Addressing the question of increase in economic segregation. People don’t realize that racial segregation is on the decline, while economic segregation is a segregation of families by income is on the increase. William Julius Wilson
I’m a bit of a fan boy of William Julius Wilson as I wrote Hillbilly Elegy, so it was real exciting to be able to get him to sign this book.  (…) Culture (…) is a really, really, difficult and amorphous concept to define, and one of the things that I was trying to do with “ Hillbilly Elegy ” is try to in some ways draw the discussion away from this structure versus personal responsibility narrative and convince us to look at culture as a third and I think very important variable. I often think that the way that conservatives, and I’m a conservative, talk about culture is in some ways an excuse to end the conversation instead of starting a much more important conversation. It’s look at their bad culture, look at their deficient culture, we can’t do anything to help them; instead of trying to understand culture as this much bigger social and institutional force that really is important that some cases can come from problems related to poverty and some cases can come from a host of different factors that are difficult to understand. So, here’s what I mean by that. One of the most important I think cultural problems that I talk about is the prevalence of family and stability and family trauma in some of the communities that I write about; and I take it as a given that that trauma and that instability is really bad, that it has really negative downstream effects on whether children are able to get an education, whether their able to enter the workforce, whether they’re  able to raise and maintain successful families themselves. I think it’s tempting to sort of look at the problems of family instability and families like mine and say there’s a structural problem if only people had access to better economic opportunities, they wouldn’t have this problem. I think that’s partially true, but also consequently partially false. I think there’s a tendency on the right to look at that and say these parents need to take better care of their families and of their children, and unless they do it, there’s nothing that we can do. And I think again, that is maybe partially true, but it’s also very significantly false. What I’m trying to point to in this concept of culture, is we know that when children grow up in very unstable families that it has important cognitive effects, we know that it has important psychological effects, and unless we understand the problem of family instability and trauma, not just as a structural problem, or problem with personal responsibility, but as a long-term problem, in some cases inherited from multiple generations back, then we’re not going to be able to appreciate what’s really going on in some of these families and why family instability and trauma is so durable and so difficult to actually solve. So, I tend to think of culture as in some ways, this way to sum all of the things that are neither structural nor individual. What is it that’s going on in people’s environments good and bad that make it difficult for them to climb out of poverty. What are the things that they inherit. It’s not just from their own families, but from multiple generations back. Behaviors, expectations, environmental attitudes that make it really hard for them to succeed and do well. That’s the concept of culture that I think is most important, and also frankly that I think is missing a little bit from our political conversation when we talk about these questions of poverty, we’re really comfortable talking about personal responsibility, we’re really comfortable talking about structural problems. We don’t often talk about culture in this way that I’m trying to talk about it, in “ Hillbilly Elegy. ” (…) the second point that I wanted to make (…) is this question of Agency and whether I overemphasize the role of Agency. I think that for me, this is a really tough line to tow because I’m sort of writing about these problems you know, having in my personal memory, I’m not that far removed from a lot of them. I know that myself, one of the biggest problems that I faced was that I really did start to give up on myself early in high school, and I think that’s a really significant problem. At the same time, I understand and recognize the problem that Bill mentions which is that we have this tendency to sort of overemphasize Personal Agency and to proverbially blame the victim for a lot of these problems. So, what I was trying to do with this discussion of Personal Agency in the book, and I may have failed, but this is the effort, this is what I’m really trying to accomplish. Is that the first instance, I do think that it’s important for kids like me in circumstances like mine, to pick up the book and to have at least some reinforcement of the Agency that they have. I do think that’s a significant problem from the prospective of kids who grew up in communities like mine. The second thing that I’m trying to do, is talk about Personal Agency, not jus t from the prospective of individual poor people, but from the entire community that surrounds them. So, one of the things that I talk about is as religious communities in these areas, do they have the, as I say in the book, toughness to build Churches that encourage more social engagement as opposed to more social disaffection. I think that’s a question of Personal Agency, not from the perspective of the impoverished kid, but from a religious leader and community leaders that exist in their neighborhood. So, I think that sense of Personal Agency is really important. One of the worries that I have, is that when we talk about the problems of impoverished kids and this is especially true amongst sort of my generation, so this is — I’m a tail end of t he millennials here, is that we tend to think about helping people, 10 million people at a time a very superficial level, and one of the calls to action that I make in the book with this — by pointing out to Personal Agency is the idea that it can be really impactful to make a difference in 10 lives at a very deep level at the community level. And I think that sometimes is missing from these conversations. And then, the final point that I’ll make is that there’s a difference between recognizing the importance of Personal Agency and I think ignoring the role of structural factors in some of these problems, right? So, the example that I used to highlight this in the book is this question of addiction. So, there’s some interesting research that suggests that people who believe inherently that their addiction is a disease, show slightly less proclivity to actually fight that addiction and overcome that addiction. So, that creates sort of a catch 22, because we know there are biological components to addiction. We know that there are these sorts of structural non-personal decision-making drivers of addiction, and yet, if you totally buy in to the non-individual choice explanation for addiction, you show less of a proclivity to fight it. So, I think that there is this really tough under current to some of our discussions on these issues, where as a society we want to simultaneously recognize the barriers that people face, but also encourage them not to play a terrible hand in a terrible way, and that’s what I’m trying to do with this discussion of Personal Agency. The final point that I’ll make on that, is that the person who towed that line better than anyone I’ve ever known was my Grandma, my Ma’ma who I think is in some ways the hero of the book. She always told me. Look J.D., like is unfair for us, but don’t be like those people who think the deck is hopelessly stacked against them. I think that’s a sentiment that you hear far too infrequently among America’s elites. This simultaneous recognition that life is unfair for a lot of poor Americans, but that we still have to emphasize the role of individual agency in spite of that unfairness and I think that’s again a difficult balancing act. I may not have struck that balancing act perfectly in the book, but that was the intention. (…) the first thing is definitely you know, going back to my grandma. I think if anybody had a reason for pessimism and cynicism about the future, it was her. It’s sort of difficult to imagine a woman who had lived a more difficult life and yet ma’ma had this constant optimism about the future, in the sense that we had to do better because that was just the way that America worked. I mean I think that she was this woman who had this deep and abiding faith in the American dream in a way that is obviously disappearing And in fact, as I wrote about in the book, was I started to see disappearing even you know, when I was a young kid in my early 20’s. So, I think that my grandma was a huge part of that. I also think that the Marine Corp was a really huge part of that, and this is sort of a transformational experience that I write about in the book. The military is this really remarkable institution. It brings people from diverse backgrounds together, gets them on the same team. Gets them marching proverbially and literally towards the same goal, and for a kid who had grown up in a community that was starting to lose faith in that American dream, I think that the military was a really useful way to, as I say in the book, teach a certain amount of willfulness as opposed to despair and hopelessness. So, I think that was a really critical piece of it. (…) On the other hand, one thing I really worried about and one thing that I increasingly worried about as I actually did research for the book, is this idea of faith and religion, not just as something that people believe in, but as an actual positive institutional and social role player in their lives. And one of the things you do see, that this is something that Charles Murray’s written about, is that you see the institutions of faith declining in some of these lower income communities faster than you do in middle and upper income communities. I don’t think you have to be a person of faith to think that that’s worrisome. I think you can just read a paper by Jonathan Gruber that talks about all of these really positive social impacts of being a regular participatory Church member. So, you know, I think I was lucky in that sense, but a lot of folks, and when I look at the community right now, it worries me a little bit that you don’t see these robust social institutions in the same way that you certainly did 30, 40 years ago, and even when I was growing up in Middletown. The last point that I’ll make about that, is that (…) these trends often take half a century or more to really reveal themselves and I do sometimes see signs of resilience in some of these communities that I sort of didn’t fully anticipate and didn’t expect when the book was published. So, one of the things I’ve started to realize for example is when we talk about the decline of institutional faith, even though I continue to worry about that, one of the institutions that’s actually picked up the slack are groups like Alcoholics Anonymous and Narcotics Anonymous. They almost have this faith effect. It brings people together. There’s even a sort of liturgical element to some of these meetings that I find really, really fascinating and interesting. So, people try to find and replace community when it’s lost but you know, clearly, they haven’t at least as of yet, replaced it even remotely to the degree that it has been lost which is why I think you see some of the issues that we do. (…) on this question of identity politics, I think that what worries me is that a lot — it’s not a recognition that there are disadvantaged non-white groups that need some help or there needs to be some closing of the gap you know. When I talk to folks back home, very conservative people, they’re actually pretty open-minded if you talk about the problems that exist in the black ghetto because of problems of concentrated poverty and the fact that the black ghetto was in some ways created by housing policy. It was the choice of black Americans. It was in some ways created by housing policy. I find actually a lot of openness when I talk to friends and family about that. What I find no openness about is when somebody who they don’t know, and who they think judges them, points at them and says you need to apologize for your white privilege. So, I think that in some ways making these questions of disadvantage zero sum, is really toxic, but I think that’s one way that the Democrats really lost the white working class in the 2016 election. The second piece that occurs to me, and this applies across the political spectrum, is that what we’re trying to do in the United States, it’s very easy to be cynical about American politics, but we’re rying to build a multi-racial, multi-ethnic, multi-religious nation, not just a conglomeration, an actual nation of people from all of these different tribes and unify them around a common creed. I think that’s really delicate. It’s basically never been done success fully over a long period in human history and I think it requires a certain amount of rhetorical finesse that we don’t see from many of our politicians on either side these days and that really, really worries me. (…) my general worry with the college education in the book at large is sort of two things. So, the first is that, I think we’ve constructed a society effectively in which a college education is now the only pathway to the middle class, and I think that’s a real failure on our part. It’s not something you see in every country, and I don’t think it necessarily has to be the case here. There are other ways to get post-secondary education and I absolutely think that we have to make that easier, and I really see this as sort of the defining policy challenge of the next 10 years is to create more of those pathways; because the second born on this is that college is a really, really culturally terrifying place for a lot of working class people. We can try to make it less culturally terrifying, we can try to make for the elites of our universities a little bit more welcoming to folks like me, and this is something that I wrote about in the book, really feeling like a true outsider at Yale for the first time, in an educational institution. I think that we also have to acknowledge that part of the reason that people feel like cultural outsiders is for reasons that aren’t necessarily going to be easy to fix, and if we don’t create more pathways for these folks, we shouldn’t be surprised that a lot of them aren’t going to take the one pathway that’s there, that effectively runs through a culturally alien institution.  (…) in certain areas, especially in Ohio, Kentucky, West Virginia and so forth. I think the biggest under reported problem for the baby boomers is the fact that they are taking care of children that they didn’t necessarily anticipate taking care of because of the opioid crisis. This is the biggest dr iver of elder poverty in the State of Ohio, is that you have entire families that have been transplanted from one generation to the next. They were planning for retirement based on one social security income, and now all of a sudden, they have two, three additional mouths to feed. I think my concern for the baby boom generation is especially those folks of course because it’s not just bad for them, it’s bad for these children who are all of a sudden thrown into poverty because of the opioid addition of that middle generation of the parents, of the kids and the sons and daughters of the grandkids. And then the very last question, culture, I think of as a way to understand the sum of the environmental impacts that you can’t necessarily define as structural rights, so the effects of family instability and trauma that exists in people, the effects of social capital and social networks in people’s lives, You know, all of these things I think add up to a broad set of variables that can either promote upward mobility or inhibit upward mobility; and again I think we very often talk about job opportunities and educational opportunities, we very often talk about individual responsibility and Personal Agency. We very rarely I think talk about those middle layers and those institutional factors that in a lot of ways are the real drivers of this problem. (…) on the inequality and concentration wealth, the top thing, I’ll say this one area where I actually think conservative senator Mike Leaf from Utah has had some really, really, interesting ideas. One of the tax reform proposals Senator Leaf has advocated for is actually setting the capital taxation rate at the same rate as the ordinary income rate. Because that’s what’s really driving this difference, right. It’s not ordinary income earners. It’s not salaried professionals. Those Richard Reeve says that’s a problem. It’s primarily actually that folks in the global economy, especially the ultra-elite, folks in the global economy have achieved some sort of economic lift off from the rest of the country and I think that in light of that, it doesn’t make a ton of sense that we continue to have the taxation policy that we do. Frankly, that’s one of the reasons why I am sort of so conflicted about President Trump because I think in some ways instinctively at least the President recognizes this, but we’ll see what actually happens with tax reform over the next few months. The question about job competition is absolutely correct. You can’t just have a better educated workforce but hold the number of workers constant. At the same time, I do think there’s a bit of a chicken and egg problem here right because you know, while the skills gap is overplayed and while it violates all of these rules of Econ 101, one of the things you hear pretty consistently from folks who would l ike to expand, would like to hire more, would like to produce more, is that there are real labor force constraints, especially in what might be called non-cognitive skills, right; and this is a thing that you hear a lot. In my home state if you really want to hire more, and you really want to produce more, and sell more, then the problem is the opioid epidemic has effectively thinned the pool of people who were even able to work. So, I do think that productivity is really important, but I also think that we tend to think of these things in too mathematical and sort of hyper-rational ways, but part of the reason productivity is held back, is because we have real problems in the labor market, and if you fix one, you could help another, and they may create a virtuous cycle. J.D. Vance
It is immoral because it perpetuates a lie: that the white working class that finds itself attracted to Trump has been victimized by outside forces. It hasn’t. The white middle class may like the idea of Trump as a giant pulsing humanoid middle finger held up in the face of the Cathedral, they may sing hymns to Trump the destroyer and whisper darkly about “globalists” and — odious, stupid term — “the Establishment,” but nobody did this to them. They failed themselves. If you spend time in hardscrabble, white upstate New York, or eastern Kentucky, or my own native West Texas, and you take an honest look at the welfare dependency, the drug and alcohol addiction, the family anarchy — which is to say, the whelping of human children with all the respect and wisdom of a stray dog — you will come to an awful realization. It wasn’t Beijing. It wasn’t even Washington, as bad as Washington can be. It wasn’t immigrants from Mexico, excessive and problematic as our current immigration levels are. It wasn’t any of that. Nothing happened to them. There wasn’t some awful disaster. There wasn’t a war or a famine or a plague or a foreign occupation. Even the economic changes of the past few decades do very little to explain the dysfunction and negligence — and the incomprehensible malice — of poor white America. So the gypsum business in Garbutt ain’t what it used to be. There is more to life in the 21st century than wallboard and cheap sentimentality about how the Man closed the factories down. The truth about these dysfunctional, downscale communities is that they deserve to die. Economically, they are negative assets. Morally, they are indefensible. Forget all your cheap theatrical Bruce Springsteen crap. Forget your sanctimony about struggling Rust Belt factory towns and your conspiracy theories about the wily Orientals stealing our jobs. Forget your goddamned gypsum, and, if he has a problem with that, forget Ed Burke, too. The white American underclass is in thrall to a vicious, selfish culture whose main products are misery and used heroin needles. Donald Trump’s speeches make them feel good. So does OxyContin. What they need isn’t analgesics, literal or political. They need real opportunity, which means that they need real change, which means that they need U-Haul. Williamson
This book is about (…) what goes on in the lives of real people when the industrial economy goes south. It’s about reacting to bad circumstances in the worst way possible. It’s about a culture that increasingly encourages social decay instead of counteracting it. The problems that I saw at the tile warehouse run far deeper than macroeconomic trends and policy. too many young men immune to hard work. Good jobs impossible to fill for any length of time. And a young man [one of Vance’s co-workers] with every reason to work — a wife-to-be to support and a baby on the way — carelessly tossing aside a good job with excellent health insurance. More troublingly, when it was all over, he thought something had been done to him. There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself. This is distinct from the larger economic landscape of modern America. (…) People talk about hard work all the time in places like Middletown [where Vance grew up]. You can walk through a town where 30 percent of the young men work fewer than twenty hours a week and find not a single person aware of his own laziness. (…) I learned little else about what masculinity required of me other than drinking beer and screaming at a woman when she screamed at you. In the end, the only lesson that took was that you can’t depend on people. “I learned that men will disappear at the drop of a hat,” Lindsay [his half-sister] once said. “They don’t care about their kids; they don’t provide; they just disappear, and it’s not that hard to make them go.” (…) Dad’s church offered something desperately needed by people like me. For alcoholics, it gave them a community of support and a sense that they weren’t fighting addiction alone. For expectant mothers, it offered a free home with job training and parenting classes. When someone needed a job, church friends could either provide one or make introductions. When Dad faced financial troubles, his church banded together and purchased a used car for the family. In the broken world I saw around me — and for the people struggling in that world — religion offered tangible assistance to keep the faithful on track. (…) Why didn’t our neighbor leave that abusive man? Why did she spend her money on drugs? Why couldn’t she see that her behavior was destroying her daughter? Why were all of these things happening not just to our neighbor but to my mom? It would be years before I learned that no single book, or expert, or field could fully explain the problems of hillbillies in modern America. Our elegy is a sociological one, yes, but it is also about psychology and community and culture and faith. During my junior year of high school, our neighbor Pattie called her landlord to report a leaky roof. The landlord arrived and found Pattie topless, stoned, and unconscious on her living room couch. Upstairs the bathtub was overflowing — hence, the leaking roof. Pattie had apparently drawn herself a bath, taken a few prescription painkillers, and passed out. The top floor of her home and many of her family’s possessions were ruined. This is the reality of our community. It’s about a naked druggie destroying what little of value exists in her life. It’s about children who lose their toys and clothes to a mother’s addiction. This was my world: a world of truly irrational behavior. We spend our way into the poorhouse. We buy giant TVs and iPads. Our children wear nice clothes thanks to high-interest credit cards and payday loans. We purchase homes we don’t need, refinance them for more spending money, and declare bankruptcy, often leaving them full of garbage in our wake. Thrift is inimical to our being. We spend to pretend that we’re upper class. And when the dust clears — when bankruptcy hits or a family member bails us out of our stupidity — there’s nothing left over. Nothing for the kids’ college tuition, no investment to grow our wealth, no rainy-day fund if someone loses her job. We know we shouldn’t spend like this. Sometimes we beat ourselves up over it, but we do it anyway. (…) Our homes are a chaotic mess. We scream and yell at each other like we’re spectators at a football game. At least one member of the family uses drugs — sometimes the father, sometimes both. At especially stressful times, we’ll hit and punch each other, all in front of the rest of the family, including young children; much of the time, the neighbors hear what’s happening. A bad day is when the neighbors call the police to stop the drama. Our kids go to foster care but never stay for long. We apologize to our kids. The kids believe we’re really sorry, and we are. But then we act just as mean a few days later. (…) I once ran into an old acquaintance at a Middletown bar who told me that he had recently quit his job because he was sick of waking up early I later saw him complaining on Facebook about the “Obama economy” and how it had affected his life. I don’t doubt that the Obama economy has affected many, but this man is assuredly not among them. His status in life is directly attributable to the choices he’s made, and his life will improve only through better decisions. But for him to make better choices, he needs to live in an environment that forces him to ask tough questions about himself. There is a cultural movement in the white working class to blame problems on society or the government, and that movement gains adherents by the day. (…) The wealthy and the powerful aren’t just wealthy and powerful; they follow a different set of norms and mores. … It was at this meal, on the first of five grueling days of [law school job] interviews, that I began to understand that I was seeing the inner workings of a system that lay hidden to most of my kind. … That week of interviews showed me that successful people are playing an entirely different game. (…) I believe we hillbillies are the toughest goddamned people on this earth. … But are we tough enough to do what needs to be done to help a kid like Brian? Are we tough enough to build a church that forces kids like me to engage with the world rather than withdraw from it? Are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. These problems were not created by governments or corporations or anyone else. We created them, and only we can fix them. (…) I believe we hillbillies are the toughest god—-ed people on this earth. But are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. . . . I don’t know what the answer is precisely, but I know it starts when we stop blaming Obama or Bush or faceless companies and ask ourselves what we can do to make things better.” J.D. Vance
This is the heart of Hillbilly Elegy: how hillbilly white culture fails its children, and how the greatest disadvantages it imparts to its youth are the life of violence and chaos in which they are raised, and the closely related problem of a lack of moral agency. Young Vance was on a road to ruin until certain people — including the US Marine Corps — showed him that his choices mattered, and that he had a lot more control over his fate than he thought. Vance talks about how, in his youth, there was a lot of hardscrabble poverty among his people, but nothing like today, dominated by the devastation of drug addiction. Everything we are accustomed to hearing about black inner city social dysfunction is fully present among these white hillbillies, as Vance documents in great detail. He writes that “hillbillies learn from an early age to deal with uncomfortable truths by avoiding them, or by pretending better truths exist. This tendency might make for psychological resilience, but it also makes it hard for Appalachians to look at themselves honestly.” (…) Vance talks about the hillbilly habit of stigmatizing people who leave the hollers as “too big for your britches” — meaning that you got above yourself. It doesn’t matter that they may have left to find work, and that they’re living a fairly poor life not too far away, in Ohio. The point is, they left, and that is a hard sin to forgive. What, we weren’t good enough for you?  This is the white-people version of “acting white,” if you follow me: the same stigma and shame that poor black people deploy against other poor black people who want to better themselves with education and so on. (…) Vance plainly loves his people, and because he loves them, he tells hard truths about them. He talks about how cultural fatalism destroys initiative. When hillbillies run up against adversity, they tend to assume that they can’t do anything about it. To the hillbilly mind, people who “make it” are either born to wealth, or were born with uncanny talent, winning the genetic lottery. The connection between self-discipline and hard work, and success, is invisible to them. (…) Vance was born into a world of chaos. It takes concentration to follow the trail of family connections. Women give birth out of wedlock, having children by different men. Marriages rarely last, and informal partnerings are more common. Vance has half-siblings by his mom’s different husbands (she has had five to date). In his generation, Vance says, grandparents are often having to raise their grandchildren, because those grandparents, however impoverished and messy their own lives may be, offer a more stable alternative than the incredible instability of the kids’ parents (or more likely, parent). (…) This is what happens in inner-city black culture, as has been exhaustively documented. But these are rural and small-town white people. This dysfunction is not color-based, but cultural. I could not do justice here to describe the violence, emotional and physical, that characterizes everyday life in Vance’s childhood culture, and the instability in people’s outer lives and inner lives. To read in such detail what life is like as a child formed by communities like that is to gain a sense of why it is so difficult to escape from the malign gravity of that way of life. You can’t imagine that life could be any different. Religion among the hillbillies is not much help. Vance says that hillbillies love to talk about Jesus, but they don’t go to church, and Christianity doesn’t seem to have much effect at all on their behavior. Vance’s biological father is an exception. He belonged to a strict fundamentalist church, one that helped him beat his alcoholism and gave him the severe structure he needed to keep his life from going off track. (…) Vance says the best thing about life in his dad’s house was how boring it was. It was predictable. It was a respite from the constant chaos. On the other hand, the religion most hillbillies espouse is a rusticated form of Moralistic Therapeutic Deism. God seems to exist only as a guarantor of ultimate order, and ultimate justice; Jesus is there to assuage one’s pain. Except for those who commit to churchgoing — and believe it or not, this is one of the least churched parts of the US — Christianity is a ghost. (…) One of the most important contributions Vance makes to our understanding of American poverty is how little public policy can affect the cultural habits that keep people poor. He talks about education policy, saying that the elite discussion of how to help schools focuses entirely on reforming institutions. “As a teacher at my old high school told me recently, ‘They want us to be shepherds to these kids. But no one wants to talk about the fact that many of them are raised by wolves.” (…) Vance says his people lie to themselves about the reality of their condition, and their own personal responsibility for their degradation. He says that not all working-class white hillbillies are like this. There are those who work hard, stay faithful, and are self-reliant — people like Mamaw and Papaw. Their kids stand a good chance of making it; in fact, Vance says friends of his who grew up like this are doing pretty well for themselves. Unfortunately, most of the people in Vance’s neighborhood were like his mom: “consumerist, isolated, angry, distrustful.” (…) As I said earlier, the two things that saved Vance were going to live full time with his Mamaw (therefore getting out of the insanity of his mom’s home), and later, going into the US Marine Corps. I’ve already written at too much length about Vance’s story, so I won’t belabor this much longer. Suffice it to say that as imperfect as she was, Mamaw gave young Vance the stability he needed to start succeeding in school. And she wouldn’t let him slack off on his studies. She taught him the value of hard work, and of moral agency. The Marine Corps remade J.D. Vance. It pulverized his inner hillbilly fatalism, and gave him a sense that he had control over his life, and that his choices mattered.  (…) Anyway, Vance talks about how the contemporary hillbilly mindset renders them unfit for participation in life outside their own ghetto. They don’t trust anybody, and are willing to believe outlandish conspiracy theories, particularly if those theories absolve them from responsibility. Hence the enormous popularity of Donald Trump among the white working class. Here’s a guy who will believe and say anything, and who blames Mexicans, Chinese, and Muslims for America’s problems. The elites hate him, so he’s made the right enemies, as far as the white working class is concerned. And his “Make America Great Again” slogan speaks to the deep patriotism that Vance says is virtually a religion among hillbillies. (…) The sense of inner order and discipline Vance learned in the Marine Corps allowed his natural intelligence to blossom. The poor hillbilly kid with the druggie mom ends up at Yale Law School. He says he felt like an outsider there, but it was a serious education in more than the law (…) What he’s talking about is social capital, and how critically important it is to success. Poor white kids don’t have it (neither do poor black or Hispanic kids). You’re never going to teach a kid from the trailer park or the housing project the secrets of the upper middle class, but you can give them what kids like me had: a basic understanding of work, discipline, confidence, good manners, and an eagerness to learn. A big part of the problem for his people, says Vance, is the shocking degree of family instability among the American poor. “Chaos begets chaos. Instability begets instability. Welcome to family life for the American hillbilly.” (…) The worst problems of his culture, the things that held kids like him back, are not things a government program can fix. For example, as a child, his culture taught him that doing well in school made you a “sissy.” Vance says the home is the source of the worst of these problems. There simply is not a policy fix for families and family systems that have collapsed. (…) Voting for Trump is not going to fix these problems. For the black community, protesting against police brutality on the streets is not going to fix their most pressing problems. It’s not that the problems Trump points to aren’t real, and it’s not that police brutality, especially towards minorities, isn’t a problem. It’s that these serve as distractions from the core realities that keep poor white and black people down. A missionary to inner-city Dallas once told me that the greatest obstacle the black and Latino kids he helped out had was their rock-solid conviction that nothing could change for them, and that people who succeeded got that way because they were born white, or rich, or just got lucky. Until these things are honestly and effectively addressed by families, communities, and their institutions, nothing will change. (…) If white lives matter — and they do, because all lives matter — then sentimentality and more government programs aren’t going to rescue these poor people. Vance puts it more delicately than Williamson, but getting a U-Haul and getting away from other poor people — or at least finding some way to get their kids out of there, to a place where people aren’t so fatalistic, lazy, and paranoid — is their best hope. And that is surely true no matter what your race. Rod Dreher
I believe, and so does J.D., that government really does have a meaningful role to play in ameliorating the problems of the poor. But there will never be a government program capable of compensating for the loss of stable family structures, the loss of community, the loss of a sense of moral agency, and the loss of a sense of meaning in the lives of the poor. The solution, insofar as there is a “solution,” is not an either-or (that is, either culture or government), but a both-and. (…) The loss of industrial jobs plays a big role in the catastrophe. J.D. Vance acknowledges that plainly in his book. But it’s not the whole story. The wounds are partly self-inflicted. The working class, he argues, has lost its sense of agency and taste for hard work. In one illuminating anecdote, he writes about his summer job at the local tile factory, lugging 60-pound pallets around. It paid $13 an hour with good benefits and opportunities for advancement. A full-time employee could earn a salary well above the poverty line. That should have made the gig an easy sell. Yet the factory’s owner had trouble filling jobs. During Vance’s summer stint, three people left, including a man he calls Bob, a 19-year-old with a pregnant girlfriend. Bob was chronically late to work, when he showed up at all. He frequently took 45-minute bathroom breaks. Still, when he got fired, he raged against the managers who did it, refusing to acknowledge the impact of his own bad choices. “He thought something had been done to him,” Vance writes. “There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself.” (…)  JDV openly credits his Mamaw and the Marine Corps with making him the man he is today. He does not claim he got there entirely on his own, by bootstrapping it. The American conservative
A harrowing portrait of the plight of the white working class J. D. Vance’s new book Hillbilly Elegy: A Memoir of a Family and a Culture in Crisis couldn’t have been better timed. For the past year, as Donald Trump has defied political gravity to seize the Republican nomination and transform American politics, those who are repelled by Trump have been accused of insensitivity to the concerns of the white working class. For Trump skeptics, this charge seems to come from left field, and I use that term advisedly. By declaring that a particular class and race has been “ignored” or “neglected,” the Right (or better “right”) has taken a momentous step in the Left’s direction. With the ease of a thrown switch, people once considered conservative have embraced the kind of interest-group politics they only yesterday rejected as a matter of principle. It was the Democrats who urged specific payoffs, er, policies to aid this or that constituency. Conservatives wanted government to withdraw from the redistribution and favor-conferring business to the greatest possible degree. If this was imperfectly achieved, it was still the goal — because it was just. Using government to benefit some groups comes at the expense of all. While not inevitably corrupt, the whole transactional nature of the business does easily tend toward corruption. Conservatives and Republicans understood, or seemed to, that in many cases, when government confers a benefit on one party, say sugar producers, in the form of a tariff on imported sugar, there’s a problem of concentrated benefits (sugar producers get a windfall) and dispersed costs (everyone pays more for sugar, but only a bit more, so they never complain). In the realm of race, sex, and class, the pandering to groups goes beyond bad economics and government waste — and even beyond the injustice of fleecing those who work to support those who choose not to — and into the dangerous territory of pitting Americans against one another. Democrats have mastered the art of sowing discord to reap votes. Powered by Now they have company in the Trumpites. Like Democrats who encourage their target constituencies to nurse grievances against “greedy” corporations, banks, Republicans, and government for their problems, Trump now encourages his voters to blame Mexicans, the Chinese, a “rigged system,” or stupid leaders for theirs. The problems of the white working class should concern every public-spirited American not because they’ve been forgotten or taken for granted — even those terms strike a false note for me — but because they are fellow Americans. How would one adjust public policy to benefit the white working class and not blacks, Hispanics, and others? How would that work? And who would shamelessly support policies based on tribal or regional loyalties and not the general welfare? As someone who has written — perhaps to the point of dull repetition — about the necessity for Republicans to focus less on entrepreneurs (as important as they are) and more on wage earners; as someone who has stressed the need for family-focused tax reform; as someone who has advocated education innovations that would reach beyond the traditional college customers and make education and training easier to obtain for struggling Americans; as someone who trumpeted the Reformicon proposals developed by a group of conservative intellectuals affiliated with the American Enterprise Institute and the Ethics and Public Policy Center; and finally, as someone who has shouted herself hoarse about the key role that family disintegration plays in many of our most pressing national problems, I cannot quite believe that I stand accused of indifference to the white working class. I said that Hillbilly Elegy could not have been better timed, and yes, that’s in part because it paints a picture of Americans who are certainly a key Trump constituency. Though the name Donald Trump is never mentioned, there is no doubt in the reader’s mind that the people who populate this book would be enthusiastic Trumpites. But the book is far deeper than an explanation of the Trump phenomenon (which it doesn’t, by the way, claim to be). It’s a harrowing portrait of much that has gone wrong in America over the past two generations. It’s Charles Murray’s “Fishtown” told in the first person. The community into which Vance was born — working-class whites from Kentucky (though transplanted to Ohio) — is more given over to drug abuse, welfare dependency, indifference to work, and utter hopelessness than statistics can fully convey. Vance’s mother was an addict who discarded husbands and boyfriends like Dixie cups, dragging her two children through endless screaming matches, bone-chilling threats, thrown plates and worse violence, and dizzying disorder. Every lapse was followed by abject apologies — and then the pattern repeated. His father gave him up for adoption (though that story is complicated), and social services would have removed him from his family entirely if he had not lied to a judge to avoid being parted from his grandmother, who provided the only stable presence in his life. Vance writes of his family and friends: “Nearly every person you will read about is deeply flawed. Some have tried to murder other people, and a few were successful. Some have abused their children, physically or emotionally.” His grandmother, the most vivid character in his tale (and, despite everything, a heroine) is as foul-mouthed as Tony Soprano and nearly as dangerous. She was the sort of woman who threatened to shoot strangers who placed a foot on her porch and meant it. Vance was battered and bruised by this rough start, but a combination of intellectual gifts — after a stint in the Marines he sailed through Ohio State in two years and then graduated from Yale Law — and the steady love of his grandparents helped him to leapfrog into America’s elite. This book is a memoir but also contains the sharp and unsentimental insights of a born sociologist. As André Malraux said to Whittaker Chambers under very different circumstances in 1952: “You have not come back from Hell with empty hands.” The troubles Vance depicts among the white working class, or at least that portion he calls “hillbillies,” are quite familiar to those who’ve followed the pathologies of the black poor, or Native Americans living on reservations. Disorganized family lives, multiple romantic partners, domestic violence and abuse, loose attachment to work, and drug and alcohol abuse. Children suffer from “Mountain Dew” mouth — severe tooth decay and loss because parents give their children, sometimes even infants with bottles, sugary sodas and fail to teach proper dental hygiene. “People talk about hard work all the time in places like Middletown [Ohio],” Vance writes. “You can walk through a town where 30 percent of the young men work fewer than 20 hours a week and find not a single person aware of his own laziness.” He worked in a floor-tile warehouse and witnessed the sort of shirking that is commonplace. One guy, I’ll call him Bob, joined the tile warehouse just a few months before I did. Bob was 19 with a pregnant girlfriend. The manager kindly offered the girlfriend a clerical position answering phones. Both of them were terrible workers. The girlfriend missed about every third day of work and never gave advance notice. Though warned to change her habits repeatedly, the girlfriend lasted no more than a few months. Bob missed work about once a week, and he was chronically late. On top of that, he often took three or four daily bathroom breaks, each over half an hour. . . . Eventually, Bob . . . was fired. When it happened, he lashed out at his manager: ‘How could you do this to me? Don’t you know I’ve a pregnant girlfriend?’ And he was not alone. . . . A young man with every reason to work . . . carelessly tossing aside a good job with excellent health insurance. More troublingly, when it was all over, he thought something had been done to him. The addiction, domestic violence, poverty, and ill health that plague these communities might be salved to some degree by active and vibrant churches. But as Vance notes, the attachment to church, like the attachment to work, is severely frayed. People say they are Christians. They even tell pollsters they attend church weekly. But “in the middle of the Bible belt, active church attendance is actually quite low.” After years of alcoholism, Vance’s biological father did join a serious church, and while Vance was skeptical about the church’s theology, he notes that membership did transform his father from a wastrel into a responsible father and husband to his new family. Teenaged Vance did a stint as a check-out clerk at a supermarket and kept his social-scientist eye peeled: I also learned how people gamed the welfare system. They’d buy two dozen packs of soda with food stamps and then sell them at a discount for cash. They’d ring up their orders separately, buying food with the food stamps, and beer, wine, and cigarettes with cash. They’d regularly go through the checkout line speaking on their cell phones. I could never understand why our lives felt like a struggle while those living off of government largesse enjoyed trinkets that I only dreamed about. . . . Perhaps if the schools were better, they would offer children from struggling families the leg up they so desperately need? Vance is unconvinced. The schools he attended were adequate, if not good, he recalls. But there were many times in his early life when his home was so chaotic — when he was kept awake all night by terrifying fights between his mother and her latest live-in boyfriend, for example — that he could not concentrate in school at all. For a while, he and his older sister lived by themselves while his mother underwent a stint in rehab. They concealed this embarrassing situation as best they could. But they were children. Alone. A teacher at his Ohio high school summed up the expectations imposed on teachers this way: “They want us to be shepherds to these kids. But no one wants to talk about the fact that many of them are raised by wolves.” Hillbilly Elegy is an honest look at the dysfunction that afflicts too many working-class Americans. But despite the foregoing, it isn’t an indictment. Vance loves his family and admires some of its strengths. Among these are fierce patriotism, loyalty, and toughness. But even regarding patriotism (his grandmother’s “two gods” were Jesus Christ and the United States of America), this former Marine strikes a melancholy note. His family and community have lost their heroes. We loved the military but had no George S. Patton figure in the modern army. . . . The space program, long a source of pride, had gone the way of the dodo, and with it the celebrity astronauts. Nothing united us with the core fabric of American society. Conspiracy theories abound in Appalachia. People do not believe anything the press reports: “We can’t trust the evening news. We can’t trust our politicians. Our universities, the gateway to a better life, are rigged against us. We can’t get jobs.” Conspiracy theories abound in Appalachia. Sound familiar? The white working class has followed the black underclass and Native Americans not just into family disintegration, addiction, and other pathologies, but also perhaps into the most important self-sabotage of all, the crippling delusion that they cannot improve their lot by their own effort. This is where the rise of Trump becomes both understandable and deeply destructive. He ratifies every conspiracy theory in circulation and adds news ones. He encourages the tribal grievances of the white working class and promises that salvation will come — not through their own agency and sensible government reforms — but only through his head-knocking leadership. He calls this greatness, but it’s the exact reverse. A great people does not turn to a strongman. The American character has been corrupted by multiple generations of government dependency and the loss of bourgeois virtues like self-control, delayed gratification, family stability, thrift, and industriousness. Vance has risen out of chaos to the heights of stability, success, and happiness. He is fundamentally optimistic about the chances for the nation to do the same. Whether his optimism is justified or not is unknowable, but his brilliant book is a signal flashing danger. Mona Charen
To further quell their culpability and show that the American Dream still functions as advertised, conservatives are fond of trotting out success stories — people who prove that pulling one’s self up by one’s bootstraps is still a possibility and, by extension, that those who don’t succeed must own their shortcomings. Lately, the right has found nobody more useful, both during the presidential election and after, than their modern-day Horatio Alger spokesperson, J. D. Vance, whose bestselling book “Hillbilly Elegy” chronicled his journey from Appalachia to the hallowed halls of the Ivy League, while championing the hard work necessary to overcome the pitfalls of poverty. Traditionally this would’ve been a Fox News kind of book — the network featured an excerpt on their site that focused on Vance’s introduction to “elite culture” during his time at Yale — but Vance’s glorified self-help tome was also forwarded by networks and pundits desperate to understand the Donald Trump phenomenon, and the author was essentially transformed into Privileged America’s Sherpa into the ravages of Post-Recession U.S.A. Trumpeted as a glimpse into an America elites have neglected for years, I first read “Hillbilly Elegy” with hope. I’d been told this might be the book that finally shed light on problems that’d been killing my family for generations. I’d watched my grandparents and parents, all of them factory workers, suffer backbreaking labor and then be virtually forgotten by the political establishment until the GOP needed their vote and stoked their social and racial anxieties to turn them into political pawns. In the beginning, I felt a kinship to Vance. His dysfunctional childhood looked a lot like my own. There was substance abuse. Knockdown, drag-out fights. A feeling that people just couldn’t get ahead no matter what they did. And then the narrative took a turn. Due to references he downplays, not to mention his middle-class grandmother’s shielding and encouragement, Vance was able to lift himself out of the despair of impoverishment and escaped to Yale and eventually Silicon Valley, where he was able to look back on his upbringing with a new perspective. (…) The thesis at the heart of “Hillbilly Elegy” is that anybody who isn’t able to escape the working class is essentially at fault. Sure, there’s a culture of fatalism and “learned helplessness,” but the onus falls on the individual. (…) Oh, the working class and their aversion to difficulty. If only they, like Vance, could take the challenge head on and rise above their circumstances. If only they, like Vance, weren’t so worried about material things like iPhones or the “giant TVs and iPads” the author says his people buy for themselves instead of saving for the future. This generalization is not the only problematic oversimplification in Vance’s book — he totally discounts the role racism played in the white working class’s opposition to President Obama and says, instead, it was because Obama dressed well, was a good father, and because Michelle Obama advocated eating healthy food — but it would be hard to understate what role Vance has played in reinvigorating the conservative bootstraps narrative for a new generation and, thus, emboldening Republican ideology. To Vance’s credit, he has been critical of Donald Trump, calling the working class’s support of the billionaire a result of a “false sense of purpose,” but Vance’s portrait of poor Americans is alarmingly in lockstep with the philosophy of Republicans who are shamefully using Trump’s presidency to forward their own agenda of economic warfare. (…) The message is loud and clear: Help is on the way, but only to those who “deserve” it. And how does one deserve it? By working hard. And the only metric to show that one has worked sufficiently hard enough is to look at their income, at how successful they are, because, in Vance’s and the Republican’s America, the only one to blame if you’re not wealthy is yourself. Never mind how legislation like this healthcare bill, cuts in education funding, continued decreases in after-school and school lunch programs, not to mention a lack of access to mental health care or career counseling, disadvantages the poor. Jared Yates Sexton (Assistant Professor of Creative Writing)
Hillbilly Elégie, qui vient de paraître aux éditions Globe traduit de l’anglais (américain) (…) est l’un des best-sellers de l’année aux Etats-Unis et son adaptation cinématographique est déjà en cours de tournage sous la direction de Ron Howard. Rien que ça ! Ensuite, c’est un livre hors du commun, qui a été salué avec un bel ensemble par la presse intellectuelle américaine, tant du côté conservateur que du côté libéral. On a beaucoup écrit qu’il constituait, en effet, l’une des clefs de cet événement tellement improbable : l’élection à la présidence des Etats-Unis « du Donald ». Ce n’est pourtant pas un essai politique. Il a été écrit avant que « le Donald » ne soit désigné comme candidat par les primaires républicaines. Et cependant, oui, il donne les clefs d’un facteur décisif ayant entraîné la victoire de Trump : le basculement de son côté de ces petits blancs, électeurs des Etats ravagés par le démantèlement des vieilles industries : Michigan, Pennsylvanie, Wisconsin, Ohio, ce qui reste de la Rust Belt, la ceinture de rouille. Rappelons que Trump a bénéficié massivement du « vote blanc ». Il est majoritaire dans cet électorat, même chez les femmes, alors qu’il affrontait, lui, le macho sans vergogne, la première candidate à la présidence de l’histoire des Etats-Unis. Mais ce qui est révélateur, c’est que Trump a obtenu ses meilleurs scores, chez les blancs qui n’ont pas fait d’études universitaires : 72 %, pour les hommes et 62 % chez les femmes. (…) Hillbilly Elégie est impressionnant parce que c’est un livre d’une rare honnêteté intellectuelle, alors qu’il est écrit depuis l’autre côté de la rive : son auteur, J.D. Vance s’est extrait de son milieu d’origine. Il a cessé d’être un hillbilly – autrement dit un crétin des collines, un plouc, un péquenaud – le vrai sens du mot hillbilly. Par un heureux concours de circonstances (son dressage chez les Marines) et grâce à une volonté de fer et une puissance de travail très américaines, il a intégré l’une des universités les plus prestigieuses du pays, Yale, et il est diplômé dans l’un des départements les plus prestigieux de cette université, son Ecole de droit. Né dans la classe ouvrière, il donc a rejoint les rangs de la grande bourgeoisie en devenant un avocat d’affaires renommé. (…) C’est un livre âpre, lucide, sans complaisance, écrit par un homme qui est, certes, passé de l’autre côté de la barrière des classes, mais qui garde une grande tendresse pour sa « communauté » d’origine. Et il se conclut par une série de recommandations sur la meilleure manière de remédier à la misère, tant matérielle que morale, où les siens se sont enfoncés. A travers son témoignage personnel, il nous livre une véritable enquête sur cette réalité sociale peu connue : le déclin de l’ancienne classe ouvrière blanche américaine. Son livre est d’un grand intérêt pour quiconque s’intéresse aux Etats-Unis ; mais il comporte aussi des leçons pour tous les pays anciennement industrialisés qui ont vu, comme le nôtre, fermer les usines et se désertifier certains territoires. Et d’abord son nom, Vance : il le porte par hasard. C’est celui de son géniteur, un chrétien évangéliste du Sud, alcoolique repenti, avec qui il n’a jamais eu le moindre contact avant son adolescence. Sa mère, en effet, est allée, durant toute sa vie d’homme en homme et de drogue en drogue. Comme beaucoup d’enfants de ce milieu, il a été traumatisé par la succession de ses « beaux-pères » de six mois ou d’un an. En quête d’un modèle masculin auquel s’identifier, il est passé de l’un à l’autre. Et l’instabilité à la fois géographique et affective de sa jeunesse en a fait un être angoissé. Première leçon de Hillbilly Elégie : être né dans une famille stable dont les membres adultes ne se hurlent pas après tous les soirs en se jetant à la figure tout ce qui leur tombe sous la main est un atout formidable pour réussir dans la vie…. La vraie famille de J.D., c’étaient ses grands-parents, d’authentiques hillbillies, eux, venus de leur Kentucky natal dans les années 1950 pour travailler dans l’Ohio voisin, où il y avait des mines et des aciéries. Mais Papaw et Mamaw (c’est comme ça qu’on dit Papy et Mamie chez les hillbillies) n’ont jamais oublié leur Kentucky natal, cette région des Appalaches connue pour la beauté de ses paysages… et l’arriération de ses habitants. Délivrance, le film de John Boorman, se passe, on s’en souvient, dans une région des Appalaches et donne de ses habitants une image assez peu flatteuse. Papaw et Mamaw, qui ne voyageaient jamais sans une arme à feu dans leur voiture, ont emporté dans leur Ohio d’adoption leur culture « hillbilly » des collines du Kentucky. Une culture que partageaient beaucoup de familles ouvrières originaires des Appalaches et qui imprègnent encore aujourd’hui les mentalités de leurs descendants. Papaw, ouvrier dans la grande aciérie locale et mécanicien apprécié, était un partisan du Parti démocrate, « le parti qui – je cite – défendait les travailleurs ». On était démocrate parce qu’on était ouvrier. Et c’est précisément cela qui a changé. Brice Couturier
En juin 2016, en pleine campagne présidentielle américaine, paraissait Hillbilly Elegy, un récit autobiographique signé d’un illustre inconnu. Il y racontait son enfance dans la « Rust Belt », cette large région industrielle du nord-est des Etats-Unis, touchée de plein fouet par les crises successives. Quelques semaines plus tard, un long entretien publié sur le site The American Conservative propulsait J.D. Vance au rang de phénomène : l’auteur y défendait la candidature de Trump, qui avait, selon lui, « le mérite d’essayer » de s’adresser aux Blancs les plus pauvres, d’en appeler à leur « fierté » et de vilipender cette « élite » honnie, incarnée par Barack Obama et par Hillary Clinton. Le discours frontal et brutal de la droite, la condescendance embarrassée de la gauche… Dans ce récit à la première personne, publié cette semaine en France (éditions Globe), l’écrivain pointait du doigt ce qui amènerait Donald Trump au pouvoir. (…) Hillbilly Elegy est une plongée dans ses racines, son enfance, son ascension sociale. Vance est né et a grandi entre le Kentucky et l’Ohio, dans cette région des Appalaches dont on entend régulièrement parler tantôt comme le siège de la pire épidémie d’addiction aux opiacés qu’ait connue le pays ces dernières années, tantôt comme cette zone dévastée par le chômage lié à la fermeture des mines de charbon. Vance, lui, s’en est tiré : après un passage dans les Marines, il a quitté son patelin pour partir étudier, d’abord à l’université d’Etat de l’Ohio, puis à la très réputée Yale, dans le Connecticut. A force de volonté, et avec le soutien d’une grand-mère exceptionnelle qui a pallié jusqu’à sa mort les manquements de ses parents (un père « qu’[il] connaissai [t] à peine » et une mère qu’il aurait « préféré ne pas connaître », écrit-il), Vance a réussi ce que peu parviennent à accomplir : il a changé de classe sociale. Il est, écrit-il, un « émigré culturel », qui affirme cependant être resté, au fond de lui, un « hillbilly », un Américain « qui [se] reconnaî [t] dans les millions de Blancs d’origine irlando-écossaise de la classe ouvrière américaine qui n’ont pas de diplôme universitaire ». Se réappropriant au passage ce terme popularisé pendant la grande dépression pour qualifier les migrants économiques venus de la campagne, et devenu depuis franchement péjoratif. Hillbilly Elegy se lit comme un document sur la pauvreté blanche en Amérique. Vance y décrit de l’intérieur une communauté qui vit d’aides alimentaires tout en se plaignant d’un Etat incompétent, passe « plus de temps à parler de travail qu’à travailler réellement », apprend à ses enfants « la valeur de la loyauté, de l’honneur, ainsi qu’à être dur au mal », mais persiste à confondre, chez ses petits, « intelligence et savoir », faisant passer pour idiots des gamins éduqués de manière inefficace. Parce qu’il parle des siens, le jeune homme dresse un constat très rude, dénonce la « fainéantise » de ses anciens semblables tout en appelant le monde politique à « juger moins et [à] comprendre plus ». En mars dernier, dans un éditorial du New York Times intitulé « Pourquoi je rentre chez moi », Vance annonçait sa décision de quitter la Californie pour retourner dans les Appalaches, où il a créé une association de lutte contre la conduite addictive aux opiacés et a participé, au cours des derniers mois, à de nombreux meetings du Parti républicain.M le magazine du Monde

