Hanouka/2184e: Trump invente le sionisme antisémite ! (Ultimate sleight of hand: How can opposition to the existence of an apartheid state be called racism ?)

23 décembre, 2019
tied willyPresident Trump at the Israeli American Council National Summit last week in Hollywood, Fla.En ces jours-là surgit d’Israël une génération de vauriens qui séduisirent beaucoup de personnes en disant : “Allons, faisons alliance avec les nations qui nous entourent, car depuis que nous nous sommes séparés d’elles, bien des maux nous sont advenus.” (…) Plusieurs parmi le peuple s’empressèrent d’aller trouver le roi, qui leur donna l’autorisation d’observer les coutumes païennes. Ils construisirent donc un gymnase à Jérusalem, selon les usages des nations, se refirent des prépuces et renièrent l’alliance sainte pour s’associer aux nations. 1 Maccabées 1: 11-15
Il n’était même pas permis de célébrer le sabbat, ni de garder les fêtes de nos pères, ni simplement de confesser que l’on était Juif. On était conduit par une amère nécessité à participer chaque mois au repas rituel, le jour de la naissance du roi et, lorsqu’arrivaient les fêtes dionysiaques, on devait, couronné de lierre, accompagner le cortège de Dionysos. (…) Ainsi deux femmes furent déférées en justice pour avoir circoncis leurs enfants. On les produisit en public à travers la ville, leurs enfants suspendus à leurs mamelles, avant de les précipiter ainsi du haut des remparts. D’autres s’étaient rendus ensemble dans des cavernes voisines pour y célébrer en cachette le septième jour. Dénoncés à Philippe, ils furent brûlés ensemble, se gardant bien de se défendre eux-mêmes par respect pour la sainteté du jour. (…) Eléazar, un des premiers docteurs de la Loi, homme déjà avancé en âge et du plus noble extérieur, était contraint, tandis qu’on lui ouvrait la bouche de force, de manger de la chair de porc. Mais lui, préférant une mort glorieuse à une existence infâme, marchait volontairement au supplice de la roue,non sans avoir craché sa bouchée, comme le doivent faire ceux qui ont le courage de rejeter ce à quoi il n’est pas permis de goûter par amour de la vie. 2 Maccabées 6 : 6-20
On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. Jean 10: 22
La crise maccabéenne n’est pas un affrontement entre un roi grec fanatique et des Juifs pieux attachés à leurs traditions. C’est d’abord une crise interne au judaïsme, d’un affrontement entre ceux qui estiment qu’on peut rester fidèle au judaïsme en adoptant néanmoins certains traits de la civilisation du monde moderne, le grec, la pratique du sport, etc.., et ceux qui au contraire, pensent que toute adoption des mœurs grecques porte atteinte de façon insupportable à la religion des ancêtres. Si le roi Antiochos IV intervient, ce n’est pas par fanatisme, mais bien pour rétablir l’ordre dans une province de son royaume qui, de plus, se place sur la route qu’il emprunte pour faire campagne en Égypte. (…) Là où Antiochos IV commettait une magistrale erreur politique, c’est qu’il n’avait pas compris qu’abolir la Torah ne revenait pas seulement à priver les Juifs de leurs lois civiles, mais conduisait à l’abolition du judaïsme. Maurice Sartre
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
I stand before you as the daughter of Palestinian immigrants, parents who experienced being stripped of their human rights – the right to freedom of travel, equal treatment. I cannot stand by and watch this attack on our freedom of speech and the right to boycott the racist policies of the government and the State of Israel. I love our country’s freedom of speech, madam speaker. Dissent is how we nurture democracy. and grow to be better and more humane and just. This is why I oppose resolution 243. All Americans have a right, a constitutional right guaranteed by the first amendment to freedom of speech. To petition their government and participate in boycotts. Speech in pursuit of civil rights at home and abroad is protected by our first amendment. That is one reason why our first amendment is so powerful. With a few exceptions the government is simply not allowed to discriminate against speech based on its viewpoint or speaker. The right to boycott is deeply rooted in the fabric of our country. What was the Boston tea party but a boycott ? Where would we be now with the civil rights activists in the 1950’s and 1960’s like the united farm workers grape boycott? Some of this country’s most important advances in racial equality and equity and workers’ rights has been achieved through collective action, protected by our constitution. Americans of conscience have long and proud history of participating in boycotts, specifically to advocate for human rights abroad. Americans boycotted nazi Germany in response to dehumanization, imprisonment, and genocide of Jewish people. In the 1980’s, many of us in this very body boycotted South African goods in the fight against apartheid. Our right to free speech is being threatened with this resolution. It sets a dangerous precedent because it attempts to delegitimatize a certain people’s political speech and to send a message that our government can and will take action against speech it doesn’t like. Madam speaker, the Supreme court has time and time again recognized the expressive conduct is protected by the constitution. from burning a flag to baking a cake, efforts to restrict and target that protected speech run the risk of eroding the civil rights that form the foundation of our democracy. All Americans have the right to participate in boycotts, and I oppose all legislative efforts that target speech. I urge congress, state governments, and civil rights leaders from all communities to preserve our constitution, preserve our bill of rights, and preserve the first amendment’s guaranteed of freedom of speech by opposing h. res. 246 and the boycott, anti-boycott efforts wherever they rise. Rashida Tlaib (July 23, 2019)
Melania and I send our warmest wishes to Jewish people in the United States, Israel and across the world as you commence the 8-day celebration of Hanukkah. More than 2,000 years ago, the Maccabees boldly reclaimed the Holy Temple in Jerusalem, securing a victory for the Jewish people and their faith. They proudly lit the menorah to rededicate the Second Temple. Even though there was only enough olive oil to burn for one day, through divine providence, the flames miraculously burned for eight nights. As the Jewish community gathers together to celebrate this special and sacred time of year, we are reminded of God’s message of hope, mercy, and love. Throughout the coming eight days, each candle to be lit on the menorah will signal to the world that freedom and justice will always shine brighter than hate and oppression. Today, the relationship between the United States and Israel, one of our most cherished allies and friends, is stronger than ever. We will continue to stand with the Jewish people in defending the God-given right to worship freely and openly. As our Jewish brothers and sisters gather around the menorah each night, we pray for a memorable and blessed celebration of the Festival of Lights. May the light of the menorah and the fellowship of family and friends fill your hearts with happiness and a renewed sense of faith. Happy Hanukkah! President Trump
Le président Donald J. Trump prend un décret présidentiel pour renforcer la lutte contre la montée de l’antisémitisme aux États-Unis. Le décret du président Trump indique clairement que le Titre VI de la loi sur les droits civils de 1964 s’applique à la discrimination antisémite fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale. Dans le cadre de l’application du Titre VI contre la discrimination antisémite dissimulée, les agences se référeront à la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) ainsi que ses exemples contemporains. (…) Ces dernières années, les Américains ont assisté à une augmentation inquiétante des incidents antisémites et à une montée de la rhétorique correspondante dans l’ensemble du pays. (…) Les incidents antisémites se sont multipliés en Amérique depuis 2013, en particulier dans les écoles et sur les campus universitaires. Il s’agit en particulier d’actes de violence horribles à l’encontre de Juifs américains et de synagogues aux États-Unis. 18 membres démocrates du Congrès ont coparrainé cette année une législation en faveur du mouvement antisémite « Boycott, désinvestissement, sanctions » (BDS). Dans leur résolution, ces membres du Congrès comparaient de manière choquante le soutien à Israël à celui à l’Allemagne nazie. Ambassade des Etats-Unis en France
États-unis. Quand Trump voit le judaïsme comme une nationalité: Sous prétexte de combattre l’antisémitisme, le président américain signe un décret qui empêche toute critique d’Israël. L’Humanité
Le président Trump prévoit de signer mercredi un décret visant à cibler ce qu’il considère comme de l’antisémitisme sur les campus universitaires en menaçant de retenir l’argent fédéral des établissements d’enseignement qui ne parviennent pas à lutter contre la discrimination, ont déclaré mardi trois responsables de l’administration. L’ordonnance devrait effectivement interpréter  le judaïsme comme une race ou une nationalité, et pas seulement comme une religion, pour inciter une loi fédérale pénalisant les collèges et universités qui se dérobent à leur responsabilité à favoriser un climat ouvert pour les étudiants issus de minorités. Ces dernières années, le boycott, le désinvestissement et les sanctions – ou B.D.S. – le mouvement contre Israël a troublé certains campus, laissant certains étudiants juifs se sentir importuns ou attaqués. En signant l’ordonnance, M. Trump utilisera son pouvoir exécutif pour agir là où le Congrès ne l’a pas fait, reproduisant essentiellement une législation bipartite bloquée par le Capitol Hill depuis plusieurs années. D’éminents démocrates se sont joints aux républicains pour promouvoir un tel changement de politique afin de combattre l’antisémitisme ainsi que le mouvement de boycott d’Israël. Mais les critiques se sont plaints qu’une telle politique pourrait être utilisée pour étouffer la liberté d’expression et l’opposition légitime à la politique d’Israël envers les Palestiniens au nom de la lutte contre l’antisémitisme. La définition de l’antisémitisme utilisée dans l’ordonnance correspond à celle utilisée par le Département d’État et par d’autres nations, mais elle a été critiquée comme étant trop ouverte et trop générale. Par exemple, il y est décrit comme antisémite « nier au peuple juif son droit à l’autodétermination » dans certaines circonstances et offre comme exemple de ce comportement « affirmer que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste ». (…) Les responsables de l’administration, qui ont insisté sur l’anonymat pour discuter de l’ordonnance avant son annonce officielle, ont déclaré qu’elle n’était pas destiné à étouffer la liberté d’expression. La Maison Blanche a contacté certains démocrates et groupes militants qui ont critiqué le président pour obtenir un soutien à cette décision. (…) Au fil des ans, M. Trump a été accusé de faire des remarques antisémites, de fermer les yeux sur les tropes antisémites ou d’enhardir les suprémacistes blancs comme ceux de Charlottesville, en Virginie, en 2017. Le week-end dernier, il a été critiqué pour ses propos tenus en Floride devant le Conseil israélo-américain au cours de laquelle il a déclaré au public juif qu’ils n’étaient « pas des gens sympas » mais qu’ils appuieraient sa réélection parce que « vous n’allez pas voter pour l’impôt sur la fortune ». Mais il s’est également positionné comme un partisan indéfectible d’Israël et un champion des Juifs américains, en déplaçant l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, en soutenant les colonies en Cisjordanie et en reconnaissant la saisie des hauteurs du Golan. Il a également agressé la représentante Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, lorsqu’elle a déclaré que le soutien à Israël était « tout au sujet des Benjamins », ce qui signifie de l’argent. (…) L’ordonnance à signer par M. Trump habiliterait le Département de l’éducation à de telles actions. En vertu du titre VI de la loi sur les droits civils de 1964, le ministère peut retenir le financement de tout collège ou programme éducatif qui établit une discrimination «fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale». La religion n’était pas incluse dans les catégories protégées, donc l’ordre de Donald Trump aura pour effet d’embrasser un argument selon lequel les Juifs sont un peuple ou une race d’origine nationale collective au Moyen-Orient, comme les Italo-Américains ou les Polonais américains. La définition de l’antisémitisme qui doit être adoptée par le Département d’État et formulée à l’origine par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste comprend « une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée comme de la haine envers les Juifs ». Cependant, elle ajoute que « des critiques d’Israël similaires à ce niveau contre tout autre pays ne peut pas être considéré comme antisémite ». (…) Bien qu’un ordre exécutif ne soit pas aussi permanent que la législation et puisse être annulé par le prochain président, l’action de M. Trump peut avoir pour effet d’étendre la politique au-delà de son administration, car ses successeurs peuvent trouver politiquement peu attrayant de le renverser. NYT
President Trump plans to sign an executive order on Wednesday targeting what he sees as anti-Semitism on college campuses by threatening to withhold federal money from educational institutions that fail to combat discrimination, three administration officials said on Tuesday. The order will effectively interpret Judaism as a race or nationality, not just a religion, to prompt a federal law penalizing colleges and universities deemed to be shirking their responsibility to foster an open climate for minority students. NYT
In an alternate universe, the idea of a presidential order designed to protect Jews from discrimination on college campuses would not necessarily create a firestorm of mutual recrimination and internecine political warfare. True, there is no consensus on whether “Jewish” is a religious, cultural, ethnic, or national identity. Most often, it is framed as a combination of at least three, but not always and certainly not in the views of all the various denominations and sects that accept the appellation. But there is no question that anti-Semitic acts are increasing across the United States, and they are being undertaken by people who could not care less about these distinctions. And there is nothing inherently objectionable about using the power of the federal government to try to protect people, including college students, from those incidents’ consequences. But in this universe, the guy who ordered this protection, Donald Trump, has revealed himself repeatedly to be an inveterate anti-Semite. (…) That’s on the one hand. On the other, Trump has been a perfect patsy for Israel’s right-wing government and its supporters in what is misnamed the American “pro-Israel” community. While previous presidents sought, without much success, to restrain Israel on behalf of a hoped-for future peace agreement with the Palestinians, Trump has given that nation’s most corrupt and extremist leadership in its 71-year-history carte blanche—peace and the Palestinians be damned. If the simultaneous embrace of anti-Semitism at home and philo-Semitism when it comes to Israel strikes one as contradictory, this is a mistake. Trump, like so many of today’s elected “populists,” sees considerable advantage in playing to hometown prejudices for personal gain while boosting Israel as a bulwark against worldwide Islam, which many of the president’s supporters consider an even greater offense to Christian belief than Jews are. Jews may be greedy and disloyal at home, but as long as Israel is out there kicking the shit out of the Arabs, it’s a trade-off that right-wing autocrats and their neofascist followers can get behind. (…) But the issue of the executive order is complicated by the fact that it is understood by all to be a means for the federal government to step in and quash the intensifying criticism of Israel on college campuses—most notably, criticism that takes the form of the boycott, divestment, and sanctions movement, or BDS. And it does this in part by insisting, as Jared Kushner recently argued in a New York Times op-ed, that all “anti-Zionism is anti-Semitism.” I’ve been an outspoken critic of the academic BDS movement for some time now. But if you ask me, the movement has been a spectacular failure in every respect, save one: It has succeeded in turning many college campuses into anti-Israel inculcation centers and therefore has scared the bejesus out of the Jewish parents paying for their kids to attend them. At the same time—even if you allow that occasional anti-Semitic comments and actions by some of BDS’s supporters are outliers and not indicative of most of its followers—I find the idea and, even more so, the practice of an academic boycott to be undeniably contradictory to universities’ philosophical commitment to freedom of expression and ideas. Nonetheless, the explicit and intellectually indefensible equation of anti-Zionism with actionable anti-Semitism is an obvious offense to the notion of freedom of expression, however much it cheers the tiny hearts of right-wing Jews and other Trump defenders. Jewish students already had all the protections they needed before Trump’s executive order. Title VI of the Civil Rights Act covers discrimination on the basis of a “group’s actual or perceived ancestry or ethnic characteristics” or “actual or perceived citizenship or residency in a country whose residents share a dominant religion or a distinct religious identity.” The New York Times’ early, inaccurate reporting on the executive order, in which the paper falsely stated that the order would “effectively interpret Judaism as a race or nationality,” deserves special mention here for creating the panic. But the result of the entire episode is that, yet again, the Trump administration has placed a stupid, shiny object before the media, and the hysteria that has ensued has divided Americans, Jews, liberals and conservatives, and free speech and human rights activists, all while the administration continues its relentless assault on our democracy and better selves. The Nation
US President Donald Trump thinks that anti-Semitism is a serious problem in America. But Trump is not so much concerned about neo-Nazis who scream that Jews and other minorities “will not replace us,” for he thinks that many white supremacists are “very fine people.” No, Trump is more worried about US college campuses, where students call for boycotts of Israel in support of the Palestinians. (…) In the first years of the Jewish state, Israel was popular among many leftists, because it was built on socialist ideas. Left-wing opinion in Europe and the United States began to turn against Israel after the Six-Day War in 1967, when Arab territories were occupied by Israeli troops. More and more, Israel came to be seen as a colonial power, or an apartheid state. One may or may not agree with that view of Israel. But few would deny that occupation, as is usually the case when civilians are under the thumb of a foreign military power, has led to oppression. So, to be a strong advocate for Palestinian rights and a critic of Israeli policies, on college campuses or anywhere else, does not automatically make one an anti-Semite. But there are extreme forms of anti-Zionism that do. The question is when that line is crossed. Some would claim that it is anti-Semitic to deny Jews the right to have their own homeland. This is indeed one of the premises of Trump’s presidential order. There are also elements on the radical left, certainly represented in educational institutions, who are so obsessed by the oppression of Palestinians that they see Israel as the world’s greatest evil. Just as anti-Semites in the past often linked Jews with the US, as the twin sources of rootless capitalist malevolence, some modern anti-Zionists combine their anti-Americanism with a loathing for Israel.In the minds of certain leftists, Israel and its American big brother are not just the last bastions of racist Western imperialism. The idea of a hidden Jewish capitalist cabal can also enter left-wing demonology as readily as it infects the far right. This noxious prejudice has haunted the British Labour Party, something its leader, Jeremy Corbyn, has consistently failed to recognize.In short, anti-Zionism can veer into anti-Semitism, but not all critics of Israel are anti-Zionist, and not all anti-Zionists are prejudiced against Jews.Quite where people stand on this issue depends heavily on how they define a Jew – a source of endless vagueness and confusion. (…)There is, in any case, something ill-conceived about the stress on race and nationhood in Trump’s order on combating anti-Semitism. Israel is the only state claiming to represent all Jews, but not all Jews necessarily identify with Israel. Some even actively dislike it. Trump’s order might suggest that such people are renegades, or even traitors. This idea might please Israel’s current government, but it is far from the spirit of the Halakha, or even from the liberal idea of citizenship.Defining Jews as a “race” is just as much of a problem. Jews come from many ethnic backgrounds: Yemenite, Ethiopian, Russian, Moroccan, and Swedish Jews are hard to pin down as a distinctive ethnic group. Hitler saw Jews as a race, but that is no reason to follow his example.To combat racism, wherever it occurs, is a laudable aim. But singling out anti-Semitism in an executive order, especially when the concept is so intimately linked to views on the state of Israel, is a mistake. Extreme anti-Zionists may be a menace; all extremists are. But they should be tolerated, as long as their views are peacefully expressed. To stifle opinions on campuses by threatening to withhold funds runs counter to the freedom of speech guaranteed by the US Constitution. This is, alas, not the only sign that upholding the constitution is not the main basis of the current US administration’s claim to legitimacy. Ian Buruma
Donald Trump has a knack for taking some of humanity’s most problematic ideas and turning them on their head to make them even worse. He has done it again. On Wednesday, he signed an executive order that will allow federal funds to be withheld from colleges where students are not protected from anti-Semitism—using an absurdly defined version of what constitutes anti-Semitism. Recent precedent and the history of legislative efforts that preceded the executive order would suggest that its main targets are campus groups critical of Israeli policies. What the order itself did not make explicit, the President’s son-in-law did: on Wednesday, Jared Kushner published an Op-Ed in the Times in which he stressed that the definition of anti-Semitism used in the executive order “makes clear what our administration has stated publicly on the record: Anti-Zionism is anti-Semitism.” Both Kushner and the executive order refer to the definition of anti-Semitism that was formulated, in 2016, by the International Holocaust Remembrance Alliance; it has since been adopted by the State Department. The definition supplies examples of anti-Semitism, and Kushner cited the most problematic of these as the most important: “the targeting of the state of Israel, conceived as a Jewish collectivity”; denial to “the Jewish people their right to self-determination, e.g. by claiming that the existence of a state of Israel is a racist endeavor”; and comparing “contemporary Israeli policy to that of the Nazis.” All three examples perform the same sleight of hand: they reframe opposition to or criticism of Israeli policies as opposition to the state of Israel. And that, says Kushner, is anti-Semitism. To be sure, some people who are critical of Israeli policies are opposed to the existence of the state of Israel itself. And some of those people are also anti-Semites. I am intimately familiar with this brand of anti-Semitism, because I grew up in the Soviet Union, where anti-Zionist rhetoric served as the propaganda backbone of state anti-Semitism. The word “Zionist,” when deployed by Pravda, served as incitement to violence and discrimination against Soviet Jews. All of this can be true at the same time that it is also true that Israel has effectively created an apartheid state, in which some Palestinians have some political rights and the rest have none. Human-rights organizations such as Breaking the Silence and B’Tselem—Israeli groups, founded and run by Jews—continue to document harrowing abuse of Palestinians in Israel, the occupied West Bank, and Gaza. One does not have to be an anti-Semite to be an anti-Zionist, but one certainly can be both an anti-Semite and an anti-Zionist. Trump, however, has inverted this formula by positioning himself as a pro-Zionist anti-Semite. Masha Gessen (New Yorker)
The key point we were making is that sometimes discrimination against Jews, Muslims, and others is based on a perception of shared race, ethnicity, or national origin, and in those cases it’s appropriate to think of that discrimination as race or national origin discrimination as well as religious discrimination. It doesn’t mean that the government is saying that the group is a racial or national group. The government is saying that the discrimination is based on the discriminator’s perception of race or national origin. That’s a very different matter from saying that anti-Israel or pro-Palestinian speech constitutes discrimination. Sam Bagenstos (University of Michigan Law School)
The text of the order, which leaked on Wednesday, does not redefine Judaism as a race or nationality. It does not claim that Jews are a nation or a different race. The order’s interpretation of Title VI—insofar as the law applies to Jews—is entirely in line with the Obama administration’s approach. It only deviates from past practice by suggesting that harsh criticism of Israel—specifically, the notion that it is “a racist endeavor”—may be used as evidence to prove anti-Semitic intent. There is good reason, however, to doubt that the order can actually be used to suppress non-bigoted disapproval of Israel on college campuses. Title VI bars discrimination on the basis of “race, color or national origin” in programs that receive federal assistance—most notably here, educational institutions. It does not prohibit discrimination on the basis of religion, an omission that raises difficult questions about religions that may have an ethnic component. For example, people of all races, ethnicities, and nationalities can be Muslim. But Islamophobia often takes the form of intolerance against individuals of Arab or Middle Eastern origin. If a college permits rampant Islamophobic harassment on campus, has it run afoul of Title VI? In a 2004 policy statement, Kenneth L. Marcus—then–deputy assistant secretary for enforcement at the Department of Education’s Office of Civil Rights—answered that question. “Groups that face discrimination on the basis of shared ethnic characteristics,” Marcus wrote, “may not be denied the protection” under Title VI “on the ground that they also share a common faith.” Put differently, people who face discrimination because of their perceived ethnicity do not lose protection because of their religion. The Office of Civil Rights, Marcus continued, “will exercise its jurisdiction to enforce the Title VI prohibition against national origin discrimination, regardless of whether the groups targeted for discrimination also exhibit religious characteristics. Thus, for example, OCR aggressively investigates alleged race or ethnic harassment against Arab Muslim, Sikh and Jewish students.” The Obama administration reaffirmed this position in a 2010 letter written by Assistant Attorney General Thomas E. Perez, who is now the chair of the Democratic National Committee. “We agree,” Perez wrote, with Marcus’ analysis. “Although Title VI does not prohibit discrimination on the basis of religion, discrimination against Jews, Muslims, Sikhs, and members of other religious groups violates Title VI when that discrimination is based on the group’s actual or perceived shared ancestry or ethnic characteristics, rather than its members’ religious practice.” Perez added that Title VI “prohibits discrimination against an individual where it is based on actual or perceived citizenship or residency in a country whose residents share a dominant religion or a distinct religious identity.” On Wednesday, I asked Perez’s former principal deputy, Sam Bagenstos—now a professor at University of Michigan Law School—whether he felt this reasoning equated any religious group of a nationality or race. “The key point we were making,” he told me, “is that sometimes discrimination against Jews, Muslims, and others is based on a perception of shared race, ethnicity, or national origin, and in those cases it’s appropriate to think of that discrimination as race or national origin discrimination as well as religious discrimination. It doesn’t mean that the government is saying that the group is a racial or national group. The government is saying that the discrimination is based on the discriminator’s perception of race or national origin. That’s a very different matter from saying that anti-Israel or pro-Palestinian speech constitutes discrimination.” Trump’s executive order mostly just reaffirms the current law. Trump’s EO does not deviate from this understanding of the overlap between discrimination on the basis of race or nationality and discrimination against religion. It only changes the law insofar as it expands the definition of anti-Semitism that may run afoul of Title VI. In assessing potential violations, the order directs executive agencies to look to the International Holocaust Remembrance Alliance’s definition—chiefly “hatred toward Jews” directed at individuals, their property, their “community institutions and religious facilities.” Agencies must also refer to the IHRA’s “Contemporary Examples of Anti-Semitism.” That list contains a number of obvious, unobjectionable examples. But it also includes two more controversial examples: “Denying the Jewish people their right to self-determination, e.g., by claiming that the existence of a State of Israel is a racist endeavor,” and “Applying double standards by requiring of it a behavior not expected or demanded of any other democratic nation.” To the extent that anyone is alarmed by Wednesday’s order, these examples should be the focus of their concern. A tendentious reading of this rule could theoretically get students in trouble for severe condemnation of Israeli policy, even when it does not cross the line into a condemnation of Jews. But the order only directs agencies to consider the IHRA’s list “to the extent that any examples might be useful as evidence of discriminatory intent.” In other words, applying double standards to Israel alone would not trigger a Title VI investigation. Instead, the IHRA’s list would only come into play after an individual is accused of overt anti-Semitism with an ethnic component, and then only as evidence of bigoted intent. Moreover, the order states that agencies “shall not diminish or infringe upon any right protected under Federal law or under the First Amendment” in enforcing Title VI. Because political criticism of Israel is plainly protected speech, the impact of the order’s revised definition of anti-Semitism will likely be limited. In fact, it’s unclear whether Wednesday’s order will have any impact, given that it mostly just reaffirms the current law. The New York Times’ reporting provoked anger among many Jews, who feared that an order to “effectively interpret Judaism as a race or nationality” would stoke anti-Semitism. But the order does no such thing. It restates the federal government’s long-standing interpretation of Title VI to encompass some anti-Jewish bias. And it raises the faint possibility that, in some case down the road, a student’s sharp criticism of Israel may be used as evidence of anti-Semitic intent after he has been accused of targeting Jews because of their perceived race or nationality. Is this order red meat for Republicans who believe colleges are increasingly hostile to Jews? Probably. Will it quash the pro-Palestine movement on campuses or impose an unwanted classification on American Jews? Absolutely not.

Plus raciste que moi, tu meurs !

En cette première journée d’Hanoukah, la Fête des lumières juive célébrant la reconsécration du Temple par les Maccabées en décembre 165 avant notre ère suite à sa désécration par le roi Séleucide (syrien descendant des généraux d’Alexandre) Antiochus (ou Antiochos) IV dit Epiphane …

Qui derrière la tentative d’héllénisation forcée et les mesures d’une sorte de génocide culturel …

Et la véritable crise identitaire que déclencha, avant celle des Romains puis la nôtre aujourd’hui, cette première mondialisation …

Vit en fait au sein même d’Israël non seulement une révolte fiscale…

Mais une véritable guerre civile entre factions opposées du judaïsme (héllenisés contre traditionalistes) …

Les premiers allant jusqu’à faire appel à la puissante occupante des Séleucides pour arbitrer le conflit …

Et au lendemain de la retentissante et réjouissante remise aux poubelles de l’histoire par le peuple britannique …

De la véritable institutionnalisation de l’antisémitisme, derrière le parti de Jeremy Corbyn, de toute une gauche européenne et américaine …

Comment ne pas voir rejouer sous nos yeux, toutes proportions gardées, cette même guerre culturelle …

Au sein même de la communauté juive aussi bien américaine que mondiale …

Et, 70 ans après sa re-création, ce même refus d’une souveraineté juive restaurée

Suite aux premières fuites (d’un toujours aussi zélé NYT ayant conclu un peu hâtivement à une assimilation qui y aurait été faite du judaïsme à une race ou un groupe ethnique) d’un décret que vient de publier le président Trump contre l’antisémitisme  …

Qui, entre appels au boycott d’Israël et intimidation de toute parole pro-israélienne, continue ses ravages sur les campus américains …

Et comment ne pas découvrir horrifié derrière l’interdiction de l’antisionisme …

L’opposition à un « Etat d’apartheid » ne pouvant être, y compris on le sait à coup d’associations au nazisme, qualifié de racisme …

L’abomination de cette nouvelle race de super-racistes …

A savoir celle du… sioniste antisémite ?

Trump’s Racist Ban on Anti-Semitism
To combat racism, wherever it occurs, is a laudable aim. But singling out anti-Semitism in an executive order, especially when the concept is so intimately linked to views on the state of Israel, is a mistake.
Ian Buruma
Project syndicate
Dec 13, 2019

NEW YORK – US President Donald Trump thinks that anti-Semitism is a serious problem in America. But Trump is not so much concerned about neo-Nazis who scream that Jews and other minorities “will not replace us,” for he thinks that many white supremacists are “very fine people.” No, Trump is more worried about US college campuses, where students call for boycotts of Israel in support of the Palestinians.

Trump just signed an executive order requiring that federal money be withheld from educational institutions that fail to combat anti-Semitism. Since Jews are identified in this order as a discriminated group on the grounds of ethnic, racial, or national characteristics, an attack on Israel would be anti-Semitic by definition. This is indeed the position of Jared Kushner, Trump’s Jewish son-in-law, who believes that “anti-Zionism is anti-Semitism.”There are, of course, as many forms of anti-Semitism as there are interpretations of what it means to be Jewish. When Trump and his supporters rant in campaign rallies about shadowy cabals of international financiers who undermine the interests of “ordinary, decent people,” some might interpret that as a common anti-Semitic trope, especially when an image of George Soros is brandished to underline this message. Trump even hinted at the possibility that the liberal Jewish human rights promoter and philanthropist was deliberately funding “caravans” of refugees and illegal aliens so that they could spread mayhem in the US. In Soros’s native Hungary, attacks on him as a cosmopolitan enemy of the people are unmistakably anti-Semitic.Conspiracy theories about sinister Jewish power have a long history. The Protocols of the Elders of Zion, a Russian forgery published in 1903, popularized the notion that Jewish bankers and financiers were secretly pulling the strings to dominate the world. Henry Ford was one of the more prominent people who believed this nonsense.The history of extreme anti-Zionism is not so long. In the first years of the Jewish state, Israel was popular among many leftists, because it was built on socialist ideas. Left-wing opinion in Europe and the United States began to turn against Israel after the Six-Day War in 1967, when Arab territories were occupied by Israeli troops. More and more, Israel came to be seen as a colonial power, or an apartheid state.One may or may not agree with that view of Israel. But few would deny that occupation, as is usually the case when civilians are under the thumb of a foreign military power, has led to oppression. So, to be a strong advocate for Palestinian rights and a critic of Israeli policies, on college campuses or anywhere else, does not automatically make one an anti-Semite. But there are extreme forms of anti-Zionism that do. The question is when that line is crossed.

Some would claim that it is anti-Semitic to deny Jews the right to have their own homeland. This is indeed one of the premises of Trump’s presidential order. There are also elements on the radical left, certainly represented in educational institutions, who are so obsessed by the oppression of Palestinians that they see Israel as the world’s greatest evil. Just as anti-Semites in the past often linked Jews with the US, as the twin sources of rootless capitalist malevolence, some modern anti-Zionists combine their anti-Americanism with a loathing for Israel.

In the minds of certain leftists, Israel and its American big brother are not just the last bastions of racist Western imperialism. The idea of a hidden Jewish capitalist cabal can also enter left-wing demonology as readily as it infects the far right. This noxious prejudice has haunted the British Labour Party, something its leader, Jeremy Corbyn, has consistently failed to recognize.In short, anti-Zionism can veer into anti-Semitism, but not all critics of Israel are anti-Zionist, and not all anti-Zionists are prejudiced against Jews.Quite where people stand on this issue depends heavily on how they define a Jew – a source of endless vagueness and confusion. According to Halakha, or Jewish law, anyone with a Jewish mother, or who has converted to Judaism, is Jewish. That is the general Orthodox view. But more liberal Reform Jews allow Jewish identity to pass through the father as well.On the other hand, while most Orthodox Jews consider a person to be Jewish even if they convert to another religion, Reform Jews do not. Israel’s Law of Return grants “every Jew” the right to immigrate, but refrains from defining Jewishness. Since 1970, even people with one Jewish grandparent have been eligible to become Israeli citizens. In the infamous Nuremberg laws, promulgated by the Nazis in 1935, people with only one Jewish parent could retain German citizenship, while “full” Jews could not.The whole thing is so complicated that Amos Oz, the Israeli novelist, once sought to simplify the matter as follows: “Who is a Jew? Everyone who is mad enough to call himself or herself a Jew, is a Jew.”There is, in any case, something ill-conceived about the stress on race and nationhood in Trump’s order on combating anti-Semitism. Israel is the only state claiming to represent all Jews, but not all Jews necessarily identify with Israel. Some even actively dislike it. Trump’s order might suggest that such people are renegades, or even traitors. This idea might please Israel’s current government, but it is far from the spirit of the Halakha, or even from the liberal idea of citizenship.Defining Jews as a “race” is just as much of a problem. Jews come from many ethnic backgrounds: Yemenite, Ethiopian, Russian, Moroccan, and Swedish Jews are hard to pin down as a distinctive ethnic group. Hitler saw Jews as a race, but that is no reason to follow his example.To combat racism, wherever it occurs, is a laudable aim. But singling out anti-Semitism in an executive order, especially when the concept is so intimately linked to views on the state of Israel, is a mistake. Extreme anti-Zionists may be a menace; all extremists are. But they should be tolerated, as long as their views are peacefully expressed. To stifle opinions on campuses by threatening to withhold funds runs counter to the freedom of speech guaranteed by the US Constitution. This is, alas, not the only sign that upholding the constitution is not the main basis of the current US administration’s claim to legitimacy.

Voir aussi:

The Real Purpose of Trump’s Executive Order on Anti-Semitism
The President’s new order will not protect anyone against anti-Semitism, and it’s not intended to. Its sole aim is to quash the defense—and even the discussion—of Palestinian rights.
Masha Gessen
The New Yorker
December 12, 2019

Donald Trump has a knack for taking some of humanity’s most problematic ideas and turning them on their head to make them even worse. He has done it again. On Wednesday, he signed an executive order that will allow federal funds to be withheld from colleges where students are not protected from anti-Semitism—using an absurdly defined version of what constitutes anti-Semitism. Recent precedent and the history of legislative efforts that preceded the executive order would suggest that its main targets are campus groups critical of Israeli policies. What the order itself did not make explicit, the President’s son-in-law did: on Wednesday, Jared Kushner published an Op-Ed in the Times in which he stressed that the definition of anti-Semitism used in the executive order “makes clear what our administration has stated publicly on the record: Anti-Zionism is anti-Semitism.”

Both Kushner and the executive order refer to the definition of anti-Semitism that was formulated, in 2016, by the International Holocaust Remembrance Alliance; it has since been adopted by the State Department. The definition supplies examples of anti-Semitism, and Kushner cited the most problematic of these as the most important: “the targeting of the state of Israel, conceived as a Jewish collectivity”; denial to “the Jewish people their right to self-determination, e.g. by claiming that the existence of a state of Israel is a racist endeavor”; and comparing “contemporary Israeli policy to that of the Nazis.” All three examples perform the same sleight of hand: they reframe opposition to or criticism of Israeli policies as opposition to the state of Israel. And that, says Kushner, is anti-Semitism.

To be sure, some people who are critical of Israeli policies are opposed to the existence of the state of Israel itself. And some of those people are also anti-Semites. I am intimately familiar with this brand of anti-Semitism, because I grew up in the Soviet Union, where anti-Zionist rhetoric served as the propaganda backbone of state anti-Semitism. The word “Zionist,” when deployed by Pravda, served as incitement to violence and discrimination against Soviet Jews. All of this can be true at the same time that it is also true that Israel has effectively created an apartheid state, in which some Palestinians have some political rights and the rest have none. Human-rights organizations such as Breaking the Silence and B’Tselem—Israeli groups, founded and run by Jews—continue to document harrowing abuse of Palestinians in Israel, the occupied West Bank, and Gaza.

In August, I went on a tour designed by Breaking the Silence that aims to show Israelis and foreigners what the occupation looks like. This particular tour ended in a Palestinian village which has been largely overtaken by an Israeli settlement that is illegal under international law. One of the Palestinian houses ended up on territory claimed by the settlers, so the settlers built a chain-link cage around the house, the yard, and the driveway. A young Palestinian child, who is growing up in a house inside a cage, waved to us through the fencing. Comparing this sort of approach to Nazi policies may not make for the most useful argument, but it is certainly not outlandish. The memory of the Holocaust stands as a warning to humanity about the dangers of dehumanizing the other—and invoking that warning in Palestine is warranted.

One does not have to be an anti-Semite to be an anti-Zionist, but one certainly can be both an anti-Semite and an anti-Zionist. Trump, however, has inverted this formula by positioning himself as a pro-Zionist anti-Semite. He has proclaimed his support often for the state of Israel. His Administration’s policies, which have included moving the U.S. Embassy to Jerusalem and, more recently, declaring that the U.S. does not view Israeli settlements in the West Bank as illegal, have pleased the state of Israel, especially its most militantly expansionist citizens. Over the weekend, however, at the Israeli American Council National Summit, in Florida, Trump gave a speech that brimmed with Jewish stereotypes: Jews and greed, Jews and money, Jews as ruthless wheeler-dealers. “A lot of you are in the real estate business because I know you very well,” he said. « You’re brutal killers, not nice people at all.” It was the kind of stuff that requires no definitions, op-eds, or explanations—it was plain, easily recognizable anti-Semitism. And it was not the first time that Trump trafficked in anti-Semitic stereotypes. The world view behind these stereotypes, combined with support for Israel, is also recognizable. To Trump, Jews—including American Jews, some of whom vote for him—are alien beings whom he associates with the state of Israel. He finds these alien beings at once distasteful and worthy of a sort of admiration, perhaps because he ascribes to them many of the features that he also recognizes in himself.

It should come as no surprise that anti-Semitic incidents in the U.S. increased by sixty per cent during the first year of Trump’s Presidency, according to the Anti-Defamation League. The current year is on track to set a record for the number of anti-Semitic attacks. The latest appears to have occurred on Tuesday, when shooters reportedly connected to a fringe group targeted a kosher supermarket in Jersey City, killing four people.

The new executive order will not protect anyone against anti-Semitism, and it’s not intended to. Its sole aim is to quash the defense—and even the discussion—of Palestinian rights. Its victim will be free speech.

Voir également:

No, the Trump Administration Is Not Redefining Judaism as a Nationality

Its executive order on anti-Semitism won’t change much at all.

The New York Times published a bombshell report on Tuesday claiming that President Donald Trump planned to sign an executive order that interpreted Judaism “as a race or nationality” under Title VI of the Civil Rights Act of 1964. Title VI governs federally funded educational programs, so the Times warned that the order might be deployed to squelch anti-Israel speech on campus. “Mr. Trump’s order,” the Times further claimed, “will have the effect of embracing an argument that Jews are a people or a race with a collective national origin in the Middle East, like Italian Americans or Polish Americans.”

That turned out to be untrue. The text of the order, which leaked on Wednesday, does not redefine Judaism as a race or nationality. It does not claim that Jews are a nation or a different race. The order’s interpretation of Title VI—insofar as the law applies to Jews—is entirely in line with the Obama administration’s approach. It only deviates from past practice by suggesting that harsh criticism of Israel—specifically, the notion that it is “a racist endeavor”—may be used as evidence to prove anti-Semitic intent. There is good reason, however, to doubt that the order can actually be used to suppress non-bigoted disapproval of Israel on college campuses.

Title VI bars discrimination on the basis of “race, color or national origin” in programs that receive federal assistance—most notably here, educational institutions. It does not prohibit discrimination on the basis of religion, an omission that raises difficult questions about religions that may have an ethnic component. For example, people of all races, ethnicities, and nationalities can be Muslim. But Islamophobia often takes the form of intolerance against individuals of Arab or Middle Eastern origin. If a college permits rampant Islamophobic harassment on campus, has it run afoul of Title VI?

In a 2004 policy statement, Kenneth L. Marcus—then–deputy assistant secretary for enforcement at the Department of Education’s Office of Civil Rights—answered that question. “Groups that face discrimination on the basis of shared ethnic characteristics,” Marcus wrote, “may not be denied the protection” under Title VI “on the ground that they also share a common faith.” Put differently, people who face discrimination because of their perceived ethnicity do not lose protection because of their religion. The Office of Civil Rights, Marcus continued, “will exercise its jurisdiction to enforce the Title VI prohibition against national origin discrimination, regardless of whether the groups targeted for discrimination also exhibit religious characteristics. Thus, for example, OCR aggressively investigates alleged race or ethnic harassment against Arab Muslim, Sikh and Jewish students.”

The Obama administration reaffirmed this position in a 2010 letter written by Assistant Attorney General Thomas E. Perez, who is now the chair of the Democratic National Committee. “We agree,” Perez wrote, with Marcus’ analysis. “Although Title VI does not prohibit discrimination on the basis of religion, discrimination against Jews, Muslims, Sikhs, and members of other religious groups violates Title VI when that discrimination is based on the group’s actual or perceived shared ancestry or ethnic characteristics, rather than its members’ religious practice.” Perez added that Title VI “prohibits discrimination against an individual where it is based on actual or perceived citizenship or residency in a country whose residents share a dominant religion or a distinct religious identity.”

On Wednesday, I asked Perez’s former principal deputy, Sam Bagenstos—now a professor at University of Michigan Law School—whether he felt this reasoning equated any religious group of a nationality or race. “The key point we were making,” he told me, “is that sometimes discrimination against Jews, Muslims, and others is based on a perception of shared race, ethnicity, or national origin, and in those cases it’s appropriate to think of that discrimination as race or national origin discrimination as well as religious discrimination. It doesn’t mean that the government is saying that the group is a racial or national group. The government is saying that the discrimination is based on the discriminator’s perception of race or national origin. That’s a very different matter from saying that anti-Israel or pro-Palestinian speech constitutes discrimination.”

Trump’s EO does not deviate from this understanding of the overlap between discrimination on the basis of race or nationality and discrimination against religion. It only changes the law insofar as it expands the definition of anti-Semitism that may run afoul of Title VI. In assessing potential violations, the order directs executive agencies to look to the International Holocaust Remembrance Alliance’s definition—chiefly “hatred toward Jews” directed at individuals, their property, their “community institutions and religious facilities.”

Agencies must also refer to the IHRA’s “Contemporary Examples of Anti-Semitism.” That list contains a number of obvious, unobjectionable examples. But it also includes two more controversial examples: “Denying the Jewish people their right to self-determination, e.g., by claiming that the existence of a State of Israel is a racist endeavor,” and “Applying double standards by requiring of it a behavior not expected or demanded of any other democratic nation.” To the extent that anyone is alarmed by Wednesday’s order, these examples should be the focus of their concern. A tendentious reading of this rule could theoretically get students in trouble for severe condemnation of Israeli policy, even when it does not cross the line into a condemnation of Jews.

But the order only directs agencies to consider the IHRA’s list “to the extent that any examples might be useful as evidence of discriminatory intent.” In other words, applying double standards to Israel alone would not trigger a Title VI investigation. Instead, the IHRA’s list would only come into play after an individual is accused of overt anti-Semitism with an ethnic component, and then only as evidence of bigoted intent. Moreover, the order states that agencies “shall not diminish or infringe upon any right protected under Federal law or under the First Amendment” in enforcing Title VI. Because political criticism of Israel is plainly protected speech, the impact of the order’s revised definition of anti-Semitism will likely be limited.

In fact, it’s unclear whether Wednesday’s order will have any impact, given that it mostly just reaffirms the current law. The New York Times’ reporting provoked anger among many Jews, who feared that an order to “effectively interpret Judaism as a race or nationality” would stoke anti-Semitism. But the order does no such thing. It restates the federal government’s long-standing interpretation of Title VI to encompass some anti-Jewish bias. And it raises the faint possibility that, in some case down the road, a student’s sharp criticism of Israel may be used as evidence of anti-Semitic intent after he has been accused of targeting Jews because of their perceived race or nationality. Is this order red meat for Republicans who believe colleges are increasingly hostile to Jews? Probably. Will it quash the pro-Palestine movement on campuses or impose an unwanted classification on American Jews? Absolutely not.

Voir de même:

In an alternate universe, the idea of a presidential order designed to protect Jews from discrimination on college campuses would not necessarily create a firestorm of mutual recrimination and internecine political warfare. True, there is no consensus on whether “Jewish” is a religious, cultural, ethnic, or national identity. Most often, it is framed as a combination of at least three, but not always and certainly not in the views of all the various denominations and sects that accept the appellation. But there is no question that anti-Semitic acts are increasing across the United States, and they are being undertaken by people who could not care less about these distinctions. And there is nothing inherently objectionable about using the power of the federal government to try to protect people, including college students, from those incidents’ consequences.

But in this universe, the guy who ordered this protection, Donald Trump, has revealed himself repeatedly to be an inveterate anti-Semite. Just a few days before he issued the executive order, he told supporters of the Israeli-American Council, “You’re brutal killers, not nice people at all…. Some of you don’t like me. Some of you I don’t like at all, actually.” He went on to insist nevertheless that the Jews gathered to hear him were “going to be my biggest supporters,” because Democrats were proposing to raise taxes on the superwealthy. In other words, Jews are greedy and care only about their personal fortunes. Trump, of course, was playing to type. He, his party, and his highest-profile supporters have repeatedly demonized Jews in political advertisements, deploying age-old anti-Semitic tropes that have been used to stir up violence against vulnerable Jewish communities in Europe and elsewhere. In addition, Trump frequently implies that Jews are not “real” Americans. He tells Jews that Bibi Netanyahu is “your prime minister” and complains that Jewish Democrats—which is most Jews—are “disloyal to Israel.”

That’s on the one hand. On the other, Trump has been a perfect patsy for Israel’s right-wing government and its supporters in what is misnamed the American “pro-Israel” community. While previous presidents sought, without much success, to restrain Israel on behalf of a hoped-for future peace agreement with the Palestinians, Trump has given that nation’s most corrupt and extremist leadership in its 71-year-history carte blanche—peace and the Palestinians be damned.

If the simultaneous embrace of anti-Semitism at home and philo-Semitism when it comes to Israel strikes one as contradictory, this is a mistake. Trump, like so many of today’s elected “populists,” sees considerable advantage in playing to hometown prejudices for personal gain while boosting Israel as a bulwark against worldwide Islam, which many of the president’s supporters consider an even greater offense to Christian belief than Jews are. Jews may be greedy and disloyal at home, but as long as Israel is out there kicking the shit out of the Arabs, it’s a trade-off that right-wing autocrats and their neofascist followers can get behind.

Most American Jews understandably want no part of this devil’s bargain. They are not interested in having their patriotism questioned. They remain among the most loyal and liberal constituencies in what is left of the decidedly tattered New Deal coalition that Franklin Roosevelt constructed back in the 1930s. And most hold Trump and his alt-right supporters accountable for the atmosphere of menace that has led to horrific attacks on Jews, like the massacre at a Pittsburgh synagogue last year.

But the issue of the executive order is complicated by the fact that it is understood by all to be a means for the federal government to step in and quash the intensifying criticism of Israel on college campuses—most notably, criticism that takes the form of the boycott, divestment, and sanctions movement, or BDS. And it does this in part by insisting, as Jared Kushner recently argued in a New York Times op-ed, that all “anti-Zionism is anti-Semitism.”

I’ve been an outspoken critic of the academic BDS movement for some time now. But if you ask me, the movement has been a spectacular failure in every respect, save one: It has succeeded in turning many college campuses into anti-Israel inculcation centers and therefore has scared the bejesus out of the Jewish parents paying for their kids to attend them. At the same time—even if you allow that occasional anti-Semitic comments and actions by some of BDS’s supporters are outliers and not indicative of most of its followers—I find the idea and, even more so, the practice of an academic boycott to be undeniably contradictory to universities’ philosophical commitment to freedom of expression and ideas.

Nonetheless, the explicit and intellectually indefensible equation of anti-Zionism with actionable anti-Semitism is an obvious offense to the notion of freedom of expression, however much it cheers the tiny hearts of right-wing Jews and other Trump defenders. Jewish students already had all the protections they needed before Trump’s executive order. Title VI of the Civil Rights Act covers discrimination on the basis of a “group’s actual or perceived ancestry or ethnic characteristics” or “actual or perceived citizenship or residency in a country whose residents share a dominant religion or a distinct religious identity.”

The New York Times’ early, inaccurate reporting on the executive order, in which the paper falsely stated that the order would “effectively interpret Judaism as a race or nationality,” deserves special mention here for creating the panic. But the result of the entire episode is that, yet again, the Trump administration has placed a stupid, shiny object before the media, and the hysteria that has ensued has divided Americans, Jews, liberals and conservatives, and free speech and human rights activists, all while the administration continues its relentless assault on our democracy and better selves.

The president’s order would allow the government to withhold money from campuses deemed to be biased, but critics see it as an attack on free speech.

Peter Baker and

NYT

WASHINGTON — President Trump plans to sign an executive order on Wednesday targeting what he sees as anti-Semitism on college campuses by threatening to withhold federal money from educational institutions that fail to combat discrimination, three administration officials said on Tuesday.

The order will effectively interpret Judaism as a race or nationality, not just a religion, to prompt a federal law penalizing colleges and universities deemed to be shirking their responsibility to foster an open climate for minority students. In recent years, the Boycott, Divestment and Sanctions — or B.D.S. — movement against Israel has roiled some campuses, leaving some Jewish students feeling unwelcome or attacked.

In signing the order, Mr. Trump will use his executive power to take action where Congress has not, essentially replicating bipartisan legislation that has stalled on Capitol Hill for several years. Prominent Democrats have joined Republicans in promoting such a policy change to combat anti-Semitism as well as the boycott-Israel movement.

But critics complained that such a policy could be used to stifle free speech and legitimate opposition to Israel’s policies toward Palestinians in the name of fighting anti-Semitism. The definition of anti-Semitism to be used in the order matches the one used by the State Department and by other nations, but it has been criticized as too open-ended and sweeping.

For instance, it describes as anti-Semitic “denying the Jewish people their right to self-determination” under some circumstances and offers as an example of such behavior “claiming that the existence of a State of Israel is a racist endeavor.”

Yousef Munayyer, the executive director of the U.S. Campaign for Palestinian Rights, said Mr. Trump’s order is part of a sustained campaign “to silence Palestinian rights activism” by equating opposition to Israeli treatment of Palestinians with anti-Semitism.

“Israeli apartheid is a very hard product to sell in America, especially in progressive spaces,” Mr. Munayyer said, “and realizing this, many Israeli apartheid apologists, Trump included, are looking to silence a debate they know they can’t win.”

Administration officials, who insisted on anonymity to discuss the order before its official announcement, said it was not intended to squelch free speech. The White House reached out to some Democrats and activist groups that have been critical of the president to build support for the move.

Among those welcoming the order on Tuesday was Jonathan Greenblatt, the chief executive of the Anti-Defamation League, who said the group recorded its third-highest level of anti-Semitic episodes in the United States last year.

“Of course we hope it will be enforced in a fair manner,” he said. “But the fact of the matter is we see Jewish students on college campuses and Jewish people all over being marginalized. The rise of anti-Semitic incidents is not theoretical; it’s empirical.”

David Krone, a former chief of staff to Senator Harry Reid of Nevada when he was Senate Democratic leader, has lobbied for years for such a policy change and praised Mr. Trump for taking action.

“I know people are going to criticize me for saying this,” Mr. Krone said, “but I have to give credit where credit is due.” He added, “It’s too important to let partisanship get in the way.”

Mr. Reid helped push for legislation similar to the order called the Anti-Semitism Awareness Act of 2016. It passed the Senate in December 2016 unanimously but died in the House as that session of Congress ended. It has been reintroduced by Democrats and Republicans but has made little progress to Mr. Trump’s desk.

Mr. Krone continued to work on the issue after Mr. Reid retired and reached out through a mutual friend last summer to Jared Kushner, the president’s son-in-law and senior adviser. The Jewish grandson of Holocaust survivors, Mr. Kushner embraced the idea, which also had been explored over the past year by the president’s domestic policy aides. With Mr. Kushner’s support, the White House drafted the order and Mr. Trump agreed to sign it.

Mr. Trump over the years has been accused of making anti-Semitic remarks, turning a blind eye to anti-Jewish tropes or emboldening white supremacists like those in Charlottesville, Va., in 2017. Just last weekend, he drew criticism for remarks in Florida before the Israeli American Council in which he told the Jewish audience they were “not nice people” but would support his re-election because “you’re not going to vote for the wealth tax.”

But he has also positioned himself as an unflinching supporter of Israel and a champion of Jewish Americans, moving the United States Embassy to Jerusalem, supporting settlements in the West Bank and recognizing the seizure of the Golan Heights. He also assailed Representative Ilhan Omar, Democrat of Minnesota, when she said support for Israel was “all about the Benjamins,” meaning money.

Jeremy Ben-Ami, the president of J Street, a liberal Israel advocacy group, said the president’s order was a cynical effort to crack down on critics, not to defend Jews from bias. “It is particularly outrageous and absurd for President Trump to pretend to care about anti-Semitism during the same week in which he once again publicly spouted anti-Semitic tropes about Jews and money,” he said in a statement.

The president’s action comes soon after the Education Department ordered Duke University and the University of North Carolina at Chapel Hill to remake their joint Middle East studies program on the grounds that it featured a biased curriculum. The move was part of a broader campaign by Betsy DeVos, the education secretary, and her civil rights chief, Kenneth L. Marcus, to go after perceived anti-Israel bias in higher education.

The order to be signed by Mr. Trump would empower the Education Department in such actions. Under Title VI of the Civil Rights Act of 1964, the department can withhold funding from any college or educational program that discriminates “on the ground of race, color, or national origin.” Religion was not included among the protected categories, so Mr. Trump’s order will have the effect of embracing an argument that Jews are a people or a race with a collective national origin in the Middle East, like Italian Americans or Polish Americans.

The definition of anti-Semitism to be adopted from the State Department and originally formulated by the International Holocaust Remembrance Alliance includes “a certain perception of Jews, which may be expressed as hatred toward Jews.” However, it adds that “criticism of Israel similar to that leveled against any other country cannot be regarded as anti-Semitic.”

The American Civil Liberties Union was among the groups that opposed using the definition in the 2016 legislation, deeming it overly broad. “It cannot and must not be that our civil rights laws are used in such a way to penalize political advocacy on the basis of viewpoint,” the group said in a letter to Congress at the time. Kenneth S. Stern, the original lead author of the definition, also objected to using it, saying that “students and faculty members will be scared into silence, and administrators will err on the side of suppressing or censuring speech.”

But Representative Ted Deutch, Democrat of Florida, who was among the sponsors of the 2016 legislation, wrote in an op-ed article in The Times of Israel last week that the definition “was drafted not to regulate free speech or punish people for expressing their beliefs.” Instead, he wrote, “This definition can serve as an important tool to guide our government’s response to anti-Semitism.”

Last week, a group of 80 education, civil rights and religious organizations sent a letter to Ms. DeVos complaining that some Middle East studies centers on college campuses financed by the government under Title VI have sought to boycott Israel or shut down their universities’ study abroad programs in Israel.

“Recent incidents have demonstrated the willingness of faculty across the country to implement the academic boycott of Israel on their campuses,” the letter said.

The president is expected to be joined at the signing by several prominent Republican lawmakers, including Senators Tim Scott of South Carolina and James Lankford of Oklahoma and Representative Doug Collins of Georgia. But Democrats who have advocated the legislation in the past are not expected, including Representative Jerrold Nadler of New York, who on Tuesday released articles of impeachment against Mr. Trump.

While an executive order is not as permanent as legislation and can be overturned by the next president, Mr. Trump’s action may have the effect of extending the policy beyond his administration anyway because his successors may find it politically unappealing to reverse.

Peter Baker reported from Washington, and Maggie Haberman from Hershey, Pa.

Etats-Unis/Antisémitisme – Donald Trump cible l’antisémitisme et le boycott israélien sur les campus universitaires

L’ordonnance du président permettrait au gouvernement de retenir de l’argent sur les campus réputés biaisés, mais les critiques y voient une attaque contre la liberté d’expression.

Publié le 10 décembre dans le New York Times sous le titre Trump Targets Anti-Semitism and Israeli Boycotts on College Campuses

Traduction proposée par le Crif

Le président Trump prévoit de signer mercredi un décret visant à cibler ce qu’il considère comme de l’antisémitisme sur les campus universitaires en menaçant de retenir l’argent fédéral des établissements d’enseignement qui ne parviennent pas à lutter contre la discrimination, ont déclaré mardi trois responsables de l’administration.

L’ordonnance interprétera efficacement le judaïsme comme une race ou une nationalité, et pas seulement comme une religion, pour inciter une loi fédérale pénalisant les collèges et universités réputés pour se dérober à leur responsabilité afin de favoriser un climat ouvert pour les étudiants issus de minorités. Ces dernières années, le boycott, le désinvestissement et les sanctions – ou B.D.S. – le mouvement contre Israël a troublé certains campus, laissant certains étudiants juifs se sentir importuns ou attaqués.

En signant l’ordonnance, M. Trump utilisera son pouvoir exécutif pour agir là où le Congrès ne l’a pas fait, reproduisant essentiellement une législation bipartite bloquée par le Capitol Hill depuis plusieurs années. D’éminents démocrates se sont joints aux républicains pour promouvoir un tel changement de politique afin de combattre l’antisémitisme ainsi que le mouvement de boycott d’Israël.

Mais les critiques se sont plaints qu’une telle politique pourrait être utilisée pour étouffer la liberté d’expression et l’opposition légitime à la politique d’Israël envers les Palestiniens au nom de la lutte contre l’antisémitisme. La définition de l’antisémitisme utilisée dans l’ordonnance correspond à celle utilisée par le Département d’État et par d’autres nations, mais elle a été critiquée comme étant trop ouverte et trop générale.

Par exemple, il y est décrit comme antisémite « nier au peuple juif son droit à l’autodétermination » dans certaines circonstances et offre comme exemple de ce comportement « affirmer que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste ».

Yousef Munayyer, directeur exécutif de la Campagne américaine pour les droits des Palestiniens, a déclaré que l’ordonnance de M. Trump faisait partie d’une campagne soutenue « pour faire taire l’activisme pour les droits des Palestiniens » en assimilant l’opposition au traitement israélien des Palestiniens à l’antisémitisme.

« L’apartheid israélien est un produit très difficile à vendre en Amérique, en particulier dans les espaces progressistes« , a déclaré M. Munayyer, « et réalisant cela, de nombreux apologistes de l’apartheid israélien, Trump inclus, cherchent à faire taire un débat qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas gagner… « 

Les responsables de l’administration, qui ont insisté sur l’anonymat pour discuter de l’ordonnance avant son annonce officielle, ont déclaré qu’elle n’était pas destiné à étouffer la liberté d’expression. La Maison Blanche a contacté certains démocrates et groupes militants qui ont critiqué le président pour obtenir un soutien à cette décision.

Mardi, Jonathan Greenblatt, directeur général de la Ligue anti-diffamation, a déclaré que le groupe avait enregistré son troisième épisode antisémite aux États-Unis l’année dernière.

« Bien sûr, nous espérons qu’il sera appliqué de manière équitable », a-t-il déclaré. « Mais le fait est que nous voyons des étudiants juifs sur les campus universitaires et des Juifs partout marginalisés. La montée des incidents antisémites n’est pas théorique; c’est empirique. « 

David Krone, ancien chef de cabinet du sénateur Harry Reid du Nevada lorsqu’il était leader démocrate du Sénat, a fait pression pendant des années pour un tel changement de politique et a félicité M. Trump d’avoir pris des mesures.

« Je sais que les gens vont me critiquer pour avoir dit cela », a déclaré M. Krone, « mais je dois donner du crédit là où le mérite est dû ». Il a ajouté: « Il est trop important de laisser la partisanerie faire obstacle. »

M. Reid a aidé à faire pression pour une législation similaire à l’ordonnance appelée Anti-Semitism Awareness Act of 2016. Elle a été adoptée à l’unanimité par le Sénat en décembre 2016, mais est décédée à la Chambre à la fin de cette session du Congrès. Il a été réintroduit par les démocrates et les républicains mais a peu progressé sur le bureau de M. Trump.

M. Krone a continué de travailler sur la question après que M. Reid a pris sa retraite et a contacté l’été dernier un ami commun avec Jared Kushner, gendre du président et conseiller principal. Le petit-fils juif des survivants de l’Holocauste, M. Kushner, a adopté l’idée, qui avait également été explorée au cours de l’année écoulée par les aides à la politique intérieure du président. Avec le soutien de M. Kushner, la Maison-Blanche a rédigé l’ordonnance et M. Trump a accepté de la signer.

Au fil des ans, M. Trump a été accusé de faire des remarques antisémites, de fermer les yeux sur les tropes antisémites ou d’enhardir les suprémacistes blancs comme ceux de Charlottesville, en Virginie, en 2017. Le week-end dernier, il a critiqué les propos tenus dans La Floride devant le Conseil israélo-américain au cours de laquelle il a déclaré au public juif qu’ils n’étaient « pas des gens sympas » mais qu’ils appuieraient sa réélection parce que « vous n’allez pas voter pour l’impôt sur la fortune ».

Mais il s’est également positionné comme un partisan indéfectible d’Israël et un champion des Juifs américains, en déplaçant l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, en soutenant les colonies en Cisjordanie et en reconnaissant la saisie des hauteurs du Golan. Il a également agressé la représentante Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, lorsqu’elle a déclaré que le soutien à Israël était « tout au sujet des Benjamins », ce qui signifie de l’argent.

Jeremy Ben-Ami, président de J Street, un groupe de défense libéral d’Israël, a déclaré que l’ordre du président était un effort cynique pour réprimer les critiques, pas pour défendre les Juifs contre les préjugés. « Il est particulièrement scandaleux et absurde que le président Trump prétende se préoccuper de l’antisémitisme au cours de la même semaine au cours de laquelle il a de nouveau publiquement jeté des tropes antisémites sur les Juifs et l’argent », a-t-il déclaré dans un communiqué.

L’action du président intervient peu de temps après que le département de l’éducation a ordonné à l’Université Duke et à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill de refaire leur programme d’études conjointes sur le Moyen-Orient au motif qu’il comportait un programme biaisé. Cette décision faisait partie d’une campagne plus large menée par Betsy DeVos, la secrétaire à l’Éducation, et son chef des droits civiques, Kenneth L. Marcus, pour s’attaquer aux préjugés anti-Israël perçus dans l’enseignement supérieur.

L’ordonnance à signer par M. Trump habiliterait le Département de l’éducation à de telles actions. En vertu du titre VI de la loi sur les droits civils de 1964, le ministère peut retenir le financement de tout collège ou programme éducatif qui établit une discrimination «fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale». La religion n’était pas incluse dans les catégories protégées, donc l’ordre de Donald Trump aura pour effet d’embrasser un argument selon lequel les Juifs sont un peuple ou une race d’origine nationale collective au Moyen-Orient, comme les Italo-Américains ou les Polonais américains.

La définition de l’antisémitisme qui doit être adoptée par le Département d’État et formulée à l’origine par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste comprend « une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée comme de la haine envers les Juifs« . Cependant, elle ajoute que « des critiques d’Israël similaires à ce niveau contre tout autre pays ne peut pas être considéré comme antisémite ».

L’American Civil Liberties Union faisait partie des groupes qui se sont opposés à l’utilisation de la définition dans la législation de 2016, la jugeant trop large. « Il ne peut et ne doit pas être que nos lois sur les droits civils sont utilisées de manière à pénaliser le plaidoyer politique sur la base du point de vue », a déclaré le groupe dans une lettre au Congrès de l’époque. Kenneth S. Stern, l’auteur principal de la définition, s’est également opposé à son utilisation, affirmant que « les étudiants et les professeurs seront effrayés dans le silence, et les administrateurs se tromperont du côté de la suppression ou de la censure du discours. »

Mais le représentant Ted Deutch, démocrate de Floride, qui était parmi les sponsors de la législation de 2016, a écrit dans un article d’opinion dans le Times of Israel la semaine dernière que la définition « avait été rédigée pour ne pas réglementer la liberté d’expression ou punir les gens pour avoir exprimé leur opinion ». Au lieu de cela, il a écrit: « Cette définition peut servir d’outil important pour guider la réponse de notre gouvernement à l’antisémitisme ». 

La semaine dernière, un groupe de 80 organisations de l’éducation, des droits civils et des organisations religieuses a envoyé une lettre à Mme DeVos se plaignant que certains centres d’études du Moyen-Orient sur les campus universitaires financés par le gouvernement au titre VI ont cherché à boycotter Israël ou à fermer les programmes d’études de leurs universités à l’étranger en Israël.

« Les récents incidents ont démontré la volonté des professeurs à travers le pays de mettre en œuvre le boycott universitaire d’Israël sur leurs campus », indique la lettre.

Le président devrait être rejoint lors de la signature par plusieurs éminents législateurs républicains, dont les sénateurs Tim Scott de Caroline du Sud et James Lankford d’Oklahoma et le représentant Doug Collins de Géorgie. Mais les démocrates qui ont préconisé la législation dans le passé ne sont pas attendus, y compris le représentant Jerrold Nadler de New York, qui a publié mardi des articles de destitution contre M. Trump.

Bien qu’un ordre exécutif ne soit pas aussi permanent que la législation et puisse être annulé par le prochain président, l’action de M. Trump peut avoir pour effet d’étendre la politique au-delà de son administration, car ses successeurs peuvent trouver politiquement peu attrayant à renverser.

Voir de plus:

Donald Trump signe un décret controversé pour élargir la définition de l’antisémitisme sur les campus

Alors que le décret présidentiel vise à défendre les étudiants juifs, les détracteurs de Donald Trump dénoncent une atteinte à la liberté d’expression.

Le Monde avec AFP

12 décembre 2019

Le président américain se retrouve au cœur d’une nouvelle controverse. Donald Trump a signé, mercredi 11 décembre, un décret visant à lutter contre l’antisémitisme sur les campus américains. Ce texte élargit la définition de l’antisémitisme utilisée par le ministère de l’éducation lorsqu’il fait appliquer la loi sur les droits civiques de 1964. Il ordonne en particulier d’utiliser la définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

« C’est notre message aux universités : si vous voulez bénéficier des énormes sommes que vous recevez chaque année de la part de l’Etat fédéral, vous devez rejeter l’antisémitisme », a déclaré M. Trump à l’occasion d’une cérémonie à la Maison Blanche pour célébrer Hanouka, la fête des lumières. Avec ce décret, Donald Trump « défend les étudiants juifs » et « indique clairement que l’antisémitisme ne sera pas toléré », a insisté son gendre et conseiller Jared Kushner dans une tribune publiée dans le New York Times.

Un décret pour « limiter » les critiques visant Israël

Mais des défenseurs de la liberté d’expression redoutent qu’une définition trop large et trop vague de l’antisémitisme soit utilisée pour interdire tous les propos critiques envers la politique du gouvernement israélien.

Pour Jeremy Ben-Ami, président de l’organisation progressiste juive J-Street, le décret présidentiel « semble moins destiné à combattre l’antisémitisme qu’à limiter la liberté d’expression et sévir sur les campus contre les critiques visant Israël ».

Voir encore:

Ambassade des Etas-Unis en France

« Le poison vil et haineux de l’antisémitisme doit être condamné et combattu quel que soit le lieu et le moment auquel il surgit. »

Président Donald J. Trump

COMBATTRE L’ANTISÉMITISME : Le président Donald J. Trump prend un décret présidentiel pour renforcer la lutte contre la montée de l’antisémitisme aux États-Unis.

  • Le décret du président Trump indique clairement que le Titre VI de la loi sur les droits civils de 1964 s’applique à la discrimination antisémite fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale.
  • Dans le cadre de l’application du Titre VI contre la discrimination antisémite dissimulée, les agences se référeront à la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) ainsi que ses exemples contemporains.
  • Le président demande également aux agences fédérales d’identifier d’autres moyens par lesquels le gouvernement peut utiliser ses pouvoirs en matière de lutte contre la discrimination pour combattre l’antisémitisme.
  • Cette action démontre en outre l’engagement indéfectible du président Trump et de son administration à lutter contre toutes les formes d’antisémitisme.

LUTTER CONTRE LA MONTÉE DE LA HAINE : Ces dernières années, les Américains ont assisté à une augmentation inquiétante des incidents antisémites et à une montée de la rhétorique correspondante dans l’ensemble du pays.

  • Au cours des quelques dernières années, on a assisté à une tendance inquiétante à la montée de l’antisémitisme aux États-Unis.
  • Les incidents antisémites se sont multipliés en Amérique depuis 2013, en particulier dans les écoles et sur les campus universitaires.
  • Il s’agit en particulier d’actes de violence horribles à l’encontre de Juifs américains et de synagogues aux États-Unis.
  • 18 membres démocrates du Congrès ont coparrainé cette année une législation en faveur du mouvement antisémite « Boycott, désinvestissement, sanctions » (BDS).
    • Dans leur résolution, ces membres du Congrès comparaient de manière choquante le soutien à Israël à celui à l’Allemagne nazie.

AGIR : Le président Trump et son administration ont pris des mesures à plusieurs reprises pour lutter contre la haine et soutenir la communauté juive.

  • Lors du discours sur l’état de l’Union de cette année, le président Trump a promis de « ne jamais ignorer le vil poison de l’antisémitisme ou ceux qui répandent cette idéologie venimeuse ».
  • Depuis janvier 2017, la division des droits civils du département de la Justice a obtenu 14 condamnations dans des affaires d’attentats ou de menaces contre des lieux de culte.
    • La division a également obtenu 11 condamnations dans des affaires de crimes motivés par la haine en raison des convictions religieuses des victimes.
  • Le département de la Justice a lancé un nouveau site web complet qui constitue un portail centralisé permettant aux forces de l’ordre, aux médias, aux groupes de défense des droits et à d’autres organismes d’accéder à des ressources sur les crimes motivés par la haine.
  • Le service des relations avec la communauté du département de la Justice a facilité 17 forums axés sur la protection des lieux de culte et la prévention des crimes motivés par la haine depuis septembre 2018.
  • Le président a signé la loi JUST Act en faveur des efforts de restitution à la suite de l’Holocauste.
  • L’administration Trump a expulsé le dernier criminel nazi connu des États-Unis.
    Voir enfin:

    NYT

    WASHINGTON — The House, brushing aside Democratic voices of dissent over American policy in the Middle East, on Tuesday overwhelmingly passed a bipartisan resolution condemning the boycott-Israel movement as one that “promotes principles of collective guilt, mass punishment and group isolation, which are destructive of prospects for progress towards peace.”

    The 398-to-17 vote, with five members voting present, came after a debate that was equally lopsided; no one in either party spoke against the measure. The House’s two most vocal backers of the boycott movement — Representatives Rashida Tlaib of Michigan and Ilhan Omar of Minnesota, freshman Democrats and the first two Muslim women in Congress — did not participate in the floor debate.

    However, earlier in the day, Ms. Tlaib, who is Palestinian-American, delivered an impassioned speech in defense of the boycott movement. She branded Israel’s policies toward Palestinians “racist” and invoked American boycotts of Nazi Germany, among others, as an example of what she described as a legitimate economic protest to advance human rights around the world.

    “I stand before you as the daughter of Palestinian immigrants, parents who experienced being stripped of their human rights, the right to freedom of travel, equal treatment,” Ms. Tlaib said. “So I can’t stand by and watch this attack on our freedom of speech and the right to boycott the racist policies of the government and the state of Israel.”

    The Boycott, Divestment and Sanctions, or B.D.S., movement is intended, among other things, to pressure Israel into ending the occupation of the West Bank, and backed by some who advocate a single state with equal rights for all, instead of a Palestinian state alongside Israel. Opponents warn it would lead to the destruction of Israel as a Jewish state; during Tuesday’s debate, they repeatedly quoted from a founder of the movement, Omar Barghouti, who has argued for the creation of a “secular democratic state” and has called for Israel to “accept the dismantling of its Zionist apartheid regime.”

    “Boycotts have been previously used as tools for social justice in this very country,” said Representative Ted Deutch, Democrat of Florida and a backer of the resolution. “But B.D.S. doesn’t seek social justice. It seeks a world in which the state of Israel doesn’t exist.”

    For months, Ms. Tlaib and Ms. Omar have been the target of intense criticism for statements about Israel and Israel’s supporters that many have regarded as anti-Semitic tropes, including insinuations that Jews have dual loyalty to the United States and Israel. Ms. Omar drew the condemnation of House Democratic leaders, and was forced to apologize after invoking an ancient trope about Jews and money by suggesting that American support for Israel was “all about the Benjamins” — a reference to $100 bills.

    At a hearing last week, Ms. Omar spoke out forcefully against Israel, and the resolution.

    “We should condemn in the strongest terms violence that perpetuates the occupation, whether it is perpetuated by Israel, Hamas or individuals,” she said. “But if we are going to condemn violent means of resisting the occupation, we cannot also condemn nonviolent means.”

    Ms. Tlaib, Ms. Omar and two other freshman Democratic women of color — Representatives Ayanna S. Pressley of Massachusetts and Alexandria Ocasio-Cortez of New York — have lately been under fire from President Trump, who has accused them of being anti-American and suggested they should “go back” to their home countries, even though just one of them, Ms. Omar, was born outside the United States. Ms. Ocasio-Cortez voted against the resolution, as did a number of other progressives; Ms. Pressley voted in favor.

    The timing of the vote drew complaints from Palestinian rights activists and supporters of Ms. Omar and Ms. Tlaib, who said House Democratic leaders were effectively isolating them. Both women have also joined with Representative John Lewis, Democrat of Georgia and a civil rights icon, in introducing a measure affirming that “all Americans have the right to participate in boycotts in pursuit of civil and human rights at home and abroad,” as protected by the First Amendment.

    “They are displaying leadership even as the president is attacking and marginalizing people of color,” said Yousef Munayyer, the executive director of the U.S. Campaign for Palestinian Rights.

    But Democratic backers of Israel were eager to have their votes on record before Congress goes home for its six-week August recess. Earlier Tuesday, Representative Josh Gottheimer, an ardent supporter of Israel, was joined in his home state, New Jersey, by Elan Carr, the State Department’s envoy to combat anti-Semitism, at an event billed to address anti-Semitism.

    The coming vote proved to be a central topic.

    “There is of course nothing wrong about having a robust debate about our foreign policy, as I said, but that debate veers into something much darker when there is talk of dual loyalty or other ancient tropes,” Mr. Gottheimer said. “These are not legitimate opinions about our foreign policy. We have often seen such anti-Semitic tropes and rhetoric when it comes to the global B.D.S. movement.”

    Asked if he thought the timing of the vote was inopportune, Mr. Gottheimer said, “We should look for any moment to stand up to anti-Semitism, and I think, to me, the sooner the better.”

    Backers of the boycott movement say the resolution threatens free speech rights, and they argue that boycotts are a legitimate form of economic protest. In her remarks, Ms. Tlaib cited civil rights boycotts, boycotts of apartheid South Africa and American boycotts of Nazi Germany “in response to dehumanization, imprisonment and genocide of Jewish people” — a comment that raised eyebrows among Republicans.

    Proponents of the resolution argue that nothing in it abridges the right to free speech; indeed, House Democrats rejected a more far-reaching bill, passed by the Republican-led Senate, that would allow state and local government to break ties with companies that participate in the boycott movement.

    The chief sponsor of the Senate bill, Senator Marco Rubio, Republican of Florida, on Tuesday accused Speaker Nancy Pelosi of promoting a watered-down measure and allowing “the radical, anti-Semitic minority in the Democratic Party to dictate the House floor agenda.”

    During Tuesday’s floor debate, many Republicans, including Representative Lee Zeldin of New York and Representative Steve Scalise of Louisiana, the Republican whip, argued for the Rubio measure. But in a rare moment of House comity, both sounded eager to join with Democrats in passing the bipartisan resolution.

    “If a boycott is being used to advance freedom, that’s one we should support,” Mr. Scalise said. “But if a boycott is being used to undermine the very freedoms that exist in the only real elective democracy in the Middle East, we all need to rise up against that.”


