Mariage pour tous: Aujourd’hui à l’école on a eu théorie du genre (Today Petit Nicolas learns about gender theory)

30 juin, 2013
martine-et-la-theorie-du-genregestation pour autruiLe gouvernement s’est engagé à s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités, notamment par le biais d’une éducation au respect de la diversité des orientations sexuelles. Vincent Peillon (Ministre de l’Education, Lettre aux recteurs, 04.01.13)
Dans sa lettre du 4 janvier adressée aux recteurs, Vincent Peillon affirme sa volonté de révolutionner la société en se servant de l’école : « le gouvernement s’est engagé à s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités, notamment par le biais d’une éducation au respect de la diversité des orientations sexuelles », affirme-t-il en début de lettre. On remarque les termes : « s’appuyer sur la jeunesse » pour « changer les mentalités ». Qui ? Le gouvernement. En réalité, c’est donc lui qui choisit les orientations politiques et morales qui doivent prévaloir dans la société. Ce n’est plus la famille, l’école et la société adulte qui éduquent la jeunesse. Contrairement à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, c’est donc désormais l’État en France qui se pose en seul détenteur de la vérité. On assiste à une dérive théocratique de l’État républicain actuel. Et cette jeunesse, qui, par définition, ne possède pas encore les repères lui permettant de poser des choix par elle-même, il la mobilise dans le sens qu’il juge bon, selon le schéma de la révolution culturelle. La position de Vincent Peillon est vraiment choquante. Lorsqu’il s’appuie sur la jeunesse comme moteur révolutionnaire, renouant avec l’esprit de 1968, le gouvernement sort à l’évidence de son rôle : il instrumentalise la jeunesse à des fins politiques, pour changer les représentations sexuelles et morales dominantes. Ce faisant, il change les règles du jeu au sein de l’École publique en abandonnant ostensiblement l’exigence de neutralité. L’État sort également de son devoir de neutralité et de respect des droits éducatifs familiaux et de l’intimité des enfants lorsque le ministre demande aux recteurs de renforcer les campagnes d’information sur la ligne azur. Ainsi, contrairement à ce qui est affiché, il ne s’agit plus de lutter contre des stigmatisations homophobes en tant que telles, il s’agit bien plutôt d’inciter activement les jeunes en recherche d’identité (comme le sont par construction tous les adolescents) à explorer pour eux-mêmes la voie de l’homosexualité ou de la transsexualité. De même, lorsque le ministre encourage les recteurs à faire intervenir davantage les associations de lutte contre l’homophobie, il encourage en pratique l’ingérence dans l’enceinte de l’école d’associations partisanes engagées dans la banalisation et la promotion des orientations sexuelles minoritaires, si l’on se réfère à la liste des associations agréées par l’Éducation nationale pour intervenir sur ces thématiques dans les établissements. Il favorise donc des prises de paroles unilatérales auprès des jeunes, sur un sujet qui n’a pas encore été tranché par le législateur. (…) Durant la période soviétique, comme durant d’autres périodes totalitaires, il était habituel de se servir des enfants pour démasquer et sanctionner les opinions dissidentes des parents. C’était l’époque de la délation par ses propres enfants. Revenir à de telles pratiques inhumaines et profondément immorales serait une grave régression de l’État de droit. Non content enfin de mettre au pas les écoles publiques, le gouvernement entend aussi museler les écoles privées en bafouant clairement leur caractère propre. Il est évident que les écoles dont le projet éducatif et l’identité sont fondés sur la foi seront opposées à la légalisation du mariage homosexuel. Leur demander d’être neutres sur ce sujet n’a aucun sens, si ce n’est celui de leur faire renier purement et simplement leur vocation spécifique. Anne Coffinier
La loi pour le mariage pour tous est un début. Il faut continuer à se battre pour obtenir la procréation médicalement assistée (PMA) pour les lesbiennes. Le droit des trans n’avance toujours pas. Enfin les discriminations au quotidien sont toujours nombreuses. Il faut aller au bout de l’égalité. Nicolas Gougain (porte-parole du collectif d’associations lesbiennes, gays, bi et trans)
La PMA faisait partie du programme présidentiel de François Hollande. Il y a eu une reculade énorme. Nous sommes flouées. Bénédicte (Osez le féminisme)
La loi pour le mariage et l’adoption pour tous est bien belle.Mais l’adoption en France reste très difficile. Et encore, le nombre de pays acceptant l’adoption par des couples homos est très limité. La liste a même tendance à se réduire. Il faut arriver à faire passer pour toutes les femmes la PMA et, pour les hommes, donner la possibilité, d’une façon encadrée et éthique, de la gestation pour autrui (GPA). Delphine (association des parents et futurs parents gays et lesbiens)
De nombreuses femmes doivent aujourd’hui partir à l’étranger pour effectuer une PMA. Ce n’est pas normal. Nicolas Gougain
Quand nos papiers d’identité ne correspondent pas à notre apparence, cela pose de nombreux problèmes. Les démarches sont très longues. J’ai mis deux ans de demi pour changer mon prénom. Heureusement, mon employeur a été très compréhensif. Laure Leprince (travesti)

Oui, notre ministre de l’Education a raison …

Si on veut changer la vie, il faut commencer tôt …

Dès l’école primaire en fait …

Et, comme le rappelle brillamment Luc Tesson, quel meilleur moyen que notre petit Nicolas national …

Pastiche du Petit Nicolas : « On a eu éducation sexuelle »

Luc Tesson

Famille Chrétienne

09/02/2013

Si le projet de loi Taubira était adopté, que se passerait-il dans les classes ? Réponse, à la manière du Petit Nicolas…

 A l’école, la maîtresse était toute bizarre aujourd’hui.

Elle nous attendait dans la classe en poussant des gros soupirs, alors que d’habitude elle est toute rigolote, et qu’elle pousse des gros soupirs que quand elle interroge Clotaire et que Clotaire est tout rouge.

Elle a dit : « Bon ! …… Que comme M. Peillon, le ministre chargé de notre éducation, avait décidé de s’appuyer sur la jeunesse pour faire évoluer les mentalités, on allait faire un cours d’éducation sexuelle et que le premier qui rigole, il irait voir le Bouillon …… (le Bouillon c’est notre surveillant, c’est pas son vrai nom, il s’appelle M. Dubon, mais quand il vous gronde il vous dit : « Regardez-moi dans les yeux » et dans le bouillon, il y a des yeux. Ce sont les grands qui m’ont expliqué ça) …… nous on n’avait pas du tout envie de rigoler parce que le Bouillon, c’est pas un rigolo.

La maîtresse nous a regardés et elle a dit que l’important dans la vie, c’était d’être tolérant.

Nous on est drôlement tolérants alors on a tous fait oui et Agnan qui est le chouchou de la maîtresse, et qui se met toujours devant, il a dit qu’il était encore plus tolérant que tout le monde puisque de toute façon il est le premier de la classe partout sauf en sport.

Eudes, il lui a dit : « Fais pas le malin, mon petit pote, sinon tu vas voir comment je suis tolérant ». Et là, je crois que la maîtresse elle a compris que ce serait pas facile aujourd’hui.

Elle est allée au tableau, elle a attendu qu’on se taise, et elle a demandé avec un air très sérieux : « Bon… Alors… Si vous êtes une fille, levez la main ! »

Toutes les filles ont levé la main, et aussi Clotaire, qui avait l’air embêté.

Mais la maîtresse elle a dit comme ça : « Très bien Clotaire, c’est ton choix, si tu veux être une fille, c’est à toi de décider ».

Là, Clotaire, il est devenu tout rouge et il a dit « Non, M’dame, c’est juste que je veux aller faire pipi ».

« Bon, a dit la maîtresse, tu peux y aller ».

« Va pas chez les filles ! », a dit alors Eudes en rigolant.

Mais la maîtresse a tapé sur son bureau et elle a dit que si Clotaire voulait aller dans les toilettes des filles, c’était son choix, et qu’il fallait pas rigoler avec ça. Et que c’était la théorie du genre, et qu’il fallait que chacun choisisse, et elle nous a fait écrire sur nos cahiers :

«Chacun est libre de choisir son genre ».

« N’empêche, a dit alors Rufus, moi j’ai un kiki, et je vais pas décider que je suis une fille. »

La maîtresse a répondu que c’était de l’hétérosexisme, et qu’il fallait en finir avec l’hétérocratie, et que si ça continuait comme ça on finirait au bagne parce qu’on était tous homophobes.

J’ai regardé Agnan, et j’ai vu que même lui il avait rien compris.

Ça devenait vraiment compliqué et j’aurais presque préféré faire de l’arithmétique.

Elle a senti qu’on était un peu perdus, alors elle a essayé d’expliquer de manière pas pareille :

«Vous avez un corps… c’est à vous de décider de… ».

« Moi, j’ai un goûter, mais j’ai pas un corps !, il a dit Alceste. Mon corps, c’est moi ! »

Faut que je vous dise, Alceste, c’est un copain, il aime bien manger, il mâche lentement un peu toute la journée, et ça lui donne sûrement le temps de bien réfléchir à la vie.

Souvent quand il se bagarre, c’est moi qui lui tient ses croissants et après il m’en donne toujours un bout.

Bon, a dit la maîtresse, je continue. Nous on a trouvé ça bizarre, mais on a rien dit parce que des fois la maîtresse c’est comme si elle allait pleurer et nous on veut pas lui faire de peine.

Elle s’est mise à faire un petit rond blanc sur le tableau tout noir en disant : « Ça, c’est un spermatozoïde ». Et elle m’a demandé d’expliquer ce que c’était. Ça tombait bien parce que

Papa m’avait expliqué la semaine dernière le coup des petites graines que le papa donne à la maman… et après ça fait un bébé dans le ventre de la maman et paf !, le bébé sort. On lui fait des tas de câlins et on appelle Mémé pour la prévenir qu’elle est encore grand-mère

« Merci Nicolas, a dit la maîtresse, je reprends la leçon. Bien sûr vous pensez tous qu’une famille c’est un papa, une maman et des enfants. Eh bien, il y a d’autres modèles, et ce serait drôlement rétrograde de pas l’accepter. Et si deux monsieurs s’aiment ou deux dames on voit pas ce qui les empêcherait de se marier et de faire ou d’adopter des bébés. »

« Ça tombe bien ! a dit Rufus. Moi j’aime bien Léanne et Chloé, alors je me marierai avec les deux en même temps puisqu’on s’aime. »

Léanne a dit qu’elle était pas d’accord du tout, et Chloé a dit que de toute façon elle épouserait son papa, et que puisque deux monsieurs qui s’aiment pouvaient se marier, elle pourrait bien se marier avec son papa, parce qu’elle aimait très fort son papa.

« Oui, a dit Rufus, mais il est déjà marié avec ta maman ! »

La maîtresse a dit que c’était pas le sujet et elle s’est remise à taper sur sa table, juste quand on commençait à drôlement bien s’amuser. Et elle a continué à expliquer: avec la technique on peut faire tout ce qu’on veut et tout ce qu’on pourra faire on le fera. On peut faire des PMA ou des GPA, et d’ailleurs louer son ventre ou louer ses bras à l’usine, c’est du pareil au même.

Et elle a expliqué qu’un monsieur peut donner une petite graine à deux dames, qui avec un docteur sauront bien se débrouiller pour faire un enfant. Ou bien deux monsieurs peuvent mélanger leurs petites graines et aller voir une dame pour qu’elle donne sa petite graine à elle, et on donne tout ça à une autre dame qui va faire le bébé dans son ventre et le revendre aux deux monsieurs.

Moi, a dit Rufus, j’ai vu un reportage à la télé, et on pourra bientôt faire des clones ! Puisque je m’aime, j’ai droit à mon clone ! Mais Agnan a dit que ce serait mieux de le cloner lui, parce qu’il était le premier de la classe et que M. Peillon préférait sûrement qu’on le clone lui et pas Rufus.

Ils allaient commencer à se battre quand Geoffroy a rangé ses affaires et pris son sac.

« Où vas-tu ? », a demandé la maîtresse.

« Je m’en vais, a dit Geoffroy. Puisqu’on peut choisir son genre, ben moi, je vais aussi choisir mon espèce. Je suis un pingouin. Et comme les pingouins vont pas à l’école, je rentre chez moi. »

J’ai regardé Geoffroy, et je me suis dit que c’était vrai, il avait un peu une tête de pingouin et qu’après tout, c’était son choix. Mais Geoffroy, lui, il a regardé la maîtresse et il a compris que pingouin ou pas, il valait mieux revenir à sa place.

On allait chahuter, mais on s’est arrêté parce qu’au fond de la classe Juliette pleurait. Juliette on l’entend jamais, elle dit jamais rien… Et Juliette elle a dit que si c’était comme ça, elle allait se jeter sous un pont… Parce que déjà c’était pas facile de grandir surtout quand on a des parents séparés, que si en plus on faisait des enfants sans papa ou sans maman, alors c’était pas juste, c’était simplement moche, et que si tout le monde a le droit de s’aimer il faudrait pas oublier non plus qu’un enfant, ça a besoin d’un papa et d’une maman, et que c’est peut-être ça d’abord l’égalité des droits, et qu’on pourrait donner autant de papas qu’on voudrait à un enfant ça lui ferait jamais une maman. Elle a dit tout ça d’un coup, et la maîtresse elle est restée longtemps la bouche ouverte et j’ai bien vu qu’elle avait très envie de pleurer. Mais elle a pas pleuré. Elle a pris Juliette dans ses bras, elle lui a fait un gros câlin comme Maman fait avec moi, en lui disant des choses gentilles dans l’oreille. Après, elle nous a regardés.

Et puis d’un coup, comme ça, elle a essuyé le tableau en disant que « zut, tout ça c’était des bêtises et qu’on allait pas se laisser faire, et que si Mr. Peillon voulait faire cours à sa place, qu’il essaie un peu, mais qu’en attendant on allait faire de la grammaire. Non mais sans blague ! »]

Voir aussi:

SOCIÉTÉ – Un mois après le premier mariage homosexuel

Une gay pride très revendicative

Patrice Barrère

JSL

30/06/2013

Après le mariage pour tous, les gays et lesbiennes attendent des avancées sur la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui. Une question d’égalité.

Musique techno, ballons multicolores, drapeaux arc-en-ciel, costumes extravagants des drag-queens… Si la recette de la marche parisienne des fiertés lesbiennes, gays, bi et trans n’a pas changé, hier, elle avait un autre goût. C’était la première « gay pride » depuis l’entrée en vigueur le 18 mai dernier de la loi autorisant le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe.

Plusieurs dizaines de milliers de militants et sympathisants de la cause homosexuelle ont défilé entre la place du 18 Juin 1940 à Montparnasse et la place de la Bastille. Hier, jour pour jour, on fêtait aussi le premier « mois » de la célébration du premier mariage gay en France. « La loi pour le mariage pour tous est un début. Il faut continuer à se battre pour obtenir la procréation médicalement assistée (PMA) pour les lesbiennes. Le droit des trans n’avance toujours pas. Enfin les discriminations au quotidien sont toujours nombreuses. Il faut aller au bout de l’égalité », revendique Nicolas Gougain, porte-parole du collectif d’associations lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) qui organisait la manifestation.

« Nous sommes flouées »

« La PMA faisait partie du programme présidentiel de François Hollande. Il y a eu une reculade énorme. Nous sommes flouées », affirme Bénédicte, membre d’Osez le féminisme. « La loi pour le mariage et l’adoption pour tous est bien belle, ajoute Delphine de l’association des parents et futurs parents gays et lesbiens. Mais l’adoption en France reste très difficile ». Aujourd’hui, pour les couples gays, la parentalité se réalise essentiellement à travers l’adoption d’enfants étrangers. « Et encore, le nombre de pays acceptant l’adoption par des couples homos est très limité. La liste a même tendance à se réduire. Il faut arriver à faire passer pour toutes les femmes la PMA et, pour les hommes, donner la possibilité, d’une façon encadrée et éthique, de la gestation pour autrui (GPA) », ajoute Delphine.

« De nombreuses femmes doivent aujourd’hui partir à l’étranger pour effectuer une PMA. Ce n’est pas normal », souligne Nicolas Gougain.

Ils seraient entre 20 000 et 50 000 en France. Les trans étaient également en première ligne de la marche des fiertés. « Quand nos papiers d’identité ne correspondent pas à notre apparence, cela pose de nombreux problèmes. Les démarches sont très longues. J’ai mis deux ans de demi pour changer mon prénom. Heureusement, mon employeur a été très compréhensif », explique Laure Leprince.

La peur de l’homophobie

Dans le cortège, la présidente nationale de Contact qui aide les familles à accepter l’orientation sexuelle de leurs enfants était plutôt optimiste. « À long terme, la loi pour le mariage pour tous va nous aider à sensibiliser les entourages des gays et lesbiennes. Mais aujourd’hui, c’est plutôt le contraire. Les débats ont libéré la parole homophobe. De nombreux jeunes n’osent plus faire leur coming out et se referment ».

« L’année prochaine, il y aura encore beaucoup de monde dans la rue. Notre combat pour l’égalité n’est pas prêt de se terminer », soupire Nicolas Gougain.


Obamamanie: M. Obama est certes un beau parleur (So what happened to the peacemaker ?)

30 juin, 2013
He’s loved in seven languages Jewel box life diamond nights and ruby lights, high in the sky Heaven help him, when he falls (..) No need to ask He’s a smooth operator. Sade
Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Martin Luther King
Si Obama était blanc, il ne serait pas dans cette position. Et s’il était une femme, il ne serait pas dans cette position. Il a beaucoup de chance d’être ce qu’il est. Et le pays est pris par le concept. Geraldine Ferraro (ex-colistière du candidat démocrate de 1984 Walter Mondale et proche d’Hillary Clinton, Daily Breeze, 07.03.08)
Ma propre ville de Chicago a compté parmi les villes à la politique locale la plus corrompue de l’histoire américaine, du népotisme institutionnalisé aux élections douteuses. Barack Obama (Nairobi, Kenya, août 2006)
Je vous l’assure : à l’instant où je l’ai appris, j’ai mis toute mon énergie pour faire en sorte que ce problème soit réglé. (…) Je peux vous affirmer que je n’étais au courant de rien à propos de ce rapport de l’inspection générale des services fiscaux avant qu’il n’y ait des fuites dans la presse. Barack Obama (16 mai 2013)
C’est une victoire pour la démocratie américaine. Je crois qu’à la racine de ce que nous sommes en tant que peuple, en tant qu’Américains, il y a le précepte de base que nous sommes tous égaux devant la loi. Barack Obama
Le Sénégal est un pays tolérant qui ne fait pas de discrimination en termes de traitement sur les droits (…). Mais on n’est pas prêts à dépénaliser l’homosexualité. C’est l’option du Sénégal pour le moment. Cela ne veut pas dire que nous sommes homophobes. Mais il faut que la société absorbe, prenne le temps de traiter ces questions sans qu’il y ait pression. C’est comme la peine de mort, une question que chaque pays traite [à sa façon]. Nous l’avons abolie depuis longtemps. Dans d’autres pays, elle s’impose parce que la situation l’exige. Nous respectons le choix de chaque Etat. Macky Sall
Qu’est donc devenu cet artisan de paix récompensé par un prix Nobel, ce président favorable au désarmement nucléaire, cet homme qui s’était excusé aux yeux du monde des agissements honteux de ces Etats-Unis qui infligeaient des interrogatoires musclés à ces mêmes personnes qu’il n’hésite pas aujourd’hui à liquider ? Il ne s’agit pas de condamner les attaques de drones. Sur le principe, elles sont complètement justifiées. Il n’y a aucune pitié à avoir à l’égard de terroristes qui s’habillent en civils, se cachent parmi les civils et n’hésitent pas à entraîner la mort de civils. Non, le plus répugnant, c’est sans doute cette amnésie morale qui frappe tous ceux dont la délicate sensibilité était mise à mal par les méthodes de Bush et qui aujourd’hui se montrent des plus compréhensifs à l’égard de la campagne d’assassinats téléguidés d’Obama. Charles Krauthammer
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
L’Amérique ne «torture pas», avait déclaré à son arrivée aux affaires en 2009 le président Obama. Il avait immédiatement demandé la publication des fameux mémos juridiques de l’Administration Bush, qui justifiaient l’utilisation par la CIA de «techniques d’interrogatoire renforcées» dans sa guerre contre le terrorisme. Les pratiques de torture avaient été déclarées interdites. (…) Ironie de l’histoire, ce même président s’est depuis arrogé un droit de tuer, demandant à son tour à ses conseillers de rédiger une série de mémos donnant une justification juridique à ses décisions d’élimination de tel ou tel individu, au nom de la nécessité de protéger l’Amé­rique. Ces documents secrets représentent la base légale sur laquelle s’appuie l’Administration Obama pour justifier les intenses campagnes secrètes de drones qu’elle mène contre les terroristes islamistes, dans sa guerre contre al-Qaida.«Le parallèle avec les mémos de l’Administration Bush sur la torture est glaçant», note Vincent Warren, directeur exécutif du Centre pour les droits constitutionnels, parlant de l’«hypocrisie d’Obama», qui critiquait son prédécesseur mais s’est arrogé un immense pouvoir, non contrôlé par le Congrès, en matière de guerre contre le terrorisme. (…) Mais ce qui frappe, c’est que le débat intervienne si tardivement. Cela fait au moins trois ans que des articles décrivent «le droit de tuer» que s’est arrogé Obama, les listes de cibles qu’il se voit soumettre régulièrement, et la «responsabilité» solitaire qu’il estime devoir assumer. Pourtant le sujet n’a jamais semblé choquer l’opinion, malgré les nombreuses victimes collatérales que font les bombardements «chirurgicaux» des avions sans pilote. Les conséquences de ces frappes, qui entretiennent une haine tenace de l’Amérique, sont potentiellement explosives, en termes de recrutement de nouveaux soldats du djihad. En affirmant que l’Amérique a le droit d’agir parce qu’elle mène une guerre, qui ne s’applique pas à un territoire précis, contre un ennemi multiforme, la Maison-Blanche crée aussi un dangereux précédent, qui pourrait bien être utilisé à l’avenir par la Russie, la Chine ou l’Iran pour aller éliminer leurs propres ennemis. Pourquoi, dès lors, les alliés de l’Amérique restent-ils silencieux, alors qu’ils accablaient Bush? Le Figaro
Terrorist groups had always taken care to avoid detection – from using anonymous email accounts, to multiple cellphones, to avoiding electronic communications at all, in the case of Osama bin Laden. But there were some methods of communication, like the Skype video teleconferencing software that some militants still used, thinking they were safe, according to U.S. counterterrorism officials who follow the groups. (…) Those militants now know to take care with Skype – one of the 9 U.S.-based Internet servers identified by former NSA contractor Edward Snowden’s leaks to The Guardian and The Washington Post. (…) Shortly after Edward Snowden leaked documents about the secret NSA surveillance programs, chat rooms and websites used by like-minded extremists and would-be recruits advised users how to avoid NSA detection, from telling them not to use their real phone numbers to recommending specific online software programs to keep spies from tracking their computers’ physical locations. (…) At the same time, (…) terror groups switching to encrypted communication may slow the NSA, but encryption also flags the communication as something the U.S. agency considers worth listening to, according to a new batch of secret and top-secret NSA documents published last week by The Guardian, a British newspaper. They show that the NSA considers any encrypted communication between a foreigner they are watching and a U.S.-based person as fair game to gather and keep, for as long as it takes to break the code and examine it. (…) Terrorist groups have already adapted after learning from books and media coverage of « how U.S. intelligence mines information from their cellphones found at sites that get raided in war zones, » said Scott Swanson, a forensics intelligence expert with Osprey Global Solutions. « Many are increasingly switching the temporary phones or SIM cards they use and throw them away more often, making it harder to track their network. » The disclosure that intelligence agencies were listening to Osama bin Laden drove him to drop the use of all electronic communications. « When it leaked that bin Laden was using a Thuraya cellphone, he switched to couriers, » said Jane Harman, former member of the House Intelligence Committee and now director of the Woodrow Wilson International Center. (…) It took more than a decade to track bin Laden down to his hiding place in Abbottabad, Pakistan, by following one of those couriers. Associated press
Il existe de nombreuses raisons justifiant légitimement le secret, en particulier pour tout ce qui relève de l’écoute des communications transitant par les ondes. C’est pourquoi Bradley Manning, l’auteur des fuites révélées par WikiLeaks, et moi-même – qui avions accès à de telles sources de renseignement parce que nous étions accrédités pour un niveau plus élevé encore que celui du top secret – avions choisi de ne divulguer aucune information ainsi classifiée. Et c’est pourquoi Edward Snowden s’est engagé à ne pas divulguer la plus grande partie de ce qu’il aurait pu révéler. Mais, ce qui n’est pas légitime, c’est d’utiliser un système axé sur le secret pour dissimuler des programmes qui, de façon flagrante, sont anticonstitutionnels par leur ampleur et par les potentialités d’abus qu’ils recèlent. Ni le président ni le Congrès ne pourraient à eux seuls tirer un trait sur le quatrième amendement, portant sur le droit des citoyens d’être garantis dans leurs personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées. C’est pourquoi ce qu’Edward Snowden a révélé jusqu’ici était tenu au secret, dissimulé au peuple américain. En 1975, le sénateur Frank Church parla de l’Agence de sécurité américaine en ces termes : « Je sais qu’il y a là tout ce qu’il faut pour faire de l’Amérique une tyrannie accomplie, et nous devons veiller à ce que cette agence et toutes les agences qui disposent de cette technologie opèrent dans le cadre de la loi, et sous une supervision appropriée, de sorte que nous ne sombrions jamais dans ces ténèbres. Ce sont des ténèbres d’où l’on ne revient pas. » La perspective funeste qu’il discernait était que la force de frappe grandissante des renseignements américains – qui est aujourd’hui incomparablement plus puissante que tout ce qui existait à leur époque prénumérique – « puisse à tout moment être retournée contre le peuple américain, et qu’aucun Américain ne sache plus ce qu’est la vie privée ». Cela est désormais arrivé. C’est ce qu’Edward Snowden a démontré, documents officiels secrets à l’appui. La NSA, la police fédérale (FBI) et l’Agence centrale de renseignement (CIA) disposent, avec la nouvelle technologie digitale, de pouvoirs de surveillance sur nos propres citoyens dont la Stasi (la police secrète de la disparue République démocratique allemande) n’aurait guère pu rêver. Daniel Ellsberg
Ledit individu, en sa qualité de président des Etats-Unis, s’est en effet livré depuis quatre ans à diverses activités bellicistes qui démentent les espoirs que l’on avait mis en lui, et qui avaient justifié la remise de votre prix. Usage intensif de drones assassins en Afghanistan et au Pakistan, incapacité à fermer la prison de Guantanamo, extension d’un programme de surveillance des communications électroniques des citoyens sont autant de témoignages du caractère inapproprié de l’attribution de votre prestigieuse distinction. De surcroît, monsieur le Président, l’action sur le changement climatique promise par l’impétrant avait été un des arguments essentiels conduisant à votre choix, un mois avant la conférence de Copenhague sur le climat en 2009. Or, l’individu susnommé n’est pas étranger, loin de là, au sort funeste qu’a connu cette conférence en laquelle le monde mettait tant d’espoir. (…) M. Obama est certes un beau parleur, un comédien hors pair. Le discours qu’il a délivré avec solennité le 25 juin est truffé d’images et de paroles capables de faire frémir ses auditeurs. Mais comme au théâtre où les hallebardes brandies avec énergie se révèlent en carton-pâte, l’emphase dudit individu recouvre des pas si modestes qu’ils sonnent comme un nouveau recul. Hervé Kempf

Attention: un mensonge peut en cacher un autre !

A l’heure où après avoir réconcilié son pays avec le Monde arabe, le Beau parleur en chef fait la leçon à l’Afrique

Et où nos nouvelles belles au bois dormant semblent se réveiller de leur longue obamalâtrie face au plus rapide prix Nobel de la paix de l’histoire …

Faisant mine, de Guantanamo aux assassinats ciblés ou aux écoutes électroniques, de découvrir aujourd’hui les mensonges accumulés depuis le début par l’Illusioniste en chef de Chicago

Et, au-delà des outrances de nos sonneurs autoproclamés d’alarme (la surveillance des métadonnées, même si elle était connue et ne suffit pas à faire des Etats-Unis un Etat policier, n’autorise en revanche en aucun cas à mettre en danger ses diplomates ou lancer le fisc contre ses adversaires pour favoriser sa propre réélection), une guerre contre le terrorisme qui ne dit pas son nom mais n’en est pas pour autant finie …

Comment ne pas voir la réalité de l’élection (et réélection) d’un homme …

Qui, contre le rêve même du pasteur Martin Luther King, avait dû principalement à la couleur de sa peau (et à ses indéniables dons de lecteur de prompteur) de devenir le  premier président noir des Etats-Unis ?

Pas beau, le Nobel

Hervé Kempf

Le Monde

29.06.2013

L’AIE a aussi prédit que les Etats-Unis deviendront le premier producteur mondial de pétrole de la planète vers 2020, et un exportateur net de brut vers 2030, en raison de l’essor des hydrocarbures non conventionnels, notamment du pétrole de schiste.

Monsieur le Président du comité Nobel, j’ai l’honneur de vous demander respectueusement de retirer le prix que vous avez attribué en 2009 au sieur Obama.

Ledit individu, en sa qualité de président des Etats-Unis, s’est en effet livré depuis quatre ans à diverses activités bellicistes qui démentent les espoirs que l’on avait mis en lui, et qui avaient justifié la remise de votre prix. Usage intensif de drones assassins en Afghanistan et au Pakistan, incapacité à fermer la prison de Guantanamo, extension d’un programme de surveillance des communications électroniques des citoyens sont autant de témoignages du caractère inapproprié de l’attribution de votre prestigieuse distinction.

De surcroît, monsieur le Président, l’action sur le changement climatique promise par l’impétrant avait été un des arguments essentiels conduisant à votre choix, un mois avant la conférence de Copenhague sur le climat en 2009. Or, l’individu susnommé n’est pas étranger, loin de là, au sort funeste qu’a connu cette conférence en laquelle le monde mettait tant d’espoir. Et depuis, l’action du lauréat sur le climat n’a pas été brillante. Il a échoué, comme dans bien d’autres domaines, à imposer le marché des émissions dans lequel il croyait si fermement, et ne compte guère à son actif qu’une norme de réduction de la consommation des véhicules neufs.

M. Obama est certes un beau parleur, un comédien hors pair. Le discours qu’il a délivré avec solennité le 25 juin est truffé d’images et de paroles capables de faire frémir ses auditeurs. Mais comme au théâtre où les hallebardes brandies avec énergie se révèlent en carton-pâte, l’emphase dudit individu recouvre des pas si modestes qu’ils sonnent comme un nouveau recul.

Car enfin, monsieur le Président du comité Nobel, qui peut croire que l’annonce d’un « mémorandum » demandant à l’Agence de protection de l’environnement de prévoir de nouvelles normes d’émissions des futures centrales électriques est à la mesure de l’immense problème climatique, où le rôle des Etats-Unis est si important ? Que quelques mesures sur l’efficacité énergétique ou un soutien compté aux énergies renouvelables changeront la donne ? On est au point où il n’est pas même certain que les Etats-Unis atteindront en 2020 l’objectif adopté à Copenhague de réduire de 17 % leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2005. Quant à les diminuer de 80 % à l’horizon 2050, comme le recommandent les climatologues, il n’est même plus évoqué dans le discours, tant il paraît fantasmagorique dans les conditions actuelles.

En fait, Barack Obama ne montre aucun désir de réfréner véritablement la consommation énergétique de son pays ; il salue l’exploitation polluante de son pétrole de schiste ; il néglige les émissions de méthane engendrées par l’extraction de gaz de schiste. Un authentique Prix Nobel de la paix engagerait ses concitoyens sur les voies de l’avenir et de la transformation. Un politicien standard ne fait que les conforter dans leur conservatisme. Sa prudence prépare les douloureux chocs à venir.

Voir aussi:

Aux Etats-Unis, une cybersurveillance digne d’un Etat policier

Daniel Ellsberg (Ancien haut fonctionnaire américain)

Le Monde

25.06.2013

Il n’y a jamais eu, à mes yeux, dans l’histoire américaine, de fuite plus importante que la divulgation par Edward Snowden des programmes secrets de l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA). L’alerte qu’il a lancée permet de prendre la mesure d’un pan entier de ce qui se ramène à un « coup d’Etat de l’exécutif » contre la Constitution américaine.

Depuis le 11-Septembre, le Bill of Rights, cette Déclaration des droits pour laquelle cette nation combattit il y a plus de deux cents ans, a été l’objet, dans un premier temps secrètement, ensuite de plus en plus ouvertement, d’une révocation de fait. Les quatrième et cinquième amendements de la Constitution, qui protégeaient les citoyens d’une intrusion injustifiée du gouvernement dans leurs vies privées, ont été pratiquement suspendus.

Le gouvernement affirme qu’il peut se prévaloir d’un mandat de justice en vertu du FISA, du Foreign Intelligence Surveillance Act (loi de 1978 portant sur les procédures de surveillance physique et électronique et l’activité de renseignement à l’étranger). Mais ce mandat est d’une si grande portée qu’il est inconstitutionnel. Il est de plus délivré par une juridiction secrète, à l’abri de toute supervision efficace, et qui fait preuve d’une déférence presque totale face aux demandes de l’exécutif.

Affirmer, comme le fait le président, qu’il y a eu une supervision juridique n’a pas de sens. Le fait que les dirigeants du Congrès aient été informés sur cette question et aient approuvé tout cela, sans aucun débat public ni auditions, montre l’état misérable, dans ce pays, du système des contre-pouvoirs.

A l’évidence, les Etats-Unis ne sont pas aujourd’hui un Etat policier. Mais, au regard de l’ampleur de cette invasion de la sphère privée, nous avons là l’infrastructure électronique et législative d’un tel Etat. Si une guerre devait éclater et conduire à l’apparition d’un mouvement pacifiste de très grande ampleur ou si nous devions être la cible d’une nouvelle attaque d’une gravité similaire à celle du 11-Septembre, je ne donne pas cher de l’avenir de notre démocratie. Ces pouvoirs sont extrêmement dangereux.

Il existe de nombreuses raisons justifiant légitimement le secret, en particulier pour tout ce qui relève de l’écoute des communications transitant par les ondes. C’est pourquoi Bradley Manning, l’auteur des fuites révélées par WikiLeaks, et moi-même – qui avions accès à de telles sources de renseignement parce que nous étions accrédités pour un niveau plus élevé encore que celui du top secret – avions choisi de ne divulguer aucune information ainsi classifiée. Et c’est pourquoi Edward Snowden s’est engagé à ne pas divulguer la plus grande partie de ce qu’il aurait pu révéler.

Mais, ce qui n’est pas légitime, c’est d’utiliser un système axé sur le secret pour dissimuler des programmes qui, de façon flagrante, sont anticonstitutionnels par leur ampleur et par les potentialités d’abus qu’ils recèlent. Ni le président ni le Congrès ne pourraient à eux seuls tirer un trait sur le quatrième amendement, portant sur le droit des citoyens d’être garantis dans leurs personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées. C’est pourquoi ce qu’Edward Snowden a révélé jusqu’ici était tenu au secret, dissimulé au peuple américain.

En 1975, le sénateur Frank Church parla de l’Agence de sécurité américaine en ces termes : « Je sais qu’il y a là tout ce qu’il faut pour faire de l’Amérique une tyrannie accomplie, et nous devons veiller à ce que cette agence et toutes les agences qui disposent de cette technologie opèrent dans le cadre de la loi, et sous une supervision appropriée, de sorte que nous ne sombrions jamais dans ces ténèbres. Ce sont des ténèbres d’où l’on ne revient pas. »

La perspective funeste qu’il discernait était que la force de frappe grandissante des renseignements américains – qui est aujourd’hui incomparablement plus puissante que tout ce qui existait à leur époque prénumérique – « puisse à tout moment être retournée contre le peuple américain, et qu’aucun Américain ne sache plus ce qu’est la vie privée ».

Cela est désormais arrivé. C’est ce qu’Edward Snowden a démontré, documents officiels secrets à l’appui. La NSA, la police fédérale (FBI) et l’Agence centrale de renseignement (CIA) disposent, avec la nouvelle technologie digitale, de pouvoirs de surveillance sur nos propres citoyens dont la Stasi (la police secrète de la disparue République démocratique allemande) n’aurait guère pu rêver. Edward Snowden révèle que ladite communauté du renseignement est devenue the United Stasi of America.

Nous nous retrouvons donc plongés dans les ténèbres que craignait tant le sénateur Church. Il nous faut désormais nous demander si ce dernier eut raison ou tort de dire qu’il s’agit de ténèbres d’où l’on ne revient pas, et si cela signifie qu’une démocratie effective deviendra impossible.

Il y a peu, j’aurais trouvé difficile de rétorquer quoi que ce soit à des réponses pessimistes à ces questions. Mais devant la manière qu’a Edward Snowden de mettre sa vie en jeu pour que ces informations soient connues de tous, et parce qu’il pourrait de cette façon inciter très possiblement d’autres personnes ayant le même savoir, la même conscience, et le même patriotisme, à faire preuve d’un courage civique comparable – dans l’opinion publique, au Congrès et au sein de l’exécutif lui-même –, je vois une possibilité inespérée de traverser ces ténèbres et d’en réchapper.

Une pression exercée sur le Congrès par une opinion informée afin que soit créée une commission d’enquête parlementaire au sujet des révélations d’Edward Snowden et, je l’espère, d’autres restant à venir, pourrait nous conduire à placer la NSA et les autres agences de renseignement sous un véritable contrôle, et pourrait nous amener à restaurer les protections de la Déclaration des droits.

Edward Snowden a agi comme il l’a fait, parce qu’il a reconnu les programmes de surveillance de la NSA pour ce qu’ils sont : une activité dangereuse et anticonstitutionnelle. Cette invasion massive de la sphère privée des Américains et des citoyens étrangers ne contribue en rien à notre sécurité. Elle met en danger les libertés mêmes que nous tentons de protéger.

(Traduit de l’anglais par Frédéric Joly)

Daniel Ellsberg (Ancien haut fonctionnaire américain)

Edward Snowden, ex-agent de la CIA et ex-consultant de l’Agence de sécurité nationale (NSA) américaine, s’est réfugié à Hongkong le 20 mai. Inculpé d’espionnage aux Etats-Unis, il est arrivé dimanche 23 juin à Moscou, il serait

« en route pour la République d’Equateur par un chemin sûr, afin d’obtenir l’asile », selon le site WikiLeaks de Julian Assange

Daniel Ellsberg

Il est à l’origine de la fuite, en 1971, des Pentagon Papers, qui révélèrent la duplicité des autorités américaines lors de la guerre du Vietnam.

Edward Snowden, ex-agent de la CIA et ex-consultant de l’Agence de sécurité nationale (NSA) américaine, s’est réfugié à Hongkong le 20 mai. Inculpé d’espionnage aux Etats-Unis, il est arrivé dimanche 23 juin à Moscou, il serait « en route pour la République d’Equateur par un chemin sûr, afin d’obtenir l’asile », selon le site WikiLeaks de Julian Assange.

Voir encore:

The Mood of 1980

Victor Davis Hanson

NRO’s The Corner

June 26, 2013

Next year could be a frightening one, in the fashion of 1979–80.

The developing circumstances of our withdrawal from Afghanistan conjure up Vietnam 1975, with all the refugees, reprisals, humiliation, and emboldened enemies on the horizon, though this time there is no coastline for a flotilla of boat people to launch from. The Obama administration is debating no-fly zones over Syria; more likely, it will have the same discussion over Afghanistan soon, once the Taliban drops the diplomatic veneer and comes back into town.

Because of the failure to negotiate a single residual base in Iraq, Iran has appropriated a vast air corridor to the Middle East. John Kerry speaks sonorously to Russia and China, but apparently assumes that diplomacy follows gentlemanly New England yacht protocols, the right of way given to the more sober, judicious, and pontificating.

When Obamacare comes on line full bore, I think the American people could be quite depressed over the strange things they encounter. The economy offers only marginal encouragement, given that unemployment is still high and growth low; printing money at a record pace is not sustainable. Only gas and oil production is encouraging — and that is despite, not because of, administration efforts.

The Snowden extradition affair in and of itself could be small potatoes, but it takes on enormous iconic importance when the Chinese and Russians feel no compunction about publicly snubbing the administration — with North Korea, Iran, and many in the Middle East watching and drawing the conclusion that there are no consequences to getting on the bad side of the United States. Or perhaps they no longer see a bad side at all and consider us complacent neutral observers. Red lines, deadlines, ultimatums, “make no mistake about it,” “let me be perfectly clear,” the Nobel Peace Prize — all that is the stuff of yesteryear, its currency depleted by the years of speaking quite loudly while carrying a tiny stick.

All of the above take place while the Benghazi, IRS, AP/Fox, and NSA scandals are thought to be best handled by simple neglect, media lethargy, and amnesia on the part of the people.

We are back to the future, with the same old, same old sort of Carteresque engineered malaise.

Voir enfin:

Al-Qaida said to be changing its ways after leaks

Kimberly Dozier

AP Intelligence Writer

Jun 26, 2013

WASHINGTON (AP) — U.S. intelligence agencies are scrambling to salvage their surveillance of al-Qaida and other terrorists who are working frantically to change how they communicate after a National Security Agency contractor leaked details of two NSA spying programs. It’s an electronic game of cat-and-mouse that could have deadly consequences if a plot is missed or a terrorist operative manages to drop out of sight.

Terrorist groups had always taken care to avoid detection – from using anonymous email accounts, to multiple cellphones, to avoiding electronic communications at all, in the case of Osama bin Laden. But there were some methods of communication, like the Skype video teleconferencing software that some militants still used, thinking they were safe, according to U.S. counterterrorism officials who follow the groups. They spoke anonymously as a condition of describing their surveillance of the groups. Those militants now know to take care with Skype – one of the 9 U.S.-based Internet servers identified by former NSA contractor Edward Snowden’s leaks to The Guardian and The Washington Post.

Two U.S. intelligence officials say members of virtually every terrorist group, including core al-Qaida members, are attempting to change how they communicate, based on what they are reading in the media, to hide from U.S. surveillance. It is the first time intelligence officials have described which groups are reacting to the leaks. The officials spoke anonymously because they were not authorized to speak about the intelligence matters publicly.

The officials wouldn’t go into details on how they know this, whether it’s terrorists switching email accounts or cellphone providers or adopting new encryption techniques, but a lawmaker briefed on the matter said al-Qaida’s Yemeni offshoot, al-Qaida in the Arabian Peninsula, has been among the first to alter how it reaches out to its operatives.

The lawmaker spoke anonymously because he would not, by name, discuss the confidential briefing.

Shortly after Edward Snowden leaked documents about the secret NSA surveillance programs, chat rooms and websites used by like-minded extremists and would-be recruits advised users how to avoid NSA detection, from telling them not to use their real phone numbers to recommending specific online software programs to keep spies from tracking their computers’ physical locations.

House Intelligence Committee Chairman Mike Rogers, R-Mich., said there are « changes we can already see being made by the folks who wish to do us harm, and our allies harm. »

Sen. Angus King, I-Maine, said Tuesday that Snowden « has basically alerted people who are enemies of this country … (like) al-Qaida, about what techniques we have been using to monitor their activities and foil plots, and compromised those efforts, and it’s very conceivable that people will die as a result. »

Privacy activists are more skeptical of the claims. « I assume my communication is being monitored, » said Andrea Prasow, senior counterterrorism counsel for Human Rights Watch. She said that’s why her group joined a lawsuit against the Director of National Intelligence to find out if its communications were being monitored. The case was dismissed by the U.S. Supreme Court last fall. « I would be shocked if terrorists didn’t also assume that and take steps to protect against it, » she said.

« The government is telling us, `This has caused tremendous harm.’ But also saying, `Trust us we have all the information. The US government has to do a lot more than just say it, » Prasow said.

At the same time, NSA and other counterterrorist analysts have been focusing their attention on the terrorists, watching their electronic communications and logging all changes, including following which Internet sites the terrorist suspects visit, trying to determine what system they might choose to avoid future detection, according to a former senior intelligence official speaking anonymously as a condition of discussing the intelligence operations.

« It’s frustrating. You have to start all over again to track the target, » said M.E. « Spike » Bowman, a former intelligence officer and deputy general counsel of the FBI, now a fellow at the University of Virginia’s Center for National Security Law. But the NSA will catch up eventually, he predicted, because there are only so many ways a terrorist can communicate. « I have every confidence in their ability to regain access. »

Terror groups switching to encrypted communication may slow the NSA, but encryption also flags the communication as something the U.S. agency considers worth listening to, according to a new batch of secret and top-secret NSA documents published last week by The Guardian, a British newspaper. They show that the NSA considers any encrypted communication between a foreigner they are watching and a U.S.-based person as fair game to gather and keep, for as long as it takes to break the code and examine it.

Documents released last week also show measures the NSA takes to gather foreign intelligence overseas, highlighting the possible fallout of the disclosures on more traditional spying. Many foreign diplomats use email systems like Hotmail for their personal correspondence. Two foreign diplomats reached this week who use U.S. email systems that the NSA monitors overseas say they plan no changes, because both diplomats said they already assumed the U.S. was able to read that type of correspondence. They spoke on condition of anonymity because they were not authorized to discuss their methods of communication publicly.

The changing terrorist behavior is part of the fallout of the release of dozens of top-secret documents to the news media by Snowden, 30, a former systems analyst on contract to the NSA.

The Office of the Director for National Intelligence and the NSA declined to comment on the fallout, but the NSA’s director, Gen. Keith Alexander, told lawmakers that the leaks have caused « irreversible and significant damage to this nation. »

« I believe it will hurt us and our allies, » Alexander said.

« After the leak, jihadists posted Arabic news articles about it … and recommended fellow jihadists to be very cautious, not to give their real phone number and other such information when registering for a website, » said Adam Raisman of the SITE Intelligence Group, a private analysis firm. They also gave out specific advice, recommending jihadists use privacy-protecting email systems to hide their computer’s IP address, and to use encrypted links to access jihadi forums, Raisman said.

Other analysts predicted a two-track evolution away from the now-exposed methods of communication: A terrorist who was using Skype to plan an attack might stop using that immediately so as not to expose the imminent operation, said Ben Venzke of the private analysis firm IntelCenter.

But if the jihadi group uses a now-exposed system like YouTube to disseminate information and recruit more followers, they’ll make a gradual switch to something else that wasn’t revealed by Snowden’s leaks – moving slowly in part because they’ll be trying to determine whether new systems they are considering aren’t also compromised, and they’ll have to reach their followers and signal the change. That will take time.

« Overall, for terrorist organizations and other hostile actors, leaks of this nature serve as a wake-up call to look more closely at how they’re operating and improve their security, » Venzke said. « If the CIA or the FBI was to learn tomorrow that its communications are being monitored, do you think it would be business as usual or do you think they would implement a series of changes over time? »

Terrorist groups have already adapted after learning from books and media coverage of « how U.S. intelligence mines information from their cellphones found at sites that get raided in war zones, » said Scott Swanson, a forensics intelligence expert with Osprey Global Solutions. « Many are increasingly switching the temporary phones or SIM cards they use and throw them away more often, making it harder to track their network. »

The disclosure that intelligence agencies were listening to Osama bin Laden drove him to drop the use of all electronic communications.

« When it leaked that bin Laden was using a Thuraya cellphone, he switched to couriers, » said Jane Harman, former member of the House Intelligence Committee and now director of the Woodrow Wilson International Center. « The more they know, the clearer the road map is for them. »

It took more than a decade to track bin Laden down to his hiding place in Abbottabad, Pakistan, by following one of those couriers.


Verdict Karsenty: Enderlin est bien un faussaire mais ce n’est pas une raison pour le répéter partout (In France, truth is not a defense)

28 juin, 2013
https://i1.wp.com/www.theaugeanstables.com/wp-content/uploads/2011/11/ghetto-boy-2.jpg
Montrez-moi l’homme et je vous trouve le crime. Lavrenti Beria (chef de la police secrète de Staline)
Enderlin (Charles) : Scénariste et producteur de fictions. Capable de transformer le vivant en mort ; de faire apparaître et disparaître les cicatrices ; d’empêcher les blessures par balles de guerre de saigner. Journaliste à l’objectivité sans faille. Modèle professionnel de Jacques Chirac et des journalistes français. Détenteur de rushes invisibles, mais néanmoins accablants. Les montrera le jour suivant la Saint-GlinGlin 2019, à cause d’une clause signée avec les acteurs, MM. Al-Dura père et fils. Laurent Murawiec
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Représentants de France 2 (cités par Enderlin)
This is not staging, it’s playing for the camera. When they threw stones and Molotov cocktails, it was in part for the camera. That doesn’t mean it’s not true. They wanted to be filmed throwing stones and being hit by rubber bullets. All of us — the ARD too — did reports on kids confronting the Israeli army, in order to be filmed in Ramallah, in Gaza. That’s not staging, that’s reality. Enderlin
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Il y a lieu de décider que Patrick Karsenty a exercé de bonne foi son droit à la libre critique (…) En répondant à Denis Jeambar et à Daniel Leconte dans le Figaro du 23 janvier 2005 que « l’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie », alors que la diffusion d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles Enderlin a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entrainant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné. Laurence Trébucq (Présidente de la Cour d’appel de Paris, 21.05.08)
In France, truth is not a defense against defamation. The key is what a defendant knew at the time, not what the facts actually are. Joel B. Pollak
Ce reportage de 27 secondes a été une « source d’inspiration » et a servi à justifier le terrorisme, l’antisémitisme, et la délégitimation de l’Etat juif. L’image choc a été diffusée et rediffusée sur toutes les chaînes de la planète et a déclenché dans les territoires et en Israël des vagues de protestation, de haine et de violence. Depuis lors, « les soldats de Tsahal sont désormais des tueurs à gage et des assassins d’enfants innocents. » « Les soldats juifs se comportent comme des nazis… » Et l’enfant palestinien devient martyr et comparé à la célèbre photo de l’enfant juif du ghetto de Varsovie, levant les bras devant un soldat allemand… Dans les pays arabes, la mort du petit Mohammed est sur toutes les lèvres. Des milliers de photos sont affichées sur les murs des rues et dans les appartements. Les nouveau-nés prennent le nom de Mohammed al-Doura. Des timbres nationaux et des places publiques aussi. L’enfant tué « avec préméditation » devient le symbole de la lutte des Palestiniens contre l’occupation israélienne dans les territoires et dans les pays islamiques. Freddy Eytan
La Cour s’est ainsi limitée à examiner si oui ou non Karsenty avait tous les éléments nécessaires pour démolir le reportage et leurs auteurs ainsi qu’il l’a fait. Elle ne se préoccupe pas de savoir s’il dit la vérité. La presse française va faire ses choux gras de ce jugement comme s’il blanchissait ceux qu’elle a soutenus au mépris des faits. Karsenty pourrait se pourvoir en cassation, mais ses premiers propos laissent entendre qu’il ne le fera pas. Philippe Karsenty, Esther Shapira, Pierre-André Taghieff, entre autres, ont apporté toutes les preuves d’une des plus dramatiques tromperies médiatiques de notre époque. Ils peuvent aujourd’hui redire, crier, réécrire tant qu’ils le veulent cette vérité: ni France 2, ni Enderlin n’oseront plus déposer plainte. Ils en connaissent trop bien l’issue. Mais le mal est durable. Le reportage affirmant que des soldats israéliens ont tué délibérément un enfant a été dramatique pour l’image d’Israël. Mireille Vallette
Ce reportage est devenu une « affaire » parce qu’il a été monté de toutes pièces, semblable à « l’affaire Dreyfus » dans lequel on retrouve désinformation, manipulation et mensonge, Charles Enderlin n’était même pas présent sur le lieu du « crime » qu’il décrivait. Avec une différence, la France de Dreyfus était divisée, alors que la France d’Enderlin est unie dans son antisionisme, il y a même un parti politique antisioniste, le PAS. (…) Charles Enderlin est coupable d’avoir oublié ses certitudes et d’avoir fait siennes les convictions d’une France majoritairement antisioniste, anti-israélienne. Charles Enderlin est coupable d’avoir choisi l’autre côté, l’autre coté, c’est le chemin de tout le monde, c’est le chemin de la majorité. La France veut des reportages anti-israéliens, Charles Enderlin va les lui fournir, avec zèle. (…) Charles Enderlin s’est condamné lui-même, il est condamné à être l’ami de tous les anti-sionistes, les anti-Israéliens, les antijuifs, du premier tristement célèbre d’entre eux, Pascal Boniface. Lui le juif, le sioniste, va servir d’alibi à Dieudonné et à ses amis, il va devenir leur exemple, leur modèle. Raphaël Kalfon

Montrez-moi le pays et je vous trouve le crime et même l’image du crime !