Attention: une relégation sociale peut en cacher une autre ! (It’s the culture, stupid !)

« Amers, accros des armes et de la religion » (Obama), « pitoyables « Hillary Clinton), « sans-dents » (Hollande), « fainéants » (Macron) …

Quatre mois après l’élection volée que l’on sait …

Qui a vu suite à l’assassinat médiatico-politique du candidat de l’alternance …

Et au fourvoiement et auto-sabordement – jusqu’à en oublier son texte – de la candidate des victimes de l’immigration sauvage et de l’insécurité culturelle …

L’élection par défaut d’un candidat qui au-delà de sa réelle volonté de réformer une France jusqu’ici irréformable …

Ne prend même plus la peine, à l’instar de ses prédécesseurs américains ou français, de cacher son mépris pour les « gens qui ne sont rien » et autres « illettrés » ou « fainéants »  …

Et en ces temps où après la passion que l’on sait pour les immigrés et en gommant du coup toute la dimension délictuelle, nos belles âmes n’ont que le mot « migrant » à la bouche …

Comment ne pas voir …

Alors que sort la traduction française du livre de « l’auteur américain qui avait vu venir Trump » (Hillbilly elegy, J.D. Vance) …

Et après la revanche de ces véritables « immigrés de l’intérieur » …

Qui aux Etats-Unis ont largement contribué à la victoire de Trump

Celle qui pourrait bien venir

De tous ceux qui au-delà des cas extrêmes de familles déstructurées, de fatalisme social et d’addictions aux opiacés de la Rust belt américaine dont parle Vance …

Mais à l’instar des vraies victimes de la mondialisation de la « France périphérique » évoqués par le géographe Christophe Guilly …

Ne se résignent pas, face au rouleau compresseur de la prétendue « modernité » et du « progrès », à la disparition programmée de leur culture nationale ?

J.D. Vance, l’auteur américain qui avait vu venir Trump

Publié pendant la campagne présidentielle, « Hillbilly Elegy » est devenu un best-seller. J.D. Vance, 33 ans, y raconte cette Amérique blanche et pauvre dont il est issu. Et qui a porté Trump au pouvoir.

M le magazine du Monde

Clémentine Goldszal

04.09.2017

En juin 2016, en pleine campagne présidentielle américaine, paraissait Hillbilly Elegy, un récit autobiographique signé d’un illustre inconnu. Il y racontait son enfance dans la « Rust Belt », cette large région industrielle du nord-est des Etats-Unis, touchée de plein fouet par les crises successives. Quelques semaines plus tard, un long entretien publié sur le site The American Conservative propulsait J.D. Vance au rang de phénomène : l’auteur y défendait la candidature de Trump, qui avait, selon lui, « le mérite d’essayer » de s’adresser aux Blancs les plus pauvres, d’en appeler à leur « fierté » et de vilipender cette « élite » honnie, incarnée par Barack Obama et par Hillary Clinton.

Le discours frontal et brutal de la droite, la condescendance embarrassée de la gauche… Dans ce récit à la première personne, publié cette semaine en France (éditions Globe), l’écrivain pointait du doigt ce qui amènerait Donald Trump au pouvoir. En août 2016, Hillbilly Elegy entrait dans la liste des meilleures ventes du New York Times (il y figure encore aujourd’hui). Cinq mois plus tard, au lendemain de l’élection, les ventes faisaient un nouveau bond. Sous le choc, les progressistes américains cherchaient à comprendreceux qui avaient porté Trump au pouvoir : traditionnellement démocrates, les Etats de la Rust Belt avaient cette fois-ci largement soutenu le candidat républicain.

L’histoire d’une ascension sociale

J.D. Vance a 33 ans, le visage rond, la raie sur le côté, les yeux bleus. Il s’exprime bien, et son livre est remarquablement écrit. Pas de la grande littérature, mais un ton sans détour, qui lui permet d’exprimer avec une grande clarté sa pensée complexe. Il est marié – à une jeune femme rencontrée durant ses études de droit à Yale – et, à la sortie de son livre, vivait encore à San Francisco, où il gagnait très bien sa vie dans la finance.

Hillbilly Elegy est une plongée dans ses racines, son enfance, son ascension sociale. Vance est né et a grandi entre le Kentucky et l’Ohio, dans cette région des Appalaches dont on entend régulièrement parler tantôt comme le siège de la pire épidémie d’addiction aux opiacés qu’ait connue le pays ces dernières années, tantôt comme cette zone dévastée par le chômage lié à la fermeture des mines de charbon.

J.D. Vance parle de « la classe ouvrière américaine oubliée »

Vance, lui, s’en est tiré : après un passage dans les Marines, il a quitté son patelin pour partir étudier, d’abord à l’université d’Etat de l’Ohio, puis à la très réputée Yale, dans le Connecticut. A force de volonté, et avec le soutien d’une grand-mère exceptionnelle qui a pallié jusqu’à sa mort les manquements de ses parents (un père « qu’[il] connaissai [t] à peine » et une mère qu’il aurait « préféré ne pas connaître », écrit-il), Vance a réussi ce que peu parviennent à accomplir : il a changé de classe sociale.

Il est, écrit-il, un « émigré culturel », qui affirme cependant être resté, au fond de lui, un « hillbilly », un Américain « qui [se] reconnaî [t] dans les millions de Blancs d’origine irlando-écossaise de la classe ouvrière américaine qui n’ont pas de diplôme universitaire ». Se réappropriant au passage ce terme popularisé pendant la grande dépression pour qualifier les migrants économiques venus de la campagne, et devenu depuis franchement péjoratif.

Hillbilly Elegy se lit comme un document sur la pauvreté blanche en Amérique. Vance y décrit de l’intérieur une communauté qui vit d’aides alimentaires tout en se plaignant d’un Etat incompétent, passe « plus de temps à parler de travail qu’à travailler réellement », apprend à ses enfants « la valeur de la loyauté, de l’honneur, ainsi qu’à être dur au mal », mais persiste à confondre, chez ses petits, « intelligence et savoir », faisant passer pour idiots des gamins éduqués de manière inefficace. Parce qu’il parle des siens, le jeune homme dresse un constat très rude, dénonce la « fainéantise » de ses anciens semblables tout en appelant le monde politique à « juger moins et [à] comprendre plus ».

Une parole conservatrice audible

En mars dernier, dans un éditorial du New York Times intitulé « Pourquoi je rentre chez moi », Vance annonçait sa décision de quitter la Californie pour retourner dans les Appalaches, où il a créé une association de lutte contre la conduite addictive aux opiacés et a participé, au cours des derniers mois, à de nombreux meetings du Parti républicain.

Depuis le printemps, les ténors du parti ont d’ailleurs multiplié les appels du pied pour le convaincre de se présenter aux élections sénatoriales, qui se tiendront en novembre. Son nom est devenu familier des lecteurs de la presse quotidienne, son visage apparaît souvent à la télévision (il est devenu éditorialiste pour CNN, en janvier, et signe régulièrement dans les colonnes du New York Times). Plus d’un million d’exemplaires de son livre ont déjà été écoulés, et les droits ont été vendus à plus d’une dizaine de pays.

Les médias semblent avoir trouvé en J.D. Vance une parole conservatrice audible, reçue comme l’émanation articulée de la rage confusément exprimée par les Blancs les plus pauvres d’Amérique. En mai dernier, Bill Gates recommandait même sur son blog la lecture d’Hillbilly Elegy, affirmant y avoir trouvé « des informations nouvelles sur les facteurs culturels et familiaux qui contribuent à la pauvreté ».

 Voir aussi:

La grande colère des petits Blancs américains

Brice Coutourier
France Culture
15/09/2017

Voir de même:

Why I’m Moving Home

COLUMBUS, Ohio — In recent months, I’ve frequently found myself in places hit hard by manufacturing job losses, speaking to people affected in various ways. Sometimes, the conversation turns to the conflict people feel between the love of their home and the desire to leave in search of better work.

It’s a conflict I know well: I left my home state, Ohio, for the Marine Corps when I was 19. And while I’ve returned home for months or even years at a time, job opportunities often pull me away.

Experts have warned for years now that our rates of geographic mobility have fallen to troubling lows. Given that some areas have unemployment rates around 2 percent and others many times that, this lack of movement may mean joblessness for those who could otherwise work.

But from the community’s perspective, mobility can be a problem. The economist Matthew Kahn has shown that in Appalachia, for instance, the highly skilled are much likelier to leave not just their hometowns but also the region as a whole. This is the classic “brain drain” problem: Those who are able to leave very often do.

The brain drain also encourages a uniquely modern form of cultural detachment. Eventually, the young people who’ve moved out marry — typically to partners with similar economic prospects. They raise children in increasingly segregated neighborhoods, giving rise to something the conservative scholar Charles Murray calls “super ZIPs.” These super ZIPs are veritable bastions of opportunity and optimism, places where divorce and joblessness are rare.

As one of my college professors recently told me about higher education, “The sociological role we play is to suck talent out of small towns and redistribute it to big cities.” There have always been regional and class inequalities in our society, but the data tells us that we’re living through a unique period of segregation.

This has consequences beyond the purely material. Jesse Sussell and James A. Thomson of the RAND Corporation argue that this geographic sorting has heightened the polarization that now animates politics. This polarization reflects itself not just in our voting patterns, but also in our political culture: Not long before the election, a friend forwarded me a conspiracy theory about Bill and Hillary Clinton’s involvement in a pedophilia ring and asked me whether it was true.

It’s easy to dismiss these questions as the ramblings of “fake news” consumers. But the more difficult truth is that people naturally trust the people they know — their friend sharing a story on Facebook — more than strangers who work for faraway institutions. And when we’re surrounded by polarized, ideologically homogeneous crowds, whether online or off, it becomes easier to believe bizarre things about them. This problem runs in both directions: I’ve heard ugly words uttered about “flyover country” and some of its inhabitants from well-educated, generally well-meaning people.

I’ve long worried whether I’ve become a part of this problem. For two years, I’d lived in Silicon Valley, surrounded by other highly educated transplants with seemingly perfect lives. It’s jarring to live in a world where every person feels his life will only get better when you came from a world where many rightfully believe that things have become worse. And I’ve suspected that this optimism blinds many in Silicon Valley to the real struggles in other parts of the country. So I decided to move home, to Ohio.

It wasn’t an easy choice. I scaled back my commitments to a job I love because of the relocation. My wife and I worry about the quality of local public schools, and whether she (a San Diego native) could stand the unpredictable weather.

But there were practical reasons to move: I’m founding an organization to combat Ohio’s opioid epidemic. We chose Columbus because I travel a lot, and I need to be centrally located in the state and close to an airport. And the truth is that not every motivation is rational: Part of me loves Ohio simply because it’s home.

I recently asked a friend, Ami Vitori Kimener, how she thought about her own return home. A Georgetown graduate, Ami left a successful career in Washington to start new businesses in Middletown, Ohio. Middletown is in some ways a classic Midwestern city: Once thriving, it was hit hard by the decline of the region’s manufacturing base in recent decades. But the town is showing early signs of revitalization, thanks in part to the efforts of those like Ami.

Talking with Ami, I realized that we often frame civic responsibility in terms of government taxes and transfer payments, so that our society’s least fortunate families are able to provide basic necessities. But this focus can miss something important: that what many communities need most is not just financial support, but talent and energy and committed citizens to build viable businesses and other civic institutions.

Of course, not every town can or should be saved. Many people should leave struggling places in search of economic opportunity, and many of them won’t be able to return. Some people will move back to their hometowns; others, like me, will move back to their home state. The calculation will undoubtedly differ for each person, as it should. But those of us who are lucky enough to choose where we live would do well to ask ourselves, as part of that calculation, whether the choices we make for ourselves are necessarily the best for our home communities — and for the country.

 Voir encore:

Hillbilly America: Do White Lives Matter?

Yesterday I read J.D. Vance’s new book Hillbilly Elegy: A Memoir of a Family and a Culture In Crisis. Well, “read” is not quite the word. I devoured the thing in a single gulp. If you want to understand America in 2016, Hillbilly Elegy is a must-read. I will be thinking about this book for a long, long time. Here are my impressions.

The book is an autobiographical account by a lawyer (Yale Law School graduate) and sometime conservative writer who grew up in a poor and chaotic Appalachian household. He’s a hillbilly, in other words, and is not ashamed of the term. Vance reflects on his childhood, and how he escaped the miserable fate (broken families, drugs, etc) of so many white working class and poor people around whom he grew up. And he draws conclusions from it, conclusions that may be hard for some people to take. But Vance has earned the right to make those judgments. This was his life. He speaks with authority that has been extremely hard won.

Forgive the rambling nature of this post. I’m still trying to process this extraordinary book.

Vance’s people come from Kentucky and southern Ohio, a deeply depressed region filled with hard-bitten but proud Scots-Irish folks. He begins by talking about how, as a young man, he got a job working in a warehouse, doing hard work for extra money. He writes about how even though the work was physically demanding, the pay wasn’t bad, and it came with benefits. Yet the warehouse struggled to keep people employed. Vance says his book is about macroeconomic trends — outsourcing jobs overseas — but not only that:

But this book is about something else: what goes on in the lives of real people when the industrial economy goes south. It’s about reacting to bad circumstances in the worst way possible. It’s about a culture that increasingly encourages social decay instead of counteracting it. The problems that I saw at the tile warehouse run far deeper than macroeconomic trends and policy. too many young men immune to hard work. Good jobs impossible to fill for any length of time. And a young man [one of Vance’s co-workers] with every reason to work — a wife-to-be to support and a baby on the way — carelessly tossing aside a good job with excellent health insurance. More troublingly, when it was all over, he thought something had been done to him. There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself. This is distinct from the larger economic landscape of modern America.

This is the heart of Hillbilly Elegy: how hillbilly white culture fails its children, and how the greatest disadvantages it imparts to its youth are the life of violence and chaos in which they are raised, and the closely related problem of a lack of moral agency. Young Vance was on a road to ruin until certain people — including the US Marine Corps — showed him that his choices mattered, and that he had a lot more control over his fate than he thought.

Vance talks about how, in his youth, there was a lot of hardscrabble poverty among his people, but nothing like today, dominated by the devastation of drug addiction. Everything we are accustomed to hearing about black inner city social dysfunction is fully present among these white hillbillies, as Vance documents in great detail. He writes that “hillbillies learn from an early age to deal with uncomfortable truths by avoiding them, or by pretending better truths exist. This tendency might make for psychological resilience, but it also makes it hard for Appalachians to look at themselves honestly.”

This was one of many points at which Vance’s experience converged somewhat with mine. My people are not hillbillies per se, but I come from working-class Southern country white people. Many of the cultural traits Vance describes are present in a more diluted way in my own family. That fierce pride, a pride that would rather see everything go to hell than admit error. This, I think, has something to do with why Southern Protestant Christianity has traditionally been more Stoic than Christian. Real Christianity has as its heart humility. That’s not a characteristic Scots-Irish people hold dear.

Vance talks about the hillbilly habit of stigmatizing people who leave the hollers as “too big for your britches” — meaning that you got above yourself. It doesn’t matter that they may have left to find work, and that they’re living a fairly poor life not too far away, in Ohio. The point is, they left, and that is a hard sin to forgive. What, we weren’t good enough for you?

This is the white-people version of “acting white,” if you follow me: the same stigma and shame that poor black people deploy against other poor black people who want to better themselves with education and so on.

The most important figure in Vance’s life is his Mamaw (pron. “MAM-maw”), Bonnie Vance, a kind of hillbilly Catherine the Great. She was a phenomenally tough woman. She knew how to use a gun, she had a staggeringly foul mouth, she smoked menthols and stood ready to fight at the drop of a hat. And she saved Vance’s life.

Vance plainly loves his people, and because he loves them, he tells hard truths about them. He talks about how cultural fatalism destroys initiative. When hillbillies run up against adversity, they tend to assume that they can’t do anything about it. To the hillbilly mind, people who “make it” are either born to wealth, or were born with uncanny talent, winning the genetic lottery. The connection between self-discipline and hard work, and success, is invisible to them. Vance:

People talk about hard work all the time in places like Middletown [where Vance grew up]. You can walk through a town where 30 percent of the young men work fewer than twenty hours a week and find not a single person aware of his own laziness.

Vance was born into a world of chaos. It takes concentration to follow the trail of family connections. Women give birth out of wedlock, having children by different men. Marriages rarely last, and informal partnerings are more common. Vance has half-siblings by his mom’s different husbands (she has had five to date). In his generation, Vance says, grandparents are often having to raise their grandchildren, because those grandparents, however impoverished and messy their own lives may be, offer a more stable alternative than the incredible instability of the kids’ parents (or more likely, parent).

Vance scarcely knew his biological father until he was a bit older, and lived with his mom and her rotating cast of boyfriends and husbands. Here’s Vance on models of manhood:

I learned little else about what masculinity required of me other than drinking beer and screaming at a woman when she screamed at you. In the end, the only lesson that took was that you can’t depend on people. “I learned that men will disappear at the drop of a hat,” Lindsay [his half-sister] once said. “They don’t care about their kids; they don’t provide; they just disappear, and it’s not that hard to make them go.”

This is what happens in inner-city black culture, as has been exhaustively documented. But these are rural and small-town white people. This dysfunction is not color-based, but cultural.

I could not do justice here to describe the violence, emotional and physical, that characterizes everyday life in Vance’s childhood culture, and the instability in people’s outer lives and inner lives. To read in such detail what life is like as a child formed by communities like that is to gain a sense of why it is so difficult to escape from the malign gravity of that way of life. You can’t imagine that life could be any different.

Religion among the hillbillies is not much help. Vance says that hillbillies love to talk about Jesus, but they don’t go to church, and Christianity doesn’t seem to have much effect at all on their behavior. Vance’s biological father is an exception. He belonged to a strict fundamentalist church, one that helped him beat his alcoholism and gave him the severe structure he needed to keep his life from going off track. Vance:

Dad’s church offered something desperately needed by people like me. For alcoholics, it gave them a community of support and a sense that they weren’t fighting addiction alone. For expectant mothers, it offered a free home with job training and parenting classes. When someone needed a job, church friends could either provide one or make introductions. When Dad faced financial troubles, his church banded together and purchased a used car for the family. In the broken world I saw around me — and for the people struggling in that world — religion offered tangible assistance to keep the faithful on track.

Vance says the best thing about life in his dad’s house was how boring it was. It was predictable. It was a respite from the constant chaos.

On the other hand, the religion most hillbillies espouse is a rusticated form of Moralistic Therapeutic Deism. God seems to exist only as a guarantor of ultimate order, and ultimate justice; Jesus is there to assuage one’s pain. Except for those who commit to churchgoing — and believe it or not, this is one of the least churched parts of the US — Christianity is a ghost.

About Vance’s father’s fundamentalism, I got more details about what this blog’s reader Turmarion, who lives in Appalachia, keeps telling me about that region’s fundamentalism. Even though I live in the rural Deep South, this form of Christianity is alien to me. When he went to live with his dad for a time as an adolescent (if I have my chronology correct), Vance was exposed for the first time to church. He appreciated very much the structure, but noticed that the spirituality on offer was fear-based and paranoid. “[T]he deeper I immersed myself in evangelical theology, the more I felt compelled to mistrust many sectors of society. Evolution and the Big Bang became ideologies to confront, not theories to understand … In my new church … I heard more about the gay lobby and the war on Christmas than about any particular character trait that a Christian should aspire to have.”

This was yet another reminder of why so many Evangelicals react strongly against the Benedict Option. As I often say, I have no experience of this extreme siege mentality in Christianity. In fact, my experience is entirely the opposite. I believe that some Christians coming out of fundamentalism may react so strongly against their miserable, unhappy background that they don’t appreciate the extent to which there really are people and forces out to “get” them. When you have lived almost all your Christian life among highly assimilated Christians who generally don’t pay attention to these things, their complacency can drive you crazy. But Vance helps me to understand how someone who grew up in its opposite would find even the slightest hint of siege Christianity to be anathema.

One of the most important contributions Vance makes to our understanding of American poverty is how little public policy can affect the cultural habits that keep people poor. He talks about education policy, saying that the elite discussion of how to help schools focuses entirely on reforming institutions. “As a teacher at my old high school told me recently, ‘They want us to be shepherds to these kids. But no one wants to talk about the fact that many of them are raised by wolves.”

He continues:

Why didn’t our neighbor leave that abusive man? Why did she spend her money on drugs? Why couldn’t she see that her behavior was destroying her daughter? Why were all of these things happening not just to our neighbor but to my mom? It would be years before I learned that no single book, or expert, or field could fully explain the problems of hillbillies in modern America. Our elegy is a sociological one, yes, but it is also about psychology and community and culture and faith. During my junior year of high school, our neighbor Pattie called her landlord to report a leaky roof. The landlord arrived and found Pattie topless, stoned, and unconscious on her living room couch. Upstairs the bathtub was overflowing — hence, the leaking roof. Pattie had apparently drawn herself a bath, taken a few prescription painkillers, and passed out. The top floor of her home and many of her family’s possessions were ruined. This is the reality of our community. It’s about a naked druggie destroying what little of value exists in her life. It’s about children who lose their toys and clothes to a mother’s addiction.

This was my world: a world of truly irrational behavior. We spend our way into the poorhouse. We buy giant TVs and iPads. Our children wear nice clothes thanks to high-interest credit cards and payday loans. We purchase homes we don’t need, refinance them for more spending money, and declare bankruptcy, often leaving them full of garbage in our wake. Thrift is inimical to our being. We spend to pretend that we’re upper class. And when the dust clears — when bankruptcy hits or a family member bails us out of our stupidity — there’s nothing left over. Nothing for the kids’ college tuition, no investment to grow our wealth, no rainy-day fund if someone loses her job. We know we shouldn’t spend like this. Sometimes we beat ourselves up over it, but we do it anyway.

More:

Our homes are a chaotic mess. We scream and yell at each other like we’re spectators at a football game. At least one member of the family uses drugs — sometimes the father, sometimes both. At especially stressful times, we’ll hit and punch each other, all in front of the rest of the family, including young children; much of the time, the neighbors hear what’s happening. A bad day is when the neighbors call the police to stop the drama. Our kids go to foster care but never stay for long. We apologize to our kids. The kids believe we’re really sorry, and we are. But then we act just as mean a few days later.

And on and on. Vance says his people lie to themselves about the reality of their condition, and their own personal responsibility for their degradation. He says that not all working-class white hillbillies are like this. There are those who work hard, stay faithful, and are self-reliant — people like Mamaw and Papaw. Their kids stand a good chance of making it; in fact, Vance says friends of his who grew up like this are doing pretty well for themselves. Unfortunately, most of the people in Vance’s neighborhood were like his mom: “consumerist, isolated, angry, distrustful.”

As I said earlier, the two things that saved Vance were going to live full time with his Mamaw (therefore getting out of the insanity of his mom’s home), and later, going into the US Marine Corps. I’ve already written at too much length about Vance’s story, so I won’t belabor this much longer. Suffice it to say that as imperfect as she was, Mamaw gave young Vance the stability he needed to start succeeding in school. And she wouldn’t let him slack off on his studies. She taught him the value of hard work, and of moral agency.

The Marine Corps remade J.D. Vance. It pulverized his inner hillbilly fatalism, and gave him a sense that he had control over his life, and that his choices mattered. This was news to him. Reading this was a revelation to me. I was raised by parents who grew up poor, but who taught my sister and me from the very start that we were responsible for ourselves. Hard work, self-respect, and self-discipline were at the core of my dad’s ethic, for sure. There was no more despicable person in my dad’s way of seeing the world than the sumbitch who won’t work. I doubt that I’ve ever known a man more willing to do hard physical labor than my father was. Knowing what he came from, and knowing how any progress he made came from the sweat of his brow and self-discipline on spending, he had no tolerance for people who were lazy and blamed everybody else for their problems. This is true whether they were poor, middle class, or rich (but especially if they were rich).

Anyway, Vance talks about how the contemporary hillbilly mindset renders them unfit for participation in life outside their own ghetto. They don’t trust anybody, and are willing to believe outlandish conspiracy theories, particularly if those theories absolve them from responsibility.

I once ran into an old acquaintance at a Middletown bar who told me that he had recently quit his job because he was sick of waking up early I later saw him complaining on Facebook about the “Obama economy” and how it had affected his life. I don’t doubt that the Obama economy has affected many, but this man is assuredly not among them. His status in life is directly attributable to the choices he’s made, and his life will improve only through better decisions. But for him to make better choices, he needs to live in an environment that forces him to ask tough questions about himself. There is a cultural movement in the white working class to blame problems on society or the government, and that movement gains adherents by the day.

Hence the enormous popularity of Donald Trump among the white working class. Here’s a guy who will believe and say anything, and who blames Mexicans, Chinese, and Muslims for America’s problems. The elites hate him, so he’s made the right enemies, as far as the white working class is concerned. And his “Make America Great Again” slogan speaks to the deep patriotism that Vance says is virtually a religion among hillbillies.

Trump doesn’t come up in Vance’s narrative, but in truth, he’s all over it. Vance is telling his personal story, not analyzing US politics and culture broadly. It’s also true, however, that the GOP elites set themselves up for their current disaster, by listening to theories that absolved themselves of any responsibility for problems in this country from immigration and free trade (Trump is not all wrong about this).

The sense of inner order and discipline Vance learned in the Marine Corps allowed his natural intelligence to blossom. The poor hillbilly kid with the druggie mom ends up at Yale Law School. He says he felt like an outsider there, but it was a serious education in more than the law:

The wealthy and the powerful aren’t just wealthy and powerful; they follow a different set of norms and mores. … It was at this meal, on the first of five grueling days of [law school job] interviews, that I began to understand that I was seeing the inner workings of a system that lay hidden to most of my kind. … That week of interviews showed me that successful people are playing an entirely different game.

What he’s talking about is social capital, and how critically important it is to success. Poor white kids don’t have it (neither do poor black or Hispanic kids). You’re never going to teach a kid from the trailer park or the housing project the secrets of the upper middle class, but you can give them what kids like me had: a basic understanding of work, discipline, confidence, good manners, and an eagerness to learn. A big part of the problem for his people, says Vance, is the shocking degree of family instability among the American poor. “Chaos begets chaos. Instability begets instability. Welcome to family life for the American hillbilly.”

Vance is admirably humble about how the only reason he got out was because key people along the way helped him climb out of the hole his culture dug for him. When Vance talks about how to fix these problems, he strikes a strong skeptical note. The worst problems of his culture, the things that held kids like him back, are not things a government program can fix. For example, as a child, his culture taught him that doing well in school made you a “sissy.” Vance says the home is the source of the worst of these problems. There simply is not a policy fix for families and family systems that have collapsed.

I believe we hillbillies are the toughest goddamned people on this earth. … But are we tough enough to do what needs to be done to help a kid like Brian? Are we tough enough to build a church that forces kids like me to engage with the world rather than withdraw from it? Are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. These problems were not created by governments or corporations or anyone else. We created them, and only we can fix them.

Voting for Trump is not going to fix these problems. For the black community, protesting against police brutality on the streets is not going to fix their most pressing problems. It’s not that the problems Trump points to aren’t real, and it’s not that police brutality, especially towards minorities, isn’t a problem. It’s that these serve as distractions from the core realities that keep poor white and black people down. A missionary to inner-city Dallas once told me that the greatest obstacle the black and Latino kids he helped out had was their rock-solid conviction that nothing could change for them, and that people who succeeded got that way because they were born white, or rich, or just got lucky.

Until these things are honestly and effectively addressed by families, communities, and their institutions, nothing will change.

Is there a black J.D. Vance? I wonder. I mean, I know there are African-Americans who have done what he has done. But are there any who will write about it? Clarence Thomas did, in his autobiography. Who else? Anybody know?

Vance’s book sends me back to Kevin D. Williamson’s stunning National Review piece on “The White Ghetto” — Appalachia, he means. This is the world J.D. Vance came out of, though he saw more good in it that Williams does in his journalistic tour. It also brings to mind Williamson’s highly controversial piece earlier this year (behind subscription paywall; David French excerpts the hottest part here) in which he said:

It is immoral because it perpetuates a lie: that the white working class that finds itself attracted to Trump has been victimized by outside forces. It hasn’t. The white middle class may like the idea of Trump as a giant pulsing humanoid middle finger held up in the face of the Cathedral, they may sing hymns to Trump the destroyer and whisper darkly about “globalists” and — odious, stupid term — “the Establishment,” but nobody did this to them. They failed themselves.

If you spend time in hardscrabble, white upstate New York, or eastern Kentucky, or my own native West Texas, and you take an honest look at the welfare dependency, the drug and alcohol addiction, the family anarchy — which is to say, the whelping of human children with all the respect and wisdom of a stray dog — you will come to an awful realization. It wasn’t Beijing. It wasn’t even Washington, as bad as Washington can be. It wasn’t immigrants from Mexico, excessive and problematic as our current immigration levels are. It wasn’t any of that. Nothing happened to them. There wasn’t some awful disaster. There wasn’t a war or a famine or a plague or a foreign occupation. Even the economic changes of the past few decades do very little to explain the dysfunction and negligence — and the incomprehensible malice — of poor white America. So the gypsum business in Garbutt ain’t what it used to be. There is more to life in the 21st century than wallboard and cheap sentimentality about how the Man closed the factories down. The truth about these dysfunctional, downscale communities is that they deserve to die.

Economically, they are negative assets. Morally, they are indefensible. Forget all your cheap theatrical Bruce Springsteen crap. Forget your sanctimony about struggling Rust Belt factory towns and your conspiracy theories about the wily Orientals stealing our jobs. Forget your goddamned gypsum, and, if he has a problem with that, forget Ed Burke, too. The white American underclass is in thrall to a vicious, selfish culture whose main products are misery and used heroin needles. Donald Trump’s speeches make them feel good. So does OxyContin. What they need isn’t analgesics, literal or political. They need real opportunity, which means that they need real change, which means that they need U-Haul.

I criticized Williamson at the time for his harshness. I still wouldn’t have put it the way he did, but reading Vance gives me reason to reconsider my earlier judgment. Vance writes from a much more loving and appreciative place than Williamson did (though I believe Williamson came from a similar rough background), but he affirms many of the same truths. If white lives matter — and they do, because all lives matter — then sentimentality and more government programs aren’t going to rescue these poor people. Vance puts it more delicately than Williamson, but getting a U-Haul and getting away from other poor people — or at least finding some way to get their kids out of there, to a place where people aren’t so fatalistic, lazy, and paranoid — is their best hope. And that is surely true no matter what your race.

The book is called Hillbilly Elegy, and I can’t recommend it to you strongly enough. It offers no easy answers. But it does tell the truth. I thank reader Surly Temple for giving it to me.

UPDATE: Hello Browser readers. Glad to see traffic from one of my favorite websites. If you found this piece interesting, I strongly encourage you to take a look at the subsequent interview I did with J.D. Vance about the book. I posted it last Friday, and it has gone viral. This past weekend was a record-setting one for TAC; Vance’s interview was so popular it crashed our server. Take a look at the piece and you’ll understand why. This extraordinary young writer is tapping into something very, very deep in American life right now. I’ve been getting plenty of e-mails from liberals saying how much they appreciated the piece, because Vance tells difficult truths that both liberals and conservatives need to hear.

Voir aussi:

Why Liberals Love ‘Hillbilly Elegy’

My friend Matt Sitman tweets:

Yes, but the more interesting question, at least to me, is why so many liberals like it — or at least why they are writing to me in droves saying how the interview J.D. Vance did with me deeply resonated with them, and inspired them to buy the book. (By the way, that interview was published two weeks ago today, and it’s still drawing so much web traffic to this site that our servers are struggling to handle it.) I’ll give you a sample below of the kind of correspondence I’m getting (with a couple of tweaks to protect privacy). There’s lots of it just like these below:

Mr. Dreher, this article was fantastic.

I grew up in rural Alabama, proudly declared myself “politically somewhere to the right of Attila the Hun”, and enlisted when I was 17. I had a difficult time getting out at 23 years old, several states away from my family, with a grownup’s bills to pay but an MOS that didn’t match the career I was suited for or needed as a civilian. I spent the next several years desperately poor but “self-sufficient” – as far as I knew, anyway.

In reality, of course, I had zero understanding of how taxes work. I saw about a 28% bite taken out of my paycheck, and didn’t understand that FICA/SS didn’t ultimately go to anybody but me, myself, and I, and that I wasn’t actually paying any income tax. I also had heard of but didn’t really understand or care about things like “every federal tax dollar that leaves SC has three federal tax dollars pass by it coming in.”

Truth be told, I wasn’t just unaware, I actively disbelieved that I wasn’t “self sufficient” at all, and I naively thought that I was paying for the “welfare” that the tiny, tiny portion of the population “poorer than me” was getting. I was also completely unaware that I was “desperately poor” at all. I was making $6/hr and I thought I was middle class! I knew people who made $10/hr, and I thought they were on the low end of upper class!
Eventually I made a real career for myself, started my own business, and spent less time scratching and kicking and fighting just to stay alive. The more time and resources I had, the more I learned about how the world, and politics, worked, and the more progressive I became. I am not, today, someone who would normally read articles from a site called “American Conservative”.

But I read yours, and I’m glad I did. What you and J.D. Vance had to say in that article are exactly what I want to hear from the conservative wing of American politics. Speaking candidly, I’m unlikely to be a “conservative” again – I’m a progressive, and likely to stay that way. But what you and Vance said was thoughtful, and reasonable, and – like I try to very publicly be myself, having “been there and done that” – understanding of the realities of the working poor. It’s the real and sensible ballast that even the best of real and sensible balloons (if you’ll permit the analogy between conservative and progressive, and we can both agree to handwave away the fact that the current DNC is neither as real or as sensible as it should be) needs.

That’s probably way too much to slog through, but seriously: thank you.

Another one:

I thoroughly enjoyed this article! The conversation is not one that I have witnessed anyone else having. It is so easy to dismiss people as racist without ever considering from where their views and positions are derived. I am certainly going to read Hillbilly Elegy and look forward to reading more of your articles, By the way I am black, liberal, I most often vote Democrat and I don’t like Trump (for Reasons too high in number to state). I enjoy intelligent conversation and debate and have learned to carefully listen to and understand those who I may disagree with, so I might be educated fully on the issue not just entrenched in my beliefs.

Thank you for a refreshing read in a sea partisan sludge.

Another one, this from a reader who mistakenly believed that J.D. Vance’s experiences were mine. Still, his letter is fascinating:

I wandered in on this article today… and couldn’t stop reading. I’m Californian, a progressive and a Sanders supporter, a former Nader supporter, a former UAW organizer, currently a medical
devices engineer in [state], and have a Ph.D. in engineering. I grew up in a town 5 miles north of the Mexican border in south San Diego, and grew up among Mexican immigrants, many of whom were undocumented… they were my neighbors, my friends, my elders. I myself am an immigrant, came here as a kid with my parents, who were liberals who wanted something better than that right-wing dictatorship in [another country].

But I did grow up around the poverty line. My parents fought hard to stay out of welfare, to stay together, and to teach us the value of work. At 43, I have always worked since I was 14, and have always associated these traits with working-class liberal values… and was quite surprised many election cycles ago to hear silver-spooned class enemies in the GOP pick that up. What did these bastards know about real work? But it also pains me to see the elites, especially the East Coast elites, take over the Democratic Party.

I’m sorry to hear about your experiences at Yale Law. And I’m glad that I didn’t go to a private school, or a school in the East Coast. After moving to [my current state] 3 years ago I’ve found that liberals “out east” (east of the Sierra Nevadas) seem to come from privilege, are more dogmatic, disconnected from the working class, and can be super competitive and vindictive. I even remember starting out as an undergrad and scholarship kid at UC San Diego, how I felt the sting of class. I felt disconnected culturally from the liberals. It wasn’t until friends from high school began shipping back from Desert Storm all crazy and screwed up that I found common cause with these liberals.

