Idées chrétiennes devenues folles: Nous avions un chef du Monde libre transmusulman et nous ne le savions pas ! (We had a transMuslim US president and we didn’t know it !)

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Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’organisateur doit se faire schizophrène, politiquement parlant, afin de ne pas se laisser prendre totalement au jeu. (…) Seule une personne organisée peut à la fois se diviser et rester unifiée. (…) La trame de toutes ces qualités souhaitées chez un organisateur est un ego très fort, très solide. L’ego est la certitude absolue qu’a l’organisateur de pouvoir faire ce qu’il pense devoir faire et de réussir dans la tâche qu’il a entreprise. Un organisateur doit accepter sans crainte, ni anxiété, que les chances ne soient jamais de son bord. Le moi de l’organizer est plus fort et plus monumental que le moi du leader. Le leader est poussé par un désir pour le pouvoir, tandis que l’organizer est poussé par un désir de créer. L’organizer essaie dans un sens profond d’atteindre le plus haut niveau qu’un homme puisse atteindre—créer, être ‘grand créateur,’ jouer à être Dieu. Saul Alinsky
L’Amérique est toujours le tueur numéro 1 dans le monde. . . Nous sommes profondément impliqués dans l’importation de la drogue, l’exportation d’armes et la formation de tueurs professionnels. . . Nous avons bombardé le Cambodge, l’Irak et le Nicaragua, tuant les femmes et les enfants tout en essayant de monter l’opinion publique contre Castro et Khaddafi. . . Nous avons mis Mandela en prison et soutenu la ségrégation pendant 27 ans. Nous croyons en la suprématie blanche et l’infériorité noire et y croyons davantage qu’en Dieu. … Nous avons soutenu le sionisme sans scrupule tout en ignorant les Palestiniens et stigmatisé quiconque le dénonçait comme anti-sémite. . . Nous ne nous inquiétons en rien de la vie humaine si la fin justifie les moyens. . . Nous avons lancé le virus du SIDA. . . Nous ne pouvons maintenir notre niveau de vie qu’en nous assurant que les personnes du tiers monde vivent dans la pauvreté la plus abjecte. Rev. Jeremiah Wright ( janvier 2006)
Je n’ai jamais été musulman. (…) à part mon nom et le fait d’avoir vécu dans une population musulmane pendant quatre ans étant enfant [Indonésie, 1967-1971], je n’ai que très peu de lien avec la religion islamique. Barack Hussein Obama (février 2008)
Mon père était originaire du Kenya, et beaucoup de gens dans son village étaient musulmans. Il ne pratiquait pas l’islam. La vérité est qu’il n’était pas très religieux. Il a rencontré ma mère. Ma mère était une chrétienne originaire du Kansas, et ils se marièrent puis divorcèrent. Je fus élevé par ma mère. Aussi j’ai toujours été chrétien. Le seul lien que j’ai eu avec l’islam est que mon grand-père du côté de mon père venait de ce pays. Mais je n’ai jamais pratiqué l’islam. Pendant un certain temps, j’ai vécu en Indonésie parce que ma mère enseignait là-bas. Et c’est un pays musulman. Et je suis allé à l’école. Mais je ne pratiquais pas. Mais je crois que cela m’a permis de comprendre comment pensaient ces gens, qui partagent en partie ma façon de voir, et cela revient à dire que nous pouvons instaurer de meilleurs rapports avec le Moyen-Orient ; cela contribuerait à nous rendre plus assurés si nous pouvons comprendre comment ils pensent sur certains sujets. Barack Hussein Obama (Oskaloosa, Iowa, décembre 2007)
Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l’islam. D’ailleurs, si l’on compte le nombre d’Américains musulmans, on voit que les Etats-Unis sont l’un des plus grands pays musulmans de la planète. Barack Hussein Obama (entretien pour Canal +, le 2 juin 2009)
Salamm aleïkoum (…) Comme le dit le Saint Coran, « Crains Dieu et dis toujours la vérité ». (…) Cette conviction s’enracine en partie dans mon vécu. Je suis chrétien, mais mon père était issu d’une famille kényane qui compte des générations de musulmans. Enfant, j’ai passé plusieurs années en Indonésie où j’ai entendu l’appel à la prière (azan) à l’aube et au crépuscule. Jeune homme, j’ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j’ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane. Féru d’histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l’islam. C’est l’islam – dans des lieux tels qu’Al-Azhar –, qui a brandi le flambeau du savoir pendant de nombreux siècles et ouvert la voie à la Renaissance et au Siècle des Lumières en Europe. C’est de l’innovation au sein des communautés musulmanes – c’est de l’innovation au sein des communautés musulmanes que nous viennent l’algèbre, le compas et les outils de navigation, notre maîtrise de l’écriture et de l’imprimerie, notre compréhension des mécanismes de propagation des maladies et des moyens de les guérir. La culture islamique nous a donné la majesté des arcs et l’élan des flèches de pierre vers le ciel, l’immortalité de la poésie et l’inspiration de la musique, l’élégance de la calligraphie et la sérénité des lieux de contemplation. Et tout au long de l’histoire, l’islam a donné la preuve, en mots et en actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l’égalité raciale. Je sais aussi que l’islam a de tout temps fait partie de l’histoire de l’Amérique. C’est le Maroc qui fut le premier pays à reconnaître mon pays. En signant le traité de Tripoli en 1796, notre deuxième président, John Adams, nota ceci : « Les États-Unis n’ont aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou la tranquillité des musulmans. » Depuis notre fondation, les musulmans américains enrichissent les États-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi le gouvernement, pris la défense des droits civils, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, brillé dans le domaine des sports, remporté des prix Nobel, construit notre plus haut immeuble et allumé le flambeau olympique. Et, récemment, le premier Américain musulman qui a été élu au Congrès a fait le serment de défendre notre Constitution sur le Coran que l’un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle. J’ai donc connu l’islam sur trois continents avant de venir dans la région où il a été révélé pour la première fois. Cette expérience guide ma conviction que le partenariat entre l’Amérique et l’islam doit se fonder sur ce qu’est l’islam, et non sur ce qu’il n’est pas, et j’estime qu’il est de mon devoir de président des États-Unis de combattre les stéréotypes négatifs de l’islam où qu’ils se manifestent. (…) bien qu’un Américain d’origine africaine et ayant pour nom Barack Hussein Obama ait pu être élu président a fait couler beaucoup d’encre. (…) En outre, la liberté en Amérique est indissociable de celle de pratiquer sa religion. C’est pour cette raison que chaque État de notre union compte au moins une mosquée et qu’on en dénombre plus de mille deux cents sur notre territoire. C’est pour cette raison que le gouvernement des États-Unis a recours aux tribunaux pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le hijab et pour punir ceux qui leur contesteraient ce droit.  (…) Le Saint Coran nous enseigne que quiconque tue un innocent tue l’humanité tout entière, et que quiconque sauve quelqu’un, sauve l’humanité tout entière. La foi enracinée de plus d’un milliard d’habitants de la planète est tellement plus vaste que la haine étroite de quelques-uns. Quand il s’agit de combattre l’extrémisme violent, l’islam ne fait pas partie du problème – il constitue une partie importante de la marche vers la paix. (…) La liberté de religion joue un rôle crucial pour permettre aux gens de vivre en harmonie. Nous devons toujours examiner les façons dont nous la protégeons. Aux États-Unis, par exemple, les musulmans ont plus de mal à s’acquitter de l’obligation religieuse de la zakat étant donné les règles relatives aux dons de bienfaisance. C’est pour cette raison que je suis résolu à oeuvrer avec les musulmans américains pour leur permettre de s’acquitter de la zakat. De même, il importe que les pays occidentaux évitent d’empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple, en dictant ce qu’une musulmane devrait porter. En un mot, nous ne pouvons pas déguiser l’hostilité envers la religion sous couvert de libéralisme. (…) La sixième question – la sixième question dont je veux parler porte sur les droits des femmes. (Applaudissements) Je sais – je sais, et vous pouvez le voir d’après ce public – que cette question suscite un sain débat. Je rejette l’opinion de certains selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir la tête est d’une façon ou d’une autre moins égale, mais j’ai la conviction qu’une femme que l’on prive d’éducation est privée d’égalité. Et ce n’est pas une coïncidence si les pays dans lesquels les femmes reçoivent une bonne éducation connaissent bien plus probablement la prospérité. Je tiens à préciser une chose : les questions relatives à l’égalité des femmes ne sont absolument pas un sujet qui concerne uniquement l’Islam. En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire une femme à leur tête, tandis que la lutte pour l’égalité des femmes continue dans beaucoup d’aspects de la vie américaine, et dans les pays du monde entier. Je suis convaincu que nos filles peuvent offrir une contribution à la société tout aussi importante que nos fils et que notre prospérité commune sera favorisée si nous utilisons les talents de toute l’humanité, hommes et femmes. Je ne crois pas que les femmes doivent faire les mêmes choix que les hommes pour assurer leur égalité, et je respecte celles qui choisissent de suivre un rôle traditionnel. Mais cela devrait être leur choix. Barack Hussein Obama (université du Caire, 2009)
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (ONU, New York, 26.09.12)
Quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Barack Hussein Obama (2012)
Quand je regarde toutes ces jeunes filles, c’est moi que je vois. Michelle Obama
Je crois qu’il voulait faire quelque chose de spectaculaire comme Trayvon Martin, il voulait relancer la guerre raciale. Joey Meek (camarade de classe de Ryann Roof)
J’ai besoin de féminisme car j’ai l’intention d’épouser quelqu’un de riche, et ça ne pourra pas se faire si ma femme et moi ne gagnons que 75 centimes pour chaque dollar gagné par un homme. Caitlyn Cannon
Je suis transracialiste. Rachel Dolezal
Le transracialisme participe de l’ordre racial. Il consiste à revendiquer une autre identité que celle à laquelle on est racialement affiliée. Sauf qu’il y a bien une hiérarchie entre ces races. Être dans une logique transracialiste, c’est chercher à échapper à l’ensemble des discriminations insupportables qui sont associées à l’identité qui nous est imposée. Cela peut se faire de manière physique (se décolorer la peau par exemple), sociale, ou comportementale.(…) Être Noir, c’est une construction culturelle. On ne se pense Noir et ne devient Noir que lors de certaines interactions. Ce n’est pas une identité génétique ça, c’est quelque chose qui s’inscrit dans les rapports sociaux. C’est pourquoi il est souvent courant que des enfants adoptés, qui ont la peau noire, et élevés par des parents blancs, se considèrent comme Blancs. Et ils ont raison, ce qui compte c’est le lien affectif qui va déterminer leur manière de s’identifier. Sauf qu’aux Etats-Unis, ces personnes sont vites rattrapées par la réalité des rapports sociaux racialisés. Et elles sont obligées de devenir noires à un moment ou à un autre. (…) C’est un cas que l’on n’avait jamais vu auparavant. Ici, la jeune femme blanche, veut être noire. Jusqu’ici, les schémas transracialistes se posaient dans le sens d’une personne de couleur noire qui désirait devenir blanche. Rachel Dolezal a été élevée dans une famille blanche avec des frères adoptés à la peau noire. On peut donc penser qu’elle a voulu ressembler à ce schéma familial. (…) Justement, elle a fini par occuper une position de pouvoir dans une organisation importante qui défend les droits des gens de couleur aux Etats-Unis (l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur, NAACP, Ndlr.). Et malgré son histoire familiale, elle ne peut pas annuler l’asymétrie profonde dans laquelle se joue les enjeux du transracialisme. En plus, elle donne des arguments assez flous. On ne comprend pas bien pourquoi elle a fait ça si ce n’est qu’elle est dans une identification très forte à une certaine cause politique. Mais il faut comprendre que l’on n’a pas besoin d’être noire pour défendre la cause de ces personnes qui peuvent être victimes de racisme.(…) En France, on est convaincu que la race n’existe pas. Nous sommes pourtant dans des rapports sociaux racialisés. Malgré ça, personne ne peut penser ces rapports en terme racialiste. Et aux Etats-Unis, les identités racialisées sont reconnues comme telles. On parle de “races”, de “relations raciales”, et de problèmes liés aux “identités raciales”. On en parle aussi parce que ces difficultés conduisent à des assassinats et à des bavures policières contre les noirs. Margot Rousseau
Rachel Dolezal peut-elle prétendre être Noire sans avoir fait l’expérience socio-historique en lien avec les inégalités systémiques et historiquement ancrées dans le vécu des membres de la communauté afro-américaine ? Une femme noire expérimente très jeune une double oppression de race et de genre laquelle s’inscrit dans un processus de développement psychologique, moral, intellectuel et socio-économique. (…) Force est de reconnaître que même si la volonté peut être présente, il est impossible de devenir une femme noire alors que l’on est dans la vingtaine. Aussi, Dolezal est blanche au sens de son identité biologique et par le fait qu’elle a grandi, dans une famille WASP sans être en mesure de faire, dès son plus jeune âge, les mêmes expériences que les autres femmes noires de sa génération. En ce sens, Dolezal n’a pu ressentir certains des enjeux qui concourent à vouloir aspirer à cette sororité si fondamentale dans la constitution de l’identité culturelle, politique et économique si chère aux militantes afro-américaines. Cependant, que la professeure Dolezal puisse se sentir plus noire que blanche ne saurait en soi être un problème, pas plus que son mensonge n’est un crime. La difficulté réside plutôt dans ce à que quoi il a contribué c’est-à-dire à la construction d’une carrière universitaire et militante au cœur même des bastions généralement réservés aux Noirs. En tant que Professeure d’Études africaines et membres du NAACP, Dolezal est au fait de ces débats. Elle sait que dans les mouvements de luttes pour le droit des minorités culturelles ou de genre, les postes les plus avancés sont généralement réservés aux personnes qui en sont issues. C’est pourquoi comme l’a écrit un éditorialiste du Washington Post :  » Qu’une personne blanche dirige une section de la NAACP ne pose pas de problème non plus. (…) Mais qu’une personne blanche prétende être noire et dirige une section de la NAACP, c’est très problématique ». (…) Au-delà de la question identitaire, la présidence par Rachel Dolezal d’une section locale du NAACP pose donc plus fondamentalement la question de l’usurpation d’une position d’autorité et celle d’une possible récupération de la lutte par le groupe dominant. Par son mensonge, Dolezal a-t-elle contribué, bien malgré elle, au maintien de la domination blanche dans un des bastions du militantisme noir ? Comme le soulignent ses propres parents, n’aurait-elle pas été plus utile à la cause, qu’elle prétendait défendre, si elle avait milité sous couvert de sa véritable identité biologique ? Ces interrogations seront encore longtemps débattues. Agnès Berthelot Raffard