Bienvenue au pays où « fausse mort, faux reportage, mascarade, supercherie, imposture médiatique » vendus à la planète entière comme vérité d’évangile par un prétendu journaliste qui n’hésite pas à mentir et n’était même pas sur place …

Se transforment, par un coup de baguette judiciaire, en un verdict de culpabilité pour celui qui les révèle pour cause de non possession de tous les « moyens de preuves au moment des accusations proférées » !

Enderlin-Karsenty: épilogue d’une des plus meurtrières tromperies médiatiques

Mireille Vallette

Les observateurs.ch

27.06.2013

Philippe Karsenty a perdu la dernière bataille de la procédure judiciaire qui l’opposait à Charles Enderlin et France 2. Mais il a gagné la guerre… sauf pour la presse française, gravement malade de son idéologie. Cette tromperie a été depuis longtemps dévoilée.

Philippe Karsenty devra payer 7000 euros à Charles Enderlin et France 2, ainsi en a décidé la Cour ce 26 juin au terme de 13 ans de procédure. Elle considère que l’accusé ne possédait pas tous les moyens de preuves lorsqu’il a traité le reportage de mascarade. C’en est pourtant bien une, ainsi que l’a montré la chaîne publique allemande ARD, entre autres.

Rappelons les faits. Le 30 septembre 2000, un reportage de France 2 commenté par Charles Enderlin montre l’armée israélienne tuant un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza. Le petit Mohammed Al-Dura est délibérément et longuement visé par des soldats. Commentaire d’Enderlin :

« Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne (images de la position israélienne). Mohamed a 12 ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes. Mais une nouvelle rafale, Mohamed est mort et son père gravement blessé. »

Ce reportage a été réalisé par le cameraman palestinien Talal Abu Rahma qui a ramené les images à Enderlin, lui-même pas présent sur les lieux.

Le reportage fait le tour du monde, fanatise les populations arabes et les mouvements pro-palestiniens (la Suisse aura aussi ses manif) et entraîne des violences sans précédent. Des manifestations se solderont par la mort de treize Arabes et d’un Juif. Le 12 octobre, deux réservistes de l’armée israélienne en civil sont lynchés par la foule de Ramallah aux cris de « vengeance pour Al-Dura ! ». La mort de l’enfant sera aussi invoquée pour décapiter le journaliste Daniel Pearl au Pakistan.

Le reportage d’Enderlin est sans cesse instrumentalisé par les mouvements islamistes et « antisionistes », son nom fait l’objet d’innombrables « produits dérivés » alimentant la haine d’Israël.

Premiers soupçons

Des soupçons de falsification naissent rapidement. En 2002 déjà, la chaîne publique allemande ARD diffuse un reportage qui met en cause la version d’Enderlin et de son cameraman

Plusieurs indices concordants indiquent que les scènes tournées ce jour-là seraient en grande partie des mises en scène. Philippe Karsenty, homme d’affaire qui abandonnera son activité professionnelle pour consacrer toute son énergie à traquer le mensonge, parle dans un communiqué publié sur son site de « fausse mort, faux reportage, mascarade, supercherie, imposture médiatique ». Il est attaqué en diffamation par Enderlin et France 2. En 2006, il est condamné à une amende, mais fait appel.

Charles Enderlin a déclaré, entre autres: « J’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était insupportable… Cela n’aurait rien apporté de plus ». La Cour d’appel exige les rushs : les images de l’agonie n’existent pas. Un trio de journalistes avait déjà été autorisé à visionner ces rushs sans agonie en 2004 et constaté que sur les 27 minutes présentées, 23 n’ont rien à voir avec Al-Dura et consistent en de fausses scènes de guerre jouées par de jeunes Palestiniens.

Le jugement confirme les dires de Karsenty

Le 21 mai 2008, la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris déboute Enderlin et France 2. Cet arrêt représente le premier examen au fond. La Cour remarque que France 2 a déclaré que des soldats israéliens avaient pris pour cible et tué un enfant sur la seule base du témoignage du cameraman Et ceci sans rien mettre au conditionnel, ni signaler que Charles Enderlin lui-même, qui faisait le commentaire, n’avait pas assisté à ce qu’il décrivait en termes tout à fait affirmatifs.

Il devient même difficile de confirmer que l’enfant est mort.

D’autres mystères alimentent la thèse de Karsenty: pas de trace d’un transport à l’hôpital, absence des balles qui sont censées avoir tué l’enfant et blessé son père, pas de trace de sang alors qu’il a forcément giclé lors des impacts, puis suinté des blessures, pas de témoins de cette longue scène, alors que le lieu est empli de gens de presse.

Les journalistes français ne s’intéressent pas à la vérité

Pour la presse française, il est scandaleux que la justice croie un simple péquin au détriment d’un journaliste «connu pour le sérieux et la rigueur de son travail ». Le Nouvel Observateur lance une pétition de soutien. Elle est signée par quelque 300 confrères et des centaines de personnalités. Dans ce texte, chercher à faire éclater la vérité devient « une campagne obstinée et haineuse » visant à « salir la dignité professionnelle » d’un confrère.

La manière « pro Enderlin » dont Wikipédia raconte cette polémique est elle aussi édifiante.

Cette fois, ce sont Enderlin et France 2 qui se pourvoient en cassation.

Le 4 mars 2009, la chaîne ARD diffuse un nouveau documentaire d’Esther Shapira qui apporte des éléments décisifs à la thèse d’une mise en scène. La même année, Bernard Kouchner fait attribuer la légion d’honneur à Enderlin.

En cassation, l’Avocat général après examen de l’affaire, recommande le rejet du pourvoi de France 2 et de Charles Enderlin. Il estime que la cour d’appel a eu raison d’« apprécier le sérieux des investigations menées par le prévenu Philippe Karsenty ». Il considère que celui-ci a « exercé de bonne foi son droit de libre critique » en dénonçant l’enquête d’Enderlin comme « un faux reportage, une mise en scène, une « mascarade, une supercherie et l’«imposture» d’une «fausse mort» », et ne peut en conséquence être condamné pour diffamation. La Cour ne le suit pas et annule la relaxe de Karsenty au motif que la Cour d’appel n’avait pas à demander les rushs du reportage, car il appartient au prévenu d’apporter les preuves de sa bonne foi en vertu de ce qu’il savait au moment des accusations proférées.

La Cour ne juge pas sur le fond

La Cour s’est ainsi limitée à examiner si oui ou non Karsenty avait tous les éléments nécessaires pour démolir le reportage et leurs auteurs ainsi qu’il l’a fait. Elle ne se préoccupe pas de savoir s’il dit la vérité. La presse française va faire ses choux gras de ce jugement comme s’il blanchissait ceux qu’elle a soutenus au mépris des faits. Karsenty pourrait se pourvoir en cassation, mais ses premiers propos laissent entendre qu’il ne le fera pas.

Philippe Karsenty, Esther Shapira, Pierre-André Taghieff, entre autres, ont apporté toutes les preuves d’une des plus dramatiques tromperies médiatiques de notre époque. Ils peuvent aujourd’hui redire, crier, réécrire tant qu’ils le veulent cette vérité: ni France 2, ni Enderlin n’oseront plus déposer plainte. Ils en connaissent trop bien l’issue. Mais le mal est durable. Le reportage affirmant que des soldats israéliens ont tué délibérément un enfant a été dramatique pour l’image d’Israël.

En bref, 13 ans de procédure

30 septembre 2000, diffusion du reportage au 20 Heures de France 2.

18 mars 2002, diffusion d’un reportage d’Esther Shapira sur la chaîne publique allemande ARD « Trois balles et un enfant mort » qui alimente la thèse que l’enfant a été tué par des Palestiniens.

Novembre 2004 : Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, publie un article intitulé « France 2: Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement ».

Octobre 2006, condamnation de Karsenty à une amende. Appel.

21 mai 2008 : jugement de la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboute Charles Enderlin et France 2 et relaxe Karsenty. La Cour a jugé au fond.

4 mars 2009 : deuxième reportage d’Esther Shapira sur ARD. Il conduit à la conclusion que l’enfant filmé par France 2 n’est pas celui montré à la morgue de Gaza (analyse biométrique). l’enfant mort présenté aux obsèques comme étant Mohamed Al-Dura est en fait arrivé à l’hôpital avant 10 heures, alors que la scène montrée par France 2 a été tournée après 14h30. Il s’agit probablement de son cousin. Le père Jamal Al-Dura donnait des instructions à des personnes se trouvant dans la direction du cameraman de France 2 (technique de lecture labiale); dans le reportage, il n’y a pas de sang sur les corps de Mohamed et Jamal Al-Dura alors qu’ils sont censés avoir reçu 15 balles à eux deux ; nombreuses contradictions de Charles Enderlin et Talal Abou Rahma, notamment au sujet de la durée du film tourné…

28 février 2012 : la Cour de cassation annule la relaxe de Karsenty, contre l’avis de l’avocat général.

26 juin 2013 : Karsenty est condamné à une amende alors que toutes les preuves qu’il disait la vérité sont aujourd’hui établies.

 Voir aussi:

Enderlin, ou comment devenir anti-sioniste…

Raphaël Kalfon

JSSNews

27 juin 2013

Charles Enderlin fait l’actualité, israélienne, française, mondiale, des pétitions contre lui circulent, certains veulent le voir comparaître devant la justice des hommes.

Il était au centre des législatives, la respectabilité des candidats variait selon qu’ils étaient ou non l’ami de Charles Enderlin, les plus respectables sont ceux qui peuvent démontrer qu’ils l’ont toujours combattu, les autres sont indignes.

Il est responsable de tous les maux, il est même responsable, dit-on, de la défaite de Valérie Hoffenberg.

Capture d’écran 2013-06-27 à 15.06.19

Que s’est-il passé ?

Tout avait bien commencé pour Charles Enderlin, il a réalisé ses rêves, il est en harmonie avec ses combats, ses valeurs, il est brillant, il fait une belle carrière de journaliste, tout lui réussi, il a les honneurs, le pouvoir de ses ambitions.

Wikipédia, le présente ainsi :

« Charles Enderlin, né en 1945 à Paris, après le divorce de leurs parents, Charles et sa sœur sont élevés en Lorraine, par sa mère et ses grands-parents maternels, Juifs autrichiens qui ont fui l’Anschluss en 1938.

En décembre 1968, féru des pensées de Théodor Herzl, il décide d’émigrer vers Israël pour vivre dans un kibboutz. Il prend la citoyenneté israélienne au début des années 1970.

Charles Enderlin entre en journalisme en 1971 pour une radio israélienne. En 1973, il devient correspondant de RMC et l’année suivante éditeur à Kol Israël.

En 1981, Charles Enderlin devient le correspondant à Jérusalem de la chaîne de télévision française Antenne 2 (devenue France 2) et acquiert le titre de grand reporter en 1988. En 1991, il est le chef du bureau de France 2 en Israël. Il est également vice-président de l’Association des correspondants de la presse étrangère à Jérusalem. »

Wikipédia poursuit :

« Ses reportages sur le conflit israélo-palestinien ont suscité des réactions hostiles. Charles Enderlin a reçu la Légion d’honneur en 2009 à Jérusalem. »

On reproche à Charles Enderlin, lui, l’idéaliste, le sioniste, l’ancien de Tsahal, ses reportages anti-israéliens, reportages qui ont récompensé sa brillante carrière et qui lui ont valu de mériter la plus haute distinction Française, la Légion d’honneur.

On reproche à Charles Enderlin, d’avoir fait le reportage de trop, celui qui deviendra l’affaire « al dura », reconnu aujourd’hui par les autorités israéliennes comme « bidonné », et dénoncé dès le premier jour par Philippe Karsenty, dans un combat solitaire qui va durer plus de 10 ans.

Il y a toujours eu des reportages « bidonnés », qui se souvient encore aujourd’hui de la fausse interview de Patrick Poivre-d’Arvor donnée à Fidel Castro ?

Ce reportage est devenu une « affaire » parce qu’il a été monté de toutes pièces, semblable à « l’affaire Dreyfus » dans lequel on retrouve désinformation, manipulation et mensonge, Charles Enderlin n’était même pas présent sur le lieu du « crime » qu’il décrivait.

Avec une différence, la France de Dreyfus était divisée, alors que la France d’Enderlin est unie dans son antisionisme, il y a même un parti politique antisioniste, le PAS.

On reproche à Charles Enderlin d’être passé de Herzl au Colonel Henry.

On reproche à Charles Enderlin, les conséquences de son reportage, qu’analyse Freddy Eytan :

« ce reportage de 27 secondes a été une « source d’inspiration » et a servi à justifier le terrorisme, l’antisémitisme, et la délégitimation de l’Etat juif. L’image choc a été diffusée et rediffusée sur toutes les chaînes de la planète et a déclenché dans les territoires et en Israël des vagues de protestation, de haine et de violence.

Depuis lors, « les soldats de Tsahal sont désormais des tueurs à gage et des assassins d’enfants innocents. » « Les soldats juifs se comportent comme des nazis… » Et l’enfant palestinien devient martyr et comparé à la célèbre photo de l’enfant juif du ghetto de Varsovie, levant les bras devant un soldat allemand…

Dans les pays arabes, la mort du petit Mohammed est sur toutes les lèvres. Des milliers de photos sont affichées sur les murs des rues et dans les appartements. Les nouveau-nés prennent le nom de Mohammed al-Doura. Des timbres nationaux et des places publiques aussi. L’enfant tué « avec préméditation » devient le symbole de la lutte des Palestiniens contre l’occupation israélienne dans les territoires et dans les pays islamiques, »

Charles Enderlin ne voulait pas ça, après tout, il faisait son travail, et ses patrons étaient contents de lui, il fallait bien qu’il fasse vivre sa famille !

Qu’aurions nous fait à sa place ?

Qu’ont fait ceux qui accablent Charles Enderlin, ces résistants de la dernière heure, qui tentent de s’approprier le combat solitaire de Philippe Karsenty.

Charles Enderlin est coupable d’avoir oublié ses certitudes et d’avoir fait siennes les convictions d’une France majoritairement antisioniste, anti-israélienne.

Charles Enderlin est coupable d’avoir choisi l’autre côté, l’autre coté, c’est le chemin de tout le monde, c’est le chemin de la majorité.

La France veut des reportages anti-israéliens, Charles Enderlin va les lui fournir, avec zèle.

Pour suivre les voies de la vérité, il faut se forcer à ne pas être du même coté que tout le monde, parce qu’il est structurellement impossible que la vérité soit du coté de la majorité.

Pourquoi, simplement parce que la majorité exerce un pouvoir paralysant sur l’individu, elle est dangereuse parce qu’elle me prend en charge, et de ce fait elle s’attaque au principe de liberté et du libre arbitre.

Elle sait bien la majorité, qu’à force de me faire tout comprendre, elle va finir par me faire tout admettre, et qu’à force de me faire tout admettre, elle va finir par me faire tout approuver.

Philippe Karsenty a démontré que Les voies de la vérité ne sont pas de l’autre côté,

D’une façon générale, je suis certain qu’en suivant la majorité je suis dans l’erreur, c’est la raison pour laquelle j’ai refusé de hurler aux cotés de ceux qui demandent la tête de Charles Enderlin, de signer des pétitions.

Pétitions que Philippe Karsenty a demandé à ce qu’elles soient immédiatement arrêtées.

Charles Enderlin, est aujourd’hui reconnu coupable, faut-il le condamner ?

Charles Enderlin s’est condamné lui-même, il est condamné à être l’ami de tous les anti-sionistes, les anti-Israéliens, les antijuifs, du premier tristement célèbre d’entre eux, Pascal Boniface.

Lui le juif, le sioniste, va servir d’alibi à Dieudonné et à ses amis, il va devenir leur exemple, leur modèle.

A moins que Charles Enderlin, dans un dernier sursaut, devienne responsable de ses choix, au lieu de les justifier, et décide, parce que cette vie ne valait pas d’être vécue comme ça, de rentrer à la maison, à nos cotés.

Voir également:

Affaire Al-Dura : Karsenty condamné

Trop de droit peut-il tuer le droit?

Luc Rosenzweig

27 Juin 2013

Les juges de la 11ème chambre de la Cour d’appel de Paris ont condamné Philippe Karsenty à 7000 € de dommages-intérêts pour avoir diffamé France 2 et son correspondant à Jérusalem Charles Enderlin. Karsenty avait affirmé en novembre 2004 que le reportage diffusé au journal télévisé du 30 septembre 2000, montrant la mort d’un enfant palestinien, et les sévères blessures de son père, victime de tirs ciblés de soldats israéliens, était une manipulation. Il s’agit de la fameuse affaire Al-Dura, qui a connu de multiples rebondissements judiciaires et médiatiques [2] au cours de ces douze dernières années.

Disons-le d’emblée : en termes de droit, la Cour avait à sa disposition tous les éléments permettant de valider le jugement de première instance condamnant Philippe Karsenty pour diffamation. À l’époque où ce dernier mettait en cause France 2, il ne pouvait arguer d’une enquête approfondie, ni de la modération de son propos mettant en cause ce reportage et ses auteurs. C’est donc le Karsenty imprécateur de 2004 qui a été condamné, et non le Karsenty de 2013, qui est parvenu, à force d’opiniâtreté, à faire surgir une vérité maintenant reconnue aussi bien par les autorités israéliennes [3], que par tous ceux qui, en France et à l’étranger se sont penchés sérieusement sur cette affaire. La justice française a également apporté sa pierre à cette entreprise de vérité, lorsque la Cour d’appel, présidée par la juge Trébucq1 [4], avait exigé de France 2 la mise à la disposition de la cour des « rushes », les images non diffusées des événements de Gaza, tournées par le cameraman palestinien de la chaîne française. C’est à partir de ces images que sont apparus dans toute leur évidence les mensonges et invraisemblances de la version défendue jusqu’à aujourd’hui par Charles Enderlin. Ces documents sont accessibles sur la toile, et démontrent de manière éclatante que ce reportage relève du « bidonnage » pur et simple. Un florilège des déclarations successives de Charles Enderlin et de son caméraman Talal Abou Rahma, également disponibles sur internet, est très éclairant sur leur rapport pour le moins perturbé avec la vérité lorsqu’ils tentent de faire avaler au public leur version du meurtre délibéré de civils palestiniens par les soldats de Tsahal.

Aujourd’hui donc, et après le jugement de la Cour d’appel de Paris, je persiste à affirmer :

Que tous les éléments à notre disposition – images, témoignages, expertises balistiques et médicales – concourent à conforter la thèse d’une mise en scène orchestrée par le cameraman Talal Abou Rahma. Qu’en conséquence France 2 et Charles Enderlin se sont rendus coupables d’une faute professionnelle aux conséquences gravissimes.

Que Charles Enderlin, qui n’était pas présent sur place a, sans procéder à un minimum de vérification des affirmations de son caméraman, été le complice conscient ou inconscient de cette supercherie. De plus, il a menti en affirmant qu’il avait coupé au montage les scènes de l’agonie de l’enfant, au prétexte qu’elles auraient « été trop insupportables ». Qu’il a encore menti à la télévision israélienne en déclarant qu’il « n’avait jamais dit que l’enfant était mort sous les balles de Tsahal ». Je tiens à la disposition de la justice d’autres preuves des mensonges d’Enderlin et de Talal Abou Rahma dont je fais grâce aux lecteurs de cet article.

Que le refus, après un semblant d’acceptation, de Jamal Al-Dura, le père prétendument grièvement blessé dans cet incident, de se soumettre à une expertise médico-légale indépendante, laisse penser que les cicatrices présentes sur son corps ne relèvent pas de blessures par balles israéliennes. Elles sont, selon toute vraisemblance, la conséquence de blessures à l’arme blanche reçues au cours d’une rixe à Gaza en 1992, qui ont été soignées par un chirurgien israélien, Yehuda David.

Que France 2 et Enderlin ne sauraient tirer argument de l’arrêt Karsenty pour clamer haut et fort que la thèse défendue par le second est maintenant vérité historique. Cette dernière finira bien par s’imposer.

Enfin, on peut constater que l’adage romain, transmis par Cicéron dans son Traité des devoirs , summa jus, summa injuria (Trop de droit tue le droit) a encore de beaux jours devant lui…

L’arrêt de la Cour de 2008, relaxant Philippe Karsenty, avait été cassé au motif que la jurisprudence en matière de diffamation interdisait aux juges d’apporter des éléments en faveur de la partie attaquée… ↩ [5]

URL dans cet article:

[1] Image: http://www.causeur.fr/karsenty-dura-enderlin,23195/karsenty-dura-enderlin

[2] multiples rebondissements judiciaires et médiatiques: http://www.causeur.fr/israel-al-dura-enderlin-karsenty,21398

[3] les autorités israéliennes: http://www.causeur.fr/israel-al-dura-enderlin,22567

[4] 1: #fn-23195-1

[5] ↩: #fnref-23195-1

Voir encore:

L’enfant martyr de la seconde Intifada n’est pas mort, selon Israël
Serge Dumont

Le Temps

21 mai 2013

Tel-Aviv
L’enfant martyr de la seconde Intifada ne serait pas mort, selon Israël, qui publie un rapport opaque treize ans après les faits Treize ans après sa diffusion, le reportage sur la mort de Mohamad al-Dura du correspondant de France 2 Charles Enderlin continue de faire débat
Treize ans après les faits, le gouvernement israélien publie un étrange document. Un rapport de 36 pages prétend que Mohamad al-Dura, un enfant gazaoui de 12 ans devenu l’icône de la seconde Intifada après avoir été filmé au milieu d’un échange de tirs entre des soldats israéliens et des policiers de l’Autorité palestinienne, ne serait pas mort. Qu’il n’aurait même pas été blessé. Et que son père Jamal, touché durant la fusillade, aurait participé à cette mystification avec la complicité du correspondant de France 2 au Proche-Orient Charles Enderlin et de son caméraman Talal Abou Rahmeh.

L’armée se rétracte

Le 30 septembre 2000, la diffusion, par la chaîne française, de l’accrochage durant lequel Mohamad al-Dura et son père encaissaient plusieurs balles à proximité de la colonie de Netzarim avait enflammé l’opinion palestinienne et l’ensemble du monde arabe. L’armée israélienne avait d’abord reconnu la bavure afin de se rétracter par la suite. Pourquoi le gouvernement de Benyamin Netanyahou ressort-il cette histoire? «Parce qu’elle porte préjudice à l’image d’Israël et parce que nos ­ennemis s’en servent pour attiser l’antisémitisme et délégitimer son droit à l’existence», dit le premier ministre.

L’initiative de l’enquête revient au ministre de la Défense, Moshé Yaalon, un faucon qui avait nommé une commission secrète en septembre 2012, lorsqu’il n’était que simple ministre des Questions stratégiques. A part celui de l’ex-général Yossi Kuperwasser, un ancien responsable des Renseignements militaires (Aman), le nom des autres commissaires chargés de mener les investigations ne sera jamais publié. On ne connaîtra pas non plus leur méthodologie de travail, ni quels documents ils ont consultés puisqu’ils ont, sur ordre de leur ministre, opéré avec la plus grande opacité.

En revanche, leurs conclusions sont soutenues par un grand battage puisque les médias israéliens les répercutent à l’envie. L’idée qui sous-tend cette campagne étant que «nos soldats sont de bons petits gars incapables de tirer sur un enfant» et que ceux qui osent prétendre le contraire sont motivés par la haine antisémite ou antisioniste.

Paradoxalement, la commission n’a pas pris la peine d’entendre Charles Enderlin, ni son caméraman. Quant aux médecins jordaniens qui ont soigné Jamal al-Dura, ils n’ont pas non plus été contactés. Interviewé dans le camp de réfugiés d’El-Boureij (Gaza) où il réside, ce dernier affirme accepter que l’on ouvre la tombe de son fils afin de procéder à des analyses. «A la condition que ces prélèvements et que l’enquête attenante soient effectués par des experts internationaux neutres, pas par des Israéliens», précise-t-il. Et d’ajouter: «Je ne demanderais pas mieux que de voir mon fils vivant pour le serrer dans mes bras. Si c’était le cas, il serait âgé de 25 ans aujourd’hui et il aurait sans doute fondé une famille.»

«Insulte à la mémoire»

Depuis deux jours, les propos de Jamal al-Dura sont repris en boucle par les grands médias satellitaires arabes, selon lesquels le nouveau rapport israélien serait une «provocation anti-palestinienne», une «insulte à la mémoire d’un enfant martyr». Depuis le 30 septembre 2000, Charles Enderlin est régulièrement la cible des officiels israéliens et de la frange extrémiste de la communauté juive de France, qui l’accuse d’avoir inventé la mort de Mohamad al-Dura. D’insultes en accusations, le débat a d’ailleurs viré au procès, et celui-ci est toujours en cours actuellement.

Voir enfin:

Karsenty: Al-Dura Video Remains ‘An Antisemitic Blood Libel’

Joel B. Pollak

Breithart

27 Jun 2013

Philippe Karsenty, the French media activist who has battled France 2 for several years over accusations that the infamous tape of the « death » of Muhammad Al-Dura is a hoax, says he will not find an appeals court ruling June 26 affirming his conviction for defamation.

Instead of using the French legal system, which he regards as corrupt, he says he will find other ways to promote the truth about the Al-Dura story, using media and political pressure on the French government.

Karsenty had won an earlier appeal, after the appeals court was shown raw footage that impugned France 2 and journalist Charles Enderlin, including a portion at the end that appeared to show Al-Dura alive, and which Enderlin had edited out of the final video.

That appellate judgement was canceled by France’s highest court, the Court de Cassation, which held that the appeals court should not have admitted the raw footage into evidence.

Following a remand to the appellate court, Karsenty’s conviction was upheld. In France, truth is not a defense against defamation. The key is what a defendant knew at the time, not what the facts actually are.

Karsenty told Breitbart News that he has no plans to appeal the ruling back to the Court de Cassation, because it will not reopen the evidence in the case. And winning, he says, is not the point.

« When I won in the Court of Justice, even the State of Israel did not take it seriously and I was not taken seriously by the State of Israel. So winning the case does not help me. »

What is essential, Karsenty says, is that he was able to use the judicial process to « debate » France 2 and to force the truth of the Al-Dura incident into the open–even if that evidence was later disallowed.

Indeed, the State of Israel concluded in a recent inquiry that Karsenty was correct, and that journalists had perpetrated a « misleading and mendacious » hoax that had inspired violence against Israel and Jews.

The final verdict was postponed twice–under political pressure, Karsenty suspects. He was « shocked, » he says, by the outcome, and says that the monetary damages of 7,000 euros were especially punitive.

The Al-Dura video, he says, remains « an antisemitic blood libel. »

Karsenty is now considering a move to the United States. « Now the free world has to engage France, » he says.


Mariage pour tous: Les léopards font maintenant partie de la cérémonie (Moneychangers back in the temple as Tel Aviv redefines itself as gay capital of the world)

27 juin, 2013
https://i0.wp.com/artprintnexus.com/images/ARI/jpgs/A1400A.jpgDry Bones,cartoon,Israel, gays, Gay Pride, homosexual, lesbian, same sex, Marriage, France, Middle East, Tel Aviv, ,   Le roi Belschatsar donna un grand festin à ses grands au nombre de mille et (…) on apporta les vases d’or qui avaient été enlevés du temple, de la maison de Dieu à Jérusalem; et le roi et ses grands, ses femmes et ses concubines, s’en servirent pour boire.(…) En ce moment, apparurent les doigts d’une main d’homme, et ils écrivirent, en face du chandelier, sur la chaux de la muraille du palais royal. Le roi vit cette extrémité de main qui écrivait. Alors le roi changea de couleur, et ses pensées le troublèrent; les jointures de ses reins se relâchèrent, et ses genoux se heurtèrent l’un contre l’autre. (…) Voici l’écriture qui a été tracée: Compté, compté, pesé, et divisé. Et voici l’explication de ces mots. Compté: Dieu a compté ton règne, et y a mis fin. Pesé: Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger. Divisé: Ton royaume sera divisé, et donne aux Mèdes et aux Perses. Daniel 5: 1-28
Des léopards font irruption dans le temple et vident la coupe du sacrifice ; cela se répète toujours ; au bout du compte, on peut le prévoir, et cela devient une partie de la cérémonie. Franz Kafka (1917)
Leopards in the temple, strange to see them there, drinking from the holy chalice, left the pulpit bare. Carleen Anderson
Ces gens sont si fiers, si confiants, si joyeux. Parce qu’ils sont maîtres de la rue, ils s’imaginent qu’ils sont maîtres du monde. En réalité, il se trompent bel et bien. Il y a déjà derrière eux les secrétaires, les permanents, les politiciens, tous ces sultans des temps modernes, auxquels ils fraient la voie qui mène au pouvoir. (…) Je la vois, cette puissance des masses : elle est informe et paraît indomptable, et elle n’a de cesse qu’elle ne soit domptée et formée. Au terme de toute évolution vraiment révolutionnaire, il surgit un Napoléon Bonaparte. (…) Plus une inondation s’étend, moins son eau est profonde et plus elle est trouble. La révolution s’évapore et il ne reste que la vase d’une nouvelle bureaucratie. Les chaînes de l’humanité torturée sont faites de paperasse. » Kafka (commentant le passage d’un cortège d’ouvriers se rendant à un meeting, drapeaux et bannières au vent)
Le Château n’est autre que l’image de la servitude consensuelle ; une image géniale qui dépasse son objet mais qui reste ce qu’elle est : une image de la servitude consensuelle. Tous les habitants de l’Europe de l’Est le savent parfaitement, et ils le taisent avec horreur, ils répètent après l’Occident (qui ne comprend pas le roman) que Le Château est un truc transcendant, tout en voyant avec effarement que c’est le reflet exact de la vie en Europe de l’Est, l’image de la servitude consensuelle. Imre Kertész
J’applaudis la décision de la Cour suprême (…). Il s’agissait d’une discrimination inscrite dans la loi. La Cour suprême a corrigé une injustice et notre pays s’en porte mieux. Obama
Je suis pour le mariage homosexuel parce que les homosexuels ont été au cours des siècles torturés, brûlés, déportés, emprisonnés et que l’on a une forme de dette envers eux. (…) Je suis pour le mariage homosexuel même si je sais qu’il y a beaucoup de braves gens qui manifestent contre parce que je suis sûr qu’il y avait aussi beaucoup de braves gens qui manifestaient contre l’avortement, contre la pilule et qui peut être à la révolution s’étonnaient qu’on puisse accorder aux Juifs les droits de citoyens et qu’aujourd’hui toutes ces réformes semblent aller de soi. Arno Klarsfeld
Tel-Aviv est une ville pluraliste qui défend les droits des homosexuels. Lorsque nous avons appris qu’un couple d’homosexuels s’était marié en France, nous avons pensé qu’il n’y aurait rien de plus romantique et approprié à l’occasion que de les inviter à passer leur lune de miel à Tel-Aviv pendant la Gay Pride. Mira Marcus (chargée de la communication internationale pour la mairie de Tel Aviv)
Depuis le recul de l’AIPAC, qui avait misé sur les organisations évangéliques aux USA, le mouvement sioniste tente de récupérer les gays pour en faire la base de son lobbying. Réseau Voltaire
Il y a décidemment une volonté manifeste et malsaine, de vouloir imposer l’homosexualité comme la nouvelle norme en Europe. Au nom du fameux principe d’égalité, la République Française vient à son tour d’imposer à sa population, une loi autorisant le mariage des personnes inverties et bientôt leur adoption d’enfants, imitant artificiellement le modèle de la famille traditionnelle et naturelle. Sitôt entérinée, le premier « mariage » a été célébré dans la ville de Montpellier dont sa mairesse, à l’image de la majorité socialiste à laquelle elle appartient, peine à trouver des solutions au marasme général et inflige donc à sa population, des animations sociétales moins coûteuses. Enfin, en apparence seulement, si l’on en juge par la débauche de moyens réunis par la commune, et donc à la charge des contribuables, pour unir deux agents municipaux en présence de personnalités comme Najat Valaux-Belkacem, sensées conférer à l’événement un caractère historique, comparable au sacre des Rois de France ou de la Révolution de 1789, si l’on en croit le traitement caricatural des journalistes français. Le voyage préalable de la porte-parole du gouvernement à Rouen pour rendre hommage soi-disant à sainte Jeanne-d’Arc, ne permet cependant pas de comparer ce non-évènement avec le sacre de Charles VII. D’acceptée, l’homosexualité devient promulguée. Cette parodie de mariage fait suite à la récompense délivrée par le jury de Cannes et son président américain Steven Spielberg, à un film mettant en scène les amours passionnées entre deux jeunes femmes. Film soi-disant transgressif, qui fait l’apologie de la pédophilie entre une jeune adulte et une mineure. Une histoire qui n’est pas si éloignée d’un sordide fait divers survenu dans le Nord de la France. Une enseignante de collège classé en zone d’éducation prioritaire, professeur d’anglais a entretenu une liaison pendant deux ans avec une élève de 12 ans issue d’une famille monoparentale, avant que la mère de cette dernière ne l’apprenne et ne dépose plainte. A en croire certain, normal pour un prof de langues à la pédagogie « innovante » et qui « aimait ses élèves » selon ses collègues. Pour d’autre, Normal qu’un enfant déboussolé reçoive l’Amour auquel il a « droit ». C’est peut-être cette « normalité » qui devient la plus dérangeante. Un nouvel ordre moral s’impose en Hollandie. Encore quelques années et quelques manigances de certains lobbies et elle sera certainement sacralisée comme une figure de la néo-religion égalitaire. D’exemple, la France est devenue le contre-exemple pour de nombreux peuples qui n’entendent pas la suivre dans son suicide civilisationnel. On a les saintes que l’on mérite : un professeur pédophile et homosexuelle ou une jeune vierge combattante se sacrifiant pour sa patrie. A la jeune génération qui se dresse de faire le choix. Prorussia

Quand les léopards ouvrent la voie à la servitude consensuelle …

En ces temps étranges  où, prise à son tour dans le pinkwashing ambiant après le Golfeur en chef, la Cour suprême américaine ajoute sa petite pierre à l’aberration pour tous érigée en nouvelle vertu universelle …

Et où au lendemain du vote de la loi du « mariage pour tous » français et semblant confirmer les pires soupçons du nouvel antisémitisme rose

Tel Aviv en accueille, tous frais payés à l’occasion du 20e anniversaire de sa Gay Pride, les premiers bénéficiaires …

Comment, tout en se réjouissant de l’incroyable degré de liberté que cela évidemment suppose, ne pas repenser avec le site Catholic online …

Aux fameux léopards de Kafka qui à force de s’introduire dans le temple s’en sont intégrés à la cérémonie ?

Mais aussi à ses avertissements prophétiques sur ces maîtres de la rue qui s’imaginent maîtres du monde …

Alors qu’ils ne font en fait que frayer la voie à la servitude consensuelle et aux chaines d’un nouvel ordre moral ?

Money Changers in the Temple: Tel Aviv redefines itself as Gay Capital of the World

Catholic Online

6/12/2013

First gay couple from France treated as celebrities in Tel Aviv.

Just over a week ago, the first homosexual couple in France visited Tel Aviv, Israel. Followed by the media, and invited to gay pride events in the city, they have become part of Tel Aviv’s marketing towards homosexual tourists.

TEL AVIV, ISRAEL (Catholic Online) – Just over a week ago, François Hollande signed a law which utterly destroyed the concept of marriage as it was known in France since medieval times. Under the law, two individuals of the same sex may now call themselves « married. »

Vincent Autin, 40, and Bruno Boileau, 29, were the first homosexual couple to get married under the new law. For their honeymoon, they visited Israel.

The media followed the couple as though they were celebrities. They were invited to the opening event of Tel Aviv’s Gay Pride Month. In honor of the event, the pillars on the Old City Hall were lit up in rainbow colors with trance music blaring from speakers.

Cities around the world are beginning to realize that there is a lot of money to be made catering to homosexuals. Now in a twist of irony, a city in the holiest land in the world, is tweaking its image to attract gays and lesbians from around the globe.

The defilement of the Old City Hall, and the appointment of two Frenchmen as honorary Gay Pride ambassadors, shows that the money changers have returned to the Temple. In fact, Tel Aviv is often referred to as the « global gay capital. »

The couple told reporters they were invited to the city, despite the fact that Israel itself retains as lawful the only true definition of marriage, which is between one man and one woman. Nonetheless, the city is cashing in on sweeping gains made by the small, yet extraordinarily militant and vocal, homosexual equivalency movement.

The attitude seems to be « if you can’t beat them, join them. » Certainly there is money to be made from catering to that segment.

Conversely, cities and states that resist the redefinition of marriage by a militant minority, risk being villainized and labeled as « intolerant. » This, for simply refusing others the moral excess of redefining words to mean whatever is convenient for themselves.

Franz Kafka once wrote a cautionary parable about this sort of thing entitled, « Leopards in the Temple. »

« Leopards break into the temple and drink to the dregs what is in the sacrificial pitchers; this is repeated over and over again; finally it can be calculated in advance, and it becomes a part of the ceremony, » Kafka wrote.

With the conversion of Tel Aviv into the « gay capital of the world » we can see the fulfillment of Kafka’s prophetic warning.

Voir aussi:

Les premiers mariés homosexuels français convolent à Tel Aviv

Nathalie Hamou

Fait religieux

07.06.2013

Officiellement, il ne s’agit pas de leur voyage de noces. Mais cela y ressemble un peu quand même. Près d’une semaine après leur très médiatique union, le 29 mai à Montpellier, Vincent Autin et Bruno Boileau, premier couple homosexuel marié de France, ont atterri hier soir en Israël, répondant à l’invitation de la mairie de Tel Aviv et de l’agence de tourisme Tel Aviv Global tourism. « Nous avons reçu cette invitation très surprenante et spontanée il y a quatre jours. Seules deux villes ont eu l’idée de nous inviter (NDLR : tous frais payés) à venir assister à leur « gay pride », compte tenu de l’importance symbolique de notre union : Tel Aviv et Rome. Nous n’avons pas encore pris notre décision concernant la Gay pride de la capitale italienne, qui se tiendra le 15 juin prochain. Mais une chose est sûre : à Rome, la communauté gay et lesbienne ne bénéfice de presque aucun droit », confiait ce matin le responsable associatif, Vincent Autin, à Fait-religieux.com.

« Il est important à nos yeux de manifester notre engagement dans d’autres pays »

Hébergés par l’ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot, dans sa résidence de Jaffa, les époux sont les invités d’honneur de la 20e « Gay pride » de Tel Aviv, qui se tient aujourd’hui dans la cité balnéaire. Trois jours après leur mariage, le couple avait déjà participé à la Gay pride de Montpellier, Vincent Autin assurant la présidence des « Gay pride » du Languedoc Roussillon. Pour les deux époux, il s’agit de leur premier voyage en Israël : « Je connaissais juste mes homologues israéliens rencontrés voilà trois ans lors des réunions de préparation pour l’Europride 2013, manifestation à laquelle la ville de Tel Aviv était candidate avant que Marseille ne l’emporte ».

Les époux Autin-Boileau se sont déclarés d’autant plus honorés par cette invitation qu’Israël fait figure d’exception au Moyen-Orient, où les membres de la communauté gay et lesbienne, se « font violenter ou lapider », ont-ils précisé. « Nous sommes aussi des citoyens du monde, il est important à nos yeux de manifester notre engagement dans d’autres pays ». Considérée comme l’une des métropoles des plus « gay friendly » du monde, Tel Aviv est parvenue à ce résultat dans un pays où le mariage civil n’existe pas.

En Israël, les couples du même sexe ont déjà obtenu le droit d’adopter, de recourir à la procréation médicale assistée (PMA) ou à la gestation par autrui (à l’étranger). Les gays religieux ont créé des associations, comme Havruta, Bat Kol ou HOD, qui les aident à gérer leur situation, et dont certaines défilent lors des « gay pride » israéliennes. « Aujourd’hui certaines personnes peuvent afficher des convictions religieuses, sans que cela soit pour autant incompatible avec le progrès », a commenté Vincent Autin.

Evoquant les mois de bataille autour de la loi française pour le mariage pour tous, le couple a estimé qu’il est « important qu’une société n’évolue pas par la peur ou par l’hypocrisie ». Concernant la prochaine bataille pour la PMA (qui devrait être discutée à l’automne dans le cadre de la loi pour la famille), les deux époux ont rappelé qu’ils disposaient désormais d’un livret de famille et « qu’ils souhaitaient des enfants ». « Nous avons huit neveux et nièces et on voudrait qu’ils aient des cousins et des cousines », ont-ils indiqué lors de leur séjour à Tel Aviv qui ne fait pas office de lune de miel. Les époux ont prévu de célébrer leur union au Brésil dans quelques mois.

Voir également:

Israël : la longue marche des gays religieux

Nathalie Hamou

Fait religieux

05.06.2013

Alors que la communauté homosexuelle de Tel-Aviv organise tambour-battant sa vingtième Gay Pride qui devrait attirer plus de 100.000 participants, dont 20.000 touristes étrangers, ce vendredi 7 juin, Jérusalem prépare dans la plus grande discrétion la onzième édition de son propre défilé. Programmée le 1er août, la manifestation n’est jamais neutre dans la ville trois fois sainte. Il s’agit à la fois de garantir la liberté d’expression, inhérente à la société israélienne, tout en préservant l’extrême sensibilité de la population ultra-orthodoxe de la capitale de l’État hébreu. C’est aussi l’occasion d’introduire un sujet totalement tabou au sein des foyers religieux, puisque l’homosexualité masculine est considérée comme irrecevable dans la Torah (Lévitique chapitre 18, verset 22).

« Avant la tenue de la Gay Pride, on ne parlait pas de l’homosexualité dans les familles ultra-orthodoxes : l’évènement permet au moins une communication sur un phénomène que la société religieuse préfère ignorer », explique-t-on au sein de Bat Kol, une association fondée en 2005 par des lesbiennes du secteur ultra-orthodoxe, et qui compte plus de deux cents adhérentes, dont un nombre croissant de jeunes mères de famille. Il est vrai que les choses sont en train d’évoluer. Témoin, la parution le mois dernier en langue hébraïque des confessions de Steven Greenberg, le premier rabbin gay au monde, issu de la mouvance orthodoxe, à être sorti du placard. D’origine américaine, ce résident de Jérusalem avait fait sensation en faisant son coming-out aux Etats-Unis, à l’âge de 36 ans.

« La publication de ce livre est importante pour les gays et lesbiennes pratiquants qui souhaitent trouver des réponses dans la Halakha, la loi juive, à des questions soulevées par les interdits religieux. Et veulent vivre en paix avec eux-mêmes comme avec la loi juive », commente l’universitaire Zvi Triger au journal Haaretz. Son analyse minutieuse des interdits bibliques contre les relations homosexuelles et les interprétations qu’ils ont générées est surprenante d’originalité. Et Steven Greenberg évite de tromper ses lecteurs, puisqu’il se garde bien d’affirmer que les arbitres de la Halakha peuvent cautionner l’homosexualité ».

Profil bas à Jérusalem, fierté à Tel-Aviv

Diplômé de l’école de cinéma de Jérusalem, « Maale », dont 99% des étudiants sont issus du secteur religieux orthodoxe, Chaim Elbaum, estime pour sa part que la route est longue pour les homosexuels religieux. Primé dans de nombreux festivals, son court métrage And Thou Shalt Love (2007) se présente ainsi comme la première oeuvre cinématographique à traiter du sujet de l’homosexualité dans l’univers d’une yeshiva, via l’histoire d’Ohad déchiré entre Dieu et l’homme qu’il aime. Basé sur l’expérience personnelle du réalisateur, ce récit apporte un éclairage inédit sur la situation inextricable vécue par les gays pratiquants.

Une certitude, la tenue de la Gay Pride à Jérusalem ne va pas de soi. « Je respecte les homosexuels et le judaïsme interdit toute forme d’exclusion, mais à mes yeux, on peut tout à fait s’opposer à la tenue de la Gay Pride à Jérusalem, sans se faire taxer d’intolérants », souligne le rabbin ultra-orthodoxe David Lichtman. Il est vrai qu’au-delà d’une manifestation qu’elle peut juger choquante, la communauté religieuse s’oppose principalement à l’agenda social que défendent les gays. « En défilant près de la Knesset, les gays cherchent à pousser des changements devant le législateur, en matière de mariage ou d’adoption pour des couples du même sexe : c’est très loin de notre vision du monde ! », ajoute le rabbin Lichtman.

Pour les responsables de l’Open House, le centre des gays et lesbiennes de Jérusalem, qui fête ses quatorze ans d’existence, la problématique est évidemment autre. « Nous sommes prêts à sacrifier une partie de notre visibilité pour que l’on comprenne que la Gay Pride ne se fait pas contre le monde religieux, mais pour permettre, une fois l’an, aux homosexuels de Jérusalem de marcher la tête haute, précisent-ils. Nous faisons des efforts pour ne pas heurter les sensibilités ». En évitant par exemple de promouvoir la manifestation dans les quartiers ultra-orthodoxes. Un profil bas qui contraste avec la « fierté » affichée à Tel-Aviv, la « ville rose » qui depuis deux semaines s’est entièrement mise aux couleurs de l’arc en ciel.

Voir encore:

Israël: début de la Gay Pride à Tel-Aviv

Le Point

07/06/2013

Plusieurs milliers de personnes ont commencé à se rassembler vendredi à Tel-Aviv pour la Gay Pride, festival de la communauté gay et lesbienne israélienne, qui attire chaque année des visiteurs du monde entier.

Plusieurs milliers de personnes ont commencé à se rassembler vendredi à Tel-Aviv pour la Gay Pride, festival de la communauté gay et lesbienne israélienne, qui attire chaque année des visiteurs du monde entier.

Les militants et sympathisants homosexuels, entourés de drapeaux arc-en-ciel, attendaient le départ du cortège dans un parc du centre de la ville balnéaire, sur fond de musique électronique.

Cette année marque les vingt ans de l’organisation du premier événement public gay par la municipalité de Tel-Aviv, a souligné Mira Marcus, chargée de la communication internationale pour la mairie de cette ville.

En plus des milliers de participants israéliens, plus de 25.000 touristes sont attendus pour l’événement, a-t-elle ajouté.

Parmi eux, le premier couple homosexuel marié en France, le 29 mai, invité par la municipalité à passer son voyage de noces à Tel-Aviv pendant la gay pride.

« Tel-Aviv est une ville pluraliste qui défend les droits des homosexuels. Lorsque nous avons appris qu’un couple d’homosexuels s’était marié en France, nous avons pensé qu’il n’y aurait rien de plus romantique et approprié à l’occasion que de les inviter à passer leur lune de miel à Tel-Aviv pendant la Gay Pride », a expliqué Mme Marcus à l’AFP.

Depuis sa première édition en 1998, la Gay Pride de Tel-Aviv est devenue un des moments forts de la scène homosexuelle et lesbienne mondiale.

Malgré l’hostilité que les homosexuels, surtout masculins, suscitent dans les cercles religieux juifs ultra-orthodoxes, l’homosexualité n’est plus pénalisée depuis 1988 en Israël, et les tribunaux reconnaissent certains droits aux couples gays ou lesbiens.