As with the folks of Appalachia (I was a member of the Southern Baptist Church… it was a big military town), the defense of our neighborhoods was also paramount to us. What south San Diegans were seeing during the 90s was an entire generation deployed to guard oil fields in Iraq while the princelings of Kuwait lived it up in night clubs, and folks in Sacramento setting up laws that attack immigrants as a cheap shot to get elected. Everything was fine at the border until these demagogues (Republicans in this case) started showing up in our town in staged photo-ops.

Trump does have that appeal of at least pretending to listen to the
broken and forgotten. But just as we were about to forget the vengeance we swore against those who hurt our town, Trump comes by and reopens all the wounds, reminding us that while we might hold some conservative values, Republicans will always see us as sub-human.

I do think dialog and empathy are something of a short supply in
American politics today. The neoliberal policies and unfair trade pacts supported by both parties have been crushing our respective beloved hometowns. And we have a lot more in common than what these entrenched political entities say that we do. I’ve read “Rivethead” and “Deer Hunting with Jesus” and felt this familiarity. I will look for your book.

And here’s another one:

I just wanted to write and tell you that I was fascinated by your interview with the author JD Vance, and I speak as a socialist, agnostic, gay white male who’s never voted Republican in all his years! As a lifelong resident of the suburbs of Houston, Texas, it’s long occurred to me how insulated I am from the struggles of poor and working-class folks today; however my family started out poor, with my parents divorcing when I was six. Luckily our mother was strong enough to help us make it out of the hole by excelling in her profession as a nurse. I remember her telling me that in the days when my sister and I were very young, for Christmas she’d spend $20 on each of us at the dollar store, and she always hoped that we enjoyed our presents. That made me love my mom so much more, and I realized how lucky we’d been to have her, given how things might have turned out. In Houston as you probably know there is a staggering number of people of every imaginable type, and my school years were spent among kids from every walk of life, of every ethnicity and persuasion you can imagine. As an outsider myself, being gay and openly agnostic in an environment where neither was considered acceptable (high school was in the late 90s), I can identify with the feeling of seeming hopelessness, isolation, and fear for the future that Mr Vance describes, though certainly on a different level and for different reasons. I also feel a greater understanding now of the appeal of Trump to certain strata within our society…along with a renewed sense of how dangerous he really is to all of us (not to mention the rest of the world)! I would like to feel as hopeful for the future as Mr Vance seems to, but I’m afraid that until November (though hopefully not after!) I’ll be suffering a case of non-stop indigestion. Maybe we could all use a touch of that hillbilly idealism in our lives.

Anyway, that’s enough rambling out of me. Cheers for an excellent interview, and congratulations for gaining a new reader of the blue persuasion!

I could go on and on. I’m getting so many e-mails like these above that I can’t begin to respond to them all. I’m passing every one of them on to J.D. Vance, though. Interestingly, if I’ve received a single e-mail from a conservative about the interview, I can’t remember it.

I’m genuinely surprised and grateful for all these generous e-mails, and I’m sure J.D. is too. What I find so hopeful about it is that someone has finally found a voice with which to talk substantively about an important economic and cultural issue, but without antagonizing the other side. JDV identifies as a conservative, but his story challenges right-wing free-market pieties. And I’ve gotten plenty of e-mails from liberals who either come from poverty or who work with poor people for a living, who praise JDV’s points about the poor needing to understand that whatever structural problems they face, they retain moral agency.

What do you think, readers? Do you think the runaway success of Hillbilly Elegy, and the powerfully positive response from liberals to a book about class written by a conservative, bodes well for the possibility of constructive engagement around issues of class and poverty? To be sure, I’ve received a handful of letters from angry liberal readers who reject the idea that there’s anything wrong with poor and working class white people that government action can’t solve. I believe, and so does J.D., that government really does have a meaningful role to play in ameliorating the problems of the poor. But there will never be a government program capable of compensating for the loss of stable family structures, the loss of community, the loss of a sense of moral agency, and the loss of a sense of meaning in the lives of the poor. The solution, insofar as there is a “solution,” is not an either-or (that is, either culture or government), but a both-and. From a Washington Post review of the book:

The wounds are partly self-inflicted. The working class, he argues, has lost its sense of agency and taste for hard work. In one illuminating anecdote, he writes about his summer job at the local tile factory, lugging 60-pound pallets around. It paid $13 an hour with good benefits and opportunities for advancement. A full-time employee could earn a salary well above the poverty line.

That should have made the gig an easy sell. Yet the factory’s owner had trouble filling jobs. During Vance’s summer stint, three people left, including a man he calls Bob, a 19-year-old with a pregnant girlfriend. Bob was chronically late to work, when he showed up at all. He frequently took 45-minute bathroom breaks. Still, when he got fired, he raged against the managers who did it, refusing to acknowledge the impact of his own bad choices.

“He thought something had been done to him,” Vance writes. “There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself.”

Perhaps Vance’s key to success is a simple one: that he just powered through his difficulties instead of giving up or blaming someone else.

“I believe we hillbillies are the toughest god—-ed people on this earth,” he concludes. “But are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. . . . I don’t know what the answer is precisely, but I know it starts when we stop blaming Obama or Bush or faceless companies and ask ourselves what we can do to make things better.”

The loss of industrial jobs plays a big role in the catastrophe. J.D. Vance acknowledges that plainly in his book. But it’s not the whole story. Anybody who comes to Hillbilly Elegy thinking that it’s going to tell a story that affirms the pre-conceived beliefs of mainstream conservatives or liberals is going to be surprised and challenged — in a good way.

By the way, the viral nature of the TAC interview with J.D. Vance has pushed Hillbilly Elegy onto the bestseller list (more details of which will be available shortly). It’s No. 4 on Amazon’s own list as of this morning. They can barely keep enough in stock. It really is that good, folks. All this success could not have happened to a nicer man. Credit for this spark goes to reader Surly Temple, who gave me my copy of Hillbilly Elegy.

UPDATE: A reader writes to point out:

The Washington Post review you quote states, Perhaps Vance’s key to success is a simple one: that he just powered through his difficulties instead of giving up or blaming someone else.” I think that misses the point of the book. J.D. fully acknowledges the importance of his Mamaw, Marine Corps drill instructors, and wife in changing his outcomes.

My takeaway from the book is that we can help these communities and people, but not from a distance. It takes unconditional, sacrificial love.

He’s right about that, and I shouldn’t have posted that WaPo review without commenting. JDV openly credits his Mamaw and the Marine Corps with making him the man he is today. He does not claim he got there entirely on his own, by bootstrapping it.

Voir également:

RACE, CLASS, AND CULTURE: A CONVERSATION WITH WILLIAM JULIUS WILSON AND J.D. VANCE
THE BROOKINGS INSTITUTION
Washington, D.C.
Tuesday, September 5, 2017

MS. BUSETTE: Thanks Richard. I’m indebted to Richard who had the foresight to invite Bill and J.D. for this conversation well before I arrived at Brookings (…) Today we’re going to be covering some very timely and sensitive topics. Topics that explore who we are as Americans and why we are still struggling with entrenched poverty increasing in equality and the tragic waste of significant human potential; some 30 years after Bill Wilson first published his watershed book, “ The Truly Disadvantaged. ” As we begin this conversation, I want our audience to understand the personal experiences you both bring to your perspectives on poor Americans. Bill and J.D., I’d like each of you to share with us a personal experience from your childhood that had a profound impact on you and your perspectives on poverty, and Bill I’m going to ask you to go first.

MR. WILSON: Thank you. So, in answer to that challenging question, I should point out first of all that “ Hillbilly Elegy ” is a very important book and it also resonated with me in a very personal way because I also experienced the problems of rural poverty. I grew up in a small town in Western Pennsylvania. My father was a coal miner. He worked in these coal mines of Western Pennsylvania and oc casionally he worked in steel mills in Western Pennsylvania. He died at the age of 39, with a lung disease. Left my mother with six kids and I was the oldest at 12 years of age. My father had a 10 th grade education, my mother had a 10 th grade education. My mother who lived to the ripe old age of 94, raised us by cleaning house occasionally. Initially we were on r elief. We call it w elfare now. She got off w elfare and supported us by cleaning house; and what I distinctly remember about growing up in ru ral poverty is hunger. You know, I reviewed a book in the New York Times, Kathy Edin and Luke Shaefer’s book, “ Two Dollars a Day, Living on Almost Nothing in America. ” That book really captured my experiences, and I distinctly remember the times when we went hungry because my mother did not have any money and it was during the winter time and sometimes she had to use her own creativity in coming up with food because she couldn’t draw from the garden.

Now, given my family background, black person, black family in rural poverty; as one of my colleagues at Harvard told me, the odds that I would end up at Harvard as a University p rofessor and capital U on University, are very nearly zero. Like J.D. I’m an outlier. An outlier in — Malcolm Gladwell says in his book “ Outlier, The Study of Success. ” We are both outliers; but it’s interesting that J.D. never talks about holding himself up by his own bootstraps, and that’s something that I reject. I don’t refer to myself that way, because both J.D. and I, were in the right places at the right times, and we had significant individuals who were there to rescue us from poverty and enabled us to escape. We are the outliers being at the right place at the right time, and when I think about your question, that’s one thing I think about; how lucky I was. I had some significant individuals who helped me escape poverty.

MS. BUSETTE: Thank you Bill. J.D.?

MR. VANCE: Well first, thanks Camille, thanks Richard for hosting this. It’s really wonderful to be here and I’m a bit of a fan boy of William Julius Wilson as I wrote Hillbilly Elegy, so it was real exciting to be able to get him to sign this book. I think that the story that stands out to me is, and there’s a bit of a background here which is that you know, I was six or seven years old, and I remember my mom who was trying to get some sort of certification to become a nurse; and eventually after a couple of years, I remember being old enough that she sort of had to test how to draw blood on me, and that was sort of something I volunteered for because I thought it was really cool, because I was a weird kid; and I remember that eventually she made it and she was able to work as a nurse for a couple of years, and this just so happened to overlap with a period w here she was married to a truck driver. A guy who hadn’t graduated from high school, but was able to drive a truck and so you think about those two incomes together, there was this period where I felt like we had genuinely made it where we had this financial stability that was pretty remarkable given the history of my family. And I think the way that it fell apart so quickly and the way that even in the midst of that financial security, life was so chaotic and so unstable and eventually when that very precarious middle – class lifestyle fell apart economically, all of the instability that existed in our home sort of came crashing down upon us; and so, it felt like after this two-year period, we were in an even worse situation than we were going into it. I think you know, one of the things that taught me, and one of the ways I think it influenced the way that I think about poverty and inequality and upward mobility, is that the problems that a lot of poor families face aren’t purely income related. That some of the lessons that you learn, some of the things that you acquire when you are really struggling, they follow you even when you’re not struggling in a purely material sense. And then when a material sense returns, it can make all of those non-material things that much worse off, and I think that way of understanding these problems has really influenced the way that I think about a lot of the problems that I write about in the book.

MS. BUSETTE: Great, thank you very much. Thank you both very much. You know I want to talk a little bit about the place of poverty in the American narrative. And that narrative is complicated. In a recent survey conducted by The American Enterprise Institute and the Los Angeles Times, white Americans linked poverty with laziness and lack of ambition, and when we think of the welfare reform debates from the 1990’s, there were ungenerous terms used to describe the poor. The National Opinion Research Center also released a survey that shows that over the last two d ecades, there has never been such a bigger divide between white Republicans and white Democrats when it comes to the views of the intelligence and work ethic of African Americans. More generally, Americans think of poverty as an individual failure, and i ts opposite financial success is the result of hard work and smarts. I want each of you to reflect on these narratives of poverty and give us your perspective. Bill, I’m going to start with you.

MR. WILSON: Okay, that’s a very challenging question and I ‘m going to try to answer it by also pointing out some differences that I have with J.D. It’s really kind of a matter of emphasis. Not that we differ, it’s just a matter of emphasis. First of all, we both agree that too many liberal social scientists focus on social structure and ignore cultural conditions. You know, they talk about poverty, joblessness and discrimination, but they also don’t talk about some of the cultural conditions, that grow out of these situations, in response to these situations. Too many conservatives focus on cultural forces and ignore structural factors. Now J.D. has made the same point in “ Hillbilly Elegy ” and you also have made the same point in some subsequent interviews talking about the book. Now where we disagree and this relates back to your question, Camille, is in the interpretation of these cultural factors. J.D. places a lot of emphasis on agency. That people even in the most impoverished circumstances have choices that can either improve or exacerbate their situation, their predicaments. And I also think that a gency is important and should not be ignored, even in situations where individuals confront overwhelming structural impediments. But what J.D., and I’d like to hear your response to this J.D., wha t you don’t make explicit or emphasize enough from my point of view, is that agency is also constrained by these structural factors, even among people who you know, make positive choices to improve their lives, there are still constraints and I maintain th at the part of your book where you talking about agency, really cries out for a deeper interrogation. A deeper interrogation of how personal a gency is expanded or inhibited by the circumstance that the poor or working classes confront, including you know, their interactions and families, social networks , and institutions, in these distressed communities. In other words, what I’m trying to suggest is that personal agency is recursively associated with the structural forces within which it operates. And here you know, it’s sort of insightful to talk about intermediaries and insightful to talk about people who aid, who help you in making choices, and you do that well in the book. But here’s the point, given the American belief system on poverty and welfare in which Americans as you point out Camille, place far greater emphasis on personal shortcomings as opposed to structural barriers and especially when you’re talking about the behavior of African Americans. I believe that explanations that focus — don’t get me wrong, you don’t even talk about African Americans in the sense, I’m talking about people out there in the general public. Given this focus on personal shortcomings as opposed to structural barriers in a common for outcomes, I believe that explanations that focus on agency are likely to overshadow explanations that focus on structural impediments. Some people read a book, but they’re not that sophisticated, the take away will be those personal factors and you know, I would have liked to have seen you sort of try to put things in context you know. Talk about the constraints that people have. Now this relates to the second point I want to make. In addition, to feeling that they have little control over themselves, that is lack of agency. You point out that the individuals in these hillbilly communities tend to blame themselves — I’m sorry, blame everyone but themselves, and the term you used to explain this phenomenon is cognitive dissonance, when our beliefs are not consistent with our behaviors. And I agree, and many people often do tend to blame others and not themselves, but I think that when we talk about cognitive dissonance, we also have to recognize that individuals in these communities do indeed have some complaints, some justifiable complaints, including complaints about industries that have pulled off stakes and relocated to cheaper labor areas overseas and in the process, have devastated communities like Middletown, Ohio. Including complaints about automation replacing the jobs of cashiers and parking lot attendants. Including the complaints that government and corporate actions have undermined unions and therefore led to a decrease in the wages or workers in Middletown. You know, I just , I’m sorry, I’m going on too far, I’ll let you respond.

MS. BUSETTE: That was interesting. Now, here’s your chance.

MR. VANCE: Sure. So, I’ll make two broad points. One hopefully more responsive to your initial question, second more responsive to Bill’s concerns. So, first this point about culture, which is a really, really, difficult and amorphous concept to define, and one of the things that I was trying to do with “ Hillbilly Elegy ” is try to in some ways draw the discussion away from this structure versus personal responsibility narrative and convince us to look at culture as a third and I think very important variable. I often think that the way that conservatives, and I’m a conservative, talk about culture is in some ways an excuse to end the conversation instead of starti ng a much more important conversation. It’s look at their bad culture, look at their deficient culture, we can’t do anything to help them; instead of trying to understand culture as this much bigger social and institutional force that really is important that some cases can come from problems related to poverty and some cases can come from a host of different factors that are difficult to understand. So, here’s what I mean by that. One of the most important I think cultural problems that I talk about is the prevalence of family and stability and family trauma in some of the communities that I write about; and I take it as a given that that trauma and that instability is really bad, that it has really negative downstream effects on whether children are able to get an education, whether their able to enter the workforce, whether their able to raise and maintain successful families themselves. I think it’s tempting to sort of look at the problems of family instability and families like mine and say the re’s a structural problem if only people had access to better economic opportunities, they wouldn’t have this problem. I think that’s partially true, but also consequently partially false. I think there’s a tendency on the right to look at that and say these parents need to take better care of their families and of their children, and unless they do it, there’s nothing that we can do. And I think again, that is maybe partially true, but it’s also very significantly false. What I’m trying to point to in this concept of culture, is we know that when children grow up in very unstable families that it has important cognitive effects, we know that it has important psychological effects, and unless we understand the problem of family instability and trauma, not just as a structural problem, or problem with personal responsibility, but as a long – term problem, in some cases inherited from multiple generations back, then we’re not going to be able to appreciate what’s really going on in some of these families a nd why family instability and trauma is so durable and so difficult to actually solve. So, I tend to think of culture as in some ways, this way to sum all of the things that are neither structural nor individual. What is it that’s going on in people’s environments good and bad that make it difficult for them to climb out of poverty. What are the things that they inherit. It’s not just from their own families, but from multiple generations back. Behaviors, expectations, environmental attitudes that mak e is really hard for them to succeed and do well. That’s the concept of culture that I think is most important, and also frankly that I think is missing a little bit from our political conversation when we talk about these questions of poverty, we’re real ly comfortable talking about personal responsibility, we’re really comfortable talking about structural problems. We don’t often talk about culture in this way that I’m trying to talk about it, in “ Hillbilly Elegy. ”

MR. WILSON: Can I just —

MR. VANCE : Sure.

MR. WILSON: No, go ahead J.D.

MR. VANCE: (laughing)

MR. WILSON: No, no, I agree. It’s a matter of emphasis, that’s all I’m saying.

MR. VANCE: So this, yeah.

MR. WILSON: And let me also point out, here’s where we really do agree. We both agree that there are cultural practices within families and so on and in communities that reinforce problems created by the structural barriers.

MR. VANCE: Absolutely.

MR. WILSON: Reinforce. Practiced behaviors that perpetuate poverty and disadvantage. So, this we agree. Too often liberals ignore the role of these cultural forces in perpetuating or reinforcing conditions associated with poverty or concentrated (inaudible).

MS. BUSETTE: So —

MR. VANCE: Absolutely. So, the second point that I wanted to make, and I’ll try to be brief is this question of Agency and whether I overemphasize the role of Agency. I think that for me, this is a really tough line to tow because I’m sort of writing about these problems you know, having in my personal memory, I’m not that far removed from a lot of them. I know that myself, one of the biggest problems that I faced was that I really did start to give up on myself early in high school, and I think that’s a really significant problem. At the same time, I understand and recognize the problem that Bill mentions which is that we have this tendency to sort of overemphasize Personal Agency and to proverbially blame the victim for a lot of these problems. So, what I was trying to do with this discussion of Personal Agency in the book, and I may have failed, but this is the effort, this is what I’m really trying to accomplish. Is that the first instance, I do think that it’s important for kids like me in circumstances like mine, to pick up the book and to have at least some reinforcement of the Agency that they have. I do think that’s a significant problem from the prospective of kids who grew up in communities like mine. The second thing that I’m trying to do, is talk about Personal Agency, not jus t from the prospective of individual poor people, but from the entire community that surrounds them. So, one of the things that I talk about is as religious communities in these areas, do they have the, as I say in the book, toughness to build Churches that encourage more social engagement as opposed to more social disaffection. I think that’s a question of Personal Agency, not from the perspective of the impoverished kid, but from a religious leader and community leaders that exist in their neighborho od. So, I think that sense of Personal Agency is really important. One of the worries that I have, is that when we talk about the problems of impoverished kids and this is especially true amongst sort of my generation, so this is — I’m a tail end of t he millennials here, is that we tend to think about helping people, 10 million people at a time a very superficial level, and one of the calls to action that I make in the book with this — by pointing out to Personal Agency is the idea that it can be real ly impactful to make a difference in 10 lives at a very deep level at the community level. And I think that sometimes is missing from these conversations. And then, the final point that I’ll make is that there’s a difference between recognizing the impo rtance of Personal Agency and I think ignoring the role of structural factors in some of these problems, right? So, the example that I used to highlight this in the book is this question of addiction. So, there’s some interesting research that suggests t hat people who believe inherently that their addiction is a disease, show slightly less proclivity to actually fight that addiction and overcome that addiction. So, that creates sort of a catch 22, because we know there are biological components to add iction. We know that there are these sorts of structural non – personal decision – making drivers of addiction, and yet, if you totally buy in to the non – individual choice explanation for addiction, you show less of a proclivity to fight it. So, I think that there is this really tough under current to some of our discussions on these issues, where as a society we want to simultaneously recognize the barriers that people face, but also encourage them not to play a terrible hand in a terrible way, and that’s wh at I’m trying to do with this discussion of Personal Agency. The final point that I’ll make on that, is that the person who towed that line better than anyone I’ve ever known was my Grandma, my Ma’ma who I think is in some ways the hero of the book. She always told me. Look J.D., like is unfair for us, but don’t be like those people who think the deck is hopelessly stacked against them. I think that’s a sentiment that you hear far too infrequently among America’s elites. This simultaneous recogniti on that life is unfair for a lot of poor Americans, but that we still have to emphasize the role of individual agency in spite of that unfairness and I think that’s again a difficult balancing act. I may not have struck that balancing act perfectly in the book, but that was the intention.

MS. BUSETTE: Thank you.

MR. WILSON: Camille, do you mind if I follow – up because I mean this is an interesting conversation and you just raised a point there about optimism which I think is very, very important. Because you know, one point that resonated with me in your book is that you pointed out, I think it was 2010 – 2011, by the way, I read your book twice you know so (laughter) that’s how I remembered it, and I enjoyed it both times. I’m going to say —

MR. VANCE: That’s good.

MR. WILSON: — it’s a great book. You pointed out that in 2010 or 2011, you were overwhelmingly hopeful about the future, and that for the first time in your life, you felt like an outsider in Middletown, Ohio. And what made you feel like an alien as you put it, was your optimism. And I think that that’s the key. People who have some hope for the future behave differently. And I think that if there were some way to generate hope and optimism among people in Appalachia, or among the Appalachian transplants, you would see a change in their behavior, and this argument applies not only to those in distress rural communities, but also distressed urban communities. And I think immediately of the Harlem Children Zone. The kids who are lucky enough to be a part of — I assume all of you know about the Harlem Children’s Zone. The kids who are lucky enough to be a part of the Harlem Children’s Zone, are kids who develop in the process a hopeful feeling. A feeling that they have a future, and therefore they’re not going to do anything to jeopardize that future. You became optimistic. What factors led you to develop that optimism?

MR. VANCE: Yeah, that’s a good question. I might ask you the same question when I’m done answering —

MR. WILSON: Right.

MR. VANCE: — but you know, the first thing is definitely you know, going back to my grandma. I think if anybody had a reason for pessimism and cynicism about the future, it was her. It’s sort of difficult to imagine a woman who had lived a more difficult life and yet ma’ma had this constant optimism about the future, in the sense that we had to do better because that was just the way that America worked. I mean I think that she was this woman who had this deep and abiding faith in the American dream in a way that is obviously disappearing And in fact, as I wrote about in the book, was I started to see disappearing even you know, when I was a young kid in my early 20’s. So, I think that my grandma was a huge part of that. I also think that the Marine Corp was a really huge part of that, and this is sort of a transformational experience that I write about in the book. The military is this really remarkable institution. It brings people from diverse backgrounds together, gets them on the same team. Gets them marching proverbially and literally towards the same goal, and for a kid who had grown up in a community that was starting to lose faith in that American dream, I think that the military was a really useful way to, as I say in the book, teach a certain amount of willfulness as opposed to despair and hopelessness. So, I think that was a really critical piece of it. You know, at some level, in some cases I think it’s impossible to reconstruct that in the past. I knew that I was a really hopeless and in some cases detached kid early in high school. I knew that by 2010, I was feeling really optimistic about the future and I do sometimes wonder how easy it is to reconstruct what took me from point A to point B, but those two factors are my best guess.

MS. BUSETTE: Did you want to answer his question.

MR. WILSON: You know, even in extreme property, my mother kept telling me, you’re going to college. And my Aunt Janice also reinforced — my Aunt Janice was the first person in my extended family who got a college education, and I used to go to New York to visit her during the summer months, and I said you know, I want to be like Aunt Janice, you know?

MR. VANCE: Sure.

MR. WILSON: Key people in our lives —

MR. VANCE: Absolutely.

MR. WILSON: We are the outliers J.D.

MR. VANCE: Yep.

MR. WILSON: And Malcom Gladwell since.

MS. BUSETTE: Thank you both for that interchange. I think that was incredibly interesting and very illuminating. I want to go back to something you mentioned J.D., which is this question of culture. You know Bill, I know that the term cultural poverty has a very divisive history and still conjures up very vitriolic debates today. But Bill, you have over an extraordinary career, created meaningful distinctions about poverty and within that jargon of poverty and you’ve also situated jobless poverty in particular within changes in the economy. Could you tell us what the experiential differences are between jobless poverty and the employed poor?

MR. WILSON: Well you really see this when you look at neighborhoods. Neighborhoods in which an overwhelming majority of the population are poor, but employed is entirely different from neighborhoods in which people are poor but jobless. Jobless neighborhoods trigger all kinds of problems. Crime, drug addiction, gang behavior, violence. And one of the things that I had focused on when I wrote my book, When Work Disappears is what happens to intercity neighborhoods that experience increasing le vels of joblessness. And we did some research in Chicago and it was really you know, sad, talking to some of the mothers who were just fearful about allowing their children to go outside because the neighborhood was so incredibly dangerous. And I remember talking with one woman and she says — who was obese and she says you know, I went to the doctor he said that I should go out and exercise. Can you imagine jogging in this neighborhood? Because the joblessness had created problems among young people who were trying to make ends meet and they’re involved in crime and drugs and so on. So, I would say that if you want to focus on improving neighborhoods, the first thing that I would do would try to increase or enhance employment opportunities.

MS. BUSETTE: Great, thank you.

MR. WILSON: I have another story. This just reminds me. I was talking with a mother, young mother. Actually, she’s young now from my point of view, middle 30’s and her son had just been shot in the neighborhood, killed. Str ay bullet from a gang fight. She said her son was not a member of the gang, that’s one of the reasons why she was so fearful, so concerned about keeping her children indoors. She said you know Mr. Wilson, no one cared that my son died. His death was not reported in any of the newspapers. It wasn’t reported on the radio, TV. No one cared Mr. Wilson that my son died. And I just keep thinking about these families who live in these dangerous jobless neighborhoods and what they have to endure.

MS. BUSETTE: Thank you. One of the things that comes out clearly from your work Bill, and from your book J.D., is the erosion of social networks and social capital. J.D., your book is really an extended love letter to your grandparents who raised you. Can you tell us a little bit about how the social connections that they had were important to their resilience they showed as parents, as your parents?

MR. VANCE: Sure. So, my grandparents lived in, I think grew up in a little town that had much more robust communities than the town that I grew up in. And so, a lot of the relationships they developed, my grandfather was a 35-year union welder, at Armco. Later, A.K. Steel. My grandmother was a little bit more socially isolated than my grandfather but still had built up a network of friends over that time, and you know, going back to Bill’s point about having diverse networks of people who actually give you a sense of what’s possible and what’s out there, that was really, really, powerful for me, right. So, you know, of my grandparents three kids, one obviously is my mom, but my uncle and aunt were doing pretty well when I was a young kid, and so that gave me this sense of what’s out there, what’s possible. That’s really powerful. My grandfather had a number of friends most of whom were working class like him, but some of whom you know, owned the local businesses or owned local stores or mechanic shops, things like that. So that also gave me the sense of what was possible. And I think ultimately though I went to the Marine Corps and then off to college. I also think the obvious implication is that some of those social networks and connections would have had really powerful economic benefits if I had eventually tried to rely on them. I think that what was so wonderful about my grandparent’s social networks is that they were intact enough for me to still have relied upon them. On the other hand, one thing I really worried about and one thing that I increasingly worried about as I actually did research for the book, is this idea of faith and religion, not just as something that people believe in, but as an actual positive institutional and social role player in their lives. And one of the things you do see, that this is something that Charles Murray’s written about, is that you see the institutions of faith declining in some of these lower income communities faster than you do in middle and upper income communities. I don’t think you have to be a person of faith to think that that’s worrisome. I think you can just read a paper by Jonathan Gruber that talks about all of these really positive social impacts of being a regular participatory Church member. So, you know, I think I was lucky in that sense, but a lot of folks, and when I look at the community right now, it worries me a little bit that you don’t see these robust social institutions in the same way that you certainly did 30, 40 years ago, and even when I was growing up in Middletown. The last point that I’ll make about that, is that (…) these trends often take half a century or more to really reveal themselves and I do sometimes see signs of resilience in some of these communities that I sort of didn’t fully anticipate and didn’t expect when the book was published. So, one of the things I’ve started to realize for example is when we talk about the decline of institutional faith, even though I continue to worry about that, one of the institutions that’s actually picked up the slack are groups like Alcoholics Anonymous and Narcotics Anonymous. They almost have this faith effect. It brings people together. There’s even a sort of liturgical element to some of these meetings that I find really, really fascinating and interesting. So, people try to find and replace community when it’s lost but you know, clearly, they haven’t at least as of yet, replaced it even remotely to the degree that it has been lost which is why I think you see some of the issues that we do.

MS. BUSETTE: Alright, thank you. Bill, I know you have something to say on that —

MR. WILSON: Sure.

MS. BUSETTE: — but I wanted to kind of position the question in a slightly different way than I did for J.D. The economy certainly became significantly since you first penned The Truly Disadvantaged. And what, from your perspective, what effects have those changes had on social organization and poverty?

MR. WILSON: Well, I don’t know if the conditions have changed that much, since I wrote The Truly Disadvantaged. The one big difference is that I think there’s increasing technology and automation that has created problems for a lot of low skilled workers. You know, I mentioned automation replacing jobs that cashiers held, and parking lot attendants held. So, you have a combination not only of the relocation of industries overseas, that I talked about in The Truly Disadvantaged; but now you have increasing automation and technology replacing jobs, and this worries me because I think that people who have poor education are going to be in difficult situations increasingly down the road. You look at intercity schools, not only schools in intercities, but in many other neighborhoods, and kids are not being properly educated. So, they’re not being prepared for the changes that are occurring in the economy. I remember one social scientist saying that it’s as if — talking about the black population. It’s as if racism and racial discrimination put black people in their place only to watch increasing technology and automation destroy that place. So, the one significant difference from the time I wrote The Truly Disadvantaged in 1987, is the growing problems created by increasing technology for the poor.

MR. VANCE: Bill, could I ask a question —

MR. WILSON: Sure.

MR. VANCE: — because this is something I was you know, looking through your book on my Kendall earlier today, and I kept on coming back to this question, and I’m curious what you think. Which is if the civil rights movement had happened in the early 20th century as opposed to the mid-20th century, do you think that black Americans would be more caught up than they are right now? In other words, do you think that it happened, the civil rights advancements happened at a time when technology was just really starting to hammer the economies that they relied on, and if it happened in an area where there weren’t quite the same premiums on human capital, that maybe they could have caught up a little bit better than they have over the past 50 years?

MR. WILSON: So what you’re saying is that if civil rights movement had happened at this time?

MR. VANCE: Sorry, the early 20th century?

MR. WILSON: Oh, the early 20th century

MR. VANCE: Yeah, that’s right.

MR. WILSON: Right.

MR. VANCE: So, if it had happened when we were just transitioning from the proverbial farm to the factory, do you think it would have had a significant difference?

MR. WILSON: I’m not sure.

MR. VANCE: Right, what else can you say.

MR. WILSON: What do you think?

MR. VANCE: — reading The Truly Disadvantaged today, I was thinking maybe the answer is yes, because part of what happened, with the civil rights movement is that the economy was rapidly changing just to some of these legal structures were you know, as black Americans were freed from some of these legal structures. And I do wonder if the economy — it was in some ways as these legal changes were happening in a very positive way, the economy hit black Americans super hard, and I wonder if those legal structures would have fallen at a time when the economy wasn’t changing so rapidly. Maybe things would be a little bit different today?

MR. WILSON: This reminds me of the point that Bayard Rustin raised in the early 1960’s. He said, you know, it’s great to outlaw discrimination and prejudice, but it’s also important to recognize that if you have a referee in the ring, and you say there will be no discrimination, but one fighter has had all of the training and the other fighter has not, which fighter is going to come out ahead? And so, he says much more emphasis has now got to be placed on dealing with these basic economic problems and he told Martin Luther King, Jr. he said look, he says what good is it to be allowed to eat in a restaurant if you can’t afford a hamburger; so, we’re going to have to address some of these fundamental economic problems —

MR. VANCE: Sure.

MR. WILSON: — that are devastating the community. So that reinforces your point too.

MS. BUSETTE: That is a perfect segue to a set of questions that I want to ask you both. It’s about the question of Race in America. We know that racism and discrimination have a long history in the U.S., and that the effects of that history are still experienced by individuals on a daily basis today. When those experiences are aggregated, we can see large mobility, wealth and income gaps between white Americans and African Americans. We are also hearing, and reading and seeing about the culture of the sphere, the opioid epidemic and the disability culture in rural and Rust belt America. So, I’m going to ask a sensitive question. Are there differences between being black, jobless and poor, and being white jobless and poor? And if so, what are they and why? Bill, I’m going to give you the honor of tackling that first (laughter).

MR. WILSON: You know, that’s a very interesting question because I was just — you know J.D. you wrote in your book about the problems of poor whites and it seems that poor whites right now are more pessimistic than any group, and the question is why. I was sort of impressed with your analysis of the white working class and the age of Trump. You know, you pointed out that when Barack Obama became president there were a lot of people in your community who were really struggling and who believe that the modern American meritocracy did not seem to apply to them. These people were not doing well, and then you have this black president who’s a successful product of meritocracy who has raised the hope of African Americans and he represented every positive thing that these working-class folks that you write about did not possess or lacked. And Trump emerged as candidate who sort of spoke to these people. What is interesting is that if you look at the Pew Research Polls, recent Pew Research polls, I think you pointed this out in your book, the working – class whites right now are more pessimistic than any other group about their economic future and their children’s future. Now is that pessimism justified? I think they’re overly pessimistic. I still maintain that to be black, poor and jobless is worse than being white, poor and jobless, okay? But, for some reason, the white poor is more pessimistic. Now I think with respect to the black poor and working class has kind of an Obama effect you kn ow. I think that may wear off and then blacks will become even more equally as pessimistic as whites in a few years.

MR. VANCE: I’d really like for you to run those numbers right now, and see if the rates among pessimism among working class blacks are changed or inverted relative to where they were a couple of years ago. You know, people ask me what I see as the similarities between working class blacks and working-class whites, and what the differences are, and whenever they ask me what the differences are I always say, talk to Bill Wilson, he’s a lot smarter about this stuff than I am. But the thing that jumps out to me most when I think about the differences, is that housing policy, especially housing policy back in the 50’s and 60’s affects modern day black Americans much more than it does modern day white Americans. Especially the working and non-working poor. What I mean by that is that I think that you know, partially because of research that Bill has done and partially for research that a lot of other folks have done. Concentrated poverty is really bad. It’s worse than just being poor. To be sort of socially isolated in these islands of all the other poor people and I think that’s a much more common experience among black Americans because of the residuals effects of housing policy in the 50’s and 60’s, so I think that to me, if I was going to pick one single factor, that was driving the continued difference, I would probably say housing policy. The sort of question of how to you know, is it better or worse to be working-class or sort of poor, jobless and white, versus poor, jobless and black. I think all things being equal certainly poor jobless and black is sort of worse off if you look at wealth numbers, if you look at income numbers, that’s still the case. I do worry a little bit that we don’t have the vocabulary to really talk about the full measure of disadvantage in the country right now. What I mean by that is that we’re pretty comfortable talking about class, we’re pretty comfortable talking about gender, we’re reasonably comfortable talking about race, but when we talk about things like single parent families, family trauma, concentrated poverty. All of these things that would go into what I would call the disadvantage bucket or the privileged bucket, it’s not those three factors, it’s probably two dozen or three dozen factors. We’re really bad about talking about everything except for race, class and gender. And I think that’s one way that the conversation has really broken down, especially in the past few years.

MS. BUSETTE: Alright, thank you.

MR. WILSON: So, this reminds me of your points J.D., reminds me of a paper that Robert Sampson, a colleague at Harvard and I wrote in 1995 entitled Toward a Theory of Race, Crime and Urban Inequality. A paper that has become a classic actually in the field of criminology because it’s generated dozens of research studies. Our basic thesis we were addressing you know, race and violent crime, is that racial disparities and violent crime are attributable in large part to the persistent structural disadvantages that are disproportionately concentrated in African American urban communities. Nonetheless, we argue that the ultimate cause of crime were similar for both whites and blacks, and we pose a central question. In American cities, it is possible to reproduce in white communities the structural circumstances under which many blacks live. You know, the whites haven’t fully experienced the structural reality that blacks have experienced does not negate the power of our theory because we argue had whites been exposed to the same structural conditions as blacks then white communities would behave – – the crime rate would be in the predicted direction. And then we had an epiphany. What about the rural white communities that you talk about. Where you’re not only talking about joblessness, you’re not only talking about poverty, but you’re also talking about family structure. So, here in Appalachia, you could reproduce some of the conditions that exist in intercity neighborhoods and therefore it would be good to test our theory in these areas because we’d be looking at the family structure. The rates of single parent families. We’d be looking at joblessness, we’d be loo king at poverty. So, we need to move beyond the urban areas and see if we can look at communities that come close to approximating or even worse in some cases, and some intercity neighborhoods. This reminds me, I was reading an interview, excellent interview. Remember I wrote to you that first time I read this interview, it was before I even read Hillbilly Elegy and I went and read the book after reading this interview; or maybe it was in Hillbilly Elegy where you refer to the research of the economist Raj Chetty who did some path breaking research on concentrated poverty, single parent families and mobility.

MR. VANCE: Yep.

MR. WILSON: And the reports in the newspapers focused on concentrated poverty and then talk about rates of single parent families which he also emphasized, you see.

MR. VANCE: Yep.

MR. WILSON: But if you want to capture both, it might be good to focus on rural areas like the ones you wrote about, and see if some of the same factors are reproduced that I read about in The Truly Disadvantaged.

MS. BUSETTE: Oh there’s no second book for you (laughter). So, my colleague Richard Reeves has recently published a piece that demonstrated that there’s a century economic mobility gap between black and white men. So, in a sense, the historically lower rates of upward mobility have delayed the economic ascent of black men by a century. Should we be concerned?

MR. WILSON: Could you repeat that?

MS. BUSETTE: Yeah. The historically lower rates of upward mobility have delayed for black men, have delayed the economic ascent of black men by a century compared to white men. So, the question is, should we be concerned, and do we need differentiated sets of policies to address black economic mobility and on the other hand, white economic mobility?

J.D., I’m going to give that to you first (laughter).

MR. WILSON: You should have sent these questions to us ahead of time (laughter) —

MS. BUSETTE: No, no.

MR. WILSON: — so we could have thought —

MS. BUSETTE: That’s the fun (laughter). Yeah, no fun in that.

MR. VANCE: Well, I think you asked two questions. The first was should we be concerned. My answer to that is yes, and I’ll let Bill take the second question (laughter). So, you know, this question of should we have differentiated policies. I think it depends on what we mean by differentiated right. So, to take Bill’s — something he said earlier, this question of technological change and the way that it’s impacting these communities, I think that requires us to fundamentally rethink the way that we approach higher education. That’s been my persistent frustration, thinking about policy over the past couple of years. Is we have this rapidly changing economy. We haven’t changed our institutions or even our institutional thinking to match up to that rapidly changing economy. But if you’re focused on sort of correcting those gaps or if you’re just basically focused on giving help to the people who need it, then you’re going to have a differentiated application of help because black Americans need it, you know, maybe on average more than white Americans. If we talk about sort of the negative effects for example of concentrated poverty, this is something that I really worry about, and back to Raj Chetty, a different paper that he published show that there are these really interesting positive effects of the Moving to Opportunity Study. But my guess is that concentrated poverty equally hurts black and white Americans, it’s just that black Americans experience it more. So, there’s going to be a differentiated effect if you try to rectify that problem, but not because you say we’re going to try to help black people more than white people, just because you’re going to say, I want to help the problem of concentrated poverty and because they’re suffering from it more. That effect will at least be differentiated. But I don’t know, I haven’t thought about sort of whether you should go into it sort of before the fact and try to apply these things differently. My guess is that that’s probably politically not a great idea, and may not be necessary from a moral perspective either, but I’m curious as to what Bill thinks.

MR. WILSON: I agree. Certainly, in this day and age it’s not a good idea. But, if you ask me, what am I most concerned about right now in addressing problems of poverty and so on. I’m concerned about jobs. Although I wouldn’t phrase it this way, I wouldn’t say that we need public sector jobs for black males, I would say we need public sector jobs for people who live in concentrated poverty and that would apply to white males, not only males, but females as well. As well as blacks. But which group would benefit disproportionately from a public sector’s jobs program. It would be black males, because black males have these high prison records; and therefore because of their prison records, many of them find it extremely difficult because of the incarceration rates, many of them find it extremely difficult to find jobs in the private sector. Therefore, at least as a temporary as opposed to a permanent solution, I would like to see public sector job creation for those who have difficulty finding employment in the private sector. When I speak of public sector jobs, I mean the type of jobs provided by the WPA during the Great Depression. Jobs that would improve the infrastructure in our communities, including the under-funded National Park Service, state and local park districts. I just feel that public sector jobs are very, very important particularly for black adults who have been stigmatized by prison records and who thus find it virtually impossible to find jobs in the private sector. Now, saying that. I’m on to no illusion that these programs and a program like public sector job program would garner widespread support in the current political climate, but I feel that we have to start thinking seriously, about what should be done when we have a more favorable political climate, and when people from both parties are willing to consider seriously policies that could make a difference.

MS. BUSETTE: We have time for one more question, and I’m going to start, J.D., with you. So, in a paper by Richard Reeves and another colleague of mine, Eleanor Krouse, that was released today, the evidence is that rural areas with the best rates of upward mobility are the ones with the highest rates of out migration, especially among young people. Should we just accept that some communities are essentially dying, and focus our efforts on helping people move on to other places with more opportunity, or should we be trying to turnaround these blighted areas?