De Conchita Wurst à Laverne Cox, 2014 semble en effet bien partie pour être l’année des transgenres. “Il y a un déplacement très net des figures trans de leur lieu traditionnel l’underground, à une culture plus mainstream, note le docteur en sociologie et spécialiste de la transidentité Arnaud Alessandrin. Que ce soit dans la fiction américaine, le rap ou la mode, avec des mannequins comme Andrej Pejic ou Lea T, on remarque que de nouvelles personnalités trans apparaissent chaque mois et replacent leurs enjeux dans l’espace public.” Pour expliquer cette émergence médiatique, la plupart des observateurs évoquent la convergence de plusieurs phénomènes, au premier rang desquels l’influence exercée par les mouvements sociaux protransgenres. “Depuis quelques années, il y a eu dans toutes les grandes villes américaines une augmentation du nombre d’actions menées en faveur des trans, avec l’apparition de nouvelles formes de militantisme, explique Reina Gossett, codirectrice de l’association new-yorkaise Sylvia Rivera Law Project, qui vient en aide aux trans victimes de violences. Les médias ne pouvaient pas rester hermétiques à cette pression sociale, ils ont fini par entendre nos revendications. » Un autre facteur pourrait justifier cette nouvelle vague de visibilité trans : internet. “Avant, les transidentités se vivaient de manière confidentielle ou alors en groupe restreint, rappelle Aren Z. Aizura. L’usage des réseaux sociaux a complètement modifié le rapport des trans à leur identité ; il a permis le partage d’expériences et ainsi la banalisation de la parole, notamment chez les plus jeunes.” Ts Madison peut en témoigner. Cette transgenre male to female, actrice porno à son propre compte, s’est fait connaître début 2014 sur le réseau social Vine en publiant des vidéos de six secondes dans lesquelles elle s’affichait nue, dansant ou courant dans son jardin la bite à l’air. Devenues virales en quelques jours, les vidéos ont été parodiées et partagées par des flots d’internautes de tous âges, contribuant selon Ts Madison à “promouvoir la tolérance envers les trans”. “Internet permet de lever tous les complexes, de se montrer sans crainte, nous confie-t-elle depuis sa villa d’Atlanta. Depuis que j’ai publié mes vidéos, des gamines m’envoient des messages pour me remercier, d’autres m’interrogent sur ma transition, sur la chirurgie. Elles parlent librement. Il y a eu bien sûr des tas d’insultes, des trucs haineux, mais la plupart des gens comprennent le message. Ils ont compris ce qu’il y a de révolutionnaire à être une femme et à agiter sa bite devant une caméra.” (…) Surtout, ils se sont échappés des débats médicaux et sexuels auxquels ils ont longtemps été réduits. “Les trans ne veulent plus entendre parler de sexualité, ils se sont complètement désolidarisés de ces sujets, assure Arnaud Alessandrin. Lorsque Conchita prend la parole à l’Eurovision, elle ne pose que la question du droit : ai-je le droit d’être intégrée à une société sans être assimilée à tous ses codes ? Ai-je le droit à une vie normale sans pour autant me conformer à toutes ses normes binaires ?” Quand on interroge Ts Madison, jamais la question du sexe ne revient vraiment dans la discussion : elle dit qu’elle est simplement une femme avec une bite (elle en a même commercialisé un T-shirt : “She’s got a dick”) et n’aspire qu’à avoir les mêmes droits fondamentaux que les autres. “Les débats se sont recentrés sur des thématiques d’ordre politique ou social, résume Maxime Foerster. C’est d’ailleurs tout le sens du sous-titre de la couverture de Time, qui dit que les transgenres sont ‘la nouvelle frontière des droits civiques américains’. Maintenant que l’homosexualité est quasiment soluble dans la société hétéronormée et bourgeoise, on commence à se poser la question du droit pour les trans.” Dans la réalité, pourtant, ces questions de droits semblent loin d’être résolues. Car si les transgenres ont accédé à la visibilité, notamment aux Etats-Unis, ils tardent encore à faire leur apparition dans les agendas politiques. (…) C’est là le paradoxe de cette récente exposition médiatique, qu’Arnaud Alessandrin résume ainsi : “Une certaine frange de la transidentité, liée à la scène et aux artistes, commence à être visible. Mais le trans reste invisible dans l’espace politique. Et rien ne dit que l’arrivée de figures transgenres populaires permettra d’aller vers plus d’acceptation.” Les Inrocks
A (…) tenet of socially constructed racism and sexism is “white privilege,” which usually translates into “white male privilege,” given that women such as Hillary Clinton and Elizabeth Warren are rarely accused of being multimillionaire white elite females who won a leg up by virtue of their skin color. But if whiteness ipso facto earns one advantages over the non-white, why in the world do some elite whites choose to reconstruct their identities as non-white? Would Elizabeth Warren really have become a Harvard law professor had she not, during her long years of academic ascent, identified herself (at least privately, on universities’ pedigree forms) as a Native American? Ward Churchill, with his beads and Indian get-up, won a university career that otherwise might have been scuttled by his mediocrity, his pathological untruths, and his aberrant behavior. Why would the current head of the NAACP in Spokane, Wash., a white middle-class woman named Rachel Dolezal, go to the trouble of faking a genealogy, using skin cosmetics and hair styling, and constructing false racist enemies to ensure that she was accepted as a victimized black woman? The obvious inference is that Ms. Dolezal assumed that being a liberal black woman brought with it career opportunities in activist groups and academia otherwise beyond her reach as a middle-class white female of so-so talent. Critics will object that we are really arguing in class terms as well as racial terms: Privileged whites play on society’s innate prejudices against darker-skinned minorities by positioning themselves as light-skinned, elite people of color. (…) Suffice it to say that in our increasingly intermarried, assimilated, and integrated culture, it is often hard to ascertain someone’s exact race or ethnicity. That confusion allows identity to be massaged and reinvented. That said, it is also generally felt among elites that feigning minority status earns career advantages that outweigh the downside of being identified as non-white in the popular culture. That was certainly my impression as a professor for over 20 years in the California State University system watching dozens of upper-class Latin Americans — largely white male Argentinians, Chileans, and Brazilians — and Spaniards flock to American academia, add accents to their names, trill their R’s, and feign ethnic solidarity with their students who were of Oaxacan and Native American backgrounds. Poor George Zimmerman. His last name stereotyped him as some sort of Germanic gun nut. But had he just ethnicized his maternal half-Afro Peruvian identity and reemerged as Jorgé Mesa, Zimmerman would have largely escaped charges of racism. He should have taken a cue from Barack Obama, who sometime in his late teens at Occidental College discovered that the exotic nomenclature of Barack Obama radiated a minority edge, in a way that the name of his alter ego, Barry Soetoro, apparently never quite had. If, in America’s racist past, majority culture once jealously protected its white privilege by one-drop-of-blood racial distinctions, postmodern America has now come full circle and done the same in reverse — because the construction of minority identity, in all its varying degrees, is easily possible and, in ironic fashion, now brings with it particular elite career advantages. (…) The CEOs in the industries of sexism and classism are for the most part wealthy and privileged — and their targets are usually of the middle class. When Michelle Obama labors to remind her young African-American audiences of all the stares and second looks she imagines she still receives as First Lady, she is reconstructing a racial identity to balance the enormous privilege she enjoys as a jumbo-jet-setting grandee who junkets to the world’s toniest resorts with regularity. The 2016 version of Hillary Clinton is, at least for a few months, a feminist populist, and has become so merely by mouthing a few banal talking points. Apparently the downside for Hillary of being a woman is not trumped by the facts of being a multimillionaire insider and former secretary of state, wife to a multimillionaire ex-president, mother of a multimillionaire, and mother-in-law to a multimillionaire hedge-fund director. Hillary can become a perpetual constructed victim, denied the good life that is enjoyed by a white male bus driver in Bakersfield making $40,000 a year. (…) sexism and racism are abstractions of the liberal elite that rarely translate into praxis. Barack Obama could have done symbolic wonders for the public schools by taking his kids out of Sidwell Friends and putting them into the D.C. school system. Elizabeth Warren could have cemented her feminist populist fides by vowing to stop flipping houses. Feminist Bill Clinton could have renounced all affairs with female subordinates. Eric Holder could have vowed never to use government jets to take his kids to horse races. In solidarity with co-eds struggling with student loans, Hillary Clinton could have promised to limit her university speaking fees to a thousand dollars per minute rather than the ten thousand dollars for each 60 seconds of chatting that she actually gets, and she might have prefaced her public attacks on hedge funds by dressing down her son-in-law. Surely the lords of Silicon Valley might have promised to keep their kids in the public schools, and funded scholarships to allow minorities to flood Sacred Heart and the Menlo School. Victor Davis Hanson
Reading Oren’s new memoir Ally, it’s clear that Israel has been on her own since the day Obama took office (…) For the last six and a half years the president of the United States has treated the home of the Jewish people more like a rogue nation standing in the way of peace than a longtime democratic ally. Now the alliance is “in tatters.” (…) “The Obama administration was problematic because of its worldview: Unprecedented support for the Palestinians,” he told Israeli journalist David Horovitz, another centrist, this week. Obama and his lieutenants, including Hillary Clinton, have often behaved as if the Palestinians don’t exist – Palestinian actions, corruption, incitement, campaigns of de-legitimization and terrorism are overlooked, excused, accommodated. Oren tells the story of what happened when Vice President Joe Biden asked Palestinian president Mahmoud Abbas to “look him in the eye and promise that he could make peace with Israel.” Abbas looked away. The White House did nothing. It was Israel that had to agree to a settlement freeze before the latest doomed attempt at peace negotiations; Israel that had to apologize for possible “mistakes” against the Gaza flotilla; Israel that had to close Ben Gurion airport; Israel that faced a “reevaluation” of her diplomatic status after Bibi’s reelection. Obama addresses the bulk of his lectures on good governance and democracy and humanitarianism not to the gang that runs the West Bank, nor to the terrorists who rule Gaza, but to Israel. During last year’s Gaza war, the State Department was “appalled” by civilian casualties inflated and trumpeted by Hamas propagandists. Oren points out that in the past the president had used the word “appalling” to describe the atrocities of Moammar Qaddafi. Qaddafi and the IDF – two peas in a pod, according to this White House. (…) America, he says, provided a “Diplomatic Iron Dome” that shielded Israel from anti-Semites in Europe, at the U.N., and abroad whose goal is to delegitimize the Jewish State and undermine her economically. This rhetorical missile shield is slowly being retracted. The administration threatens not to veto anti-Israel U.N. initiatives, Europe is aligning with the Boycott Divestment Sanctions (BDS) movement, and anti-Israel activism festers on U.S. campuses. Obama’s unending criticism of Israel, and background quotes calling Israel’s prime minister a “chicken-shit” and a “coward,” provide an opening for radicals to go even further. (…)  Fixated on striking a deal, Obama is preparing to concede the longstanding demand that Iran disclose its past nuclear-weapons research, is ignoring the issue of Iranian missile development, and is standing idle as Iran props up Assad, arms Hezbollah with rockets, and promotes sectarianism in Iraq. Israel is hemmed in – by Iranian proxies and Sunni militants on its borders, by the threat of a third intifada on the West Bank, by global nongovernmental organizations, by a condescending, flippant, and bullying U.S. president whose default emotional state is pique. Matthew Continetti
In addition to its academic and international affairs origins, Obama’s attitudes toward Islam clearly stem from his personal interactions with Muslims. These were described in depth in his candid memoir, Dreams from My Father , published 13 years before his election as president. Obama wrote passionately of the Kenyan villages where, after many years of dislocation, he felt most at home and of his childhood experiences in Indonesia. I could imagine how a child raised by a Christian mother might see himself as a natural bridge between her two Muslim husbands. I could also speculate how that child’s abandonment by those men could lead him, many years later, to seek acceptance by their co-religionists. Yet, tragically perhaps, Obama — and his outreach to the Muslim world — would not be accepted. With the outbreak of the Arab Spring, the vision of a United States at peace with the Muslim Middle East was supplanted by a patchwork of policies — military intervention in Libya, aerial bombing in Iraq, indifference to Syria, and entanglement with Egypt. Drone strikes, many of them personally approved by the president, killed hundreds of terrorists, but also untold numbers of civilians. Indeed, the killing of a Muslim — Osama bin Laden — rather than reconciling with one, remains one of Obama’s most memorable achievements. Diplomatically, too, Obama’s outreach to Muslims was largely rebuffed. During his term in office, support for America among the peoples of the Middle East — and especially among Turks and Palestinians — reached an all-time nadir . Back in 2007, President Bush succeeded in convening Israeli and Arab leaders, together with the representatives of some 40 states, at the Annapolis peace conference. In May 2015, Obama had difficulty convincing several Arab leaders to attend a Camp David summit on the Iranian issue. The president who pledged to bring Arabs and Israelis together ultimately did so not through peace, but out of their common anxiety over his support for the Muslim Brotherhood in Egypt and his determination to reach a nuclear accord with Iran. Only Iran, in fact, still holds out the promise of sustaining Obama’s initial hopes for a fresh start with Muslims. “[I]f we were able to get Iran to operate in a responsible fashion,” he told the New Yorker, “you could see an equilibrium developing between [it and] Sunni … Gulf states.” The assumption that a nuclear deal with Iran will render it “a very successful regional power” capable of healing, rather than inflaming, historic schisms remained central to Obama’s thinking. That assumption was scarcely shared by Sunni Muslims, many of whom watched with deep concern at what they perceived as an emerging U.S.-Iranian alliance. Six years after offering to “extend a hand if you are willing to unclench your fist,” President Obama has seen that hand repeatedly shunned by Muslims. His speeches no longer recall his Muslim family members, and only his detractors now mention his middle name. And yet, to a remarkable extent, his policies remain unchanged. He still argues forcibly for the right of Muslim women to wear — rather than refuse to wear — the veil and insists on calling “violent extremists” those who kill in Islam’s name. “All of us have a responsibility to refute the notion that groups like ISIL somehow represent Islam,” he declared in February, using an acronym for the Islamic State. The term “Muslim world” is still part of his vocabulary. Historians will likely look back at Obama’s policy toward Islam with a combination of curiosity and incredulousness. While some may credit the president for his good intentions, others might fault him for being naïve and detached from a complex and increasingly lethal reality. For the Middle East continues to fracture and pose multiple threats to America and its allies. Even if he succeeds in concluding a nuclear deal with Iran, the expansion of the Islamic State and other jihadi movements will underscore the failure of Obama’s outreach to Muslims. The need to engage them — militarily, culturally, philanthropically, and even theologically — will meanwhile mount. The president’s successor, whether Democrat or Republican, will have to grapple with that reality from the moment she or he enters the White House. The first decision should be to recognize that those who kill in Islam’s name are not mere violent extremists but fanatics driven by a specific religion’s zeal. And their victims are anything but random. Michael Oren