Livres: Pourquoi les riches n’aiment pas leur pays (Francesco Duina’s unasked question: Why rich Americans don’t like their country)

23 novembre, 2019
https://www.une.edu/sites/default/files/styles/une_content_medium/public/events/broke-patriotic-america.jpghttps://www.sup.org/img/covers/large/pid_27272.jpg
Nationalitéshttps://pbs.twimg.com/media/EOzXIGmUYAA2LoS?format=jpg&name=largeToi qui as fixé les frontières, dressé les bornes de la terre, tu as créé l’été, l’hiver !  Psaumes 74: 17
The little man loves his country because it’s all he’s got. Sergeant Leroy Taylor
Look at the rest of the world: they keep trying to come to America. This must be the place to be. Respondents to Francesco Duina
For me to give up hope on the country in which I live in is almost to give up hope for self. So I gotta keep the light burning for me and for my country or I’m gonna be in the dark. 46-year-old unemployed black woman in Birmingham with plans to become a chef)
For me, yeah, it starts with the individual, naturally. And according to our constitution, rules and rights, you know … everybody is afforded that without question … I believe, right, that I can have a conversation not just with you; I could sit down, talk with the President of the United States … you know? Older African American Birmingham resident
You have to have some shred of dignity. Even the bottom-of the-barrel person has to have some shred of dignity … and so when we’re struggling and we’re super poor and broke and going through all these things, you almost have to believe in something better or higher … and the Americans’ ideals ring on that level because they’re a lot different than maybe other countries’ because the American ideals are supposed to embody those things that are, are like good for humanity, you know … and it’s true. Middle-aged white man living out of a car in Billings, Montana, with his young and pregnant wife
Tout racisme est un essentialisme et le racisme de l’intelligence est la forme de sociodicée caractéristique d’une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d’intelligence et qui ont pris la place, dans beaucoup de sociétés, et pour l’accès même aux positions de pouvoir économique, des titres anciens comme les titres de propriété et les titres de noblesse. Pierre Bourdieu
Un peuple connait, aime et défend toujours plus ses moeurs que ses lois. Montesquieu
Aux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Ils savent que les riches des démocraties ont toujours besoin des pauvres et que, dans les temps démocratiques, on s’attache le pauvre par les manières plus que par les bienfaits. La grandeur même des bienfaits, qui met en lumière la différence des conditions, cause une irritation secrète à ceux qui en profitent; mais la simplicité des manières a des charmes presque irrésistibles : leur familiarité entraîne et leur grossièreté même ne déplaît pas toujours. Ce n’est pas du premier coup que cette vérité pénètre dans l’esprit des riches. Ils y résistent d’ordinaire tant que dure la révolution démocratique, et ils ne l’abandonnent même point aussitôt après que cette révolution est accomplie. Ils consentent volontiers à faire du bien au peuple ; mais ils veulent continuer à le tenir à distance. Ils croient que cela suffit ; ils se trompent. Ils se ruineraient ainsi sans réchauffer le coeur de la population qui les environne. Ce n’est pas le sacrifice de leur argent qu’elle leur demande; c’est celui de leur orgueil. Tocqueville
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Condamner le nationalisme parce qu’il peut mener à la guerre, c’est comme condamner l’amour parce qu’il peut conduire au meurtre. C.K. Chesterton
Il faut constamment se battre pour voir ce qui se trouve au bout de son nez. George Orwell
Le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit. Charles Péguy
Nous apprenons à nous sentir responsable d’autrui parce que nous partageons avec eux une histoire commune, un destin commun. Robert Reich
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama (2008)
Pour la première fois de ma vie d’adulte, je suis fière de mon pays. Michelle Obama
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton (2016)
Il n’y a pas d’identité fondamentale, pas de courant dominant, au Canada. Il y a des valeurs partagées — ouverture, compassion, la volonté de travailler fort, d’être là l’un pour l’autre, de chercher l’égalité et la justice. Ces qualités sont ce qui fait de nous le premier État postnational. Justin Trudeau
Nous qui vivons dans les régions côtières des villes bleues, nous lisons plus de livres et nous allons plus souvent au théâtre que ceux qui vivent au fin fond du pays. Nous sommes à la fois plus sophistiqués et plus cosmopolites – parlez-nous de nos voyages scolaires en Chine et en Provence ou, par exemple, de notre intérêt pour le bouddhisme. Mais par pitié, ne nous demandez pas à quoi ressemble la vie dans l’Amérique rouge. Nous n’en savons rien. Nous ne savons pas qui sont Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins. […] Nous ne savons pas ce que peut bien dire James Dobson dans son émission de radio écoutée par des millions d’auditeurs. Nous ne savons rien de Reba et Travis. […] Nous sommes très peu nombreux à savoir ce qu’il se passe à Branson dans le Missouri, même si cette ville reçoit quelque sept millions de touristes par an; pas plus que nous ne pouvons nommer ne serait-ce que cinq pilotes de stock-car. […] Nous ne savons pas tirer au fusil ni même en nettoyer un, ni reconnaître le grade d’un officier rien qu’à son insigne. Quant à savoir à quoi ressemble une graine de soja poussée dans un champ… David Brooks
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
J’entends les voix apeurées qui nous appellent à construire des murs. Plutôt que des murs, nous voulons aider les gens à construire des ponts. Mark Zuckerberg
Mes arrière-grands-parents sont venus d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne. Les parents de [mon épouse] Priscilla étaient des réfugiés venant de Chine et du Vietnam. Les Etats-Unis sont une nation d’immigrants, et nous devrions en être fiers. Comme beaucoup d’entre vous, je suis inquiet de l’impact des récents décrets signés par le président Trump. Nous devons faire en sorte que ce pays reste en sécurité, mais pour y parvenir, nous devrions nous concentrer sur les personnes qui représentent vraiment une menace. Etendre l’attention des forces de l’ordre au-delà des personnes qui représentent de vraies menaces va nuire à la sécurité des Américains, en dispersant les ressources, tandis que des millions de sans-papiers qui ne représentent aucune menace vivront dans la peur d’être expulsés. Mark Zuckerberg
We can suggest what you should do next, what you care about. Imagine: We know where you are, we know what you like. A near-term future in which you don’t forget anything, because the computer remembers. You’re never lost. Eric Schmidt (Google)
I don’t believe society understands what happens when everything is available, knowable and recorded by everyone all the time. (…) Let’s say you’re walking down the street. Because of the info Google has collected about you, we know roughly who you are, roughly what you care about, roughly who your friends are. (…) I actually think most people don’t want Google to answer their questions. They want Google to tell them what they should be doing next. Eric Schmidt
The average American doesn’t realize how much of the laws are written by lobbyists (…) Washington is an incumbent protection machine. Technology is fundamentally disruptive. (…) Google policy is to get right up to the creepy line and not cross it. Google implants, he added, probably crosses that line. (…) With your permission you give us more information about you, about your friends, and we can improve the quality of our searches. We don’t need you to type at all. We know where you are. We know where you’ve been. We can more or less now what you’re thinking about. Eric Schmidt
There’s such an overwhelming amount of information now, we can search where you are, see what you’re looking at if you take a picture with your camera. One way to think about this is, we’re trying to make people better people, literally give them better ideas—augmenting their experience. Think of it as augmented humanity. Eric Schmidt
Les démocrates radicaux veulent remonter le temps, rendre de nouveau le pouvoir aux mondialistes corrompus et avides de pouvoir. Vous savez qui sont les mondialistes? Le mondialiste est un homme qui veut qu’il soit bon de vivre dans le monde entier sans, pour dire le vrai, se soucier de notre pays. Cela ne nous convient pas. (…) Vous savez, il y a un terme devenu démodé dans un certain sens, ce terme est « nationaliste ». Mais vous savez qui je suis? Je suis un nationaliste. OK? Je suis nationaliste. Saisissez-vous de ce terme! Donald Trump
I think it’s very unfortunate. (…) it’s almost like they’re embarrassed at the achievement coming from America. I think it’s a terrible thing. (…) because when you think of Neil Armstrong and when you think about the landing on the moon, you think about the American flag. And I understand they don’t do it. So for that reason I wouldn’t even want to watch the movie. (…) I don’t want to get into the world of boycotts. Same thing with Nike. I wouldn’t say you don’t buy Nike because of the Colin Kaepernick. I mean, look, as much as I disagree, as an example, with the Colin Kaepernick endorsement, in another way, I wouldn’t have done it. In another way, it is what this country is all about, that you have certain freedoms to do things that other people may think you shouldn’t do. So you know, I personally am on a different side of it, you guys are probably too, I’m on a different side of it. Donald Trump
Très intéressant de voir des élues démocrates du Congrès, “progressistes”, qui viennent originellement de pays dont les gouvernements sont des catastrophes complètes et absolues, les pires, les plus corrompus et les plus ineptes du monde (si tant est qu’on puisse parler de gouvernement) et qui maintenant clament férocement au peuple des États-Unis, la plus grande et la plus puissante nation du monde, comment notre gouvernement doit être dirigé. Pourquoi ne retournent-elles pas d’où elles viennent, pour aider à réparer ces lieux totalement dévastés et infestés par le crime ? Puis, qu’elles reviennent et qu’elles nous montrent comment elles ont fait. Ces endroits ont bigrement besoin de votre aide, vous n’y partirez jamais trop vite. Je suis sûr que Nancy Pelosi serait très heureuse d’organiser rapidement un voyage gratuit ! Donald Trump
Ces idées ont un nom : nationalisme, identitarisme, protectionnisme, souverainisme de repli. Ces idées qui, tant de fois, ont allumé les brasiers où l’Europe aurait pu périr, les revoici sous des habits neufs encore ces derniers jours. Elles se disent légitimes parce qu’elles exploitent avec cynisme la peur des peuples. (…) Je ne laisserai rien, rien à toutes celles et ceux qui promettent la haine, la division ou le repli national. Je ne leur laisserai aucune proposition. C’est à l’Europe de les faire, c’est à nous de les porter, aujourd’hui et maintenant (…) Et nous n’avons qu’un choix, qu’une alternative : le repli sur nous frontières, qui serait à la fois illusoire et inefficace, ou la construction d’un espace commun des frontières, de l’asile et de (…) faire une place aux réfugiés qui ont risqué leur vie, chez eux et sur leur chemin, c’est notre devoir commun d’Européen et nous ne devons pas le perdre de vue. (…) C’est pourquoi j’ai engagé en France un vaste travail de réforme pour mieux accueillir les réfugiés, augmenter les relocalisations dans notre pays, accélérer les procédures d’asile en nous inspirant du modèle allemand, être plus efficaces dans les reconduites indispensables. Ce que je souhaite pour l’Europe, la France commence dès à présent à le faire elle-même. Emmanuel Macron
On vous demande une carte blanche, et vous salissez l’adversaire, et vous proférez des mensonges. Votre projet, c’est de salir, c’est de mener une campagne de falsifications, de vivre de la peur et des mensonges. La France que je veux vaut beaucoup mieux que ça. Il faut sortir d’un système qui vous a coproduit. Vous en vivez. Vous êtes son parasite. L’inefficacité des politiques de droite et de gauche, c’est l’extrême droite qui s’en nourrit. Je veux mener la politique qui n’a jamais été menée ces trente dernières années. Emmanuel Macron (2017)
Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme. Le nationalisme en est sa trahison. Emmanuel Macron
Nous n’avons pas besoin de visages basanés qui ne veulent pas être une voix basanée. Nous n’avons pas besoin de visages noirs qui ne veulent pas être une voix noire. Nous n’avons pas besoin de musulmans qui ne veulent pas être une voix musulmane. Nous n’avons pas besoin d’homos qui ne veulent pas être une voix homo. Si vous craignez d’être marginalisé et stéréotypé, ne vous présentez même pas, nous n’avons pas besoin de vous pour représenter cette voix. Ayanna Pressley (représentante démocrate, Massachusetts)
So apparently Donald Trump wants to make this an election about what it means to be American. He’s got his vision of what it means to be American, and he’s challenging the rest of us to come up with a better one. In Trump’s version, “American” is defined by three propositions. First, to be American is to be xenophobic. The basic narrative he tells is that the good people of the heartland are under assault from aliens, elitists and outsiders. Second, to be American is to be nostalgic. America’s values were better during some golden past. Third, a true American is white. White Protestants created this country; everybody else is here on their sufferance. When you look at Trump’s American idea you realize that it contradicts the traditional American idea in every particular. In fact, Trump’s national story is much closer to the Russian national story than it is toward our own. It’s an alien ideology he’s trying to plant on our soil. ​ Trump’s vision is radically anti-American.​ The real American idea is not xenophobic, nostalgic or racist; it is pluralistic, future-oriented and universal. America is exceptional precisely because it is the only nation on earth that defines itself by its future, not its past. America is exceptional because from the first its citizens saw themselves in a project that would have implications for all humankind. America is exceptional because it was launched with a dream to take the diverse many and make them one — e pluribus unum.​ (…) Trump’s campaign is an attack on that dream. The right response is to double down on that ideal. The task before us is to create the most diverse mass democracy in the history of the planet — a true universal nation. It is precisely to weave the social fissures that Trump is inclined to tear. David Brooks
In the matter of immigration, mark this conservative columnist down as strongly pro-deportation. The United States has too many people who don’t work hard, don’t believe in God, don’t contribute much to society and don’t appreciate the greatness of the American system. They need to return whence they came. I speak of Americans whose families have been in this country for a few generations. Complacent, entitled and often shockingly ignorant on basic points of American law and history, they are the stagnant pool in which our national prospects risk drowning.​ (…) Bottom line: So-called real Americans are screwing up America. Maybe they should leave, so that we can replace them with new and better ones: newcomers who are more appreciative of what the United States has to offer, more ambitious for themselves and their children, and more willing to sacrifice for the future. In other words, just the kind of people we used to be — when “we” had just come off the boat.​ O.K., so I’m jesting about deporting “real Americans” en masse. (Who would take them in, anyway?) But then the threat of mass deportations has been no joke with this administration.​ On Thursday, the Department of Homeland Security seemed prepared to extend an Obama administration program known as Deferred Action for Childhood Arrivals, or DACA, which allows the children of illegal immigrants — some 800,000 people in all — to continue to study and work in the United States. The decision would have reversed one of Donald Trump’s ugly campaign threats to deport these kids, whose only crime was to have been brought to the United States by their parents. Yet the administration is still committed to deporting their parents, and on Friday the D.H.S. announced that even DACA remains under review — another cruel twist for young immigrants wondering if they’ll be sent back to “home” countries they hardly ever knew, and whose language they might barely even speak.​ Beyond the inhumanity of toying with people’s lives this way, there’s also the shortsightedness of it. We do not usually find happiness by driving away those who would love us. Businesses do not often prosper by firing their better employees and discouraging job applications. So how does America become great again by berating and evicting its most energetic, enterprising, law-abiding, job-creating, idea-generating, self-multiplying and God-fearing people?​ Because I’m the child of immigrants and grew up abroad, I have always thought of the United States as a country that belongs first to its newcomers — the people who strain hardest to become a part of it because they realize that it’s precious; and who do the most to remake it so that our ideas, and our appeal, may stay fresh.​ That used to be a cliché, but in the Age of Trump it needs to be explained all over again. We’re a country of immigrants — by and for them, too. Americans who don’t get it should get out.​ Bret Stephens
N’en déplaise aux chiens de garde de la pensée unique, il n’y a rien de choquant dans ce texte. Trump ne critique ni des peuples ni des cultures, mais des gouvernements. Il mentionne des « élues démocrates », mais sans les citer nommément. Quant à ce qu’elles partent à l’étranger redresser ces pays qui sont à les entendre tellement mieux que les États-Unis, il ne s’agit pas d’un exil, puisqu’il mentionne explicitement qu’elles en reviennent. La seule flèche réelle est à l’encontre de Mme Pelosi, qui a le plus grand mal à tenir les rênes de ses troupes démocrates à la Chambre des Représentants. (…) Quatre élues démocrates se sentirent donc indignées par ces tweets: Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan), et Alexandria Ocasio-Cortez (New York). Trois d’entre elles ne correspondent même pas au portrait brossé par Trump puisqu’elles sont nées aux États-Unis, mais qu’importe, les médias se chargent de tous les raccourcis. (…) Ayanna Pressley déclencha une polémique il y a quelques jours par une vision de la société uniquement basée sur l’appartenance raciale, religieuse ou sexuelle, soit l’exact opposé du melting pot américain (…) Pour Mme Pressley, quelqu’un est blanc ou noir avant d’être Américain. Rashida Tlaib, qui grandit dans le paradis socialiste du Nicaragua, devint la première élue musulmane du Michigan. Ce qui n’est pas en soi un problème, si ce n’est qu’elle se fit remarquer dès son arrivée au Congrès par de nombreuses attaques antisémites. Elle traita également Trump de « fils de pute » dans sa première déclaration officielle, ce qui donne le niveau de finesse de la dame. Sur la carte du monde dans son bureau, elle recouvrit Israël avec un Post-It sur lequel il était marqué « Palestine ». Elle soutient l’organisation de promotion de l’islam CAIR, proche des Frères Musulmans. Bref, elle affiche clairement son allégeance (…) Ilhan Omar est née en Somalie et avoua en public son allégeance somalienne. Son statut civil est délicat: des rumeurs persistantes affirme qu’aurait pu être mariée à son propre frère pour s’installer aux États-Unis. Elle est en délicatesse avec le fisc américain pour de fausses déclarations fiscales. Politiquement, elle se fit remarquer par son indifférence à l’égard des attentats du 11 septembre 2001 (rien de plus pour elle que « des gens ont fait quelque chose ») mais surjoua son émotion à l’évocation de l’opération de secours « Black Hawk Down » où des soldats américains virent libérer un des leurs dans un hélicoptère abattu dans une mission de maintien de la paix. Enfin, elle refuse toujours de condamner publiquement Al-Qaeda (…) Alexandria Ocasio-Cortez est la plus souvent mise en avant par les médias, au point d’avoir son abréviation AOC. Issue d’une riche famille de New-York, elle travailla brièvement comme serveuse (permettant de donner corps à ses « humbles débuts » dans son récit personnel) avant d’embrasser la carrière politique. Depuis son élection, son radicalisme de gauche et ses délires utopiques montrent à quel point elle est coupée de la réalité. Ses sorties plongent régulièrement les responsables démocrates dans l’embarras. Elle réussit à faire fuir Amazon qui envisageait de s’installer à New York, perdant ainsi l’opportunité de créer 25’000 emplois, un exploit remarqué. Sans-frontiériste convaincue et imbue de son image, elle se fit aussi photographier dans une poignante séquence où elle pleure face à une clôture grillagée… Le tout étant en fait une mise en scène dans un parking vide. (…) Avec des rivales comme celles-ci, Trump pourrait dormir sur ses deux oreilles pour 2020. Leur bêtise et leur extrémisme fait fuir les électeurs centristes et provoque des remous jusque dans le camp démocrate. (…) Trump n’a que faire des accusations de racisme ; il est traité de raciste cent fois par semaine depuis qu’il est Président. De leur côté, les stratèges démocrates sont on ne peut plus embarrassés par leurs « étoiles montantes ». Nancy Pelosi essayait depuis plusieurs semaines de diminuer leur exposition médiatique dans l’espoir de restaurer un semblant de crédibilité au Parti Démocrate pour l’échéance de 2020 ; tout vient de voler en éclat. Les médias ne s’intéressent même plus aux candidats à l’investiture présidentielle. Seules comptent les réactions et les invectives des élues d’extrême-gauche. Pire encore, par réaction, les autres Démocrates ont été contraints de s’aligner avec elles pour prendre leur défense – augmentant encore l’alignement du parti avec ces extrémistes repoussantes pour qui n’est pas un militant d’extrême-gauche. En poussant le Parti Démocrate dans les cordes de l’extrême-gauche comme il le fait, Trump s’assure que les Démocrates passent pour des fous et des illuminés sans la moindre crédibilité. Les glapissements hystériques d’AOC, la vulgarité antisémite de Rashida Tlaib, l’obsession raciale de Ayanna Pressley et la sympathie affichée d’Ilhan Omar pour les islamistes auront tôt fait de détourner les Américains modérés de se rendre aux urnes pour chasser « l’ignoble Trump » du pouvoir – lui sur lequel il n’y a plus grand-chose à ajouter tant les médias lui envoient quotidiennement du fumier depuis trois ans. Stéphane Montabert
Obama est le premier président américain élevé sans attaches culturelles, affectives ou intellectuelles avec la Grande-Bretagne ou l’Europe. Les Anglais et les Européens ont été tellement enchantés par le premier président américain noir qu’ils n’ont pu voir ce qu’il est vraiment: le premier président américain du Tiers-Monde. The Daily Mail
Culturellement, Obama déteste la Grande-Bretagne. Il a renvoyé le buste de Churchill sans la moindre feuille de vigne d’une excuse. Il a insulté la Reine et le Premier ministre en leur offrant les plus insignifiants des cadeaux. A un moment, il a même refusé de rencontrer le Premier ministre. Dr James Lucier (ancien directeur du comité des Affaire étrangères du sénat américain)
We want our country back ! Marion Maréchal
La jeune génération n’est pas encouragée à aimer notre héritage. On leur lave le cerveau en leur faisant honte de leur pays. (…) Nous, Français, devons nous battre pour notre indépendance. Nous ne pouvons plus choisir notre politique économique ou notre politique d’immigration et même notre diplomatie. Notre liberté est entre les mains de l’Union européenne. (…) Notre liberté est maintenant entre les mains de cette institution qui est en train de tuer des nations millénaires. Je vis dans un pays où 80%, vous m’avez bien entendu, 80% des lois sont imposées par l’Union européenne. Après 40 ans d’immigration massive, de lobbyisme islamique et de politiquement correct, la France est en train de passer de fille aînée de l’Eglise à petite nièce de l’islam. On entend maintenant dans le débat public qu’on a le droit de commander un enfant sur catalogue, qu’on a le droit de louer le ventre d’une femme, qu’on a le droit de priver un enfant d’une mère ou d’un père. (…) Aujourd’hui, même les enfants sont devenus des marchandises (…) Un enfant n’est pas un droit (…) Nous ne voulons pas de ce monde atomisé, individualiste, sans sexe, sans père, sans mère et sans nation. (…) Nous devons faire connaitre nos idées aux médias et notre culture, pour stopper la domination des libéraux et des socialistes. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une école de sciences politiques. (…) Nous devons faire connaitre nos idées aux médias et notre culture, pour stopper la domination des libéraux et des socialistes. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une école de sciences politiques. (…) La Tradition n’est pas la vénération des cendres, elle est la passation du feu. (…)Je ne suis pas offensée lorsque j’entends le président Donald Trump dire ‘l’Amérique d’abord’. En fait, je veux l’Amérique d’abord pour le peuple américain, je veux la Grande-Bretagne d’abord pour le peuple britannique et je veux la France d’abord pour le peuple français. Comme vous, nous voulons reprendre le contrôle de notre pays. Vous avez été l’étincelle, il nous appartient désormais de nourrir la flamme conservatrice. Marion Maréchal
« Pourquoi la Suède est-elle devenue la Corée du Nord de l’Europe ? » C’est la question qu’un Danois avait posée sous forme de demi-boutade au caricaturiste suédois Lars Vilks lors d’une conférence à laquelle j’ai participé en 2014. En guise de réponse qui n’avait d’ailleurs pas convaincu, Vilks avait marmonné en disant que la Suède avait une prédilection pour le consensus. Aujourd’hui, il existe à cette question une réponse plus convaincante qui nous est donnée par Ryszard Legutko, professeur de philosophie et homme politique polonais influent. Traduit en anglais par Teresa Adelson sous le titre The Demon in Democracy: Totalitarian Temptations in Free Societies (Le démon de la démocratie : les tentations totalitaires au sein des sociétés libres), son livre paru chez Encounter montre de façon méthodique les similitudes surprenantes mais réelles entre le communisme de type soviétique et le libéralisme moderne tel qu’il est conçu par la Suède, l’Union européenne ou Barack Obama. (Avant d’analyser son argumentation, je tiens toutefois à préciser que là où Legutko parle de démocratie libérale, un concept trop complexe selon moi, je préfère parler de libéralisme.) Legutko ne prétend pas que le libéralisme ressemble au communisme dans ce que celui-ci a de monstrueux et encore moins que les deux idéologies sont identiques. Il reconnaît pleinement le caractère démocratique du libéralisme d’une part et la nature brutale et tyrannique du communisme d’autre part. Mais une fois établie cette distinction nette, il met le doigt sur le point sensible commun aux deux idéologies. C’est dans les années 1970 au cours d’un voyage effectué en Occident qu’il s’est rendu compte pour la première fois de ces similarités. Il s’est alors aperçu que les libéraux préféraient les communistes aux anti-communistes. Par après, avec la chute du bloc soviétique, il a vu les libéraux accueillir chaleureusement les communistes mais pas leurs opposants anticommunistes. Pourquoi ? Car selon lui le libéralisme partage avec le communisme une foi puissante en l’esprit rationnel propre à trouver des solutions. Cela se traduit par une propension à améliorer le citoyen, à le moderniser et à le façonner pour en faire un être supérieur, une propension qui conduit les deux idéologies à politiser, et donc à dévaloriser, tous les aspects de la vie dont la sexualité, la famille, la religion, les sports, les loisirs et les arts. (…) Les deux idéologies recourent à l’ingénierie sociale de façon à créer une société dont les membres seraient « identiques dans les mots, les pensées et les actes ». L’objectif serait d’obtenir une population en grande partie interchangeable et dépourvue de tout esprit dissident susceptible de causer des ennuis. Chacune des deux idéologies assume complètement le fait que sa vision particulière constitue le plus grand espoir pour l’humanité et représente la fin de l’histoire, l’étape finale de l’évolution de l’humanité. Le problème, c’est que de tels plans d’amélioration de l’humanité conduisent inévitablement à de terribles déceptions. En réalité, les êtres humains sont bien plus têtus et moins malléables que ne le souhaitent les rêveurs. Quand les choses vont mal (disons la production alimentaire pour les communistes, l’immigration sans entraves pour les libéraux), apparaissent deux conséquences néfastes. La première est le repli des idéologues dans un monde virtuel qu’ils cherchent ardemment à imposer à des sujets réfractaires. Les communistes déploient des efforts colossaux pour convaincre leurs vassaux qu’ils prospéreront bien plus que ces misérables vivant dans des pays capitalistes. Les libéraux transforment les deux genres – masculin et féminin – en 71 genres différents ou font disparaître la criminalité des migrants. Quand leurs projets tournent au vinaigre, les uns et les autres répondent non pas en repensant leurs principes mais, contre toute logique, en exigeant l’application d’un communisme ou d’un libéralisme plus pur et en s’appuyant fortement sur le complotisme : les communistes blâment les capitalistes et les libéraux blâment les entreprises pour expliquer par exemple pourquoi San Francisco détient aux États-Unis le record d’atteintes à la propriété ou pourquoi la ville de Seattle est gangrenée par une mendicité épidémique. La deuxième conséquence survient quand les dissidents apparaissent immanquablement. C’est alors que les communistes comme les libéraux font tout ce qu’ils peuvent pour étouffer les opinions divergentes. Autrement dit, les uns comme les autres sont prêts à forcer leurs populations ignorantes « à la liberté » selon les termes de Legutko. Ce qui signifie, bien entendu, le contrôle voire, la suppression de la liberté d’expression. Dans le cas du communisme, les bureaux de la censure du gouvernement excluent toute opinion négative vis-à-vis du socialisme et les conséquences sont fâcheuses pour quiconque ose persister. Dans le cas du libéralisme, les fournisseurs d’accès à Internet, les grands réseaux sociaux, les écoles, les banques, les services de covoiturage, les hôtels et les lignes de croisière font le sale boulot consistant à mettre hors-jeu les détracteurs qui tiennent ce qui est appelé un discours de haine consistant notamment à affirmer l’idée scandaleuse selon laquelle il n’y a que deux genres. Bien entendu l’islam est un sujet insidieux : ainsi le fait de se demander si Mahomet était un pédophile, est passible d’une amende, et une caricature, d’une peine de prison. Résultat : en Allemagne à peine 19% des citoyens ont l’impression qu’ils peuvent exprimer leur opinion librement en public. Daniel Pipes
Ce qui est nouveau, c’est d’abord que la bourgeoisie a le visage de l’ouverture et de la bienveillance. Elle a trouvé un truc génial : plutôt que de parler de « loi du marché », elle dit « société ouverte », « ouverture à l’Autre » et liberté de choisir… Les Rougon-Macquart sont déguisés en hipsters. Ils sont tous très cools, ils aiment l’Autre. Mieux : ils ne cessent de critiquer le système, « la finance », les « paradis fiscaux ». On appelle cela la rebellocratie. C’est un discours imparable : on ne peut pas s’opposer à des gens bienveillants et ouverts aux autres ! Mais derrière cette posture, il y a le brouillage de classes, et la fin de la classe moyenne. La classe moyenne telle qu’on l’a connue, celle des Trente Glorieuses, qui a profité de l’intégration économique, d’une ascension sociale conjuguée à une intégration politique et culturelle, n’existe plus même si, pour des raisons politiques, culturelles et anthropologiques, on continue de la faire vivre par le discours et les représentations. (…) C’est aussi une conséquence de la non-intégration économique. Aujourd’hui, quand on regarde les chiffres – notamment le dernier rapport sur les inégalités territoriales publié en juillet dernier –, on constate une hyper-concentration de l’emploi dans les grands centres urbains et une désertification de ce même emploi partout ailleurs. Et cette tendance ne cesse de s’accélérer ! Or, face à cette situation, ce même rapport préconise seulement de continuer vers encore plus de métropolisation et de mondialisation pour permettre un peu de redistribution. Aujourd’hui, et c’est une grande nouveauté, il y a une majorité qui, sans être « pauvre » ni faire les poubelles, n’est plus intégrée à la machine économique et ne vit plus là où se crée la richesse. Notre système économique nécessite essentiellement des cadres et n’a donc plus besoin de ces millions d’ouvriers, d’employés et de paysans. La mondialisation aboutit à une division internationale du travail : cadres, ingénieurs et bac+5 dans les pays du Nord, ouvriers, contremaîtres et employés là où le coût du travail est moindre. La mondialisation s’est donc faite sur le dos des anciennes classes moyennes, sans qu’on le leur dise ! Ces catégories sociales sont éjectées du marché du travail et éloignées des poumons économiques. Cependant, cette« France périphérique » représente quand même 60 % de la population. (…) Ce phénomène présent en France, en Europe et aux États-Unis a des répercussions politiques : les scores du FN se gonflent à mesure que la classe moyenne décroît car il est aujourd’hui le parti de ces « superflus invisibles » déclassés de l’ancienne classe moyenne. (…) Toucher 100 % d’un groupe ou d’un territoire est impossible. Mais j’insiste sur le fait que les classes populaires (jeunes, actifs, retraités) restent majoritaires en France. La France périphérique, c’est 60 % de la population. Elle ne se résume pas aux zones rurales identifiées par l’Insee, qui représentent 20 %. Je décris un continuum entre les habitants des petites villes et des zones rurales qui vivent avec en moyenne au maximum le revenu médian et n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Face à eux, et sans eux, dans les quinze plus grandes aires urbaines, le système marche parfaitement. Le marché de l’emploi y est désormais polarisé. Dans les grandes métropoles il faut d’une part beaucoup de cadres, de travailleurs très qualifiés, et de l’autre des immigrés pour les emplois subalternes dans le BTP, la restauration ou le ménage. Ainsi les immigrés permettent-ils à la nouvelle bourgeoisie de maintenir son niveau de vie en ayant une nounou et des restaurants pas trop chers. (…) Il n’y a aucun complot mais le fait, logique, que la classe supérieure soutient un système dont elle bénéficie – c’est ça, la « main invisible du marché» ! Et aujourd’hui, elle a un nom plus sympathique : la « société ouverte ». Mais je ne pense pas qu’aux bobos. Globalement, on trouve dans les métropoles tous ceux qui profitent de la mondialisation, qu’ils votent Mélenchon ou Juppé ! D’ailleurs, la gauche votera Juppé. C’est pour cela que je ne parle ni de gauche, ni de droite, ni d’élites, mais de « la France d’en haut », de tous ceux qui bénéficient peu ou prou du système et y sont intégrés, ainsi que des gens aux statuts protégés : les cadres de la fonction publique ou les retraités aisés. Tout ce monde fait un bloc d’environ 30 ou 35 %, qui vit là où la richesse se crée. Et c’est la raison pour laquelle le système tient si bien. (…) La France périphérique connaît une phase de sédentarisation. Aujourd’hui, la majorité des Français vivent dans le département où ils sont nés, dans les territoires de la France périphérique il s’agit de plus de 60 % de la population. C’est pourquoi quand une usine ferme – comme Alstom à Belfort –, une espèce de rage désespérée s’empare des habitants. Les gens deviennent dingues parce qu’ils savent que pour eux « il n’y a pas d’alternative » ! Le discours libéral répond : « Il n’y a qu’à bouger ! » Mais pour aller où ? Vous allez vendre votre baraque et déménager à Paris ou à Bordeaux quand vous êtes licencié par ArcelorMittal ou par les abattoirs Gad ? Avec quel argent ? Des logiques foncières, sociales, culturelles et économiques se superposent pour rendre cette mobilité quasi impossible. Et on le voit : autrefois, les vieux restaient ou revenaient au village pour leur retraite. Aujourd’hui, la pyramide des âges de la France périphérique se normalise. Jeunes, actifs, retraités, tous sont logés à la même enseigne. La mobilité pour tous est un mythe. Les jeunes qui bougent, vont dans les métropoles et à l’étranger sont en majorité issus des couches supérieures. Pour les autres ce sera la sédentarisation. Autrefois, les emplois publics permettaient de maintenir un semblant d’équilibre économique et proposaient quelques débouchés aux populations. Seulement, en plus de la mondialisation et donc de la désindustrialisation, ces territoires ont subi la retraite de l’État. (…) Même si l’on installe 20 % de logements sociaux partout dans les grandes métropoles, cela reste une goutte d’eau par rapport au parc privé « social de fait » qui existait à une époque. Les ouvriers, autrefois, n’habitaient pas dans des bâtiments sociaux, mais dans de petits logements, ils étaient locataires, voire propriétaires, dans le parc privé à Paris ou à Lyon. C’est le marché qui crée les conditions de la présence des gens et non pas le logement social. Aujourd’hui, ce parc privé « social de fait » s’est gentrifié et accueille des catégories supérieures. Quant au parc social, il est devenu la piste d’atterrissage des flux migratoires. Si l’on regarde la carte de l’immigration, la dynamique principale se situe dans le Grand Ouest, et ce n’est pas dans les villages que les immigrés s’installent, mais dans les quartiers de logements sociaux de Rennes, de Brest ou de Nantes. (…) In fine, il y a aussi un rejet du multiculturalisme. Les gens n’ont pas envie d’aller vivre dans les derniers territoires des grandes villes ouverts aux catégories populaires : les banlieues et les quartiers à logements sociaux qui accueillent et concentrent les flux migratoires. Christophe Guilluy
Comment expliquer que les ouvriers constituent toujours le groupe social le plus important de la société française et que leur existence passe de plus en plus inaperçue ? Stéphane Beaud et Michel Pialoux (Retour sur la condition ouvrière, 1999)
J’ai regardé les premières cartes qui avaient été faites par l’IFOP concernant les ronds-points occupés par les Gilets jaunes. Ce qui était frappant, c’était la parfaite corrélation avec celle de la France périphérique, développée autour d’un indicateur de fragilité sociale. Ce qui est très intéressant c’est que cette carte fait exploser toutes les typologies traditionnelles : la division est-ouest entre la France industrielle et la France rurale par exemple. En réalité, le mouvement est parti de partout, aussi bien dans le sud-ouest que dans le nord-est, on voit donc quelque chose qui correspond exactement à la France périphérique, c’est-à-dire à la répartition des catégories modestes et populaires dans l’espace. Cette typologie casse celle de la France du vide qui n’est plus pertinente et cela nous montre bien les effets d’un modèle économique nouveau qui est celui de la mondialisation. C’est pour cela que je dis que le mouvement des Gilets jaunes n’est pas une résurgence de la révolution française ou de mai 68, cela est au contraire quelque chose de très nouveau : cela correspond à l’impact de la mondialisation sur la classe moyenne au sens large : de l’ouvrier au cadre supérieur. La classe moyenne, ce ne sont pas seulement les professions intermédiaires, c’est un ensemble, ce sont les gens qui travaillent et qui ont l’impression de faire partie d’un tout, peu importe qu’il y ait des inégalités de salaires. (…) Ce qui était malsain dans l’analyse qui en a été fait, cela a été le moment ou l’on a dit « en réalité, ils ne sont pas pauvres ». On opposait une nouvelle fois les pauvres aux classes populaires alors que la presque totalité des pauvres sont issus des classes populaires. Il y a un lien organique entre eux. Quand on prend ces catégories, ouvriers, employés, paysans etc.…ils peuvent être pauvres, au chômage, et même quand ils ont un emploi, ils savent très bien que la case pauvreté est toute proche sur l’échiquier.  Surtout, ils ont un frère, un cousin, un grand parent, un ami, un voisin qui est pauvre. On oublie toujours de dire que la pauvreté n’est pas un état permanent, il y a un échange constant entre classes populaires et pauvreté. Opposer ces catégories, c’est refuser ce lien organique entre pauvres et travailleurs modestes. C’est donc ne rien comprendre à ce qui se joue actuellement. (…) Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est une dysfonction entre l’économie et la société. Et cela est la première fois. Avant, l’économie faisait société, c’était les 30 glorieuses avec un modèle économique qui intègre tout le monde et qui bénéficie à l’ensemble de la société. Là, nous avons un modèle qui peut créer de la richesse mais qui ne fait pas société. Le modèle économique mondialisé, parce qu’il n’a pas de limites, frappe les catégories sociales les unes après les autres. Après les employés, il y a les professions intermédiaires, les jeunes diplômés, et après nous aurons les catégories supérieures. La seule chose qui protège les catégories supérieures est qu’elles vivent aujourd’hui dans des citadelles. C’est ce qui fait aussi que la baisse du soutien des Français au mouvement des Gilets jaunes touche ces catégories-là. Mais cela n’empêche pas que le socle électoral d’Emmanuel Macron se restreint comme peau de chagrin, cela est mécanique. Depuis les années 80, on a souvent compensé ces destructions d’emplois sur ces territoires par des emplois publics, mais les gens ont parfaitement compris que ce modèle était à bout de souffle. Les fonctionnaires de catégorie B et C, qui sont présents dans le mouvement, ont compris que cela était fini, qu’ils n’auraient plus d’augmentations de salaires ou que leurs enfants ne pourront plus en profiter. On a bien là une angoisse d’insécurité sociale qui s’est généralisée à l’ensemble de ces catégories qui étaient, hier, totalement intégrées à la classe moyenne, et cela démontre bien comment un mouvement parti des marges est devenu majoritaire. Cela est la limite du modèle économique néolibéral. Je n’aurais aucun problème à adhérer au modèle néolibéral, s’il fonctionnait. On a vu comment cela avait commencé, ouvriers d’abord, paysans etc.. Et aujourd’hui, des gens que l’on pensait finalement sécurisés sont touchés ; petite fonction publique et retraités. Or, ce sont les gens qui ont, in fine, élu Emmanuel Macron. Son effondrement vient de ces catégories-là. Mais les classes populaires n’ont rien contre les riches, ils jouent au loto pour devenir riches, la question est simplement de pouvoir vivre décemment avec son salaire et d’être respecté culturellement. Nous payons réellement 30 années de mépris de classe, d’ostracisation, d’insultes en direction du peuple. (…) C’est ce que ne comprennent pas les libéraux. Je crois que le débat –libéral-pas libéral- est vain. Si je dis qu’il y a un problème avec ce modèle dans ces territoires, alors on me dit que je suis pour la suppression des métropoles ou que je suis favorable à un retour à une économie administrée. Et surtout, ce qui est intolérable, c’est que je cliverais la société en termes de classes sociales. En relisant récemment une biographie de Margaret Thatcher, je me suis rendu compte que le plus gros reproche fait aux travaillistes et aux syndicats dans les années 70 était justement de cliver la société à partir des classes sociales. L’argument était de dire qu’ils sont de mauvais Anglais parce qu’ils fracturent l’unité nationale. Ce qui est génial, c’est que nous voyons aujourd’hui exactement les mêmes réactions avec la France périphérique. Une arme sur la tempe, on vous dit d’arrêter de parler des inégalités. Ils veulent bien que l’on parle de pauvres mais cela ne va pas plus loin. Mais quand on regarde finement les choses, Emmanuel Macron n’aurait pas pu être élu sans le niveau de l’État providence français. À la fin il passe, évidemment parce qu’il fait le front des bourgeoisies et des catégories supérieures, des scores soviétiques dans les grandes métropoles mais aussi et surtout parce que la majorité de la fonction publique a voté pour lui, tout comme la majorité des retraités a voté pour lui. C’est-à-dire les héritiers des 30 glorieuses et surtout le cœur de la redistribution française. Emmanuel Macron se tire deux balles dans le pied en attaquant la fonction publique et les retraités. Nous assistons à un suicide en direct. C’est ce qui explique qu’il soit très vite passé de 65 à 25%. Finalement, et paradoxalement, le modèle français ne résiste au populisme et perdure dans le sens de la dérégulation néolibérale que grâce à un État providence fort. Mais en l’absence d’un État providence- ce que veulent les libéraux- nous aurons alors le populisme. (…) J’en veux à la production intellectuelle et universitaire parce qu’à partir du moment ou on met les marges en avant, les journalistes vont suivre cette représentation en allant voir une femme isolée dans la Creuse qui vit avec 500 euros, en se disant qu’elle est Gilet jaune, tout cela pour se rendre finalement compte qu’elle ne manifeste pas. Parce que quand on est pauvre, on n’a même pas l’énergie de se mobiliser, le but est de boucler la journée. Historiquement, les mouvements sociaux n’ont jamais été portés par les pauvres, et cela ne veut pas dire qu’ils ne soutiennent pas le mouvement. Ce que nous voyons aujourd’hui, ce sont des journalistes qui vont dans les salons des Gilets jaunes pour vérifier s’ils ont un écran plat, un abonnement Netflix, ou un IPhone. Ils sont prêts à les fouiller, cela est dingue. Lors des manifestations de 1995, les journalistes ne sont pas allés vérifier si les cheminots avaient un écran 16/9e chez eux, ou quand il y a eu les émeutes des banlieues, de vérifier si le mec qui brule une voiture vit chez lui avec une grande télé ou pas. Cette façon de délégitimer un mouvement est une grande première. C’est la première fois que l’on fait les poches des manifestants pour savoir s’ils ont de l’argent ou pas, et s’il y en a, on considère que cela n’est pas légitime. Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que si on gagne le revenu médian à 1700 euros, la perspective est que, même si cela va aujourd’hui, cela ne va pas aller demain. L’élite n’a toujours pas compris que les gens étaient parfaitement capables de faire un diagnostic de leurs propres vies. Cette condescendance dit un gigantesque mépris de classe. J’ai moi-même été surpris, je ne pensais pas que cela irait si vite. En quelques heures, les Gilets jaunes sont devenus antisémites, homophobes, racistes, beaufs… Et là encore, on voit bien que l’antiracisme et l’antifascisme sont devenus une arme de classe. (…) Nicolas Mathieu vient d’avoir le prix Goncourt avec son livre « Leurs enfants après eux », dont il dit qu’il s’agissait du roman de la France périphérique. Le combat culturel est en cours. Cela gagne le champ littéraire, culturel et médiatique. Les Gilets jaunes ont gagné l’essentiel, ils ont gagné la bataille de la représentation. On ne pourra plus faire comme si cette France n’existait pas, comme si la France périphérique était un concept qui ne pouvait pas être incarné par des gens. Si nous sommes encore démocrates nous sommes obligés de le prendre en compte. Ce qu’il faut espérer, c’est que les élites se rendent compte que les peuples occidentaux sont encore relativement paisibles. Le mouvement réel de la société, que nous constatons partout dans le monde occidental, et que nous ne pourrons pas arrêter, continue d’avancer, de se structurer, et que cela est de la responsabilité des élites d’y répondre. Ils n’ont pas d’autre choix, celui de l’atterrissage en douceur. Je crois que ce qui vient d’arriver, c’est que le rapport de force vient de changer, la peur a changé de camp. Aux Etats-Unis, au Royaume Uni, en Europe, maintenant, ils ont le peuple sur le dos. Et puis il y a une vertu à tout cela, prendre en compte les aspirations des plus modestes, c’est pour moi le fondement de la démocratie, c’est-à-dire donner du pouvoir à ceux qui n’en ont pas plutôt que de renforcer le pouvoir de ceux qui l’ont déjà. (…) Nous avons eu en direct ce qui essentiel pour moi ; la fracture culturelle gigantesque entre tout le monde d’en haut au sens large et la France périphérique. Ce qui s’est déployé sous nos yeux, ce n’est pas seulement la fracture sociale et territoriale mais plus encore cette fracture culturelle. L’état de sidération de l’intelligentsia française rappelle clairement celle de l’intelligentsia britannique face au Brexit, et cela est la même chose aux Etats-Unis avec l’élection de Donald Trump. Cette sidération a déclenché immédiatement l’emploi des armes de l’antifascisme, parce qu’ils n’ont rien d’autre. Ils ont découvert la dernière tribu d’Amazonie et – incroyable -elle est potentiellement majoritaire. C’est un mouvement très positif, contraire à toute l’analyse intellectuelle qui voit le peuple dans le repli individualiste, qui refuse le collectif, ou dans des termes comme celui de la « droitisation de la société française » alors que les gens demandent des services publics et un État providence. Après, on pointe le fait qu’ils sont contre l’immigration, ce à quoi on peut répondre « comme tout le monde », soit une très large majorité de Français. Le plus important est que nous avons sous les yeux un peuple qui veut faire société et des élites qui ne veulent plus faire société, comme je le disais dans « No Society » (Flammarion). C’est un moment de rupture historique entre un monde d’en haut, intellectuels, politiques, showbiz etc.… qui a peur de son propre peuple. Ils ne veulent plus faire société avec un peuple qu’ils méprisent. C’est la thèse de Christopher Lasch de la « sécession des élites ». On le voit aussi avec le discours anti-média des Gilets jaunes qui ne fait que répondre à 30 ans d’invisibilisation de ces catégories. Les classes populaires n’étaient traitées qu’au travers des banlieues et ils payent aujourd’hui ce positionnement. C’est un mouvement fondamentalement collectif et du XXI siècle. Ce qui est très nouveau, c’est que c’est un mouvement social du « No Society », c’est-à-dire sans représentants, sans intellectuels, sans syndicats, etc. Cela n’est jamais arrivé. Tout mouvement social est accompagné par des intellectuels mais pour la première fois nous ne voyons personne parler en leur nom. Cela révèle 30 ans de sécession du monde d’en haut. Le peuple dit « votre modèle ne fait pas société », tout en disant « nous, majorité, avec un large soutien de l’opinion malgré les violences, voulons faire société ». Et en face, le monde d’en haut, après le mépris, prend peur. Alors que les gens ne font que demander du collectif. (…) Les politiques pensent qu’en agglomérant des minorités ils font disparaître une majorité. Or, les minorités restent des minorités, on peut essayer de les agglomérer, mais cela ne fait pas un tout. Il est très intéressant de suivre l’évolution de la popularité de Donald Trump et d’Emmanuel Macron à ce titre. Trump garde son socle électoral alors que Macron s’est effondré, comme Hollande s’est effondré avant lui. Cela veut dire que l’on peut être élu avec un agglomérat de minorités, cadres supérieurs, minorités ethniques ou sexuelles -c’est à dire la stratégie Terra Nova – et cela peut éventuellement passer avec un bon candidat d’extrême droite en face. Mais cela ne suffit pas. Cela est extrêmement fragile. Quel rapport entre les catégories supérieures boboïsées de Paris et les banlieues précarisées et islamisées qui portent un discours traditionnel sur la société ? Quel rapport entre LGBT et Islam ? Et cela, c’est pour longtemps. Ils n’ont pas compris que les pays occidentaux, précisément parce qu’ils sont devenus multiculturels, vont de plus en plus s’appuyer sur un socle qui va être celui de la majorité relative. L’électorat de Donald Trump est une majorité relative mais cela est malgré tout ce que l’on appelait la classe moyenne dans laquelle des minorités peuvent aussi se reconnaitre. On a présenté les Gilets jaunes comme étant un mouvement de blancs « Ah..ils sont blancs », comme si cela était une surprise de voir des blancs dans les zones rurales françaises. Mais ce que l’on ne voit pas, c’est que beaucoup de Français issus de l’immigration participent à ce mouvement et qu’ils ne revendiquent aucune identité, ils sont totalement dans l’assimilation. Ils font partie d’un tout qui s’appelle la classe moyenne, ou l’ancienne classe moyenne. Le mouvement a été très fort à la Réunion, on voit donc bien que cela n’est pas ethnique. Mais cela a été présenté comme cela parce que cela permettait d’avoir le discours sur l’antiracisme et l’antifascisme. Il y a eu une ostracisation des Gilets jaunes par la gauche bienpensante parce que trop blancs, mais il y aussi eu une mise à l’écart et un mépris très fort de la part de la bourgeoisie de droite. C’est la même posture que vis-à-vis du White Trash américain : ils sont pauvres et ils sont blancs, c’est la honte de la société. (…) La question culturelle et ethnique existe, je veux bien que l’on clive, mais ce qui est intéressant c’est de voir que par exemple qu’un juif de Sarcelles rejette le CRIF ou Bernard-Henri Levy. C’est fondamental parce que cela dé-essentialise la communauté juive. C’est la même fracture que l’on retrouve dans toute la société. De la même manière, les musulmans ne se retrouvent absolument pas plus dans les instances musulmanes que dans Jamel Debbouze. Et à ce propos, ce que l’on voit le plus souvent, c’est que le destin des gens issus des classes populaires qui parviennent à s’élever, c’est de trahir. C’est banalement ce qui se passe parce que cette trahison permet l’adoubement. Edouard Louis fait son livre en ciblant sa propre famille, alors il fait la une des magazines. On a vu le même phénomène aux Etats-Unis avec le livre de J.D. Vance (Hillbilly Elegy), qui est quand même plus intéressant, mais il décrit aussi le « White Trash » en disant que la classe ouvrière américaine n’est quand même pas terrible, qu’ils sont fainéants, qu’ils boivent et qu’ils se droguent, et cela lui a permis d’accéder au New York Times. En rejetant son propre milieu. Je n’ai pas de jugement moral sur les classes populaires, je prends les Français tels qu’ils sont. Je ne demande à personne d’arrêter de penser ce qu’il pense, notamment sur l’immigration. De toute façon cette question va être réglée parce que 80% des Français veulent une régulation, et qu’on ne peut pas penser cette question comme on le faisait dans les années 60, parce que les mobilités ont évolué. La question n’est même plus à débattre. Les gens que je rencontre en Seine Saint Denis qui sont majoritairement d’origine maghrébine ou sub-saharienne veulent l’arrêt de l’immigration dans leurs quartiers. C’est une évidence. Il ne faut pas oublier que les deux candidats de 2017 rejetaient le clivage gauche droite. Les gens se positionnent par rapport à des thématiques comme la mondialisation ou l’État providence, et de moins en moins sur un clivage gauche droite. Aujourd’hui, des gens comme ceux qui sont avec Jean-Luc Mélenchon ou avec Laurent Wauquiez veulent réactiver ce clivage. En faisant cela, ils se mettent dans un angle mort. Gauche et droite sont minoritaires. Jean-Luc Mélenchon a derrière lui la gauche identitaire qui dit – »nous sommes de gauche »- mais cela lui interdit de rayonner sur ce monde populaire. La question est donc celle du débouché politique, mais tout peut aller très vite. L’Italie a basculé en 6 mois. (…) À la fin des années 90, j’avais fait une analyse croisée sur la relance de politique de la ville et les émeutes urbaines. On voyait bien que toutes les émeutes urbaines génèrent une relance des politiques de la ville. La réalité est ce que cela marche. Et surtout, le mouvement des Gilets jaunes n’existerait pas en France et dans le monde sans les violences aux Champs-Élysées. Le New York Times a fait sa Une parce qu’il y avait cela, parce que cela est parfaitement corrélé à ce qu’est la communication aujourd’hui. Il y a cette violence et il faut la condamner. Mais cela veut aussi dire que nous ne sommes plus au XXe siècle. C’est tout le mythe du mouvement social qui est ringardisé. Réunir des gens à République et les faire manifester jusqu’à Bastille avant qu’ils ne rentrent chez eux, c’est fini. C’est aussi une réécriture du mouvement social qui est en train de se réaliser. Christophe Guilluy
La Corse est un territoire assez emblématique de la France périphérique. Son organisation économique est caractéristique de cette France-là. Il n’y a pas de grande métropole mondialisée sur l’île, mais uniquement des villes moyennes ou petites et des zones rurales. Le dynamisme économique est donc très faible, mis à part dans le tourisme ou le BTP, qui sont des industries dépendantes de l’extérieur. Cela se traduit par une importante insécurité sociale : précarité, taux de pauvreté gigantesque, chômage des jeunes, surreprésentation des retraités modestes. L’insécurité culturelle est également très forte. Avant de tomber dans le préjugé qui voudrait que « les Corses soient racistes », il convient de dire qu’il s’agit d’une des régions (avec la PACA et après l’Ile-de-France) où le taux de population immigrée est le plus élevé. Il ne faut pas l’oublier. La sensibilité des Corses à la question identitaire est liée à leur histoire et leur culture, mais aussi à des fondamentaux démographiques. D’un côté, un hiver démographique, c’est-à-dire un taux de natalité des autochtones très bas, et, de l’autre, une poussée de l’immigration notamment maghrébine depuis trente ans conjuguée à une natalité plus forte des nouveaux arrivants. Cette instabilité démographique est le principal générateur de l’insécurité culturelle sur l’île. La question qui obsède les Corses aujourd’hui est la question qui hante toute la France périphérique et toutes les classes moyennes et populaires occidentales au XXIe siècle : « Vais-je devenir minoritaire dans mon île, mon village, mon quartier ? » C’est à la lumière de cette angoisse existentielle qu’il faut comprendre l’affaire du burkini sur la plage de Sisco, en juillet 2016, ou encore les tensions dans le quartier des Jardins de l’Empereur, à Ajaccio, en décembre 2015. C’est aussi à l’aune de cette interrogation qu’il faut évaluer le vote « populiste » lors de la présidentielle ou nationaliste aujourd’hui. En Corse, il y a encore une culture très forte et des solidarités profondes. À travers ce vote, les Corses disent : « Nous allons préserver ce que nous sommes. » Il faut ajouter à cela l’achat par les continentaux de résidences secondaires qui participe de l’insécurité économique en faisant augmenter les prix de l’immobilier. Cette question se pose dans de nombreuses zones touristiques en France : littoral atlantique ou méditerranéen, Bretagne, beaux villages du Sud-Est et même dans les DOM-TOM. En Martinique aussi, les jeunes locaux ont de plus en plus de difficultés à se loger à cause de l’arrivée des métropolitains. La question du « jeune prolo » qui ne peut plus vivre là où il est né est fondamentale. Tous les jeunes prolos qui sont nés hier dans les grandes métropoles ont dû se délocaliser. Ils sont les pots cassés du rouleau compresseur de la mondialisation. La violence du marché de l’immobilier est toujours traitée par le petit bout de la lorgnette comme une question comptable. C’est aussi une question existentielle ! En Corse, elle est exacerbée par le contexte insulaire. Cela explique que, lorsqu’ils proposent la corsisation des emplois, les nationalistes font carton plein chez les jeunes. C’est leur préférence nationale à eux. (…) La condition de ce vote, comme de tous les votes populistes, est la réunion de l’insécurité sociale et culturelle. Les électeurs de Fillon, qui se sont majoritairement reportés sur Macron au second tour, étaient sensibles à la question de l’insécurité culturelle, mais étaient épargnés par l’insécurité sociale. À l’inverse, les électeurs de Mélenchon étaient sensibles à la question sociale, mais pas touchés par l’insécurité culturelle. C’est pourquoi le débat sur la ligne que doit tenir le FN, sociale ou identitaire, est stérile. De même, à droite, sur la ligne dite Buisson. L’insécurité culturelle de la bourgeoisie de droite, bien que très forte sur la question de l’islam et de l’immigration, ne débouchera jamais sur un vote « populiste » car cette bourgeoisie estime que sa meilleure protection reste son capital social et patrimonial et ne prendra pas le risque de l’entamer dans une aventure incertaine. Le ressort du vote populiste est double et mêlé. Il est à la fois social et identitaire. De ce point de vue, la Corse est un laboratoire. L’offre politique des nationalistes est pertinente car elle n’est pas seulement identitaire. Elle prend en compte la condition des plus modestes et leur propose des solutions pour rester au pays et y vivre. Au-delà de l’effacement du clivage droite/gauche et d’un rejet du clanisme historique, leur force vient du fait qu’ils représentent une élite et qu’ils prennent en charge cette double insécurité. Cette offre politique n’a jamais existé sur le continent car le FN n’a pas intégré une fraction de l’élite. C’est même tout le contraire. Ce parti n’est jamais parvenu à faire le lien entre l’électorat populaire et le monde intellectuel, médiatique ou économique. Une société, c’est une élite et un peuple, un monde d’en bas et un monde d’en haut, qui prend en charge le bien commun. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le vote nationaliste et/ou populiste arrive à un moment où la classe politique traditionnelle a déserté, aussi bien en Corse que sur le continent. L’erreur de la plupart des observateurs est de présenter Trump comme un outsider. Ce n’est pas vrai. S’il a pu gagner, c’est justement parce qu’il vient de l’élite. C’est un membre de la haute bourgeoisie new-yorkaise. Il fait partie du monde économique, médiatique et culturel depuis toujours, et il avait un pied dans le monde politique depuis des années. Il a gagné car il faisait le lien entre l’Amérique d’en haut et l’Amérique périphérique. Pour sortir de la crise, les sociétés occidentales auront besoin d’élites économiques et politiques qui voudront prendre en charge la double insécurité de ce qu’était hier la classe moyenne. C’est ce qui s’est passé en Angleterre après le Brexit, ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec Trump, ce qui se passe en Corse avec les nationalistes. Il y a aujourd’hui, partout dans le monde occidental, un problème de représentation politique. Les électeurs se servent des indépendantismes, comme de Trump ou du Brexit, pour dire autre chose. En Corse, le vote nationaliste ne dit pas l’envie d’être indépendant par rapport à la France. C’est une lecture beaucoup trop simpliste. Si, demain, il y a un référendum, les nationalistes le perdront nettement. D’ailleurs, c’est simple, ils ne le demandent pas. (…) [Avec la Catalogne] Le point commun, c’est l’usure des vieux partis, un système représentatif qui ne l’est plus et l’implosion du clivage droite/gauche. Pour le reste, la Catalogne, c’est l’exact inverse de la Corse. Il ne s’agit pas de prendre en charge le bien commun d’une population fragilisée socialement, mais de renforcer des positions de classes et territoriales dans la mondialisation. La Catalogne n’est pas l’Espagne périphérique, mais tout au contraire une région métropole. Barcelone représente ainsi plus de la moitié de la région catalane. C’est une grande métropole qui absorbe l’essentiel de l’emploi, de l’économie et des richesses. Le vote indépendantiste est cette fois le résultat de la gentrification de toute la région. Les plus modestes sont peu à peu évincés d’un territoire qui s’organise autour d’une société totalement en prise avec les fondamentaux de la bourgeoisie mondialisée. Ce qui porte le nationalisme catalan, c’est l’idéologie libérale libertaire métropolitaine, avec son corollaire : le gauchisme culturel et l’« antifascisme » d’opérette. Dans la rhétorique nationaliste, Madrid est ainsi présentée comme une « capitale franquiste » tandis que Barcelone incarnerait l’« ouverture aux autres ». La jeunesse, moteur du nationalisme catalan, s’identifie à la gauche radicale. Le paradoxe, c’est que nous assistons en réalité à une sécession des riches, qui ont choisi de s’affranchir totalement des solidarités nationales, notamment envers les régions pauvres. C’est la « révolte des élites » de Christopher Lasch appliquée aux territoires. L’indépendance nationale est un prétexte à l’indépendance fiscale. L’indépendantisme, un faux nez pour renforcer une position économique dominante. Dans Le Crépuscule de la France d’en haut (*), j’ironisais sur les Rougon-Macquart déguisés en hipsters. Là, on pourrait parler de Rougon-Macquart déguisés en « natios ». Derrière les nationalistes, il y a les lib-lib. (…) L’exemple de la Catalogne préfigure peut-être, en effet, un futur pas si lointain où le processus de métropolisation conduira à l’avènement de cités-Etats. En face, les défenseurs de la nation apparaîtront comme les défenseurs du bien commun. Aujourd’hui, la seule critique des hyperriches est une posture trop facile qui permet de ne pas voir ce que nous sommes devenus, nous : les intellectuels, les politiques, les journalistes, les acteurs économiques, et on pourrait y ajouter les cadres supérieurs. Nous avons abandonné le bien commun au profit de nos intérêts particuliers. Hormis quelques individus isolés, je ne vois pas quelle fraction du monde d’en haut au sens large aspire aujourd’hui à défendre l’intérêt général. (…) [Pour Macron] Le point le plus intéressant, c’est qu’il s’est dégagé du clivage droite/gauche. La comparaison avec Trump n’est ainsi pas absurde. Tous les deux ont l’avantage d’être désinhibés. Mais il faut aussi tenir à l’esprit que, dans un monde globalisé dominé par la finance et les multinationales, le pouvoir du politique reste très limité. Je crois davantage aux petites révolutions culturelles qu’au grand soir. Trump va nous montrer que le grand retournement ne peut pas se produire du jour au lendemain mais peut se faire par petites touches, par transgressions successives. Trump a amené l’idée de contestation du libre-échange et mis sur la table la question du protectionnisme. Cela n’aura pas d’effets à court terme. Ce n’est pas grave car cela annonce peut-être une mutation à long terme, un changement de paradigme. La question est maintenant de savoir qui viendra après Trump. La disparition de la classe moyenne occidentale, c’est-à-dire de la société elle-même, est l’enjeu fondamental du XXIe siècle, le défi auquel devront répondre ses successeurs. (…) On peut cependant rappeler le mépris de classe qui a entouré le personnage de Johnny, notamment via « Les Guignols de l’info ». Il ne faut pas oublier que ce chanteur, icône absolue de la culture populaire, a été dénigré pendant des décennies par l’intelligentsia, qui voyait en lui une espèce d’abruti, chantant pour des « déplorables », pour reprendre la formule de Hillary Clinton. L’engouement pour Johnny rappelle l’enthousiasme des bobos et de Canal+ pour le ballon rond au moment de la Coupe du monde 1998. Le foot est soudainement devenu hype. Jusque-là, il était vu par eux comme un sport d’ « ouvriers buveurs de bière ». On retrouve le même phénomène aux États-Unis avec le dénigrement de la figure du white trash ou du redneck. Malgré quarante ans d’éreintement de Johnny, les classes populaires ont continué à l’aimer. Le virage à 180 degrés de l’intelligentsia ces derniers jours n’est pas anodin. Il démontre qu’il existe un soft power des classes populaires. L’hommage presque contraint du monde d’en haut à ce chanteur révèle en creux l’importance d’un socle populaire encore majoritaire. C’est aussi un signe supplémentaire de l’effritement de l’hégémonie culturelle de la France d’en haut. Les classes populaires n’écoutent plus les leçons de morale. Pas plus en politique qu’en chanson. Christophe Guilluy
En Europe comme aux Etats-Unis, la contestation émerge sur les territoires les plus éloignés des métropoles mondialisées. La « France périphérique » est celle des petites villes, des villes moyennes et des zones rurales. En Grande-Bretagne, c’est aussi la « Grande-Bretagne périphérique » qui a voté pour le Brexit. Attention : il ne s’agit pas d’un rapport entre « urbains » et « ruraux ». La question est avant tout sociale, économique et culturelle. Ces territoires illustrent la sortie de la classe moyenne des catégories qui en constituaient hier le socle : ouvriers, employés, petits paysans, petits indépendants. Ces catégories ont joué le jeu de la mondialisation, elles ont même au départ soutenu le projet européen. Cependant, après plusieurs décennies d’adaptation aux normes de l’économie-monde, elles font le constat d’une baisse ou d’une stagnation de leur niveau de vie, de la précarisation des conditions de travail, du chômage de masse et, in fine, du blocage de l’ascenseur social. Sans régulation d’un libre-échange qui défavorise prioritairement ces catégories et ces territoires, le processus va se poursuivre. C’est pourquoi la priorité est de favoriser le développement d’un modèle économique complémentaire (et non alternatif) sur ces territoires qui cumulent fragilités socio-économiques et sédentarisation des populations. Cela suppose de donner du pouvoir et des compétences aux élus et collectivités de ces territoires. En adoptant le système économique mondialisé, les pays développés ont accouché de son modèle sociétal : le multiculturalisme. En la matière, la France n’a pas fait mieux (ni pire) que les autres pays développés. Elle est devenue une société américaine comme les autres, avec ses tensions et ses paranoïas identitaires. Il faut insister sur le fait que sur ces sujets, il n’y a pas d’un côté ceux qui seraient dans l’ouverture et de l’autre ceux qui seraient dans le rejet. Si les catégories supérieures et éduquées ne basculent pas dans le populisme, c’est parce qu’elles ont les moyens de la frontière invisible avec l’Autre. Ce sont d’ailleurs elles qui pratiquent le plus l’évitement scolaire et résidentiel. La question du rapport à l’autre n’est donc pas seulement posée pour les catégories populaires. Poser cette question comme universelle – et qui touche toutes les catégories sociales – est un préalable si l’on souhaite faire baisser les tensions. Cela implique de sortir de la posture de supériorité morale que les gens ne supportent plus. J’avais justement conçu la notion d’insécurité culturelle pour montrer que, notamment en milieu populaire, ce n’est pas tant le rapport à l’autre qui pose problème qu’une instabilité démographique qui induit la peur de devenir minoritaire et de perdre un capital social et culturel très important. Une peur qui concerne tous les milieux populaires, quelles que soient leurs origines. C’est en partant de cette réalité qu’il convient de penser la question du multiculturalisme. Christophe Guilluy
Pour la première fois, le modèle mondialisé des classes dominantes, dont Hillary Clinton était le parangon, a été rejeté dans le pays qui l’a vu naître. Fidèles à leurs habitudes, les élites dirigeantes déprécient l’expression de la volonté populaire quand elles en perdent le contrôle. Ainsi, les médias, à travers le cas de la Pennsylvanie – l’un des swing states qui ont fait le succès de Trump -, ont mis l’accent sur le refus de mobilité de la working class blanche, les fameux « petits Blancs », comme cause principale de la précarité et du déclassement. Le « bougisme », qui est la maladie de Parkinson de la mondialisation, confond les causes et les conséquences. Il est incapable de comprendre que, selon la formule de Christopher Lasch, « le déracinement déracine tout, sauf le besoin de racines ». L’élection de Trump, c’est le cri de révolte des enracinés du local contre les agités du global. (…) La gauche progressiste n’a eu de cesse, depuis les années 1980, que d’évacuer la question sociale en posant comme postulat que ce n’est pas la pauvreté qui interdit d’accéder à la réussite ou à l’emploi, mais uniquement l’origine ethnique. Pourtant, l’actuelle dynamique des populismes ne se réduit pas à la seule révolte identitaire. En contrepoint de la protestation du peuple-ethnos, il y a la revendication du peuple-démos, qui aspire à être rétabli dans ses prérogatives de sujet politique et d’acteur souverain de son destin. Le populisme est aussi et peut-être d’abord un hyperdémocratisme, selon le mot de Taguieff, une demande de démocratie par quoi le peuple manifeste sa volonté d’être représenté et gouverné selon ses propres intérêts. Or notre postdémocratie oscille entre le déni et le détournement de la volonté populaire. (…) Au XIXe siècle, la bourgeoisie a eu recours à la loi pour imposer le suffrage censitaire. Aujourd’hui, les classes dominantes n’en éprouvent plus la nécessité, elles l’obtiennent de facto : il leur suffit de neutraliser le vote populiste en l’excluant de toute représentation par le mode de scrutin et de provoquer l’abstention massive de l’électorat populaire, qui, convaincu de l’inutilité du vote, se met volontairement hors jeu. Ne vont voter lors des élections intermédiaires que les inclus, des fonctionnaires aux cadres supérieurs, et surtout les plus de 60 ans, qui, dans ce type de scrutin, représentent autour de 35 % des suffrages exprimés, alors qu’ils ne sont que 22 % de la population. Ainsi, l’écosystème de la génération de 68 s’est peu à peu transformé en un egosystème imposé à l’ensemble de la société. Dans notre postdémocratie, c’est le cens qui fait sens et se traduit par une surreprésentation des classes favorisées aux dépens de la France périphérique, de la France des invisibles. (…) On est arrivé à une situation où la majorité n’est plus une réalité arithmétique, mais un concept politique résultant d’une application tronquée du principe majoritaire. Dans l’Assemblée élue en 2012 avec une participation de 55 %, la majorité parlementaire socialiste ne représente qu’un peu plus de 16 % des inscrits. La majorité qui fait et défait les lois agit au nom d’à peine plus de 1 Français sur 6 ! Nous vivons sous le régime de ce qu’André Tardieu appelait déjà avant-guerre le « despotisme d’une minorité légale ». On assiste, avec le système de l’alternance unique entre les deux partis de gouvernement, à une privatisation du pouvoir au bénéfice d’une partitocratie dont la légitimité ne cesse de s’éroder. (…) Plus les partis ont perdu en légitimité, plus s’est imposée à eux l’obligation de verrouiller le système de crainte que la sélection des candidats à l’élection présidentielle ne leur échappe. Avec la crise de la représentation, le système partisan n’a plus ni l’autorité ni la légitimité suffisante pour imposer ses choix sans un simulacre de démocratie. Les primaires n’ont pas d’autre fonction que de produire une nouvelle forme procédurale de légitimation. En pratique, cela revient à remettre à une minorité partisane le pouvoir de construire l’offre politique soumise à l’ensemble du corps électoral. Entre 3 et 4 millions de citoyens vont préorienter le choix des 46 millions de Français en âge de voter. Or la sociologie des électeurs des primaires à droite comme à gauche ne fait guère de doute : il s’agit des catégories supérieures ou moyennes, qui entretiennent avec la classe politique un rapport de proximité. Les primaires auront donc pour effet d’aggraver la crise de représentation en renforçant le poids politique des inclus au moment même où il faudrait rouvrir le jeu démocratique. (…) D’un tel processus de sélection ne peuvent sortir que des produits de l’endogamie partisane, des candidats façonnés par le conformisme de la doxa et gouvernés par l’économisme. Des candidats inaccessibles à la dimension symbolique du pouvoir et imperméables aux legs de la tradition et de l’Histoire nationale. Sarkozy et Hollande ont illustré l’inaptitude profonde des candidats sélectionnés par le système à se hisser à la hauteur de la fonction. Dans ces conditions, il est à craindre que, quel que soit l’élu, l’élection de 2017 ne soit un coup à blanc, un coup pour rien. D’autant que les hommes de la classe dirigeante n’ont ni les repères historiques ni les bases culturelles pour défendre les sociabilités protectrices face aux ravages de la mondialisation. En somme, ils ne savent pas ce qu’ils font parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils défont. Quant au FN, privé de toute espérance du pouvoir, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, il offre un repoussoir utile à la classe dirigeante, qui lui permet de se survivre à bon compte. Il est à ce jour encore la meilleure assurance-vie du système. Patrick Buisson
Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine». Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux Français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer. Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard  va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner. Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens. Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire. Il faut bien avouer que nos élites du PS comme des Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment. La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. (…) Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter! La deuxième solution, défendue par une partie des Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre? Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession. Vincent Coussedière
With their politicization of their victory, their expletive-filled speech, and their publicly expressed contempt for half their fellow citizens, the women of the U.S. women’s soccer team succeeded in endearing themselves to America’s left. But they earned the rest of the country’s disdain, which is sad. We really wanted to love the team. What we have here is yet another example of perhaps the most important fact in the contemporary world: Everything the left touches, it ruins. Dennis Prager
The San Francisco Board of Education recently voted to paint over, and thus destroy, a 1,600-square-foot mural of George Washington’s life in San Francisco’s George Washington High School. Victor Arnautoff, a communist Russian-American artist and Stanford University art professor, had painted “Life of Washington” in 1936, commissioned by the New Deal’s Works Progress Administration. A community task force appointed by the school district had recommended that the board address student and parent objections to the 83-year-old mural, which some viewed as racist for its depiction of black slaves and Native Americans. Nike pitchman and former NFL quarterback Colin Kaepernick recently objected to the company’s release of a special Fourth of July sneaker emblazoned with a 13-star Betsy Ross flag. The terrified Nike immediately pulled the shoe off the market. The New York Times opinion team issued a Fourth of July video about “the myth of America as the greatest nation on earth.” The Times’ journalists conceded that the United States is “just OK.” During a recent speech to students at a Minnesota high school, Rep. Ilhan Omar (D-Minn.) offered a scathing appraisal of her adopted country, which she depicted as a disappointment whose racism and inequality did not meet her expectations as an idealistic refugee. Omar’s family had fled worn-torn Somalia and spent four-years in a Kenyan refugee camp before reaching Minnesota, where Omar received a subsidized education and ended up a congresswoman. The U.S. Women’s National Soccer Team won the World Cup earlier this month. Team stalwart Megan Rapinoe refused to put her hand over heart during the playing of the national anthem, boasted that she would never visit the “f—ing White House” and, with others, nonchalantly let the American flag fall to the ground during the victory celebration. The city council in St. Louis Park, a suburb of Minneapolis, voted to stop reciting the Pledge of Allegiance before its meeting on the rationale that it wished not to offend a “diverse community.” The list of these public pushbacks at traditional American patriotic customs and rituals could be multiplied. They follow the recent frequent toppling of statues of 19th-century American figures, many of them from the South, and the renaming of streets and buildings to blot out mention of famous men and women from the past now deemed illiberal enemies of the people. Such theater is the street version of what candidates in the Democratic presidential primary have been saying for months. They want to disband border enforcement, issue blanket amnesties, demand reparations for descendants of slaves, issue formal apologies to groups perceived to be the subjects of discrimination, and rail against American unfairness, inequality, and a racist and sexist past. In their radical progressive view — shared by billionaires from Silicon Valley, recent immigrants and the new Democratic Party — America was flawed, perhaps fatally, at its origins. Things have not gotten much better in the country’s subsequent 243 years, nor will they get any better — at least not until America as we know it is dismantled and replaced by a new nation predicated on race, class and gender identity-politics agendas. In this view, an “OK” America is no better than other countries. As Barack Obama once bluntly put it, America is only exceptional in relative terms, given that citizens of Greece and the United Kingdom believe their own countries are just as exceptional. In other words, there is no absolute standard to judge a nation’s excellence. About half the country disagrees. It insists that America’s sins, past and present, are those of mankind. But only in America were human failings constantly critiqued and addressed. (…) The traditionalists see American history as a unique effort to overcome human weakness, bias and sin. That effort is unmatched by other cultures and nations, and explains why millions of foreign nationals swarm into the United States, both legally and illegally. (…) If progressives and socialists can at last convince the American public that their country was always hopelessly flawed, they can gain power to remake it based on their own interests. These elites see Americans not as unique individuals but as race, class and gender collectives, with shared grievances from the past that must be paid out in the present and the future. Victor Davis Hanson
There is a ‘try a hijab on’ booth at my college campus. So you’re telling me that it’s now just a fashion accessory and not a religious thing? Or are you just trying to get women used to being oppressed under Islam? I said that it was (getting women used to) being oppressed because there are so many women in Middle Eastern countries that are being punished and stoned for refusing to wear a hijab. Nobody is talking about that in the West because all they see is everyone being at peace, but that is the beauty of America. Kathy Zhu
Did you know the majority of black deaths are caused by other blacks? Fix problems within your own community before blaming others. (…) This applies for every community. If there is a problem, fix things in your own community before lashing out at others and trying to find an issue there. That is all I wanted to say. It is not a problem against black people. Obviously I am not racist or stuff like that. Kathy Zhu
My first act will be to ask Megan Rapinoe to be my secretary of State and thus return “love rather than hate” to the center of America’s foreign policy. Jay Inslee (Washington governor)
The progressive agenda is America’s agenda, and we need to get out there and fight for it! Elizabeth Warren
America is changing. By 2043, we’ll be a nation [that’s] majority people of color, and that’s — that is the game here — that’s what folks don’t want to understand what’s happening in this country. Roland Martin (African-American journalist)
How’d we lose the working class? Ask yourself, what did we do for them? You called them stupid. You marginalized them, took them for granted and you didn’t talk to them. For 20 years, the right wing has invested tremendous amounts of money in talk radio, in television, in every possible platform to be in their ears, before their eyes, and on their minds. And they don’t call them stupid. Rick Smith (talk-show host)
On several polarizing issues, Democrats are refusing to offer the reassurances to moderate opinion that they once did. They’re not saying: We will secure the border and insist on an orderly asylum process, but do it in a humane way; we will protect the right to abortion while working to make it less common; we will protect gun rights while setting sensible limits on them. The old rhetorical guardrails — trust us, there’s a hard stop on how far left we’ll go — are gone. Ramesh Ponnuru
This month, Netroots Nation met in Philadelphia. The choice was no accident. Pennsylvania will probably be the key swing state in 2020. Donald Trump won it by only 44,000 votes or seven-tenths of a percentage point. He lost the prosperous Philadelphia suburbs by more than Mitt Romney did in 2012 but more than made up for it with new support in “left behind” blue-collar areas such as Erie and Wilkes-Barre. You’d think that this history would inform activists at Netroots Nation about the best strategy to follow in 2020. Not really. Instead, Netroots events seemed to alternate between pandering presentations by presidential candidates and a bewildering array of “intersectionality” and identity-politics seminars. Senator Elizabeth Warren pledged that, if elected, she would immediately investigate crimes committed by border-control agents. Julian Castro, a former Obama-administration cabinet member, called for decriminalizing illegal border crossings. But everyone was topped by Washington governor Jay Inslee. “My first act will be to ask Megan Rapinoe to be my secretary of State,” he promised. Naming the woke, purple-haired star of the championship U.S. Women’s Soccer team, he said, would return “love rather than hate” to the center of America’s foreign policy. It is true that a couple of panels tried to address how the Left could appeal to voters who cast their ballots for Barack Obama in 2012 but switched to Trump in 2016. (…)  But that kind of introspection was rare at Netroots Nation. Elizabeth Warren explicitly rejected calls to keep Democrats from moving too far to the left in the next campaign (…) Warren and her supporters point to polls showing that an increasing number of Americans are worried about income inequality, climate change, and America’s image around the world. But are those the issues that actually motivate people to vote, or are they peripheral issues that aren’t central to the decision most voters make? Consider a Pew Research poll taken last year that asked respondents to rank 23 “policy priorities” from terrorism to global trade in order of importance. Climate change came in 22nd out of 23. There is a stronger argument that Democrats will have trouble winning over independent voters if they sprinting so far to the left that they go over a political cliff. (…) Many leftists acknowledge that Democrats are less interested than they used to be in trimming their sails to appeal to moderates. Such trimming is no longer necessary, as they see it, because the changing demographics of the country give them a built-in advantage. Almost everyone I encountered at Netroots Nation was convinced that President Trump would lose in 2020. (…) It’s a common mistake on both the right and the left to assume that minority voters will a) always vote in large numbers and b) will vote automatically for Democrats. Hillary Clinton lost in 2016 in part because black turnout fell below what Barack Obama was able to generate. There is no assurance that black turnout can be restored in 2020. As for other ethnic groups, a new poll by Politico/Morning Consult this month found that Trump’s approval among Hispanics is at 42 percent. An Economist/YouGov poll showed Trump at 32 percent among Hispanics; another poll from The Hill newspaper and HarrisX has it at 35 percent. In 2016, Trump won only 29 to 32 percent of the Hispanic vote. Netroots Nation convinced me that progressive activists are self-confident, optimistic about the chances for a progressive triumph, and assured that a Trump victory was a freakish “black swan” event. But they are also deaf to any suggestion that their PC excesses had anything to do with Trump’s being in the White House. That is apt to be the progressive blind spot going into the 2020 election. John Fund
The immigrant is the pawn of Latin American governments who view him as inanimate capital, someone who represents thousands of dollars in future foreign-exchange remittances, as well as one less mouth to feed at home — if he crosses the border, legality be damned. If that sounds a cruel or cynical appraisal, then why would the Mexican government in 2005 print a comic booklet (“Guide for the Mexican Migrant”) with instructions to its citizens on how best to cross into the United States — urging them to break American law and assuming that they could not read? Yet for all the savagery dealt out to the immigrant — the callousness of his government, the shakedowns of the coyotes and cartels, the exploitation of his labor by new American employers — the immigrant himself is not entirely innocent. He knows — or does not care to know — that by entering the U.S., he has taken a slot from a would-be legal immigrant, one, unlike himself, who played by the rules and waited years in line for his chance to become an American. He knowingly violates U.S. immigration law. And when the first act of an immigrant is to enter the U.S. illegally, the second to reside there unlawfully, and the third so often to adopt false identities, he undermines American law on the expectation that he will receive exemptions not accorded to U.S. citizens, much less to other legal immigrants. In terms of violations of federal law, and crimes such as hit-and-run accidents and identity theft, the illegal immigrant is overrepresented in the criminal-justice system, and indeed in federal penitentiaries. Certainly, no Latin American government would allow foreigners to enter, reside, and work in their own country in the manner that they expect their own citizens to do so in America. Historically, the Mexican constitution, to take one example, discriminates in racial terms against both the legal and illegal immigrants, in medieval terms of ethnic essence. Some $30 billion in remittances are sent back by mostly illegal aliens to Central American governments and roughly another $30 billion to Mexico. But the full implications of that exploitation are rarely appreciated. Most impoverished illegal aliens who send such staggering sums back not only entered the United States illegally and live here illegally, but they often enjoy some sort of local, state, or federal subsidy. They work at entry-level jobs with the understanding that they are to scrimp and save, with the assistance of the American taxpayer, whose laws they have shredded, so that they can send cash to their relatives and friends back home. In other words, the remitters are like modern indentured servants, helots in hock to their governments that either will not or cannot help their families and are excused from doing so thanks to such massive remittances. In sum, they promote illegal immigration to earn such foreign exchange, to create an expatriate community in the United States that will romanticize a Guatemala or Oaxaca — all the more so,  the longer and farther they are away from it. Few of the impoverished in Mexico paste a Mexican-flag sticker on their window shield; many do so upon arrival in the United States. Illegal immigration is a safety valve, by which dissidents are thanked for marching north rather than on their own nations’ capitals. Latin American governments really do not care that much that their poor are raped while crossing the Mexican desert, or sold off by the drug cartels, or that they drown in the Rio Grande, but they suddenly weep when they reach American detention centers — a cynicism that literally cost hundreds their lives. America is increasingly becoming not so much a nonwhite nation as an assimilated, integrated, and intermarried country. Race, skin color, and appearance, if you will, are becoming irrelevant. The construct of “Latino” — Mexican-American? Portuguese? Spanish? Brazilian? — is becoming immaterial as diverse immigrants soon cannot speak Spanish, lose all knowledge of Latin America, and become indistinguishable in America from the descendants of southern Europeans, Armenians, or any other Mediterranean immigrant group. In other words, a Lopez or Martinez was rapidly becoming as relevant or irrelevant in terms of grievance politics, or perceived class, as a Pelosi, Scalise, De Niro, or Pacino. If Pelosi was named “Ocasio-Cortez” and AOC “Pelosi,” then no one would know, or much care, from their respective superficial appearance, who was of Puerto Rican background and who of Italian ancestry. Such a melting-pot future terrifies the ethnic activists in politics, academia, and the media who count on replenishing the numbers of unassimilated “Latinos,” in order to announce themselves the champions of collective grievance and disparity and thereby find careerist advantage. When 1 million of some of the most impoverished people on the planet arrive without legality, a high-school diploma, capital, or English, then they are likely to remain poor for a generation. And their poverty then offers supposed proof that America is a nativist or racist society for allowing such asymmetry to occur — a social-justice crime remedied best the by Latino caucus, the Chicano-studies department, the La Raza lawyers association, or the former National Council of La Raza. Yet, curb illegal immigration, and the entire Latino race industry goes the way of the Greek-, Armenian-, or Portuguese-American communities that have all found parity once massive immigration of their impoverished countrymen ceased and the formidable powers of the melting pot were uninterrupted. Democrats once were exclusionists — largely because they feared that illegal immigration eroded unionization and overtaxed the social-service resources of their poor citizen constituents. Cesar Chavez, for example, sent his thugs to the border to club illegal aliens and drive them back into Mexico, as if they were future strike breakers. Until recently, Barack Obama and Hillary Clinton called for strict border enforcement, worried that the wages of illegal workers were driving down those of inner-city or barrio American youth. What changed? Numbers. Once the pool of illegal aliens reached a likely 20 million, and once their second-generation citizen offspring won anchor-baby legality and registered to vote, a huge new progressive constituency rose in the American Southwest — one that was targeted by Democrats, who alternately promised permanent government subsidies and sowed fears with constant charges that right-wing Republicans were abject racists, nativists, and xenophobes. Due to massive influxes of immigrants, and the flight of middle-class citizens, the California of Ronald Reagan, George Deukmejian, and Pete Wilson long ago ceased to exist. Indeed, there are currently no statewide Republican office-holders in California, which has liberal supermajorities in both state legislatures and a mere seven Republicans out of 53 congressional representatives. Nevada, New Mexico, and Colorado are becoming Californized. Soon open borders will do the same to Arizona and Texas. No wonder that the Democratic party has been willing to do almost anything to become the enabler of open borders, whether that is setting up over 500 sanctuary-city jurisdictions, suing to block border enforcement in the courts, or extending in-state tuition, free medical care, and driver’s licenses to those who entered and reside in America illegally. If most immigrants were right-wing, middle-class, Latino anti-Communists fleeing Venezuela or Cuba, or Eastern European rightists sick of the EU, or angry French and Germans who were tired of their failed socialist governments, the Democratic party would be the party of closed borders and the enemy of legal, meritocratic, diverse, and measured immigration. Employers over the past 50 years learned fundamental truths about illegal immigrants. The impoverished young male immigrant, arriving without English, money, education, and legality, will take almost any job to survive, and so he will work all the harder once he’s employed. For 20 years or so, young immigrant workers remain relatively healthy. But once physical labor takes its toll on the middle-aged immigrant worker, the state always was expected to step in to assume the health care, housing, and sustenance cost of the injured, ill, and aging worker — thereby empowering the employer’s revolving-door use of a new generation of young workers. Illegality — at least until recently, with the advent of sanctuary jurisdictions — was seen as convenient, ensuring asymmetry between the employee and the employer, who could always exercise the threat of deportation for any perceived shortcoming in his alien work force. Note that those who hire illegal aliens claim that no Americans will do such work, at least at the wages they are willing to, or can, pay. That is the mea culpa that employers voice when accused of lacking empathy for out-of-work Americans. If employers were fined for hiring illegal aliens, or held financially responsible for their immigrant workers’ health care and retirements, or if they found that such workers were not very industrious and made poor entry-level laborers, then both the Wall Street Journal and the Chamber of Commerce would be apt to favor strict enforcement of immigration laws.  Wealthy progressives favor open borders and illegal immigration for a variety of reasons. The more immigrants, the cheaper, more available, and more industrious are nannies, housekeepers, caregivers, and gardeners — the silent army that fuels the contemporary, two-high-income, powerhouse household. Championing the immigrant poor, without living among them and without schooling one’s children with them or socializing among them, is the affluent progressive’s brand. And to the degree that the paradox causes any guilt, the progressive virtue-signals his loud outrage at border detentions, at separations between parents in court and children in custody, and at the contrast between the burly ICE officers and vulnerable border crossers. In medieval fashion, the farther the liberal advocate of open borders is from the objects of his moral concern, the louder and more empathetic he becomes. Most progressives also enjoy a twofer: inexpensive immigrant “help” and thereby enough brief exposure to the Other to authenticate their 8-to-5 caring. If border crossers were temporarily housed in vacant summer dorms at Stanford, Harvard, or Yale, or were accorded affordable-housing tracts for immigrant communities in the vast open spaces of Portola Valley and the Boulder suburbs, or if immigrant children were sent en masse to language-immersion programs at St. Paul’s, Sidwell Friends, or the Menlo School, then the progressive social-justice warrior would probably go mute. Victor Davis Hanson
Libéralisme économique et libéralisme culturel sont les deux faces d’une même monnaie. Les libertaires favorables à l’extension infinie des droits individuels et à la destruction des « structures » traditionnelles (famille, nation) font le jeu du libéralisme économique, puisque celui-ci se déploie sur et par la dilution des sentiments d’appartenances (nation, famille, corporations) qui laisse l’individu isolé. À l’inverse, la recherche permanente du profit amène à marchandiser ce qui, dans la philosophie kantienne, ne devait pas l’être dans la mesure où l’objet avait une dignité – Pour Emmanuel Kant, « tout a un prix ou une dignité » alors que pour Adam Smith « tout a un prix ». Le marché, quand il n’est pas contenu, fait partout son intrusion et remodèle les structures selon ses besoins. Dans leurs livres, Christopher Lasch et, après lui, Jean-Claude Michéa – s’en sont donc logiquement pris à la gauche, et à la matrice dont elle est issue, la philosophie des Lumières dont le programme d’émancipation individuelle par la Raison universelle se fait au mépris de la tradition. (…) Le détachement aussi bien social, économique que géographique, qui est aujourd’hui celui des élites par rapport aux modes de vie et aux préoccupations populaires, met en péril la démocratie américaine. La méritocratie leur sert à justifier leur pouvoir et leur isolement. Le populisme, au contraire, offre selon Christopher Lasch une alternative à la fois à l’État-providence et au Marché. Il s’appuie sur les communautés, fondements de la démocratie américaine, plutôt que sur les individus. (…) La vie civique est détériorée parce que l’ »art de la controverse » a été perdu : le journalisme est devenu « objectif », le milieu universitaire s’est coupé du réel et l’école a été isolée de ce qui enflamme les imaginations (religion, politique). Les lieux-tiers comme les quartiers, situés entre la famille et le monde extérieur, ont subi les assauts du marché et les intrusions de l’État. (…) La religion est reléguée dans la « coulisse du débat public », ce qui signifie pour Christopher Lasch la sécularisation des États-Unis. Les élites américaines estiment que notre époque est sortie de l’enfance de l’humanité, associée à la religion – elle-même confondue avec la superstition. Elles se signalent par leur refus des limites. Elles vivent dans l’ »illusion de la maîtrise » de son destin et du monde. Substituts à la religion, la psychanalyse – bien qu’utilisée par Christopher Lasch dans ses travaux -, la médecine contemporaine qui promet de guérir tous les maux, ou encore la politique multiculturaliste, souhaitent toutes en finir avec la honte et la culpabilité au nom de « l’estime de soi ». La maladie a remplacé le péché dans la nouvelle « religion » des élites qui ne mérite pas ce nom. Christopher Lasch préfère la désigner comme un « pharisianisme laïc » (…) Comme Christopher Lasch l’écrit lui-même : « d’une façon ou d’une autre, l’essentiel de mes travaux récents tourne autour de la question de l’avenir possible de la démocratie ». La parution de La révolte des élites est postérieure à la théorie de Francis Fukuyama selon laquelle la chute de l’URSS acte la fin de l’Histoire et provoquerait l’extension du modèle de la démocratie libérale au monde. Plutôt que de réfléchir à l’extension ou non de ce modèle, Christopher Lasch interroge cette démocratie américaine telle qu’elle est ou, plutôt, telle qu’elle est dévoyée à ses yeux, en s’appuyant sur la tradition états-unienne (les Pères fondateurs, le populisme, Abraham Lincoln etc.). La thèse de Christopher Lasch – le lecteur s’en rend très rapidement compte – s’applique aussi à l’Europe occidentale. Le constat fait par l’historien au début de son essai nous est familier : « le déclin de l’activité industrielle et la perte d’emplois qui en résulte ; le recul de la classe moyenne ; l’augmentation du nombre des pauvres ; le taux de criminalité qui monte en flèche ; le trafic de stupéfiants en plein essor ; la crise urbaine ». Il n’est pas anodin que l’on ait parlé de révolte des peuples contre les élites quand les partisans du Brexit ont gagné le référendum, et après l’élection de Donald Trump – la géographie électorale a alors montré combien les votes étaient corrélés au niveau de diplômes. La trahison des élites est une expression qui a aussi servi à qualifier la ratification en 2007 par les parlementaires français du traité de Lisbonne, alors que le projet pour une Constitution européenne (TCE) avait été rejeté par référendum en 2005. Le taux d’abstention aux élections est aussi compris comme un détachement des élites des préoccupations des gens ordinaires, soit exactement l’analyse faite par Christopher Lasch dans son livre. « Jamais, selon lui, la classe privilégiée n’a été aussi dangereusement isolée de son environnement ». Il décrit le « fatal éloignement du côté physique de la vie » des classes intellectuelles. « Leur seul rapport avec le travail productif, déplore Christopher Lasch, est en tant que consommateur ». L’historien et sociologue définit ces élites comme les personnes qui « contrôlent les flux internationaux d’argent et d’informations, président aux fondations philanthropiques et aux institutions d’enseignements supérieurs (…) gèrent les instruments de la production culturelle et fixent ainsi les termes du débat public » (directeurs de journaux, hommes politiques, dirigeants de grandes entreprises, universitaires etc.). Elles travaillent aussi bien dans le public que dans le privé et concentrent les avantages financiers, d’éducation et de pouvoir. La bourgeoisie aisée constitue le cœur de ces élites. Pour l’ancien marxiste qu’est Christopher Lasch, la lutte des classes est encore une réalité. L’ambition politique défendue dans son livre correspond à ce qui est d‘après lui l’idéal originel américain d’une société sans classe. Il est étonnant, néanmoins, de ne pas trouver dans cet essai un long développement sur ce que Jacques Ellul, l’un des « maîtres » de Christopher Lasch, appelait le « système technicien »¹¹. L’historien et sociologue, dans son analyse, met bien plus l’accent sur les modes de vie et les évolutions urbaines. (…) Les élites américaines ciblées par Christopher Lasch se définissent moins par leur idéologie, que par leur mode de vie distinctif. Sans vision politique commune, elles ne peuvent pas, d’après lui, être qualifiées de « classe dirigeante ». Elles cherchent moins à commander qu’à « échapper au sort commun » et à la « vie commune ». Elles vivent repliées sur elles-mêmes. Alors qu’ils contribuaient auparavant – souvent de façon intéressée, certes- au financement des équipements de la communauté (bibliothèques, hôpitaux, universités etc.), les 20% les plus riches de la population se rendent aujourd’hui indépendants « non seulement des grandes villes industrielles en pleine déconfiture », du fait notamment de la globalisation, « mais des services publics en général », qu’ils n’utilisent plus. Ils investissent en masse dans l’éducation et l’information plutôt que dans la propriété. Leur argent leur permet de se constituer des ghettos volontaires : ils monopolisent les collèges et universités les plus célèbres où est encore transmise la culture humaniste et ils ont recours à des services de ramassage de déchets ainsi qu’à des sociétés de sécurité privées. Coupées de la solidarité nationale économique (la fraude fiscale des entreprises dites « multinationales » en est un exemple), les élites le sont aussi de la solidarité politique. La plupart des personnes qui font partie des élites ont « cessé de se penser américains » ou de se sentir « impliquées dans le destin de l’Amérique pour le meilleur et pour le pire ». Le sujet central du livre de Christopher Lasch, la démocratie, se confond en fait en bonne partie avec celui de la nation, dont les élites pensent qu’elle est un cadre obsolète et contraignant. Un tel détachement des élites, de la nation et du peuple, implique une dangereuse déresponsabilisation. Il en est la cause directe. (…) Comme l’homme-masse de Ortega y Gasset, les élites sont inconséquentes à l’égard des générations futures, elles exigent des droits plutôt que d’être exigeantes envers elles-mêmes. En se disant « citoyens du monde », elles séparent la citoyenneté de la nationalité et se déchargent donc de leurs obligations civiques. La fracture sociale décrite et analysée par l’auteur est aussi une fracture géographique. Aux yeux des élites, qui vivent majoritairement sur les côtes du pays, l’« Amérique du milieu », est un fardeau obscurantiste, rétrograde car rétif à l’esprit émancipateur des Lumières, en tout cas à l’idée qu’elles s’en font. (…) Si les élites s’emploient à « créer des institutions parallèles ou alternatives », c’est parce qu’elles ne cherchent pas à « imposer leurs valeurs à la majorité (qu’elles perçoivent comme incorrigiblement raciste, sexiste, provinciale et xénophobe) » et « encore moins à (la) persuader au moyen d’un débat public rationnel » (puisque la majorité, selon les élites, n’est pas raisonnable ni rationnelle). Ici est la limite de leur optimisme progressiste. La vie de la majorité n’en est pas moins, évidemment, bouleversée par les décisions prises par les élites politique, médiatique, universitaire et économique. Christopher Lasch qualifie de « touristique » la vision du monde des élites qu’il décrit. « Ce qui, ajoute-t-il, a peu de chances d’encourager un amour passionné pour la démocratie ». Leur idéal est celui de la mobilité. Elles se meuvent dans les réseaux internationaux, plutôt qu’elles ne s’inscrivent dans des lieux. « Jamais, souligne l’auteur, la réussite n’a été plus étroitement associée à la mobilité ». Elles participent ainsi, malgré elles, à faire surgir en réaction ce que Christopher Lasch appelle un nouveau « tribalisme ». Vingt ans après la parution de la Révolte des élites, ce constat est plus vrai que jamais. Les infra-nationalismes, dont la Catalogne est une des illustrations, relèvent de ce même processus de fragmentation. (…) S’il relativise exagérément le danger islamiste, Christopher Lasch s’inquiète cependant du multiculturalisme promu par les élites. Elles en ont une image là aussi touristique, celle du « bazar » qui met à leur portée les vêtements et cuisines les plus diverses du monde. Une telle conception biaise leur approche de la démocratie. L’État, selon les élites, a pour mission de démocratiser « l’estime de soi ». Des mesures dites « tolérantes », comme la discrimination positive, sont prises au nom de la diversité pour réparer le préjudice qu’auraient subi dans l’histoire les minorités, qu’elles soient ethniques ou sexuelles. Le « sociétal » efface les rapports de classe. Selon Christopher Lasch, une telle politique déresponsabilise et assiste ces minorités au lieu de les inciter à gagner « le respect ». Elle favorise la formation de parodies de communautés, caractérisées par un « entre-soi » sectaire. Des critères comme l’ethnie et le sexe y conditionnent les opinions. Si une personne en dévie, elle devient un traître à sa cause – elle est par exemple accusée de « penser blanc ». Christopher Lasch a ce mot terrible : « nous sommes devenus aujourd’hui une nation de minorités ». Il note très justement que ces communautés, substituts pour la gauche à la classe ouvrière, « ne cherchent plus à transformer révolutionnairement les rapports sociaux mais à intégrer les structures dominantes ». Ladite classe ouvrière a été sacrifiée sur l’autel du libéralisme promu par les élites américaines. Elles sont libérales, dans les deux sens du mot : pour la marchandisation croissante du monde et pour une prétendue « libération » sur le plan des mœurs. Un tel programme idéologique affaiblit l’État-nation « par le haut », au sens où par exemple la globalisation transfère le pouvoir du politique vers les multinationales, et par « le bas », les discours différentialistes générant du communautarisme. La fragilisation de l’État-nation provoque, d’une part, une unification du monde par le marché et le droit, et, d’autre part, une fragmentation identitaire et ethnique. Christopher Lasch estime qu’elle est profondément liée à l’effondrement de la classe moyenne sans laquelle il n’y aurait pas eu d’État-nation. C’est pourquoi ce qui reste de la classe moyenne aux États-Unis, au moment où Christopher Lasch écrit, est l’ « élément le plus patriote, pour ne pas dire chauvin et militariste de la société ». Laurent Ottavi
Lasch n’a jamais fait mystère de sa dette envers l’héritage protestant et l’étude de la théologie protestante dans la formulation de sa philosophie de l’espérance. Ce que lui ont apporté des théologiens comme Jonathan Edwards ou Reinhold Niebuhr, et des penseurs comme Emerson ou William James peut être résumé dans l’idée que l’espérance est la prédisposition mentale de ceux qui persistent à vouloir croire, envers et contre tout, dans l’infinie bonté de la vie, même en présence des preuves du contraire, et «dans la justice, la conviction que l’homme mauvais souffrira, que les hommes mauvais retrouveront le droit chemin, que l’ordre qui sous-tend le cours des évènements n’a rien à voir avec l’impunité». Et il n’est pas anodin que, se sachant condamné, Lasch ait consacré les deux derniers chapitres de son dernier livre à la religion dans lesquels il rappelle que, face à l’hybris technologique et l’illusion de la maîtrise totale, seule une vision religieuse de l’existence nous rappelle à notre nature divisée d’être «dépendant de la nature et en même temps incapable de la transcender», d’ «humanité oscill[ant] entre une fierté transcendante et un sentiment humiliant de faiblesse et de dépendance». À l’opposé de l’obsession de la certitude au détriment de la réalité du monde des démiurges de la Silicon Valley ou des gnostiques New Age, Lasch écrit que c’est «à la croyance douillette d’une coïncidence entre les fins du Tout-Puissant et nos fins purement humaines que la foi religieuse nous demande de renoncer». Seul ce sens des limites peut nous amener à réinvestir le monde par une «activité pratique qui lie l’homme à la nature en qualité de cultivateur soigneux». En d’autres termes, en fondant une éthique de l’attention au monde, comme nous y exhorte Matthew Crawford, sans doute le continuateur le plus juste de l’œuvre de Lasch. (…) Lasch avait très bien analysé avant la lettre le phénomène Trump au travers de la nouvelle droite, ou conservatisme de mouvement, incarnés successivement par Barry Goldwater ou Reagan. Tout comme ces derniers, Trump est parvenu à formuler un récit bien plus cohérent qu’il n’y paraît à partir de questions comme la crise des opiacés, les délocalisations, l’immigration, la menace chinoise et à s’en servir pour «diriger le ressentiment “petit bourgeois” à l’endroit des riches vers une “nouvelle classe” parasitaire constituée par des spécialistes de la résolution des problèmes et des relativistes moraux», afin d’en appeler aux «producteurs de l’Amérique» à se mobiliser autour de leur «intérêt économique commun» pour «limiter le développement de cette nouvelle classe non productive, rapace». Ainsi, concluait Lasch, le grand génie de la nouvelle droite était d’avoir retourné à son profit «les classifications sociales imprégnées de la tradition populiste – producteurs et parasitaires- et à les mettre au service de programmes sociaux et politiques directement opposés à tout ce que le Populisme avait toujours signifié». La différence est que Reagan est arrivé à la Maison Blanche au début de la contre-révolution monétariste, qui inaugurait la spécialisation de l’économie US dans le recyclage des surplus de la planète, alors que Trump arrive à un moment ou cette politique ininterrompue depuis la fin des années 1970 ne laisse qu’un champ de ruines, ce qui explique leurs divergences sur la question du commerce international. L’élection de Reagan était concomitante de l’entrée des États-Unis dans la période d’exubérance financière que connaissent tous les centres de l’économie-monde lorsqu’ils entament une phase de financiarisation, alors que celle de Trump est intervenue près de 10 ans après le début de la crise terminale de ce que Giovanni Arrighi appelait le long vingtième siècle ou siècle américain. Mais sur le fond, Trump n’est qu’un avatar actualisé de Reagan, allant d’ailleurs jusqu’à reprendre exactement le même slogan que ce dernier dans sa campagne victorieuse de 1980. (..) Récupéré sélectivement par des idéologues aux marges du parti républicain, comme Steve Bannon, qui a fait de La révolte des élites un de ses livres de chevet, Lasch est pour l’essentiel absent du paysage intellectuel engagé à gauche, à l’exception de The Baffler dans lequel officient des auteurs comme George Scialabba ou Thomas Frank. Il est tout aussi ignoré par les mouvements regroupés autour de Sanders, en raison de sa critique du progrès, qui le rend inaudible à leurs oreilles, et de leur tropisme en faveur d’une social-démocratie scandinave. C’est regrettable, car Lasch incarne un vrai socialisme à l’américaine, une sorte de proudhonisme américain, qui exhorte la gauche à chercher à s’allier, non pas avec les «médias de masse et les autres entreprises d’homogénéisation culturelle, ni avec la vision d’une société sans pères, et sans passé […] mais avec les forces qui, dans la vie moderne, résistent à l’assimilation, au déracinement et à la “modernisation forcée”». Mais, paraphrasant Simon Leys à propos d’Orwell, la gauche américaine, en persistant dans sa béatitude progressiste et sa perception simpliste et commode du capitalisme comme un système patriarcal, vertical et autoritaire, ne fait au fond que reproduire avec Lasch les mêmes erreurs qui l’ont poussée régulièrement à se laisser scandaleusement confisquer ses plus puissants penseurs. Renaud Beauchard
Naguère, c’était “la révolte des masses” qui était considérée comme la menace contre l’ordre social et la tradition civilisatrice de la culture occidentale. De nos jours, cependant, la menace principale semble provenir de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie sociale et non pas des masses. Christopher Lasch
Many of the more privileged Americans who frequent fancy restaurants, stay in hotels and depend on hired help for lawn and pool maintenance, home repair and childcare don’t think illegal immigration is that big of a deal. Those in the higher-paid professions do not fear low-wage competition for their jobs in law, medicine, academia, the media, government or the arts. And many who have no problem with the present influx live in affluent communities with good schools insulated from the immediate budgetary consequences of meeting the needs of the offspring of the 11 million here illegally. These wealthier people aren’t so much liberal in their tolerance of illegal immigration as they are self-interested and cynical. In contrast, the far more numerous poor and lower middle classes of America, especially in the Southwest, are sincerely worried — and angry. (…) For the broad middle class, the poor and minorities — people who dine mostly at home, travel infrequently, mow their own lawns and change their children’s diapers — inexpensive service labor is not seen as much of a boon to them. Plus, lower- and middle-class Americans live in communities where schools are more impacted by an influx of Spanish-only speakers. And as janitors, maids, groundskeepers, carpenters, factory workers and truckers, they fear competition from lower-wage illegal alien laborers. Legal immigrants who wait years in line to enter the United States legally can be particularly unsympathetic to others who cut in front — in violation of the law. Victor Davis Hanson (October 6, 2006)
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Who are the bigots — the rude and unruly protestors who scream and swarm drop-off points and angrily block immigration authority buses to prevent the release of children into their communities, or the shrill counter-protestors who chant back “Viva La Raza” (“Long Live the Race”)? For that matter, how does the racialist term “La Raza” survive as an acceptable title of a national lobby group in this politically correct age of anger at the Washington Redskins football brand? How can American immigration authorities simply send immigrant kids all over the United States and drop them into communities without firm guarantees of waiting sponsors or family? If private charities did that, would the operators be jailed? Would American parents be arrested for putting their unescorted kids on buses headed out of state? Liberal elites talk down to the cash-strapped middle class about their illiberal anger over the current immigration crisis. But most sermonizers are hypocritical. Take Nancy Pelosi, former speaker of the House. She lectures about the need for near-instant amnesty for thousands streaming across the border. But Pelosi is a multimillionaire, and thus rich enough not to worry about the increased costs and higher taxes needed to offer instant social services to the new arrivals. Progressives and ethnic activists see in open borders extralegal ways to gain future constituents dependent on an ever-growing government, with instilled grudges against any who might not welcome their flouting of U.S. laws. How moral is that? Likewise, the CEOs of Silicon Valley and Wall Street who want cheap labor from south of the border assume that their own offspring’s private academies will not be affected by thousands of undocumented immigrants, that their own neighborhoods will remain non-integrated, and that their own medical services and specialists’ waiting rooms will not be made available to the poor arrivals. … What a strange, selfish, and callous alliance of rich corporate grandees, cynical left-wing politicians, and ethnic chauvinists who have conspired to erode U.S. law for their own narrow interests, all the while smearing those who object as xenophobes, racists, and nativists. Victor Davis Hanson
For the last two decades, Apple, Google, Amazon and other West Coast tech corporations have been untouchable icons. They piled up astronomical profits while hypnotizing both left-wing and right-wing politicians. (…) If the left feared that the tech billionaires were becoming robber barons, they also delighted in the fact that they were at least left-wing robber barons. Unlike the steel, oil and coal monopolies of the 19th century that out of grime and smoke created the sinews of a growing America, Silicon Valley gave us shiny, clean, green and fun pods, pads and phones. As a result, social media, internet searches, texts, email and other computer communications were exempt from interstate regulatory oversight. Big Tech certainly was not subject to the rules that governed railroads, power companies, trucking industries, Wall Street, and television and radio. But attitudes about hip high-tech corporations have now changed on both the left and right. Liberals are under pressure from their progressive base to make Silicon Valley hire more minorities and women. Progressives wonder why West Coast techies cannot unionize and sit down for tough bargaining with their progressive billionaire bosses. Local community groups resent the tech giants driving up housing prices and zoning out the poor from cities such as Seattle and San Francisco. Behind the veneer of a cool Apple logo or multicolored Google trademark are scores of multimillionaires who live one-percenter lifestyles quite at odds with the soft socialism espoused by their corporate megaphones. (…) Instead of acting like laissez-faire capitalists, the entrenched captains of high-tech industry seem more like government colluders and manipulators. Regarding the high-tech leaders’ efforts to rig their industries and strangle dissent, think of conniving Jay Gould or Jim Fisk rather than the wizard Thomas Edison. (…) The public so far has welcomed the unregulated freedom of Silicon Valley — as long as it was truly free. But now computer users are discovering that social media and web searches seem highly controlled and manipulated — by the whims of billionaires rather than federal regulators. (…) For years, high-tech grandees dressed all in hip black while prancing around the stage, enthralling stockholders as if they were rock stars performing with wireless mics. Some wore jeans, sneakers, and T-shirts, making it seem like being worth $50 billion was hipster cool. But the billionaire-as-everyman shtick has lost his groove, especially when such zillionaires lavish their pet political candidates with huge donations, seed lobbying groups and demand regulatory loopholes. Ten years ago, a carefree Mark Zuckerberg seemed cool. Now, his T-shirt get-up seems phony and incongruous with his walled estates and unregulated profiteering. (…) Why are high-tech profits hidden in offshore accounts? Why is production outsourced to impoverished countries, sometimes in workplaces that are deplorable and cruel? Why does texting while driving not earn a product liability suit? Victor Davis Hanson
Tout ce que demande aujourd’hui le Kansas, c’est qu’on lui donne un petit coup de main pour se clouer à sa croix d’or.(…) Votez pour interdire l’avortement et vous aurez une bonne réduction de l’impôt sur le capital (…). Votez pour faire la nique à ces universitaires politiquement corrects et vous aurez la déréglementation de l’électricité (…). Votez pour résister au terrorisme et vous aurez la privatisation de la sécurité sociale. Thomas Frank
One of the reasons that inequality has probably gone up in our society is that people are being treated closer to the way that they’re supposed to be treated. Larry Summers
Purity of thought — mental cleansing of all possible bias — is demanded of the populace. (…) We were living in a form of dictatorship without knowing it . . . a dictatorship of elite moral narcissists who decided between right and wrong . . . before we could even begin to evaluate the facts for ourselves. Roger L. Simon
Tout ce que demande aujourd’hui le Kansas, c’est qu’on lui donne un petit coup de main pour se clouer à sa croix d’or.(…) Votez pour interdire l’avortement et vous aurez une bonne réduction de l’impôt sur le capital (…). Votez pour faire la nique à ces universitaires politiquement corrects et vous aurez la déréglementation de l’électricité (…). Votez pour résister au terrorisme et vous aurez la privatisation de la sécurité sociale. Thomas Frank
Nothing is more characteristic of the liberal class than its members’ sense of their own elevated goodness.” The liberals’ need to repeatedly signal their virtue has become ever more tortured, as with the “civil rights” struggle for gender-neutral bathrooms. Thomas Frank
In his new book, the social critic Thomas Frank ­poses another possibility: that liberals in general — and the Democratic Party in particular — should look inward to understand the sorry state of American politics. Too busy attending TED talks and ­vacationing in Martha’s Vineyard, Frank argues, the Democratic elite has abandoned the party’s traditional commitments to the working class. In the process, they have helped to create the political despair and anger at the heart of today’s right-wing insurgencies. They may also have sown the seeds of their own demise. (…) Frank has been delivering some version of this message for the past two decades as a political essayist and a founding editor of The Baffler magazine. “Listen, Liberal” is the thoroughly entertaining if rather gloomy work of a man who feels that nobody has been paying attention. Frank’s most famous book, “What’s the Matter With Kansas?” (2004), argued that Republicans had duped the white working class by pounding the table on social issues while delivering tax cuts for the rich. He focused on Kansas as the reddest of red states (and, not incidentally, the place of his birth). This time Frank is coming for the Ivy League blue-state liberals, that “tight little network of enlightened strivers” who have allegedly been running the country into the ground. Think of it as “What’s the Matter With Massachusetts?” Frank’s book is an unabashed polemic, not a studious examination of policy or polling trends. In Frank’s view, liberal policy wonks are part of the problem, members of a well-educated elite that massages its own technocratic vanities while utterly missing the big question of the day.  (…) As Frank notes, today some people are living much better than others — and many of those people are not Republicans. Frank delights in skewering the sacred cows of coastal liberalism, including private universities, bike paths, microfinance, the Clinton Foundation, “well-meaning billionaires” and any public policy offering “innovation” or “education” as a solution to inequality. He spends almost an entire chapter mocking the true-blue city of Boston, with its “lab-coat and starched-shirt” economy and its “well-graduated” population of overconfident collegians. Behind all of this nasty fun is a serious political critique. Echoing the historian Lily Geismer, Frank argues that the Democratic Party — once “the Party of the People” — now caters to the interests of a “professional-managerial class” consisting of lawyers, doctors, professors, scientists, programmers, even investment bankers. These affluent city dwellers and suburbanites believe firmly in meritocracy and individual opportunity, but shun the kind of social policies that once gave a real leg up to the working class. In the book, Frank points to the Democrats’ neglect of organized labor and support for Nafta as examples of this sensibility, in which “you get what you deserve, and what you deserve is defined by how you did in school.”  (…) The problem, in Frank’s view, is not simply that mainstream Democrats have failed to address growing inequality. Instead, he suggests something more sinister: Today’s leading Democrats actually don’t want to reduce inequality because they believe that inequality is the normal and righteous order of things. As proof, he points to the famously impolitic Larry Summers, whose background as a former president of Harvard, former Treasury secretary and former chief economist of the World Bank embodies all that Frank abhors about modern Democrats. (…) No surprise, under the circumstances, that the working class might look elsewhere for satisfying political options. (…) Frank gives Obama a middling-to-poor grade — something in the D range, let’s say — for what he deems to be the president’s vague and rambling answer to the “social question.” Frank compares Obama unfavorably with Franklin Roose­velt, another Democratic president who inherited an economic crisis from his Republican predecessor. Roosevelt took advantage of the Great Depression to reshape American society in fundamental ways, introducing social welfare and labor protections that shifted real power into the hands of the middle and working classes. (Frank largely gives Roosevelt a pass on the New Deal’s own structural inequalities, including its exclusions of women and nonwhite workers.) Obama, by contrast, let the crisis go “to waste,” according to Frank, tweaking around the regulatory edges without doing anything significant to change the economic balance of power. (…) Frank sees this uneven recovery as a tragedy rather than a triumph, in which Obama “saved a bankrupt system that by all rights should have met its end.” He says little, however, about what sort of system might have replaced it, or about what working-class voters themselves might say that they want or need. In a book urging Democrats to pay attention to working-class concerns, there are decidedly few interviews with working people, and a lot of time spent on tech conferences and think tanks and fancy universities. Beverly Gage
Thomas Frank, who wrote the bestselling What’s the Matter with Kansas? (2004), admonishes the Democratic party for its residual moderation, and Roger L. Simon, a playwright and novelist and one of the founders of PJ Media, writes from a conservative perspective. They come at the issue from different angles but reach surprisingly congruent conclusions. “Today,” notes Frank, “liberalism is the philosophy not of the sons of toil” but of the winners in the “knowledge economy”: “Silicon Valley chieftains, the big university systems, and the Wall Street titans who gave so much to Barack Obama’s 2008 campaign.” Similarly, Simon shows how “moral narcissism has allowed the Democratic party to become a hidden party of the rich, thus wounding the middle class.” Frank traces the origins of today’s liberal elitism back to the McGovern years and the influential arguments of Washington lobbyist Fred Dutton. Dutton’s book The Changing Sources of Power (1971) showed that the professional upper middle class, once a mainstay of the GOP, had in the Nixon years migrated to the anti-war wing of the Democratic party. Contemptuous of blue-collar America, the upper-end professionals wanted to become the party of the “aristocrats — en masse.” Likewise, Simon reflects on the ways in which liberal “compassion” became a “masquerade for selfishness, a way for elites to feel good about themselves” while insulating themselves from accountability. Simon describes this masquerade as a form of narcissism in which “what you believe, or claim to believe or say you believe — not what you do or how you act or what the results of your actions may be — [determine] how your life will be judged.” Kim Holmes of the Heritage Foundation, in his new book, describes the same disconnect, in which words are judged independently of actions, but he calls it “postmodernism.” “The postmodernist Left,” he writes, “is radically subjective, arguing that all truth is merely a matter of interpretation.” And liberals, because they hold largely uncontested power in Hollywood, Silicon Valley, and most of the media, generally get to decide which interpretation shall prevail. Liberalism’s dreams of an American aristocracy, as I explained in my 2014 book The Revolt against the Masses, were integral to the modern ideology from its very inception in the aftermath of World War I. High-toned New Deal liberals looked down on Harry Truman, the Kansas City haberdasher, but liberal social snobbery emerged with full force in the Kennedyites’ open disdain for Lyndon Johnson. LBJ biographer Robert Caro described the denizens of Camelot as people who were “in love with their own sophistication”: They were “such an in-group, and they let you know they were in, and you were not.” “Think of the snotty arrogance displayed,” Caro continued, “as these people laughed at LBJ’s accent, his mispronunciations, his clothes, his wife.” In the years since Kennedy, liberal politics has been driven by an alliance of the top and the bottom, the over-credentialed and the under-credentialed, against the middle. Liberals, notes the American-born British journalist Janet Daley, have taken on the pseudo-aristocratic tone of disdain for the aspiring, struggling middle class that is such a familiar part of the British scene. Rather than face up to the failures of the Great Society to fully incorporate African Americans into the general American prosperity, liberals have lost interest in social mobility: The aim now is to make the marginal more comfortable. (The problem is not solely with liberals: Social snobbery blinded most politicians to the rumblings that emerged as Trumpism.) Bill Clinton, explains Kim Holmes, was strongly influenced by the political philosophy of John Rawls. When President Clinton criticized the welfare system as “trapping” people in poverty, he was, says Holmes, “trying to find a balance,” as Rawls did, “between liberty and the welfare state.” Thomas Frank will have none of it: Against those Democratic-party moderates who found Clinton preferable to the Republicans, he thunders: “Bill Clinton was not the lesser of two evils. . . . He was the greater of the two.” Frank denounces both the 1994 crime bill and welfare reform as perfidious acts, without providing empirical evidence to support his assertions. Holmes points out that, in recent years, liberals have jettisoned any affection for the evidence-based arguments of the Clinton years and adopted instead an “epistemic relativism” that assumes that “all knowledge is expedient and politicized.” Holmes describes postmodern liberalism as “schizophrenic”: In the name of an identity politics advancing the interest of putative victims, it marries epistemological skepticism and the absolute certainties of politically correct posturing. Obama exemplifies this double game. Obama the cultural relativist, who is not a Muslim but has a strong affinity for Islam, insists that the Islam he encountered as a young boy in Indonesia was a religion of peace (even as he asserts that Western civilization should still be doing penance for the Crusades). At the same time, notes Roger Simon, Obama can say with great confidence that ISIS — the Islamic State — is not Islamic. Frank has a point when he notes that the incestuous relationships among Hollywood, Washington, Wall Street, and Silicon Valley that define the Obama years had already blossomed in the Clinton era. But with Obama, the ties have grown even tighter. Ninety percent of the first Obama administration’s staffers had a professional degree of some kind; some 25 percent had either graduated from Harvard or taught there. The situation Frank describes is a government of, by, and for the increasingly self-interested professionals. When the Russians recently invaded parts of Syria, the worst thing the Obama administration could think to say about them was that their actions were “unprofessional.” Fred Siegel
Une vague d’optimisme a balayé le monde des affaires américaines… De France on ne se rend pas compte a quel point la baisse du chômage dans ce pays est spectaculaire. De nouvelles usines, de nouveaux équipements et des mises à niveau d’usines qui stimulent la croissance économique, stimulent la création d’emplois et augmentent les salaires de manière significative. (…) Le taux de chômage nominal officiel est descendu à 4,1%. Il a diminué de 2% au cours de la seule dernière année. C’est le plus bas depuis 17 ans. (…) Le chômage a diminué pour les travailleurs dans tous les niveaux d’éducation. Parmi les diplômés du secondaire qui n’ont jamais fréquenté l’université et qui ont 25 ans et plus, il a atteint son plus bas niveau. Le Bureau of Labor Statistics indique que le taux de chômage des travailleurs noirs et hispaniques a chuté au plus bas depuis 1972. C’était il y a 45 ans ! Des générations complètes de défavorisés n’avaient jamais connu une telle demande d’embauche et le plein emploi. Les personnes dépendantes de « food stamps » ont diminué de plus de 2 millions en 2017. Les « food Stamp » sont des bons d’achat à échanger dans les commerces alimentaires pour les personnes et familles à faible ou aucun revenu, les migrants et les étudiants vivant dans le pays pour se nourrir. L’économie, revitalisée par l’enthousiasme des perspectives d’avenir, se développe à nouveau. L’indice de confiance des consommateurs du Conference Board est à son plus haut niveau depuis 17 ans et l’Indice des perspectives de l’Association nationale des manufacturiers est à sa moyenne annuelle la plus élevée de son histoire. La Federal Reserve Bank d’Atlanta a publié une estimation de la croissance du PIB 2018 d’un taux de 5,4%. Comme dans les années glorieuses. Même le journal expert en misérabilisme, de gauche, le New York Times a dû admettre : « Une vague d’optimisme a balayé les chefs d’entreprise américains et commence à se traduire par des investissements dans de nouvelles usines, équipements et mises à niveau d’usines qui stimulent la croissance économique, stimulent la création d’emplois. et peut enfin augmenter les salaires de manière significative. « (…) Selon les estimations les plus récentes du Département du Trésor, 90% des personnes verront, dès février 2018 une augmentation de leur salaire net. Une autre étude conclut que plus d’un million de travailleurs recevront des augmentations de salaire en 2018. Les entreprises ont commencé à anticiper la baisse de l’impôt sur les sociétés de 38 à 21%. 300 entreprises ont annoncé des augmentations de salaire et des primes. (…) Le PIB a atteint 3% au cours des deux derniers trimestres de 2017. (Au cours des 32 trimestres de la « reprise » d’Obama, il n’a enregistré que deux fois un PIB de plus de 3%). Les entreprises américaines ont créé plus de 1,7 million de nouveaux emplois, dont près de 160 000 emplois manufacturiers et 58 000 autres emplois dans l’exploitation minière et l’exploitation forestière. L’extraction de pétrole et de gaz dont la réglementation anti-libérale interdisait l’exportation a été ouverte. En décembre, 1,5 million de barils ont été exportés hors des États-Unis. La guerre des prix avec les pays producteurs de l’OPEP qui devait mettre l’industrie pétrolière des gaz de schiste américaine à genoux a fait l’inverse. Elle a stimulé l’innovation, les embauches et les seuils de rentabilité ont étés abaissés. Le tribulations à la baisse de l’OPEP, n’ont servi qu’a mettre les pays de l’OPEP dans la difficulté. Les salaires ont progressé en taux annualisé de 2,9%, soit le rythme le plus rapide en plus de huit ans. (…) Au 1er janvier, les accords patronaux devant l’embellie du marché ont augmenté le salaire minimum dans 18 états. Agoravox
Harvey Weinstein (…) était aussi, et surtout, un partisan inconditionnel de M. Barack Obama et de Mme Hillary Clinton. Nul n’incarnait mieux que lui les ambiguïtés de ce gratin démocrate représenté par la Fondation Clinton. Les soirées caritatives qu’elle organisait assuraient la même fonction que les bonnes œuvres passées de M. Weinstein : celle d’une chambre de compensation sociale où les nouveaux entrants dans le beau monde reçoivent leurs lettres de noblesse — en France, autrefois, on appelait cela une « savonnette à vilain ». Participer à un événement de la Fondation Clinton revient à faire un plein de bonté à gros indice d’octane. Vous y rencontrez une ribambelle de célébrités, un éventail de personnages glorifiés pour leur altruisme et leur infaillible valeur morale et qui, bien souvent, portent un nom simple, comme le chanteur Bono ou la jeune Pakistanaise Malala, Prix Nobel de la paix. Des personnages sanctifiés, béatifiés, au contact desquels s’opère un échange de bons procédés qui permet aux gros poissons du monde des affaires de se procurer à coups de contributions financières un brevet de bon Samaritain. Au centre de ce jeu de passe-passe, les Clinton jouent les maîtres de cérémonie. Ils ont un pied dans chaque camp, celui des grandes âmes vertueuses et celui, moins reluisant, de l’affairisme entrepreneurial. M. Weinstein personnifiait mieux que quiconque cette Bourse des valeurs morales. (…) Le progressisme de M. Weinstein se mesurait en lauriers au moins autant qu’en dollars. Le prodige de Hollywood siégeait au conseil d’administration de divers organismes à but non lucratif ; les films de sa société, Miramax, récoltaient Oscars et Golden Globes à foison ; en France, il a même reçu la Légion d’honneur. En juin 2017, quatre mois avant qu’éclate le scandale de ses agressions et de ses manœuvres pour réduire au silence les victimes de sa tyrannie sexuelle, le club de la presse de Los Angeles lui décernait encore le Truthteller Award, le prix du « diseur de vérité ». (…) Dans le monde de M. Weinstein, l’engagement politique se place sous le patronage de l’industrie du luxe, à Martha’s Vineyard comme dans les Hamptons — deux hauts lieux de la jet-set américaine —, au gala de soutien d’un candidat comme à une soirée de bienfaisance. (…) Dans le monde des grandes fortunes, le progressisme fait office de machine à laver pour rendre sa rapacité plus présentable. (…) Bien des gens de gauche se perçoivent comme des résistants à l’autorité. Mais, aux yeux de certains de ses dirigeants, la gauche moderne est un moyen de justifier et d’asseoir un pouvoir de classe — celui notamment de la « classe créative », comme certains aiment à désigner la crème de Wall Street, de la Silicon Valley et de Hollywood. L’idolâtrie dont font l’objet ces icônes du capitalisme découle d’une doctrine politique qui a permis aux démocrates de récolter presque autant d’argent que leurs rivaux républicains et de s’imposer comme les représentants naturels des quartiers résidentiels aisés. Que cette gauche néolibérale mondaine attire des personnages comme M. Weinstein, avec leur capacité prodigieuse à lever des fonds et leur révérence pour les « grands artistes », n’a rien pour nous surprendre. Dans ces cercles qui mêlent bonne conscience et sentiment de supériorité sociale, où se cultive la fiction d’un rapport intime entre classes populaires et célébrités du showbiz, le cofondateur de Miramax était comme un poisson dans l’eau. Ils sont légion, les habitués de ce milieu qui, sachant parfaitement à quoi s’en tenir, prennent à présent de grands airs scandalisés devant les turpitudes d’un des leurs. Leur aveuglement est à la mesure de leur puissance. Ces temps-ci, les voici qui errent dans un labyrinthe de miroirs moraux déformants en versant des larmes d’attendrissement sur leurs vertus et sur leur bon goût. Thomas Frank
Pour la huitième année consécutive, la nationalité française vient d’être désignée meilleure nationalité du monde selon l’Indice de qualité de la nationalité de Kälin et Kochenov (QNI). Pour établir ce constat, les auteurs de cette évaluation s’appuient sur plusieurs critères internes et externes aux pays étudiés tels que la paix et la stabilité, la puissance économique, le développement humain, la liberté de voyager ou de travailler à l’étranger… La nationalité française arrive ainsi en tête du classement avec un score de 83,5%, juste devant la nationalité allemande et néerlandaise à égalité avec 82,8%. Le Danemark complète le podium (81,7%). D’autres grands pays sont loin derrière. Ainsi, le Royaume-Uni arrive huitième (80,3%). Et la nationalité britannique devrait dégringoler dans les prochaines années avec le Brexit, selon l’étude de Kälin et Kochenov. La nationalité américaine se classe pour sa part 25e (70%), la nationalité chinoise 56e (44,3%) et la russe 62e (42%). BFMTV
Nous devrions être très reconnaissants à Francesco Duina pour son nouveau livre, Broke and Patriotic: Pourquoi les Américains pauvres aiment leur pays. Il commence par le dilemme suivant. Les pauvres aux États-Unis sont à bien des égards moins bien lotis que dans les autres pays riches, mais ils sont plus patriotes que les pauvres de ces autres pays et encore plus patriotes que les riches de leur propre pays. Leur pays est (parmi les pays riches) au sommet en termes d’inégalité et de soutien social, et pourtant ils croient de manière écrasante que les États-Unis sont «fondamentalement meilleurs que les autres pays». Pourquoi? Duina n’essaya pas de résoudre ce problème pour lui-même. Il est sorti et a enquêté sur les pauvres patriotes en Alabama et au Montana. Il a trouvé des variations entre ces deux endroits, par exemple des personnes aimant le gouvernement pour les avoir un peu aidées et des personnes aimant le gouvernement pour ne pas les aider du tout. Il a trouvé des variations entre les hommes et les femmes et les groupes raciaux, mais surtout un intense patriotisme construit autour de mythes et de phrases identiques. (…) Duina est très respectueux de tous ceux à qui il a parlé et très académique dans sa prose. Mais il cite suffisamment de déclarations de ses interlocuteurs pour indiquer clairement, à mon sens, que leur patriotisme est en grande partie une foi religieuse délibérément délirante basée sur l’ignorance et l’évitement des faits. Tout comme les moins fortunés sont un peu plus religieux, ils sont aussi un peu plus patriotes et ne font aucune distinction entre les deux. Duina rapporte que beaucoup des personnes avec qui il s’est entretenu l’ont assuré que Dieu favorisait les États-Unis au détriment de tous les autres pays. Un homme a même expliqué son extrême patriotisme et celui des autres comme un besoin religieux de croire en quelque chose qui donne la «dignité». Il existe bien sûr un parallèle avec le racisme américain, comme beaucoup de pauvres Américains de race blanche s’y sont depuis des siècles à la notion qu’au moins ils sont meilleurs que les non-blancs. La croyance qu’au moins un est meilleur que les non-Américains est répandue dans toutes les couches de la population. Duina note que même pour ceux qui luttent le plus désespérément, il peut être plus facile de penser que tout va bien et que le système qui les entoure est plus facile que de reconnaître l’injustice. Paradoxalement, si les gens étaient mieux lotis, leur patriotisme pourrait diminuer. Le patriotisme décline également à mesure que l’éducation augmente. Et il semble que le nombre de types d’informations et d’attitudes données sera réduit. Tout comme on a constaté que les gens préféraient bombarder un pays en proportion inverse de leur capacité à le localiser correctement sur une carte, je suppose qu’ils seraient un peu moins susceptibles de croire que les États-Unis les traitent mieux que les pays scandinaves s’ils connaissaient les faits. sur les pays scandinaves. Actuellement, ils ne le décident pas. Duina cite des personnes qui lui ont assuré que tous les Suédois fuient la Suède dès qu’ils ont terminé leurs études universitaires gratuites, que le Canada peut avoir des soins de santé, mais qu’il est une dictature, qu’en Allemagne ou en Russie ils vous couperont la main ou la langue, que au Japon communiste, on vous coupera la tête pour avoir parlé contre le président, etc. Toutes ces croyances, toutes dans le même sens (dénigrer les autres nations), sont-elles des erreurs innocentes? Un homme assure à Duina que les autres nations sont inférieures parce qu’elles se livrent à des exécutions publiques, puis plaide en faveur de telles exécutions aux États-Unis. Un certain nombre de personnes déclarent supérieur aux États-Unis parce qu’il jouit de la liberté de religion et rejettent ensuite l’idée qu’un non-chrétien puisse jamais être président des États-Unis. Les sans-abri lui assurent que les États-Unis sont le pays par excellence des opportunités. Beaucoup parlent de «liberté» et dans de nombreux cas, ils désignent les libertés énumérées dans le Bill of Rights, mais dans d’autres, ils désignent la liberté de marcher et de conduire. Ils opposent cette liberté de circuler avec les dictatures, bien qu’ils n’aient que peu ou pas d’expérience, bien que cela semble mieux contraster avec ce que les Américains pauvres connaissent probablement davantage: l’incarcération de masse. La conviction que les guerres sur des nations étrangères sont bénéfiques pour leurs victimes et constituent des actes de générosité semble presque universelle, et les nations étrangères sont souvent décriées pour la présence de guerres (sans se rendre compte que nombre de ces guerres impliquent l’armée américaine, qui est financée des millions de fois. financement nécessaire pour éliminer la pauvreté aux États-Unis). Un homme croit que le Vietnam est toujours divisé en deux comme la Corée. Un autre estime que le président irakien a invité les États-Unis à l’attaquer. Un autre est tout simplement fier du fait que les États-Unis ont «la meilleure armée». Interrogés sur le drapeau des États-Unis, beaucoup expriment immédiatement leur fierté concernant la «liberté» et les «guerres». Quelques libertaires ont exprimé leur soutien à l’idée de ramener des troupes à la maison, accusant ainsi d’autres nations réticence à être civilisé – y compris ceux du Moyen-Orient, qui «n’a jamais été civilisé». (…)  L’existence même de pays moins bien lotis et d’immigrants fuyant vers les États-Unis est généralement considérée comme la preuve du statut de plus grande nation sur Terre, même si d’autres pays riches sont mieux lotis et plus désirés par les immigrants. Les résultats incluent un public passif prêt à absorber d’énormes injustices, un public disposé à suivre les politiciens qui promettent de les tromper mais à le faire patriquement, un public favorable aux guerres et au mépris du droit international et de la coopération, et un public disposé à rejeter les avancées dans les lois sur les soins de santé ou les armes à feu, les politiques climatiques ou les systèmes éducatifs s’ils sont élaborés dans d’autres pays. Ce livre nous en dit plus sur les origines de Trump que sur les 18 derniers mois de Fox news, mais c’est le moins que l’on puisse dire. David Swanson
As long as they remain deeply patriotic, America’s poor won’t rise up. Indeed, they’ll continue to fill the ranks of the military, strive and sacrifice to help America assert itself in the world, and even feed into and support the slogans and successes of the country’s political leaders – starting with Donald Trump. So, a pressing question arises: why are America’s poor so patriotic? Francesco Duina
I could understand why those Americans who were well-off would be patriotic. But I wanted to understand why low-income Americans are so patriotic when there are reasons to think that they would have issues with their country or its underlying social contract, considering their personal circumstances. (….) What I thought to be a puzzle is, for them, not a puzzle at all. First, they don’t attribute their situation to their country — they don’t say, “I’m in this situation because of the society I live in.” They take ownership of their life histories. And so why would they be resentful toward their country? Also — and this is one of the most moving things that I discovered — if anything, the idea of the greatness of America actually gives them something to hang onto, despite everything. “Everything else has gone poorly for me. Don’t take my being an American away from me, because it’s the one thing that I can still hang onto with pride.” I would push them by saying, “Well, what about rich people? Do you think it’s unfair that they have what they have?” They’d say, “No, they’ve earned everything they’ve made.” (…) One of the interviewees that really struck me was Marshall, in Montana, who chose to be homeless, in a way. He said, “Look, I am so free. I can be homeless, and they don’t force me to go anywhere. I live on the prairie, I’m working on an app right now, and I’m taking a sabbatical from life. What other country would allow me to just do my thing?” That is really a trait of American society in many ways: “We’re all equal and therefore this equality guarantees me some sense of freedom. I may have nothing, but I have that freedom. I can come and go, do whatever I want, and say whatever I want. This country guarantees that.” And the fact that they would recognize and hold onto that was really moving. What I heard satisfied my curiosity. Culturally, the United States is very free — freedom of religion, freedom of thought, freedom of saying and doing whatever you want to do. And they’re accurately describing that. There’s certainly more conformity in many countries, a lot more pressure to do things in certain ways. (…) Many of the people I spoke with perceive the country to be a special project designed to give deliverance, to free humanity from problems that have plagued people throughout history. The hope that the U.S. represents for humanity is what gives them hope and dignity as well, and what makes them continue, despite the odds. Many of them were very optimistic as a result. Something I heard a lot was, “Tomorrow something is going to change. I’m poised for a change.” (…) Yeah, despite all of the data that suggests that, in fact, there’s less social mobility nowadays in the United States than in many other advanced countries, and your personal financial success is tied to contextual and structural things, not personal qualities — there’s clearly a sense that this is a place of enormous wealth, and that the American Dream is still alive. I would say, “But you know, you don’t get as much as other people in other countries.” And they would say, “Well, I don’t know what other people get, but I get a lot. I’m not going to go hungry tonight. There will be kitchens and shelters that I can go to and churches that will help me. So the wealth will reach me. And if I have a problem, it’s my problem, not the system’s problem.” (…) I think this discourse of American greatness is something that Trump tapped into very, very much. To the extent that one wonders why “Make America great again” resonated so well, you have elements of the answer in this book, whether with low-income people or middle-class people. I would think that Bernie Sanders also tapped into it a bit, but in a very different way. (…) My respondents have a genuine attachment to the idea of America, and I think that’s because, in the end, what one discovers is that America is for the people and the people own it. We should all try and understand their patriotism. Much depends on it. They contribute heavily to the military — their investment in the country, in a way, contributes to stability and social peace. As long as they believe in the American Dream and in the United States as a country they are unlikely to demand fundamental changes of society. And so, if we want to understand why the United States is a stable country, we have to understand why people latch on so tightly to it, even though they appear to be suffering and getting a lot less than the poor elsewhere. Francesco Duina
[how Donald Trump was able to win the 2016 presidential election] I think there are two or three reasons. One is nationalism. National identity is especially important to certain sections of the population, but I think that the Democratic Party has assumed a type of « global elite, » East Coast-West Coast mentality. In so doing, I think it has forgotten a bit about national identity. For those who feel like many other things in their lives have fallen by the wayside, such a person could hear “Make America Great Again » and it would resonate. I also think that people who voted for Trump were, as he said, « not interested in that P.C. stuff. » Sociologists and others would rephrase « political correctness » as « collective demands for equality. » This is a way of saying that these collective identities — whether it’s blacks, gays, women, etc. — demand things from the government as a matter of right. To be clear, I would agree that those demands are legitimate. In a way this is, historically speaking, a non-American thing. It goes against the tradition of individualism. You have certain basic rights as an individual, not as a group. I think the people who voted for Trump by and large could be characterized as more individualistic-oriented. They lack interest in the government providing things for them and are more interested in the government getting out of their way. His voters and other supporters also feel that the government is corrupt and catering to all sorts of people instead of them. (…) I think the Trump supporters were, in a way, reacting against identity politics. (…) His voters and other supporters wouldn’t say that they are embracing white supremacy at all. They would say, « I’m embracing true American values that are values of individualism and civic nationalism based on certain principles. » They would also say, like Trump, “I am not racist. I don’t hate anybody. I love women, I love gays and I love everybody. » (…) That goes back to this sense of individual self-determination. They feel that they are unable to determine their own future as hard-working individuals, which should be the key to success in America. They think to themselves, “Well we do work hard, yet we’re unable to be successful because the government has been helping ‘special interests’ but also corporate America. » As you said, these people also don’t want to be told what to do. (….) Another way of thinking about it that I find useful is to differentiate between the nation and the state. I think that Trump ran a campaign that was based on the nation, not the state. The state was made the culprit, almost. It was a partner in crime. It’s a swamp. The state has not done its job. It has, over the decades, done the wrong things — gone against the fundamental American values of individual self-determination and colorblindness and all of these things. On the other hand, I think Trump has said we need to go back to the nation. The nation is good. We need to rescue it. He played the « nation card, » and it worked fantastically. We also need to define terms. The nation is the fundamental social contract, which in every country is a bit different. In the American case, it is civic individualism, based on certain civic values such as self-determination and freedom and the like. That’s what is celebrated. That’s the key to how Trump won. That’s why it doesn’t matter what you throw at him and his supporters. It can be logic, it can be fact. It doesn’t matter whether Trump contradicts himself one moment or the other because that’s not what they’re listening to. He is just a provocateur, as a revolutionary agent against the status quo. (…) Symbols of patriotism are everywhere in America. National anthems at major sport events, the Pledge of Allegiance in schools, flags everywhere. Then you see those flags outside of homes which are not well kept, but somebody with barely any means has a flag pole with a big American flag. Over the years I started wondering about that: It just doesn’t make sense to me. The poor in America are actually worse off by most measures than the poor in other advanced countries. Whether it’s the number of hours worked, the social safety net, intergenerational mobility, you name it. But by most measures, the American poor are the most patriotic, compared to the poor elsewhere, and certainly relative to rich Americans. (…) What is a puzzle for you and me is actually not a puzzle for them at all. It is, in fact, the opposite. It is precisely because so many things have gone wrong for them that they get so much mileage out of being an American, which still happens to be a very prestigious national identity. One could argue that in a way it gives them a sense of identity like nothing else. They’re hanging on to it precisely because they have nothing else to hang on to. Saying they are possessed by false consciousness is actually a condescending take. Because when you talk to these people they are quite knowledgeable about American history. They are quite knowledgeable about the American social contract. They don’t have their history wrong. I think they’re being too harsh on themselves. They also differentiate between themselves and the government and say, “What happened to me is my responsibility.” In the end, they hang onto this idea. They feel motivated to continue and to do better the next morning. Many of them said that. I would push back and ask, « Have you reconciled what happened to you with your love of country? Didn’t you get screwed? » They would respond, “No, what happened to me is my thing.” This is not false consciousness. This is a true sense of dignity that they get from the social contract as they perceive it. (…) The God thing, I should say, was also very prevalent. This sense that they’re walking with God and that America is God’s country. God loves America more than he loves other countries. This sense, still, of walking with God in God’s country, trying to do the right thing. (…) Why don’t the poor rise up and rebel in America? Well, I think I discovered that part of the reason is that they still believe in the nation. Not necessarily the state, but the nation. They still believe in it. Well, if they do, then they’re not going to ask for a major rewrite of the social contract. Maybe, if you want to be cynical about it, it is a way of perpetuating the inequality and the status quo. At the same time, I felt enormous power and self-determination and hope and knowledge. (…) One fellow said to me, « It’s got to be choices. It’s got be bad choices or good choices, but it’s got to be choices. It comes down to choices. » But this same man had just told me how his father had beaten him up all his life. He was 14 years old and homeless; he ran away. Those are not choices. It was very difficult to get them away from that type of thinking. They thought that the rich essentially deserved it. The rich were generous. They get a lot of things as a result of that. (…) Now, I also spoke to a few people — out of the 90 total, three or four — who were not so patriotic. They would talk about feeling that the system has duped us. They want to rip up the American flag. We are invaders of other countries. There’s imperialism. The rich don’t care for us. The government doesn’t care for us. One guy told me that American nationalism and the American flag reminded him of a bunch of preppy boys at a fraternity party at some university. But no matter how you measure it, the poor in America are very patriotic. Francesco Duina
Why do the worst-off American citizens love their country so much? Patriotism may be defined as a belief in the greatness, if not superiority, of one’s country relative to others. Depending on how one defines the term exactly, somewhere between 85 to 90% of America’s poor are “patriotic.” They would rather be citizens of their country, for instance, than of any other country on Earth, and they think America is a better place than most other places in the world. This is striking for at least three reasons. First, those are very high figures in absolute terms. Secondly, the corresponding figures for working class, middle class, and upper class Americans are generally lower. And, thirdly, the worst-off in most other advanced nations are also less patriotic than America’s—even in countries where people receive better social benefits from their government, work fewer hours, and have better chances of upward intergenerational mobility than their counterparts in the United States. Why are America’s poor so patriotic? The short answer is: We don’t know for sure. And we should, because so much depends on the patriotism of poor Americans. Their love of country contributes to social stability, informs and supports America’s understanding of itself as a special place, and is essential for military recruitment. It is also a force that can be tapped into by politicians eager to rally a large contingent of voters. (…) I came away with three overarching insights. First, many view the United States as the “last hope”—for themselves and the world. Their strong sense is that the country offers its people a sense of dignity, a closeness to God, and answers to most of humanity’s problems. Deprive us of our country, the people I met told me, and you deprive us of the only thing that is left for us to hang on to. (…) In my interviews, people separated the country’s possibilities from their own frustrations; many took full responsibility for their own troubles in life. That comment connected to a second insight. America appeals to the poor because it is rich. “The land of milk and honey” was a phrase I heard often. The poor see it as a place where those who work hard have a chance to succeed. In my interviews, people separated the country’s possibilities from their own frustrations; many took full responsibility for their own troubles in life. “People make their own life, make their own money the way that they wanna make it and however much they wanna make it,” said Jeff, a white man in a bus station in Billings, Montana. Many saw this as an American virtue. Here, at least, your failures belong to you. Your chances aren’t taken away by others. “If you fail,” said Harley, a vet now on food stamps, “gotta be bad choices.” This sentiment was articulated with particular frequency by African American interviewees in Alabama—something that particularly struck me, given the legacies of slavery and segregation in that part of the country. For the same reason, many were confident that the future was about to bring them better things. Several felt that they had just turned a corner—perhaps with God on their side. Rich Americans, they told me, deserve what they have. Besides, they added, look at the rest of the world: They keep trying to come to America. This must be the place to be. That related to a third source of pride in the nation: America is the freest country on earth. Many of the people I met spoke of feeling very free to come and go from different places, and to think as they wish. America allows people to be as they want, with few preconceived notions about what the good life should look like. Such a narrative took on libertarian tones in Montana. For some, this included the freedom to be homeless, if they choose. As Marshall, a young, white homeless man, told me in Billings, “it’s a very free country. I mean, I’m actually, I live on the streets, I’m kinda choosing to do that … sabbatical. Nobody bothers me for it; I’m not bothering anybody. I got my own little nook. There are other places in the world where I’d be forced into some place to shelter up or, you know, herded off or … jailed.” When conversations turned to freedom, guns were often mentioned. Guns give one security and make hunting possible—enabling one to feed one’s self and family. I was accordingly often reminded that Americans rebelled against the English by making guns. Guns equal freedom. And America, thankfully, ensures gun ownership. Taken together, these conversations helped me understand that the patriotism of the poor is rooted in a widespread belief that America belongs to its people. There is a bottom-up, instinctive, protective, and intense identification with the country. This is a people’s country. Of course, some of this patriotism is clearly grounded in misconceptions about other countries. One person told me that there are only two democracies in the world: Israel and the United States. Another told me that Japan is a communist country. Yet another that in Germany one’s tongue can get cut off for a minor crime. Many also assumed that other countries are poorer than they really are. But these were almost tangential reflections that further justified—rather than drive—their commitment to the country. They seldom came up on their own unless I asked about the limitations of other countries. As I completed my interviews and reflected on what I heard from these patriots, I realized that their beliefs about America are not a puzzle to be solved. In America, there is no contradiction between one’s difficult life trajectories and one’s love of country. If anything, those in difficulty have more reasons than most of us to believe in the promise of America. Francesco Duina
Being poor in America is terrible in a lot of ways. But even the poorest American is ensured a vote upon turning 18, their day in court if charged with a crime with a jury of their peers, a right to a public defender, their right to speak their mind and criticize anyone in government without the state prosecuting him, their right to assemble and protest, the right to own a firearm if they have no mental impairment or criminal record, no search or seizure of their property without a warrant, rights against self-incrimination, the right to believe whatever religion they want or none at all, and the right to be free from cruel and unusual punishment. There are wealthy moguls in China who don’t have half those rights I’d argue the more interesting question is not why do the poor assess living the United States so positively, but why the wealthy assess living the United States so negatively? (And why is there often an implicit assumption that the wealthy see their country clearly and accurately, while the poor do not?) Perhaps the remarkable opportunities of the wealthy give them a skewed view of life at home and abroad. Yes, a wealthy person is more likely to have traveled to more foreign countries, and have more firsthand experience with life in other countries. But what do they see in their encounters with other countries? The life of a wealthy person in New York is not all that different from the life of a wealthy person in London or Paris or Dubai or Tokyo or Shanghai. It’s not surprising that almost everyone at the Davos conference gets along well. They’ve all been to the best schools, they all enjoyed enormous opportunities in their careers, they all dress in similar tailored suits, live well, eat well, enjoy the finer things in life . . . It is unsurprising that a CEO from Silicon Valley meets a CEO from Switzerland and, after chatting over a tray of canapes, concludes they’re not so different after all.If you have been lucky enough to stay or even just step inside more than one luxury hotel in more than one world capital, you’ll realize they all look more or less the same. The lobby of the Four Seasons doesn’t look all that different from one in the Mandarin Oriental, which doesn’t look all that different from the one in Ritz-Carlton, and most of us would be stumped if we had to pick out which one was which, and in which city. There’s a worldwide homogeny to the signifiers of the luxury lifestyle. While there’s a lot of overwrought denunciation of “globalists” out there these days, it’s safe to conclude that most of the wealthy elite in any given nation have more in common with other countries’ wealthy elites than with their own countrymen. (…) You’re more likely to spot symbols of religious faith, flags, sports team paraphernalia — all kinds of displays that declare, ‘this is where we come from, this is who we are, this is why we’re proud to be who we are.’ It is not surprising that poor and middle-class citizens would find “globalism” as an odd and not-that-appealing prospect, and express patriotism (and perhaps nationalism) in ways that wealthier, more cosmopolitan citizens find naive and parochial. Jim Geraghty
Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, la France a connu, en effet, la crise des gilets jaunes, mouvement social sans précédent dans sa forme et par son intensité, ainsi qu’une grève d’une durée historique à la SNCF. Ces deux événements traduisent un antagonisme profond entre les composantes les plus populaires du monde du travail et un président perçu comme défendant les intérêts des classes possédantes et de la finance. Jérôme Fourquet
Alors que les cotes de popularité à mi-mandat des présidents de la République étaient jusqu’à présent identiques chez les cadres et les ouvriers, celle d’Emmanuel Macron est 27 points plus élevée chez les premiers que chez les seconds. Parmi les nombreux enseignements de l’enquête sur la pénibilité au travail publiée ce mardi 21 janvier par la Fondation Jean Jaurès et l’Ifop, figure un exemple édifiant de ce que le politologue Jérôme Fourquet, directeur du pôle « opinion » de l’institut de sondage, qualifie de « réactivation de l’imaginaire de la lutte des classes ». Alors que les cotes de popularité à mi-mandat des présidents de la République étaient jusqu’à présent identiques chez les cadres et les ouvriers, celle d’Emmanuel Macron est 27 points plus élevée chez les premiers que chez les seconds. Résultat, un « fossé béant » entre France « d’en haut » et France « d’en bas », qui, selon la Fondation Jean Jaurès, supplante « le clivage gauche-droite jadis très structurant en matière de popularité de l’exécutif ». « Les présidents de gauche et de droite, quel que soit leur niveau de popularité, disposaient de soutiens sociologiquement assez homogènes du fait de la nature, au final, assez interclassiste des électorats du Parti socialiste et de l’UMP ces quinze dernières années », rappellent les auteurs de l’enquête. A titre d’exemple, Jacques Chirac jouissait, en décembre 2004, d’une cote de popularité de 48 % chez les cadres et de 47 % chez les ouvriers. En décembre 2009, Nicolas Sarkozy était aussi populaire (30 %) chez les uns que chez les autres. Même en battant des records d’impopularité, François Hollande était à des niveaux équivalents en décembre 2014 dans les classes « populaires » (17 %) ou « bourgeoises » (18 %). Le président de la République en personne semble avoir entériné ce clivage, non sans mépris, en séparant « les gens qui réussissent » de « ceux qui ne sont rien »… Marianne