Voir de plus:

Arno Klarsfeld explique les raisons de son soutien au mariage homosexuel
Atlantico
23 avril 2013
Je suis pour le mariage homosexuel parce qu’il faut savoir surmonter ses préjugés. Je suis pour le mariage homosexuel parce que c’est une évolution logique dans une société tolérante, laïque et démocratique. Je suis pour le mariage homosexuel parce que c’est une loi qui ne floue personne.
Je suis pour le mariage homosexuel parce que si Leonard de Vinci et Michel Ange vivaient aujourd’hui, ils auraient la possibilité légale de se marier et qu’il vaut sans doute mieux être élevé par Leonard et Michel Ange que par un couple hétérosexuel brutal et intolérant. Je suis aussi pour le mariage homosexuel parce que les homosexuels ont aussi droit à un bonheur bourgeois et conjugal. Je suis pour le mariage homosexuel parce que même si le gouvernement a œuvré sans pédagogie et une certaine forme d’arrogance il faut s’efforcer de distinguer le fond de la forme. Je suis pour le mariage homosexuel parce qu’à Rome, les enfants étaient élevés par les femmes et que les garçons n’en devenaient pas moins virils.
Je suis pour le mariage homosexuel parce que les homosexuels ont été au cours des siècles torturés, brûlés, déportés, emprisonnés et que l’on a une forme de dette envers eux. Je suis pour le mariage homosexuel parce que je me souviens que Alan Turing, un des pères de l’informatique, celui qui permit en grande partie à l’Angleterre de gagner la guerre en déchiffrant le code Enigma utilisé par les nazis, fut poursuivi pour son homosexualité après la guerre par le pays qu’il avait contribué à sauver et que pour éviter la prison il choisit la castration chimique et se suicida peu de temps après.
Je suis pour le mariage homosexuel parce qu’en lisant le journal d’un être aussi fin et cultivé que Gide, on se rend compte qu’il aurait été bien plus heureux s’il avait pu mener une vie de couple normale et publique avec le partenaire de son sexe de son choix.
Je suis pour le mariage homosexuel même si je sais qu’il y a beaucoup de braves gens qui manifestent contre parce que je suis sûr qu’il y avait aussi beaucoup de braves gens qui manifestaient contre l’avortement, contre la pilule et qui peut être à la révolution s’étonnaient qu’on puisse accorder aux Juifs les droits de citoyens et qu’aujourd’hui toutes ces réformes semblent aller de soi.
Je suis enfin pour le mariage homosexuel parce que je suis persuadé que beaucoup de ces jeunes qui manifestent contre auront oublié d’ici quelques années quelle avait été leur position jadis.
Voir enfin:
Kafka en Kabbale
Stéphane Zagdanski
« De l’extérieur, on triomphera toujours du monde en le creusant au moyen de théories qui, aussitôt, nous ferons tomber avec elles dans la fosse. Ce n’est que de l’intérieur que l’on peut se maintenir et maintenir le monde dans le silence et la vérité. » Journal
Roberto Calasso a eu l’idée originale et intéressante de republier, sous le titre Les Aphorismes de Zürau 1 , les célèbres Méditations sur le péché, la souffrance, l’espoir et le vrai chemin de Kafka. Il est vrai que ce beau titre n’est pas de Kafka mais de Max Brod, lors qu’il les intégra dans le recueil Préparatifs de noce à la campagne paru à Francfort en 1953. Conformément à un arrangement de Kafka – qui recopia su r 103 feuillets à part ces fragments tirés de ses cahiers où ils s’éparpillaient parmi d’autres notes intimes –, le parti-pris de Calasso consiste à les reproduire isolés chacun sur une page, « sous la forme dans laquelle Kafka les avait disposés , comme autant d’éclats de météores tombés dans des lieux désertiques ».
Cette petite centaine de méditations prodigieuses est suivie d’une stimulante étude de Calasso : « La splendeur voilée », où, sous prétexte d’émanciper Kafka de la « touche kits ch » de Brod, Calasso brode non moins 1 A la rentrée 2010 : Les aphorismes de Zürau, édition de Roberto Calasso, traduit de l’allemand par Hélène Thiérard, Gallimard. 3 que Max sur la notion kafkaïenne d’« inde structible », qu’il rattache à la notion d’ « impérissable » ( aksara ) dans la littérature védique et au polythéisme grec – sujets de prédilection de l’auteur de La ruine de Kash . Et bien sûr, si cette lecture se justifie par son intelligence et sa minutie renseignée, elle extirpe Kafka hors de sa spirale intime, ce qu’il appelle « son cercle » dans l’aphorisme 94, cercle dont le hassidisme et le taoï sme sont les spires les plus patentes . Le « vrai chemin » kafkaïen est d’ailleurs bien une transposition de la « Voie » du Tao.
« Une cage s’en fut chercher un oiseau », exprime l’aphorisme 16. Quand on sait que le mot kavka désigne en tchèque le « choucas », on peut penser que la cage représente toute in terprétation qui tenterait de juguler le libre vol de l’écrivain. Personnellement, je ne peux lire et méditer Kafka qu’« en bloc », comme écrivait Nietzsche de lui-même, sa ns jamais dissocier ces aphorismes de Zürau des autres textes contemporains, ni du Journal et de la Correspondance. Il faut dire que Kafka coule dans mes vein es depuis ma découverte extasiée de son œuvre, à vingt ans. Aussi peu importe la manière dont vous vous inoculerez ces méditations qui composent le plus in candescent traité de mystique du XXème siècle. Sachez que leur lecture modifiera vot re être et votre destin. Il n’est pas une journée où je ne pense, par exemple, à cet aphorisme à décuple sens qui me métamorphosa positivement quand je le découvris : « Dans le combat entre toi et le monde, seconde le monde. »
De quoi traitent Les Aphorismes de Zürau rédigés en 1917 ? Du Mal, sujet majeur, ainsi que du Monde, de la Connaissance, de l’Homme et de son ambigu Combat. Un traité kabbalistique, en somme. Un désespoir souriant affleure à chaque phrase, tandis qu’une espérance résurrectionnelle patiente, lovée dans l’ombre du sourire : « Peux-tu donc conna ître autre chose que le mensonge ? Si un jour le mensonge est anéanti , ne te retourne pas, sans quoi tu serais changé en statue de sel ». Certains fragments sont d’une telle densité qu’il faut les relire 4 cinq fois de suite avant de commencer de se pénétrer de leur propre impénétrabilité : « Il n’y a rien d’autre qu’un monde spirituel ; ce que nous appelons monde sensible est le Mal dans le monde spirituel et ce que nous appelons Mal n’est qu’une nécessité d’un instant de notre évolution éternelle », exprime par exemple l’aphorisme 54. D’au tres sont si lumineux qu’en quelques mots ils bâtissent un univers entier que le regard traverse à son insu, de sorte qu’il faut aussi les relire sans cesse : « Des léopards s’introduisent dans le temple et s’abreuvent aux jarres d’offrandes qu’ils vi dent ; le phénomène ne cesse de se répéter ; il finit par devenir prévisible et on l’intègre à la cérémonie. » D’autres encore forment la plus pertinente leçon d’écriture et de pensée qu’on puisse élaborer, comme cette ultime réflexion: « Il n’est pas nécessaire que tu sortes de ta maison. Reste à ta table et écoute. N’écoute même pas, attends seulement. N’attends même pas, soit absolument silencieux et seul. Le monde viendra s’offrir à toi pour que tu le démasques, il ne peut faire autrement, extasié, il se tordra devant toi. »
Roberto Calasso a raison d’évoquer la magie – disons la « kabbale pratique » de Kafka. En voici une démonstration : l’autre soir, j’étais au Rosebud avec mes intimes amis Valentin Retz et François Meyronnis. Nous accompagnait Frédérika Amalia Finkelstein, fraîche, étincelante, attentive pianiste, réincarnation de Dora Diamant, le dernier amour de Franz Kafka avec qui il étudia l’hébreu en projetant de s’installer en « Eretz Israël ». Nous feuilletions à tour de rôle Les aphorismes de Zürau, nous lisant des fragments à haute voix, lorsqu’il nous vint l’idée d’en user comme du Yi King , chacun ouvrant une page au hasard et en parc ourant la prophétie. Frédérika Amalia commença et tomba sur l’aphorisme 49 : « A. est un virtuose et le ciel est son témoin. » Meyronnis, Retz et moi accomplirent le rituel et à chaque fois, chacun suscita une phrase qui semblait n’avoi r été écrite qu’à son intention. Par discrétion, je ne révélera i pas ce qu’ont lu Meyronnis et Retz, mais je peux 5 certifier que cela restera gravé dans leur mémoire. Quant à moi, je tombai sur l’aphorisme du combat et du monde qui m’habite depuis mes vingt ans. Et le relisant pour la millième fois, une sign ification à laquelle je n’avais encore jamais songé m’apparut.
Comme par magie…
Stéphane Zagdanski

Diplomatie: Golfeur en chef président des bisous, même combat ! (Mitt Romney was right: great geopolitical powers still matter)

26 juin, 2013
https://i2.wp.com/static01.mediaite.com/med/wp-content/uploads/2013/02/golf.jpghttps://i0.wp.com/h16free.com/wp-content/uploads/2012/06/president-des-bisous.jpgUn des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech
Tout se passe comme si, à l’heure actuelle, s’effectuait une distribution des rôles entre ceux qui pratiquent le repentir et l’autocritique – les Européens, les Occidentaux – et ceux qui s’installent dans la dénonciation sans procéder eux-mêmes à un réexamen critique analogue de leur propre passé (..). Tout indique même que notre mauvaise conscience, bien loin de susciter l’émulation, renforce les autres dans leur bonne conscience. Jacques Dewitte (L’exception européenne, 2009)
J’ai plein de bisous hein, moi, je suis le président des bisous ! François Hollande
D’une certaine façon, les Etats-Unis sont passés du rang de ‘modèle des droits de l’homme’ à celui d »espion de la vie privée’, de ‘manipulateur’ du pouvoir centralisé sur le réseau international internet et d »envahisseur’ fou des réseaux de pays tiers. (…)  Le monde se souviendra d’Edward Snowden, dont l’audace a fait tomber le masque moralisateur de Washington. Le Quotidien du peuple
Nous avons reçu la demande d’asile (…). Nous l’analysons avec beaucoup de sens des responsabilités. Il y va de la liberté d’expression et de la sécurité des citoyens dans le monde. Il y va aussi de la confidentialité des communications. Ricardo Patino (ministre des Affaires étrangères équatorien, Hanoï)
Nous n’avons pas reçu de demande officielle, mais si c’était le cas, nous l’étudierions. Snowden devrait recevoir une aide humanitaire mondiale pour l’information qu’il a révélée. (…) Que se passerait-il si le monde apprenait que le Venezuela se livrait à de l’espionnage? Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunirait sans doute. Nicolas Maduro (président vénézuélien)
Oui, on entend cela [que la Chine n’est pas faite pour la démocratie], et pas seulement en Chine, de la part d’occidentaux aussi. Que l’on arrête avec ces stupidités dégradantes pour notre peuple, pour moi, la démocratie, c’est tout simplement la justice et le parti unique conduit forcément aux injustices. Et quoi, la justice ne serait pas faite pour la Chine ? L’air, l’eau, le ciel ne conviennent pas à la Chine ? L’ordinateur ou le téléphone portable ne sont pas faits pour la Chine? Bao Tong (Ancien bras droit de Zhao Ziyang, le patron du PC au moment de Tiananmen)
Il va sans dire que nombre de pays en développement envient le succès de la Chine. Quel pays pauvre refuserait trois décennies de croissance à 10%? Et quel despote ne voudrait pas d’une croissance à 10%, tout en ayant l’assurance de rester au pouvoir pour longtemps? (…) Par ailleurs, la Chine est parvenue à ce résultat en ignorant délibérément les conseils de l’Occident; elle a su tirer parti des avantages du marché, sans pour autant succomber à l’ensemble de ses charmes. Pendant des années, les banquiers du monde entier se sont rendus à Pékin pour prêcher la bonne parole de la libéralisation financière, conseillant aux dirigeants chinois de laisser flotter leur monnaie et d’ouvrir leur compte de capital. Comment reprocher aux Chinois d’avoir compris que cette recommandation était évidemment motivée par des intérêts personnels? Une théorie à la mode veut que le succès de la Chine ait donné naissance à un nouveau «consensus de Pékin», qui remettrait en cause l’importance de l’économie de marché et de la démocratie —les deux marques de fabrique du «consensus de Washington». Le consensus de Pékin proposerait ainsi un système économique pragmatique et une politique autoritariste prête à l’emploi. Mais observez le modèle chinois de plus près, et vous verrez qu’il n’est pas si simple de le l’imiter. La plupart des pays en développement n’ont pas la tradition et la complexité bureaucratique de la Chine; la structure du parti lui donne une capacité à mobiliser des ressources et à diriger ses fonctionnaires qu’ils ne peuvent égaler. La République démocratique du Congo pourrait-elle établir et administrer un département de l’organisation? En Chine, l’autoritarisme ne pourrait fonctionner sans les ressources du parti. Richard McGregor
Les Chinois ont maintenant assez peu d’illusions par rapport à la France. (…) ils ont été déçus successivement par Jacques Chirac – qui a reconnu l’existence de « valeurs asiatiques » qui seraient différentes des valeurs universelles – et par Nicolas Sarkozy, qui a un petit peu dit tout et le contraire. Et maintenant, j’ai l’impression que l’on n’attend plus grand-chose de François Hollande. (…) La dictature, en Chine, est une dictature assumée. En quelque sorte, ils nous disent : « Oui, nous matraquons, nous tuons, nous emprisonnons. Et alors ! » Et effectivement, quand ils nous disent : « Et alors ! » Qu’est-ce que l’on répond ? Je crois que la seule réponse qu’on puisse apporter, systématiquement, c’est que les valeurs universelles restent universelles. A partir du moment où ils ont accepté d’entrer dans l’Organisation du mondial du commerce (OMC), dans l’Onu et qu’ils font partie de cette planète, ils doivent œuvrer avec nous au bien-être du monde entier. Et pas seulement au bien-être de l’élite dirigeante de la Chine. Marie Holzman
Il y a en Chine un nombre très important de détentions illégales et arbitraires, ainsi que des disparitions forcées. Des centaines de milliers d’autres personnes sont envoyées en « rééducation » dans des camps de travail, qui devaient être abolis en 2013. Là encore, il s’agit de détentions sur décision purement administrative, sans aucune intervention du pouvoir judiciaire. Même si aucune statistique n’est disponible, on sait que la Chine est le « leader mondial » de la peine de mort, avec des milliers d’exécutions chaque année. Des minorités religieuses, comme les catholiques, et des minorités ethniques, les Ouïgours et les Tibétains sont persécutés. Car le régime veut tout contrôler, et donc toute personne, toute institution, qui tente d’échapper à ce contrôle doit être sanctionnée. Des personnes sont régulièrement expulsées de leurs logements et de leurs terres, sans compensation ni cadre juridique, au nom du développement économique. Francis Perrin
Back then in the 1960s, and at least until the late 1980s, it was clear that most regional problems were nested in a global rivalry between Washington and Moscow. Today, however, there is a determined effort to view regional events as divorced from global power politics — an odd formulation, given that almost all social and economic phenomena tend to be seen as linked to globalization-driven trends. Last fall, Mitt Romney performed a signal service in reminding us that, even decades after the Cold War, great geopolitical powers still matter. An awareness of this can inform and should guide grand strategy today. Ignorance of this simple truth is the path to costly ruin. John Arquilla

Golfeur en chef président des bisous, même combat !

A l’heure où le Golfeur en chef et continuateur masqué de l’antiterrorisme bushiste se voit ouvertement défier, tant sur l’espion en fuite Snowden que la Syrie ou l’armement nucléaire, par l’ancien kagébiste du Kremlin …

Et que, de l’Equateur au Vénézuéla, les petits autocrates progressistes se bousculent pour accueillir le dernier martyr en date de la liberté des peuples …

Comment ne pas voir, un mois après sa visite chez l’autre « petite frappe » de la planète actuelle et sous couvert du sacro-saint politiquement correct, la même lâcheté élevée au rang de vertu politique de notre Président des bisous à nous ?

Marie Holzman: « La dictature, en Chine, est une dictature assumée »

RFI

2013-04-25

Pour sa première visite d’Etat en Chine, François Hollande a axé sa visite principalement sur l’économie, écartant, de fait, les aspects plus politiques et les questions des droits de l’homme. Marie Holzman, spécialiste de la Chine contemporaine et présidente de l’association Solidarité Chine, plaide pour un abord franc de ces questions : « Il faut engager la Chine et, en même temps, dire les choses comme elles sont. »

RFI : Le président français a choisi de placer sa visite en Chine sous l’axe économique. En tant que spécialiste de la Chine, cela vous semble être une bonne stratégie, de ne pas froisser d’entrée de jeu les autorités chinoises avec des dossiers qui fâchent ?

Marie Holzman : Oui, évidemment. Nos relations économiques entre la Chine et la France sont très importantes. Entre l’Europe et la Chine encore plus. Donc il ne faut pas se leurrer, la base de cette relation franco-chinoise, c’est quand même l’économie. Nous avons énormément à leur proposer, que ce soit le nucléaire, la gestion de l’eau, les vins de luxe, les parfums, etc.

Donc, nous cherchons des marchés et des débouchés. Les Chinois, eux, cherchent des endroits où s’investir et où vendre leurs produits. C’est ce qui fait la trame de la relation. Cela ne devrait pas empêcher, évidemment, le gouvernement, le président François Hollande et toute sa suite, d’évoquer les problèmes des droits de l’homme, mais je crois qu’aujourd’hui il faut les évoquer en tant que vision du monde.

Qu’est-ce que nous souhaitons pour nos populations ? Qu’est-ce que nous souhaitons en termes de santé alimentaire ? Un air pur ? Une sécurité des citoyens ? Ou acceptons-nous les principes de la violence et de la dictature ? Je crois que c’est en ces termes-là qu’il faut voir les choses.

Sur cette question des droits de l’homme, quel dossier doit, selon vous, aborder François Hollande en priorité ?

Je crois que, fondamentalement, c’est celui de la société civile chinoise. Pour le moment, cette société civile est constamment muselée, massacrée, réprimée, et empêchée de s’exprimer dans sa diversité. C’est aussi dans ce contexte-là que le problème tibétain a pris des proportions épouvantables. Nous avons encore eu trois immolations par le feu dans cette seule semaine.

Cette société civile, et ceux qui luttent pour la démocratie, comment perçoit-elle cette visite, selon vous ?

Je crois que les Chinois ont maintenant assez peu d’illusions par rapport à la France. Je crois qu’ils ont été déçus successivement par Jacques Chirac – qui a reconnu l’existence de « valeurs asiatiques » qui seraient différentes des valeurs universelles – et par Nicolas Sarkozy, qui a un petit peu dit tout et le contraire. Et maintenant, j’ai l’impression que l’on n’attend plus grand-chose de François Hollande. Il faut donc qu’il les surprenne.

Il y a Liu Xiaobo, le Prix Nobel de la Paix, toujours emprisonné. Il y a l’artiste Ai Weiwei, privé de passeport. Comment, selon vous, François Hollande peut-il manœuvrer, sans être accusé d’ingérence ?

Dans ce cas de figure, je crois qu’il faut adopter une attitude relativement naïve. Il faut dire : nous avons beaucoup d’amateurs d’Ai Weiwei dans notre pays. Nous aimerions l’inviter pour une exposition. Voilà. Il faut poser la question comme ça, avec beaucoup de simplicité. Et je crois que ça, ça peut, peut-être, marcher.

Dans le cas de Liu Xiaobo, là, je crois, hélas, qu’il faut faire honte à la Chine. Dire que ce n’est pas en son honneur de garder en prison le seul Prix Nobel du monde emprisonné à l’heure actuelle. Il n’y a pas un seul Prix Nobel nulle part, sauf en Chine, qui soit en prison.

Parmi les autres dossiers qui pèsent également sur la bonne entente bilatérale, il y a la question des visas, et la lenteur dans les procédures pour les étudiants chinois qui souhaitent venir en France. Là-dessus quelle est votre position ?

La question des visas est assez douloureuse, parce qu’effectivement, les étudiants chinois viennent en masse en France. Un grand nombre d’entre eux sont tout à fait légitimes et doivent pouvoir venir. Un petit nombre trichent sur les diplômes, sur l’achat des passe-droits, etc. Je crois que c’est cela qui a rendu, justement, ce processus pénible. Du coup, il y a eu délocalisation de la délivrance des visas, en dehors des consulats. Tout cela donne lieu à des négociations de type plutôt commerciales, qui me paraissent inquiétantes.

Vous parliez tout à l’heure de la répression au Tibet, qui se poursuit. Nicolas Sarkozy, en son temps, avait pris position là-dessus. Finalement, cela n’avait pas été si productif que cela…

Non, parce que je crois que lorsqu’on lance un ultimatum à quelqu’un, en fait on lance un boomerang. Si vous dites : je n’irai pas en Chine avant que vous repreniez les négociations avec le Dalaï Lama – ce qu’avait fait Nicolas Sarkozy – et que vous allez quand même en Chine, alors que les négociations n’ont pas repris, c’est vous qui vous prenez le boomerang dans la tête. C’est un très mauvais langage. Il faut engager la Chine et en même temps dire les choses comme elles sont, sans mettre d’ultimatum.

Le fait que François Hollande arrive peu après un changement d’équipe à la tête du Parti communiste et de l’Etat chinois, cela peut être un atout pour les relations futures entre les deux pays ?

Peut-être. On dit que François Hollande est le premier grand président que rencontre Xi Jinping. C’est peut-être bon signe. C’est qu’effectivement, on accorde quand même à la France une position respectable. Il faut espérer qu’il n’en sorte que de bonnes choses.

Que les questions de droit de l’homme soient abordées ou non, on a un peu l’impression que les autorités chinoises ne bougent pas d’un iota. Comment faire ?

J’avoue que c’est ce qui nous désespère. Malheureusement, cela désespère aussi tous les observateurs chinois qui sont condamnés à l’exil et vivent parmi nous en France, en Allemagne, en Amérique, et qui se posent exactement cette question.

La dictature, en Chine, est une dictature assumée. En quelque sorte, ils nous disent : « Oui, nous matraquons, nous tuons, nous emprisonnons. Et alors ! » Et effectivement, quand ils nous disent : « Et alors ! » Qu’est-ce que l’on répond ?

Je crois que la seule réponse qu’on puisse apporter, systématiquement, c’est que les valeurs universelles restent universelles. A partir du moment où ils ont accepté d’entrer dans l’Organisation du mondial du commerce (OMC), dans l’Onu et qu’ils font partie de cette planète, ils doivent œuvrer avec nous au bien-être du monde entier. Et pas seulement au bien-être de l’élite dirigeante de la Chine.

Voir aussi:

Francis Perrin : « Il faut utiliser tous les canaux possibles pour faire progresser les droits humains en Chine »

Le porte-parole et ancien vice-président d’Amnesty International France déplore que la question du respect des droits humains ne figure pas au cœur de la visite qu’effectue François Hollande en Chine.

La Croix

25/4/13

Qu’attendez-vous de la visite du président Hollande en Chine pour la défense des droits de l’homme ?

Francis Perrin : Une déclaration du président de la République sur les droits humains en Chine aurait du poids et il n’y a pas de raisons que ces sujets soient traités de manière discrète. Des dirigeants américains et allemands n’ont pas évité de les évoquer et je ne crois pas que les firmes américaines et allemandes ont été pénalisées dans la compétition internationale.

Pour Amnesty International, le respect des droits humains devrait occuper une place centrale dans la politique intérieure et extérieure de chaque pays, y compris la France. Il faut utiliser tous les canaux possibles pour faire progresser les droits humains : les Nations unies, les ONG et les médias, mais aussi les relations bilatérales d’État à État.

Comment évolue la situation des droits de l’homme en Chine ?

F. P. : La situation est loin d’être brillante et se caractérise à la fois par la diversité et la gravité des violations des droits humains. À commencer par la liberté d’expression, avec une répression très forte contre les militants et les défenseurs des droits humains. Le prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo, y a été condamné à onze ans de prison pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État » parce qu’il était l’auteur principal du manifeste Charte 08. Son épouse est assignée à résidence depuis octobre 2010.

Il y a en Chine un nombre très important de détentions illégales et arbitraires, ainsi que des disparitions forcées. Des centaines de milliers d’autres personnes sont envoyées en « rééducation » dans des camps de travail, qui devaient être abolis en 2013. Là encore, il s’agit de détentions sur décision purement administrative, sans aucune intervention du pouvoir judiciaire.

Même si aucune statistique n’est disponible, on sait que la Chine est le « leader mondial » de la peine de mort, avec des milliers d’exécutions chaque année. Des minorités religieuses, comme les catholiques, et des minorités ethniques, les Ouïgours et les Tibétains sont persécutés. Car le régime veut tout contrôler, et donc toute personne, toute institution, qui tente d’échapper à ce contrôle doit être sanctionnée.

Des personnes sont régulièrement expulsées de leurs logements et de leurs terres, sans compensation ni cadre juridique, au nom du développement économique.

Recueilli par Camille Hamet

Voir également:

Le Tibet vit depuis des mois au rythme des immolations

Plus de 90 Tibétains se sont immolés ou ont tenté de le faire depuis 2009 en demandant une véritable liberté religieuse sans entraves

La Croix

10/12/12

Sous grande tension depuis les manifestations violentes de 2008, toute la région vit sous conrôle policier et militaire chinois

Toute personne qui sera convaincue d’avoir aidé ou incité un Tibétain à s’immoler par le feu sera poursuivie pour « homicide volontaire », a annoncé cette semaine la presse officielle chinoise alors que plus de 90 Tibétains se sont immolés ou ont tenté de le faire depuis 2009. Un avis conjoint de la Cour suprême et des plus hautes instances judiciaires et policières stipule « clairement que ceux qui, en coulisses, organisent, incitent, aident, encouragent ceux qui s’immolent seront poursuivis pour le crime d’homicide volontaire », a souligné le journal officiel Gannan.

« Les récentes immolations dans les régions tibétaines sont liées aux forces hostiles à l’intérieur de la Chine et à l’étranger, organisées et encouragées par des séparatistes et constituent des incidents particulièrement odieux ayant pour but la destruction de l’unité ethnique et le désordre social », selon le journal, publié dans la préfecture de Gannan, qui fait partie de la province de Gansu (nord-ouest) où ont eu lieu plusieurs immolations en novembre. Aux portes de la région autonome chinoise du Tibet, le Gansu a une importante population d’ethnie tibétaine, qui accuse les autorités d’étouffer leur culture et leur religion.

Pékin accuse régulièrement le chef spirituel des Tibétains, le dalaï lama, d’encourager les immolations par le feu. « Le gouvernement chinois devrait enquêter sur la cause (de ces immolations). La Chine ne s’en occupe pas sérieusement (de cette situation) et essaye d’y mettre fin rien qu’en me critiquant », avait répliqué le mois dernier le dirigeant spirituel tibétain. Alors que Pékin ne cesse de défendre sa politique de développement au Tibet et dans les régions frontalières de la Région autonome du Tibet où vivent d’importantes communautés tibétaines.

Pour Robert Barnett, directeur du Département de Tibétologie à l’Université Columbia de New York, grand connaisseur de la situation au Tibet, « la situation au Tibet est une véritable crise pour la Chine qui tient à la cacher au monde extérieur ». Aucun journaliste nep eut entrer dans ces territoires bouclés par la police et l’armée. Certains observateurs et spécialistes iamaginent que la nouvelle équipe chinoise au pouvoir à Pékin pourrait adopter une autre approche à l’avenir dans le dossier tibétain. Pour Robert Barnett, « il faudra un grand courage à Xi Jinping pour changer la politique chinoise à l’égard du Tibet car les résistances internes sont fortes ». Force est de constater que la situation tibétaine est aujourd’hui dans une impasse.

D.M

Voir encore:

L’AFFAIRE SNOWDEN • Moscou, un protecteur opportuniste

Dans le scénario digne de la guerre froide qui se joue entre Washington et Moscou, le jeune informaticien américain est bien utile aux Russes. Mais si un Snowden russe faisait un jour son apparition, le pouvoir n’aurait aucune indulgence à son égard.

Ioulia Kalinina

Moskovski Komsomolets

25 juin 2013

C’est le sujet idéal d’un blockbuster hollywoodien : les services d’espionnage américains ont imaginé de mettre le monde entier sous leur coupe et ont baptisé PRISM leur système de surveillance intégrale. Mais un jeune homme ordinaire, Edward Snowden, informaticien de son état, qui travaillait à la CIA comme administrateur système, apprend l’existence de leur plan et le révèle à la presse. Celle-ci, bien entendu, en informe le monde entier.

Les services américains décident alors de punir le héros. Mais il prend la fuite, direction Moscou. Les principaux évènements se déroulent à l’aéroport de Cheremetievo.

Snowden veut se rendre en Equateur, pays qui envisage de lui offrir l’asile politique. Les quinze heures d’attente pour la correspondance se passent sous haute tension. Les Etats-Unis font pression sur les autorités russes, et exigent son extradition. Les Russes rétorquent que la zone de transit est un territoire neutre.

Et déjà les rumeurs vont bon train : les Américains pourraient faire atterrir l’avion lorsqu’il aura atteint leur espace aérien. Mais les pilotes de l’avion de l’Aeroflot, transportant Snowden, obéiront-ils aux aiguilleurs du ciel américains ? Et s’ils n’obéissent pas, que se passera-t-il ? L’avion sera-t-il abattu ?

Le point culminant (du scénario) n’est pas loin, mais nous n’y sommes pas encore.

Jouer un mauvais tour aux Américains

L’avion devait décoller lundi peu après trois heures. J’ai écrit cette note à une heure alors que les dépêches d’agences laissaient entendre que l’atmosphère chauffait. Leur ton ne laissait aucun doute : « La Maison-Blanche attend du pouvoir russe qu’il étudie toutes les possibilités concernant l’extradition de l’ancien agent de la CIA et de l’Agence de sécurité nationale, Edward Snowden, vers les Etats-Unis, où il risque d’être inculpé pour espionnage », annonce la BBC.

Les autorités américaines exigent du pouvoir russe qu’il leur rende Snowden. Par tous les moyens. Mais la Russie ne le fera pas. Et je m’en réjouis car je le soutiens. Je le défends. Comme lui, je ne veux pas que le monde soit placé sous la surveillance des services secrets. Je ne veux pas que mes conversations téléphoniques, mes messages et mes pensées soient épiés.

Les autorités de mon pays font exactement ce que je souhaite. Pour une fois, nous sommes en phase. La seule chose qui tempère cette harmonie et cette fierté c’est que leurs motivations sont très différentes des miennes. Je suis pour Snowden, parce que je suis opposée à la surveillance massive des individus, quels que soient les buts poursuivis. Les dirigeants russes sont pour Snowden, car ils veulent jouer un mauvais tour aux Américains.

Un Snowden russe ne sera pas épargné

Grâce à lui, nous savons que les services secrets américains ont écouté les conversations téléphoniques de Dmidri Medvedev au sommet du G20. Cela suffit à nos dirigeants pour ne jamais extrader personne vers les Etats-Unis. A cela il faut ajouter la longue liste de griefs qui vont du système de défense antimissile européen à la liste Magnitski.

En ce qui concerne la surveillance massive des individus qui est inacceptable à mes yeux, le pouvoir n’y est justement pas opposé. Et il serait même très satisfait si nos services secrets avaient un projet semblable à PRISM, permettant d’espionner les conversations téléphoniques, les courriers électroniques et les réseaux sociaux du monde entier.

Du reste, peut-être, l’ont-ils déjà. Ou bien ils l’auront bientôt. Et si un jour un Snowden russe fait son apparition, il ne sera pas épargné. Tout comme les Américains ne ménagent pas Snowden.

Le film n’est pas terminé

P. S. Lundi à 14 heures 41 (heure de Moscou), l’avion dans lequel devait se trouver Edward Snowden, roulait vers la piste de décollage de l’aéroport de Cheremetievo. Mais, d’après des journalistes qui avaient acheté un billet pour ce vol, il ne se trouvait pas à bord, ni en classe affaires, ni en classe économique.

Il y a trois possibilités. Ou bien il est tout de même à bord, et on l’aura caché pour que les Américains n’aient pas de raison de contraindre l’avion à atterrir. Ou alors, il a quitté Cheremetievo dans le véhicule de l’ambassadeur de l’Equateur et il vivra dans l’ambassade de ce pays, à Moscou, comme Assange vit à l’ambassade de l’Equateur à Londres. Ou encore, il est resté dans la zone de transit [ce que Vladimir Poutine a confirmé le 25 juin], et va essayer de se rendre en Equateur par d’autres vols aériens.

De toute façon, le film n’est pas terminé. Le dénouement est momentanément différé, le projet PRISM toujours en vigueur, et Snowden toujours vivant. A suivre.

Voir de plus:

Romney right on Russia?

Jennifer Rubin

June 25, 2013

Mitt Romney was mocked in the 2012 election when he named Russia as our biggest foe. Bashing the president for his remark to Dmitry Medvedev, picked up by a hot mic, that he would have more “flexibility” after the 2012 election, Romney asserted: “This is without question our No. 1 geopolitical foe. They fight for every cause for the world’s worst actors. The idea that he has more flexibility in mind for Russia is very, very troubling indeed.” No kidding.

Guffaws followed. But the fear was well-founded (as he was in smelling a rat in the Benghazi debacle).

Today Sen. John McCain (R-Ariz.) on CNN had this exchange with host Chris Cuomo:

MCCAIN: [I]t is well-known that [Snowden’s] in Russia, and it’s reminiscent of the days of the Cold War when you hear a Russian spokesman saying that he’s not in Russia, when every shred of evidence indicates that he is.

Look, we’ve got to start dealing with Vladimir Putin in a realistic fashion for what he is. He’s an old KGB colonel apparatchik that dreams of the days of the Russian empire, and he continues to stick his thumb in our eye in a broad variety of ways, most importantly to me, of course, and should be to the world is their continued support of Bashar al Assad and the massacre taking place in Syria, not to mention a number of other areas that Russia is basically showing us a total lack of respect. By the way, this sends a message to the Iranians that they have to be wondering whether we are very serious about saying that they can’t achieve nuclear weapons status. . .

As you know I spent a lot of time in the Middle East. Every one of these leaders say where is American leadership? Where is American leadership? We need to show more leadership and that does not mean confrontation but it means steadfast adherence to the principles that many presidents since the end of the Cold War and since before have stood for that the rest of the world will respect.

McCain argues that “the problem is that most now especially China and Russia don’t believe we’re serious.” He recommends that we should undertake “a reevaluation of our relations, particularly with Russia and China, a more realistic approach to two nations that are acting in their own spheres of influence in a provocative fashion.” In practical terms this means:

[W]e should stop the sequestration, which is decimating our military to an alarming degree, and we should carry out the promises and commitments that we make. And it doesn’t mean threats, but it means that the United States is still the only nation in the world that the rest of world can depend on, and these — and China and Russia both in their own way are trying to assert spheres of influence which are not good for the things we stand for and believe in. . . .. Putin’s behavior has been with disdain or even contempt of the United States of America so we’ll have to see. But I — he has to understand and we have to be serious that this will affect our relations with Russia in a broad variety of ways, and that does not mean a return to the Cold War. But it means a very realistic approach to our relations with both of those countries.

McCain is not alone in his assessment. John Arquilla writes in a piece entitled “Mitt Romney was right” for Foreign Policy magazine:

Though the current furore over Moscow’s willingness to shelter the fugitive Edward Snowden is eye-catching, the resurgent rivalry is more evident, and more important, in the case of Syria, where Russia can derail any effort to obtain the blessing of the United Nations for military intervention and at the same time shore up the Assad regime with a wide range of weaponry. . . .

Syria is thus something of a lens through which Russian strength, influence, and strategy can be gauged. From political pull in the United Nations to alliance-creation and clientelism among friendly states, and on to nuclear parity and a robust conventional military capability, Russia remains formidable. Moscow has engineered a strong position for itself in the Middle East just as the United States is talking openly about de-emphasizing the region in favor of focusing on the Far East. And the dismissive way in which President Obama’s call for deep reductions in nuclear arms was treated by Russian leaders is yet another sure indication of Moscow’s confidence in its standing in the world.

He concludes that “Mitt Romney performed a signal service in reminding us that, even decades after the Cold War, great geopolitical powers still matter. An awareness of this can inform and should guide grand strategy today. Ignorance of this simple truth is the path to costly ruin.”

It is in this context that we should appreciate how ridiculous is Obama’s proposal for unilateral nuclear arms reduction. That is what Obama foolishly preferred in the original Cold War; in the 21st century version of Russian aggression, it is nearly as preposterous.

A final note: Romney and his foreign policy team were right on a great number of foreign policy issues. But to the dismay of those same advisers, he and his political handlers refused to emphasize these issues. Never can Republicans take this approach again. Foreign policy is the most critical (and generally unchecked) authority the president has. Ignoring it is the height of irresponsibility. And if one wants to command respect and demonstrate fitness for the job, foreign policy prowess is a critical part of any presidential campaign.

Voir enfin:

Mitt Romney Was Right

Russia’s our No. 1 enemy — and Snowden’s just the tip of the iceberg.

John Arquilla

Foreign policy

June 24, 2013

Back in the late 18th century, when Adam Smith wrote that « there is much ruin in a nation, » he was referring generally to the resiliency of countries under conditions of great adversity. Today, his words seem especially well tailored to Russia. Its 20th century history was bookended by problematic social revolutions (the first destroyed the Russian Empire, the second dissolved the Soviet Union) and was replete with military defeats (to Japan in 1905, in World War I a decade later, and then again in Afghanistan in the 1980s). Forced collectivization of farms caused the starvation of millions in the 1930s, and even victory over the Nazis cost tens of millions more lives. It is a wonder that Russia has survived and even more astonishing that it thrives, both economically and as a key player in the high politics of world affairs.

Mitt Romney suffered much unfair criticism last fall when he called Russia « our number one geopolitical foe. » Russia remains a country of vast natural resources, much military capability — including parity with the United States in nuclear arms — and human capital of the very highest quality. These classic geopolitical indicators of inherent strength aside, Romney noted, the leaders of Russia have also made it clear that their interests often do not coincide with American policy preferences. Though the current furore over Moscow’s willingness to shelter the fugitive Edward Snowden is eye-catching, the resurgent rivalry is more evident, and more important, in the case of Syria, where Russia can derail any effort to obtain the blessing of the United Nations for military intervention and at the same time shore up the Assad regime with a wide range of weaponry.

A determined effort to understand Russian strategic thinking about the Syrian situation could pay real dividends in terms of pointing out Moscow’s true geopolitical strength on the world stage. In my view, Russian reasoning and aims regarding Syria are nested — in a manner somewhat like their many-in-one matryoshka dolls. The first layer of motivation must certainly be defined by a determination to avoid being snookered into giving even tacit permission — as happened in the case of Libya — for international military action against the Assad regime. Yet another concern must be about maintaining a naval toehold in the Mediterranean, as is provided for the Russians by the Syrian port of Tartous.

But in a larger strategic sense, Moscow may be looking at Syria as the western anchor of an anti-Sunni arc of friendly countries in what is — the American pivot to the Pacific notwithstanding — the most important region in the world. This point may do the most to explain both the importance to Moscow of avoiding an outright insurgent victory in Syria and steadfast Russian support for Iran in the current proliferation crisis. Of course, Tehran’s influence with the Shiite-led government in Baghdad ensures that the eastern and western ends of this geostrategic arc of friendly states are connected, with Iraq serving as bridge between the two. And, as the Russians have keen insight into the ethnic fissures in the Muslim world, it is not at all surprising that Moscow is also sensitive to the needs and concerns of the sizeable Christian population of Syria — some two million in number, most of them Orthodox.

Syria is thus something of a lens through which Russian strength, influence, and strategy can be gauged. From political pull in the United Nations to alliance-creation and clientelism among friendly states, and on to nuclear parity and a robust conventional military capability, Russia remains formidable. Moscow has engineered a strong position for itself in the Middle East just as the United States is talking openly about de-emphasizing the region in favor of focusing on the Far East. And the dismissive way in which President Obama’s call for deep reductions in nuclear arms was treated by Russian leaders is yet another sure indication of Moscow’s confidence in its standing in the world.

It is tempting to ask what Mitt Romney would do — and I invite him to weigh in on this matter — given that the concerns he expressed about Russian opposition to American interests during last fall’s presidential campaign have been largely borne out. For my part, geostrategic thinking leads me to three pretty straightforward conclusions. First, there is the need to keep Russia from « winning » in Syria. This can be achieved either by escalating support for the anti-Assad insurgency or ratcheting up a peace process — the aims of which are to put Syria on a path to a post-Assad, democratic future. Perhaps both approaches can be simultaneously pursued. Either way, Russian influence will wane, and the western linchpin of its anti-Sunni arc would become unhinged.

The second country of geostrategic importance in the region is Iraq, and any fruitful initiative here may require some truly perverse thinking. Basically, the implication is to support the Sunnis who are currently resisting Shiite, Tehran-friendly rule in Baghdad — perverse given that this is an al Qaeda aim as well. But the end of Assad in Syria, something that the Obama administration has repeatedly demanded, also aligns us with al Qaeda’s aims. Yes, refraining from toppling Saddam Hussein in the first place would have avoided this mess — but that was then; this is now. And a consistent strategy, one that would thwart larger Russian geostrategic aims, means siding with the Sunnis in Iraq.

As for Iran, the third link in the Middle Eastern anti-Sunni arc, the solution is far simpler: Offer the mullahs a guarantee that the United States will not plump for regime change in return for Tehran’s absolutely verifiable abandonment of its nuclear weapons development program. This solution is quite like the deal that President John F. Kennedy cut with Fidel Castro and Nikita Khrushchev to end the Cuban Missile Crisis some 50 years ago.

Back then in the 1960s, and at least until the late 1980s, it was clear that most regional problems were nested in a global rivalry between Washington and Moscow. Today, however, there is a determined effort to view regional events as divorced from global power politics — an odd formulation, given that almost all social and economic phenomena tend to be seen as linked to globalization-driven trends. Last fall, Mitt Romney performed a signal service in reminding us that, even decades after the Cold War, great geopolitical powers still matter. An awareness of this can inform and should guide grand strategy today. Ignorance of this simple truth is the path to costly ruin.

Arquilla is professor of defense analysis at the U.S. Naval Postgraduate School, author of « Insurgents, Raiders, and Bandits: How Masters of Irregular Warfare Have Shaped Our World, » and co-editor of Afghan Endgames: Strategy and Policy Choices for America’s Longest War.


Scoop du siècle: Plus de musulmans tués par d’autres musulmans que par Israël (Mene, Mene, Tekel, Upharsin: Will Muslims finally see the writing on the wall ?)

25 juin, 2013
https://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/06/da9de-rembrandtwritingonthewall.jpgLe roi Belschatsar donna un grand festin à ses grands au nombre de mille, et il but du vin en leur présence. (…) En ce moment, apparurent les doigts d’une main d’homme, et ils écrivirent, en face du chandelier, sur la chaux de la muraille du palais royal. Le roi vit cette extrémité de main qui écrivait. Alors le roi changea de couleur, et ses pensées le troublèrent; les jointures de ses reins se relâchèrent, et ses genoux se heurtèrent l’un contre l’autre. (…) Voici l’écriture qui a été tracée: Compté, compté, pesé, et divisé.Et voici l’explication de ces mots. Compté: Dieu a compté ton règne, et y a mis fin. Pesé: Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger. Divisé: Ton royaume sera divisé, et donne aux Mèdes et aux Perses. Daniel 5: 1-28
Iran and Hezbollah are cooperating with Israel to be able to support Assad. Assad has protected Israel’s border for 40 years. (…) The opposition was going to take over arms, so Israel attacked. There is evidence pointing to this. (…) This assault was intended to support the Assad administration. Abdulkader Saleh (Syrian opposition commander)
More Muslims have died at the hands of fellow Muslims than at the hands of Israel. Sheikh Nasser al-Asfour (Bahraini cleric, al-Wasat daily)
Selon des témoins et des responsables de la sécurité, des centaines d’habitants d’Abou Moussallam, un village du gouvernorat de Guizeh au sud du Caire, ont cerné dimanche la maison d’un musulman chiite après avoir appris qu’un responsable religieux chiite, Hassan Shehata, s’y trouvait. La foule de plusieurs centaines de personnes a tenté d’incendier la maison située dans une ruelle en lançant des cocktails Molotov. Les gens scandaient « Allah Akbar » et « Les chiites sont des infidèles » puis sont entrés en force dans la maison pour en sortir les chiites et les frapper. Quatre personnes ont été tuées, dont Hassan Shehata et son frère, et plusieurs autres blessées. Le Premier ministre égyptien Hicham Qandil a condamné un « crime haineux » qui est « incompatible avec les principes et les enseignements de notre religion tolérante ». À Abou Moussallam, où les habitants qualifient les chiites d’« infidèles », la scène a été filmée avec des téléphones et les images ont circulé abondamment, des habitants expliquant aux journalistes combien ils étaient « fiers » de ce qui s’était passé. « Nous sommes contents de ce qui s’est passé. Ça aurait dû arriver depuis longtemps », a ainsi indiqué Mohammad Ismaïl, recueillant l’approbation autour de lui. Selon un habitant s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, les gens étaient « furieux contre Shehata car il a récemment convaincu plusieurs habitants de se convertir au chiisme ». L’Orient le jour
Some 11,000,000 Muslims have been violently killed since 1948, of which 35,000, or 0.3 percent, died during the sixty years of fighting Israel, or just 1 out of every 315 Muslim fatalities. In contrast, over 90 percent of the 11 million who perished were killed by fellow Muslims. Heinsohn and Pipes (2007)
The Syrian conflict has already killed five to 10 times as many people in a mere two years – anywhere from 80,000 to 120,000, depending on whose estimate you believe – as the Israeli-Palestinian conflict has in the entire 65 years of Israel’s existence (about 15,000). And that’s without even mentioning the ongoing Muslim-on-Muslim carnage in places like Iraq (almost 2,000 killed in the last three months) or Pakistan, much less historical events like the Iran-Iraq War of 1980-88, which killed more than one million people. Commentary

Attention: un bilan peut en cacher un autre !

A l’heure où nos apprentis-sorciers de gouvernants et leurs amis pompiers-pyromanes qataris et saoudiens s’apprêtent à officialiser leur aide financière et militaire …

Aux barbares crieurs de allah akbar de la version syrienne du prétendu « printemps arabe » …

Contre leurs frères ennemis de l’Iran et du Hezbollah pour un bilan qui pourrait se chiffrer en centaines de milliers de victimes …

Et où de son côté l’un des commandants desdites forces d’opposition au régime syrien dénonce (on ne rit pas !) la collusion de l’Etat d’Israël avec l’Iran et ses affidés du Hezbollah …

Remise des pendules à l’heure, avec les chiffres de 2007 du magazine  Frontpage, sur le vrai bilan, dans sa propre région du monde, de la religion d’amour de paix et de tolérance …

Qui, comme semble le confirmer (sentant le vent tourner ?) rien de moins qu’un religieux chiite bahreini lui-même, dépasserait largement, surprise des surprises, celui des forces israéliennes depuis la création de leur Etat il y a 65 ans …

Arab-Israeli Fatalities Rank 49th

Gunnar Heinsohn and Daniel Pipes

October 08, 2007

The Arab-Israeli conflict in the global imagination.

The Arab-Israeli conflict is often said, not just by extremists, to be the world’s most dangerous conflict – and, accordingly, Israel is judged the world’s most belligerent country.

For example, British prime minister Tony Blair told the U.S. Congress in July 2003 that “Terrorism will not be defeated without peace in the Middle East between Israel and Palestine. Here it is that the poison is incubated. Here it is that the extremist is able to confuse in the mind of a frighteningly large number of people the case for a Palestinian state and the destruction of Israel.” This viewpoint leads many Europeans, among others, to see Israel as the most menacing country on earth.

But is this true? It flies in the face of the well-known pattern that liberal democracies do not aggress; plus, it assumes, wrongly, that the Arab-Israeli conflict is among the most costly in terms of lives lost.

To place the Arab-Israeli fatalities in their proper context, one of the two co-authors, Gunnar Heinsohn, has compiled statistics to rank conflicts since 1950 by the number of human deaths incurred. Note how far down the list is the entry in bold type.

Conflicts since 1950 with over 10,000 Fatalities*

1 40,000,000 Red China, 1949-76 (outright killing, manmade famine, Gulag)

2 10,000,000 Soviet Bloc: late Stalinism, 1950-53; post-Stalinism, to 1987 (mostly Gulag)

3 4,000,000 Ethiopia, 1962-92: Communists, artificial hunger, genocides

4 3,800,000 Zaire (Congo-Kinshasa): 1967-68; 1977-78; 1992-95; 1998-present

5 2,800,000 Korean war, 1950-53

6 1,900,000 Sudan, 1955-72; 1983-2006 (civil wars, genocides)

7 1,870,000 Cambodia: Khmer Rouge 1975-79; civil war 1978-91

8 1,800,000 Vietnam War, 1954-75

9 1,800,000 Afghanistan: Soviet and internecine killings, Taliban 1980-2001

10 1,250,000 West Pakistan massacres in East Pakistan (Bangladesh 1971)

11 1,100,000 Nigeria, 1966-79 (Biafra); 1993-present

12 1,100,000 Mozambique, 1964-70 (30,000) + after retreat of Portugal 1976-92

13 1,000,000 Iran-Iraq-War, 1980-88

14 900,000 Rwanda genocide, 1994

15 875,000 Algeria: against France 1954-62 (675,000); between Islamists and the government 1991-2006 (200,000)

16 850,000 Uganda, 1971-79; 1981-85; 1994-present

17 650,000 Indonesia: Marxists 1965-66 (450,000); East Timor, Papua, Aceh etc, 1969-present (200,000)

18 580,000 Angola: war against Portugal 1961-72 (80,000); after Portugal’s retreat (1972-2002)

19 500,000 Brazil against its Indians, up to 1999

20 430,000 Vietnam, after the war ended in 1975 (own people; boat refugees)

21 400,000 Indochina: against France, 1945-54

22 400,000 Burundi, 1959-present (Tutsi/Hutu)

23 400,000 Somalia, 1991-present

24 400,000 North Korea up to 2006 (own people)

25 300,000 Kurds in Iraq, Iran, Turkey, 1980s-1990s

26 300,000 Iraq, 1970-2003 (Saddam against minorities)

27 240,000 Columbia, 1946-58; 1964-present

28 200,000 Yugoslavia, Tito regime, 1944-80

29 200,000 Guatemala, 1960-96

30 190,000 Laos, 1975-90

31 175,000 Serbia against Croatia, Bosnia-Herzegovina, Kosovo, 1991-1999

32 150,000 Romania, 1949-99 (own people)

33 150,000 Liberia, 1989-97

34 140,000 Russia against Chechnya, 1994-present

35 150,000 Lebanon civil war, 1975-90

36 140,000 Kuwait War, 1990-91

37 130,000 Philippines: 1946-54 (10,000); 1972-present (120,000)

38 130,000 Burma/Myanmar, 1948-present

39 100,000 North Yemen, 1962-70

40 100,000 Sierra Leone, 1991-present

41 100,000 Albania, 1945-91 (own people)

42 80,000 Iran, 1978-79 (revolution)

43 75,000 Iraq, 2003-present (domestic)

44 75,000 El Salvador, 1975-92

45 70,000 Eritrea against Ethiopia, 1998-2000

46 68,000 Sri Lanka, 1997-present

47 60,000 Zimbabwe, 1966-79; 1980-present

48 60,000 Nicaragua, 1972-91 (Marxists/natives etc,)

49 51,000 Arab-Israeli conflict 1950-present

50 50,000 North Vietnam, 1954-75 (own people)

51 50,000 Tajikistan, 1992-96 (secularists against Islamists)

52 50,000 Equatorial Guinea, 1969-79

53 50,000 Peru, 1980-2000

54 50,000 Guinea, 1958-84

55 40,000 Chad, 1982-90

56 30,000 Bulgaria, 1948-89 (own people)

57 30,000 Rhodesia, 1972-79

58 30,000 Argentina, 1976-83 (own people)

59 27,000 Hungary, 1948-89 (own people)

60 26,000 Kashmir independence, 1989-present

61 25,000 Jordan government vs. Palestinians, 1970-71 (Black September)

62 22,000 Poland, 1948-89 (own people)

63 20,000 Syria, 1982 (against Islamists in Hama)

64 20,000 Chinese-Vietnamese war, 1979

65 19,000 Morocco: war against France, 1953-56 (3,000) and in Western Sahara, 1975-present (16,000)

66 18,000 Congo Republic, 1997-99

67 10,000 South Yemen, 1986 (civil war)

*All figures rounded. Sources: Brzezinski, Z., Out of Control: Global Turmoil on the Eve of the Twenty-first Century, 1993; Courtois, S., Le Livre Noir du Communism, 1997; Heinsohn, G., Lexikon der Völkermorde, 1999, 2nd ed.; Heinsohn, G., Söhne und Weltmacht, 2006, 8th ed.; Rummel. R., Death by Government, 1994; Small, M. and Singer, J.D., Resort to Arms: International and Civil Wars 1816-1980, 1982; White, M., “Death Tolls for the Major Wars and Atrocities of the Twentieth Century,” 2003.

This grisly inventory finds the total number of deaths in conflicts since 1950 numbering about 85,000,000. Of that sum, the deaths in the Arab-Israeli conflict since 1950 include 32,000 deaths due to Arab state attacks and 19,000 due to Palestinian attacks, or 51,000 in all. Arabs make up roughly 35,000 of these dead and Jewish Israelis make up 16,000.

These figures mean that deaths Arab-Israeli fighting since 1950 amount to just 0.06 percent of the total number of deaths in all conflicts in that period. More graphically, only 1 out of about 1,700 persons killed in conflicts since 1950 has died due to Arab-Israeli fighting.

(Adding the 11,000 killed in the Israeli war of independence, 1947-49, made up of 5,000 Arabs and 6,000 Israeli Jews, does not significantly alter these figures.)

In a different perspective, some 11,000,000 Muslims have been violently killed since 1948, of which 35,000, or 0.3 percent, died during the sixty years of fighting Israel, or just 1 out of every 315 Muslim fatalities. In contrast, over 90 percent of the 11 million who perished were killed by fellow Muslims.

Comments: (1) Despite the relative non-lethality of the Arab-Israeli conflict, its renown, notoriety, complexity, and diplomatic centrality will probably give it continued out-sized importance in the global imagination. And Israel’s reputation will continue to pay the price. (2) Still, it helps to point out the 1-in-1,700 statistic as a corrective, in the hope that one day, this reality will register, permitting the Arab-Israeli conflict to subside to its rightful, lesser place in world politics.

Professor Heinsohn is director of the Raphael-Lemkin-Institut für Xenophobie- und Genozidforschung at the University of Bremen. Mr. Pipes (www.DanielPipes.org) is director of the Middle East Forum.

Voir aussi:

Syria Spurs A Few Arabs to Rethink Israel

Evelyn Gordon

Commentary

06.19.2013

One surprising side effect of Syria’s civil war is that it’s causing a few people in the Arab world to question their society’s accepted view of Israel as evil incarnate. These people are still very much a minority: The majority’s attitude is exemplified by the Syrian rebel commander who, without batting an eyelash, last month espoused the delusional theory that “Iran and Hezbollah are cooperating with Israel” to support Syrian President Bashar Assad. Nevertheless, two notable examples of a rethink have surfaced recently.

One involved a seriously wounded Syrian treated at an Israeli hospital this month. He isn’t the first Syrian to be treated in Israel, but he was the first to arrive with a note from the Syrian doctor who treated him initially. “To the honorable doctor, hello,” it began, before launching into a description of his symptoms, his treatment to date and suggestions for further treatment. “Please do what you think needs to be done,” it concluded. “Thanks in advance.”

The Syrian doctor who wrote that note clearly didn’t view Israelis as enemies, but as colleagues who could be trusted to give his patient the care he himself couldn’t provide. It indicates that word has filtered out to at least parts of Syria: Good medical care is available in Israel, and patients who need it can safely be sent there.

Perhaps even more remarkable, however, was a Friday sermon given earlier this month by a cleric in Qatif, a Shi’ite-majority city in Saudi Arabia. Discussing the conflict in Syria, Sheikh Abdullah Ahmed al-Youssef informed his congregants that more Muslims have been killed by fellow Muslims than were ever killed by Israel.

That isn’t news to anyone familiar with the facts. As I noted last month, the Syrian conflict alone has killed more than five times as many people in just two years as the Israeli-Palestinian conflict has in all of Israel’s 65 years of existence. And that’s without even mentioning the ongoing Muslim-on-Muslim carnage in places like Iraq (almost 2,000 killed in the last three months) or Pakistan, much less historical events like the Iran-Iraq War of 1980-88, which killed more than one million people.