Après le mariage, le genre, l’utérus et la race, l’orientation musulmane pour tous !

Rappel incessant de ses racines familiales et de son enfance passée dans des pays musulmans, amitiés de 20 ans entre le révérend Jeremiah Wright et l’universitaire palestino-américain Edward Saïd avec les pires dénonciateurs de l’Amérique, hommages appuyés aux apports de la culture musulmane, appels répétés à la coopération avec le Monde dit musulman, soutien fidèle aux frères musulmans égyptiens, refus farouche de prononcer même l’origine religieuse de ceux qui appellent au djihad contre son propre pays, volonté d’accord à tout prix avec les premiers commanditaires du terrorisme mondial pour leur quête de l’arme nucléaire, absences remarquées à la Marche parisienne du 11 janvier comme au 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz, critique systématique de la politique comme des dirigeants israéliens, évocation permanente des péchés contre l’islam de son prédécesseur et de son propre pays, défense du voile islamique, dénonciation de tous ceux qui insultent l’islam, hyper-discrétion dans sa politique d’élimination ciblée des djihadistes …

En ces temps étranges …

Où, après en avoir bien attisé les flammes, le pompier-pyromane de la Maison Blanche qui, entre un 9 trous de golf et une élimination ciblée par drone et après 20 ans de sermons du révérend Jeremiah Wright, se prenait pour le père de Trayvon Martin dénonce un véritable acte de terrorisme  racial

Et où, après avoir soutenu avec le succès que l’on sait la cause des écolières nigérianes enlevées par Boko Haram, la femme du dudit premier président postracial vient elle aussi défendre, entre tasse de thé princière et shopping jet-set, la cause des jeunes filles voilées

Où,  pour lancer la nouvelle émission de télé-réalité d’un ancien champion olympique transgenre, nos médias nous présente la transidentité comme la « dernière frontière des droits civiques »  …

Où la citation « géniale » d’une lycéenne lesbienne affichant son rêve de faire un mariage riche mais bien sûr de même sexe lui vaut l’admiration des internautes …

Pendant que nos ambassades servent à la propagande de la cause homosexuelle et qu’après l’histoire (ou les noms d’oiseaux: neuf mois de prison ferme, excusez du peu, pour avoir comparé une ministre à un primate !), c’est désormais l’origine de la vie qui se décide dans les prétoires ou au vote majoritaire

Comment ne pas voir …

Avec l’aveu forcé la semaine dernière …

De cette professeur d’études afro-américaines et présidente de la NAACP de l’état de Washington …

Qui, par hyper-identification à la cause, s’était littéralement inventée une origine noire, agressions racistes comprises, pendant 20 ans …

Une nouvelle illustration de ce « monde moderne rempli d’idées chrétiennes devenues folles » prophétisé par Chesterton dès le début du siècle dernier ?

Mais surtout comment ne pas comprendre enfin …

Avec la magistrale démonstration de l’ancien ambassadeur israélien aux Etats-Unis Michael Oren …

La jusqu’ici déroutante politique étrangère du premier président américain… transmusulman ?

How Obama Opened His Heart to the ‘Muslim World’ And got it stomped on. Israel’s former ambassador to the United States on the president’s naiveté as peacemaker, blinders to terrorism, and alienation of allies. Michael Oren Foreign policy June 19, 2015

Days after jihadi gunmen slaughtered 11 staffers of the Charlie Hebdo magazine and a policeman on January 7, hundreds of thousands of French people marched in solidarity against Islamic radicalism. Forty-four world leaders joined them, but not President Barack Obama. Neither did his attorney general at the time, Eric Holder, or Homeland Security Deputy Secretary Alejandro Mayorkas, both of whom were in Paris that day. Other terrorists went on to murder four French Jews in a kosher market that they deliberately targeted. Yet Obama described the killers as “vicious zealots who … randomly shoot a bunch of folks in a deli.”

Pressed about the absence of a high-ranking American official at the Paris march, the White House responded by convening a long-delayed convention on “countering violent extremism.” And when reminded that one of the gunmen boasted that he intended to kill Jews, presidential Press Secretary Josh Earnest explained that the victims died “not because of who they were, but because of where they randomly happened to be.”

Obama’s boycotting of the memorial in Paris, like his refusal to acknowledge the identity of the perpetrators, the victims, or even the location of the market massacre, provides a broad window into his thinking on Islam and the Middle East. Simply put: The president could not participate in a protest against Muslim radicals whose motivations he sees as a distortion, rather than a radical interpretation, of Islam. And if there are no terrorists spurred by Islam, there can be no purposely selected Jewish shop or intended Jewish victims, only a deli and randomly present folks.

Understanding Obama’s worldview was crucial to my job as Israel’s ambassador to the United States. Right after entering office in June 2009, I devoted months to studying the new president, poring over his speeches, interviews, press releases, and memoirs, and meeting with many of his friends and supporters. The purpose of this self-taught course — Obama 101, I called it — was to get to the point where the president could no longer surprise me. And over the next four years I rarely was, especially on Muslim and Middle Eastern issues.

“To the Muslim world, we seek a new way forward based on mutual interest and mutual respect,” Obama declared in his first inaugural address. The underlying assumption was that America’s previous relations with Muslims were characterized by dissention and contempt. More significant, though, was the president’s use of the term “Muslim world,” a rough translation of the Arabic ummah. A concept developed by classical Islam, ummah refers to a community of believers that transcends borders, cultures, and nationalities. Obama not only believed that such a community existed but that he could address and accommodate it.

The novelty of this approach was surpassed only by Obama’s claim that he, personally, represented the bridge between this Muslim world and the West. Throughout the presidential campaign, he repeatedly referred to his Muslim family members, his earlier ties to Indonesia and the Muslim villages of Kenya, and his Arabic first and middle names. Surveys taken shortly after his election indicated that nearly a quarter of Americans thought their president was a Muslim.

This did not deter him from actively pursuing his bridging role. Reconciling with the Muslim world was the theme of the president’s first television interview — with Dubai’s Al Arabiya — and his first speech abroad. “The United States is not, and will never be, at war with Islam,” he told the Turkish Parliament in April 2009. “America’s relationship with the Muslim community … cannot, and will not, just be based upon opposition to terrorism.… We seek broader engagement based on mutual interest and mutual respect. We will convey our deep appreciation for the Islamic faith.” But the fullest exposition of Obama’s attitude toward Islam, and his personal role in assuaging its adherents, came three months later in Cairo.

Billed by the White House as “President Obama Speaks to the Muslim World,” the speech was delivered to a hall of carefully selected Egyptian students. But the message was not aimed at them or even at the people of Egypt, but rather at all Muslims. “America and Islam are not exclusive,” the president determined. “[They] share … common principles — principles of justice and progress, tolerance, and the dignity of all human beings.”

With multiple quotes from the Quran — each enthusiastically applauded — the president praised Islam’s accomplishments and listed colonialism, the Cold War, and modernity among the reasons for friction between Muslims and the West.

With multiple quotes from the Quran — each enthusiastically applauded — the president praised Islam’s accomplishments and listed colonialism, the Cold War, and modernity among the reasons for friction between Muslims and the West. “Violent extremists have exploited these tensions in a small but potent minority of Muslims,” he explained, in the only reference to the religious motivation of most terrorists. And he again cited his personal ties with Islam which, he said, “I have known Islam on three continents before coming to the region where it was first revealed.”

These pronouncements presaged what was, in fact, a profound recasting of U.S. policy. While reiterating America’s support for Israel’s security, Obama stridently criticized its settlement policy in the West Bank and endorsed the Palestinian claim to statehood. He also recognized Iran’s right to enrich uranium for peaceful purposes, upheld the principle of nonproliferation, and rejected former President George W. Bush’s policy of promoting American-style democracy in the Middle East. “No single nation should pick and choose which nations hold nuclear weapons,” he said. “No system of government can or should be imposed upon one nation by any other.” In essence, Obama offered a new deal in which the United States would respect popularly chosen Muslim leaders who were authentically rooted in their traditions and willing to engage with the West.

The Cairo speech was revolutionary. In the past, Western leaders had addressed the followers of Islam — Napoleon in invading Egypt in 1798 and Kaiser Wilhelm II while visiting Damascus a century later — but never before had an American president. Indeed, no president had ever spoken to adherents of a world faith, whether Catholics or Buddhists, and in a city they traditionally venerated. More significantly, the Cairo speech, twice as long as his inaugural address, served as the foundational document of Obama’s policy toward Muslims.

Whenever Israeli leaders were perplexed by the administration’s decision to restore diplomatic ties with Syria — severed by Bush after the assassination of Lebanese president Rafik Hariri — or its early outreach to Libya and Iran, I would always refer them to that text. When policymakers back home failed to understand why Obama stood by Turkish strongman Recep Tayyip Erdogan, who imprisoned journalists and backed Islamic radicals, or Mohamed Morsi, a leading member of the Muslim Brotherhood in Egypt and briefly its president, I would invariably say: “Go back to the speech.” Erdogan and Morsi were both devout Muslims, democratically elected, and accepting of Obama’s outstretched hand. So, too, was Hassan Rouhani, who became Obama’s partner in seeking a negotiated settlement of the Iranian nuclear dispute.

How did the president arrive at his unique approach to Islam? The question became central to my research for Obama 101. One answer lies in the universities in which he studied and taught — Columbia, Harvard, and the University of Chicago — and where such ideas were long popular. Many of them could be traced to Orientalism, Edward Said’s scathing critique of Middle East studies, and subsequent articles in which he insisted that all scholars of the region be “genuinely engaged and sympathetic … to the Islamic world.” Published in 1978, Orientalism became the single most influential book in American humanities. As a visiting lecturer in the United States starting in the 1980s, I saw how Said’s work influenced not only Middle East studies but became a mainstay of syllabi for courses ranging from French colonial literature to Italian-African history. The notion that Islam was a uniform, universal entity with which the West must peacefully engage became widespread on American campuses and eventually penetrated the policymaking community. One of the primary texts in my Obama 101 course was the 2008 monograph, “Strategic Leadership: Framework for a 21st Century National Security Strategy,” written by foreign-relations experts, many of whom would soon hold senior positions in the new administration. While striving to place its relations with the Middle East on a new basis, the authors advised, America must seek “improved relations with more moderate elements of political Islam” and adapt “a narrative of pride in the achievements of Islam.”