MR. VANCE: That is a really tough one. So, I’m going to try to judicially split the baby here and I’ll probably fail but — (laughter). When I think about should we try to fix these blighted areas, I think that it depends on how we define area, right? Because my concern with some of these out-migration arguments is that we say, if you can’t find a good job in West Virginia, you should move to San Francisco, California, and they’re two concerns with that. The first is that try to convince somebody that they could afford a place in San Francisco, California when it’s a two-bedroom apartment costs you $4,500 a month. So, I think that again, going back to housing policy, that really makes this out migration pretty difficult. The second thing is that you really do — I think we have to understand there’s a difference between out migration from let’s say Eastern Kentucky to Southwestern Ohio verses Eastern Kentucky to San Diego, California, because the former allows you to preserve some important social contacts and social connections. It is cheaper to move there, it’s less culturally intimidating to move there. I mean I cannot imagine what my grandparents would have said if you would have told them in the 1940’s that they had to move to modern day San Francisco. It really would have been, you need to move to an entirely different country. Maybe an entirely different planet. And I think that’s important. So, the way that I think about this problem is that we have to accept that while out migration has to be a part of the solution, we can’t just say every single person in Breathitt County Kentucky has to leave, and Breathitt County Kentucky gets to close up shop. But if we can regionally develop big cities like Lexington, like Pittsburgh, like Columbus, Ohio, that obviously has downstream effects and that allows you to have out migration to places that isn’t so culturally foreign and enables people to maintain those social connections even as they move to areas with higher employment; and oh, by the way, still play a positive role in the communities back home. I think that’s the way that I approach that particular problem.

MS. BUSETTE: Alright, thank you.

MR. WILSON: You know my colleague at Harvard, Robert Sampson and former student Patrick Sharkey who is at NYU have argued for durable investments in disadvantaged neighborhoods to counter the persistent disinvestments in such neighborhoods, and I was wondering if you use that argument and focus on Appalachia for example, what would investments look like? And I’m going to put this question to you J.D., if you’re talking about investments in these communities, would it include such things as hospitals, clinics, road construction, shopping centers, daycare centers, these kinds of things. Would that be helpful? Would those things be helpful?

MR. VANCE: Yes, so I think it would definitely be helpful. One of the concerns I have with what we’ve seen with regional economic development is that it very often happens through the avenue of let me provide you tax credit so that you can open up new retail, right? I don’t think that’s especially durable economic development, right. I mean, I think we have to think of local economies as sort of a pyramid. You need real industries, manufacturing, then you have retail on top of it, but you can’t really rebuild some of these economic centers with just retail. There is actually an interesting bill that’s moving through Congress right now, that would in some ways place long-term capital investment at parity with short-term capital investment like tax credits. That would allow things like Venture Capital investment and much bigger longer – term patient capital to invest in some of these areas and create you know, more durable jobs in more durable sectors. But I also think, and my thinking honestly has probably changed in the past few years, though maybe change isn’t the right word, as I start to think about this a little bit more seriously. When I look at you know, some of the work David Autor has done about the China Shock and the way that it’s impacted some of these areas. I do think that we’ve been so caught up in thinking about long term well-being as purely as a function of consumption, that we haven’t thought about the fact that if you pay three cents less for a widget at Walmart, but half of your community just lost its job, your purchasing power is slightly greater, but your community has lost something really significant. I think that’s been missing from our conversations about economics in jobs, especially on the right, but I really think across the spectrum we focus too little on bringing good durable, high paying work into some of these areas. And consequently, if you look at just a policy across the board, we’ve congratulated ourselves, because purchasing power, even among the low income has gone up, not recognizing the purchasing power that comes from a government transfer is a lot different from purchasing power that comes from a good job.

MS. BUSETTE: Great. Thank you both very much. We are now going to take questions from the audience. So, (inaudible) from Brookings. So, I’d like everybody to be able to say who they are and the organization they’re coming from, and then ask your question please. Thank you. And I’ll take a couple of these. I’ll take yours first and then we’ll take a few more.

SPEAKER: First thing I want to do is thank both of you for such a thoughtful conversation. I mean Camille asked you really tough provocative questions, so it was a great conversation. I think I want to add to the provocative question list here. We haven’t talked much about our politics going forward and how they may play out in terms of things that you both might be in favor of. Bill, you say you’re for a public jobs program, but obviously that’s politically going to be extremely difficult to convince much of the public including many of the so-called white working class that J.D. has been studying. They don’t like government programs. They don’t like handouts. They want I think, as I read it, the literature, including your book, they want real jobs, not government jobs. In fact, they really dislike a lot that they see in first line government workers. With that background and thinking about you know, where does our politics go from here, I happened to have read this weekend, a new small essay by Mark Lilla who is arguing quite controversially that the Democratic party needs to put less emphasis on identity politics. That means staying away presumably from racial divides and culture and all of that. And, do you have any thoughts about generally how we bring the country back together again politically and specifically this notion that maybe the Democratic party is losing the white working-class by putting too much emphasis on immigrants, minorities, women etcetera?

MS. BUSETTE: I’ll let you Gabby — I’ll let you gather your thoughts there.

MR. WILSON: I’ll take a shot —

MS. BUSETTE: Wow, a brave man.

MR. VANCE: I hope that there’s vodka in this (laughter).

MR. WILSON: So you know, I blurbed Mark Lilla’s book.

SPEAKER: Oh, did you? That’s right, I remember.

MR. WILSON: I blurbed it. What’s the title of the book ?

SPEAKER: The Once in a Future Liberal.

SPEAKER: That’s right.

MR. WILSON: The Once in a Future Liberal. Yeah, I blurbed the book. You know, Mark Lilla and a number of other post-election analysts observed that as you point out that the Democrats should not make the same mistake that they made in the last election, namely an attempt to mobilize people of color, women, immigrants and the LGBT community with identity politics. They tended to ignore the problems of poor white Americans. I was watching the Democratic convention with my wife on a cruise to Alaska, and one concern I had was there did not seem to be any representatives on the stage representing poor white America. I could just see some of these poor whites saying they don’t care about us. They’ve got all these blacks, they’ve got immigrants, they’ve got (inaudible), but you don’t have any of us on the stage. Maybe I’m overstating the point, but I was concerned about that. Now one notable exception, critics like Mark Lilla point out was Bernie Sanders. Bernie Sanders had a progressive and unifying populous economic message in the Democratic primaries. A message that resonated with a significant segment of the white lower-class population. Lower class, working class populations. Bernie Sanders was not the Democratic nominee and Donald Trump was able to, as we all know, capture notable support from these populations with a divisive not unifying populous message. I agree with Mark Lilla that we don’t want to make the same mistake again. We’ve go to reach out to all groups. We’ve got to start to focus on coalition politics. We have to develop a sense of interdependence where groups come to recognize that they can’t accomplish goals without the support of other groups. We have to frame issues differently. We can’t go the same route. We can’t give up on the white working class.

MS. BUSETTE: Okay, J.D., did you want to tackle that or —

MR. VANCE: Yeah, sure I’ll —

MS. BUSETTE: — shall we go for other questions?

MR. VANCE: — I can briefly answer. I mean as a Republican who is deeply worried about the American right, this gives me a great chance to rift on the other side. So, just a couple of thoughts as you ask the question and as Bill was responding. The first is that on this question of identity politics, I think that what worries me is that a lot — it’s not a recognition that there are disadvantaged non-white groups that need some help or there needs to be some closing of the gap you know. When I talk to folks back home, very conservative people, they’re actually pretty open-minded if you talk about the problems that exist in the black ghetto because of problems of concentrated poverty and the fact that the black ghetto was in some ways created by housing policy. It was the choice of black Americans. It was in some ways created by housing policy. I find actually a lot of openness when I talk to friends and family about that. What I find no openness about is when somebody who they don’t know, and who they think judges them, points at them and says you need to apologize for your white privilege. So, I think that in some ways making these questions of disadvantage zero sum, is really toxic, but I think that’s one way that the Democrats really lost the white working class in the 2016 election. The second piece that occurs to me, and this applies across the political spectrum, is that what we’re trying to do in the United States, it’s very easy to be cynical about American politics, but we’re rying to build a multi-racial, multi-ethnic, multi-religious nation, not just a conglomeration, an actual nation of people from all of these different tribes and unify them around a common creed. I think that’s really delicate. It’s basically never been done success fully over a long period in human history and I think it requires a certain amount of rhetorical finesse that we don’t see from many of our politicians on either side these days and that really, really worries me.

MS. BUSETTE: Okay, thank you both. I ‘m going to take three other questions and then we can answer them. So, this gentleman here, young lady here with her hand up, and then I’ll take yeah, the person right in the back there. Okay, yeah, on this side first.

SPEAKER: Thank you very much. I’ve known Bill Wilson for years, I’ve known J.D. over the telephone (overlapping conversations) all over town.

MR. VANCE: A fellow Middletonian.

SPEAKER: Yes, I tried to catch you at the book fair on Saturday. The line, for those of you who weren ‘t there, stretched all the way out of the DC Convention Center and down (inaudible) Avenue. I’ve never seen anything like it since the Beatles came to town (laughter). But anyway, yes, I’m a fellow middie, and from class of 65, so I went there before you were born. We just had our 50th anniversary reunion here a couple of years ago. I’m delighted by your book. Folks ask me if I ever thought of writing a memoir, and I said my life was too dull, my (inaudible) was too quiet. When I grew up we were an all-American city. You may have read that in your history books. Back in the 50’s we were one of the all-American cities in America. A few years ago, Forbes chose Middletown as one of 10 fastest dying cities in America. This tells you what’s happened over time. So, I have a lot of things I’d love to inject, but I’m just going to ask one question. As you know I’ve talked before about when I came out of Middletown High in 65 I was able to work at the steel mill at Armco, and make enough money to pay my tuition at Ohio University, go Bobcats. For tuition in 1965 at Ohio U was $770. With room and board $1,240. It wasn’t hard for me, the son of a mother who was a cook and a father who was a factory worker to move up to the middle class, thanks to Ohio’s excellent higher education system. Years later of course you went to the Marines to get a scholarship to go to Ohio State —

MR. VANCE: True.

SPEAKER: — and so it was possible, but it certainly is tougher now to go from working class Middletown, we don’t have the steel mill jobs in the summer anymore. The five paper mills that we used to have are all gone. All the industries up and down I – 75, all the way to Detroit, General Motors, Frigidaire, GM, Delco Battery, Huffy Bicycle, National Cash Register, and I could go on and on and on, but what Bill Wilson writes about in the you know they’ve gone overseas or other types of chains have gone on. We were talking about automation back in the 50’s, and the 60’s and of course we see what has happened, and it’s still happening. But my question really is we haven’t talked much about those front row kids like yourself there who had a chance to go to college and found a way there. That route has gotten tougher. Do you think we need to do something to make it easier to get higher education? Some schooling beyond high school?

MS. BUSETTE: Okay great, thank you. This woman here with the red sweater. Please, thank you.

MS. RISER : Thank you gentleman, it’s extremely challenging —

MS. BUSETTE: Can you say your name please.

MS. RISER: I will say my name. It’s Mindy Riser and I have worked and continued to with a number of NGO’s across the world concerned with social justice. My question is about a segment of the American population, you haven’t talked about, and that is the aging baby boomers who come in all colors, shapes and sizes. Some of these folks will have social security, which isn’t very much, some will not at all. We’ve talked about the challenges of jobs. What is going to happen to these people, some of whom will not get jobs and will rely on diminishing social security and that is not exactly assured anymore either. So, I’d like you to address that part of the population whose future does not look all that bright.

MS. BUSETTE: Great, thank you. And then we have one way in the back there. She has her hand up. Thank you

MS. LEO: Hi, my name is Chin Leo and I’m a correspondent from China’s Nu Hahn News Agency. Actually, I have two questions for J.D. One is that you mentioned about (inaudible) which could be the third important element from the personal structural agencies to have those poverties. So, I just wanted to maybe categorize say more about this (inaudible) so what it could include. Because when I just read about your book, first I thought it maybe something related to the peace treaty of American, like those people who used to work in the hill. The mountain or the farmers, but it turns out, maybe there is something more or different from that, so can you just say more about it. And second question is about the globalization. I think both of the speakers just mentioned that the process of globalization just, the country being so large to the poverty or just make it a faster pace, for those working class in America no matter white or black to become obvious problem. So, do you think what could be the solution for this or is it really necessary just like President Trump said that anti-globalization could be one of the solutions or a necessary one. Thank you.

MS. BUSETTE: Thank you. So, we have a question on ways to make it easier to get a higher education, what about job opportunities for aging baby boomers and then a special set just for you, where you can you know, if you’d like to, maybe go into a little more about what you meant by culture, and then for both of you if you want to discussion globalization and its effect on poverty in the U.S.

MR. WILSON: Well I just — to answer your question very quickly, forget the political climate, but I’d like to see us increase the Pell Grants to make it possible for folks who don’t have much income, increase the Pell Grants.

MS. BUSETTE: Okay great. J.D., do you want to address any of these?

MR. VANCE: Yes, so my general worry with the college education in the book at large is sort of two things. So, the first is that, I think we’ve constructed a society effectively in which a college education is now the only pathway to the middle class, and I think that’s a real failure on our part. It’s not something you see in every country, and I don’t think it necessarily has to be the case here. There are other ways to get post-secondary education and I absolutely think that we have to make that easier, and I really see this as sort of the defining policy challenge of the next 10 years is to create more of those pathways; because the second born on this is that college is a really, really culturally terrifying place for a lot of working class people. We can try to make it less culturally terrifying, we can try to make for the elites of our universities a little bit more welcoming to folks like me, and this is something that I wrote about in the book, really feeling like a true outsider at Yale for the first time, in an educational institution. I think that we also have to acknowledge that part of the reason that people feel like cultural outsiders is for reasons that aren’t necessarily going to be easy to fix, and if we don’t create more pathways for these folks, we shouldn’t be surprised that a lot of them aren’t going to take the one pathway that’s there, that effectively runs through a culturally alien institution.

MS. BUSETTE: Thank you. Other questions.

MR. WILSON: Yeah, we have to —

MR. VANCE: Oh yeah sorry. There’s a couple of others so yeah, on the baby boomer question I’ll try to be very quick but I don’t necessarily have a fantastic answer to this, but let me add one thought that I had while you were asking that question, which is that in certain areas, especially in Ohio, Kentucky, West Virginia and so forth. I think the biggest under reported problem for the baby boomers is the fact that they are taking care of children that they didn’t necessarily anticipate taking care of because of the opioid crisis. This is the biggest dr iver of elder poverty in the State of Ohio, is that you have entire families that have been transplanted from one generation to the next. They were planning for retirement based on one social security income, and now all of a sudden, they have two, three additional mouths to feed. I think my concern for the baby boom generation is especially those folks of course because it’s not just bad for them, it’s bad for these children who are all of a sudden thrown into poverty because of the opioid addition of that middle generation of the parents, of the kids and the sons and daughters of the grandkids. And then the very last question, culture, I think of as a way to understand the sum of the environmental impacts that you can’t necessarily define as structural rights, so the effects of family instability and trauma that exists in people, the effects of social capital and social networks in people’s lives, You know, all of these things I think add up to a broad set of variables that can either promote upward mobility or inhibit upward mobility; and again I think we very often talk about job opportunities and educational opportunities, we very often talk about individual responsibility and Personal Agency. We very rarely I think talk about those middle layers and those institutional factors that in a lot of ways are the real drivers of this problem.

MR. WILSON: I just want to add just one point. I think that this is too radical to seriously consider right now, but at some point, I think we’re going to hav e to think about it, and that is to give cash assistance to reduce the tax rate for those who are experiencing compounded deprivation. At some point, we’re going to be faced with a problem. We’re going to have to rescue people and some economists are talking about the negative income tax and so on, but it’s something that we’re going to have to be thinking about.

MS. BUSETTE: Great. Thank you. I’m going to take three more. This gentleman here, this lady here. Ignacio?

MR. AARON: I’m Henry Aaron Brookings. My question is for J.D. Vance, I’ve heard in your comments what strikes me as a genuine and heartfelt sympathy for the economic and social circumstances, not only of blue whites in Appalachia, but also for the concentrated poverty in urban areas. You have a genuine sympathy for both. You also stated that you come to this concern as a conservative and as a Republican. Now, in looking at the current political environment, which is I think where we need to start rather that our aspirations for a different environment, we would really like it in the future. Starting from the current economic environment, I note that we’ve spent all of 2017 on a political debate which now seems, from my standpoint mercifully to be coming to an end about doing away with The Affordable Care Act. We are about to have a month long high stakes debate about the child health insurance program which President Trump’s budget proposes significantly to cut. We are confronting the possibility of a major fight over the national debt cap which at least some elements in Congress would like to use as a pressure tool to reduce the size and scope of the federal government. We are debating whether to reform entitlement programs and notably disability insurance, which if one looks at a map of where disability benefits are most received, looks like the map for your book actually. Kentucky, Arkansas, Alabama, Mississippi, Ohio, Pennsylvania. My question is, as a conservative Republican, how do you reconcile the concern you’ve expressed with the apparent agenda from those with whom you identify politically.

MS. BUSETTE: Okay, so we’re going to take two more questions (laughter) in this round. This lady right here and then Ignacio.

MS. DANIELS: Hello, my name is Samara Robard Daniels, I actually married into an Appalachian family myself, so I’ve had a close look at the situation myself. I’m wondering if you had to sort of envision of not being a political leader, but maybe a more philosophical substantive role model, what qualities aside from the typical like you know, honesty and so forth. I mean what would be the sort of gestalt of that leader that would perhaps you know, mobilize. I mean that can happen, but because of the technological age, we don’t have that sort of, you know, more renaissance minded philosophical temperament is not sort of percolating and I’m wondering if you had to envision it, what would be a role model, and similarly for you, what do you see? What would be the gestalt of that leader?

MS. BUSET TE: Alright, thank you. Ignacio?

MR. PESO: Hello, thank you the three of you for the discussion, it was very fascinating.

MS. BUSETTE: Can you say your name?

MR. PESO: My name is Ignacio Peso and my question actually starts with an article I read in the New York Times a few days ago. Maybe it was two days ago. It’s about like the role of private firms also. It was a comparison between the job conditions and years ago, with a lady from Kodak who was able to rise and get an opportune job, get an education, and then in the end the same private firm rising to her position, and right now janitor in Apple, right. I think in this conversation we talk a lot about like the power of stories and how they convey mobilities and talk about like more structural aspects. I was wondering, what is your opinion about like how — what’s the role of private firms in this discussion, and what sort of policies can you envision regarding that. Thank you.

MS. BUSETTE: Okay, thank you. So, we have a question about reconciling your concerns with concentrated poverty with the served agenda of the GOP. A question around what do role models who are sort of embodying you know an un-way out sort of; and when we think about the poverty debate what do those people look like. And then what’s the role of private firms in economic mobility for poor and low-income Americans.

MR. WILSON: Could you repeat the second question?

MS. BUSETTE: What does a leader look like who could possibly lead us towards a set of solutions when we think about poverty in the US ?

MR. VANCE: I guess I’ll start because the question about I think the GOP is directed specifically at me. The first thing that I’ll say about that is that I agree with many of the conservative critiques that are levied sort of against some Democratic policy. I very rarely, at least if we’re defining Republican policies or what comes out of Congress, I very rarely agree with Republican Congress about how to answer those critiques. The way that I broadly look at this philosophically is that there is a distinction and an important one between libertarianism and conservatism. So, I will partially try to answer your question about outsourcing. I think that for example on this question of labor unions, I think that the sort of classic libertarian answer to this question which is really dominant on the right for the past 30 years, is that effectively for a whole host of reasons, labor unions are anti-competitive, they’re bad for non – members and they’re bad for actual firms. Consequently, for cartel reasons, they’re sort of bad from a public policies perspective. I think a better conservative answer to the fact that we’ve gone from 35 percent private labor participation to 6 percent private labor participation, is to recognize that labor unions can be economically destructive to recognize that labor unions as Burke would say, could also be incredibly important social institutions that play a positive role in communities, and so the question is not how do we destroy labor unions, but it’s how do we reform labor unions so they actually work in the 21st century and I think that would answer partially your question about outsourcing. There’s a really fascinating article by Oren Cass of the Manhattan Institute of Conservative Think Tank about how we might reform labor unions so that they actually accomplish something economically important, so that they can rebuild themselves and increase private participation, but I think that’s a conservative idea. Has it come from a Republican Congress? No, it has not. Have I been a constant critic of Republican domestic policy for the past five years, because I think we’re not thinking about these issues; absolutely. The flip side of it, is that I think that much of what I see on the left is or at least sometimes thinks that these cultural problems that I write about and care about, are invisible and don’t actually exist. Now, does that mean that sort of very thoughtful left of center think tank fellows don’t care about these problems? Does that mean that Bill Wilson doesn’t think about these problems? No, but I certainly think that the Democratic party in some ways thinks that these questions of culture and long-term multi-generational environmental effects are sort of inv isible to a lot of their policy making. So, I agree with the conservative critique there and I think the conservatives have to offer some alternative vision which we have failed to do, for not just the past five years, but maybe for a little bit longer than that. So, you know my view of my role in this ecosystem is to try to take us from criticizing a lot of what’s been done in the past that’s wrong, and a lot of those criticisms I agree with, to actually doing something that’s different. But I do think, the last point I’ll make about this, the fundamental hell that we have to get over. The fundamental problem that conservatives have to accept is that sometimes you have to spend money to solve social problems. Not always does that mean that government is always the answer. Certainly, it doesn’t, but I think this sort of baseline constant refusal to accept that sometimes you have to spend money is at the core of our real problem, and if we can get past that, I actually think there might be some good ideas coming out of the right and hopefully I can be a part of that.

MR. WILSON: Let me address the question about the ideal leader. The leader (inaudible) move us forward. For me, a role model would be one who would use the bully pulpit to reinforce and promote the principle of equality of life chances. The philosopher James Fiscan coined the notion principle of equality of live chances, and according to this principle if we can predict with a high degree of accuracy, where individuals end up in the competition for preferred positions, merely by knowing, their race, class, gender and family background, then the conditions under which their motivations and talents have developed must be utterly unfair. Supporters of this principle believe that a person should not be able to enter a hospital ward of healthy newborn babies and predict with considerable accuracy where they will end up in life, simply by knowing their race, class, gender, family background, or the ecological areas where their parents reside. I repeat, for me, a rural ideal role model would be one who would use the bully pulpit to reinforce and promote the principle of equality of live chances.

MS. BUSETTE: Great. Thank you both. We’re going to take a few more questions. The gentleman in the back. The gentleman with the glasses and next to him the gentleman with the orange shirt.

MR. RAWLINS: Quincy Rawlins with the Institute for Educational Leadership here in Washington D.C. You’ve addressed this tangentially, but I wonder, it seems that this may be overly simplistic, by the flip side of extreme poverty seems to be extreme concentration of wealth. Not only in this country but obviously across the world, and I wonder if we can address any of the problems that you guys have talked about without directly addressing the concentration of wealth, and the fact that many corporations and super rich in this country are not paying their fair share of taxes in my view.

MS. BUSETTE: So, we have the gentleman in the glasses and the suit here, next to the gentleman with the orange T – shirt.

MR. COLLENBERG: Hi, Richard Collenberg with the Century Foundation. You both have talked about the effects of concentrated poverty, and I’m wondering what you would advocate in terms of public policy, and I’ll throw out one idea that Bill and I have talked about a little bit. You know, in 1968, 50 years ago, we saw the passage of the Fair Housing Act and since then, racial segregation has declined to a similarity index of 79 to 59. So, a hundred would be pure segregation, zero would be perfectly integrated. Meanwhile we’ve seen an increase in economic segregation, and I’m wondering what you all would think about an Economic Fair Housing Act that would go after the issue of concentrated poverty by addressing the discrimination that goes on in terms of exclusionary zoning, where certain neighborhoods are basically off limits for working class people because of apartment buildings or townhouses aren’t allowed to be built there.

MS. BUSETTE: Thank you.

MR. ASHANAGA: Michael Ashanaga Trans Union. Mr. Vance, you’ve put forward several different roads out of poverty. You know, better education, cultural change, job training, cheaper colleges I guess. But the problem is I see that that does not create jobs. That just creates competition for jobs, so at the end of the day, even if everyone is well educated, wouldn’t there still be a lot of poverty?

MS. BUSETTE: Okay, so we have our question on the concentration of wealth in the U.S., a question about an economic fair housing kind of policy to address concentrated poverty, and then finally, whether the policy prescriptions around creating a better and more educated — more skilled and education workforce actually addresses the true cause of poverty.

MR. WILSON: Let me just say that addressing the problem of concentration of wealth and inequality, that is a major problem that we have to confront. I would say yes, we have to deal with that problem. That has to be high on our agenda, on the public agenda. That’s all I want to say about that, because we could go on and on talking about that. Addressing the question of increase in economic segregation. People don’t realize that racial segregation is on the decline, while economic segregation is a segregation of families by income is on the increase. So yes, I would support your proposal of dealing with exclusivity zoning. Say a little bit more about that. I mean, you just probably said I’ll bet piece on that so we (laughter).

MR. COLLENBERG: Well the basic notion is that you know, here we had some success through a legal policy The Fair Housing Act where we’ve seen this decline in racial segregation, and yet what replaced kind of the old racial zoning from the 1920’s has been economic zoning, and so, it seems to me, that just as it should be shameful to exclude people from entire neighborhoods based on race, it ought to be as concerning to us in our culture and in our policy to have laws that in essence are excluding people based on class. In Montgomery County Maryland where I live, there is an alternative to that policy. It’s called Inclusionary Zoning, where the notion was that if people are good enough to, you know, take care of resident’s kids, if they’re able to teach the children, if they’re able to take care of the lawns, they ought to be good enough to live in these communities as well.

MR. WILSON: That’s why I wanted to give you the floor Rick (laughter).

MS. BUSETTE: Thank you very much. So, J.D., did you want to address any of these questions around concentrated poverty, the Economic Fair Housing kind of Act —

MR. VANCE: Sure.

MS. BUSETTE: — and creating a better skilled and you know, more education workforce, but whether or not that addresses the true cause of poverty in the US.

MR. VANCE: So, on the inequality and concentration wealth, the top thing, I’ll say this one area where I actually think conservative senator Mike Leaf from Utah has had some really, really, interesting ideas. One of the tax reform proposals Senator Leaf has advocated for is actually setting the capital taxation rate at the same rate as the ordinary income rate. Because that’s what’s really driving this difference, right. It’s not ordinary income earners. It’s not salaried professionals. Those Richard Reeve says that’s a problem. It’s primarily actually that folks in the global economy, especially the ultra-elite, folks in the global economy have achieved some sort of economic lift off from the rest of the country and I think that in light of that, it doesn’t make a ton of sense that we continue to have the taxation policy that we do. Frankly, that’s one of the reasons why I am sort of so conflicted about President Trump because I think in some ways instinctively at least the President recognizes this, but we’ll see what actually happens with tax reform over the next few months. The question about job competition is absolutely correct. You can’t just have a better educated workforce but hold the number of workers constant. At the same time, I do think there’s a bit of a chicken and egg problem here right because you know, while the skills gap is overplayed and while it violates all of these rules of Econ 101, one of the things you hear pretty consistently from folks who would l ike to expand, would like to hire more, would like to produce more, is that there are real labor force constraints, especially in what might be called non-cognitive skills, right; and this is a thing that you hear a lot. In my home state if you really want to hire more, and you really want to produce more, and sell more, then the problem is the opioid epidemic has effectively thinned the pool of people who were even able to work. So, I do think that productivity is really important, but I also think that we tend to think of these things in too mathematical and sort of hyper-rational ways, but part of the reason productivity is held back, is because we have real problems in the labor market, and if you fix one, you could help another, and they may create a virtuous cycle.

MS. BUSETTE: Thank you both …

Voir encore:

What Hillbilly Elegy Reveals About Trump and America

Mona Charen

July 28, 2016

A harrowing portrait of the plight of the white working class J. D. Vance’s new book Hillbilly Elegy: A Memoir of a Family and a Culture in Crisis couldn’t have been better timed. For the past year, as Donald Trump has defied political gravity to seize the Republican nomination and transform American politics, those who are repelled by Trump have been accused of insensitivity to the concerns of the white working class. For Trump skeptics, this charge seems to come from left field, and I use that term advisedly. By declaring that a particular class and race has been “ignored” or “neglected,” the Right (or better “right”) has taken a momentous step in the Left’s direction. With the ease of a thrown switch, people once considered conservative have embraced the kind of interest-group politics they only yesterday rejected as a matter of principle. It was the Democrats who urged specific payoffs, er, policies to aid this or that constituency. Conservatives wanted government to withdraw from the redistribution and favor-conferring business to the greatest possible degree. If this was imperfectly achieved, it was still the goal — because it was just. Using government to benefit some groups comes at the expense of all. While not inevitably corrupt, the whole transactional nature of the business does easily tend toward corruption.

Conservatives and Republicans understood, or seemed to, that in many cases, when government confers a benefit on one party, say sugar producers, in the form of a tariff on imported sugar, there’s a problem of concentrated benefits (sugar producers get a windfall) and dispersed costs (everyone pays more for sugar, but only a bit more, so they never complain). In the realm of race, sex, and class, the pandering to groups goes beyond bad economics and government waste — and even beyond the injustice of fleecing those who work to support those who choose not to — and into the dangerous territory of pitting Americans against one another. Democrats have mastered the art of sowing discord to reap votes. Powered by Now they have company in the Trumpites.

Like Democrats who encourage their target constituencies to nurse grievances against “greedy” corporations, banks, Republicans, and government for their problems, Trump now encourages his voters to blame Mexicans, the Chinese, a “rigged system,” or stupid leaders for theirs. The problems of the white working class should concern every public-spirited American not because they’ve been forgotten or taken for granted — even those terms strike a false note for me — but because they are fellow Americans. How would one adjust public policy to benefit the white working class and not blacks, Hispanics, and others? How would that work? And who would shamelessly support policies based on tribal or regional loyalties and not the general welfare?

As someone who has written — perhaps to the point of dull repetition — about the necessity for Republicans to focus less on entrepreneurs (as important as they are) and more on wage earners; as someone who has stressed the need for family-focused tax reform; as someone who has advocated education innovations that would reach beyond the traditional college customers and make education and training easier to obtain for struggling Americans; as someone who trumpeted the Reformicon proposals developed by a group of conservative intellectuals affiliated with the American Enterprise Institute and the Ethics and Public Policy Center; and finally, as someone who has shouted herself hoarse about the key role that family disintegration plays in many of our most pressing national problems, I cannot quite believe that I stand accused of indifference to the white working class.

I said that Hillbilly Elegy could not have been better timed, and yes, that’s in part because it paints a picture of Americans who are certainly a key Trump constituency. Though the name Donald Trump is never mentioned, there is no doubt in the reader’s mind that the people who populate this book would be enthusiastic Trumpites. But the book is far deeper than an explanation of the Trump phenomenon (which it doesn’t, by the way, claim to be). It’s a harrowing portrait of much that has gone wrong in America over the past two generations. It’s Charles Murray’s “Fishtown” told in the first person. The community into which Vance was born — working-class whites from Kentucky (though transplanted to Ohio) — is more given over to drug abuse, welfare dependency, indifference to work, and utter hopelessness than statistics can fully convey. Vance’s mother was an addict who discarded husbands and boyfriends like Dixie cups, dragging her two children through endless screaming matches, bone-chilling threats, thrown plates and worse violence, and dizzying disorder. Every lapse was followed by abject apologies — and then the pattern repeated. His father gave him up for adoption (though that story is complicated), and social services would have removed him from his family entirely if he had not lied to a judge to avoid being parted from his grandmother, who provided the only stable presence in his life.

Vance writes of his family and friends: “Nearly every person you will read about is deeply flawed. Some have tried to murder other people, and a few were successful. Some have abused their children, physically or emotionally.” His grandmother, the most vivid character in his tale (and, despite everything, a heroine) is as foul-mouthed as Tony Soprano and nearly as dangerous. She was the sort of woman who threatened to shoot strangers who placed a foot on her porch and meant it. Vance was battered and bruised by this rough start, but a combination of intellectual gifts — after a stint in the Marines he sailed through Ohio State in two years and then graduated from Yale Law — and the steady love of his grandparents helped him to leapfrog into America’s elite.

This book is a memoir but also contains the sharp and unsentimental insights of a born sociologist. As André Malraux said to Whittaker Chambers under very different circumstances in 1952: “You have not come back from Hell with empty hands.” The troubles Vance depicts among the white working class, or at least that portion he calls “hillbillies,” are quite familiar to those who’ve followed the pathologies of the black poor, or Native Americans living on reservations. Disorganized family lives, multiple romantic partners, domestic violence and abuse, loose attachment to work, and drug and alcohol abuse. Children suffer from “Mountain Dew” mouth — severe tooth decay and loss because parents give their children, sometimes even infants with bottles, sugary sodas and fail to teach proper dental hygiene.

“People talk about hard work all the time in places like Middletown [Ohio],” Vance writes. “You can walk through a town where 30 percent of the young men work fewer than 20 hours a week and find not a single person aware of his own laziness.” He worked in a floor-tile warehouse and witnessed the sort of shirking that is commonplace. One guy, I’ll call him Bob, joined the tile warehouse just a few months before I did. Bob was 19 with a pregnant girlfriend. The manager kindly offered the girlfriend a clerical position answering phones. Both of them were terrible workers. The girlfriend missed about every third day of work and never gave advance notice. Though warned to change her habits repeatedly, the girlfriend lasted no more than a few months. Bob missed work about once a week, and he was chronically late. On top of that, he often took three or four daily bathroom breaks, each over half an hour. . . . Eventually, Bob . . . was fired. When it happened, he lashed out at his manager: ‘How could you do this to me? Don’t you know I’ve a pregnant girlfriend?’ And he was not alone. . . . A young man with every reason to work . . . carelessly tossing aside a good job with excellent health insurance. More troublingly, when it was all over, he thought something had been done to him. The addiction, domestic violence, poverty, and ill health that plague these communities might be salved to some degree by active and vibrant churches.

But as Vance notes, the attachment to church, like the attachment to work, is severely frayed. People say they are Christians. They even tell pollsters they attend church weekly. But “in the middle of the Bible belt, active church attendance is actually quite low.” After years of alcoholism, Vance’s biological father did join a serious church, and while Vance was skeptical about the church’s theology, he notes that membership did transform his father from a wastrel into a responsible father and husband to his new family. Teenaged Vance did a stint as a check-out clerk at a supermarket and kept his social-scientist eye peeled: I also learned how people gamed the welfare system. They’d buy two dozen packs of soda with food stamps and then sell them at a discount for cash. They’d ring up their orders separately, buying food with the food stamps, and beer, wine, and cigarettes with cash. They’d regularly go through the checkout line speaking on their cell phones. I could never understand why our lives felt like a struggle while those living off of government largesse enjoyed trinkets that I only dreamed about. . . . Perhaps if the schools were better, they would offer children from struggling families the leg up they so desperately need?

Vance is unconvinced. The schools he attended were adequate, if not good, he recalls. But there were many times in his early life when his home was so chaotic — when he was kept awake all night by terrifying fights between his mother and her latest live-in boyfriend, for example — that he could not concentrate in school at all. For a while, he and his older sister lived by themselves while his mother underwent a stint in rehab. They concealed this embarrassing situation as best they could. But they were children. Alone. A teacher at his Ohio high school summed up the expectations imposed on teachers this way: “They want us to be shepherds to these kids. But no one wants to talk about the fact that many of them are raised by wolves.”

Hillbilly Elegy is an honest look at the dysfunction that afflicts too many working-class Americans. But despite the foregoing, it isn’t an indictment. Vance loves his family and admires some of its strengths. Among these are fierce patriotism, loyalty, and toughness. But even regarding patriotism (his grandmother’s “two gods” were Jesus Christ and the United States of America), this former Marine strikes a melancholy note. His family and community have lost their heroes. We loved the military but had no George S. Patton figure in the modern army. . . . The space program, long a source of pride, had gone the way of the dodo, and with it the celebrity astronauts. Nothing united us with the core fabric of American society. Conspiracy theories abound in Appalachia. People do not believe anything the press reports: “We can’t trust the evening news. We can’t trust our politicians. Our universities, the gateway to a better life, are rigged against us. We can’t get jobs.”

Conspiracy theories abound in Appalachia. Sound familiar? The white working class has followed the black underclass and Native Americans not just into family disintegration, addiction, and other pathologies, but also perhaps into the most important self-sabotage of all, the crippling delusion that they cannot improve their lot by their own effort. This is where the rise of Trump becomes both understandable and deeply destructive. He ratifies every conspiracy theory in circulation and adds new ones. He encourages the tribal grievances of the white working class and promises that salvation will come — not through their own agency and sensible government reforms — but only through his head-knocking leadership. He calls this greatness, but it’s the exact reverse. A great people does not turn to a strongman.

The American character has been corrupted by multiple generations of government dependency and the loss of bourgeois virtues like self-control, delayed gratification, family stability, thrift, and industriousness. Vance has risen out of chaos to the heights of stability, success, and happiness. He is fundamentally optimistic about the chances for the nation to do the same. Whether his optimism is justified or not is unknowable, but his brilliant book is a signal flashing danger.

— Mona Charen is a senior fellow at the Ethics and Public Policy Center.

Voir enfin:

Hillbilly sellout: The politics of J. D. Vance’s “Hillbilly Elegy” are already being used to gut the working poor

Conservatives and the media treated Vance’s memoir like « Poor People for Dummies. » Watch his damaging rhetoric work

When Republican Representative Jason Chaffetz took to the airwaves Tuesday to defend his party’s flailing Affordable Care Act replacement plan, he told CNN, “Americans have choices … so, maybe, rather than getting that new iPhone that they just love, and they want to go spend hundreds of dollars on that, maybe they should invest in their own healthcare.” Pushback was swift as many were quick to point out the Congressman was equating a $700 phone to healthcare costs that can often spiral into six figures, but some were equally shocked by the callousness of his remarks.

Was Chaffetz insinuating that the poor would rather spend money on frivolous things than their own self-care?

To people like myself, who grew up poor, this criticism is certainly nothing new. In conversations with Republicans about the challenges facing my working-class family, I’ve gotten used to being asked how many TVs my parents own, or what kind of cars they drive. At the heart of those questions is a lurking assumption that Chaffetz brought into the light: Maybe the poor deserve their lot in life.

This philosophy, while absurd on its face, effectively cripples any momentum toward helping suffering populations and is an old favorite of the Republican Party. It’s the same reasoning that led Ronald Reagan to decry “welfare queens” and Fox News to continually criticize people on assistance for buying shrimp, soft drinks, “junk food,” and crab legs. It gives those disinclined to part with their own money an excuse not to feel guilty about their own greed.

To further quell their culpability and show that the American Dream still functions as advertised, conservatives are fond of trotting out success stories — people who prove that pulling one’s self up by one’s bootstraps is still a possibility and, by extension, that those who don’t succeed must own their shortcomings. Lately, the right has found nobody more useful, both during the presidential election and after, than their modern-day Horatio Alger spokesperson, J. D. Vance, whose bestselling book “Hillbilly Elegy” chronicled his journey from Appalachia to the hallowed halls of the Ivy League, while championing the hard work necessary to overcome the pitfalls of poverty.
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Traditionally this would’ve been a Fox News kind of book — the network featured an excerpt on their site that focused on Vance’s introduction to “elite culture” during his time at Yale — but Vance’s glorified self-help tome was also forwarded by networks and pundits desperate to understand the Donald Trump phenomenon, and the author was essentially transformed into Privileged America’s Sherpa into the ravages of Post-Recession U.S.A.

Trumpeted as a glimpse into an America elites have neglected for years, I first read “Hillbilly Elegy” with hope. I’d been told this might be the book that finally shed light on problems that’d been killing my family for generations. I’d watched my grandparents and parents, all of them factory workers, suffer backbreaking labor and then be virtually forgotten by the political establishment until the GOP needed their vote and stoked their social and racial anxieties to turn them into political pawns.

In the beginning, I felt a kinship to Vance. His dysfunctional childhood looked a lot like my own. There was substance abuse. Knockdown, drag-out fights. A feeling that people just couldn’t get ahead no matter what they did.

And then the narrative took a turn.

Due to references he downplays, not to mention his middle-class grandmother’s shielding and encouragement, Vance was able to lift himself out of the despair of impoverishment and escaped to Yale and eventually Silicon Valley, where he was able to look back on his upbringing with a new perspective.

“Whenever people ask me what I’d most like to change about the white working class,” he writes, “I say, ‘the feeling that our choices don’t matter.’”

The thesis at the heart of “Hillbilly Elegy” is that anybody who isn’t able to escape the working class is essentially at fault. Sure, there’s a culture of fatalism and “learned helplessness,” but the onus falls on the individual.

As Vance writes: “I’ve seen far too many people awash in genuine desire to change only to lose their mettle when they realized just how difficult change actually is.”

Oh, the working class and their aversion to difficulty.

If only they, like Vance, could take the challenge head on and rise above their circumstances. If only they, like Vance, weren’t so worried about material things like iPhones or the “giant TVs and iPads” the author says his people buy for themselves instead of saving for the future.

This generalization is not the only problematic oversimplification in Vance’s book — he totally discounts the role racism played in the white working class’s opposition to President Obama and says, instead, it was because Obama dressed well, was a good father, and because Michelle Obama advocated eating healthy food — but it would be hard to understate what role Vance has played in reinvigorating the conservative bootstraps narrative for a new generation and, thus, emboldening Republican ideology.

To Vance’s credit, he has been critical of Donald Trump, calling the working class’s support of the billionaire a result of a “false sense of purpose,” but Vance’s portrait of poor Americans is alarmingly in lockstep with the philosophy of Republicans who are shamefully using Trump’s presidency to forward their own agenda of economic warfare. Certainly Jason Chaffetz’s comments are fueled by the same low opinion of the poor as Vance’s, as is Speaker of the House Paul Ryan’s legislative agenda, which is focused on disabling the social safety net.

Though Vance’s name doesn’t appear in the Republican ACA replacement bill, the philosophy at the heart of it is certainly in tune. While the proposed bill would cost millions of Americans their access to care — Vance himself tweeted a link Tuesday to a Forbes article that stated as much while lauding the legislation — it makes sure to benefit the wealthy, gives a tax break to insurance CEOs and moves the focus of health care in America to an age-based model instead of income.

The message is loud and clear: Help is on the way, but only to those who “deserve” it.

And how does one deserve it?

By working hard. And the only metric to show that one has worked sufficiently hard enough is to look at their income, at how successful they are, because, in Vance’s and the Republican’s America, the only one to blame if you’re not wealthy is yourself. Never mind how legislation like this healthcare bill, cuts in education funding, continued decreases in after-school and school lunch programs, not to mention a lack of access to mental health care or career counseling, disadvantages the poor.

Of the problems facing working-class America, Vance writes in “Hillbilly Elegy,” “There is no government that can fix these problems for us.”

And, at least partially, one has to agree.

There is no government that can fix these problems, or at least, no government we have now.

Jared Yates Sexton is an Assistant Professor of Creative Writing. His campaign book « The People Are Going To Rise Like The Waters Upon Your Shore » is out now from Counterpoint Press.