Attention: une question peut en cacher une autre !

En ces temps d’inversions généralisées …

Où il faut à présent construire des murs

Pour empêcher d’entrer des gens qui, nous dit-on, ne veulent même plus de l’Amérique ou de la France

Où non seulement les pauvres ne votent plus à gauche

Mais les riches ne votent plus à droite

Comment à la lecture des propos du sociologue américain Francesco Duina …

Sur son livre « Pourquoi les Américains pauvres aiment leur pays » …

Ne pas voir en creux l’incroyable meilleur des mondes où vivent tant de nos intellectuels …

Où l’on se paie le luxe non seulement du meilleur du confort matériel …

Mais, entre condescendance et pur mépris social, de la tranquille inconscience

De sa propre contribution et responsabilité personnelle et collective …

Dans l’origine, entre délocalisations et immigration sauvage, des difficiles conditions de vie que l’on fait semblant de déplorer …

Chez ces « déplorables accrochés à leurs armes et à leur religion » …

A qui il ne reste plus, incarné par le Trump honni, que leur identité nationale ?

Mais surtout comment ne pas se poser …

Sur ces gens qui après leur avoir pris tout le reste voudraient en plus leur prendre l’amour de leur pays …

La pourtant évidente question – et seule en fait véritable surprise – que suppose cette énième recherche …

Dont parlait déjà il y a plus de 30 ans l’historien américain Christopher Lasch

A savoir pourquoi cette « sécession des élites » …

Qui pousse ces Américains si (culturellement) riches

A tant détester leur propre pays ?

Pourquoi les pauvres patriotes?
David Swanson
World beyond war
Juin 15, 2018

Nous devrions être très reconnaissants à Francesco Duina pour son nouveau livre, Broke and Patriotic: Pourquoi les Américains pauvres aiment leur pays. Il commence par le dilemme suivant. Les pauvres aux États-Unis sont à bien des égards moins bien lotis que dans les autres pays riches, mais ils sont plus patriotes que les pauvres de ces autres pays et encore plus patriotes que les riches de leur propre pays. Leur pays est (parmi les pays riches) au sommet en termes d’inégalité et de soutien social, et pourtant ils croient de manière écrasante que les États-Unis sont «fondamentalement meilleurs que les autres pays». Pourquoi?

Duina n’essaya pas de résoudre ce problème pour lui-même. Il est sorti et a enquêté sur les pauvres patriotes en Alabama et au Montana. Il a trouvé des variations entre ces deux endroits, par exemple des personnes aimant le gouvernement pour les avoir un peu aidées et des personnes aimant le gouvernement pour ne pas les aider du tout. Il a trouvé des variations entre les hommes et les femmes et les groupes raciaux, mais surtout un intense patriotisme construit autour de mythes et de phrases identiques.

Je pense qu’il convient de souligner que les Américains les plus riches ne sont que légèrement moins patriotes que les Américains pauvres, et que la question morale de savoir pourquoi on devrait aimer une institution qui cause de grandes souffrances aux autres est identique à celle de pourquoi on devrait aimer une institution qui crée de grandes choses. souffrance personnelle (et que la plus grande souffrance créée par le gouvernement des États-Unis se situe en dehors des États-Unis). Je soupçonne qu’une grande partie de ce que Duina a trouvé parmi les pauvres pourrait se retrouver dans certaines variations parmi les moins pauvres.

Duina est très respectueux de tous ceux à qui il a parlé et très académique dans sa prose. Mais il cite suffisamment de déclarations de ses interlocuteurs pour indiquer clairement, à mon sens, que leur patriotisme est en grande partie une foi religieuse délibérément délirante basée sur l’ignorance et l’évitement des faits. Tout comme les moins fortunés sont un peu plus religieux, ils sont aussi un peu plus patriotes et ne font aucune distinction entre les deux. Duina rapporte que beaucoup des personnes avec qui il s’est entretenu l’ont assuré que Dieu favorisait les États-Unis au détriment de tous les autres pays. Un homme a même expliqué son extrême patriotisme et celui des autres comme un besoin religieux de croire en quelque chose qui donne la «dignité». Il existe bien sûr un parallèle avec le racisme américain, comme beaucoup de pauvres Américains de race blanche s’y sont depuis des siècles à la notion qu’au moins ils sont meilleurs que les non-blancs. La croyance qu’au moins un est meilleur que les non-Américains est répandue dans toutes les couches de la population.

Duina note que même pour ceux qui luttent le plus désespérément, il peut être plus facile de penser que tout va bien et que le système qui les entoure est plus facile que de reconnaître l’injustice. Paradoxalement, si les gens étaient mieux lotis, leur patriotisme pourrait diminuer. Le patriotisme décline également à mesure que l’éducation augmente. Et il semble que le nombre de types d’informations et d’attitudes données sera réduit. Tout comme on a constaté que les gens préféraient bombarder un pays en proportion inverse de leur capacité à le localiser correctement sur une carte, je suppose qu’ils seraient un peu moins susceptibles de croire que les États-Unis les traitent mieux que les pays scandinaves s’ils connaissaient les faits. sur les pays scandinaves. Actuellement, ils ne le décident pas.

Duina cite des personnes qui lui ont assuré que tous les Suédois fuient la Suède dès qu’ils ont terminé leurs études universitaires gratuites, que le Canada peut avoir des soins de santé, mais qu’il est une dictature, qu’en Allemagne ou en Russie ils vous couperont la main ou la langue, que au Japon communiste, on vous coupera la tête pour avoir parlé contre le président, etc. Toutes ces croyances, toutes dans le même sens (dénigrer les autres nations), sont-elles des erreurs innocentes? Un homme assure à Duina que les autres nations sont inférieures parce qu’elles se livrent à des exécutions publiques, puis plaide en faveur de telles exécutions aux États-Unis. Un certain nombre de personnes déclarent supérieur aux États-Unis parce qu’il jouit de la liberté de religion et rejettent ensuite l’idée qu’un non-chrétien puisse jamais être président des États-Unis. Les sans-abri lui assurent que les États-Unis sont le pays par excellence des opportunités.

Beaucoup parlent de «liberté» et dans de nombreux cas, ils désignent les libertés énumérées dans le Bill of Rights, mais dans d’autres, ils désignent la liberté de marcher et de conduire. Ils opposent cette liberté de circuler avec les dictatures, bien qu’ils n’aient que peu ou pas d’expérience, bien que cela semble mieux contraster avec ce que les Américains pauvres connaissent probablement davantage: l’incarcération de masse.

La conviction que les guerres sur des nations étrangères sont bénéfiques pour leurs victimes et constituent des actes de générosité semble presque universelle, et les nations étrangères sont souvent décriées pour la présence de guerres (sans se rendre compte que nombre de ces guerres impliquent l’armée américaine, qui est financée des millions de fois. financement nécessaire pour éliminer la pauvreté aux États-Unis). Un homme croit que le Vietnam est toujours divisé en deux comme la Corée. Un autre estime que le président irakien a invité les États-Unis à l’attaquer. Un autre est tout simplement fier du fait que les États-Unis ont «la meilleure armée». Interrogés sur le drapeau des États-Unis, beaucoup expriment immédiatement leur fierté concernant la «liberté» et les «guerres». Quelques libertaires ont exprimé leur soutien à l’idée de ramener des troupes à la maison, accusant ainsi d’autres nations réticence à être civilisé – y compris ceux du Moyen-Orient, qui «n’a jamais été civilisé».

Il existe un soutien similaire similaire à la prolifération incroyablement destructrice d’armes à feu aux États-Unis, qui contribue à la supériorité de ce pays.

Une faute attribuée à d’autres pays est de priver les enfants de leurs parents. Pourtant, on suppose au moins que certains condamnant cette pratique ont trouvé un moyen de s’excuser ou de ne pas en prendre conscience dans les nouvelles récentes aux États-Unis.

L’un des défauts les plus communs, cependant, est de couper la tête des gens. Cela semble être une vision si commune de ce qui ne va pas avec les pays étrangers, que je me demande même si le soutien des États-Unis à l’Arabie saoudite est en partie motivé par un moyen aussi efficace de garder la population américaine sous sédation.

D’une manière ou d’une autre, le public américain a été persuadé de toujours comparer les États-Unis avec les pays pauvres, y compris ceux dans lesquels le gouvernement américain soutient des dictateurs brutaux ou impose des souffrances économiques, et jamais avec les pays riches. L’existence même de pays moins bien lotis et d’immigrants fuyant vers les États-Unis est généralement considérée comme la preuve du statut de plus grande nation sur Terre, même si d’autres pays riches sont mieux lotis et plus désirés par les immigrants.

Les résultats incluent un public passif prêt à absorber d’énormes injustices, un public disposé à suivre les politiciens qui promettent de les tromper mais à le faire patriquement, un public favorable aux guerres et au mépris du droit international et de la coopération, et un public disposé à rejeter les avancées dans les lois sur les soins de santé ou les armes à feu, les politiques climatiques ou les systèmes éducatifs s’ils sont élaborés dans d’autres pays.

Ce livre nous en dit plus sur les origines de Trump que sur les 18 derniers mois de Foxnews, mais c’est le moins que l’on puisse dire.

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Les livres de David Swanson incluent Guérir l’exceptionnalisme.

Voir aussi:

Why Are the Poor Patriotic?
David Swanson

Peaceworker

We should be very grateful to Francesco Duina for his new book, Broke and Patriotic: Why Poor Americans Love Their Country. He begins with the following dilemma. The poor in the United States are in many ways worse off than in other wealthy countries, but they are more patriotic than are the poor in those other countries and even more patriotic than are wealthier people in their own country. Their country is (among wealthy countries) tops in inequality, and bottoms in social support, and yet they overwhelmingly believe that the United States is “fundamentally better than other countries.” Why?

Duina didn’t try to puzzle this one out for himself. He went out and surveyed patriotic poor people in Alabama and Montana. He found variations between those two places, such as people loving the government for helping them a little bit and people loving the government for not helping them at all. He found variations between men and women and racial groups, but mostly he found intense patriotism built around identical myths and phrases.

I think it’s worth pointing out that wealthier Americans are only slightly less patriotic than poor Americans, and that the moral question of why one should love an institution that creates great suffering for others is identical to that of why one should love an institution that creates great suffering for oneself (and that the greatest suffering the United States government creates is outside the United States). I suspect that much of what Duina found among the poor could be found in some variation among the less poor.

Duina is very respectful of everyone he spoke with, and very academic in his prose. But he quotes enough of his interviewees’ statements to make it quite clear, I think, that their patriotism is largely a willfully delusional religious faith based on ignorance of and avoidance of facts. Just as the less wealthy are a bit more religious, they are also a bit more patriotic, and they draw no clear line between the two. Duina reports that many of the people he spoke with assured him that God favored the United States above all other nations. One man even explained his own and others’ extreme patriotism as a religious need to believe in something when struggling, something to provide “dignity.” There is, of course, a parallel to U.S. racism, as many poor white Americans for centuries have clung to the notion that at least they are better than non-whites. The belief that at least one is better than non-Americans is widespread across every demographic.

Duina notes that even for those struggling most desperately a belief that all is right and just with the system around them can be easier on the mind than recognizing injustice. If people were better off, paradoxically, their patriotism might decrease. Patriotism also declines as education increases. And it seems likely to decline as particular types of information and attitudes are conveyed. Just as people have been found to favor bombing a nation in inverse proportion to their ability to correctly locate it on a map, I suspect people would be marginally less likely to believe the United States treats them better than a Scandinavian country would if they knew facts about Scandinavian countries. They currently decidedly do not.

Duina quotes people who assured him that every Swede flees Sweden as soon as they’ve completed their free college education, that Canada may have healthcare but is a dictatorship, that in Germany or Russia they’ll cut off your hand or your tongue, that in communist Japan they’ll cut off your head for speaking against the president, etc. Can all of these beliefs, all in the same direction (that of disparaging other nations) be innocent errors? One man assures Duina that other nations are inferior because they engage in public executions, and then advocates for public executions in the United States. A number of people declare the United States superior because it has freedom of religion, and then reject the idea that any non-Christian can ever be U.S. president. Homeless people assure him that the United States is the quintessential land of opportunity.

Many speak of “freedom,” and in many cases they mean the freedoms listed in the Bill of Rights, but in others they mean the freedom to walk or drive. They contrast this freedom to move about with dictatorships, despite having little or no experience with dictatorships, although it seems best contrasted with something poor Americans are likely to have a lot more familiarity with: mass incarceration.

The belief that wars on foreign nations benefit their victims and are acts of generosity seems nearly universal, and foreign nations are often disparaged for having wars present (with no apparent awareness that many of those wars involve the U.S. military which is funded with millions of times the funding that would be required to eliminate poverty in the United States). One man believes that Vietnam is still divided in half like Korea. Another believes the president of Iraq invited the United States to attack it. Another simply takes pride in the United States having “the best military.” When asked about the U.S. flag, many immediately express pride in “freedom” and “wars.” A few libertarians expressed support for bringing troops home, blaming other nations for their unwillingness to be civilized — including those of the Middle East, which has “never been civilized.”

There is similar strong support for the incredibly destructive proliferation of guns in the United States as something that makes the United States superior.

One fault attributed to other countries is taking children away from parents, yet one assumes that at least some who condemn that practice have found a way to excuse it or not become aware of it in recent news from the United States.

One of the more common faults, though, is chopping people’s heads off. This seems such a common view of what is wrong with foreign countries, that I almost wonder if U.S. support for Saudi Arabia is in part motivated by such an effective means of keeping the U.S. population sedated.

Somehow, the U.S. public has been persuaded to always compare the United States with poor countries, including countries where the U.S. government supports brutal dictators or imposes economic suffering, and never with wealthy countries. The very existence of countries that are worse off, and from which immigrants flee to the United States is generally taken as proof of Greatest Nation on Earth status, even though other wealthy nations are better off and more desired by immigrants.

The results include a passive public willing to absorb huge injustices, a public willing to follow politicians who promise to screw them but to do so patriotically, a public supportive of wars and dismissive of international law and cooperation, and a public willing to reject advances in healthcare or gun laws or climate policies or education systems if they are made in other countries.

This book tells us more about where Trump came from than the past 18 months of cable news, but Trump is the least of it.Φ

David Swanson is an author, activist, journalist, and radio host. He is director of WorldBeyondWar.org and campaign coordinator for RootsAction.org. Swanson’s books include War Is A Lie and Curing Exceptionalism. He blogs at DavidSwanson.org and WarIsACrime.org. He hosts Talk Nation Radio.

Voir également:

The Patriotism of the Poor Isn’t So Mysterious
Jim Geraghty
National Review
November 21, 2019

Francesco Duina is professor of sociology at Bates College and author of Broke and Patriotic: Why Poor Americans Love Their Country. Over in the Guardian, he grapples with what strikes him as a surprising and troubling phenomenon:

The World Values Survey indicate that 100% of Americans who belong to the lowest income group are either “very” or “quite” proud of their country. This isn’t the case for any other major advanced country in the world. These positive feelings are also resilient: they intensified, in fact, during the Great Recession of the late 2000s.

As long as they remain deeply patriotic, America’s poor won’t rise up. Indeed, they’ll continue to fill the ranks of the military, strive and sacrifice to help America assert itself in the world, and even feed into and support the slogans and successes of the country’s political leaders.

I realize that these days, MSNBC’s Chris Matthews is now the subject of jokes about unregulated methane emissions, but way back in 2002 he wrote a book, Now Let Me Tell You What I Really Think that included a clarifying anecdote from Matthews’ days as an armed officer of the U.S. Capitol Police in the 1960s.

But the core of the force was made up of “lifers” from the military, enlisted guys who’d done long hitches with the Army, Navy, or Marines. I’d spend hours hanging out with these guys. My favorite was Sergeant Leroy Taylor. He was one of those citizen-philosophers who instinctively grasped this country’s real politics, the kind that people live and are ready to die for. He and the other country boys would talk about how they would do anything to defend the Capitol. More than some of the big-shot elected officials, my colleagues in blue revered the place and what it meant to the republic. It wasn’t about them, but about something much bigger.

I will never forget what Leroy once told me and the wisdom it contained: “The little man loves his country, Chris, because it’s all he’s got.”

Being poor in America is terrible in a lot of ways. But even the poorest American is ensured a vote upon turning 18, their day in court if charged with a crime with a jury of their peers, a right to a public defender, their right to speak their mind and criticize anyone in government without the state prosecuting him, their right to assemble and protest, the right to own a firearm if they have no mental impairment or criminal record, no search or seizure of their property without a warrant, rights against self-incrimination, the right to believe whatever religion they want or none at all, and the right to be free from cruel and unusual punishment. There are wealthy moguls in China who don’t have half those rights.

I’d argue the more interesting question is not why do the poor assess living the United States so positively, but why the wealthy assess living the United States so negatively? (And why is there often an implicit assumption that the wealthy see their country clearly and accurately, while the poor do not?)

Perhaps the remarkable opportunities of the wealthy give them a skewed view of life at home and abroad.

Yes, a wealthy person is more likely to have traveled to more foreign countries, and have more firsthand experience with life in other countries. But what do they see in their encounters with other countries? The life of a wealthy person in New York is not all that different from the life of a wealthy person in London or Paris or Dubai or Tokyo or Shanghai. It’s not surprising that almost everyone at the Davos conference gets along well. They’ve all been to the best schools, they all enjoyed enormous opportunities in their careers, they all dress in similar tailored suits, live well, eat well, enjoy the finer things in life . . . It is unsurprising that a CEO from Silicon Valley meets a CEO from Switzerland and, after chatting over a tray of canapes, concludes they’re not so different after all.

If you have been lucky enough to stay or even just step inside more than one luxury hotel in more than one world capital, you’ll realize they all look more or less the same. The lobby of the Four Seasons doesn’t look all that different from one in the Mandarin Oriental, which doesn’t look all that different from the one in Ritz-Carlton, and most of us would be stumped if we had to pick out which one was which, and in which city. There’s a worldwide homogeny to the signifiers of the luxury lifestyle. While there’s a lot of overwrought denunciation of “globalists” out there these days, it’s safe to conclude that most of the wealthy elite in any given nation have more in common with other countries’ wealthy elites than with their own countrymen.

If you step into lower-class or middle-class person’s house in “flyover country” in the United States, or Morocco, or Israel, or France, or Brazil, you will much more likely to immediately spot distinctions and differences. Even something as simple as tea with grandma is going to be immediately distinctive from country to country — the Japanese tea set is going to look different from the English tea set, and different from the Turkish tea set, and if you see a samovar, there’s a good chance you’re in Russia. If there is Frida Kahlo or Diego Rivera art on the walls, there’s a really good chance the inhabitants are Mexican or have Mexican heritage. You’re more likely to spot symbols of religious faith, flags, sports team paraphernalia — all kinds of displays that declare, ‘this is where we come from, this is who we are, this is why we’re proud to be who we are.’ It is not surprising that poor and middle-class citizens would find “globalism” as an odd and not-that-appealing prospect, and express patriotism (and perhaps nationalism) in ways that wealthier, more cosmopolitan citizens find naive and parochial.

Voir de même:

Data indicates that 100% of Americans who belong to the lowest income group are either ‘very’ or ‘quite’ proud of their country. Why is that?

To be poor anywhere in the world is hard, but being poor in America is especially difficult. While the income of wealthier Americans has grown significantly in the recent decades, the wages of the country’s worst-off have stagnated. The available social benefits (for unemployment, illness or old age, for instance) pale in comparison with those enjoyed by poor people in other advanced countries. America’s poor also work longer hours than their counterparts elsewhere, while their children have less opportunity to escape poverty than if they lived in Europe.

On these and other fronts America has let them down. From time to time, observers, like Thomas Edsall of the New York Times and the former United States secretary of labor Robert Reich, have asked why the poor don’t rebel despite these stark inequities. As the Economist recently put it, “Why aren’t the poor storming the barricades?” For answers, we have to take into account the intensity of their patriotic feelings.

If we define patriotism not only as an attachment to country but also as a belief in its greatness, if not superiority – the brand of patriotism expressed by America’s poor is extraordinary. Data analysis from the authoritative General Social Survey (run by the National Opinion Research Center at the University of Chicago) shows that over 90% of America’s poorest would rather be citizens of the United States than of any other nation. The figure is higher than that for working-class, middle-class and upper-class Americans. About 80% also believe that America is a “better” country than most other countries.

In parallel, data from the World Values Survey indicate that 100% of Americans who belong to the lowest income group are either “very” or “quite” proud of their country. This isn’t the case for any other major advanced country in the world. These positive feelings are also resilient: they intensified, in fact, during the Great Recession of the late 2000s.

As long as they remain deeply patriotic, America’s poor won’t rise up. Indeed, they’ll continue to fill the ranks of the military, strive and sacrifice to help America assert itself in the world, and even feed into and support the slogans and successes of the country’s political leaders – starting with Donald Trump. So, a pressing question arises: why are America’s poor so patriotic?

To find out, I spent time in Alabama and Montana, two “hotbeds” of patriotism among the poor as measured with data from the General Social Survey. I headed to urban and rural settings in both states, and spoke to people in bus stations, laundromats, homeless shelters, used clothing stores, senior citizen centers, public libraries and other places. I talked with people of different races, genders, religious and political orientations, histories of military service and ages. The findings were at once striking and humbling.

First, America’s poor still see their country as the “last hope” for themselves specifically and for humanity more generally. Because of its foundational social contract, the country offers each citizen a sense of dignity. As Ray (all names have been disguised), an older African American man in Birmingham, Alabama, told me, only in America is everybody equal in principle to everyone else:

“For me, yeah, it starts with the individual, naturally. And according to our constitution, rules and rights, you know … everybody is afforded that without question … I believe, right, that I can have a conversation not just with you; I could sit down, talk with the President of the United States … you know?” Add to this the lingering traces of Manifest Destiny, the long-held belief that America is God’s country, and why would anyone – especially someone poor – not want to live here? God, I was told by many, loves all of humanity – but God loves America best of all.

Certainly, as one man told me, the government or some leaders have at times gone astray from the country’s promises. But the essence of the nation is pure and unique. And this serves as a lifeline for those who struggle financially. Thus, as Darrius, a middle-aged white man living out of a car in Billings, Montana, with his young and pregnant wife, stated:

“You have to have some shred of dignity. Even the bottom-of the-barrel person has to have some shred of dignity … and so when we’re struggling and we’re super poor and broke and going through all these things, you almost have to believe in something better or higher … and the Americans’ ideals ring on that level because they’re a lot different than maybe other countries’ because the American ideals are supposed to embody those things that are, are like good for humanity, you know … and it’s true.”

Second, to many, America is seen as the land of “milk and honey”. It’s perceived as a rich and generous place, where those who work hard can achieve much. The people I spoke with took personal responsibility for the difficult trajectories they had experienced, even if in fact all odds were stacked against them. As Kysha, an African American woman in her 60s in a shelter in Birmingham, told me, “It’s on you … you got a chance like anyone else … everybody got a chance. Some people don’t wanna do right. You gotta realize that.” America, moreover, gives money to countries all over the world: it’s a place of abundance, that attracts people from all over the world. Under this reasoning, anyone who’s poor in America should be thankful to be here.

Third, the US is seen as the land of freedom – in the physical, spiritual and mental senses. Marshall, a young man from Montana, told me he was homeless by choice because he wanted a “sabbatical” from life. “Nobody bothers me for it, if I am not bothering anybody.” Where else, he asked me, could he be left alone and not be, “you know, herded off or … jailed”? America is seen as a place of self-determination and choice. Guns came up often in my conversations with people. People mentioned them for the very practical reason that they’re needed to hunt for food. How else to put meat on the table or in the freezer? The constitution grants the right to bear arms, and guns are perceived as essential symbols of freedom. Just think back to the American Revolution, when the settlers had to make their own weapons to fight British oppression.

In Montana, these thoughts often took on libertarian tones, while in Alabama they often connected to the civil rights movement. Some variations could also be seen across racial and other dimensions. But, on the whole, they amounted to a surprisingly consistent and strong perspective shared by most of the people I met.

What at first looks like a puzzle may not be a puzzle at all. America’s poor hang on fiercely to the ideals of freedom, dignity, abundance, and self determination that America has long represented precisely because they have so little else to depend on. Is this a kind of delusion on the part of poor Americans? Is there cynicism or exploitation in the country’s continued promotion of those ideals? Or is there nothing negative or sinister about it? Is it merely an example of what’s beautiful and inspiring about the strength and perseverance of the human spirit and, yes, America itself? I leave the answer to you.

  • Francesco Duina is professor of sociology at Bates College. His most recent book is Broke and Patriotic: Why Poor Americans Love Their Country
  • Voir de plus:

The bottom line for impoverished Americans is, of course, that they have less money than their fellow citizens.

Which leads to other things they likely have less of: nutritious food, personal safety, health benefits, vacation time, career opportunities, child care, retirement funds, peace of mind. And the list goes on.

Still, there’s one thing the poorest Americans do possess a lot of: patriotism. It’s a fact: By many measures, the Americans who have the least nevertheless love their country the most, despite ample cause for feeling the opposite.

Paradoxical, no? It struck Professor of Sociology Francesco Duina that way, too. But, as he learned in researching his latest book, it isn’t really a paradox after all.


From his research, Francesco Duina offers three possible reasons why the poorest Americans love their country the most.

New from Stanford University Press, Broke and Patriotic: Why Poor Americans Love Their Country lets economically disadvantaged people explain their devotion to the United States. It’s a collection of views that may move readers to think again about America’s poorest citizens — whose patriotism, as Duina suggests, fueled the White House aspirations of both Donald Trump and Bernie Sanders.

+An excerpt from Broke and Patriotic

Visiting four municipalities in Alabama and Montana, Duina interviewed more than 60 subjects who had poverty in common but were otherwise quite diverse. The book is his third study of American culture, after Winning: Reflections on an American Obsession, from 2011, and 2014’s Life Transitions in America.

Duina notes that while social scientists have studied the patriotism of many groups, this is the first research to look specifically at the patriotism of low-income Americans.

What led you to write Broke and Patriotic?

I could understand why those Americans who were well-off would be patriotic. But I wanted to understand why low-income Americans are so patriotic when there are reasons to think that they would have issues with their country or its underlying social contract, considering their personal circumstances.

As you point out, worse-off folks in places like Sweden and France typically enjoy greater public benefits than America’s poor. And yet poor Americans are more patriotic than their counterparts in other wealthy countries.

What I thought to be a puzzle is, for them, not a puzzle at all. First, they don’t attribute their situation to their country — they don’t say, “I’m in this situation because of the society I live in.” They take ownership of their life histories. And so why would they be resentful toward their country?

Also — and this is one of the most moving things that I discovered — if anything, the idea of the greatness of America actually gives them something to hang onto, despite everything. “Everything else has gone poorly for me. Don’t take my being an American away from me, because it’s the one thing that I can still hang onto with pride.”

I would push them by saying, “Well, what about rich people? Do you think it’s unfair that they have what they have?” They’d say, “No, they’ve earned everything they’ve made.”

You describe three common elements, broadly speaking, within your respondents’ love of country. They feel that America represents an exceptional promise of hope, and also that the U.S. is both wealthy and generous — the land of milk and honey. But what hit home for me was how they explained America’s greatness in terms of American freedoms.

One of the interviewees that really struck me was Marshall, in Montana, who chose to be homeless, in a way. He said, “Look, I am so free. I can be homeless, and they don’t force me to go anywhere. I live on the prairie, I’m working on an app right now, and I’m taking a sabbatical from life. What other country would allow me to just do my thing?”

That is really a trait of American society in many ways: “We’re all equal and therefore this equality guarantees me some sense of freedom. I may have nothing, but I have that freedom. I can come and go, do whatever I want, and say whatever I want. This country guarantees that.” And the fact that they would recognize and hold onto that was really moving. What I heard satisfied my curiosity.

Culturally, the United States is very free — freedom of religion, freedom of thought, freedom of saying and doing whatever you want to do. And they’re accurately describing that. There’s certainly more conformity in many countries, a lot more pressure to do things in certain ways.

Many of Duina’s interviewees felt that that social equality helps to guarantee their freedom. (Theophil Syslo/Bates College)

A respondent that you call Eddie said the U.S. is “the last best hope of man on earth.” That’s quite a sentiment.

Great guy, very talented. Many of the people I spoke with perceive the country to be a special project designed to give deliverance, to free humanity from problems that have plagued people throughout history. The hope that the U.S. represents for humanity is what gives them hope and dignity as well, and what makes them continue, despite the odds.

Many of them were very optimistic as a result. Something I heard a lot was, “Tomorrow something is going to change. I’m poised for a change.”

And then there’s the American Dream, the U.S. as the land of milk and honey.

Yeah, despite all of the data that suggests that, in fact, there’s less social mobility nowadays in the United States than in many other advanced countries, and your personal financial success is tied to contextual and structural things, not personal qualities — there’s clearly a sense that this is a place of enormous wealth, and that the American Dream is still alive.

I would say, “But you know, you don’t get as much as other people in other countries.” And they would say, “Well, I don’t know what other people get, but I get a lot. I’m not going to go hungry tonight. There will be kitchens and shelters that I can go to and churches that will help me. So the wealth will reach me. And if I have a problem, it’s my problem, not the system’s problem.”

How is this book relevant to our current politics?

I think this discourse of American greatness is something that Trump tapped into very, very much. To the extent that one wonders why “Make America great again” resonated so well, you have elements of the answer in this book, whether with low-income people or middle-class people. I would think that Bernie Sanders also tapped into it a bit, but in a very different way.

Who is the book written for?

People who are interested in understanding the United States, how it functions, what keeps it together — what is at the heart of its social contract, its national identity. My respondents have a genuine attachment to the idea of America, and I think that’s because, in the end, what one discovers is that America is for the people and the people own it.

We should all try and understand their patriotism. Much depends on it. They contribute heavily to the military — their investment in the country, in a way, contributes to stability and social peace. As long as they believe in the American Dream and in the United States as a country they are unlikely to demand fundamental changes of society. And so, if we want to understand why the United States is a stable country, we have to understand why people latch on so tightly to it, even though they appear to be suffering and getting a lot less than the poor elsewhere.