In addition to its academic and international affairs origins, Obama’s attitudes toward Islam clearly stem from his personal interactions with Muslims. These were described in depth in his candid memoir, Dreams from My Father, published 13 years before his election as president. Obama wrote passionately of the Kenyan villages where, after many years of dislocation, he felt most at home and of his childhood experiences in Indonesia. I could imagine how a child raised by a Christian mother might see himself as a natural bridge between her two Muslim husbands. I could also speculate how that child’s abandonment by those men could lead him, many years later, to seek acceptance by their co-religionists.

Yet, tragically perhaps, Obama — and his outreach to the Muslim world — would not be accepted. With the outbreak of the Arab Spring, the vision of a United States at peace with the Muslim Middle East was supplanted by a patchwork of policies — military intervention in Libya, aerial bombing in Iraq, indifference to Syria, and entanglement with Egypt. Drone strikes, many of them personally approved by the president, killed hundreds of terrorists, but also untold numbers of civilians. Indeed, the killing of a Muslim — Osama bin Laden — rather than reconciling with one, remains one of Obama’s most memorable achievements.

Diplomatically, too, Obama’s outreach to Muslims was largely rebuffed. During his term in office, support for America among the peoples of the Middle East — and especially among Turks and Palestinians — reached an all-time nadir. Back in 2007, President Bush succeeded in convening Israeli and Arab leaders, together with the representatives of some 40 states, at the Annapolis peace conference. In May 2015, Obama had difficulty convincing several Arab leaders to attend a Camp David summit on the Iranian issue. The president who pledged to bring Arabs and Israelis together ultimately did so not through peace, but out of their common anxiety over his support for the Muslim Brotherhood in Egypt and his determination to reach a nuclear accord with Iran.

Only Iran, in fact, still holds out the promise of sustaining Obama’s initial hopes for a fresh start with Muslims. “[I]f we were able to get Iran to operate in a responsible fashion,” he told the New Yorker, “you could see an equilibrium developing between [it and] Sunni … Gulf states.” The assumption that a nuclear deal with Iran will render it “a very successful regional power” capable of healing, rather than inflaming, historic schisms remained central to Obama’s thinking. That assumption was scarcely shared by Sunni Muslims, many of whom watched with deep concern at what they perceived as an emerging U.S.-Iranian alliance.

Six years after offering to “extend a hand if you are willing to unclench your fist,” President Obama has seen that hand repeatedly shunned by Muslims. His speeches no longer recall his Muslim family members, and only his detractors now mention his middle name. And yet, to a remarkable extent, his policies remain unchanged. He still argues forcibly for the right of Muslim women to wear — rather than refuse to wear — the veil and insists on calling “violent extremists” those who kill in Islam’s name. “All of us have a responsibility to refute the notion that groups like ISIL somehow represent Islam,” he declared in February, using an acronym for the Islamic State. The term “Muslim world” is still part of his vocabulary.

Historians will likely look back at Obama’s policy toward Islam with a combination of curiosity and incredulousness. While some may credit the president for his good intentions, others might fault him for being naïve and detached from a complex and increasingly lethal reality. For the Middle East continues to fracture and pose multiple threats to America and its allies. Even if he succeeds in concluding a nuclear deal with Iran, the expansion of the Islamic State and other jihadi movements will underscore the failure of Obama’s outreach to Muslims. The need to engage them — militarily, culturally, philanthropically, and even theologically — will meanwhile mount. The president’s successor, whether Democrat or Republican, will have to grapple with that reality from the moment she or he enters the White House. The first decision should be to recognize that those who kill in Islam’s name are not mere violent extremists but fanatics driven by a specific religion’s zeal. And their victims are anything but random.

Voir aussi:

If Race and Gender Are Social Constructs, Why Not Sexual Orientation?

Maggie Gallagher

National Review

June 19, 2015

By some mysterious providence, three things happened in the past few weeks: Rachel Dolezal was outed as a white woman. Bruce Jenner was lauded as a white woman. And in a New Jersey consumer-fraud case against JONAH (Jews Offering New Alternatives for Healing), the Southern Poverty Law Center has spent millions to deprive any future New Jerseyans of the basic right even to try to change their sexual orientation.

“I felt very isolated with my identity virtually my entire life, that nobody really got it and that I really didn’t have the personal agency to express it,” Dolezal told NBC. “I kind of imagined that maybe at some point [I’d have to] own it publicly and discuss this kind of complexity.”

Nick Adams, a spokesman for GLAAD, went so far as to say that Bruce Jenner never really existed: The world “can now see what Caitlyn Jenner has always known, that she is — and always has been — a woman.”

“This case is about exposing the lie that LGBT people are mentally ill and that they need to be cured,” said David Dinielli, SPLC deputy legal director. “Groups like JONAH should not be allowed to use bogus therapy, based on junk science, to scam LGBT people and their families out of thousands of dollars.”

Together they lay down the new moral rules: Apparently, you can change your racial identity, but if you do, you are lying. You can dress up as a woman on the cover of Vanity Fair, and everyone must believe that you are in fact female. But when it comes to sexual orientation, even the attempt to change your identity or behavior must be viewed as an imposition against the laws of nature, if not nature’s God.

It is ironic, of course, because of these three things, science tells us clearly: race in America is a social construct with a biological basis. Most African Americans are biracial, and it is the old Southern patriarch’s desire to enslave his own children that led to the idea that, say, President Obama is black not white (or, rather, both black and white, being his mother’s child as much as his father’s).

Gender is a real biological category found in every human culture, around which society constructs a great deal.

As for sexual orientation? Even the expert witnesses hired by the Southern Poverty Law Center concede that the origin of sexual desire is a mystery, and that being gay or lesbian (as an identity) is, in fact, a choice.

Here is Chuck LiMandri, founder of the Freedom of Conscience Defense Fund, cross-examining SPLC’s expert witness Lee Beckstead a few days ago:

LiMandri: Would you agree, Doctor, that sexual-orientation identity is a socially constructed label?

Beckstead: The identity is?

LiMandri. Yes.

Beckstead: Definitely.

LiMandri: So whether you call yourself gay or straight, that is a social construct?

Beckstead: It’s how you think about your attractions and how you feel about them and which membership, which groups you feel affinity towards.

Non-heterosexuals experience a variety of identity changes, sometimes toward homosexuality and sometimes away from it. Religious people, Dr. Beckstead agrees, have a right to seek therapeutic help to live their lives according to their religious values. He has even had clients of his go to an LDS-affiliated group similar to JONAH without warning them it was harmful snake oil. He estimates that 30 to 40 percent of his clients, despite same-sex attraction, choose to live as Mormons, whether that is in marriages to the opposite sex or living a celibate life. Surely this is not impossible.

I do not know if JONAH’s success rate in helping religious believers with same-sex attraction lead lives that accord with their religious identity is as high as Beckstead’s. From the transcripts, it appears that the judge in this case forbade anyone to present evidence of efficacy rates. He seems to have mistaken the idea that homosexuality is a “mental illness” with the idea that scientific evidence shows some people can change. Sexual-orientation-change therapy need not be premised on the idea that being gay is a mental disorder at all.

As Dr. Beckstead, the SPLC’s own expert, agreed this week in the courtroom:

LiMandri: When you stated in your article, Doctor: “Findings from the current model also confirm those from Yarhouse and Tan, who investigated the experiences of highly religious individuals who either identified with or disidentified from an LGB identity. As Yarhouse and Tan concluded, the most important aspect for same-sex-attracted, religious individual may not be whether that person pursues a particular path of identity synthesis but whether that person’s identity development process is congruent with her or his valuative framework.” In other words, if I understand it, what is important is whether they can bring their sexual identity into conformity with their religious values?

Beckstead: Congruence is very important for mental health.

Each of the plaintiffs in this case was recruited by the SPLC as part of a campaign to shut down choices for people across the country.

Does truth matter anymore? Each of these plaintiffs signed a consent form acknowledging that many consider sexual-orientation-change efforts controversial and that gay-affirmative therapy is available. They initialed the part where they were told no results could be guaranteed. Dr. Arthur Goldberg, after many years of working with Orthodox Jewish men and others who wish to marry women and live according to religious values, guestimates that only one-third achieve their stated goals completely. The weekend retreats incorporate some bizarre elements, but nothing stranger than the Esalen Institute and other hippie happenings in the 1970s did. If clients were paying money for a nude drum circle to release their chakra energy, nobody would be suing them. It is the attempt to live a Torah-observant or Biblical life that is intolerable to the SPLC and must be shut down.

As Dr. Nicholas Cummings, one of the expert witnesses who is not permitted by the judge to testify, wrote in USA Today:

Gays and lesbians have the right to be affirmed in their homosexuality. That’s why, as a member of the APA Council of Representatives in 1975, I sponsored the resolution by which the APA stated that homosexuality is not a mental disorder and, in 1976, the resolution, which passed the council unanimously, that gays and lesbians should not be discriminated against in the workplace.

But contending that all same-sex attraction is immutable is a distortion of reality. Attempting to characterize all sexual reorientation therapy as “unethical” violates patient choice and gives an outside party a veto over patients’ goals for their own treatment. A political agenda shouldn’t prevent gays and lesbians who desire to change from making their own decisions.

Whatever the situation at an individual clinic, accusing professionals from across the country who provide treatment for fully informed persons seeking to change their sexual orientation of perpetrating a fraud serves only to stigmatize the professional and shame the patient.

Our strange new public morality has to have a place for more than one kind of sexual minority group. Americans who believe it is wrong to have sex outside marriage between a man and a woman have rights, too. —

Maggie Gallagher is a senior fellow at the American Principles Project and chairman of the Freedom of Conscience Defense Fund. She blogs at MaggieGallagher.com.

Voir aussi:

Comment la révolution transgenre s’est mise en marche Les Inrocks

21/09/2014

A l’Eurovision, dans les médias mainstream, sur internet, et même au Vatican, les transgenres sont au cœur de l’actualité en 2014. Raisons et limites de cette récente visibilité.

Le 10 mai 2014, soir de finale. Dans le complexe industriel de la B&W Hallerne à Copenhague, où se tient la 59e édition du concours de l’Eurovision, le futur gagnant s’apprête à monter sur scène. A moins que ce ne soit une gagnante. Voix de diva, cheveux longs, boucles d’oreille, faux cils, robe pailletée et barbe de trois jours : la candidate qui s’époumone sur Rise Like a Phoenix brouille les frontières du genre et envoie un signal de modernité au cœur du télé-crochet le plus ringard du monde. Elle s’appelle Conchita Wurst et va être sacrée, cette nuit, de la plus haute distinction de l’Eurovision, après des années d’insuccès, de petites galères et de chant dans les cabarets de Vienne.

Né il y a vingt-cinq ans sous le nom de Thomas Neuwirth, ce travesti hyperglamour, homosexuel et militant du cross dressing, a été choisi pour représenter l’Autriche au prix de nombreuses polémiques alimentées par les mouvements d’extrême droite et par certains membres de la communauté LGBT où son côté show-off ne fait pas l’unanimité. Le soir de sa victoire, celle qui est devenue entretemps l’égérie de Jean Paul Gaultier, pour qui elle a défilé lors de la dernière fashion week, aura fait taire momentanément les débats en dédiant son prix “à tous ceux qui croient à un avenir qui se construira grâce à la paix et à la liberté”, ajoutant que “l’Eurovision est un projet qui célèbre la tolérance, l’acceptation et l’amour”.

Quelques jours plus tard, de l’autre côté de l’Atlantique, un événement similaire allait bouleverser une autre vieille institution médiatique. Dans son édition du 9 juin, Time offrait sa couverture pour la première fois de son histoire à une personnalité transgenre, Laverne Cox. L’actrice trentenaire, révélée par son rôle dans la série de Netflix, Orange Is the New Black, qui raconte le quotidien d’une prison pour femmes, s’affiche en robe de gala à la une de l’hebdomadaire, accompagnée d’un titre à vocation de manifeste: “The transgender tipping point” (“Le point de bascule pour les transgenres”). Sur sa page Facebook, la comédienne commente cette opération médiatique : “Je réalise que tout cela dépasse largement mon propre cas et que nous entrons dans une phase de changement dans l’histoire de notre nation, où il n’est plus acceptable pour les trans de vivre stigmatisés, ridiculisés, criminalisés et méconnus.” Là encore, la couverture de Time a provoqué son lot de polémiques, s’attirant les foudres des commentateurs de la droite dure américaine, mais qu’importe : “La révolution transgenre est en marche”, nous assure Aren Z. Aizura, l’une des figures montantes des recherches sur les théories du genre et corédacteur en chef de la revue The Transgender Studies Reader 2.