Voir enfin:

J.D. Vance, the False Prophet of Blue America

The bestselling author of « Hillbilly Elegy » has emerged as the liberal media’s favorite white trash–splainer. But he is offering all the wrong lessons.

J.D. Vance is the man of the hour, maybe the year. His memoir Hillbilly Elegy is a New York Times bestseller, acclaimed for its colorful and at times moving account of life in a dysfunctional clan of eastern Kentucky natives. It has received positive reviews across the board, with the Times calling it “a compassionate, discerning sociological analysis of the white underclass.” In the rise of Donald Trump, it has become a kind of Rosetta Stone for blue America to interpret that most mysterious of species: the economically precarious white voter.

Vance’s influence has been everywhere this campaign season, shaping our conception of what motivates these voters. And it is already playing a role in how liberals are responding to Donald Trump’s victory in the presidential election, which was accomplished in part by a defection of downscale whites from the Democratic Party. Appalachia overwhelmingly voted for Trump, and Vance has since emerged as one of the media’s favorite Trump explainers. The problem is that he is a flawed guide to this world, and there is a danger that Democrats are learning all the wrong lessons from the election.

Elegy is little more than a list of myths about welfare queens repackaged as a primer on the white working class. Vance’s central argument is that hillbillies themselves are to blame for their troubles. “Our religion has changed,” he laments, to a version “heavy on emotional rhetoric” and “light on the kind of social support” that he needed as a child. He also faults “a peculiar crisis of masculinity.” This brave new world, in sore need of that old time religion and manly men, is apparently to blame for everything from his mother’s drug addiction to the region’s economic crisis.

“We spend our way to the poorhouse,” he writes. “We buy giant TVs and iPads. Our children wear nice clothes thanks to high-interest credit cards and payday loans. We purchase homes we don’t need, refinance them for more spending money, and declare bankruptcy, often leaving them full of garbage in our wake. Thrift is inimical to our being.”

And he isn’t interested in government solutions. All hillbillies need to do is work hard, maybe do a stint in the military, and they can end up at Yale Law School like he did. “Public policy can help,” he writes, “but there is no government that can fix these problems for us … it starts when we stop blaming Obama or Bush or faceless companies and ask ourselves what we can do to make things better.”

Set aside the anti-government bromides that could have been ripped from a random page of National Review, where Vance is a regular contributor. There is a more sinister thesis at work here, one that dovetails with many liberal views of Appalachia and its problems. Vance assures readers that an emphasis on Appalachia’s economic insecurity is “incomplete” without a critical examination of its culture. His great takeaway from life in America’s underclass is: Pull up those bootstraps. Don’t question elites. Don’t ask if they erred by granting people mortgages and lines of credit they couldn’t afford to repay. Don’t call it what it is—corporate deception—or admit that it plunged this country into one of the worst economic crises it’s ever experienced.

No wonder Peter Thiel, the almost comically evil Silicon Valley libertarian, endorsed the book. (Vance also works for Thiel’s Mithril Capital Management.) The question is why so many liberals are doing the same.


In many ways, I should appreciate Elegy. I grew up poor on the border of southwest Virginia and east Tennessee. My parents are the sort of god-fearing hard workers that conservatives like Vance fetishize. I attended an out-of-state Christian college thanks to scholarships, and had to raise money to even buy a plane ticket to attend grad school. My rare genetic disease didn’t get diagnosed until I was 21 because I lacked consistent access to health care. I’m one of the few members of my high school class who earned a bachelor’s degree, one of the fewer still who earned a master’s degree, and one of maybe three or four who left the area for good.

But unlike Vance, I look at my home and see a region abandoned by the government elected to serve it. My public high school didn’t have enough textbooks and half our science lab equipment didn’t work. Some of my classmates did not have enough to eat; others wore the same clothes every day. Sometimes this happened because their addict parents spent money on drugs. But the state was no help here either. Its solution to our opioid epidemic has been incarceration, not rehabilitation. Addicts with additional psychiatric conditions are particularly vulnerable. There aren’t enough beds in psychiatric hospitals to serve the region—the same reason Virginia State Sen. Creigh Deeds (D) nearly died at the hands of his mentally ill son in 2013.

And then there is welfare. In Elegy, Vance complains about hillbillies who he believes purchased cellphones with welfare funds. But data makes it clear that our current welfare system is too limited to lift depressed regions out of poverty.

Kathryn Edin and H. Luke Shaefer reported earlier this year that the number of families surviving on $2 a day grew by 130 percent between 1996 and 2011. Blacks and Latinos are still disproportionately more likely to live under the poverty line, but predominately white Appalachia hasn’t been spared the scourge either. And while Obamacare has significantly reduced the number of uninsured Americans, its premiums are still often expensive and are set to rise. Organizations like Remote Access Medical (RAM) have been forced to make up the difference: Back home, people start lining up at 4 a.m. for a chance to access RAM’s free healthcare clinics. From 2007 to 2011, the lifespans of eastern Kentucky women declined by 13 months even as they rose for women in the rest of the country.

According to the Economic Innovation Group, my home congressional district—Virginia’s Ninth—is one of the poorest in the country. Fifty-one percent of adults are unemployed; 19 percent lack a high school diploma. EIG estimates that fully half of its 722,810 residents are in economic distress.

As I noted in Scalawag earlier this year, the Ninth is not an outlier for the region. On EIG’s interactive map, central Appalachia is a sea of distress. If you are born where I grew up, you have to travel hundreds of miles to find a prosperous America. How do you get off the dole when there’s not enough work to go around? Frequently, you don’t. Until you lose your benefits entirely: The Temporary Assistance for Needy Families program (TANF), passed by Bill Clinton and supported by Hillary Clinton, boots parents off welfare if they’re out of work.


At various points in this election cycle, liberal journalists have sounded quite a bit like Vance. “‘Economic anxiety’ as a campaign issue has always been a red herring,” Kevin Drum declared in Mother Jones. “If you want to get to the root of this white anxiety, you have to go to its roots. It’s cultural, not economic.”

At Vox, Dylan Matthews argued that while Trump voters deserved to be taken seriously, most were actually fairly well-off, with a median household income of $72,000. The influence of economic anxiety, he concluded, had been exaggerated.

Neither Drum or Matthews accounted for regional disparities in white poverty rates, and they failed to anticipate how those disparities would impact the election. Trump supporters were wealthier than Clinton supporters overall, but Trump’s victories in battleground states like Wisconsin, Michigan, and Ohio correlated to high foreclosure rates. In Pennsylvania, Wisconsin, and Michigan, Trump outperformed Mitt Romney with the white working class and flipped certain strategic counties red.

But Matthews was right in at least one sense: Trump Country has always been bigger than Appalachia and the white working class itself. You just wouldn’t know this from reading the news.

In March, Trump won nearly 70 percent of the Republican primary vote in Virginia’s Buchanan County. At the time, it was his widest margin of victory, and no one seemed surprised that this deeply conservative and impoverished pocket in southwest Virginia’s coal country handed him such decisive success. And no one seemed to realize Buchanan County had once been a Democratic stronghold.

A glossy Wall Street Journal package labeled it “The Place That Wants Donald Trump The Most” and promised readers that understanding Buchanan County was key to understanding the “source” of Trump’s popularity. The Financial Times profiled a local young man who fled this dystopia for the University of Virginia; it titled the piece “The Boy Who Escaped Trump Country.” And then there was Bloomberg View: “Coal County is Desperate for Donald Trump.” (The same piece said the county seat, Grundy, “looks as if it fell into a crevice and got stuck.”)

And then Staten Island went to the polls. A full 82 percent of Staten Island Republicans voted to give Trump the party’s nomination, wresting the title of Trumpiest County away from Buchanan. The two locations have little in common aside from Trump. Staten Island, population 472,621, is New York City’s wealthiest borough. Its median household income is $70,295, a figure not far off from the figure Matthews cites as the median income of the average Trump supporter. Buchanan County, population 23,597, has a median household income of $27,328 and the highest unemployment rate in Virginia. Staten Island, then, tracks closer to the Trumpist norm, but it received a fraction of the coverage.

No one wrote escape narratives about Staten Island. Few plumbed the psyches of suburban Trumpists. And no one examined why Democratic Buchanan County had become Republican. Instead, the media class fixated on the spectacle of white trash Appalachia, with Vance as its representative-in-exile.


“A preoccupation with penalizing poor whites reveals an uneasy tension between what Americans are taught to think the country promises—the dream of upward mobility—and the less appealing truth that class barriers almost invariably make that dream unobtainable,” Nancy Isenberg wrote in the preface to her book White Trash. If the system worked for you, you’re not likely to blame it for the plight of poor whites. Far easier instead to believe that poor whites are poor because they deserve to be.

But now we see the consequences of this class blindness. The media and the establishment figures who run the Democratic Party both had a responsibility to properly identify and indict the system’s failures. They abdicated that responsibility. Donald Trump took it up—if not always in the form of policy, then in his burn-it-all-down posture.

No analysis of Trumpism is complete without a reckoning of its white supremacy and misogyny. Appalachia is, like so many other places, a deeply racist and sexist place. It is not a coincidence that Trumpist bastions, from Buchanan County to Staten Island, are predominately white, or that Trump rode a tide of xenophobia to power. Economic hardship isn’t unique to white members of the working class, either. Blacks, Latinos, and Natives occupy a far more precarious economic position overall. White supremacy is indeed the overarching theme of Trumpism.

But that doesn’t mean we should repeat the establishment failures of this election cycle and minimize the influence of economic precarity. Trump is a racist and a sexist, but his victory is not due only to racism or sexism any more than it is due only to classism: He still won white women and a number of counties that had voted for Obama twice. This is not a simple story, and it never really has been.

We don’t need to normalize Trumpism or empathize with white supremacy to reach these voters. They weren’t destined to vote for Trump; many were Democratic voters. They aren’t destined to stay loyal to him in the future. To win them back, we must address their material concerns, and we can do that without coddling their prejudices. After all, America’s most famous progressive populist—Bernie Sanders—won many of the counties Clinton lost to Trump.

There’s danger ahead if Democrats don’t act quickly. The Traditionalist Worker’s Party has already announced plans for an outreach push in greater Appalachia. The American Nazi Party promoted “free health care for the white working class” in literature it distributed in Missoula, Montana, last Friday. If Democrats have any hope of establishing themselves as the populist alternative to Trump, they can’t allow American Nazis to fall to their left on health care for any population.

By electing Trump, my community has condemned itself to further suffering. The lines for RAM will get longer. Our schools will get poorer and our children hungrier. It will be one catastrophic tragedy out of the many a Trump presidency will generate. So yes, be angry with the white working class’s political choices. I certainly am; home will never feel like home again.

But don’t emulate Vance in your rage. Give the white working class the progressive populism it needs to survive, and invest in the areas the Democratic Party has neglected. Remember that bootstraps are for people with boots. And elegies are no use to the living.


Présidence Macron: Cachez ce réel que je ne saurai voir ! (It’s postnationalism, stupid !)

28 mai, 2017

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Deux policières portant le hijab devant le siège de Scotland Yard à Londres.L'enseigne américaine Gap provoque la polémique avec la photo d'une en hijab en vitrine de ses magasins, dans le monde entier, aux côtés d'autres visages d'origines et de styles divers. DR
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Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
Les Etats-Unis étaient allés au Viêt-nam pour porter un coup d’arrêt à ce qu’ils estimaient être un complot communiste centralisé, et ils échouèrent. De l’échec de l’Amérique, Moscou déduisit ce que les tenants de la théorie des dominos avaient tant redouté, à savoir que la corrélation historique des forces avait tourné en sa faveur. En conséquence, l’URSS essaya d’étendre son hégémonie au Yémen, en Angola, en Ethiopie, et enfin en Afghanistan. Mais elle découvrit, ce faisant, que les réalités géopolitiques s’appliquaient autant aux sociétés communistes qu’à leurs soeurs capitalistes. De fait, étant moins élastique, le surengagement soviétique n’engendra pas une catharsis, comme en Amérique, mais la désintégration. Les événements auraient-ils évolué dans la même direction si l’Amérique s’était contentée de rester passive en comptant sur l’évolution de l’histoire pour se charger du défi communiste ? Ou bien cette démission aurait-elle créé un élan et une certitude de l’inéluctabilité de la victoire, chez les communistes, suffisants pour retarder, voire conjurer, l’effondrement soviétique ? La question reste posée. Quelle que soit la réponse des experts, l’homme d’Etat ne peut adopter la démission comme principe d’action politique. Il peut apprendre à modérer sa confiance dans ses évaluations et à faire la part des imprévus; mais compter sur la chute éventuelle d’un adversaire menaçant est une politique qui n’offre aucun réconfort aux millions de victimes immédiates et transforme l’art de gouverner en un pari téméraire sur l’intuition. Henry Kissinger (1994)
Last Sunday President Trump stood before Muslim leaders in Riyadh and declared: “America is a sovereign nation, and our first priority is always the safety and security of our citizens. We are not here to lecture. We are not here to tell other people how to live, what to do, who to be, or how to worship.” Amid the journalistic uproar that greets nearly everything Mr. Trump says, few noted the connection he made between these two concepts: We are sovereign, and we don’t want to lecture. By putting them together, the president scrambled the pattern that has long shaped the West’s relations with Islam. For decades, the West has seen itself as an empire of rights and liberal norms. There were borders and nations, but these were fast dissolving. Since rights were universal, the empire would soon encompass the planet. Everyone would belong, including Muslims, who were expected to lose their distinctness. It didn’t work, as the latest jihadist attack, at a concert for teens in Manchester, England, attests. So it makes sense to consider alternatives. Judging by his Saudi speech, Mr. Trump wants to revive the nation-state as the primary political vehicle for encountering Islam. The nation has clear—and limited—territorial and cultural boundaries. It says we are this, and you are that. To the French philosopher Pierre Manent, such thinking is the beginning of wisdom. “We have a big problem with Islam,” he tells me. “And it’s impossible to solve it through globalist, individualist, rights-of-man mantras.” (…) Here in France, the government has vowed to counter Islamist terror with a military and intelligence surge. But newly elected President Emmanuel Macron generally eschews the more profound, unresolved questions of community and belonging that haunt French society. “There is no such thing as a single French culture,” he said in February. “There is culture in France, and it is diverse. These glib assertions lead Mr. Manent to conclude that Mr. Macron has fully imbibed the “acceptable opinions, or the PC opinions,” about Islam and nationhood that prevail among trans-Atlantic elites. In these circles, even to suggest a problem with Islam is to invite “scowls,” he says. “Everything they say about the situation is determined by their purpose, which is to prove that there is no problem with Islam—against their own anxiety.” Not to mention the evidence. He regards Islam as a powerful and “starkly objective” faith. Wherever it spreads, it brings a set of “authoritative mores,” whose adherents constitute the faithful community, or ummah. This is in contrast to Christianity, with its emphasis on subjective, inner assent to the Redeemer, distinctions between the visible and invisible church, Caesar and God, and so on. Islam instead rests on a political geography that divides the world, Mr. Manent has written, between the “house of submission,” where the faith reigns, and the “house of war,” where it doesn’t. (…) Meanwhile, the liberal West has grown tired of the older forms of “communion” that used to define it. Liberals in Europe, and to a lesser extent the U.S., wish to dispense with both the modern nation-state, the political communion that once gave concrete shape to the open society, and Judeo-Christianity, the sacred communion that used to provide the moral and spiritual frame. For the West’s professional classes, Mr. Manent contends, the only acceptable sources of political communion are the autonomous individual, on the one hand, and humanity as a whole, on the other. He understands the jet-setters’ impulse: “We can go anywhere on the planet, work anywhere on the planet—these new liberties are inebriating.” Better, then, “to be a citizen of the world.” But Mr. Manent, a Catholic and classical liberal in the tradition of Alexis de Tocqueville, thinks this attitude breeds resentments and anxieties that are only beginning to surface across the developed world. To wit, for most people everywhere, humanity is “too large and too diverse” to provide meaningful communion. “I cannot prove that the nation-state is the only viable form,” he says. “But what I’m sure about is that to live a fully human life, you need a common life and a community. This is a Greek idea, a Roman idea, a Christian idea.” It’s why 19th-century liberals such as Tocqueville were so enthralled by the modern democratic nation-state. It was committed to universal human rights, but it housed them within a pre-existing “sacred community” that had its own inherited traditions—and boundaries. It’s also why in the 21st century, Mr. Manent says, the “small, damaged” nations of Central Europe react most viscerally against transnational liberalism. Hungary fears “it couldn’t have endured and would have disappeared,” he continues, if it faced the same multicultural pressures as, say, France. The European Union’s efforts to punish voters in such countries for electing the wrong kind of government will therefore intensify the backlash. (…) The West has relegated faith to a purely private sphere, in which the believer, in his inner depths, communes with the Almighty. But to adherents of Islam, Christianity’s public, political dimension still shines forth. (…) By being honest about these differences, the West could clarify the terms of the encounter and ease tensions. As for the West’s often ill-assimilated native Muslim populations, like the British community that produced the Manchester bomber, here too Mr. Manent prefers a “national solution.” For starters, he says, “we must accept that the Muslims who are among us will remain Muslims.” It follows that the West must “do things so that Muslims feel that they can be reasonably happy Muslims” in a non-Muslim environment. The basic bargain: “We accept Muslims, but they also have to accept us.” In France that might mean dialing back laïcité, the official secularist dogma that restricts many public expressions of faith. “We won’t bother you about your veils or the way you eat,” Mr. Manent says. “In school lunches, meat without pork will be available. It’s silly and mean to say, ‘They will eat pork or they won’t eat.’ Muslims shouldn’t always be under suspicious eyes.” But then, he continues, the French would demand reciprocity of Muslims: “You really belong to France. You turn toward it and your life will be centered on this European country, which is not and will never be a Muslim country.” (…) His grand-bargain vision has detractors on the left, who call it discriminatory, and the right, who find the offer too generous. Others think it’s too late. But Mr. Manent is optimistic that the combination of political liberty and nationalism is more resilient than most people suppose. Then again, the 19th-century marriage of liberalism and nationalism ended in a very ugly divorce in the first half of the 20th century. What about the dangers of reviving nationalism today? “There is no a priori guarantee that it could not devolve into something nasty,” Mr. Manent says. “But if we don’t propose a reasonable idea of the nation, we will end up with an unreasonable idea of the nation. Because simply: However weakened the idea of the nation, nations do not want to die.” Then there is the example across the Atlantic. Like Tocqueville, Mr. Manent sees much to admire in the American experiment. Even as Europeans have sought to pool or even abandon their sovereignty, he says, “Americans remained very much attached to the idea of a people making its laws to protect itself. True, “this people was open to the world, since of course it was formed by immigration. But people came from all over the world, not to be human beings but to be citizens of the United States, which had a keen sense of its exceptionalism and unique character.” In the Second Amendment, the persistence of the death penalty, and the reluctance of U.S. courts to follow foreign precedents, Mr. Manent sees “not a proof of American barbarism” but of democratic vigor. And realism. Europeans, he says, imagined the world was so safe for liberty that they could discard the harsh, Hobbesian elements of power. Americans recognize that the modern world still has one foot in the state of nature, and this calls for the sovereign prerogatives of self-preservation: We are sovereign—we don’t lecture. The Wall Street Journal
The cult of multiculturalism is a paradox. The West that birthed globalization is now in an open revolt over its own offspring, from here in Eastern Europe to southern Ohio. About half of the population in Europe and the United States seems to want to go back to the world that existed before the 1980s, when local communities had more control of their own destinies and traditions. The Czech Republic, to take one example, joined the European Union in 2004. But it has not yet adopted the euro and cannot decide whether the EU is wisely preventing wars of the past from being repeated or is recklessly strangling freedom in the manner of the old Soviet Union — or both. In places devastated by globalization — such as southern Michigan or Roubaix, France – underemployed youth in their mid 20s often live at home in prolonged adolescence without much hope of enjoying the pre-globalized lifestyles of their parents. Eastern Europeans are now discovering those globalized trade-offs that are so common in Western Europe, as they watch rates of marriage, home ownership, and child-rearing decline. One half of the West — the half that lives mostly on the seacoasts of America and Western Europe — loves globalization. The highly educated and cosmopolitan “citizens of the world” have done well through international finance, insurance, investments, technology, education, and trade, as the old Western markets of 1 billion people became world markets of 6 billion consumers. These coastal Westerners often feel more of an affinity with foreigners like themselves than with fellow countrymen who live 100 miles inland. And they are not shy in lecturing their poorer brethren to shape up and get with their globalized program. Late-20th-century globalization — a synonym for Westernization — brought a lot of good to both poorer Western countries and the non-Western world. Czech farmers now have equipment comparable to what’s used in Iowa. Even those who live in the Amazon basin now have access to antibiotics and eyeglasses. South Koreans have built and enjoyed cars and television sets as if they invented them. But all that said, we have never really resolved the contradictions of globalization. Does it really bring people together into a shared world order, or does it simply offer a high-tech and often explosive veneer to non-Western cultures that are antithetical to the very West that they so borrow from and copy? An Islamic State terrorist does not hate the United States any less because he now wears hoodies and sneakers and can text his girlfriend. More likely, Western fashion and high-tech toys only empower radical Islamic hatred of Western values. (…) Iran is desperate for nuclear technology originally spawned from the “Great Satan” in order to better destroy the Great Satan. Another paradox of globalization is a new passive-aggressive attitude inside the West. Elites who benefit from Westernized globalization often gain enough wealth and leisure to have the latitude to trash it almost as a way of dealing with their own guilt over their exalted status. At no time in the history of Western civilization have American college students ever been so pampered — with latte bars, trauma counselors, rock-climbing walls, and upscale student unions — and yet so critical of the very global civilization that guaranteed them such bounty. Those in the former Third World constantly berate the West for its supposed sins of imperialism, colonialism, and exploitation, while millions of their own citizens risk their very lives to cross the Mediterranean or the U.S.–Mexico border to enter and live in the West. Is the message “I hate the West, so please let me in”? Victor Davis Hanson
Aux yeux de Dieu, un enfant de l’autre côté de la frontière n’est pas moins digne d’amour et de compassion que mon propre enfant. (…) Nous devons reconnaître que tout ce qui se passe de l’autre côté du monde nous affecte aussi bien. S’il y a conflit, s’il y a la guerre, s’il y a la pauvreté, nous ne pouvons pas nous isoler, nous ne pouvons pas nous cacher derrière un mur. Barack Hussein Obama
Nous sommes dans une économie ouverte, où les talents bougent. Ouvrez les yeux. Dans un monde ouvert, il faut être lucide! La France sans le CAC 40, c’est l’Espagne ! Si on vit mieux chez nous, c’est aussi grâce à nos grandes entreprises. Nous ne redresserons pas notre économie sans elles. (…) Je m’en moque de qui m’applaudit ou pas. Je parle du pays où on vit. On peut décider d’avoir un régime soviétique dans un seul pays, ça ne marche pas ! Emmanuel Macron
Fillon avait vaincu Sarkozy, Juppé et ses autres rivaux car il avait su parler de la France, de notre héritage et de la nécessité d’honorer et de transmettre le monde reçu de nos pères. Les électeurs de droite étaient si sevrés de ce discours qu’ils lui ont exprimé leur gratitude en l’adoubant pour la présidentielle. Lors de la primaire, Fillon a été l’instrument d’une aspiration qui le dépassait. Or, il ne l’a pas vraiment assumée au cours de sa campagne. Guillaume Perrault
Quant au “jeu du FN”, c’est ceux qui font la sourde oreille devant les problèmes de sécurité des Français qui le poursuivent. (…)  Le président Macron n’a pas du tout pris la mesure de la dérive dans certains territoires de la République où ses lois et ses principes sont piétinés. Pierre Liscia
La recomposition n’est que politique. Elle existe pour porter un agenda, et existe pour cet agenda: accomplir, en France, la mue sociale-libérale, ou libérale-sociale, ou libérale, ou de flexi-sécurité auquel le système politique s’est toujours dérobé, alors même que cette évidence est devenue hégémonique dans les cercles des pouvoirs. Quand Edouard Philippe nostalgise sur l’occasion manquée de Jacques Chirac, il nous compare, sans le dire, à l’Allemagne; réélu la même année que Chirac, le chancelier social-démocrate Schröeder transforma à la hussarde le système social allemand, dans une séries de lois, «agenda 2010», inspirées par un ancien DRH de Volkswagen, qui rendirent aux allemands une flexi-prospérité, tissée de plein-emploi global et d’incertitudes individuelles. Quand on parle des réformes manquées par la France, on pense à Shröeder. C’est ainsi, en gros. Edouard Philippe ne dit pas tout, mais on saisit le projet. Les ordonnances qui se préparent doivent être l’équivalent, en France, des réformes Schröeder, quinze ans après. En gros. Dans l’esprit. Toutes choses égales par ailleurs. La recomposition est l’outil de cet accomplissement. Il nous fallait ça. (…) La seule chose qui puisse séparer les Républicains de Macron et Philippe, nonobstant l’envie, c’est cette saleté idéologique qu’une Nadine Morano ou un Laurent Wauquiez agiteront pour se croire exister. Nos racines, et sus au Sarrasins. Cela existera, forcément. La droite, en se ralliant à Macron, qui lui ressemble, peut s’éviter cette disgrâce. Elle est libre, et aussi de parier sur le pire, et d’en disparaître. En se macronisant, la gauche accomplit sa mue libérale. S’il elle se macronisait, la droite mettrait un terme à sa dérive pré-fasciste. Claude Ashkolovitch
Cachez ce réel que je ne saurais voir… De Paris à Albi en passant par Arras, le catéchisme fut partout le même. Sur fond de drapeaux européens et de tee-shirts fluorescents, « celles et ceux » qui reçurent à chaque sermon leur dose d’optimisme crurent au rassemblement enjôleur commandé par les avant-gardes de la jeunesse, des associations et des ONG en applaudissant à tout rompre. La colère de la majorité des Français devant l’insécurité semble n’avoir compté pour rien dans ces déclinaisons bienveillantes de la méthode Coué, “en marche” pour l’oblitération pure et simple de ce qui mine le pays. Attentat commis par Dae’ch sur les Champs-Élysées le 20 avril, désignation par les électeurs de la candidate d’extrême droite en challenger le 23 avril — les raisons d’un tel choix se fixent, on s’en doute, sur l’immigration et l’insécurité, loin devant la sortie de l’euro… —, mais rien, aucune réponse sur ces thèmes apportée par le candidat Macron. Qu’en est-il du président ? Lui suffit-il de descendre l’avenue des Champs-Élysées à bord d’un command car de l’armée le jour de son investiture pour endosser la fonction du protecteur de la nation ? Sa visite aux troupes françaises basées au Mali vendredi 19 mai s’inscrit encore dans cette stratégie de communication visant à renforcer sa stature d’homme d’État, capable dans le domaine régalien. Des questionnements légitimes accompagnent pourtant la nomination du nouveau gouvernement sur les questions de sécurité et de lutte contre le communautarisme, à commencer par celle du Premier ministre. Proche d’Alain Juppé, Édouard Philippe a défendu, comme maire du Havre, une conception pour le moins hétérodoxe de la laïcité, conduisant à s’adapter toujours plus aux exigences de la communauté musulmane. En 2012, sur ordre de la mairie, 8 200 mousses au chocolat arrivées dans les cantines scolaires avaient été jetées car elles auraient contenu de la gélatine de porc… Rien de très rassurant, surtout, dans le choix de Gérard Collomb pour le ministère de l’Intérieur. Soutien de l’Institut français de civilisation musulmane (IFCM) dirigé par Kamel Kabtane — recteur de la grande mosquée de Lyon, en lien avec des figures liées aux Frères musulmans connues —, le ministre s’était prononcé contre la loi interdisant le voile intégral (niqab et burqa) dans les rues de France… Sa nomination laisse présager l’aggravation d’une situation déjà intolérable en France en matière de recul des lois de la République, notamment dans le domaine de la dégradation de la condition féminine, dont les médias ne se font que rarement l’écho. Quand ils s’y risquent, comme à Sevran (Seine-Saint-Denis) à l’automne dernier, où France 2 nous montrait des bars où les femmes n’avaient pas droit de cité, ou en plein Paris dans le quartier de La Chapelle dans le Parisien le 18 mai, où les agressions sexistes sont légion, ils prennent le risque d’être accusés de “faire le jeu du Front national”, un réflexe pavlovien dont l’ère Macron assurera sans mal la pérennité. En février dernier, Valeurs actuelles a fait paraître un reportage sur le secteur La Chapelle-Pajol et révélait déjà, sans que nul ne s’en émeuve, la conjonction explosive des migrants, passeurs, militants associatifs en tout genre et vendeurs à la sauvette. Même si le contexte migratoire n’est pas pour aider, Pierre Liscia, élu de l’opposition (LR) à la mairie du XVIIIe arrondissement et habitant du quartier, soutient que la recrudescence des violences envers les femmes seules est principalement le fait de ces seuls trafiquants agressifs qui occupent tout l’espace aux alentours du square et sous le métro aérien, et rendent le quotidien des femmes seules dans la rue insupportable. S’il a donné l’alerte à la journaliste du Parisien le 3 mai, c’est parce que les remontées alarmantes des riverains n’en finissaient pas. Valeurs actuelles

Cachez ce réel que je ne saurai voir !

Dénonciation des derniers dinosaures et de leur obsession néendertalienne des murs, courageuse prise de position cannoise contre le terrorisme néonazi, refus de la chasse aux sorcières au nom d’une prétendue moralisation de la vie politique, apologie du hijab de nos grandes enseignes du vêtement ou de nos forces de police

A l’heure où après leur casse du siècle, nos bobos et nos médias s’extasient du « sans-faute » de leur nouveau président

Et  contre leurs stupides opposants à la modernité à la veille d’une nouvelle élection n’ont pas de mots assez durs pour fustiger …

Le « prurit identitaire », le « poison mental » et la « saleté idéologique » …

Comme naturellement « l’obsession de l’islam irréductible à la France » …

Devinez ce qui menace de faire son grand retour

Quelque part entre Paris et Manchester

Dans « l’identité heureuse » de premiers de la classe 

De ceux qui ont oublié que comme l’avait pourtant bien montré René Girard

« Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement » ?

La Chapelle-Pajol, ce symbole que Macron voudrait cacher

Communautarisme. Tandis que le président nouvellement élu réalise un sans-faute sur la forme, le mal français, lui, demeure dans ses déclinaisons bien connues — islamisme et communautarisme, insécurité, migrants. Une conjonction dont l’exclusion des femmes du quartier de La Chapelle à Paris est le triste symbole.

Solange Bied-Charreton

Valeurs actuelles

28 mai 2017

Cachez ce réel que je ne saurais voir… De Paris à Albi en passant par Arras, le catéchisme fut partout le même. Sur fond de drapeaux européens et de tee-shirts fluorescents, « celles et ceux » qui reçurent à chaque sermon leur dose d’optimisme crurent au rassemblement enjôleur commandé par les avant-gardes de la jeunesse, des associations et des ONG en applaudissant à tout rompre. La colère de la majorité des Français devant l’insécurité semble n’avoir compté pour rien dans ces déclinaisons bienveillantes de la méthode Coué, “en marche” pour l’oblitération pure et simple de ce qui mine le pays. Attentat commis par Dae’ch sur les Champs-Élysées le 20 avril, désignation par les électeurs de la candidate d’extrême droite en challenger le 23 avril — les raisons d’un tel choix se fixent, on s’en doute, sur l’immigration et l’insécurité, loin devant la sortie de l’euro… —, mais rien, aucune réponse sur ces thèmes apportée par le candidat Macron.

Derrière la com’, les questionnements

Qu’en est-il du président ? Lui suffit-il de descendre l’avenue des Champs-Élysées à bord d’un command car de l’armée le jour de son investiture pour endosser la fonction du protecteur de la nation ? Sa visite aux troupes françaises basées au Mali vendredi 19 mai s’inscrit encore dans cette stratégie de communication visant à renforcer sa stature d’homme d’État, capable dans le domaine régalien. Des questionnements légitimes accompagnent pourtant la nomination du nouveau gouvernement sur les questions de sécurité et de lutte contre le communautarisme, à commencer par celle du Premier ministre. Proche d’Alain Juppé, Édouard Philippe a défendu, comme maire du Havre, une conception pour le moins hétérodoxe de la laïcité, conduisant à s’adapter toujours plus aux exigences de la communauté musulmane. En 2012, sur ordre de la mairie, 8 200 mousses au chocolat arrivées dans les cantines scolaires avaient été jetées car elles auraient contenu de la gélatine de porc…

Rien de très rassurant, surtout, dans le choix de Gérard Collomb pour le ministère de l’Intérieur. Soutien de l’Institut français de civilisation musulmane (IFCM) dirigé par Kamel Kabtane — recteur de la grande mosquée de Lyon, en lien avec des figures liées aux Frères musulmans connues —, le ministre s’était prononcé contre la loi interdisant le voile intégral (niqab et burqa) dans les rues de France… Sa nomination laisse présager l’aggravation d’une situation déjà intolérable en France en matière de recul des lois de la République, notamment dans le domaine de la dégradation de la condition féminine, dont les médias ne se font que rarement l’écho. Quand ils s’y risquent, comme à Sevran (Seine-Saint-Denis) à l’automne dernier, où France 2 nous montrait des bars où les femmes n’avaient pas droit de cité, ou en plein Paris dans le quartier de La Chapelle dans le Parisien le 18 mai, où les agressions sexistes sont légion, ils prennent le risque d’être accusés de “faire le jeu du Front national”, un réflexe pavlovien dont l’ère Macron assurera sans mal la pérennité.

Les remontées alarmantes des riverains n’en finissent pas

En février dernier, Valeurs actuelles a fait paraître un reportage sur le secteur La Chapelle-Pajol et révélait déjà, sans que nul ne s’en émeuve, la conjonction explosive des migrants, passeurs, militants associatifs en tout genre et vendeurs à la sauvette. Même si le contexte migratoire n’est pas pour aider, Pierre Liscia, élu de l’opposition (LR) à la mairie du XVIIIe arrondissement et habitant du quartier, soutient que la recrudescence des violences envers les femmes seules est principalement le fait de ces seuls trafiquants agressifs qui occupent tout l’espace aux alentours du square et sous le métro aérien, et rendent le quotidien des femmes seules dans la rue insupportable. S’il a donné l’alerte à la journaliste du Parisien le 3 mai, c’est parce que les remontées alarmantes des riverains n’en finissaient pas.

Face à Anne Hidalgo qui promet sur Twitter qu’un « processus de marche exploratoire va être lancé », Pierre Liscia et l’opposition optent pour le concret. « Nous demandons depuis très longtemps la création d’une police municipale à Paris pour répondre à la délinquance et à l’insécurité du quotidien. Placée sous l’autorité du maire, elle déchargerait la Police nationale, qui n’a ni le temps ni les moyens de s’en occuper. Enfin, les zones de sécurité prioritaires de la capitale doivent être repensées et le secteur de La Chapelle pris en compte. » Autre chose que la “brigade anti-incivilités”, dispositif superficiel que la mairie de Paris a mis en place à l’automne dernier…

La lutte contre le harcèlement […] doit faire l’objet d’une politique publique générale

« Quant au “jeu du FN”, ajoute Liscia, c’est ceux qui font la sourde oreille devant les problèmes de sécurité des Français qui le poursuivent. » Comme Héloïse Duché, fondatrice de l’association Stop harcèlement de rues, qui défend l’idée que le sexisme est partout, sans distinction, par crainte de stigmatiser un groupe plus qu’un autre. Ou encore l’historienne Laurence De Cock, qui explique quant à elle que « la lutte contre le harcèlement […] doit faire l’objet d’une politique publique générale et adossée aux questions d’accueil, de mixité sociale, d’aménagement urbain ». Des féministes représentatives d’une certaine gauche aveuglée par l’antiracisme et qui ressert ad nauseam son discours sur le drame des agressions de Cologne… « Le président Macron n’a pas du tout pris la mesure de la dérive dans certains territoires de la République où ses lois et ses principes sont piétinés », prévient Pierre Liscia, à la lumière des troubles de La Chapelle.

Un avertissement qui en dit plus long que la fameuse “journée de la jupe”, conduite par des lycéens que rien ne met en danger. Porte-étendards d’un macronisme réjouissant, ils en constituent le symbole emblématique, tant dans la “com” que dans l’inutilité de l’action.

Voir aussi:

La droite qui ne va pas avec Macron est idiote

Claude Askolovitch

16.05.2017

La seule chose qui puisse séparer les Républicains d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe, nonobstant l’envie, c’est cette saleté idéologique qu’une Nadine Morano ou un Laurent Wauquiez agiteront pour se croire exister.

Ce n’est pas pour faire joli qu’un quadragénaire portant beau la barbe et la modération est venu lundi 15 mai sur TF1 nous parler du gaullisme, des maires et du président Macron, avant de composer un gouvernement «de rassemblement de compétences», aussi efficace et dévoué qu’un conseil municipal. À s’émerveiller (ou s’offusquer, toutes les sottises sont dans la nature) de la transgression Edouard Philippe, on rate l’essentiel de ce qui s’installe; une logique absolue; une adéquation lumineuse; un projet énoncé, qui précède la «recomposition» dont le commentaire fait ses délices.

Philippe et Macron mean business, et lundi 15 mai, jour un du nouveau pouvoir, ils l’ont dit. Edouard Philippe, sur TF1, évoquant le printemps 2002, qui vit Jacques Chirac, triomphalement réélu face à Jean-Marie Le Pen, composer un gouvernement avec la seule droite et le centre, eut ce regret:

«Il a fait le choix de rester dans une tradition; beaucoup de gens se sont demandés si l’on n’aurait pas dû etre plus audacieux pour mettre en œuvre, dès 2002, les réformes qui ont été mises ailleurs et qui ont permis de faire avancer le pays.»

Plus tôt dans la journée, en Allemagne, entre amitié poétique et refondations possibles, Emmanuel Macron avait donné le cadre, si on l’oubliait: il est élu pour «conduire des réformes en profondeur pour restaurer la confiance», son agenda est «un agenda de réformes dans les prochains mois, en matière économique, sociale et éducative, non pas parce que l’Europe le demande, parce que la France en a besoin».

La recomposition n’est que politique

Comprenons bien, et passons sur les narrations idiotes qui nous empoisonnent, sur la France aux ordres de «Muti» Merkel ou sur les nostalgies de l’union nationale que le nouveau pouvoir ranimerait. La recomposition n’est que politique. Elle existe pour porter un agenda, et existe pour cet agenda: accomplir, en France, la mue sociale-libérale, ou libérale-sociale, ou libérale, ou de flexi-sécurité auquel le système politique s’est toujours dérobé, alors même que cette évidence est devenue hégémonique dans les cercles des pouvoirs. Quand Edouard Philippe nostalgise sur l’occasion manquée de Jacques Chirac, il nous compare, sans le dire, à l’Allemagne; réélu la même année que Chirac, le chancelier social-démocrate Schröeder transforma à la hussarde le système social allemand, dans une séries de lois, «agenda 2010», inspirées par un ancien DRH de Volkswagen, qui rendirent aux allemands une flexi-prospérité, tissée de plein-emploi global et d’incertitudes individuelles.

Quand on parle des réformes manquées par la France, on pense à Shröeder. C’est ainsi, en gros. Edouard Philippe ne dit pas tout, mais on saisit le projet. Les ordonnances qui se préparent doivent être l’équivalent, en France, des réformes Schröeder, quinze ans après. En gros. Dans l’esprit. Toutes choses égales par ailleurs. La recomposition est l’outil de cet accomplissement. Il nous fallait ça.

On n’avance pas seul

Nous sommes, Français, des gens charmants de prudence. Pour chambouler son pays, Schröeder n’avait pas pratiqué une recomposition politique. Il était à la tête d’un gouvernement rose-vert à peine majoritaire, et mina durablement son SPD en affrontant, brutalement, syndicats et mécontents de gauche. Ensuite seulement, le socio-démocrates, épuisés du travail accompli, se lovèrent en partenaires minoritaires des Chrétiens-démocrates de Mme Merkel.

En France, on ne se suicide pas par sentiment du devoir. On n’avance pas seul. On a besoin de ce mythe du rassemblement. On n’est pas très courageux en somme: rien n’aurait empêché Chirac de faire du Schröeder, avec une assemblée à sa main. Sauf l’angoisse qui saisit le gouvernant français à l’approche de l’orage. Chez nous, les réformes libérales (sociales-libérales, libérales-sociales, de flexi-sécurité, whatever, juste name it et n’y revenons plus) se sont opérées jusqu’ici imparfaitement, dans la douleur et le malentendu. Initiées par la droite, elles se polluaient de jactance mauvaise, sentant trop la revanche des classes aisées contre les salopards, et les gauches mécaniquement freinaient le processus, dans le verbe ou dans la rue. Venues de la gauche, elles n’osaient pas dire leur nom, et, sous Hollande ou Valls, se perdaient dans les règlements de comptes internes à la social-démocratie cocufiée (ou accomplie), et la droite, confite en méchant sectarisme, regardait l’ennemi se perdre en se trahissant.

Ainsi le PS hollandais s’opposait en congrès à la réforme des retraites de 2003, et puis sabotait, par ses jeunes, qui seraient ensuite les gardes roses de Hamon, les tentatives villepinistes d’assouplir le marché du travail en faveur des jeunes générations. Ainsi la droite ne leva pas le petit doigt à l’assemblée pour construire un consensus sur la fameuse Loi macron, et préféra souligner les reculades de la loi El Khomri que ses avancées (on parle de son point de vue).

Il faut revenir à l’origine du macronisme. C’est dans le blocage de sa loi que Macron a décidé de s’affranchir des codes d’un monde déjà mort. C’est dans le refus de Hollande et de Valls d’aller à marche forcée, ensuite vers une grande loi d’urgence économique, qu’il avait soupesé ce que valaient ses amis d’alors: des vélléitaires, politiciens, conservateurs, qui n’oseraient pas, se gargariseraient de discours pour ne pas accomplir leur tâche. La droite ne valait pas mieux, qui n’avait pas osé être d’accord, publiquement, avec ce qu’elle approuvait. Les hystéries du 49.3, en 2015, témoignaient simplement du blocage manœuvrier du vieux système. On y avait vu des sarko-centristes dissuader leurs parlementaires de concourir à la réforme, pour acculer le pouvoir à la faute. Belle réussite.