But most Arabs aren’t familiar with the facts, having been fed delusional atrocity tales about Israel for decades by their media and their political, religious, cultural and intellectual leaders. Thus for a cleric to stand up in the mosque and tell his congregants this home truth borders on the revolutionary.

If this attitude spreads, it would benefit not just Israel, or even the elusive quest for Mideast peace, but above all, the Arabs themselves. This isn’t merely because Israel has much to offer Arab countries on a practical level (like water management technologies essential for agriculture in a drought-stricken region), but mainly because Arab society’s biggest problem has always been its habit of blaming outsiders–Israel and the West–for all its ills. By so doing, they not only absolve themselves of responsibility, but also nourish the belief that these ills are beyond their control, and hence beyond their own power to fix.

By recognizing that Israel is not the monster of their own imagining, Arabs can begin the process of recognizing that their problems are of their own making rather than the product of malign outside intervention. And only then can they begin the long, hard work of fixing them.

Voir également:

Syrian Rebel Says Israel Supports Assad

Military.com

May 13, 2013

UPI

Iran and Hezbollah are cooperating with Israel to support Syrian President Bashar Assad’s regime, Abdulkader Saleh, a Syrian opposition commander said.

« Iran and Hezbollah are cooperating with Israel to be able to support Assad. Assad has protected Israel’s border for 40 years, » Saleh said in an interview published Monday by the Turkish daily Today’s Zaman.

Saleh also said the alleged Israeli airstrike in Syria, in which at least 42 Syrian soldiers were killed, was aimed at preventing Syrian opposition forces from taking control of weapons.

« The opposition was going to take over arms, so Israel attacked. There is evidence pointing to this, » he said.

Israel has refused to comment on the airstrike but foreign media reported Israeli war planes bombed stockpiles of Iranian-made rockets in sites around Damascus. The rockets allegedly were to be transported to Hezbollah in Lebanon.

« This assault was intended to support the Assad administration, » Saleh said.

He maintained that senior Syrian army commanders were planning to hand over the weapons to Syrian opposition forces when the airstrike occurred.

Saleh also rejected reports that opposition forces in Syria had used chemical weapons.

« [Chemical weapons] have been used in Damascus’ Ghouta, Homs and now Aleppo’s Khan al-Assal region. These attacks indicate the regime’s demise, » he said.

Voir encore:

Statesmen Stuck in Middle East Time Warp

Evelyn Gordon

Commentary

05.28.2013

While visiting Israel this weekend, Secretary of State John Kerry said that everywhere he goes – Europe, the Gulf States, China, Japan, even New Zealand and Brazil – the first thing he is asked about is the Israeli-Palestinian conflict. Perhaps his hosts are simply demonstrating tact by starting off with the only issue Kerry shows any real interest in. But if this is truly their number-one concern, we should all be afraid: It means the leaders and diplomats entrusted with managing global crises don’t have the faintest understanding of what is and isn’t important.

Even if we disregard some pretty major problems elsewhere on the planet – for instance, the adventurism of nuclear North Korea, or the serious instability in another nuclear power, Pakistan, where Islamic extremists slaughter thousands of their own countrymen every year – there’s a Middle Eastern problem right next door that’s infinitely more important than the Israeli-Palestinian conflict. I am talking, of course, about Syria.

It’s not just that the Syrian conflict has already killed five to 10 times as many people in a mere two years – anywhere from 80,000 to 120,000, depending on whose estimate you believe – as the Israeli-Palestinian conflict has in the entire 65 years of Israel’s existence (about 15,000). It’s that unlike the Israeli-Palestinian conflict, the Syrian conflict is rapidly destabilizing all its neighbors.

Over the last 25 years, the Palestinian-Israeli conflict has manifested itself in two intifadas and two Hamas-Israel wars. Not one of them resulted in refugees fleeing to other countries, fighters pouring in from other countries, or violence inside other countries. The Syrian conflict, however, has produced large quantities of all three.

Some 1.5 million Syrian refugees have fled to other countries, mainly Jordan, Turkey and Lebanon, and the UN says the number is rising by about 250,000 per month. This is putting a serious strain on the host countries.

Moreover, citizens of most of Syria’s neighbors – especially Lebanon, Iraq and Jordan – are now fighting in Syria, acquiring skills that their countries of origin fear will be turned against their own countrymen when they return. And the problem isn’t confined to Arab countries: Hundreds of European Muslims are also fighting in Syria, where they are being further radicalized and learning military skills that will make them serious terror risks when they return. The Israeli-Palestinian conflict has attracted no similar influx.

Finally, the Syrian conflict is exporting violence to all its neighbors. To cite just two of the most serious incidents, a double bombing killed 52 people in Reyhanli, a Turkish town near the Syrian border, two weeks ago, while Sunni-Alawite clashes in the Lebanese city of Tripoli have killed 29 people in the last week.

The Syrian conflict is thus a clear and present danger to every country in the region, and even to some farther afield, like the European states whose citizens are fighting there. The same hasn’t been true of the Israeli-Palestinian conflict in decades: The last time this conflict drew in another country was the 1982 Lebanon War (the Israel-Hezbollah war of 2006 had nothing to do with the Palestinians). Today, the conflict affects nobody but Israelis and Palestinians themselves.

Yet the statesmen whom we count on to manage global affairs appear to be stuck in a time warp, unable to see that the map of the world’s problems has changed. And that may pose an even greater danger than the bloodbath in Syria.

Voir aussi:

Gulf Shi’ites fear blame for Syrian conflict

Researcher: Hate language is on the rise, in the press, on social media and even at lectures in mosques.

Jerusalem Post

12/06/2013

DUBAI – Shi’ite Muslims in the Gulf, alarmed by the shrill sectarian rhetoric of some Sunni clerics after Lebanon’s Hezbollah militia entered Syria’s civil war, fear they will be blamed and may be victimized for the bloodshed.

« Hate language is on the rise, in the press, on social media and even at lectures in mosques. Shi’ites in general are being blamed for what’s happening in Syria, » said Waleed Sulais, a researcher at the Saudi Adalah Center for Human Rights.

Emotions over the Syrian conflict have been stoked by gory online videos depicting atrocities in stark language that plays on the Sunni affiliation of most of the rebels and on President Bashar Assad’s Alawite family, an offshoot of Shi’ite Islam.

Respected Muslim religious figures have now lent a measure of authority to inflammatory online sectarian material, casting the conflict as part of a wider Sunni-Shi’ite struggle.

The influential Sunni cleric Youssef al-Qaradawi urged Sunnis to join a jihad (holy war) in Syria, and his Qatar-based International Association of Muslim Scholars has called for a « day of rage » over the conflict next Friday.

In Egypt, the most populous Arab state, a senior preacher from the ruling Muslim Brotherhood, Salah Sultan, called the Shi’ite Hezbollah (party of God) movement « the party of Satan » in a nationally televised sermon last Friday.

Such talk has aggravated a geopolitical split between countries allied to Shi’ite power Iran and those aligned with Gulf Sunni states, a divide that has turned into an all-out proxy war in Syria.

« There is a very raw sectarian nerve that is being twitched and stroked in the Gulf Cooperation Council countries right now, » Sheikh Mohammad al-Mubarak al-Sabah, Kuwaiti Minister for Cabinet Affairs and a Sunni Muslim, told Reuters.

« It’s very flammable, very sensitive… Unfortunately Syria has become the new battleground for a very ancient tug of war. »

Gulf Arab states have been among the rebels’ main supporters while Iran has backed Assad with arms and cash, and encouraged fighters from its Lebanese ally Hezbollah to join the struggle.

While Sunni volunteers have swelled rebel ranks, the rebels report that large numbers of Shi’ite fighters are now crossing into Syria from Iraq, another Gulf state with its own deepening sectarian divide, to help Assad, whose forces are massing for an offensive on the northern city of Aleppo.

Some Sunni clerics have extended their verbal assault to local Shi’ites, who are a minority group in Saudi Arabia and Kuwait but a majority in Bahrain, branding them tools of non-Arab Iran.

« Everything that happens in Syria or Lebanon has an impact everywhere in the region, » said Jihan Kazerooni, vice president of the Bahrain Rehabilitation and Anti-Violence Organization (BRAVO). « As a Bahraini woman, I am afraid of a sectarian war. »

SUSPICION, DISCRIMINATION

Mutual suspicion has fuelled a historic rift in Islam that began after the death of the Prophet Mohammad in 632 AD. Shi’ites, followers of the Prophet’s son-in-law Ali and his descendants, complain of systematic discrimination and neglect of their communities.

« In times of high tension, like the times we are going through now, these unfortunate sectarian issues rise up to the surface, » said Alanoud Alsharekh, a senior fellow at the International Institute for Strategic Studies.

Minorities close ranks against perceived external threats.

Videos posted on the Internet from the battlefront in Syria have served to polarize Gulf Arabs, whose Shi’ite communities increasingly complain they are seen as Iranian agents.

Shi’ites point to the recent digging up by rebels near Damascus of the grave of a seventh-century figure revered by Shi’ites, and the filmed cutting out of the heart of a Syrian government soldier by a rebel fighter as examples of what could happen to them if hardline Islamists take charge.

For their part, Sunnis say Assad’s forces have committed countless massacres in their struggle to shield the president from being overthrown.

« What is dangerous about this issue is that while the media may target Hezbollah, all the Shi’ites are implicated in this, » Sulais said. « Everybody is regarded as a Hezbollah supporter. »

IRANIAN FACTOR

Although Syria is ruled by the secular pan-Arab Baath party, many Gulf Arabs fear a victory by the Iranian-backed Assad could extend Tehran’s influence across what Jordan’s King Abdullah once called a Shi’ite crescent stretching from Tehran to Beirut.

Sunni-led Gulf Arab states accuse Iran of being behind an uprising by Bahrain’s majority Shi’ites in 2011 that threatened the Sunni monarchy, and blame them for occasional protests by minority Shi’ites in eastern Saudi Arabia.

Saudi forces intervened to help Bahrain’s ruler crush the revolt.

Riyadh has also blamed Iran for an alleged plot to kill its ambassador in Washington, and has also rounded up a number of people accused of espionage for Tehran.

When Assad’s forces, backed by Hezbollah fighters retook Qusair town last week, some Saudis saw that as an Iranian win.

« If Bashar al-Assad’s regime survives, Iran and Hezbollah will also be victorious. Thus, it is not an exaggeration to say that this is a decisive battle for the Gulf states, Jordan and Lebanon, and before them all Syria, » Rashed said.

GOVERNMENT ROLE

Although some conservative clerics who have blasted Shi’ites are close to Gulf Sunni governments, the increasingly sectarian language does not necessarily have official backing.

In 2003, Saudi Arabia set up the King Abdulaziz Center for National Dialogue as a venue to promote understanding. Last year King Abdullah said a centre to study Muslim sects was being set up, a statement seen as sending a message to Sunni clerics that they should regard Shi’ites as proper Muslims.

Now, however, Sulais said he feared years of efforts by Gulf governments to improve relations between Sunnis and Shi’ites « are being wasted ».

Despite the high tensions, there has been virtually no incident of friction in countries with mixed populations, thanks to strong government policies that do not tolerate to strife. So harsh words have yet to turn into deeds.

Government-approved sermons preached in Saudi Arabia last Friday mostly focused on social issues such as behavior in the summer holidays and combating drug abuse.

Shi’ite clerics across the Gulf also sought to calm tempers, appealing to followers to avoid inflaming passions.

« Today, more than ever, we need to shy away from aggravating the sectarian spasm and confessional tensions, and to work to create a positive climate and prepare the ground to contain all forms of partisanship and agitation, » Sheikh Nasser al-Asfour, a Bahraini cleric, said according to al-Wasat daily on Sunday.

Sheikh Abdullah Ahmed al-Youssef, in a Friday sermon in the mostly Shi’ite Saudi city of Qatif, expressed sorrow at what he called « the dangerous division » that Muslims are living through. He noted that more Muslims have died at the hands of fellow Muslims than at the hands of Israel.

Voir encore:

À Abou Moussallam, on est « fier » du lynchage de 4 chiites

OLJ/AFP

juin 25, 2013

Le Premier ministre Qandil a condamné un « crime haineux ».

Des habitants d’un village proche du Caire où quatre chiites ont été lynchés par une foule hostile affichaient hier leur « fierté » après cette attaque, la première de ce type alors qu’une rhétorique antichiite se généralise dans le pays.

Selon des témoins et des responsables de la sécurité, des centaines d’habitants d’Abou Moussallam, un village du gouvernorat de Guizeh au sud du Caire, ont cerné dimanche la maison d’un musulman chiite après avoir appris qu’un responsable religieux chiite, Hassan Shehata, s’y trouvait. La foule de plusieurs centaines de personnes a tenté d’incendier la maison située dans une ruelle en lançant des cocktails Molotov. Les gens scandaient « Allah Akbar » et « Les chiites sont des infidèles » puis sont entrés en force dans la maison pour en sortir les chiites et les frapper. Quatre personnes ont été tuées, dont Hassan Shehata et son frère, et plusieurs autres blessées.

Le Premier ministre égyptien Hicham Qandil a condamné un « crime haineux » qui est « incompatible avec les principes et les enseignements de notre religion tolérante ».

À Abou Moussallam, où les habitants qualifient les chiites d’« infidèles », la scène a été filmée avec des téléphones et les images ont circulé abondamment, des habitants expliquant aux journalistes combien ils étaient « fiers » de ce qui s’était passé. « Nous sommes contents de ce qui s’est passé. Ça aurait dû arriver depuis longtemps », a ainsi indiqué Mohammad Ismaïl, recueillant l’approbation autour de lui. Selon un habitant s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, les gens étaient « furieux contre Shehata car il a récemment convaincu plusieurs habitants de se convertir au chiisme ».

Environ une vingtaine de familles chiites vivent à Abou Moussallam. Les chiites représentent moins de 1 % de la population égyptienne, dans sa très grande majorité de confession sunnite. Les sunnites sont traditionnellement opposés aux chiites, selon lesquels de nombreux compagnons du prophète Mohammad vénérés par les sunnites étaient corrompus et ont usurpé le pouvoir au détriment du successeur légitime de Mohammad, son cousin Ali.

M. Shehata était une figure importante de la petite communauté chiite égyptienne. Il a été emprisonné à plusieurs reprises sous le régime de l’ex-président Hosni Moubarak pour insulte à la religion, selon des habitants. « Shehata assistait à une cérémonie religieuse dans la maison », a indiqué, en larmes, un habitant chiite Diaa Moharram. Selon Yasser Yehya, un charpentier, quand les gens ont découvert que Shehata s’y trouvait, ils ont demandé aux propriétaires de leur livrer le religieux mais ils ont refusé. « Ils ont traîné les chiites dehors l’un après l’autre et les ont frappés à mort », a-t-il dit.

Les chiites égyptiens sont régulièrement visés par des discours hostiles dans les médias et de la part de prédicateurs islamistes égyptiens, qui les accusent d’être sous l’influence de l’Iran, où le chiisme est majoritaire. Récemment lors d’une conférence en présence du président Mohammad Morsi, un responsable d’un mouvement salafiste a traité les chiites d’« immondices ».

Bahaa Anwar, un porte-parole de la communauté chiite en Égypte, a fait porter à M. Morsi la responsabilité de cette attaque. « Mohammad Morsi porte l’entière responsabilité de ce qui s’est passé car il y a eu constamment des incitations antichiites dans le village, et personne n’est intervenu malgré nos appels répétés aux autorités », a-t-il indiqué. Selon l’adjoint de la sécurité pour Guizeh, le général Abelazim Nasreddine, la police a tenté dimanche d’intervenir, « mais la foule était trop importante et les rues trop étroites, nous empêchant de la disperser ». Posté avec ses hommes en dehors du village, il a indiqué que la police avait été attaquée avec des bâtons et des couteaux par les habitants, « nous forçant à nous retirer ». Selon lui, la police à pu faire sortir 25 chiites de la maison pendant l’attaque, « ce qui a permis de réduire le nombre de victimes ».

Voir enfin:

Chiite, la confession négative

Le Moyen-Orient a trouvé sa nouvelle guerre de religion

Daoud Boughezala

Causeur

17 Juin 2013

Hachem Salman avait 19 ans. Il a été abattu devant l’ambassade d’Iran à Beyrouth le 9 juin dernier. Mort pour ses idées. Le chef des jeunes de l’Option libanaise, petit parti chiite anti-Hezbollah, a été molesté par des chemises noires armées de bâtons puis tué à bout portant. Des gardes iraniens du bâtiment diplomatique ou des gros bras du parti de Dieu, l’enquête officielle n’a pas encore désigné les coupables.

Le martyre de Salman symbolise en tout cas le chant du cygne d’une grande idée née à la fin du XIXe siècle. Au grand courroux des derniers nationalistes arabes, leur idéologie est bel et bien morte et enterrée. Ni Damas ni Téhéran : la neutralité de l’Option libanaise porte peu chez des chiites libanais électeurs du Hezbollah et de son allié Amal à plus de 85%.

En ces temps troublés, la mort d’Hachem Salman sonne aussi le glas de l’unité chiite. En proie à des tensions croissantes au Proche-Orient et dans le golfe persique, des millions de musulmans chiites vivent au rythme des combats menés en Syrie, des élections iraniennes et des sempiternels affrontements intra-libanais. De ce point de vue, la semaine dernière fut particulièrement riche en rebondissements.

D’abord, le Hezbollah a – définitivement ? – enterré son credo islamo-nationaliste. Les géopoliticiens devront revoir leurs classiques : avec la guerre de Syrie, de la figure du partisan territorialisé, le hezbollahi personnifie le second type schmittien : le partisan global, sans enracinement tellurique, tel le premier salafiste venu.

Peu on prou, on observe la formation d’une « Internationale chiite » à l’identité religieuse claudicante. Si ses buts stratégiques restent bien définis, l’axe Damas-Téhéran ne correspond en effet à aucune unité confessionnelle, le clan alaouite d’Assad étant à un chiite iranien ce qu’un anglican est à l’évêque de Rome. Tant il est vrai que la politique commande au religieux, la (non-)pratique quotidienne de l’alaouite de la rue a peu à avoir avec le rite officiel « chiitisé » promu par le régime syrien depuis ses trente ans de noces avec l’Iran1 [2]. N’en déplaise aux essentialistes, la géostratégie est affaire d’intérêts, les tapis de prière suivent. La nouvelle guerre de religion qui déchire le Moyen-Orient a tout de la lutte d’influence, avec des acteurs telluriques fragilisés (l’Arabie Saoudite à la puissance déclinante, la Syrie baathiste vacillante) et de nouvelles forces hyper-mobiles qui livrent bataille aux quatre coins de l’Oumma : Salafistes vs. Hezbollahis. Même les vieux Etats se prennent à ce petit jeu. Ainsi, son président réformateur Rohani à peine élu, la République islamique d’Iran a annoncé l’envoi de quatre mille soldats en Syrie, sans doute pour signifier que la politique étrangère reste l’apanage exclusif du Guide. On ne badine pas avec une alliance vieille de trente ans…

Aujourd’hui estampillé mouvement régional, le Hezbollah achève d’internationaliser le séisme syrien et ses répliques libanaises. Face au chaudron bahreïni qui gronde, le Conseil de Coopération du golfe a carrément inscrit le Parti de Dieu sur la liste des organisations terroristes pendant que ses membres multiplient les mesures vexatoires à l’encontre de leurs minorités chiites. En rétorsion, un koweïtien a failli être enlevé sur un site touristique libanais il y a quelques jours puis quatre chiites ont été assassinés dans la Bekaa. Tout le monde a en tête les récentes images de villageois chiites massacrés par la guerilla, à l’est de la Syrie. Une barbarie qui ne le cède en rien aux exactions des mercenaires pro-Bachar.

Avec des foyers aussi incandescents que le brasier syrien, l’Internationale chiite aura fort à faire pour ménager sa sphère d’influence. Que son porte-parole s’appelle Khamenei ou Rohani, qu’il éveille l’effroi ou l’espoir des bonnes consciences occidentales, n’y changera finalement pas grand-chose.

*Photo : looking4poetry.

On lira avec intérêt les indispensables travaux de Thomas Pierret sur l’intégration de l’alaouisme syrien au rite jaffarite en vigueur en Iran, notamment à travers de multiples séjours religieux dans la ville sainte de Qom.


Mariage pour tous: Attention, un pinkwashing peut en cacher un autre ! (Pinkwashing gets its first backlash)

24 juin, 2013

https://i0.wp.com/www.contre-info.com/wp-content/uploads/2011/09/pub-eram-2.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/06/de4d5-image2-lesbiennehomosexuellepublicitc3a9.jpghttps://i0.wp.com/www.20min.ch/diashow/15531/02.jpg

https://i0.wp.com/24.media.tumblr.com/tumblr_m5infhUgSU1qdbff9o1_1280.jpghttps://i0.wp.com/www.yohyoh.com/img_upload/server/php//files/2360f5e41f3f31bbc8c478d79745f7e1cc14.jpeghttp://luciferschildren.files.wordpress.com/2013/05/blue-is-the-warmest-color.jpghttps://i0.wp.com/comicsbeat.com/wp-content/uploads/2013/05/planches.jpghttps://i0.wp.com/i.huffpost.com/gen/1206509/thumbs/o-OLIVIER-CIAPPA-570.jpgComme disent mes deux mamans, la famille c’est sacré ! Pub Eram
Il faudrait dire soit mariage pour tous, soit égalité face au mariage. Si on comprend bien que derrière le terme il y a une facilité de langage, il y a aussi un danger d’aller vers une union civile [c’est-à-dire une union qui reprendrait les droits du mariage, mais exclurait les questions d’adoption et de filiation], c’est-à-dire un droit spécifique. Nicolas Gougain (porte-parole de l’inter-LGBT)
Les écoles maternelles et élémentaires européennes pourront interdire les livres pour enfants et les contes de fées qui dépeignent la famille traditionnelle. Il s’agit d’une demande de la commission parlementaire des droits de la femme. Selon le comité, les contes de fées devraient parler de la diversité sexuelle. Pravda
Il y a décidemment une volonté manifeste et malsaine, de vouloir imposer l’homosexualité comme la nouvelle norme en Europe. Au nom du fameux principe d’égalité, la République Française vient à son tour d’imposer à sa population, une loi autorisant le mariage des personnes inverties et bientôt leur adoption d’enfants, imitant artificiellement le modèle de la famille traditionnelle et naturelle. Sitôt entérinée, le premier « mariage » a été célébré dans la ville de Montpellier dont sa mairesse, à l’image de la majorité socialiste à laquelle elle appartient, peine à trouver des solutions au marasme général et inflige donc à sa population, des animations sociétales moins coûteuses. Enfin, en apparence seulement, si l’on en juge par la débauche de moyens réunis par la commune, et donc à la charge des contribuables, pour unir deux agents municipaux en présence de personnalités comme Najat Valaux-Belkacem, sensées conférer à l’événement un caractère historique, comparable au sacre des Rois de France ou de la Révolution de 1789, si l’on en croit le traitement caricatural des journalistes français. Le voyage préalable de la porte-parole du gouvernement à Rouen pour rendre hommage soi-disant à sainte Jeanne-d’Arc, ne permet cependant pas de comparer ce non-évènement avec le sacre de Charles VII. D’acceptée, l’homosexualité devient promulguée. Cette parodie de mariage fait suite à la récompense délivrée par le jury de Cannes et son président américain Steven Spielberg, à un film mettant en scène les amours passionnées entre deux jeunes femmes. Film soi-disant transgressif, qui fait l’apologie de la pédophilie entre une jeune adulte et une mineure. Une histoire qui n’est pas si éloignée d’un sordide fait divers survenu dans le Nord de la France. Une enseignante de collège classé en zone d’éducation prioritaire, professeur d’anglais a entretenu une liaison pendant deux ans avec une élève de 12 ans issue d’une famille monoparentale, avant que la mère de cette dernière ne l’apprenne et ne dépose plainte. A en croire certain, normal pour un prof de langues à la pédagogie « innovante » et qui « aimait ses élèves » selon ses collègues. Pour d’autre, Normal qu’un enfant déboussolé reçoive l’Amour auquel il a « droit ». C’est peut-être cette « normalité » qui devient la plus dérangeante. Un nouvel ordre moral s’impose en Hollandie. Encore quelques années et quelques manigances de certains lobbies et elle sera certainement sacralisée comme une figure de la néo-religion égalitaire. D’exemple, la France est devenue le contre-exemple pour de nombreux peuples qui n’entendent pas la suivre dans son suicide civilisationnel. On a les saintes que l’on mérite : un professeur pédophile et homosexuelle ou une jeune vierge combattante se sacrifiant pour sa patrie. A la jeune génération qui se dresse de faire le choix. Prorussia
En France, tout le monde connaît le ruban rouge, signe de lutte contre le Sida. En Amérique du Nord, le ruban rose (pink ribbon) est associé à la lutte contre le cancer du sein. De nombreuses marques s’associent à cette cause en affichant ce signe distinctif et en indiquant qu’une somme sera reversée à un organisme de recherche ou une association. Et c’est là que les dérives commencent, en particulier en octobre, mois de sensibilisation au cancer du sein outre Atlantique. Construit sur la base du terme greenwashing, le pinkwashing est utilisé pour décrire les activités d’entreprises et de groupes qui se positionnent comme leaders dans la lutte contre le cancer du sein alors qu’elles sont engagées dans des activités qui peuvent/pourraient contribuer à augmenter le nombre de ces cancers… Plus largement, le terme s’applique aussi à ces sociétés qui cherchent tout simplement à exploiter ce filon et à faire du business. Sircome
« Pinkwashing » (le « marketing rose »)  est un mot-valise combinant « rose » et « blanchiment ». Le terme est le plus souvent utilisé pour décrire différentes formes de marketing à but non-lucratif. Il peut se référer à: la promotion de biens et services en utilisant le ruban rose qui représente le soutien aux organismes de bienfaisance liés au cancer du sein. (…) La promotion de l’attitude pro-homosexuels d’une entité commerciale ou politique pour tenter de minimiser ou d’adoucir ses côtés considérés comme négatifs. Wikipedia
Julie Maroh raconte, de façon sensible, comment la vie de la lycéenne Clémentine bascule le jour où elle croise le regard d’une fille aux cheveux bleus, Emma. Une histoire attachante, des dialogues et des situations justes, sur le thème du désir amoureux, de l’homosexualité féminine et de son acceptation dans la société d’aujourd’hui. La dessinatrice originaire du Nord de la France, âgée de 28 ans, a consacré des années de travail à ce premier album. Il a été son projet d’études de la section BD du célèbre Institut Saint-Luc, dont elle est sortie avec la Haute distinction. La poursuite de son cursus à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles a encore repoussé la parution. Mais dès sa sortie en 2010, Le bleu est une couleur chaude a attiré les prix : Salon BD de Roubaix, Festival de BD de Blois, Prix du public Fauve à Angoulême… Ouest-France
On la sent en particulier assez tiède «quant au cul»: «en tant que lesbienne», elle se demande si le cinéaste et ses actrices se sont bien documentés. Pour sa part, elle a vu dans les scènes les plus chaudes «un étalage brutal et chirurgical, démonstratif et froid de sexe dit lesbien, qui tourne au porn, et qui [l]’a mise très mal à l’aise». Le Nouvel Observateur
C’est un processus à propos de l’idée de la répercussion de nos actes, d’écrire une ridicule histoire l’été de mes 19 ans et d’arriver à… « ça » aujourd’hui. (…) je suis traversée d’un sentiment indescriptible à propos de la répercussion. De se lever et de parler, et où cela peut mener. Moi ce qui m’intéresse c’est la banalisation de l’homosexualité. Je sais que certains sont dans un tout autre combat: garder cela hors-norme, subversif. Aucun de nous n’avait une intention militante, néanmoins j’ai très vite pris conscience après la parution du Bleu en 2010 que le simple fait de parler d’une minorité telle qu’elle soit participe à en défendre la cause (ou le contraire, selon.) et que cela nous dépasse complètement. (…) Quant au cul… Oui, quant au cul… Puisqu’il est beaucoup évoqué dans la bouche de celles et ceux qui parlent du film… Il est d’abord utile de clarifier que sur les trois heures du film, ces scènes n’occupent que quelques minutes. Si on en parle tant c’est en raison du parti pris du réalisateur. (…)  Maintenant, en tant que lesbienne… Il me semble clair que c’est ce qu’il manquait sur le plateau: des lesbiennes. Je ne connais pas les sources d’information du réalisateur et des actrices (qui jusqu’à preuve du contraire sont tous hétéros), et je n’ai pas été consultée en amont. Peut-être y’a t’il eu quelqu’un pour leur mimer grossièrement avec les mains les positions possibles, et/ou pour leur visionner un porn dit lesbien (malheureusement il est rarement à l’attention des lesbiennes). Parce que – excepté quelques passages – c’est ce que ça m’évoque: un étalage brutal et chirurgical, démonstratif et froid de sexe dit lesbien, qui tourne au porn, et qui m’a mise très mal à l’aise. Surtout quand, au milieu d’une salle de cinéma, tout le monde pouffe de rire. Les hérétonormé-e-s parce qu’ils/elles ne comprennent pas et trouvent la scène ridicule. Les homos et autres transidentités parce que ça n’est pas crédible et qu’ils/elles trouvent tout autant la scène ridicule. Et parmi les seuls qu’on n’entend pas rire il y a les éventuels mecs qui sont trop occupés à se rincer l’œil devant l’incarnation de l’un de leurs fantasmes. Je comprends l’intention de Kechiche de filmer la jouissance. Sa manière de filmer ces scènes est à mon sens directement liée à une autre, où plusieurs personnages discutent du mythe de l’orgasme féminin, qui… serait mystique et bien supérieur à celui de l’homme. Mais voilà, sacraliser encore une fois la femme d’une telle manière je trouve cela dangereux. En tant que spectatrice féministe et lesbienne, je ne peux donc pas suivre la direction prise par Kechiche sur ces sujets. Mais j’attends aussi de voir ce que d’autres femmes en penseront, ce n’est ici que ma position toute personnelle. (…) Cette nuit j’ai réalisé que c’était la première fois dans l’histoire du cinéma qu’une bande dessinée avait inspiré un film Palme d’Or, et cette idée me laisse pétrifiée. C’est beaucoup à porter. Je tiens à remercier tous ceux qui se sont montrés étonnés, choqués, écœurés que Kechiche n’ait pas eu un mot pour moi à la réception de cette Palme. Je ne doute pas qu’il avait de bonnes raisons de ne pas le faire, tout comme il en avait certainement de ne pas me rendre visible sur le tapis rouge à Cannes alors que j’avais traversé la France pour me joindre à eux, de ne pas me recevoir – même une heure – sur le tournage du film, de n’avoir délégué personne pour me tenir informée du déroulement de la prod’ entre juin 2012 et avril 2013, ou pour n’avoir jamais répondu à mes messages depuis 2011. Mais à ceux qui ont vivement réagi, je tiens à dire que je n’en garde pas d’amertume. Il ne l’a pas déclaré devant les caméras, mais le soir de la projection officielle de Cannes il y avait quelques témoins pour l’entendre me dire « Merci, c’est toi le point de départ » en me serrant la main très fort. Julie Maroh
J.C. Penney’s freefall should serve as a warning to other companies who are itching to jump on the same-sex bandwagon. Pandering to those who want to redefine marriage (and the rest of society with it) may earn you a pat on the back from the Human Rights Campaign, but in the long term, it’s bad policy. Americans want corporate neutrality in the culture wars, and when they don’t find it, they will go elsewhere. Family Research Center
L’inversion de la courbe de popularité de François Hollande, dans le baromètre Ifop pour le JDD, aura duré…un mois. Après avoir gagné quatre points en mai, il en perd trois en juin et annule ainsi l’effet « mariage pour tous » en retombant à 26% de personnes satisfaites. Un sondage préoccupant pour l’exécutif alors qu’il vient de lancer les consultations sur la réforme des retraites. JDD (22.06.13)
Dites-moi un peu maintenant avec quels arguments sérieux nous nous opposerons à la polygamie par exemple ? Nous avons mis le doigt dans un drôle d’engrenage. Tareq Oubrou (iman de Bordeaux)

Palme d’Or de Cannes à l’histoire d’un amour lesbien, tournage du premier mariage homosexuel pour le feuilleton politiquement correct de France 3 (« Plus belle la vie »), père homosexuel tenant son bébé dans les bras en couverture du magazine gay Têtu, volonté du principal syndicat du primaire (Snuipp) de relancer la théorie du genre à l’école (« Papa porte une robe » ou « Jean a deux mamans »), acceptation de membres (mais pas de cadres) homosexuels pour les scouts américains  …

Attention: un pinkwashing peut en cacher un autre !

Alors que nos apprentis-sorciers de gouvernants qui s’étaient un peu vite autocongratulés d’avoir bouleversé le code civil et la civilisation (jusqu’aux… contes de fée ?) pour accorder le droit à l’aberration pour tous à peut-être 100.000 couples homosexuels …

Font à présent, entre arrestation d’une mère porteuse pour escroquerie, fiasco du premier salon du mariage gay, chute des ventes dans certains grands magasins américains et vandalisation répétée d’une exposition photo contre l’homophobie, mine de s’étonner d’une radicalisation de la société que leur élection était censée apaiser …

Comment ne pas voir avec le chroniqueur du Figaro Ivan Rioufol et sans compter l’inquiétant précédent qui risque ainsi d’être créé …

Les prévisibles fruits du véritable matraquage auquel, de nos grands à nos petits écrans et de nos rues à nos magazines et à nos BD, sont de plus en plus soumises nos vies quotidiennes ?

Après le mariage gay, la polygamie?

Ivan Rioufol

29 mai 2013

Tourner la page? C’est ce qu’assurent le gouvernement et les députés PS, quand ils disent refuser une « scénarisation » des premiers mariages homosexuels. En réalité, le vote de la loi a libéré les esprits prosélytes. Ce mercredi, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, assistera « à titre privé » à l’union de Vincent Autin et Bruno Boileau, à Montpellier, devant 500 invités et 230 journalistes, représentants 115 médias du monde entier. Ce n’est qu’un amuse-gueule. Il y a eu, ce week-end, la Palme d’Or du Festival de Cannes, qui a récompensé opportunément l’histoire d’un amour lesbien (« La vie d’Adèle », d’Abdellatif Kechiche). France 3 vient de tourner les noces de Thomas et Gabriel, pour son feuilleton très politiquement correct, « Plus belle la vie ». Le magazine gay Têtu proposera, en couverture, un père homosexuel tenant son bébé dans les bras (« Rémy et son fils »). Le Figaro de ce mercredi dévoile que le principal syndicat du primaire (Snuipp) entend relancer la théorie du genre à l’école, en s’appuyant sur des livres tels que : « Papa porte une robe », ou « Jean a deux mamans ». Ce matin, sur RTL, un auditeur se félicitait du « mariage gay pour tous »: un lapsus reflétant l’indigestion dont Christine Boutin a eu le malheur de se plaindre, lundi : « Aujourd’hui, la mode c’est les gays (…) On est envahi de gays ». Les lyncheurs ont fait le reste. C’est dans cette euphorie victorieuse que Manuel Valls vient de juger nécessaire, sur I-Télé, d’ »incriminer davantage par la loi le discours et les actes homophobes ». Je dis : basta !

En ayant imprudemment accédé aux revendications d’une minorité influente (l’Insee ne recense que 100.000 couples homosexuels en France), à qui a été reconnu le droit de bouleverser le code civil et la civilisation, le gouvernement socialiste a avalisé plus généralement le fait communautariste et sa ligne de défense. Elle est construite sur la victimisation et la non discrimination. Une brèche a été ouverte, dans laquelle vont être amenés à s’engouffrer dans l’avenir tous ceux qui s’estiment lésés par la loi commune et qui revendiquent des droits spécifiques, au nom de leur groupe, de leur particularisme, de l’égalitarisme. Comme le remarque l’iman de Bordeaux, Tareq Oubrou, dans des propos rapportés par Elisabeth Schemla (1) : « Dites-moi un peu maintenant avec quels arguments sérieux nous nous opposerons à la polygamie par exemple ? Nous avons mis le doigt dans un drôle d’engrenage ». En effet, le temps est sans doute proche où des militants islamistes, prétextant de l’exemple du mariage pour tous, de la lutte contre l’islamophobie et de la réalité de comportements observables dans la communauté musulmane, exigeront la légalisation des pratiques polygames qui, de fait, existent déjà dans des cités. Les militants homosexuels auront alors enfanté une machine infernale et sa mise en marche.

(1)Islam, l’épreuve française, Plon

Voir aussi:

Le premier Salon du mariage gay tourne au fiasco

Stéphane Kovacs

Le Figaro

23/06/2013

Les exposants ont vu à peine 150 visiteurs. L’organisatrice met en cause les «homophobes».

Tristes débuts pour le Salon du mariage gay. Ils avaient prévu champagne, jus de fruits et des montagnes de petits fours… ils ont fini par «liquider tout ça» eux-mêmes. En deux jours, la soixantaine d’exposants présents au premier Salon du mariage pour tous a croisé à peine 150 visiteurs, dont… quelques «figurants», selon eux. «Remboursez!, Remboursez!», criaient-ils dimanche en début d’après-midi, tout en commençant à démonter leurs stands.

Allées désertes, hôtesses désœuvrées, agents de sécurité apathiques, en fin de matinée, Le Figaro n’avait pu rencontrer que trois clients. «Les gays se lèvent tard…», avait hasardé l’attachée de presse. Mais quelques heures plus tard, «il n’y a toujours pas un chat, s’énerve le bijoutier du Comptoir La Fayette. En quarante ans de métier, je n’ai jamais vu ça. J’ai investi 30.000 euros et je n’ai vendu qu’une seule paire d’alliances… à des hétéros!»

À côté, Johanna, qui vient de créer sa société organisatrice d’événements Eden Day, n’a signé aucun contrat. «C’est juste une catastrophe!, se désole la jeune femme. C’est mon premier salon, je comptais dessus pour démarrer. J’ai vu en tout et pour tout cinq personnes, et en parlant avec les autres, on a compris qu’on avait tous vu les cinq mêmes…» Pire, «aux questions qu’ils posaient, j’ai bien vu qu’ils n’étaient pas là pour se marier, raconte le bijoutier. On a tous remarqué que des gamins de 20 ans avaient passé toute la journée de samedi ici, pour faire semblant devant les journalistes».

Pétition des exposants

Furieux de ce «fiasco total», le DJ Emmanuel Attiach, de 1dream1event, fait signer une pétition aux autres exposants: «On nous avait promis 5000 à 7000 personnes!, s’énervent-ils. Où sont les VIP, tels que Manuel Valls (le ministre de l’Intérieur est… au Qatar), Laurent Ruquier ou Antoine de Caunes?Étant donné l’actualité autour du mariage gay, il est incroyable d’avoir eu si peu de visiteurs…»

Embarrassée, l’organisatrice du salon, Sandra Bibas, évoque «des soucis avec les homophobes». Certes, une exposition photo contre l’homophobie, affichée à l’extérieur de la mairie du IIIe arrondissement, a été vandalisée deux fois en 48 heures. Mais personne n’a vu la «trentaine d’opposants au mariage gay», qui, selon Sandra Bibas, auraient tenté samedi de perturber le salon… pas même les responsables de la sécurité du Parc floral à Paris (XIIe), qui abritait l’événement.

Fallait-il organiser un salon spécifique pour les homosexuels?, se demandent les exposants. «Je trouve ça dommage de les stigmatiser encore davantage en ouvrant un salon à part, indique Joffrey, réalisateur de vidéos. Peut-être qu’ils se sont sentis insultés?» Après avoir fait «un repérage» pour son mariage prévu en juin 2014, Marie, 48 ans, explique qu’elle ne fait confiance qu’à une organisatrice d’événement lesbienne, «la seule qui me comprenne et qui ne soit pas là que pour le business». Mais son espoir, «c’est de devenir transparente, considérée comme les autres, dit-elle, Ce jour-là, on pourra vraiment parler de mariage pour tous».

Voir encore:

Palme d’Or 2013: ce qu’en pense l’auteur(e) de la BD adaptée par Kechiche

28-05-2013

Grégoire Leménager

«La Vie d’Adèle» d’Abdellatif Kechiche est inspiré d’une BD signée Julie Maroh. Elle vient de sortir de son silence, «en tant qu’auteure» et «en tant que lesbienne»

Nouvel Observateur

« Le Bleu est une couleur chaude », de Julie Maroh (Glénat, 2010): la BD qui a inspiré « la Vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, Palme d’Or 2013 au festival de Cannes. (Glénat)

« Le Bleu est une couleur chaude », de Julie Maroh (Glénat, 2010): la BD qui a inspiré « la Vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, Palme d’Or 2013 au festival de Cannes. (Glénat)

A moins d’avoir passé le week-end sur Mars, vous devez être vaguement au courant: ce dimanche soir au festival de Cannes, la Palme d’Or 2013 a récompensé un film d’Abdellatif Kechiche qui s’appelle «la Vie d’Adèle – chapitre 1 & 2».

Ca raconte une belle histoire d’amour entre une jeune femme et une jeune fille, tout en citant «la Vie de Marianne» de Marivaux comme référence. C’est joué par Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. Il paraît que c’est un choc, et que la Palme n’est pas volée.

Ce qui se sait un peu moins, peut-être parce que Kechiche a oublié de le dire en recevant son prix, c’est que le film est adapté d’une BD. La BD s’appelle «le Bleu est une couleur chaude», et son auteur Julie Maroh. C’est sorti chez Glénat en 2010.

Julie Maroh vient de passer deux semaines à se taire sur ce qu’elle pense du film. Elle a fini par sortir de son silence, ce 27 mai, sur son blog. C’est très intéressant.

Pendant que Madame Boutin nous explique avec une délicatesse de mollah ronchon qu’«on est envahis de gays», elle y dit d’abord que sa priorité était «la banalisation de l’homosexualité».

« Le bleu est une couleur chaude », de Julie Maroh (Glénat, 2010)Pas de faire «un livre uniquement pour les lesbiennes», donc, mais au contraire de se battre pour que «celles/ceux qu[‘elle] aime, et tous les autres, cess[ent] d’être:

– insulté-e-s

– rejeté-e-s

– tabassé-e-s

– violé-e-s

– assassiné-e-s»

Cette mise au point étant faite, elle passe à l’adaptation de Kechiche. C’est pour elle est «une autre version / vision / réalité d’une même histoire», «un film purement kéchichien, avec des personnages typiques de son univers cinématographique».

En bref, c’est «un coup de maître», mais il y a un petit mais.

On la sent en particulier assez tiède «quant au cul»: «en tant que lesbienne», elle se demande si le cinéaste et ses actrices se sont bien documentés. Pour sa part, elle a vu dans les scènes les plus chaudes «un étalage brutal et chirurgical, démonstratif et froid de sexe dit lesbien, qui tourne au porn, et qui [l]’a mise très mal à l’aise».

Pas question pour autant de voir «le film comme une trahison». Pas question non plus d’en vouloir à Kechiche parce qu’il a omis de la remercier en public. Le soir de la projection officielle, il lui a serré la main «très fort» en lui glissant: «Merci, c’est toi le point de départ». Et Julie Maroh sort de l’aventure «absolument comblée, ébahie, reconnaissante du cours des évènements»:

Cette nuit j’ai réalisé que c’était la première fois dans l’histoire du cinéma qu’une bande dessinée avait inspiré un film Palme d’Or, et cette idée me laisse pétrifiée.»

Marivaux, de son côté, n’a pour l’instant fait aucune déclaration.

Voir de même:

Le bleu d’Adèle

Julie Maroh

Les coeurs exacerbés

27 mai 2013

Edit du 6 juin: Puisque dans certains articles sur la toile il est déclaré que « Julie Maroh a répondu à {leurs} questions » en citant des extraits du communiqué ci-dessous souvent sans en donner la source, je précise que non, depuis l’attribution de « la Palme » je n’ai répondu à aucune interview concernant le film.

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La couleur d’origine

Voilà bientôt deux semaines que je repousse ma prise de parole quant à La vie d’Adèle. Et pour cause, étant l’auteure du livre adapté, je traverse un processus trop immense et intense pour être décrit correctement.

Ce n’est pas seulement à propos de ce que Kechiche a fait.

C’est un processus à propos de l’idée de la répercussion de nos actes, d’écrire une ridicule histoire l’été de mes 19 ans et d’arriver à… « ça » aujourd’hui.

C’est un processus à propos de l’idée de prendre la parole et transmettre sur la Vie, l’Amour, l’Humanité en tant qu’artiste, de manière générale. C’est un processus à propos de moi-même et du chemin que j’ai choisi.

Donc, oui… je suis traversée d’un sentiment indescriptible à propos de la répercussion. De se lever et de parler, et où cela peut mener.

Moi ce qui m’intéresse c’est la banalisation de l’homosexualité.

Je n’ai pas fait un livre pour prêcher des convaincu-e-s, je n’ai pas fait un livre uniquement pour les lesbiennes. Mon vœu était dès le départ d’attirer l’attention de celles et ceux qui:

– ne se doutaient pas

– se faisaient de fausses idées sans connaître

– me/nous détestaient

Je sais que certains sont dans un tout autre combat: garder cela hors-norme, subversif. Je ne dis pas que je ne suis pas prête à défendre cela. Je dis simplement que ce qui m’intéresse avant tout c’est que moi, celles/ceux que j’aime, et tous les autres, cessions d’être:

– insulté-e-s

– rejeté-e-s

– tabassé-e-s

– violé-e-s

– assassiné-e-s

Dans la rue, à l’école, au travail, en famille, en vacances, chez eux. En raison de nos différences.

Chacun aura pu interprété et s’identifier au livre à sa convenance. Je tenais toutefois à repréciser le point de départ. Il s’agissait également de raconter comment une rencontre se produit, comment cette histoire d’amour se construit, se déconstruit, et ce qu’il reste de l’amour éveillé ensemble, après une rupture, un deuil, une mort. C’est cela qui a intéressé Kechiche. Aucun de nous n’avait une intention militante, néanmoins j’ai très vite pris conscience après la parution du Bleu en 2010 que le simple fait de parler d’une minorité telle qu’elle soit participe à en défendre la cause (ou le contraire, selon.) et que cela nous dépasse complètement.

Le dégradé de la BD jusqu’au film

Kechiche et moi nous sommes rencontrés avant que j’accepte de lui céder les droits d’adaptation, c’était il y a plus de 2 ans. J’ai toujours eu beaucoup d’affection et d’admiration pour son travail. Mais surtout c’est la rencontre que nous avons eue qui m’a poussée à lui faire confiance. Je lui ai stipulé dès le départ que je ne voulais pas prendre part au projet, que c’était son film à lui. Peut-être est-ce ce qui l’a poussé à à me faire confiance en retour. Toujours est-il que nous nous sommes revus plusieurs fois. Je me souviens de l’exemplaire du Bleu qu’il avait sous le bras: il ne restait pas un cm2 de place dans les marges, tout était griffonné de ses notes. On a beaucoup parlé des personnages, d’amour, des douleurs, de la vie en somme. On a parlé de la perte du Grand Amour. J’avais perdu le mien l’année précédente. Lorsque je repense à la dernière partie de La vie d’Adèle, j’y retrouve tout le goût salé de la plaie.

Pour moi cette adaptation est une autre version / vision / réalité d’une même histoire. Aucune ne pourra annihiler l’autre. Ce qui est sorti de la pellicule de Kechiche me rappelle ces cailloux qui nous mutilent la chair lorsqu’on tombe et qu’on se râpe sur le bitume.

C’est un film purement kéchichien, avec des personnages typiques de son univers cinématographique. En conséquence son héroïne principale a un caractère très éloigné de la mienne, c’est vrai. Mais ce qu’il a développé est cohérent, justifié et fluide. C’est un coup de maître.

N’allez pas le voir en espérant y ressentir ce qui vous a traversés à la lecture du Bleu. Vous y reconnaîtrez des tonalités, mais vous y trouverez aussi autre chose.

Avant que je ne vois le film à Paris, on m’avait tellement prévenue à coups de « C’est librement adapté hein, ohlala c’est très très librement adapté », je me voyais déjà vivre un enfer… Chez Quat’Sous Films se trouvait tout le découpage des scènes filmées, épinglé au mur en petites étiquettes. J’ai battu des paupières en constatant que les deux-tiers suivaient clairement le cheminement du scénario du livre, je pouvais même en reconnaître le choix des plans, des décors, etc.

Comme certains le savent déjà, beaucoup trop d’heures ont été tournées, et Kechiche a taillé dans le tas. Pourtant, étant l’auteure du Bleu j’y retrouve toujours beaucoup du livre. C’est le cœur battant que j’en reconnais tout mon Nord natal tel que j’avais tenté de le retranscrire en images, enfin « réel ». Et suite à l’introduction de ma déclaration ici je vous laisse imaginer tout ce que j’ai pu ressentir en voyant défiler les plans, scènes, dialogues, jusqu’aux physiques des acteurs et actrices, similaires à la bande dessinée.

Donc quoi que vous entendiez ou lisiez dans les médias (qui cherchent souvent à aller à l’essentiel et peuvent facilement occulter certaines choses) je réaffirme ici que oui, La vie d’Adèle est l’adaptation d’une bande dessinée, et il n’y a rien de mal à le dire.

Quant au cul

Quant au cul… Oui, quant au cul… Puisqu’il est beaucoup évoqué dans la bouche de celles et ceux qui parlent du film… Il est d’abord utile de clarifier que sur les trois heures du film, ces scènes n’occupent que quelques minutes. Si on en parle tant c’est en raison du parti pris du réalisateur.

Je considère que Kechiche et moi avons un traitement esthétique opposé, peut-être complémentaire. La façon dont il a choisi de tourner ces scènes est cohérente avec le reste de ce qu’il a créé. Certes ça me semble très éloigné de mon propre procédé de création et de représentation. Mais je me trouverais vraiment stupide de rejeter quelque chose sous prétexte que c’est différent de la vision que je m’en fais.

Ça c’est en tant qu’auteure. Maintenant, en tant que lesbienne…

Il me semble clair que c’est ce qu’il manquait sur le plateau: des lesbiennes.

Je ne connais pas les sources d’information du réalisateur et des actrices (qui jusqu’à preuve du contraire sont tous hétéros), et je n’ai pas été consultée en amont. Peut-être y’a t’il eu quelqu’un pour leur mimer grossièrement avec les mains les positions possibles, et/ou pour leur visionner un porn dit lesbien (malheureusement il est rarement à l’attention des lesbiennes). Parce que – excepté quelques passages – c’est ce que ça m’évoque: un étalage brutal et chirurgical, démonstratif et froid de sexe dit lesbien, qui tourne au porn, et qui m’a mise très mal à l’aise. Surtout quand, au milieu d’une salle de cinéma, tout le monde pouffe de rire. Les hérétonormé-e-s parce qu’ils/elles ne comprennent pas et trouvent la scène ridicule. Les homos et autres transidentités parce que ça n’est pas crédible et qu’ils/elles trouvent tout autant la scène ridicule. Et parmi les seuls qu’on n’entend pas rire il y a les éventuels mecs qui sont trop occupés à se rincer l’œil devant l’incarnation de l’un de leurs fantasmes.

Je comprends l’intention de Kechiche de filmer la jouissance. Sa manière de filmer ces scènes est à mon sens directement liée à une autre, où plusieurs personnages discutent du mythe de l’orgasme féminin, qui… serait mystique et bien supérieur à celui de l’homme. Mais voilà, sacraliser encore une fois la femme d’une telle manière je trouve cela dangereux.

En tant que spectatrice féministe et lesbienne, je ne peux donc pas suivre la direction prise par Kechiche sur ces sujets.

Mais j’attends aussi de voir ce que d’autres femmes en penseront, ce n’est ici que ma position toute personnelle.

Quoi qu’il en soit je ne vois pas le film comme une trahison. La notion de trahison dans le cadre de l’adaptation d’une œuvre est à revoir, selon moi. Car j’ai perdu le contrôle sur mon livre dès l’instant où je l’ai donné à lire. C’est un objet destiné à être manipulé, ressenti, interprété.

Kechiche est passé par le même processus que tout autre lecteur, chacun y a pénétré et s’y est identifié de manière unique. En tant qu’auteure je perds totalement le contrôle sur cela, et il ne me serait jamais venu à l’idée d’attendre de Kechiche d’aller dans une direction ou une autre avec ce film, parce qu’il s’est approprié – humainement, émotionnellement – un récit qui ne m’appartient déjà plus dès l’instant où il figure dans les rayons d’une librairie.