“Il y a une prise de conscience dans les médias à propos de la question trans, qui accède enfin à une nouvelle visibilité, annonce-t-il.

Un nouveau sujet mainstream

De Conchita Wurst à Laverne Cox, 2014 semble en effet bien partie pour être l’année des transgenres. “Il y a un déplacement très net des figures trans de leur lieu traditionnel l’underground, à une culture plus mainstream, note le docteur en sociologie et spécialiste de la transidentité Arnaud Alessandrin. Que ce soit dans la fiction américaine, le rap ou la mode, avec des mannequins comme Andrej Pejic ou Lea T, on remarque que de nouvelles personnalités trans apparaissent chaque mois et replacent leurs enjeux dans l’espace public.” Pour expliquer cette émergence médiatique, la plupart des observateurs évoquent la convergence de plusieurs phénomènes, au premier rang desquels l’influence exercée par les mouvements sociaux protransgenres. “Depuis quelques années, il y a eu dans toutes les grandes villes américaines une augmentation du nombre d’actions menées en faveur des trans, avec l’apparition de nouvelles formes de militantisme, explique Reina Gossett, codirectrice de l’association new-yorkaise Sylvia Rivera Law Project, qui vient en aide aux trans victimes de violences. Les médias ne pouvaient pas rester hermétiques à cette pression sociale, ils ont fini par entendre nos revendications.”

Un autre facteur pourrait justifier cette nouvelle vague de visibilité trans : internet. “Avant, les transidentités se vivaient de manière confidentielle ou alors en groupe restreint, rappelle Aren Z. Aizura. L’usage des réseaux sociaux a complètement modifié le rapport des trans à leur identité ; il a permis le partage d’expériences et ainsi la banalisation de la parole, notamment chez les plus jeunes.” Ts Madison peut en témoigner. Cette transgenre male to female, actrice porno à son propre compte, s’est fait connaître début 2014 sur le réseau social Vine en publiant des vidéos de six secondes dans lesquelles elle s’affichait nue, dansant ou courant dans son jardin la bite à l’air. Devenues virales en quelques jours, les vidéos ont été parodiées et partagées par des flots d’internautes de tous âges, contribuant selon Ts Madison à “promouvoir la tolérance envers les trans”.

“Internet permet de lever tous les complexes, de se montrer sans crainte, nous confie-t-elle depuis sa villa d’Atlanta. Depuis que j’ai publié mes vidéos, des gamines m’envoient des messages pour me remercier, d’autres m’interrogent sur ma transition, sur la chirurgie. Elles parlent librement. Il y a eu bien sûr des tas d’insultes, des trucs haineux, mais la plupart des gens comprennent le message. Ils ont compris ce qu’il y a de révolutionnaire à être une femme et à agiter sa bite devant une caméra.”

A l’Eurovision, dans les médias mainstream ou sur le net, les transgenres s’affichent partout depuis quelque temps, et parfois là où on les attend le moins. En avril 2013, un site américain spécialisé dans les news sur le téléchargement, TorrentFreak, avait analysé les fichiers informatiques du Vatican et les résultats furent assez surprenants : on y découvrait que l’Etat de la papauté téléchargeait en boucle des pornos transgenres, avec une préférence pour les films de l’actrice Tiffany Starr, un male to female habitué au X hardcore. “Au départ, j’ai été choquée d’apprendre ça. Il y a quand même une injustice dans le fait que des opposants déclarés aux trans délirent secrètement sur vous”, raconte-t-elle, qui préfère aujourd’hui voir dans cette révélation le premier signe possible d’un changement de mentalité. “Dévoiler les fantasmes est un bon point de départ pour lutter contre les discriminations”, ajoute-t-elle, avant de lancer un clin d’œil : “J’ai d’ailleurs reçu beaucoup de messages de soutien de la part de catholiques.”

L’empowerment des trans

Pour la plupart des observateurs, ce n’est pas tant cette nouvelle visibilité qui compte, mais plutôt les changements de discours sur les transgenres. Avec l’émergence de personnalités comme Laverne Cox apparaissent aussi de nouvelles manières de parler de transidentité, plus libérées et réalistes. “Le vrai point déterminant est qu’il y a un changement de storytelling dans les médias, où on a modifié nos perceptions de la question trans, confirme Vincent Paolo Villano, directeur de la communication de l’une des plus puissantes associations LGBT américaines, le National Center for Transgender Equality. Il y a encore quelques années, les seuls transgenres que vous pouviez voir dans les médias étaient des malades, des victimes de violences, des prostitués. On commence enfin à sortir de ce prisme négatif grâce à des personnes comme Laverne Cox, qui sont des femmes plus indépendantes, qui ont du pouvoir.”

Dédramatisée, la figure des transgenres serait aussi en voie de normalisation dans les médias selon Maxime Foerster, auteur d’une Histoire des transsexuels en France :

“Il y a surtout, dans les pays anglo-saxons, de nouveaux modèles de représentation qui émergent, et qui sont moins dans le domaine de l’exotisme, explique-t-il. Des transgenres femmes d’affaires apparaissent par exemple, des femmes fortunées, qui n’ont rien à voir avec les vieux clichés de chanteuses de cabaret ou de muses d’artistes. Il est encore trop tôt pour en juger, mais il semble que les trans maîtrisent de plus en plus leur image.”

Surtout, ils se sont échappés des débats médicaux et sexuels auxquels ils ont longtemps été réduits. “Les trans ne veulent plus entendre parler de sexualité, ils se sont complètement désolidarisés de ces sujets, assure Arnaud Alessandrin. Lorsque Conchita prend la parole à l’Eurovision, elle ne pose que la question du droit : ai-je le droit d’être intégrée à une société sans être assimilée à tous ses codes ? Ai-je le droit à une vie normale sans pour autant me conformer à toutes ses normes binaires ?” Quand on interroge Ts Madison, jamais la question du sexe ne revient vraiment dans la discussion : elle dit qu’elle est simplement une femme avec une bite (elle en a même commercialisé un T-shirt : “She’s got a dick”) et n’aspire qu’à avoir les mêmes droits fondamentaux que les autres. “Les débats se sont recentrés sur des thématiques d’ordre politique ou social, résume Maxime Foerster. C’est d’ailleurs tout le sens du sous-titre de la couverture de Time, qui dit que les transgenres sont ‘la nouvelle frontière des droits civiques américains’. Maintenant que l’homosexualité est quasiment soluble dans la société hétéronormée et bourgeoise, on commence à se poser la question du droit pour les trans.”

Visibles mais ignorés ?

Dans la réalité, pourtant, ces questions de droits semblent loin d’être résolues. Car si les transgenres ont accédé à la visibilité, notamment aux Etats-Unis, ils tardent encore à faire leur apparition dans les agendas politiques. Depuis son bureau de Brooklyn, Reina Gossett a du mal à s’enthousiasmer pleinement pour ce nouvel engouement des médias.

“Bien sûr que la couverture de Time est un événement important pour nous, mais elle rend encore plus insupportable l’inaction politique, dit-elle. Les transgenres continuent de souffrir de discriminations et je ne suis pas sûre qu’une couverture puisse y changer quelque chose. Par exemple, dans plusieurs Etats américains, on se bat pour faire annuler des décrets qui empêchent les transgenres d’accéder à certains soins médicaux, mais ça personne n’en parle. Personne ne parle du chômage qui affecte les trans, ni de la situation vécue par les trans de couleur, victimes de violences raciales. Les médias négligent leur réalité quotidienne.” C’est là le paradoxe de cette récente exposition médiatique, qu’Arnaud Alessandrin résume ainsi :

“Une certaine frange de la transidentité, liée à la scène et aux artistes, commence à être visible. Mais le trans reste invisible dans l’espace politique. Et rien ne dit que l’arrivée de figures transgenres populaires permettra d’aller vers plus d’acceptation.”

En transition depuis une vingtaine d’années, Ts Madison a tout connu de la réalité trans : le rejet de sa famille, les mauvaises hormones achetées au marché noir, la discrimination à l’embauche, la violence physique. Elle assure mieux vivre aujourd’hui aux Etats-Unis que dans les années 90 et sait à qui elle le doit : “Dans chaque génération de transgenres, il y a eu des pionnières, des femmes écoutées qui ont rendu la vie un peu plus acceptable aux suivantes. Tant mieux si les médias se cherchent une nouvelle femme pour occuper ce rôle.” Dans un grand rire, elle nous dira qu’elle s’y verrait bien, elle, en pionnière trans.

Voir encore:

Une lycéenne lesbienne a choisi une citation géniale qui lui vaut les honneurs du web Rédaction du HuffPost 28/05/2015

FÉMINISME – En choisissant sa citation pour le « yearbook » de son lycée, cette jeune Californienne ne s’attendait probablement pas à provoquer autant d’admiration de la part des internautes. Et pourtant, ces quelques petits mots ont déclenché une pluie de réactions positives.

Caitlyn Cannon, 17 ans, a en effet écrit dans le livre: « J’ai besoin de féminisme car j’ai l’intention d’épouser quelqu’un de riche, et ça ne pourra pas se faire si ma femme et moi ne gagnons que 75 centimes pour chaque dollar gagné par un homme ».

L’une de ses amies proches, l’utilisatrice @casualnosebleed sur Twitter, a photographié la publication dans le yearbook et a posté l’image le 26 mai. En trois jours, elle a été retweetée 5500 fois et ajoutée 8500 fois en favoris.

« C’est honnêtement la seule chose qui compte pour moi en ce moment » Récemment diplômée du lycée Oak Hills en Californie, Caitlyn affirme avoir trouvé sur Tumblr cette citation qu’elle a ensuite modifiée, car elle était écrite du point de vue d’un homme. « J’en avais assez de toujours voir les mêmes vieilles citations inspirées de livres, de films et d’auteurs populaires. Je voulais attirer l’attention sur un problème auquel les femmes doivent faire face », explique-t-elle à nos confrères du Huff Post américain.

Les internautes ont entendu son message et lui ont adressé leur soutien: « Approuvé! La meilleure citation jamais écrite dans le yearbook d’un lycée »

« Je n’ai jamais rien vu d’aussi génial de ma vie. Cette fille déchire vraiment tout » Sur son propre compte Twitter, l’étudiante montre à quel point elle est fière d’être ce qu’elle est, en se définissant comme « féministe » et « vraiment gay ».

« Peu importe le nombre de fois où on s’en plaint et où on tente de le minimiser, le féminisme continuera toujours d’exister tant que les femmes n’auront pas le droit aux mêmes opportunités que les hommes », a également déclaré Caitlyn à Cosmopolitan.

Aux Etats-Unis, le yearbook est une sorte de trombinoscope de fin d’année qui présente une photo de chacun des élèves, accompagnée d’une citation s’ils le souhaitent. Cette tradition américaine a pour but de commémorer les événements qui ont marqué l’année scolaire, et permet de se souvenir de ses camarades de classe bien des années plus tard. Ceux de Caitlyn risquent de se rappeler de l’audace de la jeune femme pour longtemps…

 Voir encore:

Rachel Dolezal, activiste, a menti pendant 20 ans sur ses origines

20 ans de supercherie. L’activiste blanche américaine Rachel Dolezal s’est faite passer pour une métisse pendant des années. Ses parents ont décidé de rendre son imposture publique et de rétablir la vérité.

Margot Rousseau

L’Internaute

16/06/15

Rachel Dolezal, qui ne s’était pas exprimée depuis l’annonce de ses parents, a été interviewée par la chaîne Today News. Lors de cette interview réalisée par Matt Lauer, elle explique qu’elle savait qu’un jour, elle aurait à s’expliquer sur la complexité de son identité. Lorsque le journaliste lui montre la photo d’elle plus jeune, lorsqu’elle avait les cheveux blonds, elle explique qu’à cette époque, elle ne se considérait pas comme une afro-américaine, mais qu’aujourd’hui et depuis longtemps, elle s’identifie comme tel. Elle explique que son identification en tant que femme afro-américaine a été solidifiée par l’arrivée de son frère adoptif Izaiah Dolezal. Pour ce qui est de sa couleur de peau plus métissée que lorsqu’elle était jeune et blonde, elle la justifie en disant qu’elle s’expose souvent en soleil. En conclusion, Rachel Dolezal s’identifie comme une afro-américaine et ne regrette pas son mensonge, qu’elle ne le considère pas comme tel. Elle admet cependant que ce n’était pas correct de se décrire comme elle l’a fait, mais que ce n’était ni faux, ni vrai, mais « complexe ».

Rachel Dolezal est professeur d’études africaines-américaines à l’Eastern Washington University et présidente de l’association nationale pour la promotion des personnes de couleur à Spokane (Etat de Washington, Etats-Unis). Depuis 20 ans, elle se faisait passer pour une métisse. La semaine dernière, ses parents ont décidé de révéler son identité. Selon eux, son implication au sein de la communauté afro-américaine n’est pas liée à ce désir de modifier et de falsifier ses origines. Rachel aurait coupé les ponts avec sa famille depuis plusieurs années. Ils attribuent cette décision au fait qu’eux soient blancs. A plusieurs reprises, leur fille leur avait demandé de ne plus se promener dans Spokane en raison de leur couleur de peau.