Prendre Edouard Philippe, démontrer publiquement qu’on est de la droite, aussi bien que de la gauche, c’est la réparation qu’offre le Président au ministre qu’il fût. C’est la revanche et l’antidote à l’échec politique de la Loi Macron. Pourquoi s’en étonner? Macron avait tenté en vain, au parlement, sur quelques dizaines d’élus de droite, ce qu’il accomplit désormais avec Philippe. Lors d’une discussion au Sénat, à propos d’un dispositif de «suramortissement des investissements productifs industriels», l’alors ministre s’était un peu fait plaisir, célébrant le capital et titillant les gauches:

«Nous sommes dans une économie ouverte, où les talents bougent. Ouvrez les yeux. Dans un monde ouvert, il faut être lucide! La France sans le CAC 40, c’est l’Espagne ! Si on vit mieux chez nous, c’est aussi grâce à nos grandes entreprises. Nous ne redresserons pas notre économie sans elles.»

Et à la sénatrice communiste qui lui lançait, «Regardez qui vous applaudit», il avait rétorqué:

«Je m’en moque de qui m’applaudit ou pas. Je parle du pays où on vit, lui rétorquait M. Macron. On peut décider d’avoir un régime soviétique dans un seul pays, ça ne marche pas !»

La droite avait adoré, sur le moment. Une gauche, aussi, embarrassée peut-être? Ce qui arrive désormais reprend l’histoire. De droite, et de gauche. Du libéralisme. Il n’y aura plus de faux prétexte entre les libéraux?

La revanche du capitalisme

Emmanuel Macron prolonge des lignes; il accomplit ce que Giscard ne sut faire, qui aurait tant aimé agréger des socialistes à ses libéraux, et concrétise ce que Mitterrand mima, dans son ouverture cosmétique, sous le gouvernement Rocard, et solidifie ce que le même Rocard, en dépit des ruses de son président, tentait dans les discussions parlementaires. Il abouti les modernités de la Fondation Saint-Simon, qui naquit en 1982, quand il était enfant. Un projet européen, une démocratie sociale rénovée…

C’est magnifique, ou pervers, si l’on pense que ces réformes sont le masque d’une simple revanche du capitalisme sur un siècle et plus de régulations. C’est en tous cas attendu. Cela éclaircit les clivages. Depuis le temps que la gauche et la droite étaient fracturées, en interne, sur le modèle social à réinventer et sur l’ouverture au monde, il ne s’agissait que d’entendre la logique. Macron et Philippe se contentent d’être eux-mêmes. La difficulté conceptuelle du Premier ministre à se définir «de droite», évoquant un attachement aux libertés dont chacun peut faire son miel, témoigne du monde enfoui. Ces deux-là étaient faits l’un pour l’autre. S’en extasier est une habitude politicienne. Ils n’ont rien fait qu’acter une évidence. L’urgence les a aidé. Les fronts du refus du libéralisme et de l’Euripe composent une petite moitié de l’électorat. La séparation politicienne entre droite ouverte et gauche réformiste est un luxe artificiel. Macron et Philippe vont accomplir le programme commun de Rocard et Giscard, au moment où celui-ci est menacé comme jamais.

A cette aune, les absents ont tort. La droite qui n’y va pas est idiote et le parti socialiste absurde. Et l’absurdité comme l’idiotie peuvent devenir deux formes de suicide, si la France sociologiquement acquise ou résignée au social-libéralisme, valide le pouvoir. Le PS chougnant à Edouard Philippe pour se réinventer une nécessité, feint d’ignorer qu’il gouverna cinq ans selon les canons du juppéo-rocardisme, et eut gagné à le revendiquer. La droite rage de voir son utilité politique préemptée par d’autres; elle n’est, dans sa séquence Baroin, qu’un syndicat d’élus gagnés par l’obsolescence, qui s’échine à conserver son existence bureaucratique; disons autrement: ses places, l’assiette au beurre de ses bruyants inutiles. Tout ceci est curieux pour des gaullistes, qui nient le primat de l’élection présidentielle, et absurde pour des libéraux-centristes, dont les idées, au pouvoir depuis si longtemps, sont désormais assumées par un chef d’État. Ils n’y vont pas. C’est dommageable. Elle peut aussi, cette droite, ne pas s’en remettre, ou s’abandonner à ses penchants les plus laids. Le prurit identitaire, l’obsession du passé, la grande exaltation de Clovis et de nos racines et l’obsession de l’islam irréductible à la France, a envahit le discours politique, parce qu’il fallait distraire salement une opinion à qui on ne disait rien, sur la vérité sociale et ce que les pouvoirs comptaient en faire. Aussi bien le buissonisme de Sarkozy, le républicano-laïcisme de Valls, le conservatisme néo-maurrassien de Fillon –gaulliste libéral égaré par l’ambition– furent des prétextes, des poisons mentaux, que l’on a instillés à l’opinion, aux médias, au débat public, parce qu’il était plus simple de déblatérer sur nos décadences que d’expliquer l’économie, et d’en tirer les conséquences.

La seule chose qui puisse séparer les Républicains de Macron et Philippe, nonobstant l’envie, c’est cette saleté idéologique qu’une Nadine Morano ou un Laurent Wauquiez agiteront pour se croire exister. Nos racines, et sus au Sarrasins. Cela existera, forcément. La droite, en se ralliant à Macron, qui lui ressemble, peut s’éviter cette disgrâce. Elle est libre, et aussi de parier sur le pire, et d’en disparaître. En se macronisant, la gauche accomplit sa mue libérale. S’il elle se macronisait, la droite mettrait un terme à sa dérive pré-fasciste. Les mots sont parfaitement pesés.

Il y aura des opposants à Macron, à Philippe. Heureusement. Ils seront indignes, ou de bonnes raisons. Ils seront sans doute syndicalistes, qui n’admettront pas un bouleversement social né d’une simple certitude technocratique, imposé pour son bien à la société. Ils seront politiques, chez les tenants, sincères ou de calcul, d’un keynésianisme de protection. Ils seront simplement démocrates, qui s’étonneront d’un gouvernement, à peine installé, qui décide de mettre entre parenthèses une assemblée qu’il contrôle. Tout cela se mesurera, dans les élections, au Parlement, dans la rue, dans l’assentiment, dans nos pauvretés ou nos confiances retrouvées. La recomposition ne justifie pas l’impérium du nouveau pouvoir, et le mariage idéal n’est pas une preuve en soi. Mais à juger Macron et Philippe, jeunes, minces, convaincus, parlant juste, boxeurs amateurs, que sais-je, on fera désormais l’économie de ceci: ils n’ont réalisé aucun exploit en choisissant de s’unir. La France, depuis lundi, est un peu mieux rangée. C’est déjà ça.

Voir également:

Valeurs actuelles

  28 mai 2017 à 08:28 0

 

Valeurs Actuelles. Emmanuel Macron, le candidat du progressisme, a remporté la présidentielle. Est-ce la mort du conservatisme ?
Guillaume Perrault. La défaite de Fillon ne signifie nullement que les conservateurs ont échoué. Une partie des électeurs naturels du candidat de la droite l’ont rejeté en raison des “affaires”. En outre, Fillon défendait un programme libéral dont la rigueur a fait peur aux salariés.

En novembre, Fillon avait vaincu Sarkozy, Juppé et ses autres rivaux car il avait su parler de la France, de notre héritage et de la nécessité d’honorer et de transmettre le monde reçu de nos pères. Les électeurs de droite étaient si sevrés de ce discours qu’ils lui ont exprimé leur gratitude en l’adoubant pour la présidentielle. Lors de la primaire, Fillon a été l’instrument d’une aspiration qui le dépassait. Or, il ne l’a pas vraiment assumée au cours de sa campagne. Aussi, la sensibilité conservatrice n’a pas été rejetée par le pays et demeure un espoir pour la droite.

Lors de la primaire, Fillon avait su parler de la France

Une majorité de Français de tous milieux sociaux peut adhérer à un projet conservateur, à condition d’expliquer ce qu’on entend par là. Être conservateur, c’est considérer avec reconnaissance l’héritage qu’on a reçu en dépôt, apprécier sa valeur, lui prodiguer ses soins et le remettre, autant que possible, intact à ses successeurs. Ce n’est pas seulement une sensibilité personnelle, mais aussi une boussole pour l’art du gouvernement.

VA. La droite traditionnelle est-elle en voie de disparition ?
GP. La droite française ne sait plus qui elle est. Le ralliement des juppéistes à Macron doit être l’occasion d’un travail intellectuel : que veut-elle vraiment ? En Grande-Bretagne, les différents courants du Parti conservateur sont fédérés par un héritage qui les dépasse et qui discipline leurs affrontements. Considérons la façon remarquable dont ce parti a assumé le résultat inattendu du référendum sur le Brexit. Nous n’avons pas affaire seulement, outre-Manche, à un cartel d’élus professionnels, mais à une véritable famille de pensée qui surplombe ses leaders successifs.

Le problème de la droite française, au contraire, est qu’elle s’est définie en grande partie, depuis 1945, non par rapport à des idées, mais pour ou contre de Gaulle. Depuis la disparition de l’intéressé, en 1970, cette sensibilité ne sait plus se nommer et a perdu le souvenir de ses racines. On devrait s’attacher moins aux personnes, si exceptionnelles soient-elles, et davantage aux traditions qui les dépassent et les nourrissent. Redonner ses lettres de noblesse au conservatisme me paraît donc salutaire pour l’avenir de la France.

VA. Quelles sont ses perspectives pour les législatives ?
GP. L’hypothèse d’une cohabitation n’est pas la plus plausible. Les électeurs dont le candidat a été battu à la présidentielle tendent à se démobiliser aux législatives. Les indécis, pour leur part, jugent naturel de donner au nouveau président les moyens de gouverner. Le scrutin majoritaire à deux tours favorise une large victoire en sièges pour le parti arrivé en tête en voix, fût-ce de peu.

On ne peut exclure que les Français désignent une Assemblée sans majorité absolue

Cela dit, une surprise est toujours possible. En mai 1988, Mitterrand a été réélu dans un fauteuil face à Chirac. Pourtant, un mois plus tard, aux législatives, droite et centre ont bien résisté et les députés PS n’ont obtenu qu’une majorité relative. Le Premier ministre de l’époque, Rocard, a dû, pour gouverner, recourir à l’appui ponctuel des communistes ou des centristes. Il a utilisé le 49.3 plus de vingt-cinq fois en trois ans, ce qui serait d’ailleurs impossible aujourd’hui.

Or, on ne peut exclure que les Français désignent en juin une Assemblée sans majorité absolue. En ouvrant sa majorité aux juppéistes, Macron n’a pas seulement pour objectif de fracturer la droite, mais aussi d’éviter ce scénario embarrassant pour lui.

Conservateurs, soyez fiers !, de Guillaume Perrault, Plon, 248 pages, 15,90 €.

Voir encore:

How Nationalism Can Solve the Crisis of Islam
Transnational liberalism breeds resentments and anxieties that are only beginning to surface across the developed world
Sohrab Ahmari
The Wall Street Journal
May 26, 2017
Paris

Last Sunday President Trump stood before Muslim leaders in Riyadh and declared: “America is a sovereign nation, and our first priority is always the safety and security of our citizens. We are not here to lecture. We are not here to tell other people how to live, what to do, who to be, or how to worship.”

Amid the journalistic uproar that greets nearly everything Mr. Trump says, few noted the connection he made between these two concepts: We are sovereign, and we don’t want to lecture. By putting them together, the president scrambled the pattern that has long shaped the West’s relations with Islam.

For decades, the West has seen itself as an empire of rights and liberal norms. There were borders and nations, but these were fast dissolving. Since rights were universal, the empire would soon encompass the planet. Everyone would belong, including Muslims, who were expected to lose their distinctness.

It didn’t work, as the latest jihadist attack, at a concert for teens in Manchester, England, attests. So it makes sense to consider alternatives. Judging by his Saudi speech, Mr. Trump wants to revive the nation-state as the primary political vehicle for encountering Islam. The nation has clear—and limited—territorial and cultural boundaries. It says we are this, and you are that.

To the French philosopher Pierre Manent, such thinking is the beginning of wisdom. “We have a big problem with Islam,” he tells me. “And it’s impossible to solve it through globalist, individualist, rights-of-man mantras.”

I meet Mr. Manent, 68, in his office at the prestigious School for Advanced Social Studies in Paris. For years he has been associated with the school’s Raymond Aron Center for Political Research, named for the great Cold War liberal who denounced Soviet tyranny even as most French thinkers grew addicted to what Aron called the “opium of the intellectuals”—Marxism and radicalism. Aron was Mr. Manent’s mentor.

Although Mr. Manent has retired from teaching, he still writes and lectures across Europe, mainly on how to preserve political freedom and liberal order in the face of globalization, mass migration and Islam. His ideas have wide application in the West.

Here in France, the government has vowed to counter Islamist terror with a military and intelligence surge. But newly elected President Emmanuel Macron generally eschews the more profound, unresolved questions of community and belonging that haunt French society. “There is no such thing as a single French culture,” he said in February. “There is culture in France, and it is diverse.”

These glib assertions lead Mr. Manent to conclude that Mr. Macron has fully imbibed the “acceptable opinions, or the PC opinions,” about Islam and nationhood that prevail among trans-Atlantic elites. In these circles, even to suggest a problem with Islam is to invite “scowls,” he says. “Everything they say about the situation is determined by their purpose, which is to prove that there is no problem with Islam—against their own anxiety.” Not to mention the evidence.

He regards Islam as a powerful and “starkly objective” faith. Wherever it spreads, it brings a set of “authoritative mores,” whose adherents constitute the faithful community, or ummah. This is in contrast to Christianity, with its emphasis on subjective, inner assent to the Redeemer, distinctions between the visible and invisible church, Caesar and God, and so on.

Islam instead rests on a political geography that divides the world, Mr. Manent has written, between the “house of submission,” where the faith reigns, and the “house of war,” where it doesn’t. As a political form, Islam thus most closely resembles an empire, he argues. The trouble—for Muslims and for the West—is that since the Ottoman collapse in 1924, it “has been an empire without an emperor.”

Meanwhile, the liberal West has grown tired of the older forms of “communion” that used to define it. Liberals in Europe, and to a lesser extent the U.S., wish to dispense with both the modern nation-state, the political communion that once gave concrete shape to the open society, and Judeo-Christianity, the sacred communion that used to provide the moral and spiritual frame.

For the West’s professional classes, Mr. Manent contends, the only acceptable sources of political communion are the autonomous individual, on the one hand, and humanity as a whole, on the other. He understands the jet-setters’ impulse: “We can go anywhere on the planet, work anywhere on the planet—these new liberties are inebriating.” Better, then, “to be a citizen of the world.”

But Mr. Manent, a Catholic and classical liberal in the tradition of Alexis de Tocqueville, thinks this attitude breeds resentments and anxieties that are only beginning to surface across the developed world.

To wit, for most people everywhere, humanity is “too large and too diverse” to provide meaningful communion. “I cannot prove that the nation-state is the only viable form,” he says. “But what I’m sure about is that to live a fully human life, you need a common life and a community. This is a Greek idea, a Roman idea, a Christian idea.”

It’s why 19th-century liberals such as Tocqueville were so enthralled by the modern democratic nation-state. It was committed to universal human rights, but it housed them within a pre-existing “sacred community” that had its own inherited traditions—and boundaries.

It’s also why in the 21st century, Mr. Manent says, the “small, damaged” nations of Central Europe react most viscerally against transnational liberalism. Hungary fears “it couldn’t have endured and would have disappeared,” he continues, if it faced the same multicultural pressures as, say, France. The European Union’s efforts to punish voters in such countries for electing the wrong kind of government will therefore intensify the backlash.

But there is a bigger wrinkle in the transnationalist pattern: It isn’t universalistic at all. When the house of Islam looks at Europe, it doesn’t see a union with procedural norms, trade ties and kaleidoscopic lifestyles. It sees a collection of particular nation-states. More important, it sees the cross.

In its communiqués claiming credit for terror attacks, Islamic State never fails to mention that the “soldiers of the Caliphate” targeted this or that nation, which “carries the banner of the cross in Europe.” Such statements puzzle secular Europeans, Mr. Manent says, because they think: “Well, perhaps the Americans who intervened in Iraq, but we French are not Crusaders!”

The West has relegated faith to a purely private sphere, in which the believer, in his inner depths, communes with the Almighty. But to adherents of Islam, Christianity’s public, political dimension still shines forth.

This leads to another turn in Mr. Manent’s thought: “In the present circumstances, relations between Europe and the Muslim world will be less fraught if we accepted this Christian mark, while of course guaranteeing that every citizen, whatever his religion and lack of religion, has equal rights.” In other words, the Muslim world would more easily come to terms with the West if Westerners acknowledged who they are.

Take Turkey’s accession to the EU. European leaders for decades have contorted themselves to justify their reluctance to admit Ankara. If it were purely a matter of “rights,” then Ankara would be correct to demand entrance ASAP. But, says Mr. Manent, “Europe” is also a cultural and political community, and it matters that Turkey is a large Sunni Muslim nation with Turkish mores. By being honest about these differences, the West could clarify the terms of the encounter and ease tensions.

As for the West’s often ill-assimilated native Muslim populations, like the British community that produced the Manchester bomber, here too Mr. Manent prefers a “national solution.” For starters, he says, “we must accept that the Muslims who are among us will remain Muslims.” It follows that the West must “do things so that Muslims feel that they can be reasonably happy Muslims” in a non-Muslim environment.

The basic bargain: “We accept Muslims, but they also have to accept us.” In France that might mean dialing back laïcité, the official secularist dogma that restricts many public expressions of faith. “We won’t bother you about your veils or the way you eat,” Mr. Manent says. “In school lunches, meat without pork will be available. It’s silly and mean to say, ‘They will eat pork or they won’t eat.’ Muslims shouldn’t always be under suspicious eyes.”

But then, he continues, the French would demand reciprocity of Muslims: “You really belong to France. You turn toward it and your life will be centered on this European country, which is not and will never be a Muslim country.”

What he wants to combat is the widespread sense of alienation, particularly among young Muslims who are “paper French”—citizens without political attachment. In practice, this would involve the government’s insisting that mosques and cultural associations cut their ties with Algeria, Tunisia and other foreign countries and instead actively promote an indigenous French Islam.

His grand-bargain vision has detractors on the left, who call it discriminatory, and the right, who find the offer too generous. Others think it’s too late. But Mr. Manent is optimistic that the combination of political liberty and nationalism is more resilient than most people suppose.

Then again, the 19th-century marriage of liberalism and nationalism ended in a very ugly divorce in the first half of the 20th century. What about the dangers of reviving nationalism today? “There is no a priori guarantee that it could not devolve into something nasty,” Mr. Manent says. “But if we don’t propose a reasonable idea of the nation, we will end up with an unreasonable idea of the nation. Because simply: However weakened the idea of the nation, nations do not want to die.”

Then there is the example across the Atlantic. Like Tocqueville, Mr. Manent sees much to admire in the American experiment. Even as Europeans have sought to pool or even abandon their sovereignty, he says, “Americans remained very much attached to the idea of a people making its laws to protect itself.”

True, “this people was open to the world, since of course it was formed by immigration. But people came from all over the world, not to be human beings but to be citizens of the United States, which had a keen sense of its exceptionalism and unique character.” In the Second Amendment, the persistence of the death penalty, and the reluctance of U.S. courts to follow foreign precedents, Mr. Manent sees “not a proof of American barbarism” but of democratic vigor.

And realism. Europeans, he says, imagined the world was so safe for liberty that they could discard the harsh, Hobbesian elements of power. Americans recognize that the modern world still has one foot in the state of nature, and this calls for the sovereign prerogatives of self-preservation: We are sovereign—we don’t lecture.

Mr. Ahmari is a Journal editorial writer in London.

Voir enfin:

Has Globalism Gone Off the Rails?

Victor Davis Hanson

National Review

The cult of multiculturalism is a paradox.

Prague — The West that birthed globalization is now in an open revolt over its own offspring, from here in Eastern Europe to southern Ohio.

About half of the population in Europe and the United States seems to want to go back to the world that existed before the 1980s, when local communities had more control of their own destinies and traditions.

The Czech Republic, to take one example, joined the European Union in 2004. But it has not yet adopted the euro and cannot decide whether the EU is wisely preventing wars of the past from being repeated or is recklessly strangling freedom in the manner of the old Soviet Union — or both.

In places devastated by globalization — such as southern Michigan or Roubaix, France – underemployed youth in their mid 20s often live at home in prolonged adolescence without much hope of enjoying the pre-globalized lifestyles of their parents.

Eastern Europeans are now discovering those globalized trade-offs that are so common in Western Europe, as they watch rates of marriage, home ownership, and child-rearing decline.

One half of the West — the half that lives mostly on the seacoasts of America and Western Europe — loves globalization. The highly educated and cosmopolitan “citizens of the world” have done well through international finance, insurance, investments, technology, education, and trade, as the old Western markets of 1 billion people became world markets of 6 billion consumers.

These coastal Westerners often feel more of an affinity with foreigners like themselves than with fellow countrymen who live 100 miles inland. And they are not shy in lecturing their poorer brethren to shape up and get with their globalized program.

Late-20th-century globalization — a synonym for Westernization — brought a lot of good to both poorer Western countries and the non-Western world. Czech farmers now have equipment comparable to what’s used in Iowa. Even those who live in the Amazon basin now have access to antibiotics and eyeglasses. South Koreans have built and enjoyed cars and television sets as if they invented them.

But all that said, we have never really resolved the contradictions of globalization.

Does it really bring people together into a shared world order, or does it simply offer a high-tech and often explosive veneer to non-Western cultures that are antithetical to the very West that they so borrow from and copy?

An Islamic State terrorist does not hate the United States any less because he now wears hoodies and sneakers and can text his girlfriend. More likely, Western fashion and high-tech toys only empower radical Islamic hatred of Western values.

If an airport in Denver looks like one in Beijing, or if a grenade launcher in Syria seems similar to those used at Fort Bragg, are China and the radical Islamic world therefore becoming more like the United States? Or are they adopting Western ideas and weapons while accentuating their far deeper cultural and historical differences?

Iran is desperate for nuclear technology originally spawned from the “Great Satan” in order to better destroy the Great Satan.

Another paradox of globalization is a new passive-aggressive attitude inside the West.

Elites who benefit from Westernized globalization often gain enough wealth and leisure to have the latitude to trash it almost as a way of dealing with their own guilt over their exalted status.

At no time in the history of Western civilization have American college students ever been so pampered — with latte bars, trauma counselors, rock-climbing walls, and upscale student unions — and yet so critical of the very global civilization that guaranteed them such bounty.

Those in the former Third World constantly berate the West for its supposed sins of imperialism, colonialism, and exploitation, while millions of their own citizens risk their very lives to cross the Mediterranean or the U.S.–Mexico border to enter and live in the West.

Is the message “I hate the West, so please let me in”?

The cult of multiculturalism is also a paradox.

Under globalization, the West seeks to spread its values along with its iPhones, as if Western values were far preferable to the alternatives.

But a chief tenet of globalized multiculturalism is to not judge other cultures by “arbitrary” Western standards. Many Western elites implicitly believe that their own ideas about democracy, treatment of minority groups, and equality under the law are superior to the alternatives elsewhere — and some expect the rest of the world to eventually look like Malibu, Palo Alto, or the Upper West Side of Manhattan.

So if Iran or Chechnya oppresses gays, or if traditional Arab societies institutionalize female genital mutilation, are they homophobic and misogynist, or merely different?

And do Westerners look the other way at phobias and oppression abroad, even though they would never do so at home?

In truth, globalization is a mere amphetamine. It speeds things up and alters superficial behavior. But let us not fool ourselves into thinking that globalization has fundamentally altered the nature and culture of those it hooks.


Présidentielle 2017: Attention, un extrémisme peut en cacher un autre ! (It’s cultural anxiety, stupid ! – Normalcy only seems revolutionary because it’s undoing a revolution)