Voir encore:

Why are poor people in America so patriotic? One man went on an odyssey to find outFrancesco Duina visited bus stations and laundromats to find out why inequality’s victims still love America
Chauncey DeVegaSalon

June 11, 2018
By many important measures, the United States is not a democracy. It is an oligarchy.The evidence is not hidden. Ninety percent of the wealth in the United States is held by .1 percent of households. Intergenerational class mobility has been stagnant for several decades. The racial wealth gap continues to persist. It is so extreme that economists and other experts predict that African-Americans as a group will have zero wealth by 2053. « Tax reform » has continued to divert money upward to the very rich and away from all other Americans. Political scientists Martin Gilens and Benjamin Page have shown that America’s elected officials are almost wholly unresponsive to the political demands of the average American.There can be no real democracy in a country where the courts have decided that money is speech. Such a power dynamic suppresses the political power of most citizens and grotesquely favors rich people and large corporations.Despite these facts, poor and working-class Americans are extremely patriotic and nationalistic — much more so than any other group in the country.Why is this? How do poor and working-class Americans reconcile such enthusiastic support for a country that has in many ways failed them? Is this a form of false consciousness? What explains the power of cultural myths about meritocracy and individualism, in the face of ample evidence that they do not represent reality for most people? How was Donald Trump able to exploit the patriotism and nationalism of poor and working-class white Americans (and others) to win the White House?In an effort to answer these questions, I recently spoke with sociologist Francesco Duina. He is a professor of sociology at Bates College and the author of the award-winning new book « Broke and Patriotic: Why Poor Americans Love Their Country.« This conversation has been edited for clarity and length.How would you explain how Donald Trump was able to win the 2016 presidential election?I think there are two or three reasons. One is nationalism. National identity is especially important to certain sections of the population, but I think that the Democratic Party has assumed a type of « global elite, » East Coast-West Coast mentality.In so doing, I think it has forgotten a bit about national identity. For those who feel like many other things in their lives have fallen by the wayside, such a person could hear “Make America Great Again » and it would resonate. I also think that people who voted for Trump were, as he said, « not interested in that P.C. stuff. »Sociologists and others would rephrase « political correctness » as « collective demands for equality. » This is a way of saying that these collective identities — whether it’s blacks, gays, women, etc. — demand things from the government as a matter of right. To be clear, I would agree that those demands are legitimate.In a way this is, historically speaking, a non-American thing. It goes against the tradition of individualism. You have certain basic rights as an individual, not as a group. I think the people who voted for Trump by and large could be characterized as more individualistic-oriented. They lack interest in the government providing things for them and are more interested in the government getting out of their way. His voters and other supporters also feel that the government is corrupt and catering to all sorts of people instead of them.There is all this talk about the perils of « identity politics » among liberals and progressives who want to privilege discussions of class inequality over racism and racial inequality. You hear Bernie Sanders and others echoing this narrative: « We need to get away from identity politics if we’re going to win the next election. » How do we respond with the fact that all politics is identity politics? White identity politics has dominated America since before the founding. I think the Trump supporters were, in a way, reacting against identity politics.By embracing white identity politics, white supremacy and white nationalism.Correct, but that’s you and I saying that. His voters and other supporters wouldn’t say that they are embracing white supremacy at all. They would say, « I’m embracing true American values that are values of individualism and civic nationalism based on certain principles. » They would also say, like Trump, “I am not racist. I don’t hate anybody. I love women, I love gays and I love everybody. »Trump is also giving his supporters a sense of value and identity by railing against « the system. » His use of the language and terms like « political correctness » is a way of channeling resentment against experts, the college-educated, nonwhites, bureaucrats and others who his voters feel are telling them what to do.That goes back to this sense of individual self-determination. They feel that they are unable to determine their own future as hard-working individuals, which should be the key to success in America. They think to themselves, “Well we do work hard, yet we’re unable to be successful because the government has been helping ‘special interests’ but also corporate America. » As you said, these people also don’t want to be told what to do.Trump’s white voters — and white Americans as a group — benefit a great deal from government benefits such as tax subsidies [for] educational opportunities not historically allowed to nonwhites. They say that other people are « skipping ahead in line, » but they are the ultimate group that has « skipped ahead in line » in America. But you’re not going to get anywhere talking to Trump’s voters, and most other white people, about those facts.
They don’t feel it. Another way of thinking about it that I find useful is to differentiate between the nation and the state. I think that Trump ran a campaign that was based on the nation, not the state. The state was made the culprit, almost. It was a partner in crime. It’s a swamp. The state has not done its job. It has, over the decades, done the wrong things — gone against the fundamental American values of individual self-determination and colorblindness and all of these things.On the other hand, I think Trump has said we need to go back to the nation. The nation is good. We need to rescue it. He played the « nation card, » and it worked fantastically.We also need to define terms. The nation is the fundamental social contract, which in every country is a bit different. In the American case, it is civic individualism, based on certain civic values such as self-determination and freedom and the like. That’s what is celebrated.That’s the key to how Trump won. That’s why it doesn’t matter what you throw at him and his supporters. It can be logic, it can be fact. It doesn’t matter whether Trump contradicts himself one moment or the other because that’s not what they’re listening to. He is just a provocateur, as a revolutionary agent against the status quo.What was the genesis of your book?Symbols of patriotism are everywhere in America. National anthems at major sport events, the Pledge of Allegiance in schools, flags everywhere. Then you see those flags outside of homes which are not well kept, but somebody with barely any means has a flag pole with a big American flag.Over the years I started wondering about that: It just doesn’t make sense to me. The poor in America are actually worse off by most measures than the poor in other advanced countries. Whether it’s the number of hours worked, the social safety net, intergenerational mobility, you name it. But by most measures, the American poor are the most patriotic, compared to the poor elsewhere, and certainly relative to rich Americans.I wanted to talk to these people and ask, « Why do you love this country so much? Why is it such a prominent aspect of your life? »Americans do not like to talk about class. The old truism holds that everyone is middle-class in America. What was your approach to finding people to speak with? I spent time at places like bus stations, laundromats and homeless shelters. I went to Montana and Alabama. I would begin general conversations with people. Those are places where people usually have a lot of time on their hands.I would start talking to people, waiting for a moment. Maybe there was a basketball game on or something. The American flag shows up and I would say, « Hey, listen, I’m kind of curious: Are you patriotic? Do you like the American flag? » They would start talking to me. Then I would probe a little deeper and then eventually I would say, “Listen, I’m traveling across the country. I would like to talk to you, if you want to, for about a half hour or 45 minutes of your time. I’ll give you a little bit of money, I have some funding. Can we talk? « I think it was rather smooth. I never had any trouble that way. People were very happy to talk. Many of the conversations became very emotional for them, and for me actually, once I got into their life stories and what happened to them over time. These are very poor people, working-class people, who had difficult lives. They really were hanging on to their America that deeply. It was very meaningful for me and for them. I also made sure to ensure variety by traveling to urban and rural areas, men and women, people of different ethnic and racial backgrounds.Why would poor and working-class people be so patriotic? This country has failed them. Is this a form of false consciousness?What is a puzzle for you and me is actually not a puzzle for them at all. It is, in fact, the opposite. It is precisely because so many things have gone wrong for them that they get so much mileage out of being an American, which still happens to be a very prestigious national identity. One could argue that in a way it gives them a sense of identity like nothing else. They’re hanging on to it precisely because they have nothing else to hang on to.Saying they are possessed by false consciousness is actually a condescending take. Because when you talk to these people they are quite knowledgeable about American history. They are quite knowledgeable about the American social contract.They don’t have their history wrong. I think they’re being too harsh on themselves. They also differentiate between themselves and the government and say, “What happened to me is my responsibility.” In the end, they hang onto this idea. They feel motivated to continue and to do better the next morning. Many of them said that.I would push back and ask, « Have you reconciled what happened to you with your love of country? Didn’t you get screwed? » They would respond, “No, what happened to me is my thing.” This is not false consciousness. This is a true sense of dignity that they get from the social contract as they perceive it.In America, aren’t we brainwashed by capitalism through these myths about meritocracy and individualism? Every society has to reproduce itself.I largely agree. But I must ask, who’s not brainwashed? I lived in Denmark for a year and I go to Denmark quite often. I love the society and it’s very humane and has done great in many ways. It’s a different society and an « almost perfect society, » as they describe it. But they are equally collectively hypnotized around their nation and what they call themselves: « the Tribe. » There are plenty of myths about themselves and plenty of stories they tell themselves about who they are. Citizens of Denmark are so homogeneous and so collectively oriented they’re just as brainwashed as anybody else.Who are we to judge? Who am I to judge the person in Montana who tells me, “Yeah, I love the United States. I can own guns and that way I can feed my family.” Of course I can say, “Look, I can go to Canada and do the same thing.” But who am I to judge their logic?How did the people you spoke to narrate the stories of their own lives?I was talking to people who were prostitutes, former drug addicts and current drug addicts. Many were homeless. They would say several things in common. One was that they felt free to come and go and do the things they wanted and also to do and think whatever they wanted. In Montana, I met a young white person in the library who was homeless. I asked him, “Why are you homeless?” He said to me, “I’m homeless because it’s basically a sabbatical from life for me. I’m working on an app.” I thought, that cannot possibly be true. He then said, “In other countries, they would probably force me into a shelter. Whereas here, I can stay homeless and nobody bothers me for it.” I thought to myself, that is amazing.A type of radical autonomy.Certainly. Many of them felt very autonomous. Many of these people would also say fantastical things to me like, “Look, I’ve turned a corner a month ago » or « I found God six months ago. Now I’m in good standing before God I don’t drink anymore. On Monday I have a job lined up. » I don’t know if that was true or not.The God thing, I should say, was also very prevalent. This sense that they’re walking with God and that America is God’s country. God loves America more than he loves other countries. This sense, still, of walking with God in God’s country, trying to do the right thing.

What were some of the conversations and life stories that really moved you?

One person I spoke with was a white woman struggling with brain cancer. She was young. She had three kids. We chatted at a bus station in Colorado but she was from Alabama. She was talking to me about her life. It was very important to her to have her kids read the Pledge of Allegiance, recite it at home. She was struggling to teach them the right values before she dies.

There was an African-American I met in Alabama. She was studying at a community college or the like to be a chef. She said to me, “Life out of country, life out of me.” She was saying: If you take the country away from me, you take the life away from myself; I have to have that. She was in her late 30s or early 40s.

I also met this couple who were living out of a very old Saab. I met them at laundromat in Billings, Montana. He was probably 20 years older than she was. He was probably in his 40s. She was in her early 20s. She had served in the military. He hadn’t.

She was expecting. We had an amazing conversation. They were very articulate and very thoughtful. It was him who said, “We have to be patriotic. You have to have a shred of dignity. Yeah, the system is corrupt, the police are corrupt, we’re being watched by everybody. » Mind you, this is Montana, so they were very libertarian.

Does a person believe that the system is fair because to accept the truth of how unfair and biased it is would be too devastating? 

Why don’t the poor rise up and rebel in America? Well, I think I discovered that part of the reason is that they still believe in the nation. Not necessarily the state, but the nation. They still believe in it.

Well, if they do, then they’re not going to ask for a major rewrite of the social contract. Maybe, if you want to be cynical about it, it is a way of perpetuating the inequality and the status quo. At the same time, I felt enormous power and self-determination and hope and knowledge.

How did the poor and working-class people you spoke with feel about the rich?

I asked that question many times. I would wait for the right moment when, for example, a big Mercedes would drive by. In almost all cases, what I heard was, « They earned it and they made it on their own. Just like my failures and my faults, their successes are their successes. » Now I would challenge that and say, « Come on, you were probably born in a certain context that was not helpful to you. They were probably born in well-to-do families. »

I have these quotes in my head. One fellow said to me, « It’s got to be choices. It’s got be bad choices or good choices, but it’s got to be choices. It comes down to choices. » But this same man had just told me how his father had beaten him up all his life. He was 14 years old and homeless; he ran away. Those are not choices. It was very difficult to get them away from that type of thinking. They thought that the rich essentially deserved it. The rich were generous. They get a lot of things as a result of that. These poor and working-class people actually told me that.

Now, I also spoke to a few people — out of the 90 total, three or four — who were not so patriotic. They would talk about feeling that the system has duped us. They want to rip up the American flag. We are invaders of other countries. There’s imperialism. The rich don’t care for us. The government doesn’t care for us. One guy told me that American nationalism and the American flag reminded him of a bunch of preppy boys at a fraternity party at some university.

But no matter how you measure it, the poor in America are very patriotic.

Voir aussi:

Why Poor Americans Are So Patriotic

Even in Hard Times, Pride in Country Offers Comfort, Security, and the Hope That Life Will Get Better

Why do the worst-off American citizens love their country so much?

Patriotism may be defined as a belief in the greatness, if not superiority, of one’s country relative to others. Depending on how one defines the term exactly, somewhere between 85 to 90% of America’s poor are “patriotic.” They would rather be citizens of their country, for instance, than of any other country on Earth, and they think America is a better place than most other places in the world.

This is striking for at least three reasons. First, those are very high figures in absolute terms. Secondly, the corresponding figures for working class, middle class, and upper class Americans are generally lower. And, thirdly, the worst-off in most other advanced nations are also less patriotic than America’s—even in countries where people receive better social benefits from their government, work fewer hours, and have better chances of upward intergenerational mobility than their counterparts in the United States.

Why are America’s poor so patriotic? The short answer is: We don’t know for sure. And we should, because so much depends on the patriotism of poor Americans. Their love of country contributes to social stability, informs and supports America’s understanding of itself as a special place, and is essential for military recruitment. It is also a force that can be tapped into by politicians eager to rally a large contingent of voters.

To understand this patriotism, I spent parts of 2015 and 2016 in Alabama and Montana—two distinctly different states that are both ‘hotbeds’ of patriotism among the poor. I hung out in laundromats, bus stations, homeless shelters, public libraries, senior citizen centers, used-clothing stores, run-down neighborhoods, and other venues. And I interviewed 63 poor Americans of different ages, genders, religious and political orientations, races, and histories of military service.

I came away with three overarching insights.

First, many view the United States as the “last hope”—for themselves and the world. Their strong sense is that the country offers its people a sense of dignity, a closeness to God, and answers to most of humanity’s problems. Deprive us of our country, the people I met told me, and you deprive us of the only thing that is left for us to hang on to.

This feeling of ownership is national and personal. Consider the words of Shirley (all names here are pseudonyms, per my research rules), a 46-year-old unemployed black woman in Birmingham with plans to become a chef: “For me to give up hope on the country in which I live in is almost to give up hope for self. So I gotta keep the light burning for me and for my country or I’m gonna be in the dark.”

In my interviews, people separated the country’s possibilities from their own frustrations; many took full responsibility for their own troubles in life.

That comment connected to a second insight. America appeals to the poor because it is rich. “The land of milk and honey” was a phrase I heard often. The poor see it as a place where those who work hard have a chance to succeed. In my interviews, people separated the country’s possibilities from their own frustrations; many took full responsibility for their own troubles in life. “People make their own life, make their own money the way that they wanna make it and however much they wanna make it,” said Jeff, a white man in a bus station in Billings, Montana.

Many saw this as an American virtue. Here, at least, your failures belong to you. Your chances aren’t taken away by others. “If you fail,” said Harley, a vet now on food stamps, “gotta be bad choices.” This sentiment was articulated with particular frequency by African American interviewees in Alabama—something that particularly struck me, given the legacies of slavery and segregation in that part of the country.

For the same reason, many were confident that the future was about to bring them better things. Several felt that they had just turned a corner—perhaps with God on their side. Rich Americans, they told me, deserve what they have. Besides, they added, look at the rest of the world: They keep trying to come to America. This must be the place to be.

That related to a third source of pride in the nation: America is the freest country on earth. Many of the people I met spoke of feeling very free to come and go from different places, and to think as they wish. America allows people to be as they want, with few preconceived notions about what the good life should look like. Such a narrative took on libertarian tones in Montana.

For some, this included the freedom to be homeless, if they choose. As Marshall, a young, white homeless man, told me in Billings, “it’s a very free country. I mean, I’m actually, I live on the streets, I’m kinda choosing to do that … sabbatical. Nobody bothers me for it; I’m not bothering anybody. I got my own little nook. There are other places in the world where I’d be forced into some place to shelter up or, you know, herded off or … jailed.”

When conversations turned to freedom, guns were often mentioned. Guns give one security and make hunting possible—enabling one to feed one’s self and family. I was accordingly often reminded that Americans rebelled against the English by making guns. Guns equal freedom. And America, thankfully, ensures gun ownership.

Taken together, these conversations helped me understand that the patriotism of the poor is rooted in a widespread belief that America belongs to its people. There is a bottom-up, instinctive, protective, and intense identification with the country. This is a people’s country.

Of course, some of this patriotism is clearly grounded in misconceptions about other countries. One person told me that there are only two democracies in the world: Israel and the United States. Another told me that Japan is a communist country. Yet another that in Germany one’s tongue can get cut off for a minor crime. Many also assumed that other countries are poorer than they really are. But these were almost tangential reflections that further justified—rather than drive—their commitment to the country. They seldom came up on their own unless I asked about the limitations of other countries.

As I completed my interviews and reflected on what I heard from these patriots, I realized that their beliefs about America are not a puzzle to be solved. In America, there is no contradiction between one’s difficult life trajectories and one’s love of country. If anything, those in difficulty have more reasons than most of us to believe in the promise of America.

Francesco Duina is Professor of Sociology at Bates College, as well as Honorary Professor of Sociology at the University of British Columbia. He is the author of Broke and Patriotic: Why Poor Americans Love Their Country, published by Stanford University Press.
Voir enfin:

La nationalité française classée meilleure du monde

Puissance économique, stabilité, liberté de voyager et de travailler à l’étranger… Selon l’Indice de qualité de la nationalité mesuré chaque année, la nationalité française est celle qui offrirait le plus d’avantages.
BFM TV
21/11/2019

Cocorico! Pour la huitième année consécutive, la nationalité française vient d’être désignée meilleure nationalité du monde selon l’Indice de qualité de la nationalité de Kälin et Kochenov (QNI). Pour établir ce constat, les auteurs de cette évaluation s’appuient sur plusieurs critères internes et externes aux pays étudiés tels que la paix et la stabilité, la puissance économique, le développement humain, la liberté de voyager ou de travailler à l’étranger…

La nationalité française arrive ainsi en tête du classement avec un score de 83,5%, juste devant la nationalité allemande et néerlandaise à égalité avec 82,8%. Le Danemark complète le podium (81,7%).

D’autres grands pays sont loin derrière. Ainsi, le Royaume-Uni arrive huitième (80,3%). Et la nationalité britannique devrait dégringoler dans les prochaines années avec le Brexit, selon l’étude de Kälin et Kochenov. La nationalité américaine se classe pour sa part 25e (70%), la nationalité chinoise 56e (44,3%) et la russe 62e (42%).

Liberté de voyager et de s’installer à l’étranger

Comment expliquer la première place de la nationalité française? En tant que sixième puissance mondiale, l’Hexagone affiche un niveau de stabilité, de puissance économique et de développement humain élevé. Surtout, elle profite de l’Union européenne qui offre notamment à ses citoyens une grande liberté de voyager. D’ailleurs, les 28 États membres se trouvent tous dans le haut du classement.

Les Français peuvent également voyager librement dans de nombreux pays du monde (le passeport français permet de voyager dans 165 pays sans visa préalable). Ils jouiraient surtout d’une importante liberté d’établissement avec une plus grande facilité pour s’installer et travailler à l’étranger sans être empêchés par des formalités administratives trop lourdes, selon l’étude de Kälin et Kochenov.

COMPLEMENT:

Working class hero

Lutte des classes, le retour : Macron 27 points plus populaire chez les cadres que chez les ouvriers

Alors que les cotes de popularité à mi-mandat des présidents de la République étaient jusqu’à présent identiques chez les cadres et les ouvriers, celle d’Emmanuel Macron est 27 points plus élevée chez les premiers que chez les seconds.

C’est reparti ! A moins que cela ne se soit jamais arrêté… Parmi les nombreux enseignements de l’enquête sur la pénibilité au travail publiée ce mardi 21 janvier par la Fondation Jean Jaurès et l’Ifop, figure un exemple édifiant de ce que le politologue Jérôme Fourquet, directeur du pôle « opinion » de l’institut de sondage, qualifie de « réactivation de l’imaginaire de la lutte des classes« . Alors que les cotes de popularité à mi-mandat des présidents de la République étaient jusqu’à présent identiques chez les cadres et les ouvriers, celle d’Emmanuel Macron est 27 points plus élevée chez les premiers que chez les seconds.

Selon l’Ifop, tandis que 45 % des cadres et professions intellectuelles ont un avis positif sur le chef de l’Etat, seulement 18 % des ouvriers le perçoivent favorablement. L’idée qu’Emmanuel Macron est le président des riches semble donc s’être durablement implantée dans l’opinion.

« Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, la France a connu, en effet, la crise des gilets jaunes, mouvement social sans précédent dans sa forme et par son intensité, ainsi qu’une grève d’une durée historique à la SNCF« , rappelle Jérôme Fourquet auprès de la Fondation Jean Jaurès. « Ces deux événements traduisent un antagonisme profond entre les composantes les plus populaires du monde du travail et un président perçu comme défendant les intérêts des classes possédantes et de la finance« , explique-t-il.

« Fossé béant »

Résultat, un « fossé béant » entre France « d’en haut » et France « d’en bas« , qui, selon la Fondation Jean Jaurès, supplante « le clivage gauche-droite jadis très structurant en matière de popularité de l’exécutif« . « Les présidents de gauche et de droite, quel que soit leur niveau de popularité, disposaient de soutiens sociologiquement assez homogènes du fait de la nature, au final, assez interclassiste des électorats du Parti socialiste et de l’UMP ces quinze dernières années« , rappellent les auteurs de l’enquête.

A titre d’exemple, Jacques Chirac jouissait, en décembre 2004, d’une cote de popularité de 48 % chez les cadres et de 47 % chez les ouvriers. En décembre 2009, Nicolas Sarkozy était aussi populaire (30 %) chez les uns que chez les autres. Même en battant des records d’impopularité, François Hollande était à des niveaux équivalents en décembre 2014 dans les classes « populaires » (17 %) ou « bourgeoises » (18 %). Le président de la République en personne semble avoir entériné ce clivage, non sans mépris, en séparant « les gens qui réussissent » de « ceux qui ne sont rien« .


Chute du mur de Berlin/30e: De la révolution à la guerre des bananes (Banana revolution: that such a basic commodity was a luxury good in East Germany tells you all you need to know about the pitfalls of communism)

12 novembre, 2019

File:Zonen-gaby.jpg

A la surprise de nombreux Allemands de l’Ouest, beaucoup de visiteurs orientaux utilisèrent les 100 DM de leur « argent de bienvenue » (somme d’argent versée par la RFA aux visiteurs de la RDA) pour acheter de grandes quantités de bananes, une rareté très prisée à l’Est. Durant les mois qui suivirent l’ouverture de la frontière, les bananes étaient vendues par caisses entières aux Allemands de l’Est qui pensaient que les stocks seraient bientôt épuisés. Cette frénésie pour le fruit fit de la banane le symbole officieux des changements en Allemagne de l’Est que certains surnommèrent la « révolution de la banane ». Certains Allemands de l’Ouest de gauche protestèrent contre ce qu’ils considéraient comme un consumérisme galopant en lançant des bananes sur les Allemands de l’Est se rendant à l’Ouest. L’obsession des Allemands de l’Est pour les bananes fut parodiée par la célèbre couverture de novembre 1989 du magazine satirique ouest-allemand Titanic qui indiquait « Gaby (17), contente d’être en Allemagne de l’Ouest : Ma première banane » alors qu’elle tient un gros concombre épluché. Wikipedia
For all the meddling the Communist bloc countries have done in banana republics, they still never seem to be able to get their hands on any actual bananas. PJ O’Rourke
There’s something alarmingly wrong with a system that manages to make Germans poor. PJ O’Rourke
Comme cela était inévitable, la marche contre l’islamophobie a payé au prix fort ses ambiguïtés. En laissant quelques fanatiques scander Allah Akbar ! en plein défilé, ses organisateurs ont davantage contribué à renforcer l’islamophobie que toute la fachosphère réunie. Dimanche, l’islam de France a manqué un rendez-vous crucial avec la République. Les cris d’Allah Akbar ! et l’indécente exhibition d’étoiles jaunes en resteront les catastrophiques symboles, la marche contre l’islamophobie fut une marche arrière. Eric Naulleau
Les amis des USA et de l’Union Européenne ont rétabli leur ‘démocratie’ : pogroms anti-indiens, tabassages de journalistes et d’élus, putch militaire. Tel est leur monde idéal. Jean-Luc Mélenchon
Dans cette Bolivie aux dizaines de coups d’État depuis les années 1960″, les événements de ces derniers jours « relèvent d’ un conflit de classes exacerbé, d’un racisme déchaîné, d’une opposition enragée contre le système d’Etat plurinational constructeur de la redistribution des richesses et la conquête de la souveraineté nationale.  Sous le fallacieux prétexte de fraude électorale, la droite dont la logistique est assurée par les services nord-américains (…) n’a pas accepté la victoire d’Evo Morales conquise grâce au vote déterminant des indigènes tellement il est insupportable à la bourgeoisie, en majorité blanche, et pour une partie des couches moyennes, sorties de la misère par Morales lui-même, d’accepter le verdict des urnes. Fabien Roussel (PCF)
La France insoumise s’associe aux protestations contre la violence de l’extrême droite putschiste bolivienne et partage le soutient à Evo Morales qu’ont exprimé les principaux dirigeants des pays de l’Amérique du sud et les partis progressistes de cette région du monde ». Les dirigeants du Venezuela, du Nicaragua, de Cuba, ainsi que le président élu argentin Alberto Fernandez et l’ancien président brésilien Lula , ont tous dénoncé un « coup d’Etat » contre Evo Morales, leader indigène de 60 ans, qui était au pouvoir depuis 2006. Boursorama
A l’occasion des 30 ans de la chute du mur, France Info a diffusé un reportage établissant un parallèle entre le mur de Berlin et la barrière de sécurité séparant Israël de la Cisjordanie. Pas un mot sur le terrorisme. C’est une recette classique du bidouillage journalistique : profiter d’un anniversaire historique pour raconter toute autre chose et vendre à ses auditeurs un reportage qui ne s’encombre ni de l’exactitude des faits, ni de l’honnêteté intellectuelle la plus élémentaire. Depuis des années, la propagande palestinienne et ses relais dans la presse française s’ingénient à établir un parallèle fallacieux entre le mur de Berlin derrière lequel des millions de citoyens est-allemands furent emprisonnés durant des décennies et la barrière israélienne de sécurité destinée à protéger les civils israéliens des attentats qui firent des ravages tout au long de la seconde Intifada. C’est le biais choisi par France Info qui a diffusé le 6 novembre un reportage au titre choc, repris les jours suivants sur les antennes soeurs de France Inter et France Culture : « Jamila, l’enfant de deux murs ». Pour fêter le 30e anniversaire de l’événement, l’envoyé spécial de France Info, Omar Ouahmane, a ainsi déniché la perle rare : Jamila, née le 9 novembre 1989 – jour de la chute du Mur – dans un hôpital dont les fenêtres surplombaient le rideau de fer séparant les deux Allemagnes. Le nouveau né a pour ainsi dire couvert l’événement en direct. Mais ce n’est pas tout. Si la mère de Jamila est allemande, son père est palestinien ! Originaire de Naplouse, en Cisjordanie, Moufid Youssef est arrivé à Berlin-Est en 1978 pour mener des études médecine. C’est un sacré « scoop » que vient de lever là le reportage de France Info qui s’autorise pour la circonstance à dresser un parallèle audacieux : De cette union est donc née Jamila, enfants de deux murs, celui de Berlin, qu’elle n’a pas connu, et celui qui sépare Israël des territoires palestiniens, mur qu’elle a découvert en 2008. Le reporter interviewe Jamila. Elle raconte son voyage en Palestine : Nous avons traversé le checkpoint de Kalandia et je me souviens de ce regard bizarre parce que j’avais un passeport allemand avec un nom arabe et j’ai vu tous ces gens qui étaient contrôlés. J’ai ressenti un sentiment de colère et aussi un peu de peur. J’ai toujours espéré que ce mur tombe avant ma mort. Les auditeurs de France Info n’en apprendront guère plus. Rien n’est expliqué, tout est suggéré. Dans quel but, dans quelles circonstances le « mur » israélien (qui est en réalité une barrière sur l’essentiel de son tracé) a-t-il été érigé ? Le reportage n’en dit rien. Pas un seul rappel sur les attentats-suicides quasi quotidiens qui ont frappé les cafés, les restaurants et les transports en commun israéliens durant la seconde Intifada. Pas un seul mot sur le millier de morts provoqué par ces attentats terroristes. La « barrière de sécurité » israélienne n’a été installée que pour protéger les civils israéliens (juifs et arabes) des attentats sanglants perpétrés par des terroristes du Hamas, des Tanzim et des Brigades des martyrs d’al Aqsa du Fatah, et du Jihad islamique palestinien. Tout dans le reportage de France Info est fait pour établir une analogie fallacieuse entre les Palestiniens et les Allemands de l’Est qui durant plus de quarante ans ne pouvaient fuir la dictature communiste et étaient maintenus prisonniers dans leur propre pays. Les civils palestiniens ont bien entendu toute possibilité de quitter la Cisjordanie, notamment en passant par la Jordanie. Chaque jour, des milliers de Palestiniens franchissent la barrière de sécurité pour venir travailler en Israël, visiter leur famille ou recevoir des soins dans les hôpitaux israéliens. Le « Mur », tel que le désigne France Info, ne constitue pas davantage une prison pour les Arabes israéliens qui ont – à l’instar de leurs concitoyens juifs – toute latitude pour voyager à l’étranger. Il suffit de déambuler dans les halls de l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv pour le constater. Enfin, dernier rappel historique : le parallèle établit par France Info est d’autant plus malhonnête que l‘ex-dictature communiste de la défunte République démocratique allemande avait su développer des liens très étroits avec les organisations terroristes palestiniennes auxquelles la Stasi (les services secrets de l’ex-RDA) fournissait un appui logistique très appréciable. Infoequitable
Eastern bloc kids collected Western candy bar wrappers. Outdated catalogues from the West were kept as coffee table books or fashion magazines. In a world full of grey, the colorful Western waste was treasure. Corecom was a chain of hard-currency stores back in the Communist days providing goods imported from the West. They were inaccessible for most Bulgarians because the national currency, the lev, was not accepted at the stores. Anyone purchasing goods at Corecom with unauthorized foreign currency ran the risk of being investigated by the authorities. The sweetest
It’s 30 years since we started to wash the stench of Soviet socialism out of the windpipes of the body politic, which means it’s about time to consider the importance of bananas. The humble yellow fruit might seem a triviality, but it’s actually quite illustrative of the pitfalls of communism. As PJ O’Rourke once observed: “For all the meddling the Communist bloc countries have done in banana republics, they still never seem to be able to get their hands on any actual bananas.” Another of O’Rourke’s pithier observations was that there’s something alarmingly wrong with a system that manages to make Germans poor. What’s especially odd is that a banana company is an island of central planning in our free market world. The system is owned, usually at least, from end to end. The plantation is planned, it is known how much the production will be. The fruit are transported on specialist – planned – ships and the technology of stopping them ripening before they get to market is well known. That such a basic commodity was a luxury good in East Germany tells you all you need to know about that system’s manifest failings. The fruit’s absence typified the shortages and penury of life in the old GDR. Indeed, when a shipment did come in there would be queues around the block. Meanwhile over in West Germany, the banana was a potent symbol of the country’s 1950s economic miracle – so much so that West German president Konrad Adenauer once brandished one in the Bundestag and hailed it as “paradisical manna”. The best part of the story is what happened immediately after the formal reunification of Germany, a year after the wall fell. As the hours and the minutes ticked down lorries full of bananas queued at the soon to be defunct border crossings. As midnight passed and freedom reigned again, they powered their way to every town, village and hamlet carrying their vital cargo. By that first rosy dawn every shop, flower stall, tobacco kiosk and newsagent in the no longer socialist republic was festooned with bananas. it was a political statement, of course, a message to former East Germans that their new polity could deliver this simple and yellow thing with total efficiency. And such was the enthusiasm for this new bounty that for a time the Easterners were referred to their by their Western cousins as ‘bananen’. It is possible to tell more complex tales that illustrate the starkness of the economic divide. Take the VW executive who went to see the Trabant factory at Zwickau. For all the Western auto companies were running slide rules over the varied Dacias, Skodas and the like. On giving his report back at Wolfsburg our stalwart German auto manager burst into tears. Those Trabbies were worth less than the raw materials entering the other end of the factory. Forget even the value of the labour or capital, the process of turning papier mache (I kid you not, I have personally witnessed a horse eating one) into a car body reduced the value of the original ingredients. That is how you can make even Germans poor of course. Having to explain this to people raised in a more or less sane economic system is presumably what caused that executive to start blubbering in the boardroom. It isn’t even just the inefficiency that grates, it’s the driving ethos of the whole system. For this is what planned economies do. They give the people – badly, late and expensively – what the planners think they should want, rather than what they actually do want. Yes, bananas are trivial but again, as O’Rourke puts it: “The privileges of liberty and the sanctity of the individual went out and whipped butt.” Yep, in all its waxy yellowness. Tim Worstall
La guerre de la banane, quelquefois appelée conflit de la banane, est un différend politique, économique et commercial centré sur des questions de droit de douanes relatifs à la banane, entre l’Union européenne, et les pays latino-américains, soutenus par les États-Unis. Ce conflit a démarré en 1993, avec plusieurs annonces de fin, en 2009 et en 20111. Selon le point de vue européen, il s’agissait de préserver les producteurs membres des pays ACP menacés par la libéralisation des normes économiques exigée par l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Selon le point de vue américain, il s’agissait de dénoncer un régime douanier inéquitable. Les États-Unis, commercialisant ces bananes provenant de l’Amérique latine, étaient partisans du démantèlement de toute protection économique. En rétorsion des mesures européennes, Washington a décidé d’imposer des sanctions douanières aux exportations européennes, qui n’ont été levées qu’en 2001. À la veille du lancement du cycle de Doha de libéralisation des échanges agricoles, Pascal Lamy, Commissaire européen du commerce, se félicitait alors d’avoir montré par cet accord que les différents États impliqués pouvaient « gérer des différends commerciaux de manière professionnelle ». Wikipedia
As I understand it, the only people in Europe who like straight bananas are the Germans, who lacking any former colonies in the Caribbean were obliged to import their bananas from Latin America (this may be why so many bigshot Nazis retired there). The biggest banana consumers in the world, the Germans have a psychologically complex relationship with the fruit. Konrad Adenauer famously brandished a banana in the Bundestag, calling it « paradisical manna », and thus became the only European politician to appear with a banana as a matter of policy until that monkey who got elected mayor the other week. Yet, after reunification, West Germans referred to East Germans disparagingly as « bananen » because the delicacy had been so rare on the other side of the Berlin Wall (« Ja, ve haff nein bananen »). At the same time, the biggest-selling vibrator in Germany was a battery-operated banana and the biggest-selling condom was banana-flavoured. I gather there are EU regulations on the shape and size of condoms, so presumably the popular banana Eurocondom conforms to directives on both banana size and condom size. I don’t believe the banana question would ever have reared its ugly head had not tariff-free dollar bananas for Germany been written into the original Treaty of Rome. Conversely, the rest of Europe’s banana supply – almost entirely curved – was governed by the Banana Regime of the 1957 Lome Convention. The German banana exemption was the Trojan horse by which the straight banana penetrated the European hinterland. And there things rested until the 1993 EU Banana Regime attempted to reconcile the curved bananas of the Lome Convention with the straight bananas of the Treaty of Rome and wound up getting taken to the WTO and infuriating the Americans. At the height of the subsequent banana war, Brussels was putting tariffs on straight bananas. With hindsight, it seems the height of hypocrisy to defend the curved banana against the straight banana when, on the equally vexed question of cucumber curvature, the EU instituted mandatory straightening. In 1999, Washington demanded an investigation into EU policy on the crookedness of fruits, but at the time Brussels was too busy investigating the fruits of crookedness, with a half-hearted inquiry into EU corruption and cronyism. This was the period when Commissioner Edith Cresson was in trouble for putting her dentist on the payroll as a $300,000 EU « scientific adviser », and then declaring she was shocked to find this sort of thing going on right under her nose, though that would seem the obvious place to look for one’s dentist. Mme Cresson, to the best of my knowledge, played no role in drafting EU policy on the identification of fruits, except for her celebrated remark that most Englishmen were homosexual. Anyway, I asked an EU friend in Brussels (Motto: « You don’t have to be bananas to work here but it helps ») whether this week’s news would be seen as a great victory for the fruitarian lobby. He said, « The fruit Aryan? You mean that Dutch guy who got shot a couple of weeks back? Nine-day wonder. We’re over that now. » Finally, you’re probably wondering how the straight vs curved banana dispute fits into the war on terror. All I know is that Muslims believe that man was expelled from the Garden of Eden not because of an apple but because of a green banana. Where does the EU stand (or slip) on those? Mark Steyn
De la révolution à la guerre des bananes
A l’heure où le monde fête le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin …
Pendant qu’après la marche de la honte, entre cris d’Allahu Akbar et fausses étoiles jaunes, contre la prétendue islamophobie  …
Nos Mélenchon et autres néo-staliniens s’associent aux dirigeants venezueliens, nicaraguais et cubains pour dénoncer le « coup d’Etat » contre le voleur d’élection Evo Morales …

Et nos journalistes de la Pravda du service public français ne résistent pas à l’ocassion d’une énième et fallacieuse comparaison du « mur » israélien

Avec cet nfâme symbole d’un système qui avait réduit des populations entières pendant des décennies …
A collectionner les emballages de friandises ou les vieux catalogues de l’ouest …
Et qui voyait deux jours plus tard avec l’ouverture des frontières intérieures près du quart de la population est-allemande …
Se ruer, pour les acheter par caisses entières, sur les bananes de l’ouest …
Quelle meilleure illustration des aberrations du système communiste
Que la transformation de ce qui était devenu un produit d’alientation de base à l’ouest …
En un produit de luxe hors de portée de la plupart des gens à l’est ?
Mais aussi comme le rappelait alors l’impayable Mark Steyn
Quelle meilleure illustration des aberrations du réglementarisme bruxellois …
A travers l’Atlantique pour cause de courbure et de longueur non conformes  …
Que cette nouvelle et  terrible guerre des bananes des années 90  ?

Why command economies are absolutely bananas

Tim Worstall

It’s 30 years since we started to wash the stench of Soviet socialism out of the windpipes of the body politic, which means it’s about time to consider the importance of bananas.

The humble yellow fruit might seem a triviality, but it’s actually quite illustrative of the pitfalls of communism. As PJ O’Rourke once observed: “For all the meddling the Communist bloc countries have done in banana republics, they still never seem to be able to get their hands on any actual bananas.”

Another of O’Rourke’s pithier observations was that there’s something alarmingly wrong with a system that manages to make Germans poor.

What’s especially odd is that a banana company is an island of central planning in our free market world. The system is owned, usually at least, from end to end. The plantation is planned, it is known how much the production will be. The fruit are transported on specialist – planned – ships and the technology of stopping them ripening before they get to market is well known.

That such a basic commodity was a luxury good in East Germany tells you all you need to know about that system’s manifest failings. The fruit’s absence typified the shortages and penury of life in the old GDR. Indeed, when a shipment did come in there would be queues around the block.

Meanwhile over in West Germany, the banana was a potent symbol of the country’s 1950s economic miracle – so much so that West German president Konrad Adenauer once brandished one in the Bundestag and hailed it as “paradisical manna”.

The best part of the story is what happened immediately after the formal reunification of Germany, a year after the wall fell. As the hours and the minutes ticked down lorries full of bananas queued at the soon to be defunct border crossings. As midnight passed and freedom reigned again, they powered their way to every town, village and hamlet carrying their vital cargo.

By that first rosy dawn every shop, flower stall, tobacco kiosk and newsagent in the no longer socialist republic was festooned with bananas. it was a political statement, of course, a message to former East Germans that their new polity could deliver this simple and yellow thing with total efficiency. And such was the enthusiasm for this new bounty that for a time the Easterners were referred to their by their Western cousins as ‘bananen’.

It is possible to tell more complex tales that illustrate the starkness of the economic divide. Take the VW executive who went to see the Trabant factory at Zwickau. For all the Western auto companies were running slide rules over the varied Dacias, Skodas and the like. On giving his report back at Wolfsburg our stalwart German auto manager burst into tears. Those Trabbies were worth less than the raw materials entering the other end of the factory. Forget even the value of the labour or capital, the process of turning papier mache (I kid you not, I have personally witnessed a horse eating one) into a car body reduced the value of the original ingredients.

That is how you can make even Germans poor of course. Having to explain this to people raised in a more or less sane economic system is presumably what caused that executive to start blubbering in the boardroom.

It isn’t even just the inefficiency that grates, it’s the driving ethos of the whole system. For this is what planned economies do. They give the people – badly, late and expensively – what the planners think they should want, rather than what they actually do want.

Yes, bananas are trivial but again, as O’Rourke puts it: “The privileges of liberty and the sanctity of the individual went out and whipped butt.” Yep, in all its waxy yellowness.

Voir aussi:

I have mixed feelings about this week’s landmark court decision striking down EU regulations on the curvature of fruit and veg. As a rule, I like my cucumbers straight and my bananas curved. I’m cool on EU regulation 1677/88 (if memory serves) requiring Class One cukes to curve less than 10mm every 10cm. But on bananas I’m a bender. The notorious EU regulation 2257/94 stating that bananas must be « free of abnormal curvature » and should be at least 5.5 inches long makes no sense, unless it was drafted by Paula Jones while still in shock.

But, frankly, I had no idea the EU were the ones in favour of uncurved bananas. I seem to remember during the « transatlantic banana split » of a few years ago that it was we in North America who were on the side of the straight banana and you in Europe who were the curvy ones. The banana war of the late Nineties was the turn-of-the-millennium version of those 19th-century imperial disputes where the Great Powers line up behind one obscure tribe or another and stage a proxy war. In this case, it was something to do with the different spheres of influence of Fyffes, Europe’s banana supremo, and Chiquita, America’s top banana. The US championed the cause of Latin-American bananas – these are the so-called « dollar » bananas: tall, straight, and thick-skinned, much like the Americans themselves. The Europeans, meanwhile, were on the side of Afro-Caribbean-Pacific bananas: short, bent, and with a pronounced aroma, much like the Europeans themselves.

Yet, despite the preceding slur, I’m personally drawn to the furtive, stooped, crooked European fruit. The dollar banana strikes me as pretty tasteless by comparison: it makes a witty and amusing touch for your headgear on Carmen Miranda night at the golf club, but is less effective in your standard banana cream pie. As I understand it, the only people in Europe who like straight bananas are the Germans, who lacking any former colonies in the Caribbean were obliged to import their bananas from Latin America (this may be why so many bigshot Nazis retired there). The biggest banana consumers in the world, the Germans have a psychologically complex relationship with the fruit. Konrad Adenauer famously brandished a banana in the Bundestag, calling it « paradisical manna », and thus became the only European politician to appear with a banana as a matter of policy until that monkey who got elected mayor the other week.

Yet, after reunification, West Germans referred to East Germans disparagingly as « bananen » because the delicacy had been so rare on the other side of the Berlin Wall (« Ja, ve haff nein bananen »). At the same time, the biggest-selling vibrator in Germany was a battery-operated banana and the biggest-selling condom was banana-flavoured. I gather there are EU regulations on the shape and size of condoms, so presumably the popular banana Eurocondom conforms to directives on both banana size and condom size. I don’t believe the banana question would ever have reared its ugly head had not tariff-free dollar bananas for Germany been written into the original Treaty of Rome. Conversely, the rest of Europe’s banana supply – almost entirely curved – was governed by the Banana Regime of the 1957 Lome Convention. The German banana exemption was the Trojan horse by which the straight banana penetrated the European hinterland.

And there things rested until the 1993 EU Banana Regime attempted to reconcile the curved bananas of the Lome Convention with the straight bananas of the Treaty of Rome and wound up getting taken to the WTO and infuriating the Americans. At the height of the subsequent banana war, Brussels was putting tariffs on straight bananas. With hindsight, it seems the height of hypocrisy to defend the curved banana against the straight banana when, on the equally vexed question of cucumber curvature, the EU instituted mandatory straightening.

In 1999, Washington demanded an investigation into EU policy on the crookedness of fruits, but at the time Brussels was too busy investigating the fruits of crookedness, with a half-hearted inquiry into EU corruption and cronyism. This was the period when Commissioner Edith Cresson was in trouble for putting her dentist on the payroll as a $300,000 EU « scientific adviser », and then declaring she was shocked to find this sort of thing going on right under her nose, though that would seem the obvious place to look for one’s dentist. Mme Cresson, to the best of my knowledge, played no role in drafting EU policy on the identification of fruits, except for her celebrated remark that most Englishmen were homosexual.

Anyway, I asked an EU friend in Brussels (Motto: « You don’t have to be bananas to work here but it helps ») whether this week’s news would be seen as a great victory for the fruitarian lobby. He said, « The fruit Aryan? You mean that Dutch guy who got shot a couple of weeks back? Nine-day wonder. We’re over that now. »

Finally, you’re probably wondering how the straight vs curved banana dispute fits into the war on terror. All I know is that Muslims believe that man was expelled from the Garden of Eden not because of an apple but because of a green banana. Where does the EU stand (or slip) on those?

Voir également:

Démission d’Evo Morales : le PCF et LFI dénoncent une « logique de coup d’État » en Bolivie

Dans un communiqué, la France insoumise a ciblé « l’extrême droite putschiste » après la démission diamnche du président de Bolivie Evo Morales.

Boursorama avec AFP Services

11/11/2019

« Un conflit de classes exacerbé, d’un racisme déchaîné ». Le Parti communiste français et la France insoumise ont dénoncé la « logique de coup d’Etat » qui a conduit, selon eux, à l a démission du président bolivien Evo Morales dimanche 10 novembre après trois semaines de protestations contre sa réélection. « Dans cette Bolivie aux dizaines de coups d’État depuis les années 1960 », les événements de ces derniers jours « relèvent d’ un conflit de classes exacerbé, d’un racisme déchaîné, d’une opposition enragée contre le système d’Etat plurinational constructeur de la redistribution des richesses et la conquête de la souveraineté nationale « , s’émeut le secrétaire national du PCF Fabien Roussel dans un communiqué publié lundi.

« Sous le fallacieux prétexte de fraude électorale, la droite dont la logistique est assurée par les services nord-américains (…) n’a pas accepté la victoire d’Evo Morales conquise grâce au vote déterminant des indigènes tellement il est insupportable à la bourgeoisie, en majorité blanche, et pour une partie des couches moyennes, sorties de la misère par Morales lui-même, d’accepter le verdict des urnes », ajoute-t-il.

« Un coup d’État » dénoncé par plusieurs pays d’Amérique du Sud

LFI accuse pour sa part l’opposition qui « multiplie les actes racistes et les violences dans une logique de coup d’Etat » , dans un communiqué publié dimanche. « La France insoumise s’associe aux protestations contre la violence de l’extrême droite putschiste bolivienne et partage le soutient à Evo Morales qu’ont exprimé les principaux dirigeants des pays de l’Amérique du sud et les partis progressistes de cette région du monde ». Les dirigeants du Venezuela, du Nicaragua, de Cuba, ainsi que le président élu argentin Alberto Fernandez et l’ancien président brésilien Lula , ont tous dénoncé un « coup d’Etat » contre Evo Morales, leader indigène de 60 ans, qui était au pouvoir depuis 2006.

« Coup d’Etat en #Bolivie contre @evoespueblo (Evo Morales, ndlr). Les amis des USA et de l’Union Européenne ont rétabli leur ‘démocratie’ : pogroms anti-indiens, tabassages de journalistes et d’élus, putsch militaire. Tel est leur monde idéal », a également dénoncé Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de LFI sur Twitter.

Voir encore:

Éric Naulleau : “la marche contre l’islamophobie a payé au prix fort ses ambiguïtés”
Valeurs actuelles
12 novembre 2019

Pour le chroniqueur, la marche du dimanche 10 novembre a “contribué à renforcer l’islamophobie”.
Avant même son départ, la marche contre l’islamophobie ne faisait pas l’unanimité. Le PS et EELV (la sénatrice Esther Benbassa y participait à titre personnel), par exemple, s’en sont désolidarisés. Une fois lancé, le cortège a été émaillé par des incidents qui ont donné raison aux détracteurs de la manifestation à laquelle 10 000 personnes ont participé, selon les chiffres de la préfecture de Police. Sur Twitter, Éric Naulleau, chroniqueur de l’émission Balance ton post sur C8, l’assure : « Comme cela était inévitable, la marche contre l’islamophobie a payé au prix fort ses ambiguïtés. En laissant quelques fanatiques scander Allah Akbar ! en plein défilé, ses organisateurs ont davantage contribué à renforcer l’islamophobie que toute la fachosphère réunie ».

« Indécente exhibition d’étoiles jaunes »
Et d’ajouter : « Dimanche, l’islam de France a manqué un rendez-vous crucial avec la République. Les cris d’Allah Akbar ! et l’indécente exhibition d’étoiles jaunes en resteront les catastrophiques symboles, la marche contre l’islamophobie fut une marche arrière ».

Pour le chroniqueur, « si les organisateurs de la marche de demain en avaient seulement appelé à la juste lutte contre l’islamophobie, je l’aurais évidemment soutenue. Mais la pollution de l’initiative par des propos et des personnages antirépublicains rend la chose impossible. Quel gâchis ! »

Voir enfin:

Mur de Berlin: la comparaison fallacieuse de France Info avec Israël

C’est une recette classique du bidouillage journalistique : profiter d’un anniversaire historique pour raconter toute autre chose et vendre à ses auditeurs un reportage qui ne s’encombre ni de l’exactitude des faits, ni de l’honnêteté intellectuelle la plus élémentaire.

Depuis des années, la propagande palestinienne et ses relais dans la presse française s’ingénient à établir un parallèle fallacieux entre le mur de Berlin derrière lequel des millions de citoyens est-allemands furent emprisonnés durant des décennies et la barrière israélienne de sécurité destinée à protéger les civils israéliens des attentats qui firent des ravages tout au long de la seconde Intifada.

C’est le biais choisi par France Info qui a diffusé le 6 novembre un reportage au titre choc, repris les jours suivants sur les antennes soeurs de France Inter et France Culture : « Jamila, l’enfant de deux murs ».

Pour fêter le 30e anniversaire de l’événement, l’envoyé spécial de France Info, Omar Ouahmane, a ainsi déniché la perle rare : Jamila, née le 9 novembre 1989 – jour de la chute du Mur – dans un hôpital dont les fenêtres surplombaient le rideau de fer séparant les deux Allemagnes. Le nouveau né a pour ainsi dire couvert l’événement en direct.

Mais ce n’est pas tout. Si la mère de Jamila est allemande, son père est palestinien ! Originaire de Naplouse, en Cisjordanie, Moufid Youssef est arrivé à Berlin-Est en 1978 pour mener des études médecine.

C’est un sacré « scoop » que vient de lever là le reportage de France Info qui s’autorise pour la circonstance à dresser un parallèle audacieux :

De cette union est donc née Jamila, enfants de deux murs, celui de Berlin, qu’elle n’a pas connu, et celui qui sépare Israël des territoires palestiniens, mur qu’elle a découvert en 2008.

Le reporter interviewe Jamila. Elle raconte son voyage en Palestine :

Nous avons traversé le checkpoint de Kalandia et je me souviens de ce regard bizarre parce que j’avais un passeport allemand avec un nom arabe et j’ai vu tous ces gens qui étaient contrôlés. J’ai ressenti un sentiment de colère et aussi un peu de peur. J’ai toujours espéré que ce mur tombe avant ma mort

Décryptage

Les auditeurs de France Info n’en apprendront guère plus. Rien n’est expliqué, tout est suggéré. Dans quel but, dans quelles circonstances le « mur » israélien (qui est en réalité une barrière sur l’essentiel de son tracé) a-t-il été érigé ? Le reportage n’en dit rien. Pas un seul rappel sur les attentats-suicides quasi quotidiens qui ont frappé les cafés, les restaurants et les transports en commun israéliens durant la seconde Intifada. Pas un seul mot sur le millier de morts provoqué par ces attentats terroristes.

La « barrière de sécurité » israélienne n’a été installée que pour protéger les civils israéliens (juifs et arabes) des attentats sanglants perpétrés par des terroristes du Hamas, des Tanzim et des Brigades des martyrs d’al Aqsa du Fatah, et du Jihad islamique palestinien. Tout dans le reportage de France Info est fait pour établir une analogie fallacieuse entre les Palestiniens et les Allemands de l’Est qui durant plus de quarante ans ne pouvaient fuir la dictature communiste et étaient maintenus prisonniers dans leur propre pays.

Les civils palestiniens ont bien entendu toute possibilité de quitter la Cisjordanie, notamment en passant par la Jordanie.

Chaque jour, des milliers de Palestiniens franchissent la barrière de sécurité pour venir travailler en Israël, visiter leur famille ou recevoir des soins dans les hôpitaux israéliens.

Le « Mur », tel que le désigne France Info, ne constitue pas davantage une prison pour les Arabes israéliens qui ont – à l’instar de leurs concitoyens juifs – toute latitude pour voyager à l’étranger. Il suffit de déambuler dans les halls de l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv pour le constater.

Enfin, dernier rappel historique : le parallèle établit par France Info est d’autant plus malhonnête que l‘ex-dictature communiste de la défunte République démocratique allemande avait su développer des liens très étroits avec les organisations terroristes palestiniennes auxquelles la Stasi (les services secrets de l’ex-RDA) fournissait un appui logistique très appréciable.

Certains dossiers exhumés des archives de la Stasi ont fourni à ce sujet de précieux renseignements.

Peut-être l’occasion d’un futur reportage de l’envoyé spécial de France Info à Berlin ?


Ecologie: Hypocrites de tous les pays, unissez-vous ! (Guess who keep lecturing us about climate change, but flaunt carbon footprints 300 times bigger than the rest of us ?)

10 novembre, 2019

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Chers journalistes qui nous avez traités d’hypocrites, vous avez raison. Notre empreinte carbone est élevée et celle des industries dont nous faisons partie est énorme. Comme vous, et tous les autres, nous sommes coincés dans une économie basée sur l’énergie fossile et sans changement radical, nos styles de vie continueront à endommager le climat et l’écologie. Il y a cependant une histoire plus urgente sur laquelle nos profils et nos plates-formes peuvent attirer l’attention. Le changement climatique arrive plus vite et plus fort que prévu ; des millions de personnes en souffrent, quittent leur maison pour arriver à nos frontières en tant que réfugiés. Aux côtés de ces personnes qui payent déjà le prix de notre économie basée sur l’énergie fossile, il y a des millions d’enfants – appelés par Greta Thunberg – qui nous implorent, nous les personnes de pouvoir et d’influence, de nous battre pour leur futur qui est déjà dévasté. Nous ne pouvons ignorer leur appel. Même si en leur répondant nous nous retrouvons dans votre ligne de mire. Les médias existent pour dire la vérité aux gens. En ce moment, il n’y a pas de besoin plus urgent que de vous renseigner sur le CEE (Climate and Ecology Emergency) et que vous utilisiez votre voix pour atteindre de nouveaux publics avec la vérité. Collectif de célébrités
C’est grâce à Greta et aux jeunes militants du monde entier que je suis optimiste quant à l’avenir. C’était un honneur de passer du temps avec Greta. Elle et moi nous sommes fait la promesse de nous supporter l’un et l’autre, dans l’espoir de créer un avenir plus réjouissant pour notre planète. Leonardo DiCaprio
C’était fantastique de rencontrer la semaine dernière @GretaThunberg, mon amie et mon héroïne, et de faire ensemble un tour de Santa Monica à vélo. J’étais tellement excité à l’idée de la présenter à ma fille Christina. Continue de nous inspirer Greta!  Arnold Schwarzenegger
Ce que je veux, c’est que les gens réalisent que nous devons faire quelque chose pour le monde. Sinon, ce sera le début de notre extinction. Quel est le message derrière? Peut-être de lancer la conversation avec des amis: ‘Vous avez vu la peinture murale de Greta? A quel sujet ? Le changement climatique.’ Andres “Cobre” Petreselli
The Kadıköy Municipality, run by [the main opposition Republican People’s Party] CHP, painted a mural of Greta Thunberg, who officially filed a complaint against Turkey at the United Nations. The mayor must put an end to this mural scandal of the girl who is the enemy of Turks! Aydoğan Ahıakın (AKP)
Let’s cut off the electricity, natural gas and Internet at her house in Stockholm, take away her smart phone, then watch her vignette full of mimicry that she rehearses in front of a mirror. Cem Toker (Turkey’s Liberal Party)
Greta, who had been portrayed as a sympathetic and respected young woman by the vast majority of the Turkish media before the UNGA sessions in New York City, submitted a legal complaint against five countries including Turkey to the UN Committee on the Rights of the Child, accusing them of “recklessly causing and perpetuating life-threatening climate change [and] failing to take necessary preventive and precautionary measures to respect, protect, and fulfill the petitioners’ rights.” “16-year-old girl files complaint against Turkey at UN” dominated the headlines in Turkey, and a campaign to discredit her was kicked off on social and government-controlled mass media immediately afterwards. Many Twitter users — apparently nationalists and supporters of the government — reposted a doctored image of her posing with George Soros, who Turkish President Recep Tayyip Erdoğan once described as a famous Hungarian Jew who attempted to overthrow his government in 2013. The original image, in fact, was a photo on Greta’s Instagram account with Al Gore. Banu Avar, an ultranationalist journalist known for her conspiracy theories and xenophobia, tweeted that the powers behind Greta were Bill Gates and George Soros, referring to the Nya Tider website, the media outlet of a Nazi organization called Nordiska motståndsrörelsen, (Nordic Resistance Movement) in Sweden. İsmail Kılıçarslan of the pro-government Yeni Şafak daily claimed that Greta Thunberg had surpassed her namesake, world-famous Swedish-American film actress Greta Garbo, in making a splash and posted a chart on carbon emissions showing Turkey was already far behind many developing countries. However Thunberg’s submission to the UN had nothing to do with carbon emissions. Kılıçaraslan also added Greta to a list of people who are allegedly trying to tarnish Turkey’s image at home and abroad. Melih Altınok, a columnist for the Sabah daily, which is run by the Erdoğan family, accused Greta’s parents of child abuse and described her efforts as a part of a Stockholm-style environmentalism that claims “cow farts” will cause the end of the world. Mevlüt Tezel of Sabah wrote in his column titled “Project girl, haven’t you found another country to blame?” that Greta, who he described as a polished setup girl, became popular only after US President Donald Trump made fun of her. Conspiracist and columnist for the same daily Ferhat Ünlü mentioned her in his last column about HAARP (High Frequency Active Auroral Research Program), which was claimed to be a US project to produce weapons that trigger earthquakes, writing “… those who made a child who reportedly has Asperger’s Syndrome speak at the UN on the condition of accusing Turkey and similar countries hesitate to discuss HAARP.” No doubt, the most extreme reaction came from a politician, namely, Aydoğan Ahıakın, head of the governing Justice and Development Party (AKP) branch in Kadıköy, one the biggest districts in İstanbul. Ahıakın tweeted that “the Kadıköy Municipality, run by [the main opposition Republican People’s Party] CHP, painted a mural of Greta Thunberg, who officially filed a complaint against Turkey at the United Nations. The mayor [Şerdil Dara Odabaşı] must put an end to this mural scandal of the girl who is the enemy of Turks!” Ahıakın did not forget to mention Turkey’s Interior Ministry, which supervises municipalities in Turkey. The ministry recently removed several mayors in prominent Kurdish cities. Journalist and television host Ahmet Hakan Coşkun, who works for the pro-government Hürriyet daily and disreputable CNN-Türk, wrote in his column that he found Greta so unnatural, he simply was unable to develop a good feeling for her. Calling her a poseur and crabby, Çoşkun likened her to children who went crazy while reading epic poems. Meanwhile, there are those who discredit and oppose Greta ideologically as well. Hüseyin Vodinalı, a columnist for Aydınlık, the media outlet of Turkey’s neo-nationalist Homeland Party, said that “capitalism is hiding behind Greta.” Accusing her of roleplaying, Vodinalı wrote that global finance barons representing $118 trillion were using a small girl as a screen. Vodinalı also claimed that Greta’s mother, father and grandfather were all actors (which is not true) and that that was why her acting was so realistic. Gaffar Yakınca, another Aydınlık columnist, wrote two pieces on Greta. Yakınca portayed Greta as the new face of imperialism. Referring to her Asperger’s Syndrome, Yakınca claimed she had been dismayed by disaster scenarios since she was 8, adding that as an abused child she had fallen under the responsibility of Sweden’s ministry of social affairs. In his second column Yakınca likened Greta to Private Ryan, the main character of the movie “Saving Private Ryan,” which tells the story of a mentally ill American soldier who was rescued by the US Army during wartime. Yakınca claims that Greta is the last member of the same army. Greta’s peers were also hardhearted. The Union of High School Students, an organization affiliated with the Homeland Party, issued a statement accusing the West of using the old tactic of sending children to the fight first. Despite a note stating that Greta was not their addressee but rather her global masters, it is full of defamation and humiliation of the young activist. It would be incorrect to say that only pro-government journalists and ultranationalists were trying to defame the 16-year-old activist. For instance, Cem Toker, the former chairman of Turkey’s Liberal Party, wrote on his Twitter account in response to a user who expressed support for Greta, “Let’s cut off the electricity, natural gas and Internet at her house in Stockholm, take away her smart phone, then watch her vignette full of mimicry that she rehearses in front of a mirror.” Greta continues to travel the world. Turkey would be an amazing destination for her, departing from Stockholm, sailing the Mediterranean on a zero carbon yacht, meeting with activists whom she previously acknowledged for their protest of a gold mining company. However, it would be wise to postpone it for as long as xenophobia is on the rise in Turkey. Nordicmonitor
C’est ce qui s’appelle une boulette ! L’acteur oscarisé pour son rôle dans The Revenant s’est attiré les foudres de tous les écologistes samedi 21 mai 2016, en faisant un aller-retour entre Cannes et New York en jet privé pour aller chercher un prix. Banal, pour une star multimillionnaire. Oui, sauf quand il s’agit de recevoir une récompense en faveur de la planète… Alors qu’il était sur la Croisette pour le 69ème Festival de Cannes, Leonardo DiCaprio a dû s’éclipser quelques jours pour se rendre au Riverkeeper Fishermen’s Ball, un événement écologiste qui se déroulait à New York, soit à plus de 6000 kilomètres de Cannes. Pour faire l’aller-retour rapidement et récupérer son prix « green » des mains de Robert De Niro, l’acteur n’a pas trouvé d’autre solution que de prendre son jet privé. Une initiative qui fait désordre, surtout quand on sait qu’une heure de vol dans un jet privé brûle autant de carburant qu’une année entière de conduite d’une voiture, à en croire les rapports écologistes. Pourtant, Leonardo Dicaprio est plein de bonnes intentions pour la protection de notre belle planète. Le 20 janvier 2016, lors du dernier World Economic Forum, il signait un chèque de 15 millions de dollars en faveur des causes environnementales. Pendant la dernière cérémonie des Oscars, en février dernier, il profitait de son discours pour rappeler que « le changement climatique est réel. Cela arrive maintenant, et c’est la plus urgente menace pour notre espèce ». Ces démonstrations pour l’écologie avaient conduit le comédien à recevoir ce fameux prix vert le mercredi 18 mai 2016. Fier de sa récompense, l’acteur avait aussitôt publié une photo de son trophée sur son compte Instagram en se disant « honoré » d’avoir été invité à participer à un tel événement et en affirmant sa volonté de « créer et protéger un monde plus sain pour des millions de gens ». L’acteur star de Titanic, revenu sur la Croisette le jeudi 19 mai 2016 pour prononcer un discours lors du gala de l’amfAR contre le Sida, était loin de se douter que sa petite virée allait faire autant de vagues. Le porte-parole de l’acteur a pris sa défense en déclarant que Leonardo Dicaprio aurait en réalité profité d’un vol qu’effectuait un de ces amis, lequel faisait lui aussi l’aller-retour Cannes-New York. Orange
They lecture other people about the need to take action on climate change but then climb aboard private jets. Celebrity “super-emitters” have carbon footprints up to 300 times bigger than the average person and may encourage others to adopt their dirty habits by flaunting their frequent flying on social media, a study says. Bill Gates, the Microsoft billionaire, has the biggest carbon footprint of the ten celebrities whose travel habits were examined by the study. He took 59 flights in 2017, travelling 343,000km (213,000 miles). The study assumed he flew in his private jet, which he has described as his “guilty pleasure” and “big splurge”, and calculated his flying produced 1,600 tonnes of carbon dioxide, compared to a global average of less than five tonnes per person. Other celebrity frequent flyers included in the study by Lund University in Sweden include Paris Hilton who took 68 flights and travelled 275,000km, Jennifer Lopez 77 flights and 224,000km, and Oprah Winfrey 29 flights and 134,000km. The researchers examined the Facebook, Instagram and Twitter accounts of ten celebrities to establish their movements and looked at media reports and other sources to try to establish the type of plane in which they had travelled. Steffan Gossling, the lead author, said the example of Greta Thunberg, the teenage climate change activist who has vowed not to fly and has herself become famous, had “broken the convention” that celebrities were expected to travel in style. The emergence of the concept of flygskam, which is Swedish for “flight shame”, had also prompted more questions about the impact of frequent flyers, he said. He called on governments to “stem the growing class of very affluent people who contribute very significantly to emissions and encourage everyone else to aspire to such damaging lifestyles”. He added: “It’s increasingly looking like the climate crisis can’t be addressed while a small but growing group of super-emitters continue to increase their energy consumption and portray such lifestyles as desirable through their social media channels “As Greta Thunberg affirmed early on, ‘The bigger your carbon footprint, the bigger your moral duty’. And flying, as a very energy-intensive activity, has been identified as particularly harmful and socially undesirable.” Emma Watson, the actress and the only British celebrity among the ten, had the lowest carbon footprint as she flew only 14 times in 2017 and travelled 68,000km, all on scheduled airlines. But her carbon footprint of 15 tonnes from flying alone was still more than three times that of the average person from all activities. A spokesman said that Watson pays to offset the carbon emissions of the flights that she takes through the organisation. The study, published in the journal Annals of Tourism Research, added: “Scheduled air traffic, even though twice as energy-intense in business/first class, requires only a fraction of the energy consumed by private jets.” Mr Gossling said he had given up flying for leisure more than 20 years ago when he became aware of its damaging impact. However, he admitted to taking a flight yesterday from Germany to Denmark to attend an academic conference. He said he did not have the time to make the outward journey by rail but intended to spend 13 hours on trains tomorrow on the return journey. Ben Webster

Charité bien ordonnée commence par soi-même !

A l’heure où …

De Bristol à Istanbul et San Francisco

Et par fresques géantes interposées …

Se poursuit la béatification santo subito de la jeune activiste du climat suédoise Greta Thunberg …

Comment ne pas se réjouir …

De voir ses amis de la jet set …

Aux empreintes carbone jusqu’à 300 fois la nôtre …

Commencer enfin à appliquer à eux-mêmes

Les leçons d’écologie qu’ils nous avaient jusqu’ici si généreusement offertes ?

VIDEO. Plusieurs stars affirment être « hypocrites » face au changement climatique

ECOLOGIE Ce sont elles qui le disent dans une lettre ouverte publiée par Extinction Rebellion

20 Minutes
17/10/19

Plusieurs célébrités ont signé une lettre publiée par Extinction Rebellion dans laquelle elles admettent être « hypocrites » face au combat contre le changement climatique. De Benedict Cumberbatch au chanteur de Radiohead, Thom Yorke, en passant par Lily Allen, ils s’adressent aux journalistes qui les ont épinglés sur leurs habitudes de vie peu compatibles avec la protection de l’environnement.

« Chers journalistes qui nous avez traités d’hypocrites, vous avez raison. Notre empreinte carbone est élevée et celle des industries dont nous faisons partie est énorme. Comme vous, et tous les autres, nous sommes coincés dans une économie basée sur l’énergie fossile et sans changement radical, nos styles de vie continueront à endommager le climat et l’écologie », peut-on lire dans cette lettre relayée par plusieurs médias, dont la BBC.

Tous avec Greta Thunberg

Ils apportent également leur soutien à Greta Thunberg. « Le changement climatique arrive plus vite et plus fort que prévu ; des millions de personnes en souffrent, quittent leur maison pour arriver à nos frontières en tant que réfugiés. Aux côtés de ces personnes qui payent déjà le prix de notre économie basée sur l’énergie fossile, il y a des millions d’enfants – appelés par Greta Thunberg – qui nous implorent, nous les personnes de pouvoir et d’influence, de nous battre pour leur futur qui est déjà dévasté. Nous ne pouvons ignorer leur appel. Même si en leur répondant nous nous retrouvons dans votre ligne de mire », ajoutent-ils.

L’interprète de Sherlock Holmes et les autres ont également une requête adressée aux journalistes. « Les médias existent pour dire la vérité aux gens. En ce moment, il n’y a pas de besoin plus urgent que de vous renseigner sur le CEE (Climate and Ecology Emergency) et que vous utilisiez votre voix pour atteindre de nouveaux publics avec la vérité », peut-on lire également.

Voir aussi:

Jet-setting stars exposed over hypocrisy on climate change
Ben Webster, Environment Editor
October 24 2019
The Times

They lecture other people about the need to take action on climate change but then climb aboard private jets.

Celebrity “super-emitters” have carbon footprints up to 300 times bigger than the average person and may encourage others to adopt their dirty habits by flaunting their frequent flying on social media, a study says.

Bill Gates, the Microsoft billionaire, has the biggest carbon footprint of the ten celebrities whose travel habits were examined by the study. He took 59 flights in 2017, travelling 343,000km (213,000 miles).

The study assumed he flew in his private jet, which he has described as his “guilty pleasure” and “big splurge”, and calculated his flying produced 1,600 tonnes of carbon dioxide, compared to a global average of less than five tonnes…

They lecture other people about the need to take action on climate change but then climb aboard private jets.

Celebrity “super-emitters” have carbon footprints up to 300 times bigger than the average person and may encourage others to adopt their dirty habits by flaunting their frequent flying on social media, a study says.

Bill Gates, the Microsoft billionaire, has the biggest carbon footprint of the ten celebrities whose travel habits were examined by the study. He took 59 flights in 2017, travelling 343,000km (213,000 miles).

The study assumed he flew in his private jet, which he has described as his “guilty pleasure” and “big splurge”, and calculated his flying produced 1,600 tonnes of carbon dioxide, compared to a global average of less than five tonnes per person.

Other celebrity frequent flyers included in the study by Lund University in Sweden include Paris Hilton who took 68 flights and travelled 275,000km, Jennifer Lopez 77 flights and 224,000km, and Oprah Winfrey 29 flights and 134,000km.

The researchers examined the Facebook, Instagram and Twitter accounts of ten celebrities to establish their movements and looked at media reports and other sources to try to establish the type of plane in which they had travelled.

Steffan Gossling, the lead author, said the example of Greta Thunberg, the teenage climate change activist who has vowed not to fly and has herself become famous, had “broken the convention” that celebrities were expected to travel in style.

The emergence of the concept of flygskam, which is Swedish for “flight shame”, had also prompted more questions about the impact of frequent flyers, he said.

He called on governments to “stem the growing class of very affluent people who contribute very significantly to emissions and encourage everyone else to aspire to such damaging lifestyles”.

He added: “It’s increasingly looking like the climate crisis can’t be addressed while a small but growing group of super-emitters continue to increase their energy consumption and portray such lifestyles as desirable through their social media channels

“As Greta Thunberg affirmed early on, ‘The bigger your carbon footprint, the bigger your moral duty’. And flying, as a very energy-intensive activity, has been identified as particularly harmful and socially undesirable.”

Emma Watson, the actress and the only British celebrity among the ten, had the lowest carbon footprint as she flew only 14 times in 2017 and travelled 68,000km, all on scheduled airlines.

But her carbon footprint of 15 tonnes from flying alone was still more than three times that of the average person from all activities. A spokesman said that Watson pays to offset the carbon emissions of the flights that she takes through the organisation ClimateCare.org.

The study, published in the journal Annals of Tourism Research, added: “Scheduled air traffic, even though twice as energy-intense in business/first class, requires only a fraction of the energy consumed by private jets.”

Mr Gossling said he had given up flying for leisure more than 20 years ago when he became aware of its damaging impact. However, he admitted to taking a flight yesterday from Germany to Denmark to attend an academic conference.

He said he did not have the time to make the outward journey by rail but intended to spend 13 hours on trains tomorrow on the return journey.

Voir également:

Eco-campaigner Leonardo DiCaprio, 44, finally ditches private jet and deigns to fly commercial with girlfriend Camila Morrone, 21, at JFK Airport

 He has been criticized before for his use of private jets despite his interest in environmental causes.

But it seems like Leonardo DiCaprio has turned over a new leaf.

The 44-year-old actor was spotted heading to a commercial flight out of JFK Airport in New York on Sunday alongside 21-year-old girlfriend Camila Morrone.

As the actor has been criticized over his carbon footprint despite being an advocate for environmental issues, he made a much more conscious decision in taking a regular flight out.

Leo attempted to keep it low-key as he sported a black hoodie and matching puffer jacket, TUMI pack and Dodgers cap.

Camila looked fashionable in a  bright red puffer jacket as she followed her Oscar-winning boyfriend.

The model and the Hollywood icon were first linked in December 2017 when DiCaprio was pictured leaving her Los Angeles home.

The actor is a staunch supporter of environmental issues and used his acceptance speech at the 2016 Academy Awards to urge lawmakers to ‘stop procrastinating’ about the issues surrounding climate change.

The Revenant star has set up the Leonardo DiCaprio Foundation, which is ‘dedicated to the long-term health and well-being of the Earth’s inhabitants’ and has been largely praised for his conservation work.

 He has been criticized in the past for his use of private jets as in 2014, emails hacked from film studio Sony revealed he took six private flights in just six weeks which cost $177,550. This travel included two round trips from Los Angeles to New York, and one from LA to Las Vegas.

Outspoken: The actor – pictured 2018 in Las Vegas –  is a staunch supporter of environmental issues and used his acceptance speech at the 2016 Academy Awards to urge lawmakers to ‘stop procrastinating’ about the issues surrounding climate change

The actor is no stranger to dating models, with his previous conquests including the likes of Nina Agdal, Kelly Rohrbach, Toni Garrn, Gisele Bündchen, and Bar Refaeli.

His longest term relationship was with Brazilian supermodel Gisele, 37 – now married to New England Patriots star Tom Brady, 40 – from 1999 to 2005.

DiCaprio also dated Israeli catwalk queen, Bar Refaeli, 32, for six years from 2005 to 2011.

The actor’s most recent serious relationship was with Danish beauty Nina Agdal, 25, for a year.

DiCaprio has cast his previous type aside for brief romances with pop princess Rihanna, 29, and Gossip Girl star Blake Lively, 30.

Voir de plus:

Leonardo DiCaprio écolo : il voyage en jet privé pour aller récupérer son prix
Hélène Garçon
Orange
19 mai 2016

C’est ce qui s’appelle une boulette ! L’acteur oscarisé pour son rôle dans The Revenant s’est attiré les foudres de tous les écologistes samedi 21 mai 2016, en faisant un aller-retour entre Cannes et New York en jet privé pour aller chercher un prix. Banal, pour une star multimillionnaire. Oui, sauf quand il s’agit de recevoir une récompense en faveur de la planète…

Alors qu’il était sur la Croisette pour le 69ème Festival de Cannes, Leonardo DiCaprio a dû s’éclipser quelques jours pour se rendre au Riverkeeper Fishermen’s Ball, un événement écologiste qui se déroulait à New York, soit à plus de 6000 kilomètres de Cannes. Pour faire l’aller-retour rapidement et récupérer son prix « green » des mains de Robert De Niro, l’acteur n’a pas trouvé d’autre solution que de prendre son jet privé. Une initiative qui fait désordre, surtout quand on sait qu’une heure de vol dans un jet privé brûle autant de carburant qu’une année entière de conduite d’une voiture, à en croire les rapports écologistes.

Pourtant, Leonardo Dicaprio est plein de bonnes intentions pour la protection de notre belle planète. Le 20 janvier 2016, lors du dernier World Economic Forum, il signait un chèque de 15 millions de dollars en faveur des causes environnementales. Pendant la dernière cérémonie des Oscars, en février dernier, il profitait de son discours pour rappeler que « le changement climatique est réel. Cela arrive maintenant, et c’est la plus urgente menace pour notre espèce« . Ces démonstrations pour l’écologie avaient conduit le comédien à recevoir ce fameux prix vert le mercredi 18 mai 2016.

Fier de sa récompense, l’acteur avait aussitôt publié une photo de son trophée sur son compte Instagram en se disant « honoré » d’avoir été invité à participer à un tel événement et en affirmant sa volonté de « créer et protéger un monde plus sain pour des millions de gens« .

L’acteur star de Titanic, revenu sur la Croisette le jeudi 19 mai 2016 pour prononcer un discours lors du gala de l’amfAR contre le Sida, était loin de se douter que sa petite virée allait faire autant de vagues. Le porte-parole de l’acteur a pris sa défense en déclarant que Leonardo Dicaprio aurait en réalité profité d’un vol qu’effectuait un de ces amis, lequel faisait lui aussi l’aller-retour Cannes-New York.

Voir encore:

Leonardo DiCaprio et Greta Thunberg, la rencontre
Paris Match
02/11/2019

L’acteur de 44 ans et la militante de 16 ans se sont rencontrés à Los Angeles. Leonardo DiCaprio lui a dédié un message sur Instagram.

Une rencontre entre deux défenseurs de la nature. Vendredi, la jeune militante suédoise Greta Thunberg a rencontré Leonardo DiCaprio à Los Angeles. Messager de la Paix pour la protection du climat, l’acteur de 44 ans est également à la tête de sa propre fondation dédiée à la protection de la planète. «Il y a peu de moments dans l’Histoire où des voix ont un impact à des moments aussi cruciaux [qu’aujourd’hui] et à l’aube d’une transformation, mais Greta Thunberg est devenue une leadeuse de notre époque», a écrit la star hollywoodienne sur son compte Instagram.

Il a poursuivi son message en faisant comprendre aux détracteurs de la fondatrice des «FridaysForFuture» qu’ils portaient un mauvais jugement envers elle : «L’histoire nous jugera pour ce que nous faisons aujourd’hui afin de garantir que les générations futures puissent jouir de la même planète habitable que nous avons si ostensiblement tenue pour acquise. J’espère que le message de Greta sonne l’avertissement des dirigeants du monde où le temps de l’inaction est révolu. Avant de conclure: «C’est grâce à Greta et aux jeunes militants du monde entier que je suis optimiste quant à l’avenir. Ce fut un honneur de passer du temps avec Greta. Elle et moi sommes engagés à nous soutenir mutuellement, dans l’espoir d’assurer un avenir meilleur à notre planète». Des actions communes à venir ? Mystère

Greta veut se rendre à Madrid

Greta Thunberg poursuit son combat à travers le monde. Aux Etats-Unis depuis fin août, elle cherche désormais à revenir en Europe par la voie maritime. «J’ai besoin de trouver un moyen pour traverser l’Atlantique en novembre… Si quelqu’un pouvait me trouver un moyen de transport, je serais extrêmement reconnaissante», a tweeté l’adolescente de 16 ans, qui refuse de prendre l’avion, moyen de transport très polluant. Elle veut se rendre à Madrid, où se déroulera la conférence internationale sur le climat, COP25, initialement prévue au Chili.

Voir aussi:

Lutte pour le climat : après DiCaprio, Greta Thunberg a rencontré Schwarzenegger
De passage aux Etats-Unis, la militante suédoise a rencontré successivement deux des monuments du cinéma américain engagés dans la lutte pour le climat.
Le Parisien
5 novembre 2019

Le duo est presque improbable. L’acteur américain Arnold Schwarzenegger a posté ce mardi des clichés de lui, pédalant dans les rues de Santa Monica aux côtés de la jeune activiste suédoise Greta Thunberg. « C’était fantastique de rencontrer la semaine dernière @GretaThunberg, mon amie et mon héroïne, et de faire ensemble un tour de Santa Monica à vélo. J’étais tellement excité à l’idée de la présenter à ma fille Christina. Continue de nous inspirer Greta! », a tweeté, visiblement très enthousiaste, l’interprète de Terminator et ancien gouverneur de Californie.

Leur rencontre est loin d’être anodine : comme Greta Thunberg, arrivée à bord d’un voilier aux Etats-Unis en septembre, pour poursuivre son plaidoyer en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, Arnold Schwarzenegger s’active depuis près d’une décennie pour promouvoir R20, l’ONG spécialisée dans la défense de l’environnement dont il est à l’origine.

« C’était un honneur de passer du temps avec Greta »

Avant sa rencontre avec « Schwartzie », de 53 ans son aîné, la jeune suédoise avait déjà été vue en compagnie d’un autre monument du cinéma américain. Vendredi, Leonardo DiCaprio, lui aussi fervent défenseur de l’écologie, a posté sur Instagram une photo de lui, posant près de l’adolescente.

Un cliché accompagné d’un commentaire laudateur. « C’est grâce à Greta et aux jeunes militants du monde entier que je suis optimiste quant à l’avenir », écrit l’acteur quadragénaire. « C’était un honneur de passer du temps avec Greta. Elle et moi nous sommes fait la promesse de nous supporter l’un et l’autre, dans l’espoir de créer un avenir plus réjouissant pour notre planète. »

La jeune Suédoise doit dorénavant rejoindre l’Espagne, pays hôte de la prochaine COP25, initialement prévue au Chili. Elle cherche toujours un moyen d’y parvenir sans exploser son bilan carbone.

Voir par ailleurs:

Greta Thunberg mise à l’honneur dans une impressionnante peinture murale à Bristol

Un street-artiste britannique a peint la jeune activiste suédoise sur un mur de Bristol pour saluer son combat pour le climat.

Morgane Guillou
Huffington Post

INTERNATIONAL – Un street-artiste britannique a honoré Greta Thunberg dans une étonnante peinture murale dans la ville de Bristol au sud-ouest de l’Angleterre, comme le montre la vidéo en tête d’article.

La jeune activiste suédoise pour le climat y apparaît le corps et le visage à moitié recouverts par les eaux de glaciers fondants derrière elle, sous un ciel noir et orageux. Ce paysage symbolise le réchauffement climatique et certaines de ses conséquences les plus inquiétantes, à savoir la fonte des glaciers et la récurrence d’épisodes climatiques désastreux.

Le street-artiste Jody Thomas a voulu saluer Greta Thunberg pour son combat sur le climat. À mesure qu’il avançait dans l’élaboration de son oeuvre, il s’est étonné du nombre de personnes qui semblaient reconnaître la jeune militante de 16 ans.

Cette dernière s’est récemment illustrée au Parlement européen et dans plusieurs pays où elle a donné des discours sur l’inquiétude des jeunes générations face à l’avenir de la planète et de l’humanité.

Cette peinture murale en son honneur a été très acclamée par une large partie du public de Bristol, haut lieu du street art et connue pour être la ville natale de Banksy.

Greta Thunberg a été invitée pour juillet à l’Assemblée nationale française par les députés membres du collectif transpartisan pour le climat “Accélérons”.

Voir aussi:

Greta Thunberg, activiste suédoise pour le climat, reçoit une fresque à San Francisco

Le muraliste argentin Andres Iglesias, qui signe son art avec le pseudonyme de Cobre, devrait achever l’oeuvre de l’artiste suédois de 16 ans sur la place de la ville, Union Square, la semaine prochaine.

Cobre a confié au site d’information SFGate qu’il donnait de son temps pour achever les travaux et qu’il espérait que la murale aiderait les gens à comprendre « nous devons prendre soin du monde ».

Cobre a déclaré qu’il cherchait un bâtiment pour une nouvelle peinture murale lorsque One Atmosphere, un organisme sans but lucratif responsable de l’environnement, l’a approché à propos du projet.

Le directeur exécutif, Paul Scott, a déclaré qu’il pensait que Cobre était le choix idéal pour créer le premier de ce que l’organisation espère être une série de travaux rendant hommage aux activistes du changement climatique.

Mme Thunberg elle-même avait passé la journée à un rassemblement sur les changements climatiques à Charlotte, en Caroline du Nord, et avait arrêté une démérite qui essayait de perturber son discours.

« Je pense que si vous voulez parler avec moi personnellement, peut-être que vous pourrez le faire plus tard », a déclaré Mme Thunberg avant que la foule n’éclate en scandant son prénom.

La jeune femme, âgée de 16 ans, qui voyageait en Amérique du Nord pour sensibiliser l’opinion au changement climatique, implorait d’autres leaders de la jeunesse de s’exprimer dans la lutte contre le réchauffement climatique lorsqu’elle a fait une pause alors qu’une personne proche de la scène tentait de s’exprimer à son sujet.

« Dans de telles circonstances, il peut être difficile de trouver de l’espoir, je peux vous le dire », a déclaré Mme Thunberg.

« Et je peux vous dire que je n’ai pas trouvé beaucoup d’espoir dans les politiciens et les entreprises. Ce sont désormais les gens qui constituent notre plus grande source d’espoir.

« Même si nous, les jeunes, ne sommes peut-être pas en mesure de voter ou de prendre des décisions aujourd’hui, nous avons quelque chose d’aussi puissant », a-t-elle déclaré. « Et ce sont nos voix. Et nous devons les utiliser. »

Comme dans ses discours précédents, Mme Thunberg a réprimandé les adultes pour leur inaction dans la lutte contre le changement climatique.

« Ce sont nous les jeunes qui formons l’avenir », a-t-elle poursuivi.

« Nous n’avons pas assez de temps pour attendre que nous grandissions et que nous devenions les responsables, car nous devons faire face à l’urgence climatique et écologique dès maintenant.