Rachel Dolezal s’est donc inventée une autre vie et s’est identifiée à la cause afro-américaine. Elle s’est créée un autre père d’origine africaine, tantôt présenté comme « absent », tantôt incarné par un inconnu lors de réunions professionnelles. Elle se définissait comme « noire, blanche et amérindienne » mais selon ses parents, Rachel serait « caucasienne avec des origines tchèques, suédoises et allemandes ».

Pour appuyer leur propos, ils ont montré des photos d’enfance : Rachel y apparaît blonde aux yeux bleus. Une vérité qui tranche avec l’histoire qu’elle s’était inventée : elle expliquait être née dans un tipi, sa famille chassant avec un arc et des flèches. Elle prétendait également avoir vécu en Afrique du Sud.

Rachel souhaitait intégrer la communtauté « afro-américaine » et elle mettait régulièrement en avant « sa » couleur de peau sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, par exemple, elle expliquait son ressenti en tant que Noire sur le film « 12 Years a Slave ». Elle a également posté une photo d’elle avec une coupe afro, prétenduement naturelle.

Rachel dénonçait les violences faites aux Noirs d’une façon plutôt étrange. Elle se disait victime d’agressions racistes, neuf au total, la dernière datant de février. A l’occasion de cette « agression », elle s’est exprimée dans les médias. Finalement, lors d’une interview, elle s’était presque trahie, en refusant de répondre à la question « Etes-vous afro-américaine ? »

Rachel Dolezal : peut-on parler de “transracialisme” ? Les Inrocks

17/06/2015

« Je suis transracialiste » s’est justifiée Rachel Dolezal, cette militante américaine blanche qui a fait croire à tout le monde qu’elle était noire. Qu’entend-t-on par ce phénomène de recherche d’une autre identité raciale ? Analyse de Nacira Guérif-Souilamas, sociologue spécialiste des questions raciales et des pratiques identitaires et professeur à Paris 8.

Qu’est-ce que le transracialisme évoquée par Rachel Dolezal ?

Nacira Guérif-Souliamas – Le transracialisme participe de l’ordre racial. Il consiste à revendiquer une autre identité que celle à laquelle on est racialement affiliée. Sauf qu’il y a bien une hiérarchie entre ces races. Être dans une logique transracialiste, c’est chercher à échapper à l’ensemble des discriminations insupportables qui sont associées à l’identité qui nous est imposée. Cela peut se faire de manière physique (se décolorer la peau par exemple), sociale, ou comportementale.

Est-ce qu’il y a des profils de personnes susceptibles de se revendiquer de cette logique ?

Être Noir, c’est une construction culturelle. On ne se pense Noir et ne devient Noir que lors de certaines interactions. Ce n’est pas une identité génétique ça, c’est quelque chose qui s’inscrit dans les rapports sociaux.

C’est pourquoi il est souvent courant que des enfants adoptés, qui ont la peau noire, et élevés par des parents blancs, se considèrent comme Blancs. Et ils ont raison, ce qui compte c’est le lien affectif qui va déterminer leur manière de s’identifier. Sauf qu’aux Etats-Unis, ces personnes sont vites rattrapées par la réalité des rapports sociaux racialisés. Et elles sont obligées de devenir noires à un moment ou à un autre.

Comment expliquer alors le cas de Rachel Dolezal qui s’est déclarée transracialiste ?

C’est un cas que l’on n’avait jamais vu auparavant. Ici, la jeune femme blanche, veut être noire. Jusqu’ici, les schémas transracialistes se posaient dans le sens d’une personne de couleur noire qui désirait devenir blanche.

Rachel Dolezal a été élevée dans une famille blanche avec des frères adoptés à la peau noire. On peut donc penser qu’elle a voulu ressembler à ce schéma familial.

Pourquoi sa supercherie a-t-elle suscité autant de critiques ?

Justement, elle a fini par occuper une position de pouvoir dans une organisation importante qui défend les droits des gens de couleur aux Etats-Unis (l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur, NAACP, Ndlr.). Et malgré son histoire familiale, elle ne peut pas annuler l’asymétrie profonde dans laquelle se joue les enjeux du transracialisme.

En plus, elle donne des arguments assez flous. On ne comprend pas bien pourquoi elle a fait ça si ce n’est qu’elle est dans une identification très forte à une certaine cause politique. Mais il faut comprendre que l’on n’a pas besoin d’être noire pour défendre la cause de ces personnes qui peuvent être victimes de racisme.

Pourquoi est-ce que la notion de transracialisme n’existe-t-elle pas en France ?

En France, on est convaincu que la race n’existe pas. Nous sommes pourtant dans des rapports sociaux racialisés. Malgré ça, personne ne peut penser ces rapports en terme racialiste. Et aux Etats-Unis, les identités racialisées sont reconnues comme telles. On parle de “races”, de “relations raciales”, et de problèmes liés aux “identités raciales”. On en parle aussi parce que ces difficultés conduisent à des assassinats et à des bavures policières contre les noirs.

Propos recueillis par Fanny Marlier

Voir également:

Rachel Dolezal, transracialisme ou imposture? Agnès Berthelot Raffard

Chercheuse en philosophie politique et citoyenne engagée

Huffington Post

17/06/2015

Présidente d’une section locale de l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur (NAACP) et professeure d’Études africaines à l’Université de l’Eastern Washington, Rachel Dolezal a menti sur ses origines en prétendant être afro-descendante par son père. Suscitant perplexité et controverses, son histoire est, toutefois, fascinante. En effet, si nous en ignorons les motivations morales, ce mensonge confronte notre a priori sur l’identité raciale jusqu’à remettre à l’avant-plan certaines de ses implications pratiques notamment son lien avec le militantisme.

Même s’il est d’usage de considérer la race (1) et le genre, comme des constructions sociales, le mensonge de la professeure Dolezal nous rappelle que loin d’être figée ou sclérosée, l’identité raciale est, au contraire, d’une grande labilité. Jusqu’à une date récente, l’« être au monde » de Rachel Dolezal était celui d’une femme noire ayant eu recours à une forme de « transracialisme ». Si la société connaît – sans hélas toujours la reconnaître socialement – l’existence des transgenres, le «transracialisme» reste quant à lui inhabituel pour ne pas dire inexistant (2), notamment dans le cas d’un individu blanc et éduqué par des parents blancs c’est-à-dire par les membres d’un groupe disposant de privilèges socialement avérés. Il est, en effet, assez rare qu’un tel individu puisse se définir publiquement comme étant afro-descendant jusqu’à accéder à une position privilégiée dans des domaines réservés aux membres de cette communauté.

À supposer que le « transracialisme » existe, il est douteux que le cas Dolezal s’y réfère. D’abord, parce que Dolezal ne se trouvait pas dans une indifférenciation raciale ou culturelle comme le sont parfois, les enfants d’une culture différente de celle de leurs parents adoptifs. Ensuite, parce qu’en admettant que le « transracialisme » soit envisageable pour ceux qui considèrent ne pas appartenir à leur culture raciale d’origine, encore faudrait-il que le fait d’avoir eu recours à un processus de modifications physionomiques volontaires suffise pour correspondre à celle psychiquement projetée. Une telle assignation resterait, toutefois, réductrice. On le sait, comme pour le genre, l’appartenance ethnoculturelle ne se réduit pas aux enjeux du corps et de l’apparence physique. Enfin, le cas Dolezal rappelle une question plus fondamentale trop vaste et complexe pour être traitée dans ce texte : celle de la signification d’un « être Noir » et de ce que cela recoupe du point de vue social et historique.

L’appartenance raciale permet l’accès à un ensemble de privilèges ou en bloque les possibilités. Rachel Dolezal peut-elle prétendre être Noire sans avoir fait l’expérience socio-historique en lien avec les inégalités systémiques et historiquement ancrées dans le vécu des membres de la communauté afro-américaine ? Une femme noire expérimente très jeune une double oppression de race et de genre laquelle s’inscrit dans un processus de développement psychologique, moral, intellectuel et socio-économique. C’est-ce que souligne, le titre d’un des ouvrages fondateurs du Black Feminism : « Toutes les femmes sont blanches, tous les Noirs sont des hommes, mais nous sommes quelques-unes à être courageuses » (3). Dans les États-Unis d’aujourd’hui, la race et le genre affectent encore les opportunités sociales et le regard porté sur l’individu. Aussi, que l’on soit indulgent ou non à l’égard de son mensonge, Rachel Dolezal n’est pas et ne sera jamais une de ces « courageuses ». Force est de reconnaître que même si la volonté peut être présente, il est impossible de devenir une femme noire alors que l’on est dans la vingtaine. Aussi, Dolezal est blanche au sens de son identité biologique et par le fait qu’elle a grandi, dans une famille WASP sans être en mesure de faire, dès son plus jeune âge, les mêmes expériences que les autres femmes noires de sa génération. En ce sens, Dolezal n’a pu ressentir certains des enjeux qui concourent à vouloir aspirer à cette sororité si fondamentale dans la constitution de l’identité culturelle, politique et économique si chère aux militantes afro-américaines (4).

Cependant, que la professeure Dolezal puisse se sentir plus noire que blanche ne saurait en soi être un problème, pas plus que son mensonge n’est un crime. La difficulté réside plutôt dans ce à que quoi il a contribué c’est-à-dire à la construction d’une carrière universitaire et militante au cœur même des bastions généralement réservés aux Noirs. En tant que Professeure d’Études africaines et membres du NAACP, Dolezal est au fait de ces débats. Elle sait que dans les mouvements de luttes pour le droit des minorités culturelles ou de genre, les postes les plus avancés sont généralement réservés aux personnes qui en sont issues. C’est pourquoi comme l’a écrit un éditorialiste du Washington Post :  » Qu’une personne blanche dirige une section de la NAACP ne pose pas de problème non plus. (…) Mais qu’une personne blanche prétende être noire et dirige une section de la NAACP, c’est très problématique ».

Depuis la fondation du NAACP, en 1909, la représentation n’a pas toujours été descriptive. Des Afro-Américains n’ont pas toujours été à la tête des sections locales. Cependant, les mouvements de lutte pour les droits civiques se sont forgés sur le refus d’une représentation substantive. Et, s’il est évident que les Blancs ont le droit de défendre la cause noire comme les hommes peuvent défendre celle des femmes, il y a bien des raisons de réclamer le recours systématiquement à une représentation descriptive plutôt que substantive dans les organisations de luttes pour le droit de ces groupes historiquement dominés. Toutes ces réclamations ne sont pas que symboliques. Ce type de représentation reste un puissant levier contre les effets de marginalisation dans les processus décisionnels et garantit que les décisions puissent refléter l’expérience et les besoins réels des personnes principalement concernées.

Au-delà de la question identitaire, la présidence par Rachel Dolezal d’une section locale du NAACP pose donc plus fondamentalement la question de l’usurpation d’une position d’autorité et celle d’une possible récupération de la lutte par le groupe dominant. Par son mensonge, Dolezal a-t-elle contribué, bien malgré elle, au maintien de la domination blanche dans un des bastions du militantisme noir ? Comme le soulignent ses propres parents, n’aurait-elle pas été plus utile à la cause, qu’elle prétendait défendre, si elle avait milité sous couvert de sa véritable identité biologique ? Ces interrogations seront encore longtemps débattues.

(1) Bien que préférant les termes de culture ou d’origine, je choisis dans ce texte d’utiliser celui de race bien que je le juge négativement connoté. (2) Pour une analogie entre transracialisme et transgenderisme, voir les travaux de la philosophe Cressida Heyes. (3) Gloria HULL, Patricia BELL SCOTT, Barbara SMITH (1982), All the Women are White, All the Blacks are Mem but some of Us are Brave : Black Women Studies, Old Westbury, New York, Feminist Press. (4) Michèle WALLACE (1975), « Une féministe Noire en quête de sororité. » in Black Feminism, anthologie du féminisme africain américain, 1975-2000, (dir. E.Dorlin), Paris, L’harmattan, p.45-57, 2008.

Voir enfin:

Former Israeli Ambassador’s Memoir Condemns Obama’s Foreign Policy Matthew Continetti

National Review

June 20, 2015

By the summer of 2013, President Obama had convinced several key Israelis that he wasn’t bluffing about using force against the Iranian nuclear program. Then he failed to enforce his red line against Syrian dictator Bashar Assad—and the Israelis realized they’d been snookered. Michael Oren, the former Israeli ambassador to the United States, recalls the shock inside his government. “Everyone went quiet,” he said in a recent interview. “An eerie quiet. Everyone understood that that was not an option, that we’re on our own.” Reading Oren’s new memoir Ally, it’s clear that Israel has been on her own since the day Obama took office. Oren provides an inside account of relations between the administration of Barack Obama and the government of Bibi Netanyahu, and his thesis is overwhelming, authoritative, and damning: For the last six and a half years the president of the United States has treated the home of the Jewish people more like a rogue nation standing in the way of peace than a longtime democratic ally. Now the alliance is “in tatters.”