La palme

Cette conclusion cannoise est évidemment magnifique, à couper le souffle.

Comme évoqué dans mon introduction, tout ce qui me traverse ces jours-ci est tellement fou et démesuré que je ne saurais vous le retranscrire.

Je reste absolument comblée, ébahie, reconnaissante du cours des évènements.

Cette nuit j’ai réalisé que c’était la première fois dans l’histoire du cinéma qu’une bande dessinée avait inspiré un film Palme d’Or, et cette idée me laisse pétrifiée. C’est beaucoup à porter.

Je tiens à remercier tous ceux qui se sont montrés étonnés, choqués, écœurés que Kechiche n’ait pas eu un mot pour moi à la réception de cette Palme. Je ne doute pas qu’il avait de bonnes raisons de ne pas le faire, tout comme il en avait certainement de ne pas me rendre visible sur le tapis rouge à Cannes alors que j’avais traversé la France pour me joindre à eux, de ne pas me recevoir – même une heure – sur le tournage du film, de n’avoir délégué personne pour me tenir informée du déroulement de la prod’ entre juin 2012 et avril 2013, ou pour n’avoir jamais répondu à mes messages depuis 2011. Mais à ceux qui ont vivement réagi, je tiens à dire que je n’en garde pas d’amertume. Il ne l’a pas déclaré devant les caméras, mais le soir de la projection officielle de Cannes il y avait quelques témoins pour l’entendre me dire « Merci, c’est toi le point de départ » en me serrant la main très fort.

Pour en savoir plus sur le film, vous pouvez télécharger son dossier de presse

Et concernant le porn lesbien, un petit lien

(Merci à Sarah et Dwam)

Voir aussi:

04/06/2013 – L’homosexualité comme la prochaine normalité?

« Les écoles maternelles et élémentaires européennes pourront interdire les livres pour enfants et les contes de fées qui dépeignent la famille traditionnelle. Il s’agit d’une demande de la commission parlementaire des droits de la femme. Selon le comité, les contes de fées devraient parler de la diversité sexuelle. »

“Le Comité du Parlement européen sur les droits de la femme et l’Egalité des Genres a préparé un rapport qui appelle à une interdiction de tous les livres qui montrent la famille traditionnelle où le père est le chef de famille et la mère prend soin des enfants, dans les écoles et les garderies d’Europe.

“Les féministes craignent que les enfants à un âge précoce soient constamment confrontés à des « stéréotypes sexistes » dans les émissions de télévision et des publicités. Le mot «négatif» dans le rapport est synonyme du mot «traditionnel». Au fil du temps, l’interdiction sera étendue à la télévision et la publicité. Jusqu’à présent, il a été décidé de commencer par les livres.

“En fait, ces mesures ont déjà été prises dans certains pays, notamment en Scandinavie, qui se considèrent l’avant-garde de la démocratie occidentale.

“Le rapport du Parlement européen a également insisté sur le fait que « l’homosexualité devrait être enseignée à l’école maternelle comme une forme d’expérience et de connaissances. Selon eux, cela va élargir le concept de «l’identité de genre» pour les enfants. «La diversité sexuelle doit être évidente pour les enfants. Les enfants ont besoin de savoir que cela est normal quand ses parents sont homosexuels ou lesbiennes. ”

Pravda décembre 2012 sous le titre « European feminists gang up on children’s fairytales »

Laitman

Voir enfin:

J.C. Penney fires CEO after plummeting sales following gay ad campaign

Family Research Center

Apr 11, 2013

Analysis

April 11, 2013 (Family Research Council) – Plenty of companies have argued that natural marriage is « bad for business »–but they’ll have a tough time persuading J.C. Penney. After a series of radical decisions, the retailer is struggling to survive a 25 percent drop in sales.

It started in 2011 when the company hired Ellen DeGeneres, a vocal proponent of same-sex « marriage » as its spokesperson.

The choice drew fire from organizations like the American Family Association (AFA) because it was a departure from the store’s longstanding values. When AFA’s One Million Moms complained, J.C. Penney’s new CEO, Ron Johnson, stubbornly dug in his heels.

Then, on Mothers’ Day, the company shocked customers with a blatant endorsement of homosexuality in an ad that featured two moms–followed by a two-dads ad for Fathers’ Day. Coupled with an overhaul of the stores’ pricing system, the stock never recovered.

Click « like » if you want to defend true marriage.

Now, months after the experiment failed, J.C. Penney has fired Johnson and replaced him with the former CEO, Myron Ullman.

Hinting that the problems are more political than the media is reporting, Ullman said bluntly,

Whether the retailer will learn from its mistakes is yet to be seen. But J.C. Penney’s freefall should serve as a warning to other companies who are itching to jump on the same-sex bandwagon. Pandering to those who want to redefine marriage (and the rest of society with it) may earn you a pat on the back from the Human Rights Campaign, but in the long term, it’s bad policy.

Americans want corporate neutrality in the culture wars, and when they don’t find it, they will go elsewhere.

This article originally appeared on the Family Research Council and is reprinted with permission.


Syndrome de Stockholm/40e: Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français (France discovers anti-white racism)

22 juin, 2013
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b1/The_Intervention_of_the_Sabine_Women.jpghttps://i0.wp.com/images1.wikia.nocookie.net/__cb20071104124311/psychology/images/4/47/Stockholm_syndrome.jpgLes voleurs nous protègent contre la police. Otages du Crédit Suédois de Stockholm (le 23 août 1973)
Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers. L’expression « syndrome de Stockholm » a été inventée par le psychiatre Nils Bejerot en 1973. Ce comportement paradoxal des victimes de prise d’otage fut décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain Frank Ochberg, en relation avec un fait-divers qui eut lieu en cette même ville. Wikipedia
Ces propos, s’ils ont été dits, interviennent dans un contexte où mes agresseurs étaient drogués ou ivres. Par ailleurs, ils n’étaient pas tous issus de l’immigration. La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l’incarnation d’une certaine image sociale qui aurait été prise à partie par des étrangers. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. L’un des assaillants en survêtement, rasé, avait d’ailleurs une couleur de peau très pâle.  F. G. (étudiant de Sciences Po, après son agression dans un bus de nuit parisien, 2009)
Appelons cela le syndrome du Noctilien (en référence à ce bus de nuit parisien dans lequel un jeune passager a été roué de coups, dernièrement) : il consiste à nier la gravité de certaines évidences, en détournant l’attention, si possible, sur la source du désordre. En l’espèce, pour cet étudiant qui n’a pas voulu voir une agression raciste dans ce qui lui est arrivé, les coupables sont celui qui a diffusé la vidéo de son passage à tabac et ceux qui l’ont commentée. Le politiquement correct raisonne de cette manière. Ivan Rioufol
Je ne suis pas du tout raciste, toutes mes copines sont noires ou métisses.  Moi-même, je suis français, quelqu’un me dit ça, je lui mets une baffe ! (…) J’habite dans le 93. Il y a des contrôles de police matin, midi et soir, même quand on travaille. Quelqu’un qui se fait taper, vous le défendez. Voilà comment j’ai appris … Arnaud
Pendant le ramadan, je me cachais pour manger quelque chose de peur que l’on me fasse une réflexion ou que je sois agressé d’une manière ou d’une autre. Guillaume
Il m’est arrivé de mentir plusieurs fois en m’inventant des origines que je n’avais pas (…) Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français. Céline
Tout élément qui différencie un élève du groupe provoque une réaction hostile, plus ou moins violente. C’est ce qui se passe lorsque des élèves traitent un élève différemment parce qu’il a la peau blanche. Caroline (enseignante)
Il suffit d’une différence – couleur de peau, de cheveux, physique ingrat… – pour être pris pour cible. Tarik Yildiz
Les actes d’intolérance visent les minorités. Or, l’endroit où les Français « pure souche » – les « blancs » – sont les moins représentés demeure les quartiers sensibles. On ne peut pas le nier  Tarik Yildiz
Au terme de l’audience, une question demeure irrésolue : pourquoi Arnaud D., un Blanc, a-t-il frappé Térence C., au motif, comprend-on, que celui-ci était blanc, motif que le coauteur des coups – son complice n’a pu être identifié – réfute ? Ni les parties civiles, ni la défense n’ont jugé utile d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle. Elles n’y avaient pas intérêt, ont-elles reconnu à demi-mot entre deux audiences. Les deux avocats de la victime, dont l’un représentait la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ne souhaitaient pas politiser un cas déjà suffisamment lourd de sens. Le comment, d’accord, pour le pourquoi, on repassera. Seules les origines de la victime, du fait même de l’infraction jugée, devaient être prises en compte, non celles de ses agresseurs. Quant au défenseur, il était dans son rôle. Questionner le « pedigree » de son client risquait de le mener sur la pente glissante du sentiment d’appartenance, dont on sait qu’il peut être confus, a fortiori chez un « Blanc » vivant dans un environnement qui ne l’est pas majoritairement. Tout le monde sembla donc rassuré quand il fut précisé que les parents d’Arnaud D. se prénommaient Alain et Murielle. Antoine Menusier
Je suis un sale Blanc car dans une vie antérieure j’ai affrété des bateaux à Bordeaux pour traverser l’Atlantique avec mes cargaisons d’esclaves. Benoît Rayski

Vous avez dit syndrome de Stockholm ?

Renvoi de huit mois en l’absence de plaignants, accusé absent parce que non retrouvé, co-accusé jugé mais blanc, refus d’une association anti-raciste (MRAP) de se porter partie civile (Le racisme anti-blanc ne serait qu’une réaction au racisme envers les noirs et les arabes, et serait instrumentalisé politiquement), refus des parties civiles comme de la défense d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle

Au lendemain, suite à la bastonnade accompagnée d’injures racistes sur un quai de métro parisien en septembre 2010 d’un jeune homme blanc, du premier pour « racisme anti-blanc » …

Et une semaine après les simples sursis et avertissements des adolescents impliqués dans l’attaque du RER à la gare de Grigny …

Mais aussi trois ans après une vidéo qui avait révélé (outre la suspension et la garde à vue du policier l’ayant mise en ligne et la défense de ses agresseurs par l’agressé: « habillé de façon bourgeoise ») le genre de phénomène d’attaques en meute que peuvent subir certains usagers des bus de nuit parisiens …

Comment ne pas voir, évoquée à demi-mot  si l’on en croit les extraits de presse dans le livre d’un jeune sociologue, l’étrange forme de syndrome de Stockholm (qui fête ses 40 ans cette année) …

Qui de la presse à nos belles âmes des beaux quartiers mais aussi apparemment à ses premières victimes que sont les derniers mohicans de certains quartiers des villes d’Ile-de-France les plus touchées par l’immigration (jusqu’à, pression de l’environnement oblige, mentir sur ses propres origines) …

Semble à présent s’être étendu l’ensemble de nos sociétés ?

Comment parler du racisme anti-blanc?

Julie Saulnier

L’Express

14/03/2011

Le racisme anti-blanc est une réalité embarrassante. Dans un essai, le sociologue Tarik Yildiz l’aborde de front, pour éviter notamment de laisser le sujet aux extrêmes.

« Sale Français(e) de merde! » Cette expression les renvoyant à leurs origines françaises, Guillaume, Bastien, Anne, Hasan et les autres l’ont entendue souvent. C’est ce que décrit Tarik Yildiz au travers de neuf entretiens avec un collégien, un lycéen, une étudiante, des professeurs et des parents d’élèves de Seine-Saint-Denis.

Dans son essai, Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité*, ce doctorant en sociologie de seulement 25 ans dresse une cartographie du phénomène dans certains quartiers de certaines villes d’Ile-de-France.

Insultes, crachats, coups, les protagonistes de l’étude se disent victimes d' »une intolérance qui touche les blancs parce qu’ils sont – ou sont considérés – comme des ‘Français de souche’, en opposition aux Français issus de l’immigration », explique l’auteur, par ailleurs collaborateur du Bondy Blog.

Ne pas laisser la voie libre aux extrêmes

« Pendant le ramadan, je me cachais pour manger quelque chose de peur que l’on me fasse une réflexion ou que je sois agressé d’une manière ou d’une autre », raconte Guillaume, collégien. Céline confie que, pendant ses années de collège, elle maquillait la vérité pour qu’on la laisse en paix: « Il m’est arrivé de mentir plusieurs fois en m’inventant des origines que je n’avais pas (…) Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français. » « Chaque jour, la seule chose que j’espérais, c’était de rentrer sans avoir pris de coups ou sans me faire insulter », ajoute de son côté Bastien, lycéen. Anne, sa mère, est abasourdie. « Jamais je n’aurais pu imaginer qu’un tel racisme pouvait exister chez des enfants », déplore-t-elle.

Le phénomène est réel, mais circonscrit. Alain, qui a soutenu un appel « contre les ratonnades anti-blanc » en 2008, précise « que ceux qui profèrent ces insultes (…) représentent une minorité dans les classes. Et comme souvent, la minorité violente est la plus visible. » « Tout élément qui différencie un élève du groupe provoque une réaction hostile, plus ou moins violente, analyse Caroline. C’est ce qui se passe lorsque des élèves traitent un élève différemment parce qu’il a la peau blanche. » Tarik Yildiz reconnaît qu’il « suffit d’une différence – couleur de peau, de cheveux, physique ingrat… – pour être pris pour cible ».

Il faut aussi ne pas oublier, comme Caroline, enseignante, qu' »on a plus de chance de trouver un emploi ou un appartement quand on s’appelle François que quand on s’appelle Kader ». Ou qu’il « est plus facile d’entrer en boîte de nuit, qu’on se fait beaucoup moins contrôler par la police quand on a la peau claire. » Et d’attirer l’attention sur la dimension sociale: « Les jeunes qui posent des problèmes dans les établissements scolaires sont les plus défavorisés socialement (…) Ce n’est pas vraiment du racisme, mais une manière de vouloir prendre leur place dans une société où ils se sentent mal à l’aise. »

Pour sa part, Fatima, étudiante française issue de l’immigration, estime qu' »il ne faut pas faire de distinction entre les racismes ». Ce qu’admet bien volontiers Caroline, selon qui faire des différences, « c’est établir une hiérarchie ». D’où l’importance de reconnaître l’existence de ces discriminations. « Lorsqu’on ne parle pas d’un problème, les victimes se sentent incomprises, déconsidérées. Cela peut les pousser elles-mêmes vers du racisme », observe Alain. « Ne pas entendre ceux qui souffrent, c’est prendre le risque de l’engrenage et les jeter dans les bras des partis extrêmistes, renchérit Tarik Yildiz. Il ne faut pas laisser le champs de ce qui préoccupe les Français aux extrêmes. Les partis traditionnels ne doivent pas avoir peur d’aborder le racisme ‘anti-blanc’. Ce sont les solutions apportées à cette forme de racisme qui doivent être différentes. »

Le racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité, Tarik Yildiz, Les Editions du Puits du Roulle, 58 p., 8 euros.

Avertissement de modération: comme vous l’aurez noté, l’un des objectifs de Tarik Yildiz est de ne pas laisser aux extrêmes le sujet du racisme anti-blanc. Nous serons extrêmement attentifs à ce que ces mêmes extrêmes ne puissent exprimer des idées extrémistes dans les commentaires. LEXPRESS.fr

Voir aussi:

« Le racisme anti-blanc est réversible »

Julie Saulnier

L’Express

26/09/2012

Dans son livre Manifeste pour une droite décomplexée, Jean-François Copé dénonce le racisme anti-blanc. Une récupération politique qui risque de « jeter de l’huile sur le feu », selon le sociologue Tarik Yildiz, auteur de Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité.

Dans son livre Manifeste pour une droite décomplexée, Jean-François Copé, candidat à la présidence de l’UMP, dénonce le racisme anti-blanc. Que pensez-vous de ses propos?

Je ne suis pas dupe des intentions électoralistes de Jean-François Copé. Il veut envoyer un message fort à la base de l’UMP et lui dire qu’il est proche d’elle et de ses idées. Car beaucoup de gens pensent et disent que le racisme anti-blanc existe. Jean-François Copé ne fait que relayer cette idée.

Il est bon d’évoquer le racisme anti-blanc, comme il est bon de parler toute sorte de racisme. Mais la récupération partisane d’un sujet aussi délicat que celui-ci risque de jeter de l’huile sur le feu.

Comment éviter de tomber dans cet écueil?

Il faut parler du racisme anti-blanc mais éviter à tout prix la récupération politique. Pour cela, la dénonciation de cette forme de racisme doit venir, en premier lieu, des associations antiracisme. Elles seules peuvent aborder le sujet sans être taxées de xénophobie.

Si ces associations, donc, dénoncent clairement et sans gêne cette réalité, on gagnera en crédibilité. Et les tabous tomberont. Dès lors, les responsables politiques, y compris de gauche, pourront en parler sereinement.

Jean-François Copé limite ce phénomène aux « quartiers sensibles »…

Les actes d’intolérance visent les minorités. Or, l’endroit où les Français « pure souche » – les « blancs » – sont les moins représentés demeure les quartiers sensibles. On ne peut pas le nier. Ce constat dressé, ce n’est pas autant qu’il faut y voir un lien de causalité – mais plutôt un lien de corrélation.

Peut-on endiguer cette forme de racisme?

Oui, car le racisme anti-blanc est quelque chose de très concret et qu’il est perpétré par des jeunes immatures. En cela, ce phénomène me semble réversible. Une bonne politique éducative et une punition adaptée permettraient d’en venir à bout. La solution consisterait à instaurer plus de discipline à l’école, et ce dès le collège, et à fixer des limites à ne pas dépasser pour éviter l’effet de surenchère.

Le sociologue Tarik Yildiz est l’auteur de l’essai Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité.

Avertissement de modération: compte tenu du caractère sensible de ce thème, nous serons particulièrement sensibles à la bonne tenue des débats. Merci donc de ne pas tenir de propos xénophobes, racistes ou discriminatoires.

Voir également:

Justice : un Blanc jugé pour racisme… anti-Blanc

Marc Leplongeon

Le Point

26/04/2013

« Sale Blanc », « blanc-bec »… Un cuisinier était jugé vendredi à Paris pour avoir entaillé le visage d’un homme sur le quai du RER et proféré des injures racistes.

« Racisme anti-Blanc », l’expression est devenue presque banale. Pour SOS Racisme, elle appartient historiquement au vocabulaire de l’extrême droite. Mais elle est devenue ensuite un argument de campagne. Jean-François Copé, candidat à la présidence de l’UMP contre François Fillon, avait raconté fin 2012 l’histoire d’un jeune qui s’était fait « arracher son pain au chocolat par des voyous », au motif qu' »on ne mange pas au ramadan ». D’après un rapport de la Commission nationale des droits de l’homme (CNCDH), ces propos pourraient avoir eu une incidence sur la diffusion de l’idée d’un hypothétique racisme « anti-Français » dans la société. « 4 % des personnes interrogées considèrent que les Blancs sont les principales victimes de racisme dans l’Hexagone », explique le rapport. Et « le sentiment que les Français sont les principales victimes de racisme en France est en hausse, avec 12 %, dont 18 % parmi les sympathisants de droite et 5 % parmi ceux de gauche », poursuit l’étude.

Vendredi après-midi, au palais de justice de Paris, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) s’est portée pour la première fois partie civile dans une affaire de « racisme anti-Blanc ». Situation ubuesque : le prévenu est lui-même blanc. « Je n’aime pas ce terme [de racisme anti-Blanc, NDLR] », explique Mario Pierre Stasi, président de la commission juridique de la Licra. « Mais je n’en vois pas d’autres », lâche-t-il. À l’audience, un homme de 37 ans, crâne rasé, est appelé à la barre. La démarche lourde, les mains dans les poches de son jean recouvertes par une veste grise, Arnaud écoute, sans broncher, le président du tribunal. Son casier judiciaire est déjà bien rempli : plusieurs condamnations pour port d’armes (des couteaux), outrages contre policiers et infractions à la législation sur les stupéfiants (cannabis).

Pour Mario Pierre Stasi, avocat de la Licra, une infraction à connotation raciste peut être constituée, « qu’importe la pigmentation de la peau ».

Balafre de 15 centimètres

Le 12 septembre 2010, au petit matin, la victime, un jeune homme de 28 ans, attend son métro à la station Strasbourg-Saint-Denis. Il est apostrophé par un homme qui accompagnait Arnaud, mais qui n’a jamais pu être identifié. « Sale Français ! » lui aurait-il lancé. La victime descend du métro à Gare du Nord, avant de se rendre sur les quais du RER D. La vidéosurveillance laisse supposer qu’Arnaud et son acolyte l’y ont suivie. Vers 6 heures du matin, quoi qu’il en soit, l’agresseur non identifié se rue vers sa victime et lui porte un premier coup. La bagarre commence. L’agresseur tombe à terre, la victime prend le dessus. « Quand il était à terre, j’ai voulu le défendre. Il l’étranglait avec ses genoux, donc je lui ai mis des coups avec la droite, et un dernier avec un tesson de bouteille », lâche benoîtement Arnaud. Lorsque la bagarre se termine, la victime a une balafre de 15 centimètres de long sur la joue gauche. Le sang coule sur son torse.

Lors de ses premières auditions, Arnaud nie tout, malgré les images des caméras. Jusqu’à ce que le juge d’instruction lui parle d’une éventuelle circonstance aggravante : les injures racistes. Là, Arnaud se décide enfin à parler. « Je suis vraiment dégoûté. Je ne suis pas du tout raciste, toutes mes copines sont noires ou métisses », lâche-t-il. Problème : la victime est « blanche », comme lui. À l’audience, il s’énerve : « Moi-même, je suis français, quelqu’un me dit ça, je lui mets une baffe ! » Son acolyte ? Il l’aurait rencontré lors d’une soirée. Mais il n’en dira pas plus. « Je sais juste ce qu’il aimait comme filles, c’est tout », résume-t-il. Pas de provocation dans sa voix, juste le ton un peu benêt qu’il adoptera tout au long de l’audience.

« Sale blanc-bec »

Les témoins de la scène, des usagers et des agents de la société Effia, n’ont pas bougé. Certains n’étaient pourtant qu’à cinq mètres de la bagarre. Seule une dame a eu le cran de s’interposer, note la procureur. Trois d’entre eux ont cependant entendu les insultes « sale Français », « sale Blanc » (en français et en arabe), « sale blanc-bec », « va niquer ta mère », de la bouche de l’agresseur anonyme. Deux témoins sont formels : Arnaud a lui aussi prononcé ces mots avant, pendant et après l’agression. Lui assure que ces mots n’ont pas franchi ses lèvres. Arnaud semble accorder la même importance à une affaire de violences (qui ont causé 39 jours d’interruption temporaire de travail) qu’à quelques insultes racistes. « Pour moi, c’est pareil », lâche-t-il à l’audience.

« Vous vous considérez comme violent ? » lui demande le président du tribunal. « Nan », répond-il. Puis il raconte quelques bribes de sa vie. « J’habite dans le 93. Il y a des contrôles de police matin, midi et soir, même quand on travaille », argue-t-il. « Quelqu’un qui se fait taper, vous le défendez. Voilà comment j’ai appris », lâche le prévenu. Pour l’avocat de la victime, Arnaud n’a rien d’un « sauveur ». Il ne croit pas à la thèse de l’agression avec un tesson de flasque d’alcool, qui se serait brisée dans sa poche. Pour l’avocat, Arnaud a utilisé un couteau ou un cutter. Et il enfonce le clou sur les injures racistes. « La victime m’a dit : C’est tombé sur moi parce que j’étais blanc », explique-t-il.

Le procureur réclame quatre ans de prison, dont un avec sursis assorti d’un contrôle judiciaire. Le jugement a été mis en délibéré au 21 juin. Pour l’avocat de la défense, Me Grégoire Etrillard : « On est en train de faire un exemple de racisme anti-Blanc. Il y a une frustration de ne pas avoir attrapé le vrai coupable. »

Voir encore:

Le premier procès pour racisme anti-Blancs n’a pas eu lieu

Quand la partie civile n’assume pas son audace de principe

Antoine Menusier

Causeur

29 avril 2013

Le premier procès pour « racisme anti-Blancs », tenu en l’absence de la victime, vendredi 26 avril, devant la 13e Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris, s’est arrêté au plus mauvais moment : quand il aurait pu vraiment commencer. Tant qu’à juger des motivations racistes du prévenu, un jeune homme de 28 ans qui comparaissait libre, cuisinier de métier, condamné à sept reprises pour des délits, la cour et les avocats de la partie civile et de la défense auraient pu aller « au fond », comme disent les juristes. Au fond du sujet. Un procès d’assises l’aurait sans doute permis, des psychologues auraient été cités à charge et à décharge pour éclairer le jury sur la personnalité de l’accusé. Ce dernier a d’ailleurs échappé de peu aux assises, a indiqué la procureur, agitant cette menace a posteriori, le chef d’accusation de tentative de meurtre n’ayant pas été retenu. La magistrate a requis quatre ans ferme, dont un avec sursis et mise à l’épreuve.

Au terme de l’audience, une question demeure irrésolue : pourquoi Arnaud D., un Blanc, a-t-il frappé Térence C., au motif, comprend-on, que celui-ci était blanc, motif que le coauteur des coups – son complice n’a pu être identifié – réfute ?

Ni les parties civiles, ni la défense n’ont jugé utile d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle. Elles n’y avaient pas intérêt, ont-elles reconnu à demi-mot entre deux audiences. Les deux avocats de la victime, dont l’un représentait la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ne souhaitaient pas politiser un cas déjà suffisamment lourd de sens. Le comment, d’accord, pour le pourquoi, on repassera.

Seules les origines de la victime, du fait même de l’infraction jugée, devaient être prises en compte, non celles de ses agresseurs. Quant au défenseur, il était dans son rôle. Questionner le « pedigree » de son client risquait de le mener sur la pente glissante du sentiment d’appartenance, dont on sait qu’il peut être confus, a fortiori chez un « Blanc » vivant dans un environnement qui ne l’est pas majoritairement. Tout le monde sembla donc rassuré quand il fut précisé que les parents d’Arnaud D. se prénommaient Alain et Murielle.

Les faits : le 12 septembre 2010, vers 6 heures du matin, Arnaud D. se trouve sur un quai de la station de métro Strasbourg-Saint-Denis, à Paris, en compagnie d’un autre homme. Ils rentrent d’une soirée arrosée, se sont connus à cette occasion, raconte le prévenu, qui dit ignorer l’identité du second. Tout aurait commencé par une vague histoire de cigarette entre l’ami d’un soir d’Arnaud D. et Térence C., une vingtaine d’années, vendeur dans le prêt-à-porter, également présent sur le quai. L’ami aurait traité Térence C. de « sale Français », a rapporté la victime aux enquêteurs.

L’altercation reprend à trois stations de là, sur un quai de RER, gare du Nord. Arnaud D. et son acolyte y croisent à nouveau Térence C. – ils étaient à sa recherche, soupçonnent les parties civiles. L’acolyte attaque Térence C., lui donne des coups de poing. Celui-ci parvient à immobiliser son agresseur. C’est à ce moment-là qu’intervient Arnaud D., dans le dos de la victime. Il la frappe de ses poings, lui entaille la joue gauche au moyen d’un tesson de bouteille ou d’un couteau – d’« un tesson d’un flash de Cognac que j’avais dans la poche », explique le prévenu sans convaincre –, « sur quinze centimètres de long », selon le rapport d’enquête.

Une femme tente de s’interposer, en vain. Deux témoins passifs de la scène, agents de la RATP, absents à l’audience – la défense met en doute le sérieux de leurs témoignages –, ont affirmé que ces violences étaient accompagnées d’insultes : « Sale Français », « sale blanc-bec », « sale Blanc, « sale gaouri » (terme dépréciatif en argot maghrébin, désignant un Français ou plus généralement un étranger). Arnaud D. dit n’en avoir proféré aucune : « J’ai jamais entendu “gaouri”, je ne sais pas ce que ça veut dire. » Le président de la cour : « Ça veut dire “sale Français”. »

L’agression a été filmée, sans le son, par des caméras de vidéo-surveillance. Le complice d’Arnaud D. apparaît sur ces images muettes comme étant un Noir ou un métis. N’ayant pas été identifié, il a échappé à la justice. Un début de bande est diffusé au tribunal, mais le président met fin à son déroulé, la touche « avance rapide » ne fonctionnant pas. Ce 12 septembre 2010, Arnaud D. est vêtu d’un pantalon noir, d’un sweat rouge et porte une chaînette au cou. Il a le crâne ras. Ras, comme vendredi à l’audience, à laquelle il s’est présenté en blazer gris, chemise noire et cravate lilas pâle. Grand, sec, il dit le minimum, affirme qu’il ne peut pas être raciste, « toutes mes copines sont noires ou métisses ». Lors de l’instruction, niant dans un premier temps être la personne que les images désignent, il l’a d’abord dépeinte comme de « type arabe », avant d’admettre sa participation à l’agression.

Les insultes qu’il aurait proférées durant l’agression lui valent la circonstance aggravante de racisme, conformément à l’article 132-76 du Code pénal qui établit cette circonstance dès lors que l’infraction est commise « à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. » Me Grégoire Etrillard, l’avocat d’Arnaud D., a demandé à la cour de transmettre une Question Prioritaire de Constitutionnalité au Conseil constitutionnel, afin qu’il se prononce sur cette disposition pénale, qu’il trouve floue. En effet, s’étonne-t-il, comment un individu mêlé à une agression au cours de laquelle des propos racistes sont prononcées, pourrait-il en être tenu responsable alors qu’il ne les a pas tenus ?

Sur leur banc, Me Pierre Combles de Nayves, le conseil de la victime, et son confrère Me Mario-Pierre Stasi, plaidant au nom de la Licra, soupirent et s’étranglent en silence. Pas pour longtemps. Me Stasi rappelle que, selon la loi, « le complice (d’une agression) encourt toutes les circonstances aggravantes ». S’ensuit un échange sur un cas, pas que d’école : des violences racistes commises en réunion par des skinheads. Me Etrillard admet qu’en cette circonstance, aucun des agresseurs ne peut se désolidariser pénalement de l’infraction.

Le 26 octobre 2012, Térence C. ne s’était pas présenté à une première audience parce qu’il suivait une formation professionnelle de « trois mois dans la région lilloise ». La tenue du procès avait été reportée. « Je regrette l’absence de Monsieur C. Il n’est pas un héros, c’est un homme comme vous et moi. C’est toujours difficile d’avoir été agressé. Il a été licencié ce matin », a argumenté Me Combles de Nayves pour expliquer la nouvelle défection de son client.

L’accusé a énuméré ses états de service dans la restauration, CAP de cuisine, commis, demi-chef de partie, chef de partie, second de cuisine, un passage « chez Dalloyau », une succession de « CDI ». Il lui arrive de porter sur lui des couteaux de travail, des armes aux yeux de la loi. Une personnalité complexe, dit-on banalement pour caractériser pareil individu. En refusant, par crainte de récupération politique, de fouiller la personnalité de l’accusé, la partie civile s’est peut-être privé de la preuve sinon matérielle du moins morale qui lui aurait permis de le confondre. Verdict le 21 juin.

Voir de même:

Diffusion d’une agression filmée: un policier en garde à vue

La mise en ligne sur Internet des images d’une violente agression survenue en décembre dans un bus parisien a conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Le Parisien

09.04.2009

Hier, un policier a été placé en garde à vue par l’inspection générale des services (IGS). La police des polices soupçonne ce jeune gardien de la paix d’être impliqué dans la diffusion sur le Net de la vidéo d’une agression extrêmement violente d’un passager, tabassé par une bande dans un bus de nuit, le 7 décembre dernier à Paris. Ces images proviennent de la caméra du bus de la RATP.

L’IGS cherche à savoir comment le policier relâché dès hier soir a pu se procurer ce document. La mise en ligne de cette vidéo, relayée et exploitée politiquement par des sites et des blogs d’extrême droite, a créé un buzz sur le Net, qui a explosé cette semaine. « C’est plus qu’une fuite, c’est une manipulation d’un document à usage policier et judiciaire à des fins de communication externe », dénonce Pierre Mongin, le patron de la RATP.

L’agression. Le 7 décembre 2008, vers 3 h 45, plusieurs jeunes gens s’en prennent au passager d’un Noctilien qui circule dans le XVIII e arrondissement de Paris. Assis non loin du chauffeur, l’usager se fait voler son portefeuille puis est violemment frappé par au moins quatre adolescents qui s’acharnent à coups de pieds et de poings, aux cris de « sale Français » et de « fils de pute ». D’autres passagers, dont une personne âgée et une femme, tentent de s’interposer et sont à leur tour molestés. Le chauffeur n’intervient pas mais déclenche une alarme silencieuse reliée au PC de sécurité. « Son attitude a été irréprochable », souligne-t-on à la RATP.

La vidéo. Quelques jours plus tard, les images de l’agression apparaissent en toute illégalité sur une page de Facebook. Le patron de la RATP, qui a porté plainte, rappelle que la « diffusion sur Internet de cette vidéo est constitutive d’un délit ». L’internaute qui l’a mise en ligne serait le policier entendu hier par l’IGS. Ce dernier est affecté au service régional de la police des transports (SRPT), service justement chargé de l’enquête sur l’agression filmée. « Ce fonctionnaire travaille en tenue à la sécurisation dans les trains, il n’a rien à voir avec les investigations sur les faits du 7 décembre, ni de près ni de loin », soutient un policier du SRPT. Reste à connaître les motivations du gardien de la paix. « Si c’est lui, il a dû vouloir montrer certaines réalités à des copains, sans aucune arrière-pensée politique, croit savoir un de ses collègues. Une connerie de jeunesse. » Ce comportement n’est pas anodin.

Le buzz. D’abord passée inaperçue, la vidéo est petit à petit sortie de la confidentialité. Le blogueur d’extrême droite François Desouche est l’un des premiers à l’avoir décelée sur la Toile. La vidéo a fini par faire son apparition sur les grandes plates-formes telles Dailymotion et YouTube. Depuis, ces sites la censurent sans relâche. Mais certains contournent l’obstacle en diffusant le document sur des plates-formes étrangères.

L’enquête. Alertés par le chauffeur du Noctilien, les policiers du SRPT ont interpellé dès la nuit des faits deux des agresseurs présumés, puis un troisième le 11 décembre. Au total, trois majeurs et un mineur ont été mis en examen, deux étant placés en détention provisoire. La vidéo enregistrée par la caméra du bus est une pièce à conviction capitale dans cette affaire, dont l’instruction est terminée.

La sécurité. L’agression du passager est-elle un fait isolé ? « Elle fait partie du top 20 des cas les plus graves que l’on traite. C’est évidemment choquant », indique un policier spécialisé. Selon ce dernier, ce type d’agression est loin d’être rare dans les transports en commun. Il évoque des jeunes, souvent mineurs, qui agissent en « meute » et de façon ultraviolente. « Quant au Noctilien, c’est souvent chaud, à l’image des trains de nuit, ajoute le policier. Si vous n’avez pas d’argent pour un taxi le samedi soir, mieux vaut rester en boîte et attendre le matin. »

Voir encore:

Vidéo de l’agression : la victime nie tout caractère raciste

Le Parisien

10.04.2009

Le jeune homme agressé dans un bus Noctilien, à Paris, dans la nuit du 6 au 7 décembre dernier s’est confié au journal Le Figaro après que la vidéo de son agression a été diffusée à grande échelle sur internet, provoquant une vive polémique.

Agé de 19 ans et élève en première année à Sciences Po Paris, le jeune homme n’a rien oublié de son agression qui a été filmée par une caméra de vidéosurveillance.

Interrogée sur les injures raciales proférées sur la video, la victime identifiée comme F. G., un élève de 19 ans en première année de Science Po, à Paris, affirme: «Personnellement, je n’ai rien entendu de la sorte».

Sur la vidéo montrant l’agression d’un jeune homme par quatre adolescents cherchant à lui dérober son porte-monnaie, la victime était rouée de coups de pied et de poing aux cris de «fils de pute» et de «sale Français».

«Ces propos, s’ils ont été dits, interviennent dans un contexte où mes agresseurs étaient drogués ou ivres», déclare la victime, qui n’a pas souhaité être identifiée, selon le journal.

«Par ailleurs, ils n’étaient pas tous issus de l’immigration. La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l’incarnation d’une certaine image sociale qui aurait été prise à partie par des étrangers. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. L’un des assaillants en survêtement, rasé, avait d’ailleurs une couleur de peau très pâle», ajoute F. G.

Aujourd’hui, en pleine forme, le jeune homme estime être totalement sorti de cette affaire.

Voir de même:

Procès pour racisme anti-blanc : lettre ouverte d’un « sale blanc » au Mrap

Alors que s’ouvre le premier procès pour « racisme anti-blanc », le représentant du Mrap a expliqué à Europe 1 pourquoi l’association, exceptionnellement, ne se porte pas partie civile. Le racisme anti-blanc ne serait qu’une réaction au racisme envers les noirs et les arabes, et serait instrumentalisé politiquement.

Mea Culpa

Benoît Rayski

Atlantico

27 avril 2013

Je suis un sale Blanc et j’espère que de l’avoir confessé me vaudra l’indulgence du tribunal où siègent peut-être les membres du Syndicat de la magistrature.

Je suis un sale Blanc car dans une vie antérieure j’ai affrété des bateaux à Bordeaux pour traverser l’Atlantique avec mes cargaisons d’esclaves.

Je suis un sale Blanc car j’ai usé de toute mon influence, qui est grande, pour que des dizaines de milliers d’Africains et d’Antillais soient enfermés dans des prisons appelées HLM.

Je suis un sale Blanc parce qu’un jour où mon fils s’était fait qualifier de « face de craie », frapper et dépouiller à la Foire du Trône je suis allé avec lui porter plainte et je ne l’ai pas dissuadé de dire que ses agresseurs étaient des Noirs.

Je suis un sale Blanc car j’habite un immeuble où aucune seringue ne jonche les escaliers et où aucun guetteur ne signale l’arrivée de mes visiteurs.

Je suis un sale Blanc car un jour, dans un regrettable mouvement de colère, j’ai dit à un grand gaillard notoirement plus foncé que moi et qui m’avait bousculé parce que je tardais à lui donner un clope : « Appelle-moi bwana! » (« Patron », comme disaient les Africains aux administrateurs coloniaux à une certaine époque).

Je suis un sale Blanc car, écrivant dans les journaux, je n’ai pas pris ma plume pour dénoncer l’affreux Eric Zemmour qui s’était permis de dire que les Noirs et les Arabes étaient largement majoritaires dans nos prisons.

Je suis un sale Blanc car, toute honte bue, je n’ai pas jeté à la poubelle mon exemplaire de « Tintin au Congo » que les forces progressistes, anti-racistes et anti-colonialistes tentent, à juste titre, de faire interdire.

Je suis un sale Blanc car je ne milite pas au MRAP et que j’ai refusé -alors que j’ai de la thune- d’envoyer un chèque de soutien au CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires).

Je suis un sale Blanc car j’ai infiniment de respect pour Félix Eboué (nommé gouverneur de l’Afrique Occidentale Française par De Gaulle), pour Léopold Sédar Senghor et pour Rama Yade que je trouve très jolie. Or, ces gens-là sont, comme on dit dans les cités, des « Bounty », noirs à l’extérieur et blanc à l’intérieur, des « suceurs de Blancs », des traîtres.

Et, enfin, je suis un sale Blanc car je suis blanc.

Pour tous ces motifs-là, j’admets que je mérite d’être poursuivi. Je demande pardon pour l’esclavage et pour toutes les horreurs que je viens de citer. Faute avouée étant à moitié pardonnée, j’espère que le MRAP aura la bonté de ne pas exiger un verdict trop sévère. Peut-être même que les juges, compréhensifs et touchés par mon remord sincère, se contenteront de m’épingler sur le « Mur des Cons ».

Voir enfin:

The six day war in Stockholm

Dr Nils Bejerot, professor of social medicine, Karolinska Institute, Stockholm

New Scientist (volume 61, number 886, page 486-487)

1974

The use of gas in the Swedish bank drama last August was widely criticised. Here a consultant psychiatrist to the police, who was in the bank throughout the affair, gives his explanation of the strategy adopted. The bank robbery in Stockholm in August 1973 held all Swedes, from the government and police to the mass media and the public, in horrified suspense for six days. I spent the whole of that week at the bank as psychiatric consultant to the police. I consider it instructive to answer the criticism of our strategy expressed during and after the operation.

During the drama I was rung up by some uninitiated psychiatrists and psychologists who declared that all signs pointed to a bloody outcome. In their opinion, the bank robber, when cornered and desperate, would probably shoot the hostages and perhaps himself, too. I was told that it was my duty to persuade the police to stop the action and also to induce the government to change its instructions forbidding the robbers to leave the bank with the hostages. In several newspapers journalists supported this theory, on television a similar opinion was expressed by a well-known child psychiatrist, and nine lecturers in criminology at the University of Stockholm broadcast an appeal along the same lines.

In spite of all this pressure we followed the opposite line. Here I can only give a short account of some of the most important considerations on which our strategy was based.

1. Right at the beginning the robber very nearly killed a policeman with shots from his submachine gun. Conclusion: The man would be a serious danger to the police in a confrontation in the bank, or in a later chase. A few days afterwards another policeman was shot, and here again it was only by chance that this did not end in the murder of a policeman. Or, the other hand in the early stages two policemen, after agreement with the bank robber, were able to go into the bank unharmed and negotiate without being shot at. As a physician I was able to move freely in the bank and speak to the robber at close quarters. It was clear that the man was not under the influence of alcohol or drugs, nor was he psychotic (“insane”). He was a resolute man of normal intelligence, and he functioned in a rational way from the standpoint of his criminal ambitions. Had he been psychotic, it would have been very difficult to predict his behaviour.

2. The robber demanded three million crowns and insisted that Clark Olofsson, a prisoner who had a further six years to serve, and who, two weeks previously, had made an unsuccessful attempt to escape by blowing up a prison door, should be brought to the bank. He also demanded two pistols and safe conduct for himself and Olofsson together with the hostages. Conclusion: ‘We were faced with a shrewd, daring and ambitious professional criminal. He would not be expected to do anything unless he would gain something by it, directly or indirectly. It must be remembered that among professional criminals shooting at the police in a threatening situation gives high status. It is, however, beneath the dignity of these criminals to injure hostages. With political terrorists the whole situation is different, but this subject will not be discussed here.

3. The Swedish government quickly took two decisions: (a) It agreed to the police using Olofsson, with his own consent, in negotiations with the bank robber; (b) the bank robber was not to be permitted to leave the bank with the hostages. Otherwise the police had a free hand. The decision not to let the bank robber take the hostages with him established a vitally important principle. If the government had accepted that the robbers had disappeared with three million crowns and the hostages, we would probably have been faced with a series of similar crimes in many countries, just as with hijacking. We would have been at a great psychological disadvantage in relation to professional criminals and gangsterism.

4. My conversations with Olofsson confirmed the opinion of the police. that he would not commit any desperate act or do anything which would hazard his own life. He was therefore allowed to join the bank robber, although at that stage we were unable to release the hostages in exchange for Olofsson as the government had intended. Conclusion: Apart from the fact that the bank robber seemed to act logically in relation to his aims, we now had in the bank also an intelligent man with a strong will to live and a rational way of thinking.

5. In this situation the outcome of the drama was given, and only a tactical blunder from one side or the other could have caused bloodshed. At an early stage the police had asked for a psychological assessment of the risk to the hostages. I judged this to be about 2 to 3 per cent in unfavourable circumstances, for instance, if we forced the operations too quickly and did not give the robber enough time to realise that the fight was lost. With a drawn-out course and the right amount of pressure, I considered that the action was practically free from risk for the hostages. It was clear to all initiated persons that the hazards would be far greater if the hostages had been allowed to accompany the robber, regardless of where the journey might lead or how long it might take.

6. Throughout the drama the bank robber acted in a way we had predicted at an early stage. He shot at the police when he had a chance, and in order to emphasise his demands he demonstratively detonated explosive paste in the bank hall and in the ventilation system. He kept his promise not to shoot people who came with food and drink, realising that otherwise he would not have received any necessities. As expected, also, he put up a long and determined resistance. Only two unexpected events occurred: (a) In connection with the first attempt to use gas, the robber made the hostages stand up with a noose round their necks. The police and hostages were given to understand that if gas was let in the hostages would be strangled when they were no longer able to stand up. This scheme took us completely by surprise. We heard through the microphones in the vault that the hostages experienced this as a direct threat to their lives, and the action was therefore immediately discontinued for a time. Nobody outside or inside the bank vault had slept properly for three days, and there was a certain risk that one side or the other might make a tactical mistake unless everyone had an opportunity of resting. As with the robber’s previous behaviour, the hanging arrangement was a serious threat, but in my interpretation, not really intended to injure the hostages. The bank robber here proved a little more cunning than we were. A much-needed 12- hour truce followed. (b) The other psychological misjudgement was that we expected the robber, during the final break through into the bank vault, to shoot off all his ammunition through the inner door to the vault before he capitulated. Obviously the tear gas and the determination of the final assault had such an effect on him that he considered it best to give up a few seconds earlier than we predicted.

Criminals are rational

It is astonishing that those critics who consider they have a great understarding of criminals and their reaction patterns, and who declared throughout that we should let the robbers escape with the hostages and the money, is fact did not believe that criminals think in a rational manner. Afterwards the critics argued that it was mere luck that everything went well. We who have worked with criminals for decades and are now accused of regarding them as madmen and monsters, know that they function rationally in the situation in which they have placed themselves. They are like players or gamblers, and they are very good at their game, otherwise they would never have become professional criminals. As a piquant political addendum I would like to point out that the government would have been in an almost hopeless situation if I had collected some of these so-called “progressive” critics, almost all of whom were strong government supporters, and consulted them on the situation. The Prime Minister would then have been confronted with a demand for the release of the robbers with the hostages. Even if I had put in a reservation, the government could hardly have stood out against this massive “expert opinion’”. The release .of the bank robbers on these premises, two weeks before a general election, would have been political suicide.


Bac philosophie 2013: Plus Ponce Pilate que moi tu meurs ! (From Plato’s cave to Descartes’s wax and Bergson’s iron bar, Schrödinger’s cat to Putnam’s twin earth and Williams’ s thick ethical concepts: it’s splitting the baby, stupid !)