« Si les adultes et les personnes au pouvoir sont trop immatures pour s’en rendre compte, alors nous devons leur faire savoir. »

Voir enfin:

Celebrities backing Extinction Rebellion say ‘yes, we are all hypocrites’ in open letter to media

Email: press@risingup.org.uk

Phone: +44(0) 7811 183633

#EverybodyNow  #ExtinctionRebellion

  • Open letter signed by more than 100 high-profile names, including actors Jude Law, Benedict Cumberbatch and Jamie Winstone, musicians Mel B, Natalie Imbruglia and Thom Yorke, and comedians Steve Coogan and Ruby Wax
  • List of notable names admit hypocrisy and urge that attention is drawn to the more pressing issue of the Climate and Ecological Emergency
  • Signatories stand firm that they will continue to speak out on the issue despite the criticisms they face from the media

Celebrities have issued a mea culpa to the media today in response to criticism that they are guilty of being hypocrites for backing Extinction Rebellion and continuing to live high carbon lives. The open letter has been signed by more than 100 high profile names, including actors, musicians, comedians, writers and even a former Archbishop of Canterbury.

Countless notable figures have chosen to back Extinction Rebellion in recent weeks, including a number who have visited the Rebellion sites. In almost all cases there has been a follow-up article in the media criticising them for being hypocrites.

Sarah Lunnon of Extinction Rebellion said: “We are so impressed by these personalities for coming forward. It’s easy to call people out for being hypocrites but that’s really a distraction from the much bigger, and perhaps more confronting conversation we need to have about the unworkable system in which we live. None of us is perfect. What matters is that more and more people are ready to talk about transforming how we relate to the planet, and we are prepared to put our liberty on the line to do so.”

The letter starts:

Dear journalists who have called us hypocrites,

‘You’re right. 

‘We live high carbon lives and the industries that we are part of have huge carbon footprints. Like you – and everyone else – we are stuck in this fossil-fuel economy and without systemic change, our lifestyles will keep on causing climate and ecological harm.

Despite the criticism they face, the signatories say that they are resolute in still speaking out on the issue of the climate and ecological emergency. The letter also urges the media to do more to support the cause. The letter goes on to say: ‘The stories that you write calling us climate hypocrites will not silence us.

‘The media exists to tell the public the truth. Right now there has never been a more urgent need for you to educate yourselves on the CEE (Climate and Ecological Emergency) and to use your voices to reach new audiences with the truth.’

Steve Coogan said: “Extinction Rebellion is a grassroots movement that should be applauded for putting this issue at the top of the agenda where it belongs.

“I stand in full support of these brave, determined activists who are making a statement on behalf of us all.”

Actor Jaime Winstone said: “I will continue to change my life for the greater good for the planet.

“I will continue to push for climate justice…we all need to change the way we live our lives for a healthier living planet and stop living in denial that climate crisis isn’t real.

“It’s happening. We all need to make changes if we want to survive and our children to thrive.”

The full text of the letter reads:

Dear journalists who have called us hypocrites,

You’re right. 

We live high carbon lives and the industries that we are part of have huge carbon footprints. Like you – and everyone else – we are stuck in this fossil-fuel economy and without systemic change, our lifestyles will keep on causing climate and ecological harm. 

There is, however, a more urgent story that our profiles and platforms can draw attention to.

Life on earth is dying.  We are living in the midst of the 6th mass extinction. For those who still doubt the severity of our situation, here is the International Monetary Fund on 10th October 2019 :

“Global warming causes major damage to the global economy and the natural world and engenders risks of catastrophic and irreversible outcomes”

And here is Sir David Attenborough on 3rd December 2018 : 

“Right now, we are facing a man-made disaster of global scale. Our greatest threat in thousands of years. Climate change. If we don’t take action, the collapse of our civilisations and the extinction of much of the natural world is on the horizon.”

Climate change is happening faster and more furiously than was predicted; millions of people are suffering, leaving their homes and arriving on our borders as refugees. 

Alongside these people who are already paying the price for our fossil fuelled economy, there are millions of children – called to action by Greta Thunberg – who are begging us, the people with power and influence, to stand up and fight for their already devastated future.

We cannot ignore their call.  Even if by answering them we put ourselves in your firing line.

The stories that you write calling us climate hypocrites will not silence us.  

The media exists to tell the public the truth. Right now there has never been a more urgent need for you to educate yourselves on the CEE (Climate and Ecological Emergency) and to use your voices to reach new audiences with the truth. 

We invite all people with platforms and profiles to join us and move beyond fear, to use your voices fearlessly to amplify the real story.

Thousands of ordinary people are risking their freedom by taking part in non-violent civil disobedience.  We’ve been inspired by their courage to speak out and join them. We beg you to do the same.

With love,

Riz Ahmed (actor), Simon Amstell (comedien), Mel B – Spice Girls (musician), Matt Berry (actor), Melanie Blatt – All Saints (musician), Baroness Rosie Boycott, Rory Bremner (comedien), Tom Burke (actor), David Byrne – Talking Heads (musician),  Peter Capaldi (actor), Jake Chapman (artist), Mary Charteris (model / musician/ DJ), Grace Chatto – Clean Bandit (musician), Adam Clayton – U2 (musician), Jarvis Cocker (musician), Lily Cole (actor & model), Steve Coogan (actor), Laura Crane (pro surfer & model), Alfonso Cuaron (director), Benedict Cumberbatch (actor), Stephen Daldry (director), Poppy Delevingne (actor / model), Jeremy Deller (artist), Emily Eavis (Glastonbury Festival), Katy England (fashion stylist), Brian Eno (musician),  Paapa Essiedu (actor), Livia Firth (Eco Age – founder), Jerome Flynn (actor), Stephen Frears (director), Bella Freud (designer), Sonia Friedman OBE (producer), Neil Gaiman (writer), Bob Geldof (musician and campaigner), Aileen Getty (activist and philanthropist),  Simon Green – Bonobo (musician), Natalie Imbruglia (singer), Helena Kennedy QC, Idris Khan OBE (artist), Vanessa Kirby (actor), Nan Goldin (artist), Antony Gormley (artist), Jack and Finn Harries (film-makers and influencers), MJ Harper (dancer), Paul and Phil Hartnoll – Orbital (musicians), Lena Headly (actor), Imogen Heap (musician), Dr. Pam Hogg (fashion designer), Jon Hopkins (musician), Nick Hornby (writer), Julietthe Larthe (producer), Jude Law (actor), Howard and Guy Lawrence – Disclosure (musicians), Daisy Lowe (model), Phil Manzanera – Roxy Music (musician), Simon McBurney OBE (theatre maker), Ian McEwan (writer), Fernando Meirelles (director), Sienna Miller (actor), George Monbiot (journalist), David Morrissey (actor), Sir Michael and Lady Clare Morpurgo (writer), Sophie Muller (director), Robert Del Naja – Massive Attack (musician), Andrea (Andi) Oliver (TV chef), Chris Packham (conservationist), Amanda Palmer (musician), Cornelia Ann Parker OBE (artist), Bill Paterson (actor), Caius Pawson (Young Turks – Founder and XL Recordings – A&R Director), Grayson Perry (artist & broadcaster),  Gilles Peterson (DJ & broadcaster), Yannis Philippakis and Edwin Congreave – Foals (musicians), Jason Pierce – Spiritualized (musician), Heydon Prowse (writer and director), Jonathan Pryce (actor), Gareth Pugh (designer), Sir Mark Rylance (actor), Nitin Sawney (musician), Tracey Seaward (film producer), Wilf Scolding (actor), Alison Steadman (actor), Juliet Stevenson (actor), Justin Thornton and Thea Bregazzi (Preen by Thornton Bregazzi, designers), Geoff Travis (Rough Trade, founder), Gavin Turk (artist), Mark Wallinger (artist), Ruby Wax (writer, performer and comedian), Rowan Williams (theologian), Jaime Winstone (actor), Ray Winstone (actor), Jeanette Winterstone (writer), Thom Yorke (musician), Dan Haggis, Matthew Murphy & Tord Øverland Knudsen – The Wombats (musicians), Deborah Curtis (artist),   and Lady Clare Morpurgo, Geoff Jukes (music manager), Joe Murphy (playwright), David Lan (theatre writer and producer), Alice Aedy (photographer), Kate Fahy (actor), Fay Milton – Savages (musician), Johnny Flynn (actor and musician), William Rees – Mystery Jets (musician), Flora Starkey (floral artist), MJ Delaney (director), Brian Ogle (architect),James Suckling (fashion consultant), Miquita Oliver (presenter), A Fletcher Cowan (presenter), Eliza Caird (musician), Lee Sharrock (PR and curator), Joe Robertson (playwright), Olivia Calverley (TV producer), Tia Grazette (creative director), Sam Conniff (author and pirate), Stefan Bartlett (designer), Matt Lambert (artist), J. 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Populisme: Les sionistes ont même inventé le nationalisme ! (From the Tower of Babel to the latest anti-Israeli UN resolution, the independent national state, as an alternative to empire and tribalism, begins with the Hebrew Bible, but is again threatened by transnational elites, says Israeli political philosopher Yoram Hazony)

28 juillet, 2019

 

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Toi qui as fixé les frontières, dressé les bornes de la terre, tu as créé l’été, l’hiver !  Psaumes 74: 17
Où tu iras j’irai, où tu demeureras je demeurerai; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. Ruth (Ruth 1: 16)
Un peuple connait, aime et défend toujours plus ses moeurs que ses lois. Montesquieu
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Condamner le nationalisme parce qu’il peut mener à la guerre, c’est comme condamner l’amour parce qu’il peut conduire au meurtre. C.K. Chesterton
Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme. Le nationalisme est l’exact contraire du patriotisme, il en est sa trahison. Emmanuel Macron
Les démocrates radicaux veulent remonter le temps, rendre de nouveau le pouvoir aux mondialistes corrompus et avides de pouvoir. Vous savez qui sont les mondialistes? Le mondialiste est un homme qui veut qu’il soit bon de vivre dans le monde entier sans, pour dire le vrai, se soucier de notre pays. Cela ne nous convient pas. (…) Vous savez, il y a un terme devenu démodé dans un certain sens, ce terme est « nationaliste ». Mais vous savez qui je suis? Je suis un nationaliste. OK? Je suis nationaliste. Saisissez-vous de ce terme! Donald Trump
We have a very clear policy. We want to preserve Hungary as a Hungarian country. We have a right for that. It’s a sovereign right of Hungary to decide whom we would like to allow to enter the territory of the country, and with whom we would like to live together. That must be a national decision … a matter of national sovereignty, and we don’t want to give that up. And we do not accept either Brussels, New York or Geneva taking these kinds of decisions instead of us. (…) We think that the illegal migration is a threat to the European future, a threat to the European culture and to the European civilization. We are a country which sticks strictly to national identity, which would like to preserve religious heritage, historic heritage and cultural heritage. We do not want to lose them. Péter Szijjártó (Hungary’s foreign minister)
So apparently Donald Trump wants to make this an election about what it means to be American. He’s got his vision of what it means to be American, and he’s challenging the rest of us to come up with a better one. In Trump’s version, “American” is defined by three propositions. First, to be American is to be xenophobic. The basic narrative he tells is that the good people of the heartland are under assault from aliens, elitists and outsiders. Second, to be American is to be nostalgic. America’s values were better during some golden past. Third, a true American is white. White Protestants created this country; everybody else is here on their sufferance. When you look at Trump’s American idea you realize that it contradicts the traditional American idea in every particular. In fact, Trump’s national story is much closer to the Russian national story than it is toward our own. It’s an alien ideology he’s trying to plant on our soil. ​ Trump’s vision is radically anti-American.​ The real American idea is not xenophobic, nostalgic or racist; it is pluralistic, future-oriented and universal. America is exceptional precisely because it is the only nation on earth that defines itself by its future, not its past. America is exceptional because from the first its citizens saw themselves in a project that would have implications for all humankind. America is exceptional because it was launched with a dream to take the diverse many and make them one — e pluribus unum.​ (…) Trump’s campaign is an attack on that dream. The right response is to double down on that ideal. The task before us is to create the most diverse mass democracy in the history of the planet — a true universal nation. It is precisely to weave the social fissures that Trump is inclined to tear. David Brooks
In the matter of immigration, mark this conservative columnist down as strongly pro-deportation. The United States has too many people who don’t work hard, don’t believe in God, don’t contribute much to society and don’t appreciate the greatness of the American system. They need to return whence they came. I speak of Americans whose families have been in this country for a few generations. Complacent, entitled and often shockingly ignorant on basic points of American law and history, they are the stagnant pool in which our national prospects risk drowning.​ (…) Bottom line: So-called real Americans are screwing up America. Maybe they should leave, so that we can replace them with new and better ones: newcomers who are more appreciative of what the United States has to offer, more ambitious for themselves and their children, and more willing to sacrifice for the future. In other words, just the kind of people we used to be — when “we” had just come off the boat.​ O.K., so I’m jesting about deporting “real Americans” en masse. (Who would take them in, anyway?) But then the threat of mass deportations has been no joke with this administration.​ On Thursday, the Department of Homeland Security seemed prepared to extend an Obama administration program known as Deferred Action for Childhood Arrivals, or DACA, which allows the children of illegal immigrants — some 800,000 people in all — to continue to study and work in the United States. The decision would have reversed one of Donald Trump’s ugly campaign threats to deport these kids, whose only crime was to have been brought to the United States by their parents. Yet the administration is still committed to deporting their parents, and on Friday the D.H.S. announced that even DACA remains under review — another cruel twist for young immigrants wondering if they’ll be sent back to “home” countries they hardly ever knew, and whose language they might barely even speak.​ Beyond the inhumanity of toying with people’s lives this way, there’s also the shortsightedness of it. We do not usually find happiness by driving away those who would love us. Businesses do not often prosper by firing their better employees and discouraging job applications. So how does America become great again by berating and evicting its most energetic, enterprising, law-abiding, job-creating, idea-generating, self-multiplying and God-fearing people?​ Because I’m the child of immigrants and grew up abroad, I have always thought of the United States as a country that belongs first to its newcomers — the people who strain hardest to become a part of it because they realize that it’s precious; and who do the most to remake it so that our ideas, and our appeal, may stay fresh.​ That used to be a cliché, but in the Age of Trump it needs to be explained all over again. We’re a country of immigrants — by and for them, too. Americans who don’t get it should get out.​ Bret Stephens
Obama est le premier président américain élevé sans attaches culturelles, affectives ou intellectuelles avec la Grande-Bretagne ou l’Europe. Les Anglais et les Européens ont été tellement enchantés par le premier président américain noir qu’ils n’ont pu voir ce qu’il est vraiment: le premier président américain du Tiers-Monde. The Daily Mail
Culturellement, Obama déteste la Grande-Bretagne. Il a renvoyé le buste de Churchill sans la moindre feuille de vigne d’une excuse. Il a insulté la Reine et le Premier ministre en leur offrant les plus insignifiants des cadeaux. A un moment, il a même refusé de rencontrer le Premier ministre. Dr James Lucier (ancien directeur du comité des Affaire étrangères du sénat américain)
We want our country back ! Marion Maréchal
La jeune génération n’est pas encouragée à aimer notre héritage. On leur lave le cerveau en leur faisant honte de leur pays. (…) Nous, Français, devons nous battre pour notre indépendance. Nous ne pouvons plus choisir notre politique économique ou notre politique d’immigration et même notre diplomatie. Notre liberté est entre les mains de l’Union européenne. (…) Notre liberté est maintenant entre les mains de cette institution qui est en train de tuer des nations millénaires. Je vis dans un pays où 80%, vous m’avez bien entendu, 80% des lois sont imposées par l’Union européenne. Après 40 ans d’immigration massive, de lobbyisme islamique et de politiquement correct, la France est en train de passer de fille aînée de l’Eglise à petite nièce de l’islam. On entend maintenant dans le débat public qu’on a le droit de commander un enfant sur catalogue, qu’on a le droit de louer le ventre d’une femme, qu’on a le droit de priver un enfant d’une mère ou d’un père. (…) Aujourd’hui, même les enfants sont devenus des marchandises (…) Un enfant n’est pas un droit (…) Nous ne voulons pas de ce monde atomisé, individualiste, sans sexe, sans père, sans mère et sans nation. (…) Nous devons faire connaitre nos idées aux médias et notre culture, pour stopper la domination des libéraux et des socialistes. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une école de sciences politiques. (…) Nous devons faire connaitre nos idées aux médias et notre culture, pour stopper la domination des libéraux et des socialistes. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une école de sciences politiques. (…) La Tradition n’est pas la vénération des cendres, elle est la passation du feu. (…)Je ne suis pas offensée lorsque j’entends le président Donald Trump dire ‘l’Amérique d’abord’. En fait, je veux l’Amérique d’abord pour le peuple américain, je veux la Grande-Bretagne d’abord pour le peuple britannique et je veux la France d’abord pour le peuple français. Comme vous, nous voulons reprendre le contrôle de notre pays. Vous avez été l’étincelle, il nous appartient désormais de nourrir la flamme conservatrice. Marion Maréchal
En Europe comme aux Etats-Unis, la contestation émerge sur les territoires les plus éloignés des métropoles mondialisées. La « France périphérique » est celle des petites villes, des villes moyennes et des zones rurales. En Grande-Bretagne, c’est aussi la « Grande-Bretagne périphérique » qui a voté pour le Brexit. Attention : il ne s’agit pas d’un rapport entre « urbains » et « ruraux ». La question est avant tout sociale, économique et culturelle. Ces territoires illustrent la sortie de la classe moyenne des catégories qui en constituaient hier le socle : ouvriers, employés, petits paysans, petits indépendants. Ces catégories ont joué le jeu de la mondialisation, elles ont même au départ soutenu le projet européen. Cependant, après plusieurs décennies d’adaptation aux normes de l’économie-monde, elles font le constat d’une baisse ou d’une stagnation de leur niveau de vie, de la précarisation des conditions de travail, du chômage de masse et, in fine, du blocage de l’ascenseur social. Sans régulation d’un libre-échange qui défavorise prioritairement ces catégories et ces territoires, le processus va se poursuivre. C’est pourquoi la priorité est de favoriser le développement d’un modèle économique complémentaire (et non alternatif) sur ces territoires qui cumulent fragilités socio-économiques et sédentarisation des populations. Cela suppose de donner du pouvoir et des compétences aux élus et collectivités de ces territoires. En adoptant le système économique mondialisé, les pays développés ont accouché de son modèle sociétal : le multiculturalisme. En la matière, la France n’a pas fait mieux (ni pire) que les autres pays développés. Elle est devenue une société américaine comme les autres, avec ses tensions et ses paranoïas identitaires. Il faut insister sur le fait que sur ces sujets, il n’y a pas d’un côté ceux qui seraient dans l’ouverture et de l’autre ceux qui seraient dans le rejet. Si les catégories supérieures et éduquées ne basculent pas dans le populisme, c’est parce qu’elles ont les moyens de la frontière invisible avec l’Autre. Ce sont d’ailleurs elles qui pratiquent le plus l’évitement scolaire et résidentiel. La question du rapport à l’autre n’est donc pas seulement posée pour les catégories populaires. Poser cette question comme universelle – et qui touche toutes les catégories sociales – est un préalable si l’on souhaite faire baisser les tensions. Cela implique de sortir de la posture de supériorité morale que les gens ne supportent plus. J’avais justement conçu la notion d’insécurité culturelle pour montrer que, notamment en milieu populaire, ce n’est pas tant le rapport à l’autre qui pose problème qu’une instabilité démographique qui induit la peur de devenir minoritaire et de perdre un capital social et culturel très important. Une peur qui concerne tous les milieux populaires, quelles que soient leurs origines. C’est en partant de cette réalité qu’il convient de penser la question du multiculturalisme. Christophe Guilluy
Pour la première fois, le modèle mondialisé des classes dominantes, dont Hillary Clinton était le parangon, a été rejeté dans le pays qui l’a vu naître. Fidèles à leurs habitudes, les élites dirigeantes déprécient l’expression de la volonté populaire quand elles en perdent le contrôle. Ainsi, les médias, à travers le cas de la Pennsylvanie – l’un des swing states qui ont fait le succès de Trump -, ont mis l’accent sur le refus de mobilité de la working class blanche, les fameux « petits Blancs », comme cause principale de la précarité et du déclassement. Le « bougisme », qui est la maladie de Parkinson de la mondialisation, confond les causes et les conséquences. Il est incapable de comprendre que, selon la formule de Christopher Lasch, « le déracinement déracine tout, sauf le besoin de racines ». L’élection de Trump, c’est le cri de révolte des enracinés du local contre les agités du global. (…) La gauche progressiste n’a eu de cesse, depuis les années 1980, que d’évacuer la question sociale en posant comme postulat que ce n’est pas la pauvreté qui interdit d’accéder à la réussite ou à l’emploi, mais uniquement l’origine ethnique. Pourtant, l’actuelle dynamique des populismes ne se réduit pas à la seule révolte identitaire. En contrepoint de la protestation du peuple-ethnos, il y a la revendication du peuple-démos, qui aspire à être rétabli dans ses prérogatives de sujet politique et d’acteur souverain de son destin. Le populisme est aussi et peut-être d’abord un hyperdémocratisme, selon le mot de Taguieff, une demande de démocratie par quoi le peuple manifeste sa volonté d’être représenté et gouverné selon ses propres intérêts. Or notre postdémocratie oscille entre le déni et le détournement de la volonté populaire. (…) Au XIXe siècle, la bourgeoisie a eu recours à la loi pour imposer le suffrage censitaire. Aujourd’hui, les classes dominantes n’en éprouvent plus la nécessité, elles l’obtiennent de facto : il leur suffit de neutraliser le vote populiste en l’excluant de toute représentation par le mode de scrutin et de provoquer l’abstention massive de l’électorat populaire, qui, convaincu de l’inutilité du vote, se met volontairement hors jeu. Ne vont voter lors des élections intermédiaires que les inclus, des fonctionnaires aux cadres supérieurs, et surtout les plus de 60 ans, qui, dans ce type de scrutin, représentent autour de 35 % des suffrages exprimés, alors qu’ils ne sont que 22 % de la population. Ainsi, l’écosystème de la génération de 68 s’est peu à peu transformé en un egosystème imposé à l’ensemble de la société. Dans notre postdémocratie, c’est le cens qui fait sens et se traduit par une surreprésentation des classes favorisées aux dépens de la France périphérique, de la France des invisibles. (…) On est arrivé à une situation où la majorité n’est plus une réalité arithmétique, mais un concept politique résultant d’une application tronquée du principe majoritaire. Dans l’Assemblée élue en 2012 avec une participation de 55 %, la majorité parlementaire socialiste ne représente qu’un peu plus de 16 % des inscrits. La majorité qui fait et défait les lois agit au nom d’à peine plus de 1 Français sur 6 ! Nous vivons sous le régime de ce qu’André Tardieu appelait déjà avant-guerre le « despotisme d’une minorité légale ». On assiste, avec le système de l’alternance unique entre les deux partis de gouvernement, à une privatisation du pouvoir au bénéfice d’une partitocratie dont la légitimité ne cesse de s’éroder. (…) Plus les partis ont perdu en légitimité, plus s’est imposée à eux l’obligation de verrouiller le système de crainte que la sélection des candidats à l’élection présidentielle ne leur échappe. Avec la crise de la représentation, le système partisan n’a plus ni l’autorité ni la légitimité suffisante pour imposer ses choix sans un simulacre de démocratie. Les primaires n’ont pas d’autre fonction que de produire une nouvelle forme procédurale de légitimation. En pratique, cela revient à remettre à une minorité partisane le pouvoir de construire l’offre politique soumise à l’ensemble du corps électoral. Entre 3 et 4 millions de citoyens vont préorienter le choix des 46 millions de Français en âge de voter. Or la sociologie des électeurs des primaires à droite comme à gauche ne fait guère de doute : il s’agit des catégories supérieures ou moyennes, qui entretiennent avec la classe politique un rapport de proximité. Les primaires auront donc pour effet d’aggraver la crise de représentation en renforçant le poids politique des inclus au moment même où il faudrait rouvrir le jeu démocratique. (…) D’un tel processus de sélection ne peuvent sortir que des produits de l’endogamie partisane, des candidats façonnés par le conformisme de la doxa et gouvernés par l’économisme. Des candidats inaccessibles à la dimension symbolique du pouvoir et imperméables aux legs de la tradition et de l’Histoire nationale. Sarkozy et Hollande ont illustré l’inaptitude profonde des candidats sélectionnés par le système à se hisser à la hauteur de la fonction. Dans ces conditions, il est à craindre que, quel que soit l’élu, l’élection de 2017 ne soit un coup à blanc, un coup pour rien. D’autant que les hommes de la classe dirigeante n’ont ni les repères historiques ni les bases culturelles pour défendre les sociabilités protectrices face aux ravages de la mondialisation. En somme, ils ne savent pas ce qu’ils font parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils défont. Quant au FN, privé de toute espérance du pouvoir, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, il offre un repoussoir utile à la classe dirigeante, qui lui permet de se survivre à bon compte. Il est à ce jour encore la meilleure assurance-vie du système. Patrick Buisson
Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine». Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux Français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer. Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard  va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner. Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens. Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire. Il faut bien avouer que nos élites du PS comme des Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment. La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. (…) Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter! La deuxième solution, défendue par une partie des Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre? Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession. Vincent Coussedière
With their politicization of their victory, their expletive-filled speech, and their publicly expressed contempt for half their fellow citizens, the women of the U.S. women’s soccer team succeeded in endearing themselves to America’s left. But they earned the rest of the country’s disdain, which is sad. We really wanted to love the team. What we have here is yet another example of perhaps the most important fact in the contemporary world: Everything the left touches, it ruins. Dennis Prager
The San Francisco Board of Education recently voted to paint over, and thus destroy, a 1,600-square-foot mural of George Washington’s life in San Francisco’s George Washington High School. Victor Arnautoff, a communist Russian-American artist and Stanford University art professor, had painted “Life of Washington” in 1936, commissioned by the New Deal’s Works Progress Administration. A community task force appointed by the school district had recommended that the board address student and parent objections to the 83-year-old mural, which some viewed as racist for its depiction of black slaves and Native Americans. Nike pitchman and former NFL quarterback Colin Kaepernick recently objected to the company’s release of a special Fourth of July sneaker emblazoned with a 13-star Betsy Ross flag. The terrified Nike immediately pulled the shoe off the market. The New York Times opinion team issued a Fourth of July video about “the myth of America as the greatest nation on earth.” The Times’ journalists conceded that the United States is “just OK.” During a recent speech to students at a Minnesota high school, Rep. Ilhan Omar (D-Minn.) offered a scathing appraisal of her adopted country, which she depicted as a disappointment whose racism and inequality did not meet her expectations as an idealistic refugee. Omar’s family had fled worn-torn Somalia and spent four-years in a Kenyan refugee camp before reaching Minnesota, where Omar received a subsidized education and ended up a congresswoman. The U.S. Women’s National Soccer Team won the World Cup earlier this month. Team stalwart Megan Rapinoe refused to put her hand over heart during the playing of the national anthem, boasted that she would never visit the “f—ing White House” and, with others, nonchalantly let the American flag fall to the ground during the victory celebration. The city council in St. Louis Park, a suburb of Minneapolis, voted to stop reciting the Pledge of Allegiance before its meeting on the rationale that it wished not to offend a “diverse community.” The list of these public pushbacks at traditional American patriotic customs and rituals could be multiplied. They follow the recent frequent toppling of statues of 19th-century American figures, many of them from the South, and the renaming of streets and buildings to blot out mention of famous men and women from the past now deemed illiberal enemies of the people. Such theater is the street version of what candidates in the Democratic presidential primary have been saying for months. They want to disband border enforcement, issue blanket amnesties, demand reparations for descendants of slaves, issue formal apologies to groups perceived to be the subjects of discrimination, and rail against American unfairness, inequality, and a racist and sexist past. In their radical progressive view — shared by billionaires from Silicon Valley, recent immigrants and the new Democratic Party — America was flawed, perhaps fatally, at its origins. Things have not gotten much better in the country’s subsequent 243 years, nor will they get any better — at least not until America as we know it is dismantled and replaced by a new nation predicated on race, class and gender identity-politics agendas. In this view, an “OK” America is no better than other countries. As Barack Obama once bluntly put it, America is only exceptional in relative terms, given that citizens of Greece and the United Kingdom believe their own countries are just as exceptional. In other words, there is no absolute standard to judge a nation’s excellence. About half the country disagrees. It insists that America’s sins, past and present, are those of mankind. But only in America were human failings constantly critiqued and addressed. (…) The traditionalists see American history as a unique effort to overcome human weakness, bias and sin. That effort is unmatched by other cultures and nations, and explains why millions of foreign nationals swarm into the United States, both legally and illegally. (…) If progressives and socialists can at last convince the American public that their country was always hopelessly flawed, they can gain power to remake it based on their own interests. These elites see Americans not as unique individuals but as race, class and gender collectives, with shared grievances from the past that must be paid out in the present and the future. Victor Davis Hanson
America is changing. By 2043, we’ll be a nation [that’s] majority people of color, and that’s — that is the game here — that’s what folks don’t want to understand what’s happening in this country. Roland Martin (African-American journalist)
How’d we lose the working class? Ask yourself, what did we do for them? You called them stupid. You marginalized them, took them for granted and you didn’t talk to them. For 20 years, the right wing has invested tremendous amounts of money in talk radio, in television, in every possible platform to be in their ears, before their eyes, and on their minds. And they don’t call them stupid. Rick Smith (talk-show host)
On several polarizing issues, Democrats are refusing to offer the reassurances to moderate opinion that they once did. They’re not saying: We will secure the border and insist on an orderly asylum process, but do it in a humane way; we will protect the right to abortion while working to make it less common; we will protect gun rights while setting sensible limits on them. The old rhetorical guardrails — trust us, there’s a hard stop on how far left we’ll go — are gone. Ramesh Ponnuru
Trump also highlighted a basic fact about the nature of leftist ideology. Just as the Iranian regime views the United States and Israel as two sides of the same coin, with the ayatollahs dubbing the U.S. “the Great Satan” and Israel, “the Little Satan,” so the radical left views the U.S. and Israel – the most powerful democracy in the world and the only democracy in the Middle East – as states with no moral foundation for existing. Although other presidents have spoken out against hatred of Jews and Israel on the one hand and hatred of America on the other, it is hard to think of another example of a U.S. leader making the case that the two hatreds are linked as Trump did this week. This is important, because they are linked. The haters see both America and the Jews as all-powerful forces who use their power to bend the world to their nefarious, avaricious, greedy aims. They stereotype both Americans and pro-Israel and traditional Jews as vulgar and fascist. Pew Research Center studies of European perspectives on Jews and Americans show a massive overlap between anti-Semitic attitudes and anti-American ones. As the American left has become more radical, it has also become more aligned with those toxic European attitudes towards both the United States and Israel. One example is evident at the U.S.-Mexico border. The left’s opposition to enforcing American immigration laws goes hand-in-hand with the view that the Jewish people have no right to national self-determination in their homeland and that the Jewish state has no right to exist. As political philosopher Yoram Hazony argued in his book, The Virtue of Nationalism, nationalism — and, indeed, the concept of a nation itself — is a biblical concept. The nation of Israel is the first nation. And the American Founding Fathers’ conception of the United States and the American nation was rooted in the biblical concept of nationhood and nationalism of the Jews. Hazony contends that anti-nationalism is both inherently antisemitic and anti-American. And it is also imperialist. Anti-nationalists support international and transnational legal constructs and institutions that deny distinct nations large and small the ability to determine their own unique course in the world. As repositories of the concept of distinct nations, nation-states are, in Hazony’s view, inherently freer and more cohesive societies than imperialist societies that insist that one-size-fits-all and that there are people better equipped than the people themselves to decide what is good for them. As Trump tweeted, the four sirens of the socialist revolution are a dire threat to the Democratic Party. By embracing the likes of Reps. Omar and Tlaib with their repeated statements against the United States, Jews and Israel and their tolerance for terrorist groups and terrorists, and by embracing Ocasio-Cortez who likens America to Nazi Germany, replete with “concentration camps,” the Democratic Party is indeed embracing anti-Americanism and anti-Semitism. And, as Trump tweeted, it is the Democrats, not the Republicans — and certainly not the president — who are making Israel a partisan issue. They are doing so by abandoning Israel and embracing antisemitic conceptions of nationalism and of the Jewish and American nations. Trump’s tweet storm, however controversial, showed that he is personally committed to fighting hatred of Jews and Israel. As he was being targeted as a racist by Democrats, the Department of Justice was holding a conference on combatting antisemitism. The conference, which placed a spotlight on campus antisemitism, did not shy away from discussing and condemning antisemitism on the left as well as on the right, and Islamic antisemitism. In his remarks before the conference, Attorney General Willian Barr discussed the galloping hostility Jewish students face in U.S. universities today. In his words, “On college campuses today, Jewish students who support Israel are frequently targeted for harassment, Jewish student organizations are marginalized, and progressive Jewish students are told they must denounce their beliefs and their heritage in order to be part of ‘intersectional’ causes.” (…) It is a testament to the left’s increasing embrace of anti-Jewish bigotry, and its rejection of America’s right to borders, — and through them, to self-government and self-determination — that Trump is being branded a racist for standing up to these distressing trends. And it is a testament to Trump’s moral courage that he is willing to speak the truth about antisemitism and anti-Americanism even at the cost of wall-to-wall calumny by Democrats and the media. Caroline Glick
This month, Netroots Nation met in Philadelphia. The choice was no accident. Pennsylvania will probably be the key swing state in 2020. Donald Trump won it by only 44,000 votes or seven-tenths of a percentage point. He lost the prosperous Philadelphia suburbs by more than Mitt Romney did in 2012 but more than made up for it with new support in “left behind” blue-collar areas such as Erie and Wilkes-Barre. You’d think that this history would inform activists at Netroots Nation about the best strategy to follow in 2020. Not really. Instead, Netroots events seemed to alternate between pandering presentations by presidential candidates and a bewildering array of “intersectionality” and identity-politics seminars. Senator Elizabeth Warren pledged that, if elected, she would immediately investigate crimes committed by border-control agents. Julian Castro, a former Obama-administration cabinet member, called for decriminalizing illegal border crossings. But everyone was topped by Washington governor Jay Inslee. “My first act will be to ask Megan Rapinoe to be my secretary of State,” he promised. Naming the woke, purple-haired star of the championship U.S. Women’s Soccer team, he said, would return “love rather than hate” to the center of America’s foreign policy. It is true that a couple of panels tried to address how the Left could appeal to voters who cast their ballots for Barack Obama in 2012 but switched to Trump in 2016. (…)  But that kind of introspection was rare at Netroots Nation. Elizabeth Warren explicitly rejected calls to keep Democrats from moving too far to the left in the next campaign (…) Warren and her supporters point to polls showing that an increasing number of Americans are worried about income inequality, climate change, and America’s image around the world. But are those the issues that actually motivate people to vote, or are they peripheral issues that aren’t central to the decision most voters make? Consider a Pew Research poll taken last year that asked respondents to rank 23 “policy priorities” from terrorism to global trade in order of importance. Climate change came in 22nd out of 23. There is a stronger argument that Democrats will have trouble winning over independent voters if they sprinting so far to the left that they go over a political cliff. (…) Many leftists acknowledge that Democrats are less interested than they used to be in trimming their sails to appeal to moderates. Such trimming is no longer necessary, as they see it, because the changing demographics of the country give them a built-in advantage. Almost everyone I encountered at Netroots Nation was convinced that President Trump would lose in 2020. (…) It’s a common mistake on both the right and the left to assume that minority voters will a) always vote in large numbers and b) will vote automatically for Democrats. Hillary Clinton lost in 2016 in part because black turnout fell below what Barack Obama was able to generate. There is no assurance that black turnout can be restored in 2020. As for other ethnic groups, a new poll by Politico/Morning Consult this month found that Trump’s approval among Hispanics is at 42 percent. An Economist/YouGov poll showed Trump at 32 percent among Hispanics; another poll from The Hill newspaper and HarrisX has it at 35 percent. In 2016, Trump won only 29 to 32 percent of the Hispanic vote. Netroots Nation convinced me that progressive activists are self-confident, optimistic about the chances for a progressive triumph, and assured that a Trump victory was a freakish “black swan” event. But they are also deaf to any suggestion that their PC excesses had anything to do with Trump’s being in the White House. That is apt to be the progressive blind spot going into the 2020 election. John Fund
The immigrant is the pawn of Latin American governments who view him as inanimate capital, someone who represents thousands of dollars in future foreign-exchange remittances, as well as one less mouth to feed at home — if he crosses the border, legality be damned. If that sounds a cruel or cynical appraisal, then why would the Mexican government in 2005 print a comic booklet (“Guide for the Mexican Migrant”) with instructions to its citizens on how best to cross into the United States — urging them to break American law and assuming that they could not read? Yet for all the savagery dealt out to the immigrant — the callousness of his government, the shakedowns of the coyotes and cartels, the exploitation of his labor by new American employers — the immigrant himself is not entirely innocent. He knows — or does not care to know — that by entering the U.S., he has taken a slot from a would-be legal immigrant, one, unlike himself, who played by the rules and waited years in line for his chance to become an American. He knowingly violates U.S. immigration law. And when the first act of an immigrant is to enter the U.S. illegally, the second to reside there unlawfully, and the third so often to adopt false identities, he undermines American law on the expectation that he will receive exemptions not accorded to U.S. citizens, much less to other legal immigrants. In terms of violations of federal law, and crimes such as hit-and-run accidents and identity theft, the illegal immigrant is overrepresented in the criminal-justice system, and indeed in federal penitentiaries. Certainly, no Latin American government would allow foreigners to enter, reside, and work in their own country in the manner that they expect their own citizens to do so in America. Historically, the Mexican constitution, to take one example, discriminates in racial terms against both the legal and illegal immigrants, in medieval terms of ethnic essence. Some $30 billion in remittances are sent back by mostly illegal aliens to Central American governments and roughly another $30 billion to Mexico. But the full implications of that exploitation are rarely appreciated. Most impoverished illegal aliens who send such staggering sums back not only entered the United States illegally and live here illegally, but they often enjoy some sort of local, state, or federal subsidy. They work at entry-level jobs with the understanding that they are to scrimp and save, with the assistance of the American taxpayer, whose laws they have shredded, so that they can send cash to their relatives and friends back home. In other words, the remitters are like modern indentured servants, helots in hock to their governments that either will not or cannot help their families and are excused from doing so thanks to such massive remittances. In sum, they promote illegal immigration to earn such foreign exchange, to create an expatriate community in the United States that will romanticize a Guatemala or Oaxaca — all the more so,  the longer and farther they are away from it. Few of the impoverished in Mexico paste a Mexican-flag sticker on their window shield; many do so upon arrival in the United States. Illegal immigration is a safety valve, by which dissidents are thanked for marching north rather than on their own nations’ capitals. Latin American governments really do not care that much that their poor are raped while crossing the Mexican desert, or sold off by the drug cartels, or that they drown in the Rio Grande, but they suddenly weep when they reach American detention centers — a cynicism that literally cost hundreds their lives. America is increasingly becoming not so much a nonwhite nation as an assimilated, integrated, and intermarried country. Race, skin color, and appearance, if you will, are becoming irrelevant. The construct of “Latino” — Mexican-American? Portuguese? Spanish? Brazilian? — is becoming immaterial as diverse immigrants soon cannot speak Spanish, lose all knowledge of Latin America, and become indistinguishable in America from the descendants of southern Europeans, Armenians, or any other Mediterranean immigrant group. In other words, a Lopez or Martinez was rapidly becoming as relevant or irrelevant in terms of grievance politics, or perceived class, as a Pelosi, Scalise, De Niro, or Pacino. If Pelosi was named “Ocasio-Cortez” and AOC “Pelosi,” then no one would know, or much care, from their respective superficial appearance, who was of Puerto Rican background and who of Italian ancestry. Such a melting-pot future terrifies the ethnic activists in politics, academia, and the media who count on replenishing the numbers of unassimilated “Latinos,” in order to announce themselves the champions of collective grievance and disparity and thereby find careerist advantage. When 1 million of some of the most impoverished people on the planet arrive without legality, a high-school diploma, capital, or English, then they are likely to remain poor for a generation. And their poverty then offers supposed proof that America is a nativist or racist society for allowing such asymmetry to occur — a social-justice crime remedied best the by Latino caucus, the Chicano-studies department, the La Raza lawyers association, or the former National Council of La Raza. Yet, curb illegal immigration, and the entire Latino race industry goes the way of the Greek-, Armenian-, or Portuguese-American communities that have all found parity once massive immigration of their impoverished countrymen ceased and the formidable powers of the melting pot were uninterrupted. Democrats once were exclusionists — largely because they feared that illegal immigration eroded unionization and overtaxed the social-service resources of their poor citizen constituents. Cesar Chavez, for example, sent his thugs to the border to club illegal aliens and drive them back into Mexico, as if they were future strike breakers. Until recently, Barack Obama and Hillary Clinton called for strict border enforcement, worried that the wages of illegal workers were driving down those of inner-city or barrio American youth. What changed? Numbers. Once the pool of illegal aliens reached a likely 20 million, and once their second-generation citizen offspring won anchor-baby legality and registered to vote, a huge new progressive constituency rose in the American Southwest — one that was targeted by Democrats, who alternately promised permanent government subsidies and sowed fears with constant charges that right-wing Republicans were abject racists, nativists, and xenophobes. Due to massive influxes of immigrants, and the flight of middle-class citizens, the California of Ronald Reagan, George Deukmejian, and Pete Wilson long ago ceased to exist. Indeed, there are currently no statewide Republican office-holders in California, which has liberal supermajorities in both state legislatures and a mere seven Republicans out of 53 congressional representatives. Nevada, New Mexico, and Colorado are becoming Californized. Soon open borders will do the same to Arizona and Texas. No wonder that the Democratic party has been willing to do almost anything to become the enabler of open borders, whether that is setting up over 500 sanctuary-city jurisdictions, suing to block border enforcement in the courts, or extending in-state tuition, free medical care, and driver’s licenses to those who entered and reside in America illegally. If most immigrants were right-wing, middle-class, Latino anti-Communists fleeing Venezuela or Cuba, or Eastern European rightists sick of the EU, or angry French and Germans who were tired of their failed socialist governments, the Democratic party would be the party of closed borders and the enemy of legal, meritocratic, diverse, and measured immigration. Employers over the past 50 years learned fundamental truths about illegal immigrants. The impoverished young male immigrant, arriving without English, money, education, and legality, will take almost any job to survive, and so he will work all the harder once he’s employed. For 20 years or so, young immigrant workers remain relatively healthy. But once physical labor takes its toll on the middle-aged immigrant worker, the state always was expected to step in to assume the health care, housing, and sustenance cost of the injured, ill, and aging worker — thereby empowering the employer’s revolving-door use of a new generation of young workers. Illegality — at least until recently, with the advent of sanctuary jurisdictions — was seen as convenient, ensuring asymmetry between the employee and the employer, who could always exercise the threat of deportation for any perceived shortcoming in his alien work force. Note that those who hire illegal aliens claim that no Americans will do such work, at least at the wages they are willing to, or can, pay. That is the mea culpa that employers voice when accused of lacking empathy for out-of-work Americans. If employers were fined for hiring illegal aliens, or held financially responsible for their immigrant workers’ health care and retirements, or if they found that such workers were not very industrious and made poor entry-level laborers, then both the Wall Street Journal and the Chamber of Commerce would be apt to favor strict enforcement of immigration laws.  Wealthy progressives favor open borders and illegal immigration for a variety of reasons. The more immigrants, the cheaper, more available, and more industrious are nannies, housekeepers, caregivers, and gardeners — the silent army that fuels the contemporary, two-high-income, powerhouse household. Championing the immigrant poor, without living among them and without schooling one’s children with them or socializing among them, is the affluent progressive’s brand. And to the degree that the paradox causes any guilt, the progressive virtue-signals his loud outrage at border detentions, at separations between parents in court and children in custody, and at the contrast between the burly ICE officers and vulnerable border crossers. In medieval fashion, the farther the liberal advocate of open borders is from the objects of his moral concern, the louder and more empathetic he becomes. Most progressives also enjoy a twofer: inexpensive immigrant “help” and thereby enough brief exposure to the Other to authenticate their 8-to-5 caring. If border crossers were temporarily housed in vacant summer dorms at Stanford, Harvard, or Yale, or were accorded affordable-housing tracts for immigrant communities in the vast open spaces of Portola Valley and the Boulder suburbs, or if immigrant children were sent en masse to language-immersion programs at St. Paul’s, Sidwell Friends, or the Menlo School, then the progressive social-justice warrior would probably go mute. Victor Davis Hanson
À bien des égards, ce que l’on pourrait appeler la classe intellectuelle conservatrice s’est trouvée à la traîne et même parfois à contre-courant de la dernière campagne. Le Weekly Standard, hebdomadaire néoconservateur fondé par Bill Kristol — l’une des voix de droite les plus violemment critiques de l’administration —, en a payé le prix en cessant il y a peu de paraître. Une fois Trump élu, le pragmatisme a toutefois dominé l’attitude de cette galaxie d’institutions vis-à-vis de la Maison Blanche. Ne leur devant pas sa victoire ni son programme, le président a, quant à lui, su utiliser leurs ressources et leurs compétences quand elles lui étaient utiles. L’illustration la plus frappante de cette relation fut la place centrale qu’il donna aux recommandations de la Heritage Foundation (le plus grand think tank conservateur à Washington) et de la Federalist Society (une association influente rassemblant plus de 40 000 juristes conservateurs) pour la nomination des juges à la Cour Suprême (Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh) et dans les degrés inférieurs du système judiciaire. Malgré un style de gouvernement indéniablement nouveau, Trump ne semblait donc pas avoir profondément affecté l’infrastructure institutionnelle d’où s’élaborent la majorité des politiques publiques aux États-Unis. Envisagé comme un phénomène personnel qui disparaîtrait avec lui, certains pouvaient encore penser qu’il ne laisserait avec son départ pas d’héritage profond sur les plans institutionnels et intellectuels. Une conférence comme il s’en organise pourtant des dizaines chaque année à Washington DC vient peut-être de changer la donne. Et si, de manière pour le moins inattendue, Trump s’avérait être depuis Reagan le président ayant eu le plus d’impact sur la fabrique des idées et des élites dans son pays? Le chercheur israélien à l’origine de l’événement, Yoram Hazony, s’est fait connaître à l’automne dernier en publiant The Virtue of Nationalism [La vertu du nationalisme], un livre où il s’emploie à critiquer l’idéal post-national qui a dominé l’éducation politique des élites ces dernières décennies. En organisant ce rassemblement d’intellectuels, de journalistes et d’hommes politiques, il entend désormais jeter les bases d’un mouvement intellectuel, le «conservatisme national», dont il propagera les idées au travers de la Edmund Burke Foundation — créée en janvier en vue de préparer l’événement. Le programme mélange des invités prestigieux (l’entrepreneur Peter Thiel, le présentateur de Fox News Tucker Carlson), des étoiles montantes (le jeune sénateur Josh Hawley et J. D. Vance, l’auteur du best-seller Hillbilly Elegy) et des figures établies (Rusty Reno de la revue First Things ou encore Christopher DeMuth, l’ancien responsable du think tank AEI). S’il est évident que de nombreuses divergences existent entre ces invités, notamment sur les questions de politique étrangère, ils s’accordent assez largement autour de certains points fondamentaux qui constituent à des degrés divers des changements d’orientation profonds par rapport au consensus conservateur antérieur. Ce consensus, aussi connu sous le nom de «fusionnisme», reposait sur la compatibilité de la défense du marché et du libre-échange avec celle des valeurs familiales et religieuses. Libertariens et conservateurs pouvaient ainsi agir côte à côte afin de laisser d’un côté l’État hors de l’entreprise et de l’autre, hors de la famille — attitude résumée par la formule lapidaire de Reagan: «Le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes. Le gouvernement est le problème.» Pour les tenants du «conservatisme national» le danger vient non plus principalement de l’État mais du secteur privé, et plus particulièrement des GAFA et de Wall Street. C’est également à l’État qu’ils s’en remettent pour préserver l’existence nationale de l’ingérence croissante des institutions supranationales. Étonnante dans le paysage politique américain, cette défense de l’État réaffirme la primauté du politique et avec lui du vecteur d’action collective qu’est la nation. La question n’est plus de savoir si l’intervention de l’État est intrinsèquement mauvaise et la liberté du marché intrinsèquement bonne, mais de déterminer dans chaque cas laquelle des deux correspond à l’intérêt et à la volonté de la nation. Le critère permettant de juger une mesure politique n’est plus sa conformité à l’intérêt économique ou aux droits de l’homme mais sa capacité à protéger et renforcer la citoyenneté. Car les normes au fondement de l’État de droit, les principes économiques du capitalisme, n’ont de validité pratique qu’en raison des sentiments communs et des qualités partagées qui constituent les modes de vie des populations qui les adoptent. En déconnectant l’individu de ses solidarités concrètes, une pratique aveugle du libéralisme a selon eux dépossédé les citoyens de ce mode de vie et de leur capacité d’action sur les plans individuels et collectifs. L’objectif du «conservatisme national» est de leur restituer ces deux choses. Or, des hommes que ne relie rien d’autre que le fait d’être porteurs des mêmes droits ne suffisent pas à faire une nation. Et c’est parce que l’existence de cette dernière ne peut plus être prise pour acquis que le danger qui pèse sur elle nécessite une action politique spécifique en rupture avec le consensus des libéraux et conservateurs traditionnels. Les réflexions sur le devenir des nations ne sont pas nouvelles, surtout en France, où des auteurs comme Pierre Manent ont depuis les années 90 mené une critique écoutée des conservateurs américains à l’égard du projet post-national. Ce qui est inédit, c’est qu’une action aussi structurée émerge en vue de former une nouvelle classe dirigeante sur le fondement de ces constats. Adversaires ou alliés de l’actuel président feraient bien de surveiller cette initiative. Si elle réalise son ambition la Edmund Burke Foundation pourrait parvenir à associer au changement immédiat impulsé par Donald Trump une éducation politique susceptible d’affecter sur le long terme la formation des élites américaines, ce à quoi son style de gouvernement et les techniques de communication qui le caractérisent ne sauraient parvenir à eux seuls. Le sénateur Josh Hawley, âgé de 39 ans (ancien procureur général de l’état du Missouri), fait figure de symbole de cette classe politique en devenir: «Une nation républicaine requiert une économie républicaine […] Une économie fondée sur les échanges monétaires à Wall Street ne bénéficie en dernier ressort qu’à ceux qui possèdent déjà de l’argent. Une telle économie ne saurait soutenir une grande nation.» Hostile à l’inflation des diplômes universitaires et aux multinationales, favorable aux droits de douane, défenseur de «l’Amérique moyenne», il représente peut-être ce que pourrait devenir le «trumpisme» sans Trump. Alexis Carré
President Trump is often accused of creating a needless rift with America’s European allies. The secretary-general of the North Atlantic Treaty Organization, Jens Stoltenberg, expressed a different view recently when he told a joint session of Congress: “Allies must spend more on defense—this has been the clear message from President Trump, and this message is having a real impact.” Mr. Stoltenberg’s remarks reflect a growing recognition that strategic and economic realities demand a drastic change in the way the U.S. conducts foreign policy. The unwanted cracks in the Atlantic alliance are primarily a consequence of European leaders, especially in Germany and France, wishing to continue living in a world that no longer exists. The U.S. cannot serve as the enforcer for the Europeans’ beloved “rules-based international order” any more. Even in the 1990s, it was doubtful the U.S. could indefinitely guarantee the security of all nations, paying for George H.W. Bush’s “new world order” principally with American soldiers’ lives and American taxpayers’ dollars. Today a $22 trillion national debt and the voting public’s indifference to the dreams of world-wide liberal empire have depleted Washington’s ability to wage pricey foreign wars. At a time of escalating troubles at home, America’s estimated 800 overseas bases in 80 countries are coming to look like a bizarre misallocation of resources. And the U.S. is politically fragmented to an extent unseen in living memory, with uncertain implications in the event of a major war. This explains why the U.S. has not sent massive, Iraq-style expeditionary forces to defend Ukraine’s integrity or impose order in Syria. If there’s trouble on Estonia’s border with Russia, would the U.S. have the will to deploy tens of thousands of soldiers on an indefinite mission 85 miles from St. Petersburg? Although Estonia joined NATO in 2004, the certainties of 15 years ago have broken down. On paper, America has defense alliances with dozens of countries. But these are the ghosts of a rivalry with the Soviet Union that ended three decades ago, or the result of often reckless policies adopted after 9/11. These so-called allies include Turkey and Pakistan, which share neither America’s values nor its interests, and cooperate with the U.S. only when it serves their purposes. Other “allies” refuse to develop a significant capacity for self-defense, and are thus more accurately regarded as American dependencies or protectorates. Liberal internationalists are right about one thing, however: America cannot simply turn its back on the world. Pearl Harbor and 9/11 demonstrated that the U.S. can and will be targeted on its own soil. An American strategic posture aimed at minimizing the danger from rival powers needs to focus on deterring Russia and China from wars of expansion; weakening China relative to the U.S. and thereby preventing it from attaining dominance over the world economy; and keeping smaller hostile powers such as North Korea and Iran from obtaining the capacity to attack America or other democracies. To attain these goals, the U.S. will need a new strategy that is far less costly than anything previous administrations contemplated. Mr. Trump has taken a step in the right direction by insisting that NATO allies “pay their fair share” of the budget for defending Europe, increasing defense spending to 2% of gross domestic product in accordance with NATO treaty obligations. But this framing of the issue doesn’t convey the problem’s true nature or its severity. The real issue is that the U.S. can no longer afford to assume responsibility for defending entire regions if the people living in them aren’t willing and able to build up their own credible military deterrent. The U.S. has a genuine interest, for example, in preventing the democratic nations of Eastern Europe from being absorbed into an aggressive Russian imperial state. But the principal interested parties aren’t Americans. The members of the Visegrád Group—the Czech Republic, Hungary, Poland and Slovakia—have a combined population of 64 million and a 2017 GDP of $2 trillion (about 50% of Russia’s, according to CIA estimates). The principal strategic question is therefore whether these countries are willing to do what is necessary to maintain their own national independence. If they are—at a cost that could well exceed the 2% figure devised by NATO planners—then they could eventually shed their dependent status and come to the table as allies of the kind the U.S. could actually use: strong frontline partners in deterring Russian expansion. The same is true in other regions. Rather than carelessly accumulate dependencies, the U.S. must ask where it can develop real allies—countries that share its commitment to a world of independent nations, pursue democratic self-determination (although not necessarily liberalism) at home, and are willing to pay the price for freedom by taking primary responsibility for their own defense and shouldering the human and economic costs involved. Nations that demonstrate a commitment to these shared values and a willingness to fight when necessary should benefit from relations that may include the supply of advanced armaments and technologies, diplomatic cover in dealing with shared enemies, preferred partnership in trade, scientific and academic cooperation, and the joint development of new technologies. Fair-weather friends and free-riding dependencies should not. Perhaps the most important candidate for such a strategic alliance is India. Long a dormant power afflicted by poverty, socialism and an ideology of “nonalignment,” India has become one of the world’s largest and fastest-expanding economies. In contrast to the political oppression of the Chinese communist model, India has succeeded in retaining much of its religious conservatism while becoming an open and diverse country—by far the world’s most populous democracy—with a solid parliamentary system at both the federal and state levels. India is threatened by Islamist terrorism, aided by neighboring Pakistan; as well as by rapidly increasing Chinese influence, emanating from the South China Sea, the Pakistani port of Gwadar, and Djibouti, in the Horn of Africa, where the Chinese navy has established its first overseas base. India’s values, interests and growing wealth could establish an Indo-American alliance as the central pillar of a new alignment of democratic national states in Asia, including a strengthened Japan and Australia. But New Delhi remains suspicious of American intentions, and with good reason: Rather than unequivocally bet on an Indian partnership, the U.S. continues to play all sides, haphazardly switching from confrontation to cooperation with China, and competing with Beijing for influence in fanaticism-ridden Pakistan. The rationalizations for these counterproductive policies tend to focus on Pakistan’s supposed logistical contributions to the U.S. war in Afghanistan—an example of how tactical considerations and the demands of bogus allies can stand in the way of meeting even the most pressing strategic needs. A similar confusion characterizes America’s relationship with Turkey. A U.S. ally during the Cold War, Turkey is now an expansionist Islamist power that has assisted the Muslim Brotherhood, Hamas, al Qaeda and even ISIS; threatened Greece and Cyprus; sought Russian weapons; and recently expressed its willingness to attack U.S. forces in Syria. In reality, Turkey is no more an ally than Russia or China. Yet its formal status as the second-largest military in NATO guarantees that the alliance will continue to be preoccupied with pretense and make-believe, rather than the interests of democratic nations. Meanwhile, America’s most reliable Muslim allies, the Kurds, live under constant threat of Turkish invasion and massacre. The Middle East is a difficult region, in which few players share American values and interests, although all of them—including Turkey, Iraq, Egypt, Saudi Arabia and even Iran—are willing to benefit from U.S. arms, protection or cash. Here too Washington should seek alliances with national states that share at least some key values and are willing to shoulder most of the burden of defending themselves while fighting to contain Islamist radicalism. Such natural regional allies include Greece, Israel, Ethiopia and the Kurds. A central question for a revitalized alliance of democratic nations is which way the winds will blow in Western Europe. For a generation after the Berlin Wall’s fall in 1989, U.S. administrations seemed willing to take responsibility for Europe’s security indefinitely. European elites grew accustomed to the idea that perpetual peace was at hand, devoting themselves to turning the EU into a borderless utopia with generous benefits for all. But Europe has been corrupted by its dependence on the U.S. Germany, the world’s fifth-largest economic power (with a GDP larger than Russia’s), cannot field more than a handful of operational combat aircraft, tanks or submarines. Yet German leaders steadfastly resist American pressure for substantial increases in their country’s defense capabilities, telling interlocutors that the U.S. is ruining a beautiful friendship. None of this is in America’s interest—and not only because the U.S. is stuck with the bill. When people live detached from reality, they develop all sorts of fanciful theories about how the world works. For decades, Europeans have been devising “transnationalist” fantasies to explain how their own supposed moral virtues, such as their rejection of borders, have brought them peace and prosperity. These ideas are then exported to the U.S. and the rest of the democratic world via international bodies, universities, nongovernmental organizations, multinational corporations and other channels. Having subsidized the creation of a dependent socialist paradise in Europe, the U.S. now has to watch as the EU’s influence washes over America and other nations. For the moment, it is hard to see Germany or Spain becoming American allies in the new, more realistic sense of the term we have proposed. France is a different case, maintaining significant military capabilities and a willingness to deploy them at times. But the governments of these and other Western European countries remain ideologically committed to transferring ever-greater powers to international bodies and to the concomitant degradation of national independence. That doesn’t make them America’s enemies, but neither are they partners in defending values such as national self-determination. It is difficult to foresee circumstances under which they would be willing or able to arm themselves in keeping with the actual security needs of an emerging alliance of independent democratic nations. The prospects are better with respect to Britain, whose defense spending is already significantly higher, and whose public asserted a desire to regain independence in the Brexit referendum of 2016. With a population of more than 65 million and a GDP of $3 trillion (75% of Russia’s), the U.K. may yet become a principal partner in a leaner but more effective security architecture for the democratic world. Isolationists are also right about one thing: The U.S. cannot be, and should not try to be, the world’s policeman. Yet it does have a role to play in awakening democratic nations from their dependence-induced torpor, and assisting those that are willing to make the transition to a new security architecture based on self-determination and self-reliance. An alliance including the U.S., the U.K. and the frontline Eastern European nations, as well as India, Israel, Japan and Australia, among others, would be strong enough to exert sustained pressure on China, Russia and hostile Islamist groups. Helping these democratic nations become self-reliant regional actors would reduce America’s security burden, permitting it to close far-flung military installations and making American military intervention the exception rather than the rule. At the same time, it would free American resources for the long struggle to deny China technological superiority, as well as for unforeseen emergencies that are certain to arise. Yoram Hazony and Ofir Haivry
In a universal political order . . . in which a single standard of right is held to be in force everywhere, tolerance for diverse political and religious standpoints must necessarily decline. (…) We should not let a hairbreadth of our freedom be given over to foreign bodies under any name whatsoever, or to foreign systems of law that are not determined by our own nations. (…) “the European Union has caused severe damage to the principle that originally granted legitimacy to Israel as an independent national state: the principle of national freedom and self-determination. Yoram Hazony
Aujourd’hui, on ne cesse de nous répéter que le nationalisme a provoqué les deux guerres mondiales, et on lui impute même la responsabilité de la Shoah. Mais cette lecture historique n’est pas satisfaisante. J’appelle «nationaliste» quelqu’un qui souhaite vivre dans un monde constitué de nations indépendantes. De sorte qu’à mes yeux, Hitler n’était pas le moins du monde nationaliste. Il était même tout le contraire: Hitler méprisait la vision nationaliste, et il appelle dans Mein Kampf à détruire les autres Etats-nations européens pour que les Allemands soient les maîtres du monde. Dès son origine, le nazisme est une entreprise impérialiste, pas nationaliste. Quant à la Première Guerre mondiale, le nationalisme est loin de l’avoir déclenchée à lui seul! Le nationalisme serbe a fourni un prétexte, mais en réalité c’est la visée impérialiste des grandes puissances européennes (l’Allemagne, la France, l’Angleterre) qui a transformé ce conflit régional en une guerre planétaire. Ainsi, le principal moteur des deux guerres mondiales était l’impérialisme, pas le nationalisme. (…) Le nationalisme est en effet en vogue en ce moment: c’est du jamais-vu depuis 1990, date à laquelle Margaret Thatcher a été renversée par son propre camp à cause de son hostilité à l’Union européenne. Depuis plusieurs décennies, les principaux partis politiques aux Etats-Unis et en Europe, de droite comme de gauche, ont souscrit à ce que l’on pourrait appeler «l’impérialisme libéral», c’est-à-dire l’idée selon laquelle le monde entier devrait être régi par une seule et même législation, imposée si besoin par la contrainte. Mais aujourd’hui, une génération plus tard, une demande de souveraineté nationale émerge et s’est exprimée avec force aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Italie, en Europe de l’Est et ailleurs encore. Avec un peu de chance et beaucoup d’efforts, cet élan nationaliste peut aboutir à un nouvel ordre politique, fondé sur la cohabitation de nations indépendantes et souveraines. Mais nous devons aussi être lucides: les élites «impérialistes libérales» n’ont pas disparu, elles sont seulement affaiblies. Si, en face d’eux, le camp nationaliste ne parvient pas à faire ses preuves, elles ne tarderont pas à revenir dans le jeu. (…) Historiquement, le «nationalisme» décrit une vision du monde où le meilleur système de gouvernement serait la coexistence de nations indépendantes, et libres de tracer leur propre route comme elles l’entendent. On l’oppose à «l’impérialisme», qui cherche à apporter au monde la paix et la prospérité en unifiant l’humanité, autant que possible, sous un seul et même régime politique. Les dirigeants de l’Union européenne, de même que la plupart des élites américaines, croient dur comme fer en l’impérialisme. Ils pensent que la démocratie libérale est la seule forme admissible de gouvernement, et qu’il faut l’imposer progressivement au monde entier. C’est ce que l’on appelle souvent le «mondialisme», et c’est précisément ce que j’entends par «nouvel empire libéral». (…) En Europe, on se désolidarise du militarisme américain: les impérialistes allemands ou bruxellois préfèrent d’autres formes de coercition… mais leur objectif est le même. Regardez comment l’Allemagne cherche à imposer son programme économique à la Grèce ou à l’Italie, ou sa vision immigrationniste à la République tchèque, la Hongrie ou la Pologne. En Italie, le budget a même été rejeté par la Commission européenne! (…) Le conflit entre nationalisme et impérialisme est aussi vieux que l’Occident lui-même. La vision nationaliste est l’un des enseignements politiques fondamentaux de la Bible hébraïque: le Dieu d’Israël fut le premier qui donna à son peuple des frontières, et Moïse avertit les Hébreux qu’ils seraient punis s’ils tentaient de conquérir les terres de leurs voisins, car Yahvé a donné aussi aux autres nations leur territoire et leur liberté. Ainsi, la Bible propose le nationalisme comme alternative aux visées impérialistes des pharaons, mais aussi des Assyriens, des Perses ou, bien sûr, des Babyloniens. Et l’histoire du Moyen Âge ou de l’époque moderne montre que la plupart des grandes nations européennes – la France, l’Angleterre, les Pays-Bas… – se sont inspirées de l’exemple d’Israël. Mais le nationalisme de l’Ancien Testament ne fut pas tout de suite imité par l’Occident. La majeure partie de l’histoire occidentale est dominée par un modèle politique inverse: celui de l’impérialisme romain. C’est de là qu’est né le Saint Empire romain germanique, qui a toujours cherché à étendre sa domination, tout comme le califat musulman. Les Français aussi ont par moments été tentés par l’impérialisme et ont cherché à conquérir le monde: Napoléon, par exemple, était un fervent admirateur de l’Empire romain et n’avait pour seul but que d’imposer son modèle de gouvernement «éclairé» à tous les pays qu’il avait conquis. Ainsi a-t-il rédigé de nouvelles constitutions pour nombre d’entre eux: les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne… Son projet, en somme, était le même que celui de l’Union européenne aujourd’hui : réunir tous les peuples sous une seule et même législation. (…) [le modèle nationaliste] permet à chaque nation de décider ses propres lois en vertu de ses traditions particulières. Un tel modèle assure une vraie diversité politique, et permet à tous les pays de déployer leur génie à montrer que leurs institutions et leurs valeurs sont les meilleures. Un tel équilibre international ressemblerait à celui qui s’est établi en Europe après les traités de Westphalie signés en 1648, et qui ont permis l’existence d’une grande diversité de points de vue politiques, institutionnels et religieux. Ces traités ont donné aux nations européennes un dynamisme nouveau: grâce à cette diversité, les nations sont devenues autant de laboratoires d’idées dans lesquels ont été expérimentés, développés et éprouvés les théories philosophiques et les systèmes politiques que l’on associe aujourd’hui au monde occidental. À l’évidence, toutes ces expériences ne se valent pas et certaines n’ont bien sûr pas été de grands succès. Mais la réussite de l’une seule d’entre elles – la France, par exemple – suffit pour que les autres l’imitent et apprennent grâce à son exemple. Tandis que, par contraste, un gouvernement impérialiste comme celui de l’Union européenne tue toute forme de diversité dans l’œuf. Les élites bruxelloises sont persuadées de savoir déjà avec exactitude la façon dont le monde entier doit vivre. Il est pourtant manifeste que ce n’est pas le cas… (…) La diversité des points de vue, et, partant, chacun de ces désaccords, sont une conséquence nécessaire de la liberté humaine, qui fait que chaque nation a ses propres valeurs et ses propres intérêts. La seule manière d’éviter ces désaccords est de faire régner une absolue tyrannie – et c’est du reste ce dont l’Union européenne se rend peu à peu compte: seules les mesures coercitives permettent d’instaurer une relative uniformité entre les États membres. (…) Mais nous devons alors reconnaître, tout aussi humblement, que les mouvements universalistes ne sont pas exempts non plus d’une certaine inclination à la haine ou au sectarisme. Chacun des grands courants universels de l’histoire en a fait montre, qu’il s’agisse du christianisme, de l’islam ou du marxisme. En bâtissant leur empire, les universalistes ont souvent rejeté les particularismes nationaux qui se sont mis en travers de leur chemin et ont refusé d’accepter leur prétention à apporter à l’humanité entière la paix et la prospérité. Cette détestation du particulier, qui est une constante dans tous les grands universalismes, est flagrante aujourd’hui dès lors qu’un pays sort du rang: regardez le torrent de mépris et d’insultes qui s’est répandu contre les Britanniques qui ont opté pour le Brexit, contre Trump, contre Salvini, contre la Hongrie, l’Autriche et la Pologne, contre Israël… Les nouveaux universalistes vouent aux gémonies l’indépendance nationale. (…) un nationaliste ne prétend pas savoir ce qui est bon pour n’importe qui, n’importe où dans le monde. Il fait preuve d’une grande humilité, lui, au moins. N’est-ce pas incroyable de vouloir dicter à tous les pays qui ils doivent choisir pour ministre, quel budget ils doivent voter, et qui sera en droit de traverser leurs frontières? Face à cette arrogance vicieuse, je considère en effet le nationalisme comme une vertu. (…) le nationaliste est vertueux, car il limite sa propre arrogance et laisse les autres conduire leur vie à leur guise. (…) Si les différents gouvernements nationalistes aujourd’hui au pouvoir dans le monde parviennent à prouver leur capacité à diriger un pays de manière responsable, et sans engendrer de haine ou de tensions, alors ils viendront peut-être à bout de l’impérialisme libéral. Ils ont une chance de restaurer un ordre du monde fondé sur la liberté des nations. Il ne tient désormais qu’à eux de la saisir, et je ne peux prédire s’ils y parviendront: j’espère seulement qu’ils auront assez de sagesse et de talent pour cela. Yoram Hazony
Custom quite often wears the mask of nature, and we are taken in [by this] to the point that the practices adopted by nations, based solely on custom, frequently come to seem like natural and universal laws of mankind. John Selden
Selden, and the other profoundly learned men, who drew this petition of right, were as well acquainted, at least, with all the general theories concerning the “rights of men” [as any defenders of the revolution in France]. . . . But, for reasons worthy of that practical wisdom which superseded their theoretic science, they preferred this positive, recorded, hereditary title to all which can be dear to the man and the citizen, to that vague speculative right, which exposed their sure inheritance to be scrambled for and torn to pieces by every wild, litigious spirit. Edmund Burke
I believe the British government forms the best model the world ever produced. Hamilton
Experience must be our only guide. Reason may mislead us. It was not reason that discovered the singular and admirable mechanism of the English constitution…. Accidents probably produced these discoveries, and experience has given a sanction to them. John Dickinson
It yet remains a problem to be solved in human affairs, whether any free government can be permanent, where the public worship of God, and the support of religion, constitute no part of the policy or duty of the state in any assignable shape. John Story
The liberty of the whole earth was depending on the issue of the contest. . . . Rather than it should have failed, I would have seen half the earth desolated. Thomas Jefferson
The year 2016 marked a dramatic change of political course for the English-speaking world, with Britain voting for independence from Europe and the United States electing a president promising a revived American nationalism. Critics see both events as representing a dangerous turn toward “illiberalism” and deplore the apparent departure from “liberal principles” or “liberal democracy,” themes that surfaced repeatedly in conservative publications over the past year. Perhaps the most eloquent among the many spokesmen for this view has been William Kristol, who, in a series of essays in the Weekly Standard, has called for a new movement to arise “in defense of liberal democracy.” In his eyes, the historic task of American conservatism is “to preserve and strengthen American liberal democracy,” and what is needed now is “a new conservatism based on old conservative—and liberal—principles.” Meanwhile, the conservative flagship Commentary published a cover story by the Wall Street Journal’s Sohrab Ahmari entitled “Illiberalism: The Worldwide Crisis,” seeking to raise the alarm about the dangers to liberalism posed by Brexit, Trump, and other phenomena. (…) But we see this confusion of conservatism with liberalism as historically and philosophically misguided. Anglo-American conservatism is a distinct political tradition—one that predates Locke by centuries. Its advocates fought for and successfully established most of the freedoms that are now exclusively associated with Lockean liberalism, although they did so on the basis of tenets very different from Locke’s. Indeed, when Locke published his Two Treatises of Government in 1689, offering the public a sweeping new rationale for the traditional freedoms already known to Englishmen, most defenders of these freedoms were justly appalled. They saw in this new doctrine not a friend to liberty but a product of intellectual folly that would ultimately bring down the entire edifice of freedom. Thus, liberalism and conservatism have been opposed political positions in political theory since the day liberal theorizing first set foot in England. Today’s confusion of conservative political thought with liberalism is in a way understandable, however. In the great twentieth-century battles against totalitarianism, conservatives and liberals were allies: They fought together, along with the Communists, against Nazism. After 1945, conservatives and liberals remained allies in the war against Communism. Over these many decades of joint struggle, what had for centuries been a distinction of vital importance was treated as if it were not terribly important, and in fact, it was largely forgotten. But since the fall of the Berlin Wall in 1989, these circumstances have changed. The challenges facing the Anglo-American tradition are now coming from other directions entirely. Radical Islam, to name one such challenge, is a menace that liberals, for reasons internal to their own view of the political world, find difficult to regard as a threat and especially difficult to oppose in an effective manner. But even more important is the challenge arising from liberalism itself. It is now evident that liberal principles contribute little or nothing to those institutions that were for centuries the bedrock of the Anglo-American political order: nationalism, religious tradition, the Bible as a source of political principles and wisdom, and the family. Indeed, as liberalism has emerged victorious from the battles of the last century, the logic of its doctrines has increasingly turned liberals against all of these conservative institutions. On both of these fronts, the conservative and liberal principles of the Anglo-American tradition are now painfully at cross-purposes. The twentieth-century alliance between conservatism and liberalism is proving increasingly difficult to maintain. Among the effects of the long alliance between conservatism and liberalism has been a tendency of political figures, journalists, and academics to slip back and forth between conservative terms and ideas and liberal ones as if they were interchangeable. And until recently, there seemed to be no great harm in this. Now, however, it is becoming obvious that this lack of clarity is crippling our ability to think about a host of issues, from immigration and foreign wars to the content of the Constitution and the place of religion in education and public life. (…) Living in very different periods, these individuals nevertheless shared common ideas and principles and saw themselves as part of a common tradition of English, and later Anglo-American, constitutionalism. A politically traditionalist outlook of this kind was regarded as the mainstream in both England and America up until the French Revolution and only came to be called “conservative” during the nineteenth century, as it lost ground and became one of two rival camps. Because the name conservative dates from this time of decline, it is often wrongly asserted that those who continued defending the Anglo-American tradition after the revolution—men such as Burke and Hamilton—were the “first conservatives.” (…) The emergence of the Anglo-American conservative tradition can be identified with the words and deeds of a series of towering political and intellectual figures, among whom we can include individuals such as Sir John Fortescue, Richard Hooker, Sir Edward Coke, John Selden, Sir Matthew Hale, Sir William Temple, Jonathan Swift, Josiah Tucker, Edmund Burke, John Dickinson, and Alexander Hamilton. Men such as George Washington, John Adams, and John Marshall, often hastily included among the liberals, would also have placed themselves in this conservative tradition rather than with its opponents, whom they knew all too well.According to Fortescue, the English constitution provides for what he calls “political and royal government,” by which he means that English kings do not rule by their own authority alone (i.e., “royal government”), but together with the representatives of the nation in Parliament and in the courts (i.e., “political government”). In other words, the powers of the English king are limited by the traditional laws of the English nation, in the same way—as Fortescue emphasizes—that the powers of the Jewish king in the Mosaic constitution in Deuteronomy are limited by the traditional laws of the Israelite nation. This is in contrast with the Holy Roman Empire of Fortescue’s day, which was supposedly governed by Roman law, and therefore by the maxim that “what pleases the prince has the force of law,” and in contrast with the kings of France, who governed absolutely. Among other things, the English law is described as providing for the people’s representatives, rather than the king, to determine the laws of the realm and to approve requests from the king for taxes. In addition to this discussion of what later tradition would call the separation of powers and the system of checks and balances, Fortescue also devotes extended discussion to the guarantee of due process under law, which he explores in his discussion of the superior protections afforded to the individual under the English system of trial by jury. Crucially, Fortescue consistently connects the character of a nation’s laws and their protection of private property to economic prosperity, arguing that limited government bolsters such prosperity, while an absolute government leads the people to destitution and ruin. In another of his writings, The Difference between an Absolute and a Limited Monarchy (also known as The Governance of England, c. 1471), he starkly contrasts the well-fed and healthy English population living under their limited government with the French, whose government was constantly confiscating their property and quartering armies in their towns—at the residents’ expense—by unilateral order of the king. (…) Like later conservative tradition, Fortescue does not believe that either scripture or human reason can provide a universal law suitable for all nations. We do find him drawing frequently on the Mosaic constitution and the biblical “Four Books of Kings” (1–2 Samuel and 1–2 Kings) to assist in understanding the political order and the English constitution. Nevertheless, Fortescue emphasizes that the laws of each realm reflect the historic experience and character of each nation, just as the English common law is in accord with England’s historic experience. Thus, for example, Fortescue argues that a nation that is self-disciplined and accustomed to obeying the laws voluntarily rather than by coercion is one that can productively participate in the way it is governed. This, Fortescue proposes, was true of the people of England, while the French, who were of undisciplined character, could be governed only by the harsh and arbitrary rule of absolute royal government. On the other hand, Fortescue also insisted, again in keeping with biblical precedent and later conservative tradition, that this kind of national character was not set in stone, and that such traits could be gradually improved or worsened over time. (…) Fortescue wrote in the decades before the Reformation, and as a firm Catholic. But every page of his work breathes the spirit of English nationalism—the belief that through long centuries of experience, and thanks to a powerful ongoing identification with Hebrew Scripture, the English had succeeded in creating a form of government more conducive to human freedom and flourishing than any other known to man. First printed around 1545, Fortescue’s Praise of the Laws of England spoke in a resounding voice to that period of heightened nationalist sentiment in which English traditions, now inextricably identified with Protestantism, were pitted against the threat of invasion by Spanish-Catholic forces aligned with the Holy Roman Emperor. This environment quickly established Fortescue as England’s first great political theorist, paving the way for him to be read by centuries of law students in both England and America and by educated persons wherever the broader Anglo-American conservative tradition struck root. (…) the decisive chapter in the formation of modern Anglo-American conservatism: the great seventeenth-century battle between defenders of the traditional English constitution against political absolutism on one side, and against the first advocates of a Lockean universalist rationalism on the other (…) is dominated by the figure of John Selden (1584–1654), probably the greatest theorist of Anglo-American conservatism. (…) In 1628, Selden played a leading role in drafting and passing an act of Parliament called the Petition of Right, which sought to restore and safeguard “the divers rights and liberties of the subjects” that had been known under the traditional English constitution. Among other things, it asserted that “your subjects have inherited this freedom, that they should not be compelled to contribute to any tax . . . not set by common consent in Parliament”; that “no freeman may be taken or imprisoned or be disseized of his freehold or liberties, or his free customs . . . but by the lawful judgment of his peers, or by the law of the land”; and that no man “should be put out of his land or tenements, nor taken, nor imprisoned, nor disinherited nor put to death without being brought to answer by due process of law.” In the Petition of Right, then, we find the famous principle of “no taxation without representation,” as well as versions of the rights enumerated in the Third, Fourth, Fifth, Sixth, and Seventh Amendments of the American Bill of Rights—all declared to be ancient constitutional English freedoms and unanimously approved by Parliament, before Locke was even born. Although not mentioned in the Petition explicitly, freedom of speech had likewise been reaffirmed by Coke as “an ancient custom of Parliament” in the 1590s and was the subject of the so-called Protestation of 1621 that landed Coke, then seventy years old, in the Tower of London for nine months. In other words, Coke, Eliot, and Selden risked everything to defend the same liberties that we ourselves hold dear in the face of an increasingly authoritarian regime. (…) But they did not do so in the name of liberal doctrines of universal reason, natural rights, or “self-evident” truths. These they explicitly rejected because they were conservatives, not liberals. (…) Selden sought to defend conservative traditions, including the English one, not only against the absolutist doctrines of the Stuarts but also against the claims of a universalist rationalism, according to which men could simply consult their own reason, which was the same for everyone, to determine the best constitution for mankind. This rationalist view had begun to collect adherents in England among followers of the great Dutch political theorist Hugo Grotius, whose On the Law of War and Peace (1625) suggested that it might be possible to do away with the traditional constitutions of nations by relying only on the rationality of the individual. (…) Selden responds to the claims of universal reason by arguing for a position that can be called historical empiricism. On this view, our reasoning in political and legal matters should be based upon inherited national tradition. This permits the statesman or jurist to overcome the small stock of observation and experience that individuals are able to accumulate during their own lifetimes (“that kind of ignorant infancy, which our short lives alone allow us”) and to take advantage of “the many ages of former experience and observation,” which permit us to “accumulate years to us, as if we had lived even from the beginning of time.” In other words, by consulting the accumulated experience of the past, we overcome the inherent weakness of individual judgement, bringing to bear the many lifetimes of observation by our forebears, who wrestled with similar questions under diverse conditions. (…)  Recalling the biblical Jeremiah’s insistence on an empirical study of the paths of old (Jer. 6:16), Selden argues that the correct method is that “all roads must be carefully examined. We must ask about the ancient paths, and only what is truly the best may be chosen.”  (…) Selden recognizes that, in making these selections from the traditions of the past, we tacitly rely upon a higher criterion for selection, a natural law established by God, which prescribes “what is truly best” for mankind in the most elementary terms. In his Natural and National Law, Selden explains that this natural law has been discovered over long generations since the biblical times and has come down to us in various versions. Of these, the most reliable is that of the Talmud, which describes the seven laws of the children of Noah prohibiting murder, theft, sexual perversity, cruelty to beasts, idolatry and defaming God, and requiring courts of law to enforce justice. The experience of thousands of years has taught us that these laws frame the peace and prosperity that is the end of all nations, and that they are the unseen root from which the diverse laws of all the nations ultimately derive. (…) In doing so, he seeks to gradually approach, by trial and error, the best that is possible for each nation. (…)  But (…) Stuart absolutism eventually pressed England toward civil war and, finally, to a Puritan military dictatorship that not only executed the king but destroyed Parliament and the constitution as well. Selden did not live to see the constitution restored. The regicide regime subsequently offered England several brand-new constitutions, none of which proved workable, and within eleven years it had collapsed. In 1660, two eminent disciples of Selden, Edward Hyde (afterward Earl of Clarendon) and Sir Matthew Hale, played a leading role in restoring the constitution and the line of Stuart kings. When the Catholic James II succeeded to the throne in 1685, fear of a relapse into papism and even of a renewed attempt to establish absolutism moved the rival political factions of the country to unite in inviting the next Protestants in line to the throne. The king’s daughter Mary and her husband, Prince William of Orange, the Stadtholder of the Dutch Republic, crossed the channel to save Protestant England and its constitution. Parliament, having confirmed the willingness of the new joint monarchs to protect the English from “all other attempts upon their religion, rights and liberties,” in 1689 established the new king and queen on the throne and ratified England’s famous Bill of Rights. This new document reasserted the ancient rights invoked in the earlier Petition of Right, among other things affirming the right of Protestant subjects to “have arms for their defense” and the right of “freedom of speech and debates” in Parliament, and that “excessive bail ought not to be required, nor excessive fines imposed, nor cruel and unusual punishments inflicted”—the basis for the First, Second, and Eighth Amendments of the American Bill of Rights. Freedom of speech was quickly extended to the wider public, with the termination of English press licensing laws a few years later. The restoration of a Protestant monarch and the adoption of the Bill of Rights were undertaken by a Parliament united around Seldenian principles. What came to be called the “Glorious Revolution” was glorious precisely because it reaffirmed the traditional English constitution and protected the English nation from renewed attacks on “their religion, rights and liberties.” Such attacks came from absolutists like Sir Robert Filmer on the one hand, whose Patriarcha (published posthumously, 1680) advocated authoritarian government as the only legitimate one, and by radicals like John Locke on the other. Locke’s Two Treatises of Government (1689) responded to the crisis by arguing for the right of the people to dissolve the traditional constitution and reestablish it according to universal reason. Over the course of the seventeenth century, English conservatism was formed into a coherent and unmistakable political philosophy utterly opposed both to the absolutism of the Stuarts, Hobbes, and Filmer (what would later be called “the Right”), as well as to liberal theories of universal reason advanced first by Grotius and then by Locke (“the Left”). The centrist conservative view was to remain the mainstream understanding of the English constitution for a century and a half, defended by leading Whig intellectuals in works from William Atwood’s Fundamental Constitution of the English Government (1690) to Josiah Tucker’s A Treatise of Civil Government (1781), which strongly opposed both absolutism and Lockean theories of universal rights. This is the view upon which men like Blackstone, Burke, Washington, and Hamilton were educated. Not only in England but in British America, lawyers were trained in the common law by studying Coke’s Institutes of the Lawes of England (1628–44) and Hale’s History of the Common Law of England (1713). In both, the law of the land was understood to be the traditional English constitution and common law, amended as needed for local purposes. (…)  We have described the Anglo-American conservative tradition as subscribing to a historical empiricism, which proposes that political knowledge is gained by examining the long history of the customary laws of a given nation and the consequences when these laws have been altered in one direction or another. Conservatives understand that a jurist must exercise reason and judgment, of course. But this reasoning is about how best to adapt traditional law to present circumstances, making such changes as are needed for the betterment of the state and of the public, while preserving as much as possible the overall frame of the law. To this we have opposed a standpoint that can be called rationalist. Rationalists have a different view of the role of reason in political thought, and in fact a different understanding of what reason itself is. Rather than arguing from the historical experience of nations, they set out by asserting general axioms that they believe to be true of all human beings, and that they suppose will be accepted by all human beings examining them with their native rational abilities. From these they deduce the appropriate constitution or laws for all men. (…) Locke is known philosophically as an empiricist. But his reputation in this regard is based largely on his Essay concerning Human Understanding (1689), which is an influential exercise in empirical psychology. His Second Treatise of Government is not, however, a similar effort to bring an empirical standpoint to the theory of the state. Instead, it begins with a series of axioms that are without any evident connection to what can be known from the historical and empirical study of the state. Among other things, Locke asserts that, (1) prior to the establishment of government, men exist in a “state of nature,” in which (2) “all men are naturally in a state of perfect freedom,” as well as in (3) a “state of perfect equality, where naturally there is no superiority or jurisdiction of one over another.” Moreover, (4) this state of nature “has a law of nature to govern it”; and (5) this law of nature is, as it happens, nothing other than human “reason” itself, which “teaches all mankind, who will but consult it.” It is this universal reason, the same among all mankind, that leads them to (6) terminate the state of nature, “agreeing together mutually to enter into . . . one body politic” by an act of free consent. From these six axioms, Locke then proceeds to deduce the proper character of the political order for all nations on earth. (…)  Faced with this mass of unverifiable assertions, empiricist political theorists such as Hume, Smith, and Burke rejected all of Locke’s axioms and sought to rebuild political philosophy on the basis of things that can be known from history and from an examination of actual human societies and governments. (…) While Locke’s rationalist theories made limited headway in England, they were all the rage in France. Rousseau’s On the Social Contract (1762) went where others had feared to tread, embracing Locke’s system of axioms for correct political thought and calling upon mankind to consent only to the one legitimate constitution dictated by reason. Within thirty years, Rousseau, Voltaire, and the other French imitators of Locke’s rationalist politics received what they had demanded in the form of the French Revolution. The 1789 Declaration of the Rights of Man and of the Citizen was followed by the Reign of Terror for those who would not listen to reason. Napoleon’s imperialist liberalism rapidly followed, bringing universal reason and the “rights of man” to the whole of continental Europe by force of arms, at a cost of millions of lives. In 1790, a year after the beginning of the French Revolution, the Anglo-Irish thinker and Whig parliamentarian Edmund Burke composed his famous defense of the English constitutional tradition against the liberal doctrines of universal reason and universal rights, entitled Reflections on the Revolution in France. Burke’s argument is frequently quoted today by conservatives who assume that his target was Rousseau and his followers in France. But Burke’s attack was not primarily aimed at Rousseau, who had few enthusiasts in Britain or America at the time. The actual target of his attack was contemporary followers of Grotius and Locke—individuals such as Richard Price, Joseph Priestley, Charles James Fox, Charles Grey, Thomas Paine, and Thomas Jefferson. Price, who was the explicit subject of Burke’s attack in the first pages of Reflections on the Revolution in France, had opened his Observations on the Nature of Civil Liberty (1776) with the assertion that “the principles on which I have argued form the foundation of every state as far as it is free; and are the same with those taught by Mr. Locke.” And much the same could be said of the others, all of whom followed Locke in claiming that the only true foundation for political and constitutional thought was precisely in those “general theories concerning the rights of men” that Burke believed would bring turmoil and death to one country after another. The carnage taking place in France triggered a furious debate in England. It pitted supporters of the conservatism of Coke and Selden (both Whigs and Tories) against admirers of Locke’s universal rights theories (the so-called New Whigs). The conservatives insisted that these theories would uproot every traditional political and religious institution in England, just as they were doing in France. (…) Burke’s conservative defense of the traditional English constitution enjoyed a large measure of success in Britain, where it was continued after his death by figures such as Canning, Wellington, and Disraeli. That this is so is obvious from the fact that institutions such as the monarchy, the House of Lords, and the established Church of England, not to mention the common law itself, were able to withstand the gale winds of universal reason and universal rights, and to this day have their staunch supporters. But what of America? Was the American revolution an upheaval based on Lockean universal reason and universal rights? To hear many conservatives talk today, one would think this were so, and that there never were any conservatives in the American mainstream, only liberals of different shades. The reality, however, was rather different. When the American English, as Burke called them, rebelled against the British monarch, there were already two distinct political theories expressed among the rebels, and the opposition between these two camps only grew with time. First, there were those who admired the English constitution that they had inherited and studied. Believing they had been deprived of their rights under the English constitution, their aim was to regain these rights. Identifying themselves with the tradition of Coke and Selden, they hoped to achieve a victory against royal absolutism comparable to what their English forefathers had achieved in the Petition of Right and Bill of Rights. To individuals of this type, the word revolution still had its older meaning, invoking something that “revolves” and would, through their efforts, return to its rightful place—in effect, a restoration. Alexander Hamilton was probably the best-known exponent of this kind of conservative politics (…) And it is evident that they were quietly supported behind the scenes by other adherents of this view, among them the president of the convention, General George Washington. Second, there were true revolutionaries, liberal followers of Locke such as Jefferson, who detested England and believed—just as the French followers of Rousseau believed—that the dictates of universal reason made the true rights of man evident to all. For them, the traditional English constitution was not the source of their freedoms but rather something to be swept away before the rights dictated by universal reason. And indeed, during the French Revolution, Jefferson and his supporters embraced it as a purer version of what the Americans had started. (…) The tension between these conservative and liberal camps finds rather dramatic expression in America’s founding documents: The Declaration of Independence, drafted by Jefferson in 1776, is famous for resorting, in its preamble, to the Lockean doctrine of universal rights as “self-evident” before the light of reason. Similarly, the Articles of Confederation, negotiated the following year as the constitution of the new United States of America, embody a radical break with the traditional English constitution. These Articles asserted the existence of thirteen independent states, at the same time establishing a weak representative assembly over them without even the power of taxation, and requiring assent by nine of thirteen states to enact policy. The Articles likewise made no attempt at all to balance the powers of this assembly, effectively an executive, with separate legislative or judicial branches of government. The Articles of Confederation came close to destroying the United States. After a decade of disorder in both foreign and economic affairs, the Articles were replaced by the Constitution, drafted at a convention initiated by Hamilton and James Madison, and presided over by a watchful Washington, while Jefferson was away in France. Anyone comparing the Constitution that emerged with the earlier Articles of Confederation immediately recognizes that what took place at this convention was a reprise of the Glorious Revolution of 1689. Despite being adapted to the American context, the document that the convention produced proposed a restoration of the fundamental forms of the English constitution: a strong president, designated by an electoral college (in place of the hereditary monarchy); the president balanced in strikingly English fashion by a powerful bicameral legislature with the power of taxation and legislation; the division of the legislature between a quasi-aristocratic, appointed Senate and a popularly elected House; and an independent judiciary. Even the American Bill of Rights of 1789 is modeled upon the Petition of Right and the English Bill of Rights, largely elaborating the same rights that had been described by Coke and Selden and their followers, and breathing not a word anywhere about universal reason or universal rights. The American Constitution did depart from the traditional English constitution, however, adapting it to local conditions on certain key points. The Americans, who had no nobility and no tradition of hereditary office, declined to institute these now. Moreover, the Constitution of 1787 allowed slavery, which was forbidden in England—a wretched innovation for which America would pay a price the framers could not have imagined in their wildest nightmares. Another departure—or apparent departure—was the lack of a provision for a national church, enshrined in the First Amendment in the form of a prohibition on congressional legislation “respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof.” The English constitutional tradition, of course, gave a central role to the Protestant religion, which was held to be indispensable and inextricably tied to English identity (although not incompatible with a broad measure of toleration). But the British state, in certain respects federative, permitted separate, officially established national churches in Scotland and Ireland. This British acceptance of a diversity of established churches is partially echoed in the American Constitution, which permitted the respective states to support their own established churches, or to require that public offices in the state be held by Protestants or by Christians, well into the nineteenth century. When these facts are taken into account, the First Amendment appears less an attempt to put an end to established religion than a provision for keeping the peace among the states by delegating forms of religious establishment to the state level. As early as 1802, however, Jefferson, now president, announced  that the First Amendment’s rejection of a national church in fact should be interpreted as an “act of the whole American people . . . building a wall of separation between church and state.” This characterization of the American Constitution as endorsing a “separation of church and state” was surely overwrought, and more compatible with French liberalism—which regarded public religion as abhorrent to reason—than with the actual place of state religion among “the whole American people” at the time. Yet on this point, Jefferson has emerged victorious. In the years that followed, his “wall of separation between church and state” interpretation was increasingly considered to be an integral part of the American Constitution, even if one that had not been included in the actual text. Lockean liberalism grew increasingly dominant in America after Jefferson’s election. Hamilton’s death in a duel in 1804, at the age of 47, was an especially heavy blow that left American conservatism without its most able spokesman. Nevertheless, the tradition of Selden and Burke was taken up by Americans of the next generation, including two of the country’s most prominent jurists, New York chancellor James Kent (1763–1847) and Supreme Court justice Joseph Story (1779–1845). Story’s influence was especially significant. Although appointed to the Supreme Court by Jefferson in the hope of undermining Chief Justice John Marshall, Story’s opinions almost immediately displayed the opposite inclination, and continued to do so throughout his thirty-four-year tenure on the court. Perhaps Story’s greatest contribution to the American conservative tradition is his famous Commentaries on the Constitution (3 vols., 1833), which were dedicated to Marshall and went on to be the most important and influential interpretation of the American constitutional tradition in the nineteenth century. These were overtly conservative in spirit, citing Burke with approval and repeatedly criticizing not only Locke’s theories but Jefferson himself. Among other things, Story forcefully rejected Jefferson’s claim that the American founding had been based on universal rights determined by reason, emphasizing that it was the rights of the English traditional law that Americans had always recognized and continued to recognize. (…) With Selden, we believe that, in their campaign for universal “liberal democracy,” liberals have confused certain historical-empirical principles of the traditional Anglo-American constitution, painstakingly developed and inculcated over centuries (Principle 1), for universal truths that are equally accessible to all human beings, regardless of historical or cultural circumstances. This means that, like all rationalists, they are engaged in applying local truths, which may hold good under certain conditions, to quite different situations and circumstances, where they often go badly wrong. For conservatives, these failures—for example, the repeated collapse of liberal constitutions in places such as Mexico, France, Germany, Italy, Nigeria, Russia, and Iraq, among many others—suggest that the principles in question have been overextended and should be regarded as true only within a narrower range of conditions. Liberals, on the other hand, explain such failures as a result of “poor implementation,” leaving liberal democracy as a universal truth that remains untouched by experience and unassailable, no matter what the circumstances. (…) Burke and Hamilton belonged to a generation that was still educated in the significance of the Anglo-American tradition as a whole. Only a few decades later, this had begun to change, and by the end of the nineteenth century, conservative views were increasingly in the minority and defensive both in Britain and America. But conservatism was really only broken in a decisive way by Franklin Roosevelt in America in 1932, and by Labour in Britain in 1945. At this point, socialism displaced liberalism as the worldview of the parties of the “Left,” driving some liberals to join with the last vestiges of the conservative tradition in the parties of the “Right.” In this environment, new leaders and movements did arise and succeed from time to time in raising the banner of Anglo-American conservatism once more. But these conservatives were living on a shattered political and philosophical landscape, having lost much of the chain of transmission that had connected earlier conservatives to their forefathers. Thus their roots remained shallow, and their victories, however impressive, brought about no long-term conservative restoration. The most significant of these conservative revivals was, of course, the one that reached its peak in the 1980s under Prime Minister Margaret Thatcher and President Ronald Reagan. Thatcher and Reagan were genuine and instinctive conservatives, displaying traditional Anglo-American conservative attachments to nation and religion, as well as to limited government and individual freedom. They also recognized and gave voice to the profound “special relationship” that binds Britain and America together. Coming to power at a time of deep crisis in the struggle against Communism, their renewed conservatism succeeded in winning the Cold War and freeing foreign nations from oppression, in addition to liberating their own economies, which had long been shackled by socialism. In both countries, these triumphs shifted political discourse rightward for a generation. Yet the Reagan-Thatcher moment, for all its success, failed to touch the depths of the political culture in America and Britain. Confronted by a university system devoted almost exclusively to socialist and liberal theorizing, their movement at no point commanded the resources needed to revive Anglo-American conservatism as a genuine force in fundamental arenas such as jurisprudence, political theory, history, philosophy, and education—disciplines without which a true restoration was impossible. Throughout the conservative revival of the 1980s, academic training in government and political theory, for instance, continued to maintain its almost complete boycott of conservative thinkers such as Fortescue, Coke, Selden, and Hale, just as it continued its boycott of the Bible as a source of English and American political principles. Similarly, academic jurisprudence remained a subject that is taught as a contest among abstract liberal theories. Education of this kind meant that a degree from a prestigious university all but guaranteed one’s ignorance of the Anglo-American conservative tradition, but only a handful of conservative intellectual figures, most visibly Russell Kirk and Irving Kristol, seem to have been alert to the seriousness of this problem. On the whole, the conservative revival of those years remained resolutely focused on the pressing policy issues of the day, leaving liberalism virtually unchallenged as the worldview that conservatives were taught at university or when they picked up a book on the history of ideas. (…) There may have been genuine advantages to soft-pedaling differences between conservatives and liberals until the 1980s, when all the strength that could be mustered had to be directed toward defeating Communism abroad and socialism at home. But we are no longer living in the 1980s. Those battles were won, and today we face new dangers. The most important among these is the inability of countries such as America and Britain, having been stripped of the nationalist and religious traditions that held them together for centuries, to sustain themselves while a universalist liberalism continues, year after year, to break down these historic foundations of their strength. Under such conditions of internal disintegration, there is a palpable danger that liberal rationalism, having established itself in a monopoly position in the state, will drive a broad public that cannot accept its regimented view of the world into the hands of genuinely authoritarian movements. Liberals of various persuasions have, in their own way, sought to warn us about this, from Fareed Zakaria’s “The Rise of Illiberal Democracy” in Foreign Affairs (1997) to the Economist’s “Illiberalism: Playing with Fear” (2016) and Commentary’s “Illiberalism: The Worldwide Crisis,” mentioned earlier. These and many other publications have made intensive use of the term illiberal as an epithet to describe those who have strayed from the path of Lockean liberalism. In so doing, they divide the political universe into two: there are liberals—those decent persons who are willing to exercise reason in the universally accepted manner and come to the appropriate liberal conclusions; and there are those others—the “illiberals,” who, out of ignorance, resentment, or some atavistic hatred, will not get with the program. When things are divided up this way, the latter group ends up including everyone from Brexiteers, Trump supporters, Evangelical Christians, and Orthodox Jews to dictators, Iranian ayatollahs, and Nazis. Once things are framed in this way, it is hard to avoid the conclusion that everyone in that second group is in some degree a threat that must be combated. We conservatives, however, have our own preferred division of the political universe: one in which Anglo-American conservatism appears as a distinct political category that is obviously neither authoritarian nor liberal. With the rest of the Anglo-American conservative tradition, we uphold the principles of limited government and individual liberties. But we also see clearly (again, in keeping with our conservative tradition) that the only forces that give the state its internal coherence and stability, holding limited government in place while staving off authoritarianism, are our nationalist and religious traditions. These nationalist and religious principles are not liberal. They are prior to liberalism, in conflict with liberalism, and presently being destroyed by liberalism. Our world desperately needs to hear a clear conservative voice. Any continued confusion of conservative principles with the liberalism on our Left, or with the authoritarianism on our Right, can only do harm. The time has arrived when conservatives must speak in our own voice again. In doing so, we will discover that we can provide the political foundations that so many now seek, but have been unable to find.
In our own day, we recognize the clash between conservatism and liberalism in the following areas, among others (here described only very briefly, and so in overly simple terms): Liberal Empire. Because liberalism is thought to be a dictate of universal reason, liberals tend to believe that any country not already governed as a liberal democracy should be pressed—or even coerced—to adopt this form of government. Conservatives, on the other hand, recognize that different societies are held together and kept at peace in different ways, so that the universal application of liberal doctrines often brings collapse and chaos, doing more harm than good. International Bodies. Similarly, liberals believe that, since liberal principles are universal, there is little harm done in reassigning the powers of government to international bodies. Conservatives, on the other hand, believe that such international organizations possess no sound governing traditions and no loyalty to particular national populations that might restrain their spurious theorizing about universal rights. They therefore see such bodies as inevitably tending to arbitrariness and autocracy. Immigration. Liberals believe that, since liberal principles are accessible to all, there is nothing to be feared in large-scale immigration from countries with national and religious traditions very different from ours. Conservatives see successful large-scale immigration as possible only where the immigrants are strongly motivated to integrate and assisted in assimilating the national traditions of their new home country. In the absence of these conditions, the result will be chronic intercultural tension and violence. Law. Liberals regard the laws of a nation as emerging from the tension between positive law and the pronouncements of universal reason, as expressed by the courts. Conservatives reject the supposed universal reason of judges, which often amounts to little more than their succumbing to passing fashion. But conservatives also oppose an excessive regard for written documents, which leads, for example, to the liberal mythology of America as a “creedal nation” (or a “propositional nation”) created and defined solely by the products of abstract reason that are supposedly found in the American Declaration of Independence and Constitution. Economy. Liberals regard the universal market economy, operating without regard to borders, as a dictate of universal reason and applicable equally to all nations. They therefore recognize no legitimate economic aims other than the creation of a “level field” on which all nations participate in accordance with universal, rational rules. Conservatives regard the market economy and free enterprise as indispensable for the advancement of the nation in its wealth and wellbeing. But they see economic arrangements as inevitably varying from one country to another, reflecting the particular historical experiences and innovations of each nation as it competes to gain advantage for its people. Education. Liberals believe that schools should teach students to recognize the Lockean goods of liberty and equality as the universal aims of political order, and to see America’s founding political documents as having largely achieved these aims. Conservatives believe education should focus on the particular character of the Anglo-American constitutional and religious tradition, with its roots in the Bible, and on the way in which this tradition has given rise to a unique family of nations with a distinctive political thought and practice that has influenced the world. Public Religion. Liberals believe that universal reason is the necessary and sufficient basis for just and moral government. This means that the religious traditions of the nation, which had earlier been the basis for a public understanding of justice and right, can be replaced in public discourse by universal reason itself. In its current form, liberalism asserts that all governments should embrace a Jeffersonian “wall separating church and state,” whose purpose is to banish the influence of religion from public life, relegating it to the private sphere. Conservatives hold that none of this is true. They see human reason as producing a constant profusion of ever-changing views concerning justice and morals—a fact that is evident today in the constant assertion of new and rapidly multiplying human rights. Conservatives hold that the only stable basis for national independence, justice, and public morals is a strong biblical tradition in government and public life. They reject the doctrine of separation of church and state, instead advocating an integration of religion into public life that also offers broad toleration of diverse religious views.
Hazony reviews the history of the conflict between nationalism and imperialism, from the Tower of Babel to the latest anti-Israeli U.N. resolution. The political concept of the independent national state, as an alternative to empire and tribalism, begins with the Hebrew Bible. Ancient Israel was a national state posed against empires in Egypt, Babylonia, Assyria, Persia, and Rome. Hazony de­clares that the Israelite nation was not based on race but on a “shared understanding of history, language, and religion.” He cites Exodus, noting that some Egyptians joined the Hebrews in fleeing Pharaoh, and points out that other foreigners joined the Jewish people once they had accepted “Israel’s God, laws, and understanding of history.” In Hazony’s telling, after the fall of the Roman imperium, the ideal of a universal empire lived on in the papacy and in the German-led Holy Roman Empire. The emergence of Protestantism resurrected the Hebrew Bible’s concept of the national state. For example, Dutch Protestant rebels in their war with imperial Spain modeled themselves on ancient Israelis fighting for national freedom against the Egyptian and Babylonian empires. The Thirty Years’ War was not simply a religious conflict but a struggle that pitted nationalism against imperialism, with the states of France (Catholic), the Netherlands (Calvinist), and Sweden (Lutheran) fighting against the German-Spanish Hapsburg empire.  Hazony describes a new “Protestant construction” of the West inspired by the Hebrew Bible. It was based on two core principles: national self-determination and a “moral minimum” order, roughly corresponding to recognizing the Ten Commandments as natural law. This Protestant construction has been challenged by a “liberal construction” based on individual rights and a universal order. Beginning in the Enlightenment with Locke and Kant, but particularly since World War II, the liberal construction has largely replaced the Protestant construction among Western elites, though Hazony optimistically remarks that the ideas of the Protestant construction are still strong in the U.S. and Britain. Further, the liberal construction has proved to be illiberal, leading to the suppression of free speech, “public shaming” campaigns, and “heresy hunts.” Hazony laments that “Western democracies are rapidly becoming one big university campus.” Hazony asserts that the “neutral state is a myth.” While the national state has historically been successful, a purely “neutral” or “civic” state based only on formal law and abstract principles and without attachments to a particular culture, language, religion, tradition, history, or shared sacrifice is unable to inspire the necessary mutual loyalty and national cohesion required for a free society to survive. He identifies the United States, Britain, and France as national, as opposed to neutral or civic, states.  One of Hazony’s most powerful insights is his understanding of the role that hatred plays in the conflict between nationalists and globalists. One hears repeatedly that nationalism means hatred of the “other.” Hazony, however, successfully flips the argument. He notes that “anti-nationalist hate” is as great as or greater than the hatred emanating from nationalists. In fact, the forces supporting universalism hate the particular, especially when particularist resistance to globalist homogenization “proves itself resilient and enduring.” Thus, “liberal internationalism is not merely a positive agenda. . . . It is an imperialist ideology that incites against . . . nationalists, seeking their delegitimization wherever they appear” throughout the West. Nowhere is this clearer than in the intense antipathy such liberal internationalists feel towards Israel. (…) He concludes that since World War II, and particularly since the 1990s, in elite circles in the West, a Kantian post-national moral paradigm has replaced the old liberal-nationalist paradigm of a world of independent states in which the Zionist dream was born.  This new paradigm insists that national states should increasingly cede sovereignty to supranational institutions, especially in matters of war and peace. In the new paradigm, Israel’s use of force to defend itself is seen as morally illegitimate. The leadership of the European Union and American progressives, for the most part, adheres to the new post-national paradigm; hence, they constantly excoriate Israeli attempts at self-defense.  Hazony declares that “the European Union has caused severe damage to the principle that originally granted legitimacy to Israel as an independent national state: the principle of national freedom and self-determination.” (There is also a faction of Americans, Hazony writes, who favor a different, more muscular type of imperialist project: the establishment of a pax Americana in which America would serve as a contemporary Roman empire, providing peace and security for the entire world and policing the internal affairs of recalcitrant national states that are insufficiently liberal.)  For the EU and Western progressives, Hazony explains, the horror of Auschwitz was the result of atrocities committed by a national state, Germany, infused with a fanatical nationalism. But, as Hazony argues, Hitler’s genocide was inspired by a belief in Aryan racial superiority and imperialism. Hitler cared little for the German nation per se. For example, near the end of World War II, he told his confidant Albert Speer not to “worry” about the “German people”; they might as well perish, for “they had proven to be the weaker [nation] and the future belongs solely to the stronger eastern nation.” Not exactly the sentiments of a true nationalist. On the other hand, Hazony says, for Israelis, Auschwitz was the result of powerlessness: Jews did not have their own national state and the requisite military capability to protect themselves. (…) It is exactly this very human aspiration for national independence hailed by the liberal nationalists of yesteryear (e.g., Garibaldi, Kossuth, Herzl) that the new imperialists of 21st-century globalism (Merkel, Juncker, Soros) scorn. Hazony writes that other nations too have been subject to campaigns of vilification from European and transnational elites when they have ignored supranational authority and acted as independent national states. The United States, in particular, has been excoriated (since long before the Trump administration) for refusing to join the Interna­tional Criminal Court and the Kyoto Protocol and for deciding for itself when its national interest requires the use of force. Recently, globalist wrath “has been extended to Britain” because it returned “to a course of national independence and self-determination and to nations such as Czechia, Hungary, and Poland that insist on maintaining an immigration policy of their own that does not conform to the European Union’s theories concerning refugee resettlement. John Fonte
Aujourd’hui, on ne cesse de nous répéter que le nationalisme a provoqué les deux guerres mondiales, et on lui impute même la responsabilité de la Shoah. Mais cette lecture historique n’est pas satisfaisante. J’appelle «nationaliste» quelqu’un qui souhaite vivre dans un monde constitué de nations indépendantes. De sorte qu’à mes yeux, Hitler n’était pas le moins du monde nationaliste. Il était même tout le contraire: Hitler méprisait la vision nationaliste, et il appelle dans Mein Kampf à détruire les autres Etats-nations européens pour que les Allemands soient les maîtres du monde. Dès son origine, le nazisme est une entreprise impérialiste, pas nationaliste. Quant à la Première Guerre mondiale, le nationalisme est loin de l’avoir déclenchée à lui seul! Le nationalisme serbe a fourni un prétexte, mais en réalité c’est la visée impérialiste des grandes puissances européennes (l’Allemagne, la France, l’Angleterre) qui a transformé ce conflit régional en une guerre planétaire. Ainsi, le principal moteur des deux guerres mondiales était l’impérialisme, pas le nationalisme. (…) Le nationalisme est en effet en vogue en ce moment: c’est du jamais-vu depuis 1990, date à laquelle Margaret Thatcher a été renversée par son propre camp à cause de son hostilité à l’Union européenne. Depuis plusieurs décennies, les principaux partis politiques aux Etats-Unis et en Europe, de droite comme de gauche, ont souscrit à ce que l’on pourrait appeler «l’impérialisme libéral», c’est-à-dire l’idée selon laquelle le monde entier devrait être régi par une seule et même législation, imposée si besoin par la contrainte. Mais aujourd’hui, une génération plus tard, une demande de souveraineté nationale émerge et s’est exprimée avec force aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Italie, en Europe de l’Est et ailleurs encore. Avec un peu de chance et beaucoup d’efforts, cet élan nationaliste peut aboutir à un nouvel ordre politique, fondé sur la cohabitation de nations indépendantes et souveraines. Mais nous devons aussi être lucides: les élites «impérialistes libérales» n’ont pas disparu, elles sont seulement affaiblies. Si, en face d’eux, le camp nationaliste ne parvient pas à faire ses preuves, elles ne tarderont pas à revenir dans le jeu. (…) Historiquement, le «nationalisme» décrit une vision du monde où le meilleur système de gouvernement serait la coexistence de nations indépendantes, et libres de tracer leur propre route comme elles l’entendent. On l’oppose à «l’impérialisme», qui cherche à apporter au monde la paix et la prospérité en unifiant l’humanité, autant que possible, sous un seul et même régime politique. Les dirigeants de l’Union européenne, de même que la plupart des élites américaines, croient dur comme fer en l’impérialisme. Ils pensent que la démocratie libérale est la seule forme admissible de gouvernement, et qu’il faut l’imposer progressivement au monde entier. C’est ce que l’on appelle souvent le «mondialisme», et c’est précisément ce que j’entends par «nouvel empire libéral». (…) En Europe, on se désolidarise du militarisme américain: les impérialistes allemands ou bruxellois préfèrent d’autres formes de coercition… mais leur objectif est le même. Regardez comment l’Allemagne cherche à imposer son programme économique à la Grèce ou à l’Italie, ou sa vision immigrationniste à la République tchèque, la Hongrie ou la Pologne. En Italie, le budget a même été rejeté par la Commission européenne! (…) Le conflit entre nationalisme et impérialisme est aussi vieux que l’Occident lui-même. La vision nationaliste est l’un des enseignements politiques fondamentaux de la Bible hébraïque: le Dieu d’Israël fut le premier qui donna à son peuple des frontières, et Moïse avertit les Hébreux qu’ils seraient punis s’ils tentaient de conquérir les terres de leurs voisins, car Yahvé a donné aussi aux autres nations leur territoire et leur liberté. Ainsi, la Bible propose le nationalisme comme alternative aux visées impérialistes des pharaons, mais aussi des Assyriens, des Perses ou, bien sûr, des Babyloniens. Et l’histoire du Moyen Âge ou de l’époque moderne montre que la plupart des grandes nations européennes – la France, l’Angleterre, les Pays-Bas… – se sont inspirées de l’exemple d’Israël. Mais le nationalisme de l’Ancien Testament ne fut pas tout de suite imité par l’Occident. La majeure partie de l’histoire occidentale est dominée par un modèle politique inverse: celui de l’impérialisme romain. C’est de là qu’est né le Saint Empire romain germanique, qui a toujours cherché à étendre sa domination, tout comme le califat musulman. Les Français aussi ont par moments été tentés par l’impérialisme et ont cherché à conquérir le monde: Napoléon, par exemple, était un fervent admirateur de l’Empire romain et n’avait pour seul but que d’imposer son modèle de gouvernement «éclairé» à tous les pays qu’il avait conquis. Ainsi a-t-il rédigé de nouvelles constitutions pour nombre d’entre eux: les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne… Son projet, en somme, était le même que celui de l’Union européenne aujourd’hui : réunir tous les peuples sous une seule et même législation. (…) [le modèle nationaliste] permet à chaque nation de décider ses propres lois en vertu de ses traditions particulières. Un tel modèle assure une vraie diversité politique, et permet à tous les pays de déployer leur génie à montrer que leurs institutions et leurs valeurs sont les meilleures. Un tel équilibre international ressemblerait à celui qui s’est établi en Europe après les traités de Westphalie signés en 1648, et qui ont permis l’existence d’une grande diversité de points de vue politiques, institutionnels et religieux. Ces traités ont donné aux nations européennes un dynamisme nouveau: grâce à cette diversité, les nations sont devenues autant de laboratoires d’idées dans lesquels ont été expérimentés, développés et éprouvés les théories philosophiques et les systèmes politiques que l’on associe aujourd’hui au monde occidental. À l’évidence, toutes ces expériences ne se valent pas et certaines n’ont bien sûr pas été de grands succès. Mais la réussite de l’une seule d’entre elles – la France, par exemple – suffit pour que les autres l’imitent et apprennent grâce à son exemple. Tandis que, par contraste, un gouvernement impérialiste comme celui de l’Union européenne tue toute forme de diversité dans l’œuf. Les élites bruxelloises sont persuadées de savoir déjà avec exactitude la façon dont le monde entier doit vivre. Il est pourtant manifeste que ce n’est pas le cas… (…) La diversité des points de vue, et, partant, chacun de ces désaccords, sont une conséquence nécessaire de la liberté humaine, qui fait que chaque nation a ses propres valeurs et ses propres intérêts. La seule manière d’éviter ces désaccords est de faire régner une absolue tyrannie – et c’est du reste ce dont l’Union européenne se rend peu à peu compte: seules les mesures coercitives permettent d’instaurer une relative uniformité entre les États membres. (…) Mais nous devons alors reconnaître, tout aussi humblement, que les mouvements universalistes ne sont pas exempts non plus d’une certaine inclination à la haine ou au sectarisme. Chacun des grands courants universels de l’histoire en a fait montre, qu’il s’agisse du christianisme, de l’islam ou du marxisme. En bâtissant leur empire, les universalistes ont souvent rejeté les particularismes nationaux qui se sont mis en travers de leur chemin et ont refusé d’accepter leur prétention à apporter à l’humanité entière la paix et la prospérité. Cette détestation du particulier, qui est une constante dans tous les grands universalismes, est flagrante aujourd’hui dès lors qu’un pays sort du rang: regardez le torrent de mépris et d’insultes qui s’est répandu contre les Britanniques qui ont opté pour le Brexit, contre Trump, contre Salvini, contre la Hongrie, l’Autriche et la Pologne, contre Israël… Les nouveaux universalistes vouent aux gémonies l’indépendance nationale. (…) un nationaliste ne prétend pas savoir ce qui est bon pour n’importe qui, n’importe où dans le monde. Il fait preuve d’une grande humilité, lui, au moins. N’est-ce pas incroyable de vouloir dicter à tous les pays qui ils doivent choisir pour ministre, quel budget ils doivent voter, et qui sera en droit de traverser leurs frontières? Face à cette arrogance vicieuse, je considère en effet le nationalisme comme une vertu. (…) le nationaliste est vertueux, car il limite sa propre arrogance et laisse les autres conduire leur vie à leur guise. (…) Si les différents gouvernements nationalistes aujourd’hui au pouvoir dans le monde parviennent à prouver leur capacité à diriger un pays de manière responsable, et sans engendrer de haine ou de tensions, alors ils viendront peut-être à bout de l’impérialisme libéral. Ils ont une chance de restaurer un ordre du monde fondé sur la liberté des nations. Il ne tient désormais qu’à eux de la saisir, et je ne peux prédire s’ils y parviendront: j’espère seulement qu’ils auront assez de sagesse et de talent pour cela. Yoram Hazony