12 mai, 2017
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George Orwell disait,  je crois dans 1984, que dans les temps de tromperie généralisée, dire la vérité est un acte révolutionnaire. David Hoffmann
Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent. George Orwell
Ce n’est pas en refusant de mentir que nous abolirons le mensonge : c’est en usant de tous les moyens pour supprimer les classes. (…) Tous les moyens sont bons lorsqu’ils sont efficaces. Jean-Paul Sartre (Les mains sales, II, 5, 1948)
Ce que nous voulons, c’est la liberté par tous les moyens, la justice par tous les moyens et  l’égalité par tous les moyens. Malcom X (1964)
Il y a du nouveau en France: un nouveau système pour désigner le président de la république. Ni plus réellement une démocratie, ni une dictature, c’est quelque chose qui n’a pas encore de nom. Un acronyme ou un mot-valise construit de «démocratie», «dictature» et «ploutocratie» ferait bien l’affaire. Le mécanisme fonctionne ainsi: des patrons de grands groupes financiers, industriels et commerciaux, ainsi que d’éminents conseillers habitués de l’Elysée, de Matignon et de Bercy ont choisi le futur président de la république — Emmanuel Macron, en l’occurrence — et l’ont instruit de sa mission. Ensuite ces oligarques ont mobilisé l’Etat, le gouvernement, la justice, les médias, les communicants, les artistes, les cachetiers, les sondeurs, les sociétés de Paris et les grands noms de la société civile pour le porter à la magistrature suprême. La machine s’est mise au travail et en un tour de piste a fait de l’impétrant le candidat du peuple, le favori, le héros indépassable. Lui-même en est devenu convaincu. Le reste était une simple formalité: il suffisait juste d’éliminer les autres candidats. On en a mis beaucoup sur la ligne de départ, désespérant le peuple en lui donnant l’image de la déplorable division dans laquelle les partis politiques ont entrainé le pays. Puis on a promis des primaires pour remédier à ça: il y aura un tri impitoyable! En effet: les candidats sérieux — Manuel Valls, Alain Juppé — ont été éliminés. La justice a ensuite lancé des fatwas contre les gros candidats qui restaient, et la presse, bras séculier de l’oligarchie, les a traqués. François Fillon et Marine Le Pen ont été poursuivis pour vol à l’étalage, leurs photos placardées à la une des journaux.(…) L’autre inconnue dans l’affaire aura été le peuple. Il est trop bête, dit-on; c’est un troupeau angoissé, qui peut réagir n’importe comment. D’ailleurs, le moment est peut-être venu d’en changer. Ce peuple-ci a fait son temps. Il parle encore de de Gaulle, Jaurès, Jeanne d’Arc. C’est vrai qu’il rechigne un peu: dimanche, les électeurs se sont abstenus de voter en nombre record. Le résultat de ce méli-mélo c’est Macron. Jamais élu auparavant, tête d’un mouvement vieux de juste un an, le voilà président de la République. On ne faisait semblant de douter de son ultime succès que pour écarter la suspicion de manipulation politique. Alors que Fillon a été mis en examen et que la justice française a demandé la levée de l’immunité parlementaire de Le Pen à l’Union européenne, elle a refusé d’ouvrir une enquête sur le patrimoine de Macron, pourtant demandée par de nombreux candidats. Mais au fond tout ça c’est du frichti, des amusettes, des histoires de carrières personnelles. Valls, Juppé, Le Pen, Fillon, Macron, Mélenchon, Hamon, Tartempion — tout ça c’est pareil, à peu de choses près. En France, on change de président tous les cinq ans, mais rien ne change jamais qui vienne vraiment d’eux. (…) Voilà pourquoi il importait que soient débattus durant la campagne présidentielle tous ces thèmes mondialisés: l’islamisation, le terrorisme, le réchauffement climatique, la migration, l’affaiblissement des institutions multilatérales. Mais ceux-ci ont à peine été évoqués. Peut-être était-ce à cause d’un sentiment d’impuissance face à ces problèmes. Mais le fait de ne pouvoir rien y changer n’est pas une raison de ne pas y regarder. (…) tout du long on a plié sous la tyrannie du court-termisme et du pas-de-vague. A gauche comme à droite, les grands partis d’antan ont été brisés, discrédités. La recomposition politique en France ressemble à un nettoyage par le vide. Entre-temps la fonction présidentielle a aussi été considérablement affaiblie. Merci Nicolas Sarkozy et François Hollande. Macron, héritier d’une fonction qui a été mise au plus bas, va vite découvrir l’étroitesse de sa marge de manœuvre — d’autant plus qu’il sera l’otage de la troupe disparate qui l’a fait arriver là. Boualem Sansal
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
On vous demande une carte blanche, et vous salissez l’adversaire, et vous proférez des mensonges. Votre projet, c’est de salir, c’est de mener une campagne de falsifications, de vivre de la peur et des mensonges. La France que je veux vaut beaucoup mieux que ça. Il faut sortir d’un système qui vous a coproduit. Vous en vivez. Vous êtes son parasite. L’inefficacité des politiques de droite et de gauche, c’est l’extrême droite qui s’en nourrit. Emmanuel Macron
Notre culture, ça ne peut plus être une assignation à résidence. Il n’y aurait pas la culture des uns et la culture des autres, il n’y aurait pas cette formidable richesse française, qui est là, dont on devrait nier une partie, il n’y a d’ailleurs pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple. Et je ne veux pas sortir du champ de cette culture, certains auteurs ou certains musiciens ou certains artistes, sous prétexte qu’ils viendraient d’ailleurs. Emmanuel Macron
La colonisation est un crime contre l’humanité. C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes. Emmanuel Macron
]e suis favorable à une loi qui ouvrira la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. Emmanuel Macron
Monsieur Macron a dit qu’il n’y avait pas de culture française, montrant qu’il n’a rien compris à ce qui fait la France. Qu’est ce qui nous réunit s’il n’y a pas une culture française ? Qu’est ce qui fait que nous sommes des Français ? La France c’est pas un hôtel international sans âme où cohabitent des individus anonymes et des communautés étrangères les unes aux autres. Nous ne sommes pas une aire d’autoroute où les citoyens du monde se croisent par hasard avant de reprendre leur route. Oui il y a une culture française, oui il y a un art français, oui il y a une manière de penser française. Nous les recevons en héritage, de tous ceux qui nous ont précédés. Et nous les conservons ! Comme une part essentielle de nous-même, à transmettre aux générations qui nous suivront. Nous sommes les héritiers d’une lignée de Français, qui ont su au fil des siècles, par leur bravoure, par leur génie, hisser notre pays parmi les plus grandes nations du monde. François Fillon
La religion musulmane doit accepter sans condition tout ce que les autres religions ont accepté par le passé. (…) Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République n’est pas achevé. Je veux la dissolution immédiate de tous les mouvements qui se réclament du salafisme ou des frères musulmans. (…) La France unie n’est pas une addition de communautés. Nous avons une identité, nous avons des coutumes, nous avons une culture, nous avons un drapeau. Le repli communautariste est un danger (…) je serais le défenseur intransigeant de la liberté d’expression même quand il s‘agit d’exprimer leur attachement à leur culture, à leur origine, à leur nation, à la France. (…) L’immigration, sans intégration doit être stoppée. En France, les étrangers ont des devoirs, avant de réclamer des droits. C’est une question d’unité nationale.  (…) On me décrit comme le représentant d’une France traditionnelle mais celui qui n’a pas de racines marche dans le vide (…) je ne renie rien de ce qu’on m’a transmis (…) pas plus ma foi personnelle que mes engagements politiques (…) je sais aussi que nous aurons besoin de tout le monde (…) n’opposons pas les riches aux pauvres, les patrons et les ouvriers, les croyants et les agnostiques. (…) C’est la même France (…) c’est la France des rois et des sans culottes (…) la France de Châteaubriand et de Kessel (…) Quand on a des valeurs, on les défend ! François Fillon
Si le candidat d’En marche! ne prend pas en charge les réalités populaires et les aspirations que dévoile cette élection, sa victoire sera une victoire à la Pyrrhus. La dynamique populiste est enclenchée et ne cessera de monter si on ne traite pas toutes les questions économiques, sociales et culturelles qui sont en jeu. La présidentielle de 2017 et la victoire d’Emmanuel Macron n’offrent qu’un sursis à ce monde d’en haut, mais, si le chef de l’État n’apporte aucune réponse aux catégories populaires, à cette France d’en bas qui se sent exclue de la mondialisation, il est probable que la bascule s’opère alors en 2022 avec le parti le plus à même de représenter cette dynamique-là. Le modèle actuel n’est pas socialement durable. Si la France d’en haut ne parvient toujours pas à être exemplaire et à parler à celle d’en bas, ses jours sont comptés. (…) À l’issue de mes travaux, j’ai distingué une fracture française qui se situe entre les grandes métropoles mondialisées et le reste, la « France périphérique ». Celle-ci n’est donc pas exclusivement rurale et englobe également des petites et moyennes villes. Elle concerne ainsi tous les territoires qui se trouvent à l’écart des grands pôles urbains, pôles qui créent le plus d’emplois et se trouvent insérés dans la mondialisation. Cette fracture s’observe d’ailleurs aussi bien en France que dans les autres pays européens ou aux États Unis: la logique est partout la même et provient d’une disparition des classes moyennes « le plus grand plan social de l’histoire. Ces classes sont devenues de nouvelles classes populaires, qui ont le sentiment d’être invisibles et de ne pas être économiquement intégrées. Comme partout dans les pays développés, les ressorts de la dynamique populiste reposent d’une part sur la destruction de la classe moyenne traditionnelle et sa mise à l’écart des métropoles mondialisées,et d’autre part sur l’émergence d’une société multiculturelle. Si une partie de la France populaire est réceptive au discours de Marine Le Pen, celle-ci ne rallie qu’une partie du monde d’en bas. Il est toutefois effectivement frappant de constater que son vote est surreprésenté dans cette France périphérique et sous-représenté dans la France des grandes métropoles. Le constat est inverse pour Emmanuel Macron, incarnation de la nouvelle bourgeoisie. Par ses propos sur la « société ouverte » , le néolibéralisme, le libre-échangisme, le candidat d’En marche! a été le candidat des grandes métropoles.. Partout en France, comme aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, les richesses et la création se concentrent dans les métropoles. Et partout dans le monde, ce modèle crée sa contestation populiste. Celle-ci émane des catégories qui constituaient hier le socle de la classe moyenne – ouvriers, employés, paysans – , et des  mêmes territoires. Catégories qui ont été les grandes perdantes du processus d’adaptation des économies occidentales aux normes de l’économie-monde. La mondialisation repose, en effet, sur une division internationale du travail qui condamne sur le temps long la classe moyenne occidentale. L’émergence d’une classe moyenne chinoise ou indienne s’est ainsi réalisée au détriment des ouvriers ou employés américains, français ou britanniques. Ce terrible constat explique que nous vivons depuis trente ans un processus de la sortie de la classe moyenne” qui vit désormais sur des territoires éloignés des zones d’emploi dynamiques. Et le vote Trump est porté par l’Amérique périphérique, le Brexit par la Grande-Bretagne périphérique, le vote Le Pen par la France périphérique (…) On observe déjà une division entre l’Est, qui a principalement voté pour Marine Le Pen, et l’Ouest, qui a davantage voté Macron. Mais cette géographie sociale provient de l’héritage industriel, où les industries étaient présentes essentiellement dans l’Est, et le rural et le tertiaire dans l’Ouest. Il est plus instructif de zoomer sur chaque territoire. Que ce soit dans des régions où Marine Le Pen est en tête ou d’autres dans lesquelles Macron l’emporte, une même logique s’opère. Ainsi, à l’issue du premier tour, en Bretagne, où Macron a obtenu plus de voix, celles-ci ont été gagnées dans les grandes villes bretonnes, comme Rennes. Dans cette dernière, Marine Le Pen a fait moins de 6%, mais a dépassé les 20% dans certaines zones rurales bretonnes. De la même manière, à l’Est, la candidate du FN fait un score moins bon dans des grandes villes comme Nancy, alors qu’elle triomphe dans les petites villes de la région. On le constate, la dynamique France périphérique-métropole marche à l’intérieur de chaque région. Il y a donc une sociologie assez similaire. Le premier tour révèle donc l’ »implosion des partis traditionnels. (…) Si les affaires ont évidemment joué, la difficulté de la droite a été, dès le départ, d’arriver à convaincre cet électorat de la France périphérique, désormais arrimé au Front national. Il ne se sent pas représenté par la droite traditionnelle, perçue comme trop libérale. L’entrée en campagne de François Fillon sur le mode de réduction des dépenses publiques et d’adaptation aux normes de l’ économie mondialisée a eu un effet destructeur. Son échec réside dans son incapacité à se connecter avec cet électorat populaire et dans le fait que son discours s’est en partie adressé à une classe moyenne en voie de disparition. (…) ]Pour le vote Fillon] Une minorité, à la marge, parce qu’elle est totalement dans une logique anti- système, a voté FN. Mais le reste des électeurs de cette France insoumise s’est plus largement reporté sur Emmanuel Macron ou réfugié dans l’abstention, pour une raison simple : les voix de Jean-Luc Mélenchon proviennent davantage de l’ électorat populaire des banlieues des grandes villes que des véritables périphéries. Cela reste un vote plutôt des grandes métropoles, avec beaucoup d’ électeurs de la fonction publique et de la gauche classique. Christophe Guilluy
Longtemps, on a nié que l’antisémitisme puisse tuer en France. Longtemps, on l’a guetté du côté de l’extrême droite, qui avait, en effet, une longue tradition de haine des Juifs. Est-ce parce que le nouvel antijudaïsme criminel ne vient plus de ce côté, qu’on a tant cherché à en nier la réalité ? Brice Couturier
Ce qui m’a frappé dans les débats des dernières années, c’est la difficulté avec lesquels ils sont parvenus à émerger. Car les plus importants d’entre eux portent précisément sur les sujets dont le «Parti des médias» – pour reprendre l’expression créée par Marcel Gauchet – tente d’empêcher l’évocation… Il y a comme ça, à chaque époque, des problèmes vitaux qui forment comme un angle mort du débat public. Ce sont précisément ceux qui vont décider de l’avenir. (…) Aujourd’hui, l’histoire est à nouveau en phase d’accélération brutale et le défi qui nous est lancé par l’islamisme politique, entré en phase de conquête du monde, est redoutable. Mais le Parti des médias, aveuglé par ses bons sentiments, préfère nous abreuver de petites nouvelles insignifiantes, d’une part, de ses grandes indignations, de l’autre. (…) chaque fois que le discours lénifiant sur le «vivre-ensemble» est contredit par des faits, ceux-ci font l’objet d’un remontage. Combien d’attentats islamistes ont été requalifiés en «actes commis par un déséquilibré»? Ou alors, on organise à la hâte une diversion. (…) Sur tous les plans, on se rapproche de la vérité en marchant en crabe. Ça ne facilite pas le règlement des problèmes. (…) Ayant vécu une partie de mon adolescence au Liban, repris des études à Oxford à 42 ans, enseigné trois ans en Pologne, beaucoup bourlingué en Europe, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, j’avais fait mienne l’idée d’Attali selon laquelle les nations étaient en train de devenir des hôtels où l’on pose provisoirement ses valises, en prenant pour critère le rapport qualité/prix. En s’attaquant aux Juifs, comme l’ont fait Merah et Coulibaly, à un symbole de l’esprit de ma génération, comme Charlie, les infiltrés du djihad, cette cinquième colonne islamiste, m’ont «rendu la France», comme disait Aragon. Poète communiste, il a tourné patriote lors de l’occupation, après avoir longtemps conspué le drapeau et la Marseillaise. (…) L’hégémonie intellectuelle est toujours détenue par «presse qui pense», même si elle a de moins en moins de lecteurs: Télérama, Les Inrocks, Le Nouvel Obs, Libé, etc. C’est elle qui donne le ton, décerne des brevets et censure ce qu’ils appellent les «dérapages». Ces contestataires professionnels sont étonnés et furieux d’être à leur tour contestés. C’est que l’espèce de bouillie intellectuelle, ce néo-marxisme rudimentaire à base de slogans creux qui leur sert de pensée s’est fracassé sur la réalité sociale. Souvent demeurés intellectuellement dans les années 1960/70 (Derrida, Foucault, etc.), ils s’acharnent à «transgresser», à «renverser des tabous», alors qu’il n’y a plus, en face, que le vide. Ils rejouent éternellement la scène originelle de 68, alors qu’on a radicalement changé d’époque. C’est pourquoi les gens qui pensent juste ont opéré, depuis le début de notre XXI° siècle, ce retour à Camus, à Arendt, à Orwell – qui n’étaient certes pas des penseurs «réactionnaires». «Empêcher que le monde ne se défasse», comme disait Camus. Et ne pas pousser la tolérance à l’absurde, en prétendant tolérer la barbarie. Ne pas justifier l’inacceptable au nom du relativisme des valeurs. (…) lorsque je me retrouve devant mon ordinateur, avec un article à écrire, je pense: comment Christopher Hitchens tournerait-il ça? Orwellien lui aussi, «Hitch» savait comme personne mettre le doigt sur l’hypocrisie, la mauvaise foi, le double standard moral. Et c’était un esprit absolument libre. Un véritable voltairien de la fin du XX° siècle. Il n’a aucun équivalent en français, mais quelques héritiers en Angleterre, comme Nick Cohen. (…) Les dirigeants de l’UE ont refusé à l’Europe toute identité, toute substance, toute limite géographique: ils ont créé une coquille vide, un ensemble flou dans lesquels les citoyens ne reconnaissent pas. Comment s’étonner que ceux-ci se réfugient dans leurs États-nations. Au moins, pensent-ils, on en contrôle les dirigeants en les remplaçant lorsqu’ils prennent de mauvaises décisions. Et on peut en défendre les frontières, ce que l’UE refuse de faire, face à une crise migratoire qui va s’aggraver. (…) il y a aussi quelque chose de positif dans ce que les élites baptisent «populisme»: les simples gens ont parfois une vision plus juste que des dirigeants vivant hors-sol, dans l’ignorance des vrais problèmes de la population. Brice Couturier
J’admire la campagne qu’Emmanuel Macron a menée. Il a défendu les valeurs libérales. (…) Il s’adresse aux espoirs des gens et non à leurs peurs. Barack Hussein Obama
On vous demande une carte blanche, et vous salissez l’adversaire, et vous proférez des mensonges. Votre projet, c’est de salir, c’est de mener une campagne de falsifications, de vivre de la peur et des mensonges. La France que je veux vaut beaucoup mieux que ça. Il faut sortir d’un système qui vous a coproduit. Vous en vivez. Vous êtes son parasite. Emmanuel Macron
Notre culture, ça ne peut plus être une assignation à résidence. Il n’y aurait pas la culture des uns et la culture des autres, il n’y aurait pas cette formidable richesse française, qui est là, dont on devrait nier une partie, il n’y a d’ailleurs pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple. Et je ne veux pas sortir du champ de cette culture, certains auteurs ou certains musiciens ou certains artistes, sous prétexte qu’ils viendraient d’ailleurs. Emmanuel Macron
La colonisation est un crime contre l’humanité. C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes. Emmanuel Macron
Nous vivons et vivrons durablement avec la menace terroriste. Emmanuel Macron
Moi, je ne vais pas inventer un programme de lutte contre le terrorisme dans la nuit. Emmanuel Macron
Monsieur Macron a dit qu’il n’y avait pas de culture française, montrant qu’il n’a rien compris à ce qui fait la France. Qu’est ce qui nous réunit s’il n’y a pas une culture française ? Qu’est ce qui fait que nous sommes des Français ? La France c’est pas un hôtel international sans âme où cohabitent des individus anonymes et des communautés étrangères les unes aux autres. Nous ne sommes pas une aire d’autoroute où les citoyens du monde se croisent par hasard avant de reprendre leur route. Oui il y a une culture française, oui il y a un art français, oui il y a une manière de penser française. Nous les recevons en héritage, de tous ceux qui nous ont précédés. Et nous les conservons ! Comme une part essentielle de nous-même, à transmettre aux générations qui nous suivront. Nous sommes les héritiers d’une lignée de Français, qui ont su au fil des siècles, par leur bravoure, par leur génie, hisser notre pays parmi les plus grandes nations du monde. François Fillon
La religion musulmane doit accepter sans condition tout ce que les autres religions ont accepté par le passé. (…) Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République n’est pas achevé. Je veux la dissolution immédiate de tous les mouvements qui se réclament du salafisme ou des frères musulmans. (…) La France unie n’est pas une addition de communautés. Nous avons une identité, nous avons des coutumes, nous avons une culture, nous avons un drapeau. Le repli communautariste est un danger (…) je serais le défenseur intransigeant de la liberté d’expression même quand il s‘agit d’exprimer leur attachement à leur culture, à leur origine, à leur nation, à la France. (…) L’immigration, sans intégration doit être stoppée. En France, les étrangers ont des devoirs, avant de réclamer des droits. C’est une question d’unité nationale.  (…) On me décrit comme le représentant d’une France traditionnelle mais celui qui n’a pas de racines marche dans le vide (…) je ne renie rien de ce qu’on m’a transmis (…) pas plus ma foi personnelle que mes engagements politiques (…) je sais aussi que nous aurons besoin de tout le monde (…) n’opposons pas les riches aux pauvres, les patrons et les ouvriers, les croyants et les agnostiques. (…) C’est la même France (…) c’est la France des rois et des sans culotes (…) la France de Châteaubriand et de Kessel (…) Quand on a des valeurs, on les défend !  François Fillon
Jamais l’Europe n’a été dirigée par autant de politiciens sans enfants. Ils sont modernes, ouverts, multiculturels et savent que « tout finira avec eux ». À court terme, être sans enfant est un soulagement car cela implique zéro dépense pour la famille, aucun sacrifice et personne pour se plaindre d’un avenir mal préparé. Comme l’indique un rapport de recherche financé par l’Union européenne : « Pas d’enfants, pas de problème ! ». Etre mère ou père vous oblige à vous projeter dans l’avenir du pays dont vous avez la charge. Mais les dirigeants les plus importants d’Europe ne laisseront aucun enfant derrière eux. La chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et le président français Emmanuel Macron sont sans enfants. La liste s’allonge avec le Premier ministre suédois Stefan Löfven, le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel et le Premier ministre écossais Nicola Sturgeon. N’ayant pas d’enfants, les dirigeants d’Europe donnent le sentiment de n’avoir aucune raison de s’inquiéter de l’avenir de leur continent. Le philosophe allemand Rüdiger Safranski a écrit: « Pour les personnes sans enfants, penser en termes de générations futures n’est guère pertinent. Par conséquent, ils se comportent de plus en plus comme s’ils étaient les derniers, le dernier maillon de la chaîne ». « L’Europe se suicide. Ou du moins ses dirigeants ont décidé de se suicider », a écrit Douglas Murray dans The Times. « L’Europe aujourd’hui n’a pas envie de se reproduire, de se défendre, ni même de prendre parti pour elle-même dans un débat ». Murray, dans son nouveau livre, intitulé The Strange Death of Europe, baptise le phénomène : « une fatigue civilisationnelle existentielle ». Angela Merkel a pris la décision fatidique d’ouvrir les portes de l’Allemagne à un million et demi de migrants pour enrayer l’hiver démographique de son pays. Ce n’est pas un hasard si Merkel, qui n’a pas d’enfants, a été appelée « la mère compatissante » des migrants. Merkel se moque de savoir si cet afflux massif de migrants ne risque pas modifier la société allemande en profondeur, et pour toujours. Dennis Sewell a récemment écrit dans le Catholic Herald : Cette idée de « civilisation occidentale » rend plus épineuse la panique démographique. Sans elle, la réponse serait simple : l’Europe n’a aucune inquiétude à avoir sur le nombre de jeunes qu’il faut trouver pour soutenir ses personnes âgées dans leurs années de déclin. Plein de jeunes migrants cognent aux portes, grimpent sur les barbelés ou s’embarquent sur des fragiles esquifs pour atteindre nos rives. La seule chose à faire est les laisser entrer. Le statut de femme sans enfant d’Angela Merkel est le reflet de la société allemande : 30% des femmes allemandes n’auront pas d’enfants indiquent les statistiques de l’Union européenne, et ce ratio passe à 40% chez les diplômées de l’Université. La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a déclaré que, sauf à redresser le taux de natalité, le pays devra « éteindre la lumière ». Selon une nouvelle étude publiée par l’Institut national d’études démographiques, un quart des femmes européennes nées dans les années 1970 n’auront pas enfants. Les leaders européens ne sont pas différents. En 1940, une femme sur neuf née en Angleterre et au Pays de Galles était sans enfant à l’âge de 45 ans, mais en 1967, ce pourcentage est passé à une femme sur cinq. Le nouveau président français Emmanuel Macron a rejeté l’idée exprimée par l’ex-président François Hollande que « la France a un problème avec l’islam ». Il est contre la suppression de la nationalité française pour les djihadistes et affirme avec insistance, et contre toute évidence, que l’Etat islamique n’a rien d’islamique: « Ce qui pose problème n’est pas l’islam, mais certains comportements dits religieux qui sont imposés aux fidèles de cette religion ». Macron prêche une sorte de déjeuner-buffet multiculturel : il évoque le colonialisme comme un « crime contre l’humanité », prône « l’ouverture des frontières », et affirme contre toute évidence qu’il il n’y a pas de « culture française ». Selon le philosophe Mathieu Bock-Coté, Macron, âgé de 39 ans, marié à son ancien professeur de théâtre elle-même âgée de 64 ans, est le symbole d’une « bonne mondialisation libérée de la mémoire de la gloire française perdue». Ce n’est pas un hasard si « Manif Pour Tous », un mouvement qui a lutté contre la légalisation du mariage homosexuel en France, a appelé à voter contre Macron en tant que « candidat antifamille ». Le slogan de Macron, « En Marche ! », incarne les élites mondialisées qui réduisent la politique à un exercice, une performance. C’est pour conquérir l’Europe que le leader turc Erdogan exhorte les musulmans à avoir « cinq enfants » et que les imams musulmans exhortent leurs fidèles à « élever des enfants ». Les suprémacistes islamiques travaillent à produire un conflit de civilisations au cœur de l’Europe ; ils dépeignent les pays qui les accueillent en Occident comme des civilisations sur le point de s’effondrer, sans population, sans valeurs et ne portant plus aucun intérêt à leur propre culture. Giulio Meotti (Il Foglio)
Pendant la guerre froide, on les nommait les « idiots utiles ». Ils n’étaient pas membres du Parti communiste, mais ils le considéraient d’un œil favorable, parlaient de lui positivement et ne condamnaient pas les idées de Lénine et Staline. Au 21ème siècle, le communisme a globalement disparu, mais l’islamisme a pris le relais de principale menace mondiale. De la même manière que le communisme produisait ses Idiots utiles, le totalitarisme islamique produit ses « Infidèles utiles ». A une importante différence près : à l’époque de l’Union soviétique, les Idiots utiles étaient des intellectuels. Maintenant, les Infidèles utiles sont des politiciens, et l’un d’entre vient d’être élu président de la République française. Emmanuel Macron, Infidèle Utile, n’est pas un partisan du terrorisme ou de l’islamisme. C’est pire : il ne voit même pas la menace. Peu après les horribles attaques du 13 novembre 2015 à Paris, Macron a déclaré que la société française devait assumer une « responsabilité » dans le « terreau » sur lequel le djihadisme a pu prospérer. « Quelqu’un sous prétexte qu’il a une barbe ou un nom à consonance qu’on pourrait croire musulmane, a quatre fois moins de chances d’avoir un entretien d’embauche qu’un autre » a-t-il ajouté. Ce qui revient à considérer que faire ses bagages pour la Syrie et revenir en France armé d’une kalachnikov et d’une ceinture d’explosifs ne peut être que le geste de dépit d’un chômeur de longue durée. Macron en vient presque à accuser les Français d’être racistes et « islamophobes ». « Nous avons une part de responsabilité », a-t-il averti » parce que ce totalitarisme se nourrit de la défiance que nous avons laissée s’installer dans la société. Il se nourrit de cette lèpre insidieuse qui divise les esprits, et, si demain nous n’y prenons pas garde, il les divisera plus encore ». Par conséquent, a conclu M. Macron, la société française « doit changer et être plus ouverte ». Plus ouverte à quoi? À l’islam, bien sûr. Le 20 avril 2017, après qu’un terroriste islamiste ait assassiné un policier et blessé deux autres à Paris, sur les Champs Elysées, Macron a déclaré : « Je ne vais pas inventer un programme de lutte contre le terrorisme en une nuit ». Après deux ans d’attentats terroristes ininterrompus sur le territoire français, le candidat à la présidence de la République considère les problèmes de sécurité du pays comme quantité négligeable. (…) Il serait bien sur absurde d’affirmer que Emmanuel Macron est un promoteur patenté de l’islamisme et du terrorisme en France. Mais il est plus juste et plus politiquement correct de dire qu’il est un « mondialiste » et un « partisan déclaré du multiculturalisme ». En tant que tel, il ne considère pas l’islamisme comme une menace nationale parce que, pour lui, la nation française ou, comme il l’a dit, la culture française n’existe pas réellement. Macron a en effet nié que la France avec son histoire et sa culture n’a pas d’existence réelle. Le 22 février, en visite aux expatriés français à Londres, Macron a déclaré : « La culture française n’existe pas, il y a une culture en France et elle est diverse ». En d’autres termes, sur le territoire français, la culture française et les traditions françaises n’ont aucune priorité par rapport aux cultures immigrées importées. Le même jour, à Londres, il a ajouté : « l’art français? Je ne l’ai jamais rencontré ». Multiculturaliste et politicien, Macron ne s’adresse pas à la population française mais à des publics segmentés. En Algérie, Macron a déclaré que la colonisation française était un « crime contre l’humanité » pour séduire les votes des citoyens français d’origine algérienne. Mais au magazine Causeur dont les positions anti-islamistes sont connues, il déclare :« La France n’a jamais été et ne sera jamais un pays multiculturel ». Désormais président, Macron ne pourra plus tenir ces discours multiples et contradictoires. Mais les Français qui tiennent à leur culture, à leur langue, à leur patrimoine historique ainsi qu’à l’idée qu’ils se font de leur pays pourraient bien avoir quelques déceptions. Yves Mamou
The enduring narrative of the American dream is that if you study and get a college education and work hard, you can get ahead. The survey shows that many white working-class Americans, especially men, no longer see that path available to them. … It is this sense of economic fatalism, more than just economic hardship, that was the decisive factor in support for Trump among white working-class voters. Robert P. Jones (PRRI)
White Americans carried Donald Trump to the White House. He won college-educated white voters by a four-point margin over Hillary Clinton, according to exit polls. But his real victory was among members of the white working class: Twice as many of these voters cast their ballots for the president as for Clinton. In the wake of Trump’s surprise win, some journalists, scholars, and political strategists argued that economic anxiety drove these Americans to Trump. But new analysis of post-election survey data conducted by the Public Religion Research Institute and The Atlantic found something different: Evidence suggests financially troubled voters in the white working class were more likely to prefer Clinton over Trump. Besides partisan affiliation, it was cultural anxiety—feeling like a stranger in America, supporting the deportation of immigrants, and hesitating about educational investment—that best predicted support for Trump. This data adds to the public’s mosaic-like understanding of the 2016 election. It suggests Trump’s most powerful message, at least among some Americans, was about defending the country’s putative culture. Because this message seems to have resonated so deeply with voters, Trump’s policies, speeches, and eventual reelection may depend on their perception of how well he fulfills it. In September and October 2016, PRRI and The Atlantic surveyed American voters about how they were feeling about politics. Researchers specifically focused on white, working-class voters—people without college degrees or salaried jobs. This group accounts for one-third of American adults. They make up a bigger share of the population in the Midwest than they do in any other region, and more than half of rural Americans are part of the white working class.As it turned out, this would become one of the most decisive groups of voters in the election. In November, researchers returned to this group to see how its members had voted and get a sense of why. They found that 64 percent of these voters had chosen Trump, while only 32 percent chose Clinton. While white, non-college-educated voters tend to prefer Republicans, Trump won them by a larger margin than any presidential candidate since 1980, according to the Pew Research Center. Controlling for other demographic variables, three factors stood out as strong independent predictors of how white working-class people would vote. The first was anxiety about cultural change. Sixty-eight percent of white working-class voters said the American way of life needs to be protected from foreign influence. And nearly half agreed with the statement, “things have changed so much that I often feel like a stranger in my own country.” Together, these variables were strong indictors of support for Trump: 79 percent of white working-class voters who had these anxieties chose Trump, while only 43 percent of white working-class voters who did not share one or both of these fears cast their vote the same way.The second factor was immigration. Contrary to popular narratives, only a small portion—just 27 percent—of white working-class voters said they favor a policy of identifying and deporting immigrants who are in the country illegally. Among the people who did share this belief, Trump was wildly popular: 87 percent of them supported the president in the 2016 election. Finally, 54 percent of white working-class Americans said investing in college education is a risky gamble, including 61 percent of white working-class men. White working-class voters who held this belief were almost twice as likely as their peers to support Trump. While the analysis pointed to some interesting patterns around economic status, more research is needed to confirm them. The findings contrast with much of the coverage of the election: People who said their finances are only in fair or poor shape were nearly twice as likely to support Clinton compared to those who feel more economically secure. (…) Nearly two-thirds of the white working class say American culture has gotten worse since the 1950s. Sixty-eight percent say the U.S. is in danger of losing its identity, and 62 percent say America’s growing number of immigrants threaten the country’s culture. More than half say discrimination against whites has become just as problematic as discrimination against minorities. The Atlantic
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Securing national borders seems pretty orthodox. In an age of anti-Western terrorism, placing temporary holds on would-be immigrants from war-torn zones until they can be vetted is hardly radical. Expecting “sanctuary cities” to follow federal laws rather than embrace the nullification strategies of the secessionist Old Confederacy is a return to the laws of the Constitution. Using the term “radical Islamic terror” in place of “workplace violence” or “man-caused disasters” is sensible, not subversive. Insisting that NATO members meet their long-ignored defense-spending obligations is not provocative but overdue. Assuming that both the European Union and the United Nations are imploding is empirical, not unhinged. Questioning the secret side agreements of the Iran deal or failed Russian reset is facing reality. Making the Environmental Protection Agency follow laws rather than make laws is the way it always was supposed to be. Unapologetically siding with Israel, the only free and democratic country in the Middle East, used to be standard U.S. policy until Obama was elected. (…) Expecting the media to report the news rather than massage it to fit progressive agendas makes sense. In the past, proclaiming Obama a “sort of god” or the smartest man ever to enter the presidency was not normal journalistic practice. (…) Half the country is having a hard time adjusting to Trumpism, confusing Trump’s often unorthodox and grating style with his otherwise practical and mostly centrist agenda. In sum, Trump seems a revolutionary, but that is only because he is loudly undoing a revolution. Victor Davis Hanson
Outre l’événement judiciaire, les propos de François Fillon marquent un tournant populiste dans la campagne présidentielle. A trois jours de distance, le candidat de la droite traditionnelle a en effet employé les arguments de Marine Le Pen, qui a fustigé le « gouvernement des juges » ou le rôle nocif des médias. François Fillon affirme que le seul juge, c’est le peuple. Nous avions certes aussi vu apparaître chez Jean-Luc Mélenchon le terme douteux de « dégagisme ». Mais entendre dans la bouche d’un candidat central des propos aussi agressifs à l’égard de la justice et de la presse est un événement inédit en France, car ils sont la marque de fabrique de la vision populiste de la démocratie. Ce qui est regrettable, c’est que ses amis politiques ne le critiquent pas sur le fond, ils lui reprochent surtout de ne pas avoir tenu sa promesse de renoncer s’il était mis en examen. (…) On entend ce discours aujourd’hui partout dans le monde, en Turquie, en Russie, aux Etats-Unis, par Poutine ou Orban, Trump ou Erdogan. Ce qui est en jeu, c’est une certaine conception de la démocratie. Bien sûr, celle-ci se définit comme pouvoir du peuple, mais d’un peuple qui reste insaisissable comme totalité. Le peuple électoral est certes la clef de tout. Mais il ne faut jamais oublier que la majorité électorale ne représente pas toute la société. D’où la nécessité de ne pas limiter la démocratie à l’expression électorale d’un « peuple arithmétique ». Une cour constitutionnelle, par exemple, a aussi une fonction représentative : défendre les droits et les valeurs fondatrices de la démocratie. Elle représente en ce sens chaque citoyen, aussi modeste soit-il. Elle donne consistance au « pouvoir de n’importe qui » et au respect de ses droits. La démocratie doit aussi faire vivre des pouvoirs neutres sur lesquels personne ne peut mettre la main, y compris la majorité. C’est la raison d’être des autorités judiciaires et des autorités indépendantes. La démocratie est de cette troisième façon le « pouvoir de personne » qu’aucun parti ne peut s’approprier. L’impartialité joue pour cela un rôle fondamental en démocratie. Le représentant du peuple n’est donc pas seulement l’élu. Les régimes populistes se définissent par le refus de cette pluralité : ils veulent mettre à leurs bottes les cours constitutionnelles, supprimer les organismes indépendants, et considèrent comme ennemis les pouvoirs d’analyse, de jugement et d’investigation qui sont ceux de la presse. (…) Nous vivons un basculement démocratique en France comme au niveau mondial qui se manifeste par la progression de la culture populiste et par l’effondrement de la démocratie des partis. Il est important de noter que trois des principaux candidats, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, qui représentent environ deux tiers des intentions de vote, n’ont pas de parti derrière eux. Car le Front national, c’est le comité de soutien de Marine Le Pen, non pas un parti politique avec de véritables instances, une représentation sociale et un travail collectif. (…) Il n’y a pas d’intelligence critique du populisme. Toute la critique de la presse qu’on entend aujourd’hui ressemble à celle que menait Napoléon III. La presse, disait-il, c’est l’alliance d’un talent et d’un capital. La presse n’était pas représentative à ses yeux. Moi, je suis élu, disait-il aux journaux, alors que vous n’êtes qu’une puissance qui veut usurper la représentation nationale. Vous exercez un pouvoir sans avoir été élus. Donc vous êtes illégitimes. A l’époque, les républicains n’ont fait qu’une critique libérale de ces attaques anti-médias. Ils ont défendu, à juste titre, la liberté d’expression. Mais il faut mener également une critique démocratique, il faut défendre l’idée que la démocratie, ce n’est pas que le peuple électoral, mais aussi ses contre-pouvoirs. En un mot, il faut davantage avoir l’intelligence de son indignation. (…) Le populisme naît des dysfonctionnements démocratiques. Cela rappelle la période de la fin du XIXe siècle où les mouvements populistes ont été stoppés par une convergence de social-démocratie et de République sociale. Aujourd’hui, aucun candidat, même ceux qui défendent l’idée d’une VIe République, qui prend chez eux la forme d’une sorte de retour à un parlementarisme à l’ancienne, n’a vraiment proposé une refondation démocratique, dans le sens de la formation de ce que j’ai appellé une démocratie d’exercice. (…) Marine Le Pen, Emmanuel Macron ou Jean-Luc Mélenchon ne se fondent pas sur un principe de représentation – d’une classe sociale, par exemple, ou d’un mouvement politique historique –, ils incarnent un principe d’identification. C’est l’inverse de la représentation. C’est leur personnalité qui crée la base sociale, comme le montre le succès de leurs apparitions publiques ou médiatiques. Le cœur de leur campagne, ce n’est plus le programme, mais leur personne qui, dans une société des individus, permet aux électeurs de s’identifier. (…) La nouvelle droite et les populistes d’extrême droite imposent, eux, leurs idées (défense de la civilisation européenne, critique de Mai 68, focalisation sur l’identité), comme l’illustre le glissement de certains intellectuels de « gauche » vers la droite la plus dure. Leur pouvoir d’attraction est fort car ils sont structurés idéologiquement, et ont une capacité de séduction dans un contexte de profond désarroi. (…) Le camp progressiste, c’est un fait, n’a pas été capable de voir à quel point un basculement démocratique décisif était à l’œuvre. L’heure du retour sur ses aveuglements a sonné ; le temps d’un examen de conscience critique est venu. Pierre Rosanvallon
C’est une opération recyclage du Parti socialiste. La grande lessiveuse. Je ne laisserai pas faire ça. François Bayrou
Le débat de l’entre-deux-tours a précipité la décision de Marion Maréchal-Le Pen de prendre du champ. Elle l’a jugé « catastrophique » et ruineux pour l’image présidentiable de Marine Le Pen. Elle se met en réserve du parti, en attente d’une occasion pour prendre sa part dans les recompositions politiques qui toucheront le FN, lui aussi. (…) Selon nos informations, non seulement la jeune femme et bientôt ex-députée se place en réserve de la politique, mais elle se tient de surcroît prête à jouer un rôle dans la grande recomposition politique à l’œuvre aujourd’hui, qui immanquablement touchera le FN. Aucun calendrier n’est fixé et ses intentions de rejoindre le monde de l’entreprise réelles – plusieurs grands groupes l’auraient d’ailleurs approchée. Mais depuis plusieurs mois déjà, des signaux lui sont envoyés par des élus LR qui rêvent de la création d’un grand parti clairement positionné à droite dans lequel la petite-fille de Jean-Marie Le Pen aurait toute sa place. Il semblerait que la jeune femme ne soit pas totalement indifférente à ces sollicitations. D’autant qu’à la différence de bien d’autres personnalités du FN, elle a su se tenir à l’écart des affaires financières du parti, la mettant à l’abri des éclaboussures inévitables consécutives aux poursuites judiciaires. « Elle est la seule à n’avoir pas souscrit aux crédits obligatoires du micro-parti Jeanne lors des élections régionales », rappelle fort à propos une élue de la région PACA. (…) Mais personne n’ignorait ses désaccords stratégiques avec le vice-président Florian Philippot et la direction de campagne emmenée par David Rachline, maire de Fréjus. Pour elle, le dogme de la sortie de l’euro devait être dépassé, et de ce point de vue, l’alliance avec Nicolas Dupont-Aignan lui était apparue comme une chance historique de rassemblement d’une partie de la droite autour du FN. « Dommage que cette alliance ne soit pas allée plus loin qu’une place de vedette américaine offerte à Dupont-Aignan lors du meeting de Villepinte », aurait-elle confié à ses proches.  (…) Personne n’imaginait une position aussi radicale, même si certains la redoutaient. Car chacun connaît l’étendue de la popularité de la plus jeune députée de France. Bien plus qu’un long et épuisant combat d’opposition interne en vue du prochain congrès prévu pour l’hiver prochain, Marion Maréchal a choisi le clash et l’effet de sidération. Ne restait qu’à l’habiller de raisons personnelles, réelles, pour éviter l’affrontement public. Mais le message est clair, son onde de choc n’est pas près de se dissoudre, les échanges que nous avons eus avec quelques élus importants ne laissent place à aucun doute. Marianne
Pour sûr, la politique a pris un coup de vieux. L’élection d’Emmanuel Macron, 39 ans, 66,10 % des voix, est aussi la victoire de son mouvement, En marche !, qui ringardise les partis. (…) Toutefois, sa « révolution démocratique » n’est qu’un mot creux ; un trompe-l’œil. L’immuable idéologie conformiste, technicienne et élitiste, reste son soutien. (…) C’est le « casse du siècle » que le cerveau d’En marche ! a commis sous les vivats de la gauche. L’Élysée n’a pu étouffer ses applaudissements, dimanche soir. Lundi, lors de la célébration de la capitulation allemande, François Hollande a affiché son paternalisme avec celui qui l’accompagnait dans ses premiers pas présidentiels. Catherine Barbaroux, membre du PS dès les années 1970, a pris la présidence d’En marche ! Croiser les sourires de la plupart des socialistes de cœur confirme le tour de passe-passe : la gauche éreintée a réussi l’exploit de se maintenir au pouvoir en rajeunissant la façade et en criant à la menace fasciste. Non content d’avoir participé à la suspicion sans preuve contre François Fillon et à l’immature hystérie contre Le Pen, le stratège inspiré espère l’explosion des Républicains en faisant miroiter des places aux gourmands. Faut-il le rappeler aux étourdis et aux dormeurs ? Le 7 mai 2017, la France a confirmé le choix, dissimulé par le flou, d’une rupture dans son modèle de civilisation. Le projet de Macron pour la France, approuvé par 20,4 millions d’électeurs, porte en lui la disparition de la nation assimilatrice, une et indivisible, au profit d’un « Hexagone » vu comme un « open space » où les minorités seront protégées par des discriminations positives et où la quête de visibilité de l’islam politique sera laissée en paix. 92 % des Français musulmans ont voté Macron, contre 62 % des catholiques. Celui qui chante La Marseillaise la main sur le cœur, comme aux États-Unis, a été félicité par Barack Obama et le Canadien Justin Trudeau, symboles de la cause postnationale, c’est-à-dire des sociétés ouvertes à la mondialisation et au multiculturalisme. Or ces deux causes sont au cœur de la crise identitaire, oubliée au profit de diversions sur la moralité de Fillon ou de Le Pen. Il y a de la farce démocratique dans ce hold-up électoral où les enjeux existentiels n’auront jamais été abordés par le vainqueur. Est-ce pour les avoir évoqués que Manuel Valls subit les humiliations des Macron’s boys ? La foule qui a applaudi l’élu, dimanche au pied de la pyramide du Louvre, partage probablement sa lassitude de l’État- nation, appelé à se diluer dans un monde où l’étranger ne se différencie plus du citoyen. Cette vision est celle de la pensée dominante, qui a grimé en affreux ceux qui parlaient de souveraineté et de limites. Cependant, 60 % des électeurs de Macron ont fait un choix par défaut pour s’opposer à Le Pen, qui a tout de même recueilli 10,5 millions de voix. De surcroît, 16,1 millions ont choisi l’abstention et le vote blanc ou nul, tournant le dos aux ordres d’abattre l’ennemi intérieur. Le socle électoral du président est donc fragile. Certes, sa victoire l’autorise à tout. Pour autant, il n’a pas reçu de blanc-seing pour disloquer un peu plus la France malade, au nom d’un optimisme insouciant. Des Français seront là pour le lui rappeler. Reste que Marine Le Pen n’a pas été à la hauteur de sa mission, qui était de représenter les oubliés de la mondialisation et les inquiets du libéralisme libertarien. (..) Sa confrontation télévisée du 3 mai, jugée vulgaire et désastreuse, est une des causes de son effondrement. L’immigration n’y a même pas été abordée. La diabolisation du FN a pu aussi effrayer plus d’un esprit perméable aux prêches du moralisme. Cependant, c’est bien sa stratégie d’ouverture à la gauche extrême qui a été incomprise. (…) La décision de Marion Maréchal-Le Pen, 27 ans, de se retirer du FN, mercredi, pour rejoindre la vie réelle, n’est pas motivée par son seul désir de se consacrer à sa petite fille. C’est un univers borné de branquignols adeptes de « fake news » (fausses nouvelles) et d’idées économiquement mal ficelées que l’élue a aussi choisi de quitter. (…) Si En marche ! a su fédérer la classe privilégiée des mondialistes (diplômés, urbains, riches), mise au service du seul pouvoir personnel de son leader narcissique, il reste à mobiliser ceux qui, en face, pourraient se reconnaître dans un conservatisme libéral et social. L’introuvable union des droites pourrait enfin voir là son issue. Ceux qui espéraient voir les Français en colère rejeter la tyrannie du politiquement correct, qui oblige à marcher les yeux grands fermés, ont perdu en beauté. La victoire de Macron conforte courtisans et médias. Tous ont défendu sa vision du monde, angélique mais fausse, au prix d’une infantilisation des peurs contre un « populisme » forcément nauséabond. Malheur aux vaincus ! Ivan Rioufol
Il y a un temps pour la langue de bois. Un temps pour le parler franc. Difficile d’annoncer que l’élection présidentielle est un référendum pour ou contre la France puis de se satisfaire de… 34% de oui. Je dis tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. D’autant que Marine Le Pen a bénéficié d’une exceptionnelle conjonction de planètes : président sortant discrédité, adversaire de droite détruit, diabolisation en berne (jusqu’au débat du 3 mai), Brexit, élection de Trump, invasion migratoire, attentats. Difficile d’imaginer un enchaînement de faits plus favorables pour engranger des suffrages. Et pourtant l’or d’une situation s’est transformé en plomb électoral. Une campagne plus équilibrée sur l’immigration et l’identité, une campagne plus positive, plus enthousiaste, moins récriminatoire, aurait donné un meilleur résultat. C’est sûr ! Victorieuse ? Peut-être pas : la marche était encore trop haute. Mais virer en tête au premier tour et tangenter les 45%, le 7 mai, sans doute. N’oublions pas que Marine Le Pen qui a démarré à 28% dans les sondages (et dans les élections régionales qui ont précédé) est tombé à 21% au soir du premier tour (à peine plus que le total Le Pen+ Mégret de… 2002). Au deuxième tour, elle partait avec un potentiel de 40% à 42 % qu’elle a fait chuter à 34 % : beaucoup mieux que son père en 2002, c’est vrai, mais lui affrontait un candidat étiqueté de « droite ». En dehors de quelques oligarques sectaires ou serviles, chacun sait bien au FN que le débat du 3 mai a été catastrophique (y compris pour l’avenir) et que la ligne souveraino–jacobino- monétariste est un bâton merdeux. (…) il y a évidemment place pour une sensibilité de gauche et pour une sensibilité souverainiste au FN, mais à sa juste place, pas en position de quasi-monopole pour les places, bien sûr, mais aussi pour la structuration du discours. Vous connaissez le coucou : c’est un oiseau qui pond son œuf dans le nid d’autrui. Comme le petit coucou crie plus fort que les autres oisillons, les parents adoptifs le nourrissent mieux que leurs propres oisillons. Et quand le petit coucou est assez fort, il jette hors du nid ses frères de nichée.Vous avez là la stratégie de Philippot : il est entré dans un parti identitaire pour en faire un parti souverainiste. Au lieu de défendre la France, on défend le franc. Au lieu de défendre son identité civilisationnelle, on verse dans l’économisme. C’est le recyclage du gaullisme de pacotille de Seguin et du souverainisme désincarné de Chevènement à coups d’accents bolcheviks. La campagne de deuxième tour, c’est quinze jours de drague éhontée des électeurs de Mélenchon pour n’en récupérer que… 7%. Comme c’est ballot, les réserves étaient à droite : 20% des électeurs de Fillon et 35% de ceux de Dupont-Aignan votant pour la candidate nationale. Des électeurs qui ont eu bien du mérite car tout a été fait pour les dégoûter ! Qui peut sérieusement penser que Marine Le Pen sur la ligne Philippot – qui est aussi la sienne – pourrait avoir des chances sérieuses en 2022 ? Il faut éviter de se raconter des histoires. Alors qui ? Quitte à avoir une ligne philippotiste pourquoi pas Philippot ? A tout prendre ! Quitte à avoir une ligne souverainiste pourquoi pas Dupont-Aignan, d’autant qu’il a pris, lui, conscience des enjeux du Grand Remplacement ? Sur une ligne plus identitaire et plus conservatrice, Marion Maréchal Le Pen, bien sûr. Et puis les événements à venir permettront peut-être à une nouvelle personnalité d’émerger. (…) [Le départ de Marion] Quelle tristesse ! Quel gâchis ! Au-delà des raisons personnelles – respectables – qui ne voit les raisons politiques ? Son choix était le suivant : se soumettre à une ligne et des pratiques de management politique qu’elle désapprouvait. Ou entrer en guerre civile. Elle a voulu éviter cela. L’histoire connaît des infanticides, des parricides mais pas de « tanticide » et ce ne sera pas pour cette fois … Jean-Yves Le Gallou
A Denain, le taux de pauvreté et le taux de recours aux minima sociaux est le plus important de France. Dans cet ensemble, certains critères structurants sont forts. Il y a, par exemple, en France, une distinction forte entre la France installée sur une ligne TGV et la France installée sur une ligne classique, voire la France des gares qui ferment. Ce critère-là est symbolique mais puissant. (…) Les Républicains américains se sont rangés finalement derrière Donald Trump parce qu’ils n’avaient pas le choix : ils se sont faits dépasser par lui et parce qu’ils n’ont pas su maitriser le mouvement du Tea Party qui a pris une influence grandissante au sein du GOP. La comparaison ne peut cependant pas être parfaite : il y a des différences importantes entre Donald Trump (et le Tea Party) et le Front national de Madame Le Pen, à commencer par l’économie : le premier défend un programme plutôt « poujadiste » (si le qualificatif peut s’employer pour les Etats-Unis) alors que le second a adopté des positions très ancrées à gauche. En France, le sujet de l’insécurité culturelle semble avoir été au cœur des débats politiques des dernières années et il n’a pas été porté de manière unique par le Front national : on peut considérer que les débats sur l’ « identité nationale », à l’époque du président Sarkozy, était une manière d’aborder le sujet ; ou que Manuel Valls avait aussi essayé d’en parler. La campagne présidentielle n’en a pas réellement parlé, mais cela est vrai de tous les autres sujets : ce sont les affaires qui ont dominé. (…) le soutien du Parti Républicain aux Etats-Unis apporté à Trump fut très fluctuant et parfois même très limite. Si l’on fait le compte des dirigeants républicains qui ont attaqué Trump, y compris dans la dernière ligne droite de l’élection, on peut fortement tempérer votre propos. Pour des raisons historiques, les Etats-Unis ont vraiment du mal à sortir du bipartisme, de telle sorte que l’aile équivalente au Front National est de fait intégrée au parti républicain. Mais cette intégration ne signifie pas que la coexistence est tous les jours pacifique. Bien au contraire. Sur ce point, le Front National pourrait aussi considérer que la vie politique française lui offre la possibilité de mieux valoriser son approche et ses propositions, en concourant aux présidentielles sans frein, ou sans passe obligatoire par une primaire. Avec un peu d’efforts, il est d’ailleurs très probable que le Front National serait capable de récupérer une part substantielle des forces de droite. Éric Verhaegh
Lorsqu’on en reviendra à dire que MLP est centre-droit (…) on comprendra sans doute mieux la pensée de la multitude déstabilisée face à celle de l’élite déracinée. Erwan Le Noan
Ce n’est pas seulement en revenant à un chômage minimum qu’on résoudra le malaise français. Il y a aussi des questions culturelles (« d’identité », de « vivre-ensemble », de « collectif », appelons-les comme on veut) qui se posent avec acuité. Malheureusement, elles sont souvent écartées d’un revers de la main dans le débat public, ce qui interdit à la fois d’y réfléchir et d’y répondre. (…) L’une des clés d’analyse, mais surement pas la seule, est qu’une partie de la population occidentale – pas seulement française ! – a l’impression que sa vie lui échappe, qu’elle ne contrôle plus rien, qu’elle subit ; et qu’à l’inverse, une autre partie profite pleinement et de manière injuste du monde et de ses opportunités. D’une certaine manière, la colère contre les inégalités (d’un Occupy Wall Street, Podemos et France Insoumise) rejoint le malaise identitaire (exprimé par Donald Trump ou le Front national) : l’un et l’autre expriment une demande d’unité, de cohésion identitaire et/ou sociale. Le test de l’ »insécurité sociale » est simple: voir si on appelle extrême la tradition. Sans jugement de valeur. Dire que la société doit s’ordonner librement autour/pour des personnes françaises, nées d’un père et d’une mère également considérés et mariés, et justement rémunérées pour le travail que doit leur ménager fraternellement la société est en général la définition du centrisme. C’est aujourd’hui ce qui est qualifié d’extrême, laissant au « nouveau centre » la source de l’insécurité sociale. Lorsqu’on en reviendra à dire que MLP est centre-droit et Mélanchon centre-gauche on comprendra sans doute mieux la pensée de la multitude déstabilisée face à celle de l’élite déracinée.. Cette impression d’abandon est cruciale et motive une demande de reconnaissance multiple : les citoyens concernés veulent « simplement » qu’on admette que leur mode de vie est aussi valable que les autres, que leur attachement à certaines traditions n’est pas méprisable, que leur vision du travail, notamment industriel, n’est pas une ineptie. Or, tout un discours politique décrit un sens unique du progrès intellectuel et moral, et désigne comme des arriérés voire des coupables ceux qui, pour une raison ou une autre, y résistent. Erwan Le Noan

Après les fatwas, on fait quoi, on change le peuple ?

A l’heure où pour ceux qui avaient déjà oublié les espoirs trahis il y a cinq ans du gouvernement précédent …

Commence à pointer, après les faux mamours de la campagne et couacs et trahisons aidant, la plus sordide réalité de la lutte politique qui est en train de se jouer avant même l’investiture du nouveau président au sommet du futur Etat …
Et où dégoûtée par l’erreur fatale – un véritable suicide en direct ! – de la direction toujours plus gauchisante de son parti …
Et du haut de ses douze ans de moins – vraie révélation de ce scrutin ! – que le prétendu génie des Carpates avec lequel nous bassine nos médias …
Une Marion Maréchal-Le Pen fait montre  en refusant la lutte familicide qu’on voulait lui imposer d’une remarquable maturité politique et humaine …
Et au lendemain d’une nouvelle élection volée …
Véritable casse du siècle extorquée à nouveau …
A une population majoritairement à droite …
Entre assassinat politique, coup d’Etat légal et lynchage médiatique du seul véritable candidat de l’alternance …
Et hystérie collective contre la représentante des laissés pour compte de la mondialisation …
Comme des questions qui fâchent que, lorgnant trop sur l’extrême-gauche, elle a finalement si mal portées …
Comment ne pas voir ..
Comme le rappellent, citant un récente étude américaine, Erwan Le Noan dans Atlantico …
Ou, au-delà des divagations que l’on sait, l’identitaire mégrétiste Jean-Yves Le Gallou dans Riposte laïque …
A la fois à l’instar et a contrario de la contre-révolution réussie outre-atlantique par l’autre grand pestiféré de nos progressistes Donald Trump …
La véritable normalité et donc le véritable centrisme …
Qu’avaient tenté, en vain cette fois-ci encore, de ramener dans le jeu politique  …
Plombés tous deux par les affaires ou une désormais bien encombrante famille …
Un Fillon ou une Marion Maréchal ?

Bien plus que la peur du chômage

Élection de Donald Trump, la « responsable » vient d’être démasquée, c’était l’insécurité culturelle. Mais qu’en est-il en France (et non, on ne parle pas que d’immigration) ?

L’insécurité culturelle est fortement liée au vote populiste. Dans les causes de ce dernier, elle dépasserait l’insécurité économique.

 Atlantico

11 mai 2017

Atlantico : Selon une étude menée par The Atlantic et le Public Religion Research Institute, la principale variable « explicative » du vote Trump serait, non pas l’angoisse économique de la classe ouvrière blanche, mais son insécurité culturelle, définie notamment par le sentiment de ne plus être chez soi en Amérique, par un souhait de voir les migrants « renvoyés » chez eux, ou par une perte de confiance dans les capacités du système éducatif à leur venir en aide. Comment pourrait on définir les caractéristiques d’un tel sentiment d’anxiété culturelle, en se plaçant sous un angle français ? Faut il y voir également un puissant carburant du vote frontiste ?

Erwan Le Noan : Les explications de la colère populiste de l’Amérique « blanche » sont multiples. Elles sont excellemment bien présentées dans un livre récent, qui a rencontré un énorme succès aux Etats-Unis, Hillbilly Elegy, qui raconte la misère et la détresse sociales énormes de la Rust Belt, cette zone ex-industrielle au Nord des Etats-Unis. On y lit ce que montrent les statistiques : le fléau de la drogue, qui fait des ravages considérables dans ces milieux défavorisés (comme une mortalité croissante) ; la désespérance du chômage ; une certaine forme de craintes identitaires ; la déstructuration des familles. Mais aussi la profonde demande de reconnaissance, de la part de citoyens qui attendent que les élites et l’Etat leur portent un peu de considération (au lieu, estiment-ils, de la porter uniquement sur leurs victimes « préférées », qui correspondent à l’image que les plus favorisés se font des « bonnes » victimes).

En France, l’insécurité culturelle est un phénomène qui a été décrit par Laurent Bouvet. Il n’explique probablement pas l’intégralité du vote populiste (qui existe aux deux extrêmes), mais certainement une bonne partie de celui en faveur du Front national. Je ne crois pas qu’il soit exclusif des inquiétudes économiques ; ce que cette analyse permet de comprendre c’est que ce n’est pas seulement en revenant à un chômage minimum qu’on résoudra le malaise français. Il y a aussi des questions culturelles (« d’identité », de « vivre-ensemble », de « collectif », appelons-les comme on veut) qui se posent avec acuité. Malheureusement, elles sont souvent écartées d’un revers de la main dans le débat public, ce qui interdit à la fois d’y réfléchir et d’y répondre.

Si les questions migratoires participent à ce sentiment, elles ne semblent pas être exclusives. Quels sont les éléments participant à l’insécurité culturelle qui peuvent découler du clivage entre métropoles mondialisées, et certaines zones reléguées du territoire ? En quoi les modes de vie se différencient t ils à ce point que des catégories de population se sentent placées dans un tel sentiment d’insécurité ? En quoi les modifications des valeurs attachées au travail par exemple, peuvent y participer (perte de prestige du travail physique etc..) ?