21 juin, 2013
https://i2.wp.com/www.kenstout.net/cautionary/images/platos-cave.jpghttps://i0.wp.com/www.paintinghere.org/UploadPic/Salvador%20Dali/big/clock%20melting%20clocks.jpghttps://i1.wp.com/www.terminartors.com/files/artworks/6/2/3/62374/Conti_Norberto-Schrodinger_s_cat_I.jpgLe roi dit: Coupez en deux l’enfant qui vit, et donnez-en la moitié à l’une et la moitié à l’autre. Alors la femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s’émouvoir pour son fils, et elle dit au roi: Ah! mon seigneur, donnez-lui l’enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Jugement de Salomon (I Rois 3: 25-26)
Qu’est-ce que la vérité? (…) Je ne trouve aucun crime en lui. Mais, comme c’est parmi vous une coutume que je vous relâche quelqu’un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs? Pilate (Jean 18: 38-39)
Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière. Ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête. La lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux. Entre le feu et les prisonniers passe une route élevée. Imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.(…) Penses-tu que dans une telle situation ils n’aient jamais vu autre chose d’eux mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ? (…) Mais, dans ces conditions, s’ils pouvaient se parler les uns aux autres, ne penses-tu pas qu’ils croiraient nommer les objets réels eux-mêmes en nommant ce qu’ils voient ? (…) Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu’on les guérisse de leur ignorance. Qu’on détache l’un de ces prisonniers, qu’on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière. En faisant tous ces mouvements il souffrira, et l’éblouissement l’empêchera de distinguer ces objets dont tout à l’heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu’il répondra si quelqu’un vient lui dire qu’il n’a vu jusqu’alors que de vains fantômes, mais qu’à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ? Si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l’oblige, à force de questions, à dire ce que c’est, ne penses-tu pas qu’il sera embarrassé, et que les ombres qu’il voyait tout à l’heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu’on lui montre maintenant ? (…) Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s’asseoir à son ancienne place. N’aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil ? (…) Et s’il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n’ont point quitté leurs chaînes, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que [517a] ses yeux se soient remis (puisque l’accoutumance à l’obscurité demandera un certain temps), ne va-t-on pas rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu’étant allé là-haut il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n’est même pas la peine d’essayer d’y monter ? Et si quelqu’un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu’ils puissent le tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas ? Platon
Prenons pour exemple ce morceau de cire qui vient d’être tiré de la ruche : il n’a pas encore perdu la douceur du miel qu’il contenait, il retient encore quelque chose de l’odeur des feurs dont il a été recueilli sa fgure, sa couleur, sa grandeur sont apparentes il est dur, il est froid, on le touche, et si vous le frappez, il rendra quelque son. Enfn toutes les choses qui peuvent faire distinctement connaître un corps se rencontrent en celui-ci. Mais voici que, pendant que je parle, on l’approche du feu ce qui y restait de saveur s’exhale, l’odeur s’évanouit, sa couleur se change, sa fgure se perd, sa grandeur augmente, il devient liquide, il s’échauffe, à peine le peut-on toucher, et quoiqu’on le frappe, il ne rendra plus aucun son. La même cire demeure-t-elle après ce changement ? Il faut avouer qu’elle demeure et personne ne le peut nier. Qu’est-ce donc que l’on connaissait en ce morceau de cire avec tant de distinction ? Certes ce ne peut être rien de ce que j’ai remarqué par l’entremise des sens, puisque toutes les choses qui tombaient sous le goût, ou l’odorat, ou la vue, ou l’attouchement ou l’ouïe, se trouvent changées, et cependant la même cire demeure. Mais (…) éloignant toutes les choses qui n’appartiennent point à la cire, voyons ce qui reste. Certes il ne demeure rien que quelque chose d’étendu, de fexible et de muable. Or qu’est-ce que cela, fexible et muable ? N’est-ce pas que j’imagine que celle cire étant ronde est capable de devenir carrée, et de passer du carré en une figure triangulaire? Puisque je la conçois capable de recevoir une infnité de semblables changements et ne saurais néanmoins parcourir cette infinité par mon imagination ; il faut donc que je tombe d’accord, que je ne saurais pas même concevoir par l’imagination ce que c’est que cette cire, et qu’il n’y a que mon entendement seul qui le conçoive (…). Or quelle est cette cire qui ne peut être conçue que par l’entendement ou l’esprit ? Certes c’est la même que je vois, que je touche, que j’imagine, et la même que je connaissais dés le commencement. Mais ce qui est à remarquer, sa perception, ou bien l’action par laquelle on l’aperçoit n’est point une vision, ni un attouchement, ni une imagination, et ne l’a jamais été, quoiqu’il semblât ainsi auparavant, mais seulement une inspection de l’esprit, laquelle peut être imparfaite et confuse, comme elle était auparavant, ou bien claire et distincte, comme elle est à présent, selon que mon attention se porte plus ou moins aux choses qui sont en elle et dont elle est composée (…). Je juge et ainsi je comprends, par la seule puissance de juger qui réside en mon esprit, ce que je croyais voir de mes yeux.” Descartes (Méditations métaphysiques , seconde méditation, 1641)
La première signification donc de « Vrai » et de « Faux » semble avoir tiré son origine des récits ; et l’on a dit vrai un récit quand le fait raconté était réellement arrivé ; faux, quand le fait raconté n’était arrivé nulle part. Plus tard les Philosophes ont employé le mot pour désigner l’accord ou le non-accord d’une idée avec son objet ; ainsi, l’on appelle Idée Vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle – même ; Fausse celle qui montre une chose autrement qu’elle n’est en réalité. Les idées ne sont pas autre chose en effet que des récits ou des histoires de la nature dans l’esprit. Et de là on en est venu à désigner de même par métaphore des choses inertes ; ainsi quand nous disions de l’or vrai ou de l’or faux, comme si l’or qui nous est présenté racontait quelque chose sur lui – même, ce qui est ou n’est pas en lui.  Spinoza (Pensées métaphysiques, 1663)
Qu’est-ce qu’un jugement vrai ? Nous appelons vraie l’affirmation qui concorde avec la réalité. Mais en quoi peut consister cette concordance ? Nous aimons à y voir quelque chose comme la ressemblance du portrait au modèle : l’affirmation vraie serait celle qui copierait la réalité. Réfléchissons-y cependant : nous verrons que c’est seulement dans des cas rares, exceptionnels, que cette définition du vrai trouve son application. Ce qui est réel, c’est tel ou tel fait déterminé s’accomplissant en tel ou tel point de l’espace et du temps, c’est du singulier, c’est du changeant. Au contraire, la plupart de nos affirmations sont générales et impliquent une certaine stabilité de leur objet. Prenons une vérité aussi voisine que possible de l’expérience, celle-ci par exemple : « la chaleur dilate les corps ». De quoi pourrait-elle bien être la copie ? Il est possible, en un certain sens, de copier la dilatation d’un corps déterminé à des moments déterminés, en la photographiant dans ses diverses phases. Même, par métaphore, je puis encore dire que l’affirmation « cette barre de fer se dilate » est la copie de ce qui se passe quand j’assiste à la dilatation de la barre de fer. Mais une vérité qui s’applique à tous les corps, sans concerner spécialement aucun de ceux que j’ai vus, ne copie rien, ne reproduit rien. Bergson (La pensée et le mouvant, 1934)
Vous pouvez couper la tarte comme vous voulez, la signification n’est pas juste dans la tête. Hilary Putnam
L’expérience du chat de Schrödinger fut imaginée en 1935 par le physicien Erwin Schrödinger, afin de mettre en évidence des lacunes supposées de l’interprétation de Copenhague de la physique quantique, et particulièrement mettre en évidence le problème de la mesure. (…) Erwin Schrödinger a imaginé une expérience dans laquelle un chat est enfermé dans une boîte avec un dispositif qui tue l’animal dès qu’il détecte la désintégration d’un atome d’un corps radioactif ; par exemple : un détecteur de radioactivité type Geiger, relié à un interrupteur provoquant la chute d’un marteau cassant une fiole de poison — Schrödinger proposait de l’acide cyanhydrique, qui peut être enfermé sous forme liquide dans un flacon sous pression et se vaporiser, devenant un gaz mortel, une fois le flacon brisé. Si les probabilités indiquent qu’une désintégration a une chance sur deux d’avoir eu lieu au bout d’une minute, la mécanique quantique indique que, tant que l’observation n’est pas faite, l’atome est simultanément dans deux états (intact/désintégré). Or le mécanisme imaginé par Erwin Schrödinger lie l’état du chat (mort ou vivant) à l’état des particules radioactives, de sorte que le chat serait simultanément dans deux états (l’état mort et l’état vivant), jusqu’à ce que l’ouverture de la boîte (l’observation) déclenche le choix entre les deux états. Du coup, on ne peut absolument pas dire si le chat est mort ou non au bout d’une minute. La difficulté principale tient donc dans le fait que si l’on est généralement prêt à accepter ce genre de situation pour une particule, l’esprit refuse d’accepter facilement une situation qui semble aussi peu naturelle quand il s’agit d’un sujet plus familier comme un chat. Wikipedia
L’expérience de la Terre jumelle est une expérience de pensée proposée par le philosophe américain Hilary Putnam en 1975, qui la qualifie de « science-fiction », dans le cadre d’une réflexion sur le concept de signification (ou « vouloir-dire », traduction de l’allemand « Bedeutung »). Elle a été formulée dans un article intitulé The meaning of « meaning » (La signification de « signification ») 1 Elle fait partie aujourd’hui de la théorie dite d’externalisme sémantique, qui considère que les significations (« Bedeutung ») ne dépendent pas exclusivement des états mentaux du locuteur. Cela revient à réfuter le caractère essentiellement privé de la signification : on peut utiliser un terme sans en connaître parfaitement l’extension. Après avoir exposé l’expérience de la Terre jumelle, Putnam donne en effet un autre exemple : je peux utiliser le terme « aluminium », ou « orme », sans avoir une idée précise de son extension, par exemple si je ne sais pas le distinguer clairement et distinctement du terme de « molybdène » ou de « hêtre ». Toutefois, cela n’implique pas que l’extension du terme en question soit parfaitement déterminé : un métallurgiste, ou un garde forestier, saura distinguer l’aluminium du molybdène, ou un hêtre d’un orme. Il y a donc une « division du travail linguistique » : la signification des mots n’est pas fixée dans l’ego des individus, mais dans la communauté linguistique prise dans son ensemble. L’ambition de Putnam, à travers cette expérience de pensée, était de montrer que l’extension (ou référence, ou dénotation) d’un terme n’est pas déterminée entièrement par les états psychologiques du locuteur (« les significations ne sont pas dans la tête »). Il s’agissait ainsi d’une critique de la théorie descriptive de la signification. Depuis, des philosophes, comme Tyler Burge par exemple, ont proposé différentes variantes de cette expérience. Wikipedia
Dans The Collapse of the Fact/Value Dichotomy (2002; traduit en 2004), Putnam s’attaque à la dichotomie fait-valeur, fondatrice du projet du Cercle de Vienne et très présente dans Language, Truth, and Logic (1936) d’Alfred Ayer, sans pour autant souscrire aux thèses plutôt relativistes soutenues par Richard Rorty dans Objectivisme, relativisme et vérité (1994). Si Putnam critique l’émotivisme d’Ayer d’une part, et l’intuitionnisme de G.E. Moore d’autre part, il maintient toutefois la distinction fait-valeurs. D’une part, il affirme qu’on ne peut distinguer entre des concepts factuels et des concepts axiologiques, mais seulement entre des fonctions descriptives et prescriptives des concepts. Il s’appuie pour cela sur les « concepts éthiques épais » (thick ethical concepts), qui mêlent fonction descriptive et prescriptive. La cruauté illustre ces concepts qui ne peuvent être classés ni parmi les jugements de faits exclusifs, ni parmi les jugements de valeurs exclusifs. C’est un concept éthique épais qui possède simultanément une fonction descriptive et prescriptive. À propos de ces concepts, Putnam rejette la solution de R.M. Hare, visant à départager contenu descriptif et contenu prescriptif. Il adopte enfin une position pragmatiste inspirée par John Dewey, afin de pouvoir obtenir une relative objectivité en éthique. Wikipedia
« Qu’est-ce que la vérité ? » C’est la question de Ponce Pilate, qu’il est de bon ton, depuis Nietzsche, de juger d’autant plus profonde qu’elle serait sans réponse possible. Que la question fût posée par le chef d’une armée d’occupation – juste avant qu’il se lave les mains pendant qu’on crucifie un innocent – devrait pourtant nous inciter à davantage de vigilance. S’il n’y a pas de vérité, ou si l’on ne peut pas du tout la connaître, quelle différence entre un coupable et un innocent, entre un procès et une mascarade, entre un juste et un escroc ? Non que la vérité, certes, suffise à rendre la justice ! Il y faut aussi une loi, des principes, des valeurs… Mais quelle justice sans vérité ? Ainsi la question revient toujours. Qu’on ne connaisse jamais toute la vérité, c’est une évidence. Cela n’empêche pas de dire ce qu’elle est, ou plutôt cela suppose qu’on en soit capable. Comment saurait-on, autrement, qu’on ne la connaît pas toute ? Une définition au moins nominale de la vérité est nécessaire, sans laquelle toute définition serait impossible ou sans portée. Mais cette définition, à son tour, n’est concevable que par une certaine expérience que nous avons, en nous, de ce que Spinoza appellera « la norme de l’idée vraie donnée ». Si nous ne savions pas du tout ce qu’est le vrai, comment pourrions-nous le chercher, comment saurions-nous, même, ce qu’est une erreur ? Ce n’est pas seulement la justice qui serait impossible. Les sciences le seraient tout autant, et la philosophie. Ce serait le triomphe des ignorants, des sophistes et des négationnistes. André Comte-Sponvillle
(Hamlet de Shalespeare) C’est une pièce policière. Au coeur de l’intrigue, il y a un secret qu’on révèle lentement. Mais y a-t-il plus grand secret que la vérité ? La littérature est toujours une expédition vers la vérité. (…) Mais en réalité (…) la vérité est ce dont chaque homme a besoin pour vivre et que pourtant il ne peut devoir ni acheter à personne. Chacun doit la produire du fond de lui-même, faute de quoi il périt. La vie sans la vérité est impossible. Peut-être que la vérité, c’est la vie elle-même. Kafka
La vérité biblique sur le penchant universel à la violence a été tenue à l’écart par un puissant processus de refoulement. (…) La vérité fut reportée sur les juifs, sur Adam et la génération de la fin du monde. (…) La représentation théologique de l’adoucissement de la colère de Dieu par l’acte d’expiation du Fils constituait un compromis entre les assertions du Nouveau Testament sur l’amour divin sans limites et celles sur les fantasmes présents en chacun. (…) Même si la vérité biblique a été de nouveau  obscurcie sur de nombreux points, (…) dénaturée en partie, elle n’a jamais été totalement falsifiée par les Églises. Elle a traversé l’histoire et agit comme un levain. Même l’Aufklärung critique contre le christianisme qui a pris ses armes et les prend toujours en grande partie dans le sombre arsenal de l’histoire de l’Eglise, n’a jamais pu se détacher entièrement de l’inspiration chrétienne véritable, et par des détours embrouillés et compliqués, elle a porté la critique originelle des prophètes dans les domaines sans cesse nouveaux de l’existence humaine. Les critiques d’un Kant, d’un Feuerbach, d’un Marx, d’un Nietzsche et d’un Freud – pour ne prendre que quelques uns parmi les plus importants – se situent dans une dépendance non dite par rapport à l’impulsion prophétique. Raymund Schwager
On apprend aux enfants qu’on a cessé de chasser les sorcières parce que la science s’est imposée aux hommes. Alors que c’est le contraire: la science s’est imposée aux hommes parce que, pour des raisons morales, religieuses, on a cessé de chasser les sorcières. (…) Si on a assez d’esclaves, comme dans la république d’Aristote, pour pousser les charrettes ou même pour jouer les baudets, pourquoi voulez-vous qu’on se casse la tête à inventer le camion à moteur? René Girard
Il y a deux grandes attitudes à mon avis dans l’histoire humaine, il y a celle de la mythologie qui s’efforce de dissimuler la violence, car, en dernière analyse, c’est sur la violence injuste que les communautés humaines reposent. (…) Cette attitude est trop universelle pour être condamnée. C’est l’attitude d’ailleurs des plus grands philosophes grecs et en particulier de Platon, qui condamne Homère et tous les poètes parce qu’ils se permettent de décrire dans leurs oeuvres les violences attribuées par les mythes aux dieux de la cité. Le grand philosophe voit dans cette audacieuse révélation une source de désordre, un péril majeur pour toute la société. Cette attitude est certainement l’attitude religieuse la plus répandue, la plus normale, la plus naturelle à l’homme et, de nos jours, elle est plus universelle que jamais, car les croyants modernisés, aussi bien les chrétiens que les juifs, l’ont au moins partiellement adoptée. L’autre attitude est beaucoup plus rare et elle est même unique au monde. Elle est réservée tout entière aux grands moments de l’inspiration biblique et chrétienne. Elle consiste non pas à pudiquement dissimuler mais, au contraire, à révéler la violence dans toute son injustice et son mensonge, partout où il est possible de la repérer. C’est l’attitude du Livre de Job et c’est l’attitude des Evangiles. C’est la plus audacieuse des deux et, à mon avis, c’est la plus grande. C’est l’attitude qui nous a permis de découvrir l’innocence de la plupart des victimes que même les hommes les plus religieux, au cours de leur histoire, n’ont jamais cessé de massacrer et de persécuter. C’est là qu’est l’inspiration commune au judaïsme et au christianisme, et c’est la clef, il faut l’espérer, de leur réconciliation future. C’est la tendance héroïque à mettre la vérité au-dessus même de l’ordre social. René Girard
Il me semblait que la définition traditionnelle de la Passion en termes de sacrifice fournissait des arguments supplémentaires à ceux qui voulaient assimiler le christianisme à une religion archaïque , et je l’ai longtemps rejetée. (…) Je voulais seulement dissiper chez les non-chrétiens et, de nos jours, chez les chrétiens eux-mêmes, l’équivoque entretenue par l’ambivalence du terme de « sacrifice ». Ce souci reste légitime à mes yeux mais il ne faut pas l’absolutiser. (…) le recours au même mot pour les deux types de sacrifice, si trompeur qu’il soit à un premier niveau, suggère, il me semble, quelque chose d’essentiel, à savoir l’unité paradoxale du religieux d’un bout à l’autre de l’histoire humaine. (…) Plus les extrêmes sont éloignés l’un de l’autre et plus leur union en un même mot, paradoxalement, suggère un au-delà de l’opposition. Le jugement de Salomon suggère cet au-delà. (…) Nous disons très bien nous-mêmes que la seconde femme sacrifie la rivalité à son enfant, alors que la première acceptait de sacrifier l’enfant à sa rivalité. Ce que dit le texte, c’est qu’on ne peut renoncer au sacrifice première manière, qui est sacrifice d’autrui, violence contre l’autre, qu’en assumant le risque du sacrifice deuxième manière, le sacrifice du Christ qui meurt pour ses amis. Le recours au même mot coupe court à l’illusion d’un terrain neutre complètement étranger à la violence. 
Il convient de voir dans les Ecritures judéo-chrétiennes la première révélation complète du pouvoir structurant de la victimisation dans les religions païennes ; quant au problème de la valeur anthropologique de ces Ecritures, il peut et doit être étudié comme un problème purement scientifique, la question étant de savoir si, oui ou non, les mythes deviennent intelligibles, comme je le crois, dès lors qu’on les interprète comme les traces plus ou moins lointaines d’épisodes de persécution mal compris. (…) Ma conclusion est que, dans notre monde, la démythification tire sa force de la Bible. Réponse inacceptable pour ceux qui pensent que tout ce qui risque de placer la Bible sous un jour favorable ne saurait être pris au sérieux par les vrais chercheurs, car il ne peut s’agir que d’une approche religieuse – et donc irrationnelle – qui n’a strictement aucune valeur du point de vue de l’anthropologie. (…) Et pourtant, y a-t-il quelque chose qui soit plus naturel aux chercheurs que de traiter des textes similaires de façon similaire, ne serait-ce que pour voir ce que cela donne ? Un tabou inaperçu pèse sur ce type d’étude comparative. Les tabous les plus forts sont toujours invisibles. Comme tous les tabous puissants, celui-ci est antireligieux, c’est-à-dire, au fond, de nature religieuse. A partir de la Renaissance, les intellectuels modernes ont remplacé les Ecritures judéo-chrétiennes par les cultures anciennes. Puis, l’humanisme de Rousseau et de ses successeurs a glorifié à l’excès les cultures primitives et s’est également détourné de la Bible. Si la lecture que je propose est acceptée, notre vieux système de valeurs universitaires, fondé sur l’élévation des cultures non bibliques aux dépens de la Bible, va devenir indéfendable. Il deviendra clair que le véritable travail de démythification marche avec la mythologie, mais pas avec la Bible, car la Bible elle-même fait déjà ce travail. La Bible en est même l’inventeur : elle a été la première à remplacer la structure victimaire de la mythologie par un thème de victimisation qui révèle le mensonge de la mythologie. René Girard

Et si, derrière les interminables coupages de cheveux en quatre dénommés philosophie, on ne retrouvait pas toujours la même et multi-millénaire histoire de coupage de bébés en deux ?

Caverne de Platon, cire de Descartes, barre de fer de Bergson, chat quantique de Schrödinger, Terre jumelle de Putnam, concepts éthiques épais de Wiliams …

A l’heure où l’une des plus brillantes astronautes de sa génération voit sa nomination au poste de vice-commandante des forces spatiales américaines bloquée pour avoir exercé son droit de clémence dans un cas apparemment aberrant de « contact sexuel non sollicité » …

Comment ne pas voir, avec cette énième question-bateau du jugement vrai au bac de philosophie de cette année, cet étrange et long effort de la philosophie pour évacuer ce qu’avait déjà révélé bien avant nos « expériences de pensée » et nos « simulateurs de décision pratique ou conceptuelle » il y a plus de trois mille ans le fameux jugement de Salomon …

A savoir l’inévitable présence de la violence au coeur du processus de la parole de vérité ?

Mais comment ne pas voir aussi, ultime violence bien illustrée par les corrigés proposés, ce tabou et cette évacuation même du texte par lequel la révélation est arrivée …

A savoir la Bible elle-même ?

Le jugement de Salomon

La violence au coeur du processus de la parole de vérité

Etienne Duval

Salomon était un homme jeune lorsqu’il succéda à David pour devenir roi d’Israël. Il était un peu inquiet de son manque d’expérience et manifestait une réelle humilité. Or, au début de son règne, il eut un grand rêve qui le mit en présence de Dieu lui-même. Yahvé lui dit :  » Demande-moi ce que je dois te donner « . Comment répondre à une pareille question ? Il commence par faire l’éloge de son père et exprime son peu d’aptitude pour les affaires publiques.  » Donne à ton serviteur, dit-il, un cœur plein de jugement, pour gouverner ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal, car qui pourrait gouverner ton peuple qui est si grand ?  » Dieu ne s’attendait pas à une telle réponse. Il se montre satisfait par cette sagesse naissante, heureux qu’il n’ait pas d’abord demandé de grandes richesses, une longue vie et la victoire sur ses ennemis. Son esprit étant bien disposé, il lui promet de lui accorder ce qu’il demande :  » Voici que je fais ce que tu as dit. Je te donne un cœur sage et intelligent comme personne ne l’a eu avant toi et comme personne l’aura après toi « . Là-dessus, Salomon se réveille. Ce n’était qu’un rêve, mais ce rêve révélait son désir profond qui allait traverser toute sa vie. Il pense alors que Yahvé s’est servi de ce songe pour le mettre à l’unisson de son propre désir. Sans attendre il offre au Seigneur des holocaustes et des sacrifices de communion et convie pour un grand banquet tous ses serviteurs.

 » Dieu donna à Salomon une sagesse et une intelligence extrêmement grandes et un cœur aussi vaste que le sable qui est au bord de la mer. Sa sagesse fut plus grande que celle de tous les fils de l’Orient et de toute l’Egypte… On vint de tous les peuples pour l’entendre.  » Le jugement de Salomon, un des joyaux de la littérature mondiale, est là pour en témoigner.

Le Jugement de Salomon

Deux prostituées vinrent vers le roi et se tinrent devant lui.

L’une des femmes dit :  » S’il te plaît, Monseigneur !

Moi et cette femme, nous habitons la même maison

Et j’ai eu un enfant alors qu’elle était dans la maison.

Il est arrivé que le troisième jour, après ma délivrance,

Cette femme aussi a eu un enfant.

Nous étions ensemble.

Il n’y avait pas d’étranger dans la maison,

Rien que nous deux dans la maison.

Or le fils de cette femme est mort une nuit

Parce qu’elle s’était couchée sur lui.

Elle se leva au milieu de la nuit,

Prit mon fils d’à côté de moi, pendant que ta servante dormait.

Elle le mit sur son sein et son fils mort elle le mit sur mon sein.

Je me levai pour allaiter mon fils,

Et voici qu’il était mort !

Mais, au matin, je l’examinai,

Et voici que ce n’était pas mon fils que j’avais enfanté ! « 

Alors, l’autre femme dit :  » Ce n’est pas vrai !

Ton fils est celui qui est mort et mon fils est celui qui est vivant ! « 

Elles se disputaient devant le roi qui prononça :

 » Celle-ci dit :  » Voici mon fils et c’est ton fils qui est mort ! « 

Celle-là dit :  » Ce n’est pas vrai !

Ton fils est celui qui est mort et mon fils est celui qui est vivant ! « 

 » Apportez-moi une épée,  » ordonne le roi.

Et on apporta l’épée devant le roi, qui dit :

 » Partagez l’enfant vivant en deux

et donnez la moitié à l’une et la moitié à l’autre. « 

Alors la femme dont le fils était vivant s’adressa au roi,

Car sa pitié s’était enflammée pour son fils et elle dit :

 » S’il te plaît Monseigneur !

qu’on lui donne l’enfant, qu’on ne le tue pas ! « 

Mais celle-là disait :

 » Il ne sera ni à moi ni à toi, partagez ! « 

Alors le roi prit la parole et dit :

 » Donnez l’enfant à la première, ne le tuez pas.

C’est elle la mère ! « 

Tout Israël apprit le jugement qu’avait rendu le roi.

Ils révérèrent le roi car ils virent

Qu’il y avait en lui une sagesse divine pour rendre la justice.

(Bible de Jérusalem, I Rois, 3, 16-28))

La structure du récit

L’ange du jugement de Chagall

http://www.chagall-posters.com/chagall-posters3.html

La structure du récit

1. Accusation de la première femme

La première prostituée a eu un enfant, la seconde aussi, mais son enfant est mort. Celle-ci, pendant la nuit, a échangé l’enfant mort contre l’enfant vivant.

2. La seconde femme récuse l’accusation de la première

Pour elle, l’enfant de la première femme est mort et le sien est vivant.

3. Une confusion qui pose question

Comment séparer la vérité du mensonge ?

4. L’épée qui va trancher

Elle doit partager l’enfant en deux pour en donner la moitié à chacune

5. La première femme arrête l’épée

Elle préfère être séparée de son enfant plutôt que de le voir partagé : il vaut mieux le donner à la seconde femme sans le tuer.

6. La seconde femme préfère voir l’enfant partagé pour que chacune est sa part

Il ne sera ni à l’une ni à l’autre

7. Le passage de l’épée à la parole

Salomon prend la parole pour trancher et sortir de la confusion

8. Au lieu de partager, donner l’enfant tout entier à la première femme

C’est elle, la mère

9. Reconnaissance publique de la sagesse divine de Salomon

Israël apprend, il révère le roi car il reconnaît en lui une sagesse divine.

Nous avons ici toutes les étapes d’un procès : l’accusation, la défense, la question à éclaircir, le processus de manifestation de la vérité, le jugement et la reconnaissance publique de la validité du jugement. Mais ce qui retient l’attention, c’est le processus symbolique suivi pour la manifestation de la vérité, avec, à la fin, le passage de l’épée à la parole.

L’éclairage du texte par les images

La bouche de la vérité

http://www.azureva.com/italie/mags/rome/rome-bouche-de-la-verite.php3

L’éclairage du texte par les images

1. L’enfant étouffé et l’enfant arraché

La femme à qui on arrache son enfant

2. L’obstination de la seconde femme à nier les faits

3. Les deux femmes en conflit

La confusion entre la vérité et le mensonge

4. L’épée qui doit trancher

Au départ elle est une menace, qui vise le partage en deux de l’enfant

5. La femme attachée à la vie de l’enfant

Sa peur pour la vie de l’enfant et le renoncement à la possession

6. La femme enfermée dans la mort

Elle veut finalement la mort de l’enfant vivant

7. Le passage de l’épée à la parole

Le roi prend l’épée comme on prend la parole. La parole qui sépare comme l’épée

8. La parole du roi qui tranche

Elle sépare les deux femmes, et sépare mensonge et vérité

9. Israël plein de révérence pour la sagesse du roi

Il reconnaît en lui la sagesse divine

Les images soulignent la dynamique de l’évolution intérieure des différents personnages, qui va conduire à la manifestation de la vérité et au jugement. Le peuple lui-même est impliqué comme témoin puisqu’il donne son approbation. Seule la seconde femme, enfermée dans la mort, ne bouge pas. Peut-être la séparation qu’opère le jugement entre les deux prostituées pourra-t-il lui permettre d’évoluer.

La signalétique ou les paroles du texte

Confusion

La signalétique ou les paroles du texte

1. L’accusation

S’il te plaît, Monseigneur, moi et cette femme, nous habitons la même maison. Et j’ai eu un enfant alors qu’elle était dans la maison. Il est arrivé que le troisième jour, après ma délivrance, cette femme aussi a eu un enfant. Nous étions ensemble. Il n’y avait plus d’étranger à la maison. Or le fils de cette femme est mort une nuit parce qu’elle s’était couchée sur lui. Elle se leva au milieu de la nuit, prit mon enfant d’à côté de moi, pendant que ta servante dormait. Elle le mit sur son sein et son fils mort, elle mit sur mon sein. Je me levai pour allaiter mon fils, et voici qu’il était mort ! Mais, au matin, je l’examinai, et voici que ce n’était pas mon fils que j’avais enfanté !

2. L’accusation récusée

Ton fils est celui qui est mort et mon fils est celui qui est vivant !

3. Le résumé de la situation par Salomon

Celle-ci dit :  » Voici mon fils et c’est ton fils qui est mort « . Celle-là dit :  » Ce n’est pas vrai ! Ton fils est celui qui est mort et mon fils est celui qui est vivant ! « 

4. L’ordre d’apporter une épée

Apportez-moi une épée… Partagez l’enfant vivant en deux et donnez la moitié à l’une et la moitié à l’autre.

5. La première femme veut arrêter l’épée qui va partager l’enfant

S’il te plaît, Monseigneur ! Qu’on lui donne l’enfant, qu’on ne le tue pas !

6. La seconde femme veut que l’épée partage l’enfant

Il ne sera ni à moi ni à toi, partagez !

7. Le jugement

Donnez l’enfant à la première, ne le tuez pas. C’est elle la mère !

D’emblée, on remarque que la première femme est dans la parole alors que la seconde ne l’est pas : les explications de celle-ci sont très brèves et s’enferment dans la négation. Par ailleurs la première prostituée formule l’accusation avec une très grande précision et souligne ce qui est en jeu : la confusion dans laquelle se trouve la première femme. Elle habite la même maison, a un enfant trois jours après son amie, se couche sur son bébé comme si elle s’identifiait à lui au point qu’elle l’entraîne dans la mort et finalement pense que l’enfant de l’autre est aussi le sien. La confusion ici apparaît comme un facteur de mort. Tout est déjà dit, mais Salomon veut avoir la confirmation de la vérité qu’il perçoit, par la parole de chacune des deux femmes. C’est pourquoi il utilise le stratagème de l’épée comme une provocation pour que la vérité s’exprime.

La violence au coeur du processus de la parole de vérité

Deux jeunes femmes vivent de la prostitution. Elles habitent la même maison, partagent leurs repas quand elles sont disponibles et parfois même leur argent pour faire face aux dépenses communes. Elles ont l’une pour l’autre une amitié sincère, qui donne un peu de cohérence à leur existence morcelée. Chez elles, tout se ressemble : les habits, les goûts esthétiques, la manière de parler, les histoires qu’elles racontent. La seconde, il est vrai, a tendance à imiter sa compagne si bien que son mimétisme tend à accroître encore la promiscuité dans laquelle elles vivent. Finalement leur relation est marquée par la fusion et la confusion. On les prend parfois pour deux sœurs jumelles. Elles ont de la peine à savoir ce qui est propre à l’une et ce qui appartient à l’autre. Souvent, elles manifestent de grands épanchements de sentiments mais elles finissent par éprouver des tiraillements qui dégénèrent en conflits.

L’enfant échangé pendant la nuit

La première a accouché d’un garçon qu’elle adore. Est-ce par un hasard de circonstances ou par une subtile imitation, la seconde a accouché trois jours après. Elle manifeste une très grande joie, en dépit des difficultés que va entraîner cet événement pour le travail quotidien. Il est vrai qu’elle a peu d’expérience, et elle ne sait pas mettre la distance nécessaire entre elle et sa progéniture. L’enfant continue à faire partie d’elle-même, comme s’il était encore dans son ventre. Ce soir là, elle l’a mis sur son sein, puis elle s’est endormie. Sans s’en rendre compte, elle s’est retournée : le jeune garçon a subi tout le poids de son corps. Il est mort étouffé. A son réveil, la femme s’aperçoit du désastre : elle est affolée, ne sait que faire, se dit que son enfant ne peut pas être mort. Alors, dans son égarement, elle le porte sur le sein de l’autre femme et prend pour elle le garçon qui respire normalement. Elle n’a pas fait de bruit. La nuit continue, comme si de rien n’était, son paisible déroutement.

La coupable ne reconnaît pas son forfait

Lorsque l’amie se réveille, elle se lève gaiement pour allaiter son enfant. Mais l’enfant s’est raidi et ne porte plus la vie. La femme le regarde, l’examine avec une attention infinie : elle ne reconnaît pas son garçon. Ses cheveux sont plus longs, plus foncés et les taches de rousseur qu’elle avait remarquées sur son front ont mystérieusement disparu. Aussitôt elle comprend le stratagème et vient interpeller sa compagne qui tarde à se lever. L’amie ne veut rien entendre. Sa réponse est brève et sur la défensive. Manifestement elle n’est pas dans la parole, car, dans sa vie, l’autre n’a pas de prise. Comment pourrait-elle parler, en dehors d’un bavardage répétitif, si elle ignore l’altérité ? Le sens lui échappe et elle semble encore incapable de porter un jugement de vérité. Pour elle, les choses ne sont pas si claires, en tout cas beaucoup moins claires que pour le lecteur lui-même. Ce qui est à l’autre lui appartient aussi. Et elle ne peut imaginer que son enfant soit mort. Donc le sien est celui qui est vivant. D’ailleurs, elle n’est pas prête à affronter la mort. Elle doit l’esquiver à tout prix.

La confusion ou le conflit pour le même enfant

La première femme ne peut en rester là : elle en appelle au roi Salomon, qui a une réputation de grande sagesse. La seconde est d’accord pour faire entendre sa vérité. Le roi se laisse émouvoir et demande aux deux plaignantes de se présenter devant son tribunal avec l’enfant vivant. Il les entend alors l’une après l’autre. Chacune a sa version, ce qui ne permet pas de trancher. Les voyant dans la confusion et le conflit, il a vite fait de résumer la situation. Celle-ci dit :  » Voici mon fils et c’est ton fils qui est mort !  » Celle-là dit :  » Ce n’est pas vrai ! Ton fils est celui qui est mort et mon fils est celui qui est vivant !  » Il a une intuition : il se dit que seule la vraie mère ne peut pas mentir. Il faut trouver un stratagème pour qu’elle puisse se dévoiler. Il pense alors au recours à la violence, dont la vocation la plus saine est de séparer pour introduire une clarté nouvelle.

La menace de l’épée

Salomon imagine une mise en scène. Les femmes seront, avec lui, les actrices d’une pièce de théâtre qu’elles viennent d’ébaucher. Il faudra aller jusqu’au bout pour arriver au dénouement. Il demande qu’on lui apporte une épée. Un serviteur arrive avec l’arme qu’il a sortie de son fourreau. Ceux qui assistent au procès se demandent quelle idée le roi a derrière la tête ; il n’a pas la réputation d’un bourreau. Ils ont pourtant un mouvement de recul lorsqu’il ordonne de partager l’enfant vivant en deux et d’en donner la moitié à l’une et la moitié à l’autre. Le serviteur hésite, regarde Salomon qui reste impassible.

L’interruption du processus de la violence

Lorsque l’épée se lève, la première femme l’arrête. L’interruption de la violence meurtrière fait partie du processus imaginé par Salomon. Et lorsqu’on dit interruption, il s’agit bien d’interrompre et non d’arrêter. Le roi sait qu’il faut détourner l’épée de son objet premier pour lui faire jouer un autre rôle. Cela, la femme ne le sait pas. Elle est engagée dans un jeu qu’elle ne maîtrise pas et dont seul Salomon connaît les règles. Mais elle joue son rôle à merveille.

La symbolisation de la violence

En arrêtant l’épée, la femme dont la pitié s’était enflammée pour son fils interpelle le roi : S’il te plaît Monseigneur ! Qu’on lui donne l’enfant, qu’on ne le tue pas ! Mais l’autre s’exclame : Il ne sera ni à moi ni à toi, partagez ! Dans le premier cas, c’est l’amour maternel qui s’exprime en vérité. Dans le second, c’est la volonté de n’être pas séparée de son amie : si, en effet, celle-ci est la mère de l’enfant vivant, elles ne seront plus dans la même situation et entreront dans la différence séparatrice. Or cela lui paraît impossible.

Ce qui vient de se passer c’est la symbolisation de la violence elle-même. Il s’agissait de détourner la force de mort de sa trajectoire première pour en faire une alliée de la force de vie, figurée par l’amour maternel. Autrement dit la symbolisation de la violence consiste à lui redonner sa véritable fonction, qui consiste à promouvoir la vie. Elle permet ainsi d’entrer dans l’alliance de la vie et de la mort.

La violence symbolisée promeut la vie en séparant

Un léger sourire traverse maintenant le visage de Salomon comme si la lumière venait de faire son entrée dans son esprit. Il ordonne alors à son serviteur de remettre l’arme dans son fourreau. L’épée a déjà tranché. Elle a séparé le mensonge et la vérité, la mère et son enfant vivant, les deux femmes, les deux mères, l’enfant vivant et l’enfant mort. La vie peut désormais poursuivre son élan, plus forte que jamais.

La violence symbolisée donne naissance à la parole de vérité

La symbolisation de la violence a donc permis de révéler la vérité. Il appartient maintenant à la parole du juge de dire ce que la violence a révélé. C’est donc elle qui prend le relais. Donnez l’enfant à la première, ne le tuez pas. C’est elle la mère ! En fait, la parole de vérité n’est pas seulement un dire : elle est remise en ordre ou plus directement organisation d’un ordre créateur. Nous sommes tout près de la Parole divine, qui sépare la lumière et les ténèbres, les eaux d’avec les eaux, la mer et la terre…

La soumission à la Loi d’amour, au fondement du processus de la parole de vérité

Il appartient maintenant à Israël de porter le jugement définitif. Il voit en Salomon une sagesse divine pour rendre la justice. Or la sagesse divine n’est pas d’abord une expression de l’intelligence : elle prend sa source dans le cœur de Dieu comme l’avaient déjà souligné les sages égyptiens. Autrement dit, elle est le fruit de l’amour. C’est donc parce qu’il se soumet à une Loi d’amour, que Salomon, peut, à sa façon, réinventer le processus de la parole de vérité, qui intègre la violence.

Voir également:

Qu’est-ce que la vérité ?

André Comte-Sponvillle

-Le Monde des Religions n°33

1 janvier 2009

« Qu’est-ce que la vérité ? » C’est la question de Ponce Pilate, qu’il est de bon ton, depuis Nietzsche, de juger d’autant plus profonde qu’elle serait sans réponse possible. Que la question fût posée par le chef d’une armée d’occupation – juste avant qu’il se lave les mains pendant qu’on crucifie un innocent – devrait pourtant nous inciter à davantage de vigilance. S’il n’y a pas de vérité, ou si l’on ne peut pas du tout la connaître, quelle différence entre un coupable et un innocent, entre un procès et une mascarade, entre un juste et un escroc ? Non que la vérité, certes, suffise à rendre la justice ! Il y faut aussi une loi, des principes, des valeurs… Mais quelle justice sans vérité ? Ainsi la question revient toujours.

Qu’on ne connaisse jamais toute la vérité, c’est une évidence. Cela n’empêche pas de dire ce qu’elle est, ou plutôt cela suppose qu’on en soit capable. Comment saurait-on, autrement, qu’on ne la connaît pas toute ? Une définition au moins nominale de la vérité est nécessaire, sans laquelle toute définition serait impossible ou sans portée. Mais cette définition, à son tour, n’est concevable que par une certaine expérience que nous avons, en nous, de ce que Spinoza appellera « la norme de l’idée vraie donnée ». Si nous ne savions pas du tout ce qu’est le vrai, comment pourrions-nous le chercher, comment saurions-nous, même, ce qu’est une erreur ? Ce n’est pas seulement la justice qui serait impossible. Les sciences le seraient tout autant, et la philosophie. Ce serait le triomphe des ignorants, des sophistes et des négationnistes.

Qu’est-ce que la vérité ? Inutile, ici, de chercher l’originalité. Les Grecs connaissaient déjà la réponse, bien avant que Pilate ne fasse semblant de se poser la question. Par exemple Épicure : « Est vrai ce qui est comme on le dit être ; est faux ce qui n’est pas comme on le dit être. » C’était comprendre que la vérité est dans l’être (veritas essendi, diront les scolastiques) avant d’être dans la connaissance (veritas cognoscendi), et ne se trouve dans celle-ci qu’à la condition de correspondre, au moins en partie, à celui-là. « La vérité consiste en l’être », dira Descartes, ou dans l’adéquation à ce qui est.

C’est ce que j’illustrerais volontiers par une définition encore plus simple : la vérité, c’est ce que Dieu connaît, s’il existe. On remarquera que ma définition ne dépend aucunement de l’existence de Dieu. C’est ce qui fait sa force. Elle est fondée sur une hypothèse (celle d’un dieu omniscient), mais n’est elle-même nullement hypothétique : ni l’extension ni la compréhension du concept de vérité ne varient en fonction de l’existence ou non de ce dieu qui sert, mais comme simple hypothèse, à le définir. Que Dieu existe ou pas, qu’est-ce que cela change à la vérité de ce qui est ou fut ? Rien : Dreyfus n’en sera pas moins innocent, ni ses juges moins coupables. Les athées le savent bien, s’ils sont rationalistes. C’est ce qui les distingue de Nietzsche ou de Ponce Pilate.

Une conséquence importante de cette définition, c’est que connaissance et vérité ne sont identiques qu’en Dieu, s’il existe. Pour nous, simples mortels, elles sont à jamais deux, et irréductibles l’une à l’autre. C’est ce qui interdit de prétendre connaître toute la vérité, comme de prétendre qu’elle n’existe pas – car il n’y aurait rien, alors, dont on puisse dire qu’on l’ignore, ni qu’on le cherche. Par quoi le doute reste fidèle à la vérité qu’il suppose, aussi sûrement que le mensonge la trahit.

Il faudrait autrement donner raison à Ponce Pilate, et renoncer à défendre les innocents.

André Comte-Sponville est philosophe. Parmi ses ouvrages, Petit traité des grandes vertus (PUF, 1995) et L’Esprit de l’athéisme (Albin Michel, 2006).

Voir encore:

Putnam et la critique de la dichotomie fait/valeur

Antoine Corriveau-Dussault, Université Laval

Phares

Volume 7, 2007

Introduction

Les positivistes logiques défendent la distinction fait/valeur sur la base de leur division tripartite des énoncés[1]. Les énoncés se répartissent selon eux en trois classes : les énoncés analytiques, les énoncés synthétiques, et les énoncés vides de sens. Les énoncés analytiques sont ceux qui sont vrais en vertu de leur seule signification (par exemple les énoncés tautologiques comme « Tous les célibataires sont non-mariés »). Les énoncés synthétiques sont les énoncés empiriques, c’est-à-dire ceux pour lesquels une méthode de vérification expérimentale peut être imaginée. Les énoncés qui n’entrent pas dans ces deux classes sont considérés vides de sens[2]. C’est le cas principalement des énoncés éthiques et métaphysiques. Ces énoncés n’étant ni tautologiques, ni vérifiables empiriquement, ils sont rejetés comme du non-sens. C’est ce qui conduit les positivistes à opposer faits et valeurs. Selon eux, les faits sont du domaine de la science, et sont objectifs parce qu’ils constituent des descriptions du monde tel qu’il est dont l’exactitude peut être vérifiée empiriquement. À l’opposé, les valeurs sont du domaine de l’éthique (et de l’esthétique), et sont subjectives parce qu’elles sont des prescriptions de comment le monde devrait être qui ne réfèrent à rien de vérifiable empiriquement. L’opposition fait/valeur constitue donc, depuis le positivisme logique, le principal argument en faveur du subjectivisme moral[3].

Quiconque voulant défendre la possibilité d’une certaine objectivité en éthique est confronté à cette opposition. Deux types de stratégies sont habituellement employées pour concilier l’opposition fait/valeur avec la possibilité d’une objectivité en éthique. La première est celle de montrer qu’il est possible de déduire des jugements de valeur à partir de jugements de fait. C’est par exemple ce que tente Searle dans l’article « How to Deduce Ought From Is »[4]. La seconde est celle de montrer que les jugements de valeur peuvent être réduits à des jugements de fait d’un certain type (jugements de fait psychologiques, utilitaristes, sociologiques, etc.). C’est ce genre de réduction de l’éthique à des énoncés « naturels » que critique G.E. Moore sous l’étiquette sophisme naturalisme. L’objet de cet exposé n’est toutefois pas d’approfondir ces deux types de stratégies et leurs critiques. Nous nous intéresserons plutôt à un autre type de stratégie employée en regard de l’opposition fait/valeur pour ramener l’objectivité en éthique. Cette stratégie est développée par Hilary Putnam dans The Collapse of the Fact/Value Dichotomy[5] et dans quelques-uns de ses ouvrages antérieurs. Elle consiste à contester la légitimité de l’opposition fait/valeur elle-même. Selon Putnam, faits et valeurs ne sont pas aussi opposés que les positivistes logiques ne le prétendent. Sa démarche consiste à montrer que les positivistes exagèrent le fossé qui sépare faits et valeurs. Pour lui, ces derniers transforment une simple distinction en véritable dichotomie. Putnam est donc clair sur cette nuance : il n’en a pas contre une distinction, mais contre une dichotomie fait/valeur. Il argumente donc pour montrer qu’il n’y a pas d’opposition stricte entre faits et valeurs. Les faits et les valeurs sont selon lui imbriqués.

Un premier problème est toutefois que Putnam n’est pas assez explicite sur la différence qu’il veut marquer entre distinction et dichotomie. Cela a pour conséquence qu’il est difficile de cerner quel type de distinction entre faits et valeurs il considère acceptable, et quel type il considère être trop dichotomique. Pouvons-nous encore après les arguments de Putnam décrier comme fallacieuse toute tentative d’inférer le devoir-être à partir de l’être ? Pouvons-nous toujours exiger comme Max Weber que la science soit neutre par rapport aux valeurs ? Un second problème est que Putnam ne précise pas quand son argumentation vise plus directement la dichotomie fait/valeur et quand elle vise d’abord le subjectivisme moral. Putnam semble à mon avis souvent traiter ces deux questions indistinctement. Or, dans l’introduction de The Collapse, il présente sa démarche comme critiquant d’abord la dichotomie fait/valeur afin de ramener ensuite, sur la base de cette critique, l’objectivité en éthique[6]. Sa critique de la dichotomie fait/valeur se veut donc, selon ce qu’il pose en introduction, une prémisse à sa critique du subjectivisme moral. La tendance de Putnam à traiter les deux questions indistinctement a pour conséquence qu’il est difficile de saisir en quoi sa critique de la dichotomie fait/valeur constitue une prémisse à sa critique du subjectivisme moral. Le but du présent article est de répondre autant que possible à ces problèmes d’ambiguïté. Ce que je me propose de faire est donc d’exposer et d’analyser l’argumentation de Putnam afin de dégager comment elle a prise sur ces deux questions. J’analyserai ainsi les arguments de Putnam en précisant d’abord quelles limites ils imposent à l’application de la distinction fait/valeur pour ne pas qu’elle devienne dichotomique, et ensuite en quoi ils sont efficaces à montrer l’objectivité de l’éthique.

De manière très générale, l’argumentation de Putnam consiste à atténuer le fossé entre faits et valeurs, d’abord en montrant que la science est fondée sur des valeurs (les valeurs « épistémiques »), et ensuite en remarquant que certains concepts ont en même temps les caractéristiques principales des jugements de valeur et celles des jugements de fait. En montrant que la science est fondée sur des valeurs, Putnam met en évidence que les jugements de fait qu’elle prononce ne sont pas neutres par rapport aux valeurs. En remarquant que certains concepts ont en même temps les caractéristiques principales des faits et celles des valeurs, Putnam identifie certains concepts qui ne sont pas classables dans une opposition stricte entre faits et valeurs. La principale conséquence que tire Putnam de ces remarques est que l’on ne peut plus opposer faits et valeurs comme le font les positivistes quant à leur rapport à l’objectivité. Si les jugements de fait sont fondés sur des jugements de valeur, alors le subjectivisme des valeurs s’applique aussi aux faits. Il faut donc selon Putnam revoir l’idée que nous nous faisons de l’objectivité, car sinon nous devrons conclure que l’objectivité est impossible.

Son argumentation se divise selon moi en trois arguments. D’abord, l’argument des valeurs épistémiques par lequel Putnam montre que la science présuppose des valeurs. Ensuite l’argument des concepts éthiques épais, par lequel Putnam montre qu’il existe certains concepts qui ont en même temps les principales caractéristiques des faits et celles des valeurs. Et finalement, l’argument de la conception pragmatiste de l’objectivité par lequel Putnam évite le subjectivisme. Je découperai donc mon exposé et mon analyse de l’argumentation de Putnam en ces trois arguments, et j’évaluerai la prise qu’a chacun, d’abord sur la dichotomie fait/valeur et ensuite sur le subjectivisme moral.

1. L’argument des valeurs épistémiques

a) Exposé de l’argument

L’argument des valeurs épistémiques consiste à montrer que la science présuppose des valeurs. Cet argument se veut une sorte de réfutation par l’absurde. Si la science est fondée sur des valeurs et si les valeurs sont subjectives, alors, la science est elle aussi subjective.

Pour montrer que la science présuppose des valeurs, Putnam rappelle d’abord les amendements apportés à l’empirisme logique par Carnap et Quine. Carnap, confronté à la présence dans les théories scientifiques d’énoncés à propos d’inobservables comme les électrons, s’est résolu à assouplir le critère de vérifiabilité empirique. Dorénavant, ce ne seraient plus les énoncés individuels qui devraient pouvoir être validés empiriquement, mais les théories prises comme des touts unifiés[7]. Dès lors, des énoncés non-empiriques pourraient être acceptés dans les théories scientifiques en tant que « termes théoriques » si des énoncés empiriques pouvaient en être déduits. Il serait alors justifié de faire intervenir certains termes théoriques dans les théories s’ils permettaient à la théorie de prédire plus efficacement les phénomènes empiriques auxquels elle s’intéresse. Carnap maintenait tout de même une distinction marquée entre les termes empiriques et les termes théoriques.

La critique par Quine de la dichotomie analytique/synthétique a toutefois affaibli cette distinction. Les positivistes assimilaient analytique à conventionnel et synthétique à factuel. La critique de Quine consiste à remarquer que de nombreux énoncés ne sont pas nettement classables dans l’une ou l’autre de ces catégories. Par exemple, il est difficile de déterminer si le principe de conservation de l’énergie est factuel ou conventionnel. En fait, selon Quine, le factuel et le conventionnel ne sont pas nettement distincts dans les théories, ils se confondent[8]. Les jugements de fait d’une théorie dépendent des conventions propres à cette théorie et vice versa. Il n’y a donc pas de fait brut purement empirique. Tout jugement de fait présuppose les concepts propres à la perspective dans laquelle la théorie s’inscrit. Les conventions contenues dans une théorie sont confirmées par le succès empirique de la théorie, mais ce succès empirique est lui-même mesuré sur la base de ces mêmes conventions. Il n’y a donc pas de validation empirique ultime et décisive.

Après l’assouplissement du critère de vérifiabilité empirique par Carnap, l’empirique avait encore le dernier mot. Une théorie était valide si les énoncés empiriques que l’on pouvait en déduire étaient conformes à la « réalité empirique ». Toutefois, avec la critique de la dichotomie analytique/synthétique par Quine, une telle validation n’est plus possible. Les énoncés empiriques formulés par les théories présupposent les concepts propres à cette théorie. L’empirique ne peut donc pas servir à valider ces concepts. Pour pouvoir par exemple affirmer qu’il y a des chaises dans la salle où je me trouve, je dois déjà maîtriser les concepts de « salle » et de « chaise ». Mon expérience empirique me confirmant qu’il y a des chaises dans la salle présuppose déjà ces concepts. Elle ne peut donc pas servir à justifier ces concepts comme un découpage adéquat du donné empirique.

Les amendements de Quine et Carnap montrent donc qu’il n’y a pas de fait brut et que les jugements de fait présupposent toujours des concepts et des théories. Selon Putnam qui s’inspire ici du philosophe-économiste Vivian Walsh, en amendant leur épistémologie de la sorte, les positivistes logiques ouvrent la porte à ce que la science présuppose des valeurs[9]. Si les jugements de fait présupposent des concepts, pourquoi ne pourraient-ils pas aussi présupposer des valeurs ? Putnam attire alors l’attention sur les valeurs de cohérence, de plausibilité, de raisonnabilité et de simplicité, qui selon lui sont au fondement de nos théories scientifiques. Selon Putnam, une fois abandonnée l’idée de fait brut validant nos théories, nous devons, pour expliquer ce qui motive en science le choix d’une théorie plutôt qu’une autre, nous en remettre à ces valeurs qu’il appelle « épistémiques ». Une théorie est jugée meilleure qu’une autre non pas parce qu’elle est plus conforme à l’empirique, mais parce qu’elle nous semble plus cohérente, plus plausible, plus raisonnable, plus simple, etc. Évidemment, les positivistes logiques ont voulu éviter cette conclusion. Toutefois, aucune de leurs tentatives pour l’éviter n’a été fructueuse selon Putnam. Ni la « straight rule of induction » de Reichenbach, ni l’approche par algorithme de Carnap, ni le falsificationnisme de Popper ne résolvent adéquatement le problème[10]. Pour Putnam, nos théories scientifiques présupposent des valeurs. Il confirme cette idée en rappelant que la communauté scientifique a favorisé la théorie d’Einstein à celle de Whitehead cinquante ans avant que ne soit imaginée une expérience pouvant les vérifier. Les raisons pour lesquelles la théorie d’Einstein a été jugée meilleure que sa rivale à l’époque étaient qu’Einstein proposait une théorie plus simple et plus conservatrice. Sa théorie ne remettait pas en cause la conception admise de la conservation du mouvement[11]. Les valeurs de simplicité et de conservatisme sont donc à l’origine du choix de la communauté scientifique.

La prise en compte des valeurs épistémiques a pour Putnam un impact important sur la dichotomie fait/valeur. Elle atténue le fossé qui les sépare en montrant que l’un est fondé sur l’autre. Elle a aussi pour conséquence que tous les arguments habituellement employés pour défendre le subjectivisme moral s’appliquent aussi aux faits et à la science.

b) Analyse de l’argument

Impact de l’argument sur la dichotomie fait/valeur

Ce que l’argument des valeurs épistémiques montre, c’est que les faits présupposent des valeurs. Le type d’imbrication auquel il conduit est donc d’ordre logique : l’un est fondé sur l’autre. Cet argument maintient toutefois une distinction entre faits et valeurs. Pour qu’il soit sensé d’affirmer que les faits sont fondés sur des valeurs, il faut de façon évidente que faits et valeurs soient distincts. Ainsi, pour que son argument fonctionne, Putnam doit maintenir une certaine distinction entre les deux. Cela ne pose pas vraiment problème puisque comme nous l’avons noté, il n’en a pas contre une distinction entre faits et valeurs, mais seulement contre une dichotomie. Ce que nous devons donc identifier dans cet argument, c’est quelle(s) limite(s) il impose à l’application de la distinction fait/valeur pour qu’elle ne devienne pas dichotomique. L’argument n’impose qu’une seule limite. Habituellement, la principale conséquence tirée de la dichotomie fait/valeur est le subjectivisme des valeurs. Comme les faits sont validés empiriquement et les valeurs ne peuvent pas l’être, alors les faits sont considérés objectifs et les valeurs subjectives. L’argument des valeurs épistémiques annule cette conséquence. Puisque les faits sont fondés sur des valeurs, si les valeurs sont subjectives, alors les faits le sont aussi. Putnam nous demande donc de cesser d’associer objectif à descriptif. L’argument place ainsi faits et valeurs sur un pied d’égalité quant à leur rapport à l’objectivité. La limite qu’impose l’argument à l’application de la distinction fait/valeur est donc qu’il ne faut pas tirer de cette distinction la conséquence que faits et valeurs ont un rapport différent à l’objectivité.

Efficacité de l’argument à montrer l’objectivité de l’éthique

Strictement parlant, l’argument ne conduit pas à montrer l’objectivité des valeurs. Au contraire, il élargit plutôt aux faits le subjectivisme des valeurs. À la lumière de cet argument, descriptifs et prescriptifs se révèlent donc tous deux subjectifs. Nous verrons plus loin que Putnam renverse cette situation avec son troisième argument qui propose une conception pragmatiste de l’objectivité.

2. L’argument des concepts éthiques épais

a) Exposé de l’argument

L’argument des concepts éthiques épais consiste à montrer que de nombreux concepts employés dans les discussions éthiques réelles défient la dichotomie fait/valeur.