Après l’école, Supermanl’humourla fête nationale, Thanksgiving, les droits civiques, les Harlem globetrotters et le panier à trois points, le soft power, l’Amérique, le génocide et même eux-mêmes  et sans parler des chansons de Noël et de la musique pop ou d’Hollywood, la littérature, les poupées Barbie… le look WASP, … la nation  !

Y a-t-il une élite intellectuelle trumpiste?
Alexis Carré

FIGAROVOX/TRIBUNE – La tenue de la National Conservatism Conference réunissant des intellectuels conservateurs américains invite le politologue Alexis Carré à se demander s’il existe une élite intellectuelle représentative des idées de Donald Trump.

Alexis Carré est doctorant en philosophie politique à l’École normale supérieure. Il travaille sur les mutations de l’ordre libéral. Suivez-le sur Twitter et sur son site.


La victoire de Donald J. Trump ne fut pas exactement celle d’un intellectuel. Contrairement à celle de Ronald Reagan, elle n’a pas non plus été précédée par la création ou la mobilisation de think tanks et autres organismes de recherche qui structurent habituellement la discussion publique aux États-Unis, tout en servant d’écurie de formation pour les futurs cadres gouvernementaux. À bien des égards, ce que l’on pourrait appeler la classe intellectuelle conservatrice s’est trouvée à la traîne et même parfois à contre-courant de la dernière campagne. Le Weekly Standard, hebdomadaire néoconservateur fondé par Bill Kristol — l’une des voix de droite les plus violemment critiques de l’administration —, en a payé le prix en cessant il y a peu de paraître.

Une fois Trump élu, le pragmatisme a toutefois dominé l’attitude de cette galaxie d’institutions vis-à-vis de la Maison Blanche. Ne leur devant pas sa victoire ni son programme, le président a, quant à lui, su utiliser leurs ressources et leurs compétences quand elles lui étaient utiles. L’illustration la plus frappante de cette relation fut la place centrale qu’il donna aux recommandations de la Heritage Foundation (le plus grand think tank conservateur à Washington) et de la Federalist Society (une association influente rassemblant plus de 40 000 juristes conservateurs) pour la nomination des juges à la Cour Suprême (Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh) et dans les degrés inférieurs du système judiciaire. Malgré un style de gouvernement indéniablement nouveau, Trump ne semblait donc pas avoir profondément affecté l’infrastructure institutionnelle d’où s’élaborent la majorité des politiques publiques aux États-Unis. Envisagé comme un phénomène personnel qui disparaîtrait avec lui, certains pouvaient encore penser qu’il ne laisserait avec son départ pas d’héritage profond sur les plans institutionnels et intellectuels. Une conférence comme il s’en organise pourtant des dizaines chaque année à Washington DC vient peut-être de changer la donne. Et si, de manière pour le moins inattendue, Trump s’avérait être depuis Reagan le président ayant eu le plus d’impact sur la fabrique des idées et des élites dans son pays?

Une force de frappe en devenir

Le chercheur israélien à l’origine de l’événement, Yoram Hazony, s’est fait connaître à l’automne dernier en publiant The Virtue of Nationalism [La vertu du nationalisme], un livre où il s’emploie à critiquer l’idéal post-national qui a dominé l’éducation politique des élites ces dernières décennies. En organisant ce rassemblement d’intellectuels, de journalistes et d’hommes politiques, il entend désormais jeter les bases d’un mouvement intellectuel, le «conservatisme national», dont il propagera les idées au travers de la Edmund Burke Foundation — créée en janvier en vue de préparer l’événement.

Le programme mélange des invités prestigieux (l’entrepreneur Peter Thiel, le présentateur de Fox News Tucker Carlson), des étoiles montantes (le jeune sénateur Josh Hawley et J. D. Vance, l’auteur du best-seller Hillbilly Elegy) et des figures établies (Rusty Reno de la revue First Things ou encore Christopher DeMuth, l’ancien responsable du think tank AEI). S’il est évident que de nombreuses divergences existent entre ces invités, notamment sur les questions de politique étrangère, ils s’accordent assez largement autour de certains points fondamentaux qui constituent à des degrés divers des changements d’orientation profonds par rapport au consensus conservateur antérieur.

La fin du consensus libéral et conservateur à droite 

Ce consensus, aussi connu sous le nom de «fusionnisme», reposait sur la compatibilité de la défense du marché et du libre-échange avec celle des valeurs familiales et religieuses. Libertariens et conservateurs pouvaient ainsi agir côte à côte afin de laisser d’un côté l’État hors de l’entreprise et de l’autre, hors de la famille — attitude résumée par la formule lapidaire de Reagan: «Le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes. Le gouvernement

est le problème.» Pour les tenants du «conservatisme national» le danger vient non plus principalement de l’État mais du secteur privé, et plus particulièrement des GAFA et de Wall Street. C’est également à l’État qu’ils s’en remettent pour préserver l’existence nationale de l’ingérence croissante des institutions supranationales. Étonnante dans le paysage politique américain, cette défense de l’État réaffirme la primauté du politique et avec lui du vecteur d’action collective qu’est la nation.

La question n’est plus de savoir si l’intervention de l’État est intrinsèquement mauvaise et la liberté du marché intrinsèquement bonne, mais de déterminer dans chaque cas laquelle des deux correspond à l’intérêt et à la volonté de la nation. Le critère permettant de juger une mesure politique n’est plus sa conformité à l’intérêt économique ou aux droits de l’homme mais sa capacité à protéger et renforcer la citoyenneté. Car les normes au fondement de l’État de droit, les principes économiques du capitalisme, n’ont de validité pratique qu’en raison des sentiments communs et des qualités partagées qui constituent les modes de vie des populations qui les adoptent.

En déconnectant l’individu de ses solidarités concrètes, une pratique aveugle du libéralisme a selon eux dépossédé les citoyens de ce mode de vie et de leur capacité d’action sur les plans individuels et collectifs. L’objectif du «conservatisme national» est de leur restituer ces deux choses. Or, des hommes que ne relie rien d’autre que le fait d’être porteurs des mêmes droits ne suffisent pas à faire une nation. Et c’est parce que l’existence de cette dernière ne peut plus être prise pour acquis que le danger qui pèse sur elle nécessite une action politique spécifique en rupture avec le consensus des libéraux et conservateurs traditionnels.

Vers une nouvelle élite?

Les réflexions sur le devenir des nations ne sont pas nouvelles, surtout en France, où des auteurs comme Pierre Manent ont depuis les années 90 mené une critique écoutée des conservateurs américains à l’égard du projet post-national. Ce qui est inédit, c’est qu’une action aussi structurée émerge en vue de former une nouvelle classe dirigeante sur le fondement de ces constats. Adversaires ou alliés de l’actuel président feraient bien de surveiller cette initiative. Si elle réalise son ambition la Edmund Burke Foundation pourrait parvenir à associer au changement immédiat impulsé par Donald Trump une éducation politique susceptible d’affecter sur le long terme la formation des élites américaines, ce à quoi son style de gouvernement et les techniques de communication qui le caractérisent ne sauraient parvenir à eux seuls.

Le sénateur Josh Hawley, âgé de 39 ans (ancien procureur général de l’état du Missouri), fait figure de symbole de cette classe politique en devenir: «Une nation républicaine requiert une économie républicaine […] Une économie fondée sur les échanges monétaires à Wall Street ne bénéficie en dernier ressort qu’à ceux qui possèdent déjà de l’argent. Une telle économie ne saurait soutenir une grande nation.» Hostile à l’inflation des diplômes universitaires et aux multinationales, favorable aux droits de douane, défenseur de «l’Amérique moyenne», il représente peut-être ce que pourrait devenir le «trumpisme» sans Trump.

Voir aussi:

Yoram Hazony : «Les nouveaux universalistes vouent aux gémonies l’indépendance nationale»
Paul Sugy
Le Figaro

21/12/2018

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Le nationalisme est sur toutes les lèvres, et pourtant, affirme Yoram Hazony, ce concept n’a jamais été aussi mal compris. Le philosophe entend réhabiliter la «vertu du nationalisme», qu’il oppose à la «tentation impérialiste», et promouvoir la vision d’un monde fondé sur l’indépendance et la liberté des nations.

Yoram Hazony est spécialiste de la Bible et docteur en philosophie politique.

https://en.wikipedia.org/wiki/Yoram_Hazony

Il a fondé le Herzl Institute et enseigne la philosophie et la théologie à Jérusalem.

Ce penseur de la droite israélienne est également auteur de nombreux articles publiés dans les journaux américains les plus prestigieux, du New York Times au Wall Street Journal.

Presque inconnu en France, son livre The Virtue of Nationalism a suscité un vif débat aux Etats-Unis.

LE FIGARO MAGAZINE. – Le 11 novembre dernier, Emmanuel Macron déclarait aux chefs d’Etat du monde entier: «Le nationalisme est la trahison du patriotisme.» Qu’en pensez-vous?

Yoram HAZONY. –

Aujourd’hui, on ne cesse de nous répéter que le nationalisme a provoqué les deux guerres mondiales, et on lui impute même la responsabilité de la Shoah.

Mais cette lecture historique n’est pas satisfaisante.

J’appelle «nationaliste» quelqu’un qui souhaite vivre dans un monde constitué de nations indépendantes.

De sorte qu’à mes yeux, Hitler n’était pas le moins du monde nationaliste.

Il était même tout le contraire: Hitler méprisait la vision nationaliste, et il appelle dans Mein Kampf à détruire les autres Etats-nations européens pour que les Allemands soient les maîtres du monde.

Dès son origine, le nazisme est une entreprise impérialiste, pas nationaliste.

Quant à la Première Guerre mondiale, le nationalisme est loin de l’avoir déclenchée à lui seul!

Le nationalisme serbe a fourni un prétexte, mais en réalité c’est la visée impérialiste des grandes puissances européennes (l’Allemagne, la France, l’Angleterre) qui a transformé ce conflit régional en une guerre planétaire.

Ainsi, le principal moteur des deux guerres mondiales était l’impérialisme, pas le nationalisme.

Donald Trump, lui, avait déclaré il y a quelques semaines: «Je suis nationaliste.» Y a-t-il aujourd’hui un retour du nationalisme?

Le nationalisme est en effet en vogue en ce moment: c’est du jamais-vu depuis 1990, date à laquelle Margaret Thatcher a été renversée par son propre camp à cause de son hostilité à l’Union européenne.

Depuis plusieurs décennies, les principaux partis politiques aux Etats-Unis et en Europe, de droite comme de gauche, ont souscrit à ce que l’on pourrait appeler «l’impérialisme libéral», c’est-à-dire l’idée selon laquelle le monde entier devrait être régi par une seule et même législation, imposée si besoin par la contrainte.

Mais aujourd’hui, une génération plus tard, une demande de souveraineté nationale émerge et s’est exprimée avec force aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Italie, en Europe de l’Est et ailleurs encore.

Avec un peu de chance et beaucoup d’efforts, cet élan nationaliste peut aboutir à un nouvel ordre politique, fondé sur la cohabitation de nations indépendantes et souveraines.

Mais nous devons aussi être lucides: les élites «impérialistes libérales» n’ont pas disparu, elles sont seulement affaiblies.

Si, en face d’eux, le camp nationaliste ne parvient pas à faire ses preuves, elles ne tarderont pas à revenir dans le jeu.

Quel est ce «nouvel empire libéral» dont vous parlez? Et qu’entendez-vous exactement par «impérialisme»?

Historiquement, le «nationalisme» décrit une vision du monde où le meilleur système de gouvernement serait la coexistence de nations indépendantes, et libres de tracer leur propre route comme elles l’entendent.

On l’oppose à «l’impérialisme», qui cherche à apporter au monde la paix et la prospérité en unifiant l’humanité, autant que possible, sous un seul et même régime politique.

Les dirigeants de l’Union européenne, de même que la plupart des élites américaines, croient dur comme fer en l’impérialisme.

Ils pensent que la démocratie libérale est la seule forme admissible de gouvernement, et qu’il faut l’imposer progressivement au monde entier.

C’est ce que l’on appelle souvent le «mondialisme», et c’est précisément ce que j’entends par «nouvel empire libéral».

Bien sûr, tous les «impérialistes libéraux» ne sont pas d’accord entre eux sur la stratégie à employer!

L’impérialisme américain a voulu imposer de force la démocratie dans un certain nombre de pays, comme en Yougoslavie, en Irak, en Libye ou en Afghanistan.

En Europe, on se désolidarise du militarisme américain: les impérialistes allemands ou bruxellois préfèrent d’autres formes de coercition… mais leur objectif est le même.

Regardez comment l’Allemagne cherche à imposer son programme économique à la Grèce ou à l’Italie, ou sa vision immigrationniste à la République tchèque, la Hongrie ou la Pologne.

En Italie, le budget a même été rejeté par la Commission européenne!

Est-ce que, selon vous, le nationalisme et l’impérialisme sont deux visions de l’ordre mondial qui s’affrontaient déjà dans la Bible?

Le conflit entre nationalisme et impérialisme est aussi vieux que l’Occident lui-même.

La vision nationaliste est l’un des enseignements politiques fondamentaux de la Bible hébraïque: le Dieu d’Israël fut le premier qui donna à son peuple des frontières, et Moïse avertit les Hébreux qu’ils seraient punis s’ils tentaient de conquérir les terres de leurs voisins, car Yahvé a donné aussi aux autres nations leur territoire et leur liberté.

Ainsi, la Bible propose le nationalisme comme alternative aux visées impérialistes des pharaons, mais aussi des Assyriens, des Perses ou, bien sûr, des Babyloniens.

Et l’histoire du Moyen Âge ou de l’époque moderne montre que la plupart des grandes nations européennes – la France, l’Angleterre, les Pays-Bas… – se sont inspirées de l’exemple d’Israël.

Mais le nationalisme de l’Ancien Testament ne fut pas tout de suite imité par l’Occident.

La majeure partie de l’histoire occidentale est dominée par un modèle politique inverse: celui de l’impérialisme romain.

C’est de là qu’est né le Saint Empire romain germanique, qui a toujours cherché à étendre sa domination, tout comme le califat musulman.

Les Français aussi ont par moments été tentés par l’impérialisme et ont cherché à conquérir le monde: Napoléon, par exemple, était un fervent admirateur de l’Empire romain et n’avait pour seul but que d’imposer son modèle de gouvernement «éclairé» à tous les pays qu’il avait conquis.

Ainsi a-t-il rédigé de nouvelles constitutions pour nombre d’entre eux: les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne…

Son projet, en somme, était le même que celui de l’Union européenne aujourd’hui : réunir tous les peuples sous une seule et même législation.

Pourquoi le modèle nationaliste est-il meilleur, selon vous?

Parce que ce modèle permet à chaque nation de décider ses propres lois en vertu de ses traditions particulières.

Un tel modèle assure une vraie diversité politique, et permet à tous les pays de déployer leur génie à montrer que leurs institutions et leurs valeurs sont les meilleures.

Un tel équilibre international ressemblerait à celui qui s’est établi en Europe après les traités de Westphalie signés en 1648, et qui ont permis l’existence d’une grande diversité de points de vue politiques, institutionnels et religieux.

Ces traités ont donné aux nations européennes un dynamisme nouveau: grâce à cette diversité, les nations sont devenues autant de laboratoires d’idées dans lesquels ont été expérimentés, développés et éprouvés les théories philosophiques et les systèmes politiques que l’on associe aujourd’hui au monde occidental.

À l’évidence, toutes ces expériences ne se valent pas et certaines n’ont bien sûr pas été de grands succès.

Mais la réussite de l’une seule d’entre elles – la France, par exemple – suffit pour que les autres l’imitent et apprennent grâce à son exemple.

Tandis que, par contraste, un gouvernement impérialiste comme celui de l’Union européenne tue toute forme de diversité dans l’œuf.

Les élites bruxelloises sont persuadées de savoir déjà avec exactitude la façon dont le monde entier doit vivre.

Il est pourtant manifeste que ce n’est pas le cas…

Mais ce «nouvel ordre international» n’a-t-il pas permis, malgré tout, un certain nombre de progrès en facilitant les échanges marchands ou en créant une justice pénale internationale, par exemple?

Peut-être, mais nous n’avons pas besoin d’un nouvel impérialisme pour permettre l’essor du commerce international ou pour traîner en justice les criminels.

Des nations indépendantes sont tout à fait capables de se coordonner entre elles.

Alors, certes, il y aura toujours quelques désaccords à surmonter, et il faudra pour cela un certain nombre de négociations.

Et je suis tout à fait capable de comprendre que d’aucuns soient tentés de se dire que, si on crée un gouvernement mondial, on s’épargne toutes ces frictions.

Mais c’est là une immense utopie.

La diversité des nations rend strictement impossible de convenir, universellement, d’une vision unique en matière de commerce et d’immigration, de justice, de religion, de guerre ou de paix.

La diversité des points de vue, et, partant, chacun de ces désaccords, sont une conséquence nécessaire de la liberté humaine, qui fait que chaque nation a ses propres valeurs et ses propres intérêts.

La seule manière d’éviter ces désaccords est de faire régner une absolue tyrannie – et c’est du reste ce dont l’Union européenne se rend peu à peu compte: seules les mesures coercitives permettent d’instaurer une relative uniformité entre les États membres.

Ne redoutez-vous pas la compétition accrue à laquelle se livreraient les nations dans un monde tel que vous le souhaitez? Au risque de renforcer le rejet ou la haine de ses voisins?

Dans mon livre, je consacre un chapitre entier à cette objection qui m’est souvent faite.

Il arrive parfois qu’à force de vouloir le meilleur pour les siens, on en vienne à haïr les autres, lorsque ceux-ci sont perçus comme des rivaux.

Mais nous devons alors reconnaître, tout aussi humblement, que les mouvements universalistes ne sont pas exempts non plus d’une certaine inclination à la haine ou au sectarisme.

Chacun des grands courants universels de l’histoire en a fait montre, qu’il s’agisse du christianisme, de l’islam ou du marxisme. En bâtissant leur empire, les universalistes ont souvent rejeté les particularismes nationaux qui se sont mis en travers de leur chemin et ont refusé d’accepter leur prétention à apporter à l’humanité entière la paix et la prospérité.

Cette détestation du particulier, qui est une constante dans tous les grands universalismes, est flagrante aujourd’hui dès lors qu’un pays sort du rang: regardez le torrent de mépris et d’insultes qui s’est répandu contre les Britanniques qui ont opté pour le Brexit, contre Trump, contre Salvini, contre la Hongrie, l’Autriche et la Pologne, contre Israël…

Les nouveaux universalistes vouent aux gémonies l’indépendance nationale.

En quoi le nationalisme est-il une «vertu»?

Dans le sens où un nationaliste ne prétend pas savoir ce qui est bon pour n’importe qui, n’importe où dans le monde.

Il fait preuve d’une grande humilité, lui, au moins.

N’est-ce pas incroyable de vouloir dicter à tous les pays qui ils doivent choisir pour ministre, quel budget ils doivent voter, et qui sera en droit de traverser leurs frontières?

Face à cette arrogance vicieuse, je considère en effet le nationalisme comme une vertu.

Le nationaliste, lui, dessine une frontière par terre et dit au reste du monde: «Au-delà de cette limite, je renonce à faire imposer ma volonté. Je laisse mes voisins libres d’être différents.»

Un universaliste répondra que c’est immoral, car c’est la marque d’une profonde indifférence à l’égard des autres.

Mais c’est en réalité tout l’inverse: le nationaliste est vertueux, car il limite sa propre arrogance et laisse les autres conduire leur vie à leur guise.

Que vous inspirent les difficultés qu’ont les Britanniques à mettre en œuvre le Brexit? N’est-il pas déjà trop tard pour revenir en arrière?

Non, il n’est pas trop tard.

Si les différents gouvernements nationalistes aujourd’hui au pouvoir dans le monde parviennent à prouver leur capacité à diriger un pays de manière responsable, et sans engendrer de haine ou de tensions, alors ils viendront peut-être à bout de l’impérialisme libéral.

Ils ont une chance de restaurer un ordre du monde fondé sur la liberté des nations.

Il ne tient désormais qu’à eux de la saisir, et je ne peux prédire s’ils y parviendront: j’espère seulement qu’ils auront assez de sagesse et de talent pour cela.

Voir également:

In Defense of Nations
John Fonte
National Review
September 13, 2018

The Virtue of Nationalism, by Yoram Hazony (Basic, 304 pp., $18.99)

If the great struggle of the 20th century was between Western liberal democracy and totalitarianism, the major fault line of the 21st century is within the democratic family, pitting those who believe nations should be self-governing and sovereign against powerful forces advancing “global governance” by supranational authorities.

In a new book that will become a classic, Israeli political philosopher Yoram Hazony identifies this conflict as one “between nationalism and imperialism,” which he describes as “two irreconcilably opposed ways of thinking about political order.” Further, “the debate between nationalism and imperialism is upon us.” This “fault line” at “the heart of Western public life is not going away,” and one must “choose.”

Hazony poses the question: What would the best political order for the world look like? A universal empire with global law? A collection of autonomous tribes? Or an order of independent national states? He chooses the last model over universalism (i.e., empire, including the soft “global governance” variety) and tribalism. He explains that, first, unlike the rule of tribes, the national state establishes internal security and order and reduces the threat of violence. Second, unlike empire, the scope of the national state is limited, because it is confined to exercising authority within its borders.

Third, it provides for what Bill Buckley’s Yale mentor Willmoore Kendall called the greatest right of all, national freedom, the collective right of a free people to rule themselves. Fourth, national freedom permits nations to develop their own institutions “that may be tested through painstaking trial and error over centuries.” Thus, what might be called the sovereigntist option tends toward a realistic empirical style of governance as opposed to a utopian rationalist outlook. Hazony contrasts Margaret Thatcher’s empirical approach to economics, for example, with an overly rationalistic perspective that often leads to unworkable utopianism (e.g., socialist economics in practice).

Fifth, Hazony, quoting John Stuart Mill, argues that, historically, individual rights have been protected best in national states, particularly in England and America. He maintains that in a “universal political order . . . in which a single standard of right is held to be in force everywhere, tolerance for diverse political and religious standpoints must necessarily decline.” This is exactly what has happened as transnational progressive elites, including organs of the EU, the U.N., and, significantly, the American Bar Association, have promoted a “global rule of law” that is intolerant of longstanding religious and patriotic beliefs.

Hazony boldly declares that we should resist all efforts to establish supranational global institutions: “We should not let a hairbreadth of our freedom be given over to foreign bodies under any name whatsoever, or to foreign systems of law that are not determined by our own nations.” 

Hazony reviews the history of the conflict between nationalism and imperialism, from the Tower of Babel to the latest anti-Israeli U.N. resolution. The political concept of the independent national state, as an alternative to empire and tribalism, begins with the Hebrew Bible. Ancient Israel was a national state posed against empires in Egypt, Babylonia, Assyria, Persia, and Rome. Hazony de­clares that the Israelite nation was not based on race but on a “shared understanding of history, language, and religion.” He cites Exodus, noting that some Egyptians joined the Hebrews in fleeing Pharaoh, and points out that other foreigners joined the Jewish people once they had accepted “Israel’s God, laws, and understanding of history.”

In Hazony’s telling, after the fall of the Roman imperium, the ideal of a universal empire lived on in the papacy and in the German-led Holy Roman Empire. The emergence of Protestantism resurrected the Hebrew Bible’s concept of the national state. For example, Dutch Protestant rebels in their war with imperial Spain modeled themselves on ancient Israelis fighting for national freedom against the Egyptian and Babylonian empires. The Thirty Years’ War was not simply a religious conflict but a struggle that pitted nationalism against imperialism, with the states of France (Catholic), the Netherlands (Calvinist), and Sweden (Lutheran) fighting against the German-Spanish Hapsburg empire.

Hazony describes a new “Protestant construction” of the West inspired by the Hebrew Bible. It was based on two core principles: national self-determination and a “moral minimum” order, roughly corresponding to recognizing the Ten Commandments as natural law. This Protestant construction has been challenged by a “liberal construction” based on individual rights and a universal order. Beginning in the Enlightenment with Locke and Kant, but particularly since World War II, the liberal construction has largely replaced the Protestant construction among Western elites, though Hazony optimistically remarks that the ideas of the Protestant construction are still strong in the U.S. and Britain. Further, the liberal construction has proved to be illiberal, leading to the suppression of free speech, “public shaming” campaigns, and “heresy hunts.” Hazony laments that “Western democracies are rapidly becoming one big university campus.”

Hazony asserts that the “neutral state is a myth.” While the national state has historically been successful, a purely “neutral” or “civic” state based only on formal law and abstract principles and without attachments to a particular culture, language, religion, tradition, history, or shared sacrifice is unable to inspire the necessary mutual loyalty and national cohesion required for a free society to survive. He identifies the United States, Britain, and France as national, as opposed to neutral or civic, states. 

One of Hazony’s most powerful insights is his understanding of the role that hatred plays in the conflict between nationalists and globalists. One hears repeatedly that nationalism means hatred of the “other.” Hazony, however, successfully flips the argument. He notes that “anti-nationalist hate” is as great as or greater than the hatred emanating from nationalists. In fact, the forces supporting universalism hate the particular, especially when particularist resistance to globalist homogenization “proves itself resilient and enduring.”

Thus, “liberal internationalism is not merely a positive agenda. . . . It is an imperialist ideology that incites against . . . nationalists, seeking their delegitimization wherever they appear” throughout the West. Nowhere is this clearer than in the intense antipathy such liberal internationalists feel towards Israel.

As a proud nationalist, Hazony de­clares, “My first concern is for Israel.” He examines the hostility directed at the Jewish state by “many” in Europe and, increasingly, in America. He concludes that since World War II, and particularly since the 1990s, in elite circles in the West, a Kantian post-national moral paradigm has replaced the old liberal-nationalist paradigm of a world of independent states in which the Zionist dream was born. 

This new paradigm insists that national states should increasingly cede sovereignty to supranational institutions, especially in matters of war and peace. In the new paradigm, Israel’s use of force to defend itself is seen as morally illegitimate. The leadership of the European Union and American progressives, for the most part, adheres to the new post-national paradigm; hence, they constantly excoriate Israeli attempts at self-defense.

Hazony declares that “the European Union has caused severe damage to the principle that originally granted legitimacy to Israel as an independent national state: the principle of national freedom and self-determination.” (There is also a faction of Americans, Hazony writes, who favor a different, more muscular type of imperialist project: the establishment of a pax Americana in which America would serve as a contemporary Roman empire, providing peace and security for the entire world and policing the internal affairs of recalcitrant national states that are insufficiently liberal.)

For the EU and Western progressives, Hazony explains, the horror of Auschwitz was the result of atrocities committed by a national state, Germany, infused with a fanatical nationalism. But, as Hazony argues, Hitler’s genocide was inspired by a belief in Aryan racial superiority and imperialism. Hitler cared little for the German nation per se. For example, near the end of World War II, he told his confidant Albert Speer not to “worry” about the “German people”; they might as well perish, for “they had proven to be the weaker [nation] and the future belongs solely to the stronger eastern nation.” Not exactly the sentiments of a true nationalist.

On the other hand, Hazony says, for Israelis, Auschwitz was the result of powerlessness: Jews did not have their own national state and the requisite military capability to protect themselves. Hazony quotes David Ben-Gurion’s famous World War II address in November 1942. He noted that there was “no Jewish army” and declared: Give us the right to fight and die as Jews. . . . We demand the right . . . to a homeland and independence.” It is exactly this very human aspiration for national independence hailed by the liberal nationalists of yesteryear (e.g., Garibaldi, Kossuth, Herzl) that the new imperialists of 21st-century globalism (Merkel, Juncker, Soros) scorn. 

Hazony writes that other nations too have been subject to campaigns of vilification from European and transnational elites when they have ignored supranational authority and acted as independent national states. The United States, in particular, has been excoriated (since long before the Trump administration) for refusing to join the Interna­tional Criminal Court and the Kyoto Protocol and for deciding for itself when its national interest requires the use of force. Recently, globalist wrath “has been extended to Britain” because it returned “to a course of national independence and self-determination and to nations such as Czechia, Hungary, and Poland that insist on maintaining an immigration policy of their own that does not conform to the European Union’s theories concerning refugee resettlement.”

A serious scholar, Hazony is a consistent thinker and is intellectually honest to a fault. As a result, many potential allies in the political-ideological struggle against transnational progressivism might well object to his critical portrayal of, for example, Friedrich Hayek, Ludwig von Mises, Ayn Rand, John Locke, Immanuel Kant, Konrad Adenauer, Charles Krauthammer, the British Empire, a pax Americana, the papacy, and medieval Christianity, to say nothing of the World Trade Organi­zation and President George H. W. Bush’s “new world order.”

My only serious substantive difference with Hazony concerns his interpretation of John Locke and natural rights, a subject directly related to the American Founding and, therefore, to the crux of American nationalism. Hazony presents Locke as overly focused on individual autonomy and detached from the national state and the culture necessary to sustain it. However, in his famous Second Treatise, Locke explicitly favors the nationalist over the imperialist perspective, lauding “an entire, free, independent society, to be governed by its own laws” and decrying “the delivery . . . of the people into the subjection of a foreign power, either by the prince or the legislature.”

Locke in his other writing also emphasizes the centrality of morality, religion, and family, as well as individual rights, thereby supporting Hazony’s “moral minimum” for the well-being of any independent commonwealth. In any case, it should be stressed that the philosophical basis of the American Founding is much more than the theories of John Locke (as Hazony agrees). Leo Strauss, Harry Jaffa, and, recently, Thomas G. West in his brilliant and definitive work The Political Theory of the American Founding have argued that from the beginning, the American regime has contained pre-Enlighten­ment, pre-liberal, non-rational elements that are essential to its vitality and success.

Further, the law of nature and the natural rights envisioned by the American Founders were held to be accompanied by an equal set of duties and virtues commensurate with those rights, including the republican virtue of patriotism. Neither Locke nor, certainly, the Founders were utopian, but instead they balanced a belief in reason with an empirical outlook and a realistic view of human nature.

Caveats aside, Yoram Hazony has written a magnificent affirmation of democratic nationalism and sovereignty. The book is a tour de force that has the potential to significantly shape the debate between the supporters of supranational globalism and those of national-state democracy. The former will attempt to marginalize Hazony. Crucial will be the response of the Western (particularly American) center-right intelligentsia. Will mainstream conservatives embrace Hazony’s core thesis (with requisite qualifications) and recognize that they have been given a powerful intellectual and moral argument, or will this opportunity be squandered in sectarian squabbling over exactly what Locke meant and how to redefine “liberalism” in the 21st-century global world? 

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What Is Conservatism?

May 20, 2017

The year 2016 marked a dramatic change of political course for the English-speaking world, with Britain voting for independence from Europe and the United States electing a president promising a revived American nationalism. Critics see both events as representing a dangerous turn toward “illiberalism” and deplore the apparent departure from “liberal principles” or “liberal democracy,” themes that surfaced repeatedly in conservative publications over the past year. Perhaps the most eloquent among the many spokesmen for this view has been William Kristol, who, in a series of essays in the Weekly Standard, has called for a new movement to arise “in defense of liberal democracy.” In his eyes, the historic task of American conservatism is “to preserve and strengthen American liberal democracy,” and what is needed now is “a new conservatism based on old conservative—and liberal—principles.” Meanwhile, the conservative flagship Commentary published a cover story by the Wall Street Journal’s Sohrab Ahmari entitled “Illiberalism: The Worldwide Crisis,” seeking to raise the alarm about the dangers to liberalism posed by Brexit, Trump, and other phenomena.

These and similar examples demonstrate once again that more than a few prominent conservatives in America and Britain today consider themselves to be not only conservatives but also liberals at the same time. Or, to get to the heart of the matter, they see conservatism as a branch or species of liberalism—to their thinking, the “classical” and most authentic form of liberalism. According to this view, the foundations of conservatism are to be found, in significant measure, in the thought of the great liberal icon John Locke and his followers. It is to this tradition, they say, that we must turn for the political institutions—including the separation of powers, checks and balances, and federalism—that secure the freedoms of religion, speech, and the press; the right of private property; and due process under law. In other words, if we want limited government and, ultimately, the American Constitution, then there is only one way to go: Lockean liberalism provides the theoretical basis for the ordered freedom that conservatives strive for, and liberal democracy is the only vehicle for it.

Many of those who have been most outspoken on this point have been our long-time friends. We admire and are grateful for their tireless efforts on behalf of conservative causes, including some in which we have worked together as partners. But we see this confusion of conservatism with liberalism as historically and philosophically misguided. Anglo-American conservatism is a distinct political tradition—one that predates Locke by centuries. Its advocates fought for and successfully established most of the freedoms that are now exclusively associated with Lockean liberalism, although they did so on the basis of tenets very different from Locke’s. Indeed, when Locke published his Two Treatises of Government in 1689, offering the public a sweeping new rationale for the traditional freedoms already known to Englishmen, most defenders of these freedoms were justly appalled. They saw in this new doctrine not a friend to liberty but a product of intellectual folly that would ultimately bring down the entire edifice of freedom. Thus, liberalism and conservatism have been opposed political positions in political theory since the day liberal theorizing first set foot in England.

Today’s confusion of conservative political thought with liberalism is in a way understandable, however. In the great twentieth-century battles against totalitarianism, conservatives and liberals were allies: They fought together, along with the Communists, against Nazism. After 1945, conservatives and liberals remained allies in the war against Communism. Over these many decades of joint struggle, what had for centuries been a distinction of vital importance was treated as if it were not terribly important, and in fact, it was largely forgotten.

But since the fall of the Berlin Wall in 1989, these circumstances have changed. The challenges facing the Anglo-American tradition are now coming from other directions entirely. Radical Islam, to name one such challenge, is a menace that liberals, for reasons internal to their own view of the political world, find difficult to regard as a threat and especially difficult to oppose in an effective manner. But even more important is the challenge arising from liberalism itself. It is now evident that liberal principles contribute little or nothing to those institutions that were for centuries the bedrock of the Anglo-American political order: nationalism, religious tradition, the Bible as a source of political principles and wisdom, and the family. Indeed, as liberalism has emerged victorious from the battles of the last century, the logic of its doctrines has increasingly turned liberals against all of these conservative institutions. On both of these fronts, the conservative and liberal principles of the Anglo-American tradition are now painfully at cross-purposes. The twentieth-century alliance between conservatism and liberalism is proving increasingly difficult to maintain.

Among the effects of the long alliance between conservatism and liberalism has been a tendency of political figures, journalists, and academics to slip back and forth between conservative terms and ideas and liberal ones as if they were interchangeable. And until recently, there seemed to be no great harm in this. Now, however, it is becoming obvious that this lack of clarity is crippling our ability to think about a host of issues, from immigration and foreign wars to the content of the Constitution and the place of religion in education and public life. In these and other areas, America, Britain, and their allies can neither recognize the difficulties ahead nor develop appropriate responses to them without a strong and intellectually capable conservatism. But to have a strong and intellectually capable conservatism, we must be able to see clearly what the Anglo-American conservative tradition is and what it is about. And to do this, we have to disentangle it from its old opponent—liberalism.

In this essay, we seek to clarify the historical and philosophical differences between the two major Anglo-American political traditions, conservative and liberal. We will begin by looking at some important events in the emergence of Anglo-American conservatism and its conflict with liberalism. After that, we will use these historical events as a basis for drawing some political distinctions that will be highly relevant for our own political context.

Fortescue and the Birth of Anglo-American Conservatism

The emergence of the Anglo-American conservative tradition can be identified with the words and deeds of a series of towering political and intellectual figures, among whom we can include individuals such as Sir John Fortescue, Richard Hooker, Sir Edward Coke, John Selden, Sir Matthew Hale, Sir William Temple, Jonathan Swift, Josiah Tucker, Edmund Burke, John Dickinson, and Alexander Hamilton. Men such as George Washington, John Adams, and John Marshall, often hastily included among the liberals, would also have placed themselves in this conservative tradition rather than with its opponents, whom they knew all too well.

Living in very different periods, these individuals nevertheless shared common ideas and principles and saw themselves as part of a common tradition of English, and later Anglo-American, constitutionalism. A politically traditionalist outlook of this kind was regarded as the mainstream in both England and America up until the French Revolution and only came to be called “conservative” during the nineteenth century, as it lost ground and became one of two rival camps.

Because the name conservative dates from this time of decline, it is often wrongly asserted that those who continued defending the Anglo-American tradition after the revolution—men such as Burke and Hamilton—were the “first conservatives.” But one has to view history in a peculiar and distorted way to see these men as having founded the tradition they were defending. In fact, neither the principles they upheld nor the arguments with which they defended them were new. They read them in the books of earlier thinkers and political figures such as Fortescue, Coke, Selden, and Hale. These men, the intellectual and political forefathers of Burke and Hamilton, are conservatives in just the same way that John Locke is a liberal. The term was not yet in use, but the ideas that it designates are easily recognizable in their writings, their speeches, and their deeds.

Where does the tradition of Anglo-American conservatism begin? Any date one chooses will be somewhat arbitrary. Even the earliest surviving English legal compilations, dating from the twelfth century, are arguably recognizable as forerunners of this conservative tradition. But we will not make the case for this claim here. Instead, we will begin on what seems to us indisputable ground—with the writings of Sir John Fortescue, which date from the late fifteenth century. Fortescue (c. 1394–1479) occupies a position in the Anglo-American conservative tradition somewhat analogous to Locke in the later liberal tradition: although not the founder of this tradition, he is nonetheless its first truly outstanding expositor and the model in light of which the entire subsequent tradition developed.1 It is here that any conservative should begin his or her education in the Anglo-American tradition.

For eight years during the Wars of the Roses, beginning in 1463, John Fortescue lived in France with the court of the young prince Edward of Lancaster, the “Red Rose” claimant to the English throne, who had been driven into exile by the “White Rose” king Edward IV of York. Fortescue had been a member of Parliament and for nearly two decades chief justice of the King’s Bench, the English Supreme Court. In the exiled court, he became the nominal chancellor of England. While in exile, Fortescue composed several treatises on the constitution and laws of England, foremost among them a small book entitled Praise of the Laws of England.

Although Praise of the Laws of England is often mischaracterized as a work on law, anyone picking it up will immediately recognize it for what it is: an early great work of English political philosophy. Far from being a sterile rehearsal of existing law, it is written as a dialogue between the chancellor of England and the young prince he is educating, so that he may wisely rule his realm. It offers a theorist’s explanation of the reasons for regarding the English constitution as the best model of political government known to man. (Those who have been taught that it was Montesquieu who first argued that, of all constitutions, the English constitution is the one best suited for human freedom will be dismayed to find that this argument is presented more clearly by Fortescue nearly three hundred years earlier, in a work with which Montesquieu was probably familiar.)

According to Fortescue, the English constitution provides for what he calls “political and royal government,” by which he means that English kings do not rule by their own authority alone (i.e., “royal government”), but together with the representatives of the nation in Parliament and in the courts (i.e., “political government”). In other words, the powers of the English king are limited by the traditional laws of the English nation, in the same way—as Fortescue emphasizes—that the powers of the Jewish king in the Mosaic constitution in Deuteronomy are limited by the traditional laws of the Israelite nation. This is in contrast with the Holy Roman Empire of Fortescue’s day, which was supposedly governed by Roman law, and therefore by the maxim that “what pleases the prince has the force of law,” and in contrast with the kings of France, who governed absolutely. Among other things, the English law is described as providing for the people’s representatives, rather than the king, to determine the laws of the realm and to approve requests from the king for taxes.

In addition to this discussion of what later tradition would call the separation of powers and the system of checks and balances, Fortescue also devotes extended discussion to the guarantee of due process under law, which he explores in his discussion of the superior protections afforded to the individual under the English system of trial by jury. Crucially, Fortescue consistently connects the character of a nation’s laws and their protection of private property to economic prosperity, arguing that limited government bolsters such prosperity, while an absolute government leads the people to destitution and ruin. In another of his writings, The Difference between an Absolute and a Limited Monarchy (also known as The Governance of England, c. 1471), he starkly contrasts the well-fed and healthy English population living under their limited government with the French, whose government was constantly confiscating their property and quartering armies in their towns—at the residents’ expense—by unilateral order of the king. The result of such arbitrary taxation and quartering is, as Fortescue writes, that the French people have been “so impoverished and destroyed that they may hardly live. . . . Verily, they live in the most extreme poverty and misery, and yet they dwell in one of the most fertile parts of the world.”

Like later conservative tradition, Fortescue does not believe that either scripture or human reason can provide a universal law suitable for all nations. We do find him drawing frequently on the Mosaic constitution and the biblical “Four Books of Kings” (1–2 Samuel and 1–2 Kings) to assist in understanding the political order and the English constitution. Nevertheless, Fortescue emphasizes that the laws of each realm reflect the historic experience and character of each nation, just as the English common law is in accord with England’s historic experience. Thus, for example, Fortescue argues that a nation that is self-disciplined and accustomed to obeying the laws voluntarily rather than by coercion is one that can productively participate in the way it is governed. This, Fortescue proposes, was true of the people of England, while the French, who were of undisciplined character, could be governed only by the harsh and arbitrary rule of absolute royal government. On the other hand, Fortescue also insisted, again in keeping with biblical precedent and later conservative tradition, that this kind of national character was not set in stone, and that such traits could be gradually improved or worsened over time.

Fortescue was eventually permitted to return to England, but his loyalty to the defeated House of Lancaster meant that he never returned to power. He was to play the part of chancellor of England only in his philosophical dialogue, Praise of the Laws of England. His book, however, went on to become one of the most influential works of political thought in history. Fortescue wrote in the decades before the Reformation, and as a firm Catholic. But every page of his work breathes the spirit of English nationalism—the belief that through long centuries of experience, and thanks to a powerful ongoing identification with Hebrew Scripture, the English had succeeded in creating a form of government more conducive to human freedom and flourishing than any other known to man. First printed around 1545, Fortescue’s Praise of the Laws of England spoke in a resounding voice to that period of heightened nationalist sentiment in which English traditions, now inextricably identified with Protestantism, were pitted against the threat of invasion by Spanish-Catholic forces aligned with the Holy Roman Emperor. This environment quickly established Fortescue as England’s first great political theorist, paving the way for him to be read by centuries of law students in both England and America and by educated persons wherever the broader Anglo-American conservative tradition struck root.

The Greatest Conservative: John Selden

We turn now to the decisive chapter in the formation of modern Anglo-American conservatism: the great seventeenth-century battle between defenders of the traditional English constitution against political absolutism on one side, and against the first advocates of a Lockean universalist rationalism on the other. This chapter in the story is dominated by the figure of John Selden (1584–1654), probably the greatest theorist of Anglo-American conservatism.

Under the reign of Elizabeth Tudor, Fortescue’s account of the virtues of England’s traditional institutions had become an integral part of the self-understanding of a politically independent English nation. But in 1603, Elizabeth died childless and was succeeded by her distant relative, the king of Scotland, James Stuart. The Stuart kings had little patience for English theories of “political and royal rule.” In fact, James, himself a thinker of some ability, had four years earlier penned a political treatise of his own, in which he explained that kings rule by divine right and the laws of the realm are, as the title of his book suggested, a Basilikon Doron (Greek for “Royal Gift”). In other words, the laws are the king’s freely given gift, which he can choose to make or revoke as he pleases. James was too prudent a man to openly press for his absolutist theories among his English subjects, and he insisted that he meant to respect their traditional constitution. But the English, who had bought thousands of copies of the king’s book when he ascended to their throne, were never fully convinced. Indeed, the policies of James and, later, his son Charles I constantly rekindled suspicions that the Stuarts’ aim was a creeping authoritarianism that would eventually leave England as bereft of freedom as France.

When this question finally came to a head, most of the members of the English Parliament and common lawyers proved willing to risk their careers, their freedom, and even their lives in the defense of Fortescue’s “political and royal rule.” Among these were eminent names such as Sir John Eliot and the chief justice of the King’s Bench, Sir Edward Coke. But in the generation that bore the full brunt of the new absolutist ideas, it was John Selden who stood above all others. The most important common lawyer of his generation, he was also a formidable political philosopher and polymath who knew more than twenty languages. Selden became a prominent leader in Parliament, where he joined the older Coke in a series of clashes with the king. In this period, Parliament denied the king’s right to imprison Englishmen without showing cause, to impose taxes and forced loans without the approval of Parliament, to quarter soldiers in private homes, and to wield martial law in order to circumvent the laws of the land.

In 1628, Selden played a leading role in drafting and passing an act of Parliament called the Petition of Right, which sought to restore and safeguard “the divers rights and liberties of the subjects” that had been known under the traditional English constitution. Among other things, it asserted that “your subjects have inherited this freedom, that they should not be compelled to contribute to any tax . . . not set by common consent in Parliament”; that “no freeman may be taken or imprisoned or be disseized of his freehold or liberties, or his free customs . . . but by the lawful judgment of his peers, or by the law of the land”; and that no man “should be put out of his land or tenements, nor taken, nor imprisoned, nor disinherited nor put to death without being brought to answer by due process of law.”

In the Petition of Right, then, we find the famous principle of “no taxation without representation,” as well as versions of the rights enumerated in the Third, Fourth, Fifth, Sixth, and Seventh Amendments of the American Bill of Rights—all declared to be ancient constitutional English freedoms and unanimously approved by Parliament, before Locke was even born. Although not mentioned in the Petition explicitly, freedom of speech had likewise been reaffirmed by Coke as “an ancient custom of Parliament” in the 1590s and was the subject of the so-called Protestation of 1621 that landed Coke, then seventy years old, in the Tower of London for nine months.

In other words, Coke, Eliot, and Selden risked everything to defend the same liberties that we ourselves hold dear in the face of an increasingly authoritarian regime. (In fact, John Eliot was soon to die in the king’s prison.) But they did not do so in the name of liberal doctrines of universal reason, natural rights, or “self-evident” truths. These they explicitly rejected because they were conservatives, not liberals. Let’s try to understand this.

Selden saw himself as an heir to Fortescue and, in fact, was involved in republishing the Praise for the Laws of England in 1616. His own much more extensive theoretical defense of English national traditions appeared in the form of short historical treatises on English law, as well as in a series of massive works (begun while Selden was imprisoned on ill-defined sedition charges for his activities in the 1628–29 Parliament) examining political theory and law in conversation with classical rabbinic Judaism. The most famous of these was his monumental Natural and National Law (1640). In these works, Selden sought to defend conservative traditions, including the English one, not only against the absolutist doctrines of the Stuarts but also against the claims of a universalist rationalism, according to which men could simply consult their own reason, which was the same for everyone, to determine the best constitution for mankind. This rationalist view had begun to collect adherents in England among followers of the great Dutch political theorist Hugo Grotius, whose On the Law of War and Peace (1625) suggested that it might be possible to do away with the traditional constitutions of nations by relying only on the rationality of the individual.

Then as now, conservatives could not understand how such a reliance on alleged universal reason could be remotely workable, and Selden’s Natural and National Law includes an extended attack on such theories in its first pages. There Selden argues that, everywhere in history, “unrestricted use of pure and simple reason” has led to conclusions that are “intrinsically inconsistent and dissimilar among men.” If we were to create government on the basis of pure reason alone, this would not only lead to the eventual dissolution of government but to widespread confusion, dissention, and perpetual instability as one government is changed for another that appears more reasonable at a given moment. Indeed, following Fortescue, Selden rejects the idea that a universally applicable system of rights is even possible. As he writes in an earlier work, what “may be most convenient or just in one state may be as unjust and inconvenient in another, and yet both excellently as well framed as governed.” With regard to those who believe that their reasoning has produced the universal truths that should be evident to all men, he shrewdly warns that

custom quite often wears the mask of nature, and we are taken in [by this] to the point that the practices adopted by nations, based solely on custom, frequently come to seem like natural and universal laws of mankind.

Selden responds to the claims of universal reason by arguing for a position that can be called historical empiricism. On this view, our reasoning in political and legal matters should be based upon inherited national tradition. This permits the statesman or jurist to overcome the small stock of observation and experience that individuals are able to accumulate during their own lifetimes (“that kind of ignorant infancy, which our short lives alone allow us”) and to take advantage of “the many ages of former experience and observation,” which permit us to “accumulate years to us, as if we had lived even from the beginning of time.” In other words, by consulting the accumulated experience of the past, we overcome the inherent weakness of individual judgement, bringing to bear the many lifetimes of observation by our forebears, who wrestled with similar questions under diverse conditions.

This is not to say that Selden is willing to accept the prescription of the past blindly. He pours scorn on those who embrace errors originating in the distant past, which, he says, have often been accepted as true by entire communities and “adopted without protest, and loaded onto the shoulders of posterity like so much baggage.” Recalling the biblical Jeremiah’s insistence on an empirical study of the paths of old (Jer. 6:16), Selden argues that the correct method is that “all roads must be carefully examined. We must ask about the ancient paths, and only what is truly the best may be chosen.” But for Selden, the instrument for such examination and selection is not the wild guesswork of individual speculation concerning various hypothetical possibilities. In the life of a nation, the inherited tradition of legal opinions and legislation preserves a multiplicity of perspectives from different times and circumstances, as well as the consequences for the nation when the law has been interpreted one way or another. Looking back upon these varied and changing positions within the tradition, and considering their real-life results, one can distinguish the true precepts of the law from the false turns that have been taken in the past. As Selden explains:

The way to find out the Truth is by others’ mistakings: For if I [wish] to go to such [and such] a place, and [some]one had gone before me on the right-hand [side], and he was out, [while] another had gone on the left-hand, and he was out, this would direct me to keep the middle way that peradventure would bring me to the place I desired to go.

Selden thus turns, much as the Hebrew Bible does, to a form of pragmatism to explain what is meant when statesmen and jurists speak of truth. The laws develop through a process of trial and error over generations, as we come to understand how peace and prosperity (“what is truly best,” “the place I desired to go”) arise from one turn rather than another.

Selden recognizes that, in making these selections from the traditions of the past, we tacitly rely upon a higher criterion for selection, a natural law established by God, which prescribes “what is truly best” for mankind in the most elementary terms. In his Natural and National Law, Selden explains that this natural law has been discovered over long generations since the biblical times and has come down to us in various versions. Of these, the most reliable is that of the Talmud, which describes the seven laws of the children of Noah prohibiting murder, theft, sexual perversity, cruelty to beasts, idolatry and defaming God, and requiring courts of law to enforce justice. The experience of thousands of years has taught us that these laws frame the peace and prosperity that is the end of all nations, and that they are the unseen root from which the diverse laws of all the nations ultimately derive.

Nonetheless, Selden emphasizes that no nation can govern itself by directly appealing to such fundamental law, because “diverse nations, as diverse men, have their diverse collections and inferences, and so make their diverse laws to grow to what they are, out of one and the same root.” Each nation thus builds its own unique effort to implement the natural law according to an understanding based on its own unique experience and conditions. It is thus wise to respect the different laws found among nations, both those that appear right to us and those that appear mistaken, for different perspectives may each have something to contribute to our pursuit of the truth. (Selden’s treatment of the plurality of human knowledge is cited by Milton as a basis for his defense of freedom of speech in Areopagitica.)

Selden thus offers us a picture of a philosophical parliamentarian or jurist. He must constantly maintain the strength and stability of the inherited national edifice as a whole—but also recognize the need to make repairs and improvements where these are needed. In doing so, he seeks to gradually approach, by trial and error, the best that is possible for each nation.

Selden’s view of the underlying principles of what was to become the Anglo-American traditional constitution is perhaps the most balanced and sophisticated ever written. But neither his intellectual powers nor his personal bravery, nor that of his colleagues in Parliament, were enough to save the day. Stuart absolutism eventually pressed England toward civil war and, finally, to a Puritan military dictatorship that not only executed the king but destroyed Parliament and the constitution as well. Selden did not live to see the constitution restored. The regicide regime subsequently offered England several brand-new constitutions, none of which proved workable, and within eleven years it had collapsed.

In 1660, two eminent disciples of Selden, Edward Hyde (afterward Earl of Clarendon) and Sir Matthew Hale, played a leading role in restoring the constitution and the line of Stuart kings. When the Catholic James II succeeded to the throne in 1685, fear of a relapse into papism and even of a renewed attempt to establish absolutism moved the rival political factions of the country to unite in inviting the next Protestants in line to the throne. The king’s daughter Mary and her husband, Prince William of Orange, the Stadtholder of the Dutch Republic, crossed the channel to save Protestant England and its constitution. Parliament, having confirmed the willingness of the new joint monarchs to protect the English from “all other attempts upon their religion, rights and liberties,” in 1689 established the new king and queen on the throne and ratified England’s famous Bill of Rights. This new document reasserted the ancient rights invoked in the earlier Petition of Right, among other things affirming the right of Protestant subjects to “have arms for their defense” and the right of “freedom of speech and debates” in Parliament, and that “excessive bail ought not to be required, nor excessive fines imposed, nor cruel and unusual punishments inflicted”—the basis for the First, Second, and Eighth Amendments of the American Bill of Rights. Freedom of speech was quickly extended to the wider public, with the termination of English press licensing laws a few years later.

The restoration of a Protestant monarch and the adoption of the Bill of Rights were undertaken by a Parliament united around Seldenian principles. What came to be called the “Glorious Revolution” was glorious precisely because it reaffirmed the traditional English constitution and protected the English nation from renewed attacks on “their religion, rights and liberties.” Such attacks came from absolutists like Sir Robert Filmer on the one hand, whose Patriarcha (published posthumously, 1680) advocated authoritarian government as the only legitimate one, and by radicals like John Locke on the other. Locke’s Two Treatises of Government (1689) responded to the crisis by arguing for the right of the people to dissolve the traditional constitution and reestablish it according to universal reason.

The Challenge from Locke and Liberalism

Over the course of the seventeenth century, English conservatism was formed into a coherent and unmistakable political philosophy utterly opposed both to the absolutism of the Stuarts, Hobbes, and Filmer (what would later be called “the Right”), as well as to liberal theories of universal reason advanced first by Grotius and then by Locke (“the Left”). The centrist conservative view was to remain the mainstream understanding of the English constitution for a century and a half, defended by leading Whig intellectuals in works from William Atwood’s Fundamental Constitution of the English Government (1690) to Josiah Tucker’s A Treatise of Civil Government (1781), which strongly opposed both absolutism and Lockean theories of universal rights. This is the view upon which men like Blackstone, Burke, Washington, and Hamilton were educated. Not only in England but in British America, lawyers were trained in the common law by studying Coke’s Institutes of the Lawes of England (1628–44) and Hale’s History of the Common Law of England (1713). In both, the law of the land was understood to be the traditional English constitution and common law, amended as needed for local purposes.

Because Locke is today recognized as the decisive figure in the liberal tradition, it is worth looking more carefully at why his political theory was so troubling for conservatives. We have described the Anglo-American conservative tradition as subscribing to a historical empiricism, which proposes that political knowledge is gained by examining the long history of the customary laws of a given nation and the consequences when these laws have been altered in one direction or another. Conservatives understand that a jurist must exercise reason and judgment, of course. But this reasoning is about how best to adapt traditional law to present circumstances, making such changes as are needed for the betterment of the state and of the public, while preserving as much as possible the overall frame of the law. To this we have opposed a standpoint that can be called rationalist. Rationalists have a different view of the role of reason in political thought, and in fact a different understanding of what reason itself is. Rather than arguing from the historical experience of nations, they set out by asserting general axioms that they believe to be true of all human beings, and that they suppose will be accepted by all human beings examining them with their native rational abilities. From these they deduce the appropriate constitution or laws for all men.