Erwan Le Noan : L’une des clés d’analyse, mais surement pas la seule, est qu’une partie de la population occidentale – pas seulement française ! – a l’impression que sa vie lui échappe, qu’elle ne contrôle plus rien, qu’elle subit ; et qu’à l’inverse, une autre partie profite pleinement et de manière injuste du monde et de ses opportunités. D’une certaine manière, la colère contre les inégalités (d’un Occupy Wall Street, Podemos et France Insoumise) rejoint le malaise identitaire (exprimé par Donald Trump ou le Front national) : l’un et l’autre expriment une demande d’unité, de cohésion identitaire et/ou sociale.

Cette impression d’abandon est cruciale et motive une demande de reconnaissance multiple : les citoyens concernés veulent « simplement » qu’on admette que leur mode de vie est aussi valable que les autres, que leur attachement à certaines traditions n’est pas méprisable, que leur vision du travail, notamment industriel, n’est pas une ineptie. Or, tout un discours politique décrit un sens unique du progrès intellectuel et moral, et désigne comme des arriérés voire des coupables ceux qui, pour une raison ou une autre, y résistent.

Éric Verhaeghe : Ces critères de différenciation sont diffus, et d’ailleurs extrêmement variables selon les zones géographiques. Quand vous habitez Denain, ville du Nord de la France qui compte 20.000 habitants et qui se trouve à un jet de pierres de grandes villes comme Valenciennes ou Lille, vous pouvez vous sentir exclus pour des raisons bien plus fortes que dans certaines villes de 5.000 habitants très éloignées de villes moins peuplées que Valenciennes. Quelle est la différence? A Denain, le taux de pauvreté et le taux de recours aux minima sociaux est le plus important de France. Dans cet ensemble, l’accès à la prospérité ou à l’emploi joue donc un rôle essentiel. Les autres critères ne viennent qu’après. Maintenant, pour répondre à votre question, certains critères structurants sont forts. Il y a, par exemple, en France, une distinction forte entre la France installée sur une ligne TGV et la France installée sur une ligne classique, voire la France des gares qui ferment. Ce critère-là est symbolique mais puissant.

Ne peut-on pas considérer que le vote Trump diffère en ce sens du vote Le Pen ? En quoi le soutien apporté par le parti Républicain du candidat Trump a-t-il participer à « l’acceptabilité » de cette question d’insécurité culturelle dans le débat, alors que celle ci a été marginalisée dans le débat par la simple position du FN sur l’échiquier politique ?

Erwan Le Noan : Les Républicains américains se sont rangés finalement derrière Donald Trump parce qu’ils n’avaient pas le choix : ils se sont faits dépasser par lui et parce qu’ils n’ont pas su maitriser le mouvement du Tea Party qui a pris une influence grandissante au sein du GOP. La comparaison ne peut cependant pas être parfaite : il y a des différences importantes entre Donald Trump (et le Tea Party) et le Front national de Madame Le Pen, à commencer par l’économie : le premier défend un programme plutôt « poujadiste » (si le qualificatif peut s’employer pour les Etats-Unis) alors que le second a adopté des positions très ancrées à gauche.

En France, le sujet de l’insécurité culturelle semble avoir été au cœur des débats politiques des dernières années et il n’a pas été porté de manière unique par le Front national : on peut considérer que les débats sur l’ « identité nationale », à l’époque du président Sarkozy, était une manière d’aborder le sujet ; ou que Manuel Valls avait aussi essayé d’en parler. La campagne présidentielle n’en a pas réellement parlé, mais cela est vrai de tous les autres sujets : ce sont les affaires qui ont dominé

Éric Verhaeghe : Enfin, reconnaissons que le soutien du Parti Républicain aux Etats-Unis apporté à Trump fut très fluctuant et parfois même très limite. Si l’on fait le compte des dirigeants républicains qui ont attaqué Trump, y compris dans la dernière ligne droite de l’élection, on peut fortement tempérer votre propos. Pour des raisons historiques, les Etats-Unis ont vraiment du mal à sortir du bipartisme, de telle sorte que l’aile équivalente au Front National est de fait intégrée au parti républicain. Mais cette intégration ne signifie pas que la coexistence est tous les jours pacifique. Bien au contraire. Sur ce point, le Front National pourrait aussi considérer que la vie politique française lui offre la possibilité de mieux valoriser son approche et ses propositions, en concourant aux présidentielles sans frein, ou sans passe obligatoire par une primaire. Avec un peu d’efforts, il est d’ailleurs très probable que le Front National serait capable de récupérer une part substantielle des forces de droite.

Voir aussi:

Jean-Yves Le Gallou
10 mai 2017 

Jean-Yves Le Gallou est un homme dont la parole est écoutée. Alors, trois jours après la victoire de Macron, et le score décevant de Marine Le Pen, donnons-lui la parole, et écoutons, sans forcément tout partager, ce qu’il pense de cette élection. Sachant qu’il ne mâche pas ses mots.

Marine a transformé l’or en plomb

Riposte Laïque : Le discours officiel du FN est de se féliciter du score historique de plus de 10 millions d’électeurs ayant voté Marine, et donc qu’expliquer que tout cela est « globalement positif ». Pourtant, quand on vous a entendu ruer dans les brancards, dès dimanche soir, sur le plateau de TV-Libertés, cela ne paraissait pas du tout votre analyse…

Jean-Yves Le Gallou : Il y a un temps pour la langue de bois. Un temps pour le parler franc. Difficile d’annoncer que l’élection présidentielle est un référendum pour ou contre la France puis de se satisfaire de… 34% de oui.

Je dis tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. D’autant que Marine Le Pen a bénéficié d’une exceptionnelle conjonction de planètes : président sortant discrédité, adversaire de droite détruit, diabolisation en berne (jusqu’au débat du 3 mai), Brexit, élection de Trump, invasion migratoire, attentats. Difficile d’imaginer un  enchaînement de faits  plus favorables pour engranger des suffrages. Et pourtant l’or d’une situation s’est transformé en plomb électoral.

La ligne souveraino–jacobino- monétariste est un bâton merdeux

Riposte Laïque : Bref, si  on vous écoute, si Marine avait parlé immigration, identité, islam et insécurité, en mettant l’euro de côté, elle aurait pu gagner ?

Jean-Yves Le Gallou : Une campagne plus équilibrée sur l’immigration et l’identité, une campagne plus positive, plus enthousiaste, moins récriminatoire, aurait donné un meilleur résultat. C’est sûr ! Victorieuse ? Peut-être pas : la marche était encore trop haute. Mais virer en tête au premier tour et tangenter les 45%, le 7 mai, sans doute. N’oublions pas que Marine Le Pen qui a démarré à 28% dans les sondages (et dans les élections régionales qui ont précédé) est tombé à 21% au soir du premier tour (à peine plus que le total  Le Pen+ Mégret de… 2002). Au deuxième tour, elle partait avec un potentiel de 40% à 42 % qu’elle a fait chuter à 34 % : beaucoup mieux que son père en 2002, c’est vrai, mais lui affrontait un candidat étiqueté de « droite ». En dehors de quelques oligarques sectaires ou serviles, chacun sait bien au FN que le débat du 3 mai a été catastrophique (y compris pour l’avenir) et que la ligne souveraino–jacobino- monétariste est un bâton merdeux.

Philippot a eu avec le FN un comportement de coucou

Riposte Laïque : Vous avez eu des mots sévères pour l’entourage de Marine Le Pen, et notamment contre Florian Philippot. Vous pensez, comme les en accuse d’anciens militants du FN, qu’ils ont détruit le parti et sont les principaux responsables de l’ampleur de cette défaite ?

Jean-Yves Le Gallou : Oui, il y a évidemment place pour une sensibilité de gauche et pour une sensibilité souverainiste au FN, mais à sa juste place, pas en position de quasi-monopole  pour les places, bien sûr, mais aussi pour la structuration du discours.

Vous connaissez le coucou : c’est un oiseau qui pond son œuf dans le nid d’autrui. Comme le petit coucou crie plus fort que les autres oisillons, les parents adoptifs le nourrissent mieux que leurs propres oisillons. Et quand le petit coucou est assez fort, il jette hors du nid ses frères de nichée.

Vous avez là la stratégie de Philippot : il est entré dans un parti identitaire pour en faire un parti souverainiste. Au lieu de défendre la France, on défend le franc. Au lieu de défendre son identité civilisationnelle, on verse dans l’économisme. C’est le recyclage du gaullisme de pacotille de Seguin et du souverainisme désincarné de Chevènement à coups d’accents bolcheviks.

La campagne de deuxième tour, c’est quinze jours de drague éhontée des électeurs de Mélenchon pour n’en récupérer que… 7%. Comme c’est ballot, les réserves étaient à droite : 20% des électeurs de Fillon et 35%  de ceux de Dupont-Aignan votant pour la candidate nationale. Des électeurs qui ont eu bien du mérite car tout a été fait pour les dégoûter !

Le diagnostic de Zemmour est partagé par beaucoup

Riposte Laïque : Eric Zemmour a eu des mots terribles à l’encontre de la candidate du FN, parlant de son « insuffisance ». Vous avez semblé aller dans le même sens. Vous ne trouvez pas cela sévère ? Vous avez mieux à proposer pour le camp patriote ?

Jean-Yves Le Gallou : Zemmour est un homme libre. Son diagnostic est partagé par beaucoup. Qui peut sérieusement penser que Marine Le Pen sur la ligne Philippot –  qui est aussi la sienne –  pourrait avoir des chances sérieuses en 2022 ? Il faut éviter de se raconter des histoires.

Alors qui ? Quitte à avoir une ligne philippotiste pourquoi pas Philippot ? A tout prendre ! Quitte à avoir une ligne souverainiste pourquoi pas Dupont-Aignan, d’autant qu’il a pris, lui, conscience des enjeux du Grand  Remplacement ? Sur une ligne plus identitaire et plus conservatrice, Marion Maréchal Le Pen, bien sûr.  Et puis les événements à venir permettront peut-être à une nouvelle personnalité d’émerger.

Le départ de Marion est un gâchis

Riposte Laïque :Justement, Marion Maréchal Le Pen annonce son retrait de la vie politique française, sans fermer la porte à un possible retour. Quelle est votre réaction ?

Jean-Yves Le Gallou : Quelle tristesse ! Quel gâchis !

Au-delà des raisons personnelles – respectables – qui ne voit les raisons politiques ?

Son choix était le suivant : se soumettre à une ligne et des pratiques de management politique qu’elle désapprouvait.

Ou entrer en guerre civile. Elle a voulu éviter cela. L’histoire connaît des infanticides, des parricides mais pas de « tanticide » et ce ne sera pas pour cette fois.

En partant sur l’Aventin elle se met en réserve de la France.

Riposte Laïque : Marine, dès dimanche soir, envisageait la naissance d’une nouvelle formation politique, jugeant le FN et ses symboles comme des poids trop encombrants. Vous partagez ce point de vue ?

Jean-Yves Le Gallou : Vous connaissez le proverbe : « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. » En fait le contenu du flacon a déjà changé (et l’ivresse, l’enthousiasme si vous préférez) n’est plus vraiment là. Alors c’est assez logique de changer l’étiquette.  Reste à savoir si les électeurs s’y retrouveront…

Riposte Laïque : Pour ne pas désespérer davantage Billancourt, voyez-vous des signes d’espoir dans la situation actuelle ?

Jean-Yves Le Gallou : Le développement des sites de combat  d’idée et des médias alternatifs qui doivent plus que jamais se renforcer. L’émergence d’une nouvelle génération identitaire et conservatrice.

 Riposte Laïque : Avez-vous d’autres projets sous le coude, pour le deuxième semestre 2017 ?

Jean-Yves Le Gallou : Polémia organisera le troisième Forum de la dissidence le samedi 19 novembre. Vous y serez invité.

L’institut ILIADE lancera sa sixième session de formation en septembre et publiera le 21 juin une nouvelle vidéo-phare : « Vivre en Européen ».

Préparons nos sanctuaires.

Propos recueillis par Pierre Cassen

Voir également:

“Macron, une victoire à la Pyrrhus”

Nouveau Cassandre de nos temps troublés, le géographe Christophe Guilluy, qui dans son dernier ouvrage analyse « le crépuscule de la France d’en haut », pr évient le nouveau président que, s’il n’apporte pas des ré ponses aux catégories populaires, sa victoire signera sa prochaine défaite.

Valeurs actuelles

11 mai 2017

Vous expliquez dans votre dernier ouvrage que la France d’en haut, parce qu’elle a choisi un modèle qui n’est ni socialement ni politiquement durable, vit son crépuscule. Que penser alors de la victoire d’Emmanuel Macron?

Si le candidat d’En marche! ne prend pas en charge les réalités populaires et les aspirations que dévoile cette élection, sa victoire sera une victoire à la Pyrrhus. La dynamique populiste est enclenchée et ne cessera de monter si on ne traite pas toutes les questions économiques, sociales et culturelles qui sont en jeu. La pré sidentielle de 2017 et la victoire d’Emmanuel Macron n’offrent qu’un sursis à ce monde d’en haut, mais, si le chef de l’État n’apporte aucune réponse aux catégories populaires, à cette France d’en bas qui se sent exclue de la mondialisation, il est probable que la bascule s’opère alors en 2022 avec le parti le plus à même de repré senter cette dynamique-là. Le modèle actuel n’est pas socialement durable. Si la France d’en haut ne parvient toujours pas à être exemplaire et à parler à celle d’en bas, ses jours sont comptés.

Le premier tour de l’ élection qui a consacré la victoire d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen révèle, selon certains, un vote citadin pour le candidat d’En marche! et un vote rural pour la candidate FN. Que disent les résultats de ce second tour? Dessinent-ils une carte “ chimiquement pure” de cette France périphérique, que vous avez été le premier à conceptualiser?

À l’issue de mes travaux, j’ai distingué une fracture française qui se situe entre les grandes métropoles mondialisées et le reste, la « France périphérique ». Celle- ci n’est donc pas exclusivement rurale et englobe é galement des petites et moyennes villes. Elle concerne ainsi tous les territoires qui se trouvent à l’écart des grands pôles urbains, pôles qui créent le plus d’emplois et se trouvent insérés dans la mondialisation. Cette fracture s’observe d’ailleurs aussi bien en France que dans les autres pays européens ou aux États Unis: la logique est partout la même et provient d’une disparition des classes moyennes « le plus grand plans ocial de l’histoire. Ces classes sont devenues de nouvelles classes populaires, qui ont le sentiment d’être invisibles et de ne pas être économiquement intégrées. Comme partout dans les pays développés, les ressorts de la dynamique populiste reposent d’une part sur la destruction de la classe moyenne traditionnelle et sa mise à l’écart des m étropoles mondialisées,et d’autre part sur l’émergence d’une société multiculturelle. Si une partie de la France populaire est réceptive au discours de Marine Le Pen, celle-ci ne rallie qu’une partie du monde d’en bas. Il est toutefois efectivement frappant de constater que son vote est surreprésenté dans cette France périphé rique et sous-représenté dans la France des grandes métropoles. Le constat est inverse pour Emmanuel Macron, incarnation de la nouvelle bourgeoisie. Par ses propos sur la « société ouverte » , le néolibéralisme, le libre-échangisme, le candidat d’En marche! a été le candidat des grandes métropoles.

Peut-on parler d’un clivage inédit ?

Les véritables clivages sociaux, culturels et géographiques deviennent manifestes. Le haut contre le bas, les métropoles mondialisées contre la France périphérique, c’est le clivage qui apparaissait déjà en 1992 avec Maastricht. L’affrontement Macron-Le Pen a été ainsi « chimiquement pur » : il a permis de sortir du clivage gauche-droite pour révéler les véritables fractures françaises. Cette nouvelle géographie est liée à l’adaptation de notre société et de ses territoires aux normes de l’économie-monde. Partout en France, comme aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, les richesses et la création se concentrent dans les métropoles. Et partout dans le monde, ce modèle crée sa contestation populiste. Celle-ci émane des catégories qui constituaient hier le socle de la classe moyenne – ouvriers, employés, paysans – , et des  mêmes territoires. Catégories qui ont été les grandes perdantes du processus d’adaptation des économies occidentales aux normes de l’économie-monde. La mondialisation repose, en effet, sur une division internationale du travail qui condamne sur le temps long la classe moyenne occidentale. L’émergence d’une classe moyenne chinoise ou indienne s’est ainsi réalisée au détriment des ouvriers ou employés américains, français ou britanniques. Ce terrible constat explique que nous vivons depuis trente ans un processus de la sortie de la classe moyenne” qui vit désormais sur des territoires éloignés des zones d’emploi dynamiques. Et le vote Trump est porté par l’Amérique périphérique, le Brexit par la Grande-Bretagne périphérique, le vote Le Pen par la France périphérique.

Peut-on établir une géographie du vote?

En effet. On observe déjà une division entre l’Est, qui a principalement voté pour Marine Le Pen, et l’Ouest, qui a davantage voté Macron. Mais cette géo- graphie sociale provient de l’héritage industriel, où les industries étaient présentes essentiellement dans l’Est, et le rural et le tertiaire dans l’Ouest. Il est plus instructif de zoomer sur chaque territoire. Que ce soit dans des régions où Marine Le Pen est en tête ou d’autres dans lesquelles Macron l’emporte, une même logique s’opère. Ainsi, à l’issue du premier tour, en Bretagne, où Macron a obtenu plus de voix, celles-ci ont été gagnées dans les grandes villes bre- tonnes, comme Rennes. Dans cette dernière, Marine Le Pen a fait moins de 6%, mais a dépassé les 20% dans certaines zones rurales bretonnes. De la mê me mani ère, à l’Est, la candidate du FN fait un score moins bon dans des grandes villes comme Nancy, alors qu’elle triomphe dans les petites villes de la r é gion. On le constate, la dynamique France périphérique-métropole marche à l’intérieur de chaque région. Il y a donc une sociologie assez similaire. Le premier tour révèle donc l’ »implosion des partis traditionnels.

L’’échec de François Fillon ne serait donc pas uniquement imputable aux affaires révélées par le Canard enchaîné …

Si les affaires ont évidemment joué , la difficulté de la droite a été ,dès le départ, d’arriver à convaincre cet électorat de la France périphérique, désormais arrimé au Front national. Il ne se sent pas représenté par la droite traditionnelle, perçue comme trop libérale. L’entrée en campagne de Franç ois Fillon sur le mode de réduction des dépenses publiques et d’adaptation aux normes de l’ économie mondialisée a eu un effet destructeur. Son échec réside dans son incapacité à se connecter avec cet électorat populaire et dans le fait que son discours s’est en partie adressé à une classe moyenne en voie de disparition

Si Jean-Luc Mélenchon n’a pas donné de consigne de vote, une partie résiduelle de l’’électorat de La France insoumise semble avoir voté Marine Le Pen au second tour. Comment l’’expliquer?

Une minorité, à la marge, parce qu’elle est totalement dans une logique anti- système, a voté FN. Mais le reste des électeurs de cette France insoumise s’est plus largement reporté sur Emmanuel Macron ou réfugié dans l’abstention, pour une raison simple : les voix de Jean-Luc Mélenchon proviennent davantage de l’ électorat populaire des banlieues des grandes villes que des véritables périphéries. Cela reste un vote plutôt des grandes métropoles, avec beaucoup d’ électeurs de la fonction publique et de la gauche classique. •

Propos recueillis par Anne-Laure Debaecke

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L’élection de Macron, farce démocratique
Ivan Rioufol
11 mai 2017

Pour sûr, la politique a pris un coup de vieux. L’élection d’Emmanuel Macron, 39 ans, 66,10 % des voix, est aussi la victoire de son mouvement, En marche !, qui ringardise les partis. En un an, Macron a mis sur pied, avec ses bénévoles, une start-up à la mesure de son ambition. Les professionnels de la politique font figure de boutiquiers. La défaite de Marine Le Pen, sévèrement battue (33,90 %), s’inscrit de surcroît dans le rejet des dirigeants contestés. Nicolas Sarkozy, François Hollande, Manuel Valls, Alain Juppé, François Fillon ont succombé au jeu de massacre. Il n’épargnera probablement pas le FN. Bref, il faut reconnaître à Macron d’avoir su ébranler un monde vermoulu, en inventant une alternative à la crise de la démocratie représentative. Son ouverture à la société civile est une voie à suivre. Toutefois, sa « révolution démocratique » n’est qu’un mot creux ; un trompe-l’œil. L’immuable idéologie conformiste, technicienne et élitiste, reste son soutien.

C’est le « casse du siècle » que le cerveau d’En marche ! a commis sous les vivats de la gauche. L’Élysée n’a pu étouffer ses applaudissements, dimanche soir. Lundi, lors de la célébration de la capitulation allemande, François Hollande a affiché son paternalisme avec celui qui l’accompagnait dans ses premiers pas présidentiels. Catherine Barbaroux, membre du PS dès les années 1970, a pris la présidence d’En marche ! Croiser les sourires de la plupart des socialistes de cœur confirme le tour de passe-passe : la gauche éreintée a réussi l’exploit de se maintenir au pouvoir en rajeunissant la façade et en criant à la menace fasciste. Non content d’avoir participé à la suspicion sans preuve contre François Fillon et à l’immature hystérie contre Le Pen, le stratège inspiré espère l’explosion des Républicains en faisant miroiter des places aux gourmands.

Faut-il le rappeler aux étourdis et aux dormeurs ? Le 7 mai 2017, la France a confirmé le choix, dissimulé par le flou, d’une rupture dans son modèle de civilisation.

Le projet de Macron pour  la France, approuvé par 20,4 millions  d’électeurs, porte en lui la disparition  de la nation assimilatrice, une et  indivisible, au profit d’un « Hexagone »  vu comme un « open space » où les  minorités seront protégées par des  discriminations positives et où la quête  de visibilité de l’islam politique  sera laissée en paix. 92 % des Français  musulmans ont voté Macron, contre  62 % des catholiques. Celui qui chante  La Marseillaise  la main sur le cœur,  comme aux États-Unis, a été félicité  par Barack Obama et le Canadien Justin  Trudeau, symboles de la cause  postnationale, c’est-à-dire des sociétés  ouvertes à la mondialisation et au  multiculturalisme. Or ces deux causes  sont au cœur de la crise identitaire,  oubliée au profit de diversions  sur la moralité de Fillon ou de Le Pen.

Il y a de la farce démocratique  dans ce hold-up électoral où les enjeux  existentiels n’auront jamais été abordés  par le vainqueur. Est-ce pour les avoir  évoqués que Manuel Valls subit  les humiliations des Macron’s boys ?  La foule qui a applaudi l’élu, dimanche au  pied de la pyramide du Louvre, partage  probablement sa lassitude de l’État- nation, appelé à se diluer dans un monde  où l’étranger ne se différencie plus du  citoyen. Cette vision est celle de la pensée  dominante, qui a grimé en affreux ceux  qui parlaient de souveraineté et de  limites. Cependant, 60 % des électeurs de  Macron ont fait un choix par défaut  pour s’opposer à Le Pen, qui a tout  de même recueilli 10,5 millions de voix.  De surcroît, 16,1 millions ont choisi  l’abstention et le vote blanc ou nul,  tournant le dos aux ordres d’abattre  l’ennemi intérieur. Le socle électoral  du président est donc fragile. Certes,  sa victoire l’autorise à tout. Pour autant, il  n’a pas reçu de blanc-seing pour  disloquer un peu plus la France malade,  au nom d’un optimisme insouciant. Des  Français seront là pour le lui rappeler.

L’avenir incertain du FN

Reste que Marine Le Pen n’a pas été  à la hauteur de sa mission, qui était  de représenter les oubliés  de la mondialisation et les inquiets  du libéralisme libertarien. Son score  est très en deçà de la dynamique  qu’elle avait enclenchée et qui lui faisait  dépasser les 40 % dans les sondages.  Une victoire sur le fil a même pu être un  temps envisageable par des statisticiens.  Sa confrontation télévisée du 3 mai,  jugée vulgaire et désastreuse,  est une des causes de son effondrement.  L’immigration n’y a même pas été  abordée. La diabolisation du FN a pu  aussi effrayer plus d’un esprit perméable aux prêches du moralisme. Cependant,  c’est bien sa stratégie d’ouverture  à la gauche extrême qui a été  incomprise. Non seulement les électeurs  de Mélenchon ne l’ont pas suivie (moins  de 10 %) mais ceux de Fillon ont été  effrayés à juste titre par ses lacunes et  ses entêtements à sortir de l’euro ; seuls  20 % d’entre eux ont reporté leurs voix  sur le FN. Son avenir devient incertain. La décision de Marion Maréchal-Le  Pen, 27 ans, de se retirer du FN, mercredi,  pour rejoindre la vie réelle, n’est pas  motivée par son seul désir de se consacrer  à sa petite fille. C’est un univers borné  de branquignols adeptes de « fake news »  (fausses nouvelles) et d’idées  économiquement mal ficelées que l’élue  a aussi choisi de quitter. Elle précise  toutefois ne pas avoir  « renoncé  définitivement au combat politique » .  L’avenir qui se dessinera, dès après les  législatives, devra s’écrire sur les ruines  d’un monde ancien victime de guerres de  tranchées d’un autre âge. La société civile aurait une place  importante à prendre dans  la constitution d’une formation appuyée  sur l’Internet et les réseaux sociaux.  Si En marche ! a su fédérer la classe  privilégiée des mondialistes (diplômés,  urbains, riches), mise au service  du seul pouvoir personnel de son leader  narcissique, il reste à mobiliser ceux qui,  en face, pourraient se reconnaître  dans un conservatisme libéral et social.  L’introuvable union des droites pourrait  enfin voir là son issue.

Malheur aux vaincus

Ceux qui espéraient voir les Français en colère rejeter la tyrannie  du politiquement correct, qui oblige  à marcher les yeux grands fermés, ont  perdu en beauté. La victoire de Macron  conforte courtisans et médias.  Tous ont défendu sa vision du monde,  angélique mais fausse, au prix  d’une infantilisation des peurs contre  un « populisme » forcément  nauséabond. Malheur aux vaincus !

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Comment Marion Maréchal-Le Pen a décidé de lâcher le FN, après le débat « catastrophique » de sa tante

Le débat de l’entre-deux-tours a précipité la décision de Marion Maréchal-Le Pen de prendre du champ. Elle l’a jugé « catastrophique » et ruineux pour l’image présidentiable de Marine Le Pen. Elle se met en réserve du parti, en attente d’une occasion pour prendre sa part dans les recompositions politiques qui toucheront le FN, lui aussi.

Officiellement, Marion Maréchal-Le Pen quitte la vie politique pour des raisons personnelles. Elle veut s’occuper de sa fille, dont elle craignait en début de campagne qu’elle ne la reconnaisse plus et « l’appelle Madame ». Dont acte. Sa tante Marine « regrette profondément sa décision » tout en la comprenant « hélas comme maman ». Et, selon l’AFP, Nicolas Bay, le secrétaire général, a adressé sans perdre une minute une note aux cadres du parti pour les prier de relayer la version « personnelle » du retrait, pour faire pièce aux « interprétations médiatiques malveillantes qui tentent de donner une interprétation politique au retrait de Marion Maréchal-Le Pen. »

Dans les fédérations, en particulier celles de Provence qui connaissent bien la nièce de la présidente, la consigne directoriale a fait sourire. Car tout le monde a bien lu la lettre qu’elle a adressée à ses électeurs et publiée par Vaucluse matin. Une phrase n’a échappé à personne: « Je ne renonce pas définitivement au combat politique ». Selon nos informations, non seulement la jeune femme et bientôt ex-députée se place en réserve de la politique, mais elle se tient de surcroît prête à jouer un rôle dans la grande recomposition politique à l’œuvre aujourd’hui, qui immanquablement touchera le FN. Aucun calendrier n’est fixé et ses intentions de rejoindre le monde de l’entreprise réelles – plusieurs grands groupes l’auraient d’ailleurs approchée.

Mais depuis plusieurs mois déjà, des signaux lui sont envoyés par des élus LR qui rêvent de la création d’un grand parti clairement positionné à droite dans lequel la petite-fille de Jean-Marie Le Pen aurait toute sa place. Il semblerait que la jeune femme ne soit pas totalement indifférente à ces sollicitations. D’autant qu’à la différence de bien d’autres personnalités du FN, elle a su se tenir à l’écart des affaires financières du parti, la mettant à l’abri des éclaboussures inévitables consécutives aux poursuites judiciaires. « Elle est la seule à n’avoir pas souscrit aux crédits obligatoires du micro-parti Jeanne lors des élections régionales », rappelle fort à propos une élue de la région PACA.

Comment en est-elle arrivée là, alors qu’elle s’est efforcée durant la campagne de donner des signaux de loyauté vis-à-vis de la candidate ? Et ce malgré les vexations de début de campagne, lorsqu’elle s’est fait méchamment rabrouer par Florian Philippot pour avoir osé évoquer la remise en cause du mariage pour tous. N’a-t-elle pas répondu à toutes les demandes de réunions publiques, même dans les coins les plus reculés de France, mettant sa popularité au service de la campagne ? N’a-t-elle pas accepté de nombreux plateaux télé, même après avoir été contrainte de se désister de certains au dernier moment sur ordre de sa tante ? Même ça, elle l’a avalé, ne laissant rien paraître publiquement de ses états d’âme.

« Comment peut-on être aussi cons ? »

Mais personne n’ignorait ses désaccords stratégiques avec le vice-président Florian Philippot et la direction de campagne emmenée par David Rachline, maire de Fréjus. Pour elle, le dogme de la sortie de l’euro devait être dépassé, et de ce point de vue, l’alliance avec Nicolas Dupont-Aignan lui était apparue comme une chance historique de rassemblement d’une partie de la droite autour du FN. « Dommage que cette alliance ne soit pas allée plus loin qu’une place de vedette américaine offerte à Dupont-Aignan lors du meeting de Villepinte », aurait-elle confié à ses proches. Car quelques jours plus tard, tout a basculé. Et la campagne du deuxième tour qui s’annonçait sous les meilleurs auspices, laissant encore espérer un score proche des 40% après la première semaine, s’est effondrée. Pour Marion Maréchal-Le Pen, le débat qui a opposé la candidate à Emmanuel Macron, et qui devait consacrer la reconnaissance de sa tante comme un interlocuteur incontournable, a été « un désastre ». « Comment peut-on être aussi cons ?» a-t-elle lâché à l’adresse de ceux qui ont préparé le débat avec la candidate, en l’occurrence Florian Philippot, son frère Damien, spécialiste des sondages d’opinion, et le conseiller spécial de la présidente, Bruno Bilde.

Personne n’imaginait une position aussi radicale

Dès le soir de la défaite, elle a pris la mesure auprès des militants de la catastrophe provoquée par ce débat raté. « Marine nous a plantés, elle n’a pas montré qu’elle avait l’étoffe d’une présidente de la République », s’est-elle entendu dire. Selon nos informations, ces propos n’ont fait que conforter la décision qu’elle avait prise quelques heures après la fin du débat de prendre du champ : face à ce qu’elle juge comme une obstination dans l’erreur de sa tante et de ceux qui la conseillent, elle ne peut pas lutter. Seul un électrochoc provoqué par l’annonce de sa prise de distance peut secouer les cadres et les militants tétanisés par le caporalisme ambiant.

Quelques heures après l’annonce de la cinglante défaite, elle a annoncé sa décision devant un bureau politique réuni pour tirer les leçons de la campagne. Selon des témoins, les participants se sont figés, bouche bée, à commencer par la présidente elle-même. Personne n’imaginait une position aussi radicale, même si certains la redoutaient. Car chacun connaît l’étendue de la popularité de la plus jeune députée de France. Bien plus qu’un long et épuisant combat d’opposition interne en vue du prochain congrès prévu pour l’hiver prochain, Marion Maréchal a choisi le clash et l’effet de sidération. Ne restait qu’à l’habiller de raisons personnelles, réelles, pour éviter l’affrontement public. Mais le message est clair, son onde de choc n’est pas près de se dissoudre, les échanges que nous avons eus avec quelques élus importants ne laissent place à aucun doute.

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PARIS — Il y a du nouveau en France: un nouveau système pour désigner le président de la république. Ni plus réellement une démocratie, ni une dictature, c’est quelque chose qui n’a pas encore de nom. Un acronyme ou un mot porte-manteau construit de «démocratie», «dictature» et «ploutocratie» ferait bien l’affaire.

Le mécanisme fonctionne ainsi: des patrons de grands groupes financiers, industriels et commerciaux, ainsi que d’éminents conseillers habitués de l’Elysée, de Matignon et de Bercy ont choisi le futur président de la république — Emmanuel Macron, en l’occurrence — et l’ont instruit de sa mission. Ensuite ces oligarques ont mobilisé l’Etat, le gouvernement, la justice, les médias, les communicants, les artistes, les cachetiers, les sondeurs, les sociétés de Paris et les grands noms de la société civile pour le porter à la magistrature suprême. La machine s’est mise au travail et en un tour de piste a fait de l’impétrant le candidat du peuple, le favori, le héros indépassable. Lui-même en est devenu convaincu.

Le reste était une simple formalité: il suffisait juste d’éliminer les autres candidats. On en a mis beaucoup sur la ligne de départ, désespérant le peuple en lui donnant l’image de la déplorable division dans laquelle les partis politiques ont entrainé le pays. Puis on a promis des primaires pour remédier à ça: il y aura un tri impitoyable! En effet: les candidats sérieux — Manuel Valls, Alain Juppé — ont été éliminés.

La justice a ensuite lancé des fatwas contre les gros candidats qui restaient, et la presse, bras séculier de l’oligarchie, les a traqués. François Fillon et Marine Le Pen ont été poursuivis pour vol à l’étalage, leurs photos placardées à la une des journaux.

On accuse aussi Jean-Luc Mélenchon de pas mal de crimes. Il aurait assassiné le Parti socialiste, caporalisé les communistes, volé des troupes aux Républicains et aux frontistes et contrevenu aux règles de la soumission en appelant son mouvement La France insoumise.

En tout cas, il a formidablement égayé la campagne. Quel bateleur, quel stratège, ce Jean-Luc! Merci pour ces bons moments. Notre côté romantique invétéré a apprécié ton mot en forme de salut à la veille du premier tour: «Allez, viennent les jours heureux et le goût du bonheur!»

En affaiblissant les Républicains, le Parti socialiste et le Front national, Mélenchon aura profité à Macron ainsi qu’aux oligarques — mais tout en gagnant lui-même aussi. Maintenant, les législatives.

L’autre inconnue dans l’affaire aura été le peuple. Il est trop bête, dit-on; c’est un troupeau angoissé, qui peut réagir n’importe comment. D’ailleurs, le moment est peut-être venu d’en changer. Ce peuple-ci a fait son temps. Il parle encore de de Gaulle, Jaurès, Jeanne d’Arc. C’est vrai qu’il rechigne un peu: dimanche, les électeurs se sont abstenus de voter en nombre record.

Le résultat de ce méli-mélo c’est Macron. Jamais élu auparavant, tête d’un mouvement vieux de juste un an, le voilà président de la République. On ne faisait semblant de douter de son ultime succès que pour écarter la suspicion de manipulation politique. Alors que Fillon a été mis en examen et que la justice française a demandé la levée de l’immunité parlementaire de Le Pen à l’Union européenne, elle a refusé d’ouvrir une enquête sur le patrimoine de Macron, pourtant demandée par de nombreux candidats.

Mais au fond tout ça c’est du frichti, des amusettes, des histoires de carrières personnelles. Valls, Juppé, Le Pen, Fillon, Macron, Mélenchon, Hamon, Tartempion — tout ça c’est pareil, à peu de choses près. En France, on change de président tous les cinq ans, mais rien ne change jamais qui vienne vraiment d’eux.

La France ne se gouverne plus elle-même; l’Europe a toujours son mot à dire. La mondialisation fait que la terre ne tourne plus que dans un sens — le sens du cartel des banques, qui a pris le relais du cartel des compagnies pétrolières, qui avait pris le relais du cartel des compagnies minières.

Voilà pourquoi il importait que soient débattus durant la campagne présidentielle tous ces thèmes mondialisés: l’islamisation, le terrorisme, le réchauffement climatique, la migration, l’affaiblissement des institutions multilatérales. Mais ceux-ci ont à peine été évoqués. Peut-être était-ce à cause d’un sentiment d’impuissance face à ces problèmes. Mais le fait de ne pouvoir rien y changer n’est pas une raison de ne pas y regarder.

Cette campagne présidentielle n’aura pas non plus confronté les options stratégiques de la France à moyen et long terme. La France saura-t-elle réinventer ses institutions? Et surtout: saura-t-elle enrayer son déclin? Saura-t-elle retrouver son rôle de moteur de l’Europe, surtout face à l’Allemagne? Cette campagne présidentielle aura été une campagne de gouvernement qui discute de gestion des ressources et d’équilibre des comptes. On a parlé boutique avec quelques accents lyriques pour faire grandiose. Mais tout du long on a plié sous la tyrannie du court-termisme et du pas-de-vague.

A gauche comme à droite, les grands partis d’antan ont été brisés, discrédités. La recomposition politique en France ressemble à un nettoyage par le vide. Entre-temps la fonction présidentielle a aussi été considérablement affaiblie. Merci Nicolas Sarkozy et François Hollande. Macron, héritier d’une fonction qui a été mise au plus bas, va vite découvrir l’étroitesse de sa marge de manœuvre — d’autant plus qu’il sera l’otage de la troupe disparate qui l’a fait arriver là.

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Jamais l’Europe n’a été dirigée par autant de politiciens sans enfants. Ils sont modernes, ouverts, multiculturels et savent que « tout finira avec eux ». À court terme, être sans enfant est un soulagement car cela implique zéro dépense pour la famille, aucun sacrifice et personne pour se plaindre d’un avenir mal préparé. Comme l’indique un rapport de recherche financé par l’Union européenne : « Pas d’enfants, pas de problème ! ».

Etre mère ou père vous oblige à vous projeter dans l’avenir du pays dont vous avez la charge. Mais les dirigeants les plus importants d’Europe ne laisseront aucun enfant derrière eux. La chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et le président français Emmanuel Macron sont sans enfants. La liste s’allonge avec le Premier ministre suédois Stefan Löfven, le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel et le Premier ministre écossais Nicola Sturgeon .

N’ayant pas d’enfants, les dirigeants d’Europe donnent le sentiment de n’avoir aucune raison de s’inquiéter de l’avenir de leur continent. Le philosophe allemand Rüdiger Safranski a écrit:
« Pour les personnes sans enfants, penser en termes de générations futures n’est guère pertinent. Par conséquent, ils se comportent de plus en plus comme s’ils étaient les derniers, le dernier maillon de la chaîne ».
« L’Europe se suicide. Ou du moins ses dirigeants ont décidé de se suicider », a écrit Douglas Murray dans The Times. « L’Europe aujourd’hui n’a pas envie de se reproduire, de se défendre, ni même de prendre parti pour elle-même dans un débat ». Murray, dans son nouveau livre, intitulé The Strange Death of Europe, baptise le phénomène : « une fatigue civilisationnelle existentielle ».

Angela Merkel a pris la décision fatidique d’ouvrir les portes de l’Allemagne à un million et demi de migrants pour enrayer l’hiver démographique de son pays. Ce n’est pas un hasard si Merkel, qui n’a pas d’enfants, a été appelée « la mère compatissante » des migrants. Merkel se moque de savoir si cet afflux massif de migrants ne risque pas modifier la société allemande en profondeur, et pour toujours.

Dennis Sewell a récemment écrit dans le Catholic Herald :

Cette idée de « civilisation occidentale » rend plus épineuse la panique démographique. Sans elle, la réponse serait simple : l’Europe n’a aucune inquiétude à avoir sur le nombre de jeunes qu’il faut trouver pour soutenir ses personnes âgées dans leurs années de déclin. Plein de jeunes migrants cognent aux portes, grimpent sur les barbelés ou s’embarquent sur des fragiles esquifs pour atteindre nos rives. La seule chose à faire est les laisser entrer.

Le statut de femme sans enfant d’Angela Merkel est le reflet de la société allemande : 30% des femmes allemandes n’auront pas d’enfants indiquent les statistiques de l’Union européenne, et ce ratio passe à 40% chez les diplômées de l’Université. La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a déclaré que, sauf à redresser le taux de natalité, le pays devra « éteindre la lumière ».

Selon une nouvelle étude publiée par l’Institut national d’études démographiques, un quart des femmes européennes nées dans les années 1970 n’auront pas enfants. Les leaders européens ne sont pas différents. En 1940, une femme sur neuf née en Angleterre et au Pays de Galles était sans enfant à l’âge de 45 ans, mais en 1967, ce pourcentage est passé à une femme sur cinq.

Le nouveau président français Emmanuel Macron a rejeté l’idée exprimée par l’ex-président François Hollande que « la France a un problème avec l’islam ». Il est contre la suppression de la nationalité française pour les djihadistes et affirme avec insistance, et contre toute évidence, que l’Etat islamique n’a rien d’islamique: « Ce qui pose problème n’est pas l’islam, mais certains comportements dits religieux qui sont imposés aux fidèles de cette religion ».

Macron prêche une sorte de déjeuner-buffet multiculturel : il évoque le colonialisme comme un « crime contre l’humanité », prône « l’ouverture des frontières », et affirme contre toute évidence qu’il il n’y a pas de « culture française ».

Selon le philosophe Mathieu Bock-Coté, Macron, âgé de 39 ans, marié à son ancien professeur de théâtre elle-même âgée de 64 ans, est le symbole d’une « bonne mondialisation libérée de la mémoire de la gloire française perdue». Ce n’est pas un hasard si « Manif Pour Tous », un mouvement qui a lutté contre la légalisation du mariage homosexuel en France, a appelé à voter contre Macron en tant que « candidat antifamille ». Le slogan de Macron, « En Marche ! », incarne les élites mondialisées qui réduisent la politique à un exercice, une performance.

C’est pour conquérir l’Europe que le leader turc Erdogan exhorte les musulmans à avoir « cinq enfants » et que les imams musulmans exhortent leurs fidèles à « élever des enfants ». Les suprémacistes islamiques travaillent à produire un conflit de civilisations au cœur de l’Europe ; ils dépeignent les pays qui les accueillent en Occident comme des civilisations sur le point de s’effondrer, sans population, sans valeurs et ne portant plus aucun intérêt à leur propre culture.

A voir Merkel, Rutte, Macron et tous les autres, les suprémacistes islamiques auraient tort de se gêner. Nos dirigeants européens nous mènent comme des somnambules vers la catastrophe. Que peut bien leur faire qu’à la fin de leur vie, l’Europe ne soit plus l’Europe ? L’essayiste Joshua Mitchell l’a très bien expliqué, « se trouver » devient plus important que construire un monde. La longue chaîne des générations a déjà fait le travail. Maintenant, jouons ! ».

Giulio Meotti, journaliste culturel à Il Foglio, est un journaliste et un auteur italien.