Selon Putnam, il y a dans le langage de nombreux concepts qui sont à la fois descriptifs et prescriptifs. Ils jouent donc à la fois le rôle habituellement associé aux faits et celui habituellement associé aux valeurs. Putnam donne l’exemple d’un concept comme « cruel ». Ce concept éthique sert selon lui à la fois à évaluer et à décrire. Lorsque par exemple un historien qualifie un empereur romain de cruel, cela nous donne une certaine idée du type de comportement de l’empereur. Le concept « cruel » véhicule donc un certain contenu descriptif. Toutefois, si un parent qualifie le professeur de son enfant de cruel, cela constitue de façon évidente une critique du comportement du professeur. Il n’a pas besoin de préciser ensuite qu’il désapprouve ce comportement. « Cruel » véhicule donc aussi une certaine force évaluative. Un concept comme « cruel » ne peut donc pas être classé dans une dichotomie étanche entre faits et valeurs puisqu’il joue ces deux rôles. Selon Putnam, de nombreux concepts défient de cette manière la dichotomie fait/valeur. Il appelle ces concepts « concepts éthiques épais » (thick ethical concepts), empruntant l’expression de Bernard Williams[12].

Ces concepts remettent en cause la forme que donnent les non-cognitivistes au syllogisme pratique. Selon ces derniers, le syllogisme pratique comporte une majeure prescriptive et une mineure descriptive. C’est seulement parce que la composante prescriptive est présente dans l’une des deux prémisses que la conclusion peut légitimement être prescriptive[13]. Le syllogisme pratique doit donc avoir la forme suivante :

M : « Il ne faut pas tuer d’être humain » (prémisse prescriptive)

m : « La peine de mort tue des être humains » (prémisse descriptive)

C : « Il ne faut donc pas pratiquer la peine de mort » (conclusion prescriptive)

Les concepts éthiques épais contredisent ce modèle. Comme certains prédicats sont à la fois prescriptifs et descriptifs, il semble possible pour Putnam de tirer une conclusion prescriptive à partir d’une seule prémisse. Dans l’exemple du professeur cruel, la forme de l’argument serait donc :

m : « Le professeur est cruel » (prémisse prescriptive-descriptive)

C : « Il est donc un mauvais professeur » (conclusion prescriptive)

Un prédicat comme « cruel », bien qu’il comporte un contenu descriptif, contient donc déjà tout ce qu’il faut pour conduire à une conclusion prescriptive.

Cela contredit aussi un des principaux arguments des non-cognitivistes en faveur de la dichotomie fait/valeur. Une formulation contemporaine de cet argument est celle de John Mackie selon laquelle les jugements de valeurs n’ont pas de contenu cognitif, puisque, comme ils ne décrivent rien qui puisse être connu empiriquement, s’ils en avaient un, ils seraient alors ontologiquement bizarres (ontologically queer)[14]. Les concepts éthiques épais répondent à cet argument en montrant comment un certain contenu cognitif peut être attribué aux énoncés éthiques sans que ces derniers soient ontologiquement bizarres. La cruauté d’une action peut être décrite. Un énoncé à propos de la cruauté d’une action n’est donc pas ontologiquement bizarre, puisqu’il porte sur quelque chose qui peut être décrit[15].

Les non-cognitivistes ont bien sûr tenté de nier l’existence des concepts éthiques épais. Putnam rapporte et critique trois types de tentatives. D’abord, celle d’en faire de purs jugements de valeur, qu’il retrouve chez Hume. Ensuite, celle d’en faire de purs jugements de fait, qu’il retrace chez Hare pour certains concepts. Puis, celle de les séparer en deux composantes (descriptive et prescriptive), qu’il retrouve aussi chez Hare, mais pour d’autres concepts. Il serait malheureusement trop fastidieux de présenter ici ces trois tentatives et leurs critiques. Je discuterai donc seulement de la troisième, car cela sera pertinent pour l’analyse que je ferai ensuite de l’argument.

Selon Hare, « cruel » peut être factorisé en une composante descriptive : « faire souffrir profondément », et une composante évaluative : « action qui est mauvaise ». Cette factorisation ne fonctionne pas selon Putnam, car elle suscite des relations de synonymie tordues. Si l’on retranche de « cruel » sa force évaluative, son sens descriptif ne reste pas intact. Faire souffrir profondément n’est pas nécessairement cruel. Par exemple amputer à froid la jambe d’un patient atteint de gangrène n’était pas quelque chose de cruel avant la découverte de l’anesthésie[16]. L’idée de cruauté sous-entend que l’action est commise dans un contexte où elle est injustifiée. Elle contient donc intrinsèquement une évaluation. Il est impossible de lui extraire sa force évaluative sans altérer son sens.

Les aspects descriptifs et prescriptifs des concepts éthiques épais sont indissociables selon Putnam. Les concepts éthiques épais sont donc inclassables dans une dichotomie stricte entre faits et valeurs.

b) Analyse de l’argument

Impact de l’argument sur la dichotomie fait/valeur

L’idée générale de l’argument des concepts éthiques épais est d’observer que la majorité des jugements de valeur prononcés dans nos discussions éthiques sont soudés à des descriptions. Ainsi, contrairement à l’argument précédent, qui supposait une assez forte distinction entre fait et valeur pour que l’un puisse être fondé sur l’autre, ce dernier argument semble, pour sa part, rendre plus floue la ligne qui sépare faits et valeurs. En effet, l’idée d’une distinction fait/valeur est d’affirmer que les faits constituent des descriptions du monde tel qu’il est, alors que les valeurs sont des évaluations ou des prescriptions quant à comment le monde devrait être. Or, l’argument des concepts éthiques épais montre qu’un grand nombre de concepts servent en même temps à décrire et à prescrire. Cela implique donc qu’il y a un grand nombre de concepts pour lesquels la dichotomie fait/valeur ne s’applique pas.

Cependant, il ne faut pas conclure de l’argument davantage qu’il ne le permet. Strictement parlant, l’argument montre bien que la distinction fait/valeur n’est pas étanche. Toutefois, il le fait en préservant en arrière scène une distinction entre descriptif et prescriptif. Ce que l’argument montre en effet, c’est que plusieurs concepts jouent à la fois le rôle de décrire et celui de prescrire. De façon évidente, il a donc besoin pour ce faire de maintenir une distinction entre les deux rôles que sont décrire et prescrire. Ce qu’il montre, c’est qu’entre les faits qui sont purement descriptifs et les valeurs qui sont purement prescriptives, il existe des concepts hybrides qui sont à la fois descriptifs et prescriptifs. La distinction entre décrire et prescrire comme deux rôles que peuvent jouer les concepts reste donc intacte. L’argument maintient donc implicitement une distinction parente de la distinction fait/valeur : la distinction descriptif/prescriptif. Pour bien saisir la portée de l’argument, il est par conséquent indispensable de différencier d’un côté la distinction fait/valeur qui tente d’opposer deux types de concepts, et la distinction descriptif/prescriptif qui oppose deux rôles que peuvent jouer les concepts. Il est possible de distinguer ces deux rôles sans prétendre qu’ils donnent lieu à deux types exclusifs de concepts. Dans cette perspective, il n’est pas nécessaire de pouvoir isoler les composantes descriptives et prescriptives des concepts éthiques épais, comme le tentent (en vain selon Putnam) les non-cognitivistes avec la théorie des deux composantes, pour maintenir une distinction entre descriptif et prescriptif. Ces deux rôles peuvent être distingués même s’ils sont soudés dans certains concepts. Ce que l’argument montre, ce n’est pas que la distinction descriptif/prescriptif est illégitime, mais simplement que ce n’est pas parce qu’un concept a pour rôle de décrire qu’il ne peut pas avoir en même temps pour rôle de prescrire.

Cette idée de distinction entre deux rôles que peuvent jouer les concepts peut être précisée à l’aide de la distinction établie par John R. Searle entre deux directions de l’ajustement[17]. Pour développer cette distinction, Searle s’inspire d’un exemple d’abord présenté par Elizabeth Anscombe dans L’Intention[18]. L’exemple nous demande d’imaginer une situation où un homme se rend au supermarché avec en main une liste d’emplettes remise par sa femme. L’homme, à son insu, est suivi par un détective qui l’observe et note tout ce qu’il achète. Évidemment, quand l’homme aura terminé ses emplettes, s’il a bien observé les consignes de sa femme et si le détective a été assez minutieux, l’homme et le détective auront tous deux la même liste. Searle remarque toutefois que leurs listes ne jouent pas le même rôle. La liste de l’homme a pour rôle de faire en sorte que le monde s’ajuste à la liste (c’est-à-dire, que les articles dans le panier soient conformes à ceux qui sont listés), alors que la liste du détective a la fonction inverse de faire en sorte que la liste s’ajuste au monde (c’est-à-dire, que les articles listés soient conformes à ceux qui sont mis dans le panier). Il devient manifeste que la distinction entre ces deux rôles est incontournable lorsque l’on observe ce qui constitue une « erreur » dans chacun des deux cas. Dans le cas de la liste de l’homme, il y a erreur si l’homme n’achète pas les bons articles, c’est-à-dire, s’il ne parvient pas à faire en sorte que le monde s’ajuste correctement à la liste. Inversement, dans le cas de la liste du détective, il y a erreur si le détective ne note pas les bons articles, c’est-à-dire, s’il ne parvient pas à faire en sorte que la liste s’ajuste correctement au monde.

Searle tire de cet exemple sa célèbre distinction entre deux directions de l’ajustement. La liste du détective a la direction de l’ajustement langage-monde, alors que la liste de l’homme a la direction de l’ajustement monde-langage. Searle classe dans la direction langage-monde les déclarations, les descriptions, les assertions et les explications; et dans la direction monde-langage les requêtes, les commandes, les souhaits et les promesses[19]. Ce classement que fait Searle recoupe presque exactement la distinction classique entre descriptif et prescriptif. Searle arrive toutefois à cette distinction par une analyse des actes de langages et non pas par une théorie de la vérifiabilité empirique des énoncés (comme les positivistes). De plus, Searle ne se prononce pas quant au rapport à l’objectivité de chacune des deux directions, ni sur la possibilité que certains concepts aient les deux directions en même temps. Cette formulation de la distinction descriptif/prescriptif en termes de direction de l’ajustement est donc compatible avec l’analyse que nous avons faite jusqu’à présent des arguments de Putnam[20].

En somme, l’argument des concepts éthiques épais montre que les concepts employés dans nos énoncés peuvent jouer les deux rôles que sont décrire et prescrire. L’argument montre par le fait même que l’éthique ne concerne pas seulement le prescriptif, puisqu’il observe qu’un grand nombre de concepts éthiques possèdent un contenu descriptif. Cela n’a toutefois pas pour conséquence de montrer que décrire et prescrire ne sont pas distincts, puisque l’argument doit distinguer ces deux rôles pour pouvoir montrer que plusieurs concepts les jouent tous les deux. L’argument impose toutefois une limite importante à l’application de la distinction fait/valeur puisqu’il montre que ces deux types ne sont pas exclusifs. Il existe entre les purs faits et les pures valeurs des concepts hybrides qui sont à la fois descriptifs et prescriptifs. L’imbrication à laquelle conduit l’argument est donc d’ordre sémantique : certains concepts servent en même temps à signifier une description et une prescription.

Efficacité de l’argument à montrer l’objectivité de l’éthique

À première vue, en montrant que plusieurs jugements de valeur possèdent un contenu descriptif, l’argument des concepts éthiques épais peut apparaître comme un argument efficace en faveur de l’objectivité de l’éthique. Toutefois, rappelons-nous que l’argument précédent (celui des valeurs épistémiques) avait pour principale conséquence de dissocier objectif de descriptif. Ces deux idées ainsi dissociées, l’argument des concepts éthiques épais se trouve donc impuissant à montrer l’objectivité des valeurs. En d’autres termes, si, comme l’argument des valeurs épistémiques le montre, les faits et les descriptions ne sont pas plus objectifs que les valeurs, alors, montrer que certains concepts éthiques sont descriptifs ne montre d’aucune manière leur objectivité. Par conséquent, l’argument des concepts éthiques épais, puisqu’il ne discute que du caractère descriptif de l’éthique, n’a aucune prise sur la question de l’objectivité des valeurs. Nous verrons toutefois plus loin que le propos de Putnam présente une certaine ambivalence sur ce point, qui crée une certaine tension dans son argumentation.

3. L’argument de la conception pragmatiste de l’objectivité

a) Exposé de l’argument

Nous avons remarqué qu’au terme du premier argument de Putnam (celui des valeurs épistémiques), son argumentation semblait davantage conduire au subjectivisme de la science qu’à l’objectivité de l’éthique. C’est ce troisième argument, celui de la conception pragmatiste de l’objectivité, qui renverse cette situation. La manœuvre générale de l’argument est de tracer une voie médiane entre le relativisme et la conception habituelle que nous avons de l’objectivité. Il trace cette voie médiane en s’inspirant des pragmatistes américains classiques.

L’objectivité non-métaphysique

Sur la question de l’objectivité, Putnam est en vif débat avec Richard Rorty. Toutefois, contrairement à ce que suggèrent les choix terminologiques de l’un et de l’autre, Putnam et Rorty défendent des positions très semblables sur cette question. Il est donc judicieux de présenter la position de Putnam en contraste avec celle de Rorty. Le point sur lequel Putnam et Rorty sont d’accord, c’est le rejet de l’objectivité au sens classique du terme. Nous ne pouvons jamais, ni pour Rorty, ni pour Putnam, nous abstraire complètement de l’influence de notre culture pour envisager le monde tel qu’il est indépendamment de toute perspective. Pour Putnam, comme nous l’avons vu, étant donné que toute perception présuppose des concepts et des valeurs, notre appréhension du monde n’est jamais brute. Putnam, autant que Rorty, rejette donc comme chimérique la notion classique d’objectivité qui prétend que notre connaissance peut atteindre quelque chose comme le « point de vue de Dieu ». Ce sur quoi les positions de Putnam et de Rorty diffèrent, c’est sur ce qui reste une fois que l’on rejette cette notion classique d’objectivité. Pour Rorty, il ne reste que la « solidarité »[21]. Selon lui, la fixation de la croyance[22] ne peut jamais résulter d’autre chose que d’un ethnocentrisme délibéré. Nous partageons avec les membres de notre communauté d’appartenance un certain nombre de croyances et de valeurs. Nous sommes donc solidaires avec nos pairs culturels dans notre foi en ces croyances et dans notre engagement à défendre ces valeurs. Rorty abandonne donc complètement l’idée d’objectivité. Nous croyons que la science occidentale est meilleure que les croyances magiques des tribus aborigènes simplement parce que notre culture nous y incite.

Putnam ne partage pas cette conclusion. Selon lui, l’échec de la notion classique d’objectivité ne conduit pas au relativisme. Ce que cet échec montre, c’est simplement que la notion classique d’objectivité ne fonctionne pas. Cette notion classique, trop exigeante parce qu’elle demande qu’une connaissance puisse être en conformité parfaite avec la chose en soi, peut toutefois être remplacée par une notion plus souple. Putnam oppose donc la notion classique d’objectivité qu’il qualifie péjorativement de métaphysique à une notion non-métaphysique d’objectivité. La conception classique définit l’objectivité comme la correspondance de la pensée à un objet extérieur à elle.

Cette exigence est trop forte. Pour croire que les objets auxquels réfère sa pensée existent réellement dans le monde, le sujet humain ordinaire, qui n’est pas troublé par des interrogations métaphysiques, n’a pas besoin de croire que sa pensée décrit le monde tel qu’il est réellement au sens métaphysique[23]. Il nous faut donc, selon Putnam, renouer avec un « réalisme du sens commun » et nous défaire des fantasmes métaphysiques véhiculés par la tradition philosophique. Nous pouvons très bien croire que, pour ce que cela implique dans notre vie concrète, nos idées décrivent (bien que partiellement) les objets tels qu’ils existent dans le monde. Valider un énoncé comme « il y a des chaises dans la salle » n’engage à rien au plan métaphysique. Si nous nous trouvons dans la salle en question et que nous voyons qu’il y a bien des chaises, nous sommes dans des conditions suffisamment bonnes pour valider l’énoncé. Évidemment nous pouvons, à un niveau métaphysique de réflexion, nous demander si la salle et les chaises existent réellement en tant que salle et chaises. Il est probable qu’elles ne soient qu’une construction de notre pensée. Cependant, au niveau non-métaphysique où nous employons les concepts de salle et de chaise, cette existence métaphysique n’est pas en cause. Ce que l’énoncé « il y a des chaises dans la salle » affirme, c’est que dans un univers conceptuel où la réalité est découpée en salles et en chaises, il est vrai d’affirmer qu’il y a des chaises dans la salle. La question de l’existence métaphysique de la salle et des chaises indépendamment de ces concepts n’a donc aucune pertinence.

Putnam fait remarquer que même le relativisme, par exemple celui de Rorty, doit adhérer à ce réalisme du sens commun. Pour affirmer que la vérité dépend du point de vue de chacun, le relativisme doit inévitablement croire que nous pouvons connaître et comprendre ce qu’autrui pense[24]. Un relativisme qui nie ce réalisme du sens commun est donc auto-réfutant. C’est par conséquent la notion métaphysique classique d’objectivité qui doit être abandonnée. L’idée d’objectivité elle-même doit être maintenue.

L’impossibilité d’abandonner la notion d’objectivité renverse donc la conclusion de l’argument des valeurs épistémiques. Puisqu’une notion minimale d’objectivité est indispensable, le constat que les faits présupposent des valeurs ne peut pas conduire à la conclusion que tout est subjectif, comme le suggérait l’argument des valeurs épistémiques. Selon Putnam, ce à quoi ce constat conduit est plutôt que l’objectivité doit exister hors de la science. Le savoir scientifique doit présupposer un savoir non-scientifique[25]. Putnam préfère toutefois appeler ce savoir « a-scientifique » pour insister sur le fait qu’il n’est pas opposé à la science, mais plutôt complémentaire. Nous devons donc reconnaître l’objectivité de ce savoir a-scientifique pour fonder l’objectivité de la science. Même le positivisme logique présuppose cette objectivité a-scientifique puisque ses tenants n’ont jamais réussi à démontrer scientifiquement la validité de leur principe de vérifiabilité empirique. Le constat que la science présuppose des valeurs n’est donc pas un argument en faveur du subjectivisme de la science. Il nous oblige plutôt à reconnaître que le champ de l’objectivité dépasse la science.

L’objectivité pragmatiste

Pour comprendre la conception de l’objectivité présentée par Putnam, il est nécessaire de rappeler quelques particularités du pragmatisme américain. Dans le pragmatisme américain, toute démarche cognitive passe par l’enquête. Nous apprenons par expérience. Il ne s’agit toutefois pas d’un empirisme de l’objet postulant des objets fixes et une pensée-réceptacle qui en reçoit les images. Les pragmatistes ont une conception héraclitéenne du cosmos. Le monde est selon eux en perpétuel changement, et c’est ce qui menace la stabilité de notre savoir. Il est toujours possible qu’une connaissance admise même depuis des siècles soit contredite par une situation nouvelle. Il n’y a donc pas de vérité définitive, mais seulement des croyances suffisamment justifiées. C’est pourquoi certains pragmatistes refusent d’employer le terme « vérité », et préfèrent plutôt parler d’« assertabilité garantie ». Les pragmatistes ont donc une conception faillibiliste du savoir (notre savoir est faillible et voué à être remplacé par un meilleur éventuellement). C’est lorsqu’un problème imprévu vient perturber la stabilité de nos croyances que le processus de l’enquête se met en marche.

Il n’y a toutefois pas de méthode précise et unique selon laquelle mener l’enquête. Par l’enquête, nous cherchons, par les moyens que nous jugeons appropriés dans la situation où nous nous trouvons, à rétablir la stabilité de nos croyances. Nous le faisons en remplaçant certaines de nos croyances par des nouvelles. Ces nouvelles croyances rétablissent la stabilité en solutionnant le problème qui était venu la perturber. Nos croyances sont donc pour les pragmatistes des « solutions appropriées à des situations problématiques ». Nous ne les adoptons que dans la mesure où notre désir de rétablir la stabilité nous y oblige. Il n’est donc jamais question pour les pragmatistes de remettre en cause une croyance qui ne pose aucun problème.

Les pragmatistes évitent de cette manière le scepticisme. Le sceptique est celui qui prétend douter de tout. Pour un pragmatiste, douter de tout est impossible puisque nous ne doutons sincèrement de nos croyances que lorsque la situation dans laquelle nous nous trouvons nous y oblige. Il n’y a pas de doute méthodique. Pour les pragmatistes, le doute doit autant être justifié que la croyance.

Les pragmatistes défendent donc une position médiane entre l’objectivisme classique, qui prétend que nous pouvons connaître les objets indépendamment de toute perspective, et le scepticisme (ou subjectivisme) qui nie complètement notre pouvoir de connaître. Pour un pragmatiste, nous ne pouvons pas nous abstraire de notre perspective, mais cela ne nous empêche pas de construire un savoir et de le justifier. Même si la justification ne transcende jamais la perspective dans laquelle nous nous trouvons, cela ne pose pas problème puisque, comme le doute doit autant être justifié que la croyance, l’idée de douter intégralement de notre perspective n’a pas de sens. En réalité, à moins d’une situation extrême qui entrerait en contradiction avec la totalité de nos croyances, lorsque nous cherchons à savoir si une croyance est justifiée, ce que nous voulons savoir c’est si elle est justifiée dans notre perspective. Nous sous-entendons jusqu’à preuve du contraire qu’elle est la bonne. Pour les pragmatistes, l’objectif et le subjectif ne sont donc pas opposés. Le fait que la justification que nous donnons à nos croyances dépende irrémédiablement de notre perspective (subjective ou intersubjective) n’empêche pas que cette justification soit objective.

Dans le domaine des valeurs

Putnam s’inspire de Dewey pour expliquer comment nous atteignons l’objectivité dans le domaine des valeurs. Selon Dewey, l’objectivité des valeurs s’atteint par la critique de nos évaluations. Par cette critique, nous passons du simplement valorisé à l’objectivement valable[26]. Toutefois, comme Putnam l’anticipe, se pose alors le problème du critère à appliquer pour que la critique soit fondée. Pour Putnam, le jugement rationnel ne peut être formalisé. Il n’a donc pas l’intention de donner un critère précis et définitif sur lequel la critique de nos évaluations doit être fondée. Il donne tout de même quelques pistes de réponses, toujours en s’inspirant de Dewey. Pour Dewey, il faut conduire l’enquête sur les valeurs de la même manière que n’importe quelle enquête. Putnam précise trois caractéristiques principales de la conception pragmatiste de l’enquête. D’abord, il rappelle que l’idée cartésienne de table rase, ou de point de départ vierge en matière de pensée, est irréaliste. Lorsque nous raisonnons afin de solutionner une situation problématique, nous faisons toujours appel à un stock de faits et de valeurs que nous ne remettons pas en question. Nous les tenons pour acquis dans notre raisonnement. C’est dans ce stock que nous puisons les critères nécessaires à notre critique. Ensuite, Putnam note qu’il n’y a pas de critère fixe et universel selon lequel mener notre critique que la philosophie puisse nous prescrire. Le critère à appliquer dépend de la situation dans laquelle nous nous trouvons et des intérêts qui motivent notre démarche. Finalement, il remarque que s’il n’y a pas de critère fixe prescrivant comment mener l’enquête, nous pouvons tout de même nous laisser guider par ce que nous avons appris dans nos enquêtes passées. Ainsi, nous n’avons pas besoin, selon Putnam, de critère fixe orientant notre critique pour que cette critique mène à l’objectivité.

Une objectivité sans objet ?

Définie ainsi par la critique, l’objectivité dont nous parle Putnam n’a à la limite pas besoin d’avoir d’objet. Rappelons-nous, Putnam dissocie objectif et descriptif. Par conséquent, ce n’est pas parce que l’éthique ne réfère à aucun objet empirique, comme le remarquent les positivistes logiques (après G.E. Moore), qu’elle ne peut pas être objective. Toutefois, lorsque Putnam critique les deux approches objectivistes en morale dont il veut se dissocier, il semble accorder un rôle capital aux concepts éthiques épais, et donc à la référence à l’objet qu’ils permettent grâce à leur contenu descriptif.

D’abord, lorsqu’il critique l’intuitionnisme de Moore, il montre comment nous n’avons pas besoin de postuler comme ce dernier une propriété non-naturelle du bien que nous appréhenderions par une faculté spéciale. Il considère cette propriété non-naturelle du bien comme objet métaphysique platonicien ontologiquement inutile. Nous n’avons pas besoin d’en postuler l’existence pour que nos énoncés moraux aient une référence à l’objet, puisque selon lui les concepts éthiques épais suffisent à le permettre[27]. Lorsque j’affirme « X est cruel », mon énoncé a, comme nous l’avons vu, un contenu descriptif. Le prédicat « cruel » suffit par conséquent à donner à mon énoncé une référence à l’objet. Putnam se dissocie donc de l’intuitionnisme en montrant comment une objectivité avec objet de l’éthique est possible sans les « inflations métaphysiques »[28] caractéristiques de l’intuitionnisme.

Ensuite, lorsqu’il critique l’approche intersubjective d’Habermas, il insiste sur le fait que le respect des normes de l’éthique de la discussion ne suffit pas à conduire les interlocuteurs à un consensus en faveur de ce qui est véritablement moralement justifié. Il se peut que les interlocuteurs de la discussion soient tous obtus, c’est-à-dire que des nuances indispensables pour bien juger la situation leur échappent irrémédiablement. Or, être obtus selon Putnam, c’est justement ne pas maîtriser les concepts éthiques épais[29]. Aiguiser notre jugement moral équivaut pour lui à parfaire notre maîtrise des concepts éthiques épais. Ainsi, lorsque Putnam insiste sur le fait que les normes procédurales de l’éthique de la discussion ne suffisent pas à fonder l’objectivité morale, il le fait en soulignant que, en plus de ces normes, les descriptions contenues dans les concepts éthiques épais doivent aussi guider notre jugement. Il s’oppose donc aussi à la conception d’Habermas en proposant une objectivité morale avec objet.

Putnam rappelle toutefois que l’éthique ne concerne pas seulement les concepts éthiques épais, mais aussi les concepts éthiques minces, c’est-à-dire les concepts traditionnels de l’éthique (le bien, le devoir, le devoir-être, la vertu, etc.). Ces concepts sont de pures évaluations et n’ont pas de contenu descriptif comme les concepts éthiques épais. Par conséquent, les énoncés qui en sont composés n’ont pas de référence à l’objet[30]. Putnam admet tout de même la possibilité qu’ils soient objectifs[31]. Il défend cette possibilité sur la base du rejet pragmatiste du doute méthodique. Selon lui, nous ne sommes jamais dans la situation hypothétique décrite par les non-cognitivistes où notre système d’évaluations est intégralement remis en cause. Nous avons toujours un stock d’évaluations tenues pour acquises dont nous pouvons nous servir pour justifier celles que nous remettons en question. Nous n’avons donc jamais besoin de remonter à une prémisse évaluative fondamentale et indubitable qui justifierait l’intégralité de notre système d’évaluations de manière absolue[32]. Nous n’avons besoin que de pouvoir justifier nos évaluations nouvelles sur la base d’évaluations que nous tenons pour acquises. Putnam évite de cette manière le relativisme dans le cas des concepts éthiques minces non pas en rejetant l’idée des non-cognitivistes que toute conclusion évaluative requiert une prémisse évaluative, mais plutôt en rejetant leur idée que l’objectivité exige l’atteinte d’une prémisse fondamentale indubitable. Il y a donc pour Putnam une objectivité possible dans le domaine des pures évaluations. Il défend donc aussi une certaine objectivité sans objet de l’éthique[33].

b) Analyse de l’argument

Impact de l’argument sur la dichotomie fait/valeur

L’argument de la conception pragmatiste de l’objectivité n’ajoute rien aux conclusions des deux arguments précédents quant au type de distinction fait/valeur non-dichotomique qui est admis par Putnam. Après l’argument des concepts éthiques épais, nous pouvions toujours distinguer descriptif et prescriptif comme deux rôles que peuvent jouer les concepts, mais nous ne pouvions plus tirer de ces deux rôles deux types exclusifs de concepts. L’argument de la conception pragmatiste de l’objectivité maintient cette situation. Il n’ajoute aucune nouvelle limite à l’application de la distinction fait/valeur, et n’aborde que la question de l’objectivité de l’éthique.

Efficacité de l’argument à montrer l’objectivité de l’éthique

La conception de l’objectivité défendue par Putnam peut sembler insatisfaisante. En concédant que notre savoir est irrémédiablement teinté par la perspective dans laquelle nous nous trouvons, Putnam peut sembler concéder aux subjectivistes l’essentiel de leur position. Putnam prétend toutefois, comme nous l’avons vu, que ce n’est pas le cas puisque selon sa conception, contrairement à celle des subjectivistes, les croyances peuvent être justifiées (même s’il ne s’agit pas d’une justification absolue). Je laisserai en suspens la question de savoir si la conception de l’objectivité que propose Putnam est satisfaisante. Je rappelle que l’objet de cet article n’est pas de juger de la valeur des arguments de Putnam, mais plutôt de répondre à certaines ambiguïtés quant aux conclusions auxquelles ils conduisent. L’argument de la conception pragmatiste de l’objectivité conduit à la conclusion que Putnam cherchait à établir. Il renverse la conclusion de l’argument des valeurs épistémiques en montrant que l’objectivité n’équivaut pas à la vérifiabilité empirique (une conception restreinte de la référence à l’objet) et qu’elle dépasse le champ de la science. Dans la conception pragmatiste de l’objectivité que propose Putnam, les faits et les valeurs peuvent être objectifs.

Conclusion

Les analyses que nous avons faites nous permettent de préciser quel type de distinction fait/valeur reste légitime après les arguments de Putnam, et comment ces arguments ont prise sur la dichotomie fait/valeur et le subjectivisme moral.

Nous avons identifié deux limites que l’argumentation de Putnam impose à l’application de la distinction fait/valeur. D’abord, il ne faut pas chercher à distinguer faits et valeurs quant à leur rapport à l’objectivité. Dans la conception pragmatiste de l’objectivité proposée par Putnam, autant les jugements de valeur que les jugements de fait peuvent prétendre à l’objectivité. Ensuite, il ne faut pas envisager faits et valeurs comme deux types exclusifs de concepts. Il peut y avoir des concepts (les concepts éthiques épais) qui servent à la fois à décrire et à prescrire. Ces deux rôles que peuvent jouer les concepts n’engendrent donc pas deux types exclusifs de concepts.

Nous avons aussi précisé comment les arguments de Putnam avaient prise sur la dichotomie fait/valeur et le subjectivisme moral. L’argument des concepts éthiques épais critique la dichotomie fait/valeur en montrant que faits et valeurs ne sont pas deux types exclusifs dans lesquels peuvent être classés tous les concepts. Les arguments des valeurs épistémiques et de la conception pragmatiste de l’objectivité rétablissent l’objectivité de l’éthique et montrent que faits et valeurs sont égaux quant à leur rapport à l’objectivité, et que cela nous oblige à reconnaître que l’objectivité dépasse le champ de la science.

Reste maintenant à clarifier en quoi la critique que fait Putnam de la dichotomie fait/valeur constitue dans son argumentation, comme il l’annonce en introduction, une prémisse à sa critique du subjectivisme moral. Avec la conception pragmatiste de l’objectivité qu’il développe, et son idée que l’objectivité dans le domaine des valeurs est atteinte par la critique, Putnam n’aurait en réalité pas besoin de critiquer la dichotomie fait/valeur pour montrer l’objectivité de l’éthique. Si l’objectivité dans le domaine des valeurs se définit par la critique, qu’il y ait ou non des concepts éthiques épais qui donnent à l’éthique un contenu descriptif et une référence à l’objet, cela ne change rien. Même si l’éthique n’avait aucune part descriptive, rien ne nous empêcherait de critiquer nos valeurs, comme Putnam le suggère, pour passer du valorisé à l’objectivement valable. Nous pourrions alors quand même atteindre l’objectivité en éthique. L’argument des concepts éthiques épais par lequel Putnam établit que l’opposition fait/valeur n’est pas étanche semble donc inutile.

En d’autres termes, pour que l’argument des concepts éthiques épais constitue, comme l’annonce Putnam en introduction, une prémisse à sa critique du subjectivisme moral, il faudrait que ce dernier maintienne l’idée des positivistes qu’il rejette, selon laquelle l’objectivité est impossible sans rapport descriptif à l’objet. Il semble donc y avoir une tension dans l’argumentation de Putnam. En même temps qu’il cherche à dissocier objectif et descriptif, Putnam présente sa démonstration que l’éthique a un contenu descriptif comme une prémisse à sa défense de l’objectivité de l’éthique. Or, cette démonstration du contenu descriptif de l’éthique ne peut constituer une telle prémisse que dans la mesure où l’objectivité est impossible sans description, ce que Putnam conteste. Putnam est donc en contradiction avec lui-même lorsqu’il voit un lien de dépendance entre sa critique de la dichotomie fait/valeur et sa critique du subjectivisme moral. La seule manière d’expliquer cette tension dans l’argumentation de Putnam me semble être qu’il reste malgré lui captif de la manière positiviste de poser le problème de l’objectivité de l’éthique, même si pourtant il cherche à rompre avec elle.

1. Hume, considéré par plusieurs comme le premier défenseur explicite de l’opposition fait/valeur, défend cette opposition sur la base d’arguments similaires, bien que les termes kantiens « analytique » et « synthétique » soient absents de son texte. L’épistémologie des positivistes, de laquelle dépend leur défense d’une opposition marquée entre faits et valeurs, est d’ailleurs inspirée de Hume, sous l’influence du philosophe-physicien Mach qui adhérait à une conception résolument humienne de la connaissance. Cf. A. Janik et S. Toulmin, Wittgenstein, Vienne et la Modernité, Paris, Presses Universitaires de France, 1978, chapitre 5.

2. Pour les positivistes, il n’y a pas, comme pour Kant, de jugements synthétiques a priori.

3. Cf. A.J. Ayer, Language, Truth and Logic, New York, Dover Publication, 1952, chapitre 6.

4. John R. Searle, « How to derive ‘ought’ from ‘is’ » dans W.D. Hudson (dir.), The Is/Ought Question, Londres, The Macmillan Press, 1979, pp. 120-133.

5. Hilary Putnam, The Collapse of the Fact/Value Dichotomy, Cambridge, Harvard University Press, 2002.

6. Ibid., p. 1.

7. Ibid., p. 23.

8. Ibid., pp. 12-13.

9. Ibid., p. 30.

10. Ibid., chap. 8.

11. Ibid., p. 152.

12. B. Williams, Ethics and the Limits of Philosophy, Londres, Fontana, 1985. Selon Stanford Encyclopedia of Philosophy, cette expression viendrait d’abord du sociologue Clifford Geertz (The Interpretation of Cultures, New York, Basic Books, 1973), qui l’emprunterait lui-même à Gilbert Ryle (« The Thinker of Thoughts : What is ‘Le Penseur’ Doing ? », dans Collected Papers, vol. II, Londres, Hutchinson, 1971, pp. 480-496.

13. R.M. Hare, The Language of Morals, Oxford, Oxford University Press, 1952, p. 28.

14. J.L. Mackie, Inventing Right and Wrong, chap. 9.

15. Putnam, The Collapse of the Fact/Value Dichotomy, p. 109.

16. Ibid., p. 38.

17. Searle, Expression and Meaning, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, chapitre 1.

18. G.E.M. Anscombe, L’Intention, Paris, Gallimard, 2002, pp. 106-108.

19. Searle, Op. cit., p. 4.

20. De plus, Putnam évoque lui-même l’idée d’une distinction descriptif/prescriptif comme deux types d’actes de langage. Cf. Putnam, Raison, Vérité et Histoire, p. 156 et p. 232, et Id., Ethics Without Ontology, pp. 73-74.

21. Richard Rorty, Objectivisme, relativisme et vérité, Paris, Presses Universitaires de France, 1994, chapitre 1.

22. Dans le pragmatisme américain, l’expression « fixation de la croyance » désigne le moment où une croyance est justifiée de manière suffisante pour être admise comme valide.

23. Putnam, The Collapse of the Fact/Value Dichotomy, p. 100.

24. Ibid., p. 143.

25. Id., « Pragmatism and nonscientific knowledge » dans Pragmatism and Realism, Londres, Routledge, 2002, chapitre 2.

26. Id., The Collapse of the Fact/Value Dichotomy, p. 103 et suivantes.

27. Ibid., p. 128.

28. Putnam qualifie l’intuitionisme de Moore de « métaphysique inflationniste » (inflationnary metaphysics) dans Ethics Without Ontology, p. 17.

29. Putnam, The Collapse of the Fact/Value Dichotomy, pp. 127-128.

30. Id., Ethics Without Ontology, p. 67.

31. Ibid., p. 73.

32. Ibid., pp. 77-78.

33. Dans Ethics Without Ontology, Putnam défend la possibilité d’une telle objectivité en montrant que la logique et les mathématiques sont objectifs sans référer à des objets. Cf. Putnam, Ethics Without Ontology, Part 1, Lecture 3.

Voir de plus:

Bac Philo 2013, séries S, commentaire d’un texte de Bergson

Robin

18 Juin 2013

Henri Bergson, Henri Bergson, né le 18 octobre 1859 à Paris où il est mort le 4 janvier 1941, est un philosophe français. Il a publié quatre principaux ouvrages : d’abord en 1889, l’Essai sur les données immédiates de la conscience, ensuite Matière et mémoire en 1896, puis L’Évolution créatrice en 1907, et enfin Les Deux Sources de la morale et de la religion en 1932. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1927.

« Qu’est-ce qu’un jugement vrai ? Nous appelons vraie l’affirmation qui concorde avec la réalité. Mais en quoi peut consister cette concordance ? Nous aimons à y voir quelque chose comme la ressemblance du portrait au modèle : l’affirmation vraie serait celle qui copierait la réalité. Réfléchissons-y cependant : nous verrons que c’est seulement dans des cas rares, exceptionnels, que cette définition du vrai trouve son application. Ce qui est réel, c’est tel ou tel fait déterminé s’accomplissant en tel ou tel point de l’espace et du temps, c’est du singulier, c’est du changeant. Au contraire, la plupart de nos affirmations sont générales et impliquent une certaine stabilité de leur objet. Prenons une vérité aussi voisine que possible de l’expérience, celle-ci par exemple : « la chaleur dilate les corps ». De quoi pourrait-elle bien être la copie ? Il est possible, en un certain sens, de copier la dilatation d’un corps déterminé à des moments déterminés, en la photographiant dans ses diverses phases. Même, par métaphore, je puis encore dire que l’affirmation « cette barre de fer se dilate » est la copie de ce qui se passe quand j’assiste à la dilatation de la barre de fer. Mais une vérité qui s’applique à tous les corps, sans concerner spécialement aucun de ceux que j’ai vus, ne copie rien, ne reproduit rien. »

(Bergson, La Pensée et le Mouvant)

Il fallait vous poser les questions suivantes :

1) Quelle est la thèse développée dans ce texte ?

2) Quelle est la définition courante du vrai ? Appliquez cette définition sur un exemple (souvenez-vous du début de votre cours sur la vérité et de la définition de la vérité comme « adéquation de la chose et de l’esprit », du réel et du jugement »).

3) Bergson admet-il cette définition ?

4) Quelle critique lui fait-il ?

5) Qu’est-ce que le « réel » pour Bergson ?

6) Expliquer « c’est du singulier, c’est du changeant ». A quoi peut-on opposer ces deux termes ? (quel est le contraire de « singulier », quel est le contraire de « changeant »)

7) Quelle exemple de vérité Bergson donne-t-il ?

8) Expliquez « même par métaphore ». Que veut dire Bergson ? Relevez et expliquez le mot « copie ».

9) Quelle conception de la vérité se dessine-t-elle dans ce texte ? A quelle conception s’oppose-t-elle ?

La thèse développée par Bergson n’apparaît pas explicitement, elle doit être déduite de la critique de la conception classique de la vérité comme adéquation de la chose et du jugement, du réel et de l’esprit. Une affirmation vraie n’est pas une copie de la réalité, ou seulement dans des cas exceptionnels car il n’y a que du singulier et du changeant.

Pour Thomas d’Aquin, par exemple, la vérité est l’adéquation du réel et de l’esprit, de la chose et de l’objet (adequatio rei et intellectus). Prenons par exemple la proposition : « Il pleut ». Soit il pleut réellement et alors mon affirmation est vraie, conforme au réel, soit il ne pleut pas et alors mon affirmation est fausse : c’est une erreur, une illusion ou un mensonge.

Bergson précise que nous « aimons » à voir dans le jugement vrai quelque chose comme la ressemblance du portrait au modèle. Le mot « aimer » suggère que cette attitude n’a rien de rationnel, qu’elle est de l’ordre de l’opinion (de la doxa), plutôt que le fruit d’un véritable raisonnement. L’affirmation vraie serait celle qui « copierait » la réalité » : l’emploi du conditionnel indique que Bergson ne souscrit pas à cette conception de la vérité comme copie du réel.

Pour Bergson, cette définition de la vérité comme « copie » ne s’applique qu’à des cas exceptionnels, par exemple celui que nous avons pris (« il pleut »/ »il ne pleut pas »). En effet cette affirmation porte sur un événement singulier et changeant : il pleut maintenant, mais dans dix minutes, la pluie s’arrêtera de tomber.

Mais « la plupart de nos affirmations sont générales et impliquent une certaine stabilité de l’objet ». Bergson refuse cette conception de la vérité. Pour lui, la vérité ne réside pas dans la généralité et la stabilité car il n’y a que des événements singuliers, rien ne demeure semblable à lui-même, tout est en mouvement, les « étants » passent sans cesse d’un état à l’autre. La conception habituelle de la vérité dénature le réel. Nous cherchons à nous approprier le réel en le saisissant dans le concept, mais pour « saisir » le réel, nous sommes obligés de généraliser et de stabiliser, d’en faire tout autre chose que ce qu’il est vraiment. En définissant la vérité comme adéquation de la pensée et du réel, du réel et du jugement, et ramenant le réel au concept, nous manquons la vérité car nous manquons le réel lui-même qui se caractérise par la singularité et le mouvement.

Bergson donne comme exemple une vérité « aussi voisine que possible de l’expérience », c’est-à-dire un phénomène que l’on peut observer réellement la dilatation des corps, et non, par exemple, la gravitation. « la chaleur dilate les corps ». Bergson se demande de quoi cette affirmation pourrait être la copie, autrement dit, à quel phénomène « réel » elle « correspond ». On pourrait mettre ce phénomène en évidence en le photographiant, c’est-à-dire en le stabilisant dans le temps et dans l’espace, chaque cliché témoignerait ainsi d’un état de la barre de fer en un instant t, t’, t »… Mais qu’avons-nous fait en photographiant la barre de fer ? Nous avons transformé le temps (la durée) en espace et nous avons manqué par conséquent la réalité du phénomène de dilatation qui se produit dans la durée. Bergson explique dans La Pensée et le mouvant, l’œuvre d’où est extrait ce texte, que la science « spatialise » la durée. L’affirmation « la barre de fer se dilate » est une métaphore du réel et non le réel lui-même, une façon de parler et non une façon d’être.

La dernière phrase du texte : « Mais une vérité qui s’applique à tous les corps, sans concerner spécialement aucun de ceux que j’ai vus, ne copie rien, ne reproduit rien. » porte sur la singularité du réel. Pour Bergson, il n’y a que des événements singuliers. L’affirmation : « Les barres de fer se dilatent », ou encore l’expression de cette « vérité » dans une loi scientifique exprimée dans une formule mathématique, applicable à tous les corps ne copie rien, ne reproduit rien, puisqu’elle s’applique à toutes les barres de fer en général et à aucune en particulier. Bergson veut dire ici que la science ne copie pas le réel, mais qu’elle le construit.

Un jugement vrai n’est donc pas une simple copie de la réalité. Le réel pour Bergson a deux caractères : la singularité et le changement, alors que la plupart de nos jugements sont généraux et impliquent une stabilité de l’objet. Bergson conteste implicitement l’idée que la science, puisqu’il n’y de science que de l’universel, constituerait le seul et unique critère de la vérité et nous invite à chercher, au-delà du jugement une manière d’appréhender le réel sans le dénaturer, d’aller « aux choses mêmes » dans leur singularité jaillisssante… Il nomme cette faculté « l’intuition ».

Le corrigé en Philosophie sujet 3, Bac S 

L’Etudiant

L’auteur examine la question de la définition d’un jugement vrai. Si la réponse à cette question semble satisfaisante comme adéquation de la vérité à la réalité, il n’en reste pas moins difficile à comprendre que cette adéquation n’est pas à penser comme le rapport d’une copie à son modèle. La vérité ne copie pas la réalité affirme Bergson, ce qui met en question la définition du vrai. L’auteur appuie son argumentation sur l’opposition entre le réel singulier et changeant et les jugements sur la réalité qui, à l’inverse, sont généraux et stables. C’est par un exemple tiré d’une vérité physicienne qu’il illustre sa thèse en montrant qu’une vérité scientifique n’est pas la copie de ce qui se passe en fait, dans la réalité. Si la définition traditionnelle est par là même remise en question, qu’est-ce que la vérité, quel est son rapport à la réalité ?

I. Qu’est-ce qu’un jugement vrai ?

D’après la définition classique de la vérité, un jugement est vrai lorsqu’il s’accorde avec la réalité. En ce sens la vérité est toujours un jugement sur les choses et, par le biais du langage, c’est une concordance entre la réalité et ce que nous en disons. Or Bergson s’interroge sur cette concordance en montrant qu’il ne s’agit pas d’un rapport de la copie à la réalité. Si tel était le cas, il y aurait une adéquation approximative car la copie est un dégradé de son modèle ; la vérité serait alors une convention, un pâle reflet (au sens Platonicien) de ce qui est. D’où la nécessité de définir la réalité indépendamment de ce qui en est dit, de toute représentation

II. L’opposition entre vérité générale et réalité particulière

Le réel est singulier, il s’agit du réel dont nous avons affaire, de la perception sensible, qui est changeant et surtout subjectif. C’est notre perception sensible qui nous permet de l’appréhender mais qu’en est-il de la représentation que nous voulons exprimer par un jugement, par le langage ? La plupart de nos affirmations sont générales car on suppose que ce dont on parle ne change pas, que l’objet de notre jugement est relativement stable. D’autre part, on suppose que nos jugements sont universels, c’est-à-dire peuvent être partagés par tous.

III. L’expérience montre que la vérité n’est pas une copie de la réalité

Bergson illustre sa thèse par un exemple qui montre que le jugement vrai n’est pas une copie de l’expérience sensible. « la chaleur dilate les corps » est une proposition générale qui utilise des notions qui ne viennent pas de la ressemblance avec la réalité sensible qu’elle pense et permet de penser. Cette proposition vaut pour tous les corps en faisant abstraction des cas particuliers et des changements qui peuvent advenir (pensons au morceau de cire de Descartes). Ainsi l’affirmation selon laquelle la vérité est une copie de la réalité est contestable. Car la vérité est un discours, elle dit quelque chose de la réalité, quelque chose de stable et d’universel alors même que le réel est variable et singulier.

L’intérêt de ce texte est qu’il nous renvoie à la condition même du discours vrai mais aussi de l’activité de penser. En effet, notre esprit ne copie pas des réalités données dans l’expérience mais il est lui-même la condition de possibilité de saisir la vérité. C’est le sens du célèbre texte de Platon « l’allégorie de la caverne » qui souligne que le monde sensible (le monde de la caverne) en lui-même n’est pas vrai mais que c’est par la pensée que se constitue le véritable discours (logos = la raison) permettant la vérité. Cependant, Platon perçoit ce rapport entre le monde sensible et le monde des Idées comme une véritable imitation, une copie de la véritable réalité intelligible. Bergson insiste sur l’opposition entre le monde réel et le jugement de l’esprit en montrant toutefois qu’il y a une différence qui ne se réduit pas à la représentation. Nous parvenons à des vérités par les jugements de la raison, c’est à dire par la construction de propositions,de concepts qui ne copient pas l’expérience sensible. La raison et le langage, désignés en grec par le même mot, LOGOS sont les conditions même de notre accès à la vérité c’est-à-dire à la connaissance de la réalité.

Voir encore:

The Brilliant Wisdom of King Solomon

Baruch C. Cohen

July 10, 1998

The Book of Kings [Melachim 1 3:12] states that Israel’s great King Solomon was twelve years old when God promised him that he would be granted great wisdom. He turned out to be the wisest man ever to live. As an illustration of the fulfillment of this blessing of wisdom, the Book of Kings reports the following account of a case that was brought before King Solomon’s court in Jerusalem.

Two women came to King Solomon and stood before him. One woman (#1) said: « My Lord, this woman and I dwell in the same house, and I gave birth to a child while with her in the house. On the third day after I gave birth, she also gave birth. We live together; there is no outsider with us in the house; only the two of us were there. The son of this woman died during the night because she lay upon him. She arose during the night and took my son from my side while I was asleep, and lay him in her bosom, and her dead son she laid in my bosom. when I got up in the morning to nurse my son, behold, he was dead! But when I observed him (later on) in the morning, I realized that he was not my son to whom I had given birth! »

The other woman (#2) replied: « It is not so! My son is the live one and your son is the dead one! »

The first woman (#1) responded: « It is not so! Your son is the dead one and my son is the living one! »

They argued before King Solomon.

King Solomon said: « this woman (#2) claims ‘My son is the live one and your son is the dead one, ‘and this woman (#1) claims ‘Your son is the dead one and my son is the living one! »‘

King Solomon said, « Bring me a sword! » So they brought a sword before the King. The King said, « Cut the living child in two, and give half to one and half to the other »

The woman (#2) turned to the King, because her compassion was aroused for her son, and said: « Please my Lord, give her the living child and do not kill it! »

But the other woman (#1) said: « Neither mine nor yours shall he be. Cut! »

The King spoke up and said: « Give her (#2) the living child, and do not kill it, for she is his mother! » All of Israel heard the judgment that the King had judged. They had great awe for the King, for they saw that the wisdom of God was within him to do justice. [I Melachim 3:16 – 27]. The woman was rightfully awarded custody of her son.

It should be noted, that King Solomon’s was the first major recorded and published decision in the history of legal jurisprudence, and I believe that with the help of the commentaries, one can begin to appreciate the magnificent depth of his wisdom.

OBSERVATIONS

Some say that King Solomon truly knew who was the real mother as soon as he saw the two women. This was the nature of the special divine wisdom that God gave him. As King Solomon was able to understand the speech of the animals and the birds, so he could see the truth in someone’s face. His knowledge was of Divine origin. It was infallible.

According to the Abarbanel and Metzudas David, King Solomon studied the countenance of each woman as they presented their claims and counter-claims, and by means of his penetrating and heavenly wisdom, understood which of the two women was telling the truth.

Still, to prove this to the people, he had to demonstrate it in a way that everyone would acknowledge. Perhaps that is why he pretended not to know who said what, and repeated their arguments in reverse order, by repeating Woman #2’s argument first, and Woman #1’s argument second.

He even pretended to apply the well-known law of dividing disputed property. If two people come to court holding on to the ends of a piece of clothing, and each claims it to be his, the court divides it and gives each one half. King Solomon seemed to pretend to be ignorant of the many complicated details of this law, and to think that it applied to babies as well, which would have been ridiculously simpleminded. No judge would ever make such a foolish mistake. Yet, he succeeded in convincing the two women that he was serious.

Nonetheless, he was careful not to let the trick go too far. He specifically commanded his servants to bring the sword to him, not to give it to one of the guards. They too, were no doubt fooled and he did not want them to divide the baby before he had a chance to stop them. In fact, the King’s ministers said « Woe to you Oh Land, whose king is but a boy! » They thought « what has God done to us to give us such a king? How long will we have to suffer with such foolish judgments? » But afterwards, when they saw the women’s reactions they knew that he had recently received Divine inspiration and rejoiced saying « Happy are you, oh Land, whose king is a free man! » – i.e., one who studies Torah (Koheles – Ecclesiastes 10:16-17).

King Solomon’s trick succeeded. The imposter revealed herself by her heartless cruelty. After all, no mother would have let her own child be killed just to spite another woman.