Locke is known philosophically as an empiricist. But his reputation in this regard is based largely on his Essay concerning Human Understanding (1689), which is an influential exercise in empirical psychology. His Second Treatise of Government is not, however, a similar effort to bring an empirical standpoint to the theory of the state. Instead, it begins with a series of axioms that are without any evident connection to what can be known from the historical and empirical study of the state. Among other things, Locke asserts that, (1) prior to the establishment of government, men exist in a “state of nature,” in which (2) “all men are naturally in a state of perfect freedom,” as well as in (3) a “state of perfect equality, where naturally there is no superiority or jurisdiction of one over another.” Moreover, (4) this state of nature “has a law of nature to govern it”; and (5) this law of nature is, as it happens, nothing other than human “reason” itself, which “teaches all mankind, who will but consult it.” It is this universal reason, the same among all mankind, that leads them to (6) terminate the state of nature, “agreeing together mutually to enter into . . . one body politic” by an act of free consent. From these six axioms, Locke then proceeds to deduce the proper character of the political order for all nations on earth.

Three important things should be noticed about this set of axioms. The first is that the elements of Locke’s political theory are not known from experience. The “perfect freedom” and “perfect equality” that define the state of nature are ideal forms whose relationship with empirical reality is entirely unclear. Nor can the identity of natural law with reason, or the assertion that the law dictated by reason “teaches all mankind,” or the establishment of the state by means of purely consensual social contract, be known empirically. All of these things are stipulated as when setting out a mathematical system.

The second thing to notice is that there is no reason to think that any of Locke’s axioms are in fact true. Faced with this mass of unverifiable assertions, empiricist political theorists such as Hume, Smith, and Burke rejected all of Locke’s axioms and sought to rebuild political philosophy on the basis of things that can be known from history and from an examination of actual human societies and governments.

Third, Locke’s theory not only dispenses with the historical and empirical basis for the state, it also implies that such inquiries are, if not entirely unnecessary, then of secondary importance. If there exists a form of reason that is accessible to “all mankind, who will but consult it,” and that reveals to all the universal laws of nature governing the political realm, then there will be little need for the historically and empirically grounded reasoning of men such as Fortescue, Coke, and Selden. All men, if they will just gather together and consult with their own reason, can design a government that will be better than anything that “the many ages of experience and observation” produced in England. On this view, the Anglo-American conservative tradition—far from having brought into being the freest and best constitution ever known to mankind—is in fact shot through with unwarranted prejudice and an obstacle to a better life for all. Locke’s theory thus pronounces, in other words, the end of Anglo-American conservatism, and the end of the traditional constitution that conservatives still held to be among the most precious things on earth.

While Locke’s rationalist theories made limited headway in England, they were all the rage in France. Rousseau’s On the Social Contract (1762) went where others had feared to tread, embracing Locke’s system of axioms for correct political thought and calling upon mankind to consent only to the one legitimate constitution dictated by reason. Within thirty years, Rousseau, Voltaire, and the other French imitators of Locke’s rationalist politics received what they had demanded in the form of the French Revolution. The 1789 Declaration of the Rights of Man and of the Citizen was followed by the Reign of Terror for those who would not listen to reason. Napoleon’s imperialist liberalism rapidly followed, bringing universal reason and the “rights of man” to the whole of continental Europe by force of arms, at a cost of millions of lives.2

In 1790, a year after the beginning of the French Revolution, the Anglo-Irish thinker and Whig parliamentarian Edmund Burke composed his famous defense of the English constitutional tradition against the liberal doctrines of universal reason and universal rights, entitled Reflections on the Revolution in France. In one passage, Burke asserted that

Selden, and the other profoundly learned men, who drew this petition of right, were as well acquainted, at least, with all the general theories concerning the “rights of men” [as any defenders of the revolution in France]. . . . But, for reasons worthy of that practical wisdom which superseded their theoretic science, they preferred this positive, recorded, hereditary title to all which can be dear to the man and the citizen, to that vague speculative right, which exposed their sure inheritance to be scrambled for and torn to pieces by every wild, litigious spirit.

In this passage, Burke correctly emphasizes that Selden and the other great conservative figures of his day had been quite familiar with the “general theories concerning the ‘rights of men’” that had now been used to overthrow the state in France. He then goes on to endorse Selden’s argument that universal rights, since they are based only on reason rather than “positive, recorded, hereditary title,” can be said to give everyone a claim to absolutely anything. Adopting a political theory based on such universal rights has one obvious meaning: that the “sure inheritance” of one’s nation will immediately be “scrambled for and torn to pieces” by “every wild litigious spirit” who knows how to use universal rights to make ever new demands.

Burke’s argument is frequently quoted today by conservatives who assume that his target was Rousseau and his followers in France. But Burke’s attack was not primarily aimed at Rousseau, who had few enthusiasts in Britain or America at the time. The actual target of his attack was contemporary followers of Grotius and Locke—individuals such as Richard Price, Joseph Priestley, Charles James Fox, Charles Grey, Thomas Paine, and Thomas Jefferson. Price, who was the explicit subject of Burke’s attack in the first pages of Reflections on the Revolution in France, had opened his Observations on the Nature of Civil Liberty (1776) with the assertion that “the principles on which I have argued form the foundation of every state as far as it is free; and are the same with those taught by Mr. Locke.” And much the same could be said of the others, all of whom followed Locke in claiming that the only true foundation for political and constitutional thought was precisely in those “general theories concerning the rights of men” that Burke believed would bring turmoil and death to one country after another.

The carnage taking place in France triggered a furious debate in England. It pitted supporters of the conservatism of Coke and Selden (both Whigs and Tories) against admirers of Locke’s universal rights theories (the so-called New Whigs). The conservatives insisted that these theories would uproot every traditional political and religious institution in England, just as they were doing in France. It is against the backdrop of this debate that Burke reportedly stated in Parliament that, of all the books ever written, the Second Treatise was “one of the worst.”

 Liberalism and Conservatism in America

Burke’s conservative defense of the traditional English constitution enjoyed a large measure of success in Britain, where it was continued after his death by figures such as Canning, Wellington, and Disraeli. That this is so is obvious from the fact that institutions such as the monarchy, the House of Lords, and the established Church of England, not to mention the common law itself, were able to withstand the gale winds of universal reason and universal rights, and to this day have their staunch supporters.

But what of America? Was the American revolution an upheaval based on Lockean universal reason and universal rights? To hear many conservatives talk today, one would think this were so, and that there never were any conservatives in the American mainstream, only liberals of different shades. The reality, however, was rather different. When the American English, as Burke called them, rebelled against the British monarch, there were already two distinct political theories expressed among the rebels, and the opposition between these two camps only grew with time.

First, there were those who admired the English constitution that they had inherited and studied. Believing they had been deprived of their rights under the English constitution, their aim was to regain these rights. Identifying themselves with the tradition of Coke and Selden, they hoped to achieve a victory against royal absolutism comparable to what their English forefathers had achieved in the Petition of Right and Bill of Rights. To individuals of this type, the word revolution still had its older meaning, invoking something that “revolves” and would, through their efforts, return to its rightful place—in effect, a restoration. Alexander Hamilton was probably the best-known exponent of this kind of conservative politics, telling the assembled delegates to the constitutional convention of 1787, for example, that “I believe the British government forms the best model the world ever produced.” Or, as John Dickinson told the convention: “Experience must be our only guide. Reason may mislead us. It was not reason that discovered the singular and admirable mechanism of the English constitution…. Accidents probably produced these discoveries, and experience has given a sanction to them.” And it is evident that they were quietly supported behind the scenes by other adherents of this view, among them the president of the convention, General George Washington.

Second, there were true revolutionaries, liberal followers of Locke such as Jefferson, who detested England and believed—just as the French followers of Rousseau believed—that the dictates of universal reason made the true rights of man evident to all. For them, the traditional English constitution was not the source of their freedoms but rather something to be swept away before the rights dictated by universal reason. And indeed, during the French Revolution, Jefferson and his supporters embraced it as a purer version of what the Americans had started. As he wrote in a notorious letter in 1793 justifying the revolution in France: “The liberty of the whole earth was depending on the issue of the contest. . . . [R]ather than it should have failed, I would have seen half the earth desolated.”

The tension between these conservative and liberal camps finds rather dramatic expression in America’s founding documents: The Declaration of Independence, drafted by Jefferson in 1776, is famous for resorting, in its preamble, to the Lockean doctrine of universal rights as “self-evident” before the light of reason. Similarly, the Articles of Confederation, negotiated the following year as the constitution of the new United States of America, embody a radical break with the traditional English constitution. These Articles asserted the existence of thirteen independent states, at the same time establishing a weak representative assembly over them without even the power of taxation, and requiring assent by nine of thirteen states to enact policy. The Articles likewise made no attempt at all to balance the powers of this assembly, effectively an executive, with separate legislative or judicial branches of government.

The Articles of Confederation came close to destroying the United States. After a decade of disorder in both foreign and economic affairs, the Articles were replaced by the Constitution, drafted at a convention initiated by Hamilton and James Madison, and presided over by a watchful Washington, while Jefferson was away in France. Anyone comparing the Constitution that emerged with the earlier Articles of Confederation immediately recognizes that what took place at this convention was a reprise of the Glorious Revolution of 1689. Despite being adapted to the American context, the document that the convention produced proposed a restoration of the fundamental forms of the English constitution: a strong president, designated by an electoral college (in place of the hereditary monarchy); the president balanced in strikingly English fashion by a powerful bicameral legislature with the power of taxation and legislation; the division of the legislature between a quasi-aristocratic, appointed Senate and a popularly elected House; and an independent judiciary. Even the American Bill of Rights of 1789 is modeled upon the Petition of Right and the English Bill of Rights, largely elaborating the same rights that had been described by Coke and Selden and their followers, and breathing not a word anywhere about universal reason or universal rights.

The American Constitution did depart from the traditional English constitution, however, adapting it to local conditions on certain key points. The Americans, who had no nobility and no tradition of hereditary office, declined to institute these now. Moreover, the Constitution of 1787 allowed slavery, which was forbidden in England—a wretched innovation for which America would pay a price the framers could not have imagined in their wildest nightmares.

Another departure—or apparent departure—was the lack of a provision for a national church, enshrined in the First Amendment in the form of a prohibition on congressional legislation “respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof.” The English constitutional tradition, of course, gave a central role to the Protestant religion, which was held to be indispensable and inextricably tied to English identity (although not incompatible with a broad measure of toleration). But the British state, in certain respects federative, permitted separate, officially established national churches in Scotland and Ireland. This British acceptance of a diversity of established churches is partially echoed in the American Constitution, which permitted the respective states to support their own established churches, or to require that public offices in the state be held by Protestants or by Christians, well into the nineteenth century. When these facts are taken into account, the First Amendment appears less an attempt to put an end to established religion than a provision for keeping the peace among the states by delegating forms of religious establishment to the state level.

As early as 1802, however, Jefferson, now president, announced  that the First Amendment’s rejection of a national church in fact should be interpreted as an “act of the whole American people . . . building a wall of separation between church and state.” This characterization of the American Constitution as endorsing a “separation of church and state” was surely overwrought, and more compatible with French liberalism—which regarded public religion as abhorrent to reason—than with the actual place of state religion among “the whole American people” at the time. Yet on this point, Jefferson has emerged victorious. In the years that followed, his “wall of separation between church and state” interpretation was increasingly considered to be an integral part of the American Constitution, even if one that had not been included in the actual text.

Lockean liberalism grew increasingly dominant in America after Jefferson’s election. Hamilton’s death in a duel in 1804, at the age of 47, was an especially heavy blow that left American conservatism without its most able spokesman. Nevertheless, the tradition of Selden and Burke was taken up by Americans of the next generation, including two of the country’s most prominent jurists, New York chancellor James Kent (1763–1847) and Supreme Court justice Joseph Story (1779–1845). Story’s influence was especially significant. Although appointed to the Supreme Court by Jefferson in the hope of undermining Chief Justice John Marshall, Story’s opinions almost immediately displayed the opposite inclination, and continued to do so throughout his thirty-four-year tenure on the court. Perhaps Story’s greatest contribution to the American conservative tradition is his famous Commentaries on the Constitution (3 vols., 1833), which were dedicated to Marshall and went on to be the most important and influential interpretation of the American constitutional tradition in the nineteenth century. These were overtly conservative in spirit, citing Burke with approval and repeatedly criticizing not only Locke’s theories but Jefferson himself. Among other things, Story forcefully rejected Jefferson’s claim that the American founding had been based on universal rights determined by reason, emphasizing that it was the rights of the English traditional law that Americans had always recognized and continued to recognize. As he wrote:

[This] has been the uniform doctrine in America ever since the settlement of the colonies. The universal principle (and the practice has conformed to it) has been, that the common law is our birthright and inheritance, and that our ancestors brought hither with them upon their emigration all of it, which was applicable to their situation. The whole structure of our present jurisprudence stands upon the original foundations of the common law.

Regarding the American Constitution’s deviation from English tradition in the matter of a national religion, Story’s view was appropriately balanced. On the one hand, he confirmed “the right of private judgment in matters of religion, and of the freedom of public worship according to the dictates of one’s conscience” as an integral part of the nation’s constitutional heritage. At the same time, he asserted the traditional Anglo-American conservative view that “the right of a society or government to interfere in matters of religion will hardly be contested by any persons, who believe that piety, religion, and morality are intimately connected with the well-being of the state, and indispensable to the administration of civil justice.” For this reason, he was confident that the ongoing circumstances of his day, in which some of the states continued to “support and sustain, in some form, the Christian religion,” as being “without the slightest suspicion that it was against the principles of public law or republican liberty.” Story thus recognized no wall of separation between the government and religion at the state level as being either required by the American constitution or desirable.

As for the breach in conservative principles that had opened up with the barring of an establishment of religion at the national level, Story wrote with prescient concern:

It yet remains a problem to be solved in human affairs, whether any free government can be permanent, where the public worship of God, and the support of religion, constitute no part of the policy or duty of the state in any assignable shape.

Principles of the Conservative Tradition

As we have seen, the period between John Selden and Edmund Burke gave rise to two highly distinct and conflicting Anglo-American political traditions, conservative and liberal. Both were opposed to royal absolutism and devoted to freedom. But they were bitterly divided on theoretical grounds, as well as on a wide range of policy matters. Indeed, many of the principal issues that divided these two traditions continue to divide liberals and conservatives today.

What is the substance of the Anglo-American conservative political tradition? We can summarize the principles of conservatism as they appeared in the writings and deeds of the early architects of this tradition as follows:

(1) Historical Empiricism. The authority of government derives from constitutional traditions known, through the long historical experience of a given nation, to offer stability, well-being, and freedom. These traditions are refined through trial and error over many centuries, with repairs and improvements being introduced where necessary, while maintaining the integrity of the inherited national edifice as a whole. Such empiricism entails a skeptical standpoint with regard to the divine right of the rulers, the universal rights of man, or any other abstract, universal systems. Written documents express and consolidate the constitutional traditions of the nation, but they can neither capture nor define this political tradition in its entirety.

(2) Nationalism. The diversity of national experiences means that different nations will have different constitutional and religious traditions. The Anglo-American tradition harkens back to principles of a free and just national state, charting its own course without foreign interference, whose origin is in the Bible. These include a conception of the nation as arising out of diverse tribes, its unity anchored in common traditional law and religion. Such nationalism is not based on race, embracing new members who declare that “your people is my people, and your God is my God” (Ruth 1:16).

(3) Religion. The state upholds and honors the biblical God and religious practices common to the nation. These are the centerpiece of the national heritage and indispensable for justice and public morals. At the same time, the state offers wide toleration to religious and social views that do not endanger the integrity and well-being of the nation as a whole.

(4) Limited Executive Power. The powers of the king (or president) are limited by the laws of the nation, which he neither determines nor adjudicates. The powers of the king (or president) are limited by the representatives of the people, whose advice and consent he must obtain both respecting the laws and taxation.

(5) Individual Freedoms. The security of the individual’s life and property is mandated by God as the basis for a society that is both peaceful and prosperous, and is to be protected against arbitrary actions of the state. The ability of the nation to seek truth and conduct sound policy depends on freedom of speech and debate. These and other fundamental rights and liberties are guaranteed by law, and may be infringed upon only by due process of law.

These principles can serve as a useful summary of the conservative political tradition as it existed long before Locke and long before liberalism, serving as the basis for the restoration of the English constitution in 1689, and for the restoration that was the ratification of the American Constitution of 1787. Moreover, we see them as principles that we can affirm today, and which can serve as a sound basis for political conservatism in Britain, America, and other countries in our time.

Conservatism versus Liberalism in Current Affairs

How do these conservative principles conflict with those of liberalism? We understand the crucial differences between ourselves and our liberal friends in the following way:

Liberalism is a political doctrine based on the assumption that reason is everywhere the same and accessible, in principle, to all individuals; and that one need only consult reason to arrive at the one form of government that is everywhere the best, for all mankind. In its current form, liberalism asserts that this one best form of government is “liberal democracy.” This is a term popularized in the 1920s to describe a type kind of government that borrows certain principles from the earlier Anglo-American conservative tradition, including those limiting executive power and guaranteeing individual freedoms (Principles 4 and 5 above). But liberalism regards these principles as stand-alone entities, detachable from the broader Anglo-American tradition in which they arose. Liberals thus tend to have few, if any, qualms about discarding the national and religious foundations of Anglo-American government (Principles 2 and 3), regarding these as unnecessary, if not simply contrary to universal reason.

With Selden, we believe that, in their campaign for universal “liberal democracy,” liberals have confused certain historical-empirical principles of the traditional Anglo-American constitution, painstakingly developed and inculcated over centuries (Principle 1), for universal truths that are equally accessible to all human beings, regardless of historical or cultural circumstances. This means that, like all rationalists, they are engaged in applying local truths, which may hold good under certain conditions, to quite different situations and circumstances, where they often go badly wrong. For conservatives, these failures—for example, the repeated collapse of liberal constitutions in places such as Mexico, France, Germany, Italy, Nigeria, Russia, and Iraq, among many others—suggest that the principles in question have been overextended and should be regarded as true only within a narrower range of conditions. Liberals, on the other hand, explain such failures as a result of “poor implementation,” leaving liberal democracy as a universal truth that remains untouched by experience and unassailable, no matter what the circumstances.

The liberal assertion that Principles 4 and 5 are universal truths that are readily recognized by all human beings has had far-reaching consequences even in the United States and Britain. The fact is that what is now called “liberal democracy” refers not to the traditional Anglo-American constitution but to a rationalist reconstruction of it that has been entirely detached from the Protestant religion and the Anglo-American nationalist tradition.  Far from being a time-tested form of government, this liberal-democratic ideal is something new to both America and Britain, dating only from the mid-twentieth century. The claim that liberal-democratic regimes of this kind can be maintained for long without the conservative principles they have blithely discarded is a hypothesis now being tested for the first time. Those who believe that a favorable outcome of this experiment is assured draw this conclusion not from historical or empirical evidence, for we have none. Rather, their confidence derives from the closed Lockean-rationalist system that holds them captive, preventing them from being able to anticipate any of the other quite possible outcomes before us.

These pronounced differences between conservatives and liberals do not, of course, remain at the rarified level of political theory. They quickly lead to disagreements over proposed policy, expressed in somewhat different ways from one generation to the next. In our own day, we recognize the clash between conservatism and liberalism in the following areas, among others (here described only very briefly, and so in overly simple terms):

Liberal Empire. Because liberalism is thought to be a dictate of universal reason, liberals tend to believe that any country not already governed as a liberal democracy should be pressed—or even coerced—to adopt this form of government. Conservatives, on the other hand, recognize that different societies are held together and kept at peace in different ways, so that the universal application of liberal doctrines often brings collapse and chaos, doing more harm than good.

International Bodies. Similarly, liberals believe that, since liberal principles are universal, there is little harm done in reassigning the powers of government to international bodies. Conservatives, on the other hand, believe that such international organizations possess no sound governing traditions and no loyalty to particular national populations that might restrain their spurious theorizing about universal rights. They therefore see such bodies as inevitably tending to arbitrariness and autocracy.

Immigration. Liberals believe that, since liberal principles are accessible to all, there is nothing to be feared in large-scale immigration from countries with national and religious traditions very different from ours. Conservatives see successful large-scale immigration as possible only where the immigrants are strongly motivated to integrate and assisted in assimilating the national traditions of their new home country. In the absence of these conditions, the result will be chronic intercultural tension and violence.

Law. Liberals regard the laws of a nation as emerging from the tension between positive law and the pronouncements of universal reason, as expressed by the courts. Conservatives reject the supposed universal reason of judges, which often amounts to little more than their succumbing to passing fashion. But conservatives also oppose an excessive regard for written documents, which leads, for example, to the liberal mythology of America as a “creedal nation” (or a “propositional nation”) created and defined solely by the products of abstract reason that are supposedly found in the American Declaration of Independence and Constitution.

Economy. Liberals regard the universal market economy, operating without regard to borders, as a dictate of universal reason and applicable equally to all nations. They therefore recognize no legitimate economic aims other than the creation of a “level field” on which all nations participate in accordance with universal, rational rules. Conservatives regard the market economy and free enterprise as indispensable for the advancement of the nation in its wealth and wellbeing. But they see economic arrangements as inevitably varying from one country to another, reflecting the particular historical experiences and innovations of each nation as it competes to gain advantage for its people.

Education. Liberals believe that schools should teach students to recognize the Lockean goods of liberty and equality as the universal aims of political order, and to see America’s founding political documents as having largely achieved these aims. Conservatives believe education should focus on the particular character of the Anglo-American constitutional and religious tradition, with its roots in the Bible, and on the way in which this tradition has given rise to a unique family of nations with a distinctive political thought and practice that has influenced the world.

Public Religion. Liberals believe that universal reason is the necessary and sufficient basis for just and moral government. This means that the religious traditions of the nation, which had earlier been the basis for a public understanding of justice and right, can be replaced in public discourse by universal reason itself. In its current form, liberalism asserts that all governments should embrace a Jeffersonian “wall separating church and state,” whose purpose is to banish the influence of religion from public life, relegating it to the private sphere. Conservatives hold that none of this is true. They see human reason as producing a constant profusion of ever-changing views concerning justice and morals—a fact that is evident today in the constant assertion of new and rapidly multiplying human rights. Conservatives hold that the only stable basis for national independence, justice, and public morals is a strong biblical tradition in government and public life. They reject the doctrine of separation of church and state, instead advocating an integration of religion into public life that also offers broad toleration of diverse religious views.

The Restoration of Conservatism?

Burke and Hamilton belonged to a generation that was still educated in the significance of the Anglo-American tradition as a whole. Only a few decades later, this had begun to change, and by the end of the nineteenth century, conservative views were increasingly in the minority and defensive both in Britain and America. But conservatism was really only broken in a decisive way by Franklin Roosevelt in America in 1932, and by Labour in Britain in 1945. At this point, socialism displaced liberalism as the worldview of the parties of the “Left,” driving some liberals to join with the last vestiges of the conservative tradition in the parties of the “Right.” In this environment, new leaders and movements did arise and succeed from time to time in raising the banner of Anglo-American conservatism once more. But these conservatives were living on a shattered political and philosophical landscape, having lost much of the chain of transmission that had connected earlier conservatives to their forefathers. Thus their roots remained shallow, and their victories, however impressive, brought about no long-term conservative restoration.

The most significant of these conservative revivals was, of course, the one that reached its peak in the 1980s under Prime Minister Margaret Thatcher and President Ronald Reagan. Thatcher and Reagan were genuine and instinctive conservatives, displaying traditional Anglo-American conservative attachments to nation and religion, as well as to limited government and individual freedom. They also recognized and gave voice to the profound “special relationship” that binds Britain and America together. Coming to power at a time of deep crisis in the struggle against Communism, their renewed conservatism succeeded in winning the Cold War and freeing foreign nations from oppression, in addition to liberating their own economies, which had long been shackled by socialism. In both countries, these triumphs shifted political discourse rightward for a generation.

Yet the Reagan-Thatcher moment, for all its success, failed to touch the depths of the political culture in America and Britain. Confronted by a university system devoted almost exclusively to socialist and liberal theorizing, their movement at no point commanded the resources needed to revive Anglo-American conservatism as a genuine force in fundamental arenas such as jurisprudence, political theory, history, philosophy, and education—disciplines without which a true restoration was impossible. Throughout the conservative revival of the 1980s, academic training in government and political theory, for instance, continued to maintain its almost complete boycott of conservative thinkers such as Fortescue, Coke, Selden, and Hale, just as it continued its boycott of the Bible as a source of English and American political principles. Similarly, academic jurisprudence remained a subject that is taught as a contest among abstract liberal theories. Education of this kind meant that a degree from a prestigious university all but guaranteed one’s ignorance of the Anglo-American conservative tradition, but only a handful of conservative intellectual figures, most visibly Russell Kirk and Irving Kristol, seem to have been alert to the seriousness of this problem. On the whole, the conservative revival of those years remained resolutely focused on the pressing policy issues of the day, leaving liberalism virtually unchallenged as the worldview that conservatives were taught at university or when they picked up a book on the history of ideas.

This is why conservative discourse today is so often just a pastiche of liberal themes and principles, with the occasional reference to Burke or Hamilton thrown in as a rhetorical ornament. We have not made the effort necessary to understand the intellectual and political heritage for which these great Anglo-American conservatives stood their ground, to know what it was and what it was about. As a consequence, conservatives remain uprooted from the wisdom of past generations and speak so unpersuasively when they talk of passing the tradition to future generations. For one cannot pass on what one does not have.

There may have been genuine advantages to soft-pedaling differences between conservatives and liberals until the 1980s, when all the strength that could be mustered had to be directed toward defeating Communism abroad and socialism at home. But we are no longer living in the 1980s. Those battles were won, and today we face new dangers. The most important among these is the inability of countries such as America and Britain, having been stripped of the nationalist and religious traditions that held them together for centuries, to sustain themselves while a universalist liberalism continues, year after year, to break down these historic foundations of their strength. Under such conditions of internal disintegration, there is a palpable danger that liberal rationalism, having established itself in a monopoly position in the state, will drive a broad public that cannot accept its regimented view of the world into the hands of genuinely authoritarian movements.

Liberals of various persuasions have, in their own way, sought to warn us about this, from Fareed Zakaria’s “The Rise of Illiberal Democracy” in Foreign Affairs (1997) to the Economist’s “Illiberalism: Playing with Fear” (2016) and Commentary’s “Illiberalism: The Worldwide Crisis,” mentioned earlier. These and many other publications have made intensive use of the term illiberal as an epithet to describe those who have strayed from the path of Lockean liberalism. In so doing, they divide the political universe into two: there are liberals—those decent persons who are willing to exercise reason in the universally accepted manner and come to the appropriate liberal conclusions; and there are those others—the “illiberals,” who, out of ignorance, resentment, or some atavistic hatred, will not get with the program. When things are divided up this way, the latter group ends up including everyone from Brexiteers, Trump supporters, Evangelical Christians, and Orthodox Jews to dictators, Iranian ayatollahs, and Nazis. Once things are framed in this way, it is hard to avoid the conclusion that everyone in that second group is in some degree a threat that must be combated.

We conservatives, however, have our own preferred division of the political universe: one in which Anglo-American conservatism appears as a distinct political category that is obviously neither authoritarian nor liberal. With the rest of the Anglo-American conservative tradition, we uphold the principles of limited government and individual liberties. But we also see clearly (again, in keeping with our conservative tradition) that the only forces that give the state its internal coherence and stability, holding limited government in place while staving off authoritarianism, are our nationalist and religious traditions. These nationalist and religious principles are not liberal. They are prior to liberalism, in conflict with liberalism, and presently being destroyed by liberalism.

Our world desperately needs to hear a clear conservative voice. Any continued confusion of conservative principles with the liberalism on our Left, or with the authoritarianism on our Right, can only do harm. The time has arrived when conservatives must speak in our own voice again. In doing so, we will discover that we can provide the political foundations that so many now seek, but have been unable to find.

This article originally appeared in American Affairs Volume I, Number 2 (Summer 2017): 219–46.

Notes

Fortescue is now available in an easily readable edition, transcribed in modern English spelling. See John Fortescue, On the Laws and Governance of England, ed. Shelley Lockwood (Cambridge: Cambridge University Press, 1997).2 Our account diverges here from that of Leo Strauss, who presents Rousseau as a critic of Locke and asserts that “the first crisis of modernity occurred in the thought of Jean-Jacques Rousseau.” See Natural Right and History (Chicago: University of Chicago Press, 1953), 252. Strauss is right in seeing Rousseau, especially in his Discourses, as demanding a return to the cohesive community of classical antiquity, as well as to the virtues that are required to maintain such social cohesion and to wage wars in defense of the community. But it is a mistake to regard this demand as initiating “the first crisis of modernity.” What is now regarded as political modernity is more accurately regarded as emerging from the conservative tradition represented by Fortescue, Coke, and Selden. The first crisis of modernity is that which universalist-rationalists such as Grotius and Locke initiate against this conservative tradition. In certain ways, Rousseau does side with earlier conservative tradition, which likewise held that Lockean rationalism would make social cohesion impossible and destroy the possibility of virtue. But while Rousseau believed he could revive social cohesion and virtue while retaining Locke’s liberal axioms as a point of departure, Anglo-American conservatism regards this entire effort as futile. The intractable contradictions in Rousseau’s thought derive from the fact that there is no way to square this circle. Once liberal axioms are accepted, there is neither any need for, nor any possibility of, the social cohesion and virtue that Rousseau insists are necessary. Rousseau’s “civil religion” and his nation-state have no hope of playing the role that the traditional religion and nation play in conservative thought. These are ersatz creations of the Lockean universe, in which Rousseau’s thought remains imprisoned.

Voir par ailleurs:

Why America Needs New Alliances

Yoram Hazony and Ofir Haivry
Wal Street Journal
June 11, 2019

President Trump is often accused of creating a needless rift with America’s European allies. The secretary-general of the North Atlantic Treaty Organization, Jens Stoltenberg, expressed a different view recently when he told a joint session of Congress: “Allies must spend more on defense—this has been the clear message from President Trump, and this message is having a real impact.”

Mr. Stoltenberg’s remarks reflect a growing recognition that strategic and economic realities demand a drastic change in the way the U.S. conducts foreign policy. The unwanted cracks in the Atlantic alliance are primarily a consequence of European leaders, especially in Germany and France, wishing to continue living in a world that no longer exists. The U.S. cannot serve as the enforcer for the Europeans’ beloved “rules-based international order” any more. Even in the 1990s, it was doubtful the U.S. could indefinitely guarantee the security of all nations, paying for George H.W. Bush’s “new world order” principally with American soldiers’ lives and American taxpayers’ dollars.

Today a $22 trillion national debt and the voting public’s indifference to the dreams of world-wide liberal empire have depleted Washington’s ability to wage pricey foreign wars. At a time of escalating troubles at home, America’s estimated 800 overseas bases in 80 countries are coming to look like a bizarre misallocation of resources. And the U.S. is politically fragmented to an extent unseen in living memory, with uncertain implications in the event of a major war.

This explains why the U.S. has not sent massive, Iraq-style expeditionary forces to defend Ukraine’s integrity or impose order in Syria. If there’s trouble on Estonia’s border with Russia, would the U.S. have the will to deploy tens of thousands of soldiers on an indefinite mission 85 miles from St. Petersburg? Although Estonia joined NATO in 2004, the certainties of 15 years ago have broken down.

On paper, America has defense alliances with dozens of countries. But these are the ghosts of a rivalry with the Soviet Union that ended three decades ago, or the result of often reckless policies adopted after 9/11. These so-called allies include Turkey and Pakistan, which share neither America’s values nor its interests, and cooperate with the U.S. only when it serves their purposes. Other “allies” refuse to develop a significant capacity for self-defense, and are thus more accurately regarded as American dependencies or protectorates.

Liberal internationalists are right about one thing, however: America cannot simply turn its back on the world. Pearl Harbor and 9/11 demonstrated that the U.S. can and will be targeted on its own soil. An American strategic posture aimed at minimizing the danger from rival powers needs to focus on deterring Russia and China from wars of expansion; weakening China relative to the U.S. and thereby preventing it from attaining dominance over the world economy; and keeping smaller hostile powers such as North Korea and Iran from obtaining the capacity to attack America or other democracies.

To attain these goals, the U.S. will need a new strategy that is far less costly than anything previous administrations contemplated. Mr. Trump has taken a step in the right direction by insisting that NATO allies “pay their fair share” of the budget for defending Europe, increasing defense spending to 2% of gross domestic product in accordance with NATO treaty obligations.

But this framing of the issue doesn’t convey the problem’s true nature or its severity. The real issue is that the U.S. can no longer afford to assume responsibility for defending entire regions if the people living in them aren’t willing and able to build up their own credible military deterrent.

The U.S. has a genuine interest, for example, in preventing the democratic nations of Eastern Europe from being absorbed into an aggressive Russian imperial state. But the principal interested parties aren’t Americans. The members of the Visegrád Group—the Czech Republic, Hungary, Poland and Slovakia—have a combined population of 64 million and a 2017 GDP of $2 trillion (about 50% of Russia’s, according to CIA estimates). The principal strategic question is therefore whether these countries are willing to do what is necessary to maintain their own national independence. If they are—at a cost that could well exceed the 2% figure devised by NATO planners—then they could eventually shed their dependent status and come to the table as allies of the kind the U.S. could actually use: strong frontline partners in deterring Russian expansion.

The same is true in other regions. Rather than carelessly accumulate dependencies, the U.S. must ask where it can develop real allies—countries that share its commitment to a world of independent nations, pursue democratic self-determination (although not necessarily liberalism) at home, and are willing to pay the price for freedom by taking primary responsibility for their own defense and shouldering the human and economic costs involved.

Nations that demonstrate a commitment to these shared values and a willingness to fight when necessary should benefit from relations that may include the supply of advanced armaments and technologies, diplomatic cover in dealing with shared enemies, preferred partnership in trade, scientific and academic cooperation, and the joint development of new technologies. Fair-weather friends and free-riding dependencies should not.

Perhaps the most important candidate for such a strategic alliance is India. Long a dormant power afflicted by poverty, socialism and an ideology of “nonalignment,” India has become one of the world’s largest and fastest-expanding economies. In contrast to the political oppression of the Chinese communist model, India has succeeded in retaining much of its religious conservatism while becoming an open and diverse country—by far the world’s most populous democracy—with a solid parliamentary system at both the federal and state levels. India is threatened by Islamist terrorism, aided by neighboring Pakistan; as well as by rapidly increasing Chinese influence, emanating from the South China Sea, the Pakistani port of Gwadar, and Djibouti, in the Horn of Africa, where the Chinese navy has established its first overseas base.

India’s values, interests and growing wealth could establish an Indo-American alliance as the central pillar of a new alignment of democratic national states in Asia, including a strengthened Japan and Australia. But New Delhi remains suspicious of American intentions, and with good reason: Rather than unequivocally bet on an Indian partnership, the U.S. continues to play all sides, haphazardly switching from confrontation to cooperation with China, and competing with Beijing for influence in fanaticism-ridden Pakistan. The rationalizations for these counterproductive policies tend to focus on Pakistan’s supposed logistical contributions to the U.S. war in Afghanistan—an example of how tactical considerations and the demands of bogus allies can stand in the way of meeting even the most pressing strategic needs.

A similar confusion characterizes America’s relationship with Turkey. A U.S. ally during the Cold War, Turkey is now an expansionist Islamist power that has assisted the Muslim Brotherhood, Hamas, al Qaeda and even ISIS; threatened Greece and Cyprus; sought Russian weapons; and recently expressed its willingness to attack U.S. forces in Syria. In reality, Turkey is no more an ally than Russia or China. Yet its formal status as the second-largest military in NATO guarantees that the alliance will continue to be preoccupied with pretense and make-believe, rather than the interests of democratic nations. Meanwhile, America’s most reliable Muslim allies, the Kurds, live under constant threat of Turkish invasion and massacre.

The Middle East is a difficult region, in which few players share American values and interests, although all of them—including Turkey, Iraq, Egypt, Saudi Arabia and even Iran—are willing to benefit from U.S. arms, protection or cash. Here too Washington should seek alliances with national states that share at least some key values and are willing to shoulder most of the burden of defending themselves while fighting to contain Islamist radicalism. Such natural regional allies include Greece, Israel, Ethiopia and the Kurds.

A central question for a revitalized alliance of democratic nations is which way the winds will blow in Western Europe. For a generation after the Berlin Wall’s fall in 1989, U.S. administrations seemed willing to take responsibility for Europe’s security indefinitely. European elites grew accustomed to the idea that perpetual peace was at hand, devoting themselves to turning the EU into a borderless utopia with generous benefits for all.

But Europe has been corrupted by its dependence on the U.S. Germany, the world’s fifth-largest economic power (with a GDP larger than Russia’s), cannot field more than a handful of operational combat aircraft, tanks or submarines. Yet German leaders steadfastly resist American pressure for substantial increases in their country’s defense capabilities, telling interlocutors that the U.S. is ruining a beautiful friendship.

None of this is in America’s interest—and not only because the U.S. is stuck with the bill. When people live detached from reality, they develop all sorts of fanciful theories about how the world works. For decades, Europeans have been devising “transnationalist” fantasies to explain how their own supposed moral virtues, such as their rejection of borders, have brought them peace and prosperity. These ideas are then exported to the U.S. and the rest of the democratic world via international bodies, universities, nongovernmental organizations, multinational corporations and other channels. Having subsidized the creation of a dependent socialist paradise in Europe, the U.S. now has to watch as the EU’s influence washes over America and other nations.

For the moment, it is hard to see Germany or Spain becoming American allies in the new, more realistic sense of the term we have proposed. France is a different case, maintaining significant military capabilities and a willingness to deploy them at times. But the governments of these and other Western European countries remain ideologically committed to transferring ever-greater powers to international bodies and to the concomitant degradation of national independence. That doesn’t make them America’s enemies, but neither are they partners in defending values such as national self-determination. It is difficult to foresee circumstances under which they would be willing or able to arm themselves in keeping with the actual security needs of an emerging alliance of independent democratic nations.

The prospects are better with respect to Britain, whose defense spending is already significantly higher, and whose public asserted a desire to regain independence in the Brexit referendum of 2016. With a population of more than 65 million and a GDP of $3 trillion (75% of Russia’s), the U.K. may yet become a principal partner in a leaner but more effective security architecture for the democratic world.

Isolationists are also right about one thing: The U.S. cannot be, and should not try to be, the world’s policeman. Yet it does have a role to play in awakening democratic nations from their dependence-induced torpor, and assisting those that are willing to make the transition to a new security architecture based on self-determination and self-reliance. An alliance including the U.S., the U.K. and the frontline Eastern European nations, as well as India, Israel, Japan and Australia, among others, would be strong enough to exert sustained pressure on China, Russia and hostile Islamist groups.

Helping these democratic nations become self-reliant regional actors would reduce America’s security burden, permitting it to close far-flung military installations and making American military intervention the exception rather than the rule. At the same time, it would free American resources for the long struggle to deny China technological superiority, as well as for unforeseen emergencies that are certain to arise.

Voir aussi:

Jaco Gericke’s ‘The Hebrew Bible and Philosophy of Religion’

Yoram Hazony
Jerusalem letters
November 7, 2013

The universities are no “ivory tower.” They are more like radio towers, broadcasting certain ways of looking at the world into the society we live in. Of course, radio waves are difficult to detect. If you don’t know what to look for, you’ll think there’s nothing going on at all. And the same thing is true for the academic transmission of ideas, which takes place through the medium of our children. While at university, our children are immersed in a particular range of ideas, and it is ideas within this range that they usually end up seeing as normal and legitimate. Show me the ideas that are ascendant in the universities of America and Europe today, and I will show you the thoughts that will dominate public discourse throughout the Western world—including Israel, of course—a generation or two from now.

That’s why I like to keep track of trends in ideas at the universities, even in disciplines far removed from the things I am presently writing about myself. I like to know what is going to happen in the world. I like to know what everyone is going to be thinking a generation from now.

Perhaps surprisingly, one of the most important intellectual trends taking place in the universities right now is a pronounced shift toward a greater openness to the Hebrew Bible (“Tanach”), belief in God, and religion generally. This is happening slowly, but the indicators are clear. In a previous letter, I wrote about the rise of Christian theology as a legitimate discipline in mainstream philosophy departments. In this letter, I want to touch on another significant indicator in the same direction.

As is well known, university treatments of the Bible have for generations focused on attempts at reconstructing the compositional histories of various biblical texts. The devotion of vast resources to this project over the last two hundred years has yielded little in the way of firm answers as to how the Bible was really composed. But what it has done is to divert attention from what I take to be the most interesting and important parts of Biblical Studies: Figuring out the ideas that the Hebrew Scriptures were meant to bring into the world, and working out their place in the intellectual history of mankind down to our own day.

In the last generation, however, there has been a growing interest in academic scholarship aimed at trying to understand the ideas of the Bible—the metaphysics, theory of knowledge, ethics, and political thought that are in fact characteristic of the biblical worldview. Among the most recent entries in this project are my own The Philosophy of Hebrew Scripture(Cambridge 2012)which has just won the second place award for best book in Theology and Religion in 2012 given by the Association of American Publishers, academic division; Dru Johnson’s Biblical Knowing (Wipf and Stock, 2013); and Jaco Gericke’s The Hebrew Bible and Philosophy of Religion (Society of Biblical Literature, 2012). The interest in such books by leading academic presses, at academic conferences, in academic journals, and on prize committees is a clear indication that something new and potentially quite significant is taking place.

Below is a review of Gericke’s book that I wrote at the request of the German theological journal Theologische Literaturzeitung, and which appeared in print a few weeks ago. But before getting into my thoughts on the book itself, I’d like to say a few words about its author, Jaco Gericke. Jaco (pronounced “Yaku”) is a young Old Testament scholar at North-West University in South Africa. He entered a graduate program in theology in order to become a Christian minister, but academic Bible study ended up destroying his Christian faith rather than deepening it. When he finished his Ph.D. in 2003, Jaco added an appendix to his doctoral dissertation called “Autobiography of a Died-Again Christian,” in which he declared the end of his allegiance with Christianity.

It is fascinating and painful reading. But perhaps more fascinating is what happened afterward. Over the next decade, Jaco gradually constructed a new agenda for his intellectual life. Boldly declaring that university “biblical scholars have not made a beginning in coming to terms with the conceptual content” of the Hebrew Scriptures—an assessment that is surely right—Jaco remade himself into an intellectual historian of the ideas of the Bible. His aim now is to try to initiate a “new era” in academic research and instruction into the Hebrew Bible by seeking an objective clarification of the philosophy explicit and implicit in the biblical texts.

I very much admire this fellow, whom I met this summer for the first time at a Bible conference organized by my new institute, the Herzl Institute / Machon Herzl in Jerusalem. I admire the fact that, unlike others who have broken with Christianity, Jaco has rebuilt his life so as to try and contribute something truly positive to our understanding of the Bible. He is back in the game, lecturing with a winning gentleness that masks an extraordinary passion to understand what the Bible really was all about.

Moved by his life’s journey and his academic work, I invited Jaco over for Shabbat and had him tell his story to my children. Changing what the Western world thinks of the Bible is a prodigious undertaking. It means moving a mountain. Yet in face to face conversation, you get the feeling that despite the disappointments he has experienced, or perhaps because of them, Jaco Gericke is someone who may be able to pull this off.

So here is my review of Gericke’s book, The Hebrew Bible and the Philosophy of Religion. His next book is going to be about the biblical God.

II.

In academia, philosophy and Bible studies tend to react to one another like oil and water. Each discipline possesses a finely tuned repertoire of arguments for why the other is not really relevant to its concerns. Some of these arguments go back centuries and speak to deeply held premises that guide scholars in each field. But Jacko Gericke wants to change all that, and his new book The Hebrew Bible and Philosophy of Religion presents a compelling case for why we would be better off if the wall separating the study of Hebrew Scripture from philosophical investigation were torn down.

Gericke’s book is in two parts: The first argues that philosophy (or more exactly, “philosophy of religion”) is crucial to the study of the Hebrew Bible. The second consists of case studies in the theology, metaphysics, epistemology and ethics of Hebrew Scripture, which seek to show that the theoretical discussion in the first half of the book is more than just talk. Both parts reflect a staggering quantity of reading in the relevant disciplines, and Gericke’s careful citations are going to be a crucial roadmap for anyone approaching the question of the relationship between Bible and philosophy from now on.

Are philosophical tools really crucial for the study of the Hebrew Bible? Gericke’s argument is refreshingly candid: The biblical texts, he says, are riddled with concepts and assumptions—“metaphysical, epistemological, and ethical assumptions about the nature of reality, existence, life, knowledge, truth, belief, good and evil, value, and so on”—that are different from our own. Without a conscious effort to reconstruct these concepts and assumptions, we cannot “prevent ourselves from reading our own anachronistic philosophical-theological assumptions into and onto the biblical discourse.” Tools for engaging in such philosophical reconstruction are familiar and are commonly employed by scholars who seek to describe the views of other ancient philosophies and religions, but “for a number of historical reasons, the study of ancient Israelite religion has been one of the few” such areas of study that have remained “utterly lacking in a philosophical approach.” Consequently, there exists a “yawning philosophical gap in research on the Hebrew Bible.”

Gericke believes that Old Testament scholars have frequently expended their energies on anachronistic readings that have forced the texts to express late theological conceptions that were entirely unknown to the biblical authors. His hope is that with the introduction of philosophical techniques for reconstructing the actual ideas found in the biblical texts, we can enter into a “new era” in the academic study of the Bible—“one in which both believer and skeptic can together read the ancient texts” from a “relatively neutral” perspective such as that which is normally accepted when approaching the study of Greek philosophy or any other ancient culture.

Gericke is at his best when he is cataloguing and demolishing various anachronisms that have been dragged into current readings of the Hebrew Bible from medieval or modern theology. Among these are “dualist metaphysical assumptions,” including the distinctions between supernatural and naturaltranscendent and immanentreality and appearance,religious and secular. The absence of such oppositions means, for example, that the Bible knows of no “other” world, and that gods, far from being “ineffable,” are for the biblical authors a “natural kind.” Similarly, Gericke turns time and again to debunking the claims of “perfect being” theology to be describing the God of Hebrew Scripture. He shows that medieval conceptions of God’s perfection are responsible for creating the so-called “problem of evil,” and that theodicy in the modern sense is unknown in the Hebrew Scriptures because the biblical God is not assumed to be all-powerful, all-knowing, or all-good. Gericke also questions whether the biblical authors would have recognized a distinction between “revelation” and “nature,” and suggests that in biblical narrative, worldly events may have been accepted as evidence that God has “spoken.”

Gericke offers some powerful constructive arguments, especially in the area of ethics. He rejects the common belief that the biblical ethics is a form of “divine command theory” (i.e., that God’s will defines what is morally right), and shows convincingly that the Bible assumes a standard of right that is independent of God’s will. But he is not as confident in his claims about biblical metaphysics and epistemology. For instance, Gericke makes a great case for the need for a careful clarification of the biblical concept of a “god,” but the results of his study on the subject are inconclusive. His tentative suggestion that the authors of the biblical narratives may have known that what they were writing was fiction covers old ground, and I don’t think Gericke’s version of this proposal is any more persuasive than its predecessors. A more credible and interesting suggestion, also presented tentatively, is that the biblical texts tend to rely on an evidentialist theory of knowledge—that is, the view that one’s beliefs can only be justified by evidence.

Overall, Gericke’s case studies are more successful in clarifying what the Bible does not say than in reconstructing what it does. I don’t see this as an objection to the book. Gericke says his constructive proposals are preliminary. His principal aim is to propose a research agenda that will introduce profound changes in the way the Hebrew Bible is studied and taught in the university setting, and to describe methods by which this agenda can be pursued. And this he does in a manner that is compelling and much needed.

I do have some questions about the way Gericke frames his vision for a “new era” in Bible scholarship. In particular, I wonder at Gericke’s references to the “folk philosophical presuppositions” of the biblical texts, and to their “precritical” or “prephilosophical” character. Occasionally, he will also mention that the texts are “naïve” or “primitive” as well. All of this makes it sound as though the authors of the Bible were only capable of dim premonitions concerning the metaphysical or ethical issues that we later readers are fortunate enough to have firmly in our grasp.

But if Gericke is right that modern “biblical scholars have not made a beginning in coming to terms with the conceptual content” of the Hebrew Bible, then all these judgments about the supposedly naïve and uncritical nature of biblical thought may be premature. Perhaps an impartial philosophical elucidation of the Hebrew Bible such as Gericke proposes will lead to the conclusion that the prophets and scholars who assembled these texts were in fact quite conscious of the positions they were advancing in opposition to their surroundings and to one another? Perhaps what Gericke is calling the “philosophical assumptions” of the biblical texts, or at least some of them, are actually the intended philosophical teachings of these works? Indeed, the fact that such a possibility is so foreign to so many scholars may be a consequence of the very same prejudices that Gericke is at such pains to combat.

This is a wonderful book, brimming with intellectual energy. I cannot help marveling at the love of the Hebrew Bible that Gericke continues to exhibit, given the pain and disappointments in his personal spiritual life, which he is trusting enough to mention to his readers in passing. I have no doubt that there will be others who will be moved by the vision he articulates, and who will wish to take part in pursuing it.

Voir enfin:

Trump’s Tweetstorm Correctly Linked Anti-Americanism to Antisemitism
President Donald Trump’s tweets on Sunday drew predictable condemnation. But aside from the partisan debate about whether they were racist, they contained an important truth: hatred of Jews and hatred of America are linked
Caroline Glick
Breitbart
17 Jul 2019

Trump told the so-called “squad” of radical Democrats — Reps. Ilhan Omar (D-MN), Rashida Tlaib (D-MI), Ayanna Pressley (D-MA), and Alexandria Ocasio-Cortez (D-NY) — they could leave the country if they hate it so much. He drew criticism because he said that they came from foreign countries; in fact, only Omar did.

But Trump also highlighted a basic fact about the nature of leftist ideology. Just as the Iranian regime views the United States and Israel as two sides of the same coin, with the ayatollahs dubbing the U.S. “the Great Satan” and Israel, “the Little Satan,” so the radical left views the U.S. and Israel – the most powerful democracy in the world and the only democracy in the Middle East – as states with no moral foundation for existing.

Although other presidents have spoken out against hatred of Jews and Israel on the one hand and hatred of America on the other, it is hard to think of another example of a U.S. leader making the case that the two hatreds are linked as Trump did this week.

This is important, because they are linked. The haters see both America and the Jews as all-powerful forces who use their power to bend the world to their nefarious, avaricious, greedy aims. They stereotype both Americans and pro-Israel and traditional Jews as vulgar and fascist.

Pew Research Center studies of European perspectives on Jews and Americans show a massive overlap between anti-Semitic attitudes and anti-American ones. As the American left has become more radical, it has also become more aligned with those toxic European attitudes towards both the United States and Israel.

One example is evident at the U.S.-Mexico border. The left’s opposition to enforcing American immigration laws goes hand-in-hand with the view that the Jewish people have no right to national self-determination in their homeland and that the Jewish state has no right to exist. As political philosopher Yoram Hazony argued in his book, The Virtue of Nationalism, nationalism — and, indeed, the concept of a nation itself — is a biblical concept. The nation of Israel is the first nation. And the American Founding Fathers’ conception of the United States and the American nation was rooted in the biblical concept of nationhood and nationalism of the Jews.

Hazony contends that anti-nationalism is both inherently antisemitic and anti-American. And it is also imperialist. Anti-nationalists support international and transnational legal constructs and institutions that deny distinct nations large and small the ability to determine their own unique course in the world. As repositories of the concept of distinct nations, nation-states are, in Hazony’s view, inherently freer and more cohesive societies than imperialist societies that insist that one-size-fits-all and that there are people better equipped than the people themselves to decide what is good for them.

As Trump tweeted, the four sirens of the socialist revolution are a dire threat to the Democratic Party. By embracing the likes of Reps. Omar and Tlaib with their repeated statements against the United States, Jews and Israel and their tolerance for terrorist groups and terrorists, and by embracing Ocasio-Cortez who likens America to Nazi Germany, replete with “concentration camps,” the Democratic Party is indeed embracing anti-Americanism and anti-Semitism.

And, as Trump tweeted, it is the Democrats, not the Republicans — and certainly not the president — who are making Israel a partisan issue. They are doing so by abandoning Israel and embracing antisemitic conceptions of nationalism and of the Jewish and American nations.

Trump’s tweet storm, however controversial, showed that he is personally committed to fighting hatred of Jews and Israel. As he was being targeted as a racist by Democrats, the Department of Justice was holding a conference on combatting antisemitism. The conference, which placed a spotlight on campus antisemitism, did not shy away from discussing and condemning antisemitism on the left as well as on the right, and Islamic antisemitism.

In his remarks before the conference, Attorney General Willian Barr discussed the galloping hostility Jewish students face in U.S. universities today.

In his words, “On college campuses today, Jewish students who support Israel are frequently targeted for harassment, Jewish student organizations are marginalized, and progressive Jewish students are told they must denounce their beliefs and their heritage in order to be part of ‘intersectional’ causes.”

He added: “We must ensure for the future of our country and our society – that college campuses remain open to ideological diversity and respectful of people of all faiths.”

In her remarks at the Justice Department conference, Secretary of Education Betsy DeVos championed Israel, and discussed actions her department is taking to combat campus antisemitism and specifically the so-called “boycott, divestment, sanctions” (BDS) movement against Israel and its American supporters.

In DeVos’s words, the BDS campaign is “one of the most pernicious threats” of antisemitism on college campuses.

“These bullies claim they stand for human rights, but we all known that BDS stands for antisemitism,” she said.

She noted that education department intervention forced Williams College to cancel an antisemitic ruling against a Jewish campus group, and that the department is currently investigating the use of federal funds by Duke University and the University of North Carolina to finance a conference featuring antisemitic and pro-terror speakers.

It is a testament to the left’s increasing embrace of anti-Jewish bigotry, and its rejection of America’s right to borders, — and through them, to self-government and self-determination — that Trump is being branded a racist for standing up to these distressing trends.

And it is a testament to Trump’s moral courage that he is willing to speak the truth about antisemitism and anti-Americanism even at the cost of wall-to-wall calumny by Democrats and the media.


Bouddhisme: Attention, une religion de paix peut en cacher une autre ! (After Islam’s jihadists, Burma’s ultra-nationalist monks are a tragic reminder that in times of crisis even the most peaceful of religious doctrines can turn homicidal)

8 juillet, 2019

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Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Jésus (Jean 14: 27)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume; il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel.(…) Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles. Et sur la terre, il y aura de l’angoisse chez les nations qui ne sauront que faire, au bruit de la mer et des flots. Jésus (Luc 21: 10-25)
Ne prenez pas le mal à la légère en disant ‘il ne m’atteindra pas’. Même un pot d’eau finit par se remplir de gouttes de pluie. De même, l’innocent absorbant goutte par goutte finit par se remplir de mal. Gautama Bouddha
Comme une mère protègerait son unique enfant au risque de sa propre vie, cultivons un amour sans limite envers tous les êtres.  Que ces pensées d’amour infini imprègnent le monde tout entier, dessus, dessous, de toutes parts, sans obstacle, sans haine ni inimitié. Metta sutta (hymne de l’amour universel)
Le Bouddha se situe souvent au-delà du Bien et du Mal. Ses paroles devraient nous permettre de limiter les mécaniques du Mal. Texte lu par Bulle Ogier (Le Vénérable W)
Une croyance populaire dit que si on peut tuer un animal, on peut aussi tuer un homme. Nous, les bouddhistes, nous nous opposons au sacrifice des animaux. Texte par Bulle Ogier (Le Vénérable W)
Les événements qui se déroulent sous nos yeux sont à la fois naturels et culturels, c’est-à-dire qu’ils sont apocalyptiques. Jusqu’à présent, les textes de l’Apocalypse faisaient rire. Tout l’effort de la pensée moderne a été de séparer le culturel du naturel. La science consiste à montrer que les phénomènes culturels ne sont pas naturels et qu’on se trompe forcément si on mélange les tremblements de terre et les rumeurs de guerre, comme le fait le texte de l’Apocalypse. Mais, tout à coup, la science prend conscience que les activités de l’homme sont en train de détruire la nature. C’est la science qui revient à l’Apocalypse. René Girard
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Le christianisme (…) nous a fait passer de l’archaïsme à la modernité, en nous aidant à canaliser la violence autrement que par la mort.(…) En faisant d’un supplicié son Dieu, le christianisme va dénoncer le caractère inacceptable du sacrifice. Le Christ, fils de Dieu, innocent par essence, n’a-t-il pas dit – avec les prophètes juifs : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » ? En échange, il a promis le royaume de Dieu qui doit inaugurer l’ère de la réconciliation et la fin de la violence. La Passion inaugure ainsi un ordre inédit qui fonde les droits de l’homme, absolument inaliénables. (…) l’islam (…) ne supporte pas l’idée d’un Dieu crucifié, et donc le sacrifice ultime. Il prône la violence au nom de la guerre sainte et certains de ses fidèles recherchent le martyre en son nom. Archaïque ? Peut-être, mais l’est-il plus que notre société moderne hostile aux rites et de plus en plus soumise à la violence ? Jésus a-t-il échoué ? L’humanité a conservé de nombreux mécanismes sacrificiels. Il lui faut toujours tuer pour fonder, détruire pour créer, ce qui explique pour une part les génocides, les goulags et les holocaustes, le recours à l’arme nucléaire, et aujourd’hui le terrorisme. René Girard
L’éthique de la victime innocente remporte un succès si triomphal aujourd’hui dans les cultures qui sont tombées sous l’influence chrétienne que les actes de persécution ne peuvent être justifiés que par cette éthique, et même les chasseurs de sorcières indonésiens y ont aujourd’hui recours. La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
L’avenir apocalyptique n’est pas quelque chose d’historique. C’est quelque chose de religieux sans lequel on ne peut pas vivre. C’est ce que les chrétiens actuels ne comprennent pas. Parce que, dans l’avenir apocalyptique, le bien et le mal sont mélangés de telle manière que d’un point de vue chrétien, on ne peut pas parler de pessimisme. Cela est tout simplement contenu dans le christianisme. Pour le comprendre, lisons la Première Lettre aux Corinthiens : si les puissants, c’est-à-dire les puissants de ce monde, avaient su ce qui arriverait, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de la Gloire – car cela aurait signifié leur destruction (cf. 1 Co 2, 8). Car lorsque l’on crucifie le Seigneur de la Gloire, la magie des pouvoirs, qui est le mécanisme du bouc émissaire, est révélée. Montrer la crucifixion comme l’assassinat d’une victime innocente, c’est montrer le meurtre collectif et révéler ce phénomène mimétique. C’est finalement cette vérité qui entraîne les puissants à leur perte. Et toute l’histoire est simplement la réalisation de cette prophétie. Ceux qui prétendent que le christianisme est anarchiste ont un peu raison. Les chrétiens détruisent les pouvoirs de ce monde, car ils détruisent la légitimité de toute violence. Pour l’État, le christianisme est une force anarchique, surtout lorsqu’il retrouve sa puissance spirituelle d’autrefois. Ainsi, le conflit avec les musulmans est bien plus considérable que ce que croient les fondamentalistes. Les fondamentalistes pensent que l’apocalypse est la violence de Dieu. Alors qu’en lisant les chapitres apocalyptiques, on voit que l’apocalypse est la violence de l’homme déchaînée par la destruction des puissants, c’est-à-dire des États, comme nous le voyons en ce moment. Lorsque les puissances seront vaincues, la violence deviendra telle que la fin arrivera. Si l’on suit les chapitres apocalyptiques, c’est bien cela qu’ils annoncent. Il y aura des révolutions et des guerres. Les États s’élèveront contre les États, les nations contre les nations. Cela reflète la violence. Voilà le pouvoir anarchique que nous avons maintenant, avec des forces capables de détruire le monde entier. On peut donc voir l’apparition de l’apocalypse d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Au début du christianisme, l’apocalypse semblait magique : le monde va finir ; nous irons tous au paradis, et tout sera sauvé ! L’erreur des premiers chrétiens était de croire que l’apocalypse était toute proche. Les premiers textes chronologiques chrétiens sont les Lettres aux Thessaloniciens qui répondent à la question : pourquoi le monde continue-t-il alors qu’on en a annoncé la fin ? Paul dit qu’il y a quelque chose qui retient les pouvoirs, le katochos (quelque chose qui retient). L’interprétation la plus commune est qu’il s’agit de l’Empire romain. La crucifixion n’a pas encore dissout tout l’ordre. Si l’on consulte les chapitres du christianisme, ils décrivent quelque chose comme le chaos actuel, qui n’était pas présent au début de l’Empire romain. (..) le monde actuel (…) confirme vraiment toutes les prédictions. On voit l’apocalypse s’étendre tous les jours : le pouvoir de détruire le monde, les armes de plus en plus fatales, et autres menaces qui se multiplient sous nos yeux. Nous croyons toujours que tous ces problèmes sont gérables par l’homme mais, dans une vision d’ensemble, c’est impossible. Ils ont une valeur quasi surnaturelle. Comme les fondamentalistes, beaucoup de lecteurs de l’Évangile reconnaissent la situation mondiale dans ces chapitres apocalyptiques. Mais les fondamentalistes croient que la violence ultime vient de Dieu, alors ils ne voient pas vraiment le rapport avec la situation actuelle – le rapport religieux. Cela montre combien ils sont peu chrétiens. La violence humaine, qui menace aujourd’hui le monde, est plus conforme au thème apocalyptique de l’Évangile qu’ils ne le pensent. René Girard
Les pays européens devraient accueillir ces réfugiés et leur fournir de l’éducation et des formations, l’objectif étant qu’ils rentrent chez eux avec des compétences particulières. Ils seront eux-mêmes mieux, je pense, dans leur propre pays. Mieux vaut garder l’Europe pour les Européens. Tenzyn Gyatso (Dalai Lama)
Les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes et les croyants nos soldats. Erdogan (1998)
En réalité, leurs mosquées ne sont pas des lieux de culte comme nos monastères. Ce sont des bases de guerre pour planifier des attaques contre les non-musulmans. J’ai deviné l’intention des musulmans qui est de convertir le monde entier à l’islam. D’ailleurs, on peut voir sur Youtube, quand les membres de l’EI décapitent un chrétien, ils montrent un doigt, c’est-à-dire qu’il doit y avoir un seul Dieu dans le monde. Du fait que les musulmans ls entrent et s’installent dans les pays d’Europe, ils envahissent le monde. Et les dirigeants comme Merkel et compagnie les acceptent sans tenir compte de l’avis du peuple. Aux USA, si le peuple veut rester en paix et en sécurité, il doit choisir Donald Trump. Ashin Wirathu
L’Hitler de Birmanie est bouddhiste et ses juifs sont les musulmans rohingyas. David Aaronovitch
Les caractéristiques des poissons-chats d’Afrique sont : ils grandissent très vite. Ils se reproduisent très vite aussi. Et puis ils sont violents. Ils mangent les membres de leur propre espèce et détruisent les ressources naturelles de leur environnement. Les musulmans sont exactement comme ces poissons. Ashin Wirathu
Si on peut tuer un animal, on peut tuer un homme. Ashin Wirathu
Une foule excitée peut devenir incontrôlable. Cela peut exploser. Ma Ba Tha intervient quand les « kalars » embêtent les bouddhistes. Une fois le problème réglé et les « kalars » sanctionnés, la foule se calme. Voilà le rôle de Ma BA TA. Ashin Wirathu
Nous ne ciblons pas délibérément les entreprises [musulmanes]. Ils tuent des animaux car ils pensent que cela les rend méritants. C’est la principale différence entre eux et nous. Kyaw Sein Win (Ma Ba Tha)
Les musulmans sont des fauteurs de troubles. Ils prétendent garder des couteaux dans leurs mosquées pour les sacrifices d’animaux, mais nous, nous savons qu’ils peuvent s’en servir à tout moment contre nous. Ti Ti Win (professeure de mathématiques, 55 ans)
Notre région est confrontée au risque de perdre son bétail. Les kalars ont déjà tué des milliers de vaches. Vous savez pourquoi ? Ils s’entraînent pour nous égorger ensuite. Pyinyeinda (moine d’Athoke)
En tant que bouddhiste, je m’oppose au massacre de bétail. Par conséquent, j’ai accepté les demandes des moines qui mènent cette campagne. Je les ai aidés à obtenir les licences des abattoirs. Thein Aung (chef du gouvernement de la région d’Ayeyarwady)
Lors de nos deux premières descentes, nous avons découvert que plus de vaches étaient tuées que ne l’autorise la loi. Nous avons donc fait pression sur les autorités municipales pour qu’elles mettent sur liste noire le propriétaire musulman. Elles ont fini par le faire et il a dû fermer son abattoir. Win Shwe
On ne peut plus acheter de bœuf dans toute la région d’Ayeyarwady. Si on veut du bœuf halal, il faut que quelqu’un le fasse venir de Rangoon. Restaurateur musulman de la ville de Kyaungon. David Aaronovitch
Il faut resituer ces discours dans le contexte planétaire, de la progression de l’islamophobie. Une idée s’est installée en Birmanie, selon laquelle le bouddhisme des origines s’inscrivait dans une aire géographique comprenant une large partie de l’Asie, de l’Afghanistan à la Malaisie, englobant l’Inde, et qu’il ne concerne plus aujourd’hui que l’Asie du Sud-Est et le Sri Lanka pour la branche du Theravada, du fait de la pression de l’Islam. Bénédicte Brac de la Perrière
Le groupe « 969 » fait partie de mouvements réactionnels liés à des problèmes identitaires. On a le sentiment d’être agressé par des marges, on réagit en se protégeant. C’est une manière de se définir contre l’autre. Le bouddhisme est dans ce cas une arme symbolique. Raphaël Logier (IEP d’Aix-en-Provence)
Face à la progression de l’islamophobie en Europe, aux États-Unis et ailleurs, le film rappelle que même la doctrine religieuse la plus pacifique risque, si elle est mal interprétée, d’être exploitée à des fins destructrices. The Hollywood reporter
Dès son origine, le bouddhisme insiste sur la compassion envers autrui : le premier bouddhisme, dit Theravâda, toujours présent en Asie du Sud-Est et au Sri Lanka, met l’accent sur une introspection personnelle qui doit permettre de comprendre la nature de nos rapports avec l’autre. Il n’y a pas de dogme fondamental, en dehors de quelques notions issues de l’hindouisme. Il n’existe pas non plus d’autorité ecclésiastique ultime. Ces deux traits font qu’il est de prime abord difficile de parler d’orthodoxie, et à plus forte raison de fondamentalisme bouddhique. Les bouddhismes, par nature pluriels, ont su accueillir en leur sein les doctrines les plus diverses. Plus tard, le bouddhisme Mahâyâna (« grand véhicule »), aujourd’hui répandu en Chine, en Corée, au Japon et au Viêtnam, prône la compassion pour tous les êtres, même les pires. Ce sentiment de communion est fondé sur la croyance en la transmigration des âmes, laquelle conduit les êtres à renaître en diverses destinées, humaines et non-humaines. Le Mahâyâna insiste sur la présence d’une nature de bouddha en tout être. Quant au bouddhisme Vajrayâna (ésotérique, tantrique), issu du Mahâyâna et aujourd’hui localisé au Tibet et en Mongolie, il offre une vision grandiose de l’univers tout entier, qui n’est autre que le corps du Bouddha cosmique. A l’époque contemporaine, compassion et tolérance sont devenues, en partie par la personne médiatique du dalaï-lama actuel, icône moderne du bouddhisme tibétain, l’image de marque même du bouddhisme dans son ensemble. Les penseurs bouddhistes ont rapidement élaboré des concepts propres à expliquer divers degrés de vérité. Le Bouddha lui-même, selon un enseignement ultérieurement synthétisé, notamment par le Mahâyâna, prêchait ainsi une vérité conventionnelle (accessible à tous), adaptée aux facultés limitées de ses auditeurs, réservant la vérité ultime à une élite spirituelle. Ce recours constant à des expédients salvifiques (upâya), balisant des voies différentes et plus ou moins difficiles d’accès au salut, rend le dogmatisme difficile, car tout dogme relève du domaine de la parole, donc de la vérité conventionnelle. Ces théories vont faciliter diverses formes de syncrétisme ou de synthèse, comme celles de Zhiyi (539-597) et de Guifeng Zongmi (780-841) en Chine, de Kûkai (774-835) au Japon, et de Tsong-kha-pa (1357-1419) au Tibet. Il s’agit généralement d’une sorte de syncrétisme militant, par lequel les cultes rivaux (religion bön au Tibet, confucianisme et taoïsme en Chine, shinto au Japon…) sont intégrés à un rang subalterne dans un système dont le point culminant est la doctrine de l’auteur. Ces élaborations aboutissent rapidement à faire du bouddhisme un polythéisme, qui assimile et mêle dans ses panthéons les dieux des religions qui lui préexistaient (de l’hindouisme, du bön, du taoïsme…). Au demeurant, la pratique n’a pas toujours été aussi harmonieuse que la théorie. (…) Mais c’est surtout en raison de son évolution historique que le bouddhisme est conduit à faire des accrocs à ses grands principes. Le principal écueil réside dans les rapports de cette religion avec les cultures qu’elle rencontre au cours de son expansion. L’attitude des bouddhistes envers les religions locales est souvent décrite comme un exemple classique de tolérance. Il s’agit en réalité d’une tentative de mainmise : les dieux indigènes les plus importants sont convertis, les autres sont rejetés dans les ténèbres extérieures, ravalés au rang de démons et, le cas échéant, soumis ou détruits par des rites appropriés. Certes, le processus est souvent représenté dans les sources bouddhiques comme une conversion volontaire des divinités locales. Mais la réalité est fréquemment toute autre, comme en témoignent certains mythes, qui suggèrent que le bouddhisme a parfois cherché à éradiquer les cultes locaux qui lui faisaient obstacle. C’est ainsi que le Tibet est « pacifié » au viiie siècle par le maître indien Padmasambhava, lorsque celui-ci soumet tous les « démons » locaux (en réalité, les anciens dieux) grâce à ses formidables pouvoirs. Un siècle auparavant, le premier roi bouddhique Trisong Detsen a déjà soumis les forces telluriques (énergies terrestres de nature « magique » qui influencent individus et habitats), symbolisées par une démone, dont le corps recouvrait tout le territoire tibétain, en « clouant » celle-ci au sol par des stûpas (monuments commémoratifs et souvent centres de pèlerinage) fichés aux douze points de son corps. Le temple du Jokhang à Lhasa, lieu saint du bouddhisme tibétain, serait le « pieu » enfoncé en la partie centrale du corps de la démone, son sexe. Ce symbolisme, décrivant la « conquête » bouddhique comme une sorte de soumission sexuelle, se retrouve dans un des mythes fondateurs du bouddhisme tantrique, la soumission du dieu Maheshvara par Vajrapâni, émanation terrifiante du bouddha cosmique Vairocana. Maheshvara est l’un des noms de Shiva, l’un des grands dieux de la mythologie hindoue. Ce dernier, ravalé par le bouddhisme au rang de démon, n’a commis d’autre crime que de se croire le Créateur, et de refuser de se soumettre à Vajrapâni, en qui il ne voit qu’un démon. Son arrogance lui vaut d’être piétiné à mort ou, selon un pieux euphémisme, « libéré », malgré la molle intercession du bouddha Vairocana pour freiner la fureur destructrice de son avatar Vajrapâni. Pris de peur, les autres démons (dieux hindous) se soumettent sans résistance. Dans une version encore plus violente, le dieu Rudra (autre forme de Shiva) est empalé par son redoutable adversaire. Le mythe de la soumission de Maheshvara se retrouve au Japon, même si, dans ce dernier pays, les choses se passent dans l’ensemble de manière moins violente. Certes, on voit ici aussi de nombreux récits de conversions plus ou moins forcées des dieux autochtnones. Mais bientôt, une solution plus élégante est trouvée, avec la théorie dite « essence et traces » (honji suijaku). Selon cette théorie, les dieux japonais (kami) ne sont que des « traces », des manifestations locales dont l’« essence » (honji) réside en des bouddhas indiens. Plus besoin de conversion, donc, puisque les kamis sont déjà des reflets des bouddhas. Paradoxalement, la notion d’absolu dégagée par la spéculation bouddhique va permettre aux théoriciens d’une nouvelle religion, le soi-disant « ancien » shinto, de remettre en question la synthèse bouddhique au nom d’une réforme purificatrice et nationaliste. A terme, ce fondamentalisme shinto mènera à la « révolution culturelle » de Meiji (1868-1873), au cours de laquelle le bouddhisme, dénoncé comme religion étrangère, verra une bonne partie de ses temples détruits ou confisqués. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la religion officielle japonaise réinvestit les mythes shintos et s’organise autour du culte de l’Empereur divinisé, descendant du plus important kami national, la déesse du Soleil. Par contre-coup, le bouddhisme à son tour se réfugie dans un purisme teinté de modernisme, qui rejette comme autant de « superstitions » les croyances locales. (…) En théorie, le principe de non-dualité si cher au bouddhisme Mahâyâna semble pourtant impliquer une égalité entre hommes et femmes. Dans la réalité monastique, les nonnes restent inférieures aux moines, et sont souvent réduites à des conditions d’existence précaires. (…) Le bouddhisme a par ailleurs longtemps imposé aux femmes toutes sortes de tabous. La misogynie la plus crue s’exprime dans certains textes bouddhiques qui décrivent la femme comme un être pervers, quasi démoniaque. Perçues comme foncièrement impures, les femmes étaient exclues des lieux sacrés, et ne pouvaient par exemple faire de pèlerinages en montagne. Pire encore, du fait de la pollution menstruelle et du sang versé lors de l’accouchement, elles étaient condamnées à tomber dans un enfer spécial, celui de l’Etang de Sang. Le clergé bouddhique offrait bien sûr un remède, en l’occurrence les rites, exécutés, moyennant redevances, par des prêtres. Car le bouddhisme, dans sa grande tolérance, est censé sauver même les êtres les plus vils… (…) Il faut enfin mentionner les luttes intestines qui opposent, au sein de la secte Tendai (tendance majoritaire du bouddhisme japonais du viiie au xiiie siècle), les factions du mont Hiei et du Miidera. A diverses reprises, les monastères des deux protagonistes sont détruits par les « moines-guerriers » du rival. Les raids périodiques de ces armées monacales sur la capitale, Kyôto, défrayent les chroniques médiévales. C’est seulement vers la fin du xvie siècle qu’un guerrier à bout de patience, Oda Nobunaga (1534-1582), décide de raser ces temples et de passer par le fil du sabre les fauteurs de troubles. (…) Avec la montée des nationalismes au xixe siècle, le bouddhisme s’est trouvé confronté à une tendance fondamentaliste. Certes, la chose n’était pas tout à fait nouvelle. Dans le Japon du xiiie siècle, lors des invasions mongoles (elles-mêmes légitimées par les maîtres bouddhiques de la cour de Kûbilaï Khân), les bouddhistes japonais invoquèrent les « vents divins » (kamikaze) qui détruisirent l’armada ennemie. Ils mirent également en avant la notion du Japon « terre des dieux » (shinkoku), qui prendra une importance cruciale dans le Japon impérialiste du xxe siècle. Durant la Seconde Guerre mondiale, les bouddhistes japonais devaient soutenir l’effort de guerre, mettant leur rhétorique au service de la mystique impériale. Même Daisetz T. Suzuki, le principal propagateur du zen en Occident, se fera le porte-parole de cette idéologie belliciste. Plus récemment, c’est à Sri Lanka que cet aspect agonistique a pris le dessus, avec la revendication d’indépendance de la minorité tamoule, qui a conduit depuis 1983 à de sanglants affrontements entre les ethnies sinhala et tamoule. Le discours des Sinhalas constitue l’exemple le plus approchant d’une apologie bouddhique de la guerre sainte. Certes, il s’agit d’un fondamentalisme un peu particulier, puisqu’il repose sur un groupe ethnique plutôt que sur un texte sacré. Il existe bien une autorité scripturaire, le Mahâvamsa, chronique mytho-historique où sont décrits les voyages magiques du Bouddha à Sri Lanka, ainsi que la lutte victorieuse du roi Duttaghâmanî contre les Damilas (Tamouls) au service du bouddhisme. Le Mahâvamsa sert ainsi de caution à la croyance selon laquelle l’île et son gouvernement ont traditionnellement été sinhalas et bouddhistes. C’est notamment dans ses pages qu’apparaît le terme de Dharma-dîpa (île de la Loi bouddhique). Il ne restait qu’un pas, vite franchi, pour faire de Sri Lanka la terre sacrée du bouddhisme, qu’il faut à tout prix défendre contre les infidèles. Ce fondamentalisme est avant tout une idéologie politique. Mentionnons pour finir un cas significatif, puisqu’il met en cause la personne même du dalaï-lama, le personnage qui personnifie aux yeux de la plupart l’image même de la tolérance bouddhique. Il s’agit du culte d’une divinité tantrique du nom de Dorje Shugden, esprit d’un ancien lama, rival du cinquième dalaï-lama, et assassiné par les partisans de celui-ci, adeptes des Gelugpa, au xviie siècle. Par un étrange retour des choses, cette divinité était devenue le protecteur de la secte des Gelugpa, et plus précisément de l’actuel Dalaï-Lama, jusqu’à ce que ce dernier, sur la base d’oracles délivrés par une autre divinité plus puissante, Pehar, en vienne à interdire son culte à ses disciples. Cette décision a suscité une levée de boucliers parmi les fidèles de Shugden, qui ont reproché au dalaï-lama son intolérance. Inutile de dire que les Chinois ont su exploiter cette querelle à toutes fins utiles de propagande. L’histoire a été portée sur les devants de la scène après le meurtre d’un partisan du dalaï-lama par un de ses rivaux, il y a quelques années. Par-delà les questions de personne et les dissensions politiques, ce fait divers souligne les relations toujours tendues entre les diverses sectes du bouddhisme tibétain. Même s’il ne saurait être question de nier l’existence au coeur du bouddhisme d’un idéal de paix et de tolérance, fondé sur de nombreux passages scripturaux, ceux-ci sont contrebalancés par d’autres sources selon lesquelles la violence et la guerre sont permises lorsque le Dharma bouddhique est menacé par des infidèles. Dans le Kalacakra-tantra par exemple, texte auquel se réfère souvent le dalaï-lama, les infidèles en question sont des musulmans qui menacent l’existence du royaume mythique de Shambhala. A ceux qui rêvent d’une tradition bouddhique monologique et apaisée, il convient d’opposer, par souci de vérité, cette part d’ombre. Bernard Faure
En Birmanie, où la population est majoritairement bouddhiste, la minorité musulmane représente environ 5 % des habitants. Dans le delta de l’Irrawaddy, les musulmans vivent essentiellement des activités liées aux abattoirs et au commerce du bœuf. Actuellement, les entreprises musulmanes sont la cible de l’islamophobie que propagent les extrémistes bouddhistes, dont la voix a beaucoup gagné en puissance avec l’ouverture politique de la Birmanie. Depuis fin 2013, une campagne soutenue par Ma Ba Tha [association birmane “pour la protection de la race et de la religion”, créée en juin 2013] a forcé à fermer des dizaines d’abattoirs et d’usines de transformation de viande tenus par des musulmans dans la région d’Ayeyarwady [région du sud de la Birmanie]. Des milliers de vaches ont été enlevées de force à leurs propriétaires musulmans. Les commerces de certains musulmans ont vu leurs revenus s’effondrer. Des documents officiels que nous avons obtenus et des entretiens avec des représentants de l’Etat révèlent que les hauts fonctionnaires soutiennent cette croisade. (…) En 2014, en raison de la pénurie de bétail et du renforcement des restrictions gouvernementales, les populations musulmanes du delta de l’Irrawaddy n’ont pas pu fêter l’Aïd el-Kébir, lors duquel des vaches sont sacrifiées selon la tradition islamique. Kyaw Sein Win, un porte-parole de Ma Ba Tha au siège de Rangoon, affirme que sauver des vies est un aspect central de la philosophie bouddhiste. “Nous ne ciblons pas délibérément les entreprises [musulmanes]. Ils tuent des animaux car ils pensent que cela les rend méritants. C’est la principale différence entre eux et nous”, a-t-il déclaré à Myanmar Now. L’appel à un boycott des entreprises musulmanes a reçu peu d’écho dans les villes, mais la campagne contre les sacrifices, qui repose sur l’aversion traditionnelle des bouddhistes pour l’abattage des vaches, a porté auprès des fidèles du delta de l’Irrawaddy. Dans cette région, cœur de la riziculture birmane, des dizaines de milliers de musulmans, pour la plupart commerçants en ville, vivent aux côtés d’environ six millions de riziculteurs, bouddhistes en majorité. Traditionnellement, les agriculteurs birmans utilisent les vaches et les bœufs comme animaux de trait. Ils ne les vendent aux abattoirs que pour gagner rapidement une importante somme d’argent, en vue d’un mariage ou pour payer un traitement médical. Ma Ba Tha n’a pas demandé aux agriculteurs de ne plus vendre leur bétail. Sa stratégie consiste à s’emparer des licences des abattoirs. En 2014, les moines radicaux du delta de l’Irrawaddy ont créé l’organisation Jivitadana Thetkal (“Sauver des vies”), qui appelle les monastères de la région à collecter chacun environ 100 dollars dans leur congrégation afin de permettre le rachat des licences. (…) Les moines bouddhistes radicaux ont prononcé des sermons enflammés dans les villages du delta pour propager l’idée que l’abattage de vaches constitue un affront au bouddhisme et participe de l’objectif musulman d’exterminer le bétail. (…) En 2014, le groupe a collecté environ 25 000 dollars grâce à des dons publics pour racheter six licences d’abattoirs, mais la plus chère de la ville restait inabordable. Pour atteindre leur objectif, ils ont décidé de prouver que l’abattoir ne respectait pas les quotas de sa licence. (….) Win Shwe et ses compagnons revendiquent également la saisie de plus de 4 000 animaux vivants dans le delta depuis début 2014. Beaucoup de ces bêtes ont ensuite été données à des agriculteurs pauvres de la région pour devenir des animaux de trait, à condition qu’ils s’engagent à ne pas les tuer ou les vendre. Au milieu de l’année 2014, selon des documents obtenus par Myanmar Now, des militants ont toutefois reçu l’accord des autorités pour mettre en œuvre un nouveau plan visant à envoyer le bétail saisi à des populations bouddhistes de Maungdaw, dans l’Etat d’Arakan, à environ 500 km au nord-ouest du delta de l’Irrawaddy. Cette localité très pauvre, la plus à l’ouest du pays, est située sur la frontière avec le Bangladesh. Les musulmans y sont plus nombreux que les bouddhistes. La frontière, que Ma Ba Tha se plaît à appeler “la porte occidentale” du pays, est sous le strict contrôle du gouvernement. Selon la presse, des centaines d’Arakanais qui vivaient dans l’est du Bangladesh se sont réinstallés de l’autre côté de la frontière depuis 2012. Les autorités birmanes ont envoyé les membres de cette ethnie bouddhiste vivre dans des “villages modèles” à Maungdaw, dans ce qui ressemble à une tentative d’accroître la population bouddhiste dans la zone. (…) Cette mesure avait pour but de “protéger la porte occidentale contre l’afflux de musulmans”, selon Win Shwe. “Sans cette porte occidentale, le territoire sera inondé de Bengalis [musulmans du Bangladesh]”, déclare Sein Aung dans un bureau richement décoré d’emblèmes nationalistes, dont des drapeaux portant des swastikas bouddhistes. Sean Turnell, professeur d’économie à l’université Macquarie de Sydney, en Australie, explique que le boycott qui touche les entreprises musulmanes nuit à l’image de la Birmanie sur la scène internationale, notamment auprès des investisseurs potentiels qui s’inquiètent de l’instabilité politique. (…) Devant son restaurant, une immense affiche est placardée : une vache y est représentée, accompagnée d’un verset à la gloire du rôle mythique de l’animal en tant que “mère” de l’humanité. Une image probablement posée par des sympathisants de Ma Ba Tha. La plupart des musulmans qui vivent dans le delta de l’Irrawaddy n’osent pas dénoncer la campagne de peur de subir des représailles de Ma Ba Tha. Myanmar Now
Those who believe that all Buddhists respect their religion’s core principles of peace and tolerance should take a look at The Venerable W (Le Venerable W), director Barbet Schroeder’s eye-opening chronicle of one Burmese monk’s long campaign of racism and violence against his country’s minority Muslim population. The third part in a “trilogy of evil” that began in 1974 with General Idi Amin Dada and continued in 2007 with a look at the controversial French lawyer Jacques Verges in Terror’s Advocate, this scathing portrait gets up close and personal with Ashin Wirathu, the self-appointed spiritual leader of Myanmar’s anti-Muslim crusade. Speaking openly to the camera, Wirathu propagates xenophobia and bigotry against a group that represents only a fraction of the local population, yet have been subject to decades of persecution by both the monk’s followers and the military-controlled Burmese government. The result has been hundreds of deaths, thousands of homes burned to the ground and tens of thousands of Muslims displaced — all of it in the name of a religion that asks, according to one translation of the Metta Sutta, to “cultivate boundless love to all that live in the whole universe.” (…) At a time when Islamophobia is on the rise in Europe, the U.S. and elsewhere, his film is a reminder that even the most peaceful of religious doctrines can, if twisted in the wrong way, be used as a veritable source of evil. (…) Wirathu operates out of the city of Mandalay, a third of whose inhabitants consist of monks or monks-in-training. In the late 90s he formed the “969” movement and began delivering racist sermons to his disciples, referring to Muslims as “kalars” (the equivalent of the n-word) and claiming they are a subspecies who don’t deserve Myanmar citizenship, that their businesses should be boycotted and that they should be banned from intermarriage with Buddhists. Although prejudice against the Rohingya Muslim community, which is based in the western part of Myanmar bordering Bangladesh, dates back to before Wirathu’s time, he has helped accelerate a campaign resulting in many, many deaths and the mass destruction of property. In order to fuel the fire, he often highlights incidents where Muslims have attacked Buddhists (in one case, the rape and murder of a woman), distributing propaganda videos on DVD and backing riots where Rohingyas are driven from their homes while the armed forces stand idly by. What’s especially disturbing about Schroeder’s inquiry is how, on one hand, Wirathu can be seen expounding the peaceful tenets of Buddhism to his followers, while on the other he preaches a holy war meant to ostracize — and indirectly, destroy — an entire segment of the population. The man himself sees no contradiction in the two, simply believing that Muslims are a lesser race unworthy of the basic human rights accorded to Buddhists. While the situation in Myanmar is particularly extreme, Schroeder reveals at one point how, even in a Western nation like France, the perception of Islam’s grip on society versus the reality of that grip is highly exaggerated. Terrorist attacks like those that occurred in Paris in 2015 only help to augment fears and nationalistic tendencies, which is why a candidate like Marine Le Pen was able to capture more than a third of the vote in France’s recent presidential runoff. The Burmese authorities have made some attempts to quell the tide of Islamophobic sentiment, banning the “969” group and jailing Wirathu for several years. But after his release, the popular monk managed to form a new movement, promoting a series of “protection of race and religion bills” that seem to be the first step toward a modern version of the Nuremberg Laws of Nazi Germany. One of those laws has already been enacted, while the government continues to persecute the Rohingyas throughout the land. (…) In a place where Buddhists currently represent more than 90 percent of the populace, it’s unthinkable how a religion that preaches so much love can, in this case, yield so much hate. The Hollywood reporter
Everyone knows that Buddhism is the religion of peace, love and understanding. So there’s something deeply wrong about a Buddhist monk who calmly spouts anti-Muslim hate speech and incites ethnic riots. The monk in question, an influential Burmese figure known as the Venerable Wirathu, is the subject of the powerful third and final installment of Swiss director Barbet Schroeder’s ‘Axis of Evil’ documentary trilogy, which began in 1974 with General Idi Amin Dada: A Self Portrait, and continued in 2007 with Terror’s Advocate, a portrait of controversial lawyer Jacques Vergès. It’s the shocking disjunct between his religion and the rabid nationalism of his sermons, writings and declarations that powers Schroeder’s conventional but nevertheless effective long hard stare into the eyes of intolerance. However, this is also a chilling corrective to accounts of Burma that paint its recent history simply as a fight between courageous pro-democracy forces led by Aung San Suu Kyi (by no means a heroine in this particular story) and a repressive military regime. In the era of Trump (Wirathu is a fan), Farage and Le Pen, it also shines timely light on the mechanisms of nationalistic rhetoric. (…) Draped in saffron robes, his face rarely betraying any emotion, Wirathu is presented partly through outtakes from an interview Schroeder filmed with him in the library of the Mandalay monastery which he heads. The ‘venerable’ monk talks openly about what he sees to be the Muslim threat to Buddhist purity, calmly spouting racial slurs about their breeding capacity, the rape of ‘our women’, animalistic nature and accumulation of wealth that carry terrifying echoes of Nazi anti-Semitic slurs. He repeats the same message to the young monks he teaches and to the crowds of followers who turn out to watch him preach on tacky makeshift stages amidst garlands of flowers and gilt Buddhas. Schroeder’s method at first is simply to dwell on the awful fascination of the ‘Fascist Buddhist’ paradox, with passages promoting the brotherhood of man from the religion’s sacred texts, voiced by veteran French actress Bulle Ogier, underlining the contradiction. Wirathu’s rise from provincial obscurity to ethnic rabble-rouser is then charted, mixing his own account with testimony from a mix of interviewees – who will include two Burmese Buddhist masters who have served prison time, like ‘W’, but for far more noble causes. Wirathu’s nine-year stretch for inciting ethnic hatred came after a spate of 2003 riots in his hometown of Kyaukse and elsewhere which involved lynchings and burnings of Muslim mosques, shops and houses. The mood of the film turns darker in its second half, when Wirathu returns with even greater vitriol to the campaign trail after his release in 2012. News and mobile phone footage captures some of the pogroms launched against Burma’s persecuted Rohingya Muslim minority, mostly in Rakhine state: a scene in which a Buddhist monk beats a Musilm to a pulp with a makeshift club is difficult to erase. By now we’ve worked out what the monk really is. Forget the robes: he’s a classic extremist politician, fanning tensions through the crudest of rhetoric (including a DVD restaging of the rape of a Buddhist girl produced under the aegis of his Ma Ba Tha nationalist movement), then visiting the affected regions to ‘restore order’ and guarantee security. Shot on the hoof, under the noses of a repressive regime, The Venerable W is a fine, stirring documentary about ethnic cleansing in action. Screen daily
Loin de l’image d’Epinal d’un bouddhiste éthéré et tolérant, la religion phare d’Asie est, dans des pays comme le Sri Lanka ou la Birmanie, sous l’influence grandissante de moines nationalistes aux sermons agressifs, notamment contre les musulmans. La semaine dernière, dernier exemple en date de violences intercommunautaires: des foules bouddhistes ont mené des émeutes anti-musulmanes ayant fait au moins trois morts au Sri Lanka. Non loin de là, en Birmanie, secouée par la crise des musulmans rohingyas, la figure de proue du nationalisme bouddhiste, le moine Wirathu, a renoué avec ses sermons enflammés. Il avait été interdit de prise de parole publique après s’être réjoui du meurtre d’un avocat musulman. Et en Thaïlande voisine, où le nationalisme bouddhiste est néanmoins bien moins fort, un moine a fait scandale après avoir appelé à incendier les mosquées. Pour Michael Jerryson, spécialiste des questions de religion à l’université américaine de Youngstown et auteur d’un récent livre sur bouddhisme et violence, cette religion n’échappe pas à la justification de la violence par des prétextes religieux. (…) Et la menace, selon ces bouddhistes soucieux de préserver la prédominance de leur religion dans leur pays, c’est l’islam. Et ce même si les musulmans y sont ultra-minoritaires, de l’ordre de quelques pour cent. La destruction des statues de bouddhas de Bamiyan par les talibans en Afghanistan a profondément marqué l’imaginaire bouddhiste. Et l’ambiance globale de « guerre contre le terrorisme » contribue à l’islamophobie, à laquelle l’Asie n’échappe pas. Même si les minorités musulmanes sont implantées depuis des générations dans ces pays, les moines bouddhistes nationalistes agitent la menace de taux de natalité très élevés (c’est le cas des Rohingyas de Birmanie) – qui à plus ou moins long terme conduiront à une supplantation démographique comme en Malaisie ou en Indonésie. En Birmanie, le moine Wirathu s’est fait le grand prêtre de ce complot musulman visant à éradiquer le bouddhisme – avec des discours si enflammés que sa page Facebook a été fermée. (…) Au SriLanka, les militants bouddhistes tentent eux aussi de s’affirmer politiquement, n’hésitant pas à prendre la tête de manifestations et à en découdre avec la police. Les Tigres tamouls n’étant plus considérés comme une menace depuis leur défaite en 2009, les musulmans, qui ne représentent que 10 % de la population, se sont retrouvés la cible des nationalistes bouddhistes. Figure de proue du mouvement BBS (pour « Buddhist force »), le moine srilankais Galagodaatte Gnanasara, libéré sous caution, est sous le coup de poursuites pour discours de haine et insulte au coran. (…) En Thaïlande, ce mouvement d’idée a moins prise, dans un pays où le clergé bouddhiste est globalement discrédité par des scandales de corruption et de détournements de donations. (…) Cela n’empêche pas les tensions, notamment autour de l’extrême-sud de la Thaïlande, en proie à une rébellion indépendantiste musulmane qui s’en est parfois pris à des moines. Mais cela n’a rien à voir avec ce qui se passe en Birmanie, où, si les moines ne prennent pas eux mêmes les armes, des groupes de civils influencés par leurs idées se forment. Les moines n’agissent pas directement mais « justifient les violences menées par d’autres, que ce soient des milices, des civils, la police ou l’armée », analyse Iselin Frydenlund, de l’Ecole de théologie de Norvège. En Birmanie par exemple, des milices bouddhistes sont accusés de s’être livrées à des exactions contre les Rohingyas lors de ce que l’ONU décrit comme une campagne d' »épuration ethnique », qui a poussé à l’exil au Bangladesh voisin de près de 700.000 Rohingyas. Le Point
Fasciné depuis toujours par le bouddhisme, cette « religion athée qui permet le pessimisme », il est allé en Birmanie, à la rencontre d’Ashin Wirathu. Auprès de ce bonze plein de haine zen qui appelle à l’extermination des populations musulmanes, il boucle sa trilogie du mal, entamée en 1974 avec Général Idi Amin Dada et poursuivie en 2007 avec L’Avocat de la terreur. Selon Barbet Schroeder, le thème du mal est «inépuisable, inséparable de l’humanité, particulièrement pour le 20e siècle sans parler du 21e qui a l’air de vouloir faire de la haine et du mensonge des sujets incontournables». Au terme d’un tournage difficile, dangereux, prématurément interrompu par une situation de plus en plus instable en Birmanie, le cinéaste ramène Le Vénérable W., un documentaire édifiant et terrifiant. Contrairement à son habitude, Barbet Schroeder ne s’est pas contenté de filmer l’agent du mal et de laisser le spectateur découvrir la réalité dans son effrayante nudité. Parce que la Birmanie est méconnue, lointaine, et que la situation politique y est terriblement instable, entre la junte, la présidente Aung San Suu Kyi aux positions ambiguës, les Rohingyas, la minorité musulmane et une centaine d’autres ethnies, le cinéaste a rencontré des journalistes, des moines désapprouvant la croisade de Wirathu. Il a aussi ressemblé des documents d’archives, reportages TV ou fichiers de téléphone portables. Dès 2001, Wirathu prononce de virulents sermons islamophobes. En 2003, suite à des émeutes musulmanes, il est condamné à 25 ans de prison, dont il sort en 2012, suite à une amnistie générale. A la tête du mouvement 969, interdit en 2013 et aussitôt remplacé par Ma Ba Tha, il incite à la haine, monte en épingle des faits divers, propage des fake news. Il affirme que les musulmans (4% de la population birmane) qui «se reproduisent comme des lapins» (slogan dans une manifestation) mettent en péril l’équilibre de la nation. Des foules de moines en robe safran défilent, chantent des chanson nationalistes, éructent de haine, incendient les mosquées et tabassent les gens à mort, pendant que l’armée regarde à côté… Les maisons brûlent par milliers, des corps s’entassent sur des bûchers funéraires. Lorsqu’elles tombent entre les mains des fanatiques, toutes les religions tournent à l’horreur. Le film se termine sur les images d’une rue pakistanaise embrasée par la colère. Une guerre de religion entre bouddhiste et musulmans serait une belle façon de pepétuer au 21e siècle l’obscurantisme du Moyen Age… Le Temps
Le lieu commun veut que le bouddhisme échappe à toute violence. Découvert en Occident au XIXème siècle, il y est surtout perçu comme une philosophie reposant sur des pratiques spirituelles. Pourtant, depuis plusieurs années, cette image est mise à mal. En Birmanie, pays peuplé à 90% de bouddhistes, des moines développent des discours violents et extrémistes à l’encontre des musulmans. Parmi eux, le bonze Ashin Wirathu, surnommé le « Ben Laden » birman et leader d’un groupe nationaliste appelé Ma Ba Tha, « l’Association pour la protection de la race et de la religion ». Depuis août dernier, ces moines sont sous le feu des projecteurs en raison des atrocités commises contre les Rohingyas, minorité ethnique musulmane et apatride qui vit majoritairement dans l’État de l’Arakan, dans l’ouest du pays. (…) Partagée par 500 millions d’adeptes en Asie, cette religion, perçue en Occident de manière simpliste comme une philosophie non-violente reposant sur des pratiques comme la méditation, a en fait une réalité complexe. On ne peut pas parler du bouddhisme au singulier. Il existe en fait trois grandes écoles correspondant à trois zones géographiques bien distinctes. L’école Vajrayana, très minoritaire, est pratiquée au Tibet. C’est la plus connue en Occident. L’école Mahayana ou « bouddhisme du grand véhicule » est implantée en Corée, en Chine, au Japon et dans une grande partie du Vietnam. En Birmanie, comme en Thaïlande, au Laos, au Cambodge ou encore au Sri Lanka, on pratique le bouddhisme Theravada ou « bouddhisme du petit véhicule ». Le bouddhisme Theravada est aussi appelé « la voie des Anciens » : c’est l’école la plus ancienne et la plus proche du bouddhisme primitif. Ses adeptes suivent un enseignement traditionnel pour atteindre le Nirvana, étape de perfection ultime, qui se traduit par la capacité à se détacher de tout sentiment. Il s’agit de sortir du monde terrestre en se détachant des réalités « impermanentes », écrit Henri Tincq.« D’où le développement d’une spiritualité, dans le theravâda, du « non-attachement », puissante chez les moines, qui s’interdisent toute activité mondaine. » Les moines ne travaillent pas, ne se font pas à manger et dépendent ainsi complètement des dons de la population laïque. Face à cette population bouddhiste majoritaire, 6% des 53 millions de Birmans sont chrétiens et 4% sont musulmans. Dans les pays de tradition Theravada, les nations se sont souvent constituées en s’appuyant sur une légitimité religieuse. La Birmanie ne fait pas exception. « En 1980, le régime de Ne Win a recréé le Sangha, le clergé birman. Il en a centralisé l’administration et l’a placé sous l’autorité du pouvoir politique, rappelle l’anthropologue Bénédicte Brac de la Perrière. Plus tard, les militaires ont utilisé la religion pour justifier leur présence au pouvoir. » Ainsi, quand bien même les moines birmans ne devraient pas participer à la vie politique du pays, leur clergé est bel et bien politisé. Ce constat fait, il est plus simple de comprendre le développement d’un discours nationaliste parmi les moines. « Il y a des liens fermement établis entre les nationalismes sud-asiatiques et le bouddhisme, depuis le mouvement de décolonisation du XIXe siècle, et dès le début du XXe siècle un peu partout en Asie du Sud-Est », explique l’anthropologue Lionel Obadia. En 2007, lors de la « Révolution de Safran », des manifestations de moines sont réprimées violemment par l’armée pour avoir protesté pacifiquement contre la hausse des prix initiée par la junte militaire. Pour l’universitaire britannique Paul Fuller, spécialisé dans l’étude du bouddhisme, cela participe encore à renforcer le lien entre nationalisme et bouddhisme. « Jusqu’alors, pour la majorité des Birmans, être un bon bouddhiste, c’était respecter les doctrines du calme mental, du non-attachement et de la compassion, explique Paul Fuller dans un entretien à Asialyst. La Révolution de Safran montre au grand jour l’implication politique des moines et fait naître une nouvelle idée : pour être un bon bouddhiste, il faut aussi agir pour le bien de son pays. » De là se répand une théorie : pour être un bon birman, il faut être un bon bouddhiste. « Les nationalistes s’appuient sur cette idée pour justifier leurs violences : ils luttent pour la protection du bouddhisme et donc, a fortiori, pour la culture birmane. » Enfin, depuis 2011 et l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Thein Sein puis, de façon encore plus frappante depuis 2015 et l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, les discours nationalistes se font de plus en plus visibles. Pour cause, les mutations politiques et l’ouverture du pays après des années de repli sur lui-même ont entraîné une perte de repères pour la population et renforce la peur d’une disparition progressive de la culture birmane. Par ailleurs, les discours nationalistes sont désormais diffusés beaucoup plus amplement au sein de la population du fait de la démocratisation de l’usage des réseaux sociaux, qui permet de faire transmettre des messages jusqu’alors passés sous silence. (…) En 2011, des affiches et des autocollants portant l’inscription « 969 » apparaissent un peu partout en Birmanie. Ces chiffres, qui font référence aux trois joyaux du Bouddha, donnent leur nom à un mouvement nationaliste et anti-islamique dirigé par un moine de Mandalay, Ashin Wirathu. À travers cette campagne d’affichage, le bonze incite les Birmans à acheter uniquement dans des magasins tenus par des bouddhistes et à boycotter ceux tenus par des musulmans. Alors que le mouvement se répand, des violences à l’encontre des musulmans touchent l’ensemble du pays. En mars 2013, des émeutes éclatent à Meiktila, dans le centre du pays. Pendant trois jours, des magasins et des habitations appartenant à des musulmans sont saccagés. 40 personnes sont tuées. D’autres émeutes similaires ont lieu dans la région de Bagan puis de Rangoun. Jugé responsable de ces violences, le mouvement « 969 » est interdit. Les leaders ne l’entendent pas de cette oreille. En 2013, peu après l’interdiction du mouvement 969, émerge un groupe nommé Ma Ba Tha, ou « Association pour la protection de la race ou de la religion ». Grâce à des centaines de cellules qui quadrillent le territoire national, Ma Ba Tha devient rapidement le plus important des groupes nationalistes bouddhistes. À l’approche des élections législatives de 2015, Ma Ba Tha parvient à développer un réel pouvoir politique. Grâce à un fort lobbying, il fait passer quatre lois entre mai et août, en pleine campagne pour les élections. Ces lois, qui visent clairement les musulmans, permettent un contrôle des naissances dans certaines régions et pour certaines minorités ethniques. Pour se convertir à une autre religion que le bouddhisme ou pour se marier avec une non bouddhiste, il faudra désormais l’accord des autorités locales. Enfin, la polygamie et l’infidélité sont interdites et passibles d’emprisonnement. Plusieurs ONG, comme Human Rights Watch, dénoncent alors des lois « discriminatoires » qui « ignorent les droits humains fondamentaux ». En Birmanie, leur adoption entraîne un mois de festivités organisées par Ma Ba Tha. A noter que maintenant, il faut nommer Ma Ba Tha, la fondation philanthropique Buddhadhamma. L’été dernier, le conseil des grands maîtres du Sangha Maha Nayaka, dont les membres sont choisis par le gouvernement, a demandé à Ma Ba Tha de cesser toutes activités. Les moines leaders ont refusé d’obtempérer et ont simplement changé de nouveau le nom de leur organisation. (….) Une théorie persiste dans l’esprit de nombreux Birmans depuis le début des années 1990 : l’Islam mettrait en péril le bouddhisme. « De nombreux moines et politiciens birmans ont inlassablement répété ces dernières années que l’Islam, perçu comme expansionniste, est une menace. L’Islam écraserait une culture bouddhiste fragile et la société s’en retrouverait ébranlée », explique le journaliste Francis Wade à Asialyst, auteur de l’ouvrage Myanmar’s Enemy Within: Buddhist Violence and the Making of a Muslim « Other ». En mars 2011, la destruction des bouddhas de Bamiyan, en Afghanistan, par des Talibans afghans, renforce encore cette thèse. Les Musulmans sont ainsi perçus comme un ennemi intérieur qui viole les femmes, qui les force à se marier et à se convertir à l’Islam, qui vole les terres des bouddhistes, etc. « Il faut resituer ces discours dans le contexte planétaire, de la progression de l’islamophobie. Une idée s’est installée en Birmanie, selon laquelle le bouddhisme des origines s’inscrivait dans une aire géographique comprenant une large partie de l’Asie, de l’Afghanistan à la Malaisie, englobant l’Inde, et qu’il ne concerne plus aujourd’hui que l’Asie du Sud-Est et le Sri Lanka pour la branche du Theravada, du fait de la pression de l’Islam », explique l’anthropologue Bénédicte Brac de la Perrière. (…) Cette peur est exacerbée depuis l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi. Ma Ba Tha considère que la Prix Nobel de la Paix est « soumise » aux désirs de la communauté internationale et qu’elle souhaite privilégier les minorités religieuses et ethniques au détriment de la foi bouddhiste et des « vrais » Birmans (…)  L’État de l’Arakan, où vivent des milliers de Rohingyas musulmans, symbolise la frontière entre l’Asie bouddhiste et l’Asie musulmane. De nombreux Birmans pensent ainsi que si les bouddhistes de l’Arakan ne protègent pas leurs frontières et n’empêchent pas les Musulmans d’entrer, alors la Birmanie et le reste de l’Asie du Sud-Est deviendra inévitablement musulmane. Depuis 1982, les Rohingyas sont d’ailleurs considérés comme des immigrés illégaux et on leur refuse la citoyenneté. Ils sont apatrides. En août dernier, le Haut-Commissariat de l’ONU dénonçait ainsi des décennies de « violations persistantes et systématiques des droits de l’homme » envers les Rohingyas. L’ethnie n’est pas la seule visée. Depuis 2011, le sentiment anti-musulman s’est développé sur l’ensemble du territoire comme l’ont montré les campagnes d’affichage du mouvements « 969 » et les violentes manifestations qui suivirent visant ouvertement les musulmans. La crise qui touche actuellement les Rohingyas n’est cependant pas qu’un conflit religieux. Les Rohingyas sont perçus comme une menace pour la sécurité intérieure du pays. L’attaque de postes-frontières par des rebelles de l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA) à la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, qui a fait douze morts en août dernier, a renforcé cette perception. C’est d’ailleurs cet événement qui a mis le feu aux poudres et entraîné une vague de répression sans précédent de la communauté. Au moins 354 villages rohingyas ont été partiellement ou entièrement détruits depuis le 25 août, selon Human Rights Watch. L’ONU, de son côté, dénonce des exactions perpétrées par l’armée birmane. Au total, près de 650 000 Rohingyas ont fui le pays et s’entassent désormais dans des camps au Bangladesh souffrant de malnutrition sévère. (…) Un « Ben Laden », un « Hitler », le « visage de la haine » : voilà les surnoms du moine Ashin Wirathu, une figure tutélaire de Ma Ba Tha. Depuis 2001, le moine de 48 ans déverse sa haine contre les musulmans. Très actif sur les réseaux sociaux, il inonde ses pages de messages où il accuse les musulmans de meurtre ou de viol sans la moindre preuve. (…) Le bonze n’est jamais avare en outrances. Cette réputation sulfureuse lui a valu de faire la Une du Time en 2013. Le journal titrait alors, à côté de son portrait, « Le visage de la terreur bouddhiste ». Plus récemment, Wirathu a été l’objet d’un documentaire de Barbet Schroeder, Le vénérable W, où le réalisateur essaie de comprendre comment un moine censé prôner la compassion et la tolérance peut tomber dans la haine. Dans le documentaire de Shroeder, le bonze apparaît en 2003 en train de distribuer des tracts à des jeunes à Kyauske, sa ville natale. Quelques semaines plus tard, des émeutes éclatent dans la ville faisant onze morts. Wirathu est arrêté et condamné à 25 ans de prison pour incitation à la haine. Il est amnistié en 2012 par le nouveau gouvernement civil du président Thein Sein. Dès sa sortie, il lance le mouvement « 969 ». S’appuyant sur des images d’archives et des interviews du bonze, le documentaire montre un Wirathu qui voue un quasi-culte à Donald Trump et espère convaincre des dangers de l’Islam à travers le monde. Cet été, alors que le documentaire sort en salles en France, Wirathu, lui, connaît des difficultés dans son pays. Fin janvier 2017, il est allé trop loin : après le meurtre d’un avocat musulman et conseiller juridique de la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi, il a remercié les quatre suspects du meurtre sur sa page Facebook et s’est dit « soulagé pour l’avenir du bouddhisme dans son pays ». En mars dernier, le clergé bouddhiste a soumis le bonze au silence. Il a désormais interdiction de « se livrer à des sermons à travers la Birmanie jusqu’au 9 mars 2018 ». Depuis, le moine apparait en public la bouche recouverte d’un adhésif. (…) Il faut nuancer le pouvoir réel de Ma Ba Tha qui, même s’il est influent, reste un groupe minoritaire dans un pays où le clergé est, certes conservateur, mais pas ouvertement xénophobe. Il est perçu, avant tout, comme un mouvement destiné à la protection et à la promotion du bouddhisme dans un pays en pleine mutation et grâce à cela, il jouit d’une image positive au sein de la population. Dans un rapport de l’International Crisis Group publié en septembre dernier, le think tank américain rappelle que, pour beaucoup de Birmans, diffuser les valeurs du bouddhisme (compassion, charité, etc.) permettrait d’établir la paix entre les ethnies. C’est donc un paradoxe : les détracteurs dénoncent un groupe promouvant des discours de haine, tandis que les défenseurs vantent un mouvement promouvant la paix. Par ailleurs, beaucoup adhèrent au mouvement pour ses nombreuses actions sociales sans adhérer aux discours nationalistes qui y sont prêchés. Ma Ba Tha est en effet parvenu à rassembler de nombreux soutiens en s’affirmant comme un véritable acteur social en Birmanie. La charité a toujours été une valeur bouddhiste : les moines ont un rôle d’accueil et d’aide aux pauvres, aux personnes âgées et aux malades. Lors des importantes inondations dans le nord du pays en 2015, les membres de Ma Ba Tha ont apporté une aide conséquente aux populations en organisant des levée de fonds ou en se rendant au chevet des victimes. De même, le groupe a financé en partie la restauration de pagodes détruites à Bagan lors d’un tremblement de terre en 2016. L’association est aussi connue pour ses nombreuses actions en faveur de l’éducation. Elle a permis la construction de plusieurs écoles Dhamma. Ces « écoles du dimanche » délivrent un enseignement bouddhiste aux enfants, notamment à travers l’apprentissage du pâli, la langue des textes anciens. Enfin, cela peut étonner : Ma Ba Tha compte de nombreuses femmes dans ses rangs. Ces dernières sont engagées dans des grandes campagnes d’information pour sensibiliser les femmes des zones rurales sur leurs droits en matière de mariage et de pratiques religieuses. Beaucoup affirment donc intégrer Ma Ba Tha pour des raisons féministes. Dans certaines régions où les populations se sentent délaissées par le gouvernement sur l’éducation ou la santé, Ma Ba Tha devient ainsi la meilleure solution alternative. (…)  Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi a mis en oeuvre des efforts considérables pour tenter de faire taire les voix nationalistes. Preuve en est, il a poussé le clergé birman à interdire le mouvement « 969 » puis plus récemment Ma Ba Tha. Il faut dire que la Prix Nobel de la Paix est souvent la cible des critiques de ces moines nationalistes qui lui reprochent de servir les intérêts de la communauté internationale avant ceux de son pays. Ils critiquent ses discours de réconciliation nationale qu’ils voient comme une porte ouverte aux dérives islamiques mettant en péril de bouddhisme. Lors des élections de 2015, la plupart des dirigeants de Ma Ba Tha n’ont pas officiellement affirmé leur soutien à un candidat. En revanche, le président de l’association de l’époque, Ashin Thiloka, avait appelé à voter pour le candidat qui « protégerait les lois sur la race et la religion ». Ashin Wirathu, lui, avait explicitement appelé à voter pour le Parti de l’Union et du Développement, principal rival de la Ligue nationale pour la Démocratie. Les efforts du gouvernement sont néanmoins restés inefficaces. Dès l’interdiction de Ma Ba Tha, le mouvement est réapparu sous un nouveau nom. Ashin Wirathu a interdiction de prêcher, il diffuse donc de vieux enregistrement de ses discours lors de meetings… Selon l’International Crisis Group, ces interdictions gouvernementales permettent même de mettre de l’eau au moulin de Wirathu. « Chaque fois que le gouvernement interdit un de ces groupes, la théorie du bouddhisme en danger se renforce donnant plus de légitimité aux discours nationalistes. Au lieu d’être sur la défensive, le gouvernement devrait redéfinir la place du bouddhisme dans la Birmanie actuelle », analyse le think tank. (…)  Lorsqu’Ashin Wirathu lance sa campagne « 969′, des moines créent au Sri Lanka le parti Bodu Bala Sena (BBS), « Force du pouvoir bouddhiste ». Comme Ma Ba Tha, ils développent une rhétorique violente à l’encontre de l’Islam. Dans le pays, la plupart des bouddhistes appartiennent à l’ethnie cingalaise qui représente les trois quarts de la population. « Le pays appartient aux Cingalais, ce sont eux qui ont créé cette civilisation et sa culture ! explique un moine membre du mouvement à la BBC. Nous devons rendre le pays aux Cingalais. Nous nous battrons jusqu’au bout. » Ma Ba Tha et le BBS s’affichent d’ailleurs comme des alliés : en 2014, Wirathu avait reçu un accueil triomphal à Colombo de la part des moines du BBS. Les idées de Ma Ba Tha trouvent aussi un écho en Thaïlande où le sud du pays est en proie à une rébellion séparatiste musulmane. Certains moines ont ainsi à plusieurs reprises mis en avant le « danger de l’islam », appelant à faire du bouddhisme une religion d’État. Quelques-uns de ces religieux ont d’ailleurs appelé à réserver aux musulmans séparatistes du sud du pays « le même sort qu’aux Rohingyas ». (…) Figure iconique du bouddhisme et chef spirituel des bouddhistes tibétains, le Dalaï-lama n’a aucune autorité sur les pratiquants de l’école Theravâda. Il n’est donc qu’une voix de la communauté internationale parmi tant d’autres. En juillet 2014, il avait condamné Ma Ba Tha et son homologue sri-lankais BBS, exhortant « les bouddhistes de ces pays à avoir à l’esprit l’image du Bouddha avant de commettre ces crimes ». Et d’ajouter : « Le Bouddha prêche l’amour et la compassion. Si le Bouddha était là, il protégerait les musulmans des attaques des bouddhistes. » En septembre dernier, lui qui ne s’est pas rendu en Birmanie depuis l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, a explicitement pris la défense des Rohingyas, plaidant que Bouddha aurait « aidé ces pauvres Musulmans ». Un mois plus tard, une autre voix religieuse s’est exprimée sur le sujet : le Pape François. En visite pour la première fois en Birmanie, il a prononcé un discours très engagé devant des représentants politiques et de la société civile. Il a appelé à « construire un ordre social juste, réconcilié et inclusif » qui garantit « le respect des droits de tous ceux qui considèrent cette terre comme leur maison. (…) François avait au préalable accepté de ne pas prononcer le mot « Rohingya », sur la demande expresse des catholiques birmans, par peur des représailles. Cyrielle Cabot