Oren is not a conservative looking to make a political issue of support for Israel. Indeed, by Washington Free Beacon standards, he’s something of a squish. The author of a classic history of U.S. involvement in the Middle East and a sometime professor at Yale, Harvard, and Georgetown, Oren served for five years as a contributor to The New Republic, has contributed toThe New York Review of Books, and supports what he calls a “two-state situation” focused on institution-building and economic aid to the West Bank. He’s a member of the Knesset, but not of Netanyahu’s Likud Party. He joined the comparatively dovish Kulanu Party last December.

Oren’s credentials and relationships make him hard to dismiss. “The Obama administration was problematic because of its worldview: Unprecedented support for the Palestinians,” he told Israeli journalist David Horovitz, another centrist, this week. Obama and his lieutenants, including Hillary Clinton, have often behaved as if the Palestinians don’t exist – Palestinian actions, corruption, incitement, campaigns of de-legitimization and terrorism are overlooked, excused, accommodated. Oren tells the story of what happened when Vice President Joe Biden asked Palestinian president Mahmoud Abbas to “look him in the eye and promise that he could make peace with Israel.” Abbas looked away. The White House did nothing.

It was Israel that had to agree to a settlement freeze before the latest doomed attempt at peace negotiations; Israel that had to apologize for possible “mistakes” against the Gaza flotilla; Israel that had to close Ben Gurion airport; Israel that faced a “reevaluation” of her diplomatic status after Bibi’s reelection. Obama addresses the bulk of his lectures on good governance and democracy and humanitarianism not to the gang that runs the West Bank, nor to the terrorists who rule Gaza, but to Israel. During last year’s Gaza war, the State Department was “appalled” by civilian casualties inflated and trumpeted by Hamas propagandists. Oren points out that in the past the president had used the word “appalling” to describe the atrocities of Moammar Qaddafi. Qaddafi and the IDF – two peas in a pod, according to this White House.

What Obama wanted was to create diplomatic space between America and Israel while maintaining our military alliance. Oren says military-to-military relations are strong, but the diplomatic fissure has degraded Israel’s security. America, he says, provided a “Diplomatic Iron Dome” that shielded Israel from anti-Semites in Europe, at the U.N., and abroad whose goal is to delegitimize the Jewish State and undermine her economically.

This rhetorical missile shield is slowly being retracted. The administration threatens not to veto anti-Israel U.N. initiatives, Europe is aligning with the Boycott Divestment Sanctions (BDS) movement, and anti-Israel activism festers on U.S. campuses. Obama’s unending criticism of Israel, and background quotes calling Israel’s prime minister a “chicken-shit” and a “coward,” provide an opening for radicals to go even further.

The diplomatic rupture endangers Israel in another way. It preceded Obama’s quest for détente with Iran, Israel’s greatest enemy and most pressing threat. Oren was outraged in 2013 when he learned that the administration had been conducting secret negotiations with the mullahs. Now, with the United States about to clear the way for Iranian nukes and flood the Iranian economy with cash, Israel is all the more at risk.

“Obama says Iran is not North Korea,” Oren said, “and Bibi says Iran’s worse than 50 North Koreas. It all comes down to that.” Fixated on striking a deal, Obama is preparing to concede the longstanding demand that Iran disclose its past nuclear-weapons research, is ignoring the issue of Iranian missile development, and is standing idle as Iran props up Assad, arms Hezbollah with rockets, and promotes sectarianism in Iraq. Israel is hemmed in – by Iranian proxies and Sunni militants on its borders, by the threat of a third intifada on the West Bank, by global nongovernmental organizations, by a condescending, flippant, and bullying U.S. president whose default emotional state is pique.

As if to make Oren’s case for him, the Obama administration responded to the publication of Ally with neither silence nor a reiteration of American policy toward Israel but with vituperation, demanding that both Kulanu Party chairman Moshe Kahlon and Prime Minister Netanyahu apologize for criticisms Oren had made. Kahlon sheepishly distanced himself from Oren, and Netanyahu won’t comment publicly, but the episode illustrates precisely the model of U.S.-Israeli relations outlined in this book: A “family” argument where the criticism runs in only one direction. On the one hand, when the supreme leader of Iran calls John Kerry a liar and details plans to destroy Israel, the Obama administration brushes it off. On the other, when a former ambassador writes a memoir based on a diary he kept while in office, the administration loses its mind.

The alliance has faltered to such a degree that Oren is morose. He wonders whether Israel is in the same precarious position it was in 1967, before the Six Day War, or in 1948, when it came close to never being born. Neither option is comforting. David Horovitz asked him, “Are people going to look back in a few years’ time and say, ‘This is what they were talking about in Israel as Iran closed in on the bomb and they were wiped out?’” Oren’s response: “It’s happened before in history, hasn’t it?”

It has. And it may happen again. But whatever happens, thanks to Michael Oren, history will know that an inexperienced and ideologically motivated president drove a lethal wedge between the United States of America and the young, tiny, besieged Jewish State.

Voir enfin:

Sexism and Racism Are Leftism In our time, sexism and racism have become the province of the rich. Victor Davis Hanson

National Review Online

June 16, 2015

Discrimination by sex and by race are ancient innate pathologies and transcend particular cultures. But the American idea of sexismand racism in the 21st century — unfailing, endemic, and institutional discrimination by a majority-white-male-privileged culture against both women and so-called non-white minorities — has largely become a leftist construct.

We can see how these two relativist -isms work in a variety of ways.

One, the frequent charge of racism and sexism is predicated not so much on one’s gender and race as on one’s gender, race, and politics. Certainly, few on the left worried much about the slurs against Sarah Palin during and after her vice-presidential run. America’s overclass in the media and leftist politics constructed a sexist portrait of a clueless white-trash mom in Wasilla, Alaska, mindlessly having lots of kids after barely graduating from the University of Idaho. Even Bill Maher’s and David Letterman’s liberal armor would not have withstood leftist thrusts had, mutatis mutandis, the former called Hillary Clinton a c–t or the latter disparaged Ms. Clinton as “slutty flight attendant” and joked that, when a teen, Chelsea Clinton had had sexual relations with a Yankee baseball player in the dugout. Ironically it was the by-her-own-bootstraps lower-middle-class Palin who braved the frontier, no-prisoners, male world to become governor of Alaska; in real terms, she is the true feminist. In contrast, according to doctrinaire feminism, Hillary Clinton does not measure up. She has largely clung, in mousy fashion, to her two-timing husband, excused his serial and manipulative philandering with young women of less clout and power, traded on his political nomenclature, and piggy-backed on his career.

Leftism assumes that racist and sexist speech by liberals constitutes good people’s lapses of judgment and tact. The Black Caucus rarely if ever comes to the defense of Justice Clarence Thomas when, periodically, liberal commentators suggest that he was and is unqualified, and is largely a token black conservative. No one suggests that the New York Times is on an anti-Latino crusade against Marco Rubio in trying to fashion a story of recklessness from the paltry evidence of his receiving one traffic ticket every four years. Had candidate Mitt Romney suggested, as did Senators Joe Biden and Harry Reid, that Senator Barack Obama was a “clean” and “light-skinned” black man without “a Negro dialect,” he would have been considered little more than a Clive Bundy buffoon and would have had to drop out of the Republican primary.

It appears that leftism assumes that racist and sexist speech by liberals constitutes good people’s lapses of judgment and tact — not, as in the case of conservatives, valuable windows into the dark hearts of bigots. In other words, the idea of sexism and racism is not absolute, but relative and mostly socially massaged and constructed by politics. Had President Bill Clinton declared during the O. J. trial that if he had had a second daughter she would have resembled Nicole Simpson, the media and popular culture would have excused such a sick Obamism as a quirky slip — in a way that it would not have if a Bob Dole had uttered the same banality and thereby supposedly revealed his poorly suppressed racist proclivities.

A second tenet of socially constructed racism and sexism is “white privilege,” which usually translates into “white male privilege,” given that women such as Hillary Clinton and Elizabeth Warren are rarely accused of being multimillionaire white elite females who won a leg up by virtue of their skin color. But if whiteness ipso facto earns one advantages over the non-white, why in the world do some elite whites choose to reconstruct their identities as non-white? Would Elizabeth Warren really have become a Harvard law professor had she not, during her long years of academic ascent, identified herself (at least privately, on universities’ pedigree forms) as a Native American? Ward Churchill, with his beads and Indian get-up, won a university career that otherwise might have been scuttled by his mediocrity, his pathological untruths, and his aberrant behavior. Why would the current head of the NAACP in Spokane, Wash., a white middle-class woman named Rachel Dolezal, go to the trouble of faking a genealogy, using skin cosmetics and hair styling, and constructing false racist enemies to ensure that she was accepted as a victimized black woman?

Ms. Dolezal assumed that being a liberal black woman brought with it career opportunities in activist groups and academia otherwise beyond her reach. The obvious inference is that Ms. Dolezal assumed that being a liberal black woman brought with it career opportunities in activist groups and academia otherwise beyond her reach as a middle-class white female of so-so talent. Critics will object that we are really arguing in class terms as well as racial terms: Privileged whites play on society’s innate prejudices against darker-skinned minorities by positioning themselves as light-skinned, elite people of color. That is a Pandora’s box that is better left unopened — given that Harry Reid and Joe Biden have already unknowingly pried open the lid on these matters in ways that would transcend Barack Obama and equally apply, for example, to Eric Holder or Valerie Jarrett.

Suffice it to say that in our increasingly intermarried, assimilated, and integrated culture, it is often hard to ascertain someone’s exact race or ethnicity. That confusion allows identity to be massaged and reinvented. That said, it is also generally felt among elites that feigning minority status earns career advantages that outweigh the downside of being identified as non-white in the popular culture. That was certainly my impression as a professor for over 20 years in the California State University system watching dozens of upper-class Latin Americans — largely white male Argentinians, Chileans, and Brazilians — and Spaniards flock to American academia, add accents to their names, trill their R’s, and feign ethnic solidarity with their students who were of Oaxacan and Native American backgrounds.

Poor George Zimmerman. His last name stereotyped him as some sort of Germanic gun nut. But had he just ethnicized his maternal half-Afro Peruvian identity and reemerged as Jorgé Mesa, Zimmerman would have largely escaped charges of racism. He should have taken a cue from Barack Obama, who sometime in his late teens at Occidental College discovered that the exotic nomenclature of Barack Obama radiated a minority edge, in a way that the name of his alter ego, Barry Soetoro, apparently never quite had. If, in America’s racist past, majority culture once jealously protected its white privilege by one-drop-of-blood racial distinctions, postmodern America has now come full circle and done the same in reverse — because the construction of minority identity, in all its varying degrees, is easily possible and, in ironic fashion, now brings with it particular elite career advantages.

Third, when we look at questions of class, we see again that racism and sexism are largely leftist constructs and not empirical terms describing millions of Americans who are supposedly denied opportunity by the white establishment because of their gender or race. The CEOs in the industries of sexism and classism are for the most part wealthy and privileged — and their targets are usually of the middle class. When Michelle Obama labors to remind her young African-American audiences of all the stares and second looks she imagines she still receives as First Lady, she is reconstructing a racial identity to balance the enormous privilege she enjoys as a jumbo-jet-setting grandee who junkets to the world’s toniest resorts with regularity. The 2016 version of Hillary Clinton is, at least for a few months, a feminist populist, and has become so merely by mouthing a few banal talking points. Apparently the downside for Hillary of being a woman is not trumped by the facts of being a multimillionaire insider and former secretary of state, wife to a multimillionaire ex-president, mother of a multimillionaire, and mother-in-law to a multimillionaire hedge-fund director. Hillary can become a perpetual constructed victim, denied the good life that is enjoyed by a white male bus driver in Bakersfield making $40,000 a year.

Given the construction of race and gender, the children of Eric Holder and Barack Obama will be eligible for affirmative-action consideration out of reach for an 18-year-old white male in Provo, Utah. As a general rule, when advising classics majors who wished to apply to Ph.D. programs, I assumed that a white male needed a near-perfect GRE score and GPAs, to avoid being rejected out of hand as a middle-class so-so white man from Fresno State. (I reminded them that the “system” assumed their white privilege had given them advantages from preschool onward that the Ivy League and the University of California system now had to adjust for.) For my minority classics students, on the other hand, admission was rarely a problem, despite the fact that many were of a higher social class than their mostly rejected white counterparts.

Fourth, sexism and racism are abstractions of the liberal elite that rarely translate into praxis. Barack Obama could have done symbolic wonders for the public schools by taking his kids out of Sidwell Friends and putting them into the D.C. school system. Elizabeth Warren could have cemented her feminist populist fides by vowing to stop flipping houses. Feminist Bill Clinton could have renounced all affairs with female subordinates. Eric Holder could have vowed never to use government jets to take his kids to horse races. In solidarity with co-eds struggling with student loans, Hillary Clinton could have promised to limit her university speaking fees to a thousand dollars per minute rather than the ten thousand dollars for each 60 seconds of chatting that she actually gets, and she might have prefaced her public attacks on hedge funds by dressing down her son-in-law. Surely the lords of Silicon Valley might have promised to keep their kids in the public schools, and funded scholarships to allow minorities to flood Sacred Heart and the Menlo School.