But how could King Solomon have been sure the other woman would not also have mercy on the child? Wouldn’t most people break down in such a situation and relinquish their claims? What sort of person would want to be responsible for the death of an innocent child, even if it were not her own?

Perhaps this was an aspect of the depth of King Solomon’s insight – he knew that no normal mother lies on her own child and crushes him in her sleep. Babies always sleep with their mothers and fathers, yet this never happens, for perhaps God implants within a human being an innate sensitivity that prevents her from doing such a thing. A woman who lies on her child must be lacking basic human feeling, and such a person would certainly have no mercy on the child of another. According to the Abarbanel, perhaps such a woman developed a blood lust and possessed a cruel desire to see another life snuffed out.

And what of the compassionate one? Was it not possible that she was acting cunningly to impress the King with a false sense of motherly commiseration?

WHO HAD THE BETTER ARGUMENT?

Notwithstanding the outcome, many believe that Woman #1 still made a convincing and persuasive argument. She made it clear that there were no witnesses because they lived alone. Perhaps she suspected that Solomon would be able to tell how old the baby was and identify the mother. According to the Radak and the Metsudas David, her argument was bolstered by the claim that no one else knew the identities of the babies, nor had one been sick, that the neighbors might remember whose baby it was. When she first got up, it was still dark. She could not recognize the baby, so she did not suspect that it was not hers. All she knew was that it was dead. But when it got light, she saw it and realized what had happened. She asserted that her baby boy was born three days earlier, and therefore there was some reliable distinction available.

Woman #2 had only a brief presentation and did not claim to have any proof. She simply said that the child was hers. All she did was state her case.

Based on the first round of oral arguments, it would appear that Woman #1 had the better claim, and that she was the real mother.

It is noteworthy, that the women did not bring the corpse of the dead child for further identification. Perhaps the child was buried already, or its features were already changed making recognition difficult.

SUBTLE TRUTHS BEGIN TO UNRAVEL

Yet, as the women’s dispute continued, their respective positions seemed to change ever so slightly. There was something disturbing and disingenuous about the way in which Woman #1 continued arguing her case, in that she subsequently seemed less concerned with having a live child and focused more on the other having the dead one. The fact that she mentioned the dead child first, in itself, was an indication of this (« It is not so! Your son is the dead one and my son is the living one! »).

Woman #2, by contrast, always spoke of her own son first (« No. my son is the living one and your son is the dead one »). It seemed as if her heart was with her son. She spoke out of love and was apparently heartbroken at the thought of potentially losing her child.

According to the Devorim Rabah, King Solomon then repeated the arguments of both women, verbatim, without adding anything, making sure that he properly understood the arguments of both sides, listening carefully, and if there was anything that he misunderstood, the women had an opportunity to correct him.

ODD DEVELOPMENTS IN THE STORY

King Solomon’s wisdom surely gave him the insight to foresee that the real mother (#2) would recoil in terror when she heard of his intention to kill the infant, nevertheless, could his wisdom have possibly predicted the liar (#1)’s response – to comply with this grotesque compromise?

Second, the woman who was lying (#1) was initially interested in taking the living child for herself, otherwise she never would have asserted such a bold and aggressive claim.

As soon as the real mother offered to let the liar keep the child in order to spare its life, the liar should have accepted the real mother offer’s and kept the child. She could have played up her victory by saying: « Aha! She admits that the baby was truly mine all along! She is a kidnapper but not a murderer. The baby is mine. » Instead, she did something totally unpredictable. She refused saying « Neither mine nor yours shall he be. Cut. »

I have always wondered what made her suddenly lose interest in having the child for herself?

A brilliant and original answer to these questions is offered by Rabbi Mordechai Kornfeld of

Har Nof Jerusalem, of the Shmayisroel Torah Network (www.shemayisroel.co.il), who cited two 13th century commentators: Rav Yehoshua Ibn Shu’ib in his Drasha for Parshas Mishpatim, and Rav Menachem HaMeiri in his commentary to Yevamos 17a; and another 14th century commentator, the author of Shemen Rokeach and Sha’arHachazokas. They believe that in order to understand the real story behind King Solomon’s decision, an understanding of the laws of Yibbum is necessary.

THE LAWS OF YIBBUM.

The Torah describes the practice of Yibbum in the Parsha of Ki Setzei (Devarim 25:5,7,9):

« If there are brothers, and one of them dies without children, the wife of the deceased man may not marry out to another man. Her brother-in-law (her deceased husband’s brother) must marry her and thus perform Yibbum on her … If the man does not want to marry her, she shall approach the elders and declare ‘My brother-in-law refuses to establish his brother’s name in Israel; he does not consent to perform Yibbum on me’

… Then she shall approach him in the presence of the elders and remove his shoe from his foot, and spit in front of him and proclaim « Such should be done to a man who would not build up his brother’s house! »

Yibbum is a Halachic rite which must be performed when a man who has a living brother dies childless. If this uncommon situation occurs, the widow must not remarry unless one of two actions are taken – either she must marry the brother of the deceased or she must be released from the obligation of marrying her brother-in-law by having him perform the Chalitzah (« removing » of the shoe) ceremony.

It is obviously uncomfortable for a woman to be trapped in this situation, wherein she would be subject to the will of another man. Her brother-in-law may not be locatable, compliant or appealing.

There are several fundamental laws concerning the childless nature of the deceased and the age of the bother that control whether Yibbum applies:

LAWS CONCERNING THE CHILDLESS NATURE OF THE DECEASED

1. Rule #1: The man must die childless. According to the Talmud Yevamos 87b, Dying childless includes instances where a man once had children, but these children were already dead at the time of his own death.

2. Rule #2: Grandchildren: According to the Talmud Yevamos 70a, if the deceased man has no living children but he does have living grandchildren, he is not considered to be childless, and therefore, there is no Yibbum obligation.

3. Rule #3: Offspring: According to Talmud Yevamos 11 lb and Shabbos 136a, if the deceased left behind any offspring at all, there is no Yibbum – even if the offspring is only one day old. Even if the offspring is still a viable fetus at the time of the husband’s death, its mother is exempted from being bound to the living brother. If the fetus is a stillborn or is aborted, or dies, or is killed before it lived for thirty days, it is not considered to have ever been a viable offspring, and Yibbum would be required.

LAWS CONCERNING THE AGE OF THE DECEASED’S BROTHER

4. Rule #4: Brother-In-Law: According to the Talmud Yevamos 17b, the widow is obligated to marry her deceased husband’s brother. If the deceased husband does not leave a living brother, his wife is free to marry whoever she pleases.

5. Rule #5: Minor: According to the Talmud Yevamos 1 05b, if the brother of the deceased is a minor, the widow is still bound to him, and does not have the option of freeing herself through Chalitzah since a minor lacks capacity to perform the ceremony. Instead she must wait until the brother reaches the age of majority (Bar Mitzvah 13) in order for him to render Chalitzah at that time. Only then may she remarry. According to the Talmud Niddah 45a if she wants to marry him, she must wait until he reaches 9 years of age.

APPLICATION & CONCLUSION

We now return to King Solomon’s judgment.

The Midrash (Koheles Rabah 10:16) tells us that the reason both of these women were so desperate to have the living child declared theirs was that they were both potential Yevamos (widows subject to Yibbum). Neither of the two had any other offspring. Whoever would be judged to be the childless woman would not only lose the infant, but would also be trapped in the unpleasant status of Yevamah, being dependent upon her brother-in-law’s good will.

The Midrash (Yalknt Shimoni 2:175) asserts that the husbands of the two women were father and son, making the two women, mother-in-law and daughter-in-law to each other.

According to the Meiri in his commentary to Yevamos 17a, the two Midrashim may be complementing each other – thanks to our 5-rule Yibbum analysis.

The two women – mother-in-law and daughter-in-law – had just lost their husbands, and needed a live child to exempt them from the status of a Yevamah. Both women gave birth to babies. However, these two babies were still less than 30 days old at the time that one of them died. The mother of the dead child would therefore be subject to the laws of Yibbum (Rule #3). This was the lying mother’s motivation for taking the other woman’s child.

If it were the mother-in-law’s child who had died, she would have no incentive to kidnap her daughter-in-law’s child. Even though her son (the deceased husband of her daughter-in-law) had passed away before her own husband had, and therefore he would not exempt her from Yibbum (Rule #1), nevertheless, she would be exempt from Yibbum for another reason. The living child was her son’s child, and a grandchild exempts one from Yibbum (Rule #2).

Only the daughter-in-law had the motive to lie and try to claim that the child was hers. If it was her baby who had died within 30 days of its birth, leaving her childless, she would have been bound to her husband’s brother as a Yevamah (Rule #4) – and that brother would have been -none other than the living baby (who was in fact her mother-in-law’s child – i.e., her deceased husband’s bother)! Since her brother-in-law was a newborn, the daughter-in-law would have had to wait 13 years before this baby would be able to perform Chalitzah on her and free her to remarry (Rule #5).

King Solomon realized all of this and suspected that since the only one with a strong motive to lie was the daughter-in-law, the child must really belong to the mother-in-law.

Perhaps this also explains why King Solomon ordered that the child be cut in half.

If the remaining child were to be killed, this too would free the daughter-in-law from her Yevamah status – since the living baby was her only brother-in-law (Rule #3). From the daughter-in-law’s perspective, in fact, killing the child would result in a better solution for her. By just kidnaping the child she might have convinced the earthly court that she was not a Yevamah. However, she herself would know that the child was not really hers and that she really was not permitted to remarry, until Chalitzah was performed. By having the baby killed, though, she would truthfully be released from the bonds of Yibbum.

This is the reason the daughter-in-law suddenly lost interest in keeping the child when she saw that King Solomon was ready to cut the child in half. This would serve her interests even more if she took the child for herself. Therefore she insisted: « Cut! »

Young King Solomon guessed that this would be the woman’s reaction. By tricking her into making a seemingly ludicrous statement, he revealed her true motives and that she was lying.

This is why, « All of Israel heard the judgment that the King had judged. They had great awe for the King, for they saw that the wisdom of God was within him to do justice. »

Respectfully,

BARUCH C. COHEN

FOOTNOTES

Baruch C. Cohen’s practice includes all aspects of creditors’ and debtors’ rights, corporate reorganizations, personal bankruptcies, and all types of bankruptcy litigation in state, federal and bankruptcy courts.

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DISCLAIMER

Voir enfin:

Gen. Helms and the Senator’s ‘Hold’

An Air Force commander exercised her discretion in a sexual-assault case. Now her career is being blocked by Sen. Claire McCaskill. Why?

James Taranto

WSJ

June 17, 2013

Lt. Gen. Susan Helms is a pioneering woman who finds her career stalled because of a war on men—a political campaign against sexual assault in the military that shows signs of becoming an effort to criminalize male sexuality.

Gen. Helms is a 1980 graduate of the Air Force Academy who became an astronaut in 1990. She was a crewman on four space-shuttle missions and a passenger on two, traveling to the International Space Station and back 51⁄2 months later. Two days after arriving at the station in 2001, she, along with fellow astronaut Jim Voss, conducted history’s longest spacewalk—8 hours, 56 minutes—to work on a docking device.

In March, President Obama nominated Gen. Helms to serve as vice commander of the Air Force Space Command. But Sen. Claire McCaskill, a Missouri Democrat who sits on the Armed Services Committee, has placed a « permanent hold » on the nomination.

At issue is the general’s decision in February 2012 to grant clemency to an officer under her command. Capt. Matthew Herrera had been convicted by a court-martial of aggravated sexual assault. Ms. McCaskill said earlier this month that the clemency decision « sent a damaging message to survivors of sexual assault who are seeking justice in the military justice system. »

To describe the accuser in the Herrera case as a « survivor » is more than a little histrionic. The trial was a he-said/she-said dispute between Capt. Herrera and a female second lieutenant about a drunken October 2009 sexual advance in the back seat of a moving car. The accuser testified that she fell asleep, then awoke to find her pants undone and Capt. Herrera touching her genitals. He testified that she was awake, undid her own pants, and responded to his touching by resting her head on his shoulder.

Two other officers were present—the designated driver and a front-seat passenger, both lieutenants—but neither noticed the hanky-panky. Thus on the central questions of initiation and consent, it was her word against his.

On several other disputed points, however, the driver, Lt. Michelle Dickinson, corroborated Capt. Herrera’s testimony and contradicted his accuser’s.

Capt. Herrera testified that he and the accuser had flirted earlier in the evening; she denied it. Lt. Dickinson agreed with him. The accuser testified that she had told Lt. Dickinson before getting into the car that she found Capt. Herrera « kind of creepy » and didn’t want to share the back seat with him; Lt. Dickinson testified that she had said no such thing. And the accuser denied ever resting her head on Capt. Herrera’s shoulder (although she acknowledged putting it in his lap). Lt. Dickinson testified that at one point during the trip, she looked back and saw the accuser asleep with her head on Capt. Herrera’s shoulder.

In addition, the accuser exchanged text messages with Capt. Herrera after the incident. She initially claimed to have done so only a « couple times » but changed her testimony after logs of the text traffic revealed there were 116 messages, 51 of them sent by her.

Based on all this, Gen. Helms concluded that the defendant was a more reliable witness than the accuser, and that prosecutors had failed to prove beyond a reasonable doubt that Capt. Herrera did not reasonably believe the accuser had consented. He did not escape punishment: Gen. Helms accepted a reduced plea of guilty to an « indecent act. » Capt. Herrera was thereby spared the lifelong stigma of being listed on a sex-offender registry—but not of involuntary discharge from the service, which took effect in December.

« Immediately after this incident, there was no indication by any party that a sexual assault had taken place, » Gen. Helms wrote in a Feb. 24, 2012, memo explaining her decision. « The time delay between the event and the court-martial was approximately two years, and none of the witnesses, including the accused and the [alleged] victim, knew for at least a year that a court-martial would be convened for it. »

In the interim, another servicewoman, Staff Sgt. Jennifer Robinson, had come forward to accuse Capt. Herrera of sexual assault. In her case, the incident had occurred in his bedroom, where she voluntarily accompanied him. The court-martial acquitted him of that charge on the ground that she had consented. (Sgt. Robinson, who has since been promoted to technical sergeant, revealed her identity in a March interview with the Air Force Times.)

It’s fair to say that Capt. Herrera seems to have a tendency toward sexual recklessness. Perhaps that makes him unsuitable to serve as an officer in the U.S. Air Force. But his accusers acted recklessly too. The presumption that reckless men are criminals while reckless women are victims makes a mockery of any notion that the sexes are equal.

More important, Sen. McCaskill’s blocking of Gen. Helms’s nomination makes a mockery of basic principles of justice. As the general observed in her memo: « Capt Herrera’s conviction should not rest on [the accuser’s] view of her victimization, but on the law and convincing evidence, consistent with the standards afforded any American who finds him/herself on trial for a crime of this severity. »

On Friday the House passed a defense bill that would strip commanders of the authority to grant clemency. That would be a mistake. The Herrera case demonstrates that the authority offers crucial protection for the accused.

Military officers and lawmakers alike swear an oath to « support and defend the Constitution of the United States. » In the case of Matthew Herrera, Gen. Helms lived up to that commitment. Will Sen. McCaskill?

Mr. Taranto, a member of the Journal’s editorial board, writes the Best of the Web Today column for WSJ.com.


Elections iraniennes: Attention, une surprise peut en cacher une autre (We are all competitors and friends who serve the regime well)

19 juin, 2013
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Dry Bones,cartoon, Israel, Iran, Islamist, islamic state, Ayatollah, Ayatollahs, Elections, Rebels, theological, theocracy, Dictator, supreme leader, Shia, Shi'ite, Okay, on va voter. Combien de personnes ici voudraient être braquées par ce groupe? Et maintenant combien de personnes voudraient être braquées par notre groupe? Virgil Starkwell (« Prends l’oseille et tais-toi », Woody Allen, 1969)
N’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire; il provient de la nature du régime islamique (…) Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Reza Pahlavi
Le fond du problème est que ce régime ne veut pas reprendre ses négociations avec les Occidentaux car au bout de compte, il devrait accepter des compromis contraires à ses intérêts. Ces intérêts résident dans le fait d’être l’adversaire idéologique de l’Occident pour demeurer dans le rôle intéressant d’agitateur régional arbitre du conflit israélo-arabe. Pour cela, il doit séduire la rue arabe avec des slogans anxiogènes et disposer de milices armées. S’il faisait le moindre geste d’apaisement, il perdrait l’appui de la rue arabe et de ces milices qui peuvent aller proposer leurs services à d’autres protecteurs qui souhaitent contrôler cette force de nuisance (Syrie, Russie ou Chine). Iran Resist
Nous sommes tous des concurrents et des amis qui servent bien le régime. Ali Akbar Velayati
Pendant que nous parlions avec les Européens à Téhéran, nous installions le matériel dans certaines parties de l’installation de [conversion nucléaire] à Ispahan. En créant un environnement calme, nous avons pu achever les travaux. Rowhani (2004)
Iran made most of its key nuclear strides under Mr. Ahmadinejad, who also showed just how far Iran could test the West’s patience without incurring regime- threatening penalties. Supply IEDs to Iraqi insurgents to kill American GIs? Check. Enrich uranium to near-bomb grade levels? Check. Steal an election and imprison the opposition? Check. Take Royal Marines and American backpackers hostage? Check. Fight to save Bashar Assad’s regime in Syria? That, too. Even now, the diplomatic option remains a viable one as far as the Obama administration is concerned. Now the West is supposed to be grateful that Mr. Ahmadinejad’s scowling face will be replaced by Mr. Rohani’s smiling one—a bad-cop, good-cop routine that Iran has played before. Western concessions will no doubt follow if Mr. Rohani can convince his boss, Supreme Leader Ali Khamenei, to play along. It shouldn’t be a hard sell: Iran is now just a head-fake away from becoming a nuclear state and Mr. Khamenei has shown he’s not averse to pragmatism when it suits him. The capacity for self-deception is a coping mechanism in both life and diplomacy, but it comes at a price. As the West cheers the moderate and pragmatic and centrist Mr. Rohani, it will come to discover just how high a price it will pay. Bret Stephens
Rohani (…) ne s’est jamais lui-même qualifié de réformiste. Mais il utilise une rhétorique qui est moins violente que celle d’Ahmadinejad et parle plus modérément, y compris sur la question des négociations nucléaires. Je ne peux interpréter son élection que dans un seul sens: le régime voulait sa victoire. S’ils avaient voulu la victoire d’un conservateur, ils se seraient arrangés pour obtenir l’abandon de quatre des cinq conservateurs, ouvrant la voie à la victoire de Ghalibaf [maire de Téhéran]. Mais ils ne l’ont pas fait. En outre, c’est le régime qui a approuvé la candidature de Rouhani aux côtés de seulement sept autres. C’est la preuve évidente que Khamenei voulait que Rouhani gagne, intérieurement et extérieurement. La victoire d’un candidat qui est perçu comme plus modéré mais a toujours la confiance de Khamenei sert le régime de la meilleure des façons. Extérieurement, l’Iran est aujourd’hui dans une situation très difficile en ce qui concerne les sanctions et sa réputation internationale. Un président conservateur n’aurait fait qu’aggraver l’isolement de Téhéran dans le monde. La victoire d’un membre du ‘mouvement modéré’ amènera en revanche immédiatement certains pays de la communauté internationale à appeler à « donner une chance au dialogue avec les Iraniens modérés ». Ils vont demander plus de temps afin d’encourager cesdits « modérés » et cela réduira d’autant la pression sur le régime. Et donc, nous voyons que dans la non-disqualification de Rouhani et surtout dans le non-abandon de quatre des cinq candidats conservateurs il y a bien plus qu’une indication que c’est le résultat que souhaitait le régime.  Dr Soli Shahvar (Centre Ezri des études pour l’Iran et le golfe, Université de Haïfa)
Rowhani a non seulement été soigneuesement par le régime comme l’un des seuls huit candidats, tandis que des centaines d’autres étaient disqualifiés, mais la liste des candidats a été ouvertement conçue pour s’assurer qu’il arrive en tête: celle-ci opposait cinq conservateurs (deux candidats ayant abandonné avant le vote), assurant ainsi la division du vote conservateur face à un seul « modéré ». « S’ils avaient voulu la victoire d »un des conservateurs, ils auraient demandé à quatre des cinq conservateurs d’abandonner (…). Et  c’est précisément ce qui s’est passé du côté « modéré ». Au départ, il y avait deux « modérés », mais l’ancien président iranien Mohammad Khatami en a persuadé un, Mohammad Reza Aref, de se retirer de manière à ne pas diviser le vote modéré. Il est incroyable que Khamenei n’ai pu concevoir quelque chose de similaire du côté conservateur s’il l’ avait voulu. Il est également intéressant de noter que tout au long de la campagne, Khamenei a soigneusement évité de donner la moindre indication quant au candidat qu’il préférait. (…) Mais l’argument le plus convaincant, selon moi, est (…) le décompte des voix final. Selon les résultats officiels, Rowhani a gagné dès le premier tour en remportant 50,7 % des voix. Mais pour un régime largement soupçonné d’avoir commis une fraude électorale massive pour assurer la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009, cela aurait été un jeu d’enfant de modifier le décompte des voix de l’infime fraction nécessaire pour mettre Rowhani à moins de 50 pour cent et de forcer ainsi un second tour. En outre, il aurait été parfaitement sûr, parce qu’aucun des commentaires pré-électoraux n’avait prévu que Rowhani ait même une chance de l’emporter. Ainsi s’il avait été annoncé à, disons, 49 pour cent, il n’y n’aurait aucun soupçons de fraude ; au contraire, tout le monde aurait été étonné de sa forte prestation. Et puis, avec les conservateurs mettant en commun leurs forces derrière un candidat unique au second tour, une petite défaite de Rowhani aurait été tout aussi insoupçonnable. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi Khamenei voulait la victoire de Rowhani: il avait désespérément besoin de quelqu’un qui pouvait alléger les sanctions internationales et conjurer la menace d’une frappe militaire sans concéder quoi que ce soit sur le programme nucléaire. Et la performance de Rowhani comme principal négociateur nucléaire iranien en 2003-2005 avait prouvé sa compétence à cet égard. Dont il s’était d’ailleurs vanté: « Pendant que nous parlions avec les Européens à Téhéran, nous installions le matériel dans certaines parties de l’installation de [conversion nucléaire] à Ispahan », avait déclaré Rowhani en 2004. En créant un environnement calme, nous avons pu achever les travaux. » Au lendemain de la victoire de Rowhani, des responsables américains et européens en sont déjà à envisager avec enthousiasme un nouveau cycle de négociations, tandis que les analystes israéliens affirment que l’élection a presque certainement retardé toute possibilité d’une action militaire contre le programme nucléaire de l’Iran à 2014. Ainsi, Khamenei a obtenu exactement ce qu’il voulait. La seule question est pourquoi tous les « experts » dépeignent encore cela comme une défaite pour le régime. Evelyn Gordon

Comment dit-on « tireur de ficelles » en persan ?

Réduisez votre nombre de candidats à huit (dont bien sûr le candidat que vous souhaitez voir gagner) après en avoir disqualifié des centaines; réduisez encore le nombre des candidats à six en demandant à deux « conservateurs » de se retirer tout en vous assurant de la division dudit camp conservateur en maintenant cinq d’entre eux en lice tout en renforçant le camp modéré en obtenant l’abandon d’un des deux « modérés; évitez soigneusement tout au long de la campagne de montrer la moindre préférence pour aucun candidat; fixez la victoire finale de votre candidat à quelques fractions de pourcentages au-dessus de 50% de façon à ce qu’il n’y ait pas de second tour et voilà: vous avez la victoire d’un candidat « modéré » que personne n’attendait mais qui réjouit tout le monde – vous compris !

Alors qu’au lendemain d’une énième élection-bidon, nos prétendus « experts » nous bassinent à longueur de page et d’antenne sur la prétendue « divine surprise » de l’élection d’un « modéré » à la présidence iranienne …

Comment ne pas voir, avec la revue Commentary, l’aveuglante évidence d’un énième coup monté ?

Mais surtout la vraie surprise (?) d’une communauté internationale et de ses prétendus « experts » si pressés de présenter comme une défaite du régime au moment précisément où se rapprochait dangereusement la fenêtre de tir pour la destruction des installations nucléaires iraniennes …

La victoire d’un candidat s’étant explicitement vanté, la dernière fois qu’il dirigeait les négociations nucléaires, d’avoir endormi les Européens et permis ainsi l’achèvement des travaux ?

Rowhani’s Win Is a Victory for the Regime

Evelyn Gordon

Commentary

06.18.2013

Despite widespread disagreement about how Hassan Rowhani’s election as president affects the chances of a diplomatic solution to Iran’s nuclear program, just about everyone appears to agree on one thing: The victory of a “relative moderate” came as a complete and unwelcome surprise to Iran’s supreme leader, Ali Khamenei. I’d been wondering whether anyone was ever going to challenge this blatantly irrational consensus, but finally, someone has. “I interpret his election in one way only: The regime wanted him to win,” said Dr. Soli Shahvar, head of Haifa University’s Ezri Center for Iran and Gulf Studies, in an interview with the Tower.

Shahvar pointed out that not only was Rowhani handpicked by the regime to be one of only eight candidates, while hundreds of others were disqualified, but the candidate list was blatantly tilted to ensure that he would place first: It pitted a single “moderate” against five conservatives (two candidates dropped out before the vote), thereby ensuring that the conservative vote would fragment. “If they had wanted one of the conservatives to win, they would have gotten four of the five conservatives to drop out of the race,” Shahvar said.

Indeed, though Shahvar didn’t mention it, that’s precisely what happened on the “moderate” side. Initially, there were two “moderates,” but former Iranian President Mohammad Khatami persuaded one, Mohammad Reza Aref, to withdraw so as not to split the moderate vote. It beggars belief that Khamenei couldn’t have engineered something similar on the conservative side had he so desired.

It’s also worth noting that throughout the campaign, Khamenei carefully avoided giving any hint as to which candidate he preferred. The widespread assumption that he preferred a conservative is unsupported by any evidence.

But the most convincing argument, to my mind, is one Shahvar didn’t make: the final vote tally. According to the official results, Rowhani clinched the contest in the first round by winning 50.7 percent of the vote. But for a regime widely suspected of committing massive electoral fraud to ensure Mahmoud Ahmadinejad’s reelection in 2009, it would have been child’s play to alter the vote count by the tiny fraction necessary to put Rowhani under 50 percent and force a second round. Moreover, it would have been perfectly safe, because none of the pre-election commentary foresaw Rowhani coming anywhere near victory. Thus had his tally been announced at, say, 49 percent instead, there would have been no suspicions of fraud; rather, everyone would have been amazed at his strong showing. And then, with conservatives pooling their forces behind a single candidate in the run-off, a narrow loss for Rowhani would have been equally unsuspicious.

It’s not hard to figure out why Khamenei would have wanted Rowhani to win: He desperately needed someone who could ease the international sanctions and stave off the threat of a military strike without actually conceding anything on the nuclear program. And Rowhani’s performance as Iran’s chief nuclear negotiator in 2003-05 proved his skill in this regard. Indeed, he boasted of it: “While we were talking with the Europeans in Tehran, we were installing equipment in parts of the [nuclear conversion] facility in Isfahan,” Rowhani said in 2004. “By creating a calm environment, we were able to complete the work there.”

In the aftermath of Rowhani’s victory, American and European officials are already talking enthusiastically about a new round of negotiations, while Israeli analysts say the election has almost certainly delayed any possibility of military action against Iran’s nuclear program until 2014. Thus Khamenei has gotten exactly what he wanted. The only question is why all the “experts” are still portraying this as a defeat for the regime.

Voir aussi:

“The Regime Wanted Him to Win”

Avi Issacharoff

The Tower

June 16, 2013

Soon after it became clear to Ali Akbar Velayati that he had no chance of winning this week’s presidential election in Iran, he quickly congratulated the rest of the candidates and wished them success. “We are all competitors and friends who serve the regime well,” he said.

And indeed, putting aside how quickly the winner Hassan Rouhani was branded a “reformist” by Western and even Israeli outlets, Velayati had described him most accurately: a servant of the regime.

The incoming president of Iran was never a reformist. It is doubtful that his achievement was even a victory for the moderate camp in Iran, which on the face of it wants to replace the regime and to stop the nuclear weapons race. Rouhani, as opposed to the image that has been fashioned, was until recently known as part of the conservative camp in Iran. He is not one of those challenging the Islamist regime, and certainly not challenging Khamenei’s rule.

Rouhani’s win election should not be seen as a dramatic sign that Iran will change its line regarding either its nuclear policy or its involvement in Middle Eastern conflicts. Despite Rouhani’s declarations in the past that may suggest he seeks flexibility in the nuclear project, the reality in Iran is that these matters will remain in the hands of Khamenei and the men of the Revolutionary Guard.

Politicall Rouhani’s victory reflects power struggles within the Iranian leadership. It marks a kind of political comeback for former president President Akbar Hashemi Rafsanjani, who was Rouhani’s political godfather. Moreover, Rouhani is the breath of fresh air, a new face at the top of the Iranian leadership compared to the outgoing president, Muhamad Ahmedinejad. He was the only cleric allowed to run in the race, and will now try to bring the public, including the Tehran elites, closer to the regime of the Ayatollahs – of which he is one of the most outstanding products.

So how did a member of Iran’s Assembly of Experts and Supreme National Security Council – and a confidant of Khamenei – become the “great hope” of the moderate camp? It may be the embrace he received from the two former presidents, Khatami and Rafsanjani, rivals to Khamenei, that put him into the reformist category.

“He never called himself a reformist,” explains Dr. Soli Shahvar, who heads the Ezri Center for Iran and Gulf Studies at Haifa University. “But he uses rhetoric that is less blustery than that of Ahmedinejad, and speaks more moderately, including on the subject of nuclear negotiations.” Shahvar’s conclusion with respect to Rouhani’s win is unambiguous. “I interpret his election in one way only: The regime wanted him to win. If they had wanted one of the conservatives to win, they would have gotten four of the five conservatives to drop out of the race, paving the way for [eventual runner-up, Tehran Mayor Mohammad-Bagher] Ghalibaf to win. But they didn’t do that. Moreover, it was the regime that approved the candidacy of Rouhani alongside only seven others. This is striking evidence that Khamenei wanted Rouhani to win, both internally and externally.”

According to Shahvar, from the internal perspective, a victory for another candidate like Ahmedinejad risked provoking a renewal of the demonstrations like those of 2009. “Victory for a candidate who is perceived as more moderate yet still has the confidence of Khamenei, serves the regime in the best way. Externally, Iran today is in a very difficult situation with regard to sanctions and its international standing. A conservative president would only have increased Tehran’s isolation in the world. A victory for someone from the ‘moderate stream,’ however, will immediately bring certain countries in the international community to call for ‘giving a chance to dialogue with the Iranian moderates.’ They will ask for more time in order to encourage this stream, and it will take pressure off the regime. And so we see that in the non-disqualification of Rouhani and especially in the non-dropping-out of four of the five conservative candidates there is more than just an indication that this is the result the regime desired.”

Rouhani, in his new position as president of the country, will first of all have to bring relief in the economic crisis facing the citizens of Iran. Yet this is a nearly impossible task in light of the international sanctions which themselves are the result of the nuclear policy that has been set by the supreme leader Khamenei.

In a few months the public’s anger may well be turned against the man on whom so many Iranians, as of now, seem to have pinned their hopes.

Voir également:

Behind Iran’s ‘Moderate’ New Leader

Hassan Rohani unleashed attacks on pro-democracy student protesters in 1999.

Sohrab Ahmari

WSJ

June 16, 2013

So this is what democracy looks like in a theocratic dictatorship. Iran’s presidential campaign season kicked off last month when an unelected body of 12 Islamic jurists disqualified more than 600 candidates. Women were automatically out; so were Iranian Christians, Jews and even Sunni Muslims. The rest, including a former president, were purged for possessing insufficient revolutionary zeal. Eight regime loyalists made it onto the ballots. One emerged victorious on Saturday.

That man is Hassan Rohani, a 64-year-old cleric, former nuclear negotiator and security apparatchik. Western journalists quickly hailed the « moderate » and « reformist » Mr. Rohani. The New York Times’s Tehran correspondent couldn’t repress his election-night euphoria on Twitter: « Tonight the Islamic Republic rocks Rohani style. » A BBC correspondent gushed: « The reaction of the people showed how much they trusted the electoral system. » Just hours earlier the broadcaster had condemned Iranian security forces for threatening to assassinate a BBC Persian journalist in London, but such is the Western media’s hunger for good news from Tehran.

Turnout was high, with more than 70% of eligible voters casting ballots. That figure should be taken with a grain of salt, since voting is obligatory for many sectors of Iranian society. Still, some of the victory parties in Tehran and other cities did seem genuine, with voters taking to the streets to celebrate the end of a Mahmoud Ahmadinejad era that saw a rise in repression and in economic hardship caused by the regime’s mounting international isolation.

But disillusionment with seemingly heroic new leaders promising change is a centuries-old theme in Iranian history. The current regime’s theocratic structure—with a supreme leader, the Ayatollah Khamenei, and numerous unaccountable bodies lording over popularly elected officials—will soon remind voters that this latest hero has little room to maneuver.

That is, if he’s inclined to seek change in the first place. The new Iranian president was born Hassan Feridon in 1948 in Iran’s Semnan province. He entered religious studies in Qom as a child but went on to earn a secular law degree from Tehran University in 1969.

Mr. Rohani spent Iran’s revolutionary days as a close companion of the Ayatollah Khomeini and would go on to hold top posts during the Islamic Republic’s first two decades in power. For 16 years starting in 1989, Mr. Rohani served as secretary of Iran’s Supreme National Security Council. During his tenure on the council, Mr. Rohani led the crackdown on a 1999 student uprising and helped the regime evade Western scrutiny of its nuclear-weapons program.

As Mr. Rohani said at a pro-regime rally in July 1999: « At dusk yesterday we received a decisive revolutionary order to crush mercilessly and monumentally any move of these opportunist elements wherever it may occur. From today our people shall witness how in the arena our law enforcement force . . . shall deal with these opportunists and riotous elements, if they simply dare to show their faces. »

The « opportunists and riotous elements » Mr. Rohani referred to were university students staging pro-democracy protests. His words at the time were widely viewed as a declaration of war, authorizing the Islamic Revolutionary Guard Corps and the basij militia to unleash hell on Tehran’s campuses.

Reza Mohajerinejad was one of those students. A founder of the National Union of Iranian Students and Graduates in the 1990s, he resides today in the San Francisco Bay area. Speaking in a phone interview on Saturday, Mr. Mohajerinejad recalled how after Mr. Rohani’s statement in 1999 security forces « poured into the dorm rooms and murdered students right in front of our eyes. »

Mr. Mohajerinejad was arrested and detained for six months. Among other torture methods they used, his captors during this era of « reform » would tie him to a bed and whip his feet to a pulp. In between flogging sessions, the imprisoned students would be forced to run laps on their bloody feet or be suspended from their wrists for hours at a time.

« If we’re ever going to get freedom and democracy, » Mr. Mohajerinejad now says, « we’re not going to get them from Rouhani. »

Beyond Iran’s borders, Mr. Rohani has largely favored « resistance » and nuclear defiance. During the campaign, he boasted of how during his tenure as negotiator Iran didn’t suspend enrichment—on the contrary, « we completed the program. » And on Syria, expect Mr. Rohani to back the ruling establishment’s pro-Assad policy. « Syria has constantly been on the front line of fighting Zionism and this resistance must not be weakened, » he declared in January, according to the state-run Press TV.

These inconvenient facts from the Rohani dossier should give pause to those in Washington and Brussels eager to embrace this smiling mullah.

Mr. Ahmari is an assistant books editor at the Journal.

Voir encore:

A ‘Pragmatic’ Mullah

Iran’s new president Hassan Rohani is no moderate.

Bret Stephens

WSJ

June 17, 2013

‘There’s a sucker born every minute » is one of those great American phrases, fondly and frequently repeated by Americans, who tend to forget that it was said mainly about Americans. In the election of Hassan Rohani as Iran’s president, we are watching the point being demonstrated again by someone who has demonstrated it before.

Who is Mr. Rohani? If all you did over the weekend was read headlines, you would have gleaned that he is a « moderate » (Financial Times), a « pragmatic victor » (New York Times) and a « reformist » (Bloomberg). Reading a little further, you would also learn that his election is being welcomed by the White House as a « potentially hopeful sign » that Iran is ready to strike a nuclear bargain.

All this for a man who, as my colleague Sohrab Ahmari noted in these pages Monday, called on the regime’s basij militia to suppress the student protests of July 1999 « mercilessly and monumentally. » More than a dozen students were killed in those protests, more than 1,000 were arrested, hundreds were tortured, and 70 simply « disappeared. » In 2004 Mr. Rohani defended Iran’s human-rights record, insisting there was « not one person in prison in Iran except when there is a judgment by a judge following a trial. »

Mr. Rohani is also the man who chaired Iran’s National Security Council between 1989 and 2005, meaning he was at the top table when Iran masterminded the 1994 bombing of the Jewish cultural center in Buenos Aires, killing 85 people, and of the Khobar Towers in 1996, killing 19 U.S. airmen. He would also have been intimately familiar with the secret construction of Iran’s illicit nuclear facilities in Arak, Natanz and Isfahan, which weren’t publicly exposed until 2002.

In 2003 Mr. Rohani took charge as Iran’s lead nuclear negotiator, a period now warmly remembered in the West for Tehran’s short-lived agreement with Britain, France and Germany to suspend its nuclear-enrichment work. That was also the year in which Iran supposedly halted its illicit nuclear-weapons’ work, although the suspension proved fleeting, according to subsequent U.N. reports.

Then again, what looked to the credulous as evidence of Iranian moderation was, to Iranian insiders, an exercise in diplomatic cunning. « Negotiations provided time for Isfahan’s uranium conversion project to be finished and commissioned, the number of centrifuges at Natanz increased from 150 to 1,000 and software and hardware for Iran’s nuclear infrastructure to be further developed, » Seyed Hossein Mousavian, Mr. Rohani’s spokesman at the time, argues in a recent memoir. « The heavy water reactor project in Arak came into operation and was not suspended at all. »

Nor was that the only advantage of Mr. Rohani’s strategy of making nice and playing for time, according to Mr. Mousavian.

« Tehran showed that it was possible to exploit the gap between Europe and the United States to achieve Iranian objectives. » « The world’s understanding of ‘suspension’ was changed from a legally binding obligation . . . to a voluntary and short-term undertaking aimed at confidence building. » « The world gradually came close to believing that Iran’s nuclear activities posed no security or military threat. . . . Public opinion in the West, which was totally against Tehran’s nuclear program in September 2003, softened a good deal. » « Efforts were made to attract global attention to the need for WMD disarmament by Israel. »

And best of all: « Iran would be able to attain agreements for the transfer of advanced nuclear technology to Iran for medical, agricultural, power plant, and other applications, in a departure from the nuclear sanctions of the preceding 27 years. »

Mr. Mousavian laments that much of this good work was undone by the nuclear hard line Iran took when the incendiary Mahmoud Ahmadinejad became president in 2005.

But that’s true only up to a point. Iran made most of its key nuclear strides under Mr. Ahmadinejad, who also showed just how far Iran could test the West’s patience without incurring regime- threatening penalties. Supply IEDs to Iraqi insurgents to kill American GIs? Check. Enrich uranium to near-bomb grade levels? Check. Steal an election and imprison the opposition? Check. Take Royal Marines and American backpackers hostage? Check. Fight to save Bashar Assad’s regime in Syria? That, too. Even now, the diplomatic option remains a viable one as far as the Obama administration is concerned.

Now the West is supposed to be grateful that Mr. Ahmadinejad’s scowling face will be replaced by Mr. Rohani’s smiling one—a bad-cop, good-cop routine that Iran has played before. Western concessions will no doubt follow if Mr. Rohani can convince his boss, Supreme Leader Ali Khamenei, to play along. It shouldn’t be a hard sell: Iran is now just a head-fake away from becoming a nuclear state and Mr. Khamenei has shown he’s not averse to pragmatism when it suits him.

The capacity for self-deception is a coping mechanism in both life and diplomacy, but it comes at a price. As the West cheers the moderate and pragmatic and centrist Mr. Rohani, it will come to discover just how high a price it will pay.

Voir par ailleurs:

Iran : toutes les clefs du scrutin

Le Point

14/06/2013

Théoriquement, le président de la République islamique est élu au suffrage universel. Mais dans les faits, l’élection se déroule sous étroite surveillance.

Contrairement aux monarchies arabes du Golfe, tels l’Arabie saoudite ou le Qatar, l’Iran offre la possibilité à ses citoyens de choisir leur président et leur Parlement. Quoi de plus normal pour une République dont la Constitution repose en partie sur la souveraineté populaire. Sauf que ce texte, adopté en 1979 après la révolution, se fonde surtout sur la volonté divine. Ainsi, à la tête de l’État iranien règne un guide suprême, représentant de Dieu sur terre, qui possède le dernier mot sur toutes les décisions du pays, surpassant la volonté du président, et donc celle du peuple qui l’a élu.

Qui peut voter ?

50,5 millions d’électeurs iraniens (sur 75 millions d’habitants) sont appelés à élire ce vendredi 14 juin le président de la République islamique, soit le chef du gouvernement depuis la suppression du poste de Premier ministre en 1989. Peut voter tout citoyen iranien résidant en Iran, ou même à l’étranger, à condition qu’il soit âgé d’au moins 18 ans.

Qui peut se présenter ?

Première limite du scrutin. Si tout Iranien peut officiellement se porter candidat, il doit passer par le filtre du puissant Conseil des gardiens de la Constitution. Cet organe, composé de six clercs et de six juristes (généralement aussi des clercs), doit vérifier la compatibilité des candidatures avec la Constitution iranienne. Sont alors pris en compte le sérieux du candidat (celui-ci doit être une personnalité politique ou religieuse reconnue), ses antécédents judiciaires et surtout sa loyauté au principe fondamental de la République islamique : le Velayat-e faqih (la primauté du religieux sur le politique). Exit donc tous les laïques, monarchistes et autres communistes. Surtout, derrière les choix du Conseil des gardiens de la Constitution se profile la main du guide suprême, l’ayatollah Khamenei, qui nomme la moitié de ses membres et peut influencer les six autres.

Qui sont les favoris ?

Sur les 686 candidats qui se sont officiellement présentés au scrutin, seuls huit ont été retenus par le Conseil des gardiens de la Constitution. Parmi les recalés figurent deux candidats de poids. Si la mise à l’écart d’Esfandiar Rahim Mashaei, le bras droit d’Ahmadinejad, n’est pas une surprise tant ses positions nationalistes étaient haïes du clergé chiite, l’élimination de l’ancien président conservateur modéré Akbar Hachemi Rafsandjani a fait l’effet d’une bombe. En disqualifiant l’un des pères fondateurs de la République islamique, en raison de sa proximité avec les réformateurs iraniens, le guide a profondément ébranlé la légitimité de son propre régime.

Après les désistements de deux candidats qualifiés, il ne reste plus que six prétendants, dont quatre conservateurs proches du guide :

En voici les favoris :

– Saïd Jalili, 47 ans et favori du guide. Actuel secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, il est le représentant direct de l’ayatollah Khamenei dans les négociations sur le programme nucléaire iranien. Vétéran de la guerre Iran-Irak, ce diplomate extrêmement pieux bénéficie de l’appui des ultraconservateurs qui louent son intransigeance face à l’Occident.

– Mohammad Bagher Ghalibaf, 51 ans, l’efficace maire de Téhéran. Ancien commandant des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime, puis à la tête de la police, où son professionnalisme a fait forte impression, ce technocrate peut également se prévaloir de son bilan positif durant ses huit années à la tête de la mairie de la capitale, qui l’ont rendu populaire. Il est néanmoins soupçonné d’avoir été impliqué dans la répression des manifestants de juin 2009 (le Mouvement vert). Cela ne l’empêche pas d’être actuellement en tête du peu de sondages organisés par les médias officiels.

– Ali-Akbar Velayati, 67 ans, la carte « ouverture » du guide. Ministre des Affaires étrangères durant 16 ans, et désormais conseiller diplomatique du guide, ce pédiatre de formation prône plus de souplesse vis-à-vis de l’Occident dans l’épineux dossier nucléaire afin d’atténuer les sanctions internationales frappant le pays. Il ne remet toutefois pas en cause le droit de l’Iran au nucléaire civil.

– Hassan Rohani, 64 ans, le réformateur par défaut. Ce religieux conservateur modéré a reçu l’appui de l’ex-président Rafsandjani, mais surtout celui de l’ex-président réformateur Mohammad Khatami, ce qui pourrait lui assurer le ralliement d’une partie des voix du Mouvement vert et des déçus d’Ahmadinejad. Connu pour avoir dirigé les négociations nucléaires sous la présidence de Khatami, il avait accepté une suspension provisoire de l’enrichissement d’uranium, ce qui lui a valu de nombreuses critiques au sein de l’establishment iranien. Il sera remercié de son poste dès l’arrivée au pouvoir d’Ahmadinejad en 2005.

Comment s’organise le vote ?

Si une majorité simple n’est pas acquise au premier tour le 14 juin, un second tour sera organisé le 21 juin. Une hypothèse rendue plausible par l’éclatement probable des voix au premier tour entre les quatre candidats conservateurs, et cela alors que les voix réformatrices et les mécontents qui souhaitent voter reporteront à coup sûr leur choix sur l’unique candidat modéré, Hassan Rohani.

Comment s’est déroulée la campagne ?

Lancée le 23 mai dernier, la campagne, qui s’est achevée le 13 juin au matin, s’est révélée bien morne. La plupart des candidats ont opté pour des déplacements limités, et les autorités ont interdit les rassemblements dans les rues. Le maître mot a été l’économie, dont l’état s’avère catastrophique en Iran. En raison de la gestion calamiteuse des gouvernements successifs d’Ahmadinejad, mais aussi des sanctions internationales, l’Iran a connu un effondrement de sa monnaie (70 %) et une explosion de l’inflation (supérieure à 30 %). Pourtant, lors des trois débats organisés par la télévision officielle, aucun candidat n’a trouvé de recette miracle à ce fléau. Seule la question du nucléaire, liée toutefois aux sanctions économiques, a donné lieu à une passe d’armes sans précédent entre conservateurs, Ali Velayati s’étant directement attaqué au négociateur iranien Saïd Jalili, en dénonçant ses méthodes « problématiques ».

Des fraudes sont-elles possibles ?

Beaucoup estiment qu’une première étape a déjà été franchie, avec l’élimination de la course de l’ex-président Rafsandjani, le seul candidat modéré qui pouvait réellement l’emporter. Mais cela n’écarte nullement la possibilité de véritables fraudes organisées si l’élu du guide ne se retrouve pas en tête à l’issue du scrutin. Des cas de fraudes (bourrage ou déplacement d’urnes, passeports votant à plusieurs reprises) ont été dénoncés en 2005 et surtout en 2009, permettant à chaque fois l’élection de Mahmoud Ahmadinejad. Pourtant, en 1997 et en 2001, c’est un candidat réformateur, Mohammad Khatami, qui l’a à chaque fois emporté, avec respectivement 70 et 78 % des suffrages. Une époque où le régime avait besoin de s’ouvrir au monde. Dans tous les cas, l’appareil sécuritaire du régime, les 100 000 Gardiens de la révolution et les quelque quatre millions de bassidjis (miliciens mobilisés par le régime) se tiennent prêts à toute éventualité.

Quel sera le poids réel du président ?

On l’a vu avec Ahmadinejad. Lorsqu’un président bénéficie du soutien entier du guide suprême, ce qui fut le cas de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad lors de son premier mandat, il a davantage les coudées franches pour mener sa politique gouvernementale. Et même lorsque le chef de l’exécutif n’est pas le favori de l’ayatollah Khamenei, comme ce fut le cas pour le réformateur Khatami, ce dernier peut décider de mesures limitées en faveur de la liberté d’expression ou tenter une ouverture sur l’Occident. Étant aujourd’hui isolée sur la scène internationale et frappée de plein fouet par les sanctions, la République islamique a cruellement besoin d’assouplir sa position sur le nucléaire pour sauver son économie et pérenniser le régime. Un tel rôle pourrait être joué par le nouvel élu. Mais bien sûr, le dernier mot appartient au guide.

Voir enfin:

Iran : premières réactions à l’élection de Rohani

Le Point

15/06/2013

De Londres à Berlin en passant par l’ONU et la Syrie, les réactions se multiplient pour saluer l’élection du nouveau président iranien.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, « félicite chaleureusement » le nouveau président iranien Hassan Rohani et « continuera d’encourager l’Iran à jouer un rôle constructif dans les affaires régionales et internationales », a indiqué son porte-parole, Martin Nesirky. Ban Ki-moon « a l’intention de continuer à travailler avec les autorités iraniennes et avec le président élu sur les dossiers d’importance pour la communauté internationale et pour le bien-être du peuple iranien », poursuit le porte-parole en notant « avec satisfaction le fort taux de participation » au scrutin.

Depuis plusieurs années, l’ONU et les Occidentaux imposent un arsenal de sanctions à l’Iran pour tenter de dissuader Téhéran de se doter de l’arme atomique sous le couvert d’un programme nucléaire civil, ce dont la République islamique se défend. Samedi soir, le nouveau président a salué « la victoire de la modération sur l’extrémisme », mais a insisté pour que la communauté internationale « reconnaisse les droits » de l’Iran en matière nucléaire.

Religieux modéré, Hassan Rohani a créé la surprise samedi en remportant l’élection présidentielle iranienne dès le premier tour, avec 50,68% des voix, face à cinq candidats conservateurs. Cette victoire marque le retour des modérés et réformateurs au gouvernement.

La question nucléaire

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a réagi samedi à la victoire-surprise du modéré Hassan Rohani à la présidentielle iranienne en se disant « déterminée » à travailler avec son gouvernement sur la question nucléaire. « J’adresse mes voeux de réussite à M. Rohani dans la formation d’un nouveau gouvernement et dans ses nouvelles responsabilités. Je reste fermement déterminée à travailler avec les nouveaux dirigeants iraniens en vue d’une solution diplomatique rapide à la question nucléaire », écrit Catherine Ashton dans un communiqué.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a salué samedi « un vote en Iran pour des réformes et une politique étrangère constructive ». Le ministre allemand réagissait ainsi, dans un communiqué, à la victoire-surprise du modéré Hassan Rohani à la présidentielle iranienne. « Il est à espérer que la nouvelle direction du pays collabore en ce sens pour arriver à des solutions sur les questions internationales et régionales », a-t-il ajouté, selon le communiqué du ministère.

L’Iran sur un « nouveau chemin », selon Londres

Le Royaume-Uni a appelé samedi le nouveau président iranien Hassan Rohani à « mettre l’Iran sur un nouveau chemin », notamment en « s’attelant aux inquiétudes de la communauté internationale sur le programme nucléaire iranien ». « Nous prenons note qu’Hassan Rohani a remporté l’élection présidentielle » iranienne, a déclaré le ministère britannique des Affaires étrangères dans un communiqué. « Nous l’appelons à mettre l’Iran sur un nouveau chemin pour l’avenir en s’attelant aux inquiétudes de la communauté internationale sur le programme nucléaire iranien, en faisant avancer une relation constructive avec la communauté internationale et en améliorant la situation politique et des droits de l’homme », a ajouté le ministère.

La Coalition de l’opposition syrienne a également rapidement réagi en appelant dans un communiqué le religieux modéré de 64 ans à revoir la position de son pays qui soutient fermement le régime de Bachar el-Assad. « La Coalition nationale syrienne estime qu’il est de son devoir d’appeler le nouveau président de l’Iran à rectifier les erreurs commises par la direction iranienne », affirme le texte, faisant allusion à l’appui de poids apporté par Téhéran à son allié régional.

Félicitations de l’ayatollah Khamenei

En Iran, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a salué samedi l’élection à la présidence de la République du religieux modéré Hassan Rohani, sur son site officiel khamenei.ir. « Je félicite le peuple et le président élu », a écrit le numéro un iranien, en affirmant que « tout le monde devait aider le nouveau président et son gouvernement ». Le numéro un iranien a également demandé à tout le monde d’éviter les « comportements inappropriés » de ceux qui veulent montrer « leur joie ou leur mécontentement », faisant allusion aux partisans et adversaires du nouveau président.


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