Attention: une religion de paix peut en cacher une autre !

En ces temps proprement apocalyptiques

Où semblent vouloir se rappeler de plus en plus régulièrement à notre bon souvenir …

Tant le climat et son désormais légendaire « changement » ou, de la Californie à la Sicile, les plaques tectoniques elle-mêmes …

Que, précisément sur les lignes de fracture entre islam et les autres grandes religions, d’israël à la Birmanie mais aussi au Sri Lanka et en Thaïlande et sans compter chiisme et sunnisme, les mouvements tectoniques religieux …

A l’heure où du Yemen à la Syrie, au Liban et en Israël et entre deux annonces de rayage de la carte, la Révolution islamique continue à mettre l’ensemble du Moyen-Orient à feu et à sang …

Ou entre destructions de bouddhas ou d’églises, décapitations en direct, crucifixions et mise en esclavage sexuel et de la Syrie à l’Irak, l’Afghanistan ou le Sri Lanka, la religion d’amour, de tolérance et de paix poursuit sa marche expansionniste …

Et où en Occident, les mêmes parangons de vertu progressiste qui au nom de la défense de l’environnement appellent à la restriction démographique en Europe commanditent, entre mariage, PMA et bientôt GPA pour tous ou au nom des droits des animaux attaques de laboratoires ou de boucheries, des bateaux pour aider les trafiquants humains à approvisonner les eros centers de Rome ou de Berlin …

Ou les mêmes belles âmes qui vivent grassement de la représentation cinématographique, numérique ou médiatique de la violence …

Comme de l’exploitation de la main d’oeuvre bon marché qui avec leurs encouragements déferle désormais sans contrôle sur nos plages et nos frontières …

Nous font la morale sur nos prétendues crispations et manque d’ouverture face à la destruction non seulement, comme nous en avertissait tout récemment encore le Dalai Lama, de nombre de nos emploi mais, entre deux attentats ou agressons sexuelles, de nos modes de vie et cultures …

Comment ne pas voir …

Les limites des prétendues analyses de nos médias, anthropologues ou documentaristes

Qui après avoir, contre toute évidence historique, réduit le bouddhisme à la religion par excellence de la paix …

Nous présentent sauf rares exceptions l’actuel conflit interethnique en Birmanie …

Entre une majorité dont l’aversion au sang versé va jusqu’à la vénération de « vaches sacrées » …

Et une minorité éleveuse de bétail toujours adepte des sacrifices sanglants …

Comme au moment où la croix gammée bascule est sur le point de basculer du côté de sa forme inversée nazie, le simple dévoiement d’un bouddhisme par essence pacifique par la figure tristement célèbre du moine Ashin Wirathu

Tout récemment visé, après son instrumentalisation par la junte au pouvoir, par un mandat d’arrêt pour sédition par son propre gouvernement …

Et qualifié alternativement dans les médias occidentaux de « Ben Laden birman », « Hitler bouddhiste », « visage du terrorisme bouddhiste », « haine en robe safran » ou « fan de Trump » …

Face aux nouveaux juifs et victimes, entre deux attaques de postes-frontières par d’un groupe de rebelles dit « de l’Armée du salut »,  d’une « progression planétaire de l’islamophobie » ?

Cyrielle Cabot

Asialyst

Le lieu commun veut que le bouddhisme échappe à toute violence. Découvert en Occident au XIXème siècle, il y est surtout perçu comme une philosophie reposant sur des pratiques spirituelles. Pourtant, depuis plusieurs années, cette image est mise à mal. En Birmanie, pays peuplé à 90% de bouddhistes, des moines développent des discours violents et extrémistes à l’encontre des musulmans. Parmi eux, le bonze Ashin Wirathu, surnommé le « Ben Laden » birman et leader d’un groupe nationaliste appelé Ma Ba Tha, « l’Association pour la protection de la race et de la religion ». Depuis août dernier, ces moines sont sous le feu des projecteurs en raison des atrocités commises contre les Rohingyas, minorité ethnique musulmane et apatride qui vit majoritairement dans l’État de l’Arakan, dans l’ouest du pays. Quelles sont les caractéristiques du bouddhisme pratiqué en Birmanie ? Comment expliquer le développement de ce discours radical ? Quelle est la réponse du gouvernement d’Aung San Suu Kyi ?

1. Qu’est ce que le bouddhisme Theravada, la religion majoritaire de Birmanie ?

En Birmanie, 90% de la population est de confession bouddhiste. Partagée par 500 millions d’adeptes en Asie, cette religion, perçue en Occident de manière simpliste comme une philosophie non-violente reposant sur des pratiques comme la méditation, a en fait une réalité complexe.
On ne peut pas parler du bouddhisme au singulier. Il existe en fait trois grandes écoles correspondant à trois zones géographiques bien distinctes. L’école Vajrayana, très minoritaire, est pratiquée au Tibet. C’est la plus connue en Occident. L’école Mahayana ou « bouddhisme du grand véhicule » est implantée en Corée, en Chine, au Japon et dans une grande partie du Vietnam. En Birmanie, comme en Thaïlande, au Laos, au Cambodge ou encore au Sri Lanka, on pratique le bouddhisme Theravada ou « bouddhisme du petit véhicule ».
Le bouddhisme Theravada est aussi appelé « la voie des Anciens » : c’est l’école la plus ancienne et la plus proche du bouddhisme primitif. Ses adeptes suivent un enseignement traditionnel pour atteindre le Nirvana, étape de perfection ultime, qui se traduit par la capacité à se détacher de tout sentiment. Il s’agit de sortir du monde terrestre en se détachant des réalités « impermanentes », écrit Henri Tincq.« D’où le développement d’une spiritualité, dans le theravâda, du « non-attachement », puissante chez les moines, qui s’interdisent toute activité mondaine. » Les moines ne travaillent pas, ne se font pas à manger et dépendent ainsi complètement des dons de la population laïque.
Face à cette population bouddhiste majoritaire, 6% des 53 millions de Birmans sont chrétiens et 4% sont musulmans.

2. Comment le bouddhisme s’est-il radicalisé ?

Dans les pays de tradition Theravada, les nations se sont souvent constituées en s’appuyant sur une légitimité religieuse. La Birmanie ne fait pas exception. « En 1980, le régime de Ne Win a recréé le Sangha, le clergé birman. Il en a centralisé l’administration et l’a placé sous l’autorité du pouvoir politique, rappelle l’anthropologue Bénédicte Brac de la Perrière. Plus tard, les militaires ont utilisé la religion pour justifier leur présence au pouvoir. » Ainsi, quand bien même les moines birmans ne devraient pas participer à la vie politique du pays, leur clergé est bel et bien politisé.
Ce constat fait, il est plus simple de comprendre le développement d’un discours nationaliste parmi les moines. « Il y a des liens fermement établis entre les nationalismes sud-asiatiques et le bouddhisme, depuis le mouvement de décolonisation du XIXe siècle, et dès le début du XXe siècle un peu partout en Asie du Sud-Est », explique l’anthropologue Lionel Obadia. En 2007, lors de la « Révolution de Safran », des manifestations de moines sont réprimées violemment par l’armée pour avoir protesté pacifiquement contre la hausse des prix initiée par la junte militaire. Pour l’universitaire britannique Paul Fuller, spécialisé dans l’étude du bouddhisme, cela participe encore à renforcer le lien entre nationalisme et bouddhisme. « Jusqu’alors, pour la majorité des Birmans, être un bon bouddhiste, c’était respecter les doctrines du calme mental, du non-attachement et de la compassion, explique Paul Fuller dans un entretien à Asialyst. La Révolution de Safran montre au grand jour l’implication politique des moines et fait naître une nouvelle idée : pour être un bon bouddhiste, il faut aussi agir pour le bien de son pays. » De là se répand une théorie : pour être un bon birman, il faut être un bon bouddhiste. « Les nationalistes s’appuient sur cette idée pour justifier leurs violences : ils luttent pour la protection du bouddhisme et donc, a fortiori, pour la culture birmane. »
Enfin, depuis 2011 et l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Thein Sein puis, de façon encore plus frappante depuis 2015 et l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, les discours nationalistes se font de plus en plus visibles. Pour cause, les mutations politiques et l’ouverture du pays après des années de repli sur lui-même ont entraîné une perte de repères pour la population et renforce la peur d’une disparition progressive de la culture birmane. Par ailleurs, les discours nationalistes sont désormais diffusés beaucoup plus amplement au sein de la population du fait de la démocratisation de l’usage des réseaux sociaux, qui permet de faire transmettre des messages jusqu’alors passés sous silence.

3. Comment est né Ma Ba Tha, le principal groupe radical bouddhiste ?

*Matthew Walton and Susan Hayward, « Contesting Buddhist Narratives: Democratization, Nationalism, and Communal Violence in Myanmar », in Policy Studies n°71, East-West Center, Honolulu, Hawaï.

En 2011, des affiches et des autocollants portant l’inscription « 969 » apparaissent un peu partout en Birmanie. Ces chiffres, qui font référence aux trois joyaux du Bouddha, donnent leur nom à un mouvement nationaliste et anti-islamique dirigé par un moine de Mandalay, Ashin Wirathu. À travers cette campagne d’affichage, le bonze incite les Birmans à acheter uniquement dans des magasins tenus par des bouddhistes et à boycotter ceux tenus par des musulmans. Alors que le mouvement se répand, des violences à l’encontre des musulmans touchent l’ensemble du pays. En mars 2013, des émeutes éclatent à Meiktila, dans le centre du pays. Pendant trois jours, des magasins et des habitations appartenant à des musulmans sont saccagés. 40 personnes sont tuées. D’autres émeutes similaires ont lieu dans la région de Bagan puis de Rangoun. Jugé responsable de ces violences, le mouvement « 969 » est interdit. Les leaders ne l’entendent pas de cette oreille. En 2013, peu après l’interdiction du mouvement 969, émerge un groupe nommé Ma Ba Tha, ou « Association pour la protection de la race ou de la religion ». Grâce à des centaines de cellules qui quadrillent le territoire national, Ma Ba Tha devient rapidement le plus important des groupes nationalistes bouddhistes*.

À l’approche des élections législatives de 2015, Ma Ba Tha parvient à développer un réel pouvoir politique. Grâce à un fort lobbying, il fait passer quatre lois entre mai et août, en pleine campagne pour les élections. Ces lois, qui visent clairement les musulmans, permettent un contrôle des naissances dans certaines régions et pour certaines minorités ethniques. Pour se convertir à une autre religion que le bouddhisme ou pour se marier avec une non bouddhiste, il faudra désormais l’accord des autorités locales. Enfin, la polygamie et l’infidélité sont interdites et passibles d’emprisonnement. Plusieurs ONG, comme Human Rights Watch, dénoncent alors des lois « discriminatoires » qui « ignorent les droits humains fondamentaux ». En Birmanie, leur adoption entraîne un mois de festivités organisées par Ma Ba Tha.
A noter que maintenant, il faut nommer Ma Ba Tha, la fondation philanthropique Buddhadhamma. L’été dernier, le conseil des grands maîtres du Sangha Maha Nayaka, dont les membres sont choisis par le gouvernement, a demandé à Ma Ba Tha de cesser toutes activités. Les moines leaders ont refusé d’obtempérer et ont simplement changé de nouveau le nom de leur organisation.

4. Pourquoi les bouddhistes birmans s’en prennent-ils aux Musulmans ?

Une théorie persiste dans l’esprit de nombreux Birmans depuis le début des années 1990 : l’Islam mettrait en péril le bouddhisme. « De nombreux moines et politiciens birmans ont inlassablement répété ces dernières années que l’Islam, perçu comme expansionniste, est une menace. L’Islam écraserait une culture bouddhiste fragile et la société s’en retrouverait ébranlée », explique le journaliste Francis Wade à Asialyst, auteur de l’ouvrage Myanmar’s Enemy Within: Buddhist Violence and the Making of a Muslim « Other ». En mars 2011, la destruction des bouddhas de Bamiyan, en Afghanistan, par des Talibans afghans, renforce encore cette thèse. Les Musulmans sont ainsi perçus comme un ennemi intérieur qui viole les femmes, qui les force à se marier et à se convertir à l’Islam, qui vole les terres des bouddhistes, etc.
« Il faut resituer ces discours dans le contexte planétaire, de la progression de l’islamophobie. Une idée s’est installée en Birmanie, selon laquelle le bouddhisme des origines s’inscrivait dans une aire géographique comprenant une large partie de l’Asie, de l’Afghanistan à la Malaisie, englobant l’Inde, et qu’il ne concerne plus aujourd’hui que l’Asie du Sud-Est et le Sri Lanka pour la branche du Theravada, du fait de la pression de l’Islam », explique l’anthropologue Bénédicte Brac de la Perrière. « Le groupe « 969 » fait partie de mouvements réactionnels liés à des problèmes identitaires. On a le sentiment d’être agressé par des marges, on réagit en se protégeant. C’est une manière de se définir contre l’autre. Le bouddhisme est dans ce cas une arme symbolique », résume ainsi Raphaël Logier, directeur de l’Observatoire du religieux à l’IEP d’Aix-en-Provence.
Cette peur est exacerbée depuis l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi. Ma Ba Tha considère que la Prix Nobel de la Paix est « soumise » aux désirs de la communauté internationale et qu’elle souhaite privilégier les minorités religieuses et ethniques au détriment de la foi bouddhiste et des « vrais » Birmans.

5. Pourquoi les Rohingyas cristallisent-ils cette haine contre les musulmans ?

L’État de l’Arakan, où vivent des milliers de Rohingyas musulmans, symbolise la frontière entre l’Asie bouddhiste et l’Asie musulmane. De nombreux Birmans pensent ainsi que si les bouddhistes de l’Arakan ne protègent pas leurs frontières et n’empêchent pas les Musulmans d’entrer, alors la Birmanie et le reste de l’Asie du Sud-Est deviendra inévitablement musulmane. Depuis 1982, les Rohingyas sont d’ailleurs considérés comme des immigrés illégaux et on leur refuse la citoyenneté. Ils sont apatrides. En août dernier, le Haut-Commissariat de l’ONU dénonçait ainsi des décennies de « violations persistantes et systématiques des droits de l’homme » envers les Rohingyas. L’ethnie n’est pas la seule visée. Depuis 2011, le sentiment anti-musulman s’est développé sur l’ensemble du territoire comme l’ont montré les campagnes d’affichage du mouvements « 969 » et les violentes manifestations qui suivirent visant ouvertement les musulmans.
La crise qui touche actuellement les Rohingyas n’est cependant pas qu’un conflit religieux. Les Rohingyas sont perçus comme une menace pour la sécurité intérieure du pays. L’attaque de postes-frontières par des rebelles de l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA) à la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, qui a fait douze morts en août dernier, a renforcé cette perception. C’est d’ailleurs cet événement qui a mis le feu aux poudres et entraîné une vague de répression sans précédent de la communauté. Au moins 354 villages rohingyas ont été partiellement ou entièrement détruits depuis le 25 août, selon Human Rights Watch. L’ONU, de son côté, dénonce des exactions perpétrées par l’armée birmane. Au total, près de 650 000 Rohingyas ont fui le pays et s’entassent désormais dans des camps au Bangladesh souffrant de malnutrition sévère.

6. Qui est Ashin Wirathu, le « Ben Laden » birman ?

Un « Ben Laden », un « Hitler », le « visage de la haine » : voilà les surnoms du moine Ashin Wirathu, une figure tutélaire de Ma Ba Tha. Depuis 2001, le moine de 48 ans déverse sa haine contre les musulmans. Très actif sur les réseaux sociaux, il inonde ses pages de messages où il accuse les musulmans de meurtre ou de viol sans la moindre preuve. Lors de ses prêches au vitriol, on peut entendre : « Vaut-il mieux épouser un clochard ou un musulman ? » Réponse : « Un clochard ! » Et d’ajouter : « Et vaut-il mieux se marier avec un chien ou avec un musulman ? » Réponse : « Un chien, car, contrairement au musulman, un chien ne vous demandera jamais de changer de religion… » Le bonze n’est jamais avare en outrances. Cette réputation sulfureuse lui a valu de faire la Une du Time en 2013. Le journal titrait alors, à côté de son portrait, « Le visage de la terreur bouddhiste ». Plus récemment, Wirathu a été l’objet d’un documentaire de Barbet Schroeder, Le vénérable W, où le réalisateur essaie de comprendre comment un moine censé prôner la compassion et la tolérance peut tomber dans la haine.
Dans le documentaire de Shroeder, le bonze apparaît en 2003 en train de distribuer des tracts à des jeunes à Kyauske, sa ville natale. Quelques semaines plus tard, des émeutes éclatent dans la ville faisant onze morts. Wirathu est arrêté et condamné à 25 ans de prison pour incitation à la haine. Il est amnistié en 2012 par le nouveau gouvernement civil du président Thein Sein. Dès sa sortie, il lance le mouvement « 969 ». S’appuyant sur des images d’archives et des interviews du bonze, le documentaire montre un Wirathu qui voue un quasi-culte à Donald Trump et espère convaincre des dangers de l’Islam à travers le monde.
Cet été, alors que le documentaire sort en salles en France, Wirathu, lui, connaît des difficultés dans son pays. Fin janvier 2017, il est allé trop loin : après le meurtre d’un avocat musulman et conseiller juridique de la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi, il a remercié les quatre suspects du meurtre sur sa page Facebook et s’est dit « soulagé pour l’avenir du bouddhisme dans son pays ». En mars dernier, le clergé bouddhiste a soumis le bonze au silence. Il a désormais interdiction de « se livrer à des sermons à travers la Birmanie jusqu’au 9 mars 2018 ». Depuis, le moine apparait en public la bouche recouverte d’un adhésif.

7. Ces groupes radicaux ont-ils beaucoup d’adeptes ?

Il faut nuancer le pouvoir réel de Ma Ba Tha qui, même s’il est influent, reste un groupe minoritaire dans un pays où le clergé est, certes conservateur, mais pas ouvertement xénophobe. Il est perçu, avant tout, comme un mouvement destiné à la protection et à la promotion du bouddhisme dans un pays en pleine mutation et grâce à cela, il jouit d’une image positive au sein de la population. Dans un rapport de l’International Crisis Group publié en septembre dernier, le think tank américain rappelle que, pour beaucoup de Birmans, diffuser les valeurs du bouddhisme (compassion, charité, etc.) permettrait d’établir la paix entre les ethnies. C’est donc un paradoxe : les détracteurs dénoncent un groupe promouvant des discours de haine, tandis que les défenseurs vantent un mouvement promouvant la paix.
Par ailleurs, beaucoup adhèrent au mouvement pour ses nombreuses actions sociales sans adhérer aux discours nationalistes qui y sont prêchés. Ma Ba Tha est en effet parvenu à rassembler de nombreux soutiens en s’affirmant comme un véritable acteur social en Birmanie. La charité a toujours été une valeur bouddhiste : les moines ont un rôle d’accueil et d’aide aux pauvres, aux personnes âgées et aux malades. Lors des importantes inondations dans le nord du pays en 2015, les membres de Ma Ba Tha ont apporté une aide conséquente aux populations en organisant des levée de fonds ou en se rendant au chevet des victimes. De même, le groupe a financé en partie la restauration de pagodes détruites à Bagan lors d’un tremblement de terre en 2016.
L’association est aussi connue pour ses nombreuses actions en faveur de l’éducation. Elle a permis la construction de plusieurs écoles Dhamma. Ces « écoles du dimanche » délivrent un enseignement bouddhiste aux enfants, notamment à travers l’apprentissage du pâli, la langue des textes anciens. Enfin, cela peut étonner : Ma Ba Tha compte de nombreuses femmes dans ses rangs. Ces dernières sont engagées dans des grandes campagnes d’information pour sensibiliser les femmes des zones rurales sur leurs droits en matière de mariage et de pratiques religieuses. Beaucoup affirment donc intégrer Ma Ba Tha pour des raisons féministes. Dans certaines régions où les populations se sentent délaissées par le gouvernement sur l’éducation ou la santé, Ma Ba Tha devient ainsi la meilleure solution alternative.

8. Que fait le gouvernement d’Aung San Suu Kyi pour lutter contre ces groupes ?

Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi a mis en oeuvre des efforts considérables pour tenter de faire taire les voix nationalistes. Preuve en est, il a poussé le clergé birman à interdire le mouvement « 969 » puis plus récemment Ma Ba Tha. Il faut dire que la Prix Nobel de la Paix est souvent la cible des critiques de ces moines nationalistes qui lui reprochent de servir les intérêts de la communauté internationale avant ceux de son pays. Ils critiquent ses discours de réconciliation nationale qu’ils voient comme une porte ouverte aux dérives islamiques mettant en péril de bouddhisme.
Lors des élections de 2015, la plupart des dirigeants de Ma Ba Tha n’ont pas officiellement affirmé leur soutien à un candidat. En revanche, le président de l’association de l’époque, Ashin Thiloka, avait appelé à voter pour le candidat qui « protégerait les lois sur la race et la religion ». Ashin Wirathu, lui, avait explicitement appelé à voter pour le Parti de l’Union et du Développement, principal rival de la Ligue nationale pour la Démocratie.
Les efforts du gouvernement sont néanmoins restés inefficaces. Dès l’interdiction de Ma Ba Tha, le mouvement est réapparu sous un nouveau nom. Ashin Wirathu a interdiction de prêcher, il diffuse donc de vieux enregistrement de ses discours lors de meetings… Selon l’International Crisis Group, ces interdictions gouvernementales permettent même de mettre de l’eau au moulin de Wirathu. « Chaque fois que le gouvernement interdit un de ces groupes, la théorie du bouddhisme en danger se renforce donnant plus de légitimité aux discours nationalistes. Au lieu d’être sur la défensive, le gouvernement devrait redéfinir la place du bouddhisme dans la Birmanie actuelle », analyse le think tank.

9. Existe-t-il des mouvements similaires dans d’autres pays asiatiques ?

*Mikael Gravers, « Anti-Muslim Buddhist Nationalism in Burma and Sri Lanka », in Contemporary Buddhism.

Lorsqu’Ashin Wirathu lance sa campagne « 969′, des moines créent au Sri Lanka le parti Bodu Bala Sena (BBS), « Force du pouvoir bouddhiste ». Comme Ma Ba Tha, ils développent une rhétorique violente à l’encontre de l’Islam. Dans le pays, la plupart des bouddhistes appartiennent à l’ethnie cingalaise qui représente les trois quarts de la population. « Le pays appartient aux Cingalais, ce sont eux qui ont créé cette civilisation et sa culture ! explique un moine membre du mouvement à la BBC. Nous devons rendre le pays aux Cingalais. Nous nous battrons jusqu’au bout. » Ma Ba Tha et le BBS s’affichent d’ailleurs comme des alliés : en 2014, Wirathu avait reçu un accueil triomphal à Colombo de la part des moines du BBS*.

Les idées de Ma Ba Tha trouvent aussi un écho en Thaïlande où le sud du pays est en proie à une rébellion séparatiste musulmane. Certains moines ont ainsi à plusieurs reprises mis en avant le « danger de l’islam », appelant à faire du bouddhisme une religion d’État. Quelques-uns de ces religieux ont d’ailleurs appelé à réserver aux musulmans séparatistes du sud du pays « le même sort qu’aux Rohingyas ».

10. Quelle est la position du Dalaï-lama ?

Figure iconique du bouddhisme et chef spirituel des bouddhistes tibétains, le Dalaï-lama n’a aucune autorité sur les pratiquants de l’école Theravâda. Il n’est donc qu’une voix de la communauté internationale parmi tant d’autres. En juillet 2014, il avait condamné Ma Ba Tha et son homologue sri-lankais BBS, exhortant « les bouddhistes de ces pays à avoir à l’esprit l’image du Bouddha avant de commettre ces crimes ». Et d’ajouter : « Le Bouddha prêche l’amour et la compassion. Si le Bouddha était là, il protégerait les musulmans des attaques des bouddhistes. » En septembre dernier, lui qui ne s’est pas rendu en Birmanie depuis l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, a explicitement pris la défense des Rohingyas, plaidant que Bouddha aurait « aidé ces pauvres Musulmans ».
Un mois plus tard, une autre voix religieuse s’est exprimée sur le sujet : le Pape François. En visite pour la première fois en Birmanie, il a prononcé un discours très engagé devant des représentants politiques et de la société civile. Il a appelé à « construire un ordre social juste, réconcilié et inclusif » qui garantit « le respect des droits de tous ceux qui considèrent cette terre comme leur maison. (…) L’avenir de la Birmanie doit être la paix, une paix fondée sur le respect de la dignité et des droits de tout membre de la société, sur le respect de tout groupe ethnique et de son identité, sur le respect de l’Etat de droit et d’un ordre démocratique qui permette à chaque individu et à tout groupe – aucun n’étant exclu – d’offrir sa contribution légitime au bien commun », a insisté le Souverain Pontif. François avait au préalable accepté de ne pas prononcer le mot « Rohingya », sur la demande expresse des catholiques birmans, par peur des représailles.
A propos de l’auteur
Jeune journaliste diplômée de l’école du CELSA (Paris-Sorbonne), Cyrielle Cabot est passionnée par l’Asie du Sud-Est, en particulier la Thaïlande, la Birmanie et les questions de société. Elle est passée par l’Agence-France Presse à Bangkok, Libération et Le Monde.

Voir aussi:

Birmanie. Au cœur de la croisade antimusulmane des bouddhistes radicaux

Représentant à peine 5 % de la population, la minorité musulmane birmane fait l’objet d’une campagne de discrimination orchestrée par des bouddhistes radicaux. Ils réclament notamment la fermeture des abattoirs et commerces tenus par les musulmans.

En Birmanie, où la population est majoritairement bouddhiste, la minorité musulmane représente environ 5 % des habitants. Dans le delta de l’Irrawaddy, les musulmans vivent essentiellement des activités liées aux abattoirs et au commerce du bœuf. Actuellement, les entreprises musulmanes sont la cible de l’islamophobie que propagent les extrémistes bouddhistes, dont la voix a beaucoup gagné en puissance avec l’ouverture politique de la Birmanie.

Depuis fin 2013, une campagne soutenue par Ma Ba Tha [association birmane “pour la protection de la race et de la religion”, créée en juin 2013 – lire aussi encadré à la fin de l’article] a forcé à fermer des dizaines d’abattoirs et d’usines de transformation de viande tenus par des musulmans dans la région d’Ayeyarwady [région du sud de la Birmanie]. Des milliers de vaches ont été enlevées de force à leurs propriétaires musulmans. Les commerces de certains musulmans ont vu leurs revenus s’effondrer. Des documents officiels que nous avons obtenus et des entretiens avec des représentants de l’Etat révèlent que les hauts fonctionnaires soutiennent cette croisade.

Lwin Tun, 49 ans, a investi dans les secteurs du bâtiment, de l’immobilier et de l’hôtellerie, à la fois dans le delta et dans la région de Rangoon. Selon lui, les actions de Ma Ba Tha menacent gravement ses intérêts. “La campagne appelant à un boycott des entreprises gérées par des musulmans dure depuis quelque temps, affirme-t-il. Des tracts sont distribués. La police le sait, mais ne fait rien.

En 2014, en raison de la pénurie de bétail et du renforcement des restrictions gouvernementales, les populations musulmanes du delta de l’Irrawaddy n’ont pas pu fêter l’Aïd el-Kébir, lors duquel des vaches sont sacrifiées selon la tradition islamique. “Ces actions sont une infraction directe à nos droits religieux fondamentaux, martèle Al Haji Aye Lwin, responsable du Centre islamique de Rangoon. D’après moi, les entreprises [musulmanes] perdent dans l’ensemble 30 % de leur chiffre d’affaires.

Kyaw Sein Win, un porte-parole de Ma Ba Tha au siège de Rangoon, affirme que sauver des vies est un aspect central de la philosophie bouddhiste. “Nous ne ciblons pas délibérément les entreprises [musulmanes]. Ils tuent des animaux car ils pensent que cela les rend méritants. C’est la principale différence entre eux et nous”, a-t-il déclaré à Myanmar Now.

Minorité musulmane

L’appel à un boycott des entreprises musulmanes a reçu peu d’écho dans les villes, mais la campagne contre les sacrifices, qui repose sur l’aversion traditionnelle des bouddhistes pour l’abattage des vaches, a porté auprès des fidèles du delta de l’Irrawaddy. Dans cette région, cœur de la riziculture birmane, des dizaines de milliers de musulmans, pour la plupart commerçants en ville, vivent aux côtés d’environ six millions de riziculteurs, bouddhistes en majorité.

Traditionnellement, les agriculteurs birmans utilisent les vaches et les bœufs comme animaux de trait. Ils ne les vendent aux abattoirs que pour gagner rapidement une importante somme d’argent, en vue d’un mariage ou pour payer un traitement médical. Ma Ba Tha n’a pas demandé aux agriculteurs de ne plus vendre leur bétail. Sa stratégie consiste à s’emparer des licences des abattoirs.

En 2014, les moines radicaux du delta de l’Irrawaddy ont créé l’organisation Jivitadana Thetkal (“Sauver des vies”), qui appelle les monastères de la région à collecter chacun environ 100 dollars dans leur congrégation afin de permettre le rachat des licences. “Nous soutenons cette campagne menée par Jivitadana Thetkal, a déclaré le porte-parole Kyaw Sein Win. La plupart de ses membres appartiennent aussi à Ma Ba Tha, mais le siège ne leur donne aucune instruction directe.

Moines radicaux

Les moines bouddhistes radicaux ont prononcé des sermons enflammés dans les villages du delta pour propager l’idée que l’abattage de vaches constitue un affront au bouddhisme et participe de l’objectif musulman d’exterminer le bétail. “Soyons vigilants, avertissent les paroles d’une chanson jouée lors de ces manifestations. Moines bouddhistes et civils, ne soyez plus passifs. Si vous le restez, notre race et notre religion disparaîtront.

Pyinyeinda, 65 ans soutient le mouvement. “Notre région est confrontée au risque de perdre son bétail. Les kalars ont déjà tué des milliers de vaches”, affirme ce moine d’Athoke, employant un terme péjoratif pour qualifier les personnes qui ont des origines indiennes [les nationalistes contestent aux musulmans leurs origines birmanes]. “Vous savez pourquoi ? Ils s’entraînent pour nous égorger ensuite.”

Assis à un bureau sur lequel sont entassés de nombreux livres pour enfants qui reprennent les préceptes du Ma Ba Tha, le chef du gouvernement de la région d’Ayeyarwady, Thein Aung, reconnaît qu’il a approuvé la réduction de moitié du prix de vente des licences des abattoirs à l’organisation radicale et qu’il a soutenu ces opérations. Cet ancien général nommé à son poste par le président Thein Sein en 2011 précise :

En tant que bouddhiste, je m’oppose au massacre de bétail. Par conséquent, j’ai accepté les demandes des moines qui mènent cette campagne. Je les ai aidés à obtenir les licences des abattoirs” .

Il explique que son administration envoie des unités spéciales pour mener des arrestations si les militants signalent des infractions. Les membres de Ma Ba Tha ont ainsi commencé à surveiller les abattoirs et le transport de bétail en vue d’y faire des descentes. Ils dénoncent des infractions présumées aux licences qui limitent le nombre d’animaux pouvant être tués.

Un document officiel de 2014 donne l’ordre aux agents administratifs de 26 localités de coopérer avec les membres de Ma Ba Tha qui surveillent les abattoirs. Dans les villages et les petites villes du delta de l’Irrawaddy, rares sont ceux qui s’aventurent dans le dédale de rizières et de cours d’eau après la tombée de la nuit. Mais à Kyonpyaw, à 150 kilomètres environ de Rangoon, Win Shwe, un secrétaire local de Ma Ba Tha, agit de nuit avec la coopération d’un groupe de moines et de civils.

En 2014, le groupe a collecté environ 25 000 dollars grâce à des dons publics pour racheter six licences d’abattoirs, mais la plus chère de la ville restait inabordable. Pour atteindre leur objectif, ils ont décidé de prouver que l’abattoir ne respectait pas les quotas de sa licence. “Cette usine n’était autorisée à abattre qu’une vache par jour. Quand nous voyions des signes suspects, comme un trop grand nombre de vaches menées à l’intérieur, nous courions vers le bâtiment depuis notre cachette pour vérifier ce qui se passait”, explique-t-il lors d’une interview dans un café local. Win Shwe raconte fièrement :

Lors de nos deux premières descentes, nous avons découvert que plus de vaches étaient tuées que ne l’autorise la loi. Nous avons donc fait pression sur les autorités municipales pour qu’elles mettent sur liste noire le propriétaire musulman. Elles ont fini par le faire et il a dû fermer son abattoir”.

Win Shwe et ses compagnons revendiquent également la saisie de plus de 4 000 animaux vivants dans le delta depuis début 2014. Beaucoup de ces bêtes ont ensuite été données à des agriculteurs pauvres de la région pour devenir des animaux de trait, à condition qu’ils s’engagent à ne pas les tuer ou les vendre.

Au milieu de l’année 2014, selon des documents obtenus par Myanmar Now, des militants ont toutefois reçu l’accord des autorités pour mettre en œuvre un nouveau plan visant à envoyer le bétail saisi à des populations bouddhistes de Maungdaw, dans l’Etat d’Arakan, à environ 500 km au nord-ouest du delta de l’Irrawaddy.

Cette localité très pauvre, la plus à l’ouest du pays, est située sur la frontière avec le Bangladesh. Les musulmans y sont plus nombreux que les bouddhistes. La frontière, que Ma Ba Tha se plaît à appeler “la porte occidentale” du pays, est sous le strict contrôle du gouvernement.

Pression démographique

Selon la presse, des centaines d’Arakanais qui vivaient dans l’est du Bangladesh se sont réinstallés de l’autre côté de la frontière depuis 2012. Les autorités birmanes ont envoyé les membres de cette ethnie bouddhiste vivre dans des “villages modèles” à Maungdaw, dans ce qui ressemble à une tentative d’accroître la population bouddhiste dans la zone.

Par un courrier daté d’août 2014, les autorités de la région d’Ayeyarwady ont notifié à plusieurs localités qu’elles avaient accepté une demande de l’Association des jeunes bouddhistes de Rangoon de rassembler une centaine de vaches pour les envoyer à Maungdaw depuis le port de Maubin, dans le delta. Cette mesure avait pour but de “protéger la porte occidentale contre l’afflux de musulmans”, selon Win Shwe.

Sans cette porte occidentale, le territoire sera inondé de Bengalis [musulmans du Bangladesh]”, déclare Sein Aung dans un bureau richement décoré d’emblèmes nationalistes, dont des drapeaux portant des swastikas bouddhistes. Sein Aung, qui se qualifie de bouddhiste arakanais, est un ancien agent du renseignement militaire. Il dirige à Shwepyithar la branche de l’Association des jeunes bouddhistes de Rangoon.

Pénurie de bœuf hallal

Sean Turnell, professeur d’économie à l’université Macquarie de Sydney, en Australie, explique que le boycott qui touche les entreprises musulmanes nuit à l’image de la Birmanie sur la scène internationale, notamment auprès des investisseurs potentiels qui s’inquiètent de l’instabilité politique. “A petite échelle, il semble que toutes sortes de sociétés soient touchées, des petits commerces aux transporteurs, en passant par des bailleurs de fonds”, précise-t-il.

Un restaurateur musulman de la ville de Kyaungon, dans le delta, affirme que son chiffre d’affaires est passé de 100 dollars à 20 dollars environ à la suite du boycott. Cet homme, qui souhaité garder l’anonymat, a expliqué qu’il ne pouvait plus fournir de bœuf halal à ses clients et confie :

On ne peut plus acheter de bœuf dans toute la région d’Ayeyarwady. Si on veut du bœuf halal, il faut que quelqu’un le fasse venir de Rangoon”.

Devant son restaurant, une immense affiche est placardée : une vache y est représentée, accompagnée d’un verset à la gloire du rôle mythique de l’animal en tant que “mère” de l’humanité. Une image probablement posée par des sympathisants de Ma Ba Tha. La plupart des musulmans qui vivent dans le delta de l’Irrawaddy n’osent pas dénoncer la campagne de peur de subir des représailles de Ma Ba Tha. Certains expliquent que la population musulmane ne peut que se faire discrète, dans l’espoir que la vague actuelle de nationalisme bouddhiste finisse par reculer. “Nous n’avons aucun pays où fuir, résume Khin Maung, responsable d’une mosquée à Kyaungon. Nous sommes tous nés ici, et c’est ici que nous avons grandi.”

Swe Win

POUR EN SAVOIR PLUS

L’Association pour la protection de la race et de la religion, Ma Ba Tha, a gagné du terrain avec l’avènement de la démocratie birmane. Elle a été créée en juin 2013 à la suite d’affrontements qui avaient opposé des bouddhistes et des musulmans, en 2012. Son deuxième congrès s’est tenu en juin 2015 et aurait, selon l’organisation, attiré 6 800 moines et civils. Ma Ba Tha a alors publié un communiqué affirmant qu’elle appellerait le gouvernement à interdire aux musulmans de sacrifier des animaux dans le cadre de manifestations religieuses. Les détracteurs de Ma Ba Tha font valoir que ses activités ne sont pas représentatives de l’ensemble du clergé bouddhiste en Birmanie, qui compte 250 000 membres, selon les données officielles. Les moines associés à Ma Ba Tha ont publiquement accusé le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), d’être incapable de protéger le bouddhisme.

Wirathu, le moine bouddhiste islamophobe visé par un mandat d’arrêt

Une plainte pour sédition a été déposée le 28 mai contre le moine bouddhiste U Wirathu. Le religieux encourt la prison à vie.

U Wirathu avait acquis une notoriété planétaire en 2013 quand le magazine américain Time avait décidé de publier son portrait en couverture sous le titre sans appel : “Le visage du terrorisme bouddhiste”. En rupture avec l’image de tolérance communément associée au bouddhisme, le moine assumait haut et fort ses propos haineux, pour ne pas dire ses appels au crime, dirigés contre les musulmans. En 2017, il avait été interdit de prêche pendant une année en raison de “ses discours de haine contre des religions”, selon le communiqué de l’autorité supervisant la sangha, la communauté des moines bouddhistes.

Aujourd’hui, ce sont des propos visant Aung San Suu Kyi qui semblent lui valoir ses ennuis avec la justice, rapporte le site Myanmar Now. “Mardi après-midi [28 mai], San Min, du Département de l’administration générale, a déposé une plainte contre le moine [pour sédition]”, précise le site. La loi sur la sédition, qui “interdit tout ce qui peut conduire à la haine ou à un outrage du gouvernement”, prévoit des peines allant jusqu’à la prison à perpétuité.

Tournée de meetings

Myanmar Now dit ne pas connaître avec certitude les faits reprochés au moine. “Wirathu a animé récemment à travers le pays une série de meetings pour dénoncer la volonté du gouvernement civil d’amender la Constitution de 2008, qui octroie aux généraux des pouvoirs étendus.” Et, durant l’un de ces rassemblements à Myeik, dans l’extrême sud de la Birmanie, il s’en serait pris à Aung San Suu Kyi, de facto à la tête du pays :

Lorsque des commissions sont mises sur pied, elles le sont avec des étrangers. Ceux qui la conseillent sont tous des étrangers. Ceux qui l’accompagnent sont tous des étrangers.”

Avant d’ajouter : “Ceux qui couchent avec…” Wirathu se serait alors arrêté, provoquant des éclats de rire parmi les 300 personnes venues l’écouter.

U Wirathu est rattaché à un monastère de Mandalay. Myanmar Now dit ne pas savoir où il se trouve actuellement. Mais un juge aurait ordonné à la police de l’amener à Rangoun avant le 4 juin.

Voir par ailleurs:

« Le Vénérable W. », le bouddhiste qui avait la haine

Après ses documentaires consacrés à Idi Amin Dada et Jacques Vergès, l’étonnant Barbet Schroeder boucle sa «trilogie du mal» auprès de Wirathu, le moine birman qui appelle à l’extermination des musulmans

Barbet Schroeder est insaisissable, puisqu’il a touché avec une égal talent le documentaire (Koko le gorille qui parle), la série télé (Mad Men), le cinéma d’auteur (La ValléeMaîtresseLes Tricheurs…) et le cinéma hollywoodien (Le Mystère von BülowJ. F. partagerait appartement).

Barbet Schroeder est infatigable. More (1969), son premier long métrage, film culte, scrute la face d’ombre de l’utopie hippie, incarnée par un jeune couple sombrant à Ibiza dans l’enfer des paradis artificiels; en 2014, le dispensable Amnesia retourne où tout avait commencé, à Ibiza, comme un couvercle qui se referme.

A 76 ans, le cinéaste d’origine suisse a pourtant repris la route. Fasciné depuis toujours par le bouddhisme, cette «religion athée qui permet le pessimisme», il est allé en Birmanie, à la rencontre d’Ashin Wirathu. Auprès de ce bonze plein de haine zen qui appelle à l’extermination des populations musulmanes, il boucle sa trilogie du mal, entamée en 1974 avec Général Idi Amin Dada et poursuivie en 2007 avec L’Avocat de la terreur.

Selon Barbet Schroeder, le thème du mal est «inépuisable, inséparable de l’humanité, particulièrement pour le 20e siècle sans parler du 21e qui a l’air de vouloir faire de la haine et du mensonge des sujets incontournables». Au terme d’un tournage difficile, dangereux, prématurément interrompu par une situation de plus en plus instable en Birmanie, le cinéaste ramène Le Vénérable W., un documentaire édifiant et terrifiant.

Maisons incendiées

Contrairement à son habitude, Barbet Schroeder ne s’est pas contenté de filmer l’agent du mal et de laisser le spectateur découvrir la réalité dans son effrayante nudité. Parce que la Birmanie est méconnue, lointaine, et que la situation politique y est terriblement instable, entre la junte, la présidente Aung San Suu Kyi aux positions ambiguës, les Rohingyas, la minorité musulmane et une centaine d’autres ethnies, le cinéaste a rencontré des journalistes, des moines désapprouvant la croisade de Wirathu. Il a aussi ressemblé des documents d’archives, reportages TV ou fichiers de téléphone portables.

Dès 2001, Wirathu prononce de virulents sermons islamophobes. En 2003, suite à des émeutes musulmanes, il est condamné à 25 ans de prison, dont il sort en 2012, suite à une amnistie générale. A la tête du mouvement 969, interdit en 2013 et aussitôt remplacé par Ma Ba Tha, il incite à la haine, monte en épingle des faits divers, propage des fake news. Il affirme que les musulmans (4% de la population birmane) qui «se reproduisent comme des lapins» (slogan dans une manifestation) mettent en péril l’équilibre de la nation.

Religions tournant à l’horreur

Des foules de moines en robe safran défilent, chantent des chanson nationalistes, éructent de haine, incendient les mosquées et tabassent les gens à mort, pendant que l’armée regarde à côté… Les maisons brûlent par milliers, des corps s’entassent sur des bûchers funéraires. Lorsqu’elles tombent entre les mains des fanatiques, toutes les religions tournent à l’horreur.

Le film se termine sur les images d’une rue pakistanaise embrasée par la colère. Une guerre de religion entre bouddhiste et musulmans serait une belle façon de pepétuer au 21e siècle l’obscurantisme du Moyen Age…

Voir aussi:

Documentaire. “Le Vénérable W” : Barbet Schroeder scrute le doux visage de la haine

Après le dictateur ougandais Amin Dada et l’avocat de la terreur Jacques Vergès, le cinéaste Barbet Schroeder s’est rendu en Birmanie pour clore sa trilogie sur le mal. Il y a rencontré le moine Wirathu, à l’origine de violentes campagnes islamophobes dans le pays. Son fascinant documentaire, Le Vénérable W., sort le 7 juin, en partenariat avec Courrier international.

“Les caractéristiques des poissons-chats d’Afrique sont : ils grandissent très vite. Ils se reproduisent très vite aussi. Et puis ils sont violents. Ils mangent les membres de leurpropre espèce et détruisent les ressources naturelles de leur environnement. Les musulmans sont exactement comme ces poissons.”

Les mots sont assénés d’un ton calme, parfaitement assuré. Celui qui les prononce face caméra, en ouverture du Vénérable W., est loin d’être un obscur inconnu en Birmanie. Le moine Ashin Wirathu est aussi devenu célèbre à l’étranger quand, en 2013, Time, le célèbre magazine américain, l’a mis à sa une avec pour titre “Le visage du terrorisme bouddhiste”.

Le nettoyage ethnique en train de se faire

Présenté en séance spéciale au Festival de Cannes, le documentaire que lui consacre le cinéaste suisse Barbet Schroeder a laissé les critiques médusés. Comme le relève The Hollywood Reporter :

Face à la progression de l’islamophobie en Europe, aux États-Unis et ailleurs, [le] film rappelle que même la doctrine religieuse la plus pacifique risque, si elle est mal interprétée, d’être exploitée à des fins destructrices.”

Barbet Schroeder a pu suivre Wirathu et s’entretenir avec lui pendant une quinzaine d’heures. Il le montre déclamer ses prêches devant des ouailles fascinées et attentives. Alternant avec ces images, d’autres, insoutenables et provenant souvent de films tournés par des témoins indignés, donnent à voir le résultat de ses discours de haine : des quartiers incendiés, des magasins pillés et des hommes battus à mort lors des pogroms islamophobes qui ont éclaté dans le pays au cours des quinze dernières années. “C’est un documentaire à la fois excellent et dérangeant, qui montre le nettoyage ethnique en train de se faire”, commente le magazine spécialisé Screen international.

Comme le résume le quotidien suisse Le Temps, un implacable mécanisme s’est mis en branle à partir de celui qui dirige le mouvement xénophobe Ma Ba Tha : “Dès 2001, Wirathu prononce de virulents sermons islamophobes. En 2003, après des émeutes antimusulmanes, il est condamné à vingt-cinq ans de prison, dont il sort en 2012, à la suite d’une amnistie générale. À la tête du mouvement 969 [une référence aux trois joyaux du bouddhisme, présentée comme l’opposé cosmologique de 786, qui signifie pour les musulmans “Au nom d’Allah clément et miséricordieux”], interdit en 2013 et aussitôt remplacé par Ma Ba Tha, il incite à la haine, monte en épingle des faits divers, propage des fake news [“fausses informations”]. Il affirme que les musulmans (4 % de la population birmane) […] mettent en péril l’équilibre de la nation.”

En 2015, le mouvement Ma Ba Tha a obtenu l’adoption de quatre lois discriminatoires contre les musulmans, qui interdisent la polygamie, limitent les conversions et les mariages interreligieux et permettent le contrôle des naissances. La sangha, communauté des moines, a demandé, le 23 mai 2016, la dissolution de Ma Ba Tha. Wirathu lui-même est interdit de prêche depuis février 2017. Il avait remercié l’assassin de Ko Ni, un avocat musulman et proche conseiller d’Aung San Suu Kyi, assassiné le 29 janvier à Rangoon.

En bref

AUNG SAN SUU KYI, L’INSOUTENABLE SILENCE

Certains espéraient que la prise de fonctions du premier gouvernement civil de l’histoire du pays, en avril 2016, appaiserait les tensions islamophobes. Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix et égérie des opposants à la junte, a été promue conseillère spéciale de l’État, déclarant vouloir faire de la résolution des conflits ethniques sa priorité. Mais, un an plus tard, la minorité musulmane désespère de l’entendre condamner les exactions dont elle est la cible. “L’héroïne de la démocratie apparaît incapable d’arrêter les atrocités commises par les forces de l’ordre”, dénonce The Irrawaddy, un journal fondé par la dissidence. “Aung San Suu Kyi n’est pas défenseuse des droits de l’homme, mais une femme politique. Raison pour laquelle elle reste silencieuse”, justifie pour sa part l’hebdomadaire Frontier Myanmar. L’armée conserve constitutionnellement son autonomie face aux autorités civiles.

Voir également:

Birmanie: mandat d’arrêt contre le moine extrémiste Wirathu

AFP/Le Point

Qui est Wirathu, le moine birman décrit comme « le visage du terrorisme bouddhiste » ?
Le bonze extrémiste a pour cible depuis des années la minorité musulmane de Birmanie, les Rohingyas, contre qui il multiplie les déclarations de haine. Il est aujourd’hui visé par un mandat d’arrêt des autorités birmanes.
M.F.
Nouvel Obs
29 mai 2019

Il est considéré comme le « visage du terrorisme bouddhiste ». Le moine ultranationaliste Ashin Wirathu est depuis mardi sous le coup d’un mandat d’arrêt pour incitation à la haine émis par les autorités birmanes. L’homme a fait de sa haine de l’islam et des musulmans un combat permanent. Mais qui se cache derrière ce sinistre moine ?

Malgré son visage calme et serein, il est décrit comme le « Ben Laden birman », ou encore le « Hitler bouddhiste ». Ashin Wirathu, 50 ans, a acquis une renommée internationale pour ses propos islamophobes durant le massacre des Rohingyas en Birmanie.

Le moine est en rupture totale avec l’image habituellement tolérante des bouddhistes. Il est le leader du mouvement 969 et un membre influent de l’association Ma Ba Tha, qui ont prôné le boycott des commerces musulmans et l’interdiction des mariages interreligieux, sans que le gouvernement birman ne réagisse.

Une haine sans limite pour les Rohingyas

Il avait déjà été arrêté et condamné à vingt-cinq ans de prison en 2003 pour avoir prêché l’extrémisme et distribué des livres interdits. Il a finalement été libéré en 2012, profitant de l’ouverture du pays et d’une amnistie nationale.

Depuis, il multiplie les déclarations haineuses à l’encontre des Rohingyas, ethnie musulmane minoritaire et persécutée en Birmanie. Son but : « protéger » son pays majoritairement bouddhiste d’une menace d’« islamisation », alors que les musulmans représentent moins de 5 % de sa population.

En 2013, le moine apparaît dans son habit grenat sur la couverture du magazine américain « Time », où il est décrit comme « le visage du terroriste bouddhiste ». Sans concession, il y déclare sa haine des Rohingyas :

« [Les musulmans] se reproduisent si vite, ils volent nos femmes et les violent […] Ils aimeraient occuper notre pays mais je ne les laisserai pas. » Sous couvert de séances d’éducation religieuse, le bonze distille son discours islamophobe sur les réseaux sociaux et en DVD. Pendant des années et au travers de multiples campagnes de diffamation, il a attisé la haine qui a conduit aux affrontements intercommunautaires et à ce que l’ONU qualifie de « génocide » des Rohingyas. Plus de 740 000 membres d’entre eux ont fui au Bangladesh voisin depuis août 2017.

« S’ils veulent m’arrêter, ils peuvent le faire »

Il n’a eu de cesse, depuis, de défier la hiérarchie bouddhiste et le gouvernement birman, au sein duquel se trouve Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix. De plus en plus influent, il a réussi à convaincre cette dernière de ne présenter aucun candidat musulman sur les listes de son parti pour les élections générales de 2015. L’image de celle-ci en a pris un coup.

L’homme, que rien ne semblait pouvoir arrêter, a finalement connu un revers en 2017 lorsque le clergé bouddhiste a interdit son mouvement Ma Ba Tha. Qu’à cela ne tienne : cinq jours plus tard, il revient avec la « Fondation Philanthropique Buddha Dhamma », copie conforme de son précédent mouvement à ceci près qu’il compte désormais des laïcs.

Fervent défenseur des militaires, il s’était insurgé en octobre dernier contre un possible procès des généraux birmans devant la justice internationale pour le drame rohingya.

« Le jour où la Cour pénale internationale vient ici, Wirathu aura un pistolet » à la main, avait-il assuré.Wirathu paraissait intouchable : ce mandat d’arrêt mettra peut-être fin à ses agissements. L’homme, qui vit la plupart du temps dans son monastère de Mandalay, dans le centre du pays, n’a pas encore été arrêté par la police : « S’ils veulent m’arrêter, ils peuvent le faire », a-t-il déclaré mercredi au média en ligne Irrawady.

Voir de plus:

‘The Venerable W’ (‘Le Venerable W’): Film Review | Cannes 2017

Director Barbet Schroeder (‘Barfly,’ ‘Terror’s Advocate’) documents the controversial Buddhist leader of a deadly anti-Muslim campaign in Myanmar.

The Hollywood reporter

5/20/2017 

Those who believe that all Buddhists respect their religion’s core principles of peace and tolerance should take a look at The Venerable W (Le Venerable W), director Barbet Schroeder’s eye-opening chronicle of one Burmese monk’s long campaign of racism and violence against his country’s minority Muslim population.

The third part in a “trilogy of evil” that began in 1974 with General Idi Amin Dada and continued in 2007 with a look at the controversial French lawyer Jacques Verges in Terror’s Advocate, this scathing portrait gets up close and personal with Ashin Wirathu, the self-appointed spiritual leader of Myanmar’s anti-Muslim crusade.

Speaking openly to the camera, Wirathu propagates xenophobia and bigotry against a group that represents only a fraction of the local population, yet have been subject to decades of persecution by both the monk’s followers and the military-controlled Burmese government. The result has been hundreds of deaths, thousands of homes burned to the ground and tens of thousands of Muslims displaced — all of it in the name of a religion that asks, according to one translation of the Metta Sutta, to “cultivate boundless love to all that live in the whole universe.”

The Venerable W, which consists of interviews with Wirathu and some of his most outspoken critics, as well as footage of riots, beatings, burnings and killings that have taken place since the 1970s, reveals that the 75-year-old Schroeder is still a fearless explorer of the darkest facets of our society. At a time when Islamophobia is on the rise in Europe, the U.S. and elsewhere, his film is a reminder that even the most peaceful of religious doctrines can, if twisted in the wrong way, be used as a veritable source of evil. A premiere in Cannes should give this vital documentary the attention it deserves.

Wirathu operates out of the city of Mandalay, a third of whose inhabitants consist of monks or monks-in-training. In the late 90s he formed the “969” movement and began delivering racist sermons to his disciples, referring to Muslims as “kalars” (the equivalent of the n-word) and claiming they are a subspecies who don’t deserve Myanmar citizenship, that their businesses should be boycotted and that they should be banned from intermarriage with Buddhists.

Although prejudice against the Rohingya Muslim community, which is based in the western part of Myanmar bordering Bangladesh, dates back to before Wirathu’s time, he has helped accelerate a campaign resulting in many, many deaths and the mass destruction of property. In order to fuel the fire, he often highlights incidents where Muslims have attacked Buddhists (in one case, the rape and murder of a woman), distributing propaganda videos on DVD and backing riots where Rohingyas are driven from their homes while the armed forces stand idly by.

What’s especially disturbing about Schroeder’s inquiry is how, on one hand, Wirathu can be seen expounding the peaceful tenets of Buddhism to his followers, while on the other he preaches a holy war meant to ostracize — and indirectly, destroy — an entire segment of the population. The man himself sees no contradiction in the two, simply believing that Muslims are a lesser race unworthy of the basic human rights accorded to Buddhists.

While the situation in Myanmar is particularly extreme, Schroeder reveals at one point how, even in a Western nation like France, the perception of Islam’s grip on society versus the reality of that grip is highly exaggerated. Terrorist attacks like those that occurred in Paris in 2015 only help to augment fears and nationalistic tendencies, which is why a candidate like Marine Le Pen was able to capture more than a third of the vote in France’s recent presidential runoff.

The Burmese authorities have made some attempts to quell the tide of Islamophobic sentiment, banning the “969” group and jailing Wirathu for several years. But after his release, the popular monk managed to form a new movement, promoting a series of “protection of race and religion bills” that seem to be the first step toward a modern version of the Nuremberg Laws of Nazi Germany. One of those laws has already been enacted, while the government continues to persecute the Rohingyas throughout the land.

Like in his portraits of Verges and Idi Amin, Schroeder has an unflinching way of capturing the propos and rationale of Wirathu without any filter whatsoever. Ace editor Nelly Quettier (Holy Motors) juxtaposes the lengthy one-on-one interview with found footage of devastated villages and grisly beatings, revealing how Wirathu’s teachings resonate through the widespread violence that has afflicted Myanmar for several decades now, and that will likely continue in the near future. In a place where Buddhists currently represent more than 90 percent of the populace, it’s unthinkable how a religion that preaches so much love can, in this case, yield so much hate.

Production companies: Les Films du Losange, Bande a Part Films
Director: Barbet Schroeder
Producer: Margaret Menegoz
Director of photography: Victoria Clay Mendoza
Editor: Nelly Quettier
Composer: Jorge Arriagada
Venue: Cannes Film Festival (Special Screenings)
Sales: Les Films du Losange

In French, Burmese, Rohingya, Spanish
107 minutes

‘The Venerable W’: Cannes Review

Dir Barbet Schroeder. France. Switzerland. 2017. 100mins.

Everyone knows that Buddhism is the religion of peace, love and understanding. So there’s something deeply wrong about a Buddhist monk who calmly spouts anti-Muslim hate speech and incites ethnic riots. The monk in question, an influential Burmese figure known as the Venerable Wirathu, is the subject of the powerful third and final installment of Swiss director Barbet Schroeder’s ‘Axis of Evil’ documentary trilogy, which began in 1974 with General Idi Amin Dada: A Self Portrait, and continued in 2007 with Terror’s Advocate, a portrait of controversial lawyer Jacques Vergès.

Shot on the hoof, under the noses of a repressive regime, The Venerable W is a fine, stirring documentary about ethnic cleansing in action

It’s the shocking disjunct between his religion and the rabid