Charges of racism and sexism have little to do with demonstrable racial and sexual prejudice on the part of a white-male establishment. They are relative, not absolute, phenomena, and more often constructed by political beliefs and careerist concerns than observed independently. Such concepts are often entirely divorced from class reality, and often have more to do with illiberal privilege than with actual exclusion.

Voir enfin:

Dounia Malki
Marie-Claire

Pour la première fois en Europe, un homme transgenre a accouché d’un bébé. Ce dernier est né le 18 mars dernier, mais sa naissance vient tout juste d’être officialisée.

Un homme transgenre a donné naissance à un petit garçon, à Berlin. Il est le premier à accoucher d’un bébé en Europe. L’homme transgenre dont l’identité n’est pas connue, est en réalité né femme. Ce dernier avait décidé de conserver ses organes reproducteurs féminins et d’accoucher à domicile afin de ne pas être répertorié comme étant la « mère » du bébé, un fait légalement obligatoire en Allemagne.

La naissance du petit garçon qui a eu lieu le 18 mars dernier, vient tout juste d’être officialisée. Sur son acte de naissance, aucune mère n’est mentionnée, seul le nom de son père qui lui a donné naissance est inscrit. « La personne en question ne voulait pas apparaître en tant que mère, mais comme père sur le certificat de naissance, et cette demande a été honorée », a déclaré un porte-parole des Affaires Intérieures de l’Administration du Sénat de Berlin à 7 sur 7.

Bien que l’homme transgenre ait demandé à ce que le sexe de son enfant ne soit pas dévoilé, les autorités allemandes ont révélé qu’il s’agissait d’un petit garçon. Par ailleurs, ces dernières envisagent de surveiller de très près cet enfant. En effet, en raison de sa conception particulière, elles craignent qu’il ne développe des problèmes psychologiques dans le futur.

S’il s’agit du premier cas d’homme transgenre donnant naissance à un enfant en Europe, ce n’est pas le cas dans le monde. Aux Etats-Unis, Thomas Beatie, également né femme, a déjà donné naissance à trois enfants. Légalement considéré comme un homme, il était marié depuis dix ans à une femme stérile. Suite à une insémination artificielle, Thomas Beatie, qui avait conservé ses organes sexuels féminins internes comme externes, a pu accoucher par voie naturelle d’un premier enfant en 2008. Il donnera ensuite naissance à deux autres bébés.

7 commentaires pour Idées chrétiennes devenues folles: Nous avions un chef du Monde libre transmusulman et nous ne le savions pas ! (We had a transMuslim US president and we didn’t know it !)

  1. jcdurbant dit :

    We had to come up with a way of proposing a new dress code that would omit gender specification but would still keep formality.

    « For instance the college wanted to ensure those wearing suits would still wear ties but female suits don’t have ties so we’ve worded it so that if you have buttons down the left side you don’t have to wear a tie but down the right side you do. »

    http://www.telegraph.co.uk/education/universityeducation/11691006/Cambridge-college-allows-men-to-wear-skirts-at-formal-dinners.html

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  2. jcdurbant dit :

    The world’s media is going gaga for the story that the wife of an Israeli politician called U.S. President Barack Obama “black and weak”. Apparently, noting Mr Obama’s skin colour – which both he and his supporters drew as much attention to as possible in the run-up to the U.S. Presidential Election in 2008 – is now racist.

    http://www.breitbart.com/national-security/2015/06/22/raaacccciiisssttt-liberal-media-says-calling-barack-obama-black-is-offensive/

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  3. jcdurbant dit :

    LAW OF UNINTENDED CONSTITUTIONAL CONSEQUENCES (More progressive identity theft: Top American Indian scholar outed as fake Indian)

    “When white ‘feminists’ see how white people have historically oppressed others and how they are coming very close to destroying the earth, they often want to disassociate themselves from their whiteness. They do this by opting to ‘become Indian.’ … Of course, white ‘feminists’ want to become only partly Indian. They do not want to be a part of our struggles for survival against genocide…”

    Andy Smith (“For All Those Who Were Indian in a Former Life”, Ms. Magazine, 1991)

    “I am Cherokee, and Smith has in the past claimed that same tribal affiliation. Her e-mail handle, I have learned, is ‘Tsalagi’ [meaning Cherokee]. In my last column, I mentioned her 15 refereed articles, two books written, book chapters written and books edited. These are the currency of academia: what you have done rather than what you are born.”

    “If the University of Michigan wants a researcher and teacher, it would appear by objective criteria they have one. If they want a Cherokee, not,” he wrote. “Ethnic fraud is harmful to tribes and sometimes to individual real Indians if they are passed over for a fake in a job that really does call for a tribal person.”

    Steve Russell (Indian Country Today Media Network)

    “I just did a research project for a client [who] had some silly notion that by being certified he could do more for Indians than we could for ourselves. It’s that kind of paternalistic arrogance that made me shut down my business for a few years.”

    David Cornsilk

    http://www.thedailybeast.com/articles/2015/06/30/meet-the-native-american-rachel-dolezal.html?via=desktop&source=facebook

    http://www.truthrevolt.org/news/more-progressive-identity-theft-top-cherokee-intellectual-not-actually-cherokee

    http://dailysurge.com/2015/07/top-american-indian-scholar-outed-as-fake-indian/

    https://www.insidehighered.com/news/2015/07/06/scholar-who-has-made-name-cherokee-accused-not-having-native-american-roots

    http://andreasmithisnotcherokee.tumblr.com/

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  4. jcdurbant dit :

    NO MUSLIM PRESIDENT (After 8 years of Barack Hussein, who needs a Muslim president anyway ?)

    I don’t (believe Islam is consistent with the constitution) (…) So I would not advocate that we put a Muslim in charge of this nation. I absolutely would not agree with that.

    Ben Carson

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  5. jcdurbant dit :

    PITY THE POOR WHITE (Ivy League professor tells about the pain of realizing her own whiteness – to the point of not wanting to have children because they’d be white)

    There was a time in my 20s when everything I learned about the history of racism made me hate myself, my Whiteness, my ancestors… and my descendants. I remember deciding that I couldn’t have biological children because I didn’t want to propagate my privilege biologically. If I was going to pass on my privilege, I wanted to pass it on to someone who doesn’t have racial privilege; so I planned to adopt. I disliked my Whiteness, but I disliked the Whiteness of other White people more. I felt like the way to really end racism was to feel guilty for it, and to make other White people feel guilty for it too. And then, like Dolezal, I wanted to take on Africanness. Living in South Africa during my junior year abroad, I lived with a Black family, wore my hair in head wraps, shaved my head. I didn’t want to be White, but if I had to be, I wanted to be White in a way that was different from other White people I knew. I wanted to be a special, different White person. The one and only. How very White of me…

    Beverly Daniel Tatum has written that White people don’t choose to identify as White because the categories to choose from are loaded from the start. Traditionally, one can identify as a colorblind White person, a racist White person or an ignorant White person: those are the three ways White people get talked about as White. If those are the options, who would choose to identify as White? And so White people identify as « normal » and « Irish » and « just American » and do not self-identify racially. And that leaves us with a society in which only people of color have a race, where only people of color seem to be responsible for racialized problems. It makes it hard for all of us to know and tell our racial stories — because White people think we don’t have any. And it makes it hard for us to own our history, because we don’t see it as ours.

    Many White people also feel like we don’t have culture, and this isn’t a coincidence.

    Throughout the 20th century, countless immigrant groups abandoned the artifacts of cultures that racialized them as immigrants (language, religion, food, styles of speaking, gesticulations, family structures, traditions, etc.) in order to become White. And this was not just a matter of fitting in; it was about accessing rights that were reserved for White people: citizenship, land ownership, police protection, legal rights, etc.

    The more one could cast off the markers of otherness, the more likely it was that one could become White.

    And so while the desire to become White is really the opposite of what Rachel Dolezal had, the process of becoming White that her ancestors undoubtedly went through in the great American star-off machine, may be connected to her desire to un-become White, to lose that feeling of being cultureless, of being part of an unidentified group, and to leave behind that identity that has no positive way to be. And lots of White people — myself included — do this in thousands of tiny ways as we appropriate the cultures of others (from Africa, India, Compton, Guatemala, Harlem, Mexico…) to fill in the blanks in our own.

    Daniel Tatum said we need to change this. We need to give White people new ways to identify as White. Because at the end of the day, we need White people to see that we are White. When we recognize and own our Whiteness, we can account for our own portion, our one 1/billionth of responsibility for what White people have done throughout history. We can work with other White people to begin to challenge bias, ignorance and colorblindness. We can use our privilege to confront the sources of that unfair favoring.

    I was lucky. The Black family I embedded myself in during my « Rachel Dolezal phase » insisted on my inherent goodness, and that of my family and even — I thought this was a stretch — of my ancestors. They helped me focus on my capacity to make change as a White person. They appreciated my desire to be Black, they teased me, they let me know in no uncertain terms that I would never be Black. I read James Baldwin, Toni Morrison, Steve Biko. I swore off White authors. But the Black authors I read saw the immersion stage coming, and they reminded me that Black people don’t need White people to help them pursue liberation, that the job of White people lies with teaching other White people, seeing ourselves clearly, owning our role in oppression.

    But we cannot not be White. And we cannot undo what Whiteness has done. We can only start from where we are and who we are.

    Prof. Ali Michael (University of Pennsylvania)

    http://www.huffingtonpost.com/ali-michael/i-sometimes-dont-want-to-be-white-either_b_7595852.html

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  6. jcdurbant dit :

    Bienvenue au camp décolonial !‏

    «Ces deux jeunes qui meurent, ça aurait pu être mes frères

    Sihama Assbague

    «Vous savez, plus l’Etat et nos adversaires se radicalisent, plus on se radicalise.

    Sihama Assbague

    http://www.liberation.fr/france/2016/04/03/sihame-assbague-la-revolte-tous-azimuts_1443742

    Le principe de «non-mixité» provient directement des études féministes et postcoloniales des universités américaines. Elle doit permettre aux «opprimés» de s’«auto-émanciper» sans l’aide, jugée «paternaliste» des «oppresseurs». Elle se pratique aussi bien dans les milieux dit «antiracistes» que dans les mouvements féministes. Ainsi la commission «féminisme» de Nuit Debout revendique ouvertement la non-mixité. Sont exclus de certains débats les hommes cisgenres (hétérosexuels). Les militantes débattent dans un secteur délimité par des ficelles tendues que n’ont pas le droit de franchir les hommes.

    «La non-mixité choisie, ce n’est pas pour se retrouver entre femmes mais entre personnes socialement dominées et opprimées, explique au Monde Matt, une des organisatrices de «Féminisme debout». «Il faut des espaces pour que les dominés puissent prendre conscience ensemble des pratiques d’oppression et s’exprimer, sans la présence des dominants.»

    « Cette transformation des luttes remonte aux années 1970 aux États-Unis avec une radicalisation du mouvement des droits civiques, qui va se transformer en mouvements beaucoup plus violents, comme les Blacks Panters. Cette radicalité va déteindre sur tous les mouvements gauchistes qui vont revendiquer la lutte au nom d’un critère identitaire. Cette dérive identitaire, qui consiste à penser que certains critères de notre identité sont surdéterminants est commune à l’extrême droite et à l’extrême-gauche, qui s’entretiennent dans une surenchère. C’est le signe d’une déstructuration complète de la politique. »

    Laurent Bouvet (L’Insécurité culturelle)

    La non-mixité racisée» comme un «racisme qui ne dit pas son nom». «La logique folle et prétendument «anti-système» qui préside à l’organisation de ce type d’événement [L’organisation de «Paroles non-blanches à Paris 8] est exactement la même qui conduit les identitaires d’extrême droite à l’affirmation d’une France «blanche»: les extrêmes, chacun à leur manière, organisent le séparatisme et véhiculent la même logique d’apartheid. Sous couvert d’antiracisme, notre pays risque de voir émerger des «Ku Klux Klan inversés» où le seul critère qui vaille sera la couleur de peau.»

    Alain Jakubowicz (LICRA)

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/04/21/01016-20160421ARTFIG00149-un-camp-d-ete-decolonial-interdit-aux-blancs.php

    Camp d’été décolonial :

    « Le programme est construit autour de l’axe du racisme d’Etat et des outils pour y faire face et construire des résistances. Les ateliers et formations serviront à la transmission de connaissances et de pratiques aussi bien pour les militant.e.s d’organisations que pour les personnes voulant s’impliquer de façon plus ponctuelles. »

    https://ce-decolonial.org/programme/

    https://www.facebook.com/Camp-d%C3%A9t%C3%A9-d%C3%A9colonial-1565554277100349/

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  7. jcdurbant dit :

    LET THEM HAVE SEPARATE TRANSGENDER FACILITIES (Guess how the Obama administration will solve overcrowded detention facilities for illegal immigrants !)

    So by their own figures, roughly 0.2% of detainees claim a different gender than their own, but they’re going to reserve 5.1% of the available beds for illegal immigrants who claim to fall into that category. This is being done at a time when activists note the incredibly overcrowded conditions at Texas’ existing detention centers, with more than forty people crammed into cells which are as small as 10 x 30 feet …

    http://hotair.com/archives/2016/05/24/super-were-building-separate-detention-facilities-for-transgender-illegal-immigrants/

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